Rapport de Stage Ingénieur
Rapport de Stage Ingénieur
ENSMA
Téléport 2 - 1, avenue Clément Ader
BP 40109 - 86961 Futuroscope Chasseneuil Cedex France
dernières modifications :
08/11/2006
Je tiens en premier lieu à remercier mon maître de stage, Jean-Marie Petit pour m’avoir permis
d’avancer dans mes réflexions énergétiques durant ces quelques mois. Ensuite à Vincent Le Gouic,
pour m’avoir supporté en face de lui cet été, caché derrière mon 17".
Je remercie la direction ainsi que l’ensemble du personnel du Laboratoire d’Etudes Thermiques,
pour son accueil et ses compétences, qui nous ont été techniquement indispensables pour mener à
bien notre travail.
Je remercie également tous ceux qui m’ont aidé et/ou soutenu durant cette période, notamment
ma Marraine Ensmatique Julie Rostagni, Richard Stallman, mon frère et tant d’autres.
Je remercie ceux, des Bricoleurs aux Professeurs, qui m’ont fait partager la passion de la
mécanique bien conçue, et des remises en question aussi rares qu’indispensables.
Résumé
Introduction générale 2
1 Etude bibliographique 3
1.1 Bilan Well to Wheel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Emissions polluantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Résidus de combustion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.2 Produits de dissociation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.3 Règlementation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Alternatives énergétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.1 GPL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3.2 GNV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.3 Hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.4 Hythane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3.5 Tableau récapitulatif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Limite du raisonnement sur le rendement global . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.5 Réflexion sur l’utilisation de l’énergie "perdue" et la "réparttion" de ces énergies . 7
1.6 Adiabatisation du moteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.6.1 Corrélation de Woschni . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.6.2 Exemple de réalisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
-I-
Table des matières
Annexes a
C Brevet Pantone h
- II -
Notation utilisée
C N.m Couple
Csp [Link]−1 Consommation spécifique
HC Hydrocarbure
IFP Institut Français du Pétrole
MàCI Moteur à Combustion Interne
N [Link]−1 Régime moteur
NOx Oxydes d’azote
ω rad.s−1 Vitesse de rotation
Pa bar Pression à l’admission
PCI [Link]−1 Pouvoir Calorifique inférieur
PCS [Link]−1 Pouvoir Calorifique Supérieur
Pe bar Pression à l’échappement
PMB Point Mort Bas
PME bar Pression Moyenne Effective
PMH Point Mort Haut
PMI bar Pression Moyenne Indiquée
RON Indice d’octane recherche
Ta ◦C Température à l’admission
Te ◦C Température à l’échappement
ε Rapport volumétrique de compression
Introduction générale
Introduction générale
La principale source d’énergie utilisée dans le monde est fossile, basée sur la combustion de
dérivés du pétrole. Bien que les estimations de sa raréfaction et donc de l’augmentation de son
coût soient épineuses, c’est aujourd’hui une vérité en progression. Un autre argument pèse pour
la diminution de l’exploitation des énergies fossiles : le réchauffement climatique lié à l’émission
de gaz à effet de serre. Aujourd’hui l’enjeu est donc de fournir des alternatives viables au pétrole,
respectueuses de l’environnement.
Les contraintes imposées à l’industrie en matière de gaz à effet de serre portent leurs fruits, mais
un domaine particulier reste presque constant en terme d’émissions polluantes : le transport. Bien
que les évolutions en matière de motorisation aient permis une forte progression des rendements,
la croissance du marché fait stagner le niveau de pollution. Les industriels sont donc préoccupés
par les changements à venir, imposés par la réglementation et l’économie. L’énergie utilisée à
bord d’un véhicule doit répondre à un cahier des charges très strict, en terme de performance, de
rendement, de coût et de sécurité. La nécessaire transition énergétique n’est donc pas aisée pour
les constructeurs d’automobiles.
Il est difficile de prédire les technologies qui viendront supplanter les motorisations conven-
tionelles. Cependant certains axes sont privilégiés. Comme nous le verrons, le changement de
combustible, notamment vers le gaz naturel et l’hydrogène, permet tout en utilisant les techno-
logies actuelles de remplacer les produits pétroliers dans l’automobile. Une simple évolution de
la motorisation n’est probablement pas suffisante, la transition énergétique demandant des rende-
ments importants, difficiles à obtenir uniquement par optimisation. Ainsi un nouveau point de vue
dans lequel les pertes, notamment thermiques, sont vues comme une énergie exploitable pourrait
apporter des solutions plus adaptées au contexte énergétique futur.
L’objectif de cette étude est de mener une réflexion sur les voies possibles en matière de com-
bustible alternatifs et de récupération d’énergie. Ces travaux ont été mené en collaboration avec
Vincent Le Gouic (Stage Ingénieur) et Maxime Karrer (Projet de Fin d’Etude et Master), au sein
de l’ENSMA. Certaines parties sont donc communes entre nos travaux.
Le projet part d’une étude bibliographique pour une présentation de l’état de l’art en matière
d’alternatives énergétiques. On réalisera une campagne d’essai afin de dresser une étude com-
parative entre différents combustibles. Ces résultats d’essai seront comparés à ceux d’un modèle
zerodimentionnel. Celui-ci pourra alors servir de base pour des travaux futurs d’optimisation. Nous
imaginerons une autre répartition de l’énergie, notamment entre circuit de refroidissement et gaz
d’échappement. Cette approche nous permettra alors de valider, en terme d’ordre de grandeur,
différents systèmes de conversion d’énergie destinés à augmenter le rendement du moteur. Enfin
nous dresserons le bilan de cette étude, en matière de perspectives d’utilisation de tels systèmes,
et des nécessaires travaux d’approfondissement futurs.
-2-
Chapitre 1
Etude bibliographique
Ainsi tout couple combustible/moteur peut être comparé dans sa répercussion globale pour
l’environnement. On peut donc distinguer les "fausses bonnes idées" des compromis d’avenir. Il
faut cependant faire très attention aux moyens mis en œuvre pour la production et aux conditions
d’exploitation, qui peuvent faire varier complètement la valeur. Nous verrons en fin de chapitre un
tableau récapitulatif [2].
Ces produits, qui sont de forme carbonée constituent en volume la plus grande part des gaz
d’échappement.
