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Arboriculturepolycope RT

Le document décrit la morphologie et la physiologie des arbres fruitiers. Il traite de la structure des parties souterraines et aériennes de l'arbre, des étapes de la vie de l'arbre, des cycles végétatif et reproducteur. Il présente également les méthodes de multiplication des arbres, notamment la multiplication sexuée par semis et la multiplication végétative.

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R.

Karmoud Cours arboriculture fruitère

UNIVERSITE MOHAMMED PREMIER


FACULTE DES SCIENCES OUJDA
MASTER IHP

COURS D’ARBORICULTURE FRUITIERE


R .KARMOUD

1
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

2018-2019
Chapitre I : Etude de l’arbre
Introduction :
L'arbre est un végétal ligneux en général, possédant, des branches et des rameaux ;
selon la taille de l'arbre on distingue : l'arbre, l'arbrisseau et l’arbuste.
1 Morphologie de l’arbre.
L'arbre est constitué de 2 parties principales : la partie souterraine les racines et la
partie aérienne : le tronc, les branches, les rameaux, les feuilles et les fruits ; les 2
parties sont séparées par le collet au niveau du sol.
En arboriculture fruitière en général la partie aérienne : est constituée par le cultivar (le
greffon ou la variété) et la partie souterraine est formée par le sujet (le porte greffe)
donnant les racines.
1.1. La partie souterraine :
Constituée par les racines qui sont ancrées dans le sol ; Les racines sont formées par :
✔ La ou les racines principales.
✔ Les racines secondaires.
✔ Les radicelles et les poils absorbants (le chevelu radiculaire).

Selon les espèces et les conditions du milieu, le développement et l'aspect des racines
sont variables, ainsi on distingue :
- Racines pivotantes : Racines ayant un pivot se développant en profondeur
verticalement. Elles sont en général obtenues par multiplication par semis ; mais le
pivot se casse lors des transplantations et ces racines auront tendance à se développer
latéralement.
- Racines traçantes : ces racines s'allongent latéralement (horizontalement) près de la
surface du sol.
- Types intermédiaires : ce sont les racines semi traçantes.
En arboriculture fruitière les racines sont celles du porte greffe ayant naturellement :
un développement profond ou superficielle mais variable aussi en fonction des
conditions du milieu ; ainsi dans les sols meubles et légers le développement des
racines est important et l'exploitation du sol est complète mais dans les sols lourds ce
développement est limité : la pénétration de ces sols par les racines est difficile ; ces
sols sont asphyxiants.
Cependant il faut signaler qu’avec les systèmes d’irrigation localisés qui se généralisent
les racines des arbres ont tendance à se développer superficiellement.
1.2. La partie aérienne :
C'est la partie formée par le cultivar (Greffon) ; Elle est constituée par :
✔ Le tronc : peut-être unique, divisé en 2 ou plusieurs troncs ; il sert de support aux
charpentières et assure la circulation de la sève.
✔ Les branches de charpentes ou charpentières : Elles sont constituées par des
charpentes principales (charpentes mères) et des charpentes secondaires ou sous
mères ; Les charpentes principales sont en général rigides et les secondaires sont
flexibles.
✔ Les rameaux : Ce sont des pousses ligneuses (aoûtées) ; ils sont plus ou moins

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

développés selon leurs positions.


✔ Les feuilles : II existe des espèces à feuilles caduques et des espèces à feuilles
persistantes
✔ Les fleurs et les fruits.
✔ Sur les différentes parties de l'arbre on trouve des yeux (bourgeons) : à l'aisselle
des feuilles, à l'extrémité des rameaux», sous l'écorce du tronc...
2. Physiologie de l'arbre :
2.1. Etapes de la vie de l'arbre :
L'arbre passe dans sa vie par 3 étapes principales :
✔ La période juvénile : qui commence depuis le semis ou la plantation et dure
quelques années à plusieurs années selon les espèces et les conditions de
développement ; pendant cette période l'arbre forme sa charpente, la vigueur
est grande (forte aptitude pour la croissance).
✔ La période adulte : dite de production ; c'est une période pendant laquelle
l'arbre produit abondamment de fruits ; La vigueur est modérée ; la durée de
cette période dure quelques années à plusieurs dizaines d’années.
✔ La période sénile ou période de vieillesse : période pendant laquelle l'arbre
manque de vigueur, la production diminue et un déséquilibre se produit entre
l'activité des racines et la partie aérienne.
2.2. Le cycle annuel de l'arbre
2 cycles qui se déroulent parallèlement : le cycle végétatif et le cycle reproducteur
2.2.1. Le cycle végétatif
Le cycle végétatif annuel de l'arbre passe par 2 étapes essentielles :
✔ Le repos végétatif : commence depuis la chute des feuilles (pour les espèces à feuilles
caduques) jusqu'au début de débourrement (éclatement des bourgeons). De
nombreuses espèces ont des besoins en froid pendant cette période (notamment les
rosacées : pommier, poirier, pêcher…) ; pour les espèces à feuilles persistantes
(olivier, agrumes…), il n'y a pas un arrêt végétatif complet mais un ralentissement de
croissance.
✔ L’activité végétative : Commence par le débourrement et se termine par la chute des
feuilles ; En fait dès que la température est favorable , les racines commencent à
puiser ( absorber ) leurs besoins nutritionnels du sol, les boutons et les yeux se
développent en utilisant d'abord les réserves accumulées la saison précédente et dès
que l'arbre possède des feuilles , il transforme la sève brute ( puisée du sol ) en sève
élaborée qui est rapidement utilisée pour constituer les tissus nouveaux et les
matières de réserves ; à la fin de l'automne, la circulation de la sève s'arrête (ou
ralentit ), les feuilles tombent et l'arbre entre en repos végétatif.
2.2.2. Le cycle reproducteur
Parallèlement au cycle végétatif, il se déroule un cycle reproducteur qui permet la
reproduction naturelle de l'arbre ; Ce cycle se résume ainsi :
✔ L'induction florale : C'est l'ensemble des phénomènes hormonaux, physiologiques qui
induisent (provoquent) la transformation d'un œil en bourgeon à fleur.
✔ La floraison : C’est la formation des fleurs.
✔ La pollinisation : C'est le transport du pollen depuis les étamines jusqu'aux stigmates.
✔ La fécondation, la formation de la graine, la nouaison et le grossissement du fruit.
Chapitre II : La multiplication des arbres fruitiers
La multiplication des arbres fruitiers est la reproduction contrôlée des plants. La

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

multiplication a pour objectifs : L'augmentation du nombre de plants et la conservation


des caractères désirables de l’arbre. Plusieurs méthodes de multiplications sont
utilisées ; on distingue d'abords 2 types de multiplications : Multiplication sexuée =
reproduction des plantes à partir des graines et multiplication asexuée.
1. La multiplication sexuée
1.1 Définition et usages :
C'est la multiplication par graines ; Cette méthode est utilisée en arboriculture pour :
✔ La production des portes greffes francs (amandier amer, GF43 pour le pêcher,
amandier...)
✔ Pour les portes greffes d'agrumes cette méthode est considérée comme méthode de
multiplication végétative.
✔ Pour la recherche : Obtention des nouvelles variétés et portes greffes.
La multiplication par semis présente des avantages et des inconvénients dont les
principaux sont les suivants.
Comme avantages :
- C'est une méthode économique.
- Permet d'éviter certaines maladies virales.
- Les plants obtenus sont jeunes et vigoureux.

Et comme inconvénients :
- Hétérogénéité entre les semis.
- Les plants obtenus ne sont pas identiques aux parents.
- Période juvénile longue.
1.2. Les étapes de la multiplication par semis
Elle passe par les étapes suivantes :
1.2.1. Récolte des graines
Cette récolte se fait dans des vergers contrôlés d'arbres portes graines ou dans des
parcs à bois ou dans des jardins publics ou privés ou sont recherchés dans des usines de
transformation (comme pour le bigaradier). Les graines doivent être en général mûres
(dans le cas de l'olivier la récolte doit être faite un peu avant la pleine maturité des
fruits).
1.2.2 Préparation des graines
On réalise les opérations suivantes :
- Séchage.
- Tri des graines.
- Parfois enrobage des graines.
- Désinfection des graines.
- Conservation.
- Stratification.
- Parfois pré germination.
1.2 3. Pratique du semis
- Le semis en plein champ ou sous abris : Ce mode passe par les étapes suivantes :
⮚ Préparation des carrés de semis : Travail du sol (ameublissement, fumure de fond et
éventuellement désinfection du sol).
⮚ Le semis proprement dit : en général en automne pour les graines semées
directement et au printemps pour celles qui sont stratifiées.
⮚ Entretiens après le semis : protection contre le vent, le soleil, éclaircissage,

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désherbage, irrigation, fertilisation (pratiquement une fois par mois) et traitements


chimiques.
- Le semis sous abris : se fait en pleine terre ou en godets ou conteneurs.
2. La multiplication végétative
Elle est pratiquée à partir de fragments prélevés d’un pied mère. Plusieurs méthodes
sont utilisées : bouturage, marcottage...ces méthodes permettent en général l'entrée
rapide en production et la conservation des caractères désirables ; Parfois certaines
espèces ne produisent pas de graines (espèces parthénocarpiques : le bananier par
exemple) donc la multiplication doit se faire végétativement ; Mais ces méthodes sont
en général plus chères que la multiplication sexuée ; en plus de la transmission des
maladies virales.
2.1. Le bouturage
2.1.1. Définition et usages
Le bouturage consiste à placer un fragment de végétal détaché du pied mère dans des
conditions d'enracinement favorables ; cette méthode est utilisée pour la multiplication de la
vigne, le figuier, l'olivier…
2.2.2. Types de boutures
On peut utiliser comme boutures les feuilles, tiges, rameau et même des racines.
D'autre part, on utilise des boutures simples des boutures à talons des boutures à crossettes
2.2.3. La pratique du bouturage
On procède ainsi :
- Ramassage des rameaux portes boutures après la taille.
- La mise en botte de ces rameaux, munis d’étiquettes.
- La mise en stratification.
- La mise en place en février -mars, après rafraîchissement des coupes et mise en
imbibition dans l'eau : On utilise comme écartement par exemple 25 à 30 cm /10 cm.
L'automne suivant seront prêts et seront soit plantés directement comme jeunes plants
(Exemple le figuier) soit transplantés en carrés de greffage (Pour les portes greffes).
2.2. Le marcottage
2.2.1. Définition et usages
Le marcottage consiste à provoquer l'enracinement d'un fragment de végétal avant qu'il ne
soit séparé du pied mère.
Le marcottage permet une reprise presque certaine surtout pour les espèces difficiles à
multiplier par bouturage ; Le marcottage se fait pour le cognassier, la vigne et les portes
greffes du pommier.
2.2.2. Types de marcottages
✔ Marcottage par couchage : consiste à courber un rameau et l'enterrer pour
provoquer son enracinement ; II existe le marcottage par couchage simple et
marcottage par couchage multiple (Provignage).
✔ Marcottage en cépée : Utilisé pour les espèces ayant des rameaux rigides et difficiles
à courber dans le sol ; pour celles-ci on fait des buttages successifs pour provoquer
l’enracinement.
2.3. Le drageonnage
C'est le sevrage (Séparation) de rejets émis par les pieds-mères ; on reproche aux jeunes
sujets obtenus par le drageonnage d'avoir tendance à leur tour d'émettre beaucoup de
drageons ; comme exemple d'espèce multipliée par drageonnage : le framboisier c'est
pratiquement le seul moyen de multiplication utilisé pour cette espèce.

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2.4. Le greffage
2.4.1. Définition et usages
Le greffage est l'union entre 2 plantes l'une formant la partie souterraine (Les racines) et
appelée le sujet ou le porte greffe et l'autre formant la partie aérienne et appelée le cultivar
ou le greffon.
Parmi les espèces multipliées par le greffage : Amandier greffé sur amandier amer ou sur
pêcher ... ; Olivier sur oléastre ou la picholine marocaine ... ; Poirier sur cognassier . . .
2.4.2. Outils de greffage
Comme outils on utilise : le greffoir, serpette, la scie égoïne . . .
2.4.3. Conditions de réussite du greffage
Compatibilité entre le greffon et le porte greffe : pour cela il faut que :
✔ Le porte greffe et le greffon soient proches botaniquement et appartiennent à la
même espèce ou au même genre ou à la même famille.
✔ Le porte greffe et le greffon aient un cycle semblable ou de préférence celui du porte
greffe est un peu en avance par apport à celui du greffon.
✔ Cambiums en activité du greffon et du porte greffe et il faut assurer un meilleur
contact entre les 2 lors de l'opération d'assemblage (Le dessèchement est l'ennemi
N° 1 du greffage).
✔ Le porte greffe et le greffon soient indemnes de maladies.
✔ Utiliser la technique convenable selon l'espèce en question.

2.4 .4. Les principaux types de greffage


Le choix de la méthode à utiliser dépend entre autres : de l’espèce, de l'âge du greffon et
du porte greffe et de leurs diamètres ; parmi les méthodes de greffage utilisées :
2.4 .4.1. L'écussonnage : On le réalise ainsi :
- Sur le greffon : on prend un rameau aoûté (1 à 2 ans) on prélève un œil muni d'une
languette et pétiole d'une feuille.
- Sur le porte greffe : on pratique une entaille en T, on place l’écusson à l'intérieur
de l'entaille et on fait une ligature .
On distingue 2 types d'écussonnages selon la période : écussonnage à œil poussant qui se
fait en printemps avec une reprise 2 à 3 semaines après et écussonnage à œil dormant qui
se fait entre juillet et septembre et la reprise au printemps suivant.
2.4 .4.2 . Le greffage à l'anglaise en fente
Il en existe 2 méthodes : greffage à l'anglaise en fente simple et greffage à l'anglaise en
fente double.
- Le greffage à l'anglaise en fente simple :
✔ Préparation du sujet :
○ Plantation . . .( obtention du porte greffe ) .
○ Rabattage du sujet en début de printemps.
✔ Préparation du cultivar :
○ Rameaux greffons en stratification.
○ Sélectionner de préférence la partie médiane.
✔ Opération de greffage :
○ Pour le cultivar : Sectionner une portion de rameau composée de 3 yeux,
tailler la base du greffon en biseau simple (en forme de lame de
couteau) ; les coupes commencent au niveau de chaque côté du 1er
bourgeon.

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

○ Pour le sujet : fendre le sujet longitudinalement sur un seul côté à l'aide


de la serpette, laisser la serpette engagée dans la fente et faire pénétrer
le greffon en écartant les bords de la fente, incliner la partie supérieure
du greffon légèrement vers l'intérieur, ligaturer et mastiquer.
- Le greffage à l'anglaise en fente double : ce type de greffage se fait pour des sujets de
diamètre plus gros que pour la première méthode : on place 2 greffons dans la fente du
sujet (qui se fait tout au long du diamètre) ; les 2 greffons sont taillés en biseau plats
opposés ; ligaturer et mastiquer.
De même le greffage en fente anglaise peut se faire en 2 époques à oeil donnant et à œil
poussant.
L'inconvénient majeur du greffage en fente anglaise est le vide laissé dans la fente
(problème de dessèchement).
Il existe d'autres méthodes de greffage : greffage en incrustation, greffage à l'anglaise
compliquée, greffage en couronne, greffage par approche ...

Chapitre III : étude des formes des arbres


C'est par la taille de formation que l'on décide dès le début quelle forme doit-on donner à
l'arbre. La forme à choisir dépend de l'espèce, la variété et le porte greffe (Surtout le mode
de fructification la vigueur et le port naturel de l’arbre), la distance de plantation, le degré
de mécanisation et d'investissement, le système d'irrigation ....
Ainsi plusieurs formes sont utilisées; on distingue d'abord des formes libres et des formes
palissées.

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

1. Les formes libres


Pour ces formes les arbres ne sont pas palissés; on distingue : des formes à coursonnes
taillées et des formes à coursonnes non taillées.
1.1. Formes à coursonnes non taillées
Les arbres se développent librement dès qu'ils entrent en production, mais peuvent subir
des élagages au départ ainsi que des tuteurages ; Les principales formes de ce groupe sont
les hautes tiges, les demi-tiges et les basses tiges.
1.1.1. Les hautes tiges et les demi-tiges
Les hautes tiges sont d'une hauteur du tronc de plus de 2m et avec une charpente ramifiée.
Formation : s'obtient en 4 à 6 ans ; on favorise le développement de l'axe de l'arbre
en conservant les tires sèves (mais il faut les pincer à 10 cm et les supprimer dès qu’ils
atteignent le diamètre d'un doigt). On favorise le développement du tronc par des
incisions longitudinales. On distingue 3 formes de hautes tiges :
- Hautes tiges à centre ouvert (Têtes envase)
- Hautes tiges à axe central (Têtes en pyramide)
- Hautes tiges à ouverture différée.
Lorsque la hauteur du tronc est de 1 m on parle de demi-tige.
Les hautes tiges sont des formes nécessitant des faibles densités, les travaux sont difficiles à
réaliser, raisons pour lesquelles ces formes ont été de plus en plus délaissées.

1.1.2.. Les basses tiges


On en distingue :
Les buissons ou boules: La hauteur de leurs troncs est de 40 à 70 cm avec un centre ouvert ;
On arrête leur développement au 6ème ou au 8ème étage.
Têtes en gobelets.
1.2. Formes à coursonnes taillées
Les arbres subissent la taille de fructification; 2 groupes appartiennent à ces formes: formes
avec pivot central et formes sans pivot.
1.2 1. Formes sans pivot
Exemple : le gobelet : le gobelet a une tige courte de 30 cm de hauteur se ramifiant presque
à partir d'un seul niveau ; les branches sont obliques et ont un angle de 45° / à la verticale.
Cas particulier du gobelet : Le gobelet différé : C'est un gobelet de 30 à 50 cm de hauteur
qui a 3 charpentes espacées de 20 cm les unes des autres et bien réparties dans l'espace
(vues de dessus elles forment un angle de 120° entre elles prises 2 à 2).
Formation du gobelet différé :
⮚ 1er hivers : rabattre le scion à 80 cm à 100 cm et couper les ramifications
latérales.
⮚ 1er printemps : A partir de 30 à 50 cm conserver des branches espacées de 20 cm
entre elles et formant un angle de 120° et un tire sève ; les autres pousses sont
pincées ; pincées l'été les ramifications inutiles.
⮚ 2ème hivers : Eliminer les ramifications pincées l'été précédents; essayer pendant
le 1 ou les 2 ans suivants de favoriser les branches supérieures.
⮚ 2ème printemps : former les sous charpentes.
⮚ 3ème hivers : On laisse les branches principales intactes (légères interventions).
Autres formes sans pivots : Vases (cône ou faux gobelets tronc court dont les ramifications
partent d'un seul point), table et cylindres.
1.2.2. Formes avec pivot central :

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1.2.2.1. Pyramide 
C'est une tige de 3 à 4 m de hauteur et d'un verticille ou étages de 5 branches à partir de 30
cm et espacées de 30 cm entre elles avec un axe de 45°par rapport à l'axe vertical et sont de
plus en plus courtes qu'elles se rapprochent du sommet ; le diamètre de la pyramide est de
2 à 2,5 m.
1..2..2..2. Le fuseau
C'est une tige verticale de 3 m de hauteur qui à partir de 30 cm a des branches en spirale
formant un angle de 30° / à la verticale et espacées de 10 cm entre elles et sont de plus en
plus courtes qu'elles se rapprochent du sommet.
Formation du fuseau :
1ère taille : Tailler à 50-60 cm (10 cm pour l'onglet) et éborgner sur les 30 cm de la base ;
en été, pincer les quelques pousses d'extrémité et ébourgeonner sur les 30 cm de la
base.
- 2ème taille : -> Suppression de l'onglet.
-> Taille du rameau de prolongement à 40 cm (y compris l'onglet).
-> Taille des branches qui sont d'autant plus courtes qu'elles se rapprochent du
sommet ; Laisser un onglet pour chaque branche.
- On continue ainsi pendant la 3èm* année et les années suivantes.
2. Les formes palissées : Ce sont les formes ayant un système de palissage comme support;
le système de palissage est différent selon les formes choisies; les principales formes
palissées utilisées sont :
2.1. Les cordons
2.1.1. Le cordon horizontal unilatéral : C'est une tige verticale coudée à 40 à 80
cm
Formation du cordon horizontal unilatéral :
- Palissage en mai (circulation de la sève)
- Taille au dessus de la courbure à 30 cm sur un œil de dessus.
- Palissage du rameau de prolongement dès qu' il atteint 20 cm .
- Poursuivre la formation pendant les années suivantes jusqu' à la formation.
2.1.2. Cordon horizontal bilatéral : II s'agit d'un cordon à 2 bras.
2.1.3. Cordon oblique : C'est une tige unique à inclinaison de 45 à 65° / à l’horizontale.
Formation du cordon oblique :
- Taille à 30 cm sur un œil de côté
- Palissage du rameau de prolongement.
- Chaque année une taille à 30-40 cm.
2.1.4. Cordon vertical : C'est une tige unique verticale ayant des coursonnes à partir de
30cm. Formation : De même que le cordon oblique sauf que l'inclinaison est différente.
2.2. Les palmettes : il existe des palmettes à branches verticales, obliques et horizontales.

2.2.1. Palmettes à branches verticales :


- U simple : C'est une tige qui, à 30-40 cm, a 2 branches disposées en U d'une hauteur
de 2 à 3 m, espacées de 30 à 50 cm.
- U double : Tige qui a 4 branches disposées en double U.
- U multiple : Tige à plusieurs branches disposées en U multiples.
Formation:
- 1ère année : -Taille à 2 yeux au niveau du 1er fil de fer et éborgnage des autres yeux.
- Palissage des 2 pousses pendant la végétation sur les lattes.

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

- 2ème année : taille à 2 yeux des 2 branches.


- Verrier à 4 branches.
2.2.2. Palmettes à branches à branches obliques :
- Losange : Tige de 15 à 20 cm à 2 bras obliques et à angle de 90° ; ces branches
s'entrecroisent entre elles ; la hauteur du losange est de 1,5 m à 2 m.
Formation :

2.1. Les cordons


2.1.1. Le cordon horizontal unilatéral : C'est une tige verticale coudée à 40 à 80 cm
Formation du cordon horizontal unilatéral :
- Palissage en mai (circulation de la sève)
Taille au dessus de la courbure à 30 cm sur un œil de dessus.
- Palissage du rameau de prolongement dès qu’il atteint 20 cm.
- Poursuivre la formation pendant les années suivantes jusqu' à la formation.
2.1.2. Cordon horizontal bilatéral: II s'agit d'un cordon à 2 bras.
2.1.3. Cordon oblique: C'est une tige unique à inclinaison de 45 à 65° / à l’horizontale.
Formation du cordon oblique :
- Taille à 30 cm sur un œil de côté
- Palissage du rameau de prolongement.
- Chaque année une taille à 30-40 cm.
2.1.4. Cordon vertical : C'est une tige unique verticale ayant des coursonnes à partir de
30cm. Formation : De même que le cordon oblique sauf que l'inclinaison est différente.
2.2. Les palmettes : II existe des palmettes à branches verticales, obliques et horizontales.
2.2.1. Palmettes à branches verticales:
- U simple : C'est une tige qui ,à 30-40 cm , a 2 branches disposées en U d'une hauteur de 2
à 3 m , espacées de 30 à 50 cm
- U double : Tige qui a 4 branches disposées en double U.
- U multiple : Tige à plusieurs branches disposées en U multiples.
Formation :
- 1ère année : -> Taille à 2 yeux au niveau du 1er fil de fer et éborgnage des autres yeux.
- Palissage des 2 pousses pendant la végétation sur les lattes.
- 2ème année : taille à 2 yeux des 2 branches.
- Verrier à 4 branches.
2.2.2. Palmettes à branches obliques :
- Losange : Tige de 15 à 20 cm à 2 bras obliques et à angle de 90° ; ces branches
s'entrecroisent entre elles ; la hauteur du losange est de 1,5 m à 2 m.
Formation : Taille à 2 yeux à une hauteur de 15 à 20 cm
- Palisser le long des lattes au fur et à mesure du développement des jeunes pousses
- Pratiquer des tailles successives, 25 0 35 cm chaque année
2.2.3. Palmettes à branches horizontales
Palmette à branches horizontales est constituée d'un axe verticale et de plusieurs étages de
branches charpentes inclinées à l'horizontale ( 4 étages en général ) ; L'extrémité des
charpentes est relevée à la verticale pour éviter l'affaiblissement de la branche ; Les étages
sont espacées de 50 à 60 cm .
2.2.4. Autres formes : Pergola, guyot, pergolette, baldassari, drapeau Marchand ...

