Introduction au Calcul Différentiel
Introduction au Calcul Différentiel
Calcul différentiel
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Chapitre 1
Révision
Les ensembles A et B sont identiques car ils contiennent les mêmes éléments. On
écrit A = B pour dire que deux ensembles sont égaux, c’est à dire qu’ils contiennent
les mêmes éléments.
Cardinalité Un ensemble peut être infini comme l’ensemble des nombres pairs ou
celui des nombres premiers, ou fini comme l’ensemble des facteurs entier du nombre
12. On appelle la taille d’un ensemble sa cardinalité.
Opérations de base sur les ensembles
Union
A ∪ B = {x | x ∈ A ou x ∈ B}
Intersection
A ∩ B = {x | x ∈ A et x ∈ B}
Différence
A \ B = {x | x ∈ A et x < B}
1
Sous-ensemble Si chaque élément d’un ensemble A est aussi un élément d’un
ensemble B, alors on dit que A est un sous-ensemble de B. On écrit alors
A ⊆ B.
pour dire qu’un nombre entier quelconque est soit pair, soit impair.
« ∃A » « Il existe A ». On écrit par exemple
pour dire qu’il y a (au moins) un nombre entier qui est premier.
Notons que, donné par écrit, l’énoncé d’une implication n’est pas toujours exactement
la forme « si . . . alors . . . ». Par exemple :
« Un nombre entier est divisible par 2 s’il se termine pas par 0,2,4,6 ou
8»
2
est le même énoncé que
« S’il se termine pas par 0,2,4,6 ou 8, un nombre entier est divisible par
2. »
En utilisant le symbole =⇒ , cela revient à dire que
A =⇒ B et B ⇐= A
sont équivalents.
La contraposée d’une implication A =⇒ B est l’implication non − B =⇒ non − A.
La contraposée est équivalente à l’implication originale.
Exemple 1.1. « Un nombre entier n’est pas divisible par 2 s’il ne se
termine pas par 0,2,4,6 ou 8 »
est la contraposée de
« Un nombre entier est divisible par 2 s’il se termine pas par 0,2,4,6 ou
8»
Une tautologie est une affirmation qui est toujours vraie pour des raisons logiques.
Par exemple :
A =⇒ A
A et B =⇒ A
Axiome Propriété qui est acceptée sans démonstration, considérée comme assez
évidente pour être le fondement d’une théorie mathématique.
Théorème Résultat important, dont la validité est établie par une démonstration
ou une preuve, et qui a une grande importance dans un domaine donné des
mathématiques étant donné ses multiples conséquences. Abréviation en classe :
« thm ».
Proposition Résultat important, dont la validité est établie par une démonstration
ou une preuve. Abréviation en classe : « prop ».
Lemme Résultat servant à démontrer un ou plusieurs autres résultats.
Corrolaire Résultat qui est déduit facilement d’un résultat précédant, une consé-
quence immédiate d’un théorème ou d’une proposition.
3
Preuve (ou démonstration) Suite de déduction logiques dont la conclusion est un
théorème, une proposition ou un lemme. Une preuve réponds à la question
« pourquoi c’est vrai. « On indique habituellement la fin d’une preuve à l’aide
de CQFD (« ce qu’il fallait démontrer »), QED (« quod erat demonstrandum »,
CQFD en latin) ou par un signe comme . Il existe plusieurs formes de
preuve (directe, par induction, par contradiction) que nous verrons à l’œuvre
au cours de la session.
Note importante : « démontrer » ne veut pas dire « donner un exemple ». Un
cas particulier n’établit pas la vérité pour tous les cas. Cependant, un seul cas
particulier peut réfuter une affirmation générale. On appelle un tel exemple un
contre exemple.
x 2 + y2 = z2
22 + 32 , 42 .
x 2 + y2 = z2
Exemple 1.4. Démontrer à l’aide d’un contre-exemple qu’il n’est pas vrai que
(x + y)2 = x2 + y2
Un principe important qui est souvent considéré comme une partie essentielle de la
définition des nombres naturels :
4
Proposition 1.1 (principe d’induction). Si (1) une proposition impliquant une
variable n représentant un nombre entier est vraie pour le nombre naturel n = 0
et (2) lorsqu’elle est vraie pour n > 0 et ses prédécesseurs, alors elle l’est aussi
pour n + 1, alors la proposition est vraie pour tout n.
Nombres entiers
Z = {. . . , −3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, . . . }
n = 2k.
Définition 1.2. n est un nombre impair s’il existe un nombre naturel k ∈ Z tel
que
n = 2k + 1.
Nombres rationnels n
Q= | n ∈ Z, m ∈ Z, m , 0
m
Nombres réels
Les nombres peuvent être combinés à l’aide des opérations de base : addition, sous-
traction, multiplication, division, exposants et racines. Quand une expression combine
plusieurs opérations, on doit les effectuer dans l’ordre conventionnel déterminé par
la « priorité des opérations ».
On suppose que les opérations de base ont les propriétés vu au secondaire (voir
formulaire d’algèbre) : associativité, distributivité, commutativité, etc.
√
Théorème 1.3. 2<Q
5
Lemme 1.1.
n pair ⇐⇒ n2 pair.
6
En divisant par 2, on trouve
n2 = 2k.
n2 est donc pair, ce qui implique par le lemme précédant que n est pair lui aussi.
La fraction mn peut donc être simplifiée car le numérateur m et le dénominateurs
n sont tous les deux pairs ! Cela contredit le fait que mn est une faction simplifiée.
√ √
L’hypothèse « 2 est un nombre rationnel » est donc fausse et 2 < Q.
7
1.4 Algèbre
L’objectif principal de l’algèbre élémentaire est de déterminer une valeur inconnue
dans une relation numérique. On peut poser ce genre de questions sous forme « écrite »,
par exemple
(Problème vieux de quelques millénaires figurant sur la tablette cunéiforme
AO 8862)
J’ai multiplié longueur et largeur pour obtenir l’aire. J’ai additionné ce
par quoi la longueur dépasse la largeur à l’aire et j’ai obtenu 183. La
somme de la longueur et de la largeur est 27. Quelles sont la longueur, la
largeur et l’aire ?
Les géomètres et mathématiciens ont développé au fil du temps différentes manière
de représenter ce genre de problème afin de les résoudre plus facilement. La notation
moderne, malgré le fait qu’elle exige plusieurs années d’entrainement, est de loin la
plus efficace. Si x est la longueur et y la largeur, le problème se traduit en notation
moderne comme
x − y + xy = 183
x + y = 27
A = B =⇒ f (A) = f (B).
8
Si f −1 (x) est l’opération inverse de f (x), alors
f (A) = B ⇐⇒ A = f −1 (B).
(Substitution) si A(x) = B(x) alors A(C) = B(C), où C est une expression algébrique
quelconque substituée à la place de la variable x.
Exemple 1.5. Par exemple, si on écrit
(x + 2)2 = x2 + 4x + 4.
Note : on écrit souvent verticalement une telle suite d’égalité quand elle est trop
longue :
(x + 2)2 = (x + 2)(x + 2)
= x(x + 2) + 2(x + 2)
= x2 + 2x + 2x + 4
= x2 + 4x + 4.
X 2 − Y 2 = (X − Y)(X + Y),
Cette identité est vraie peu importe les valeurs de X et Y. On peut déduite une
nouvelle identité en substituant (par exemple) x2 à X et 2x à Y :
(x2 )2 − (2h)2 = (x2 ) − (2x) (x2 ) + (2x) ,
L’application d’une même opération sur chaque membre d’une égalité est probable-
ment le premier principe algébrique appris dans les cours d’algèbre élémentaire et
est une généralisation du principe ayant donné son nom à l’algèbre.
9
Exemple 1.7. Si on a que 2x = 5, on obtient que
2x 5
=
2 2
yy en applicant l’opération « diviser par deux » sur chaque membre de l’égalité
initiale.
Comme « diviser par deux » est une opération inversible (dont l’inverse est « mul-
tiplier par deux », on peut écrire
2x 5
2x = 5 ⇐⇒ = .
2 2
2x = 5 =⇒ 4x2 = 25
2x = 5 ⇐⇒ 4x2 = 25
est fausse !
A − B2
2 = (A − B)(A + B) (différence de carrés)
√ √ √ √
A± B A∓ B = A−B (conjugué)
A3 − B3 = (A − B)(A2 + AB + B2 ) (différence de cubes)
(A + B)2 = A2 + 2AB + B2 (binôme carré parfait)
(A + B)3 = A3 + 3A2 B + 3AB2 + B3
(développement du binôme degré 3)
(A + B)4 = A4 + 4A3 B + 6A2 B2 + 4AB3 + B4
(développement du binôme degré 4)
10
1.4.3 Triangle de Pascal
Le triangle de Pascal est un truc permettant de déterminer rapidement les coefficients
du développement d’un binôme de degré quelconque : si on développe une expression
de la forme (A + B)n , les coefficients du développement sont donnée par la n-ième
ligne du triangle de Pascal.
Triangle de Pascal
(A + B)0 1
(A + B)1 1 1
(A + B)2 1 2 1
(A + B)3 1 3 3 1
(A + B)4 1 4 6 4 1
(A + B)5 1 5 10 10 5 1
(A + B)6 1 6 15 20 15 6 1
.. ..
. .
Exemple 1.8. Le développement de (x + 2)5 a la forme suivante :
C0 x5 + C1 x4 21 + C2 x3 22 + C3 x2 23 + C4 x1 24 + C5 25
On a donc que
(x − 2)(x + 1) = 0
x − 2 = 0 ou x + 1 = 0.
11
Cela implique que x = 2 ou x = −1.
Ce principe s’applique à un produit d’un nombre de facteur aussi grand que l’on
veut : si un produit de facteurs est nul, un des facteurs doit être nul. Ainsi, les zéros
de √
(x − 3)(x + 33)(x − log2 (3)) = 0
√
sont x = 3, x = − 33 et x = log2 (3).
La simplicité de la solution d’une équation factorisée est évidente si on la compare
avec même équation non-factorisée :
√ √ √ √
x3 − x2 log2 (3) + 33x2 − 33x log2 (3) − 3 x2 + 3 x log2 (3) − 3 33x + 3 33 log2 (3) = 0.
C’est une des raisons principales pour lesquelles les techniques de factorisations de
polynômes sont importante : elles permettent de prendre un équation polynômiale
de degré élevé et de la transformer (en la factorisant) en plusieurs équations de degré
moins élevée (donc plus faciles a résoudre).
Le second principe permet de résoudre facilement des expressions rationnelles facto-
risée :
(x − 3)(x + 1)
=0
x−6
a comme solution les zéros de (x − 3)(x + 1), soit x = 3 et x = −1. Seul le numérateur
détermine les zéros d’une expression de la forme A/B. Cependant, le dénominateur
ne peut pas s’annuler car il ne peut par y avoir de division par zéro. Ainsi, dans une
équation comme
(x − 3)(x + 1)
=0
x2 + 2x + 1
x = 3 et x = −1 sont les zéros du numérateur, mais x = −1 annule le dénominateur
(ce qui cause une division par zéro !). La valeur x = −1 n’est donc par un zéro de
l’équation.
1.4.5 Opérations inverses usuelles
En algèbre, on utilise souvent le « principe de la balance » : on peut faire la même
opération de « chaque côté » d’une égalité. Les opérations inverses les plus souvent
utilisée sont indiquées dans la liste suivante, avec les restrictions faisant en sorte que
les opérations soient inversibles.
