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Atlas Menadelp FR

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ordanie libYe, MaroC, Mauritanie et tunisie atlas des Cartes d’oCCuPation du sol

alGérie, eGYPte, Jordanie, libYe,


Présentation de l’atlas
Cet Atlas des cartes d’occupation du sol de l’Algérie, de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc et de la Tunisie est
MaroC, Mauritanie et tunisie
destiné aux décideurs, aux partenaires de développement et au grand public.

A travers une cinquantaine de cartes et une synthèse multithématique, l’atlas ambitionne à mettre en
évidence les liens entre les services écosystémiques et les moyens de subsistance des populations des
at l a s d e s C a r t e s
écosystèmes arides et désertiques, tout en montrant leurs potentialités. d’oCCuPation du sol
Le lecteur y trouvera également des illustrations sur les écosystèmes de la région et leur rôle dans la
coopération transfrontalière et le développement socio-économique, pour faire face aux changements
globaux.

ISBN : 978-9938-933-13-0

Décembre 2017

érie eGYPte, Jordanie,


alGérie,
Observatoire
du Sahara
et du Sahel

Algérie, Egypte, LIBYE, Jordanie,


Maroc, MAURITANIE et Tunisie
At l a s d e s C a r t e s
d’Occupation du Sol

Décembre 2017
Contributions
Cet atlas a été réalisé sous la supervision de M Khatim KHERRAZ, Secrétaire © 2017, Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS)
exécutif de l’OSS, et la direction de M Nabil BEN KHATRA, Coordinateur du
programme environnement. ISBN : 978-9938-933-13-0

Les travaux ont été coordonnés par Mme Khaoula JAOUI, Responsable du Reproduction
projet MENA DELP, avec la contribution de : La reproduction est autorisée uniquement dans le cadre de l’enseignement
et de la recherche scientifique et des études et analyses devant servir à
- pour la partie monographique : M. Mourad BRIKI, responsable de la des actions de développement, à condition que la source soit mentionnée.
composante surveillance environnementale, et Mme Habiba KHIARI, L’OSS apprécierait de recevoir une copie des publications utilisant ce
environnementaliste document comme source. Aucune utilisation de cette publication ne peut
- pour la partie cartographique :MM Moez LABIADH, Mustapha MIMOUNI, être faite pour la revente ou tout autre but commercial sans permission
Louis Evence ZOUNGRANA, Famara MANE, experts Télédétection et SIG, antérieure par écrit de l’Observatoire du Sahara et du Sahel.
ainsi que Mmes Eng. Muna SABA, Eng. Rana Muhaisen, et MM Samy Al
Said ABO RAGAB, Sari I. SHAWASH, Khaled MARAFI, Ali Meelad ABOU Observatoire du Sahara et du Sahel
FARES et Rachid AL FUTAISI, qui ont contribué aux travaux de validation. Boulevard du Leader Yasser Arafat
BP 31 Tunis Carthage - 1080 Tunisie
La conception, l’iconographie et le suivi des travaux d’édition de l’atlas ont T : (+216) 71 206 633/634
été assurés par Mme Lilia BENZID, en charge de la communication, avec F : (+216) 71 206 636
la participation de Mme Olfa OTHMAN, chargée des publications de l’OSS.
Pour des fins de citation, ce document peut être cité comme :
Ont contribué également à l’élaboration de cet atlas, Mmes Fatou MAR et OSS (2017) «Algérie, Egypte, Jordanie, Libye, Maroc, Mauritanie et
Leila DRIDI, MM Nabil HAMADA, Mohamed BLINDA, Karim BELLO, Khaled Tunisie : Atlas des cartes d’occupation du sol» - projet de coordination
LACHAAL et Samou KONE. et de partage des connaissances sur les moyens de subsistance et les
écosystèmes désertiques (MENA-DELP).
Le présent ouvrage a été élaboré dans le cadre du projet MENA-DELP,
financé par la Banque Mondiale à travers le Fonds pour l’environnement Couverture : La couverture illustre à la fois les différentes zones de
mondial (FEM). végétation naturelle et les territoires agricoles en rapport avec les
écosystèmes désertiques des pays de la zone MENA.
Que tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cet ouvrage, y compris
ceux qui n’ont pu être cités ici, en soient remerciés.

Observatoire
du Sahara
et du Sahel

page 3
Préface

Les zones désertiques, arides et semi-arides couvrent une grande partie des C’est pourquoi l’Observatoire du Sahara et du Sahel, à travers le projet
pays de la frange méridionale du pourtour méditerranéen au sens large du MENA-DELP ; « Projet de coordination et de partage des connaissances
terme. Malgré leur grande diversité, ces pays présentent de nombreuses sur les moyens de subsistance et les écosystèmes désertiques », financé
similitudes, essentiellement au niveau du climat et de la diversité des par le Fonds pour l’Environnement Mondial et mis en œuvre par la Banque
paysages qui regorgent de richesses faunistique et floristique et abritent Mondiale, s’attache à mettre à disposition des différents intervenants
nombre d’écosystèmes : oasiens, désertiques, côtiers, montagneux, les dispositifs, les méthodes et les données nécessaires à l’élaboration
insulaires et zones humides. de stratégies efficaces de développement durable au profit des zones
désertiques en consolidant les liens entre les institutions nationales ou
Très fortement fragilisés par des facteurs anthropiques, les écosystèmes des régionales concernées.
zones arides et désertiques de la région Afrique du Nord et Moyen Orient
sont vulnérables aux changements et variabilités climatiques, susceptibles Couvrant sept pays (Algérie, Egypte, Jordanie, Libye, Maroc, Mauritanie et
d’entrainer une réduction des biens et services fournis et des surfaces Tunisie) et conçu comme un document de référence, le présent Atlas devrait
cultivables. L’accroissement de l’insécurité alimentaire et l’augmentation contribuer aux efforts déjà déployés par les Etats pour une meilleure gestion
de la pression sur les ressources en eau, déjà rares qui en résulteraient des ressources naturelles. Il offre en effet un ensemble d’informations,
pourraient entraver la croissance économique, exacerber la pauvreté, issues des dispositifs de Suivi & Evaluation mis en place dans le cadre du
l’inégalité sociale ainsi que les conflits autour des ressources naturelles, et projet, qui pourront faciliter le processus de prise de décision.
donc les migrations non contrôlées.
Il est destiné aux différents services techniques, aux universitaires, aux
Pour faire face à cette situation, des décisions et des actions urgentes sont organisations nationales et régionales qui s’intéressent à la gestion durable
nécessaires, qui ne peuvent se concevoir sans une connaissance basée des ressources naturelles, et même aux simples curieux de l’état de leur
sur des données fiables et de plus en plus fines. Il importe également de environnement.
renforcer la coopération entre les institutions nationales et régionales en
charge de toutes ces questions parce qu’il s’agit de traiter des phénomènes Nous espérons que cet ouvrage, fruit d’une belle collaboration entre de
transfrontaliers qui ne reconnaissent nullement les limites et frontières des multiples intervenants, remplira au mieux cette fonction à la fois très simple
pays. et très compliquée : être utile.

Taoufiq BENNOUNA Khatim KHERRAZ


Spécialiste en Gestion de Ressources naturelles Secrétaire Exécutif
Banque Mondiale Observatoire du Sahara et du Sahel

page 4
Table deS MatièreS

Contributions ................................................................................................................................................ 3

Préface ........................................................................................................................................................ 4

Monographie de la région afrique du nord et moyen orient-mena ............................................................................ 6

Le programme sur les moyens de subsistance et les écosystèmes désertiques dans la région Afrique du Nord

et Moyen Orient MENA-DELP ........................................................................................................................... 35

Les projets nationaux MENA-DELP . .................................................................................................................. 38


Méthodologie de la carte d’occupation du sol ....................................................................................................... 41
Carte d’occupation du sol : Algérie, Egypte, Jordanie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie ................................................ 42

Légende illustrée de la carte d’occupation du sol .................................................................................................... 44

Découpage de la carte d’occupation du sol . ......................................................................................................... 48


Index des coupures ........................................................................................................................................ 50

Coupures de la carte d’occupation du sol : Algérie, Egypte, Jordanie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie.............................. 52

Références bibliographiques . ......................................................................................................................... 146

Liste des sigles et des acronymes ..................................................................................................................... 148

page 5
Monographie de LA region afrique du nord
et moyen orient-mena

CONTEXTE GENERAL
Au delà des quelques similitudes liées au climat et au partage d’un
héritage historique et socioculturel commun, la zone MENA (Afrique
du Nord et Moyen orient) présente des caractéristiques géographiques
contrastées en termes de configuration spatiale, d’activités économiques,
d’occupation de l’espace, d’aspects institutionnels et juridiques et de
ressources naturelles.

Les espaces steppiques, présahariens et sahariens de la zone MENA sont


composés de parcours, d’oasis, de vallées plus ou moins étroites et de lieux
où vit une population attirée par la présence de l’eau et par une agriculture
vivrière.

©Lilia Benzid
On y rencontre :

• Les montagnes et les gorges où les nomades se sont sédentarisés dans Irrigation par submersion dans l’oasis de Zaafrane, Tunisie.
des hameaux longeant les hautes vallées avec le pastoralisme comme
activité principale ;

• Les vallées basses où les palmeraies avec davantage de ressources, en plus enchevêtrés. Le Développement des zones désertiques nécessite
permettent une agriculture arboricole étagée, associée à de la culture une bonne compréhension de leurs modes de fonctionnement et de leurs
au sol. La population, relativement importante dans ces zones, occupe interactions avec le reste des territoires.
un habitat dense bordant les routes et formant des couloirs semi-urbains
sur plusieurs kilomètres ; Aujourd’hui, ces zones voient leur vitalité mise à l’épreuve par plusieurs
facteurs tels que la pression anthropique, la dégradation des terres,
• Les espaces semi-arides et arides, situés à la lisière du Sahara, sont très l’érosion, les changements climatiques, la sécheresse, l’urbanisation mal
étendus et disposent de maigres ressources naturelles ne permettant planifiée, ainsi que les contraintes liées aux statuts fonciers. Les effets
pas une activité agricole significative. conjugués de ces facteurs dégradent le patrimoine naturel et accentuent
le risque de compromettre l’avenir, à moins d’une maîtrise appropriée des
Ces ensembles entretiennent depuis toujours des relations d’échange paramètres de son évolution.
devenant parfois conflictuelles notamment à cause du partage de l’eau ou
des terrains de parcours. La rareté des ressources en eau en particulier et la fragilité de l’environnement
ont toujours été des facteurs limitatifs du développement des régions
Les mutations économiques et sociales, l’amélioration des conditions de vie désertiques. Le déséquilibre entre les besoins de développement en
et l’expansion des besoins ont poussé les habitants de ces zones à tisser de pleine expansion et les moyens mis en œuvre dans ces régions est un défi
solides liens de complémentarité car leurs intérêts stratégiques sont de plus majeur. Conscients de l’importance de l’encadrement et du soutien pour le
développement intégré de ces zones, les pouvoirs publics de chaque pays
ont mis en œuvre des programmes d’équipements sociaux et d’accès aux
services de base, initiés par des projets d’aménagement hydro-agricole, des
programmes de développement du tourisme et des outils d’aménagement
en prenant en considération les potentialités et les contraintes.

Géographiquement, la zone MENA s’étend du Maroc jusqu’à l’Iran,


comprenant ainsi tous les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen orient
(Figure 1).

Le projet MENA-DELP concerne cinq pays de cette zone, à savoir : Algérie,


Egypte, Jordanie, Maroc et Tunisie.
©Rachid-El Futaissi

Les régions désertiques qui caractérisent la zone sont des territoires sensibles
présentant des caractéristiques géographiques, spatiales, économiques,
sociales et environnementales particulières. Les conditions climatiques,
Paysage saharien, Kabraoun - Libye.. la rareté de la ressource eau et la complexité des systèmes institutionnels

page 6
Figure 1. Carte de localisation de la zone MENA (OSS, 2017). source des données : Shuttle Radar Topography Mission (SRTM), NASA

et de gestion handicapent souvent leur croissance et freinent leur élan de ✓ Une amélioration des systèmes de partage des connaissances sur
développement. Les principaux secteurs sur lesquels repose l’économie de les questions liées aux écosystèmes désertiques et les moyens de
cette région sont l’agriculture vivrière, l’artisanat et le tourisme. D’autres subsistance ;
activités telles que les services, le commerce et l’agro-industrie viennent
compléter ce diapason économique, mais avec un développement limité. ✓ Une amélioration des réseaux et des flux d’informations au niveau des
programmes sur les écosystèmes désertiques aux niveaux national et
Le projet régional MENA-DELP dans le cadre duquel cet ouvrage est
international.
élaboré, a contribué à une meilleure compréhension des liens entre les
services écosystémiques et les moyens de subsistance des populations
L’identification des potentialités et des perspectives de développement au
des écosystèmes désertiques en vue d’éclairer la prise de décision, et cela
notamment à travers : profit des zones désertiques de l’Algérie, de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc
et de la Tunisie, s’inscrit dans l’objectif de transformer les faiblesses de ces
✓ Une meilleure connaissance des liens entre les écosystèmes et les espaces en opportunités de développement. Ces éléments perçus jusque-
moyens de subsistance dans les zones désertiques y compris les zones là comme des faiblesses ou des handicaps entravant toute perspective de
semi-arides et arides ; progrès, deviendraient les leviers d’une véritable dynamique.

page 7
I. CARACTERISTIQUES PHYSIQUES ET Les écarts de températures et les vents chargés de sable ont modelé
le paysage saharien, où dominent les regs, des espaces plats couverts
RICHESSE DES ECOSYSTEMES ARIDES de pierres et de graviers, hostiles et dépouillés. Les ergs (dunes de sable)
couvrent le quart du territoire saharien.
ET DESERTIQUES
Les régions désertiques s’organisent autour d’espaces sahariens, d’oueds,
1. CARACTERISTIQUES PHYSIQUES de chaînes montagneuses et de vallées jalonnées par des petites villes
oasiennes le long des axes routiers, véritables cordons ombilicaux entre le
1.1 Milieux naturels et relief désert et le reste du territoire.

Les régions désertiques de la zone d’étude présentent des caractéristiques 1.2 Climat
topographiques spécifiques composées de montagnes, de plaines, de
vastes étendues de dunes de sable, et d’immenses hauts plateaux. La zone d’étude est caractérisée par les climats méditerranéen et désertique.

De Tobrouk à Agadir, la zone possède une façade maritime verdoyante, qui Le climat dans la région est influencé par la mer Méditerranée au nord,
s’étend sur près de 5 000 km en bordure de la mer Méditerranée. Cette côte l’océan Atlantique à l’ouest, le Sahara au centre sud et dans une moindre
devient ensuite progressivement désertique vers le sud sur la côte atlantique mesure le Sahel à l’extrême sud de la zone. Avec ces divers facteurs
qui s’étend sur 2600 Km, de Tanger jusqu’à l’embouchure du fleuve Sénégal. d’influences climatiques, on peut donc citer les climats généraux suivants :

L’espace est dominé au nord-ouest par le système montagneux de l’Atlas, Le climat méditerranéen est caractérisé par une saison fraîche et humide
qui forme une barrière entre la côte méditerranéenne et le Sahara. Au en hiver liée à la descente des dépressions dynamiques subpolaires et
sud de l’Atlas, le désert occupe près de 80% du territoire. Dans la zone de une saison chaude et sèche en été liée à la remontée des anticyclones
transition, entre montagnes et désert, et sur la bande côtière qui sépare les dynamiques subtropicaux. Les températures moyennes maximales en été
montagnes de la mer, se concentre l’essentiel des terres arables. sont souvent légèrement supérieures à 30 °C alors que les températures
moyennes minimales restent souvent autour de 5 °C en hiver, voire encore
Cette région est le foyer de deux des plus grands déserts du monde: le moins. Les précipitations annuelles moyennes sont entre 400 mm et
Sahara (4,6 millions de km2, soit environ 10 pour cent du continent africain) 800 mm par an, de façon globale et sont réparties de façon très inégale
et le désert d’Arabie (2,3 millions de km2). sur l’année. Le climat y est plutôt sec et très ensoleillé toute l’année. La
douceur des hivers et les grosses chaleurs de l’été font de ce climat, un
Le Sahara couvre la majeure partie de la Mauritanie, de l’Algérie, et de climat relativement chaud.
la Libye, ainsi que de nombreuses régions du Maroc et de la Tunisie. Il se
poursuit à l’est jusqu’en Égypte et au Soudan, et au sud jusqu’aux zones Le climat océanique existe mais reste très rare et ne concerne qu’une
semi-arides du Sahel (Tchad, Niger, Mali). La Jordanie, pays à dominante petite bande étroite de la façade occidentale du Maroc et de la Mauritanie.
désertique, est principalement composée d’une région montagneuse à Ce climat est caractérisé par une saison hivernale fraîche et humide et
l’Ouest et d’un plateau désertique aride à l’Est. une saison estivale douce et assez sèche où la chaleur et la sécheresse
sont beaucoup moins accentuées que celles du climat méditerranéen.
Le plus vaste désert du monde, le Sahara, est constitué d’un socle sédimentaire Les températures moyennes maximales en été sont souvent légèrement
érodé. Son relief comporte des cuvettes entrecoupées de plateaux et de supérieures à 25 °C alors que les températures moyennes minimales en
quelques systèmes montagneux volcaniques isolés dont les sommets les hiver restent souvent autour de 5 °C. Les précipitations annuelles moyennes
plus élevés ne dépassent pas 3 000 m (le Hoggar, dans le Sud algérien, et le sont supérieures à 800 mm en général. Le climat est doux, humide toute
Tibesti, de part et d’autre de la frontière de la Libye et du Tchad). l’année mais ensoleillé.
©OSS - Khaled Lachaal

©OSS-Lilia Benzid

Reliefs dans la région de Petra - Jordanie. Paysage désertique, Mauritanie.

page 8
Figure 2. Moyenne annuelle de la pluviométrie et variabilité annuelle de la région MENA 1981-2016 (OSS 2017). source des données : Climate Hazards Group InfraRed
Precipitation with Station data (CHIRPS)

page 9
Figure 3. Indice d’aridité (OSS 2017). source des données : Consultative Group for International Agricultural Research (CGIAR).

