Guide sur l’organisation et le fonctionnement du
Comité de Sécurité et d’Hygiène
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Guide sur l’organisation et le fonctionnement du Comité de
Sécurité et d’Hygiène (CSH)
Sommaire
Introduction
Partie I: Définition et rôle du CSH
Chapitre 1: L’intérêt d’adopter une démarche sécurité et hygiène au travail
1. L’importance d’adopter une démarche sécurité et hygiène au travail
2. Les avantages d’une démarche sécurité et hygiène
a. Diminuer les risques d’accidents
b. Prévenir les maladies professionnelles
c. Procurer une bonne ambiance de travail
d. Limiter les dégâts matériels
e. Réduire les interruptions de la production
Chapitre 2: Le rôle du CSH dans la démarche sécurité et hygiène
1. Du côté de l’employeur
a. La responsabilité de l’employeur
b. La responsabilité de l’employeur à l’égard du travail quotidien
du CSH
2. Du côté des représentants des salariés
a. Le représentant du personnel
b. L’élection des membres du CSH
c. La protection des membres du CSH
Partie II: Champ d’action du CHS et son mode d’emploi
Chapitre 1: Le champ d’action du CSH
1. Les tâches du CSH
2. Les outils de travail du CSH
a. Le registre spécial du Comité de Sécurité et d’Hygiène
b. Le rapport sur les accidents graves
Chapitre 2: Le champ de compétence du CSH
1. Le CSH – les tâches et la gestion des réunions
a. La planification des réunions du CSH
b. Le compte-rendu
c. L’ordre du jour
d. La détermination d’un lieu de réunion
2. La formation du CSH
a. La connaissance des textes juridiques
b. L’évaluation du risque
c. La communication
d. La rédaction des rapports
3. Le CSH et les agents chargés de l’inspection du travail
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Annexe 1: Modèle de rapport sur les circonstances d’un accident du travail,
d’une maladie professionnelle ou à caractère professionnelle.
Annexe 2: Modèle du rapport annuel que doit établir le comité de sécurité et
d’hygiène – CSH, à la fin de chaque année grégorienne, sur l’évolution des
risques professionnels dans l’établissement.
Annexe 3: Exemple développé d’un compte rendu d’une réunion du Comité de
Sécurité et d’Hygiène.
Annexe 4: Exemple réduit d’un compte rendu d’une réunion du Comité de
Sécurité et d’Hygiène.
Annexe 5: Exemple du plan d’action du CSH.
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Guide sur l’organisation et le fonctionnement du Comité de Sécurité et
d’Hygiène
Guide sur l’établissement et le bon fonctionnement du Comité de Sécurité et
d’Hygiène au niveau de l’entreprise
Introduction:
Depuis 2004, les entreprises employant 50 salariés et plus, sont dans
l'obligation de créer un comité de sécurité et d’hygiène (CSH).
En cas de risques professionnels, l’entreprise peut créer un CSH, même si
l’effectif est inférieur à 50 salariés.
Le comité de sécurité et d’hygiène permet à l’ensemble des parties prenantes
(salariés et employeurs) de prévenir tout risque d’accidents, en améliorant
l’environnement du travail au sein de l’entreprise.
Le CSH est un moyen de communication entre les salariés et la direction. Son
but est d’asseoir une culture de sécurité et d’hygiène afin d’améliorer les
conditions de travail. Les membres du comité de
Plusieurs entreprises sécurité et d’hygiène coopèrent avec les différents
marocaines ont opté pour départements ou sites de production pour identifier et
l’établissement d’un CSH aider à résoudre les problèmes de sécurité et
sans être obligé par le code d’hygiène.
du travail.
