Définition et opérations sur les polynômes
Définition et opérations sur les polynômes
Polynômes
2.1 Définitions
1) Un polynôme à coefficients dans K est une expression de la forme
n
X
P = ak X k = an X n + · · · + a1 X + a0
k=0
avec n 2 N et an , . . . , a0 2 K.
2) L’ensemble des polynômes à coefficients dans K est noté K[X].
3) Les constantes ai 2 K sont appelés les coefficients du polynôme.
4) Si tous les coefficients ai sont nuls, P est appelé le polynôme nul, il est noté 0.
5) On appelle le degré de P le plus grand entier k tel que ak 6= 0 ; on le note deg P . Pour le degré du
polynôme nul on pose par convention deg(0) = 1.
6) Un polynôme de la forme P = a0 avec a0 2 K est appelé un polynôme constant. Si a0 6= 0, son degré
est 0.
7) L’ensemble de polynômes à coefficients dans K dont le degré est inférieur ou égal à n est noté par
Kn [X] : n o
Kn [X] = P = an X n + · · · + a1 X + a0 ak 2 K, 81 k n .
8) Les polynômes comportant un seul terme non nul (de la forme ak X k ) sont appelés monômes.
9) Pour un polynôme P = an X n + · · · + a1 X + a0 , avec an 6= 0, le monôme an X n est appelé terme
dominant de P . Le coefficient an est appelé le coefficient dominant de P .
10) Si le coefficient dominant d’un polynôme P est 1, on dit que P est un polynôme unitaire.
25
26 CHAPITRE 2. POLYNÔMES
P + Q = cn X n + . . . + c0 et P = dn X n + · · · + d0
(P + Q) = P + Q, 8 2 K, P, Q 2 K[X],
et
( + µ)P = P + µP, 8 , µ 2 K, P 2 K[X].
(vi) Les opération d’addition et de multiplication par un scalaire vérifient une associativité mixte :
P + Q 2 Kn [X].
Démonstration. La démonstration de cette proposition est très simple est laissée en exercice.
2.2. OPÉRATIONS SUR LES POLYNÔMES 27
2.2.3 Multiplication
Définition 2.2.3.1. Soient P = an X n + · · · + a0 et Q = bm X m + · · · b0 deux polynômes à coefficients dans
K. On définit le polynôme P ⇥ Q 2 K[X] par
P ⇥ Q = cN X N + · · · + c0
ou N = n + m et pour tout 0 k n + m,
k
X
ck = a l bk l
l=0
Proposition 2.2.3.3. (i) L’opération de multiplication ⇥ est une opération commutative sur K[X] :
P ⇥ Q = Q ⇥ P, 8P, Q 2 K[X].
R ⇥ (P + Q) = R ⇥ P + R ⇥ Q, 8P, Q, R 2 K[X],
ou
k
X k
X
ck = a l bk l et dk = bl a k l
l=0 l=0
avec avec al = 0 pour l > n et bs = 0 pour s > m. Etant donné que pour tout 0 k n + m,
k
X
dk = bl a k l = b0 a k + b 1 a k 1 + · · · + bk 1 a1 + b k a 0 = bk a 0 + b k 1 a1 + · · · + b1 a k 1 + b0 a k = c k ,
l=0
on déduit que P ⇥ Q = Q ⇥ P .
f k = 0 a k + r1 a k 1 + · · · + rk 1 a1 + rk a 0 , g k = r0 bk + r1 bk 1 + · · · + rk 1 b1 + r k b0
et
Donc R ⇥ (P + Q) = R ⇥ P + R ⇥ G.
28 CHAPITRE 2. POLYNÔMES
(an X n + · · · + a0 ) ⇥ (bm X m + · · · b0 )
en utilisant la propriété (ii) de la proposition 2.2.3.3, et ensuite utiliser le fait que X l ⇥ X k = X l+k pour
tout k, l 2 N ,en regroupant les monômes ayant le même degré.
Exemple 2.2.3.5. (X 2 + 2X + 1) ⇥ (X + 1) = X 3 + 2X 2 + X + X 2 + 2X + 1 = X 3 + 3X 2 + 3X + 1
Remarque 2.3.0.2. Tout polynôme P = an X n + · · · + a0 est une combinaison linéaire des monômes X n ,
. . . , 1.
