UN RAPPORT SOUS LA THEMATIQUE
PROCESS COM
Encadré par : Réalisé par :
Mme HAMMOU - FARAZDAG Majdouline
- IJAIRI Imane
- IZIKI Lamia
ANNEE UNIVERSITAIRE 2018-2019
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Sommaire
Sommaire ................................................................................................................................................ 2
Table des Illustrations ............................................................................................................................. 3
Remerciements ....................................................................................................................................... 4
Introduction............................................................................................................................................. 5
A. Les Bases de la process Com ........................................................................................................... 6
I. Historique .................................................................................................................................... 6
II. Définition ..................................................................................................................................... 7
III. Principes de la Process Com .................................................................................................... 7
IV. Concepts fondamentaux de la Process Com ........................................................................... 9
1. La base : ................................................................................................................................... 9
2. La phase : ................................................................................................................................. 9
3. L’immeuble : ............................................................................................................................ 9
4. Ascenseur : ............................................................................................................................ 10
B. Le fonctionnement des 6 personnalités ........................................................................................ 10
I. La mécommunication : Repérer la dynamique d’échec ............................................................ 10
1. Les masques du stress ........................................................................................................... 10
2. Les positions de vie................................................................................................................ 11
3. Comportement de mécommunication et immeuble : .......................................................... 13
4. Récapitulatif de la dynamique – vrille de stress .................................................................... 14
II. Entrer dans la spirale de réussite .............................................................................................. 14
1. Canaux de communication .................................................................................................... 14
2. Perceptions du monde .......................................................................................................... 18
3. Les Besoins psychologiques ................................................................................................... 19
III. Adapter les styles de management : ..................................................................................... 21
IV. Répondre positivement à la question existentielle de chaque profil ................................... 21
C. Process Com en pratique............................................................................................................... 22
I. Verbatim de profil ..................................................................................................................... 22
II. Rétablir la communication avec le profil ................................................................................... 24
Conclusion ............................................................................................................................................. 25
Bibliographie.......................................................................................................................................... 26
2
Table des Illustrations
TABLEAU 1: LES TROIS DEGRES DE STRESS ........................................................................................... 10
TABLEAU 2: TABLEAU DES DRIVERS ..................................................................................................... 13
TABLEAU 3 : PROFIL CORRESPONDANT A CHAQUE CANAL................................................................... 18
TABLEAU 4 : L'ÉVOLUTION DES PERCEPTIONS ...................................................................................... 18
TABLEAU 5 : PERCEPTION CORRESPONDANTE A CHAQUE PERSONNALITE ............................................ 19
TABLEAU 6 : BESOINS PSYCHOLOGIQUES CORRESPONDANTS A CHAQUE PERSONNALITE .................... 20
TABLEAU 7 : STYLE CORRESPONDANT A CHAQUE PROFIL .................................................................... 21
TABLEAU 8 : QUESTION EXISTENTIELLE LIEE A CHAQUE PROFIL .......................................................... 21
FIGURE 1 : MÉCOMMUNICATION ET IMMEUBLE .................................................................................... 14
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Remerciements
Au terme de ce rapport, nous tenons à adresser nos profonds
respects et gratitudes à tous ceux qui nous ont aidés, de près
ou de loin, à réaliser ce modeste travail.
Nous tenons également à remercier notre professeur Mme
HAMMOU de nous avoir encadré à travers ses conseils, ses
instructions et ses guidances pour mener à bien ce rapport.
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Introduction
La dimension relationnelle est une composante de l’être humain qui tisse en permanence des
liens avec ses semblables afin de satisfaire ces différents besoins. L’expression de ces derniers
et l’établissement même de ces relations se fait par le biais de la communication qui est
inhérente à la vie humaine.
La communication qui peut être sous forme de paroles écrites ou dites, de gestes,
d’expressions faciales ou de symboles n’est qu’un simple processus de transmission
d’informations entre deux intervenants ou plus. Cependant, entre la transmission du message
et sa réception ; des éléments tels que l’environnement social, les différences culturelles et les
expériences vécus peuvent intervenir dans le processus et générer des malentendus ainsi que
des conflits vu qu’ils impactent directement la perception. Ce facteur qui joue un rôle très
important dans le décodage du message peut être défini comme étant l’interprétation
subjective de la réalité. Autrement dit, le sens qu’un être humain attribue aux mots, gestes,
symboles et sensations qu’il reçoit de son monde externe. C’est ce qui rend le processus de
communication délicat et limite son efficacité.
