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Diapo Pfe

Le document décrit les procédures de contrôle fiscal au Maroc, notamment les types de contrôle, les objectifs du contrôle et le cadre juridique régissant les pouvoirs de l'administration fiscale et les garanties des contribuables.

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Mohamed Fahd Ettoubi
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Le document décrit les procédures de contrôle fiscal au Maroc, notamment les types de contrôle, les objectifs du contrôle et le cadre juridique régissant les pouvoirs de l'administration fiscale et les garanties des contribuables.

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INTRODUCTION

La construction d’un état démocratique moderne est un processus dans lequel le


Maroc est engagé depuis de nombreuses années, et qui connaît une accélération forte avec
l’adoption du nouveau texte constitutionnel de 2011, ainsi les changements géopolitiques
que connait le Maroc.

Dans ce cadre, l’instauration d’une politique fiscale juste et équitable constitue une
condition majeure. Cette question est de fait abordée dans le texte fondateur à travers les
articles 39 et 75, marquant de façon claire le principe de l’égalité devant l’impôt, et
attribuant aux représentants de la Nation au sein du Parlement, la compétence générale en
matière fiscale, par le biais du vote de la loi de finances.
L’impôt est aussi important pour le Citoyen, il constitue un lien entre ce dernier et
l’Etat, dans la mesure où il y est soumis comme contribuable et il bénéficie en retour, des
services publics financés par l’impôt. Dans toute action, dans tout acte, dans toute activité
économique et sociale, l’impôt justifie l’utilisation d’un service financé totalement ou
partiellement par l’Etat. Ainsi, le citoyen est aussi intéressé par les recettes et les bases sur
lesquelles elles sont assises que leur utilisation dans le cadre de différentes dépenses de
l’Etat. 1

Généralement, l’impôt peut être perçu comme l’outil principale de financement des
charges étatiques ; c'est un versement obligatoire et sans contrepartie aux administrations
publiques. Il sert principalement à financer les dépenses publiques et peut constituer
également un moyen de régulation de l’activité économique. En effet, le triomphe de
l’idéologie libérale exige l’acceptation de l’impôt, sous un système fiscal de
responsabilités, dit un système fiscal déclaratif dont lequel le Maroc s’est inscrit.

A cet égard, La pratique fiscale et la relation entre l’Administration et les contribuables se


reflètent dans la procédure du contrôle fiscal ; conséquence naturelle du système fiscal
déclaratif et se perçoivent au niveau du système des sanctions mis en place et aussi bien
dans les attentes des contribuables que de celles de l’Administration.
le contrôle fiscal est donc la contrepartie d'un système déclaratif qui permet à
l’administration fiscale d’une part de vérifier les déclarations, actes et opérations, et
d’autre part d’assujettir l’impôt à tout contribuable qui s’est partiellement ou entièrement
soustrait, en vue de réparer les omissions, insuffisances et inexactitudes constatées dans
l’assiette ou le recouvrement des impôts et taxes.

1
Donc suite à la nature du système déclaratif et afin de valider les résultats déclaratifs
où la plupart des impôts sont établis d’après les indications figurant dans les déclarations
souscrites par les sociétés ou les entreprises individuelles , et même pour les personnes
physiques ; les déclarations fiscales nécessitent en contrepartie un contrôle d'après lequel
l’administration fiscale en fait recours en vue de vérifier la véracité de ces déclarations
souscrites ,et ce , à travers le biais des procédures de contrôle fiscal.2

C’est dans ce contexte qu’on va voir à travers ce thème les différentes démarches et les
procédures en matière du contrôle fiscal, à savoir ses modalités et ses implications.
En d’autres termes notre problématique se penche sur " la recherche de la situation
actuelle des procédures de contrôle fiscal en droit marocain, en analysant les textes de la
loi qui régit le contrôle fiscal. Ainsi, chercher les implications et la réalité de son
application sur la paradoxe des garanties du contribuable face aux pouvoirs de
l'administration fiscale". En vue de fournir une image complète concrétisant où l’Etat
marocain s’est arrivée dans ses démarches de contrôle fiscal.

A cet égard, plusieurs questions doivent être traitées :

-Comment la loi encadre les pouvoirs de la D.G.I et comment elle définit les garanties
des contribuables ?

-Quels sont les outils juridiques ou les pouvoirs détenus par la D.G.I encadrant
l’exercice du contrôle fiscal ?

-Comment la loi adapte-elle les outils du contrôle fiscal devant la diversité des impôts
et des personnes vérifiés ?

-Quelles sont les modalités d’après lesquelles la DGI contrôle effectivement l’impôt ?

-Quels sont les implications et les suites d’un contrôle fiscal ?

-Comment la D.G.I répare et rectifie-elle les omissions, insuffisances et inexactitudes


constatées dans les déclarations des contribuables ?

-En quoi se concrétise le pouvoir répressif de l’administration face au contribuable ?

-De plus, quelles sont les garanties des contribuables face aux pouvoirs de contrôle et
de rectification ?
2
le C.G.I, institué par l’art. 5 de la loi de finances n°43-06 pour l’année budgétaire 2007, et l’un des principaux
réformes tendant à l’amélioration de l’impôt au Maroc, grâce à son codification dans un seul texte de tous les
dispositions relatives à l’assiette au recouvrement et aux procédures fiscales en matière d’IS, d’IR, de TVA, D.E,
D.T et T.S.A.V.A.
-Quelle est la structure administrative adoptée par la D.G.I pour assurer le contrôle
fiscal ?

