Master 2 GRH
Cours audit social
Mr BARKA
Audit Social : définition, démarche et outils
1-L’origine de l’audit social : bien que discipline récente, l’audit social a connu une
sensible évolution depuis les années cinquante et présente une grande similarité avec les
autres branche de l’audit (informatique, logistique, commerciale, financière…etc).
En France, l’audit social à également une seconde origine plus récente. il s’agit de la loi
rendant obligatoire la présentation annuelle du bilan social des entreprises plus de 300
salariés, ou de nombreuses entreprises s’essayèrent à planifier sur l’intégration de la
dimension sociale dans leur activité et l’audit social trouva sa place dans ce cycle.
Les économies des pays industrialisés sont confrontées à une profonde évolution, le
passage de l’ère ou prévalaient confiance et réputation pour vendre à celle où il faut
apporter la preuve de la qualité de ses produit, de son organisation ou de l’information
diffusée. Cette mutation ce traduit par l’émergence de clauses d’assurance qualité, de
normes ou de code d’éthique.
La question des moyens dont disposent les clients pour apprécier la qualité des
produits ou services qui leur sont offerts revêt une importance considérable. Il appartient à
l’entreprise de donner confiance qu’un certain nombre d’engagement seront tenus, et
d’émettre des signaux perceptibles par les utilisateurs. C’est pour cette raison que des
systèmes essentiellement privés de certification de produits, de style de management, de
procédés et de personnes se sont développés. Il permettent de garantir par l’intermédiaire
d’un organisme tiers qu’un produit, un procédé de fabrication ou une prestation de service
présentent les caractéristiques attendues (la qualité, la sécurité…etc).
2-Définition de l’audit social : il n’existe pas de définition officielle de la notion
diagnostic social ou audit social.
L’audit social peut être définit comme une démarche d’observation, d’analyse et
d’évaluation, qui permet d’identifier les points forts et les risques de la GRH (Guerrero
2004).
Selon ISO 9000 (2000), l’audit social est un processus méthodique, indépendant et
documenté, permettant d’obtenir des preuves d’audit et de les évaluer de manière objective
pour déterminer dans quelle mesure les critères d’audit sont satisfait.
En générale l’audit social est une démarche, un ensemble de méthodes et technique
permettant :
-de délivrer une analyse étayées et indépendante de gestion sociale de l’entreprise, compte
tenu de ses objectif et de son environnement.
-de mesurer les écarts avec des référentiels d’ordre normatif, légal, réglementaire et/ou
conventionnel.
-de déterminer les risques et leurs conséquences financières et sociales pour l’entreprise.
Cette démarche peut s’appliquer en trois directions :
-l’audit de conformité : consiste à s’assurer que les données sont fiable, et que le service RH
respecte les lois en matière de sécurité du travail et de droit du travail. Il est recommandé à
l’auditeur des connaissances juridiques approfondies.
-l’audit d’efficacité : étudie les condition de mise en œuvre d’une ou plusieurs pratiques de
GRH et les améliorer pour accroitre leur efficacité. et aussi, vise à répondre q deux objectif
complémentaire :
-les résultats sociaux sont-ils conformes aux objectifs fixés ?
-les résultats sociaux sont-ils été obtenus aux moindres couts ?
-l’audit stratégique ou de direction : vise à traduire la stratégie de l’entreprise en objectif
sociaux, d’assurer de la convergence entre la GRH et la stratégie de l’entreprise (la culture,
les valeurs, l’éthique, la construction de la compétence clé stratégique, RSE…etc).
3-Les enjeux de l’audit social : plusieurs facteurs contribuent a faire de l’audit social
une pratique incontournable pour les responsable RH :
-la fonction RH partenaire stratégique : les outils de l’audit social ont été précisément
conçus comme moyens de mesure et de contrôle, les responsables des ressources humaines
qui les maitrisent seront en mesure de justifier, tant sur le plan stratégique, juridiques et
financiers, l’efficacité de leur actions auprès de la direction générale.
