Étude sur l'assistance en escale aéroportuaire
Étude sur l'assistance en escale aéroportuaire
Rapport n° 010204-01
établi par
Septembre 2015
Les auteurs attestent qu'aucun des éléments de leurs activités
passées ou présentes n'a affecté leur impartialité dans la rédaction
de ce rapport.
Fiche qualité
La mission du CGEDD qui a donné lieu à la rédaction du présent rapport a été conduite
conformément au dispositif qualité du Conseil.
Introduction...............................................................................................................6
Contexte........................................................................................................................... 6
Mission confiée au CGEDD..............................................................................................6
1. L’assistance en escale.........................................................................................8
1.1. Les fonctions de l’assistance en escale......................................................................8
1.2. Un secteur aux acteurs multiples et en constante évolution.......................................8
2. Contexte juridique..............................................................................................10
2.1. La réglementation européenne.................................................................................10
2.1.1. La réglementation actuelle.............................................................................10
2.1.2. Projet de nouvelle réglementation..................................................................11
2.2. La réglementation française.....................................................................................13
4. Aspects économiques........................................................................................24
4.1. Les principaux « handlers »:.....................................................................................24
4.2. Le marché de l’assistance en escale sur les grands aéroports français...................26
4.2.1. Les assistants présents par aéroport.............................................................26
4.2.2. Les parts de marché des assistants par aéroport...........................................28
4.3. Les tarifs d’assistance aéroportuaire........................................................................30
4.4. L’auto-assistance......................................................................................................32
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6.1.3. Les infractions aux arrêtés de police..............................................................39
6.2. Les modalités de surveillance et les outils juridiques mobilisables...........................40
6.2.1. Pour la sécurité..............................................................................................40
6.2.2. Pour la sûreté.................................................................................................43
Conclusion...............................................................................................................45
Annexes...................................................................................................................48
1. Lettre de mission................................................................................................49
3. Réglementation française..................................................................................53
3.1. Circulaire relative à la délivrance et au retrait des agréments...................................55
3.2. Annexe à l’article R. 216-1........................................................................................56
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Résumé
Les services d’assistance en escale sur les aéroports sont généralement assurés en
France par des sociétés spécialisées mais aussi par la compagnie Air France.
La réglementation française pour cette activité n’a pas évolué depuis 1998, or cette
réglementation conditionne l’exercice d’assistance en escale à l’attribution d’agréments
par aéroport et pour tous les aéroports de plus de 200 000 passagers alors que la
réglementation européenne n’est pas aussi exigeante.
Les effectifs dédiés à cette activité sont très importants : de l’ordre de 25 000
personnes auxquelles s’ajoutent environ 16 000 personnes pour le groupe Air France
et 1 000 personnes pour les autres compagnies aériennes.
Les coûts de l’assistance aéroportuaire représentent une part importante des coûts des
compagnies aériennes dans les aéroports, de l’ordre de 38€ par passager (ce montant
comprend la totalité des coûts liés à la fonction commissariat), supérieure d’environ
25 % aux coûts des redevances et taxes aéroportuaires et constituent donc un élément
significatif de la compétitivité des aéroports.
La mission a constaté qu’en 2015, la concurrence n’était pas toujours très grande sur
la plupart des aéroports. Elle s’est interrogée sur l’influence des limitations d’assistance
existantes sur les coûts de l’assistance à Orly et Roissy-CDG.
De même, elle a constaté que les assistants aéroportuaires ne commettaient pas plus
d’infractions à la sûreté que les autres sociétés travaillant en zone réservée.
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Liste hiérarchisée des recommandations Pages
Recommandations de niveau 1
La DSAC devrait rédiger une instruction aux préfets pour mettre en œuvre
les dispositions du décret du 29 juin 2012 sur les manquements à la sécurité 42
sur les aérodromes
Recommandations de niveau 2
Rendre obligatoire l’existence d’un comité des usagers sur tous les aéroports 23
de plus de 2 millions de passagers.
La DGAC ou ADP doit engager une étude sur les tarifs d’assistance des
grands aéroports européens afin de réfléchir sur l’opportunité d’une plus
32
grande ouverture du marché de l’assistance aéroportuaire sur l’aéroport de
Roissy en 2021.
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Ne pas organiser une surveillance de la sécurité des assistants sans texte de
l’AESA mais demander aux DSAC/IR de n’accorder d’agréments de 5 ans
qu’à des sociétés disposant d’une norme qualité reconnue et intégrant un
système de management de la sécurité, dans l’année pour les missions 42
d’assistance liées à la sécurité (fonctions 3,5 et 9) et recommander aux
assistants de suivre les bonnes pratiques du guide technique en préparation
par le STAC.
Recommandations de niveau 3
Faire participer les DSAC/IR aux comités des usagers des aéroports. 23
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Introduction
Contexte
Historiquement, ces services ont d’abord été pris en charge par les exploitants
d’aéroport ou les compagnies aériennes elles-mêmes. Ils ont été libéralisés en Europe
à la suite de l’adoption de la directive du 15 octobre 1996 relative à l’accès au marché
de l’assistance en escale dans les aéroports de la Communauté.
Ainsi, en France, ADP et tous les grands aéroports ne sont plus engagés dans
l’assistance puisque ADP a, en 2014, cédé au groupe 3S les parts qu’il détenait dans
sa filiale Alyzia.
À ce jour, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ne dispose pas d’un état des
lieux du marché de l’assistance en escale qui constitue pourtant une composante
importante de l’équation économique du transport aérien. Elle souhaite donc bénéficier
d’un éclairage sur ce secteur d’activité, plus particulièrement sur les aspects suivants :
poids économique, parts de marché des sociétés, emplois, législation sociale, régime
juridique et évolutions potentielles des réglementations française et européenne que ce
soit de la part de la Commission ou de l’Agence européenne de sécurité aérienne
(AESA).
Pour l’état des lieux, le périmètre de l’étude concernera les aéroports dont le trafic
annuel est supérieur au seuil de 2 millions de passagers, et auquel s’applique la
directive européenne de 1996.
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Enfin, la DGAC souhaite que soient étudiées les synergies possibles entre la
procédure de délivrance des agréments, les processus de surveillance des prestataires
concernant les questions de sécurité et de sûreté et les avis de l’inspection du travail
sur le respect du code du travail par les prestataires.
Pour mener à bien cette étude, la mission a mené des entretiens avec les différents
services de la DGAC compétents pour le domaine de l’assistance, a adressé un
questionnaire aux principales sociétés d’assistance, s’est entretenue avec certaines
compagnies aériennes concernées et avec tous les exploitants aéroportuaires de plus
de 2 millions de passagers.
Elle a reçu l’aide de Mr Bruno Verschaeve retraité de l’aviation civile pour l’exploitation
statistique des données concernant les agréments octroyés par la DGAC.
Elle s’est rendue aussi sur l’escale de Nice pour voir l’organisation concrète des
services sur un aéroport important.
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1. L’assistance en escale
Le terme « services d’assistance en escale » désigne toutes les activités au sol liées à
l’aviation, exécutées pour des compagnies aériennes dans les aéroports, et qui
constituent une fonction clé dans la chaîne de l’aviation.
Ces missions d’assistance peuvent être effectuées par les compagnies aériennes
elles-mêmes, en auto assistance, ou réalisées par des sous traitants. Elles peuvent
être résumées en 5 fonctions, elles-mêmes divisées en 11 catégories et 32 sous
catégories conformément à l’article R 216-1 du code de l’aviation civile. Elles sont
listées en annexe 3.2.
Il s’agit de :
• la fonction piste, qui comprend la manutention des bagages, les activités liées à
l’avion (nettoyage, opérations de chargement/déchargement, guidage et
assistance au stationnement, tractage, entretien en ligne, dégivrage), le
transport des passagers, des équipages et du fret entre l’avion et l’aérogare, les
communications entre l’avion et le personnel chargé des opérations piste ;
Les fonctions les plus importantes, en volume d’activité pour l’assistance, sont les
fonctions passage, piste et commissariat avion.
1.2. Un secteur aux acteurs multiples et en constante évolution
Le domaine de l’assistance aéroportuaire est en constante évolution à double titre :
• D’une part parce que les sociétés d’assistance ont des contrats à durées
limitées avec les compagnies aériennes et qu’elles sont soumises de la part de
ces dernières à des nouveaux appels d’offres tous les 3 ans, cette durée ayant
1
L’assistance, commissariat, ne prend pas en compte le coût des produits alimentaires.
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tendance à augmenter à 4 ou 5 ans, ce qui signifie qu’en moyenne 25 % à
30 % des contrats sont remis en cause chaque année.
• D’autre part parce que les opérations d’assistance ont de faibles marges
financières et sont fragiles économiquement, ce qui engendre de nombreuses
faillites ou rachats de sociétés par des groupes internationaux.
Ainsi, depuis 2010 les changements de sociétés sur le marché français ont été
nombreux :
• les filiales Servisair Escales (FR), Servisair Cargo (FR), Servisair Assistance
Piste Orly (FR), détenues par la compagnie Servisair SAS, elle-même détenue
à 100 % par Derichebourg SA ont été déclarées en liquidation judiciaire en
2013 et Servisair SAS a été cédée par Derichebourg à Swissport en décembre
2013 ;
• WFS, ancienne filiale de Vinci et propriété depuis 2007 du fonds LBO France, a
été rachetée en avril 2015 par le fonds d’investissement américain Platinum
Equity.
Le secteur est aussi très morcelé, les sociétés titulaires d’un contrat faisant souvent
appel à la sous-traitance. Certaines sociétés effectuent des missions sur un aéroport et
réalisent ces mêmes missions en sous-traitance d’un autre prestataire sur un autre
aéroport. Cette politique de sous-traitance est également pratiquée par Air France,
titulaire d’un agrément d’assistance, pour une partie de ses missions d’auto assistance.
