Obtention Et Conservation Des Derives Sanguins: École Nationale Veterinaire D'Alfort
Obtention Et Conservation Des Derives Sanguins: École Nationale Veterinaire D'Alfort
Année 2009
OBTENTION ET CONSERVATION
DES DERIVES SANGUINS
THESE
Pour le
DOCTORAT VETERINAIRE
Claire FREY
Née le 2 janvier 1984 à Mulhouse (Haut-Rhin)
JURY
Président : M.
Professeur à la Faculté de Médecine de CRETEIL
Membres :
Directeur : C. DESBOIS
Maitre de conférences à l’ENVA
Assesseur : C. MAUREY-GUENEC
Maitre de conférences à l’ENVA
LISTE DES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT
Directeur : M. le Professeur MIALOT Jean-Paul
Directeurs honoraires : MM. les Professeurs MORAILLON Robert, PARODI André-Laurent, PILET Charles, TOMA Bernard
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DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET PHARMACEUTIQUES (DSBP)
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contractuel Mme STAMBOULI Fouzia, Praticien hospitalier
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Mme BRUGERE-PICOUX Jeanne, Professeur (rattachée au DSBP)
- DISCIPLINE : BIOSTATISTIQUES M. MAILLARD Renaud, Maître de conférences
M. SANAA Moez, Maître de conférences M. ADJOU Karim, Maître de conférences*
* Responsable de l’Unité
REMERCIEMENTS
Aux Docteurs Dan ROSENBERG, Ludovic SIMON et Nicolas JARDEL pour leur
contribution à la constitution du fichier de photos de la banque de sang de l’ENVA.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 7
PREMIERE PARTIE : ASPECTS TECHNIQUES DE LA BANQUE DE SANG ................. 9
I. Choix des produits sanguins à élaborer ........................................................................ 11
A. Dérivés classiquement élaborés ............................................................................... 12
1. Concentré érytrocytaire et plasma ........................................................................ 13
a. Concentré érythrocytaire .................................................................................. 13
b. Plasma .............................................................................................................. 13
c. Plasma enrichi en plaquettes ............................................................................ 13
2. Cryoprécipité et cryosurnageant........................................................................... 13
3. Concentré plaquettaire.......................................................................................... 14
B. Choix réalisés pour la banque de sang de l’ENVA .................................................. 14
II. Méthodes de transformation ......................................................................................... 15
A. Choix des poches ...................................................................................................... 15
1. Matériaux disponibles .......................................................................................... 15
2. Systèmes de collecte disponibles ......................................................................... 15
3. Choix de l’anticoagulant et de la solution nutritive ............................................. 18
B. Centrifugation en pratique ........................................................................................ 18
1. Matériel ................................................................................................................ 19
2. Procédure .............................................................................................................. 20
3. Alternative à la centrifugation .............................................................................. 23
C. Extraction du plasma ................................................................................................ 23
1. Matériel ................................................................................................................ 23
2. Procédé ................................................................................................................. 24
a. Mise en place de la poche ................................................................................ 24
b. Ouverture de la tubulure ................................................................................... 24
c. Extraction du plasma ........................................................................................ 25
d. Isolation de la poche de plasma........................................................................ 26
e. Ajout de la solution additive au concentré érythrocytaire et isolation de la
poche de concentré érythrocytaire............................................................................ 27
III. Méthodes d’identification des poches ...................................................................... 29
A. Informations collées sur les poches .......................................................................... 29
1. Informations pour les poches de concentré érythrocytaire................................... 29
2. Informations pour le plasma frais......................................................................... 29
B. Registre et suivi des produits ................................................................................... 31
1. Informations relatives aux donneurs et au don..................................................... 32
2. Suivi des entrées et sorties ................................................................................... 32
3. Suivi de l’utilisation des produits et retour d’information ................................... 33
Bilan première partie ............................................................................................................ 34
DEUXIEME PARTIE: APPROVISIONNEMENT DE LA BANQUE DE SANG ............... 35
I. Recrutement des donneurs ........................................................................................... 37
A. Disponibilité du donneur .......................................................................................... 37
B. Poids, âge et morphologie recherchés pour un chien donneur ................................. 38
1. Poids et âge........................................................................................................... 38
2. Morphologie et état d’embonpoint ....................................................................... 39
C. Caractéristiques comportementales des chiens recrutés........................................... 39
1
1.
Caractère recherché .............................................................................................. 39
2.
Conditionnement négatif, environnement et sédation .......................................... 40
D. Caractéristiques biologiques des chiens recrutés ..................................................... 40
1. Groupage sanguin ................................................................................................. 40
a. Rappels ............................................................................................................. 40
b. Groupage effectué dans le cadre de la banque de sang de l’ENVA ................. 41
2. Test de dépistage des maladies infectieuses ......................................................... 42
II. Etapes « pré-don » ........................................................................................................ 44
A. Visite clinique pré-don et planning de prélèvement................................................. 44
B. Préparation du donneur ............................................................................................ 45
1. Sédation ................................................................................................................ 45
2. Préparation du site de ponction ............................................................................ 45
III. Le prélèvement ......................................................................................................... 47
A. Matériel .................................................................................................................... 47
B. Technique de prélèvement ....................................................................................... 47
1. Préparation de l’opérateur, du matériel et contention .......................................... 47
2. Ponction veineuse et suivi du remplissage de la poche ........................................ 50
3. Surveillance du donneur après le don .................................................................. 55
Bilan deuxième partie........................................................................................................... 56
TROISIEME PARTIE : STOCKAGE DU CONCENTRE ERYTHROCYTAIRE ET DU
PLASMA .................................................................................................................................. 57
I. Choix des solutions anticoagulantes et nutritives : conséquences pour le stockage
des dérivés sanguins ............................................................................................................. 59
A. Conservation du concentré érythrocytaire................................................................ 59
1. Rappels sur le métabolisme et l’altération des globules rouges ........................... 60
2. Anticoagulants disponibles .................................................................................. 61
a. L’héparine ........................................................................................................ 61
b. Le citrate de sodium (3,8 %) ............................................................................ 61
3. Anticoagulants adjuvés disponibles ..................................................................... 61
a. ACD : Acide-Citrate-Dextrose ......................................................................... 63
b. CPD : Citrate-Phosphate-Dextrose................................................................... 63
c. CPDA-1 : Citrate-Phosphate-Dextrose-Adénine ............................................. 63
4. Solutions nutritives additives disponibles ............................................................ 63
B. Conservation du plasma ........................................................................................... 66
II. Dispositif de conservation du concentré érythrocytaire ............................................... 67
A. Matériel, température et temps de conservation....................................................... 67
B. Précautions particulières et auto-contrôles de qualité .............................................. 67
C. Perspectives quant à la conservation du concentré érythrocytaire ........................... 69
III. Dispositif de conservation du plasma....................................................................... 69
A. Matériel, température et temps de conservation....................................................... 69
B. Précautions particulières .......................................................................................... 71
BILAN troisième partie ........................................................................................................ 72
CONCLUSION ........................................................................................................................ 73
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................... 75
ANNEXE 1: Exemple d’une planche d’étiquettes pour l’identification des poches ........... 79
ANNEXE 2: Registre de suivi des entrées et sorties de produits......................................... 81
ANNEXE 3: Fiche de suivi transfusionnel .......................................................................... 83
ANNEXE 4: Caractéristiques des chiens donneurs : poids, âge et propriétaire .................. 85
2
ANNEXE 5 : Groupes sanguins des donneurs de la banque de sang .................................. 87
ANNEXE 6 : Statut vaccinal et traitements antiparasitaires des donneurs .......................... 89
ANNEXE 7 : Fiche d’aptitude au don ................................................................................. 91
ANNEXE 8 : Planning initial de prélèvements et de visites pré-dons ................................. 93
3
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
Tableau n°1 : Densités du sang et de ses différents composants ............................................. 11
Tableau n°2 : Comparaison du verre et du plastique en tant que matériaux de systèmes
collecteurs................................................................................................................................. 15
Tableau n°3 : Caractéristiques des antigènes des principaux groupes sanguins du chien ....... 41
Tableau n°4 : Composition des solutions anticoagulantes adjuvées présentes dans les
poches de collecte..................................................................................................................... 62
Tableau n°5 : Formulation des solutions anticoagulantes adjuvées et des solutions nutritives
présentes dans les poches de collecte ....................................................................................... 62
Tableau n°6 : Evaluation in vitro des paramètres hématologiques et biochimiques du
concentre érythrocytaire stocké avec CPDA-1 ou Adsol® ....................................................... 64
Tableau n°7 : Récapitulatif des propriétés des solutions anticoagulantes ................................ 65
Tableau n°8 : Composition de la solution nutritive SAGM® comparée à celles de l’Optisol®
et de l’Adsol® ........................................................................................................................... 66
Figure n°1 : Etapes de séparation du sang en dérivés sanguins labiles par centrifugation ...... 12
Figure n°2 : Système collecteur avec une poche satellite ........................................................ 16
Figure n°3 : Système collecteur avec deux poches satellites ................................................... 17
Figure n°4 : Système collecteur avec trois poches satellites .................................................... 17
Figure n°5 : Procédé d’occlusion des tubulures avant section ................................................. 20
Figure n°6 : Utilisation du Quick Test® .................................................................................. 43
Figure n°7 : Réalisation des échantillons pour analyses au cours du prélèvement sanguin..... 52
4
LISTE DES PHOTOS
Toutes les photos appartiennent à la banque de sang de l’ENVA
5
6
INTRODUCTION
7
8
PREMIERE PARTIE :
ASPECTS TECHNIQUES DE LA BANQUE DE SANG
9
10
Une banque de sang est un stock disponible et utilisable de sang total ou de dérivés
sanguins (18,31). Les dérivés sanguins, issus du sang total sont séparés en deux groupes (26):
¾ les dérivés sanguins labiles : il s’agit des concentrés cellulaires de type
concentré érythrocytaire, plaquettaire ou leucocytaire et du plasma et ses
dérivés (plasma enrichi en plaquette, cryoprécipité, cryosurnageant qui seront
définis par la suite). Cet ensemble de dérivés sanguins est obtenu à partir d’un
seul donneur. Ces produits sont d’une durée d’utilisation limitée et nécessitent
des conditions de conservation particulières,
¾ les dérivés sanguins stables : il s’agit de solutions d’albumine, de fibrinogène,
de fraction PPSB (Proconvertine-Prothrombine-facteur de Stuart—facteur
antihémophilie B), d’anti-thrombine III et de solutions de concentrés
d’immunoglobulines. Ce sont des dérivés obtenus à partir du plasma d’un pool
de donneurs. Ils peuvent être conservés longtemps. Compte tenu des difficultés
techniques de leur élaboration et leur coût de préparation, les dérivés sanguins
stables ne sont utilisés que de manière exceptionnelle chez le chien.
