Réformes économiques et défis à Madagascar
Réformes économiques et défis à Madagascar
d’information
indépendant
N°19
09/10/15
21/10/15
GRATUIT
É C O N O M I E , D É V E L O P P E M E N T E T C U L T U R E
Un nouveau
3% des 7
Edito
départ
18-24 ans
Par A.H
scolarisés
et on saura si 2015 a été ou non une année
blanche sur le plan de la relance économique,
ou un nouveau départ.
La déperdition
l’Etat.
de l’enseignement
attirer rapidement les investisseurs à Madagascar afin
qu’ils n’aillent pas ailleurs. En tout cas, quelques gros
investissements miniers sont nécessaires pour faire
décoller l’économie. En parlant de décollage, Air Ma-
dagascar a un nouveau commandant, un expert du
redressement de compagnie aérienne. La réforme est
supérieur
profonde et devra remettre un peu de logique dans la
gestion et l’exploitation, quoi qu’en diront le président,
sa famille et ses amis politiques.
leader par la qualité e projet de loi sur la fin des sacs plastiques à
Madagascar a été finalement adopté. Cette loi va
bouleverser les rayons des supermarchés et les
commerces de proximité.
ette fois, ce sera à l’hô- aire ses petites provisions dans une
tel Le Bellepierre-St épicerie du quartier est une habitude
Denis de la Réunion bien ancrée chez les habitants d’An-
que les opérateurs éco- tananarivo. Et c’est sur ce constat
nomiques malgaches que les promoteurs de la Grande Epi-
et réunionnais se retrouveront pour cerie de Tana ont développé dans le quartier
développer des partenariats autour d’Ivandry un concept nouveau en matière de
du thème « Développement durable commerce de détails pour répondre à tous les
et solutions innovantes ». Selon les petits et grands besoins du quotidien. Dans
dernières informations, une dizaine cette partie résidentielle de la capitale, la cir-
de chefs d’entreprise de la Grande Ile culation est difficile et l’ouverture d’un magasin
fera le déplacement dans le cadre de de proximité dans une zone sécurisée devient
la seconde édition de cette rencontre intéressant pour les clients, d’où le choix d’Assist Ivandry (ex pullman) avec un
d’affaires qui se tiendra les 15 et 16 parking surveillé, un parc de verdure reposant, un restaurant voisin «Infinithé»
octobre 2015. Selon un responsable et à proximité deux banques et une pharmacie. De nombreux projets immo-
patronal, les entreprises qui participe- biliers sont en cours de réalisation, ce qui va encore accroitre le nombre de
ront à ce rendez-vous ont été choisies résidents dans la zone et de ce fait accroître les futurs clients de l’Epicerie.
sur la base de plusieurs critères de Gilles Couapel
sélection fixés à partir du thème re- Selon un responsable, l’Epicerie se différencie avant tout des autres com-
tenu. La taille, la capacité de produc- est d’arriver à créer un dynamisme merces par le nombre de références qui y est dix fois plus important (plus de
tion, les forces d’innovation et la répu- fort entre les entreprises des deux 5000 références) avec des propositions en surgelé (fruits de mer, poissons,
tation font partie de ces critères. Ce îles de l’océan Indien qui mettent l’ac- plats préparés, crèmes glacées....), en frais (charcuteries, fromages, produits
qui a permis à des sociétés telles que cent sur l’innovation et le développe- laitiers, viandes) mais aussi en fruits et légumes bio, plantes et fleurs. Elle
Compagnie Vidzar, Guanomad, Faly ment durable. Des conférences sur propose également des produits artisanaux de grande qualité et des produits
Export Groupe Heri, SIB Mahajanga, plusieurs thèmes, des ateliers, des d’hygiènes et de beauté de référence. Certains produits ne sont distribués par
Scrimad, Bongou, Ingenosia ou en- visites de sites, des échanges et une ailleurs que l’Epicerie. Ils vont des produits artisanaux aux plantes spécifiques
core SEBTP-OTI de figurer parmi les séance rendez-vous B to B, seront au en passant par la boulangerie. Et certains sont aux normes Bio et notamment
heureuses élues. aussi programme de cet événement les fruits et légumes provenant de la ferme d’Ivato, une référence en qualité
qui a vu le jour grâce à l’initiative du locale. D’autres proviennent de plusieurs régions de Madagascar pour garantir
A noter que les principaux groupe- Club Export Réunion, en collabo- une diversité sur le choix.