Enfin, les grands groupes présents sur les aéroports ont souvent des filiales par
aéroport, pour pouvoir se séparer d’une activité sur un aéroport sans mettre en péril
l’équilibre du groupe et même plusieurs filiales avec des noms différents sur un même
aéroport pour chaque activité exercée.
Par exemple, la société WFS comptes 11 filiales sur l’aéroport de Roissy, et la société
Servair, 7.
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2. Contexte juridique
Cette directive s’applique, depuis le 1er janvier 2001, aux aéroports qui enregistrent
plus de 2 millions de passagers ou plus de 50 000 tonnes de fret.
- la liberté d’auto-assistance :
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enfin, il est consulté une fois par an concernant les prix des services qui ont fait l'objet
d'une dérogation ;
- les agréments :
les États membres peuvent subordonner l'activité d'un prestataire de services ou d'un
usager se livrant à l'auto-assistance sur un aéroport à l'obtention d'un agrément
délivré par une autorité publique indépendante de l'entité gestionnaire de cet aéroport.
Les critères d'octroi de cet agrément doivent se référer à une situation financière saine
et à une couverture d'assurance suffisante, à la sûreté ou à la sécurité des
installations, des aéronefs, des équipements ou des personnes, ainsi qu'à la
protection de l'environnement et au respect de la législation sociale pertinente.
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services d’assistance en escale et des compagnies aériennes pratiquant l’auto-
assistance pour l’utilisation des infrastructures centralisées.
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les prestataires et les usagers pratiquant l’auto-assistance devraient être tenus
de faire rapport sur les performances de leurs services d’assistance en escale.
• Décret n°98-7 du 5 janvier 1998 modifiant le code de l’aviation civile (2e partie)
et relatif aux services d'assistance en escale dans les aérodromes :modification
des articles R 216-1 à R 216-16.
2
European aviation safety agency, opinion n° 01/2015 « European Commission policy initiative on
aviation safety and a possible revision of Regulation (EC) n° 216/2008 », mars 2015.
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• Décret n° 2009-551 du 19 mai 2009 relatif aux comités des usagers des
services d'assistance en escale institués sur certains aérodromes
• le code de l’aviation civile prévoit que, dans les aérodromes de plus de 200 000
passagers ou 20 000 tonnes de fret, l’activité d’un prestataire de services
d’assistance en escale de même que celle de ses sous-traitants, est
subordonnée à l’obtention d’un agrément. Les seuils indiqués dans la
législation européenne concernant les agréments sont fixés respectivement à 2
000 000 de passagers ou 50 000 tonnes de fret. Sur ce point la législation
française va donc au-delà de ce qui est prévu par la directive européenne en
vigueur ; la France a en outre fait le choix d’imposer des agréments par
aéroport, ce qui multiplie les agréments nécessaires pour une société présente
sur plusieurs aéroports.
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3. Les agréments, les limitations de service et les comités des usagers
Les agréments sont octroyés par le préfet pour une durée de 5 ans renouvelable pour
tous les opérateurs, donneurs d’ordre ou sous-traitants sur proposition des directions
de la sécurité de l’aviation civile interrégionales (DSAC/IR) qui effectuent une étude
administrative des dossiers de demande pour tous ces aéroports.
Les aspects sécurité ne sont généralement pas pris en compte par les DSAC/IR dans
leur procédure d’instruction En DSAC/Nord , une réflexion est en cours pour prendre
en compte lors de la délivrance et le suivi des agréments ces questions de sécurité et
plus particulièrement les constats de manquement effectués par la GTA.
3
Organisme de sécurité de l’aviation civile chargé des agréments et du suivi de la maintenance des
aéronefs
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d'agrément relative à la maintenance en ligne) et de sûreté (usage de badges d’une
autre entreprise). L’entreprise a été convoquée et invitée à prendre les mesures
correctives qui s’imposent avant que ne soit lancée la procédure de suspension de
l’instruction de sa demande d’agrément. La société a régularisé sa situation qui a été
confirmée par la GTA.
Les DSAC /Ouest et Sud/Est prennent aussi en compte ces éléments mais dans une
moindre mesure que la DSAC/N.
À notre connaissance très peu d’agréments sont refusés, mais le délai d’instruction
peut être long compte tenu de l’avis négatif ou réservé de l’inspection du travail, ou du
délai de mise en conformité avec les conditions de sécurité, sûreté. Les DSAC/IR
interrogées par la mission n’ont pas retrouvé de cas de refus de délivrance d’agrément
mais un rapport de l’Inspection générale de l’aviation civile et de la météorologie
(IGACEM) en date de janvier 2003 sur l’assistance aéroportuaire fait état d’un refus
d’agrément à Bordeaux, suite à un avis de l’inspection du travail, sans préciser la date
de ce refus.
Les avis de l’inspection du travail ne sont pas toujours motivés d’après certaines
DSAC/IR et d’après la mission droit du travail (Mdt) de la DTA. Fin 2012, un prestataire
de service, ayant obtenu après appel d’offre un contrat d’assistance auprès d’une
compagnie aérienne, s’est vu refuser la délivrance d’un agrément pour cette activité
suite à un avis négatif de l’inspection du travail, concernant des modalités de transfert
de personnel, et alors même que les deux parties (entreprises sortante et entrante)
avaient conclu un arrangement sur ce point. La position de l’inspection du travail
(proposition de répartir les salariés entre l’ancienne et la nouvelle activité, au prorata
de leur temps de travail), bien que non opérationnelle, a entravé la procédure de
transfert du personnel, obligeant le prestataire à mener une action en justice pour
débloquer la situation (le tribunal de grande instance réfutera l’argumentation de
l’inspection du travail).
Sur cette collaboration avec l’inspection du travail, des progrès ont cependant été
constatés d’après la DSAC/N, mais certaines DSAC/IR ne reçoivent pas toujours de
réponse à leurs demandes d’avis.
Ceci est regrettable, car la principale justification de l’agrément est de vérifier qu’une
entreprise respecte le droit du travail français.
Les DSAC/IR ont des difficultés à traiter les demandes de nouvelles sociétés, car elles
ne sont pas connues des services. Il n’est en effet pas possible de refuser l’octroi d’un
agrément à une société au seul motif qu’elle n’a pas d’expérience sur la plate-forme.
Les services de l’État sont donc conduits à délivrer un agrément à ces entreprises,
sans disposer des éléments nécessaires pour juger de leur qualité ce pour une durée
de 5 ans, comme prévu par la législation.
Cette durée de 5 ans n’apparaît donc pas toujours pertinente pour les nouvelles
sociétés et devrait être réduite pour ces dernières. Ainsi, un agrément provisoire
délivré pour une durée d’un an permettrait aux services de l’État d’évaluer a posteriori
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la conformité de l’entreprise à la législation française, sans bloquer son entrée sur le
marché.
1. Définir une procédure d’agrément provisoire d’un an pour les nouvelles sociétés.
En cas de carence persistante, à l'expiration d'un délai de trois mois suivant la mise en
demeure, le préfet suspend l'agrément pour une durée maximale de six mois.
Préalablement à cette suspension, l'intéressé est mis en mesure de présenter ses
observations.
En cas de risque grave pour la sécurité ou à la sûreté des aéronefs, des personnes et
des biens, l'agrément peut faire l'objet d'une suspension immédiate pour une durée
maximale de six mois.
Dans les faits, aucun retrait d’agrément n’a été recensé par la mission dans les
services régionaux de la DSAC, mais des menaces de retrait d’agréments ont été
adressées à certains prestataires, généralement, pour des motifs de droit du travail.
Le très faible usage qui est fait du pouvoir de retirer un agrément est regretté par
certains assistants qui estiment, par exemple, que la DGAC aurait dû retirer l’agrément
de la société MAP, lorsqu’il était connu que cette société ne payait plus ses charges
sociales, en particulier ses cotisations Urssaf. Ils estiment par ailleurs, qu’en cas de
retrait d’agrément d’une entreprise, les sociétés présentes sur la plate-forme peuvent
généralement remplacer rapidement l’assistant défaillant.
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groupes étrangers, ainsi qu’une harmonisation nationale des modalités d’intervention
de l’inspection du travail dans le cadre de la délivrance / retrait des agréments. La
FNAM se montre également favorable à la mise en place d’une cellule de coordination
interministérielle sur le respect des normes sociales et fiscales par les compagnies
étrangères (proposition 6 du rapport Le Roux4).
L’exemple du dossier « Nayak » est, sur ce sujet, assez édifiant. Cette entreprise,
italienne et filiale du groupe allemand du même nom, qui assure la maintenance des
avions d’Easyjet, notamment à Orly et Roissy, a été condamnée en 2014 par le tribunal
correctionnel de Bobigny pour infraction à la législation du travail (non respect des
règles de durée de travail et de repos hebdomadaire). Elle n’a pourtant fait l’objet
d’aucune procédure de retrait d’agrément. En cas de non respect par un prestataire
détenteur d’un agrément de ses engagements en termes social, fiscal ou en matière de
sécurité/sûreté, la mission estime que, outre un retrait total d’agrément, l’administration
devrait, après avoir demandé la convocation du comité des usagers, envisager :
- de refuser à cette société la délivrance d’un nouvel agrément à des fins d’extension
de ses activités ;
en mai 2015, 1 386 agréments attribués par les DSAC/IR sur la période 2010-2015
étaient valides, dont 944 sur les aéroports de plus de 2 millions de passagers ce qui
représente 68 % des agréments accordés.
Un tiers des agréments a donc été délivré sur des aéroports dont le trafic est compris
entre 200 000 et 2 millions de passagers. On notera par ailleurs que les 12
aérodromes qui enregistrent chacun plus de 2 millions de passagers par an,
comptabilisent 89 % du trafic total de passagers en France.
4
Rapport du groupe de travail sur la compétitivité du transport aérien français, présidé par Bruno Le
Roux, député de Seine-Saint-Denis (2014).