Premièrepartie : Les mécanismes


juridiques et organisationnels du contrôle
fiscal
CHAPITRE 1 : Le cadre général du contrôle fiscal :
Section1- Modalités du contrôle fiscal :
§ 1- Types de contrôle :

Afin de valider les résultats déclaratifs où la plupart des impôts sont établis d’après
les indications figurant dans les déclarations souscrites par les sociétés ou les entreprises
individuelles ; la véracité des déclarations est mise en doute et peut être sensée « Présumés
inexactes » ! dans toutes les sphères s’y rattachant à ce domaine (service des impôts :
culture Fiscale au Maroc) il y a lieu donc la possibilité à l’administration fiscale de vérifier
la véracité de ces déclarations souscrites.

Ce contrôle a pour Objectif :

1- Eviter la minoration des rentrées fiscales ;

2- Rétablir l’égalité fiscale ;

3- Vérifier la bonne application des textes fiscaux par les particuliers et les
entreprises ;

4- Rectifier les erreurs dans les déclarations ;

5- Dissuader ceux qui seraient tentés de se soustraire à leurs obligations ;

6- Réprimer « les comportements fraudeurs ».

       (i) Programmation sectorielle


Durant chaque exercice, l’administration fiscale procède au lancement, à l’échelle
nationale ou régionale, de campagnes de vérification ciblant un secteur d’activité ou une
profession en particulier.

A titre d’exemple, ces dernières années ont été marquées par la vérification des
professions libérales, des cliniques, des promoteurs immobiliers, etc…

         (ii) Dépôt tardif des déclarations fiscales


Les déclarations fiscales, étant la « matière première » sur laquelle travaille
l’administration fiscale, des retards répétés de déclarations ou le dépôt de déclarations
rectificatives sont vus par l’administration comme des indicateurs de profils de
contribuables à risque. Ceux-ci sont donc plus exposés, a minima, un contrôle sur pièces,
au plus à une vérification étendue de leur comptabilité.

        (iii) Recoupement auprès d’autres administrations


L’interconnexion récente du système d’information de l’administration fiscale avec
celui d’autres administrations (tels que l’administration des douanes, la CNSS, l’office des
changes ou la conservation foncière) permet de faire ressortir d’éventuelles incohérences
dans les données communiquées par le contribuable. Ainsi, un décalage relevé entre les
importations déclarées à la douane et les achats comptabilisés, ou entre les retenues à la
source acquittées et les paiements effectués au profit de prestataires non-résidents,
enregistrés par l’office des changes, peut pousser l’administration à déclencher un contrôle
sur pièces ou même une vérification sur place.

        (iv) Déficits chroniques
Depuis 2017, l’administration fiscale a tendance à cibler les entreprises déclarant
depuis plusieurs exercices des déficits chroniques importants sans pour autant cesser
d’activité. En effet, le maintien en activité d’un business a priori en perte continue suscite
les soupçons de l’administration quant à l’existence de ventes au noir ou de planification
fiscale agressive.

      (v) Déclarations fiscales divergentes


Le recoupement entre les différentes déclarations des contribuables peut donner lieu à
des discordances qui font l’objet d’investigations par les inspecteurs des impôts et qui
peuvent faire l'objet d’un contrôle sur pièces. A titre d’exemple, l’administration fiscale
procède de manière systématique et automatisée à des tests de cohérence de la TVA ou à
des rapprochements entre données comptables du contribuable et les données de certaines
déclarations telle que celle des rémunérations versées à des tiers ou celle des traitements et
Salaires (communément reconnue comme « déclaration 9421 »).3

      (vi) Existence d’un précédent contrôle


Il s’agit dans ce cas d’une situation ou l’administration procède au contrôle d’une
entreprise déjà vérifiée pour s’assurer que les pratiques fiscales erronées, identifiés lors
d’un précédent contrôle fiscal, ont bien été corrigées par le contribuable.

      (vii) Ratios incohérents
L’administration fiscale dispose d’un certain nombre d’indicateurs ou de
« guidelines » par secteur regroupés sous forme de monographies.  De fait et à titre
d’exemple, des ratios de rentabilité trop bas par rapport aux normes du secteur peuvent
pousser l’administration à approfondir ses investigations.   4

      (viii) Opérations de restructuration ou de liquidation


La réalisation d’opérations de liquidation ou de restructuration (fusions, apports
partiels d’actif ou scissions) réalisées notamment en franchise d’impôt est suivie quasi
systématiquement d’une vérification fiscale.

        (ix) Délation
La délation d’une tierce personne (ancien employé, concurrent, etc…) n’entraîne pas
systématiquement un contrôle fiscal mais si les informations communiquées par le délateur
peuvent être facilement corroborées par des éléments probants, cela peut déclencher une
vérification fiscale.

      (x) Echange d’information avec desadministrations


fiscales d’autres pays 
Ce facteur devrait prendre de plus en plus d’importance dans les années qui viennent
et devrait surtout impacter les filiales de multinationales et notamment celles dont le
chiffre d’affaires consolidé mondial est supérieur à 750 Millions d’euros.

3
Voir garanties et droit de contribuables, deuxième partie, première chapitre, section 2.
Article 7 de la loi de finances n° 43-10 pour l’année budgétaire 2011.
4
HAMMOU LAAFOU, Le contrôle fiscal au Maroc : cadre légal et rôle de l’expert comptable, op.cit, p. 32.
En effet, le gouvernement marocain a récemment signé la convention multilatérale
pour la mise en œuvre des mesures relatives aux conventions fiscales visant à prévenir
l’érosion de la base d’imposition et le transfert des bénéfices, plus communément appelées
mesures anti-BEPS. Il est vrai que cette convention n’est pas encore effective car elle est
toujours en instance de ratification, mais les contribuables doivent d’ores et déjà anticiper
son déploiement, tant ses implications pourraient s’avérer significatives, notamment pour
les groupes multinationaux.5

Plusieurs types de contrôle peuvent être effectués par l’administration fiscale dont les
principaux sont les suivants :
1.      Le contrôle sur pièces

Il s’agit d’une procédure de vérification relativement méconnue mais qui devient de


plus en plus utilisée par l’administration.

