Guide Du Bon Usage de La TDM en Medecine Nucleaire V1
Guide Du Bon Usage de La TDM en Medecine Nucleaire V1
LA TDM EN MEDECINE
NUCLEAIRE
Version SFMN V1.0 du 24/05/2018
1
Table des matières
PREFACE ........................................................................................................................................... 6
INTRODUCTION ............................................................................................................................ 10
CONCLUSION............................................................................................................................... 236
2
CONTRIBUTEURS
Relecteurs
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LEXIQUE DES ABREVIATIONS
PET/CT: TEP/TDM
SPECT/CT: TEMP/TDM
kV: kilo-volt
mA: milli-ampere
mAs: milli-ampere-seconde
FDG: 18F-Fluorodesoxyglucose
Gy: Gray
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5
PREFACE
Je vous invite à lire avec attention cet excellent ouvrage qui, par ses messages, remettra en question
des certitudes établies. Ce travail, réalisé sous l'égide et le contrôle du groupe de travail
pluridisciplinaire de radioprotection traite de l'utilisation de la TDM, en médecine nucléaire.
Depuis plus 15 ans, la multimodalité TEP-TDM et plus récemment la TEMP-TDM fait partie de
notre exercice quotidien. Tous les médecins nucléaires ont ainsi intégré lors de leur interprétation,
la lecture des informations morphologiques produites par une TDM. Cependant, chacun, ici,
avouera son sentiment de frustration lorsque le TDM est paramétré de manière à délivrer de "trop
faibles doses" fournissant des images de qualité très critiquables et ne permettant pas d'utiliser de
manière optimale l'outil mis à notre disposition.
Mais alors, comment optimiser les paramètres d'acquisition de la TDM pour améliorer la
pertinence des informations biologiques provenant de la scintigraphie ou, plus globalement, pour
répondre de manière plus pertinente aux attentes des cliniciens demandeurs ? Pour quelles
indications ? Ce document apporte une réponse précise et construite à ces questions. C’'est ainsi
un véritable ouvrage de formation qui saura guider le lecteur dans sa pratique quotidienne. C'est
aussi, par ailleurs, une œuvre innovante et anticipatrice grâce à laquelle, le lecteur pourra aisément
imaginer son exercice futur.
Le premier chapitre propose au lecteur un rappel des principes physiques qui sont à l'origine de la
production de l'image TDM. Il insiste surtout, et de manière très pédagogique, sur les paramètres
d'acquisition qui influencent la qualité de l'image et la dose reçue par le patient. La fin du chapitre
énumère les différentes solutions techniques, choisies par les constructeurs afin d’optimiser les
acquisitions. Ce chapitre constitue ainsi une véritable référence sur laquelle le lecteur pourra
s'appuyer.
La lecture du second chapitre requiert la plus grande attention. Cinq niveaux d'utilisation de la
TDM en médecine nucléaire sont définis, de l'absence de TDM (niveau zéro), à la réalisation d'un
examen TDM en conditions radiologiques (niveau quatre). Cette affirmation est sans appel,
totalement assumée. Le contexte clinique peut justifier, et justifie souvent, la réalisation, en
médecine nucléaire, d'une TDM de qualité diagnostique de niveau 3 ou 4. C'est ici une avancée
notable qui traduit une évolution de notre spécialité et de notre pratique. Cela suppose de la part
de nos services, une maîtrise complète de l'outil TDM : l’adaptation des paramètres d'acquisition
et/ou de reconstruction et injection de produits de contraste en fonction de la question clinique
posée. L'information principale reste celle fournie par le radiopharmaceutique. Elle sera cependant
interprétée avec d'autant plus de justesse et de finesse que le médecin nucléaire aura pu intégrer
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des données morphologiques de qualité. Je rejoins aussi les auteurs sur l'obligation, désormais
réglementaire, de justifier dans le compte-rendu, non seulement des modalités de réalisation de la
scintigraphie mais également celles de la TDM.
Le troisième chapitre répond à une question majeure : quelle TDM pour quelle indication de
médecine nucléaire ? Deux domaines sont abordés en particulier : l'oncologie et les pathologies
ostéoarticulaires. Pour le premier, la TDM réalisée lors de l'examen TEP doit être dans la grande
majorité des cas au minimum de niveau 3 (qualité diagnostique basse dose / sémiologie
radiologique). Des exemples de protocole d'acquisition en fonction des localisations tumorales et
de l’indication clinique guideront chaque praticien dans son propre exercice. Le lecteur trouvera
également des éléments très pertinents sur la réalisation des TDM lors des scintigraphies des
récepteurs à la somatostatine ou lors du repérage du ganglion sentinelle. Les explorations
ostéoarticulaires par TEMP TDM requièrent le plus souvent des acquisitions TDM de niveau 3.
Des exemples de protocoles d’acquisition et reconstruction optimisés, par exemple en présence de
matériel métallique, sont proposés au lecteur. Ces mêmes informations sont disponibles pour
l'exploration de l'embolie pulmonaire, et les pathologies les plus souvent rencontrées en
neurologie, cardiologie et endocrinologie nucléaire. Une partie qui a particulièrement attiré mon
attention est celle consacrée à la pédiatrie nucléaire. Le lecteur sera informé du niveau de TDM et
des spécificités d’acquisition liées à l’âge bien sûr pour l'exploration des tumeurs cancéreuses mais
aussi pour l'exploration de pathologies bénignes comme la recherche de spondylolisthésis ou
dysplasie osseuse.
Toutes ces indications et ces domaines sont illustrés par des cas agrémentés d’une iconographie
de haute qualité. Le contexte clinique et les paramètres d'acquisition sont listés avec le même
formalise, toujours suivis de commentaires très pertinents.
Un chapitre entier est consacré à l'utilisation des produits de contraste iodés. Les mécanismes
d'action, les toxicités et leur prise en charge sont rapportés. Des protocoles d'acquisition avec
injection de produit de contraste sont proposés en fonction de la localisation des pathologies
explorées.
Cet ouvrage répond à plusieurs objectifs : un objectif de formation scientifique d'abord par la
qualité des informations apportées par exemple, sur les principes physiques de la TDM. Un objectif
de formation pratique qui est aussi remarquable par les exemples des protocoles d’acquisition et
que chacun saura intégrer dans ses propres procédures. Il replace surtout la TDM dans le contexte
de l'exercice du médecin nucléaire moderne et nous amène à nous interroger sur le futur de notre
spécialité. La médecine nucléaire reste une spécialité d’avenir qui s’appuie avant tout sur le
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développement de nouveaux radiopharmaceutiques diagnostiques ou thérapeutiques. Cependant,
le médecin nucléaire du 21e siècle se doit de maîtriser l'ensemble des outils qui lui sont offerts.
Certains des éléments ou des idées neuves figurant dans ce document feront peut-être débat, mais,
peu importe car le train est en marche, « the show must go on » ! Un ouvrage à distribuer dans
tous les services ! Un ouvrage dont les enjeux se devront de trouver une résonnance chez tous.
Président de la SFMN
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INTRODUCTION
L'imagerie hybride correspond en médecine nucléaire à l'évolution technologique des caméras de
détection qui sont désormais très souvent couplées à un dispositif d'imagerie anatomique,
essentiellement tomodensitométrique (les appareils couplés à une IRM étant pour l'instant très peu
nombreux sur le territoire et cantonnés à de rares centres de recherche ou hospitalo-universitaires).
Dans le courant des années 2000, les Tomographes par Emission de Positons (TEP) et les gamma-
caméra ou Tomographes par Emission Mono-Photonique (TEMP) ont été progressivement couplés
à des TDM, forme mature des techniques scintigraphiques permettant d'apporter dans une seule
procédure d'imagerie des informations fonctionnelles, biologiques ou métaboliques d'une part et
anatomiques d'autre part.
Il peut être utile de rappeler que le suffixe "scan" utilisé en terminologie anglaise ne fait pas
référence au scanner X mais à l'ensemble de l'imagerie en coupes. Ainsi la TDM prend-elle le nom
en anglais de CTscan, la TEP celui de Petscan et la TEP-TDM celui de PET-CTscan. Tous les
autres termes, abréviations et acronymes qui ont pu être utilisés et tout particulièrement les termes
anglais ou mixant français et anglais (scinti, scintiscan, SPECT, SPECT-CT, TEMP-CT, PET,
PETscan, PET-CT, CT-PET, TEP-CT, TEPscan, PET-MRI, PET-IRM, TEP-MRI, morphoTEP,
tepographe, caméra à positons etc...) ne sont pas recommandés et ne devraient pas être employés.
Cependant, bien que l'utilisation de la terminologie française soit recommandée (TEP, TEP-TDM,
TEP-scanner, TEMP, TEMP-TDM etc…), les acronymes anglais ou franglais sont
malheureusement souvent employés par un grand nombre de personnes.
Toujours d'un point de vue sémantique, il est rappelé que le terme "diagnostique" en imagerie n'est
pas synonyme et ne doit pas être amalgamé avec l'expression "en conditions radiologiques". Tout
examen de médecine nucléaire, couplé ou non à un TDM, et pour ce dernier, indépendamment de
ses paramètres techniques, est un examen diagnostique, le TDM pouvant dans certains cas être
utilisé en conditions radiologiques, les caractérisations précises d'un point de vue technique
concernant cette appellation n'étant pas clairement définies.
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Initialement conçus comme de simples dispositifs de correction d'atténuation, il est très vite apparu
que l'information tomodensitométrique pouvait également être utilisée pour le repérage
anatomique des anomalies scintigraphiques sous-jacentes, mais aussi pour l'analyse des
informations radiologiques présentes dans l'examen à hauteur du protocole d'imagerie utilisé, ce
dernier pouvant aller, en fonction du contexte clinique et du médecin en charge de l'examen,
jusqu'à un authentique examen "full diagnostic" ou "one-stop shop", entendre par ces anglicismes
la possibilité de tirer le maximum des informations diagnostiques des appareils couplés. Quel que
soit le niveau d'utilisation du scanner dans le cadre des examens scintigraphiques, l'apport
diagnostique de la TDM couplée est désormais parfaitement démontré et admis pour un grand
nombre de situations cliniques en augmentant de manière très significative à la fois la sensibilité
et la spécificité des examens avec un impact clinique d'aval et un bénéfice médical considérable.
Ainsi, cette révolution diagnostique explique que désormais la quasi-totalité des appareils de TEP
du territoire sont des TEP-TDM (à l'exception des rares TEP-IRM) et qu'en ce qui concerne la
TEMP, des pans entiers de l'imagerie scintigraphique se conçoivent de moins en moins sans le
scanner.
A ce jour, il existe une certaine hétérogénéité des perceptions et des pratiques autour de l'imagerie
hybride d'un praticien médecin nucléaire à l'autre, d'un service à l'autre, d'une région à l'autre,
celle-ci étant multifactorielle intégrant le diplôme (les médecins et les non médecins), la formation
initiale et continue de chacun, la génération (l’éternel fossé entre jeunes et moins jeunes !), la
culture personnelle et locale, la "sous-spécialité" exercée quand c'est le cas (endocrinologie
nucléaire, neurologie nucléaire, oncologie nucléaire, médecine nucléaire thérapeutique etc…), la
perception individuelle de la dangerosité des rayonnements ionisants, l’environnement médical
local et les rapports avec les radiologues, le type et la génération de matériel utilisé etc…
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Faisant suite à une forte demande de la part des médecins nucléaires eux-mêmes mais également
de l'autorité de sureté nucléaire, ce guide est destiné à l'ensemble de la communauté de médecine
nucléaire pour intégrer à la fois les aspects de radioprotection lié à la TDM couplée mais aussi
ceux liés à la qualité de l'image tomodensitométrique attendue en fonction du contexte clinique.
Il s'agit avant tout d'un ouvrage collectif élaboré par de nombreux contributeurs médecins
nucléaires ou physiciens médicaux exerçant dans diverses structures hospitalières publiques,
universitaires ou non, et libérales. Il est placé sous l'égide et le contrôle du groupe de travail
pluridisciplinaire de radioprotection en médecine nucléaire comprenant des médecins nucléaires
mais également des physiciens médicaux, des radiopharmaciens, des manipulateurs en
électroradiologie.
Une première partie est consacrée aux rappels physiques et instrumentation en TDM afin de
présenter les différents paramètres définissant la qualité de l'image radiante et les différents outils
d'optimisation de la dose.
La seconde partie rappelle la nécessité de prendre en compte les différentes situations cliniques
susceptibles d'être rencontrées en TEP comme en TEMP pour mieux comprendre la grande
hétérogénéité des pratiques s'expliquant par le pilotage différent des appareils hybrides en fonction
du contexte, ce dernier pouvant aller de l'absence de scanner jusqu'à l'utilisation maximale de
l'information TDM.
La troisième partie concerne des illustrations pratiques classées par sous-spécialités couvrant les
domaines de l'oncologie, la pathologie ostéo-articulaire, la pneumologie, l'endocrinologie, la
neurologie, la cardiologie, la pédiatrie, l'utilisation des produits de contraste iodés, la présentation
de pièges et d'artéfacts assortis de trucs et astuces en rapport, et enfin quelques aspects pratiques
et réglementaires.
Ce guide se veut essentiellement technique et pratique et son but principal est d'apporter des
éléments de réponse concernant la réalisation des TDM en TEMP ou TEP intégrant en amont la
justification du niveau de scanner utilisé allant, du niveau 0 au niveau 4, jusqu'à la réalisation
pratique de ces derniers avec, pour chaque niveau, des exemples de double optimisation croisée
relative à la qualité d'image et la dosimétrie. Il n'aborde pas les aspects propres à l'interprétation
des examens à savoir, comment interpréter et qui interprète la partie TDM des examens de
médecine nucléaire ; ces questions étant variables en fonction de la formation initiale et continue
des médecins nucléaires et des pratiques de chaque centre.
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I. RAPPELS PHYSIQUES ET OUTILS D’OPTIMISATION DE LA
QUALITE IMAGE ET DE LA DOSE
Le principe de la TDM repose sur la mesure de la transmission d’un faisceau de photons X par un
patient. Cette transmission, si l'objet est homogène, est exprimée par l'équation :
I = Io . e -µ L
avec
I : intensité du rayonnement transmis
Io : intensité du rayonnement incident
µ : coefficient d'atténuation linéaire (en cm-1)
L : l'épaisseur de l'objet en cm
La source de photons X est obtenue par un tube à rayons X constitué d'un générateur de haute
tension (entre 70 kV et 140 kV) et d’un tube sous vide (cf. figure 1). Le tube est composé d’une
cathode fortement chauffée, à partir de laquelle sont émis des électrons, accélérés par la haute
tension afin de bombarder une anode constituée d’un matériau dense (tungstène). Une partie des
électrons, à l’approche du noyau des atomes de tungstène, subissent des déviations
électromagnétiques engendrant l’émission de photons X de freinage (bremsstrahlung). Il en résulte
l’émission d’un faisceau de photons X, non focalisés et d’énergie variant entre 0 keV et la valeur
de la tension accélératrice. L’énergie émise sous forme de photons de freinage représente environ
1% de l’énergie des électrons.
Le flux de photons émis en sortie de tube est directement proportionnel au nombre d’électrons
émis, lui-même proportionnel aux milliampères (mA) appliqués au tube multiplié par le temps
d’exposition (s). Des systèmes de modulation d’intensité sont proposés afin d’adapter le flux de
photons à la morphologie du patient, ou à la géométrie d’acquisition.
La tension appliquée au tube (kV) détermine l’énergie du faisceau de photons. Plus le faisceau est
énergétique, plus la proportion de photons transmis est importante (augmentation du signal
enregistré sur les détecteurs), mais moins l’image finale est contrastée. Dans certaines applications,
l'émission de rayons X peut se faire à 2 tensions différentes (par exemple 80 kV et 120 kV), les
substances contenant des éléments à numéro atomique supérieur (calcium, fer, ...), subiront de plus
grandes différences d'atténuation que les éléments à numéro atomique inférieur (tissus mous,
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graisse). On pourra donc disposer d’informations complémentaires sur la composition tissulaire.
Ces techniques d’imagerie spectrale ne sont pas encore utilisées en médecine nucléaire.
A la sortie du tube, 3 étapes sont nécessaires :
- une collimation primaire du faisceau afin de ne conserver que les photons se dirigeant vers
les détecteurs et contribuant donc à la formation des images. Les détecteurs sont répartis
sur un arc de cercle en regard du tube à rayons X, couvrant un secteur radial d’environ
40° ;
- l’application d’un filtre (0,2 à 2 mm de cuivre) pour absorber les photons dont l’énergie
serait trop faible pour participer à la formation des images (photons totalement absorbés
par les tissus ne contribuant qu’à la dose délivrée au patient) ;
- l’application d’un filtre « papillon » afin d’adapter le faisceau à la morphologie étudiée
(crâne vs. TAP). Ce filtre atténue moins le faisceau au centre du champ de vue par rapport
à la périphérie, d’où l’intérêt d’un bon centrage du patient au centre du champ de vue.
Lors de la traversée du patient, les faisceaux de rayons X subissent des interactions avec la matière
se traduisant par une atténuation du faisceau. Cette atténuation peut être due soit à un effet
photoélectrique au cours duquel le photon incident est absorbé, soit à une diffusion de ces photons
avec ou sans perte d’énergie (diffusion Compton ou Rayleigh). Le type et l’amplitude des
interactions dépendent à la fois de la densité électronique du milieu traversé et de l’énergie (kV)
du photon incident. La diffusion est à l’origine d’un dépôt de dose en dehors de la zone explorée
(cf figure 2).
Les photons transmis sont ensuite enregistrés par un ensemble de détecteurs couvrant un secteur
donné (collimation du faisceau incident en éventail). La reconstruction des images
tomodensitométrique « en coupe » nécessite que la source et les détecteurs, effectuent une rotation
complète autour du patient afin de disposer d’un ensemble de « projections » obtenues selon 360°
autour de cette coupe du patient.
Afin d’accélérer le temps d’acquisition, le mode hélicoïdal s’est imposé. Il combine une rotation
de l’ensemble tube-détecteurs à une avancée du lit d’examen. Le pitch représente le rapport entre
la largeur de détection (longueur explorée selon l’axe Z) et l’avancée de la table par rotation. Plus
le pitch est élevé, plus l’hélice d’acquisition est étirée. Dans la même optique d’accélération des
acquisitions, les TDM se sont vu dotés de plusieurs barrettes de détecteurs permettant
l’enregistrement simultané de plusieurs coupes selon l’axe Z. Différentes épaisseurs de coupe sont
accessibles par la combinaison de barrettes de détecteurs d’épaisseurs variables. A ce titre, une
collimation secondaire au niveau des détecteurs est mise en œuvre afin de réduire le signal diffusé
venant dégrader le signal utile reçu par les détecteurs. L’épaisseur de collimation élémentaire
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choisie pour l’acquisition (ex : 16 x 0,6mm ou 16 x 1,2mm) va conditionner la résolution spatiale
selon l’axe Z et donc la qualité image finale. Enfin, l’utilisation de scanner multicoupes, nécessite
de débuter et de finir l’acquisition au-delà de la zone à explorer afin de disposer d’un jeu de
données complet pour en permettre une reconstruction (overranging). Des systèmes de diaphragme
glissant ont été proposés par les constructeurs afin de réduire l’exposition inutile des patients.
Figure 1 : schéma en coupe d’un tube à rayons X et principe d’acquisition des données par rotation
du système tube-détecteur et translation du lit (Images CEA-I2BM; Siemens).
L’ensemble des données acquises lors d’une rotation est ensuite reconstruit pour disposer d’une
image des coefficients d’atténuation µ pour une ou plusieurs coupes de patient, en utilisant un
algorithme de reconstruction tomographique. L’algorithme de reconstruction le plus couramment
utilisé sur les TDM des systèmes hybrides est la rétroprojection des projections filtrée (souvent
dénommée rétroprojection filtrée). Ces dernières années, à l’instar des algorithmes utilisés en
scintigraphie, de nouveaux algorithmes algébriques itératifs régularisés sont apparus sur le marché.
Ils s’avèrent être une bonne approche pour réduire significativement la dose en TDM sans dégrader
la qualité des images par une réduction du bruit dans les images reconstruites. Ces algorithmes
sont désormais accessibles sur les TDM utilisés en médecine nucléaire. Pour des raisons
d’affichage, à l’issue de la reconstruction, les images sont normalisées par rapport à la valeur µ de
l’eau pour donner des images quantifiées en unité Hounsfield.
L’ensemble des éléments de la chaîne d’instrumentation présenté ici a une influence directe sur la
qualité des images et la dose délivrée aux patients. La disponibilité d’un TDM dont l’ensemble
des paramètres est accessible oblige à s’interroger sur le choix de ces paramètres dans le cadre
d’une activité de médecine nucléaire. Ainsi, que l’examen TDM soit réalisé à visée de correction
d’atténuation, de repérage anatomique des anomalies scintigraphiques sous-jacentes ou de
diagnostic radiologique, il convient d’adapter les paramètres au contexte clinique. Depuis 2004,
les TDM doivent indiquer un indice de dose scanner volume (IDSV ou CTDIvol en anglais) lors
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de la préparation de l’examen. L’IDSV ne correspond pas à une dose aux organes, mais à la dose
moyenne absorbée dans une coupe d’épaisseur 1cm, mesurée sur 2 fantômes de diamètre
standardisé, compte-tenu des paramètres utilisés. Un faisceau de rayons X est majoritairement
absorbé dans les premiers centimètres de patient. Du fait de l’acquisition en rotation, la dose est
principalement délivrée en périphérie (de l’ordre de 2/3 de la dose). Pour tenir compte de cette
répartition de dose, l’IDSV est obtenu en pondérant la dose mesurée en 5 points d’un fantôme
acrylique de diamètre 16cm (équivalent tête) ou 32 cm (équivalent corps). Il est à noter que la
chambre d’ionisation est une chambre de type crayon, de longueur 10 cm, permettant d’intégrer la
dose déposée majoritairement par le rayonnement diffusé en avant et en arrière de la coupe acquise.
Figure 2 : répartition de la dose absorbée dans les plans transverse et axial (Images esprimed ;
Orion France)
L’IDSV est un outil simple pour optimiser les paramètres d’acquisition, mais aussi pour comparer
les TDM entre eux. Le PDL (produit dose longueur) aussi disponible sur les TDM est en première
approximation égal au produit de l’IDSV par la longueur imagée. Ces 2 indices sont estimés par
le tomodensitomètre à l’issu de l’acquisition en mode radio (« scout view », « topogramme » ou
« surview » selon le constructeur), permettant ainsi d’ajuster les paramètres d’acquisition avant de
réaliser l’acquisition hélicoïdale.
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En termes de qualité d’image et dosimétrie, les paramètres TDM à considérer sont donc :
• le kilovoltage (kV) détermine l’énergie maximale du faisceau. La dose absorbée augmente
avec le carré des kV. Une réduction des kV se traduira par un meilleur contraste des images,
mais une augmentation significative du bruit par la réduction du nombre de photons
détectés, si aucune compensation par une augmentation des mAs n’est utilisée. La
modulation des kV n’est techniquement pas possible à l’heure actuelle en TDM, mais
certains constructeurs proposent des outils de programmation automatique des kV selon
les organes étudiés ou l’utilisation ou non de produit de contraste;
• les milliampères.secondes (mA.s) caractérisent le flux de photons. La dose absorbée est
directement proportionnelle aux mA.s. Une augmentation des mA.s engendrera un meilleur
rapport signal sur bruit et donc une meilleure qualité visuelle;
• l’épaisseur de collimation élémentaire choisie pour l’acquisition (par ex : 16 x 0.75mm)
conditionne l’épaisseur de coupe reconstruite. Une épaisseur plus large (par ex : 8 x
1.5mm) permet de disposer d’un meilleur rapport signal sur bruit et donc potentiellement
d’une réduction des mA.s. L’épaisseur de reconstruction ne peut pas être inférieure à
l’épaisseur du détecteur élémentaire ;
• le nombre de détecteurs élémentaires (par ex 16 x 0.75mm). Lors de l’utilisation d’un TDM
multi-coupes et malgré la présence d’une collimation primaire, une partie des photons émis
en avant et arrière des détecteurs selon l’axe Z, ne contribuent pas à la formation de
l’image. L’augmentation du nombre de détecteurs aura tendance à optimiser la proportion
de photons « utiles » (overbeaming);
• le pas (ou pitch) qui caractérise l’étirement de l’hélice en acquisition hélicoïdale. Un pitch
élevé correspond à une dose plus faible. Toutefois, chez certains constructeurs,
l’intervention de la modulation de dose fait que, la modification du pitch n’a que peu
d’incidence sur la dose.
