Communication Écrite
Communication Écrite
Séquence 1 :
Pouvoir lire et écrire en tenant compte des normes graphiques,
orthographiques et syntaxiques ……………………….....................…………………….. 12
Séquence 2 :
Lire et analyser différents types de textes ………...................………………………….. 22
Séquence 3 :
Produire un texte cohérent : écrit fonctionnel, écrit fictionnel …….............………... 31
Séquence 4 :
Produire de l’écrit à partir du non verbal ……....................……………………………… 40
Bibliographie ………………………………………….........…………………………………... 64
Le module « Maîtriser les enjeux de la communication écrite » est bref, bien plus bref
que les deux autres modules « oral » et « langue écrite ». Cette brièveté relève d'un
choix délibéré.
En effet, nombre d'activités présentées dans les deux autres modules préparent,
prolongent ou même recoupent certaines activités qui auraient pu entrer dans le
module « communication écrite ». Nous y renvoyons, sans chercher à les reprendre
sous une autre forme, chaque formateur pouvant à son gré effectuer les ajustements
nécessaires pour situer dans ce cadre le travail sur une compétence combinant
plusieurs facettes (travail sur l'oral, l'écrit, la langue).
Nous avons choisi de faire un module réaliste, c'est-à-dire réellement réalisable dans
le volume horaire imparti soit 20h. De ce fait, nous avons dû définir des priorités :
qu'est-ce qui est réellement « incontournable » si l'on veut que les stagiaires
enseignent en sorte que leurs élèves soient capables de lire et écrire en français ?
1. Situation avec les stagiaires au CFI : éclairage institutionnel (Que disent les textes
officiels ?), théorique (Quels savoirs de référence ?), didactique (Que proposent les
manuels ?) et pédagogique : présentation d'une situation-problème à résoudre par
les stagiaires.
• la question centrale des apprentissages qui demandent du temps, des reprises, des
capitalisations, des entraînements réguliers pour parvenir à une maîtrise de la
langue écrite.
• les usages sociaux de l'écrit rencontrés dans l'environnement sont très largement
les mêmes quelles que soient les langues : on rencontre des journaux pour
s'informer, des livres pour s'instruire et se divertir, des objets d'usage courant
couverts d'écrits (mode d'emploi, publicité, tarifs, composition), des textes qui
commandent et interdisent (lois, règlements, contrats) ou qui suggèrent et
séduisent (publicité, propagande, tracts, etc.).
• autre calligraphie,
De plus, au bout de deux ans de cycle intermédiaire, les élèves ne lisent pas encore
tous couramment en arabe et un an d'apprentissage oral de la langue française ne
suffit pas à la faire parler aisément. Ainsi, on ne peut s'appuyer qu'avec de grands
aménagements sur la pédagogie du [FLS] telle qu'elle peut se pratiquer avec des
adultes, qui savent lire et écrire dans leur langue et sont volontaires pour apprendre
une autre langue.
2. fournir des exemples variés illustrant les entrées recensées dans le module,
Ainsi, en fin de formation initiale, l'institution n'exige pas qu'un enseignant novice
maîtrise toutes ces compétences en situation de classe, mais demande qu'il
manifeste son aptitude à les acquérir et son engagement dans cette voie, à partir
des ressources que le centre de formation lui a proposées. Ces compétences
s'acquièrent progressivement, par l'expérience nourrie d'échanges professionnels et
de lectures personnelles, mais aussi avec l'aide de l'institution (formation continue,
conseil pédagogique, inspection).
à long et moyen
terme
Répertorier les
1. Pouvoir lire et compétences à Mettre en œuvre
écrire en tenant développer et les différents modes et
compte des contenus à outils d'évaluation
normes enseigner des compétences
graphiques, dans chaque cycle. de l’écrit construites
orthographiques Organiser les Adopter les par les élèves.
et syntaxiques apprentissages approches
selon une et méthodes Identifier et analyser
2. Lire et analyser progression adaptée pédagogiques les réussites et les
différents types au profil de la classe et didactiques erreurs afin de :
de textes (annuelle -> appropriées aux • concevoir et mettre
séquentielle). différentes situations en œuvre des
3. Produire un texte d'apprentissage activités de
cohérent : écrit à court terme de l’écrit. remédiation et
fonctionnel, écrit Définir un objectif Gérer les différents d'approfondissement
fictionnel d'apprentissage moments d'une • réviser, si nécessaire,
en fonction de séance la progression et la
4. Produire de l’écrit la compétence d'apprentissage programmation des
à partir du non à développer. en variant les apprentissages
verbal Concevoir une modalités de travail. initialement prévue.
situation
d'apprentissage
(activité : contenu
et modalités)
permettant
de développer
la compétence visée.
Organisation du module
Afin d’atteindre l’objectif susmentionné, le module sera décomposé en 4 séquences
correspondant aux 4 sous-compétences énoncées dans le RDC pour le domaine de la
communication écrite :
Sous-compétences du RDC
> Sous compétences disciplinaires
Pouvoir lire et écrire en tenant compte des normes graphiques, orthographiques et
syntaxiques.
> Sous compétences professionnelles articulées avec les sous compétences disciplinaires :
Planification :
• Analyser les progressions des manuels pour l'apprentissage de la lecture et l'écriture ;
• Adapter ces progressions au niveau des élèves et introduire des activités
complémentaires appropriées - cf. annexe 3 ;
• Savoir dégager pour chaque séance un objectif prioritaire d'apprentissage.
Gestion :
• Organiser les activités de classe en fonction d'objectifs spécifiques ;
• Conduire des séances mettant en relation simultanément lecture - écriture pour une
classe donnée ;
• Alterner dans les séances les activités de découverte, de révision et d'entraînement.
Évaluation :
• Vérifier les progrès et caractériser les difficultés ;
• Evaluer si les compétences travaillées sont réinvesties dans des situations nouvelles ;
• Construire des activités de soutien, de consolidation et d'enrichissement des acquis.
Pouvoir lire et écrire en • Décliner une compétence • Identifier les activités de lecture et Mettre en œuvre différents
tenant compte des de l’écrit en termes d'écriture programmées dans chaque modes et outils d'évaluation et
normes graphiques, d’objectifs d’apprentissage cycle (4ème année de base à la 2ème de remédiation afin de
orthographiques et hiérarchisés. année du cycle intermédiaire) s'assurer de l'acquisition et du
syntaxiques. concernant les normes graphiques, réinvestissement des normes
• Élaborer une planification orthographiques et syntaxiques ; graphiques, orthographiques
pour une classe à niveau • Utiliser les auxiliaires pédagogiques et syntaxiques
unique et une classe adéquats pour faire découvrir les règles
à niveaux multiples selon une de l'écrit et entraîner les enfants à lire
progression : et écrire ;
- à long terme : progression
Eclairages théoriques sur les diverses approches de lecture Observation et analyse de pratiques de classe avec différents
(cf. annexe 1). manuels et supports permettant aux élèves de déchiffrer et
d'écrire selon la progression en vigueur.
Mise en œuvre des leçons dont les fiches auront été élaborées
au centre de formation.