Dans le cas ou des incohérences sont relevées par le système d’information de


l’administration, l’inspecteur des impôts envoie une demande de renseignements au
contribuable :

Si les justifications fournies par le contribuable sont suffisantes ou que celui-ci


procède spontanément à une déclaration rectificative en vue de palier aux anomalies
relevées, l’inspecteur clôt le dossier ;    

Dans le cas contraire, l’inspecteur lance une procédure de taxation d’office ou


propose le   déclenchement d’une vérification fiscale sur place.

Cette procédure, de plus en plus privilégiée par l’administration fiscale, a ainsi


rapporté 3,44 Milliards de dirhams de recettes en 2018, soit 6 fois le montant collecté en
2017, selon le rapport d’activité de la Direction Générale des Impôts pour l’année 2018.

Il a pour objet de s’assurer que les contribuables ont bien déposé leurs déclarations. Il
permet à l’administration :

- d’identifier le nombre des retardataires ;

- et de procéder à leur mise en recouvrement.

5
Pour les sociétés en liquidation le lieu de conservation des documents comptables da la société en
liquidation.
Pour les personnes physiques non-résidents le domicile fiscal élu.
Il est exercé par l’inspecteur des impôts chargé du secteur dans lequel se trouve le
siège social ou le principal établissement du contribuable. L’administration a le droit de
procéder à une taxation d’office sur la base des éléments dont elle dispose, dans le cas où
le contribuable ne dépose pas ou ne complète pas sa déclaration dans les délais.6

2.      Le contrôle sur place

Il s’agit de la procédure de vérification « classique » ou l’inspecteur vérificateur se


déplace dans les locaux de l’entreprise ou de la personne physique pour vérifier sa
comptabilité et ses déclarations fiscales sur les 4 derniers exercices non prescrits.

La durée d’intervention de l’inspecteur est de 3 mois si le chiffre d’affaires du


contribuable est inférieur ou égal à 50 Millions de dirhams et 6 mois dans le cas contraire.

§ 2- Vérification de Comptabilité :
La vérification de comptabilité vise principalement l’activité professionnelle du
contribuable, son entreprise, et autorise un examen au fond et au forme par le vérificateur
des documents comptables du contribuable concerné : « En cas de vérification de
comptabilité par l’administration (…) les documents comptables sont présentés dans les
locaux (…) aux agents de l’administration qui vérifient la sincérité des écritures
comptables et des déclarations souscrites par les contribuables et s’assurent, sur place, de
l’existence matérielle des biens figurant à l’actif (…)»

A ce niveau on va procéder à une présentation des modalités légales de la mise en


œuvre de cette opération :

L’article 212 du C.G.I porte principalement sur l’obligation de notifier au


contribuable un avis de vérification, le lieu et la durée de la vérification et les procédures à
respecter en admettant que tout manquement de la part de l’administration risque
d’entraîner la nullité de la procédure. Le moyen juridique utilisé pour garantir les droits et
les obligations des deux parties, le fisc et le contribuable vérifié, est la procédure.7

6
C’est le chiffre d’affaires déclaré au compte de produits et charges, correspond au montant des ventes de biens et
de services, réalisées par l’entreprise avec des tiers dans l’exercice de son activité professionnelle courante, nettes
des réductions commerciales.
7
CGI : article 212, « Pouvoir de vérification de comptabilité ».
§ 3- Droit de Constatation :
Juridiquement le constat est le document rédigé par un agent public en vue de
l’établissement de la réalité d’un fait matériel, et comme dit le proverbe français " C’est
une constatation que sont obligés de faire quelquefois certains Hommes, que de sots ont
facilement ce qu’ils n’ont pas". Le C.G.I complète l’article 210, le droit de contrôle de
l’administration, par un droit de constatation de sorte que l’administration fiscale puisse se
déplacer sur place pour contrôler les contribuables soit par :

- Demander aux contribuables la présentation des factures, ainsi que les livres,
les registres et les documents professionnels se rapportant à des opérations
ayant donné lieu ou devant donner lieu à une facturation ;
- Procéder à la constatation des éléments physiques d’exploitation : s’assurer de
l’existence effective des immeubles, machines et toutes autres immobilisations
matérielles, ainsi l’état du stock ... ;
En effet, le pouvoir de constatation peut être mis en œuvre auprès de tous les
contribuables relevant de l’I.S ou de l’I.R selon le régime du R.N.S ou R.N.R, pour
rechercher les manquements aux obligations prévues par la législation et la
réglementation en vigueur.

