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Les Anges Dechus Et Leurs Tactiques

Le document décrit les anges déchus et leurs tactiques selon diverses sources religieuses et théologiques. Il présente l'enseignement de l'Église sur les démons et examine comment certains anges sont devenus mauvais ainsi que quelques tactiques du diable contre les individus et à l'échelle globale.

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Les Anges Dechus Et Leurs Tactiques

Le document décrit les anges déchus et leurs tactiques selon diverses sources religieuses et théologiques. Il présente l'enseignement de l'Église sur les démons et examine comment certains anges sont devenus mauvais ainsi que quelques tactiques du diable contre les individus et à l'échelle globale.

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Les anges déchus et leurs tactiques

Sources

Bible

Foi chrétienne et démonologie : congrégation pour la doctrine de la foi. Publié dans


l’Osservatore Romano en juin 1975

Somme théologique St thomas d’Aquin

Réconciliatio paenitentia Jean-Paul II : exhortation apostolique 1984

Les mauvais anges. Jean Paul II, audience générale 13 août 1986, Osservatore
Romano Edition française 33

Sollicitudo rei socialis Jean Paul II : Lettre encyclique du 30 décembre 1987

Combattre le péché personnel et les «structures du péché» JEAN-PAUL II audience


générale Mercredi 25 août 1999

« Arrière Satan » de Georges Huber

Aux prises avec le mal de Dom Anselm GRÜN

La tactique du diable de CS Lewis

Lors de la dernière séance, nous avons étudié les anges, essentiellement avec saint Thomas. Il
faut rappeler en commençant que la question des anges est une vérité de foi. Il ne peut y en
avoir de preuves, bien qu'une démonstration rationnelle de leur existence puisse être faite. Il
en va de même pour la question des anges déchus, des démons quel que soit le nom qu'on leur
donne.

L’Église, dans sa tradition affirme l’existence de Satan en restant fidèle aux sources de la foi.
L’attitude de Jésus en particulier constitue une des raisons principales de cette affirmation.

Il y a bien un enseignement de l’Eglise sur les démons. Le texte de la congrégation pour la


doctrine de la foi publié en 1975 permet une approche équilibrée de la question, sans trahir la
tradition. Nous l’étudierons en premier. Nous verrons ensuite avec saint Thomas comment
certains anges sont devenus mauvais. Puis après quelques données sur leur dénomination,
nous essaierons d'examiner si possible, quelques « tactiques du diable » :

- tactique anti personnelle, avec l'aide de quelques auteurs cités en source.

- tactique globale avec l'aide de quelques documents du magistère (Jean-Paul II).

1
I- Foi chrétienne et démonologie
Saint-Jean Chrysostome déclarait autrefois : « nous n'avons certainement pas plaisir à vous
entretenir du diable mais la doctrine dont il me fournit l'occasion, nous est de la plus grande
utilité. »

Il est certain que la bonne nouvelle du Seigneur ressuscité est au centre de la prédication de
l'église et non pas Satan, mais ce serait une erreur de faire comme si la rédemption avait
obtenu tous ses effets, sans qu’il soit nécessaire de mener le combat dont parlent le nouveau
testament et les maîtres de la vie spirituelle.

Les fidèles, quant à eux, sont habitués à prendre au sérieux les avertissements du Christ et des
écrits apostoliques. Ils s’écartent instinctivement (sentire cum ecclesiam) des processus qui
font de Satan et des démons des personnifications mythiques (non réelles) de l'emprise du mal
et du péché sur l'humanité.

1- Le témoignage de Jésus.

Jésus a tenu un langage qui dépassait son milieu et son époque tout en réaffirmant son respect
pour la tradition (Mt : 5,17). En effet, il s’est opposé à la fois aux pharisiens qui l’accusaient
de chasser des démons avec la complicité de leur prince et aux sadducéens affranchis des
croyances aux esprits et à la résurrection.

Il accepte d'être tenté par le diable au désert et met en garde contre cet adversaire dans son
sermon sur la montagne et dans la prière du notre père. À Pierre, il annonce que Satan le
passera au crible ainsi que les apôtres. Au cénacle, il déclare que la venue du prince de ce
monde est imminente (Jn 14, 30) et que désormais le prince de ce monde est déjà jugé (Jn 16.
11).

2- Les écrits pauliniens

Saint-Paul invite à résister à Satan en Ep : 6,11-16, à ne pas lui donner prise Ep : 4,27 ; 1
Co 7 :5,20, et à l’écraser sous nos pieds : Rm : 16,20. Pour lui, Satan est une grandeur
personnelle, le dieu de ce monde : 2 Cor 4 :4, distinct de nous et du péché qu’il suggère et à
l'œuvre dans l’histoire du monde et dans le mystère d'iniquité, 2 The : 2,7. « Car le mystère
d'iniquité s'opère déjà, mais seulement jusqu'à ce que celui qui les retient encore paresse au
grand jour. Et alors se découvrira l’impie, que le seigneur détruira par le souffle de sa bouche,
et anéantira par la manifestation de sa venue »

3- L'apocalypse

le dévoile définitivement dans son identité, en révélant l'énigme des noms et des symboles
divers de Satan dans l’histoire et dans l'écriture, Ap : 12,9 : « Et il fut précipité, le grand
dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut
précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. »

2
4- Par la suite, les pères de l'église

n'ont pas manqué de rappeler aux fidèles leur existence et leurs actions : Saint Irénée
enseignait que le diable est un ange apostat (littéralement : se tenir loin de), Tertullien et
Origène ont fait de même. Saint-Augustin en a parlé dans son ouvrage sur la lutte des deux
cités. Ce docteur de l’Eglise discernait d’ailleurs dans la société des pêcheurs, un corps
mystique du diable…comme il y a un corps mystique du Christ.

5- Le magistère

n’a consacré à la démonologie que peu de déclarations dogmatiques. En effet, l'occasion fait
le concile, la déclaration et le dogme. Et les occasions ont été rares.