Par exemple une entreprise Le texte juridique régissant la mise en place du CSH
spécialisée dans la est le Dahir n° 1-03-194 du 14 rejeb (11 septembre
fabrication et la 2003) portant promulgation de la loi n° 65-99 relative au
commercialisation des Code du Travail, article 336 à 344.
produits et des systèmes Ce guide explique les règles de création du CSH, ses
d’hygiène a opté pour la
tâches et donne des conseils pratiques sur son
mise en place d’un comité de
fonctionnement.
sécurité et d’hygiène, même
si elle emploie moins de 50
Son but est de permettre à l’entreprise (direction et
salariés, et ce, pour
salariés) d’adopter une démarche basée sur la sécurité
répondre à des exigences
et l’hygiène à travers le dialogue. Il indique également
internes et externes.
le dispositif légal en la matière.
(Le nom de l’entreprise est connu
par la rédaction)
Ne se limitant pas aux dispositifs du Code du
Travail, le guide présente les bonnes pratiques de fonctionnement du CSH.
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Partie I: Définition et rôle du CSH
L’objet de cette partie est de montrer l’importance d’une démarche basée sur la
sécurité et l’hygiène et la déclinaison de cette démarche à travers la définition
du CSH comme institution et la définition de son rôle dans l’entreprise.
Chapitre 1: L’intérêt d’adopter une démarche sécurité et hygiène au travail
1. L’importance d’adopter une démarche sécurité et hygiène au travail
Il est impératif d’adopter une démarche sécurité et hygiène afin de garantir un
lieu du travail sain aux salariés.
Travailler dans de bonnes conditions de sécurité et d’hygiène représente aussi
bien un intérêt pour les employeurs que pour les salariés. C’est à l'employeur,
en premier lieu, qu’incombe la responsabilité de garantir un lieu sans risque:
c’est à lui de créer un cadre adéquat de travail et de fournir les équipements
nécessaires. Les salariés sont aussi bien responsables que l’employeur. Ils
veillent eux aussi au maintien des bonnes conditions du lieu du travail.
2. Les avantages d’une démarche sécurité et hygiène
Une telle démarche ne peut être que bénéfique à l’entreprise et à ses salariés,
elle a pour avantages de:
a. diminuer les risques d’accidents
La démarche permet un gain de temps en réduisant le risque
d’accidents, d’où la baisse des coûts relatifs aux heures
supplémentaires dues à l’arrêt ou au ralentissement du travail lors de
la survenue d’un accident du travail.
b. prévenir les maladies professionnelles
Les effets aigus des produits chimiques nocifs tels que la
migraine, le vertige, la nausée, la désorientation, l’intoxication et les
problèmes cutanés, peuvent être prévenus. L’exposition à long terme
à ces produits peut entrainer des maladies graves telles que le
cancer, les atteintes pulmonaires et autres qui pourraient être
évitées si les mesures nécessaires sont prises pour protéger les
salariés.
c. procurer une bonne ambiance de travail
Le CSH attire l'attention sur les besoins et les améliorations. Il
est en contact permanent avec les salariés, qui communiquent leurs
soucis en matière de sécurité et d’hygiène. L’employeur garantit
ainsi l’implication de tous les salariés en cherchant à éliminer les
risques suscités. De ce fait, toutes les parties contribuent à rendre le
lieu du travail plus sûr, plus propre, plus ordonné et plus agréable.
d. limiter les dégâts matériels
Les accidents causent des dommages matériels et/ou corporels
qui ont des conséquences coûteuses.
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e. réduire les interruptions de la production
Les interruptions de travail suite à un accident seront réduites
par l’action du comité de sécurité et d’hygiène, et par conséquent le coût d’arrêt
de travail sera également réduit.
La grande majorité des analyses internationales a clairement démontré que la
plupart des améliorations des conditions de travail afin d’éviter les accidents de
travail et les maladies professionnelles correspondaient à un bon
investissement – au niveau de l’entreprise et au niveau national. Les études
spécifiques ont montré que la période de rendement est très courte, et dure
souvent moins de 18 mois.
Il est aussi important de noter que les analyses s’appliquent aussi bien dans les
pays développés que dans les pays en voie de développement.