Conception de situations didactiques à partir d'un corpus
contenant différentes modalités de lecture et d'écriture, Discussion avec les formateurs et les maîtres d'application sur
conformément aux normes graphiques (éléments les activités observées et conduites.
déclencheurs et outils d'évaluation diagnostique).
Séance n° 1
Activité 1
- Répertorier dans les manuels des - Mettre en relation chaîne orale / - Répertoire de comptines et chansons
morceaux choisis qui pourraient servir chaîne écrite (groupes rythmiques - connues des enfants pour mettre en
de supports pour concevoir des mots - syllabes - sons) ; relation chaîne orale/chaîne écrite.
Activité 2
- Prendre connaissance des principes - Connaître les processus permettant de - Fiches résumant les documents fournis :
sous-tendant les différentes « méthodes passer de la lecture déchiffrage à la principe alphabétique, système de
de lecture » et analyser les manuels et lecture de mots entiers ; correspondances, conscience
identifier leurs choix méthodologiques. - Connaître les démarches phonologique, (cf. module langue) ;
pédagogiques qui facilitent ce - Tableaux synthétiques comparatifs
passage. produits.
Tâches du formé Objectifs Résultats attendus
Séance n° 2
Activité 3
- Analyse d'un corpus d'écritures variées - Repérer, dans les programmes du - Grille d'analyse des différentes
en vue de maîtriser le lexique relatif à primaire, les contenus en rapport avec modalités d'écriture.
l'écriture (graphie, tracés, hampes, les normes d'écriture et les hiérarchiser ; - Liste des caractéristiques
boucles, déliés, pleins, majuscules, - Ecrire de manière normée et construire typographiques répertoriées (en script,
minuscules) ; une grille d'évaluation critériée ; manuscrit, capitale).
- Entraînement à l'écriture de graphèmes - Produire des fiches pour conduire des - Ecriture magistrale normée (modèle
et de phrases graphiquement leçons d'écriture (réalisation du geste d'écriture sur cahier interligné).
normées ; par le maître devant les élèves,
- Analyse de la progression en écriture entraînement et guidage par le maître).
prévue par les programmes.
Activité 4
Elaboration de fiches de production - Lier l'apprentissage de l'écriture à - Supports d'écriture élaborés : figurines,
de l'écrit en adoptant une démarche l'apprentissage de la lecture en allant étiquettes, lettres modèles,
appropriée : du mot à la phrase et aux premiers abécédaires… ;
- exercices d'écriture et de copie ; petits textes ; - Fiches de leçons de lecture et d'écriture
- dictée de mots, dictée de phrases ; - Dégager des stratégies de copies ;
- exercices liant lecture et expression permettant de mémoriser l'orthographe - Progression portant sur les exercices de
écrite. des mots et de gérer les problèmes copie (directe, différée) de dictée et
(voir annexe 3) d'accord ; d'écriture de phrases.
- Apprendre comment procéder pour
que la dictée et les exercices écrits
fassent travailler à la fois le code et le
sens.
Durée : 2 heures
Objectifs de l'activité 1
- Mettre en relation chaîne orale / chaîne écrite (syllabes - mots - groupes rythmiques) ;
- Connaître la progression préconisée par les manuels sur la correspondance graphie-
phonie .
Objectifs de l'activité 2
- Connaître les processus permettant de passer de la lecture déchiffrage à la lecture de
mots entiers ;
- Connaître les démarches pédagogiques qui facilitent ce passage.
Supports
- Corpus de documents contenant des comptines, chansons, poésie à partir duquel
mettre en correspondance la chaîne orale et la chaîne écrite ;
- Manuels de lecture comportant une progression sur l'acquisition graphème-phonème.
Consignes
Activité 1
À partir d'une comptine présente dans le manuel, imaginez une situation pédagogique
permettant de relier les chaînes orale et écrite et de faire prendre conscience des
unités mots qui ne sont pas présentes à l'oral.
Activité 2
À partir des pages initiales de plusieurs manuels de lecture et du guide pédagogique,
caractérisez les orientations méthodologiques de chacun des manuels (méthode
globale, syllabique, mixte).
Modalités de travail
- Travaux en 2 sous-groupes
Groupe 1 Groupe 2
Durée : 2 heures
Objectifs de l'activité 1
- Repérer, dans les programmes du primaire, les contenus en rapport avec les normes
d'écriture et les hiérarchiser ;
- Ecrire de manière normée et construire une grille d'évaluation critériée ;
- Produire des fiches pour conduire des leçons d'écriture (réalisation du geste par le
maître devant les élèves, entraînement et guidage par le maître).
Objectifs de l'activité 2
- Lier l'apprentissage de l'écriture à l'apprentissage de la lecture en allant du mot à la
phrase et aux premiers petits textes ;
- Dégager des stratégies de copies permettant de mémoriser l'orthographe des mots et
de gérer les problèmes d'accord ;
- Percevoir l'avantage de la dictée et des exercices écrits pour tenir à la fois le code et
le sens.
Supports
- Manuels du primaire ;
- Autres supports (tableau d'alphabet en diverses graphies, écriture modèle sur papier
interligné avec des flèches indiquant le sens des tracés…).
Consignes
Activité 1
- Ecrivez trois fois la même phrase en écriture script, capitale, cursive ;
- Quels constats faites-vous sur la vitesse d'exécution et la qualité d'écriture?
- A quelles conditions une écriture peut-elle s'accélérer sans se déformer ?
- Tirez des conclusions quant aux gestes ergonomiques de l'écriture cursive et ce qui
devra être pris en compte lors du travail en classe.
Activité 2
- Explicitation des consignes permettant d'assurer un guidage efficace de l'écriture de
l'enfant (en s'appuyant sur des outils pédagogiques : lettres fléchées …) ;
- Copie différée : distribuer aux stagiaires une feuille imprimée au recto et leur
demander de recopier le texte au verso : dégager les procédures qui permettent la
tenue en mémoire de blocs de textes et leur copie sans fautes. Que se passerait-il si
l'on devait copier dans une langue inconnue ?
- Production de fiches pédagogiques en vue d'une réalisation en classe d'application
(lecture, copie, dictée…).
Modalités de travail
- Travaux en sous-groupes ;
- Discussion entre stagiaires ;
- Mise en commun des travaux réalisés.
Durée : 2 heures
Objectif de la séance
- Permettre aux stagiaires de passer d’un enseignement-apprentissage de la langue orale à
un enseignement-apprentissage de la langue écrite.
Objectifs de l’activité 1
- S’assurer de la compréhension du texte entendu.
- Identifier des éléments de la langue parlée, isoler les sons.
- Reproduire et décrire les syllabes orales d’une comptine pour la dire et la mémoriser.
Objectifs de l'activité 2
- Établir les correspondances phonèmes-graphèmes.
- Créer une suite à la comptine en jouant sur les mêmes phonèmes-graphèmes.
Situation didactique
Consignes
- Étudier et apprendre la comptine :
Le Gros Lézard
Supports
- Comptine
- Jeu d’étiquettes
Modalités de travail
- Travaux individuels (répétition, création).