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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3. Fixer à 2 millions de passagers par an le seuil pour la délivrance d’agrément.
Avec 287 sociétés et filiales de sociétés présentes sur les aéroports de plus de 2
millions de passagers et 944 agréments, ce sont en moyenne 3,3 agréments qui sont
attribués par société au niveau national (un maximum de 8 agréments a été enregistré
pour la société Nayak et de 9 France Handling).
Le fait de prévoir des agréments pour chaque aéroport conduit les services de l’État à
multiplier les enquêtes lors de l’examen des dossiers de demande d’agrément.
S’il était décidé une procédure d’agrément nationale pour les seuls aéroports de plus
de 2 millions de passagers, 287 agréments au lieu de 1386 auraient été délivrés et
l’économie de charge de travail pour l’administration aurait été de l’ordre de 1,6 ETP
dont 0,8 ETP pour la DGAC et autant pour les services de la direction du travail.
C’est pourquoi la mission propose que les DSAC/IR s’organisent pour se partager les
agréments à suivre au niveau national comme ils l’ont fait pour la sûreté (suivi des
dossiers des chargeurs connus) et que ne soit délivré qu’ un seul agrément au niveau
national pour une société d’assistance afin de limiter le nombre d’agréments non
utilisés. Il pourrait être par exemple envisagé que la DSAC/IR chef de file (responsable
de la délivrance) soit désignée par rapport à l’aéroport sur lequel le prestataire a le plus
d’activité ou par rapport à la localisation du siège de l'établissement en France.
L'agrément national devrait néanmoins lister les escales sur lesquelles le prestataire
peut intervenir, et prévoir la suspension au bout d'un an en cas d'absence de
prestation. Pour ce faire, la mise en place d'une base de données commune
permettant un partage d'informations en temps réel entre les DSAC/IR apparaît
essentielle.
Il serait aussi nécessaire dans ce cas que la DSAC étudie avec la direction du travail
comment les inspections régionales pourraient se répartir le traitement des dossiers.
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4. Établir une procédure d’agrément au niveau national et non par aéroport et répartir
les dossiers d’agrément des assistants en escale de façon équilibrée entre les
DSAC/IR et étudier la mise en œuvre de cette procédure avec la direction du
travail.
La mission pense qu’un ajout d’activité nécessite une nouvelle étude complète de la
situation du demandeur mais que les DSAC/IR devraient s’organiser pour accepter les
dépôts de dossiers par messagerie électronique.
5. La DGAC doit s’organiser pour accepter les dépôts de dossiers d’agrément par
messagerie électronique et les mettre en réseau entre les DSAC/IR et la DTA.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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3.4. La limitation du nombre de prestataires sur certains aéroports
Sur tous les aéroports de plus de 2 millions de passagers, le ministre peut limiter, à la
demande de l’exploitant le nombre de prestataires pour certaines fonctions
d’assistance comme les services bagages, les opérations en piste, le carburant et
huile, le transport du fret de la poste. Ces limitations sont instaurées pour des raisons
de contraintes en matière d’espace ou de questions de sécurité / sûreté, et le nombre
de prestataires ne peut pas être inférieur à deux par service.
Le choix des prestataires autorisés à effectuer ses missions est réalisé via un appel
d’offre. L’exploitant aéroportuaire est en charge de cette procédure sauf lorsqu’il est
impliqué en direct ou par l’intermédiaire d’une filiale dans l'assistance en escale. Dans
ce dernier cas, l’appel d’offre est organisé par le Ministre ou, par délégation, la DTA
pour les aéroports d’Orly et de Roissy-Charles de Gaulle, ou les Préfets pour les autres
aéroports.
Les critères de l’appel d’offre sont essentiellement des critères d’ordre social, sécurité
et sûreté. Les sociétés retenues se voient attribuer une licence qui les autorise à
exploiter les services limités. Cela leur confère un avantage commercial très important
puisqu’une compagnie aérienne préfère souvent passer un contrat avec une société
pouvant rendre tous les services.
Il est par ailleurs prévu que les compagnies aériennes donnent un avis sur les
attributions de licences, mais l'autorité adjudicatrice de la procédure de sélection n’est
pas tenue de se conformer à cet avis.
Le choix des attributaires de licence n’est pas aisé pour les aéroports ou les autorités
et il est souvent contesté par les candidats non retenus. En effet, certains assistants
estiment que l’aéroport ne peut pas choisir les assistants autorisés à exercer sur la
plate-forme et que les compagnies, qui paient les services d’assistance, devraient
réaliser elle-même cette sélection.
La mission considère pour sa part que les compagnies, si elles connaissent mieux les
coûts des assistants que les gestionnaires d’aéroports, ne disposent pas des éléments
nécessaires pour sélectionner des assistants sur la base de critères régaliens, comme
le prévoit la réglementation.
Les aéroports français sur lesquels ces licences existent pour l’assistance bagages et
piste sont :
3 assistants (Air France, Alyzia (Groupe 3S) et Europe Handling) pour CDG 1, 2 et 3,
pour les services d’assistance bagages (service 3), le transport des bagages entre
l’avion et l‘aérogare (service 5.4), le chargement et déchargement de l’avion (service
5.4) et le déplacement de l’avion (service 5.6).
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3 assistants pour Orly Ouest (Air France, Alyzia/Groupe 3S, Europe Handling) et 3
assistants pour Orly Sud (Alyzia (Groupe 3S), Europe Handling, Orly Flight Service
(groupe WFS), pour les mêmes prestations qu’à Roissy.
4 assistants (Air France, Aviapartner, Menzies, GEH) pour les mêmes prestations qu’à
Paris.
En Europe, la situation est variable selon les pays : il n’existe pas de limitation à
Londres, Amsterdam, en Italie et en Scandinavie. De fortes restrictions existent en
Allemagne où seul un prestataire est autorisé, en plus de l’aéroport. En Espagne et au
Portugal, trois prestataires sont autorisés.
Pour le carburant, il existe aussi parfois des limitations d’une autre nature portant sur
les infrastructures lorsque l’exploitant estime qu’il est nécessaire de n’avoir qu’un seul
gestionnaire de dépôt pour des raisons de place ou de coût. Par exemple, à Bâle
Mulhouse, l’arrêté 25 juillet 2013 confie la gestion des infrastructures centralisées à
l’Aéroport de Bâle Mulhouse pour n’avoir qu’un dépôt de carburant à compter du 1
janvier 2016 au lieu de 2 (SASCA et ESSO) et à Lyon l’arrêté du 2 décembre 2011
confie la gestion des infrastructures centralisées à Aéroport de Lyon.
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dispositif de permanence des services d’assistance en escale, lequel est arrêté
conformément à l’article R. 216-11 du code de l’aviation civile. »
L’article R 216-11 du code de l’aviation civile précise par ailleurs que l’organisation de
la permanence des services doit être présentée au comité des usagers.
La mission estime que le comité des usagers est utile sur les grands aéroports pour
émettre un avis sur l'organisation de la permanence des services, sur le retrait des
agréments ou tout simplement pour présenter la situation de l’assistance sur l’aéroport
et qu’il convient de respecter la réglementation européenne
6. Rendre obligatoire l’existence d’un comité des usagers sur tous les aéroports de
plus de 2 millions de passagers.
7. Faire participer les DSAC/IR aux comités des usagers des aéroports.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 23/73
4. Aspects économiques
• les assistants complets qui font toutes les principales missions de l’assistance 1
à 6 et 9 et qui appartiennent à des groupes internationaux
Au nombre de 10, ils génèrent en France un chiffre d’affaires consolidé lié à
l’assistance de l’ordre de 800 M€ et emploient chacun plusieurs milliers de
personnes pour un total supérieur à 11 000 personnes. Pour 8 d’entre eux, la
France représente le marché le plus important ;
• les simples assistants, très peu capitalisés et très nombreux avec des effectifs
variant entre 100 et 1 000 personnes. La mission a obtenu quelques
informations sur les entreprises Avico, Transdev, City One et GH Team ;
• les sociétés de commissariat qui, comme les assistants complets, ont des
chiffres d’affaires très importants et des effectifs conséquents. Le 1er groupe
mondial, LSG (filiale de Lufthansa), n’est pas présent en France et le 2e, Gate
Gourmet, n’est présent qu’à l’aéroport de Bâle Mulhouse. Les 3e et 4e sociétés
mondiale de commissariat, Servair et Newrest, ont leur principal marché en
France et y emploient 8 420 personnes. Le chiffre d’affaires des sociétés de
commissariat prend en compte le coût des produits alimentaires, qui ne
devraient cependant pas être inclus dans le calcul des coûts de l’assistance.
mais la mission n’a pas pu les déduire par manque de connaissance du
montant de ces coûts.
Fonds d'investissement
WFS France 7,5 127 nc 1 800
Platinum Equity (USA)
Groupe Europe France Groupe CRIT (FR) 0,08 166 1,9 1 792
Handling (GEH)
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
24/73
Type Capital CA M€ Résultats M€
Société Siège Actionnariat Effectifs
assistance M€ 2014 2014
Royaume-
Menzies John Menzies (GB) 0,001 5 - 0,23 90
Uni
ONET airport
France Mme Reinier 75% nc 60 nc 1 000
services
Réunion Air
France Air Austral 40% 0,45 10 0,13 220
Assistance (RAA)
** Ont été retenus comme assistant complets les sociétés qui ont en direct les principales
missions d’assistance au moins sur un grand aéroport.
5
Les chiffres d’affaires de Swissport France, City One, Transdev, GH Team ont été estimés à partir des
effectifs en prenant un ratio moyen de 90 000 € par personne.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 25/73
aéroports de plus de 2 millions de passagers 6 en France est de l’ordre 2 Milliards € et
leurs effectifs, de l’ordre de 25 000 personnes en période de pointe .