Chapitre 2: Le rôle du CSH dans la démarche sécurité et hygiène
Le CSH est un outil important quand l’entreprise adopte une démarche sécurité
et hygiène. L’employeur est obligé par la loi d’assurer un environnement de
travail sans danger. Le CSH est le moyen qui permet aux parties (employeur et
salariés) de prendre les bonnes décisions en matière de sécurité et d’hygiène,
afin de réduire, voire éliminer tout risque d’accidents ou de maladies
professionnelles.
1. Du côté de l’employeur
a. La responsabilité de l’employeur
Les attributions de l’employeur et des salariés sont définies par la loi n° 65-99 et
ses textes d’application.
Tout employeur employant 50 salariés et plus est tenu de constituer un CSH.
L’employeur doit mettre en place tous les dispositifs pour assurer un lieu de
travail qui répond aux exigences de sécurité et d’hygiène et qui contribue à leur
mise en œuvre.
Il est au centre de la coopération des partenaires concernés par les
problématiques relatives à l’hygiène et à la sécurité, le but est de réduire les
risques. D'ailleurs, il doit s'assurer que les salariés sont informés des risques et
qu'ils ont reçu l'instruction nécessaire voire la formation adéquate.
L'employeur est tenu d'établir, de développer et de maintenir toutes les
démarches ou les actes permettant au CSH d'effectuer ses tâches de manière
satisfaisante.
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L'employeur doit présider ou se faire représenter par des cadres supérieurs
dans le CSH.
L’employeur charge le CSH d’exercer toutes les fonctions relatives à son
domaine de compétence: le diagnostic des conditions de travail, l’évaluation et
la mise en place d’une stratégie sécurité et hygiène.
b. La responsabilité de l’employeur à l’égard du travail quotidien du CSH
Selon la loi, l'employeur doit accorder le temps nécessaire aux membres du
CSH pour pouvoir exercer leurs attributions au sein du comité. Les membres du
CSH doivent pouvoir accomplir leurs tâches pendant les heures normales de
travail. Si les réunions ou autres tâches effectuées dans le cadre du comité
dépassent le volume normal des heures de travail, les membres participant
bénéficient de compensations légales.
Dans le but de maintenir un bon fonctionnement du CSH, l'employeur prend les
mesures nécessaires pour assurer les moyens suivants aux membres du CSH :
- Une dotation en heures suffisantes pour tenir ses réunions et ses tâches
- Le temps de préparer la réunion
- Le temps d’exercer leurs fonctions au sein du CSH
- Des salles disponibles pour les réunions
- Les documents nécessaires concernant les sujets de santé et de sécurité
- Payer les frais de déplacement
- Le temps d’évaluer le risque sur tous les sites même ceux où il n’y a pas de
représentants du CSH
- Assurer la formation appropriée du membre du CSH
- Faire appel à des experts externes si nécessaire
- Impliquer le CSH lors des visites des inspecteurs du travail
- Payer les heures de travail supplémentaires
- Payer pour la formation liée à la fonction du CSH
2. Du côté des représentants des salariés
a. Le représentant du personnel
Généralement, chaque représentant du personnel est élu pendant 6 ans.
Il s’occupe de la défense des intérêts des salariés et ses attributions s’élargissent en
matière de sécurité et d’hygiène, une fois qu’il devient membre du CSH. Il doit aussi
informer la direction de l’entreprise des problèmes y compris les questions de santé
et de sécurité.
b. L’élection des membres du CSH
Selon la loi 65/99 portant Code du Travail (chapitre cinq, articles 336-344) le
fonctionnement des Comités de Sécurité et d’Hygiène est défini.
Les Comités doivent être établis dans les entreprises employant au moins 50
salariés.
Le CSH est composé de :
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- l'employeur, ou son représentant, président du comité ;
- le chef du service de sécurité, ou à défaut, un ingénieur ou cadre
technique travaillant dans l’entreprise, désigné par l'employeur ;
- le médecin du travail de l’entreprise;
- deux délégués des salariés, élus par les délégués des salariés;
- un ou deux représentants des syndicats, s'ils existent dans
l'entreprise en question.
