Impact de la Dette Publique sur la Croissance au Maroc
Impact de la Dette Publique sur la Croissance au Maroc
ISSN: 2550-469X
Numéro 9 : Juin 2019
M. AHMED HEFNAOUI
Résumé :
La relation entre la dette publique et la croissance économique d’un pays a toujours fait
l’objet de controverses. Le présent article s’intéresse à la problématique de l’impact de la
gestion de la dette extérieure sur les agrégats macroéconomiques au Maroc. Cependant ces
travaux empiriques ont pour objectif de mener une étude profonde de la question de
l’endettement extérieur effectué par le Maroc et de savoir ses effets et ses incidences sur
l’économie Marocaine, notamment la croissance économique sur le long terme. À l’aide
d’une approche méthodologique simple, l’étude utilise des techniques de VAR et de causalité
pour répondre à l’objectif de l’étude.
La technique du modèle VAR structurel a été utilisée pour estimer le modèle sous des
contraintes bien précises. Les données utilisées couvrent la période de 1998 à 2017. Un
modèle théorique réduit d’ensemble ainsi que les outils de la méthodologie VAR structurelle
(causalité au sens de Granger, fonctions impulsion-réponse, décomposition de la variance de
l’erreur de prévision) sont utilisés.
Mots clés: Dette extérieure publique, VAR, endettement, croissance économique, Déficit
budgétaire.
Abstract:
The relation between public debt and a country's economic growth has always been
controversial. This article focuses on the issue of the impact of developing countries, external
debt management on macroeconomic aggregates in Morocco. However, the objective of this
empirical work is to conduct an in-depth study of Morocco's external debt situation and to
determine its effects and the impact on the Moroccan economy, including long-term economic
growth. Using a simple methodological approach, the study uses VAR and causality
techniques to meet the study objective.
The structural VAR model technique was used to estimate the model under specific
constraints. The data used cover the period from 1998 to 2017. A reduced overall theoretical
model and the tools of the structural VAR methodology (causality in the Granger sense,
impulse-response functions, decomposition of the variance of the forecast error) are used.
Keywords: Public external debt, VAR, indebtedness, economic growth, Budget deficit.
Introduction
L’activité économique est fondée sur le bon fonctionnement de ces finances publiques, L’Etat
doit tenir des ressources propres de financement nécessaires pour faire face à ses besoins de
financement. Dans le cas d’un solde négatif qui entraine un déséquilibre financier, les agents
économiques font recours au financement interne ou externe.
Cette situation a démarré des débats liés à l’effet de l’endettement public sur la croissance
économique, voir aussi l’intérêt s’est transformer des simples recherches des effets de
causalité entre les grandeurs économiques, à des études profondes qui ont pour objectif la
définition du seuil inquiétant au-delà duquel l’endettement public pourrait impacter
négativement les grands équilibres macroéconomiques et briser les possibilités d’une
croissance élevée et durable.
Plusieurs travaux menés par des décideurs et des chercheurs essayant de répondre à cette
problématique en analysant l’impact de la dette extérieure sur la croissance économique. Il
s’agit d’un thème semblant plus important que jamais, surtout avec la dernière crise de la
dette souveraine dans les pays de la zone euro de 2011 qui a eu des répercussions tragiques
sur les pays européens au niveau des finances publiques.
Au Maroc, l’état des finances publiques devenu inquiétant, étant donné que ces dernières
années les déficits budgétaires cumulés, ont encouragé les autorités publiques à s’endetter
davantage. Les études réalisées par le Ministère de l’économie et des finances ont révélé que
la dette extérieure publique au Maroc continue d’enregistrer une tendance haussière depuis
2005 pour atteindre un niveau très élevé de 332,35 milliards de dirhams (MMDH) en 2017,
contre 312,46 MMDH en 2016 constituant 31% du PIB en 2017, contre 30,8% une année
auparavant. Une situation similaire et précaire qui rappelle des épisodes dramatiques qui ont
pointé l’histoire des finances publiques au Maroc.
Cet article s’inscrit dans la lignée des travaux empiriques récents des ressources de
financement de l’économie marocaine face à la conjoncture mondiale actuelle, ainsi d’étudier
l’effet de la dette sur la croissance économique au Maroc.
