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Stabilité des Structures Semi-Rigides

Ce document présente une thèse de doctorat portant sur l'analyse de la stabilité des structures à assemblages semi-rigides. Le document introduit le sujet, passe en revue les classifications des assemblages, les modèles de comportement existants et propose une nouvelle formulation analytique prenant en compte le flambement et la plasticité. Des comparaisons avec d'autres travaux montrent une bonne concordance des résultats.

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Stabilité des Structures Semi-Rigides

Ce document présente une thèse de doctorat portant sur l'analyse de la stabilité des structures à assemblages semi-rigides. Le document introduit le sujet, passe en revue les classifications des assemblages, les modèles de comportement existants et propose une nouvelle formulation analytique prenant en compte le flambement et la plasticité. Des comparaisons avec d'autres travaux montrent une bonne concordance des résultats.

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N° d’ordre : 02/2008 -E/GC

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE HOUARI BOUMEDIENE

FACULTE DE GENIE CIVIL

THESE

Présentée pour l’obtention du diplôme de DOCTORAT d’ETAT


En Génie Civil

Spécialité : CONSTRUCTION

Par IHADDOUDENE ABD-NACER-TOUATI

Thème

ANALYSE DE LA STABILITE DES STRUCTURES

A ASSEMBLAGES SEMI-RIGIDES

Soutenue le mercredi 24 Décembre 2008, devant le jury composé de:

Mr D. BENOUAR Professeur, USTHB. Président


Mr M. CHEMROUK Professeur, USTHB. Directeur de thèse
Mr M. ABED Professeur, Université de BLIDA. Examinateur
Mr A. ALI BENYAHIA Professeur, USTHB. Examinateur
Mr M. SAIDANI Professeur, Université de Coventry(UK) Examinateur
Mr N. LAOUAMI Directeur de Recherche, C.G.S Examinateur
A la mémoire de mes parents, SOLIMAN et FATMA

à mon frère ALLAOUA

à mes sœurs HANIFA, SALEHA, KHADIDJA, AICHA et DAOUYA.

à mes beaux frères, feu MAHFOUD, MOULOUD, SALIM et HAFID

à mes beaux-parents EMBAREK et LOUIZA

à tous mes neveux et nièces dont, FERIEL, SABRINA, FARAH, KAMILA, WAFA

à toute ma famille

à tous mes amis.


REMERCIEMENTS

Je tiens à exprimer toute ma gratitude à mon directeur de thèse, le professeur


Chemrouk M, pour avoir dirigé mes travaux de recherches ainsi que pour les
encouragements et les subtiles orientations prodiguées tout au long de cette étude et
dont le soutien m’a permis de mener cette thèse doctorale dans de bonnes
conditions et avec un certain degré de liberté.

C’est avec un grand honneur que je tiens à adresser mes sincères remerciements au
professeur Benouar D, de l’Université des Sciences et de la Technologie Houari
Boumediène (U.S.T.H.B), qui a bien voulu accepter de présider le jury ainsi que pour
l’intérêt qu’il lui a porté.

Ma reconnaissance va aux professeurs Abed M, de l’Université de Blida, Ali


Benyahia A, de l’Université de Bab Ezzouar, Saidani M, de l’Université de Coventry
(U.K), Laouami N, du Centre National de Recherche Appliquée en Génie
Parasismique (C.G.S), qui ont bien voulu faire partie du jury, examiner mon travail et
l’enrichir par leur inestimables remarques et critiques.

Je tiens à remercier tous les collègues et amis pour leur soutien et aide dont
particulièrement : Akchiche M, Badaoui M, Djermane M, Haddadi S, Djellab SE,
Adman R.

Enfin, un grand merci à ma femme Samira ainsi qu’à mes filles Ines-Kenza et
Amina-Zahra pour leur compréhension et leur patience tout le long de cette thèse.
‫ﻣﻠﺨﺺ‬
‫إن اﻻﺧﺘﻼف ﺑﻴﻦ دوران اﻟﻌﻘﺪ و اﻟﻌﻨﺎﺻﺮ ﻋﻠﻰ ﻣﺴﺘﻮى اﻟﻮﺻﻼت ﻟﻪ ﺗﺄﺛﻴﺮ ﺟﺪ ﻣﻬﻢ ﻋﻠﻰ اﻟﻄﺎﺑﻊ اﻟﻌﺎم ﻟﻠﻬﻴﺎآﻞ اﻟﻤﺴﺘﻘﺮة‬
.‫اﻟﻤﺘﻜﻮﻧﺔ ﻣﻦ أﻋﻤﺪة و رواﻓﺪ‬
‫اﻟﻬﺪف ﻣﻦ هﺬﻩ اﻷﻃﺮوﺣﺔ هﻮ ﺗﻘﺪﻳﻢ ﺻﻴﻐﺔ ﺗﺤﻠﻴﻠﻴﺔ ﻟﻠﻄﺎﺑﻊ اﻟﺸﺒﻪ ﺻﻠﺐ اﻟﺨﺎص ﺑﺎﻟﻮﺻﻼت ﻣﻊ اﻷﺧﺬ ﺑﻌﻴﻦ اﻻﻋﺘﺒﺎر ﻇﺎهﺮة‬
.‫اﻻﻧﺒﻌﺎج و اﻟﻤﺠﺎل اﻟﻐﻴﺮ ﺧﻄﻲ ﻟﻠﻤﺎدة‬
‫إن اﻟﻨﻤﻮذج اﻟﻤﻴﻜﺎﻧﻴﻜﻲ اﻟﻤﺒﺴﻂ اﻟﻤﻘﺘﺮح ﻓﻲ هﺬا اﻟﻌﻤﻞ ﻳﺘﻤﺜﻞ ﻓﻲ ﺗﺸﺎﺑﻪ ﺛﻼث ﻧﻮاﺑﺾ ﻣﻊ إدﺧﺎل ﻋﻨﺎﺻﺮ اﻟﻌﻘﺪ اﻟﻐﻴﺮ ﻣﺸﻮهﺔ‬
.‫ﻗﺼﺪ اﻧﺠﺎز هﻴﺎآﻞ ﻣﺴﺘﻘﺮة ﻣﻊ إدﺧﺎل اﻟﻄﺎﺑﻊ اﻟﺸﺒﻪ ﺻﻠﺐ ﻟﻠﻮﺻﻼت‬
.‫ﻣﻘﺎرﻧﺔ ﻟﺤﺎﻻت ﻣﺄﺧﻮذة ﻣﻦ أﻋﻤﺎل ﻣﻨﺸﻮرة ﻣﺘﻌﺪدة أﺛﺒﺘﺖ ﻧﺠﺎﻋﺔ اﻟﻄﺮﻳﻘﺔ أﻟﻤﻨﺠﺰة واﻟﻤﻘﺘﺮﺣﺔ ﻓﻲ هﺬا اﻟﻌﻤﻞ ﺑﺪﻗﺔ ﻋﺎﻟﻴﺔ‬

RESUME

La distinction entre la rotation du nœud et celle des éléments au niveau des


assemblages entraîne des répercussions très importantes sur le comportement
global d’une structure auto-stable de poutre-poteau métallique.
Le présent travail consiste à établir une formulation analytique du comportement des
assemblages semi rigides en tenant compte du phénomène de flambement et des
non-linéarités matérielles (plasticité).
Un modèle mécanique simple, reposant sur l’analogie des trois ressorts avec en plus
l’introduction de l’élément de nœud indéformable, pouvant refléter la stabilité des
structures en tenant compte de la spécificité des nœuds d’assemblage, a été
développé et validé. Il a l’avantage de pouvoir fournir, dans le cas de la prise en
compte des non linéarités matérielle et géométrique, l’ensemble des informations
quantitative et qualitative requises pour permettre de porter un jugement sur la
performance de la structure étudiée.
Des études comparatives réalisées avec différents exemples trouvés dans la
littérature ont été établies et une très bonne concordance des résultats est obtenue.

SYMMARY

The distinction between rotation of the node and that of the elements at the
assembling joint leads to significant impacts on the overall behavior of a steel beam-
column connection.
The present work consists of establishing an analytical formulation of the behavior of
semi-rigid joints taking into account the phenomenon of buckling and the material
non-linearities (plastic state).
A simple mechanical model based on the analogy of the three springs with the
introduction of a non-deformable node’s element, which can reflect the stability of
structures taking into account the specificity of the assembling joint, has been
developed and validated. It has the advantage of providing, in the case of taking into
account material and geometric non-linearities, all the quantitative and qualitative
informations required for the evaluation of the performance of the structure studied.
Comparative studies between the proposed mechanical model and various existing
ones taken from the literature were made and a good concordance of the results is
obtained.
SOMMAIRE

Remerciements……………………………………………………………………………… i
Résumés…………………………………………………………………………………….. ii
Sommaire…………………………………………………………………………………… iii
Liste des figures………………………………………………………………………….... vii
Liste des tableaux………………………………………………………………………… xi
Notations…………………………………………………………………………………... xiii

INTRODUCTION GENERALE……………………………………………………………..1

CHAPITRE 1 - CLASSIFICATIONS DES ASSEMBLAGES………………………….. 4

INTRODUCTION……………………………………………………………………………..4
COMPORTEMENT REEL DES ASSEMBLAGES……………………………………….. 4
1.2.1. Incidences du comportement des assemblages semi rigides………… 5
1.2.2. Idéalisation d’un assemblage………………………………………………. 6
1.2.3. Intérêts de la prise en compte de la semi rigidité……………………….... 7

1.1. CAMPAGNES EXPERIMENTALES…………………………………………… 7


1.4. CLASSIFICATION DES ASSEMBLAGES……………………………………...8
1.4.1. Classification par rigidité………………………………………………… 9
1.4.2. Classification en résistance……………………………………………... 9
1.4.3. Classification par ductilité……………………………………………….. 10
1.5. DIVERSES CLASSIFICATIONS REGLEMENTAIRES………………………… 11
1.5.1. Selon les différents types d’assemblages……………………………… 11
1.5.2. Classification selon l’Eurocode 3……………………………………….. 13
1.5.3. Classification selon le règlement AISC/LRFD………………………… 14
1.5.4. Classification selon Bjorhovde et al……………………………………. 15
1.6. CONCLUSION …………………………………………………………………….. 17

CHAPITRE 2 - MODELES DE COMPORTEMENT DES ASSEMBLAGES…….. 18


2.1. INTRODUCTION……………………………………………………………………. 18
2.2. MODELISATION MATHEMATIQUE DE LA COURBE MOMENT-ROTATION 18
2.2.1. Formulation des modèles mathématiques d’assemblage…………… 18
2.2.2. Classification des modèles d’assemblages…………………………… 19

iii
2.2.2.1. Modèle linéaire……………………………………………………. 19
2.2.2.2. Modèle multilinéaire……………………………………………… 20
2.2.2.3. Modèle polynomial……………………………………………….. 21
2.2.2.4. Modèles exponentiels……………………………………………. 22
2.3. MODELES MECANIQUES…………………………………………………….. 26
2.3.1. Modèle mécanique de l’Eurocode 3………………………………… 26
2.3.1.1. Méthode des composantes………………………………... 26
2.3.1.2. Etapes de la méthode des composantes……………………… 27
2.3.1.3. Composantes et loi moment-rotation………………………….. 29
2.3.1.4. Rigidité initiale……………………………………………………. 30
2.3.2. Modèle mécanique de l’assemblage (Chan et Chui)……………........... 31
2.3.3. Da Silva et al………………………………………………………………… 33
2.3.4. Jaspart……………………………………………………………………….. 34
2.4. PROPOSITIONS……………………………………………………………………… 35
2.4.1. Modèle mécanique développé…………………………………………….. 35
2.4.2. Modèle mathématique……………………………………………………… 37
2.5. CONCLUSIONS………………………………………………………………………. 37

CHAPITRE 3 - ANALYSE DE LA STABILITE DES STRUCTURES……………….. 39


3.1. INTRODUCTION……………………………………………………………………… 39
3.2. ANALYSE DU COMPORTEMENT D’UN ELEMENT BARRE COMPRIMEE….. 39
3.2.1. Les facteurs influençant le comportement des barres………………….. 40
3.2.1.1. Influence des contraintes résiduelles…………………………... 40
3.2.1.2. Influences des déformées initiales……………………………… 41
3.2.1.3. Influences de types d’appuis…………………………………… 41
3.2.2. Instabilité élastique d’un poteau droit (Modèle d’Euler)………………… 43
3.2.2.1. Equation différentielle de l’élément barre……………………… 43
3.2.2.2. Concept de longueur de flambement………………………….. 44
3.2.2.3. Méthode des nomogrammes…………………………………… 45
3.2.2.4. Poutre isolée et poutre réelle…………………………………… 48

3.3. ANALYSE DU COMPORTEMENT DE L’ELEMENT POUTRE-POTEAU……… 53


3.3.1. Equation différentielle pour le cas d’une compression – flexion………. 53
3.3.1.1. Les différents cas de chargement………………………………. 55

iv
3.3.1.2. Influence de la déformée initiale………………………………… 57
3.4. ANALYSE ELASTIQUE AU SECOND ORDRE:FORMULATION MATRICIELLE
3.4.1. ETABLISSEMENT DES FONCTIONS DE STABILITE………………… 60
3.4.2. MATRICE DE RIGIDITE…………………………………………………… 60
3.4.2.1. Cas des extrémités fixes à nœuds rigides…………………… 60
3.4.2.2. Cas de translations des extrémités à nœuds rigides……….. 62
3.4.2.3. Autres formulations……………………………………………… 66
3.4.3. MATRICE DE RIGIDITE POUR ELEMENTS A NŒUDS SEMI RIGIDES
3.4.3.1. Méthode des rotations aménagée……………………………. 71
3.4.4. CODES ET REGLEMENTS………………………………………………. 73
3.4.4.1. Code Européen (EC 3)………………………………………….. 73
3.4.4.2. Code Américain (AISC /LRFD)………………………………… 75
3.4.5. REMARQUES……………………………………………………………… 76
3.5. CONCLUSION………………………………………………………………………. 77

CHAPITRE 4 - ANALYSE DE LA RIGIDITE DES ELEMENTS ELASTIQUES


LINEAIRES EN ROTATION EN TENANT COMPTE DU
FLAMBEMENT……………………………………………………….. 78
4.1. INTRODUCTION…………………………………………………………………….. 78
4.2. ETABLISSEMENT DE LA MATRICE DE RIGIDITE…………………………….. 78
4.2.1. Equations d’équilibre et différentielle de l’élément…………………… 78
4.2.2. Matrice de rigidité dans le repère local…………………………………. 85
4.2.3. Matrice de rigidité dans le repère global………………………………... 89
4.3. VECTEUR FORCES DE L'ELEMENT................................................................ 90
4.3.1. Vecteur forces de l'élément dans le repère local……………………….. 90
4.3.2. Vecteur forces de l'élément dans le repère global ……………………... 91
4.4. LA METHODE DES ELEMENTS FINIS…………………………………………… 92
4.4.1 Méthode des éléments finis avec le modèle déplacement ……………. 92
4.4.2. Conditions sur la matrice de rigidité………………………………………. 92
4.5. CONCLUSIONS………………………………………………………………………. 93

CHAPITRE 5 - VALIDATIONS DU MODELE…………………………………………. 94


5.1. NON LINEARITE MATERIELLE……………………………………………………..94
5.1.1. Procédures de calcul……………………………………………………….. 94

v
5.2. NON LINEARITE GEOMETRIQUE………………………………………………… 97
5.3. APPLICATIONS NUMERIQUES………………………………………………… 101
5.3.1. Exemple de S.L. Chan : Analyse linéaire……………………………… 101
5.3.2. Comparaisons des différentes analyses………………………………...103
5.3.2.1. Portique à deux étages…………………………………………. 104
5.3.2.2. Portique à deux travées………………………………………… 106
5.4. NON LINEARITE GEOMETRIQUE……………………………………………….. 107
5.4.1. Exemples de Mageirou et al…………………………………………….. 107
5.4.2. Portique étagés…………………………………………………………… 109
5.4.3. Portique à un étage………………………………………………………. 110
5.5. NON LINEARITE MATERIELLE……………………………………………………112
5.6. COMPARAISONS …………………………………………..……………………... 114
5.7. CONCLUSIONS……………………………………………………………………...116

CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES……………………………………117

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES………………………………………………...121

ANNEXES :CAS PARTICULIERS DU FLAMBEMENT……………………………...134


ANNEXE A :RIGIDITE D’UN ELEMENT SUR DEUX APPUIS RIGIDES…………134
ANNEXE B :RIGIDITE DES ELEMENTS A APPUIS ELASTIQUES LINEAIRES137

vi
LISTE DES FIGURES

Chapitre 1

Figure 1.1 Classification des assemblages selon leur rigidité………………………….4


Figure 1.2 Courbes (M − θ ) de nœuds d’assemblage semi rigides……………………5
Figure 1.3 Influence des assemblages semi rigides sur les structures………............6
Figure 1.4 Courbes moment rotation…………………………………………………......7
Figure 1.5 Classification en rigidité des assemblages………………………………….9
Figure 1.6 Classification en résistance de l’assemblage……………………………..10
Figure 1.7 Les courbes moment rotation pour différents types d’assemblage……..12
Figure 1.8 Courbe moment rotation du nœud d’assemblage……………………… ..13
Figure 1.9 Classification selon l’Eurocode 3 …………………………………………...13
Figure 1.10 Classification selon le règlement LRFD…………………………………15
Figure 1.11 Critère adimensionnel de Bjorhovde et al ………………………………16

Chapitre 2

Figure 2.1 Modèles linéaires………………………………………………………………20


Figure 2.2 Modèle proposé par Jaspart ….……………………………………………...20
Figure 2.3 Modèle de Hon et Melchers…………………………………………….........23
Figure 2.4 Courbe moment rotation de Richard-Abott…………………………………25
Figure 2.5 Courbe moment rotation de Chen et Kishi………………………………….25
Figure 2.6 Les composantes d’un assemblage poutre-poteau………………….........27
Figure 2.7 Loi moment-rotation d’un assemblage [EC3]………………………………29
Figure 2.8Modèles de ressorts pour un assemblage avec platine d'extrémité
boulonnée……………………………………………………………………31
Figure 2.9 Elément de ressort…………………………………………………………….32
Figure 2.10 Modèle de l’élément idéalisé (Chan et al)…………………………….....32
Figure 2.11 Modèle mécanique pour un assemblage de poutre-poteau soudé……34
Figure 2.12 Modèle mécanique pour un assemblage platine d’extrémité étendue..34
Figure 2.13 Modèle mécanique pour les assemblages boulonnés poutre-poteau...35
Figure 2.14 Modèle mécanique proposé…………………………………………….....36

vii
Figure 2.15 Analogie des ressorts………………………………………………………36

Chapitre 3

Figure 3.1 : Courbe de comportement de barres en compression………………… 40


Figure 3.2: Influence des contraintes résiduelles……………………………………. 41
Figure 3.3: Influence des déformées initiales………………………………………… 42
Figure 3.4 : Influence des types d’appuis…………………………………………….. 42
Figure 3.5: Modèle d’Euler……………………………………………………………... 43
Figure 3.6 : Nomogrammes……………………………………………………………. 46
Figure 3.7 : Rotation des poutres……………………………………………………… 47
Figure 3.7. a- Nœuds fixes……………………………………………………………... 47
Figure 3.7. b- Nœuds déplaçables…………………………………………………….. 47
Figure 3.8: Poutre poteau sous un chargement quelconque………………………. 54
Figure 3.9: Moments aux extrémités…………………………………………………... 55
Figure 3.10: Charge uniformément répartie…………………………………………... 56
Figure 3.11: Moments de premier et de second ordre………………………………. 58
Figure 3.12: Différentes positions du moment maximum……………………………. 60
Figure 3.13: Elément sous charge axiale et moments aux extrémités…………….. 60
Figure 3.14: Elément de réduction…………………………………………………….. 61
Figure 3.15: Elément poutre-poteau…………………………………………………... 69
Figure 3.16: Elément sous charge axiale et moments aux extrémités…………….. 71
Figure 3.17: Illustration de la méthode B1 − B2 ……………………………………….. 75
Figure 3.17. a – 1ère analyse……………………………………………………………. 75
Figure 3.17. b – 2ième analyse…………………………………………………………... 75

Chapitre 4

Figure 4.1 : Elément barre à noeuds semi rigides…………………………………...79


Figure 4.2: Elément k 2 j de la matrice de rigidité K e ………………………………..81

Figure 4.3: Elément barre à nœuds semi rigides en translation…………………..83


Figure 4.4.a. Vecteur force dans le repère local……………………………………..91
Figure 4.4.b. Vecteur force dans le repère global…………………………………… 91

viii
Chapitre 5

Figure 5.1 : Procédure du calcul pas à pas de la charge de rupture plastique…… 95


Figure 5.2: Les différents domaines de stabilité, instabilité…………………………. 98
Figure 5.3: Principales étapes de la procédure de calcul de la charge critique…... 99
Figure 5.4 : Exemple de la référence (Chan et Chui, 2000)……………………….. 101
Figure 5.5: Diagrammes des moments (Chan et Chui, 2000)……………………... 102
Figure 5.6: Différentes courbes de comportements………………………………… 104
Figure 5.7: Portique à deux étages…………………………………………………… 104
Figure 5.8: Comparaisons des différents comportements…………………………. 105
Figure 5.9 : Portique à deux travées…………………………………………………. 106
Figure 5.10: Diagramme des moments fléchissants ………………………………. 106
Figure 5.11: Systèmes étudiés (Mageirou et al, 2006)…………………………….. 108
Figure 5.12 : Portique étagé de la référence (Mageirou et al, 2006)…………….. 109
Figure 5.13: Portique à un étage (Mageirou et al, 2006)…………………………… 111
Figure 5.13.a : Noeuds déplaçables ...................................................................... 111
Figure 5.13.b : Noeuds fixes................................................................................... 111
Figure 5.14 : Portique à nœuds semi rigides………………………………………… 112
Figure 5.15: Quatre nœuds semi rigides, ordre d’apparition des rotules plastiques…. 114
Figure 5.16 : Ordre d’apparition des rotules plastiques……………………………... 115
Figure 5.16.a : Poutre à nœuds rigides……………………………………………….. 115
Figure 5.16.b : Portique à nœuds semi rigides………………………………………. 115

Annexes

Figure A.1: Extrémité encastrée – articulé…………………………………………… 135


Figure A.1.a : Rotation unitaire θ i = 1 ………………………………………………… 135

Figure A.1.b :Translation unitaire ∆ i = 1 ……………………………………………… 135

Figure B.1: Elément semi rigide –articulé…………………………………………….. 137


Figure B.1. a:Rotation unitaire θ i = 1 ………………………………………………….. 137

Figure B.1. b:Translation unitaire ∆ i = 1 ……………………………………………… 137

Figure B.2: Elément semi rigide – encastré………………………………………….. 139

ix
Figure B.2.a: Rotation unitaire θ i = 1 …………………………………………………. 139

Figure B.2.b :Translation unitaire ∆ i = 1 ……………………………………………... 139

x
LISTE DES TABLEAUX

Chapitre 1

Tableau 1.1 : Valeurs limites des rigidités du nœud d’assemblage (EC3)……….. 14


Tableau 1.2 : Classification selon AISC/LRFD………………………………………. 14
Tableau 1.3 : Classification Bjorhovde et al…………………………………………. 15

Chapitre 3

Tableau 3.1: Les différents types d’appuis idéalisés………………………………… 44


Tableau 3.2: Expressions des fonctions φ1 , φ 2 , φ3 et φ 4 …………………………… 64

Tableau 3.3 : Moments d’encastrement pour l’élément poutre-poteau……………. 71

Chapitre 4

Tableau 4.1 : Les expressions k 2 j dans différentes situations………………………. 82

Tableau 4.2 : Différentes configurations du noeud d’assemblage…………………… 82


Tableau 4.3 : Différents types d’appuis…………………………………………………. 84
Tableau 4.4 : Matrice de rigidité de l’élément barre à nœuds d’assemblages
semi rigides……………………………………………………………… 87
Tableau 4.5: Matrice de rigidité pour différentes analyses et différents
comportements des nœuds d’assemblages…………………………… 88

Chapitre 5

Tableau 5.1 : Les valeurs des moments de flexion, présente étude (Chan et al)… 103
Tableau 5.2 : Comparaisons des valeurs de la charge critique pour le cas (a)….. 108
Tableau 5.3 : Comparaisons des valeurs de la charge critique pour le cas (b)….. 108
Tableau 5.4: La valeur des charges critiques obtenues selon différentes
méthodes et la présente étude…………………………………………. 109
Tableau 5.5: La valeur des charges critiques obtenues selon différentes méthodes
(Mageirou et al, 2006) et présente étude : Cas du portique à nœuds
déplaçables……………………………………………………………… 110
Tableau 5.6: La valeur des charges critiques obtenues selon différentes méthodes
(Mageirou et al, 2006) et présente étude : Cas du portique à nœuds

xi
fixes………………………………………………………………………… 111
Tableau 5.7 : Les moments fléchissants dans les sections critiques……………… 114
Tableau 5.8: Comparaisons de résultats……………………………………………… 115

xii
Notations

θ : Rotation de l’assemblage
M : Moment fléchissant de l’assemblage
k : Flexibilité de l’assemblage
k1 et k 2 : Flexibilités des assemblages, respectivement aux " i" et " j" .
N : Effort normal
M i et M j :Moments fléchissants aux deux extrémités

EI
w : Quantité
L
k ij : Elément de la matrice de rigidité, qui est la réaction suivant la direction

" j" due au déplacement unitaire suivant la direction " i" .

K e : Matrice de rigidité dans le repère locale

Fe : Vecteur force dans le repère local

θ i et θ j : Rotations de l’assemblage, respectivement, aux nœuds " i" et " j" .

