Arboriculturepolycope RT
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
2018-2019
Chapitre I : Etude de l’arbre
Introduction :
L'arbre est un végétal ligneux en général, possédant, des branches et des rameaux ;
selon la taille de l'arbre on distingue : l'arbre, l'arbrisseau et l’arbuste.
1 Morphologie de l’arbre.
L'arbre est constitué de 2 parties principales : la partie souterraine les racines et la
partie aérienne : le tronc, les branches, les rameaux, les feuilles et les fruits ; les 2
parties sont séparées par le collet au niveau du sol.
En arboriculture fruitière en général la partie aérienne : est constituée par le cultivar (le
greffon ou la variété) et la partie souterraine est formée par le sujet (le porte greffe)
donnant les racines.
1.1. La partie souterraine :
Constituée par les racines qui sont ancrées dans le sol ; Les racines sont formées par :
✔ La ou les racines principales.
✔ Les racines secondaires.
✔ Les radicelles et les poils absorbants (le chevelu radiculaire).
Selon les espèces et les conditions du milieu, le développement et l'aspect des racines
sont variables, ainsi on distingue :
- Racines pivotantes : Racines ayant un pivot se développant en profondeur
verticalement. Elles sont en général obtenues par multiplication par semis ; mais le
pivot se casse lors des transplantations et ces racines auront tendance à se développer
latéralement.
- Racines traçantes : ces racines s'allongent latéralement (horizontalement) près de la
surface du sol.
- Types intermédiaires : ce sont les racines semi traçantes.
En arboriculture fruitière les racines sont celles du porte greffe ayant naturellement :
un développement profond ou superficielle mais variable aussi en fonction des
conditions du milieu ; ainsi dans les sols meubles et légers le développement des
racines est important et l'exploitation du sol est complète mais dans les sols lourds ce
développement est limité : la pénétration de ces sols par les racines est difficile ; ces
sols sont asphyxiants.
Cependant il faut signaler qu’avec les systèmes d’irrigation localisés qui se généralisent
les racines des arbres ont tendance à se développer superficiellement.
1.2. La partie aérienne :
C'est la partie formée par le cultivar (Greffon) ; Elle est constituée par :
✔ Le tronc : peut-être unique, divisé en 2 ou plusieurs troncs ; il sert de support aux
charpentières et assure la circulation de la sève.
✔ Les branches de charpentes ou charpentières : Elles sont constituées par des
charpentes principales (charpentes mères) et des charpentes secondaires ou sous
mères ; Les charpentes principales sont en général rigides et les secondaires sont
flexibles.
✔ Les rameaux : Ce sont des pousses ligneuses (aoûtées) ; ils sont plus ou moins
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Et comme inconvénients :
- Hétérogénéité entre les semis.
- Les plants obtenus ne sont pas identiques aux parents.
- Période juvénile longue.
1.2. Les étapes de la multiplication par semis
Elle passe par les étapes suivantes :
1.2.1. Récolte des graines
Cette récolte se fait dans des vergers contrôlés d'arbres portes graines ou dans des
parcs à bois ou dans des jardins publics ou privés ou sont recherchés dans des usines de
transformation (comme pour le bigaradier). Les graines doivent être en général mûres
(dans le cas de l'olivier la récolte doit être faite un peu avant la pleine maturité des
fruits).
1.2.2 Préparation des graines
On réalise les opérations suivantes :
- Séchage.
- Tri des graines.
- Parfois enrobage des graines.
- Désinfection des graines.
- Conservation.
- Stratification.
- Parfois pré germination.
1.2 3. Pratique du semis
- Le semis en plein champ ou sous abris : Ce mode passe par les étapes suivantes :
⮚ Préparation des carrés de semis : Travail du sol (ameublissement, fumure de fond et
éventuellement désinfection du sol).
⮚ Le semis proprement dit : en général en automne pour les graines semées
directement et au printemps pour celles qui sont stratifiées.
⮚ Entretiens après le semis : protection contre le vent, le soleil, éclaircissage,
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2.4. Le greffage
2.4.1. Définition et usages
Le greffage est l'union entre 2 plantes l'une formant la partie souterraine (Les racines) et
appelée le sujet ou le porte greffe et l'autre formant la partie aérienne et appelée le cultivar
ou le greffon.
Parmi les espèces multipliées par le greffage : Amandier greffé sur amandier amer ou sur
pêcher ... ; Olivier sur oléastre ou la picholine marocaine ... ; Poirier sur cognassier . . .
2.4.2. Outils de greffage
Comme outils on utilise : le greffoir, serpette, la scie égoïne . . .
2.4.3. Conditions de réussite du greffage
Compatibilité entre le greffon et le porte greffe : pour cela il faut que :
✔ Le porte greffe et le greffon soient proches botaniquement et appartiennent à la
même espèce ou au même genre ou à la même famille.
✔ Le porte greffe et le greffon aient un cycle semblable ou de préférence celui du porte
greffe est un peu en avance par apport à celui du greffon.
✔ Cambiums en activité du greffon et du porte greffe et il faut assurer un meilleur
contact entre les 2 lors de l'opération d'assemblage (Le dessèchement est l'ennemi
N° 1 du greffage).
✔ Le porte greffe et le greffon soient indemnes de maladies.
✔ Utiliser la technique convenable selon l'espèce en question.
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1.2.2.1. Pyramide
C'est une tige de 3 à 4 m de hauteur et d'un verticille ou étages de 5 branches à partir de 30
cm et espacées de 30 cm entre elles avec un axe de 45°par rapport à l'axe vertical et sont de
plus en plus courtes qu'elles se rapprochent du sommet ; le diamètre de la pyramide est de
2 à 2,5 m.
1..2..2..2. Le fuseau
C'est une tige verticale de 3 m de hauteur qui à partir de 30 cm a des branches en spirale
formant un angle de 30° / à la verticale et espacées de 10 cm entre elles et sont de plus en
plus courtes qu'elles se rapprochent du sommet.
Formation du fuseau :
1ère taille : Tailler à 50-60 cm (10 cm pour l'onglet) et éborgner sur les 30 cm de la base ;
en été, pincer les quelques pousses d'extrémité et ébourgeonner sur les 30 cm de la
base.
- 2ème taille : -> Suppression de l'onglet.
-> Taille du rameau de prolongement à 40 cm (y compris l'onglet).
-> Taille des branches qui sont d'autant plus courtes qu'elles se rapprochent du
sommet ; Laisser un onglet pour chaque branche.
- On continue ainsi pendant la 3èm* année et les années suivantes.
2. Les formes palissées : Ce sont les formes ayant un système de palissage comme support;
le système de palissage est différent selon les formes choisies; les principales formes
palissées utilisées sont :
2.1. Les cordons
2.1.1. Le cordon horizontal unilatéral : C'est une tige verticale coudée à 40 à 80
cm
Formation du cordon horizontal unilatéral :
- Palissage en mai (circulation de la sève)
- Taille au dessus de la courbure à 30 cm sur un œil de dessus.
- Palissage du rameau de prolongement dès qu' il atteint 20 cm .
- Poursuivre la formation pendant les années suivantes jusqu' à la formation.
2.1.2. Cordon horizontal bilatéral : II s'agit d'un cordon à 2 bras.
2.1.3. Cordon oblique : C'est une tige unique à inclinaison de 45 à 65° / à l’horizontale.
Formation du cordon oblique :
- Taille à 30 cm sur un œil de côté
- Palissage du rameau de prolongement.
- Chaque année une taille à 30-40 cm.
2.1.4. Cordon vertical : C'est une tige unique verticale ayant des coursonnes à partir de
30cm. Formation : De même que le cordon oblique sauf que l'inclinaison est différente.
2.2. Les palmettes : il existe des palmettes à branches verticales, obliques et horizontales.
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2.1. Plan de l'exploitation : (Dans le cas d'une nouvelle exploitation à créer) dans ce plan
il faut commencer par :
- Indiquer les limites de l'exploitation
- Les points fixes qu'on ne peut pas ou qu'on ne veut pas changer : Poteaux d’électricité,
seguias, brises vents, puits, constructions ...
- Tracer les différentes constructions et installations à réaliser ...
2.2. Tracé de plantation : Les dispositifs de plantation les plus courants sont les
suivants :
- Plantations non alignées (Plantations en foule): Ce sont des plantations dispersées, le
plus souvent plusieurs espèces en association; ce mode de plantation est très
rencontré dans les compagnes marocaines.
Plantations au carré: Ce dispositif de Plantations permet une circulation aisée des engins
dans les 2 sens (s'il n'y a pas de palissage); Mais l'inconvénient de ce mode de
plantations c'est que les arbres avec l'âge se confondent tandis que les milieux des
carrés restent vides.
- Plantations en quinconce : Ce dispositif consiste à réaliser une densité plus importante
que le dispositif précédent.
- Plantations selon les courbes de niveaux : Ce dispositif est utilisé dans les régions de
montagnes surtout pour assurer convenablement l’irrigation.
- Plantations associées : Telles que : vigne + olivier ; palmier dattier + grenadier ; En
Espagne on plante dans certaines régions 2 variétés et on arrachera par la suite la
variété qui n'est pas demandée par le marché.
2. Les travaux préalables
Les principaux travaux préalables à la plantation sont :
⮚ Défrichement: C'est l'enlèvement des friches ; Les principaux friches qui peuvent
exister sont le jujubier, le palmier nain ; cette opération se fait soit en les brûlant ou
par leur extirpation ou la meilleure façon est la méthode chimique par pulvérisation
du « glyphosate » qui est un herbicide systémique mais surtout il faut éviter de le
faire mécaniquement par des travaux du sol.
⮚ Dessouchage : C'est l'enlèvement des souches d'arbres dans le cas ou la parcelle était
occupée par des plantations et on a effectué un arrachage pour la planter à nouveau.
Dans un tel cas il est préférable d'attendre 3 à 4 ans avant de replanter cette parcelle,
en effectuant des cultures annuelles pendant cette période sinon si on veut faire la
plantation directement après l'arrachage il faut procéder par une désinfection du sol.
⮚ Défoncement du sol: Qui se fait par un labour profond de 60 cm de profondeur; Le
défoncement peut être total ou partiel, par bande (Le long de la future ligne de
plantation) ou par trou de plantation; Ces travaux sont à réaliser en été. Dans le cas
ou le sous sol est de mauvaise qualité et on vue d'éviter de le remonter en surface du
sol, on effectuera un sous solage au lieu du défoncement. Nivellement du sol.
⮚ Epierrage de surface
⮚ Piquetage : C'est la pose des piquets à l'emplacement des plantations ; Cependant
dans le cas ou on avait creusé des trous de défoncement, Le piquetage précédera
cette opération
⮚ Installation du système de drainage surtout pour les sols lourds et asphyxiants.
⮚ Installation du système de palissage et système d’irrigation.
⮚ Les brises vent sont à installer 3 ans avant la création du verger ; L'espèce la plus
utilisée comme brise vent étant le cyprès avec des distances de plantation de l à 1,5
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ainsi il existe :
Le système de conduite de sol nu travaillé.
Le système de conduite de sol nu par le désherbage chimique
Le système de conduite de sol de désherbage aux pieds des arbres et travaux entre les
lignes.
Le système de conduite de sol travaillé avec l'utilisation des engrais verts.
Le système de conduite de sol avec paillage (le mulching ).
- Le système de conduite de sol en enherbement permanent.
1.1. Le sol nu travaillé :
C'est la méthode la plus utilisée ; elle consiste à faire des travaux du sol pendant toute la
durée de végétation ; le nombre des travaux à réaliser dépend des apparitions des
adventices, ainsi et en général 5 à 6 passages de cover crop sont à réaliser ; cette
méthode a pour buts :
- L'économie d'eau par destruction des mauvaises herbes.
La limitation de l'évaporation d'eau au niveau de la surface du sol. Mais comme
inconvénients :
- Destruction de la structure du sol
- Accès difficile au verger dans des conditions humides.
1.2. Le sol nu par désherbage chimique :
Cette méthode consiste à éliminer les mauvaises herbes par utilisation des herbicides ;
l'effet bénéfique de cette méthode le plus important étant la conservation de la structure
du sol en plus de la non destruction des racines des arbres.
Les herbicides à utiliser dépendent des adventices existantes et de leurs stades ; Plusieurs
herbicides sont utilisés, par exemple :
Pour agrumes : Atrazine ; Bromacyl ; Glyphosate ; Paraquat...
Pour rosacées à pépins : Atrazine ; Dalapon ; Simazine ; Paraquat ...
Pour olivier : Dalapon...
1.3. Le désherbage chimique aux pieds des arbres et travaux du sol entre les lignes :
Ce système convient notamment aux systèmes palissés et les hautes densités. Il permet de
réduire le coût de la main d'œuvre. Cette méthode est une combinaison entre les 2
systèmes précédents.
1.4. Sol travaillé et engrais verts : Consiste à cultiver les inters lignes des arbres par des
plantes annuelles (L'orge, l'avoine, la vesce ...) qui poussent rapidement, lèvent facilement
et seront enfouis dans le sol en vue d'augmenter le taux de matière organique dans le sol. La
culture est pratiquée pendant la période pluvieuse et le repos végétatif des arbres et sera
enfouie au sol dès le début d'activité végétative des arbres, c'est à dire que on fait le semis
pratiquement en novembre en augmentant sa densité et l'enfouissement se fait en février.
Comme précaution, il faut majorer les apports d’engrais. Les travaux du sol commencent
après l'enfouissement de cette culture.