- autres personnes concernées appartenant à l’entreprise et possédant
une compétence et une expérience en matière de sécurité et d’hygiène au
travail, notamment le chef du service du personnel ou le directeur de
l’administration ou de la production au sein de l’entreprise.
Le code du travail ne stipule pas comment les représentants des salariés
doivent être élus pour devenir membres du CSH cependant il détermine leur
nombre « article 470 »
En l’absence d’un mode de scrutin précis il est tout à fait possible d’opter pour
tout mode de scrutin choisi d’une manière consensuelle par les parties
concernées et intéressées (par exemple le scrutin uninominal ou représentation
proportionnelle par liste au bulletin secret….).
Nous pouvons citer le cas d’une entreprise marocaine opérant dans le secteur de l’industrie
pharmaceutique employant 180 salariés. Cette entreprise a organisé les
élections des délègues du personnel lors de la dernière campagne, après les délégués ont
choisi leur représentant au comité de sécurité et d’hygiène par élection.
(Le nom de l’entreprise est connu par la rédaction).
Un autre exemple, cette fois-ci d’une entreprise qui opère dans le secteur du textile, avec
un effectif de 300 salariés. Après avoir organisé les élections des délégués du personnel,
l’entreprise a demandé à ses délégués d’élire deux d’entre eux qui vont siéger au comité de
sécurité et d’hygiène. La tâche a été difficile du fait que les délégués n’ont pas trouvé de
compromis sur la méthode d’effectuer leur choix; un arbitrage a été
demandé auprès de la délégation de l’emploi, qui leur a juste expliqué l’étendue du texte
légal. Les délégués de cette entreprise ont finalement pris la décision de désigner les deux
plus âgés d’entre eux pour siéger au comité de sécurité et d’hygiène.
Les deux représentants syndicaux étaient aussi membres de deux comités chargés de faire le
suivi dans le cadre d’une certification OSHAS, les deux délégués qui restaient ont été choisis
pour représenter les deux autres comités concernés par les problématiques de sécurité et
d’hygiène dans le cadre du processus de certification OSHAS.
(Le nom de l’entreprise est connu par la rédaction)
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Un troisième cas peut être cité, il s’agit d’une grande entreprise qui opère dans le domaine
des produits chimiques pour BTP, et qui a un effectif supérieur à quatre cents salariés. Après
l’élection des délégués du personnel, sept délégués ont été amenés à choisir ceux qui
vont siéger au CHS. Du fait de l’adhésion des salariés de cette entreprise, à une centrale
syndicale les deux représentants syndicaux qui vont siéger au CSH étaient connus, il a été
donc plus intéressant pour l’entreprise et les salariés de diversifier les profils des
représentants des salarié au CSH.
(Le nom de l’entreprise est connu par la rédaction)
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c. La protection des membres du CSH
Les membres du comité de sécurité et d’hygiène qui représentent les salariés
(délégués du personnel et représentants syndicaux) sont protégés par la loi, de
par leur fonction (articles 457-458-459,472).
Les deux délégués élus pour siéger au CSH sont l’expression de l’ensemble des
salariés en matière de sécurité et d’hygiène, abstraction faite de leur orientation
syndicale. Ils représentent les intérêts de l’ensemble des salariés en matière de
sécurité et d’hygiène.
On peut considérer que les représentants syndicaux qui siègent dans le comité,
représentent beaucoup plus l’orientation de l’action syndicale dans l’entreprise,
toujours dans le domaine de sécurité et d’hygiène.
Au Maroc et dans d’autres pays comme le Danemark, les représentants des
salariés de manière générale, et les membres du comité de sécurité et
d’hygiène sont protégés contre le licenciement ou toute dépréciation de leur
emploi à cause de leur activité de représentant sécurité et hygiène.
Les CSH sont des institutions consultatives: ils ont le pouvoir de recommander
des changements mais pas le pouvoir de les mettre en œuvre.