ments d’entreprises comme le GEM ration avec le GEM. D’après Gilles
et le SIM seront également représen- Couapel, président du Club Export Ouvert tous les jours du lundi au samedi de 08h à 20h et le dimanche de 08h à
tés par une forte délégation à cette les actions pour le développement de 14h, la Grande Epicerie de Tana a organisé durant tout le mois de septembre
rencontre. L’EDBM (Economic deve- partenariats durables et solides avec un jeu « Spécial Rentrée » qui a permis de gagner des paniers cadeaux. Pour
lopment board of Madagascar) sera Madagascar permettent de cibler des participer, chaque candidat devait faire un achat minimum de 20 000 ariary. Et
également de la partie. Selon les or- opportunités de coopération bilatérale le « coup » a bien marché puisque l’Epicerie a eu de nombreuses retombées
ganisateurs de la rencontre, l’enjeu pour nos économies n notamment sur les réseaux sociaux n
Réforme du
discussions sur des points com-
ntreprise spécialisée dans l’acquisi-
me la redevance minière en ont
tion et l’analyse de données liées aux
décidé autrement. Finalement, le
Code minier
recherches pétrolières, TGS a suscité
SIMP 2015 a servi de plateforme
la curiosité des participants et des vi-
de dialogue entre les différentes
siteurs lors du Salon international des
Les opérateurs parties prenantes de l’industrie
extractive. La question qui s’est
Mines et du pétrole de Madagascar (SIMP
2015). Cette société norvégienne est en fait
posée le plus fréquemment avant
attendent et aussi durant la tenue du sa-
lon concernait évidemment l’état
le partenaire de l’Office des mines nationales
et des industries stratégiques (OMNIS) dans
le domaine de la collecte et l’exploitation des
toujours d’avancement de la réforme du
code minier. « Il faudrait d’abord
informations intéressant le secteur pétrolier
amont. TGS disposerait aujourd’hui de don-
que cette dernière a accepté d’être le « gold
sponsor » de l’événement. Sur le plan social,
connaitre les règles du jeu », a TGS est aussi de plus en plus active. L’année
nées issues d’études sismiques effectuées
affirmé Pascal Marchand, géo- dernière, elle a fait par exemple don d’ordi-
sur 51 000 km² de blocs pétroliers, situés dans
i le programme initial logue au sein de la société Ma- nateurs et d’imprimantes aux districts de Ma-
le bassin de Morondava. Elle a également
avait pu être respecté, dagascar exploration services, hajanga I, Mahajanga II, Soalala et Mitsinjo.
réalisé une compilation et des traitements de
les dirigeants du pays un des exposants au salon et Elle a profité de cette occasion pour remettre
données sur quatre vingt dix-huit forages réa-
auraient fait du Salon interviewé par un quotidien de la à la Région Boeny une enveloppe destinée
lisés dans le pays. Et le SIMP 2015 a permis
international des Mines place. Le ministre en charge des à alimenter en eau potable la commune de
à la société d’avancer encore ses pions dans
et du pétrole de Madagascar un Mines, a pour sa part laissé en- Mariarano qui héberge quelque 300 étudiants
la Grande Ile en se positionnant comme l’un
support de communication de tendre que les grandes lignes du universitaires depuis juin 2014. La commune
des principaux dispositifs du développement
choix pour présenter le nouveau nouveau Code miner, comme la de Mariarano est réputée pour sa biodiversité
pétrolier de la Grande Ile. Le commissariat
Code minier. Mais les aléas de création d’une société nationale, unique au monde et pour sa grotte longue de
général chargé de la coordination du salon
la politique et la finalisation des sont déjà fixées n 50km n
n’a pas non plus tari d’éloge sur TGS surtout
Partenaire de l’industrie
tures d’usage public. Le titulaire du ploitation telles que Rio Tinto-QMM et
projet, de par la mise en place des Ambatovy sont reconnues comme les
extractive
infrastructures destinées au proces- premières entités économiques ayant
sus de mise en route du projet, veille adopté et ayant appliqué le concept
au bien-être de ses employés et de la de « Gain net » ou d’ « Impact Posi-
population environnante en créant les tif Net » sur la biodiversité répondant
infrastructures de base, telles que la au principe de mise en hiérarchie des