• la longueur du champ exploré. La dose est directement proportionnelle à la longueur de la
zone explorée. Lors d’une acquisition centrée sur un organe ou une lésion, la limitation de
la longueur du champ TDM en deçà de celle de la scintigraphie permet un gain
dosimétrique important. Certaines machines ne permettent pas cette réduction ;
• l’épaisseur de coupe reconstruite et la distance inter-coupe. Afin de réduire le bruit présent
dans les coupes millimétriques il peut être intéressant de doubler l’épaisseur de coupe, mais
de maintenir une distance inter-coupes millimétrique ;
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• les outils de modulation d’intensité agissent sur la modulation des mA.s. Ils permettent
d’adapter le flux de photons pour maintenir un niveau de bruit homogène en fonction de la
morphologie du patient, de la zone anatomique explorée (modulation cranio-caudal) ou de
la position de l’ensemble tube-détecteur par rapport au patient (modulation lors de la
rotation). Selon le constructeur, l’indice de référence de modulation peut différer (cf.
tableau 1). Une attention toute particulière doit être portée sur ces systèmes. En effet, pour
les patients de forte corpulence, certains logiciels peuvent augmenter significativement les
mA.s et donc la dose absorbée. Il faut noter que ces outils se basent sur l’acquisition en
mode radio, il est donc essentiel de centrer correctement le patient dans le champ de vue
(hauteur de table) afin de ne pas artificiellement augmenter ou diminuer la modulation par
un effet géométrique ;
Figure 3: modulation
d’intensité selon l’axe Z pour
conserver un niveau de bruit
homogène quelle que soit la
densité des tissus traversés)
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Constructeur Nom Indice de Principe de modulation Algorithme de reconstruction
commercial de référence pour itératif (*disponible sur les
la modulation la modulation scanners de médecine nucléaire)
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Paramètres Lien avec la dose Influence sur la qualité image Lien avec la modulation des
mA
kV ~ kV2 Contraste diminue pour les En partie compensé par la
matériaux à Z élevés (iode, os) modulation des mA selon le
Bruit diminue constructeur
mA ~ mA Augmentation de la résolution Possibilité de définir des mAs
à bas contraste par diminution de référence (Siemens, Philips)
du bruit ou un index de bruit (GE,
Philips) autour de laquelle
s’ajuste la modulation.
Possibilité de fixer les mAmin et
mAmax pour bloquer la
modulation en cas de présence
de matériel ou de patient très
corpulent
Temps de rotation ~ temps Amélioration de la résolution Compensation directe par la
(constructeur spatiale par réduction du flou modulation des mA
dépendant) cinétique (constructeur dépendant)
Augmentation du bruit
Pitch ~ 1/pitch Bruit augmente Compensation directe par la
(constructeur Résolution spatiale dégradée modulation des mA
dépendant) (constructeur dépendant)
Epaisseur des dose Réduction du bruit associée à Compensation directe par la
détecteurs une perte de résolution spatiale modulation des mA
élémentaires
Nombre de coupes par réduction de Aucun impact
acquises l’effet de pénombre
Epaisseur de ~ 1/épaisseur 1/2 Diminution du bruit associée à
reconstruction une perte de résolution spatiale
L’incrément de Il peut être utile d’utiliser un
reconstruction incrément de reconstruction
pour améliorer la résolution
spatiale à niveau de bruit
identique
FOV de Augmentation du bruit
reconstruction associée à un gain en résolution
spatiale
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2. Optimisation en pratique, spécificités des outils industriels
Ce chapitre a pour objectif de présenter l’état des lieux de l’offre commerciale en matière de
gestion de la qualité image et de la dose en scanner. Pour chaque industriel, nous développons les
solutions techniques retenues en insistant sur leur spécificité.
Ce paramètre tend à correspondre au bruit, mesurable sur fantôme homogène, qui serait présent
dans les images reconstruites en mode standard. Quand l’indice de bruit augmente, les mA délivrés
diminuent.
Un indice de bruit de référence, fonction des kV, de la collimation et de zone explorée a été établi
en usine sur un fantôme d’eau à partir duquel le système calcule la régulation en mA demandée.
L’utilisateur a la possibilité, avant l’exploration RX d’afficher une table de mA qui donne les mA
en X,Y et Z qui vont être délivrer pour modifier si nécessaire
Idéalement, la tension utilisée lors du mode radio doit être la même que celle utilisée pour
l’acquisition
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Q.AC : Q.AC est un algorithme travaillant sur le
sinogramme dans le but de créer une carte de correction
d’atténuation homogène à partir d’un TDM de très faible
dose (jusqu’à 5mAs). Cet algorithme est aujourd’hui
utilisé en TEP/TDM et TEMP/TDM. Le PDL pour un
TAP à 100 kV est de l’ordre de 40 mGy.cm. Cet
algorithme n’est à ce jour accessible que sur les machines
General Electric. Il est préconisé dans le cas où le scanner
n’est utilisé qu’à visée de correction d’atténuation.
MAR : MAR a pour but de réduire les artéfacts métalliques afin d’offrir un diagnostic de meilleure
qualité. Grâce à MAR, il est alors possible d’apprécier les contours d’une prothèse afin d’y déceler
une pathologie, de réduire des artefacts dentaires ou de durcissement de faisceau. L’approche se
déroule en 3 étapes et ne nécessite pas d’acquisition supplémentaire :
23
• Etape 2 : Identification des données corrompues par les objets métalliques (en bleu)
et remplacement de celles-ci par les données corrigées
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ASIR-V : ASIR-V repose sur le même principe que ASIR, en incluant cependant plus de
modélisation des processus physiques impliqués dans la détection des photons. Comme
précédemment, différents niveaux d’ASIR-V sont proposés afin de maintenir une qualité visuelle
acceptable pour une interprétation radiologique. Si l’objectif de l’acquisition CT en médecine
nucléaire n’est au mieux qu’à visée de localisation, l’utilisation d’un pourcentage élevé d’ASIR
ou d’ASIR-V peut être envisagé pour réduire la dose délivrée lors de l’examen.
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2.2. Philips
L’indice DoseRight (DRI) permet d’obtenir une qualité d’image constante pour des patients
différents (adaptation en fonction de l'âge et du poids) à l’aide de la méthodologie suivante :
• Le système mesure, à l’aide de l’image Surview, la taille moyenne du corps de
chaque patient exploré.
• La taille moyenne du patient est ensuite comparée à une taille de référence
prédéfinie en fonction de la carte d’examen sélectionnée.
• Une valeur mAs moyenne est automatiquement calculée d’après la comparaison
des tailles de patient. Cette valeur mAs est présentée comme la valeur
recommandée.
DoseRight a des tailles de référence (diamètre équivalent eau) pour différentes régions corporelles.
Lors d’une exploration Surview du corps incluant le cou, la fonction DoseRight détecte
automatiquement le cou et n’utilise pas la région de la tête ni du cou dans ses calculs (si le cou
n’est pas une cible principale).
26
DoseRight Foie et DoseRight Tête : L’Indice DoseRight zone Foie (ou tête) permet d’améliorer
la qualité de l’image dans la zone du foie (ou de la tête). Lorsque l’Indice DoseRight est appliqué,
le système détecte automatiquement le foie (ou la tête) et le présente sur l’image Surview. Le
niveau de l’indice défini est ensuite appliqué à la zone détectée.
Pour augmenter l’exposition aux rayons X dans la zone du foie, il est possible de choisir un niveau
compris entre +1 et +8. Le réglage par défaut est +3.
Les signaux faibles, résultant d’objets asymétriques à la rotation, ont un bruit de fond supérieur,
tandis que les signaux plus puissants contribuent faiblement au bruit de fond global. Le calcul de
27
la modulation est réalisé en ligne pendant l’exploration en utilisant l’image Surview pour calculer
la modulation de la rotation.
iDose : iDose permet d’appliquer des niveaux de réduction du bruit afin de déterminer la quantité
de bruit supprimée des images. Le niveau 1 représente la réduction de bruit la moins forte ; le
niveau 7 représente la réduction de bruit la plus forte. Dans certains cas, le niveau maximal doit
être limité afin de garantir une bonne qualité d’image.
O-MAR : L’algorithme O-MAR (O-MAR, Metal Artifact Reduction for Orthopedic Implants),
permet de réduire les artéfacts métalliques provoqués par les objets métalliques. La fonction O-
MAR n’est appliquée qu’aux images contenant du métal. Les autres images ne sont pas affectées.
L’algorithme repose sur une détection par seuillage des objets métalliques dans l’image, pour
identification dans les projections des pixels associés qui seront ensuite soustrait avant nouvelle
reconstruction. L’approche est répétée jusqu’à la non détection d’images métalliques.
28
2.2.3. Reconstruction itérative
iDose : iDose4 est basé sur un traitement itératif réalisé dans les domaines des projections et des
images. L'algorithme commence d'abord par identifier les pixels des données de projection
présentant les mesures CT les plus bruitées - celles dont le rapport signal/bruit est très faible, ou
dont le nombre de photons est très faible. Par un processus de propagation itératif, les données
bruitées sont pénalisées et les bords préservés. Ce procédé assure le maintien des gradients des
structures sous-jacentes, préservant ainsi la résolution spatiale tout en permettant une réduction
significative du bruit. De plus, puisque les corrections sont effectuées sur les données
d'acquisition, cette méthode permet d'éviter les erreurs de biais.
Le bruit qui subsiste après cette étape de l'algorithme est propagé dans l'espace image; cependant,
le bruit propagé est très localisé et peut être éliminé efficacement. L’étape de soustraction de bruit
au niveau de l'image préserve les bords sous-jacents à l'anatomie ou à la pathologie. Cette
29
soustraction commence par une estimation de la distribution du bruit dans le volume de l'image.
Cette estimation est utilisée pour réduire le bruit tout en préservant la structure réelle. Cette
estimation permet également de préserver les caractéristiques du spectre de puissance du bruit
d'image caractéristique d'une acquisition à dose plus élevée et de la reconstruction FBP. Afin
d'assurer une élimination uniforme du bruit à toutes les fréquences, l'élimination du bruit multi-
fréquences est effectuée. Le schéma simplifié ci-dessous illustre l'effet des différents niveaux
d'algorithme sur la qualité de l'image.
30
31
2.3. Siemens
• En temps réel, pendant la rotation du tube (Modulation angulaire) : adaptation des mA pour
chaque coupe en analysant la densité des tissus traversés. Dans certaines régions
anatomiques, le corps présente des différences d’atténuations angulaires importantes. Le
système va pouvoir adapter en temps réel le courant en fonction de ces variations
d’atténuations (ex: au niveau des épaules et du bassin).
32
Scan sans modulation de dose Scan avec modulation de dose
Dose réduite de 51 %
Rq1 : Le calcul des mAs de référence se fait par rapport à un patient « standard » de 75kg. La
variation autour du patient « standard » est estimée à partir des images du topogramme. Le
centrage du patient dans le champ de vue est donc primordial. Par exemple, une table d’examen
trop haute (patient trop près du tube sur un topogramme antéro-postérieur) se traduira par une
augmentation des mAs de référence du fait d’un effet zoom grossissant.
Rq2 : Chez Siemens, la dose est indépendante du pitch, les mAs de référence sont adaptés en
fonction du pitch choisi par l’utilisateur afin de conserver une qualité d’image toujours identique.
33
Care kV : Care kV est un Algorithme permettant le réglage automatique des kV en fonction du
morphotype et de l’objectif de l’examen, améliorant la qualité d'image et le rapport contraste/bruit
tout en optimisant la dose avec jusqu'à 60% de réduction potentielle.
En combinaison avec le CARE Dose4D, il permet pour chaque patient d’adapter au mieux et de
manière pertinente le courant tube mAs et tension du tube kV.
En outre cette application propose une fois que le Care kV est activé d’optimiser la dose en
fonction de l’examen en cours :
• Tissu mou sans produit contraste
• Os
• Tissu mou avec produit de contraste
• Etudes vasculaires
Care Child : Siemens est le seul constructeur à offrir la possibilité d’acquérir avec 70 kV :
Protocoles basses dose spécifiques adaptés à la radio pédiatrie, permettant jusqu’à 50% de dose en
moins.
En mode spiralé, il est courant de faire une demi-rotation supplémentaire en début et en fin de la
zone utile d’acquisition. Seule une des parties des données acquises est nécessaire pour la
reconstruction des images. En conséquence, des tissus qui ne feront jamais partie des images
reconstruites sont exposés.
34
Le bouclier RX adaptatif répond entièrement à cette problématique. C’est une technologie basée
sur le mouvement précis, rapide et indépendant des deux lames de collimateur qui s’ouvre
asymétriquement au début et à la fin de chaque spirale, bloquant temporairement les parties du
faisceau de rayons X qui ne sont pas utilisés pour la reconstruction d'image. Seuls les tissus ciblés
sont irradiés.
L’utilisateur sélectionne simplement le protocole souhaité dans un menu déroulant qui contient les
types d'implants suivants :
35
amalgames dentaires
coils neuro
coils thoraciques
implants de hanche
implants d'extrémité
stimulateurs cardiaques
implants rachidiens
implants d'épaule.
Ce logiciel donne donc accès à une bibliothèque d’algorithmes de réduction d’artéfacts très
efficaces car spécifiques à chaque type d’implant. Les images scanner générées sont corrigées des
artefacts métalliques et peuvent ensuite être utilisée pour la correction d’atténuation des images
TEP et TEMP.
Rq : en fonction des versions, l’option IMAR doit être prise dès le début de l’acquisition
36
convolution. L’originalité de la méthode IRIS est de prendre pour point de départ une
reconstruction volumique de référence, qui utilise de façon optimale toutes les données mesurées
et fournit toutes les informations détaillées disponibles.
Sans IRIS
Avec IRIS
37
Cette technique livre une image de qualité avec réduction du bruit pouvant aller jusqu’à 25% et
est un algorithme de reconstruction itérative certifié par la FDA avec une valeur chiffrée de
potentiel de réduction de dose de 54 à 60 %.
σ = écart type
38
3. Modélisation du système d’acquisition permettant la correction d’artefacts : prise en compte
du tube, des détecteurs et de la géométrie d’acquisition.
WFBP ADMIRE
39
II. PRISE EN COMPTE DU CONTEXTE CLINIQUE
Au tout début de l'introduction de la TDM en MN, cette évolution technologique a eu tendance à
déstabiliser la communauté médicale, y compris celle de médecine nucléaire au niveau français et
international, souvent par méconnaissance ou mauvaise analyse de la problématique. La pratique
clinique au jour le jour et surtout le service médical rendu ont vite eu raison des croyances et peurs
initiales. Un certain nombre de faits objectifs se sont imposés et il convient de les rappeler.
2. La limite de l’imagerie moléculaire est la difficulté à localiser les informations obtenues au sein
des organes ou des lésions, simplement parce que le traceur ne se localise pas partout et que l’on
doit donc deviner l’anatomie à partir de cette distribution. Grâce aux dispositifs radiologiques
présents dans les appareils d'imagerie nucléaire, la localisation des foyers pathologiques est
grandement facilitée et c'est sans doute la raison pour laquelle cette nouvelle technologie s’est
répandue si vite. Les TDM présents dans les appareillages hybrides permettent de corriger de
l'atténuation et ainsi accéder à la quantification de l'information métabolique, puis d'effectuer un
repérage anatomique des anomalies scintigraphiques, tout en ayant la capacité, dans un même
temps, d'être optimisés (à la fois d'un point de vue dosimétrique mais aussi concernant la qualité
d'image souhaitée) lorsque le contexte clinique l'impose.
3. Il convient de rappeler que les TDM présents dans les appareils hybrides de médecine nucléaire
ne possèdent pas de numéro d'agrément particulier et n'ouvrent donc pas droit à cotation d'un
examen de radiodiagnostic.
40
TDM aux bisphosphonates marqués au Tc99m) demandée en rhumatologie pour exploration d'une
douleur qui surviendrait après la réalisation d'une radiographie standard ou d'une IRM; ou encore
celui de la TEP-TDM FDG demandée pour l'optimisation du bilan d'extension d'un cancer qui
survient naturellement après la TDM réalisée en radiologie; celui de l'imagerie de perfusion ou du
métabolisme cérébral ou de la neurotransmission demandée après une IRM; ou encore de la
scintigraphie de perfusion myocardique demandée après un coroscanner qui serait non contributif.
Au total, il apparait que l'utilisation du scanner dans le cadre des examens d'imagerie nucléaire est
à adapter de manière individuelle en fonction de plusieurs facteurs que sont avant tout la question
clinique posée, le contexte et le temps de la prise en charge en fonction des examens qui ont déjà
été réalisés, la sensibilité et l'expérience du médecin nucléaire.
Cette variabilité dans le paramétrage du scanner couplé n'est pas propre à la médecine nucléaire.
Les radiothérapeutes, en fonction du contexte, peuvent paramétrer leurs scanners dosimétriques
pour simple repérage ou suivi du volume cible avec des protocoles basse dose alors qu'à l'inverse,
ils peuvent avoir besoin de réaliser des scanners en conditions radiologiques avec injection de
produits de contraste iodés et acquisitions spécifiques.
Le terme de "TDM basse dose" parfois utilisé pour qualifier l'ensemble des TDM en MN est un
terme peu précis, relatif et subjectif et il ne peut à lui seul résumer la pratique du TDM couplé en
MN.
Celui de "TDM optimisé" est préférable car plus adapté à la pratique clinique. Il intègre la double
optimisation relative à la qualité image et à la dosimétrie; la racine latine "optimus: le meilleur"
étant tout à fait adaptée à la philosophie d'utilisation de la TDM en MN, à savoir, tirer le meilleur
de l'information scanographique sous-jacente à moindre coût dosimétrique.
41
Aussi, de manière schématique on peut considérer qu'il existe globalement 5 niveaux d'utilisation
de la TDM en MN.
Il est de nombreuses situations en MN où le TDM ne présente pas une grande, voire aucune utilité.
On citera pour exemple la ventriculographie isotopique pour calcul de la FEVG, de nombreuses
explorations pour l'étude des fonctions thyroïdienne ou rénale.
Cependant, de nos jours, il est inconcevable d'imaginer un examen de TEP sans TDM (ne serait-
ce que pour l'accès à la correction d'atténuation et la quantification de l'information) ou de plus en
plus en TEMP (os, poumon) tant l'apport considérable du TDM est désormais acquis.
Il est des situations où seule la correction d'atténuation est nécessaire dans l'emploi du TDM,
notamment en neurologie nucléaire.
42
Niveau 3: TDM "Diagnostic basse dose": Support anatomique / Sémiologie radiologique
Pratique largement majoritaire à ce jour, en TEP comme en TEMP, elle consiste à utiliser
pleinement l’information TDM sous-jacente et exploiter les données de sémiologie radiologique
élémentaire – au même titre que les informations cliniques et biologiques fournies dans le dossier
du patient- pour répondre aux attentes des cliniciens notamment pour la caractérisation des lésions
(taille, densité, limites, rapports, etc…). L'administration de produit de contraste iodé peut se
concevoir à partir de ce niveau puisqu'elle permet une meilleure étude du support anatomique.
En pratique quotidienne, ce cas de figure est relativement rare car le TDM radiologique a déjà eu
lieu en amont lorsque les patients arrivent à la scintigraphie ou à la TEP, lors du bilan d'extension
initial par exemple.
On rappelle que ce guide ne concerne que la partie technique d'utilisation et réalisation des TDM
et n'aborde pas l'interprétation des examens réalisés tant les pratiques, concernant l'interprétation,
sont variables d'un centre à l'autre.
43
multicoupes modernes. Le niveau 4 correspond à des acquisitions complémentaires en conditions
radiologiques (sans cotation particulière pour rappel) incluant plusieurs passages en fonction des
différents temps vasculaires avant et après injection de PCI pouvant se concevoir pour optimiser
la caractérisation d'une lésion dans le cadre de l'examen hybride (exemples: complément de
caractérisation d'une lésion hépatique, surrénalienne etc…). Une scintigraphie osseuse couplée à
un arthroscanner rentrerait dans cette catégorie, de même qu'une tomoscintigraphie myocardique
couplée à un coroscanner ou une tomoscintigraphie pulmonaire couplée à un angioscanner
pulmonaire.
Au total, c'est véritablement lors de l'étude du dossier et de la prise en charge du patient que le
médecin nucléaire en charge de l'examen va gérer le pilotage de la partie TDM de son examen, en
fonction des examens d'imagerie déjà réalisés, du contexte clinique et du type d'appareil à sa
disposition, et ce, dans le cadre de la mise en œuvre des deux grands principes de la radioprotection
en imagerie (le principe de limitation ne concernant pas les patients en radioprotection médicale).
• Les exemples et cas cliniques présentés dans cette partie n’ont pas vocation à être considérés
comme des modèles absolus en termes de qualité image ou de paramétrage des appareils.
• Ils doivent contribuer à initier une réflexion individuelle concernant le paramétrage du scanner
en fonction de la situation clinique, du niveau de scanner que l’on souhaite réaliser et de
l’appareillage dont on dispose. Ils permettent de présenter de manière concrète à partir
d’images de sélection, des exemples des différents niveaux de scanner envisageables dans une
situation donnée.
• Les paramètres utilisés pour chaque cas sont issus de la pratique clinique de routine.
46
47
III.1. ONCOLOGIE
Les indications relevant du domaine de l'oncologie (et de la médecine interne) représentent près
de 50% des examens réalisés en médecine nucléaire (Enquête SFMN). Les examens TEP sont
désormais prédominants mais il existe également de nombreuses indications relevant de l'imagerie
monophotonique.
1. TEP
1.1. Généralités
L'adjonction d'un TDM à la TEP au début des années 2000 a révolutionné la technique, et ainsi
majoritairement l'oncologie nucléaire, permettant son développement en pratique clinique et
contribuant grandement à améliorer ses performances diagnostiques et la confiance des cliniciens.
Initialement, pensé pour obtenir une meilleure correction de l'atténuation avec notamment un gain
de temps considérable par rapport aux sources radioactives précédemment utilisées à l'ère de la
TEP dédiée seule, utilisant le Ge68 ou le Cs137, très vite il est apparu qu'au-delà de la correction
d'atténuation, le couplage TEP/TDM permettait d'accéder aux informations morphologiques
supportant les anomalies biologiques. A l'époque, les premiers scanners implémentés, d'abord
séquentiels puis spiralés, en raison de la technologie débutante et des habitudes de l'époque, s'ils
permettaient d'assurer une assez bonne localisation anatomique des anomalies TEP
(comparativement aux images tomoscintigraphiques seules), l'étude du support anatomique était
relativement limitée. Ainsi, pendant de nombreuses années, le standard de la pratique en
TEP/TDM s'est vu cantonner à du scanner de niveau 2.
Au-delà des avancées que représentaient la correction de l'atténuation permettant d'accéder à la
quantification de l'information TEP et de l'avancée majeure que représentait la localisation précise
des fixations physiologiques et pathologiques, les médecins nucléaires, la pratique clinique et les
données de la littérature, ont rapidement mis en évidence l'intérêt majeur d'étudier les données
anatomiques présentes dans le scanner couplé; la sémiologie radiologique élémentaire des
anomalies fixantes comme non fixantes permettant d'augmenter encore les performances de la
technique. La mesure puis le suivi morphologique d'une lésion d'un examen par rapport à l'autre
(en plus de son évolution métabolique), l'étude précise de ses caractéristiques (contours, densité,
prise de contraste vasculaire etc…), l'analyse et la découverte de lésions faiblement ou non fixantes
bien que pathologiques (comme peuvent l'être des micrométastases pulmonaires plus exposées au
48
phénomène de volume partiel ou encore des lésions en grande partie nécrosées sous-estimant la
fixation réelle etc…) valorisent la valeur diagnostique de l'information métabolique en augmentant
à la fois la spécificité et la sensibilité de cette information et plus généralement améliorent la
pertinence du diagnostic.
Ainsi, avec les nouvelles générations de TEP/TDM, le scanner de niveau 3 avec ou sans injection
de PCI s'est imposé en pratique courante, faisant de la technique, et du médecin nucléaire des
acteurs clés de l'imagerie oncologique [1, 2, 3].