H i , H j et H : Poussées latérales

( P − ∆) : Effets du second ordre

ζ i (v) et φi (v) : Fonctions de stabilité


D : Dénominateur avec prise en compte de la semi rigidité et de l’effort axial
c = cosinus
s = sinus
D * : Dénominateur où les effets la semi rigidité des noeuds d’assemblages ne sont
pas pris en compte
D :Dénominateur en théorie du premier ordre avec prise en compte de la semi
rigidité des nœuds d’assemblage.
K e : Matrice de rigidité dans le repère global

Fe : Vecteur force dans le repère global

Te : Matrice de transformation élémentaire

β : L’angle qui définit l’orientation de l’élément barre par rapport à l’axe de


référence Ox .
u : Déplacement au sommet des poteaux avant atteinte de la rupture.

xiii
U : Vecteur des déplacements
Vi , M i ,V j , M j : réactions aux noeuds " i " et " j " sous l'action de charges extérieures,
dans la repère local
(i )
∆W : Charge unitaire de l’étape " i "
(i )
∆M : Moment fléchissant de l’étape " i "
W : Charge appliquée à la structure
W p : Charge de rupture plastique

M i* : Moment limite de la portion " i "

M pass : Moment plastique de l’assemblage

M p : Moment plastique de l’élément

Pcr : Charge critique

M x ; Les moments fléchissants cumulés

U x ; Les déplacements actualisés

dp x ; La charge cumulée.

dp : Incrément de charge
λ : Elancement de la barre
RM ( I − 1) : reste du moment à l'étape précédente ( I − 1)
∆M ( I ) : Accroissement du moment fléchissant du à la charge unitaire à l'étape ( I )
S ( I − 1) et S (I ) : Efforts ( ou déplacements ) aux étapes ( I − 1) et (I ) .

∆S : Incrément des efforts (déplacements ) à l'étape (I ) .


Det : Déterminant

xiv
INTRODUCTION

Les procédures classiques de dimensionnement des ossatures reposent sur la


modélisation préalable du comportement flexionnel des sections de poutres et des
poteaux ainsi que de celui des nœuds d’assemblage.

Toute ossature étant constituée d’éléments structuraux reliés entre eux par des
assemblages, son comportement et sa capacité portante dépendront dans une large
mesure de la manière dont les nœuds vont répondre aux efforts qui tendent à les
solliciter.

Des répercussions très importantes sur le comportement global d’une structure auto-
stable de poutre-poteau métalliques sont alors attendues dans la mesure où l’on
enregistre une modification assez conséquente des efforts internes de celle-ci. La
distinction entre la rotation du nœud et celle des éléments au niveau des
assemblages prend, alors, toute sa signification.

La prise en compte du caractère non linéaire des courbes moment –rotation,


caractéristiques des nœuds d’assemblage a l’avantage de pouvoir fournir, dans le
cas de la prise en compte des non linéarités matérielle et géométrique, l’ensemble
des informations quantitative et qualitative requises pour permettre de porter un
jugement quand à la performance de la structure étudiée.

De ce fait, la prise en compte de ce comportement semi-rigide s’avère désormais


indispensable, particulièrement lors du calcul des déplacements d’étages, de la
charge critique ainsi que pour la détermination de la charge de rupture plastique
dans le cas d’une analyse non-linéaire.

Face à la complexité d’une l’approche numérique, type éléments finis, et la lourdeur


concernant son application pratique, il nous est apparu nettement plus simple d’opter
pour l’étude d’un modèle dont l’aptitude à reproduire le comportement réel, en
régime élastique, des assemblages est pratique et acceptable.

1
Dans ce travail, un modèle d’application simple, pouvant refléter le comportement
réel des nœuds d’assemblages, a été développé, présenté et validé.

Ce système constitué d’un ensemble de poutre et de ressorts avec en plus


l’introduction de l’élément de nœud indéformable. La modélisation adoptée, ici, est
basée sur l'analogie des trois ressorts avec en plus l'introduction de la notion de
l'élément de noeud indéformable (Ihaddoudène, 1995 ; Ihaddoudène et al, 2008)
pour décrire les déplacements relatifs ainsi que les rotations entre les noeuds et les
éléments de la structure.

Dans ce travail, nous nous sommes intéressés aux structures auto-stables ; aussi le
modèle du ressort en flexion, seule, est la composante essentielle qui peut refléter la
comportement du portique.

Au chapitre1, les différents types d’assemblages ainsi que leur comportement


respectif qui ont fait l’objet de diverses classifications réglementaires, ont été
rassemblés ; montrant ainsi toute l’importance et l’influence que pourraient avoir les
assemblages semi rigides sur le comportement global des structures.

Afin de mieux situer notre contribution, d’une part, la synthèse des modèles
mathématiques de la courbe moment-rotation symbolisant le comportement des
assemblages ainsi que les différents modèles mécaniques, d’autre part, sont
présentés au chapitre 2.

Au chapitre 3, l’analyse de la stabilité des structures a fait l’objet d’une synthèse, à


commencer par l’analyse de l’élément barre en compression et les différents
concepts y afférant à celle de la formulation matricielle en passant par l’analyse du
comportement de l’élément de poutre-poteau.
Les différentes approches de certains codes et règlements ont également été
rapportées.

Le modèle proposé est utilisé au chapitre 4. Le premier volet de l’étude a été


consacré à la présentation des éléments de la matrice de rigidité en tenant compte
des nouvelles fonctions de stabilité qui sont cette fois écrite en fonction de la semi

2
rigidité des assemblages. Le vecteur force s’en trouve déduit directement à partir de
ces expressions établies.
Le second volet a porté sur les différentes possibilités d’avoir à traiter aussi bien les
non linéarités géométriques (la charge critique) que matérielles (plasticité).

Ainsi, après les développements théoriques où le modèle retenu pour les ossatures
auto-stables est présenté, ce travail de recherche se propose comme objectif
principal de mettre en évidence le caractère général des formules proposées.

Pour montrer les effets de la semi rigidité sur le comportement des nœuds
d’assemblage des exemples numériques, ont été présentés au chapitre 5.
Des études comparatives réalisées avec différents exemples trouvés dans des
publications récentes, ont été établies et une très bonne précision est obtenue

3
CHAPITRE PREMIER

CLASSIFICATIONS DES ASSEMBLAGES

1.1. INTRODUCTION
La prise en compte du comportement réel des assemblages semi rigides dans
l’analyse et le dimensionnement des structures est très important que ceci soit sur
leur stabilité ou sur leur coût global ; d’où l’engouement de plusieurs laboratoires à
travers le monde pour ce domaine de recherche.

1.2. COMPORTEMENT REEL DES ASSEMBLAGES


Dans l’analyse habituelle des structures métalliques, on considère les assemblages
poutre-poteau soit comme des encastrements parfaits soit comme des articulations.
L’assemblage de poutre poteau métalliques devant assurer le transfert d’une
composante à une autre doit assurer la continuité du cheminement des efforts de la
poutre au poteau ; ce qui implique que l’angle formé par les éléments assemblés
reste inchangé, lors d’un chargement pour le cas rigide (cas a) (Jones et al, 1983 ;
Bjorhovde et al, 1990) et qu’il n’y a aucun moment transmis dans le cas de
l’articulation (cas b) de la figure (1.1) suivante :

Cas rigide

a- Rigide b- Articulé c - Semi-rigide

Figure 1.1: Classification des assemblages selon leur rigidité

4
Dans le premier cas, on aura besoin d’assemblages conséquents pour reprendre le
moment d’encastrement alors que pour le second cas, des sections de poutres
importantes.
Dans le cas intermédiaire représenté par le cas (c), les composantes de
l’assemblage possèdent une certaine rigidité et lors d’un chargement, l’assemblage
se déforme localement et cela va entraîner une rotation additionnelle entre l’élément
de la poutre et l’élément du poteau.
Ainsi, le comportement réel des assemblages se situe entre ces deux cas extrêmes :
les nœuds les plus rigides possèdent toujours une certaine flexibilité alors que les
rotules sont capables de transmettre un certain moment de flexion (Fig. 1.2).
Le choix des dimensions d’un poteau est, alors, directement influencé par les efforts
que celui-ci doit reprendre au niveau du nœud d’assemblage poutre-poteau.

M Platine d’extrémité
étendue

Cornières de
semelles

Cornières
d’âmes

Articulation θ

Figure 1.2: Courbes (M − θ ) de nœuds d’assemblage semi rigides

Ce constat réel du comportement de l’assemblage conduit à considérer que tout


nœud d’assemblage est semi-rigide et partiellement résistant ; la capacité ultime des
nœuds n’étant jamais supérieure à celle de la poutre.

1.2.1. Incidences du comportement des assemblages semi rigides

On peut relever parmi les effets de la semi rigidité sur les structures auto-stables, le
caractère négatif pour les cadres et portiques car un mouvement additionnel

5
proviendra de la diminution de la rigidité effective des éléments constituants
l’assemblage. Ceci affectera de façon très significative la période des vibrations et
par conséquent intensifiera l’effet ( P − Delta) , qui va influencer la stabilité de la
structure de façon négative.
Aussi, la prise en compte de la semi rigidité des nœuds d’assemblages aura non
seulement une influence sur la déformabilité mais modifie l’ampleur et la distribution
des efforts internes dans les éléments de l’ossature et aura une charge critique de
flambement plus petite (Davison et al, 1987 ; Lui and Chen, 1987 ; Gerstle, 1988 ;
Zoetemeijer, 1990 ; Bjorhovde et al, 1990; Ihaddoudène, 1995 ; Saidani, 1998 ;
Ihaddoudène et al, 2008) comme le montre la figure (1.3) suivante :

a- Assemblage rigide b- Assemblage articulé c- Assemblage semi rigide

Figure 1.3: Influence des assemblages semi rigides sur les structures

Cette déformabilité du nœud d’assemblage dépend de la déformation des éléments


le constituant (Jaspart, 1991; Chen and Kishi 1989 ; Zoetemeijer, 1990 ; Atamaz and
Frey, 1993 ; Ihaddoudène, 1995), tels que les boulons, les cornières, platine
d’extrémité étendue en flexion, ailes et âmes de la poutre en compression, etc…Le
nombre important de paramètres pouvant influencer sur le comportement réel des
nœuds d’assemblage ne rendent pas aisée leur étude (Ihaddoudène, 1995 ; Yongjiu
et al, 2007; Sang-Sup and Tae-Sup, 2002 ; Pucinotti, 2001).

1.2.2. Idéalisation d’un assemblage


La prise en compte de la non linéarité du comportement des assemblages dans les
calculs pratiques n’est pas aisée. Mais l’idéalisation de son caractère s’avère très

6
utile puisqu’il diminue la charge de calcul mais tant que la précision des résultats
obtenus reste acceptable.
Le modèle élastique parfaitement plastique est le plus souvent utilisé (Fig.1.4), son
avantage est qu’il est semblable à celui utilisé classiquement pour les éléments
structuraux (poutre, poteau) en flexion.

M M

ass
M pélement
M p

Réponse réelle Réponse idéalisée

θ θ

a - Assemblage b – Poutre, poteau


Figure 1.4: Courbes moment rotation

1.2.3. Intérêts de la prise en compte de la semi rigidité

La prise en compte des caractéristiques réelles de résistance et de déformabilité des


nœuds est susceptible de conduire à une diminution substantielle du coût global des
ossatures métalliques
En effet, dans les constructions métalliques, le coût des assemblages représente
quelques 50% du coût total (Bijlaard, 2006), d’où – entre autres- cet acharnement à
vouloir l’optimiser, ce qui explique l’engouement actuel de chercheurs du monde
entier pour ce domaine de recherche.
De ce fait, l’intérêt économique de semi rigide doit être mis davantage en relief dans
le cadre d’études poussées de type technico-économique et cette lacune devra, à
notre humble avis, être comblée dans un avenir proche.

1.3. CAMPAGNES EXPERIMENTALES

Les nombreuses recherches expérimentales qui ont été menées sur les différents
types d’assemblages dont (Jones et al, 1983 ; Kishi et al, 1987 ; Davison et al, 1987),

7
Nethercot,1985, Jaspart, 1997) ont souvent été répertoriés dans des banques de
données ( Kishi et al, 1987 ; Goverdhan,1990).

Alors que les plus anciennes remontent à 1917 (Young et al) et concernaient les
assemblages de rivets (Rathbun, 1917) ceux par boulons H.R, qui les ont
remplacés, sont devenus d’utilisation courante actuellement.

Tous ces incessants tests expérimentaux (Zoetemeijer, 1990 ; Chisala, 1999 ; Shi et
al, 2007) sur une grande variété de poutre- poteaux ont pour but de standardiser les
courbes de comportement de moment – rotation (Nethercot et al, 1997) et d’essayer
d’obtenir les facteurs les plus importants d’un assemblage tels que la rigidité initiale
et le moment ultime (Ihaddoudène et al, EC3).

Devant cette difficulté évidente, de part l’ampleur impliquant le coût élevé de ces
expérimentations, ces dernières années, on procède souvent par tester un seul type
d’assemblage (Cabrero and Bayo, 2005 ; Lee and Moon, 2002 ; Shi et al, 2007 ;
Puccinotti, 2001, Kukreti and Zhou, 2006 ; Kovacs et al, 2008). Les développements
de méthodes pratiques (Cabrero et al 2005 ; Ihaddoudène et al, 2008 ; Beg et al,
2004) ont alors suivi cette logique d’analyse des structures à assemblages semi
rigides ; basés sur des modèles mécaniques appropriés (Da Silva et al, 2001 ;
Ihaddoudène et al, 2008 ; Da Silva, 2008 ; EC3, 2005).

De ce fait, les paramètres pouvant influencer le comportement des assemblages ont


fait l’objet de plusieurs publications et certaines ont été rapportées dans
(Ihaddoudène, 1995).

1.4. CLASSIFICATION DES ASSEMBLAGES

Ces essais expérimentaux sur le comportement des nœuds d’assemblage, ont de ce


fait permis de dégager divers critères de classifications (Boissonade, 2002 ; Jaspart,
1997) posant ainsi des jalons à certains codes dont principalement l’eurocode 3
(EC3, 1993). Ainsi les caractéristiques mécaniques principales d’un assemblage sont
la rigidité, la résistance et la ductilité (Jaspart and Démonceau, 2008).

8
1.4.1. Classification par rigidité

La comparaison entre la rigidité élastique de l’assemblage et deux limites de rigidité


conventionnelles (Fig.1.5) permet de classer l’assemblage dans l’une des
catégories : rigide, articulé ou semi rigide.

Rigidité élastique d’un assemblage

Limite de rigidité
M
Rigide

Semi rigide

Rotule

0 θ

Figure 1.5: Classification en rigidité des assemblages

Les limites supérieure et inférieur définissent respectivement la « zone rigide » et la


« zone rotule » dans laquelle l’assemblage peut-être considéré comme rigide, ou
comme articulé.

L’hypothèse de comportement rigide, par exemple, de l’assemblage est admise si


l’effet de celui-ci sur la réponse de la structure est proche de celui d’un assemblage
réellement rigide.

Dans les règlement Eurocode 3, on définit souvent, la valeur de ces deux limites
dépend de la rigidité relative entre l’assemblage et les éléments structuraux (poutre,
dans le cas d’assemblages poutre – poteau) et de la rigidité globale de la structure

1.4.2. Classification en résistance

La classification selon la résistance fait apparaître les notions d’assemblage à


résistance complète, partielle ou nulle comme le montre la figure (1.6) suivante :

9
M
Résistance complète

M ass

Résistance partielle

Résistance nulle θ
Limite de résistance

Résistance de l’assemblage

Figure 1.6: Classification en résistance de l’assemblage

1 – Un assemblage à résistance complète possède une résistance plus grande que


celle des éléments structuraux assemblés. Autrement dit, une éventuelle rotule
plastique se formera plutôt dans les éléments structuraux ( poutre, poteau).

2 – Un assemblage à résistance nulle, possède une faible résistance, au maximum


25% (au sens de l’Eurocode 3) de la résistance minimum requise pour avoir un
assemblage à résistance complète.

3 – Un assemblage à résistance partielle, constitue une solution intermédiaire.

1.4.3. Classification par ductilité :

La ductilité d’un assemblage se réfère à sa capacité maximale de déformation en


rotation. Dans les assemblages à résistance partielle ou nulle, pour un certain
niveau de chargement, une ductilité suffisante est requise afin d’assurer une
éventuelle redistribution plastique des efforts dans le structure.
Mais, il y’a peu d’études consacrées à l’évaluation de la ductilité d’un assemblage et
l’Eurocode 3, fournit des informations assez limitées sur ce sujet.

10
1.5. DIVERSES CLASSIFICATIONS REGLEMENTAIRES

1.5.1. Selon les différents types d’assemblages

Les études expérimentales précitées concernant les nœuds d’assemblages font


ressortir une nette non linéarité de la courbe moment rotation ( M − θ ) , caractéristique

de leur comportement semi rigide.

Cette non -linéarité est due à un certain nombre de facteurs dont les plus importants
sont :(Chen et al, 1996, Ihaddoudène ,1995)
a - la discontinuité des éléments qui le composent. Le nœud est composé d'une
combinaison de pièces métalliques, des boulons, platine d’extrémité.
b - Plastification graduelle, locale de certaines composantes de l’assemblage.
c - la concentration des contraintes causées par des trous et des éléments servant à
cet assemblage.
d - voilement local des ailes et / ou l'âme de la poutre et colonne dans le voisinage
de l’assemblage.
e - changement de géométrie important dans l’assemblage sous l’effet des charges
appliquées.

Ainsi, ces différentes sources du comportement de l’assemblage telles la présence


des imperfections géométriques, les contraintes résiduelles dues à la soudure,
concentration des contraintes et les effets secondaires locaux telle que la
déformation du panneau d’âme du poteau, le rendent encore plus complexe à
étudier.

La figure (1.7), ci-dessous, donne les différentes courbes ( M − θ ) typiques pour

différents types d’assemblage où les cas extrêmes sont l’encastrement parfait (axe
vertical) et l’articulation (axe horizontal).Théoriquement, les assemblages situés entre
ces deux cas extrêmes sont classés semi rigides.
Dans le but d’introduire les relations ( M − θ ) dans un programme de calcul donné, de

façon plus efficace, on fait souvent appel à des relations mathématiques.

11
Platine d’extrémité Platine
Moment étendue d’extrémité

Cornières sur la
semelle

Plaque
d’attache

Double cornière sur l’âme

Cornière simple sur l’âme

Rotation

Figure 1.7: Les courbes moment rotation pour différents types d’assemblage

Bien que les approches numériques utilisant la méthode des éléments finis en non
linéaires pourraient traiter de toutes les complexités du comportement des nœuds
d’assemblage, elles nécessitent, cependant de longues procédures et sont très
sensibles à la modélisation.

En général, chacune de ces composantes est caractérisée par une courbe de


déformation non-linéaire, bien que de simples idéalisations soient possibles
(Ihaddoudène, 1995 ; Ihaddoudène et al,2008 ; EC3, 2005).

Dans le règlement européen, EC3, on définit une courbe de moment rotation


idéalisée (Fig. 1.8-b) ainsi que les trois propriétés fondamentales: la rigidité ( S j ) et,

en particulier, la rigidité initiale ( S j ,ini ), moment de résistance ( M j , Rd ) et la capacité

de rotation ( C d ).

12
Mj
M S j ,ini
M j , Rd
M j , Ed

θ Sj θ

(a) Courbe ( M − θ ) réelle (b) Courbe ( M − θ ) idéalisée

Figure 1.8 : Courbe moment rotation du nœud d’assemblage

1.5.2. Classification selon l’Eurocode 3 (1993, Part 1-8 :2005)

L’introduction du concept semi rigide dans l’Eurocode 3, relatif aux structures


métalliques et l’idéalisation bi-linéaire des courbes moment-rotation qui y est
recommandée, représentent une avancée importante en vue de l’acceptation et de la
généralisation du concept semi-rigide. La figure (1.9) donne la forme simplifiée de
ces courbes alors que le tableau (1.1) propose les valeurs minimale et maximale de
la rigidité du nœud d’assemblage:

M Mp Non-contreventée
Contreventée
1, 2
Résistance maximale
1
Rigide

0, 7 Résistance
Partielle
Semi rigide

Résistance
0, 25 nulle
Flexible
0, 04 0,12 0, 2 θ θp

Figure 1.9: Classification selon l’Eurocode 3

13
Plusieurs propositions des valeurs limites (max et min) pour la rigidité des nœuds
d’assemblage ont été admises dont celle de l’EC3 :

Tableau 1.1 : Valeurs limites des rigidités du nœud d’assemblage (EC3)


Rigide Contreventé Ri L EI ≥ 25

Rigide Non contreventé Ri L EI ≥ 8

Flexible Contreventé -
Flexible Non contreventé Ri L EI ≤ 2

Semi rigide Contreventé 2 < Ri L EI < 20

Semi rigide Non contreventé 2 < Ri L EI < 8

Cependant, dans ce règlement, il n’est mentionné nul part, un classement des


nœuds d’assemblage en tenant compte de la ductilité, ne considérant uniquement
les deux classements par rigidité et par résistance.

1.5.3. Classification selon le règlement AISC/LRFD ( 2005)

Le règlement Américain (AISC/LRFD) propose les valeurs limites suivantes pour la


rigidité du nœud (Tableau 1.2) d’assemblage en tenant compte de sa ductilité
comme le montre la figure (1.10) ci dessous :

Tableau 1.2 : Classification selon AISC/LRFD


Rigide Rs L EI ≥ 20

Flexible Rs L EI ≤ 2

Semi rigide 2 < Rs L EI < 20

14
M
Rs
Mn
Ms 0, 2M n

θ
θs θn θu

Figure 1.10: Classification selon le règlement LRFD

1.5.4. Classification selon Bjorhovde et al (1990)

Un pas important, en vue de l’acceptation, par tous, de l’approche semi rigide du


calcul concerne la classification des nœuds d’assemblage. Divers critères de
classifications en noeuds rigides, semi rigides et articulations ont été proposés.
Bjorhovde et al (1990) ont eux proposés les valeurs limites suivantes pour la rigidité
du nœud d’assemblages :

Tableau 1.3 : Classification Bjorhovde et al (1990)


Rigide Ri ≥ EI 2d

Flexible Ri ≥ EI 10d

Semi rigide EI 10d ≤ Ri ≤ EI d

15
M = M Mp le = 2d
EI θ le = 10d
M = EIθ
1, 0
2d M=
10d

Rigide

0, 7
d
Critère de ductilité
Semi rigide
l

Mp
θp =
( EI 5d )
0, 2
Flexible θ =θ θp

1, 2 2, 7

Figure 1.11: Critère adimensionnel de Bjorhovde et al

Les auteurs (Bjorhovde et al) ont exprimé la rigidité initiale de chaque assemblage à
EI
travers la longueur équivalente " l e " , se basant sur la rigidité initiale K 0 = de la
L
courbe moment rotation d’une poutre de longueur L , soumise à deux moments à ses
deux extrémités.
Ces auteurs suggèrent qu’il serait réaliste de prendre les longueurs équivalentes de
2d et 10d pour définir, respectivement, l’intervalle entre les comportements dit rigide
et semi rigide pour la première ; puis entre le semi rigide et le flexible pour la
seconde longueur équivalente. Alors que pour les moments ultimes, d’utiliser les
valeurs de 0,7 M p et 0,2M p comme le montre clairement la figure (1.11).

Kishi et Chen (1989) propose de prendre pour la longueur équivalente l e = 5d pour

tous les assemblages semi rigides, valeur qui nous paraît assez raisonnable.
Dans le système de classification proposé, les auteurs l’ont prévus dans le cas où la
connaissance préalable des composants du nœud d’assemblage ne sont pas
disponibles. Ce qui implique que cette approche ne considère pas le comportement
global de la structure.

16
1.6. CONCLUSION

L’introduction du concept de la semi rigidité dans les codes Européens (EC3) et


américains (AISC/ LRFD) ou encore par certains auteurs tel Bjorhovde et al, relatifs
aux structures métalliques et l’idéalisation des courbes moment rotations ( M − θ ) ,
représentent des jalons importants en vue de son acceptation.
Cependant, les critères de classifications diffèrent d’un code à un autre. Alors que la
rigidité initiale est prise comme critère de classification par l’Eurocode 3 et les
auteurs Bjorhovde et al, c’est plutôt la rigidité sécante qui est prise dans le règlement
LRFD. En effet, dans ce règlement, deux valeurs distincts de la rigidité sécante
doivent être définies pour les deux états limites : de service et ultime.
De plus, l’assemblage est classé rigide, semi rigide ou flexible en se basant sur le
rapport de sa rigidité rotationnelle ( R) à celle de la poutre ( EI L ) égale à ( RL EI ) .

17
CHAPITRE DEUXIEME

MODELES DE COMPORTEMENT DES ASSEMBLAGES

2.1. INTRODUCTION

Il s’agit de trouver des modèles mathématiques susceptibles de représenter le plus


fidèlement possible la courbe caractéristique de l’assemblage pour l’analyse de la
stabilité des structures à nœuds d’assemblages semi rigides.

2.2. MODELISATION MATHEMATIQUE DE LA COURBE MOMENT-ROTATION

Pour modéliser la courbe moment-rotation, caractéristique de l’assemblage, plusieurs


modèles ont été proposés. La meilleure de ces fonctions doit être la plus simple
d’utilisation et capable de représenter la courbe le plus fidèlement possible et va
concerner le plus possible de types d’assemblages.
Cependant, comme ce comportement dépend de plusieurs paramètres, ces modèles
n'ont jamais reflété suffisamment le travail réel des assemblages.
Aussi, la classification des relations moment rotation des nœuds d’assemblages est
divisée en trois types principaux : modèle analytique, modèle mathématique ou
modèle mixte.
Dans le modèle analytique, la relation ( M − θ ) est basée sur les caractéristiques

physiques de l’assemblage. Dans le second, la relation s’exprime par une fonction


mathématique dans lequel les paramètres sont basés sur le calage des résultats de
tests, alors que pour le troisième modèle combine les deux premières citées.

2.2.1. Formulation des modèles mathématiques d’assemblage

Pour représenter les courbes ( M − θ ) , caractéristiques d’un assemblage, plusieurs

modèles mathématiques et mixtes ont été proposés. Nous citerons quelques uns,
modèle linéaire (Arbabi, 1982), bi-linéaire (Youssouf Agha, 1989), Tri-linéaire
(Gerstle, 1988, Jaspart, 1991 et 1997), polynomial (Frye et Morris, 1975), modèle

18
puissance (Kishi et Chen, 1987), exponentiel (Lui et Chen, 1988) et bien d’autres
encore.

