S6-RO - Etudiant
S6-RO - Etudiant
EL BOUANANI
Département de Statistiques et Mathématiques
Appliquées à l'Économie et à la Gestion
FSJES Ain Sebaa
2018/2019
Plan du cours
Chapitre 1 :
Programmes linéaires
et modélisation
1. Introduction
Exemples de problèmes
La programmation linéaire
Dénition
Les problèmes de programmation linéaire (PL) sont des problèmes
d'optimisation où on maximise (ou on minimise) une fonction linéaire sous
des contraintes linéaires.
La programmation linéaire est un des domaines les plus utilisés de la RO.
Elle permet de résoudre des problèmes de gestion et particulièrement où le
gestionnaire doit déterminer, face à diérentes possibilités, l'utilisation
optimale des ressources de l'entreprise (main d'÷uvre, matières premières,
capitaux, espace,...) et qui sont disponibles en quantité limitée, pour
atteindre un objectif spécique comme la maximisation des bénéces ou la
minimisation des coûts.
Exemple 1 :
Une entreprise de fabrication de châssis envisage la production de deux
nouveaux modèles au moyen des capacités résiduelles de ses trois ateliers.
Il s'agit respectivement d'un châssis en aluminium et d'un châssis en bois.
Le premier produit nécessite le passage dans le premier atelier pour
fabriquer le cadre en aluminium et dans le troisième atelier où le verre est
monté sur le châssis. Tandis que le second produit nécessite le passage
dans le deuxième atelier pour fabriquer le cadre en bois et dans le troisième
atelier où le verre est monté sur le châssis.
Les marges unitaires, les temps de fabrication de chacun des produits dans
chacun des ateliers ainsi que les capacités hebdomadaires résiduelles de ces
ateliers sont donnés au tableau suivant :
Produit 1 Produit 2 Capacité
(châssis aluminium) (châssis bois) disponible
(heures/produit) (heures/produit) (heures/semaine)
Atelier 1 1 0 4
Atelier 2 0 2 12
Atelier 3 3 2 18
Marge 3 UM 5 UM
La question qui se pose est la suivante : combien faut-il produire de châssis
de chaque type par semaine pour maximiser le prot net ?
2. Expression de l'objectif
La deuxième étape consiste à formuler l'objectif.
L'entreprise désire maximiser son prot net. La marge étant de 3 pour le
premier type de châssis et de 5 pour le second, l'objectif (ou fonction
économique) s'exprime comme suit :
Exemple 2 :
Une ranerie achète deux types de pétroles bruts dont elle retire de
l'essence, du gazole et du oul dans les pourcentages suivants :
Compréhension du problème :
Le problème est de minimiser le coût d'achat de cette ranerie. Ce
coût d'achat évolue en fonction des quantités de brut 1 et 2 à acheter.
Identications des variables de décision :
x1 : quantité de brut 1 à acheter
x2 : quantité de brut 2 à acheter
Fixation de l' objectif :
minimisation du coût
Contraintes :
a11 x1 + a12 x2 + ... + a1n xn ≤, =, ≥ b1
a21 x1 + a22 x2 + ... + a2n xn ≤, =, ≥ b2
.
.
.
Avec,
Formulation matricielle
Posons :
Terminologie
Solution réalisable (solution admissible) :
x = (x1 , x2 , ..., xn ) est une solution réalisable si x satisfait toutes les
contraintes c-à-d Ax {≤, =, ≥} b et x ≥ 0.
Ensemble réalisable (région admissible) :
Ensemble de toutes les solutions réalisables.
Solution optimale :
Solution réalisable où la fonction objectif atteint la meilleure valeur
(maximum ou minimum).
Remarques :
1 Plusieurs solutions optimales sont possibles.
2 Géométriquement, la région admissible correspond à un polyèdre de
Rn (voir chapitre 2).
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 19 / 220
Exemple 3 :
L'Ile des cocotiers produit du pétrole, des bananes et du soja. Les
marchands internationaux sont plus intéressés par le pétrole que par les
bananes et le soja, ce qui fait qu'il y a un décit à l'exportation des
produits agricoles sur cette île.
Les conditions de vente sont telles que tous les produits achetés dans cette
île doivent être immédiatement et en totalité emportés.
Z = 4x1 + 5x2
x1 ≥ 0, x2 ≥ 0
Exemple 4 :
Un fermier élève des poulets, des canards et des dindons. Il veut avoir 500
volatiles, mais pas plus de 300 canards à la fois. Supposons que l'élevage
d'un poulet revienne à 15 francs, celui d'un canard à 10 F celui d'un dindon
à 40 F.
Admettons que le fermier puisse vendre ses poulets à 30 F pièce, les
canards à 20 F pièce et les dindons à D francs. Il voudrait savoir quelles
volailles il faut élever pour réaliser le prot maximum.
1 Quelles contraintes pour ce programme linéaire.
2 Donnez en fonction de D l'expression du prot.
3 Dans chacune des hypothèses suivantes, donnez la politique d'élevage
optimale du fermier : a) D = 60 F b) D = 50 F c) D = 55 F
la positivité :
x 1 ≥ 0; x 2 ≥ 0 x3 ≥ 0
x1 + x2 + x3 = 500
donc x3 = 500 − x1 − x2 , ce qui permet de passer d'un problème à trois
variables à un problème à deux variable.
en eet
x1 +x2 +x3 = 500 x1 + x2 ≤ 500
⇒
x3 ≥0
x1 + x2 + x3 = 500
15x1 + 10x2 + (D − 40)x3 =Z ⇔
x1 + x2 + x3 = 500
(55 − D)x1 + (50 − D)x2 + (D − 40)500 =Z
Exemple 5 :
Dans l'île des Palmiers, les habitants ont formé une coopérative de
production où on ne rigole pas : tout le monde travaille. Une partie des
adhérents employés de la coopérative sont aectés à la cueillette des
orchidées sauvages, seule ressource exportable de l'île, tandis que les autres
sont occupés à pécher du poisson, principale source de nourriture de l'île.
