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Toxicité et usages de l'éthylène glycol

Ce document décrit l'éthylène glycol, un composé chimique toxique. Il contient des informations sur sa synthèse, ses propriétés, ses usages, sa toxicocinétique, sa toxicité, son traitement et son analyse toxicologique.

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Toxicité et usages de l'éthylène glycol

Ce document décrit l'éthylène glycol, un composé chimique toxique. Il contient des informations sur sa synthèse, ses propriétés, ses usages, sa toxicocinétique, sa toxicité, son traitement et son analyse toxicologique.

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Toxicologie Industrielle Ethylène glycol

GLYCOLS
ETHYLENE GLYCOL

Un glycol (polyalcool ou polyol) est un hydrocarbure aliphatique de  formule


générale CnH2nOHn’ (où n et n’ sont deux entiers), caractérisé par la présence d’au
moins deux groupements alcools, appelés aussi groupements hydroxyles (-OH).
Exemple :
L’éthylène glycol est le plus simple composé de la famille des glycols, de formule
développée HO-CH2-CH2-OH.
Le propylène glycol est un diol de formule développée HO-CH2-CH-OH-CH3.

ETHYLENE GLYCOL :

L’éthylène glycol fut synthétisé pour la première fois en 1859 par le chimiste français
Charles-Adolphe Wurtz.

A température ambiante l’éthylène-glycol est un liquide visqueux, inodore, incolore,


de saveur chaude et sucrée, peu volatil et peu inflammable.

Il est soluble dans l’eau et dans la plupart des solvants organiques (éthanol, acétone,
acide acétique, pyridine,…)

Il est incompatible avec les oxydants qui le transforment en produits à fonction


aldéhyde et acide, puis en acides oxalique et formique.

USAGES :

 Antigel et liquide de refroidissement pour les moteurs ;


 Fabrication de condensateurs électrolytiques ;
 Solvant ;
 Intermédiaire de synthèse dans l’industrie chimique;
 Fabrication d’explosifs ;
 Agent humectant et plastifiant ;
 Assouplissant de textiles;
 Composition de produits pharmaceutiques.

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Toxicologie Industrielle Ethylène glycol

CIRCONSTANCE D’INTOXICATION :
C’est un toxique industriel et domestique
Les intoxications surviennent le plus souvent suite à une ingestion du produit
Cette ingestion peut être
 Volontaires (tentatives de suicide).
 Accidentelles :
- Par confusion avec une boisson sucrée : chez les enfants, l’adulte et les animaux
domestiques ;
- Par méconnaissance du risque :
 Ingestion de « l’eau » d’un radiateur de voiture en cas de pénurie (voyageurs
dans des zones désertiques),
 Ingestion de l’eau d’un chauffage central ou de chauffe eau (absence de valve
anti-retour).

TOXICOCINETIQUE :
 Absorption :
 La principale voie de pénétration de L’éthylène-glycol est la voie digestive.
L’absorption au niveau gastrique et intestinal est rapide (2heurs) et complète.
L’intoxication aigue par ingestion du toxique peut être mortelle :
La dose létale est de
- 1,4 ml/kg chez l’adulte soit 100 ml pour un adulte de 70 kg.
- 1 ml/Kg chez l’enfant.
 Par inhalation : bonne absorption, mais peu de risque en raison de sa faible
volatilité.
 Par voie cutanée on note une faible absorption.
 Distribution :
Il diffuse vite dans l’organisme ; Sa demi-vie plasmatique est de 3 à 6 heures.

 Métabolisme :
L’éthylène-glycol subit, surtout au niveau du foie et des reins, un métabolisme
oxydatif toxifiant des deux fonctions OH.
Les principales étapes de métabolisme sont les suivantes :
- oxydation en aldéhyde glycolique (CH2OH-CHO) sous l’action de l’alcool
déshydrogénase (ADH) ;
- oxydation de l’aldéhyde glycolique en acide glycolique (CH2-COOH) sous
l’action de l’aldéhyde déshydrogénase (AlDH) ;
L’aldéhyde glycolique peut aussi être oxydé en glyoxal (CHO-CHO) ;
- oxydation de l’acide glycolique par le lactate déshydrogénase (LDH) et du glyoxal
par l’AlDH en acide glyoxylique (COOH-CHO) 
La transformation de l’acide glyoxylique suit plusieurs voies métaboliques
- oxydation de l’acide glyoxylique par la LDH en acide oxalique (COOH-COOH)
qui peut précipiter sous forme de cristaux de sels de calcium dans la plupart
des tissus ( le cerveau, le foie, le coeur, le rein) qu’il lésera particulier dans les
cellules d’où tubulaires rénales d’où la néphropathie aigue.
- la décarboxylation en formiate puis en CO2 ;
- transformation en glycocolle et en acides α-hydroxy- β-cétoadipique qui bloque le
cycle de Krebs et contribuent à l’augmentation de lactate.