Proposition 2.3.0.3. 1) L’espace vectoriel K[X] est de dimension infinie, avec une base {1, X, . . . , X n , . . .}.
2) Pour tout n 2 N, l’espace vectoriel Kn [X] est de dimension n + 1 avec une base {1, X, . . . , X n }.
La proposition suivante sera utile pour trouver d’autres bases des espaces Kn [X], n 2 N.
Proposition 2.3.0.4. Quelque soit n 2 N, toute famille des polynômes {P0 , . . . , Pn } ⇢ K[X] tels que
deg Pk = k, 80 k n, est une base de l’espace Kn [X].
Démonstration. Soient n 2 N et {P0 , . . . , Pn } ⇢ K[X] une famille des polynômes tels que deg Pk = k, 80
k n. Montrons que c’est une base de l’espace Kn [X]. Etant donné que dim K[X] = n+1, il suffit de montrer
que c’est une famille libre. (Exercice : Pourquoi ?) Montrons par récurrence que pour tout 0 k n, la
famille {P0 , . . . , Pk } ⇢ K[X] est libre.
(i) Pour k = 0, le polynôme P0 est constant et non nul car deg P0 = 0. Donc, la famille {P0 } est libre.
(Exercice : Verifier !)
(ii) Supposons que pour un k 2 {0, . . . , n 1}, la famille {P0 , . . . , Pk } est libre et montrons que la famille
{P0 , . . . , Pk , Pk+1 } l’est aussi. Etant donné que deg Pk+1 = k, le polynôme Pk+1 est de la forme
Pk+1 = aX k+1 + Qk
2.4. ARITHMÉTIQUE DES POLYNÔMES 29
avec Qk 2 Kk [X] et le coefficient a 2 K non nul. Donc, si les coefficients 0, . . . , k, k+1 2 K sont tels que
k+1
Or, le polynôme 0 P0 + · · · + k Pk + k+1 Qk est de degré k et donc k+1 aX l’est aussi. Donc, on
doit avoir k+1 a = 0, ce qui prouve que k+1 = 0 (car a est non nul). On obtient donc
0 P0 + ··· + k Pk = 0.
Etant donné que la famille {P0 , . . . , Pk } est libre, cette dernière égalité montre que les coefficients 0, . . . , k
sont aussi nuls. La famille {P0 , . . . , Pk , Pk+1 } est donc libre.
Corollaire 2.3.0.5. Toute famille des polynômes {Pk , k 2 N} tels que deg Pk = k, 8k 2 N, est une base de
l’espace K[X].
Démonstration. En e↵et, une telle famille est libre, car pour tout n 2 N, d’après la proposition précédente,
la famille {P0 , . . . , Pn } est libre. Et c’est aussi une famille génératrice dans K[X], car pour tout P 2 K[X] il
existe n 2 N tel que P 2 Kn [X] et d’après la proposition précédente, la famille {P0 , . . . , Pn } est génératrice
dans Kn [X].
✓ ◆
Pm m
Exemple 2.3.0.6. Soient P0 = 1 et Pm = k=0 X k pour tout m 2 N⇤ . Alors pour tout m 2 N,
k
deg Pm = m (car le terme dominant de Pm est X m ). Donc, quelque soit n 2 N la famille des polynômes
{P0 , . . . , Pn } est une base de l’espace Kn [X], et la famille des polynômes {Pk , k 2 N} est une base de l’espace
K[X].
On alors les propriétés évidentes : quelque soit P 2 K[X], P divise P , 1 divise P et P divise 0. Outre ces
propriétés évidentes, on peut facilement démontrer la proposition suivante :
Théorème 2.4.1.4. (Division euclidienne des polynômes) Soient P, Q 2 K[X], avec Q 6= 0, alors il
existe un unique polynôme S et il existe un unique polynôme R tels que :
Démonstration. L’unicité : Supposons qu’il y a des polynômes S1 , R1 2 K[X] et S2 , R2 2 K[X] tels que
P = QS1 + R1 = QS2 + R2 , deg R1 < deg Q et deg R2 < deg Q. Donc
et
S = /Q et R = 0 si deg Q = 0.