Les habitants de l'île vivent dans deux villages, l'un situé au Nord, l'autre
au Sud, et pour nourrir les habitants de l'île, chaque semaine, les quantités
suivantes de poisson sont nécessaires :
Thon Morue Sardine
Quantités de poisson 900Kg 800Kg 700Kg
x 1 ≥ 0, x 2 ≥ 0
Exemple 6 :
Le propriétaire d'un hôtel dans une station thermale décide de faire un
certain nombre d'aménagements an de décrocher une étoile de plus. Pour
cela toutes les chambres doivent comporter une douche ou une salle de
bains, mais la proportion de chambres n'étant équipée que d'une douche ne
doit pas dépasser 25%. Une chambre peut être aménagée avec un lit
double (2 couchages) ou un lit double et un lit simple (3 couchages).
Cependant, vu la taille des chambres actuelles, seulement 50% de celles-ci
pourraient contenir 3 couchages. La quasi-totalité des clients seront des
curistes et optent donc en général pour une pension complète. Les heures
d'ouverture des thermes obligent le restaurant de l'hôtel à n'envisager
qu'un service unique xé à midi trente. La salle de restaurant ne pouvant
accueillir que 100 personnes, cela a bien sûr des conséquences sur le
nombre de chambres à proposer.
On suppose qu'en période de cure l'hôtel est systématiquement rempli.
⎧
⎪ 3 1 3 1
⎪
⎪ x − x + x − x ≤ 0
⎪
⎪
⎨ 4 1 4 2 4 3 4 4
1 1 1 1
− x 1 − x2 + x 3 + x4 ≤ 0
⎪
⎪ 2 2 2 2
⎪
⎪
⎪ 2x1 + 2x2 + 3x3 + 3x4 = 100
⎩ x1 , x2 , x3 , x4 ≥ 0
Exemple 7 :
Exercice :
Chapitre 2 :
Résolution des programmes linéaires
Méthode graphique
Un programme linéaire (PL), selon sa nature, peut être résolu des manières
diérentes :
1 Méthode graphique :
C'est une représentation géométrique plane dans le cas de deux
variables.
2 Algorithme du Simplexe :
Cet algorithme est recommandé lorsque le nombre de variables est
quelconque et il est très utilisé dans la pratique.
3 Recensement des sommets de la région admissible :
Cette méthode est possible tant que le nombre des sommets n'est pas
assez grand, c'est-à-dire, le nombre des variables et des contraintes
reste très limité. On prend le sommet qui optimise la fonction objectif.
Dans ce chapitre, nous allons présenter la méthode graphique en étudiant
les diérents cas de PL, suivant la nature de l'objectif (max ou min) et des
contraintes (inégalités, égalités ou mixtes).
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Résolution des programmes linéaires : Méthode graphique Méthode Graphique : Maximisation
z =k
Δk
x + x =k
− k
x + x =k ⇒ x = x +
Δk p=−
k= k= k=
Δ k= x + x =
( , ) ( ,− )
Δ x + x = ( , )
( , )
Δ x + x =
( , ) ( , )
k
z
z= x + x
x ∗ = (x ∗ , x ∗ )
D : x = D : x + x =
x∗
x =
x + x =
x∗ = ( , )
z∗ = x∗ + x∗ =
Résolution des programmes linéaires : Méthode graphique Méthode Graphique : Maximisation
⎧
⎪
⎪ min z = x + x
⎪
⎪
⎨ x + x ≥
x + x ≥
⎪
⎪
⎪
⎪ x + x ≥
⎩
x ≥ ; x ≥
A( ; ) D x + x =
x
B( ; ) D (D : x + x = )
C( ; ) D (D : x + x = )
D( ; ) D x
z= x + x
−
B
D D
x + x =
x + x =
x∗ = ( ; )
z∗ = x∗ + x∗ =
x∗ = ( ; ) z∗ =
⎧ ∗
⎨ x + x∗ = + ( × ) =
x∗ + x∗ = + ( × ) = >
⎩
x∗ + x∗ = ( × ) + ( × )=
− =
max z = x + x
x + x =
( , ) ( , )
( , ) ( , )
z = x + x
⎧
⎪
⎪ min z = x + x
⎪
⎪
⎨ x + x ≥
x + x ≥
⎪
⎪
⎪
⎪ x + x ≥
⎩
x ≥ ; x ≥
D
x + x =
B( ; ) C( ; )
⎧
⎪
⎪ max z = x + x
⎨
x + x ≥
⎪
⎪ x +x ≥
⎩
x ≥ ; x ≥
x x
z
z = +∞
⎧
⎪
⎪ max z = x + x
⎨
x +x ≤
⎪
⎪ x −x ≥
⎩
x ≥ ; x ≥
⎧ ⎧
⎨ x +x ≤ ⎨ x +x ≤
x −x ≥ ⇐⇒ −x + x ≤ − =⇒ x ≤−
⎩ ⎩
x ≥ ; x ≥ x ≥ ; x ≥
x ≥
Rn
−→
−→
−→
−→
−→
z =∞
∀x, y ∈ E , ∀α ∈ [ , ] αx + ( − α)y ∈ E
Rn
R
Résolution des programmes linéaires : Méthode graphique Méthode Graphique : Minimisation
Exemples de polyèdres
Exercice 1 :
Une usine fabrique deux modèles de bureaux M1 et M2 . Les marges
unitaires, les temps de fabrication de chacun des produits dans chacun des
ateliers ainsi que les capacités disponibles de ces ateliers sont donnés au
tableau suivant :
M1 M2 Capacité disponible
Atelier 1 (sciage) 1 2 20
Atelier 2 (assemblage) 2 1 22
Atelier 3 (sablage) 1 1 12
Marge 300 UM 200 UM
La question que se pose la direction de l'usine est la suivante : combien
faut-il produire de bureaux de chaque modèle pour maximiser son prot ?
Mêmes questions.
Exercice 3 :
Un restaurateur a constaté que sa clientèle préfère les fruits de mer et qu'il
peut orir indiéremment :
des assiettes à 8 UM,
contenant 5 crevettes, 2 crabes et une huître.
des assiettes à 6 UM,
contenant 3 crevettes, 3 crabes et 3 huîtres.
Il dispose de 30 crevettes, 24 crabes et 18 huîtres.
