100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
352 vues34 pages

Henri IV

Transféré par

Francois CIBROT
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
352 vues34 pages

Henri IV

Transféré par

Francois CIBROT
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF ou lisez en ligne sur Scribd
HISTOIRE JUNIORS collection sous la direction dAlain Plessis Maitre-assistant a l'Université de Paris-VIll HENRI IV texte de Jean-Marie Le Guevellou illustrations de Christian Gaty Hachet Capture d'écran 79 bd Samr-we, nai 10006 Paris Henri IV L’enfant qu'il fallait 2 La France déchirée 4 Se marier et mourir? 6 La guerre des trois Henri 8 Un roi a la conquéte de son royaume 10 « Paris vaut bien une messe » 12 La France pacifiée 14 La France au temps des guerres de Religion 16 Le royaume a bout de forces 18 La poule au pot 20 La France sur les mers 22 Les complots 24 Le roi en famille 26 Au temps d’Henri IV 28 lls me tueront 30 Imprimé en France par Imprimerie HERISSEY Ne 24456 - Dépot Iégal n° 996-10-1979 - Collection n° 87 - Edition n®01 Q500 ISaN 20r2onoe Capture d'écran Fenfant qu'il fallait Le 12 décembre 1553, au chateau de Pau, le roi de Navarre, Henri d’Albret, marche de long en large dans sa chambre. |l est trés nerveux. Sa fille unique, Jeanne, est sur le point de mettie au monde un enfant. « Pourvu que ce ne soit pas une fille! » pense-t-il. D’aprés la coutume, en effet, seuls les hommes peuvent régner en Navarre. Si le bébé qui va naitre n’est pas un garcon, Henri d'Albret, qui est veuf, devra déshériter sa fille et se remarier. Le roi de Navarre est préoccupé. II décide tout de méme d’aller dormir aprés avoir ordonné qu'on I’éveille dés qu'il y aura du nouveau. A une heure du matin, un page, penché au-dessus de son lit, murmure timidement : « Sire !... Sire!... Henri d’Albret se précipite dans la chambre de sa fille. « Cest un garcon! » lui dit-on. Pleurant de joie, le roi prend son petit-fils puis, selon la coutume de la région, il lui frotte les lévres avec une gousse dail et lui fait respirer une coupe de vin. L'héritier du tréne de Navarre allait étre baptisé sous le nom d'’Henri. = Qui se serait alors douté ~ qu'il régnerait un jour sur la France? 18 décembre 1553 naissance d’Henri IV Navarre Trés ancien royaume qui s‘étendait sur le versant nord des Pyrénées et qui compre nait principalement le Béarn Page Jeune noble placé au service d'un grand seigneur. Les armes de Navarre La joie du grand-pére Fou de joie en apprenant que sa fille a eu un garcon, Henri Albret lui tend un coffret dor contenant le testament qui fait d’elle son héritiére, et, se saisissant du bébé, il s‘écrie : « Ceci est & moi. » Capture d'écran la Franee déchirée Le jeune Henri de Navarre va 6tre élevé dans le protestantisme. Cette religion nouvelle, qui se repand un peu partout en France, est trés différente du catholicisme. Par exemple, elle rejette la Vierge et les saints, refuse la hiérarchie des serviteurs de Dieu. Le protestantisme se fonde sur la seule Bible et rejette en partie les interprétations qu’en donne |'Eglise catholique. Les protestants croient en la prédestination, idée étrangére aux catholiques. Or, le roi de France est catholique, et tous ses sujets doivent avoir la méme religion que lui. C’est pourquoi il punit de mort les protestants. Ces derniers, et en particulier les nobles, forment un puissant parti pour se défendre. La France est déchirée par une véritable guerre civile. Partout ont lieu de sanglants combats, de cruels massacres. A cette guerre entre Francais s'en ajoute bient6t une autre avec les pays étrangers : les protestants appellent les Anglais a leurs secours et les catholiques font venir les Espagnols. C'est I'indépendance méme de la France qui est alors menacée. 