Section 2- Moyens de contrôle :


La vérification de comptabilité est organisée à deux niveaux : central et régional.
Le service central a pour mission : la programmation et l’orientation des
vérifications
- le suivi des travaux effectués par les vérificateurs nationaux.
- Les services régionaux des vérifications s’occupent de l’exécution de l’opération
du contrôle sur place.
- Les services d’assiette s’occupent des contrôles des sociétés en cession ou
cessation d’activité dont le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 3.000.000 MAD.
§ 1- procédure de sélection des dossiers :

Il existe deux procédés de sélection des dossiers de vérification :


- Le programme annuel de vérification
- La vérification hors programme.
- Le programme annuel de vérification
Il est certain que les contribuables ne peuvent pas tous être vérifié dans le délai de la
prescription (droit de reprise), c’est pourquoi il est indispensable de sélectionner les
dossiers à vérifier qui montre le plus d’indicateurs d’omissions ou de fraude autrement dit
l’administration fiscale s’outille d’un « programme » basé sur les critères suivants :
1) l’utilisation des ratios de rentabilité et de structure qui permettent à
l’administration de se rapprocher le plus de la réalité de l’entreprise par leur confrontation
aux moyennes calculées par secteur d’Activité.
2) l’exploitation des recoupements en possession des services des impôts lorsque
ceux-ci indiquent l’existence d’une dissimulation de factures d’achat ou de vente.
Les moyens informatiques seront d’une grande utilité dans cette opération et
constitueront un moyen indéniable pour éviter l’arbitraire puisque toutes les déclarations
des Contribuables seront bien saisies.
D’une manière générale, les entreprises à vérifier sont sélectionnées à partir les
éléments suivants :
Résultats déficitaires continus ;
Entreprises n’ayant fait jamais l’objet de vérification ;
Crédits de TVA continus ;
Baisse continue du chiffre d’affaires ou du résultat ;
Inadéquation entre le chiffre d’affaires déclaré à l’impôt sur les sociétés ou l’impôt
sur le revenu et les encaissements déclarés en matière de taxe sur la valeur ajoutée ;
Marge commerciale négative (Marge Brute) et même Nette
– Vérification hors programme
Le contrôle peut concerner également les dossiers hors programme qui feront l’objet
d’un traitement analogue à ceux contenus dans le programme annuel.8
Les dossiers hors programme sont proposés à la suite d’un événement nouveau de
nature soit à entraîner la cessation d’activité, ou à une fusion.
Ainsi sont obligatoirement soumis à vérification, les dossiers des contribuables
ayant cessé leur activité, décès, faillite, liquidation judiciaire ou départ du Maroc, afin
d’épargner les deniers de l’état.
Les contribuables ayant réalisé une transformation de leur unité ou la fusion avec
d’autres sociétés sont soumis au contrôle du fait qu’une telle entreprise entraîne la
disparition de l’unité absorbée qui s’analyse sur le plan fiscal comme une liquidation au
profit de l’entreprise absorbante (quelquefois il y a des dérogations) qui encouragent la
transformation d’entreprises individuelles en société (L.F 2008 ;2009 & 2010).
D’autres dossiers pourront faire l’objet de vérification hors programme, c’est le cas
de dénonciation formulées à l’encontre de contribuables ou lorsque l’administration
possède des recoupements.9

Section III : Constats, Critiques et Suggestions :


§ 1- La Programmation non ciblée des sociétés à vérifier

Si la confrontation entre le nombre de fiches produites et le nombre de contrôles


réalisés permet de déterminer le taux de sélectivité de la DGI, elle ne permet pas, par
contre, de connaître les vrais critères adoptés pour enclencher une vérification ni même de
mesurer l’efficacité du processus de sélection en question.
§ 2- Absence de base de données et inexactitude des recoupements demandés :

C’est le service des recoupements et enquêtes fiscales. En effet, ce service est


chargé de la constitution d'une base de données qui gère les casiers fiscaux des

8
Le déficit d’un exercice comptable peut être déduit du bénéfice de l’exercice comptable suivant.
Article 12 du C.G.I Maroc.
9
HAMMOU LAAFOU, Le contrôle fiscal au Maroc : cadre légal et rôle de l’expert comptable, mémoire présenté
en vue de l’obtention du diplôme national d’expert-comptable, ISCE, 2004, p. 24
contribuables, à partir des informations recueillis du circuit interne de l'administration ou
auprès des tiers.
Il est à remarquer que cette description de la tâche au service des recoupements et
enquêtes fiscales reste très théorique car en réalité, les inspecteurs qui font partie de ce
service se contentent de recueillir des informations fiscales à partir du circuit interne de
l'administration. Leur intervention manque de pertinence et surtout d’initiative. La base de
données qu’ils sont censés constituer n’est guère exploitée comme il se doit, faute de
motivation et d’ingéniosité des équipes qui composent ce service. Il est à signaler à ce
sujet que l’affectation à ce service est perçue pour la plupart comme une sanction
tellement que les conditions de travail dans ce service sont déprimantes. Ce qui favorise le
climat de démotivation qui y règne et qui porte une grande atteinte à leur rendement.10
Dans ces conditions, l’action du service de recoupements et d’enquêtes appelle
fortement la critique du service des vérifications fiscales dont la mission est encore
alourdie par sa substitution à un travail d’enquêtes dont il n’est pas le responsable.
Cette substitution non seulement entrave le rendement du service des vérifications
mais aussi contribue à la déconcentration de son énergie professionnelle.
§ 3- Recours limité des vérificateurs aux études monographiques sectorielles

Le non-recours de tous les vérificateurs aux études monographiques pour les


besoins de vérification, peut être expliqué soit par la non-pertinence d’eux-mêmes soit par
l’inconscience des vérificateurs de la valeur ajoutée que pourrait leur apporter la bonne
exploitation de cet outil de travail qui est à leur service.
En tout état de cause, le service des monographies doit déployer beaucoup d’efforts
pour actualiser en permanence ses données et considérer tous les facteurs socio-
économiques dans ses études afin de gagner en pertinence. Quant aux vérificateurs, ils ne
doivent guère sous-estimer l’intérêt de recourir à des normes sectorielles pour les besoins
de comparaison de l’activité de sa cible de vérification.11