A + C = B ⇐⇒ A = B − C π π
1 sin(A) = B ⇐⇒ A = arcsin(B) si − ≤ A ≤
2 2
CA = B ⇐⇒ A = B si C , 0.
C
√n cos(A) = B ⇐⇒ A = arccos(B) si 0 ≤ A ≤ π
An = B =⇒ A = ± B si n pair.
√n
An = B ⇐⇒ A = B si n impair. π π
bA = B ⇐⇒ logb (B) = A si B > 0. tan(A) = B ⇐⇒ A = arctan(B) si − < A <
2 2
12
1.4.6 Factorisation
Comme nous l’avons dit précédemment, la factorisation est une stratégie importante
pour simplifier une équation afin de la résoudre.
Exemple 1.9. Considérons l’équation
x2 − 4x − 5 = 0.
(x + 1)(x − 5) = 0.
Comme un produit de facteur est nul si un de ses facteur est nul, soit (x + 1) = 0,
soit (x − 5) = 0. Les solutions sont donc x = −1 ou x = 5.
On voit dans cet exemple que chaque facteur de degré un, donc de la forme x − a,
correspond à une solution de l’équation originale. Il y a en fait une correspondance
entre les facteurs de degré 1 et les zéro : si x = a est un zéro d’une équation polynômiale
P(x) = 0, alors (x − a) est un facteur de P(x).
Le résultat suivant dit que chaque zéro d’un polynôme est lié à un « facteur coupable »
lui correspondant et réciproquement.
Autrement dit :
P(a) = 0 ⇐⇒ P(x) = (x − a)Q(x).
Sous forme de slogan :
« zéro si et seulement si facteur (de degré 1). »
Exemple 1.10. Si P(x) = x2 − x − 2, on a que
P(2) = 22 − 2 − 2 = 0.
La valeur a = 2 est donc un zéro de P(x). Le théorème de factorisation dit que P(x)
doit avoir (x − 2) ( c’est à dire le facteur (x-le zéro) ) comme facteur. Si on divise
P(x) = x2 − x − 2 par (x − 2), on trouve que
P(x) = (x − a)Q(x).
13
Exemple 1.11. La valeur x = 1 est un zéro de x3 − 1. On sait donc par le théorème
de factorisation que x3 − 1 = (x − 1)Q(x), où Q(x) est un polynôme à déterminer. On
peut toujours déterminer Q(x) en divisant :
x3 − 1
Q(x) = .
(x − 1)
x3 − 1 = (x − 1)(x2 + x + 1).
P(x) = (x − a)Q(x) + R
P(a) = (a − a)Q(a) + R
0 = 0 + R.
La seule valeur de R satisfaisant cette équation est zéro. On a donc établit que
P(x) = (x − a)Q(x)
14
On peut conclure du théorème de factorisation que pour un polynôme P(x),
P(x) n’a pas de zéro ⇐⇒ P(x) n’a pas de facteur de la forme (x − a).
Théorème 1.5. Les polynômes réels irréductibles sont de l’une des deux formes
suivantes :
degré 1 de la forme c(x − a) (a est nécessairement un zéro)
degré 2 de la forme ax2 + bx + c, où b2 − 4ac < 0. (polynôme de degré deux
sans zéros).
Les fonctions qui seront étudiée dans ce cours sont des fonctions réelles f : R → R.
On détermine le domaine d’une fonction réelle définie à l’aide des opérations dites
« élémentaires » en utilisant les principes suivants.
Il ne peut y avoir de division par zéro.
(÷0)
A
est défini ⇐⇒ B , 0
B
√
<
0 Il ne peut y avoir de racine paire de nombre négatifs.
√
A est défini ⇐⇒ A ≥ 0
log
b (≤ 0) Le logarithme d’un nombre négatif ou nul n’est pas défini (peu importe
la base)
logb (A) est défini ⇐⇒ A > 0
On détermine le domaine d’une fonction définie par composition de plusieurs fonction
élémentaires en vérifiant que chacune des opérations utilisée est définie.
15
1.5.1 Définition d’une fonction
On peut définir une fonction f de plusieurs manières.
On peut le faire en donnant explicitement une expression algébrique pour déterminer
f (x) à partir de la valeur de x, par exemple
f (x) = x2 .
f : R → Rx 7→ x2
On peut aussi définir une fonction implicitement à l’aide d’une égalité algébrique,
par exemple :
y = x2
x2 − y = 0
Dans ce cas, il faut spécifier quelle variable est déterminée en fonction de l’autre
variable. La variable « entrée » est appelée variable indépendante et la « sortie »
est appelé variable dépendante — elle dépend de la valeur de la variable indépendante.
Un définition implicite ne définit pas toujours une fonction : il arrive qu’une valeur
donnée de la variable indépendante corresponde à plusieurs valeurs de la variable
dépendante. Par exemple
y2 = x
ne définie par une fonction si on considère y comme variable dépendante. En effet,
pour x = 1, les valeurs y = 1 et y = −1 satisfont toutes deux l’équation donnée. Il n’y
a donc pas une valeur unique de y associée à la valeur x = 1. Cette relation ne défini
pas une fonction.
Graphe d’une relation ou d’une fonction Le graphe d’une fonction f est
l’ensemble des « points » (x, f (x)). Dans le cas des fonctions réelles, ces points peuvent
être placés dans le plan cartésien pour obtenir une représentation graphique de f .
Par exemple, si f (x) = x2 , on obtient
y
f (x)
x, f (x)
x
x
On peut trouver un point sur le graphe d’une relation en donnant une valeur à une
variable et en isolant pour trouver la valeur de l’autre variable.
16
Exemple 1.12. Trouvons un point sur le graphe de la relation
2x2 + 3y2 = 1.
Si on prend x = 0, on obtient
2(0)2 + 3y2 = 1.
En simplifiant
3y2 = 1.
On isole y :
1
y2 = .
3
s
1 1
y=± =±√ .
3 3
17
Chapitre 2
∆x = b − a
La variation en y d’une fonction y = f (x) sur un intervalle [a, b] est donnée par
∆y = f (b) − f (a).
∆y = f (a + ∆x) − f (a).
y
f (b) (b, f (b))
∆y
(a, f (a))
f (a)
a b x
∆x
Définition 2.2.
Le taux de variation moyen dey = f (x) pour x allant de x = a jusqu’à b = a + ∆x
18
est défini par
∆y f (b) − f (a) f (a + ∆x) − f (a)
TVM[a,a+∆x] = = = .
∆x b−a ∆x
∆y f (b) − f (a)
TVM[a,b] ( f ) = = .
∆x b−a
(a, f (a))
a x
∆x
En se rapprochant du point (a, f (a)), on voit que quand ∆x devient de plus en plus
petit, les sécantes se rapprochent de plus en plus de la tengente au graphe au point
(a, f (a)).
19
y
(a, f (a)) (a, f (a))
a x a x
∆x
Ultimement (c’est à dire quand ∆x devient « infiniment petit »), les segments sécants
et la courbe elle même se confondent.
y
(a, f (a)) (a, f (a))
a x a x
Il varie donc d’un point à l’autre du graphe d’une fonction, comme on peut le voir
dans le graphe suivant.
y
(1, f (1))
(3, f (3))
(2, f (2))
20
On peut aussi remarquer dans ce dernier exemple que la pente de la tangente est
liée à la croissance de la fonction : elle est positive là où la fonction est croissante,
négative là où la fonction est décroissante. Elle est nulle (tangente horizontale) quand
il y a un maximum (ou un minimum).
Un exemple qui permet de se faire une intuition de la signification de ce concepts
est la vitesse : la vitesse moyenne dans un parcours est le rapport de la distance
parcourue ∆x sur le temps de parcours ∆t. La vitesse instantanée est la vitesse à un
instant donnée (celle des indicateurs de vitesse dans les voitures !).
∆x dx
Vitesse moyenne = Vitesse instantanée =
∆y dt
2.3 Différentielles
On vient de définir le taux de variation instantané en x = a
dy
dx x=a
comme étant la pente de la tangente au point (a, f (a)). Voyons comment on peut
calculer ce taux pour une fonction y = f (x).
y f (x)
y + dy ≈ y + ∆y = f (x + dx)
∆y
dy
y = f (x)
dx
∆x
y
x
x x + dx
21
Définition 2.6. Le taux de variation instantanné de la fonction y = f (x) en
x = a est
dy def f (a + dx) − f (a)
=
dx x=a dx
f (2)
2 x
22
f (x)
f (2)
f (x + dx)
2 x + dx x
1 2
= − + b.
3 9
23
En isolant, on trouve que
1 2 5
b= + = .
3 9 9
L’équation de la tangente est donc
x 5
y=− + .
9 9
−2 x
24
dy def f (0 + dx) − f (0)
=
dx x=0 dx
√ √
0 + dx + 2 − 0 + 2
=
√ dx√
dx + 2 − 2
=
√ dx √ √ √
dx + 2 − 2 dx + 2 + 2
= √ √
dx dx + 2 + 2
(dx + 2) − 2 1
= √ √
dx dx + 2 + 2
dx 1
= √ √
dx dx + 2 + 2
1
= √ √
dx + 2 + 2
1
≈ √ √
2+ 2
1
= √
2 2
x
y = √ + b.
2 2
Pour déterminer b on prend un point sur la droite. √ On sait que la droite est
tangente au point (0, f (0), c’est à dire au point (0, 2). On doit donc avoir
√
2 = 0 + b.
25
2.4 Dérivée
Comme la pente de la tangente au graphe d’une fonction f donne beaucoup d’infor-
mation sur le comportement de la fonction et qu’elle varie d’un point à l’autre, il
est utile de la considérer comme une nouvelle fonction dérivée de la fonction initiale.
Cette fonction dérivée associe à chaque
valeur
de x dans le domaine de f la pente de
la tangente au graphe de f au point x, f (x) .
Définition 2.7. La fonction dérivée f 0 d’une fonction y = f (x) est définie par
dy
f 0 (x) = = TVI x ( f ).
dx
y f (x)
f (x + ∆x)
f (x)
∆x
f (x)
x
x x + ∆x
dy f (x + dx) − f (x)
=
dx dx
(x + dx)3 − x3
=
dx
(x3 + 3x2 dx + 3xdx2 + dx3 ) − x3
=
dx
3x dx + 3xdx + dx3
2 2
=
dx
dx(3x2 + 3xdx + dx2
=
dx
= 3x2 + 3xdx + dx2
≈ 3x2
26
si x = 2, la pente de la tangente est
f 0 (−1) = 3(−1)2 = 3.
−2 1
On peut aussi chercher les valeurs de x où la pente a une valeur spécifique. Par
exemple, sachant que y0 = 3x2 quand y = x3 , on peut trouver où la tangente est
horizontale en posant que la dérivée (qui est la pente de la tangent) est nulle. Dans
le dernier exemple, cela est le cas quand
y0 = 0 ⇐⇒ 3x2 = 0 ⇐⇒ x = 0.
27
√
Exemple 2.4. Si f (x) = x + 1, la dérivée y0 est
√ 1
La dérivée de x + 1 est donc √ .