1.5. L'enherbement permanent : Consiste à laisser se développer les adventices ; cette
méthode est utilisée dans les régions qui pratiquent l'élevage et ou l'eau est suffisamment
disponible surtout pendant l’été. Elle permet de garder la structure du sol ; L'accès au verger
est facile même dans des conditions humides. Mais il faut augmenter les apports en engrais
et en eau ; II faut ajouter à cela que ces mauvaises herbes sont des refuges aux ravageurs.
1.6. Le paillage : Consiste à couvrir le sol par un matériau qui empêche le développement
des adventices et limite l'évaporation ; ce matériau peut être :
La paille ou la sciure de bois ou un matériau similaire et qui doit couvrir le sol d'une couche
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monde.
Les principaux pays producteurs sont: le Brésil, les états unis, le Japon…
Dans le bassin méditerranéen : l’Espagne, l’Italie, la Turquie, le Maroc…
Au Maroc les principales régions sont : le Sous massa, le Gharb, Tadla, Moulouya.
La superficie totale des agrumes dépasse 96000 ha.
La connaissance de l’arbre
1. Classification des agrumes
1.1. Les variétés
a) Orangers et hybrides.
- Navels: précoces, fruit apprécié pour sa douceur et son gros calibre: Washington navel,
Thomson navel, navelina, navelate, new hall…
- Oranges blondes: Valencia Late (bonne productivité, tardif.), Cadenera (riche en jus,
d'excellente qualité, pratiquement sans pépins, semi précoce, se conserve bien sur arbre
après maturation)....
- Oranges sanguines et demi-sanguines : sanguinelli d’Espagne, maltaise…
- Ortanique. Excellente qualité des fruits, bonne conservation, fruits colorés, tardifs, exigeant
en fertilisation et taille, sensible aux acariens.
b) Mandariniers.
- Mandarinier commun : montréal
- Clémentinier : Berkane, carte noire, Larache, marisol (très précoce, mais ne résiste pas au
transport et à la conservation), Nour (tardive), Nova…
c) Citronnier
Acide : parfumé, très riche en vitamine C. ; les variétés recherchées sont celles à
floraison échelonnée (4 saisons); variétés : Lisbonne, Meyer, Eureka…
d) Autres espèces :
- Pamplemoussier
- Pomelo
1.2. Les porte-greffes.
Le porte-greffe le plus utilisé au Maroc est le Bigaradier qui a une bonne résistance à la
gommose, une bonne compatibilité avec les grandes variétés commerciales, une production
abondante de fruit de qualité. Malheureusement, c'est un porte-greffe très sensible à la
Tristéza, une maladie à virus qui existe dans plusieurs pays méditerranéens en particulier en
Espagne. Les porte-greffes de remplacement sont les Citrange Troyer et Carrizo, les deux
tolérants à la Tristéza.
- Citrange carrizo: donne une haute productivité et une bonne qualité aux fruits du greffon,
bonne résistance aux maladies, moins sensible aux nématodes des agrumes.
- Citrus volkamériana: bonne résistance aux maladies, très bonne productivité, vigoureux,
s'adapte bien à différents types de sol, mais diminue la qualité des fruits.
- Mandarinier Cléopâtre
- Rough lemon…
2. Les exigences agro-climatiques
Les agrumes sont des espèces subtropicales.
A (-3°C), le gel cause des dommages aux feuilles. A (-9°C), la charpente est détruite.
L'activité de croissance commence à 13°C et se poursuit jusqu'à 36°C. Le zéro de végétation
admis est de 12,8°C.
Une humidité pendant la saison chaude peut provoquer la gommose. Des vents secs l'été
augmentent la chute de Juin des fruits.
Les agrumes se développent sur des sols différents peu argileux (Dess), des sols argilo
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calcaire (Hamri), des sols sableux (Rmel) que des sols noirs très argileux (Tirs). En règle
générale, il faut éviter les sols trop lourds ou très limoneux. Dans ces types de sol, les
orangers présentent des fruits petits, à épiderme grossier, moins juteux et moins sucrés
qu'en sols sableux. Le pH idéal serait entre 5,5 et 7,5.
Les agrumes sont sensibles à la salinité, et au calcaire (le bigaradier tolère le calcaire).
3) Création du verger
a) Le choix du terrain.
Les sols très lourds, à taux d’argile élevé sont à éviter, ainsi que les sols sablonneux.
On choisira un sol homogène jusqu'à 80 cm de profondeur, et évitera de choisir un ancien
emplacement de verger; on évitera les sols très humides.
b) Aménagement du terrain.
Toute plantation fruitière demande une étude préalable qui prévoit l'aménagement du
terrain. Cet aménagement comprend la plantation de brise-vent, l'irrigation, le drainage si
nécessaire, le nivellement si nécessaire et possible. L'étude préalable de la qualité de l'eau et
de sa quantité disponible est indispensable.
c) Brise vent.
Dans presque toutes les conditions climatiques les brise-vents sont nécessaires pour
protéger la culture. Les agrumes sont très sensibles aux vents.
Les brise-vents permanents seront constitués d'arbres à développement rapide et de bon
ancrage au sol, par exemple Cyprès, Eucalyptus, Acacia, etc.) ; un brise vent protège 15 fois
sa hauteur ; doit être planté pour protéger contre le vent le plus dominant.
Les brise-vents, comme les autres aménagements, doivent être implantés longtemps avant
plantation et de préférence dans un délai d'un an qui précède cette opération, ceci afin de
permettre une protection efficace des arbres dès le départ.
d) Irrigation - Drainage.
e) Approvisionnement en plants.
Les arbres ont été commandés depuis plus d'un an chez un pépiniériste et les choix de porte-
greffes et de variétés ont été effectués, il faut:
- vérifier les variétés et les porte-greffes.
- homogénéité suffisante de la motte (afin d'éviter des ruptures de racines au transport).
- transporter les plants dans un véhicule couvert afin d'éviter le dessèchement par le vent.
- éviter de stocker les plants, et sinon stocker les plants près d'un point d'eau dans les
mêmes conditions d'ensoleillement que la pépinière en veillant à leur arrosage.
- Le jour de la plantation on distribuera les plants sur le terrain au fur et à mesure des
possibilités de mise en terre.
f) Distance de plantation.
Les distances sont en règle générale:
- Orangers, citronniers: 7 x 7 mètres.
- Mandariniers: 6 x 6 mètres, 4 x 3, 5 x 2 (jusqu’à 800 arbres par Ha).
Préparation du terrain.
Défrichement si c’est nécessaire (élimination du jujubier).
Prélever des échantillons de sol pour analyse.
Labour profond ou sous-solage (60 à 80 cm) l'ensemble du terrain. Faire les apports
éventuels d'amendements. Dans tous les cas où cela sera matériellement possible apporter
30 à 40 T de fumier à l'hectare. Briser les mottes et régulariser la surface au cover crop.
g) Le piquetage.
Chaque emplacement d'arbre est indiqué par un piquet, en veillant au bon alignement des
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4) Entretien du verger.
a) Entretiens du sol.
Désherbage sur le rang d'arbre : Le désherbage sur le rang d'arbre offre de nombreux
avantages:
- facilité d'observations,
- suppression de la concurrence avec les adventices (eau - fumure),
- limitation des populations d'insectes,
- limitation d'un microclimat humide qui provoque souvent diverses attaques fongiques.
Pour le désherbage chimique, cela ne se fait pas avant la quatrième année après plantation.
Exemples: Paraquat (Gramoxone); glyphosate (Roundup, mamba).
Désherbages entre les lignes :
Ses avantages:
- protéger le sol contre l'érosion et en freinant le ruissellement de l'eau, favoriser son
absorption dans le sol,
- faciliter le passage du matériel,
- diminuer le tassement de sol,
- favoriser l’aération du sol,
- apporter de la matière organique.
Engrais verts : semis de plantes annuelles pendant le repos végétatif des arbres suivi
d’incorporation par covercropage.
Enherbement permanent : ne pas désherber du tout (se fait en cas de pratique d’élevage) ;
permet de mieux protéger le sol, de respecter l’environnement… mais il faut apporter plus
d’eau et plus d’engrais…
Paillage organique ou plastique (mulching)
b) L'irrigation.
La pluviométrie, nécessaire au bon développement des agrumes est de l'ordre de 700 à 1200
mm/an pour la région de Berkane, réparti sur 9 à 10 mois.
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La dose mensuelle utile pour un bon développement des arbres est de 150 mm/mois
pendant la période végétative, de la floraison à la récolte. La période hivernale
correspondant par l'abaissement des températures au stress provoquant la floraison.
Les besoins varient selon l’âge des arbres, le mois, la densité de plantation, le mode
d’entretien du sol (si on laisse les mauvaises herbes ou non) ; l’eau doit être de bonne
qualité (non saline).
c) Fertilisation
Les règles à respecter sont les suivantes:
- la fumure azotée détermine le rendement,
- la potasse a un rôle sur la qualité des fruits
° par une hausse de la taille et du nombre de fruits - productivité
° une peau plus fine
° des qualités internes améliorées.
- la quantité de phosphore apportée est fonction de la fumure azotée: environ 25 %
Fertilisation en grammes par arbre. (Exemple)
Mois Avant floraison Nouaison Grossissement
Produit Urée Sulfate de Phosphate Uré Sulfate de Uré Sulfate de
------------ Potasse Tricalcique e Potasse e Potasse
Age
1 an 70 20 20 70 20 70 20
2 ans 140 40 70 140 40 140 40
3 ans 210 60 160 210 60 210 60
4 ans 280 80 200 280 80 280 80
5 ans 550 170 400 550 170 550 170
6 ans et + 700 210 500 700 210 700 210
d) La taille.
Une taille de fructification n'étant pas nécessaire, la taille se limite à:
- la taille de formation: il est indispensable de former correctement l'arbre à partir du début
de sa croissance. Si le plant n'a pas été formé en pépinière, une charpentière à une hauteur
de 60 cm doit être faite en choisissant trois branches maîtresses qui ne partent pas du même
point sur le tronc.
- la taille d'entretien: enlever les branches mortes, les branches se croisant, les gourmands,
les branches encombrant le centre de l'arbre.
Un arbre bien formé et aéré sera plus productif, permettra de faire une récolte plus rapide
et facile et sera moins sensible aux attaques de maladies et ennemis.
Ne pas vider l’arbre au milieu car le tronc (surtout les jeunes arbres) sont sensibles aux
coups de soleil.
Les agrumes produisent sur les pousses de l’année (de petit diamètre, pendantes).
La taille du clémentinier est effectuée après la récolte (janvier-février).
e) Utilisation de l'acide gibbérellique :
Dans le cas du clémentinier, l'acide gibbérellique est utilisé au moment de la pleine floraison
à la dose de 10 ppm, soit 1 g/100 l d'eau + un mouillant. L'acide gibbérellique améliore la
fructification du clémentinier.
f) Protection phytosanitaire.
5) Principales maladies et traitements
a) Maladies à virus, dépérissement.
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Elles sont nombreuses et très graves (elles vont jusqu'à la mort de l'arbre), mais peuvent
être évitées si l'on utilise des plants sains (certifiés), et des porte-greffes peu sensibles (par
exemple, ne plus utiliser le Bigaradier comme porte-greffe vu sa sensibilité à la Tristeza). La
lutte contre les maladies à virus commence donc dans la pépinière. Pas de traitement au
champ.
b) Gommose à Phytophtora.
Lutte préventive: drainage, plantation sur buttes, choix de porte-greffe peu sensibles (ex.
Citrange carrizo), taille de formation correcte, éviter les blessures sur le tronc.
Lutte curative: curetage de la plaie, traitement au métalaxyl (métalaxyl+manèbe). Dans les
vergers "à risques" (sol lourd, région pluvieuse), faire un traitement annuel.
Principaux ravageurs.
Cochenilles.
Elles peuvent infester les fruits, les feuilles, les tiges, les branches, et le tronc.
Lutte chimique: huiles minérales. Parfois on additionne un insecticide tel que le diméthoate
ou le méthidathion
Lutte biologique: les cochenilles ont de nombreux ennemis naturels efficaces :
hyménoptères parasites, coccinelles... mais sont protégées contre ces ennemis par les
fourmis. Cela peut se faire en disposant une poudre insecticide autour du pied ou même en
induisant les troncs de peinture blanche. L'utilisation non-raisonnée de produits chimiques a
souvent un plus grand effet sur les auxiliaires que sur les cochenilles, ce qui favorise la
pullulation des cochenilles!
Il ne faut faire le traitement que lorsqu’on atteint le seuil de nuisibilité : on installe un piège
qui est un carton englué (contenant un produit qui colle) placé dans le côté nord de l’arbre
et on fait des comptages…si on constate que quelques arbres seulement sont attaqués on
fait un traitement localisé sur ces arbres.
Pucerons.
Les pucerons vivent en colonies abondantes sur les jeunes pousses. Lorsqu'ils sont nombreux
ils affaiblissent la plante et causent une déformation des jeunes feuilles.
Lutte chimique: méthomyl (Lannate).
La mouche des fruits.
Les œufs sont pondus dans le fruit, les larves se nourrissent de la pulpe du fruit qui pourrit et
tombe.
Lutte: Suivre l’évolution de la population à l'aide de pièges (gobe-mouches) à placer dans le
coté sud de l’arbre, quand le seuil de tolérance est atteint (3 à 4 mouches/ gobe-mouches
par semaine) on traite 1 ligne/3, à l'hydrolysât de protéines mélangé au fenthion, malathion
ou diméthoate.