10
11
Le domicile fiscal ou le principal établissement et pour les sociétés en liquidation le lieu de
conservation doit être indiqué sur la déclaration du résultat final de la liquidation.
CHAPITRE II : DEROULEMENT DU CONTROLE FISCAL
Section I : Préparation du Contrôle Fiscal :

Ces préparations s’effectuent au bureau du vérificateur au moment de l’affectation


des dossiers et qui se penche à priori d’étudier soigneusement le dossier du contribuable,
de le compléter pour avoir une idée approximative sur la nature d’activité du contribuable,
ou de la société vérifiée l’état de son chiffre d’affaires et sa place sur le marché.12
§ 1- Préparation du dossier

Après avoir pris connaissance, l’inspecteur vérificateur commence à faire une étude
exhaustive de celui-ci en établissant :
Un tableau récapitulatif des différentes données relatives à l’évolution des comptes
du bilan et du Compte des produits et charges (C.P.C) au cours des exercices vérifiés
(calcul des ratios) ;
Un tableau des états comparatifs du bilan (ECB) et les états comparatifs des C.P.C.
(EVOLUTION DES COMPTES).
Reconstitution d’un état des encaissements déclarés par le contribuable au cours
des mêmes exercices en matière de taxe sur la valeur ajoutée.
Ces états permettent une analyse dynamique des différents comptes du bilan et une
comparaison des différentes déclarations déposées par le contribuable. Ils donnent un
aperçu intéressant et précieux sur l’évolution de l’activité du contribuable (son chiffre
d’affaires, ses charges et ses résultats fiscaux) et permettent d’établir les ratios nécessaires
pour porter un jugement préalable sur sa situation financière et l’état de santé de son
affaire.
§ 2- Recherches et investigations (Sur Place) :

Après l’étude préalable du dossier, le vérificateur s’engage à chercher les


informations nécessaires de nature à lui faciliter la tâche une fois aux locaux du

12
Obligations des entreprises non-résidentes : les entreprises dont le siège est situé à l’étranger et qui ont au Maroc
une activité permanente doivent tenir, au lieu principal établissement au Maroc, la comptabilité de l’ensemble de
leurs opérations effectuées au Maroc, conformément à la législation en vigueur.
contribuable. Relevé des Fournisseurs & Clients et prendre attache avec la Brigade de
Recoupements et
Recherches (demande de renseignements).
Les anomalies, discordances ou incohérences relevées au cours de cette phase ne
constituent pas une preuve solide pour que la comptabilité soit considérée entachée
d’irrégularités.
Seul le contrôle des documents comptables sur place peut confirmer ou infirmer la
véracité des informations recueillies à ce titre dans le cadre de recoupements et de
l’exercice du droit de communication. 13
§ 3- L’avis de vérification :

On entend par avis de vérification ou avis de Passage la lettre adressée par le chef
de service régional des vérifications des impôts à la société l’informant qu’il fera l’objet
d’un contrôle fiscal.
Il constitue une garantie pour la société et une obligation pour l’administration qui
doit l’accomplir sous peine de nullité de la procédure de contrôle (VICE DE FORME).
§ 4- Lieu de vérification :

Le droit de vérification doit s’exercer généralement dans les locaux des personnes
physiques ou morales vérifiées où la société est tenue d’y présenter à l’inspecteur les
documents comptables prévus par la loi.
§ 5- Délai de vérification de Comptabilité :

Les opérations de vérification de comptabilité d’une entreprise ne peuvent durer


plus :

« Registre dans le quel toute écriture affecte au moins deux comptes dont l’un est débité et l’autre est crédité
13

d’une somme identique » Article2 de la loi n° 9-88 relatives aux obligations comptables des commerçants. Et « qui
enregistre de façon chronologique toutes les opérations effectuées par l’entreprise et c’est pourquoi il est considéré
comme la mémoire de l’entreprise. Ce livre est coté et paraphé par la juge du tribunal compétent et doit être tenu
sans blanc ni altération d’aucune sorte. Les erreurs doivent être rectifiées par des écritures spéciales telles que la
contre-passation des écritures »
Notes circulaires N° 717, D.G.I. MAROC, op.cit, p. 20.
De 6 mois pour les entreprises dont le chiffre d’affaires, hors T.V.A, déclaré au
compte de produits et charges, au titre des exercices soumis au contrôle, est inférieur ou
égal à 50 millions de dirhams H.T ;
De 12 mois pour les entreprises dont le chiffre d’affaires, hors T.V.A., déclaré au
compte de produits et charges, au titre de l’un des exercices soumis au contrôle, est
supérieur à 50 millions de dirhams H.T.
Le délai de 6 ou 12 mois précité court à compter du 16ème jour suivant la date de
notification de l’avis de vérification.
Section II : Vérification de la Comptabilité:

§ 1- Prise de Contact :

L’inspecteur doit se rendre à la société à la date et à l’heure indiquée sur l’avis de


vérification. En général, il est accompagné par le chef de brigade.
Il s’agit d’une visite de prise de contact entre les agents du fisc et le chef de
l’entreprise (Gérant, administrateur ; D.G ; D.F etc.…).
Il est nécessaire que ce dernier soit assisté par son comptable ou son expert-
comptable ou le représentant du cabinet qui tient sa comptabilité.