Dans le but d’assurer une communication efficace, plusieurs recherches ont été menées dans
ce sens, ainsi, une multitudes d’outils ont vu le jour et ont été mis à la disposition de l’être
humain. Parmi les : la Process Communication qui permet à l’individu de comprendre son
fonctionnement et celui des autres et par conséquent, établir des relations satisfaisantes.
Dans le cadre de ce rapport, nous allons essayer de répondre aux questions suivantes :
• Qu’est-ce que la Process Communication, ses origines et développement ?
• Quel sont les différents types de personnalité qu’identifie la Processus
Communication ?
• Comment fonctionne les différentes personnalités ?
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A. Les Bases de la process Com
I. Historique
La naissance du modèle de la Process Communication de Taibi Khaler est très lié à l’histoire
de l’analyse transactionnelle crée dans les années 1950 et 1960 par le psychiatre américain
Eric Berne. Cette analyse se base sur l’observation des échanges d’une personne avec les
autres pour comprendre son fonctionnement psychique.
L’analyse transactionnelle propose le concept de scénario de vie qui se définit comme un plan
de vie inconscient que tout un chacun élabore dans sa petite enfance. L’objectif est
d’identifier les éléments de ce scénario afin d’aider la personne à ne plus rester enfermé dans
des schémas comportementaux datant de son enfance. Toutefois, le défi est l’identification
même de ces éléments.
En 1970, Taibi Khaler a découvert comment identifier les scénarios de vie en apportant un
nouveau concept : le mini-scénario qui est la description de patterns comportementaux sur un
temps bref. La détermination de ces mini-scénarios pour lesquels il a reçu en 1977 le prix
scientifique d’Eric Berne est fondé sur l’observation des séquences répétitives de
comportements subtils lors de situation de stress.
Taibi Khaler a commencé à forger le modèle de la Process Communication en travaillant sur
les drivers ou bien les portes d’entrés du mini-scénario dont il a repéré six corrélés à des
schémas de dysfonctionnement observable sous stress. Par la suite, il a enrichis ces travaux
par le concept de besoins psychologiques issus des travaux d’Eric Berne afin d’établir un lien
entre les types de schémas de stress et les besoins. En 1975, Taibi Khaler a introduit le
concept de la perception après des échanges avec le psychiatre Paul Ware et il a pu identifier
six personnalités dont chacune a une perception différente du monde.
En 1978, Terry Mcguire- le psychiatre le chargé de recrutement des astronautes à la NASA-a
invité Taibi khaler d’utiliser son modèle dans la sélection des astronautes afin de constituer
des équipes capables de coopérer efficacement dans un milieu très incertain et stressant qui
est l’espace. Les résultats de cette expérience a remis en cause le modèle de Process
Communication que Taibi Khaler a pu développer et améliorer en introduisant le concept de
la Phase après qu’il a découvert que les personnes ne restent pas toute leur vie dans les même
mécanismes de défense mais ils ajoutent des comportements à leur personnalité.
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A partir des années 1980, le modèle commence d’être diffusé et utilisé dans divers
dimensions : la gestion de conflits, la gestion du stress, la formation des managers, le
coaching …
II. Définition
Selon Patrice Dubourg, la Process Communication est un modèle de compréhension de la
personnalité destiné à améliorer la connaissance de soi, la communication, le management, le
coaching, et l’accompagnement, qui est l’expression d’un mode opératoire où le processus est
vu comme déterminant dans l’efficacité et le confort de toute relation.
De la définition ci-dessus, la Process communication est tout d’abord un outil d’analyse et de
compréhension de notre propre personnalité et celles des autres en apportant une description
du mode de fonctionnement de chaque personnalité. La Process Communication est aussi un
outil de communication permettant l’établissement de relations satisfaisantes en mettant à la
disposition de la personne les clés nécessaires pour développer des stratégies de
communication adaptés.
L’objectif du modèle de la Process Communication est d’aider la personne à créer et
entretenir des relations personnelles et professionnelles authentiques, coopératives et durables
en établissant une communication positive avec ses semblables.
III. Principes de la Process Com
La Process Communication repose sur deux principes essentiels :
• En communication, la forme a plus d’importance que le fond :
Lors des échanges et interactions avec nos semblables, la manière de dire le message a plus
d’importance que son contenu lui-même. La réussite d’une tentative de communication entre
deux protagonistes dépend non seulement de la qualité de la relation entre eux mais également
de la forme utilisé qui doit être adaptée au récepteur. L’utilisation de la forme adéquate assure
la qualité de la réception du message et minimise la probabilité d’émergence des conflits.
