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Yech Bah

Ce document présente une étude des propriétés de l'hélium 3 à basse température. Il décrit la modélisation des phases liquide et solide de l'hélium 3 à l'aide de la physique statistique, et explique l'effet Pomerantchuk observé sur le diagramme de phases à très basse température.

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Yech Bah

Ce document présente une étude des propriétés de l'hélium 3 à basse température. Il décrit la modélisation des phases liquide et solide de l'hélium 3 à l'aide de la physique statistique, et explique l'effet Pomerantchuk observé sur le diagramme de phases à très basse température.

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École Normale Supérieure de Lyon Année 2008–2009

Formation Sciences de la Matière Licence 3ème année

Examen de Physique Statistique

27 mai 2009

Durée : 3 heures

- Les documents, calculatrices et téléphones portables ne sont pas autorisés.


- La qualité de la rédaction sera prise en compte dans la notation.
- Les résultats seront donnés sous forme littérale avant toute application numérique.
- Pour les applications numériques, des estimations à un seul chiffre significatif suffisent.
On se basera sur les données ci-dessous.
- Les parties I et II sont indépendantes. Dans chaque partie, on pourra admettre certains
résultats intermédiaires pour poursuivre la résolution.

Données

Nombre d’Avogadro : NA = 6 1023

Constante de Boltzmann : kB = 1,4 10−23 J.K−1

Constante de Planck réduite : ~ = 10−34 J.s

Masse molaire de 3 He : 3 g.mol−1

Volume molaire de 3 He liquide : vL = 36 cm3 .mol−1

Volume molaire de 3 He solide : vS = 24 cm3 .mol−1

Vitesse du son dans 3 He solide : cS = 300 m.s−1

Formulaire

ln 2 ' 0,7

ln N ! ' N ln N − N pour N  1

x4 e x 4π 4
Z ∞
dx =
0 (ex − 1)2 15
Physique Statistique L3, 27 mai 2009 (8 pages) 2

I. L’hélium 3 à basse température


L’hélium est le seul corps qui ne solidifie pas sous la pression atmosphérique et reste
liquide jusqu’aux plus basses températures accessibles. Dans cette partie très proche du
cours, on s’intéresse aux propriétés de l’hélium 3 (3 He) à basse température. Le noyau
de 3 He est constitué de deux protons et d’un neutron. Son nuage électronique contient
deux électrons formant une couche électronique complète dont le moment cinétique orbital
et le spin total sont nuls. Le spin de 3 He est donc d’origine purement nucléaire et vaut
1/2. Aux températures inférieures à 1 K, la solidification de 3 He est observée pour des
pressions de l’ordre de 30 atm. Le but de ce problème est d’utiliser la physique statistique
pour modéliser simplement les phases liquide et solide de 3 He à basse température et pour
interpréter une caractéristique surprenante du diagramme de phases connue sous le nom
d’“effet Pomerantchuk.”
La plupart des questions de I.A et I.B peuvent être considérées comme des questions de
cours. On demande des réponses brèves mais précises et faisant intervenir le moins de
calculs possible.

I.A. La phase liquide, gaz de fermions indépendants

On modélise la phase liquide comme un gaz de N fermions de masse m dont les niveaux
d’énergie individuels sont donnés par

~2 k 2
ε(k) = εcoh + , (1)
2m
où εcoh est une énergie constante, dite “énergie potentielle de cohésion” du liquide, qui
prend en compte les interactions entre particules. k désigne la norme du vecteur d’onde k.
Les particules sont confinées dans un volume V fixé. On suppose que les vecteurs d’onde
accessibles à un atome de 3 He liquide sont les mêmes que pour une particule libre de se
déplacer dans V . En d’autres termes, à l’énergie εcoh près, on modélise le liquide comme
un gaz de fermions indépendants.

1. Comment s’appelle la statistique à laquelle obéissent les atomes de 3 He en phase li-


quide ? Rappeler l’expression du nombre moyen d’occupation d’un niveau individuel
d’énergie ε dans l’approximation continue ?

2. Expliquer pourquoi la densité en énergie des microétats à une particule s’écrit


ρ(ε) = A(ε−εcoh )1/2 . On rappellera (ou on retrouvera rapidement) l’expression de la
constante A en fonction des paramètres du problème sans oublier la dégénérescence
de spin.

3. Tracer l’allure de la courbe P V /N en fonction de T pour 3 He liquide. À partir de


quelle température caractéristique cette courbe dévie-t-elle notablement de la loi du
gaz parfait classique ?

4. Expliquer pourquoi la pression et l’énergie cinétique du système ne sont pas nulles


à T = 0.
Physique Statistique L3, 27 mai 2009 (8 pages) 3

5. Montrer qu’à T = 0, tous les microétats à une particule sont occupés jusqu’à un
niveau appelé “niveau de Fermi” et caractérisé par un nombre d’onde kF que l’on
exprimera en fonction de N et V .
~2 kF2
6. On définit alors la température de Fermi par kB TF = . Calculer numériquement
2m
TF pour 3 He liquide.

7. En déduire aussi une vitesse caractéristique des atomes de 3 He liquide à T = 0.


Commenter.

8. Lorsque la température est non nulle mais faible devant TF , on montre que l’énergie
cinétique moyenne du système s’écrit, à l’ordre le plus bas en T /TF ,
"  2 #
3 5π 2 T
Ec (T ) = N kB TF 1 + . (2)
5 12 TF

Comment s’appelle ce développement ? Justifier qualitativement la dépendance ob-


servée en (T /TF )2 .

9. Exprimer l’énergie moyenne E en fonction de εcoh et Ec . En déduire la dépendance


de la capacité calorifique CVL du liquide en fonction de N , T et TF pour T  TF .
On admettra alors que l’entropie du liquide est donnée par SL = CVL .

I.B. Modélisation de la phase solide

Dans le solide, les atomes de 3 He sont localisés sur leurs sites. On distingue alors deux
contributions aux propriétés thermodynamiques du solide à basse température : (1) celle
des N spins 1/2 localisés et supposés indépendants et (2) celle des vibrations du réseau
cristallin. Pour modéliser les vibrations du réseau, on se place dans le cadre du modèle de
Debye et on considère les modes de vibration comme un gaz parfait de “phonons.”

1. Calculer la contribution des spins à l’entropie totale du solide. On pourra se pla-


cer dans l’ensemble microcanonique ou canonique, en remarquant que le champ
magnétique extérieur est nul et que tous les microétats ont une énergie nulle.

2. Cette contribution est-elle nulle à T = 0 ? Quelle hypothèse devient fausse à très


basse température (ici pour T < 1 µK) ?

3. On rappelle que les phonons sont des bosons en nombre non fixé. Comment s’ap-
pelle la statistique à laquelle ils obéissent ? Donner l’expression du nombre moyen
d’occupation d’un niveau individuel d’énergie ε dans l’approximation continue ?

4. On rappelle enfin qu’un phonon est caractérisé par sa polarisation et par son vecteur
d’onde k. Expliquer pourquoi la norme des vecteurs d’onde accessibles est bornée
supérieurement par le nombre d’onde kmax = (6π 2 N/V )1/3 .

5. Estimer numériquement kmax . En déduire la valeur de la température de Debye TD


définie par kB TD = ~cS kmax où cS est la vitesse du son dans le solide.
Physique Statistique L3, 27 mai 2009 (8 pages) 4

6. À quelles conditions peut-on écrire la capacité calorifique du solide selon


 3 Z TD /T
T x4 e x
CVS = 9N k dx ? (3)
TD 0 (ex − 1)2

7. Dans quelle limite peut-on remplacer l’intégrale dans l’équation précédente par
4π 4 /15 ? En admettant qu’on a SS = CVS /3 pour le gaz de phonons, donner l’ex-
pression littérale de l’entropie totale du solide dans cette limite (en incluant la
contribution des spins trouvée en I.B.1).
8. Montrer que pour T ' 0,1 K, la contribution des phonons à l’entropie du solide est
négligeable devant celle des spins.