La démarche adoptée dans ce travail est la démarche déductive, nous utilisons dans un
premier temps la méthode descriptive, en décrivant la structure et l’évolution de la croissance
économique face à l’évolution de la dette extérieur public à l’aide d’un ensemble des données
collectées auprès des organismes nationaux et internationaux. Ensuite, il fera l’objet une
approche économétrique basée sur l’étude des séries temporelles et l’analyse de la causalité au
sens de Granger, par la vérification de l’existence ou non d’une relation causale entre
l’endettement extérieur et la croissance économique marocaine. À partir des données
recueillies l’étude économétrique sera faite à l’aide du logiciel EVIEWS.
Ainsi, le travail comporte trois parties. La première partie consiste à l’analyse théorique et les
soubassements empiriques de la relation entre la dette extérieure publique et l’activité
économique. La deuxième partie, contient l’analyse empirique à travers une analyse
statistique de l’évolution de la dette marocaine pour une période d’étude qui s’étale de 1995 à
2017. La dernière partie contient l’interprétation des résultats trouvés de l’estimation du
modèle économétrique.
1- Revue de la littérature
1.1. Revue de la littérature théorique
moins primitives, a de tout temps ou presque, cherché à emprunter sans que l’on puisse pour
autant parler de dette publique ou même de crédit d’Etat. » (Grenier ,2006).
Le débat sur le caractère bénéfique ou non de la dette fût ouvert par les scolastiques ou les
Auteurss des lumières. En effet, la sagesse des économistes des lumières vis-à-vis la dette de
l’Etat fût dépassée et développée par une conception plus favorable, celle de la pensée
keynésienne après la première guerre mondiale, et cette dernière fût attribuée à la proposition
de l’Equivalence de Ricardo proposée par l’article fondateur de Barro en 1974 : "Are
Government Bonds Net Wealth?" approfondit un concept développé par l'économiste
britannique David Ricardo au cours du XIXème siècle « la théorie de l'équivalence
Ricardienne». L’article de Barro, signa la naissance d’un nouveau débat sur l’endettement
public et le déficit budgétaire.
Selon la conception keynésienne, dans certains cas, le gouvernement doit stimuler l’économie
par des augmentations au niveau des dépenses publiques ou par la diminution des taxes. Selon
Keynes, en cas de crise, le déficit public est une solution pour accélérer la reprise de
l’économie des pays. Cependant, examinant la théorie sur la dette extérieure et la croissance
économique, les Keynésiens raisonnent que l’endettement public ne crée pas d’avantage ni
pour les générations présentes ni pour les générations futures.
Ainsi que d’après les Keynésiens, le modèle de l’Etat tire ses fondements dans la demande
globale et sur ses effets accélérateurs et multiplicateurs. Dans l’approche keynésienne, les
pouvoirs publics sont à même de soutenir la demande des agents lorsqu’elle est déprimée et
de la freiner. En cas de sous-emploi, l’Etat se doit de mener une politique de relance afin
d’augmenter la demande effective. Contrairement à la logique néoclassique les différentes
interventions de l’Etat sont perçues à travers les effets de demande. Ces effets de demande
sont captés via le multiplicateur keynésien dans une optique de rigidité des prix ou encore de
flexibilité des prix (Mao Takongmo Charles Olivier & Kenfack Merville Estelle, 2011).
Depuis la crise de l'endettement des années 80, plusieurs modèles ont évalué le lien entre la
dette extérieure publique et la croissance économique afin de démontrer l’existence d’un
impact positif ou négatif de la dette sur la croissance et sur l’investissement.
En 1997 Desphande, a mené une analyse sur 13 pays très endettés, leur étude couvre une
période de 1971 à 1991. Il a constaté une relation négative entre l’endettement extérieur et
l’investissement, et établit le constat selon lequel lorsqu'il y a surendettement, la dette
extérieure tend à capturer l'effet des variables explicatives de l'investissement.
Parmi les limites de son étude, le fait qu’elle ne tient pas compte des variables de contrôle
pouvant influencer l’investissement. L’objectif de son exercice est de vérifier essentiellement
la nature de la relation entre l’investissement et la dette, non pas de composer un modèle de
comportement d’investissement en soi.