- Travaux de sous-groupes (composition, échange).
Situation d’intégration
- Dire à haute voix les suites de comptine composées.
- Mettre en évidence les sons (accent d’insistance).
- Interpréter quelques suites de comptine selon des airs locaux.
• Lire des textes suivant une prosodie donnée (cf. Module « communication orale »).
Sous-compétences du RDC
Gestion :
• Adopter les approches et les méthodes pédagogiques et didactiques
participatives.
Évaluation :
• S’assurer que les caractéristiques propres à chaque type de texte sont
identifiées en situation de réception et que cette compétence est réinvestie en
situation de production et transférée dans des situations d’apprentissage
adaptées aux différents niveaux d’enseignement.
1. Travail à partir de supports textuels variés : 1. Observation des différentes stratégies adoptées par le maître
- documents authentiques (journal, prospectus…) ; d'application en fonction de la variété des textes (objectif,
- Textes d'auteurs (textes narratifs/descriptifs / argumentatifs ; démarche…).
- genre : poésie / roman / nouvelle / journal intime…). 2. Mise en œuvre par les stagiaires de séquences élaborées au
2. Exposé à partir de documents fournis par le formateur sur les centre de formation.
caractéristiques dominantes de chaque type de texte.
Séance n° 1
Activité 1
Travail sur supports textuels variés : - Détecter les besoins des stagiaires pour - Le tableau proposé pour la tâche n°1
Tâche de découverte : Lecture sélective apporter les compléments et les est complété ;
de documents variés en vue de les éclaircissements qui s'imposent - La distinction type/ genre est nettement
classer dans un tableau. (fonction, genres, types…). précisée ;
- Les indices de repérage sont clarifiés,
- Les outils d'analyse de chaque type de
texte sont appréhendés.
Activité 2
Tâche de structuration : Présentation de S'assurer que le professeur stagiaire : - Les informations sur les types et les
synthèse fournie par le formateur sur la - est capable de reconnaître et genres sont effectivement acquises et
typologie textuelle. d'identifier les caractéristiques mises en application.
spécifiques pour chaque type de texte ;
- est capable de se servir de la distinction
genre/type lors de l'analyse d'un
document.
Séance n° 2
Activité 3
- Travail sur les manuels de la 5ème et la Etre capable de : - Des séquences pédagogiques pour des
ème - Repérer la variété des textes et en élèves ou des classes de différents
6 A.E. pour repérer et classer
différents types et genres (dominance, apprécier l'intérêt pédagogique (choix niveaux et d'outils d'analyse adéquats
intérêt…) ; des textes en fonction de la cohérence (planning, grilles…) sont élaborés ;
- Proposition d'activités pédagogiques des contenus, des thématiques, en - Des moyens de communication
Activité 4
Elaboration de fiches pour des séquences S'assurer que le professeur stagiaire : Fiches pédagogiques des trois séances
portant sur un ou plusieurs types de - sait construire une ou des séances à suivantes :
textes. partir des résultats de l'analyse des - Séance n° 1 : identifier les types et les
contenus ; genres de textes.
- sait gérer le contenu en fonction du - Séance n° 2 : analyser les indices de
temps imparti et du niveau des élèves ; repérage (savoir linguistique lié à la
- sait prévoir un dispositif d'évaluation et compréhension).
de remédiation. - Séance n° 3 : intégration des différents
types dans un texte rédigé par un
groupe d’élèves.
SEANCE N° 1
Objectifs de l'activité 1
- Détecter les besoins des stagiaires pour apporter les compléments et les éclaircis-
sements qui s'imposent (fonction, genres, types…) ;
- Identifier et reconnaître les différents types et les différents genres de textes en mettant
en évidence les indices de reconnaissance.
Genre
Supports
- Textes extraits de manuels ;
- Supports authentiques variés.
Synthèse
Les sous-groupes rempliront, au fur et à mesure qu'ils passent au tableau, la grille
synthétique à différentes entrées. Les points de divergence pour le classement seront
explicités.
Objectifs de l'activité n° 2
S'assurer que le stagiaire est capable de :
- Reconnaître et identifier les types dominants dans différents documents à partir
d'indices externes (paratexte, illustration, mise en page, typographie…) ;
- Utiliser les instruments d'analyse lui permettant de distinguer genres et types (élaborés
dans la première séance) ;
- Distinguer les différentes visées de l'énonciateur dans un support.
Supports
- Les mêmes que précédemment ;
- Autres supports variés ;
- Le cas échéant, fiches récapitulatives des apports théoriques fournis par le formateur.
Objectifs de l'activité 1
Etre capable de :
- Repérer la variété des textes et en apprécier l'intérêt pédagogique (choix des textes en
fonction de la cohérence des contenus, des thématiques, en fonction des niveaux des
apprenants).
- Traduire en appareil pédagogique les caractéristiques des différents types de textes.
Supports
Manuels scolaires, niveaux 5ème et 6ème années du primaire (livres de l'élève et guides du
professeur).
La synthèse du travail
On essaie de répondre aux questions suivantes :
Objectifs de l'activité 2
S'assurer que le professeur stagiaire :
- sait construire une ou des séances à partir des résultats de l'analyse des contenus ;
- sait gérer le contenu en fonction du temps imparti et du niveau des élèves ;
- sait prévoir un dispositif d'évaluation et de remédiation.
Supports
Manuels du primaire ou autres (documents illustrés, albums, BD...).
Situation d'intégration 2
En vue d'assurer une articulation entre lecture et écriture, produire les documents
pédagogiques permettant aux élèves, après avoir lu des textes d'un type particulier, d'en
écrire un de même nature.
Sous-compétences du RDC
> Sous-compétence disciplinaire
Produire un texte cohérent (écrit fonctionnel, écrit fictionnel, compte rendu, synthèse
de documents…) en s'appuyant sur les caractéristiques linguistiques et textuelles
observées.
Dispositif de formation initiale en français pour l’enseignement primaire 31
> Sous-compétences professionnelles articulées avec les sous-compétences disciplinaires :
Planification :
• Prendre connaissance des compétences à développer chez l'apprenant dans les
cycles du primaire, des contenus à enseigner et les analyser en vue de construire
des situations d'apprentissage ;
• Définir des objectifs d'apprentissage en fonction des compétences à développer,
des acquis et capacités des élèves et les hiérarchiser ;
• Analyser les manuels scolaires en vue de s'appuyer sur des supports pertinents pour
concevoir des situations d'apprentissage ;
• Définir l'activité proposée à l'élève, l'inscrire dans une durée et une progression.
Gestion :
• Adopter les approches et méthodes pédagogiques et didactiques appropriées
pour produire des écrits fictionnels et fonctionnels ;
• Gérer les différents moments d'une séance d'apprentissage en variant les modalités
de travail (analyse de textes, formulation de règles, production d'autres textes).
Évaluation :
• Détecter les erreurs relatives à la cohérence textuelle et les analyser ;
• Construire des activités de soutien, de consolidation et d'enrichissement des acquis.
