0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
445 vues6 pages

Urétrites : Diagnostic et Traitement

Ce document décrit les différents types d'urétrites, leurs agents pathogènes, leurs symptômes et leur prise en charge. Il existe des urétrites aiguës, subaiguës et asymptomatiques, causées par Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis, Trichomonas vaginalis ou d'autres agents. Le traitement dépend du germe en cause et peut inclure des antibiotiques par voie orale ou injectable.

Transféré par

AFAF ELAMRI
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
445 vues6 pages

Urétrites : Diagnostic et Traitement

Ce document décrit les différents types d'urétrites, leurs agents pathogènes, leurs symptômes et leur prise en charge. Il existe des urétrites aiguës, subaiguës et asymptomatiques, causées par Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis, Trichomonas vaginalis ou d'autres agents. Le traitement dépend du germe en cause et peut inclure des antibiotiques par voie orale ou injectable.

Transféré par

AFAF ELAMRI
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Dermatologie 2018/2019

Les urétrites
Objectifs
 Diagnostic d’une urétrite à :
 Gonococcie
 Chlamydia trachomatis
 Préciser les complications
 Prise en charge syndromique
 Réaliser une bonne IEC
I. Introduction :
 Inflammation de l’urètre et des glandes péri-­ urétrales d’origine infectieuse sexuellement transmissible
 IST la plus fréquente
 85% des IST chez l’homme
 Chez la femme elle est souvent asymptomatique : contamination et complication
 Double définition : clinique et cytologique
 Définition clinique : écoulement urétral anormal , purulent , muco-purulent ou séreux , rarement hémorragique
( QE )
 Définie par des critères cytologiques :
 ≥ 10 PNN de l’examen du premier jet urinaire (grossissement 400)
 Ou ≥ 5 PNN sur le frottis urétral (grossissement 100)
 Mais en pratique , on se base que sur la clinique pour traiter les formes les plus fréquentes
 5 germes principaux :
 Neisseria Gonorrhoea  Uréaplasma uréalyticum
 Chlamydia trachomatis  Mycoplasme ( génitalium )
 Trichomonas vaginalis
 Aigue < 3 semaine  Urétrite gonococcique
 Subaigue >3 semaines  autres urétrites
 QE : Les urétrites mixtes constituent 10 – 50% des urétrites ( mixte = gonococcique + non gonococcique en même
temps )
 On va éliminer de ce cours tout écoulement normal :
 Urines
 Sperme
 Sécrétions séminales avant les rapports
II. Physiopathologie :
 L’urètre masculin = stérile
 La colonisation ascendante par des micro-organismes de la flore cutanée ou intestinale = régulièrement éliminée par
les mictions
III. Formes cliniques :
Urétrite aigue Urétrite subaigue Urétrite asymptomatique
Début Brutal Difficile à préciser Difficile à préciser
Signes vénérologiques +++ + +/-
Type d’écoulement Abondant Peu abondant Presque absent
Purulent Transparent
Signes urinaires +++ + +/-
Douleur +++ ( chaude pisse ) +/- +/-
Gêne du patient Oui = consultation NON = consultation ? NON = Consultation

Mehdi Alem Page 1


Dermatologie 2018/2019

 En pratique , le diagnostic paraclinique n’est nécessaire que si résistance au traitement usuel