• Nous avons tous un type de personnalité de base qui correspond à l’un des six types
de personnalité suivantes :
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Empathique :
La personnalité de type empathique est très chaleureuse, sensible et compatissante. Elle
perçoit les personnes et les situations avant tout par ses ressentis et utilise un langage qui
exprime de nombreux sentiments et émotions.
Une personne empathique a besoin d’être reconnu en tant que personne, se sentir aimé et
valorisé. Elle cherche aussi t la satisfaction des besoins sensoriels.
Travaillomane :
La personnalité de type travaillomane est guidée par sa logique. Elle est très organisée et
possède un sens très fort de responsabilité. Une personne travaillomane est très structurée et
capable d’analyser, de planifier et d’organiser.
Le travaillomane a besoin d’être reconnu par son travail, avoir un environnement structuré et
respecter les plannings t horaires.
Persévérant :
Une personne persévérante est observatrice, consciencieux et dévoué, c’est quelqu’un
d’opinion et de conviction qui est très engagé et capable de défendre son point de vue. Ses
échanges sont basés sur des évaluations des situations et des gens et sont exprimés en mode
informatif.
La personnalité de type persévérant a besoin d’être reconnu à la fois pour ses convictions et
pour son travail.
Rêveur :
Le rêveur est réfléchi, imaginatif et calme. Il est capable de garder son calme même dans les
situations les plus délicats. Ses échanges sont basés sur des directives claires et des attentes
bien précises.
La personnalité rêveuse a besoin de travailler à son rythme et d’avoir un espace personnel lui
permettant de s’isoler et se sentir calme.
Rebelle :
Une personne rebelle est spontanée, créative et ludique. C’est quelqu’un qui aime le travail en
groupe dans une atmosphère stimulante et vit l’instant présent. Lors de ses échanges, elle
réagit avec enthousiasme et énergie.
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Ce type de personnalité a besoin d’être en contact avec les autres. Elle cherche toujours
l’originalité et l’inattendu.
Promoteur :
Le promoteur est adaptable, charmeur et plein de ressources. Il aime l’action, prend le risque
et saisit les opportunités. Lors de ses échanges, il est ferme, direct et n’exprime pas ses
sentiments qui considère comme une faiblesse.
Ce type de personnalité a besoin de challenges, de compétition et d’excitations. Il est en
recherche permanente de sensations fortes.
IV. Concepts fondamentaux de la Process Com
1. La base :
La Process Communication appelle base le type de personnalité le plus ancien et le plus
important pour un individu dans ses relations avec les autres et son monde externe. Chacun de
nous possède comme base l’une des six types de personnalités cités auparavant. Cette base se
développe à l’enfance et regroupe les fonctionnements qui seront constants au cours de notre
vie.
2. La phase :
La Process Communication appelle phase le type de personnalité qui décrit les sources de
motivation et les modes de conflits. Ca peut être le même type de personnalité de la base
comme ca peut être différent. Dans le premier cas, le mode de communication et la perception
du monde de l’individu sont exprimés par le même type de personnalité tandis que dans le
deuxième cas ces deux éléments seront exprimés par le type de personnalité de base.
3. L’immeuble :
L’individu dispose non seulement d’une ou deux types de
personnalités constituant sa base et sa phase, mais également de
tous les types qu’utilise à degrés divers. Cette utilisation est
illustrée par un immeuble comportant 6 étages allant du type de
personnalité le plus marqué à celui le moins marqué. On
distingue 720 immeubles différents.
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4. Ascenseur :
L’utilisation des différents types de personnalité ou bien les étages de l’immeuble est illustrée
par la notion de l’ascenseur. Une fois les besoins de la personne liés au premier type de
personnalité (premier étage) sont satisfaits, Il accède au niveau supérieur (étage suivant) et
commence à montrer les comportements de cet étage.
B. Le fonctionnement des 6 personnalités
I. La mécommunication : Repérer la dynamique d’échec
1. Les masques du stress
Le stress est un état psychique produit par un mal-vécu ou un mal être et qui influe tant sur le
plan physique que sur le plan mental et sur le plan émotionnel.
Si rien ne change, progressivement, la vrille de stress s’enfonce du premier degré de stress au
deuxième, puis au troisième. Chaque degré de stress est associé à un masque.
Le masque du premier degré est appelé driver ; le masque du deuxième est appelé, mécanisme
d’échec. Au troisième degré de stress, la personne montre un masque de désespoir.
Tableau 1: Les trois degrés de stress
Plus une personne s’enfonce dans son stress, plus c’est repérable. A contrario, le premier
degré de stress est le plus subtil à identifier.
L’identification du stress va faciliter le repérage du profil qu’il nous présente.