Le climat désertique est le climat typique du Sahara, le plus grand désert pas donner de définition pratique des environnements arides. Cependant,
d’Afrique et le plus grand désert chaud au monde. Ce climat est caractérisé l’élément commun à toutes les régions arides est l’aridité, qui se traduit par
par une sécheresse extrême toute l’année et par l’absence d›une saison des l’indice d’aridité, qui s’exprime généralement en fonction des précipitations
pluies bien marquée. Ceci est dû à l’influence plus ou moins permanente et de la température.
des anticyclones dynamiques subtropicaux et de leurs alizés continentaux
(vents de nord à nord-est). Le Sahara, en soi, est un désert largement hyper- L’indice d’aridité permet de définir trois types de zones arides: hyper-aride,
aride avec des précipitations moyennes partout inférieures à 50 mm par an aride et semi-aride.
et seules ses marges les plus septentrionale et méridionale sont arides. Le
gigantesque noyau central hyper-aride représente la zone du Sahara située La zone hyper-aride (indice d’aridité 0,03) comporte des zones dépourvues
en permanence sous le régime anticyclonique le plus important. de végétation, à l’exception de quelques buissons épars. Un pastoralisme
nomade véritable y est fréquemment pratiqué. Les précipitations annuelles
Les régions les moins sèches composent la partie la plus méridionale du sont faibles, et dépassent rarement 100 mm. Les pluies sont peu fréquentes
désert et peuvent recevoir jusqu’à 200 mm par an dans la zone de transition et irrégulières, parfois inexistantes pendant de longues périodes qui peuvent
avec le Sahel. Le climat y est très sec et très chaud toute l’année. Les étés durer plusieurs années.
sont suffocants avec des températures moyennes maximales supérieures
à 40 °C excepté dans les hauts massifs sahariens (Hoggar, Tibesti, Aïr) où La zone aride (indice d’aridité 0,03-0,20) se caractérise par le pastoralisme
l’altitude abaisse évidemment les températures qui malgré la topographie et l’absence d’agriculture, sauf là où il y a irrigation. La végétation indigène
peuvent atteindre 48 °C, voire les dépasser (jusqu’à 66 °C à Ain-Salah, est généralement rare, composée de graminées annuelles et pérennes et
en Algérie ) dans les endroits les plus chauds. Quant aux températures d’autres plantes herbacées ainsi que de buissons et de petits arbres. Les
minimales de elles peuvent descendre en-dessous de 4 °C. Le Sahara est précipitations sont extrêmement variables, avec des quantités annuelles
une région exceptionnellement ensoleillée toute l’année, hiver comme été. allant de 100 à 300 mm.

Avec cette grande variabilité de climat qui caractérise la zone, le facteur La zone semi-aride (indice d’aridité 0,20-0,50) peut supporter une agriculture
d’aridité constitue un point commun à l’ensemble des pays objet de cet pluviale avec des niveaux de production plus ou moins réguliers. On y pratique
ouvrage. parfois aussi l’élevage sédentaire. La végétation indigène est représentée par
diverses espèces, telles que les graminées et plantes graminiformes, herbes
Les environnements arides sont extrêmement divers par leurs formes de non graminéennes et petits buissons, arbrisseaux et arbres. La précipitation
terrain, leurs sols, leur faune, leur flore, leurs équilibres hydriques et les annuelle varie de 300-600 à 700-800 mm, avec des pluies d’été, et de 200-250
activités humaines qui s’y déroulent. Du fait de cette diversité, on ne peut à 450-500 mm avec des pluies d’hiver.

page 10
1.3 Ressources en eau l’Egypte comptent principalement sur l’eau de surface des grandes rivières
internationales, d’autres, comme la Jordanie et la Libye dépendent presque
Les ressources en eau dans la région sont fonction des conditions climatiques entièrement des eaux souterraines et du dessalement, tandis que d’autres
et de la structure géologique des terrains, et sont marquées d’un point de utilisent un mélange d’eau de surface et d’eau souterraine. La région
vue qualitatif et quantitatif par une forte variabilité spatiale et temporelle. renferme six systèmes aquifères (Figure 4) dont les 4 systèmes suivants :

Le réseau hydrographique de la région est relativement peu développé • L’aquifère du Bassin de Nubie, une nappe phréatique souterraine
et reste confiné dans les zones nord en bordure de la Méditerranée. partagée entre l’Égypte, la Libye, le Soudan et le Tchad, qui s’étend
Contrairement à la rive nord de la Méditerranée la région ne possède pas sur 250 000 km2. L’alimentation de l’aquifère par les eaux de pluie est
de fleuves permanents d’importance à part le Nil ; ce qui est une donnée négligeable, de l’ordre de 2,9 mm/an à Tazebo à 1,3 mm/an dans la
essentielle dans le choix des stratégies d’adaptation. Malgré cela les eaux de région de Kufrah. Dans cette hypothèse, la quantité d’eau reçue ne doit
surface constituent toujours une ressource principale dans la région. pas excéder quelques millions de m3 annuellement1.

La région objet de cet atlas est la plus sèche et la plus pauvre en eau du • Le Système Aquifère du Sahara Septentrional (SASS) est un aquifère
monde, et cela affecte de plus en plus le développement social de la plupart profond partagé entre l’Algérie, la Libye et la Tunisie et recouvre une
des pays. On y recense environ 0,7% des ressources en eau douce disponibles étendue de plus de 1 million de km2 dont 700 000 se trouvent en Algérie,
dans le monde. 250 000 en Libye et près de 80 000 en Tunisie.

Dans le monde , la disponibilité moyenne d’eau par personne est proche • L’aquifère de Disi en Jordanie, dont l’exploitation a débuté en 2013,
de 7 000 m3/personne/année, tandis que dans la région, seulement 1 200 satisfera près de 25% des besoins en eau de la Jordanie, un des 10 pays
m3/personne/année sont disponibles. La moitié de la population des pays les plus arides au monde.
vit dans des conditions de stress hydrique. De plus, avec la croissance
démographique et l’augmentation de la population d’environ 300 millions • L’aquifère Sénégalo-Mauritanien : Le bassin couvre une superficie
aujourd’hui à environ 500 millions en 2050, la disponibilité par habitant estimée à 180 000 km2, limité à l’Est par l’arc des Mauritanides, à l’Ouest
devrait diminuer de moitié d’ici 2050. par l’Océan Atlantique et au Sud par le fleuve Sénégal. Cette zone
compte plus de 4500 points d’eau répertoriés. Les prélèvements en 2000
En ce qui concerne la mobilisation des ressources en eau, la plupart des étaient estimés à 30 millions de m3/an.
pays ont mobilisé presque toutes les eaux de surface disponibles, et de
nombreuses grandes rivières n’atteignent plus la mer. Certains, comme

Figure 4. Ressources en eau souterraine (OSS 2017).


source des données : World-wide Hydrogeological Mapping and Assessment
Programme (BGR and UNESCO) 1 [Link]
[Link]

page 11
©OSS-Lilia Benzid

©OSS-Lilia Benzid
Eau dans une oasis de Ouargla - Algérie. Oliveraie à Sfax, Tunisie.

L’eau dans la région constitue, plus que partout ailleurs, un enjeu du Caractérisée par son relief peu accidenté, la Mauritanie offre des sols
développement. Au cours des dernières décennies, les pays de la région qui sont à 80% squelettiques, jeunes et peu différenciés. Si le Nord
ont investi dans l’infrastructure pour faire face à la pénurie d’eau. La et le Centre sont constitués de massifs montagneux, la plus grande
couverture des réseaux d’alimentation en eau a augmenté de façon partie du pays est constituée d’alignements dunaires qui se couvrent
remarquable. De nombreux pays ont effectué des investissements de pâturages pendant la saison des pluies et permettent la pratique des
majeurs dans les infrastructures de stockage de l’eau et ont beaucoup cultures pluviales.
investi pour étendre leurs réseaux d’irrigation. En outre, la région est à
la pointe, dans le monde, pour l’utilisation de techniques novatrices en En Jordanie, en Mauritanie et en Libye, les sols sont peu propices à
matière de désalinisation et de réutilisation des eaux usées. Mais ces l’agriculture. En effet, les terres cultivables sont réduites (6% en Jordanie ; 1
investissements, qui n’ont pas toujours été accompagnés des réformes % en Mauritanie ; moins de 1 % de terres arables en Libye).
nécessaires au niveau des institutions et de l’action publique, ne génèrent
pas la plupart du temps de rendements économiques optimums. Les
problèmes liés à une utilisation inefficiente de l’eau trouvent leur source
dans des politiques autres que celles de l’eau : l’agriculture, par exemple,
utilise 85% de l’eau de la région.
L’ŒIL DU DESERT
1.4 Ressources en sol
La Structure de Richat, appelée communément l’œil de l’Afrique,
Les sols de la région MENA présentent une grande variabilité, résultat de est une structure géologique de 50 Km de diamètre située près de
l’effet combiné du climat, de la nature de la roche mère et du relief. Tous Ouadane, en plein Sahara mauritanien.
les types de sols méditerranéens et désertiques y sont représentés et
sont généralement pauvres en matière organique et présentent une forte Ne pouvant être aperçu que depuis les airs, voire même de l’espace,
concentration en sel. l’œil de l’Afrique a été formé lors du Crétacé, il y a plus de 100 millions
d’années. Un phénomène de volcanisme géant à travers la remontée
Dans la partie septentrionale du Maghreb central, les sols «rouges du magma et de l’eau chaude en a été à l’origine.
fersiallitiques» et les sols vertiques «les vertisols», sont essentiellement
situés, en aval, dans les plaines et sont caractérisés par des teneurs élevées Au nord-ouest de la structure de
en argiles gonflantes. Ils offrent un bon potentiel agricole mais doivent Richat, le plateau sédimentaire Kedia
faire l’objet de pratiques agricoles spécifiques pour assurer un rendement d’Idjil culmine à 917 m d’altitude (point
durable. culminant de la Mauritanie). Cette
montagne doit sa couleur sombre à
Les sols en Egypte se sont formés à travers le processus d’érosion, les l’importante proportion de minerai de
inondations et les couches sédimentaires. Le sol fluvial alluvial de la «vallée fer qu’elle contient.
du Nil» est extrêmement fertile, composé de minéraux naturels et de
matières organiques essentiels pour les agriculteurs qui cultivent la terre
dans et autour des régions de la vallée et delta du Nil.

page 12
2. BIODIVERSITE DES ECOSYSTEMES ARIDES
ET DESERTIQUES DE LA REGION MENA
2.1. Ecosystèmes

©Lilia Benzid
Grâce à sa position géographique particulière et sa nature bio-
climatologique, la région dispose d’une richesse éco systémique terrestre
(forestiers, oasiens, steppiques, humides) et marine. (Figure 5). culture de sorgho - Tunisie.

Figure 5. Occupation du sol 2015-2016 (OSS 2017). source des données : Landsat 8, OSS.

2.1.1. Forêts et terres boisées

Les forêts et les terres boisées sont recensées au niveau de l’ensemble des
pays de la région avec une répartition inégale des superficies. L’Egypte, la
Jordanie et la Mauritanie présentent des surfaces forestières relativement
faibles par rapport aux pays du Maghreb, où les zones forestières couvrent
une superficie importante du territoire et sont sources de divers services.
Les écosystèmes forestiers de la région MENA renferment une biodiversité
adaptée à des conditions écologiques extrêmes et jouent un rôle vital dans le
maintien de l’équilibre écologique et l’amélioration des moyens d’existence
des populations dans la région MENA, offrant ainsi un dispositif de sécurité
contre la pauvreté.

2.1.2. Steppes et parcours


©OSS-Khaoula Jaoui

Largement représentés au niveau de la région, les steppes et les parcours se


trouvent essentiellement en Algérie, au Maroc et en Tunisie où ils prennent
leur extension. En Egypte et en Libye, ces écosystèmes, constitués d’une
végétation basse et clairsemée, sont réduits à une bande littorale plus ou Paysage forestier à Ajloun - Jordanie.

page 13
moins étroite2. Ils représentent, dans de nombreuses zones, la transition Les pâturages naturels de Jordanie sont répartis entre le désert (Badia) et la
entre milieux hyperarides ou sahariens et humides et subhumides. steppe (marginale).

Les steppes du Nord de l’Afrique, situées entre les isohyètes moyennes • Désert (Badia) : La superficie approximative de ces terres est de
annuelles 100 et 400 mm évoquent toujours de grandes étendues de 7.000.000  ha, qui sont concentrés dans la zone qui reçoit moins de
plus de 60 millions d’hectares, couvertes d’une végétation basse et 100 mm/an. Artemisia herba alba, Retama raetam, Achillea fragrantissima
clairsemée. Réduites à une bande littorale plus ou moins étroite en Égypte et Poa bulbosa sont courantes dans les lits des oueds, tandis que l’Anabasis
et en Libye, ces steppes prennent leur extension au Maghreb central. est présent dans la plupart des endroits. Malgré sa dégradation, cette
Elles ont été soumises à une exploitation humaine plurimillénaire, sous région est le principal pâturage de la Jordanie.
forme de pratiques diverses variant en intensité en fonction du niveau
d’aridité climatique, de la densité de population et de l’histoire locale • Steppe (marginale) : La superficie de la steppe est estimée à environ
des usages3. 1 000 000 ha, dont 90 % sont propriété privée.

• Selon sa végétation, la steppe est divisée en deux régions : une région


arbustive (entre Ras El - Naqab dans le sud et Mafraq dans le nord :
considérée comme le meilleur pâturage dans le royaume. Artemisia
herba alba associé à Poa et Carex sont les plantes dominantes) et une
région herbeuse qui s’étend au Mafraq dans l’ouest, le long de la frontière
syrienne et couvre une superficie de 400 000 hectares.

Avec une productivité et un usage variables, les parcours naturels du Maroc


s’étendent sur quelque 53 millions d’hectares. On peut distinguer :

• Les écosystèmes des hauts plateaux orientaux et de la vallée de la


Moulouya. Il comporte des steppes halophytes, steppes Artemisia herba-
©OSS-Sandrine Jauffret

alba, steppes de glacis, steppes à alfa (Stipa tenacissima), sur divers types
de sols et substrats.
• Les plaines et plateaux au nord de l’Atlas.
• La zone de l’arganier
Paysage steppique - Algérie. • La zone présaharienne et saharienne.

La Tunisie steppique à dominance agro-pastorale se partage en deux zones


Les Hautes Plaines steppiques d’Algérie sont localisées entre l’Atlas Tellien socio-agro-écologiques bien distinctes par leur morpho-pédologie et
au nord et l’Atlas Saharien au sud, à des altitudes plus ou moins importantes surtout par leur mode d’exploitation.
de 900 à 1 200 m. Elles sont parsemées de dépressions salées, chotts ou
sebkhas qui sont des lacs continentaux formés au Pléistocène sous l’effet La haute steppe se distingue sur le plan climatique par sa continentalité
des pluies torrentielles et du ruissellement important qui en découle. exprimée par des hivers frais et des étés chauds. Elle connait une érosion
Deux grands ensembles se distinguent : Les steppes occidentales, qui spectaculaire des piedmonts.
sont constituées des Hautes Plaines Sud Oranaises et Sud Algéroises et les
steppes orientales à l’est du Hodna, qui sont formées par les Hautes Plaines
du Sud Constantinois (Nedjraoui, 2003).

Les principales zones de parcours en Egypte sont réparties sur la région de


la côte du nord-ouest, la péninsule du Sinaï et la région Halayeb - Shalayin
dans le sud-est de l’Egypte, en bordure de la mer Rouge.

La végétation se caractérise par des peuplements d’arbustes et de


chaméphytes avec la présence d’un tapis herbacé à base de graminées
et de thérophytes avec comme principales espèces Plantago albicans,
Gymnocarpos decander, Artemisia herba-alba, Haloxylon scoparium, Anabasis
articulata, Suaeda pruinosa.
©Lilia Benzid

2 Ahmed Aïdoud, Édouard Le Floc’h, Henry Noël Le Houérou : Les steppes arides du nord de
l’Afrique
3 Ahmed Aïdoud, Édouard Le Floc’h, Henry Noël Le Houérou : Les steppes arides du nord de
l’Afrique Steppe à alfa (Stipa tenacissima), Kasserine, Tunisie.

