MANAGEMENT
aS
Giorgio Pellicelli
Stratégie
d'entreprise
Adaptation de la 2° édition italienne par Kamel Ben Youssef,
Didier Chabaud, Fabrice Bondoux, Olivier Germain
Préface de Hervé Penan‘= Il faut faire une distinction entre l'analyse de l'environnement actuel et som
impact sur les siratégies actuelles et analyse de Venvironnement futur dame
lequel l'entreprise devra opérer. Dans le second cas, les diffcultés sont consid
rables, avant tout parce quill nest pas dit que 'entreprise se trouvera demaia
encore dans le domaine d'activité qu'elle a aujourd'hui et, en second lieu, pares
gue histoire abonde de faits non prévus et non prévisibles
Chaque secteur a une hiérarchie de facteurs qui agissent sur environnement
Par exemple, le premier facteur qui agit dans le secteur des ordinateurs indi
duels est la technologie, dans I'armement, c'est la politique du gouvernement.
dans les biens de luxe, c'est le revenu dont on dispose. Pour Encyclopaedia
Britannica, la technologie était également le premier facteur & suivre avec
attention.
Dans cette analyse. c'est, en dernier lieu, la réflexion qui est importante et deux
‘objectifs sont a poursuivre. Il faut avant tout cerner la nature de l'incertitude
environnement esti relativement stable ou bien fortement dynamique? Y a+
il des signes de changements profonds en cours? En second leu, il faut identifier
les tendances qui peuvent agir sur les choix stratégiques
L’analyse PEST
Pour identifier les variables de l'environnement externe qui ont un impact majeur
sur le futur de l'entreprise, on peut utiliser diverses techniques, parmi lesquelles la
plus connue est 'analyse PEST, qui prend en considération les variables de la Polit
que, de Economie, de la Société et de la Technologie (Fig. 4.3).
Comme nous 'avons déja rappelé, le choix des variables et leur interprétation
dependent en grande partie dela nature du secteur, de la structure de la concurrence.
des stratégies adoptées et des capacités du management. Il est donc possible de
construire de nombreux schémas (grilles) différents, selon les situations spécifiques
Commentons briévement les quatre grands groupes de variables, avec quelques
éclaircissements préliminaires.
a) 'entreprise doit comprendre comment les principales variables de l'environne-
ment peuvent agir sur 'avenir du domaine d’activité, comment elles changent et
comment elles interagissent entre elles:
les variables ne sont pas des entités séparées, mais sont interdépendantes: une
nouvelle vague d’innovation technologique peut metire en crise une partie de
Veconomie, elle peut créer du chémage, des tensions sociales et inciter le gou
vernement & promulguer, d'une part, de nouvelles lois en matiére de mobilité de
Vemploi, et de autre, de nouvelles disciplines de la concurrence:
certains soutiennent qu'il existe une combinaison optimale entre les stratégies
d'une entreprise et son environnement, une sorte de combinaison unique offrant
la meilleure position possible (Chandler, 1962). D’autres affirment, en revan-
che, que les managers ont une ample variété de choix et quil ya de nombreuses
configurations stratégiques possibles pour I'entreprise. Ce qui compte, c'est que
la configuration choisie crée de la valeur pour les clients, en leur fournissant
des produits et des services attrayants dont la production et la vente créent de
la valeur pour les actionnaires de Ventreprise (Child, 1972)sep ssouonbesuon so") ‘sestidanius xne sapre “ajeasy onbyyod “sinayeunosse
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spnumsoddo 19 soneuatl :wausuUounUe-o2eu! NP asiyeuy‘Souvent le principal probleme que doit affronter le management est d'ant
Je changement technologique dans son secteur et dans les secteurs qui sont en
tion avec lui. Le rythme du changement est en accélération depuis quelques
nies mais varie cependant d'un secteur & autre. Il est incessant dans les,
financiers; il est plus lent dans T'instruction universitaire.