2.2.2 Classification des modèles d’assemblages

2.2.2.1. Modèle linéaire : Afin de définir la rigidité le modèle linéaire représentant


l’assemblage semi rigide a été le plus utilisé vue sa simplicité (Figure 2.1). Il dépend
d’un seul paramètre qui définit la rigidité de l’assemblage. La relation liant le moment
à la rotation s’exprime par :
M = Kθ (2.1)
1
dans laquelle K = représente la rigidité initiale de l’assemblage et peut être
k
obtenue soit à partir de résultats d’essais ou par la méthode analytique. L’auteur
1
[Lothers, 1960] a proposé de prendre égal à la rigidité initiale K 0 .
k
Pour l’analyse des déformations de l’assemblage, des formules de calcul – qui
restent des références solides et d’actualité - de la rigidité initiale de certains types
d’assemblages semi rigides ont été établies par les auteurs de la référence (Lothers,
1960 ; Chen et al,1987 ; Bjorhovde et al,1990) et rapportées en détails dans la
référence (Ihaddoudène, 1995). Cette rigidité dépend essentiellement des
dimensions de chaque composante constituant le nœud d’assemblage et
mathématiquement, elle peut s’exprimer en fonction de la rigidité de la poutre.
Lighfoot et Lemesurier (1974) lui ont donné l’expression de :
4 EI
K0 = ρ ( 2.2)
L
où, EI et L sont, respectivement, la rigidité à la flexion et la longueur de la poutre ;
et ρ l’indexe de rigidité qui indique le degré de flexibilité de l’assemblage. Ses valeurs
varient de zéro pour le cas articulé à l’infini, pour le cas rigide.
La même équation a été mise sous une autre forme par Yu and Shanmugam (1986) :
η ⎛ 4 EI ⎞
K0 = ⎜ ⎟ (2.3)
1 −η ⎝ L ⎠

où η représente le facteur de fixation qui vaut zéro pour le cas articulé et un pour le
cas rigide.

19
M Modèle linéaire

Modèle bilinéaire

Modèle trilinéaire

Courbe expérimentale

Rigidité initiale
θ
Figure 2.1: Modèles linéaires

2.2.2.2. Modèle multilinéaire : Ce modèle suit plus convenablement la courbe


expérimentale que les modèles linéaire et bilinéaire. Jaspart (1991) a développé un
modèle tri linéaire dans lequel il définit, en plus, le moment pseudo plastique M ppl

comme le montre la figure (2.2) suivante :

Mu

Kp
M ppl

M
Mee

K0
θ
θe θp θu

Figure 2.2: Modèle proposé par Jaspart

Ce modèle s’exprime par l’équation (2.4) suivante :

20
(K 0 − K p )θ
M ppl = + K pθ (2.4)
⎡ (K 0 − K p )θ ⎤ ⎪
⎧⎪ C ⎫1 C

⎨1 + ⎢ ⎥ ⎬
⎪⎩ ⎣ Me ⎦ ⎪⎭

Dans laquelle :
C : coefficient de forme adimensionnel
K p : Rigidité d’écrouissage

θ p : Rotation au début de l’écrouissage

K 0 : Rigidité initiale

M ppl : Moment pseudo-plastique

2.2.2.3. Modèle polynomiale : Ce modèle qui s’appuie sur celui de Sommer (1969)
est dû à Frye et Morris (1975) et s’exprime sous la forme :
θ c = C1 (κM )1 + C 2 (κM )3 + C 3 (κM )5 (2.5)

dans laquelle
Ci : Constantes adimensionnelles.

κ : Paramètre, dépend des dimensions de l’assemblage.

La rigidité initiale est obtenue à partir de la tangente :

⎡ dM ⎤ ⎡ 1 ⎤ 1
K0 = ⎢ ⎥ = ⎢ 4⎥
= (2.6)
⎣ dθ c ⎦ M =0 ⎢⎣ C1κ + 3C 2κ (κM ) + 5C3κ (κM ) ⎦⎥ M =0 C1κ
2

A partir de séries tests, des fonctions standard concernant sept types


d’assemblages, ont été obtenues par ces auteurs.
A titre d’exemple, pour l’assemblage à double cornière sur l’âme de la poutre, on a :
C1 = 3, 66.10−4 ,
C2 = 1,15.10−6 ,
C3 = 4,57.10−8

et κ = d −2, 4 t −1,81 g 0.15

θ = 3,66(κM )10 −4 + 1,15(κM )3 10 −6 + 4,57(κM )5 10 −8

21
Où : d , t , g sont les dimensions de l’assemblage données dans (Frye et Morris,
1975).

Cependant, ces fonctions standards sont basées sur des essais dont certains
remontent à l’année 1931, en somme dépassés. Ensuite, le défaut majeur de cette
approche est l’existence d’un maximum dans la fonction qui ne correspond pas aux
observations expérimentales (Jones et al,1983).

2.2.2.4. Modèles exponentiels :

a. Lui et Chen (1987) ont proposés le modèle exponentiel, qui a la forme :


n ⎡ ⎛ − θ ⎞⎤
M = M 0 + ∑ C j ⎢1 − exp⎜⎜ ⎟⎥ + K f θ
⎟ (2.7)
j =1 ⎣⎢ ⎝ 2 j α ⎠⎦⎥
dont le rigidité de l’assemblage est donnée par :
⎡ dM ⎤ n Cj
K0 = ⎢ ⎥ = ∑
⎣ dθ ⎦ θ =0 j =1 2 jα
+Kf (2.8)

Dans laquelle :
M : moment appliqué au nœud
K f : rigidité d’écrouissage

α : coefficient de calage
C j : curve fitting (coefficient)

n : nombre de termes considérés

b. Yee et Melchers (1986)


Ces deux auteurs ont proposés un modèle exponentiel à quatre paramètres, qui
s’écrit sous le forme:
⎧⎪ ⎡ − (K 0 − K p + Cθ )θ ⎤ ⎫⎪
M = M p ⎨1 − exp ⎢ ⎥ ⎬ + K pθ (2.9)
⎪⎩ ⎢⎣ Mp ⎥⎦ ⎪⎭

dans laquelle
M p : moment plastique de l’assemblage

K 0 : rigidité initiale de l’assemblage

22
K p : rigidité d’écrouissage de l’assemblage

C : constante, fonction de l’allure de la courbe

La rigidité tangente est alors donnée par :


− (K 0 − K p + Cθ )θ
K t = K p + (K 0 − K p + 2Cθ )exp (2.10)
Mp

M K0
Kp
Mp

Figure 2.3: Modèle de Hon et Melchers

La fait que cette formule concerne essentiellement l’assemblage de type plaque


supérieure et cornière inférieure sur la semelle, son extension reste alors fort limitée
(Nethercot and Zandonini, 1989).

c. Modèle de Richard-Abott (1975)

C’est l’un des modèles les plus utilisés, pour définir les courbes ( M − θ ) des
assemblages ; il a l’avantage de donner une rigidité positive et de ce fait, calque bien
physiquement pour des assemblages semi rigides.
Ce modèle peut-être définit par quatre paramètres et s’exprime par la relation
suivante :
(K 0 − K p )θ
M = 1
+ Kpθ , (2.11)
⎡ (
K −Kp θ
⎢1 + 0
) n⎤n

⎢ M0 ⎥
⎣ ⎦

23
La rigidité tangente correspondante sera obtenue en dérivant l’expression du
moment par rapport à la rotation de l’assemblage telle que :
⎡ dM ⎤ K0 − K p ( )
Kt = ⎢ = + Kp (2.12)
⎣ dθ ⎥⎦ ⎡ n ⎤ (n +1) n
K − Kp θ
⎢1 + 0
( ) ⎥
⎢ M0 ⎥
⎣ ⎦

dans lequel
K 0 : rigidité initiale

K p : rigidité (strain-hardening)

M 0 : moment de référence

n : Paramètre qui définit l’allure de la courbe

d. Modèle Puissance de Chen et Kishi (1987)

Les auteurs Chen et Kishi (1987) ont simplifiés le modèle de Richard-Abott –


écrouissage ignoré - qui dépend désormais de trois paramètres pour représenter la
courbe ( M − θ ) , caractéristique de l’assemblage. Il s’exprime sous la forme suivante :

R ki θ
M = 1
(2.13)
⎧⎪ ⎡ θ ⎤ n ⎫n

⎨1 + ⎢ ⎥ ⎬
⎪⎩ ⎣θ 0 ⎦ ⎪⎭

Mu
θ0 = : représente la rotation plastique
R ki

Rki : rigidité initiale

M u : moment ultime

n : paramètre qui dépend de la forme de la courbe

On remarquera que plus le paramètre "n" augmente et plus l’assemblage se rigidifie.


La rigidité tangente de l’assemblage s’obtient à partir de :

24
dM R ki
R ki = = (2.14)
dθ ⎛ n +1 ⎞
n ⎤ ⎜⎝ n ⎟⎠
⎡ ⎛θ ⎞
⎢1 + ⎜⎜ ⎟⎟ ⎥
⎢⎣ ⎝ θ 0 ⎠ ⎥⎦

M
1
Kp
n = n3
M0
n = n2
n = n1

n1 > n2 > n3

K
1 θ
0

Figure 2.4: Courbe moment rotation de Richard-Abott (1975)

n=4
Mu
n=2
n =1

θ
Mu
θ0 =
Rki

Figure 2.5: Courbe moment rotation de Chen et Kishi (1987)

25
2.3. MODELES MECANIQUES

2.3.1. Modèle mécanique de l’Eurocode 3

L’approche adoptée par ce règlement européen (EC 3) consiste, justement, en


l’utilisation de ce que l'on appelle la méthode des composantes qui fournit des
procédures d’évaluation du comportement en rotation des nœuds pour chaque type
d’assemblage. Cela correspond à un modèle mécanique simplifié composé de
ressorts en traction et liés rigidement, selon lesquelles le nœud est simulé par un
choix approprié de composantes souples et rigides.

2.3.1.1. Méthode des composantes

Pour illustrer la méthode, soit à considérer l'assemblage poutre-poteau représenté à


la figure suivante, soumis à un moment de flexion M. Les composantes qui
caractérisent cet assemblage sont données par la figure suivante (la numérotation
des composantes dans l'énumération sur la figure (2.6) correspond à celle rapportée
dans les références (Da Silva, 2001 et 2008 ; Jaspart, 1997 ; EC3, part 1-8:2005).

Où :
• 1. le panneau d’âme du poteau soumis à un effort de cisaillement,
• 2. l’âme du poteau dans la zone où elle est soumise à un effort de compression,
• 3. la semelle du poteau où elle est soumise à flexion, du fait de la traction dans les
boulons,
• 4. l’âme du poteau dans la zone où elle est tendue,
• 5. la platine soumise à flexion du fait de l’effort de traction existant dans les
boulons,
• 7. la partie comprimée de la poutre: âme et semelle,
• 8. l’âme de la poutre dans la zone où elle est soumise à un effort de traction,
• 10. les boulons soumis à des efforts de traction.

26
3
10
8
5

1
7 M

Figure 2.6: Les composantes d’un assemblage poutre-poteau

Trois types d'effort sont distingués dans les composantes, ils correspondent à trois
zones dans l'assemblage: la zone en traction, en compression et en cisaillement.
Chacune des composantes présente ses propres résistance rigidité et capacité de
déformation en traction, compression ou cisaillement. La coexistence de plusieurs
composantes dans un même élément, comme par exemple, au niveau de l'âme du
poteau, soumise à la fois à de la compression ou de la traction et du cisaillement,
peut mener à des interactions de contraintes susceptibles d'affecter la résistance et
la rigidité de ces composantes.

2.3.1.2. Etapes de la méthode des composantes

L'application de la méthode des composantes demande les étapes suivantes:

a - La détermination des composantes nécessaires à l'étude de l'assemblage


considéré,
b - L'évaluation des caractéristiques de résistance et/ou de rigidité de chaque
composante (rigidité initiale, résistance de calcul,… ou courbe de déformation dans
son entièreté),

27
c - " l'assemblage " des composantes en vue de déterminer les caractéristiques de
rigidité et/ou de résistance de l'assemblage ou l'ensemble de la courbe moment-
rotation de celui-ci.

La première étape dépend des caractéristiques géométriques de l'assemblage et de


l'identification des zones de compression, traction et cisaillement.

La deuxième étape demande une connaissance suffisante du comportement des


composantes. Chacune des composantes de tout assemblage possède sa propre
résistance en traction, en compression, et/ou en cisaillement, selon la manière dont
elle est sollicitée dans l’assemblage.

En général, la résistance d’une composante vis-à-vis d’une certaine sollicitation ne


dépend que de la valeur de cette sollicitation: c’est notamment le cas pour les
boulons, dont la résistance ne dépend que de l’effort de traction auxquels ils sont
soumis.

Enfin, la troisième étape est basée sur une distribution des efforts internes dans
l'assemblage ou, ce qui revient au même, sur le modèle mécanique considéré
comme représentatif de l'assemblage.

Ces composantes représentent, donc, une partie spécifique du noeud qui, selon le
type de chargement, permet d‘identifier la contribution d’un ou de plusieurs ressorts
et donc de ses propriétés structurelles.

De toute évidence, compte tenu de la complexité des nœuds d’assemblages


métalliques, le développement de la méthode des composantes, et la prévision de
leur comportement en général, s'appuie fortement sur les résultats d'un grand
nombre de programmes de recherche expérimentale menée à travers un certain
nombre d'instituts de recherche.

Il faut cependant mentionner, que ces résultats, ne sont pas à la portée de tous, bien
que certains d’entre eux soient publiés, en partie seulement.

28
2.3.1.3. Composantes et loi moment-rotation

L’Eurocode 3 propose des caractéristiques de résistance et de rigidité pour chacune


de ces composantes.

Après identification et calcul des caractéristiques des assemblages, il reste à


assembler ces composantes pour déterminer le comportement de l'assemblage
étudié. La méthode des composantes permet de déterminer analytiquement la
rigidité initiale et le moment résistant de calcul. Ces deux caractéristiques suffisent
pour définir la courbe moment-rotation de l'assemblage car l’EC3 adopte une courbe
de comportement conventionnelle telle que celle représentée à la figure ci dessous.

M Rd

M el = 2 3.M Rd

S j ,ini / n
Sj
S j ,ini
θ
θ el θ Rd

Figure 2.7: Loi moment-rotation d’un assemblage [EC3]

La rigidité sécante est fonction du moment résistant de calcul, de la rigidité initiale, du


moment appliqué et d'un paramètre ψ dépendant du type d'assemblage. Le moment
élastique est défini forfaitairement comme égal au deux tiers du moment résistant. La
rigidité sécante lors de l'atteinte du moment résistant de calcul présente un rapport
constant à la rigidité initiale et dépendant du type d'assemblage:
Certains auteurs (Van Keulen et al, 2003) ont testé plusieurs portiques en prenant la
le moment élastique comme étant égal à la moitié du moment résistant, les résultats
étant tout à fait satisfaisants.

29
Le type de modèle mécanique utilisé dans l’EC3, pour déterminer ces deux
caractéristiques essentielles que sont la rigidité initiale et le moment résistant de
calcul est examiné ci-après.

2.3.1.4. Rigidité initiale

La rigidité initiale est déterminée à partir des rigidités des composantes de


l'assemblage. Le comportement élastique de chaque composante est représenté par
un ressort. La relation force-déplacement d'un ressort est donnée par:
EAi
Fi = ∆ i = ki ∆ i (2.15)
Li
où :
Fi : est la force dans le ressort i
E : module d’élasticité de l’acier
k i : coefficient de rigidité du ressort i

∆ i : déformation du ressort i

La figure (2.8) suivante illustre ces ressorts dans le cas d'un assemblage avec
platine d'extrémité boulonnée. Les numéros associés à chaque ressort
correspondent aux numéros des composantes dans l’EC3 et au numéro de la rangée
de boulons considérée.

La figure (2.8-b) montre comment, au niveau d'une rangée de boulons, les


déformations de la platine d'extrémité en flexion, des boulons en traction, de la
semelle du poteau en flexion et de l'âme du poteau en traction sont combinées pour
former un ressort effectif pour chaque rangée de boulons avec un coefficient de
rigidité k eff ,r (r est le numéro de la rangée de boulons). La figure (2.8-c) montre

comment ces ressorts effectifs sont remplacés par un ressort équivalent unique de
rigidité k eq agissant au niveau du bras de levier z. Les formules déterminent k eff ,r , z

et k eq données ci-dessous sont déduites des différents schémas de la figure(2.8) en

s'assurant que chaque modèle présente un comportement moment-rotation et un


effort de compression dans la barre inférieure identiques.

30
1
k eff ,r = (2.16-a)
1
∑i k
i ,r

∑k eff , r .hr2
z= r
(2.16-b)
∑k eff , r .hr

∑k eff , r .hr
k eq = r
(2.16-c)
z

k 3,1 k 4,1 k 5,1 k10,1

M
h2 h1 k 3, 2 k 4, 2 k 5, 2 k10, 2 θ

k1 k2 M

(a)

k eff ,1 k eq

θ θ z
k eff , 2
M M
k1 k2 k1 k2

(c)
(b)
Figure 2.8 : Modèles de ressorts pour un assemblage avec platine d'extrémité
boulonnée

Une fois ces caractéristiques déterminées, la rigidité initiale de l’assemblage d’obtient


en écrivant que la rotation θ est égale à (∆ 1 + ∆ 2 + ∆ eq ) / z

Mj Fz Fz 2 Ez 2
S j ,ini = = = = (2.17)
θj ∑ ∆i F ∑ 1 ∑ 1
z E ki ki

2.3.2. Modèle mécanique de l’assemblage (Chan et Chui, 2000)

Différentes tentatives de modélisation numérique du comportement de l’élément de


nœud d’assemblage ont été proposés mais le modèle de ressorts (Chan et Chui,

31
2000) étant le plus utilisé. Il est constitué d’un ressort de rotation et parfois englobe
deux ressorts de translations axiale et transversale. Il convient pour l’analyse des
portiques auto- stables à nœuds d’assemblage semi rigides.

Le nœud semi rigide peut-être modélisé comme un élément de ressort, les


hypothèses formulées sont les suivantes :

a- L’assemblage est représenté par un ressort dont la loi constitutive est non
linéaire.
b- Le ressort a une longueur nulle et travaille uniquement en flexion
c- Il est couplé à un élément fini de type poutre plane.

Mb
K
θb
Mc θc

Figure 2.9: Elément de ressort

L=0 L=0
Ressorts

Elément barre Nœud j


Nœud i

Elément hybride

Figure 2.10: Modèle de l’élément idéalisé (Chan et Chui, 2000)

32
Les effets des déformations de l’effort axial et des forces de cisaillement sont
négligeables devant les déformations dues au moment de flexion. Ainsi, seules les
déformations rotationnelles des ressorts sont pris en considération.

L’équilibre des moments au niveau de l’assemblage (Fig. 2.9) donne :


Mb + Mc = 0 (2.18)

où :
M c = K (θ c − θ b ) (2.19-a)

et donc, on aura :
M b = − M c = K (θ b − θ c ) (2.19-b)

dans laquelle K est la rigidité rotationnelle de l’assemblage.

Sous la forme incrémentale, on peut écrire :

⎧∆M c ⎫ ⎡ K − K ⎤ ⎧∆θ c ⎫
⎨ ⎬=⎢ ⎨ ⎬ (2.20)
⎩∆M b ⎭ ⎣− K K ⎥⎦ ⎩∆θ b ⎭

M b et M c sont les moments de la poutre et du poteau au niveau de l’assemblage.

K : rigidité de l’assemblage.
∆M b et ∆M c sont les incréments des moments nodaux à la jonction entre le ressort

et le nœud global puis entre la poutre et le ressort.

La matrice de rigidité de l’assemblage sera combinée avec celle de l’élément poutre


pour formuler une nouvelle matrice de rigidité qui tienne compte de la semi rigidité
des nœuds d’assemblage.

2.3.3. Da Silva et al (2001)

Da Silva et al ont étudiés analytiquement le comportement moment-rotation d'un


assemblage soudé à l'aide d'un modèle mécanique constitué de deux ressorts
caractérisés par des équations de comportement non linéaires. L'étude est basée sur
l'expression du potentiel énergétique en fonction des degrés de liberté de

33
l'assemblage qui, une fois dérivée, permet de déterminer la courbe moment-rotation
en fonction de l'effort axial N.

k3
M θ

k1 k2 M

Figure 2.11: Modèle mécanique pour un assemblage de poutre-poteau soudé

k 3,1 k 4,1 k 5,1 k10,1

k 3, 2 k 4, 2 k 5, 2 k10, 2 θ
M
k1 k2

Figure 2.12: Modèle mécanique pour un assemblage platine d’extrémité étendue

2.3.4. Jaspart (1997)

La difficulté d’avoir une solution analytique a fait que certains auteurs comme
Jaspart, ont préférés (Cerfontaine, 2004) une solution numérique obtenue par une
méthode itérative. L'approche suivie s'inscrivant toujours dans le cadre de la
méthode des composantes et tend à suivre le chargement d'un assemblage depuis
le début du chargement jusqu'à sa ruine. Cette méthode permettait alors d'étudier à
la fois les aspects de rigidité, de ductilité et de résistance (Jaspart, 1991 et 1997,
Cerfontaine, 2004).

34
M
M γ θ
z
N N
M

Figure 2.13: Modèle mécanique pour les assemblages boulonnés poutre-poteau

2.4. PROPOSITIONS

2.4.1. Modèle mécanique développé

Dans ce travail, la modélisation adoptée est basée sur l'analogie des trois ressorts
(deux de translations, le troisième en rotation) avec en plus l'introduction de la notion
de l'élément de noeud indéformable (Ihaddoudène, 1995 ; Ihaddoudène et al, 2008)
pour décrire les déplacements relatifs ainsi que les rotations entre les noeuds et les
éléments de la structure.

Les noeuds de la structure sur la figure (2.14-a) sont représentés par des cadres
indéformables comme le montre la figure (2.14-b), à l'intérieur desquels on a un
massif lié au cadre du noeud par deux ressorts de translation et lié à l'élément barre
par un ressort de rotation, sur la figure (2.14-c). Ainsi, les extrémités des éléments
barres présentent des déplacements relatifs et des rotations relatives ; les noeuds de
la structure étant considérés dans les calculs comme des points matériels.

35
Joints semi rigides
Eléments de noeuds

(a) (b)

Cadre de nœud indéformable

Elément barre

Ressort de rotation

Ressort de translation

(c)

Figure 2.14 : Modèle mécanique proposé

En vertu du principe de superposition, les effets des trois ressorts peuvent être
étudiés séparément, comme le montre la figure (2.15), ci-après :

M = f (θ )
i i i
≡ +

u = Cu N
v = C vV

(a): Elément de noeud indéformable; (b) :Ressort axial; (c) : Ressorts de translation et de rotation

Figure 2.15 : Analogie des ressorts

36
Le fait d’avoir introduit la notion d’élément de noeud indéformable, pour distinguer la
rotation des noeuds de celle des éléments au niveau des assemblages semi-rigides
nous a permis d’établir la matrice de rigidité tenant compte de cet aspect de
comportement réel. Dans le repère local, elle est de la forme :

⎡ k11 k12 k13 k14 ⎤


⎢k k 22 k 23 k 24 ⎥⎥
K e = ⎢ 21 (2.21)
⎢k 31 k 32 k 33 k 34 ⎥
⎢ ⎥
⎣k 41 k 42 k 43 k 44 ⎦

2.4.2. Modèle mathématique

La relation moment-rotation du comportement des assemblages est non linéaire.


Sous sa forme exponentielle (Ihaddoudène,1995 ; Ihaddoudène et Chemrouk, 2004 ;
Ihaddoudène et al, 2008) elle est mise sous la forme donnée par l’équation suivante :

Θ = kM α (2.22)
Où α = 1 pour le cas linéaire

Globalement, la rigidité initiale et le moment ultime sont les deux caractéristiques les
plus importantes qui permettent de définir le comportement du nœud d’assemblage
(Bjorhovde et al, 1990, Ihaddoudène,1995, EC3, 2005, Ihaddoudène et al, 2008).

2.5. CONCLUSIONS

La flexibilité des assemblages est bien connue pour être une source majeure de la
non linéarité dans les structures métalliques. Si cette flexibilité n’est pas prise en
compte, elle sera source d’erreurs et de précisions dans le dimensionnement des
structures.

Dans ce chapitre, nous avons décrit les modèles des différents assemblages qui sont
classés en modèle analytique, mathématique et mixte. Des exemples dans chaque
catégorie ont été présentés.

37
La modélisation des nœuds d’assemblages (Chan et Chui, 2000) est assurée par le
biais d’un ressort de rotation lié aux deux extrémités de la barre pour donner un
élément hybride (poutre+ressort).

La matrice de rigidité ainsi constituée permet de traiter les éléments de structures à


assemblage semi rigides mais dont la taille s’en trouve ainsi augmentée du degré de
liberté de ce même assemblage et augmente ainsi la taille du problème à traiter.

Dans le modèle mécanique proposé, les solutions analytiques établies sont


d’application faciles et pratiques. Tous les éléments de la matrice de rigidité
s’obtiennent aisément par la méthode de déplacement unitaire.

38
CHAPITRE TROISIEME

ANALYSE DE LA STABILITE DES STRUCTURES

3.1. INTRODUCTION :
Une analyse du second ordre de type P-Delta permet souvent une évaluation simple
et rationnelle de la distribution des efforts dans les éléments structuraux de
bâtiments.

3.2. ANALYSE DU COMPORTEMENT D’UN ELEMENT BARRE COMPRIMEE

La rigidité des barres soumises à la compression pure décroît graduellement lorsque


cette charge approche de la charge de ruine. Celle-ci peut alors, survenir par
plastification totale de la section, par flambement de la barre toute entière ou encore
par voilement d’une des parois mince constituant la section de la barre.

Une barre devant le phénomène d’instabilité élastique subit de façon soudaine, des
déformations disproportionnées par rapport aux faibles accroissements de la charge;
ce phénomène se produit d’autant plus facilement que la barre est élancée.
On a souvent tendance à simplifier l’étude des barres comprimées en identifiant trois
zones définies en fonction de l’élancement et en regroupant les barres à l’intérieur de
chacune des ces zones.

Dans ce cas, le comportement des barres est différent d’une zone à une autre, ce qui
justifie une étude particulière pour chacune d’entre elles comme le montre la figure
(3.1).
En effet, on remarque que pour les barres dont l’élancement λ = l f i (dans lequel le

rayon de giration i = I A , où I et A sont respectivement le moment d’inertie et l’aire

de la section) est inférieur à un élancement limite, λlim , du matériau, l’état limite


correspondant à la plastification totale de la section survient avant le voilement local
des parois minces de la barre. L’état limite ultime, pour les poteaux élancés pour
lequel λ est supérieur à cette même valeur de l’élancement λlim , est le phénomène
du flambement élastique.

39
σ

Plastification Plastification Barres élancées


totale partielle
π 2E
σ cr =
λ2

λlim Elancement λ

Figure 3.1 : Courbe de comportement de barres en compression

Pour les poteaux de longueur intermédiaire, cet état est le flambement anélastique et
les éléments tombant dans cette catégorie sont les plus complexes à analyser.
En effet, l’interaction existant entre les différents facteurs (la distribution et l’intensité
des contraintes résiduelles, élancement du poteau, ampleur de la déformée initiale,
etc…) font en sorte que les résultats d’analyses théoriques du comportement des
éléments de longueur intermédiaire démontrent une dispersion beaucoup plus
grande pour cette catégorie d’éléments que pour les catégories précédentes.

