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Cables

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334 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple

_____________________________________________________________________________________________________________

5. CAS 1 : CÂBLE PARABOLIQUE

Comme le montre le récapitulatif en page 333, cette situation correspond à :

• un câble inextensible d'élancement L/H quelconque soumis à une charge dis-


tribuée de type 1, grande par rapport au poids propre du câble;
• un câble inextensible d'élancement L/H grand (câble fort tendu) soumis à une
charge distribuée de type 2, comme son poids propre par exemple.

Remarque 1 : il est possible de prendre indirectement en compte l'extensibilité du câble


comme expliqué au §5.2.

Remarque 2 : il est possible de prendre en compte des appuis situés à des niveaux différents
(voir §11, exemples 1, 2 et 3).

RV = qL/2 RV = qL/2
L
RH x RH
y
H

q [kN/m]
La réaction horizontale RH s'obtient en faisant l'équilibre de rotation de la moitié
gauche du câble, par rapport à son point bas. On obtient exactement les mêmes
valeurs que pour l'arc funiculaire (chapitre 11, §3) :

qL L L qL qL2
RH H + ∗ = RV avec RV = ⇒ RH = [1]
2 4 2 2 8H
Notons que, pour un câble oblique dont la distance verticale avec sa corde à mi-
portée est notée δmax, la réaction horizontale est encore la même que pour l’arc
oblique, soit qL2/8δmax (voir chapitre 11, §3.5).
On démontre aussi, de la même manière que pour l'arc, que la géométrie est une
parabole. En effet, le moment en tout point de coordonnées (x,y) est nul et, en
considérant la partie de câble située à gauche de ce point, on a :

qL qL2 x 4H
M ( x, y ) = x− y − ( qx ) = 0 ⇒ y= x ( L − x) [2]
2 8H 2 L2
Chapitre 13. Les câbles 335
_____________________________________________________________________________________________________________

L'effort maximal se produit aux appuis et vaut :

2 dl
qL2  4H 
N max = R H2 + RV2 = 1+   [3] α dy
8H  L 
dx
Enfin, la longueur totale du câble vaut (voir figure correspondante et démonstra-
tion au chapitre 11 relatif aux arcs funiculaires, §3.4) :
2
L L  dy  L L

L0 = dl = ∫ dx + dy = ∫ 1+   dx = f  
2 2

l
0 0  dx  2 H 
[4]
 2 
L  4 H
2
L   4H   4H   
avec f   =  1+   + ln + 1+   
H    L  4H  L  L  
  
Les équations précédentes sont adaptables lorsque les appuis ne sont pas au même
niveau : voir exemples 1 à 3 au §11.

Mode de résolution dans un cas de conception ou d'expertise :


L, H et q sont connus. On en déduit directement la géométrie parabolique par [2],
les réactions d'appui par [1], l'effort normal maximal par [3] et la longueur du câble
par [4].

Mode de résolution pour l'approche pragmatique :


ce cas consiste à mettre en place, entre deux appuis distants de L, un câble de lon-
gueur L0 donnée, éventuellement chargé avant ou après mise en place par une
charge uniformément répartie.
Dans ce cas, la relation implicite [4] permet de calculer la flèche H en fonction de
la longueur du câble L0 et de la portée L qui sont connus. Les équations [1] à [3]
permettent ensuite de calculer directement les réactions d'appui, l'effort maximal
dans le câble et l'équation de la parabole.

5.1. Peut-on négliger le poids propre du câble ?


Soit qext la charge extérieure et qpp la charge de poids propre du câble, considérées
toutes deux comme des charges de type 1. La charge totale q est alors la somme de
ces deux charges. Soit ρ le poids volumique de l'acier [kN/m3] et σ la contrainte à
laquelle le câble travaille en service, incluant donc les cœfficients de sécurité.
La charge de poids propre qpp n'est pas connue puisque le poids propre dépend de
la section A du câble, qui elle-même dépend de l'effort maximal Nmax calculé à
partir de la charge totale.
336 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
_____________________________________________________________________________________________________________

Sachant que si le câble travaille à la contrainte de service σ, on a :

N max σ
A= et ρA = q pp ⇒ N max = q pp
σ ρ

Par ailleurs, en réécrivant [3], on obtient :