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La basse steppe est caractérisée par un relief doux, légèrement bosselé, • Une zone saharienne qui comprend le parc du Tassili et de l’Ahaggar
dominé par des glacis encroûtés à déclivité faible, de vastes plaines alluviales (DGF, 2005).
et des dépressions salées qui constituent le niveau de base des principaux
oueds drainant la Dorsale et la Haute Steppe (PAN Tunisie). Région marécageuse depuis l’Antiquité, le delta du Nil a toujours été
riche en faune et flore. Au sud-ouest du Caire, la région du Fayoum est la
Les principales formations steppiques cartographiées en Tunisie sont : porte d’entrée de la réserve naturelle ouadi el-Rayan. Un espace qui offre
un mélange de désert, de montagnes et de chutes d’eau. Il permet aussi
• Les steppes à armoise blanche (Artemisia herba alba) d’accéder à un site d’importance mondiale : la vallée des Baleines (ouadi el-
• Les steppes à alfa (Stipa tenacissima) Hitan), inscrit au patrimoine mondial en 2005.
• Les steppes à Rhantherium suaveolens
• Les steppes à Anthyllis henoniana La répartition géographique des aires protégées du Maroc couvre toutes les
• Les steppes des milieux gypseux et halomorphes régions du pays. La superficie totale de ces aires avoisine les 4 000 000 ha
dont 2 723 610 ha pour les parcs nationaux (Fennane, 2004).
Les paysages de la Mauritanie se répartissent en trois franges horizontales
inégales : désertique au nord et au centre (70% du territoire), steppe au La Tunisie compte, quant à elle, 17 parcs nationaux, 27 réserves naturelles,
centre (zone d’élevages, 15%) et savane et cultures (15%, cultures du mil, 4 réserves de faune et 38 zones humides d’importance internationale
sorgho et palmiers)4. (Ramsar) (Abid, 2013).

2.1.3. Zones humides La Jordanie comprend de grandes réserves. La Société royale pour la
protection de la nature veille sur des espaces protégés dans lesquels la
La région MENA abrite de nombreux sites classés sur la liste des zones faune et la flore peuvent s’épanouir.
humides d’importance internationale de la Convention de Ramsar (en
Février 2015 : l’Algérie en possède 50, le Maroc 24, la Tunisie 41, la Mauritanie La Jordanie comprend la réserve humide d’Al Azraq située près de la ville
4, l’Egypte 4, la Libye 2 et la Jordanie 2). Ces zones humides comportent des d’Al Azraq dans l’est de la Jordanie (abrite des reptiles rares et constitue une
habitats représentatifs ou rares (estuaires, chotts, marécages côtiers, lacs étape importante pour les oiseaux migrateurs), la réserve naturelle d’Ajloun
de montagne, oasis sahariennes). (pistachiers et chênaies), la réserve de Dana et du Wadi Mujib.

La Libye compte sept parcs nationaux, dont l’un des plus connus est le El-
Kouf National Park, à environ 150 km de Benghazi. Son importance est
cruciale pour la flore, puisque 90% des espèces de végétaux relevées en
Libye poussent dans ce parc5.

En Mauritanie, il existe deux parcs nationaux. Le premier le Parc du Diawling


et le second le Banc d’Arguin, un des plus grands en Afrique de l’Ouest.

2.1.4. Oasis

Les écosystèmes oasiens sont le meilleur exemple d’un système ingénieux


et adapté au développement durable typique des régions arides et sèches.
©OSS-Khaoula Jaoui

Au niveau de la région MENA, ils s’étendent sur une superficie de près de


200 000 ha.

La spécificité des oasis demeure principalement le mode de culture dit


Zone humide de Al Azraq - Jordanie.
«en étages» qui permet de créer « l’effet oasis », microclimat créé par la
superposition de strates végétales. L’humidité, la chaleur et la lumière
Les parcs nationaux d’Algérie se répartissent, sur le plan biogéographique permettent d’optimiser l’espace dans un milieu où les terres fertiles et l’eau
en 3 zones distinctes : sont rares. Les oasis sont des écosystèmes originaux qui jouent de multiples et
importants rôles sur les plans économique, écologique, social et patrimonial.
• Une zone de littoral et surtout des chaînes côtières de l’est du pays, région Elles ont une place importante au niveau national, régional et planétaire.
bien arrosée couverte par les forêts les plus belles et les plus denses, qui
comprend les parcs d’El Kala, de Taza et de Gouraya ; En Jordanie, il n’y a pas réellement d’oasis dans le sens des oasis du nord
• Une zone de plaines continentales et de régions steppiques, plus sèche de l’Afrique, mais on parle plutôt de «Badia». Toutefois des plantations
à relief montagneux, on y trouve le parc du Djurdjura, Chréa, Belezma, phoenicicoles sont fréquentes et se distribuent sur tout le territoire de la
Theniet el Had, Tlemcen et Djebel Aissa ; vallée du Jourdain jusqu’à la ville de Aqaba sur la mer Rouge.

4 [Link] 5 [Link]

page 15
2.2. Flore et Faune

Les oasis et les zones désertiques recèlent non seulement une diversité
culturelle, mais aussi une biodiversité exceptionnelle. Ils présentent une
richesse en termes de biodiversité floristique et faunistique.

La biodiversité végétale des écosystèmes oasiens et zones désertiques est


très importante (PNUD-Algérie, 2002 ; Ozenda, 2004 ; INRA-Maroc, 2005 ;
HCEFLCD-Maroc, 2008 ; GIZ, 2010 ; Bensaleh, 2012; MAPM-Maroc, 2014 ;
Neffati et Sghair 2014 in Kabiri, 2014).

Le palmier dattier (Phénix dactyliféra L.), indispensable à l’existence de


l’homme dans les oasis et les zones désertiques, forme l’ossature de ces
milieux.
©Lilia Benzid

Les oliviers et les arbres fruitiers comme l’amandier, la vigne, le figuier,


le cognassier, le poirier, le pommier, l’oranger, le grenadier, l’abricotier se
Cultures à étages dans une oasis de Zaafrane - Tunisie.
rencontrent fréquemment dans les milieux oasiens en association avec
le palmier dattier et avec d’autres plantes sous-jacentes (système à trois
étages) comme par exemple les céréales, les cultures fourragères, les
Les oasis algériennes représentent une mosaïque très variée, avec 93.000 ha cultures maraichères.
de palmeraies et plus de 10 millions de palmiers dattiers, soit 11% du total
mondial. Elles sont réparties pour 60% au Nord-Est (Zibans, Oued Righ, El
Oued et Ouargla) et pour 40% au Sud-Ouest (M’Zab, Touat et Gourara). Les
oasis sont tantôt isolées, de taille plus au moins modérée comme l’oasis
de Ouargla, qui compte à elle seule plus d’un million de palmiers, tantôt
regroupées comme celles de Oued Righ où 47 oasis s’échelonnent sur 150
km avec 1,7 millions de palmiers.

Les oasis couvrent au Maroc tout le territoire sud atlasique du pays.


La typologie décrit : l’oasis des oueds (bordures des oueds) ; l’oasis des
dunes (oasis dans les grandes formations dunaires du Sahara) et l’oasis
de montagne (oasis à la limite de l’espace montagneux, dans des vallées
encaissées) (Kabiri, 2014).

En Tunisie, la superficie des oasis n’a cessé de s’étendre pour passer de 16


720 ha en 1973 à 41 710 ha en 2010, et est sur le point d’être multipliée par

©Lilia Benzid
3. Environ le tiers est formé d’oasis traditionnelles. Les oasis représentent
9 % des périmètres irrigués et 0,8 % de la surface agricole du pays. Elles
sont localisées au sud principalement dans les 4 gouvernorats de Tozeur, Fleur de cactus Opuntia ficus indica.
Kébili, Gabès et Gafsa. Quelques oasis de faible superficie existent dans le
gouvernorat de Médenine6.
Le blé tendre et l’orge occupent de grandes surfaces et sont cultivés dans ces
Il existe environ 350 oasis en Mauritanie. Principalement localisées dans les milieux en raison de leurs cycles relativement courts. Le maïs et notamment
régions de l’Adrar, du Tagant, de l’Assaba et des deux Hodhs. Les techniques la luzerne sont largement cultivés vu leur rôle dans l’alimentation du bétail.
d’exhaure et les modes de mise en valeur des productions sont différents
d’une région à une autre. On peut distinguer deux types d’oasis : Les plantes aromatiques et médicinales (PAM) telles que le henné, le cumin,
la menthe, le persil, la coriandre et les roses y sont cultivées. Les parcours
• celles situées dans des dépressions inter-dunaires notamment dans et le désert sont aussi peuplés par des PAM ligneuses diversifiées comme le
l’Assaba et les deux Hodhs, romarin et le jujubier.
• celles le long des oueds creusés dans les plateaux rocheux,
essentiellement dans l’Adrar et le Tagant7. La biodiversité animale des écosystèmes oasiens et zones désertiques
de la zone MENA est aussi importante. En effet, on y rencontre plusieurs
6 Les oasis de Tunisie. 2012. [Link] races locales (ovines et bovines) qui sont d’un apport considérable pour les
oasis-de-Tunisie-%C3%A0-prot%C3%[Link] ménages des populations nomades.
7 [Link]

page 16
©Lilia Benzid
Elevage de camélins, Boughrara - Tunisie.

Les équidés sont également présents dans ces milieux. Le mulet et surtout
l’âne sont largement représentés et assurent les principaux services à
II. CARACTERISTIQUES SOCIO-
l’Homme (labour, transport). Les camelins sont surtout abondants dans les ECONOMIQUES ET IMPACTS
zones de parcours et le désert.
ANTHROPIQUES
L’apiculture est traditionnellement bien connue dans la région et assez
répandue dans les oasis et le désert. L’abeille jaune (Apis melliffica var. 1. MILIEU HUMAIN
sahariensi) est l’abeille qui peuple les oasis mais elle est actuellement
concurrencée par l’abeille noire, agressive (introduite au Maroc dans les 1.1 Démographie
oasis depuis plus de deux décennies).
Alors que le taux annuel de la croissance démographique de la population
La faune sauvage est également riche et diversifiée, on peut citer notamment mondiale est de 1,2 %, les pays de la zone d’étude se caractérisent par des
pour : taux de croissance situés entre 1,25% et 2,20%.

• les mammifères : le chat sauvage, le renard, le lièvre, le chacal, le fennec, Le contraste entre les situations nationales est intéressant. Il confirme le
les gerboises, le hérisson, les antilopes (gazelles et oryx). fait que les régions arides sont généralement celles à plus faible taux annuel
• les oiseaux : l’outarde houbara, l’aigle, l’épervier, le hibou, la huppe, le dans les pays. Ce constat est à relier avec celui selon lequel les zones arides
corbeau, la cigogne, le moineau, la pie, le pigeon, la colombe. connaissent traditionnellement des forts taux de migrations en direction
• les reptiles : la vipère à corne, la fouette queue, le varan, la couleuvre, le des zones mieux dotées en ressources naturelles.
cobra, la tortue, les lézards.
• les amphibiens (batraciens) : le crapaud, la grenouille verte. Les cartes de densité de la population (2015) et des grandes villes de la zone
• les poissons : le brochet, la truite. MENA permettent de classer le Caire comme étant la ville la plus peuplée et
la plus dense avec près de 23 millions d’habitants, suivie d’Alger (7 796 923
Les invertébrés constituent un groupe d’animaux extrêmement important habitants) et de Casablanca (4 270 750 habitants (Figure 6).
dont plusieurs sont endémiques. On peut citer par exemple les criquets,
blattes, guêpes, libellules, scorpions, papillons, fourmis, araignées, La pyramide des âges de la population des pays de la zone d’étude reflète la
escargots (Kabiri, 2014). jeunesse de la population (moins de 24 ans). La population jeune représente

page 17
Figure 6. Principales villes et densité de la population 2016 (OSS 2017).
source des données : Environmental Systems Research Institute (ESRI) basemaps, Gridded Population of the World (GPW, v4).

page 18
plus de 50% de la population totale dans les trois pays : Mauritanie (58%),
Jordanie (55%) et Egypte (52%) et plus de 35 % pour les autres pays : Algérie
1.3. Urbanisation
(45%), Libye, Maroc (43%) et Tunisie (39%).
Les territoires des zones désertiques et des oasis sont sérieusement
menacés, car manquant d’infrastructures de base. Ils sont envahis par
Le caractère d’extrême jeunesse de la population de la zone MENA pourrait
l’urbanisation qui ronge les sols à vocation agricole. Les aménagements,
s’expliquer essentiellement par le résultat d’une forte fécondité et d’un
non équitablement répartis, se traduisent surtout par la prolifération des
recul relativement important de la mortalité infantile. En effet, entre 23%
concentrations humaines et parfois aussi des installations industrielles qui
et 39 % de la population totale sont âgés de moins de 14 ans et dans cette
aggravent l’état territorial et environnemental. Ces installations s’érigent
tranche d’âge, les femmes sont moins nombreuses (49,8%) que les hommes
souvent dans des localités stratégiques et écologiquement fragiles et clés
(50,2%).
par rapport à l’ensemble de l’écosystème.
La zone d’étude est à dominance rurale et la pyramide par groupe d’âges
La politique d’électrification du monde rural a sans doute contribué
de la population rurale a, certes, une base très élargie, corollaire d’une
à accélérer dans les oasis le processus d’abandon des habitations
forte fécondité, mais le fait le plus marquant est le déficit de la population
traditionnelles et l’envahissement des territoires autrefois destinés aux
masculine dans les classes d’âge actif, probablement des suites d’une forte
activités agricoles, culturelles et religieuses des populations oasiennes.
émigration des jeunes adultes vers les zones urbaines.
La tendance à la marginalisation, l’abandon progressif des oasis ainsi que
l’assèchement puis la désertification de ces zones, constituent des facteurs
L’incidence de ces départs est perceptible sur la pyramide qui fait ressortir
de perte de territoires à forte valeur patrimoniale.
un déséquilibre numérique en faveur des femmes à ces âges. La supériorité
numérique s’inverse entre 65 et 79 ans en faveur des hommes. Cette En effet, il en a résulté l’abandon des habitations traditionnelles construites
supériorité s’explique par une sous-estimation des âges des femmes. Aux en terre pisée que sont les «ksours», pour aller s’installer à leur périphérie et
âges avancés, on note un faible effectif des personnes âgées. sur des terrains agricoles dans des demeures nouvellement construites en
béton armé.
1.2. Migration et mode de vie

La population des zones désertiques est largement tributaire de l’exploitation


des ressources naturelles, et plus particulièrement des terres agricoles.
Avec l’augmentation de la population et la raréfaction des ressources
naturelles, les populations locales ont vu leurs niveaux de vie baisser,
d’autant plus que la zone n’offre pas beaucoup d’opportunités d’emploi
en dehors de l’activité agricole. Le taux de chômage dans la zone est
assez important et les femmes représentent un des groupes les plus
vulnérables.

Aujourd’hui, les périmètres agricoles dans les oasis sont réduits à cause
essentiellement des problèmes d’héritages mais aussi à cause des
difficultés liées au foncier. Une modification qui a pour conséquence la

©OSS-Nabil Ben Khatra


diminution de la valeur rémunératrice de la Surface Agricole Utile, suivie
généralement par l’appauvrissement progressif des exploitants. Les jeunes
ne s’intéressent plus à l’agriculture et abandonnent leurs champs sans
cultures ou les mettent à la disposition d’une tierce personne (famille ou
Urbanisation dans la région de Jarash, Jordanie.
non) (Kabiri, 2014).

Si pendant longtemps, l’équilibre économique de la plupart des territoires


désertiques a dépendu pour l’essentiel de l’agriculture, de la transhumance 2. ACTIVITES ECONOMIQUES ET MOYENS DE
et de quelques métiers artisanaux, le poids de ces activités a sensiblement SUBSISTANCE
diminué depuis le début du siècle, notamment en termes de population
active, générant l’exode massif de population vers les villes et les centres Au cours des dernières décennies, de profondes mutations des modes
urbains. de gestion et de partage de ces ressources ont été observées, avec
un phénomène «d’appropriation» des terrains de parcours et leur
Une grande partie des nomades se sont sédentarisés, ont édifié de transformation en terres agricoles ainsi que l’individualisation de la
nouvelles communautés dans le désert et ont progressivement abandonné gestion de l’eau.
le nomadisme. Les terrains d’approvisionnement en unités fourragères se
sont dégradés notamment par la surexploitation des parcours à cause de Cela se concrétise notamment par l’abandon des systèmes traditionnels
la disparition des disciplines de la transhumance qui ont cédé la place à des d’irrigation et le développement rapide de la petite hydraulique
formes d’utilisation individuelle et anarchique des ressources pastorales, (motopompes) en liaison avec le processus de partage des terres
accentuées par la sédentarisation des nomades. collectives.

page 19
Cette appropriation individuelle de la terre a également favorisé l’apparition L’accroissement rapide de l’urbanisation non contrôlée dans certaines
de «jardins» privés et de quelques «grandes exploitations» qui ont recours régions désertiques, s’amplifie avec le désir grandissant des membres
au pompage surtout au niveau des nappes peu profondes, également source des différentes tribus de s’approprier les terres de parcours, surtout celles
d’alimentation du système traditionnel d’irrigation. avoisinant les centres urbains. On assiste parallèlement à une mutation
profonde des systèmes d’élevage et des pratiques pastorales. L’impact de la
Cette nouvelle dynamique agricole observée dans certaines régions sécheresse et la réduction progressive des terrains de parcours ont conduit
désertiques s’accompagne également de la construction de nouvelles à l’abandon croissant de l’activité pastorale nomade et semi-nomade et son
séguias et de la densification du réseau d’irrigation entraînant une remplacement par un élevage sédentaire ou semi-sédentaire.
augmentation des prélèvements dans les oueds et le développement de
nouvelles cultures arboricoles commercialisables: pommiers, amandiers, Ces bouleversements fondamentaux ont généré des effets directs sur
grenadiers, figuiers et oliviers en plus du maraîchage. la diminution des ressources en eau et en terre mais, également, sur
la dégradation de pâturages. Au-delà de ces premiers constats, c’est à
travers la relation très étroite entre l’organisation sociale et la gestion des
ressources et de l’espace désertique, qu’il soit agricole ou pastoral, qu’il faut
analyser les mutations actuelles et leurs impacts sur le système écologique
de la zone. La réduction continue des ressources en eau et la dégradation
des espaces et des modes d’exploitation a contribué à la déstructuration de
la tribu en tant qu’institution d’encadrement et de gestion du territoire.

