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L’économie sociale et solidaire face aux enjeux du management

Book · October 2017

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Jean-Michel Huet
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Préface
Deux cents ans d’histoire bien remplis

L’économie sociale se veut avant tout un groupement d’hommes et non


de capitaux, ayant une finalité sociale. Elle s’est structurée à partir du
xixe siècle1 autour de quelques formes juridiques (association, fondation,
coopérative et mutuelle) et s’est enrichie à partir des années 1970 d’une
dimension solidaire autour du commerce équitable, des systèmes
d’échanges locaux, etc.
L’histoire de l’économie sociale n’a pas toujours été simple. Tout
d’abord, elle ne s’inscrivait pas dans les courants révolutionnaires de la
fin du xviiie siècle et du début du xixe siècle. La Révolution française était
hostile aux organisations non lucratives (décret d’Allarde et loi Le Cha-
pelier en 1791 contre les corporations et les associations) et le Code napo-
léonien interdit les associations de plus de vingt personnes à compter de
1810. Malgré ces interdictions, le mouvement associatif se développe en
parallèle de la première révolution industrielle. Apparaissent les sociétés
de secours mutuel, les associations ouvrières de production, les premières
associations de consommateurs (pour l’achat collectif de denrées de pre-
mière nécessité). Plusieurs courants de pensée cherchent alors à concilier
l’émancipation individuelle et l’intégration collective pour remédier aux
effets pervers de la révolution industrielle. Les communautaires veulent
réconcilier lieu de travail et lieu de vie (les familistères), les association-
nistes souhaitent créer des coopératives contre l’accaparement du progrès
par les capitalistes, les chrétiens-sociaux aspirent à moraliser la société

1. Il existe des traces d’économie sociale en Mésopotamie dans le domaine agricole remon-
tant à plus de 4 000 ans, en Égypte chez les tailleurs de pierre à 3 500 ans, ainsi que
dans le monde rural européen au Moyen Âge… Mais c’est avec la révolution industrielle
que l’économie sociale se développe.

Préface 1

©2017 Pearson France - L'économie sociale et solidaire face aux enjeux du management - J.-M. Huet et S. Roques
via l’économie sociale tandis que les libéraux considèrent que cette éco-
nomie permet la concurrence juste et équitable pour tous.
Petit à petit, en France, le champ légal se libère. En 1848, un décret
autorise les réunions sur simple déclaration, puis entre 1884 et 1901 les
différentes lois Waldeck-Rousseau ouvrent la voie aux syndicats, sociétés
de secours mutuel et associations avec la loi de 1901. Le système mutua-
liste se met en place aussi dans la seconde moitié du xixe siècle avec
l’influence de Léon Bourgeois et du solidarisme (dette sociale à l’égard
des générations passées dont les hommes sont redevables vis-à-vis des
générations suivantes). Quant aux coopératives, si elles sont autorisées
plus tôt (première coopérative ouvrière française en 1834), elles mettent
du temps à trouver leur modèle économique et finissent par se spécialiser
soit dans la production soit dans la consommation (loi sur les SCOP en
1915, loi sur les coopératives de consommation en 1917, loi Ramadier en
1947).
La seconde moitié du xxe siècle va voir la confirmation de ces bases,
avec un renforcement de l’institutionnalisation. Le mouvement mutualiste
prend une importance clé dans le secteur de la finance, et le secteur asso-
ciatif dans ceux de l’action sociale, de la santé et du sport. La fondation
de France est créée en 1969, la charte de l’économie sociale est signée en
1980, une délégation interministérielle à l’économie sociale est fondée en
1981, ainsi qu’un secrétariat d’État ensuite.
La dynamique est aussi internationale avec bien sûr des différences
liées à la culture et à l’histoire (les caisses villageoises en Allemagne, le
mouvement associatif populaire en Espagne, les tontines en Afrique,
l’économie compatissante en Asie, la Grameen Bank au Bangladesh, le
Community Reinvestment Act aux États-Unis). Les forums internationaux
se multiplient, ainsi que les textes législatifs (reconnaissance des organi-
sations sans but lucratif au Japon en 1989, statuts pour les sociétés coo-
pératives européennes en 2003, etc.). Le développement des ONG, l’appel
aux dons et à la charité internationale, le rôle des bailleurs de fonds, sont
autant de phénomènes qui ont également contribué à renforcer l’ESS au
cours des dernières décennies. Ce secteur représente 8 % de l’emploi dans
l’Union européenne, plus de 12 % en France et devient de plus en plus
un débouché en France pour les jeunes diplômés. Les grandes institutions
de recherche se penchent sur la question de ce secteur depuis les années
2000, avec notamment le CRG de l’École polytechnique, l’ESSEC, HEC et
Neoma Business School parmi les écoles pionnières dans ce domaine.