1567 massacre des catholiques a Nimes Hiérarchie Dans Uéglise catholique, le pape nomme les évéques qui désignent les prétres. Les pro- testants préferent élire leurs «pasteurs ». Bible Livre saint comprenant l'An- cien et le Nouveau Testa- ment; ce dernier relate la vie et les paroles de Jésus-Christ. Prédestination Pour les protestants, idée que les bonnes actions de vhomme au cours de sa vie ne suffisent pas @ son rachat par Dieu. Celui-ci, pensent-ils, a fixé a Vavance le destin de Vhomme qui est donc prédestiné. Le massacre des catho- liques a Nimes, en 1567 Dans la nuit du 1* octobre, les protestants massacrent les catholiques de cette ville et les précipitent au fond des puits. C’est le signal d'un sou- lévement général des protes tants du Languedoc. Capture d'écran 24 aott 472 Saint-Barthélemy Charles Ix Cc mat 1?¢@ F Né en 1550, roi de France a dix ans en 1560, il mourut en s et mourir? Bee or coe e's * mére, Catherine de Médicis. Ces guerres de religion ne sont pas Les Guise permanentes. Tantét on se bat, tantét Puissonte famille de chefs ; ; " hie catholiques dont le plus cé- c'est la tréve et une paix provisoire. lébre fut Henri I*", dit le Bala- Au cours d'une de ces tréves fré. entre catholiques et protestants, en aodt 1572, le jeune Henri de Navarre Catherine de Médicis . + ae ‘ Femme d'Henri II et mére de se rend a Paris. Lui qui a été élevé erated ae nace Aira dans le protestantisme, il va épouser cois II, Charles 1X et Henri III. une princesse catholique, Marguerite de Valois, la sceur du roi de France, Charles IX. Ce mariage doit marquer la réconciliation entre les deux camps. Au méme moment, un des grands chefs protestants, Coligny, entré au Conseil du roi, encourage ce dernier a reprendre la guerre contre les Espagnols. Ce projet inquiéte les Guise et la reine mére, Catherine de Médicis. Une idée effroyable leur vient alors a l'esprit : tous les chefs protestants de France étant réunis a Paris pour le mariage du jeune Henri de Navarre, pourquoi Charles IX n‘ordonnerait-il pas leur mise a mort? Le faible Charles IX Catherine de Médicis Capture d'écran se laisse convaincre. Ainsi, le 24 aoit, ueaeecre rae) point Bar: . ae 3 lemy a Paris, en jour de la Saint Barthélemy, Les fetes du mariage d'Henri sur lordre du roi, trois mille protestants de Navarre avec la sceur du sont massacrés a Paris. roi se poursuivent. Mais Parmi les victimes, se trouvent Coligny Charles IX donne Vordre de = d 5 is dHenrntda N massacrer, dans sa capitale, | et de nombreux amis d'Henri de Navarre. les prostestants le 24 aott, La guerre, 4 nouveau, partout, reprend. jour de la Saint-Barthélemy. j ; 1589 mort d’'Henrilll la guerre des trois Henri Henri de Navarre devient le chef des protestants face a la Ligue qui groupe les catholiques sous |’autorité d’Henri de Guise. A la mort du roi Charles IX, en 1574, I'héritage royal est en jeu. En effet, le nouveau roi de France, Henri Ill, n’a pas de fils et, en principe, c'est Henri de Navarre, descendant de saint Louis par son pére, qui doit lui succéder. Mais la plupart des Francais refusent d’avoir un roi protestant. D’autre part, Henri de Guise, personnage ambitieux, complote contre le roi. Henri III le convoque a Blois et le fait assassiner par ses gardes. A la suite de cette exécution, Paris se révolte et nomme un autre roi de France : le cardinal de Bourbon. Cependant, les provinciaux se rallient de plus en plus nombreux a la Ligue catholique. Devant le danger grandissant qui menace l'unité de la France, Henri III se réconcilie avec Henri de Navarre. Tous deux assiégent la capitale révoltée. C'est alors qu'un moine fanatique, Jacques Clément, tente d’assassiner et blesse griévement le roi de France a Saint-Cloud. Henri III, avant de mourir, a la sagesse de reconnaitre Henri de Navarre comme son héritier. Ligue Union formée entre plusieurs personnes ou plusieurs puis- sances. Fanatique Passionné de fagon aveugle, déraisonnable, par une reli- gion, une idée... Un moine Henri II désigne Henri de seur Henri III, mourant, tient dans sa main celle d’Henri de Na- varre, agenouillé prés de lui; il désigne par ce geste aux dignitaires de la cour Uhéri- tier légitime de la couronne de France. Capture d'écran 1590 victoire d’lvry un roi ala conquéte de son royaume Henri IV remporte en 1589 un premier succés contre la Ligue 4 Arques, en Normandie. Au soir rnéme de cette victoire, il déclare devant les prisonniers catholiques : « Nous croyons tous en un méme Dieu... Ne vous scandalisez point de moi, je