La séparation du sang total en ces différents dérivés permet une gestion plus raisonnée
de la transfusion. C’est pourquoi, dans le cadre d’une banque de sang, il apparait plus
intéressant de disposer de dérivés sanguins que de sang total uniquement. En effet, les
produits sanguins permettent un traitement plus ciblé et plus avantageux. Par exemple certains
dérivés, notamment le plasma, sont moins immunogènes que le sang total et de plus petits
volumes sont administrés. De plus, une poche de sang total prélevée permet la réparation de
différentes poches de dérivés sanguins. Par ailleurs, la durée de conservation des dérivés
sanguins est supérieure à celle du sang total, certains comme le plasma peuvent être congelés
et conservés plusieurs mois (40).
L’un des pré-requis à la création d’une banque de sang est le choix des produits
sanguins qui seront élaborés et stockés au sein de celle-ci. Après avoir précisé les choix
effectués à l’ENVA en matière de dérivés à élaborer, nous verrons les aspects techniques de la
procédure d’extraction du plasma. Nous envisagerons dans un troisième temps l’identification
des produits.
COMPOSANT DENSITE
Sang total 1,053
Plasma 1,023
Plaquettes 1,058
Erythrocytes 1,100
11
Ainsi, il apparait logiquement qu’après centrifugation d’un échantillon de sang total, le
fond de l’échantillon comprend le composant le plus dense, donc les érythrocytes, recouvert
par la couche leucoplaquettaire. Le surnageant constitue le plasma.
D’autres méthodes de séparation sont utilisées en médecine humaine comme par
exemple l’aphérèse (cf. Partie 1, II. B.) ou les techniques de chromatographie pour les dérivés
sanguins stables. Celles ci ne sont pas envisageables, pour l’instant, en médecine vétérinaire
pour des raisons de coût et de technicité (32,34).
Figure n°1 : Etapes de séparation du sang en dérivés sanguins labiles par centrifugation
Plasma
enrichi en
plaquettes
Cryosurnageant
12
1. Concentré érytrocytaire et plasma
a. Concentré érythrocytaire
b. Plasma
Le plasma est une solution comprenant tous les facteurs de la coagulation ainsi que les
différentes protéines sanguines circulantes (25). Il correspond à la fraction surnageante issue
de la centrifugation à froid (entre 1 et 6°C) du sang total à 5000g pendant 5 minutes
(26,32,40). La procédure de séparation puis de mise à température de stockage doit être
effectuée dans les 6 heures suivant le prélèvement pour que le plasma obtenu ait la
qualification de plasma frais. Si le procédé de centrifugation est effectué dans un délai
supérieur à 6h après le prélèvement, le plasma est déplété en facteurs de coagulation labiles
(facteurs V et VIII) et perd donc sa qualification de plasma frais pour devenir plasma
(19,26,32,40,43). Celui-ci ne doit pas présenter de coloration rosée, signe d’hémolyse, et être
de couleur jaune, relativement transparente (19,32,40). Le plasma et le plasma frais sont
stockés congelés à -18°C (32,40) (-30°C selon (26)).
Le plasma enrichi en plaquettes, est un plasma au sein duquel les plaquettes ont été
préservées grâce à un protocole de centrifugation doux. Il est obtenu à partir de sang total frais
(prélevé depuis moins de 6 heures), maintenu à température ambiante (20-24°C (26,40) ; 22-
25°C selon (19)) et centrifugé à 2000g pendant 2 minutes et 30 secondes (19,40). Celui-ci se
conserve à température ambiante uniquement quelques jours (5 jours (2,26)) et avec un
système d’agitation continue. Le concentré érythrocytaire restant doit être réfrigéré
immédiatement (au maximum dans les six heures suivant le prélèvement, (40)) pour être
stocké.
2. Cryoprécipité et cryosurnageant
Le cryoprécipité correspond à une fraction particulièrement riche en facteur de Von
Willebrand, fibrinogène, fibronectine et en facteurs VIII et XIII (26). Le cryosurnageant
13
correspond au plasma déplété en cryoprécipité dans lequel subsistent les autres facteurs de la
coagulation dont les facteurs vitamine K dépendants (II, VII, IX et X) ainsi que l’albumine et
les globulines (26). La centrifugation à froid (entre 1 et °6°C) du plasma frais, à 5000g
pendant 5 minutes, permet de séparer le cryoprécipité et le cryosurnageant (19,26,32,40). Le
cryoprécipité et le cryosurnageant se conservent comme le plasma, c'est-à-dire congelés à une
température inférieure à -18°C (40) (-30°C selon (26)).
L’obtention et le stockage de ces dérivés sont simples et peu coûteux. Les indications
pour l’utilisation de cryoprécipité ou de cryosurnageant sont plus rares en médecine
vétérinaire que celle du plasma (11,12,16,22,31,43).
3. Concentré plaquettaire
Le concentré plaquettaire est une solution concentrée de plaquettes avec très peu de
plasma. Il est obtenu à partir de plasma enrichi en plaquettes centrifugé à 5000g pendant 5
minutes, entre 22 et 25°C (1,40), pour en extraire du plasma frais ou du plasma (selon le
délai) et un concentré plaquettaire qu’il convient de laisser au calme pendant une heure avant
stockage (1,40). Pour préserver, extraire et stocker les plaquettes, il est conseillé d’utiliser des
poches en plastique spécifique permettant d’optimiser les échanges gazeux et notamment la
diffusion de l’oxygène (40). De plus il faut conserver le concentré plaquettaire à température
ambiante et en agitation continue afin de favoriser ces échanges (2,19,26,32), ce qui demande
du matériel spécifique. Il est recommandé d’utiliser un concentré plaquettaire ayant été stocké
moins de 5 jours (2,26). Toutefois, selon une étude, le concentré plaquettaire peut être utilisé
après 7 jours de conservation à température ambiante et en agitation continue car les
plaquettes sont encore viables et le milieu non contaminé par des germes (2). Cependant, dans
ce cas, son efficacité sera moindre à cause de l’altération des fonctions biologiques des
plaquettes.
14
II. Méthodes de transformation
Après avoir déterminé les dérivés que nous allons élaborer, il convient de choisir le
matériel adapté.
VERRE PLASTIQUE
Fragile, casse Peu fragile
Encombrant Peu encombrant
Séparation difficile des composés Séparation aisée des composés
Induction plaquettaire et facteur XII et
Non inducteur
VIII
Etanche Permet les échanges gazeux
Traumatisme mécanique des globules
Collection peu traumatisante
rouges lors de la collecte
15
Les systèmes ouverts étant non étanches, le sang est exposé au milieu environnemental
et donc, aux contaminations microbiologiques, durant le prélèvement, la préparation et/ou le
stockage de celui-ci. C’est pourquoi ils permettent une conservation du sang limitée dans le
temps : 4 à 6 heures à température ambiante ou 24 heures entre 1 et 6 degrés (25,31). Les
solutions anticoagulantes y sont ajoutées en général de manière extemporanée. Ces
possibilités de conservation très limitées dans le temps nous font exclure ces types de
systèmes dans le cadre de la création d’une banque de sang. Nous choisissons donc un
système de prélèvement fermé, sans aucune interruption d’étanchéité de l’aiguille à la poche
finale, qui permet d’effectuer un prélèvement en garantissant sa stérilité. Ainsi les temps de
stockage ne seront fonction que de la température et de l’anticoagulant utilisé (44,45,47,49).