e positionnant très en amont auprès des investisseurs, la BNI Mada- construction d’école, de puits, de lo- mesures d’atténuation : Evitement,
gascar ambitionne d’établir des relations à long terme et d’encourager gements, de routes, ou encore la mise mitigation, restauration et compen-
la création de partenariats qui leur permettront de donner plus rapide- en place de centrale électrique. Sans sation (offsets). Si la CMM ne cesse
ment corps à leurs projets. C’est dans cette optique que la banque a oublier que le secteur des grandes de rappeler la part du secteur extractif
tenu à participer au Salon international des mines et du pétrole (SIMP), mines crée des opportunités d’affaires dans l’économie du pays, ainsi que
qui s’est tenu à Antananarivo du 23 au 25 septembre dernier. Selon un respon- pour des entreprises issues d’autres de la responsabilité environnementale
sable de la banque, la BNI Madagascar a un rôle de premier plan à jouer pour secteurs. des entreprises minières, c’est parce
faciliter les objectifs des différentes parties prenantes de l’industrie extractive : que les critiques à l’endroit des pro-
les sociétés minières et pétrolières ainsi que leurs acheteurs et clients, les ins- Le développement d’un grand pro- jets miniers sont nombreuses. Der-
titutions financières et les sociétés de conseils professionnels. L’établissement jet minier nécessite généralement nièrement, c’est l’église catholique et
financier a ainsi choisi de marquer fortement sa présence à ce grand rendez- l’interaction de plusieurs activités en un collectif d’artistes connus qui sont
vous économique en faisant animer son stand par une équipe commerciale de amont et en aval de la chaîne de va- montés au créneau pour pointer du
haut niveau, de conseiller les actuels ou futurs investisseurs et de présenter les leurs du secteur minier. Ces grands doigt les impacts négatifs des projets
produits et services les plus adaptés à leurs besoins, qu’ils soient domestiques projets ont des besoins spécifiques miniers n
et internationaux n
nnn
La conception des programmes d’enseignement
supérieur ne se fonde pas toujours sur les besoins
en connaissances et compétences requises par les
employeurs, résultant ainsi à un niveau relative-
ment élevé de chômage parmi les diplômés de 8,4
%. La plupart des programmes universitaires se ba-
sent encore sur un modèle traditionnel d’enseigne-
ment de longue durée, ce qui souvent décourage
les étudiants. Les diplômés des Instituts Supérieurs
de Technologie (IST), qui proposent des cours de
courte durée pour la formation de techniciens su-
périeurs, peuvent plus facilement accéder à l’em-
ploi, mais les deux institutions existantes recueillent
moins de 2 % des inscriptions de l’enseignement
supérieur. Faute de partenariats dynamiques entre
les organisations professionnelles et les ministères
en charge de l’éducation, de la formation, et de l’em-
ploi, il apparaît difficile de faire émerger une offre de Martin Rakotoson. Les jeunes diplômés malgaches des instituts privés. « L’école nouvelle dit qu’il faut
formation technique et professionnelle structurée, sont-ils préparés et prêts à a intégrer l’entreprise à faire bouger les choses, permettre aux jeunes de
répondant réellement aux besoins des entreprises. la sortie de l’université ? La question relève de la se réaliser, d’aller plus loin possibles avec ce qu’ils
Seulement 1,7 % de la population active ont un ni- politique de l’enseignement supérieur. Les entre- sont, ce qu’ils ont, analyse le président de l’Imgam.
veau d’études supérieures. prises perdent en performance et en efficience en Ce n’est pas comme dans l’ancienne école où l’on
recrutant un diplômé de l’université qui a eu une vous dit voici le programme, vous devez apprendre
Aider les jeunes à se réaliser formation académique. Malgré son riche savoir, ceci, le faire par cœur ». Aujourd’hui, les universités
une recrue doit encore apprendre les aspects prati- publiques proposent aussi des formations orientées
Le système LMD est un moyen de moderniser les ques du métier, le contexte de la vie d’entreprise... métier et dans le privé, on a de plus en plus des
études supérieures à Madagascar à condition que « Contrairement à une formation professionnelle filières académiques.
