CONNAISSANCES TOPOGRAPHIQUES E4B DOMAINE PRO TECHNIQUE
LA LASERGRAMMETRIE
La lasergrammétrie
1. Description des observations réalisées
La lasergrammétrie ou le relevé par capteur laser est la technique d’acquisition rapide de points
afin de confectionner un modèle numérique de terrain (nuage de points) avec une précision
homogène MAIS relative. Ce modèle permettra l’obtention d’un modèle 3D exploitable.
La lasergrammétrie fait appel à des capteurs numériques motorisés, ou scanners, qui vont
permettre de relever des points en coordonnées en enregistrant certaines informations
radiométriques.
Pour saisir et calculer ces points en XY et Z localement (référentiel appareil), il est nécessaire
d’obtenir des mesures de distances et des valeurs angulaires.
En schématisant, un capteur 3D est composé :
– d’un élément d’émission laser dont la faible
dispersion spatiale des rayons et leur grande
précision temporelle autorise les mesures de distances avec exactitude.
– d’éléments mécaniques (miroirs rotatifs et encodeurs électromécaniques) qui vont en temps
réel diriger le faisceau laser suivant des valeurs angulaires zénithales et azimutales,
programmées par un maillage défini (balayage).
L’ensemble est couplé à une unité d’enregistrement de grande capacité. Sont associés un
capteur vidéo ou appareil photo haute résolution afin de saisir de manière simultanée une
image de l’objet.
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Le nuage de points se présente sous la forme d’une grille dont l’espacement
entre les points doit être défini par l’utilisateur avant l’acquisition suivant une
résolution angulaire à fixer.
La fixation de cette résolution d’acquisition aura une signification différente à
10m, 20m ou plus.
Plus cette résolution angulaire sera faible, plus la densité est élevée, plus le
nombre de points est grand, et plus la durée d’acquisition est importante, allant
de pair avec la durée de traitement.
2 Le matériel existant :
Il existe sur le marché plusieurs types de technologies et d’instruments qui diffèrent sur la
portée, sur la résolution, sur la quantité de points pris par seconde.
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3 Les domaines applications - exemples
Les différents types de scanners laser permettent une large palette d’applications :
le lever topographique
état de lieux avant travaux / après travaux : « as built » ( tel que construit ) : contrôles de
conformité
Un des atouts les plus évidents du scanner laser terrestre par rapport aux méthodes
traditionnelles est sa capacité à enregistrer toutes les données spatiales visibles depuis
l’appareil.
En effet, alors que le levé traditionnel fait l’objet d’une sélection des points à «prendre», la
technique lasergrammétrique utilise la vitesse d’acquisition et ne se préoccupe plus de l’impact
du point.
C’est la densité du nuage, à définir en fonction de la demande, qui permet de représenter plus ou
moins de détail.
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Le levé lasergrammétrique est des plus exhaustifs car la position d’un grand
nombre d’éléments peut facilement être déterminée avec précision : caténaires, fils, rails,
voûtes, traverses, ballast, niches...
Qui plus est, il est possible de réaliser des acquisitions très denses en des points
particuliers :
Jusqu’à 1 point tous les 1,2mm.
Ceci permet de distinguer de petits éléments et d’effectuer des mesures de ceux-ci: diamètre
et longueur de barres métalliques, tailles de boulons...
La précision de ces mesures dépend de l’appareil utilisé pour effectuer l’acquisition,
mais aussi du nombre de points pris en compte pour la mesure. Plus le nombre de points pris
en compte est important, plus l’imprécision de mesure sur un point est atténuée.
En procédant de la sorte, il est possible d’atteindre une précision sur la mesure de l’ordre de
quelques millimètres.
La rapidité d’exécution d’un chantier de levé lasergrammétrique, au vu de la
quantité d’informations acquises, fait qu’il est plus intéressant de réaliser le levé complet d’un
ouvrage, quelle que soit sa taille, plutôt que de réaliser une acquisition morcelée.
Une fois l’ouvrage relevé, il est tout à fait possible de ne traiter que ce qui est
nécessaire, puis d’extraire les informations progressivement, au fur et à mesure des
besoins.
Avec un tel outils la topographie n’est plus seulement en 2D+1 mais directement en 3D.
Afin de représenter l’ouvrage, on peut toujours établir des plans et des coupes.
Dans le cas d’un relevé classique de coupes, l’’inconvénient est qu’elles sont
réalisées en des points précis, ou arbitraires (tous les 10, 20m). Par conséquent, on n’a
aucune information sur ce qu’il se passe entre deux coupes.