Les éléments de choix concernant les anticoagulants seront détaillés en troisième partie.
Les systèmes fermés se présentent de différentes façons (19) et sont constitués d’une
voie de prélèvement munie d’une aiguille de 16G, reliée à une poche de collecte principale,
elle-même éventuellement connectée à d’autres poches. Ces systèmes sont présentés sur les
photos n°1 et 2 et les figures n°2 à 4.
- Système avec une poche satellite (Figure Figure n°2 : Système collecteur avec
n°2) : Dans ce système; la poche principale une poche satellite
est reliée à une poche satellite. Ce système
permet par exemple de séparer les globules Poche
rouges du plasma. Après centrifugation, le principale
plasma est extrait depuis la poche principale de collecte
vers la poche satellite vide.
CPDA-1
Poche
satellite
16
Photo n°2 : Système collecteur avec
deux poches satellites
Poche vide
17
Pour la banque de sang de l’ENVA, il a été choisi de stocker du plasma, du
plasma frais congelé et du concentré érythrocytaire réfrigéré. En conséquence, le choix
des poches de collecte s’est porté sur un système à deux sacs satellites afin de pouvoir
séparer les globules rouges du plasma : il s’agit de la « poche triple CPD/SAGM 350 mL
avec bras pour échantillonnage, TERUMO™, France SA Guyancourt ». Le système de
poches choisi comporte également :
¾ un bras d’échantillonnage correspondant à un adaptateur pour tubes sous
vide (de type VACUTAINER™) afin de ne pas rompre la stérilité lors de
prélèvements d’échantillons sanguins. Cet adaptateur permet la
réalisation d’analyses sur le sang prélevé (hématocrite, groupage
sanguin) sans ouverture du système. Son utilisation sera présentée dans la
deuxième partie,
¾ une petite poche de prélèvement sous vide, destinée à recueillir les
premiers millilitres de sang, potentiellement contaminés par la ponction
cutanée. Cette dernière option n’était pas retenue dans le cahier des
charges initial lors du choix des poches, compte tenu d’un rapport
coût/bénéfice peu intéressant en médecine vétérinaire, mais elle est
systématiquement associé par le fabriquant avec les poches choisies.
B. Centrifugation en pratique
Il est rappelé qu’une force de centrifugation exprimée en g doit être convertie en tours
par minutes selon la formule suivante:
18
1. Matériel
Nous disposons d’une centrifugeuse, de modèle « J-6B Centrifuge, BECKMAN
COULTER™, France, Villepinte » à température réglable entre -30 et +40 °C. Elle permet de
centrifuger en même temps un maximum de 6 poches dans des petits bacs amovibles. La
centrifugeuse est présentée sur les photos n°3 et 4.
Pour l’extraction de plasma frais destiné à être congelé et de concentré érythrocytaire,
conformément aux éléments de la bibliographie détaillés précédemment, nous allons
centrifuger entre 1 et 6°C. La mise à température de la centrifugeuse s’effectue avant la mise
en place de la poche de sang. Cette mise à température s’effectue environ en 15 minutes.
La vitesse de centrifugation en tours par minute est définie à partir des
recommandations de la bibliographie et de la formule précédemment rappelée. Le rayon de la
centrifugeuse utilisée ne permettant pas d’atteindre la vitesse requise, il a été empiriquement
choisi d’utiliser la vitesse maximale possible (3000 g) et de centrifuger durant 15 minutes. La
séparation obtenue semble tout à fait correcte : les globules rouges sont nettement séparés du
plasma par une fine couche leuco-plaquettaire d’un millimètre environ.
Réglage de la température
19
2. Procédure
Pince
Bagues
métalliques
1. Aplatissement de
la tubulure
2. Mise en place de
la bague
3. Aplatissement de
la bague
4. Section de la
tubulure
Illustrations : TERUMO™
20
Une fois cette première étape effectuée, la poche est placée dans l’un des bacs de la
centrifugeuse, verticalement afin de permettre la migration des différents constituants
sanguins dans le sens de la hauteur de la poche. Les abouchements des tubulures doivent être
dirigés vers le haut afin que le futur plasma soit du bon côté pour être extrait. En effet, c’est le
plasma qui est de densité la plus faible comme présenté dans le tableau n°1.
21
Photo n°7 : Poches en place dans la centrifugeuse
Plasma
A l’arrêt de la centrifugeuse,
celle-ci peut être ouverte et la poche
retirée du bac en prenant garde de la
maintenir à la verticale afin d’éviter tout
mélange indésirable. Pour la même raison
la poche doit être manipulée avec
précaution et sans mouvement brusque.
On contrôle à ce moment l’aspect visuel
du contenu de la poche : absence
d’hémolyse, séparation nette des globules
rouges et du plasma par le « buffy coat ».
La photo n°8 présente l’aspect normal
d’une poche après centrifugation.
Interface plasma-globules
rouges : le « buffy coat »
Photo : Banque de sang ENVA
Globules rouges
22
3. Alternative à la centrifugation
La centrifugation permet la séparation différentielle des composants sanguins en
fonction de leur poids. En médecine humaine, les composants du sang peuvent être séparés
par aphérèse. L’aphérèse consiste en l’extraction extemporanée de plasma ou de plaquettes
dans le sang du donneur auxquels on réinjecte immédiatement les composants non retenus.
Ceci demande un matériel très coûteux et la procédure dure entre 45 et 90 minutes (4,6,34), ce
qui en limite l’usage en médecine vétérinaire. Malgré cela, l’extraction de plaquettes par
aphérèse a été décrite sur 14 chiens, nécessite une surveillance particulière, mais présente peu
de risques pour le donneur (8).
A l’issue de ces étapes nous obtenons donc dans la poche principale (contenant du
CPD) d’un système de collecte à 3 poches, deux phases séparées par le « buffy-coat » : le
plasma frais (ou plasma si le procédé a été réalisé plus de 6 heures après le prélèvement)
et le concentré érythrocytaire. L’étape suivante que nous allons détailler correspond à la
séparation du plasma et du concentré érythrocytaire.
C. Extraction du plasma
.
1. Matériel
Une presse à plasma est utilisée pour extraire le plasma de la poche principale (19).
Cette presse est présentée dans la photo n°9. Par un mouvement de pression sur la poche, le
plasma est expulsé via une tubulure vers la poche satellite vide destinée à le recevoir. Cette
pression est effectuée par une plaque en plexiglas mobile, mise sous tension par un ressort,
vers une plaque fixe verticale. La plaque mobile est actionnée manuellement par un levier.
Levier
Partie Fixe
Partie mobile
La poche est mise en place dans la presse et maintenue grâce aux deux pointes
métalliques s’insérant dans deux trous au sommet de la poche. Cette manœuvre est présentée
sur la photo n°10.
b. Ouverture de la tubulure
24
c. Extraction du plasma
Une fois la tubulure ouverte, la poche principale est maintenue verticalement entre la
partie fixe et la partie mobile de la presse, le plasma vers le haut. Une personne actionne alors
la presse via son levier pendant qu’une deuxième personne soutient la poche satellite et
contrôle son bon remplissage. Les photos n°11 et 12 illustrent cette étape. Aucune fraction du
concentré érythrocytaire ne doit expulsée avec le plasma, l’extraction du plasma est donc
stoppée avant d’en arriver au niveau du « buffy coat » (couche de globules blancs et de
plaquettes). Ainsi, environ 15 à 20 ml de plasma reste en général dans la poche de concentré
érythrocytaire. Avant de relâcher la pression sur la poche principale à la fin de l’extraction du
plasma la tubulure reliant les deux poches est occluse de manière temporaire avec un clamp
hémostatique ou un clamp à tubulure en plastique. La poche principale est ensuite retirée de la
presse.
Levier actionné
Photo : Banque de sang ENVA
25
Photo n°12 : Fin de l’extraction du plasma
« buffy coat »
Arrêt de l’extraction
avant d’atteindre le
« buffy-coat »
26
Photo n°13 : Utilisation de la pince et d’une bague Photo n°14 : Poche de plasma
pour occlure la tubulure et bague métallique en place
27
A la fin du procédé nous avons donc une poche de plasma frais et une poche de
concentré érythrocytaire sur solution anticoagulante, additive, nutritive, présentées en
photos n°15 et 16. Avant de stocker les produits obtenus, l’étape suivante est
l’identification de ces produits, assurant leur traçabilité et informant les futurs
utilisateurs des caractéristiques immunologiques et biochimiques importantes.
28
III. Méthodes d’identification des poches
29
Les étiquettes sont présentées en annexe 1 et sur la planche de photos n°18.
DONNEUR
« Nom du chien» (Propriétaire)
Poche : Date :
30
Photo n°18 : Identification des poches de plasma
DONNEUR
« Nom du chien» (Propriétaire)
B. Registre
Groupes :et suivi des
DEA1.1 produits
(), DEA3(),
DEA4(), DEA5(), DEA7()
Poche : Date :
31
Différents types d’informations sont archivées et prises en compte pour la traçabilité
des produits :
- les données relatives à l’état de santé de donneur,
- les données relatives au déroulement du don,
- le suivi des entrées et sorties de produits dans la banque de sang,
- les retours d’informations concernant l’utilisation des produits.