Il a pu être proposé de réaliser un scanner de niveau 2 et de fusionner les images TEP avec un
scanner de qualité radiologique, réalisé par ailleurs. Cette pratique semble inadaptée pour plusieurs
raisons :
- un scanner de qualité radiologique n'est souvent pas disponible, l'examen TEP-TDM étant
volontiers réalisé de façon exclusive (évaluation de la réponse au traitement ou suivi, notamment)
- les éléments en imagerie TEP plus à mêmes d’être valorisés par le scanner couplé sont plutôt de
petite taille et souvent, du fait des limites des logiciels de recalage, y compris en recalage élastique,
seule une coregistration (même temps, même appareil) permet de faire le lien entre foyer fixant et
anomalie correspondante sur le TDM
49
- une telle solution serait irréalisable dans la pratique quotidienne.
50
Cependant, dans certaines circonstances cliniques, au décours d'une exploration TEP/TDM de
niveau 3 convenablement menée (avec ou sans injection de PCI), des incertitudes diagnostiques
peuvent persister. Là, plusieurs attitudes sont possibles: prévoir un RDV à distance dans un service
de radiologie pour réaliser un examen complémentaire dédié ou bien réaliser une acquisition
complémentaire immédiate permettant de parfaire l'interprétation de l'examen de TEP et la réponse
à la question clinique.
Il peut s'agir par exemple de la réalisation d'une acquisition thoracique complémentaire en apnée
coupes fines qui ne sera pas destinée à la fusion avec l'image de TEP du fait des problèmes de
décalage entre les deux images, mais permettra d'accéder à la sémiologie fine pour la détection des
micronodules et une meilleure étude parenchymateuse souvent utile pour différencier lésions
néoplasiques et lésions infectieuses ou inflammatoires. Au décours d'une TEP/TDM de niveau 3
non injectée initialement, certaines structures peuvent être difficilement caractérisables et une
acquisition centrée complémentaire avec PCI peut être nécessaire. Enfin, dernier exemple, la
nature exacte d'une lésion viscérale peut rester équivoque après une TEP/TDM de niveau 3 même
injectée et une passage scanographique tardif peut apporter des éléments importants.
51
rapport à un autre.
De même, la position des bras lors de l'acquisition doit également être prise en compte, l'irradiation
étant significativement modifiée entre les acquisitions bras en abduction au dessus de la tête et
celles bras le long du corps, cette position ayant des conséquences potentielles en termes d'artéfacts
liés au bras dans le champ et de dosimétrie. Ainsi, les premiers NRD consacrés à la TEP/TDM se
limiteront explicitement à la TEP-FDG sur un champ de vue de type vertex-1/3 inférieur des
cuisses, bras en abduction, permettant ainsi une meilleure comparaison entre examens et entre
centres.
Cancers ORL: Les bras étant générateurs d'artéfacts, les TEP pour cancers ORL sont en général
réalisés bras le long du corps. Le fait d'avoir les bras le long du corps va avoir tendance à augmenter
la dosimétrie avec une augmentation du PDL pouvant aller jusqu'à 30% par rapport à une
acquisition bras en abduction. Les indications ORL sont une des meilleures indications d'injection
de PCI.
52
TEP/TDM standard se faisant en respiration spontanée, l'analyse fine du parenchyme, notamment
de l'interstitium est particulièrement difficile en particulier au niveau des bases. Aussi, il est
possible de réaliser une acquisition complémentaire en apnée avec reconstruction de coupes fines
pour étude spécifique du parenchyme indépendamment du recalage.
Cancers digestifs:
Comme en pratique radiologique, il est possible d'augmenter les contrastes par des techniques de
balisage digestif simples (administration d'un verre d'eau quelques secondes avant de lancer
l'hélice pour l'étude de la paroi gastrique) ou plus complexes à l'aide de balisage digestif iodé pour
le reste du tube digestif. L'injection de PCI au temps porte présente de nombreux avantages pour
l'étude du parenchyme hépatique permettant notamment de localiser plus précisément les lésions
des différents segments hépatiques, mais aussi pour l'étude du péritoine et du rétropéritoine.
De nombreuses études [5] ont montré l'apport de l'acquisition complémentaire systématique par
TEMP/TDM centrée sur l'abdomen en plus du balayage scintigraphique corps entier de la
scintigraphie à l'Octréoscan.
De même, qu'un scanner de niveau 3 est requis pour les examens TEP/TDM Ga-DOTA, le même
niveau de qualité image est requis pour la TEMP (lorsque l'appareillage le permet).
De nombreuses études [6, 7] ont montré l'apport de l'imagerie scintigraphique pre-opératoire pour
la détection du ganglion sentinelle dans les mélanomes et les cancers du sein. La
lymphoscintigraphie pre-opératoire permet de diminuer la morbidité. L'adjonction d'une
acquisition TEMP/TDM permet d'améliorer les performances de la technique en augmentant
notamment sa sensibilité. Elle permet également de diminuer encore plus la morbidité en précisant
exactement la localisation du ou des ganglions sentinelles et/ou en différenciant authentiques
ganglions et simples coudes lymphatiques.
Un scanner de niveau 2 ou 3 peut être réalisé dans cette indication.
53
4. Scintigraphie osseuse et TEP FNa
5. Références
[1] Boellaard R, Delgado-Bolton R, Oyen WJ et al. FDG PET/CT: EANM procedure guidelines
for tumour imaging: version 2.0. Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2015 Feb;42(2):328-54.
[2] De Wever W, Coolen J, Verschakelen JA. Integrated PET/CT and cancer imaging. JBR-BTR.
2009 Jan-Feb;92(1):13-9.
[3] Kuehl H, Antoch G. How much CT do we need for PET/CT? A radiologist's perspective.
Nuklearmedizin. 2005;44 Suppl 1:S24-31.
[4] Houzard C, Tychyj-Pinel C, Defez D et al. Point de vue d’un médecin nucléaire pratiquant les
examens hybrides avec injection de produit de contraste. Médecine Nucléaire Vol 34 - N° 8 P.
439-443 - août 2010
[5] Deroose CM, Hindié E, Kebebew E, Goichot B, Pacak K, Taïeb D, Imperiale A. Molecular
Imaging of Gastroenteropancreatic Neuroendocrine Tumors: Current Status and Future Directions.
J Nucl Med. 2016 Dec;57(12):1949-1956.
[6] Kim SC, Kim DW, Moadel RM, Kim CK et al. Using the intraoperative hand held probe
without lymphoscintigraphy or using only dye correlates with higher sensory morbidity following
sentinel lymph node biopsy in breast cancer: a review of the literature. World J Surg Oncol. 2005
Sep 29;3:64.
[7] Vercellino L, Ohnona J, Groheux D, et al. Role of SPECT/CT in sentinel lymph node detection
in patients with breast cancer. Clin Nucl Med. 2014 May;39(5):431-6
54
Adénocarcinome rectal (1/3)
55
Adénocarcinome rectal (2/3)
56
Adénocarcinome rectal (3/3)
57
Sarcoïdose (1/2)
58
Sarcoïdose (2/2)
59
Métastases pulmonaires (1/3)
60
Métastases pulmonaires (2/3)
61
Métastases pulmonaires (3/3)
62
Sarcome (1/2)
63
Sarcome (2/2)
64
Adénocarcinome ovarien
65
Adénocarcinome ovarien
66
Carcinome épidermoïde du col utérin
67
Séminome et carcinose péritonéale
68
Métastases hépatiques
69
Carcinome ORL
70
Adénocarcinome prostatique
71
Adénocarcinome prostatique
72
Tumeur endocrine iléale
73
Tumeur endocrine pancréatique
74
Lymphoscintigraphie mammaire et ganglion sentinelle
75
III. 2 OSTÉO-ARTICULAIRE
Les reconstructions tomoscintigraphiques (TEMP) ont limité les contraintes de superposition des
structures ostéo articulaires et ont amélioré la localisation anatomique comparativement à
l’imagerie planaire, mais c’est surtout leur couplage à la TDM (TEMP-TDM) qui a permis une
vraie révolution.
La confrontation d’une anomalie métabolique à son contexte anatomique et aux données
scanographiques a en effet augmenté la sensibilité de la scintigraphie osseuse et de façon plus
importante sa spécificité. Certaines évaluations auparavant limitées en raison de la complexité
anatomique (exemple : pieds) sont devenues plus pertinentes.
L’association des donnés anatomiques et métaboliques a également permis de dresser pour un
certain nombre d’entités des configurations morpho-métaboliques évocatrices (exemple :
ostéocondensation normofixante correspondant à un îlot condensant bénin, hyperfixation intense
de topographie médullaire sans anomalie de densité scanographique correspondant à une métastase
ostéocondensante encore infra radiologique).
En outre, le couplage à la TDM permet la détection de processus peu ou modestement hyperfixants
qui échappaient parfois au médecin nucléaire (ex : granulome de descellement peu hyperfixant
dans le cadre d’un descellement d’une prothèse de hanches) et dont la prise en compte améliore
l’évaluation diagnostique.
76
Certaines entités pouvant atteindre le squelette de façon diffuse ou multifocale peuvent également
être parfois caractérisées par des clichés planaires seuls :
- diagnostic d’une atteinte métastatique multifocale sans souhait de cartographie lésionnelle
précise, et pour laquelle la connaissance du phénotype lésionnel n’impactera pas les futures
évaluation de réponse thérapeutique,
- diagnostic de super bone scan métastatique ou métabolique,
- maladie de Paget d’aspect et de topographie typiques,
- ostéonécrose multifocale dans un contexte évocateur.
En oncologie, les clichés planaires strictement normaux dans le cadre du bilan d’extension initial
de cancers ostéophiles à un stade de très faible risque d’atteinte osseuse (tels que les cancers du
sein T1 et T2 sans atteinte ganglionnaire, et les cancers prostatiques de stade de d’Amico I) peuvent
faire surseoir à une acquisition TEMP-TDM. Dans les autres cas, on rappellera la meilleure
pertinence diagnostique de la TEMP-TDM en 2 ou 3 champs de vue jointifs par rapport au
balayage corps entier [1, 2, 3].
1.2. Dans les rares cas où la TEMP seule peut être suffisante
Il s’agit des situations dans lesquelles l’irradiation du patient se doit d’être fortement limitée - tout
en sachant que l’absence d’acquisition TDM conjointe pourra a posteriori rendre l’interprétation
délicate (exemple : doute quant à un niveau vertébral, localisation précise non possible, …).
On retient notamment pour cette catégorie :
- l’appréciation de l’évolutivité ou de l’extension d’une lésion osseuse connue en pédiatrie
ou chez l’adulte jeune, lorsque l’imagerie TDM et/ou IRM est accessible afin de confronter
précisément les données métaboliques aux données anatomiques (exemple : dysplasie
fibreuse, kyste osseux, fibrome non ossifiant, hémangiome),
- le souhait d’augmenter la sensibilité et donc la valeur prédictive négative de l’examen en
pédiatrie ou chez l’adulte jeune lors de la recherche d’un processus hyperfixant alors que
les clichés planaires sont normaux (exemple : recherche de lyse isthmique aigüe).
77
2. Situations dans lesquelles une TDM "basse dosse" peut être suffisante (niveau 1 et niveau
2)
Compte tenu du contraste spontané élevé de l’os cortical, toute TDM même avec des paramètres
de tension et de charge les plus limités permet une bonne discrimination des pièces osseuses, si
bien que pour l’imagerie ostéo-articulaire les niveaux TDM 1 et 2 se confondent.
Ces TDM de niveau 1 et 2 sont paramétrés avec une tension et une intensité diminuées (ou un
paramétrage d’acquisition avec un niveau de bruit élevé) avec génération de coupes épaisses. Les
images TDM permettront de localiser grossièrement les anomalies de fixation osseuse mais
n’autoriseront pas :
- une bonne évaluation des interfaces articulaires du fait de la résolution limitée (exemple :
pieds, mains, distinction entre un foyer hyperfixant métastasique de l’apophyse transverse
d’une vertèbre ou un foyer mécanique costo-transversaire),
- une évaluation topographique précise (corticale, sous corticale, médullaire) et de
rechercher une éventuelle réaction périostée,
- l’évaluation des marges d’une lésion et ses rapports avec l’os hôte,
- une évaluation de la matrice d’une lésion (liquidienne, graisseuse, tissulaire, augmentation
de la densité),
- une évaluation juxta osseuse (exemple : atteinte des parties molles),
- une bonne évaluation des interfaces ostéo prothétiques et des pièces osseuses au voisinage
de matériel prothétique.
Les niveaux 1 et 2 ne peuvent donc être recommandés que lorsqu’une TDM diagnostique récente
a été réalisée et est accessible, ou lorsqu’une TDM de plus haut niveau est programmée
prochainement et sera accessible pour le médecin nucléaire (tout en sachant que les
positionnements différents du patient ou les articulations à degrés de liberté élevés peuvent parfois
rendre une confrontation ou un recalage délicat).
Dans les autres situations, le faible niveau de la TDM risque de rendre l’examen a posteriori
insuffisamment conclusif et de nécessiter la réalisation d’une nouvelle TDM (avec pour corollaire
une irradiation liée à la TDM hybride sans bénéfice pour le patient).
78
Figure 1 : Coupes axiales, coronales, et sagittales de la TDM couplée du rachis lombaire chez
une patiente de 65 ans, IMC à 26 kg/m2, adressée pour lombalgie dans un contexte de syndrome
inflammatoire.
En A : TDM de niveau 2 réalisée au temps tissulaire, Caméra GE NM/670 16 coupes, 80kV, 60
mAs, coupes de 3 mm tous les 3 mm, pas 0,938, fitre "os", ASIR 60%, IDSV : 2,1 mGy, PDL 65,9
mGy.cm (longueur du volume exploré : 31 cm).
En B : TDM de niveau 3 réalisée au temps osseux, Caméra GE NM/670 16 coupes, 120kV, Smart
mA 20-150 mAs, indice de bruit 45, coupes de 1,5 mm tous les 1,5 mm, pas 0,938, filtre "os", ASIR
60%, IDSV : 5,1 mGy, PDL 386 mGy.cm (longueur du volume exploré : 75 cm).
Sur la TDM de niveau 2 les pièces osseuses sont parfaitement individualisées, mais une évaluation
corticale ou médullaire fine est délicate du fait du bruit comparativement à la TDM de niveau 3.
3.1. Généralités
Il s’agit de la pratique majoritaire en TEMP-TDM (ainsi qu’en TEP-TDM) [4-8]. Elle consiste à :
- accéder à des détails anatomiques et topographiques précis,
- utiliser l’information scanographique afin d’exploiter une sémiologie radiologique et
hybride, grâce à la prise en compte des informations précédemment mentionnées ,
- repérer des anomalies scanographiques hyperdenses, hypodenses, ostéolytiques ou mixtes
pas ou peu hyperfixantes afin d’en préciser la nature ou caractère évolutif et de les intégrer
à l’interprétation (exemples : îlot condensant bénin non fixant, lacunes osseuses non
79
fixantes pouvant faire évoquer un myélome, fracture non fixante en évolution
pseudarthrosique atrophique).
En outre, seul un niveau TDM de support anatomique précis permettra une évaluation correcte du
matériel prothétique, grâce à :
- une compréhension optimale de la construction prothétique (exemples : tige longue / courte
et cimentée / non cimentée d’une prothèse fémorale, resurfaçage patellaire ou non d’une
prothèse de genou, type d’arthrodèse rachidienne) et ses rapports avec le squelette du
patient,
- une meilleure localisation d’éventuelles anomalies de fixation et la recherche d’anomalies
scanographiques causales ou liées,
- la prise en compte d’éventuels phénomènes de résorption osseuse peu hypermétaboliques
en périphérie du matériel (exemple : résorption granulomateuse associée à un
descellement).
Enfin, un TDM offrant une cartographie de densité précise du patient qui pourra s’avérer utile pour
les outils de quantification TEMP (SPECT) en développement.
Les TDM permettant une étude précise du support anatomique et prothétique doivent répondre aux
critères suivants :
- résolution adaptée aux structures évaluées (moins de 1,5 mm pour le pied et la main, moins
de 3 mm ou idéalement moins de 2 mm pour le rachis et le bassin),
- l’os cortical du fait de son contraste spontané élevé sera toujours bien discriminé. L’os
spongieux et la matrice médullaire en revanche doivent être évaluables, avec un bruit dans
l’image ne gênant pas la détection de variations faibles de densité.
- les reconstructions frontales et sagittales doivent être de qualité équivalente aux coupes
natives axiales,
- une distinction des tissus mous est souhaitable afin de déceler des anomalies musculo
tendineuses et para rachidiennes pouvant participer à une pathologie ostéo articulaire,
- les artéfacts liés au matériel prothétique doivent être contenus (ils sont généralement
présents quel que soit le type matériel, mais peuvent être minorés selon le paramétrage de
la TDM).
80
Compte tenu de l’hétérogénéité du parc technique, des générations de TDM embarquées, du
recrutement des patients, et des pratiques de chaque centre, il n’est pas possible d’établir des
paramétrage TDM a priori. Chaque centre doit optimiser le paramétrage de ses TDM. Des
diminutions de doses faibles mais établies de façon répétées peuvent permettre de sélectionner par
itérations successives le protocole fournissant la qualité d’image juste suffisante aux pré requis
cités précédemment, dans le respect du principe ALARA.
En outre, on soulignera que la tension (kV) peut être adaptée en fonction de la région considérée
et de la présence de matériel. Par exemple : diminution (120 kV) pour l’étude de régions de faible
volume telles que les mains ou les pieds, ou à l’inverse augmentation (120 kV) en cas de présence
de matériel prothétique.
Pour un même paramétrage technique, le bruit croit à mesure que les coupes TDM sont plus fines,
si bien que à qualité équivalente l’irradiation est plus élevée lorsque des coupes fines sont
souhaitées. Le niveau de bruit attendu et l’épaisseur de coupe souhaitée conditionnement donc le
pilotage du scanner.
Il est possible toutefois de modifier a posteriori l’épaisseur de coupe en agrégeant sur la station de
traitement plusieurs coupes afin de réduire le bruit. Cela est d’autant plus important lors de la
visualisation des reconstructions frontales et sagittales car les volumes TDM ne sont généralement
pas isotropes : dans une coupe axiale d’une épaisseur de 2,5 mm, du fait de la matrice 512 2 les
voxels auront fréquemment une dimension inférieure à 1 mm dans le plan axial. En conséquence,
les reconstructions multiplanaires frontales et sagittales natives seront généralement impactées par
un bruit plus important que dans les coupes axiales. L’agrégation logicielle des coupes par
modification de l’épaisseur souhaitée permet de pallier cette limite.
81
Figure 2: A et B : coupes sagittales issues de la même acquisition TDM. En A est représentée la
coupe avec son épaisseur nominale de 0,78 mm. En B est représentée la même coupe avec une
épaisseur de 5 mm. On constate du fait du moyennage une diminution du bruit.
Patiente de 65 ans, IMC à 26 kg/m2, TDM de niveau 3, Caméra GE NM/670 16 coupes, 120kV,
Smart mA 20-150 mAs, indice de bruit 45, coupes de 1,5 mm tous les 1,5 mm, pas 0,938, filtre
"os", ASIR 60%, IDSV : 5,1 mGy, PDL 386 mGy.cm (longueur du volume exploré : 75 cm).
Les volumes TDM doivent en outre permettre de réaliser des réorientations 3D sans aliasing, afin
de permettre une évaluation optimale de certaines structures telles que les côtes, le bassin, et les
pieds. Une épaisseur de coupe inférieure ou égale à 3 mm est à cette fin généralement
indispensable.
82
Figure 3: Balayage corps entier (A) et coupes TDM et TEMP-TDM passant par la symphyse
pubienne (B : coupes axiales natives, C : coupes réorientées) et la 5ème côte droite (D : coupes
axiales natives, E : coupes réorientées) chez un patient de 53 ans présentant une récidive
biologique d’adénocarcinome prostatique et décrivant une douleur pelvienne médiane.
TDM de niveau 3 réalisée au temps osseux, Caméra GE NM/670 16 coupes, 120kV, Smart mA 20-
150 mAs, indice de bruit 45, coupes de 1,5 mm tous les 1,5 mm, pas 0,938, filtre "os", ASIR 60%,
IDSV : 5,9 mGy, PDL 478 mGy.cm (longueur du volume exploré : 81 cm).
Les coupes réorientées permettent une meilleure analyse de l’arthropathie hyperfixante
symphysaire pubienne ainsi que de la condensation hyperfixante costale droite intramédullaire
(toutefois non formellement caractérisable sur l’examen, mais retrouvée avec un aspect stable sur
un TDM plus ancien en faveur d’un enchondrome bénin). On souligne la complète absence de
traduction de ces atteintes sur le balayage corps entier.
Différents filtres peuvent être utilisés pour reconstruire une TDM, à partir d’une même acquisition.
On oppose généralement le filtre "mou" (ou avec un coefficient "B" de l’ordre de 20 chez certains
constructeurs) et le filtre "dur" ou encore "os" (ou avec un coefficient "B" de l’ordre de 70 chez
certains constructeurs). Il s’agit d’adapter la résolution et le bruit attendus dans l’image au
contraste spontané en densité de la structure étudiée (c’est-à-dire la densité en UH de la structure
étudiée par rapport à son environnement).
La corticale osseuse est une structure hyperdense au sein et en bordure de laquelle le contraste est
spontané élevé. Une reconstruction du scanner avec un filtre "dur" ou "os" permettra un gain en
84
résolution au prix d’un bruit dans l’image qui ne sera pas gênant vu le contraste spontané élevé de
la corticale osseuse. De la même façon des filtres "parenchyme pulmonaire" sont utilisés pour
reconstruire les TDM pulmonaires au sein desquels la trame vasculobronchique présente un
contraste spontané élevé avec son environnement (c’est-à-dire l’air).
A l’inverse, les tissus mous (ex : parenchyme hépatique, muscles, moelle osseuse) ont un contraste
spontané faible. Une reconstruction avec un filtre "os" ou "dur" améliorerait la résolution, mais au
bruit d’un bruit élevé et donc d’un mauvais contraste. Les filtres « mous » doivent donc être utilisés
pour une qualité d’interprétation optimale de ces structures.
Figure 5: A et B : coupes axiales abdominales issues d’une même acquisition TDM, reconstruites
en filtre "mou" et "os", respectivement. Le filtre "os" permet un gain en résolution mais induit un
bruit gênant l’évaluation des tissus mou. L’évaluation du parenchyme hépatique est plus difficile
: le kyste biliaire du segment IV plus difficilement visible alors que le fenêtrage est identique (300
UH de largeur centrée sur la valeur 30 UH).
C et D : coupes axiales passant par les articulations zygapophysaires L5-S1 issues de la même
acquisition TDM, reconstruites en filtre "mou" et "os" respectivement et affichées avec le même
85
fenêtrage (1700 UH de largeur centrée sur la valeur 500 UH). Le filtre "os" permet une meilleure
appréciation de l’os cortical, et rend plus aisée la détection d’air intra articulaire.
Patiente de 65 ans, IMC à 26 kg/m2, TDM de niveau 3, Caméra GE NM/670 16 coupes, 120kV,
Smart mA 20-150 mAs, indice de bruit 45, coupes de 1,5 mm tous les 1,5 mm, pas 0,938, filtre
"os", ASIR 60%, IDSV : 5,1 mGy, PDL 386 mGy.cm (longueur du volume exploré : 75 cm).
Du fait de ses caractéristiques, le filtre « os » est plutôt adapté à l’évaluation des processus
condensants et de l’os cortical, tandis que le filtre « mou » est mieux adapté à l’évaluation des
processus tissulaires, de l’os spongieux, et dans certains cas de la moelle osseuse.
Figure 6 : Balayage corps entier (A) et coupes TEMP-TDM et TDM à hauteur de T8 (B) et T10
(C), représentées reconstruites avec le filtre "mou" et "os", chez un patient de 69 ans présentant
une atteinte métastatique multifocale de phénotype mixte lytique et condensant d’un
adénocarcinome prostatique, IMC à 28 kg/m2.
En T8 est retrouvée une lésion secondaire ostéocondensante hyperfixante dont la caractérisation
est plus aisée sur la reconstruction en filtre "os", tandis qu’en T10 est retrouvée une lésion
secondaire intramédullaire hypodense hyperfixante qui est plus aisément détectée sur la
reconstruction en filtre "mou".
86
TDM de niveau 3 réalisée au temps osseux, Caméra GE NM/670 16 coupes, 120kV, Smart mA 20-
150 mAs, indice de bruit 45, coupes de 1,5 mm tous les 1,5 mm, pas 0,938, filtre "os", ASIR 60%,
IDSV : 5,5 mGy, PDL 412 mGy.cm (longueur du volume exploré : 75 cm).