-la responsabilité sociale des entreprises : l’audit social a pour but d’identifier des
indicateurs de mesure des pratiques de gestion des ressources humaines, de démontrer la
responsabilité sociale de l’entreprise à l’égard de ses salariés et la dénonciation des
comportement non éthique ans l’entreprise.
-l’évolution de la législation : l’audit social c’est développer sous l’impulsion du législateur
français, par l’adoption de la loi du 17 juin 1977 qui impose aux entreprise plus de 300
salariés d’éditer un bilan social, qui inclut des informations chiffrées sur des thèmes sociaux
tels que l’égalité professionnelle entre les deux sexes (hommes-femmes), le nombre de
recrutement, les départ, le type de contrat du travail. Une deuxième loi dans ce contexte
sur les nouvelles régulations économiques ou (NRE), impose aux dite entreprises de mettre
en place une démarche pour justifier l’existence de pratiques socialement responsables.
4-Pour quel intérêt faire un l’audit social ?
-de vérifier est ce que les pratique de la GRH sont conforme avec la réglementation.
-de mesurer l’efficacité et l’efficience des pratiques GRH appliqué dans une entreprise.
-de Prouver l’engagement de l’entreprise en matière de la RSE.
-l’audit social est considéré comme un outil d’identification des points faibles, les risques et
de progression en matière sociale.
Pour l’entreprise auditée : réduire les risques encourus s’agissant du respect de la
réglementation sociale conforté l’image sociale de l’entreprise auprès des tiers
(responsabilité sociale des entreprises) et la gestion sociale auprès des représentants.
L’audit social, il s’agit pour l’essentiel de contrôler le respect des principes
fondamentaux de l’organisation internationale du travail (OIT), auxquels s’ajoutent d’autres
exigences en fonction des désirs du donneur d’ordre.
Le respect d’un socle de droits de l’homme et de droits du travail correspond à une
demande de consommateurs occidentaux, ainsi qu’à l’exigence de certains industriels.
Les consommateurs : sont poussés par des considérations morales, ils ne veulent pas que les
produits achetés aient réalisés par des enfants non scolarisés ou dans les conditions de
travail dégradées.
Pour les industriels : voient le respect d’une clause sociale dans les échanges internationaux
comme un moyen de résister à la concurrence des pays à bas salaires.
Raymond vatier créer en 1982 l’institut international de l’audit social(IAS), à
l’occasion de son 20eme anniversaire, disait « nous avons fait deux découvertes ».
-la gestion d’une entreprise forme un tout, Il ne peut y avoir une de gestion cloisonnée. Le
pilotage de l’entreprise prend en compte aussi bien les données commerciales que les faits
sociologiques et la situation de la concurrence.
- en matière de personnel, on a besoin de ce donner des objectifs, de les traduire en décision
et d’en vérifier la réalité d’application par la consultation des résultats.
Pour tout cela, il fallait disposer d’auditeur, c’est –à-dire des hommes et des femmes,
dotés de compétences et d’une solide méthodologie d’observation. Des auditeurs attentifs
aux réalités, qui écoutent pour entendre, regardent pour voir et mesurent pour comprendre
(Vatier 2002).
En 1984 paraissait le premier ouvrage francophone consacrait à l’audit social, dans
l’introduction, les auteurs écrivaient :
« L’audit social apparait aujourd’hui comme une discipline nouvelle promise à d’importants
développement sous la double influence de :
-l’intérêt croissant accorder à la dimension sociale de gestion des entreprises et des
organisations.
-l’essor considérable de l’audit et le souci d’appliquer au domaine social la démarche et les
outils qui ont assuré le succès dans les entreprises.
Pourquoi faire l’audit social ?
-l’objectif de ‘audit social est d’évaluer les risques encourus par l’entreprise en cas de non-
conformité et de proposer des missions de correction des anomalies identifiées.
