0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
103 vues102 pages

Obtention Et Conservation Des Derives Sanguins: École Nationale Veterinaire D'Alfort

Transféré par

Aziz Benachour
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
103 vues102 pages

Obtention Et Conservation Des Derives Sanguins: École Nationale Veterinaire D'Alfort

Transféré par

Aziz Benachour
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

ÉCOLE NATIONALE VETERINAIRE D’ALFORT

Année 2009

OBTENTION ET CONSERVATION
DES DERIVES SANGUINS

APPLICATION A LA CONSTITUTION D’UNE BANQUE DE SANG


POUR L’ESPECE CANINE A l’ENVA

THESE

Pour le

DOCTORAT VETERINAIRE

Présentée et soutenue publiquement devant

LA FACULTE DE MEDECINE DE CRETEIL


le……………
par

Claire FREY
Née le 2 janvier 1984 à Mulhouse (Haut-Rhin)

JURY

Président : M.
Professeur à la Faculté de Médecine de CRETEIL

Membres :
Directeur : C. DESBOIS
Maitre de conférences à l’ENVA
Assesseur : C. MAUREY-GUENEC
Maitre de conférences à l’ENVA
LISTE DES MEMBRES DU CORPS ENSEIGNANT
Directeur : M. le Professeur MIALOT Jean-Paul
Directeurs honoraires : MM. les Professeurs MORAILLON Robert, PARODI André-Laurent, PILET Charles, TOMA Bernard
Professeurs honoraires: MM. BRUGERE Henri, BUSSIERAS Jean, CERF Olivier, CLERC Bernard, LE BARS Henri, MILHAUD Guy, ROZIER Jacques,
DEPARTEMENT DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET PHARMACEUTIQUES (DSBP)
Chef du département : Mme COMBRISSON Hélène, Professeur - Adjoint : Mme LE PODER Sophie, Maître de conférences
- UNITE D’ANATOMIE DES ANIMAUX DOMESTIQUES - UNITE D’HISTOLOGIE , ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Mme CREVIER-DENOIX Nathalie, Professeur M. CRESPEAU François, Professeur
M. DEGUEURCE Christophe, Professeur M. FONTAINE Jean-Jacques, Professeur *
Mme ROBERT Céline, Maître de conférences Mme BERNEX Florence, Maître de conférences
M. CHATEAU Henry, Maître de conférences* Mme CORDONNIER-LEFORT Nathalie, Maître de conférences
- UNITE DE PATHOLOGIE GENERALE , MICROBIOLOGIE, - UNITE DE VIROLOGIE
IMMUNOLOGIE M. ELOIT Marc, Professeur *
Mme QUINTIN-COLONNA Françoise, Professeur* Mme LE PODER Sophie, Maître de conférences
M. BOULOUIS Henri-Jean, Professeur
M. FREYBURGER Ludovic, Maître de conférences - DISCIPLINE : PHYSIQUE ET CHIMIE BIOLOGIQUES ET
- UNITE DE PHYSIOLOGIE ET THERAPEUTIQUE MEDICALES
Mme COMBRISSON Hélène, Professeur* M. MOUTHON Gilbert, Professeur
M. TIRET Laurent, Maître de conférences
Mme STORCK-PILOT Fanny, Maître de conférences - UNITE DE GENETIQUE MEDICALE ET MOLECULAIRE
M. PANTHIER Jean-Jacques, Professeur
- UNITE DE PHARMACIE ET TOXICOLOGIE Mme ABITBOL Marie, Maître de conférences*
Mme ENRIQUEZ Brigitte, Professeur
M. TISSIER Renaud, Maître de conférences* - UNITE DE BIOCHIMIE
M. PERROT Sébastien, Maître de conférences M. MICHAUX Jean-Michel, Maître de conférences*
M. BELLIER Sylvain, Maître de conférences
- DISCIPLINE : ETHOLOGIE
M. DEPUTTE Bertrand, Professeur - DISCIPLINE : EDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE
M. PHILIPS, Professeur certifié
- DISCIPLINE : ANGLAIS
Mme CONAN Muriel, Professeur certifié
DEPARTEMENT D’ELEVAGE ET DE PATHOLOGIE DES EQUIDES ET DES CARNIVORES (DEPEC)
Chef du département : M. POLACK Bruno, Maître de conférences - Adjoint : M. BLOT Stéphane, Maître de conférences
- UNITE DE MEDECINE - UNITE DE PATHOLOGIE CHIRURGICALE
M. POUCHELON Jean-Louis, Professeur* M. FAYOLLE Pascal, Professeur *
Mme CHETBOUL Valérie, Professeur M. MAILHAC Jean-Marie, Maître de conférences
M. BLOT Stéphane, Maître de conférences M. NIEBAUER Gert, Professeur contractuel
M. ROSENBERG Charles, Maître de conférences Mme VIATEAU-DUVAL Véronique, Maître de conférences
Mme MAUREY Christelle, Maître de conférences Mme RAVARY-PLUMIOEN Bérangère, Maître de conférences (rattachée
au DPASP)
- UNITE DE CLINIQUE EQUINE M. ZILBERSTEIN Luca, Maître de conférences contractuel
M. DENOIX Jean-Marie, Professeur M. JARDEL Nicolas, Maître de conférences contractuel
M. AUDIGIE Fabrice, Maître de conférences*
Mme GIRAUDET Aude, Praticien hospitalier - UNITE D’IMAGERIE MEDICALE
Mme MESPOULHES-RIVIERE Céline, Maître de conférences Mme BEGON Dominique, Professeur*
contractuel Mme STAMBOULI Fouzia, Praticien hospitalier
Mme PRADIER Sophie, Maître de conférences contractuel
- DISCIPLINE : OPHTALMOLOGIE
- UNITE DE REPRODUCTION ANIMALE Mme CHAHORY Sabine, Maître de conférences
Mme CHASTANT-MAILLARD Sylvie, Maître de conférences
(rattachée au DPASP) - UNITE DE PARASITOLOGIE ET MALADIES PARASITAIRES
M. NUDELMANN Nicolas, Maître de conférences M. CHERMETTE René, Professeur *
M. FONTBONNE Alain, Maître de conférences* M. POLACK Bruno, Maître de conférences
M. REMY Dominique, Maître de conférences (rattaché au DPASP) M. GUILLOT Jacques, Professeur
M. DESBOIS Christophe, Maître de conférences Mme MARIGNAC Geneviève, Maître de conférences
Mme CONSTANT Fabienne, Maître de conférences (rattachée au Mme HALOS Lénaïg, Maître de conférences
DPASP) M. HUBERT Blaise, Praticien hospitalier
Mme DEGUILLAUME Laure, Maître de conférences contractuel
(rattachée au DPASP) - DISCIPLINE : NUTRITION-ALIMENTATION
M. PARAGON Bernard, Professeur
- DISCIPLINE : URGENCE SOINS INTENSIFS M. GRANDJEAN Dominique, Professeur
Mme Françoise ROUX, Maître de conférences contractuel
DEPARTEMENT DES PRODUCTIONS ANIMALES ET DE LA SANTE PUBLIQUE (DPASP)
Chef du département : M. MAILLARD Renaud, Maître de conférences - Adjoint : Mme DUFOUR Barbara, Maître de conférences
- UNITE DES MALADIES CONTAGIEUSES - UNITE DE ZOOTECHNIE, ECONOMIE RURALE
M. BENET Jean-Jacques, Professeur* M. COURREAU Jean-François, Professeur
Mme HADDAD/ HOANG-XUAN Nadia, Maître de conférences M. BOSSE Philippe, Professeur
Mme DUFOUR Barbara, Maître de conférences Mme GRIMARD-BALLIF Bénédicte, Professeur
Mme LEROY Isabelle, Maître de conférences
- UNITE D’HYGIENE ET INDUSTRIE DES ALIMENTS M. ARNE Pascal, Maître de conférences
D’ORIGINE ANIMALE M. PONTER Andrew, Maître de conférences*
M. BOLNOT François, Maître de conférences *
M. CARLIER Vincent, Professeur - UNITE DE PATHOLOGIE MEDICALE DU BETAIL ET DES
Mme COLMIN Catherine, Maître de conférences ANIMAUX DE BASSE-COUR
M. AUGUSTIN Jean-Christophe, Maître de conférences M. MILLEMANN Yves, Maître de conférences
Mme BRUGERE-PICOUX Jeanne, Professeur (rattachée au DSBP)
- DISCIPLINE : BIOSTATISTIQUES M. MAILLARD Renaud, Maître de conférences
M. SANAA Moez, Maître de conférences M. ADJOU Karim, Maître de conférences*
* Responsable de l’Unité
REMERCIEMENTS

A Monsieur le président du jury,


Pour nous avoir fait l’honneur de présider ce jury de thèse,
Sincères remerciements.

Au Docteur Christophe DESBOIS,


Pour avoir accepté d’encadrer ce travail,
Merci pour tous vos conseils.

Au Docteur Christelle MAUREY-GUENEC,


Pour avoir accepté le rôle d’assesseur,
Sincères remerciements.

Aux Docteurs Mathieu MANASSERO, Ghita BENCHEKROUN et José RETORTILLO,


Pour m’avoir proposé ce sujet de thèse,
Merci pour votre aide si précieuse dans ce travail.

A la société ROYAL-CANIN™ et au laboratoire ALVEDIA™,


Pour leur soutien et implication dans la banque de sang de l’ENVA.

Aux Docteurs Dan ROSENBERG, Ludovic SIMON et Nicolas JARDEL pour leur
contribution à la constitution du fichier de photos de la banque de sang de l’ENVA.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 7
PREMIERE PARTIE : ASPECTS TECHNIQUES DE LA BANQUE DE SANG ................. 9
I. Choix des produits sanguins à élaborer ........................................................................ 11
A. Dérivés classiquement élaborés ............................................................................... 12
1. Concentré érytrocytaire et plasma ........................................................................ 13
a. Concentré érythrocytaire .................................................................................. 13
b. Plasma .............................................................................................................. 13
c. Plasma enrichi en plaquettes ............................................................................ 13
2. Cryoprécipité et cryosurnageant........................................................................... 13
3. Concentré plaquettaire.......................................................................................... 14
B. Choix réalisés pour la banque de sang de l’ENVA .................................................. 14
II. Méthodes de transformation ......................................................................................... 15
A. Choix des poches ...................................................................................................... 15
1. Matériaux disponibles .......................................................................................... 15
2. Systèmes de collecte disponibles ......................................................................... 15
3. Choix de l’anticoagulant et de la solution nutritive ............................................. 18
B. Centrifugation en pratique ........................................................................................ 18
1. Matériel ................................................................................................................ 19
2. Procédure .............................................................................................................. 20
3. Alternative à la centrifugation .............................................................................. 23
C. Extraction du plasma ................................................................................................ 23
1. Matériel ................................................................................................................ 23
2. Procédé ................................................................................................................. 24
a. Mise en place de la poche ................................................................................ 24
b. Ouverture de la tubulure ................................................................................... 24
c. Extraction du plasma ........................................................................................ 25
d. Isolation de la poche de plasma........................................................................ 26
e. Ajout de la solution additive au concentré érythrocytaire et isolation de la
poche de concentré érythrocytaire............................................................................ 27
III. Méthodes d’identification des poches ...................................................................... 29
A. Informations collées sur les poches .......................................................................... 29
1. Informations pour les poches de concentré érythrocytaire................................... 29
2. Informations pour le plasma frais......................................................................... 29
B. Registre et suivi des produits ................................................................................... 31
1. Informations relatives aux donneurs et au don..................................................... 32
2. Suivi des entrées et sorties ................................................................................... 32
3. Suivi de l’utilisation des produits et retour d’information ................................... 33
Bilan première partie ............................................................................................................ 34
DEUXIEME PARTIE: APPROVISIONNEMENT DE LA BANQUE DE SANG ............... 35
I. Recrutement des donneurs ........................................................................................... 37
A. Disponibilité du donneur .......................................................................................... 37
B. Poids, âge et morphologie recherchés pour un chien donneur ................................. 38
1. Poids et âge........................................................................................................... 38
2. Morphologie et état d’embonpoint ....................................................................... 39
C. Caractéristiques comportementales des chiens recrutés........................................... 39

1
1.
Caractère recherché .............................................................................................. 39
2.
Conditionnement négatif, environnement et sédation .......................................... 40
D. Caractéristiques biologiques des chiens recrutés ..................................................... 40
1. Groupage sanguin ................................................................................................. 40
a. Rappels ............................................................................................................. 40
b. Groupage effectué dans le cadre de la banque de sang de l’ENVA ................. 41
2. Test de dépistage des maladies infectieuses ......................................................... 42
II. Etapes « pré-don » ........................................................................................................ 44
A. Visite clinique pré-don et planning de prélèvement................................................. 44
B. Préparation du donneur ............................................................................................ 45
1. Sédation ................................................................................................................ 45
2. Préparation du site de ponction ............................................................................ 45
III. Le prélèvement ......................................................................................................... 47
A. Matériel .................................................................................................................... 47
B. Technique de prélèvement ....................................................................................... 47
1. Préparation de l’opérateur, du matériel et contention .......................................... 47
2. Ponction veineuse et suivi du remplissage de la poche ........................................ 50
3. Surveillance du donneur après le don .................................................................. 55
Bilan deuxième partie........................................................................................................... 56
TROISIEME PARTIE : STOCKAGE DU CONCENTRE ERYTHROCYTAIRE ET DU
PLASMA .................................................................................................................................. 57
I. Choix des solutions anticoagulantes et nutritives : conséquences pour le stockage
des dérivés sanguins ............................................................................................................. 59
A. Conservation du concentré érythrocytaire................................................................ 59
1. Rappels sur le métabolisme et l’altération des globules rouges ........................... 60
2. Anticoagulants disponibles .................................................................................. 61
a. L’héparine ........................................................................................................ 61
b. Le citrate de sodium (3,8 %) ............................................................................ 61
3. Anticoagulants adjuvés disponibles ..................................................................... 61
a. ACD : Acide-Citrate-Dextrose ......................................................................... 63
b. CPD : Citrate-Phosphate-Dextrose................................................................... 63
c. CPDA-1 : Citrate-Phosphate-Dextrose-Adénine ............................................. 63
4. Solutions nutritives additives disponibles ............................................................ 63
B. Conservation du plasma ........................................................................................... 66
II. Dispositif de conservation du concentré érythrocytaire ............................................... 67
A. Matériel, température et temps de conservation....................................................... 67
B. Précautions particulières et auto-contrôles de qualité .............................................. 67
C. Perspectives quant à la conservation du concentré érythrocytaire ........................... 69
III. Dispositif de conservation du plasma....................................................................... 69
A. Matériel, température et temps de conservation....................................................... 69
B. Précautions particulières .......................................................................................... 71
BILAN troisième partie ........................................................................................................ 72
CONCLUSION ........................................................................................................................ 73
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................... 75
ANNEXE 1: Exemple d’une planche d’étiquettes pour l’identification des poches ........... 79
ANNEXE 2: Registre de suivi des entrées et sorties de produits......................................... 81
ANNEXE 3: Fiche de suivi transfusionnel .......................................................................... 83
ANNEXE 4: Caractéristiques des chiens donneurs : poids, âge et propriétaire .................. 85

2
ANNEXE 5 : Groupes sanguins des donneurs de la banque de sang .................................. 87
ANNEXE 6 : Statut vaccinal et traitements antiparasitaires des donneurs .......................... 89
ANNEXE 7 : Fiche d’aptitude au don ................................................................................. 91
ANNEXE 8 : Planning initial de prélèvements et de visites pré-dons ................................. 93

3
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
Tableau n°1 : Densités du sang et de ses différents composants ............................................. 11
Tableau n°2 : Comparaison du verre et du plastique en tant que matériaux de systèmes
collecteurs................................................................................................................................. 15
Tableau n°3 : Caractéristiques des antigènes des principaux groupes sanguins du chien ....... 41
Tableau n°4 : Composition des solutions anticoagulantes adjuvées présentes dans les
poches de collecte..................................................................................................................... 62
Tableau n°5 : Formulation des solutions anticoagulantes adjuvées et des solutions nutritives
présentes dans les poches de collecte ....................................................................................... 62
Tableau n°6 : Evaluation in vitro des paramètres hématologiques et biochimiques du
concentre érythrocytaire stocké avec CPDA-1 ou Adsol® ....................................................... 64
Tableau n°7 : Récapitulatif des propriétés des solutions anticoagulantes ................................ 65
Tableau n°8 : Composition de la solution nutritive SAGM® comparée à celles de l’Optisol®
et de l’Adsol® ........................................................................................................................... 66

Figure n°1 : Etapes de séparation du sang en dérivés sanguins labiles par centrifugation ...... 12
Figure n°2 : Système collecteur avec une poche satellite ........................................................ 16
Figure n°3 : Système collecteur avec deux poches satellites ................................................... 17
Figure n°4 : Système collecteur avec trois poches satellites .................................................... 17
Figure n°5 : Procédé d’occlusion des tubulures avant section ................................................. 20
Figure n°6 : Utilisation du Quick Test® .................................................................................. 43
Figure n°7 : Réalisation des échantillons pour analyses au cours du prélèvement sanguin..... 52

4
LISTE DES PHOTOS
Toutes les photos appartiennent à la banque de sang de l’ENVA

Photo n°1 : Système collecteur avec une seule poche .............................................................. 16


Photo n°2 : Système collecteur avec deux poches satellites .................................................... 17
Photo n°3 : Indicateur de vitesse de centrifugation .................................................................. 19
Photo n°4 : J-6B Centrifuge, BECKMAN COULTER™ ......................................................... 19
Photo n°5 : Bac de centrifugation ............................................................................................ 21
Photo n°6 : Pesée du bac de centrifugation .............................................................................. 21
Photo n°7 : Poches en place dans la centrifugeuse................................................................... 22
Photo n°8 : Aspect d’une poche centrifugée ............................................................................ 22
Photo n°9 : La presse à plasma................................................................................................. 23
Photo n°10 : Poche centrifugée en place dans la presse à plasma............................................ 24
Photo n°11 : Procédé d’extraction du plasma .......................................................................... 25
Photo n°12 : Fin de l’extraction du plasma .............................................................................. 26
Photo n°13 : Utilisation de la pince et d’une bague pour occlure la tubulure .......................... 27
Photo n°14 : Poche de plasma et bague métallique en place ................................................... 27
Photo n°15 : Poche de concentré érythrocytaire ...................................................................... 28
Photo n°16 : Poche de plasma .................................................................................................. 28
Photo n°17 : Identification des poches de concentré érythrocytaire ........................................ 30
Photo n°18 : Identification des poches de plasma .................................................................... 31
Photo n°19 : Installation du donneur ........................................................................................ 46
Photo n°20 : Zone de tonte ....................................................................................................... 46
Photo n°21 : Préparation de la zone de ponction à la la Vétédine savon® ............................... 46
Photo n°22 : Résultat après préparation de la zone de ponction .............................................. 46
Photo n°23 : Utilisation de la balance de prélèvement............................................................. 48
Photo n°24 : Position « chien assis »........................................................................................ 49
Photo n°25 : Position « décubitus sternal » .............................................................................. 49
Photo n°26 : Position « décubitus latéral » .............................................................................. 49
Photo n°27 : Compression et visualisation de la veine jugulaire ............................................. 50
Photo n°28 : Ponction de la veine jugulaire ............................................................................. 50
Photo n°29 : Début du remplissage de la poche principale ...................................................... 53
Photo n°30 : Alerte lors du remplissage ................................................................................... 53
Photo n°31 : Suivi du remplissage ........................................................................................... 54
Photo n°32 : Fin du remplissage de la poche principale .......................................................... 54
Photo n°33 : Résultat après remplissage de la poche principale .............................................. 55
Photo n°34 : Gestes pour le donneur après le don.................................................................... 55
Photo n°35 : Dispositif de stockage du concentré érythrocytaire ............................................ 68
Photo n°35 : Etape préliminaire au stockage du plasma (1) .................................................... 70
Photo n°36 : Etape préliminaire au stockage du plasma (2) .................................................... 70
Photo n°38 : Dispositif de stockage du plasma ........................................................................ 70

5
  

6
 

INTRODUCTION

La transfusion se définit comme l’administration intraveineuse de sang ou de dérivés


sanguins. Elle fut décrite pour la première fois au 17ème siècle (26), elle est aujourd’hui de
plus en plus pratiquée en médecine vétérinaire. Les objectifs visés par la transfusion sont les
suivants (26) :
- le maintien de la capacité de transport en 02,
- le maintien de la volémie,
- la correction des troubles de l’hémostase,
- dans une moindre mesure le maintien de la pression oncotique ou la correction des
déficits immunologiques ou enzymatiques.