Les acariens :
Les acariens causent en cas de fortes attaques, des décolorations du limbe des feuilles.
On maintient leur population à un niveau acceptable par des traitements au Dicofol
(Kelthion) ou autres acaricides.
La mineuse :
Fait des dégâts sur les jeunes pousses, surtout pour les jeunes arbres, à partir du mois de
mai.
Eviter d'utiliser des plants attaqués, éliminer les mauvaises herbes qui hébergent les stades
hivernantes. Utiliser des insecticides tels que Dimethoate - Imidachlopride (Confidor).
6) Récolte et conditionnement
Pour faire la récolte il faut respecter certaines normes :
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Rosacées à noyau
Le pêcher
Introduction
Le pêcher (Prunus persica) est probablement, après le pommier et les agrumes, la troisième
espèce fruitière cultivée à travers le monde. Le nom d'espèce "Persica" lui a été initialement
donné parce qu'on le croyait originaire de la Perse. Des recherches ont montré que toutes
les formes cultivées sont originaires de la Chine septentrionale. Au Maroc, le pêcher de
Missour est cultivé depuis très longtemps (avant l'époque romaine). Ayant toujours été
multiplié par semis, et en l’absence de possibilité de croisement avec d'autres génotypes, ces
pêchers ont fini par avoir un taux d'homozygotie élevé. L'homogénéité de ses plants et
l'absence de qualités pomologiques performantes ont orienté son utilisation comme porte-
greffe. Selon les caractéristiques du fruit, on distingue trois formes de pêcher de Missour:
Maloussi: Noyau adhérent et Chair ferme avec Amandon amer;
Farouki: Noyau libre et Chair fondante avec Amandon amer;
Lahloua: Noyau libre et chair fondante avec Amandon doux.
La production nationale est donc basée sur des variétés introduites de plusieurs pays
producteurs de cette espèce. Les superficies sont actuellement estimées à 4.285 ha avec une
production de l'ordre de 55.000 T. Les principales zones de productions sont Meknès, Saïs,
Moyen Atlas, Béni Mellal et grâce aux variétés à faible besoin en froid, la culture s'est
étendue à des régions à hiver aussi doux que le Gharb, Marrakech et Taroudant.
Etant un fruit périssable, la pêche ne peut être que consommée en frais ou transformée,
d'où la nécessité de planter dans un même verger une gamme variétale permettant d'étaler
la maturité aussi bien pour faciliter l'opération de la cueillette que pour valoriser le produit
au niveau du marché. Le nombre élevé de variétés disponible facilite ce choix. D'autre part,
étant une culture bien développée en Europe, l'exportation de la production n'est
envisageable que par l'intermédiaire de variétés à maturité super précoce. C'est un créneau
que le Maroc commence à développer par la création de vergers à base de variétés à très
faibles besoins en froid dans les régions de Taroudant et de Marrakech. Le développement
d'une industrie de transformation des fruits pourrait constituer une option permettant de
développer la culture de variétés ayant des aptitudes à la transformation (Pavies et
25
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Brugnons).
Exigences pédo-climatiques
Température
Les besoins en froid, chez les variétés de pêcher, varient entre 250 et 900 UF. Des variétés à
très faibles besoins en froid comme la Flordaking, Flordabell et des variétés originaires
d'Afrique du Sud peuvent être cultivées dans des milieux à hiver doux et printemps précoce
comme la région de Taroudant et Marrakech. La production de ce type de culture serait bien
valorisée par des prix unitaires intéressants aussi bien sur le marché local que par des
exportations. Les variétés ayant des besoins en froid entre 350 et 500 UF comme la
Springrcest et Mayred, peuvent être cultivées dans des milieux à moyenne altitude (Meknès-
Saïs). Quant aux variétés à besoins en froid élevés, elles pourraient être destinées aux hautes
altitudes comme le Moyen et le Haut Atlas. Ce type de variétés gagnerait au niveau de la
qualité du fruit dans la mesure où le nombre de jours entre la floraison et la maturité est
suffisamment élevé pour permettre l'acquisition d'un gros calibre et de bonnes qualités
gustatives. Une fois les besoins en froid sont satisfaits, le bourgeon a besoin de
températures de croissance pour débourrer. C'est l'effet combiné de ces deux types de
températures qui conditionne la période de floraison.
Dans la région de Meknès, l'époque moyenne de floraison se situe entre la dernière décade
du mois de Janvier pour des variétés à faible besoin en froid et la première quinzaine du
mois de Mars pour des variétés plus exigeantes avec une concentration au cours de la
dernière décade de Février. Une telle concentration ne se traduit pas au niveau de l'époque
de maturité. La période pleine floraison maturité varie de 68 jours pour les variétés précoces
à plus de 170 jours pour les variétés les plus tardives. Le pêcher est une espèce
préférentiellement autogame et donc l'association de variétés pollinisatrice n'est conseillée
que dans de rares cas de variétés mâle –stérile (J.H.Hale), ce qui permettrait une bonne
pollinisation même en absence d'agents vecteurs (abeille). Le retour des basses
températures, pendant la floraison, peut gêner la pollinisation en défavorisant le processus
de la croissance du tube pollinique et la fécondation. Elles causeraient aussi la chute de fruit
quand elles surviennent juste après la fécondation. Des températures situées entre -2°C et
-5°C peuvent causer d'importants dégâts entre le stade bouton rose et la nouaison. La
création d'un écran de fumée, au moment du risque de gelée, constitue une méthode de
lutte appropriée. La méthode consiste à mettre le feu dans des tas de fumier ou des pneus
éparpillés dans le verger au cours des nuits à risque de gel (ciel dégagé, absence de vents,
pleine lune, temps secs).
Besoins en eau
Le pêcher est classé parmi les espèces exigeantes en eau. On estime ses besoins, pendant la
phase active du cycle (Avril à septembre), entre 500 et 700 mm. Plus la variété est tardive
plus ses besoins en eau sont élevés. La nature du sol, les conditions climatiques
(températures, humidité relative, vents) et le mode d'irrigation (gravitaire ou au goutte à
goutte) conditionnent aussi la quantité d'eau exigée. Les irrigations doivent être plus
soutenues au cours de la période située entre le durcissement des noyaux et la mi-juillet.
Cette période coïncide avec la croissance des rameaux porteurs de la future production.
Pour les variétés précoces, ces irrigations sont également nécessaires même après la récolte
pour assurer une bonne induction florale.
Sol
Le système racinaire semi-pivotant du pêcher nécessite sa plantation dans des sols assez
profonds. Les sols perméables et aérés lui sont favorables alors que les sols lourds
26
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
et mal drainés sont à l'origine de l'asphyxie radiculaire. Dans ce cas, il est conseillé d’installer
un système de drainage qui permettra d'éviter des situations d'hydromorphie qui peuvent
compromettre la vie des arbres. Les sols trop calcaires lui sont également défavorables.
Une teneur en calcaire actif supérieur à 7% provoque la chlorose qui se traduit par le
jaunissement des feuilles et le dessèchement des jeunes pousses.
L'utilisation d’un porte greffe adéquat permet cependant au pêcher de s'adapter aux
différents types de sol.
Matériel Végétal
Porte - greffe
Les porte-greffes du pêcher sont de plusieurs types:
Pêchers de semis: Le semis le plus utilisé au Maroc provient de la population locale du
pêcher de Missour. Il se distingue par l'homogénéité de ses plants, une bonne compatibilité,
une bonne vigueur, une régularité de production et une bonne longévité. Il présente
l'inconvénient de ne pas tolérer les terrains où le taux de calcaire actif dépasse les 7%. Des
travaux ont montré que l'utilisation exclusive du type Maloussi améliorerait nettement les
aptitudes de ce porte greffe.
Amandier de semis: Le semis d'amandier amer ou de variétés sélectionnées (Marcona,
Desmayo) peut être utilisé pour adapter la culture du pêcher à des terrains trop calcaires,
mais son incompatibilité partielle affecte la longévité de l'arbre. Des expérimentations au
niveau du domaine expérimental d'Ain taoujdate, ont montré que les arbres greffés sur
amandier périssent bien avant ceux sur pêcher de Missour.
Hybrides amandier x pêcher: Ces types permettent au pêcher de tolérer les sols calcaires. Ils
offrent une bonne vigueur, une certaine tolérance à la sécheresse et une bonne
compatibilité. On pourrait leur reprocher une entrée lente en production et leur
multiplication par voie végétative relativement difficile. GF 677 est l'hybride le plus
performant. Des hybrides locaux
(pêcher de Missour-amandier) ont été prospectés et comparés au GF677. Houri Moha
présente l'avantage d'une faible vigueur mais nécessite une mise au point de la technique de
sa multiplication.
Variétés
Le pêcher, par sa nature diploïde à faible nombre de chromosomes (2n=16), à cycle sexuel
relativement court et à polymorphisme prononcé (couleur de la chair, différents types de
fruits), se prête facilement à l'amélioration génétique. Le nombre d'hybride créé dans le
monde, par les institutions publiques et les créateurs privés, est estimé à plus de 100.000
par an. Cette évolution rapide ne traduit cependant pas une vraie révolution dans les
variétés créées. Les objectifs d'amélioration concernant la qualité gustative du fruit, la
résistance aux maladies et parasites et aux stress ne peuvent être abordés que dans le cadre
de projets ambitieux et de longue durée. La large gamme variétale disponible, sa variabilité
au niveau des exigences en froid, ses caractéristiques pomologiques (date de maturité,
forme du fruit, couleur de l'épiderme et de la chair) et les différents milieux écologiques
existants au Maroc, offrent la possibilité de produire des pêches et des nectarines sur une
période pouvant dépasser les 4 mois (Avril-Septembre). La sélection variétale a constitué,
depuis les années cinquante, une priorité au domaine de l'INRA d'Ain Taoujdate. Les études
ont largement contribué au développement de la culture des rosacées fruitières dans le
plateau de Saïs et dans d'autres régions du Maroc.
Tableau : Variétés sélectionnées de pêcher
Décade Variétés Appréciations
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de
Mat.
2ème/ INRA 3692 Variété possédant les mêmes caractères que Springcrest avec
5 une chair jaune et un calibre plus gros.
3ème/ Orion Variété attrayante, fruit de bonne coloration (90%), de forme
5 ronde et de bonne qualité gustative, à chair blanche.
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
500m d'altitude.
3ème/ Mll. Sundance Fruit symétrique, arrondi, de coloration rouge abondante et
8 uniforme et de bonne saveur.Peut se comporter encore mieux
en altitude
Mll.O.Henry Même qualité que Mll.Early.O.Henry.
Flamekist (N) La plus tardive des nectarines. Présente un fruit de gros
calibre, de belle coloration et de bonne saveur. Quelques
craquelures sur fruit certaines années. En altitude elle mûrit
20 jours plus tard (au delà de quinze septembre).
Rubidoux Variété de gros calibre d'une belle couleur jaune de fond avec
panachures rougêatres. Ferme et d'une excellente saveur.
Légèrement plus tardive que Fantasia (Au delà du 20
Septembre en altitude).
Techniques culturales
Fumure
Une fumure bien raisonnée suppose une étude de la nature du sol et de son niveau de
fertilité, de la densité de plantation et du niveau de production à atteindre. Les
recommandations données ci-dessous ne sont donc qu'indicatives.
Fumure de fond
En plus de la fumure organique (30 à 60T/ha), on doit doter le sol d'un minimum de réserve
en phosphore et en potasse en apportant de 250 à 300 Unités de chacun des éléments au
moment de la préparation du sol. On peut également localiser les apports au niveau du trou
de plantation, à condition de ne pas les mettre au niveau des racines du jeune plant. On peut
également apporter 150 Unités d'azote sous forme de sulfate d'ammoniaque.
Fumure d'entretien
En l’absence d'analyse du sol, on propose d'apporter annuellement une fumure d'entretien
de l'ordre 75 Unités de phosphore et 94 Unités de potasse. Les engrais sont enfouis à 20 cm
de profondeur durant l'hiver. La fumure azotée est fractionnée en 2 apports: Le premier est
effectué avant floraison à raison de 65 Unités par ha, le second (même dose) est effectué
lors du grossissement des fruits.
Taille et formes de conduite
Productions du pêcher
le pêcher produit prioritairement sur le bois d'un an. Les rameaux supports de production
du pêcher sont:
Rameaux à bois: de vigueur moyenne, il porte exclusivement des bourgeons à bois. En
position verticale, il prend une grande vigueur et devient un gourmand.
Rameau mixte: Plus ou moins vigoureux (10 à 40 cm), il porte à la fois des bourgeons à bois
et des boutons floraux. On y trouve des yeux de différentes constitutions (1 à bois - 2
boutons, 3 boutons, 3 à bois, 2 à bois - 1 bouton). Il constitue, chez le pêcher, le principal
support de production.
Chiffonne: Relativement grêle (5 à 15 cm), elle ne porte généralement que des boutons
à fleurs sauf à son extrémité. Il y a des cas où on trouve également un ou deux bourgeons à
bois au niveau de sa base.
Bouquet de Mai: une petite production (1 à 5 cm) portant 2 à 5 boutons floraux, avec au
centre, un œil à bois. Il se dessèche et disparaît après un cycle de végétation.
Formes de conduite et densités
29
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Plusieurs formes de conduite sont adoptées chez le pêcher dont les principales sont le
gobelet, l'upsilon et l'axe central.