3.2.1. Les facteurs influençant le comportement des barres

Parmi les facteurs les plus importants, susceptibles d’influencer le comportement des
éléments barres en compression, on notera les contraintes résiduelles, les défauts
de rectitude et les conditions aux extrémités de ces éléments (Galambos, 1988).

3.2.1.1. Influence des contraintes résiduelles


Les contraintes résiduelles qui résultent principalement des différentes opérations de
laminage, soudage etc…, sont liées à la forme de la section et au mode de
fabrication. La présence de ces contraintes fait en sorte que la section comprimée
commence à se plastifier de façon progressive à une étape de chargement inférieure
à l’étape correspondant à l’étape correspondant à la plastification totale de la pièce.
Cette plastification affecte grandement la résistance des pièces en compression.

40
Sur la figure (3.2), il est montré qu’un profilé de plaques coupées au chalumeau
présente une résistance plus élevée qu’un profilé similaire formé de plaques
laminées (Galambos, 1988).

1,2
Contraintes résiduelles réduites

1,0
Courbe d’Euler
0,8
Plaques coupées
au chalumeau
Pcr
0,6 Plaques
Py laminées

0,4

0,2

0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8

Elancement λ

Figure 3.2: Influence des contraintes résiduelles

3.2.1.2. Influences des déformées initiales


L’allure de la déformée initiale étant impossible à prédire, on suppose en général une
déformée de type sinusoïdale. La figure (3.3) ci-dessous donne pour différentes
valeurs de déformées initiales, la distribution réelle des contraintes résiduelles de
chaque barre et les déformées initiales maximales L / 500; L / 100; L / 2000 . Sur la figure
ci-dessous, on visualise l’importance de l’effet combiné des contraintes résiduelles et
des déformées initiales (Galambos, 1988). Il est montré que les barres comprimées
de longueur intermédiaires sont celles qui sont les plus affectées par ces deux
paramètres.

3.2.1.3. Influences de types d’appuis


Tous les modèles d’analyse sont basés sur des barres comprimées avec les
conditions d’appuis d’encastrement et d’articulation idéalisées. On tenait compte de
façon approximative de la liaison, en faisant appel au concept de longueur de

41
flambement (même si on doutait que le degré de fixation dû à l’assemblage jouait un
rôle prépondérant sur le comportement d’ensemble de la barre comprimée).
La figure (3.4) montre l’importance de l’influence des assemblages et qu’il est, par
conséquent essentiel d’en tenir compte dans les calculs.

1,2

1,0
Courbe d’Euler
0,8

Pcr
0,6
Py

0,4
a0 = L 2000

L a0 a0 = L 1000
0,2
a0 = L 500

0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8

Elancement λ

Figure 3.3: Influence des déformées initiales

1,2
Courbe d’Euler
1,0
Assemblage avec
double cornières
0,8

Pcr
0,6
Py Assemblage avec
platine d’extrémité
0,4
Assemblage à cornières jumelées
0,2

0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8

Elancement λ

Figure 3.4 : Influence des types d’appuis

42
3.2.2. Instabilité élastique d’un poteau droit (Modèle d’Euler) :

Euler a proposé une solution analytique simple pour la détermination de la charge


critique de flambement. Le modèle consiste en un poteau parfaitement droit, articulé
à ses deux extrémités (fig. 3.5) et suffisamment élancé pour flamber avant qu’aucune
fibre de la section ne se plastifie.

3.2.2.1. Equation différentielle de l’élément barre soumis à une charge axiale :


Considérons la barre de la figure (3.5.a) dans sa position déformée et écrivons les
formules élémentaires de la résistance des matériaux (fig.3.5.b) :
EIy" ( x) = − M ( x) (3.1.a)
qui peut-être écrite sous la forme :
d2y
2
+ k2y = 0 (3.1.b)
dx
P
Où : k =
EI

P P

L
(a)

M
P N
y
T
x
(b)
Figure 3.5: Modèle d’Euler
La solution de l’équation différentielle homogène donne l’équation de la déformée :
y = A cos kx + B sin kx (3.2.a)

On détermine les constantes d’intégration A et B en considérant les conditions aux


limites. La flèche étant nulle aux extrémités à x = 0 et x = L , ce qui rend son
expression sous la forme :

43

y ( x) = B sin x, (3.2.b)
L

D’où l’on peut tirer directement la plus petite charge critique d’Euler obtenue pour
π 2 EI
n = 1 et qui vaut : Pcr = (3.3)
L2

3.2.2.2. Concept de longueur de flambement

Le concept de longueur de flambement a été introduit pour généraliser l’équation


d’Euler dont la charge critique est donnée par l’équation (3.3). Afin de tenir compte
des différentes conditions d’appuis, on a introduit le concept de longueur de
flambement L f = β L . Pour différents types d’appuis, le tableau suivant donne la

longueur de flambement ainsi que la charge critique.

Tableau 3.1: Les différents types d’appuis idéalisés

Différents

Types

d’appuis

idéalisés

Longueur
de L 0,7 L 0,5 L 2L 2L L
flambement
Lf = β L

Charge π 2 EI L2 π 2 EI π 2 EI ⎛ 1 ⎞ π EI
2
⎛ 1 ⎞ π EI
2
π 2 EI L2
critique Pcr 2 4 ⎜ ⎟ 2 ⎜ ⎟ 2
L2 L2 ⎝4⎠ L ⎝4⎠ L

On remarque du tableau (3.1) que, lorsque le déplacement latéral est nul, le


coefficient de la longueur de flambement est compris entre 0,5 et 1.

44
Quand ce déplacement est permis, sa valeur est comprise entre 1.0 et l’infini. La
limite supérieure est hypothétique et correspond au cas où les deux extrémités de la
barre sont parfaitement articulées.

L’auteur de la référence (Cheong-Siat, ,1986) présente ce qu’il a qualifié de


paradoxe le fait que ce facteur, qui découle d’une analyse de flambement élastique
sous charges de gravité agissant seules, n’est pas représentatif et ne peut donc pas
être appliqué à d’autres conditions de chargements. Il y’aurait ainsi deux facteurs
impliqués : l’un pour la calcul de la stabilité individuelle des poteaux et l’autre pour la
stabilité globale de la structure.

Il est démontré aussi (Cheong-Siat, ,1986) que ce paradoxe s’applique aussi pour les
cas des structures métalliques à nœuds d’assemblages semi rigides. Aussi, une
analyse au second ordre donnera une solution satisfaisante.

3.2.2.3. Méthode des nomogrammes

Le degré de rigidité aux extrémités d’un poteau dans une structure réelle se situe
entre zéro et l’infini, soit respectivement, les limites correspondant à une rotule et à
un encastrement parfait. La méthode des nomogrammes (de Lawrence et Julian)
permet de déterminer la valeur du coefficient de longueur de flambement pour
n’importe quel type de rigidité comprise entre ces deux limites extrêmes.

Cela consiste à calculer les rigidités relatives avec l’équation (3.4) au sommet GU et à

la base G L du poteau, on trace ensuite une droite entre ces deux valeurs sur le
nomogramme approprié pour déterminer la valeur de β .

G=
∑ (I c Lc )
∑ (I Lp )
(3.4)
p

45
Figure 3.6 : Nomogrammes : Portiques (a) à nœuds déplaçables et (b) nœuds fixes

Pour le cas encastré-appuyé donné par le tableau ci-dessus, par exemple, la partie
supérieur du poteau est encastrée alors que la partie inférieure est articulée ; ainsi
GU = 0 et G L = ∞ (Pour l’articulation I p = 0 et G = ∞ , et inversement pour

l’encastrement). La droite joignant ces valeurs donne une valeur de K = 0,7 .

Cependant, ces nomogrammes ne peuvent être utilisés que si les différentes rigidités
(I L ) sont connues, lorsque un choix préliminaire des sections a été fait.

Combien même que cette méthode est largement utilisée, il reste que les divers
règlements recommandent de tenir compte de la rigidité partielle qu’offre très
souvent les assemblages (impossibilité de réaliser un encastrement parfait par
exemple).

46
P P
∆ ∆
C C

L1

A θA
A
θA

L2

B B

L3

D D

P P

a- Nœuds fixes b- Nœuds déplaçables

Figure 3.7 : Rotation des poutres

Les équations à la base des nomogrammes ont été dérivées selon l’hypothèse d’un
cadre à joints rigides, de géométrie uniforme, qui se déforme selon un mode régulier.

Toute dérogation à ces hypothèses entraîne des valeurs erronées du coefficient de


longueur de flambement (Chen et Lui, 1987). Aussi, son application aux charpentes
irrégulières peut entraîner des erreurs importantes.

Combien même cette difficulté ait été contournée en calculant des valeurs de
rigidités modifiées, elle reste relativement laborieuse.

Cette méthode est ainsi basée sur l’hypothèse que les poteaux flambent
simultanément (Essa, 1997) et cela dans les cas illustrés sur la figure (3.7) mais
dans une structure contreventée par exemple, le flambement d’un poteau
quelconque ne dépend pas de la résistance au flambement des autres poteaux :

47
c’est un phénomène de comportement individuel. Mais dans une charpente non
contreventée, c’est, en effet, un comportement global.

Dans les références de Duan et Chen (1988 et 1989), il est démontré que la
présence de conditions particulières (articulations, encastrement) aux extrémités
éloignées des poteaux supérieurs et inférieurs (Fig. 3.7) peuvent conduire à des
valeurs de β parfois sécuritaires et parfois non – sécuritaires pour le poteau central.

Dans le cas du modèle où le déplacement latéral est permis, les résultats sont
nettement non – sécuritaires (Essa, 1997).

Enfin, dans la méthode des nomogrammes, le poteau est en quelque sorte extrait de
la structure et étudié de façon isolée. Par contre, dans le cadre de l’analyse
structurale, le poteau interagit avec le reste de la structure, il s’agit d’un phénomène
de comportement d’ensemble.

3.2.2.4. Poutre isolée et poutre réelle

L’évaluation de la stabilité des poteaux sous charges axiales est généralement


conduite (Gizejowski et al, 2006) par différentes méthodes analytique (da Silva et
Coelho, 2001) et numérique (Goto et Chen, 1987; Jaspart, 1991), par la
détermination de la longueur de flambement et rapportés notamment dans les
références (Timoshenko,1966 ; Wood, 1974 ; Ashwini, 1985; Hallesland, 1994 ;
Wang et al, 2005 ; Tong et Wang, 2006 ; Wang, 2006 ; Simitses et Hodges, 2006),
souvent utilisée dans des codes tel (l’Eurocode 3 ; Wang et al, 1993) et qui tendent à
simplifier les hypothèses influençant, ainsi, le degré de précision des résultats,
erronés surtout pour les cas de portiques irréguliers (Girgin et al, 2006).
Cependant, les différents algorithmes de calcul des méthodes numériques qui
permettent de prendre en compte les procédures de calcul linéaire, non linéaire
(Hallesland, 2007) sont souvent, suivis de lourdeur de calculs qui ne sont pas à la
portée de tous.

Les formules d’interaction relatives à la vérification de la stabilité des poteaux soumis


à la compression et à la flexion s’appliquent à des éléments supposés isolés de tout

48
contexte (Liew et al, 1991 ; Aristizabal-Ochoa, 1997 ; Boissonnade et al, 2002,
Cerfontaine, 2004 ; da Silva, 2008). Leur application à un poteau réel de bâtiment
nécessite la définition d’un poteau équivalent isolé avec différents types d’appuis
(Seculovic et Salatic, 2001).
L’effet de ces différents appuis est souvent matérialisé par la présence de ressorts
flexionnels dont la rigidité équivaut à celle de la partie environnante de l’ossature
réelle (Gantes et al, 2005 ; Mageirou, 2006, Tong et Wang, 2006).
La détermination de la longueur de flambement découle de l’étude du poteau isolé
équivalent. Le problème principal réside dans l’évaluation des caractéristiques
flexionnelles des ressorts d’extrémités.
Pour les cas de poteaux à section variables, on a souvent tendance à utiliser des
méthodes numériques pour déterminer leur longueur de flambement. Récemment
encore, les auteurs (Al-Sadder, 2004 ; Saffari et al, 2008) ont proposé une méthode
analytique en utilisant la méthode des rotations aménagée, s’inspirant ainsi
fortement de la méthode suggérée par (Ermopoulos, 1997). En effet, pour un
élément à section variable, cet auteur préconise de le diviser en un certains nombre
de segments de sections constantes et à l’interface, rajouter les équations de
compatibilité.
Cependant, il y’a lieu de souligner que la précision des résultats dépendra, dans une
large mesure, du nombre de segments utilisé.
Enfin, le principal objectif recherché est de proposer une approche afin de pouvoir
d’évaluer la charge critique de flambement de portique simple ou étagé tenant
compte de la spécificité des assemblages semi rigides.

3.2.2.4.1. Evaluation fondée sur l’étude de l’instabilité élastique linéaire des


poteaux

L’étude de l’instabilité élastique linéaire d’un poteau isolé avec différents types
d’appuis et soumis à un effort de compression conduit à l’écriture d’une équation
différentielle dont la solution, obtenue par voie itérative, fournit les longueurs
effectives de flambement associés aux différents modes d’instabilité ; la plus faible
d’entre elles est, en particulier, celle dont on cherche à estimer la valeur. Les

49
diverses solutions approchées de cette équation dans la littérature dont
principalement :

a - Solution exacte donnée par Wood (1975) :

Cet auteur apporte la solution exacte à l’équation différentielle sous la forme


d’abaque qui fournit le coefficient de longueur effective de flambement K eff - défini

comme le rapport entre la longueur effective de flambement Leff et la hauteur du

poteau - en fonction des coefficients d’encastrement k relatifs aux deux extrémités A


et B du poteau :
RP
kA = (3.5.a)
RP + R A

RP
k B= (3.5.b)
RP + RB
dans lesquels

4 EI P
RP = caractérise la rigidité à la flexion du poteau
LP

b - L’Eurocode 3 suggère l’expression mathématique approchée suivante de


l’abaque de Wood (Wood, 1975) :
1 + 0,145(k A + k B ) − 0,265k A k B
K eff = (3.6)
2 − 0,364(k A + k B ) − 0,247 k A k B

c - Formule proposée par Jaspart (1991)


Pour évaluer le coefficient de longueur effective de poteau, Jaspart a proposé la
formule suivante :
1
K eff = (3.7.a)
neff
Avec

1 + 0,007 α P f1 (r ) + 0,009 α P2 f 2 (r )
neff =
1 + 0,034 α P f1 (r ) + 0,00225α P2 f 2 (r )

Les deux fonctions f 1 et f 2 (Jaspart, 1991) sont définies comme :

50
1+ r
f1 = (3.7.b)
1+ r2
r
f2 = (3.7.c)
1+ r2

d - Approche proposée du calcul de la charge d’instabilité (Jaspart, 1991)


Dans sa formulation, cet auteur propose pour l’évaluation de la longueur effective de
flambement évaluée sur la base de l’utilisation conjointe de l’abaque de Wood et des
coefficients d’encastrement k A et k B exprimées de la manière suivante :
RP
kA = (3.8.a)
R P + R A + R PA
*

RP
kA = (3.8.b)
R P + R A + R PB
*

Les rigidités des poteaux s’expriment par :


2 EI A α 2 (ε A ) − β 2 (ε A )
*
R PA = (3.9.a)
LA α (ε A )

2 EI B α 2 (ε B ) − β 2 (ε B )
*
R PB = (3.9.b)
LB α (ε B )
Où α (ε ) et β (ε ) représentent les fonctions de stabilité relatives à une partie de
poteau et ont pour expressions
ε (sin ε − ε cos ε )
α (ε ) = (3.10.a)
2(2 − 2 cos ε − ε sin ε )
ε (ε − sin ε )
β (ε ) = (3.10.b)
2(2 − 2 cos ε − ε sin ε )

ε = L N EI
Dans laquelle " N " représente la valeur de l’effort de compression auquel est soumis
la partie du poteau étudiée de longueur L et d’inertie I .

Ces fonctions traduisent la diminution de la rigidité de flexion d’un poteau en fonction


de l’effort de compression qui lui est appliqué. Elles modifient les relations moment -
rotation comme suit :

51
M g = mg +
2 EI
L
[
α (ε )θ g + β (ε )θ d ] (3.11.a)

M d = md +
2 EI
L
[
β (ε )θ g + α (ε )θ d ] (3.11.b)

Où m g et md constituent les moments d’encastrements parfaits.

Pour une valeur nulle de l’effort normal ( ε = 0 ), les fonctions de stabilité prennent les
valeurs bien connues :
α (0 ) = 2,0
β (0) = 1,0
En définitive, la détermination de la longueur effective de flambement repose sur
l’évaluation des coefficients d’encastrement qui sont fonctions des rigidités des
poteaux supérieur et inférieur R PA et R PB .

Certains auteurs tels que (Vandepitte, 1982 ; Ackroyd et Gerstle, 1983) ont montré,
pour leur part, que les effets du second ordre dont une structure à nœuds rigides est
le siège lors de son chargement, peuvent être pris en compte de manière simple et
directe dans la méthode des rotations couramment utilisée pour l’étude élastique
linéaire des structures (Salmon et Johnston, 1996 ; Samuelsson et Zienkiewicz,
2006).
Ce type d’analyse évite, ainsi, le recours à une méthode itérative habituelle et
autorise, par ailleurs, la prise en considération de la diminution de la rigidité de
l’ossature due aux efforts de compression des poteaux.
Ces auteurs proposent pour l’analyse élastique linéaire du second ordre des
modifications à la méthode des rotations. Celle-ci repose sur l’expression d’équations
constitutives – relative à chaque barre de l’ossature – qui fournissent les valeurs des
moments d’extrémité M g et M d à partir des moments d’encastrement parfaits m g et

md et des rotations θ g du nœud gauche et θ d du nœud droit.

En l’absence de l’effort normal dans les barres, ces relations s’expriment :

M g = mg +
2 EI
(2θ g + θ d ) (3.12.a)
L

M d = md +
2 EI
(θ g + 2θ d ) (3.12.b)
L

52
De plus, ils proposent de remplacer les expressions (3.12.a) et (3.12.b) ci-dessus par
les expressions (3.11.a) et (3.11.b) données plus haut et qui font intervenir la notion
de fonction de stabilité.

Mais n’a t-on pas conclu déjà que tout nœud d’assemblage est semi rigide et que par
conséquent les moments m g et md ne pouvant jamais être considéré parfaits, c’est

l’un des reproches à faire à la méthode proposée.

3.3. ANALYSE DU COMPORTEMENT DE L’ELEMENT POUTRE-POTEAU

En réalité, tous les éléments des structures sont pour la plupart, soumis à des efforts
combinés de flexion et de compression, ce sont les poutres-poteaux (Chen et Atsuta,
1976). Leur étude théorique est fort complexe car ils subissent divers effets
secondaires résultant de la combinaison des charges. On trouvera des références
sur ce sujet assez complètes dont principalement (Chen and Atsuta, 1976 ; Chen,
1991 ;Timoshenko et Gere,1966 ; Livesley, 1975) et plus récemment dans (Salmon
et Johnson, 1996. Bazant et Cedolin, 2003 ; Wang et al, 2005 ;Aristizabal-Ochoa,
2008) pour ne citer que les plus importantes. On y retrouve l’effet P − ∆ présenté par
une série de fonctions trigonométriques, ainsi que des expressions approchées
utilisant les facteurs d’amplifications. La formulation matricielle de la matrice de
rigidité aménagée utilise, quand à elle, les fonctions de stabilité initialement introduite
par Livesley et Chandler (1956).

3.3.1. Equation différentielle pour le cas d’une compression - flexion :

On considère le cas général de la poutre de la figure (3.8) ci dessous où la charge


transversale q(x) est combinée avec les moments aux extrémités M 1 et M 2

53
M1
q(x) M2

P P
y

x
L

Figure 3.8: Poutre poteau sous un chargement quelconque

M ( x) = M i + Py (3.13)

d2y
EI = − M ( x) (3.14.a)
dx 2
Pour des sections constantes et en divisant par EI , on aura :

d2y P M ( x)
2
+ y=− i (3.14.b)
dx EI EI

d4y P d2y 1 d 2 M i ( x)
+ =− (3.14.c)
dx 4 EI dx 2 EI dx 2
A partir de l’équation (3.13),
d2y M ( x) d4y 1 d 2 M ( x)
2
=− et donc = −
dx EI dx 4 EI dx 2
Soit en remplaçant dans l’expression (3.14.c), on aura :
1 d 2 M ( x) P ⎛ − M ( x) ⎞ 1 d 2M i
− + ⎜ ⎟ = − (3.14.d)
EI dx 2 EI ⎝ EI ⎠ EI dx 2

d 2 M ( x) d 2 M i ( x)
+ k 2
M ( x ) = (3.14.e)
dx 2 dx 2
La solution de l’équation homogène sera :
M ( x) = A sin kx + B cos kx (3.15.a)
à laquelle on rajoute la solution particulière. Le maximum de M (x) est obtenu par
dM ( x)
différentiation = 0 , ce qui donne
dx
Ak cos kx − Bk sin kx = 0 soit (3.15.b)

M max ( x) = A2 + B 2 (3.15.c)

54
3.3.1.1. Les différents cas de chargement :

a - Cas 1 : Moments appliqués aux nœuds


De l’équation générale et les conditions aux limites, on peut déterminer l’expression
du moment ainsi que son maximum, respectivement, tels que :
⎛ M − M 1 cos kL ⎞
M ( x) = ⎜ 2 ⎟ sin kx + M 1 cos kx (3.16.a)
⎝ sin kL ⎠

1 − 2(M 1 M 2 ) cos kL + (M 1 M 2 )
2

M max
( x) = M 2 (3.16.b)
sin 2 kL
En supposant des moments égaux M 1 = M 2 = M appliqués aux deux extrémités, on
aura :

2(1 − cos kL )
M max ( x) = M (3.16.c)
sin 2 kL

2(1 − cos kL ) ⎛ 1 ⎞
M max = M = M ⎜⎜ ⎟⎟ (3.16.d)
1 − cos kL
2
⎝ cos kL 2 ⎠
kL
M max = M sec (3.16.e)
2

M1
M2

P P

M2
y
Moment du premier ordre, Mi
M1 M 2 > M1

Py Moment du second ordre, Py

Figure 3.9: Moments aux extrémités

55
b - Cas 2 : Charge uniformément répartie

2
q ⎛ 1 − cos kL ⎞ q
M max
( x) = 2 ⎜ ⎟ +1− 2
k ⎝ sin kL ⎠ k (3.17.a)

q ⎛ kL ⎞
M max ( x) = ⎜ sec − 1⎟
k ⎝
2
2 ⎠ (3.17.b)

qL2 ⎛ 8 ⎞⎛ kL ⎞
M max ( x) = ⎜ ⎟
8 ⎜ (kL )2 ⎟⎜⎝ sec 2 − 1⎟⎠
⎝1444 ⎠ 24443 (3.17.c)
facteur d 'amplification du à l 'effort axial

q( x)

P P

Figure 3.10: Charge uniformément répartie

Expression de la flèche :
x 2 qL
Soit l’expression de M ( x) = Py − q + x (3.18)
2 2
La déformée et la pente auront pour expressions :
q wL q
y = A sin kx + B cos kx + 2
x2 − 2
x+ (3.19.a)
2 EIk 2 EIk EIk 4
q qL
y ' = Ak cos kx − Bk sin kx + 2
− (3.19.b)
EIk 2 EIk 2

Les constantes d’intégration sont déterminées avec les conditions y (0 ) = 0 et


y ' (L 2 ) = 0 , l’expression précédente peut-être réécrite sous la forme simplifiée :

qL4 ⎡ 2ux ⎤ qL2


⎥ 8 EIu 2 x(L − x )
2ux
y= ⎢ tan u sin + cos − 1 − (3.19.c)
16 EIu 4 ⎣ L L ⎦

56
kL L P π P
Avec u = = = ,
2 2 EI 2 Pcr

Après quelques transformations, la flèche maximale sera telle que

[ ]⎡
y max = y 0 1 + (P Pcr ) + (P Pcr ) + ..... = y 0 ⎢
2 1 ⎤
⎥ (3.19.d)
⎣1 − (P Pcr ) ⎦
c - Cas 3 : Charge concentrée
La même démarche est suivie pour avoir la flèche max et le moment max soit pour la
mi-travée:
⎡ 1 ⎤
y max ≈ y 0 ⎢ ⎥ (3.20.a)
⎣1 − (P Pcr ) ⎦
⎡1 − 0,18(P Pcr ) ⎤ ⎡1 − 0,2(P Pcr )⎤
M max ≈ M 0 ⎢ ⎥ ≈ M0⎢ ⎥ (3.20.b)
⎣ 1 − (P Pcr ) ⎦ ⎣ 1 − (P Pcr ) ⎦
On remarque qu’il y’a une similarité des formes entre les facteurs d’amplification
dans les expressions précédentes pour les cas de la charge concentrée et répartie.

3.3.1.2. Influence de la déformée initiale

a - Charge répartie :
Soit la poutre poteau précédente soumise à la charge répartie q(x) , quelconque, et
présentant une flèche initiale (imperfection) δ 0 , à mi-travée comme le montre la figure

ci-dessous :

( y1 + δ 0 )⎛⎜ L ⎞⎟ 2 ⎛⎜ L ⎞⎟ = ( y1 + δ 0 ) PL
2
P
y1 = (3.21.a)
EI ⎝ 2 ⎠π ⎝π ⎠ π 2 EI
Ou
y1 = ( y1 + δ 0 )
P
Pcr
⎡ P Pcr ⎤ ⎛ α ⎞
D’où y1 = δ 0 ⎢ ⎥ = δ0⎜ ⎟ (3.21.b)
⎣1 − P Pcr ⎦ ⎝1− α ⎠

Comme y max est la somme de δ 0 et y1


⎛ α ⎞ δ
y max = δ 0 + y1 = δ 0 + δ 0 ⎜ ⎟= 0 (3.21.c)
⎝1− α ⎠ 1− α
Le moment max incluant l’effet de l’effort axial est :
M max ( x) = M 0 + Py max (3.21.d)

57
En remplaçant l’expression de y max dans l’équation (3.21.c) et sachant que

P = αPcr = απ 2 EI L2 , l’équation (3.21.d) sera écrite comme étant le produit d’un

moment au premier ordre M 0 par le facteur d’amplification B1 ;

ainsi M max ( x) = B1 M 0 (3.22.a)

Cm
dans laquelle B1 = (3.22.b)
1−α
⎛ π 2 EIδ 0 ⎞
C m = 1 + ⎜⎜ 2
− 1⎟⎟ α = 1 + ψα (3.22.c)
⎝ M0L ⎠

Pour différentes situations, les auteurs (Timoshenko et Gere, 1966) ont donné les
valeurs de C m et on remarque que sa valeur n’excède jamais l’unité.

q( x)

P P
y δ0
y1

Mi M0 M max ( x) = M 0 + Py max

Py P (δ 0 + y1 )

cdg


L 2

Figure 3.11: Moments de premier et de second ordre

b - Moments aux extrémités :

Dans cette situation, le moment max est soit dû au moment M 2 (Fig.3.12.a) ou dans
diverses situations dépendant du rapport (M 1 M 2 ) et de la valeur de α ,(Fig.3.12.b).