La mission a eu beaucoup de difficultés a obtenir des statistiques financières et
d’activité des sociétés d’assistance. Elle n’a pas toujours pu obtenir le résultat financier
des sociétés mais les sociétés ayant communiqué leurs résultats financiers ont des
faibles marges.
Elle a constaté que ces éléments n’étaient pas connus de la DGAC qui autorise
l’activité des assistants par la procédure d’agrément. Certains gestionnaires
d’aéroports reconnaissent rencontrer les mêmes difficultés d’information dès lors que
les prestataires disposent de leur agrément. Ils ne parviennent même pas à savoir
quels sont leurs sous-traitants
C’est pourquoi la mission propose que la DGAC conditionne la délivrance d’un
agrément d’assistance à une société si cette dernière s’engage à fournir, à la demande
de l’administration des statistiques telles que le chiffre d’affaires, le résultat net,
l’effectif et la nature des activités exercées et la liste des sous-traitants.
Les principaux assistants complets présents sur les aéroports de métropole sont :
6
Seuls 4 aéroports métropolitains de moins de 2 millions de passagers, représentant 3 % du trafic ne
font pas l’assistance eux mêmes
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
26/73
• GEH, est présent à Paris, et débute une activité à Nice
• WFS, est présent à Paris en tant qu’assistant complet et réalise des missions
fret en province
On constate donc que le marché des assistants complets, en plus d’Air France ou d’Air
Caraïbes pour la Guadeloupe, se limite à Roissy à deux prestataires indépendants de
la principale compagnie aérienne, à deux ou trois prestataires à Orly selon le terminal,
à trois prestataires à Nice, deux prestataires à Toulouse et Marseille et à un prestataire
sur les autres aéroports régionaux.
7
Swissport et Gate Gourmet sont sur la partie suisse de l’aéroport mais leurs activités à Bâle-Mulhouse
ont cependant été comptées en France
8
Voir le détail des prestataires par aéroport à l’annexe 4.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 27/73
• le concessionnaire communique ces éléments au ministre chargé de l’aviation
civile, sur demande de celui-ci ».
Les éléments ainsi transmis permettraient d’alimenter une synthèse annuelle qui serait
présentée au comité des usagers.
Pour calculer les parts de marché par aéroport, la mission a identifié les assistants
complets ou presque complets (il manque parfois une mission d’assistance parmi les 7
principales) et a calculé la part de trafic qu’ils assistaient au prorata du trafic passagers
en 20159, sauf à Nice où le calcul a été fait au prorata des mouvements.
• Pour Roissy : Air France 63 % (dont 10 % pour les tiers), GEH 21 %, Alyzia
(3S) 16 %;
• Pour Orly : Air France 39 % (dont 2 % pour les tiers), GEH 27 %, Alyzia (3S)
19 %; WFS 15 %;
• Pour Marseille : Aviapartner 54%, Air France 39% (dont 6% pour les tiers),
Alyzia 8 (Groupe 3S) 7%;
• Pour Lyon : Aviapartner 66 %, Air France 34 % (dont 0,5 % pour les tiers) ;
• Pour Bâle Mulhouse : Swissport 95 %, Air France 5 % (dont 0% pour les tiers) ;
• Pour Nantes : Aviapartner 60%, Air France 40% (dont 0% pour les tiers) ;
9
A Nice et à Marseille, les parts de marché ont été calculées à partir des données du trafic de l’été 2015
du fait d’Air Corsica qui a changé de prestataire en juillet sur ces deux plate-formes.
10
GEH assiste Air Corsica à Nice à compter du 1er juillet 2015
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
28/73
• Pour Bordeaux : Aviapartner 54%, Air France 45% (dont 0%, pour les tiers ), 3S
1%;
• Pour La Réunion : Réunion Air Assistance 66%, Air France 34% (dont 17%
pour les tiers (surtout Air Mauritius) ;
• Pour la Guadeloupe : Air France 35% (dont 2% tiers), Air Caraïbes 34% (dont
1% tiers), Samsic 31% (surtout Corsair).
Sur les aéroports parisiens, la concurrence est faible à Roissy avec 2 assistants
indépendants (GEH et Alyzia : 79 % du marché), hors auto-assistance d’Air France, et
plus importante sur Orly sud avec 3 assistants indépendants (GEH, Alyzia, WFS) ayant
95 % du marché hors auto-assistance d’Air France.
La situation était différente en 2014 puisque la société MAP était présente sur tous les
grands aéroports de province.
La faillite de MAP fin 2014 et sa reprise par Aviapartner a conduit à une situation de
monopole de cette dernière société sur une grande partie des principaux aéroports de
Province.
Les récentes évolutions des marchés de l’assistance sur les aéroports de Nice et de
Marseille avec la reprise des contrats d’Air Corsica, respectivement par GEH et Alyzia
depuis le 1er juillet 2015, donnent néanmoins à penser que l’ouverture à la concurrence
s’opère de manière graduelle sur les plus grands aéroports.
Au niveau national, cela donne les parts de marché suivantes par assistant :
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 29/73
Assistant part de marché nationale
Air France auto assistance 41%
Air France tiers 5%
Aviapartner 15%
GEH 15%
Alyzia 11%
WFS 3%
Menzies 2%
Autres 8%
Total 100%
L’assistance d’Air France pour les tiers est généralement très limitée (5 % en
moyenne), car la compagnie assiste principalement les compagnies membres du
groupe Skyteam, sauf à Roissy où elle assiste aussi des compagnies non membres de
cette alliance (Roissy, terminal 1).
Son rôle se limite alors souvent à coordonner les activités d’assistance en piste avec
du personnel de sous-traitance pour les tâches d’exécution. Il est à noter que même à
Roissy, la part de marché de l’assistance d’Air France pour les tiers est secondaire
puisqu’elle ne dépasse pas 10 %.
Pour les autres aéroports, la part de marché d’Air France en termes de prestations de
services pour des compagnies tierces est très faible (2 % environ en moyenne) sauf à
La Réunion où elle est de 17 %, Air France assistant la compagnie Air Mauritius sur cet
aéroport
4.3. Les tarifs d’assistance aéroportuaire
Les tarifs d’assistance aéroportuaire sont négociés entre les compagnies aériennes et
les sociétés d’assistance et relèvent donc du secret commercial. Ils sont fonction du
type d’avion et des services demandés par la compagnie et la mission n’a pas réussi à
obtenir les coûts d’une touchée avion sur les aéroports.
Ces facteurs expliquent probablement le différentiel de coût (que la mission n’a pas pu
vérifier) entre les aéroports parisiens et ceux de province, mais il est probable que la
limitation du nombre de prestataires à Roissy ne favorise pas la concurrence et
contribue ainsi aux coûts élevés des plate-formes parisiennes.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
30/73
implantées sur les aéroports parisiens sont très peu présentes en province et leur part
de marché y est faible, du fait de leur structure de coûts, adaptée au marché parisien.
À Orly, 3 prestataires sont autorisés par aérogare (Air France n’est présente qu’à Orly
ouest). À Nice, 4 licences d’assistant en escale ont été attribuées.
Ainsi, il apparaît que la concurrence est faible sur l’aéroport de Roissy alors que
l’activité y est beaucoup plus importante (1er aéroport de France en termes de
passagers) que sur les autres aéroports.
Par ailleurs, les récents appels d’offre d’attribution de licences sur les aéroports
parisiens ont privilégié les aspects sociaux des dossiers des entreprises candidates,
favorisant ainsi la reconduction des sociétés précédemment détentrices de licences.
Réglementairement, le marché de l’assistance s’avère beaucoup plus fermé à Paris
qu’en province, ce qui impacte les tarifs de l’assistance.
Concernant les tarifs d’assistance pratiqués sur les grands aéroports européens,
certains interlocuteurs ont indiqué que les tarifs de l’assistance à Roissy seraient
d’environ 30 % supérieurs à ceux des aéroports européens pour lesquels les
limitations n’existent pas (Amsterdam, Londres, Italie).
En effet, les coûts de l’assistance aéroportuaire sont plus importants pour les
compagnies aériennes que ceux des redevances aéronautiques (taxe aéroport
comprise). La mission a comparé de manière sommaire ces deux postes de coûts à
partir des éléments réunis dans le cadre de l’étude et des résultats financiers des
principaux aéroports. Il ressort de cette analyse que :
• le montant des charges d’assistance pour 2014 est de l’ordre de 38€ par
passager en prenant en compte des coûts d’assistance de 2 Milliards € (y
compris l’ensemble des coûts liés au commissariat) auxquels s’ajoutent des
coûts d’auto-assistance et d’assistance pour le compte de tiers à Air France,
estimés à 1,25 Milliard €11. Ce montant de 38€ est réduit à 23€ par passager si
les coûts liés au commissariat ne sont pas pris en compte.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 31/73
Roissy et qu’il convient d’engager une étude comparative des prix de l’assistance
aéroportuaire sur les grands aéroports européens pour envisager ou pas une plus
grande ouverture à la concurrence du marché de l’assistance aéroportuaire à Roissy
en 202112.
[Link] DGAC ou ADP doit engager une étude sur les tarifs d’assistance des grands
aéroports européens afin de réfléchir sur l’opportunité d’une plus grande ouverture
du marché de l’assistance aéroportuaire sur l’aéroport de Roissy en 2021.
4.4. L’auto-assistance
Les compagnies aériennes recourent de plus en plus à des prestataires externes pour
assurer leurs services d’assistance aéroportuaire.
Sur les aéroports de moins d’un million de passagers, les missions d’assistance sont,
dans la pratique, presque toujours assurées par les aéroports ou par une de leur filiale.
Les compagnies aériennes ou les sociétés spécialisées ne réalisent pas ce type de
prestations, car les aéroports, disposant de personnel polyvalent assurant d’autres
tâches que l’assistance, peuvent proposer des coûts plus faibles que les transporteurs
ou les assistants.