les universités et les instituts disposent des moyens qui traite la globalité d’un domaine, la filière profes-
nécessaires pour le mettre en place et qu’il y ait un sionnalisante est axée sur un métier, on forme des Le cas des grandes sociétés minières est symptoma-
contrôle effectif des conditions d’enseignement et banquiers, des commerciaux, des créateurs d’en- tique d’une jeunesse mal formée, dépassée par les
des contenus des cours. La régulation du simple treprises », explique le président de l’Imgam. Même grands changements. Le recrutement d’étrangers à
agrément d’ouverture et de l’habilitation en tant que les universités s’y sont mises en ouvrant des filières différentes fonctions est un problème car les projets
label qualité devrait permettre aux futurs étudiants payantes, mais qui permettra à l’étudiant de trouver n’ont pas l’impact attendu en matière de création
de bien choisir. Martin Rakotoson, président de facilement un emploi grâce à son savoir-faire. d’emplois. « Le dynamisme que créent les écoles
l’Imgam a une approche idéaliste de l’école, faisant supérieures aujourd’hui va rattraper ce retard d’ici
des apprenants les maitres de leur formation, de Une formation à l’ancienne est encore à valider 5 ans, Madagascar sera enfin prêt », prédit Martin
leur vie. par un stage en responsabilité de préférence. Cela Rakotoson. « Avant, le but était de répondre aux
avait été la faiblesse des filières universitaires. Par besoins des entreprises, aujourd’hui, nous devons
« Il faut former les jeunes, permettre à tout le mon- contre, les filières professionnalisantes facilitent l’in- créer les besoins des entreprises, c’est l’école qui
de de se réaliser, c’est le rôle de l’école », affirme tégration au sein de l’entreprise, ce qui était la force doit trouver des idées nouvelles », souligne-t-il. n
L’E.S.D est pleinement ouverte sur le monde professionnel et sur la société civile.
L’étroitesse des liens tissés, de longue date, avec les praticiens du droit et les entre-
prises, la mise en place de formations, à l’instar des licences et Masters en Droit Pri-
vé, Public et science politique qui sont en réelle adéquation avec les besoins de son
environnement socio-économique, contribuent sans nul doute à assurer la meilleure
insertion possible de ses diplômés dans la vie active.
RAKOTONDRAMASY Frank
RANDRIAMIFEHY Pascal L’Ecole Supérieure de Droit et de science politique (E.S.D) est une Faculté dynami- Juriste consultant, expert en
Directeur que et innovante qui place la réussite de l’étudiant au centre de ses préoccupations, Droit des assurances et Droit
Docteur en Relations en lui offrant un environnement intellectuellement et humainement propice à son épa- de l’environnement
Internationales- plusieurs nouissement.
années d’Enseignement
Supérieur à Madagascar et Les cursus proposés visent à dispenser aux étudiants des formations académiques
à l’étranger (université de : habilitées par l’Etat et directement en prise avec les métiers du droit. Les étudiants
Prague, Perpignan) entrent ainsi progressivement dans l’acquisition des savoirs juridiques fondamentaux,
tout en bénéficiant d’une ouverture pluridisciplinaire et en développant de fortes capa-
cités d’adaptation, qualités indispensables aux juristes d’aujourd’hui. Une faculté en
lien permanent avec les milieux professionnels
Comme toute formation universitaire, les formations proposées ouvrent par nature
vers l’intégration professionnelle : RAKOTOARIMANANA
Sylvia Hasina
• Une collaboration active avec les praticiens : des intervenants, experts dans Sociologue et analyste
leur domaine, dispensent des cours au sein de l’E.S.D politique
RAMIHONE Gérard Roger D
Docteur en Droit de l’Union • Des formations orientées et organisées vers l’insertion professionnelle ra-
Européenne – 29 ans d’en- pide
seignement dans l’Enseigne-
ment Supérieur • Des stages en entreprise ou en administration prévus dès la 3e année de
formation et généralisés en master.
LICENCE
Cette première offre de formation en Licence de Droit – Sciences Politiques vise RATSIFANDRIAMANANA
notamment à répondre à un besoin national en formation juridique et politique de Bako Saholy
plus en plus développé et sans cesse grandissant ainsi qu’à une impossibilité avé- Experte en Economie de
rée des universités publiques à éponger les bacheliers de plus en plus nombreux, développement et gestion
chaque année et désirant poursuivre des études supérieures et intégrer un établis- de projet
RAMANAMISATA sement de prestige proposant des formations attractives et intéressantes.
Andrianjesy Sambatra
Docteur en Droit, Université MASTER
de Poitiers FRANCE Les étudiants issus de ce cursus sont directement opérationnels (et peuvent de
ce fait immédiatement intégrer le monde professionnel) mais étant donné la poly-
valence de la formation (à vocation indifférenciée), ils pourront, bientôt, eu égard
aux partenariats et collaborations développés avec d’autres Etablissements supé-
rieurs, poursuivre leurs études en Doctorat.