Pour Warner (1992), il a utilisé un ensemble de variables indépendantes en voulant
comprendre l'effet de la crise d'endettement dans les années 1982-1989. Selon lui, le
ralentissement de l'investissement des pays fermement endettés à l'époque est dû au taux
d'intérêt mondial relativement très élevé, à la diminution des prix à l'exportation, et la
récession mondiale qui est lente. Tous ces chocs pourraient contribuer à la diminution
l'investissement.
Rockerbie (1994) a critiqué l’étude de Warner (1992), en lui reprochant que son analyse
contient plusieurs points faibles dont on trouve les effets de la crise d'endettement sur
l'investissement des pays endettés. Rockerbie appuie sur les faibles niveaux d’investissement
qui sont à la base de la crise et non l'inverse. A cet égard, Rockerbie a examiné une
composition des variables de contrôle susceptible d’impacter l’investissement à long terme à
l’aide d’un échantillon de 13 pays1 de l’Amérique Latine sur une période de 1965 à 1990. Il
retient que l’effet positif de l’endettement sur l’investissement sur tous les pays choisi dans
son étude à l’exception du Mexique. D’après son étude, la période de l’étude 2ainsi que le
pays considéré 3a influencé les résultats de l’études empirique pour vérifier l’effet de
l’endettement sur l’investissement.
(Burak Gürbüz & Marc Raffinot, 2001), durant la période entre 1963 et 2000 ont cherché à
explorer le lien entre la dette publique et la croissance économique en Turquie. Pour faire
ressortir la rupture structurelle qu’a connue ce pays en 1981, ils ont distingué deux
périodes (1963-1998 et 1988-2000), compte tenu du développement d'un marché financier
domestique qui a permis de remplacer en partie la dette publique extérieure par une dette
intérieure. Ces estimations donnent deux effets distincts : la dette externe a un effet positif sur
1
Utilisation de la procédure temporelle pour chaque pays
2
Avant et après un changement politique
3
Les résultats empiriques montrent un impact positif de l’endettement extérieur sur le taux d’investissement pour le pays
considéré dans l’étude à l’exception du Mexique qui peut être expliquer par son surendettement avant la crise
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les investissements prives, tandis que la dette interne exerce un effet d'éviction (Burak Gürbüz
& Marc Raffinot, 2001).
Les Auteurss de ces études pratiquent une approche linéaire dans leurs analyses du retombé
de l’endettement extérieur sur l’investissement et la croissance économique. Tandis que dans
la plupart des théories traditionnelles, il est généralement recueilli que l’impact reste positif de
la dette extérieure sur la croissance économique jusqu’à un certain seuil où son effet devient
négatif. D’où la nécessité d’appliquer une approche non linéaire s’impose.
1.2.2. L’apport d’une hypothèse non linéaire
Plusieurs modèles ont estimé le lien entre la dette et la croissance économique afin de tester
une relation non linéaire de type Courbe de Laffer.
Patillo, Poirson, Ricci en (2002), ont mené une étude sur 93 pays en développement couvrant
la période 1969-1998. Ils confirment donc ce que la théorie avance, à savoir qu’une dette
excessive risque de freiner la croissance en diminuant les ressources qui peuvent être
consacrées à l’investissement, mais aussi en faussant leur allocation (au profit, par exemple,
de projets à court terme moins rentables) et en dissuadant peut-être les autorités d’assainir le
climat économique. Cela cadre aussi avec les résultats empiriques récents, selon lesquels c’est
la productivité globale des facteurs, plus que leur accumulation, qui détermine les écarts de
croissance entre les pays (Catherine Pattillo et al., 2002). Pour les 93 pays, les principaux
résultats de ces chercheurs Patillo, Poirson et Ricci démontrent une relation négative entre la
dette extérieure et la croissance du PIB lorsque la dette dépasse respectivement 35 à 40% du
PIB et 160 à 170 % de l’exportation.