De plus ces activités sont généralement déficitaires, les compagnies aériennes fixant le
prix du marché et les aéroports cherchant à conserver leurs clients.
[Link]é d’auto-assistance pour tous les aéroports et pas seulement au-dessus d’1
million de passagers.
Air France a une activité importante d’auto-assistance sur tous les grands aéroports
français, alors que les autres compagnies françaises et la plupart des compagnies
aériennes européennes ont fait le choix de sous-traiter totalement cette activité.
Elle assure son auto-assistance surtout avec son personnel, mais aussi avec de
nombreux sous traitants (Onet Airport Service (H Reinier), 3S, GSF pour son
assistance piste et bagages) à Roissy, Orly, Nice, Lyon, Toulouse, Bordeaux et
Nantes. La stratégie de la compagnie, compte tenu de ses coûts élevés 13 est de se
désengager de l’assistance et de ne garder, à terme, que du personnel pour l’activité
passages, pour des raisons commerciales.
12
Les licences des plate-formes parisiennes ont été attribuées en 2014 après un appel d’offre de la
DGAC jusqu’en 2021.
13
Le rapport de branche de la CNTA-PS met en évidence un coût horaire des salaires du personnel sol
des compagnies aériennes de 32 €, contre un coût horaire inférieur de 29 % soit 23 € du personnel
des sociétés d’assistance en escale (source DTA/MDT)
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
32/73
Elle dispose cependant d’un personnel important sur tous les aéroports français pour
effectuer ces tâches (16 667 personnes recensées à partir des badges sûreté sur 12
aéroports arrondies à 16 000).
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 33/73
5. Les aspects sociaux
Roissy-CDG 12 681
Orly 4 019
Nice 1 791
Marseille 1 811
Lyon 1 495
Toulouse 639
Bâle-Mulhouse 723
Bordeaux 399
Nantes 477
Beauvais 302
Réunion 400
Guadeloupe 374
Total 25 113
Cet effectif ne prend en compte que les 12 principaux aéroports français, mais il peut
être comparé à l’effectif des principaux assistants sur ces aéroports estimés à 25 000
personnes à partir des effectifs des sociétés au paragraphe 4.1.
Il est probablement un peu supérieur à la réalité car il peut prendre en compte sur les
aéroports le personnel de sociétés d’assistance ne faisant pas d’assistance. Des
sociétés spécialisées dans le fret ou le nettoyage notamment assurent des tâches
d’assistance mais aussi des tâches non liées à l’assistance.
À ce total doit être ajouté le personnel des compagnies aériennes affecté aux activités
d’assistance, principalement Air France (16 600 personnes dont 10 139 agents à
Roissy). L’effectif d’Air France sur les 12 principaux aéroports a été arrondi à 16 000
pour tenir compte de la saisonnalité du trafic et ce chiffre peut être comparé au chiffre
de 17 000 personnes cité par le rapport de l’IGACEM en 2003.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
34/73
Le personnel d’assistance des compagnies autres qu’Air France (Corsair, American
Airlines, Héli Air Monaco, Lufthansa, Cathay Pacific, British Airways, Air Caraïbes )
s’élève à un peu plus de 1 000 personnes.
elle règle les rapports entre les employeurs et le personnel au sol salarié des
entreprises et établissements dont l'activité relève des industries du transport aérien
énumérées ci-après :
Les effectifs régis par la CCNTA-PS sont d’environ 16 000 salariés, hors personnel
d’Air France.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 35/73
une convention collective « moins disante » au titre de leur activité principale. Cette
situation peut induire des distorsions de concurrence puisque pour une prestation
comparable, les entreprises n’appliquent pas les mêmes structures de coûts puisque
les salaires sous convention CCRMNA sont environ 10 % plus élevés que sous
convention CCNTA-PS.
Ainsi, une réflexion pourrait être menée par l’ensemble des parties prenantes
concernant la recherche de convergence entre les différentes conventions collectives.
Néanmoins, si un alignement devait s’opérer sur la convention collective la plus
avantageuse, la mission a estimé que le coût d’une telle homogénéisation serait de
l’ordre de 100 millions d’euros. Ce coût paraît difficilement supportable et acceptable
par les prestataires d’assistance en escale. En outre, une telle convergence devrait
être examinée au regard des principes du droit du travail s’appliquant aux entreprises
exerçant plusieurs activités.
Par ailleurs, il conviendrait que les services de l’État, outre lors de la délivrance de
l’agrément, procèdent à un contrôle a posteriori de la convention collective, permettant
ainsi de s’assurer de sa bonne application.
Lorsque ces conditions ne sont pas remplies, les accords de branche s’appliquent, à
partir du moment où ils comprennent des dispositions sur le transfert de personnel, ce
qui est le cas des deux conventions collectives CCNTA-PS et CCRMNA.
Dans les faits, les modalités de transferts de personnel peuvent s’avérer complexes et
ont donné lieu à plusieurs contentieux au cours des dernières années. En effet, en cas
de perte de marché par un prestataire, les salariés peuvent exercer leur droit d’option
et refuser le transfert vers la société « entrante » si par exemple cette dernière
applique une convention collective moins favorable que celle de l’entreprise
« sortante ».
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
36/73
6. Les questions de sécurité/sûreté
Certaines missions d’assistance ont un impact important sur la sécurité des vols
(opérations de chargement/déchargement avion, guidage et assistance au
stationnement des avions, tractage des avions, entretien en ligne des avions,
préparation des vols, contrôle du chargement et assistance en vol).
7 accidents, dont 1 mortel et 25 incidents mineurs, ont ainsi été relevés. L’accident
mortel évoqué (chute d’un navigant commercial lors de la fermeture d’une porte) peut
davantage être considéré comme un accident du travail que comme un accident de
transport aérien. Un autre accident concerne un agent de piste blessé lors du
repoussage d’un avion, et les cinq autres accidents n’ont eu comme conséquence que
des dommages matériels.
Les autres accidents recensés sont des collisions ou des chocs entre du matériel ou
des véhicules d’assistance et des avions. Ils n’ont entraîné que des dommages
matériels.
Le seul accident majeur arrivé en France est beaucoup plus ancien, il a eu en lieu en
mars 1974 à Ermenonville sur un DC10 de Turkish Airlines et a causé la mort de 345
personnes. Cet accident était la conséquence d’un mauvais verrouillage de la soute à
bagages.
14
Règlement européen applicable aux opérations aériennes
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 37/73
Liste des accidents d’assistance en escale en France entre 2005 et 2014
Aircraft Highest
Local date Injury level Headline
registration Damage
01/02/2005 F-GPMH Fatal None Chute d'un PNC lors de la fermeture de la porte arrière gauche
Train d'atterrissage avant brisé lors de la manoeuvre de
24/08/2006 PH-BTI None Substantial repoussage
Perte d'adhérence du tracteur lors d'un refoulement, collision avec
17/12/2010 OD-MEA None Substantial l'avion
22/02/2011 F-GUGC Serious None Blessure d'un agent de piste au sol lors du repoussage
Rupture de la barre de tractage lors du refoulement, collision de
10/04/2011 C-FIVM None Substantial l'avion avec le véhicule de repoussage
Collision d'un véhicule transportant les bagages avec l'aéronef lors
05/05/2011 LN-NOS None Substantial d'une opération de chargement
19/04/2014 F-HBLF None Substantial Collision avec un véhicule de piste lors du repoussage
Les assistants au sol ont rapporté 1 753 FNE, dont 780 à Roissy et 529 à Orly.
1 676 FNE sont rapportées par les commandants de bord d’Air France et concernent
l’auto assistance d’Air France en France, dont 1 081 à Roissy et 284 à Orly.
L’exploitation des incidents à partir de la base de données ECCAIRS n’est pas aisée :
les incidents sont souvent codifiés différemment, même s’ils sont de même nature, et
la grande majorité des incidents n’a pas d’impact significatif sur la sécurité.
L’exploitation des 780 incidents de Roissy (hors rapports sur l’auto assistance d’Air
France15), aéroport sur lequel le plus d’événements de sécurité sont comptabilisés,
permet de préciser la nature des incidents relevés :
15
Les rapports des commandants de bord d’Air France sont très difficilement exploitables car ils ne
peuvent pas faire l’objet de tri par nature d’incident. Ce tri est plus aisé à faire à partIr des rapports des
assistants.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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• 77 objets abandonnés sur la piste
• 46 autres cas
Un grand nombre de ces incidents n’a qu’une incidence minime. Par ailleurs, il convient
de noter qu’ils ne sont pas tous imputables aux assistants en escale, que certains sont
constatés sur l’aéroport d’arrivée alors qu’ils se sont produits au départ de l’avion, que
d’autres peuvent être dus à des dysfonctionnements d’exploitation et qu’il n’est pas
possible de déterminer, à partir d’ECCAIRS, leur gravité.
On peut cependant constater, qu’au niveau national, la part totale des incidents (rapports
assistants et commandants de bord Air France) liée à l’assistance au sol est faible (de
l’ordre de 8 %). À Roissy, si elle plus importante qu’au niveau national, elle représente
28 % des incidents.
La gendarmerie du transport aérien (GTA) exerce ses activités en zone réservée des
plates-formes aéroportuaires. Elle a entre autres pour mission de constater des
infractions à la réglementation aéronautique, y compris aux mesures prises en
application des arrêtés de police.
Dans la plupart des cas, il s’agit d’infractions au code la code la route causées par du
personnel aéroportuaire circulant en zone réservée et employé par des sociétés
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 39/73
travaillant sur la plate-forme, des assistants aéroportuaires, des compagnies
aériennes, les aéroports ou les services de la navigation aérienne, etc.
La GTA constate qu’à Roissy les infractions aux arrêtés de police sont très
nombreuses : en 2014, 575 ont été relevées dont 333 contraventions pénales de
quatrième classe qui portaient sur des excès de vitesse, des cas d’alcoolémie au
volant, d’usage de téléphone portable, de défaut de visite technique, etc.