Gobelet classique: L'arbre est constitué d'un tronc solide de 30 à 40 cm sur lequel sont
réparties des branches charpentières, généralement au nombre de 3 à 5. L'arbre prend une
forme ronde et creuse. Cette forme simple et facile à conduire est adoptée dans la majorité
du verger marocain. Les distances de plantation varient de 6x5m à 3x5m, selon la vigueur de
la variété et du porte-greffe et le nombre de charpentière à élever. La taille de formation
comprend les phases suivantes:
Année 1: à la plantation, le scion est rabattu à 40-60 cm de hauteur selon la vigueur du
plant. Les anticipés sont coupés à 2 yeux. Au printemps, on élimine tous les bourgeons de la
base du scion et on sélectionne les futures charpentières.
Année 2: Les 3 à 4 charpentières les mieux placées autour du tronc sont rabattues à 50-60
cm pour renforcer leur vigueur, les autres sont enlevées à ras. Au printemps, on sélectionne
les rameaux destinés à constituer les sous-charpentières. Ceux-ci doivent être bien
structurés le long de la charpentière et éviter ceux à angle trop fermé.
Année 3: Les prolongements des charpentières sont sélectionnés. Le choix des sous
-charpentières est confirmé. Elles sont rabattues à 30-40 cm pour constituer les sous-
charpentières. Au printemps, on élimine les pousses mal placées et on procède par la même
occasion à éclaircir les futurs rameaux fructifères.
Upsilon: Une forme qui consiste à conduire l'arbre sur deux charpentières orientées
perpendiculairement par rapport au sens du rang. Cette conduite permet d'augmenter la
densité et d'accélérer la mise à fruit. Les densités de plantations sont de l'ordre
de 2x5m, 2x4m, 3x4m et 3x5m. La taille de formation consiste à développer deux
charpentières sur lesquelles on choisit des sous-charpentières de faibles vigueurs (angles
ouverts). Celles-ci seront les porteurs des rameaux fructifères. La taille longue pratiquée sur
les charpentières permet une mise à fruit rapide par rapport au gobelet classique.
Axe central: La forme consiste à conduire l'arbre sur un axe central autour du quel on forme
des charpentières moins importantes (angle ouvert). La tendance à la basitonie, chez
plusieurs variétés de pêcher, pose des problèmes à ce type de conduite. La densité peut aller
de 1x4m à 1,5x5m. La taille de formation se déroule selon les étapes suivantes:
Année 1: A la plantation, l'axe principale du scion est conservé sauf si on estime qu'il faut le
renforcer en le rabattant. Dans ce cas, la pousse terminale doit être tuteurée pour prendre la
relève de l'axe. Les pousses anticipées sont rabattues à deux yeux.
Année 2: On choisit des charpentières à angle ouvert et bien réparties autour de l'axe. Le
tiers supérieur de l'axe et dégagé complètement. Les rameaux fructifères sont portés par ces
charpentières et par l'axe lui-même.
Année 3: on commence à pratiquer la taille de fructification sur les charpentières et sur
l'axe.
Taille de fructification
Etant donné le mode de fructification du pêcher, la taille de fructification doit répondre aux
impératifs suivants:
● Assurer un équilibre entre la végétation et la fructification;
● Eclaircir la fructification de l'année en cours;
● Préparer le remplacement pour l'année suivante;
● Assurer une aération et une luminosité suffisantes des différentes parties de l'arbre.
Interventions hivernales
Rameau à bois: tailler à 2 yeux afin d'obtenir l'année suivante deux remplacements,
30
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Protection du pêcher
Acariens
Plusieurs espèces d'acariens attaquent le pêcher et causent des dégâts économiquement
importants. Ces dégâts se manifestent par un aspect grisâtre des feuilles qui peuvent
tomber prématurément. A leur face inférieure, se trouvent des aca- riens visibles à l'œil nu.
La lutte est assurée en utilisant un acaricide spécifique ou un insecticide ayant une efficacité
acaricide. Les traitements doivent commencer dès que l'on constate les premiers
symptômes.
Les insectes
Pucerons: Plusieurs pucerons se rencontrent sur cette culture dont le plus important est le
puceron vert du pêcher. Cet aphide éclot en général précocement. Pour le combattre, on se
heurte à certaines difficultés après feuillaison (feuilles déformées). Aussi, est-il nécessaire de
procéder à un traitement d'hiver pour tuer les œufs en hibernation et un traitement
préventif dès l'apparition des feuilles.
Zeuzère et Cossus (chenilles ronge- bois): Le cycle évolutif est d'une année pour la
Zeuzère et de deux années pour Cossus. Tous les deux hivernent sous forme de chenilles
adultes dans des galeries. La zeuzère s'attaque aux rameaux, branches et parfois même au
tronc. Ses galeries s'observent sous l'écorce puis dans le bois et débouchent, à l'extérieur,
par des orifices entourés de sciure rougeâtre. Quant au Cossus, on le trouve surtout dans les
charpentières et le tronc. Ces deux espèces possèdent une longue période de vol des adultes
allant de mai à août. Les œufs sont déposés sur les différentes parties de l'arbre.
On traite avec un insecticide, organo- phosphoré bien rémanent, plusieurs fois entre juin
et août pour lutter contre les adultes. Contre les chenilles, l'introduction de ces produits
dans les galeries et l'utilisation du mastic pour fermer les orifices des galeries donne de bons
résultats.
Capnode: Les larves de ce ravageur très polyphage s'attaquent à la partie sous-ter- raine des
rosacées à noyau. Les arbres attaqués s'affaiblissent et finissent par se dessécher
31
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
L’amandier
Introduction : Importance et aire de culture
La culture d'amandier s'étend sur une superficie d'environ 134.000 ha, ce qui représente
70% des rosacées fruitières; après l'olivier, c’est l'espèce fruitière qui occupe le plus de
32
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
superficie au Maroc. Les arbres sont disséminés surtout dans les montagnes, avec des
rendements très pauvres, bien qu'un quart de la superficie plantées soit constituée de
plantations semi-intensives, représentant entre 70% et 80% de la production totale. La
production d’amandes non décortiqués se situe à 50.000 t, soit un rendement moyen de
0,37 t/ha.
1. Connaissance de l’arbre
1.1. Classification des espèces d'amandier
Genre : Prunus
Sous-genre : Amygdalus (L.) Focke
Section : Euamygdalus Spach (Syn : Sect. Amygdalus Browicz et Zohary)
Groupe Amygdalus
Origine: Asie centrale (Iran, Afghanistan)
1.2. Exigences agro-écologiques
C’est une espèce relativement résistante au froid. Elle nécessite des basses températures
hivernales pour la levée de la dormance (100 à 400 heures en dessous de 7,2°C). Sa floraison
étant précoce (Décembre à Mars), il faut éviter les zones gélives.
Niveau d’exigences en froid et en chaleur de certaines variétés au Maroc
Variété Besoins en froid Besoin en
chaleur
Desmayo Faible Moyen
Marcona Faible Fort
Fournat de Faible Très fort
breznod Très Fort Moyen
Ferragnès Fort Moyen
Ferraduel Fort Faible
Tuyono Fort Faible
Mandaline Fort Faible
Laurane
Source INRA Maroc
L’amandier est exigeant en lumière et en chaleur pendant la phase de croissance du fruit.
Besoins en froid et chaleur a une grande influence sur la floraison; vu que ces 2 facteurs
varient d’une année à l’autre et qu’elles varient en fonction des variétés, on assiste à des
décalages de floraison des variétés plantées dans le même verger ce qui a un effet sur la
pollinisation. Le manques de lumière due aux hautes densités, par exemple, provoquent le
dénudement des rameaux. L’amandier redoute aussi la forte hygrométrie dans les phases de
floraison et croissance du fruit (attaque de Monilia, de Tavelure et de Verticillium). Il est
sensible aux attaques du Capnode. L’amandier redoute les sols alcalins et les terres
argileuses asphyxiantes.
Il tolère le calcaire actif et résiste à la chlorose ferrique (possède de forte aptitude
d’extraction du fer du sol), comme il s’adapte à des sols légèrement salés. Il préfère les sols
profonds, fertiles, bien drainant, légers et humifères. Il pousse jusqu’à 2450 m d’altitude
avec un optimum de croissance à 750 m. Les besoins en eau de l’amandier sont de 800 à 850
mm/an mais il s’adapte aux conditions de sécheresse (fait chuter ses feuilles en fin de cycle
par un stress hydrique). Les apports sont recommandés durant Mai-Juin-Juillet, mois
pendant lesquels les besoins en eau sont maximales.
2. Matériel végétal
33
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
34
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
par l'aridité climatique. L'amandier amer qui présente des caractéristiques de rusticité qui
apparaissent au niveau survie dans les sols pauvres, riches en calcaire avec de faibles
disponibilités en eau, semble aussi être plus résistant à la pénétration des larves du capnode
noire (Capnodis tenebrionis). Ce matériel peut fournir des ressources génétiques
intéressantes pour la sélection de porte-greffe. Le comportement d'un certain nombre de
populations d'amandier amer, prospectées pour avoir supporté les attaques du capnode,
ont montré que certaines familles (INRA-AT8, INRA-Y1 et INRA O11) sont apparues plus
homogènes que le semis de Marcona, utilisé comme témoin. Ces porte-greffes
vigoureux semblent être plus tolérants au manque d'eau et donnent des rendements
intéressants avec une alternance moins accentuée. La vigueur de leur système racinaire
traduite par son caractère pivotant et ramifié semble compenser l'effet du manque d'eau
induit par la sécheresse estivale. Sélection INRA-AT8 et INRA-U8: L'IN- RA a sélectionné ces
deux porte-greffes performants qui tolèrent la sécheresse et de donnent des rendements
intéressant en culture pluviale. Durant six années d'évaluation, ils ont donné des rendements
de 7,5 à 8,5 kg/arbre (en coque) qui sont supérieurs (de 25%) à ceux obtenus avec les porte-
greffes usuels de semis. Ils sont homogènes et la vigueur de leur système racinaire, traduite
par son caractère pivotant et ramifié, semble compenser l'effet du manque d'eau induite par
la sécheresse estivale.
2.2. Les variétés
Caractères recherchés
- Tardivité de floraison permettant d'échapper au gel.
- Rapidité de mise à fruit du jeune arbre.
- Autofertilité (autocompatibilité des fleurs de la même de la variété).
- Maturité précoce.
- Port naturel de l'arbre facilitant l'établissement d'une charpente solide, facile à former et
simplifiant la taille.
- Régularité et abondance de la production.
- Coque ni trop dure ni trop tendre, bien scellée, protégeant bien l'amande contre les insectes
et parasites.
- Dimensions des amandes et des amendons
- Rendement au concassage
- Résistance de l'arbre aux maladies cryptogamiques.
- Absence de graines doubles dans le fruit.
- Téguments clairs et lisses.
Les variétés cultivées au Maroc, classées par ordre de précocité de floraison, sont Abiod,
Desmayo, Non Pareil, Marcona, Nec plus Ultra, Fournat de Brezenaud, Ferragnès et
Ferraduel. La variété Abiod a pratiquement disparu des vergers à cause de sa très grande
précocité et de sa sensibilité au Necrotic ring Spot, une maladie à virus. Nec plus Ultra et Non
Pareil, variétés à coque tendre mais sensibles à l’anthracnose particulièrement dans les
zones à printemps humide, sont en nette régression.
Les variétés les plus cultivées sont:
Groupe des variétés à floraison semi- précoce
Ce groupe comprend essentiellement Marcona comme variété de fond et Fournat de
Breznaud en tant que pollinisateur et dont la floraison se situe durant la 2ème décade de
février. Il reste le plus répandu au niveau national en raison de la mise à fruit rapide et de
la bonne fertilité de Marcona. Son fruit est d'excellente qualité pomologique avec une
coque dure (rendement au concassage de 30%) lui permettant d'être stocké et
commercialisé facilement. Cette association reste soumise au risque de gelée printanière
35
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
certaines années. En effet, le seuil des températures critiques se situe à - 3°C au stade
bouton blanc, à - 1,5 °C en pleine floraison et à 0,5°C au stade jeune fruit.
Groupe des variétés à floraison tardive : Ce groupe, constitué de Ferragnes et Ferraduel,
a pris plus d'importance dans les zones gélives. Sa floraison se situe en fin Février début Mars
(selon les années). La pollinisation de leur dernier flux de floraison peut être obtenue en leur
associant une variété autofertile comme Tuono ou autres.
Variétés autofertiles
Ce groupe, constitué des variétés Lauranne et Mandaline, vient d'être recommandé par
l'INRA pour sa floraison tardive et présentant l'avantage d'être autofertile. Ces variétés
s'affranchissent donc des contraintes à la pollinisation qui limitent fréquemment les
rendements en vergers traditionnels. Ces génotypes fructifient essentiellement sur les
bouquets de mai et doivent être recommandés en secteur intensif avec de préférence des
irrigations d'appoint. Ils ont une durée de floraison de 12 jours environ et une charge en
bouquet de mai de 40/mètre linéaire. Leur rendement au concassage est de 29 à 32%
avec un poids moyen de 1 g pour l'amandon qui est simple (pas de double). Le rendement
moyen obtenu en conditions expérimentales à Meknès est de 1,5 T/ha et peut atteindre 2
à 2,5 T en bonnes conditions de culture. Ces variétés peuvent facilement être associées avec
Ferragnès et Ferraduel pour un complément de pollinisation.
3. Les techniques culturales
3.1. Multiplication
Les amandes récoltées en Juillet-Août sont conservées dans un local frais et sec jusqu’à leur
stratification en Décembre. Cette opération consiste à entreposer les graines dans du sable
humide à 4-5°C pendant 45-60 jours, ce qui permet de lever la dormance et hâter la
germination des amandes. En Juillet-Août de l’année suivante, les graines sont greffées à œil
dormant et les plants peuvent être livrés en Décembre-Janvier pour la plantation.