Dioxyde de carbone Le CO2 est avec l’eau le principal résidu de la combustion. C’est un gaz
qui sert de référence en terme de contribution à l’effet de serre. Il est l’image, par conservation
des espèces chimiques lors de la réaction, de la consommation. La combustion de l’huile perdue
par manque d’étanchéité est également productrice de CO2 . Cette émission polluante est forte-
ment règlementée en Europe. La réduction de cette émission est l’un des principaux objectifs du
motoriste.
1
C’est à dire du puits à la roue
-3-
1. Etude bibliographique 1.2. Emissions polluantes
Suies Elles se forment par oxydation du CO dans les mélanges riches, à une température de 1 500
à 2 000K. Elles sont constituées de sphérules de carbone solide, visibles sous forme de fumée en sortie
d’échappement. Une réoxydation par ajout d’oxygène ou par recirculation des gaz d’échappement
(EGR) permet de diminuer fortement ces émissions. Les suies sont fortement réglementées pour
les moteurs Diesel, mais posent peu de problèmes pour les moteurs à allumage commandé 4 temps
à essence, du fait du prémélange.
Hydrocarbures Les HC, donnés en parties par million représentent les hydrocarbures imbrûlés.
Ils traduisent un mélange riche ou un faible rendement de combustion. Lorsque les parois sont
froides au démarrage du moteur, la liquéfaction des vapeurs de carburant favorise leur rejet. Ils
sont traités par les catalyseurs pour produire de l’eau et du CO2 .
Oxydes d’azote Les NOx sont une famille de polluants très nocifs qui ne sont pris en compte
par les motoristes que depuis le milieu des années 70. Il est possible de limiter leur formation en
abaissant les températures et pressions de fonctionnement dans la chambre de combustion. Les
deux principaux composés sont le NO et le NO2 , deux poisons violents. Le NO est responsable par
recombinaison avec l’eau des pluies acides et le NO2 est un gaz à effet de serre très puissant. Ils
peuvent être traités par catalyse, notamment par catalyseur 3 voies et plasma froid.
Oxydes de soufre Le SO et le SO2 ont pour origine la dissociation du soufre contenu dans le
carburant. Ce sont également des poisons pour les organismes vivants, d’odeur désagréable. La
teneur en soufre des carburants est régulée en Europe pour éviter ces émissions, ce qui n’est pas
le cas aux Etats Unis, où les gaz d’échappement conservent une odeur caractéristique.
1.2.3 Règlementation
Les émissions polluantes sont maintenant régulées en Europe pour les véhicules automobiles.
Ces limitations d’émissions ont contribué à des solutions techniques comme l’injection pour les
moteur essence, l’utilisation généralisée de pots catalytiques ou le développement des filtres à
particules. En terme de bilan écologique, il est aussi important de mentionner le retraitement des
organes de dépollution après utilisation. Les filtres à particules sont brûlés sans retraitement et
les métaux lourds des pots catalytiques ne sont pas recyclés. En effet, sur l’objectif d’un véhicule
recyclable à 90%, moins d’un tiers est effectivement recyclé. L’impact d’un véhicule ne se résume
donc pas seulement à son respect de la norme en vigueur lors de son homologation :
-4-
1.3. Alternatives énergétiques 1. Etude bibliographique
Tab. 1.1 – Norme Euro pour les moteurs Diesel (en g/km)
Tab. 1.2 – Norme Euro pour les moteurs à essence (en g/km)
Cependant, cette norme n’impose que des limites d’émissions et pas de consommation. Ainsi, les
systèmes de post-combustion pour réchauffer le pot catalytique plus rapidement, sans fin propulsive
semblent aberrantes techniquement mais cependant en accord avec le respect des normes. De même
d’autres systèmes de dépollutions, notamment par liquéfaction chez SAAB ne peuvent être mis en
place du fait de l’obligation du pot catalytique. Celui-ci met plusieurs dizaines de kilomètres pour
atteindre les 400◦ C nécessaires à son fonctionnement. Avec un trajet moyen de 4 kilomètres en
France, il est évident que les moyens les plus efficaces de réduction de pollution pour les véhicules
individuels résultent autant de solutions techniques que d’une rationalisation de l’utilisation des
moyens de transports2 .
1.3.1 GPL
-5-
1. Etude bibliographique 1.3. Alternatives énergétiques
facile à mettre en œuvre, bénéficiant d’ores et déjà d’infrastructures de distribution mais il n’est
qu’un carburant de transition qui peut permettre de reculer l’échéance du pic pétrolier5 en atten-
dant d’autres solutions.
Son utilisation dans les moteurs à allumage commandé est aisée et permet une amélioration de la
durée de vie des composants mécaniques ; notamment par l’absence de suies qui évite l’encrassement
et maintient l’huile plus propre. Le meilleur indice d’octane diminue la probabilité de cliquetis.
L’installation se fait à l’aide d’un kit, permettant une bi-carburation du véhicule. Un dispositif
de sécurité du réservoir permet d’éviter le BLEVE6 et donc l’explosion du réservoir. Le succès
technique de cet équipement prouve la validité de l’utilisation automobile d’un combustible gazeux.
1.3.2 GNV
Le Gaz Naturel pour Véhicule est composé de méthane à 97%. Il représente le meilleur rapport
H
C des hydrocarbures. La pollution au CO et CO2 est donc fortement diminuée comparativement
à un fonctionnement à l’essence. Le GNV provient de l’exploitation des ressources fossiles de gaz
naturel, mais peut également être produit à partir de la biomasse, notamment par la méthanisation
des déchets. Cependant cette filière n’est pas encore privilégiée.
Le réseau n’est pas encore bien développé en France (32 stations, pour bus uniquement) par
rapport à d’autres pays d’Europe, comme l’Allemagne avec 743 stations et une nouvelle chaque
semaine. L’AFGNV7 estime que 300 stations seront installées en 2010. La société Gaz de France
commence à proposer des solutions de rechargement à domicile, à partir du réseau de gaz urbain.
On manque cependant de recul actuellement pour donner des prévisions fiables.
L’installation peut se faire sur des moteurs à allumage commandé sans autre modification que
l’ajout d’un kit, à l’instar du GPL. Sur les bus, ce sont généralement des moteurs Diesel, pour
lesquels un système d’allumage est ajouté qui sont utilisés. Ceci permet d’utiliser un plus grand
rapport volumétrique afin de profiter de l’important indice d’octane du méthane (environ 130).