58
Afin d’éviter ces situations, le concept du moment équivalent M E est introduit
(Fig.3.12.c). Afin d’établir cette relation posons M = M E , on a donc,

1 − 2(M 1 M 2 ) cos kL + (M 1 M 2 )
2

ME = M2 (3.23)
2(1 − cos kL )

Pour un moment uniforme, le facteur d’amplification est donné par la formule


(3.22.a) :
kL 1
B1 = sec =
2 1−α

Puis en utilisant le moment équivalent M E pour remplacer M 1 et M 2 , le moment max

⎛ 1 ⎞
aura pour expression : M max ( x) = M E ⎜ ⎟
⎝1− α ⎠

Comparée à l’équation (3.23) donne :


⎛ 1 ⎞
M max ( x) = C m M 2 ⎜ ⎟ (3.24.a)
⎝1− α ⎠
Dans lequel :

1 − 2(M 1 M 2 ) cos kL + (M 1 M 2 )
2

Cm = M E M2 = (3.24.b)
2(1 − cos kL )

De cette expression, on remarque que le coefficient du moment équivalent C m

est fonction du rapport (M 1 M 2 ) et de la charge axiale ( P) . Les expressions


simplifiées suivantes de ce coefficient, éliminant la dépendance de l’effort axial,
ont été proposées par Massonnet et Austin.

Pour Massonnet : C m = 0,3(M 1 M 2 ) + 0,4(M 1 M 2 ) + 0,3


2
(3.25)

Pour Austin : C m = 0,6 + 0,4(M 1 M 2 ) ≥ 0,4 (3.26)

Les moments M 1 et M 2 sont respectivement le plus petit et le plus grand moment


appliqué aux nœuds.

Dans les règlements américains, LRFD, on adopte la formule d’Austin.

59
M max > M 2
M ( x) < M 2

M2 M2
M1

(a) Moments max aux extrémités (b) Moment max non aux extrémités

ME M max
ME

(c) Moment uniforme équivalent

Figure 3.12: Différentes positions du moment maximum

3.4. ANALYSE ELASTIQUE AU SECOND ORDRE : FORMULATION


MATRICIELLE

3.4.1. ETABLISSEMENT DES FONCTIONS DE STABILITE

Les fonctions de stabilité (Chen et Lui, 1987 ; Chen et al, 1996 ; Salmon et Johnston,
1996 ; Vandebitte, 1983) traduisent la diminution de la rigidité de flexion d’un poteau
en fonction de l’effort de compression qui lui est appliqué, elles modifient, en fait, les
relations moment –rotation. Soit l’élément suivant, soumis à la fois aux moments
d’extrémités ainsi qu’à une charge axiale.

3.4.2. MATRICE DE RIGIDITE

3.4.2.1. Cas des extrémités fixes à nœuds rigides

MA
MB
P EI θB P
θA
L

Figure 3.13: Elément sous charge axiale et moments aux extrémités

60
En considérant l’équilibre d’un tronçon de cet élément tel que :

MA
M (x)
P
P y

MA + MB
L x

Figure 3.14: Elément de réduction


a - Equations d’équilibres :

MA + MB
M ( x) = Py + M A − x (3.27)
L
EIy" ( x) = − M ( x) (3.28.a)

P M + MB
y" ( x) + y= A x−MA (3.28.b)
EI L

P
Avec k =
EI
La déformée est telle que :
MA + MB MA
y ( x) = A cos kx + B sin kx + 2
x− (3.29.a)
EILk EIk 2
La rotation est alors obtenue par :
dy M +M
y ' ( x) = = − Ak cos kx + Bk cos kx + A 2 B (3.29.b)
dx EILk
Les constantes A et B s’obtiennent à partir des conditions suivantes
MA
y (0) = 0 ⇒ A = (3.29.c)
EIk 2
⎛ − M B − M A cos kL ⎞ 1
y ( L) = 0 ⇒ B = ⎜ ⎟ (3.29.d)
⎝ EIk 2 ⎠ sin kL
Finalement, la déformée et auront pour expression les relations suivantes :
MA ⎡ − M B − M A cos kL ⎤ sin kx ⎛ M A + M B ⎞ MA
y ( x) = cos kx + ⎢ ⎥ +⎜ ⎟x− (3.30.a)
⎣ ⎦ sin kL ⎝ EILk ⎠
2 2 2
EIk EIk EIk 2

1 ⎡ cos kL 1⎤ 1 ⎡ cos kx 1 ⎤
y ' ( x) = − cos kx + sin kx − M − ⎢⎣ sin kL − kL ⎥⎦ M B (3.30.b)
EIk ⎢⎣ sin kL kL ⎥⎦
A
EIk

61
b – Conditions aux limites
Les rotations en A et B sont obtenues pour les conditions suivantes :
θA y '( x = 0 )
et θ B y '( x = L )
ce qui donne la relation :

⎡ sin kL − kL cos kL sin kL − kL ⎤


⎧θ A ⎫ ⎢ ⎧M A ⎫
⎪ ⎪ ⎢ (kL ) sin kL
2
(kL ) sin kL ⎥⎥ ⎪ ⎪
2
⎪ ⎪ L ⎪ ⎪
⎨ ⎬= ⎢ ⎥⎨ ⎬ (3.31)
⎪ ⎪ EI ⎢ sin kL − kL sin kL − kL cos kL ⎥ ⎪ ⎪
⎪⎩θ B ⎪⎭ ⎢ ⎥ ⎪ ⎪
⎢⎣ (kL ) sin kL
2
(kL )2 sin kL ⎥⎦ ⎩ B ⎭
M

Après quelques transformations et tenant compte du fait que :


EI
MA = ( S iiθ A + S ijθ B ) (3.32.a)
L
EI
MB = ( S jiθ A + S jjθ B ) (3.32.b)
L
EI
P= δ (3.32.c)
L
Cas de la compression, où pour la charge P < 0 , on aura :

kL sin kL − (kL )2 cos kL


S ii = (3.33.a)
2 − 2 cos kL − kL sin kL

S ij =
(kL )2 − kL sin kL (3.33.b)
2 − 2 cos kL − kL sin kL
Cas de la traction, où pour la charge axiale P > 0 , on aura :

S ii = S jj =
(kL )2 cosh kL − kL sinh kL
(3.33.c)
2 − 2 cosh kL + kL sinh kL
kL sinh kL − (kL )2
S ij = S ji = (3.33.d)
2 − 2 cosh kL + kL sinh kL

Ces coefficients sont appelés fonctions de stabilité, sous la forme matricielle, les
expressions précédentes peuvent être écrites :
⎛M A ⎞ ⎛S S ij 0 ⎞⎛θ A ⎞
⎜ ⎟ EI ⎜ ii ⎟⎜ ⎟
⎜M B ⎟ = ⎜ S ij S jj 0 ⎟⎜θ B ⎟ (3.34)
⎜P ⎟ L ⎜ 0 A I ⎟⎠⎜⎝ δ ⎟⎠
⎝ ⎠ ⎝ 0

3.4.2.2. Cas de translations des extrémités à nœuds rigides

Dans le cas d’une translation ∆ aux extrémités, les moments s’expriment sous la
forme :

62
EI ⎡ ⎛ ∆⎞ ⎛ ∆ ⎞⎤
MA = ⎢ S ii ⎜θ A − ⎟ + S ij ⎜θ B − ⎟⎥
L ⎣ ⎝ L⎠ ⎝ L ⎠⎦
(3.35.a)
∆⎤
=
EI ⎡
L ⎣⎢ (
S iiθ A + S ijθ B − S ii + S ij ⎥
L⎦
)

EI ⎡ ⎛ ∆⎞ ⎛ ∆ ⎞⎤
MB = ⎢ S ji ⎜θ A − L ⎟ + S jj ⎜θ B − L ⎟⎥
L ⎣ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠⎦
(3.35.b)
∆⎤
=
EI
L

( )
⎢⎣ S jiθ A + S jjθ B − S ji + S jj L ⎥⎦

Remarque :

Cependant, pour une charge axiale nulle ( P = 0 ), ces fonctions de stabilité sont
indéterminées et pour lever cette indétermination, le théorème de l’Hopital est
appliqué et les expressions suivantes sont alors avancées (Lui et Chen, 1986):

2π 2 ρ (0,01ρ + 0,543)ρ 2 (0,004 ρ + 0,285)ρ 2


S ii = 4 + − − (3.36.a)
15 4+ ρ 8,183 + ρ

S ij = 2 −
π 2ρ
+
(0,01ρ + 0,543)ρ 2 − (0,004 ρ + 0,285)ρ 2 (3.36.b)
30 4+ ρ 8,183 + ρ

P PL2
Avec le coefficient adimensionnel de la charge axiale : ρ = =
Pcr π 2 EI

Ce qui conduit dans, ce cas, aux cas classiques S ii = S jj = 4 et

S ij = S ji = 2 couramment utilisé dans la théorie du premier ordre.

L’effort tranchant s’exprime alors par :


⎛ M + M B + P∆ ⎞
T = −⎜ A ⎟ (3.37.a)
⎝ L ⎠

Soit, en remplaçant les expression des moments M A et M B , devient :

T =−
L ⎩
[
⎨(S ii + S ij )θ A + (S ii + S ij )θ B − 2 (S ii + S ij ) − (kL )
EI ⎧
]
2 ∆⎫

L⎭
(3.37.b)

qu’on peut mettre sous la forme simplifiée :

63
⎛ S ii + S ij ⎞
⎜ S ii S ij − 0⎟
⎜ L ⎟
⎛M A ⎞ ⎜ S ii + S ij ⎟ ⎛θ A ⎞
⎜ ⎟ − ⎜ ⎟
⎜ B ⎟ EI ⎜
S ii 0⎟
M L ⎜θ B ⎟ (3.38)
⎜T ⎟ = L ⎜ 2( S ii + S ij ) − ( kL) 2
⎟ ⎜∆ ⎟
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎜P ⎟ ⎜ 0⎟ ⎜u ⎟
⎝ ⎠ L2 ⎝ ⎠
⎜ A⎟
⎜ SYM ⎟
⎝ L⎠

La matrice de rigidité globale s’en retrouve alors, déduite (Chen et Lui, 1991), dans
ce cas et sera écrite sous la forme :
⎛A A ⎞
⎜ 0 0 0 0 ⎟
⎜L L ⎟
⎜ 12
φ1
6
φ2 0 −
12
φ1
6
φ2 ⎟
⎜ L2 L L2 L ⎟
⎜ 6 ⎟
EI ⎜ 4φ 3 0 − φ2 2φ 4 ⎟
[K ] = (3.39)
L ⎜ ⎟
L
⎜ A
0 0 ⎟
⎜ L ⎟
⎜ 12 6 ⎟
⎜ SYM φ1 − φ2 ⎟
⎜ L2 L ⎟
⎝ 4φ 3 ⎠

où φ j ( j = 1, 2, 3, 4) représentent les fonctions de stabilités données par (Chen et Lui,

1987 et 1991) et à l’origine, données par Livesley et Chandler (1956).

Le tableau (3.2) suivant donne les expressions de ces fonctions de stabilités pour
différentes situations de la charge P .
Tableau 3.2: Expressions des fonctions φ1 , φ 2 , φ3 et φ 4

φi P<0 P=0 P>0

φ1 (kL )3 sin kL (kL )3 sinh kL


12φ c 1 12φt

φ2 (kL )2 (1 − cos kL) (kL )2 (cosh kL − 1)


6φ c 1 6φt

φ3 kL(sin kL − kL cos kL ) kL(kL cosh kL − sinh kL )


4φc 1 4φt

φ4 kL(kL − sin kL ) kL(sinh kL − kL )


2φc 1 2φt

64
Avec :
φc = 2 − 2 cos kL − kL sin kL et φt = 2 − 2 cosh kL + kL sinh kL

Cependant, pour éviter l’utilisation des différentes équations pour les deux cas de la
traction et de la compression, ces mêmes auteurs ont proposés les fonctions de
stabilités suivantes :

[ n⎫
]

φ1 = ⎨1 + ∑
1
(kL )2 ⎬ / 12φ (3.40.a)
⎩ n =1 (2 n + 1)! ⎭

⎧1
[ n⎫
]

φ2 = ⎨ + ∑
1
(kL )2 ⎬ / 6φ (3.40.b)
⎩2 n =1 (2n + 2 )! ⎭

2(n + 1)
⎧1
[ n⎫
]

φ3 = ⎨ + ∑ (kL )2 ⎬ / 4φ (3.40.c)
⎩3 n =1 (2n + 3)! ⎭

⎧1
[ n⎫
]

φ4 = ⎨ + ∑
1
(kL )2 ⎬ / 2φ (3.40.d)
⎩6 n =1 (2n + 3)! ⎭

Avec

2(n + 1)
⎧1 n⎫
[ ]

φ=⎨ +∑ (kL )2 ⎬
⎩12 n =1 (2n + 4 )! ⎭

Le problème qui se pose dans ce cas, est que pour une force axiale nulle P = 0 , on
arrive à une indétermination des fonctions de stabilité. Pour éviter cette situation, les
auteurs (Chen et Lui, 1991) ont fait un développement en séries de Taylor

φ1 = 1 +
(kL )2 − (kL )4 +
(kL )6
37(kL )8
− (3.41.a)
10 8400 108000 2328480000

φ2 = 1 +
(kL ) 2

(kL )4
+
(kL )6

37(kL )8
(3.41.b)
60 8400 756000 2328480000

φ3 = 1 +
(kL )2 − (kL )4 + (kL )6 − 509(kL )8 (3.41.c)
30 25200 108000 2328480000

φ4 = 1 −
(kL )2 +
13(kL )4 11(kL )6
− +
907(kL )8
(3.41.d)
60 25200 756000 2328480000

Si l’on prend juste les deux premiers termes de l’expression (3.39) pour un
développement en série de Taylor, la matrice de rigidité globale est donnée par :

65
[K ] = [K e ] + [K g ] (3.42.a)

Où [K e ] est la matrice de rigidité linéaire (premier ordre), donnée par :

⎡ EA EA ⎤
⎢ L 0 0 − 0 0 ⎥
L
⎢ 12 EI 6 EI 12 EI 6 EI ⎥
⎢ 0 ⎥
⎢ L3 L2 L3 L2 ⎥
⎢ 4 EI
0
6 EI
− 2
2 EI ⎥
(3.42.b)
[K e ] = ⎢⎢ L
EA
L L ⎥

⎢ 0 0 ⎥
⎢ L ⎥
⎢ SYM
12 EI

6 EI ⎥
⎢ L3 L2 ⎥
⎢ 4 EI ⎥
⎢ ⎥
⎣ L ⎦
[ ]
et K g est la matrice de rigidité géométrique, donné par :

⎡0 0 0 0 0 0 ⎤
⎢ 6P P 6P P ⎥
⎢ 0 −
5L 10 5L 10 ⎥
⎢ 2 PL P PL ⎥
⎢ 0 − − ⎥
[K ]
g =⎢

15
0
10
0
30 ⎥
0 ⎥
(3.42.c)
⎢ 6P P ⎥
⎢ −
10 ⎥⎥
SYM
⎢ 5L
2 PL
⎢ ⎥
⎣ 15 ⎦

3.4.2.3. Autres formulations

a - Fonction de stabilité
La détermination de la charge critique s’appuie sur la formulation de la matrice de
rigidité exacte (Couates et al, 1988 ; Kirby and Nethercot , 1979), qui est dépendante
des fonctions de stabilité s , c et sc , initialement développées par Livesley et Chandler
(1956) et telles que :

b - Equations d’équilibre :
En l’absence de la charge axiale (1erordre), les moments M 1 et M 2 s’écrivent :
M 1 = 4kθ1 (3.43.a)
M 2 = 2kθ1 (3.43.b)
EI
avec k =
L

66
Les efforts tranchants s’en déduisent :
M1 + M 2
T1 = −T2 = 3.44)
L
L’équation différentielle s’écrit alors (1er ordre)
EIy "( x) = − M ( x)
Mais en présence d’un effort axial " P " capable de produire les effets ( P − ∆) dans la
poutre (effet du second ordre), les expressions sont alors écrites à l’état déformé et
les moments sont alors :
M 1 = skθ1 (3.45.a)
M 2 = cM 1 = cskθ1 (3.45.b)
s : Fonction de stabilité qui exprime l’effet de P sur M
c : Facteur de transmission, qui exprime l’effet du nœud (1) sur le nœud (2).
La déformée peut se mettre sous la forme suivante :
⎛ 2α ⎞ ⎛ 2α ⎞ ⎛ L ⎞ 1 ⎛ M1 + M 2
2

y = A sin ⎜ ⎟ x + B cos ⎜ ⎟x+⎜ ⎟ . ⎜ − M2 ⎟ (3.46)
⎝ L ⎠ ⎝ L ⎠ ⎝ 2α ⎠ EI ⎝ L ⎠
Avec :
π P π 2 EI
α= ρ et ρ = ; Pcr = 2
2 Pcr L
1 - Pour ρ p 0 (élément en compression), les fonctions de stabilités sont alors :
α (1 − 2α . cot 2α )
s= (3.47.a)
tan α − α
2α − sin 2α
c= (3.47.b)
sin 2α − 2α cos 2α

2 - Pour ρ f 0 (élément en traction), les fonctions de stabilités seront :

γ (1 − 2γ coth 2γ )
s= (3.47.c)
tanh γ − γ
2γ − sinh 2γ
c= (3.47.d)
sinh 2γ − 2γ cosh 2γ

π
Avec : γ = −ρ
2

La matrice de rigidité globale sera alors écrite sous la forme :

67
⎡ sEI scEI s (1 + c ) EI − s (1 + c ) EI ⎤
⎢ 0 0 ⎥

L L L2 L2 ⎥
⎢ ⎥
⎢ scEI sEI s (1 + c ) EI − s (1 + c ) EI ⎥
⎢ 0 0 ⎥
⎢ L L L2 L2 ⎥
⎢ ⎥
⎢ EA EA ⎥
⎢ 0 0 − 0 0 ⎥
⎢ L L ⎥
[K ] = ⎢ ⎥ (3 .48 )
⎢ EA EA ⎥
⎢ 0 0 − 0 0 ⎥
⎢ L L ⎥
⎢ ⎥
⎢ s (1 + c ) EI s (1 + c ) EI 2 s (1 + c ) EI − 2 s (1 + c ) EI ⎥
⎢ 0 0 ⎥
⎢ L2 L2 mL 3 mL 3 ⎥
⎢ ⎥
⎢ − s (1 + c ) EI − s (1 + c ) EI − 2 s (1 + c ) EI 2 s (1 + c ) EI ⎥
⎢ 0 0 ⎥
⎣ L2 L2 mL 3 mL 3 ⎦

c – Méthode des éléments finis : Les fonctions de forme

L’équation différentielle des poutres soumises à des charges axiales et transversales


précédemment écrite a pour expression :
d4y d2y
EI + P = q ( x) (3.49.a)
dx 4 dx 2

La solution de l’équation homogène sera ( q( x) = 0 ):

d4y d2y
EI + P =0 (3.49.b)
dx 4 dx 2
y ( x) = A1 cos kx + A2 sin kx + A3 x + A4 (3.50.a)

Les Ai sont des constantes arbitraires et seront déterminées à partir des conditions

aux limites :

dy
Pour x = 0 , on a y = y1 , = θ1 (3.50.b)
dx
dy
Pour x = L , on a y = y2 , = θ2 (3.50.c)
dx

68
T2
y M2
T1
H2
θ1 θ2
H1
y2
M1 y1
E, I , L

x
Figure 3.15: Elément poutre-poteau

y (0) = y1 ⇒ y1 = A1 + A2
dy (3.50.d)
θ1 = ⇒ θ1 = A2 k + A3
dx x =0

y ( L) = y 2 ⇒ y 2 = A1 cos kL + A2 sin kL + A3 L + A4
dy (3.50.e)
θ2 = ⇒ θ 2 = −kA1 sin kL + kA2 cos kL + A3
dx x= L

La résolution de ce système d’équation permet de déterminer les constantes Ai . La

déformée, simplifiée, sera telle que :


y = H 1 y1 + H 2θ1 + H 3 y 2 + H 4θ 2 (3.51)

dans laquelle les H i sont les fonctions de forme. La détermination des coefficients Ci

ne pose plus de problème puisque :

d2y d3y dy
Pour : x = 0 ⇒ M 1 = − EI et T1 = EI + P , on aura aisément :
dx 2 dx 3 dx

M1 =
(kL )2 (1 − cos kL )
EI
y +
kL sin kL − (kL )2 cos kL EI
θ1 −
2(1 − cos kL) − kL sin kL L2 2(1 − cos kL) − kL sin kL L
1
(3.52.a)
(kL )2 (1 − cos kL )
EI
y +
(kL ) − kL sin kL EI θ
2

2(1 − cos kL) − kL sin kL L2 2


2(1 − cos kL) − kL sin kL L
2

T1 =
(kL )3 sin kL EI
y + .
(kL ) (1 − cos kL ) . EI θ −
2

2(1 − cos kL) − kL sin kL L3 1


2(1 − cos kL) − kL sin kL L2
1
(3.52.b)
(kL )3 sin kL EI
. 3 y2 +
(kL ) (1 − cos kL ) . EI θ
2

2(1 − cos kL) − kL sin kL L 2(1 − cos kL) − kL sin kL L2


2

69
De la même manière, on pourra déterminer pour x = L :

M2 =
(kL )2 (1 − cos kL ) EI
. y +
(kL )2 − kL sin kL . EI θ −
2(1 − cos kL) − kL sin kL L2 2(1 − cos kL) − kL sin kL L
1 1
(3.52.c)
(kL )2 (1 − cos kL ) EI
. 2 y2 +
kL sin kL − (kL ) cos kL EI
2
. θ2
2(1 − cos kL) − kL sin kL L 2(1 − cos kL) − kL sin kL L

T2 = −
(kL )3 sin kL EI
. y −
(kL ) (1 − cos kL ) . EI θ −
2

2(1 − cos kL) − kL sin kL L3 1


2(1 − cos kL) − kL sin kL L2
1
(3.52.d)
(kL )3 sin kL EI
. 3 y2 −
(kL ) (1 − cos kL ) . EI θ
2

2(1 − cos kL) − kL sin kL L 2(1 − cos kL) − kL sin kL L2


2

Sous la forme matricielle, on aura :

⎧T1 ⎫ ⎡ EI EI EI EI ⎤ ⎧ y1 ⎫
⎪ ⎪ ⎢C 4 3 C1 − C4 C1 ⎥⎪ ⎪
⎪ ⎪ ⎢ L L2 L3 L2 ⎥⎪ ⎪
⎪M 1 ⎪ ⎢ C2
EI EI
− C1 2 C3
EI
⎥ ⎪θ 1 ⎪
⎪ ⎪ ⎢ L L ⎥ ⎪⎨ ⎪⎬
(3.53.a)
⎨ ⎬= L
⎪T ⎪ ⎢⎢ EI
C4 3
EI
− C1 2
⎥⎪ ⎪
⎥⎪ y2 ⎪
⎪ 2 ⎪ ⎢ L L ⎥⎪ ⎪
⎪ ⎪ ⎢ EI ⎥⎪ ⎪
⎪ ⎪ SYM C2
⎩ 2⎭ ⎣
M L ⎦ ⎩θ 2 ⎭

Dans laquelle, les coefficients Ci sont écris de façon explicite :

C1 =
(kL ) (1 − cos kL )
2
(3.53.b)
2(1 − cos kL ) − kL sin kL

kL sin kL − (kL ) cos kL


2
C2 = (3.53.c)
2(1 − cos kL ) − kL sin kL

C3 =
(kL )2 − kL sin kL (3.53.d)
2(1 − cos kL ) − kL sin kL

C4 =
(kL ) sin kL
3
(3.53.e)
2(1 − cos kL ) − kL sin kL

Pour les limites des C i quand kL → 0 : C1 = 6 , C 2 = 4 , C 3 = 4 , C 4 = 12

70
La matrice de rigidité complète dans le repère global :

⎡ EA EA ⎤
⎢ L 0 0 − 0 0 ⎥
L
⎢ EI EI EI EI ⎥
⎧N1 ⎫ ⎢ C4 C1 0 − C4 C1 ⎥ ⎧u1 ⎫
⎪T ⎪ ⎢ L3 L2 L3 L2 ⎥ ⎪v ⎪
⎪ 1 ⎪ ⎢ EI EI EI ⎥⎪ 1 ⎪
⎪⎪ M 1 ⎪⎪ ⎢ C2 0 − C1 2 C3 ⎥ ⎪⎪θ 1 ⎪⎪ (3.54)
L L
⎨ ⎬= ⎢ EA
L
⎥⎨ ⎬
⎪N 2 ⎪ ⎢ 0 0 ⎥ ⎪u 2 ⎪
⎪T 2 ⎪ ⎢ L ⎥ ⎪v 2 ⎪
⎪ ⎪ ⎢ EI EI ⎥⎪ ⎪
⎪⎩ M 2 ⎪⎭ ⎢ C4 − C1 ⎥ ⎪⎩θ 2 ⎪⎭
L3 L2
⎢ EI ⎥
⎢ SYM C2 ⎥
⎣ L ⎦

c - Quelques cas de chargement

Tableau 3.3 : Moments d’encastrement pour l’élément poutre-poteau


Cas de charges considérées Moments d’encastrements

Q
P P QL ⎡ 2(1 − cos u ) ⎤
M 1, F = − M 2, F =
M 1, F M 2, F 8 ⎢⎣ u sin u ⎥⎦
L 2 L 2

q
P M 2, F
q L2 ⎡ 3(tan u − u ) ⎤
M 1, F = − M 2, F =
M 1, F
P 12 ⎢⎣ u 2 tan u ⎥⎦
L

kL L P
Avec u = =
2 2 EI

3.4.3. MATRICE DE RIGIDITE POUR ELEMENTS A NŒUDS SEMI RIGIDES

3.4.3.1. Méthode des rotations aménagée

Soit l’élément barre à nœuds semi rigides de la figure (3.16), soumis une charge
axiale et à des moments à ses deux extrémités,