2 L’économie sociale et solidaire face aux enjeux du management

©2017 Pearson France - L'économie sociale et solidaire face aux enjeux du management - J.-M. Huet et S. Roques
L’économie sociale et solidaire en France en 20172
Le secteur de l’économie sociale représente en France 12,7 % des emplois,
avec quelque 2,4 millions de salariés (+ 25 % en quinze ans à comparer à
+ 7 % pour l’emploi privé sur la même période) pour une masse salariale
de 54 milliards d’euros. Ce secteur consolide un chiffre d’affaires de
270 milliards d’euros. Certaines structures sont des éléments clés de l’éco-
nomie, notamment dans les secteurs de l’action sociale (60 % de l’emploi),
des sports et loisirs (53 %), de l’activité financière et d’assurance (30 %),
des arts et spectacles (25 %) et de l’enseignement (20 %). Au sein de ce que
l’on appelle l’« économie sociale », quatre grands ensembles se dégagent :
•• les 165 000 associations employant 1,8 million de salariés (1 million
d’équivalents temps plein) auxquels il faut ajouter 1 million d’équiva-
lents temps plein pour les bénévoles3. Ces associations représentent
un peu plus de 10 % des 1,3 million d’associations actives en France.
Au total, ces associations étaient 1,1 million en 2007 et 730 000 en 1997.
Il se crée de nos jours quelque 75 000 associations par an, contre 70 000
en 2005, 50 000 en 1985, 20 000 en 1975, 12 000 en 1965 et 5 000 au début
du xxe siècle. Jamais le poids économique des associations n’a été aussi
important ;
•• les 26 000 coopératives employant 320 000 salariés ;
•• les 7 000 mutuelles employant 160 000 salariés ;
•• les 1 500 fondations employant 80 000 salariés.

Typologie Taille moyenne en nombre de salariés Salaire moyen en k€

Associations 11 20,9

Coopératives 12 31,8

Mutuelles 20 32,6

Fondations 57 27,2

Moyenne ESS 12 23,3

Moyenne secteur privé  9 29,5

2. Sources : ministère de l’Économie et des Finances, 2017, et recherches-solidarites.org,


2017, à partir des données ACOSS-URSAFF et MSA, 2015.
3. Selon une étude du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative datant d’avril
2006, les bénévoles actifs (mandats électifs ou nominatifs) d’une association y consacrent
chaque année l’équivalent de 35 jours (sur la base d’une journée de travail de 8 heures).
Dans le domaine sportif, avec 13 bénévoles actifs en moyenne, cela représente par exemple
3 789 heures, soit deux équivalents temps plein. Ces bénévoles offrent un vrai modèle
économique aux associations : sans la non-rémunération de leur temps, elles ne pourraient
pas fonctionner, y compris les plus célèbres (Les Restos du Cœur, Le Puy du Fou…).

Préface 3

©2017 Pearson France - L'économie sociale et solidaire face aux enjeux du management - J.-M. Huet et S. Roques
Selon le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des
conditions de vie), les associations totalisent, en France, 22 millions d’ad-
hérents. Les deux tiers ont un budget inférieur à 10 k€ annuel, 25 % entre
10 k€ et 50 k€, les 10 % les plus importantes dépassent les 73 000 euros,
8 % disposent de plus de 100 000 euros et 2 % de plus de 500 000 euros.
Une association compte en moyenne 82 membres, les 2 % les plus impor-
tantes ayant un effectif moyen de 800 membres. Les associations sans
salariés ont un budget annuel moyen de 12 k€ contre 290 k€ pour celles
qui emploient.
Les associations qui ont au moins un salarié représentent 10 % de
l’ensemble (165 000 établissements avec au moins un salarié). 40 % du
million d’emplois dans les associations relèvent du domaine des services,
15 % de l’éducation et 10 % de la santé, alors que les bénévoles actifs
agissent pour 50 % d’entre eux dans le champ culturel, 15 % dans les
services sociaux, 9 % dans l’éducation et 9 % dans l’environnement. 77 %
des emplois sont des CDD (+ 8 points en quinze ans).
La répartition de l’emploi dans les associations est présentée dans le
tableau ci-après.