|l peut étre risqué de prendre en considération une seule technologie ou
quement celles qui se rapportent au secteur dans lequel opére l'entreprise. De
breux exemples de développements de la technologie dans un secteur ont eu, pa
suite, de fortes repercussions dans d'autres secteurs. Comme, par exemple,
trie suisse des montres qui a été en pattie détruite par les progrés de I élect
et par la production de montres digitales (dont, par contre, Findustrie japonaise a
su profite)
~~
Une nouvelle technologie dans les télécommunications: les fibres optiques
LLinroduction des fibres optiques dans les téécommunications a profondément changé non see
ment la fagon de communiquer, mals aussi les protagonistes de la competition,
a plupart des lignes téképhoniques sont concues pour transmettre uniquement des conversations
{ui durent en moyenne trois minutes. Cela comporte une grande perte de capacité opérationnelie
ar ces lignes ne peuvent pas étre destinges 8 un auite usage quand une communication est ex
Cours, Avec la technologie des bres optiques, au contrat, la vox, les données et a video peuvent
voyager simultanément sur la méme ligne; elles sont décamposées en codes digitaux d'iforma-
tions et réassemblées quand elles arivent& destination.
En 1997, pour sassurer les avantages des nouvelles technologies, [Link] paya 37 miliatds
de dollars pour acheter MCI, le second gestionnaire de teléphonie longue distance des Etas-U
‘Cest ainsi qu'il devin un des principaux gestionnaires de services Inte! et de communications
teléphoniques internationales
a
impact du changement technologique peut étre considéré selon deux points de
= Vampleur du changement, car Tinnovation technologique passe d!'incrém
tale (comme les améliorations dans les performances d'un appareil photo) &
radicale (Varrivée d'Internet). Linnovation radicale est la plus importante pour
impact qu'elle 2 sur les stratégies;
la position de l'entreprise dans le secteur. Porter (1980) fait une distinction
entre
~ les faiseurs de régles (rule makers). qui sont depuis longtemps dans le sec
teur et dictent les régles du suects, valables tant que le secteur reste stable
~ les preneurs de régles (rule takers), qui ne sont que des imitateurs et n'ont
pas le choix. Le pouvoir des rule makers est si fort quil ne leur laisse qu'une
seule alternative: imiter ou abandonner:
~ les briseurs de régies (rule breakers), en général de petites entreprises, qui
créent de nouvelles régles concurrentielles et déstabilisent le secteur, Comme
elles detruisent les anciennes ragles, elles peuvent étre considérées comme
révolutionnaires, et sont réductibles & deux catégories: a) les révolutionnaires
a Tinterieur du secteur auquel elles appertiennent, c'est-d-dire des entreprises‘2uoBeq2 anao y yuaredde 10 MON 2p SE
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ducationLes strates de environnement
Macroenvironnement
Induetie
des scénarios, Cest-a-dire la manitre dont la stratégie devrait évoluer en fonc-
tion des évolutions possibles de environnement.
# Lindustrie est la strate suivante. Elle est définie par un ensemble d'organi-
sations proposant la méme offre de biens ou de services : par exemple Pauto-
tmobile, la banque, les télécoms, le conseil etc. analyse des 5(+1) forces de la
‘oncurrence permet de comprendre la dynamique concurrentielle au sein d'une
industrie, au travers de 'identification et de la hiérarchisation des facteurs clés
ide succes, Le débat qui clt ce chapitre (voit Vllustration 2.7) examine le poids
de l'industrie dans le succes ou 'échec des entreprises.
Les concurrents et les marchés constituent la strate environnementale la plus
proche de organisation. Dans a plupart des industries, on rencontre des orga
hisations présentant des caractéristiques distinetes qui leur permetient de se
Concurrencer sur des bases différentes. Le concept de groupes stratégiques
Sonsiste & établir la cartographie des organisations présentes dans une indus-
trie, réparties selon les similarités et les divergences de leur stratégie. De la
méme manigre, les attentes des clients ne sont pas les mémes. Pour les identi-
fier, on peut effectuer une segmentation de marché.
BB Le macroenvironnement
Les trois concepts présentés dans cette question ~ l'analyse PESTEL, les influen-
ces structurelles et les scénarios - s'utilisent conjointement pour analyser le
fnactoenvironnement d'une organisation. Le modéle PESTEL donne une vue
ensemble qui permet d'identifier les variables pivot grace auxquelles i est pos
sible de construire différents scénarios d’évolution du macroenvironnement,Se]uBeduio> souleue>
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Bede Care|PARTIE? + LES CHOIK STRATEGIQUES
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de Palm, le Centro. A cote du trts médiatique
smartphone <’Apple, la gimme de Palm faisat
<ésormais pale figure.