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Chapitre IV : La création des vergers


Les plantations fruitières sont des plants pérennes; Une faute commise pour la création d'un
verger peut être décelée après plusieurs années. Donc avant de créer un verger il est
nécessaire de bien étudier le projet de point de vue technique et de point de vue
économique (Donc de faire des études préalables).
1. Etudes préalables : Comprennent des études techniques et études économiques.
1.1. Etudes techniques: Consistent à faire des études du milieu naturel (Le climat et le sol)
du lieu ou on compte de créer le verger d'une part et d'autre part à étudier la liste des
espèces variétés et portes greffes susceptibles de s'adapter aux conditions naturelles
du lieu en question.
1.1.1. Le climat II faut étudier les éléments suivants:
- La pluviométrie
- La température : La température moyenne du mois le plus froid, la température
moyenne du mois le plus chaud, la somme des températures froides (< à 7,2°c)...
- Le vent : Vent dominant direction, intensité, époque ... L'hygrométrie.
- Le gel, la grêle ...
Il faut prendre en considération le micro climat du site à étudier ; Ainsi Qu'il faut étudier les
possibilités d'amélioration du milieu comme les possibilités d’irrigation, l'utilisation des
brises vents, la lutte contre le gel et la grêle ...
Tous ces renseignements sont à rechercher dans la station météorologique la plus proche.
1.1.2. Le sol II faut étudier les éléments suivants : La topographie du terrain, la structure, la
texture…
- La richesse de ce sol en divers éléments.
Ces données sont à réaliser par les observations sur le terrain et par les analyses à effectuer
au laboratoire de pédologie.
De même que pour le climat, il faut étudier les possibilités d'amélioration du sol par des
amendements, des travaux du sol, drainage, culture selon les courbes de niveau ...
1.1.2. Choix des espèces. variétés et portes greffes : Pour cela il faut étudier celles et ceux
qui sont susceptibles de s'adapter aux conditions de ce milieu, ainsi que les formes à
adopter les densités convenables
1.2. Les études économiques Le verger, comme tout projet, doit être rentable ; L'étude
doit comporter les points suivants :
1.2.1 .L'investissement : investissement global
- Fond de roulement (Les charges annuelles)
- Les sources de financement : Crédits et fonds propres ; Les frais de financement.
- Prendre en considération que l'entrée en production des arbres n’est qu'après plusieurs
années, comme remède on peut pratiquer d'autres spéculations pendant les premières
années.
- Prévisions de vente.
Marges brutes et nettes prévues et calculées sur plusieurs années
1.2.2. Prévisions des débouchés: Les marchés visés, les variétés les plus demandées les
tendances du marché ; II faut être au courant des possibilités et contraintes des exportations
si on vise l'exportation.
1.2.3. La main d'œuvre: Disponibilités, qualifications...
1.2.4. Réseau routier et infrastructures de la région : Accessibilité au lieu choisi, stations
d’emballage, proximité des ports pour l'exportation...
2. Aménagement de l'exploitation :

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2.1. Plan de l'exploitation : (Dans le cas d'une nouvelle exploitation à créer) dans ce plan
il faut commencer par :
- Indiquer les limites de l'exploitation
- Les points fixes qu'on ne peut pas ou qu'on ne veut pas changer : Poteaux d’électricité,
seguias, brises vents, puits, constructions ...
- Tracer les différentes constructions et installations à réaliser ...
2.2. Tracé de plantation : Les dispositifs de plantation les plus courants sont les
suivants :
- Plantations non alignées (Plantations en foule): Ce sont des plantations dispersées, le
plus souvent plusieurs espèces en association; ce mode de plantation est très
rencontré dans les compagnes marocaines.
Plantations au carré: Ce dispositif de Plantations permet une circulation aisée des engins
dans les 2 sens (s'il n'y a pas de palissage); Mais l'inconvénient de ce mode de
plantations c'est que les arbres avec l'âge se confondent tandis que les milieux des
carrés restent vides.
- Plantations en quinconce : Ce dispositif consiste à réaliser une densité plus importante
que le dispositif précédent.
- Plantations selon les courbes de niveaux : Ce dispositif est utilisé dans les régions de
montagnes surtout pour assurer convenablement l’irrigation.
- Plantations associées : Telles que : vigne + olivier ; palmier dattier + grenadier ; En
Espagne on plante dans certaines régions 2 variétés et on arrachera par la suite la
variété qui n'est pas demandée par le marché.
2. Les travaux préalables
Les principaux travaux préalables à la plantation sont :
⮚ Défrichement: C'est l'enlèvement des friches ; Les principaux friches qui peuvent
exister sont le jujubier, le palmier nain ; cette opération se fait soit en les brûlant ou
par leur extirpation ou la meilleure façon est la méthode chimique par pulvérisation
du « glyphosate » qui est un herbicide systémique mais surtout il faut éviter de le
faire mécaniquement par des travaux du sol.
⮚ Dessouchage : C'est l'enlèvement des souches d'arbres dans le cas ou la parcelle était
occupée par des plantations et on a effectué un arrachage pour la planter à nouveau.
Dans un tel cas il est préférable d'attendre 3 à 4 ans avant de replanter cette parcelle,
en effectuant des cultures annuelles pendant cette période sinon si on veut faire la
plantation directement après l'arrachage il faut procéder par une désinfection du sol.
⮚ Défoncement du sol: Qui se fait par un labour profond de 60 cm de profondeur; Le
défoncement peut être total ou partiel, par bande (Le long de la future ligne de
plantation) ou par trou de plantation; Ces travaux sont à réaliser en été. Dans le cas
ou le sous sol est de mauvaise qualité et on vue d'éviter de le remonter en surface du
sol, on effectuera un sous solage au lieu du défoncement. Nivellement du sol.
⮚ Epierrage de surface
⮚ Piquetage : C'est la pose des piquets à l'emplacement des plantations ; Cependant
dans le cas ou on avait creusé des trous de défoncement, Le piquetage précédera
cette opération
⮚ Installation du système de drainage surtout pour les sols lourds et asphyxiants.
⮚ Installation du système de palissage et système d’irrigation.
⮚ Les brises vent sont à installer 3 ans avant la création du verger ; L'espèce la plus
utilisée comme brise vent étant le cyprès avec des distances de plantation de l à 1,5

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m mais on utilise aussi le mimosa, l'eucalyptus...


3. La réalisation de la plantation : Elle passe par les étapes suivantes:
3.1. Commande des jeunes plants : La commande des plants doit se faire à temps en
faisant un choix d'espèce , de variété et de porte greffe; II faut choisir des jeunes
plants sains, ayant un système radiculaire abondant, avec une hauteur du tronc
convenable et ramifié .
Les plants sont à commander chez une pépinière agréée, produisant des plants certifiés et la
commande doit se faire de préférence une année à l'avance; II est encore souhaitable de
faire une visite de cette pépinière avant de faire la commande.
3.2. Epoque de plantation: On doit faire la plantation pendant le repos végétatif ou le
ralentissement de croissance ; Mais si les jeunes plants sont en mottes l'époque
de plantation est plus longue ; Elle est plus tardive aussi si le sol est lourd et
humide.
3.3. Réception des jeunes plants : II est conseillé de respecter la procédure suivante :
Le contrôle des conditions de transport : Vérifier que les plants sont couverts par un
bâche par exemple, les racines vers l'arrière du camion (pour éviter leur dessèchement).
- La mise en jauge : pour les jeunes plants livrés à racines nues on creuse une tranchée
dans laquelle on place les racines et on les couvre en veillant à maintenir le sol humide
par des arrosages ; on les gardera ainsi jusqu'à la plantation ...
3.4. La plantation proprement dite : On procède ainsi :
- Habillage des racines : c'est la suppression des extrémités des racines à l'aide d'un
sécateur par exemple.
- Pralinage : Consiste à tremper les racines dans un mélange : 1/3 de bouse de vache + 1/3
d'argile + 1/3 d'eau ; II a pour but d'éviter la dessiccation des racines en plus de son effet
de rhyzogénèse.
- Exécution de la plantation :
->Au fond du trou de plantation : faire un petit dôme de bonne terre.
->Placer la règle à planter contre les piquets témoins (qui sont placés sur les bords du
trou).
->Placer le jeune plant dans sa position normale au milieu du trou indiqué par la règle à
planter en étalant les racines sur le dôme de bonne terre.
-> Tasser légèrement
-> Arroser immédiatement.
La plantation doit être faite par 3 ouvriers.
3.5. Les soins après la plantation :
- Constituer la cuvette (par le sous sol)
- Tuteurer les jeunes plants; les tuteurs doivent être de préférence désinfectés (Au feu par
exemple en les brûlant légèrement)
Palisser, arroser, faire les traitements nécessaires, tailler éventuellement.
Chapitre V : La conduite et les entretiens du verger
1 .La conduite du sol des vergers
Les racines des arbres sont profondes et le volume du sol exploré par ces racines est plus
important par rapport aux autres plantes.
Avant la plantation, les principaux travaux utilisés sont : Défoncement ou sous solage et
le creusement des trous de plantation ainsi que les divers travaux de finition tels que
l'épierrage de surface, le nivellement ...
Pour les vergers adultes il existe plusieurs systèmes de conduite du sol qui sont utilisés ;

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ainsi il existe :
Le système de conduite de sol nu travaillé.
Le système de conduite de sol nu par le désherbage chimique
Le système de conduite de sol de désherbage aux pieds des arbres et travaux entre les
lignes.
Le système de conduite de sol travaillé avec l'utilisation des engrais verts.
Le système de conduite de sol avec paillage (le mulching ).
- Le système de conduite de sol en enherbement permanent.
1.1. Le sol nu travaillé :
C'est la méthode la plus utilisée ; elle consiste à faire des travaux du sol pendant toute la
durée de végétation ; le nombre des travaux à réaliser dépend des apparitions des
adventices, ainsi et en général 5 à 6 passages de cover crop sont à réaliser ; cette
méthode a pour buts :
- L'économie d'eau par destruction des mauvaises herbes.
La limitation de l'évaporation d'eau au niveau de la surface du sol. Mais comme
inconvénients :
- Destruction de la structure du sol
- Accès difficile au verger dans des conditions humides.
1.2. Le sol nu par désherbage chimique :
Cette méthode consiste à éliminer les mauvaises herbes par utilisation des herbicides ;
l'effet bénéfique de cette méthode le plus important étant la conservation de la structure
du sol en plus de la non destruction des racines des arbres.
Les herbicides à utiliser dépendent des adventices existantes et de leurs stades ; Plusieurs
herbicides sont utilisés, par exemple :
Pour agrumes : Atrazine ; Bromacyl ; Glyphosate ; Paraquat...
Pour rosacées à pépins : Atrazine ; Dalapon ; Simazine ; Paraquat ...
Pour olivier : Dalapon...
1.3. Le désherbage chimique aux pieds des arbres et travaux du sol entre les lignes :
Ce système convient notamment aux systèmes palissés et les hautes densités. Il permet de
réduire le coût de la main d'œuvre. Cette méthode est une combinaison entre les 2
systèmes précédents.
1.4. Sol travaillé et engrais verts : Consiste à cultiver les inters lignes des arbres par des
plantes annuelles (L'orge, l'avoine, la vesce ...) qui poussent rapidement, lèvent facilement
et seront enfouis dans le sol en vue d'augmenter le taux de matière organique dans le sol. La
culture est pratiquée pendant la période pluvieuse et le repos végétatif des arbres et sera
enfouie au sol dès le début d'activité végétative des arbres, c'est à dire que on fait le semis
pratiquement en novembre en augmentant sa densité et l'enfouissement se fait en février.
Comme précaution, il faut majorer les apports d’engrais. Les travaux du sol commencent
après l'enfouissement de cette culture.
1.5. L'enherbement permanent : Consiste à laisser se développer les adventices ; cette
méthode est utilisée dans les régions qui pratiquent l'élevage et ou l'eau est suffisamment
disponible surtout pendant l’été. Elle permet de garder la structure du sol ; L'accès au verger
est facile même dans des conditions humides. Mais il faut augmenter les apports en engrais
et en eau ; II faut ajouter à cela que ces mauvaises herbes sont des refuges aux ravageurs.
1.6. Le paillage : Consiste à couvrir le sol par un matériau qui empêche le développement
des adventices et limite l'évaporation ; ce matériau peut être :
La paille ou la sciure de bois ou un matériau similaire et qui doit couvrir le sol d'une couche

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au moins 20 cm d'épaisseur qui v se transformer par la suite en humus ; malheureusement


présente le risque des incendies en plus de la pullulation des rongeurs (les rats ) .
- Le plastique : Consiste à couvrir le sol par des bandes de plastique noir ; II faut mettre ce
plastique dès la plantation.
Le paillage permet de garder la structure du sol, permet de diminuer de l'évaporation, limite
le développement des mauvaises herbes mais les racines adaptées à ce genre de conduite
du sol ayant un développement superficiel soufrent en cas de sécheresse car ce sont les
couches superficielles qui se dessèchent d'abord.
2. L'irrigation des vergers :
2.1. Généralités : Les quantités d'eau à absorber par les racines des arbres dépendent du
développement de leurs chevelus radiculaires: Ils sont superficiels dans les sols superficiels
et lourds et sont très développés dans les sols légers et profonds; Ce développement
dépend aussi des espèces: les racines du palmier dattier sont très profondes et très
développées mais celles du bananier sont superficielles.
Pour conduire à bien les irrigations, plusieurs paramètres sont à prendre en considération:
- E.T.0 et Kc . La capacité de rétention du sol en eau.
- La perméabilité du sol en eau ... (Voir cour d’irrigation)
2.2 Les méthodes d'irrigation : Les principales méthodes d'irrigation utilisées dans les
vergers sont :
2.2.1. Les cuvettes et les bassins : Ils ont les caractéristiques suivantes :
- Leurs dimensions sont variables en fonction du débit d'eau disponible et du
développement des arbres.
- Le sol doit être parfaitement nivelé et la pente faible (pour éviter les pertes en sous sol) II
faut protéger les collets des arbres par des buttes pour éviter certaines maladies. Cette
méthode permet une bonne répartition de l'eau sur la surface exploitée par les racines
des arbres. Mais la circulation des tracteurs est difficile.
2.2.2. Les planches. Pour cette méthode : II faut prévoir une pente.
- Niveler parfaitement le sol et disposer d'un débit suffisant.
- La largeur des planches est fonction des inters lignes ; tel que pour calculer la superficie
maximale d'une planche on applique la formule suivante :
Superficie maximale = Débit en m3 / H
Perméabilité en cm /H Si le débit
disponible est faible il faut diminuer de la largeur des
planches.
2.2.3. Les raies et les billons : Pour les raies et les billons il faut : Eviter des billons trop
profonds (pour ne pas aimer les racines)
- La partie mouillée des 2 côtés du billon dépend de la nature du sol
Pour éviter les pertes d’eau, la durée d'irrigation ne doit pas dépasser 3 fois le
temps mis par l'eau pour arriver à l'extrémité du billon.
2.2.4. Selon les courbes de niveau : Cette méthode est utilisée dans
les régions de montagnes; Le débit des arrosages est difficile à
contrôler.
2.2.4. Irrigation par aspersion : L'irrigation par aspersion permet de diminuer de la main
d'oeuvre et des pertes d'eau sans la nécessité d'avoir une pente.
En arboriculture fruitière 2 méthodes d'aspersion sont utilisées : aspersion sous
frondaison et aspersion sur frondaison : Sous frondaison :
-> La pression de fonctionnement est plus faible que pour la 2 eme méthode.

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-> Moins influencée par le vent.


-> Moins de perte par l’évaporation.
-> Permet d'éviter certaines maladies (Le feuillage des arbres est moins
mouillé). Sur frondaison :
-> Permet le lavage des feuilles et donne une meilleure coloration aux fruits.
-> Crée un micro climat humide.
-> Nécessite moins de main d’œuvre.
-> Possible à utiliser pour la lutte contre le gel.
2.2.5. Irrigation localisée : Cette méthode permet :
Une grande économie d'eau (Infiltration d’eau, ruissellements et évaporation sont faibles).
Permet de diminuer de la main d’œuvre.
- Les quantités à apporter se font selon les besoins des arbres ainsi la qualité et la quantité
des fruits sont bonnes.
Mais l'investissement est important et cette technique doit être maîtrisée. Le
nombre de goutteurs par arbre est variable en fonction des espèces et des sols :
Par exemple pour les agrumes on utilise 3 goutteurs par pied dans les sols lourds et
6 dans les sols légers.
3 .La taille des arbres fruitiers :
3.1. Les objectifs de la taille : Ce sont :
- Formation et structuration de l’arbre:
Orientation du développement de l'arbre pour une entrée rapide en production.
- La lutte contre certaines maladies.
- Le rajeunissement d'une partie ou de tout l'arbre.
3.2. Modes et types de tailles : Ce sont :
- La taille d'éclaircie.
- La taille par approche.
- Les élagages et les tailles d’entretiens.
- La taille de fructification.
- La taille de formation.
- La taille de rajeunissement.
La taille de restauration.
3.4. Les précautions à prendre lors de la taille : Les principales précautions à prendre lors de
la taille sont :
Désinfection du matériel de la taille avant et après la taille de chaque arbre : pour
cela il faut être muni d'un seau dans lequel on met une solution d'eau de javel ou il
faut tremper à chaque fois le matériel en passant d'un arbre à l’autre.
- Masticage des grosses plaies et pulvérisation d'un produit favorisant la
cicatrisation et éventuellement un fongicide après la taille.
- Ramasser le bois de taille et le brûler surtout s'il y a des maladies.
3.6. Opérations complémentaires de la taille : Les principales opérations
complémentaires de la taille sont :
- Les pincements ou les étêtages ou les écimages qui consistent à couper les extrémités
des pousses (les rameaux verts non aoûtés) ; Ces opérations se font en général en
plusieurs passages.
- Arcures : consistent à courber certains rameaux pour régulariser la distribution de la
sève pour orienter ces rameaux à la production.
- Ebourgeonnements: C'est l'élimination, des rameaux qui poussent à des endroits non

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désirés (sur le tronc par exemple).


- La taille en vert: Se fait pour certaines espèces 5 les rosacées à noyaux par exemple),
pour rectifier ou corriger la taille qui a été pendant l'hivers; Elle se fait aussi pour
certaines formes d'arbres en vue de diminuer de leurs vigueurs...
- L'incision annulaire : Consiste à pratiquer une petite coupe transversale de l'écorce pour
bloquer la sève élaborée à un certain endroit (au dessus de cette coupe). Le palissage
pour les formes palissées.
- Eclaircissage chimique ou manuel.
4. La fertilisation en arboriculture fruitière :
4.1. Généralités: La fertilisation consiste à apporter les principaux éléments dont les arbres
ont besoins : en principe les quantités d'éléments exportés en majorant ces quantités pour
tenir compte des pertes.
Les quantité »s à apporter dépendent aussi des quantités existantes dans le sol et des
besoins nutritifs des arbres au cour de certaines périodes du cycle végétatif.
4.2. Détermination de la quantité à apporter : Cette quantité doit tenir compte de :
- L'analyse du sol.
- Diagnostic foliaire surtout lorsqu'on constate certains symptômes de carences.
- Exportations des éléments notamment par les récoltes ; les quantités à apporter
dépendent entre autres des rendements escomptés.
5. Protection phytosanitaire des arbres fruitiers:
5.1. Généralités : Plusieurs ennemis d'arbres se sont adaptés aux cycles d'activités des
arbres.
Les maladies et ravageurs se conservent et persistent d'une année à l'autre sous formes
d’œufs, de spores, de chrysalides, d'adultes ...ainsi la lutte devient dans certains cas
difficile.
La protection des arbres fruitiers passe d'abord par une connaissance des ennemis des
arbres pour choisir les moyens de lutte les plus efficaces.
5.2. Généralités sur les moyens de lutte : Pour lutter contre les maladies et ravageurs on:
conseille à suivre les étapes suivantes :
- Utiliser des espèces, variétés et portes greffes résistantes ou tolérantes aux maladies et
ravageurs qui sont à craindre éviter ceux et celles qui sont sensibles. Eviter aussi les
endroits favorables au développement de ces maladies et ravageurs. Utiliser un matériel
végétal sain et certifié. Pour la lutte , utiliser d'abord les méthodes culturales :
-> Ramasser le bois de taille les feuilles et les brûler surtout s'il y a des problèmes
phytosanitaires, désinfecter le matériel de taille ...
-> Tailler les arbres convenablement en éliminant le bois attaqué et en éclaircissant
les arbres pour défavoriser le développement des maladies et ravageurs.
-> Entretenir le verger d'une manière adéquate et le maintenir en bonne santé de
point de vue irrigation , fertilisation , travaux du sol, lutter contre les mauvaises herbes
qui sont le plus souvent des foyers de maladies et ravageurs . .. Pour la lutte chimique :
-> Suivre l'évolution des maladies et ravageurs en installant des pièges (gobes
mouches, assiettes jaunes), en faisant aussi des comptages des observations ...
-> Utiliser les traitements d'hivers contre toutes les formes hivernantes afin de
limiter le développement des maladies et ravageurs pendant le cycle.
-> Utiliser dans la mesure du possible des traitements localisés d’abord.
-> Ne traiter que si l'ennemis atteint le seuil de nuisibilité c'est à dire un niveau
d'attaque justifiant économiquement et techniquement la lutte chimique.

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-> Utiliser de préférence des produits spécifiques contre le ravageur ou la maladie


contre on veut lutter.
-> Respecter les doses de matière active de la solution à pulvériser les délais de
carence ...
-> Utiliser un matériel de traitement convenable ...
6. Maturité récolte et conservation des fruits :
6.1. Les critères de maturité des fruits : Les principaux critères de maturité des fruits sont :
- Echelle de végétation : c'est l'intervalle qui sépare la floraison de la maturité et qui est
influencé par les facteurs climatiques, les variétés et aussi les opérations culturales.
Tests physiques :
-> Couleur de la peau des fruits : à la maturité, la plupart des fruits changent de
couleur.
-> Couleur des pépins : certains fruits (comme pour le pommier) ont les pépins qui
changent de couleur à la maturité.
-> La fermeté des fruits : Plus les fruits sont mûres moins ils sont fermes ; cette
fermeté est mesurable par le pénétromètre qui mesure la force nécessaire de
pénétration au fruit ...
- Tests chimiques :
-> Taux de sucres : En général les fruits sont de plus en plus sucrés qu'ils sont
mûres. Le taux de sucre peut être estimé indirectement par le réfractomètre qui mesure
l'indice réfractomètrique (Unité de mesure : degrés brix ).
-> Acidité : Mesurable par le ph-mètre. Les fruits plus ils sont mûres moins ils sont
acides (Sauf pour certains cas tels que les citrons).
-> Test d'amidon : A l'approche de maturité l'amidon se transforme en sucres
simples ; Donc par conséquent plus les fruits sont mûres moins ils sont riches en
amidon ; Le taux d'amidon peut être estimé par la coloration bleue plus ou moins
intense qu'il laisse lorsqu' on verse, sur une coupe de fruit, de l’iode. Ce critère est
utilisé par exemple pour les pommes et poires.
Autres critères : Chute naturelle des fruits, enlèvement facile du duvet couvrant certains
fruits comme pour les coings ...
6.2. La récolte des fruits : La récolte des fruits se fait de plusieurs façons manuelles ou
mécaniques ; les fruits doivent être manipulés avec le maximum de soins possibles car
les moindres blessures peuvent être des portes d'entée des maladies... Ainsi il faut en
particulier : - Pour les ouvriers :
-> Ongles coupés
-> Ne pas écraser les fruits -
Manipulations :
-> Désinfecter les locaux de stockage des fruits, les caisses...
-> Utiliser des traitements pour la lutte contre les maladies et ravageurs de post
récolte tout en prenant le soin de signaler ces traitements aux responsables des stations
d'emballage pour le cas des productions destinés à l'exportation
-> Ne pas trop remplir les caisses
-> Séparer les fruits chutés par terre des autres récoltés sur l'arbre

Fiches techniques des principales espèces arboricoles et de la tomate


Les Agrumes
Les agrumes sont originaires du sud-est Asiatique et ont été par la suite répartis dans le

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monde.
Les principaux pays producteurs sont: le Brésil, les états unis, le Japon…
Dans le bassin méditerranéen : l’Espagne, l’Italie, la Turquie, le Maroc…
Au Maroc les principales régions sont : le Sous massa, le Gharb, Tadla, Moulouya.
La superficie totale des agrumes dépasse 96000 ha.
La connaissance de l’arbre
1. Classification des agrumes
1.1. Les variétés
a) Orangers et hybrides.
- Navels: précoces, fruit apprécié pour sa douceur et son gros calibre: Washington navel,
Thomson navel, navelina, navelate, new hall…
- Oranges blondes: Valencia Late (bonne productivité, tardif.), Cadenera (riche en jus,
d'excellente qualité, pratiquement sans pépins, semi précoce, se conserve bien sur arbre
après maturation)....
- Oranges sanguines et demi-sanguines : sanguinelli d’Espagne, maltaise…
- Ortanique. Excellente qualité des fruits, bonne conservation, fruits colorés, tardifs, exigeant
en fertilisation et taille, sensible aux acariens.
b) Mandariniers.
- Mandarinier commun : montréal
- Clémentinier : Berkane, carte noire, Larache, marisol (très précoce, mais ne résiste pas au
transport et à la conservation), Nour (tardive), Nova…
c) Citronnier
Acide : parfumé, très riche en vitamine C. ; les variétés recherchées sont celles à
floraison échelonnée (4 saisons); variétés : Lisbonne, Meyer, Eureka…
d) Autres espèces :
- Pamplemoussier
- Pomelo
1.2. Les porte-greffes.
Le porte-greffe le plus utilisé au Maroc est le Bigaradier qui a une bonne résistance à la
gommose, une bonne compatibilité avec les grandes variétés commerciales, une production
abondante de fruit de qualité. Malheureusement, c'est un porte-greffe très sensible à la
Tristéza, une maladie à virus qui existe dans plusieurs pays méditerranéens en particulier en
Espagne. Les porte-greffes de remplacement sont les Citrange Troyer et Carrizo, les deux
tolérants à la Tristéza.
- Citrange carrizo: donne une haute productivité et une bonne qualité aux fruits du greffon,
bonne résistance aux maladies, moins sensible aux nématodes des agrumes.
- Citrus volkamériana: bonne résistance aux maladies, très bonne productivité, vigoureux,
s'adapte bien à différents types de sol, mais diminue la qualité des fruits.
- Mandarinier Cléopâtre
- Rough lemon…
2. Les exigences agro-climatiques
Les agrumes sont des espèces subtropicales.
A (-3°C), le gel cause des dommages aux feuilles. A (-9°C), la charpente est détruite.
L'activité de croissance commence à 13°C et se poursuit jusqu'à 36°C. Le zéro de végétation
admis est de 12,8°C.
Une humidité pendant la saison chaude peut provoquer la gommose. Des vents secs l'été
augmentent la chute de Juin des fruits.
Les agrumes se développent sur des sols différents peu argileux (Dess), des sols argilo