-l’audit social permet, donc, de comprendre les difficultés sociales qui surviennent dans
l’entreprise et d’apporter les mesures correctives nécessaires pour les résoudre.
5- les acteurs qui créent les normes ou les référentiels de certification : une norme est un
document référence qui apporte des réponses à des questions techniques, commerciales et
sociales qui se posent de façon répétée les acteurs, sur des produits, des biens
d’équipement ou des services. Elle est élaborée en consensus par l’ensemble des acteurs
d’un marché (producteurs, utilisateurs, laboratoires, pouvoir publique,
consommateurs…etc.)
Une norme est d’application volontaire et contractuelle, dans certain cas, elle peut
être obligatoire, notamment dans les domaines liés à la sécurité et les conditions liées aux
marchés publics.
6-définition de certification : une certification est une procédure par laquelle une tierce
partie donne une assurance écrite qu’un produit, un service, un système qualité, un
organisme est conforme à des exigences spécifiées.
Dans son principe, la certification repose sur l’action conjointe de nombreux acteurs :
-l’acteur qui a créé les normes ou les spécifications (ex. code de la conduite) qui serviront de
référentiels.
-l’entité qui fait l’audit et présente un rapport d’audit.
-L’organisme qui attribue la certification.
-l’institution qui accrédite les organismes certificateurs.
Cours audit social master 2 GRH
AUDIT SOCIAL
Nature des prestations de l’audit : l’auditeur social agit dans le cadre d’une lettre de mission
négociée avec une organisation cliente. Il mène des investigations appropriées (recueil et
analyse des données, calcule d’indicateurs, interview, questionnaires …etc) permettant
d’apporter une réponse à la question ou aux questions posée dans la lettre de mission.
Les formes ou les types d’audits sociaux :
-l’audit périodique de GRH (audit de la conformité) : l’audit social ou l’audit des politiques
sociales ou de la GRH appelé également audit de conformité peut avoir de nombreuse
justifications :
-l’entreprise multinationale (dans le contexte de mondialisation) peut éprouver le besoin
d’assurance sur le respect des réglementations nationale.
-la recherche de gain de productivité, le désir de diminuer les couts sociaux, la volonté
d’aligner les politiques sociales sur la stratégie d’affaires de l’entreprise déclenchent des
audits sociaux dites ou qualifiés de stratégique.
-la recherche permanente d’amélioration ou d’adaptation dans les entreprises en, mutations
(technologique, commerciale, organisationnelle) se traduit par un besoin d’audit social.
Le non-respect des obligations légales, réglementaires ou conventionnelles faits courir
des risques financiers et des risques de réputation à l’entreprise, l’existence de tel risque
justifie l’audit de conformité.
-l’audit ponctuel lié à un problème : la mission d’audit social est parfois consécutive à
l’apparition d’un problème :
-taux d’absentéisme élevé.
- démissions ou départs qui se multiplient (tourn up).
-masse salariale qui dérape, des revendications salariales qui surprennent la direction.
-enquête d’opinion qui laisse entrevoir un malaise social.
-actions de formation qui ne semblent améliorer ni la qualité ni l’efficacité du travail.
-Des conditions du travail qui se dégradent.
-des procédures vieilles et ne semble plus adaptées.
L’audit peut avoir pour objet la DRH elle-même. Il convient de précisé la différence
essentielle entre l’audit et le conseiller en GRH :
-le consultant participe à la mise en œuvre des solutions des problèmes identifiés, l’auditeur
social n’y participe pas.
L’audit social consiste en effet à observer, comparer, analyser, chercher des preuves
et formuler des jugements ou il ne consiste pas à mettre en œuvre.
La non implication de l’auditeur à la mise en œuvre opérationnelle tient à sa
démarche et à son indépendance sinon il sortirait de son rôle.