Séance 2
L'écrit fictionnel
Durée : 2 heures
Objectifs :
1. Dégager les caractéristiques des différents écrits fonctionnels (usages sociaux,
caractéristiques internes…)
2. Construire l'univers de référence de l'écrit épistolaire :
- Reconnaître et expliciter ce qu'est une lettre (expéditeur/destinataire) et les
paramètres de la situation (intention, contexte, lieu…) ;
- Repérer les éléments (lieu, date, en-tête, message, formules de politesse, signature) ;
- Repérer les connecteurs, étudier leur emploi, leur fonction ;
- Etudier les éléments qui assurent la précision, la clarté du message.
- Tâche n° 2 : Travail sur deux types de lettres : lettres personnelles et lettres administratives.
- Reconnaître et expliciter ce qu'est une lettre tout en ayant compris son aspect
fonctionnel ;
- Prendre en compte celui qui a produit le texte et la totalité des paramètres
de la situation (intention, contexte, lieu…) ;
- Reconnaître les normes qui régissent la dimension formelle de la lettre ;
- Repérer les éléments essentiels d'une lettre (la date, l'en-tête, le message,
la signature - pour une lettre d'invitation, penser à la date et le lieu de
l'événement…) ;
- Identifier les connecteurs et se rendre compte de leur emploi et de leur
fonction ;
- Etudier les éléments qui assurent la précision, la clarté du message.
Après étude des supports mis à votre disposition, classez dans le tableau ci-dessous les
écrits selon des critères distinctifs (fonction, objets, émetteur, récepteurs…) et justifiez
vos choix.
Texte 2
Texte 3
Supports
- Lettres contenues dans les manuels de 5è et 6è ;
- Autres supports apportés par le formateur : rapports, comptes rendus, notes de service,
factures, textes officiels et manuels.
Situation d'intégration
Transfert pédagogique : construction des fiches pédagogiques pour faire produire aux
élèves des écrits fonctionnels.
Durée : 2 heures
Objectifs de l'activité 1
S'assurer que le professeur stagiaire :
- Reconnaît les moments du récit fictif (schéma narratif) ;
- Repère les différents actants dans un récit merveilleux (schéma actanciel) ;
- Détecte les éléments assurant la cohérence textuelle ;
- Produit des textes cohérents et compréhensibles.
Objectifs de l'activité 2
S'assurer que le professeur stagiaire :
- comprend les visées didactiques des consignes accompagnant les supports textuels du
manuel.
- produit des fiches pédagogiques adéquates en vue d'apprendre aux enfants à
produire des textes fictifs cohérents.
- repère les défaillances en matière de cohérence textuelle et intervient pour une
remédiation appropriée.
Consigne
- Étudier les supports textuels ;
- Repérer les moments stables dans un ensemble de documents écrits ;
- Composer d'autres textes en se référant aux modèles élaborés ;
- Élaborer des fiches pédagogiques dont l'objet est la production de récits cohérents.
Prolongements possibles
- Se représenter une succession ordonnée d'événements à partir de fragments de textes ;
- Analyser la structure d'une histoire connue (état initial, problème posé et résolution,
fin de l'histoire) ;
- Étudier la structure de deux contes et élaborer un schéma « canonique » ;
Situation d'intégration
- Étudier les consignes accompagnant les supports étudiés.
- Produire des fiches pédagogiques traitant les modalités d'apprentissage pour la
production de contes et récits.
- Élaborer une grille comportant 10 items pour évaluer la « qualité» de la production.
Produire de l'écrit à partir du - Élaborer une planification - Identifier les activités de - Élaborer un dispositif portant
non verbal. pour une classe à niveau l'écrit programmées dans sur les activités de l’écrit :
unique et une classe à chaque cycle de exercices de production
niveaux multiples selon une l'enseignement primaire ; écrite à partir de supports
progression ; - Utiliser les auxiliaires non-verbaux, en particulier
• à long terme : progression pédagogiques adéquats l’image.
annuelle concernant les pour une activité de - Élaborer une grille d’évalua-
activités de l'écrit en production écrite ; tion ou d’autoévaluation.
production. - Varier les situations - Élaborer des fichiers auto-
• à moyen terme : d'apprentissage correctifs (CCM).
progression semestrielle, (individualisées, interactives) - Élaborer un dispositif de
trimestrielle, mensuelle ou pour atteindre un même remédiation à partir des
séquentielle des activités objectif pour des activités erreurs des élèves.
de production de l'écrit. de l'écrit : productions écrites
- Placer les activités de l'écrit (cycle intermédiaire).
en production dans une
progression hebdomadaire
par rapport aux autres
activités ;
- Concevoir de manière
cohérente et présenter de
façon détaillée les séances
d'apprentissage et
d'évaluation ;
- Décliner une compétence
de l'écrit en termes
d'objectifs d'apprentissage
hiérarchisés.
- Situation didactique à partir d'un corpus de documents non- - Observation et analyse de séances de production écrite pour
verbaux (icônes, BD à bulles vides, affiches… éléments saisir comment les élèves construisent leur apprentissage.
déclencheurs et outils d'évaluation diagnostique)
- Mise en œuvre des leçons dont les fiches auront été
- Répertoire des activités de production de l'écrit à partir de élaborées dans la 2ème séance.
supports non verbaux
- Faire produire des énoncés écrits à partir de supports non-
Séance 1
Activité 2 - Repérer les contenus en rapport avec - Liste des compétences de base du
Analyse des manuels pour repérer les la compréhension d'images et savoir les primaire pour l'apprentissage du
activités concernant l'exploitation des utiliser dans une situation de classe ; français oral et écrit, en rapport avec
supports non verbaux (pour - Se constituer une échelle d'exigences les supports non-verbaux.
l'apprentissage du français oral et écrit) - en relation avec le niveau des élèves.
cf. module oral.
Séance 2
Activité 3 - Répertorier les indices pertinents pour - Corpus de supports pour les leçons
Élaboration de fiches de production de faire comprendre et traduire portant sur ce thème ;
l'écrit à partir de supports non verbaux verbalement un support non-verbal afin - Répertoire de situations où l'image
en adoptant une démarche appropriée de parvenir à un texte écrit ; occupe différentes fonctions
à chaque type de support et à chaque - Traduire les différents indices en termes (information, illustration, suggestion,
niveau de classe. de questions et de consignes pour divertissement, documentation…) ;
préparer une production écrite ; - Fiches pédagogiques de leçons de
Durée : 2 heures
Objectifs de l'activité 1
Séquentialiser les informations simultanément perceptibles dans une image pour les
décrire, les enchaîner et les hiérarchiser (ex. documentaires, albums, BD…).
Objectifs de l'activité 2
- Repérer les contenus en rapport avec la compréhension d'images et savoir les utiliser
dans une situation de classe ;
- Se constituer une échelle d'exigences en relation avec le niveau des élèves.
Situation didactique
Proposer des textes qui mêlent deux ou trois types à la fois et demander aux stagiaires de
dégager les caractéristiques et de les commenter.