Aujourd’hui, la transfusion sanguine chez le chien, consiste le plus souvent en un


prélèvement et une administration extemporanée de sang total. L’utilisation extemporanée de
sang total pose de nombreux problèmes tels que : trouver un donneur rapidement, disposer de
matériel adapté et de temps pour la réalisation du prélèvement (24). De plus, réalisée souvent
dans l’urgence, cette pratique expose le patient à un certain nombre de réactions
transfusionnelles indésirables pouvant être liées à la méconnaissance du groupage sanguin du
donneur et du receveur ; à l’état de santé du donneur et aux grands volumes de sang total
devant être administrés. Ces réactions peuvent être en partie évitées par un usage raisonné du
sang ou des produits sanguins (5,13,22-24). En effet, le fait d’utiliser des dérivés sanguins de
type concentré érythrocytaire, plasma ou concentré plaquettaire permet de répondre plus
précisément aux indications cliniques, de limiter les réactions transfusionnelles et les volumes
administrés (31). Un des moyens de répondre à cette problématique est de disposer d’une
banque de sang assurant la récolte, le stockage et la délivrance de sang ou de produits
sanguins de qualité (18). Ce type de structure existe en médecine humaine depuis longtemps.
En médecine vétérinaire, les banques de sang se développent de plus de plus dans les
universités et il existe une petite dizaine de banque de sang commercialisant des produits
sanguins, réparties aux Etats-Unis et au Royaume-Uni (19).
La volonté de rationaliser, d’améliorer et de faciliter la pratique de la transfusion au
sein de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (ENVA) a conduit à la création en 2008 d’une
banque de sang. Cette banque de sang est destinée à répondre aux besoins de l’ENVA en
matière de transfusion. L’objet de cette thèse est de présenter les étapes de l’élaboration d’une
banque de sang, du recrutement des donneurs jusqu’au stockage des produits sanguins. Nous
nous attacherons aux aspects techniques et pratiques ainsi qu’aux choix réalisés à l’ENVA et
évoquerons les principaux problèmes rencontrés. Les aspects liés à l’utilisation des produits
sanguins ne seront pas abordés. La première partie sera consacrée aux aspects techniques de la
banque de sang, la deuxième à l’approvisionnement de la banque et la troisième partie
envisagera le stockage des produits sanguins.

7
8
PREMIERE PARTIE :
ASPECTS TECHNIQUES DE LA BANQUE DE SANG

9
10
Une banque de sang est un stock disponible et utilisable de sang total ou de dérivés
sanguins (18,31). Les dérivés sanguins, issus du sang total sont séparés en deux groupes (26):
¾ les dérivés sanguins labiles : il s’agit des concentrés cellulaires de type
concentré érythrocytaire, plaquettaire ou leucocytaire et du plasma et ses
dérivés (plasma enrichi en plaquette, cryoprécipité, cryosurnageant qui seront
définis par la suite). Cet ensemble de dérivés sanguins est obtenu à partir d’un
seul donneur. Ces produits sont d’une durée d’utilisation limitée et nécessitent
des conditions de conservation particulières,
¾ les dérivés sanguins stables : il s’agit de solutions d’albumine, de fibrinogène,
de fraction PPSB (Proconvertine-Prothrombine-facteur de Stuart—facteur
antihémophilie B), d’anti-thrombine III et de solutions de concentrés
d’immunoglobulines. Ce sont des dérivés obtenus à partir du plasma d’un pool
de donneurs. Ils peuvent être conservés longtemps. Compte tenu des difficultés
techniques de leur élaboration et leur coût de préparation, les dérivés sanguins
stables ne sont utilisés que de manière exceptionnelle chez le chien.
La séparation du sang total en ces différents dérivés permet une gestion plus raisonnée
de la transfusion. C’est pourquoi, dans le cadre d’une banque de sang, il apparait plus
intéressant de disposer de dérivés sanguins que de sang total uniquement. En effet, les
produits sanguins permettent un traitement plus ciblé et plus avantageux. Par exemple certains
dérivés, notamment le plasma, sont moins immunogènes que le sang total et de plus petits
volumes sont administrés. De plus, une poche de sang total prélevée permet la réparation de
différentes poches de dérivés sanguins. Par ailleurs, la durée de conservation des dérivés
sanguins est supérieure à celle du sang total, certains comme le plasma peuvent être congelés
et conservés plusieurs mois (40).
L’un des pré-requis à la création d’une banque de sang est le choix des produits
sanguins qui seront élaborés et stockés au sein de celle-ci. Après avoir précisé les choix
effectués à l’ENVA en matière de dérivés à élaborer, nous verrons les aspects techniques de la
procédure d’extraction du plasma. Nous envisagerons dans un troisième temps l’identification
des produits.

I. Choix des produits sanguins à élaborer

La centrifugation du sang est la technique principale permettant de séparer les


différents composants du sang (26). Elle permet la séparation différentielle des éléments en
fonction de leurs densités respectives présentées sur le tableau n°1 (26).

Tableau n°1 : Densités du sang et de ses différents composants

COMPOSANT DENSITE
Sang total 1,053
Plasma 1,023
Plaquettes 1,058
Erythrocytes 1,100

11
Ainsi, il apparait logiquement qu’après centrifugation d’un échantillon de sang total, le
fond de l’échantillon comprend le composant le plus dense, donc les érythrocytes, recouvert
par la couche leucoplaquettaire. Le surnageant constitue le plasma.
D’autres méthodes de séparation sont utilisées en médecine humaine comme par
exemple l’aphérèse (cf. Partie 1, II. B.) ou les techniques de chromatographie pour les dérivés
sanguins stables. Celles ci ne sont pas envisageables, pour l’instant, en médecine vétérinaire
pour des raisons de coût et de technicité (32,34).

A. Dérivés classiquement élaborés


En choisissant soigneusement les conditions de centrifugation, de nombreux dérivés
peuvent être obtenus. La figure n°1 présente les étapes de séparation du sang total en dérivés
sanguins labiles.

Figure n°1 : Etapes de séparation du sang en dérivés sanguins labiles par centrifugation

Plasma
enrichi en
plaquettes

Cryosurnageant

12
1. Concentré érytrocytaire et plasma

a. Concentré érythrocytaire

Le concentré érythrocytaire correspond à une solution concentrée en globules rouges,


mais pauvre en électrolytes et en facteurs de la coagulation. On l’obtient par la centrifugation
à froid (entre 1 et 6°C) du sang total à 5000g pendant 5 minutes (19,26,40). Le concentré
érythrocytaire correspond à la couche sédimentaire obtenue après centrifugation. Il est séparé
du plasma, le surnageant, par une couche leuco-plaquettaire appelée « buffy coat » (26,32,40).
Le plasma et le concentré érythrocytaire peuvent ensuite être séparés en deux poches
distinctes (le « buffy-coat » est généralement conservé avec le concentré érythrocytaire). Le
concentré érythrocytaire est rouge sombre de manière relativement homogène. Le concentré
érythrocytaire est ensuite stocké réfrigéré (1-6°C) (40).

b. Plasma

Le plasma est une solution comprenant tous les facteurs de la coagulation ainsi que les
différentes protéines sanguines circulantes (25). Il correspond à la fraction surnageante issue
de la centrifugation à froid (entre 1 et 6°C) du sang total à 5000g pendant 5 minutes
(26,32,40). La procédure de séparation puis de mise à température de stockage doit être
effectuée dans les 6 heures suivant le prélèvement pour que le plasma obtenu ait la
qualification de plasma frais. Si le procédé de centrifugation est effectué dans un délai
supérieur à 6h après le prélèvement, le plasma est déplété en facteurs de coagulation labiles
(facteurs V et VIII) et perd donc sa qualification de plasma frais pour devenir plasma
(19,26,32,40,43). Celui-ci ne doit pas présenter de coloration rosée, signe d’hémolyse, et être
de couleur jaune, relativement transparente (19,32,40). Le plasma et le plasma frais sont
stockés congelés à -18°C (32,40) (-30°C selon (26)).

La séparation du plasma et du concentré érythrocytaire est une technique simple


permettant de couvrir la majeure partie des indications de transfusion en médecine vétérinaire
et ces deux dérivés sont de stockage aisé.

c. Plasma enrichi en plaquettes

Le plasma enrichi en plaquettes, est un plasma au sein duquel les plaquettes ont été
préservées grâce à un protocole de centrifugation doux. Il est obtenu à partir de sang total frais
(prélevé depuis moins de 6 heures), maintenu à température ambiante (20-24°C (26,40) ; 22-
25°C selon (19)) et centrifugé à 2000g pendant 2 minutes et 30 secondes (19,40). Celui-ci se
conserve à température ambiante uniquement quelques jours (5 jours (2,26)) et avec un
système d’agitation continue. Le concentré érythrocytaire restant doit être réfrigéré
immédiatement (au maximum dans les six heures suivant le prélèvement, (40)) pour être
stocké.

2. Cryoprécipité et cryosurnageant
Le cryoprécipité correspond à une fraction particulièrement riche en facteur de Von
Willebrand, fibrinogène, fibronectine et en facteurs VIII et XIII (26). Le cryosurnageant

13
correspond au plasma déplété en cryoprécipité dans lequel subsistent les autres facteurs de la
coagulation dont les facteurs vitamine K dépendants (II, VII, IX et X) ainsi que l’albumine et
les globulines (26). La centrifugation à froid (entre 1 et °6°C) du plasma frais, à 5000g
pendant 5 minutes, permet de séparer le cryoprécipité et le cryosurnageant (19,26,32,40). Le
cryoprécipité et le cryosurnageant se conservent comme le plasma, c'est-à-dire congelés à une
température inférieure à -18°C (40) (-30°C selon (26)).

L’obtention et le stockage de ces dérivés sont simples et peu coûteux. Les indications
pour l’utilisation de cryoprécipité ou de cryosurnageant sont plus rares en médecine
vétérinaire que celle du plasma (11,12,16,22,31,43).

3. Concentré plaquettaire
Le concentré plaquettaire est une solution concentrée de plaquettes avec très peu de
plasma. Il est obtenu à partir de plasma enrichi en plaquettes centrifugé à 5000g pendant 5
minutes, entre 22 et 25°C (1,40), pour en extraire du plasma frais ou du plasma (selon le
délai) et un concentré plaquettaire qu’il convient de laisser au calme pendant une heure avant
stockage (1,40). Pour préserver, extraire et stocker les plaquettes, il est conseillé d’utiliser des
poches en plastique spécifique permettant d’optimiser les échanges gazeux et notamment la
diffusion de l’oxygène (40). De plus il faut conserver le concentré plaquettaire à température
ambiante et en agitation continue afin de favoriser ces échanges (2,19,26,32), ce qui demande
du matériel spécifique. Il est recommandé d’utiliser un concentré plaquettaire ayant été stocké
moins de 5 jours (2,26). Toutefois, selon une étude, le concentré plaquettaire peut être utilisé
après 7 jours de conservation à température ambiante et en agitation continue car les
plaquettes sont encore viables et le milieu non contaminé par des germes (2). Cependant, dans
ce cas, son efficacité sera moindre à cause de l’altération des fonctions biologiques des
plaquettes.

B. Choix réalisés pour la banque de sang de l’ENVA


Dans un premier temps nous nous limiterons à l’extraction de plasma frais, que l’on
stockera à -18°C et de concentré érythrocytaire que l’on stockera à 4°C à la banque de sang.
Ces deux dérivés semblent correspondre aux besoins immédiats de l’ENVA et à ses
possibilités matérielles et financières.

Les dérivés plasmatiques et plaquettaires ne sont pas, pour l’instant, extraits à


l’ENVA. La conservation du plasma enrichi en plaquettes et du concentré plaquettaire
nécessite un matériel coûteux (poches, système d’agitation continue) et présente une faible
durée de stockage, ce qui ne lui garantit pas une utilisation certaine. Le cryoprécipité et le
cryosurnageant présentent pour leur part des indications restreintes (par exemple : maladie de
Von Willebrand et hémophilies pour le cryoprécipité), pouvant être couvertes par le plasma
frais.

14
II. Méthodes de transformation

Après avoir déterminé les dérivés que nous allons élaborer, il convient de choisir le
matériel adapté.

A. Choix des poches


1. Matériaux disponibles
Les systèmes collecteurs peuvent être en verre ou en plastique, le plastique étant très
largement utilisé car bien plus intéressant et ceci pour plusieurs raisons : il est moins fragile
que le verre, moins traumatisant pour les cellules au moment de la collecte et permet plus
d’échanges gazeux avec l’air extérieur. Le tableau n°2 récapitule les avantages et
inconvénients de ces deux matériaux. Le plastique le plus utilisé est le PVC (PolyChlorure de
Vinyle) parfois couplé au DEHP (di-ethylhexyl-phtalate) (40). Celui-ci diffuse du plastique
vers le contenu de la poche et stabilise les membranes ce qui améliore la conservation des
globules rouges. Des poches de dernière génération sont disponibles, fabriquées en polyole-
fin (40) qui permet une meilleure diffusion gazeuse à travers les parois. Ces poches sont
coûteuses mais intéressantes pour le stockage des plaquettes. Les poches utilisées à l’ENVA
sont en PVC couplé au DEHP.

Tableau n°2 : Comparaison du verre et du plastique en tant que matériaux


de systèmes collecteurs

VERRE PLASTIQUE
Fragile, casse Peu fragile
Encombrant Peu encombrant
Séparation difficile des composés Séparation aisée des composés
Induction plaquettaire et facteur XII et
Non inducteur
VIII
Etanche Permet les échanges gazeux
Traumatisme mécanique des globules
Collection peu traumatisante
rouges lors de la collecte

2. Systèmes de collecte disponibles


Il existe deux types de systèmes pour collecter du sang au cours d’un prélèvement :
- les systèmes ouverts : seringues, flacons et poches pour lesquels le dispositif de
prélèvement n’est pas intégré au système de collecte,
- les systèmes fermés étanches auxquels les voies de prélèvements (aiguilles,
tubulures) sont intégrées par le fabricant (19,26,32,40).

15
Les systèmes ouverts étant non étanches, le sang est exposé au milieu environnemental
et donc, aux contaminations microbiologiques, durant le prélèvement, la préparation et/ou le
stockage de celui-ci. C’est pourquoi ils permettent une conservation du sang limitée dans le
temps : 4 à 6 heures à température ambiante ou 24 heures entre 1 et 6 degrés (25,31). Les
solutions anticoagulantes y sont ajoutées en général de manière extemporanée. Ces
possibilités de conservation très limitées dans le temps nous font exclure ces types de
systèmes dans le cadre de la création d’une banque de sang. Nous choisissons donc un
système de prélèvement fermé, sans aucune interruption d’étanchéité de l’aiguille à la poche
finale, qui permet d’effectuer un prélèvement en garantissant sa stérilité. Ainsi les temps de
stockage ne seront fonction que de la température et de l’anticoagulant utilisé (44,45,47,49).
Les éléments de choix concernant les anticoagulants seront détaillés en troisième partie.

Les systèmes fermés se présentent de différentes façons (19) et sont constitués d’une
voie de prélèvement munie d’une aiguille de 16G, reliée à une poche de collecte principale,
elle-même éventuellement connectée à d’autres poches. Ces systèmes sont présentés sur les
photos n°1 et 2 et les figures n°2 à 4.

Photo n°1 : Système collecteur avec


une seule poche

- Système avec une seule poche (photo


n°1) : Poche unique contenant un
anticoagulant adjuvé, reliée à la voie de
prélèvement. Ce système ne permet pas la
séparation du sang en ses différents dérivés
sans ouverture du système. Ces poches sont
utilisées pour la conservation ou la
transfusion immédiate de sang total.

Photo : Banque de sang ENVA

- Système avec une poche satellite (Figure Figure n°2 : Système collecteur avec
n°2) : Dans ce système; la poche principale une poche satellite
est reliée à une poche satellite. Ce système
permet par exemple de séparer les globules Poche
rouges du plasma. Après centrifugation, le principale
plasma est extrait depuis la poche principale de collecte
vers la poche satellite vide.
CPDA-1

Poche
satellite

16
Photo n°2 : Système collecteur avec
deux poches satellites

- Système avec deux poches satellites (photo


n°2 et figure n°3) : Dans ce système, la
poche principale est reliée à deux poches
satellites par deux tubulures distinctes. Selon
les modèles, les poches satellites peuvent
être destinées à recevoir différents types de
dérivés sanguins, et contiennent donc la
Photo : Banque de sang ENVA
solution adaptée. Le sang total est collecté
dans une poche principale de 350 ou 450 ml,
contenant un anticoagulant (CPD : Citrate- Figure n°3 : Système collecteur avec
Phosphate-Dextrose). Le plasma est extrait deux poches satellites
dans la poche satellite numéro 1 (sèche). La
poche satellite numéro 2 contient une CPD Solution
nutritive
solution additive destinée à être transférée
dans la poche principale contenant le
concentré érythrocytaire. La solution
additive permet d’optimiser la conservation
du concentré érythrocytaire. Sa composition
1
et son intérêt seront détaillés en troisième 2
partie.