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calcaire (Hamri), des sols sableux (Rmel) que des sols noirs très argileux (Tirs). En règle
générale, il faut éviter les sols trop lourds ou très limoneux. Dans ces types de sol, les
orangers présentent des fruits petits, à épiderme grossier, moins juteux et moins sucrés
qu'en sols sableux. Le pH idéal serait entre 5,5 et 7,5.
Les agrumes sont sensibles à la salinité, et au calcaire (le bigaradier tolère le calcaire).
3) Création du verger
a) Le choix du terrain.
Les sols très lourds, à taux d’argile élevé sont à éviter, ainsi que les sols sablonneux.
On choisira un sol homogène jusqu'à 80 cm de profondeur, et évitera de choisir un ancien
emplacement de verger; on évitera les sols très humides.
b) Aménagement du terrain.
Toute plantation fruitière demande une étude préalable qui prévoit l'aménagement du
terrain. Cet aménagement comprend la plantation de brise-vent, l'irrigation, le drainage si
nécessaire, le nivellement si nécessaire et possible. L'étude préalable de la qualité de l'eau et
de sa quantité disponible est indispensable.
c) Brise vent.
Dans presque toutes les conditions climatiques les brise-vents sont nécessaires pour
protéger la culture. Les agrumes sont très sensibles aux vents.
Les brise-vents permanents seront constitués d'arbres à développement rapide et de bon
ancrage au sol, par exemple Cyprès, Eucalyptus, Acacia, etc.) ; un brise vent protège 15 fois
sa hauteur ; doit être planté pour protéger contre le vent le plus dominant.
Les brise-vents, comme les autres aménagements, doivent être implantés longtemps avant
plantation et de préférence dans un délai d'un an qui précède cette opération, ceci afin de
permettre une protection efficace des arbres dès le départ.
d) Irrigation - Drainage.
e) Approvisionnement en plants.
Les arbres ont été commandés depuis plus d'un an chez un pépiniériste et les choix de porte-
greffes et de variétés ont été effectués, il faut:
- vérifier les variétés et les porte-greffes.
- homogénéité suffisante de la motte (afin d'éviter des ruptures de racines au transport).
- transporter les plants dans un véhicule couvert afin d'éviter le dessèchement par le vent.
- éviter de stocker les plants, et sinon stocker les plants près d'un point d'eau dans les
mêmes conditions d'ensoleillement que la pépinière en veillant à leur arrosage.
- Le jour de la plantation on distribuera les plants sur le terrain au fur et à mesure des
possibilités de mise en terre.
f) Distance de plantation.
Les distances sont en règle générale:
- Orangers, citronniers: 7 x 7 mètres.
- Mandariniers:  6 x 6 mètres, 4 x 3, 5 x 2 (jusqu’à 800 arbres par Ha).
Préparation du terrain.
Défrichement si c’est nécessaire (élimination du jujubier).
Prélever des échantillons de sol pour analyse.
Labour profond ou sous-solage (60 à 80 cm) l'ensemble du terrain. Faire les apports
éventuels d'amendements. Dans tous les cas où cela sera matériellement possible apporter
30 à 40 T de fumier à l'hectare. Briser les mottes et régulariser la surface au cover crop.
g) Le piquetage.
Chaque emplacement d'arbre est indiqué par un piquet, en veillant au bon alignement des

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rangs et des diagonales ainsi qu'à la perpendicularité des alignements.


Lors de la trouaison pour ne pas perdre le bénéfice d'un bon tracé, le piquet marquant
l'emplacement de chaque arbre sera remplacé par deux autres piquets à l'aide d'une règle à
planter.
h) La plantation
On procédera de la manière suivante:
- creuser un trou de 80 x 80 x 80 cm.
- mélanger la terre sortie du trou avec du fumier bien décomposé,
° sulfate de potasse, (quantités à apporter selon résultats d'analyse)
° phosphate tricalcique
- reboucher le trou avec le mélange, par suite des apports de fumier et de la terre.
- sortir le plant de son sachet ou pot.
- gratter la terre à la périphérie de la motte pour dégager les racines et couper celles qui
dépassent (rabattre éventuellement la partie aérienne si les racines ont été fortement
diminuées).
- arroser avec 30 litres d'eau par plant après plantation.
- si l'on craint des vents violents, les plants peuvent être tuteurés dans un premier temps à
l'aide d'un piquet planté en oblique à côté de la motte.

4) Entretien du verger.
a) Entretiens du sol.
Désherbage sur le rang d'arbre : Le désherbage sur le rang d'arbre offre de nombreux
avantages:
- facilité d'observations,
- suppression de la concurrence avec les adventices (eau - fumure),
- limitation des populations d'insectes,
- limitation d'un microclimat humide qui provoque souvent diverses attaques fongiques.
Pour le désherbage chimique, cela ne se fait pas avant la quatrième année après plantation.
Exemples: Paraquat (Gramoxone); glyphosate (Roundup, mamba).
Désherbages entre les lignes :
Ses avantages:
- protéger le sol contre l'érosion et en freinant le ruissellement de l'eau, favoriser son
absorption dans le sol,
- faciliter le passage du matériel,
- diminuer le tassement de sol,
- favoriser l’aération du sol,
- apporter de la matière organique.
Engrais verts : semis de plantes annuelles pendant le repos végétatif des arbres suivi
d’incorporation par covercropage.
Enherbement permanent : ne pas désherber du tout (se fait en cas de pratique d’élevage) ;
permet de mieux protéger le sol, de respecter l’environnement… mais il faut apporter plus
d’eau et plus d’engrais…
Paillage organique ou plastique (mulching)
b) L'irrigation.
La pluviométrie, nécessaire au bon développement des agrumes est de l'ordre de 700 à 1200
mm/an pour la région de Berkane, réparti sur 9 à 10 mois.

22
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

La dose mensuelle utile pour un bon développement des arbres est de 150 mm/mois
pendant la période végétative, de la floraison à la récolte. La période hivernale
correspondant par l'abaissement des températures au stress provoquant la floraison.
Les besoins varient selon l’âge des arbres, le mois, la densité de plantation, le mode
d’entretien du sol (si on laisse les mauvaises herbes ou non) ; l’eau doit être de bonne
qualité (non saline).
c) Fertilisation
Les règles à respecter sont les suivantes:
- la fumure azotée détermine le rendement,
- la potasse a un rôle sur la qualité des fruits
° par une hausse de la taille et du nombre de fruits - productivité
° une peau plus fine
° des qualités internes améliorées.
- la quantité de phosphore apportée est fonction de la fumure azotée: environ 25 %
Fertilisation en grammes par arbre. (Exemple)
Mois Avant floraison Nouaison Grossissement
    
Produit Urée Sulfate de Phosphate Uré Sulfate de Uré Sulfate de
------------   Potasse Tricalcique e Potasse e Potasse
Age    
1 an 70 20 20 70 20 70 20
 2 ans  140 40 70 140 40 140 40
 3 ans  210 60 160 210 60 210 60
 4 ans  280 80 200 280 80 280 80
 5 ans  550 170 400 550 170 550 170
 6 ans et +  700 210 500 700 210 700 210
d)  La taille.
Une taille de fructification n'étant pas nécessaire, la taille se limite à:
- la taille de formation: il est indispensable de former correctement l'arbre à partir du début
de sa croissance. Si le plant n'a pas été formé en pépinière, une charpentière à une hauteur
de 60 cm doit être faite en choisissant trois branches maîtresses qui ne partent pas du même
point sur le tronc.
- la taille d'entretien: enlever les branches mortes, les branches se croisant, les gourmands,
les branches encombrant le centre de l'arbre.
Un arbre bien formé et aéré sera plus productif, permettra de faire une récolte plus rapide
et facile et sera moins sensible aux attaques de maladies et ennemis.
Ne pas vider l’arbre au milieu car le tronc (surtout les jeunes arbres) sont sensibles aux
coups de soleil.
Les agrumes produisent sur les pousses de l’année (de petit diamètre, pendantes).
La taille du clémentinier est effectuée après la récolte (janvier-février).
e) Utilisation de l'acide gibbérellique :
Dans le cas du clémentinier, l'acide gibbérellique est utilisé au moment de la pleine floraison
à la dose de 10 ppm, soit 1 g/100 l d'eau + un mouillant. L'acide gibbérellique améliore la
fructification du clémentinier.
f) Protection phytosanitaire.
5) Principales maladies et traitements
a) Maladies à virus, dépérissement.

23
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

Elles sont nombreuses et très graves (elles vont jusqu'à la mort de l'arbre), mais peuvent
être évitées si l'on utilise des plants sains (certifiés), et des porte-greffes peu sensibles (par
exemple, ne plus utiliser le Bigaradier comme porte-greffe vu sa sensibilité à la Tristeza). La
lutte contre les maladies à virus commence donc dans la pépinière. Pas de traitement au
champ.
b) Gommose à Phytophtora.
Lutte préventive: drainage, plantation sur buttes, choix de porte-greffe peu sensibles (ex.
Citrange carrizo), taille de formation correcte, éviter les blessures sur le tronc.
Lutte curative: curetage de la plaie, traitement au métalaxyl (métalaxyl+manèbe). Dans les
vergers "à risques" (sol lourd, région pluvieuse), faire un traitement annuel.
Principaux ravageurs.
Cochenilles.
Elles peuvent infester les fruits, les feuilles, les tiges, les branches, et le tronc.
Lutte chimique: huiles minérales. Parfois on additionne un insecticide tel que le diméthoate
ou le méthidathion
Lutte biologique: les cochenilles ont de nombreux ennemis naturels efficaces :
hyménoptères parasites, coccinelles... mais sont protégées contre ces ennemis par les
fourmis. Cela peut se faire en disposant une poudre insecticide autour du pied ou même en
induisant les troncs de peinture blanche. L'utilisation non-raisonnée de produits chimiques a
souvent un plus grand effet sur les auxiliaires que sur les cochenilles, ce qui favorise la
pullulation des cochenilles!
Il ne faut faire le traitement que lorsqu’on atteint le seuil de nuisibilité : on installe un piège
qui est un carton englué (contenant un produit qui colle) placé dans le côté nord de l’arbre
et on fait des comptages…si on constate que quelques arbres seulement sont attaqués on
fait un traitement localisé sur ces arbres.
Pucerons.
Les pucerons vivent en colonies abondantes sur les jeunes pousses. Lorsqu'ils sont nombreux
ils affaiblissent la plante et causent une déformation des jeunes feuilles.
Lutte chimique: méthomyl (Lannate).
 La mouche des fruits.
Les œufs sont pondus dans le fruit, les larves se nourrissent de la pulpe du fruit qui pourrit et
tombe.
Lutte: Suivre l’évolution de la population à l'aide de pièges (gobe-mouches) à placer dans le
coté sud de l’arbre, quand le seuil de tolérance est atteint (3 à 4 mouches/ gobe-mouches
par semaine) on traite 1 ligne/3, à l'hydrolysât de protéines mélangé au fenthion, malathion
ou diméthoate.
Les acariens :
Les acariens causent en cas de fortes attaques, des décolorations du limbe des feuilles.
On maintient leur population à un niveau acceptable par des traitements au Dicofol
(Kelthion) ou autres acaricides.
La mineuse :
Fait des dégâts sur les jeunes pousses, surtout pour les jeunes arbres, à partir du mois de
mai.
Eviter d'utiliser des plants attaqués, éliminer les mauvaises herbes qui hébergent les stades
hivernantes. Utiliser des insecticides tels que Dimethoate - Imidachlopride (Confidor).
6) Récolte et conditionnement
Pour faire la récolte il faut respecter certaines normes :

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- Le taux de jus : 40%


- Le rapport E/A : 7 à 7,5
Les fruits peuvent être récoltés avant la coloration complète (stade vert filtrant ou vert
bouteille), mais doivent subir le déverdissage (dans la station d’emballage).
La récolte doit être faite avec beaucoup de soins, les opérations de cueillette pouvant
occasionner des lésions et des blessures qui déprécient les fruits et sont des portes ouvertes
à des altérations de champignons.
On fait un trempage de fruits dans une solution contenant, 2,4D (pour que le fruit garde
l’étoile) et un traitement contre les champignons (Benomyl). La cueillette doit commencer
lorsque les fruits sont secs. Les fruits sont exportés et au préalable, ils doivent subir un
certain nombre de traitements tels que déverdissage, lavage, désinfection, séchage,
recouvrement par la cire, calibrage et mise en caisse. Mis en chambre froide (Frigo) à 3 - 8°C
et 85 - 90% d'hygrométrie, les oranges peuvent être conservés plusieurs mois.

Rosacées à noyau
Le pêcher

Introduction
Le pêcher (Prunus persica) est probablement, après le pommier et les agrumes, la troisième
espèce fruitière cultivée à travers le monde. Le nom d'espèce "Persica" lui a été initialement
donné parce qu'on le croyait originaire de la Perse. Des recherches ont montré que toutes
les formes cultivées sont originaires de la Chine septentrionale. Au Maroc, le pêcher de
Missour est cultivé depuis très longtemps (avant l'époque romaine). Ayant toujours été
multiplié par semis, et en l’absence de possibilité de croisement avec d'autres génotypes, ces
pêchers ont fini par avoir un taux d'homozygotie élevé. L'homogénéité de ses plants et
l'absence de qualités pomologiques performantes ont orienté son utilisation comme porte-
greffe. Selon les caractéristiques du fruit, on distingue trois formes de pêcher de Missour:
Maloussi: Noyau adhérent et Chair ferme avec Amandon amer;
Farouki: Noyau libre et Chair fondante avec Amandon amer;
Lahloua: Noyau libre et chair fondante avec Amandon doux.
La production nationale est donc basée sur des variétés introduites de plusieurs pays
producteurs de cette espèce. Les superficies sont actuellement estimées à 4.285 ha avec une
production de l'ordre de 55.000 T. Les principales zones de productions sont Meknès, Saïs,
Moyen Atlas, Béni Mellal et grâce aux variétés à faible besoin en froid, la culture s'est
étendue à des régions à hiver aussi doux que le Gharb, Marrakech et Taroudant.
Etant un fruit périssable, la pêche ne peut être que consommée en frais ou transformée,
d'où la nécessité de planter dans un même verger une gamme variétale permettant d'étaler
la maturité aussi bien pour faciliter l'opération de la cueillette que pour valoriser le produit
au niveau du marché. Le nombre élevé de variétés disponible facilite ce choix. D'autre part,
étant une culture bien développée en Europe, l'exportation de la production n'est
envisageable que par l'intermédiaire de variétés à maturité super précoce. C'est un créneau
que le Maroc commence à développer par la création de vergers à base de variétés à très
faibles besoins en froid dans les régions de Taroudant et de Marrakech. Le développement
d'une industrie de transformation des fruits pourrait constituer une option permettant de
développer la culture de variétés ayant des aptitudes à la transformation (Pavies et

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

Brugnons).
Exigences pédo-climatiques
Température
Les besoins en froid, chez les variétés de pêcher, varient entre 250 et 900 UF. Des variétés à
très faibles besoins en froid comme la Flordaking, Flordabell et des variétés originaires
d'Afrique du Sud peuvent être cultivées dans des milieux à hiver doux et printemps précoce
comme la région de Taroudant et Marrakech. La production de ce type de culture serait bien
valorisée par des prix unitaires intéressants aussi bien sur le marché local que par des
exportations. Les variétés ayant des besoins en froid entre 350 et 500 UF comme la
Springrcest et Mayred, peuvent être cultivées dans des milieux à moyenne altitude (Meknès-
Saïs). Quant aux variétés à besoins en froid élevés, elles pourraient être destinées aux hautes
altitudes comme le Moyen et le Haut Atlas. Ce type de variétés gagnerait au niveau de la
qualité du fruit dans la mesure où le nombre de jours entre la floraison et la maturité est
suffisamment élevé pour permettre l'acquisition d'un gros calibre et de bonnes qualités
gustatives. Une fois les besoins en froid sont satisfaits, le bourgeon a besoin de
températures de croissance pour débourrer. C'est l'effet combiné de ces deux types de
températures qui conditionne la période de floraison.
Dans la région de Meknès, l'époque moyenne de floraison se situe entre la dernière décade
du mois de Janvier pour des variétés à faible besoin en froid et la première quinzaine du
mois de Mars pour des variétés plus exigeantes avec une concentration au cours de la
dernière décade de Février. Une telle concentration ne se traduit pas au niveau de l'époque
de maturité. La période pleine floraison maturité varie de 68 jours pour les variétés précoces
à plus de 170 jours pour les variétés les plus tardives. Le pêcher est une espèce
préférentiellement autogame et donc l'association de variétés pollinisatrice n'est conseillée
que dans de rares cas de variétés mâle –stérile (J.H.Hale), ce qui permettrait une bonne
pollinisation même en absence d'agents vecteurs (abeille). Le retour des basses
températures, pendant la floraison, peut gêner la pollinisation en défavorisant le processus
de la croissance du tube pollinique et la fécondation. Elles causeraient aussi la chute de fruit
quand elles surviennent juste après la fécondation. Des températures situées entre -2°C et
-5°C peuvent causer d'importants dégâts entre le stade bouton rose et la nouaison. La
création d'un écran de fumée, au moment du risque de gelée, constitue une méthode de
lutte appropriée. La méthode consiste à mettre le feu dans des tas de fumier ou des pneus
éparpillés dans le verger au cours des nuits à risque de gel (ciel dégagé, absence de vents,
pleine lune, temps secs).
Besoins en eau
Le pêcher est classé parmi les espèces exigeantes en eau. On estime ses besoins, pendant la
phase active du cycle (Avril à septembre), entre 500 et 700 mm. Plus la variété est tardive
plus ses besoins en eau sont élevés. La nature du sol, les conditions climatiques
(températures, humidité relative, vents) et le mode d'irrigation (gravitaire ou au goutte à
goutte) conditionnent aussi la quantité d'eau exigée. Les irrigations doivent être plus
soutenues au cours de la période située entre le durcissement des noyaux et la mi-juillet.
Cette période coïncide avec la croissance des rameaux porteurs de la future production.
Pour les variétés précoces, ces irrigations sont également nécessaires même après la récolte
pour assurer une bonne induction florale.
Sol
Le système racinaire semi-pivotant du pêcher nécessite sa plantation dans des sols assez
profonds. Les sols perméables et aérés lui sont favorables alors que les sols lourds

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et mal drainés sont à l'origine de l'asphyxie radiculaire. Dans ce cas, il est conseillé d’installer
un système de drainage qui permettra d'éviter des situations d'hydromorphie qui peuvent
compromettre la vie des arbres. Les sols trop calcaires lui sont également défavorables.
Une teneur en calcaire actif supérieur à 7% provoque la chlorose qui se traduit par le
jaunissement des feuilles et le dessèchement des jeunes pousses.
L'utilisation d’un porte greffe adéquat permet cependant au pêcher de s'adapter aux
différents types de sol.
Matériel Végétal
Porte - greffe
Les porte-greffes du pêcher sont de plusieurs types:
Pêchers de semis: Le semis le plus utilisé au Maroc provient de la population locale du
pêcher de Missour. Il se distingue par l'homogénéité de ses plants, une bonne compatibilité,
une bonne vigueur, une régularité de production et une bonne longévité. Il présente
l'inconvénient de ne pas tolérer les terrains où le taux de calcaire actif dépasse les 7%. Des
travaux ont montré que l'utilisation exclusive du type Maloussi améliorerait nettement les
aptitudes de ce porte greffe.
Amandier de semis: Le semis d'amandier amer ou de variétés sélectionnées (Marcona,
Desmayo) peut être utilisé pour adapter la culture du pêcher à des terrains trop calcaires,
mais son incompatibilité partielle affecte la longévité de l'arbre. Des expérimentations au
niveau du domaine expérimental d'Ain taoujdate, ont montré que les arbres greffés sur
amandier périssent bien avant ceux sur pêcher de Missour.
Hybrides amandier x pêcher: Ces types permettent au pêcher de tolérer les sols calcaires. Ils
offrent une bonne vigueur, une certaine tolérance à la sécheresse et une bonne
compatibilité. On pourrait leur reprocher une entrée lente en production et leur
multiplication par voie végétative relativement difficile. GF 677 est l'hybride le plus
performant. Des hybrides locaux
(pêcher de Missour-amandier) ont été prospectés et comparés au GF677. Houri Moha
présente l'avantage d'une faible vigueur mais nécessite une mise au point de la technique de
sa multiplication.
Variétés
Le pêcher, par sa nature diploïde à faible nombre de chromosomes (2n=16), à cycle sexuel
relativement court et à polymorphisme prononcé (couleur de la chair, différents types de
fruits), se prête facilement à l'amélioration génétique. Le nombre d'hybride créé dans le
monde, par les institutions publiques et les créateurs privés, est estimé à plus de 100.000
par an. Cette évolution rapide ne traduit cependant pas une vraie révolution dans les
variétés créées. Les objectifs d'amélioration concernant la qualité gustative du fruit, la
résistance aux maladies et parasites et aux stress ne peuvent être abordés que dans le cadre
de projets ambitieux et de longue durée. La large gamme variétale disponible, sa variabilité
au niveau des exigences en froid, ses caractéristiques pomologiques (date de maturité,
forme du fruit, couleur de l'épiderme et de la chair) et les différents milieux écologiques
existants au Maroc, offrent la possibilité de produire des pêches et des nectarines sur une
période pouvant dépasser les 4 mois (Avril-Septembre). La sélection variétale a constitué,
depuis les années cinquante, une priorité au domaine de l'INRA d'Ain Taoujdate. Les études
ont largement contribué au développement de la culture des rosacées fruitières dans le
plateau de Saïs et dans d'autres régions du Maroc.
Tableau : Variétés sélectionnées de pêcher
Décade Variétés Appréciations

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de
Mat.
2ème/ INRA 3692 Variété possédant les mêmes caractères que Springcrest avec
5 une chair jaune et un calibre plus gros.
3ème/ Orion Variété attrayante, fruit de bonne coloration (90%), de forme
5 ronde et de bonne qualité gustative, à chair blanche.

Armgold Précède légèrement springcrest, en maturité. Son fruit est de


forme arrondie, de belle coloration mais de calibre plus petit
que springcrest.
1ère/6 Springcrest Coloration rouge intense et homogène, calibre assez gros et
de forme arrondie.
Armking (Ne) Première nectarine de la saison.Bon attrait et bonne qualité
gustative.
Mayred (Ne) Comble la période qui suit Armking. La qualité du fruit est
intéressante malgré un calibre réduit.
2ème/ Mll Gemfré D'un bel attrait, de bonne coloration (90%) et saveur, présente
6 des noyaux fondus certaines années.

Dixired Fruit de gros calibre et de bonne saveur.En altitude elle mûrit


15 à 20 jours plus tard.
Lysbeth Variété productive d'un bel aspect, de bonne coloration (90%)
et qualité gustative très appréciable. Une légère pubescence.
INRA 3689 Bel aspect, forme du fruit arrondi moins colorée que Lysbeth.
MayGrand Nectarine attrayante, se situe en maturité entre les deux
clones d'Armking.
3ème/ Sundance (Ne) Deux nectarines complémentaires en maturité. La première
6 Indépence (Ne) est à chair blanche et l'autre à chair jaune.
INRA 3686 Présente, par rapport à RedHaven, un calibre gros et
homogène et une coloration plus importante.
Redhaven Productive, de bel aspect (couleur et forme) et de bonne
qualité gustative. Le calibre est moyen.
1ère/7 Nectared IV (N) Deux nectarines de bonne qualité gustative complémentaires
Flavortop (N) en maturité.
2ème/ Loring Fruit d'un aspect général attrayant et de bonne qualité
7 gustative.
INRA 13 Etale la maturité de Loring et présente un fruit de calibre plus
gros. La couleur de la chair est également différente (blanche).
Fantasia (N) Unique nectarine de son époque de maturité. Fruit de bonne
saveur et sucré.
1ère/8 M.E.O Henry Fruit attrayant par sa coloration rouge homogène et par sa
forme arrondie. Sa qualité gustative est également bonne.
Mûrit
plus tard en altitude.
2ème/ J.H.Hale Variété à gros calibre et de bonne qualité gustative en
8 altitude. Ne donne pas la même satisfaction en dessous de

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500m d'altitude.
3ème/ Mll. Sundance Fruit symétrique, arrondi, de coloration rouge abondante et
8 uniforme et de bonne saveur.Peut se comporter encore mieux
en altitude
Mll.O.Henry Même qualité que Mll.Early.O.Henry.
Flamekist (N) La plus tardive des nectarines. Présente un fruit de gros
calibre, de belle coloration et de bonne saveur. Quelques
craquelures sur fruit certaines années. En altitude elle mûrit
20 jours plus tard (au delà de quinze septembre).
Rubidoux Variété de gros calibre d'une belle couleur jaune de fond avec
panachures rougêatres. Ferme et d'une excellente saveur.
Légèrement plus tardive que Fantasia (Au delà du 20
Septembre en altitude).