– On suppose l’existence vraie lorsque deg P n 1 et on considère P = an X n + · · · + a0 2 K[X] un
polynôme de degré n. Soit Q = bm X m + · · · + b0 avec bm 6= 0. Si m > n, on pose S = 0 et R = P . Si
n m, on pose
an n m
P1 = P X Q.
bm
Dans ce dernier cas, étant donné que le terme dominant du polynôme bamn X n m Q est le même que
le terme dominant du polynôme P , le degré du polynôme P1 est n 1 et donc, il existent des
polynômes S1 , R 2 K[X] tels que deg R < deg Q et P1 = Q ⇥ S1 + R. On a alors
an n m an n m
P = P1 + X Q = Q ⇥ S1 + X Q+R = Q⇥S+R
bm bm
an n m
avec S = bm X + S1 .
On pose une division de polynômes comme on pose une division euclidienne de deux entiers.
Exemple 2.4.1.5. Pour diviser P = X 4 + X 3 X + 1 par Q = X 2 + 2, on écrit tout d’abord les polynômes
P et Q sous la forme P = X 4 + X 3 + 0X 2 X + 1 et Q = X 2 + 0X + 2 et ensuite on e↵ectue la division
euclidienne :
X4 +X 3 +0X 2 X +1 X 2 + 0X + 2
(X 4 +0X 3 +2X 2 ) X2 + X 2
X3 2X 2 X +1
(X 3 +0X 2 +2X)
2X 2 3X +1
( 2X 2 0X 4)
3X +5
On obtient le quotient S = X 2 + X 2 et le reste R = 3X + 5.
Démonstration. O prouve cette proposition par récurrence sur n = deg P + deg Q. Sans aucune restriction
de généralilté, on supposera que deg P deg Q. On a alors P 6= 0
– Si Q = 0, alors P divise P et aussi Q et donc PGCD(P, Q) = a1 P où a est le coefficient dominant de
P.
– Si Q 6= 0 et deg P +deg Q = 0, alors les polynômes P et Q sont constants et non nuls, et PGCD(P, Q) =
1.
– Supposons que notre proposition est vraie lorsque deg P + deg Q n 1 et soit P, Q 2 K[X] tels
que deg P + deg Q = n. En e↵ectuant la division euclidienne de P par Q, on obtient deux polynômes
S, R 2 K[X] tels que P = QS + R et deg R < deg Q. On remarque que tout polynôme qui divise P et
Q divise aussi le polynôme R, et réciproquement, si tout polynôme qui divise Q et R divise aussi le
polynôme P . D’après l’hypothèse de récurrence, étant donnée que
il existe un unique polynôme unitaire PGCD(Q, R) de plus grand degré qui divise à la fois Q et R.
Donc il existe aussi un unique polynôme unitaire PGCD(P, Q) = PGCD(Q, R) de plus grand degré
qui divise à la fois P et Q.
Algorithme d’Euclide. Soient P, Q 2 K[X] des polynômes non nuls tels que deg P deg Q. Pour trouver
PGCD(P, Q), on calcule les divisions euclidiennes successives :
P = S1 ⇥ Q + R1
Q = S2 ⇥ R 1 + R 2
R1 = S3 ⇥ R 2 + R 3
...
Rk 1 = Sk ⇥ R k + 0
Le degré du reste diminue à chaque division. On arrête l’algorithme lorsque le reste est nul. Le PGCD(P, Q)
est le dernier reste non nul Rk rendu unitaire.
X 4 + X 3 + 2X 2 + X + 1 = (X 3 + 2X 2 + 2X + 1) ⇥ (X 1) + 2X 2 + 2X + 2
✓ ◆
3 2 2 1 1
X + 2X + 2X + 1 = (2X + 2X + 2) ⇥ X+
2 2
Le dernier reste non nul est 2X 2 + 2X + 2. Donc PGCD(P, Q) = X 2 + X + 1.
P = S1 ⇥ Q + R 1
Q = S2 ⇥ R1 + R 2
R1 = S3 ⇥ R2 + R 3
...