ne me scandalise point de vous. » Cette tolérance est trés rare a |'époque. Henri IV remporte une autre victoire importante sur les catholiques en 1590, a Ivry, prés de Chartres, et assiége Paris. Mais une armée espagnole |'oblige a se retirer. Henri IV, qui sera blessé par un coup d'arquebuse, se montre un combattant courageux et méme téméraire : il ne préte aucune attention aux balles qui sifflent a ses oreilles. Mais Paris demeure imprenable et le roi d'Espagne Philippe II veut donner le royaume de France 4a sa fille. La situation est trés grave, mais Henri IV agit alors avec beaucoup de diplomatie. Il se rend compte qu'il va lui falloir devenir catholique pour gagner son royaume et en sauver I'indépendance. 10 Philippe 11 Roi d’Espagne (1527-1598), champion du catholicisme en Europe. Il lutta de toutes ses forces contre Henri IV. Diplomatie C'est la science des relations internationales et Uart de négocier avec tact et habileté. Une arquebuse «Ralliez-vous a mon pa- nache blanc! » A Ivry, Henri IV dit 4 ses sol- dats, avant de se lancer dans la bataille: « Ralliez-vous a mon panache blanc, vous le trouverez sur le chemin de la victoire et de Vhonneur. » Le panache blanc était alors l'in signe du commandement. Capture d'écran cam “ CL An a Wha (g a 2 Paris vaut bien une messe En avril 1593, Henri IV fait donc part de son désir de négocier 4 des envoyés de Paris. Une tréve est conclue. L’archevéque de Bourges affirme la légitimité du pouvoir d'Henri IV. U'archevéque de Lyon, quant 4 lui, soutient que le roi de France doit 6tre’catholique. Henri IV met une fin 4 ce débat en annoncant sa conversion a la religion catholique. Ses amis protestants sont décus et choqués. Ils veulent qu’Henri IV demeure fidéle a sa religion. Ce dernier leur explique son choix : « Si je suivais votre avis, il n'y aurait ni roi ni royaume dans peu de temps. » Henri IV se convertit a l'abbaye de Saint-Denis ot se trouvent les tombeaux des rois de France. Traditionnellement, ceux-ci se font sacrer dans la cathédrale de Reims. Mais la ville étant encore aux mains de la Ligue, Henri IV décide que la cérémonie se déroulera dans la cathédrale de Chartres. Enfin, le 22 mars 1594, le roi de France, désormais protégé par Dieu, fait son entrée dans Paris. Son premier geste est de prononcer une amnistie générale. La joie d’Henri IV est grande. Mais il sait que bien des problémes restent a résoudre. 12 1598 conversion d’Henri IV Légitimité Ce qui est légitime, c'est a-dire reconnu par la loi (ici, la loi de succession). Sacrer Donner un caractére de chef religieux au roi de France. L'Eglise sacre les rois, Amnistie Suppression d'une punition et du fait qui en est la cause (contrairement @ la grace, autre pouvoir du roi, qui ne supprime que la punition). Les armes de Paris Henri IV renonce au pro- testantisme Dans Uabbaye de Saint-Denis, devant les plus hauts digni taires de Uéglise catholique francaise, Henri IV abjure le protestantisme et se convertit solennellement au catholi: cisme. Capture d'écran 13 avril 1598 édit de Nantes La France pacifice Lorsque le roi prend possession de Paris, les Espagnols sont toujours en France. Henri IV reprend la Bourgogne, la Picardie et écrase les Espagnols prés de Dijon en 1595. Signé le 2 mai 1598, le traité de Vervins rétablit la paix : la France est libérée de ses adversaires. Une tache difficile attend encore le roi: réconcilier les catholiques et les protestants. L’édit de Nantes, rendu par Henri IV le 13 avril 1598, répond a ce souci: les protestants peuvent exercer leur culte dans deux villes par bailliage ainsi que dans leurs chateaux; ils ont accés a tous les emplois; ils sont jugés par des tribunaux ot siégent autant de catholiques que de protestants; Henri IV les autorise a se réunir en assemblées et a tenir garnison dans une centaine de places fortes. Cela permet aux protestants de mobiliser éventuellement 25 OOO hommes alors que l’armée royale n‘en compte que 10 000. Cet édit va progressivement cicatriser les blessures morales du royaume. Mais, a la suite des guerres de Religion, la France souffre aussi de terribles blessures matérielles. 