Sur cette fiche sont ensuite indiquées toutes les données relatives au don lui-même :
- date,
- préleveur(s),
- protocole de sédation,
- site de prélèvement et protocole d’asepsie,
- temps de prélèvement,
- volume prélevé,
- difficultés éventuelles,
- aspect de la poche,
- devenir de la poche (plasma, concentré érythrocytaire, sang total…),
- hématocrite, taux de protéines totales et d’albumine.
32
A la sortie du produit :
- la date de sortie,
- l’identification de la poche (référence interne, nom de l’animal, nom du propriétaire),
- le motif de sortie (utilisation ou péremption),
- l’animal destinataire (numéro de dossier à minima),
- le nom de la personne ayant retiré le produit est indiqué.
33
Bilan première partie
Nous avons vu dans cette première partie les aspects techniques liés à la banque
de sang : les critères de choix du matériel de prélèvement et les méthodes d’élaboration
d’une poche de concentré érythrocytaire et d’une poche de plasma frais à partir d’un
prélèvement de sang total dans un système fermé à trois poches. Voici ces éléments
résumés :
34
DEUXIEME PARTIE:
APPROVISIONNEMENT DE LA BANQUE DE SANG
35
36
Après avoir défini les produits qui seront délivrés par la banque de sang et leurs
procédés de fabrication, la question se pose de l’approvisionnement en sang de la banque.
L’objectif de la banque de sang est de pouvoir fournir à tout moment aux patients des produits
sanguins de qualité. Ainsi il nous faut recruter un pool de chiens donneurs disponibles, en
bonne santé et en nombre suffisant pour répondre aux besoins de la banque de sang. C’est ce
que nous allons détailler avant de présenter la préparation de l’animal et le prélèvement de
sang. Nous insisterons sur les aspects pratiques et techniques. Les éléments mentionnés dans
la bibliographie seront mis en parallèle avec les choix effectués dans le cadre de la
constitution de la banque de sang de l’ENVA.
A. Disponibilité du donneur
La constance de l’approvisionnement d’une banque de sang dépend directement de la
disponibilité des donneurs, elle-même corrélée à la disponibilité et à la motivation des
propriétaires de chiens donneurs (18,22,41). Au sein de l’ENVA plusieurs populations de
chiens et de propriétaires sont présentes, au sein desquelles le recrutement de donneurs
pourrait être effectué :
- les chiens des clients,
- les chiens du personnel enseignant et non-enseignant,
- les chiens des étudiants,
- les chiens des unités de recherche : de l’UETM (Unité d’Etudes Thérapeutiques des
Myopathies) et du laboratoire de recherche en biologie de la reproduction.
Les chiens de clients venant en consultation vaccinale pourraient éventuellement être
recrutés. Ceci nécessite toutefois une communication adaptée avec les propriétaires pour les
sensibiliser et une motivation de leur part. Dans un premier temps nous écarterons donc cette
population, afin de limiter le temps passé à la communication, aux explications et à la
motivation des propriétaires. Certains auteurs envisagent l’élevage d’animaux pour les
besoins du don (18). Cette méthode permet un suivi sanitaire strict des animaux et une
disponibilité permanente de ceux-ci. Ce genre de système se doit de répondre à un certain
nombre de normes, notamment concernant le bien être animal et la qualification du personnel
y travaillant. Aussi le coût (personnel, entretien, aliments, soins des animaux…), et le temps
nécessaire à l’élaboration d’une telle entreprise, s’inscrivant dans un cadre législatif strict,
nous fait renoncer à cette option. Le recrutement s’est donc effectué au sein des chiens des
étudiants, du personnel enseignant et non-enseignant et des chiens labradors de l’UETM. Ces
propriétaires représentent en effet un public averti, avec lequel la communication est facilitée.
Les chiens du laboratoire de reproduction ont été écartés car pesant moins de 20 kilos (la
raison de ce critère de poids sera détaillée plus loin). Le recrutement, basé sur du volontariat,
fut effectué par un appel au don, par voie d’affichage au sein de l’ENVA et par courriers
37
électroniques adressés à l’ensemble des étudiants. Pour accroitre la motivation des
propriétaires, une « rétribution » sous forme d’aliments pour le chien donneur est prévue et
offerte par la société « Royal Canin ». Pour chaque don, le chien reçoit un sac d’aliment de 15
kilos correspondant à ses besoins, une journée d’alimentation de convalescence sous forme de
patés, ainsi qu’une boite de barres à mâcher. « Royal Canin » finance également l’achat des
poches de prélèvement et des tests de groupage rapide pour le groupe DEA 1.1 (Dog
Eryhtrocyte Antigen 1.1) (Quick Test® Chien, ALVEDIA™, Villeurbanne, France); les
éléments relatifs aux groupes sanguins du chien seront détaillés plus loin. Les analyses de
groupage sanguin pour le DEA-3, DEA-4, DEA-5 et DEA 7, sont quant à elles réalisées à titre
gracieux par le laboratoire ALVEDIA™.
38
2. Morphologie et état d’embonpoint
Le prélèvement sanguin est réalisé dans la veine jugulaire. En effet celle-ci est
accessible, de fort diamètre (permettant donc un débit important et une vitesse de prélèvement
optimale). Par ailleurs la ponction de la veine jugulaire est habituelle à l’ENVA pour les
prises de sang, ainsi les préleveurs sont habitués et expérimentés pour ce type de ponction.
La morphologie des différents types raciaux de chiens conditionne le degré
d’accessibilité de la veine jugulaire. Ainsi les races longilignes ont des veines jugulaires plus
accessibles que les races de type bréviligne plus trapues, la ponction en est donc facilitée (40).
La facilité de prélèvement est également conditionnée par l’état d’embonpoint de
l’animal. Un animal obèse sera plus difficile à prélever, du fait de l’accumulation de graisse
au niveau de l’encolure et autour de la veine jugulaire. Toutefois, il convient de ne pas
prélever un chien trop maigre, afin d’éviter toute spoliation due au don. L’idéal est donc un
chien présentant une masse corporelle normale (32,40).
39
2. Conditionnement négatif, environnement et sédation
Les donneurs seront amenés à être prélevés régulièrement. Il est important de veiller
au bon déroulement de chaque prélèvement pour que le chien donneur n’associe pas le
prélèvement avec un moment désagréable. Fort d’une mauvaise expérience, un chien pourra
être amené à manifester des mouvements de défense lors d’un prochain don. Pour éviter ce
renforcement négatif (3), il a été choisi à l’ENVA de tranquilliser systématiquement les
chiens avant le don et de les récompenser après, par exemple avec des friandises. Le protocole
de tranquillisation sera détaillé plus loin. Par ailleurs, le prélèvement s’effectue dans une pièce
dédiée à la banque de sang, au calme, avec des préleveurs expérimentés et constants (trois
préleveurs uniquement pour tous les prélèvements). Une seule ponction par don est effectuée,
si elle échoue, le don est en général interrompu et remis à une prochaine cession afin de
préserver la bonne volonté du chien et la qualité de ses veines jugulaires. Outre tous les
critères morphologiques et comportementaux requis pour un donneur, il faut également que
celui-ci soit en bonne santé, c’est ce que nous allons détailler maintenant.
1. Groupage sanguin
a. Rappels
40
réaction hémolytique aigue, dirigés contre le DEA-4 était liée uniquement à la sensibilisation
par la transfusion ou amplifiée par la maladie auto-immune. Toutefois l’incidence du DEA-4
étant de 98%, une réaction de ce type reste statistiquement improbable en cas de transfusion
unique (33).
Le tableau n°3 présente un récapitulatif des caractéristiques des différents groupes
sanguins du chien et leurs incidences aux Etats-Unis (23) et en France (données obtenues sur
100 chiens par la banque de sang de l’école vétérinaire de Lyon).
Tableau n°3 : Caractéristiques des antigènes des principaux groupes sanguins du chien
Incidence
DEA Anticorps naturels Risque transfusionnel
Etats-Unis France
De fait, un donneur universel est un chien négatif pour tous les groupes. En pratique,
un chien positif pour le DEA-4 (comme 98 % de la population) et négatif pour tous les autres
groupes (26), est considéré comme donneur « universel ». Le sang d’un donneur universel
peut être, en théorie, administré à un receveur sans aucun test préalable concernant les
groupes sanguins. Ceci est intéressant en cas de transfusion d’urgence (30).
Par ailleurs, on constate que l’incidence des groupes sanguins (1-2 et 7) est différente
en France et aux Etats-Unis. Ceci peut s’expliquer par l’indépendance relative de ces deux
populations canines, mais est à considérer avec précaution du fait du petit nombre de chiens
(100) utilisés pour l’obtention des données Françaises.