Rk 2 = Sk 1 ⇥ Rk 1 + Rk
Rk 1 = Sk ⇥ R k + 0
32 CHAPITRE 2. POLYNÔMES
Dans la suite, on va noter losqu’il le faut Q = R0 . Montrons par récurrence que pour tout 1 s k, il
existent Us , Vs 2 K[X] tels que
Rs = U s ⇥ P + Vs ⇥ Q
Pour s = 0, on a U0 = 0 et V0 = 1. Pour s = 1, on a U1 = 1 et V1 = S1 . Supposons que ce soit vrai pour
tout s 2 {1, . . . , m 1}, avec m 2 {2, . . . , k}. Alors
Rm = Rm 2 Sm 1 ⇥ Rm 1 = Um 2 ⇥ P + Vm 2 ⇥Q Sm 1 ⇥ (Um 1 ⇥ P + Vm 1 ⇥ Q)
= (Um 2 Sm 1 ⇥ Um 1) ⇥ P + (Vm 2 Sm 1 ⇥ Vm 1) ⇥ Q = U m ⇥ P + Vm ⇥ Q
Corollaire 2.4.3.3. Soient P, Q, S 2 K[X] des polynômes non nuls. Si S divise à la fois P et Q alors S
divise aussi PGCD(P, Q).
Définition 2.4.3.4. Soient P, Q 2 K[X] deux polynômes non nuls. On dit que P et Q sont premiers entre
eux si PGCD(P, Q) = 1.
Corollaire 2.4.3.5. Soient P, Q 2 K[X] deux polynômes non nuls. Alors P et Q sont premiers entre eux si
et seulement si il existe deux polynômes U, V 2 K[X] tels que
U ⇥ P + V ⇥ Q = 1.
Démonstration. L’implication ) de cette proposition est une conséquence directe du théorème 2.4.3.1.
Réciproquement, si un polynôme S 2 K[X] divise à la fois P et Q, alors S divise aussi U ⇥ P + V ⇥ Q = 1
et donc S est constant.
Corollaire 2.4.3.6. ( Lemme de Gausse) Soient P, Q, S 2 K[X] des polynômes non nuls. Si S divise Q⇥P
et PGCD(P, S) = 1, alors S divise Q.
Lemme 2.4.3.7. Soient P, Q 2 K[X] deux polynômes non nuls premiers entre eux. Si S 2 K[X] est tel que
P et Q divisent S, alors P ⇥ Q divise S.
Démonstration. En e↵et, supposons que P divise S. Alors il existe un polynôme U 2 K[X] tel que S = P ⇥U .
Si en plus Q divise S = P ⇥U , alors d’après Lemme de Gausse, Q divise aussi U et donc il existe un polynôme
V 2 K[X] tel que U = Q ⇥ V . On obtient donc S = P ⇥ Q ⇥ V ce qui prouve que P ⇥ Q divise S.
Démonstration. 1) L’unicité : Supposons qu’il existe deux polynômes unitaires M1 et M2 qui vérifient 1).
Alors M1 est divisible par M2 et M2 est divisible par M1 . Donc il exist une constante a 2 K tel que
M1 = aM2 . Etant donné que les polynômes M1 e t M2 sont unitaires, ça prouve que M1 = M2 .
L’existance : Si P et Q sont premier entre eux, c’est une conséquence du lemme 2.4.3.7, dans ce cas
PPCM(P, Q) = a1 P ⇥ Q où a est le coefficient dominant du polynôme P ⇥ Q.
Supposons que PGCD(P, Q) 6= 1. Alors il existent deux polynômes P̃ et Q̃ qui sont premiers entre eux
et tels que P = PGCD(P, Q) ⇥ P̃ et Q = PGCD(P, Q) ⇥ Q̃. Si un polynôme S est divisible par P et par Q,
alors il est aussi divisible par PGCD(P, Q) et donc il existe S̃ 2 K[X] tel que S = PGCD(P, Q) ⇥ S̃. Etant
donnée que P = PGCD(P, Q) ⇥ P̃ et Q = PGCD(P, Q) ⇥ Q̃ divisent S = PGCD(P, Q) ⇥ S̃, on déduit que P̃
et Q̃ divisent S̃. D’après le lemme 2.4.3.7, ça prouve que P̃ ⇥ Q̃ divise S̃ et donc, PGCD(P, Q) ⇥ P̃ ⇥ Q̃ divise
S = PGCD(P, Q)⇥ S̃. Tous polynôme S divisible par P et Q est donc aussi divisible par PGCD(P, Q)⇥ P̃ ⇥ Q̃.