De plus, Palm avait multiplié au cours de
année 2007 les annonces inquiétantes : annula-
tion de la commercialisation de son ordinateur
ultraportable Foleo avant méme son lancement,
suppression d’emplois,fermeture de ses 34 maga-
Sine améticains, accord & Tamiable pour dédom-
imager des millers de clients mécontems de la
fabilite un de ses modales et surtout report « de
12 a 18 mois » de la nouvelle version de son $ys-
tame d'exploitation, dont ls diffusion devenait
‘onfidentielle par rapport & celle de ses concur~
ents (moins de 2% des smartphones vendus
ddans le monde en 2007 en étaient équipés).
‘au total, alors que Fentreprise avait f@té en
2006 les [Link] du produit qui avait rendue
<élabre, e PalmPilot, son avenir semblait rapide-
tment sassombrir et Jes options stratégiques quit
Coffraient a elle étaient de moins en moins nom-
breuses.
Les débuts du PalmPilot
Jeff Hawkins, le fondateur de Palm Computing,
pouvait senorgusilir de descendre d'une lignée
Pinnovateurs. En 1974, alors adolescent, son natl-
frage contre un pont de Hudson River avec un
rnavire sur coussin c’air inventé par son pere avait
jnterrompu une ligne ferroviaire pour une jour.
inée entiére. Ingénieur électricien il avait travallé
chez Intl, puis chez GriD, une filiale de Tandy qui
Concevait un des tout premiers ordinateurs porta~
bles, De 1986 3 1988, il sengagea dans un doctorat
a Puniversité de Berkeley, uv ne termina pas. Ses
echerches lui permirent cependant de metre au
point un logiciel de reconnaissance d'écriture qu'il
Ereveta et baptisa « PalmPrint ». Il retourna alors
thez GuiD ot il développa un ordinateur portable
fquipé d'un style et capable de reconnaite 'Sri-
‘qure manuelle, Destiné a une clientéle de niche (les
opérateurs de derricks pétroliers notamment), Te
produit fut bien accueil, mais sa diffusion resta
confidentielle.
Jeff Hawkins voulait aller plus loin. It fonds
Yentreprise Palm Computing en_janvier 1992
favec une idée mais sans produit ni stratégie. Sox
no's plus tar, i fut rejoint par Donna Dubinsky,
tune diplomée du MBA de université de Harvard
{gui avait fait toute sa carritre en tant que cadre
dirigeante au sein d’Apple, En octobre 1993, Palm
Computing introduisit le Zoomer, un assistant
personnel avec un trés petit clavier et un systeme
Be reconnaissance d'écriture fondé sur PalmPrint-
‘apple avait lnncé deux mois plus tot son Newton,
sure méme principe que le Zoomer. Johan Sculley>
lors P-DG @ Apple, avait inventé & cette occasion
Tacronyme PDA, pour personal digital asitant
(assistant numérique personnel), qui devint le
terme générique pour décrire les produits de cette
{ndusteie naissante. Mais ni le Zoomer ni le New-
ton ne soulevérent Penthousiasme du marché:
encombrants, offrant les fonctionnalités dan
nicro-ordinateur mais avec un clavier et un écran.
‘op petits et des performances insuffisantes, seu-
Tement quelques dizaines de millers de ces ordi-
nateurs de ~ grande— poche furent venus.
En juin 1994, Hawkins et Dubinsky décide-
ent de prendre le contre-pied de l'approche
Gquiavaient jusque-l adopté tous les concurrents
Gu marché des PDA. Leur constat était simple
pilus de 90 & des possesseurs de Zoomer dispo
Gent aussi d'un micro-ordinateur et appre
Giaient que le Zoomer pulse sy connecter,
Tie voulaient que le Zoomer complete leur micro-
ordinateur, mais r/attendaient pas qu'il sy subs-
titue, Ils ne désiraient pas que leur PDA sache
tivaliser avec tn micro-ordinateur, mais avec un
agenda papier.