La question que se pose le restaurateur est la suivante : comment doit-il
disposer ces assiettes pour réaliser la recette maximale ?
1 Modéliser le problème sous forme d'un programme linéaire.
2 Résoudre graphiquement le programme linéaire.
3 Donner une interprétation économique des résultats obtenus.
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Résolution des programmes linéaires : Méthode graphique Astuce
Astuce :
Dans ce paragraphe, nous allons voir une astuce pour trouver le sommet
optimale, dans le cas de PL avec une solution optimale unique.
Exemple 1 :
x1 ≥ 0, x2 ≥ 0
Il faut tracer les droites, et délimiter le domaine admissible.
⎧
⎪
⎪ Pente Sardine = −1
⎨
Pente Thon = − 0, 5
⎪ Morue = −2, 5
⎪
⎩
Pente
Pente Morue < Pente Sardine < pente Iso-Coût < Pente Thon
Exemple 2 :
Considérons un exemple de maximisation, la règle est la même :
Dans l'ordre on a :
Pente U3 < Pente U2 < pente Iso < Pente U4 < Pente U1
Cela veut dire que le sommet optimal est le point d'intersection entre la
Moralité :
sommet optimal est l'intersection entre la droite U2 et la droite U1.
Chapitre 3 :
Résolution des programmes linéaires
La méthode du simplexe
grande taille :
Elle consiste à suivre un certain nombre d'étapes (itérations) avant
d'obtenir la solution d'un problème donné,
Elle permet de trouver la solution exacte en un nombre ni d'étapes.
Explore les sommets de la région admissible en améliorant à chaque
2. Notions générales
2.1 Rappels
Un programme linéaire s'écrit généralement sous la forme :
⎧
⎪ max (ou min) z = c1 x1 + c2 x2 + ... + cn xn
⎪
⎪
⎪
⎪ a11 x1 + a12 x2 + ... + a1n xn {≤, =, ≥} b1
⎪
⎪
⎨ a21 x1 + a22 x2 + ... + a2n xn {≤, =, ≥} b2
⎪ ... ⇐⇒
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪ a x + am2 x2 + ... + amn xn {≤, =, ≥} bm
⎩ m1 1
x 1 ≥ 0, . . . , x n ≥ 0
⎧ n
⎪
⎪
⎪ max / min z = c j xj
⎪
⎪
⎪
⎨ j=1
n
⎪
⎪
⎪ aij xj {≤, =, ≥} bi i = 1, m
⎪
⎪
⎪
⎩ j=1
xj ≥ 0 j = 1, n
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La méthode du simplexe Notions générales
Forme matricielle
⎧
⎨ max z = c T x
Ax ≤ b
⎩
x ≥0
Exemple :
⎧
⎪
⎪ max 6x1 + 7x2 + 8x3
⎪
⎪ x1 + 2x2 + x3 ≤ 100 ⎧
⎪
⎪
⎨ ⎨ max z = c T x
3x1 + 4x2 + 2x3 ≤ 120
(P1 ) ⇐⇒ Ax ≤ b
⎪ 2x1 + 6x2 + 4x3 ≤ 200 ⎩
⎪
⎪ x ≥0
⎪
⎪ x + x3 ≤ 150
⎪
⎩ 1
x 1 , x 2 , x3 ≥ 0
avec
⎛ ⎞ ⎛ ⎞
1 2 1 100 ⎛ ⎞ ⎛ ⎞
⎜ ⎟ ⎜ ⎟ 6 x1
A=⎜ ⎟ ; b=⎜ ⎟ ; c=⎝ ⎠ x = ⎝ x2 ⎠
3 4 2 120
⎝ 2 6 4 ⎠ ⎝ 200 ⎠ 7 ;
8 x3
1 0 1 150
A de type (4 , 3),
m=4 (contraintes) et n=3 (variables de décision).
Forme matricielle
⎧
⎨ max z = c T x
Ax = b
⎩
x ≥0
Propriété
Tout programme linéaire peut être mis sous la forme canonique et sous la
forme standard.
Remarques
1 Le passage entre la forme générale, la forme canonique et la forme
standard se fait moyennant les transformations ci-dessus.
2 La forme canonique est utilisée dans la résolution graphique.
Tandis que la forme standard permet une résolution matricielle et sera
utilisée pour la méthode de simplexe.
Notons aussi que la méthode du simplexe requiert des bi ≥ 0.
Exemple :
⎧
⎪
⎪ min 5x1 − 3x2
⎪
⎨ x1 − x 2 ≥ 2
⎪
Soit le problème : (P2 )
⎪
2x 1 + 3x 2 ≤ 4
1 + 6x2 = 10
⎪
⎪ −x
⎪
⎩
x1 , x 2 ≥ 0
En introduisant les variables d'écart x3 ≥ 0 et x4 ≥ 0 dans la première et la
deuxième contrainte, on met (P2 ) sous la forme équivalente :
⎧
⎪
⎪ max −5x1 + 3x2
⎪
⎨ 1 − x2 − x3 = 2
⎪ x
(P2 )
⎪
2x1 + 3x2 + x4 = 4
1 + 6x2 = 10
⎪
⎪ −x
⎪
⎩
x 1 , x2 , x3 , x 4 ≥ 0
Exemple :
Soit le système linéaire :
x2 + 2x3 + 2x4 = 1
x 1 + x 2 + 2x 3 + 3x4 = 1
Ce système peut s'écrire Ax =⎛b ⎞
, avec :
x1
⎜ x2 ⎟
A=
0 1 2 2
⎜
x =⎝ ⎟ et b =
1
x3 ⎠
,
1 1 2 3 1
x4
A est de type ( 2 , 4) (2 équations et 4 variables).
1 2
La sous-matrice B= est inversible et rang (A) = 2.
1 3
Remarques
Une base est inversible et donc les variables de base correspondent à
innité de solutions.
x3 ⎠
On a : ,
1 1 2 3 1
x4
1 2 − 1 3 −2
B= est une base et B =
1 3 −1 1
Ax = b ⇐⇒ B −1 A x = B −1 b
3 −2 0 1 2 2 −2 1 2 0
B −1 A = =
−1 1 1 1 2 3 1 0 0 1
3 −2 1
B −1 b = =
−1 1 0
Généralisation :
Soit Ax = b un système d'équations linéaires tel que A matrice de type
(m , n), m ≤ n et rang (A) = m. Soit B une base de A.
