SESSION 2006
CONCOURS NATIONAL DEUG
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Epreuve commune concours Physique et concours Chimie
PHYSIQUE
PARTIE I
Durée : 2 heures
NB : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la
rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa
copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.
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Les calculatrices sont autorisées.
L’usage de tout ouvrage de référence et de tout document est interdit.
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De très nombreuses parties sont indépendantes. Il est conseillé aux candidats de prendre
connaissance rapidement de la totalité du texte du sujet.
Les candidats doivent respecter les notations de l’énoncé et préciser, dans chaque cas, la
numérotation de la question traitée.
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Les parties A, B, C et D sont totalement indépendantes
Partie A
Électrocinétique
I. Générateurs : passage entre modèles équivalents de Thèvenin et de Norton.
On peut remplacer le générateur de courant [courant électromoteur (c.é.m.) η et résistance r en
parallèle], modélisé à la figure 1, par un générateur de tension équivalent [force électromotrice
(f.é.m.) E et résistance R en série], modélisé à la figure 2.
η
i E
A • • B i
A • R • B
r
Ù
u
u
Figure 1 Figure 2
Exprimer E et R en fonction des données (η et r) de la figure 1.
II. Association de générateurs
On associe maintenant, en parallèle, deux générateurs définis par leurs c.é.m. et résistance en
parallèle, respectivement (η1 , r1 ) et (η2 , r2 ) (figure 3).
r1
η
i
η1
i A • • B
A • η2
• B
Ù r
r2 u
Figure 3 Figure 4
Exprimer le c.é.m. η et la résistance en parallèle r du générateur équivalent (figure 4), en fonction
des données de la figure 3 (η1 , r1 ,η2 et r2 ) .
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III. Montage diviseur de tension et montage diviseur de courant
Un dipôle AB est constitué de deux résistors (résistances respectives R1 et R 2 ).
i i2
A • R1 A • i1
u R2 u2 u
R1 R2
B • B •
Figure 5 Figure 6
1) Les deux résistors sont montés en série et l’ensemble est soumis à une tension u (figure 5).
Exprimer la tension u 2 , aux bornes du résistor de résistance R 2 , en fonction de u, R1 et R 2 .
2) Dans le second montage, les deux résistors sont montés en parallèle (figure 6). Un courant
d’intensité i circule dans le dipôle AB. Exprimer l’intensité i 2 du courant qui circule dans le
résistor de résistance R 2 , en fonction de i, R1 et R 2 .
IV. Intensité i du courant qui circule dans une branche d’un circuit
La méthode de résolution est laissée au choix du candidat.
Soit un circuit linéaire dont les résistances des conducteurs ohmiques, les f.é.m. des sources de
tension et les c.é.m. des sources de courant sont indiqués sur la figure 7.
R
• A
i
e1 e2
η 2R
R
R R
• B
Figure 7
1) Déterminer, en fonction de e1 , e 2 , η et R, l’intensité i du courant qui circule dans le dipôle
AB, de résistance 2 R.
2) Application numérique. e1 = 20 V ; e 2 = 5, 0 V ; η = 2, 0 × 10−2 A ; R = 50 Ω .
Calculer i.
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Partie B
Thermodynamique
L’espace est rapporté, en coordonnées cartésiennes, à un repère orthonormé direct (Ox, Oy, Oz) de
( )
base ex , e y , ez .
L’atmosphère, de masse volumique ρ, est en équilibre thermodynamique à l’altitude z, dans le
champ de pesanteur uniforme et constant g = − g ez .
L’équation fondamentale (1) de la statique des fluides est applicable en tout point M de l’espace :
grad P ( M ) = ρ ( M ) g (1)
L’atmosphère (mélange gazeux) est assimilée à un gaz parfait unique, de masse molaire moyenne
M . Soient To et Po , les température et pression au niveau du sol ( z = 0 ) .
R To
On pose H = .
Mg
I. Généralités
1) Montrer que l’équation fondamentale (1) se traduit par une équation différentielle locale qui
relie les grandeurs P ( z ) , ρ ( z ) , g et z.
2) Rappeler l’équation d’état du gaz parfait.
3) Exprimer la masse volumique ρ ( z ) de l’air, en fonction de P ( z ) , T ( z ) , M et R.
II. Premier modèle
Un premier modèle simple consiste à considérer que la température de l’atmosphère est une
grandeur uniforme et constante : T ( z ) = To (modèle de l’atmosphère isotherme).
1) Établir l’expression littérale de la pression P ( z ) .