I.C. L’effet Pomerantchuk

La figure 1 ci-dessous montre la courbe de coexistence solide–liquide (“courbe de fu-


sion”) à basse température dans le plan température–pression.

Fig. 1 – Courbe de fusion dans le plan (T, p) pour l’hélium 3 à basse température.

1. Quel phénomène a priori paradoxal observe-t-on pour T < 0,32 K ? Ce phénomène,


prévu théoriquement en 1950, est appelé “effet Pomerantchuk.”
2. Peut-on utiliser les résultats de I.A et I.B dans cette gamme de température ?
3. Montrer que le long de la courbe de fusion, on a la relation de Clausius-Clapeyron :
sL − s S
 
dp
= , (4)
dT fusion vL − vS
où sL et sS désignent respectivement les entropies molaires du liquide et du solide
et vL et vS leurs volumes molaires.
4. En étudiant le signe de (dp/dT )fusion pour T ' 0,1 K, montrer que la modélisation
des phases liquide et solide de 3 He adoptée en I.A et I.B permet d’expliquer l’effet
Pomerantchuk.
5. Montrer enfin que ce modèle prévoit un comportement “normal” de la courbe de
coexistence au-dessus d’une certaine température que l’on exprimera en fonction de
TF . Estimer numériquement cette température et comparer à la figure 1.
Physique Statistique L3, 27 mai 2009 (8 pages) 5

II. Mélange binaire en phase liquide


Le but de ce problème est d’étudier un modèle simple du mélange de deux corps purs
liquides, dit “modèle des solutions régulières.” Ce modèle permet de généraliser l’étude
des solutions abordée en cours uniquement dans le cas des solutions diluées. Le système
est constitué de N1 particules de “liquide 1” et de N2 particules de “liquide 2” placées
dans un volume V constant en contact avec un thermostat à la température T . Les deux
liquides ne sont pas susceptibles de réagir chimiquement de sorte que N1 et N2 sont fixés.

II.A. Préliminaires

1. Dans quel ensemble statistique le choix des variables T , V , N1 et N2 place-t-il impli-


citement l’étude ? Rappeler la définition de la fonction de partition correspondante.

2. On suppose que les deux liquides sont incompressibles et que les volumes par parti-
cule dans chaque liquide pur, notés v1 (T ) et v2 (T ), sont inchangés dans le mélange.
Montrer alors que les seules trois variables T , N1 et N2 suffisent à l’étude du mélange.

3. On suppose de plus que v1 (T ) ' v2 (T ) de sorte qu’il est raisonnable de placer


les molécules sur un réseau constitué de N1 + N2 sites de même volume comme
l’illustre la figure 2 ci-dessous. Exprimer le nombre total Ω(N1 , N2 ) de configurations
microscopiques accessibles au système.

Fig. 2 – Modèle sur réseau du mélange de deux liquides notés 1 et 2 : exemple d’un réseau
carré avec N1 = 7 et N2 = 9.
Physique Statistique L3, 27 mai 2009 (8 pages) 6

II.B. Modélisation des interactions

Dans un liquide, l’énergie d’interaction entre particules constitue le terme dominant


dans l’expression de l’énergie d’un microétat. Ces interactions ayant une faible portée,
on se limite aux interactions entre une particule donnée et les z particules “plus proches
voisines” (ppv). Dans le cas d’un réseau carré, on a z = 4. On introduit alors trois termes
d’interaction u11 , u22 et u12 correspondant respectivement aux énergies d’interaction entre
paires de particules ppv 1–1, 2–2 et 1–2. L’énergie d’un microétat s’écrit donc

E = N11 u11 + N22 u22 + N12 u12 , (5)

où N11 , N22 et N12 désignent respectivement les nombres de paires de particules ppv 1–1,
2–2 et 1–2 dans le microétat considéré.

1. Que valent N11 , N22 et N12 dans l’exemple de la figure 2 ?

2. De quel(s) paramètre(s) dépendent a priori u11 , u22 et u12 ? Dans toute la suite, on
supposera ces énergies indépendantes de tout paramètre extérieur.

3. À la limite thermodynamique, on peut négliger l’influence des particules situées sur


les bords du réseau. En considérant d’abord les particules de liquide 1, montrer que
zN1 est relié de façon simple à N11 et N12 (à des termes de surface près que l’on ne
cherchera pas à expliciter). Trouver de même la relation entre zN2 , N22 et N12 . On
pourra s’aider de l’exemple de la figure 2 en prenant garde qu’il ne s’agit pas d’un
“grand” système.

4. En déduire que l’énergie d’un microétat n’est fonction que de N1 , N2 et N12 et qu’elle
s’écrit
 
z z u11 + u22
E(N1 , N2 , N12 ) = N1 u11 + N2 u22 + N12 u12 − . (6)
2 2 2
u11 + u22
Dans la suite, on posera u = u12 − .
2
5. On introduit le nombre ω(N1 , N2 , N12 ) de microétats du système contenant N12
paires de particules ppv 1–2. Quelle relation formelle lie Ω(N1 , N2 ) et ω(N1 , N2 , N12 ) ?

6. Exprimer la fonction de partition Z(T, N1 , N2 ) du système comme une somme sur


N12 faisant intervenir ω(N1 , N2 , N12 ) et E(N1 , N2 , N12 ).
Physique Statistique L3, 27 mai 2009 (8 pages) 7

II.C. Approximation de champ moyen

Le nombre ω(N1 , N2 , N12 ) n’étant pas calculable analytiquement, l’expression de Z


trouvée à la question précédente est inutilisable. Pour simplifier le problème, on propose
d’écrire N12 = zp1 p2 (N1 + N2 ) où p1 et p2 sont les probabilités qu’un site soit occupé par
une particule de liquide 1 et 2 respectivement.

1. Proposer une interprétation simple de cette expression de N12 . Justifier l’appellation


d’approximation de “champ moyen.”
N1
2. On introduit la fraction molaire ϕ en particules de liquide 1 définie par ϕ = .
N1 + N 2
Justifier que p1 = ϕ et p2 = 1 − ϕ.

3. En déduire l’expression de l’énergie d’un microétat E(N1 , N2 ) dans l’approximation


de champ moyen.

4. Montrer alors que la fonction de partition du système s’écrit simplement en fonction


de Ω(N1 , N2 ) et de E(N1 , N2 ).

5. Calculer enfin l’énergie libre F (T, N1 , N2 ) du système. On utilisera la formule de


Stirling rappelée dans le formulaire pour exprimer ln Ω et on montrera que

F (T, N1 , N2 ) = (N1 + N2 )f (T, ϕ) où


z z
f (T, ϕ) = u11 ϕ+ u22 (1−ϕ)+zuϕ(1−ϕ)+kB T [ϕ ln ϕ + (1 − ϕ) ln(1 − ϕ)] . (7)
2 2

II.D. Diagramme de phases du mélange

∂2f
 
1. On admet que le mélange est stable si et seulement si > 0. En étudiant la
∂ϕ2 T
concavité de f (T, ϕ) en fonction de ϕ, montrer que si u > 0, il existe une température
critique TC séparant deux régimes distincts. En raisonnant par analogie avec la
transition gaz–liquide étudiée en cours, décrire ce qui se passe lorsque T < TC .