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Partie II. Le champ d’action du CSH et son mode
d’emploi
La législation ne décrit pas avec précision toutes les tâches du CSH. Le
dialogue social au sein de l’entreprise peut palier à ce manque, c’est ainsi que
l’ensemble des partenaires définiront les tâches et l’étendue de l’action du CSH.
Dans le chapitre suivant, quelques propositions sont présentées sur le
fonctionnement du CSH.
Chapitre 1: Le Champ d’action du CSH
La loi ne délimite pas l’étendue de l’action du CSH. Il est donc opportun de
clarifier, dès sa création, à travers le dialogue social, le périmètre d’action du
CSH.
Après définition de l’ensemble des tâches du CSH et l’étendue de son action,
celles-ci doivent être communiquées à l’ensemble des salariés. Il est important
que chaque personne dans l’entreprise ait conscience de l’utilité du CSH.
1. Les tâches du CSH :
La tâche principale du CSH peut être décrite comme suit:
• de détecter et d’évaluer les risques professionnels liés à la
sécurité et l’hygiène au travail dans l’entreprise.
C'est l'une des tâches primordiales du CSH. La mission principale des membres
du CSH est d’effectuer l'évaluation du lieu du
travail (ELT) (voir le Guide ELT 1 à ce sujet). Référence: Guide sur
Cette tâche doit être constamment prise en l’Evaluation du Lieu du
considération et dans chaque partie de la Travail, ELT, élaboré dans le
production lorsqu’on est membre du CSH. La cadre du projet de
détection et l'évaluation des risques Coopération dano-marocaine
professionnels doivent être intégrées dans le sur le Dialogue Social -
travail quotidien des membres. Après, les COTRIDIASO.
membres du comité sont amenés, à travers le [Link]
dialogue social, à résoudre ou prévenir les
risques évalués. Le guide sur l'évaluation du lieu du travail peut être un outil
utile parmi d’autres.
• d’assurer l’application des règles légales concernant la sécurité et
l’hygiène;
Un membre du CSH est amené à assurer une diffusion des règles législatives
concernant l’hygiène et la sécurité. Il est important que le membre du CSH
implique la direction de l’entreprise aussi bien qu’il est important que celle-ci
1 Dans le cadre du projet de coopération dano-marocaine sur le dialogue social, un guide de
l’Evaluation du Lieu du Travail a été établi, ce guide permet de développer la capacité de
l’évaluation et la détection des risques sur le lieu du travail.
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respecte le travail effectué par les membres du CSH. Il est conseillé
d’improviser des réunions suite à la détection d’un problème sérieux nécessitant
une solution rapide.
• de veiller au bon entretien et au bon usage des dispositifs de
protection des salariés contre les risques professionnels;
Le CSH doit intervenir dans le processus d’achat et d’entretien des dispositifs
de protection technique collective ou individuelle. Il doit aussi informer
l’employeur si ces dispositifs sont indisponibles, inadéquats ou défectueux.
Enfin, le CSH doit informer les salariés sur le bon usage des dispositifs.
• de veiller à la protection de l'environnement à l'intérieur et aux
alentours de l'entreprise;
La protection contre les risques sur le lieu du travail est la tâche principale du
CSH. Légalement, la protection contre les risques incombe à l’employeur. Sur le
terrain, c’est le CSH qui traduit l’engagement de l’employeur.
Le CSH utilise l'information et la communication pour asseoir la culture de la
protection contre les risques de tous les salariés, qu’ils soient anciens ou
nouveaux. Pour réussir, les membres du CSH doivent être capables de
communiquer leurs connaissances sur la sécurité et l’hygiène à tous leurs
collègues.
Les membres doivent être capables de communiquer et de maîtriser l’utilisation
des outils, avoir une bonne connaissance des risques chimiques et autres, être
aptes à réagir dans des situations à risque, mais aussi amener quotidiennement
les partenaires sociaux à un dialogue pour améliorer l’environnement du lieu du
travail, notamment les méthodes et les procédés de travail, le choix du matériel,
de l'appareillage et de l'outillage nécessaires et adaptés au travail et de
présenter des propositions concernant la réadaptation des salariés handicapés
dans l'entreprise.