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2. Les positions de vie
L’un des principes de base de Process Com est qu’une communication ne peut s’établir que si
les deux protagonistes s’estiment l’un l’autre. Nous parlerons alors d’une position de vie +/+
ou OK/OK.
Ex : Jacques dit à Marion : « Marion, peux-tu envisager de t’y prendre autrement la prochaine
fois ? »
- Est-ce que Jacques s’estime ? Oui.
Le premier signe est donc + ou OK.
- Est-ce qu’il estime Marion ? Oui.
Le deuxième signe est + ou OK.
Jacques est dans une position de vie +/+ ou OK/OK. La communication s’établit.
Abordons les différentes positions de vie qui permettent d’identifier à quel niveau une
communication dysfonctionne :
a. Position de vie du 3ème degré de stress : rejet
Au troisième degré nous sommes en situation d’échec. Ce degré s’accompagne de problèmes
de dépression, de troubles psychosomatiques et autres. Les interactions Process Com
permettent d’intervenir avant que l’interlocuteur n’en arrive à cette extrémité dommageable.
Le 3ème degré de stress est caractérisé par une position de vie moins/moins (-/-)
Ex : Jacques dit à Marion : « Avec toi, c’est toujours pareil. Les bras m’en tombent, je ne sais
plus faire. Je suis nul. J’abandonne. »
- Est-ce que Jacques s’estime ? Non.
Le premier signe est donc – ou non-OK.
- Est-ce qu’il estime Marion ? Non.
Le deuxième signe est donc – ou non-OK.
Jacques est dans une position de vie –/– ou non-OK/non-OK.
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b. Position de vie du 2ème degré de stress : mécanismes d’échec
Au deuxième degré, la communication devient difficile, inconfortable, voire conflictuelle. Ce
degré de stress s’accompagne du masque mécanisme d’échec. Il existe trois masques associés
aux positions de vie :
- Attaquant : +/–
- Blâmeur : +/–
- Geignard : –/+
Le deuxième degré de stress est caractérisé par deux positions : soit +/–, soit –/+
▪ Position +/–
Si Jacques dit à Marion : « Avec toi, c’est toujours pareil ! »
- Est-ce que Jacques s’estime ? Oui.
Le premier signe est donc + ou OK.
- Est-ce qu’il estime Marion ? Non.
Le deuxième signe est – ou non-OK.
Jacques est dans une position de vie +/– ou OK/non-OK. Le premier signe indique l’estime
que l’émetteur du message a pour lui-même.
▪ Position –/+
Au début de son exposé, Georges sent le besoin de déclarer : « Mesdames, je suis navré, mais
je suis un peu souffrant et mon intervention risque d’en pâtir
- Est-ce que Georges s’estime ? Non.
Le premier signe est donc – ou non-OK.
- Est-ce que Georges estime ses interlocuteurs ? Oui.
Le deuxième signe est donc + ou OK.
Georges est dans une position de vie –/+ ou non-OK/OK.
c. Position de vie du 1er degré de stress : Driver
Le premier degré de stress garde son nom anglais « driver », qu’on pourrait traduire par «
message contraignant ». En effet, le premier degré de stress est un stress léger qui s’exprime
sous la forme d’un message contraignant soit pour l’interlocuteur soit pour soi-même.
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« Driver » ou message contraignant pour l’autre
Un collaborateur présente une étude innovante, considérée intéressante pour l’entreprise. Le
manager la parcourt rapidement, et sa première remarque est : « Tiens, tu as fait une faute ».
Le manager émet ce message contraignant à son collaborateur : « Sois parfait. » C’est le
premier degré de stress (driver) du profil Persévérant.
Dans cet exemple, le message du manager est le suivant : « Je m’estime (+), et toi,
collaborateur, je t’estime SI tu es parfait (+SI). » Le signe de la position de vie est donc +/+ SI
« Driver » ou message contraignant pour soi
Un manager réclame un rapport que son collaborateur devait lui remettre à midi. Il le surprend
à son bureau en train de peaufiner ledit rapport. « Tu es en retard pour me remettre ce rapport.
Que fais-tu ? » demande le manager. « Je le relis une fois de plus afin qu’il soit parfait. » Le
collaborateur émet ce message contraignant (qui s’adresse à lui-même) : « Je dois être parfait.
» C’est le premier degré de stress (driver) du profil Travaillomane
Dans cet exemple, « Je le relis une fois de plus… », le message du collaborateur est le suivant
: « Je m’estime SI je suis parfait (+SI), et toi, manager, je t’estime (+). » Le signe de la
position de vie est donc +SI/+.