3-l’audit social de la chaine d’approvisionnement et de la sous-traitance : face à la montée
en puissance des interrogations des consommateurs, des audits sociaux délocalisés se
mettent en place :
-le premier concerne la conception même de la chaine d’approvisionnement et de sous-
traitance, doit-on considérer qu’elle s’arrête aux fournisseurs directs ou qu’elle descend plus
bas et prend en compte les fournisseurs des fournisseurs, les sous-traitants des sous-
traitants. …etc
-le deuxième problème concerne les modalité de contrôle des engagements des fournisseurs
et sous-traitants.
4-l’audit social préalable à l’achat d’une entreprise : il est devenu indispensable de réaliser
un audit social préalablement à une opération d’achat ou de fusion acquisition que l’on
appelle audit d’acquisition.
L’AUDITEUR :
L’auditeur social est auditeur qui dispose de documents de travail adaptés au
référentiel normatif, suit un programme d’audit qui lui a été établi par l’organisme qui
l’emploi. Aussi, il dispose de guide, de questionnaires, de grilles d’analyse et d’autres
documents qu’il n’a pas élaboré lui-même.
Démarche de l’auditeur social : la démarche de l’auditeur social suit Quatre étapes (4)
étapes : l’engagement de la mission, la préparation, la réalisation, la production et
présentation du rapport.
A-engagement de la mission : il convient de signaler que les missions d’audit qui ne peuvent
pas être programmées par manque de temps ou des compétences des auditeurs internes
sont confiées à des auditeurs externes.
L’auditeur externe : l’audit externe repose sur un contrat d’entreprise , c’est-à-dire qui
possède les caractéristiques suivantes :
-la tâche des auditeurs est nettement définie.
-la rémunération est forfaitaire.
-l’autorité du cabinet d’audit sur les auditeurs est maintenue durant la mission.
-l’indépendance de l’auditeur dans l’exécution de l’audit est garantie.
-une obligation du résultat (l’auditeur doit remettre un rapport sur sa mission d’audit).
Sur ce dernier point, la responsabilité de l’auditeur externe repose sur quatre (4)
points : le respect des règles d’éthique, la planification de la mission, le choix des
procédures et l’évaluation du risque.
L’engagement de la mission d’audit externe repose sur une lettre de mission qui
définit : le thème et les motifs de la mission, les attentes du client, les principaux enjeux et
l’évaluation du risque. Et aussi, qui précise le périmètre de la mission du point de vue des
entités auditées, des périodes concernées et les exclusions ou extensions désirées.
L’auditeur interne : l’auditeur social interne agit dans un cadre différent, il intervient le plus
souvent dans le cadre de la programmation annuelle ou périodique des missions d’audit.
2-preparation de la mission : la préparation de la mission d’audit social comporte une
dimension conceptuelle et des asples différents responsables, de confirmer les enjeux et les
risques, de fixer des objectifs réalistes et précis. Ainsi que, sur le plan pratique, il s’agit
d’arrêté les dates de la mission avec les responsable concernés, de constituer l’équipe et de
bâtir le calendrier de la mission.
Avant d’intervenir dans l’entreprise, l’auditeur social externe doit collecter et analyser
l’ensemble des informations disponibles sur celle-ci. Il est recommandé de préparer un
résumer de l’unité ou de l’activité faisant l’objet de l’audit et de le passer en revue avec les
responsable afin de confirmer si l’auditeur externe comprend bien les activités de l’entité
vérifiées.
Les sources d’information à en disposer :
-législation et règlement, politiques, procédure, normes, manuels et directives.
-résultats de vérifications ou des audits antérieurs.
-description de fonction et les listes des membres clés du personnel.
-plans ou diagrammes des processus et des systèmes.
-données et rapports opérationnels et financiers.
-procès-verbaux ou comptes rendus des réunions des commissions, comités et conseils.
-rapport de direction et les revues de presse.
-les informations sur l’entreprise figurant sur les sites internet et intranet.
3-la réalisation de la mission : dans le cas d’audit d’efficacité et d’audit stratégique, la
détermination des objectifs d’audit et la recherche de preuves d’audit.
4-la production et la présentation du rapport.
5-les outils d’audit social.