Dans leur étude empirique Clements, Bhattachrya et Nguyen ont choisi de travailler sur 55
pays à un faible revenu pour une période s’étale entre 1970-1999. Dans ce sens, ils ont estimé
un modèle à deux équations ainsi qu’ils ont accordé une attention particulière aux impacts
indirects de la dette extérieure sur la croissance et proposent d’affecter une part des ressources
à l’investissement public afin d’accélérer la croissance et de combattre la pauvreté. D’après
cette étude, ils conclurent qu’à travers un resserrement de liquidité, la dette extérieure entraine
un effet d’éviction sur le taux d’investissement. Ainsi qu’ils déduisent qu’une augmentation
de 0,75 à 1 point du PIB et la croissance de 2 points de pourcentage sera produise à l’aide
d’une diminution de 6 point de pourcentage du ratio service de la dette/PIB.
En 2003, Rubio Mendoza et al, ont expliqué l’effet non linéaire de la relation entre la dette
extérieure et la croissance économique, ainsi qu’ils ont estimé l’équation qui concerne
L’endettement public du Maroc a connu depuis le milieu des années 2000 une dégradation
continue, sous l'effet du poids du déficit budgétaire. La dette du Trésor a augmenté à 692
milliards de DH à fin 2017, en hausse de 5% sur un an. Elle représente 65,1% du PIB
national. Ces niveaux frôlent le seuil de la soutenabilité, avertit Bank Al-Maghrib dans son
rapport annuel. En moins de dix ans (2008-2017), la dette du Trésor a augmenté de 366
milliards de DH, soit 41 milliards de DH en moyenne par an. De toute évidence, les marges
de manœuvre sur le levier de la dette s’amenuisent.
Par type de dette, le portefeuille de la dette du Trésor reste toujours dominé par la dette
intérieure dont la part ressort à 75,9% contre 24,1% pour la dette extérieure, ce qui demeure
conforme aux objectifs retenus pour le portefeuille benchmark (70%-75% dette intérieure et
25%-30% dette extérieure). A fin juin 2018, l’encours global de la dette du Trésor s’élève à
706,8 MMDH. Cet encours se ventile entre 147,3 MMDH en dette extérieure, et 559,5
MMDH en dette intérieure. C'est ce que révèle le dernier rapport sur la dette publique du
ministère des Finances. Ainsi que l’encours global de la dette du Trésor est en progression
continue entre 2016 et fin juin 2018, plus particulièrement dans sa composante intérieure.
D'une autre part, l'encours de la dette intérieure assortie de la garantie de l'Etat a atteint un
montant de 27,4 MMDH à fin 2017, en progression de 14%. Les garanties internes accordées
par l'Etat portent essentiellement sur des emprunts obligataires émis par certaines entreprises
publiques et organismes bancaires publics, dont notamment CIH, ADM, ONCF, Tanger
MED2, Tanger Med Port Authority et MASEN. Pour sa part, l'encours de la dette extérieure
publique se situe à 325,3 MMDH à fin juin 2018, en légère diminution par rapport à fin 2017.
A cette même échéance, il représente 31,3% du PIB, contre 30,8% une année auparavant.
Cette évolution a été possible grâce à la politique gouvernementale qui s’est assignée comme
priorité de rétablir les équilibres macroéconomiques et de maintenir une trajectoire saine des
finances publiques. Ainsi, les mesures mises en place pour rationaliser les dépenses publiques
et optimiser les recettes à travers, notamment, la réforme progressive du système de
compensation et la mise en œuvre progressive des recommandations des assises nationales sur
la fiscalité, ont concouru à un rétablissement progressif des équilibres budgétaires reflétés par
la baisse du déficit budgétaire à 4,9% en 2014 contre 5,2% en 2013 et 7% en 2012.
Conforme à sa stratégie de financement basée à la fois sur une présence régulière sur le
marché domestique afin d’assurer son bon fonctionnement ainsi que sur l’arbitrage entre les
différentes sources de financement, le Trésor s’est financé, en 2014, majoritairement sur le
marché domestique et a profité d’une fenêtre favorable sur le marché financier international
pour lever des fonds avec de bonnes conditions.