Patrick Imam,
pas au point
Ne pas supprimer
le MID mais
corriger ses
dysfonctionne-
but était de limiter les spéculations
ments
l’heure où un géant com-
me la Chine dévalue sa provoquant des changements bru-
monnaie nationale pour taux des taux de change. C’est plutôt Avec la dépréciation de l’Ariary, le MID
être compétitif au point la conjoncture économique qui allait est souvent mis en cause et remis en
de bouleverser l’ordre de provoquer ces bouleversements tant cause. Sa suppression est-elle oppor-
l’économie mondiale, la dépréciation craints. Le régime à flottement a été
accompagné d’une forte dépréciation
tune ?
de l’ariary a une autre lecture, celle
d’une économie faible dans un Etat de la monnaie nationale. La mise en
place du MID n’a pas mis fin au mar- En effet, une discussion qui revient souvent dans les
fragile qui a du mal à assumer son débats économiques lorsque la monnaie locale s’af-
développement. Cette perception est ché parallèle. Le fonctionnement ins-
titutionnel du marché interbancaire faiblit, comme tel est le cas ces jours-ci, c’est la sup-
celle d’un observateur étranger, sans pression du Mid et le retour à un régime de changes
complaisance dans son jugement. Elle n’est pas assez clair entre l’interven-
tion de la Banque centrale et la main fixes. Toutefois, la suppression du MID n’est pas
n’est pas forcément assumée par les forcement une issue, mais qu’il fallait solutionner
autorités malgaches, loin de là. La rai- invisible des cambistes qui manipu-
lent eux aussi les cours. Les taux de ses dysfonctionnements s’il y en a. De même que
son en est la notion de souveraineté le régime de change fixe n’est pas nécessairement
nationale que l’on associe à l’ariary. change affichaient une certaine rigidi-
té malgré les variations des volumes opportun. Non seulement le pays ne dispose pas
des devises échangés. encore des moyens d’assurer un tel régime vu le ni-
Tout avait commencé quand le gou- veau actuel de sa réserve, mais aussi parce que les
vernement de Madagascar avait dé- expériences des pays émergents des 20 dernières
cidé de sortir de la zone Franc. Dans Le marché à la criée n’a donc pas
tenu toutes ses promesses. Le MID en années ont démontré que de tels régimes peuvent
un élan idéologique et révolutionnaire, être problématiques et souvent pas soutenable à
la tendance était d’avoir une monnaie continu a apporté des améliorations
notamment dans le mécanisme de long terme, et peu aboutir à des crises, à l’instar de
forte, carrément surévaluée. C’était la crise mexicaine, la crise en Argentine ou encore
possible dans un régime de change change et permettait plus de stabilité
du taux de change. Ce nouveau sys- la crise asiatique ».
fixe. La situation était quelque peu la souveraineté monétaire. Les fonde-
surréaliste et les autorités sous la pré- ments économiques du flottement de tème n’a pas pour autant fait oublier
sidence de Didier Ratsiraka ne pou- la monnaie malgache sont un concept les problèmes structurels liés à l’insuf- Il a été dit que le FMI est pour la sup-
vaient que revenir à la réalité. mal compris par les contribuables, ce fisance de l’offre en devise. Le marché pression du MID mais cela n’a jamais
depuis le départ. est toujours sous pression, car la de- été vraiment le cas.
Dès 1982, la dévaluation du Franc mande ne peut être satisfaite. La vo-
malgache garanti a été inévitable. Elle Le Fmi et la Banque mondiale ont latilité des changes réapparait comme
Suite à un malentendu et à une confusion avec
faisait partie des ajustements néces- exigé des réformes du marché du un risque, favorisant la fluctuation des
le FMI Malagasy (Fahefa-Mividy Izao no takian’ny
saires pour pallier la crise économi- change. Les difficultés économiques taux. L’actuelle crise de l’ariary n’est
Malagasy), il a été malheureusement attribué au
que qui secouait le pays. Le marché rencontrées par le pays après la crise pas un phénomène récent puisque les
Fonds Monétaire International les propos sur la sup-
parallèle des devises était plus fort politique de 1991 et les années de prémisses dataient de mi-2014 sans
pression du Marché Interbancaire de Devises. Ce
parce qu’il était plus réaliste. Déjà, le transition qui ont suivi mettaient les que la tendance à la baisse n’ait pu
qui ne reflète pas notre avis concernant ce marché
taux de change y était variable, même autorités malgaches dans une posi- être redressée. Cette dépréciation
de changes. Pour le Fonds, il n’a jamais été ques-
si le terme « flottement » n’était pas tion d’infériorité d’autant qu’elles né- n’est pas volontaire, mais le fruit de
tion de supprimer le MID. Ce n’est pas la solution,
encore approprié. L’Etat ne pouvait gociaient des aides pour financer le la pression du marché, le résultat de
il s’agit plutôt d’améliorer son fonctionnement afin
que suivre le mouvement face à la développement et surtout pour ren- la suprématie de la demande face à
d’optimiser son existence comme il vient d’être dé-
pénurie de devises. Résultat, le FMG forcer le budget de l’Etat. La mise en l’offre de devises.