Techniques culturales
Fumure
Une fumure bien raisonnée suppose une étude de la nature du sol et de son niveau de
fertilité, de la densité de plantation et du niveau de production à atteindre. Les
recommandations données ci-dessous ne sont donc qu'indicatives.
Fumure de fond
En plus de la fumure organique (30 à 60T/ha), on doit doter le sol d'un minimum de réserve
en phosphore et en potasse en apportant de 250 à 300 Unités de chacun des éléments au
moment de la préparation du sol. On peut également localiser les apports au niveau du trou
de plantation, à condition de ne pas les mettre au niveau des racines du jeune plant. On peut
également apporter 150 Unités d'azote sous forme de sulfate d'ammoniaque.
Fumure d'entretien
En l’absence d'analyse du sol, on propose d'apporter annuellement une fumure d'entretien
de l'ordre 75 Unités de phosphore et 94 Unités de potasse. Les engrais sont enfouis à 20 cm
de profondeur durant l'hiver. La fumure azotée est fractionnée en 2 apports: Le premier est
effectué avant floraison à raison de 65 Unités par ha, le second (même dose) est effectué
lors du grossissement des fruits.
Taille et formes de conduite
Productions du pêcher
le pêcher produit prioritairement sur le bois d'un an. Les rameaux supports de production
du pêcher sont:
Rameaux à bois: de vigueur moyenne, il porte exclusivement des bourgeons à bois. En
position verticale, il prend une grande vigueur et devient un gourmand.
Rameau mixte: Plus ou moins vigoureux (10 à 40 cm), il porte à la fois des bourgeons à bois
et des boutons floraux. On y trouve des yeux de différentes constitutions (1 à bois - 2
boutons, 3 boutons, 3 à bois, 2 à bois - 1 bouton). Il constitue, chez le pêcher, le principal
support de production.
Chiffonne: Relativement grêle (5 à 15 cm), elle ne porte généralement que des boutons
à fleurs sauf à son extrémité. Il y a des cas où on trouve également un ou deux bourgeons à
bois au niveau de sa base.
Bouquet de Mai: une petite production (1 à 5 cm) portant 2 à 5 boutons floraux, avec au
centre, un œil à bois. Il se dessèche et disparaît après un cycle de végétation.
Formes de conduite et densités

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Plusieurs formes de conduite sont adoptées chez le pêcher dont les principales sont le
gobelet, l'upsilon et l'axe central.
Gobelet classique: L'arbre est constitué d'un tronc solide de 30 à 40 cm sur lequel sont
réparties des branches charpentières, généralement au nombre de 3 à 5. L'arbre prend une
forme ronde et creuse. Cette forme simple et facile à conduire est adoptée dans la majorité
du verger marocain. Les distances de plantation varient de 6x5m à 3x5m, selon la vigueur de
la variété et du porte-greffe et le nombre de charpentière à élever. La taille de formation
comprend les phases suivantes:
Année 1: à la plantation, le scion est rabattu à 40-60 cm de hauteur selon la vigueur du
plant. Les anticipés sont coupés à 2 yeux. Au printemps, on élimine tous les bourgeons de la
base du scion et on sélectionne les futures charpentières.
Année 2: Les 3 à 4 charpentières les mieux placées autour du tronc sont rabattues à 50-60
cm pour renforcer leur vigueur, les autres sont enlevées à ras. Au printemps, on sélectionne
les rameaux destinés à constituer les sous-charpentières. Ceux-ci doivent être bien
structurés le long de la charpentière et éviter ceux à angle trop fermé.
Année 3: Les prolongements des charpentières sont sélectionnés. Le choix des sous
-charpentières est confirmé. Elles sont rabattues à 30-40 cm pour constituer les sous-
charpentières. Au printemps, on élimine les pousses mal placées et on procède par la même
occasion à éclaircir les futurs rameaux fructifères.
Upsilon: Une forme qui consiste à conduire l'arbre sur deux charpentières orientées
perpendiculairement par rapport au sens du rang. Cette conduite permet d'augmenter la
densité et d'accélérer la mise à fruit. Les densités de plantations sont de l'ordre
de 2x5m, 2x4m, 3x4m et 3x5m. La taille de formation consiste à développer deux
charpentières sur lesquelles on choisit des sous-charpentières de faibles vigueurs (angles
ouverts). Celles-ci seront les porteurs des rameaux fructifères. La taille longue pratiquée sur
les charpentières permet une mise à fruit rapide par rapport au gobelet classique.
Axe central: La forme consiste à conduire l'arbre sur un axe central autour du quel on forme
des charpentières moins importantes (angle ouvert). La tendance à la basitonie, chez
plusieurs variétés de pêcher, pose des problèmes à ce type de conduite. La densité peut aller
de 1x4m à 1,5x5m. La taille de formation se déroule selon les étapes suivantes:
Année 1: A la plantation, l'axe principale du scion est conservé sauf si on estime qu'il faut le
renforcer en le rabattant. Dans ce cas, la pousse terminale doit être tuteurée pour prendre la
relève de l'axe. Les pousses anticipées sont rabattues à deux yeux.
Année 2: On choisit des charpentières à angle ouvert et bien réparties autour de l'axe. Le
tiers supérieur de l'axe et dégagé complètement. Les rameaux fructifères sont portés par ces
charpentières et par l'axe lui-même.
Année 3: on commence à pratiquer la taille de fructification sur les charpentières et sur
l'axe.
Taille de fructification
Etant donné le mode de fructification du pêcher, la taille de fructification doit répondre aux
impératifs suivants:
● Assurer un équilibre entre la végétation et la fructification;
● Eclaircir la fructification de l'année en cours;
● Préparer le remplacement pour l'année suivante;
● Assurer une aération et une luminosité suffisantes des différentes parties de l'arbre.
Interventions hivernales
Rameau à bois: tailler à 2 yeux afin d'obtenir l'année suivante deux remplacements,

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Rameau vigoureux ou gourmand: rabattre sur empâtement.


Rameau mixte: on le taille à deux yeux pour préparer des remplacements, conserver une
partie de sa production (taille courte) ou le conserver entièrement (taille longue). Quand
leur densité est élevée sur une même branche, on doit en éliminer certains entièrement
(éclaircissage de la production).
Chiffonne: Ou bien on la conserve entièrement ou on l'ampute à sa base. On ne doit pas
prévoir de remplacements à partir de la chiffonne.
Bouquets de mai: On ne pratique aucune taille sur le bouquet.
Taille en vert
La taille en vert consiste à éliminer les pousses mal placées et celles en surplus pour
permettre un bon développement de celles qu'on veut conserver et permettre aussi une
bonne aération. C'est une anticipation de la taille de l'hiver suivant. Les interventions
précoces permettent d'enlever entièrement ces pousses pendant que celles tardives
consistent plutôt à un pincement pour arrêter leur croissance. Eclaircissage manuel
Il est pratiqué lorsque le fruit a la grosseur d'une noix, soit environ 5 semaines après la
pleine floraison. On laisse un fruit tous les 10 à 12 cm ou un fruit pour 15 à 20 feuilles ou
encore de 4 à 6 fruits par rameau mixte, deux fruits par chiffonne et un fruit par bouquet de
Mai. Les fruits défavorisés sont les premiers à éliminer. Ceci se traduit, sur un arbre adulte,
par la suppression de 70 à 80% des petits fruits présents.

Protection du pêcher
Acariens
Plusieurs espèces d'acariens attaquent le pêcher et causent des dégâts économiquement
importants. Ces dégâts se manifestent par un aspect grisâtre des feuilles qui peuvent
tomber prématurément. A leur face inférieure, se trouvent des aca- riens visibles à l'œil nu.
La lutte est assurée en utilisant un acaricide spécifique ou un insecticide ayant une efficacité
acaricide. Les traitements doivent commencer dès que l'on constate les premiers
symptômes.
Les insectes
Pucerons: Plusieurs pucerons se rencontrent sur cette culture dont le plus important est le
puceron vert du pêcher. Cet aphide éclot en général précocement. Pour le combattre, on se
heurte à certaines difficultés après feuillaison (feuilles déformées). Aussi, est-il nécessaire de
procéder à un traitement d'hiver pour tuer les œufs en hibernation et un traitement
préventif dès l'apparition des feuilles.
Zeuzère et Cossus (chenilles ronge- bois): Le cycle évolutif est d'une année pour la
Zeuzère et de deux années pour Cossus. Tous les deux hivernent sous forme de chenilles
adultes dans des galeries. La zeuzère s'attaque aux rameaux, branches et parfois même au
tronc. Ses galeries s'observent sous l'écorce puis dans le bois et débouchent, à l'extérieur,
par des orifices entourés de sciure rougeâtre. Quant au Cossus, on le trouve surtout dans les
charpentières et le tronc. Ces deux espèces possèdent une longue période de vol des adultes
allant de mai à août. Les œufs sont déposés sur les différentes parties de l'arbre.
On traite avec un insecticide, organo- phosphoré bien rémanent, plusieurs fois entre juin
et août pour lutter contre les adultes. Contre les chenilles, l'introduction de ces produits
dans les galeries et l'utilisation du mastic pour fermer les orifices des galeries donne de bons
résultats.
Capnode: Les larves de ce ravageur très polyphage s'attaquent à la partie sous-ter- raine des
rosacées à noyau. Les arbres attaqués s'affaiblissent et finissent par se dessécher

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complètement. Le dégagement de la base du tronc montre, au niveau des grosses racines ou


au collet, des excrétions brun-rougeâtres émises des galeries creusées par les larves. La
durée du stade larvaire atteint une année. L'espèce passe l'hiver sous sa forme adulte dans
différents abris. Au printemps, l'adulte ronge les feuilles et l'écorce des jeunes rameaux.
Les œufs sont déposés par la femelle au niveau du collet et sur le sol dans un rayon de 1-
1,5 m autour du tronc.
Pour lutter contre ce ravageur, il faut traiter avec un insecticide du sol dans un rayon de 0,5
m autour du collet. Les traitements chimiques étant coûteux et leur résultat n'est pas assuré.
L'opération du capnodage (ramassage manuel des adultes), notamment au cours du repos
végétatif, contribue à diminuer la population, notamment quand elle est pratiquée à
l'échelle régionale.
La cétoine: Un coléoptère jaunâtre qui devient de plus en plus fréquent dans les vergers des
rosacées au moment de la floraison. Il dévore complètement l'intérieur de la fleur. La lutte
chimique compromet également les vecteurs de pollinisation (abeille). Les mauvaises
herbes, dans la parcelle, contribuent à diminuer la pression sur les fleurs des arbres fruitiers.
Mouche des fruits "la cératite": Cette mouche qui est aussi très polyphage apparaît dans les
vergers de pêcher en début d'été. Elle pond sur les fruits. Les asticots vont par la suite
s'enfoncer dans la pulpe où ils provoquent une rapide pourriture. Les fruits ainsi attaqués
tombent. Pour lutter contre ce ravageur, il convient de détruire les fruits atteints et traiter
avec un insecticide adéquat.
Les maladies
Cloque: La maladie éclate toujours au départ de la végétation. Dès l'apparition des feuilles,
elle se développe en provoquant la déformation des tissus foliaires. Les feuilles attaquées se
boursouflent en prenant une coloration blanc-jaunâtre au début et puis rougeâtre. Elles
finissent par se dessécher. Les jeunes pousses atteintes sont aussi tordues et déformées et
les fruits sont boursouflés et décolorés. Les traitements d'hiver contre la forme de
conservation de la maladie sont importants, notamment dans le cas d'un verger
précédemment infesté ou d’une variété trop sensible. Deux traitements préventifs, en pré-
débourre- ment et au stade C, peuvent être suffisants pour combattre la maladie.
Oïdium: L'attaque se caractérise par l'apparition de taches blanches aussi bien sur feuilles,
jeunes pousses et sur fruit. La maladie apparaît plus tardivement que la cloque. Des
traitements préventifs réguliers (une fois tous les 15 jours) ou le déclenchement d'un
traitement dès l'apparition des premiers symptômes sont nécessaires pour combattre cette
maladie.
Maladie criblée: L'attaque de ce champignon se présente sous forme de petites tâches
rosées qui se dessèchent, se détachent du limbe et tombent. La feuille devient criblée de
trous, d'où le nom de la maladie. Sur les rameaux, les tâches brunes persistent pendant le
repos végétatif et forment des chancres d'où s'écoule de la gomme. Le champignon attaque
aussi les bourgeons axillaires qui ne débourrent pas au printemps. La floraison et la
fructification sont compromises. Les fruits sont également attaqués. Des traitements d'hiver
à base de cuivre et à partir du débourrement permettent de lutter convenable- ment contre
cette maladie.

L’amandier
Introduction : Importance et aire de culture
La culture d'amandier s'étend sur une superficie d'environ 134.000 ha, ce qui représente
70% des rosacées fruitières; après l'olivier, c’est l'espèce fruitière qui occupe le plus de

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superficie au Maroc. Les arbres sont disséminés surtout dans les montagnes, avec des
rendements très pauvres, bien qu'un quart de la superficie plantées soit constituée de
plantations semi-intensives, représentant entre 70% et 80% de la production totale. La
production d’amandes non décortiqués se situe à 50.000 t, soit un rendement moyen de
0,37 t/ha.
1. Connaissance de l’arbre
1.1. Classification des espèces d'amandier
Genre : Prunus
Sous-genre : Amygdalus (L.) Focke
Section : Euamygdalus Spach (Syn : Sect. Amygdalus Browicz et Zohary)
Groupe Amygdalus
Origine: Asie centrale (Iran, Afghanistan)
1.2. Exigences agro-écologiques
C’est une espèce relativement résistante au froid. Elle nécessite des basses températures
hivernales pour la levée de la dormance (100 à 400 heures en dessous de 7,2°C). Sa floraison
étant précoce (Décembre à Mars), il faut éviter les zones gélives.
Niveau d’exigences en froid et en chaleur de certaines variétés au Maroc
Variété Besoins en froid Besoin en
chaleur
Desmayo Faible Moyen
Marcona Faible Fort
Fournat de Faible Très fort
breznod Très Fort Moyen
Ferragnès Fort Moyen
Ferraduel Fort Faible
Tuyono Fort Faible
Mandaline Fort Faible
Laurane
Source INRA Maroc
L’amandier est exigeant en lumière et en chaleur pendant la phase de croissance du fruit.
Besoins en froid et chaleur a une grande influence sur la floraison; vu que ces 2 facteurs
varient d’une année à l’autre et qu’elles varient en fonction des variétés, on assiste à des
décalages de floraison des variétés plantées dans le même verger ce qui a un effet sur la
pollinisation. Le manques de lumière due aux hautes densités, par exemple, provoquent le
dénudement des rameaux. L’amandier redoute aussi la forte hygrométrie dans les phases de
floraison et croissance du fruit (attaque de Monilia, de Tavelure et de Verticillium). Il est
sensible aux attaques du Capnode. L’amandier redoute les sols alcalins et les terres
argileuses asphyxiantes.
Il tolère le calcaire actif et résiste à la chlorose ferrique (possède de forte aptitude
d’extraction du fer du sol), comme il s’adapte à des sols légèrement salés. Il préfère les sols
profonds, fertiles, bien drainant, légers et humifères. Il pousse jusqu’à 2450 m d’altitude
avec un optimum de croissance à 750 m. Les besoins en eau de l’amandier sont de 800 à 850
mm/an mais il s’adapte aux conditions de sécheresse (fait chuter ses feuilles en fin de cycle
par un stress hydrique). Les apports sont recommandés durant Mai-Juin-Juillet, mois
pendant lesquels les besoins en eau sont maximales.

2. Matériel végétal

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2.1. Portes greffes


a) Les caractéristiques recherchées
(i) Son aptitude à la multiplication
Par semences
- Nécessité de stratification
- Capacité germinative
Par boutures
- Système de multiplication
- Aptitude à l’enracinement
(i) Son comportement en pépinière
- Aspects végétatifs (ramification, port)
- Epoque du greffage
- Compatibilité porte-greffe/greffon
(iii) Son comportement en verger
- Uniformité de développement et de comportement des arbres greffés
- Vigueur et taille définitive de l’arbre
- Seuils de tolérance au type de sol et au climat
- Ancrage
- Résistance aux divers pathogènes du sol
- Efficacité pour l’absorption de l’eau et des éléments minéraux
- Précocité et productivité induites à la variété greffée
- Effets sur la qualité des fruits
- Résistance à l’asphyxie des racines et du collet
- Tendance au drageonnement
b) les différents portes greffes
- Les hybrides Pêcher x Amandier
● GF 677: Ce porte-greffe confère aux arbres une vigueur élevée avec une grande
homogénéité. Connu par sa tolérance au calcaire actif. Sa multiplication végétative difficile
limite cependant sa diffusion à grande échelle. L'enracinement des boutures ligneuses
de ce genre de matériel végétal peut être amélioré par l'utilisation d'hormone AIB. Des
laboratoires privés commencent à pratiquer la culture in vitro de ce porte-greffe pour une
utilisation commerciale.
●PMA-T10: Hybride Amandier x Pêcher marocain sélectionné, ce porte-greffe a aussi une
croissance végétative rapide et donne des plants homogènes. La vigueur de ce porte-greffe
est similaire à celle du GF677.
Le bouturage semi-ligneux à l'automne avec utilisation d'hormone de croissance AIB (1500
ppm) donne des taux d'enracinement intéressant. La multiplication in vitro peut être aussi
envisagée comme celle du GF 677. Il est utilisé comme porte-greffe pour l'amandier et pour
le pêcher. Il permet d'étendre la culture du pêcher et doit être réservé aux sols chlorosants
avec des densités moyennes de 400 à 600 arbres/ha. Une conduite appropriée avec des
interventions en vert permettront à l'arbre d'être formé rapidement en période juvénile.
- Semis d'amandier: le semis d'amandier amer et celui de Marcona et Desmayo ont été
largement utilisés par les pépiniéristes. Bien que ces derniers soient choisis pour leur relative
homogénéité, ils se sont montrés sensibles aux nématodes, au crown gall et aux attaques du
capnode.
La sélection de porte-greffe à multiplication générative est aussi une nécessité agronomique
pour garantir la production et assurer son développement dans plusieurs régions fragilisées

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

par l'aridité climatique. L'amandier amer qui présente des caractéristiques de rusticité qui
apparaissent au niveau survie dans les sols pauvres, riches en calcaire avec de faibles
disponibilités en eau, semble aussi être plus résistant à la pénétration des larves du capnode
noire (Capnodis tenebrionis). Ce matériel peut fournir des ressources génétiques
intéressantes pour la sélection de porte-greffe. Le comportement d'un certain nombre de
populations d'amandier amer, prospectées pour avoir supporté les attaques du capnode,
ont montré que certaines familles (INRA-AT8, INRA-Y1 et INRA O11) sont apparues plus
homogènes que le semis de Marcona, utilisé comme témoin. Ces porte-greffes
vigoureux semblent être plus tolérants au manque d'eau et donnent des rendements
intéressants avec une alternance moins accentuée. La vigueur de leur système racinaire
traduite par son caractère pivotant et ramifié semble compenser l'effet du manque d'eau
induit par la sécheresse estivale. Sélection INRA-AT8 et INRA-U8: L'IN- RA a sélectionné ces
deux porte-greffes performants qui tolèrent la sécheresse et de donnent des rendements
intéressant en culture pluviale. Durant six années d'évaluation, ils ont donné des rendements
de 7,5 à 8,5 kg/arbre (en coque) qui sont supérieurs (de 25%) à ceux obtenus avec les porte-
greffes usuels de semis. Ils sont homogènes et la vigueur de leur système racinaire, traduite
par son caractère pivotant et ramifié, semble compenser l'effet du manque d'eau induite par
la sécheresse estivale.
2.2. Les variétés
Caractères recherchés
- Tardivité de floraison permettant d'échapper au gel.
- Rapidité de mise à fruit du jeune arbre.
- Autofertilité (autocompatibilité des fleurs de la même de la variété).
- Maturité précoce.
- Port naturel de l'arbre facilitant l'établissement d'une charpente solide, facile à former et
simplifiant la taille.
- Régularité et abondance de la production.
- Coque ni trop dure ni trop tendre, bien scellée, protégeant bien l'amande contre les insectes
et parasites.
- Dimensions des amandes et des amendons
- Rendement au concassage
- Résistance de l'arbre aux maladies cryptogamiques.
- Absence de graines doubles dans le fruit.
- Téguments clairs et lisses.
Les variétés cultivées au Maroc, classées par ordre de précocité de floraison, sont Abiod,
Desmayo, Non Pareil, Marcona, Nec plus Ultra, Fournat de Brezenaud, Ferragnès et
Ferraduel. La variété Abiod a pratiquement disparu des vergers à cause de sa très grande
précocité et de sa sensibilité au Necrotic ring Spot, une maladie à virus. Nec plus Ultra et Non
Pareil, variétés à coque tendre mais sensibles à l’anthracnose particulièrement dans les
zones à printemps humide, sont en nette régression.
Les variétés les plus cultivées sont:
Groupe des variétés à floraison semi- précoce
Ce groupe comprend essentiellement Marcona comme variété de fond et Fournat de
Breznaud en tant que pollinisateur et dont la floraison se situe durant la 2ème décade de
février. Il reste le plus répandu au niveau national en raison de la mise à fruit rapide et de
la bonne fertilité de Marcona. Son fruit est d'excellente qualité pomologique avec une
coque dure (rendement au concassage de 30%) lui permettant d'être stocké et
commercialisé facilement. Cette association reste soumise au risque de gelée printanière

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

certaines années. En effet, le seuil des températures critiques se situe à - 3°C au stade
bouton blanc, à - 1,5 °C en pleine floraison et à 0,5°C au stade jeune fruit.
Groupe des variétés à floraison tardive : Ce groupe, constitué de Ferragnes et Ferraduel,
a pris plus d'importance dans les zones gélives. Sa floraison se situe en fin Février début Mars
(selon les années). La pollinisation de leur dernier flux de floraison peut être obtenue en leur
associant une variété autofertile comme Tuono ou autres.
Variétés autofertiles
Ce groupe, constitué des variétés Lauranne et Mandaline, vient d'être recommandé par
l'INRA pour sa floraison tardive et présentant l'avantage d'être autofertile. Ces variétés
s'affranchissent donc des contraintes à la pollinisation qui limitent fréquemment les
rendements en vergers traditionnels. Ces génotypes fructifient essentiellement sur les
bouquets de mai et doivent être recommandés en secteur intensif avec de préférence des
irrigations d'appoint. Ils ont une durée de floraison de 12 jours environ et une charge en
bouquet de mai de 40/mètre linéaire. Leur rendement au concassage est de 29 à 32%
avec un poids moyen de 1 g pour l'amandon qui est simple (pas de double). Le rendement
moyen obtenu en conditions expérimentales à Meknès est de 1,5 T/ha et peut atteindre 2
à 2,5 T en bonnes conditions de culture. Ces variétés peuvent facilement être associées avec
Ferragnès et Ferraduel pour un complément de pollinisation.
3. Les techniques culturales
3.1. Multiplication
Les amandes récoltées en Juillet-Août sont conservées dans un local frais et sec jusqu’à leur
stratification en Décembre. Cette opération consiste à entreposer les graines dans du sable
humide à 4-5°C pendant 45-60 jours, ce qui permet de lever la dormance et hâter la
germination des amandes. En Juillet-Août de l’année suivante, les graines sont greffées à œil
dormant et les plants peuvent être livrés en Décembre-Janvier pour la plantation.
3.2. Travaux du sol-désherbage
A la plantation, si le sol présente un profil homogène, un labour de défoncement d’une
profondeur de 40-60 cm est suffisant pour améliorer la perméabilité du sol et son aération.
Dans le cas de profils hétérogènes (croûte calcaire ou couche imperméable en profondeur),
un sous-solage sans retournement du sol est préférable (fissuration du sol et meilleure
pénétration et développement des racines). Dans un verger en production et en culture à
sec, 2 à 3 passages annuels du disque ou d’instruments à dents de préférence, permet de
maintenir le terrain propre. Un traitement au gramoxome (paraquat) au cours du dernier
discage élimine les mauvaises herbes. Le chiendent est éradiqué par un traitement localisé
au Round up (Glyphosate).
3.3. Fumure
L’équilibre à respecter pour une amanderaie adulte est le suivant: N = 1; P205 = 0,3 et K20 =
1 à 1,2. Si l’amanderaie est conduite en bour (200 à 280 arbres/ha), apporter 80 à 90 unités
d’N dont 60 un mois avant la floraison et 20 à 30 à la nouaison; P205 = 30-35 unités et K20 =
80-100 unités en localisation de surface en Décembre-Janvier.
Pour une amanderaie adulte conduite en irrigation (300-400 arbres/ha), apporter: 100 à 120
unités d’N dont 50-60 un mois avant floraison; 25-30 à la nouaison et 25-30 au
grossissement du fruit; P205 = 40-45 unités et K20 = 120-140 unités en localisation de
surface et enfouissement par discage en Décembre-Janvier.
Doses préconisées d’azote en kg/Ha:
- 1ère année : 20
- 2ème année : 40

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

- 3ème année : 70
- 4ème année : 80
Tableau de référence des analyses pour l’amandier
% du poids sec Ppm du poids sec
Niveau N P K Ca Mg Mn Ca B Zn
nutritionne
l
Au dessous 1,5 1 0,08 0,2 0,25 20 2 30 10
de la
normale
normale 2,4 1,5 0,12 1 0,5 75 10 35 25
Au dessus 3 0,3 2,5 1 200 200 10 35 25
de la
normale
Excessif 4 4 0,7 4 2 450 100 100 200

Besoins de l’amandier en éléments fertilisants


Exportation kg/ha Immobilis Fourchettes de
Rdt ations Besoins totaux kg/ha Rdt fumure
bois
1t/Ha 4t/ha 1t/H 4t/h
a a
Azote 10-20 40-80 40 N 50 100 30 90
P 1,5-2,5 6-10 6 P2O5 18 37 20 50
K 13-15 52-60 30 K2O 55 108 40 100
Ca 1,5-2,5 6-10 30 CaO 45 56 - -
Mg 0,8-1,0 3,2-4,0 4 MgO 8 14 20 50
Fer 0,4-0,6 1,6-2,4 1,5 Fer Si sol basique
Mn 0,04-0,06 0,16-0,24 0,5 Manganès Si sol basique
e
Zinc 0,1-0,3 0,4-0,12 0,8 Zinc oui
3.4. Irrigation
Bien que dans la majorité des cas au Maroc, l’amandier est conduit en sec, les rendements et
la qualité des amandes ne sont intéressants que si la pluviométrie est supérieure à 500 mm.
Dans le cas du plateau de Meknès, pour une pluviométrie annuelle moyenne de 550 mm et
une densité de plantation de 260 arbres/ha, les rendements en culture en sec sont de 2,5 T
pour Marcona et 1,8 T pour Fournat de Brezenaud. Avec 3 à 4 irrigations d’Avril à Juin de
600-800 m3/ha chacune, les rendements peuvent être doublés. L'irrigation localisée au
goutte à goutte peut être envisagée sur l’amandier.
3.5. Taille
L’amandier fleurit et fructifie sur 3 types de ramification: le bouquet de Mai, les branches
chiffonnes et les rameaux mixtes. Le bouquet de Mai est le plus fructifère et sa durée de vie
est d’environ 5 ans. La taille doit favoriser son renouvellement. Cette taille est effectuée
en Novembre-Décembre avant le débourrement des bourgeons. Elle consiste à éliminer le
bois mort, les rameaux atteints de diverses nécroses, les gourmands improductifs et à
dégager les prolongements pour laisser pénétrer la lumière à l’intérieur de la

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

frondaison. Quinze à vingt minutes suffisent pour tailler un arbre adulte.