Consigne
1. Écrivez un texte permettant à quelqu'un de se représenter l'image que vous avez
sous les yeux ;
2. Répertoriez les situations de production d'écrits à partir des supports non verbaux
(ci-dessus) et décrivez les activités que l'on peut réaliser en tenant compte du
niveau de chaque classe.
Support
- Corpus contenant différents genres de supports non-verbaux (ex : une affiche de
cinéma, un portrait représentant une personne humaine, une BD vierge = sans écrit...) ;
- Illustrations tirées des manuels (cartes de géographie, photocopie de documents,
schémas, illustrations…).
Modalités de travail
- Travaux de sous-groupes
Activité 1
- À partir d'un support non verbal particulier, chaque sous-groupe produit un écrit pour
permettre aux autres groupes de se représenter le document distribué ;
- Lecture du produit aux autres sous-groupes n'ayant pas vu le document ;
- Évaluation par les autres groupes de la pertinence du texte produit au vu du document ;
- Commentaire sur les difficultés, les limites et les contraintes rencontrées lors du passage du
non-verbal au verbal => Quelles conclusions pour les pratiques de classe ?
Activité 2
- À partir de supports non verbaux de différents types pris dans les manuels, élaborez
des propositions de productions orales puis écrites adaptées au niveau des élèves ;
- Mise en commun des propositions et discussion ;
- Complément et correction apportés par le formateur.
Durée : 2 heures
Objectifs de l'activité 1
- Répertorier les indices pertinents pour faire comprendre et traduire verbalement un
support non-verbal afin de parvenir à un texte écrit ;
- Traduire les différents indices en termes de questions et de consignes pour préparer une
production écrite ;
- Traduire les indices en question en indicateurs pour construire des critères d'évaluation
qui conviennent au support.
Objectifs de l'activité 2
- Produire des fiches pédagogiques ;
- Elaborer des critères d'évaluation adaptés aux différents types de supports non verbaux.
Situation didactique
Consigne
- À partir d'un support non-verbal de votre choix, élaborez une fiche permettant de
passer en plusieurs étapes du support non verbal à la production écrite (temps de
découverte, de verbalisation orale collective, de production écrite individuelle,
révision des textes…) ;
- Formulez les critères d'évaluation convenant pour des supports étudiés.
Support
- Liste des compétences du primaire qui pourront être travaillées dans la séance.
- Supports sélectionnés : manuels et appareils pédagogiques accompagnant les
documents.
Modalités de travail
Activité 1
Travail à deux :
- Répartition d'un éventail de documents : à partir d'un même document, chaque
binôme produit un projet d'activités définies pour deux niveaux différents (4e - 6e) ;
- Élaboration du projet d'activité et mise en commun des productions et discussion ;
- Apport d'informations complémentaires du formateur.
Activité d'intégration
Activité
- Simulation en classe d’une des activités conçues ;
- Analyse des deux difficultés principales :
• Passage du non verbal au verbal,
• Transformation du discours oral en discours écrit
- Réalisation des activités dans les classes d'application.
Nous allons observer les différentes méthodes et tenter de cerner les difficultés qu'elles
peuvent éventuellement engendrer.
Par commodité, nous distinguerons trois méthodes, telles qu'elles sont définies dans
l'ouvrage de l'ONL, Le manuel de lecture au CP, 2003.
« Par méthode, nous entendons l'ensemble des soubassements théoriques qui construisent
un modèle méthodologique opérationnel de la lecture. Chaque méthode repose ainsi sur
un ensemble de caractéristiques identifiables qui la distingue des autres méthodes. Elle peut
ensuite être diversement déclinée en démarches qui exploitent de manière spécifique et
précise ses caractéristiques théoriques, grâce à des activités choisies. »
Toutes les méthodes ont le même objectif : permettre l'apprentissage de la lecture et
faire de chaque enfant un futur lecteur expert. Néanmoins, elles revendiquent des
différences dans le moyen d'y parvenir (grâce à une méthodologie et des objectifs
opérationnels déterminés).
Chaque méthode induit donc une représentation de la lecture spécifique et peut
générer des difficultés particulières.
On ne s'arrêtera pas aux débats infinis sur les terminologies, on ne cherchera pas à
distinguer finement la polysémie artificiellement instituée pour chaque terme. Nous nous
proposons plutôt de donner du sens et de la cohérence aux contenus.
La méthode synthétique
Parce qu'elle s'appuie sur la découverte et la connaissance des unités de la langue,
cette méthode peut induire certaines difficultés, inhérentes à son degré d'abstraction. En
effet, cette méthode s'appuie sur la prise de conscience par l'apprenant des
correspondances qui rapprochent les constituants formels de la langue orale (les
phonèmes et leur réalisation en sons) qu'il utilise spontanément, et les unités de la langue
écrite (les graphèmes et leurs graphies en lettres et groupes de lettres) qui lui sont
étrangères.
Ceci impose d'abord que l'apprentissage engage l'enfant à segmenter et discriminer les
unités minimales de la langue orale, démarche intellectuelle réflexive qui n'est pas
naturelle, afin d'atteindre un degré suffisant de conscience phonologique. L'enfant doit
entrer dans la connaissance explicite de la décomposition de la chaîne parlée en sons
identifiés, savoir les reconnaître et les produire séparément. Les premières difficultés
Les étapes de fusion et de combinatoire ne sont pas beaucoup moins abstraites. Les élèves
sont amenés à lier certaines unités minimales en unités plus grandes, les syllabes, puis en
mots. Pour certains, cela ressemble à apprendre le nom des atomes et leur structure, puis
s'attacher à former des molécules, sans savoir trop à quels grands ensembles elles
participent et sans voir concrètement les matières qu'elles constituent : c'est frustrant.
D'autres difficultés peuvent naître de la démarche choisie, au sein de cette méthode.
Une démarche grapho-phonologique s'appuie précisément sur la construction des
correspondances phonies / graphies et graphies / phonies, et l'automatisation des
procédures de décodage/codage.
C'est très techniciste et nouveau pour l'enfant. Cet aspect mécanique, souvent
stigmatisé par un ânonnement routinier, peut démobiliser la motivation pour
l'apprentissage de la lecture, s'il est exécuté seul, sans autre approche des textes.
Une démarche syllabique, qui s'appuie plus précisément sur la connaissance des lettres
et la combinaison des graphies vers la phonie correspondante, part, en quelque sorte,
du code inconnu (les combinaisons de lettres) vers le code connu (la chaîne des sons de
la langue orale), c'est le B-A-BA. Ceci peut désorienter certains élèves.
La méthode analytique
Parce qu'elle s'appuie sur la découverte du matériau écrit sans faire de lien avec la structure
linéaire de la langue orale, cette méthode induit certaines difficultés, inhérentes à cette
séparation entre code oral, qui ne fera pas l'objet d'une analyse, et code écrit, considéré
comme nouveau, autonome et distinct. En effet, cette méthode part des grandes unités
écrites (le texte, la phrase) pour aller vers leurs composantes (le mot). Chaque phrase ou
chaque mot est une entité qui a son identité propre et son sens associé.