4 Edit C'est une loi qui fait connaitre une grande décision du roi 4 tous ses sujets. Bailliage La France était alors divisée en bailliages, quatre fois plus nombreux que les départe- ments actuels. Chacune de ces divisions était administrée par un juge royal appelé « bailli ». Les Espagnols Paris Les troupesespagnoles avaient profité des guerres de Reli- gion pour envahir la France et s‘installer dans de nombreuses villes. Le 22 mars 1594, elles doivent quitter Paris en sa- luant avec déférence Henri IV, leur vainqueur. quittent Capture d'écran | ; ; A ANN S ol A; A la France au temps ye ANGLETERRE Sea eTaTS ALLEMANDS FRANCE ESPAGNE Régions 0d les protestants sont nombreux ° 100 200 km led A peine achevée, I'unité du royaume est mise en grand danger. Alors qu’Henri de Navarre est encore un enfant, catholiques et protestants commencent a s’entretuer par toute la France, et leur lutte se poursuit pendant plus de trente-cing ans. Capture d'écran 16 a oe Le duc Francois de Guise s’était illustré dans les guerres contre les Espagnols et les Anglais avant de devenir le chef des catholiques. Alors qu'il venait assiéger la ville d'Orléans tenue par les protestants, il est tué d'un coup de pistolet le 24 février 1563, par un protestant, le gentilhomme Poltrot de Méré. ae ~ "| Des bandes de catholiques et de En 1591, les catholiques fanatiques protestants parcourent le pays, font pendre le conseiller Brisson et se livrent a des pillages, et tous ceux qu’ils soupconnent a des incendies, a des et a d’atroces massac: tortures d’étre favorable au nouveau roi. 1596 un nouveau réle pour Sully Le royaume a bout de for Aprés quarante années de guerres de Religion, le royaume de France est a bout de forces. Les destructions ont été effroyables : maisons incendiées, ponts détruits, routes défoncées. De nombreuses familles nobles et bourgeoises vendent leurs biens pour survivre. Les paysans sont les plus malheureux, car ce sont eux qui supportent la plus grande part des impéts. Parmi eux, les brassiers, qui ont une misérable chaumiére pour toute richesse, se louent a la journée. Leurs femmes et leurs enfants mendient ou volent pour survivre. Le sort du peuple des villes n’est guére meilleur, car les salaires ne suivent pas la hause continuelle des prix. La France est victime du chémage et de la misére. Pour entreprendre la restauration du royaume, Henri IV va choisir comme conseiller financier l'un de ses anciens compagnons d’armes, un homme capable et honnéte : Sully. 18 Brassiers On appelait ainsi les paysans pauvres qui ne possédaient pas de terre et qui travail laient comme salariés sur les terres des autres. Une charrue attelée Les travaux des champs sous HenriIV La paix rétablie, les paysans purent enfin récolter les fruits de leur travail et bénéficier de la protection du pouvoir royal. Capture d'écran 1600 a I6I0 Sully relance léconomie la poule au pot Nommé ministre en 1600 Sully prend une série de mesures destinées 4 améliorer le sort des Francais. Il réduit les impéts directs dont les plus riches, les nobles, étaient dispensés. En revanche, il augmente les impéts indirects de facon a faire des économies. En outre, Henri IV accepte que les offices deviennent héréditaires moyennant un droit annuel égal au soixantiéme de leur valeur. Sully est convaincu que « paturage et labourage » sont les deux mamelles de la France, les vraies richesses du royaume. Aussi fait-il replanter les vignes qui avaient été détruites et encourage-t-il les cultures nouvelles, comme celle du marier. Des feuilles de cet arbre se nourrissent les chenilles dont les cocons servent a fabriquer la soie. Henri IV et Sully encouragent les industries de luxe comme les draps brodés d'or, les verres, les tapisseries. Le roi souhaite que chaque Francais puisse manger de la poule au pot le dimanche. Ce réveil de l'économie améliore un peu le sort du pays et entraine une reprise du commerce. 