3.6. Amélioration des conditions de pollinisation
Les variétés de fond des trois premiers groupes et les plants d'amandier, issus de semis en
peuplement naturel, sont auto- incompatibles. Leur association avec des pollinisateurs
spécifiques qui ont des périodes de floraison concordantes est nécessaire pour la
pollinisation. Celle-ci consiste en un transfert et dépôt du pollen sur le stigmate réceptif. La
durée de réceptivité du stigmate pour le pollen (durée effective de pollinisation) est de
l'ordre de 2 à 6 jours et correspond donc à la période durant laquelle la fleur doit être
obligatoirement pollinisée pour donner un fruit. La fécondation des ovules reste donc une
phase critique dans le processus de reproduction et de fructification de cette espèce et dont
la floraison est abondante. Une pollinisation adéquate du maximum de fleurs, un à deux
jours après ouverture florale, donne une bonne nouaison. L'optimisation de la pollinisation
peut être obtenue d'abord par un dispositif de plantation adéquat avec une répartition dans
le verger d’une ligne de la variété pollinisatrice avec deux lignes de la variété de fond jusqu'à
une ligne alternante si les deux variétés ont le même intérêt commercial. Etant donné que
l'abeille reste le principal vecteur de pollinisation, une meilleure nouaison peut aussi être
obtenue en plaçant dans le verger 4 ruches d'abeilles par hectare dès que les premières
fleurs s'ouvrent et en évitant les traitements phytosanitaires durant cette période. Leur
distribution doit être bien répartie avec une orientation de l'ouverture vers le côté du lever
de soleil. Les abeilles sont actives lorsque les températures se situent entre 16 et 26°C et
sont capables de visiter 10 à 15 fleurs par minute. Dans ces conditions, un taux de nouaison
moyen de 20 à 30% peut être obtenu et le rendement qui en résulte est par conséquent
meilleur si les autres facteurs de production sont maîtrisés.
La durée de floraison dépend des températures qui sévissent avant et durant la période
de celle-ci et peut s'étaler sur deux semaines environ avec plusieurs flux. Les fleurs n'ont pas
la même aptitude à la nouaison et les premières sont plus effectives. Des déséquilibres
hydriques et alimentaires pendant la période d'induction florale induisent des anomalies
florales (stérilités, avortement ovulaire) et contribuent à la réduction des rendements et à
leur alternance. Les conditions climatiques, caractérisées généralement par
d'importantes variations inter annuelles dans les disponibilités en froid et en chaleur, ont
aussi un impact considérable sur les périodes de floraison des variétés interpollinsatrices.
Des décalages de floraison assez importants peuvent être observés (cas de 2004) et une
partie des fleurs ne peut pas être fécondée. L'adoption de variétés auto fertiles peut
pallier à ce décalage et présente l'avantage de s'affranchir aussi des contraintes liées aux
basses températures qui ralentissent la croissance des tubes polliniques.
Importance des plants certifiés L'utilisation de plants certifiés est un autre aspect à prendre
en considération dans l'établissement des nouvelles plantations. Les conditions de qualité, à
savoir l'authenticité variétale et l'état sanitaire, sont garantis. Les risques de baisses
considérables de rendement et même de réduction de vigueur et de dégénérescences des
arbres liés aux agents infectieux (virus, viroïdes et mycoplasme) existent dans l'adoption d'un
plant de type commun. Le règlement technique de la DPVCTRF en cours, sensibilise les
pépiniéristes et les arboriculteurs sur l'intérêt de la production et de l'utilisation de plants
certifiés. C'est l'opération de départ qui donne les chances à un plant pour extérioriser ses
performances et augmenter les rendements.
3.7. Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire
Les maladies cryptogamiques comme la moniliose, l’anthracnose, le Coryneum et plus
récemment le Verticillium ainsi que les ravageurs tels que les pucerons, les scolytes, les

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acariens et le capnode sont les principaux agents biotiques qui compromettent la


production et la longévité des amandiers. Il existe des différences de sensibilité variétale.
Des observations sur le terrain et l’intervention des services de la protection des végétaux
permettent d’établir un calendrier de traitements en fonction des conditions climatiques
locales et des cycles des parasites.
Les principaux ravageurs
Les scolytes (Scolytus amygdali)
Le scolyte de l'amandier s'est manifesté depuis toujours comme un facteur alarmant de
mortalité d'arbres.
La majeure partie du cycle se déroule donc sous les écorces où l'insecte étant protégé, il est
donc impossible de l'atteindre par des traitements chimiques. Il est toutefois possible de
protéger les arbres des attaques de scolyte par traitements "préventifs" visant à détruire les
insectes adultes dès leur arrivée sur l'arbre et avant le début du forage des galeries. Un essai
effectué à Tafraout avec la Deltaméthrine à la dose de 1,75 g de matière active par hectolitre
d'eau a donné de très bons résultats protégeant les arbres des attaques pour au moins 40
jours.
Le faux tigre de l'amandier (Monosteira Unicostata)
C'est une espèce très nuisible aux rosacées. Ses pullulations sont constatées surtout dans les
zones les plus chaudes, et les plus arides de son aire d'extension. Son activité débute dès le
mois d'avril. Les premières pontes (70 œufs par femelle) ont lieu fin avril et durant la
première quinzaine de mai. La durée d'incubation est de 15 à 18 jours au printemps et
10 à 12 jours en été. La durée du développement larvaire (5 stades) est de 10 jours. Au
Maroc 3 à 4 générations peuvent se succéder avec des chevauchements importants si
bien qu'à partir de juin et durant tout l'été on peut rencontrer tous les stades de l'insecte.
En hiver les adultes se refugient sous l'écorce et dans les excavations du tronc et du collet, ils
restent inactifs sans alimentation jusqu'au printemps.
Les pucerons
Trois espèces peuvent se développer sur amandier: Myzus persicae, Brachycaudus
amygdalinus et Hyalopterus pruni. Elles sont susceptibles de causer entre mars et juin-juillet
des dégâts importants mais difficiles à évaluer: Toutefois, des traitements préventifs en
février, mars et avril pourraient réduire les populations printanières moyennant un bon
choix d'aphicides spécifiques capables de préserver la faune auxiliaire.
Les Acariens
Parmi les acariens, ce sont surtout les Tétanyques et les Eriophyides qui sont les plus
inféodés à l'amandier.
Les dégâts des Tétanyques sont caractéristiques: décoloration des feuilles qui deviennent
brunâtres, jaunes ou gris plombés réduisant considérablement l'assimilation
chlorophyllienne; leurs infestations sont le plus souvent repérées par la présence de
toiles tissées sur les feuilles.
Les principales maladies
Les monilioses (Monilia laxa et Monilia fructigena)
Leurs symptômes peuvent être importants sur les différents organes de l'arbre: Destruction
et flétrissement des bouquets floraux; flétrissement des jeunes pousses suivi d'une torsion
des feuilles et d'un dessèchement des rameaux qui les portent; formation de chancres à la
base des brindilles et des rameaux infestés; pourriture et dessèchement des fruits
momies qui se couvrent de coussinets disposés en cercles concentriques de couleur grise
pour M. laxa, et fauve pour M. fructigena.

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

La lutte contre ces parasites demeure imprécise, toutefois il est possible de réduire
considérablement les dégâts, en éliminant les risques de blessures sur fleurs et fruits, et en
traitant selon la gravité de l'attaque avant pré-débourrement quand les sépales sont
visibles, en début de floraison quand les pétales sont visibles et en pleine floraison après
la chute des sépales.
La cloque du pêcher et de l'amandier (Taphrina deformans)
Les parties attaquées de la feuille s'épaississent, se boursouflent et prennent une
coloration rougeâtre. Après un certain délai, l'épiderme supérieur se couvre d'une poussière
blanche constituée par les fructifications du champignon.
La maladie criblée (Coryneum beijerinkii)
Ses dégâts ne sont pas négligeables. La maladie ne fut observée que sur feuilles qui
présentent des taches délimitées de teinte brun rouge. Les tissus attaqués meurent, et les
parties nécrosées se détachent plus tard du parenchyme vert de sorte que la feuille apparaît
criblée de trous. Toutefois, cette criblure peut être occasionnée par d'autres champignons
comme Cercospora circumscissa, des bactéries du genre Pseudomonas, et même des virus.
Trois traitements sont recommandés contre le parasite: un premier avant floraison, un
second après la chute des pétales et un troisième, 10 à 15 jours après la chute des calices.
La rouille des arbres fruitiers à noyau (Tranzchelia pruni spinoza)
Ses symptômes apparaissent sous forme de ponctuations brunâtres sur les feuilles dont
la chute peut avoir lieu prématurément. Les produits utilisés contre les monilioses
peuvent assurer une protection contre la rouille.
Rouille sur feuilles
La maladie des taches rouges (Polystigma occhraceum)
Ce parasite fréquent se manifeste sur les feuilles par des taches assez larges, d'un à
quelques millimètres, de forme variable, de couleur d'abord jaunâtre puis brun rouge,
parfois très foncée. Il contribue à avancer la chute des feuilles sans préjudice pour les
rameaux ou les bourgeons. Il est probable que les traitements antifongiques de printemps
limitent le développement du parasite.
3.8. Récolte et conservation
Au Maroc, la récolte se fait manuellement. En Europe et aux USA, la récolte mécanique par
secoueurs commence à se développer. En coque, l’amandier peut être conservé 7 à 8
mois à la température ambiante et à une hygrométrie relative inférieure à 70%. Pour des
conservations qui dépassent 2 ans, les qualités intrinsèques des amandes peuvent être
maintenues si les fruits sont emmagasinés à 0˚C et 75% d’humidité relative.
ABRICOTIER
A. Origines. Aire de culture
La plupart des variétés cultivées d’abricot dérivent de Prunus armeniaca, originaire des
montagnes de l’Asie centrale. La culture de l’abricot a connu une importante progression ces
cinq dernières années : de 8350 ha en 1993, la superficie a atteint 11800 ha en 2009 avec
une production de 134 000 T. La culture est concentrée essentiellement dans le Haouz
(Marrakech) et El Kelaâ, suivi de Ouarzazate, de Moulouya et de Boulmane.
B. Adaptation au climat et au sol
L’abricotier reste un arbre de climat continental exigeante en froid hivernal (700 à 1000
heures en dessous de 7,2°C)., aux printemps secs, aux étés ensoleillés. Il vient bien en
altitude. Il supporte le froid hivernal jusqu’à - 20° C, mais se met en sève au premier
réchauffement à la fin de l’hiver. Ses bourgeons floraux sont alors susceptibles d’être
détruits par un retour subit du froid. Les fleurs se montrent extrêmement sensibles aux

40
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

gelées de printemps.
Seuils critiques :
- 2,2° C au stade pleine floraison,
- 0,6° C au stade nouaison.
Une bonne fécondation requiert des températures élevées et une forte insolation (dans la
première quinzaine de mars).
L’abricotier redoute les argiles profondes, les terres froides et humides. Il se plaît dans les
sols légers, perméables, chauds. Les aptitudes d’adaptation de l’abricotier rappellent celles
de la vigne.
C. Caractères de végétation et de fructification
1. Croissance des rameaux
L’abricotier est l’espèce fruitière qui se développe le plus vite au printemps. Cette croissance
rapide entraîne chez certaines variétés une fragilité au vent. Certains rameaux présentent
deux périodes de croissance séparées par un temps d’arrêt. D’autres n’ont qu’une seule
période de croissance, l’allongement est continu du débourrement à la fin de la végétation
active.
2. Fructification
L’abricotier fructifie principalement sur les bouquets de mai, les chiffonnes et les rameaux
courts, plus rarement sur les rameaux mixtes. La fructification se poursuit sur les bois de 2-3
ans, leur remplacement annuel s’avère donc inutile. Au cours de leur développement, les
bourgeons floraux sont sujets à divers accidents : chute de bourgeons, différenciation
incomplète des pièces florales. Ces anomalies sont caractéristiques de la floraison de
l’abricotier et se manifestent indépendamment du climat et de la variété. Dans l’ensemble,
l’abricotier est une espèce auto fertile. En conséquence, la pollinisation croisée n’est pas
nécessaire.
La floraison de l’abricotier se situe entre Février et Mars pour une récolte en Avril-Mai chez
Maoui et en Mai-Juin pour les autres variétés.
D. Porte-greffe
Le porte-greffe le plus utilisé au Maroc est le mech-mech, abricotier local. D’autres porte-
greffes tels que Canino, pêcher de Missour, amandier amer, prunier Myrobolan et Mariana
sont rarement utilisés (incompatibilité avec le pêcher et le prunier Mariana).
1. Le franc d’abricotier
Issu de semis, ce porte-greffe présente une grande hétérogénéité, s’accommode de sols
secs, caillouteux, redoute les terres humides et compactes. Il supporte le calcaire à condition
que le sol soit sain. Il présente une bonne affinité avec la plupart des variétés. Les variétés
greffées sur abricotier franc atteignent un développement important et une grande
longévité : 40- 45 ans. Mais elles se montrent nettement sensibles à la verticilliose et au
pourridié. La production est bonne, les fruits d’excellente qualité.
2. Le franc de pêcher
Issu de semis de pêcher, ce porte-greffe se montre sensible à l’humidité du sol et à la
chlorose calcaire. L’affinité est excellente avec les variétés : Luizet, Bergeron, Polonais, Royal,
Paviot, Poizat, Earli Orange, Cafonar ; elle est mauvaise avec : Rouge du Roussillon, Canino.
La vigueur des arbres greffés sur franc de pêcher est comparable à celle du franc
d’abricotier. Les arbres s’avèrent sensibles aux vents violents. La longévité est courte: 15 ans
et la mise à fruits rapide : 3 ans. Peu sensible à l’enroulement chlorotique, il est très sensible
au pourridié.
3. Les pruniers

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Les pruniers sont largement utilisés comme porte greffe des arbres à noyau : pêcher,
prunier, abricotier.
• Reine-Claude GF 1380
Affinité satisfaisante avec la plupart des variétés. Il confère aux arbres une vigueur moyenne
et une bonne longévité : 25-30 ans.
• Myrobolan GF 31
Très bonne affinité avec : Rouge du Roussillon, Canino, Luizet, un peu moins bonne avec :
Polonais, Bergeron. Il confère une grande vigueur mais est sensible à la bactériose et à la
verticilliose.
• Marianna GF 8-1
Ce porte-greffe soulève de sérieuses difficultés d’affinité avec les variétés d’abricotiers. On
peut greffer directement sur GF 8-1 les variétés : Bergeron, Luizet. Avec les autres variétés,
on doit recourir à un porte-greffe intermédiaire soit l’abricotier Stark Earli Orange, soit le
prunier Reine- Claude. GF 8-1 confère aux arbres une bonne vigueur. Bonne résistance à
l’asphyxie radiculaire et au pourridié.
• Rubira
Franc de pêcher. Adapté aux sols légers. Meilleure compatibilité que les autres pêchers.
Réduit la vigueur des arbres greffés par rapport à l’abricotier Manicot A 1236 et au pêcher
GF 305.
4. Le choix du porte-greffe
Chez l’abricotier, le choix du porte-greffe est toujours délicat. En premier lieu, il faut
considérer l’affinité avec les variétés, ensuite l’adaptation au milieu et la sensibilité aux
maladies.
Porte- Adaptation Asphyxie Chlorose Vigueur Productio Bactériose-
greffe aux sols radiculaire calcaire n ECA
Pourridié
Verticilliose

Franc sols sensible peu bonne bonne très


d’abricotier caillouteux, sensible vigueur sensible à la
(Manicot A secs en verticilliose,
1236) sol sain très
sensible
au
pourridié
Franc de sols sains, sensible sensible forte mise à très
pêcher (GF aérés vigueur fruits sensible au
305- sableux rapide pourridié,
Monclar) peu
sensible à
ECA et à
verticilliose
Pêcher sols légers vigueur peu
Rubira moyenne sensible à
bactériose
Reine- argilo moyennemen peu vigueur peu
Claude sableux t sensible moyenne sensible au

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

GF 1380 argileux sensible pourridié et


à
verticilliose
sensible à
bactériose
Myrobolan de sablo moyennemen peu bonne bonne sensible à
s argileux à t sensible vigueur mise à bactériose
(GF 31) argileux sensible fruits et à
rapide verticilliose,
peu
sensible au
pourridié
de sablo résistant peu forte peu
Marianna argileux à sensible vigueur sensible à
GF 8-1 argileux bactériose,
résistant au
pourridié

Fig. 8. – Porte greffe de l’abricotier : critères de choix (pour l’affinité avec les variétés se
référer au texte)
E. Variétés
Trois remarques préliminaires s’imposent :
– Une variété d’abricotier est adaptée à une région donnée. Cultivée en dehors de sa zone
favorable, sa végétation et sa fructification se trouvent perturbées.
– On assiste actuellement à une réduction du nombre de variétés cultivées dans une même
région.
– Les exigences du marché obligent à renouveler l’assortiment variétal.
Au Maroc, la gamme variétale est très réduite. Elle est constituée pour 80% de Canino, une
variété à double fin, le marché des fruits frais et la conserve. Les autres variétés sont
Gelitano, Delpatriarca, Maoui, Ouardi, Sayeb, Amal et des variétés locales. Des variétés
hybrides précoces et tardives de Canino sont aussi en cours d’essai.
Les variétés décrites ci-dessous sont présentées par ordre approximatif de maturité.
• Ouardi-Priana
C’est un arbre de vigueur moyenne qui fructifie surtout sur rameaux mixtes. Actuellement,
c’est la variété la plus précoce. Fruits de bon calibre A-AA, de bonne qualité gustative,
évoluant rapidement aux approches de la maturité. Il convient aux contrées méridionales
mais
est sensible aux gelées printanières.
• Luizet
Arbre de grande vigueur. Mise à fruits assez lente. Fruit moyen à gros, de bonne qualité.
• Rouge du Roussillon
Variété constituant les 3/4 de la production d’abricot du Roussillon. Arbre de bonne vigueur.
Production irrégulière d’une année à l’autre. Fruit petit à moyen, d’excellente qualité,
parfumé.
• Polonais
Arbre de vigueur moyenne. Mise à fruits rapide, production bonne et régulière. Fruit de bon
calibre, de bonne qualité.

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• Bergeron
Arbre de bonne vigueur. Production moyenne. Fruits très gros, de bonne qualité. Variété
convenant au climat continental.
F. Formes et conduite
1. Formes, distances
L’abricotier requiert des distances de plantation plus ou moins importantes selon la vigueur
du portegreffe: de 9 x 9 m à 6 x 6 m. Les formes utilisées sont le gobelet à centre ouvert, le
gobelet différé.
• Gobelet à centre ouvert
Cette forme classique convient bien à l’abricotier en région ventée car elle donne une
charpente rigide. La formation réalisée par rabattage sévère des rameaux demande du
temps ; la mise à fruits se trouve retardée. La fructification s’établit le long des charpentières
et des sous-charpentières.
• Gobelet différé
Cette forme, mise au point chez le pêcher, permet d’obtenir rapidement un arbre de grande
dimension. Mais chez l’abricotier la souplesse des rameaux gêne sa formation surtout en
situation ventée. En vieillissant, l’arbre devient touffu et nécessite des élagages sévères.
• Gobelet moderne

La taille du gobelet a été modernisée et libéralisée. On laisse les charpentières s’allonger


librement, on se contentera de l’épointer l’hiver pour les rendre rigides. Mais le bois
vieillissant est rabattu pour assurer leur renouvellement (figure 9).
2. Taille de formation
Quelques règles simples doivent être respectées :
– éviter les grosses plaies de taille qui sont des portes d’entrée au chancre bactérien.
Procéder de préférence à de légers pincements en mai : suppression des rameaux inutiles.
Ébourgeonner le tronc et les fourches (départ des charpentières) en juin-juillet ;
– assurer la pénétration de la lumière à l’intérieur de la couronne par des élagages réguliers ;
– tailler de préférence à la fin de l’hiver, en période sèche ;
– recouvrir les plaies de taille d’un produit antichancre ;
– le scion est obligatoirement rabattu l’année de la plantation, sinon les yeux s’annuleront
l’année suivante.
3. – Taille de fructification
Chez l’abricotier, on renouvellera le bois fruitier sur 3-4 ans, pas obligatoirement tous les
ans. On maintiendra la coursonne assez courte pour faire sortir les bouquets de mai tout
proche de la charpentière. On élaguera le sommet des arbres pour provoquer le départ
d’yeux latents à la base des charpentières.
– Les tailles d’été contribuent au développement des fruits.
G. Entretien du sol, fertilisation
1. Entretien du sol
Le sol peut être maintenu propre par des façons culturales répétées ou par le désherbage
chimique. L’abricotier ne supporte pas les herbicides de préémergence habituellement
appliqués au sol. Sont utilisables les herbicides de contact et certains herbicides télétoxiques
: aminotriazole, glyphosate, Carbetamide, 2.4 D.
2. Fumure d’entretien
D’une manière générale, on évitera de favoriser une forte croissance de la végétation les
cinq premières années de la vie de l’abricotier. Car une vigueur excessive favorise les

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

maladies bactériennes.
Soit à titre indicatif la fumure d’entretien suivante : N: 100-150 U/ha, P205: 80-100 U/ha;
K20: 150 U/ha. L’abricotier est exigeant en fumure potassique.
3. Irrigation
Les besoins en eau de l'abricotier sont élevés au moment de la croissance du fruit,
particulièrement pendant le durcissement du noyau. Au Maroc, cette période coïncide
généralement avec une période sèche d'où la nécessité de maintenir un rythme soutenu des
apports d'eau. Les doses et les fréquences des irrigations dépendent de plusieurs facteurs
dont la densité, l'âge des arbres, la nature du sol et les conditions climatiques. Il faut
souligner aussi la nécessité de continuer à apporter des irrigations même après la récolte
afin de d'assurer une bonne induction florale. D'autre part, un excès d'eau en conditions de
sol lourd peut provoquer la pourriture racinaire, notamment quand le porte-greffe est un
franc.
H. Protection phytosanitaire
1. Dépérissement de l’abricotier
Les principales causes de dépérissement de l’abricotier sont consignées dans la figure 10.
2. Maladies à virus et à mycoplasmes
• Enroulement chlorotique de l’abricotier. Cette maladie est responsable de 80 % des
dépérissements de l’abricotier. L’agent pathogène est probablement un mycoplasme. La
transmission se fait par greffage. Sur porte-greffe prunier, cette maladie manifeste des
symptômes caractéristiques : à partir de la mi-mai, des bouquets de feuilles s’enroulent en
cornet ; à partir de la mi-aôut, les bourgeons débourrent et donnent naissance à des pousses
rabougries ; en hiver, l’écorce du tronc et des branches se nécrose.
Les abricotiers atteints d’ECA ne vivent pas longtemps après l’apparition des premiers
symptômes : un à trois ans.
Il n’existe pas de méthode de lutte directe contre cette maladie.
• Sharka
Les symptômes les plus caractéristiques se manifestent sur les fruits : légères dépressions
arrondies moins colorées et vitreuses. Ces zones sont entourées d’un halo.
En dessous, la chair prend une texture spongieuse et s’imprègne de gomme. La transmission
se fait par la multiplication végétative et les pucerons. La destruction des arbres malades est
vivement conseillée.
3. Le chancre bactérien
Cette maladie s’attaque aux arbres de moins de six ans. Elle est provoquée par deux
bactéries: Pseudomonas syringae et Ps. viridiflava. La contamination se réalise à l’automne
et en hiver à la faveur de lésions diverses : cicatrices foliaires, petites blessures de l’écorce.
En février-mars, des points gommeux apparaissent sur le tronc ou les branches. Sous ces
points, le liber (écorce) brunit. Il peut se former un chancre longitudinal. Le jeune arbre peut
aussi mourir en quelques semaines.
Le chancre bactérien est favorisé par les automnes humides, les hivers froids, les sols acides,
squelettiques. Comme pour toute maladie bactérienne, la lutte consiste à traiter à la bouillie
bordelaise lors de la chute des feuilles, à cureter les chancres et à les badigeonner d’un
produit bactéricide. Il convient de tailler de préférence à la fin de l’hiver.
4. Maladies cryptogamiques
• Verticilliose : L’agent responsable est un champignon Verticillium alboatrum f. dahliae qui
vit dans le sol et infecte aussi bien les plantes herbacées : luzerne, tomate, melon, mauvaises
herbes, que les espèces ligneuses : abricotier, cognassier. La contamination s’effectue par les