Les TDM de niveau 3 et 4 doivent tous deux permettre une évaluation précise du squelette.
On peut individualiser et rattacher au niveau 4 certains protocoles TDM :
- qui ne sont pas toujours disponibles sur les caméras hybrides de médecine nucléaire tels
que les outils de réduction des artéfacts métalliques et les protocoles d’acquisition TDM
en double énergie,
- les acquisitions en coupes fines "pleine dose" pour étudier en condition optimale des
structures osseuses de petite taille comme par exemple lors de l’évaluation d’arthrodèses,
- visant à évaluer le canal rachidien (recherche d’empreintes hernières) et délivrant une
irradiation plus importante compte tenu du plus faible contraste spontané des tissus mous
à ce niveau,
- utilisant l’injection de produits de contraste intra articulaires (arthro TEMP-TDM).
L’injection de produit de contraste par voie systémique permet une meilleure évaluation des tissus
mous. Elle n’a qu’un intérêt marginal pour l’évaluation osseuse, et ne s’envisage que dans le cadre
d’une imagerie viscérale et globale comme pour certains protocoles de TEP-TDM au FDG (à
rattacher au niveau 3).
87
Figure 7: Représentation sagittale MIP de la TDM (A) et coupes TDM et TEMP-TDM et TDM en
coupes frontales (A), sagittales (B), et axiales (C) centrées une arthrodèse intersomatique L5-S1
implantée 2 ans auparavant chez un patient de 54 ans décrivant une lombalgie progressivement
récurrente, IMC à 22 kg/m2.
L’acquisition "pleine dose" réalisée permet d’identifier des solutions de continuité intensément
hyperfixantes au sein des trabéculations inter somatiques (greffes) situées au sein de la cage, en
faveur d’une pseudarthrodèse.
TDM de niveau 4 réalisée au temps osseux, Caméra Siemens Symbia T6, 110 kV, référence qualité
110 mAs Care Dose 4D, 1,25 mm, B70, PDL 348 mGy.cm, IDSV 10,1 mGy
Les implants métalliques induisent une importante atténuation du faisceau X, avec artéfact
classique en "étoile" non seulement sur les reconstructions par rétroprojection filtrée, mais
également sur les TDM avec reconstructions itératives. Il en résulte une fréquente pénombre en
périphérie du matériel métallique pouvant dans certains cas être prise à tort pour un liseré de
résorption, mais également des artéfacts dans le reste du volume.
Les caméras hybrides les plus récentes proposent des outils de reconstructions TDM permettant
de fortement limiter les artéfacts induits par le matériel métallique. Ces options prennent
généralement le suffixe "MAR" (metal artefacts reduction).
88
A défaut, l’augmentation de la tension du tube X ( 130 kV), de son intensité ( 150 mAs) et la
réduction du pas (<1) peuvent permettre d’améliorer la qualité d’image. Mais certains artéfacts
restent irréductibles sur les systèmes hybrides, et ne doivent pas systématiquement être combattus
en raison d’un risque potentiel d’envolée dosimétrique.
89
Figure 9: Rendu tridimensionnel "fused VRT" d’une TEMP-TDM lombo pelvienne (TDM de
niveau 3) chez un patient porteur d’une arthrodèse rachidienne avec instrumentation postérieure
(matériel d’ostéosynthèse rachidienne en vert), retrouvant un démontage supérieur, une
pseudarthrodèse lombo-sacrée, une dégénérescence sacro iliaque droite et des fractures du cadre
obturateur droit. Le rendu tridimensionnel permet de synthétiser l’ensemble des constations de
l’examen en une seule image.
Certains centres réalisent des TEMP-TDM au temps tissulaire. Ces acquisitions participent à
l’évaluation des structures extra-osseuses de l'appareil locomoteur (muscles, ligaments, tendons,
synoviale, capsule qui n'exprimeront en règle pas d'anomalie à la phase osseuse sauf en cas
métaplasie ossifiante ou calcifiante) et permettent d’affiner l’appréciation de l’évolutivité d’une
lésion osseuse.
Une TEMP sans TDM au temps tissulaire est souvent d’interprétation délicate du fait de l’absence
de repère anatomique. En outre, un recalage rigide avec la TDM qui sera réalisée au temps osseux
n’est pas toujours possible du fait de l’absence de repère anatomique précis et du positionnement
souvent non strictement reproductible du patient.
Le couplage à la TDM lors de l’acquisition garantit donc une meilleure pertinence clinique de ces
données. L’acquisition TEMP-TDM au temps tissulaire étant suivie d’une acquisition TEMP-
90
TDM au temps osseux, une TDM « basse dose » (niveau 1/2) au temps tissulaire est suffisante,
elle pourra être confrontée à la TDM de plus haut niveau (niveau 3/4) réalisée au temps osseux.
Figure 10: Coupes TDM et TEMP-TDM du genou droit (A) et du genou gauche (B) avec cliché
scintigraphique planaire (C) réalisées aux temps tissulaire puis osseux chez un patient de 53 ans
(IMC 36 kg/m2) présentant des gonalgies bilatérales. Les acquisitions ont été réalisées sur la
même caméra GE NM/670 16 coupes.
Au temps tissulaire a été réalisé un scanner de niveau 2 : 80kV, 40 mAs, coupes de 3 mm tous les
3 mm, pas 0,938, fitre "os", ASIR 60%, IDSV : 0,5 mGy, PDL 12 mGy.cm (longueur du volume
exploré : 24 cm).
Au temps osseux a été réalisé un scanner de niveau 3 : 120kV, 150 mAs, coupes de 1,25 mm tous
les 0,625 mm, pas 0,561, filtre "os", ASIR 30%, IDSV : 25 mGy, PDL 827 mGy.cm (longueur du
volume exploré : 33 cm).
Au genou droit : hypercaptation tissulaire intercondylienne avec au temps osseux une intense
hyperfixation caractérisant des lésions scléro-géodiques confluentes avec matrice tissulaire en
regard de l’insertion du LCA en faveur d’un kyste mucoïde.
Au genou gauche : intense hyperfixation caractérisant dès le temps tissulaire une ostéochondrite
du condyle externe.
Ces atteintes osseuses sont parfaitement localisées sur la TDM de niveau 2, mais seule la TDM de
niveau 3 permet une détection et une caractérisation lésionnelle correcte.
91
5. Cas particulier de la TEP-TDM
L’ensemble des recommandations est valable (à l’exception du niveau 0 qui ne s’applique pas
compte tenu de l’absence d’acquisition planaire et de la TDM systématique) pour l’évaluation
ostéo-articulaire en TEP-TDM, quel que soit le radiotraceur utilisé (18F-FNa, 18
F-FDG, 18
F-
Fluorocholine, …).
On rendra le lecteur vigilant au fait qu’il faille parfois effectuer des reconstructions accessoires,
car les reconstructions TDM des TEP-TDM sont généralement d’emblée paramétrées pour générer
des images TDM adaptées à l’évaluation des tissus mous.
6. Conclusion
A l’exception de rares cas où l’imagerie planaire ou TEMP seule peut suffire, les acquisitions
TEMP-TDM deviennent indispensables pour une évaluation pertinente du métabolisme ostéo-
articulaire en médecine nucléaire.
La TDM "basse dose" (niveau 1/2) permet une localisation anatomique mais ne permet pas souvent
pas une évaluation diagnostique pertinente, avec le risque de rendre l’irradiation délivrée par le
TDM sans bénéfice pour le patient.
La TDM de plus haut niveau (niveau 3/4) doit être privilégiée, et faire l’objet d’une optimisation
(juste qualité d’image nécessaire à l’interprétation) adaptée à la zone explorée ainsi qu’au patient.
7. Références
[1] Palmedo, H., Marx, C., Ebert, A., Kreft, B., Ko, Y., Türler, A., & Pöge, U. (2014). Whole-
body SPECT/CT for bone scintigraphy: diagnostic value and effect on patient management in
oncological patients. European journal of nuclear medicine and molecular imaging, 41(1), 59-67.
[2] Muller, N., Didon-Poncelet, A., & Rust, E. (2016). Evaluation de la stratégie optimale
d’imagerie osseuse scintigraphique dans le bilan d’extension initial des patients avec un
adénocarcinome prostatique à risque métastatique intermédiaire ou élevé. Médecine Nucléaire,
40(4), 315-328.
92
[3] Guezennec, C., Keromnes, N., Robin, P., Abgral, R., Bourhis, D., Querellou, S., ... & Le Roux,
P. Y. (2017). Incremental diagnostic utility of systematic double-bed SPECT/CT for bone
scintigraphy in initial staging of cancer patients. Cancer Imaging, 17(1), 16.
[4] Agrawal, K., Marafi, F., Gnanasegaran, G., Van der Wall, H., & Fogelman, I. (2015,
September). Pitfalls and limitations of radionuclide planar and hybrid bone imaging. In Seminars
in nuclear medicine (Vol. 45, No. 5, pp. 347-372). Elsevier.
[5] Schleich, F. S., Schürch, M., Huellner, M. W., Hug, U., von Wartburg, U., Strobel, K., & Veit-
Haibach, P. (2012). Diagnostic and therapeutic impact of SPECT/CT in patients with unspecific
pain of the hand and wrist. EJNMMI research, 2(1), 53.
[6] Huellner, M. W., & Strobel, K. (2014). Clinical applications of SPECT/CT in imaging the
extremities. European journal of nuclear medicine and molecular imaging, 41(1), 50-58.
[7] Schweizer, T., Schiapparelli, F. F., Rotigliano, N., Rasch, H., Amsler, F., & Hirschmann, M.
T. (2018). Patterns of bone tracer uptake on SPECT-CT in symptomatic and asymptomatic patients
with primary total hip arthroplasty. European journal of nuclear medicine and molecular imaging,
45(2), 283-291.
[8] Yuan, H. F., Shen, F., Zhang, J., Shi, H. C., Gu, Y. S., & Yan, Z. Q. (2015). Predictive value
of single photon emission computerized tomography and computerized tomography in
osteonecrosis after femoral neck fracture: a prospective study. International orthopaedics, 39(7),
1417-1422.
93
Maladie de Paget crânienne :
94
Localisations osseuses secondaires condensantes d’un carcinome prostatique en récidive biologique :
95
Bilan d’extension initial d’un adénocarcinome prostatique à risque élevé :
96
Atteinte métastatique ostéolytique avec atteinte rachidienne instable :
97
Diagnostic de spondylarthropathie :
98
Lyse isthmique bilatérale avec instabilité de l’étage concerné :
99
Lyse isthmique non fixante chez une adolescente :
100
Tumeurs osseuses bénignes :
101
Algodystrophie de la main et lésion ossifiante des tissus mous :
Patiente de 61 ans.
Douleurs du poignet de la main gauches d’horaire mixte persistantes 4 mois après un traumatisme
direct du poignet sans anomalie radiographique initiale.
Caméra GE NM/670 16 coupes. TDM de niveau 3.
100kV, 100 mAs, coupes de 1,125 mm tous les 0,562 mm, pas 0,562, filtre "mou", reconstruction
par rétroprojection filtrée, IDSV : 10 mGy, PDL 276 mGy.cm (longueur du volume exploré : 27
cm).
Commentaire: La scintigraphie retrouve une hyperfixation diffuse de la main et de l’épaule droits
en faveur d’un CRPS de type 1 (forme algodystrophique « épaule-main »), avec un foyer surajouté
du poignet. La TEMP-TDM montre un processus ossifiant actif en regard de lésions de densité
cartilagineuse siégeant au sein des gaines des tendons fléchisseurs au versant antérieur du radius,
et permet d’exclure une hyperfixation osseuse focal (diagnostic final de chondromatose téno-
synoviale post traumatique). Ce cas illustre la valeur localisatrice et diagnostique majeure de la
TEMP-TDM des mains comparativement à l’imagerie planaire.
102
Descellement cotyloïdien partiellement granulomateux d’une prothèse totale de hanche
droite :
103
Retard de consolidation d’une fracture malléolaire :
Patiente de 45 ans.
Evaluation à 4 mois d’une fracture malléolaire externe de cheville gauche traitée par 6 semaines
d’immobilisation, présentant des douleurs résiduelles.
Balayage corps entier (A), avec TEMP-TDM du pied gauche aux temps tissulaire (C : coupes
TDM et TEMP-TDM au temps tissulaire en coupe frontale) et osseux (D, E, F, G : coupes TDM
et TEMP-TDM au temps osseux, B : rendu 3D VRT fusionné en deux incidences).
Caméra GE NM/670 16 coupes
TDM de niveau 2 au temps tissulaire (80kV, 60 mAs, coupes de 3 mm tous les 3 mm, pas 0,938,
filtre "mou", reconstruction par rétroprojection filtrée PDL 110 mGy.cm)
TDM de niveau 3 au temps osseux (100kV, 100 mAs, coupes de 1,125 mm tous les 0,562 mm, pas
0,562, filtre "dur", reconstruction par rétroprojection filtrée, PDL 345 mGy.cm).
Commentaire: Au temps osseux, l’examen retrouve une solution de continuité malléolaire externe
gauche développée selon un plan frontal oblique vers le bas et l’avant. Dans sa partie postéro-
104
supérieure cette solution de continuité présente des berges peu sclérosées non hyperfixantes en
faveur d’une évolution atrophique (E), tandis que dans sa partie antéro inférieure on constate une
fusion partielle intensément hyperfixante (D,E,G).
Présence également d’un contact hyperfixant focal entre le versant antérieur de la malléole externe
gauche et le tibia dans un contexte de rotation interne de la malléole externe gauche
comparativement au côté droit (F).
Au temps tissulaire, on retrouve en outre une plage d’hypercaptation en regard d’un aspect
hyperdense infiltré des tissus mous de la région tibio-fibulaire inférieure gauche.
105
Descellement tibial septique précoce d’une prothèse totale de genou :
106
Ostéonécrose de la tête fémorale secondaire à une fracture ostéosynthésée :
107
III.3. PNEUMOLOGIE (EMBOLIE PULMONAIRE)
1. Généralités
La scintigraphie de ventilation et perfusion pulmonaire représente une alternative diagnostique à
l'angioscanner pour le diagnostic et la prise en charge de l'embolie pulmonaire.
Historiquement réalisée selon un mode planaire [1], l'acquisition selon un mode
tomoscintigraphique permet d'augmenter ses performances diagnostiques [2,3,4] du fait de
l'analyse dans les trois plans de l'espace permettant une meilleure visualisation et caractérisation
des défects. Ainsi, la tomoscintigraphie a pour avantage d’être beaucoup plus souvent conclusive
que la scintigraphie planaire.
Plusieurs travaux ont rapporté une augmentation des performances diagnostiques de l’examen
tomoscintigraphique lorsqu’il est couplé à une acquisition tomodensitométrique. Selon eux, le
couplage à la TDM permet d'augmenter la spécificité de l’examen, et donc de réduire le risque de
surdiagnostic de l’EP, en apportant une explication non thromboembolique à certains défects
mismatchés (variantes anatomiques, scissures, troubles ventilatoires, emphysème). De plus, le
couplage TEMP/TDM donne l'accès à de nombreux diagnostics différentiels grâce à l'analyse des
données morpho-anatomiques de l'imagerie TDM [5,6].
Enfin, la TEMP/TDM permet une meilleure appréciation et quantification du pourcentage
d'amputation embolique. Elle améliore également la concordance d'interprétation inter et intra
observateur (k de 0,22 à 0,61 en planaire et K de 0,92 en TEP/TDM).
Niveau 0 "pas de scanner" : Bien que la tomoscintigraphie pulmonaire de ventilation perfusion ait
des performances élevées pour le diagnostic de l’embolie pulmonaire, plusieurs travaux ont
rapporté une augmentation de la spécificité en couplant une TDM.
L'apport diagnostique du scanner couplé est tel (spécificité, précision diagnostique), lorsqu'il est
décidé de pratiquer un examen de ventilation/perfusion en mode tomoscintigraphique, ce dernier
devrait systématiquement être couplé à une acquisition tomodensitométrique.
108
Niveau 1 "correction d'atténuation" : La simple correction d'atténuation par scanner X ne présente
aucun intérêt clinique pour le diagnostic d'embolie pulmonaire.
2. Paramètres techniques
L'acquisition scanographique est réalisée en respiration spontanée (ou idéalement à l'occasion
d'une apnée en milieu de cycle respiratoire) et non en apnée en fin d’inspiration profonde afin de
limiter le décalage entre les informations scintigraphiques et tomodensitométriques.
En imagerie thoracique, l'essentiel de l'information à recueillir est du domaine de la résolution
spatiale (plus que de la densité comme c'est le cas pour l'étude de l'abdomen, de l'encéphale ou du
rachis) du fait de la présence de structures à fort contraste spontané. Il est donc tout à fait possible
et recommandé de diminuer la quantité de rayonnement délivrée. En fonction du morphotype du
patient, une tension de 100 ou 120 kV sera suffisante et la charge, en dehors de tout dispositif
automatique d'optimisation de la dose, peut-être limitée dans la plupart des cas à 80 mAs
maximum. De plus, la dosimétrie est habituellement optimisée soit par l’utilisation d’algorithme
de modulation d’intensité (mAs) en fonction de la morphologie du patient, soit par l’utilisation de
reconstruction itérative sur les systèmes de dernière génération.
109
3. Références:
[1] The PIOPED Investigators (Ed.). Value of the ventilation/perfusion scan in acute pulmonary
embolism. Results of the prospective investigation of pulmonary embolism diagnosis (PIOPED).
JAMA, 1990.
[3] P.J. Roach et al. V/Q scaning using SPECT and SPECT/CT. J Nucl Med, 2013.
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[5] Le Roux PY et al. Additional value of combining low-dose computed tomography to V/Q
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[6] Mazurek A et Al. The utility of hybrid SPECT/CT lung perfusion scintigraphy in pulmonary
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[7] P. Viau P, Franken P, Padovani B et al. Imagerie hybride dans l’embolie pulmonaire aiguë :
apport de la TDM couplée à la tomoscintigraphie de ventilation et de perfusion. Médecine
nucléaire Vol 35 - N° 3 P. 117-125 - mars 2011
110
111
Cas clinique 1 :
Embolie pulmonaire bilatérale d’étendue moyenne intéressant l’ensemble des lobes, amputant
20% du lit vasculaire total.
112
Cas clinique 2 :
113
Cas clinique 3 :
114
Tomoscintigraphie de Perfusion (TEMP P) après injection de 245 MBq de macro-agrégats
d’albumine – Tc99m.
Tomoscintigraphie de Ventilation (TEMP V) avec 148 MBq de Krypton 81m.
Scanner thoracique niveau 2 en respiration libre.
Acquisition: 120kv, 30 mAs, collimation 4*2,5 mm, Temps de rotation 1s, Pas: 0,75, coupes 2,5
mm incrément 1,5mm
Reconstruction: Rétroprojection filtrée; coupes 2,5 mm incrément 1,5 mm
Dose: IDSV 5 mGy; PDL 153 mGy.cm.
Embolie pulmonaire bilatérale d’étendue moyenne intéressant l’ensemble des lobes, amputant
25% du lit vasculaire total.
Plages d’infarctus des deux bases pulmonaires.
Image 1 : Coupes dans les 3 plans de l’espace de TDM, de fusion TDM-TEMP V et de TEMP V.
Image 2 : Coupes dans les 3 plans de l’espace de TDM, de fusion TDM-TEMP P et de TEMP P.
Image 3 : Coupe coronale de fusion TDM-TEMP P.
Image 4 : Coupe coronale de TDM.
115
Cas clinique 4 :
116
Reconstruction: Rétroprojection filtrée; coupes 2,5 mm incrément 1,5 mm
Dose: IDSV 5 mGy; PDL 158 mGy.cm.
Image 1 : Coupes dans les 3 plans de l’espace de TDM, de fusion TDM-TEMP V et de TEMP V.
Image 2 : Coupes dans les 3 plans de l’espace de TDM, de fusion TDM-TEMP P et de TEMP P.
117
Cas clinique 5:
Homme de 66 ans. 63 kg, 170 cm, IMC : 21,8. Dyspnée inexpliquée. EDVMI négatif. Recherche
d’argument en faveur d’une EP récente.
Caméra Siemens Symbia T6.
Tomoscintigraphie de Perfusion (TEMP P) après injection de 156 MBq de macro-agrégats
d’albumine – Tc99m.
Tomoscintigraphie de Ventilation (TEMP V) avec inhalation de Krypton 81m.
Scanner thoracique niveau 3 en respiration libre.
Acquisition: 110kv, 16-31 mAs; 16 QRefmAs, algorithme de régulation: AEC+DOM, collimation
6*2mm, Temps de rotation 0.8s, Pas: 0.85
Reconstruction: Rétroprojection filtrée, filtre B80s; coupes 2.5mm incrément 1.5mm
Dose: IDSV: 1.7 mGy PDL: 67 mGy.cm
118
Cas clinique 6:
Homme de 72 ans. 123 kg 185 cm, IMC : 35,9. Recherche d’argument en faveur d’une EP récente.
Caméra Siemens Intevo 16.
Tomoscintigraphie de Perfusion (TEMP P) après injection de 178 MBq de macro-agrégats
d’albumine – Tc99m.
Tomoscintigraphie de Ventilation (TEMP V) avec inhalation de Krypton 81m.
Scanner thoracique niveau 3 en respiration libre.
Acquisition: 110kv, 16-31 mAs; 16 QRefmAs, algorithme de régulation: CARE4D, collimation
16*1,2mm, Temps de rotation 0.6s, Pas: 1
Reconstruction: Rétroprojection filtrée, filtre B80s; coupes 2.5mm incrément 1.5mm
Dose: IDSV: 2,1 mGy PDL: 86,2 mGy.cm
119
Cas clinique 7:
Femme de 88 ans. 55 kg 160 cm, IMC : 21,5. Recherche d’argument en faveur d’une EP récente.
Caméra Siemens Intevo 16.
Tomoscintigraphie de Perfusion (TEMP P) après injection de 166 MBq de macro-agrégats
d’albumine – Tc99m.
Tomoscintigraphie de Ventilation (TEMP V) avec inhalation de Krypton 81m.
Scanner thoracique niveau 3 en respiration libre.
Acquisition: 110kv, 15-16 mAs; 16 QRefmAs, algorithme de régulation: CARE4D, collimation
16*1,2mm, Temps de rotation 0.6s, Pas: 1
Reconstruction: Rétroprojection filtrée, filtre B80s; coupes 2.5mm incrément 1.5mm
Dose: IDSV: 1,1 mGy PDL: 52,1 mGy.cm
La tomoscintigraphie de perfusion met en évidence un défect perfusionnel latéro basal droit, non
retrouvé en ventilation, pouvant faire discuter une embolie pulmonaire. L’analyse des coupes
TDM révèle cependant des lésions emphysémateuses sous jacentes, piège diagnostique classique
en scintigraphie pulmonaire lorsque du Krypton est utilisé pour la réalisation des images de
ventilation. L’examen TEMP/TDM est non évocateur d’une embolie pulmonaire récente.
120
121
III.4. ENDOCRINOLOGIE
1. Thyroïde
La scintigraphie thyroïdienne à visée diagnostique à l'I123 ou au Tc99m dont la principale
indication est le bilan d'une hyperthyroïdie, est réalisée en complément de l'examen clinique, des
données biologiques et d'une échographie cervicale.
Dans l'immense majorité des cas, l'acquisition en mode planaire avec collimateur sténopé suffit.
Dans quelques rares cas, une acquisition TEMP/TDM peut être réalisée pour caractériser une
fixation ou accumulation ectopique ou atypique du traceur (goitre plongeant, pyramide de
Lalouette, kyste du tractus thyréoglosse, formation de la base de la langue évocatrice de tissu
thyroïdien ectopique, artéfact œsophagien, etc…). Dans ces conditions un scanner de niveau 2 ou
3 est requis.
2. Parathyroïdes
Le diagnostic d’une hyperparathyroïdie est avant tout biologique. La scintigraphie
parathyroïdienne, monotraceur (99mTc-MIBI) ou double traceur (99mTc-MIBI + iode-123) avec
soustraction, est un examen de localisation. Son niveau d’indication est variable selon la situation
clinique :
- HPT persistante ou récidivante après chirurgie, quelle que soit l’origine de l’HPT (I, II ou III),
- première intervention pour HPT-I, selon l’approche chirurgicale envisagée (chirurgie
exploratrice cervicale bilatérale ou chirurgie ciblée),
- première intervention pour HPT-II ou III.