3.2. Travaux du sol-désherbage
A la plantation, si le sol présente un profil homogène, un labour de défoncement d’une
profondeur de 40-60 cm est suffisant pour améliorer la perméabilité du sol et son aération.
Dans le cas de profils hétérogènes (croûte calcaire ou couche imperméable en profondeur),
un sous-solage sans retournement du sol est préférable (fissuration du sol et meilleure
pénétration et développement des racines). Dans un verger en production et en culture à
sec, 2 à 3 passages annuels du disque ou d’instruments à dents de préférence, permet de
maintenir le terrain propre. Un traitement au gramoxome (paraquat) au cours du dernier
discage élimine les mauvaises herbes. Le chiendent est éradiqué par un traitement localisé
au Round up (Glyphosate).
3.3. Fumure
L’équilibre à respecter pour une amanderaie adulte est le suivant: N = 1; P205 = 0,3 et K20 =
1 à 1,2. Si l’amanderaie est conduite en bour (200 à 280 arbres/ha), apporter 80 à 90 unités
d’N dont 60 un mois avant la floraison et 20 à 30 à la nouaison; P205 = 30-35 unités et K20 =
80-100 unités en localisation de surface en Décembre-Janvier.
Pour une amanderaie adulte conduite en irrigation (300-400 arbres/ha), apporter: 100 à 120
unités d’N dont 50-60 un mois avant floraison; 25-30 à la nouaison et 25-30 au
grossissement du fruit; P205 = 40-45 unités et K20 = 120-140 unités en localisation de
surface et enfouissement par discage en Décembre-Janvier.
Doses préconisées d’azote en kg/Ha:
- 1ère année : 20
- 2ème année : 40
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- 3ème année : 70
- 4ème année : 80
Tableau de référence des analyses pour l’amandier
% du poids sec Ppm du poids sec
Niveau N P K Ca Mg Mn Ca B Zn
nutritionne
l
Au dessous 1,5 1 0,08 0,2 0,25 20 2 30 10
de la
normale
normale 2,4 1,5 0,12 1 0,5 75 10 35 25
Au dessus 3 0,3 2,5 1 200 200 10 35 25
de la
normale
Excessif 4 4 0,7 4 2 450 100 100 200
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La lutte contre ces parasites demeure imprécise, toutefois il est possible de réduire
considérablement les dégâts, en éliminant les risques de blessures sur fleurs et fruits, et en
traitant selon la gravité de l'attaque avant pré-débourrement quand les sépales sont
visibles, en début de floraison quand les pétales sont visibles et en pleine floraison après
la chute des sépales.
La cloque du pêcher et de l'amandier (Taphrina deformans)
Les parties attaquées de la feuille s'épaississent, se boursouflent et prennent une
coloration rougeâtre. Après un certain délai, l'épiderme supérieur se couvre d'une poussière
blanche constituée par les fructifications du champignon.
La maladie criblée (Coryneum beijerinkii)
Ses dégâts ne sont pas négligeables. La maladie ne fut observée que sur feuilles qui
présentent des taches délimitées de teinte brun rouge. Les tissus attaqués meurent, et les
parties nécrosées se détachent plus tard du parenchyme vert de sorte que la feuille apparaît
criblée de trous. Toutefois, cette criblure peut être occasionnée par d'autres champignons
comme Cercospora circumscissa, des bactéries du genre Pseudomonas, et même des virus.
Trois traitements sont recommandés contre le parasite: un premier avant floraison, un
second après la chute des pétales et un troisième, 10 à 15 jours après la chute des calices.
La rouille des arbres fruitiers à noyau (Tranzchelia pruni spinoza)
Ses symptômes apparaissent sous forme de ponctuations brunâtres sur les feuilles dont
la chute peut avoir lieu prématurément. Les produits utilisés contre les monilioses
peuvent assurer une protection contre la rouille.
Rouille sur feuilles
La maladie des taches rouges (Polystigma occhraceum)
Ce parasite fréquent se manifeste sur les feuilles par des taches assez larges, d'un à
quelques millimètres, de forme variable, de couleur d'abord jaunâtre puis brun rouge,
parfois très foncée. Il contribue à avancer la chute des feuilles sans préjudice pour les
rameaux ou les bourgeons. Il est probable que les traitements antifongiques de printemps
limitent le développement du parasite.
3.8. Récolte et conservation
Au Maroc, la récolte se fait manuellement. En Europe et aux USA, la récolte mécanique par
secoueurs commence à se développer. En coque, l’amandier peut être conservé 7 à 8
mois à la température ambiante et à une hygrométrie relative inférieure à 70%. Pour des
conservations qui dépassent 2 ans, les qualités intrinsèques des amandes peuvent être
maintenues si les fruits sont emmagasinés à 0˚C et 75% d’humidité relative.
ABRICOTIER
A. Origines. Aire de culture
La plupart des variétés cultivées d’abricot dérivent de Prunus armeniaca, originaire des
montagnes de l’Asie centrale. La culture de l’abricot a connu une importante progression ces
cinq dernières années : de 8350 ha en 1993, la superficie a atteint 11800 ha en 2009 avec
une production de 134 000 T. La culture est concentrée essentiellement dans le Haouz
(Marrakech) et El Kelaâ, suivi de Ouarzazate, de Moulouya et de Boulmane.
B. Adaptation au climat et au sol
L’abricotier reste un arbre de climat continental exigeante en froid hivernal (700 à 1000
heures en dessous de 7,2°C)., aux printemps secs, aux étés ensoleillés. Il vient bien en
altitude. Il supporte le froid hivernal jusqu’à - 20° C, mais se met en sève au premier
réchauffement à la fin de l’hiver. Ses bourgeons floraux sont alors susceptibles d’être
détruits par un retour subit du froid. Les fleurs se montrent extrêmement sensibles aux
40
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
gelées de printemps.
Seuils critiques :
- 2,2° C au stade pleine floraison,
- 0,6° C au stade nouaison.
Une bonne fécondation requiert des températures élevées et une forte insolation (dans la
première quinzaine de mars).
L’abricotier redoute les argiles profondes, les terres froides et humides. Il se plaît dans les
sols légers, perméables, chauds. Les aptitudes d’adaptation de l’abricotier rappellent celles
de la vigne.
C. Caractères de végétation et de fructification
1. Croissance des rameaux
L’abricotier est l’espèce fruitière qui se développe le plus vite au printemps. Cette croissance
rapide entraîne chez certaines variétés une fragilité au vent. Certains rameaux présentent
deux périodes de croissance séparées par un temps d’arrêt. D’autres n’ont qu’une seule
période de croissance, l’allongement est continu du débourrement à la fin de la végétation
active.
2. Fructification
L’abricotier fructifie principalement sur les bouquets de mai, les chiffonnes et les rameaux
courts, plus rarement sur les rameaux mixtes. La fructification se poursuit sur les bois de 2-3
ans, leur remplacement annuel s’avère donc inutile. Au cours de leur développement, les
bourgeons floraux sont sujets à divers accidents : chute de bourgeons, différenciation
incomplète des pièces florales. Ces anomalies sont caractéristiques de la floraison de
l’abricotier et se manifestent indépendamment du climat et de la variété. Dans l’ensemble,
l’abricotier est une espèce auto fertile. En conséquence, la pollinisation croisée n’est pas
nécessaire.
La floraison de l’abricotier se situe entre Février et Mars pour une récolte en Avril-Mai chez
Maoui et en Mai-Juin pour les autres variétés.
D. Porte-greffe
Le porte-greffe le plus utilisé au Maroc est le mech-mech, abricotier local. D’autres porte-
greffes tels que Canino, pêcher de Missour, amandier amer, prunier Myrobolan et Mariana
sont rarement utilisés (incompatibilité avec le pêcher et le prunier Mariana).
1. Le franc d’abricotier
Issu de semis, ce porte-greffe présente une grande hétérogénéité, s’accommode de sols
secs, caillouteux, redoute les terres humides et compactes. Il supporte le calcaire à condition
que le sol soit sain. Il présente une bonne affinité avec la plupart des variétés. Les variétés
greffées sur abricotier franc atteignent un développement important et une grande
longévité : 40- 45 ans. Mais elles se montrent nettement sensibles à la verticilliose et au
pourridié. La production est bonne, les fruits d’excellente qualité.
2. Le franc de pêcher
Issu de semis de pêcher, ce porte-greffe se montre sensible à l’humidité du sol et à la
chlorose calcaire. L’affinité est excellente avec les variétés : Luizet, Bergeron, Polonais, Royal,
Paviot, Poizat, Earli Orange, Cafonar ; elle est mauvaise avec : Rouge du Roussillon, Canino.
La vigueur des arbres greffés sur franc de pêcher est comparable à celle du franc
d’abricotier. Les arbres s’avèrent sensibles aux vents violents. La longévité est courte: 15 ans
et la mise à fruits rapide : 3 ans. Peu sensible à l’enroulement chlorotique, il est très sensible
au pourridié.
3. Les pruniers
41
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Les pruniers sont largement utilisés comme porte greffe des arbres à noyau : pêcher,
prunier, abricotier.
• Reine-Claude GF 1380
Affinité satisfaisante avec la plupart des variétés. Il confère aux arbres une vigueur moyenne
et une bonne longévité : 25-30 ans.
• Myrobolan GF 31
Très bonne affinité avec : Rouge du Roussillon, Canino, Luizet, un peu moins bonne avec :
Polonais, Bergeron. Il confère une grande vigueur mais est sensible à la bactériose et à la
verticilliose.
• Marianna GF 8-1
Ce porte-greffe soulève de sérieuses difficultés d’affinité avec les variétés d’abricotiers. On
peut greffer directement sur GF 8-1 les variétés : Bergeron, Luizet. Avec les autres variétés,
on doit recourir à un porte-greffe intermédiaire soit l’abricotier Stark Earli Orange, soit le
prunier Reine- Claude. GF 8-1 confère aux arbres une bonne vigueur. Bonne résistance à
l’asphyxie radiculaire et au pourridié.
• Rubira
Franc de pêcher. Adapté aux sols légers. Meilleure compatibilité que les autres pêchers.
Réduit la vigueur des arbres greffés par rapport à l’abricotier Manicot A 1236 et au pêcher
GF 305.
4. Le choix du porte-greffe
Chez l’abricotier, le choix du porte-greffe est toujours délicat. En premier lieu, il faut
considérer l’affinité avec les variétés, ensuite l’adaptation au milieu et la sensibilité aux
maladies.
Porte- Adaptation Asphyxie Chlorose Vigueur Productio Bactériose-
greffe aux sols radiculaire calcaire n ECA
Pourridié
Verticilliose
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Fig. 8. – Porte greffe de l’abricotier : critères de choix (pour l’affinité avec les variétés se
référer au texte)
E. Variétés
Trois remarques préliminaires s’imposent :
– Une variété d’abricotier est adaptée à une région donnée. Cultivée en dehors de sa zone
favorable, sa végétation et sa fructification se trouvent perturbées.
– On assiste actuellement à une réduction du nombre de variétés cultivées dans une même
région.
– Les exigences du marché obligent à renouveler l’assortiment variétal.
Au Maroc, la gamme variétale est très réduite. Elle est constituée pour 80% de Canino, une
variété à double fin, le marché des fruits frais et la conserve. Les autres variétés sont
Gelitano, Delpatriarca, Maoui, Ouardi, Sayeb, Amal et des variétés locales. Des variétés
hybrides précoces et tardives de Canino sont aussi en cours d’essai.
Les variétés décrites ci-dessous sont présentées par ordre approximatif de maturité.
• Ouardi-Priana
C’est un arbre de vigueur moyenne qui fructifie surtout sur rameaux mixtes. Actuellement,
c’est la variété la plus précoce. Fruits de bon calibre A-AA, de bonne qualité gustative,
évoluant rapidement aux approches de la maturité. Il convient aux contrées méridionales
mais
est sensible aux gelées printanières.
• Luizet
Arbre de grande vigueur. Mise à fruits assez lente. Fruit moyen à gros, de bonne qualité.
• Rouge du Roussillon
Variété constituant les 3/4 de la production d’abricot du Roussillon. Arbre de bonne vigueur.
Production irrégulière d’une année à l’autre. Fruit petit à moyen, d’excellente qualité,
parfumé.
• Polonais
Arbre de vigueur moyenne. Mise à fruits rapide, production bonne et régulière. Fruit de bon
calibre, de bonne qualité.
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
• Bergeron
Arbre de bonne vigueur. Production moyenne. Fruits très gros, de bonne qualité. Variété
convenant au climat continental.
F. Formes et conduite
1. Formes, distances
L’abricotier requiert des distances de plantation plus ou moins importantes selon la vigueur
du portegreffe: de 9 x 9 m à 6 x 6 m. Les formes utilisées sont le gobelet à centre ouvert, le
gobelet différé.
• Gobelet à centre ouvert
Cette forme classique convient bien à l’abricotier en région ventée car elle donne une
charpente rigide. La formation réalisée par rabattage sévère des rameaux demande du
temps ; la mise à fruits se trouve retardée. La fructification s’établit le long des charpentières
et des sous-charpentières.
• Gobelet différé
Cette forme, mise au point chez le pêcher, permet d’obtenir rapidement un arbre de grande
dimension. Mais chez l’abricotier la souplesse des rameaux gêne sa formation surtout en
situation ventée. En vieillissant, l’arbre devient touffu et nécessite des élagages sévères.