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

racines. Chez l’abricotier, la verticilliose se manifeste sous deux formes :


– le flétrissement toujours brutal et rapide en juin-juillet. En 15 jours, l’arbre peut se
dessécher complètement ;
– le jaunissement des feuilles. Celles-ci prennent une couleur jaune citron et tombent vers
fin août. La lutte reste essentiellement préventive :
– éviter de blesser les racines par des façons culturales profondes ;
– détruire les mauvaises herbes, surtout les amarantes et chénopodes. Éviter de planter sur
des parcelles ayant porté de la luzerne ou des cultures légumières : attendre cinq ans.
– éviter les porte-greffes franc d’abricotier et myrobolan GF 31.
• Pourridié à armillaire: Le champignon parasite Armellaria mellea s’attaque aux racines des
arbres fruitiers et des arbres forestiers. Les symptômes sont caractéristiques : l’écorce des
racines noircit ; en soulevant l’écorce, on observe dans son épaisseur des lames blanchâtres,
aplaties qui sont les filaments agglomérés du champignon. Chez l’abricotier, la mort peut
survenir en quelques semaines. Seules les mesures préventives sont applicables : ne pas
planter après des défriches forestières, après l’arrachage des arbres malades extirper avec
soin les racines et le bois mort, les brûler, appliquer de la chaux vive. Dans les situations à
risque, utiliser des porte-greffe peu sensibles au pourridié : pruniers Marianna GF 8.1,
myrobolan GF 31, Reine-Claude GF 1380 (sous réserve bien sûr d’affinité et d’adaptation au
sol).
• Moniliose : La moniliose entraîne la destruction de la récolte certaines années. Les
symptômes et la lutte ont été décrits avec le cerisier.
• Autres maladies cryptogamiques : Leur importance est variable ou locale. Signalons :
l’oïdium, la maladie criblée à Coryneum, le mildiou de l’abricotier, la rouille, le chancre à
Eutypia.
5. Les ravageurs animaux
Peu de ravageurs animaux causent des dégâts sur abricotier.
• Le capnode (Capnodis ténebrionis)
Ce gros coléoptère vit sur les prunier, pêcher, abricotier. Les larves creusent des galeries
sinueuses dans les racines et à la base du tronc. La lutte consiste à épandre sur le sol au pied
des arbres, du Lindane à raison de 2 à 5 g de matière active par arbre selon sa grosseur.
• La mouche des fruits (Ceratitis capitata)
La femelle pond sous l’épiderme du fruit. Après éclosion la larve s’enfonce dans la pulpe du
fruit. Les fruits véreux ne sont pas commercialisables. La principale source d’infestation est
constituée par les fruits importés des pays méditerranéens : oranges, abricots, prunes.
Traiter au diméthoate.
• La cheimatobie (Operophtera brumata)
Cette chenille défoliatrice occasionne des dégâts sur bourgeons avant et après floraison et
sur feuilles. Il faut diriger les traitements contre les toutes jeunes chenilles dès le gonflement
ou l’éclatement des bourgeons.

Le prunier
1. Importance et aire de culture
Le prunier a connu un développement rapide durant ces dernières années pour passer de 2.100
ha en 1980 en irrigué à 8.608 ha environ en 2009, soit un accroissement moyen annuel de
200 ha. La production nationale en fruits frais varie d'une année à l'autre a atteint 73.737
tonnes en 2008-09 (MADRPM).
L'extension de la culture a dépassé les zones de Chaouen-Ouazzane, Kénitra-Rabat,
Khémisset et Haouz pour s'étendre dans le plateau de Saïss, la région d'Ifrane-Imouzer et

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

Midelt. Ce développement a concerné la culture semi-intensive conduite en irrigué. Les


types de pruniers locaux (Ch'himi, Zouitni, Meknassi,…), anciennement conduits en
culture pluviale ont vu leur culture régresser au profit des nouvelles variétés très demandées
sur le marché local.
2. Connaissance de l’arbre
2.1. La taxonomie des pruniers
Le prunier est un arbre fruitier appartenant au genre Prunus de la famille des Rosacées (Le
genre Prunus regroupe 400 espèces et des milliers de variétés cultivées).
Il existe plusieurs espèces de prunus originaires des zones tempérées de l'hémisphère nord
Prunus domestica subsp. domestica, à laquelle se rattachent la plupart des variétés cultivées
connues.
Prunus domestica n. sub sp. italica (Borkh.) Gams ex Hegi, (domestica x insitiata) à laquelle
se rattachent notamment: Reine-claude; Quetschier; prunier d'Ente (pruneau); Prunus x
cerea (L.) ; (cerasifera x domestica) à laquelle se rattachent notamment: le mirabellier.
D'autres espèces sont utilisées comme porte-greffe: prunier du Japon (Prunus salicina); 
prunier myrobalan (Prunus cerasifera); prunellier (Prunus spinosa).
2.2. Morphologie
C'est un arbre de taille moyenne qui atteint entre 3 et 8 mètres de hauteur. Il est parfois
épineux et fleurit tôt au printemps. Sa longévité est de 30 à 50 ans.
Le prunier est cultivé pour son fruit consommé comme fruit de table, transformé en
confitures ou pâtisseries, séché. Il en existe aussi plusieurs variétés d'ornement.
Les feuilles sont alternes, dentées, ovales, lancéolées ou obovées.
Les fleurs Ses fleurs blanches ou rosées, en corymbes ou en grappes, simples, terminales ;
elles apparaissent avant les feuilles sur des rameaux de l'année précédente. La fleur est de
type 5 (calice a 5 lobes, il y a 5 pétales et 5 sépales. Le pistil est formé d'un carpelle unique,
bi-ovulé. .
Le fruit est une drupe sphérique ou oblongue, glabre et couvert de pruine (une pellicule
cireuse). Le noyau contient une amande amère.
2.3. Exigences agro-écologiques
Le prunier est une espèce qui tolère les températures froides hivernales et nécessite de
800 à 1100 heures de température froide en dessous de 7,2˚ C. En cas d’insuffisance en
froid, la floraison et la feuillaison sont étalées. Les variétés européennes sont
légèrement plus exigeantes en froid que les variétés japonaises (700 à 1000 heures de froid).
Le prunier craint les gelées printanières à cause de sa floraison précoce. Il préfère les
printemps chauds et secs. Les fortes hygrométries sont favorables au développement du
Monilia sur fleurs et fruits, Coryneum, Rouille. Il préfère des sols bien drainés,
profonds, argilo-limoneux. Les pruniers européens se comportent mieux sur des sols
argileux alors que les pruniers japonais s’accommodent sur des sols légers.
3. Matériel Végétal
3.1. Porte-greffes
Les plus utilisés sont le Myrobolan et la Mariana. Ces deux porte-greffes pruniers
s'adaptent bien aux sols argileux profonds et tolèrent l'asphyxie. Ils se multiplient facilement
par bouturage. En culture, ces porte-greffes émettent des rejets qui entrent en vive
compétition avec la croissance du cultivar (arbre). Il convient d'éliminer systématiquement
ces rejets, et à ras du sol. En sol calcaire et/ou caillouteux l'amandier de semis est préféré en
tant que sujet porte-greffe.
Au Maroc, les porte-greffes du prunier sont essentiellement le franc (Prunus domestica), le
prunier GF 43, les pruniers myrobolans (Prunus cerasifera), le prunier Mariana GF 81, les

47
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

pruniers Damas et St Julien et le pêcher x amandier GF 677.


3.2. Les variétés
La grande majorité des prunes cultivées au Maroc sont de type japonais (Golden Japan,
Formosa, Santa Rosa, Methley, Red Beauty). Elles sont aqueuses et supportent mal les
manipulations et le transport. Une prune à double fin, fruit frais et séchage, la Stanley a
être commercialisées rapidement. La Stanley été développée surtout dans la région de
Khémisset et de Meknès. Des variétés de prunes locales comme Zerhouni, Fassi, Meless,
Zuitni ont été implantée dans les ceintures urbaines et en zones Riffaines. Des variétés
tardives pouvant supporter de longues périodes de conservation ont été récemment
introduites au Maroc (Royal Diamond, Black Diamond). Les pruniers japonais fleurissent en
Février-Mars et sont récoltés en Juin-Juillet. Stanley fleurit vers Mars-Avril et est récoltée
en Août-Septembre. Ainsi, le profil variétal comprend 3 groupes de variétés classées selon
l'époque de maturité, les besoins en froid et les aptitudes au séchage du fruit.
Variétés de table précoces
Ce groupe est constitué essentiellement de variétés de type japonais comme Santa Rosa,
Golden Japan et Methley qui ont de faibles besoins en froid. Leur floraison est précoce (fin
février-début mars) avec une différence, entre elles, de 5 à 10 jours par rapport à Methely
qui est la plus précoce. Elles sont autofertiles et compatibles entre elles. Le fruit est
destiné à la consommation en frais sans possibilité importante de conservation. Il
supporte généralement mal le transport. Ces variétés se sont développées dans les régions
de Tiflet, Khémisset et Zaer.
Variétés de table tardives
De nouvelles variétés de prunier japonais, ont été introduites et testées en conditions
marocaines. Etant fertiles et ayant des besoins modérés en froid, ces variétés ont donné de
bon résultats dans les conditions de moyenne altitude (Meknès, …). Le fruit, avec une chair
épaisse, ferme et à petit noyau, est destiné à la consommation en frais avec des possibilités
de conservation de 2 à 4 mois. Sa conservation, qui donne une valeur ajoutée au produit, a
favorisé le développement de ces variétés.
Angelino: cette variété, partiellement auto-compatible et vigoureuse, donne des fruits de
gros calibre avec une forme ronde. L'épiderme est noir et la chair est ferme avec une bonne
qualité gustative. Sa mise à fruit est rapide mais a une tendance à l'alternance. La maturité
se situe en début septembre et son fruit a une bonne aptitude à la conservation. Il est
souhaitable de lui associer un pollinisateur compatible et de même époque de floraison, à
raison 10 à 15 % et avec éloignement ne dépassant pas 10 à 18 m.
Black Amber: Elle est vigoureuse et de port érigé. Elle nécessite la pollinisation et doit être
associée à la variété FRIAR. Le fruit est de gros calibre, à épiderme bleu foncé à noir. La chair
est jaunâtre, ferme et de bonne qualité gustative. Sa maturité se situe en fin juillet début
août.
FRIAR: arbre très vigoureux et rustique avec une production régulière. Sa maturité se situe
durant la deuxième décade du mois d'Août. Le fruit est de gros calibre, à petit noyau libre.
L'épiderme du fruit est bleu foncé devenant noir à maturité. La chair est de couleur ambre et
très ferme avec une qualité gustative moyenne. Elle est autostérile et doit être associée
avec Black Amber pour la pollinisation.
Variétés de séchage
Bien que d'autres variétés de prune se prêtent au séchage, comme la prune d'Ente, la variété
Stanley reste la plus importante et la plus demandée sur le marché national. Ayant donné
de bons résultats dans les essais de l'INRA, cette variété s'est nettement détachée de

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plusieurs qui ont été expérimentées pour élargir la gamme variétale. Issue d'un croisement
réalisé en 1912 entre la prune d'Ente et Grand Duck, cette variété constitue actuellement la
base des plantations commerciales au Maroc.
La variété Stanley a des besoins en froid moyens à élevés et fleurit, selon les années, entre
fin mars début avril pour arriver à maturité durant la première semaine de septembre. La
période de maturité s'étale sur 2 à 3 semaines environ. Le fruit qui est de couleur noirâtre a
un poids moyen de 25 à 30 g. Le noyau est libre, la chair est ambre sucrée et ferme avec de
bonnes aptitudes au transport. C'est un fruit de table aussi mais il est très utilisé pour le
séchage.
Cette variété a une forte tendance à l'alternance qui peut être accentuée par certaines
conditions climatiques (gelée, grêle, faible disponibilités en froid).
L'arbre de la variété Stanley a un port dressé avec une bonne vigueur durant les premières
années.
4. Les techniques culturales
4.1. Densité de plantation et formation
Les densités de plantation à préconiser pour une conduite en gobelet sont de l'ordre de 666
arbres par hectare, soit un écartement de 5 x 3 m. Un écartement suffisant entre les lignes est
nécessaire pour pouvoir effectuer aisément les traitements phytosanitaires et faciliter le
passage des engins (travail du sol, ramassage des caisses,…). Il évite aussi le
dégarnissement des arbres causé par l'ombrage de la végétation. A la limite, des écartements
de 4 x 3 m peuvent être envisagés sur des sols moyennement riches pour un amortissement
rapide.
4.2. Fertilisation
L'incorporation de la fumure de fond à la plantation est indispensable. L'apport du fumier
à raison de 10 à 15 kg/arbre est fortement recommandé. La fumure minérale à apporter
dépend de la richesse du sol et on peut préconiser, à titre approximatif, 0.5 à 0.8 et 1 à 1.5
kg/arbre respectivement de phosphore et potasse.
Durant les trois premières années, l'arbre doit recevoir des quantités d'azote qui évoluent
avec l'âge, de l'ordre de 20 unités la première année, 40ème année, 70-80 unités la 2ème
et la 4ème année. Cette dose peut
être ajustée selon l'allongement annuel de la pousse qui doit être de 0.8 à 1.5m et l'état de
végétation de l'arbre. Pour un verger productif (>5 ans), la quantité d'azote à apporter serait
de l'ordre de 80 à 100 unités/ha à fractionner en 3 apports (1/3 au débourrement, 1/3 après
nouaison et 1/3 après récolte pour constituer les réserves). En fertigation, l'injection de
petites doses d'azote de 5 à 10 unités/ha peut être recommandé dès le démarrage des
irrigations et étalés sur 10 à 15 apports espacés d'une semaine environ. Ces apports doivent
cibler la période de croissance végétative rapide du prunier qui se situe de mai à juillet.
Pour la potasse, qui joue un rôle important dans l'amélioration du calibre du fruit et de sa
teneur en sucre, les besoins du prunier sont de l'ordre de 100 à 150 unités. Pour le
phosphore, même si les besoins sont relative- ment faibles d'environ 30 kg de P2O5/ha,
les apports doivent être majorés surtout en sol riches en argile et en chaux où les risques
de son blocage existent si le pH est basique. En fertigation, les éléments fertilisants peuvent
être apportés, sous forme soluble, de préférence dès le débourrement. La répartition
annuel- le de ces éléments serait de 20% pendant la période "débourrement-nouai- son", 60
% pendant la "croissance végétative" et du fruit et 20% après la "récolte".
On préconise les apports suivants: Fumier = 10 T/ha, N= 100U/ha dont 2/3 avant floraison et
1/3 après la récolte, P205= 80-100 U/ha à l’automne, et K20= 180-200 U/ha à l’automne.
4.3. La taille

49
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

Pour une conduite en gobelet, la taille de formation consiste à rabattre le scion à 50-60
cm à la plantation. Une taille en vert (mai-juin) permet de choisir 3 à 4 futures charpentières
qu'il convient de pincer en éliminant le 1/3 ou leur moitié en hiver (décembre, janvier).
Le rabattage des charpentières la deuxième année per- met un renforcement du bois qui
accuse des arcures et des affaissements importants sous l'effet des récoltes abondantes.
Les rameaux anticipés sont à rabattre à deux yeux. Les rameaux verticaux à l'intérieur de
l'arbre et les gourmands doivent être supprimés.
L'arbre accuse un net ralentissement de la croissance végétative et un affaiblissement
des charpentières avec les récoltes successives. Des dessèchements plus ou moins
importants des extrémités des charpentes peuvent se produire dès la 6- 8 ème année d'âge. A
ce stade, l'arbre fructifie essentiellement sur les bouquets de mai avec une floraison
d'importance réduite sur les rameaux mixtes et les chiffonnes. Le dégagement du
prolongement des charpentières sur 30 à 40 cm doit être opéré en supprimant toutes les
pousses à bois.
La taille de fructification doit être opérée en fonction de l’alternance. L’hiver qui suit une
forte production, le nombre de bourgeons floraux est faible et constitué surtout de
bouquets de Mai. Il faut pratiquer une taille sévère sur les rameaux mixtes (réduction du
nombre de bourgeons à bois et rétablissement de l’équilibre bourgeons floraux-bourgeons à
bois). L’hiver qui suit une production très faible, le nombre de bourgeons floraux sera très
élevé. On supprimera un certain nombre de bouquets de Mai sans toucher aux rameaux
mixtes.
4.4. Pollinisation et fructification
L'installation de ruches à abeilles au verger contribue à améliorer la pollinisation et donc la
fructification. Il arrive d'observer une chute des fruits non fécondés et ceux dont l'embryon a
avorté après floraison. La durée de croissance des fruits est de 5 à 6 mois. Le premier mois
qui suit la floraison, la croissance du noyau est rapide. Après le deuxième mois, un arrêt de la
croissance du fruit est observé. Il est accompagné d'un durcissement du noyau. Une seconde
chute peut être observée en juin pour entrer dans la 3ème phase qui est caractérisée par un
grossissement rapide et un enrichissement en sucres.
4.5. Irrigation
Les besoins en eau du prunier varient selon la région (demande climatique) et l'âge des
arbres. Pour un verger adulte et en pleine production, une bonne alimentation en eau
améliore
le calibre des fruits, réduit l'alternance et le vieillissement des arbres. Les besoins en eau du
prunier sont élevés durant la période Mai-Juillet. Selon les pluies, l'irrigation débute donc à
partir du mois de mai et commence par des irrigations à faible dose (10 à 15 m3/ha). Les
doses d'irrigations augmentent sensiblement avec les chaleurs pour atteindre un
maximum en Juillet et Août. Un volume journalier de 25 à 40 litres/arbre est nécessaire
durant une période de 5 à 6 mois (Mai à Octobre) pour assurer une bonne production. Il
est souhaitable également d'assurer l'humectation sur toute la rangée en mettant des
goutteurs de part et d'autre du tronc et entre les arbres sur la même ligne.
Un manque d'eau en période estivale affecte le grossissement des fruits et l'élaboration des
sucres. A l'approche de la maturité, les doses d'irrigation doivent être réduites pour favoriser
l'accumulation des sucres dans le fruit et faciliter son séchage dans les fours.
4.6. Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire
Chez le prunier, il existe de nombreuses maladies dues soit à des bactéries (Pseudomonas
syringae et P. morsprunorum, criblure de feuilles, galle du collet ou crown gall), soit à des

50
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

cryptogames (moniliose, rouille, coryneum, tavelure, oïdium, cloque). Les ravageurs


animaux présentent aussi un réel danger s’ils ne sont pas contrôlés. On peut citer le
carpocapse, les acariens, les cochenilles, pucerons, tordeuse, cératite, capnode, zeuzère et
cossus.
Bien que le prunier peut être sujet à plusieurs attaques par des insectes, champignons,
bactéries et virus, la liste des ennemis fréquemment recentrés est réduite. Sa protection
phytosanitaire est donc moins onéreuse par rapport à celle d'autres espèces fruitières
comme le pommier.
La moniliose reste la maladie la plus fréquente alors que pour les ravageurs ceux sont les
pucerons, la cétoine, le pou San José, et occasionnellement le capnode, les scolytes et les
acariens qui causent des dégâts.
Le programme de lutte contre les ennemis de cette espèce peut se limiter à 4 ou 5
interventions phytosanitaires.
Le pou de San José (Quadraspidiotus perniciosus)
Cette cochenille qui loge sous des boucliers gris foncés peut se développer sur le tronc et les
charpentes des arbres en formants des illôts d'arbres infestés dans le verger. Les dégâts sont
particulièrement constatés sur des arbres jeunes qui peuvent dépérir plus ou moins
rapidement. Un traite- ment hivernal à l’huile blanche est capable de réduite le taux
d'infesta- tion. Avec l'augmentation des températures printanières, la cochenille devient
mobile et peut être combat- tue par un à deux traitements, espacés d'une à deux semaines,
à l'aide de l'Utracide.
Le puceron
Le puceron provoque l'enroulement et la crispation des jeunes feuilles. Une surveillance des
vergers dès la première vague de croissance des pousses pour localiser les premiers foyers
s’impose. Une intervention phytosanitaire dès les premières attaques est efficace.
L'utilisation de produits inoffensifs pour les auxiliaires (Pyrimicarbe, thiacloprid) est
recommandée.
Le capnode noir (Capnodis tenebrionis)
Les larves de ce coléoptère noir attaquent les racines des arbres, surtout affaiblis par un
manque d'eau, et provoquent une exsudation de gomme importante au niveau du tronc et
des branches. Les scolytes peuvent s'y greffer et contribuent à flétrir l'arbre qui meurt. Un
seul produit (Suscon) est actuellement homologué contre ce ravageur.
L'otiorrhynque
Un coléoptère actif la nuit et qui peut causer d'importants dégâts, notamment sur les
pédoncules foliaires et des fruits. Il peut être rencontré sur les vergers situés à proximité
des forêts. Un traitement insecticide noc- turne peut contrôler ce ravageur.
La cétoine
Cet insecte velu apparaît pendant la floraison lorsque les températures sont élevées. Les
adultes envahissent les fleurs, les dévorent et les dégâts peuvent être importants. La
suspension de 2 à 3 petits bocaux remplis d'eau par arbre réduit considérablement les
populations. Un enherbe- ment, par un non travail du sol, contribue à réduire aussi les
dégâts.
La moniliose
Cette maladie fongique est à craindre au stade floraison, surtout après une pluie. Pour lutter
contre ses formes hivernantes, Il est recommandé de faire un traitement d'hiver, à base de
cuivre après la taille. Un traitement fongicide à base du Zirame ou de Thirame en préventif
est aussi nécessaire.

51
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

4.7.Récolte et conservation
Le calibre géant est le plus demandé par les industriels et les commerçants de ce produit.
Comme pour l’abricot ou la pêche, le fruit est fragile et son époque de cueillette reste un
compromis entre les exigences de la qualité et les contraintes de manipulation et de
transport. Le stade optimum de récolte se situe lorsque le degré Brix est de 18. Cette valeur
est exigée par les fours de séchage et est généralement atteinte en fin de la première
semaine de septembre. Le rendement au séchage est de 30 à 35% soit 3 kg de fruits frais
pour donner un kilogramme de pruneaux.
Les prunes japonaises sont très aqueuses et doivent être commercialisées rapidement. La
Stanley et la Blue Diamond conservées entre 4 et 6°C et 85% d’hygrométrie, peuvent être
vendables dans les dix jours après leur sortie de la chambre froide.

Les rosacées à pépins


Le pommier
1. Introduction
Le pommier croît à l’état spontané dans toute l’Europe. Il possède une aire de culture très
étendue et s’accommode de tous les climats locaux et régionaux, avec une concentration
dans l’hémisphère nord, entre les latitudes 30° et 60°. Il a comme origine l’Asie de l’Ouest et
serait issue à partir d’hybridations entre plusieurs espèces incluant Malus sylvestris, M.
Baccata et M. Borkh. Bien que le nombre d’espèces reportées pour le pommier est élevé
(25), la majorité des pommiers en culture dérive de l’espèce Malus pumila et on compte
actuellement plus de 7.000 cultivars. Bien qu’il existe une diversité génétique assez
importante, les vergers commerciaux sont conduits avec un nombre restreint de variétés
dont les plus importantes sur le plan commercial ont été identifiées à partir de semis de
hasard comme Golden Delicious ou issues de mutation.
Le pommier au Maroc occupe une superficie d’environ 27.335 ha (2008-2009) et se place au
2ème rang des rosacées après l’amandier. Ce secteur fournit une production de 422.573 t de
fruits (2008-2009), soit un rendement moyen de 15,45 t/ha. Les premiers vergers
commerciaux ont été crées en zones de montagne où les conditions climatiques sont
favorables au développement et à la fructification de l’espèce. Sa culture a été étendue, en
suite à d’autres zones cependant moins propices, par simple transposition des modèles de
culture. Les statistiques du ministère de l’agriculture font état de l’existence du pommier
même en régions à faibles altitudes (Gharb, Rabat-Salé, Souss Massa, khémisset..).
Cependant, les plus importantes zones de production sont localisées en zones de hautes et
moyennes altitudes du haut et du moyen atlas (Khénifra, Elhajeb, Sefrou, Ifrane, Midelt,
Meknès..) avec certains pôles de concentration.
Exigences
A la floraison, la plupart des variétés sont sensibles aux gelées de printemps et la somme des
températures moyennes enregistrées au cours de cette période, soit 7 jours, conditionne
pour la série des « Delicious », l’importance de la récolte.
La plupart des variétés ont des besoins en froid hivernal plus ou moins importants.
Quelques unes sont peu exigeantes (400 heures à 7,2 °C), aussi elles conviennent aux régions
méditerranéennes, telles celles qui sont originaires d’Afrique du Nord (Aire de Sfax), de
Californie (Early Mac Intosch, Winter Banana)… alors que d’autres demandent 1 200 heures

52
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

(Rome Beauty, Northen Spy, etc.).