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Toxicologie Industrielle Ethylène glycol

 Elimination :
L’élimination se fait essentiellement dans l’urine, où l’on retrouve :
- de l’éthylène-glycol inchangé, pendant les quelques heures qui suivent
l’ingestion ;
- l’acide glycolique sous forme de sels ;
- de l’acide oxalique ;
- ni l’aldéhyde glycolique, ni l’acide glyoxylique n’ont été mis en évidence dans
l’urine.

MECANISME D’ACTION TOXIQUE :


En dehors de la toxicité propre de l'éthylène glycol (excitation puis dépression du
système nerveux central), ce sont les métabolites qui font la toxicité spécifique d'une
intoxication par EG :

Les métabolites à fonction aldéhyde (aldéhyde glycolique, glyoxal, acide


glyoxylique) inhibent la phosphorylation oxydative, le métabolisme du glucose, la
synthèse des protéines, la réplication de l’acide désoxy-ribonucléique (ADN), l’acide
ribonucléique (ARN) ribosomal.
Ils réagissent avec les groupements thiols des protéines.

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Toxicologie Industrielle Ethylène glycol

Les acides glycolique, glyoxylique, formique et lactique contribuent à l’acidose


métabolique.

L’acide oxalique forme des cristaux d’oxalate de calcium qui peuvent se déposer
notamment dans les reins et entraîner une néphropathie, provoquant aussi une
hypocalcémie en cas d’intoxication aiguë avec troubles subséquents de la coagulation
sanguine.

SYMPTOMATOLOGIE DES INTOXICATIONS :


L’intoxication aiguë est la forme la plus fréquente, l’intoxication chronique est plus
rare.

 Intoxication aiguë :
 Par inhalation de fortes concentrations on observe une irritation oculaire et
respiratoire

 Par ingestion: Elle se déroule en plusieurs phases :


* la première, qui débute plus ou moins rapidement après l’ingestion et dure jusqu’à
la 12ème heure environ, se caractérise par des troubles neurologiques (une période
d’excitation avec un syndrome ébrieux suivie d’une dépression et coma associée
éventuellement à des convulsions), et digestifs (nausées, vomissements, douleurs
abdominales) S’y ajoutent une hyperglycémie, une hyperleucocytose, une
hypocalcémie et une acidose métabolique.
* la deuxième phase couvre à peu près les 12 heures suivantes, au cours desquelles
s’observent des signes cardiovasculaires qui peuvent aller à l’insuffisance circulatoire
et la défaillance cardiaque avec un oedème pulmonaire pouvant entraîner la mort.
* la troisième phase, qui va de la 24 ème à la 72ème heure est dominée par l’atteinte
rénale : oligurie, anurie s’accompagnant d’hyperazotémie, cristaux d’oxalate de
calcium dans les tubules, protéinurie, glucosurie, hématurie,…
L’insuffisance rénale peut régresser ou évoluer vers la chronicité.

 Intoxication chronique :
Les effets de l’exposition répétée aux vapeurs d’éthylène-glycol sont essentiellement
irritatifs pour les muqueuses oculaires et respiratoires, et neurologiques (nystagmus
et somnolence).

TRAITEMENT DES INTOXICATIONS :


A. Traitement évacuateur
 Vomissements provoqués le plus précocement possible ;

 Lavage d'estomac, après intubation trachéale si sujet inconscient ;

 Si projection oculaire : lavage au sérum physiologique ou à l'eau ;

 Si projection cutanée : lavage à l'eau.