Après permutation des colonnes de A de manière à ce que celles de B
soient en premier, on obtient :
A=
P
B N et x=
P xB
xN
où
N est la sous-matrice de A correspondant aux variables hors base,
xB vecteur de Rm formé par les variables de base,
xN vecteur de Rn−m formé par les variables hors base.
et on a :
Ax = b ⇐⇒ BxB + NxN = b ⇐⇒ xB = B −1 b − B −1 NxN
Pour déterminer toutes les solutions du système, on choisit donc
arbitrairement les valeurs de xN (paramètres) et on calcule les valeurs
correspondantes de xB .
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La méthode du simplexe Bases, variables de base et solution de base
Dénitions
On appelle solution de base (associée à la base B ), la solution
particulière obtenue en prenant xN = 0.
xB est déterminée de façon unique par :
BxB = b ⇐⇒ xB = B −1 b
4.1 Exemple :
où
à = ⎝ 0 2 0 1 0 ⎠ ; x̃ = ⎜ ⎟
⎜ e1 ⎟ ; b̃ =
⎝ 12 ⎠
3 2 0 0 1 ⎝ e2 ⎠ 18
e3
z = c̃ T x̃ = 3x1 + 5x2 + 0e1 + 0e2 + 0e3 avec c̃ = (x1 , x2 , 0 , 0 , 0)T
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La méthode du simplexe Méthode du simplexe en tableaux
(x1 , x2 , e1 , e2 , e3 ) = (0 , 0 , 4 , 12 , 18)
Cela signie qu'au départ on a :
x1 = 0 ; x2 = 0 ; e1 = 4 ; e2 = 12 ; e3 = 18
Autrement dit : on ne produit rien au départ
Tableau initial :
Base x1 x2 e1 e2 e3 s.m
e1 1 0 1 0 0 4
e2 0 2 0 1 0 12
e3 3 2 0 0 1 18
−z 3 5 0 0 0 0
bénéciaire initiale z = 0.
La solution n'est pas optimale. On recherche donc une solution de base
Itération du simplexe :
⎧
⎪ e1 = 4 ⎧
⎪
⎨ ⎨ e2 = 12 − 2x2 ≥ 0
2x2 + e2 = 12
⇐⇒ e3 = 18 − 2x2 ≥ 0
⎪ 2x + e3 = 18 ⎩
⎪
⎩ 2 x2 ≥ 0
x2 ≥ 0 ; e 1 ≥ 0 ; e 2 ≥ 0 ; e 3 ≥ 0
⎧
⎨ x2 ≤ 12/2 = 6
⇐⇒ x2 ≤ 18/2 = 9 =⇒ 0 ≤ x2 ≤ min{12/2 , / } = 12/2 = 6
18 2
⎩
x2 ≥ 0
Ainsi, la valeur limite que x2 peut prendre est x2 = 6. La deuxième
Tableau 1
↓
Base x1 x2 e1 e2 e3 s.m R
e1 1 0 1 0 0 4 4/0 = ∞
← e2 0 2 0 1 0 12 12/2 = 6
e3 3 2 0 0 1 18 18/2 = 9
−z 3 5 0 0 0 0
Tableau 2
↓
Base x1 x2 e1 e2 e3 s.m R
e1 1 0 1 0 0 4 4
x2 0 1 0 1/2 0 6 ∞
← e3 3 0 0 −1 1 6 2
−z 3 0 0 −5/2 0 −30
Tableau 2
Base
↓
x1 x2 e1 e2 e3 s.m R
e1 1 0 1 0 0 4 4
x2 0 1 0 1/2 0 6 ∞
← e3 3 0 0 −1 1 6 2
−z 3 0 0 −5/2 0 −30
Tableau 3
Base x1 x2 e1 e2 e3 s.m
e1 0 0 1 1/3 −1/3 2
x2 0 1 0 1/2 0 6
x1 1 0 0 −1/3 1/3 2
−z 0 0 0 −3/2 −1 −36
avec dN = cN − cB B −1 N ; z̄ = cB B −1 b
les composantes de dN s'appellent coûts réduits des variables hors base.
Ils interviennent de façon déterminante dans la méthode du simplexe.
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La méthode du simplexe Cas général
et xB ≥ 0 , xN ≥ 0.
La solution de base est donnée par : xN = 0 ; xB = b̄ = B −1 b.
Cette solution de base est réalisable signie que b̄ = B −1 b ≥ 0.
La valeur de la fonction objectif z associée à cette solution est z̄ .
Finalement, le tableau du simplexe associé à la base B est (à une
permutation de colonnes près) de la forme :
Base xB xN s.m
xB Im B 1N
− b̄ = B −1 b
−z 0 dN −z̄
dN = cN − cB B −1 N ; z̄ = cB B −1 b
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La méthode du simplexe Cas général
Base xB xN s.m
xB Im B −1 N b̄ = B −1 b
−z 0 dN −z̄
Remarques :
La forme tableau présente l'avantage de préserver la structure du
programme linéaire. En plus, elle met en évidence les opérations
matricielles (résolution des systèmes linéaires par exemple) mis en
÷uvre durant la résolution.
Les variables de base se distinguent par le fait qu'elles forment une
matrice identité dans le système des contraintes et n'interviennent pas
dans la fonction objectif. les variables hors base sont les variables
restantes et leur coecients dans la fonction objectif sont représentés
par les coûts réduits (vecteur dN ).
Rappelons que, une fois le choix du pivot établi, le passage d'un
tableau simplexe au tableau suivant s'eectue manuellement en
utilisant les règles de calculs :
Les coecients de la ligne du pivot sont divisés par le pivot.
Les coecients de la colonne du pivot (sauf le pivot) sont nuls.
Les autres coecients sont obtenus par la règle du rectangle.
Dénition
1 Une solution de base xB associée à la base B est dite non dégénérée
si :
xB = B − 1 b > 0
c-à-d le second membre du système réduit b̄ > 0
autrement dit, si toutes les variables de base sont strictement positives.