Au VIe siècle, le premier concile de Braga au Portugal au chapitre 7 résume l'enseignement


du IVe du Ve siècle et notamment la doctrine du pape saint Léon le Grand : « si quelqu'un dit
que le diable n'a pas été d'abord un ange bon, créé par Dieu, et que sa nature n'est pas l'œuvre
de Dieu, mais qu’il dit qu'il a émergé des ténèbres, que personne ne l'a fait, mais qu'il est lui-
même le principe et la substance du mal, comme Mani (fondateur du manichéisme) et
Priscillien (Priscillien, mort à Trèves en 385, est un évêque d'Avila, condamné et exécuté pour
hérésie) l’ont dit, qu’il soit anathème. » Ce concile n'a pas donné lieu à une liste des noms des
démons contrairement à une erreur qui s’est répandue.

Au XIIIe siècle, le concile du Latran IV en 1215 se déclare contre la résurgence du dualisme


manichéen avec les cathares : «Nous croyons fermement et nous professons simplement ... un
principe unique de l'univers, créateur de toutes les choses visibles et invisibles, spirituelles et
corporelles: par sa force toute-puissante dès le commencement du temps il créa tout ensemble
de rien l'une et l'autre créature, spirituelle et corporelle, à savoir celle des anges et celle du
monde, puis la créature humaine, qui tient en quelque sorte de l'une et de l'autre puisqu'elle est
composée d'esprit et de corps. Car le diable et les autres démons ont été créées par Dieu
naturellement bons, mais ce sont eux qui d'eux-mêmes se sont rendus mauvais; quant à
l'homme, il a péché à l'instigation du diable»

Ni leur nombre, ni leurs fautes ni l’étendue de leurs pouvoirs ne sont précisées et sont laissées
à la discussion des écoles.

Au XVIe siècle, le concile de Trente en 1542, déclare que l'homme pécheur est sous la
puissance du diable et de la mort. Commettre le péché après le baptême c’est de nouveau se
livrer au pouvoir du démon.

Au XXe siècle le concile Vatican II met en garde contre le temps du démon : notre histoire est
un dur combat contre la puissance des ténèbres et durera jusqu'au dernier jour. Le concile
renouvelle les avertissements de l'épître aux Ephésiens à endosser l'armure de Dieu afin de
pouvoir tenir contre les manœuvres du démon, Ep : 6,13-17.

En soulignant l’existence de la réalité démonologique, l'église n'évacue pas la responsabilité


de l'homme en attribuant ses fautes aux démons : « ce n'est pas le diable, mais l'incurie propre

3
des hommes qui cause toutes leurs chutes et tous les malheurs dont ils se plaignent » Saint-
Jean Chrysostome. La sobriété et la vigilance sont toujours d'actualité. 1P : 5,8

Il y a quelque naïveté à craindre de rencontrer le démon au carrefour de toutes nos pensées,


les pensées ne sont pas le démon, mais il les suscite et les instrumente pour nous faire perdre
la paix. Il y a d’ailleurs autant de naïveté, à espérer que nos méthodes actuelles diront le
dernier mot sur les profondeurs de la conscience humaine. L'église avec Saint-Pierre nous
invite à résister aux démons avec confiance en nous certifiant que la puissance de Satan ne
peut franchir les frontières que Dieu lui impose.

6- Voyons maintenant avec saint Thomas, comment les anges sont devenus mauvais.
Q.63 et Q.64 de la somme théologique Pars I.

Il est habituel de distinguer entre les bons anges et les mauvais, ou anges déchus ou démons.
Du point de vue théologique, il conviendrait mieux de distinguer entre les anges bienheureux
et les anges malheureux.

Les anges bienheureux ne peuvent plus pécher car leur béatitude consiste à voir Dieu dans son
essence. Ils veulent et agissent donc, en se référant à Dieu à qui ils sont indéfectiblement unis.
Et il y a d’ailleurs chez ces anges une plus grande Liberté qu’en nous-même qui pouvons
encore pécher.

Pour ce qui concerne les anges malheureux, ils ont perdu définitivement le bonheur auquel ils
étaient destinés. Mais il ne faudrait pas que cela nous attriste : en effet l’apocatastase
(réconciliation finale du bien et du mal ) est condamné par le concile de Constantinople en
543.

L'ange, créature rationnelle, peut pécher car sa volonté ne parvient à la rectitude (ne dévie
pas) qu'en se réglant sur la volonté divine. Et quelle est la volonté divine ? C’est le bonheur
surnaturel de ses créatures. Il nous a fait pour un bonheur infini, le sien. C'est cela dont se sont
détournés certains anges, en se tournant délibérément vers leurs biens propres. En effet un
ange ne peut choisir le mal, comme nous pouvons le faire du fait de nos passions capables de
lier notre raison et notre intelligence. Il peut user en revanche de son libre arbitre pour choisir
un objet bon en soi, un bien (lui-même) sans tenir compte de l'ordre voulu par Dieu. Et ne pas
se soumettre au supérieur (Dieu) est un péché d'orgueil.

Le péché peut par la suite se trouver dans l’ange de deux manières :

- par culpabilité, en nous poussant à tous les commettre, il s’en rend coupable.
- par attachement et dans ce cas, seuls l'orgueil et l'envie qui sont des péchés spirituels
leur sont attachés par nature.

Il est traditionnel d'admettre avec les pères qu'aussitôt après le premier instant de sa création
le diable a péché. En effet les anges parviennent à la béatitude par un seul acte méritoire et
l’ange créé en grâce produit un acte libre dès le premier instant. Une fois le choix accompli,
le libre arbitre de l'ange est inflexible.

4
Saint Grégoire affirme que le premier ange pécheur fut le plus élevé de tous du fait de sa
propre excellence et le péché du premier ange fut cause du péché des autres par mode de
persuasion. Notre Seigneur dit : « Allez, maudits, aux feux éternels qui a été préparé pour le
diable et ses anges ». Mt : 25,41.

Leurs châtiments consistent en un obscurcissement de leur intelligence, l'obstination de leur


volonté et leur souffrance.

Cette souffrance a pour objet le présent et la crainte de ce qui est à venir. « Les démons
croient et ils tremblent » Jc : 2,19 : les démons voudraient que n'existent pas beaucoup de
choses qui existent, et qu'il existe beaucoup de choses qui n'existent pas. Ils sont privés de la
béatitude qu'ils désirent par nature. Ils voudraient que soient damnés ceux qui sont et seront
sauvés.

Pour cela, ils assaillent les hommes de deux manières :

- soit en les poussant au péché,

- soit pour les punir.