(q )
+ q ext L2  4H 
2
N max = 1+
pp

8H  L 

En éliminant Nmax des deux équations précédentes, on obtient une nouvelle équa-
tion dans laquelle seule la charge de poids propre qpp est inconnue :

q pp (q  4H + q ext L2 ) 2
σ = 1+
pp

ρ 8H  L 
q pp 1
Elle peut encore s'écrire : = [5]
q ext  σ  8 H 1
  −1
 ρL  L  4H 
2
1+ 
 L 

L'équation précédente permet d'établir la figure ci-dessous, calculée en considérant


une contrainte de service σ égale à 1000 [MPa] et un poids volumique de
785.10−7 [N/mm3].
6
q pp
[%]
q ext L = 500 [m]
5

σ câble = 1000 [MPa]


4

2 L = 200 [m]

1 L = 100 [m]

L = 50 [m]
0 L = 10 [m]
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
L /H
Chapitre 13. Les câbles 337
_____________________________________________________________________________________________________________

Cette figure montre que, même pour un câble en acier de 500 mètres de portée
déjà relativement élancé (L/H = 10) et travaillant à une contrainte de 1000 [MPa],
le poids propre ne représente que 5,5% de la charge extérieure.

5.2. Peut-on négliger l'extensibilité du câble ?

Il est, à ce stade, intéressant de se demander quelle est l'influence de l'hypothèse


d'inextensibilité sur les résultats. En supposant que le câble travaille à la contrainte
de service σ, sa longueur après chargement vaut L0+(σ/Ec)L0 en vertu de la loi de
Hooke (chapitre 1, §7).

En prenant σ = 1000 [MPa] et Ec = 170.000 [MPa], un allongement maximal du


câble de 0,6% est obtenu. L'équation [4] de la page 335 permet alors, par une
résolution numérique, de calculer la flèche αH (α>1) du câble après déformation,
en fonction de son élancement géométrique L/H :

 L0 L
[4] : = f 
 L H L  L 
 ⇒ 1,006 f   = f   implicite en α
[4] : 1,006 L0  L   H   αH 
= f  (α > 1)
 L  αH 

La résolution de l'équation précédente pour plusieurs valeurs de L/H permet de


tracer la figure suivante :

1,18
α
1,16
Facteur multiplicatif α de la flèche H
1,14 d'un câble travaillant à la contrainte de
1,12
500, 1000 ou 1500 [MPa] suite à son
allongement : 1500 [MPa]
1,10
H → αH
1,08
1000 [MPa]
1,06

1,04
500 [MPa]
1,02

1,00
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
L /H
338 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
_____________________________________________________________________________________________________________

Le graphique ci-dessus est éloquent : il montre que plus le câble est élancé (L/H
grand), plus son augmentation relative de flèche H va être importante lors de la
mise en charge. Par exemple, pour un élancement prévu de L/H=5, H augmentera
de 5% pour un acier travaillant à 1500 [MPa].

En d'autres termes, plus l'hypothèse de grand élancement est valable, moins


celle d'inextensibilité l'est. Cette conclusion est toutefois à prendre avec certai-
nes réserves. En effet, une augmentation de la flèche H aura pour effet de dimi-
nuer non seulement les réactions horizontales mais aussi l'effort maximal dans le
câble, comme le montrent [1] et [3]. Ceci veut donc dire que même si l'hypothèse
d'inextensibilité peut sous-estimer largement les déplacements, elle est en
faveur de la sécurité.

Câbles de contreventement d'une ossature métallique devant être


couverte d'une toile tendue. Sur la photo les câbles n'ont pas encore
été complètement tendus. (Station de Métro Erasme, Bruxelles, 2003 –
architectes et ingénieurs Samyn and Partners avec le bureau d'études Setesco; Photo
Guy Clantin).
Chapitre 13. Les câbles 339
_____________________________________________________________________________________________________________

6. CAS 2 : CÂBLE INEXTENSIBLE EN CHAÎNETTE


Comme le montre le récapitulatif en page 333, cette situation correspond à un
câble inextensible d'élancement L/H quelconque soumis à son poids propre com-
biné éventuellement à une autre charge distribuée de type 2. Si L/H est grand, on
se retrouve dans le cas 1 (§5).
RV = qL/2 RV = qL/2
L
RH x RH
y

l q H

L'approche de calcul consiste ici à isoler un morceau infinitésimal de câble et à


établir des équations d'équilibre en fonction de sa géométrie. Cette démarche
conduit aux équations ci-dessous, dans lesquelles l est la coordonnée courante le
long du câble, RH la réaction d'appui horizontale, N(x) l'effort dans le câble, L0 la
longueur totale du câble et q la charge par mètre le long du câble, c'est-à-dire le
poids d'un mètre de câble et de couverture, le cas échéant.