Les mutations observées dans les droits de l’eau et des terres et leurs
modalités de gestion sont significatives de l’éclatement de ces sociétés.
Les « droits » individuels transgressent ceux de la collectivité et accentuent
les disparités et les conflits entre usagers. Il apparaît clairement que les
solutions purement techniques proposées pour enrayer le développement
©OSS-Khaled Lachaal

de ces processus de dégradation sont inadéquates et insuffisantes, car le


problème est avant tout social. La dégradation n’en est que la manifestation
physique.
Cultures pérennes irriguées à El Kalaa Marrakech - Maroc.
2.1. Agriculture

Dans le milieu désertique et semi-désertique où les activités agricoles


La diminution des ressources en eau, l’accroissement des surfaces irriguées sont conditionnées par la disponibilité de l’eau pour l’irrigation, les
et la multiplication des puits et des motopompes, conjuguée à la croissance précipitations sont très faibles (inférieures à 150 mm) et surtout irrégulières.
démographique, ont entraîné une forte augmentation de la consommation, L’ensoleillement et l’évaporation donnent un bilan hydrique déficitaire.
impliquant une diminution du niveau des nappes phréatiques et obligeant
les propriétaires à creuser de plus en plus profond. Suite à cela, l’eau prélevée En tant que pilier de l’économie des zones désertiques, l’agriculture paraît
est de plus en plus chargée en sel, donc inutilisable pour la consommation donc nettement handicapée par la rareté des terres arables puisque la
humaine ou l’irrigation entraînant l’abandon de quelques exploitations. surface agricole utile (SAU) représente un pourcentage assez faible. De
©OSS-Khaoula Jaoui

©OSS

Puits à usage agricole - Jordanie. Maraichage dans la région de Tripoli - Libye..

page 20
plus, elle connaît un émiettement intense dû à la pression démographique 2.3. Tourisme
et au morcellement des terres accentuant ainsi les contraintes de gestion
de ces micropropriétés. Les terres irriguées s’avèrent également réduites Le tourisme dans les déserts s’inscrit dans une série de paradoxes et
au regard de la concentration de la population rurale dans les vallées. Elles doit être développé avec de nombreuses précautions. Il peut être à la
sont localisées dans un ensemble de périmètres de petite et moyenne fois vecteur de développement et de lutte contre la désertification
hydraulique où l’irrigation est opérée à partir des oueds, des systèmes et la pauvreté s’il est bien géré et s’il tient compte de la spécificité et
d’irrigation traditionnel et des puits. C’est une culture essentiellement de la fragilité des écosystèmes désertiques. Comme il peut aussi très
de céréaliculture, d’arboriculture fruitière, de cultures fourragères et de rapidement être destructeur, tant des modes de vie des populations
maraîchage. Dans une moindre mesure, les cultures dites spéciales sont locales que des milieux naturels, s’il n’est pas suffisamment contrôlé.
cultivées sur des superficies réduites. Plus que partout ailleurs au monde, le tourisme doit donc relever le défi
de la durabilité dans des destinations encore préservées de ces effets
2.2. Elevage négatifs.

Le pastoralisme dans la région est imposé par la complexité du relief et de La région ne manque pas de sites touristiques, variés et pittoresques,
ses altitudes, la rareté de l’eau et de la végétation. D’une manière générale, comportant des sommets de montagnes, des escarpements, de longues
l’élevage constitue une source de revenu complémentaire à la production gorges aux falaises abruptes ainsi que des vallées verdoyantes. Ces sites,
agricole. dont la renommée dépasse les frontières de la région, constituent des
attractions privilégiées pour les amateurs de différents types de tourisme
Dans les zones désertiques et les oasis de la zone d’étude, deux modes (tourisme rural, randonnées sportives telles que les escalades, tourisme de
d’élevage coexistent : l’intensif et l’extensif. Le premier type est développé découverte, etc.).
par les sédentaires, le second étant davantage promu par les transhumants
et les nomades. L’élevage intensif concerne en premier lieu les bovins, La région est renommée également par son ensoleillement et ses couleurs
principalement de races locales, et les ovins, avec très peu de caprins. Il se vives complétées par un riche patrimoine architectural comprenant des
pratique dans les oasis et il est surtout conduit en stabulation avec apport ksour, des kasbahs et des troglodytes (habitat creusé dans la falaise).
de «supplémentation».

Avec l’effritement des institutions traditionnelles, la gestion des parcours


est assurée par l’administration. Constatant leur dégradation, les pouvoirs
publics déploient des efforts pour réduire la pression sur les parcours en
favorisant une répartition du cheptel sur les sites pastoraux, la création de
points d’eau et l’aménagement de centres d’affouragement.

L’analyse de l’évolution des effectifs du cheptel, pour la plupart des


pays de la région, réalisée8 de 1991 à 2011 a révélé que les effectifs ont
nettement augmenté ces deux dernières décennies. Ces augmentations
variables selon les pays sont d’environ 45% pour les ovins et 20% pour les
caprins. Contrairement à cela les effectifs de camelins n’ont pas connu de
©OSS-Khaoula Jaoui

développement significatif.

©Lilia Benzid
Site de Petra - Jordanie. Détail d’architecture traditionnelle
à Adrar - Algérie.

Le tourisme s’est imposé progressivement en particulier au Maroc, en


Tunisie et en Jordanie, notamment dans les zones rurales. L’hospitalité
des habitants ainsi que la richesse et la diversité culinaires contribuent
à l’attrait des touristes. Les structures d’hébergement comprennent
une panoplie d’unités de différentes catégories : maisons d’hôtes,
hôtels non classés, gites, campings et auberges touristiques. En effet,
et en vue d’une amélioration de la capacité et de la qualité des produits
©Lilia Benzid

touristiques offerts, la promotion du tourisme rural nécessite la mise en


place d’une campagne de sensibilisation en faveur des professionnels
Elevage extensif, Kasserine - Tunisie. du secteur mais également de la population sur certains aspects
fondamentaux comme la qualité de l’accueil, l’hygiène alimentaire,
l’équipement sanitaire, etc.
8 Ferchichi (2013)

page 21
2.4. Ressources minières et énergétiques III. FRAGILITES ET POTENTIALITES DES
Des potentialités géologiques favorables à des concentrations de minerais ECOSYSTEMES ARIDES ET DESERTIQUES
et d’hydrocarbures et d’importantes sources en énergie renouvelable
caractérisent l’ensemble de la zone. 1. FRAGILITES

On peut distinguer le groupe « Algérie, Egypte et Maroc » riches en ressources 1.1. Pressions anthropiques
minières. Au niveau des oasis du Maroc, le sous-sol renferme des ressources
comme l’or, l’argent, le cuivre, le fer, le cobalt, le talc et la barytine. La L’homme a toujours exercé de nombreuses pressions sur les écosystèmes
diversité géologique du Maroc et de sa partie méridionale et orientale a afin de subvenir à ses divers besoins.
été mise en valeur, d’une façon naturelle, grâce aux bonnes conditions
Au niveau de la zone MENA, les principales ressources naturelles (eau,
d’affleurement, notamment dans le domaine structural de l’Anti Atlas et
sol, biodiversité animale et végétale, en plus des paysages, des énergies
particulièrement dans sa partie orientale qui constitue l’essentiel des oasis
renouvelables et des ressources géologiques) sont limitées, vulnérables
de Dra et du Tafilalt.
et fragiles. Elles sont sujettes à des mutations profondes induites par des
facteurs naturels et anthropiques tels que la détérioration des conditions
Le groupe de pays exportateurs nets d’hydrocarbures (Algérie, Libye,
climatiques, l’accroissement de la population et du cheptel et la substitution
Egypte, et plus récemment la Mauritanie) sont dépendants des exportations
des modes de gestion traditionnels et collectifs de l’espace. L’exploitation,
d’hydrocarbures avec une dépendance extrêmement forte pour le cas de la intensive et extensive des ressources végétales, en particulier pour l’élevage
Libye et de l’Algérie. d’animaux domestiques, la mise en culture et la collecte de bois de chauffe, a
fortement affecté ces écosystèmes. En effet, la globalisation de l’économie
L’Egypte est riche en pétrole, gaz naturel, minerai de fer, phosphates, incite les populations à adopter de nouveaux modes de consommation
manganèse, pierre à chaux, gypse, talc, amiante et zinc. Les sites et de production afin d’améliorer leurs conditions de vie. Ces facteurs
géologiques d’intérêt sont les reliefs qui longent la Mer Rouge et qui sont impliquent une plus grande sollicitation des ressources naturelles dont les
constitués essentiellement de roches magmatiques et métamorphiques conséquences sont lourdes sur les plans écologique, économique et social.
très anciennes qui forment le massif arabo-nubien.
La Tunisie, quant à elle, est essentiellement sédimentaire. En plus du La pression sur les ressources naturelles dans la zone d’étude est d’autant
pétrole, l’essentiel des ressources minières est dominé par le phosphate, le plus forte que l’agriculture demeure l’activité essentielle du monde rural,
fer, le zinc, le cuivre, la fluorine et la barytine. et la diversification des revenus est globalement peu observée dans les
campagnes. Une accentuation constante de la pression humaine sur les
La Jordanie dispose de peu de ressources naturelles. Les hydrocarbures ressources naturelles est constatée depuis les années 1960.
font défaut. Les trois principales richesses de ce pays sont le phosphate,
la potasse et le calcaire en plus des huiles de schiste. Le développement Les conséquences de ces perturbations affectent ainsi les ressources
de la Jordanie doit beaucoup à sa géologie, les couches géologiques biologiques et les potentialités des terres. Elles provoquent à leur tour des
renferment de nombreux fossiles qui sont très communs et on en trouve perturbations dans le déroulement des activités humaines pouvant aller
jusque dans les murs des bâtiments d’Amman qui sont construits en jusqu’à l’abandon de l’utilisation des terres et à l’émigration des populations
calcaire. vers des zones considérées comme plus accueillantes.
©Lilia Benzid

©OSS-Lilia Benzid

Carrière à El Hamma - Tunisie. Plantations et travaux de fixation des dunes - Mauritanie.

page 22
1.2. Vulnérabilité au changement climatique mais il est fort probable que cette recomposition, avec des espèces plus
généralistes, va accentuer le processus de simplification et induire une
En raison de leur position géographique, les pays de la zone d’étude diminution des rendements écosystémiques à long terme (Neffati et al.
figurent parmi les régions du monde les plus vulnérables au changement 2016).
climatique, bien que de façon différenciée selon les pays. Durant la période
1961-1990, la région MENA a en effet connu un réchauffement de 0,2 °C par Concernant la vulnérabilité du système oasien, les oasis constituent un
décennie. Selon les projections du Groupe d’experts intergouvernemental «écosystème vulnérable et fragile» qui peut être altéré par les effets de
sur l’évolution du climat (GIEC), la zone connaîtra 20 à 40 % d’étés avec facteurs exogènes comme les changements climatiques mais aussi par
des vagues de chaleur exceptionnelles selon un scénario qui prévoit une des facteurs endogènes. On cite la perte de la biodiversité végétale et
augmentation de la température moyenne de l’ordre de 2°C9. l’appauvrissement du sol et sa salinisation (OSS, 2014).

Ces facteurs sont la cause de la perte de rentabilité et des abandons du


système oasien, aboutissant à la désertification interne du système oasien.
Les oasis seront affectées de la manière suivante :

- Accroissement des besoins en eau des cultures avec pour conséquence


une baisse continue du niveau statique des forages et l’augmentation de
la salinité de l’eau
- Risque de non-hibernation pour des espèces arboricoles exigeantes en
froid, se traduisant par une baisse de leur production. Ce phénomène
a déjà été constaté pour le grenadier en 2010 dans le gouvernorat de
Gabès (Tunisie)
- Dessèchement des dattes en cas de succession de jours de haute chaleur
- Fréquence plus élevée des cas d’attaque des palmiers par les acariens
(Boufaroua)
©OSS-Lilia Benzid

- Fréquentation touristique plus réduite (fortes chaleurs estivales


défavorables aux activités de plein air (GIZ, 2012)).

Oasis ensablée à Adrar - Algérie. 1.3. Sensibilité à la désertification

La carte de sensibilité à la désertification réalisée par l’OSS (Figure 7),


L’augmentation de la température moyenne devrait s’accompagner d’une permet de constater que les zones sensibles à la dégradation se trouvent
baisse d’au moins 20% des précipitations dans les pays de la région. Cette tant dans les parties telliennes constituées de massifs montagneux
situation est inquiétante dans la mesure où ces pays figurent parmi les pays érodés, que dans les parcours steppiques limités par les isohyètes 100 et
du monde disposant des plus faibles ressources en eau et où l’agriculture 400 mm.
dépend fortement du climat.
Une confrontation des résultats obtenus, relatifs à la cartographie de
Ainsi, la hausse des températures et la baisse des précipitations attendues sensibilité à la désertification, avec les trois cartes de la zone (indice d’aridité ;
risquent d’augmenter la fréquence des sécheresses, s’accompagnant d’une moyenne annuelle de la pluviomètre et variabilité de la pluviométrie
forte tendance à l’aridification. annuelle) montre une bonne concordance ; ce qui met en évidence que le
déficit pluviométrique observé durant ces dernières décennies est l’une des
Les effets attendus dans la région MENA se manifesteront notamment causes principales de la dégradation des sols.
à travers la diminution des ressources en eau, la dégradation des sols,
l’élévation du niveau de la mer et la pénétration des eaux salées dans les Les causes et les conséquences de cette dégradation sont multiples et
terres. Au niveau des écosystèmes, une importante dégradation est d’ores diversifiées en fonction des composantes naturelles et socio-économiques
et déjà notée à travers la diminution de la biodiversité affectant les services de chaque région.
qui leurs sont associés.
Dans la partie tellienne, la cause essentielle réside dans l’érosion hydrique.
En effet, dans de telles situations, de nombreuses espèces pastorales qui Ce phénomène est dû à la conjugaison des facteurs climatiques et
ne parviennent pas à s’adapter pourraient disparaître. Relativement aux édaphiques, des conditions socio-économiques et de l’action anthropique
écosystèmes forestiers des zones arides et désertiques, il est certes difficile que subissent les sols. Les conséquences de cette dégradation se
d’anticiper avec certitude sur leur future composition et le fonctionnement, manifestent aussi bien par la modification profonde du milieu physique
(disparition du couvert végétal, ravinement et stérilité du sol) que par
les aspects économiques (diminution de la productivité des terres,
9 World Bank. 2014. Turn Down the Heat: Confronting the New Climate Normal. Washington,
envasement des barrages) et sociaux (paupérisation des catégories de
DC : World Bank. License : Creative Commons Attribution—Non Commercial—No Derivatives 3.0 populations rurales).
IGO (CC BY-NC-ND 3.0 IGO).

page 23
Figure 7. Sensibilité à la désertification (OSS 2017). source des données : Approche MEDALUS.

Dans la zone steppique, à vocation agro-pastorale, la cause de dégradation 2.1. Séquestration du carbone
des sols est principalement l’érosion éolienne. Celle-ci affecte les parcours
arides et semi-arides sous l’action des phénomènes naturels (sécheresse, La biomasse aérienne (biomasse végétative vivante au-dessus du sol)
diminution des capacités nourricières du couvert végétal, tarissement des exprimée en Kg de matière sèche par hectare et la production primaire nette
points d’eau), mais également de nouvelles données socio-économiques (NPP) exprimée en grammes carbone (GC) par m2, sont les caractéristiques
s’amplifiant depuis quelques années telles que la pression démographique fondamentales d’un écosystème.
du cheptel et la désorganisation des parcours de pacage.
On observe de fortes valeurs pour des sols à recouvrement végétal élevé
Quels que soient les facteurs à l’origine de la dégradation quantitative et correspondant aux forêts qui se localisent au nord-est en Algérie et dans
qualitative de la couverture végétale, la partie supérieure du sol se voit tout le delta du Nil en Egypte, où les conditions sont favorables à la culture
soumise à l’érosion éolienne et hydrique. Le processus de dégradation du riz, de l’orge, du maïs, des légumineuses, du sorgho et du blé dans le delta
du milieu physique ne se stabilise que lorsqu’une couche plus compacte et plus au sud, le long des berges du Nil en direction du barrage d’Aswan
du sol est atteinte. Il en résulte que la pénétration de l’eau dans le sol est (Figure 8).
considérablement réduite. Quand l’intensité d’exploitation des terres ne
se relâche pas pendant les périodes de sécheresse, on s’aperçoit que les
écosystèmes arides dégradés se détériorent d’une façon de plus en plus
accélérée et feront de la désertification un mécanisme auto-entretenu
(Nahal, 2004).