1.3.3 Hydrogène
Le dihydrogène est un combustible idéal au niveau des émissions de polluants, car les seuls
rejets carbonés issus de la combustion proviennent de l’huile moteur. Cependant, un bon réglage
est essentiel pour éviter la formation de NOx. De plus, le bilan W2W devra être particulièrement
étudié ses écarts étant très importants selon les procédés de fabrication.
L’hydrogène pose des problèmes techniques qui lui sont propres, notamment vis-à-vis de sa
masse volumique. Ainsi, à richesse unitaire, l’hydrogène représente 30% du volume de la chambre
de combustion. Cette perte de puissance peut être évitée par une injection en phase gazeuse ou
cryogénique. Le stockage sous forme gazeuse est pour l’instant le plus intéressant, le passage à l’état
liquide consommant 30% du PCI, non valorisable en cas d’injection liquide. Cependant d’autres
forme de stockage comme les hydrures métalliques, déjà utilisés pour des applications spatiales8
permettraient les avantages de la forme liquide en terme de masse volumique sans pertes dues au
changement de phase et au bowl-off du réservoir.
1.3.4 Hythane
-6-
1.4. Limite du raisonnement sur le rendement global 1. Etude bibliographique
de l’hydrogène. On réduit ainsi les émissions de CO2 par rapport au GNV sans les inconvénients
de stockage et d’utilisation de l’H2 .
La société Hythane propose toute une chaîne de production et d’utilisation, allant du réformeur
à la pompe. Des lignes de bus sont actuellement équipées en France et aux USA.
En terme d’avenir sur les systèmes propulsifs, il est courant de lire que le rendement d’un
moteur à combustion interne d’automobile peut atteindre 35%, contre 60% espéré pour une pile
à combustible. Soit respectivement 65% et 40 % de pertes. Est-il donc possible de valoriser les
"pertes" d’un MàCI pour rendre son rendement comparable à celui d’une pile à combustible ?
Outre l’utilisation de cette énergie pour le chauffage de l’habitacle, une conversion vers une autre
forme d’énergie permettrait, via une approche système, de mieux utiliser le PCI apporté à la
chambre de combustion.
Le circuit de refroidissement et les gaz d’échappement peuvent constituer deux sources d’énergie
complémentaires.
Si l’on suppose que le circuit de refroidissement n’est pas nécessaire au chauffage de l’habitacle,
on peut choisir de rediriger son énergie vers le circuit d’échappement, à plus haute température.
On s’intéressera à cette répartition au chapitre suivant.
-7-
1. Etude bibliographique 1.6. Adiabatisation du moteur
Afin de donner au motoriste un outil prévisionnel des transferts thermiques par convection au
voisinage des cylindres, Woschni a établi une corrélation à l’aide d’une base de données réalisée
sur banc d’essai moteur.
Pour un cylindre d’alésage B, utilisé comme longeur caractéristique, w la vitesse moyenne des
gaz dans le cylindre, la conductivité des gaz pour laquelle on suppose k ∝ T 0,75 , et leur viscosité
pour laquelle µ ∝ T 0,62 . En supposant que p = ρRT et N u = 0, 035Rem , on obtient :
hc = CB m−1 pm wm T 0,75−1,62m
Woschni suppose que la vitesse des gaz durant l’admission, la compression et l’échappement
sont proportionnels à la vitesse du piston. Pour la combustion et la détente, il considère que compte
tenu de la vitesse de flamme (environ 10m/s), la vitesse des gaz est également comparable à la
vitesse moyenne du piston. Nous avons constaté avec l’hydrogène que cette hypothèse n’était plus
valable, la vitesse du front de flamme étant supérieure d’un facteur 10. Cette vitesse moyenne
des gaz est décrite par Woschni comme valant, pour un moteur 4 temps, refroidi par eau et à 4
soupapes par cylindre, sans swirl, comme valant
Vd T r
w = C1 Sp + C2 (p − pm )
pr V r
-8-
1.6. Adiabatisation du moteur 1. Etude bibliographique
Le constructeur japonais Isuzu [4] est à la pointe dans ce domaine. Tout d’abord conçu sur
moteur à essence pour accroître les performances en compétition, c’est aujourd’hui sur les moteurs
Diesel que la technique de moteur adiabatique est appliquée. En isolant les conduits, culasse,
injecteur et piston, les gains sont considérables. Les particularités techniques du moteur LHRE9
sont illustrées en figure 1.1. Les diagrammes de la figure 1.2 montrent les gains en rendement et en
frottement. Le circuit de refroidissement, recevant la même puissance que l’huile par les frottements,
ne nécessite plus d’échangeur. Avec 11% d’enthalpie supplémentaire dans les gaz d’échappement,
il reste une part utilisable en plus des accesoires de la ligne d’échappement. C’est à cet endroit
qu’un dispositif de récupération d’énergie pourra être placé.
9
Low Heat Rejection Engine
-9-
Chapitre 2
Puissance
Pressions moyennes
Le Travail indiqué Wi est le travail global développé par les gaz sur le piston au cours du cycle
complet. Il est obtenu par planimétrage du diagramme p-V. Il correspond à :
I
Wi = [Link]
La Pression moyenne Indiquée est pression constante théorique qui, appliquée sur le piston en
déplacement, fournirait le même travail indiqué Wi .
I
[Link]
PMI =
Vcyl
avec la décomposition suivante :
Wi = (P M IHP − P M IBP ).Vcyl
WiBP représente le travail de transvasement des gaz dans la machine. La relation entre Pi et P M I
est donnée par :
N
Pi =
120.P M [Link]
- 10 -
2.1. Quelques rappels sur les moteurs à combustion interne 2. Etude expérimentale comparative
La Pression Moyenne Effective est une pression fictive, reliée au couple développé par le mo-
teur, recueillie sur l’arbre de sortie. Elle permet de comparer des moteurs de caractéristiques
géométriques différentes.