Dans le cas contraire, on dit que la solution de base est dégénérée.
2 Un programme linéaire est non dégénéré si toute solution de base
réalisable est non dégénérée.
Preuve du Théorème :
d N xN = d i xi ≤ 0
i∈N
D'où :
d j > 0, j ∈ N .
dj = max{dk ; k ∈ N }
1 ākj ≤ 0, ∀ k = 1, ..., m
(Tous les termes de la colonne j de la variable entrante sont ≤ 0).
Dans ce cas l'ensemble réalisable est non borné et max z = +∞
2 Il existe k ∈ {1, ..., m} tel que ākj > 0
Dans ce cas on va procéder à une itération et
b̄p b̄p
= min{ ; āpj > 0}
āpj āpj
(On fait le rapport des coecients du s.m du tableau simplexe avec les
moins une solution optimale (avec zmax ni). Alors après un nombre ni
optimale.
suivantes :
Pour déterminer une base initiale réalisable, considérons tout d'abord le cas
forme standard :
⎧
⎪
⎪ max z = c1 x1 + c2 x2 + ... + cn xn + 0e1 + ... + 0en
⎪
⎪
⎪
⎪ a11 x1 + a12 x2 + ... + a1n xn + e1 = b1
⎪
⎨ a21 x1 + a22 x2 + ... + a2n xn + e2 = b2
(PS) .
⎪
⎪ .
⎪
⎪
.
⎪
⎪ a x + am2 x2 + ... + amn xn + em = bm
⎪
⎩ m1 1
x1 ≥ 0, . . . , xn ≥ 0, e1 ≥ 0, . . . , em ≥ 0
En posant
à = A Im ; x̃ = (x1 , ..., xn , e1 , ..., em )T ; c̃ = (c1 , ..., cn , 0, ..., 0)T
où Im est la matrice identité d'ordre m.
(PS) s'écrit alors sous la forme matricielle :
⎧
⎨ max z̃ = c̃ T x̃
Ãx̃ = b
⎩
x̃ ≥ 0
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La méthode du simplexe Problèmes particuliers
B = I m ; N = A ; x B = B − 1 b = b ; xN = x = 0
Si b≥0 alors cette solution est en plus réalisable.
du simplexe.
Problème de dégénérescence :
b̄p b̄p
= min{ ; āpj > 0} = 0
āpj āpj
Alors la fonction objectif z ne varie pas après le changement de base et par
Exemples :
T1
Base x1 x2 x3 x4 x 5 x6 s.m R
x5 4 7 0 0 1 4 4 4/7
x4 2 8 0 1 0 3 0 0
x3 -2 9 1 0 0 2 0 0
−z -5 2 0 0 0 5 -3
Variables candidates à enter dans la base : x2
Variables candidates à sortir de la base : x4 et x3 . On choisit donc x3 .
T2
↓
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m R
← e1 1 2 5 1 0 0 4 2
e2 3 4 3 0 1 0 8 2
e3 2 4 1 0 0 1 12 3
−z 2 3 1 0 0 1 0
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 122 / 220
La méthode du simplexe Problèmes particuliers
T3
↓
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
e1 1 2 5 1 0 0 3
e2 3 1 3 0 1 0 10
e3 2 8 1 0 0 1 8
−z 3 3 2 0 0 0 0
T4
↓
Base x1 x2 e1 e2 s.m
e1 0 -2 1 -1 20
x1 1 0 0 2,5 3
−z 0 16 0 -3 -32
Exemple :
Soit le problème : ⎧
⎪
⎪ min −x1 − 2x2
⎪
⎪
⎨ −3x1 + 2x2 ≤ 2
(PM) −x1 + 2x2 ≤ 4
⎪
⎪
⎪
⎪ x + x2 ≤ 5
⎩ 1
x1 , x2 ≥ 0
En rajoutant les variables d'écart on obtient la forme standard :
⎧
⎪
⎪ min −x1 − 2x2
⎪
⎪
⎨ 3x 1 + 2x2 + e 1 = 2
−
(PMS) −x1 + 2x2 + e2 = 4
⎪
⎪
⎪
⎪ x + x2 + e 3 = 5
⎩ 1
x 1 , x2 , e 1 , e 2 , e 3 ≥ 0
On remarque que tous les termes du second membre (2, 4 et 5) sont
positifs. Dans notre cas, l'obtention d'une solution de base réalisable
initiale est triviale. Elle correspond aux variables de base e1 , e2 , e3 et
variables hors base x1 , x2 .
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La sol tion de base réalisable initiale est
La méthode du simplexe Simplexe avec minimisation
Tableau 1
Base x1
↓
x2 e1 e2 e3 s.m R
← e1 -3 2 1 0 0 2 1
e2 -1 2 0 1 0 4 2
e3 1 1 0 0 1 5 5
−z -1 -2 0 0 0 0
x2 variable entrante dans la base.
e1 variable sortante de la base.
Tableau 2
Base
↓
x1 x2 e1 e2 e3 s.m R
x2 -3/2 1 1/2 0 0 1 −2/3
← e2 2 0 -1 1 0 2 1
e3 5/2 0 -1/2 0 1 4 8/5
−z -4 0 1 0 0 2
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 128 / 220
La méthode du simplexe Simplexe avec minimisation
Tableau 3
Base x1 x2
↓
e1 e2 e3 s.m R
x2 0 1 -1/4 3/4 0 5/2 10
x1 1 0 -1/2 1/2 0 1 -2
← e3 0 0 3/4 -5/4 1 3/2 2
−z 0 0 -1 2 0 6
Tableau 4
Base x1 x2 e1 e2 e3 s.m
x2 0 1 0 1/3 1/3 3
x1 1 0 0 -1/3 2/3 2
e1 0 0 1 -5/3 4/3 2
−z 0 0 0 1/3 4/3 8
Tous les coecients de la dernière ligne sont positifs ou nuls : le tableau 4
est optimal et x∗1 = 2 ; x∗2 = 3 ; e∗1 = 2 ; e∗2 = e∗3 = 0 ; z∗ = −8
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 129 / 220
La méthode du simplexe Initialisation de la méthode du simplexe
Méthode du grand M :
Considérons le PL suivant :
⎧
⎪
⎪ max z = x1 + x2
⎨
2x1 + x2 ≥ 4
(P1 )
⎪
⎪ x + 2x2 = 6
⎩ 1
x1 , x 2 ≥ 0
On remarque que les termes du second membre sont tous positifs, mais la
1ère contrainte est de type ≥ et la 2ème contrainte est de type =
On rajoute une variable d'écart e1 à la 1ère contrainte (pour avoir l'égalité).