Tableau 2: Tableau des drivers
3. Comportement de mécommunication et immeuble :
Face à un stress courant (donc à une non-satisfaction du ou des besoins de la Phase), c’est la Phase qui
réagit, d’abord par le driver, puis par le masque de deuxième degré. Si la situation se maintient sans
satisfaction des besoins de la Phase, la Base prend le relais. Le driver de la Base placé juste en dessous
de la Base ne participe pas à la séquence de stress. Il est constamment présent, mais comme «
déconnecté » de la séquence de stress courant, puisque n’entraînant pas automatiquement un conflit. Il
est donc activé par une situation très légèrement stressante.
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Figure 1 : Mécommunication et immeuble
4. Récapitulatif de la dynamique – vrille de stress
II. Entrer dans la spirale de réussite
À chaque profil en vrille de stress (mécanisme d’échec), Process Com propose un type
d’interaction composé de trois éléments :
1. Canaux de communication
Les canaux de communication décrivent le comportement de celui qui initie la
communication, ainsi que le comportement attendu chez celui qui reçoit la communication.
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La bonne communication suppose une « invitation comportementale » par une personne et la
« réponse comportementale » correspondante, par son interlocuteur, ce qui constitue en
Process Communication un canal de communication.
a. Le canal interruptif
Le canal interruptif est destiné à interrompre un comportement chez l’interlocuteur. C’est un
canal d’urgence. Il a pour but de calmer, de façon ferme, une personne qui est dans un état
fortement émotionnel. Son usage est donc rare dans la vie courante.
On l’utilise lorsqu’une personne, submergée par ses émotions, perd le contrôle d’elle-même.
Lors d’un état de choc, d’une colère explosive, d’une peur panique, de pensées obsédantes et
bloquantes, la personne ne peut être rejointe dans son état émotionnel que par ce canal. Il
s’agit d’émettre des ordres, des directives à l’impératif, avec un ton de voix très ferme et très
présent, accompagné de gestes protecteurs et rassurants. Ces ordres concernent des
comportements simples, comme s’asseoir, respirer, écouter. La réponse à cette invitation est
le plus souvent non verbale. Le corps suit les directives reçues : la personne se met à respirer
plus calmement, s’assoit, se détend, etc.
Le canal interruptif peut être utilisé par tous les types de personnalité.
b. Le canal directif
Le canal directif vise à obtenir un comportement réfléchi chez l’interlocuteur, en indiquant
clairement ce qu’il y a à faire.
Il s’agit de donner des ordres, des directives à l’impératif, avec un ton de voix ferme, peu de
gestes, peu ou pas de mimiques de visage. L’attitude corporelle est droite, sans rigidité. Les
phrases sont courtes et indiquent des actions. On invite à un comportement réfléchi qui met en
place l’action indiquée. La réponse est courte et montre que la personne a compris
Ce n’est plus le canal directif lorsque…
• Le ton de voix est menaçant.
• Il y a des gestes d’agression (doigt pointé, main qui s’abat comme un couperet).
• Il y a des mimiques d’agression (sourcils froncés, « gros yeux »).
• L’un des interlocuteurs « met de la pression » sur l’autre.
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• La relation est de type dominant/dominé.
• La réponse attendue n’est pas un comportement basé sur la réflexion.
Les personnes de type Promoteur utilisent ce canal pour parler aux autres. Les
personnes de type Rêveur attendent de leur interlocuteur qu’il utilise ce canal pour leur
parler
c. Le canal informatif ou interrogatif
Le canal informatif (ou interrogatif) permet d’échanger de l’information, des opinions, de
réfléchir ensemble, d’élaborer des solutions à partir d’hypothèses. Il s’agit de poser des
questions ou de donner des réponses à une question, avec un ton de voix neutre, peu de gestes,
peu ou pas de mimiques de visage. L’attitude corporelle est droite, sans tensions particulières,
plutôt équilibrée. Les phrases sont explicatives ou interrogatives et indiquent la réflexion. La
personne qui utilise un canal informatif invite son interlocuteur à participer à sa réflexion. La
réponse est argumentée et apporte des éléments de réflexion
Ce n’est plus le canal interrogatif lorsque…
• Il y a des émotions dans l’échange.
• Le ton de voix monte.
• Il y a des mimiques d’agression (sourcils froncés, « gros yeux »).
• L’un des interlocuteurs « met de la pression » sur l’autre (« Tu dois absolument », « Je ne
veux pas en entendre parler », etc.).
• Le questionnement devient inquisiteur.