2 x+1
dy
f 0 (x) = TVI x ( f ) =
dx
28
2.5 Droite tangente et approximation d’une fonction
Si une droite est de pente a, une augmentation de ∆x de la valeur de x augmentera
la valeur de y de a∆x.
y
f (x)
y
a∆x
∆x
y0
x
x0 x0 + ∆x
f (x + ∆x)
f (x)
∆x
f (x)
x
x x = ∆x
Dans ce dernier graphique, la pente de la tangente au point x, f (x) est, par définition,
la valeur f 0 (x) de la dérivée évaluée en x. En remplacent les paramètres de la relation
y = y0 + a∆x par ceux de la droite tangente du dernier graphique, l’équation de la
droite tangente en (x, f (x)) (où y est fonction de ∆x) est
y = f (x) + f 0 (x)∆x.
Si on considère que y sur la droite tangente est une bonne approximation de y sur le
graphe de la fonction f , on peut faire l’approximation suivante de f (x + ∆x)
29
2.6 Notations
La dérivée est un concept très important en mathématiques. Les concepts importants
ont souvent été étudiés par plusieurs mathématiciens et parfois plusieurs notations
sont inventées et utilisées.
Si y = f (x) = x2 , toutes ces notations désignent la même chose :
dy dx2 d
f 0 (x) = TVI x ( f ) = = = f (x) = (x2 )0 .
dx dx dx
dy = y0 dx = f 0 (x) dx = 2x dx.
La dérivée a été étudiée de manière détaillée pour la première fois par Newton et
Leibniz, de manière indépendantes et simultanée. Nous utilisons encore aujourd’hui
dy
les notations différentes inventées et utilisées par Newton (ẏ) et Leibniz ( dx ), mais
aussi celles introduites plus tard par d’autres mathématiciens ayant développé la
théorie des dérivées, notamment celle d’Euler ( f 0 (x)).
Voici les différentes notations pour la dérivée de y = f (x) = x2 .
dy
La notation « » est celle introduite par Leibniz. Les notations de Newton ne sont
dx
plus aussi utilisées que celles de Leibniz. Newton écrivait ẋ là où Leibniz écrivait dx
dy .
dy ∆y
On peut penser à la notation comme une forme de avec ∆x « infiniment petit ».
dx ∆x
La notation « barre » veut dire « évalué en x = . . . ». Elle peut s’utiliser dans différents
contextes autre que celui du calcul de dérivées. Par exemple, on peut écrire
x2 x=3 = 9.
Cette notation est utilisée dans plusieurs contextes en calcul différentiel et intégral.
Dans ce cours, elle servira le plus souvent à évaluer la dérivée en un point, comme
dans la seconde ligne du tableau précédant.
30
2.7 Graphique des fonctions dérivées
On peut faire le lien entre le graphe d’une fonction f et celui de sa dérivée f 0 à l’aide
des observations suivantes, que nous motivons géométriquement pour le moment :
Si f 0 (a) > 0, alors f est croissante en x = a.
f (x)
a x
a x
Si f 0 (a) = 0, alors le graphe de f (x) a un point où la tangente est horizontale
(de pente zéro) : un minimum, un maximum ou un point « stationnaire ».
Maximum Minimum Stationnaire
f (x) f (x) f (x)
a x a x a x
Comme à un sommet (minimum ou maximum) du graphe d’une fonction, la dérivée
s’annule car la tangente est horizontale (donc de pente 0), on peut trouver les sommet
d’une fonction en cherchant les valeurs a où
f 0 (a) = 0.
31
2.8 Exemples de fonctions avec leurs dérivées
Les fonctions sont à gauches, leurs dérivées à droite.
y y0
x
y y0
y y0
y y0
x x
32
Chapitre 3
Propriétés de la dérivée
33
preuve algébrique.
d x2 (x + dx)2 − x2
=
dx dx
(x + 2xdx + dx2 ) − x2
2
=
dx
2xdx + dx2
=
dx
dx(2x + dx)
=
dx
= 2x + dx
≈ 2x car dx2 très petit quand dx est petit
dx xdx dx2
x x2 xdx
x dx
Proposition 3.2. La dérivée de la fonction racine carrée est
d √ 1
x = √ .
dx 2 x
34
Démonstration.
√ √ √
d x x + dx − x
=
dx √ dx √ √ √
x + dx − x x + dx + x
= √ √
dx x + dx + x
(x + dx) − x
= √ √
dx( x + dx + x)
1
= √ √
x + dx + x
1
≈ √ √
x+ x
1
= √
2 x
√ √
car x + dx ≈ x si dx très petit.
√
Preuve graphique : si x est l’aire d’un carré, alors le côté est y = x. Si l’aire du
carré change de x à x + dx,
√ alors la √variation approximative dy du côté du carré est
approximativement dy = x + dx − x.
dy
y x dx
y dy
√
x + dx
√
x
35
Proposition 3.3. Si y = 1x , alors
1
dy = − dx.
x2
Démonstration.
!
1 1 1
d = −
x x + dx x
x − (x + dx)
=
x(x + dx)
−1
= 2 dx
x + xdx
−1
≈ 2 dx car x2 + x dx ≈ x2 .
x
plutôt que
dy
y = x2 = 2x.
dx
Comme une fonction constante a comme graphe une droite de pente 0, la tangente à
cette droite en n’importe quel point est aussi une droite de pente nulle.
Proposition 3.4 (Dérivée d’une constante). Si y = C, où C est une constante
réelle quelconque, alors
d
C =0
dx
Exemple 3.1.
36
Démonstration.
dy (0 + dx) − 0 dx
= = =1
dx dx dx
Proposition 3.6 (linéarité 1 – dérivée d’un multiple d’une fonction). Si y = Cu,
où u = f (x) est une fonction de x, alors
d du
Cu = C
dx dx
Exemple 3.2.
!0
5 0
0 x3 1 3 0 0 0
3x = 3 x5 = x 10 sin(x) = 10 sin(x) .
5 5
Preuve graphique :
C(u + du)
Cu Cdu
Proposition 3.7 (Linéarité 2 : additivité). Si u et v sont toutes deux des
fonctions d’une même variable, alors
d u+v du dv
= + .
dx dx dx
Démonstration.
d u+v (u + du) + (v + dv) − (u + v)
=
dx dx
du + dv
=
dx
du dv
= +
dx dx
37
Ainsi, on a que
d(u + v) du dv
= + .
dx dx dx
Preuve graphique :
u + du v + dv
u du v dv
u v du dv
u+v du + dv
Note : les deux dernières propriétés considérées ensemble forment une propriété
appelée linéarité de la dérivée. Les limites et plusieurs autres constructions mathéma-
tiques étudiées au collégial on cette propriété de « linéarité », qui est le sujet d’étude
central du cours d’algèbre linéaire.
Exemple 3.3.
0 0 0 0 0 0 0
− x2 + 3x = − x2 + 3x x2 − 3x = x2 + (−3x) = x2 + − 3x
Exemple 3.4.
0 0 0
x3 = 3x2 x10 = 10x9 x743 = 743x742 (x1 )0 = 1 · x0 = 1.
Démonstration. Pour cette preuve, nous utiliserons le triangle de Pascal pour déve-
lopper (x + dx)n . Ce développement débute ainsi :
38
d’une fonction polynômiale quelconque. Par exemple
0
3x2 − 2x + 4 = (3x2 )0 − (2x)0 + (4)0
= 3(x2 )0 − 3(x)0 + (4)0
= 3(x2 )0 − 3(x)0 + (4)0
= 3(2x1 ) − 3(1) + (0)
= 6x − 3
Par la suite, nous ne donnerons pas autant de détails pour la dérivée des polynômes.
La plupart du temps, nous donnerons directement le résultat.
Démonstration.
d uv (u + du)(v + dv) − (uv)
=
dx dx
uv + vdu + udv + dudv − uv
=
dx
vdu + udv + dudv
=
dx
vdu + udv
≈ car dudv est très petit quand du et dv sont petits
dx
du dv
= v +u
dx dx
39
Preuve graphique :
du dv
dv udv (négligeable)
v uv vdu
u du
40
Démonstration. Première preuve à l’aide de la formule de Liebniz :
!
u 1
d =d u
v v
!
1 1
= du + u d (Formule de Liebniz)
v v
du −1
= + u 2 dv
v v
du udv
= − 2
v v
vdu udv
= 2 − 2
v v
vdu − udv
=
v2
41
d’un quotient, on trouve que
0
x + 1 (x4 + 1)0 (x6 + 1) − (x4 + 1)(x6 + 1)0
4
=
x6 + +1 (x6 + 1)2
4x3 (x6 + 1) − (x4 + 1)(6x5 )
=
(x6 + 1)2
(4x9 + 4x3 ) − (6x9 + 6x5 )
=
(x6 + 1)2
− 2x9 + 6x5 + 4x3
=
(x6 + 1)2
d(x−n )
= −nx−n−1
dx
0
Démonstration. On détermine x−n de deux manière différentes en utilisent l’identité
algébrique et à l’aide de la formule pour la dérivée d’un produit.
xn x−n = 1.
En calculant la dérivée de chaque membre de cette égalité, on trouve que
0
xn x−n = (1)0 = 0
parce que (C)0 = 0 pour n’importe quelle constante.
On peut aussi utiliser la formule donnant la dérivée d’un produit :
0 0 0
xn x−n = x−n xn + xn x−n
0
= x−n nxn−1 dx + xn x−n .
42
Démonstration. Preuve à l’aide de la formule de dérivation d’un quotient.
(1)0 xn − (1)(xn )0
!
d 1
=
dx xn (xn )2
(0)xn − nxn−1
=
x2n
−nx n−1
=
x2n
= −nx(n−1)−2n
= −nx−n−1
Exemple 3.8. ++
On peut remarquer que les formules trouvées dans les trois dernières propositions
sont toutes des cas particulier d’un schéma plus général :
d xr = rxr−1
pour r un exposant rationnel quelconque. On fera l’hypothèse suivante : cette formule
est aussi valable pour n’importe quel exposant réel r.
Hypothèse 1. La formule
d xr = rxr−1
est valable pour tout nombre réel r.
Démonstration.
dz dy dz
=
dy dx dx
√
Exemple 3.9. Soient z = y3 et y = x deux fonctions. On aimerait connaitre le
taux de variation de z par rapport à x. On utilise la règle de chaine. Noter que l’on
dz
veut le taux de variation en fonction de x. Il faut donc exprimer en fonction de
dy
43
√
x en substituant x pour y.
dz dz dy
=
dx dy dx
1
= (3y ) √
2
2 x
√ 2 1
= 3 x √
2 x
1
= (3x) √
2 x
3x
= √
2 x
√
3 x
=
2
44
3.3 Dérivation implicite
Il est possible de définir une fonction par une équation. Par exemple :
1
y= y = x2
x
On pourrait aussi définir ces fonctions par les équations suivantes
xy = 1 x2 − y = 0.
Dans une telle définition implicite, il faut cependant spécifier quelle variable est
fonction de l’autre. Par habitude, nous prenons souvent y comme fonction de x.
Nous savons cependant qu’une équation ne peut pas toujours être vue comme une
définition implicite d’une fonction. Par exemple l’équation du cercle de rayon 1
x2 + y2 = 1
x 2 − y2 = 1
Même si ces équations établissent des relations entre les variables x et y sans que ces
relations soient des fonctions, il est possible de déterminer la pente des tangentes
à ces courbes à l’aide de la dérivée en supposant qu’il est possible localement de
supposer que ces courbes sont le graphe d’une fonction définie implicitement.