20 Impéts directs Ces impéts frappent les per- sonnes. Le principal était la «taille », payée par les seuls paysans et bourgeois. Impéts indirects Ils portent sur les marchan- dises. La« gabelle », par exem- ple, était un impét trés impo- pulaire sur le sel Offices Le droit d’exercer des fonc- tions publiques était vendu par le roi @ certains person nages de son choix. Les juges, par exemple, étaient ainsi des « officiers », prati quement propriétaires de leur charge, ou « office ». Le paiement des impéts Cette paysanne paie a un rece veur ses impéts en belles pié- ces d'or. Ce sont les paysans qui paient alors le plus d'im p6ts, tandis que les nobles et le clergé ne versent presque rien @ VEtat. Capture d'écran = ian ae : i / j a “y y { . ° . 1608 Champlain fonde Québec la Franee sur les mers S‘inspirant des idées de Barthélemy de Laffemas, nommé en 1600 contréleur général du Commerce, Henri IV souhaite que la France exporte davantage de marchandises afin d’attirer les monnaies étrangéres. De richés bourgeois veulent associer leurs richesses pour acheter des bateaux et payer des équipages : Henri IV les encourage et leur donne le monopole du commerce en Asie. Le Charentais Samuel de Champlain explore le Canada en 1603 et obtient l'accord du roi pour y installer une colonie : il fonde la ville de Québec en 1608. C'est depuis cette 6poque que beaucoup de Canadiens parlent francais. Un fructueux commerce de peaux et de fourrures s‘établit avec le Canada, et les marins francais commencent a pécher au large des cétes de Terre-Neuve. Sully est cependant un peu décu, car les recherches d’or, notamment en Acadie, ne donnent aucun résultat. Si Henri IV reléve l'économie de la France et fortifie ainsi son autorité sur elle, il ne réussit cependant pas 4 contenter tous les Francais. 2 Monopole Privilege unique. Ceux qui avaient le monopole du com- merce en Asie étaient les seuls 4 avoir le droit d’acheter et de vendre ld-bas. Terre-Neuve Grande ile d'Amérique du Nord. Acadie Ancienne province du Canada ATLANTIQUE | de trés loin Henri IV et son ministre Sully examinent avec soin des peaux rapportées du Canada et d autres marchandises venues doutre-mer. Des marchandises arp Capture d'écran IGO2 exécution du duc de Biron les complots Les nobles, par exemple, estiment souvent qu’Henri IV les défavorise. Un climat dangereux s’établit, fait d’intrigues et de complots. D'abord, un trés haut personnage, le duc de Biron, maréchal de France et gouverneur de Bourgogne, encourage les Bourguignons a se révolter contre le roi de France. Il va méme jusqu’a s‘entendre avec le roi d'Espagne. Arrété, le duc de Biron est aussit6t exécuté. Ensuite, les comtes d’Entragues forment le projet d’assassiner le roi. Découverts, ils sont condamnés a mort. Puis, un vieux compagnon du roi, le duc de Bouillon, tente de soulever les princes protestants d’Allemagne contre Henri IV. Ce dernier s’empare de la ville de Sedan qui était alors allemande et fait preuve de clémence en graciant le duc. Mais il fait preuve de fermeté en faisant exécuter six de ses complices. Enfin, un soir de décembre 1605, un fanatique tente de poignarder Henri IV alors qu'il passe, en carrosse, sur le pont Neuf a Paris. Cet attentat est comme un dernier avertissement pour Henri IV. Le roi cherche, au milieu de sa famille, a oublier les sombres réalités de la politique. 4 Maréchal Chef des armées. Gouverneur Chef militaire d'une province. La Bourgogne L’exécution du duc de Biron en 1602 - Le duc de Biron, un ancien compagnon d’Henri IV, se jugeait mal récompensé de ses services. Il complota avec les Espagnols. Aprés lui avoir pardonné une premiere fois, le roi le fit décapiter en sa présence. Capture d'écran Fea 1. I6O0 Henri lV épouse Marie de Médicis le roi en famille Henri IV ne passe, en fait, que peu de temps avec ses ministres. Il préféré de beaucoup se distraire a la chasse, aux jeux de dés ou de cartes, organiser des bals masqués. \l a toujours trés grand plaisir a fréquenter les jolies dames de la cour. Chacun s‘accorde a souligner sa gaieté, sa bonhomie, son entrain. Sa plus grande joie, Henri IV la trouve lorsqu’il est en compagnie de ses cing jeunes enfants, que lui a donnés sa seconde femme Marie de Médicis. || aime se promener avec eux dans ses jardins, les regarder jeter du pain aux Carpes ou aux oiseaux. A l'‘ambassadeur d'Espagne qu'il recoit, alors que le dauphin est grimpé sur son dos, il demande s'il a des enfants. Et comme |l'ambassadeur répond oui, Henri IV lui déclare en souriant : « En ce cas, je peux continuer! » Dés que le roi se sépare de ses enfants, il retrouve les soucis du gouvernement de la France. En 1609, Henri IV songe méme a une autre guerre... 