2. Dans le cas particulier u11 = u22 = 0 et u12 > 0, tracer l’allure de f (T, ϕ) pour
T > TC , T = TC et T < TC. Donner l’équation de la courbe spinodale, c’est-à-dire
∂2f
le lieu des points où = 0 dans le plan (ϕ, T ).
∂ϕ2 T
3. La figure 3 présente le diagramme de phases dans le plan (ϕ, T ) prévu par le modèle
dans le cas u > 0. Commenter ce diagramme. On expliquera en particulier à quoi
correspondent les indications “I”, “II” et “C”, ce qui se passe lorsque le système est
préparé dans la région hachurée et ce que représente la courbe en pointillés.

4. Les phénomènes ci-dessus sont-ils observés pour u ≤ 0 ?

5. Proposer une interprétation physique du signe de u permettant d’expliquer qualita-


tivement les résultats précédents.

6. Pourquoi un mélange tel que u = 0 est-il qualifié de mélange “idéal” ?


Physique Statistique L3, 27 mai 2009 (8 pages) 8
PSfrag replacements

C
0,5

kB T /zu
0,4 I II

0,3

0,2

0,1

0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
ϕ
Fig. 3 – Diagramme de phases pour le modèle des solutions régulières avec u > 0.

II.E. Potentiels chimiques et limite des solutions diluées

1. Rappeler la définition des potentiels chimiques µ1 et µ2 des deux liquides dans le


mélange à partir de F (T, N1 , N2 ).

2. Montrer que l’on peut écrire :

µ1 (T, ϕ) = µ01 + zu(1 − ϕ)2 + kB T ln ϕ , (8)


µ2 (T, ϕ) = µ02 + zuϕ2 + kB T ln(1 − ϕ) , (9)

où µ01 et µ02 sont les potentiels chimiques des liquides purs. Pourquoi µ01 et µ02 ne
dépendent-ils ici ni de la température ni de la pression ?

3. À la limite d’un liquide 1 très dilué (ϕ  1), exprimer les potentiels chimiques du
soluté et du solvant à l’ordre le plus bas en ϕ. Montrer que l’on retrouve les résultats
obtenus en cours pour les solutions diluées.
École Normale Supérieure de Lyon Année 2008–2009
Formation Sciences de la Matière Licence 3ème année

Examen de Physique Statistique

1er septembre 2009

Durée : 2 heures

- Les documents, calculatrices et téléphones portables ne sont pas autorisés.


- Les résultats seront donnés sous forme littérale avant toute application numérique.
- Pour les applications numériques, on se limitera à des estimations à un seul chiffre significatif.
- Les deux exercices sont indépendants. Chaque question sera notée sur un point.
- La norme d’un vecteur X ~ sera notée X.

Données

Constante de Boltzmann : k = 1,4 10−23 J.K−1


h
Constante de Planck réduite : ~ = 2π
= 10−34 J.s

Magnéton de Bohr : µB = 9 10−24 J.T−1

Charge élémentaire : q = 1,6 10−19 C

Permittivité diélectrique du vide : 0 = 9 10−12 SI

Formule de Stirling : ln N ! ' N ln N − N pour N  1


1
Fonction de Langevin : L(x) = coth x −
x
cosh x 1 x
Développement limité : coth x = = + + . . . pour |x|  1.
sinh x x 3
eα cos θ
Z
Primitives : sin θ eα cos θ dθ = −
α

eα cos θ
Z
sin θ cos θ eα cos θ dθ = (1 − α cos θ)
α2
Physique Statistique L3, 1er septembre 2009 (3 pages) 2

I. Système de spins 1/2 indépendants

1. Définir l’ensemble microcanonique. Quels sont les paramètres extérieurs pour cet ensemble ?
2. Exprimer la probabilité P` d’un microétat accessible ` et définir l’entropie microcanonique
S.

3. Définir trois grandeurs intensives associées.

4. On considère désormais un système de N spins 1/2 indépendants, de moment magnétique


µ et placés dans un champ magnétique uniforme B. ~ On introduit le nombre n de spins
~
dirigés selon la même direction que B parmi les N spins. Exprimer l’énergie du système en
fonction de µ, N , n et de B. Que vaut le nombre de microétats accessibles d’énergie donnée
en fonction de N et n ? En déduire l’entropie S en fonction de N et n en utilisant la formule
de Stirling (on supposera N , n et (N − n)  1).

5. Donner une expression littérale de la température T du système en fonction de µ, B, N et


n. Cette température est-elle toujours positive ? Pourquoi ?

6. En déduire l’aimantation microcanonique M du système, c’est-à-dire le moment magnétique


total par unité de volume. Tracer l’allure de M en fonction de B.

7. À quoi faut-il comparer B pour pouvoir parler de “champ faible” ?

8. À la température ambiante et pour un champ B “raisonnable,” peut-on se placer dans


l’approximation de champ faible ? On justifiera la réponse par un ordre de grandeur.

9. Rappeler la définition de la susceptibilité magnétique χ du système en champ faible et


exprimer χ en fonction de µ et des paramètres extérieurs. Comment s’appelle cette loi ?

II. Gaz parfait de molécules polaires


On considère un gaz composé de N molécules diatomiques hétéronucléaires (HCl par exemple)
placées dans une enceinte de volume V en contact avec un thermostat à la température T . Les
molécules sont supposées rigides, c’est-à-dire qu’on ne prend pas en compte les degrés de liberté de
vibration mais uniquement ceux de rotation. On note m la masse d’une molécule et I son moment
d’inertie. Enfin, on suppose que ces molécules sont polaires de moment dipolaire p~ dirigé selon
leur axe et on néglige toute interaction entre les molécules.

Degrés de liberté de rotation

1. Rappeler l’expression de la température caractéristique de la rotation Trot en fonction de I,


k et ~.

2. On donne ici Trot = 15 K. À quelle condition les degrés de liberté de rotation peuvent-ils
être traités à la limite classique ?
Physique Statistique L3, 1er septembre 2009 (3 pages) 3

3. Dans toute la suite, on supposera le traitement classique vérifié. On rappelle que l’énergie
I 2 2 2

cinétique de rotation d’une molécule est donnée par εrot = θ̇ + φ̇ sin θ où θ ∈ [0, π[ et
2
φ ∈ [0, 2π[ sont les deux angles d’Euler repérant l’axe de la molécule (voir figure ci-dessous).
Donner sans calcul l’expression de l’énergie moyenne E rot associée à la rotation. Justifier
cette expression.

4. En déduire la capacité calorifique CV du gaz en incluant les degrés de liberté de translation.

Polarisation électrique du gaz

Le gaz est désormais plongé z


dans un champ électrique p~
uniforme E~ = E e~z .
θ
On rappelle que l’énergie
~ s’écrit :
d’un dipôle p~ dans E

ε = −~ ~ = −pE cos θ,
p·E y

où θ est l’angle entre p~ et φ


e~z introduit plus haut (voir
figure ci-contre) x

5. Exprimer la probabilité p(θ, φ)dΩ pour que le moment dipolaire d’une molécule pointe dans
l’angle solide dΩ = sin θ dθ dφ autour de la direction (θ, φ). On n’oubliera pas le facteur de
normalisation.
N
6. En déduire la polarisation du gaz P~ = p~ , c’est-à-dire le moment dipolaire moyen par
V
unité de volume. On montrera que Px = Py = 0 et on exprimera Pz à l’aide de la fonction
de Langevin L définie dans le préambule.

7. Étudier et commenter les deux limites pE  kT et pE  kT .

8. Pourquoi p ' 10−29 C.m est-il un bon ordre de grandeur de p ? Dans quel domaine de pE/kT
se situe-t-on en pratique ? Justifier.
 