45
connaitre la pente de la tangente au point (x, y).
(x, y)
On suppose que « localement » y est une fonction de x, que l’on pourrait écrire
comme y = f (x).
Comme le point (x, y) est sur la courbe, on doit avoir que
x2 − y2 = 1.
Si on considère chaque membre de cette égalité comme une fonction, on peut les
dériver et ont obtient le même résultat :
0 0
x 2 − y2 = 1 .
2x − 2yy0 = 0.
Comme 2 f (x) f 0 (x) = 2yy0 , on voit que la dérivée de y2 par rapport à x est bien 2yy0 .
Enfin, on isole y0 dans l’égalité 2x − 2yy0 = 0 pour obtenir une expression donnant
la pente de la tangente en fonction des coordonnées x et y du point (x, y) :
− 2x x
y0 = =
−2y y
46
(Si le point n’était pas sur l’hyperbole, l’hypothèse de départ de ce calcul serait
fausse et la conclusion y0 = yx le serait aussi !)
La pente de la tangente au point donné est donc
2
y0 = √ .
3
47
Comme le taux de changement d’une fonction un point de son graphe est donnée
par la dérivée de la fonction, le taux de changement du taux de changement est
donnée par la dérivée de la dérivée. On peut voir la dérivée d’une fonction comme
une nouvelle fonction, que l’on peut dériver elle aussi.
Par exemple, si on prend f (x) = x3 , le taux de changement est donnée par f 0 (x) = 3x2.
Le taux de changement de f 0 est donc donné par la dérivée seconde f 00 (x) = 6x.
√
Exemple 3.12. Calculer la dérivée troisième de f (x) = x.
√
f (x) = x
1
f 0 (x) = √
2 x
0
1 1 −1/2 0 1 −1 −3/2 1
!
f (x) = √ = x
00 =− x =− √
2 x 2 2 2 4 x3
0
1 1 0 1 − 3 −5/2 3
f 000 (x) = − √ = − x−3/2 = − = √
x
4 x3 4 4 2 8 x5
Comme on peut répéter la dérivation autant de fois que l’on veut, l’accumulation de
« ’ » peut alourdir la notation. Il est plus pratique d’avoir une notation qui indique
plus simplement le nombre de fois qu’une fonction est dérivée.
48
Définition 3.2.
def
Dérivée première : f (1) (x) = f 0 (x)
def
f (2) (x) = f 00 (x) = f 0 (x) 0
Dérivée seconde :
def 0
Dérivée troisième : f (3) (x) = f 000 (x) = f (2) (x)
def 0
Dérivée quatrième : f (4) (x) = f 0000 (x) = f (3) (x)
def 0
Dérivée cinquième : f (5) (x) = f (4) (x)
..
.
def 0
Dérivée n-ième : f (n) (x) = f (n−1) (x)
Les dérivées d’ordre supérieur ont une notation dans toute les variantes de la notation
pour la dérivée. Le tableau suivant offre un panorama de ces notations.
49
Chapitre 4
Limites et continuité
L+
def f (x) L
lim f (x) = L ⇐⇒ ∀ > 0.∃δ > 0.d(x, a) < δ =⇒ d( f (x), L) <
x→a
L−
a x
x
a−δ a+δ
50
Enfin,la spécification d’une limite ne dépend pas du nom de la variable utilisée comme
argument de fonction. On peut la changer comme on veut : les expressions lim f (x),
x→a
lim f (y) et lim f (z) désignent toutes la même quantité : la limite de la fonction quand
y→a z→a
son argument tend vers a.
4.1.1 Existence d’un limite
On dit que la limite lim f (x) existe quand il y a un L tel que
x→a
lim f (x) = L;
x→a
on peut écrire lim f (x)∃ pour dire que la limite existe sans spécifier la valeur de cette
x→a
limite.
Une limite n’existe pas quand il n’y a pas de L tel que f (x) puisse être aussi près de
L que l’on veut si on prend des x assez près de a. Dans ce cas, on écrit lim f (x)@.
x→a
f (x) f (x)
f (x)
2 x 1 x
51
4.1.2 Déterminer « expérimentalement » la limite d’une fonction
La limite de certaines fonctions peut être déterminée en observant le comportement
des valeurs f (x) quand on choisis des x de plus en plus près de a.
x f (x)
1.00000 3.00000
0.0312500 1.06250
0.00411523 1.00823
0.000976562 1.00195
0.000320000 1.00064
0.000128601 1.00026
0.0000594990 1.00012
0.0000305176 1.00006
0.0000169351 1.00003
0.0000100000 1.00002
x f (x)
0.0156250 1.03125
-0.00195312 0.996094
0.000578704 1.00116
-0.000244141 0.999512
0.000125000 1.00025
-0.0000723380 0.999855
0.0000455539 1.00009
-0.0000305176 0.999939
0.0000214335 1.00004
-0.0000156250 0.999969
Notons enfin que f (0) = 1, c’est à dire que la valeur de la fonction en x = 1 coı̈ncide
avec la valeur dont s’approche f (x) quand x → 0.
52
4.1.3 Évaluation d’une limite à l’aide d’un graphique
Si on connait le graphique d’une fonction, on peut souvent deviner les valeurs des
limites.
y
2
−3 −2 −1 1 2 3 x
−1
−2
Ajoutons les points calculés dans le tableau suivant, en prenant une suite de valeurs
de x telle que x → 2.
y
x f (x)
2.600 3.480
2.533 3.242
2.467 3.009 2
3
2.400 2.780 2
2.333 2.556 1
2← x
2.267 2.336
2.200 2.120 −3 −2 −1 1 2 3 x
2.133 1.909 −1
2.067 1.702
−2
On voit sur le graphique que les valeurs de f (x) sont de plus en plus proche de 3/2.
On a donc que
3
lim f (x) = .
x→2 2
Cela est vrai peu importe comment la suite de valeurs de x s’approche de 2 : les
valeurs de la fonction seront toujours de plus en plus près de 3/2.
53
quand x → a est toujours f (a), mais ce n’est pas le cas. Les fonction où la limite
ne coı̈ncide pas avec la valeur de la fonction sont dites discontinues. Tentez par
exemple de faire comme dans le dernier exemple pour deviner la valeur de la limite
avec la fonction suivante.
−3 −2 −1 1 2 3 x
−1
−2
Si on prend une suite de valeurs de x telle que x → 2 et que x > 2, les valeurs de f (x)
s’approchent de 1 qui est f (2). Cependant, si on prend une suite de valeurs de x qui
s’approche de 2 mais telles que x < 2, alors les valeurs de f (x) s’approchent de −1,
qui n’est pas f (1). Ainsi, on voit qu’il n’est pas toujours vrai que
54
4.2 Limites à gauche et limites à droite
Nous avons vu qu’une des situations faisant qu’une limite lim f (x) n’existe pas est
x→a
celle où faire s’approcher x de a par la gauche ou par la droite ne donne pas le même
résultat. Pour étudier plus précisément ce type de situation, nous introduisons une
version de la notion de limite où les valeurs de x sont contraintes à être « à gauche »
ou « à droite » de a.
Les limites à gauche sont définies comme les limites en général, mais en limitant les
valeurs possible de x « à gauche » de a.
On écrit x → a− pour dire que x se rapproche de a par des valeurs plus petites que a.
De même, on écrit x → a+ pour dire que x se rapproche de a par des valeurs plus
grandes que a.
Définition 4.2.
Limites à droite : la notation lim+ f (x) = L signifie :
x→a
« f (x) peut être aussi près de L que l’on veut si x ∈ dom( f ) est assez
près de a avec x > a. »
Limites à gauche : la notation lim− f (x) = L signifie :
x→a
« f (x) peut être aussi près de L que l’on veut si x ∈ dom( f ) est assez
près de a avec x < a. »
Le lien entre la limite et les limites à gauche et à droite est donné par le résultat
suivant.
Hypothèse 3.
La seconde de ces hypothèses est utile pour déterminer algébriquement si une limite
existe.
Exemple 4.3. Soit la fonction f définie de la manière suivante.
x2
si x ≥ 1
f (x) =
(x + 1)2 si x < 1
55
D’une part, si x → 1 par la droite, on a que
Notez que nous utilisons l’hypothèse ?? pour remplacer f (x) par x2 quand x ≥ 1,
car les deux fonctions sont égales sur l’intervalle [1, ∞[ et ont donc les mêmes
limites sur cette région.
D’autre part, si x → 1 par la gauche, on a que
lim f (x)
x→1
n’existe pas.
Pour mieux comprendre l’argument algébrique, voici le graphe de la fonction f .
f (x)
1 x
56
alors que
lim f (g(x)) = lim f (x).
x→a x→b
Démonstration. Supposons que la limite lim g(x) existe, et posons b = lim g(x) et
x→a x→a
y = g(x). Il faut montrer que
Quand x → a, y = g(x) → b par définition de b. Les limites lim f (y) et lim f (g(x)) sont
y→b x→b
donc égales. Comme la variable utilisée comme argument de fonction dans une limite
n’a pas d’importance,
lim f (g(x)) = lim f (y) = lim f (x).
x→b y→b x→b
Exemple 4.4.
lim (x − 1)2 = lim x2
x→2 x→3
57
Par définition, f (1) = 3.
On vérifie lim f (x) à l’aide des limites à droite et à gauche.
x→1
Comme la limite à droite (2) n’est pas égale à la limite à gauche (1), lim f (x)@ et
x→1
f ne peut pas être continue en x = 1.
Enfin, on a que
0 = lim f (x) = f (0) = 0;
x→0
58
Les deux limites existent et ont la valeur 2. On a donc que
lim f (x) = 2
x→2
La fonction n’est cependant pas continue en x = 2 car lim f (x) = 2 alors que
x→2
f (2) = −10. On a donc que
lim f (x) , f (2).
x→2
Quand une fonction ait une discontinuité en x = a qui ne peut pas être modifiée
en fonction continue en a en modifiant la définition de f (a) de manière à ce que
lim f (x) = f (a), la discontinuité est dite essentielle. Dans le cas contraire, on dit que
x→a
la discontinuité est non-essentielle. Les discontinuités non-essentielles sont celles
où la limite lim f (x) existe, c’est à dire celle de type 1 et 3.
x→a
59
4.3.3 Continuité sur un intervalle
Définition 4.4. On dit qu’une fonction f est continue sur un ensemble I ⊆ R si
elle est continue pour chaque x dans I.
Dans ce cours, l’ensemble I sera le plus souvent un intervalle comme [a, b], ]a, b[,
]a, b] ou [a, b[. L’ensemble I peut aussi être le domaine de la fonction f (I = dom( f )) ;
si f est continue sur dom( f ), on dit que « f est continue sur son domaine. »
Proposition 4.2. Les limites ont les propriétés suivantes, pouvant être déduites
des propriétés axiomatiques.