Ceci impose une immersion dans les textes, à la manière de Champollion. Et comme
Christophe Colomb, on y navigue sans trop savoir où l'on va, en privilégiant des activités
d'hypothèses sur le sens ; on découvre des mots, des indices. D'une certaine manière,
c'est une approche qui construit des correspondances entre mots, phrases et sens : pour
certains élèves cela va amener des difficultés.
La méthode analytique impose par ailleurs une perspective hypothétique sur le « sens »
plus que sur la forme des textes, ce qui ne sera pas forcément facile à gérer pour l'enfant.
En effet, la signification d'un mot est stable, on la découvre dans le dictionnaire. Le sens
d'un mot, lui, dépend de la place qu'il occupe dans l'environnement des autres mots ; le
sens s'actualise en contexte. Il ne se partage pas formellement et n'offre pas d'invariants
ni de régularités. En d'autres termes, rien n'est jamais sûr dans la négociation sur le sens.
Un apprentissage fondé exclusivement sur le sens se construit donc très lentement, sur
des bases instables et des hypothèses à toujours renouveler. Si cette approche paraît très
dynamique, elle est par ailleurs très demandeuse d'énergie, de connaissances
personnelles et d'arrière fond-culturel.
Elle peut aussi induire une fausse représentation de la lecture, une difficulté avec le
respect de la structure morphologique et orthographique de la langue écrite.
Une forte difficulté vient de la nécessaire maîtrise métalinguistique de la langue par
l'enseignant, puisqu'il doit saisir en permanence les origines des hypothèses sur le sens
faites par les élèves, afin de les exploiter et conduire chacun vers une meilleure
expérience de la langue. Il faut aussi avoir effectué un choix judicieux des textes sur
lesquels les élèves s'interrogent. Selon les démarches choisies (naturelle, globale) les
textes seront prélevés dans la littérature de jeunesse, dictés à l'adulte par les élèves, etc.
La méthode mixte
Parce qu'elle s'appuie sur un mélange des deux premières, cette méthode induit
certaines difficultés, inhérentes à ses points d'appui plus hétérogènes. Même si elle
cherche à rapprocher les qualités des méthodes synthétique et analytique, elle
rassemble aussi des défauts et induit des difficultés spécifiques. En effet, cette méthode
articule un travail plutôt logographique et une entrée dans le déchiffrage grapho-
phonologique.
La démarche mixte conjointe propose une entrée simultanée dans l'écrit par des activités
relevant des méthodes analytique et synthétique. Elles sont littéralement mises en
concurrence dans la représentation que l'élève essaie de se construire de la lecture : faut-
il apprendre des mots ou les décomposer ? Cette ambiguïté, souvent poursuivie tout au
long de l'année, introduit de la confusion pour certains élèves qui hésitent dans la stratégie
de découverte des mots. De plus, pour rendre cette démarche pertinente, les mots appris
sont le plus fréquemment organisés en catégories ou suivant des classements, par exemple
les noms communs, les verbes, etc. Ceci ajoute une dimension implicite grammaticale, sans
doute pas vraiment pertinente au cours du CP.
L'usage d'un manuel impose par contre qu'il ait été choisi suivant des critères sérieux :
un manuel, cela s'analyse !
L'ONL propose sur ce sujet un nouvel ouvrage : Le manuel de lecture au CP, réflexions,
analyses, critères de choix, CNDP/Savoir Livre, diffusion Hatier, 2003.
Ce travail sera prolongé sur le site internet de l'ONL pour les manuels les plus récents.
Il est certain qu'il existe des manuels plus équilibrés que d'autres.
En fait, malgré la proximité visuelle de certaines ou au contraire des différences qui
paraissent majeures, on constate en étudiant les publications de près qu'elles ont des
convergences ou des divergences théoriques et méthodologiques bien plus fortes qu'il
y paraît de prime abord. Les progressions, les apprentissages qu'elles induisent, les
modes de mise en ?uvre pratique les caractérisent fortement : bien connaître un
manuel « ce qu'il fait et ce qu'il est » est une chose possible et nécessaire. Cela permet
d'éviter les difficultés qu'il pourrait générer et de rééquilibrer les activités quand c'est
nécessaire : le manuel propose-t-il trop ou pas assez de telle activité engageant le
développement de telle ou telle habileté, etc. ? Comment dois-je m'y prendre pour
l'exploiter au mieux, au-delà des suggestions du livre du maître, comment le dépasser
légitimement ?
Les difficultés que les manuels peuvent engendrer viennent des progressions
proposées, de l'accent mis sur certaines activités plus ou moins utiles à l'apprentissage
réel de la lecture, et surtout de ses manques, qu'il faut pouvoir remarquer et corriger.
C'est ainsi que l'enseignant doit s'approprier et utiliser un manuel dans les meilleures
conditions. Cela nécessite, il est vrai, de bien connaître les éléments et compétences
qui composent un apprentissage réussi de la lecture et de savoir repérer l'origine des
difficultés rencontrées par les élèves.
Si l'on met en œuvre une méthode mixte, souvent présente dans les pratiques, on pourra :
- éviter au maximum l'introduction des caractéristiques de la méthode analytique et se
limiter à la reconnaissance rapide de mots outils ou de pronoms, dont l'orthographe et
la forme sont figées, et qui ont plus valeur de fonction que de vocabulaire,
- ne pas laisser d'incertitude se créer sur la bonne démarche à suivre. On montrera
l'orientation prédominante de l'apprentissage en signalant, quand se sera le cas,
qu'on peut faire un peu autrement en utilisant « une autre façon » (apprendre
certains mots « par cœur », par exemple).
- être très attentif au choix et à la gestion des manuels qui adoptent souvent une
approche mixte (enchaînée ou conjointe).
Selon FRITH (1985), il y aurait trois grandes étapes dans l’installation de la capacité des
lecteurs à reconnaître les mots écrits : les stades
• logographique,
• alphabétique,
• orthographique.
Le stade logographique :
L’élève utilise des indices pour deviner les mots : il traite les mots comme des dessins. La
réussite ou non à ce stade n’a pas d’influence sur la suite de l’apprentissage de la
lecture.
Le stade alphabétique :
L’élève n’y accède qu’avec l’apprentissage du code alphabétique et le travail des
correspondances entre les lettres et les sons.
C’est la période où l’enfant commence à faire des conversions entre phonèmes et
graphèmes. Il lit seulement les mots dans lesquels la correspondance graphème-
phonème est régulière (tout ce qui est écrit s’entend). On peut parler ici d’écriture
phonétique.
Le stade orthographique :
C’est le stade de la maîtrise de l’écrit :
• L’enfant a compris le fonctionnement de la langue. Il peut lire tous les mots.
• Il est capable de reconnaître des morphèmes (marques grammaticales ou lexicales).
La lecture est rapide, la capacité d’identification des mots s’est automatisée. Ce n’est
pas le dessin mais le matériau verbal qui est analysé en mémoire.
