0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
94 vues4 pages

Moutarde Cultivee Biofumigation

La moutarde est un biofumigant efficace pour contrôler divers ravageurs du sol. Elle produit des substances chimiques appelées glucosinolates qui, lorsqu'elles sont incorporées au sol, se transforment en isothiocyanates inhibiteurs. Le document décrit les variétés, les pratiques culturales comme la fertilisation et l'incorporation au sol nécessaires pour une biofumigation réussie à l'aide de la moutarde.

Transféré par

Uziel CHIMI
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
94 vues4 pages

Moutarde Cultivee Biofumigation

La moutarde est un biofumigant efficace pour contrôler divers ravageurs du sol. Elle produit des substances chimiques appelées glucosinolates qui, lorsqu'elles sont incorporées au sol, se transforment en isothiocyanates inhibiteurs. Le document décrit les variétés, les pratiques culturales comme la fertilisation et l'incorporation au sol nécessaires pour une biofumigation réussie à l'aide de la moutarde.

Transféré par

Uziel CHIMI
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Moutarde cultivée pour la biofumigation

La biofumigation consiste à supprimer les ravageurs et les maladies du sol en utilisant des
végétaux qui produisent des substances chimiques inhibitrices, aussi appelés métabolites
secondaires. La plupart du temps, ces végétaux biofumigants sont broyés et incorporés au sol
pour qu’ils puissent libérer leurs substances inhibitrices. La moutarde est un biofumigant bien
connu. Ses propriétés assainissantes sont étudiées depuis un certain nombre d’années, et les
scientifiques ont conçu une méthode pour en tirer le meilleur parti. En effet, la moutarde et la
plupart des plantes de la famille des brassicacées produisent des substances chimiques appelées
« glucosinolates ». Lorsque les glucosinolates entrent en contact avec l’eau et une famille
d’enzymes, les myrosinases, que renferment les cellules végétales, ils sont transformés en un
autre groupe de composés appelés « isothiocyanates ». Ce sont ces isothiocyanates qui confèrent
à la moutarde son pouvoir de biofumigation. Les isothiocyanates sont également responsables du
goût amer, piquant et épicé des brassicacées. L’isothiocyanate produit par la moutarde est appelé
isothiocyanate d’allyle (AITC). L’AITC est un composé très semblable à celui que l’on retrouve
dans l’insecticide fumigène commercial VapamMD.

Photo fournie par la Division de la recherche des Fermes Cavendish

Révisé en 2015 Agriculture, Aquaculture et Pêches


Contrôle des ravageurs
Pour utiliser la moutarde ou toute autre culture comme biofumigant, il est important de connaître le
ou les ravageurs visés et leur cycle de vie. Le matériel végétal servant de biofumigant doit être
incorporé au sol lorsqu’il y a présence du ravageur dans la couche supérieure du sol (à une
profondeur de 15 à 20 cm). La date d’ensemencement doit donc être planifiée en conséquence
pour que la culture ait atteint sa pleine production de biomasse et de métabolites secondaires au
moment de son incorporation. La moutarde s’avère efficace pour contrôler divers ravageurs du sol,
notamment Verticillium spp., Rhizoctonia spp., Fusarium spp., Pythium spp., Sclerotinia spp., la
gale commune de la pomme de terre et divers nématodes. Son utilisation comme biofumigant
permet également de réduire les dommages causés par le ver fil-de-fer.

Variétés
Il existe de nombreuses variétés de moutarde, mais elles ne sont pas toutes efficaces pour la
biofumigation. Certaines variétés produisent plus de glucosinolates que d’autres. En fait, certaines
variétés ont été sélectionnées précisément pour la biofumigation, comme le groupe de variétés
« Caliente ». En général, les variétés de moutarde qui sont issues de la « moutarde orientale »
(Brassica juncea) ont tendance à produire des glucosinolates en plus grande quantité.

Variété de Taux de semis Description


moutarde
Caliente 199 10-12,3 kg/ha Variété à croissance rapide, habituellement utilisée au
(9-11 lb/acre) printemps ou à la fin de l’été, sélectionnée spécifiquement
pour la biofumigation puisqu’elle renferme une teneur très
élevée en glucosinolates.
Caliente 61 5,6-7,8 kg/ha Variété tolérant la sécheresse et la chaleur. Elle ne fleurie pas
(5-7 lb/acre) prématurément en présence de stress; contient moins de
glucosinolates que la Caliente 199; peut produire plus de
biomasse en photopériode plus longue l’été.
Caliente 119 10-12,3 kg/ha Variété utilisée lors d’essais dans le Maine; l’une des toutes
(9-11 lb/acre) premières variétés « Caliente ».

Nemat/ 5,6-7,8 kg/ha Variété pouvant être semée au printemps; conçue pour
Caliente (5-7 lb/acre) améliorer la suppression des nématodes; les exsudats
racinaires de Eruca sativa attirent les nématodes dans la
couche supérieure du sol; E. sativa est également une plante
indicatrice de nématodes.
Tableau 1 : Description des variétés Caliente et taux de semis proposé

Agriculture, Aquaculture et Pêches


Date d’ensemencement
La moutarde peut être ensemencée, avec semoir ou à la volée, en tout temps du printemps à
l’automne, pourvu que le sol soit assez humide pour permettre une germination rapide. Cela dit, un
ensemencement au milieu et à la fin de l’été produit généralement un peuplement clairsemé et
irrégulier en raison des conditions sèches qui prévalent. Si les semis sont faits à la volée, il est
important de tasser le sol au rouleau pour mieux faire adhérer les semences au sol et assurer une
germination rapide et vigoureuse. La date d’ensemencement dépend du ravageur visé. La
moutarde doit être ensemencée environ 60 jours avant que le ravageur ne soit présent dans le
champ puisqu’elle doit être incorporée au sol avant qu’elle ne commence à produire des graines.
Selon la variété et les conditions de croissance, il faut environ 60 à 70 jours pour obtenir une
production de biomasse optimale.