• La réponse attendue n’est pas dans la réflexion
Les personnes de type Travaillomane et Persévérant utilisent ce canal pour
communiquer. Les personnes de type Rêveur utilisent souvent ce canal lorsqu’elles
prennent la parole.
d. Le canal nourricier
Le canal nourricier prend en compte l’interlocuteur de façon affective. Il s’agit d’établir un
lien chaleureux et attentionné. Le ton de voix est doux et bienveillant. Les gestes sont
cordiaux, sympathiques, apaisants. L’attitude corporelle est ouverte, tournée vers l’autre,
penchée vers l’avant. Le visage est souriant, avenant. Le contenu de l’échange porte sur les
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personnes autant, sinon plus, que sur les faits. Ce comportement vise la partie émotionnelle de
l’interlocuteur.
Ce n’est plus le canal nourricier lorsque…
• Il y a une prise en charge exagérée.
• La relation devient infantilisante.
• La relation devient dévalorisante.
• L’une des personnes est surprotectrice.
• La réponse attendue n’est pas dans le ressenti.
Les personnes de type Empathique utilisent ce canal pour communiquer.
e. Le canal ludique ou émotif
Le canal ludique (ou émotif) vise à établir un lien ludique et émotionnel avec l’interlocuteur.
Il s’agit de jouer, de plaisanter de façon spontanée et amusante ou d’exprimer ses émotions.
Le ton de voix est énergique, enthousiaste, avec des modulations. Les gestes sont nombreux,
animés. L’attitude corporelle est décontractée, flexible, relâchée et tonique. Le visage est
expressif, avec des yeux pétillants et de nombreuses mimiques. Le canal ludique peut servir à
passer des informations, mais elles ont moins d’importance que le lien entre les personnes.
Les phrases comportent des onomatopées et des expressions humoristiques. Ce comportement
vise la partie émotionnelle de l’interlocuteur.
Ce n’est plus le canal ludique lorsque…
• L’ironie et la moquerie remplacent l’humour.
• La malveillance transparaît sous les propos.
• Les plaintes et les récriminations sont présentes.
• L’humour est « à sens unique ».
• La réponse attendue n’est pas dans le ressenti.
Les personnes de type Rebelle utilisent ce canal pour communiquer
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Tableau 3 : Profil correspondant à chaque canal
2. Perceptions du monde
Les perceptions décrivent la façon dont une personne intègre son environnement. Ce « filtre»
entre la réalité et la personne l’amène à privilégier un aspect de son environnement plutôt
qu’un autre. Il influence également la façon dont elle parle. En écoutant le choix des mots et
des expressions d’un interlocuteur, nous obtenons des informations sur ses perceptions. De
cette façon, nous avons une meilleure compréhension de sa vision du monde et nous pouvons
améliorer notre relation en « allant dans les perceptions » de l’interlocuteur plutôt qu’en
restant dans les nôtres.
Taibi Kahler s’est interrogé sur l’application de ce concept à celui des six types de
personnalité. Chacune des personnalités aurait-elle une porte préférée ? La réponse à cette
question l’a amené à la composante des perceptions. L’évolution de ce concept est décrite
dans le tableau suivant.
Tableau 4 : L'évolution des perceptions
Portes de Paul Ware Perceptions de Taibi Kahler
Pensée -Pensées
-Opinions
Sentiment -Emotions
Comportement -Actions
-Réactions
-In-actions
Chacun des types de personnalité utilise une perception.
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Tableau 5 : Perception correspondante à chaque personnalité
Type de personnalité Perception
Empathique Emotions
Travaillome Pensées
Persévérant Opinions
Rêveur In-actions /imagination
Promoteur Actions
Rebelle Réactions
3. Les Besoins psychologiques
La Process Communication identifie huit besoins psychologiques qui existent chez chaque
être humain et qui doivent être satisfaits pour son bienêtre et sa survie.
a. La reconnaissance de la personne
C’est le besoin d’être reconnu pour soi, pour ce que l’on est, et non pour ce que l’on fait. Les
personnes qui ont ce besoin de façon marquée apprécient de se sentir intégrées à un groupe,
importantes pour une équipe. « Je suis content que tu sois venu », « J’aime beaucoup ton
humour », « Nous formons une vraie équipe », « J’aime quand tu es près de moi » sont des
expressions qui satisfont ce besoin.
b. La reconnaissance du travail
C’est le besoin d’être reconnu pour ce que l’on fait, ce que l’on réalise. C’est également le
besoin d’être reconnu pour sa pensée claire. Les personnes qui ont ce besoin de façon
marquée apprécient que l’on parle de leurs réalisations, de leur travail, et qu’on leur fasse
savoir sa satisfaction. « Je suis satisfait des résultats que tu as obtenus », « Bravo, ce n’était
pas facile », « C’est la première fois que l’équipe atteint ce résultat, et c’est grâce à votre
performance » sont des expressions qui satisfont ce besoin.