26 Marie de Médicis Aprés avoir fait annuler par le pape son premier mariage, Henri IV épouse, en 1600, une princesse italienne, Marie de Médicis. Aprés la mort du roi, elle deviendra régente de France. Ambassadeur Représentant d'un chef d'Etat a Vétranger. Dauphin Heritier du trone, c'est Vainé des fils du roi. La réception d'un ambas- sadeur d’Espagne L/ambassadeur d’Espagne sur- prit un jour le roi Henri IV a quatre pattes, son fils ainé, le futur Louis XIII, grimpé sur son dos, devant la reine Marie de Médicis. Capture d'écran Le gouvernement d'Henri IV encouragea la culture du mrier et I'élevage du ver a soie dans le Languedoc et la vallée du Rhone. A Lyon et a Tours des manufactures sont créées pour extraire les fils de soie des cocons et en faire des étoffes de grand luxe. y fit construire a partir de 1605 I’admirable place Royale, qu’on appelle aujourd’hui la place des Vosges. Sur la facade des somptueux hétels qui I’entourent, la pierre alterne avec la brique et les arcades du rez-de-chaussée abritent des boutiques qui attirent les promeneurs. an Capture d'écran royaux du Louvre et des Tuileries le roi décida d’édifier le long de la Seine la « Galerie du bord de l'eau ». Pour développer les voies a la Fléche, dans la Sarthe, de communication, Sully fit creuser un collége célébre, le canal de Briare, qui permet dont il confia la direction aux bateaux d’aller de la Seine aux jésuites. a la Loire par la vallée du Loing. 29 14 mai I6IO assassinat d’Henri lV ils me tueront En 1609, en effet, une affaire de succession divise les puissances européennes. Henri IV envisage alors de s’allier aux protestants d’Allemagne et d’attaquer |’empereur, cousin du roi d’Espagne et défenseur du catholicisme. Puis, l'année 1610 commence mal : la Loire déborde comme lors des hivers qui ont précédé la mort d’Henri II et celle d’Henri Ill. Les. prophéties touchant la mort du roi et les appels au tyrannicide se multiplient. «Ils me tueront! », confie un jour Henri IV a Sully. Le vendredi 14 mai 1610, aprés bien des hésitations, le roi se décide a aller voir Sully. Alors que son carrosse traverse la rue de la Ferronnerie, a Paris, Ravaillac, un fanatique, se précipite et poignarde Henri IV. Ravaillac, sans doute trés influencé par certains grands personnages, croyait sauver, par son geste, la religion catholique. La mort du roi secoue la France entiére. Henri IV, peu populaire de son vivant, le devient aprés sa disparition. Chacun reconnait qu'il a sauvé le royaume, qu’il lui a redonné la puissance et qu'il s'est montré un souverain trés humain. 30 Prophéties Prédictions d'un événement futur. On leur attachait beau- coup d’importance autrefois. Tyrannicide Assassinat d’un «tyran», c’est- @-dire d'un roi absolu et mau- vais. Des poignards L’assassinat d’Henri IV Alors quiil se rendait chez Sully, le roi vit son carrosse arrété par un embarras de voitures dans une rue étroite du vieux Paris. C'est alors qu'un catholique exalté, Ra- vaillac, se précipita sur le roi pour le poignarder. Capture d'écran | 20° Henri IV Capture d'écran HISTOIRE JUNIORS Collection dirigée par Alain Plessis Charlemagne, Jeanne d’Arc, Louis XIV... qui ne connait pas ces noms célébres? Mais savez-voys exactement a quelle 6poque ces personnages illustres ont vécu? Et qu’ont-ils fait au juste pour étre si céelébres? Les ouvrages de cette collection vous renseigneront utilement par le texte et par l'image sur les grands hommes et les grands événements qui ont fortement marqué I’Histoire de France. lls vous apprendront aussi comment les gens s'habillaient, comme ils vivaient et travaillaient aux différentes époques de cette Histoire. Vercingétorix Charlemagne Saint Louis Jeanne d’Arc Henri IV Louis XIV La Révolution Francaise Napoléon Pasteur De Gaulle

Vous aimerez peut-être aussi