On rajoute en plus deux variables articielles a1 et a2 aux 2 contraintes.
En plus, on transforme la fonction objectif en pondérant les variables
articielles avec un coecient −M où M est un nombre supposé positif et
assez grand.
On obtient alors le PL :
⎧
⎪
⎪ max z = x1 + x2 −Ma1 − Ma2
⎨
2 x 1 + x2 − e 1 + a 1 = 4
⎪ x 1 + 2x2 + a 2 = 6
⎪
⎩
x1 , x2 , e 1 , a 1 , a 2 ≥ 0
Tableau 3
Base x1 x2
↓
e1 a1 a2 s.m R
x1 1 0 -2/3 2/3 -1/3 2/3 -1
← x2 0 1 1/3 -1/3 2/3 8/3 8
−z 0 0 1/3 -M-1/3 -M-1/3 -10/3
Tableau 4
Base x1 x2 e1 a1 a2 s.m
x1 1 2 0 0 1 6
e1 0 3 1 -1 2 8
−z 0 -1 0 -M -M-1 -6
Chapitre 4 :
Résolution des programmes linéaires
La dualité
1. Exemple introductif
Une entreprise E1 fabrique les produits P1 et P2. Elle utilise les matières
premières M1, M2 et M3, à raison de :
2 tonnes de M1, 1 tonne de M2 et 3 tonnes de M3
par unité produite de P1,
1 tonne de M1, 3 tonnes de M2 et 4 tonnes de M3
par unité produite de P2.
Elle dispose de :
50 tonnes de M1, 25 tonnes de M2 et 60 tonnes de M3.
Le bénéce net est de 5000 UM par unité de P1 et de 2000 UM par unité
de P2.
Le problème que se pose l'entreprise est le suivant :
Quelle quantité de chacun des deux produits P1 et P2 l'entreprise doit-elle
fabriquer pour que le bénéce soit maximal ?
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 139 / 220
Dualité Exemple introductif
Le problème primal (P) et son dual (D) sont liés par les relations suivantes :
Formulation matricielle :
⎧ ⎧
⎨ max z = c T x ⎨ min w = b T y
(P) Ax ≤ b (D) AT y ≥ c
⎩ ⎩
x ≥0 y ≥0
Exemples :
⎧
⎪
⎪ max z = x1 + 3x 2
⎪
⎪
⎪
⎨ x1 + x2 ≤ 14
(P1 ) − 2x 1 + 3x2 ≤ 12
⎪
⎪
⎪
⎪ 2x 1 − x2 ≤ 12
⎪
⎩
x1 , x2 ≥0
⎧
⎪
⎪ min w = 14y1 + 12y2 + 12y3
⎪
⎨
y1 − 2y 2 + 2y 3 ≥ 1
(D1 )
⎪
⎪ y1 + 3y 2 − y3 ≥ 3
⎪
⎩
y1 , y2 , y3 ≥0
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Dualité Formulation générale du problème dual
⎧ ⎧
⎪
⎪ min z = −2x1 + 9x 2 ⎪
⎪ min z = − 2x 1 + 9x 2
⎪
⎪ ⎪
⎪
⎪
⎨ 3x 1 + x2 ≥ 10 ⎪
⎨ 3x 1 + x2 ≥ 10
(P2 ) 4 x1 − 3x 2 ≤ 8 ⇐⇒ − 4x 1 + 3x 2 ≥ −8
⎪
⎪ ⎪
⎪
⎪
⎪ x1 − x2 ≤ 6 ⎪
⎪ −x1 + x2 ≥ −6
⎪
⎩ ⎪
⎩
x1 , x2 ≥0 x1 , x2 ≥0
Le dual de (P2 ) est :
⎧
⎪
⎪ max w = 10y1 − 8y 2 − 6y 3
⎨
3y1 − 4y 2 − y3 ≤ −2
(D2 )
⎪
⎪ y + 3y 2 + y3 ≤ 9
⎩ 1
y1 , y2 , y3 ≥0
Question : Dual de (D2) ?
⎧
⎪
⎪ min z = − 2u 1 + 9u 2
⎪
⎪
⎨ 3u1 + u2 ≥ 10
(D̄2 ) −4u1 + 3u2 ≥ −8 Le dual du dual de (P2 ) = (P2 ).
⎪
⎪
⎪
⎪ −u1 + u2 ≥ −6
⎩
u1 , u2 ≥0
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Dualité Correspondances entre le primal et le dual
4. Théorème de dualité
Avec les notations du paragraphe 2, on a les résultats suivants :
Théorème 1 (Dualité forte)
Le problème primal (P) admet une solution optimale x ∗ si et seulement si le
problème dual (D) admet une solution optimale y ∗ , et dans ce cas, on a :
c T x ∗ = b T y ∗ autrement dit z ∗ = w ∗ .
Par exemple :
⎧
⎪
⎪ max z = 5000x1 + 2000x2 ⎧
⎪
⎪
⎪ ⎪
⎪ min w = 50y1 + 25y2 + 60y3
⎪
⎨ 2x1 + x2 ≤ 50 ⎪
⎨
2y1 + y2 + 3y3 ≥ 5000
(P) x1 + 3x2 ≤ 25 (D)
⎪
⎪ ⎪
⎪ y 1 + 3y2 + 4y3 ≥ 2000
⎪
⎪
⎪ 3x1 + 4x2 ≤ 60 ⎪
⎩
⎪
⎩ x ≥0; x ≥0 y 1 , y2 , y3 ≥ 0
1 2
Le chef d'entreprise voudrait savoir ce que lui rapporterait le fait que son
atelier soit ouvert une heure de plus par jour. Autrement dit, il voudrait
connaître l'augmentation de sa marge bénéciaire si le deuxième coecient
du second membre passait de 11 à 12. On obtient alors un deuxième P.L :
⎧
⎪
⎪ max z = 4x1 + 3x2
⎪
⎨
(P )
2x1 + x2 ≤ 3 (Quantité de m.p)
⎪
⎪
⎪
5 x 1 + 6 x 2 ≤ 12 (Nombre d'heures de travail/jour)
⎩
x 1 ≥ 0 ; x2 ≥ 0
Le problème dual (D) a pour solution optimale : (y1∗ , y2∗ ) = (9/7, 2/7).