Poche vide

Figure n°4 : Système collecteur avec


- Système avec trois poches satellites trois poches satellites
(Figure n°4) : Dans ce système, il existe une CPD Multiples possibilités de séparation
poche satellite supplémentaire par rapport au du sang en fonction du contenu des
système précédent. Cette poche numéro 3 poches satellites
peut, par exemple, être vide et permettre
l’extraction des plaquettes, du cryoprécipité
ou la séparation du plasma en deux
échantillons. 3
1
2

17
Pour la banque de sang de l’ENVA, il a été choisi de stocker du plasma, du
plasma frais congelé et du concentré érythrocytaire réfrigéré. En conséquence, le choix
des poches de collecte s’est porté sur un système à deux sacs satellites afin de pouvoir
séparer les globules rouges du plasma : il s’agit de la « poche triple CPD/SAGM 350 mL
avec bras pour échantillonnage, TERUMO™, France SA Guyancourt ». Le système de
poches choisi comporte également :
¾ un bras d’échantillonnage correspondant à un adaptateur pour tubes sous
vide (de type VACUTAINER™) afin de ne pas rompre la stérilité lors de
prélèvements d’échantillons sanguins. Cet adaptateur permet la
réalisation d’analyses sur le sang prélevé (hématocrite, groupage
sanguin) sans ouverture du système. Son utilisation sera présentée dans la
deuxième partie,
¾ une petite poche de prélèvement sous vide, destinée à recueillir les
premiers millilitres de sang, potentiellement contaminés par la ponction
cutanée. Cette dernière option n’était pas retenue dans le cahier des
charges initial lors du choix des poches, compte tenu d’un rapport
coût/bénéfice peu intéressant en médecine vétérinaire, mais elle est
systématiquement associé par le fabriquant avec les poches choisies.

3. Choix de l’anticoagulant et de la solution nutritive


Le choix de l’anticoagulant et éventuellement d’une solution nutritive conditionnent
ensuite le temps de stockage possible des produits. Ce choix et les différentes alternatives
possibles en la matière seront présentés dans la troisième partie consacrée au stockage des
dérivés sanguins. Dans le système de collecte à trois poches choisi pour la banque de sang de
l’ENVA, la poche principale de collecte contient un anticoagulant-adjuvé de type CPD
(Citrate-Phosphate-Dextrose), l’une des poches satellite est vide et l’autre contient une
solution additive nutritive (SAGM®) destinée à être mêlée au concentré érythrocytaire pour en
allonger le temps de stockage.

Nous allons à présent détailler le procédé de séparation du sang total en concentré


érythrocytaire et plasma. Nous considérons pour la suite de l’exposé que la poche principale
du système de collecte est remplie de sang total.

B. Centrifugation en pratique
Il est rappelé qu’une force de centrifugation exprimée en g doit être convertie en tours
par minutes selon la formule suivante:

ACR (g) = 11,18 * 10-6 * r * N


N : Vitesse en tour par minutes
r : rayon de la centrifugeuse
ACR : force de centrifugation en g (g = 9,80665 m/s-2)

18
1. Matériel
Nous disposons d’une centrifugeuse, de modèle « J-6B Centrifuge, BECKMAN
COULTER™, France, Villepinte » à température réglable entre -30 et +40 °C. Elle permet de
centrifuger en même temps un maximum de 6 poches dans des petits bacs amovibles. La
centrifugeuse est présentée sur les photos n°3 et 4.
Pour l’extraction de plasma frais destiné à être congelé et de concentré érythrocytaire,
conformément aux éléments de la bibliographie détaillés précédemment, nous allons
centrifuger entre 1 et 6°C. La mise à température de la centrifugeuse s’effectue avant la mise
en place de la poche de sang. Cette mise à température s’effectue environ en 15 minutes.
La vitesse de centrifugation en tours par minute est définie à partir des
recommandations de la bibliographie et de la formule précédemment rappelée. Le rayon de la
centrifugeuse utilisée ne permettant pas d’atteindre la vitesse requise, il a été empiriquement
choisi d’utiliser la vitesse maximale possible (3000 g) et de centrifuger durant 15 minutes. La
séparation obtenue semble tout à fait correcte : les globules rouges sont nettement séparés du
plasma par une fine couche leuco-plaquettaire d’un millimètre environ.

Photo n°4 : J-6B Centrifuge, BECKMAN


COULTER™

Photo n°3 : Indicateur de vitesse


de centrifugation

Réglage de la température

Photo : Banque de sang ENVA

Réglage de la vitesse en Tr/min

Photo : Banque de sang ENVA

19
2. Procédure

Avant de placer la poche dans la centrifugeuse, il est nécessaire d’obturer de manière


hermétique la tubulure de collecte avant de la couper. Ce procédé est présenté en figure n°5.
On utilise à cet effet à de petites bagues métalliques (Teruflex Multifonction Hand Stripper®,
TERUMO™, France SA, Guyancourt) écrasées à l’aide d’une pince autour de la tubulure.
Cette technique est utilisée pour la tubulure de collecte mais aussi pour les tubulures reliant
les différentes poches à la fin du procédé de séparation.

Figure n°5 : Procédé d’occlusion des tubulures avant section

Matériel pour occlure les tubulures

Pince

Bagues
métalliques

1. Aplatissement de
la tubulure

2. Mise en place de
la bague

3. Aplatissement de
la bague

4. Section de la
tubulure

Utilisation de la pince : la bague métallique est


écrasée autour de la tubulure repliée

Illustrations : TERUMO™

20
Une fois cette première étape effectuée, la poche est placée dans l’un des bacs de la
centrifugeuse, verticalement afin de permettre la migration des différents constituants
sanguins dans le sens de la hauteur de la poche. Les abouchements des tubulures doivent être
dirigés vers le haut afin que le futur plasma soit du bon côté pour être extrait. En effet, c’est le
plasma qui est de densité la plus faible comme présenté dans le tableau n°1.

Photo n°5 : Bac de centrifugation

Photo : Banque de sang ENVA


Bac de centrifugation
Il faut à ce moment s’assurer que
la poche est bien maintenue
verticalement, sans possibilité de se plier
sur elle-même ou de s’aplatir par la force
centrifuge, ce qui gênerait la migration.
La poche doit donc être calée à l’aide de
carton, de polystyrène ou de poches de
NaCl de 100 ou 250 ml au sein du bac de
la centrifugeuse, comme présenté sur la
photo n°5.
Plaque de polystyrène : pour
caler la poche dans le bac

Photo n°6 : Pesée du bac de centrifugation

Une fois la poche placée dans le


bac et calée, l’ensemble est pesé. Le bac
diamétralement opposé à la poche dans la
centrifugeuse est alourdi à l’aide de
poches de NaCl calibrées, pour atteindre
le même poids que le premier bac
(l’ajustement au gramme près se fait en
ajoutant ou en retirant du NaCl dans une L’ensemble bac-poche est
poche). Ceci est présenté sur la photo pesé
n°6.

Photo : Banque de sang ENVA

21
Photo n°7 : Poches en place dans la centrifugeuse

Une fois la centrifugeuse


équilibrée, la température contrôlée, la
centrifugeuse peut être fermée et mise en
marche pour 15 minutes. La photo n°7
présente les poches en place dans la
centrifugeuse.

Photo : Banque de sang ENVA

Photo n°8 : Aspect d’une poche centrifugée

Plasma

A l’arrêt de la centrifugeuse,
celle-ci peut être ouverte et la poche
retirée du bac en prenant garde de la
maintenir à la verticale afin d’éviter tout
mélange indésirable. Pour la même raison
la poche doit être manipulée avec
précaution et sans mouvement brusque.
On contrôle à ce moment l’aspect visuel
du contenu de la poche : absence
d’hémolyse, séparation nette des globules
rouges et du plasma par le « buffy coat ».
La photo n°8 présente l’aspect normal
d’une poche après centrifugation.

Interface plasma-globules
rouges : le « buffy coat »
Photo : Banque de sang ENVA

Globules rouges

22
3. Alternative à la centrifugation
La centrifugation permet la séparation différentielle des composants sanguins en
fonction de leur poids. En médecine humaine, les composants du sang peuvent être séparés
par aphérèse. L’aphérèse consiste en l’extraction extemporanée de plasma ou de plaquettes
dans le sang du donneur auxquels on réinjecte immédiatement les composants non retenus.
Ceci demande un matériel très coûteux et la procédure dure entre 45 et 90 minutes (4,6,34), ce
qui en limite l’usage en médecine vétérinaire. Malgré cela, l’extraction de plaquettes par
aphérèse a été décrite sur 14 chiens, nécessite une surveillance particulière, mais présente peu
de risques pour le donneur (8).

A l’issue de ces étapes nous obtenons donc dans la poche principale (contenant du
CPD) d’un système de collecte à 3 poches, deux phases séparées par le « buffy-coat » : le
plasma frais (ou plasma si le procédé a été réalisé plus de 6 heures après le prélèvement)
et le concentré érythrocytaire. L’étape suivante que nous allons détailler correspond à la
séparation du plasma et du concentré érythrocytaire.

C. Extraction du plasma
.
1. Matériel
Une presse à plasma est utilisée pour extraire le plasma de la poche principale (19).
Cette presse est présentée dans la photo n°9. Par un mouvement de pression sur la poche, le
plasma est expulsé via une tubulure vers la poche satellite vide destinée à le recevoir. Cette
pression est effectuée par une plaque en plexiglas mobile, mise sous tension par un ressort,
vers une plaque fixe verticale. La plaque mobile est actionnée manuellement par un levier.

Photo n°9 : La presse à plasma


Griffe d’attache
de la poche

Levier

Partie Fixe

Partie mobile

Photo : Banque de sang ENVA

Mouvement de la partie mobile vers la


Système permettant le blocage de la partie fixe lorsque le levier est actionné
presse en position ouverte : maintien
du levier
23
2. Procédé
L’intégralité du procédé de séparation du plasma et des globules rouges jusqu’à
l’obtention d’une poche de plasma frais et d’une poche de concentré érythrocytaire est
présenté sur les photos n°10 à 14. D’après les données bibliographiques, le procédé de
centrifugation puis d’extraction du plasma prend 30 à 45 minutes (39), ceci a été confirmé au
cours de notre expérience.

a. Mise en place de la poche

La poche est mise en place dans la presse et maintenue grâce aux deux pointes
métalliques s’insérant dans deux trous au sommet de la poche. Cette manœuvre est présentée
sur la photo n°10.

Photo n°10 : Poche centrifugée en place dans la presse à plasma

Photo : Banque de sang ENVA

b. Ouverture de la tubulure

La tubulure reliant la poche principale à la poche satellite vide destinée à recevoir le


plasma contient un dispositif de valve obturatrice, évitant les fuites de produit lors du
prélèvement et de la centrifugation. Ce dispositif doit être cassé avant l’extraction du plasma
afin de permettre le passage de celui-ci dans la tubulure au travers de la valve. Cette étape
s’effectue manuellement par des mouvements de pliage successifs de la zone obturée.

24
c. Extraction du plasma

Une fois la tubulure ouverte, la poche principale est maintenue verticalement entre la
partie fixe et la partie mobile de la presse, le plasma vers le haut. Une personne actionne alors
la presse via son levier pendant qu’une deuxième personne soutient la poche satellite et
contrôle son bon remplissage. Les photos n°11 et 12 illustrent cette étape. Aucune fraction du
concentré érythrocytaire ne doit expulsée avec le plasma, l’extraction du plasma est donc
stoppée avant d’en arriver au niveau du « buffy coat » (couche de globules blancs et de
plaquettes). Ainsi, environ 15 à 20 ml de plasma reste en général dans la poche de concentré
érythrocytaire. Avant de relâcher la pression sur la poche principale à la fin de l’extraction du
plasma la tubulure reliant les deux poches est occluse de manière temporaire avec un clamp
hémostatique ou un clamp à tubulure en plastique. La poche principale est ensuite retirée de la
presse.

Photo n°11 : Procédé d’extraction du plasma

Le plasma est extrait de la poche


principale vers la poche satellite vide

Levier actionné
Photo : Banque de sang ENVA

25
Photo n°12 : Fin de l’extraction du plasma

« buffy coat »

Arrêt de l’extraction
avant d’atteindre le
« buffy-coat »

Photo : Banque de sang ENVA

d. Isolation de la poche de plasma

La tubulure est occluse à l’aide de bagues métalliques pressées à quelques centimètres


de la poche de plasma. Plusieurs bagues sont posées (au moins trois selon les
recommandations du fabricant) à quelques centimètres de distance l’une de l’autre avant de
couper la tubulure pour isoler la poche. Le même procédé de fermeture de tubulure est réalisé
à quelques centimètres de la poche principale qui contient à présent le concentré
érythrocytaire. Cette technique est présentée sur la figure n°5 et sur les photos n°13 et 14.
On aurait pu également réaliser des nœuds au sein de la tubulure pour l’obturer,
toutefois, les bagues métalliques permettent une meilleure occlusion, c’est pour cette raison
que cette technique a été retenue. Il est néanmoins indispensable de s’assurer que les bagues
présentent une forme symétrique autour de la tubulure après avoir été pressées de manière à
ce que la fermeture soit complète. Pour ce faire, les bagues doivent être pressées avec
l’extrémité de la pince comme présenté sur la figure n°5.

26
Photo n°13 : Utilisation de la pince et d’une bague Photo n°14 : Poche de plasma
pour occlure la tubulure et bague métallique en place

Photo : Banque de sang ENVA

Photo : Banque de sang ENVA

Après avoir placé


plusieurs bagues sur la
tubulure, celle-ci est
coupée

e. Ajout de la solution additive au concentré érythrocytaire et isolation de


la poche de concentré érythrocytaire

La poche principale contenant à présent le concentré érythrocytaire, le « buffy-coat »,


et un peu de plasma résiduel, est reliée par une tubulure obturée à la deuxième poche satellite
contenant la solution additive nutritive. Cette tubulure est ouverte de la même manière que
précédemment. La solution additive est ensuite transférée par gravité et à l’aide d’une
pression manuelle sur la poche vers la poche principale et celle-ci est agitée doucement afin
de répartir uniformément la solution additive au sein du concentré érythrocytaire, plusieurs
mouvements d’aller et retour entre la poche de solution nutritive et la poche principale sont
effectués afin de bien homogénéiser le mélange.
Une fois le transfert effectué, la tubulure est scellée comme précédemment avec des
petites bagues métalliques puis coupée afin d’isoler la poche de concentré érythrocytaire.
Plusieurs bagues sont disposées à quelques centimètres de distance les unes des autres, afin de
ménager des aliquots de concentrés érythrocytaires qui seront utilisés en vue de la
détermination de l’hématocrite de la poche de concentré érythrocytaire.

27
A la fin du procédé nous avons donc une poche de plasma frais et une poche de
concentré érythrocytaire sur solution anticoagulante, additive, nutritive, présentées en
photos n°15 et 16. Avant de stocker les produits obtenus, l’étape suivante est
l’identification de ces produits, assurant leur traçabilité et informant les futurs
utilisateurs des caractéristiques immunologiques et biochimiques importantes.

Photo n°15 : Poche de concentré Photo n°16 : Poche de plasma


érythrocytaire

Photo : Banque de sang ENVA Photo : Banque de sang ENVA

28
III. Méthodes d’identification des poches

La traçabilité des produits de la banque de sang comprend deux aspects :


l’identification des poches par des étiquettes contenant les informations intéressantes pour le
futur utilisateur, un registre de suivi des donneurs où sont conservées toutes les informations
sur le donneur (fiche d’examen clinique, analyses biochimiques, conditions du don….) ainsi
qu’un registre d’entrée et de sortie de produits. Nous allons à présent détailler ces différents
aspects de traçabilité.

A. Informations collées sur les poches


D’une manière générale sur tous les produits de la banque de sang sont indiqués :
- le nom du donneur et de son propriétaire,
- la date de prélèvement et la date de péremption (35 jours post prélèvement
pour le concentré érythrocytaire, 1 an post prélèvement pour le plasma frais
congelé) (40),
- la référence de la poche dans le système de suivi des produits : sysème codifié
de la façon suivante : type de poduit (PF pour Plasma Frais, CE pour
Concentré Eryhtrocytaire), nom de l’animal, date de prélèvement (jj/mm/aa).
Par exemple : PF/viky/05/06/08,
- des conseils d’utilisation ([Link]).

1. Informations pour les poches de concentré érythrocytaire


Sur chaque poche de concentré érythrocytaire sont indiquées les caractéristiques
immunologiques et biologiques suivantes:
- le typage du donneur pour les groupes DEA 1-1, 3, 4, 5 et 7 (23),
- l’hématocrite du concentré érythrocytaire souvent de 50 à 80% (40) (variable
selon la quantité de sang prélevée et la dilution due à la solution nutritive),
réalisé après l’extraction grâce aux aliquots.
De plus, des recommandations sur la conservation et l’administration sont indiquées.

Les étiquettes sont présentées en annexe 1 et sur la photo n°17.

2. Informations pour le plasma frais


Sur chaque poche de plasma frais sont indiquées les caractéristiques biologiques
suivantes :
- le taux d’albumine,
- le taux de protéines totales.
Ces deux valeurs sont obtenues par analyse de prélèvements réalisés grâce à des tubes sous
vides (Vacutanair®) lors du don ou lors de la visite pré-don. Comme pour le concentré
érythrocytaire, les recommandations principales sur la conservation et l’administration sont
indiquées.

29
Les étiquettes sont présentées en annexe 1 et sur la planche de photos n°18.

Photo n°17 : Identification des poches de concentré érythrocytaire

Trois étiquettes pour le concentré érythrocytaire

Modalités de conservation et d’utilisation


Caractéristiques du produit
CONCENTRE ERYTHROCYTAIRE
Conservation entre 1 et 6°C, 35 jours CONCENTRE ERYTHROCYTAIRE
AVEC SAGEM
Ne pas re-réfrigérer Conservation entre 1 et 6°C
Porter à 37°C et homogénéiser avant Date de prélèvement :
administration, ne pas dépasser 40°C Date de péremption :
Utiliser un transfuseur Ht concentré :
Ne pas administrer de soluté calcique par la même voie
veineuse

Photo : Banque de sang ENVA

Identité du donneur et groupage sanguin

DONNEUR
« Nom du chien» (Propriétaire)

Groupes : DEA1.1 (), DEA3(),


DEA4(), DEA5(), DEA7()

Poche : Date :

30
Photo n°18 : Identification des poches de plasma

Trois étiquettes pour le plasma

Modalités de conservation et d’utilisation

PLASMA FRAIS CONGELE


(contient facteur de la coagulation, complément, système
fibrinolytique, albumine et globuline)
Conservation -20°C, 1 an
Ne pas recongeler après
décongélation Caractéristiques du produit
Porter à 37°C et homogénéiser avant
administration, ne pas dépasser 40°C
Utiliser un transfuseur PLASMA FRAIS CONGELE
Conservation -20°C
Date de prélèvement :
Date de péremption :
Pt Plasmatique :
Alb plasmatique :
Ne pas administrer de soluté calcique par la même
voie veineuse

Photo : Banque de sang ENVA

Identité du donneur et groupage sanguin

DONNEUR
« Nom du chien» (Propriétaire)

B. Registre
Groupes :et suivi des
DEA1.1 produits
(), DEA3(),
DEA4(), DEA5(), DEA7()

Poche : Date :

31
Différents types d’informations sont archivées et prises en compte pour la traçabilité
des produits :
- les données relatives à l’état de santé de donneur,
- les données relatives au déroulement du don,
- le suivi des entrées et sorties de produits dans la banque de sang,
- les retours d’informations concernant l’utilisation des produits.