Pour que les conditions de la lutte ne soient pas inégales, l'homme reçoit le secours de la grâce
divine obtenue par notre Seigneur Jésus-Christ, l’armure de Dieu, et secondairement la
protection des anges.

Les démons nous surveillent et nous tentent : que cela signifie-t-il ? En fait nous en parlons
tous les jours quand nous disons le nôtre Père.

Tenter au sens propre du mot, c'est faire une expérience sur un autre, afin d'acquérir un savoir.
Or les démons savent ce qui se passe à l'extérieur de l’homme mais sa condition intérieure
leur est cachée car connue de Dieu seul. C'est pourquoi le diable tente en explorant les
dispositions intérieures de l'homme, afin de faire incliner la volonté de l'homme par le vice
auquel il est le plus attaché. Ce en quoi, le démon fait œuvre utile en faisant surgir de nos
profondeurs obscures nos vices les plus cachés (Combien de faits divers illustrent
malheureusement cela à la plus grande surprise de nos contemporains). Mais le diable n'est
pas la cause immédiate de tous nos péchés. « C'est du cœur que viennent les mauvaises
œuvres » Mt : 15,19.

La tentation du démon a pour but de tuer l’âme « ne craignez pas ceux qui tuent le corps,
mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps. » Mt : 10,28, cette âme rachetée au prix du sang de notre
Seigneur. La tentation suit toujours le même processus (modus operandi) bien discerné par les
pères du désert, St Jean Climaque en particulier dans l’échelle sainte au VII° siècle : la
suggestion puis le dialogue, le consentement, la passion puis la captivité. Aux deux premiers
temps, nous pouvons encore prouver notre amour pour le Seigneur, en nous maintenant
devant lui dans l’humilité. Evagre disait « supprime la tentation et personne ne sera sauvé. »
Puis en deux temps et trois mouvements, il est trop tard pour glorifier Dieu.

5
Le diable ne tente pas les hommes autant qu'il le veut, mais autant que Dieu le permet. Dieu le
repousse ensuite à cause de la faiblesse de notre nature. Nous pouvons alors connaître
quelques temps de repos qui ne doivent rien à nos mérites.

7- Quels sont les noms par lesquels les démons sont désignés dans la Bible ?

Lucifer n’est pas nommé dans le texte de la bible : (du latin "lux", lumière et "ferre", porter,
littéralement : "Porteur de lumière"). C’est un Dieu latin.
En tant que Dieu latin, Lucifer était le porteur de lumière, l'esprit de l'air, et personnifiait la
connaissance.
Ce n'est qu'au Haut Moyen Age que le nom de Lucifer a été employé pour désigner Satan.
Dans la Vulgate (première traduction de la Bible en latin par saint Jérôme), il est la
transcription du mot hébreu « Heylel » en "Astre du matin" (planète Vénus).

Ce qu'il était vraiment, on peut le déduire de l’Ecriture qui ne le nomme pas :un astre brillant,
le fils de l'aurore (Es 14.12), la forme accomplie de la perfection, plein de sagesse et parfait en
beauté (Ez 28.12), couvert de diamants et de toutes pierres précieuses (Ez 28.13), un chérubin
oint qui couvrait (ou protégeait) (Ez 28.14), un être parfait dans ses voies depuis sa création
(Ez 28.15).

La cause de sa chute, l'orgueil : c'est bien là, la faute du diable (1 Tim 3.6) :"Ton cœur s'est
élevé pour ta beauté, tu as corrompu ta sagesse à cause de ta splendeur" (Ez 28.17). "Tu as dit
en ton cœur : je monterai aux cieux, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu... Je
serai semblable au Très-haut"(Es 14,13-14).

Satan : (de l'hébreu "haschatan", adversaire) cité 40 fois dans la TOB 4 dans AT 36 NT

Diable : (du latin "diabolus, et du grec "diabolos", calomniateur) 36 ( 0, 35)

Belzébuth ou Béelzébul, Bélial : De l'hébreu "beel", seigneur, littéralement "Seigneur des


mouches".0(0,7)

Mammon signifie "Richesse" en araméen. Démon de l'avarice et de la cupidité. Il est la


personnification du pouvoir de l'argent et de la matière face à l'esprit, comme cela se voit dans
Matthieu (6 : 24) : "Nul ne peut servir deux maîtres : car ou il haïra l'un et aimera l'autre, ou il
s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse." (Bible
Crampon).

Asmodée est la forme grecque du nom d’un démon biblique provenant soit du perse azmuden
(=tenter), soit de l’hébreu schâmad (=perdre ou destructeur). L’origine perse semble la plus
probable. Il n’apparait que dans l’ancien testament grec et uniquement dans le livre de Tobie.

Légion : Dans le Nouveau Testament (Marc 5 : 9 et Luc 8 : 30), le terme de "Légion" signifie
tout simplement une multitude. Il ne s’agit, en aucun cas, du nom d’un démon particulier,
comme nous le prouvent ces passages du Nouveau Testament ; Jésus exorcise un
"démoniaque" (un possédé du Démon) :
-"Et il lui demanda : "Quel est ton nom ?" Et il lui dit : "Mon nom est Légion, car nous
sommes nombreux." (Marc 5 : 9 - Crampon).

6
-"Jésus lui demanda : "Quel est ton nom ?" Il dit : "Légion", car beaucoup de démons étaient
entrés en lui." (Luc 8 : 30 - Crampon).

Sans oublier les douze légions d’anges à la disposition de Jésus en Mt : 26,53.

Autres noms du diable ou de Satan : le prince de ce monde, le prince des ténèbres, le Malin,
"le Mauvais", « l’esprit immonde », le Tentateur, le chef des démons, le Maître de l'enfer,
lion, dragon, serpent....

A signaler, pour terminer ce chapitre, le traité de l’enfer de Sainte Françoise Romaine -


Fondatrice des Oblates - 1384-1440, qui donne des « indications sur les noms et les fonctions
des démons et sur la hiérarchie infernale.

Un dernier mot à propos des représentations de l'imagerie populaire sur les démons : les
représenter cornus et fourchus est aussi inexact et éloigné de la vérité que représenter les
chérubins fessus et joufflues .

II- Les tactiques du diable.