P
9. Exprimer la permittivité diélectrique relative du gaz r = lim 1 + en fonction des
E→0 0 E
données du problème.

10. Calculer un ordre de grandeur de r − 1 dans les conditions normales de température et de


pression.

11. En reprenant la question 5, calculer la contribution


  Fpol des moments dipolaires à l’énergie
1 ∂Fpol
libre du gaz. Montrer alors que P = − .
V ∂E T,V,N
École Normale Supérieure de Lyon Année 2007–2008
Formation Sciences de la Matière Licence 3ème année

Examen de Physique Statistique

29 mai 2008

Durée : 3 heures

- Les documents, calculatrices et téléphones portables ne sont pas autorisés.


- La qualité de la rédaction sera prise en compte dans la notation.
- Les résultats seront donnés sous forme littérale avant toute application numérique.
- Pour les applications numériques ou les ordres de grandeur, des estimations à un seul
chiffre significatif suffisent.
- Les parties II et III sont indépendantes.

Données

Constante de Boltzmann : k = 1,4 10−23 J.K−1

Constante de Planck : h = 6,6 10−34 J.s (on rappelle que ~ = h/2π)

Masse de la molécule de H2 : mH2 = 3,3 10−27 kg

Charge de l’électron : −e = −1,6 10−19 C

Masse de l’électron : m = 9,1 10−31 kg


e~
Magnéton de Bohr : µB = = 9,3 10−24 J.T−1
2m

Formulaire

ln N ! ' N ln N − N
r
π
Z ∞
−ax2
e dx =
−∞ a

cosh x 1 x
coth x = ' + pour x  1
sinh x x 3
Physique Statistique L3, 29 mai 2008 (6 pages) 2

I. Questions courtes
Pour chacune de ces questions très proches du cours, on attend une réponse en une ou
deux phrases. Il n’est pas demandé de redémontrer des résultats vus en cours.

I.1. Limite classique. On considère un gaz de N particules de masse m (6= 0) dans un


volume V à la température T .
a) À quelle condition sur la densité N/V peut-on appliquer la description classique ?
b) Montrer qu’un gaz moléculaire à pression et température ambiantes peut être décrit
dans la limite classique. On donnera les ordres de grandeur pour le dihydrogène H2
considéré comme un gaz parfait.
c) Cette limite classique est-elle valable pour un gaz d’électrons dans un métal (justifier
par un ordre de grandeur) ? Que faut-il alors prendre en compte ?
I.2. Système à l’équilibre
a) Soit A une observable d’un système macroscopique à l’équilibre. Rappeler les définitions
de la moyenne temporelle et de la moyenne d’ensemble (ou moyenne statistique) de A.
b) Comment s’appelle le principe qui postule l’égalité entre ces deux moyennes pour un
système à l’équilibre ?
c) Rappeler le postulat fondamental de la physique statistique pour un système isolé à
l’équilibre.
I.3. Ensemble grand-canonique
a) Définir l’ensemble grand-canonique.
b) Quels sont les paramètres extérieurs et les variables internes pour cet ensemble ?
c) Exprimer la fonction de partition grand-canonique Q sous la forme d’une somme sur
tous les microétats accessibles. De quels paramètres dépend Q ?
d) Donner la relation définissant le grand potentiel J à partir de Q.
e) Donner l’expression de J dans le cas d’un fluide simple (un seul type de particules).
f) Pour un gaz parfait sans structure interne, non relativiste et à trois dimensions, quelle
relation lie J et l’énergie moyenne E ?
I.4. Statistiques quantiques. On considère un système de particules identiques, indé-
pendantes et indiscernables dans l’ensemble grand-canonique. On note ε l’énergie d’un
état individuel et on suppose le spectre d’énergie continu.
a) Donner les expressions du nombre d’occupation moyen n(ε) du niveau d’énergie ε en
1
fonction du potentiel chimique µ et de β = kT en distinguant le cas des bosons de celui
des fermions.
b) Tracer sur un même graphe l’allure de ces deux fonctions n(ε) pour une même tem-
pérature et en supposant que le niveau fondamental est ε0 = 0 et que µ < 0.
c) Pourquoi dit-on communément que “les bosons se regroupent alors que les fermions
sont solitaires” ?
d) Montrer que dans la limite classique discutée à la question I.1, les deux statistiques
quantiques se confondent et donner la limite commune de n(ε).
Physique Statistique L3, 29 mai 2008 (6 pages) 3

II. Diamagnétisme de Landau d’un gaz d’électrons

On a montré en cours que le moment cinétique de spin des électrons conduit à un


comportement paramagnétique. Le but de cette partie est d’étudier la contribution de leur
moment cinétique orbital au magnétisme. On considère donc un système de N électrons
libres dans une boı̂te cubique de côté L et on ne prend pas en compte leur spin. Ce
système est soumis à un champ magnétique constant et dirigé selon (Oz) : B ~ = B~ez .
Un thermostat fixe la température T du système. On se place donc dans le formalisme
canonique pour calculer les propriétés du système.

II.1. Formalisme canonique et approximation de Maxwell-Boltzmann


L’énergie d’un microétat ` dépend de V = L3 , N et B. On définit le moment magnétique
M` du système dans l’état ` par :
 
∂E`
M` = − .
∂B V,N
a) Rappeler les expressions générales de la distribution canonique donnant la probabilité
P` du microétat ` et de la fonction de partition canonique Z. En déduire que le moment
magnétique moyen M s’écrit :
 
∂ ln Z
M = kT .
∂B T,V,N

b) Dans toute la suite, on néglige les interactions entre électrons et on suppose que l’ap-
proximation de Maxwell-Boltzmann s’applique. À quelle(s) condition(s) cette dernière
approximation est-elle valide ? Comment s’écrit alors la fonction de partition Z en
fonction de N et de la fonction de partition individuelle z (la démonstration n’est pas
demandée) ?

II.2. Niveaux d’énergie individuels


Lorsqu’on tient compte uniquement du moment cinétique orbital, on montre que le
~
hamiltonien h d’un électron (de masse m et de charge −e) dans le champ magnétique B
s’écrit :
p2 p2 + (py + eBx)2
h = hz + hxy où hz = z et hxy = x .
2m 2m

a) On note kz le nombre d’onde dans la direction (Oz) et on suppose des conditions aux
limites périodiques. Quels sont les niveaux d’énergie de hz ? Sont-ils dégénérés ? Quelles
sont les valeurs permises pour kz ? En particulier, que vaut l’intervalle ∆kz entre deux
nombres d’onde permis successifs ?

b) On admet que l’on peut remplacer py par ~ky dans l’expression de hxy et que le nombre
d’onde ky selon la direction (Oy) est le même que celui obtenu en champ nul avec des
conditions aux limites périodiques.
Physique Statistique L3, 29 mai 2008 (6 pages) 4

– Montrer que hxy s’identifie alors au hamiltonien d’une particule de masse m se


déplaçant à une dimension dans un potentiel harmonique centré en x0 = − ~keB
y
.
– Exprimer la pulsation ω de cet oscillateur harmonique unidimensionnel.
– En déduire les niveaux d’énergie de hxy en fonction du magnéton de Bohr µB , de B
et d’un nombre quantique que l’on notera n et dont on précisera les valeurs possibles.

c) Expliquer pourquoi la dégénérescence d’un niveau d’énergie de hxy est donnée par le
nombre de valeurs possibles de x0 . En imposant que x0 reste à l’intérieur de la boı̂te
(c’est-à-dire 0 < x0 < L) et en considérant les valeurs permises pour ky , montrer que
2
cette dégénérescence vaut g = eBL
h
. Calculer un ordre de grandeur pour g (on prendra
B = 0.1 T et L = 1 cm) et commenter.

d) Déduire de ce qui précède que les niveaux d’énergie du hamiltonien individuel, appelés
2 2
niveaux de Landau, sont donnés par ε(kz , n) = ~2mkz + (2n + 1)µB B et préciser leur
dégénérescence.