Ainsi, en 2014, les mobilisations brutes du Trésor se sont élevées à 127,9 milliards DH
répartis entre 110,2 milliards DH levés sur le marché domestique (86,2%) dont 31,3 milliards
DH au titre des opérations d’échange de BDT conduites lors de cette année et 17,7 milliards
DH d’origine extérieure. A noter, par ailleurs, que les opérations de gestion active de la dette
intérieure réalisées en 2014 ont servi au rachat des tombées de l’année 2014 et 2015 pour un
montant de BDT émis de 23,8 et 7,6 milliards DH respectivement.
En somme, Le niveau actuel du déficit, dans une logique purement budgétaire, suscite des
inquiétudes quant à sa soutenabilité à moyen et long terme. Mais dans une approche
économique, la question qui se pose est celle de savoir quel en sera l’impact tant au niveau
des circuits de financement, qu’à celui des équilibres macroéconomiques et de l’économie
réelle.
Figure N° 1 : Evolution de la dette du Trésor (1998-2017)
Le rapport sur la dette, lancé par le Ministère de l’économie et des finances en Juillet 2015 a
montré que l’encours de la dette du Trésor s’est établi à 63,5% à fin 2013 contre 59,7% à fin
2012. Ce ratio a atteint 48,6% au titre de la dette intérieure et 14,9% au titre de la dette
extérieure contre respectivement 45,5% et 14,1% à fin 2012. Ainsi et après le cycle
d’amélioration continue enregistré sur la période 2000-2009 (68,1% en 2000 à 47,1% en
2009), le ratio de la dette du Trésor rapporté au PIB a entamé un trend haussier depuis 4 ans et
ce, suite à l’augmentation des besoins de financement du Trésor comme conséquence de
l’augmentation des déficits budgétaires réalisés au cours de ces dernières années.
300000 30 000
200000 20 000
100000 10 000
0 0
19981999200020012002200320042005200620072008200920102011201220132014201520162017
Par type de dette, les charges de la dette intérieure ont diminué de près de 6,8 Milliards DH
pour s’établir p 110,9 MM DH contre 117,6 MM DH à fin 2016. Quant à celles de la dette
extérieure, elles ont enregistré une hausse de 5,7 MM DH pour atteindre 17 Milliards DH en
2017 contre 11,4 Milliards en 2016 selon le rapport du Ministère de l’économie et des
finances en 2019.
3- Méthodologie
3.1. La méthode économétrique
on dispose d'un espace d'information très large et enfin, cette méthode est assez simple à
mettre en œuvre et comprend des procédures d'estimation et des tests.
Les étapes préliminaires à la modélisation VAR sont :
Étude de la stationnarité des variables
Détermination du nombre optimal de retard
Étude de la Cointégration
Étude du modèle VAR
Le choix des variables appropriées est nécessaire, pour mettre en évidence l’impact du
financement extérieur sur la croissance économique marocaine. Le logiciel utilisé est Eviews,
il est adapté pour effectuer des régressions VAR. Ces données sont fournies par la banque
mondiale, Ministère de l’économie et des finances, l’Office des Change, le haut-commissariat
au plan (HCP), pour une période qui s’étale sur 19 ans démarrant au 1998 et s’achevant au
[Link] de mener notre analyse, nous retenons les variables suivantes :
Pour la modélisation du lien entre la croissance et la dette extérieure publique, nous allons
estimer notre modèle par la méthode VAR en suivant ses étapes afin de dégager les résultats
et les interpréter.
Hypothèses :
H0 : Racine unitaire (non stationnaire)
H1: Non racine unitaire (stationnaire)
On va appliquer le test sur les variables et les résultats vont apparaitre dans un tableau
récapitulatif.
D’après les différents tests de Dickey-Fuller, nous constatons que L’encours de la dette
extérieure publique (EDEP), Service de la dette extérieure (SDE), que L’encours de la dette
extérieure du trésor (EDET) et le Taux de croissance (TCR), sont des processus stationnaires.
Alors que pour les deux autres variables, la tendance et la constante ne sont pas significatives,
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LTIV I (1)
L EPNB I (1)
Donc un test de Cointégration au sens de Granger n’est pas nécessaire puisque toutes les
variables ne sont pas intégrées au même niveau, la méthode vectorielle autorégressive (VAR)
sera notre méthode d’analyse.