D’après Un document de Mme Annie CAMMENISCH, professeur à l'IUFM d'Alsace, site de Colmar
Plan : I. activités pour aider le lecteur débutant à identifier les unités mots
II. activités pour aider des lecteurs débutants à comprendre les phrases
III. activités pour aider à comprendre et mémoriser des textes
Pour y parvenir, un débutant doit tenir en mémoire les fragments déchiffrés avec plus
ou moins de peine, qui sont des syllabes (le /ca/ et le /do/ de « cadeau »), des
fragments de mots reconnus en bloc (le super- de « supermarché »), des
correspondances graphies-phonies (le /ch/ initial de « chat », le /o/ final de « lavabo » ou
de « oiseau »). S’il déchiffre trop lentement, il oublie le début du mot en déchiffrant la
fin et ne peut « coller les syllabes » ensemble pour retrouver un mot connu.
En revanche, quand il a automatisé les règles du décodage (il lit ca-deau sans effort)
ou quand il a mémorisé la forme graphique du mot entier (il reconnaît directement
« cadeau »), il peut lier les mots entre eux pour comprendre des phrases et des textes.
2. Analyse didactique des manuels : les exercices scolaires sur les mots
Nombre d’exercices font travailler sur des mots entiers :
Ex : - reconnaître un mot dans une liste (entourer « douche » dans la liste « mouche,
double, couche, douche, fourche ») ;
- retrouver des mots dans un texte ;
- souligner tous les mots contenant le son /ou/ ;
- combiner des syllabes en désordre pour recomposer des mots donnés
- copier des mots entiers, etc.
Or, un élève peut réussir la plupart de ces exercices sans lire les mots, en se contentant
de comparer des fragments sans signification (discrimination visuelle) ou de copier
lettre après lettre.
Il faut donc aider les enfants à stocker des mots entiers dans leur mémoire : comment ?
3. Propositions d’activités pour entraîner les lecteurs débutants à lire par mots entiers
Mémoriser des mots en les écrivant :
- la copie : si un mot reste sous ses yeux, celui qui copie apprend à ne pas oublier de
lettres, à transcrire de script en cursive, à vérifier en comparant sa production à
l’original, mais il n’a pas besoin de mettre le mot entier en mémoire.
Identifier des unités-mots dans un ensemble où ils ne sont pas « visibles » directement :
- activité ludique : dans les journaux, il existe nombre de grilles de « mots cachés » :
pour retrouver un mot caché, il faut arriver à le voir « comme un bloc » (on le barre,
ou on l’entoure) et non comme une collection de lettres voisines (horizontales,
obliques ou verticales).
- situation problème : une phrase en écriture continue, sans blancs doit être lue
(comprise) et recopiée en écriture normale, mot à mot
- les débutants déchiffrent à voix haute, syllabée, et « entendent » la sens de la phrase.
Ex : LACAPITALEDUMAROCESTRABAT ou LacapitaleduMarocestRabat
- pour la recopier, ils doivent marquer d’un trait les frontières entre les mots, ce qui
les conduit à passer d’une oralisation syllabée à une copie cursive mot à mot.
Ex : LA/CAPITALE/DU/MAROC/EST/RABAT
(Ici, il faut percevoir que la phrase n’est pas « La capitale du Maroc, c’est Rabat »)
Quand ce travail de déchiffrage absorbe toute son attention, il est normal qu’il oublie
les mots déjà lus, perde le fil du propos, ne puisse vérifier la cohérence des
enchaînements, ni « coller les mots entre eux» ensemble pour construire le sens de la
phrase. Il peut réussir à oraliser sans erreur et pourtant n’avoir « rien compris ». Pour se
faire, il lui faut généralement une deuxième lecture, destinée à passer du mot à mot à
l’enchaînement des mots entre eux (de même qu’on déchiffre lentement une
partition musicale, puis qu’on la reprend pour une lecture dans le bon tempo).
Ex : lecture à voix haute ou silencieuse, exercices recomposition d’une phrase dont les
éléments sont en désordre, phrases à trous à compléter de façons diverses (« test
de closure », trouver les connecteurs, les pronoms, les verbes ou les noms
manquants grâce au contexte).
- « la pêche aux mots » : une phrase est écrite au tableau, comportant nombre de
mots déjà rencontrés en lecture. Ce peut être une phrase composée par le maître à
partir de la lecture faite dans le manuel, ou d’un événement survenu dans la classe,
ou tiré d’une ancienne lecture, comptine apprise par cœur, etc.
Les enfants sont invités à chercher « les mots qu’ils reconnaissent » et à venir à tour de
rôle les pointer au tableau, à condition de dire comment ils ont fait pour le
« reconnaître » (explicitation des indices retenus, des syllabes déchiffrées etc.). Le
maître demande à la classe de corriger les lectures erronées, de valider la lecture
correcte et il souligne le mot bien lu.
Quand nombre de mots sont soulignés, les enfants doivent essayer de lire « dans leur
tête » toute la phrase, en enchaînant les mots. Validation en lecture collective à voix
haute.
On peut enchaîner de cette façon la lecture de plusieurs phrases composant un texte.
« la bande à dérouler » : la phrase a été écrite sur une bande de papier enroulée. Le
maître dévoile la première syllabe du premier mot. Un enfant déchiffre puis le maître
questionne : qu’est-ce que pourrait être le mot entier (qui commence une phrase) ?
Les élèves cherchent des mots commençant par cette syllabe
Ex : l’élève a lu Ma-
- un enfant propose « Marché ». Exact.
Mais ce mot peut-il commencer une phrase ? On dirait le marché, au marché, etc. En
revanche, Manon ou Mardi le peuvent, ou encore Ma famille, etc).
On apprend ici à faire intégrer la lecture du mot dans l’espace de la phrase avec ses
contraintes, syntaxiques et sémantiques. Au fur et à mesure, les mots lus enchaînés
La phrase entièrement déroulée est relue collectivement à voix haute. Elle peut être le
point de départ d’un texte plus long, inventé par les enfants et écrit par l’enseignant
(dictée à l’adulte).
2. Analyse didactique des manuels : les exercices scolaires sur les textes
La plupart des textes proposés dans les manuels sont des extraits courts, qui
composent des unités de sens en eux-mêmes, plus rarement des textes longs (à lire en
plusieurs fois : lectures suivies, demandant de garder en mémoire l’épisode déjà lu
pour l’enchaîner au suivant).
Les textes ont été sélectionnés pour ne pas poser de problème de compréhension
globale : la difficulté est seulement de conduire une lecture littérale sans erreur. Les
procédures sont la lecture à voix haute magistrale (le sens général du texte est donné),
suivie de lectures d’élèves ; ou bien, la découverte silencieuse du texte par les enfants,
suivie de questions (de quoi parle ce texte, que raconte-t-il, etc ?) suivie d’une lecture
fragmentée à voix haute, par les enfants.
- test de closure : on enlève un mot sur cinq dans un texte. Travail collectif au tableau
ou sur une feuille par groupe de deux élèves. Consigne : retrouver les mots pour
parvenir à un texte cohérent. Le fait d’ôter un mot sur cinq fait que nombre de mots
à trouver sont des articles, pronoms, adverbes, prépositions et par seulement des
noms ou des verbes. Le travail porte donc beaucoup sur la syntaxe des phrases.