Le polynôme M = PGCD(P, Q) ⇥ P̃ ⇥ Q̃ redu unitaire est donc le P P CM (P, Q). La première assertion de
notre proposition est donc démontrée.
2) La deuxième assertion de notre proposition est la conséquence directe de la première : si un polynôme
S est divisible à la fois par P et par Q, alors S est aussi divisible par PPCM(P, Q) et donc deg PPCM(P, Q)
deg S.
3) Pour démontrer la troisième assertion, il suffit de remarquer que si P = PGCD(P, Q) ⇥ P̃ et Q =
PGCD(P, Q)⇥Q̃, alors P ⇥Q = PGCD(P, Q)⇥PGCD(P, Q)⇥P̃ ⇥Q̃ et PPCM(P, Q) = a1 PGCD(P, Q)⇥P̃ ⇥Q̃
avec a le coefficient dominant de PGCD(P, Q) ⇥ P̃ ⇥ Q̃.
Cette définition utilise un abus de notation. En e↵et, P désigne à la fois le polynôme P et la fonction
polynomiale associée. Cet abus se justifie dans la mesure où l’on verra plus loin que lorsque K est infini,
l’égalité de deux fonctions polynomiales est équivalente à l’égalité des deux polynômes associés.
Proposition 2.5.0.2. Pour tout polynôme P 2 K[X] et ↵ 2 K, le reste de la division euclidienne de P par
X ↵ est un polynôme constant égal à P (↵).
Définition 2.5.0.3. Soient P 2 K[X] et ↵ 2 K. On dit que ↵ est une racine (ou un zéro) de P si P (↵) = 0.
Corollaire 2.5.0.4. Soient P 2 K[X] et ↵ 2 K. Alors ↵ est une racine de P si et seulement si le polynôme
P est divisible par X ↵.
Corollaire 2.5.0.5. Soient P 2 K[X] et ↵1 , ↵n 2 K deux à deux distinct. Alors ↵1 , . . . , ↵n sont des racines
de P si et seulement si P est divisible par (X ↵1 ) ⇥ · · · ⇥ (X ↵n )
Démonstration. (i) Si P admet au moins (n + 1) racines distinctes ↵1 , . . . , ↵n+1 alors d’après le corollaire
précédent, P est divisible par (X ↵1 ) ⇥ · · · ⇥ (X ↵n+1 ) et donc, si P 6= 0, alors P n + 1 et P 62 Kn [X].
(ii) Si P et Q coı̈ncident en au moins (n + 1) valeurs distinctes, alors le polynôme P Q admet au moins
(n + 1) racines distinctes.
34 CHAPITRE 2. POLYNÔMES
Corollaire 2.5.0.7. Soient K un corps infini et P, Q 2 K[X]. Alors P = Q si et seulement si P (↵) = Q(↵)
pour tout ↵ 2 K.
Définition 2.5.0.8. Soit k 2 N. On dit que ↵ 2 K est une racine de multiplicité k (ou bien racine d’ordre
k) de P 2 K[X] si (X ↵)k divise P alors que (X ↵)k+1 ne divise pas P . Lorsque k = 1 on parle d’une
racine simple, lorsque k = 2 d’une racine double, etc.
P = (X ↵1 )k1 ⇥ · · · ⇥ (X ↵ m ) km Q
Démonstration. C’est une conséquence du Lemme de Gauss. Il suffit de montrer que quelques soient deux
valeurs distincts ↵, 2 K et n, k 2 N, les polynômes (X ↵)n et (X )k sont premiers entre eux.
Corollaire 2.5.0.10. Soit P 2 K[X] de degré n 1. Alors P admet au plus n racines dans K si on compte
chaque racine avec sa multiplicité.
Remarque 2.6.0.2. 1. La dérivée d’un polynôme constant ou nul est le polynôme nul.
2. La définition du polynôme dérivé est purement algébrique.
(P + Q)0 = P 0 + Q0 , ( P )0 = P 0 , (P ⇥ Q)0 = P 0 ⇥ Q + P ⇥ Q0 et (P n )0 = nP n 1
⇥ P 0.
P Q = an Qn + · · · + a1 Q + a0 .