71
MA
MB
θB
P EI P
θA

Figure 3.16: Elément sous charge axiale et moments aux extrémités

L’expression de ces moments sont donnée par la méthode des rotations aménagée
(King et Chen, 1993 ; Chen et al, 1996 ; Chen et al, 1996) tels que :

EI ⎡ ⎛ MA ⎞ ⎛ M ⎞⎤
MA = ⎢ S ii ⎜⎜θ A − ⎟⎟ + S ij ⎜⎜θ B − B ⎟⎟⎥ (3.55.a)
L ⎣ ⎝ RkiA ⎠ ⎝ RkiB ⎠⎦

EI ⎡ ⎛ MA ⎞ ⎛ M ⎞⎤
MB = ⎢ S ij ⎜⎜θ A − ⎟⎟ + S jj ⎜⎜θ B − B ⎟⎟⎥ (3.55.b)
L ⎣ ⎝ RkiA ⎠ ⎝ RkiB ⎠⎦
Dans lesquelles on retrouve principalement les fonctions de stabilité S ii et S ij
précédemment définies. Sous leur forme simplifiée, on retrouve ces expressions
tel que :
MA =
EI *
L
[S iiθ A + S ij*θ B ] (3.55.c)

MB =
EI *
L
[S ijθ A + S *jjθ B ] (3.55.d)
Où :
⎛ EIS ii2 EIS ij ⎞⎟ *
2
* ⎜
S ii = S ii + − /R (3.55.e)
⎜ LR LR ⎟
⎝ kiB kiB ⎠
⎛ EIS ii EIS ij ⎞⎟ *
2 2

S *jj = ⎜ S ii + − /R (3.55.f)
⎜ LRkiA LRkiA ⎟⎠

S ij* = S *ji = S ij R * (3.55.g)


⎛ EIS ii ⎞ ⎛ EIS ii ⎞ ⎛ EI ⎞
2
S ij2
R * = ⎜⎜1 + ⎟⎟ ⎜⎜1 + ⎟⎟ − ⎜ ⎟ (3.55.h)
⎝ LRkiA ⎠ ⎝ LRkiB ⎠ ⎝ L ⎠ RkiA RkiB

⎛P ⎞ ⎛A I 0 0 ⎞⎛u ⎞
⎜ ⎟ EI ⎜ ⎟⎜ ⎟
⎜M A ⎟= ⎜ 0 S ii* S ij* ⎟ ⎜θ A ⎟ (3.56)
⎜M ⎟ L ⎜ 0 *
S *jj ⎟⎠ ⎜⎝θ B ⎟⎠
⎝ B⎠ ⎝ S ji

72
La matrice de rigidité [K ] sera alors écrite sous la forme :

⎛A A ⎞
⎜ 0 0 − 0 0 ⎟
⎜I I ⎟
⎜ (S *
ii )
+ 2 S ij* + S *jj − (kL )
2
(S *
ii + S *jj ) −
(S *
ii + 2 S ij* + S *jj + (kL ) ) 2
(S *
ij + S *jj ) ⎟
⎜ 2
0 2 ⎟
⎜ L L L L ⎟

EI ⎜ S ii* −
(S *
ij + S *jj ) S ij*
⎟ (3.57)
0 ⎟
L
L ⎜ A ⎟
⎜ 0 0 ⎟
⎜ I ⎟

⎜ SYM
(S *
ii + 2 S ij* + S *jj − (kL )2 ) −
(S *
ij + S *jj ) ⎟

⎜ ⎟
2
L L
⎜ S *jj ⎟
⎝ ⎠

Si on néglige l’effort axial, la matrice de rigidité précédente se réduit à :

⎛ A A ⎞
⎜ 0 0 − 0 0 ⎟
⎜ I I ⎟
⎜ (S *
ii + 2 S ij* + S *
jj ) (S *
ii + S *
jj ) −
(S *
ii + 2 S ij* + S *
jj ) (S *
ij + S *
jj ) ⎟
⎜ 2
0 2 ⎟
⎜ L L L L ⎟
EI ⎜⎜ S *
0 −
(S *
ij + S *
jj ) S ij*

3.58.a)
ii
L ⎟
L ⎜ A ⎟
⎜ 0 0 ⎟
⎜ I ⎟
⎜ (S *
ii + 2 S ij* + S *
jj ) −
(S *
ij + S *
jj ) ⎟
⎜ SYM 2 ⎟
⎜ L L ⎟
⎜ S * ⎟
⎝ jj ⎠

S ii = S jj = 4 et S ij = S ji = 2
⎛ 12 EIS ii2 ⎞ *
S ii* = ⎜⎜ 4 + ⎟/ R ; (3.58.b)
⎝ LRkiB ⎟⎠
⎛ 12 EIS ii2 ⎞ *
S *jj = ⎜⎜ 4 + ⎟/ R ;
⎟ (3.58.c)
⎝ LR kiA ⎠
S ij = S ji = 2 / R
* * *
(3.58.d)

⎛ ⎞⎛ ⎞ ⎛ EI ⎞
2
4 EI 4 EI 4
R = ⎜⎜1 +
*
⎟⎟ ⎜⎜1 + ⎟⎟ − ⎜ ⎟ (3.58.e)
⎝ LR kiA ⎠⎝ LR kiB ⎠ ⎝ L ⎠ R kiA R kiB

3.4.4. CODES ET REGLEMENTS

3.4.4.1. Code Européen (EC 3)

Dans le règlement EC3 (Part 1-8 :2005), les effets du second ordre ne sont pas
automatiquement pris en compte pour toutes les structures mais sont intimement
liés au type de structures étudiées.

73
La nouveauté dans ce code européen est qu’il définit en plus du concept semi rigide,
une classification des structures en souples et rigides de manière à statuer sur la
nécessité de prendre en compte ou non les effets du second ordre. Ceux-ci sont,
effectivement, pris dans le cas d’une structure souple ; sinon une analyse au premier
ordre est suffisante.

Ainsi, on définit, au sens de l’eurocode 3, un coefficient d’amplification critique "α cr "

qui permet de délimiter l’intervalle entre structure souple et structure rigide.

Vcr
Le coefficient α cr = représente le facteur par lequel il faut multiplier la charge
V
verticale totale pour atteindre l’instabilité de la structure.
Où :
V : représente la charge verticale totale
Ainsi pour :
α cr p 10 ⇒ Structure souple (Effets du second ordre considérés)
α cr ≥ 10 ⇒ Structure rigide (Effets du second ordre négligés)

L’eurocode3, propose alors trois voies possibles pour prendre en compte ces effets
du second ordre :

1 – Analyse élastique au 2ième ordre


Dans cette analyse, la méthode pas à pas est utilisée pour suivre le comportement
non-linéaire des assemblages. C’est, en fait, une succession de comportements
linéaires actualisés.

2 – Analyse élastique au premier ordre, avec amplification des moments dus à la


⎛ 1 ⎞
déformation latérale par un coefficient ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ 1 − 1 α cr ⎠
Cette méthodologie constitue une alternative à l’analyse du second ordre en
l’absence de moyens ou logiciels spécifiques.
α cr : à partir des résultats de l’analyse au premier ordre

74
3 – Analyse élastique au premier ordre, suivie d’une vérification avec longueurs de
flambement correspondant au mode d’instabilité : cette méthode est pénalisante
par rapport aux deux précédentes.

3.4.4.2. Code Américain (AISC /LRFD)


Dans ce code, existe une formule permettant de calculer le moment du second ordre
à partir de deux analyses du premier ordre dont les résultats sont amplifiés pour tenir
compte des effets P − Delta , cette expression s’écrit (AI-Mashary et al, 1990, White
et Hajjar, 1991; King et Chen,1993 ; AISC/LRFD, 2005 ):

M II = B1 M nt + B2 M lt (3.59)

Où :
M nt : est le moment calculé au moyen d’une analyse au premier ordre sous toutes

les charges et dans la structure contreventée ( voir figure 3.17.a)


M lt : est le moment calculé au moyen d’une seconde analyse au 1er ordre sous

l’unique réaction horizontale R obtenue suite à la première analyse (figure 3.17.b)

P q P

F R R

a – 1ère analyse b – 2ième analyse

Figure 3.17: Illustration de la méthode B1 − B2

a - La signification des facteurs B1 et B2 :


Cm
a -1 : Pour le facteur : B1 = ≥1
N
1−
N cr

75

M1
Cm = 0, 6 + 0, 4 c’est le coefficient d’équivalence de Massonnet-Campus
M2
N : effort normal sollicitant le poteau
π 2 EI c
N cr = charge critique d’Euler
L2f

Le coefficient B1 représente ainsi, l’amplification des moments de flexion due à l’effet


P − ∆ dans l’élément, appelé souvent effet ε . En effet, il vient multiplier le moment
existant dans la structure contreventée pour laquelle le seul effet du second ordre est
l’effet ε (le déplacement horizontal de l’étage étant bloqué, l’effet P − ∆ est
inexistant).
Pour N = N cr , on aura B1 = ∞ et le poteau est instable ( au sens d’une analyse

critique d’instabilité élastique).


1
a -2 : Pour le facteur : B2 =
∆ ∑N
1− .
H ∑F

dans lequel :
H : hauteur totale
∆ ; déplacement horizontal au premier ordre

∑N : somme des charges verticales

∑F : réaction horizontale totale ( R , dans la figure –b - )

Le coefficient B2 représente l’amplification des moments de flexion due à l’effet


P − ∆ . En effet, il vient multiplier le moment de la structure sous l’unique action de la
réaction horizontale R , ce qui représente bien l’effet du bras de levier
supplémentaire sur les charges verticales ( en relation directe avec l’effet P − ∆ )

3.4.5. REMARQUES
∆ ∑N V
3.4.5.1. Par rapport à l’eurocode 3, le terme . est équivalent à et
H ∑F Vcr

lorsque, V = Vcr le coefficient B2 est infini et la structure est instable (au sens d’une

analyse critique d’instabilité élastique).

76
V
3.4.5.2. Le domaine de validité de dépend d’un domaine compris entre 0,1 et
Vcr
0, 25 .
V
a - Si pour > 0,1 , ce code qualifie la structure de souple (Eurocode 3 – partie
Vcr
5.2.1.2(3)) et demande à l’utilisateur de mener une analyse globale qui inclut les
effets de la déformation de la structure en utilisant une théorie du second ordre.
Ce code utilise, donc, un critère qui gouverne cette classification et dont le règlement
américain n’en tient pas compte.
Cette charge, Vcr correspond à la charge verticale pour laquelle la structure devient

instable, en prenant une déformée critique, d’ensemble. D’après cette constatation,


nous pensons que l’effet P − ∆ ne saurait être inclut dans l’analyse de la structure
V
que si > 0,1 .
Vcr
V
b - Pour > 0,25 , l’effet P − ∆ est très important même avec le facteur
Vcr
1
d’amplification n’est pas suffisant et l’Eurocode 3 demande à l’utilisateur
1 − (V Vcr )
de ne pas appliquer cette méthode sans apporter de justification.
Pour apporter un élément de réponse à cela, nous pensons qu’amplifier les efforts en
tenant compte seulement de l’effet P − ∆ est insuffisant et que l’effet ε doit être lui
aussi être introduit dans l’analyse globale (qui reste l’une des pistes à explorer),
allusion faite en remarquant que seule la méthode B1 − B2 inclut cet effet dans le
calcul des efforts internes.

3.5. CONCLUSION

A première vue, la méthode B1 − B2 issue du code américain AISC, présente des


similitudes avec les méthodes de l’eurocode3. Mais il serait indispensable, plutôt, de
comparer la procédure entière de dimensionnement pour les deux codes et de ne
pas se contenter de comparer l’évaluation des efforts internes.

77
CHAPITRE QUATRIEME

ANALYSE DE LA RIGIDITE DES ELEMENTS ELASTIQUES


LINEAIRES EN ROTATION EN TENANT COMPTE DU FLAMBEMENT

4.1. INTRODUCTION

Dans l’analyse habituelle des structures, on utilise souvent une analyse au premier
ordre pour déterminer les efforts internes des éléments de la structure. Ce type
d’analyse qui est basée sur la configuration non déformée de la structure, permet
d’écrire les équations dans cette configuration, et ne tient, donc, pas compte des
déformations additionnelles engendrées par le changement de géométrie.

Par contre dans une analyse au second ordre, les équations d’équilibre sont
formulées à l’état déformé de la structure ce qui engendre des effets du second
ordre supplémentaires appelés ( P − ∆ ) .

Cependant, dans le premier ou le second cas d’analyse les effets de la déformation


des nœuds d’assemblages ne sont pas pris en compte de façon explicite. Aussi, les
différents effets de la déformation des nœuds d’assemblages dits semi rigides dans
la formulation du modèle mécanique (Fig. 2.14) sont, ainsi, considérés.

La modélisation adoptée pour le nœud d’assemblage semi rigide repose sur


l’analogie des trois ressorts représenté sur la figure (2.13) : un ressort en rotation et
deux en translation axiale et verticale. Il s’agit d’établir la matrice de rigidité de
l’élément à nœuds semi rigides en tenant compte du flambement.

4.2. ETABLISSEMENT DE LA MATRICE DE RIGIDITE

4.2.1. Equations d’équilibre et différentielle de l’élément


L’élément barre de la figure (4.1), à nœuds d’assemblage semi rigides est soumis à
un effort de compression N et à des moments fléchissants M i et M j à ses deux

78
extrémités. La matrice de rigidité de cet élément dans le repère locale est donnée
par :
⎡ k11 k12 k13 k14 ⎤
⎢k k 22 k 23 k 24 ⎥⎥
Ke = ⎢
21
(4.1)
⎢ k 31 k 32 k 33 k 34 ⎥
⎢ ⎥
⎣k 41 k 42 k 43 k 44 ⎦

où :
k ij : est l’élément de la matrice de rigidité, qui est la réaction suivant la direction

" j" due au déplacement unitaire suivant la direction "i" . Sous l’effet d’une rotation
unitaire, θ i = 1 , les équations d’équilibres et différentielles sont écrites à l’état

déformé, sont telles que:

4.2.1.1. Elément à une rotation unitaire θ i = 1 :

N
Mi
θi = 1 Hi
k1

k1 M i y l
x

k2
Hj
Mj
N
Figure 4.1 : Elément barre à noeuds semi rigides

a - Equations d’équilibres
Les poussées latérales : H i = H j = H (4.2.a)

Moment fléchissant à une section x : M ( x) = Ny + Hx − M j (4.2.b)

Moment à l’encastrement "i" : M i = Hl − M j (4.2.c)

b - Equation différentielle
L’équation différentielle de la déformée de l’élément barre s’écrit alors :
EIy" = − Ny − Hx + M j (4.3.a)

79
qu’on écrit sous la forme
Hx M j
y"+α 2 y = − + (4.3.b)
EI EI
N
dans laquelle : α2 =
EI
La solution de l’équation différentielle donne :
Hx Mj
y ( x) = A sin αx + B cos αx − + 2 (4.4.a)
α EI α EI
2

Dans lesquelles les constantes d’intégrations A et B sont déterminées à partir des


conditions d’appuis y (0) = 0 et y (l ) = 0 :
Mj
y (0) = 0 donne B=− (4.4.b)
α 2 EI

y (l ) = 0 donne A =
1
α EI sin αl
2
[
M j (cos αl − 1) + Hl ] (4.4.c)

Ces valeurs permettent d’écrire, respectivement, les expressions de la déformée et


de la pente telles que :
sin αx
y ( x) =
α EI sin αl
2
[ ] Mj
α EI
Hx
M j (cos αl − 1) + Hl − 2 cos αx − 2 + 2
Mj
α EI α EI
(4.5.a)

α cos αx αM j
y ' ( x) =
α EI sin αl
2
[M j (cos αl − 1) + Hl ] + 2 sin αx − 2
α EI
H
α EI
(4.5.b)

Dans ces expressions les réactions H et M j sont déterminées à partir des

conditions aux limites particulières :


Pour y ' (0) = k 2 M j (4.5.c)

Pour y ' (l ) = −1 + k1 M i = −1 + k1 ( Hl − M j ) (4.5.d)

Après quelques transformations, la solution du système précédent donne :


w
H= .ζ 1 (v) (4.6)
l
M j = w.φ1 ( v ) (4.7)

M i = w.φ 2 (v) (4.8)

Où l’on a :
EI
v = αl et w = ,
l

80
v 2 (1 − cos v + k 2 vw sin v)
ζ 1 (v ) = (4.9.a)
D
v(v − sin v)
φ1 (v) = (4.9.b)
D
φ 2 (v) = ζ 1 (v) − φ1 (v) (4.9.c)
Avec D = (2 − 2 cos v − v sin v) + ξ (v, k1 , k 2 )

4.2.1.2. Elément k 2 j de la matrice de rigidité :

Les éléments k 2 j , par exemple, de la matrice de rigidité élémentaire peuvent être

déterminés directement à partir ces expressions établies ci-dessus.

N
k 22
θi = 1 k 21
k1

y l
x

k2 k 23
k 24
N

Figure 4.2: Elément k 2 j de la matrice de rigidité K e

EI v 2 [1 − cos v + k 2 vw sin v ]
k 21 = (4.10.a)
l2 D

k 22 =
[
EI v sin v − v cos v + k 2 v 2 w sin v ] (4.10.b)
l D
EI v 2 [1 − cos v + k 2 vw sin v ]
k 23 = − (4.10.c)
l2 D
EI v[v − sin v ]
k 24 = (4.10.d)
l D

Le tableau (4.1) présente la différence de ces éléments k 2 j de la matrice de rigidité

avec ceux quand le comportement du nœud d’assemblage est ignoré.

81
Tableau 4.1 : Les expressions k 2 j dans différentes situations

Prise en compte de l’effort normal Seul l’effort normal est pris


de compression et de la semi en compte (semi rigidité des
rigidité des noeuds d’assemblage nœuds d’assemblage
ignorée)
EI v 2 [1 − cos v + k 2 vw sin v ] EI v 2 [1 − cos v ]
k 21 = k 21 =
l2 D l 2 (2 − 2 cos v − v sin v)

k 22 =
[
EI v sin v − v cos v + k 2 v 2 w sin v ] k 22 =
EI v[sin v − v cos v ]
l D l (2 − 2 cos v − v sin v)

EI v 2 [1 − cos v + k 2 vw sin v ] EI v 2 [1 − cos v ]


k 23 =− 2 k 23 =− 2
l D l (2 − 2 cos v − v sin v)

EI v[v − sin v ] EI v[v − sin v ]


k 24 = k 24 =
l D l (2 − 2 cos v − v sin v)

4.2.1.2.1. Différentes configurations :


On peut envisager (Tableau 4.2) quelques cas concernant les différents types
d’appuis tels que :

Tableau 4.2 : Différentes configurations du noeud d’assemblage

i j i j i j
Barre k2 = ∞ k2 = ∞
k1 = 0 k2 = 0 k1 = 0 k1

v 2 sin v v 2 sin v v 2 sin v


ζ 1 (v )
2 sin v − cos v − v sin v − v cos v sin v − v cos v + k1v 2 w sin v

φ1 (v) v sin v(v − sin v) 0 0


(1 − cos v)(2 sin v − cos v − v)

v sin v(sin v − v cos v) v 2 sin v v 2 sin v


φ 2 (v ) (1 − cos v)(2 sin v − cos v − v) sin v − v cos v sin v − v cos v + k1v 2 w sin v

82
4.2.1.3. Elément à un déplacement unitaire ∆ i = 1

∆i = 1
N
Mi
Hi
k1

l
x

k2 Hj

Mj N

Figure 4.3: Elément barre à nœuds semi rigides en translation

Une démarche similaire est suivie, les équations d’équilibre correspondant à ce cas
sont alors écrites :
a - Equations d’équilibres
Hi = H j = H (4.11.a)

M ( x) = Ny + Hx − M j (4.11.b)

M i = N + Hl − M j (4.11.c)

b - Equation différentielle
L’équation différentielle de la déformée de l’élément sera cette fois telle que :
EIy" = − Ny − Hx + M j : (4.12)

Hx Mj
y ( x) = A sin αx + B cos αx − + (4.13)
α 2 EI α 2 EI
Les constantes d’intégration A et B sont déterminées à partir des conditions
d’appuis y (0) = 0 et y (l ) = 0 :
La déformée et la rotation ont les expressions respectives suivantes :
sin αx
y ( x) =
α 2 EI sin αl
[M j (cos α l − 1) + Hl + α 2
EI − ]
Mj
α 2 EI
cos α x −
Hx
+
Mj
α 2 EI α 2 EI
(4.14.a)

83
α cos αx αM j
y ' ( x) =
α EI sin αl
2
[M j (cos α l − 1) + Hl + α 2
EI ] +
α EI
2
Hx
sin αx − 2
α EI
(4.14.b)

Cette fois les réactions H et M j sont déterminées par les conditions aux limites

suivantes :
y ' (0) = k 2 M j (4.14.c)

y ' (l ) = k1 M i = k1 ( Hl + N − M j ) (4.14.d)

La solution du système d’équations ainsi formé donne les fonctions sous la forme
simplifiée :

ω
H= ζ 2 (v ) (4.15)
l2
ω
Mi = φ 4 (v ) 4.16)
l
ω
Mj = φ 3 (v ) 4.17)
l

Pour différents types d’appuis, le tableau (4.3) donne les expressions des fonctions
précédentes.
Tableau 4.3 : Différents types d’appuis

i j i j i j
Barre k2 = ∞
k1 = 0 k2 = 0 k1 = 0 k2 = ∞ k1

v 3 cos v v 3 (cos v − k1vω sin v)


ζ 2 (v ) v (1 + cos v)
3

(sin v − v cos v) (sin v − v cos v + k1v 2ω sin v)


2 sin v − v cos v − v

φ 3 (v ) v 2 sin v
0 0
2 sin v − v cos v − v

v 2 sin v v 2 sin v v 2 sin v


φ 4 (v ) 2 sin v − v cos v − v (sin v − v cos v) sin v − v cos v + k1v 2ω sin v)

84
En particulier, quand k1 = 0 , on aura les expressions suivantes :

v 2 sin v(1 − cos v + k 2 vω sin v)


ζ 1 (v ) = (4.18.a)
(1 − cos v + k 2 vω sin v)(sin v − v cos v) + (sin v − v)(1 − cos v)
v sin v(v − sin)
φ1 (v) = (4.18.b)
(1 − cos v + k 2 vω sin v)(sin v − v cos v) + (sin v − v)(1 − cos v)

v sin v(sin − v cos v + k 2 v 2ω sin v)


φ 2 (v ) = (4.18.c)
(1 − cos v + k 2 vω sin v)(sin v − v cos v) + (sin v − v)(1 − cos v)

v 3 [(1 − cos v) + cos v(1 − cos v + k 2 vω sin v)]


ζ 2 (v ) = (4.18.d)
(1 − cos v + k 2 vω sin v)(sin v − v cos v) + (sin v − v)(1 − cos v)

v 2 sin v(1 − cos v)


φ 3 (v ) = (4.18.e)
(1 − cos v + k 2 vω sin v)(sin v − v cos v) + (sin v − v)(1 − cos v)

φ 4 ( v ) = ζ 2 ( v ) − φ 3 (v ) + v 3 (4.18.f)

Les autres éléments de la matrice de rigidité élémentaire tenant compte


simultanément de la semi rigidité et de l’effort axial seront déterminés de la même
manière.