Donc y2∗ représente l'augmentation de l'objectif si on augmente le nombre
d'heures de travail/jour de 1 unité. Si on avait augmenté la capacité de
stockage d'une unité (c-à-d de 3 à 4) sans augmenter le nombre d'heures,
on aurait pu constater une augmentation de l'objectif égale à 9/7.
En général on a le résultat suivant :
Si on augmente la i ème composante du second membre du problème
primal (bi ) d'une unité, alors la fonction objectif augmentera d'une
quantité égale à la i ème variable duale optimale (yi∗ ).
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 156 / 220
Dualité Interprétation économique des variables duales
Remarques
Les valeurs des variables duales yi sont appelées coûts marginaux ou
valeurs marginales.
Si une contrainte d'indice i est non saturée, alors les relations de
complémentarité entraînent que yi∗ = 0, c-à-d le coût marginal
d'indice i est nul. Donc on n'a pas intérêt à augmenter la capacité si
on n'a pas utilisé toutes les ressources.
Si le coût marginal d'indice i est non nul c-à-d yi∗ = 0, alors la
contrainte d'indice i est saturée ; cela signie que toutes les ressources
ont été utilisées, donc une augmentation de la capacité permettra
d'augmenter le bénéce.
Primal Dual
ainsi que les marges unitaires sont rapportées dans le tableau ci-dessous :
Quantité de m.p M1 1 3 96
Quantité de m.p M2 1 1 40
2 Donner le P.L dual (D) et ses valeurs optimales ( y1∗ , y2∗ , y3∗ , w ∗ ).
3 Si la fabrique pouvait augmenter la quantité de matière première M1
Programme linéaire :
⎧
⎪
⎪ max z = 15x1 + 25x2
⎪
⎪
⎪
⎪
⎨ x1 + 3x2 ≤ 96 Contrainte quantité de m.p M1
Tableau 1
↓
Base x1 x2 e1 e2 e3 s.m R
← e1 1 3 1 0 0 96 / = 32
96 3
e2 1 1 0 1 0 40 / = 40
40 1
−z 15 25 0 0 0 0
Variable entrante : x2 .
Variable sortante : e1 .
Pivot : 3
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Dualité Exercice d'application
Tableau 2
↓
Base x1 x2 e1 e2 e3 s.m R
x2 /
1 3 1 / 1 3 0 0 32 96
← e2 2/3 0 −1/3 1 0 8 12
e3 /
17 3 0 −4/3 0 1 110 238 4/ = 19, 4
−z 20/3 0 −25/3 0 0 -800
Tableau 3
Base x1 x2 e1 e2 e3 s.m
x2 0 1 /1 2 −1/2 0 28
x1 1 0 −1/2 3/2 0 12
e3 0 0 3/2 −17/2 1 42
−z 0 0 −5 −10 0 −880
Le tableau 3 est optimal car tous les coecients de la dernière ligne −z
sont négatifs ou nuls.
2) ⎧
⎪
⎪ min w = 96y1 + 40y2 + 238y3
⎪
⎨
y1 + y2 + 7y3 ≥ 15 contrainte produit P1
(D)
⎪
⎪ 3 y 1 + y 2 + 4y 3 ≥ 25 contrainte produit P2
⎪
⎩
y 1 ; y2 ; y3 ≥ 0
yi : prix unitaire d'achat de la m.p Mi (i = 1, 2, 3)
D'après la ligne −z du tableau 3, les coûts marginaux de e1 , e2 et e3 sont
respectivement : −5, −10 et 0. Donc
y1∗ = 5 ; y2∗ = 10 ; y3∗ = 0 et w ∗ = z ∗ = 880
(Voir passage du tableau optimal primal au tableau optimal dual).
3)
On a y1∗ = 5 et y2∗ = 10, donc une augmentation de la quantité de la m.p
M1 (resp. M2 ) d'une tonne va entraîner une amélioration du chire
d'aaires de 5 UM (resp. 10 UM). Ainsi l'entreprise a intérêt à investir
dans la quantité de la m.p M2 en premier.
Si une variable est dans la base son correspondant est hors base :
e1 et e2 sont hors base dans le primal donc leurs correspondants y1 et y2
sont dans la base pour le dual.
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 165 / 220
Dualité Exercice d'application
case (variable1, variable2) = - (case correspondant1, correspondant 2).
Exemples :
case (y1 ,y3 ) = - case (e1 ,e3 )= -3/2 case (y1 ,t1 ) = - case (e1 ,x1 ) = 1/2
Chapitre 5 :
Résolution des programmes linéaires
Analyse de sensibilité
Dans la pratique, on n'est jamais sûr des nombres qui dénissent les
contraintes. Par exemple, le prix de gasoil serait-il à 7, 81DH dans un mois,
faut-il vraiment 3H30 pour faire un Casablanca-Tanger malgré les travaux
au niveau de la rocade de Rabat ? etc.
Loin de nous l'idée de traiter les nombres qui dénissent les contraintes
comme le résultat d'aléas : il n'est pas question ici de présenter une théorie
de la programmation linéaire à coecients aléatoires.
Notons que nous avons déjà abordé de tels types de problèmes dans le
second chapitre consacré à la méthode graphique. Nous avons vu dans
quelle mesure le bénéce pouvait augmenter lorsqu'on faisait varier une
contrainte en remplissant de soja la cabine du capitaine du bateau.