• Gobelet moderne
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
maladies bactériennes.
Soit à titre indicatif la fumure d’entretien suivante : N: 100-150 U/ha, P205: 80-100 U/ha;
K20: 150 U/ha. L’abricotier est exigeant en fumure potassique.
3. Irrigation
Les besoins en eau de l'abricotier sont élevés au moment de la croissance du fruit,
particulièrement pendant le durcissement du noyau. Au Maroc, cette période coïncide
généralement avec une période sèche d'où la nécessité de maintenir un rythme soutenu des
apports d'eau. Les doses et les fréquences des irrigations dépendent de plusieurs facteurs
dont la densité, l'âge des arbres, la nature du sol et les conditions climatiques. Il faut
souligner aussi la nécessité de continuer à apporter des irrigations même après la récolte
afin de d'assurer une bonne induction florale. D'autre part, un excès d'eau en conditions de
sol lourd peut provoquer la pourriture racinaire, notamment quand le porte-greffe est un
franc.
H. Protection phytosanitaire
1. Dépérissement de l’abricotier
Les principales causes de dépérissement de l’abricotier sont consignées dans la figure 10.
2. Maladies à virus et à mycoplasmes
• Enroulement chlorotique de l’abricotier. Cette maladie est responsable de 80 % des
dépérissements de l’abricotier. L’agent pathogène est probablement un mycoplasme. La
transmission se fait par greffage. Sur porte-greffe prunier, cette maladie manifeste des
symptômes caractéristiques : à partir de la mi-mai, des bouquets de feuilles s’enroulent en
cornet ; à partir de la mi-aôut, les bourgeons débourrent et donnent naissance à des pousses
rabougries ; en hiver, l’écorce du tronc et des branches se nécrose.
Les abricotiers atteints d’ECA ne vivent pas longtemps après l’apparition des premiers
symptômes : un à trois ans.
Il n’existe pas de méthode de lutte directe contre cette maladie.
• Sharka
Les symptômes les plus caractéristiques se manifestent sur les fruits : légères dépressions
arrondies moins colorées et vitreuses. Ces zones sont entourées d’un halo.
En dessous, la chair prend une texture spongieuse et s’imprègne de gomme. La transmission
se fait par la multiplication végétative et les pucerons. La destruction des arbres malades est
vivement conseillée.
3. Le chancre bactérien
Cette maladie s’attaque aux arbres de moins de six ans. Elle est provoquée par deux
bactéries: Pseudomonas syringae et Ps. viridiflava. La contamination se réalise à l’automne
et en hiver à la faveur de lésions diverses : cicatrices foliaires, petites blessures de l’écorce.
En février-mars, des points gommeux apparaissent sur le tronc ou les branches. Sous ces
points, le liber (écorce) brunit. Il peut se former un chancre longitudinal. Le jeune arbre peut
aussi mourir en quelques semaines.
Le chancre bactérien est favorisé par les automnes humides, les hivers froids, les sols acides,
squelettiques. Comme pour toute maladie bactérienne, la lutte consiste à traiter à la bouillie
bordelaise lors de la chute des feuilles, à cureter les chancres et à les badigeonner d’un
produit bactéricide. Il convient de tailler de préférence à la fin de l’hiver.
4. Maladies cryptogamiques
• Verticilliose : L’agent responsable est un champignon Verticillium alboatrum f. dahliae qui
vit dans le sol et infecte aussi bien les plantes herbacées : luzerne, tomate, melon, mauvaises
herbes, que les espèces ligneuses : abricotier, cognassier. La contamination s’effectue par les
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Le prunier
1. Importance et aire de culture
Le prunier a connu un développement rapide durant ces dernières années pour passer de 2.100
ha en 1980 en irrigué à 8.608 ha environ en 2009, soit un accroissement moyen annuel de
200 ha. La production nationale en fruits frais varie d'une année à l'autre a atteint 73.737
tonnes en 2008-09 (MADRPM).
L'extension de la culture a dépassé les zones de Chaouen-Ouazzane, Kénitra-Rabat,
Khémisset et Haouz pour s'étendre dans le plateau de Saïss, la région d'Ifrane-Imouzer et
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
plusieurs qui ont été expérimentées pour élargir la gamme variétale. Issue d'un croisement
réalisé en 1912 entre la prune d'Ente et Grand Duck, cette variété constitue actuellement la
base des plantations commerciales au Maroc.
La variété Stanley a des besoins en froid moyens à élevés et fleurit, selon les années, entre
fin mars début avril pour arriver à maturité durant la première semaine de septembre. La
période de maturité s'étale sur 2 à 3 semaines environ. Le fruit qui est de couleur noirâtre a
un poids moyen de 25 à 30 g. Le noyau est libre, la chair est ambre sucrée et ferme avec de
bonnes aptitudes au transport. C'est un fruit de table aussi mais il est très utilisé pour le
séchage.
Cette variété a une forte tendance à l'alternance qui peut être accentuée par certaines
conditions climatiques (gelée, grêle, faible disponibilités en froid).
L'arbre de la variété Stanley a un port dressé avec une bonne vigueur durant les premières
années.
4. Les techniques culturales
4.1. Densité de plantation et formation
Les densités de plantation à préconiser pour une conduite en gobelet sont de l'ordre de 666
arbres par hectare, soit un écartement de 5 x 3 m. Un écartement suffisant entre les lignes est
nécessaire pour pouvoir effectuer aisément les traitements phytosanitaires et faciliter le
passage des engins (travail du sol, ramassage des caisses,…). Il évite aussi le
dégarnissement des arbres causé par l'ombrage de la végétation. A la limite, des écartements
de 4 x 3 m peuvent être envisagés sur des sols moyennement riches pour un amortissement
rapide.
4.2. Fertilisation
L'incorporation de la fumure de fond à la plantation est indispensable. L'apport du fumier
à raison de 10 à 15 kg/arbre est fortement recommandé. La fumure minérale à apporter
dépend de la richesse du sol et on peut préconiser, à titre approximatif, 0.5 à 0.8 et 1 à 1.5
kg/arbre respectivement de phosphore et potasse.
Durant les trois premières années, l'arbre doit recevoir des quantités d'azote qui évoluent
avec l'âge, de l'ordre de 20 unités la première année, 40ème année, 70-80 unités la 2ème
et la 4ème année. Cette dose peut
être ajustée selon l'allongement annuel de la pousse qui doit être de 0.8 à 1.5m et l'état de
végétation de l'arbre. Pour un verger productif (>5 ans), la quantité d'azote à apporter serait
de l'ordre de 80 à 100 unités/ha à fractionner en 3 apports (1/3 au débourrement, 1/3 après
nouaison et 1/3 après récolte pour constituer les réserves). En fertigation, l'injection de
petites doses d'azote de 5 à 10 unités/ha peut être recommandé dès le démarrage des
irrigations et étalés sur 10 à 15 apports espacés d'une semaine environ. Ces apports doivent
cibler la période de croissance végétative rapide du prunier qui se situe de mai à juillet.
Pour la potasse, qui joue un rôle important dans l'amélioration du calibre du fruit et de sa
teneur en sucre, les besoins du prunier sont de l'ordre de 100 à 150 unités. Pour le
phosphore, même si les besoins sont relative- ment faibles d'environ 30 kg de P2O5/ha,
les apports doivent être majorés surtout en sol riches en argile et en chaux où les risques
de son blocage existent si le pH est basique. En fertigation, les éléments fertilisants peuvent
être apportés, sous forme soluble, de préférence dès le débourrement. La répartition
annuel- le de ces éléments serait de 20% pendant la période "débourrement-nouai- son", 60
% pendant la "croissance végétative" et du fruit et 20% après la "récolte".
On préconise les apports suivants: Fumier = 10 T/ha, N= 100U/ha dont 2/3 avant floraison et
1/3 après la récolte, P205= 80-100 U/ha à l’automne, et K20= 180-200 U/ha à l’automne.
4.3. La taille
49
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Pour une conduite en gobelet, la taille de formation consiste à rabattre le scion à 50-60
cm à la plantation. Une taille en vert (mai-juin) permet de choisir 3 à 4 futures charpentières
qu'il convient de pincer en éliminant le 1/3 ou leur moitié en hiver (décembre, janvier).
Le rabattage des charpentières la deuxième année per- met un renforcement du bois qui
accuse des arcures et des affaissements importants sous l'effet des récoltes abondantes.
Les rameaux anticipés sont à rabattre à deux yeux. Les rameaux verticaux à l'intérieur de
l'arbre et les gourmands doivent être supprimés.
L'arbre accuse un net ralentissement de la croissance végétative et un affaiblissement
des charpentières avec les récoltes successives. Des dessèchements plus ou moins
importants des extrémités des charpentes peuvent se produire dès la 6- 8 ème année d'âge. A
ce stade, l'arbre fructifie essentiellement sur les bouquets de mai avec une floraison
d'importance réduite sur les rameaux mixtes et les chiffonnes. Le dégagement du
prolongement des charpentières sur 30 à 40 cm doit être opéré en supprimant toutes les
pousses à bois.
La taille de fructification doit être opérée en fonction de l’alternance. L’hiver qui suit une
forte production, le nombre de bourgeons floraux est faible et constitué surtout de
bouquets de Mai. Il faut pratiquer une taille sévère sur les rameaux mixtes (réduction du
nombre de bourgeons à bois et rétablissement de l’équilibre bourgeons floraux-bourgeons à
bois). L’hiver qui suit une production très faible, le nombre de bourgeons floraux sera très
élevé. On supprimera un certain nombre de bouquets de Mai sans toucher aux rameaux
mixtes.
4.4. Pollinisation et fructification
L'installation de ruches à abeilles au verger contribue à améliorer la pollinisation et donc la
fructification. Il arrive d'observer une chute des fruits non fécondés et ceux dont l'embryon a
avorté après floraison. La durée de croissance des fruits est de 5 à 6 mois. Le premier mois
qui suit la floraison, la croissance du noyau est rapide. Après le deuxième mois, un arrêt de la
croissance du fruit est observé. Il est accompagné d'un durcissement du noyau. Une seconde
chute peut être observée en juin pour entrer dans la 3ème phase qui est caractérisée par un
grossissement rapide et un enrichissement en sucres.
4.5. Irrigation
Les besoins en eau du prunier varient selon la région (demande climatique) et l'âge des
arbres. Pour un verger adulte et en pleine production, une bonne alimentation en eau
améliore
le calibre des fruits, réduit l'alternance et le vieillissement des arbres. Les besoins en eau du
prunier sont élevés durant la période Mai-Juillet. Selon les pluies, l'irrigation débute donc à
partir du mois de mai et commence par des irrigations à faible dose (10 à 15 m3/ha). Les
doses d'irrigations augmentent sensiblement avec les chaleurs pour atteindre un
maximum en Juillet et Août. Un volume journalier de 25 à 40 litres/arbre est nécessaire
durant une période de 5 à 6 mois (Mai à Octobre) pour assurer une bonne production. Il
est souhaitable également d'assurer l'humectation sur toute la rangée en mettant des
goutteurs de part et d'autre du tronc et entre les arbres sur la même ligne.
Un manque d'eau en période estivale affecte le grossissement des fruits et l'élaboration des
sucres. A l'approche de la maturité, les doses d'irrigation doivent être réduites pour favoriser
l'accumulation des sucres dans le fruit et faciliter son séchage dans les fours.
4.6. Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire
Chez le prunier, il existe de nombreuses maladies dues soit à des bactéries (Pseudomonas
syringae et P. morsprunorum, criblure de feuilles, galle du collet ou crown gall), soit à des
50
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
4.7.Récolte et conservation
Le calibre géant est le plus demandé par les industriels et les commerçants de ce produit.
Comme pour l’abricot ou la pêche, le fruit est fragile et son époque de cueillette reste un
compromis entre les exigences de la qualité et les contraintes de manipulation et de
transport. Le stade optimum de récolte se situe lorsque le degré Brix est de 18. Cette valeur
est exigée par les fours de séchage et est généralement atteinte en fin de la première
semaine de septembre. Le rendement au séchage est de 30 à 35% soit 3 kg de fruits frais
pour donner un kilogramme de pruneaux.
Les prunes japonaises sont très aqueuses et doivent être commercialisées rapidement. La
Stanley et la Blue Diamond conservées entre 4 et 6°C et 85% d’hygrométrie, peuvent être
vendables dans les dix jours après leur sortie de la chambre froide.
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
terrains
médiocres
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
productif, peu
sensible au
Phytophthora
cactorum
M 106 Fertiles, sains Rapide Peu Moyen Sensible au
(Northe bien drainés. sensible Phytophthora
m Spy X Craint cactorum en
M 1) la sécheresse conditions
favorables à
son
développemen
t
M 26 Moyennemen Non Rapide Moyenne Meilleur Nécessite un
(M 16 X t asphyxiants que tuteurage,
M 9) faible M 9, croissance
moyen rapide
les premières
années,
sensible au
Phytophthora
cactorum en
conditions
favorables à
son
développemen
t
.
F. Soins et taille
L’arboriculteur devra adopter pour les sujets greffés sur franc ou les divers types de Malling,
classés comme très vigoureux et vigoureux, la forme en haute tige ou mieux, le gobelet
différé et pour les moyennement vigoureux et faibles qui s’apparentent au Doucin et au
Paradis, les formes semi-libres ou palissées (palmette oblique, croisillon, etc.)..