Le pommier est une espèce rustique ; il ne souffre pas de basses températures, à l’exception
des variétés précoces. Il en est de même des variétés tardives qui entrent en repos tard en
saison :Winesap, Granny Smith… La sensibilité au gel printanier est liée à l’importance des
basses températures en fonction du stade de développement. Stade DE à – 4,9 °C, la pleine
floraison à – 3,2 °C, à la nouaison à – 2,7 °C.
C. Sol
Le pommier est très rustique, moins exigeant que le poirier ; il supporte des doses élevées
de calcaire actif (de 15 à 25 %), sous réserve d’un bon drainage, car au printemps, dans les
terres gorgées d’eau, il souffre de l’asphyxie radiculaire ; il se forme des chancres sur les
branches et les jeunes fruits se fendent profondément ou deviennent liégeux en surface.
Si la nappe phréatique est à faible profondeur, la chlorose gagne les feuilles et les jeunes
fruits tombent.
D. Multiplication
Elle se fait par semis, drageonnage, marcottage et greffage.
Le semis est utilisé pour la reproduction des francs. Les autres procédés, à l’exception du
greffage, bien que possibles, ne sont guère utilisés que pour la multiplication des porte-
greffes… tout spécialement les sélections réalisées à la Station d’East Malling en Angleterre.
E. Principaux porte-greffe
• Franc (Malus communis)
Obtenu de semis de certaines variétés, présente un système radiculaire pivotant et des
rameaux souvent épineux.
Il communique au greffon une certaine rusticité et une grande longévité et, bien entendu,
une mise à fruit tardive. Les types francs comme les Bittenfelder et Graham Jubileum qui
sont des obtentions allemandes (Station de York) assurent une résistance au froid hivernal…
et des semis de Golden Delicious et de Rose de Benange présentent une certaine
homogénéité, ce qui n’est pas le cas avec les pépins provenant de sujets non sélectionnés.
• Paradis et Doucin (Malus mitis et M. parasitica)
Ce sont des arbrisseaux, d’origine inconnue, qui sont multipliés par marcottage en cépée.
Le Paradis donne un arbre nain à rameaux étalés, à racines traçantes, un peu charnues, se
brisant à la moindre flexion ; il en existe deux variétés :
– le paradis noir : très faible, peu utilisé ;
– le paradis jaune de Metz : plus vigoureux.
Le Doucin, probablement une mutation de paradis, plus vigoureux, qui doit être utilisé dans
les terres moyennes, sèches et pour les formes semi-libres.T
A la station anglaise d’East Malling, dès 1912, ont été entrepris des travaux de sélection et
de nos jours, ce sont ces types que nos pépiniéristes utilisent. Ils sont classés en 3
catégories : East Malling ou M, Merton’s immune ou MM, et Malling ou M.

Tableau récapitulatif des principales caractéristiques des porte-greffes du pommier

Gamme de Sols Mise à Sensibilité Ancrage Observations


vigueur recommandés fruit à diverses
l’asphyxie

FRANCS Très Bonne Lente Irrégulièr Bon


vigoureux adaptation en e

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

terrains
médiocres

M 104 Non Rapide Très Bon Sensible à


(M 2 X asphyxiants sensible l’oïdium en
Northern pépinières
Spy)

M 109 Non Rapide Très Mauvais Sensible à


(M 2 X asphyxiants sensible l’oïdium en
Northern Résiste bien à pépinières
Spy) la
sécheresse

M 25 Terres Assez Sensible à Moyen Sensible aux


(Norther franches ou rapide très à bon viroses
n Spy X limoneuses. sensible
M 2) Bon
comportemen
t en sols
sableux

M2 Vigoureux Non Assez Très Bon Comportemen


asphyxiants rapide sensible t irrégulier

M 13 Sableux ou Assez Peu


silico-argileux rapide sensible
comportemen
t. Bon
en sols
humides

M 793 Non Assez Très Bon Utilisé avec


asphyxiants rapide sensible types
SPURS

M 111 Non Assez Très Bon Très sensible


(Norther asphyxiants rapide sensible aux viroses
n Spy X
Merton
793)

M7 Moyennemen Limono- Rapide Moins Bon Comportemen


t argileux sensible t proche du M
vigoureux que M 106 mais
106 moins

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

productif, peu
sensible au
Phytophthora
cactorum
M 106 Fertiles, sains Rapide Peu Moyen Sensible au
(Northe bien drainés. sensible Phytophthora
m Spy X Craint cactorum en
M 1) la sécheresse conditions
favorables à
son
développemen
t
M 26 Moyennemen Non Rapide Moyenne Meilleur Nécessite un
(M 16 X t asphyxiants que tuteurage,
M 9) faible M 9, croissance
moyen rapide
les premières
années,
sensible au
Phytophthora
cactorum en
conditions
favorables à
son
développemen
t

M9 Faible Fertiles, sains, Très Moyenne Faible Nécessite un


limoneux rapide tuteurage, peu
sensible au
Phytophthora
cactorum

M 27 (M Très Très riches Très Faible


13 X M 9) faible rapide

.
F. Soins et taille
L’arboriculteur devra adopter pour les sujets greffés sur franc ou les divers types de Malling,
classés comme très vigoureux et vigoureux, la forme en haute tige ou mieux, le gobelet
différé et pour les moyennement vigoureux et faibles qui s’apparentent au Doucin et au
Paradis, les formes semi-libres ou palissées (palmette oblique, croisillon, etc.)..
1. Gobelet différé
La taille en gobelet différé, comparable à celle pour le pêcher, demande des soins
particuliers qu’impose le mode de végétation du pommier.
Le scion, après son sectionnement (en hiver) et à quelque hauteur que ce soit (0,30 m, 0,60
m ou 0,90 m), développe, à son sommet, un verticille de deux et plus souvent trois belles

55
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

branches, issues des yeux de l’extrémité, tandis que sur le reste du jeune plant se forment
(en rapport avec le porte-greffe) des pousses de force très inégale, qui très souvent se
transforment en brindilles couronnées l’année de la plantation… c’est le début de la mise à
fruit.
Ce fait, lié à la physiologie de la tige du pommier, exige pour aboutir à la formation du
gobelet différé l’usage de la double taille.
2. Taille de formation
a) Première taille d’hiver
Le scion, après la plantation, sera sectionné à 1,10 m de hauteur, l’œil de taille orienté vers
le vent dominant.
b) Première taille d’été
En juin, vers le 10 ou le 12, lorsque les 3 pousses du verticille auront 20 à 25 cm de longueur,
il sera procédé, avec le sécateur, au rabattage du scion à 0,90 m de hauteur, sur une pousse
bien orientée. Alors, les hormones végétales, déjà dirigées vers le bas, influenceront la
pousse des yeux situés sur le tronc, tout en leur donnant un écartement suffisant (angle de
60 à 70°) vis-à-vis de la branche dont elles seront issues.

Taille du pommier en gobelet différé (Principe de la double taille) A : 1re taille hiver. – B :
1re taille été. – C : 2e taille
été. – D : 2e taille hiver. – E : 3e taille hiver.

Maintien temporaire de l’axe


c) Deuxième taille d’été
Quelques jours après, il sera fait le choix de 3 belles pousses, la première à 0,30 m du sol, la
seconde à 0,60 m et la troisième à 0,90 m. Celles qui seraient en plus ne seront pas
supprimées, mais pincées à 3 ou 5 feuilles.
Les autres tailles seront identiques à celles indiquées au chapitre du pêcher.
3. Maintien temporaire de l’axe du gobelet
Il est fréquent, et cela malgré tous les artifices conseillés ci-dessus, qu’à la fin de l’été le
scion ne comporte que des rameaux irrégulièrement disposés ; les deux du sommet sont à
peine distants de 8 à 10 cm, alors que le troisième (le plus près du sol) est assez bien
distancé.
C’est alors qu’à la seconde taille hiver les trois futures mères seront raccourcies, en fonction
de leur force, en ne retenant comme valables que les ramifications 1 et 2 (fig.4), la dernière
ou 3 étant considérée comme le prolongement de l’axe du gobelet et sectionnée à 30 cm
environ sur un œil opposé au précédent (comme le fuseau).
Puis, à la troisième taille hiver les deux branches charpentières de la base seront taillées sur
un œil intérieur, tandis que l’axe du gobelet sera sectionné au niveau de la ramification la
mieux distancée et la mieux placée et susceptible de constituer la 3e branche charpentière
du gobelet.
Certains auteurs étrangers recommandent le maintien de l’axe du gobelet. Si cela se justifie
pour le poirier, en revanche, pour le pommier ce n’est pas nécessaire.
4. Taille de fructification
Ce sera le principe de l’éclaircie (voir le pêcher, taille longue) pour les formes libres et, pour
les autres, la taille annuelle à peu près identique à celle du poirier, mais un peu courte, car le

56
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

bouton à fruit se forme en deux années au lieu de trois. L’espèce développe assez facilement
des brindilles, avec lesquelles on assure la mise à fruit (quelle que soit la variété).
5. Taille de rajeunissement
Après un certain nombre d’années de grosse production, variable avec les espèces, les
charpentières se trouvent dégarnies, la végétation est de plus en plus faible ainsi que le
développement du système radiculaire.
Il importe donc, par un élagage sévère, de rétablir l’équilibre entre la partie aérienne et la
partie souterraine de l’arbre.
Cette taille sévère sera faite en hiver, suivant les principes déjà énoncés.
6. Éclaircissage des fruits
Avec les formes palissées et celles dites semi-libres ou libres, il est souhaitable de procéder à
l’éclaircissage des fruits, ce qui permet d’obtenir des fruits de bon calibre, d’en améliorer la
coloration et de réduire l’alternance.
Pour certaines variétés telles que Reine des Reinettes, Golden, Red Delicious, les types Spurs,
Akane, Idared,Winesap, Granny Smith… ainsi que les variétés françaises comme la Reinette
du Canada, la Belle de Boskoop, la Reinette du Mans, etc., il est indispensable de réaliser
cette opération de préférence en utilisant des produits chimiques à base d’ANA, NAD ou de
Carbaryl en pulvérisation, à des doses de 10 à 20 mg par litre, lorsque les fruits ont de 9 à 12
mm de diamètre. Le Carbaryl s’utilise 14 à 21 jours après la pleine floraison, à raison de 100
à 200 g/hl et 1 800 l à l’hectare.
G. Variétés
• Vista bella
Obtention de l’Université de New Brunswick (U.S.A.) hybride de grande vigueur, ramification
moyennement importante, rameaux longs et trapus, très grandes feuilles. Floraison une
semaine avant Golden. Pollinisateurs Idared, Jerseymac, Priam. Mise à fruit rapide sur bois
de 1 ou 2 ans. Fruit moyen à épiderme lavé de rouge sur 3/4 de sa surface, attrayant, forme
aplatie, de bonne qualité gustative, conservation 2 semaines à +2 °C. Assez sensible à
l’oïdium et la tavelure ; à élever en formes plates afin d’obtenir une bonne coloration. Elle
est sensible à la chute à maturité. Rubrique particulière.
• Jerseymac
Hybride sélectionné par l’Université de New Brunswick au U.S.A., qui fructifie sur bois de 2 à
3 ans. Mise à fruit rapide, de production régulière. Floraison 3/4 jours après Golden. Elle est
pollinisée par les Delicious rouges, Golden, Idared, Granny Smith, Reine des Reinettes, Priam.
La cueillette s’effectue 10 jours avant Akane et 40 jours avant Golden. Fruit moyen, lavé de
rouge sur fond jaune. Qualité gustative moyenne. Valable en altitude.
• Belrène
Obtention INRA, obtenue par traitement mutagène de Reine des Reinettes ; elle nécessite 3
à 4 passages à la récolte, car le fruit est sensible à la chute. Couleur de fond jaune, strié de
rouge ayant laissé en partie place à un lavis rouge-orangé sur la moitié au maximum de la
surface. Il y a d’autres mutations plus ou moins rouges.
INRA. Belrène INFEL. 2732 T.
• Prima
Origine américaine. Arbre de bonne vigueur, à port semi-étalé, de mise à fruit rapide, forte
production. Résistante à la tavelure, peu sensible à l’oïdium. Cueillette 2 semaines avant
Golden. Pollinisateurs : Priam, Florina. Beaux fruits, de calibre moyen, de forme tronconique.
Épiderme rouge lumineux sur fond jaune. Bonne qualité gustative.
• Priam

57
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

Obtention franco-américaine, résistante à la tavelure, clone INFEL : Priam X 2814 T. Arbre de


vigueur moyenne, port semi-érigé. Production moyenne. Floraison comme Golden, que
pollinise Prima et dont la cueillette s’effectue 1 semaine avant Golden. Fruit de calibre faible,
forme conique, allongé, de coloration jaune et rouge. Bonne qualité gustative. Elle exige des
hivers froids.
• Jonnee
Mutation de Blackjon, d’origine américaine. La floraison est un peu plus tardive que celle de
Golden. La coloration du fruit apparaît plus tôt que sur Blackjon ; elle est plus homogène.
Convient bien au Sud-Est, mais se montre sensible à l’oïdium.
Mutants indemnes de rugosité (Golden Delicious)
• Belgolden
Mutant naturel obtenu par irradiation à la Station d’Angers, totalement indemne de
rugosité. Fructifie sur bois d’un an. La maturité est retardée d’environ 10 jours à Golden.
• Lysgolden
Mutation obtenue par irradiation à la Station d’Angers, totalement indemne de rugosité.
Fructifie sur bois d’un an. La maturité est comparable, en date, à celle de la Belgolden.
• Types Spurs de Golden
Yellowspur, Golden Auvilspur, Stark Golden Spur. La maturité de cueillette des fruits est plus
tardive que celle
de Golden de 10 jours.
• Jonagold
Croisement Golden Delicious X Jonathan réalisé à la Station de Geneva New York (U.S.A.).
Arbre vigoureux, port semiétalé, sensible à l’oïdium. Floraison 8 jours avant Golden.
Pollinisateurs : Reine des Reinettes, Delicious rouges, Granny Smith, Melrose et mauvaise
pollinisation avec Golden. Cueillette à la même époque que cette dernière. Fruit gros à très
gros de forme tronconique. Épiderme rouge strié sur fond rouge. Qualité gustative
excellente…devient farineuse si elle est cueillie tardivement.
• Maigold
Croisement entre Franc Roseau et Golden réalisé en Suisse, mise en commerce en 1964.
Arbre très vigoureux, à port semi-étalé, sensible à la tavelure, au bitter-pit et assez résistante
à l’oïdium. Floraison précoce, d’où sa sensibilité aux gels printaniers : Stark Earliest, Idared,
Jonathan, Delicious rouges. Interstérile avec Golden.
• Moulin Rouge
Mutation de Melrose découverte en Loire-Atlantique produisant un fruit plus coloré et plus
aplati.
K. Récolte et commercialisation
La récolte commence en juillet avec les variétés précoces, comme Vista Bella, Jersey Mac,
Akane, Reine des Reinettes, Belrène… et se termine en septembre-octobre, avec les variétés
tardives, comme Idared, Mutsu, Charden, Gloster … et Granny Smith.
Les gros producteurs disposent de salles d’emballage, calibreuses et chambres froides (ou à
atmosphère contrôlée). Les fruits sont cueillis à la main, à une époque qui est en liaison avec
la nature des variétés; celles dites de courte conservation (Blackjon, Jonathan…) étant
cueillies entre 120 et 140 jours, après F2, ou pour celles de longue conservation (Delicious
rouges, Gloster) 8 à 10 jours après et enfin, pour celles dites à très longue conservation
(Idared, Charden, Granny-Smith), 2 à 3 semaines après la Golden, soit 170 à 180 jours après
la pleine floraison.
A la cueillette, il est pratiqué un triage sommaire, puis les caisses ou palox, sont dirigés vers

58
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

la salle d’emballage, où sera effectué le calibrage à la machine, ou la préréfrigération.

Le poirier
Importance et aire de culture
Le poirier (Pyrus communis) occupe une superficie de 4000 ha pour une production de 40000
T. Comme pour le pommier, les principales régions de production sont le Moyen et Haut
Atlas (Azrou-Ifrane), la plaine du Saïs (Meknès- Fès), Khénifra-Midelt et le Gharb.
Exigences agro-écologiques
Le poirier est une espèce qui se développe dans des zones climatiques où la température
hivernale reste en dessous de 7°C. Ses besoins en froid sont de l’ordre de 1200 à 1500
heures de températures inférieures à 7,2°C. En phase de dormance, le poirier peut supporter
sans en souffrir des températures allant jusqu’à -26°C. Moins rustique que le pommier, le
poirier est cependant plus exigeant en froid que le pêcher. Les températures au dessus de
27°C et au dessous de 12°C et la faiblesse d’hygrométrie réduisent le calibre des fruits. La
variété Williams est sujette à une maturité précoce si des températures fraîches sévissent
pendant les quelques mois qui précèdent la récolte. Le fruit présente alors une vitrescence,
ramollit et se conserve mal en frigorifique. Le degré de ces altérations dépend d’un seuil
critique des températures et de la durée d’exposition du fruit à ces températures.
Le poirier s’accommode d’une grande variété de sols dans la mesure où ils conservent
suffisamment d’humidité et qu’ils soient bien drainés. Comme beaucoup d’espèces, le
poirier se développe bien sur des sols profonds, fertiles, argilo-limoneux et riches en matière
organique.
Les variétés
Comparativement au pommier, la gamme variétale du poirier est nettement plus réduite.
Une dizaine de variétés fournissent la quasi-totalité de la production de poires au Maroc. En
culture de plaine et par ordre de précocité de récolte, on rencontre Wilder, Précoce
Morettini, Coscia, Dr. Jules Guyot, Clapp Favorite, Williams Blanc, Williams Rouge, Louise
Bonne d’Avranches et Passe Crassane. Les variétés les plus cultivées sont les poires d’été
(Williams, Dr. J. Guyot, Beurré Hardy) suivies de Passe Crassane, une poire d’automne.
L’association variétale est nécessaire chez le poirier pour assurer la fécondation croisée. Les
types d’associations rencontrées sont les suivantes:
Variétés à polliniser Variétés pollinisatrices
-Précoce Morettini -Coscia
-Coscia -Précoce Morettini
-Dr. J. Guyot -Williams
-Williams -Conférence, Dr. J. Guyot
-Louise Bonne d’Avranches -Beurré Hardy, Williams
-Passe Crassane - Beurré Hardy

Les deux porte-greffes les plus utilisés sont: le Franc et le Cognassier BA29. Le franc confère
une grande vigueur à la variété, ce qui est un inconvénient en culture intensive, mais il est
indemne de maladie à virus à l’exception du “vein yellow” transmis par graine; il présente
aussi une bonne affinité avec le poirier et est peu sensible à la chlorose calcaire. Un franc
sélectionné pour son homogénéité, Feudière est peu diffusé. Le cognassier BA29 est un
cognassier de Provence qui se distingue par sa vigueur, sa croissance rapide et présente une
bonne affinité avec Williams.
Les techniques culturales

59
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

La réussite de la culture du poirier nécessite les conditions suivantes:


● Eviter les brusques variations dans la disponibilité en eau. Ceci revient à:
. disposer d’une bonne réserve en eau du sol;
. limiter l’évapotranspiration (choix d’un terrain abrité et plantation de brise-vent);
. maintenir l’humidité du sol proche de la capacité au champ en pratiquant des irrigations
fréquentes.
● Eviter les endroits gélifs.
● Assurer une excellente pollinisation (la présence de ruches est indispensable).
Pour les autres techniques (fertilisation, irrigation, taille se référer à la culture du pommier).
Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire
Le poirier est soumis à de nombreuses maladies à virus et à mycoplasmes dont on peut citer:
le jaunissement des nervures (vein yellow), la mosaïque annulaire, la gravelle (pear stony
pit),
le dépérissement viral (pear decline) et le bois caoutchouc (Rubbery wood). Ces deux
dernières maladies sont dues à des mycoplasmes. Une maladie bactérienne, le flétrissement
des bouquets floraux dû à Pseudomonas syringae a été signalée dans des vergers d’Azrou. Le
feu bactérien dû à Erwinia amylovora présente un réel danger pour les vergers de pommiers
et poiriers au Maroc.
Pratiquement, les mêmes maladies cryptogamiques signalées sur le pommier, affectent le
poirier (Tavelure, Oïdium, Chancres, Plomb parasitaire dû à Stereum purpureum,
etc...). Comme ravageurs, il faut signaler le carpocapse, le psylle, le pou de San José, la
cochenille, les acariens, les pucerons, le capnode, la cératite, la zeuzère et le cossus...

Le figuier
Importance et aire de culture
Le figuier occupe une superficie de plus de 46.000 ha, soit 5% du patrimoine arboricole
national. La production est estimée à 57.000 tonnes, atteignant un rendement moyen de 1,2
tonnes/ha. La culture est localisée principalement dans les zones de montagne, sur des sols
pauvres, schisteux-marneux (Rif et Chefchaouen) ou calcaires dans des terrains souvent
accidentés et bénéficiant de très peu de soins. Les cinq grandes zones de production sont:
Taounate (22.230 ha), Chefchaouen (7.050 ha), Al Hoceima (5.000 ha), Ouazzane (3.150 ha),
Tétouan (2.000 ha). Les autres plantations sont réparties entre Taza, Nador, Essaouira, El
Jadida, Safi. La culture du figuier est en régression, souvent remplacée par des céréales ou
du tabac.
Exigences agro-écologiques
Le figuier se développe bien dans des zones à faible hygrométrie, fort ensoleillement et des
étés chauds et secs. Au stade jeune, les pousses en croissance peuvent être endommagées
(à -1°C). Mais l’arbre adulte peut résister jusqu’à -12°C. Les températures de 32 à 37°C sont
très favorables au développement et la maturité des fruits. Si la température s’élève jusqu’à
43°C, le fruit durcit. Le figuier s’adapte à une large gamme de sols, depuis les sols lourds
argileux jusqu’aux sols sableux, mais préfère les sols limono-argileux. Il tolère des pH de 6 à
7,7, mais craint les fortes concentrations en sodium et en bore.
Les variétés
Il existe actuellement un grand nombre de variétés au Maroc et probablement beaucoup de
synonymie d’appellation. Vingt-quatre variétés commercialement cultivées ont été
identifiées dans trois zones du Rif. Parmi ces variétés, six sont cultivées à grande échelle. Il
s’agit de: El Messari ou Homrane ou Johri, Lembdar Labiad, Lembdar Lakhal, Rhouddane, El

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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

Koté et Aounq Hmam. A l’exception d’El Koté qui ne fructifie qu’en automne, toutes les
autres variétés sont bifères, c'est-à-dire qu’elles présentent une fructification estivale (de la
mi-juin à juillet) et une 2ème automnale (de la mi-août à septembre). La variété Rhouddane
est un type commun qui ne comporte que des fleurs pistillées. Elle n’a pas besoin de
pollinisateur, alors que toutes les autres variétés sont du type San Pedro et nécessitent un
pollinisateur pour la fructification de septembre- octobre, qui produit le plus de fruits. Pour
le figuier, une opération importante (caprification) consiste à planter à côté des figuiers
femelles un caprifiguier pour en assurer la pollinisation grâce à un insecte, le Blastophaga
psenes. Trois à cinq caprifiguiers assurent la caprification de cent figuiers femelles. Dans la
zone Nord du Maroc, les caprifiguiers: L’Hlou, l’Mer et l’Hmer sont à floraison échelonnée et
sont utilisés comme source de pollen. Un caprifiguier, le MKH n° 5, a aussi été sélectionné
pour sa richesse en Blastophages, par l’INRA Marrakech.
Les phases de développement du fruit
La figue présente une allure de croissance en double sigmoïde avec deux pics et trois phases
de croissance. Au cours de la première et la troisième phase, le fruit croît en taille et en
poids, alors qu’en deuxième phase, il reste stationnaire. Les pics de croissance sont associés
à la synthèse d’auxines endogènes. Le taux de sucre de la figue croit graduellement durant
les premières et les dernières phases de développement du fruit.
Les techniques culturales
Multiplication et plantation
Le figuier se multiplie facilement par boutures qui s’enracinent facilement. Les boutures sont
plantées ans un carré d’élevage où elles sont espacées de 20 à 30 cm sur la ligne et 60 cm
entre ligne. L’ombrage et une irrigation régulière sont nécessaires pour une bonne reprise
des boutures. Une incision annulaire à la base de la bouture, 30 jours avant son
prélèvement, facilite l’émission des racines et leur développement ultérieur. Des trous de
plantation de 60 cm³ sont creusés et exposés à l’air libre pour quelques semaines. Les
plantations se font en carré ou selon les courbes de niveau avec une distance de 4 à 6 m en
tout sens. Des espacements de 6x4 m sont conseillés car ils permettent une limitation de la
phase juvénile et augmentent la résistance au froid.
Fertilisation
Les plants d’un an doivent recevoir 9 kg de fumier bien décomposé et 35 g d’azote sous
forme d’urée. Chaque année, on doit ajouter 7 kg de fumier et 35 g d’azote supplémentaires.
A cinq ans, l’arbre doit recevoir 40 kg de fumier et 150 g d’azote. Chez le figuier, l’azote est
essentiel pour la croissance végétative et la fructification; le phosphore agit sur la couleur et
la maturité du fruit et le potassium sur le rendement et la qualité de la figue.
Irrigation
Au cours des premières phases de croissance et de développement, les besoins en eau du
figuier sont importants, mais l’irrigation doit être réduite à l’approche de la maturité, en vue
d’obtenir des fruits riches en sucre et entiers. En été, le figuier doit être irrigué tous les 8 à
10 jours. En hiver, lors du repos végétatif, 2 à 3 irrigations sont suffisantes pour couvrir les
besoins de l’arbre.
Taille
La taille est nécessaire pour stimuler la production de nouvelles pousses qui vont porter les
fruits. La taille a pour effet d’accroître la production et le poids des fruits. C’est une taille
d’éclaircie qui doit enlever le bois mort et aérer la frondaison des arbres.
Maladies et ravageurs
Dans les vergers mal entretenus (pas de taille), la cochenille du figuier ou Kermès

61
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

(Lepidosaphes ulmi) se développe sur l’écorce, les feuilles et les fruits, sécrétant une
substance cireuse blanc-rosâtre. Suite à ces attaques, la fumagine se développe sur les
arbres; les fruits récoltés sont alors impropres à la consommation. Une autre maladie due à
Rosellinia necatrix, se manifeste par un feutrage mycélien blanc sur les racines et l'extrémité
des rameaux qu’il dessèche. D’autres maladies sont aussi fréquentes telles que l’Aspergillus
niger et Botrytis cinerea. Un poudrage au soufre, le Zineb ou le Dithane M45 permettent un
contrôle de ces maladies. Parmi les insectes, on peut citer le psylle du figuier qui s’attaque
aux feuilles et aux jeunes pousses et la mouche noire des figues qui peut faire chuter
certaines années jusqu’à 60 à 70% des fruits. Traiter avec les insecticides appropriés.
Récolte et conservation
Pour les zones les plus précoces, la maturité des figues commence à la mi-juin pour les figues
fleurs et à la mi-août pour les figues d’automne; un décalage de 10 à 15 jours sépare les
zones de productivité précoce de celles à production tardive. La récolte se fait manuellement
ou à l’aide de roseaux fendus à l’extrémité. La cueillette des fruits est faite un peu avant
maturité complète pour les figues destinées à la vente en frais et au séchage. Les
rendements sont variables et se situent entre 15 et 80 kg par arbre en pleine production.
Des séchoirs solaires pilotes permettent de sécher les figues.