c. La reconnaissance des convictions
C’est le besoin d’être reconnu pour ses convictions, sa philosophie personnelle, sa conception
de la vie. Les personnes qui ont ce besoin de façon marquée apprécient qu’on écoute leurs
conseils, qu’on leur demande leur avis et que l’on prenne position par rapport à des valeurs
personnelles. « J’accorde beaucoup d’importance à votre avis », « Je suis intéressé par vos
conclusions », « D’après vous, qu’y a-t-il à mettre en place ? » sont des expressions qui
satisfont ce besoin.
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d. La solitude
C’est le besoin d’être seul, de vivre à son propre rythme, dans son propre espace, en laissant
ses pensées vagabonder. Les personnes qui ont ce besoin de façon marquée apprécient qu’on
respecte leur espace, leur intimité et leur rythme de vie en les laissant seules.
e. L’excitation
C’est le besoin de vivre des sensations fortes dans un temps très court. Les personnes qui ont
ce besoin de façon marquée pratiquent des activités qui procurent des moments intenses :
parachutisme, saut à l’élastique, arts martiaux, sports de vitesse, de glisse, etc.
f. Le contact
C’est le besoin d’être en contact avec d’autres personnes, de vivre dans un environnement
stimulant, de rencontrer des gens nouveaux, de faire des choses nouvelles. Les personnes qui
ont ce besoin de façon marquée apprécient les fêtes, les ambiances décontractées, les
surprises, les blagues, l’inattendu.
g. Le besoin sensoriel
C’est le besoin d’un contact doux avec l’environnement. Les personnes qui ont ce besoin de
façon marquée apprécient tout ce qui satisfait les sens : les belles vues, les mets fins, la
musique douce, les bains moussants, les parfums.
h. La structuration du temps
C’est le besoin de savoir comment le temps va être occupé. Les personnes qui ont ce besoin
de façon marquée apprécient de pouvoir organiser leur temps, en le divisant par temps
d’activité : « De telle heure à telle heure, je fais ceci, ensuite je peux préparer ma rencontre de
la semaine prochaine, puis je vais… » Elles aiment prévoir et anticiper.
L’une des particularités de la Process Communication est de relier les types de personnalité et
les besoins psychologiques comme il est présent dans le tableau ci-dessous :
Tableau 6 : Besoins psychologiques correspondants à chaque personnalité
Type de personnalité Besoins psychologiques
Empathique -Reconnaissance de la personne
-Besoin sensoriel
Travaillomane -Reconnaissance du travail
-Structuration du temps
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Persévérant -Reconnaissance du travail
-Reconnaissance des convictions
Rêveur -Solitude
Promoteur -Excitation
Rebelle -Contact
III. Adapter les styles de management :
Process Com complète le management situationnel mis en place par Hersey et Blanchard dans
les années 1970 en se focalisant sur la forme à adopter avec tel ou tel profil de collaborateur.
Tableau 7 : Style correspondant à chaque profil
IV. Répondre positivement à la question existentielle de chaque profil
Process Com attribue une question existentielle à chaque profil. Si notre environnement répond
favorablement à notre question existentielle, cela nous rapproche de qui l’on est. Dans le cas inverse,
cela nous en éloigne.
Tableau 8 : Question existentielle liée à chaque profil
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C. Process Com en pratique
Pour s’entraîner et aboutir à une pratique de Process Com en mode réflexe, les auteurs du
livre : Becquereau et Christian ont bâti un outil appelé « verbatim » qui aide à identifier les six
profils et à construire les réponses Process Com pour rétablir instantanément la
communication.
I. Verbatim de profil
Le verbatim ci-dessous est constitué de plusieurs échanges. L’ordre chronologique n’a
pas d’importance. Les paroles du collaborateur dont on cherche le profil sont en gras.
Le reste du verbatim est composé des paroles du manager ou de ses commentaires.
Tâchez de qualifier le profil du collaborateur en identifiant : l’entrée en relation, la position de
vie, le canal, la perception du monde, le style de management éventuel, le driver (premier
degré de stress) ou le masque du deuxième degré de stress.
1. (manager) Je lui ai proposé un job tout à fait adapté pour lui : il l’a envoyé bouler.
2. Comment peux-tu imaginer que cela me convienne ? Ce type de boulot, je l’ai déjà
fait. Je ne veux plus en entendre parler. Je suis capable de faire mieux.