IV. Etiologies :
 Urétrites gonococciques
 Urétrites non gonococciques :
 Urétrites à chlamydiae
 Urétrites à trichomonas vaginalis
 Urétrites à uréapalsma uréalyticum
 Urétrites à mycoplasma génitalium
 Les urétrites mixtes représentent 10 à 15% des urétrites ( QE +++ )
1. Urétrite gonococcique :
a. Epidémiologie :
 Urétrite la plus ancienne et la plus fréquente
 49700 nouveau cas en 2014
 Sujets jeunes : 15 – 29 ans
 Régions : Beni Mellal , Azilal , Khénifra , Settat , El Kelâa , Khémisset , Kénitra , Rabat , Salé , Marrakech , Agadir
 Nette régression de l’incidence des IST dès l’année 1985 , mais une ascension de l’incidence des urétrites ( gonococciques
+++ ) :
 Trithérapie >> Dédramatisation du VIH
 Relâchement de la prévention
 Rapports buccogénitaux
 FDR majeurs : âge , jeune , homosexualités , partenaires multiples , infection par VIH
b. Agent pathogène :
 Germe : Neisseria gonorrhae
 BGN
 Diplocoques en grain de café intracellulaire ( PNN )
 Incubation : 2 à 5 jours
c. Clinique :
 Urétrites aigues très bruyantes
 Ecoulement urétral purulent jaune verdâtre
 Méatite œdémateuse
 Dysurie marquée : chaude pisse
 Pas de fièvre +++
 Parfois ADP inguinales
 Rarement urétrite peu symptomatique
 Chez la femme : tableau muet au début parfois dyspareunie , algies pelviennes voire cervicite
d. Complications :
 Sténoses urétrales
 Orchiépididimites
 Prostatite
 Septicémies gonococcique
 Conjonctivite gonococcique : cécité
 Arthrite gonococcique : Arthrite septique
 Endocardite infectieuse
 Diagnostic bactériologique : coloration au Gram ou bleu de méthylène +++
 En réalité , on s’en fout des colorations et de la biologie en général
e. Diagnostic paraclinique :

Mehdi Alem Page 2


Dermatologie 2018/2019

 Prélever l’écoulement avec un écouvillon en coton : Pas toujours possible


 Examen à l’état frais entre lame et lamelle
 Frottis sur lame colorée par le bleu de méthylène ou le gram avec de compte des PNN
f. Traitement :
 Buts :
Valable pour les IST :
 Identifier le , la ou les partenaires
 Proposer :
 Une sérologie VIH
 TPHA / VDRL
 Sérologie d’hépatite B
 Insister sur les risques de contamination
 Informer
 Eduquer
 Donner des préservatifs
 Guérir le patient
 Rompre la chaîne de contamination
 Eviter le formes compliquées
 Préférer les traitement rapides ( minutes ) : pour casser la chaîne de contamination , pas de suivi des malades et le
coût du traitement

 Moyens et indications :
 Formes simples : Traitement minute
 C3G :
 Ceftriaxone 500mg ( rocéphine* ) IM en dose unique
 Céfixime 400mg ( Oroken*) per osunique : si refus ou CI d’un traitement par voie parentérale
 Si allergies aux bétalactamines :
 FQ : Ciprofloxacine 500mg per os en prise unique ( sous contrôle de l’ATB )
 Spectinomycine ( trobicine ) 2g IM en dose unique
 Formes compliquée :
 Céfotaxime : 1g/8h IVL pendant 10 jours
 Toujours associer :
 Un traitement ATB sur chlamydia trachomatis
 Un traitement des partenaires
 Si trichomonas est associé  Toujours commencer par le traitement de celui-ci par le métronidazole

2. Urétrites non gonococciques :


a. Urétrite à chlamydia trachomatis :
 Age : 31 – 40 ans
 2015 : 20300 cas au Maroc
 Bacille intra-cellulaire obligatoire
 Sérotypes D à K : urétrites infectieuses
 20 à 50% des UNG
 Incubation plus longue : Plusieurs semaines
 Clinique :
 Symptomatique : 50% des cas
 Souvent associé au gonocoque
 Symptomatologie subaigue ou chronique :
Mehdi Alem Page 3
Dermatologie 2018/2019

 Ecoulement transparent modéré et intermittent rarement purulent : goutte matinale claire ou grisâtre
 Symptômes urétraux discrets sans écoulement : Prurit ou fourmillement intracanalaire
 Complications :
 Femme : cervicite , vulvo-vaginite  salpingite et péritonite
 Nouveau-né : conjonctivite , pneumonie , sténose urétrale  stérilité
 Syndrome oculo-uréthro-synovial :Syndrome de Feissegner leroy Reiter
 Triade = Urétrite + Conjonctivite + Arthrite
 Paraclinique :
 Prélèvement du premier jet d’urine ( < 10 cc ) : rechercher de C.T par PCR
 Prélèvement endo-urétral par écouvillon : frottis + culture
 Traitement :
 Même règles commune aux IST
 Macrolides :
 Azithromycine : Zithromax 500 : 1g en prise orale unique
 Erythromycine : ERY 500 2g/j pendant 7 ou 15 jours
 Cycline :
 Doxycycline 100mg*2/j
 Durée :
 7 jours dans les formes non compliquées
 15 jours dans les formes compliquées

b. Urétrite à trichomonas vaginalis :