(PL1) lim C f (x) = C lim f (x) si la limite du membre de droite existe.
x→a x→a
(PL2) lim x = a .
n n
x→a
(PL3) lim P(x) = P(a), où P(x) est un polynôme.
x→a
lim f (x)
f (x) x→a
(PL4) lim = , si les deux limites du membre de droite existent et si
x→a g(x) lim g(x)
x→a
lim g(x) , 0.
x→a
√ √ √
(PL5) lim n x = n a si n a est défini.
x→a
P(x) P(a)
(PL6) lim = quand P(x) et Q(x) sont des polynômes et quand Q(a) , 0.
x→a Q(x) Q(a)
(Les fonctions rationnelles sont continues sur leur domaines)
Démonstration. (PL1)
lim C f (x) = lim C lim f (x) (AL3)
x→a x→a x→a
= C lim f (x) (AL1)
x→a
60
(PL2)
n fois
lim xn = lim x · · · x
z}|{
x→a x→a
n fois
z
}| {
= lim x · · · lim x
x→a x→a
n fois
= a···a
z}|{
= an
Exemple 4.7. On peut déduire que cos(x) et tan(x) sont des fonctions continues
sur leurs domaines à l’aide des autres propriétés des limites données jusqu’ici.
(PL7) lim cos(x) = cos(a) (la fonction cosinus est continue)
x→a
(PL8) lim tan(x) = tan(a) (la fonction tangente est continue)
x→a
On laisse en exercice ces démonstrations, que l’on peut faire en utilisant les identités
suivantes :
sin(x)
cos(x) = sin(x + π/2) tan(x) =
cos(x)
61
4.5 Continuité et composition de fonctions
Théorème 4.1. La fonction f est continue en b si et seulement si
lim f g(x) = f lim g(x)
x→a x→a
Si g est une fonction telle que lim g(x) = b, on peut remplacer b par lim g(x) et obtenir
x→a x→a
lim f (x) = f lim g(x) .
x→b x→a
Quand x → a, g(x) → b. On peut donc remplacer lim f (x), en posant u = g(x) qui
u→b
s’approche de b quand x tend vers a. C’est une manière particulière de tendre vers a,
mais comme on suppose que lim f (u) = f (b) peu importe la manière que u s’approche
u→b
de a, cette manière particulière ne change pas la limite qui est toujours f (b). Ainsi
62
pour toute fonction g telle que lim g(x) existe. On peut prendre le cas particulier
x→a
g(x) = x, car la limite existe. L’hypothèse devient
lim f (x) = f lim x .
x→a x→a
Enfin, on peut établir que la composition de deux fonctions continues est elle aussi
continue.
Proposition 4.3. Si f et g sont deux fonctions continues, alors la composée
f ◦ g est aussi continue et
lim f g(x) = f g(a) .
x→a
Démonstration.
lim [ f ◦ g](x) = lim f g(x)
x→a x→a
= f lim g(x) (par thm 4.1 et f continue)
x→a
= f (g(a)) (car g continue)
= [ f ◦ g](a)
63
Proposition 4.4.
lim (x − a) = 0+
x→a+
lim (x − a) = 0−
x→a−
Comme le seul nombre à la fois plus grand et plus petit que L est L lui-même, on
doit avoir que
lim g(x) = L.
x→a
4.7 Indéterminations
0
Un cas d’indétermination « 0 » est une situation où, en évaluant la limite
f (x)
lim
x→a g(x)
on trouve que lim f (x) = 0 et lim g(x) = 0. Dans cette situation, les propriétés des
x→a x→a
limites que nous avons vu jusqu’ici ne permettent pas de déterminer la valeur de la
limite (d’où le terme indétermination ou forme indéterminée).
64
x2 − 2x − 3
Exemple 4.9. Considérer la fonction f (x) = .
x2 − 1
f (x)
x2 − 2x − 3 (x + 1)(x − 3) x−3
= = .
x2 − 1 (x + 1)(x − 1) x−1
La fonction f n’est pas définie en x = −1 et en x = 1, car ces deux valeurs entrainent
des divisions par zéro. Cependant, l’expression x−3x−1 peut s’évaluer quand x = 1. Si
on défini
x−3
g(x) = ,
x−1
on a une nouvelle fonction qui a les mêmes valeurs que f , sauf quand x = 1. Son
graphe est le suivant :
g(x)
65
une nouvelle fonction g. Comme les deux fonctions sont identiques sauf en x = −1,
on peut remplacer f par g pour évaluer la limite
x−3 (−1) − 3 −4
lim f (x) = lim g(x) = lim = = =2
x→−1 x→−1 x→−1 x−1 (−1) − 1 −2
f (x)
Ces indéterminations sont dues à une discontinuité de la fonction g(x) . Si cette
discontinuité est non-essentielle, on peut « lever l’indétermination » en utilisant
l’hypothèse 2. On rappelle qu’intuitivement, cette hypothèse permet de remplacer
dans une limite une fonction par un autre si les deux fonctions sont identiques près
d’une valeur a. Cela permet de remplacer une fonction f discontinue en a par une
fonction g continue en a qui a la même limite. Comme g est continue en a, la limite
lim g(x) s’évalue plus facilement que lim f (x).
x→a x→a
x3 − 3x2 − 6x + 8
x3 − 3x2 − 10x + 24
est donne bien une expression de la forme « 0/0 » quand x = 4. On a donc que x = 4
est un zéro des polynômes x3 − 3x2 − 6x + 8 et x3 − 3x2 − 10x + 24. Par le théorème
de factorisation, on sait que (x − 4) est un facteur de chacun de ces deux polynôme.
66
On trouve par division polynômiale que
x3 − 3x2 − 6x + 8 (x − 4)(x2 + x − 2)
lim = lim
x→4 x3 − 3x2 − 10x + 24 x→4 (x − 4)(x2 + x − 6)
(x−4)(x2 + x − 2)
= lim
−
(x
x→4 4)(x2 + x − 6)
x2 + x − 2
= lim
x→4 x2 + x − 6
42 + 4 − 2
=
42 + 4 − 6
9
=
7
Exemple 4.11. On vérifie pour commencer que l’on a bien une forme « 0/0 » :
x−4 4−4 0
lim √ = √ = « ».
x→4 x−2 4−2 0
√ √
On utilise le conjugué de x − 2 pour éliminer la racine problématique : ( x −
√
2)( x + 2) = (x − 4).
√
x−4 x−4 x+2
lim √ = lim √ √
x→4 x − 2 x→4 x − 2 x + 2
√
(x − 4)( x + 2)
= lim
x→4 x−4
√
(x − 4)( x + 2)
= lim
x→2 −
(x 4)
√
= lim x + 2
x→4
√
= 4+2
=4
67
Exemple 4.12. Dans cet exemple, on utilise la mise au dénominateur commun.
1
x − 41 4−x
4x
lim = lim
x→4 x−4 x→4 x−4
4− x 1
= lim
x→4 4x x − 4
−(x − 4) 1
= lim
x→4 4x x − 4
−
(x−4) 1
= lim
x→4 4x −
(x 4)
−1
= lim
x→4 4x
1
=−
16
Exemple 4.13. La fonction valeur absolue est une fonction définie par mor-
ceaux :
x
def
si x ≥ 0
|x| = .
−x si x < 0
Ainsi, si on évalue |3|, comme 3 ≥ 0, c’est la première ligne de la définition qui doit
être utilisée. Cela donne que |3|=3.
Si on évalue plutôt | − 3|, comme −3 < 0, c’est la seconde ligne de la définition qui
doit être utilisée. Cela donne que | − 3| = −(−3) = 3.
Pour évaluer une limite avec x → a, ont vérifie dans quelle partie de la fonction on se
trouve : est-ce que si x est assez près de a, x vérifie une des conditions ou se trouve
plutôt à la « frontière » entre deux conditions ?
Exemple 4.14.
68
lim |x| = lim −x (car |x| = −x près de x = −3)
x→−3 x→−3
= −(−3)
=3
Pour évaluer
lim |x|
x→0
nous devons séparer la limite en limite à droite et limite à gauche car 0 est une
valeur « frontière ».
lim |x| = 0.
x→0
69
Chapitre 5
Limites et dérivées
5.2 Dérivée
Comme la pente de la tangente à au graphe d’une fonction f est directement lié à sa
croissance, il est utile de la considérer comme une nouvelle fonction dérivée de la
fonction initiale. Cette fonction dérivée associe à chaque
valeur
de x dans le domaine
de f la pente de la tangente au graphe de f au point x, f (x) .
70
y f (x)
f (x + ∆x)
f (x)
∆x
f (x)
x
x x + ∆x
f (x + ∆x) − f (x)
f 0 (x) = lim
∆x→0 ∆x
(x + ∆x)3 − x3
= lim
∆x→0 ∆x
(x3 + 3x2 ∆x + 3x∆x2 + ∆x3 ) − x3
= lim
∆x→0 ∆x
3x2 ∆x + 3x∆x2 + ∆x3
= lim
∆x→0 ∆x
∆x(3x2 + 3x∆x + ∆x2
= lim
∆x→0 ∆x
= lim 3x + 3x∆x + ∆x2
2
∆x→0
= 3x + 3x(0) + (0)2
2
= 3x2
f 0 (−1) = 3(−1)2 = 3.
On peut aussi chercher les valeurs de x où la pente a une valeur spécifique. Par
exemple, la tangente est horizontale quand sa pente est nulle. Cela est le cas quand
f 0 (x) = 0 ⇐⇒ 3x2 = 0 ⇐⇒ x = 0.
71
√
Exemple 5.2. Si f (x) = x + 1, la dérivée de f est
f (x + ∆x) − f (x)
f 0 (x) = lim
∆x→0 ∆x
√ √
x + ∆x + 1 − x + 1
= lim
∆x→0 ∆x
√ √ √ √
x + ∆x + 1 − x + 1 x + ∆x + 1 + x + 1
= lim √ √
∆x→0 ∆x x + ∆x + 1 − x + 1
(x + ∆x + 1) − (x + 1) 1
= lim √ √
∆x→0 ∆x x + ∆x + 1 + x + 1
∆x 1
= lim √ √
∆x→0 ∆x x + ∆x + 1 + x + 1
1
= lim √ √
∆x→0 x + ∆x + 1 + x + 1
1
= √ √
x+0+1+ x+1
1
= √ √
x+1+ x+1
1
= √
2 x+1
1
Donc f 0 (x) = √ .
2 x+1
∆y
f 0 (x) = TVI x ( f ) = lim .
∆x→0 ∆x
72
5.3 Droite tangente et approximation d’une fonction
Si une droite est de pente a, une augmentation de ∆x de la valeur de x augmentera
la valeur de y de a∆x.
f (x)
y
a∆x
∆x
y0
x
x0 x0 + ∆x
y f (x)
f (x + ∆x)
f (x)
∆x
f (x)
x
x x = ∆x
Dans ce dernier graphique, la pente de la tangente au point x, f (x) est, par définition,
la valeur f 0 (x) de la dérivée évaluée en x. En remplacent les paramètres de la relation
y = y0 + a∆x par ceux de la droite tangente du dernier graphique, l’équation de la
droite tangente en (x, f (x)) (où y est fonction de ∆x) est
y = f (x) + f 0 (x)∆x.