La tactique est l'art de diriger une bataille, en combinant par la manœuvre, l'action des
différents moyens de combat en vue d'obtenir une efficacité maximale.

Il nous faut garder cette définition militaire. En effet, St Jean de la croix, docteur mystique à
recours à des termes tirés de l’art militaire « lutte, lutte spirituelle, bataille spirituelle, guerre,
lutte furibonde, ennemis munis d'armes et de batteries, âpres combats où ne manquent ni les
assauts et les attaques, ni les pièges et les embuscades ; rencontres violentes ou l'on se
combat, où l'on s'empoigne les uns les autres, où l'on résiste, où l'on prévaut, où l'on sort
vainqueur ou vaincu. »

Nous verrons les différents moyens de combat qu’il emploie en vue d'obtenir le plus
d'efficacité possible. La puissance utilisée est maximale lorsqu’il s’agit de nous pousser à
commettre le péché, après le confession par exemple ou lorsque la piété, l’oraison et la
pénitence règle la vie du chrétien.

L'essentiel de la science chrétienne sur les tactiques du diable provient du combat au désert.
Nos anciens, à la suite de Jésus, sont allés au désert pour y être tenté. Ce sont les pères du
désert. Tout le monde connaît les représentations iconographiques de la tentation de saint
Antoine. Ce qui suit est principalement l'enseignement d’Evagre le pontique au IV siècle
(« Traité pratique », « Sur les pensées » aux Sources chrétiennes)

Rappelons-nous, que la mission des anges est de veiller sur nous et cela concerne aussi bien
les bons que les mauvais anges. Bien évidemment, ils ne s'y prennent pas de la même manière
: protection et conseil permanents d’un côté, embûches et attaques continuelles de l’autre.

Rappelons-nous également que l'homme demeure un être déséquilibré et malade : ses


lumières et ses forces sont insuffisantes. (St Thomas). Seule la révélation chrétienne nous

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apprend qu'il s'agit des conséquences du péché originel auxquelles s'ajoutent, péchés
personnels, vices et tares héréditaires.

L'esprit moderne s'insurge bien sûr contre cet enseignement tout en acceptant par ailleurs et
cela est fort curieux, la corruption, la criminalité réelle qui s’étale avec complaisance dans les
médias et celle des films et de la littérature qui imprègne toutes les œuvres actuelles.
Pourquoi dès lors ne pas accepter l’enseignement de l'église ? La réponse est simple : parce
qu’en même temps qu’elle dit la vérité sur notre état, elle annonce également le Sauveur.
L’esprit moderne se passe volontiers de tout ça ! Nous voyons là une première base à la
tactique du diable : nier le péché originel et ses conséquences, c'est implicitement nier la
nécessité absolue du salut et celle de l'aide des anges.

Le démon quant à lui, est en quelque sorte, tout entier haine envers Dieu et tout entier
jalousie à l'égard des hommes, catéchèse de Jean-Paul II le 23 juillet 1986. Sa deuxième
tactique de base identifiée par saint Paul est de se dissimuler : « Satan se déguise en ange de
lumière » 2 Cor : 11,14. Le malin est en effet habile à assumer des apparences du bien et à
enrober l'erreur et le mensonge de parcelles de vérité pour les rendre acceptables : il propose
le péché voilé de l'apparence de la vertu .C’est par ces moyens qu'il peut toucher jusqu'à
l'intelligence et la volonté par le mensonge, la ruse et la séduction.

Le diable va donc

- nous tenter : ce qui peut nous pousser à commettre le péché mais aussi dans la version
optimiste, permet de nous connaître nous-mêmes et nos zones de fragilité, nos
blessures,
- nous pousser à commettre le péché véniel et si possible mortel.

Pour cela, il dispose d'un pouvoir, d'une emprise sur le monde qui est beaucoup plus large
qu'on ne peut le supposer communément. Les anges ont pouvoir sur le monde matériel et
peuvent agir sur nous par l'intermédiaire des choses et en nous, par nos sens, notre sensibilité,
notre mémoire et notre imagination. Notre propension au rêve lui est également une puissante
alliée en absorbant notre attention au détriment de la réalité. Songeons au rôle des images,
des sensations et des sentiments dans nos conduites. La plupart des hommes sont à leur merci
et les anges ont libre accès à l'imagination, à la mémoire et à la sensibilité. Mais Dieu seul, a
accès à notre intelligence et notre volonté, à la fine pointe de l’âme, mais sur un mode non
intrusif : « Je me tiens à la porte et je frappe » Ap :

« Si subtil que soit l'ennemi, sa plus ingénieuse malice ne saurait atteindre l'âme que par un
détour, ainsi qu'on force une ville en empoisonnant ces sources. Il trompe le jugement, souille
l’imagination, émeut la chair et le sang, use avec un art infini de nos propres contradictions,
égare nos joies, approfondit nos tristesses, fausse les actes et les intentions dans leur rapports
secrets, mais quand il a ainsi bouleversé, il n'a encore rien détruit. C'est de nous, qu’il lui
faut tirer le suprême consentement et il ne l'aura point que Dieu n'ait parlé à son tour. Si
longtemps qu'il est cru retarder la grâce divine, elle doit jaillir, et il attend le jaillissement

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nécessaire, inéluctable, dans une terreur immense, car son patient travail peut être détruit en
un instant. Où portera la foudre, il ignore. » Georges Bernanos : l'imposture.

« Leur puissance naturelle et effroyable. Ils peuvent agiter vos esprits, remettre en vous les
images que vous gardez des choses, faire jaillir à propos celles qu'ils savent les plus
périlleuses, parce qu'il voit que vous les préférez... Ils se glissent comme des serpents ils
s'élancent comme des lions. Ils peuvent s'attacher à vous comme votre ombre, ils vous
enfoncent, ils vous assiègent. »Mgr Gay : sermons II pp 22-23.

1- Avant d'envisager les armes antipersonnel dont usent Satan, voyons quelles
sont ses cibles préférées.

Sa rage se déploie essentiellement contre :

- les clercs et les religieux (Le diable travaille dans les monastères et l’esprit saint dans les
boîtes de nuit),

- les convertis, les chrétiens fervents,

- les militants engagés,

- les saints et dévots de la Vierge.