1. Informations relatives aux donneurs et au don


Toutes les fiches relatives aux données cliniques et biochimiques des donneurs sont
archivées dans un registre, à savoir :
- identité,
- sexe, poids, âge,
- statut vaccinal,
- traitements antiparasitaires récents,
- régions visitées (notamment zones endémiques pour la leishmaniose),
- commémoratifs importants (maladie récente ou chronique, traitement en
cours),
- groupage sanguin,
- examen clinique,
- résultats d’analyses : biochimie sanguine et numération formule sanguine,
bandelette urinaire et densité urinaire.

Sur cette fiche sont ensuite indiquées toutes les données relatives au don lui-même :
- date,
- préleveur(s),
- protocole de sédation,
- site de prélèvement et protocole d’asepsie,
- temps de prélèvement,
- volume prélevé,
- difficultés éventuelles,
- aspect de la poche,
- devenir de la poche (plasma, concentré érythrocytaire, sang total…),
- hématocrite, taux de protéines totales et d’albumine.

2. Suivi des entrées et sorties


La liste des produits stockés disponibles est placée sur le réfrigérateur de la banque de
sang (poches de concentré érythrocytaire) et sur le congélateur (poches de plasma frais
congelé). A chaque entrée d’un produit, celui-ci est référencé sur la liste, avec :
- l’identification de l’animal prélevé (nom, nom du propriétaire, groupe),
- la date d’entrée,
- la personne ayant entré le produit,
- la date limite d’utilisation,
- la référence interne de la poche.

32
A la sortie du produit :
- la date de sortie,
- l’identification de la poche (référence interne, nom de l’animal, nom du propriétaire),
- le motif de sortie (utilisation ou péremption),
- l’animal destinataire (numéro de dossier à minima),
- le nom de la personne ayant retiré le produit est indiqué.

Les fiches de suivi des entrées et sorties sont présentées en annexe 2.

3. Suivi de l’utilisation des produits et retour d’information


Toujours dans un souci de traçabilité des produits de la banque de sang et de suivi de
qualité, chaque utilisateur reçoit un document de suivi transfusionnel à compléter. On
souhaite ainsi diagnostiquer précocement et enregistrer les éventuelles réactions suite à
l’utilisation des produits sanguins fournis, mais aussi évaluer les résultats positifs des
transfusions réalisées (5). Cette fiche est présentée en annexe 3.

33
Bilan première partie
Nous avons vu dans cette première partie les aspects techniques liés à la banque
de sang : les critères de choix du matériel de prélèvement et les méthodes d’élaboration
d’une poche de concentré érythrocytaire et d’une poche de plasma frais à partir d’un
prélèvement de sang total dans un système fermé à trois poches. Voici ces éléments
résumés :

1. Choix des poches de collecte


- 1: Déterminer les produits à élaborer en fonction des besoins et de la
technicité : le plasma frais et le concentré érythrocytaire ont étés choisis.
- 2 : Choisir un système de collecte pour la réalisation de ces produits : un
système à 3 poches, avec un anticoagulant de type CPD et une solution
nutritive de type SAGM® a été retenu.
2. Centrifugation :
- Mettre à température la centrifugeuse (entre 1 et 6°C).
- Placer et caler le système de collecte dans la centrifugeuse.
- Equilibrer la centrifugeuse.
- Centrifuger à 5000g pendant 5 minutes.
3. Séparation plasma-concentré érythrocytaire : Afin d’isoler le plasma dans une
poche et le concentré érythrocytaire dans une autre il est souhaitable de procéder
ainsi :
- Ouvrir la tubulure entre la poche principale et la poche satellite vide.
- Mettre en place la poche principale dans la presse à plasma.
- Actionner la presse à plasma pour comprimer la poche.
- Le plasma migre dans la poche satellite vide.
- Arrêter le transfert en obturant la tubulure à l’aide de bagues métalliques
puis la couper.
- Transférer la solution nutritive additive contenue dans la deuxième poche
satellite vers la poche principale.
- Isoler la poche de concentré érythrocytaire en obturant la tubulure à
l’aide de bagues métalliques puis la couper.
4. Identification des poches pour assurer la traçabilité des produits de la banque de
sang de l’ENVA :
- Identifier les poches par des étiquettes autocollantes résumant les données
importantes.
- Conserver les données complètes relatives au don par le biais de
l’archivage des fiches de suivi.
- Suivre le stock, les entrées et sorties par le biais d’un listing.

Nous sommes donc capables matériellement et techniquement d’élaborer, à


partir d’un prélèvement de sang total, une poche de concentré érythrocytaire et une
poche de plasma ou de plasma frais. Dans l’élaboration d’une banque de sang la
problématique suivante est son approvisionnement.

34
DEUXIEME PARTIE:
APPROVISIONNEMENT DE LA BANQUE DE SANG

35
36
Après avoir défini les produits qui seront délivrés par la banque de sang et leurs
procédés de fabrication, la question se pose de l’approvisionnement en sang de la banque.
L’objectif de la banque de sang est de pouvoir fournir à tout moment aux patients des produits
sanguins de qualité. Ainsi il nous faut recruter un pool de chiens donneurs disponibles, en
bonne santé et en nombre suffisant pour répondre aux besoins de la banque de sang. C’est ce
que nous allons détailler avant de présenter la préparation de l’animal et le prélèvement de
sang. Nous insisterons sur les aspects pratiques et techniques. Les éléments mentionnés dans
la bibliographie seront mis en parallèle avec les choix effectués dans le cadre de la
constitution de la banque de sang de l’ENVA.

I. Recrutement des donneurs

Le nombre de chien à recruter a été fixé de manière empirique à 25 pour la


constitution d’une banque de sang répondant aux besoins de l’ENVA et permettant un rythme
de prélèvement acceptable pour les donneurs et préleveurs (26,40). Le nombre de donneurs
sera modulé en fonction de la réalité de l’utilisation des dérivés sanguins à l’avenir.

A. Disponibilité du donneur
La constance de l’approvisionnement d’une banque de sang dépend directement de la
disponibilité des donneurs, elle-même corrélée à la disponibilité et à la motivation des
propriétaires de chiens donneurs (18,22,41). Au sein de l’ENVA plusieurs populations de
chiens et de propriétaires sont présentes, au sein desquelles le recrutement de donneurs
pourrait être effectué :
- les chiens des clients,
- les chiens du personnel enseignant et non-enseignant,
- les chiens des étudiants,
- les chiens des unités de recherche : de l’UETM (Unité d’Etudes Thérapeutiques des
Myopathies) et du laboratoire de recherche en biologie de la reproduction.
Les chiens de clients venant en consultation vaccinale pourraient éventuellement être
recrutés. Ceci nécessite toutefois une communication adaptée avec les propriétaires pour les
sensibiliser et une motivation de leur part. Dans un premier temps nous écarterons donc cette
population, afin de limiter le temps passé à la communication, aux explications et à la
motivation des propriétaires. Certains auteurs envisagent l’élevage d’animaux pour les
besoins du don (18). Cette méthode permet un suivi sanitaire strict des animaux et une
disponibilité permanente de ceux-ci. Ce genre de système se doit de répondre à un certain
nombre de normes, notamment concernant le bien être animal et la qualification du personnel
y travaillant. Aussi le coût (personnel, entretien, aliments, soins des animaux…), et le temps
nécessaire à l’élaboration d’une telle entreprise, s’inscrivant dans un cadre législatif strict,
nous fait renoncer à cette option. Le recrutement s’est donc effectué au sein des chiens des
étudiants, du personnel enseignant et non-enseignant et des chiens labradors de l’UETM. Ces
propriétaires représentent en effet un public averti, avec lequel la communication est facilitée.
Les chiens du laboratoire de reproduction ont été écartés car pesant moins de 20 kilos (la
raison de ce critère de poids sera détaillée plus loin). Le recrutement, basé sur du volontariat,
fut effectué par un appel au don, par voie d’affichage au sein de l’ENVA et par courriers

37
électroniques adressés à l’ensemble des étudiants. Pour accroitre la motivation des
propriétaires, une « rétribution » sous forme d’aliments pour le chien donneur est prévue et
offerte par la société « Royal Canin ». Pour chaque don, le chien reçoit un sac d’aliment de 15
kilos correspondant à ses besoins, une journée d’alimentation de convalescence sous forme de
patés, ainsi qu’une boite de barres à mâcher. « Royal Canin » finance également l’achat des
poches de prélèvement et des tests de groupage rapide pour le groupe DEA 1.1 (Dog
Eryhtrocyte Antigen 1.1) (Quick Test® Chien, ALVEDIA™, Villeurbanne, France); les
éléments relatifs aux groupes sanguins du chien seront détaillés plus loin. Les analyses de
groupage sanguin pour le DEA-3, DEA-4, DEA-5 et DEA 7, sont quant à elles réalisées à titre
gracieux par le laboratoire ALVEDIA™.

Une fois la population au sein de laquelle le recrutement s’effectuera ciblée, il


convient de se limiter à des animaux « compatibles » avec la procédure, c’est ce que nous
allons détailler.

B. Poids, âge et morphologie recherchés pour un chien donneur


1. Poids et âge
Le prélèvement sanguin doit avant tout être sans conséquence délétère pour le
donneur. Deux questions se posent donc:
- Quelle quantité de sang peut-on prélever ?
- A quelle fréquence ?
Certains auteurs ont établi la limite maximale de prélèvement sans conséquence
délétère à 22ml/kg, ce qui correspond par exemple pour un chien de 20 kilos à 420 ml et pour
un chien de 30 kilos à 660 ml (40). Probablement du fait de la taille des poches existantes,
d’autres auteurs établissent ainsi les limites : un chien de 27 kg en bonne santé et
correctement nourri peut donner 450 ml de sang, un chien de 16 à 27 kg peut donner 225 ml
de sang sans supplémentation alimentaire particulière (26). Par mesure de précaution il est
conseillé pour les chiens donneurs réguliers, un suivi hématologique et nutritionnel attentif
(40).
Ensuite il faut définir le rythme de prélèvement adéquat. D’après les éléments
bibliographiques, un chien donneur peut être prélevé au maximum toutes les 3 semaines (26)
à tous les 28 jours sans conséquence pour lui (40). Avec une supplémentation alimentaire, on
peut prélever un chien tous les 10 à 21 jours (40).

Il a été choisi à l’ENVA de recruter des chiens de plus de 20 kilos, auxquels on


prélèvera 350 ml de sang à chaque don. 350 ml correspondant à la contenance des poches
choisies. Le don sera répété au maximum tous les 2 mois, le propriétaire s’engageant à rendre
son chien disponible durant 1 an. Le rythme de prélèvement sera adapté au besoin
d’approvisionnement de la banque de sang, toujours dans la limite de 350 ml de sang prélevé
tous les 2 mois. Afin d’éviter de spolier un animal en croissance ou un animal âgé, une
fourchette d’âge a été définie pour le recrutement des donneurs à savoir des animaux âgés de
1 à 8 ans.
La liste complète des donneurs, précisant notamment leur poids, leur race et âge est
présentée en annexe 4.

38
2. Morphologie et état d’embonpoint
Le prélèvement sanguin est réalisé dans la veine jugulaire. En effet celle-ci est
accessible, de fort diamètre (permettant donc un débit important et une vitesse de prélèvement
optimale). Par ailleurs la ponction de la veine jugulaire est habituelle à l’ENVA pour les
prises de sang, ainsi les préleveurs sont habitués et expérimentés pour ce type de ponction.
La morphologie des différents types raciaux de chiens conditionne le degré
d’accessibilité de la veine jugulaire. Ainsi les races longilignes ont des veines jugulaires plus
accessibles que les races de type bréviligne plus trapues, la ponction en est donc facilitée (40).
La facilité de prélèvement est également conditionnée par l’état d’embonpoint de
l’animal. Un animal obèse sera plus difficile à prélever, du fait de l’accumulation de graisse
au niveau de l’encolure et autour de la veine jugulaire. Toutefois, il convient de ne pas
prélever un chien trop maigre, afin d’éviter toute spoliation due au don. L’idéal est donc un
chien présentant une masse corporelle normale (32,40).

Notre recrutement s’oriente donc vers des chiens:


- d’étudiants, du personnel de l’ENVA ou de l’UETM, disponibles pour un
an,
- de plus de 20 kilos, âgés de 1 à 8 ans,
- de masse corporelle normale,
- si possible de morphologie plutôt longiligne.
Ce dernier critère s’avère en pratique trop restrictif et il a donc été décidé de ne pas s’y
arrêter. On constate toutefois que les chiens recrutés sont tous de type médioligne. Cette
morphologie offrant une accessibilité correcte de la veine jugulaire Au-delà de ces
considérations de disponibilités et de morphologie, il est capital de recruter des chiens
dociles, pour les raisons que nous allons détailler.

C. Caractéristiques comportementales des chiens recrutés


1. Caractère recherché
Il est essentiel d’un point de vue éthique de ne pas infliger au chien donneur un stress
comportemental trop important au moment du don, ainsi qu’une douleur au cours de la
ponction (notamment si le donneur s’agite). De plus celui-ci étant volontaire, un propriétaire
dont le chien aurait été traumatisé par un prélèvement de sang retirera certainement son chien
du pool de donneurs. Aussi, afin que le prélèvement se passe bien, tant pour le chien que pour
le préleveur, il est indispensable de recruter des chiens :
- assez calmes,
- non agressifs ou peureux,
- capables de rester contenus et immobiles durant 8 à 15 minutes environ.

Les chiens réformés de l’ANECAH (Association Nationale d’Education de Chiens


d’Assistance au Handicapés), que possèdent de nombreux étudiants, constituent de bons
candidats. Ils ont en effet été sélectionnés pour leur calme et éduqués rigoureusement.
Les chiens de l’UETM constituent d’excellents donneurs d’un point de vue
comportemental. Ceux-ci sont habitués à être manipulés pour des gestes médicaux et sont très
inhibés.

39
2. Conditionnement négatif, environnement et sédation
Les donneurs seront amenés à être prélevés régulièrement. Il est important de veiller
au bon déroulement de chaque prélèvement pour que le chien donneur n’associe pas le
prélèvement avec un moment désagréable. Fort d’une mauvaise expérience, un chien pourra
être amené à manifester des mouvements de défense lors d’un prochain don. Pour éviter ce
renforcement négatif (3), il a été choisi à l’ENVA de tranquilliser systématiquement les
chiens avant le don et de les récompenser après, par exemple avec des friandises. Le protocole
de tranquillisation sera détaillé plus loin. Par ailleurs, le prélèvement s’effectue dans une pièce
dédiée à la banque de sang, au calme, avec des préleveurs expérimentés et constants (trois
préleveurs uniquement pour tous les prélèvements). Une seule ponction par don est effectuée,
si elle échoue, le don est en général interrompu et remis à une prochaine cession afin de
préserver la bonne volonté du chien et la qualité de ses veines jugulaires. Outre tous les
critères morphologiques et comportementaux requis pour un donneur, il faut également que
celui-ci soit en bonne santé, c’est ce que nous allons détailler maintenant.

D. Caractéristiques biologiques des chiens recrutés


Afin de s’assurer de l’état de santé de l’animal donneur des examens sont réalisés sur
les donneurs avant le don. Par ailleurs, l’un des intérêts de la constitution d’une banque de
sang est d’offrir aux cliniciens le maximum d’informations, détaillées ci-après, sur les
produits sanguins délivrés.

1. Groupage sanguin

a. Rappels

Chez le chien il existe 9 groupes sanguins correspondants à 9 antigènes de surface des


érythrocytes, les Dog Erythrocyt Antigen (DEA) (5,13,17,22,23,26,27):
- le système DEA-1 avec trois allèles codant pour les antigènes 1-1, 1-2 et 1-3,
- les antigènes DEA-3, DEA-4, DEA-5, DEA-6, DEA-7, DEA-8.
Ces différents antigènes sont génétiquement indépendants. Des anticorps naturels contre les
antigènes des groupes sanguins ne sont pas présents pour tous les antigènes et jamais
responsables de réactions hémolytiques aiguës. Des anticorps naturels sont présents contre le
DEA-3 (chez 20% des chiens (23)), DEA-5 (10% des chiens, 30% des grey hounds (23,29)) et
DEA-7 (10 à 45% des chiens (23)) mais ce sont des antigènes faiblement immunogènes et
donc non impliqués dans des réactions hémolytiques aiguës. L’antigène impliqué dans des
réactions hémolytiques aigues est le DEA-1-1, pour lequel il n’existe pas d’anticorps naturels
(20,26). Toutefois il convient d’être attentif, car un animal ayant été sensibilisé au DEA-1.1
ou 1.2 (antigénicité croisée) lors d’une première transfusion développe des anticorps pouvant
mener à une réaction hémolytique aiguë lors d’une seconde transfusion. Une réaction
hémolytique aiguë a également été décrite (en 2003) impliquant des anticorps dirigés contre le
DEA-4, chez une chienne négative pour tous les groupes sanguins, même DEA-4. Cette
réaction fut identifiée chez une chienne présentant une anémie hémolytique auto-immune,
suite à trois transfusions avec du sang de donneur « universel » (négatif pour tous les groupes
sauf DEA-4). Il fut impossible de déterminer si la production d’anticorps, entrainant une

40
réaction hémolytique aigue, dirigés contre le DEA-4 était liée uniquement à la sensibilisation
par la transfusion ou amplifiée par la maladie auto-immune. Toutefois l’incidence du DEA-4
étant de 98%, une réaction de ce type reste statistiquement improbable en cas de transfusion
unique (33).
Le tableau n°3 présente un récapitulatif des caractéristiques des différents groupes
sanguins du chien et leurs incidences aux Etats-Unis (23) et en France (données obtenues sur
100 chiens par la banque de sang de l’école vétérinaire de Lyon).

Tableau n°3 : Caractéristiques des antigènes des principaux groupes sanguins du chien

Incidence
DEA Anticorps naturels Risque transfusionnel
Etats-Unis France

1-1 40-50% 38% Non Hémolyse aigue

1-2 10-20% 42% Non Hémolyse aigue ?