Les problèmes de désertification sont différents dans le cas de la dégradation


des parcours, des zones de culture pluviale en zones sèches et des périmètres
irrigués. Ils font alors appel à des techniques différentes d’entretien et de
régénération du milieu (Requier-Desjardins et Caron, 2005).

2. POTENTIALITES
©Lilia Benzid

Malgré les pressions exercées par l’Homme et les animaux, la vulnérabilité


au changement climatique et la sensibilité à la désertification, la région
regorge de potentialités qui gagnent à être mieux connues et valorisées. Irrigation par submersion dans l’oasis de Zaafrane - Tunisie.

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Figure 8. Biomasse aérienne (2010-1016) et Production Primaire Nette (PPN) (2000-2014), (OSS 2017).
source des données : Water Productivity Open-access portal (WaPOR, FAO), MODIS (MOD17)

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Des valeurs moyennes sont enregistrées pour des sols à recouvrement intégration dans la stratégie d’atténuation des émissions de GES au niveau
végétal moyen correspondant aux terres de la partie nord-marocaine et national (Neffati et al., 2016).
ouest algérien.
2.2. Valorisation des Plantes Aromatiques et Médicinales
Des valeurs plus faibles caractérisent les zones dénudées à comportement
désertique qui se trouvent généralement en région steppique. Les principales formations végétales des régions arides et désertiques de
ces pays constituées de steppes principalement méditerranéennes peuvent
Une évaluation exploratoire du potentiel de séquestration du carbone par revêtir diverses physionomies et structures. On distingue des steppes
des pratiques de gestion durable des écosystèmes forestiers des pays, a graminéennes, chaméphytiques, crassulescentes et des pseudo-steppes
permis de mettre en exergue les résultats suivants : arbustives à nanophanérophytes (Le Houérou, 1995).

• En Algérie : le potentiel de séquestration du carbone par les écosystèmes Qu’elles soient spontanée ou cultivée, la gamme des plantes exploitées
forestiers serait de l’ordre de 16 millions de tonnes de CO2 équivalent au niveau de la région MENA est très large avec des plantes communes
(Mt CO2‐eq)/an). Le reboisement et l’extension du couvert forestier sur et d’autres spécifiques à chaque pays. Une large gamme de plantes
1 245 000 ha (inclus dans les NDCs de l’Algérie) contribuerait à lui seul, à appartiennent à cette catégorie dont les plus importantes sont le thym, le
raison de 11 Mt CO2‐eq /an. romarin, le caroubier, l’origan, le laurier sauce, le cèdre, l’armoise, le myrte,
et la menthe pouliot.
• En Egypte : la restauration et la régénération de 700 000 ha de parcours
sur 5 ans, permettrait de séquestrer une quantité de carbone de l’ordre de La Jordanie, en raison de sa situation géographique, à la jonction de trois
1 Mt CO2‐eq /an. Ce potentiel n’est pas très significatif, des investigations continents (Afrique, Asie et Europe), possède une flore riche et diversifiée.
supplémentaires sont nécessaires. L’aire d’extension des plantes aromatiques et médicinales s’y étend du
désert oriental aux hautes altitudes de l’ouest et de l’étage semi-aride au
• En Jordanie : un programme d’atténuation des émissions de GES relatif à nord jusqu’à l’hyperaride au sud. Elle couvre environ 20 % des forêts et des
la mise en défens et la régénération des parcours présenterait un potentiel terres à pâturage de la Jordanie.
de séquestration moyen annuel de 1,6 Mt CO2‐eq. Ce programme serait
en mesure de contribuer à hauteur de 37% aux engagements pris par la
Jordanie au titre de ses NDCs.

• Au Maroc : Le potentiel de séquestration du carbone, qui inclut


notamment la conversion des terres marginales en forêts d’Arganiers,
permettrait de séquestrer une quantité nette de carbone de l’ordre de
4,9 Mt CO2‐eq. Ce potentiel serait en mesure de contribuer à hauteur de
13,4 % aux engagements pris par le Maroc au titre de ses NDCs.

• EnTunisie : Le potentiel de séquestration du carbone qui inclut notamment


le boisement de l’olivier en extensif, permettrait la séquestration de 1,88
Mt CO2‐eq /an. Ce potentiel serait en mesure de contribuer à hauteur de
14,6 % aux engagements de la Tunisie au titre de ses NDCs.

• La Mauritanie, du fait de son développement industriel limité et de la


faible densité de la population a, en général, des taux d’émission de GES
assez faibles, estimés à 6,6 Mt eq CO2 en 2010, correspondant à 0,015%
des émissions globales (INDC, 2015). Selon les projections pour 2030, les
émissions de GES seront de l’ordre de 18,84 Mt eq CO210.

Cette évaluation exploratoire du potentiel de séquestration du carbone,


par des pratiques de gestion durable des écosystèmes forestiers, montre
qu’il existe réellement un potentiel de séquestration du carbone à travers
une meilleure gestion des écosystèmes forestiers de la région. Ce potentiel
pourrait se situer aux environs de 15 % des engagements des pays au titre de
leurs NDCs, alors qu’actuellement il ne représente que quelques pourcents.
Une démarche régionale permettrait de valoriser ce potentiel à travers son
©Lilia Benzid

10 SNEDD et son plan d’action de la Mauritanie (2017-2030). [Link]


sites/default/files/e_library_documents/Strat%C3%A9gie%20Nationale%20de%20
l%E2%80%99Environnement%20et%20du%20D%C3%A9veloppement%20Durable%202017-
2030.%[Link] Distillation traditionnelle de romarin - Tunisie.

page 26
©Projet GDEO-GDA Tamerza
©OSS-Khaoula Jaoui
Culture de cactus Opuntia ficus indica, Rhamna - Maroc. Artisanat et valorisation des sous produits de l’Oasis de Tamerza - Tunisie.

Le cactus (Opuntia ficus indica) est l’une des plantes à usage multiple les Pour l’artisanat utilitaire, les métiers sont apparus en accompagnement
plus communes dans les zones arides des pays de la région MENA et peut aux efforts de construction que connaissent ces régions. Ils portent sur
constituer, par conséquent, un levier de développement local et régional au la maçonnerie, la plomberie sanitaire, l’électricité du bâtiment ou la
niveau de ces zones. C’est un produit à haute valeur ajoutée qui présente menuiserie. Les sous-produits arboricoles et de palmier dattier, représentent
plusieurs vertus thérapeutiques et pharmaceutiques (OSS, 2014). un gisement important à valoriser et à exploiter dans les zones oasiennes
(OSS, 2014). (Valorisation des sous-produits oasiens par compostage par
2.3. Valorisation de l’artisanat exemple).

Les habitats des oasis et du désert procurent de nombreux services aux L’artisanat constitue un atout supplémentaire vu la place qu’il occupe, au
populations locales et à l’équilibre écologique planétaire. Remplissant même titre que le tourisme, et sa contribution en tant que levier pour
une fonctionnalité «territoriale», les oasis sont des lieux d’échanges et de la promotion socioéconomique de la population oasienne. Il permet à
sédentarisation de la population. Elles sont un véritable rempart contre la la population locale d’en tirer des sources de revenus non négligeables,
désertification. Leur considérable richesse en biodiversité offre une panoplie et de ce fait d’équilibrer les revenus des ménages et de lutter contre la
de biens et services garantissant une relative stabilité socio-économique pauvreté.
: développement de plusieurs activités telles que les activités agricoles,
pastorales, touristiques, artisanales et industrielles.
2.4. Energies renouvelables
Un appui particulier a été accordé aux zones oasiennes à travers leur inscription
L’approvisionnement en sources d’énergie utilisable, reste et restera une
au cœur des stratégies nationales de développement durable. Ces stratégies,
préoccupation majeure des sociétés humaines.
bien que spécifiques à chaque pays, appellent toutes à une meilleure prise
en compte du contexte particulier des oasis face aux mutations globales.
Aujourd’hui, la lutte contre le changement climatique, et la meilleure
Elles incitent à suivre une démarche intégrée de développement territorial
abordant à la fois les dimensions environnementale, économique, sociale prise en compte de l’impact de nos activités sur l’environnement,
et culturelle. Au niveau de presque tous les pays, on assiste à la création oblige le monde industriel à repenser le système énergétique, et à
d’une dynamique de partenariat et d’organisation collaborative impliquant réinventer les façons de produire et de consommer l’énergie. Les
les acteurs aux niveaux locaux, régionaux et nationaux. Ce réseau d’acteurs sources renouvelables, comme leur nom l’indique, sont des sources
est appuyé par le secteur privé et la société civile qui assurent l’implication qui se renouvellent et ne s’épuiseront donc jamais à l’échelle du temps
et l’interaction avec la population locale. humain « ou bien la durée de vie sur la terre ». L’énergie solaire, éolienne,
géothermique, marine, biomasse et l’énergie hydraulique peuvent être
Dans ces zones les atouts des activités artisanales, riches et diversifiées, définies comme une énergie renouvelable très faiblement émettrice de
sont liées à la fois à l’héritage culturel, issu des traditions séculaires et à gaz à effet de serre.
de multiples influences. Ceux-ci doivent faire l’objet de sauvegarde car ils
constituent une locomotive de développement socio-économique local. La centrale solaire thermodynamique «Noor» à Ouarzazate (Maroc) est
Ce patrimoine artisanal est caractérisé essentiellement par l’existence entrée en service en février 2016. Avec plus d’un demi-million de panneaux
de plusieurs types d’activités dont les plus importants sont la fabrication solaires, elle devrait pouvoir couvrir les besoins en énergie de près de 40%
de tapis, poterie, vannerie, céramique, sculpture, dentelle, broderie, des foyers marocains d’ici 5 ans (soit environ 700 000 foyers). Ce projet
dinanderie, maroquinerie, bijouterie et tissage vise à porter la capacité renouvelable à 20 GW en 2020.

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Figure 9 : Potentiel de la région en énergie solaire et éolienne (OSS, 2017). source des données : Worldclim v2.

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IV. ADAPTATION DES ECOSYSTEMES
ET DES POPULATIONS AU CHANGEMENT
CLIMATIQUE
La crise écologique se traduit principalement par la perte de la biodiversité,
la réduction des espaces naturels et l’érosion de la fonctionnalité des
écosystèmes à une échelle locale, régionale et globale (MEA, 2003).

Quant au climat, il conditionne et détermine en grande partie les aires de


répartition de la faune et de la flore.

Au niveau des écosystèmes de la zone d’étude, la connaissance de la


proportion des types biogéographiques à affinité écologique «humides» et

©Lilia Benzid
des types à affinité écologique «chaude» est importante pour comprendre
l’évolution de la végétation et pour prédire ses potentialités productives et
adaptatives face au changement climatique. Cueillette de dattes, oasis de Zaafrane - Tunisie.

Dans des situations particulières, certaines espèces dites envahissantes,


favorisées par le nouveau climat plus chaud et plus sec, vont, au contraire, socio‐économique et notamment les besoins des populations fortement
connaitre une extension de leurs aires de répartition et conquérir ainsi dépendantes de leurs ressources naturelles.
certains milieux. Il s’agit d’espèces faiblement appétées, moins prisées par
l’homme et de larges niches écologiques qui seront avantagées en raison de Ces menaces sont d’autant plus intenses dans ces régions qui souffrent
la réduction de la concurrence pour l’eau et les nutriments. d’un manque d’eau et de terres arables, et où la dégradation des ressources
naturelles et les changements climatiques induisent des problèmes
1. CAPACITE D’ADAPTATION DES POPULATIONS socio‐économiques importants affectant les moyens de subsistance des
DES ZONES ARIDES ET DESERTIQUES populations.

Les populations des régions arides et désertiques de la zone MENA sont La classification des différents moyens de subsistance en fonction des
particulièrement menacées par plusieurs facteurs socio-économiques sources de revenus a montré que ces dernières sont multiples et diversifiées
et climatiques. En effet les écosystèmes dans ces régions ne peuvent pour la sécurisation des ménages ruraux vulnérables face à la fluctuation
souvent plus assurer les services indispensables au développement des conditions climatiques ou socio-économiques.

©Lilia Benzid

Fixation des dunes, Noueil - Tunisie.

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Les principales sources de revenus proviennent des ventes des produits aux crédits surtout aux pauvres ; maîtriser les mécanismes d’octroi des
agricoles et d’élevage, des ventes des stocks accumulés durant les périodes subventions et des aides de l’Etat et promouvoir l’économie sociale et
précédentes, de l’épargne, des activités non agricoles telles que l’artisanat, solidaire (Neffati et al., 2016).
le tourisme et les services.
Ces mesures sont inhérentes à la modernisation des agro systèmes et
D’autres sources de revenu sont liées aux envois de fonds réguliers en des écosystèmes, à la diversification et l’augmentation des sources non
provenance de l’émigration régionale, nationale ou internationale et aux agricoles de revenu familial et au renforcement de la capacité d’adaptation
subventions ou crédits de toutes sortes. autonome des populations locales.

Les mesures identifiées visant à renforcer la capacité d’adaptation Au plan politique et institutionnel, il devient impératif de fournir un effort
des populations des zones arides et désertiques dans une optique de au niveau des pays de la région MENA pour intégrer les mesures prévues
gestion durable des systèmes steppiques et pastoraux seront attachées dans les stratégies nationales d’atténuation et d’adaptation au changement
à une multitude de facteurs : Réseaux et relations ; Connaissances et climatique dans les plans nationaux de développement et d’offrir le soutien
compétences ; Démographie (population, urbanisation, genre) ; Actifs et politique et institutionnel pour l’adaptation.
finances.

Réseaux et relations :
V. PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT
Promouvoir l’organisation sociale (ONGs, associations, organisations socio DES ECOSYSTEMES ARIDES
professionnelles, groupements d’agriculteurs, coopératives) ; développer
la coopération régionale au sein de la région MENA dans le cadre d’action ET DESERTIQUES
collaborative régionale pour renforcer la capacité d’adaptation au
changement climatique. 1. STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT ADAPTEE ET
APPROCHE TERRITORIALE VALORISANTE
Connaissances et compétences :
Inventorier, répertorier, documenter, valoriser et promouvoir les savoirs [Link] et optimisation de l’utilisation des ressources
faire locaux permettant d’accroitre la capacité d’adaptation autonome naturelles
des populations locales ; Lutter contre la disparition des savoir-faire et des
richesses patrimoniales locales ; promouvoir les échanges inter‐régionaux De nombreuses techniques de gestion des sols sont depuis longtemps
et inter‐pays pour valoriser et adapter les savoirs faire locaux ; promouvoir prônées par des acteurs variés (ONG, institutions de développement,
l’éducation aux différents niveaux - diffusion et apprentissage dans le gouvernements, scientifiques) pour maintenir, voire augmenter, les
domaine de prise de conscience et d’actions d’adaptation au changement teneurs en carbone des sols. Il s’agit avant tout de gérer au mieux les
climatique. matières organiques et l’eau pour stabiliser un niveau de fertilité suffisant
afin d’ assurer une production durable.
Démographie (population, urbanisation, genre) :
Maîtriser l’accroissement démographique, le dépeuplement des zones Les techniques dites de gestion conservatoire de l’eau et des sols (GCES)
arides et désertiques et lutter contre l’exode et l’émigration ; maîtriser (Roose et al., 2011), sont aujourd’hui presque toutes reconnues comme
l’urbanisation afin d’éviter la perte des terres fertiles ; promouvoir des des techniques qui maximisent la gestion du carbone. De nombreuses
schémas adéquats de développement d’habitats ; doter les régions arides et techniques dites «traditionnelles» permettent également de mieux
désertiques de moyens et d’équipements sociaux nécessaires pour améliorer gérer la matière organique. Une étude récente réalisée par le Groupe de
les conditions de vie des populations ; promouvoir l’approche genre dans les Travail Désertification souligne le fait que de nombreuses pratiques agro-
stratégies d’adaptation et de développement socio-économiques dans ces écologiques valorisent les savoir-faire locaux (GTD, 2013).
régions ; promouvoir l’égalité des chances d’accès à l’emploi, aux ressources
et à la décision, pour les jeunes et les femmes. Dans le cadre du projet MENA-DELP, un inventaire sur les bonnes pratiques
de CES/DRS adaptées aux zones désertiques avec les conditions requises
Actifs et finances (Richesses des ménages, revenus, accès aux crédits/ pour leur mise en œuvre a été établi (Mekdaschi et al., 2014).
subventions, solidarité sociale) :
Promouvoir les équipement sociaux des ménages (électricité, eau Selon ces auteurs, les bonnes pratiques adoptées doivent être rentables
potable, habitat, moyens de transport, propriétés des terres, accès pour les utilisateurs et les communautés locales tandis que les technologies
à l’eau)  ; promouvoir les moyens de production (cheptel, terres, doivent être simples, peu coûteuses et faciles à gérer. Les technologies
équipement) ; promouvoir la diversification des sources de revenus doivent être adaptées à l’environnement naturel, socio-économique et
notamment celles peu dépendantes des milieux naturels ; valoriser les culturel local.
services éco-systémiques (tourisme culturel, paysage) ; promouvoir les
conditions d’accroissement des revenus agricoles (accroissement des L’innovation agricole et la recherche sur l’augmentation de la productivité de
rendements, amélioration des modes de gestion et d’exploitation des l’eau de pluie, la réduction des écarts de rendement, la gestion des risques,
ressources naturelles des écosystèmes, accès aux marchés, meilleurs le transfert de technologie et le renforcement des capacités devraient être
capacités pour négocier les prix, insertion aux chaines de valeur) et non des priorités stratégiques (Mekdaschi et al.2014).
agricoles ; mettre en place des mécanismes simples et rigoureux d’accès

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Gestion durable des terres et des eaux
La gestion durable des terres est impérative pour le développement
durable et joue un rôle crucial dans l’harmonisation des buts
complémentaires, mais historiquement divergents, de production et
d’environnement. A cet égard, la gestion durable des terres poursuit
deux objectifs : i) maintenir la productivité à long terme des fonctions
d’écosystème (terre, eau, biodiversité) et ii) accroître la productivité
(qualité, quantité et diversité) des biens et services, et en particulier,
la sécurité sanitaire des aliments. Pour mettre en œuvre ce double
objectif, la gestion durable des terres doit aussi prendre en compte
les risques existants et émergents. (Source : FAO)

Son objectif est d’harmonier à long terme la coexistence des

©Lilia Benzid
personnes avec la nature, afin que les services d’approvisionnement,
de régulation, culturels et de soutien, rendus par les écosystèmes,
soient assurés. Cela signifie que la gestion durable des terres et des Garrigue, Mornag - Tunisie.
eaux, devra se focaliser sur l’augmentation de la productivité des agro-
écosystèmes, tout en s’adaptant aux contextes socio-économiques,
en améliorant la résilience à la variabilité environnementale,
changement climatique compris, et en prévenant la dégradation des
ressources naturelles. (Source : TerrAfrica)

La gestion rationnelle de l’eau doit permettre en priorité de satisfaire


les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et
de l’alimentation en eau potable de la population. Elle doit également
permettre de satisfaire les exigences de la vie biologique de la
protection contre les inondations et des activités économiques, dont
l’agriculture. L’eau conditionne les productions alimentaires. L’excès
d’eau comme le manque d’eau influence fortement les rendements,
ce qui a conduit à la réalisation d’aménagements hydrauliques.