2RH  qL 
Équation implicite en RH : L0 = sinhyp   [1]
q  2RH 

Le calcul de RH permet alors l'utilisation des expressions suivantes, dans lesquelles


sinhyp et coshyp sont les fonctions sinus et cosinus hyperboliques :

 R   qL   q  L 
 y ( x ) = H  coshyp   − coshyp   − x    [2]
 q   2RH   RH  2   

 R H  qL0  q  L 
 l ( x)=  − sinhyp   − x    [3]
q  2R R  2 
  H  H  

 N ( x) = R coshyp  q  L − x   [ 4]
 H R 
  H  2 

e x − e− x ex + e− x
Pour rappel, sinhyp ( x ) = et coshyp (x ) =
2 2
340 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
_____________________________________________________________________________________________________________

Mode de résolution dans un cas de conception ou d'expertise :

L, H et q sont connus.

L'équation implicite [2] fournit la valeur de RH (en posant y(x = L/2) = H).
L'équation [1] donne alors directement L0.
L'équation [2] donne la géométrie et la [4] l'effort dans le câble (maximal en x=0).

Mode de résolution pour l'approche pragmatique :

La longueur du câble L0 est connue, ainsi que L et q.

L'équation implicite [1] fournit la valeur de RH.


L'équation [2] donne la géométrie et la [4] l'effort dans le câble (maximal en x = 0).

Remarque : si les appuis ne sont pas au même niveau, se rapporter au CAS 3.

Mâts haubanés pour éoliennes. (îles du Cap Vert,


Boa-Vista; Photo de l'auteur, 2001)
Chapitre 13. Les câbles 341
_____________________________________________________________________________________________________________

7. CAS 3 : CÂBLE EXTENSIBLE EN CHAÎNETTE

Comme le montre le récapitulatif en page 333, cette situation correspond à un


câble extensible d'élancement L/H quelconque soumis à son poids propre combi-
né éventuellement à une autre charge distribuée de type 2.

Remarque : si le câble est élancé et que l'on peut considérer que son allongement est négligeable,
on se retrouve dans le cas 1 (§5).

RVA
L

RH A
x
y l RVB
D
q RH H
B

La longueur du câble après mise en place n'étant plus la même que la longueur
initiale L0, le calcul se complique. Comme pour le cas 2, les équations s'obtiennent
en écrivant l'équilibre d'un tronçon de câble de longueur infinitésimale, qui subit
cette fois un certain allongement proportionnel à l'effort qui y règne.

Cette démarche conduit aux équations ci-dessous, dans lesquelles l est la coordon-
née courante le long du câble avant déformation, RH la réaction d'appui horizontale,
RVA la réaction verticale à l'appui gauche, N(l) l'effort dans le câble, L0 et A0 res-
pectivement la longueur totale du câble et sa section avant mise en place et q la
charge par mètre courant le long du câble.

Équations implicites en RH et RVA :

 RH L 0 R  R   R − qL0  
 L= + H  arcsinhyp  VA  −arcsinhyp  VA   [1]
 EA0 q   RH   RH 

( ) ( )

qL0  R H 
2
R − qL0
2
 L0  RVA  [2]
 D = EA  RVA − 2  + q  1 + R − 1 + VA 
 0   RH
 H

342 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
_____________________________________________________________________________________________________________

Si les appuis sont au même niveau, ces équations deviennent :

qL0 2R H  qL qL0 
RVA = et L0 = sinhyp  − 
2 q  2 R H 2 EA0 

Le calcul numérique de RH et RVA permet alors l'utilisation des expressions suivan-


tes :

y (l ) =
l  ql  R H 
 RVA −  +
EA0  2  q 

1+
RVA
RH
2
− 1+( )RVA − ql 
RH
2



( ) [3]

R l R  R   R − ql  
x(l )= H + H  arcsinhyp  VA  − arcsinhyp  VA   [4]
EA0 q  
 RH   RH  
N (l ) = R H ² + (RVA −ql )
2
[5]

Mode de résolution dans un cas de conception ou d'expertise :

L, H, q, E et A0 sont connus.