3. (manager) Le responsable technique n’est pas un technicien, c’est quelqu’un qui gère la relation client,
qui manage les équipes.
4. Tu ne te rends pas compte de tout le travail que j’ai réalisé chez mes clients. Sinon, tu
ne me proposerais pas un tel poste.
Le collaborateur rappelle son manager une heure après :
5. J’ai peut-être exagéré.
Une autre fois :
6. Tant que tu ne m’auras pas précisé dans quelle perspective s’inscrit ce job dans ma carrière,
je n’irai pas
Une autre fois :
7. Est-ce que tu es prêt à m’accompagner chez le client ?
Commentaire : observez la phrase 6. Il s’agit d’un scénario : lequel ?
Identification du profil :
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Entrée en relation
Le collaborateur Cherche à Entrer en Relation en attaquant : « tu…tu… tu… tu… »
Cette identification permet d’éliminer les trois profils qui Entrent en Relation Quand
Position de vie
+/– : attaquant. Phrases [2 ; 4 ; 6] (ces phrases sont dans une position de vie +/–).
Seuls deux profils présentent le masque d’attaquant : Persévérant et Travaillomane.
Avec seulement deux questions, nous n’hésitons plus qu’entre deux profils : Travaillomane et
Persévérant. Effectivement, parmi les trois profils qui Cherchent à Entrer en Relation, deux
sont en stress de deuxième degré en +/–.
Driver
Voit ce qui ne va pas [4] : profil Persévérant.
Au regard du tableau ci-dessous, il ne nous reste plus que le profil Persévérant.
Les autres critères d’identification dans ce verbatim vont servir à valider le profil Persévérant.
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Canal de communication ou style de management
Interrogatif : [7]
Perception du monde
[2] : opinion.
Scénario de vie
Tant que : [6].
Conclusion : Le collaborateur est dans un profil Persévérant.
II. Rétablir la communication avec le profil
Exercez-vous à bâtir des réponses en format Process Com. Cet entraînement servira quand le
collaborateur sera de nouveau en stress.
Comment aurait-il fallu répondre au collaborateur de profil Persévérant pour rétablir la
communication ? Bâtissez une réponse aux phrases en gras – celles du collaborateur – avec
les trois éléments de l’interaction Process Com : le canal de communication, la perception du
monde et le besoin psychologique.
2. Comment peux-tu imaginer que cela me convienne ? Ce type de boulot, je l’ai déjà
fait. Je ne veux plus en entendre parler. Je suis capable de faire mieux.
⇒ « Est-ce que je comprends bien si je dis que tu as déjà fait ce job et que tu le maîtrises ? Je
respecte ton point de vue. Laisse-moi partager avec toi la situation sous un angle différent. Es-
tu d’accord ? »
- Canal interrogatif (ou style démocratique) : « Es-tu d’accord ? » - Oui
- Perception du monde : opinions – Oui
- Besoin psychologique : reconnaissance des opinions - Oui
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Conclusion
La Process Com est un modèle qui sert à répondre aux interrogations concernant le
fonctionnement des individus en identifiants leurs points forts, leurs motivations qui
permettent de gérer leur énergie, accroître leur flexibilité et efficacité à communiquer, agir sur
leurs comportements de stress et utiliser au mieux leurs talents personnels. Ce modèle sert
également à s’occuper des autres, savoir de quoi les autres ont besoin dans la relation. La
compréhension de mon propre fonctionnement donne des clés pour comprendre celui des
autres. Les apprentissages du modèle de la Process Communication ont des applications
immédiates. C'est un modèle pratique et pragmatique qui ne nécessite pas d'apprentissages
longs et compliqués. C’est un processus d'une immense utilité d'abord pour se manager, puis
pour manager les autres, coacher, vendre, négocier, animer par l'intégration d'un modèle
surprenant, performant et ludique.
Sur le plan professionnel la Process Com intervient souvent pour le management des équipes,
à notre époque, ce sont les équipes qui gagnent et non les actions individuelles. Jouer collectif
induit une cohésion, une compréhension de l’autre, des autres. En disposant d’un langage
commun avec Process Com, l’équipe réduit les non-dits. En disposant de Process Com,
l’équipe fait un premier pas pour devenir une « dream team », c’est-à-dire une équipe à
laquelle aucun challenge ne résiste.
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Bibliographie
Becquereau, Christian. 2014. Process Com pour les managers : Manager sans
stress et booster ses équipes Ed.3. Eyrolles.
Dbourg, Patrice. 2009. La Process Com : Découvrir et pratiquer. Eyrolles.
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