II.3. Fonction de partition

a) Écrire la fonction de partition individuelle z sous la forme d’une double sommation


sur kz et sur n (sans oublier de tenir compte de la dégénérescence). Montrer que z se
factorise comme le produit d’une somme sur kz et d’une somme sur n.

b) À quelle condition sur la température Rest-il légitime d’effectuer l’approximation conti-


dkz
P
nue qui consiste à remplacer kz par ∆k z
? Cette condition est-elle remplie pour un
électron d’énergie 1 eV dans une boı̂te de côté L = 1 cm à température ambiante ?
Quelle approximation peut-on alors faire sur les bornes d’intégration sur kz ?

c) Grâce à l’approximation continue, montrer que z peut se mettre sous la forme :


 
V µB B
z= 3f , (1)
λ kT
où λ désigne la longueur d’onde de de Broglie thermique (dont on retrouvera l’expres-
sion) et f une fonction que l’on explicitera.

d) En déduire l’expression de la fonction de partition Z du système de N électrons dans


l’approximation de Maxwell-Boltzmann.

II.4. Moment magnétique moyen et susceptibilité du système

a) Donner l’expression du moment magnétique moyen M du système et montrer qu’il ne


dépend que de x = µkT
BB
lorsque N est fixé.

b) Pour x  1, montrer que M est proportionnel à B.

M
c) En déduire la susceptibilité magnétique χ = lim et vérifier qu’elle correspond à
B→0 V B
un comportement diamagnétique.

d) En pratique, est-il raisonnable de considérer x  1 (limite des champs faibles) ?


Physique Statistique L3, 29 mai 2008 (6 pages) 5

III. Un modèle de polymère unidimensionnel

Cette partie concerne l’étude d’un modèle de polymère unidimensionnel plus général que
celui vu en tutorat à propos de l’élasticité du caoutchouc. La kératine est une protéine
fibreuse qui peut être considérée comme une chaı̂ne unidimensionnelle comportant un
nombre fixé N  1 de maillons identiques. Chaque maillon peut se trouver dans deux
états : l’état 1 dont l’énergie sera prise comme origine (ε1 = 0) et l’état 2 d’énergie
ε2 = ε ≥ 0. Un maillon apporte une contribution a à la longueur de la chaı̂ne lorsqu’il est
dans l’état 1 et une contribution b < a lorsqu’il est dans l’état 2 (voir figure ci-dessous).
On suppose que les maillons sont indépendants les uns des autres et que la molécule est
en équilibre avec un thermostat à la température T .

a b

1 1 2 1 2 2 1 2

x
Modèle pour la molécule de kératine.

III.1. Chaı̂ne libre

On s’intéresse tout d’abord aux propriétés de la chaı̂ne libre, c’est-à-dire lorsqu’aucune


force ne s’exerce à ses extrémités.

a) Quelle est la probabilité P1 pour qu’un maillon se trouve dans l’état 1 ? Donner de
même la probabilité P2 pour qu’un maillon se trouve dans l’état 2.

b) Calculer la longueur moyenne L0 de la chaı̂ne en fonction de ε, a, b, T et N . Étudier les


limites de L0 à haute et basse températures. On précisera ce qu’on entend par “haute
et basse températures” et on interprétera qualitativement les résultats.

1 ∂L0
c) Déterminer le coefficient de dilatation α = . Quel est le signe de α ? En déduire
L0 ∂T
l’allure de la courbe L0 (T ).
Physique Statistique L3, 29 mai 2008 (6 pages) 6

III.2. Chaı̂ne à tension fixée


On suppose maintenant que la chaı̂ne est attachée à l’extrémité x = 0 et soumise à une
force fixée F appliquée à l’autre extémité. Pour simplifier, on pose de plus ε1 = ε2 = 0.
On admet alors que le maillon numéro i contribue à l’énergie par la quantité −F λi où
λi = a s’il est dans l’état 1 et λi = b s’il est dans l’état 2. Pour le calcul des ordres de
grandeur, on prendra a = 2b = 2 nm et N = 104 .

a) Exprimer la longueur moyenne L de la chaı̂ne en fonction de a, b, F , T et N . Vérifier


que, pour F = 0, on retrouve le résultat de la chaı̂ne libre obtenu en III.1.b (avec
ε1 = ε2 = 0). Dans la suite, on notera L0 = L(F = 0).

b) Donner l’expression de l’énergie d’un microétat de la chaı̂ne en fonction des {λi } définis
ci-dessus. Exprimer l’énergie moyenne E de la chaı̂ne en fonction de F et L.

c) Dans quelle limite peut-on écrire la loi de Hooke : F = K(T ) L − L0 ? Donner
un ordre de grandeur sur F pour que la limite ci-dessus soit valable à température
ambiante. Donner l’expression de la constante d’élasticité K(T ), sa dimension et son
ordre de grandeur à température ambiante.

d) La figure ci-dessous montre des mesures expérimentales de F (L) obtenues sur une
molécule d’ADN.
– Les mesures sont-elles effectuées dans un domaine où la loi de Hooke ci-dessus s’ap-
plique ? Justifier en utilisant les ordres de grandeurs trouvés précédemment.
– Quelle caractéristique surprenante de la courbe F (L) observe-t-on pour L > Le ?
À quel phénomène étudié en cours cette caractéristique fait-elle penser ? Quelle
interprétation pouvez-vous proposer ?
– Que se passe-t-il pour L > 1,7 Le ?

Force F (en piconewtons) appliquée à l’une des extrémités d’une molécule d’ADN de bactério-
phage λ en fonction de sa “longueur relative” L/L e où Le ' 15 µm est la longueur de la molécule
complètement étirée. Figure extraite de Cluzel et al., “DNA : an extensible molecule,” Science
271, 792–794 (1996).
École Normale Supérieure de Lyon Année 2007–2008
Formation Sciences de la Matière Licence 3ème année

Examen de Physique Statistique

1er septembre 2008

Durée : 2 heures

- Les documents, calculatrices et téléphones portables ne sont pas autorisés.


- Les résultats seront donnés sous forme littérale avant toute application numérique.
- Pour les applications numériques, on se limitera à des estimations à un seul chiffre significatif.
- Les trois exercices sont indépendants. Chaque question sera notée sur un point.

Données

Constante de Boltzmann : k = 1,4 10−23 J.K−1


Constante de Planck : h = 6,6 10−34 J.s
Masse atomique de l’argent : M = 108 g.mol−1
Masse volumique de l’argent : ρ = 10,5 g.cm−3
Masse de l’électron : m = 9,1 10−31 kg
Formule de Stirling : ln N ! ' N ln N − N

I. Questions de cours
Oscillateurs harmoniques quantiques

On considère N oscillateurs harmoniques quantiques à une dimension, identiques, de pulsation


ω et en contact avec un thermostat de température T . Ces oscillateurs sont indépendants les uns
des autres et discernables.

1. Rappeler l’expression des niveaux d’énergie d’un oscillateur harmonique en précisant le do-
maine de variation du nombre quantique associé.

2. Calculer la fonction de partition canonique Z puis l’énergie moyenne E du système de N


oscillateurs indépendants.

3. En déduire l’expression de la capacité calorifique CV du système. Étudier les limites haute


et basse température de CV et commenter.