« Le démon tente surtout les belles âmes » dit le curé d’Ars et « les plus grands saints sont
ceux qui ont été le plus tenté ».

Pour Saint-Thomas : « Satan s'acharne à empêcher la prédication de la vérité évangélique » et


« c'est un honneur d'être attaqué par le démon »

Il s'acharne surtout sur la prière et la contemplation qui est l'hommage le plus élevé qui
puisse être rendu à celui qui est l'objet de sa haine : notre Seigneur.

Sa tactique envers les religieux consiste principalement à entraîner la dispersion de l'esprit en


se servant des choses qui ont une bonne apparence puis à obtenir le contentement,
l'autosatisfaction du peu qui a été atteint afin ne pas en faire davantage. Il s'acharne en
particulier contre l'oraison du matin : en effet s’il est le premier à nous emplir l'esprit de
pensées frivoles, il en sera le maître toute la journée. (Entretien aux filles de la charité. Saint-
Vincent de Paul.1640)

2- Les signes de sa présence

Une des victoires les plus éclatantes du démon et d'être arrivé à endormir la vigilance des
hommes d'aujourd'hui et malheureusement du plus grand nombre de chrétiens. Selon Saint-
Ambroise : « la Terre et l'air pullulent d'anges et démons ». « La plus belle ruse du diable et
de persuader qu'il n'existe pas » disait Charles Baudelaire. En fait, il ne se cache pas toujours,
son orgueil l'en empêche. Il ne se cache que quand il attaque, par ruse et non par humilité. S’il

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ne faut pas s'étonner du silence des médias à son propos, il faut s'étonner en revanche de la
timidité de certaines gens d'église.

Le pape Paul VI se demandait s'il existait des indices permettant d'identifier avec certitude la
présence des forces sataniques. Problème délicat à l'extrême, requérant la prudence même si
les signes du malin paraissent évidents. Paul VI a donné quelques signes pour nous éclairer,
dans son discours du 15 novembre 1972 : « nous pourrions supposer sa sinistre intervention,
là où l’on nie Dieu d'une façon radicale, subtile et absurde ; là où le mensonge hypocrite
s'affirme avec force contre la vérité évidente ; là où l'amour est étouffé par un égoïsme froid et
cruel ; là où le nom du Christ est l'objet d'une haine consciente et farouche (1 Cor : 16,22 et
12,3) ; là où l'esprit de l'Évangile est dénaturé et démenti par les actes ; là où l'on affirme que
le désespoir est la seule perspective, etc… ».

Saint-Jean est plus radical : « nous savons que nous appartenons à Dieu mais que le monde
tout entier est dominé par le mauvais ». 1 Jn : 5,19.

L’Histoire récente de notre civilisation peut illustrer l'influence des forces diaboliques sur
l'idéologie, celle de Staline ou d' Hitler en particulier. Il est d'ailleurs possible d’opérer ici un
rapprochement avec les prophéties de Notre-Dame de la Salette.

Pie XI avait désigné le nazisme comme le mensonge incarné « mendacium incarnatum ».


Dans les discours nazis revenait sans cesse les mots : destruction, anéantissement. Alfred Jodl
chef de l'état-major de la Wehrmacht jugé à Nuremberg, disait d'Hitler : « c'est un grand
homme mais un homme infernal ». Le lien entre Satan et le national-socialisme a paru évident
également au philosophe Jean Guitton. Comment expliquer qu’en l'espace de quelques
années, Hitler ait pu halluciner, posséder, tout un peuple pour l'amener à détruire autour de lui
et à sa propre destruction. Personne avant lui n'avait obtenu ce résultat en si peu de temps.

Pie XI rattachait également le communisme athée aux influences sataniques dans son
encyclique, Divini Redemptoris, 19 mars 1937, sans pour autant nier le déclin de la foi,
l'influence du libéralisme économique et les injustices sociales qui crient vengeance vers le
ciel.

Mais finalement, Dieu seul connaît pleinement l'étendue et la profondeur des influences
angéliques et des emprises démoniaques sur le déroulement de l'histoire.

3- Les techniques et leur mise en œuvre (Evagre le pontique : traité pratique)

Le tour que prend le combat dépend de la condition de chacun, religieux, moine ou séculier.

1-Les techniques sont anti personnelles et adaptées avec finesse et ruse à chaque cas
particulier, progressant discrètement pas à pas et sans brûler les étapes. La perdition se
construit, la grâce quant à elle, est immédiate et détruit en un instant l’œuvre du diable.

Avec les séculiers, les démons utilisent les objets, avec les religieux les moines et les
chrétiens fervents, ils utilisent les pensées. Il faut remarquer qu’il est d'ailleurs plus facile de

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pécher intérieurement sur la pente des imaginations interdites. La guerre intérieure est plus
difficile à mener.

a- Nous l’avons dit, il peut utiliser ce qui est extérieur à l'homme :

- les objets et

- le prochain.

1- les objets extérieurs du monde, les choses, les événements.

Il s'en sert pour exciter nos passions :

La gourmandise et la convoitise, par exemple pendant nos promenades en grande surface.

L’avarice, en nous montrant des biens à posséder, à cumuler, le luxe, ce qui est voyant, le
superflu, tout ceci en rélation avec l'orgueil et la vanité.

La luxure, en excitant cette passion au contact de la publicité impudique, des corps dénudés
sur les panneaux publicitaires accidentogènes (les leçons de séduction d’Aubade), la
télévision, Internet.

La colère excitée, à cause de l'outil qui se casse, des objets sur lesquels on se cogne à tout
bout de champ, sans parler de la quantité incroyable d’objets qui s’égarent, qui disparaissent
(tout porte à croire que nous vivons au bord d’un trou noir…) (petit moyen de discernement
de l’action des démons si on les retrouve avec l’aide de l’ange gardien et la permission de
Dieu)

L'envie, en suscitant la jalousie du bien du prochain qui s'expose trop selon notre propre
jugement (publicité pour le loto).

Tout, mais pas n'importe quoi, pour nous contraindre à perdre la paix. Ce qui nous touche et
nous ébranle le plus.

Saint-Antoine se met à courir pour échapper à la tentation. Cet exemple pour montrer qu'il n'y
a pas de façon glorieuse de s'en sortir : « regardez par terre ! » m’avait dit mon confesseur.