La résolution numérique du système d'équations [1], [2] et [3 ou 4] fournit la valeur


de RH, RVA et L0 (en posant y(l = L0) = D ou encore x(l=L0)=L).

L'équation [5] donne alors directement N(l) et Nmax=N(l=0).

Mode de résolution pour l'approche pragmatique :

la longueur du câble L0 est connue, ainsi que L, q, E et A0.

Les équations [1] et [2] permettent de calculer les réactions RH et RVA.


Les équations [3] et [4] donnent la géométrie et la [5] l'effort dans le câble (maximal
en l=0).
Chapitre 13. Les câbles 343
_____________________________________________________________________________________________________________

8. CAS 4 : CÂBLE INEXTENSIBLE SOUMIS À DES CHARGES


PONCTUELLES

Comme le montre le récapitulatif en page 333, cette situation correspond à un


câble inextensible d'élancement L/H quelconque soumis à des charges ponctuelles
grandes par rapport au poids propre du câble, qu'on suppose négligeable. Les pro-
pos de cette page sont également valables si les charges ponctuelles sont combi-
nées à une charge de type 1.
Remarque : l'extensibilité peut être prise en compte de manière indirecte, comme illustré dans
l'exemple 5 du §11.
Le théorème d'analogie avec la poutre (§2.7) prend ici toute son importance.

Mode de résolution dans un cas de conception ou d'expertise :

sont connus : L, H, D, les charges Q1, … , Qn ainsi que leur position horizontale L1,
L2, … , Ln.
La première étape consiste à déterminer les 3 réactions d'appui inconnues. Les
deux premières équations correspondent à l'équilibre vertical et à l'équilibre des
couples par rapport au point A. Si les appuis ne sont pas au même niveau, l'équili-
bre des couples par rapport à l'autre appui B fournit la troisième équation. S'ils
sont aux même niveau, la troisième équation s'obtient en faisant l'équilibre des
couples par rapport au point le plus bas du câble, dont la position s'obtient facile-
ment grâce au théorème d'analogie avec la poutre (voir exemple 5, §11).

Ensuite, ce même théorème permet de déterminer la forme du câble et en particu-


lier chaque hauteur Hi, de même que la longueur totale du câble L0.
Finalement, l'effort en toute section du câble est déterminé à partir de sa projection
horizontale connue et égale à RH. En particulier, l'effort maximal dans le câble
s'obtient à l'un des appuis.
RVB
L

RH
RVA B
D
A H
RH Hi
Qn
Q1 Qi

L1 Li Ln Ln+1
344 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
_____________________________________________________________________________________________________________

Mode de résolution pour l'approche pragmatique :

sont connus : L, L0, D, les charges Q1, … , Qn ainsi que la longueur de chaque tron-
çon S1, … , Sn+1.
RVB
L

RH
RVA B
D
A Sn+1
H
RH Hi
S1 Sn
Si θn Qn
Q1 Qi
Cette fois le théorème d'analogie avec la poutre n'est plus utile. En effet, la position
horizontale des charges est inconnue puisque celles-ci ont été placées sur le câble
avant mise en place.
Si n est le nombre de charges appliquées au câble, les inconnues du problème sont
les trois réactions d'appui, les (n+1) efforts relatifs à chacun des tronçons rectili-
gnes et les (n+1) angles θi correspondants (voir figure ci-dessus). La longueur de
ces tronçons étant connue, il y a donc un total de (2n+5) inconnues à déterminer.
Les équations nécessaires peuvent se décomposer en deux groupes :

• la première équation est une condition géométrique tandis que les deux suivan-
tes découlent de l'équilibre global de la structure :

∑S i cos θ i = L
RVA + RVB = ∑ Qi
n
 
RVB L = R H D + ∑  Qi  ∑ Si cos θ i   (couples par rapport à A )
i

i = 1 j =1 

• il faut déterminer les (2n+2) équations supplémentaires nécessaires. A cet effet,


il suffit d'effectuer une coupure fictive dans chacun des (n+1) tronçons rectili-
gnes et d'y écrire les équations d'équilibre vertical et horizontal de la partie de
câble située à gauche de la coupure :
 N i cos θ i = R H
 i −1

 N i sin θ i = RVA − Qj ∑
 j =1
Chapitre 13. Les câbles 345
_____________________________________________________________________________________________________________

On sera particulièrement attentif au signe des sinθi dans la seconde équation.