0, 4.π.C
PME =
Vcyl
La relation entre Pe et P M E est :
[Link]
PME =
Vcyl .N
De même on exprime une pression moyenne de frottement :
Le pourcentage de pertes à l’échappement (aussi appellées pertes par enthalpie sensible) s’ex-
priment comme suit :
ΦCpg
ηechap = 100 (Ta − Te )
rP CI
- 11 -
2. Etude expérimentale comparative 2.2. Description du banc d’essai moteur
Rendement indiqué ηi
Pi
ηi =
Pcalocomb
Avec Pcalocomb la puissance libérée par la combustion.
Il s’agit du rapport de puissance effective recueillie sur l’arbre à la puissance calorifique apportée
par le carburant.
Pe
ηg =
Pcalocarb
3, 6.106
Csp =
ηi .P CI
Cette donnée ne permet pas de comparer les consommations de différents combustibles pour un
même moteur, puisque le PCI est pris en compte.
- 12 -
2.3. Adaptation du banc aux nouveaux combustibles 2. Etude expérimentale comparative
Le banc d’essai est équipé d’un moteur à allumage commandé, initialement prévu pour utiliser
de l’essence. Afin de pouvoir procéder à une campagne d’essai utilisant d’autres combustibles, dans
le cadre du projet de fin d’étude de Maxime Karrer, certaines adaptations ont été nécessaires :
– Remplacement de l’injecteur pour permettre un grand débit volumique ;
– Remplacement des tuyaux et des conduites d’air ;
– Ajout d’un tuyau de récupération des gaz de carter du cache-culbuteur à la ventilation ;
– Installation d’un siphon entre l’admission et la chambre de tranquillisation ;
– Ajout d’un ventilateur en sortie de chambre de tranquillisation pour atténuer les effets acous-
tiques ;
– Vérification de la conformité des appareils électriques aux normes anti-déflagration.
Ainsi le même injecteur permet des essais à l’essence, au méthane et au dihydrogène sans autre
changement que le circuit d’alimentation. Le siphon inversé, le ventilateur et les orifices de la
chambre de tranquillisation évitent des zones d’accumulation. La récupération des gaz de carter
évite la propagation des gaz d’échappement dans la cabine d’essai. Ces modifications ont donné
entière satisfaction lors de la campagne d’essais.
- 13 -
2. Etude expérimentale comparative 2.3. Adaptation du banc aux nouveaux combustibles
- 14 -
2.4. Essais à réaliser 2. Etude expérimentale comparative
Les conditions suivantes ont été retenues pour mettre en évidence le comportement des diffé-
rents combustibles :
– Régime de rotation constant ;
– Température d’huile constante ;
– Essais de référence sans combustion, à pleine charge et à mi-charge2 ;
– Richesse 1 et pleine charge pour l’essence ;
– Richesse 1, pleine charge et mi-charge pour CH4 et H2 ;
– Mélange pauvre à pleine charge pour CH4 et H2 .
Ces essais comparatifs sur le banc sont destinés à servir de référence pour les études futures.
Le tableau suivant récapitule les conditions pour chaque manipulation :
Pour chaque essai, le réglage optimal d’avance à l’allumage et d’injection ont été recherchés.
La richesse du mélange a été réglée à partir de l’analyse des gaz d’échappement.
2.5 Résultats
Les résultats de cette campagne ont été très riches en enseignement sur la facilité de mise en
œuvre du méthane et de l’hydrogène. Il a été possible de parvenir à un réglage optimal pour chaque
configuration. Pour ces essais la température d’huile était d’environ 95◦ C, et celle de l’air à 28◦ C.
Le tableau suivant résume les mesures effectuées :
La répartition de l’énergie apportée au moteur entre les différents circuits est donnée en fi-
gure 2.6. Ces valeurs correspondent aux essais à pleine charge et richesse unitaire, pour les trois
combustibles.
2
La mi-charge a été réglée pour une pression d’admission deux fois plus faible qu’à pleine charge
- 15 -
2. Etude expérimentale comparative 2.5. Résultats
Fig. 2.6 – Bilan d’énergie pour les trois combustibles, à pleine charge, richesse 1
Les suppositions émises sur la PMI ont été vérifiées lors des essais, à savoir :
Un autre critère a également été observé. Le moteur présente moins d’irrégularité cyclique de
combustion au méthane qu’à l’essence (les courbes de pressions fluctuent moins). Avec de l’hydro-
gène, le phénomène est encore plus visible. La combustion présente un bon caractère de stabilité,
et le moteur émet un son très régulier, faisant penser un moteur Diesel d’ancienne génération.
On notera pour chaque combustible les remarques suivantes :
2.5.2 Méthane
– La PMI est plus faible qu’à l’essence ;
H
– Les émissions en CO, HC et CO2 sont plus faibles en pourcentage du fait du rapport C
favorable ;
– Le mélange pauvre est possible en adaptant l’avance à l’allumage ;
– Les NOx sont du même ordre de grandeur qu’à l’essence.
– L’adaptation au moteur est aisée.
2.5.3 Hydrogène
– La PMI est plus faible qu’au méthane ;
– Les émissions en CO, HC et CO2 sont nulles, sauf combustion d’huile ;
– Le mélange pauvre permet d’éliminer les NOx ;
– Adaptation délicate au moteur en raison des caractéristiques particulières de l’H2 , notamment
la vitesse de flamme.
Nous pouvons donc conclure que l’utilisation des combustibles alternatifs CH4 et H2 offre de
grandes possibilités et de bonnes perspectives si l’on ne souhaite pas s’orienter vers une rupture
technologique en matière de motorisation.
- 16 -
Chapitre 3
Afin d’éviter d’avoir à effectuer un essai pour chaque point à valider, et de bénéficier d’un outil
permettant des études paramétriques, on s’oriente vers l’utilisation d’un code de calcul thermody-
namique développé en partenariat avec le Laboratoire de Combustion et Détonique.
- 17 -
3. Etude préparatoire à la recherche de voies d’optimisation du moteur à l’aide d’un modèle
thermodynamique de combustion 3.2. Structure du code de calcul
La figure 3.1 montre un exemple des phénomènes pris en compte dans la structure d’un modèle
zéro-dimensionnel.
Le code de calcul fourni repose sur un modèle de combustion par tranches. Ce modèle est
appliqué aux moteurs à allumage commandé à piston. Le volume délimité par le piston et le
cylindre est divisé en un nombre de tranches prédéterminé. Ces tranches peuvent être planes,
cylindriques ou sphériques. La figure 3.2 montre les différents découpages.