Si on considère que y sur la droite tangente est une bonne approximation de y sur le
graphe de la fonction f , on peut faire l’approximation suivante de f (x + ∆x)
73
La comparaison du graphique suivant, qui illustre les principaux éléments de la
définition précédente, avec le graphique illustrant la définition originale permet de
voir leur équivalence géométrique : dans les deux cas, on détermine la dérivée à l’aide
de pente de sécantes approximant la pente de la tangente.
y f (x)
f (x)
f (a)
(x − a)
f (x)
x
a x
√
Exemple 5.3. Si f (x) = x + 1, la dérivée f (a) peut être calculée par
f (x) − f (a)
f 0 (a) = lim
√ x−a √
x→a
x+1− a+1
= lim
x→a
√ x − a√ √ √
x+1− a+1 x+1+ a
= lim √ √
x→a x−a x+1− a+1
(x + 1) − (a + 1) 1
= lim √ √
x→a x−a x+1+ a+1
x−a 1
= lim √ √
x→a x − a x + 1 + a + 1
1
= lim √ √
x→a x+1+ a+1
1
= √ √
a+1+ a+1
1
= √
2 a+1
74
Cette approximation sera généralisée en calcul intégral. On appelle cette généralisation
série de Taylor et on y consacrera près d’un quart de la session !
Notons enfin que l’on peut aussi écrire la définition de la dérivée de la manière
suivante, en utilisant x0 au lieu de a.
f (x) − f (x0 )
f 0 (x0 ) = lim .
x→x0 x − x0
La notation x0 , x1 , x2 est souvent utilisée pour désigner des valeurs particulières de x.
5.4 Différentiabilité
Définition 5.3. Une fonction f est différentiable en x = a si la limite servant à
définir f 0 (x) existe, c’est à dire quand
f (x + ∆x) − f (x)
lim existe
∆x→0 ∆x
Exemple 5.4. La fonction valeur absolue f (x) = |x| n’est pas différentiable en
x = 0.
En effet,
f (x) − f (0)
f 0 (0) = lim
x→0 x−0
|x| − |0|
= lim
x→0 x
|x|
= lim
x→0 x
Cette dernière limite est une limite « 00 ». On ne peut pas directement simplifier
|x| et x. Il faut simplifier différemment selon le signe de x. Si x est positif, |x| = x et
donc
|x| x
= = 1.
x x
Si x est négatif, |x| = −x et donc
|x| −x
= = −1.
x x
On peut donc compléter le calcul de f 0 (0) en prenant les limites à droite et à
gauche.
|x|
lim+ = lim+ 1 = 1
x→0 x x→0
|x|
lim− = lim− −1 = −1
x→0 x x→0
75
Comme les limites à droites et à gauche ne sont pas égales, on a que
|x|
lim @.
x→0 x
On a donc montré que f 0 (0) n’existe pas, car la limite présente dans la définition
n’existe pas.
f (x)
76
et avec le résultat précédent, on a donc que
et donc
lim f (x) = f (a),
x→a
Corollaire 5.1. Si une fonction n’est pas continue en x = a, alors elle n’est pas
différentiable en x = a.
Comme une fonction qui n’est pas définie en un point de peut être continue en ce
point, une fonction n’est jamais différentiable hors de son domaine.
5.4.1 Types de non-différentiabilité
Comme la différentiabilité n’est rien d’autre que l’existence d’une limite et qu’il y a
différent scénarios où une limite n’existe pas, il y a aussi différents scénarios où une
fonction n’est pas dérivable (en un point).
Un point anguleux est un point où
∆y ∆y
lim + , lim− ,
∆x→0 ∆x x→0 ∆x
mais où les limites à droite et à gauche existent toutes deux. Dans une telle situation,
il y a « deux tangentes », une à droite et une à gauche. Voici quelques exemples de
points anguleux.
y y y
x x x
c’est-à-dire où la limite à droit ou la limite à gauche est infinie. Cela donc graphique-
ment un point où il y a une tangente verticale « de pente infinie ».
77
y y
x x
∆y
Enfin, un point de non-dérivabilité peut être du au fait que la limite lim n’existe
∆x→0 ∆x
pas à cause d’oscillations qui ne se stabilisent pas. Un exemple connnu est la fonction
de Weirestrass, qui a la propriété d’être dérivable en aucune valeur de son domaine !
f (x)
78
,
79
Chapitre 6
Analyse de fonctions
lim f (x) = ∞
x→a
si f (x) est aussi grande que l’on veut quand x est assez près de a.
lim f (x) = −∞
x→a
si f (x) est aussi petit que l’on veut quand x est assez près de a.
lim f (x) = L
x→∞
si f (x) est aussi proche de L que l’on veut quand x est assez grand.
lim f (x) = L
x→−∞
si f (x) est aussi proche de L que l’on veut quand x est assez petit.
lim f (x) = ±∞
x→∞
si f (x) est aussi grand (ou petit) que l’on veut quand x est assez grand.
lim f (x) = ±∞
x→−∞
si f (x) est aussi grand (ou petit) que l’on veut quand x est assez petit.
80
f (x)
x
-1 2
Remarque 6.1. Dans l’exemple précédent, on a écrit lim f (x) = −∞ car la fonction
x→−
tend vers −∞ peu importe comment x → −1. Cependant, comme cette limite n’a pas
de valeur car ∞ n’est pas un nombre réel ! mais un symbole indiquant le comportement
d’une fonction. On pourrait aussi écrire que lim f (x) @.
x→−1
Certaines limites à l’infini n’existent pas, car les valeurs de la fonction ne s’approchent
pas d’une valeur déterminée quand x devient de plus en plus grand (ou de plus en
plus petit). Les fonctions trigonométriques sont un exemple : leur périodicité entraine
que les limites à l’infini ne convergent pas.
Exemple 6.2.
sin(x)
lim sin(x)@
x→±∞
x
cos(x)
lim cos(x)@
x→±∞
x
81
Exemple 6.3.
lim x2 = ∞
x→∞
lim x2 = ∞
x→−∞
lim x3 = ∞
x→∞
lim x3 = −∞
x→−∞
lim x + x2 = ∞ + ∞ = ∞
x→∞
∞+∞ = ∞
∞
si k pair
(−∞)k =
∞·∞ = ∞ −∞
si k impair
∞±k = ∞ √n
±k · ∞ = ±∞ ∞=∞
∞∞ = ∞ √n −∞
si n impair
−∞ =
∞k = ∞ @
si n pair
82
1/x
1
0+ =∞
1
∞ = 0+
x
1
−∞ = 0−
1
0− = −∞
1 k
Note : comme = 0, on a que = k ∞1 = k · 0 = 0 pour n’importe quelle constante k.
∞ ∞
Exemple 6.5.
3 3 1
lim 2 + 3
= 2 + 3
= 2+3 = 0
x→∞ x ∞ ∞
Exemple 6.6.
x ∞
lim = = ∞.
x→∞ (1/x) 0+
∞ ∞
=∞ = ∞2 = ∞.
1/∞ 1
0 ∞
On doit garder en tête que les formes 0 et ∞ sont indéterminés – voir la section
suivante.
Proposition 6.1. Si k est une constante positive, alors
83
6.1.2 Formes indéterminées
Nous avons déjà étudié les indéterminations de la forme « 00 . » Si on ajoute les limites
quand x → ±∞ et celles qui tendent vers ±∞.
0
Forme « »
0
Nous avons déjà étudié cette forme, mais nous pouvons analyser ce qui se passe dans
une telle limite à l’aide des limites à l’infini, comparons les trois situations suivantes :
x3 x2 x2
lim lim lim
x→∞ x2 x→∞ x2 x→∞ x3
∞
Forme « »
∞
Pour comprendre pourquoi il y a indétermination quand l’évaluation directe donne
∞
un résultat de la forme « », comparons les trois situations suivantes :
∞
x3 x2 x2
lim lim lim
x→∞ x2 x→∞ x2 x→∞ x3
∞
En évaluant directement, on obtient une expression de la forme « » pour chacune
∞
des trois limites.
Si on simplifie avant d’évaluer, on obtient cependant trois résultats très différents :
x3
lim = lim x = ∞
x→∞ x2 x→∞
x2
lim = lim 1 = 1
x→∞ x2 x→∞
x2 1 1
lim = lim = =0
x→∞ x3 x→∞ x ∞
84
Forme « ∞ − ∞ »
Comme dans la section précédente, une telle forme est indéterminée car la limite à
évaluer peu donner des résultats différents selon la « vitesse » a laquelle les termes
vont à l’infini. Considérons les trois limites suivantes :
lim x2 − x2 = lim 0 = 0
x→∞ x→∞
On ne peut donc pas déterminer la valeur d’une limite uniquement sachant qu’elle est
de la forme « ∞ − ∞ ». Il faut transformer algébriquement la fonction pour pouvoir
évaluer la limite.
Exemple 6.7.
1 1 1 1
lim+ − = − = ∞−∞
x→0 x 2 x 3 (0+ ) 2 (0+ )3
1 1 x 1
lim+ 2
− 3
= lim+ −
x→0 x x x→0 x x33
x−1
= lim+
x→0 x3
(0) − 1
=
(0+ )3
−1
=
0+
= −∞
Noter que la mise au dénominateur commun est la clef pour évaluer cette limite.
0·∞ 1∞ ∞0 00
sont toutes indéterminée. Elles seront étudiées de manière détaillée avec l’introduction
de la Règle de l’Hospital permettant de lever ce type d’indétermination plus facilement.
La stratégie consiste à transformer les fonctions dont les limites donnent une de ces
formes indéterminées en fonctions où les formes indéterminées sont « 00 » ou « ∞ ∞ ».
85
6.2 Limites et asymptotes
6.2.1 Asymptotes verticales
Définition 6.3. Une fonction réelle f a comme asymptote verticale la droite
x = a si
lim+ f (x) = ±∞ ou lim− f (x) = ±∞.
x→a x→a
f (x)
a x
f (x)
De manière générale, une fonction de la forme peut avoir une asymptote verticale
g(x)
quand g(x) = 0, c’est-à-dire pour les valeurs de x où il y a une division par zéro. Il
n’y a pas toujours une asymptote verticale quand il y a division par zéro, mais c’est
l’endroit où les chercher !
1
Exemple 6.8. La fonction f (x) = a une asymptote verticale en x = 2 car
x−2
1 1
lim+ = = ∞.
x→2 x−2 0+
f (x)
1
Exemple 6.9. La fonction f (x) = a une asymptote verticale en x = 2
(x − 2)(x − 3)
86
et en x = 3 car
1 1 1
lim+ = = = −∞,
x→2 (x − 2)(x − 3) (0+ )(−1) (0− )
1 1 1
lim+ = = = ∞.
x→3 (x − 2)(x − 3) (1)(0+ ) (0+ )
f (x)
1
Exemple 6.10. Soit f (x) = 1 − .
x2
1
f (x) = 1 −
x2
1
1 1
lim 1 − = 1− = 1−0 = 1
x→∞ x2 ∞2
x2 − 3x − 4
Exemple 6.11. Déterminons si f (x) = a une asymptote horizontale.
3x2 + 2
87
x2 − 3x − 4 x2 1 − 3x − x42
lim = lim
3x2 + 2
x→∞ x→∞ x2 3 + 2
x 2
1 − 3x − x42
= lim
x→∞ 3 + x22
1 − ∞3 − ∞42
=
3 + ∞22
1−0−0
=
3+0
1
=
3
88
zontales différentes.