Comme indiqué au point 6, les assistants en escale ne sont pas directement soumis à
une réglementation technique faisant l’objet d’un contrôle régulier de la part de la
DSAC sous forme d’audits de surveillance.
• Les risques majeurs, il s’agit des erreurs de masse et centrage (dont les
défauts d’arrimage), des événements liés au dégivrage ,à l’entretien en ligne et
au transport de marchandises dangereuses ;
• Les risques mineurs tels que le placement et le repoussage des avions, les
mises en route non conformes, la présence indésirable d’une personne sur les
aires de manœuvre et sur les infrastructures.
Après entretiens avec les DSAC/IR, la mission a constaté que certaines DSAC/IR telle
que la DSAC/Nord souhaitent mieux prendre en compte les aspects sécurité lors des
attributions d’agréments aux assistants aéroportuaires soit au travers d'enquête soit en
s'appuyant sur les constats de la GTA. Ne disposant pas de référentiel technique et
d'outils, les DSAC/IR rencontrent des difficultés pour réaliser ces enquêtes, alors
même que la réglementation relative à l’assistance en escale prévoit des critères
sécurité dans le cadre de la délivrance d’agrément.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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de qualité IATA16, notamment le référentiel ISAGO17, disposent d’un manuel sur les
opérations d’assistance au sol, et auditent régulièrement leurs assistants pour
s’assurer qu’ils respectent bien ces standards.
Les assistants ont de leur côté lancé des actions pour accroître la sécurité des
opérations d’assistance comme la rédaction d’un guide de conduite en piste18.
Ces deux organisations se sont montrés très opposées à tout nouveau dispositif
réglementaire supplémentaire pour les sociétés d’assistance en escale, en particulier si
cette réglementation n’est pas imposée par l’AESA. La CSAE et la CSTA souhaitent
que la DGAC défende auprès de l’AESA la pertinence des standards qualité actuels de
la profession.
De plus, la mission a constaté que les mesures prises depuis une dizaine d’années par
les compagnies aériennes, les assistants et les DSAC/IR ont considérablement accru
la sécurité en piste. En effet en 2003 un rapport de l’IGACEM 19 signalait 100 chocs
avions par an sur l’aéroport de Roissy, alors qu’en 2014, il y en a eu que 35 et ce
même rapport évoquait le chiffre de 27 accidents du travail pour 100 personnes chez la
société Alyzia alors qu’en 2014 le taux d’accidents du travail pour les seules activités
piste de Roissy est de l’ordre de 17 accidents pour 100 personnes.
Par ailleurs, un guide de bonnes pratiques concernant tous les métiers de l’assistance
est en cours de rédaction par le Service technique de l’aviation civile (STAC), à la
demande de la DSAC. Ce guide, à l’attention des prestataires, devrait être disponible
16
IATA : international air transport association (association internationale du transport aérien).
17
ISAGO : IATA safety audit for ground operations. Référentiel développé par IATA pour assurer la
maîtrise des opérations au sol et contribuer à la réduction des coûts.
18
Dispositif CSCE (Compétence de sécurité des conducteurs et utilisateurs des engins aéroportuaires)
de la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM).
19
Rapport sur l’assistance en escale sur les principaux aéroports français, IGACEM, janvier 2003.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 41/73
fin 2015. Ce guide ne constitue pas un règlement mais est un outil qui permettra
d’augmenter la sécurité en piste.
[Link] pas organiser une surveillance de la sécurité des assistants sans texte de
l’AESA mais demander aux DSAC/IR de n’accorder d’agréments de 5 ans qu’à des
sociétés disposant d’une norme qualité reconnue et intégrant un système de
management de la sécurité, dans l’année pour les missions d’assistance liées à la
sécurité (fonctions 3,5 et 9) et recommander aux assistants de suivre les bonnes
pratiques du guide technique en préparation par le STAC.
Depuis 2012, le décret n° 2012-832 du 29 juin 2012 relatif à la sûreté de l'aviation civile
permet de contrôler a posteriori la bonne exécution des tâches des assistants en
escale en matière de sécurité, en complément de l’article R 217-2 du code de l’aviation
civile. Ce décret, qui permet de sanctionner tout manquement aux arrêtés préfectoraux
en matière de sécurité, a été demandé dès 2011 par les DSAC/IR afin de palier
l’absence d’outil juridique adéquat. La mission a néanmoins constaté qu’à ce jour ce
décret n’était pas appliqué. Les services verbalisateurs (PAF et GTA) attendent en
effet une instruction de la DSAC adressée aux préfets qui préciserait les dispositions
relatives aux relevés et aux notifications à réaliser en matière de sécurité piste.
La DSAC, ayant évalué la gravité des risques liés à l’assistance en escale, semble
donc avoir tous les éléments pour rédiger cette instruction aux préfets.
La mission considère que cette instruction serait très utile pour organiser la
surveillance a posteriori de la sécurité de l’assistance aéroportuaire comme cela est
déjà le cas pour la sûreté avec les commissions de sûreté.
[Link] DSAC devrait rédiger une instruction aux préfets pour mettre en œuvre les
dispositions du décret du 29 juin 2012 sur les manquements à la sécurité sur les
aérodromes
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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Ce décret permet au ministre de sanctionner les détenteurs d’un certificat de sécurité,
comme les compagnies aériennes, exploitants d’aérodrome ou prestataires de
navigation pour leurs manquements constatés à la sécurité, après avis de la CAAC, qui
jusqu’en février 2015 n’était compétente que pour donner un avis au ministre sur les
manquements à la législation environnementale et à celle concernant le droit des
passagers.
La DSAC n’a pas encore établi de doctrine sur ce sujet, et n’a donc pas mis en œuvre
cette disposition qui permet d’éviter des retraits de certificat aérien en imposant des
amendes administratives.
[Link] DSAC doit mettre en œuvre les dispositions du décret du 20 février 2015 sur
les amendes administratives pour les infractions à la sécurité.
Les assistants en escale sont soumis à la réglementation de sûreté, comme tous les
organismes travaillant en zone réservée sur les aéroports.
S’il est constaté par les services de la PAF ou de la GTA qu’ils ne respectent pas cette
réglementation, ils reçoivent de leur part un procès verbal. Les manquements ainsi
relevés sont examinés en commission de sûreté, au même titre que ceux de
l’ensemble des opérateurs présents sur l’aéroport.
Manquements sûreté des assistants en escale proposées par les commissions de sûreté
Nb sanctions Montant des Nb sanctions Part des Montant des Part des
proposées par la sanctions en € proposées pour sanctions sanctions des amendes
commission les assistants assistants en €
Roissy 317 518 495 € 23 7% 31 250 € 6%
Orly 98 159 500 € 18 18% 40 100 € 25%
Nice 16 14 025 € 10 63% 5 200 € 37%
Marseille 35 3 300 € 5 14% 3 300 € 100%
Lyon 90 34 700 € 11 12% 4 200 € 12%
Toulouse 5 4 350 € 1 20% 1 000 € 23%
Total 561 734 370 € 68 12% 85 050 € 12%
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 43/73
Il apparaît que les assistants en escale sont responsables de 12 % des manquements
à la sûreté sur les principaux aéroports, alors qu’ils sont appelés à se déplacer très
régulièrement en zone de sûreté et qu’ils représentent 11 % des personnels autorisés
à circuler en zone de sûreté sur les aéroports français (il y a 230 000 badges de sûreté
sur les aéroports) ;
Compte tenu de ces éléments, la mission considère qu’il n’y a pas de problème
particulier lié à la sûreté pour cette profession.
Dans ces conditions, les commissions de sûreté apparaissent suffisantes pour faire
respecter la réglementation a posteriori, sans qu’il soit nécessaire de prendre en
compte les aspects sûreté dans les délivrances d’agrément quand il n’y a pas de
limitation sur un aéroport.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
44/73
Conclusion
Elle a ainsi proposé de n’imposer l'octroi d'agrément qu’aux sociétés exerçant sur les
aéroports de plus de 2 millions de passagers. Elle considère par ailleurs que les
agréments devraient être nationaux et non par aéroport.
L’application de ces deux mesures diviserait par cinq le nombre d’agréments délivrés
pour l’exercice de l’assistance aéroportuaire en France, et limiterait considérablement
le travail administratif en permettant aux services de l’État de se concentrer sur les
vrais enjeux.
La mission propose aussi de délivrer des agréments provisoires d’un an pour mieux
s'assurer du respect du code du travail par les nouvelles sociétés et d’utiliser plus
souvent la procédure de retrait partiel ou total d’agrément.
L’assistance en escale représente une part significative des coûts des compagnies
aériennes, de l’ordre de 38€ par passager avec la prise en compte de la totalité des
coûts liés à la fonction commissariat. Ce coût est supérieur d’environ 25 % aux coûts
des redevances et taxes aéroportuaires et l’assistance sur un aéroport constitue donc
un élément important de sa compétitivité.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 45/73
La mission a constaté qu’en 2015 la concurrence était faible sur la plupart des
aéroports à l’exception de Nice et Orly où cohabitent 3 prestataires spécialisés pour
l’assistance et dans une moindre mesure Roissy et Toulouse avec 2 prestataires. Elle
s’est interrogée sur l’influence des limitations d’assistance existantes sur les coûts de
l’assistance à Roissy-CDG.
Enfin elle a étudié les accidents / incidents liés à l’activité d’assistance et a constaté que
si les incidents étaient relativement nombreux, les accidents étaient extrêmement rares.
Elle recommande à la DGAC, outre l’utilisation des outils juridiques existants pour
sanctionner a posteriori les assistants ne respectant pas la réglementation de sécurité,
de leur imposer des standards de sécurité IATA ou équivalents pour les missions liées à
la sécurité et de ne pas mettre en place une surveillance de la sécurité en l’absence de
réglementation européenne différente de ces standards.