Aujourd’hui, trois enjeux majeurs sont à relever par l’ensemble de


la société en lien avec la gestion durable des ressources en eau.
D’une part, l’enjeu de la sécurité alimentaire. D’autre part, l’enjeu du
changement climatique, avec la nécessaire réflexion sur l’adaptation

©OSS
de l’agriculture.
Eau dans l’oasis Ibn Chabbat, Tozeur - Tunisie.

Quant aux investissements liés à Gestion durable des terres (GDT), ils identifiées, à structurer le territoire de manière équilibrée et à organiser des
doivent être évalués et planifiés. Par conséquent, des efforts concertés actions futures dans la logique du développement durable.
sont nécessaires et des ressources suffisantes doivent être mobilisées pour
exploiter la richesse des connaissances et apprendre des succès de la GDT Face à l’ampleur des dégradations, il y a urgence d’intervenir pour
(Liniger et Critchley 2007). sauvegarder les écosystèmes locaux (couvert végétal, eau d’irrigation,
parcours), l’utilisation rationnelle des ressources naturelles s’impose.
Aussi, la diversité des territoires (situation géographique, ethnies,
organisation socio-spatiale, mode de gestion, etc.) suppose un traitement Les techniques d’exploitation nouvelles doivent prendre en considération
différencié des zones selon leurs caractéristiques historiques, culturelles les techniques traditionnelles et les formes de cohabitation possibles entre
et spatiales. Toute action de développement devrait veiller à intégrer ces techniques modernes et traditionnelles. L’objectif n’étant pas de privilégier
espaces dans un cadre de complémentarité et de développement solidaire un conservatisme statique mais de convertir le savoir-faire traditionnel
(voies de communication, équipements sociaux, partage des ressources, en harmonie avec les ressources, en ingénierie corrélée aux conditions et
échanges). circonstances actuelles.

La stratégie d’intervention pour le développement des zones désertiques Dès lors, dans les zones arides et désertiques de la région MENA, toute
doit permettre d’apporter des éléments de réponses aux problématiques pratique d’amélioration pastorale doit prendre en considération les

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particularités des écosystèmes caractérisés par une aridité climatique Une stratégie basée sur le triptyque : Amélioration-Renforcement-
extrême et de conditions édaphiques très difficiles (sols xériques très Fonctionnalité :
pauvres, zones ensablées…). La particularité du statut foncier de ces
parcours à usage collectif et leur éloignement (disjonction entre l’espace et - Amélioration de l’attractivité des zones désertiques :
les usagers) sont également des facteurs à prendre en compte. Il s’agit d’améliorer les conditions d’accueil des populations et des
investissements et de rehausser le niveau d’attractivité de ces zones à travers
La réhabilitation des écosystèmes forestiers des zones arides et désertiques l’amélioration des conditions de vie de la population et la disponibilité des
de la région MENA doit permettre d’atteindre à la fois des objectifs socio‐ services de proximité. Pour ce faire, il est nécessaire de créer et de mettre à
économiques (améliorer le niveau de vie de la population rurale et préserver niveau les équipements collectifs prioritaires, l’amélioration de l’accessibilité
la société pastorale, accroissement de la production pastorale et par voie de et des liaisons d’échanges et de commercialisation.
conséquence de la production animale, développement des biens et services
(autres que pastoraux fournis par ces écosystèmes) et environnementaux - Renforcement de la capacité productive et institutionnelle :
(amélioration de la capacité de séquestration de carbone, conservation de La mise en valeur des potentialités locales est tributaire de l’évolution
la biodiversité, lutte contre la désertification,…). des efforts de valorisation des potentiels historique, humain et culturel
locaux en vue de la création d’emplois, de valeur ajoutée et de revenus aux
De tels objectifs ne peuvent être atteints qu’à travers une approche globale populations de ces régions désertiques. Ceci passe par la mise en place
et intégrée basée sur la multifonctionnalité de ces écosystèmes. de dispositifs de production et de gestion des modalités d’assistance et
d’accompagnement qui, conjugués à une démarche qualité, permettraient
Compte tenu de l’état de dégradation atteint par les écosystèmes forestiers une amélioration du cadre entrepreneurial et un rehaussement des
des zones arides et désertiques, de la pression humaine et animale qui propriétés des produits.
continue à s’y exercer et de l’aridification continue du climat, la reconstitution
du couvert végétal naturel, au niveau de ces zones, ne peut être assurée - Mise à niveau de la fonctionnalité des espaces désertiques :
qu’à travers le recours à des techniques sophistiquées d’aménagement Malgré les différentes contraintes dont font l’objet ces territoires, leurs
(restauration/réhabilitation) et de gestion durable des terres. compositions répondent à des modes de fonctionnement spécifiques
adaptés à leurs contextes. Suite aux différentes mutations qu’ils ont connues
1.2.Développement des territoires par la mise en relief des ces dernières décennies, et aux nouvelles exigences de la vie contemporaine,
valeurs patrimoniales les zones désertiques souffrent de problèmes de réadaptation et nécessitent
une véritable stratégie de mise à niveau notamment en matière de
Il s’agit de développer les espaces désertiques et oasiens à travers la programmation, d’assistance et de suivi.
valorisation du patrimoine matériel et immatériel et sa transformation en
projets et produits de valeur pouvant générer une dynamique économique C’est ainsi que la stratégie proposée projette d’attribuer à ces zones une
et sociale notamment dans les secteurs du tourisme, de l’artisanat et des fonction de pôles de développement attractifs à différents thèmes. Chaque
services. territoire identifié, avec son potentiel et ses contraintes, fera l’objet de
réponses fonctionnelles adaptées et concertées entre les différents acteurs.
Une stratégie de développement consensuelle, déclinée sur différentes Ces pôles de développement seront programmés de manière à s’intégrer
phases définissant des actions à court, moyen et long terme en vue de avec l’existant et à créer des maillons de développement avec les territoires
répondre aux différentes situations priorisant les situations d’urgence. environnants.
©OSS-Lilia Benzid

©OSS-Lilia Benzid

Ksour restaurés, Médenine - Tunisie. Joussour et Tabia.

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2. ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE ET
ENTREPRENEURIAT
2.1. Le secteur de l’agriculture durable ou agro-écologie

Le modèle agricole des régions désertiques entre dans une phase


critique suite aux changements climatiques, aux pénuries naturelles
(eau, sol), à l’insuffisance des compétences et aux mouvements
sociaux. Loin de subvenir aux besoins élémentaires des collectivités ou
d’améliorer la situation socio-économique de ses actifs, les activités
agricoles oasiennes s’associent à la pauvreté rurale et à la dégradation
de l’environnement. Au-delà des techniques de production, plusieurs
facteurs socio-économiques et culturels sont à la base de la décadence
de cette activité.

L’agriculture intensive ne pourrait être pratiquée dans les territoires


désertiques de la région MENA et ne pourrait apporter de solutions durables
pour le développement économiques de ces zones. Cependant opter pour
une alternative basée sur l’agro-écologie pourrait être appréhendée selon
une géométrie variable en fonction des potentialités et des contraintes de
chaque pays.

2.2. Les produits de terroir : Développement de filières

Les actions de développement des filières oasiennes doivent manifester


un ancrage territorial et des niveaux importants d’implication dans la
gouvernance des lieux d’implantation. L’approche partenariale est essentielle
pour encourager les investissements dans les régions désertiques.

Un processus de développement durable est à prendre en considération


pendant toutes les étapes du montage de l’entreprise dans ces secteurs
naissants. L’intérêt est à la fois une maîtrise des principes de l’entreprise,

©Lilia Benzid
une connaissance de l’évolution des demandes sociales et une opportunité
de progrès pour ces régions désertiques.

Les principales actions de développement d’une filière de produits oasiens Cueillette des dattes.
peuvent consister en :

• La valorisation des produits locaux ayant une valeur ajoutée élevée :


fruits secs, fruits frais, olive et dérivés, miel et universel inestimable de produits matériels et immatériels. Aujourd’hui
• L’amélioration de la qualité sanitaire des produits l’espace oasien des régions désertiques représente une offre touristique avec
• L’organisation des achats groupés des matériels des demandes en forte augmentation. Cependant, les produits touristiques
• L’encouragement du regroupement des acteurs impliqués dans la offerts nécessitent une structuration, une mise en grappe et la construction
production et la transformation du produit de destinations et de niches à forte valeur ajoutée.
• Un meilleur contrôle du marché par les autorités concernées
• L’augmentation du nombre de cadres formés en agroalimentaires La forte demande touristique du produit oasien est particulièrement due
• La promotion des investissements privés dans le domaine de l’agro- à l’originalité et la spécificité de ce mode d’occupation de l’espace et son
alimentaire, la petite entreprise et les petits métiers intégration dans des espaces désertiques, fragilisés mais résilients. En
• La redynamisation d’une activité agricole existante qui nécessite effet, l’activité touristique en tant que secteur phare pouvant redynamiser
aujourd’hui un accompagnement technique et commercial. les zones désertiques et développer les oasis nécessite une réforme
structurelle en vue de créer un produit touristique typique et en accord
2.3. Les activités éco-touristiques et de bien-être avec les écosystèmes locaux, sous le signe d’un tourisme durable et
responsable.
Le patrimoine oasien est l’œuvre de plusieurs générations et civilisations
paysannes. C’est aussi l’ancrage de plusieurs savoir-faire et modes de vie Un écotourisme responsable valorisant les atouts du territoire, du
ancestraux qui constituent aujourd’hui un patrimoine historique national patrimoine matériel et immatériel et générant des revenus à la population

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locale, cadre parfaitement bien avec le développement économique durable fragilités et les potentialités des écosystèmes arides et désertiques de
des espaces désertiques. Il s’agit de développer un tourisme consolidant des la région.
niches en pleine croissance au niveau de la demande mondiale et à forte
valeur ajoutée. Un tourisme qui serait articulé autour de l’artisanat local et En vue d’un positionnement économique différencié des zones désertiques,
de l’interprétation du patrimoine local. capitalisant sur leurs atouts et atténuant leurs faiblesses, le montage et la
mise en œuvre d’un programme à l’échelle régionale avec des partenaires
financiers et techniques sont recommandés.

Ceci permettrait de disposer d’un plaidoyer international vis-à-vis des


décideurs, d’asseoir un intérêt continu et non ponctuel à la problématique
des territoires des déserts, et de mobiliser des fonds pour la mise en œuvre
de projets et de programmes de développement durable.

Il s’agira d’organiser les actions dans une «stratégie d’ensemble» en


distinguant celles qui peuvent être réalisées à court terme, à moyen terme
et à plus long terme et ce dans le cadre d’un Programme Régional.

La conception de l’approche d’élaboration de ce programme agit sur


le potentiel inexploité du territoire en termes de ressources humaines
(chômeurs, entrepreneurs potentiels), de gisements d’innovation (idées et
projets des entrepreneurs locaux), de ressources physiques et patrimoniales
©Projet GDEO-GDA Tamerza

abandonnées ou délaissées (paysages, bâti historique, petit patrimoine),


de ressources immatérielles en voie de disparition (savoir-faire, traditions,
valeurs communs et identitaires) et de ressources financières (épargne et
bénéfices non réinvestis, transferts des émigrés).
Ancien village de l’oasis deTamerza - Tunisie.
Cette approche favorise également la création de liens entre les acteurs,
le renforcement des relations avec les différents marchés pouvant créer
une plus-value en faveur des entreprises présentes sur le territoire et
CONCLUSION encourager les porteurs de projets à s’engager dans l’entrepreneuriat et la
mise en marché des produits locaux en axant la promotion sur les étapes
La forte croissance démographique et l’augmentation des besoins qui et modes de production traditionnelles qu’ils nécessitent et le potentiel
en découlent, les diverses actions anthropiques combinées aux effets humain, collectif et d’innovation qu’ils renferment.
du changement climatique, comptent parmi les causes principales de la
dégradation de l’environnement dans la région étudiée.

Les défis environnementaux sont immenses et ne pourront être relevés que


par une coopération étroite en matière de surveillance environnementale,
d’échange d’informations et d’adaptation aux changements globaux.

L’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) est conscient qu’une prise de


décision pertinente ne peut pas ou plus, se concevoir sans une connaissance
multiforme de plus en plus fine, basée sur des données fiables, et
régulièrement mises à jour.

C’est pourquoi l’OSS, de même d’ailleurs que beaucoup d’organismes de


développement, s’attache à promouvoir la mise en place de dispositifs
et d’outils de mesure et de contrôle, afin de disposer des meilleures
informations possibles destinées à soutenir et à appuyer des stratégies
efficaces de développement durable.

Ainsi, dans la continuité des réalisations de l’OSS dans la maîtrise de


la connaissance et le développement d’outils de suivi des ressources
naturelles et des dynamiques qui les affectent, l’atlas de l’occupation
des sols élaboré dans le cadre du projet de «Coordination et Partage
des connaissances sur les écosystèmes désertiques et les moyens de
subsistance», présente les principaux atouts naturels, les richesses, les

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Le programme sur les moyens de subsistance
et les Ecosystèmes désertiques dans la
région Afrique du Nord et Moyen Orient
MENA-DELP

Contexte Le programme MENA-DELP vise à maintenir et à améliorer le flux de


services écosystémiques du désert au service d’un développement durable
Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen Orient présentent une multitude en établissant une boucle de rétroaction positive. Le Programme se
de paysages et de milieux diversifiés avec une grande richesse en termes concentre sur le pilotage d’opportunités de développement économique
de biodiversité faunistique et floristique. Ils renferment de nombreux types spécifiques aux milieux désertiques permettant d’intégrer la protection de
d’écosystèmes: oasiens, désertiques, côtiers, montagneux, insulaires, et des la santé du biome désertique et sa diversité au vaste potentiel d’activités
zones humides. Mais certaines formes d’utilisation des ressources naturelles rémunératrices innovantes qui soutiennent également le précieux vivier de
ont abouti à des situations de surexploitation, c’est le cas par exemple pour connaissances lié aux pratiques d’adaptation.
les ressources en eau dans les régions arides.
Une telle approche vise à susciter des opportunités d’amélioration des
La durabilité de telles utilisations ne pourrait être assurée qu’à travers des
approches permettant de renverser les tendances de déclin. Pour certains moyens de subsistance dans les déserts et renforcer la résilience et les
milieux, les pressions exercées sur les ressources naturelles découlent, du réponses adaptatives des communautés et des écosystèmes des zones
moins en partie, de la perte de certaines pratiques traditionnelles. Elles sont désertiques face aux pressions climatiques attendues.
particulièrement adaptées aux conditions naturelles du Nord de l’Afrique
et du Moyen Orient et devraient donc être préservées comme patrimoine Le programme MENA-DELP se compose de six projets : cinq projets
humain et culturel et comme modèles de référence de développement. nationaux (Maroc,Algérie, Égypte, Jordanie et Tunisie) et un projet
régional. Les projets nationaux portent sur des thèmes variés qui vont de
La Banque mondiale en partenariat avec plusieurs pays et le Fonds pour
l’écotourisme à l’agriculture et l’élevage, mais ils cherchent tous à améliorer
l’environnement mondial (FEM), a lancé un programme régional «Desert
la durabilité de ces investissements grâce à une approche intégrée de la
Ecosystems and Livelihoods Programme MENA-DELP», qui a pour
objectif de contribuer à l’amélioration des moyens de subsistance dans les gestion des écosystèmes. L’accent est également mis sur les approches
écosystèmes désertiques en exploitant leur valeur d’une manière durable participatives, le renforcement des capacités et sur la mobilisation des
sur le plan environnemental et social, afin d’optimiser le flux de biens et de connaissances locales. Le cadre régional vise à renforcer le partage des
services liés aux zones désertiques. connaissances et des données d’expérience entre les cinq pays.
©OSS-Lilia Benzid

Paysage, Boutilimit - Mauritanie.