La scintigraphie parathyroïdienne comporte en général une acquisition en mode planaire avec
collimateur sténopé au niveau de l’aire thyroïdienne, une acquisition planaire champ large pour
déceler une éventuelle ectopie, complétée par une acquisition TEMP/TDM. La TEMP/TDM
améliore les performances de détection et de localisation préopératoire [6]. Elle permet un meilleur
repérage du ou des foyers parathyroïdiens ectopique profond ou caché par une fixation
122
thyroïdienne anormale (peu visible en mode planaire en 2D). Le couplage peut permettre aussi
d’éliminer certains faux positifs de la scintigraphie planaire. Ainsi, un TDM de niveau 2 ou 3 est
préférable lorsque l'acquisition TEMP/TDM est réalisée. Une TEP-TDM à la 18F-Fluorocholine
peut être également envisagée en cas de récidive et/ou de scintigraphie au 99mTc-MIBI négative
[7]. Le TDM associé peut être de niveau 3 avec ou sans injection de produit de contraste, voire de
niveau 4 avec plusieurs phases d’acquisition.
3. Surrénales
La petite taille et la topographie viscérale profonde des glandes surrénales et la plupart du temps
des anomalies potentiellement en rapport avec la pathologie surrénalienne (localisations
ectopiques ou métastatiques) explique la grande supériorité des acquisitions TEMP/TDM par
rapport aux acquisitions planaires des examens scintigraphiques surrénaliens.
Ainsi, pour l'exploration médullosurrénalienne à la méta-iodobenzyl-guanidine marquée à l’iode
123I ou 131I utilisée pour la caractérisation et le bilan d’extension d’un phéochromocytome (bénin
ou malin) ou la recherche des phéochromocytomes extrasurrénaliens (ou paragangliomes), la
réalisation d'une acquisition TEMP/TDM diminue les faux positifs caractérisés par la rétention du
traceur au niveau des voies excrétrices urinaires, pouvant ainsi mimer un phéochromocytome
surrénalien et surtout précise le support anatomique des foyers pathologiques [8].
Pour l'exploration corticosurrénalienne au 131I-6b – iodométhyl-19-norcholestérol, utile en cas
d'incidentalome surrénalien ou en cas de syndrome de Cushing ACTH-indépendant et de tumeurs
bilatérales ou encore en l’absence de tumeur évidente au scanner, ou parfois dans le cadre
d’exploration d’un hyperalsdostéronisme, la TEMP/TDM permet une meilleure analyse des
fixations tant il existe une accumulation importante du traceur au niveau de la vésicule biliaire
pouvant faussement mimer la surrénale droite sur les acquisitions planaires et du fait du bruit de
fond généré par le foie ou par la fixation digestive [9].
Que ces examens soient ou non remplacés par des examens de TEP (FDG, FDOPA, 68Ga-DOTA
analogues de la somatostatine), comme en cancérologie et hors cas particulier, un scanner au
minimum de niveau 3 est indiqué.
123
4. Références
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scintigraphy with fusion single photon emission computed tomography/computed tomography.
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124
[8] Taïeb D, Timmers HJ, Hindié E, Guillet BA, Neumann HP, Walz MK, Opocher G, de Herder
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Association of Nuclear Medicine. Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2012 Dec;39(12):1977-95.
[9] Wong KK, Komissarova M, Avram AM, Fig LM, Gross MD. Adrenal cortical imaging with
I-131 NP-59 SPECT-CT. Clin Nucl Med. 2010 Nov;35(11):865-9.
125
Thyroïde 99mTc
126
Thyroïde 123I
127
Thyroïde 131I
128
Thyroïde 131I
129
Thyroïde 131I
130
Parathyroïdes
131
Parathyroïdes
132
Parathyroïdes
133
Parathyroïdes
134
Parathyroïde ectopique
135
Hyperplasie surrénalienne. Hypercorticisme
136
Hyperplasie surrénalienne. Hypercorticisme
137
Phéochromocytome
138
Phéochromocytome
139
Phéochromocytome
Patient
65 ans. Poids : 85 kg. Taille : 1,80 m IMC : 26 kg/m2
Suspicion de phéochromocytome
Scintigraphie à la MIBG – Iode 123
Symbia T2
Scanner niveau 3 : 130 kV, mAs ref : 90 (care dose) mAs Moy 57 mAs
Pitch : 1.0 – temps de rotation du tube 0.8 s
Acquisition en 2x2.5 mm
Coupes de 3 mm tous les 2 mm - Filtre B20
IDSV 6.2 mGy - PDL : 501 mGy.cm
Commentaire : Hyperfixation de la lésion surrénalienne droite, isolée et notamment absence sur
le scanner couplé de formation nodulaire qui pourrait correspondre à la fixation discrète de la
surrénale contro-latérale
140
Paragangliome cervical
141
III.5. NEUROLOGIE
Dans les explorations cérébrales en médecine nucléaire, l’IRM morphologique et fonctionnelle est
l’imagerie de référence. Ainsi, il est très utile et recommandé de fusionner les images moléculaires
et les images d’IRM dans la plupart des pathologies explorées, et à défaut ou au minimum, de
disposer de l'information IRM avant d'interpréter l'examen de médecine nucléaire.
L'intérêt diagnostique de la TDM (avec ou sans injection de PCI) est sans commune mesure avec
celui de l'IRM. Elle permet cependant, en plus de sa fonction de correction d'atténuation et de
localisation, de visualiser une atrophie ou une volumineuse lésion corticale (séquelle d’AVC,
tumeur), ces éléments revêtant une grande importance pour l'optimisation du diagnostic, lorsque
l'IRM n'est pas disponible (non réalisée du fait d'une contre-indication par exemple ou non
transmise par le clinicien ou le patient).
142
Enfin, compte tenu du très faible facteur de pondération tissulaire concernant la radiosensibilité
du parenchyme cérébral (WT= 0,01) et de l'âge moyen, en général élevé, des patients bénéficiant
d'une imagerie en neurologie nucléaire, les considérations dosimétriques passent forcément au
deuxième plan par rapport à la qualité image nécessaire à une bonne interprétation. Cependant, on
rappelle la radiosensibilité particulière du cristallin justifiant en particulier les principes de
radioprotection.
143
TEMP perfusion au 99mTc-ECD
A, B, C,D TEMP perfusion au 99mTc-ECD (injection 800 MBq) chez une patiente de 28 ans, 61
kg, 1,70m, dans le cadre d’un bilan préchirurgical de crises partielles pharmaco-résistantes. L’EEG
critique suggère une origine occipitale.
Acquisition 128*128, rayon de giration 14 cm, zoom 2 excentré, matrice 128*128, 30 s /projection,
120 projections
TDM 120 Kev et 50 mA; PDL 45 mGy.cm
A - Examen interictal avec correction atténuation Chang, coefficient d’atténuation 0,07:
hypoperfusion temporo-occipitale droite
B- Examen ictal (injection pendant la crise) avec correction atténuation Chang, coefficient
d’atténuation 0,07 montrant un hyperdébit occipital interne et latéral droit, un hypodébit
controlatéral
C- Examen interictal avec correction d’atténuation avec le CT montrant des hypoperfusions plus
étendues en postérieur droite et frontal bilatéral
D - Examen ictal avec correction d’atténuation avec le CT montrant un hyperdébit occipital interne
et latéral droit, un hypodébit controlatéral et frontal bilatéral
E scanner faible dose
F – IRM 3D T1 (examen normal)
G – TEP-FDG fusionné avec l’IRM montrant un discret hypométabolisme temporal, et occipital
(latéral et interne) droit
E – SISCOM: recalage puis soustraction (ictal – interictal) et fusion avec l’IRM montrant le foyer
d’hyperperfusion ictal dans le cortex occipital droit
144
TEP FDG
145
TEP FDG
146
TEP FDG
147
TEP FDOPA
148
TEP Amyloïde
Examen TEP-IRM (SIGNA 3 T General Electrics) chez une patiente de 67 ans, 54kg, incluse dans
le protocole NEEUS de PIRAMAL visant à évaluer l’apport du 18F-Florbetaben au diagnostic de
maladie d’Alzheimer. La dose injectée est 300 MBq, les images ont été réalisées 90 minutes post-
injection. Durée d’acquisition 20 minutes, simultanée à une acquisition IRM comportant des
séquences 3DT1, Flair, T2* et diffusion.
A TEP
B IRM 3D T1
C TDM réalisé lors d’un examen au 123I-FP-CIT: 120 Kev et 50 mA; PDL 45 mGy.cm
Le TDM ne permet pas de distinguer correctement substance grise et substance blanche, ni les
sillons un peu élargis, ce qui est très important pour l’interprétation des images TEP des plaques
amyloïdes. La confrontation TEP-IRM permet de mettre en évidence une amyloïdose diffuse, mais
nettement plus intense en frontal.
149
III.6. CARDIOLOGIE
1. Indications cliniques
L’utilisation d’un scanner faible dose (niveau 1) permet de corriger en partie l’atténuation tissulaire
des images de SMP en TEMP (SPECT) (Figure 1). Le scanner réalisé uniquement pour la
correction d’atténuation tissulaire des images TEMP (SPECT) ne requiert qu’une faible résolution
spatiale similaire à celle de la TEMP (SPECT) et peut donc être réalisé sans synchronisation à
l’électrocardiogramme avec un faible voltage permettant de limiter l’irradiation. La correction de
l’atténuation tissulaire en TEMP (SPECT) améliore l’homogénéité des images de SMP et
augmente la spécificité de l’examen permettant ainsi de diminuer le nombre de reprise pour
imagerie de repos lors des protocoles stress – repos [1] (Figure 2). La faible augmentation
d’irradiation induite par l’acquisition TDM de niveau 1 est donc contrebalancée par la diminution
de la dose administrée en l’absence d’une reprise pour imagerie de repos. La correction de
l’atténuation tissulaire en imagerie mono-photonique est toutefois moins performante qu’en TEP
[2] et aboutit parfois à la disparition d’anomalies perfusionnelles rattachées à un défaut
d’alignement des images TEMP (SPECT) et TDM ayant pour conséquence une diminution de la
sensibilité de l’examen[3][4]. D’autre part, la différence des temps d’acquisition entre la SMP
(plusieurs minutes) et le TDM(quelques secondes) peut générer des artéfacts par une fusion
inadéquate des deux imageries à l’origine d’erreurs dans la correction de l’atténuation
tissulaire[5][6].L’utilisation du TDM pour la correction de l’atténuation tissulaire en SMP
nécessite donc une analyse précise des images acquises avec les deux techniques pour vérifier la
150
bonne superposition des images et un entraînement à l’interprétation des images de TEMP
(SPECT) corrigées afin d’identifier la présence d’artefacts induits par la correction d’atténuation.
En complément de la SMP, il est possible de réaliser une acquisition TDM en apnée synchronisée
à l’électrocardiogramme (niveau 2) pour la mesure du score calcique coronaire (Figure 3). Le score
calcique coronaire est mesuré en calculant le volume de l’ensemble des voxels de densité
supérieure à 130 Unités Hounsfield en regard du lit coronaire. Un score calcique coronaire élevé
est associé à un taux d’événements cardio-vasculaires plus élevés à moyen terme[7] et peut donc
inciter à une évaluation invasive des coronaires en cas de SMP douteuse. Cependant, la localisation
des calcifications coronaires ne permet pas de prédire la présence d’une ischémie myocardique sur
la SMP. Un score calcique coronaire élevé en présence de signes directs ou indirects de
dysfonction ventriculaire gauche lors d’un effort sur les images de SMP synchronisée à
l’électrocardiogramme peut orienter vers une ischémie myocardique équilibrée (typiquement
statut tritronculaire).
Enfin, en cas de SMP douteuse, la réalisation d’un coroscanner peut permettre d’éviter la
réalisation systématique d’une angiocoronarographie invasive. L’obtention d’une imagerie des
artères coronaires dans de bonnes conditions nécessite toutefois un scanner permettant de couvrir
un champ de vue suffisamment large pour pouvoir réaliser une acquisition couvrant le cœur en
moins d’une dizaine de secondes. Il est généralement conseillé de réaliser ce type d’acquisition
avec un scanner proposant une couverture minimale de 40 mm (comportant un minimum de 64
barrettes). L’association de la SMP et du coroscanner présente des avantages pour la détection
d’une maladie coronaire : la SMP a une très bonne valeur prédictive positive pour l’identification
des lésions coronaires avec un retentissement hémodynamique mais offre une spécificité plus
faible ; le coroscanner quant à lui a une très bonne valeur prédictive négative mais a une spécificité
plus faible. L’association de ces deux techniques permet donc d’améliorer les performances
diagnostiques comparativement aux performances de ces deux tests pris isolément. Cependant, à
l’heure actuelle, il n’est pas recommandé de réaliser systématiquement une imagerie combinée car
le niveau d’exposition aux rayonnements associés à la réalisation de ces deux tests est trop élevé
pour l’ensemble de la population. Cette approche paraît toutefois pertinente en cas de SMP
douteuse, pour laquelle le coroscanner grâce à sa bonne valeur prédictive négative permet chez
certains patients d’exclure la présence d’une sténose coronaire significative. L’apport d’une
réalisation combinée de ces deux examens en comparaison à une approche séquentielle reste
toutefois à démontrer.
151
1.1.2. Ventriculographie isotopique
Il n’y a pas d’intérêt à associer une acquisition TDM à une ventriculographie isotopique (niveau 0).
1.2. TEP
1.2.1 TEP 18F-FDG : évaluation de la viabilité myocardique
Le métabolisme du myocarde ischémique s’oriente vers une utilisation préférentielle de sucres. Le
FDG en présence d’insuline est capté par le myocarde ischémique et permet d’identifier en TEP
avec une bonne sensibilité la présence d’une viabilité résiduelle dans un territoire d’infarctus ou
en aval d’une occlusion chronique coronaire. Cet examen est associé à la réalisation d’un TDM
pour la correction d’atténuation du signal TEP (niveau 1).
152
Il peut être envisagé d’associer à la TEP au 18
F-FDG un coroscanner (niveau 4) afin
d’identifier plus précisément le(s) segment(s) coronaire(s) vascularisant les territoires viable(s) et
/ou nécrosé(s).
Par ailleurs, de la même façon qu’en TEMP (SPECT) la SMP peut être couplée à un TDM
synchronisé à l’électrocardiogramme pour la mesure du score calcique coronaire. Certaines
équipes ont tenté d’utiliser le TDM très basse dose (niveau 1) dédié à la correction d’atténuation
tissulaire pour mesurer le score calcique coronaire[8]. Cette approche peut être toutefois limitée
par le mauvais alignement entre les images TEP acquises durant plusieurs minutes en respiration
libre et l’acquisition TDM réalisée en apnée en quelques secondes.
Enfin, la TEP de perfusion peut être couplée à la réalisation d’un coroscanner afin d’associer la
bonne valeur prédictive positive de la TEP pour la détection des sténoses coronaires ayant un
retentissement hémodynamique et la bonne valeur prédictive négative du coroscanner, qui
nécessite donc l’injection d’agent de contraste iodé, pour l’exclusion d’une sténose coronaire
(niveau 4)[9].
153
La TEP au 18
F-FDG peut être réalisée dans le cadre d’un bilan d’extension de sarcoïdose ou en
présence de points d’appels évocateurs d’une atteinte cardiaque (douleurs thoraciques, troubles de
la conduction ou du rythme, dysfonction systolique ventriculaire gauche). Dans cette indication,
l’acquisition TDM associée à la TEP est en général limitée à la correction de l’atténuation tissulaire
(niveau 1).
Bien que la réalisation d’un tel examen ne soit pas recommandée ni réalisée en routine, il existe
une importante activité de recherche autour de la détection de la plaque d’athérome coronaire
instable en TEP au 18
F-FDG ou 18
F-FNa qui nécessite alors la réalisation contemporaine d’un
coroscanner, sous-entendant l’injection d’agent de contraste iodé (niveau 4).
154
1.3. Synthèse
Le Tableau 1 reprend l’ensemble des scanners pouvant être réalisés en association avec un examen
scintigraphique (TEMP ou TEP) dans le domaine cardiovasculaire.
Tableau 1. Résumé des scanners pouvant être réalisés en association avec un examen
scintigraphique dans les indications cardiovasculaires.
Scintigraphie de perfusion myocardique – Pas de TDM, TDM pour CA (niveau 1), score calcique
Pas de coronaropathie connue coronaire (niveau 2) ou coroscanner (niveau 4)
Scintigraphie de perfusion myocardique –
Pas de TDM ou TDM pour CA (niveau 1)
Coronarien connu
Ventriculographie isotopique Pas de TDM
Scintigraphie myocardique aux disphosphonates Pas de TDM
TDM pour CA (niveau 1), TDM pour localisation
Scintigraphie myocardique aux leucocytes
anatomique (niveau 2), TDM injecté pour analyse des lésions
marqués
(niveau 3/4)
155
2. Modalités d’acquisition du TDM
Cinq types de protocoles d’acquisition peuvent être utilisés en association avec la TEMP
(SPECT) et la TEP en imagerie cardio-vasculaire :
156
2.3. Score calcique coronaire (niveau 2)
Le scanner utilisé pour la mesure du score coronaire calcique est acquis en apnée, avec une
épaisseur de coupes de 2 à 3 mm et une synchronisation à l’électrocardiogramme en diastole. Les
paramètres recommandés pour la mesure du score calcique coronaire sont 100 à 120 kV pour le
voltage et 20 à 40 mA pour l’intensité. Il n’est pas recommandé de modifier ces paramètres car
cela pourrait modifier les résultats du score calcique coronaire.
La préparation du patient passe par la mise en place d’une voie veineux de gros calibre (18–20G),
idéalement au niveau de l’avant-bras, permettant un débit suffisant (4–5 mL/min) pour une
opacification correcte des artères coronaire et des cavités cardiaques. Le poignet doit être évité en
raison du risque d'extravasation du produit de contraste.
Si l'acquisition est programmée de façon combinée avec une étude de la perfusion myocardique
au repos ou au décours d’un stress, il est préférable d'effectuer l’acquisition scintigraphique avant
la tomodensitométrie de façon à minimiser toute interférence potentielle dans la correction
d'atténuation de l’agent de contraste iodé.
Les ß-bloquants oraux ou intraveineux sont habituellement utilisés avant l’acquisition TDM pour
obtenir une fréquence cardiaque entre 50 et 60 bpm permettant la visualisation correcte des artères
coronaire et limitant le flou cinétique. En effet, étant donné que la résolution temporelle des
scanners est limitée par la vitesse de rotation du tube, les artefacts de mouvement sont minimisés
au rythme cardiaque inférieur à 60 bpm. Cependant, l'administration des ß-bloquants à tendance à
diminuer avec l’émergence des scanners à double source, de résolution temporelle plus élevée,
s'intégrant dans les caméras hybrides. L’administration de nitroglycérine sublinguale (0,4 mg en
une pulvérisation) est fréquemment utilisée immédiatement avant l'étude des artères coronaires
pour améliorer la visualisation artères de petit calibre en les dilatant. Enfin, de façon éviter les
artefacts de flou respiratoire, l’acquisition est réalisée en apnée.
Le scanner coronaire sur des dispositifs hybrides est acquis en utilisant des protocoles standard
[10][11][12]. Pour réduire la dose de rayonnement, il est important d'ajuster le voltage au
morphotype du patient. Ainsi, une réduction du voltage du tube de 120 kV à 100 kV doit être
157
envisagées chez les patients de moins de 85 kg ou ayant un indice de masse corporelle inférieur à
30 kg/m2, et une réduction à 80 kV peut être envisagée chez des patients plus minces[13]. Un
voltage et une tension de tube plus élevées peuvent être envisagées chez les personnes obèses pour
améliorer le rapport signal/bruit. Dans les indications d’imagerie coronaire (par opposition à une
imagerie valvulaire), en cas de synchronisation rétrospective, il est recommandé d’utiliser la
modulation de la dose avec un courant de tube faible pendant les phases systoliques qui ne sont
généralement pas utilisées pour l’imagerie des artères coronaires[11][12]. L’intensité du courant
du tube varie de 150 à 350 mA en fonction des modulations en cours d’acquisition.
En termes d’agent de contraste, on préfèrera les produits de contraste iodés à haute concentration
d'iode (300 mg d’iode/mL et plus). La question du choix d’un produit de contraste à basse ou haute
osmolalité pour la prévention de la néphrotoxicité est encore une question de débat. Le produit de
contraste est administré par voie intraveineuse à une vitesse de 4-5 mL/s. La quantité de matériau
de contraste utilisé varie (80-120 mL) sur la base du débit sélectionné, la longueur de balayage
dans l’axe z, le type de scanner et le mode de balayage sélectionné (synchronisation à
l’électrocardiogramme rétrospective ou prospective).
158
– 120 kV.
La préparation du patient passe par la mise en place d’une voie veineux de gros calibre (18–20G),
idéalement au niveau de l’avant-bras, permettant un débit suffisant (4–5 mL/min) pour une
opacification correcte des artères coronaire et des cavités cardiaques. Le poignet doit être évité en
raison du risque d'extravasation du produit de contraste.
Outre la localisation de structure vasculaires, et notamment des vaisseaux de petit et moyen calibre,
l’angioscanner réalisé de façon contemporaine aux acquisitions de médecine nucléaire, permet
d’analyser la morphologie de la paroi vasculaire. L’angioscanner est acquis en apnée, avec une
épaisseur de coupes de 1,5 à 2 mm, sans synchronisation à l’électrocardiogramme sauf en cas
d’étude de l’aorte ascendante, qui requiert une synchronisation à l’électrocardiogramme de façon
à s’affranchir du flou cinétique induit par les mouvements cardiaques. Les paramètres
recommandés pour ce type de scanner sont une intensité de 80 à 120 mA et un voltage du tube de
100 (pour l’aorte thoracique) à 120 kV (pour l’aorte abdominale).
En termes d’agent de contraste, on préfèrera les produits de contraste iodés à haute concentration
d'iode (300 mg d’iode/mL et plus). La question du choix d’un produit de contraste à basse ou haute
osmolalité pour la prévention de la néphrotoxicité est encore une question de débat. Le produit de
contraste est administré par voie intraveineuse à une vitesse de 4-5 mL/s. La quantité de matériau
de contraste utilisé varie (80-120 mL) sur la base du débit sélectionné, la longueur de balayage
dans l’axe z, le type de scanner et le mode de balayage sélectionné (synchronisation à
l’électrocardiogramme rétrospective ou prospective).
3. Références
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CT angiography. AJR Am J Roentgenol. 2010 Sep;195(3):649–54.
161
Figure 1. Recalage des images de perfusion en TEMP (SPECT) sur les images TDM pour la
correction d’atténuation
Homme de 52 ans, 1m72 pour 78 Kg (IMC 26,4), adressé pour suivi de cardiomyopathie
ischémique (antécédent d’angioplastie percutané de l’artère circonflexe).
Paramètres TDM : coupes 5 mm, intensité du tube 40 mA, voltage du tube 100 kV
162
Figure 2. Perfusion myocardique en TEMP (SPECT) avant et après correction de
l’atténuation par la TDM.
Homme de 67 ans, 1m67 pour 84 Kg (IMC 30,1), adressé pour suivi de cardiomyopathie
ischémique (antécédent d’infarctus du myocarde antérieur revascularisé par angioplastie
percutanée de l’artère interventriculaire antérieure).
Une acquisition TDM faible dose à faible résolution, non synchronisée à l’ECG et en respiration
libre est réalisée pour la correction de l’atténuation tissulaire des acquisitions TEMP.
Paramètres TDM : acquisition thorax, épaisseur de coupe 5 mm, intensité du tube 40 mA, voltage
du tube 100 kV
Perfusion myocardique en TEMP (SPECT) avant (A) et après (B) correction de l’atténuation.
163
Figure 3. Score calcique coronaire
Homme de 68 ans, 1m66 pour 65 Kg (IMC 23,6), adressé pour dyspnée d’effort d’apparition
récente dans un contexte de diabète de type 2 et de tabagisme actif.
Réalisation d’une acquisition TDM faible dose synchronisée à l’ECG et en apnée pour la mesure
du score calcique coronaire.
Paramètres TDM : acquisition thorax, épaisseur de coupe 3 mm, intensité du tube 40 mA (mA
adaptatif), voltage du tube 120 kV
Sur les coupes multi-plans, visualisation des calcifications de l’artère interventriculaire antérieure
(A, flèche rouge). Sur les images scanographiques après seuillage à 130 Unités Hounsfield,
identification des calcifications coronaires (A, violet).