4
Source : Résultat sur Eviews
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DEPNB = 0.082614 - 0.174794 DEPNB (-1) – 0.031605 DTIV (-1) + 0.050471 EDEP(-1) - 0.128170 EDET (-1)
+0.002550 SDE(-1) -0.014760 TCR + eDEPNB
R²= 0.564360
Source : Auteurs
DTIV = -0.764640 + 6.206112 DEPNB (-1) -0.479602 DTIV (-1) + 3.886206 EDEP(-1) -2.905678 EDET (-1)
+1.621167 SDE(-1) +0.077701 TCR + eDTIV
R²= 0.641816
EDEP = 0.159926+ 0.119604 DEPNB (-1) -0.008215 DTIV (-1) + 0.867736 EDEP(-1) + 0.174429 EDET (-1) -
0.214494 SDE(-1) +0.017415TCR + eEDEP
R²= 0.961356
EDET = 0.169874 + 0.512366 DEPNB (-1) -0.011189 DTIV (-1) + 0.867736 EDEP(-1) + 0.174429 EDET (-1) -
0.214494 SDE(-1) +0.017415TCR + eEDET
R²= 0.960379
SDE = 0.0744982+ 0.333860 DEPNB (-1) -0.007729 DTIV (-1) + 0.635450 EDEP(-1) - 0.073115 EDET (-1)
+0.733226 SDE(-1) -0.127578 TCR + eSDE
R²= 0.976842
TCR = 0.417781 + 0.833501 DEPNB (-1) -0.141503 DTIV (-1) + 4.121601 EDEP(-1) -2.586837 EDET (-1)
+0.198410 SDE(-1) - 0.539308 TCR + eTCR
R²= 0.517587
Source :
Auteurs
Nous obtenons donc un VAR d’ordre 1, nous remarquons cependant qu’un grand nombre des
coefficients associés aux termes retardés ne sont pas significativement différents de 0 puisque
On retiendra donc que le service de la dette extérieur, l’épargne national brut et l’encours de
la dette extérieure publique influencent la croissance économique.
Pour une meilleure appréciation des phénomènes économiques, on doit procéder à une
analyse des relations causales entre variables économiques qui permet de fournir des éléments
supplémentaires sur l’antériorité des événements entre eux et facilite l’application de politique
économique optimisé. À partir de la représentation VAR (1) estimée précédemment, on
procède donc au test de causalité au sens de GRANGER
Hypothèse de test :
Y2t ne cause pas Y1t, si l’hypothèse suivante est acceptée H0 : b11= b12= … = b1p
Y1t ne cause pas Y2t, si l’hypothèse suivante est acceptée H0 : a12= a22= … = a2p
Les deux hypothèses nulles sont acceptées. Il n’y a pas de causalité entre l’épargne national
brut et le taux de croissance, au sens de Granger.
Le test de causalité conduit qu’au seuil de 5%, le taux de croissance cause au sens de Granger
le taux d’investissement (0.0188 < 0.05) et non l’inverse (0.1568 > 0.05).
L’hypothèse nulle selon laquelle l’encours de la dette extérieure publique ne cause pas la
croissance économique est rejetée. Le test de causalité conduit qu’au seuil de 5%, l’encours
de la dette extérieure publique cause au sens de Granger le taux de croissance (0.0147 < 0.05)
et non l’inverse (0.6471 > 0.05).
Les deux hypothèses nulles sont acceptées. Il n’y a pas de causalité entre l’encours de la dette
extérieure du Trésor et la croissance économique, au sens de Granger.
Les deux hypothèses nulles sont acceptées. Il n’y a pas de causalité entre le service de la dette
extérieure et la croissance économique, au sens de Granger.
A la suite des tests de causalité de Granger, nous avons mis en évidence une relation à savoir
que notre série différenciée DEDEP et le DTIV influencent notre série TCR, toutes les autres
séries n’ont pas montré de relation de causalité, et cette constatation peut s’expliquer par le
fait qu’il n’existe pas forcément des liens économiques immédiats entre elles.