De même, elle a constaté que les assistants aéroportuaires ne commettaient pas plus
d’infractions à la sûreté que les autres sociétés travaillant en zone réservée.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
46/73
Annexes
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 48/73
1. Lettre de mission
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 49/73
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
50/73
2. Liste des personnes rencontrées
Date de
Nom Prénom Organisme Fonction
rencontre
Adjoint au directeur
Frisch Anne DSAC/sûr 22/04/2015
technique
Adjoint au chef de
Marchand Dominique DTA/mdt 23/04/2015
mission
Adjoint au chef de
Dulac François Xavier DSAC/N 12/05/2015
département
Délégué général
Fouchet Frédéric FNAM 13/05/2015
adjoint
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 51/73
Date de
Nom Prénom Organisme Fonction
rencontre
Responsable pôle
Tritz Emmanuelle ADP 26/05/2015
compagnies Orly
Chef du groupement
Madelenat Frédéric GTA 09/06/2015
nord de Roissy
Vice-présidente
Laurent-Jubin Diane SAMERA commission 12/06/2015
aéroportuaire
Directeur exploitation
Rossat Mignod Gisèle ADP 18/06/2015
Roissy
Responsable de pôle
Gibault Anne Cécile ADP 18/06/2015
assistance Roissy
Responsable relations
Aéroport Cote d’Azur
Maurice Patrick compagnies et 06/07/2015
(Nice)
assistants
Responsable relations
Aéroport Cote d’Azur
Balp Jacques compagnies et 06/07/2015
(Nice)
assistants
Directrice des
Vachon Juliette GEH 22/07/2015
ressources humaine
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
52/73
3. Réglementation française
Art R 216-1
Art R 216-2
L’auto assistance est autorisée pour tous les services d’assistance sur tous les
aéroports de plus de 1 million de passagers ; elle n’est pas autorisée sur les aéroports
de moins de 1 million de passagers pour les bagages, les opérations en piste,
l’avitaillement en carburant et huile, le transport de fret et de poste sur les aires de
trafic
Art R 216-3
L’auto assistance relative aux bagages, opérations en piste, carburant et huile,
transport du fret et de la poste sur les aires de trafic sur les aéroports de plus d’un
million de passagers ou 25 000 tonnes de fret peut être limitée sur proposition du
gestionnaire d’aéroport par le ministre chargé des transports, pour des raisons
d’espace, sécurité ou sûreté aux deux transporteurs qui réalisent le nombre de
mouvements commerciaux le plus important sur aérodrome concerné.
Art R 216-4
Art R 216-5
Art R 216-6
Le ministre peut confier la gestion des infrastructures servant aux services d’assistance
au gestionnaire d’aéroport si les coûts d’exploitation ou l’impact sur l’environnement
n’en permet pas la duplication
Art R 216-7
Le ministre peut à la demande du gestionnaire, pour une durée limitée à 3 ans, pour
les services autres que les bagages, les opérations en piste, l’avitaillement en
carburant et huile, le transport de fret et de poste sur les aires de trafic, pour des
raisons d’espace ou de capacité limiter au transporteur ou prestataire le plus important,
le nombre de transporteurs autorisés à pratiquer l’auto-assistance ou le nombre de
20
Voir page 52
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 53/73
prestataires exerçant ces services d’assistance pour les tiers en notifiant les raisons de
cette limitation à la commission européenne.
Art R 216-8
Art R 216-9
Les transporteurs et les prestataires qui exercent des services d’assistance en escale
sont subordonnés à la délivrance, par le gestionnaire de l’aérodrome, d’une
autorisation et le cas échéant, à la signature d’une convention d’occupation du
domaine public.
Art R 216-11
Le ministre, pour Orly et Roissy, ou les préfets, pour les autres aérodromes, peuvent
confier au gestionnaire ou à un prestataire la mission d’assurer la permanence des
services d’assistance après consultation du comité des usagers.
Art R 216-14
Sur les aéroports de plus de 200 000 passagers ou de plus de 20 000 tonnes de fret,
l’activité d’assistance, y compris la sous traitance, est subordonnée à la délivrance d’un
agrément d’une durée de 5 ans renouvelable donné par le préfet attestant une situation
financière saine, une assurance responsabilité civile, le respect de la réglementation
du droit du travail et des règles de sécurité et sûreté, une comptabilité séparée.
L’agrément ne vaut que pour un aérodrome. L’agrément peut être retiré par le préfet
après saisine, le cas échéant, du gestionnaire de l’aéroport ou du comité des usagers.
Art R 216-16
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
54/73
3.1. Circulaire relative à la délivrance et au retrait des agréments
un avis pourra être recherché auprès des autorités lui ayant délivré l’agrément sur
d’autres aérodromes, portant sur d’éventuelles difficultés antécédentes et sur la
situation de l’entreprise en termes d’aspects sociaux, d’acquittement des impôts et des
cotisations sociales, de situations financières.
Autre considération :
Retrait de l’agrément
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 55/73
3.2. Annexe à l’article R. 216-1
Les services de représentation et de liaison avec les autorités locales ou toute autre personne, les débours effectués pour le compte
1.1
du transporteur aérien et la fourniture de locaux à ses représentants
1.4 Tout autre service de supervision avant, pendant ou après le vol et tout autre service administratif demandé par le transporteur aérien
2. L’assistance «passagers»
Toute forme d’assistance aux passagers au départ, à l’arrivée, en transit ou en correspondance, notamment le contrôle des billets,
des documents de voyage, l’enregistrement des bagages et leur transport jusqu’aux systèmes de tri
3. L’assistance «bagages»
Traitement des bagages en salle de tri, leur tri, leur préparation en vue du départ, leur chargement sur et leur déchargement des
systèmes destinés à les amener de l’avion à la salle de tri et inversement, ainsi que le transport de bagages de la salle de tri jusqu’à
la salle de distribution
Pour le fret, tant à l’exportation qu’à l’importation, ou en transit, la manipulation physique du fret, le traitement des documents qui s’y
4.1 rapportent, les formalités douanières et toute mesure conservatoire convenue entre le prestataire et le transporteur aérien ou requise
par les circonstances
Pour la poste, tant à l’arrivée qu’au départ, le traitement physique du courrier, le traitement des documents qui s’y rapportent et toute
4.2
mesure conservatoire convenue entre le prestataire et le transporteur aérien ou requise par les circonstances
5.3 Les communications entre l’avion et le prestataire des services côté piste
Le chargement et le déchargement de l’avion, y compris la fourniture et la mise en œuvre des moyens nécessaires, le transport de
5.4
l’équipage et des passagers entre l’avion et l’aérogare, ainsi que le transport des bagages entre l’avion et l’aérogare
5.6 Le déplacement de l’avion tant au départ qu’à l’arrivée, la fourniture et la mise en œuvre des moyens nécessaires
5.7 Le transport, le chargement dans l’avion et le déchargement de l’avion de la nourriture et des boissons
6.1 Le nettoyage extérieur et intérieur de l’avion, le service des toilettes, le service de l’eau
6.2 La climatisation et le chauffage de la cabine, l’enlèvement de la neige et de la glace de l’avion, le dégivrage de l’avion
7.1 L’organisation et l’exécution du plein et de la reprise du carburant, y compris son stockage, le contrôle de la qualité et de la quantité
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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des livraisons
8.4 La demande ou la réservation d’un point de stationnement et/ou d’un hangar pour effectuer l’entretien
L’organisation et l’exécution du transport des passagers, de l’équipage, des bagages, du fret et du courrier entre différentes aérogares
10.1
du même aéroport, mais à l’exclusion de tout transport entre l’avion et tout autre point dans le périmètre du même aéroport
11.2 Le stockage de la nourriture, des boissons et des accessoires nécessaires à leur préparation
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 57/73
4. Synthèse des agréments au 1er mai 2015
Nb Nbre Ratio
Passagers
AERODROME Agréments Agréments Exercés /
2014
délivrés exercés Délivrés
CDG 63 813 756 309 142 46%
Orly 28 862 586 215 40 19%
Nice Côte d'Azur 11 660 208 84 52 62%
Lyon Saint Exupéry 8 467 093 68 38 56%
Marseille Provence 8 182 237 60 39 65%
Toulouse Blagnac 7 517 536 42 23 55%
Bâle Mulhouse 6 519 393 30 21 70%
Bordeaux Mérignac 4 945 021 43 18 42%
Nantes Atlantique 4 157 284 34 17 50%
Beauvais Tille 4 024 201 16 4 25%
Pointe à Pitre 2 029 080 27 22 81%
La Réunion Roland Garos 2 014 111 16 10 63%
Total > 2 Mpax 152 192 506 944 426 45%
Fort de France 1 684 879 26 21 81%
Lille Lesquin 1 596 700 38 23 61%
Montpellier Méditerranée 1 445 273 17 6 35%
Ajaccio Napoléon Bonaparte 1 366 020 20 14 70%
Strasbourg Entzheim 1 167 612 24 12 50%
Bastia Poretta 1 162 840 17 14 82%
Biarritz Bayonne Anglet 1 064 402 16 6 38%
Brest Bretagne 998 393 14 6 43%
Total entre 1 M et 2 Pax 10 486 119 172 102 76%
Total > 1 M Pax 162 678 625 1 116 528 52%
Autres Aéroports > 0,2 Mpax 9 454 169 270 148 55%
Total Aéroports > 0,2 Mpax 172 132 794 1 386 676 49%
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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5. Assistants en escale présents en France
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 59/73
• Filiale détenue à 95 % par le groupe français Samsic (Mr Roulaud),
• Capital consolidé 240 K€
Samsic • CA 2012 pour les activités assistance et PMR21 : 42 M€ ; bénéfice : 0,63 M€
Airport
• 720 personnes pour les activités assistance et PMR
• Assistant complet sur 7 aéroports français (Roissy, Orly, Mulhouse, Nice, Lyon, Fort de France et
Pointe à Pitre)
ONET Airport • Société française, filiale du groupe ONET détenu à 75 % par la famille Reigner
Services • CA : 60 M€
(ex H Reinier) • Présent sur 4 aéroports français : Marseille, Lyon, Orly et Roissy
• N°1 mondial
• Groupe suisse
• CA : 2,8 Milliards €
Swissport • Effectifs : 60 000 employés.