Passerelle suspendue et contreventée par des câbles. (Népal,


Annapurna, Marsyangdi Khola; Photo Valérie Mahaut, 1997).
346 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
_____________________________________________________________________________________________________________

9. CAS 5 : CÂBLE EXTENSIBLE SOUMIS À DES CHARGES


PONCTUELLES ET À UNE CHARGE RÉPARTIE DE
TYPE 2

On se rapportera si nécessaire au récapitulatif de la page 333.

La plupart des logiciels commerciaux permettent actuellement de traiter numéri-


quement ce genre de problème et nous donnons à titre d'information les équations
non linéaires obtenues dans le cas où une seule charge est appliquée au câble.

RVA
L

RH A x
y l D RVB

RH H
l1 B
Q1




y (l ) =
l  ql  R 
 RVA −  + H  1 +
EA0  2  q 

RVA
RH
( ) 2
− 1+ (
RVA − ql
RH
) 2
 (0 ≤ l ≤ l1 )







y (l ) =
l  ql  R 
 RVA −  + H  1 +
EA0  2  q 

RVA
RH
( ) 2
− 1+ (
RVA − Q1 − ql
RH
)
2

( ) ( )
 2
 R − Q1 − ql1 RVA − ql1
2
Q1q L 0  l1 − l  
 +   + 1 + VA − 1+ (l1 ≤ l ≤ L 0)
 RH EA0  L 0  RH RH 




 RH l RH   RVA   R − ql 
x (l ) = + arcsinhyp   − arcsinhyp  VA
  R
 (0 ≤ l ≤ l1 )

 q 

EA0  RH   H 
 RH l RH   RVA   R − Q1 − ql 
 x(l ) = + arcsinhyp   −arcsinhyp  VA
 


 EA0 q   RH   RH 

  R − Q1 − ql1   R − ql1 
 + arcsinhyp  VA  − arcsinhyp VA
  R

 (l1 ≤ l ≤ L 0)
  R H   H 


 N (l ) = RH2 + (RVA − ql ) (0 ≤ l ≤ l1 )
2


N (l ) = + (RVA −Q1 − ql ) (l1 ≤ l ≤ L 0)
2
 RH2
Chapitre 13. Les câbles 347
_____________________________________________________________________________________________________________

Avec :
   RVA   R − Q1 − qL0  
 arcsinhyp   − arcsinhyp  VA  
 RH L0 RH   RH   RH  
 L = EA + q  
 0
+arcsinhyp  RVA − Q1 − q l1  −arcsinhyp  RVA − ql1 
     
  RH   RH 

( ) ( )
  
RVA − Q1 − qL0
2 2
 
RVA

 1 + − 1 +
 D = l  R − qL0  + RH  
RH RH

( ) ( )
 VA 
EA0  2  q  Q qL l − L  RVA − Q1 − ql1 2 R − ql1 2

  + 1 0  1 0 
+ 1 + − 1 + VA 
  R RH
  H 0  0 
R EA L H 

Un autre exemple de passerelle suspendue par des câbles. (Népal, Annapurna, Marsyangdi
Khola; Photo Valérie Mahaut, 1997).
348 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
_____________________________________________________________________________________________________________

10. CAS 6 : CÂBLE PRÉCONTRAINT SOUMIS A EFFORT


TRANSVERSAL

En dehors de son application comme sus-


pente verticale, le câble droit, c'est-à-dire
confondu avec la corde joignant ses ap-
puis, possède une application importante ∆
dans l'accrochage des façades vitrées ou
encore dans la réalisation de structures
précontraintes ou sous-tendues. α

On s'intéresse ici au cas du câble de Q F +P F +P


L
poids propre négligeable, tendu selon sa α
corde avec un effort de précontrainte
noté P et soumis ensuite à un effort Q
ponctuel latéral Q s'appliquant à mi-
longueur. En particulier, on désire voir
de quelle manière la précontrainte P peut
réduire la déformation ∆ du câble pro-
duite par l'effort latéral Q.