cidé avec l’élimination des buybacks*.
ou l’Iraimbilanja de son nom « verna- place d’un régime de change flottant
culaire » a perdu 80% de sa valeur en aurait été une initiative du ministre L’économiste Adamson Rasolofo a re-
seulement 5 ans. Durant ces années des Finances de l’époque, qui faisait commandé de « briser la position oli- Le fait que Madagascar soit un « Etat
1980, la dévaluation avait l’effet d’un bien plus que les conditionnalités émi- gopolistique des banques commercia- fragile » rend-il difficile de défendre la
mini-séisme. La cherté des produits ses par les bailleurs de fonds. C’était les sur le MID, pour en faire bénéficier parité de l’ariary ?
d’importation ne concernait pas tout le chose faite en 1994. d’autres intervenants jugés solvables
monde grâce à une production natio- et remplissant les conditions exigées Le mot « Etat fragile » caractérise un pays où les ca-
nale plus ou moins soutenue par les Le fait marquant de l’époque est sans par le marché, en vue d’apporter de pacités de l’Etat sont réduites. Dans ce contexte-ci,
sociétés d’Etat, celles qui étaient ef- doute la fin du contrôle de change par nouvelles liquidités en devise sur ce cette capacité réduite se rapporte essentiellement
fectivement productives. Les relations les autorités. Le marché interbancaire marché ». Des opérateurs économi- à sa capacité financière de défendre sa monnaie.
privilégiées avec les pays de l’Europe des devises est alors mis en place ques abondent dans ce sens, redou- Mais dû au fait que le pays a un taux de change flot-
de l’Est et l’Union soviétique ont per- pour encadrer le change flottant. Pour tant l’entente entre les établissements tant, bien que le niveau des réserves internationales
mis au gouvernement d’acheter des le commun des malgaches, ce chan- bancaires et souhaitent l’intégration de devises du pays est en dessous des standards
biens et des services à prix aborda- gement dans le système financier des compagnies assurances, bureaux établis de trois mois de couverture en importations,
ble. était la principale cause de l’inflation. de change, fonds de pension, caisse cela n’est pas grave. Les réserves de la Banque
Auparavant, seuls les privilégiés qui de sécurité sociale… Sur ce marché, Centrale de Madagascar ne sont pas destinées
Les difficultés économiques refont voyageaient à l’étranger et y font des les failles sont encore nombreuses, dans la politique actuelle à défendre la parité de la
surface quand le pays doit absolument achats qui semblaient être concernés. relevant plus d’un mauvais fonction- monnaie locale, mais plutôt à éviter des fluctuations
importer. L’insuffisance des réserves Avec le « flottement », tout le monde nement institutionnel que de la politi- excessives. Face aux différents chocs internes et
de devises a contraint les Malgaches a subi la hausse des prix des biens que de change elle-même n externes auxquels son économie pourrait être expo-
à de grands sacrifices. Quand la pro- importés. Les entreprises espéraient sée, c’est le taux de change qui en principe va être
duction rizicole n’était pas suffisante, avoir accès facilement aux devises l’amortisseur. En effet, avec son niveau actuel de
l’approvisionnement est compromis grâce au MID. Ce n’était pas le cas. réserve, on peut dire que le pays pourrait se mettre
parce que l’Etat ne peut pas importer. Au milieu des années 1990, l’offre de dans une situation plus confortable en augmentant
*Les buybacks sont des
La pénurie des autres PPN comme devises demeurait insuffisante. Phé- les réserves.
opérations d’achat/vente par la
l’huile alimentaire est toujours suppor- nomène bizarre et imprévu, la sta-
Banque Centrale, sans transfert de
table pour les malgaches, mais pas gnation des cours laissait perplexes
le riz. La valeur de la monnaie mal- les acteurs du marché, laissant croire
cash. Ils ont pour effet de gonfler A quoi va servir l’aide du FMI ?
