Maintenance corrective
Caractères de la maintenance corrective
À propos de la terminologie
Avant que l’AFNOR ne définisse (norme X 60-010) la maintenance corrective comme
« opération de maintenance effectuée après défaillance », les termes de maintenance
subie, fortuite, «pompier», réparatrice, palliative (correspondant au dépannage),
curative (réparation) étaient utilisés.
introduction
Une ambiguïté subsiste dans la définition AFNOR aussi que dans le projet
CEN : la correction inclut-elle l’idée d’amélioration ?
Pour les actions palliatives (dépannage) , c’est non. Il suffit de retrouver,
même provisoirement, la fonction perdue. Ce qui n’exclut pas une
exploitation ultérieure des données relatives aux dépannages répétitifs pour
chercher des améliorations techniques ou organisationnelles.
Mais pour les actions correctives, associées à l’idée de guérison, C’est oui.
Dès le moment que l’on a identifié la cause de la panne, on est en mesure
de la prévenir, ou de la rendre moins pénalisante, donc d’améliorer.
De la panne « tant pis » à la
panne « tant mieux »
Les termes de maintenance « améliorative » ou « préservative » ne sont pas normalisés.
Cependant, ces formes de maintenance lèvent l’ambiguïté précédente en rendant la
maintenance corrective un facteur de progrès : c’est la panne « tant mieux » dès lors
que l’on tire parti d’une défaillance pour améliorer la technologie ou l’organisation.
Bien entendu, seules les pannes ayant des conséquences sensibles sont concernées.
Attention cependant à ne pas négliger les nombreuses microdéfaillances répétitives qui
grèvent lourdement la disponibilité des systèmes automatisés et qui peuvent générer des
pannes conséquentes.
Variabilité des actions correctives
Une caractéristique de la maintenance est d’avoir à gérer des actions correctives d’une
très grande diversité :
- Minimales (quelques secondes) ou minimes (changer une lampe) ;
- Maximales (des jours de travail) ou majeures (allant jusqu’à la catastrophe).
- Elles peuvent également être urgentes (effectuées sans délai à partir de la détection
d’une panne) ou différées.
Cette grande variabilité implique la mise en place d’une organisation adaptée, chaque
intervention technique devra être « encadrée » par une réflexion économique,
administrative et sécuritaire.
Dans tous les cas, l’organisation doit être « réactive ».
Peut-on programmer et préparer des
actions correctives ?
Il en est des interventions correctives comme il en est des défaillances : elles sont par
nature fortuites, donc non programmées.
L’expression de la fiabilité peut permettre d’évaluer une probabilité d’occurrence, mais
pas la date et l’heure. Il ne faut pas confondre la prévision et la prédiction.
La prévision est possible : rien n’empêche de réserver sur un planning un quota
d’heures ou un pourcentage de charge, pour effectuer les dépannages habituels.
Cette réserve de charge sera estimée par référence au pourcentage d’actions correctives
des années passées.
Peut-on programmer et préparer des
actions correctives ?
La préparation est également possible : le caractère fortuit des actions correctives n’est
pas un argument pour ne pas les préparer et ne pas s’y préparer.
L’AMDEC est par exemple un outil de prévision des défaillances permettant
d’anticiper des actions correctives (ou préventives, bien sûr). Il en est de même pour
tous les outils d’aide au dépannage, développés par les « méthodes maintenance» en
anticipation de défaillances potentielles.
Il est également possible et même nécessaire de prévoir les outillages et les pièces de
rechange. Et les techniciens sont parfois amenés à « s’entraîner » à réaliser une
intervention dont ils ignorent la date.
Les trois formes de la maintenance
corrective
Elle existe seule, en tant que système unique de maintenance « Ne rien faire tant qu’il
n’y a pas de fumée ! »
Caractéristique de l’entretien traditionnel, elle est associée dans ce cas à un préventif
minimum de « rondes » : contrôles sensoriels, lubrification, surveillance de l’état.
Elle est justifiée lorsque les défaillances probables n’ont pas d’impact important sur la
sécurité, la production, la qualité et lorsque les coûts indirects des conséquences des
pannes sont faibles.