Dans les grandes entreprises ayant un effectif important, il doit y avoir dans
chaque site de production un comité de sécurité et d’hygiène. La coopération
entre les partenaires implique l’augmentation du niveau de protection.
• de donner son avis sur le fonctionnement du service médical du
travail :
• contribuer à la mise en place d’une stratégie de prévention :
Pour la mise en place d’une stratégie de prévention, les membres du comité de
sécurité et d’hygiène coopèrent avec les autres partenaires via le dialogue
social. Cette stratégie débouche sur une politique qui contient entre autre les
sujets suivants :
- Comment les membres du CSH font-ils face aux problèmes quotidiens de
sécurité, comment agissent-ils? Comment enregistrent-ils les événements?
Comment les analysent-ils? Et comment les résolvent-ils ?
- L’expression des besoins d’information en matière de sécurité et d’hygiène.
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- La prise en compte de la question d’ergonomie.
- L’élargissement de la base de connaissance du CSH.
- La fixation des seuils de tolérance des risques.
- L’édition des rapports et des statistiques annuels liés aux problématiques de
sécurité et d’hygiène.
- La comparaison des résultats avec les entreprises semblables
• en cas d’accidents de travail ou de maladies professionnelles ou à
caractère professionnel :
Le comité doit procéder à une enquête à l'occasion de tout accident du travail,
de maladie professionnelle ou à caractère professionnel. L'enquête est menée
par deux membres du comité, l'un représentant l'employeur, l'autre représentant
les salariés, qui doivent établir un rapport sur les circonstances de l'accident du
travail, de la maladie professionnelle ou à caractère professionnel,
conformément au modèle fixé par l’arrêté no 345-05 du 9 février 2005 (voir
annexe 1). L’employeur doit dans les 15 jours qui suivent l’accident, adresser à
l'agent chargé de l'inspection du travail et au médecin chargé de l'inspection du
travail un exemplaire du rapport de l’enquête, conformément aux dispositions
des articles 340 et 341 du Code du Travail.
• établir un rapport annuel sur l’évolution des risques
professionnels dans l’entreprise :
Le rapport, dont le modèle est fixé par le décret no 2-09-197 du 22 mars 2010
(voir annexe 2), doit être adressé par l'employeur à l'agent chargé de
l'inspection du travail et au médecin chargé de l’inspection du travail
conformément aux dispositions de l’article 342. Le rapport doit être établi à la fin
de chaque année grégorienne et au plus tard dans les 90 jours qui suivent
l'année au titre de laquelle il a été établi.
• faire des suggestions au sujet de la réadaptation des salariés
handicapés dans l’entreprise :
Le CSH doit intervenir pour proposer les meilleures réadaptations de
l’environnement de travail, notamment lorsqu’il s’agit des postes de travail des
salariés handicapés.
2. Les outils de travail du CSH
a. Le registre spécial du comité de sécurité et d’hygiène
La loi stipule l’obligation de la tenue d’un registre spécial par le CSH, qui
englobe entre autre :
• l’ensemble des procès-verbaux des réunions de ce comité de sécurité et
d'hygiène en cas d'accidents graves;
• le rapport annuel sur l'évolution des risques professionnels dans l'entreprise;
• le programme annuel de prévention contre les risques professionnels.
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Le registre spécial doit être tenu à la disposition des agents chargés de
l’inspection du travail et du médecin chargé de l’inspection du travail.
Le registre spécial est un outil important pour le CSH. Il décrit l’ensemble des
actions menées dans le domaine de sécurité et d’hygiène dans l’entreprise,
l’analyse d’une partie des problèmes majeurs et les solutions suggérées.
Le registre spécial incarne l’accumulation du savoir quotidien du CSH. Le
registre spécial est un outil qui oriente le CSH dans l’entreprise et le renseigne
sur les zones importantes de production où l’évaluation est nécessaire.