164
Figure 4. Fusion d’images de scintigraphie au leucocytes marqués et de TDM pour
localisation anatomique mettant en évidence l’infection du point d’entrée cutanée du câble
d’alimentation d’une assistance mono-ventriculaire gauche.
Homme de 68 ans, 1m66 pour 65 Kg (IMC 23,6), adressé pour dyspnée d’effort d’apparition
récente dans un contexte de diabète de type 2 et de tabagisme actif.
Réalisation d’un TDM non synchronisé à l’ECG, en apnée, avec une résolution et une intensité
intermédiaire, pour la localisation anatomique du signal détecté en TEMP
Paramètres TDM : acquisition thorax et abdomen, épaisseur de coupe 3,75 mm, intensité du tube
110 mA, voltage du tube 120 kV
A. Coupes coronales ; B. Coupes sagittales ; C. Coupes axiales avec de haut en bas : images TDM,
images TEMP (SPECT), fusion des images ; D. Reconstruction ‘maximum intensity projection’
des images TEMP (SPECT) (en bas) et fusion avec les images TDM (en haut).
165
Figure 5. Reconstruction multi-plans d’un coroscanner réalisé après une scintigraphie de
perfusion myocardique douteuse.
Femme de 49 ans, 1m68 pour 64 Kg (IMC 22,7), adressée pour bilan de douleurs thoraciques
Réalisation d’une acquisition TDM synchronisée à l’ECG, en apnée, avec une intensité et une
résolution spatiale élevées et durant l’injection d’un agent de contraste iodé.
Paramètres TDM : acquisition thorax, épaisseur de coupe 0,5 mm, intensité du tube 90/250 mA,
voltage du tube 100 kV, synchronisation retrospective à l’électrocardiogramme, injection de 100
mL d’agent de contraste iodé
Reconstruction iterative.
166
167
III.7. PEDIATRIE
Lorsqu’une TEMP/TDM ou une TEP/TDM est réalisée chez un enfant, les temps d’examens sont
tels que des mouvements sont à craindre et donc qu’une immobilisation est obligatoire. La
spécificité du contexte pédiatrique doit faire rappeler les points suivants qui sont essentiels :
• L’immobilisation est essentielle et effectuée au moyen de systèmes de contention
pédiatriques adaptés, tels les matelas-coquille ou berceaux avec cales en mousse. Ces contentions
ne doivent toutefois pas occasionner de douleurs.
• La sédation : Avec des techniques de contention adaptées chez le nourrisson et des
techniques de distraction (films, DVD, musique) chez les jeunes enfants, il est possible de réaliser
l’intégralité des acquisitions sans avoir recours obligatoirement à une sédation. Certaines équipes
reportent toutefois la possibilité d’avoir recours à une sédation, si besoin en utilisant l’Atarax®
qui peut être utilisé chez les enfants de plus de 6 mois afin de favoriser l’endormissement durant
l’acquisition des images,
• Un environnement adapté (jeux, DVD, musique dans la salle d’attente et dans la salle
d’examen) est recommandé
• Avant 3 à 6 mois, la réplétion gastrique réalisée juste avant l'examen suffit en règle pour
obtenir l'endormissement
• La présence des parents dans la salle d’examen (sauf mère enceinte), avec port d’un tablier
plombé et d’un dosimètre opérationnel est souvent utile pour calmer et rassurer l'enfant
• Une équipe de manipulateurs entrainée aux examens de pédiatrie est très importante et
recommandée pour la réalisation des examens pédiatriques.
On rappellera ici que dans tous les cas, la réalisation d’une TDM couplée est le choix exclusif du
médecin nucléaire qui doit justifier de son indication. En pédiatrie, plus qu’en imagerie adulte, on
s’attachera à réaliser et interpréter les examens de MN en tenant compte des examens réalisés.
Ainsi, si une imagerie radiologique (scanographique ou IRM récente est disponible, un scanner
168
niveau 2 pourra éventuellement être jugé acceptable). Dans le cas contraire, un scanner niveau 3
sera souvent préféré. [1-8]
Il y a un consensus actuel pour établir qu’il n’y a pas d’indication validée de la TDM couplée pour
les examens scintigraphiques suivants :
- Scintigraphie rénale
- Scintigraphie thyroïdienne (pathologie bénigne)
- Scintigraphie myocardique, ventriculographie isotopique
- Scintigraphie pulmonaire
- Recherche de saignement digestif
- Spondylolisthésis par lyse isthmique: Une spondylolyse isthmique est par définition une perte
de continuité de l’isthme articulaire (pars interarticularis), partie osseuse située entre les apophyses
articulaires supérieure et inférieure de chaque côté de l’arc vertébral postérieur. Elle survient le
plus souvent au niveau lombaire bas.
169
La scintigraphie osseuse permet de mettre en évidence la lyse osseuse en montrant une
hyperfixation uni ou bilatérale et permet de déterminer son caractère récent. La TEMP/TDM est
indiquée en raison de la faible sensibilité de la scintigraphie osseuse en mode planaire et met le
plus souvent en évidence l’hyperfixation qui se projette au niveau de la lyse uni ou bilatérale.
TDM couplée : niveau 2/3
- Hyperplasie condylienne : la TEMP/TDM centrée sur les condyles est souvent très utile dans
cette indication, en raison des phénomènes de superposition anatomique, gênant l’interprétation
de cette région en scintigraphie osseuse planaire.
TDM couplée : niveau 2/3
170
La scintigraphie osseuse a été longtemps utilisée dans cette indication, mais, la TEP/ TDM au FDG
est la technique d’imagerie qui est de plus en plus utilisée du fait d’une haute sensibilité et d’une
meilleure spécificité que la scintigraphie osseuse et que la TDM. Il a été montré que la TEP FDG
permettait de détecter toutes les lésions osseuses de l’histiocytose langerhansienne, de différencier
les lésions actives des lésions quiescentes et de mettre en évidence une négativation de la fixation
du FDG après traitement, de façon plus précoce qu’en scintigraphie osseuse [12, 13].
TDM couplée : niveau 2/3
2.3. Neuroblastome :
Scintigraphie 123I-MIBG.
Acquisitions planaires : Chez les enfants mesurant plus d’un mètre, un balayage corps entier est
réalisé et complété par une acquisition statique du crâne en profil droit et gauche. Chez les enfants
171
de moins d’un mètre, des acquisitions statiques antéro-postérieures, incluant la tête et le cou, les
profils de crâne, le thorax, l’abdomen, la région pelvienne, les membres inférieurs et supérieurs
sont réalisées.
Acquisitions TEMP/TDM
L’imagerie hybride permet de mieux caractériser et localiser certaines hyperfixations. L’apport
diagnostique de la TEMP/TDM s’explique par une meilleure détection des petites lésions, surtout
au sein et à proximité d’organes ayant une forte captation physiologique de la MIBG (glandes
salivaires, foie, rate, surrénales, cœur et vessie). L’utilisation de la TEMP/TDM permet ainsi la
certitude d’interprétation de la scintigraphie 123I-MIBG, en réduisant le taux d’interprétation
« faussement » positives ou négatives. [14-17]
Dans l’évaluation post-chirurgicale du neuroblastome, l’imagerie morphologique standard ne peut
faire la différence entre remaniements, distorsions post-opératoires, nécrose, inflammation ou
maladie résiduelle. La TEMP/TDM permet de déterminer avec précision si l’anomalie
morphologique concentre la 123I-MIBG, en faveur de tissu tumoral viable, ou non.
TDM couplée : niveau 2/3
La TEP-FDG est l’examen de référence pour les 10% de neuroblastomes ne captant pas la MIBG
TDM couplée : niveau 2/3
Avant de programmer une TDM couplée, il est impératif de déterminer si l’acte scanographique
est justifié pour répondre à la question clinique.
Il est nécessaire d’adapter le paramétrage de la TDM couplée lors des examens réalisés en
pédiatrie. Ce paramétrage doit rester compatible avec les critères de qualités de l’image afin de
permettre de répondre aux questions cliniques justifiant l’examen.
En pratique, en pédiatrie, il est nécessaire de :
172
- Bien centrer le patient,
- Optimiser le topogramme (dose et longueur adaptées)
- Choisir la tension la moins élevée en tenant compte du volume exploré: En pédiatrie,
ces techniques d’acquisition à faible kV sont devenues la norme
- Diminuer la charge délivrée (par exemple en diminuant l’intensité mA, en baissant le
temps de rotation et en augmentant le pitch)
- Limiter le volume exploré (champ de vue, nombre de coupes) à la plus petite région
possible
- Adapter l’épaisseur de coupes à l’épaisseur de reconstruction souhaitée (coupes fines
à utiliser avec précaution)
De plus, il est recommandé d’utiliser les systèmes de modulation automatique de la dose afin de
réduire les doses délivrées, bien que son intérêt soit très limité pour les nouveau-nés. Les
techniques employées peuvent être basées sur la modulation en fonction du gabarit du patient, en
fonction de l’atténuation selon la position en z et la modulation en temps réel en fonction de
l’atténuation mesurée selon le plan de coupe xy.
Comme chez l’adulte, l’affichage de l'indice de dose scanographique volumique (IDSV ou
CTDIvol) et du Produit Dose-Longueur (PDL) est obligatoire. L’affichage de l'IDSV et du PDL
permet un contrôle de l’optimisation des protocoles et une comparaison des pratiques en se basant
sur les valeurs étalonnées sur des fantômes.
En cas d’utilisation du TDM en niveau 4, la publication des niveaux de référence diagnostique
(NRD) pour les examens TDM dédiés à la pédiatrie, sont basés sur 3 catégories de poids et 5
examens et permettent de suivre ces recommandations pour la pratique quotidienne.[18]
L’utilisation de caches n’est pas recommandée avec l’utilisation des systèmes de modulation
automatique de la dose.
173
3.2. Exemples de paramétrage de la TDM couplée dans des examens pédiatriques
Paramétrages TEMP/TDM pour une scintigraphie osseuse en fonction de l’âge. Champ de vue
abdomino pelvien. Caméra GE Health care. Discovery NM 670:
Paramétrages TEMP/TDM centré sur l’abdomen pour une scintigraphie 123I-MIBG en fonction
de l’âge de l’enfant. Champ de vue abdomino pelvien. Caméra GE Health care. Discovery NM
670:
174
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176
177
Spondylodiscite
178
Ostéomyélite du tibia
179
Ostéite du calcaneus
Même patiente que précédemment deux ans plus tard. Enfant fille de 11 ans. 46 kg, cm.
Douleur de la cheville gauche
TEMP GE Discovery 670 16 coupes
Scanner niveau 3: 80 kV; 30-150 mA AutomA / SmartmA; Index de bruit 35; Coupes 16 x 1,25
mm; pas 0,938; temps de rotation 0,8 s; Matrice 512;
Reconstruction: filtre "os"; épaisseur 2,5 mm/incrément 1,25 mm
IDSV 0,5 mGy; PDL: 56 mGy.cm
Commentaire: Ostéomyélite du cops du calcanéus
180
Ostéite du cuboïde
181
Epiphysiolyse de tête fémorale
182
Commentaire: Epiphysiolyse fémorale supérieure gauche intensément hyperfixante, avec
composante hyperémique et minime glissement vers le bas de la tête fémorale, sans argument pour
une ostéochondrite associée.
183
Maladie de Still
184
Sarcome d'Ewing
185
Lymphome de Hodgkin
186
Neuroblastome
Enfant de 3 ans opéré d’un neuroblastome surrénalien droit, deux ans auparavant. Surveillance
après chirurgie. (a) La Scintigraphie 123I-MIBG en mode TEMP/TDM ne retrouve aucune
captation de la 123I-MIBG en lieu et place d’un tissu résiduel de l’espace infra médiastinal
postérieur. Cette absence de captation est très difficile à analyser sur la scintigraphie 123I-
MIBG en mode balayage corps entier (b).
Scintigraphie 123I-MIBG (methaiodobenzylguanidine) : injection IV lente sur un temps de 5
minutes au niveau du pli du coude droit de 90 MBq de 123I-MIBG (5 MBq/Kg de 123I-MIBG)
selon les recommandations de l’EANM Pediatric Task Group. Poids : 17 kgs. Imagerie 24 h
après injection
Caméra GE Health care Discovery NM 670 (2012)
Paramètres de la TEMP/TDM: 60 projections, mode continu (3°/pas, 25s/pas), matrice 128 x 128
Champ de vue thoraco-abdominal
Scanner niveau 2
80 kV; 100 mA ; 16 coupes
Collimation 2,5 mm/incrément 1,25 mm 2.5/1.25 ; Pas et vitesse (pitch) : 1.375 ;
Reconstruction: ASIR 40% ; IDSV = 3.83 mGy ; PDL = 148 mGy.cm
187
Neuroblastome
Enfant de 6 ans présentant un neuroblastome surrénalien gauche découvert lors d’un bilan
d’hypertension artérielle.
a : Scintigraphie 123I-MIBG (methaiodobenzylguanidine) : injection IV lente sur un temps de 5
minutes au niveau du pli du coude droit de 115 MBq de 123I-MIBG (5 MBq/Kg de 123I-MIBG)
selon les recommandations de l’EANM Pediatric Task Group. Poids : 23 kgs. Imagerie réalisée
24 h après injection Caméra GE Health care Discovery NM 670 (2012)
Neuroblastome ne captant pas ou très peu la MIBG (flèches).
188
b-e : TEP/TDM corps entier au 18F-Fluorodeoxyglucose (18F-FDG) .Injection de 105 MBq de
18 FDG (18-Fluorodéoxyglucose) dans une veine du pli du coude gauche. Poids =23 Kgs ; 120
cms
Caméra TEP Philips Gemini GXLi 16 (2005). Imagerie 1 h après injection.
Neuroblastome de la loge surrénalienne gauche intensément hypermétabolique (SUVmax = 7.4),
hétérogène, nécrotique. La TDM couplée permer ici la localisation.
Scanner niveau 2
16 coupes ; Acquisition corps entier ; 100kV, modulation de mAs (moyenne de 50 à 60mAs pour
le poids) ; Reconstruction: Epaisseur 2.5mm, increment 1.25 mm sur les reconstructions (abdo et
poumon)
IDSV = 5.3 mGy ; PDL = 175 mGy.cm
189
III. 8. PRODUITS DE CONTRASTE IODÉS (PCI)
1. Introduction
L’imagerie radiologique et notamment scanographique repose sur l’identification des différences
de densité entre les tissus. Contrairement aux os et aux tissus aériques qui présentent spontanément
un contraste élevé, la différence de densité entre les tissus mous est faible et le contraste spontané
peu important. Le but de l’utilisation de produits de contraste iodés est d’augmenter ce contraste
naturel par introduction d’un contraste artificiel.
L'utilisation de produits de contraste iodés n'est pas l'apanage des spécialistes de radiologie. En
effet, de nombreuses spécialités injectent des PCI dans leur pratique quotidienne (Cardiologie,
Chirurgie, Radiothérapie). L'administration de PCI en médecine nucléaire se conçoit dans le cadre
de pratiques de TDM de niveau 3 et 4.
L’utilisation des PCI en médecine nucléaire dans le cadre des examens de TEMP/TDM ou
TEP/TDM est soumise à l’évaluation pour chaque patient du rapport bénéfice-risque, tenant
compte des examens qui ont déjà eu lieu, de leurs résultats et de leur disponibilité/accessibilité le
jour de l'examen de MN. Les bénéfices attendus d’une injection de PCI sont une amélioration
globale des performances diagnostiques de l’examen.
2. Réglementation
Les produits de contraste sont considérés comme des médicaments, délivrés par un pharmacien
uniquement sur prescription médicale. (Liste I).
L’HAS estime le service médical rendu comme important pour les PCI à faible osmolalité ou iso-
osmolaire. Le service médical rendu est insuffisant pour les PCI à haute osmolalité utilisés par
voie vasculaire. Le taux de remboursement est de 65%. Le coût extra-hospitalier d’un kit
190
comprenant 100 mL de PCI, les tubulures et seringue nécessaires à l’injection est d’environ 40-45
euros.
L’article R4351-2 du code de santé publique précise qu’un manipulateur est habilité à pratiquer
l’administration de médicaments (PCI, radiopharmaceutiques) sous la responsabilité d’un
médecin. Une prescription médicale individuelle ou un protocole écrit sont obligatoires. De plus,
un médecin doit pouvoir intervenir à tout moment. La notion de présence dans la salle a disparu
lors de la mise à jour. Le manipulateur participe aussi au recueil des informations du patient, des
données nécessaires à la sécurité de l’examen et à la traçabilité des médicaments. Il peut réaliser
en cas d’urgence les actes conservatoires nécessaires.
L’article L1142-1 du code de santé publique précise que les professionnels de santé ne sont
responsables des conséquences dommageables d’actes de diagnostic qu’en cas de faute. Cette faute
peut être recherchée à toutes les étapes de la prise en charge du patient (information et
consentement, indication et réalisation de l’examen, interprétation et compte rendu, prise en charge
des complications et surveillance). Le compte rendu doit comprendre un paragraphe technique
avec le nom, la quantité, la voie d’administration, le numéro de lot et les éventuels effets
secondaires liés à l’injection de PCI.
Tout centre utilisant les PCI doit disposer du matériel de réanimation et posséder les compétences
pour traiter la survenue de réactions sévères à l’injection de PCI.
L’iode majore l’atténuation du faisceau de rayons X essentiellement par effet photo électrique
essentiellement en raison du numéro atomique élevé de l’iode (Z=53). L’absorption est
directement corrélée à la concentration en iode présente.
La structure de base des PCI est un noyau benzénique auquel sont rattachés 3 atomes d’iode en
position 2, 4 et 6 et des chaines latérales en position 1, 3 et 5. Ce sont elles qui confèrent la
spécificité du produit.
Les PCI disponibles sont des monomères tri-iodés non ioniques (XENETIX, OPTIJECT,
OPTIRAY, OMNIPAQUE, IOPAMIRON, IOMERON, ULTRAVIST) et un dimère hexa-iodé
non ionique (VISIPAQUE).
191
Monomère tri-iodé non ionique Dimère hexa-iodé non ionique
En pratique, sont utilisés en intravasculaire exclusivement des agents non ioniques de basse
osmolalité ou iso-osmolaires.
Après injection, la distribution est rapide du fait du caractère hydrophile avec une phase vasculaire
de l’ordre de quelques secondes et une phase interstitielle de l’ordre d’une minute correspondant
à la diffusion du PCI vers le secteur interstitiel.
192
4. PCI et toxicité rénale
L’utilisation de PCI par voie vasculaire entraine de façon quasi systématique une élévation de la
créatininémie dans les 24h avec un pic vers le 4e jour et un retour au taux basal dans les 10 jours.
Il est très important de signaler qu’il n’y a pas de contre-indication absolue liée à l’état rénal du
patient. Le rapport bénéfices/risques est toujours à évaluer par le médecin avant d’injecter un PCI
à un patient.
La néphropathie induite par les produits de contraste (NIPC) peut survenir en l’absence de tout
antécédent mais elle est plus fréquente en cas d’insuffisance rénale chronique, de diabète, de
déshydratation et de prise de traitement néphrotoxique. La NIPC se définit comme une altération
aiguë de la fonction rénale après l’administration d’un produit de contraste en l’absence d’autres
causes. Elle correspond à une augmentation de la Créatininémie ≥ 44,2 µmol/l (≥ 0,5 mg/dL) ou
25 % au-dessus de la valeur initiale dans un délai de 3 jours après l’administration intravasculaire
du produit de contraste.
La fonction rénale doit être vérifiée dans les jours précédant la réalisation de l’examen en cas
d’insuffisance rénale connue, de pathologie rénale y compris pathologie tumorale ou
transplantation, de diabète, de prise de médicament néphrotoxique, notamment chimiothérapie ou
AINS, d’hypertension, de myélome et d’une façon générale chez tous les patients de plus de 65
ans.
Diabète
Déshydratation
Myélome multiple
193
>65 ans
Hyperuricémie
Les facteurs de risque de l'insuffisance rénale induite par les PCI doivent être recherchés
systématiquement. En leur présence, un dosage de la créatininémie (+/- urée) sera réalisé avant et
48 à 72h après l'injection de PCI et la clairance sera calculée selon la formule de Cockcroft. La
prévention des complications rénales des PCI passe principalement par une hydratation parentérale
au sérum salé isotonique préalable à l’examen.
Chez tous les patients, un intervalle de 3 à 5 jours entre deux injections successives de PCI est
préférable.
Chez les patients présentant un ou plusieurs facteurs de risque (Diabète, hypo/hypertension, âge,
insuffisance cardiaque, hydratation, médicaments potentiellement néphrotoxiques) ou une
clairance de la créatinine entre 30 et 60 ml/mn, une alternative à l'injection de PCI sera recherchée,
des PCI de basse osmolalité doivent être employés.
Si la clairance de la créatinine est inférieure à 30 ml/mn, l'injection de PCI est a priori récusée en
l'absence de nécessité absolue, situation exceptionnelle en médecine nucléaire.
Chez les patients dialysés, en cas d'hémodialyse ou de dialyse péritonéale, l'injection de PCI est
programmée indépendamment des séances de dialyse, et il n'est pas nécessaire de prévoir une
séance de dialyse supplémentaire sauf indication spécifique en particulier d'ordre volémique et/ou
cardiovasculaire.
194
5. PCI et diabète
Le risque est celui d’acidose lactique par diminution de la clairance rénale. En pratique, il est
recommandé d’interrompre les médicaments contenant de la METFORMINE* le jour de l’examen
puis durant les 48 heures suivant l’administration de PCI et de ne les réintroduire qu’après
vérification de la créatinine plasmatique en externe. Ceci implique de remettre au patient une
prescription pour ce bilan et de définir qui va vérifier cette créatinine – habituellement le médecin
traitant qui doit donc être informé (* DIABAMYL, EUCREAS, GLUCOPHAGE,
GLUCOVANCE, JANUMET, KOMBOGLYZE, METFORMINE, STAGID et VELMETIA).
L’impact potentiel sur la fonction cardiaque est lié à la surcharge volumique par augmentation du
volume intra vasculaire due à l’osmolalité et à la quantité de produit de contraste injecté.
D’une façon générale, la tolérance des PCI est liée à l’osmolalité, à l’hydrophilie, mais aussi à la
structure de la molécule et l’on recommande d’utiliser des produits non ioniques de basse
osmolalité ou iso-osmolaires (VISIPAQUE 320 mg/150 ml).
7. PCI et thyroïde
Les effets secondaires potentiels sur la thyroïde sont liés à la possible interférence de l’iode libre
sous forme de iodures avec le métabolisme thyroïdien, la quantité de iodures associée à une
injection de PCI est très supérieure aux apports alimentaires habituels (apports journaliers
recommandés de 150 µg/jour).
Hypothyroidie : elle peut s’observer notamment en cas de thyroïdite auto immune par absence
d’échappement au blocage de l’organification (effet Wolff-Chaikoff).
195
La réalisation d’une scintigraphie thyroïdienne ou l’administration d’un traitement par iode
radioactif doivent précéder l’utilisation de PCI ou sinon doivent être retardées de l’ordre de 3 – 4
semaines.
L’utilisation de PCI chez la femme enceinte, outre le risque de dysthyroïdie chez la mère, pose le
problème de leur passage au travers de la circulation materno-fœtale. La littérature est assez pauvre
à ce sujet, il ne semble pas exister plus d’hypothyroïdie néonatale après exposition in utero aux
PCI [1]. Par précaution, notamment vis-à-vis des effets à long terme, l’exposition d’un fœtus aux
PCI doit être évitée autant que possible. Cet aspect explique en partie pourquoi la scintigraphie de
ventilation/perfusion est préférée à l'angioscanner pour le diagnostic d'embolie pulmonaire chez la
femme enceinte.
Si l’examen avec injection de PCI est réalisé après 12 semaines d’aménorrhée, la surcharge iodée
ponctuelle peut bloquer la synthèse des hormones thyroïdienne et entrainer une hypothyroïdie
transitoire avec des effets potentiels néfastes sur le développement cérébral. Le problème est
identique pour l’utilisation des PCI chez les nouveau-nés, en particulier prématurés, qui présentent
une glande thyroïde encore immature [2]. En cas d’exposition aux PCI pendant les périodes ante
ou néo-natale, une surveillance de la fonction thyroïdienne est nécessaire pendant 3 à 4 semaines.