• Présent dans 45 pays et 26 aéroports
• N’est plus présent en France pour l’activité « passagers » sauf à Bâle-Mulhouse avec 480
personnes et à Nice pour l’aviation générale
• Groupe français
• Filiale d’Air France (97 %)
• Capital : 52 M€
• N°3 mondial pour le commissariat avion ; gère également des salons et restaurants sur les
aéroports ; réalise des activités de nettoyage avion avec sa filiale ACNA
Servair
• CA France (2014) : 532 M€ ; résultat : -11 M€ ;
• CA Monde (2014) : 723 M€
• Effectifs France : 5 500 personnes,
• Effectifs monde : 10 000 employés dans 20 pays (données internet)
• Activité commissariat : présent à Roissy, Orly, Lyon, Pointe à Pitre, La Réunion.
21
PMR ou personne à mobilité réduite
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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• Groupe britannique (68% capitaux anglais)
• Activités : commissariat avion (ex Catair acheté en 2001) et rails, restaurants, restauration collective
et boutiques HT
• CA France pour le commissariat : 330 M€
• CA Monde :1,4 Mds€ avec la restauration (53 % en Europe)
• Effectifs France : 2 920
• Effectifs monde : 28 000 personnes.
• Newrest Inflight : filiale liée au commissariat avion ; 60 % du CA ; présent dans 23 pays dont la
France (Orly CDG Nice, Marseille, Toulouse, Nantes, Bâle-Mulhouse, Pointe à Pitre, La Réunion)
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 61/73
6. Les principaux assistants internationaux
Aviapartner Complète 140 nc 15,9 HIG Capital (USA) 7 000 38 aéroports dans 6 pays
GEH Complète 166 1,9 nc Groupe CRIT (FR) 2 888 20 aéroports dans 9 pays
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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7. Assistants présents sur les principaux aéroports français
Air France, Alyzia (filiale du groupe 3S) et GEH qui peuvent assurer toutes les
prestations d’assistance classées de 1 à 6, en particulier celles qui ont fait l’objet de
l’attribution d’une licence (bagages en aérogare (3), chargement-déchargement avion,
transport des bagages sur la piste (5 .3) et déplacement de l’avion (5,6)).
Ces prestations sont parfois sous-traitées, en particulier à Samsic pour les fonctions 3
et 5 d’Air France ou de GEH.
Les fonctions administration sol (1) passages (2), opérations pistes non limitées (5),
nettoyage avion (6), opérations aériennes (9) sont aussi assurées par Air France,
Alyzia, GEH et GH Team.
GEH 1 030
Groupe 3S 1 268
Samsic 533
GH Team 356
Pétroliers 175
Transdev 160
Newrest 162
Autres 2 437
Total 23 188
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 63/73
Aéroport d’Orly
Air France, Alyzia (filiale du groupe 3S), GEH et ODS (filiale de WFS) qui peuvent
assurer toutes les prestations d’assistance classées de 1 à 6, en particulier celles qui
ont fait l’objet de l’attribution d’une licence (bagages en aérogare (3), chargement-
déchargement avion, transport des bagages sur la piste (5.3) et déplacement de l’avion
(5.6)).
Ces prestations sont parfois sous-traitées, en particulier à Samsic pour les fonctions 3
et 5 d’Air France ou de GEH
Les fonctions administration sol (1), passages (2), fret (4), opérations pistes non
limitées (5), nettoyage avion (6) et opérations aériennes (9) sont aussi assurées par Air
France, Alyzia, GEH et WFS et Samsic.
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport d’Orly : 7 961 personnes
Société Effectifs
Servair 896
Groupe 3S 1 028
WFS 582
GEH 568
Samsic 172
Pétroliers 113
GH Team 72
New rest 32
Autres 553
Total 7 961
Aéroport de Nice
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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Aviapartner, Air France, Menzies et GEH qui peuvent assurer toutes les prestations
classées de 1 à 6 (Menzies n’assure pas les services de catégorie 6, « nettoyage et
service de l’avion »), en particulier celles qui ont fait l’objet de l’attribution d’une licence.
GEH a eu un contrat avec la compagnie aérienne.aérienne Air Corsica le 1er juillet
2015 et Menzies assiste Norwegian et Air Baltic.
Aviapartner, Menzies avec une sous-traitance Swissport et GEH avec une sous-
traitance Landmark se partagent le marché de l’aviation générale et privée, très
important à Nice.
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de Nice : 2 432 personnes
Société Effectifs
Aviapartner 835
Pétroliers 166
Samsic 95
Swissport 70
Newrest 64
Menzies 58
Transdev 56
WSF 36
GH Team 8
Autres 285
GSF 118
Autres compagnies
186
aériennes
Total 2 550
Aéroport de Marseille
Sur l’aéroport de Marseille, les principaux assistants sont Air France, Aviapartner et
Alyzia (3S) qui assurent les principales fonctions de l’assistance 1 à 6 ainsi que 11.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 65/73
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de Marseille : 2 455 personnes
Société Effectifs
Aviapartner 597
ONET 241
Newrest 240
Aéromécanic 131
Pétroliers 146
Transpistes 108
WFS (France
109
handling)
GH Team 73
Autres 138
Total 2 455
Aéroport de Lyon
Sur l’aéroport de Lyon, les principaux assistants sont Aviapartner, Air France et Alysia
qui assurent les fonctions 1 à 6.
Samsic est sous traitant d'ADL pour la partie, personnes à mobilité réduite (PMR), et d'
Aviapartner pour la partie nettoyage.
Le commissariat (11) est effectué par Newrest et Lyon Air Traiteur (Servair).
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de Lyon : 1 962 personnes
Société Effectifs
Aviapartner 557
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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Onet Airport services
204
(H Reinier)
Samsic 112
Pétroliers 128
Alyzia 40
Autres 454
Total 1 962
Aéroport de Toulouse
Sur l’aéroport de Lyon, les principaux assistants sont Air France, Aviapartner et
Menzies qui assurent les fonctions 1 à 6, Gimas (groupe 3S) assure les fonctions 2, 3,
5 et 6, en tant que sous-traitant d’Air France ou en direct.
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de Toulouse : 1164 personnes
Société Effectifs
Aviapartner 296
GIMAS 230
Menzies 113
Total 1 164
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 67/73
Aéroport de Bâle Mulhouse
Sur l’aéroport de Bâle-Mulhouse, Air France et Swissport sont les principaux assistants
pour les fonctions 1 à 6.
Air France et Gate Gourmet assurent le commissariat (11).
Société Effectifs
Air France 91
Swissport 480
CGS 109
Derichbourg 31
Pétroliers 26
Gate Gourmet 77
Total 814
Aéroport de Bordeaux
3S n’assiste en direct qu’une seule compagnie danoise (Primeira Air) mais sous traite
l’activité piste d’Air France à Gimas et son activité fret à France Handling (filiale de
WFS).
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de Bordeaux : 660 personnes
(avec Air France)
Société Effectifs
Aviapartner 235
Gimas 93
France Handling 25
Pétroliers 21
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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Sercam 22
Alyzia 3
Total 660
Aéroport de Nantes
Sur l’aéroport de Nantes, les principaux assistants sont Air France, 3S (qui n’assure
pas les services de catégorie 5), Aviapartner, Net Fly qui assurent les fonctions 1 à 6 et
11.
GSF Celtus est un sous-traitant d’Air France pour le nettoyage avion (6) ; France
Handling (WFS) et GH Team assurent les fonctions 4 et 5.
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de Nantes : 653 personnes
Société Effectifs
Aviapartner 243
GSF 88
WFS (France
15
Handling)
Pétroliers 22
Alyzia 9
Autres 93
Total 653
Aéroport de Beauvais
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de Beauvais : 302 personnes
Société Effectifs
SAGEB 184
Samsic 96
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page 69/73
Avitair 18
Astriam 4
Total 302
Aéroport de la Réunion
Sur l’aéroport de la Réunion, les assistants complets (fonctions 1 à 6) sont Réunion Air
Assistance et Air France.
La fonction nettoyage (4) est assurée par Air Shop Réunion (Newrest) en co-traitance
avec Aviclean.
Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de La Réunion : 468 personnes
Société Effectifs
Air France 70
Pétroliers 15
Newrest 23
Servair 140
Total 468
Sur l’aéroport de Pointe à Pitre, Air France, Air Caraïbes (avec sa filiale Azur Handling)
et Samsic Aviation sont les principaux assistants complets des compagnies
commerciales et assurent les fonctions 1 à 6 et 11 (sauf Samsic).
Air France s’auto-assiste et assiste Air Canada, membre de Skyteam. Samsic assiste
Corsair.
Rapport n°010204-01 Etude sur le marché de l'assistance en escale dans les aéroports Page
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Total des effectifs des assistants en escale à l’aéroport de Pointe à Pitre : 552
personnes
Société Effectifs
Air Caraïbes 43
Sori 120
Samsic 72
Kaz propreté 45
Sociétés de cargo 34
Azur Handling 30
Pétroliers 24
Newrest 9
Autres 37
Total 552
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8. Glossaire des sigles et acronymes
Acronyme Signification
CCRNMA
Convention collective régionale de la manutention et nettoyage sur les aéroports
SAMERA Syndicat des Auxiliaires de la Manutention et de l'Entretien pour le Rail et pour l'Air
UE Union européenne
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