Dessin de la coupe de l’ouvrage d’art SNCF
Dessin de la vue en plan d’un ouvrage d’art SNCF.
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Le relevé Tel Que Construit consiste à réaliser le levé d’un ouvrage après sa
construction ou sa modification. Il s’agit ni plus ni moins d’un levé de récolement
tridimensionnel.
Son intérêt réside dans la possibilité de comparer ce relevé après travaux au
relevé d’avant travaux, ou au projet. Il est alors possible de contrôler l’intégrité des travaux
effectués, ou le cas échéant de mettre en évidence les endroits qui ne correspondent pas au
projet.
Pour cela, la technique dite d’inspection est indispensable: elle permet de
comparer deux objets, deux surfaces, et de mettre en évidence par un code de couleurs leurs
différences.
relevés sur sites industriels
Une fois le nuage de point saisi, on a recours aux technologies qui accompagnent le
développement du scanner : modélisations, représentations en trois dimensions, contrôles
des installations,... Nécessité d’avoir des logiciels d’extraction, de modélisation adaptés et
puissants :
relevés de tunnels
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relevé de façades, patrimoine historique, travaux archéologiques
surveillance de talus
On peut qualifier cette application d’auscultation grossière puisqu’elle consiste à
comparer des nuages relevés à 2 dates afin de voir l’évolution d’un talus à proximité d’ouvrage
d’art.
On peut également citer :
coupes diverses
calcul de cubatures
relevés de scènes de crimes
....
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4 Géoréférencement et assemblage :
La lasergrammétrie permet l’obtention d’un nuage de points d’une précision homogène MAIS
relative.
Selon les dimensions de l’objet à numériser, il est nécessaire de stationner le scanner
laser à plusieurs endroits autour de celui-ci. Cependant, chaque nuage de points est défini
dans le système de coordonnées propre à chaque station. Il faut alors assembler les différents
nuages de points par traitement informatique de manière à ce que l’ensemble des points soit
dans un système de coordonnées unique. On appelle ce processus le géoréférencement.
Chaque nuage de points issu de chaque station doit être géoréférencé et assemblé
Le but du géo référencement est de donner des coordonnées à la station qui a généré
le nuage de point et de l’orienter.
On pourra :
- soit stationner et viser des points géométriquement bien définis dont on connait les
coordonnées (issus de méthodes de topométrie classiques : polygonale avec points au
sol ou par centrage forcé)
- soit viser uniquement des points géométriquement bien définis dont on connait les
coordonnées. (méthode de la station libre).
On recalera alors chaque nuage par cette méthode = géo référencement
Enfin on assemblera tous les nuages.
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Le géoréférencement indirect repose sur l’identification de points homologues entre différents
nuages. Un minimum de trois points homologues entre deux nuages de points permet cet
assemblage. Grâce à une présélection manuelle, un rapprochement se fait par itération
successive avant l’assemblage.
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Afin de faciliter l’extraction aisée de l’information, le traitement le plus courant consiste
à réaliser une «tranche» (à une épaisseur donnée : ex 1cm) dans le modèle 3D des points :
ainsi on obtient soit une vue en plan soit une coupe : l’orthoplan.
L’orthophoto (ou vue) est le résultat du processus qui permet de créer une image dont
les caractéristiques géométriques sont conformes au plan (orthogonal) de restitution
(élévation, coupe, situation). On projette ainsi l’ensemble, ou une partie du nuage de points
sur un plan prédéfini. On obtient une image sur laquelle on peut mesurer ou superposer
d’autres informations vectorielles. On peut donc facilement la mettre en référence au plan
dessiné dans un logiciel de CAO.
La modélisation de surfaces
Le nuage de points peut servir à modéliser des surfaces en créant des maillages
triangulés associés à des techniques de lissage et d’optimisation. Des logiciels spécifiques
sont bien souvent utiles (3DReshaper par exemple). Ce traitement particulièrement lourd est
à réserver à de petits objets dans un but de contrôle de fabrication ou de documentation, plus
particulièrement dans le domaine industriel. Un modèle constitué de plusieurs millions de
triangles est difficilement utilisable dans une application CAO ou d’infographie 3D, bien qu’on
puisse faciliter la géométrie en la simplifiant.
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En conclusion, la lasergrammétrie est un outil complémentaire aux autres instruments
utilisés en topographie. On l’a vu, ses domaines d’application sont extrêmement variés, sa
précision relative sur une même zone est fiable mais la qualité de son positionnement absolu
reste malheureusement un peu flou car il y a peu d’études à ce sujet.
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