Quoi qu'il en soit, au final, c'est toujours la réaction de l'homme qui est déterminante.

2- le prochain.

Là, c’est la règle de « La paille et la poutre ». C’est en ne l'acceptant pas comme il est, avec
les réactions de dépit de colère que cela suscite, que nous perdons la paix à propos de notre
prochain. C'est toute la difficulté de la vie communautaire que ce soit en famille ou en
religion : « maxima penitentia » disait-on au moyen âge. Inutile d’approfondir, tout le monde
se reconnaitra.

b- la guerre intérieure.

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1- les pensées, l’imagination

Les démons peuvent provoquer mais non produire, l'apparition dans notre esprit, d'images, de
choses ou de personnes, pour exciter notre tendance à la mauvaise humeur ou à la colère. En
relation avec du déjà-vu, du déjà ressenti. Ils ne peuvent innover. S’il apparaît par exemple,
le visage d'une personne qui m'a offensé, je suis assiégé par une passion de rancune, de colère.
De même, pour la gourmandise, la luxure etc...

Je distinguerai volontiers deux types d’imagination : imagination par excès, mais aussi
imagination par défaut, par manque de rappel d’images en rapport avec la grâce de Dieu dans
notre vie, lorsque nous sommes tentés : il sait aussi bloquer notre imagination quand cela
l’arrange. Il faut alors faire un véritable effort de volonté.

2- les souvenirs

C’est en utilisant le souvenir de la vie passée dans le monde que les démons peuvent entraîner
la chute de beaucoup. Vous connaissez : « Celui qui regarde en arrière n'est pas fait pour le
royaume de Dieu ». Une expérience passée, faite sous l'emprise d'une passion violente, nous
laissera un souvenir passionné.
Ces expériences ont un plein effet destructeur si elles ne sont pas assumées, entraînant alors,
amertume, tristesse, et découragement avec le souvenir de ses mauvaises passions.
Excès de mémoire importune ou au contraire défaut de mémoire temporaire ou définitif
partiel ou complet et cela dans le seul but d’activer la partie irascible de l’âme (pour
surmonter l’obstacle quand on le peut encore (mets-toi en colère mais ne pêche pas) ou s’en
prendre à l’auteur de nos jours quand on y peut plus rien) comme dit la femme de Job "Quoi ! tu
persévères encore dans ton adoration, dans ton intégrité ? Maudis donc Dieu et meurs ! lui dit-elle.
– Tu parles comme une insensée", répond Job.

La mémoire revient avec la paix, le calme : « calme- toi ça va te revenir ! » Pensez à Mr


Alzheimer et son cortège de troubles de l’humeur.

Si je peux me permettre un conseil : prenons donc des notes, c’est humble et nous garderons
la paix comme porte d’entrée de votre mémoire. L’effort portera sur « où ai-je mis mes
notes ?...

3- Les rêves

Les démons savent utiliser les rêves, songes, visions et hallucinations. S'ils assiègent la partie
concupiscible, il s'agira de rêves demets plantureux, d'hommes de femmes nus et lascifs. Pour
la partie irascible, il s'agira de serpents, de lion, de scorpion etc.

Les images suscitées dans les rêves laissent une forte impression et un fort retentissement
ultérieurs qui fortifient la passion concernée. Certains s’en confessent.

Comprenons que dans cette guerre intérieure, ils s'ingénient à fortifier nos faiblesses, affermir
nos penchants et nos attachements de manière imperceptible. Il faut noter que nos propres
indulgences envers nos faiblesses, les transforment automatiquement en force. Le mal se

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camouflant candidement sous l’apparence d’une petite faiblesse et nous induisant par des
raisonnements intérieurs à atténuer ce que nous savons coupables.

4- Le langage de notre corps ne trompe personne et surtout pas les démons.

Leur perspicacité est grande pour dévoiler pas la simple observation, notre cœur de manière
plus certaine que les paroles, afin d'y trouver en arrière-plan, la colère, la tristesse, le dépit, la
convoitise. Notre langage, notre contenance, notre maintien nous oriente dans une direction
bien déterminée qu’ils ne manqueront pas de favoriser si la perte de la grâce lui paraît
envisageable. Faisons attention à notre maintien ne serait-ce que par charité fraternelle.
Rappelons-nous cette critique » vous n’avez pas la tête de ressuscités »

5- Les excès

« Tout excès vient des démons » disait Abba Poemen et bien d’autres.

Le démon nous pousse toujours à méconnaître la mesure et la raison en nous excitant à la


démesure dans l'effort, l'ascèse etc. Il conseille aux malades et aux faibles de jeûner, aux
anémiques des saignées, aux insomniaques d'en profiter pour veiller utilement. Ces excès sont
destructeurs et conduisent immanquablement à l'insensibilité.

6- La mésentente

Les démons inspirent des jugements méchants sur le prochain, des questions indiscrètes, car
fouiner dans les turpitudes des autres rend aveugle à nos propres fautes. Il y a comme régle de
discernement, l’effet grossissant, la disproportion. L'astuce consiste en ce que l'on pense
critiquer à juste titre, les fautes des autres, alors qu'en fait, on ne discerne dans l’autre que nos
propres fautes, qui dans un même temps disparaissent de notre conscience. Les fautes des
autres peuvent nous « donner » bonne conscience…

7- La maladie

Il utilise dans cet état, la tentation de fuir les règles que l'on s'est donné, quelle que soit leur
forme, par pusillanimité ou par faiblesse. Il accable l'âme par le dégoût de la prière, les
mauvaises pensées, et le corps par les maladies, l'affaiblissement de tous les membres, les
maux de tête etc. « il y avait en effet un moine qui, chaque fois qu'il commençait à réciter
l'Office, était saisi par le froid et la fièvre, et souffrait de maux de tête. En cet état, il se dit lui-
même : je suis malade et j'approche de la mort ; je vais donc me lever avant de mourir et dire
l'office. Celui-ci terminé, la fièvre s'apaisait aussi. Ainsi, par ce raisonnement, le frère résistait
et récitait ses prières et remportées la victoire sur sa pensée ».

8- Procédés du démon adaptés à l'âge

Il tentera préférentiellement le jeune par les passions charnelles et les pulsions de la partie
concupiscible de l'âme.