4.2.2. Matrice de rigidité dans le repère local

Sous la forme simplifiée, la matrice de rigidité dans le repère local est :

⎡ v 3 ( s + Ω) v 2 (1 − c + η 2 ) v 3 ( s + Ω) v 2 (1 − c + η1 ) ⎤
⎢ 3
− − ⎥
⎢ Dl Dl 2 Dl 3 Dl 2 ⎥
⎢ v( s − vc + vη 2 ) v 2 (1 − c + η 2 ) v (v − s ) ⎥
[K ]e = EI ⎢⎢ Dl Dl 2
v ( s + Ω)
3
Dl
v (1 − c + η1 ) ⎥
2
⎥ (4.19)
⎢ ⎥
⎢ Dl 3 Dl 2 ⎥
⎢ SYM v( s − vc + vη1 ) ⎥
⎢⎣ Dl ⎥⎦

85
Avec :
D = (2 − 2 cos v − v sin v) + ξ (v, k1 , k 2 )

Ω = (k1 + k 2 )vwc − k1 k 2 (vw) 2 s

η1 = k1vws et η 2 = k 2 vws

4.2.2.1.Cas particuliers :
a- Dans le cas de l’analyse du second ordre où le comportement du nœud
d’assemblage est ignoré, on retrouve la matrice de rigidité donnée par (Ghali
et al, 2006)

⎡ v3s v 2 (1 − c) v3s v 2 (1 − c) ⎤
⎢ 3 − − ⎥
⎢ l (2 − 2c − vs) l 2 (2 − 2c − vs) l 3 (2 − 2c − vs) l (2 − 2c − vs) ⎥
2

⎢ v( s − vc) v 2 (1 − c) v (v − s ) ⎥
⎢ − 2
[k e ] = EI ⎢ l (2 − 2c − vs) l (2 − 2c − vs) l (2 − 2c − vs) ⎥
⎥ (4.20)
⎢ v3s v 2 (1 − c) ⎥
SYM − 2
⎢ l 3 (2 − 2c − vs) l (2 − 2c − vs) ⎥
⎢ v( s − vc) ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ l (2 − 2c − vs) ⎥⎦
Les expressions données par (4.19) se réduisent alors à :
D * = (2 − 2 cos v − v sin v) où les effets la semi rigidité des noeuds d’assemblages ne
sont pas pris en compte ( k1 = k 2 = 0 ). Ainsi, on aura :
ξ (v, k1 , k 2 ) = Ω = η1 = η 2 = 0

b – Dans le cas d’une analyse du premier ordre, avec prise en compte de la semi
rigidité des nœuds d’assemblage ( N = 0 , effort normal nul), on retrouve
la matrice de rigidité de l’élément suivante (Ihaddoudène):

⎡ 36ω[1 + (k1 + k 2 )ω] 18ω(1 + 2k 2ω ) 36ω[1 + (k1 + k 2 )ω] 18ω(1 + 2k1ω) ⎤


⎢ 2
− − 2
− ⎥
⎢ Dl Dl Dl Dl ⎥
⎢ 12ω(1 + 3k 2ω) 18ω(1 + 2k 2ω ) 6ω ⎥
[ ]
Ke = ⎢

D D l
36ω[1 + (k1 + k 2 )ω]
D
18ω(1 + 2k1ω) ⎥
⎥ (4.21)
⎢ SYM ⎥
⎢ Dl 2 Dl ⎥
⎢ 12ω(1 + 3k1ω) ⎥
⎢⎣ D ⎥⎦

86
D = [4(1 + 3k1ω )(1 + 3k 2ω ) − 1]
Pour des éléments présentant des modes d’attaches différents aux nœuds de la
structure, les matrices de rigidité ne sont en fait que des cas particuliers de la
matrice de rigidité précédente.

c - Pour certains cas particuliers, les éléments k ij de ces matrices [Ihaddoudène et al]

sont rapportés sur le tableau (4.4) suivant :

Tableau 4.4 : Matrice de rigidité de l’élément barre à nœuds


d’assemblages semi rigides

i j i j i j
k ij k1 k2 = 0 k1 k2 = ∞
k1 = k k2 = k

36ω (1 + 2kω ) 12ω (1 + k1ω ) 3ω


k11 2
[
l 4(1 + 3kω ) 2 − 1 ] l (1 + 4k1ω )
2
l (1 + 3k1ω )
2

18ω (1 + 2kω ) 6ω 3ω
− − −
k12
[
l 4(1 + 3kω ) 2 − 1 ] l (1 + 4k1ω ) l (1 + 3k1ω )

k13 − k 11 − k11 − k11

6ω (1 + 2k1ω )
k14 k12 − 0
l (1 + 4k1ω )

12ω (1 + 3kω ) 4ω 3ω
k 22
4(1 + 3kω ) 2 − 1 1 + 4k1ω 1 + 3k1ω

k 23 − k12 − k 12 − k 12

6ω 2ω
k 24 0
4(1 + 3kω ) − 1
2
1 + 4 k 1ω

k 33 k11 k11 k11


k 34 − k14 − k 14 0

k 44 k 22 4ω (1 + 3k1ω ) 0
1 + 4k ω
1

87
d – Dans le cas d’analyse du premier ordre où les déformations des nœuds
d’assemblage sont ignorés, on a :
⎡ 12 6 12 6⎤
⎢ l3 − − −
l2 l3 l2 ⎥
⎢ 4 6 2 ⎥
⎢ ⎥
[K ]
e = EI ⎢
⎢ SYM
l l2
12
l ⎥
6 ⎥
(4.22)
⎢ l3 l2 ⎥
⎢ 4 ⎥
⎢ ⎥
⎣ l ⎦

Dans le tableau (4.5) ci-dessous, on donne – pour comparaison - de façon explicite,


tous les éléments de cette matrice de rigidité ainsi que ceux des cas connus.

Tableau 4.5: Matrice de rigidité pour différentes analyses et différents


comportements des nœuds d’assemblages
Effet du second ordre en tenant Effet du second ordre Analyse du
compte de la semi rigidité des nœuds avec le semi rigidité premier ordre
d’assemblage ignorée

k11 = 3
3
[
EI v s + (k1 + k 2 )vwc − k1 k 2 (vw) s
2
] EI
k11 = 3
v3s k11 =
12 EI
l D l (2 − 2c − vs) l3

k12 = − 2
2
[
EI v 1 − c + k 2 vws ] k12
EI v [1 − c]
=− 2
2
k12 =
6 EI
l D l (2 − 2c − vs) l2

k13 =− 3
3
[
EI v s + (k1 + k 2 )vwc − k1 k 2 (vw) s
2
] EI
k13 = − 3
v3s k13 = −
12 EI
l D l (2 − 2c − vs) l3

k14 = 2
[
EI v 1 − c + k1 vws
2
] k 14
EI v [1 − c ]
= 2
2
k14 =
6 EI
l D l (2 − 2c − vs) l2

2
[
EI v 1 − c + k 2 vws ] EI v [1 − c]
2
k 21 =
6 EI
k 21 = − k 21 = l2
l2 D l 2 (2 − 2c − vs)

k 22 =
[
EI v s − vc + k 2 v 2 ws ] k 22 =
EI v[s − vc]
k 22 =
4 EI
l D l (2 − 2c − vs) l

EI v 2 [1 − c + k 2 vws ] EI v [1 − c ]
2
6 EI
k 23 = − k 23 =− 2 k 23 = −
l2 D l (2 − 2c − vs) l2

88
EI v[v − s ] EI v[v − s ] 2 EI
k 24 = k 24 = k 24 =
l D l (2 − 2c − vs) l

k 31 = − 3
3
[
EI v s + (k1 + k2 )vwc − k1 k2 (vw) s
2
] k 31
EI
=− 3
v3s k 31 = −
12 EI
l D l (2 − 2c − vs) l3

EI v 2 [1 − c + k 2 vws ] EI v [1 − c ]
2
6 EI
k 32 = − k 32 = − k 32 = −
l2 D l 2 (2 − 2c − vs) l2

k 33 = 3
3
[
EI v s + (k1 + k 2 )vwc − k1 k 2 (vw) s
2
] k 33
EI
= 3
v3s k 33 =
12 EI
l D l (2 − 2c − vs) l3

EI v 2 [1 − c + k1vws ] EI v [1 − c ]
2
6 EI
k 34 =− 2 k 34 =− 2 k 34 = −
l D l (2 − 2c − vs) l2

2
[
EI v 1 − c + k1 vws ] EI v [1 − c ]
2
k 41 =
6 EI
k 41 = 2 k 41 = 2 l2
l D l (2 − 2c − vs)

EI v[v − s ] EI v[v − s ] 2 EI
k 42 = k 42 = k 42 =
l D l (2 − 2c − vs) l

EI v 1 − c + k1 vws
k 43 = − 2
2
[ ] k 43
EI v [1 − c ]
=− 2
2
k 43 = −
6 EI
l D l (2 − 2c − vs) l2

k 44 =
[
EI v s − vc + k1 v ws
2
] k 44 =
EI v[s − vc]
k 44 =
4 EI
l D l (2 − 2c − vs) l

4.2.3.Matrice de rigidité dans le repère global

Après avoir déterminé la matrice de rigidité K e de l’élément barre dans le repère


local et ajouté l’effet de l’effort normal, on obtient la matrice de rigidité dans le repère
global à l’aide de la matrice de transformation Te , telle que :

K e = TeT .K e Te (4.23)

où :

89
⎡ cos β sin β 0 0 0 0⎤
⎢− sin β cos β 0 0 0 0⎥⎥

⎢ 0 0 1 0 0 0⎥
Te = ⎢ ⎥
⎢ 0 0 0 cos β sin β 0⎥
⎢ 0 0 0 − sin β cos β 0⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ 0 0 0 0 0 1⎦⎥

La matrice de rigidité K e dans le repère globale est donnée par :

⎡(N1 + k11 R1 ) (N 3 − k11 R3 ) − k12 R4 (k13 R1 − N1 ) (N 3 − k13 R3 ) − k14 R4 ⎤


⎢ (N 2 + k11 R2 ) k12 R5 (− N 3 − k13 R3 ) k13 R2 k14 R5 ⎥⎥

⎢ k 22 − k 23 R4 k 23 R5 k 24 ⎥
[K e ] = ⎢ ⎥ (4.24)
⎢ (N1 + k33 R1 ) (N 3 − k33 R3 ) − k 34 R4 ⎥
⎢ (N 2 + k33 R2 ) k 34 R5 ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ SYM . k 44 ⎦⎥

Dans laquelle :
EA cos 2 β EA sin 2 β EA sin β cos β
N1 = ; N2 = ; N3 = ,
l l l
R1 = sin 2 β ; R 2 = cos 2 β ; R3 = sin β cos β ; R 4 = sin β et R5 = cos β .

L’angle β définit l’orientation de l’élément barre par rapport à l’axe de référence Ox .

4.3. VECTEUR FORCES DE L'ELEMENT

4.3.1. Vecteur forces de l'élément dans le repère local ox ' y '

Le vecteur force de l’élément barre à nœuds d’assemblage, exprimé dans le repère


local est tel que :

⎡ X i ⎤ ⎡ Hi ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ Yi ⎥ ⎢ − Vi ⎥
⎢M ⎥ ⎢− Mi ⎥
Fe = ⎢ i ⎥ = ⎢ ⎥ (4.25.a)
⎢X j ⎥ ⎢ H j ⎥
⎢ Y ⎥ ⎢ −V ⎥
⎢ j ⎥ ⎢ j

⎢⎣ M j ⎥⎦ ⎣⎢− M j ⎦⎥

90
H i Vi , M i ,V j , M j et H j : réactions aux noeuds " i " et " j " sous l'action de charges

extérieures, dans la repère local

4.3.2. Vecteur forces de l'élément dans le repère global oxy

Dans le repère global, il s’exprime par la relation suivante :

Fe = TeT . Fe (4.25.b)

où :

Fe : vecteur forces dans le repère local.

y'

Mi
Mj
Xi k1 E, I k2 x'
Xj

Yi Yj
l

a – Vecteur force dans le repère local

Mj

y k2
Xj
Yj
Mi
β
Xi k1 x

Yi

b – Vecteur force dans le repère global

Figure 4.4 : Vecteur forces de l'élément dans le repère global oxy

91
4.4. LA METHODE DES ELEMENTS FINIS

4.4.1 Méthode des éléments finis avec le modèle déplacement

La structure étudiée est divisée en éléments finis reliés entre eux par des noeuds.
D'après les conditions d'équilibres aux noeuds, on a l'équation fondamentale de la
structure analysée par la méthode des éléments finis :
[K ]{U } = {F } (4.26.a)

dans laquelle :
K : matrice de rigidité
U : vecteur des déplacements
F : vecteur de forces de la structure dans le repère global
ne
K = ∑ K eL (4.26.b)
i =1

ne
F = ∑ FeL (4.26.c)
i =1

et les sommations s'effectuent sur l'ensemble des ne éléments. Les matrices de


rigidité et les vecteurs de forces des éléments sont localisés dans le repère global à
l'aide de la matrice de localisation Le :

K eL = LTe K e Le (4.26.d)

FeL = LTe Fe (4.26.e)

La matrice de rigidité K e et le vecteur de forces Fe de chaque élément dans le


repère local peuvent être transformés dans le repère global de la structure à l'aide de
la matrice de transformation Te .

K e = TeT K e Te (4.26.f)

Fe = TeT Fe (4.26.g)

4.4.2. Conditions sur la matrice de rigidité

Quand ce système est linéaire, et si la matrice de rigidité [K e ] est définie positive,


alors [K e ] existe et est unique, on en déduit ainsi le vecteur déplacement tel que :
−1

92
{U e } = [K e ]−1 {Fe } (4.27.a)

Par contre, quand ce système est non linéaire, la matrice de rigidité est modifiée et
dépend des paramètres du problème ; ici [K e ] dépend de {Fe } et on peut écrire :

[K e ( F )]{U e } = {Fe } (4.27.b)

Si les efforts sont connus, on peut déterminer tous les éléments de [K (F )] et le


système précédent admet une solution unique :

{U } = [K ( F )]−1 {F } (4.27.c)
pourvue que la structure reste stable.

A l’équilibre instable, cette solution n’est plus unique et la matrice [K (F )] est


singulière (la rigidité de la structure est nulle) et l’analyse de ce type de problème
exige, donc, une technique itérative.

4.5. CONCLUSION

1 – L’introduction de la notion de nœud, pour distinguer la rotation des noeuds de


celle des éléments au niveau des assemblages semi-rigides, prend ainsi toute sa
signification. Le modèle mécanique proposé et validé fait que les formules simples
proposées sont générales puisqu’elles sont appliquées dans toutes les situations.

Ainsi, la confrontation analytique des expressions données par la formulation établie


fait que l’on peut aisément considérer ou non l’effet de l’effort axial, sans que l’on soit
amené à développer un artifice de calcul pour lever l’indétermination par exemple,
comme c’est le cas de certains auteurs.

2 – La généralisation des expressions formulées fait que l’on peut aussi bien
considérer les différents cas de comportements du nœud d’assemblage linéaire
rigide, semi rigide en passant par une analyse plastique et enfin par une analyse de
la stabilité comme il sera montré dans les exemples dans le chapitre réservé à cet
effet.

93
CHAPITRE CINQUIEME

VALIDATION DU MODELE

5.1. NON LINEARITE MATERIELLE (Plasticité)

L’analyse non-linéaire des structures formées de barres à assemblages semi-rigides


est basée sur le calcul élastique linéaire de la structure par la méthode des éléments
finis avec le modèle déplacement. Il s’agit, alors, de déterminer le mécanisme de
ruine et la charge correspondante ainsi que les déplacements d’étage en tenant
compte de la spécificité des nœuds dont le comportement est non linéaire.

5.1.1. Procédures de calcul

La procédure générale consiste à analyser - pour chaque étape de calcul - la


structure sous le facteur de charge unitaire tout en gardant les sollicitations et les
déformations des étapes précédentes; ceci afin de pouvoir estimer les restes des
moments fléchissants aux sections critiques et ainsi calculer l'incrément de charge
de l'actuelle étape.
Les étapes de calcul à suivre par la méthode pas à pas sont données par le schéma
de calcul de la figure (5.1).

A chaque étape de calcul, on évalue la matrice de rigidité des éléments dans le


repère global en tenant compte du changement des nouveaux modes de " liaisons
actualisées " et on les assemble de façon à construire la nouvelle matrice de rigidité
K de la structure. Le vecteur de force F dépend également des nouveaux modes de
liaisons.

A chaque étape de calcul, on adopte la matrice de rigidité et le vecteur de forces


globaux de la structure, aux conditions aux limites correspondantes.
On résout ensuite le système d'équations linéaires KU = F pour obtenir les
déplacements nodaux.

94
DEBUT

Lecture des données

ITER= 1,N

Construction de la matrice de rigidité K e

Matrice de rigidité globale K

Construction du vecteur force F

Adaptation de F et K
aux conditions aux limites

1- Résolution du système KU = F
2 - Déduction des sollicitations

OUI
Matrice de rigidité singulière
NON

Calcul des accroissements de charge de charge


correspondant à l’étape :
- Changement du comportement de l’assemblage
- Apparition des rotules plastiques

- Calcul de la charge cumulée


- Calcul des moments fléchissants cumulés
- Actualisation des modes de liaisons entre les éléments

I<N

NON

Impression des résultats

FIN

Figure 5.1 : Procédure du calcul pas à pas de la charge de rupture plastique

95
Les efforts internes sont calculés à partir de la relation entre les forces appliquées
aux noeuds et les déplacements nodaux des éléments:
[K e ]{U e } = {Fe } (5.1)

La détermination des accroissements de charges correspondant aux sections


critiques a pour but de chercher la valeur minimale de l'incrément de charge ∆W ( I )
avec la nouvelle condition de plastification ou le changement du comportement de
l'assemblage. Ces accroissements de charge sont calculés à partir de:
RM ( I − 1)
∆W ( I ) = (5.2)
∆M ( I )
où :

RM ( I − 1) : reste du moment à l'étape précédente ( I − 1)


∆M ( I ) : accroissement du moment fléchissant du à la charge unitaire à l'étape ( I )

Les restes des moments limites sont considérés comme étant les compléments des
moments cumulés aux différentes étapes par rapport aux moments limites (moment
plastique ou moments limites du comportement de l'assemblage). Une fois que cet
incrément de charge eut été déterminé, les efforts ainsi que les déplacements
cumulés peuvent être évalués à partir de la formule suivante:

S ( I ) = S ( I − 1) + ∆W ( I ) * ∆S (5.3)

où:
S ( I − 1) et S (I ) : efforts ( ou déplacements ) aux étapes ( I − 1) et (I ) .

∆S : incrément des efforts ( ou déplacements ) à l'étape (I ) .

L'actualisation des types de liaisons entre les éléments en tenant compte des
nouvelles conditions (changement du comportement de l'assemblage, apparitions
des rotules plastiques) est nécessaire et servira pour les étapes suivantes.

Le processus de calcul est arrêté quand la matrice de rigidité global de la structure


est singulière (la structure est un mécanisme).

96
L'avantage de cette procédure est que l'on peut - à la fois - l'utiliser pour déterminer
la distribution des moments fléchissants ainsi que les déplacements de la structure à
joints semi-rigides sous un chargement donné.

Elle permet également de calculer simultanément la charge de rupture plastique ainsi


que le déplacement correspondant.

Dans le programme, cela correspond à :


dp1 = min(min( Dp1 ));
dp 2 = min(min( Dp 2 ));
dp = min(dp1 , dp 2 ) ;
On s’arrête quand on aura les conditions simultanées
Dp1 < 10 −6 et Dp 2 < 10 −6 ,
dans ce cas :
Dp1 − dp Dp 2 − dp
Dp1 = et Dp 2 =
dp dp

Alors :
M x = M x + M ; les moments fléchissants cumulés

U x = U x + u ; les déplacements actualisés

dp x = dp x + dp ; la charge cumulée.

5.2. NON LINEARITE GEOMETRIQUE

Dans le cas d’une analyse non linéaire géométrique, les équations d’équilibre sont
formulées à l’état déformé de la structure ce qui engendre des effets du second
ordre ( P − ∆ ) . Il s’agit de déterminer la charge critique de flambement pour n’importe

quel structure plane, aussi bien des portiques à nœuds fixes ou à nœuds
déplaçables.

Pour ce faire, on aura atteint la singularité de la matrice de rigidité quand le


déterminant est nul et le programme prend fin.

97
Cependant, pour une itération donnée, le déterminant peut être positif ou négatif
comme le montre la figure (5.2) suivante :

Det < 0

λcritique Det = 0

Det > 0

Déplacement

Figure 5.2: Les différents domaines de stabilité, instabilité

Le déterminant est nul quand l’instabilité est atteinte, ce qui correspond à la charge
critique d’instabilité. Dans le programme, ceci correspond au facteur de charge, qui
est la proportion entre la valeur de la charge introduite et la valeur de la charge à
l’itération considérée :
p i = λi * p 0 (5.4)

L’incrémentation se fait par l’intermédiaire de l’incrément de charge :


pi = pi −1 + p i (5.5)

Si le déterminant est positif, on n’a pas encore atteint le singulier, il faudra alors
augmenter la charge. Par contre, s’il est négatif, ceci veut dire que nous avons
dépassé la valeur singulière et que cette dernière se trouve alors entre le point de
l’itération précédente et le point actuel comme le montre la figure (5.3). Soit dp la
longueur de cette plage où il faut chercher cette singularité.
if Det < 0
p = p - dp ;
dp = dp / 2 ;
Dans un premier temps, on prend d’abord le milieu de cet intervalle en
soustrayant (dp 2 ) .

98
Le test se fera sur l’effort normal, du moment qu’aussi bien la matrice de rigidité que
le vecteur second membre en sont fonction ; c’est à dire que l’on
p − p2
vérifie : précision = < 10 −4 (précision = abs((p-p2)/p2) ).
p2

Introduction des données

p = p + dp

Assemblage de la
matrice de rigidité K

oui
Det( K ) < 0

non

p = p − dp non
Det( K ) < ε

oui
dp = dp 2

Charge critique : Pcr 

Figure 5.3: Principales étapes de la procédure de calcul de la charge critique

5.2.1. Procédures du programme Matlab


Nombre de nœuds
Nombre d’éléments

Coordonnées des nœuds :


Pour chaque nœud on définit les coordonnées
x(i) ; y(i)

99
Caractéristiques des éléments :
Pour chaque nœud (i) et (j), on définit :
Flexibilités en (i) puis en (j) ;
La quantité EI et EA en (i) puis en (j)

Longueurs et inclinaison des éléments

for ii=1:m
x1 = x(nd(ii)) ;
x2 = x(na(ii)) ;
y1 = y(nd(ii)) ;
y2 = y(na(ii)) ;
L(ii) = sqrt((x2-x1)^2+(y2-y1)^2) ;
xdif = x2 - x1 ;
ydif = y2 - y1 ;
if xdif ~= 0
theta(ii) = atan(ydif/xdif) ;
else
if ydif > 0
theta(ii) = pi / 2 ;
elseif ydif < 0

Initialisation de la charge
Incrément de charge

BB = Portique_calc_complet(L(jj),p1,EI(jj),EA(jj),sk1(jj),sk2(jj),theta(jj)) ;
m1 = 3*nd(jj)-2 ;
m2 = 3*na(jj)-2 ;
n1 = 3*nd(jj) ;
n2 = 3*na(jj) ;

CC(m1:n1,m1:n1) = CC(m1:n1,m1:n1) + BB(1:3,1:3) ;


CC(m1:n1,m2:n2) = CC(m1:n1,m2:n2) + BB(1:3,4:6) ;
CC(m2:n2,m1:n1) = CC(m2:n2,m1:n1) + BB(4:6,1:3) ;
CC(m2:n2,m2:n2) = CC(m2:n2,m2:n2) + BB(4:6,4:6) ;

if Det < 0
ii = ii - 1 ;
p = p - dp ;
dp = dp / 2 ;
elseif Det > 0
Det1 = Det ;
end

précision = abs((p-p2)/p2) ;
End
Affichage de la valeur de la charge Pcr.

100
5.3. APPLICATIONS NUMERIQUES

5.3.1. Exemple de S.L. Chan : Analyse linéaire

Dans le but de valider le modèle mécanique proposé, des comparaisons avec des
résultats récemment publiés (Chan et Chui, 2001) ont été conduites [Ihaddoudène et
al, 2008]. Le portique est analysé avec différentes rigidités données par les mêmes
auteurs.

100kN

10kN Kb Kb

6m

Kc Kc
8m 8m

Example de Portique Modèle idéalisé

Figure 5.4 : Exemple de la référence (Chan et Chui, 2000)

Les données du problème :

Pour la poutre : I b = 21500cm 3 ; Ab = 76cm 2


Pour le poteau : I c = 9460cm 4 ; Ac = 110cm 2

Les différents cas étudiés concernent :

1 – Assemblage rigide avec : Kb = Kc = ∞

EI b EI c
2 – Assemblage semi rigide avec : Kb = 4 et Kc =
Lb Lc

EI b
3 – Assemblage semi rigide avec : Kb = 4 et Kc = ∞
Lb
Les digrammes des moments, (en kN.m ), de ces différentes situations ainsi que la
comparaison des valeurs données avec la présente étude sont respectivement
donnés par la figure (5.5) et le tableau (5.1) suivants :

101
127.5 152.6 93.6 113.8

260 296.3

52.2 87.5 31.7 71.5

Assemblage rigide : Assemblage semi rigide


Kb = Kc = ∞ EI b
Kb = 4 and K c = ∞
Lb

80.3 116.4

301.7

0.3 24.2

Assemblage semi rigide


EI b EI
Kb = 4 and K c = c
Lb Lc

Figure 5.5: Diagrammes des moments [S.L.Chan]

Les diagrammes des moments montrent l’importance que revêt le comportement des
assemblages sur les éléments de structures. En effet, la valeur de ces moments
obtenue, est fortement influencée par le type d’assemblage utilisé.
Pour le cas rigide, ils sont plus importants au niveau des extrémités que ceux dans le
cas semi rigide. Au niveau de la poutre, cette situation s’inverse, puisque c’est dans
les cas semi rigide où l’on retrouve les moments les plus importants que ceux dans
le cas rigide.

102
Enfin, les valeurs obtenues par la présente formulation qui sont comparées
[Ihaddoudène et al, 2008] à celles données par la référence (Chan et Chui, 2000)
sont rapportées dans le tableau (5.1) ci-dessous :

Tableau 5.1 : Les valeurs des moments de flexion, présente étude (Chan et Chui)

Assemblage Assemblage Assemblages


Schéma rigide Semi rigide semi rigides avec
kb = kc = 0 avec 4 EI b EI
kb = , kc = c
4 EI b Lb Lc
kb = ,
Lb
kc = 0
Moments Moments Moments

M 41 = 52.2 31.9 (31.7) 0.3392 (0.3)


10kN 1 100kN
M 14 = 127.6
2
3 kb
93.7 (93.6) 80.2715 (80.3)
kb
I b = 21500.cm 4 M 52 = 87.1 71.8 (71.5) 24.1813 (24.2)
Ab = 76.cm 2 6m M 25 = 152.7 113.9 (113.8) 116.4294 (116.4)
I c = 9460.cm 4 M 32 = 260 296.4 (296.3) 301.6495 (301.7)
Ac = 110.cm 2
kc
4 kc 5 (kN.m) (kN.m) (kN.m)
8m 8m
Figure (5.4)

5.3.2. Comparaisons des différentes analyses :

Position du problème:

Cette fois, le comportement des nœuds d’assemblage est non linéaire. Les différents
comportements des courbes caractéristiques du nœud d’assemblage, ainsi que celui
de l’élément, sont donnés sur la figure (5.6) ci-dessous.

Afin de comparer les différents comportements des assemblages rigide, semi rigide
linéaire et semi rigide bilinéaire, les deux portiques ci-dessous sont analysés avec
les données suivantes :
Les traverses sont en IPE 400 dont les caractéristiques :
I x = 23130cm 4 ; S x = 654cm 3 ; A = 84,5cm 2 ; M P = 2S xσ e = 319,92 kN .m

Les poteaux sont en HEA 280 qui ont pour données :


I x = 13670cm 4 ; S x = 556cm 3 ; A = 97,2cm 2 ; M P = 2S xσ e = 266,88 kN .m

103
Afin de voir quelle pourrait être l’influence des nœuds d’assemblages sur les
portiques étagés et sur des portiques à travées, on considère les portiques ci-
dessous.La charge est augmentée jusqu’à la valeur de P = 60kN .

M (kN .m) M (kN .m)

214,7 k ( 3) = ∞ MP
135,6 k ( 2) = 1 / 7062,5

k (1) = 1 / 45200 θ (radian) θ (radian)


a- Pour l’assemblage b- Pour l’élément

Figure 5.6: Différentes courbes de comportements

5.3.2.1. Portique à deux étages :

P P P

0.5 P kb kb

1 2 3 4 5

P P P 4m

kb kb
P
6 7 8 9 10

4m

kc kc
11 12

2m 2m 2m 2m

Figure 5.7: Portique à deux étages

104
En suivant la procédure de calcul donnée par l’organigramme précédent, les
diagrammes des moments fléchissants correspondants à ces différents cas sont
donnés par la figure (5.8) suivante :

Rigide
Semi rigide linéaire
Semi rigide bilinéaire 120,572
48,976 138,68
47,64 140,59
39,37
155,225
146,85 216,28
150,0 195,39
167,31

95,94 120,34
88 107,43
129,136 75,17 92,14
133,8
149,156

79,227 118,36
94,0 116
104,32 121,31

Figure 5.8: Comparaisons des différents comportements

On remarque que les moments de flexion des nœuds d’assemblage (en 6 et 10 sur
le diagramme des moments) diminuent du cas rigide au cas semi rigide bilinéaire,
alors qu’ils augmentent à mi-travée (en 8, sur le diagramme), ce qu’on ne retrouve
pas au niveau supérieur (en 1, 5 puis 3, respectivement). Dans ce cas, on ne devrait
pas avoir le même type d’assemblage semi rigide pour les deux étages de ce
portique.