Dans le cadre de la banque de sang de l’ENVA les groupages suivants sont réalisés,
ceci en vue d’avoir un maximum d’informations sur les donneurs, et ainsi de délivrer le
maximum d’informations aux cliniciens utilisateurs de nos produits. Ces groupages n’auraient
pu être réalisés sans le soutien du laboratoire ALVEDIA™ qui les effectue gracieusement
pour la banque de sang :
41
- DEA : 1-1 : testé à l’aide d’un test rapide commercialisé par le laboratoire
ALVEDIA™. Il s’agit du Quick Test® et son utilisation est présentée en figure n°6.
C’est le groupe le plus important à tester avant une transfusion (20,26,27). En effet, la
moitié des chiens sont négatifs pour le DEA 1.1, et donc susceptibles de développer
des anticorps dirigés contre ce groupe suite à une transfusion de sang d’un donneur
DEA 1.1 positif (environ 50% des chiens (23)). Ces anticorps sont à l’origine de
réactions hémolytiques aiguës. Le groupage est effectuable rapidement sur le receveur
et le donneur. Le DEA 1.2, n’est pas testé car non disponible auprès du laboratoire
partenaire.
- DEA 3, 4, 5 et 7 : réalisés grâce à un partenariat entre le laboratoire ALVEDIA™ et
l’Etablissement Français du Sang à Lyon. Les groupages permettent de détecter les
donneurs « universels ». Par contre, en pratique, ces groupages ne peuvent être
effectués en urgence sur un receveur, l’on ne peut donc pas choisir une poche de
concentré érythrocytaire parfaitement adaptée au receveur. Toutefois, la faible
prévalence des anticorps naturels contre ces antigènes et leur faible immunogénicité
n’exposent qu’à une hémolyse retardée (3 à 5 jours) (23,37).
42
Figure n°6 : Utilisation du Quick Test®
Réactif
Kit de groupage rapide pour
le DEA 1.1 (Alvédia ™) Bandelette
43
En résumé, le recrutement des chiens donneurs en vue de la constitution d’une
banque de sang à l’ENVA suit les règles suivantes :
- recrutement au sein des chiens des étudiants, du personnel et des unités de
recherche,
- disponibles durant une année au moins pour des dons réguliers (maximum 1 tous
les 2 mois),
- chiens âgés de 1 à 8 ans, pesant plus de 20 kilos et présentant une masse
corporelle normale,
- calmes et dociles,
- groupés pour le DEA 1-1, 3, 4, 5 et 7.
44
Les annexes 6 et 7 présentent les statuts vaccinaux et parasitaires des donneurs ainsi
qu’une fiche type de visite pré-don.
B. Préparation du donneur
1. Sédation
Comme explicité précédemment, prélever un animal agité entraine stress, douleur et
renforcement négatif pour celui-ci et est à l’origine de difficultés de prélèvement. C’est
pourquoi une sédation systématique est pratiquée 15 minutes avant le prélèvement. Tout est
mis en œuvre pour assurer au chien et au préleveur un environnement le plus calme possible.
Le protocole choisi est l’association de midazolam à 0,1-0,3 mg/kg et de butorphanol à
0,1-0,5 mg/kg par voie sous-cutanée. Ce protocole a été retenu pour son innocuité, sa courte
durée d’action et son effet suffisamment puissant pour permettre un prélèvement dans de
bonnes conditions. Une fois l’animal sédaté, la préparation du site de prélèvement peut être
effectuée.
45
Une alternance veine jugulaire droite/veine jugulaire gauche est pratiquée pour un
même animal à chaque don. Il est donc important de noter quelle veine a été ponctionnée à
chaque don.
46
En résumé, les étapes pré-dons effectuées dans le cadre de la constitution d’une
banque de sang à l’ENVA sont les suivantes :
- Etablissement d'un planning de visites pré-don et de prélèvements,
communication aux propriétaires.
- 2 jours avant le prélèvement : Visite pré-don (commémoratifs, examen clinique,
prise de sang pour analyse biochimique et NFS, analyse urinaire).
- Quinze minutes avant le prélèvement : sédation (midazolam/butorphanol).
- Tonte et préparation chirurgicale du site de ponction.
Le donneur est à présent prêt pour le don. Nous allons maintenant détailler les aspects
pratiques du prélèvement sanguin sensu-stricto.
III. Le prélèvement
A. Matériel
Un matériel spécifique est nécessaire à la collecte du sang, celui-ci a été présenté dans
la première partie : il s’agit d’un système fermé à trois poches. La poche principale reçoit le
sang prélevé sur le donneur et contient un anticoagulant adjuvé (CPD), la première poche
satellite est vide et destinée à recevoir le plasma, la deuxième poche satellite contient la
solution nutritive destinée à être mêlée au concentré érythrocytaire.
B. Technique de prélèvement
Plusieurs personnes sont nécessaires pour la réalisation d’un prélèvement dans les
meilleures conditions. L’idéal est de disposer en plus du préleveur, de trois aides (32). Deux
aides assurant la contention de l’animal, et la troisième personne veillant au bon déroulement
du remplissage de la poche. Trois préleveurs expérimentés se relayent pour les différents
prélèvements et l’extraction du plasma. Seuls trois cliniciens expérimentés prélèvent afin
d’optimiser et d’assurer une bonne qualité du prélèvement. Deux de ces trois personnes sont
présentes pour chaque prélèvement (l’un prélevant l’animal et l’autre veillant au bon
déroulement du prélèvement), le propriétaire de l’animal assure la contention de son animal et
celui-ci est aidé par une tierce personne.
47
Photo n°23 : Utilisation de la balance de prélèvement
5. Lecture du volume
prélevé
4. Lecture du temps
écoulé depuis le début
de prélèvement
6. Lecture du
Débit
3. Pour démarrer
l’agitation et les mesures Photo : Banque de sang ENVA
Porte tubes
1. Bouton de mise en
marche
7. Pour arrêter les mesures
et l’agitation à l’arrêt du
prélèvement
48
Concernant la contention du chien
et sa position, différentes variantes sont Photo n°24 : Position « chien assis »
envisageables (32) :
- assis, tête relevée, Photo : Banque de sang ENVA
- décubitus sternal, tête relevée,
- décubitus latéral, tête en
extension.
Les photos n°24 à 26 présentent
ces différentes positions. Le choix de la
position dépend essentiellement du chien
donneur et de sa capacité à tolérer la
contention. Le choix de la position
dépend aussi de la préférence du
préleveur. D’une manière générale la
position assise est bien tolérée par le
chien, correspond à la position la plus
confortable pour le préleveur mais n’est
pas, selon nos observations, celle qui
permet le meilleur débit, ni celle qui Photo n°25 : Position « décubitus sternal »
permet la contention la plus aisée. Le
décubitus latéral ou sternal est plus
difficilement supporté par un chien non
sédaté, mais permet un débit plus
important, ce qui raccourcit le temps de
contention. Le décubitus latéral est selon
nos observations, plus simple à maintenir
par la contention que le décubitus sternal
pour lequel il est difficile d’empêcher les
éventuels mouvements de relevé du
donneur. Dans l’intérêt du donneur mais
aussi des personnes assurant la
contention de ce dernier, l’on cherche à
avoir un temps de prélèvement le plus
réduit possible et donc le débit le plus Photo : Banque de sang ENVA
important possible.
49
2. Ponction veineuse et suivi du remplissage de la poche
Une fois l’aiguille correctement en place dans la veine jugulaire du donneur, le clamp
à tubulure est retiré et le remplissage de la poche commence. La personne chargée de veiller
au bon déroulement du prélèvement, réalise les prélèvements à l’aide de tubes sous vide (de
type VACUTAINER™) pour les mesures de taux de protéines et d’albumine qui seront
50
indiqués sur les poches de plasma, ainsi qu’en vu de conserver du sang pour la réalisation des
« cross-tests » pré-transfusionnels par les utilisateurs. Elle s’assure de la continuité du débit
de sang, du bon fonctionnement de la balance et avertit le préleveur lorsque la poche est
remplie. La poche est considérée comme remplie lorsqu’on atteint sa contenance (indiquée sur
celle-ci) plus ou moins 10% (40). Soit pour les poches de 350 ml de la banque de sang entre
315 et 385 ml de sang prélevés. Lorsque le remplissage de la poche est terminé, le préleveur
retire l’aiguille et obture la tubulure de prélèvement à l’aide d’un clamp en plastique. L’une
des personnes chargées de la contention assure alors une compression manuelle sur le site de
ponction pour éviter la formation d’un hématome pendant 3 à 5 minutes. La figure n°7 et les
photos n°29 à 33 présentent la réalisation des prélèvements et le suivi du remplissage.
Un incident fréquent pouvant mener à l’arrêt du prélèvement est un mouvement de
l’animal entrainant une sortie de l’aiguille hors de la veine. Si la ponction veineuse échoue
(du fait d’un mouvement de l’animal ou d’une erreur du préleveur) et que le préleveur est
obligé de retirer l’aiguille, par souci de préservation des veines du donneur, le don est stoppé.
Si 315 ml au minimum ont été ponctionnés avant l’arrêt du don, la poche pourra être utilisée.