Les techniques qui permettent d'analyser ces phénomènes forment ce que
l'on appelle l'analyse de sensibilité, sensibilité aux contraintes, sensibilité
aux paramètres qui dénissent la fonction objectif. Nous verrons qu'elles
nous permettront de résoudre un autre type de problèmes de
programmation linéaire.
Pour illustrer notre propos, nous partirons d'un exemple simple.
Exemple :
Un euriste dispose d'un stock de roses, d'un stock d'÷illets et d'un stock
d'orchidées. Il peut confectionner avec ces eurs trois types de bouquets
qui ont un grand succès auprès de la clientèle : il sait qu'il pourra vendre
dans la journée toute quantité de bouquets qu'il aura préparée. Le tableau
suivant donne tous les renseignements utiles :
Type de bouquet stock
Type de eur bouquet N1 bouquet N2 bouquet N3 disponible
roses 2 3 2 90
÷illets 1 2 1 81
orchidées 4 3 1 120
Prix 8UM 5UM 6UM
On notera alors :
x1 le nombre de bouquets N 1
x2 le nombre de bouquets N 2
x3 le nombre de bouquets N 3
Z la recette totale
Le problème du euriste s'écrit sous la forme suivante :
⎧
⎪
⎪ max z = 8x1 + 5x2 + 6x3
⎪
⎪
⎨ (e1 ) roses 2x1 + 3x2 + 2x3 ≤ 90
(e2 ) ÷illets x1 + 2x2 + x3 ≤ 81
⎪
⎪
⎪ (e3 )
⎪ orchidées 4 x1 + 3x2 + x 3 ≤ 120
⎩
x1 , x2 , x3 ≥ 0
Dans cette écriture, nous avons mis entre parenthèses les noms des
variables d'écart que nous allons utiliser dans la forme standard .
Tableau 2
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m R
e1 0 3/2 3/2 1 0 −1/2 30 20
e2 0 5/4 3/4 0 1 −1/4 51 68
x1 1 3/4 1/4 0 0 1/4 30 120
−Z 0 −1 4 0 0 −2 −240
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 25
−Z 0 −5 0 −8/3 0 −2/3 −320
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 − 1/ 3 A
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 B
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 C
−Z 0 −5 0 −8/3 0 − 2/ 3 D
Cette technique permet de retrouver une partie de ses calculs si une tache
inopportune est venue brouiller les résultats.
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 − 1/ 3 A
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 B
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 C
−Z 0 −5 0 −8/3 0 − 2/ 3 D
Tableau 1
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
e1 2 3 2 1 0 0 162
e2 1 2 1 0 1 0 30
e3 4 3 1 0 0 1 207
−Z 8 5 6 0 0 0 0
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 181 / 220
Analyse de sensibilité Variation des bornes des contraintes
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 39
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 -51
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 42
−Z 0 −5 0 −8/3 0 −2/3 570
On trouve alors ce qu'il fallait éviter à tout prix : des valeurs négatives dans
la dernière colonne du tableau du simplexe. La solution correspondante
n'est pas à considérer car elle n'est pas réalisable.
Moralité
On peut, avec la technique précédente, mesurer ce qui se passe avec une
petite variation des contraintes et non pas de grandes variations. En
tout état de cause, il faudra toujours vérier si la colonne de droite du
tableau ne comprend que des nombres positifs pour conclure que la
technique de raccourci a bien fonctionné.
2. Variation de l'objectif
Supposons maintenant qu'une tache d'encre nous ait fait perdre la dernière
ligne du tableau. On se retrouve devant le tableau suivant
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 − 1/ 3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 25
−Z A B C D E F G
Nous savons déjà que la dernière ligne comportera des zéros dans les
colonnes associées aux variables de base x1 , x3 , et e2 , c-à-d :
A = C = E = 0.
Par contre, les nombres B,D,F,G associés aux variables hors base et au
second membre sont inconnus. Nous allons alors utiliser une astuce un peu
diérente que la précédente. On considère comme si on a oublié
d'appliquer le pivot sur la dernière ligne du tableau.
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 184 / 220
Analyse de sensibilité Variation de l'objectif
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/ 3 25
−Z 8 5 6 0 0 0 0
Tableau 3'
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 25
−Z 0 1 6 4/3 0 −8/3 −200
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 25
−Z 0 −5 0 −8/3 0 −2/3 −320
Tableau 3'
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 25
−Z 0 3/2 5 3/2 0 −3 −225
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 25
−Z 0 −7/2 0 −11/6 0 −4/3 −325
Comme dans la partie précédente, cette méthode n'est pas valable pour
tous les systèmes de prix de vente des bouquets : il est faux de penser que
quels que soient les prix des bouquets il est optimal de composer 25
bouquets N1, 20 bouquets N3 et aucun bouquets N2.
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 190 / 220
Analyse de sensibilité Variation de l'objectif
par exemple,
⎧ si
⎨ le prix du bouquet de type 1 passe de 8 UM à 8
⎩
le prix du bouquet de type 2 passe de 5 UM à 7
le prix du bouquet de type 3 passe de 6 UM à 10
Le problème de notre euriste devient :
⎧
⎪
⎪ max z = 8x1 + 7x2 + 10x3
⎪
⎨ (e1 ) roses
⎪ 2x1 + 3x2 + 2x3 ≤ 90
(e2 ) ÷illets x1 + 2x2 + x3 ≤ 81
⎪
⎪
⎪
⎪ (e ) orchidées 4x1 + 3x2 + x3 ≤ 120
⎩ 3
x 1 , x2 , x3 ≥ 0
Tableau 3'
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 25
−Z 0 3 10 4/3 0 −8/3 −200
Tableau 3
Base x1 x2 x3 e1 e2 e3 s.m
x3 0 1 1 2/3 0 −1/3 20
e2 0 1/2 0 −1/2 1 0 36
x1 1 1/2 0 −1/6 0 1/3 25
−Z 0 −7 0 −16/3 0 2/3 −325
Il apparaît que ce tableau n'est pas optimal. Il est clair que la procédure
de raccourci que nous avons adopté n'est pas ecace dans ce cas.
EL BOUANANI (Département SMAEG ) RO - L3 Économie et Gestion 2018/2019 193 / 220