Tort de ce diagnostic, Jeff Hawkins s'engazea
alors dans la conception d'un nouveau produit
vec quatre principes directeurs. Jusqualors, les
PDA étaient censés reconnaitre 'éeriture manuelle
de tous les utlisateurs, ce qui rendait les logiciels de
reconnaissance complexes, gourmands en ressout-
(et pen efficaces. Hawkins opta pout approche
faverse, Moyennant un effort d'apprentissage,
out Pusisoteur gui devait adapter son éciture
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Ia lecture de livres numériques a la connexion
Internet, en passant par les jeux et la compatibi-
lité avec les traitements de texte et tableuts.
En 2001, explosion de la bulle Internet
cntraina Palm dans la tourmente. Cette année-la,
Pentreprise enregistra une perte de 356 millions
de dollars, alors que sa capitalisation boursigre
tombait a moins de 2 milliards et que le cours de
son action ne dépassait pas 2 dollars. Afin de
réagir a cet effondrement, la direction de Palm
Computing décida de filialiser Pactivité qui
Soccupait de la conception et de la commerciali-
sation du Palm OS. Dans le méme temps, la pro-
duction des PDA fut intégralement externalisée
auprés de deux fournisseurs, dont Flextronics, le
‘géant singapourien dela sous-traitance. La situa~
tion financizre se redressa légerement en 2002,
avec tout de méme une perte de 82:millions de
dollars. Cette période trouble permit cependant
de réaliser Pacquisition du concurrent Hands-
pring ~ fondé par Hawkins et Dubinsky— pour
‘un montant deVordre de 170 millions de dollars.
A Pépoque, Handspring commercialisait un
nouveau concept, le Treo, un hybride de PDA et
de téléphone mobile, Or, si le marché des PDA
regressait depuis deux ans, celui des téléphones
mobiles était encore en expansion. Le rachat de
Handspring (qui en 2001 avait enregistré une
perte de 54,1 millions de dollars pour un chiffre
affaires de 371 millions) semblait donc judi-
cieux.
En 2003, Palm profita de ce rachat pour se
scinder en deux entreprises distinctes, cotées
séparément en Bourse, D’un cété, PalmSource
serait chargé du systéme d'exploitation Palm OS
(coit un chiffre d'affaires de 76 millions de dol-
Jars en 2003), et de autre, palmOne s'occuperait
des PDA, par la fusion des gammes Palm et
Handspring (soit un chiffre affaires de 871 mil-
lions de dollars en 2003). En novembre 2004,
Eric Benhamou céda sa place de président du
conseil d’administration de PalmSource @ un
autre Francais, Jean-Louis Gassé, un des diri-
geants historiques @’Apple. Il conservait en
revanche la présidence de palmOne, alors g
Jeff Hawkins en devenait le directeur technique.
En 2005, Access, une entreprise japonaise
connue pour avoir développé un navigates
Internet sur téléphone mobile, langa une offs
publique d’achat sur PalmSource pour 311 mil-
lions de dollars et annonea son intention de
mettre au point une nouvelle version de
Palm OS fondée sur Linux. Cette opération per-
mit a palmOne de reprendre le nom Palm.
Lannée suivante, Palm acheta & Access une
nce perpétuelle du code source de Palm OS
pour la somme de 44 millions de dollars, ce qui
lui donnait le droit de modifier ce systtme
exploitation et dele faire fonctionner en com:
binaison de n'importe quelle autre technologie
et sur mimporte quels produits Palm. Début
2007, afin déviter toute confusion, Access
décida de renommer Palm OS Garnet OS.
‘Au cours de Pannée 2007, de nombreuses
rumeurs coururent sur un rachat de Palm par 'un
de ses concurrents. On évoqua successivement les
‘noms de Nokia, qui aurait ainsi pu renforcer sa
position aux Ftats-Unis, de Motorola, qui éprou-
‘vat de vives difficultés dans les smartphones haut
de gamme, voire d’Apple, sachant que la plupart
des dirigeants de Palm étaient des anciens d’Apple
et que experience de Palm aurait pu contribuer
au développement de iPhone. En dépit de ses dif-
ficultés, Palm restait une proie tentante, car ses
années fastes Tui avaient permis de se constitucr
tune confortable trésorerie de 300 millions de
dollars. Finalement, en juin 2007, cest le fonds
investissement Elevation Partners, fondé par le
chanteur Bono et par John Rubinstein, responsa-
ble du département iPod chez Apple jusqu‘en
2005 (oii était surnommeé « the podfather »), qui
‘acheta 25 % du capital de Palm. John Rubinstein
‘emplaca Bric Benhamou au poste de Président de
Palm, alors que Ed Colligan en restait le directeur
général.