Fertilisation
Pour obtenir les meilleurs résultats possibles, le pH du sol doit être d’au moins 5,5. Si le champ
présente un pH inférieur à 5,5, le processus de biofumigation pourrait ne pas être efficace. Pour un
résultat optimal, le pH du sol doit s’approcher le plus possible de 7. La biomasse et les
glucosinolates sont au cœur d’une biofumigation réussie. Il est donc essentiel d’ajouter de
l’engrais aux cultures de moutarde parce que l’azote joue un rôle important dans la production de
la biomasse et le soufre, dans celle des glucosinolates. L’engrais doit être épandu à la volée avant
d’ensemencer la moutarde. L’application de l’azote se fait à une dose variant de 84 kg/ha
(75 lb/acre) à 140 kg/ha (125 lb/acre), selon l’historique du champ. La dose de soufre doit être
ajustée en fonction de la dose d’azote choisie, selon un ratio de 6 pour 1. Par exemple, si on
choisit d’appliquer une dose de 112 kg/ha (100 lb/acre) d’azote, la quantité de soufre qu’il est
suggéré d’appliquer sera de 19 kg/ha (17 lb/acre).

Incorporation au sol
La croissance de la moutarde doit être surveillée à mesure que la saison avance. La moutarde doit
être incorporée au sol avant sa pleine floraison et avant qu’elle ne produise des semences, et ce,
pour les raisons suivantes : 1) la moutarde qui produit des graines viables risque de poser un
problème de mauvaises herbes la saison suivante; 2) la teneur en glucosinolates diminue
rapidement dès que les plantes de moutarde se mettent à produire des semences. Idéalement, la
moutarde doit donc être incorporée au sol avant sa pleine floraison (environ 2 semaines après le
début de la floraison). Pour que la biofumigation soit réussie, il faut suivre la procédure suivante à
la lettre.
1. L’incorporation au sol doit se faire avant que les cultures de moutarde n’aient atteint leur
pleine floraison.
2. L’incorporation au sol doit se faire le matin ou le soir. Il faut éviter les journées chaudes et
ensoleillées.
3. L’incorporation au sol doit se faire lorsque le sol présente un bon taux d’humidité. Il ne faut
pas incorporer la moutarde lorsque le sol est sec.
4. Avant l’incorporation, il est essentiel de hacher et de broyer le plus possible les matières
végétales pour que les cellules végétales puissent libérer le fumigant. Cette étape peut se
faire à l’aide d’une faucheuse à fléaux.
Agriculture, Aquaculture et Pêches
5. La moutarde doit être incorporée au sol IMMÉDIATEMENT après le fauchage, puisque
80 % des gaz fumigants seront libérés au cours des 20 minutes suivantes.
6. Pour une incorporation optimale, il faut utiliser un outil qui permet de mettre le plus de
matières végétales dans les 15 à 20 premiers centimètres du sol. Il ne faut pas utiliser de
charrue pour faire cette tâche.
7. Si possible, après l’incorporation, il faut tasser le champ au rouleau pour emprisonner le gaz
fumigant dans le sol. S’il s’agit d’une production à petite échelle et lorsque c’est possible, il
serait bon de couvrir la zone de bâches à cette fin. L’effet de la biofumigation en sera ainsi
amélioré.
8. Enfin, une fois la procédure d’incorporation terminée, il faut laisser le champ intact pendant
14 jours pour que toutes les matières végétales puissent se détériorer. L’ensemencement
de nouvelles cultures avant la fin de cette période de 14 jours risque de causer d’importants
dégâts aux cultures et d’empêcher la germination. Si la température du sol est inférieure à
10 °C, il peut être nécessaire d’accorder une plus longue période de repos au champ pour
permettre aux matières végétales de se détériorer.

Conclusion
Gérées convenablement, les cultures de moutarde offrent aux producteurs une autre façon de
lutter contre les ravageurs et les maladies du sol. L’utilisation de la moutarde comme biofumigant
est particulièrement intéressante pour les producteurs biologiques. Il est important de respecter à
la lettre les pratiques culturales établies si on veut profiter des propriétés fumigantes de la
moutarde. Le broyage adéquat des matières végétales et leur incorporation au sol sont de la toute
première importance. Même si la moutarde est un biofumigant remarquable, elle offre les mêmes
avantages qu’il est possible de s’attendre de toute autre plante de couverture, notamment prévenir
l’érosion du sol, recycler les éléments nutritifs du sol, améliorer la structure du sol et retenir les
matières organiques qui s’y trouvent. La moutarde peut également servir à repousser de
nombreux insectes (ver fil-de-fer) et ravageurs et, de ce fait, prévenir plusieurs problèmes pouvant
survenir au champ. Fait intéressant, certaines autres cultures peuvent également présenter un
effet de biofumigation, notamment, mais sans s’y limiter, le sarrasin, le millet perlé, l’hybride
sorgho et herbe du Soudan, le colza et le radis oléagineux.

Agriculture, Aquaculture et Pêches

Vous aimerez peut-être aussi