3 5-20% Indéterminé Oui (20%) Hémolyse retardée


1 cas hémolyse aigue
4 98% Indéterminé Non
décrit (20)
Oui (10% chiens,
5 10-25% Indéterminé Hémolyse retardée
30% Greyhounds)
6 99% Indéterminé Non Inconnu

7 10-45% 5% Oui Hémolyse retardée

8 40% Indéterminé Non Inconnu

De fait, un donneur universel est un chien négatif pour tous les groupes. En pratique,
un chien positif pour le DEA-4 (comme 98 % de la population) et négatif pour tous les autres
groupes (26), est considéré comme donneur « universel ». Le sang d’un donneur universel
peut être, en théorie, administré à un receveur sans aucun test préalable concernant les
groupes sanguins. Ceci est intéressant en cas de transfusion d’urgence (30).
Par ailleurs, on constate que l’incidence des groupes sanguins (1-2 et 7) est différente
en France et aux Etats-Unis. Ceci peut s’expliquer par l’indépendance relative de ces deux
populations canines, mais est à considérer avec précaution du fait du petit nombre de chiens
(100) utilisés pour l’obtention des données Françaises.

b. Groupage effectué dans le cadre de la banque de sang de l’ENVA

Dans le cadre de la banque de sang de l’ENVA les groupages suivants sont réalisés,
ceci en vue d’avoir un maximum d’informations sur les donneurs, et ainsi de délivrer le
maximum d’informations aux cliniciens utilisateurs de nos produits. Ces groupages n’auraient
pu être réalisés sans le soutien du laboratoire ALVEDIA™ qui les effectue gracieusement
pour la banque de sang :

41
- DEA : 1-1 : testé à l’aide d’un test rapide commercialisé par le laboratoire
ALVEDIA™. Il s’agit du Quick Test® et son utilisation est présentée en figure n°6.
C’est le groupe le plus important à tester avant une transfusion (20,26,27). En effet, la
moitié des chiens sont négatifs pour le DEA 1.1, et donc susceptibles de développer
des anticorps dirigés contre ce groupe suite à une transfusion de sang d’un donneur
DEA 1.1 positif (environ 50% des chiens (23)). Ces anticorps sont à l’origine de
réactions hémolytiques aiguës. Le groupage est effectuable rapidement sur le receveur
et le donneur. Le DEA 1.2, n’est pas testé car non disponible auprès du laboratoire
partenaire.
- DEA 3, 4, 5 et 7 : réalisés grâce à un partenariat entre le laboratoire ALVEDIA™ et
l’Etablissement Français du Sang à Lyon. Les groupages permettent de détecter les
donneurs « universels ». Par contre, en pratique, ces groupages ne peuvent être
effectués en urgence sur un receveur, l’on ne peut donc pas choisir une poche de
concentré érythrocytaire parfaitement adaptée au receveur. Toutefois, la faible
prévalence des anticorps naturels contre ces antigènes et leur faible immunogénicité
n’exposent qu’à une hémolyse retardée (3 à 5 jours) (23,37).

Les résultats de groupage des donneurs de la banque de sang de l’ENVA sont


présentés en annexe 5. Grâce aux analyses de groupage sanguin, la banque de sang fournit aux
utilisateurs le maximum d’informations sur les produits délivrés. Cela ne prévient pas
l’intégralité des réactions transfusionnelles liées aux incompatibilités sanguines. En effet,
grouper le receveur et le donneur pour le DEA-1.1 ne suffit pas, il faut également réaliser un
« cross-test » avant toute transfusion (5,10,11,13,19,22,26,27,35). Par ailleurs, toutes les
réactions transfusionnelles ne sont pas liées aux groupes sanguins (6,9,24). L’un des risques
lié à la transfusion est la transmission de maladies infectieuses, pour lesquelles des tests de
dépistage existent (14, 17, 21).

2. Test de dépistage des maladies infectieuses


Lors de la conférence de consensus de l’ACVIM (American College of Veterinary
Internal Medicine) en 2005 (46) une liste de recommandations concernant les maladies à
rechercher sur les animaux donneurs dans le cadre de banque de sang a été établie. Voici ces
recommandations :
- maladies vectorielles dont le dépistage est recommandé : Babésiose, Leshmaniose,
Ehrlishiose (15,21),
- maladies non-vectorielles dont le dépistage est recommandé : Brucellose,
- maladies vectorielles dont le dépistage est facultatif : Trypanosomose, Bartonellose,
- maladies non transmissibles dont le dépistage est superflu : Borreliose, Rickettsiose.
D’une manière générale, ces recommandations sont à adapter à la situation
épidémiologique de la région de résidence ou de voyage des donneurs (38,46).
Au vu de la situation épidémiologique de l’Ile de France pour ces différentes maladies
et pour des raisons financières, nous avons choisi de ne pas dépister ces maladies infectieuses,
mais de s’assurer que les donneurs n’ont pas voyagé ou résidé dans des zones d’endémies,
qu’ils ne présentent pas de signes cliniques ou de prodromes évocateurs et de vérifier par
l’intermédiaire d’une numération formule sanguine et d’un frottis sanguin qu’ils ne sont pas
porteurs de parasites ou d’altérations globulaires.

42
Figure n°6 : Utilisation du Quick Test®

Réactif
Kit de groupage rapide pour
le DEA 1.1 (Alvédia ™) Bandelette

1. Déposer trois gouttes de réactif dans la


cupule

3. Mélanger le sang de la bandelette avec


le réactif durant 15 secondes

2. Faire monter du sang sur EDTA par


capillarité sur la bandelette

4. Placer la bande du test dans la cupule 5. Laisser la migration du réactif


s’effectuer durant 2 minutes

Témoin positif : lecture possible

6. Lecture du résultat : ici DEA 1.1 positif


Photos : Banque de sang ENVA

43
En résumé, le recrutement des chiens donneurs en vue de la constitution d’une
banque de sang à l’ENVA suit les règles suivantes :
- recrutement au sein des chiens des étudiants, du personnel et des unités de
recherche,
- disponibles durant une année au moins pour des dons réguliers (maximum 1 tous
les 2 mois),
- chiens âgés de 1 à 8 ans, pesant plus de 20 kilos et présentant une masse
corporelle normale,
- calmes et dociles,
- groupés pour le DEA 1-1, 3, 4, 5 et 7.

Une fois le pool de donneurs constitué, il faut organiser un planning de prélèvements


et s’assurer de leur état de santé avant de pratiquer le prélèvement. Ces étapes précédant le
don vont être détaillées avant d’envisager la technique de prélèvement.

II. Etapes « pré-don »

A. Visite clinique pré-don et planning de prélèvement


Avant de prélever un animal, il est essentiel de s’assurer que celui-ci est en bonne
santé au moment du don. Cela a de l’importance d’une part pour assurer la sécurité du
donneur et l’innocuité du don ainsi que la qualité des produits obtenus. Pour cela, il a été
décidé, de réaliser une consultation « pré-don », deux à trois jours avant la date prévue du don
sanguin, au cours de laquelle :
- le chien est examiné minutieusement,
- le chien est pesé,
- les différents commémoratifs importants sont relevés: transfusions précédentes,
gestations éventuelles, épisode de maladie récente, traitements en cours, voyages en
zones d’endémies de maladies infectieuses, traitements antiparasitaires internes et
externes, vaccinations, allergie connue, incident survenu après le don précédent
(phlébite, hot spot, hématome majeur, faiblesse…),
- sont réalisés systématiquement une numération-formule-sanguine (NFS), un frottis
sanguin et une analyse biochimique sanguine (Glycémie, Urée, Créatinine, Protéines
Totales, Phosphatases alcalines, Transaminases, Albumine) ainsi qu’une analyse
d’urine (densité urinaire et bandelette urinaire). La ponction est effectuée au niveau
d’une veine céphalique pour épargner les veines jugulaires,
- le chien est récompensé par des friandises en fin de consultation afin d’entretenir sa
coopération par du renforcement positif.

Ainsi au jour du don, les résultats d’analyses seront disponibles et permettront


définitivement de statuer sur l’aptitude du chien à être prélevé. Le propriétaire est par ailleurs
tenu le jour du don de signaler tout événement concernant la santé de son animal qui serait
survenu entre la visite pré-don et le don.

44
Les annexes 6 et 7 présentent les statuts vaccinaux et parasitaires des donneurs ainsi
qu’une fiche type de visite pré-don.

Un planning de prélèvements et de visites pré-don a été établi en fonction de la


disponibilité des trois préleveurs et communiqué aux propriétaires par courrier électronique. Il
prévoyait des prélèvements bimensuels pour deux chiens. En effet, un premier essai avec
quatre chiens prélevés le même jour a révélé une charge de travail trop importante pour les
préleveurs. Après 8 prélèvements, il a été décidé de ne prélever qu’un chien toutes les deux
semaines. Ceci pour deux raisons : premièrement pour s’adapter à la demande (deux poches
de concentré érythrocytaire ont dû être jetées pour péremption sur les 8 premiers
prélèvements), deuxièmement pour réduire le temps consacré aux prélèvements pour les
préleveurs (3 personnes bénévoles s’occupent de faire fonctionner la banque de sang en plus
de leur activité clinique à plein temps).

En annexe 8 est présenté le planning initial de prélèvements établi pour la banque de


sang de l’ENVA.
Une fois l’animal déclaré apte au don, celui-ci peut être préparé pour le prélèvement
sensu-stricto.

B. Préparation du donneur
1. Sédation
Comme explicité précédemment, prélever un animal agité entraine stress, douleur et
renforcement négatif pour celui-ci et est à l’origine de difficultés de prélèvement. C’est
pourquoi une sédation systématique est pratiquée 15 minutes avant le prélèvement. Tout est
mis en œuvre pour assurer au chien et au préleveur un environnement le plus calme possible.
Le protocole choisi est l’association de midazolam à 0,1-0,3 mg/kg et de butorphanol à
0,1-0,5 mg/kg par voie sous-cutanée. Ce protocole a été retenu pour son innocuité, sa courte
durée d’action et son effet suffisamment puissant pour permettre un prélèvement dans de
bonnes conditions. Une fois l’animal sédaté, la préparation du site de prélèvement peut être
effectuée.

2. Préparation du site de ponction


La ponction s’effectuant au niveau de l’une des deux veines jugulaires, une zone de
tonte d’environ 7 cm de haut sur 5 cm de large est dégagée en regard du site de ponction. Ce
site est repéré à l’aide d’une compression de la veine : la ponction a lieu à l’endroit où celle-
ci est la plus visible et palpable. Une tondeuse est dédiée uniquement à la tonte des animaux
donneurs afin d’avoir toujours à disposition un matériel propre et performant. Les photos
n°19 à 22 présentent la préparation de la zone de ponction.
Une fois la zone tondue, une préparation chirurgicale du site est effectuée : 4
savonnages à l’aide de compresses et de savon à la povidone iodée (Vétédine Savon®) suivis
d’une application de solution antiseptique à la povidone iodée de type Vétédine solution®.
Pour les animaux allergiques à la povidone iodée, une solution à base de Chlorexhidine
(Chloriseptine®) est appliquée pour la préparation du site de ponction.

45
Une alternance veine jugulaire droite/veine jugulaire gauche est pratiquée pour un
même animal à chaque don. Il est donc important de noter quelle veine a été ponctionnée à
chaque don.

Photo n°19 : Installation du donneur Photo n°20 : Zone de tonte

Photo : Banque de sang ENVA


Tonte en regard du trajet d’une
des veines jugulaires

La présence du propriétaire est


rassurante pour l’animal
Photo : Banque de sang ENVA

Photo n°21 : Préparation de la zone Photo n°22 : Résultat après préparation


de ponction à la la Vétédine savon® de la zone de ponction

Photo : Banque de sang ENVA

Photo : Banque de sang ENVA


Après application de Vétédine®
solution sur la zone, l’animal est prêt
pour le prélèvement

46
En résumé, les étapes pré-dons effectuées dans le cadre de la constitution d’une
banque de sang à l’ENVA sont les suivantes :
- Etablissement d'un planning de visites pré-don et de prélèvements,
communication aux propriétaires.
- 2 jours avant le prélèvement : Visite pré-don (commémoratifs, examen clinique,
prise de sang pour analyse biochimique et NFS, analyse urinaire).
- Quinze minutes avant le prélèvement : sédation (midazolam/butorphanol).
- Tonte et préparation chirurgicale du site de ponction.

Le donneur est à présent prêt pour le don. Nous allons maintenant détailler les aspects
pratiques du prélèvement sanguin sensu-stricto.

III. Le prélèvement
A. Matériel
Un matériel spécifique est nécessaire à la collecte du sang, celui-ci a été présenté dans
la première partie : il s’agit d’un système fermé à trois poches. La poche principale reçoit le
sang prélevé sur le donneur et contient un anticoagulant adjuvé (CPD), la première poche
satellite est vide et destinée à recevoir le plasma, la deuxième poche satellite contient la
solution nutritive destinée à être mêlée au concentré érythrocytaire.

B. Technique de prélèvement
Plusieurs personnes sont nécessaires pour la réalisation d’un prélèvement dans les
meilleures conditions. L’idéal est de disposer en plus du préleveur, de trois aides (32). Deux
aides assurant la contention de l’animal, et la troisième personne veillant au bon déroulement
du remplissage de la poche. Trois préleveurs expérimentés se relayent pour les différents
prélèvements et l’extraction du plasma. Seuls trois cliniciens expérimentés prélèvent afin
d’optimiser et d’assurer une bonne qualité du prélèvement. Deux de ces trois personnes sont
présentes pour chaque prélèvement (l’un prélevant l’animal et l’autre veillant au bon
déroulement du prélèvement), le propriétaire de l’animal assure la contention de son animal et
celui-ci est aidé par une tierce personne.

1. Préparation de l’opérateur, du matériel et contention


Pendant que le chien donneur est placé sur la table et contenu dans la position choisie,
le préleveur se désinfecte les mains à l’aide d’une solution hydroalcoolique (Sterilium Gel®)
et met des gants propres (32). La deuxième personne sort le système de collecte de son
emballage, allume la balance-agitateur (Optimix®, BAXTER™, France, Maurepas), présente
l’aiguille de prélèvement au préleveur et place les poches sur le plateau de la balance. La
balance-agitateur assure une agitation permanente de la poche de prélèvement, mesure le débit
de prélèvement, la quantité totale de sang prélevé et le temps de prélèvement. La balance-
agitateur sur laquelle est posée la poche est au sol, alors que le donneur est sur la table, ainsi
le remplissage de la poche s’effectuera par gravité. La photo n°23 présente la balance de
collecte.

47
Photo n°23 : Utilisation de la balance de prélèvement

2. Plateau : Emplacement des poches, mouvements de bascule


permanents pour agitation de la poche dès le démarrage du
prélèvement

5. Lecture du volume
prélevé

4. Lecture du temps
écoulé depuis le début
de prélèvement
6. Lecture du
Débit

3. Pour démarrer
l’agitation et les mesures Photo : Banque de sang ENVA

Porte tubes
1. Bouton de mise en
marche
7. Pour arrêter les mesures
et l’agitation à l’arrêt du
prélèvement

48
Concernant la contention du chien
et sa position, différentes variantes sont Photo n°24 : Position « chien assis »
envisageables (32) :
- assis, tête relevée, Photo : Banque de sang ENVA
- décubitus sternal, tête relevée,
- décubitus latéral, tête en
extension.
Les photos n°24 à 26 présentent
ces différentes positions. Le choix de la
position dépend essentiellement du chien
donneur et de sa capacité à tolérer la
contention. Le choix de la position
dépend aussi de la préférence du
préleveur. D’une manière générale la
position assise est bien tolérée par le
chien, correspond à la position la plus
confortable pour le préleveur mais n’est
pas, selon nos observations, celle qui
permet le meilleur débit, ni celle qui Photo n°25 : Position « décubitus sternal »
permet la contention la plus aisée. Le
décubitus latéral ou sternal est plus
difficilement supporté par un chien non
sédaté, mais permet un débit plus
important, ce qui raccourcit le temps de
contention. Le décubitus latéral est selon
nos observations, plus simple à maintenir
par la contention que le décubitus sternal
pour lequel il est difficile d’empêcher les
éventuels mouvements de relevé du
donneur. Dans l’intérêt du donneur mais
aussi des personnes assurant la
contention de ce dernier, l’on cherche à
avoir un temps de prélèvement le plus
réduit possible et donc le débit le plus Photo : Banque de sang ENVA
important possible.

Photo n°26 : Position « décubitus latéral »


Photo : Banque de sang ENVA

49
2. Ponction veineuse et suivi du remplissage de la poche

La ponction de la veine Photo n°27 : Compression et visualisation


jugulaire est réalisée de manière de la veine jugulaire
classique, le préleveur repère le trajet
de la veine jugulaire à l’aide d’une
Photo : Banque de sang ENVA
compression de celle-ci en aval du
site de ponction, puis la veine est
ponctionnée avec l’aiguille de 16G
reliée au système de collecte, le
biseau de l’aiguille étant dirigé vers la
tête de l’animal (32). Dans un souci
d’asepsie, le préleveur s’abstient de
toucher le site de ponction avec ses
doigts. Les photos n°27 et 28
présentent la réalisation de la
ponction veineuse.

Avant de réaliser la ponction,


il est utile de faire affleurer
l’anticoagulant à l’extrémité de
l’aiguille par un jeu de « vases-
communicants ». Pour ce faire,
l’aiguille est doucement descendue à
la verticale par le préleveur et la Photo n°28 : Ponction de la veine jugulaire
poche contenant l’anticoagulant est
doucement remontée. Une fois que
l’anticoagulant atteint le niveau Photo : Banque de sang ENVA
souhaité, un clamp à tubulure en
plastique est mis en place sous
l’aiguille de manière à maintenir
l’anticoagulant à niveau. Cette
pratique permet de mettre en présence
le sang et l’anticoagulant dès le début
du prélèvement et assure un meilleur
amorçage de la venue du sang. Cela
n’était pas réalisé lors des premiers
prélèvements pour la banque de sang
mais la mise en place de cette
technique a permis d’optimiser la
vitesse et la qualité du prélèvement.

Une fois l’aiguille correctement en place dans la veine jugulaire du donneur, le clamp
à tubulure est retiré et le remplissage de la poche commence. La personne chargée de veiller
au bon déroulement du prélèvement, réalise les prélèvements à l’aide de tubes sous vide (de
type VACUTAINER™) pour les mesures de taux de protéines et d’albumine qui seront

50
indiqués sur les poches de plasma, ainsi qu’en vu de conserver du sang pour la réalisation des
« cross-tests » pré-transfusionnels par les utilisateurs. Elle s’assure de la continuité du débit
de sang, du bon fonctionnement de la balance et avertit le préleveur lorsque la poche est
remplie. La poche est considérée comme remplie lorsqu’on atteint sa contenance (indiquée sur
celle-ci) plus ou moins 10% (40). Soit pour les poches de 350 ml de la banque de sang entre
315 et 385 ml de sang prélevés. Lorsque le remplissage de la poche est terminé, le préleveur
retire l’aiguille et obture la tubulure de prélèvement à l’aide d’un clamp en plastique. L’une
des personnes chargées de la contention assure alors une compression manuelle sur le site de
ponction pour éviter la formation d’un hématome pendant 3 à 5 minutes. La figure n°7 et les
photos n°29 à 33 présentent la réalisation des prélèvements et le suivi du remplissage.
Un incident fréquent pouvant mener à l’arrêt du prélèvement est un mouvement de
l’animal entrainant une sortie de l’aiguille hors de la veine. Si la ponction veineuse échoue
(du fait d’un mouvement de l’animal ou d’une erreur du préleveur) et que le préleveur est
obligé de retirer l’aiguille, par souci de préservation des veines du donneur, le don est stoppé.
Si 315 ml au minimum ont été ponctionnés avant l’arrêt du don, la poche pourra être utilisée.
Si moins de 315 ml ont été prélevés, le don ne sera pas utilisable pour en conserver le
concentré érythrocytaire car la quantité d’anticoagulant adjuvé et de solution nutritive
contenue dans le système sera trop importante par rapport à la quantité de globules rouges
(44). Par contre, le plasma pourra être extrait et stocké.
Assez fréquemment le débit sanguin est interrompu ou très diminué au cours du
prélèvement. Il suffit souvent d’un léger changement d’orientation de l’aiguille pour retrouver
un débit correct, ou bien de lever la compression momentanément, puis de la réappliquer.