B. Traitement épurateur
 Hémodialyse (ou dialyse péritonéale)

C. Traitement Symptomatique
 Assurer la liberté des voies aériennes, respiration artificielle si nécessaire ;

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Toxicologie Industrielle Ethylène glycol

 Benzodiazépines contre les convulsions ;


 Correction de l'acidose métabolique par soluté de bicarbonate de sodium IV ;

 Correction d’une éventuelle hypocalcémie ;

D. Traitement antidotique

 Alcoolisation :
L’affinité de l’enzyme ADH est 100 fois supérieures pour l’alcool éthylique d’où
son utilisation comme antidote compétitif à fin de bloquer la formation des
métabolites toxiques de l’éthylène glycol.
Il faut surveiller l’alcoolémie de façon répétée : Taux sanguin à maintenir = 0,5 à 1
g/l.
 dose de charge : 1 ml d’éthanol à 95°/kg dilué dans une boisson sucrée

(per os) ou dans un soluté glucosé (IV)


 dose d’entretien : 0,1 à 0,3 ml d’éthanol à 95°/kg/h. adaptée au sujet.

 0,1 ml pour les non buveurs

 0,2 ml pour les buveurs occasionnels

 0,3 ml pour les alcooliques

 Le 4-Méthylpyrazole (4MP) par voie IV à la dose de 20mg/kg/j en dose de


charge puis 10mg/kg toutes les 12 heures.
Il agit par blocage enzymatique (ADH)  Surveiller la glycémie et l’alcoolémie.

TOXICOLOGIE ANALYTIQUE :
Le diagnostic toxicologique s’appuie sur la recherche et le dosage de l’éthylène-
glycol et sur diverses analyses biologiques.

 Recherche et dosage de l’éthylène-glycol :


Les examens peuvent être effectués sur le liquide susceptible d’avoir été ingéré, sur le
contenu gastrique, sur le sang, sur l’urine.
- Des méthodes d’orientation peuvent être utilisées en urgence :

- Méthode enzymatique à l’ADH : elle permet de doser des concentrations de 0.2


à 1.5 g/l ; l’interférence du méthanol et de l’éthanol peut être évitée par
chauffage préalable 30mn à 100°C ;
- Méthode colorimétrique : par oxydation périodique l’éthylène- glycol fournit
du formaldéhyde, lequel est dosé colorimétriquement (peu spécifique).

- Les méthodes diagnostiques sont à priori chromatographiques :


- chromatographie en phase gazeuse avec détection par ionisation de flamme,
surtout après dérivatisation ;
- chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse.
- chromatographie liquide à haute performance après transformation en
benzoyl-esters.

 Analyses biologiques :

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Toxicologie Industrielle Ethylène glycol

Peu de services cliniques peuvent disposer des résultats de dosage de l’EG en moins
de 24 heures, or le diagnostic positif est une urgence.
De plus, l’EG peut avoir disparu du sang circulant lorsque l’intoxiqué, même
comateux, arrive tard à l’hôpital.
En dehors de l’anamnèse le diagnostic peut être orienté par trois types d’examens
biologiques sanguins ou urinaires :
- Exploration de l’équilibre acido-basique avec découverte d’une acidose
métabolique sévère ;
- Bilan hydroélectrique ;
- Examen du culot urinaire révélant la présence de cristaux d’oxalate de calcium.

PREVENTION:
- Veiller au conditionnement correct des antigels ou autres formulations contenant de
l’éthylène-glycol,
- Éviter la contamination des eaux.
En milieu professionnel :
 Surveillance médicale :
Effectuée à l’embauche puis tous les six mois, concernant surtout les fonctions
vitales.
- Eviter l’exposition à l’éthylène glycol toute personne ayant des antécédents de
lithiase oxalique.

 Surveillance technique :
- Prévention collective : ventilation des locaux, décontamination des surfaces
souillées, respect des règles d’étiquetage et contrôle des atmosphères,
La VLE (vapeurs) : 50ppm.

- Prévention individuelle : instruction du personnel vis-à-vis des risques courus, port


de vêtements de travail appropriés, observation d’une hygiène corporelle stricte…

Les affections engendrées par l’éthylène-glycol sont inscrites dans les tableaux des
« maladies professionnelles »

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