Si moins de 315 ml ont été prélevés, le don ne sera pas utilisable pour en conserver le
concentré érythrocytaire car la quantité d’anticoagulant adjuvé et de solution nutritive
contenue dans le système sera trop importante par rapport à la quantité de globules rouges
(44). Par contre, le plasma pourra être extrait et stocké.
Assez fréquemment le débit sanguin est interrompu ou très diminué au cours du
prélèvement. Il suffit souvent d’un léger changement d’orientation de l’aiguille pour retrouver
un débit correct, ou bien de lever la compression momentanément, puis de la réappliquer.
51
Figure n°7 : Réalisation des échantillons pour analyses au cours du prélèvement sanguin
1 2
52
Photo n°29 : Début du remplissage de la poche principale
53
Photo n°31 : Suivi du remplissage
Temps écoulé
Débit
Volume
1. Lecture du volume :
objectif 350 mL
La poche est considérée comme remplie lorsqu’elle contient au moins 315 ml (350
mL +/- 10%). Le prélèvement est donc stoppé lorsque cet objectif est atteint. La
veine jugulaire du donneur est comprimée avant de retirer l’aiguille.
54
Photo n°33 : Résultat après remplissage de la poche principale
350 ml (+/- 10%) de sang total sur CPD dans la poche principale du système de
collecte à trois poches.
55
Au-delà de la surveillance immédiate du donneur après le prélèvement, il est important
de demander au propriétaire de veiller à certains points dans les jours suivant le don :
- Surveillance du site de ponction : signaler et consulter en cas de rougeur, douleur,
chaleur, gonflement, suintement pouvant signer une réaction allergique aux produits
utilisés pour l’asepsie (povidone iodée) ou une phlébite.
- Surveillance de l’état général : consulter en cas de faiblesse.
1ère étape : Selon l’estimation des besoins en dérivés sanguins au sein de l’ENVA,
recrutement d’environ 25 chiens donneurs:
- au sein des chiens des étudiants, du personnel et des unités de recherche,
- disponibles durant une année pour des dons réguliers (maximum 1 tous les 2
mois),
- âgés de 1 à 8 ans, pesant plus de 20 kilos et en état d’embonpoint normal,
- calmes et dociles,
- pour lesquels on détermine les groupes sanguins DEA 1-1, 3, 4, 5 et 7.
3è étape : Prélèvement
- prélèvement de 350 ml de sang (+/- 10%) par ponction d’une veine jugulaire sur
le donneur placé en décubitus latéral, sternal ou en position assise,
- compression du site de ponction sur le donneur puis surveillance d’éventuelles
réactions locales,
- obturation de la tubulure de prélèvement par un clamp plastique.
56
TROISIEME PARTIE :
STOCKAGE DU CONCENTRE ERYTHROCYTAIRE
ET DU PLASMA
57
58
Maintenant que nous sommes capables d’élaborer des dérivés sanguins, de qualité et
identifiés et que nous avons mis en place un pool de donneur pour l’approvisionnement
régulier de la banque, se pose la question du stockage des dérivés obtenus. En effet, l’objectif
d’une banque de sang est de pouvoir répondre à tout moment à la demande de ses utilisateurs,
ce qui implique l’utilisation de dispositifs de stockage. Pour conserver des produits sanguins
en vue d’une utilisation différée il faut utiliser un procédé garantissant la préservation des
caractéristiques biologiques du produit au cours du stockage. Les objectifs sont les suivants :
59
l’énergie sous forme d’ATP (adénosine triphosphate) ainsi que du 2,3 DPG
(diphosphoglycérate) (22,44).
Un globule rouge a besoin d’énergie sous forme d’ATP mais aussi de 2,3 DPG pour
conserver sa forme, sa plasticité et pour maintenir l’équilibre électrolytique intracellulaire,
l’intégrité de la membrane cellulaire et participer aux réactions de phosphorylations (44).
Au sein d’un globule rouge la formation d’ATP se fait par le biais de la voie de la
glycolyse aérobie (44) (voie de Embden-Meyerhof Pathway). Cette voie métabolique de
dégradation du glucose en lactate permet la production de 2 ATP par molécule de glucose
ainsi que de NADH (nicotinamide adénine dinucléotide sous forme réduite). Le NADH est
nécessaire au maintien de l’hémoglobine dans un état réduit donc fonctionnel. Une autre voie
de dégradation du glucose, la voie des pentoses phosphates permet la production de NADPH
(nicotinamide adénine dinucléotide phosphate sous forme réduite), nécessaire à la lutte contre
le stress oxydatif. Une autre voie alternative à la glycolyse, propre au métabolisme des
globules rouges, permet la formation de 2,3 DPG. Le 2,3 DPG a un rôle essentiel dans la
capture et le relargage de l’oxygène. Lorsque celui-ci se fixe à la sous unité Beta de
l’hémoglobine, il stabilise la conformation « faible-affinité pour l’oxygène » de celle-ci. Ainsi
lorsque la quantité de 2,3 DPG augmente dans le globule rouge, l’affinité de l’hémoglobine
pour l’oxygène diminue et la quantité d’oxygène relargé augmente pour un pH et une PO2
(pression partielle en oxygène) donnés (44). Lors du stockage des globules rouges, le taux de
2,3 DPG et d’ATP chutent fortement, car leur régénération n’étant pas adéquate et la
consommation de glucose entraine l’accumulation de lactate, d’où une baisse de pH ce qui
ralenti la glycolyse. Cette baisse des quantités de 2,3 DPG et d’ATP au cours du stockage
entraine une baisse de viabilité, de plasticité et de fonctionnalité des globules rouges. Ce
déficit de plasticité est irréversible. Les anomalies biochimiques sont réversibles une fois les
globules rouges transfusés au receveur (44). D’autres modifications apparaissent au cours du
stockage (44) :
- augmentation du K+ extracellulaire par relargage,
- diminution du Na+ extracellulaire,
- augmentation de l’ammoniémie (surtout après 15 jours),
- dommages oxydatifs se manifestant par une sphérocytose.
Pour lutter contre ces lésions de stockage, des solutions anticoagulantes adjuvées et
des solutions nutritives ont été élaborées. Diverses études in vivo et in vitro ont visé à étudier
la durée de survie des globules rouges en fonction du type d’anticoagulant adjuvé ou de
solution nutritive utilisée (7,14,44,45,47,49). La FDA (Food and Drug Administration)
considère que la conservation a été satisfaisante si 75% des cellules transfusées sont encore
viables 24h après la transfusion (40). Ce paramètre est évalué in vivo par marquage des
globules rouges avec des radio-isotopes, le plus souvent le Chrome 51. Des études in vitro
évaluent la concentration intra-cellulaire en ATP, 2-3 DPG, le pH et le pourcentage
d’hémolyse dans une poche de concentré érythrocytaire après stockage (44).
Nous allons présenter les compositions et intérêts respectifs des différents
anticoagulants.
60
2. Anticoagulants disponibles
a. L’héparine
Elle peut être utilisée pour la transfusion de sang total frais immédiate uniquement au
ratio de 250 à 650 UI d’héparine pour 50 ml de sang (25,43). Elle a une action anticoagulante
par sa capacité à former un complexe avec l’antithrombine III (ATIII) endogène. Le complexe
ATIII-héparine a une action inhibitrice sur les protéases impliquées dans la cascade de la
coagulation. L’héparine n’a aucune propriété conservatrice et ne peut donc être utilisée pour
la constitution d’une banque de sang (44).
Tout comme l’héparine il ne peut être utilisé seul pour le stockage de sang du fait de
l’absence de propriétés conservatrices au-delà de 24 heures entre 1 et 6 °C. Il est toutefois
utilisable pour une transfusion de sang total frais extemporané à la dose de 1ml pour 9 mL de
sang total. Son action anticoagulante est liée à sa capacité à chélater le calcium et donc à
inhiber les étapes calcium-dépendantes de la cascade de la coagulation (44).
Le citrate est également utilisé en association avec d’autres éléments dans
l’élaboration des anticoagulant-adjuvés, par exemple le CPD : Citrate-Phosphate-Dextrose
(44).
61
Tableau n°4 : Composition des solutions anticoagulantes adjuvées présentes dans
les poches de collecte
(Données fabricants)
62
a. ACD : Acide-Citrate-Dextrose
Obsolète, l’ACD était utilisé dans les années 1990, associé à des bouteilles de collecte
en verre. Aussi appelé anticoagulant-citrate-dextrose, il a aujourd’hui été supplanté par le
CPD ou CPDA-1 pour la collecte et le stockage de sang total. Il est encore utilisé pour des
petits volumes de prélèvement, par exemple chez le chat. Deux formulations de ce produit
existent : ACD-A et ACD-B. La concentration en citrate dans la formulation ACD-B est
moins importante, ce produit est donc utilisé dans un ratio de 1 volume d’ACD-B pour 4
volumes de sang au lieu de 1 volume d’ACD pour 7 à 9 volumes de sang avec l’ACD-A. Il
permet une conservation de sang total durant 21 jours (44).
b. CPD : Citrate-Phosphate-Dextrose
c. CPDA-1 : Citrate-Phosphate-Dextrose-Adénine
Disponible dans le commerce, souvent déjà incluse dans les systèmes de collecte, c’est
la solution la plus couramment adoptée en médecine vétérinaire, et la mieux tolérée pour la
conservation de sang total de chien. La composition est similaire à celle de CPD avec un
substrat en plus : l’adénine, améliorant la viabilité des globules rouges. On l’utilise en général
au ratio de 1 volume de CPDA-1 pour 7 volumes de sang. On peut stocker du sang total 35
jours avec 82% de viabilité des érythrocytes canin après transfusion (44). Concernant le
concentré érythrocytaire la recommandation est de 20 jours de conservation (26,44).