§ 2- Investigations : Examen des livres et documents comptables :

L’inspecteur est tenu de s’assurer que les livres existent et qu’ils sont côtés et
paraphés par le tribunal compétent dont relève la société dès le début de son activité.
Ces documents comptables doivent être tenus chronologiquement sans blancs ni
altérations d’aucune sorte.
Le service de comptabilité doit faire fournir les explications en détails sur système
de comptabilisation et les procédés utilisés par l’entreprise pour la réalisation de son
exploitation (MANUEL DE PROCEDURES).
Le travail de l’inspecteur consiste à examiner les examiner les écritures portées sur
ces livres et de les comparer avec celles passées dans la comptabilité. Aucune discordance,
ni incohérence n’est admise.
L’analyse des comptes du bilan est instructive, elle débouche dans la plupart des cas
à des réintégrations au titre des amortissements, des intérêts des comptes courants
débiteurs ou des prêts à plus ou moins d’un an (I.S ou I.R selon le cas), de la Taxe
Professionnelle ou la taxe Communale si certaines immobilisations ne sont pas déclarées.
L’examen du compte des produits et charges offre un outil de travail plus
intéressant car il conduit souvent à déceler des anomalies et effectuer des réintégrations
substantielles.14
La vérification de comptabilité concerne tous les impôts et taxes qu’ils soient
déclaratifs (IS, I.R., TVA) ou non déclaratifs (taxe urbaine, taxe d’édilité, Taxe
Professionnelle).
En outre l’article 211 du C.G.I. précité prévoit l’obligation de conservation de tout
autre document comptable prévu par la législation ou la réglementation en vigueur

§ 3- Technique de Contrôle :

La mission de l’inspecteur vérificateur consiste à employer les techniques de


contrôle pour vérifier l’exactitude des écritures comptables et leur confrontation avec la
réalité.
Ces techniques peuvent être utilisés séparément ou conjointement selon l’activité
exercée par le contribuable, l’importance de son chiffre d’affaires et le traitement fiscal du
secteur où il exerce (exonéré taxable, hors champ).
- Il s’agit de deux techniques utilisées par l’inspecteur vérificateur dans la majorité
des dossiers à vérifier pour voir si la comptabilité est sincère et probante, autrement si

14
Catherine Deffains-Crapsky, Comptabilité générale : principes, opérations courantes, opérations de régularisations,
Edition Béal, 2006, p. 38.
toutes les écritures comptables transcrites ont une contrepartie réelle et des pièces
justificatives correspondantes.15
- La méthode de sondage est très intéressante,
- Le recours à un examen exhaustif et détaillé de la comptabilité pour avoir plus
d’assurance et plus d’exactitude des chiffres déclarés.

§ 4- Le Contrôle arithmétique :

Le contrôle arithmétique consiste à s’assurer de l’exactitude des additions des


écritures comptables et des soldes d’un même exercice et des reports d’un exercice sur un
autre.
Il consiste également de confronter les soldes retenus sur les journaux auxiliaires
avec ceux transcrits au grand livre et à la balance puis dans une phase finale avec les
écritures transcrites sur les états de synthèse (actif, passif, CPC,).
Les erreurs répétées constituent un élément de preuve justifiant le caractère non
probant de la comptabilité présentée.
L’inspecteur vérificateur procède à rapprocher les soldes des différents comptes
d’année

Dans le cas où la vérification concerne une société très importante, le contrôle


arithmétique ne peut être utilisé d’une manière systématique.
L ‘inspecteur vérificateur procède alors à un contrôle partiel concernant un nombre
limité de comptes (Sondage).
§ 5- Le pointage :

Ce contrôle puise sa légitimité et son authenticité dans le fait que la loi oblige le
contribuable à appuyer toute écriture comptable transcrite par une pièce justificative
probante que cette écriture est un achat, une vente ou une dépense nécessaire à
l’exploitation.
15
On entend tout écrit dressé par une personne physique ou morale pour constater les conditions de vente.
Ce contrôle consiste à s’assurer que :
- les écritures comptables transcrites sont appuyées des pièces justificatives sous
peine d’être rejetées par l’administration ;
- L’imputation est régulière autrement la transcription de la charge se fait dans le
compte concerné et avec le montant exact tel qu’il figure sur la facture
- La charge comptabilisée doit être réelle avec la pièce justificative présentée à
l’appui conformément aux dispositions de l’article 146 du C.G.I.16
§ 6- Contrôle quantitatif :

Le contrôle quantitatif est une technique utilisée par l’administration pour la


vérification du chiffre d’affaires déclaré par les contribuables qui revendent leurs articles
en l’état autrement dit les commerçant grossistes, les importateurs et les commerçants
détaillants qui ont opté pour le régime du bénéfice réel.
L’inspecteur procède à ce contrôle : soit systématiquement lorsque l’entreprise
vérifiée est de petite taille ou lorsque les articles revendus en l’état sont peu nombreux ;
Soit partiellement lorsque le contribuable revend en l’état en ensemble d’articles de
petite valeur ou lorsqu’ils sont très variés. Dans ce cas, il procède à un contrôle par
sondage en se basant sur les articles les plus importants. Le choix de l’échantillon est
laissé à l’appréciation du vérificateur.17
§ 7- Contrôle matière :

Les entreprises de production procèdent à la fabrication de produits à partie des


matières premières ou des produits semi-finis à l’aide des matières consommables et de la
main d’œuvre.
Le contrôle du chiffre d’affaires réalisé par ces sociétés fait au moyen de la
technique du contrôle matière qui permet de suivre les entrées des matières utilisées dans
la production et la sortie des produits fabriqués (produits semi-finis, articles finis).