- N.B. : dans le test de closure employé comme test noté, un seul mot est et on
n’admet pas les mots « équivalents » ; dans cette situation pédagogique, on les
admet s’ils conviennent au sens général du texte.
Ex : « Le XX-XX est dans le pré, Cours-y vite, cours-y vite » : recherche d’un mot de deux
syllabes.
Les enfants proposent le tracteur est dans le pré, le fermier, le cheval, etc..
Qu’est-ce qui fuit toujours quand on croit qu’on va enfin le connaître ? et qui rend si
heureux ? le soleil, le Père Noël… Relecture du texte, une fois épuisées les suggestions
des élèves, avec le mot « bonheur » : le texte prend sens de façon tout à fait nouvelle.
Prolongements (cf. annexe 3 mémoriser des textes) : Alors que les textes en prose n’ont
qu’à être compris, les textes poétiques sont presque « sus par coeur » quand on les a
lus et relus pour les compléter au cours de l’activité. On conduit donc jusqu’au bout la
mémorisation : lectures et relectures d’élèves à voix haute alors que le maître efface
progressivement des mots du texte, jusqu’à ce qu’il ne reste visible au tableau que son
squelette (les mots outils) et sa mise en page (retour à la ligne). Le texte est ensuite
copié (en copie différée) sur le cahier.
Pourtant, pour des débutants entrant en même temps dans la culture écrite et dans une
langue seconde, les textes connus par c?ur sont un recours puissant. Pour les maîtres, ils
offrent un éventail d’activités collectives efficaces en temps et en matériel : tout le
monde ne peut pas parler en même temps, mais tout le monde peut réciter, chanter,
relire un texte déjà connu en même temps. Pour les élèves plus avancés, ces textes
référents peuvent constituer une culture commune de la langue, qui leur servira de
« dictionnaire intérieur » de lexique, de syntaxe, de modèles de prononciation et
d’articulation.
Toute la question porte sur le choix des textes à faire mémoriser : la tradition scolaire a
longtemps fait apprendre et réciter des règles de grammaire ou d’orthographe, aussi
difficiles à mémoriser que faciles à oublier, il ne faut faire apprendre que des textes
« mémorables ». Ils doivent dont être choisis dans le corpus des comptines et chansons
populaires, françaises ou francophones pour les débutants, puis dans un corpus scolaire
des poésies pour les plus grands.
Dans les premières classes de français écrit, elles peuvent être reprises. Elles sont un oral-
écrit essentiel pour ceux qui ont besoin de progresser dans l'écoute du français, et pour
tous ceux qui ont encore du mal avec le principe alphabétique. En leur montrant
comment est écrit un texte qu'ils connaissent, le maître apprend aux élèves à mettre en
Le fait de pouvoir facilement scander des syllabes d’un mot ou d’une phrase en frappant dans
ses mains permet de décomposer aisément le texte en « morceaux de mots » permettant la
mise en correspondance de la syllabe orale et de la syllabe écrite. Vient plus tard la
correspondance entre « sons » et « lettres » : en effet, certains phonèmes (consonnes /p/, /d/,
/t/) très difficiles à discriminer quand ils sont isolés, sont bien repérés avec l’appui d’une voyelle
qu’on peut faire varier. Mais au fur et à mesure de l’apprentissage de la lecture, les comptines
et chansons sont des matériaux sur lesquels le maître peut vérifier si les enfants réinvestissent ou
non les savoirs acquis avec le livre de lecture.
Les comptines apprennent donc comment l’écrit encode l’oral. Elles offrent un tremplin
efficace pour assurer le déchiffrage très sûr. En les relisant imprimées, certains enfants
découvrent vite qu'ils vont presque aussi vite que le maître et que lire, ce n’est pas
seulement déchiffrer laborieusement, c’est aussi « interpréter un morceau » (de texte ou
de musique) dont le déchiffrage ne fait plus problème.
En revanche, pour enfants plus lents, elles surlignent les traits formels de la langue écrite
(« le code »), ce qui aide à fixer le principe alphabétique, les premières correspondances
systématiques et à faciliter des relectures mot à mot. Ces relectures intensives permettent
à certains de faire vite l'expérience gratifiante de la "reconnaissance directe des mots",
alors même qu'ils n'en sont pas encore là dans leur lecture ordinaire. De quoi les aider à
comprendre "comment ça marche" et à persévérer.
Un fois le texte complété, le maître le faire relire entièrement aux élèves en effaçant, à
chaque relecture, un ou plusieurs mots que les élèves peuvent néanmoins retrouver
dans leur mémoire. Au bout de six à sept relectures, la classe « relit » le texte sans erreur,
alors qu’il n’y a pratiquement plus rien de visible au tableau, à part le squelette du texte
et la trace des mots effacés. Le texte est ainsi appris par toute la classe sans difficulté
et très rapidement.
Les élèves ont alors à copier le texte sur le cahier en « copie différée » : un texte complet
reste consultable (au fond de la classe, à l’envers du tableau, sur le manuel) mais les
élèves doivent le copier sans l’avoir sous les yeux, de façon à traiter des « unités-mots »
et à en mémoriser l’orthographe lexicale, mais aussi « bloc de mots » (orthographe
grammaticale).
Sites Internet
Eduscol : http://eduscol.education.fr
Observatoire National de la Lecture : http://onl.inrp.fr/ONL/
Bien lire : http://www.bienlire.education.fr/
Télé Formation Lecture : http://www.uvp5.univ-paris5.fr/tfl/TFL.asp
2- Ecrire
• BRIGAUDIOT M, Première maîtrise de l’écrit. CP, CE1 et secteur spécialisé, Hachette
Education, 2004.
• GARCIA-DEBANC C, et PLANES L, Objectif écrire, CRDP de Languedoc-Roussillon, 2003
• JOLIBERT J, Former des enfants producteurs de textes, Hachette, 1994.
Ecriture créative
• CLERINO A. Pour le plaisir d'écrire à l'école élémentaire, L'Ecole, Paris. 1990.
• DUCHESNE A, LEGUAY T. Petite fabrique de littérature, Magnard. 1991.
• MESANA-ALLAIS, Corinne. - 10 Modules pour la production écrite - Paris : Didier, 2001
• ORIOL-BOYER C. Lire-écrire avec des enfants, Bertrand - Lacoste, 2002
• REUTER Y. Enseigner et apprendre à écrire, ESF, 2002
• RIVAIS Y. Jeux de langage et d'écriture, Retz. 1992.
• RODARI, Gianni. - Grammaire de l’imagination, introduction à l’art d’inventer des histoires -
Paris : Messidor, 1979.- 251 p. rééd. Rue du monde, 1997 - 223 p.
• VERMEERSCH Gérard. La petite fabrique d’écriture, Paris : Magnard, 1996 - 219 p.
Revues
• CHARTIER Anne-Marie, L'enfant, l'école et la lecture : les enjeux d'un apprentissage, Le
Débat - n°135, mai-août 2005
À consulter
• Repères N°s 37 et 38.