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Le projet régional de Coordination L’organisation de voyages d’études, de forum et de questionnaire en ligne
ont été l’occasion d’échanger et de former les participants sur les bonnes
et de partage des Connaissances pratiques en matière de gestion des ressources naturelles dans la région.
Les formations ont permis l’information et le renforcement des capacités
sur les moyens de subsistance sur de concepts nouveaux Land Degradation Neutrality - LDN et Climate
et les Ecosystèmes désertiques Smart Agriculture - CSA et sur les opportunités de la finance climat. De
manière pratique, les participants ont été éclairés sur un certain nombre
MENA-DELP d’outils dont Collect Earth de la FAO.

Le projet régional (parapluie) intitulé « Projet de coordination et de partage L’ensemble de ces activités ont contribué au renforcement des liens existant
des connaissances sur les moyens de subsistance et les écosystèmes entre les institutions et au partage de connaissance sur les bonnes pratiques
désertiques», est coordonné par l’OSS (2014-2017). Il a été conçu pour en matière gestion durable des écosystèmes désertiques.
renforcer les réseaux entre les organismes en charge de la mise en œuvre
des projets au niveau des pays bénéficiaires, et ce dans un esprit de solidarité A titre d’exemple, une convention de jumelage entre la Hashemite Fund de
et de concertation. la Jordanie et le Centre de Formation et de Qualification dans les Métiers de
l’Artisanat de Marrakech (CFQMAM) du Maroc sur les métiers de valorisation
Les objectifs du projet régional des produits de terroir (artisanat) a été signée.

Compte tenu des objectifs escomptés et des résultats attendus, ce projet La composante dédiée au Suivi-évaluation a permis de fournir des
régional a pour objectif une meilleure compréhension des liens entre les services informations permettant d’apprécier les efforts fournis en matière de
éco-systémiques et les moyens de subsistance des populations des écosystèmes gestion durable des écosystèmes désertiques et de mesurer le niveau
désertiques en vue d’éclairer la prise de décision, notamment à travers : d’atteinte des objectifs visés. Le développement du Géoportail (système
d’information et de l’outil de suivi-évaluation) et les formations organisées
• Une meilleure connaissance des liens entre les écosystèmes et les sur leur utilisation ont contribué au renforcement des capacités techniques
moyens de subsistance dans les zones désertiques y compris les zones des projets nationaux en matière de suivi évaluation. L’atlas et le livret sur
semi-arides et arides ; le Suivi-évaluation ont complété le système de suivi-évaluation développé
et faciliteront le processus de prise de décision sur les questions liées à la
• Une amélioration des systèmes de partage des connaissances sur gestion des ressources naturelles.
les questions liées aux écosystèmes désertiques et les moyens de
subsistance; Les bénéficiaires et les acteurs du projet régional
• Une amélioration des réseaux et des flux d’informations au niveau des Les bénéficiaires directs du projet régional, englobent plusieurs organismes
programmes sur les écosystèmes désertiques aux niveaux national et nationaux et régionaux, impliqués dans la mise en œuvre des projets
international. nationaux MENA‐DELP. Parmi les résultats du projet régional figure la
contribution pour combler les lacunes institutionnelles et les savoir-faire en
Dans sa composante «partage de connaissance», les études et les notes de matière de gestion durable des écosystèmes du désert.
synthèse produites ont contribué à apporter des réponses aux principales
questions liées aux problématiques des écosystèmes désertiques, et à Les organismes et institutions impliqués dans la mise en œuvre du projet
fournir des éléments d’orientation aux décideurs concernés en la matière. sont les suivants :
©OSS-Khaled Lachaal

©OSS-Khaoula Jaoui

Voyage d’étude à Jerash - Jordanie. Voyage d’étude à Marrakech - Maroc.

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• Algérie : la Ministère de l’Aménagement du Territoire et de • Des échanges sur les bonnes pratiques en matière de gestion des
l’Environnement (MATE). ressources naturelles dans la région
(voyages d’études, forums de discussion en ligne, rencontres
• Egypte : l’Agence égyptienne des affaires environnementales (EEAA) et internationales (CoP CCNUCC, CoP CNULCD, …), 600 participants.
le Desert Research Center (DRC)
• Le renforcement des capacités des experts
• Jordanie : le Centre National de Recherche Agricole et Vulgarisation (Nouveaux concepts (LDN et CSA), Opportunités de la finance climat,
(NCARE), la Société Royale pour la Conservation de la Nature (RSCN) Outils de surveillance et de suivi-évaluation-Collect Earth, Ex-Act …).
et le Fonds Hachémite pour le Développement de la Badia en Jordanie
(HFDJB) 2. Mesure des efforts fournis pour atteindre les objectifs des
projets nationaux
• Maroc : le Ministère de l’Agriculture et des Affaires Maritimes ; l’Agence
pour le Développement Agricole (ADA) ; l’Institut National de Recherche • Développement d’un outil de suivi-évaluation permettant d’apprécier
Agronomique (INRA), et l’Agence Nationale de développement des les efforts fournis en matière de gestion durable des écosystèmes
désertiques et de mesurer le niveau d’atteinte des objectifs visés.
zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA).
- Réalisation d’un Kit de formation sur le suivi-évaluation et des
documents sur les GEF Tracking Tools et le Risk Assessment
• Tunisie : le Ministère des affaires locales et de l’Environnement (MALE).
- Mise en ligne d’une base de données de S&E permettant l’actualisation
interactive des indicateurs du programme MENA-DELP
D’autres partenaires et institutions nationales ont bénéficié
- Publication d’un guide de Suivi-évaluation pour faciliter le processus
indirectement du projet régional, y compris les organisations
de prise de décision sur les questions liées à la gestion des ressources
communautaires, les autorités régionales et locales, les instituts de naturelles
recherche et les universités. - Elaboration d’une synthèse sur les indicateurs du projet régional
MENA-DELP
Les principaux résultats du projet régional
• Mise en place d’un système d’information
1. Partage de connaissance sur les bonnes pratiques en Développement d’un Géoportail centralisant des cartes thématiques de
matière gestion durable des écosystèmes désertiques base réalisées dans le cadre du projet ou par les partenaires de l’OSS, sur
les ressources naturelles de la région. Des formations sur son utilisation
• Des notes d’orientation pour les décideurs et des réponses aux pour le renforcement des capacités techniques des projets nationaux en
questions liées aux problématiques et potentialités de développement matière de suivi-évaluation ont également été assurées.
des écosystèmes désertiques :
1 atlas régional des cartes d’occupation des sols, des études thématiques Développement d’un Outil « Profil‐temporel » intégré au portail web du
(11 études régionales), des notes de synthèse (6), des documents de projet permettant le suivi en temps quasi-réel d’un ensemble de variables
vulgarisation et des policy briefs. climatiques et écologiques (végétation, pluviométrie,…).

Observatoire
du Sahara
et du Sahel

Géoportail MENA-DELP ([Link]

page 37
Les projets nationaux MENA-DELP

JORDANIE
Écosystème et moyens d’existence de la Badia
Ce projet vise à soutenir les moyens de subsistance des populations de la
Badia Jordanienne et améliorer les services éco systémiques à travers des
approches participatives dans certaines zones.

Les résultats de ce projet se présentent comme suit :

1. Développement de l’écotourisme au nord de la Badia,


2. Amélioration des capacités de gestion de l’eau au niveau de deux
communautés particulièrement pauvres dans le sud Badia,

©OSS-Khaoula Jaoui
3. Appui et renforcement des moyens de subsistance alternatifs,
4. Mise en place d’un système de Suivi évaluation du projet.

Pour atteindre l’objectif et les résultats escomptés, 2 composantes Culture fourragère dans la Badia - Jordanie.
techniques ont été identifiées :

Écotourisme centré sur la communauté dans la Badia du Nord :


Quelques acquis du projet
Au niveau de cette composante, il a été prévu :
• Création d’un corridor écotouristique Al Azraq / Shaumari-Burqu ‹ En termes d’acquis, le projet a permis la construction du Burqu’ecolodge,
• Promotion de l’engagement communautaire dans la planification, le l’acquisition de deux camps mobiles bédouins et des tentes de cuisine.
développement et l’exploitation du couloir écotouristique, Deux hafirs (un à Al Husseini et un à Al Jafr) pour l’élevage d’animaux et la
production de fourrage à petite échelle ont été construits et entretenus.
Gestion adaptative des parcours et soutien alternatif aux moyens de Deux réserves de pâturages non clôturées à Al Jafr et Al Husseinieh, ont été
subsistance dans la Badia méridionale établies et réhabilitées, pour être exploitées.

A ce niveau, il est prévu : Le projet a également soutenu des initiatives de moyens de subsistance
• La construction de structures de collecte d’eau polyvalentes de longue alternatifs dans les communautés, en mettant l’accent sur les femmes et
durée (hafirs), les jeunes. Vingt-cinq coopératives d’Al Husseinieh et d’Al Jafr ont bénéficié
• Établissement et/ou remise en état de réserves améliorées de parcours, de ces initiatives. Le nombre total de bénéficiaires est de l’ordre de 24928
• Maintien et amélioration des moyens de subsistance dans les (dont 3568 bénéficiaires direct) avec 46% de femmes.
communautés cibles.
MAROC
Projet d’agriculture solidaire et intégrée
L’objectif de ce projet est de promouvoir et de disséminer des acquis de la
recherche agronomique nationale liés aux mesures de conservation des sols
et de préservation de la biodiversité en appui aux 8 projets de l’agriculture
solidaire inclusive du Plan Maroc Vert, au niveau de la région de Marrakech
Safi et de Souss Massa.

Les résultats de ce projet sont :


• La création de sources de revenus diversifiées et de synergies entre les
filières,
• La prise en considération des impacts cumulatifs des projets,
• L’amélioration de l’intégration sociale et la promotion des filières
féminines,
• La labellisation des produits,
©Khaoula Jaoui

• La formation et encadrement des communautés locales.

Pour atteindre cet objectif et ces résultats, les deux composantes suivantes
Développement des parcours - Jordanie. ont été arrêtées :

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Eaux et Forêts, dont 43% des femmes et 162 cadres du secteur privé (43%),
ont été formés sur la conservation du sol et la protection de la biodiversité.
En plus, 7 660 agriculteurs, dont 2 261 sont des femmes (35%), ont bénéficié
de formations sur les mêmes thématiques.

Le projet a permis également la création de plusieurs unités de valorisation


des sous-produits de cactus, des produits apicoles, des sous-produits de
l’arganier, etc.

TUNISIE
Ecotourisme et conservation de la biodiversité

©OSS-Nabil Ben Khatra


désertique
Le Projet Ecotourisme et Conservation de la Biodiversité Désertique s’est
fixé comme objectif de contribuer à la préservation de la biodiversité
du désert et à la durabilité des terres désertiques dans 3 parcs nationaux
situés dans le sud tunisien (Bouhedma, Jbil, et Dghoumes) en intégrant le
développement de l’écotourisme et l’engagement communautaire.

Les résultats attendus de ce projet sont :


1. Les cadres politiques et réglementaires régissant les secteurs autres que
le secteur de l’environnement (par exemple le tourisme) intègrent des
mesures de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité,
2. Dans les zones d’intervention, des investissements appropriés dans les
écosystèmes / paysages productifs sélectionnés sont mis en œuvre et les
ressources naturelles sont restaurées et gérées de manière intégrée,
©OSS-Nabil Ben Khatra

3. Les systèmes de subsistance durables sont promus dans les zones


d’investissement.

L’objectif et les résultats seront atteints à travers la mise en œuvre des 2


Culture pérenne irriguée à El Kalaa - Maroc composantes techniques suivantes :

Promotion des conditions favorables pour la gestion des aires protégées,


Développement des capacités d’institutions publiques et privées le renforcement de la Gestion durable des terres, et le développement
relatives à la conservation des sols et de la biodiversité, dans les projets de l’écotourisme.
ciblant les petits agriculteurs dans deux régions identifiées.
Au niveau de cette composante, il est prévu :
Transfert de mesures de conservation des sols et de la biodiversité auprès • Le renforcement du cadre institutionnel, légal et stratégique pour la
des petits agriculteurs, dans les deux régions ciblées, au niveau des sous gestion des Parcs Nationaux,
projets identifiés • Le renforcement et l’intégration des capacités nationales et locales dans
la gestion durable des terres et la préservation de la biodiversité grâce à
Les mesures intégrées du projet, comme composantes additionnelles aux l’approche de la gestion intégrée des ressources naturelles (GIRN),
projets pilier II du Plan Maroc Vert, ont porté essentiellement sur : • La mise en place du système de Suivi-Evaluation (S&E).
• La gestion et la valorisation des déchets agricoles à savoir les margines des
olives, les grignons des olives, et les sous-produits du cactus et de l’arganier ; Appui à la mise en œuvre des plans d’aménagement et de gestion (PAG)
• Les techniques de conservation des sols telles que les banquettes et les des 3 parcs nationaux (Bouhedma, Dghoumes et Jbil)
terrassettes ;
• La biodiversité à travers le développement des plantes aromatiques et Il est question dans cette composante de :
médicinales et de l’apiculture. • Mettre en œuvre des investissements prioritaires identifiés dans les
plans d’aménagement et de gestion (actualisés et élaborés) des 3 parcs,
Quelques acquis du projet • Encourager les partenariats avec les communautés locales autour des
PN à travers la mise en œuvre de programmes de petites subventions, et
Sur le plan formation et renforcement des capacités, 378 cadres du Ministère • Promouvoir l’éducation environnementale et la réhabilitation des
de l’Agriculture et de la Pêche Maritime du Développement Rural et des écomusées existants

page 39
Quelques acquis du projet :

Sur le terrain, le projet a contribué à une meilleure implication des acteurs


sectoriels en l’occurrence les services centraux et régionaux des ministères
chargés respectivement dela gestion des aires protégées et du tourisme. Une
stratégie de promotion de l’écotourisme dans et autour des aires protégées
a été développée et les textes juridiques ayant trait à l’écotourisme ont été
améliorés en vue d’une meilleure implication de la population locale, des
femmes et des jeunes, du secteur privé et de la société civile.

©Projet GDEO-GDA Tamerza


Les plans de gestion des trois parcs ont aussi été actualisés tout en intégrant
la dimension écotourisme comme une alternative de promotion des sites
en question et comme locomotive de développement local. Les activités
prioritaires de renforcement de l’infrastructure au niveau de ces espaces
Plantation de rejets de palmiers dans l’oasis de Tamerza - Tunisie.
ont été prises en charge par le projet. Parmi ces activités on peut citer la
création et l’entretien de pistes, entretien et renforcement des écomusées,
création de puits et points d’eau.
Pour atteindre l’objectif et les résultats escomptés, 2 composantes
techniques ont été identifiées :
Grâce au projet, la population et les ONGs locales ont pu bénéficier de
microcrédits pour la mise en place d’activités à but lucratif et non lucratifs en
Renforcement des capacités pour la gestion durable des écosystèmes
relation avec l’écotourisme, la petite agriculture, la valorisation des produits
oasiens
de terroir etc..
A ce niveau, il a été prévu :
Gestion durable des écosystèmes oasiens • L’élaboration d’une stratégie et d’un Plan d’action de développement
durable des oasis
Ce projet s’est fixé comme objectif d’améliorer la gestion durable des • Le renforcement des capacités des parties prenantes,
ressources naturelles et de promouvoir la diversification des moyens de • La mise en place d’un système de suivi-évaluation des activités du projet,
subsistance dans six oasis traditionnelles partagées entre 4 gouvernorats
au sud tunisien : Gafsa, Tozeur, Kébili et Gabès. Appui à la mise en œuvre des Plans de Développement Participatif des
Oasis pilotes (PDPO) du projet
Les résultats fixés par le projet sont les suivants :
1. La conservation et la gestion de la biodiversité et des terres et de l’eau Au niveau de cette composante, il est attendu :
sont améliorées, • Le financement et la mise en œuvre de microprojets communautaires dans
2. Les investissements dans la Gestion durable des terres sont augmentés, le domaine de la gestion durable des terres, de l’eau et de la biodiversité.
3. Les modes et moyens de vie des populations des oasis sont améliorés et • Le financement et la mise en œuvre de microprojets communautaires
diversifiés. dans le domaine de la diversification des moyens de subsistance.

Quelques acquis du projet

Dans le cadre de ce projet, plusieurs activités ont été réalisées telles que
l’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’action de développement durable
des oasis, une stratégie de communication, un atlas des oasis traditionnelles,
la formation et renforcement des capacités des différents acteurs, la mise en
place d’un dispositif de suivi et d’évaluation des activités du projet.