Dans le souci de fournir une représentation graphique qui soit cohérente avec notre étude,
nous avons choisi de nous intéresser aux 5 graphiques suivants :
Source : Auteurs
Un choc positif sur l’épargne national brut a un effet négatif sur le taux de croissance, mais
l’effet s’atténue progressivement à moyen et à long terme.
Source : Auteurs
L’effet du taux d’investissement sur le taux de croissance est négatif, pendant les six
premières années. Cet effet s'annule à la huitième année pour revenir rapidement à son niveau
normal de long terme.
Source : Auteurs
L’effet est positif depuis la première année, avant de s’amortir pour revenir à son niveau.
Source : Auteurs
L’effet est positif au cours de la première année, avant de s’amortir pour revenir à son niveau.
Source : Auteurs
L’effet du service de la dette extérieure sur le taux de croissance est positif, pendant les cinq
premières années. Cet effet s'annule à la sixième année pour revenir rapidement à son niveau
normal de long terme.
Cette étude basée sur les fonctions de réponse impulsionnelle peut être complétée par une
analyse de la décomposition de la variance de l’erreur de prévision. L’objectif est de calculer
la contribution de chacune des innovations à la variance de l’erreur. De façon heuristique, on
écrit la variance de l’erreur de prévision à un horizon h (ici h va de 1 à 10) en fonction de la
variance de l’erreur attribuée à chacune des 4 variables. On effectue ensuite le rapport entre
chacune de ces variances et la variance totale pour faire apparaître son poids relatif en
pourcentage.
La variance de l’erreur de prévision du service de la dette extérieure est due à 17% à ses
propres innovations; 37% aux innovations de l’épargne national brut; 22% aux
innovations du taux d’investissement, 4% aux innovations de l’encours de la dette
extérieure du trésor, 2% aux innovations du taux de croissance et à 18% celles des encours
de la dette extérieure publique.
Conclusion :
Les processus VAR se révèlent particulièrement utiles pour étudier l’impact des chocs
macroéconomiques ainsi que leurs canaux de transmission, ce qui explique qu’un très grand
nombre de travaux empiriques y ait eu recours pour étudier l’effet des politiques
économiques.
Enfin, la représentation VAR constitue toujours une référence importante lorsqu’il s’agit
d’évaluer les performances des modèles macro-économétriques. Ainsi, la méthodologie VAR
a apporté une contribution essentielle à la recherche empirique en macroéconomie et elle est,
aujourd’hui, devenue une référence incontournable en matière d’analyse et de prévision
macroéconomiques.
A partir des résultats de l’estimation de notre modèle économétrique, nous remarquons que
les résultats sont conformés à la réalité: la dette extérieure publique marocaine a un impact
positif sur la croissance du PIB. Le présent résultat confirme la théorie de Pattillo, selon
laquelle une dette prise dans des limites raisonnables peut aider le pays à affermir leur
croissance. Ce qui veut dire que la rationalisation du système la dette extérieure a permis au
Maroc d’en tirer plus d’avantages. Cette relation positive et cet impact significatif de la dette
extérieure sur la croissance économique se traduit par la politique de gestion active de la dette
extérieure adopté par le Maroc depuis 1996 visant l’atténuation des risques et la réduction du
poids et du coût de l’endettement.
Selon les résultats, il ressort qu’il y a plus d’évidence en faveur d’un impact positif de la dette
extérieure sur la croissance économique et l’investissement au Maroc. On peut conclure
qu’actuellement le Maroc tire avantage des flux des capitaux étrangers des institutions
financières internationales. Toutefois, d’après notre étude, et à partir de la relation négative
entre le service de la dette et l’évolution du PIB, nous a permis de confirmer l’existence d’un
risque qui impact négativement les finances publiques au Maroc à partir de la relation
négative qui a été révélée entre le service de la dette et l’évolution du PIB. Cette négativité se
traduit par l’influence des charges de la dette publique qui handicapent directement
l’investissement public et privé par l’effet d’éviction.
Bibliographie
1. Article de revue
- Barro, Robert J. (1974), “Are government bonds net wealth?” Journal of Political Economy.
- Burak Gürbüz & Marc Raffinot. (2001), “Dette publique et investissements privés : le cas de
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Annexes :