4. Citer au moins deux applications de la physique statistique qui font intervenir des oscillateurs
harmoniques quantiques.
Physique Statistique L3, 1er septembre 2008 (3 pages) 2

Les électrons de conduction comme gaz de Fermi

Dans cette partie, des raisonnements qualitatifs ou dimensionnels suffisent à condition qu’ils
soient correctement argumentés. Les préfacteurs numériques intervenant dans TF et dans p ne
sont pas demandés.

5. Comme la plupart des métaux usuels, l’argent solide libère un électron de conduction par
atome. On considère un volume V d’argent solide contenant un nombre N d’atomes. Calculer
la densité n = N/V de l’argent en utilisant les données du préambule.

6. Établir l’expression de la température de Fermi TF du gaz formé par les électrons de conduc-
tion supposés sans interaction en fonction de n, ~, k et m (masse de l’électron). Calculer
l’ordre de grandeur de TF pour l’argent. Quelle est l’importance physique de ce résultat ?

7. Établir l’expression de la pression p de ce gaz de Fermi à température nulle. Calculer l’ordre


de grandeur de p pour l’argent. Pourquoi les électrons ne s’échappent-ils pas du solide sous
l’effet de cette pression ?

II. Modèle simple sur réseau


Pour étudier le comportement des fluides, les simulations numériques font fréquemment inter-
venir des “modèles sur réseau.” Dans ce type de modèle, le volume macroscopique V accessible
aux particules est découpé en N0 petits cubes microscopiques élémentaires de volume v0 . On sup-
pose que chaque cube élémentaire peut être occupé par au plus une particule. On considère ici des
particules de spin nul et sans structure interne et on néglige toute interaction entre les particules.
On note N le nombre de particules dans le système. Pour que le modèle sur réseau soit pertinent,
on a nécessairement N0 ≥ N .

Analyse microcanonique

1. Exprimer N0 en fonction des volumes introduits ci-dessus. Pourquoi peut-on considérer que
N0  1 ?

2. Dans l’approche microcanonique, quels sont les paramètres fixés dont dépend a priori l’en-
tropie microcanonique S du système ? Si on note ε0 l’énergie d’une particule sur un site (ε0
est supposée indépendante du site), que vaut l’énergie totale E du système ? En déduire que
S ne dépend que de N et V .

3. Exprimer le nombre Ω de microétats accessibles en fonction de N et N0 .

4. En déduire l’entropie microcanonique du système en fonction de N et V (ainsi que du


paramètre v0 du modèle). On utilisera la formule de Stirling pour donner une approximation
de S valable pour N  1.

5. Déduire de ce qui précède l’équation d’état du système, c’est-à-dire la relation entre le


rapport p/T de la pression à la température du système et les paramètres extérieurs V et N
(ainsi que le paramètre v0 du modèle).
Physique Statistique L3, 1er septembre 2008 (3 pages) 3

6. Que devient l’équation d’état pour N0  N ? Proposer une interprétation du volume v0 .

7. Dans le cas général, tracer l’allure d’une isotherme p = f (V ) à T et N fixés.

Analyse grand-canonique

8. On se place désormais dans l’ensemble grand-canonique. À quelle situation expérimentale


cet ensemble correspond-il ? Quels sont ici les paramètres fixés ?

9. Définir et calculer la grande fonction de partition individuelle q d’un site du réseau. En


déduire la grande fonction de partition Q des N0 sites.

10. Exprimer le grand potentiel J du système.

11. Quel est le nombre moyen N d’atomes sur les N0 sites ?

12. Exprimer la pression p dans le système en fonction des paramètres fixés ?

13. En déduire l’équation d’état reliant p, T , V et N (ainsi que le paramètre v0 du modèle).


Comparer au résultat de la question 5.
École Normale Supérieure de Lyon Année 2006–2007
Formation Sciences de la Matière Licence 3ème année

Examen de Physique Statistique

23 mai 2007

Durée : 3 heures

- Les documents, calculatrices et téléphones portables ne sont pas autorisés.


- La qualité de la rédaction sera prise en compte dans la notation.
- Les résultats seront donnés sous forme littérale avant toute application numérique.
- Pour les applications numériques, on se limitera à des estimations à un seul chiffre significatif.
- Les parties II et III sont indépendantes.

Données
Constante de Boltzmann : k = 1,4 10−23 J.K−1
Constante de Planck : h = 6,6 10−34 J.s
Charge de l’électron : e = 1,6 10−19 C
Masse de l’électron : me = 9,1 10−31 kg
e~
Magnéton de Bohr : µB = 2m e
= 9,3 10−24 J.T−1
Masse volumique de l’eau : 1,0 g.cm−3
Masse molaire de l’eau : 18 g.mol−1

I. Questions courtes [8 points]

Pour chacune des questions I.1 à I.4 très proches du cours, on attend une réponse en une ou
deux phrases. Il n’est pas demandé de redémontrer des résultats vus en cours.

I.1. On considère une particule de masse m (6= 0) libre de se déplacer dans une boı̂te de volume
macroscopique V . On se restreint au cas d’une particule sans spin et non relativiste dans un espace
à trois dimensions.
a) Pourquoi peut-on considérer que les niveaux d’énergie ²λ de cette particule forment un conti-
nuum ?
b) Le justifier quantitativement sur un exemple numérique.
c) Définir et exprimer la densité d’états en énergie ρ(²) pour la particule. On pourra écrire ρ(²) =
A²α en précisant A et α.
Physique Statistique L3, 23 mai 2007 (6 pages) 2

I.2. On considère un système physique macroscopique en équilibre avec un thermostat et on étudie


une variable interne notée y (par exemple l’énergie E du système).
a) On se place dans l’ensemble canonique. Quelle sont les paramètres extérieurs (ou grandeurs
fixées) du problème ?
b) Quelle est en général (c’est-à-dire dans tous les exemples vus en cours hormis le voisinage d’un
point critique) la forme de la distribution de y ?
c) Comment varie le rapport ∆y/y de l’écart-type ∆y à la moyenne y de y en fonction du nombre
N de “particules” dans le système ?
d) Que peut-on dire du comportement et des fluctuations de y à la limite des “très grands”
systèmes ?
e) Comment définir précisément cette limite et comment s’appelle-t-elle ?

I.3. On considère un oscillateur harmonique unidimensionnel (1D) décrit par le hamiltonien


H = mẋ2 /2 + kx2 /2 en équilibre avec un thermostat à la température T .
a) À quelle condition cet oscillateur peut-il être considéré comme “classique” (au sens où la
mécanique quantique n’est pas nécessaire à sa description) ?
b) Énoncer dans ce cas le théorème d’équipartition de l’énergie.
c) Que vaut alors la capacité calorifique associée à un tel oscillateur ?

I.4. La figure ci-dessous présente les équations d’état de trois gaz parfaits non relativistes à trois
dimensions (numérotées de haut en bas). Les N particules de masse m (6= 0) sont supposées sans
structure interne. Le produit pV et la température T sont adimensionnés grâce à la température
caractéristique :
µ ¶2/3
h2 N
T0 = .
2πmk V

a) À quelle statistique étudiée en cours chacune de ces


trois courbes correspond-elle ?
2
b) Expliquer l’existence d’une ordonnée à l’orgine non
nulle pour la courbe 1. Donner un exemple de
1.5 système physique suivant cette équation d’état.
p V / (N k T )
0

c) Concernant la courbe 3, à quel phénomène physique


1
la température T ∗ ' 0,52 T0 (indiquée par un trait
vertical) correspond-elle ?
1
0.5 3 d) Donner une interprétation de la température T0 ?
2
T* / T Que se passe-t-il pour T À T0 ?
0
0
0 0.5 1 1.5 2 e) En pratique, la courbe 2 est-elle réaliste à basse
T / T0 température ? Pourquoi ?
Physique Statistique L3, 23 mai 2007 (6 pages) 3

II. Un modèle simple de micellisation [6 points]

Lorsqu’on met en solution dans l’eau des molécules tensioactives, on constate que celles-ci ne
restent isolées qu’à très faible fraction molaire ϕ. Au-dessus d’une certaine fraction molaire notée
ϕ? , ces molécules forment des agrégats appelés micelles. Le but de cette partie est de modéliser
simplement le phénomène de “micellisation” à l’aide de la physique statistique des solutions diluées.