le volume des transactions et d’af-
gache s’appréciait alors sur sa parité que les dépréciations de la monnaie
ficher un cours de l’ariary moins L’aide financière du FMI va être versée directement
avec le… prix du riz. Quand un franc nationale de l’époque étaient encore
déprécié. Selon le bureau du FMI, à la Banque Centrale et servira à renforcer la ré-
français valait un kilo de riz, tout allait une dévaluation déguisée au lieu d’un
de telles interventions faussent les serve internationale de devises gérée par cette der-
bien. Le début de la dévaluation allait flottement.
repères sur le vrai taux de changes nière. Madagascar se dotera ainsi des ressources
mettre en cause cette certitude. A la
au détriment du secteur privé pro- nécessaires qui viendront renforcer les réserves in-
fin des années 1980, Madagascar en- Les autorités gardaient cependant un
ductif. Il estime que la cessation ternationales détenues par la Banque Centrale, afin
tre « dans le giron » des institutions de certain contrôle grâce à la possibilité
des buybacks ne devrait pas avoir de se prémunir contre d’éventuels chocs sur son
Bretton Woods après avoir constaté d’intervention de la Banque centrale
d’impacts sur l’économie réelle, en économie et pour financer plus facilement l’impor-
l’échec économique du socialisme pur pour atténuer les fluctuations et l’as-
particulier l’inflation. tation de biens et de produits n
et dur. Ce choix économique va pous- sociation des transactions de chan-
ser le pays à perdre sur le terrain de ges aux flux commerciaux avérés. Le
Commerce
Respect des normes internationales
et accès aux marchés de la SADC
Pour le projet régional ASTF de contamination des denrées alimen- commercialisation », a souligné le teur public (ministères techniques,
ou Fonds fiduciaire africain de taires aussi bien que l’environnement. Coordonnateur national du projet, le centres/institutions de recherche), du
solidarité, 7 pays de la région Il vise à assurer le plein respect des Dr Clarisse Maharavo. secteur privé (groupement profes-
de la SADC se sont vus attri- normes internationales stipulées dans sionnel, entreprises œuvrant dans
bués le montant total de 4 mil- l’Accord sur les mesures Sanitaires Six mois après le lancement du projet l’agroalimentaire) et de la société civi-
lions USD. Madagascar, faisant partie et Phytosanitaires (SPS). Le projet financé par le Fonds fiduciaire africain le (associations des consommateurs,
de cette région, a reçu 420 000 USD contribue à la productivité agricole de solidarité (Africa Solidarity Trust groupements de producteurs), pour
pour la réalisation du projet visant à accrue et à faciliter le commerce ré- Fund-ASTF) à Madagascar, les mem- mener à bien ce projet sur une durée
« renforcer les contrôles des mena- gional et international pour la sécurité bres du Comité Technique National du de 3 ans.
ces pour la sécurité sanitaire des ali- alimentaire et nutritionnelle dans la Projet se sont réunis pour mettre au
ments, les ravageurs et les maladies région de la SADC. point leur plan d’action. ASTF est un Les experts techniques viennent de
des plantes et des animaux, en vue fonds de plus de 40 millions de dollars différentes institutions notamment de
de l’accroissement de la productivité L’ensemble des acteurs du secteur réunis par les pays les plus avancés l’Enseignement supérieur, de la re-
et du commerce en Afrique australe agricole du pays devrait bénéficier d’Afrique afin d’aider ceux qui sont cherche scientifique, et des autorités
». des retombées de ce projet : des moins avancés. compétentes spécialisées en : santé
petits producteurs aux grandes insti- et protection des végétaux, élevage et
Le projet fournira des appuis pour tutions en passant par tous les opé- Le comité national technique est santé animale, sécurité sanitaire des
améliorer la surveillance des mala- rateurs de la filière agricole, en met- constitué par des spécialistes minu- aliments, foresterie, pêche et santé
dies et des ravageurs et les épisodes tant un accent particulier sur l’aspect tieusement identifiés, issus du sec- des animaux aquatiques n
Service publicité :
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de l’éducation
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Petit Nid. C’est l’un des établissements
malgaches qui a su hisser au plus haut
le niveau d’enseignement et la qualité de
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« On nous a remis le trophée Etoile de Ambolokandrina
la Qualité avec solennité. Cela a réveillé Tel. 034 84 793 43
chez nous un sentiment de fierté », dé- 032 07 517 20
clare la PDG du groupe Le Petit Nid, Sahoby Ramahafalisoa
Sahoby Ramahafalisoa. « Nous serions
contents s’il y a plus de malgaches qui fesseurs qui l’enseignent. Chaque élève elle. L’école est travail d’amour, c’est un
le recevaient. Dans les autres pays, les est suivi par un éducateur qui se réfère à investissement de conviction. On ne peut
gens se soutiennent, se solidarisent pour
évoluer positivement », a-t-elle ajouté.
une courbe d’évolution. « La réunion des
staffs, c’est notre gouvernement. C’est là
pas réduire l’éducation et l’enseignement BNI Madagascar
à n’être qu’un commerce ».