51
Figure n°7 : Réalisation des échantillons pour analyses au cours du prélèvement sanguin

Pochette accessoire : les


premiers millilitres,
considérés comme
contaminés par la peau
lors de la ponction peuvent
y être écartés.

Adaptateur pour tube Vacutainer® : Avant le remplissage de la poche de collecte principale, du


sang peut être dévié avant d’arriver dans la poche vers un tube de prélèvement via un système
Vacutainer®. Les prélèvements pour analyse sont ainsi réalisés sans ouvrir le circuit.

1 2

Photos : Banque de sang ENVA

52
Photo n°29 : Début du remplissage de la poche principale

Photo : Banque de sang ENVA

Photo n°30 : Alerte lors du remplissage

Une solution : faire varier l’orientation de


Une alerte fréquente : « débit trop l’aiguille dans la veine jugulaire pour
faible » relancer le débit.

Photo : Banque de sang ENVA

53
Photo n°31 : Suivi du remplissage

Temps écoulé
Débit

Volume

Photo : Banque de sang ENVA

Photo n°32 : Fin du remplissage de la poche principale

1. Lecture du volume :
objectif 350 mL

Photo : Banque de sang ENVA

La poche est considérée comme remplie lorsqu’elle contient au moins 315 ml (350
mL +/- 10%). Le prélèvement est donc stoppé lorsque cet objectif est atteint. La
veine jugulaire du donneur est comprimée avant de retirer l’aiguille.

54
Photo n°33 : Résultat après remplissage de la poche principale

Photo : Banque de sang ENVA Poche satellite


contenant le SAGM

Poche satellite vide

350 ml (+/- 10%) de sang total sur CPD dans la poche principale du système de
collecte à trois poches.

3. Surveillance du donneur après le don

Immédiatement après Photo n°34 : Gestes pour le donneur après le don


l’arrêt du prélèvement il convient
de maintenir une compression
manuelle sur le site de ponction
afin d’éviter un saignement ou un
hématome pendant 3 à 5 minutes
(32). On s’assure à la levée de la
compression de l’absence de
saignement ou d’hématome ; si
tel est le cas, la compression est
maintenue jusqu'à arrêt du
saignement.

Il est également de rigueur


de s’assurer de l’état de vigilance Photo : Banque de sang ENVA
des donneurs qui ont subi une
sédation avant de les rendre à leur
propriétaire. La photo n°34 Compression manuelle du site de ponction
présente les gestes à effectuer durant quelques minutes. Il faut s’assurer de
pour le donneur après le don. l’absence de la formation d’hématome à l’arrêt
de la compression

55
Au-delà de la surveillance immédiate du donneur après le prélèvement, il est important
de demander au propriétaire de veiller à certains points dans les jours suivant le don :
- Surveillance du site de ponction : signaler et consulter en cas de rougeur, douleur,
chaleur, gonflement, suintement pouvant signer une réaction allergique aux produits
utilisés pour l’asepsie (povidone iodée) ou une phlébite.
- Surveillance de l’état général : consulter en cas de faiblesse.

Bilan deuxième partie


La constitution d’une banque de sang ne peut pas s’envisager sans chiens
« donneurs » que l’on prélève régulièrement. Afin d’assurer la constance de
l’approvisionnement et la qualité des produits sanguins qui seront stockés et délivrés par
la banque de sang il est essentiel de suivre une démarche rigoureuse dans le choix des
donneurs et dans la technique de prélèvement. Voici donc récapitulées les différentes
étapes suivies à l’ENVA pour l’approvisionnement de la banque.

1ère étape : Selon l’estimation des besoins en dérivés sanguins au sein de l’ENVA,
recrutement d’environ 25 chiens donneurs:
- au sein des chiens des étudiants, du personnel et des unités de recherche,
- disponibles durant une année pour des dons réguliers (maximum 1 tous les 2
mois),
- âgés de 1 à 8 ans, pesant plus de 20 kilos et en état d’embonpoint normal,
- calmes et dociles,
- pour lesquels on détermine les groupes sanguins DEA 1-1, 3, 4, 5 et 7.

2è étape : Organisation des prélèvements, contrôle et préparation des donneurs :


- établissement d'un planning de visites pré-don et de prélèvements,
communication aux propriétaires,
- 2 jours avant le prélèvement : visite pré-don (commémoratifs, examen clinique,
analyses sanguines et urinaires),
- quinze minutes avant le prélèvement : sédation (midazolam/butorphanol),
- tonte et préparation chirurgicale du site de ponction.

3è étape : Prélèvement
- prélèvement de 350 ml de sang (+/- 10%) par ponction d’une veine jugulaire sur
le donneur placé en décubitus latéral, sternal ou en position assise,
- compression du site de ponction sur le donneur puis surveillance d’éventuelles
réactions locales,
- obturation de la tubulure de prélèvement par un clamp plastique.

Nous maîtrisons à présent les aspects techniques de l’extraction du plasma en vue


de l’élaboration de poches de plasma, plasma frais et concentré érythrocytaire et avons
mis en place un plan d’approvisionnement de la banque de sang basé sur le prélèvement
de sang sur des chiens d’étudiants et d’unités de recherche de l’ENVA. Il nous reste à
envisager le stockage des produits, car l’objectif de la banque est de tenir en
permanence ces produits disponibles pour les besoins cliniques.

56
TROISIEME PARTIE :
STOCKAGE DU CONCENTRE ERYTHROCYTAIRE
ET DU PLASMA

57
58
Maintenant que nous sommes capables d’élaborer des dérivés sanguins, de qualité et
identifiés et que nous avons mis en place un pool de donneur pour l’approvisionnement
régulier de la banque, se pose la question du stockage des dérivés obtenus. En effet, l’objectif
d’une banque de sang est de pouvoir répondre à tout moment à la demande de ses utilisateurs,
ce qui implique l’utilisation de dispositifs de stockage. Pour conserver des produits sanguins
en vue d’une utilisation différée il faut utiliser un procédé garantissant la préservation des
caractéristiques biologiques du produit au cours du stockage. Les objectifs sont les suivants :

pour le concentré érythrocytaire (44) :


- maintenir la capacité des globules rouges de transporter, de capter et de relarguer
l’oxygène dans la circulation du donneur (par analogie à la transfusion chez l’homme
(44), la conservation a été satisfaisante si 75% des cellules transfusées sont encore
viables 24h post transfusion),
- limiter au maximum la prolifération bactérienne,
- maintenir des propriétés physico-chimiques compatibles avec une administration intra-
veineuse (pH, concentrations ioniques…).

pour le plasma (22,26) :


- conserver les facteurs de la coagulation d’intérêt thérapeutique,
- conserver les protéines d’intérêt thérapeutique (immunoglobulines, albumine),
- limiter la prolifération bactérienne.

Nous allons à présent détailler comment conserver de manière optimale le plasma


frais, le plasma et le concentré érythrocytaire. Après quelques rappels de physiologie nous
verrons les conséquences du choix des solutions anticoagulantes adjuvées et des solutions
nutritives dans la conservation puis nous détaillerons les dispositifs de stockage et de contrôle
de la qualité des produits stockés.

I. Choix des solutions anticoagulantes et nutritives :


conséquences pour le stockage des dérivés
sanguins

A. Conservation du concentré érythrocytaire


Il est important de noter qu’aucune des solutions proposées pour le stockage du
concentré érythrocytaire n’est parfaite et que la conservation du concentré érythrocytaire ne
peut être illimitée dans le temps. En effet, même dans le meilleur des cas, la viabilité des
globules rouges conservés est altérée puisque la durée de vie d’un globule rouge transfusé
après conservation n’est que de 25 jours contre 100 à 120 jours physiologiquement. De plus
cette durée de vie baisse considérablement après 4 semaines de stockage (44).
Pour optimiser la durée de conservation du concentré érythrocytaire celui-ci doit être
mélangé à une solution ayant des propriétés anticoagulantes. Mais cette propriété n’est pas
suffisante pour assurer la survie des globules rouges, elle doit également leur apporter de

59
l’énergie sous forme d’ATP (adénosine triphosphate) ainsi que du 2,3 DPG
(diphosphoglycérate) (22,44).

1. Rappels sur le métabolisme et l’altération des globules


rouges

Un globule rouge a besoin d’énergie sous forme d’ATP mais aussi de 2,3 DPG pour
conserver sa forme, sa plasticité et pour maintenir l’équilibre électrolytique intracellulaire,
l’intégrité de la membrane cellulaire et participer aux réactions de phosphorylations (44).
Au sein d’un globule rouge la formation d’ATP se fait par le biais de la voie de la
glycolyse aérobie (44) (voie de Embden-Meyerhof Pathway). Cette voie métabolique de
dégradation du glucose en lactate permet la production de 2 ATP par molécule de glucose
ainsi que de NADH (nicotinamide adénine dinucléotide sous forme réduite). Le NADH est
nécessaire au maintien de l’hémoglobine dans un état réduit donc fonctionnel. Une autre voie
de dégradation du glucose, la voie des pentoses phosphates permet la production de NADPH
(nicotinamide adénine dinucléotide phosphate sous forme réduite), nécessaire à la lutte contre
le stress oxydatif. Une autre voie alternative à la glycolyse, propre au métabolisme des
globules rouges, permet la formation de 2,3 DPG. Le 2,3 DPG a un rôle essentiel dans la
capture et le relargage de l’oxygène. Lorsque celui-ci se fixe à la sous unité Beta de
l’hémoglobine, il stabilise la conformation « faible-affinité pour l’oxygène » de celle-ci. Ainsi
lorsque la quantité de 2,3 DPG augmente dans le globule rouge, l’affinité de l’hémoglobine
pour l’oxygène diminue et la quantité d’oxygène relargé augmente pour un pH et une PO2
(pression partielle en oxygène) donnés (44). Lors du stockage des globules rouges, le taux de
2,3 DPG et d’ATP chutent fortement, car leur régénération n’étant pas adéquate et la
consommation de glucose entraine l’accumulation de lactate, d’où une baisse de pH ce qui
ralenti la glycolyse. Cette baisse des quantités de 2,3 DPG et d’ATP au cours du stockage
entraine une baisse de viabilité, de plasticité et de fonctionnalité des globules rouges. Ce
déficit de plasticité est irréversible. Les anomalies biochimiques sont réversibles une fois les
globules rouges transfusés au receveur (44). D’autres modifications apparaissent au cours du
stockage (44) :
- augmentation du K+ extracellulaire par relargage,
- diminution du Na+ extracellulaire,
- augmentation de l’ammoniémie (surtout après 15 jours),
- dommages oxydatifs se manifestant par une sphérocytose.

Pour lutter contre ces lésions de stockage, des solutions anticoagulantes adjuvées et
des solutions nutritives ont été élaborées. Diverses études in vivo et in vitro ont visé à étudier
la durée de survie des globules rouges en fonction du type d’anticoagulant adjuvé ou de
solution nutritive utilisée (7,14,44,45,47,49). La FDA (Food and Drug Administration)
considère que la conservation a été satisfaisante si 75% des cellules transfusées sont encore
viables 24h après la transfusion (40). Ce paramètre est évalué in vivo par marquage des
globules rouges avec des radio-isotopes, le plus souvent le Chrome 51. Des études in vitro
évaluent la concentration intra-cellulaire en ATP, 2-3 DPG, le pH et le pourcentage
d’hémolyse dans une poche de concentré érythrocytaire après stockage (44).
Nous allons présenter les compositions et intérêts respectifs des différents
anticoagulants.

60
2. Anticoagulants disponibles

a. L’héparine

Elle peut être utilisée pour la transfusion de sang total frais immédiate uniquement au
ratio de 250 à 650 UI d’héparine pour 50 ml de sang (25,43). Elle a une action anticoagulante
par sa capacité à former un complexe avec l’antithrombine III (ATIII) endogène. Le complexe
ATIII-héparine a une action inhibitrice sur les protéases impliquées dans la cascade de la
coagulation. L’héparine n’a aucune propriété conservatrice et ne peut donc être utilisée pour
la constitution d’une banque de sang (44).

b. Le citrate de sodium (3,8 %)

Tout comme l’héparine il ne peut être utilisé seul pour le stockage de sang du fait de
l’absence de propriétés conservatrices au-delà de 24 heures entre 1 et 6 °C. Il est toutefois
utilisable pour une transfusion de sang total frais extemporané à la dose de 1ml pour 9 mL de
sang total. Son action anticoagulante est liée à sa capacité à chélater le calcium et donc à
inhiber les étapes calcium-dépendantes de la cascade de la coagulation (44).
Le citrate est également utilisé en association avec d’autres éléments dans
l’élaboration des anticoagulant-adjuvés, par exemple le CPD : Citrate-Phosphate-Dextrose
(44).

3. Anticoagulants adjuvés disponibles


Toutes ces solutions contiennent des éléments visant à prolonger la viabilité des cellules et
donc à augmenter les temps de stockage (7,36,44,47,49):
- le dextrose qui permet d’alimenter la glycolyse et donc assure l’apport en énergie sous
forme d’ATP,
- l’adénine qui permet le maintien d’un pool de nucléotides utilisables par les cellules
pour la production d’ATP,
- le citrate ou acide citrique qui est l’agent anticoagulant,
- le phosphate qui est utilisé dans la formation des molécules phosphorylées et dispose
d’un pouvoir tampon.

Les tableaux n°4 et 5 présentent la composition de diverses solutions d’anticoagulants


adjuvés et de solutions nutritives (44).

61
Tableau n°4 : Composition des solutions anticoagulantes adjuvées présentes dans
les poches de collecte
(Données fabricants)

Constituant ACD-A ACD-B CPD CPDA-1

Volume (ml) 67,5 100 63 63

NaCl (mg) Néant Néant Néant Néant

Dextrose (mg) 1645 1470 1610 2000

Adenine (mg) Néant Néant Néant 17,3


Citrate tri-
1485 1320 1660 1660
sodique (mg)
Acide citrique
540 480 206 206
(mg)
Phosphate de
Néant Néant 140 140
sodium (mg)

Tableau n°5 : Formulation des solutions anticoagulantes adjuvées et des solutions


nutritives présentes dans les poches de collecte
(Données fabricants)

Constituant CPD CP2D Adsol® Nutricel® Optisol®

Volume (ml) 63 63 100 100 100

NaCl (mg) Néant Néant 900 410 877

Dextrose (mg) 1610 3220 2200 1100 900

Adenine (mg) Néant Néant 27 30 30°


Citrate tri-
1660 Néant 588 Néant
sodique (mg) 1660
Acide citrique
206 206 Néant 42 Néant
(mg)
Phosphate de 276
140 140 Néant Néant
sodium (mg)
Mannitol Néant Néant 750 Néant 525

62
a. ACD : Acide-Citrate-Dextrose

Obsolète, l’ACD était utilisé dans les années 1990, associé à des bouteilles de collecte
en verre. Aussi appelé anticoagulant-citrate-dextrose, il a aujourd’hui été supplanté par le
CPD ou CPDA-1 pour la collecte et le stockage de sang total. Il est encore utilisé pour des
petits volumes de prélèvement, par exemple chez le chat. Deux formulations de ce produit
existent : ACD-A et ACD-B. La concentration en citrate dans la formulation ACD-B est
moins importante, ce produit est donc utilisé dans un ratio de 1 volume d’ACD-B pour 4
volumes de sang au lieu de 1 volume d’ACD pour 7 à 9 volumes de sang avec l’ACD-A. Il
permet une conservation de sang total durant 21 jours (44).

b. CPD : Citrate-Phosphate-Dextrose

Il permet de maintenir une concentration en 2-3 DPG et un pH supérieurs à ceux


obtenus avec l’ACD. Il permet également un maintien de la concentration intracellulaire en
potassium et en hémoglobine plus durable. Le temps de stockage possible avec le CPD pour
du sang total est de 21 à 28 jours. Il est utilisé dans les systèmes multi-poches dans la poche
de collecte. Le CP2D contient deux fois plus de dextrose que le CDP (44).

c. CPDA-1 : Citrate-Phosphate-Dextrose-Adénine

Disponible dans le commerce, souvent déjà incluse dans les systèmes de collecte, c’est
la solution la plus couramment adoptée en médecine vétérinaire, et la mieux tolérée pour la
conservation de sang total de chien. La composition est similaire à celle de CPD avec un
substrat en plus : l’adénine, améliorant la viabilité des globules rouges. On l’utilise en général
au ratio de 1 volume de CPDA-1 pour 7 volumes de sang. On peut stocker du sang total 35
jours avec 82% de viabilité des érythrocytes canin après transfusion (44). Concernant le
concentré érythrocytaire la recommandation est de 20 jours de conservation (26,44).

Il est important de noter qu’aucune solution proposée ici ne permet d’inhiber la


croissance bactérienne, seule la réfrigération permet de limiter celle-ci.

4. Solutions nutritives additives disponibles


Ce sont des solutions conservatrices, que l’on ajoute au concentré érythrocytaire
(mélangé à du CDP ou CPD2) après en avoir extrait le plasma. Elles doivent être mélangées
au concentré érythrocytaire dans les 72 heures suivant l’extraction du plasma afin de garantir
un effet optimal (44,45). Ces solutions additives accroissent encore la durée possible de
stockage du concentré érythrocytaire. Il existe différents types de solutions, ayant ou non été
évaluées en médecine vétérinaire :
- AS-1 (par exemple, la solution Adsol®) : permet un stockage de 37 jours du concentré
érythrocytaire de chien (44,45,48).
- AS-2 (par exemple la solution Nutricel®) : permet un stockage de 35 jours du
concentré érythrocytaire de chien (44,47,48).

63
- AS-5 (par exemple la solution Optisol®) : permet un stockage de 42 jours du concentré
érythrocytaire humain (19), mais n’a pas, à notre connaissance été évaluée en
médecine vétérinaire.

Elles permettent également d’obtenir une viscosité proche de celle du sang total et
d’optimiser la quantité de plasma extraite par poche de sang (sans solution additive il est en
effet conseillé de laisser un minimum de plasma dans le concentré érythrocytaire). Après
dilution du concentré érythrocytaire dans 100mL de solution additive, l’hématocrite de la
solution est d’environ 60% (variable selon l’hématocrite initial du sang et la quantité
prélevée) (40).

Le tableau n°6 (44) présente différents paramètres évalués in vitro, témoins de la


qualité de conservation du concentré érythrocytaire dans deux types de solutions de
conservation : CPDA-1 et Adsol®.