63
- AS-5 (par exemple la solution Optisol®) : permet un stockage de 42 jours du concentré
érythrocytaire humain (19), mais n’a pas, à notre connaissance été évaluée en
médecine vétérinaire.
Elles permettent également d’obtenir une viscosité proche de celle du sang total et
d’optimiser la quantité de plasma extraite par poche de sang (sans solution additive il est en
effet conseillé de laisser un minimum de plasma dans le concentré érythrocytaire). Après
dilution du concentré érythrocytaire dans 100mL de solution additive, l’hématocrite de la
solution est d’environ 60% (variable selon l’hématocrite initial du sang et la quantité
prélevée) (40).
64
Leur composition est variable selon les fabricants mais elles contiennent toutes du
dextrose, de l’adénine, du NaCl, et le plus souvent du phosphate, du citrate de sodium, de
l’acide citrique, et du mannitol. Le mannitol semble limiter le phénomène d’hémolyse (45).
Citrate de
Chélation du
sodium calcium
1 ml/9 ml 24H
Anticoagulants (3,8%)
non adjuvés
Désactivation
Héparine plaquettaire
5-10 UI/ml 24H
EDTA Non utilisé pour la transfusion
Citrate-Phosphate-
Dextrose et
CPDA-1 Adénine, substrat 1 ml/7 ml 20 jours
pour la formation
Anticoagulants d’ATP
adjuvés
Citrate-Phosphate-
CPD (CPD2) Dextrose
1 ml/7 ml 21 à 28 jours
ACD A : 1 ml/7 à 9
Acide Citrique-
ACD Citrate-Dextrose
ml 21 jours
ACD-B : 1 ml/ 4 ml
Pour la banque de sang de l’ENVA nous utilisons un système de collecte avec une
poche principale et deux poches satellites, la poche de collecte initiale contenant du CPD,
la troisième poche pour la solution nutritive contenant du SAGM®. (Poche triple
CPD/SAGM 350 mL avec bras pour échantillonnage®, TERUMO™, France SA,
Guyancourt). Le SAGM®, tout comme l’Optisol® (dont les compositions sont très
proches), n’ont, à notre connaissance, jamais été évalués en médecine vétérinaire.
Toutefois leurs compositions présentées en tableau n°8 sont similaires à celle de l’Adsol®
et on peut donc espérer des résultats comparables en terme de durée (37 jours) et de
qualité de stockage du concentré érythrocytaire. Du fait de cette approximation nous
considérons, par mesure de précaution, que le concentré érythrocytaire obtenu avec
notre matériel a une durée de vie de 35 jours.
65
Tableau n°8 : Composition de la solution nutritive SAGM® comparée à celles
de l’Optisol® et de l’Adsol®
(données fabricants)
Solution nutritive Solution Solution nutritive
ADSOL® notritive SAGM®
Société Baxter OPTISOL® Société Terumo
Société Terumo
Chlorure de
0,900 0,877 0,877
Sodium
B. Conservation du plasma
Il n’existe pas d’études évaluant l’impact de la solution anticoagulante utilisée et la
conservation de plasma frais ou de plasma. L’élément le plus important dans la conservation
du plasma est le maintien des concentrations en facteurs de coagulation. La quantité de
facteurs de coagulation diminue avec le temps et lorsque la température est trop élevée : au
bout de 6 heures post-prélèvement à température ambiante, seuls subsistent les facteurs de la
coagulation II, VII, IX et X, les facteurs labiles (V et VIII) disparaissent en moins de 24
heures après le prélèvement à température ambiante (26,28). Pour préserver un maximum de
facteurs de coagulation il est nécessaire de congeler le plasma à au moins -18°C le plus vite
possible après le prélèvement. Un plasma congelé moins de 6 heures après prélèvement est
qualifié de plasma frais congelé, il contient tous les facteurs de la coagulation et se conserve
un an à -18°C (26). Un plasma congelé plus de 6 heures après le prélèvement, est qualifié de
plasma congelé, il contient, entre autre, encore les facteurs de coagulation vitamine K
dépendants (facteurs II, VII, IX et X), mais est déplété en facteurs labiles de la coagulation.
De même un plasma frais congelé devient plasma congelé après un an de conservation à -
18°C. Ce plasma congelé peut être conservé quatre ans à -18°C (26). Il conserve durant toute
cette période de stockage ces protéines (40).
66
II. Dispositif de conservation du concentré
érythrocytaire
67
Photo n°35 : Dispositif de stockage du concentré érythrocytaire
Affichage de la température au
niveau de l’étage supérieur
Etage supérieur
du réfrigérateur
Etage inférieur du
Photo : Banque de sang ENVA
réfrigérateur
69
Photo n°35 : Etape préliminaire au Photo n°36 : Etape préliminaire au
stockage du plasma (1) stockage du plasma (2)
70
B. Précautions particulières
Tout comme pour le réfrigérateur, il faut veiller à la constance de la température du
congélateur. Il est en particulier déconseillé de placer en même temps un grand nombre de
produits à congeler dans le congélateur ceci ayant tendance à faire monter la température au
sein de celui-ci et ralentir la congélation des produits (40).
L’un des phénomènes pouvant être particulièrement délétère pour le plasma est celui
de décongélation-recongelation pouvant se produire lors d’ouvertures fréquentes et
prolongées du congélateur ou lors de coupures d’électricité. Deux options sont proposées pour
détecter si un tel phénomène a eu lieu au cours du stockage (40) :
- Congeler la poche couchée sur l’un de ses côtés, ainsi la bulle d’air qu’elle contient
sera emprisonnée vers le côté opposé à celui sur lequel la poche a été déposée pour la
congélation. Une fois la poche congelée, on la place verticalement, la bulle se situe
ainsi à présent à mi-hauteur de la poche. Ainsi, si un phénomène de décongélation-
recongélation se produit, il sera détecté puisque la bulle aura migré vers le haut de la
poche.
- Congeler la poche en ayant préalablement placé autour d’elle un élastique ou un ruban
légèrement serré. Une fois la poche congelée, le ruban est retiré et la marque de son
incrémentation reste visible. Si un phénomène de décongélation-recongélation se
produit, cette marque disparait
C’est cette deuxième option qui a été choisie à l’ENVA. Toute poche ayant subi une
décongélation-recongélation sera jetée. Cette technique est présentée sur les photos n°36 et
37.
71
BILAN troisième partie
Les dispositifs de stockage sont soumis à des auto-contrôles réguliers par le biais de:
- thermomètres placés dans le réfrigérateur et le congélateur : ainsi la température
de stockage est contrôlée à chaque ouverture de porte,
- contrôles de l’aspect des poches de concentré érythrocytaire : couleur et texture
avec retrait des poches douteuses : couleur noire, texture grumeleuse…,
- contrôle de l’aspect des poches de plasma : persistance de la « marque » de
congélation (absence de processus de congélation-décongélation) avec retrait des
poches non conformes.
Les dates de péremption des produits sont vérifiées à chaque ouverture de porte :
- toute poche de concentré érythrocytaire stockée depuis plus de 35 jours est jetée,
- toute poche de plasma frais stockée depuis plus d’un an, perd sa qualification de
« frais », et sera stockée au maximum encore 4 ans comme plasma congelé,
- toute poche de plasma stocké depuis plus de 4 ans sera détruite,
- toute manipulation de produits congelés s’effectue délicatement.
72
CONCLUSION
La mise en place d’une banque de sang au sein de l’ENVA est une question récurrente
depuis plus de deux décennies. Des essais ont eu lieu mais n’ont jamais été durables pour des
raisons d’ordre organisationnel, financier ou personnel.
Après un an d’existence, le bilan de l’installation de la banque de sang de l’ENVA, est
globalement très positif. Elle a été crée grâce au travail conjoint et à l’implication d’un
clinicien de médecine, d’un clinicien d’anesthésie et d’un clinicien de chirurgie et grâce au
soutien d’enseignants-chercheurs des services de médecine, chirurgie et de reproduction.
Celle-ci a fonctionné grâce au travail de ces cliniciens bénévoles, à l’implication d’étudiants
volontaires et de l’UETM pour la mise à disposition de chiens, mais aussi grâce au soutien du
laboratoire ALVEDIA™et de la société ROYAL CANIN™ sans qui ce projet n’aurait pu
aboutir.