16
l’article 146 du C.G.I.
17
Voir le paragraphe pouvoir d’appréciation de l’administration.
Notes circulaires N° 717, D.G.I. MAROC, op.cit, p. 205.
C.G.N.C MAROC, p. 13.
Pour s’assurer qu’aucune insuffisance n’a été opérée par l’entreprise, l’inspecteur
vérificateur procède alors à la reconstitution du chiffre d’affaires à l’aide des factures
d’achats et des ventes comptabilisées. Il peut entreprendre ce travail à partir de la
comptabilité matières et des fiches de stocks s’ils lui sont communiqués.
D’autres moyens peuvent être utilisés pour vérifier l’exactitude du chiffre d’affaires
en cas d’une entreprise de production tels que : la main d’œuvre (rendement moyen par
ouvrier, nombre d’heures de travail, quantité d’énergie utilisée, etc.).
§ 8- Contrôle des déductions en matière de T.V.A

Les sociétés assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée sont tenues de souscrire
mensuellement ou trimestriellement selon l’importance de leurs ventes réalisées, une
déclaration de chiffre d’affaires. Ils sont tenus de joindre à celle-ci un était détaillé des
déductions opérées.
Le contrôle des taxes déduites se fait en plusieurs étapes qu’on peut énumérer
comme suit :
L’examen de la pièce justificative de la dépense en s’assurant qu’elle soit conforme
aux prescriptions de la loi ;
La vérification de biens et services acquis afin de saisir s’ils ne sont pas exclus de
droit de déduction ;
Le recalcule et le rapprochement du prorata avec celui pratiqué par le contribuable
en cas où il exerce des activités taxables et des activités situées hors champ ou
exonérées.18
§ 9- Contrôle des encaissements réalisés :

Les encaissements réalisés correspondent aux sommes reçus à la suite de la vente


des biens et services produits par l’entreprise ou des marchandises revendues en l’état. Ces
sommes peuvent parvenir d’une opération effectuée à titre principal, occasionnel ou
accessoire.

18
Mohamed Zeamari, Initiation pratique à la comptabilité général Marocaine 5 ème édition, op.cit,
Ces encaissements peuvent être contrôlés en examinant le journal caisse et le
journal banque. L’inspecteur vérificateur procède à la confrontation des sommes figurant
ou crédit des relevés bancaires avec les écritures passées en comptabilité.

Section III : Irrégularités

§ 1- Irrégularité grave :

La loi a énuméré les irrégularités graves qui sont de nature à mettre en cause la
valeur probante de la comptabilité. Cette liste limitative se présente comme suit :
Le défaut de présentation d’une comptabilité tenue conformément aux prescriptions
du code de commerce et organisée de manière à permettre à l’inspecteur vérificateur
d’exercer le droit de contrôle ;
L’absence des inventaires prévus par la loi.
Des inventaires détaillés, en quantités et en valeur, des marchandises, des produits
divers, des emballages et des matières consommables qu’elle achète en vue de la revente
ou pour les besoins de l’exploitation ;
La dissimulation d’achats ou de ventes, dans ce sens, l’administration doit apporter
la preuve de telles manœuvres (factures d’achats non déclarés, factures de ventes non
présentés, ventes sans factures…) ;
Les erreurs, omissions ou inexactitudes graves et répétées, constatées dans la
comptabilisation des opérations répétées, constatées dans la comptabilisation des
opérations ;19
L’absence de pièces justificatives privant la comptabilité de toute valeur probante ;
19
Décrit en termes de produits et charges les composantes du résultat final de l’exercice
Fait apparaitre, en fin de l’exercice comptable, des soldes intermédiaires de gestion très utiles pour l’analyse
économique et financière de l’entreprise tels que la valeur ajoutée, la marge brute, l’excédent brut d’exploitation…
La non-comptabilisation d’opérations effectuées par la société ;
La comptabilisation d’opérations fictives.
§ 2- Rejet de comptabilité :

En cas de rejet de comptabilité suite à l’existence des irrégularités énumérées ci-


dessus, l’administration a le droit de procéder à la rectification des déclarations déposées.
On assiste alors à deux cas possibles :
L’inspecteur peut procéder à un rejet total ou simplement à un rejet partiel.
a) Rejet total :
En cas de rejet de la comptabilité, le chiffre d’affaires peut être reconstitué par
plusieurs méthodes. Ces méthodes sont :
La méthode des coefficients réglementaires ;
La méthode du contrôle quantitatif ;
La méthode du contrôle matière ;
b) Rejet partiel : L’inspecteur peut procéder à un rejet partiel de la comptabilité
lorsqu’il constate lors de l’examen des documents comptables et que certains
recoupements ou certains indices remettent en cause le chiffre d’affaires déclaré.
§ 3- Conséquences de la vérification:

La vérification pourrait aboutir à l’un des résultats suivants :


1°/ L’inspecteur constate que la comptabilité présentée est régulière en la forme et
au fond et que la société a respecté à la fois les dispositions comptables et fiscales prévues
par les lois en vigueur.
Dans ce cas l’administration est tenue d’informer le contribuable,
2°/ l’inspecteur apporte des rectifications à la base imposable déclarée par le
contribuable sans rejeter sa comptabilité ;
3°/ l’inspecteur dispose d’éléments suffisants prouvant la valeur non probante de la
comptabilité, auquel cas il procède à son rejet total ou partiel.
4°/ le contribuable refuse de se soumettre au contrôle ou de communiquer une partie
ou la totalité des documents comptables susceptibles de justifier les déclarations déposées,
l’administration procède à la taxation d’office.
Il existe trois types de procédures de rectification des impositions sont alors prévues
par la loi, il s’agit de :
La procédure normale de rectification ;
La procédure de rectification accélérée ;
La procédure de taxation d’office. 20

DEUXIEME PARTIE : PREROGATIVES DE


L’ADMINITRATION & GARANTIES DU
CONTRIBUABLE

CHAPITRE I : LES PROCEDURES DE REDRESSEMENT

Lorsque la comptabilité présente des irrégularités; ceci peut donner lieu soit:

SECTION I : Procédure normale de redressement : Rectification des bases d’imposition

Il s’agit d’une procédure contradictoire permettant de déclencher une phase de dialogue


entre l’administration et le contribuable et clarifier des points de désaccords entre eux
qu’ils soient sur les irrégularités commises ou sur les questions soulevées par le
vérificateur.
L’échange de points de vue se fait par le biais de lettre ou doivent respecter certaines
conditions de fonds et de forme :

Ce principe exige que les entreprises établissent leurs états de synthèse dans l’hypothèse d’une poursuite de leur
20

activité.
§ 1- La première lettre de notification :

L’inspecteur vérificateur est tenu d’informer la société des rectifications qu’il a


apportées à ses déclarations et les nouvelles bases d’imposition auxquelles elle serait
imposée.