Le modèle repose sur plusieurs hypothèses qu’il convient de préciser. Il est considéré qu’il n’y
a aucun transfert de masse entre les différentes tranches. La pression évolue en fonction du temps
mais est considérée uniforme dans toutes les tranches. Les gaz sont supposés parfaits.
La combustion par tranches s’effectue en deux étapes. La tranche i concernée par la propagation
du front de flamme brûle à pression constante. A cause de l’élévation de tempéraure causée par la
combustion, le volume de la tranche augmente.
La deuxième étape consiste en une recompression isentropique de l’ensemble du volume de la
chambre pour revenir au volume délimité par les parois. La figure 3.3 donne un schéma du principe
de combustion par tranches.
- 18 -
3. Etude préparatoire à la recherche de voies d’optimisation du moteur à l’aide d’un modèle
3.2. Structure du code de calcul thermodynamique de combustion
Le calcul de la vitesse laminaire de flamme repose sur les tables ChemKin. Un coefficient
multiplicateur de la vitesse laminaire de flamme calculée permet de prendre en compte l’effet de la
turbulence sur la propagation de la flamme. La figure 3.4 montre l’effet du plissement de la flamme
sur la vitesse de propagation.
Les échanges de chaleur entre les gaz et les parois sont uniquement modélisés par la corrélation
de Woschni. Un coefficient multiplicateur de cette corrélation permet d’ajuster les échanges pour
se rapprocher de résultats expérimentaux.
La concentration des espèces est basée sur le principe d’équilibre thermodynamique permettant
d’obtenir la production de polluants en sortie du moteur.
Les phases de transvasement ne sont pas modélisées. On ne visualise donc pas la boucle basse
de pression et le travail qui lui est associé.
Le code de calcul est programmé en Fortran 90 et il s’appuie sur des modules existants.
Certains aspects sont encore en cours de développement, comme les transfert radiatifs et conductifs,
un modèle de turbulence k − ε ou une loi de variation du volume de la chambre en fonction de
0
Chemical Kinetic, du Sandia National Laboratories
- 19 -
3. Etude préparatoire à la recherche de voies d’optimisation du moteur à l’aide d’un modèle
thermodynamique de combustion 3.3. Description de l’interface
l’angle vilebrequin. Ces travaux sont largement détaillés dans le rapport de Projet de Fin d’Etude
de Maxime Karrer.
Celui-ci permet néanmoins de réaliser des études paramétriques mettant en valeur différents
aspects de la combustion dans des moteurs à piston.
L’intérêt de l’interface est de créer un dossier portant le nom de la simulation contenant le fichier
d’entrée du code de calcul, les fichiers de sortie et toutes les courbes créées par la génération de
résultats. L’utilisateur peut ainsi revenir sur des exécutions passées sans avoir à archiver lui-même
des résultats générés.
Les languages utilisés permettent également une exécution sur tous les types de systèmes d’ex-
ploitation dès lors que le code de calcul est recompilé et rendu exécutable sur la plateforme concer-
née. PHP permet également une vérification syntaxique des paramètres entrés par l’utilisateur ce
qui assure une parfaite exécution du code.
- 20 -
3. Etude préparatoire à la recherche de voies d’optimisation du moteur à l’aide d’un modèle
3.4. Calage et validation du modèle thermodynamique de combustion
Comme nous l’avons vu précédemment, le paramètre pris en compte par le code de calcul est
une vitesse laminaire de flamme. Nous savons cependant que la combustion est turbulente dans la
chambre. Le "coefficient de combustion turbulente" kturb utilisé dans cette version du programme
permet d’agir sur la durée de combustion. Pour chaque combustible, il est donc possible de trouver
une constante décrivant la durée de la combustion.
Lors de la combustion, les échanges thermiques ont une grande importance et conditionnent
l’allure du pic de pression. De la même manière que pour le "coefficient de combustion turbulente",
le coefficient multiplicatif de la corrélation de Woschni va permettre de finir le calage entre l’essai
et le modèle, pour une première approximation. Le type de tranche a également son importance.
Les tranches planes donnant des résultats peu réalistes, le choix s’effectue donc entre tranches
cylindriques et sphériques.
- 21 -
3. Etude préparatoire à la recherche de voies d’optimisation du moteur à l’aide d’un modèle
thermodynamique de combustion 3.4. Calage et validation du modèle
3.4.4 Validation
Les paramètres étant interdépendants, et les résultats variant d’un essai à l’autre même avec
un combustible identique, un compromis est nécessaire sur les valeurs des coefficients. Une fois ce
choix effectué, la superposition des courbes a été jugée satisfaisante, à la manière de la figure
3.7. L’interface, et notamment le tracé automatique des courbes, a permis un gain de temps
considérable, plus d’une centaine de runs ayant été nécessaires pour trouver un compromis. Le
modèle a été validé avec les valeurs suivantes :
- 22 -
3. Etude préparatoire à la recherche de voies d’optimisation du moteur à l’aide d’un modèle
3.4. Calage et validation du modèle thermodynamique de combustion
Fig. 3.7 – P = f (α) pour un essai d’H2 à richesse 0,6 à pleine charge, modèle avec échange de
chaleur
Fig. 3.8 – P = f (α) pour un essai d’H2 à richesse 0,6 à pleine charge, modèle adiabatique
- 23 -
Chapitre 4
Nous allons aborder dans ce chapitre trois systèmes de conversion d’énergie récupérée à l’échap-
pement :
– Thermoélectricité ;
– Electrolyse en phase gazeuse ;
– Dispositif "Pantone".
L’objectif est de documenter chacun de ces systèmes et de donner en terme d’ordre de grandeur
son rendement énergétique.
4.1 Thermoélectricité
4.1.1 Principe
L’obtention d’énergie électrique à partir d’une source de chaleur peut se faire par effet Seebeck.
Cet effet thermoélectrique est celui des thermocouples utilisés en tant que capteurs de température.
Le Coefficient Seebeck décrit que la différence de température dT à la jonction de deux matériaux
a et b implique une différence de potentiel électrique dV selon :
dV
Sab =
dT
Le coefficient Seebeck, également appelé "Pouvoir Thermoélectrique" s’exprime en V.K−1 (ou plus
généralement en µV.K−1 pour les matériaux usuels).