II.1. Équilibre chimique monomères–micelles

Le modèle le plus simple consiste à supposer que les micelles formées sont toutes constituées du
même nombre n de molécules tensioactives. On considère alors l’équilibre chimique en solution à
température T et pression p fixées entre les molécules tensioactives isolées, appelées dans la suite
“monomères” et repérées par l’indice 1, et les micelles constituées de n molécules tensioactives
repérées par l’indice n :
n Monomères ­ Micelle .
a) On note Ns le nombre de molécules de solvant, N1 le nombre de monomères et Nn le nombre de
micelles à l’équilibre. Soit N le nombre total de molécules tensioactives initialement introduites
dans l’eau. Donner la relation entre N , N1 , Nn et n qui exprime la conservation du nombre
total de molécules tensioactives.
b) On considère les monomères et les micelles comme deux espèces différentes en équilibre chi-
mique. Rappeler la définition des fractions molaires ϕ1 en monomères et ϕn en micelles dans
le mélange en fonction de Ns , N1 et Nn .
c) À quelle(s) condition(s) peut-on considérer la solution comme “idéalement diluée” à la fois
en monomères et en micelles ? Simplifier alors les expressions de ϕ1 et ϕn . Exprimer aussi ϕ,
fraction molaire totale en molécules tensioactives dans le mélange, en fonction de ϕ1 , ϕn et n.
d) On rappelle que, dans l’hypothèse d’une solution idéalement diluée, le potentiel chimique d’un
soluté i de fraction molaire ϕi s’écrit µi (T, p, ϕi ) = µ0i (T, p) + kT ln ϕi . Justifier rapidement
cette expression.
e) Écrire la loi d’action de masses associée à l’équilibre chimique monomères–micelles. On écrira
d’abord la relation entre potentiels chimiques. On montrera ensuite que la relation entre les
fractions molaires peut se mettre sous la forme
ϕn
= K(T, p)
ϕn1
et on donnera l’expression de la constante d’équilibre K(T, p) en fonction de n, µ01 (T, p), µ0n (T, p)
et kT .

II.2. Concentration micellaire critique


a) Grâce à la loi d’action de masses précédente, éliminer ϕn dans la relation obtenue en II.1.c et
en déduire une équation liant ϕ et ϕ1 .
b) Montrer alors qu’un choix judicieux d’une fraction molaire caractéristique ϕ? permet d’écrire
l’équation précédente en fonction des variables x = ϕ/ϕ? et x1 = ϕ1 /ϕ? sous la forme x =
x1 + xn1 . Exprimer ϕ? en fonction de n et K(T, p).
c) En pratique, les expériences montrent que n ' 50. Étudier les comportements de ϕ1 et ϕn en
fonction de ϕ pour x1 < 1 et pour x1 > 1. Tracer l’allure des fonctions ϕ1 et ϕn en fonction de
ϕ. En déduire que la fraction molaire ϕ? marque une transition entre deux régimes différents
et interpréter en termes de micellisation.
Physique Statistique L3, 23 mai 2007 (6 pages) 4

d) La concentration totale en tensioactifs correspondant à ϕ = ϕ? est appelée concentration


micellaire critique et est notée c? . En général, à température ambiante, on trouve c? ' 10−3 à
10−2 mol.L−1 . En déduire l’ordre de grandeur de ϕ? et discuter la validité de l’hypothèse de
solution idéalement diluée ?
e) Pouvez-vous proposer une analogie entre la micellisation et un autre phénomène physique vu
en cours ?

II.3. Tension de surface et micellisation

En présence d’une surface libre d’aire notée A, les molécules tensioactives ont tendance à s’ad-
sorber à l’interface. On montre alors que la tension de surface γ de la solution, c’est-à-dire l’énergie
dE à fournir pour changer l’aire de l’interface de dA, peut être modélisée par
Nads kT
γ(T, Nads /A) = γ0 (T ) − ,
A
où Nads est le nombre de molécules tensioactives adsorbées et γ0 (T ) la tension de surface du solvant
pur à la température T .

Tension de surface de solutions de SDS (molécules tensioactives)


à diverses températures en fonction de la concentration en SDS.

a) La tension de surface est-elle une variable extensive ou intensive ? Justifier l’unité (mN.m−1 )
utilisée dans la figure pour γ.
b) Discuter les mesures expérimentales effectuées sur le SDS dans le régime des “faibles” concen-
trations. Vous paraissent-elles cohérentes avec l’expression de γ(T, Nads /A) proposée ci-dessus ?
Qu’impliquent-elles pour γ0 (T ) ?
c) En lien avec les questions de II.2, discuter l’origine physique de la saturation de γ aux “fortes”
concentrations.
d) Quelles pistes pouvez-vous proposer pour améliorer le modèle de la question II.1 ?
Physique Statistique L3, 23 mai 2007 (6 pages) 5

III. Magnétisme d’un cristal ionique [6 points]

On cherche à modéliser le comportement magnétique d’un cristal ionique constitué de N ions


de spin 1 en équilibre avec un thermostat à la température T . Le cristal est plongé dans un champ
magnétique uniforme B ~ dirigé selon un axe (Oz). On rappelle que dans ce cas l’énergie d’un ion
de moment magnétique ~µ dans le champ B ~ s’écrit ² = −~µ · B
~ = −µz B où la projection µz de
~µ sur l’axe (Oz) prend l’une des trois valeurs possibles −µ, 0 ou µ (µ est une constante positive
caractéristique de l’ion). Le moment magnétique total M ~ du cristal est la somme des moments
magnétiques individuels. Dans la suite, on s’intéresse uniquement aux propriétés magnétiques
du cristal et on ne prend pas en compte l’énergie cinétique des ions ni les vibrations du réseau
cristallin.

III.1. Ions magnétiques sans interactions

a) Dans un premier temps, on traite le cristal comme une assemblée de N ions magnétiques
sans interactions. Comment s’écrit alors la fonction de partition canonique Z(T, N ) des degrés
de liberté magnétiques du système en fonction de z(T ), fonction de partition d’un seul ion ?
Pourquoi les ions peuvent-ils être considérés comme discernables ?
b) Expliciter la fonction de partition individuelle z(T ).
c) En déduire l’énergie moyenne E et la capacité calorifique C du système de N ions à la
température T .
d) Discuter les comportements de E et de C dans les limites des “hautes” puis des “basses”
températures. Pouvait-on prévoir ces limites par des arguments physiques simples ? Tracer les
allures de E et de C en fonction de T .
e) Pourquoi le moment magnétique total moyen M ~ est-il dirigé selon (Oz) ? Donner l’expression
littérale de Mz et ses limites en champ “fort” (µB/kT À 1) et en champ “faible” (µB/kT ¿
1).
f) On rappelle que, lorsque le magnétisme est dû au cortège électronique des ions, µ est de
l’ordre du magnéton de Bohr µB . Justifier qu’en pratique, dans une expérience de laboratoire
à température ambiante, on se situe toujours dans le régime des champs faibles.
g) La susceptibilité magnétique du cristal est donnée par
µ ¶
∂Mz
χ= .
∂B T

Calculer χ dans la limite des champs faibles. Quel nom porte cette loi ? Comment s’appelle le
type de magnétisme décrit ici ?
Physique Statistique L3, 23 mai 2007 (6 pages) 6