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Les anciens seront attaqués par la partie irascible, par les passions spirituelles et les pulsions
de colère, de dégoût et de tristesse. Evagre juge la tâche des anciens beaucoup plus difficiles

Comme si tout cela ne suffisait pas, nous avons et nous continuons à offrir aux démons des

2- Structures de péchés pour organiser nos chutes. Nous lui fournissons des armes
supplémentaires dans et par nos sociétés.

Jean-Paul II nous dit dans son message aux jeunes du monde entier du 31 mars 1985 : « il ne
faut pas avoir peur d'appeler par son nom, le premier artisan du mal : le mauvais. La tactique
qu'il a appliquée et qu'il applique consiste à ne pas se révéler, afin que le mal, répandu par lui
depuis les origines, se développe par l'action de l'homme lui-même, par les systèmes et par les
relations entre les hommes, entre les classes et entre les nations..., pour que le mal deviennent
toujours plus le péché structurel et qu'on puisse d'autant moins l’identifier comme péché
personnel. Donc, pour que l'homme se sente en un sens « libéré » du péché, et qu'il soit en
même temps toujours plus plongé dans ce péché ».

Jean-Paul II développe sa pensée sur les structures de péchés dans son encyclique Sollicitudo
Rei Socialis 1987 en faisant une lecture théologique des problèmes modernes. À la suite de
Paul VI et de son encyclique Populorum Progressio, il s'interroge sur les obstacles au
développement des peuples. En dehors des causes économiques et politiques du sous-
développement, il veut discerner les causes d'ordre moral. Sa pensée sur le péché personnel et
le péché social est approfondi dans son exhortation apostolique « Réconciliatio et Penitentia »
en1984 dont il faut surtout retenir que l'église sait et proclame que les cas de péché social sont
le fruit de l'accumulation et de la concentration de nombreux péchés personnels : les péchés
de ceux qui favorisent et qui exploitent l'iniquité, ceux qui disposant du pouvoir pour
éliminer ou limiter certains maux sociaux ne le font pas, par intérêt, par complaisance, par
peur ou par indifférence. L'église s'élève contre le concept qui vise à opposer péché social et
péché personnel au point que la part personnelle soit atténuée voire effacée pour ne
reconnaître que les fautes et responsabilités sociales. Quelles que soient les situations, les
vraies responsabilités sont celles des personnes, tient à rappeler le pape. Mais il faut bien le
reconnaître le monde contemporain est caractérisé par la perte du sens du péché. Pie XII disait
« le péché de ce siècle est la perte du sens du péché »

Pourquoi en est-il ainsi ?

En raison d’un humanisme qui fait totalement abstraction de Dieu, centré sur l'agir, la
production, la consommation, le plaisir. L'homme construit un monde sans Dieu, monde qui
se retourne finalement contre lui ; de certains résultats des sciences humaines et de la
psychologie qui nous invite à ne pas culpabiliser en reportant sur la société toutes les fautes
dont l'individu est déclaré innocent; d’une anthropologie qui grossit l'influence du milieu, des
conditionnements qui limitent la responsabilité de l'homme au point de ne plus lui reconnaître
la capacité d'accomplir d'acte véritablement humain.

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De ces conditions résultent, l'édification dans le monde de multiples structures de péchés qui
font juger normale ou inévitable, l'attraction vers le mal et le mal lui-même.

Ces structures sont caractérisées par : le désir exclusif du profit, la soif du pouvoir avec un
facteur de puissance à tout prix. Ainsi se trouve identifiée, la véritable nature du mal qui
empêche le développement des peuples et se traduit en termes d'économie de politique et de
décision. La conséquence en est le manque de solidarité entre les personnes les peuples les
nations malgré une conscience de l'interdépendance qui ne manque pas de se développer. Le
pape ne désigne pas ces structures de péchés mais nous donne les éléments de discernement
indispensables pour pouvoir les identifier à tous les niveaux sociaux, culturels, économiques,
politiques. C'est ce qu'on fait deux auteurs dans leur ouvrage paru en 2001 : « les autoroutes
du mal de J.Bichot et D.Lensel.

Pour en citer quelques-unes à partir de leur ouvrage : licenciement pour assurer aux
actionnaires 15 % de rendement des fonds propres, clonage d'êtres humains, arrêt Perruche
pour le préjudice d'être né, médiatisation à outrance des conduites immorales agissant par
contagion mimétique, médias qui dictent la norme athée, anticléricale, inégalitaire et anti
fraternelle, les réseaux anticléricaux comme le réseau Voltaire, pornographie prostitution,
corruption politique délinquance qui gagne de plus en plus d'adeptes, écart de rémunération
choquant dans le sport ou au sommet des sociétés, subventions d'association factices et de
lobbys homosexuels avec l'argent public. Légalisation de l’IVG et son remboursement. La
liste est interminable.

Finalement l'absence de respect à la norme juridique des grands rend plus difficile
l'intégration de la norme morale par les petits. Tout ceci renforce le relativisme, l'élasticité de
la conscience et la propension au mal.

Il est important de rappeler que toutes ces structures de péchés qui sont responsables de la part
sociale du péché, atténuent la responsabilité personnelle mais ne la détruisent pas. Nous
verrons lors de l'entretien consacré au combat spirituel, l'orientation que donne le magistère
dans cette lutte contre les structures de péchés

En résumé et pour conclure il faut tout ramener au péché personnel et puisque c'est notre
thème à la tactique du diable.

L’enseignement monastique sur les démons qui nous a servi de base à cet enseignement,
décrit et explique ce qui se passe dans l'âme humaine quand elle se met en quête de Dieu. Ne
nous imaginons pas, après ce court exposé, avoir cerné toutes les tactiques du diable. Il ne
s'agit que de généralités et nous avons vu que le démon déployait toute sa ruse dans la lutte
antipersonnel. Et s'il existe 7 milliards de personnes sur cette planète, il y a également 7
milliards de types de tentation en cours, adapté à chaque personne selon ses tendances, son
hérédité et son histoire personnelle. « Connais-toi toi-même » disait Socrate. À chacun de
discerner ses passions dominantes, ses tendances et ses faiblesses pour engager véritablement
le combat.