∆ P P ( z ) − Po
2) La variation relative de pression, de z = 0 à z, s’exprime par : = . Jusqu’à
Po Po
l’altitude z 1 , pour laquelle la pression peut être considérée comme uniforme, la variation
∆P
relative n’excède pas 10−2 . Exprimer z 1 en fonction de H.
Po
3) Application numérique.
R = 8,3 J mol−1 K −1 ; To = 290 K ; M = 29 × 10−3 kg mol−1 ; g = 9,8 m s −2 .
Calculer H et z 1 .
III. Second modèle
Un deuxième modèle établit que l’atmosphère présente un gradient thermique λ constant. La
température T ( z ) est une fonction affine de l’altitude z, selon la loi : T ( z ) = To + λ z . Établir
l’expression littérale de la pression P ( z ) .
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Partie C
Optique ondulatoire
Le contrôle interférométrique de l’homogénéité d’un matériau est réalisé grâce au dispositif
expérimental, placé dans le vide d’indice de réfraction no = 1 , représenté par la figure 8 :
(L1 ) (L2 ) z
(P)
S1
Vide
S θ M
x’ x
O1 O2 O
y
S2
ƒ’1 ƒ’2
(E)
Figure 8
Une source quasi-ponctuelle S, est placée au foyer objet d’une lentille mince convergente (L1),
d’axe optique x′x d’origine O. Cette source émet une radiation monochromatique de longueur
d’onde λo . À la sortie de (L1), se trouve un écran opaque (E), perpendiculaire à l’axe optique et
percé de deux trous circulaires S1 et S2 de très petites dimensions. Ces trous, espacés de et
symétriques l’un de l’autre par rapport à l’axe x′x , sont situés dans le plan xOz (plan de
représentation). La lumière diffractée par S1 et S2 est reçue par une seconde lentille mince
convergente (L2), d’axe optique x′x . Les phénomènes obtenus sont observés dans le plan yOz [plan
(P)], confondu avec le plan focal image de (L2) (figure 8).
On suppose f 2′ .
Données : λo = 0,5890 µ m ; f 2′ = 2, 0 m ; = 2,0 cm.
I. Étude du champ d’interférences au niveau du plan (P), sur l’axe Oz
1) Recopier la figure 8 et tracer les rayons (1) et (2), issus de la source S, qui atteignent
respectivement les trous S1 et S2, et qui interfèrent en un point M, d’ordonnée z, sur l’axe Oz.
2) Indiquer, sur le dessin précédent, la différence de marche δ ( M ) entre les rayons (1) et (2) [ou
différence entre les chemins optiques ( SM )2 et ( SM )1 ].
3) Exprimer δ ( M ) en fonction de et θ .
4) En déduire une expression δ ( z ) de cette différence de marche δ ( M ) .
5) Déterminer les ordonnées z p des franges brillantes, avec p entier relatif.
6) Donner l’expression de l’interfrange i.
7) Dessiner le système de franges d’interférences dans le plan yOz.
8) On souhaite obtenir des franges plus lumineuses, dans le champ d’interférences. Comment
modifier le dispositif décrit à la figure 8 ?
9) Application numérique. Calculer i.
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II. Contrôle de l’homogénéité d’un matériau
Sur le trajet des rayons diffractés par le trou S1, on place, parallèlement à l’écran (E), une lame
mince (L), transparente et d’indice n. Cette lame, d’épaisseur e, transmet intégralement la lumière.
Ses faces sont supposées rigoureusement planes et parallèles (figure 9). On souhaite vérifier
l’homogénéité du matériau qui constitue (L).
Données : λo = 0,5890 µ m ; e = 5, 000 ×10−3 m .
(L1 ) (L2 ) z
e (P)
S1 (L)
Vide
S θ M
x’ x
O1 O2 O
y
S2
ƒ’1 ƒ’2
(E)
Figure 9
1) La lame est, dans un premier temps, supposée homogène. Exprimer, en fonction de n et e, la
différence de marche δ ( O ) des rayons qui interfèrent au point O.
2) Pour une certaine position de (L) devant S1, on observe une frange brillante au point O. On
déplace alors lentement la lame devant S1, parallèlement à l’écran (E) et sans jamais intercepter
les rayons issus de S2. On opère de façon à ce que tous les points de la lame soient au moins
une fois éclairés par le faisceau issu de S1. On remarque que la frange brillante peut être,
suivant la position de (L), progressivement remplacée, en O, par l’une ou l’autre de ses deux
franges sombres immédiatement voisines. Déterminer, en fonction de λo et e, l’écart
∆n = nmax − nmin présenté par les valeurs de l’indice de réfraction de la lame.