Les coefficients Seebeck des deux matériaux sont reliés au coefficient Seebeck du couple selon :
Sab = Sa − Sb
Pour la génération d’électricité par effet thermoélectrique, un module est constitué de couples
connectés électriquement. Chacun des couples est constitué d’un matériau semi-conducteur de
type p (S>0) et d’un matériau semi-conducteur de type n (S<0). Ces deux matériaux sont joints
par un matériau conducteur dont le pouvoir thermoélectrique est supposé nul (voir figure 4.1). Les
deux branches (p et n) du couple et tous les autres couples composant le module sont connectés
en série électriquement et en parallèle thermiquement. Cette disposition permet d’optimiser le
flux thermique qui traverse le module et sa résistance électrique. Le flux de chaleur entraîne un
déplacement des porteurs de charge, et par conséquent l’apparition d’un courant électrique.
- 24 -
4.1. Thermoélectricité 4. Etude de solutions de récupération d’énergie à l’échappement
4.1.2 Rendement
Par souci de simplicité, nous raisonnerons par la suite sur un seul couple, formé de deux
matériaux de sections constantes. Le rendement théorique défini par la relation suivante :
Température ambiante Le matériau le plus étudié à l’heure actuelle est Bi2 Te3 (alliage de
bismuth et de tellure). Des valeurs du facteur de mérite ZT proches de 1 sont obtenues grâce à
une très faible conductivité thermique.
- 25 -
4. Etude de solutions de récupération d’énergie à l’échappement 4.1. Thermoélectricité
interdite du semi-conducteur) à la valeur désirée. Les meilleurs matériaux obtenus ont des facteurs
de mérite proche de l’unité autour de 700K. Le tellure et le plomb sont des matériaux toxiques.
Des études sont donc menées actuellement dans le but du remplacement de ces alliages.
Hautes températures Les alliages à base de silicium et germanium possèdent de bonnes ca-
ractéristiques thermoélectriques aux hautes températures (au-dessus de 1000K) et sont notamment
utilisés pour la génération d’électricité dans le domaine spatial.
On réalise facilement qu’un dispositif de récupération d’énergie basé sur l’effet thermoélectrique
n’aurait pas d’intérêt sur le circuit de refroidissement. En terme d’ordre de grandeur, un tel système
permettrait donc, placé sur l’échappement, le remplacement de l’alternateur pour les véhicules
actuels. Ce gain de rendement global est non négligeable, sachant que les modules Seebeck sont
d’une grande durée de vie, car dépourvus de toute pièce ou fluide mobile.
Un système Seebeck de TEG1 a été essayé en 2002 sur camions par la société Hi-Z Technology
[5] en Californie. Avec 72 modules Seebeck d’un rendement de 4,5%, la récupération d’énergie
1
ThermoElectric Generator
- 26 -
4.2. Electrolyse en phase gazeuse4. Etude de solutions de récupération d’énergie à l’échappement
s’élève à 1kW sur un moteur Diesel Cummins de 260kW. Soit un équipement d’une valeur de 6000$
environ2 , et un gain de masse négligeable devant celle du silencieux d’échappement.
Bien que le principe soit séduisant, les rendements des systèmes thermoélectriques sont encore
insuffisants pour que leur emploi se révèle judicieux. Cantonné à des niches commerciales où la
fiabilité et la durabilité sont plus importantes que le coût, ils ne sont pas produits en assez grande
série pour une compatibilité de prix avec le domaine automobile. Mais les recherches sur de nou-
veaux diélectriques basés sur les couches minces issues de la microélectronique ou les nanotubes
de carbones laissent envisager des facteurs de mérite de 2,4 qui permettraient des applications in-
dustrielles notamment en matière de réfrigération et de récupération d’énergie sur des applications
fixes3 . Un débouché dans le secteur des transports n’est donc pas improbable à moyen terme.
L’électrolyse en phase liquide est caractérisée par des rendements compris entre 25 et 40% [6].
L’eau étant présente sous forme de vapeur à l’échappement, sa liquéfaction lui emprunterait son
enthalpie de changement de phase, laquelle devrait lui être restitué pour l’obtention du mélange
stœchiométrique O2 et H2 gazeux. On peut également envisager un stockage d’eau sous forme
liquide à bord du véhicule.
Une autre voie, consistant à rester en phase gazeuse, permet une électrolyse plus adaptée. A
une température de 2200 K, le courant électrique n’est plus nécessaire en raison d’une réaction de
thermolyse qui décompose l’eau en hydrogène et oxygène. Cependant, de telles températures ne
sont pas pratiques industriellement. Les systèmes HTE4 , qui fonctionnent généralement entre 400
et 1150 K, permettent de fournir l’énergie indispensable à la dissociation. Une électrode poreuse
assure la perméabilité aux gaz, associée à un électrolyte ne laissant passer que les ions. Ceci permet
donc de récupérer O2 et H2 de façon séparée.
4.2.2 Rendements
- 27 -
4. Etude de solutions de récupération d’énergie à l’échappement4.2. Electrolyse en phase gazeuse
Pour des températures identique des gaz d’échappement, le rendement est donc 10 fois supérieur
à celui qu’il est possible d’obtenir par effet Seebeck.
Ce système de récupération d’énergie est à l’étude pour augmenter le rendement des centrales
nucélaires, en utilisant la chaleur actuellement dissipée dans les tours de convection pour produire
de l’hydrogène. Une campagne d’essai pratiquée en février 2005 par Ceramatec et l’Idaho National
Laboratory [7] a donné entière satisfaction après 1000 heures de fonctionnement. Le rendement était
de 50%, avec des débits d’hydrogènes compatibles avec une station de remplissage de bouteilles.
Un démonstrateur de 5MW est actuellement à l’étude, pour une production 30 fois plus importante
que dans le précédent test.
En embarqué, l’idée est d’utiliser l’eau disponible à bord du véhicule : celle contenue sous forme
de vapeur dans les gaz d’échappement. Pour un véhicule5 utilisant de l’essence, on peut immaginer
une électrolyse gazeuse ayant pour but de réintroduire l’hydrogène dans le circuit d’admission. En
prenant arbitrairement un rendement de 50% pour la HTE, on peut comparer l’énergie récupérable
avec l’H2 produit :
5
Afin d’utiliser une référence, le véhicule choisi est une Renault Mégane 1.6L, consommation norme CEE Euromix
- 28 -
4.3. Réflexions autour du [Link]
Etude de solutions de récupération d’énergie à l’échappement
Cependant la puissance en terme de PCI ne prend pas en compte l’énergie électrique dépensée.