Le registre spécial doit être mis à jour par les membres du CSH chaque fois que
de nouvelles questions d’hygiène et de sécurité sont soulevées. Il est
recommandé que le registre spécial soit accessible à toutes les personnes
appropriées. Si l’entreprise est grande, il est conseillé d’avoir plusieurs copies
du registre.
En plus des registres formellement obligatoires, le CSH doit avoir à sa
disposition la collection des rapports d’évaluation des lieux du travail et leurs
plans d’action.
b. Le rapport sur les accidents graves
Le CSH doit procéder à une enquête à l’occasion de tout accident du travail et
de maladie professionnelle ou à caractère professionnel.
L’enquête est menée par deux membres du CSH, l’un représentant l’employeur,
l’autre représentant les salariés, qui doivent établir un rapport sur les
circonstances de l’accident du travail, de la maladie professionnelle ou à
caractère professionnel, conformément au modèle fixé par l’arrêté no 345-05 du
9 février 2005 (voir annexe 1).
Un exemplaire de ce rapport doit être adressé par l’employeur à l’agent chargé
de l’inspection du travail et au médecin chargé de l’inspection du travail, dans
les 15 jours qui suivent l’accident du travail ou la constatation de la maladie
professionnelle ou à caractère professionnelle.
Si le besoin est exprimé, l’entreprise peut faire appel à une expertise technique,
interne ou externe.
Chapitre 2: Le champ de compétence du CSH
Le CSH est compétent dans les limites géographiques de l’entreprise. Lorsque
l’entreprise a plusieurs sites de production de 50 salariés et plus, il doit y avoir
un CSH propre à chaque site.
Ceci signifie que le CSH ou les membres du CSH devraient pouvoir visiter
d'autres sites de production avec moins que 50 salariés s'il n'y a aucun CSH au
niveau de ce site. Il serait généralement conseillé de la faire 1 ou 2 fois par an,
tout en prenant compte la situation du site de production.
1. Le CSH – les tâches et la gestion des réunions
Dès l’établissement du CSH, les missions et les rôles de chaque membre sont
définis.
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Le directeur de l’entreprise assure l’établissement et le bon fonctionnement du
CSH. Le calendrier des réunions et des rencontres est établi par un membre
désigné par le comité (exemple : décider lequel des membres envoie l'ordre du
jour aux autres, qui va convoquer pour les réunions et qui gère la réunion, les
noms de ces personnes sont communiquées par écrit à toutes les personnes
intéressées).
Le plan d’action du CSH comporte :
• Les réunions au moins tous les 3 mois et plus en cas de besoin
• Les réunions extraordinaires en cas d’accident grave
• Le compte-rendu des réunions suite aux accidents de travail
• La mise à jour du registre spécial.
a. La planification des réunions du CSH
Avant de provoquer une réunion du CSH un avis écrit doit être envoyé aux
membres du CSH portant l’ordre du jour. Cet avis doit aussi contenir une liste
des risques potentiels qui ont été récemment relevés ou observés depuis la
réunion précédente.
b. Le compte-rendu
Le CSH se réunit au moins 4 fois par an, et après chaque réunion, le compte-
rendu du CSH doit être établi. Un rapporteur peut être choisi parmi les membres
du CSH ou autre.
Le compte-rendu doit refléter les sujets clés de la Veuillez trouver en
réunion ainsi que les décisions prises. annexes 3-5, quelques
Il n’est pas nécessaire qu’il soit trop détaillé. L’important exemples de compte-
est, de bien décrire les points qui ont été discutés, les rendu d’une réunion du
décisions prises et les points qui restent en suspens. CSH ainsi qu’un plan
d’action pour assurer
Le rapporteur rédige les recommandations du CSH afin le suivi des décisions.
de les soumettre à la direction de l’entreprise.
Les comptes-rendus de chaque réunion précédente doivent être discutés et
approuvés lors de la réunion suivante.
La réunion du CSH est l’occasion de la mise à jour du registre spécial.