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Arrivé au terme de cet exposé nous pouvons dire avec Jean Paul II : « Sans aucun doute, le
péché est l'œuvre de l'homme; mais dans la densité même de cette expérience humaine,
interviennent des facteurs qui le situent au-delà de l'humain, dans cette zone limite où la
conscience, la volonté et la sensibilité de l'homme sont au contact des forces obscures qui,
selon saint Paul, agissent dans le monde au point de parvenir presque à s'en rendre maîtres,
Rm 7, 7-25; Ep 2, 2; 6, 12. »

Mais souvenons-nous:

« Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » Rm : 8,28 et « tout est écrit dans le cœur
de ceux qui croient, qui aiment et espèrent. » VNSJC tome 2 pp549-550 Catherine
Hemmerich.

Quelle impression garder des Démons : « Lions rugissants » 1 P : 5,8 ou « mouches


insignifiantes » (Sainte Thérèse d’Avila unie à Dieu : Vie : 25,20), en tout cas « Quand je suis
faible, c'est alors que je suis fort» St Paul (2 Corinthiens : 12, 10).

Première leçon du combat que nous aborderons prochainement avec la grâce de Dieu.

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Common questions

Alimenté par l’IA

Theological distinctions between 'blessed angels' and 'unfortunate angels' highlight their relationship with God and their capacity for sinning. Blessed angels are those who have achieved beatitude by seeing God in His essence, which unconditionally aligns their actions with divine will and grants them greater freedom since they cannot sin . In contrast, unfortunate angels, or demons, are those who deliberately turned away from divine order to pursue selfish goods, resulting in a loss of happiness and a state of permanent sinfulness due to their initial act of pride . These distinctions emphasize how the angels' freedom is tied to their choice to align with or deviate from divine will, rather than the temptation to sin, which is distinctly human in nature .

Demonic temptation illustrates the interaction between human free will and external influences by recognizing that, while demons can tempt humans by exploring their internal dispositions and inclining them towards certain vices, they cannot directly control human will . This process involves suggestion, dialogue, consent, passion, and ultimately captivity, creating an opportunity for individuals to exercise free will and choose their response to temptation . Although demons can exploit human weaknesses, the strength of one's will, assisted by divine grace, allows individuals to resist these spiritual influences .

St. Thomas Aquinas's teaching describes the inflexibility of the will of evil angels as being irrevocably directed against God after their initial act of sin. This inflexibility implies that once angels make a choice, their will becomes fixed, contrasting with human will which can waver due to passions and external influences . This rigidity in decision highlights the permanence of their separation from divine grace and their unyielding nature towards repentance or redemption . Taken together, this attribute ensures that evil angels consistently act to lead humans away from God, reinforcing their role as tempters and adversaries to humanity .

The document's portrayal of evil spirits reflects on the ethical struggle within modern secular society by illustrating how moral relativism and the dismissal of spiritual dimensions of evil can undermine ethical foundations . By framing diabolic influence as both subtle and pervasive, the document suggests that the disregard for metaphysical evil leads to a weakened understanding of ethical boundaries, as secular society prioritizes personal freedom and subjective morality over traditional spiritual and moral teachings . This rejection of structured sin recognition and emphasis on individualism can foster environments where vices like greed, pride, and hedonism flourish, challenging the development of a cohesive and morally grounded society .

The concept that demonic tactics evolve with a person's age and life stage suggests an adaptive nature of temptation designed to exploit specific vulnerabilities present at various life phases . For younger individuals, temptations often involve carnal passions, leveraging impulsivity and lack of temperance, while in older individuals, the focus shifts towards spiritual passions such as pride, bitterness, and despair due to increased life experience and introspection . This tailoring of tactics highlights a diabolical sophistication in undermining moral resilience, emphasizing the need for ongoing spiritual vigilance and adaptability in one's spiritual defenses as circumstances and susceptibilities change throughout life .

Early Christian teachings highlight several tactics used by the devil, such as dissimulation, deceit through apparent virtue, and the leveraging of human vulnerability to sin. By disguising himself as an 'angel of light', Satan makes errors and lies seem appealing and credible, which reflects humanity's vulnerability to deception when virtues are cloaked within vice . Additionally, Satan's approach involves denying the existence and effects of original sin, implicitly rejecting the need for salvation and angelic aid, and catering to human pride and ignorance . Human susceptibility is thus emphasized, showcasing the need for divine assistance in overcoming these challenges .

Considering demonic actions as a form of experiential testing reveals philosophical implications regarding the nature of evil and free will. This perspective posits that demons, in their temptation, are exploring human inclinations to better exert influence, essentially leading humans to self-discovery by uncovering their latent vices . This aligns with the belief that trials and tribulations can foster spiritual growth, making temptations a mechanism for examining and fortifying human virtues against vice . The process also demonstrates the tension between divine foreknowledge and human autonomy, suggesting that while God is aware of such tests, it remains with humanity to choose virtue over sin .

The modern mindset's rejection of original sin affects the perception of human morality by emphasizing human autonomy and rejecting the need for divine intervention, as well as the concept of inherent human fallibility . By negating original sin, this viewpoint dismisses the structural and inherited nature of sin, viewing moral failings as individual choices unconnected to a broader fallen nature . As a result, this outlook often leads to a diminished sense of personal responsibility and an over-reliance on societal reform as opposed to individual moral development . Such perspectives obscure the need for a savior and weaken the perceived necessity for spiritual vigilance against vice .

Catholic teachings articulate personal sin as the root of social sin, with social sin being viewed as a collective manifestation of infractions resulting from the accumulation of individual transgressions . Although certain structures of sin emerge from societal constructs, they stem from personal acts of sin, highlighting the intertwined nature of personal and social responsibilities . The Church emphasizes that even within social sin, individual moral culpability remains significant as it underscores the foundational role of choice and personal accountability within broader moral failings . This perspective serves to remind individuals of their role in perpetuating or challenging societal sins .

In Christian theology, divine grace is pivotal in human resistance to demonic temptation by strengthening the will against spiritual attacks and enabling individuals to discern and choose good over evil . Divine grace, achieved through faith and the intercession of Christ and the angels, serves as an armor enabling humans to withstand and repel diabolical persuasion and to maintain spiritual integrity despite ongoing temptation . This grace not only protects but also fosters spiritual growth, allowing individuals to emerge stronger and more aware of their weaknesses and dependence on God's support .

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