Nous n’avons bien évidemment pas affaire à un mouvement perpétuel ! L’utilisation de cette forme
de récupération d’énergie est donc liée à un apport d’énergie, éventuellement lié une stratégie de
véhicule hybride. L’intérêt principal est alors l’utilisation d’un combustible plus propre, et une
augmentation de l’autonomie du véhicule.
Selon son auteur, le réacteur permet par dissociation de cracker les molécules d’eau et d’hy-
drocarbure, permettant ainsi des diminutions de consommation et de pollution. La réaction sensée
s’effectuer n’est pas comprise par l’auteur, qui évoque entre autre l’apparition d’un plasma. Après
démontage, on constate que la tige du réacteur chauffe à une température de 400◦ C environ, ce
qui est insuffisant pour une dissociation efficace.
Annonçant pouvoir utiliser un mélange de 80% d’eau et de 20% d’essence, en diminuant la
pollution en CO2 de 90%, les performances du montage sont difficilement vérifiables. En effet, il
semble que le bullage ne fasse que polluer le carburant, diminuant considérablement son PCI6 .
Seule l’essence est alors vaporisée et effectivement utilisée dans le moteur. D’autres mélanges à
base d’hydrocarbures lourd, d’huile, de pétrole brut, d’acide de batterie conviennent également
selon Paul Pantone. Comme beaucoup de lecteurs, on peut s’interroger et essayer de donner un
raisonnement critique par rapport à cette invention.
6
Voir PFE de Christophe Martz, où il annonce une division par 3 du PCI après utilisation
- 29 -
4. Etude de solutions de récupération d’énergie à l’échappement
4.3. Réflexions autour du brevet Pantone
4.3.2 Antécédents
En effectuant des recherches d’antériorité de brevet, qui comprend des réclamations déjà dépo-
séees dans d’autres brevets, on arrive à établir un arbre d’antériorité, donné en figure 4.6. Celui-ci
s’arrête au premier niveau, les brevets plus en amont datant pour la plupart de la révolution
industrielle. Parcourons brièvement ces systèmes :
Chatwin US4267976A1 Le brevet décrit l’utilisation d’un électrolyseur équipé d’une plaque
résonnante à ultrason. Le but est d’effecter la vaporisation de l’ammoniac entre le réservoir et le
conduit d’admission d’un MàCI. Les inconvénients de ce système sont la pollution en NOx, peu
prise en compte à l’époque et la tension de 100 000V nécessaire à l’électrolyseur.
Yoon US4418653 Cette invention consiste en l’utilisation de catalyseurs à base de cuivre, zinc,
aluminium et thorium pour transformer du méthanol en H2 et en CO2 .
Joy US4429534 Ce brevet est également un réformeur de méthanol. En sortie du catalyseur, les
gaz d’admission sont composés de 61% de H2 et de 31% de CO, lesquels servent de combustibles.
Le générateur de vapeur et le réacteur catalytique utilisent la chaleur des gaz d’échappement dans
des échangeurs. Un turbine permet également d’améliorer le rendement de 9%. Ce système est
conçu pour des moteurs à allumage commandé de 800kW.
Houseman US4567857 Ce brevet déposé par la NASA est le plus intéressant. C’est un ré-
formeur de méthanol, utilisant la chaleur des gaz d’échappement pour réaliser une catalyse du
même type que celle du brevet Joy. Le gain de PCI est estimé à 22%, par conversion de chaleur
- 30 -
4.3. Réflexions autour du [Link]
Etude de solutions de récupération d’énergie à l’échappement
en énergie sous forme chimique. Le système s’adapte sur moteur à allumage commandé, moteur
Diesel et turbine à gaz.
La catalyse s’effectue sur du platine ou un alliage cuivre/zinc. Le taux de conversion est de 80%
à 650◦ C. La forte présence d’hydrogène dans le combustible permet l’utilisation de mélanges très
pauvres, et bénéficie d’un indice d’octane plus important que l’essence. La perte de puissance due
au volume pris par le mélange H2 et CO est compensée par l’augmentation du PCI. Aux essais, le
système produit peu de NOx.
Brown US5074273 Il s’agit d’une chambre de vaporisation réchauffée par les gaz d’échappe-
ment, dans laquelle se déroulent des réactions de cracking à travers une mousse de platine. Les gaz
sont ensuite aspirés dans le carburateur.
Sung US5357908 Cette vaste usine à gaz n’est là que pour faciliter le réchauffement du pot
catalytique durant le transitoire thermique. Cette étape est cependant cruciale pour les dispositifs
de récupération d’énergie sur la chaleur des gaz d’échappement.
Cooke US5379728 Cette invention correspond au brevet Pantone, mais dans une version concen-
trique, les gaz d’échappement effectuant un tour à l’extérieur du bulleur. Le réacteur ne comporte
pas de tige, mais est décrit comme un réformeur capable de transformer tout type de composé
pétrolier, huiles lourdes, gasoil, essence en un mélange gazeux riche en hydrogène. Trois ans avant
le dépôt de Paul Pantone, l’essentiel est là.
- 31 -
4. Etude de solutions de récupération d’énergie à l’échappement
4.3. Réflexions autour du brevet Pantone
L’inventeur ne trouvant ni financement ni débouché a décidé en 2001 de mettre sur son site
internet des plans à disposition, pour équiper des moteurs de moins de 20ch. Le système étant peu
onéreux à fabriquer car principalement composé d’éléments de plomberie, de nombreux bricoleurs
testent avec enthousiasme le système sur leur tondeuse ou autre groupe électrogène. Il est nécessaire
de préciser qu’il ne s’agit pas là de véritables essais, la plupart du temps menés sans la moindre
rigueur scientifique. Les performances sont difficilement vérifiables, et il est constaté que le montage
donné par l’inventeur peut fonctionner comme un antique carburateur à léchage, fonctionnant par
aspiration de vapeurs d’essence.