1. Gobelet différé
La taille en gobelet différé, comparable à celle pour le pêcher, demande des soins
particuliers qu’impose le mode de végétation du pommier.
Le scion, après son sectionnement (en hiver) et à quelque hauteur que ce soit (0,30 m, 0,60
m ou 0,90 m), développe, à son sommet, un verticille de deux et plus souvent trois belles
55
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
branches, issues des yeux de l’extrémité, tandis que sur le reste du jeune plant se forment
(en rapport avec le porte-greffe) des pousses de force très inégale, qui très souvent se
transforment en brindilles couronnées l’année de la plantation… c’est le début de la mise à
fruit.
Ce fait, lié à la physiologie de la tige du pommier, exige pour aboutir à la formation du
gobelet différé l’usage de la double taille.
2. Taille de formation
a) Première taille d’hiver
Le scion, après la plantation, sera sectionné à 1,10 m de hauteur, l’œil de taille orienté vers
le vent dominant.
b) Première taille d’été
En juin, vers le 10 ou le 12, lorsque les 3 pousses du verticille auront 20 à 25 cm de longueur,
il sera procédé, avec le sécateur, au rabattage du scion à 0,90 m de hauteur, sur une pousse
bien orientée. Alors, les hormones végétales, déjà dirigées vers le bas, influenceront la
pousse des yeux situés sur le tronc, tout en leur donnant un écartement suffisant (angle de
60 à 70°) vis-à-vis de la branche dont elles seront issues.
Taille du pommier en gobelet différé (Principe de la double taille) A : 1re taille hiver. – B :
1re taille été. – C : 2e taille
été. – D : 2e taille hiver. – E : 3e taille hiver.
56
R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
bouton à fruit se forme en deux années au lieu de trois. L’espèce développe assez facilement
des brindilles, avec lesquelles on assure la mise à fruit (quelle que soit la variété).
5. Taille de rajeunissement
Après un certain nombre d’années de grosse production, variable avec les espèces, les
charpentières se trouvent dégarnies, la végétation est de plus en plus faible ainsi que le
développement du système radiculaire.
Il importe donc, par un élagage sévère, de rétablir l’équilibre entre la partie aérienne et la
partie souterraine de l’arbre.
Cette taille sévère sera faite en hiver, suivant les principes déjà énoncés.
6. Éclaircissage des fruits
Avec les formes palissées et celles dites semi-libres ou libres, il est souhaitable de procéder à
l’éclaircissage des fruits, ce qui permet d’obtenir des fruits de bon calibre, d’en améliorer la
coloration et de réduire l’alternance.
Pour certaines variétés telles que Reine des Reinettes, Golden, Red Delicious, les types Spurs,
Akane, Idared,Winesap, Granny Smith… ainsi que les variétés françaises comme la Reinette
du Canada, la Belle de Boskoop, la Reinette du Mans, etc., il est indispensable de réaliser
cette opération de préférence en utilisant des produits chimiques à base d’ANA, NAD ou de
Carbaryl en pulvérisation, à des doses de 10 à 20 mg par litre, lorsque les fruits ont de 9 à 12
mm de diamètre. Le Carbaryl s’utilise 14 à 21 jours après la pleine floraison, à raison de 100
à 200 g/hl et 1 800 l à l’hectare.
G. Variétés
• Vista bella
Obtention de l’Université de New Brunswick (U.S.A.) hybride de grande vigueur, ramification
moyennement importante, rameaux longs et trapus, très grandes feuilles. Floraison une
semaine avant Golden. Pollinisateurs Idared, Jerseymac, Priam. Mise à fruit rapide sur bois
de 1 ou 2 ans. Fruit moyen à épiderme lavé de rouge sur 3/4 de sa surface, attrayant, forme
aplatie, de bonne qualité gustative, conservation 2 semaines à +2 °C. Assez sensible à
l’oïdium et la tavelure ; à élever en formes plates afin d’obtenir une bonne coloration. Elle
est sensible à la chute à maturité. Rubrique particulière.
• Jerseymac
Hybride sélectionné par l’Université de New Brunswick au U.S.A., qui fructifie sur bois de 2 à
3 ans. Mise à fruit rapide, de production régulière. Floraison 3/4 jours après Golden. Elle est
pollinisée par les Delicious rouges, Golden, Idared, Granny Smith, Reine des Reinettes, Priam.
La cueillette s’effectue 10 jours avant Akane et 40 jours avant Golden. Fruit moyen, lavé de
rouge sur fond jaune. Qualité gustative moyenne. Valable en altitude.
• Belrène
Obtention INRA, obtenue par traitement mutagène de Reine des Reinettes ; elle nécessite 3
à 4 passages à la récolte, car le fruit est sensible à la chute. Couleur de fond jaune, strié de
rouge ayant laissé en partie place à un lavis rouge-orangé sur la moitié au maximum de la
surface. Il y a d’autres mutations plus ou moins rouges.
INRA. Belrène INFEL. 2732 T.
• Prima
Origine américaine. Arbre de bonne vigueur, à port semi-étalé, de mise à fruit rapide, forte
production. Résistante à la tavelure, peu sensible à l’oïdium. Cueillette 2 semaines avant
Golden. Pollinisateurs : Priam, Florina. Beaux fruits, de calibre moyen, de forme tronconique.
Épiderme rouge lumineux sur fond jaune. Bonne qualité gustative.
• Priam
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Le poirier
Importance et aire de culture
Le poirier (Pyrus communis) occupe une superficie de 4000 ha pour une production de 40000
T. Comme pour le pommier, les principales régions de production sont le Moyen et Haut
Atlas (Azrou-Ifrane), la plaine du Saïs (Meknès- Fès), Khénifra-Midelt et le Gharb.
Exigences agro-écologiques
Le poirier est une espèce qui se développe dans des zones climatiques où la température
hivernale reste en dessous de 7°C. Ses besoins en froid sont de l’ordre de 1200 à 1500
heures de températures inférieures à 7,2°C. En phase de dormance, le poirier peut supporter
sans en souffrir des températures allant jusqu’à -26°C. Moins rustique que le pommier, le
poirier est cependant plus exigeant en froid que le pêcher. Les températures au dessus de
27°C et au dessous de 12°C et la faiblesse d’hygrométrie réduisent le calibre des fruits. La
variété Williams est sujette à une maturité précoce si des températures fraîches sévissent
pendant les quelques mois qui précèdent la récolte. Le fruit présente alors une vitrescence,
ramollit et se conserve mal en frigorifique. Le degré de ces altérations dépend d’un seuil
critique des températures et de la durée d’exposition du fruit à ces températures.
Le poirier s’accommode d’une grande variété de sols dans la mesure où ils conservent
suffisamment d’humidité et qu’ils soient bien drainés. Comme beaucoup d’espèces, le
poirier se développe bien sur des sols profonds, fertiles, argilo-limoneux et riches en matière
organique.
Les variétés
Comparativement au pommier, la gamme variétale du poirier est nettement plus réduite.
Une dizaine de variétés fournissent la quasi-totalité de la production de poires au Maroc. En
culture de plaine et par ordre de précocité de récolte, on rencontre Wilder, Précoce
Morettini, Coscia, Dr. Jules Guyot, Clapp Favorite, Williams Blanc, Williams Rouge, Louise
Bonne d’Avranches et Passe Crassane. Les variétés les plus cultivées sont les poires d’été
(Williams, Dr. J. Guyot, Beurré Hardy) suivies de Passe Crassane, une poire d’automne.
L’association variétale est nécessaire chez le poirier pour assurer la fécondation croisée. Les
types d’associations rencontrées sont les suivantes:
Variétés à polliniser Variétés pollinisatrices
-Précoce Morettini -Coscia
-Coscia -Précoce Morettini
-Dr. J. Guyot -Williams
-Williams -Conférence, Dr. J. Guyot
-Louise Bonne d’Avranches -Beurré Hardy, Williams
-Passe Crassane - Beurré Hardy
Les deux porte-greffes les plus utilisés sont: le Franc et le Cognassier BA29. Le franc confère
une grande vigueur à la variété, ce qui est un inconvénient en culture intensive, mais il est
indemne de maladie à virus à l’exception du “vein yellow” transmis par graine; il présente
aussi une bonne affinité avec le poirier et est peu sensible à la chlorose calcaire. Un franc
sélectionné pour son homogénéité, Feudière est peu diffusé. Le cognassier BA29 est un
cognassier de Provence qui se distingue par sa vigueur, sa croissance rapide et présente une
bonne affinité avec Williams.
Les techniques culturales
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Le figuier
Importance et aire de culture
Le figuier occupe une superficie de plus de 46.000 ha, soit 5% du patrimoine arboricole
national. La production est estimée à 57.000 tonnes, atteignant un rendement moyen de 1,2
tonnes/ha. La culture est localisée principalement dans les zones de montagne, sur des sols
pauvres, schisteux-marneux (Rif et Chefchaouen) ou calcaires dans des terrains souvent
accidentés et bénéficiant de très peu de soins. Les cinq grandes zones de production sont:
Taounate (22.230 ha), Chefchaouen (7.050 ha), Al Hoceima (5.000 ha), Ouazzane (3.150 ha),
Tétouan (2.000 ha). Les autres plantations sont réparties entre Taza, Nador, Essaouira, El
Jadida, Safi. La culture du figuier est en régression, souvent remplacée par des céréales ou
du tabac.
Exigences agro-écologiques
Le figuier se développe bien dans des zones à faible hygrométrie, fort ensoleillement et des
étés chauds et secs. Au stade jeune, les pousses en croissance peuvent être endommagées
(à -1°C). Mais l’arbre adulte peut résister jusqu’à -12°C. Les températures de 32 à 37°C sont
très favorables au développement et la maturité des fruits. Si la température s’élève jusqu’à
43°C, le fruit durcit. Le figuier s’adapte à une large gamme de sols, depuis les sols lourds
argileux jusqu’aux sols sableux, mais préfère les sols limono-argileux. Il tolère des pH de 6 à
7,7, mais craint les fortes concentrations en sodium et en bore.
Les variétés
Il existe actuellement un grand nombre de variétés au Maroc et probablement beaucoup de
synonymie d’appellation. Vingt-quatre variétés commercialement cultivées ont été
identifiées dans trois zones du Rif. Parmi ces variétés, six sont cultivées à grande échelle. Il
s’agit de: El Messari ou Homrane ou Johri, Lembdar Labiad, Lembdar Lakhal, Rhouddane, El
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
Koté et Aounq Hmam. A l’exception d’El Koté qui ne fructifie qu’en automne, toutes les
autres variétés sont bifères, c'est-à-dire qu’elles présentent une fructification estivale (de la
mi-juin à juillet) et une 2ème automnale (de la mi-août à septembre). La variété Rhouddane
est un type commun qui ne comporte que des fleurs pistillées. Elle n’a pas besoin de
pollinisateur, alors que toutes les autres variétés sont du type San Pedro et nécessitent un
pollinisateur pour la fructification de septembre- octobre, qui produit le plus de fruits. Pour
le figuier, une opération importante (caprification) consiste à planter à côté des figuiers
femelles un caprifiguier pour en assurer la pollinisation grâce à un insecte, le Blastophaga
psenes. Trois à cinq caprifiguiers assurent la caprification de cent figuiers femelles. Dans la
zone Nord du Maroc, les caprifiguiers: L’Hlou, l’Mer et l’Hmer sont à floraison échelonnée et
sont utilisés comme source de pollen. Un caprifiguier, le MKH n° 5, a aussi été sélectionné
pour sa richesse en Blastophages, par l’INRA Marrakech.
Les phases de développement du fruit
La figue présente une allure de croissance en double sigmoïde avec deux pics et trois phases
de croissance. Au cours de la première et la troisième phase, le fruit croît en taille et en
poids, alors qu’en deuxième phase, il reste stationnaire. Les pics de croissance sont associés
à la synthèse d’auxines endogènes. Le taux de sucre de la figue croit graduellement durant
les premières et les dernières phases de développement du fruit.
Les techniques culturales
Multiplication et plantation
Le figuier se multiplie facilement par boutures qui s’enracinent facilement. Les boutures sont
plantées ans un carré d’élevage où elles sont espacées de 20 à 30 cm sur la ligne et 60 cm
entre ligne. L’ombrage et une irrigation régulière sont nécessaires pour une bonne reprise
des boutures. Une incision annulaire à la base de la bouture, 30 jours avant son
prélèvement, facilite l’émission des racines et leur développement ultérieur. Des trous de
plantation de 60 cm³ sont creusés et exposés à l’air libre pour quelques semaines. Les
plantations se font en carré ou selon les courbes de niveau avec une distance de 4 à 6 m en
tout sens. Des espacements de 6x4 m sont conseillés car ils permettent une limitation de la
phase juvénile et augmentent la résistance au froid.
Fertilisation
Les plants d’un an doivent recevoir 9 kg de fumier bien décomposé et 35 g d’azote sous
forme d’urée. Chaque année, on doit ajouter 7 kg de fumier et 35 g d’azote supplémentaires.
A cinq ans, l’arbre doit recevoir 40 kg de fumier et 150 g d’azote. Chez le figuier, l’azote est
essentiel pour la croissance végétative et la fructification; le phosphore agit sur la couleur et
la maturité du fruit et le potassium sur le rendement et la qualité de la figue.
Irrigation
Au cours des premières phases de croissance et de développement, les besoins en eau du
figuier sont importants, mais l’irrigation doit être réduite à l’approche de la maturité, en vue
d’obtenir des fruits riches en sucre et entiers. En été, le figuier doit être irrigué tous les 8 à
10 jours. En hiver, lors du repos végétatif, 2 à 3 irrigations sont suffisantes pour couvrir les
besoins de l’arbre.