Tableau n°6 : Evaluation in vitro des paramètres hématologiques et biochimiques


du concentre érythrocytaire stocké avec CPDA-1 ou Adsol®
(43)
CPDA-1 CPDA-1 Adsol® Adsol®
Paramètre J0 J35 J0 J35
Hématocrite
73 72 60 58
(%)
Hgb dans le
plasma 30 283 22 139
(mg/dL)
Hgb total (g/dl) 24,3 22,2 23,2 21,8
Hémolyse (%) 0,03 0,33 0,03 0,26
ATP (µmol/g
1,69 0,92 1,72 1,2
Hgb)
2,3 DPG
17,19 4,47 16,87 7,56
(µmol/g Hgb)
pH 6,98 6,47 7,02 6,26
Glucose (mg/dl) 656 76 1370 715
Sodium
188 215 147 171
(mEq/l)
Potassium
3,3 8,6 1 5,6
(mEq/l)

On constate donc notamment un taux d’hémolyse après 35 jours de stockage inférieur


avec la solution Adsol® qu’avec le CDPA-1. Mais aussi une quantité d’ATP et de 2,3 DPG
rapportée à la quantité d’hémoglobine supérieure à 35 jours de stockage pour le concentré
stocké avec Adsol® par rapport à celui stocké avec CPDA-1. La solution nutritive apparait ici
comme améliorant la qualité de stockage du concentré érythrocytaire pour une durée de 35
jours.

64
Leur composition est variable selon les fabricants mais elles contiennent toutes du
dextrose, de l’adénine, du NaCl, et le plus souvent du phosphate, du citrate de sodium, de
l’acide citrique, et du mannitol. Le mannitol semble limiter le phénomène d’hémolyse (45).

Le tableau n°7 présente un tableau récapitulatif des propriétés des solutions de


stockage disponibles.

Tableau n°7 : Récapitulatif des propriétés des solutions anticoagulantes

Anticoagulants Dose Conservation

Citrate de
Chélation du
sodium calcium
1 ml/9 ml 24H
Anticoagulants (3,8%)
non adjuvés
Désactivation
Héparine plaquettaire
5-10 UI/ml 24H
EDTA Non utilisé pour la transfusion

Citrate-Phosphate-
Dextrose et
CPDA-1 Adénine, substrat 1 ml/7 ml 20 jours
pour la formation
Anticoagulants d’ATP
adjuvés
Citrate-Phosphate-
CPD (CPD2) Dextrose
1 ml/7 ml 21 à 28 jours
ACD A : 1 ml/7 à 9
Acide Citrique-
ACD Citrate-Dextrose
ml 21 jours
ACD-B : 1 ml/ 4 ml

Pour la banque de sang de l’ENVA nous utilisons un système de collecte avec une
poche principale et deux poches satellites, la poche de collecte initiale contenant du CPD,
la troisième poche pour la solution nutritive contenant du SAGM®. (Poche triple
CPD/SAGM 350 mL avec bras pour échantillonnage®, TERUMO™, France SA,
Guyancourt). Le SAGM®, tout comme l’Optisol® (dont les compositions sont très
proches), n’ont, à notre connaissance, jamais été évalués en médecine vétérinaire.
Toutefois leurs compositions présentées en tableau n°8 sont similaires à celle de l’Adsol®
et on peut donc espérer des résultats comparables en terme de durée (37 jours) et de
qualité de stockage du concentré érythrocytaire. Du fait de cette approximation nous
considérons, par mesure de précaution, que le concentré érythrocytaire obtenu avec
notre matériel a une durée de vie de 35 jours.

65
Tableau n°8 : Composition de la solution nutritive SAGM® comparée à celles
de l’Optisol® et de l’Adsol®

(données fabricants)
Solution nutritive Solution Solution nutritive
ADSOL® notritive SAGM®
Société Baxter OPTISOL® Société Terumo
Société Terumo
Chlorure de
0,900 0,877 0,877
Sodium

Adenine 0,027 0,03 0,017


Composants
(Qté en g pour Dextrose 2,200 0,900 0,818
100ml)
Manitol 0,750 0,525 0,525

Eau pour Quantité suffisante Quantité Quantité suffisante


injections pour suffisante pour pour

B. Conservation du plasma
Il n’existe pas d’études évaluant l’impact de la solution anticoagulante utilisée et la
conservation de plasma frais ou de plasma. L’élément le plus important dans la conservation
du plasma est le maintien des concentrations en facteurs de coagulation. La quantité de
facteurs de coagulation diminue avec le temps et lorsque la température est trop élevée : au
bout de 6 heures post-prélèvement à température ambiante, seuls subsistent les facteurs de la
coagulation II, VII, IX et X, les facteurs labiles (V et VIII) disparaissent en moins de 24
heures après le prélèvement à température ambiante (26,28). Pour préserver un maximum de
facteurs de coagulation il est nécessaire de congeler le plasma à au moins -18°C le plus vite
possible après le prélèvement. Un plasma congelé moins de 6 heures après prélèvement est
qualifié de plasma frais congelé, il contient tous les facteurs de la coagulation et se conserve
un an à -18°C (26). Un plasma congelé plus de 6 heures après le prélèvement, est qualifié de
plasma congelé, il contient, entre autre, encore les facteurs de coagulation vitamine K
dépendants (facteurs II, VII, IX et X), mais est déplété en facteurs labiles de la coagulation.
De même un plasma frais congelé devient plasma congelé après un an de conservation à -
18°C. Ce plasma congelé peut être conservé quatre ans à -18°C (26). Il conserve durant toute
cette période de stockage ces protéines (40).

66
II. Dispositif de conservation du concentré
érythrocytaire

A. Matériel, température et temps de conservation


Selon les recommandations de l’AABB (American Animal Blood Bank) (40), le
concentré érythrocytaire doit être conservé à une température comprise entre 1 et 6°C, et re-
homogénéisé par des mouvements doux deux fois par semaine. Comme vu précédemment le
temps de conservation permis par la solution nutritive qui est utilisé pour la banque de sang de
l’ENVA a été fixé à 35 jours. Ainsi sur chaque poche stockée est indiquée la date limite
d’utilisation en fonction de la date de prélèvement.
Le stockage s’effectue dans un réfrigérateur uniquement dédié à la banque de sang,
afin de limiter au maximum le nombre d’ouverture et de fermeture de la porte. En effet,
chaque ouverture entraine une variation de température au sein du réfrigérateur qui peut être
délétère pour les poches de concentré érythrocytaire (32,40). Le réfrigérateur de stockage du
concentré érythrocytaire est présenté sur la photo n°35.

B. Précautions particulières et auto-contrôles de qualité


Conformément aux recommandations de l’AABB, il convient de disposer d’un
système permettant de contrôler la température de réfrigération. Dans cette optique, un
thermomètre a été placé dans le réfrigérateur. La valeur de la température est contrôlée à
chaque ouverture de la porte, et ajustée pour être maintenu à 4°C.
A chaque entrée de nouvelles poches, les poches déjà stockées sont contrôlées
visuellement, on s’attache particulièrement à la couleur et à la texture (32). La couleur doit
être homogène, rouge sombre, tout amas noir, consistance neigeuse ou surnageant rougeâtre
détecté doit conduire à l’élimination de la poche (40). Une coloration verdâtre peut être
bénigne et liée à la présence de bilirubine ayant viré de couleur suite à une exposition à la
lumière. Par principe de précaution, tout aspect inhabituel d’une poche doit conduire à son
rejet pour l’utilisation. De même, les poches arrivant en date limite d’utilisation sont jetées.
Toute sortie d’une poche pour non-conformité ou péremption est signalée sur le
registre des sorties ainsi que dans le registre des donneurs en lieu et place du suivi
d’utilisation du don.

67
Photo n°35 : Dispositif de stockage du concentré érythrocytaire

Affichage de la température au
niveau de l’étage supérieur

Affichage de la température au niveau


de l’étage inférieur (zone de stockage)

Etage supérieur
du réfrigérateur

Etage inférieur du
Photo : Banque de sang ENVA
réfrigérateur

Sonde de température : Poches de concentré


mesurant la température érythrocytaire
de l’étage inférieur du
réfrigérateur où sont
placées les poches NB : Sur cette photo la
température de l’étage
inférieur est de 6,1°C
(recommandation maximale
6°C), du fait de l’ouverture à
deux reprises de la porte pour
mise en place des poches
68
C. Perspectives quant à la conservation du concentré érythrocytaire
De nouvelles solutions sont à l’étude pour améliorer encore les temps de
conservation (44):
- «solution 6 » : contenant glucose, adénine, mannitol, citrate, phosphate et
ammonium, permettant une conservation durant 18 semaines chez l’homme,
- solution contenant le « half-strenght » citrate, limitant entre autre la perte en
2,3 DPG.
De plus, en médecine humaine, on utilise des filtres de leuco-réduction (6,42),
permettant de filtrer les globules blancs avant le stockage des dérivés sanguins. Lors de
l’administration du produit au patient ceci permet de limiter les réactions fébriles non
hémolytiques liées aux globules blancs. Toutefois cela n’améliorerait pas le temps de
stockage du concentré érythrocytaire (6). L’usage de ce type de filtre pourrait être envisagé en
médecine vétérinaire. D’autres techniques telles que la congélation avec un cryoprotecteur, ou
la lyophilisation (4) sont utilisées en médecine humaine mais le coût du matériel en limite
pour l’instant l’accès en médecine vétérinaire.

A présent, la poche de concentré érythrocytaire issue du procédé de l’extraction


du plasma, identifiée, est stockée à 4°C en attente d’utilisation. La température est
contrôlée, les manipulations d’ouverture et de fermeture du réfrigérateur limitées, et les
poches non conformes de par leur aspect macroscopique ou leur durée de stockage sont
régulièrement retirées du stock. Nous allons à présent détailler le procédé de stockage
du plasma.

III. Dispositif de conservation du plasma


Comme vu précédemment, le plasma, qu’il soit frais ou non, est conservé congelé à au
moins -18°C (40), (-30°C selon (26)).

A. Matériel, température et temps de conservation


Les poches de plasma étant conservées à -18°C, il est nécessaire de disposer d’un
congélateur atteignant cette température. Il faut donc être vigilant à l’achat du matériel, car
une partie des congélateurs en vente dans le commerce ne descendent qu’à -4°C. La
nomenclature commerciale des congélateurs est la suivante :
- ** : 0 à -4°C,
- *** : 0 à -18°C.
Le plasma frais congelé se conserve 1 an (26,40), passé ce délai, il peut encore se
conserver quatre ans mais devient plasma congelé (26,40), comme explicité précédemment,
tout comme un plasma congelé plus de six heures après le prélèvement. Il est donc important
de veiller à la bonne tenue du registre des produits afin de modifier le statut du plasma frais
après un an de stockage.

Les photos n°36 à 38 présentent les modalités de conservation du plasma.

69
Photo n°35 : Etape préliminaire au Photo n°36 : Etape préliminaire au
stockage du plasma (1) stockage du plasma (2)

Photo : Banque de sang ENVA Photo : Banque de sang ENVA

Mise en place d’un ruban de scotch Ruban retiré après congélation :


autour de la poche de plasma avant persistance d’une « marque », témoin de
congélation. la congélation de la poche

Photo n°38 : Dispositif de stockage du plasma

Poche de plasma frais congelé en place


dans le congélateur Thermomètre : contrôle de la
température

Photo : Banque de sang ENVA

Tiroir du congélateur : propre,


non encombré

70
B. Précautions particulières
Tout comme pour le réfrigérateur, il faut veiller à la constance de la température du
congélateur. Il est en particulier déconseillé de placer en même temps un grand nombre de
produits à congeler dans le congélateur ceci ayant tendance à faire monter la température au
sein de celui-ci et ralentir la congélation des produits (40).
L’un des phénomènes pouvant être particulièrement délétère pour le plasma est celui
de décongélation-recongelation pouvant se produire lors d’ouvertures fréquentes et
prolongées du congélateur ou lors de coupures d’électricité. Deux options sont proposées pour
détecter si un tel phénomène a eu lieu au cours du stockage (40) :
- Congeler la poche couchée sur l’un de ses côtés, ainsi la bulle d’air qu’elle contient
sera emprisonnée vers le côté opposé à celui sur lequel la poche a été déposée pour la
congélation. Une fois la poche congelée, on la place verticalement, la bulle se situe
ainsi à présent à mi-hauteur de la poche. Ainsi, si un phénomène de décongélation-
recongélation se produit, il sera détecté puisque la bulle aura migré vers le haut de la
poche.
- Congeler la poche en ayant préalablement placé autour d’elle un élastique ou un ruban
légèrement serré. Une fois la poche congelée, le ruban est retiré et la marque de son
incrémentation reste visible. Si un phénomène de décongélation-recongélation se
produit, cette marque disparait
C’est cette deuxième option qui a été choisie à l’ENVA. Toute poche ayant subi une
décongélation-recongélation sera jetée. Cette technique est présentée sur les photos n°36 et
37.

Une autre précaution concerne la manipulation des poches congelées. En effet le


plastique à l’état congelé est fragilisé. Celle-ci est plus à même de se rompre en cas de choc. Il
est donc conseillé de sur-conditionner les poches dans des boîtes de protection (40). A
l’occasion de chaque ouverture du congélateur, pour une entrée ou une sortie, l’aspect des
poches est contrôlé, et toute non-conformité aux recommandations précitées entraine le rejet
de la poche.

71
BILAN troisième partie

Nous avons choisi pour la conservation des produits de la banque de sang à


l’ENVA d’utiliser :
- un anticoagulant-adjuvé, le CPD (Citrate-Phosphate-Dextrose), couplé à une
solution nutritive, le SAGM (Adenine-Dextrose-Mannitol) pour la conservation
du concentré érythrocytaire, ceci permettant sa conservation satisfaisante durant
35 jours, à 4°C,
- la conservation à -18°C du plasma frais et du plasma. Le plasma frais étant
conservé durant un an, le plasma durant 4 ans.

Les dispositifs de stockage sont soumis à des auto-contrôles réguliers par le biais de:
- thermomètres placés dans le réfrigérateur et le congélateur : ainsi la température
de stockage est contrôlée à chaque ouverture de porte,
- contrôles de l’aspect des poches de concentré érythrocytaire : couleur et texture
avec retrait des poches douteuses : couleur noire, texture grumeleuse…,
- contrôle de l’aspect des poches de plasma : persistance de la « marque » de
congélation (absence de processus de congélation-décongélation) avec retrait des
poches non conformes.

Les dates de péremption des produits sont vérifiées à chaque ouverture de porte :
- toute poche de concentré érythrocytaire stockée depuis plus de 35 jours est jetée,
- toute poche de plasma frais stockée depuis plus d’un an, perd sa qualification de
« frais », et sera stockée au maximum encore 4 ans comme plasma congelé,
- toute poche de plasma stocké depuis plus de 4 ans sera détruite,
- toute manipulation de produits congelés s’effectue délicatement.

72
CONCLUSION
La mise en place d’une banque de sang au sein de l’ENVA est une question récurrente
depuis plus de deux décennies. Des essais ont eu lieu mais n’ont jamais été durables pour des
raisons d’ordre organisationnel, financier ou personnel.
Après un an d’existence, le bilan de l’installation de la banque de sang de l’ENVA, est
globalement très positif. Elle a été crée grâce au travail conjoint et à l’implication d’un
clinicien de médecine, d’un clinicien d’anesthésie et d’un clinicien de chirurgie et grâce au
soutien d’enseignants-chercheurs des services de médecine, chirurgie et de reproduction.
Celle-ci a fonctionné grâce au travail de ces cliniciens bénévoles, à l’implication d’étudiants
volontaires et de l’UETM pour la mise à disposition de chiens, mais aussi grâce au soutien du
laboratoire ALVEDIA™et de la société ROYAL CANIN™ sans qui ce projet n’aurait pu
aboutir.
La banque de sang a démontré son utilité au travers de l’utilisation régulière de ses
produits dans différentes indications cliniques. Près de 26 prélèvements soumis à extraction
ont été effectués en 9 mois et 24 transfusions de dérivés sanguins (concentrés érythrocytaires
ou plasma) ont été réalisées durant cette période. Une bonne maîtrise de la collecte du sang,
de l’extraction du plasma frais et du concentré érythrocytaire a été obtenue : seules deux
poches ont dû être éliminées pour anomalie de conservation (stockage hors du réfrigérateur
pendant plus de 8h dans un cas, défaut de congélation complète dans un second). L’accent
mis sur la qualité des produits a été payant. Un des objectifs pour l’avenir est dorénavant le
développement de l’extraction et de la conservation de dérivés plasmatiques ou plaquettaires
(plasma enrichi en plaquettes, cryoprécipité ou concentré plaquettaire).
L’un des deux principaux problèmes rencontrés a été la lourde charge de travail liée à
l’organisation, les prélèvements et les extractions : l’essentiel reposait sur les épaules des trois
cliniciens responsables de la banque de sang, qui devaient mener cette tache en parallèle avec
leur activité de clinique et de recherche. La formation en cours de deux cliniciens du service
des urgences permettra de renforcer l’équipe. L’autre difficulté a été l’organisation de la
délivrance des produits 24H/24 et 7 jours sur 7. Ce problème est en cours de résolution.
Pour l’avenir, nous souhaitons :
- optimiser les techniques de prélèvement et d’extraction du plasma et du
concentré érythrocytaire,
- augmenter le nombre de préleveurs,
- mettre en place un réel service de délivrance et de conseil transfusionnel en
continu,
- développer l’extraction, le stockage et l’utilisation de dérivés plasmatiques et
plaquettaires,
- poursuivre et développer les interactions avec les différents services
cliniques et paracliniques de l’ENVA,
- créer une banque de sang pour l’espèce féline.

Ces objectifs ne pourront être atteints que si la banque est pérennisée au sein de
l’ENVA : il s’agit, avec celle de l’Ecole Nationale de Lyon, de l’une des seules structures de
ce type en fonctionnement en France. Cette pérennité nécessite la formalisation des
connaissances, des acquis et de l’expérience obtenus. Il s’agissait d’un des objectifs que cette
thèse tente de remplir. L’implication de nouveaux acteurs motivés et la poursuite du
partenariat financier et technique avec les laboratoires est également un élément déterminant.