Alors (P Q)0 = (P 0 Q) ⇥ Q0 .
P (n) (a)
P = P (a) + P 0 (a)(X a) + · · · + (X a)n
n!
Démonstration. Par récurrence sur n : 1) Lorsque le polynôme P est constant (c. à d. lorsque deg P 0) le
théorème est vrai : P = P (a).
2) si le théorème est vrai pour un n 2 N, alors pour P 2 Kn+1 [X], le polynôme P P (a) a une racine a et
donc il est dévisible par (X a). Il existe donc un polynôme Q 2 Kn [X] tel que P = P (a) + (X a)Q. On
a donc P 0 = Q + (X a)Q0 , et d’après la formule de Leibniz, pour tout k 2 N⇤ ,
ce qui prouve que Q(a) = P 0 (a) et que pour tout k 2 N⇤ , Q(k) (a) = P (k+1) (a)/(k + 1). Etant donné que
deg Q = n par l’hypothèse de la récurrence, on a aussi
Q(n)
Q = Q(a) + Q0 (a)(X a) + · · · + (X a)n
n!
et donc
Q(n)
P = P (a) + Q(a)(X a) + Q0 (a)(X a)2 + · · · + (X a)n+1
n!
P 00 (a) P (n+1)
= P (a) + P 0 (a)(X a) + (X a)2 + · · · + (X a)n+1
2 (n + 1)!
P (k 1)
(a)
P (a) + P 0 (a)(X a) + · · · + (X a)k 1
(k 1)!
Démonstration. C’est aussi une conséquence directe de la formule de Taylor :
P (k 1)
(a) P (k) (a) P (n) (a)
P = P (a) + P 0 (a)(X a) + · · · + (X a)k 1
+ (X a)k + · · · + (X a)n
(k 1)! (k)! n!
P (k 1)
(a)
= P (a) + P 0 (a)(X a) + · · · + (X a)k 1
+ (X a)k S
(k 1)!
avec
P (k) (a) P (n) (a)
S= + ··· + (X a)n k
.
(k)! n!
36 CHAPITRE 2. POLYNÔMES
P = (X ↵1 )k1 ⇥ · · · ⇥ (X ↵ m ) km (2.1)
Théorème 2.7.0.7. Les polynômes irréductibles de R[X] sont les polynômes de degré 1 ainsi que les po-
lynômes de degré 2 ayant un discriminant < 0. Tout polynôme P 2 R[X] de degré n 1 s’écrit sour la
forme d’un produit
P = (X ↵1 )k1 ⇥ · · · ⇥ (X ↵m )km ⇥ Q`11 ⇥ · · · ⇥ Q`rr
où est le coefficient dominant de P , ↵1 , . . . , ↵m sont les racines réelles de P de multiplicité respective
k1 , . . . , km 2 N⇤ et Q1 , . . . , Qr sont des polynômes unitaires et irréductibles de degré 2.
Démonstration. Ce résultat résulte du theorème 2.7.0.4 et du lemme précédent, car pour toute racine com-
plexe ↵ = u + iv de P avec b 6= 0, ↵ = u iv est aussi une racine de P de la même multiplicité que ↵, et
donc en regroupant les termes (X ↵)k et (X ↵)k dans la décomposition (2.1), on obtient
(X ↵)k ⇥ (X ↵)k = Qk
Méthode 1 :
P (x) = 0 , x4 = 1 , x = e(⇡+2⇡k)/4 , k = 0, . . . , 3.
On a donc 4 racines simples de P :
p
↵0 = ei⇡/4 = 2/2(1 + i),
p
↵1 = ei3⇡/4 = 2/2( 1 + i),
p
↵2 = ei5⇡/4 = 2/2( 1 i),
p
↵3 = ei7⇡/4 = 2/2(1 i)
où ↵0 = ↵3 et ↵1 = ↵2 , et
Méthode 2 : Etant donnée que le polynôme P est unitaire (son coefficient dominant est 1) et n’admet pas
de racines réelles (car pour tout ↵ 2 R, ↵4 > 0), d’après le théorème précédent, il existent deux polynôme
unitaires et irréductible de degré 2
Q1 = X 2 + aX + b et Q2 = X 2 + cX + d
38 CHAPITRE 2. POLYNÔMES