A noter que l’utilisation des antiseptiques locaux à base de dérivés iodés, type povidone iodée, est
à l’origine d’une surcharge iodée néfaste et est contre-indiquée chez le nouveau-né (<1 mois) et
déconseillée chez la femme enceinte ou allaitante.
8. Allergie et PCI
La seule contre-indication absolue à l’utilisation de PCI chez un patient est la présence d’un
antécédent de réaction allergique non exploré en allergologie. Il n’y a pas d’allergies croisées entre
l’allergie aux PCI, la povidone iodé (Bétadine) et les poissons ou autres fruits de mer.
En effet, ces réactions n’ont rien à voir dans leur déclenchement avec l’iode et ne sont pas à risque
plus élevé que les autres allergies vis-à-vis d’une administration de PCI.
Il existe des réactions anaphylactiques (allergiques vraies) ou des réactions anaphylactoïdes aux
PCI.
196
d’hypersensibilité, on observe une concentration d’histamine, de leucotriènes et de tryptase élevés
au décours de l’épisode et/ou des tests cutanés positifs.
La survenue d’une réaction d’hypersensibilité d’une façon générale est d’autant plus fréquente
qu’il existe un antécédent de réaction suite à l’administration de PCI qui augmente beaucoup le
risque de survenue d’une complication du même type, de la même façon qu’un terrain atopique
avec antécédent d’asthme, de dermatite ou d’urticaire. Toute réaction d’hypersensibilité immédiate
doit faire l’objet d’un bilan allergologique.
Il faut faire la part des choses dans les antécédents. La notion d’une allergie avec symptomatologie
mineure n’augmente pas le risque global de même qu’un asthme contrôlé par le traitement ne
constitue pas une contre-indication. A l’inverse, une atopie sévère avec multiples allergies voire
antécédent anaphylactique nécessite la réalisation d’un bilan spécifique en soulignent qu’un
antécédent de réaction anaphylactique à un autre médicament ne constitue pas un facteur de risque
pour une réaction anaphylactique après PCI
La notion d’allergie à l’iode doit être explicitée ; l’allergie au PCI n’a rien à voir avec l’iode (notion
classique et erronée d’allergie à l’iode) et il faut faire la part des choses entre un antécédent
d’allergie lors d’une administration de PCI iodé et un antécédent d’allergie lors d’une
consommation de fruits de mer ou une allergie à la Bétadine iodée ou apparentés. En effet, ces
réactions n’ont rien à voir dans leur déclenchement avec l’iode et ne sont pas à risque plus élevé
que les autres allergies vis-à-vis d’une administration de PCI iodé.
Les réactions sont immédiates ou tardives. Les réactions immédiates qui surviennent
habituellement dans l’heure et souvent dans les 5 premières minutes sont représentées par des
signes cutanés (urticaire, érythème, signes digestifs, dyspnée et signes cardio-vasculaires,
hypotension et tachycardie voire collapsus cardio vasculaire ; les réactions tardives qui peuvent
survenir entre 1H et 1 semaine après sont essentiellement cutanées. L’évaluation de la gravité
repose sur la classification de Ring et Messmer avec 4 grades de I à IV en fonction des signes
observés. Les prémédications n’ont pas fait la preuve de leur efficacité sur les accidents graves.
197
La prise en charge de ces complications fait appel à l’arrêt de l’injection de PCI, l’appel au médecin
réanimateur, au conditionnement du patient, au remplissage vasculaire et à l’adrénaline en cas de
bronchospasme sévère ou d’hypotension : 0.1 mg par 0.1 mg en IV toutes les 1 à 2 minutes suivant
la réponse (ampoule de 1 mg diluée dans 10 ml) ou 1 mg en sous-cutané si pas de voie veineuse.
Les équipes doivent être vigilantes de façon à détecter le plus tôt possible la survenue de ce type
de complication et une procédure écrite doit être disponible. Il est PRIMORDIAL que l'ensemble
de l'équipe (MER et MN) soient parfaitement formés à la problématique (incluant : technique de
préparation, techniques d'injections, gestes et CAT reflexes paramédicaux et médicaux en cas
d'incident ou d'accident, présence et connaissance du chariot d'urgence et de sa mise en œuvre,
formation continue aux gestes de premiers secours, procédures d'appel des équipes de réanimation
(incluant les exercices en milieu hospitalier public ou libéral.
Tableau: Critères de Sampson et al. [3]. Une anaphylaxie est probable quand l’une de ces
trois situations cliniques apparaît brutalement.
- Atteinte respiratoireb
- Atteinte cutanéomuqueusea
- Atteinte respiratoireb
198
- De 1 à 10 ans, PAS < 70 + (2 x âge) mmHg
- Adulte, PAS < 90 mmHg ou baisse de plus de 30 % par rapport à sa valeur habituelle
9. Extravasation de PCI
Une extravasion correspond à l’issue du PCI hors de la lumière vasculaire avec diffusion dans les
tissus interstitiels.
Une extravasation est généralement bien tolérée mais peut être source de douleurs, de
complications sévères à type d’ulcérations cutanées, de lésions de nécrose tissulaire ou de survenue
de troubles de la perfusion distale par syndrome des loges ; la gravité dépend notamment de la
quantité de PCI ayant diffusé, de l’osmolalité du PCI, de la faible abondance de tissu sous cutané
et de la présence de troubles trophiques.
Afin de prévenir l’extravasation de PCI, il faut éviter d’utiliser une voie veineuse déjà en place,
préférer une veine du pli du coude et éviter la main ou le pied, éviter toute compression du membre
perfusé et surveiller le début d’injection (surveillance visuelle et tactile en particulier chez les
enfants et les patients ayant une altération de la conscience). La voie veineuse doit être testée par
l’injection de sérum physiologique avant le passage du produit de contraste. Il est important de
prévenir le patient de se manifester en cas de douleur au site d’injection et de stopper rapidement
l’injection si besoin.
199
glace et le membre). La surveillance devra s’exercer dans les heures qui suivent jusqu'au
lendemain et il faudra donc définir qui effectue cette surveillance selon si le patient est hospitalisé
ou non.
Les signes de gravité doivent être recherchés : syndrome des loges, troubles vasculaires,
neurologiques, trophiques. Un volume >100mL surtout si un PCI à forte charge osmotique a été
utilisé est un signe de gravité. En cas de complication un avis chirurgical doit être demandé. Les
complications graves des extravasations restent rares. Cette complication doit faire l’objet d’une
déclaration d’accident et d’une déclaration en pharmacovigilance.
Initialement, il avait été mis en avant que le PCI en augmentant la densité vasculaire et celle des
tissus était à l’origine d’une sur-correction d’atténuation et qu’il fallait donc en parallèle à une
acquisition avec PCI réaliser un scanner de niveau 1 dit de correction d’atténuation. Or, il a été
montré que cette variation de la quantification (SUV) sur certains tissus sains comme le foie n’avait
pas d’impact sur les lésions elles-mêmes tant vis-à-vis de l’analyse visuelle que de la SUV, et ce,
quelle que soit la concentration en iode du PCI [4]. Cela a été démontré en TEP avec le FDG et le
FES, et en TEMP, notamment avec l’Octréotide.
Il est rappelé l’importance de l’information délivrée au patient dès sa prise de rendez-vous. Une
information préalable écrite sous forme de fiche (Annexe 1) doit être complétée le jour même par
une information orale. L’obtention d’un consentement éclairé est obligatoire. Un questionnaire
listant les contre-indications à l’injection de PCI et les facteurs de prédispositions aux
complications aide à repérer les patients ne devant pas être injecté (Annexe 1). Ces fiches ont été
adaptées aux pratiques de médecine nucléaire à partir de celles du CIRTACI, comité
interdisciplinaire de recherche et travail sur les agents de contraste en imagerie, disponibles sur le
site internet de la société française de radiologie.
Pour rappel, parmi les précautions à prendre pour prévenir l’insuffisance rénale liée aux PCI, il
faut limiter leur utilisation chez les patients à risque et/ou présentant une clairance de la créatinine
inférieure à 60mL/mn. Le dosage de la créatininémie doit être récent (inférieur à 3 mois, voire 1
mois) et peut être effectué en laboratoire ou directement en salle à l’aide d’un lecteur capillaire.
Chaque injection de PCI doit être espacée de 5 jours. L’hydratation du patient avant et après
l’injection du PCI est importante. Les patients diabétiques sont particulièrement à risque
200
d’insuffisance rénale. Pour éviter la survenue d’une acidose lactique par diminution de la clairance
de la metformine, ce traitement et ses dérivés doivent être arrêtés pendant 48h après l’injection et
réintroduit après contrôle de la fonction rénale.
Après l’administration d’un produit de contraste, le patient doit rester en observation au moins 30
minutes, car la majorité des effets indésirables graves surviennent dans ce délai. Le patient doit
être prévenu de la possibilité de réactions retardées (jusqu’à 7 jours).
Deux paramètres doivent être définis pour l’injection de PCI : le volume de PCI à administrer et
le débit de l’injection.
Le volume d’iode, et donc de produit de contraste, doit être adapté au poids du patient. Le débit
d’injection, quant à lui, conditionne à quantité injectée constante, l’intensité du pic de
rehaussement et sa durée ; contrairement aux examens proprement vasculaires, un rehaussement
vasculaire prolongé est à préférer pour la réalisation des examens TEP, soit des débits de l’ordre
de 2 mL/s au lieu de 4 mL/sec.
On pourra utiliser par exemple pour les adultes 120 ml de produit de contraste VISIPAQUE 320
mg d’I/mL sans dépasser 150 mL et pour les examens pédiatriques, préférer VISIPAQUE 270 mg
d’I/mL, 2-3 mL/kg jusqu’à 50mL, le volume dépendant de l’âge, du poids et de la pathologie.
On pourra également utiliser du XENETIX 300 (300 mg d'I/mL) chez l'adulte et également en
pédiatrie à la dose moyenne de 1,9 mL/kg sans dépasser 150 mL ou encore de l'OPTIJECT (300
mg d'I/mL), uniquement chez l'adulte, sans dépasser 150 mL.
Les patients de médecine nucléaire sont principalement des patients fragiles (cancer, diabète,
âge…) et peuvent avoir un capital veineux altéré. Les PCI iso-osmolaires sont mieux tolérés et
posent moins de problème en cas d’extravasation. Plus le diamètre du cathéter utilisé est grand
plus le débit d’injection du PCI pourra être élevé et meilleure sera la qualité du bolus artériel. On
utilisera idéalement un cathéter rose 20 G ou, à défaut, un cathéter bleu 22 G ; l’utilisation de
cathéters de diamètre moindre est déconseillée.
201
Deux autres éléments sont introduits en marge de l’injection proprement dite du PCI :
1. temps sans contraste, « à blanc », qui permet lorsque c’est nécessaire d’évaluer la densité
spontanée d’un tissu ou d’une lésion (typiquement pour les lésions surrénaliennes) et
d’évaluer l’intensité de son rehaussement après injection du PCI.
2. temps artériel. C'est un temps très précoce (quelques secondes), destiné à établir une
cartographie vasculaire artérielle et étudier le rehaussement précoce d'un organe ou d'une
lésion. ll est obtenu par identification en temps réel de l’atteinte d’un seuil de rehaussement
prédéfini au sein d’une ROI positionnée dans un vaisseau artériel. L’arrivée du bolus
artériel peut être détectée par la réalisation de coupes successives dans le temps à intervalle
régulier juste en amont de la structure vasculaire d’intérêt (Smartprep - GE®, CARE -
bolus Siemens®, Bolus Track - Philips®). Le démarrage de l’acquisition est
préférentiellement effectué manuellement sous contrôle visuel. L’alternative est
l’utilisation d’une ROI dans la lumière vasculaire avec seuil de densité (150 -200 UH). En
MN, ce temps relève souvent du niveau 4.
3. temps interstitiel, portal ou veineux. C’est le temps parenchymateux, notamment destiné à
l'étude des lésions hépatiques et des ganglions. L’acquisition se fait 60-70 secondes après
injection du PCI. Il s'agit du temps préférentiel utilisé en MN pour des scanners de niveau
3 ou 4.
4. temps tardif défini en fonction des indications ; typiquement 3 min au niveau du foie ou 10
minutes après injection pour les lésions surrénaliennes. En MN, ce temps relève du niveau
4.
202
D’une façon générale, plusieurs approches sont envisageables vis-à-vis de l’administration du
produit de contraste couplé à un examen TEP :
1. soit une seule acquisition : elle s’effectue entre 50 et 60 secondes après le début de l’injection
ce qui constitue un compromis entre temps artériel et temps portal. C’est ce temps d’acquisition
qui est le plus couramment utilisé notamment pour l’exploration des lymphomes.
2. soit l'utilisation d’un ou plusieurs temps d’acquisition spécifiques en cas d’exploration ciblée
d’une lésion ou d’un organe. Lorsqu’une acquisition vasculaire spécifique est nécessaire,
Concernant le sens d’acquisition des hélices, l'acquisition la plus commune en médecine nucléaire
est l'acquisition cranio-caudale.
L’étude des pathologies ORL requiert un contraste élevé entre les tissus normaux et
pathologiques (tumoraux) ainsi qu’un balisage vasculaire.
Afin de mieux explorer le système digestif et les structures adjacentes (péritoine, mésentère,
ovaire…), il peut s’avérer utile d’administrer par voie orale des solutés pour distendre les structures
digestives et améliorer le contraste. Des agents dits positifs à base de PCI hydrosoluble dilué
(GASTROGRAFINE®, TELEBRIX GASTRO®) ou à base de baryte à faible concentration
(MICROPAQUE®) peuvent être utilisés. Des agents dits neutres, comme l’eau, pure ou mélangée
à des substances limitant sa réabsorption (mannitol, polyéthylène glycol, méthylcellulose ou
gomme de caroube) permettent d’obtenir un contraste négatif avec les parois digestives. En
pratique, un balisage du duodénum ne nécessite que 2 à 3 verres d’eau juste avant l’examen alors
qu’une bonne visualisation du grêle nécessite une prise de 900 à 1800 mL de liquide pendant la
phase de captation. La présence d’une concentration importante de baryte dans le tube digestif,
soit par l’utilisation d’une solution trop concentrée, soit au niveau du colon en raison de la
réabsorption d’eau, peut entrainer des artefacts de surcorrection [5]. L’utilisation d’agents neutres
est donc préférable en particulier si une injection intraveineuse de PCI est prévue. Il faut toutefois
vérifier l’absence de contre-indications (comorbidités telles qu’insuffisances rénale ou cardiaque)
et prendre en compte le possible effet diurétique associé.
204
12. Références
[1] Williams FLR, Watson J, Day C, Soe A, Somisetty SK, Jackson L, et al. Thyroid dysfunction
in preterm neonates exposed to iodine. J Perinat Med. 2017 Jan 1;45(1):135–43.
[2] Ahmet A, Lawson ML, Babyn P, Tricco AC. Hypothyroidism in neonates post-iodinated
contrast media: a systematic review. Acta Paediatr Oslo Nor 1992. 2009 Oct;98(10):1568–74.
[3] Gloaguen A, Cesareo E, Vaux J, Valdenaire G, Ganansia O, Renolleau S, et al. Prise en charge
de l’anaphylaxie en médecine d’urgence. Recommandations de la Société française de médecine
d’urgence (SFMU) en partenariat avec la Société française d’allergologie (SFA) et le Groupe
francophone de réanimation et d’urgences pédiatriques (GFRUP), et le soutien de la Société
pédiatrique de pneumologie et d’allergologie (SP2A). Numéro Spéc Anaphyl. 2017 Dec
1;57(8):595–614.
[4] Aschoff P1, Plathow C, Beyer T et al. Multiphase contrast-enhanced CT with highly
concentrated contrast agent can be used for PET attenuation correction in integrated PET/CT
imaging. Eur J Nucl Med Mol Imaging. 2012 Feb;39(2):316-25.
[5] Dizendorf E, Hany TF, Buck A, von Schulthess GK, Burger C. Cause and magnitude of the
error induced by oral CT contrast agent in CT-based attenuation correction of PET emission
studies. J Nucl Med Off Publ Soc Nucl Med. 2003 May;44(5):732–8.
205
Exemple de fiche d'information et de questionnaire relatif aux PCI
Le produit de contraste iodé est habituellement bien toléré, mais peut entraîner une
impression de chaleur dans le corps, normale, qui disparaît rapidement. Toutefois,
comme tout médicament, de rares effets indésirables peuvent se manifester :
- Une irritation locale au niveau de la veine dans laquelle le produit a été injecté,
réaction d'intolérance transitoire et sans gravité au niveau de la peau et des
muqueuses (rougeur, éruption, œdème) pouvant s'observer plus facilement
chez les patients ayant déjà manifesté une intolérance à ce type de produit ou
présentant des antécédents allergiques.
- Une réaction d'intolérance plus sévère pouvant se traduire par des troubles
cardiorespiratoires et nécessiter un traitement urgent.
- Une complication rénale en cas de maladie fragilisant le rein (insuffisance
rénale, diabète…)
206
Questionnaire relatif aux Produits de Contraste Iodés
Afin de pouvoir vous administrer le produit contraste iodé, nous vous invitons à répondre
attentivement aux questions suivantes (entourer la réponse choisie) :
• Avez-vous ou avez-vous eu des problèmes d'allergie (asthme par
exemple) ou une réaction particulière lors d'un examen radiologique OUI / NON
D'une manière générale, n'hésitez pas à fournir tout renseignement qui vous paraîtrait important à
communiquer et à nous informer de toute maladie sérieuse.
Je, soussigné(e), reconnaît que la nature de l'examen ainsi que ses risques et avantages m'ont été
expliqués en termes que j'ai compris et qu'il a été répondu de façon satisfaisante à toutes les
questions que j'ai posées, et ai personnellement rempli cette fiche et donné mon accord pour que
l'examen soit réalisé.
Date et signature:
PS : Cette fiche d'information n'est pas une décharge de responsabilité, elle certifie simplement
qu'une information loyale a été réalisée.
207
Exemple de "check list" avant injection de PCI
Si DIABETIQUE sous :
METFORMINE, GLUCOPHAGE, GLUCINAN, STAGID,
DIABEMYL
208
Exemple de Fiche information "Extravasation"
Au décours de votre examen, une petite quantité de produit de contraste iodé est
restée dans votre bras.
Cette extravasation n’a aucun critère de gravité, mais vous devrez observer quelques
consignes de sécurité pendant les prochaines 24H
o Apparition de douleurs
A , le …./…./….
Dr
209
Exemple de Fiche information "Allergie PCI"
Suite à votre examen, les réactions que vous avez présentées sont en rapport avec
une allergie au produit de contraste iodé.
A , le …./…./….
Dr
210
211
III.9. PIÈGES ET ARTEFACTS / TRUCS ET ASTUCES
Les artefacts résultent d'une discordance entre les valeurs de densité estimées de l'image
reconstruite et les valeurs réelles d'atténuation. Ils peuvent provenir d'une multitude de sources
différentes (patient, matériel, algorithme, physique du rayonnement X) et entrainer une
dégradation significative de la qualité des images TDM avec le risque de fausser aussi la correction
d'atténuation en TEP ou TEMP.
1. Artefacts liés au patient
1.1. Défaut de centrage
Aspect :
Stries, bruit au niveau de la partie la plus externe du champ de vue
Raison :
Mauvais positionnement, géométrie des projections, algorithme de reconstruction
La projection d'un même objet est variable en fonction de sa position par rapport au foyer du tube
à rayons X.
Solution :
Vérifier le bon positionnement du patient (lasers, topogrammes de face et latéral) au centre du
champ de vue avant de démarrer l'acquisition
212
1.2. Projections incomplètes ou artefact de troncature
Figure 2 : Tissus mous de l’épaule gauche sortant du champ de vue d’acquisition (cercle vert) et
entrainant un artefact de troncature (flèche).
Aspect :
Voxels claires en limite de champ lorsque l’objet dépasse le champ de vue d'acquisition
Raison :
Structure (obésité sévère, bras le long du corps, tuyaux…) en-dehors du champ de vue
d’acquisition mais traversée par le faisceau X entrainant des projections incomplètes (artefact de
troncature).
Solution :
Utilisation d'algorithmes extrapolant les données pour permettre de reconstruire un champ de vue
plus grand que celui de l'acquisition (>50 cm).
Astuce: dans tous les cas, positionner l'objet d'intérêt (organe à explorer) au centre du champ de
vue ou au plus proche de la table d'examen pour s'assurer qu'il soit dans la zone explorée.
213
1.3. Manque de photons
Figure 3 : Stries et bruits (flèches) en rapport avec un manque de photons aux niveaux des parties
les plus larges et denses du patient (épaules et bassin) sur une acquisition TDM de niveau 1 (TEP
GE Discovery 710 Elite ; 40mm ; 64 -128 coupes ; Acquisition : 120 kV ; 10 mA fixe ; 64 x
0,625mm ; pas 1,375; temps de rotation 0,5 s ; Matrice 512 ; PDL : 28,58 mGy.cm ; IDSV 0,31
mGy ; Reconstruction : ASIR 50% ; filtre Q AC ; épaisseur 3,8 mm/incrément 3,3 mm).
214
Figure 4 : Stries et bruits, notamment à hauteur des hanches (flèche), pouvant être diminués lors
de la reconstruction avec un algorithme itératif (1ère rangée d’images : reconstruction par
rétroprojection filtrée ; 2ème rangée d’images : reconstruction par l’algorithme ASiR® 100%).
Aspect :
Stries, bandes de bruits
Raison :
Défaut d'information lié à un manque de photons transmis, particulièrement dans les projections
latérales (asymétrie du corps humain) au niveau des épaules et du bassin
Solution :
Utilisation de la modulation automatique du courant et du filtrage adaptatif
Augmenter le nombre de photons détectés en augmentant les mA, le temps de rotation du tube, les
kV
Utiliser un filtre plus "lissant", augmenter l'épaisseur de coupe
Utiliser un algorithme de reconstruction itérative
Astuce: Chez un patient obèse couché sur le dos, les tissus graisseux sous cutanées et mammaires
ont tendance à se positionner latéralement, augmentant encore plus l'épaisseur et donc l'atténuation
des photons sur les projections de profil. Il peut s'avérer utile de mettre en place une contention
(draps, soutien-gorge) pour les maintenir en antérieur, l'épaisseur étant moindre dans l'axe antéro-
postérieur.
Figure 5 : Artefacts de mouvements des bases pulmonaires (image de gauche), non retrouvés sur
une acquisition en inspiration bloqué (image de droite).
Aspect:
Flou cinétique, bavures, stries, dédoublement des structures
215
Raison :
Mouvements des structures entre les différentes projections (algorithmes de reconstruction basés
sur l’hypothèse que l’objet à reconstruire est immobile)
Solution :
Diminuer le temps d’acquisition en diminuant le temps de rotation et/ou en augmentant le pitch
Astuce: Faites varier le sens de l'hélice pour commencer l’acquisition par la région à risque de
mouvements (exemple : réaliser une acquisition thoracique caudo-craniale pour limiter les
mouvements des bases pulmonaires en cas de difficulté à maintenir une apnée).
Artéfacts dentaires
216
Figure 6 : Artefacts dentaires et artéfacts métalliques (flèche) chez un patient porteur de 2
prothèses de genoux.
Aspect:
Stries et bandes sombres entourées de bandes claires dans le grand axe d’un objet ou entre 2 objets
de très haute densité (plombage, couronnes, prothèses, boucles d'oreille, clips chirurgicaux,
matériel implantable, PCI concentré…)
Raison :
Un objet métallique hyperdense:
- atténue fortement le faisceau de rayons X et augmente la proportion de rayonnement
diffusé entrainant une diminution du rapport signal/bruit
- augmente les effets de durcissement de faisceau (cf. 2.1)
- rend la reconstruction d’image très sensible à l’effet de volume partiel à l’origine de
l’artefact EEGE (cf 2.2)
Solution:
Retirer l’ensemble des objets métalliques (bijoux, ceinture, matériel médical…)
Utiliser, si possible (mode séquentiel), une angulation du statif pour éviter les implants dentaires,
les prothèses et les clips chirurgicaux
Augmenter les kV pour augmenter la pénétration des photons
Diminuer l’épaisseur de coupe nominale pour limiter les effets de volume partiel
Utiliser un logiciel de correction des artefacts métalliques
217
Astuce: Analyser le(s) topogramme(s) et retirer les objets métalliques "oubliés" ou adapter les
paramètres d'acquisition pour les objets hyperdenses non amovibles
Figure 7 : Durcissement du faisceau avec présence de stries en rapport avec une concentration
élevée de PCI au niveau du tronc veineux brachio-céphalique gauche.