Ce qui devient rare, car peu d’entreprises industrielles sont aujourd’hui dans ce cas.
L’inévitable désorganisation qui fait suite à un événement fortuit est en effet
incompatible avec les contraintes actuelles pesant sur la production en flux tendu.
Les trois formes de la maintenance
corrective
Elle existe de façon sélective, suivant la criticité du matériel
Le parc matériel ayant été analysé suivant une arborescence et une évaluation de la
criticité de chaque équipement, il est légitime de mettre en œuvre une politique
préventive liée à cet indice de criticité, et donc de choisir une politique exclusivement
corrective pour les seuls équipements de criticité mineure ou nulle.
Cette sélectivité peut se retrouver à l’échelle d’un équipement sensible, dont certains
sous-ensembles ne méritent pas de prise en charge préventive.
Les trois formes de la maintenance
corrective
Elle existe comme « complément résiduel » de la maintenance préventive
On sais que toute politique préventive, quelle que soit sa nature, entraîne un risque non
nul de pannes résiduelles. S’il est vrai que l’objectif de la maintenance est de réduire
les taux de défaillances, donc le nombre de dépannages, il faut savoir que le préventif
est cher et qu’il n’est pas infaillible.
Les trois formes de la maintenance
corrective
Étant donné un niveau « économique » de préventif déterminé, nous pourrons réduire le
coût des interventions correctives résiduelles en réduisant leurs durées :
– par la prise en compte de la maintenabilité à la conception, à l’achat ou par des
améliorations successives ;
– par des méthodes de préparation efficaces des interventions correctives « attendues»,
c’est-à-dire prévues, mais évidemment non programmées ;
– par des méthodes d’intervention rationnelles (logistique, outillages spécifiques, …,
etc.).
Opérations de maintenance corrective
Les opérations de maintenance corrective :
Le dépannage : Action sur un bien en panne, en vue de le
remettre en état de fonctionnement.
Conditions d'applications
Il n'a pas de conditions d’applications particulières. Sauf l’obligation de
la continuité de production.
Souvent les interventions de dépannage sont de courtes durées mais
peuvent être nombreuses.
introduction à la maintenance 12
Opérations de maintenance corrective
Les opérations de maintenance corrective :
La réparation : Intervention définitive et limitée de maintenance
corrective après défaillance.
Conditions d’applications
Tous les équipements sont concernés.
introduction à la maintenance 13
Opérations de maintenance corrective
Les :
La modification : C’est une opération à caractère définitif
effectuée sur un bien en vue d’en améliorer le fonctionnement, ou
d’en changer les caractéristiques d’emploi.
La durabilité : C’est la durée de vie ou durée de fonctionnement
potentielle d’un bien pour la fonction qui lui a été assignée dans
des conditions d’utilisation et de maintenance données.
La rénovation : inspection complète de tous les organes, reprise
dimensionnelle complète ou remplacement des pièces déformées,
vérification des caractéristiques et éventuellement réparation des
pièces et sous-ensembles défaillants, conservation des pièces
bonnes.
La rénovation apparaît donc comme l’une des suites possibles
d’une révision générale au sens strict de sa définition.
introduction à la maintenance 14
Opérations de maintenance corrective
La reconstitution : remise à l’état défini par le cahier des charges initial, qui impose
le remplacement de pièces vitales par des pièces d’origine ou des pièces neuves
équivalentes.
La modernisation : remplacement d’équipements, accessoires et appareils ou
éventuellement de logiciels apportant, grâce à des perfectionnements techniques
n’existant pas sur le bien d’origine, une amélioration de l’aptitude à l’emploi du bien.
Echange standard : c’est la reprise d’une pièce, d’un organe ou d’un sous-ensemble
usagé, et vente au même client d’une pièce, d’un organe ou d’un sous-ensemble,
neuf ou remis en état conformément aux spécifications du constructeur, moyennant le
paiement d’une soulte dont le montant est déterminé d’après le coût de remise en
état.
Soulte : somme d’argent qui, dans un échange ou dans un partage compense
l’inégalité de valeur des lots ou des biens échangés.
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