‘Au total, entre 1996 et 2007, Palm Compu-
ting avait connu deux fusions, une croissance
fulgurante, une introduction en Bourse, uneee Woe nr
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pasPARTIE? + LES CHOIX STRATEGIQUES
Cero
déboucha sur un systeme d'exploitation baptisé
Symbian, destiné a assurer la convergence entre
PDA et téléphones portables. Début 2008, le
capital de Symbian était détenu conjointement
par Nokia (47,9 %), Ericsson. (15,6 %), Sony
Bricsson (13,1 9), Panasonic (10,5 %), Siemens
(8,4 9) et Samsung (4,3 9). Le développement
es normes de téléphonie 3G, qui nécessitaient
de larges écrans couleur et une puissance de calcul
importante pour donner toute leur mesure, pous-
sait également a la convergence entre téléphone
mobile et PDA. Diailleurs, le rachat de Hand-
spring par Palm avait été en partie motivé par
son modele Treo, un PDA sous Palm OS faisant
également fonction de télephone.
‘Au total, selon les chiffres de la sociéte d’étu-
des britannique Canalys, fin 2006, Symbian
‘occupait 67 % des parts du marché mondial des
appareils nomades au sens large ~ assistants
personnels, ordinateurs de poche, smartphones
(mais en excluant les lecteurs MP3 du type iPod
Apple et les consoles de jeu portables) —
devant Windows Mobile (20,2 9), RIM (7%),
Linux (6%) et Garnet OS (5 %). Sur ce méme
périmétre, mais cété constructeurs, Nokia était
‘numéro un avec 50,2 % (au-dela des smartpho-
nes, Nokia avait vendu 437 millions de télépho-
nes mobiles en 2007, soit 1,2 million par jour),
suivi de RIM (8,3 4), Motorola (6,6 %) et Palm
(5,5 9). En trois ans, la part de marché de Palm
avait ét6 divisée par trois, alors que le marché
des PDA s'était effondré de 41% rien quien
2006.
Le cas de Research In Motion (RIM) était par-
ticuligrement symptomatique du retournement
‘du marché vers les appareils. communicants.
RIM était une entreprise canadienne, basée &
Waterloo dans Ontario, Lancée en Amérique du
Nord en janvier 1999, puis sur le marché euro
1péen en septembre 2001, sa solution BlackBerry
comprenait une série de logiciels (un systeme
exploitation spécifique, des. programmes de
gestion de messagerie, etc.), une gamme de ter-
minaux comparables & des PDA, avec une fone
tion de téléphone mobile et des services associés.
Le BlackBerry permettait d’accéder en temps réel
et sans fil aux comptes de messagerie et aux bases
de données des entreprises: dés qu'un message
Alectronique était recu sur le compte de message-
rie de Futilisateur il était transmis a son terminal
mobile. Il était alors possible d'y répondre grace
un petit clavier incorporé.
Le BlackBerry était commercials par plus de
80 opérateurs dans le monde. Si le terminal était
vendu entre 89 et 209 enros lunité, il convenait
'y ajouter un abonnement spécifique (24 euros
par mois en supplement de Vabonnement au
télephone mobile), ainsi que le logiciel serveur &
installer dans Ventreprise (environ 3500 euros
pour vingt utilisateurs).
‘Le BlackBerry était une solution proposée aux
entreprises qui employaient des « professionnels
‘nomades ». Des la fin de l'année 2004, 75 % des
40 plus grosses entreprises francaises en avaient
équipé leurs cadres supérieurs, notamment dans
Tes secteurs de la banque et de la finance. RIM
avait adopté une stratégie commerciale astu-
Gieuse, qui consistait a équiper en priorité les
dirigeants des entreprises. De fait, posséder un
BlackBerry devenait un signe de distinction pour
les managers. Si dans un premier temps RIM
miavait pas envisagé de cibler Je marché grand
public, des solutions pour particuliers avaient été
roposées partir de 2004. Il était méme possible
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