On retiendra aussi le principe du réacteur et de son échangeur de chaleur pour effectuer un
dopage à eau. Cet autre montage est testé avec succès sur des moteurs Diesel, principalement
agricoles. Le principe est de chauffer uniquement de l’eau, sans contact fluidique avec l’échappement
pour ensuite faire passer la vapeur dans le réacteur. Celle-ci est aspirée en même temps que l’air
durant la phase d’admission. Il est intéressant de noter que ce montage n’effectue pas de bouclage
comme le précédent. On peut ainsi facilement identifier l’eau consommée par le système. Des plans
de cette version, notamment le SPAD de l’association APTE, permettent une adaptation facile sur
la plupart des moteurs Diesel. Actuellement on estime à un millier le nombre de réalisations, qui
mériteraient une étude approfondie.
- 32 -
Conclusion : bilan et perspectives
Conclusion générale
Cette étude a permis de faire avancer le réflexion sur les orientations à venir de la motorisation
automobile. Le principal enseignement est celui de la validation du fonctionnement propre, voire
sans pollution dans un moteur à allumage commandé utilisant l’hydrogène comme combustible.
Toutefois une campagne d’essais réussie ne signifie pas une maîtrise complète du problème. Afin
de pouvoir aller plus loin dans l’étude de stratégies d’utilisation du moteur, un code de calcul donne
par la simulation la possibilité de s’abstenir d’essais, avec les précautions nécessaires d’utilisation
de modèles. On est ainsi capable de décrire le moteur qui conviendrait le mieux aux nouveaux
combustibles.
La répartition énergétique des moteurs actuels n’est pas compatible avec la rupture techno-
logique imposée par l’hydrogène. D’astucieux systèmes de récupération d’énergie, vers une forme
chimique, mécanique ou électrique devront donc être mis en place pour améliorer encore les ren-
dements, dans une stratégie de véhicule hybride, capable de gérer lui-même un tampon d’énergie
motrice.
Peut-être aurons nous bientôt sur les moteurs actuels avec le même regard que celui que nous
portons sur les premières machines à vapeur. D’ici là pour satisfaire à l’économie et à l’environne-
ment, les ingénieurs motoristes devront oser dépasser les architecures actuelles. Un moteur rotatif,
adiabatique, asymétrique, Seebeck à hydrogène. . .pourquoi pas ?
- 34 -
Table des figures
[1] Justine Bur (2005) "Projet From Well to Wheel", rapport de DEA Transport et Développement
Durable
[2] J.-C. GUIBET (1997) "Carburants et Moteurs", publication de l’IFP
[3] John B. Heywood (1998) "Internal Combustion Engine Fundamentals", Mac Graw Hill Inter-
national Editions
[4] Hideo Kawamura (Septembre 2000) "Developement of Ceramic Adiabatic Engine", Isuzu Ce-
ramics Research Institute
[5] John C. Bass, Norbert B. Elsner (Décembre 2001) "Thermoelectric Application to Truck Es-
sential Power", Hi-Z Technology
[6] Bernard Trémillon, Gérard Durant (Juin 2001) "Fonctionnement des cellules d’électrolyse"
Techniques de l’Ingénieur
[7] Steve Herring (Mai 2006) "Laboratory-Scale High Temperature Electrolysis System", Idaho
National Laboratory
[8] I. Taymaz, K. Cakir, A. Mimaroglu (Mars 2005) "Experimental Study of effective efficiency in
ceramic coated engine", Université de Sakarya (Turquie)
[9] Bosch Bosch (Septembre 2005) "Develops CNG engine management system"
[10] ENSEEIHT (janvier 2005) "BEI Moteur à Pistons"
[11] Georges Descombes et Jean-Louis Magnet "Moteurs non conventionnels", Techniques de l’In-
génieur
[12] Science & Vie (2004 et 2006) "Spécial Automobile"
[13] Guillaume Bourgouin (20 avril 2006) "Les voitures de demain" Université de Moncton
- 39 -
Annexes
Annexe A
Annexe B
430
Dimensions Unit: mm (in.)
150
S TA N D A R D T Y P E
65.1
410
.1
P.D
P.D.1
45°
2 7
70
70
2 7
P.D.1
133.5
35 35
35 35
90.8
133.5
4 - M8 x 1.25 18Deep
273 105
195.5
.
234 /01
TQ9
A B 7 =>
NM
• L-TYPE
-d-
B. Brochure technique Honda GX-240
10
(HP)
(kW)
7
REDUCTION TYPES 9
6 8
BHP
5 7 IM U M
M AX
B HP
6 ATING
4 UM OPER
5 A XIM
ED M
M EN D
3 4 OM 1.8
REC
Output power
3 1.7
2
To r q u e
TORQUE
2 1.6
1
1 1.5
RECOMMENDED OPERATING SPEED RANGE
(kg.m)
0 0
$%& ')(
ó òd
ô
±²
GX 240 K1
-e-
B. Brochure technique Honda GX-240
Max. power output 5.9 kW (8 HP) / 3 600 rpm Puissance maxi 5.9 kW (8 ch) / 3 600 tr/mn
Maximum torque 16.7 Nm / 1.7 kgm / 2 500 rpm Couple maximal 16.7 Nm / 1.7 kgm / 2 500 tr/mn
Specific fuel cons. 313 g/[Link] - 230 g/[Link] Cons. d’essence spéc. 313 g/kW.h - 230 g/ch.h
Höchstleistung 5.9 kW (8 PS) / 3 600 min-1 Potenza massima 5.9 kW (8 CV) / 3 600 giri/min
Max. Drehmoment 16.7 Nm / 1.7 kgm / 2 500 min-1 Coppia massima 16.7 Nm / 1.7 kgm / 2 500 giri/min
Spez. Kraftstoffverbrauch 313 g/kWh - 230 g/PSh Consumo combustibile 313 g/kWh - 230 g/CVh
Germany • Honda Engines / Selling agent Italy • Honda Engines / Selling agent
Honda Logistik Center Deutschland GMBH Honda Logistic Centre Italy S.P.A.
Sprendlinger Landstraße 166 Via Strà, 153
D-63069 Offenbach/Main I-37030 Colognola ai Colli (VR)
TEL: + 49 (0)6 98 30 95 17 TEL: + 39 04 56 17 33 41
FAX: + 49 (0)6 98 30 91 28 FAX: + 39 04 56 15 12 70
United Kingdom • Honda Engines / Selling agent France • Honda Engines / Product information center
c
-f-
Annexe C
Brevet Pantone
-h-