La banque de sang a démontré son utilité au travers de l’utilisation régulière de ses
produits dans différentes indications cliniques. Près de 26 prélèvements soumis à extraction
ont été effectués en 9 mois et 24 transfusions de dérivés sanguins (concentrés érythrocytaires
ou plasma) ont été réalisées durant cette période. Une bonne maîtrise de la collecte du sang,
de l’extraction du plasma frais et du concentré érythrocytaire a été obtenue : seules deux
poches ont dû être éliminées pour anomalie de conservation (stockage hors du réfrigérateur
pendant plus de 8h dans un cas, défaut de congélation complète dans un second). L’accent
mis sur la qualité des produits a été payant. Un des objectifs pour l’avenir est dorénavant le
développement de l’extraction et de la conservation de dérivés plasmatiques ou plaquettaires
(plasma enrichi en plaquettes, cryoprécipité ou concentré plaquettaire).
L’un des deux principaux problèmes rencontrés a été la lourde charge de travail liée à
l’organisation, les prélèvements et les extractions : l’essentiel reposait sur les épaules des trois
cliniciens responsables de la banque de sang, qui devaient mener cette tache en parallèle avec
leur activité de clinique et de recherche. La formation en cours de deux cliniciens du service
des urgences permettra de renforcer l’équipe. L’autre difficulté a été l’organisation de la
délivrance des produits 24H/24 et 7 jours sur 7. Ce problème est en cours de résolution.
Pour l’avenir, nous souhaitons :
- optimiser les techniques de prélèvement et d’extraction du plasma et du
concentré érythrocytaire,
- augmenter le nombre de préleveurs,
- mettre en place un réel service de délivrance et de conseil transfusionnel en
continu,
- développer l’extraction, le stockage et l’utilisation de dérivés plasmatiques et
plaquettaires,
- poursuivre et développer les interactions avec les différents services
cliniques et paracliniques de l’ENVA,
- créer une banque de sang pour l’espèce féline.
Ces objectifs ne pourront être atteints que si la banque est pérennisée au sein de
l’ENVA : il s’agit, avec celle de l’Ecole Nationale de Lyon, de l’une des seules structures de
ce type en fonctionnement en France. Cette pérennité nécessite la formalisation des
connaissances, des acquis et de l’expérience obtenus. Il s’agissait d’un des objectifs que cette
thèse tente de remplir. L’implication de nouveaux acteurs motivés et la poursuite du
partenariat financier et technique avec les laboratoires est également un élément déterminant.
73
74
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86.
77
78
ANNEXE 1: Exemple d’une planche d’étiquettes pour
l’identification des poches
79
80
ANNEXE 2: Registre de suivi des entrées et sorties
de produits
Dans le cadre du suivi du stock de produits au sein de la banque de sang, ces deux
tableaux sont collés sur le réfrigérateur et le congélateur de stockage et renseignés au fur et
à mesure des entrées et sorties. L’on peut ainsi connaitre l’état du stock sans avoir à ouvrir
le réfrigérateur ou le congélateur, évitant ainsi toute variation inutile de température au
sein de ceux-ci.
81
82
ANNEXE 3: Fiche de suivi transfusionnel
83
Cette fiche, très complète, est transmise à chaque délivrance de produit au clinicien.
Une fois la transfusion terminée et la fiche complétée, celle-ci est retournée à la banque de
sang. Un retour d’informations quant à l’utilisation des produits et les problèmes
rencontrés est ainsi permis. Cela s’inscrit dans le cadre du suivi de la qualité des produits
de la banque de sang de l’ENVA.
84
ANNEXE 4: Caractéristiques des chiens donneurs :
poids, âge et propriétaire
85
86
ANNEXE 5 : Groupes sanguins des donneurs
de la banque de sang
Animal DEA 1-1 DEA 3 DEA 4 DEA 5 DEA 7
« Uba » - + + - -
« Aubade » + ND ND ND ND
« Ubac » + (+) + - (+)
« Bahia» - (+) + - -
« Vanooh » + (+) + - -
« Viky » - (+) + - -
« Biscotte » + ND ND ND ND
« Kiara » - - + - -
« Aku » + + + - -
« Zigi » + ND ND ND ND
« Tchao » + (+) + - -
« Bounty » - ND ND ND ND
« Benji » + ND ND ND ND
« Rose » - (+) + - -
« Uta » - ND ND ND ND
« Topaze » - ND ND ND ND
« Vermine » ND ND ND ND ND
« Aavee » + - + - -
« Utopie » - ND ND ND ND
« Spot » + - + - -
« Teuf » + ND ND ND ND
« Spoon » + - + - -
« Bravo » - - + - -
« Tino » + ND ND ND ND
+ : positif/ - :négatif /(+) : positif mais agglutinines froides (faiblement positif) ; ND : non
déterminé
87
88
ANNEXE 6 : Statut vaccinal et traitements antiparasitaires
des donneurs
Animal Vaccinations Vermifugation
« Uba » CHPPILR à jour Drontal® tous 6 mois
« Aubade » CHPLR et piro à jour Drontal® tous 6 mois
« Ubac » CHPPiL Drontal® tous 6 mois
« Bahia» CHPPiLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Vanooh » CHPPiLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Viky » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Biscotte » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Kiara » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Aku » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Zigi » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Tchao » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Bounty » CHPL à jour Drontal® tous 6 mois
« Benji » CHPL à jour Drontal® tous 6 mois
« Rose » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Uta » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Topaze » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Vermine » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Aavee » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Utopie » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Spot » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Teuf » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Spoon » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Bravo » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Tino » CHPPiLR à jour Drontal® tous les six mois
Tous les donneurs sont vermifugés tous les six mois au moins et correctement
vaccinés pour la maladie de Carré (C), l’hépatite de Rubarth (H), la parvovirose (P) et la
leptospirose (L). Certains sont vaccinés également contre la Rage (R), la toux de chenil (Pi)
ou la piroplasmose (Piro).
89
90
ANNEXE 7 : Fiche d’aptitude au don
91
92
ANNEXE 8 : Planning initial de prélèvements
et de visites pré-dons
DATES PRELEVEURS ANIMAUX CONSULTATION
PRELEVES PRELEVEMENT
Dates Lieux/Consultants
Jeudi 10 avril GB, MM UETM + « Ziggy » Lundi 07 Médecine (Ghita) ou
2008 (Romain Lautie) avril matin Chirurgie (MM)
(GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mercredi 23 JR, MM UETM + « Vicky » Lundi 21 Médecine (Ghita) ou
avril 2008 (Claire Frey) avril matin Chirurgie (MM)
(GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mardi 06 mai GB, MM UETM + « Tchao» Lundi 05 Médecine (Ghita) ou
(Romain Lautie) mai matin Chirurgie (MM)
(GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mardi 20 mai GB, MM UETM + Lundi 19 Médecine (Ghita) ou
2008 « Aubade » (Juliette mai matin Chirurgie (MM)
Leroux) (GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mercredi 04 JR, MM UETM + « Ubac » Lundi 02 Médecine (Ghita) ou
juin 2008 (Lucie Germanique) juin matin Chirurgie (MM)
(GB ou Médecine (Ghita) ou
MM) Chirurgie (MM)
Ou après
midi (MM)
Mercredi 18 JR, GB UETM + « Tino » Lundi 16 Médecine (Ghita) ou
juin 2008 (Anne Elisabeth juin matin Chirurgie (MM)
Woh) (GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mardi 01 GB, MM UETM + «Biscotte» Lundi 03 Médecine (Ghita) ou
juillet 2008 (Benjamin Verdon) juillet matin Chirurgie (MM)
(GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
93
94
OBTENTION ET CONSERVATION
DES DERIVES SANGUINS
APPLICATION A LA CONSTITUTION D’UNE BANQUE DE SANG POUR
L’ESPECE CANINE A L’ENVA
FREY CLAIRE
Résumé :
Jury :
Président :
Directeur : Dr. C. DESBOIS
Assesseur : Dr. C. MAUREY-GUENEC
Adresse de l’auteur :
196 rue de l’Ile Napoléon
68400 RIEDISHEIM
PROCESSING AND STORAGE
OF BLOOD COMPONENTS
APPLIED TO ENVA’s BLOOD BANK SETTING UP
FREY CLAIRE
Summary :
This thesis is about processing and storage of blood components based on the example
of the ENVA’s dog’s blood bank development in 2008 and is compared to the bibliography
data.
First, we analyze technical aspects, like centrifugation as a practical method of blood
component’s extraction and traceability of products, which are plasma and packed red blood
cells. In a second part, we describe how to supply the blood bank, from donors’ selection to
blood processing. Third, we focus on plasma’s and packed red blood cells’ storage,
We place emphasis on products quality from process to storage. This thesis likes to be
a practical recap of all knowledge that has been collected during the set up of the ENVA’s
blood bank, which is today operative and in continuous development.
Jury :
President :
Director : Dr. C. DESBOIS
Assessor : Dr. C. MAUREY-GUENEC
Autor’s adresse :
196 rue de l’Ile Napoléon
68400 RIEDISHEIM