L’établissement sis à Amboditsiry a été que nous décidons des actions à réaliser Un Centre d’Affaires
à Toamasina
le seul à être honoré par une ISQ 2015 », explique la PDG. Sahoby Ramahafa- Un enseignement pour donner le savoir,
dans le domaine de l’éducation parmi les lisoa affirme que l’école ne fait pas de une éducation pour faire des enfants de
51 pays récompensés. discrimination raciale ni sociale. Les élè- bonnes personnes, de bons citoyens,
D
ves portent un uniforme, mais la liberté telle est la philosophie de l’Ecole Le Pe- epuis le 1er octobre 2015, l’agence
Même si le taux de réussite aux examens individuelle est respectée pour ceux qui tit Nid. L’établissement a la particularité
officiels dans le pays a diminué, l’Ecole principale de BNI MADAGASCAR
souhaitent porter un habit selon leur pra- d’avoir deux cursus, l’un pour le program- à Toamasina, à l’angle du Boulevard
Le Petit Nid fait preuve de constance en tique religieuse. me du gouvernement malgache et l’autre
termes de bons résultats, soit 90 à 100% Joffre et de la Rue de Lattre de Tas-
qui vise un diplôme international. Ce sont signy, dispose désormais d’un Centre
selon les séries. « Nous avons des outils Le grand projet du Groupe Le petit nid, deux systèmes différents. On prépare le
qui suivent les normes, ce qui nous ga- d’Affaires Entreprises. Ce dernier per-
c’est l’ouverture d’une chaîne de télé- brevet et le baccalauréat français dès le met à la banque de mettre un accent
rantit des résultats satisfaisants », confie vision éducative. « Nous avons déjà préscolaire.
la PDG du groupe. Bibliothèque, maté- particulier sur sa volonté d’accompa-
réservé la fréquence, nous espérons gner les entreprises, toutes catégories
riels informatiques, laboratoires et autres bientôt avoir la licence, explique la PDG. Sahoby Ramahafalisoa milite pour la
outils pédagogiques sont à la disposition confondues, dans le développement de
Il n’y a pas que les élèves du Petit Nid réussite des malgaches à la tête des en- leurs activités dans cette première ville
des élèves. et ceux qui habitent à Antananarivo qui treprises. « On peut faire mieux que les portuaire du pays.
vont en bénéficier mais tous les enfants étrangers » clame-t-elle. Une conviction
Ouvertement élitiste, l’établissement sé- malgaches ». L’établissement a l’ambi- qui est une source de motivation dans
lectionne aussi bien les élèves que les L’équipe commerciale du CAE est à
tion d’œuvrer pour l’avenir de tous les l’enseignement : « je suis persuadée que l’écoute des besoins spécifiques de
professeurs en leur faisant passer un enfants du pays. Sahoby Ramahafalisoa les jeunes diplômés malgaches seront
test d’entrée. L’enseignant doit honorer chaque société, petite ou grande y
est une éducatrice engagée qui n’hésite les dirigeants ou les propriétaires des en- compris les institutionnels, avec une
son contrat qui est de faire réussir ses pas à mobiliser son groupe pour donner treprises à succès du pays ». Pour cela,
élèves, de traiter ces derniers sur le panoplie de services bancaires de
un coup de main aux écoles primaires dit la PDG du groupe, il faudra que les proximité. Pour plus de confort et de
même pied d’égalité et de respecter les publiques. « Je n’accepterais jamais que pouvoirs publics et les consommateurs
valeurs de l’entreprise. Chaque matière sécurité, un guichet de caisse dédié
les enfants malgaches échouent, je ferais fassent confiance à ces jeunes entrepre- est mis en place afin de faciliter toutes
a un directeur qui supervise tous les pro- des efforts pour les aider à réussir, dit- neurs n leurs opérations bancaires n