De plus, des microprojets communautaires dans le domaine de la gestion


durable des terres, de l’eau et de la biodiversité ont été réalisés tels que la
protection des oasis (inondations, ensablement et ravages des sangliers,
restauration des écosystèmes oasiens). Ces activités ont été consolidées par
des travaux de recherches en partenariat avec des institutions spécialisées.

D’un autre côté, des microprojets communautaires ayant comme objectif


©Projet GDEO-GDA Tamerza

la diversification des sources de revenus de la population ont été mis en


œuvre. Il s’agit notamment de la réhabilitation et valorisation du savoir-
faire artisanal local des femmes artisanes, promotion de l’élevage ovin,
développement de l’apiculture, l’écotourisme, l’aménagement de circuits
Distribution de rejets de palmiers dans l’oasis de Tamerza - Tunisie. de randonnées et l’appui à la gestion durable des ressources piscicoles.

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Methodologie de la CartE D’OCCUPATION
DU SOL
Le changement d’occupation du sol dans les régions arides et semi-arides Les données suivantes ont été particulièrement exploitées lors de l’étape de
prend une ampleur sans précédent depuis les dernières décennies, rendant finalisation et de validation de la carte :
l’intérêt de documenter l’état des écosystèmes locaux particulièrement
important. La classification et la caractérisation normalisée des unités - GlobCover, 2010 (Agence Spatiale Européenne-ESA et Université
d’occupation du sol en vue d’améliorer la connaissance de l’état des catholique de Louvain)
ressources naturelles, constituent une première étape dans la mise en
œuvre des actions de préservation et de gestion durable des terres. - GlobCover30, 2010 (The Institute of Remote Sensing and Digital Earth -
Cette connaissance est cruciale pour mieux éclairer la prise de décision RADI), Chinese Academy of Sciences -CAS)
et appuyer les processus de planification. Malgré la forte demande
pour ce type d’information dans la plupart des pays, les données sont - Global Urban Footprint (GUF), 2016 (German Aerospace Center - DLR).
généralement manquantes, obsolètes ou peu diffusées. En outre, les
problèmes liés à l’harmonisation des légendes et des systèmes de
classification constituent un obstacle pour l’utilisation et la valorisation
Spécifications techniques
des cartes occupation du sol, notamment leur comparabilité spatiale et
La définition de la légende et des spécifications techniques de la carte a été
temporelle.
réalisée d’une manière collégiale avec les partenaires nationaux concernés
et répond aux attentes des différents programmes nationaux en rapport
Face à ce constat, le projet MENA-DELP a fixé comme l’un de ses objectifs
avec la gestion des ressources naturelles. Elle concilie entre les limites de la
l’élaboration de cartes d’occupation de sol pour l’Algérie, l’Égypte, la
technique et des données utilisées, d’une part, et les besoins des utilisateurs,
Jordanie la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, en adoptant des
d’autre part. Dans un objectif de standardisation et d’harmonisation, une
approches harmonisées et des techniques standardisées.
légende formée de 15 classes a été développée sur la base du système
de classification LCCS (Land Cover classification System) de la FAO, qui
A l’instar de ce qui a été réalisé au niveau des autres pays membre de l’OSS,
constitue un standard international en la matière.
la cartographie de l’occupation du sol de la zone a été élaborée en adoptant
une démarche participative impliquant les partenaires nationaux concernés
Une compilation de coupures cartographiques a été éditée au format papier
et les experts de l’OSS.
et mise à la disposition des principaux partenaires nationaux pour validation.
La carte a été ainsi finalisée en intégrant les résultats des commentaires et
Méthodologie des remarques des experts nationaux.

La méthodologie de cartographie utilisée repose sur l’analyse et le L’échelle et le découpage cartographique de cet ensemble sont conformes
traitement des données d’observation de la terre. Elle combine l’utilisation à ceux de la carte topographique mondiale au 1 :1 000 000 permettant
de deux techniques : une meilleure utilisation des coupures dans le cadre de programmes et
projets nationaux de développement. Chaque coupure au 1 :1 000 000 a
• La classification automatique multi-date d’images multi spectrales été divisée en deux parties (Nord et Sud). Dans le présent Atlas, et pour
LANDSAT acquises à 30 m de résolution. Une couverture de toute la zone des considérations d’ordre pratique (taille et format), les coupures ont été
d’action par des images Landsat 8 OLI a été utilisée. Pour chaque scène, éditées à une échelle de 1 : 1 250 000. Les coupures qui couvrent des zones
deux images (une par saison : été/hiver) prises au courant de la période désertiques à très faible couverture végétale ont été fusionnées et éditées à
Novembre 2015 - Aout 2016 ont été traitées. Le recours à plusieurs une échelle réduite (1 : 2 500 000).
images par scène a permis une meilleure précision thématique. Au total,
plus que 700 images ont été exploitées. L’échelle de la cartographie conditionne la taille minimale des objets
cartographiables (unité cartographique minimale – UCM). La surface de la
• La photo-interprétation pour le regroupement de classes générées plus petite unité cartographiée choisie est de 50 hectares, à l’exception des
par la classification automatique. Des images de très haute résolution classes de l’urbain, de l’agriculture et de l’eau qui auront, quant à elles, un
disponibles sur Google Earth ont permis d’identifier les classes UCM de 25 hectares.
d’occupation du sol conformément à la légende préalablement arrêtée.
D’autres données complémentaires exogènes (cartes, rapports, bases de Le système géodésique mondial WGS-84 et la projection Universelle
données, dires d’experts) ont pu être exploitées pour compléter, affiner Transverse de Mercator UTM (fuseaux 28 - 37) ont été adoptés pour
et valider la carte. l’ensemble des cartes présentées dans l’Atlas.

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Carte d’occupation du sol : Algérie, Egypte,
Jordanie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie

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LEGENDE illustree de la carte d’occupation
du sol

Végétation naturelle

Forêt
Espèce ou groupe d’espèces forestières ayant un recouvrement de 10% au minimum de
l’espace boisé, une largeur minimale en cime de 15 m et une superficie minimale de prise
en compte de 4 ha ou bien une densité de plus de 250 jeunes plants par ha (FAO/ FRA
2005).

©OSS-Khaoula Jaoui
Maquis et garrigue
Formations particulières, associant par tâches, certaines espèces forestières (Pins,
chênes...), et des arbrisseaux et arbustes, (lentisque, arbousier, chêne kermès, chêne vert,
romarin, genévrier, thuya...) se trouvant en sous-étage avec un recouvrement inférieur à
10%. (FAO/ FRA 2005).

©Lilia Benzid
Steppe et parcours
Terrains couverts de végétation basse et discontinue. Formation d’herbacées, ouverte,
constituée par des touffes d’espèces graminées espacées avec présence parfois de
quelques espèces ligneuses, parcourue ou non par les feux (FAO/ FRA 2005).

©OSS-Sandrine Jauffret
Territoire agricole

Culture pérenne irriguée


Arboriculture dont le développement est assuré par un apport artificiel d’eau.
©OSS-Khaoula Jaoui

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Culture pérenne pluviale

[Link]=Olivier
Arboriculture dont le développement est exclusivement assuré par les pluies (généralement
des oliviers).

Culture annuelle irriguée


Culture saisonnière dont le développement est assuré par un apport artificiel d’eau.

©OSS-Lilia Benzid
Culture annuelle pluviale
Culture saisonnière dont le développement est exclusivement assuré par les pluies.

©Lilia Benzid
Oasis
Zone de végétation isolée dans un désert, à proximité d’une source d’eau ou d’une
nappe phréatique ou parfois sur le lit de rivières. Les oasis considérés dans cet Atlas sont
principalement destinés à la culture des palmiers dattiers.
©OSS-Khaoula Jaoui

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Territoire non végétalisé

Sol nu / très peu végétalisé


Terrain totalement dénudé ou à très faible couvert végétal.

©OSS-Sandrine Jauffret
Etendue dunaire
Etendue de sable (vive ou stabilisée) ou de galets des milieux littoraux ou continentaux.
L’ensemble des ergs est inclus dans cette classe.

©OSS-Lilia Benzid
Affleurement rocheux
Affleurements rocheux et zones de cuirasse : plateaux, collines, montagnes, éboulis,
falaises, blocs de roches, et laves sont inclus dans cette classe.

Zone humide

©OSS-Khaoula Jaoui

Plan d’eau permanent


Masse d’eau permanente qui peut être douce, salée ou saumâtre : lacs, cours d’eau,
retenues et barrages, …

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Plan d’eau temporaire
Terrain contenant de l’eau pour une durée limitée et qui le reste du temps sont à sec :
Sebkhas, Chotts, marais, zones inondables.

©OSS
Aquaculture / Saline
Plan d’eau aménagé et réservé à l’élevage d’animaux aquatiques ou à l’extraction de sel.

©OSS
Territoire artificialisé

Habitat
Espaces structurés ou non par des habitations aussi bien en zone urbaine que rurale.

©Lilia Benzid

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decoupage de la carte d’occupation DU SOL

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Le découpage cartographique est conforme à celui de la carte topographique mondiale au
1 :1 000 000 permettant une meilleure utilisation des coupures dans le cadre de programmes et projets
nationaux de développement. Chaque coupure au 1 :1 000 000 a été divisée en deux parties (Nord et
Sud). Dans le présent Atlas, et pour des considérations d’ordre pratique (taille et format), les coupures
ont été éditées à une échelle de 1 : 1 250 000. Les coupures qui couvrent des zones désertiques à très
faible couverture végétale ont été fusionnées et éditées à une échelle réduite (1 : 2 500 000).

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index des coupures

ORDRE FEUILLE NOM PAGE ORDRE FEUILLE NOM PAGE


1 NJ-31-S ALGER-S 52 34 ND-29-N BAMAKO-N 118
2 NJ-32-S TUNIS-S 54 35 NH-31 & 32 GHDAMIS 120
3 NI-30-N FES-N 56 36 NG-29 & 30 ERG CHECH 122
4 NI-31-N MOSTAGANEM-N 58 37 NG-31 & 32 IN SALAH 124
5 NI-32-N SFAX-N 62 38 NG-34 & 35 CUFRA & DAKHLA 126
6 NI-29-S CASABLANCA-S 62 39 NF-29 & 30 OUADANE & TAOUDENNI 128
7 NI-30-S FES-S 64 40 NF-31 & 32 FORT-LAPERRINE & IN-AZAOUA 130
8 NI-31-S MOSTAGANEM-S 66 41 NF-33 & 34 AOZOU & PUITS-SARRA 132
9 NI-32-S SFAX-S 68 42 NF-35 & 36 AYN-AL-GHAZAL & WADI-HALFA 134
10 NI-33-S TRIPOLI-S 70 43 NE-29 & 30 TIDJIKJA & TOMBOUCTOU 136
11 NI-34-S BENGASI-S 72 44 NH-37-N AL-JAUF-N 138
12 NI-37-S DAMAS-S 74 45 NH-37-S AL-JAUF-S 139
13 NH-29-N MARRAKECH-N 76 46 NI-36-S BEYROUTH-S 140
14 NH-30-N BECHAR-N 78 47 NI-29-N CASABLANCA-N 141
15 NH-33-N BENI ULID-N 80 48 NG-28-N BOJADOR-N 142
16 NH-34-N AGEDABIA-N 82 49 ND-28-N DAKAR-N 143
17 NH-35-N ALEXANDRIA-N 84 50 ND-30-N OUAGADOUGOU-N 144
18 NH-36-N CAIRO-N 86 51 NE-31-N KIDAL-N 145
19 NH-29-S MARRAKECH-S 88
20 NH-30-S BECHAR-S 90
21 NH-33-S BENI ULID-S 92
22 NH-34-S AGEDABIA-S 94
23 NH-35-S ALEXANDRIA-S 96
24 NH-36-S CAIRO-S 98
25 NG-33-N MURZUCH-N 100
26 NG-36-N ASWAN-N 102
27 NG-28-S BOJADOR-S 104
28 NG-33-S MURZUCH-S 106
29 NG-36-S ASWAN-S 108
30 NF-28-N PORT ETIENNE-N 110
31 NF-28-S PORT ETIENNE-S 112
32 NE-28-N SAINT LOUIS-N 114
33 NE-28-S SAINT LOUIS-S 116

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legende de la CARTE D’OCCUPATION DU SOL

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page 147
Liste des Sigles et des Acronymes

ACSAD Centre arabe d'études des zones arides et des régions sèches, Arab Center for the Study Arid Zones and Dry Lands
BM/WB Banque Mondiale, World Bank (WB)
CAS Académie Chinoise des Sciences, Chinese Academy of Sciences
CC Changement Climatique
CCNUCC Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC)
CI Continental Intercalaire
CNULCD Convention des Nations Unies sur la Lutte Contre la Désertification, United Nations Convention to Combat Desertification (UNCCD)
CT Complexe Terminal
DLR Centre Aérospatial Allemand, German Aerospace Center
éq CO2 Équivalent CO2, unité du GIEC pour comparer les impacts des différents gaz à effet de serre en matière de réchauffement climatique
ESA Agence Spatiale Européenne – European Space Agency
FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Food and Agriculture Organisation
FEM/GEF Fonds pour l’environnement mondial, Global Environnent Faciliy
gC Grammes carbone ou géq C, unité de mesure scientifique des gaz à effet de serre
GDA Groupements de Développement Agricole
GES Gaz à Effet de Serre
GIEC Groupe d’experts intergouvernementaux pour l’étude du climat
GIZ Agence de coopération internationale allemande pour le développement, Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit
GUF Empreinte Urbaine Globale, Global Urban Footprint
GW Gigawatts, valant un milliard de watts
ha Hectare, unité de mesure de superficie, valant 10 000 mètres carrés
HE Huile Essentielle
ICARDA Centre international de recherche agricole dans les zones arides, International Center for Agricultural Research in the Dry Areas
INDCs Contributions prévues déterminées au niveau national (CPDNs), Intended Nationally Determined Contributions
km Kilomètre, unité de longueur valant 1000 mètres
km² Kilomètre carré, unité de mesure de surface
kWh/m2/j Kilowatt heure/mètre carré/jour, unité de mesure pour quantifier la ressource solaire journalière
LANDSAT Satellite de la Terre, Land Satellite (programme spatial d'observation de la Terre)
LCCS Système de classification de la couverture terrestre, Land Cover classification System
m Mètre, unité de longueur de référence internationale
m/s ou m•s−1 Mètre par seconde, unité de vitesse
MENA Moyen-Orient et Afrique du Nord, Middle East and North Africa
MENA‐DELP Projet de coordination et de partage des connaissances sur les moyens de subsistance et les écosystèmes désertiques de la région MENA,
MENA - Desert Ecosystems and Livelihoods Knowledge Sharing and Coordination Project
mm Millimètre, unité de mesure des hauteurs ou lames de précipitations (pluviométrie)
Mteq CO2 Millions de tonnes d'équivalent CO2
MW Mégawatts, mesure de puissance électrique ou thermique valant un million de watts
NDT Neutralité en matière de Dégradation des Terres, Land Degradation Neutrality (LDN)
ODDs Objectifs du Développement Durable, Sustainable Development Goals (SDGs)
OLI Imageur Terrestre Opérationnel, Operational Land Imager

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OSS Observatoire du Sahara et du Sahel
PAM Plantes Aromatiques et Médicinales
PAMPA Programme d'Actions Multi Pays en Agro-écologie
PIB Produit Intérieur Brut
PMV Plan Maroc Vert
PNR Plan National de Reboisement
PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement en Tunisie
PPN Production Primaire Nette (PPN), Net primary production
PRODESUD Programme pour le développement et la promotion des Initiatives locales dans le Sud – Est de la Tunisie
RADI Institut de télédétection et de la Terre numérique, Institute of Remote Sensing and Digital Earth
REEWP Projet Régional d’habilitation Economique des Femmes, dirigé par OXFAM-Quèbec, Regional Economic Empowerment of Women Project
SASS Système Aquifère du Sahara Septentrional
SAU Surface Agricole Utile
UMA Union du Maghreb Arabe
UTM Universal Transverse of Mercator
UCM Unité Cartographique Minimale
WGS-84 système géodésique mondial, révision de 1984, World Geodetic System

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Réalisation et Impression :
ordanie libYe, MaroC, Mauritanie et tunisie atlas des Cartes d’oCCuPation du sol
alGérie, eGYPte, Jordanie, libYe,
Présentation de l’atlas
Cet Atlas des cartes d’occupation du sol de l’Algérie, de l’Egypte, de la Jordanie, du Maroc et de la Tunisie est
MaroC, Mauritanie et tunisie
destiné aux décideurs, aux partenaires de développement et au grand public.

A travers une cinquantaine de cartes et une synthèse multithématique, l’atlas ambitionne à mettre en
évidence les liens entre les services écosystémiques et les moyens de subsistance des populations des
at l a s d e s C a r t e s
écosystèmes arides et désertiques, tout en montrant leurs potentialités. d’oCCuPation du sol
Le lecteur y trouvera également des illustrations sur les écosystèmes de la région et leur rôle dans la
coopération transfrontalière et le développement socio-économique, pour faire face aux changements
globaux.

ISBN : 978-9938-933-13-0

Décembre 2017

érie eGYPte, Jordanie,


alGérie,

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