F étant l'effort normal supplémentaire créé dans le câble par l'effort latéral Q, il
s’allonge d’une valeur :

FL
∆c = [1]
Ec A

On en déduit la valeur de l’angle α formé par le câble avec sa corde :

∆ [1]
∆ 1
sin α = = 2 [2]
(L + ∆ c ) 2 L F 
1 + 
 E c A 

Par ailleurs, l'équation d'équilibre des forces au point d’application de Q est la sui-
vante :
2(F + P ) sin α = Q

Et en y remplaçant le sinus par son expression en [2], on obtient :



4(F + P )
1
= Q [3]
L F 
1 + 
 E c A 
Chapitre 13. Les câbles 349
_____________________________________________________________________________________________________________

Afin d’éliminer l'effort inconnu F, une dernière équation, purement géométrique,


peut être établie :

L2 1
∆2 + = (L + ∆ c )
4 2

En élevant les deux membres au carré et en négligeant le terme ∆2c devant le


terme ∆ c L , on obtient :
2
∆c ∆
= 2  [4]
L L
2
F ∆
En éliminant ∆c à partir des relations [1] et [4] on trouve : = 2  [5]
Ec A L

Finalement, en insérant cette dernière équation dans [3], le terme en F/EcA est
éliminé et, sachant que 2(∆ L ) est négligeable devant 1, il vient :
2

3
∆ P ∆ Q
8  + 4  =
L Ec A  L  Ec A

Cette équation permet de tracer la figure ci-dessous qui donne en ordonnée les
valeurs de ∆/L en fonction des valeurs de Q/EcA lues en abscisse. Chaque courbe
peut être paramétrée en fonction de la valeur P/EcA de la précontrainte.

∆/L P /(E c A) = 0 0,001 0,002 0,003 0,004 0,005


0,050
Pas de précontrainte : P = 0
0,045

0,040

0,035

0,030

0,025

0,020

0,015
limite E c / σ = 170.000/1000 = 170
0,010

0,005

0,000
0 0,0005 0,001 0,0015 Q /(E0,002
c A)
350 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
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Cette figure illustre le fait que la précontrainte P est favorable à la réduction de la


déformation du câble ∆ due à un effort latéral Q.

Sur cette même figure, la droite en pointillés, tracée pour un acier caractérisé par
une contrainte de service de 1000 [MPa] et un module d'élasticité Ec égal à
170.000 [MPa], détermine une limite. A droite de celle-ci, tous les points des cour-
bes correspondent à des situations pour lesquelles la contrainte dans le câble dé-
passe la valeur admissible de 1000 [MPa], produite, soit par une précontrainte P
trop grande, soit par un effort latéral Q trop élevé. On explique ci-dessous, en re-
marque, comment obtenir l'équation de cette droite.

Pour un tel type d'acier, La zone utilisable est donc comprise entre la courbe en
gras relative à P=0 et la droite en pointillés.

En particulier, cette figure illustre que :

• plus la charge latérale Q à reprendre est élevée, moins la précontrainte peut être
grande et moins elle est capable de réduire la flèche ∆ produite par l'effort laté-
ral Q;

A l'inverse :

• moins la charge latérale Q à reprendre est élevée, plus la précontrainte peut être
grande et capable de réduire la flèche ∆ produite par l'effort latéral Q;

Remarque : justification de la droite limite

La contrainte totale dans le câble doit être limitée à la contrainte de service σ :

(F + P) A ≤ σ
∆   ∆  
2
Or, les équations [3] et [5] fournissent : 4(F + P ) = Q 1 + 2 

L   L  

En éliminant (F + P) des deux équations précédentes et sachant que 2(∆ L ) est
2

négligeable devant 1, on trouve :


≥ (0,25E σ )
Q
L Ec A

C'est l'équation d'une droite dont le cœfficient angulaire vaut 0,25E σ .


Chapitre 13. Les câbles 351
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11. EXEMPLES

Exemple 1 : (CAS 1, conception)

On veut concevoir une passerelle qui doit relier deux berges distantes de 100 mè-
tres et montrant une différence de niveau de 10 mètres. Cette passerelle est compo-
sée de deux câbles parallèles auxquels est suspendu un tablier, à l'image des photos
des pages 345 et 346. Pour chaque câble, la charge maximale, que l'on supposera
uniformément distribuée par unité de longueur horizontale, vaut 1 [kN/m].