3) Dans quel sens se déplace le système de franges si, au cours de la translation de (L), la valeur
de l’indice n, de la partie de matériau éclairée, augmente.
4) Application numérique.
— Pour la radiation jaune (doublet « D » à λo = 0,5890 µ m ) du sodium, la valeur de
l’indice absolu du matériau (flint) étudié vaut nD = 1, 6725 . Calculer la variation relative
d’indice ( ∆n nD ) , pour le doublet jaune du sodium, que présente cette lame de verre.
— Un milieu transparent est homogène si ( ∆n nD ) ≤ 10−5 . Conclusion ?
Partie D
Diffusion de matière
Des neutrons ( 01 n ) lents sont produits par une source (S), de forme sphérique, de centre O et de
rayon R. À la surface extérieure (Σ) de la source, sont émis N o neutrons par unité de surface et
unité de temps (figure 10).
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À l’extérieur de la source, au temps t et en tout point M du milieu (M), les particules sont soumises
au phénomène de diffusion régi par la loi de Fick, d’équation générale :
j ( M , t ) = − D grad N * ( M , t ) ,
avec j ( M , t ) vecteur densité de courant particulaire, D coefficient (constante positive) de diffusion
des neutrons et N * ( M , t ) nombre de neutrons par unité de volume.
(Σ) eθ
r
(S)
R M er
O
Source de (M)
neutrons
Figure 10
I. Généralités sur la diffusion
La diffusion est à symétrie radiale (diffusion unidimensionnelle). On rappelle, en coordonnées
( )
polaires [base er , eθ ], les composantes du vecteur gradient :
∂N * ( M , t )
∂r
grad N * ( M , t ) =
1 ∂N * ( M , t )
r ∂θ
On admet qu’en tout point M, tel que OM = r ≥ R , la densité particulaire de neutrons N * ( M , t ) ne
dépend que du rayon r et du temps t.
∂N *(r , t )
1) En déduire l’équation vectorielle qui relie j ( r , t ) et .
∂r
∂N *(r , t )
2) Exprimer, en fonction des grandeurs r, D, et , le flux Φ ( r , t ) du vecteur j ( r , t ) à
∂r
travers la surface sphérique, de centre O, de rayon r ≥ R et d’aire S = 4 π r 2 .
3) Rappeler l’unité du coefficient de diffusion D.
II. Diffusion des neutrons dans un milieu non absorbant
On suppose que le milieu (M) n’absorbe pas les neutrons et que le régime de diffusion de ces
particules est stationnaire.
1) Quelle est la principale propriété du flux Φ ( r , t ) en régime stationnaire ?
2) Donner, en fonction de R et N o , l’expression de ce flux.
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3) On suppose que lorsque r tend vers l’infini, N * ( r → ∞ ) = 0 . Déterminer la loi de distribution
N *(r ) .
4) Dessiner l’allure de la courbe représentative de la fonction N * ( r ) .
III. Absorption des neutrons par réaction nucléaire
Le milieu (M), riche en noyaux 105 B (isotope de l’élément bore), absorbe les neutrons à raison de C
captures par unité de volume et unité de temps, selon la réaction nucléaire suivante (donnée à titre
de simple information) :
absorption
1
0 n + 10
5 → 115 B* désexcitation
B immédiate
→ 73 Li + 42 α + γ
On considère un volume élémentaire dV du milieu (M), compris entre les deux sphères
concentriques, de centre O et de rayons respectifs r et r + dr .
Soient, pendant la durée infinitésimale dt, δ N e le nombre de neutrons qui pénètrent dans le volume
élémentaire dV, δ N s le nombre de neutrons qui quittent ce volume par diffusion et δ N c le nombre
de neutrons qui disparaissent de ce volume par capture.
On suppose un régime stationnaire interdisant toute accumulation de particules en un point donné
de (M).
1) Exprimer, en fonction de la variable r, le volume élémentaire dV.
2) Traduire le bilan des flux de particules 01 n , dans cet élément de volume, par une relation entre
les nombres positifs δ N e , δ N s et δ N c .
3) En déduire une équation différentielle reliant N * ( r ) et r.
4) Déterminer le flux de diffusion Φ ( r ) .
5) Montrer qu’il existe une valeur Ro de r qui annule le flux de diffusion.
6) Quelle est l’influence du coefficient de diffusion D sur la valeur Ro ?
Fin de l’énoncé
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