√ √ q
x2 + 1 x2 1 + x12
lim = lim
x→∞ x x→∞
q x
|x| 1 + x12
= lim
q x
x→∞
x 1 + x12
= lim
r x
x→∞
1
= lim 1+
x→∞ x2
r
1
= 1+
∞2
√
= 1+0
=1
√ √ q
x2 + 1 x2 1 + x12
lim = lim
x→−∞ x x→−∞
q x
|x| 1 + x12
= lim
qx
x→−∞
− x 1 + x12
= lim
r x
x→−∞
1
= lim − 1+
x→−∞ x2
s
1
=− 1+
(−∞)2
√
= − 1+0
= −1
89
f (x)
Remarque 6.2. Une erreur fréquente est de penser qu’une asymptote est une droite
de laquelle se rapproche une fonction sans jamais la croiser. Cette conception est
erronée. Par exemple, pour la fonction suivante
f (x)
la droite y = 1 est une asymptote horizontale, même si la fonction croise une infinité
de fois l’asymptote !
sin(x)
Pour information, la fonction dans cet exemple est f (x) = + 1.
x
f (x)
f (x2 )
f (x1 )
a x1 x2 b x
90
f (x) est strictement croissante sur [a, b] si pour tout x1 et x2 dans [a, b],
x1 ≤ x2 =⇒ f (x1 ) ≥ f (x2 ).
f (x)
f (x1 )
f (x2 )
a x1 x2 b x
f (x) est strictement croissante sur [a, b] si pour tout x1 et x2 dans [a, b],
Exemple 6.13. Pour illustrer l’utilisation de cette définition pour vérifier qu’une
fonction est croissante sur une intervalle, montrons que f (x) = x2 est croissante sur
[0, ∞[.
Prenons deux nombres réels x1 < x2 . On doit montrer que f (x1 ) ≤ f (x2 ), c’est à dire
que x12 ≤ x22 .
Le résultat suivant
Définition 6.6. Une fonction réelle f a un maximum global en x = a si
f (a) ≥ f (x) pour tout x dans le domaine de f .
Une fonction réelle f a un minimum global en x = a si f (a) ≤ f (x) pour tout x
dans le domaine de f .
91
assez près de a (c’est à dire dans un intervalle ouvert ]c, d[ contenant a).
Max local
Min local
a b c x
x x
Rappel 6.1.
AB = 0 ⇐⇒ A = 0 ou B = 0.
A
= 0 ⇐⇒ A = 0 et B , 0.
B
92
Exemple 6.15. Déterminons les maximums et les minimums locaux de la fonction
(x − 1)
f (x) = .
x2 − 1
− (x − 1)2
f 0 (x) = 0 ⇐⇒ = 0 ⇐⇒ −(x − 1)2 = 0 ⇐⇒ x = 1.
(x2 − 1)2
− (x − 1)2
0
f (x)@ ⇐⇒ @ ⇐⇒ x2 − 1 = 0 ⇐⇒ x = 1.
(x2 − 1)2
f 0 (x) = 0 ⇐⇒ x2 − 2x − 3 = 0 ⇐⇒ x = 3 ou x = −1.
f 0 (x) est défini pour tout x ∈ R, il n’y a donc pas de point critique où f 0 (x)@.
On fait un tableau de signe pour f 0 (x) pour déterminer les intervalles de croissance
et de décroissance de f (x). Notons que f 0 (x) = x2 − 2x − 3 = (x + 1)(x − 3), ce qui
facilite la détermination du signe de f 0 (x).
93
x −∞ -1 3 ∞
(x + 1) - 0 + + +
(x − 3) - - - 0 +
f 0 (x) + 0 - 0 +
f (x) −∞ % MAX & MIN % ∞
f 0 (x) = 0 ⇐⇒ 3x2 = 0 ⇐⇒ x = 0.
x −∞ 0 ∞
f 0 (x) = 3x2 ∞ + 0 + ∞
f (x) −∞ % STA % ∞
f (x) = x3
A
Exemple 6.18. On analyse la fonction définie par
x−2
f (x) = .
2x − 1
94
Ainsi il est impossible que f 0 (x) = 0 puisque le numérateur est 1. Mais il y a une
division par 0 quand x = 1/2. Donc la dérivé n’existe pas si x = 1/2 ; cette valeur
est une valeur critique.
1
On a aussi que (2x−1)2
≥ 0.
x−2 −3/2
lim + = + = −∞
1
x→( 2 ) 2x − 1 0
x−2 −3/2
lim − = − = +∞
1
x→( 2 ) 2x − 1 0
x −∞ 1/2 ∞
1
(2x−1)2
+ @ +
1 1
f (x) 2 % @ :AV % 2
f (x)
0.5 x
95
1
f 0 (x) = 0 ⇐⇒ √3 = 0 n’a pas de solution.
3 x2
1
lim+ f 0 (x) = p =∞
3 (0+ )2
x→0 3
1
lim− f 0 (x) = p
3
=∞
x→0 3 (0− )2
1
lim f 0 (x) = p =∞
3 (0+ )2
x→∞ 3
1
lim f 0 (x) = p
3
=∞
x→−∞ 3 (0− )2
x −∞ 0 ∞
f 0 (x) ∞ + ∞ + ∞
f (x) −∞ % T.V. % ∞
√3
f (x) = x
96
Chapitre 7
f (x) = b x ,
où b > 0, b , 1.
bx
1 1
x x
97
Proposition 7.1. Une fonction exponentielle de la forme b x est toujours stric-
tement positive :
b x > 0 pour tout x.
logb (x) = y ⇐⇒ by = x.
logb (x)
1 x
98
7.2 La constante d’Euler
Si on change la base d’une fonction exponentielle, la pente de la tangente en x = 0
varie.
2x ex
1 1
x x
3x 10 x
1 1
x x
Pour comparer les trois tangentes, voici un graphique où elles sont superposées.
ex
1
x
99
ex
8
−10 −5 5 x
Note 7.1. Plusieurs ouvrages utilisent la notation « exp(x) pour dénoter e x . Les
deux notations sont équivalentes :
exp(x) = e x .
Cette définition a pour conséquence que la constante d’Euler e peut être calculée à
l’aide de la limite suivante : !n
1
e = lim 1 +
n→∞ n
100
n
n 1 + 1n ≈
1 2 2.00000000000000
9
2 4 2.25000000000000
64
3 27 2.37037037037037
625
4 256 2.44140625000000
7776
5 3125 2.48832000000000
117649
6 46656 2.52162637174211
2097152
7 823543 2.54649969704071
43046721
8 16777216 2.56578451395035
1000000000
9 387420489 2.58117479171320
25937424601
10 10000000000 2.59374246010000
.. .. ..
. . .
..
100 . 2.70481382942153
.. .. ..
. . .
..
1000 . 2.71692393223589
.. .. ..
. . .
∞ e e
x2 x3 x4
ex = 1 + x + + + +···
1·2 1·2·3 1·2·3·4
En posant x = 1, on obtient :
1 1 1
e = 1+1+ + + +···
1·2 1·2·3 1·2·3·4
Le tableau de convergence suivant montre que cette série donne beaucoup plus
rapidement des approximation précises.
101
n 1 + 1 + 1·2
1
+··· ≈
0 1 1.00000000000000
1 2 2.00000000000000
5
2 2 2.50000000000000
8
3 3 2.66666666666667
65
4 24 2.70833333333333
163
5 60 2.71666666666667
1957
6 720 2.71805555555556
685
7 252 2.71825396825397
109601
8 40320 2.71827876984127
98641
9 36288 2.71828152557319
9864101
10 3628800 2.71828180114638
.. .. ..
. . .
..
100 . 2.71828182845905
.. .. ..
. . .
..
1000 . 2.71828182845905
.. .. ..
. . .
∞ e e
−2 2 4 6 8 x
−1
102
7.3.1 Définition alternative de logarithme naturel
La première définition historique de ln(a), est l’aire entre le graphe de la fonction
1
f (x) = et l’axe des x comprise entre x = 1 et x = a.
x
1
x
ln(a)
1 a x
La fonction ln(x) a été définie de cette manière car elle permet de transformer les
produits en somme par la propriété
Cette propriété est très utile pour simplifier le calcul de produits : au lieu de calculer
le produit de AB,on calcule la somme de ln(A) et ln(B), ce qui est beaucoup plus
facile, surtout si on a sous la main une table de logarithme comme celle calculée par
Nepier.
Exemple 7.1. Supposons que l’on veut calculer le produit de 81237.21 par
74923.38 avec l’algorithme usuel de multiplication. En consultant une table de
logarithmes Neperiens, on trouve
En additionnant :
6086566703.45156.
6086566354.96980
103
L’erreur relative est infime : moins de 0.0000006 % !
Pour bien comprendre à quel point cette technique facilite les calculs, tenter
de multiplier les nombres sans calculatrice, ensuite tenter le même calcul en
additionnant les logarithmes.
x2 x3 x4
ln(x + 1) = x − + − ···
2 3 4
elle même déduite d’une identité connue bien avant Napier
1
= 1 − x + x2 − x3 + x4 − · · ·
x+1
Remarquez que si on dérive de chaque côté cette dernière égalité, on obtient celle
pour ln(x − 1) !
Note 7.2. Avant la création les logarithmes, on utilisait la même idée pour simplifier
les calculs (transformer les produits en sommes), mais en utilisant des identités
trigonométriques telles que
sin(A + B) + sin(A − B)
sin(A) cos(B) =
2
qui permet de transformer le produit ( à gauche) en deux sommes, une différent et
une division par 2 (à droite), en supposant que l’on dispose de tables des valeurs de
sinus et cosinus !
ex 0 = ex .
dy e x+dx − e x
=
dx dx
e e − ex
x dx
=
dx
dx
e −1
= ex
dx
e − e0
dx
= ex .
dx
dy ¯
= ex x = 0.
dx
104
Comme on suppose que la pente de la tangente à la courbe y = e x en x = 0 est 1 et
que cette pente est par définition
edx − e0
,
dx
on a que quand dx devient petit,
dy
= ex .
dx
e x+∆x − e x
f (x) = lim
0
∆x→0 ∆x
e x e∆ x − e x
= lim
∆x→0 ∆x
e∆ x − 1
ex
= lim
∆x→0 ∆x
e∆ x − 1
= e x lim
∆x→0 ∆x
e0+∆x − e0
= e x lim
∆x→0 ∆x
= e f (0)
x 0
Proposition 7.6.
b x 0 = b x ln(b)
Démonstration.
x 0
b x 0 = eln(b )
0
= e x ln(b)
x)
= eln(b
ln(b)
= b x ln(b)
Exemple 7.2. 0
e2x = e2x (2x)0 = 2e2x .
105
Exemple 7.3. 0
22x = 22x ln(2)(2x)0 = 2 ln(2)22x .
Exemple 7.4.
!0
x4 4x3 32x − x4 32x ln(3)(2)
=
32x 32x 2
2x3 (2 − ln(3)x)
= .
32x
0 1
ln(x) = .
x
1
x
dy
1 x x + dx x
Quand dx est très petit, l’aire de la région dy entre les valeurs x et x + dx est
approximativement celle du rectangle de base dx et de hauteur 1/x.
1
dy ≈ dx.
x
On a donc que
dy 1
= .
dx x
106
Démonstration. Si on connait la dérivée de e x , alors on trouve la dérivée de ln(x) par
dérivation implicite.
eln(x) = x
0 0
eln(x) = x
0
eln(x) ln(x) = 1
0
x ln(x) = 1
0 1
ln(x) =
x
Cette dernière preuve peut être généralisée à n’importe quelle paire de fonctions
inverses.