Situation 1 : le câble descend plus bas que l'appui droit :

RVA L = 100 [m]


RVB
A
RH x D = 10 [m] B
y RH H = 20 [m]

Par câble : 1 [kN/m]

Situation 2 : le câble ne descend pas plus bas que l'appui droit :

RVA L = 100 [m]


A x D = 10 [m] RVB
RH B
y RH

Par câble : 1 [kN/m]


Dans la situation 1, la flèche du câble H doit être égale à 20 mètres.

Dans la situation 2, le câble ne peut descendre pas plus bas que l'appui de droite.

Dans les deux cas, il est proposé de calculer l'effort maximal dans le câble, les réac-
tions d'appui et la géométrie du câble en considérant qu'il est inextensible.

On propose ensuite d'évaluer l'influence de l'extensibilité du câble.


352 Calculer une structure : de la théorie à l'exemple
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Les hypothèses d'inextensibilité et de répartition uniforme des charges (de type 1)


correspondent au cas 1 relatif aux câbles à géométrie parabolique (§5), dont certai-
nes équations ont été établies au §3.5 du chapitre 11 relatif aux arcs funiculaires
(appuis à des niveaux différents).

Situation 1 : H=20 [m]

➟ Calcul de la géométrie

L'équation d'une parabole passant par deux appuis comportant une différence
de niveau D et un point situé plus bas que les deux appuis a été établie au cha-
pitre 11, §3.5 (voir figure ci-dessous) :

y=
4H
( βL ) 2
x ( βL − x ) avec β=
2H
D
(
1 − 1 − D/H )
Et le point bas est situé à une abscisse βL/2.

 β = 1,1716

On obtient :  y = 0,005828 x(117,16 − x ) [m]
Point bas en x = 58,578 [m]

30

20
Câble à tangente horizontale en B :

x (2 L − x )
H
y= Câble très tendu (a = - 0,0001) :
10 L2
 D − aL2 
y = ax2 +  x
A x  L 
0  

B
-10
y

-20 y = 20 [m]

x = 58,578 [m]

-30
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

La résolution de l'intégrale suivante fournit la longueur du câble :


Chapitre 13. Les câbles 353
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2
L 100  dy 
L0 = ∫ dx + dy = ∫ 1+   dx
2 2
0 0  dx 
1+ (0,6828 − 0,0117 x ) dx = 105,83 [m]
100
= ∫
2
0

➟ Réactions d'appui

Équilibre vertical : RVA + RVB = qL


qL2
Équilibre des moments par rapport à A : = R H D + RVB L
2
Équilibre du tronçon situé à gauche du point (x = 58,578, y = 20) par rapport
à ce même point :

q ∗ 58,578 2 2 + R H H = RVA ∗ 58,578

On en déduit RH = 85,784 [kN], RVA = 58,578 [kN] et RVB = 41,421 [kN].

➟ Effort maximal dans le câble

Comme la réaction verticale est la plus grande en A, c'est donc à cet appui que
l'effort dans le câble est le plus grand. Il vaut :

N max = R H2 + RVA
2
= 103,877 [kN]

➟ Prise en compte de l'extensibilité du câble

L'effort normal moyen dans le câble peut être approximé par la moyenne en-
tre l'effort à l'appui A, l'effort à l'appui B et l'effort RH au point bas, soit :
(103,877+95,261+85,784)/3 = 94,974 [kN].
Si le câble est dimensionné pour travailler à une contrainte de service de
1000 [MPa], sa section doit donc valoir Nmax/1000=104 [mm2]. En prenant
un module d'élasticité de 170.000 [MPa], son allongement vaut :
Nmoy∗L0/EcAc = (94974∗105830)/(170000∗104) = 568 [mm].
La longueur du câble après déformation est donc de : 105,830 + 0,568 =
106,398 [m].

En pratique, on devrait donc mettre en place un câble raccourci de 568 [mm]


afin de ne pas dépasser la flèche imposée de 20 mètres à l'état chargé :
105,830 − 0,568 = 105,262 [m].

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