Aspect :
1/ Artefact en cuvette:
sous-estimation de l'atténuation au centre de l'objet par rapport à ses bords entrainant un
assombrissement en cuvette au centre d'un fantôme cylindrique et un éclaircissement en bordure
Raison :
218
Un faisceau polychromatique de rayons X, qui traverse un milieu, perd plus rapidement et
proportionnellement plus de ses composantes de faible énergie que celles de haute énergie.
L'énergie moyenne du faisceau augmente lors de son parcours, le faisceau se durcit. En cas d'objet
très dense, la correction logicielle de l'induration du faisceau n'est pas suffisante car seuls les
photons les plus énergétiques seront transmis. Cet important durcissement du faisceau, ajouté à
l’augmentation du nombre de photons diffusés, entrainent une sous estimation des valeurs de
densité (stries noires).
Solution :
filtration initiale du faisceau de rayon X éliminant les photons de basse énergie
compensation logiciel de l'induration du faisceau, algorithme itératif, techniques d’interpolation
pour remplacer les valeurs extrêmes
219
Figure 8 : Effet de volume partiel au niveau de l’artère pulmonaire droite pouvant mimer un
thrombus non obstructif (flèche).
Aspect :
Sous estimation de la densité d'un objet de petite taille
Raison :
Si des structures de densités très différentes sont incluses dans le même voxel, la valeur de ce voxel
sera la moyenne des densités de ces 2 structures.
Solution :
Diminuer la taille du voxel en diminuant l’épaisseur nominale de coupe et/ou en diminuant
l'incrément pour avoir des coupes reconstruites chevauchantes
Astuce: Pour limiter l'impact de l'augmentation du bruit liée à la diminution de la taille du voxel,
augmenter l'épaisseur de coupe visualisée et analyser les petites structures, comme les
micronodules pulmonaires, en mode MIP.
220
Diminuer l’épaisseur de coupe
Figure 9 : Artefact en anneaux (flèche) et stries aux niveaux des bras le long du corps en rapport
avec un manque de photons.
Aspect :
Anneaux centrés sur le centre de rotation et visibles sur plusieurs coupes
Raison :
Erreur d’étalonnage ou détecteur défaillant entrainant un manque de signal toujours localisé au
même endroit sur le détecteur
Solution :
Effectuer un nouvel étalonnage des détecteurs ou remplacer le détecteur défaillant
221
3. Artefacts liés au mode hélicoïdal et aux méthodes de reconstruction
3.1. Artefacts d’hélice
Aspect :
- Artefact d'hélice: distorsion de l’image et anomalies de densité en bandes particulièrement
visibles aux interfaces des structures à forte différence de densité et prédominent en périphérie des
coupes reconstruites. Plus visible en cas de variation rapide de l'anatomie dans la direction z (ex:
parties latérales du diaphragme) et en cas d'acquisition monocoupe.
- Artefact en moulin : alternance de stries sombres et claires centrées sur un élément hyperdense.
Les "pales du moulin" tournent lorsque l'on fait défiler les coupes axiales reconstruites.
- Artefact en zèbre: bandes plus ou moins bruitées sur la périphérie de l’image sur les
reconstructions multiplanaires dans les axes coronal et sagittal ou en rendu volumique.
Raison :
Erreur d'interpolation lors de la reconstruction après une acquisition en mode hélicoïdale
(changement d'anatomie rapide en z, objet hyperdense au niveau de la zone d'interpolation).
Solution :
Diminuer le pitch, réduire l'incrément de reconstruction, coupes plus épaisses
222
3.2. Effet de cône ou artefact d’obliquité du faisceau
Aspect :
Stries
Raison:
Plus le nombre de coupes acquises en une rotation est grand, plus le faisceau de rayons X devra
être divergent dans l'axe z et prendra l'aspect d'un cône. Les rangées de détecteurs les plus externes
sont atteintes obliquement par les rayons X; les rangées centrales étant atteintes
perpendiculairement. La projection d'un même objet est donc variable en fonction de sa position
par rapport au foyer du tube à rayons X.
Solution :
(Algorithme de reconstruction adapté au faisceau conique)
Augmenter l'épaisseur de coupe nominale pour minimiser l’impact des rangées de détecteurs
périphériques
223
3.3. Taille du voxel
Figure 11 : Artefact d’hélice et aspect en marche d’escalier (flèches) sur une acquisition TDM de
niveau 1 (1ère rangée d’images : TEMP GE Discovery 670 ; 20mm ; 16 coupes : Acquisition : 80
kV; 15 mA fixe; 16 x 1,25mm; pas 1,375; temps de rotation 0,8 s; Matrice 512; PDL: 10,83
mGy.cm; IDSV 0,58 mGy ; Reconstruction: ASIR 100%; filtre soft; épaisseur 2,5 mm/incrément
2,5 mm), en comparaison d’une acquisition TDM de niveau 3 (2ème rangée d’images : TEP GE
Discovery 710 Elite; 40mm; 64 -128 coupes ; Acquisition : 120 kV;100mA fixe; 64 x 0,625mm;
pas 0,531; temps de rotation 0,8 s; Matrice 512; PDL: 451,11 mGy.cm; IDSV 26,94 mGy ;
Reconstruction: ASIR 60%; filtre soft; épaisseur 1,25 mm/incrément 0,625 mm).
224
Figure 12 : Os calcanéum visualisé sur des images avec 2 champs de vue de reconstruction
différents (50 x 57,1 cm à gauche et 15,1 x 17,2 cm à droite) ; les autres paramètres d’acquisition,
de reconstruction ou de visualisation sont identiques. Aspect pixellisé et mauvaise résolution
spatiale sur l’image de gauche en raison d’une taille trop grande du pixel dans le plan axial (0,98
mm à gauche et 0,29 mm à droite).
Aspect :
Pixellisation, aspect lissé de l’image, marche d’escalier ou dentelure sur les reconstructions
multiplanaires dans les axes coronal et sagittal prédominant en périphérie de l’image
Raison :
Défaut de résolution spatiale, voxel de trop grande taille et non isotrope
Solution :
Diminuer la taille du voxel en réduisant le champ de vue de reconstruction dans le plan axial et
vérifier la matrice
Diminuer l’épaisseur des coupes reconstruites (diminuer l'épaisseur de coupe nominale et/ou
diminuer l'incrément de reconstruction pour avoir des coupes chevauchantes) pour les
reconstructions coronales et sagittales
Vérifier le filtre de reconstruction
4. Références :
CT artifacts: Causes and reduction techniques. F Edward Boas & Dominik Fleischmann
Imaging Med. (2012) 4(2), 229-240
The obese emergency patient: imaging challenges and solutions. Modica MJ1, Kanal KM, Gunn
ML.
Radiographics. 2011 May-Jun;31(3):811-23. doi: 10.1148/rg.313105138.
225
III.10. ASPECTS PRATIQUES ET RÉGLEMENTAIRES
En application de l’article R.5212-25 du Code de la santé publique, l’« exploitant veille à la mise
en œuvre de la maintenance et des contrôles de qualité prévus pour les dispositifs médicaux qu'il
exploite. La maintenance est réalisée soit par le fabricant ou sous sa responsabilité, soit par un
fournisseur de tierce maintenance, soit par l'exploitant lui-même. »
Le contrôle qualité est défini comme l'ensemble des opérations destinées à évaluer le maintien des
performances revendiquées par le fabricant ou, le cas échéant, fixées par l'agence nationale de
sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). On se limitera dans ce chapitre aux
contrôles concernant la partie scanographique.
Pour les caméras à scintillations et les scanographes associés le contrôle qualité est régit par la
décision du 25 novembre 2008 de l’ANSM fixant les modalités du contrôle de qualité des
installations de médecine nucléaire à visée diagnostique [1]. Aucun texte législatif n’est en
application à l’heure actuelle pour le contrôle qualité en TEP ni pour les scanographes associés.
Les recommandations pour le contrôle qualité et la mesure des performances en tomographie
d’émission de positons du groupe de travail de la Société Française de Physique Médicale (SFPM)
publiées en 2008 peuvent être utilisées [2] [3].
226
Figure 1 : Acquisition TDM d’un fantôme d’eau en coupe axiale et régions d’intérêt utilisées
(centrale et périphériques).
o Recalage multi-modalité :
227
Ce contrôle consiste à vérifier la superposition des images de sources radioactives visibles en TDM
et en scintigraphie TEP ou TEMP. Ce contrôle est réalisé selon les modalités préconisées par le
fabricant, avec des sources scellées ou non scellées placées dans différents plans (Figure 3). Il
permet de vérifier la justesse du recalage des deux modalités, de suivre la stabilité mécanique de
l’ensemble des deux modalités et du lit d’examen mais aussi la précision de la correction
d’atténuation. Les spécifications du fabricant pour ce test doivent être respectées. Cette mesure est
effectuée tous les semestres.
1.2. Contrôles supplémentaires recommandés des TEMP/TDM et des TEP/TDM [2, 3]:
o Calibration quotidienne :
Pour les systèmes disposant d’un TDM, une acquisition d’une coupe dans l’air est nécessaire pour
l’initialisation du tomographe.
228
Figure 4 : Objet test de densité électronique avec ses inserts de différentes densités, coupe
transverse TDM et carte d’atténuation à 511 keV calculée.
Une autre méthode est possible si le système TEP/TDM ou TEMP/TDM ne permet pas d’accéder
aux cartes d’atténuation à partir desquelles sont calculés les facteurs de correction d’atténuation.
Dans ce cas on réalise l’acquisition de divers inserts remplis d’une solution radioactive de même
concentration et de concentrations de produit de contraste iodé significativement différentes selon
le protocole clinique habituel (Figure 5). Si la correction d’atténuation est valide, la concentration
radioactive dans chaque insert mesurée dans l’image TEP ou TEMP reconstruite doit être
identique.
Figure 5 : Exemple d’une carte d’atténuation et d’une coupe transverse TEP d’inserts de densités
différentes et de même concentration radioactive.
229
1.3. Maintenance
En application de l’article R.5212-25 du Code de la santé publique, «la maintenance est réalisée
soit par le fabricant ou sous sa responsabilité, soit par un fournisseur de tierce maintenance, soit
par l'exploitant lui-même. »
2. Contraintes d’implantation
Sur les machines hybrides TEMP/TDM et TEP/TDM, il existe des contraintes d’installation liées
à la présence d’un scanner.
Les installations, équipées de scanners marqués CE, sont à aménager conformément aux règles
techniques minimales fixées par la décision n°2017-DC-0591 du 13 juin 2017 de l’ASN [4], en
particulier :
conception du local dans lequel fonctionne le scanner de telle sorte que la dose efficace
susceptible d’être reçue par un travailleur soit inférieure à 80 µSv par mois, à l’extérieur
du local,
mise en place aux différents accès du local, et à l’intérieur de celui-ci, d’une signalisation
lumineuse indiquant la mise sous tension de l’appareil et, si la conception le permet, celle
de l’émission des rayonnements X ; dans tous les cas, la signalisation de mise sous tension
doit fonctionner automatiquement dès que l’appareil est sous tension et durant tout le temps
de l’émission des rayonnements X,
mise en place à l’intérieur du local et à proximité du poste de commande d’au moins un
arrêt d’urgence provoquant l’arrêt de la production des rayonnements X, jusqu’à son
réarmement autorisant le redémarrage de l’appareil.
230
Ces règles techniques sont applicables aux installations neuves mises en service après la date
d’entrée en vigueur de la décision précitée, soit au 16 octobre 2017.
A noter, que les installations qui respectent les dispositions de la décision n°2013-DC-0349 [5] à
la date d’entrée en vigueur de la décision n°2017-DC-0591 sont réputées conformes à cette
dernière décision sous réserve que cette conformité, qui peut également s’appuyer sur la norme
NFC 15-160 [6], ne soit pas remise en cause par une modification susceptible d’affecter la santé
ou la sécurité des travailleurs.
Dans le cas des caméras à scintillations ou TEP couplées à un scanner, il faudra intégrer les
contraintes liées à l’utilisation du TDM pour les calculs de radioprotection. Dans le cas d’un
scanner, les protections se déterminent pour l’ensemble des parois (murs, plancher et plafond) et
au minimum 2 m au-dessus du sol des lieux à protéger, sur la base de la charge hebdomadaire
utilisée (pour les 40 heures les plus pénalisantes).
Pour la détermination de la dose horaire la plus élevée, le temps d’émission des RX est
généralement très court sur l’heure et le débit d’équivalent de dose mesuré peut être pondéré par
la durée effective d’émission des rayonnements. Compte tenu de l’utilisation modérée de la TDM
en médecine nucléaire (possibilité de niveaux ≤ 4 par rapport au niveau 4 systématique en
radiodiagnostic), il faudra être attentif à la détermination de cette charge. Prendre une charge
hebdomadaire similaire à celle d’un scanner installé et utilisé en radiologie peut conduire à
surestimer les protections nécessaires.
La délimitation des zones dépend de la nature des sources utilisées (ou des examens réalisés), de
l’activité manipulée, de la dimension des locaux. Compte tenu des conditions habituelles de
pratique dans un service de médecine nucléaire, la délimitation des salles TEP/TDM ou
TEMP/TDM est généralement une zone contrôlée verte avec zones contrôlées jaune puis orange
autour du statif ou zone contrôlée orange par excès.
Les niveaux de référence diagnostiques sont des niveaux de dose (en radiologie) ou d’activité (en
médecine nucléaire) permettant à un professionnel d’optimiser les doses de rayonnements
ionisants délivrés aux patients, en évaluant sa pratique par rapport à cette référence. Ces niveaux
doivent être mis à jour régulièrement pour tenir compte de l’évolution des pratiques et des
technologies, et des capacités d’optimisation des dispositifs médicaux utilisés. Les NRD ne sont
231
pas des limites réglementaires de dose. Ils peuvent être dépassés si le contexte clinique et le
morphotype du patient le justifient. Toutefois, si le niveau de référence pour un même acte est
régulièrement dépassé, sans justification médicale, une analyse doit être faite pour améliorer
l’optimisation.
Ces NRD ne constituent en aucune manière des normes réglementaires à respecter mais des
indicateurs permettant à la communauté des professionnels mettant en œuvre les rayonnements
ionisants à visée diagnostique d'évaluer leurs pratiques professionnelles.
Les NRD sont mis à jour régulièrement par l’ASN, sur la base de recommandations formulées par
l’IRSN, pour tenir compte de l’évolution des pratiques et des technologies, et des capacités
d’optimisation des dispositifs médicaux utilisés.
C'est dans ce cadre évolutif que l’ASN va prochainement publier une nouvelle décision, faisant
suite à l'arrêté du 24 octobre 2011 relatif aux niveaux de référence diagnostiques en radiologie et
en médecine nucléaire [7].
Dans cette future décision de l’ASN, si le NRD en scanographie continue à correspondre au 75ème
percentile d’un échantillon représentatif de données, une valeur guide, choisie comme le 50ème
centile des données, est introduite pour inciter les services qui ont déjà engagé des démarches
d’optimisation ou qui sont équipés d’installations performantes, de continuer à optimiser leurs
pratiques.
Cette future décision de l’ASN devrait introduire des niveaux de référence et des valeurs guides
pour les expositions tomodensitométriques associés à l'examen de TEP au FDG-18F à visée
oncologique (exploration du vertex à mi-cuisses, bras au-dessus de la tête), en termes d'IDSV (en
mGy) et de PDL (en mGy.cm). Les valeurs proposées s’appuieront sur les résultats d’une étude
menée en 2017 par l’IRSN et le GT RPMN auprès de nombreux centres de médecine nucléaire.
Cette étude menée par le GT RPMN à la demande de l'IRSN auprès de nombreux centres de MN
a montré que la moyenne nationale des PDL des TEP à visée oncologique (respectant le champ
imposé du vertex à mi-cuisses bras au dessus de la tête) était aux alentours de la valeur de 650
mGy.cm équivalent à 6,5 mSv. Il s'agit d'une valeur moyenne qui intègre d'éventuels PDL moins
élevés pour de petits gabarits (ou BMI/IMC) et également ceux potentiellement bien plus élevés
si le morphotype du patient l'exige (BMI/IMC > 30).
232
4. Comptes rendus
L'arrêté du 22 septembre 2006 [8] relatif aux informations dosimétriques devant figurer dans un
compte rendu d'acte utilisant les rayonnements ionisants précise que tout examen TEP/TDM ou
TEMP/TDM doit faire l'objet d'un compte rendu établi par le médecin réalisateur de l'acte et
chaque compte rendu (CR) doit faire apparaitre clairement:
5. Les informations utiles à l’estimation de la dose reçue (attention activité en MBq): présentés
dans la partie "Technique" du CR
En cas d'injection de PCI (Produit de Contraste Iodé), doivent figurer sur le CR, le nom du PCI, la
quantité injectée, la voie d’administration, les éventuels effets secondaires et le numéro de lot.
Même si l'estimation de la dose efficace n'est pas tenue règlementairement de figurer dans le
compte rendu, le tableau ci-après constitue un outil pratique pour aider les praticiens à convertir
les PDL en dose efficace chez l'adulte en fonction des champs explorés.
233
Tableau: Conversion PDL (mGy.cm) / Dose efficace E (mSv) chez l'adulte
Rapports Européens RP 154 (2008) et RP 180 (2014) et étude Bichat
Tête 0,0021
Thorax 0,017
Abdomen-Pelvis 0,015
TAP 0,016
TEP-TDM
0,013
(Vertex-mi-cuisse 1/3 supérieur: "short")
TEP-TDM
0,010
(Vertex-mi-cuisse 1/3 inférieur: "bermuda")
TEP-TDM
0,007
(Corps entier)
5. Aspects administratifs
Les scanners réalisés dans le cadre de la pratique d'un examen de médecine nucléaire TEMP/TDM
ou TEP/TDM, quel que soit leur niveau d'utilisation, ne possèdent pas de numéro d'agrément
particulier et n'ouvrent donc pas droit à cotation d'un examen de radiodiagnostic, leur valorisation
étant incluse dans l'acte CCAM de médecine nucléaire.
Les caméras TEMP ou TEP couplées à un scanner figurent dans les autorisations des «
équipements matériels lourds » délivrées par l’agence régionale de santé territorialement
234
compétente, mais également dans les autorisations délivrées par l’ASN (nom de la caméra
hybride).
6. Références :
[1] Décision du 25 novembre 2008 fixant les modalités du contrôle de qualité des installations de
médecine nucléaire à visée diagnostique. JORF n°0289 du 12 décembre 2008, page 18977 texte
n° 46.
[2] Contrôle de qualité et mesure des performances des gamma caméra, Rapport de la Société
Française de Physique Médicale N°28, 2012
[4] Décision n°2017-DC-0591 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 13 juin 2017 fixant les règles
techniques minimales de conception auxquelles doivent répondre les locaux dans lesquels sont
utilisés des appareils électriques émettant des rayonnements X
[7] Arrêté du 24 octobre 2011 relatif aux niveaux de référence diagnostiques en radiologie et en
médecine nucléaire
[8] Arrêté du 22 septembre 2006 relatif aux informations dosimétriques devant figurer dans un
compte rendu d'acte utilisant les rayonnements ionisants. JORF n°226 du 29 septembre 2006, page
14449 texte n° 35.
235
CONCLUSION
La tomodensitométrie, couplée aux TEP depuis plus de 15 ans, et plus récemment aux TEMP,
faisant ainsi partie intégrante des examens d'imagerie nucléaire, a révolutionné les performances
diagnostiques de ces derniers et les pratiques en médecine nucléaire.
236
sens large et de pertinence médicale en analysant au mieux le contexte clinique et paraclinique.
Ainsi, en imagerie couplée, plusieurs sous-niveaux de justification voient le jour sous la seule
responsabilité du médecin nucléaire, au-delà de la justification de l'examen d'imagerie nucléaire
lui-même. En effet, lors de la prescription de son protocole d'imagerie, le médecin nucléaire doit
désormais déterminer, au vu du contexte et de la question clinique propre à chaque demande, quel
niveau de scanner, allant de 0 à 4, il souhaite appliquer ainsi que son paramétrage en incluant
l'injection ou non de produit de contraste iodé.
Principe d’optimisation : non plus une TDM "basse dose" mais une TDM "optimisée"
Deuxième grand principe de la radioprotection et de l'imagerie médicale, l'optimisation concerne
bien évidemment également la TDM couplée aux TEMP et aux TEP. Le terme de "TDM basse
dose" étant un terme peu précis, relatif et subjectif, il ne peut à lui seul résumer la pratique du
TDM couplé en médecine nucléaire. Celui de "TDM optimisé", quel que soit le niveau de scanner
choisi dans l'examen hybride, est préférable car plus adapté à la pratique clinique. Il intègre la
double optimisation relative à la qualité image et à la dosimétrie; la racine latine "optimus: le
meilleur" étant tout à fait adaptée à la philosophie d'utilisation de la TDM en MN, à savoir, tirer le
meilleur de l'information scanographique sous-jacente à moindre coût dosimétrique. Cette double
optimisation doit se baser sur des considérations techniques propres aux spécificités de chaque
appareil, tout en prévoyant une personnalisation des paramétrages en fonction des patients et du
contexte clinique. Idéalement, cet aspect doit conduire, à la livraison des appareils et régulièrement
par la suite, à l'élaboration des différents protocoles personnalisés, idéalement en équipe, entre
médecins nucléaires, manipulateurs, physiciens médicaux, ingénieurs d'application spécialisés en
TDM des constructeurs, voire avec les radiologues, spécialistes historiques, mais non exclusifs, de
la TDM.
237
médicalement justifié, les bénéfices attendus sont incommensurablement supérieurs aux risques
liés à l'irradiation, ceux-ci étant essentiellement spéculatifs, puisque jamais observés
scientifiquement aux faibles niveaux d'expositions en jeu (< 100 mSv), et sans commune mesure
avec la plupart des autres risques rencontrés en médecine ou dans la vie quotidienne.
238
partiellement dissociée. Sur le plan économique, afin de limiter la multiplication des examens
réalisés, domaine en inflation permanente mais également le nombre d’intervenant médicaux déjà
trop sollicités. Sur le plan intellectuel au regard du non-sens qui consiste à dissocier l’analyse
fonctionnelle d’une part et l’analyse morphologique d’autre part. Sur le plan dosimétrique, enfin.
Lorsque dans les années 1970, la résonnance magnétique nucléaire a quitté le champ des
laboratoires de biophysique pour devenir l'imagerie par résonnance magnétique, les biophysiciens
médecins nucléaires ont, en leur temps, transmis leur savoir concernant cette technique à leurs
collègues radiologues qui ont su maitriser et développer cet outil diagnostique dans leur pratique
clinique. Quelques décennies plus tard, la maitrise et l'interprétation de la TDM couplée aux TEMP
et TEP pourrait relever du même processus mais cette fois ci en sens inverse. Peut-être en sera-t-
il de même pour la TEP-IRM, si d'aventure cette technique se développe en routine clinique,
permettant ainsi de boucler la boucle d'un point de vue historique. Si c'est le cas, il sera alors
pertinent d'envisager la rédaction d'un guide du bon usage de l'IRM en Médecine Nucléaire… Mais
il s'agit d'une autre histoire…
239
ANNEXE: TABLEAU DE SYNTHESE CLINIQUE
Recommandations générales hors contexte clinique particulier
ONCOLOGIE
OSTEO-ARTICULAIRE
240
PNEUMOLOGIE (EMBOLIE PULMONAIRE°
ENDOCRINOLOGIE
NEUROLOGIE
CARDIOLOGIE
241
TEP cardiaque au 18F-FDG – TDM pour CA (niveau 1)
TDM pour localisation anatomique (niveau 2)
Inflammation/ infection
TDM injecté pour analyse des lésions (niveau 3/4)
TDM pour CA (niveau 1)
TDM pour localisation anatomique (niveau 2)
TEP vasculaire au 18F-FDG
TDM injecté pour analyse des vaisseaux (niveau
3/4)
PEDIATRIE
• Scintigraphie rénale
• Scintigraphie thyroïdienne (pathologie
bénigne)
• Scintigraphie myocardique,
ventriculographie isotopique Pas de TDM (niveau 0)
• Scintigraphie pulmonaire
• Recherche de saignement digestif
• Fractures ou algodystrophie
242