Taille
La taille est nécessaire pour stimuler la production de nouvelles pousses qui vont porter les
fruits. La taille a pour effet d’accroître la production et le poids des fruits. C’est une taille
d’éclaircie qui doit enlever le bois mort et aérer la frondaison des arbres.
Maladies et ravageurs
Dans les vergers mal entretenus (pas de taille), la cochenille du figuier ou Kermès
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
(Lepidosaphes ulmi) se développe sur l’écorce, les feuilles et les fruits, sécrétant une
substance cireuse blanc-rosâtre. Suite à ces attaques, la fumagine se développe sur les
arbres; les fruits récoltés sont alors impropres à la consommation. Une autre maladie due à
Rosellinia necatrix, se manifeste par un feutrage mycélien blanc sur les racines et l'extrémité
des rameaux qu’il dessèche. D’autres maladies sont aussi fréquentes telles que l’Aspergillus
niger et Botrytis cinerea. Un poudrage au soufre, le Zineb ou le Dithane M45 permettent un
contrôle de ces maladies. Parmi les insectes, on peut citer le psylle du figuier qui s’attaque
aux feuilles et aux jeunes pousses et la mouche noire des figues qui peut faire chuter
certaines années jusqu’à 60 à 70% des fruits. Traiter avec les insecticides appropriés.
Récolte et conservation
Pour les zones les plus précoces, la maturité des figues commence à la mi-juin pour les figues
fleurs et à la mi-août pour les figues d’automne; un décalage de 10 à 15 jours sépare les
zones de productivité précoce de celles à production tardive. La récolte se fait manuellement
ou à l’aide de roseaux fendus à l’extrémité. La cueillette des fruits est faite un peu avant
maturité complète pour les figues destinées à la vente en frais et au séchage. Les
rendements sont variables et se situent entre 15 et 80 kg par arbre en pleine production.
Des séchoirs solaires pilotes permettent de sécher les figues.
LA VIGNE
( Vitis vinifera )
En 2008-2009 la culture de la vigne a occupé, au niveau national, une superficie de l’ordre de
45.300 ha dont 35.900 ha de vigne de table (80%). La superficie de la vigne a connu une
régression continue durant les trois campagnes 2006- 2007/2008-2009.
Les principales régions de production de la vigne de table sont les Doukkala, le Haouz, les
régions de Rabat salé, Benslimane, Essaouira et Khémisset et la Moulouya qui détiennent
ensemble environ 74% de la superficie totale. Les principales variétés de table sont Doukkali,
Muscat d’Italie, Valency, Abbou et Muscat d’Alexandrie qui occupent environ 70% de la
superficie totale.
Production
La production de raisins réalisée au titre de la campagne 2008-2009 est évaluée à près de
288.000T, en baisse de 8,7% par rapport à la moyenne des 5 dernières années.
I. La connaissance de l’arbre
Classification de la vigne
Les cépages (=variétés de vigne) ont plusieurs origines :
- eurasiatique
- asiatique
- américaine
La vigne est une plante sarmenteuse (nécessite un support).
Le pied de la vigne est un cep.
Les rameaux de la vigne sont des sarments.
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R.Karmoud Cours arboriculture fruitère
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(Mamba)). Le sol peut être aussi maintenu enherbé ou couvert par un mulch ou un paillage
plastique pour lutter contre l'érosion et améliorer la structure.
Le contrôle de la nutrition peut être effectué par l'analyse foliaire.
Pour un vignoble de 750 pieds/ha ; les apports sont par exemple de : 500 kg d'N ; 120 kg de
P205 et 750 kg de K20 à l'âge de 3 à 5 ans. Au-delà de 5 ans, les apports sont de : 500 kg d'N ;
500 kg P205 et 1000 kg K20.
2. L'irrigation
La vigne peut être conduite en bour (dans les régions de Mèknès Khémisset, pour la conduite
en gobelet ou en guyot simple.
Le système d’irrigation le plus utilisé actuellement est le goutte à goutte; Pour le système
gravitaire, il est conseillé de faire quatre arrosages: au débourrement, à la floraison, à la
nouaison et à la véraison. L'aspersion est peu pratiquée car elle favorise le développement de
maladies cryptogamiques (Mildiou, Botrytis) et l'éclatement des baies.
Le goutte à goutte, malgré son coût d'installation, se développe dans plusieurs régions. Les
goutteurs d'un débit de 2 à 4 l/h sont disposés tous les 1,25 à 1,50 m et assurent une
alimentation régulière des souches. Les apports sont de 600-1800 m³ à 2500-3000 m³/ha/an en
juin-juillet et août.
3. La taille
La taille doit être réalisée chaque année pendant le repos végétatif: décembre-janvier-février.
Les systèmes de taille de formation sont les suivants: le Gobelet, le Guyot simple, le Guyot
double, le Cordon simple, le Cordon double, la Pergola.
VI. Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire
1. Maladies
* L'Oïdium : les feuilles, rameaux et inflorescences se couvrent de poussières gris-
blanchâtres. Le champignon attaque les grappes, les baies éclatent et deviennent sensibles au
Botrytis cinera. Lutte : traitement au soufre, le dinocap (karathane), Fenarimol (Rubigan 4),
Triadimeton (Bayleton 5).
* Le mildiou: apparition de taches translucides: «tâches d'huile» de formes circulaires ou
allongées. Les grappes se couvrent d'une poussière blanche «rot gris». Lutte : bouillie
cuprique, les organo-cupriques.
* Botrytis: tâches brunâtres sur feuilles, pourriture des grappes. Lutte: fongicides de contact
(Rovral, Ronilan) et systémiques (Benlate, Pelt).
* L'excoriose, l'Esca.
2. Ravageurs
- Phylloxera, les acariens (araignées rouges et jaunes), les cicadelles, l'altise,...
3. Maladies à virus
Le court-noué se traduit par un raccourcissement des entre-nœuds, des rameaux en zig-zig,
nœuds doubles, et coulure de grappes. Lutte: utilisation de matériel végétal sain sur un sol
n'ayant jamais porté de vigne ou désinfecté contre les nématodes.
VII. Récolte (vendanges) et conservation
Un raisin de table de qualité doit être cueilli une fois que les grappes sont bien développées et
pleines. Les baies doivent être fermes d'une forme typique de la variété, de couleur uniforme,
et sans tâche de brûlure, de blessure ou de maladies. On se base généralement sur le degré
Brix (qu’on mesure par réfractomètre): augmentation de leur taux de sucre et la baisse du taux
d'acidité et le développement de la couleur, l'odeur et la texture caractéristique du cultivar.
La tomate
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Monymaker). Les variétés à croissance déterminée sont aussi utilisées (exemples: Heinz;
Roma; Homestead). La multiplication est sexuée; elle se fait par plants issus de graines en
pépinière (la pépinière est d’une utilisation courante; dans le Loukkos, la pépinière dépasse
500 ha pour une plantation sur 5.000-6.000 ha de tomate industrielle). Parfois, le semis
direct est effectué; il ne réussit que si des précautions sont prises (désherbage,
remplacement des manquants, éclaircissage, bonne préparation du lit de semence ... etc).
La dose de semis est de 1-3 kg/ha pour un semis direct et 80-100 g/ha pour un semis en
pépinière. Il y a 250-500 graines/gramme de semence. Le minimum officiel de germination
des semences est 75 %. Le stade de repiquage en place définitive est 6-7 feuilles (après 30-
40 jours en pépinière selon les conditions de chaleur régnantes). La préparation du sol, la
dose de semis, les soins donnés à la pépinière et la plantation sont des opérations identiques
à celles effectuées pour tomate sous abri. L’arrangement des plants diffère, selon le
type de croissance de la variété; pour la croissance indéterminée, on laisse 1 m entre les
jumelées, 0,7 m entre lignes dans la jumelée et 0,4 m entre plantes dans le rang; pour la
croissance déterminée, on laisse 0,7-0,8 m entre jumelées, 0,5 m entre les rangs et 0,3 m
entre plantes dans le rang. En général, la date de semis est Mai-Juin.
Irrigation et soins culturaux
Il faut que l’humidité de sol soit au niveau 80% (sol à sa capacité au champ). L’irrigation doit
être régulièrement menée (au moins une fois par semaine pour un sol moyen et plus
fréquemment pour un sol sableux). Les soins donnés à la culture sont le remplace- ment des
manquants pour un semis direct, le désherbage, binages et buttages avant la pleine
floraison. En période post florale, il ne faut pas déranger la plante (pas de taille, ni palissage,
ni tuteurage).
Fertilisation
La tomate est une plante vorace. Comme fumure de fond, on apporte 30-40 T/ha de
fumier + 50 kg/ha de N + 120 kg/ha de P2O5 + 120 kg/ha de K2O. En couverture, on
apporte 40 kg/ha de N + 60 kg/ha de P2O5 +
30 kg/ha de K2O à la mi-croissance et 30 kg/ha de N + 40 kg/ha de K2O à l’apparition du
premier bouquet et à sa maturité.
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Grafting enables the combination of desirable traits such as disease resistance, rootstock hardiness, and scion fruit quality, positively impacting production by increasing yield and quality. Moreover, it allows for adaptation to varying climatic conditions by selecting appropriate rootstocks, thus enhancing marketability by ensuring consistent production and quality. In Morocco, grafting supports the extension of growing seasons and exploitation of specific market niches, particularly those requiring low-chill varieties for export, aligning production with climate and market demands .
La densité de plantation affecte les systèmes de conduite palissés en optimisant l'utilisation de l'espace vertical. Les systèmes palissés, comme les cordons et les palmettes, nécessitent une gestion précise de la distance entre les arbres pour permettre un bon développement et une bonne exposition à la lumière . Une densité élevée est avantageuse car elle permet de maximiser la production fruitière par unité de surface tout en facilitant les opérations culturales telles que la taille et la récolte . Cependant, elle demande également une gestion rigoureuse des ressources hydriques et nutritionnelles pour éviter la compétition excessive .
Les cultures sous serre au Maroc utilisent des systèmes d'irrigation goutte-à-goutte qui permettent un apport précis et régulier d'eau, minimisant ainsi les pertes par lessivage et optimisant la disponibilité de l'eau pour les plantes . L'irrigation doit être continue pour éviter les à-coups qui pourraient affecter la vigueur des plantes et la qualité des fruits . L'introduction de la fertigation, où l'eau et les éléments nutritifs sont délivrés ensemble, optimise la croissance des cultures tout en réduisant les pertes de fertilisants . Ces mécanismes aident à maintenir le sol à sa capacité optimale, évitant ainsi des phénomènes indésirables comme l'éclatement des fruits .
Central leader forms, like the pyramid and spindle, promote sunlight penetration and air circulation and are conducive to mechanized harvesting. However, they require more complex training and pruning techniques. Cup-shaped forms like the goblets emphasize open centers for better light exposure and ease of manual harvesting but can limit maximum yield potential due to space inefficiencies. Choosing between these forms involves weighing ease of maintenance and harvesting efficiency against the potential yield and labor costs .
Irrigation practices must be adapted to the soil type and root development. For superficial and dense soils where root systems are shallow, more frequent and lighter irrigation is needed to prevent water stress. Conversely, in light and deep soils with more extensive root systems, less frequent, deep irrigation encourages deeper root penetration, promoting drought resistance and efficient nutrient uptake .
Differing maturation periods among peach varieties allow for a staggering of the harvest and marketing operations, reducing market saturation and enabling continuous supply, leading to price stabilization. Early-maturing varieties cater to export needs, while late-maturing varieties are targeted for local markets, enhancing commercial exploitation and market reach throughout a prolonged period .
La culture de variétés à faibles besoins en froid, comme la Flordaking et la Flordabell, est avantageuse dans les régions de Taroudant et Marrakech en raison de leurs hivers doux et de leurs printemps précoces. Cela permet d'étaler la maturité des fruits et facilite à la fois la cueillette et l'exploitation commerciale . Ces variétés peuvent être cultivées pour obtenir des prix unitaires intéressants aussi bien localement qu'à l'exportation .
Le paillage présente plusieurs avantages, notamment la préservation de la structure du sol, la réduction de l'évaporation et la limitation du développement des adventices . Toutefois, il présente également des inconvénients, tels que le risque d'incendie et la pullulation de rongeurs comme les rats . De plus, les racines superficielles peuvent souffrir en cas de sécheresse car ce sont les couches superficielles qui se dessèchent en premier .
Les caractéristiques culturales de l'amandier influencent son utilisation comme porte-greffe pour le pêcher en raison de sa tolérance aux sols calcaires et de sa compatibilité avec des conditions arides . Cependant, certaines contraintes, comme l'incompatibilité partielle, peuvent affecter la longévité des arbres greffés . Les hybrides amandier x pêcher offrent une solution alternative en combinant la tolérance au calcaire avec une bonne vigueur et compatibilité, bien que leur multiplication par voie végétative puisse être complexe . L'amandier représente donc une option viable pour des conditions spécifiques où d'autres porte-greffes pourraient ne pas être adaptés.
The 'gobelet différé' begins with shooting back the scion to 80-100 cm in the first winter and shaping branches to maintain a spacing of 20 cm with 120° angles in the first spring, followed by selective pruning in subsequent seasons to develop the branches. Unlike the traditional gobelet, which has more immediate branching, the 'gobelet différé' allows for more systematic management and development of branches, leading to better distribution of the tree's form and potential for optimized fruit production .