73
74
BIBLIOGRAPHIE

1. ABRAMS-OGG AC, KRUTH SA, CARTER RF, VALLI VE, KAMEL-REID S,


DUBE ID. Preparation and transfusion of canine platelet concentrates. Am J Vet Res
1993;54(4):635-642.
2. ALLYSON K, ABRAMS-OGG AC, JOHNSTONE IB. Room temperature storage
and cryopreservation of canine platelet concentrates. Am J Vet Res 1997;58(11):1338-
1347.
3. BEAVER. The veterinarian's encyclopedia of animal behavior. Ames: Iowa state
press; 1994;307.
4. BODE AP, READ MS. Lyophilized platelets: continued development. Transfus Sci
2000;22(1-2):99-105.
5. BRACKER K, DRELLICH S. Transfusion reactions. Compend Contin Educ Vet
2005;27(7):500-512.
6. BROWNLEE L, WARDROP KJ, SELLON RK, MEYERS KM. Use of a prestorage
leukoreduction filter effectively removes leukocytes from canine whole blood while
preserving red blood cell viability. J Vet Intern Med 2000;14(4):412-417.
7. BUCHELER J, COTTER SM. Storage of feline and canine whole blood in CPDA-1
and determination of the post-transfusion viability. J Vet Intern Med 1994;8(172).
8. CALLAN MB, APPLEMAN EH, SHOFER FS, MASON NJ, BRAINARD BM,
GROMAN RP. Clinical and clinicopathologic effects of plateletpheresis on healthy
donor dogs. Transfusion 2008;48(10):2214-2221.
9. CALLAN MB, JONES LT, GIGER U. Hemolytic transfusion reactions in a dog with
an alloantibody to a common antigen. J Vet Intern Med 1995;9(4):277-279.
10. CALLAN MB, OAKLEY DA, SHOFER FS, GIGER U. Canine red blood cell
transfusion practice. J Am Anim Hosp Assoc 1996;32(4):303-311.
11. CHIARAMONTE D. Blood-component therapy: selection, administration and
monitoring. Clin Tech Small Anim Pract 2004;19(2):63-67.
12. CHING YN, MEYERS KM, BRASSARD JA, WARDROP KJ. Effect of
cryoprecipitate and plasma on plasma von Willebrand factor multimeters and bleeding
time in Doberman Pinschers with type-I von Willebrand's disease. Am J Vet Res
1994;55(1):102-110.
13. CORLOUER JP. Transfusion sanguine chez le chien et le chat: aspects pratiques. In.
Encyclopédie Vétérinaire. Paris: Elsevier; 2001. p.1-15.
14. DAY MJ, MACKIN A, LITTLEWOOD J. Manual of canine and feline haematology
and transfusion medicine: BSAVA. Gloucester: BSAVA; 2000;328.
15. DE FREITAS E, MELO MN, DA COSTA-VAL AP, MICHALICK MS.
Transmission of Leishmania infantum via blood transfusion in dogs: potential for
infection and importance of clinical factors. Vet Parasitol 2006;137(1-2):159-167.
16. DE GOPEGUI RR, FELDMAN BF. Use of blood and blood components in canine
and feline patients with hemostatic disorders. Vet Clin North Am Small Anim Pract
1995;25(6):1387-1402.

75
17. FELDMAN BF. In-house canine and feline blood typing. J Am Anim Hosp Assoc
1999;35(6):455-456.
18. FELDMAN BF, KRISTENSEN AT. Modern veterinary blood banking practices and
their applications in companion animal practice. Vet Clin North Am Small Anim Pract
1995;25(6):1231-1243.
19. FELDMAN BF, SINK CA. Practical Transfusion Medicine. Jackson: 2003;110.
20. GIGER U, GELENS CJ, CALLAN MB, OAKLEY DA. An acute hemolytic
transfusion reaction caused by dog erythrocyte antigen 1.1 incompatibility in a
previously sensitized dog. J Am Vet Med Assoc 1995;206(9):1358-1362.
21. GIGER U, OAKLEY DA, OWENS SD, SCHANTZ P. Leishmania donovani
transmission by packed RBC transfusion to anemic dogs in the United States.
Transfusion 2002;42(3):381-383.
22. HALDANE S, ROBERTS J, MARKS S, RAFFE M. Transfusion medicine. Compend
Contin Educ Vet 2004;26(7):502-518.
23. HALE AS. Canine blood groups and their importance in veterinary transfusion
medicine. Vet Clin North Am Small Anim Pract 1995;25(6):1323-1332.
24. HARRELL KA, KRISTENSEN AT. Canine transfusion reactions and their
management. Vet Clin North Am Small Anim Pract 1995;25(6):1333-1364.
25. HOHENHAUS A. Blood transfusion, Component therapy, and oxygen-carring
solutions. In: Ettinger, editor. Textbook of veterinary internal medicine. St Louis:
Saunders; 2005. p.464-468.
26. HOHENHAUS A. Blood Transfusion and Blood Substitutes. In. Stephen P. DiBartola.
Fluid, Electrolyte, and Acid-Base Disorders in small Animal Practice, 3 ed. St Louis:
Elsevier; 2006. p.567-583.
27. HOHENHAUS AE. Importance of blood groups and blood group antibodies in
companion animals. Transfus Med Rev 2004;18(2):117-126.
28. IAZBIK C, COUTO CG, GRAY TL, KOCIBA G. Effect of storage conditions on
hemostatic parameters of canine plasma obtained for transfusion. Am J Vet Res
2001;62(5):734-735.
29. KAHLER S. Banking on greyhounds. J Am Vet Med Assoc 1994;204(9):1295-1297,
1299.
30. KIRBY R. Transfusion therapy in emergency and critical care medicine. Vet Clin
North Am Small Anim Pract 1995;25(6):1365-1386.
31. KRISTENSEN AT, FELDMAN BF. General principles of small animal blood
component administration. Vet Clin North Am Small Anim Pract 1995;25(6):1277-
1290.
32. LUCAS RL, LENTZ KD, HALE AS. Collection and preparation of blood products.
Clin Tech Small Anim Pract 2004;19(2):55-62.
33. MELZER KJ, WARDROP KJ, HALE AS, WONG VM. A hemolytic transfusion
reaction due to DEA 4 alloantibodies in a dog. J Vet Intern Med 2003;17(6):931-933.
34. MISCHKE R. Plasma transfusion and automated plasmapheresis - possibilities and
limitations for veterinary medicine. Vet J 2005;169(1):12-14.
35. PETRIDES M. Red cell transfusion "trigger": a review. South Med J 2003;96(7):664-
667.
36. PRICE GS, ARMSTRONG PJ, MCLEOD DA. Evaluation of citrate-phosphate-
dextrose-adenine as a storage medium for packed canine erythrocytes. J Vet Intern
Med 1988;2(126).

76
37. PRITTIE JE. Triggers for use, optimal dosing, and problems associated with red cell
transfusions. Vet Clin North Am Small Anim Pract 2003;33(6):1261-1275.
38. REINE NJ. Infection and blood transfusion: a guide to donor screening. Clin Tech
Small Anim Pract 2004;19(2):68-74.
39. ROZANSKI E, DE LAFORCADE AM. Transfusion medicine in veterinary
emergency and critical care medicine. Clin Tech Small Anim Pract 2004;19(2):83-87.
40. SCHNEIDER A. Blood components. Collection, processing, and storage. Vet Clin
North Am Small Anim Pract 1995;25(6):1245-1261.
41. SCHUERGER RJ. Where to get blood donors? J Am Vet Med Assoc 1993;202(5):705-
706.
42. SLICHTER SJ, FISH D, ABRAMS VK, GAUR L, NELSON K, BOLGIANO D.
Evaluation of different methods of leukoreduction of donor platelets to prevent
alloimmune platelet refractoriness and induce tolerance in a canine transfusion model.
Blood 2005;105(2):847-854.
43. STOKOL T, PARRY B. Efficacy of fresh-frozen plasma and cryoprecipitate in dogs
with von Willebrand's disease or hemophilia A. J Vet Intern Med 1998;12(2):84-92.
44. WARDROP KJ. Selection of anticoagulant-preservatives for canine and feline blood
storage. Vet Clin North Am Small Anim Pract 1995;25(6):1263-1276.
45. WARDROP KJ, OWEN TJ, MEYERS KM. Evaluation of an additive solution for
preservation of canine red blood cells. J Vet Intern Med 1994;8(4):253-257.
46. WARDROP KJ, REINE N, BIRKENHEUER A, HALE A, HOHENHAUS A,
CRAWFORD C, et al. Canine and feline blood donor screening for infectious disease.
J Vet Intern Med 2005;19(1):135-142.
47. WARDROP KJ, TUCKER RL, MUGNAI K. Evaluation of canine red blood cells
stored in a saline, adenine, and glucose solution for 35 days. J Vet Intern Med
1997;11(1):5-8.
48. WARDROP KJ, YOUNG J, WILSON E. An in vitro evaluation of storage media for
the preservation of canine packed red blood cells. Vet Clin Pathol 1994;23(3):83-88.
49. WARDROP KJ, YOUNG J, WILSON E. An in vitro evaluation of storage media for
the preservation of canine red blood cells. Veterinary Clinical Pathology 1994;23:84-
86.

77
78
ANNEXE 1: Exemple d’une planche d’étiquettes pour
l’identification des poches

PLASMA FRAIS CONCENTRE DONNEUR


CONGELE ERYTHROCYTAIRE
Conservation -20°C AVEC SAGEM Groupe :
Date de prélèvement : Conservation entre 1 et 6°C
Date de péremption : Date de prélèvement :
Pt Plasmatique : Date de péremption :
Alb plasmatique : Ht concentré : Poche :
Ne pas administrer de soluté calcique par Ne pas administrer de soluté calcique par la
la même voie veineuse même voie veineuse Date :
PLASMA FRAIS CONCENTRE DONNEUR
CONGELE ERYTHROCYTAIRE
Conservation -20°C AVEC SAGEM Groupe :
Date de prélèvement : Conservation entre 1 et 6°C
Date de péremption : Date de prélèvement :
Pt Plasmatique : Date de péremption :
Alb plasmatique : Ht concentré : Poche :
Ne pas administrer de soluté calcique par Ne pas administrer de soluté calcique par la
la même voie veineuse même voie veineuse Date :
PLASMA FRAIS CONCENTRE DONNEUR
CONGELE ERYTHROCYTAIRE
Conservation -20°C AVEC SAGEM Groupe :
Date de prélèvement : Conservation entre 1 et 6°C
Date de péremption : Date de prélèvement :
Pt Plasmatique : Date de péremption :
Alb plasmatique : Ht concentré : Poche :
Ne pas administrer de soluté calcique par Ne pas administrer de soluté calcique par la
la même voie veineuse même voie veineuse Date :

79
80
ANNEXE 2: Registre de suivi des entrées et sorties
de produits

1. Tableau des entrées

DATE DONNEUR TYPE DE POCHE 1 TYPE DE POCHE 2 PRELEVEUR

2. Tableau des sorties

DATE TYPE NUMERO PROPRIETAIRE / SERVICE CLINICIEN


DE DE ANIMAL DEMANDEUR
POCHE POCHE RECEVEUR
INDICATION

Dans le cadre du suivi du stock de produits au sein de la banque de sang, ces deux
tableaux sont collés sur le réfrigérateur et le congélateur de stockage et renseignés au fur et
à mesure des entrées et sorties. L’on peut ainsi connaitre l’état du stock sans avoir à ouvrir
le réfrigérateur ou le congélateur, évitant ainsi toute variation inutile de température au
sein de ceux-ci.

81
82
ANNEXE 3: Fiche de suivi transfusionnel

83
Cette fiche, très complète, est transmise à chaque délivrance de produit au clinicien.
Une fois la transfusion terminée et la fiche complétée, celle-ci est retournée à la banque de
sang. Un retour d’informations quant à l’utilisation des produits et les problèmes
rencontrés est ainsi permis. Cela s’inscrit dans le cadre du suivi de la qualité des produits
de la banque de sang de l’ENVA.

84
ANNEXE 4: Caractéristiques des chiens donneurs :
poids, âge et propriétaire

Animal Race Age (années) Poids (kg) Propriétaire


Chargé
« Uba » Labrador 5 31
consultation
« Aubade » Labrador 3 26 Etudiant
« Ubac » Labrador 4 24 Etudiant
« Bahia» Cane Corso 2 45 Etudiant
« Vanooh » Labrador 3 25 Etudiant
« Viky » B. Allemand 3 34 Etudiant
« Biscotte » Croisé 1,5 22 Etudiant
« Kiara » Croisé 3 21 Etudiant
« Aku » Akita inu 2 31 Interne
« Zigi » Croisé 2 24 Etudiant
« Tchao » Labrador 5 25 Etudiant
« Bounty » Croisé Etudiant
« Benji » Croisé Etudiant
« Rose » Labrador 8 27 UETM
« Uta » Labrador 5 24 UETM
« Topaze » Labrador 6 26 UETM
« Vermine » Labrador 4 26 UETM
« Aavee » Golden 3 28 UETM
« Utopie » Labrador 5 28 UETM
« Spot » Labrador 7 26 UETM
« Teuf » Labrador 6 30 UETM
« Spoon » Labrador 7 34 UETM
« Bravo » Labrador 2 29 UETM
« Tino » Croisé 7 22 Etudiant

85
86
ANNEXE 5 : Groupes sanguins des donneurs
de la banque de sang
Animal DEA 1-1 DEA 3 DEA 4 DEA 5 DEA 7
« Uba » - + + - -
« Aubade » + ND ND ND ND
« Ubac » + (+) + - (+)
« Bahia» - (+) + - -
« Vanooh » + (+) + - -
« Viky » - (+) + - -
« Biscotte » + ND ND ND ND
« Kiara » - - + - -
« Aku » + + + - -
« Zigi » + ND ND ND ND
« Tchao » + (+) + - -
« Bounty » - ND ND ND ND
« Benji » + ND ND ND ND
« Rose » - (+) + - -
« Uta » - ND ND ND ND
« Topaze » - ND ND ND ND
« Vermine » ND ND ND ND ND
« Aavee » + - + - -
« Utopie » - ND ND ND ND
« Spot » + - + - -
« Teuf » + ND ND ND ND
« Spoon » + - + - -
« Bravo » - - + - -
« Tino » + ND ND ND ND

+ : positif/ - :négatif /(+) : positif mais agglutinines froides (faiblement positif) ; ND : non
déterminé

2 donneurs « universels » : DEA 1.1 -, DEA 3 -, DEA 4 +, DEA 5 -, DEA 7 –

10/17 DEA 1.1 négatifs


2/13 DEA 3 positifs, 6/13 DEA 3 faiblement positifs
15/15 DEA 4 positifs
0/15 DEA 5 positifs
1/15 DEA 7 positifs

87
88
ANNEXE 6 : Statut vaccinal et traitements antiparasitaires
des donneurs
Animal Vaccinations Vermifugation
« Uba » CHPPILR à jour Drontal® tous 6 mois
« Aubade » CHPLR et piro à jour Drontal® tous 6 mois
« Ubac » CHPPiL Drontal® tous 6 mois
« Bahia» CHPPiLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Vanooh » CHPPiLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Viky » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Biscotte » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Kiara » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Aku » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Zigi » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Tchao » CHPLR à jour Drontal® alterné avec
Milbemax® tous 6 mois
« Bounty » CHPL à jour Drontal® tous 6 mois
« Benji » CHPL à jour Drontal® tous 6 mois
« Rose » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Uta » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Topaze » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Vermine » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Aavee » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Utopie » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Spot » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Teuf » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Spoon » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Bravo » CHPL à jour Panacur® tous les 6 mois
« Tino » CHPPiLR à jour Drontal® tous les six mois

Tous les donneurs sont vermifugés tous les six mois au moins et correctement
vaccinés pour la maladie de Carré (C), l’hépatite de Rubarth (H), la parvovirose (P) et la
leptospirose (L). Certains sont vaccinés également contre la Rage (R), la toux de chenil (Pi)
ou la piroplasmose (Piro).

89
90
ANNEXE 7 : Fiche d’aptitude au don

91
92
ANNEXE 8 : Planning initial de prélèvements
et de visites pré-dons
DATES PRELEVEURS ANIMAUX CONSULTATION
PRELEVES PRELEVEMENT
Dates Lieux/Consultants
Jeudi 10 avril GB, MM UETM + « Ziggy » Lundi 07 Médecine (Ghita) ou
2008 (Romain Lautie) avril matin Chirurgie (MM)
(GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mercredi 23 JR, MM UETM + « Vicky » Lundi 21 Médecine (Ghita) ou
avril 2008 (Claire Frey) avril matin Chirurgie (MM)
(GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mardi 06 mai GB, MM UETM + « Tchao» Lundi 05 Médecine (Ghita) ou
(Romain Lautie) mai matin Chirurgie (MM)
(GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mardi 20 mai GB, MM UETM + Lundi 19 Médecine (Ghita) ou
2008 « Aubade » (Juliette mai matin Chirurgie (MM)
Leroux) (GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mercredi 04 JR, MM UETM + « Ubac » Lundi 02 Médecine (Ghita) ou
juin 2008 (Lucie Germanique) juin matin Chirurgie (MM)
(GB ou Médecine (Ghita) ou
MM) Chirurgie (MM)
Ou après
midi (MM)
Mercredi 18 JR, GB UETM + « Tino » Lundi 16 Médecine (Ghita) ou
juin 2008 (Anne Elisabeth juin matin Chirurgie (MM)
Woh) (GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)
Mardi 01 GB, MM UETM + «Biscotte» Lundi 03 Médecine (Ghita) ou
juillet 2008 (Benjamin Verdon) juillet matin Chirurgie (MM)
(GB ou
MM)
Ou après
midi (MM)

93
94
OBTENTION ET CONSERVATION
DES DERIVES SANGUINS
APPLICATION A LA CONSTITUTION D’UNE BANQUE DE SANG POUR
L’ESPECE CANINE A L’ENVA

FREY CLAIRE

Résumé :

Cette thèse présente les techniques d’extraction et de conservation des dérivés


sanguins, elle met en parallèle les données bibliographiques et l’exemple de la création en
2008 d’une banque de sang pour l’espèce canine à l’ENVA.
Les techniques d’extraction par centrifugation et la traçabilité des produits de la
banque de sang, le plasma et le concentré érythrocytaire, sont détaillées dans un premier
temps. Nous présentons ensuite les méthodes d’approvisionnement d’une banque de sang, du
recrutement des donneurs jusqu’au prélèvement de sang. La troisième partie de ce travail est
consacrée aux données relatives aux méthodes et aux temps de conservation du plasma et du
concentré érythrocytaire.
Il a été mis l’accent à l’ENVA sur la qualité des produits, de leur élaboration jusqu’à
leur conservation. Cette thèse constitue une formalisation des connaissances et de
l’expérience acquise à l’ENVA durant la mise en place de la banque de sang, aujourd’hui
fonctionnelle et en développement.

Mots clés : BANQUE DE SANG/ TRANSFUSION/ PLASMA/ CONCENTRE


ERYTHROCYTAIRE/ CHIEN

Jury :
Président :
Directeur : Dr. C. DESBOIS
Assesseur : Dr. C. MAUREY-GUENEC

Adresse de l’auteur :
196 rue de l’Ile Napoléon
68400 RIEDISHEIM
PROCESSING AND STORAGE
OF BLOOD COMPONENTS
APPLIED TO ENVA’s BLOOD BANK SETTING UP

FREY CLAIRE

Summary :

This thesis is about processing and storage of blood components based on the example
of the ENVA’s dog’s blood bank development in 2008 and is compared to the bibliography
data.
First, we analyze technical aspects, like centrifugation as a practical method of blood
component’s extraction and traceability of products, which are plasma and packed red blood
cells. In a second part, we describe how to supply the blood bank, from donors’ selection to
blood processing. Third, we focus on plasma’s and packed red blood cells’ storage,
We place emphasis on products quality from process to storage. This thesis likes to be
a practical recap of all knowledge that has been collected during the set up of the ENVA’s
blood bank, which is today operative and in continuous development.

Keywords : BLOOD BANK/TRANSFUSION/PLASMA/PACKED RED BLOOD


CELLS/CARNIVORE/DOG

Jury :
President :
Director : Dr. C. DESBOIS
Assessor : Dr. C. MAUREY-GUENEC

Autor’s adresse :
196 rue de l’Ile Napoléon
68400 RIEDISHEIM

Vous aimerez peut-être aussi