Proposition 7.8. Si g est la fonction inverse de f , c’Est à dire si
g( f (x)) = x et f (g(x)) = x,
alors
1
(g(y))0 = .
f 0 (x)
En utilisant la notation différentielle avec y = f (x) et x = g(y), on a
dx 1
= .
dy dy/dx
Démonstration. Supposons que g est la fonction inverse de f , c’est à dire que g( f (x)) =
x et que f (g(y)) = y. En dérivant à l’aide de la règle de chaine, on trouve que
g( f (x))) = x
(g( f (x)))0 = (x)0
g0 ( f (x)) f 0 (x) = 1
1
g0 (y) = 0
f (x)
dx 1
=
dy dx/dy
√3
Exemple 7.5. Considérons la fonction définie par f (x) = x3 et son inverse g(x) = x.
Comme la dérivée de f est
√ 2
f 0 (x) = 3 3 x ,
107
on a, par la proposition précédente, que
1
g0 (x) = .
3x2
Proposition 7.9.
0 1 1
logb (x) =
x ln(b)
108
Démonstration.
!0
0 ln(x)
logb (x) =
ln(b)
1
= (ln(x))0
ln(b)
1 1
=
ln(b) x
1
=
x ln(b)
Exemple 7.6.
0 1 −2x + 1
ln(−x2 + x + 1) = (−x2 + 2 + 1)0 =
−x2 + x + 1 −x2 + x + 1
Exemple 7.7.
0 2
x3 ln(2x) = 3x2 ln(2x) + x3 = x2 (3 ln(2x) + 1)
2x
f 0 (x) = e x + xe x = (1 + x)e x
x −2 −1
f 0 (x) − − − 0 +
f 00 (x) − 0 + + +
f (x) INF MIN
109
Chapitre 8
1 Rad
θ
1
Comme la circonférence d’un cercle de rayon 1 correspond à un arc d’un tour complet,
un angle θ de 2π Rad correspond à un angle de 360 degrés ou d’un tour.
Ces proportions servent à convertir la mesure d’un angle d’une unité à une autre.
8.1.2 Les fonctions trigonométriques
Afin de pouvoir définir les fonctions trigonométrique pour tout angle possible θ ∈ R,
on doit exprimer la définition à l’aide du cercle trigonométrique.
Définition 8.1. Les fonctions cos(θ) et sin(θ) sont définies comme les coordon-
nées en x et en y du point situé sur la circonférence d’un cercle de rayon 1 à
l’angle θ.
110
P(θ) = (cos(θ), sin(θ))
1
sin(θ)
θ
cos(θ)
Notons que l’on utilise ici une convention de notation très répandue : pour simplifier
2 2
un peu l’écriture, on écrit sin2 (x) au lieu de sin(x) et cos2 (x) au lieu de cos(x) . On
utilisera une convention similaire pour toute les autres fonctions trigonométriques.
8.1.3 Triangles comportant des angles usuels
Pour le calcul des valeurs de sin(θ) et cos(θ), on utilise les grandeurs des côtés
de certains triangles remarquables, pour lesquel il est possible de déterminer les
longueurs des côtés géométriquement, à l’aide de la relation de Pythagore, de la loi
des cosinus ou d’autres astuces géométriques.
π/4
√ 1 π/3 1 1 5π/12 √ √
1 2 2 2− 3
2
2 π/6 π/12
√ 1 q √
3/2 2+ 3/2
π/4
√ 1 1
2
2
111
cotan(θ)
P(θ)
P(θ)
)
c(θ
cos(θ)
tan(θ)
se
sin(θ)
sin(θ)
)
c(θ
cs
θ θ
cos(θ)
Hypothèse 7. Les fonctions trigonométriques sont continues partout où elles sont
définies.
Proposition 8.2. Toutes les fonctions trigonométriques sont périodiques de
période 2π.
Proposition 8.3.
lim sin(θ)@ lim cos(θ)@
θ→±∞ θ→±∞
sin(∆x) ≤ ∆x ≤ tan(∆x).
tan(∆x)
h
sin(∆x)
112
En divisant par sin(∆x) on obtient :
sin(∆x) ∆x tan(∆x)
≤ ≤ ,
sin(∆x) sin(∆x) sin(∆x)
Ce qui donne, en simplifiant,
∆x
1≤ ≤ cos(∆x).
sin(∆x)
Si on inverse chaque membre de ces inégalités, on trouve que
sin(∆x) 1
1≤ ≤ .
∆x cos(∆x)
En prenant la limite quand ∆x → 0 des membres de droite et de gauche de la chaine
d’inégalité :
1 1
lim 1 = 1 lim = =1
∆x→0 ∆x→0 cos(∆x) cos(0)
donc, par la propriété des gendarmes (thm du sandwich), le membre central doit
avoir la même limite :
sin(∆x)
lim =1
∆x→0 ∆x
Note : ce résultat justifie l’approximation sin(x) ≈ x quand x est petit. Cette ap-
proximation est souvent utilisé en physique, par exemple pour obtenir l’importante
équation décrivant le mouvement et la propagation des ondes.
Lemme 8.2.
cos(∆x) − 1
lim =0
∆x→0 ∆x
Démonstration.
cos(∆x) − 1 cos(∆x) − 1 cos(∆x) + 1
lim = lim
∆x→0 ∆x ∆x→0 ∆x cos(∆x) + 1
cos2 (∆x) − 1 1
= lim
∆x→0 ∆x cos(∆x) + 1
− sin2 (∆x) 1
= lim
∆x→0 ∆x cos(∆x) + 1
sin(∆x) − sin(∆x)
= lim
∆x→0 ∆x cos(∆x) + 1
sin(∆x) − sin(∆x)
= lim lim
∆x→0 ∆x ∆x→0 cos(∆x) + 1
!
0
= (1)
2
=0
113
Théorème 8.1. La dérivée de la fonction sinus est
0
sin(x) = cos(x).
114
Proposition 8.4 (Dérivée des fonctions trigonométriques).
0 0
(a) cos(x) = − sin(x) (d) sec(x) = sec(x) tan(x)
0 0
(b) tan(x) = sec2 (x)
(e) csc(x) = − csc(x) cot(x)
0
(c) cot(x) = − csc2 (x)
Démonstration. Preuve de (a). On utilise les identités cos(θ) = sin(θ + π/2) et − sin(θ) =
cos(θ + π/2).
0 0
cos(x) = sin(x + π/2)
= cos(x + π/2)(x + π/2)0
= cos(x + π/2)
= cos(x + π/2)
= − sin(x)
Preuve de (b). On utilise la définition de tan(x) en terme de sin(x) et cos(x), ainsi que
l’identité cos2 (x) + sin2 (x) = 1.
0
sin(x)
(tan(x)) =
0
cos(x)
0 0
sin(x) cos(x) − sin(x) cos(x)
=
cos2 (x)
cos(x) cos(x) − sin(x)(− sin(x))
=
cos2 (x)
cos(x) cos(x) + sin(x) sin(x)
=
cos2 (x)
cos (x) + sin2 (x)
2
=
cos2 (x)
1
=
cos2 (x)
= sec2 (x)
Les preuves des formules de dérivations de sec(x), csc(x) et cotan(x) sont similaires et
sont laissées en exercice.
115
8.4 Rappel sur les fonctions trigonométriques inverses
Définition 8.3.
y
1. arcsin(y) = θ ⇐⇒ sin(θ) = y, avec −π/2 ≤ θ ≤ π/2, −1 ≤ y ≤ 1 θ
p = tan(θ)
3. arctan(p) = θ ⇐⇒ tan(θ) = p, avec −π/2 < θ < π/2 et p ∈ R θ
cotan(θ)
θ)(
sec
y=
( θ)
6. arccosec(x) = θ ⇐⇒ csc(θ) = x, avec −π/2 ≤ θ ≤ π/2, θ , 0 θ y=
csc
116
8.5 Dérivation des fonctions trigonométriques inverses
Exemple 8.1. Sachant que θ = arccos(1/2), trouver les autres rapports trigonomé-
trique.
Solution : comme cos(θ) doit être 1/2, on peut supposer que θ est un angle dans le
triangle suivant (car les valeurs des fonctions trigonométriques restent les même si
on change l’échelle d’un triangle.)
2
√ √
sin(θ) = 3
= 3 sec(θ) = 2
1 =2 cot(θ) = √1
2 3
√ √
tan(θ) = 1
3
= 3 csc(θ) = √2
3
0 0
(1) arcsin(x) = √ 1 2 (4) arcctg(x) = x−1 2 +1
1−x
0 0
asec(x) = √ 12
(2) arccos(x) = √−1 2 (5)
x x −1
1−x
0 0
arccosec(x) = √−12
(3) arctan(x) = x2 +1
1 (6)
x x −1
Démonstration.
Toutes ces preuves se font en utilisant la dérivation implicite et des identités trigono-
métriques. On suppose que x est dans le domaine des fonctions impliquées.
On utilise aussi les identités de Pythagore suivantes :
sin2 (x) + cos2 (x) = 1 sec2 (x) = tan2 (x) + 1 csc2 (x) = cotan2 (x) + 1.
117
0 1
Preuve de arcsin(x) = √ :
1 − x2
sin arcsin(x) = x
0
(sin(arcsin(x)) = (x)0
0
cos(arcsin(x)) arcsin(x) = 1
0 1
arcsin(x) =
cos(arcsin(x))
0 1
arcsin(x) = q
1 − sin2 (arcsin(x))
0 1
arcsin(x) = q
1 − (sin(arcsin(x)))2
0 1
arcsin(x) = √
1 − x2
0 1
Preuve de arctan(x) = :
x2 + 1
tan(arctan(x)) = x
0
tan(arctan(x)) = (x)0
0
sec2 (arctan(x)) asec(x) = 1
1
(arctan(x))0 =
sec2 (arctan(x))
1
(arctan(x))0 =
1 + tan2 (arctan(x))
1
(arctan(x))0 =
1 + x2
118
0 1
Preuve de asec(x) = √ :
x x2 − 1
sec(asec(x)) = x
0
sec(asec(x)) = (x)0
0
sec(asec(x)) tan(asec(x)) asec(x) = 1
1
(asec(x))0 =
sec(asec(x)) tan(asec(x))
1
(asec(x))0 = p
2
x sec (asec(x)) − 1
1
(asec(x))0 = p
x x2 − 1)
Les autres preuves sont laissées en exercice. On utilise la dérivation implicite dans
chacune.
Exemple 8.3.
0 1 0
arcsin(2x) = p 2x
1 − (2x)2 )
2
= √
1 − 4x2
Exemple 8.4.
0 −1 3x2
arccos x3 = p 3x2 = − √
1 − (x3 )2 1 − x6
Exemple 8.5.
0 1 cos(x)
(arctan(sin(x)) = cos(x) =
sin (x) + 1
2
sin2 (x) + 1
Exemple 8.6.
0 1 13 arctan(x)12
arctan(x)13 = 13 arctan(x)12 =
x2 + 1 x2 + 1
13
Note : arctan(x)13 = arctan(x) et non arctan x13 .
119
Exemple 8.7.
0 1 2 8
arcsec (x/2) = t v = q = √
2 2 2
x x2 − 1 x x − 1
2
x x
− 1
2 2
Exemple 8.8.
p 0 1 0
arctan(x) = √ arctan(x)
2 arctan(x)
1 1
= √
2 arctan(x) 1 + x2
120