Le compte rendu peut être accessible à tous les salariés. La diffusion pourrait
être faite à travers une affiche au site de production ou de manière électronique
si possible.
c. L’ordre du jour
Il n'y a pas de règles spécifiques pour l’établissement de l’ordre du jour des
réunions du CSH. Les membres du CSH conviennent du système à adopter
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pour identifier les points et les thèmes qu’ils souhaitent discuter lors de la
réunion suivante.
L'ordre du jour des réunions du CSH peut porter sur n’importe quel sujet qui
relève de la compétence du CSH, à l’exception des réunions extraordinaires. Il
est souhaitable de toujours discuter des risques potentiels de la production.
d. La détermination d’un lieu de réunion
Il est important que les membres du CSH sachent où se réunir. Ainsi, il est
préférable de désigner un membre du CSH, chargé de réserver un lieu pour la
réunion au moins 30 jours avant la date prévue.
2. La formation du CSH
Afin d’appuyer les membres du CSH dans l’exercice de leurs missions,
l’employeur s’assure qu’ils bénéficient de la formation adéquate dans les
domaines suivants :
La formation doit de préférence contenir les éléments suivants:
a. La connaissance des textes juridiques
Les membres du CSH doivent savoir où trouver la législation et la
réglementation appropriées en matière d’hygiène et de sécurité au travail.
Les membres devraient également s’informer au sujet d'autres sources
d’informations sur l’hygiène et la sécurité au travail.
Un aperçu sur le développement du marché du travail local et son
fonctionnement est aussi appréciable.
b. L’évaluation du risque
Une formation devrait se focaliser sur la façon avec laquelle les membres du
CSH observent les situations du travail, détectent les risques potentiels, les
décrivent et agissent.
Référence : Guide Sur l’Evaluation du Lieu du Travail (ELT), développé dans le
cadre du projet de Coopération dano-marocaine sur le Dialogue Social
(COTRIDIASO).
c. La communication
Les membres du CSH doivent aussi apprendre à communiquer en matière
d’hygiène et de sécurité avec les employeurs et les salariés. Il est conseillé, que
la formation en communication soit à la fois orale et écrite. Les compétences en
communication orale sont très importantes parce que la communication orale
est la manière la plus efficace de conseiller les salariés sur un comportement
sûr lors de la mise en œuvre du travail. Il est aussi important d’apprendre
comment impliquer les salariés et comment utiliser les ressources déjà
existantes dans l’entreprise.
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d. La rédaction des rapports
Les membres du CSH doivent être capables de rédiger un rapport d’anomalie.
Ces rapports constituent la base de toutes les actions. Ils décrivent les risques
potentiels de l’entreprise et les propositions pour les éviter.
3. Le CSH et les agents chargés de l’inspection du travail
Afin que la visite de l’agent chargé de l’inspection du travail soit bénéfique pour
l’entreprise, il est fortement souhaitable que le CSH en soit informé par
l’employeur et que 2 membres dudit comité représentant le
chef d’entreprise et les salariés soient en mesure d’y
participer. Référence: Guide
des Inspections
Il est important que le CSH informe l’agent chargé de basées sur le
l’inspection du travail des conditions du travail dans Dialogue, développé
l’entreprise (équipement du travail, produits et substances dans le cadre du
utilisés, …) et initie avec lui un dialogue. projet de
Coopération dano-
marocaine sur le
Dialogue Social-
COTRIDIASO.
[Link]
17
Chacun a sa part dans le puzzle: les employés, l’entreprise, le
syndicat et l’inspection du travail...
18
Liens:
Organisation Internationale du Travail : [Link]
Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail :
[Link]
INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des
accidents du travail et des maladies professionnelles : [Link]
INEREIS : Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques :
[Link]
Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle : [Link]
Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST):
[Link]
Guide toxicologique : [Link]
Guide de la protection respiratoire: [Link]
Site en français (et anglais) avec plus que 3,5 millions de Fiches Signalétiques
(Material Safety Data Sheets) : [Link]
Le projet de Coopération dano-marocaine sur le Dialogue Social,
COTRIDIASO : [Link]
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