III.2. Champ cristallin

Dans un modèle plus réaliste, appelé modèle du “champ cristallin,” on ajoute un terme d’énergie
Aµ2z où A est une constante caractéristique du cristal qui peut être positive ou négative. Le
hamiltonien individuel en présence du champ magnétique s’écrit alors h = Aµ2z − µz B et le
hamiltonien du système total est la somme des hamiltoniens individuels.

a) Justifier l’appellation d’approximation du “champ cristallin” pour l’écriture ci-dessus du ha-


miltonien. Quelle interprétation simple pouvez-vous en donner ?
b) On se place d’abord dans le cas B = 0. Calculer la fonction de partition individuelle z(T ).
Quelles sont les probabilités respectives des différentes valeurs de µz ? En déduire les valeurs
moyennes de µz et de Mz en l’absence de champ magnétique.
c) Reprendre la question précédente dans le cas général où B 6= 0 et calculer Mz en fonction de
A, B, T , N et µ.
d) On suppose désormais A > 0 et on se place dans la limite des champs faibles (µB/kT ¿ 1). On
note θ la température telle que Aµ2 = 3kθ. Donner l’expression de la susceptibilité magnétique
χ du cristal en champ faible en fonction de θ, T , N et µ. Étudier le comportement de χ pour
T ¿ θ.
e) Montrer qu’en champ faible et pour T À θ, χ = α/(T + θ) et expliciter la constante α.
f) Les mesures expérimentales ci-dessous sont-elles compatibles avec le résultat précédent ? En
déduire des ordres de grandeur de θ et A pour le composé étudié ?

Inverse de la susceptibilité magnétique χ en fonction de la température T


mesurée sur des composés Ho1−x Yx Cu de différentes fractions x en yttrium.
L’œrsted (Oe) est une unité d’excitation magnétique valant ' 79,6 A.m−1 .
Figure extraite de Abu-Aljarayesh et al., Phys. Rev. B 36, 2000–2005 (1987).
École Normale Supérieure de Lyon Année 2006–2007
Formation Sciences de la Matière Licence 3ème année

Examen de Physique Statistique

4 septembre 2007

Durée : 2 heures

- Les documents, calculatrices et téléphones portables ne sont pas autorisés.


- Les résultats seront donnés sous forme littérale avant toute application numérique.
- Pour les applications numériques, on se limitera à des estimations à un seul chiffre significatif.
- Les deux exercices sont indépendants. Chaque question sera notée sur un point.

Données
Constante de Boltzmann : k = 1,4 10−23 J.K−1
Constante de Planck : h = 6,6 10−34 J.s
Masse de la molécule de CO2 : m = 7,3 10−26 kg

I. Chaleur spécifique du CO2 [8 points]

Cet exercice est très proche du cours sur les gaz parfaits. On demande des justifications succintes
et faisant intervenir le moins de calculs possible.

On considère ici N molécules de dioxyde de carbone à température et pression ambiantes :


T ' 300 K et p ' 105 Pa. On s’intéresse plus particulièrement aux différents degrés de liberté qui
contribuent à la chaleur spécifique (appelée aussi capacité calorifique) de ce gaz.

1. Parmi les excitations associées aux mouvements ci-dessous, quelles sont celles qui sont sus-
ceptibles de contribuer à la chaleur spécifique du CO2 à (T, p) ambiantes : translation du
centre de masse des molécules, vibrations des molécules, rotations des molécules, mouve-
ments des noyaux, mouvements des électrons ?

2. On note respectivement ²cdm , ²vib , ²rot , ²nucl et ²el les énergies individuelles caractéristiques
associées à ces différents mouvements. Classer ces énergies caractéristiques de la plus grande
à la plus petite.

3. Pourquoi peut-on en première approximation calculer la contribution d’une de ces excitations


à la chaleur spécifique indépendamment des autres ?
4. Que vaut la contribution Ccdm du mouvement de translation du centre de masse des N
molécules à la chaleur spécifique du CO2 à (T, p) ambiantes ?
Physique Statistique L3, 4 septembre 2007 (3 pages) 2

5. Quelles sont les approximations conduisant au résultat précédent ? Dans quelle domaine de
température sont-elles justifiées (on pourra supposer le gaz contenu dans une boı̂te cubique
de 1 cm de côté) ?

6. Si l’on suppose la molécule de CO2 linéaire et rigide, combien y a-t-il de degrés de liberté
de rotation indépendants ?

7. La température caractéristique de ces degrés de liberté de rotation vaut 1,12 K. En déduire


la contribution Crot des mouvements de rotation à la chaleur spécifique du CO2 à (T, p)
ambiantes.

8. On considère enfin les mouvements de vibration de la molécule de CO2 . Donner un exemple


d’un mouvement de vibration dans le cas du CO2 . On peut distinguer trois modes de vibra-
tion dont les températures caractéristiques sont respectivement θ1 = 962 K, θ2 = 1935 K et
θ3 = 3385 K. Donner le comportement dominant de la contribution Cvib des mouvements de
vibration à la chaleur spécifique du CO2 à (T, p) ambiantes.

II. Moments dipolaires sous champ électrique [12 points]

On considère un cristal constitué de N atomes placés sur un réseau cubique. Chaque atome
porte un moment dipolaire électrique noté p~. On suppose que ces moments dipolaires ne peuvent
prendre que 6 directions différentes correspondant aux axes principaux du cristal (voir figure 1).
En l’absence de champ électrique extérieur, ces 6 états sont équiprobables. On prendra leur énergie
comme origine des énergies. On négligera de plus toute interaction entre les différents moments
dipolaires. Enfin, on rappelle que l’énergie d’un moment dipolaire placé dans un champ électrique
~ vaut −~p · E.
extérieur E ~

Fig. 1 : États accessibles à un dipôle électrique du cristal.


Physique Statistique L3, 4 septembre 2007 (3 pages) 3

1. Que vaut l’entropie du système en absence de champ électrique extérieur ?

2. Dans les questions 2) à 8), le cristal est mis en contact avec un thermostat à la
température T et plongé dans un champ électrique extérieur dirigé selon l’axe
(Oz) du cristal : E~ = E ~ez . Donner l’expression des énergies individuelles ²i (i = 1 . . . 6) de
chacun des 6 états représentés sur la figure 1.

3. Que vaut la fonction de partition Z du système de N dipôles en fonction de la fonction de


partition individuelle z ? Justifier.

4. Donner l’expression de la fonction de partition individuelle z.

5. Calculer l’énergie moyenne Ē du système et étudier ses limites pour T → 0 et T → ∞.

6. Quelle est l’énergie libre F du système ? Quelles sont ses limites haute et basse température ?

7. Déduire des deux questions précédentes les valeurs de l’entropie du système dans les limites
T → 0 et T → ∞. Commenter.

8. Dans les questions ci-dessus, les limites ont été prises au sens mathématique du terme. D’un
point de vue plus physique, quelles est la quantité pertinente à considérer ?

9. Dans les questions 9) à 12), on reprend les questions ci-dessus mais dans le cas
où le champ électrique est appliqué selon la diagonale du réseau cubique c’est-
à-dire selon la direction (1,1,1). Calculer la fonction de partition individuelle z à la
température T .

10. Calculer l’énergie moyenne Ē du système de N dipôles. Étudier ses limites pour T → 0 et
T → ∞.

11. Donner l’expression de l’énergie libre F du système et sa limite pour T → 0 ?

12. Déduire des deux questions précédentes les valeurs de l’entropie du système pour T → 0.
Commenter et comparer au cas où le champ électrique est dirigé selon (Oz).

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