 Protozoaire flagellé transmis sexuellement
 Peu pathogène chez l’homme
 1 à 20% UNG
 Urétrite subaigu : écoulement verdâtre spumeux
 Fourmillement intracanalaires
 Traitement :
 Même règles communes aux IST
 2g métronidazole DU : FLAGYL 500mg cp
 2g tinidazole DU : fasigyne 500mg
 Traitement des partenaires

c. Uréaplasma uréalyticum :
 Micro-organisme extra-cellulaire
 Clinique : urétrite subaigue
 Culture sur milieux spécialisé
 Traitement : celui du CT

d. Urétrites à Mycoplasma génitalium :


 Urétrite :
 Aigue > Subaigue
 Complications : prostatite , orchiépididymite
 Diagnostic : PCR sur le 1er jet urinaire
 Traitement : Azithromycine 500mg à J1 puis 250mg pendant les 4 jours suivants
V. Protocole de la prise en charge syndromique :

Mehdi Alem Page 4


Dermatologie 2018/2019

1. Traitement de l’infection à NG , CT et consensus marocain :

 Ceftriaxone 250mg en IM en dose unique


Plus
 Doxycycline 100mg , deux fois par jour pendant 7 jours
 Si allergie au ceftriaxone : Gentamycine 240 mg en IM DU
 Si allergie à la doxycycline : azithromycine 2g per os DU
 Traitement du partenaire systématique

2. Traitement de l’infection à sensibilité diminué , C et TV : Consensus marocain


 Ceftriaxone 500 mg en IM en DU
+
 Azithromycine 2g per os en DU
+
 Métronidazole 2g per os en DU

3. Cas particuliers :
 Femme enceinte : les FQ , les cyclines sont CI
 Sujet VIH + : même consensus
 Septicémie à gonocoque : ceftriaxone 1g IM ou IV pendant 7 à 10 jours
 Prostatite gonococcique : ceftriaxone 1g IM par jour pendant 7 à 10 jours

4. Suivi :
 Suivi clinique : contrôle à J7
 Si patient reste asymptomatique : suspecter :
 Effet ping-pong = recontamination
 Défaut d’observance
 Complications ( abcès urétral , prostatite )
 Si sérologie VIH est négative : renouveler 2 à 3 mois plus tard

VI. Prévention :
 Conseils de prévention personnalisés
 Une urétrite = preuve que les messages de prévention n’ont pas été intégrés
 IST souvent associées / Prévention commune : Préservatif
 Insister sur les risque encourus par les IST en général et par le VIH
 Proposer une vaccination anti HVB
 Traiter les partenaires
 Prévention primaire : consistant en la promotion de comportements sexuels à moindre risque , notamment de l’usage
du préservatif
 La prévention secondaire : qui consiste en la prise en charge des IST
 La prévention tertiaire :traitement des complications
VII. Algorithme de l’écoulement urétral

Mehdi Alem Page 5


Dermatologie 2018/2019

Urétrite aigue Urétrite subaigue


Début Brutal Insidieux , progressif
Ecoulement Purulent , jaune verdâtre abondant Séreux et clair , peu abondant
Signes urinaires Très marqués Souvent absents
Germes responsables NG CT , TV , mycoplasmes
Traitement Ceftriaxone 500mg en DU Cyclines , métronidazole ,
azithromycine

VIII. Conclusion
 Toute IST peut s’accompagner ou cacher une autre IST
 On n’attend pas les résultats paracliniques pour traiter
 Réflexes :
 Bon interrogatoire
 Bon examen clinique
 Sérologies des IST
 Traiter le patient + le partenaire
 IEC ( Information , éducation , communication )
 Prévention
 Toutes les urétrites sont des maladies à déclaration obligatoire

Mehdi Alem Page 6

Vous aimerez peut-être aussi