Segments d’associations selon Nombre d’associations Nombre de salariés


le nombre de salariés du segment du segment

Associations sans employés ~ 1 100 000 0

1 salarié 80 000 80 000

2 à 9 salariés 46 000 250 000

10 à 49 salariés 33 000 690 000

Plus de 50 salariés (dont 500 ayant 6 000 780 000


plus de 200 salariés)

En équivalent temps plein (ETP), le « travail » des bénévoles représente


près d’un million d’emplois. Les associations sans salariés ont en moyenne
15 bénévoles qui leur consacrent 84 heures par an et 22 bénévoles pour
les associations avec salariés, leur consacrant 97 heures par an4. Ainsi, en
moyenne, une association avec salarié bénéficie de 1,3 ETP en sus grâce
aux bénévoles, contre 0,7 pour les associations sans salariés.
Ce secteur est, par ailleurs, l’objet d’une attention grandissante. C’est
un secteur consommateur de biens intermédiaires, assez mal ciblé par les
entreprises et ayant des gains de productivité potentiels encore impor-

4. Source : CNRS/Matisse, Centre d’économie de la Sorbonne auprès des associations,


2006.

4 L’économie sociale et solidaire face aux enjeux du management

©2017 Pearson France - L'économie sociale et solidaire face aux enjeux du management - J.-M. Huet et S. Roques
tants5. De par sa nature, il est en partie peu sensible aux cycles écono-
miques, voire contra-cyclique : il est donc un facteur de stabilisation
macro-économique.

Un livre pour appréhender les enjeux d’aujourd’hui


Ce livre est le troisième écrit par un collectif composé de diplômés et
professeurs de Neoma Business School après celui sur la gouvernance,
publié en 2016, et celui sur le digital en 2017. Ce livre écrit à plusieurs
mains permet de croiser les regards de praticiens et de chercheurs en
sciences de gestion. Le réseau des diplômés de Neoma Business School
est le quatrième de France parmi les écoles de commerce, et la faculté de
Neoma Business School est, en 2016, la troisième en termes de recherche 6
et cinquième française (parmi quatorze classées au niveau mondial) dans
le domaine du management en 2017, selon le classement de Shanghai7.
C’est donc une assemblée de qualité qui s’est penchée sur le sujet de l’ESS.
Nous avons construit cet ouvrage autour de trois grandes parties. La
première analyse les enjeux managériaux pour les entreprises de l’ESS.
Ces enjeux concernent le management, le marketing, mais aussi le digital
et la RSE. La deuxième partie analyse, à travers plusieurs prismes, com-
ment les entreprises extérieures à l’ESS interagissent avec ce secteur :
l’entrepreneuriat, l’intrapreneuriat, les nouveaux modèles de financement,
le social business et le respect des droits de l’homme font partie des sujets
d’analyse. Enfin, la troisième partie fait un focus sur des études de cas
dans le domaine associatif et coopératif.

Ce livre est dédié à François Rousseau, qui fut titulaire de la chaire Économie
sociale et solidaire de Neoma Business School, créée et financée par la Fondation
Neoma Business School, et qui nous a quittés trop tôt.

Jean-Michel Huet et Stéphane Roques

5. Bradley Bill, Jansen Paul et Silverman Les, « The nonprofit sector’s $100 billion oppor-
tunity », Harvard Business Review, mai 2003, p. 94-103.
6. Études L’Express et L’Étudiant, novembre 2016 et janvier 2017, pour Neoma Alumni ;
L’Étudiant, décembre 2016, pour Neoma Business School.
7. Classement de Shanghai (ARWU) publié par l’université de Jiao Tong de Shanghai,
Chine, juin 2017.

Préface 5

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