LA VIGNE
( Vitis vinifera )
En 2008-2009 la culture de la vigne a occupé, au niveau national, une superficie de l’ordre de
45.300 ha dont 35.900 ha de vigne de table (80%). La superficie de la vigne a connu une
régression continue durant les trois campagnes 2006- 2007/2008-2009.
Les principales régions de production de la vigne de table sont les Doukkala, le Haouz, les
régions de Rabat salé, Benslimane, Essaouira et Khémisset et la Moulouya qui détiennent
ensemble environ 74% de la superficie totale. Les principales variétés de table sont Doukkali,
Muscat d’Italie, Valency, Abbou et Muscat d’Alexandrie qui occupent environ 70% de la
superficie totale.
Production
La production de raisins réalisée au titre de la campagne 2008-2009 est évaluée à près de
288.000T, en baisse de 8,7% par rapport à la moyenne des 5 dernières années.
I. La connaissance de l’arbre
Classification de la vigne
Les cépages (=variétés de vigne) ont plusieurs origines :
- eurasiatique
- asiatique
- américaine
La vigne est une plante sarmenteuse (nécessite un support).
Le pied de la vigne est un cep.
Les rameaux de la vigne sont des sarments.

62
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

La vigne s’accroche à son support par des vrilles.


Les raisins sont des baies groupées en grappes.
Les feuilles sont des feuilles simples tombent pendant le repos végétatif.
II. Les exigences agro-climatiques
3. La vigne préfère les climats semi-arides et subtropicaux avec des étés secs et chauds
sans précipitations et des hivers frais. Pour la croissance des baies et leur maturité, il
est nécessaire de disposer d'une atmosphère sèche, d'une température modérément
chaude (15 - 40°C) et d'un fort ensoleillement. Une forte hygrométrie, un temps
couvert (nuageux), des températures basses et des précipitations durant la phase
floraison - croissance des baies sont favorables au développement des maladies
(Botrytis, Oïdium, Mildiou). La vigne s'adapte à une large gamme de sols mais préfère
des sols: argilo-limoneux, ayant une bonne structure et riches en matière organique. Le
pH doit être de 6,5 à 7,5 et la salinité faible ; mais il existe des porte-greffes pour
toutes les situations (pour sols calcaires, ou salins ou de sécheresse). Les besoins en
eau sont estimés à 400 à 500 mm. Au cours de la période floraison-nouaison, la vigne
est très sensible à un manque d’eau (chute de fleurs et baies nouées).
III. Le matériel végétal
Les principales variétés de table sont: Doukkali, Muscat d'Italie, Valency, Abbou, Boukhanzir
et Muscat d'Alexandrie qui occupent environ 77% de la superficie totale. Le reste est
constitué des variétés suivantes: Alfonse Lavallée, Adari, Cardinal et Madelaine. Les variétés
apyrènes (sans pépins) occupent une superficie négligeable n'excédant pas 600 ha. D’autres
variétés nouvelles telles que : victoria, red globe…
Les porte-greffes, il y’en a pour toutes les situations :
- pour sols calcaires : 41 B et vialla.
- pour sols salins : SO4, Paulsen 1103..
- pour sols secs et pauvres : Riparia gloire, rupestris lot…
- Autres porte-greffe (pour phylloxera par exemple) : R,99; 110R; RU140…
IV. Cycle végétatif et reproducteur de la vigne
En hiver, la vigne perd ses feuilles et rentre en dormance. L'élévation des températures au
printemps s'accompagne du débourrement en février-mars, de la sortie des feuilles et d'une
croissance rapide des pousses. La pleine floraison a lieu généralement six à huit semaines
après le débourrement. Les grappes florales se forment sur des pousses de l'année,
apparaissant sur les baguettes âgées d'un an du printemps précédent. L'époque de la
différenciation des bourgeons floraux varie en fonction des variétés et des conditions
climatiques. Elle a lieu généralement entre avril et juin. Les cultivars de Vitis vinifera
présentent dans leur majorité des fleurs parfaites ou hermaphrodites qui sont autopollinisés.
La nouaison est suivie de la croissance des baies, de la véraison et de la maturité. En fonction
des soins qui lui sont donnés et des conditions climatiques, la vigne peut vivre plusieurs
dizaines d'années. Le rendement en raisin est variable selon les variétés, les conditions agro-
climatiques, les modes de conduites et les techniques culturales. La variété Carignan produit
4,75 kg/souche avec seulement des précipitations annuelles de 322 mm.
V. Les techniques culturales
1. Les travaux du sol et La fertilisation
Généralement, le vignoble est maintenu propre par 3 labours par an: en Janvier-Février au
voisinage du débourrement, en Avril-Mai, un peu avant la floraison, et vers Juin, à la
nouaison. Des herbicides sont utilisés également pour lutter contre les mauvaises herbes. On
en distingue trois types : (1) les herbicides de pré-émergence (=avant la levée des mauvaises
herbes) (Simazine, Atrazine, Diuron); (2) les herbicides de contact (colorants nitrés, Diquat,
Paraquat); (3) les herbicides systémiques (2,4 D, Dalapon, Aminotriazole, Glyphosate

63
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

(Mamba)). Le sol peut être aussi maintenu enherbé ou couvert par un mulch ou un paillage
plastique pour lutter contre l'érosion et améliorer la structure.
Le contrôle de la nutrition peut être effectué par l'analyse foliaire.
Pour un vignoble de 750 pieds/ha ; les apports sont par exemple de : 500 kg d'N ; 120 kg de
P205 et 750 kg de K20 à l'âge de 3 à 5 ans. Au-delà de 5 ans, les apports sont de : 500 kg d'N ;
500 kg P205 et 1000 kg K20.
2. L'irrigation
La vigne peut être conduite en bour (dans les régions de Mèknès Khémisset, pour la conduite
en gobelet ou en guyot simple.
Le système d’irrigation le plus utilisé actuellement est le goutte à goutte; Pour le système
gravitaire, il est conseillé de faire quatre arrosages: au débourrement, à la floraison, à la
nouaison et à la véraison. L'aspersion est peu pratiquée car elle favorise le développement de
maladies cryptogamiques (Mildiou, Botrytis) et l'éclatement des baies.
Le goutte à goutte, malgré son coût d'installation, se développe dans plusieurs régions. Les
goutteurs d'un débit de 2 à 4 l/h sont disposés tous les 1,25 à 1,50 m et assurent une
alimentation régulière des souches. Les apports sont de 600-1800 m³ à 2500-3000 m³/ha/an en
juin-juillet et août.
3. La taille
La taille doit être réalisée chaque année pendant le repos végétatif: décembre-janvier-février.
Les systèmes de taille de formation sont les suivants: le Gobelet, le Guyot simple, le Guyot
double, le Cordon simple, le Cordon double, la Pergola.
VI. Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire
1. Maladies
* L'Oïdium : les feuilles, rameaux et inflorescences se couvrent de poussières gris-
blanchâtres. Le champignon attaque les grappes, les baies éclatent et deviennent sensibles au
Botrytis cinera. Lutte : traitement au soufre, le dinocap (karathane), Fenarimol (Rubigan 4),
Triadimeton (Bayleton 5).
* Le mildiou: apparition de taches translucides: «tâches d'huile» de formes circulaires ou
allongées. Les grappes se couvrent d'une poussière blanche «rot gris». Lutte : bouillie
cuprique, les organo-cupriques.
* Botrytis: tâches brunâtres sur feuilles, pourriture des grappes. Lutte: fongicides de contact
(Rovral, Ronilan) et systémiques (Benlate, Pelt).
* L'excoriose, l'Esca.
2. Ravageurs
  - Phylloxera, les acariens (araignées rouges et jaunes), les cicadelles, l'altise,...
3. Maladies à virus
Le court-noué se traduit par un raccourcissement des entre-nœuds, des rameaux en zig-zig,
nœuds doubles, et coulure de grappes. Lutte: utilisation de matériel végétal sain sur un sol
n'ayant jamais porté de vigne ou désinfecté contre les nématodes.
VII. Récolte (vendanges) et conservation
Un raisin de table de qualité doit être cueilli une fois que les grappes sont bien développées et
pleines. Les baies doivent être fermes d'une forme typique de la variété, de couleur uniforme,
et sans tâche de brûlure, de blessure ou de maladies. On se base généralement sur le degré
Brix (qu’on mesure par réfractomètre): augmentation de leur taux de sucre et la baisse du taux
d'acidité et le développement de la couleur, l'odeur et la texture caractéristique du cultivar.

La tomate

Plante et importance de la culture

64
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

La culture de tomate, (Lycopersicon esculentum), appartient à la famille botanique des


solanacées et est originaire de l’Amérique du Sud. C’est une plante annuelle dont la partie
consommée est le fruit mûr. Les fleurs sont parfaites. Pour une meilleure production, la
pollinisation doit être assurée par les bourdons (4 ruches/ha). Le légume présente une
bonne valeur nutritive; il est riche en P, vitamine A et C. La tomate a une influence propice
sur le fonctionnement des reins et de l’appareil digestif. Au Maroc, les principales régions de
production sont le Souss Massa, El Oualidia, El Jadida et Casablanca pour les primeurs et la
culture d’arrière saison. La plupart des serres sont situées sur le littoral.
Préférences pédo-climatiques
La tomate est une plante de saison chaude. Le zéro de germination est de 12˚C. L’optimum
de la croissance des racines est d15-18˚C. En phase de grossissement des fruits,
l’optimum de la température ambiante est de 25˚C le jour et de 15˚C la nuit. Les préférences
en types de sol sont très larges. Le sol doit être bien aéré et drainant. L’asphyxie
racinaire, même temporaire, est préjudiciable à la culture. La teneur en matière
organique du sol doit être assez élevée (2-3 %) pour obtenir de bons rendements. Le pH
optimal du sol est de 5,5- 6,8. La culture tolère la salinité et le bore. Elle répond bien à un
apport de Zinc en cas de carence en cet élément.
Variétés, semis et plantation
Les principales variétés utilisées au Maroc sont Daniela en cas d’absence de nématodes;
Gabriela en cas de présence de nématodes. D’autres variétés sont également disponibles sur
le marché. Les variétés sont en perpétuelle évolution; il est recommandé de suivre cette
évolution sur le marché afin de bénéficier des nouveautés des obtenteurs. La propagation
est sexuée, par graine. Le semis se fait en pépinière. Le nombre de graines par gramme de
semence est de 250-350. La pépinière doit être abritée (tunnel delta 9 ou Socodam; serre
canarienne...). Il est conseillé d’utiliser les plateaux alvéolés pour confectionner le semis
(7x11=77 mottes/plateau et 300 plateaux/ha). Le sol est d’abord couvert par un paillage
plastique, en préférence noir ou vert afin d’éviter les mauvaises herbes et la
contamination des racines des plantules par le sol. Après remplissage des alvéoles par de la
tourbe, le semis est effectué avec précision à raison d’une graine par alvéole; il est
recommandé de couvrir les plateaux, initialement disposés en bandes jumelées, par un film
plastique transparent fin (20 microns). Ce plastique sera enlevé après la germination des
semences. Durant la période de germination-levée, les soins donnés aux plantes sont les
suivants: arrosages à l’eau claire, pulvérisation d’engrais foliaires et traitements contre les
ennemis de la culture (fongicide et insecticide). Une surveillance particulière des rongeurs
(souris et rats) doit être effectuée du semis à la levée; la dose de semis doit être majorée en
cas de présence des rongeurs dans l’exploitation (utilisation de 80 à 100 g de semence/ha de
terrain). La pollinisation nécessite l’installation de 4 ruches de bourdons/ha en période
florale et durant les cueillettes. Pour la plantation, dès l’installation de la pépinière, il faut
commencer à préparer le terrain pour recevoir les plantules. Le terrain doit être labouré,
nivelé et désinfecté en cas de présence de nématodes (si le seuil des nématodes dans
le sol n’est pas dangereux, la désinfection est à éviter puisqu’elle coûte cher et est
préjudiciable à l’environnement en cas d’utilisation du Bromure de Méthyle). Différents
autres désinfectants du sol sont disponibles au Maroc (solarisation, métam sodium,
némacur...). La période de planta- tion est Juillet-Août pour la culture d’arrière saison. La
culture peut être prolongée jusqu’au mois de Mai-Juin pour une production de primeurs.
La densité est de 18.000 à 20.000 plants à l’hectare pour les cultures sous abris et de 23.000
à 25.000 plants/ha pour les cultures de plein champ. L’arrange- ment des plantes sur le

65
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

terrain est de 1 m x 0,3 m.


Irrigation, soins culturaux et lutte phytosanitaire
Sous abri, il est conseillé d’utiliser le goutte-à- goutte. L’irrigation doit être continue. Il faut
éviter les à-coups d’apports d’eau afin de sauvegarder la vigueur des plantes et la qualité
des fruits formés. Les besoins en eau de la culture peuvent être couverts par des apports de
25 % des besoins globaux durant la phase végétative, 50 % durant le pic des cueillettes et 25
% à la dernière phase de la culture. Le sol doit être toujours porté à sa capacité au champ.
Une erreur dans la conduite de l’irrigation provoque l’éclatement des fruits. Avec un
équipement supplémentaire (pompe doseuse et bacs), il est facile d’introduire la fertigation
dans l’exploitation. Les apports d’eau et des éléments minéraux seront assurés avec une
cadence permettant à la culture de se développer convenablement; les pertes de fertilisant
par lessivage seront également minimisées. Les soins donnés à la culture protégée sont le
remplacement des manquants après plantation, le palissage des plantes en laissant
une longueur suffisante de la ficelle en bobine pouvant servir par la suite au couchage, la
taille (pincement, ébourgeonnage), le désherbage, le buttage surtout en cas d’attaque
modérée des nématodes. Il faut surveiller les nématodes, les taupins, les vers gris, les
pucerons, la mineuse, les acariens en temps chaud, les maladies cryptogamiques, la
bactériose et le TYLC. Les traitements phytosanitaires doivent être appliqués d’une
manière préventive afin d’éviter l’attaque de tout agent pathogène. Il faut, cependant éviter
l’excès afin de sauvegarder l’environnement et d’économiser les charges. Les produits
phytosanitaires doivent être alternés afin d’éviter le phénomène d’accoutumance aux
ennemis de culture.
Fertilisation
Un apport de fond comprend 50-60 T/ha de fumier et une fumure minérale dont les doses
doivent être déterminées en fonction de la richesse du sol; généralement on apporte 100 kg
N/ha + 200 kg P2O5/ha + 250 kg/K2O. En couverture, par quinzaine, les apports sont les
suivants: en phase végétative, 50 kg N/ha avec un équilibre de N-P2O5-K2O de 1-0,5-0,9. En
période de début floraison, l’apport est le suivant: 30 kg N/ha avec un équilibre de 1-0,4-1,2.
En période de cueillettes, l’équilibre suivant doit être adopté: 1-0,3-(1,8 à 2) avec une dose
de N de 30 kg/ha. Au cours de la culture, des pulvérisations d’engrais foliaires doivent être
appliquées régulièrement tous les mois ou en cas de nécessité. Lorsque la fertigation est
utilisée, les mêmes doses peuvent être apportées en les divisant par 15 jours afin de les
adapter aux apports quotidiens.
Récolte, manipulation du produit et conditions d’une bonne conservation
La cueillette peut être échelonnée sur six mois (Novembre à Mai). Les fruits cueillis doivent
être manipulés avec soin afin d’éviter leur blessure. Le rendement varie de 120 à 150 T/ha
sous serre et de 40-60 T/ha en plein champ, selon la qualité de l’entretien consacré à la
culture. En cas de culture d’arrière saison sous abri, arrêtée en Décembre pour être
suivie d’une autre culture (Haricot vert ou melon), le rendement dépasse rarement
50-60 T/ha. En ce qui concerne la conservation, il faut rappeler que la tomate produite
sous abri doit être vendue en frais. Lors d’un transport à une région lointaine, il est
conseillé d’entreposer les fruits dans un local frais (8-10˚C et 90 % HR) en attendant
l’expédition.
Particularités de la tomate de saison Variétés, semis, plantation et travail de sol Les variétés
utilisées au Maroc font partie des deux principaux groupes de tomate, à croissance
indéterminée ou à croissance déterminée. Les variétés à croissance indéterminée sont les
plus utilisées (exemples: Saint Pierre; Casaque rouge; Marglobe; Montfavet;

66
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère

Monymaker). Les variétés à croissance déterminée sont aussi utilisées (exemples: Heinz;
Roma; Homestead). La multiplication est sexuée; elle se fait par plants issus de graines en
pépinière (la pépinière est d’une utilisation courante; dans le Loukkos, la pépinière dépasse
500 ha pour une plantation sur 5.000-6.000 ha de tomate industrielle). Parfois, le semis
direct est effectué; il ne réussit que si des précautions sont prises (désherbage,
remplacement des manquants, éclaircissage, bonne préparation du lit de semence ... etc).
La dose de semis est de 1-3 kg/ha pour un semis direct et 80-100 g/ha pour un semis en
pépinière. Il y a 250-500 graines/gramme de semence. Le minimum officiel de germination
des semences est 75 %. Le stade de repiquage en place définitive est 6-7 feuilles (après 30-
40 jours en pépinière selon les conditions de chaleur régnantes). La préparation du sol, la
dose de semis, les soins donnés à la pépinière et la plantation sont des opérations identiques
à celles effectuées pour tomate sous abri. L’arrangement des plants diffère, selon le
type de croissance de la variété; pour la croissance indéterminée, on laisse 1 m entre les
jumelées, 0,7 m entre lignes dans la jumelée et 0,4 m entre plantes dans le rang; pour la
croissance déterminée, on laisse 0,7-0,8 m entre jumelées, 0,5 m entre les rangs et 0,3 m
entre plantes dans le rang. En général, la date de semis est Mai-Juin.
Irrigation et soins culturaux
Il faut que l’humidité de sol soit au niveau 80% (sol à sa capacité au champ). L’irrigation doit
être régulièrement menée (au moins une fois par semaine pour un sol moyen et plus
fréquemment pour un sol sableux). Les soins donnés à la culture sont le remplace- ment des
manquants pour un semis direct, le désherbage, binages et buttages avant la pleine
floraison. En période post florale, il ne faut pas déranger la plante (pas de taille, ni palissage,
ni tuteurage).
Fertilisation
La tomate est une plante vorace. Comme fumure de fond, on apporte 30-40 T/ha de
fumier + 50 kg/ha de N + 120 kg/ha de P2O5 + 120 kg/ha de K2O. En couverture, on
apporte 40 kg/ha de N + 60 kg/ha de P2O5 +
30 kg/ha de K2O à la mi-croissance et 30 kg/ha de N + 40 kg/ha de K2O à l’apparition du
premier bouquet et à sa maturité.

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Common questions

Alimenté par l’IA

Grafting enables the combination of desirable traits such as disease resistance, rootstock hardiness, and scion fruit quality, positively impacting production by increasing yield and quality. Moreover, it allows for adaptation to varying climatic conditions by selecting appropriate rootstocks, thus enhancing marketability by ensuring consistent production and quality. In Morocco, grafting supports the extension of growing seasons and exploitation of specific market niches, particularly those requiring low-chill varieties for export, aligning production with climate and market demands .

La densité de plantation affecte les systèmes de conduite palissés en optimisant l'utilisation de l'espace vertical. Les systèmes palissés, comme les cordons et les palmettes, nécessitent une gestion précise de la distance entre les arbres pour permettre un bon développement et une bonne exposition à la lumière . Une densité élevée est avantageuse car elle permet de maximiser la production fruitière par unité de surface tout en facilitant les opérations culturales telles que la taille et la récolte . Cependant, elle demande également une gestion rigoureuse des ressources hydriques et nutritionnelles pour éviter la compétition excessive .

Les cultures sous serre au Maroc utilisent des systèmes d'irrigation goutte-à-goutte qui permettent un apport précis et régulier d'eau, minimisant ainsi les pertes par lessivage et optimisant la disponibilité de l'eau pour les plantes . L'irrigation doit être continue pour éviter les à-coups qui pourraient affecter la vigueur des plantes et la qualité des fruits . L'introduction de la fertigation, où l'eau et les éléments nutritifs sont délivrés ensemble, optimise la croissance des cultures tout en réduisant les pertes de fertilisants . Ces mécanismes aident à maintenir le sol à sa capacité optimale, évitant ainsi des phénomènes indésirables comme l'éclatement des fruits .

Central leader forms, like the pyramid and spindle, promote sunlight penetration and air circulation and are conducive to mechanized harvesting. However, they require more complex training and pruning techniques. Cup-shaped forms like the goblets emphasize open centers for better light exposure and ease of manual harvesting but can limit maximum yield potential due to space inefficiencies. Choosing between these forms involves weighing ease of maintenance and harvesting efficiency against the potential yield and labor costs .

Irrigation practices must be adapted to the soil type and root development. For superficial and dense soils where root systems are shallow, more frequent and lighter irrigation is needed to prevent water stress. Conversely, in light and deep soils with more extensive root systems, less frequent, deep irrigation encourages deeper root penetration, promoting drought resistance and efficient nutrient uptake .

Differing maturation periods among peach varieties allow for a staggering of the harvest and marketing operations, reducing market saturation and enabling continuous supply, leading to price stabilization. Early-maturing varieties cater to export needs, while late-maturing varieties are targeted for local markets, enhancing commercial exploitation and market reach throughout a prolonged period .

La culture de variétés à faibles besoins en froid, comme la Flordaking et la Flordabell, est avantageuse dans les régions de Taroudant et Marrakech en raison de leurs hivers doux et de leurs printemps précoces. Cela permet d'étaler la maturité des fruits et facilite à la fois la cueillette et l'exploitation commerciale . Ces variétés peuvent être cultivées pour obtenir des prix unitaires intéressants aussi bien localement qu'à l'exportation .

Le paillage présente plusieurs avantages, notamment la préservation de la structure du sol, la réduction de l'évaporation et la limitation du développement des adventices . Toutefois, il présente également des inconvénients, tels que le risque d'incendie et la pullulation de rongeurs comme les rats . De plus, les racines superficielles peuvent souffrir en cas de sécheresse car ce sont les couches superficielles qui se dessèchent en premier .

Les caractéristiques culturales de l'amandier influencent son utilisation comme porte-greffe pour le pêcher en raison de sa tolérance aux sols calcaires et de sa compatibilité avec des conditions arides . Cependant, certaines contraintes, comme l'incompatibilité partielle, peuvent affecter la longévité des arbres greffés . Les hybrides amandier x pêcher offrent une solution alternative en combinant la tolérance au calcaire avec une bonne vigueur et compatibilité, bien que leur multiplication par voie végétative puisse être complexe . L'amandier représente donc une option viable pour des conditions spécifiques où d'autres porte-greffes pourraient ne pas être adaptés.

The 'gobelet différé' begins with shooting back the scion to 80-100 cm in the first winter and shaping branches to maintain a spacing of 20 cm with 120° angles in the first spring, followed by selective pruning in subsequent seasons to develop the branches. Unlike the traditional gobelet, which has more immediate branching, the 'gobelet différé' allows for more systematic management and development of branches, leading to better distribution of the tree's form and potential for optimized fruit production .

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