105
5.3.2.2. Portique à deux travées :

P P P P P P

kb
0.5 P kb
2 kb kb

1 3

4m

kc 4 kc 5 kc 6
2m 2m 2m 2m 2m 2m 2m 2m

Figure 5.9 : Portique à deux travées

Le diagramme des moments correspondants est :

240,3 128,91
193,75 73,45 152,3
8,83 164,75 58,2 151,5
2,4 148,3
0,7

116,35 99,4
143,74 127,53
157,9 136,8 145,4
128,5
70,9 135,9
78,61
86,42 Rigide
Semi rigide linéaire
Semi rigide bilinéaire

Figure 5.10 : Diagramme des moments fléchissants

106
L’influence des assemblages sur les valeurs des moments de flexion est montrée sur
la figure (5.10) ci-dessus.

En effet, pour ce portique à un étage et à deux travées, la diminution des moments


aux niveaux des extrémités s’accompagne par une augmentation de sa valeur en
travée.

Ainsi, on peut avancer que l’influence que peuvent avoir les assemblages sur le
comportement des portiques étagés et à travées est clairement établie. Les
diagrammes des moments fléchissants pour ces deux exemples montrent que les
poutres sont hautement sensibles à la flexibilité des assemblages pour les portiques
étagés.

5.4. NON LINEARITE GEOMETRIQUE

Dans cette section, il s’agit de déterminer, dans différentes situations de


comportements de portique à nœuds fixes et à nœuds déplaçables (Ihaddoudène et
al, 2008), la charge critique de flambement pour chaque situation.

Les trois exemples traités suivants sont tirés de la référence (Mageirou et al, 2005,
Mageirou et al 2006), les caractéristiques des éléments sont donnés par :

⎧ EI = 4,8573e4kN .m 2 ⎫ ⎧ EI = 9.0699e + 4.kN .m 2 ⎫


Pour la poutre ⎨ ⎬ et pour le poteau ⎨ ⎬
⎩ EA = 896490kN ⎭ ⎩ EA = 1272600kN ⎭

La flexibilité de l’assemblage k1 = 1 / 150rad / kN .m

5.4.1. Exemple de Mageirou et al

Les portiques métalliques suivants, représentés sur la figure (5.11) de portée


l = 20m et de hauteur h = 10m sont analysés et comparés aux différents résultats
donnés par les références précitées. La synthèse des résultats des systèmes étudiés
est donnée dans les tableaux (5.2) et (5.3) ci-dessous :

107
k1 IPE k1 IPE
400 400
P P
10 m 10 m
HEB HEB
360 360
20m 20m

Cas (a) Cas (b)

Figure 5.11: Systèmes étudiés (Mageirou et al)

Tableau 5.2 : Comparaisons des valeurs de la charge critique pour le cas (a)
(Mageirou and Gantes, 2006)
Pcr − Pcr , MEF
(% )
Méthodes utilisées Pcr (kN ) Pcr , MEF
M.E.F (Numérique) 8981,58 0
Référence [Mageirou et al, 2006] 8981,16 − 0,005
Présente étude proposée 8982 0,0046

Tableau 5.3 : Comparaisons des valeurs de la charge critique pour le cas (b)
(Mageirou et al, 2006)
Pcr − Pcr , MEF
(% )
Méthodes utilisées Pcr (kN ) Pcr , MEF
M.E.F (Numérique) 8979,83 0
Référence [Mageirou et al, 2006] 8979,86 0,001
Présente étude proposée 8980 0,0019

La charge critique obtenue par la présente formulation, pour les deux cas de
systèmes étudiés, est similaire à celles données par les références précitées. Elle est
atteinte pour un déterminant nul de la matrice de rigidité.

Les résultats obtenus par les références précédentes ainsi que par le programme
MSC-NASTRAN, pour les mêmes exemples donne les valeurs de cette charge
critique, pour chaque cas, égale respectivement à, Pcr = 8981.16kN et

Pcr = 8981.58kN .

108
5.4.2. Portique étagés

Le portique étagé de la figure (5.12) est analysé en utilisant la formulation proposée,


comparée à celles données par différentes méthodes présentée dans les références
précitées. Cette fois la charge concentrée aura pour valeur égale à P / 3 comme
indiqué sur la même figure.

Le tableau (5.4) ci-dessous donne la valeur de la charge critique selon différentes


méthodes utilisées.

k1 k1
IPE 400

P /3 P /3
HEB 360 10m
HEB 360
k1 k1
IPE 400

P /3 P /3
HEB 360 HEB 360 10m
k1 k1
IPE 400

P /3 P /3
HEB 360 HEB 360 10m

20m
Figure 5.12 : Portique étagé de la référence [Mageirou, 2006]

Tableau 5.4: La valeur des charges critiques obtenues selon différentes


méthodes [Mageirou and Gantes, 2006] et la présente étude.

Pcr − Pcr , MEF


Méthodes utilisées Pcr (kN ) (% )
Pcr , MEF
M.E.F (Numérique) 22,02428 0
EC3 (Eurocode 3) 560,6 2445,37
L.R.F.D ( Code Américain) 2702,46 12170,4
Référence [Mageirou et al, 2006] 21,9399 − 0,38
Présente étude proposée 21,94 − 0,382

109
Le tableau ci-dessus récapitule la valeur de la charge critique obtenue par les
différentes méthodes. La méthode proposée donne la valeur de Pcr = 21,94kN ,

identique à celles données par la méthode des éléments finis ( 22,02428 kN ) ainsi
que par les auteurs précités ( 21,9399 kN ) mais reste très éloignée de celles
données par les codes EC3 ( 560,6 kN ) et LRFD ( 2702,46 kN ).
Afin d’étudier l’influence du type de structure, à nœuds d’assemblage semi rigides,
sur la valeur de la charge critique, le portique de la figure (5.13) suivant est analysé
dans les cas de nœuds fixes et de nœuds déplaçables.

5.4.3. Portique à un étage

On considère les deux portiques de la figure (5.13.a), à nœuds déplaçables et


(5.13.b) à noeuds fixes. Les tableaux (5.5) et (5.6) donnent la valeur de la charge
critique pour les deux cas de portique selon différentes méthodes utilisées.

Tableau 5.5: La valeur des charges critiques obtenues selon différentes méthodes
(Mageirou et al, 2006) et présente étude : Cas du portique à nœuds déplaçables
Pcr − Pcr , MEF
Méthodes utilisées Pcr (kN ) (% )
Pcr , MEF
M.E.F (Numérique) 14,77 0
EC3 (Eurocode 3) 898,78 5983,56
L.R.F.D( Code Américain) 3441,23 23192,60
Mageirou et al (2006) 14,77 0
Présente étude proposée 14,7 − 0,474

La charge critique obtenue par la méthode proposée est de Pcr = 14,7 kN , très voisine

à celle donnée, Pcr = 14,77kN , donnée par ( Mageirou and Gantes, 2006).

Cas particuliers :

1 – Pour des caractéristiques identiques pour la poutre et le poteau,


EI = 9.0699e + 4.kN .m 2 et EA = 1272600kN , la charge critique sera : Pcr = 14,8 kN .

2 – Pour les caractéristiques EI = 4,8573e4kN .m 2 EA = 896490kN , cette charge sera


égale à : Pcr = 14,6 kN .

110
Tableau 5.6: La valeur des charges critiques obtenues selon différentes méthodes
(Mageirou and Gantes, 2006) et la présente étude : Cas du portique à nœuds fixes
Pcr − Pcr , MEF
Méthodes utilisées Pcr (kN ) (% )
Pcr , MEF
M.E.F (Numérique) 8980,67 0
EC3 (Eurocode 3) 9980,74 11,14
L.R.F.D( Code Américain) 11821,70 31,64
Mageirou and Gantes 8980,67 0
Présente étude proposée 8980,6 − 0,0008

k1 IPE k1 k1 IPE k1
400 400
P P 10m P P 10m
HEB HEB HEB HEB
360 360 360 360
20m 20m

(a) : Noeuds déplaçables (b) : Noeuds fixes

Figure 5.13: Portique à un étage (Mageirou and Gantes)

Remarque importante : Les résultats obtenus par la présente formulation analytique


sont en nette concordance avec ceux obtenus par la référence précitée ainsi que la
méthode des éléments finis ; alors que l’application des deux différents codes donne
des valeurs très éloignées aussi bien pour les structures de portique à nœuds fixes
ou à nœuds déplaçables. Par ailleurs, dans ce dernier cas, cette charge est la plus
petite.

Comme on peut le constater, une analyse du second ordre de type P − ∆ permet une
évaluation simple et rationnelle de la distribution des efforts dans n’importe quel type
de charpente de bâtiment.
Elle apporte une solution simple à chacun des nombreux problèmes inhérents à la
méthode traditionnelle de dimensionnement qui fait intervenir le concept de longueur
de flambement.

111
5.5. NON LINEARITE MATERIELLE (Plasticité)
Le portique ci-dessous, dont tous les éléments sont en IPE 330, est analysé pour
différentes situations des nœuds d’assemblage afin de déterminer la charge de
rupture plastique [Ihaddoudène et al, 2008]. Les Moments plastiques des
assemblages et des éléments sont respectivement égaux à M pass = 114 ,13 KNm

et M p = 192,96 KNm .

1.6W

W
1 I 5 2 M ( KN .m)

114.13 k ( 3) = ∞
I I 5m
74.58 k ( 2) = 1 / 5797

3 4 k (1) = 1 / 45200 θ (radian)


2 .5 m 2 .5 m

Figure 5.14 : Portique à nœuds semi rigides

La méthode pas à pas est utilisée [Ihaddoudène, Ihaddoudène et al] afin de


déterminer la charge de rupture plastique, le déplacement d’étage ainsi que l’ordre
d’apparition des rotules plastiques.

Différents cas associés sont alors considérés : 1) cas rigides, 2) semi rigides aux
extrémités des poutres et enfin 3) aux extrémités des poutres et poteaux.

Méthode pas à pas :


Le processus de la méthode pas à pas, qui est utilisée, est divisé en certains
nombres d’étapes, en fonction du modèle bilinéaire (ou tri linéaire) et de l'état de la
structure tel que :

1 – On suppose que tous les assemblages travaillent dans la première portion


caractéristique de l'assemblage et que les charges extérieures augmentent
proportionnellement de zéro jusqu'à la valeur ∆W (1) ; qui permettra à un assemblage

112
noté " j " d'atteindre le moment limite M 1* ( 74,58kN.m ) de la première portion de la
figure (5.14). Les incréments des moments fléchissants ∆M (1) correspondant à
l'incrément de charge ∆W (1) sont considérés comme les moments résiduels pour la
deuxième étape.

2 – On suppose que l'assemblage " j " travaille dans la deuxième portion de la


courbe caractéristique de l'assemblage alors que les autres se trouvent encore dans
la première portion.

On continu à augmenter proportionnellement les charges à partir de zéro jusqu'à la


valeur ∆W (2) , de telle sorte que le moment total, qui est égal à la somme des
incréments de moments de deux étapes dans un autre assemblage, atteigne le
moment limite M 1* ( 74,58kN .m ), sur la courbe de comportement) ou que celui de
l'assemblage " j " atteigne le moment limite M 2* ( 113,14 kN.m ), sur la courbe de
comportement) de la seconde portion.

Le processus de la méthode pas à pas s'effectue de cette façon jusqu'à ce que la


somme des incréments de charges soit égale à la charge appliquée à la structure:
n
W = ∑ ∆W ( i )
i
La charge de rupture plastique est égale à la somme de ses incréments, à toutes les
étapes:

W p = ∑ ∆W (i )
1
et le déplacement horizontal au sommet des poteaux avant la rupture plastique est
de :

u 2 = ∑ ∆u 2(i )
1

Le programme écrit en Matlab, permet d’avoir les valeurs des moments fléchissants
dans les sections critiques et de suivre pas à pas l’incrément de charge ∆W (i ) , ceci
est donné par le tableau suivant :

113
Tableau 5.7 : Les moments fléchissants dans les sections critiques

i éme étape ∆W1(i ) ∆M 1(i ) ∆M 2(i ) ∆M 3(i ) ∆M 4(i ) ∆M 5(i ) ∆u2(i )


1 44.716 23.762 -74.58 -53.050 72.181 64.020 0.0197
2 1.393 0.952 -1.375 -2.240 2.399 2.575 0.0008
3 9.044 9.333 -9.388 -19.290 7.208 18.115 0.0071
4 21.313 28.879 -28.787 -24.458 24.443 46.670 0.0245
5 5.556 10.540 0.0 -9.401 8.999 16.383 0.0095
6 0.408 1.114 0.0 -0.928 0.0 1.373 0.0009
7 1.621 3.340 0.0 -4.763 0.0 4.912 0.0051
8 7.242 36.210 0.0 0.0 0.0 32.589 0.0281
∑ 91.293 114.13 -114.13 -114.13 114.13 182.637 0.0957

Ce qui permet de donner l’ordre d’apparition des rotules plastiques suivant :

V
H
4 5 1

3 2

Figure 5.15: Quatre nœuds semi rigides, ordre d’apparition des rotules plastiques

5.6. COMPARAISONS DE PORTIQUES AVEC DIFFERENTES FLEXIBILITES

Pour les cas de nœuds d’assemblage aux extrémités des poutres puis des poutres
et poteaux, l’ordre d’apparition des rotules plastiques est donné par la figure (5.16)
ci-dessous.

La valeur de la charge de rupture ainsi que le déplacement correspondant à chaque


cas sont données par le tableau (5.8) suivant qui résume les résultats obtenus.

114
V V
H H
5 3 2 5 3 1

4 1 4 2

a- Poutre à nœuds rigides b- Portique à nœuds semi rigides

Figure 5.16 : Ordre d’apparition des rotules plastiques

La vérification est faite par utilisation de la méthode fondamentale de l’analyse


plastique en se basant sur les théorèmes statique et cinématique.

En effet, la borne supérieure de la charge de rupture plastique dans le cas d’un


mécanisme de poutre donne une charge W p = 114,13kN alors que le mécanisme de

poteau la valeur W p = 91,304 kN .La charge de ruine sera alors, la plus petite des ces

deux valeurs.

Tableau 5.8: Comparaisons de résultats [Ihaddoudène1995, Ihaddoudène et al, 2008]


Semi rigidité:
Cas étudiés Semi rigidité : Poutre Rigide
Poutre et poteau
Charge de ruine (kN ) 91,293 111,122 128,64
Vérification 91,304 111,122 128,64
Déplacement horizontal (cm ) 9,57 5,56 5,42

REMARQUES :
Certaines remarques peuvent être faites concernant l’influence de la semi rigidité sur
les structures puis de la méthode pas à pas, utilisée.

1 - La semi-rigidité des noeuds d’assemblage influe sur l'ordre d'apparition des


rotules plastiques comme le montre les figures de comparaisons ci-dessus. Le
mécanisme de ruine s’en trouve changé et la charge correspondante diminue.
2 - Sous les mêmes charges appliquées, les déplacements horizontaux du portique
semi- rigide sont plus grands que ceux du portique à noeuds rigides.

115
3 - La méthode pas à pas utilisée, présente plusieurs avantages dans la mesure où
elle permet d’avoir, en plus de la charge de rupture, le déplacement d’étage de la
structure.

5.7. CONCLUSIONS

La flexibilité des assemblages est bien connue pour être une source majeure de la
non linéarité dans les structures métalliques. Si cette flexibilité n’est pas prise en
compte, elle sera source d’erreurs et de précisions dans le dimensionnement des
structures.
Les différents avantages que peuvent procurer les assemblages semi rigides sur les
structures ont faits l’objet de recherches poussées. La modélisation tri-linéaire du
comportement des nœuds d’assemblage a été discutée et nous avons montré que
son utilisation conduit à des résultats sécuritaires et suffisamment précis à des fins
pratiques.
Par utilisation d’expressions analytiques pour les structures métalliques à nœuds
d’assemblages semi rigides soumises à des charges axiales, tous les éléments de la
matrice de rigidité de l’élément barre ont été déterminés.
L’utilisation de la méthode proposée a été validée par des exemples publiés, ce qui
lui confère le caractère simplicité, justesse et précision comparée aux différentes
procédures de calcul suggérées des codes.
Outil disponible pour l’ingénierie, cette approche doit être considérée comme
pouvant être utilisée en parallèle avec les méthodes classiques de dimensionnement
et elle est en mesure de conforter les décisions des concepteurs.
Ici, la responsabilité d’opter a priori pour une méthode d’analyse – élastique ou
plastique – et de contrôler a posteriori si les conditions requises pour la mise en
œuvre de la méthode choisie sont bien satisfaites est très importante pour le
concepteur.
L’approche élastique postule une ruine par perte de stabilité des poteaux alors que
les poutres et nœuds d’assemblage sont toujours élastiques, au sens de
l’idéalisation élasto-plastique qui a été fait pour leur comportement.
A l’inverse, l’approche plastique suppose une ruine par formation du premier
mécanisme de poutre, alors que les poteaux restent stables.

116
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133
ANNEXES

CAS PARTICULIERS DU FLAMBEMENT

ANNEXE A : RIGIDITE D’UN ELEMENT SUR DEUX APPUIS RIGIDES

A.1. ELEMENTS A EXTREMITES ARTICULE-ENCASTRE


A .1.1. Extrémité encastrée subissant une rotation unitaire θ i = 1

Pour l’élément aux extrémités articulé-encastré, la solution de l’équation


différentielle donne l’expression de la déformée telle que :
Hx
y ( x) = A sin αx + B cos αx − (A.1)
α 2 EI
En déterminant les constantes d’intégrations A et B correspondant aux cas
considérés, on arrive à avoir la relation :

H= φ1 (v) (A.1.a)
l
Où :
v 2 sin v v 2 tan v N
φ1 (v) = = et v = αl = l
3(sin v − v cos v) 3(tan v − v) EI
Ainsi le moment fléchissant : M i = Hl = 3ωφ1 (v) (A.1.b)

Cas particuliers :

Pour v = 0 (donc pour N = 0 ), φ1 (v) = 1 on a : M i = 3ω et H =
l
Quand le facteur v > 0 et donc φ1 (v) < 1 les réactions à l’encastrement dues à θ i = 1 ,

à l’extrémité encastrée en tenant compte de l’influence de l’effort N (de


compression ) sont plus petites par rapport à celles quand cet effort est nul.

A.1.2. Extrémité encastrée ayant un déplacement unitaire ∆ i = 1

L’équation de la déformée sera telle que :


1 ⎛ Hl ⎞ Hx
y= ⎜1 + 2 ⎟ sin αx − 2 (A.2)
sin αl ⎝ α EI ⎠ α EI

134
En déterminant les constantes d’intégrations A et B correspondant aux cas
considérés, on arrive à avoir la relation des poussées latérales telles que :
w v 3 cos v 3w
H= . = 2 η1 (v ) (A.3.a)
l sin v − v cos v l
2


v 3 cos v v3
η1 (v ) = =
sin v − v cos v 3(tgv − v)
Le moment d’encastrement "i"

3w v 2 w 3w ⎛ v2 ⎞
M i = Hl + N = η1 (v ) + = ⎜⎜η1 (v) + ⎟⎟ (A.3.b)
l l l ⎝ 3 ⎠
3w
Mi = φ1 (v) (A.3.c)
l
En remarquant que :
⎛ v2 ⎞ v3 v2 v 2 tgv
η1 (v) + ⎜⎜ ⎟⎟ = + = = φ1 (v) (A.3.d)
⎝ 3 ⎠ 3(tgv − v) 3 3(tgv − v)

N N ∆i = 1
θi = 1 Mi Mi
Hi Hi
i i

l y y
l

x x

j j
Hj Hj
N N

a – Rotation unitaire θ i = 1 b – Translation unitaire ∆ i = 1

Figure A.1: Extrémité encastrée - articulé

Cas particuliers :
Pour v = 0 on aura
φ1 (0) = 1 et η1 (v) = 1

135
3w 3w
Mi = et H = 2
l l
A.2. ELEMENT BI-ENCASTRE
A.2.1. Extrémité encastrée en i subissant une rotation unitaire θ i = 1

w v 2 sin v 6w
H= = η 3 (v ) (A.4.a)
l 2 sin v − v cos v − v l
M i = 4 wφ 2 ( v ) (A.4.b)

Hl (v − sin v)
Mj = = 2 wφ 3 ( v ) (A.4.c)
v(1 − cos v)
Dans lesquelles :
v 2 sin v
η 3 (v ) = (A.5.a)
6(2 sin v − v cos v − v)
v sin v(sin v − v cos v)
φ 2 (v ) = (A.5.b)
4(1 − cos v)(2 sin v − v cos v − v)
v sin v(v − sin v)
φ 3 (v ) = (A.5.c)
2(1 − cos v)(2 sin v − v cos v − v)

A.2.2. Extrémité encastrée en i subissant une translation unitaire ∆ i = 1

12w
H= η 2 (v ) (A.6.a)
l2
6w
M j = Mi = φ 4 (v ) (A.6.b)
l
Avec
v 3 (1 + cos v)
η 2 (v ) = (A.7.a)
12(2 sin v − v cos v − v)

v 2 sin v
φ 4 (v ) = (A.7.b)
6(2 sin v − v cos v − v)

136
ANNEXE B : RIGIDITE DES ELEMENTS A APPUIS ELASTIQUES LINEAIRES

B.1. ELEMENT SEMI RIGIDE EN i , ARTICULE EN j :


B.1.1. Elément à une rotation unitaire θ i = 1

ω
H= ζ 1 (v ) (B.1.a)
l
M i = Hl = ωζ 1 (v) (B.1.b)

Avec :
v 2 sin v v 2 tan v
ζ 1 (v ) = = (B.2.a)
sin v − v cos v + k1v 2ω sin v tgv − v + k1v 2ω tan v
Cas particuliers :
Pour k1 = 0

v 2 sin v v 2 tan v
ζ 1 (v ) = = (B.2.b)
sin v − v cos v tan v − v

N N ∆i = 1
θi = 1 Mi Mi
Hi Hi
i i
k1 M i

l y y
l

x x

j j
Hj Hj
N N

a - Rotation unitaire θ i = 1 b - Translation unitaire ∆ i = 1

Figure B.1: Elément semi rigide -articulé

B.1.2. Elément à un déplacement unitaire ∆ i = 1

ω v 3 (cos v − k1vω sin v) ω


H = 2. = 2 ζ 2 (v ) (B.3.a)
l (sin v − v cos v + k1v ω sin v) l
2

137
ω ω
M i = Hl + N =
l
(ζ 2 )
(v ) + v 2 =
l
φ 4 (v ) (B.3.b)

Où :
v 3 (cos v − k1vω sin v) v 3 (1 − k1vω tan v)
ζ 2 (v ) = = (B.4.a)
(sin v − v cos v + k1v 2ω sin v) tan v − v + k1v 2ω tan v)

v 2 sin v v 2 tan v
φ 4 (v ) = = (B.4.b)
sin v − v cos v + k1v 2ω sin v tan v − v − k1v 2ω tan v
Cas particuliers :

v 3 cos v v2
1- k1 = 0 ζ 2 (v ) = = (B.5.a)
sin v − v cos v tan v − v
v 2 sin v v 2 tan v
φ 4 (v ) = = (B.5.b)
sin v − v cos v tan v − v
2 - k1 = ∞ ζ 2 (v ) = − v 2 (B.5.c)
φ 4 (v ) = 0 (B.5.d)
B.2. ELEMENT SEMI RIGIDE EN i , ENCASTRE EN j
B.2.1. Elément à une rotation unitaire θ i = 1

ω
H= ζ 1 (v ) (B.6.a)
l
M j = ωφ1 (v) (B.6.b)

M i = ωφ 2 (v) (B.6.c)

où :
v 2 sin v(1 − cos v)
ζ 1 (v ) = (B.7.a)
(1 − cos v)(sin v − v cos v + k1v 2 w sin v) + (v − sin v)(1 − cos v + k1vw sin v)
v sin v(v − sin v)
φ1 (v) = (B.7.b)
(1 − cos v)(sin v − v cos v + k1v 2 w sin v) + (sin v − v)(1 − cos v + k1vw sin v)

v sin v(sin v − v cos v)


φ 2 (v) = ζ 1 (v) − φ1 (v) =
(1 − cos v)(sin v − v cos v + k1v 2 w sin v) + (sin v − v)(1 − cos v + k1vw sin v)
(B.7.c)
Cas particuliers :
Pour k1 = 0

138
v 2 sin v
ζ 1 (v ) = (B.8.a)
2 sin v − v cos v − v
v sin v(v − sin v)
φ1 (v) = (B.8.b)
(1 − cos v)(2 sin v − v cos v − v)
v sin v(sin v − v cos v)
φ 2 (v ) = (B.8.c)
(1 − cos v)(2 sin v − v cos v − v)

N N ∆i = 1
θi = 1 Mi Mi
Hi i Hi
i
k1 M i

l y y
l

x x

j j
Hj Hj
N Mj N
Mj

a – Rotation unitaire θ i = 1 b – Translation unitaire ∆ i = 1

Figure B.2: Elément semi rigide – encastré

2- b : Elément à une rotation unitaire ∆ i = 1

ω
H= ζ 2 (v )
l2
ω
Mj = φ 3 (v ) (B.9)
l
ω
Mi = φ 4 (v )
l
Avec :
v 3 sin v(sin v + k1vω cos v)
ζ 2 (v ) = (B.10.a)
(sin v − v)(1 − cos v) + (sin v − v cos v)(1 − cos v + k1vω sin v)

v 2 sin v(1 − cos v + k1vω cos v)


φ 3 (v ) = (B.10.b)
(sin v − v)(1 − cos v) + (sin v − v cos v)(1 − cos v + k1vω sin v)

v 2 sin v(1 − cos v)


φ 4 (v ) = (B.10.c)
(sin v − v)(1 − cos v) + (sin v − v cos v)(1 − cos v + k1vω sin v)

139

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