Les redressements proposés sont notifiés à la société par lettre recommandée avec
accusé de réception ou remise en main propre.

La notification doit être envoyée à l’adresse que la société à son siège social.

L’inspecteur est tenu de rédiger sa notification en offrant au contribuable toutes les


explications et les précisions complémentaires.

Les réintégrations proposées doivent être dûment motivées par l’administration.

Cette notification doit contenir les motifs qui ont amené l’inspecteur vérificateur à
procéder au rejet de la comptabilité ou cas échéant, la nature des anomalies constatées et le
montant des réintégrations opérées.

§ 2- La deuxième lettre de notification de redressement :

Lorsque la société répond dans le délai à la première lettre de notification de


redressements conteste une partie ou la totalité, l’inspecteur doit après examen approfondi
des observations émises et des pièces justificatives produites répondre dans un délai de 2
mois (60 Jours). !

La réponse à ces observations fait l’objet de la 2ème lettre de notification où


l’inspecteur est tenu de traiter point par point les remarques formulées par la société.

La loi a fixé le délai de réponse de l’administration à 60 jours à compter de la


réception de la lettre de la société et elle est tenue de la respecter sous peine de nullité de
cette procédure.

Après examen de la réponse de la société deux cas figure peuvent présenter :

1 er cas : l’inspecteur accepte toutes les observations acceptation et l’informer


qu’aucune imposition ne sera émise à son égard.

2ème cas : l’inspecteur trouve non fondé une partie ou la totalité des remarques
émises par la société. Il est tenu de répondre à ses observations dans le délai prescrit (60
jours) en invitant le contribuable à formuler son acceptation ou en cas la contestation à
demander le pourvoi devant la commission locale de taxation dans les Trente jours (30)
qui suivent la date de réception de la 2ème lettre de notification.

Dans le cas où le vérificateur trouve le bien fondé des observations de la société, ou


les pièces justificatives qu’il a communiqué pour justifier une partie des réintégrations
proposées, il doit aviser clairement la société de son acceptation et par conséquent il doit
modifier à la baisse des bases inégalement notifiées.

Réponse de la société à la deuxième lettre de notification :

La réponse de la société à la 2ème lettre de notification peut aboutir à l’une deux


situations suivantes :

- La première a trait au maintien de sa position en refusant d’admettre une partie ou la


totalité des redressements notifiés et par conséquent la société se pourvoit devant la
commission locale de taxation pour une partie ou la totalité des redressements. Dans ce cas
le différent est la totalité des redressements. Dans ce cas le différent est donc porté devant
la CLT par l’administration qui assure l’information de cette commission de l’intention de
la société ;

- La deuxième situation correspond à l’acceptation par la société de l’ensemble des


redressements notifiés. Dans ce cas la procédure est terminée.

Dans le cas où la société n’a pas répondu ou a répondu hors délai, les impositions
sont établies et ne pourront être constatées que par le moyen d’une réclamation devant les
impôts (Contentieux).

§ 3- Procédure de redressements accélérés :

La procédure de redressement accélérée a aussi un caractère contradictoire


puisqu’elle engage un processus d’échange de correspondances entre l’administration
fiscale et la société pour l’éclaircissement de points de vue sur les litiges nés à la suite de
la vérification fiscale.

§ 4- Domaine d’application de la procédure accélérée :

En matière d’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu et la taxe sur la valeur
ajoutée, la procédure accélérée est mise en œuvre en cas de rectification :
Du résultat fiscal de la dernière période d’activité non couverte par la prescription en
cas de cession, cessation totale, redressement ou liquidation judiciaire ou transformation
de la forme juridique d’une entreprise entraînant, soit son exclusion du domaine de l’impôt
sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu, soit la création d’une personne morale
nouvelle ;

§ 5- Phase de la procédure accélérée :

A l’issue du contrôle fiscal effectué conformément aux dispositions de l’article 212


du C.G.I, la procédure accélérée définie à l’article 221 dudit code est engagée selon les
phases suivantes 21:

Première lettre de notification

Les règles applicables à cette lettre de notification sont identiques à celles applicables
à la première lettre de notification de la procédure normale.

Deuxième lettre de notification

Suite à la réponse de la société à la première lettre de notification, lorsque


l’inspecteur estime non fondées en tout ou en partie les observations de celui-ci, il notifie à
l’intéressé dans les formes prévues à l’article 119 du C.G.I. et dans un délai de soixante
(60) jours suivant la date de réception de la réponse du contribuable :

Les motifs de son rejet ou total ;

Les bases d’imposition retenues ;

La possibilité de recours devant la C.L.T. prévue à l’article 225 du C.G.I. dans un


délai de trente (30) jours suivant la date de réception de la deuxième lettre de notification.

L’inspecteur établit les impositions sur les bases notifiées selon les formes prévues à
l’article 219 du code précité à la société dans la deuxième lettre de notification précitée.

l’article 212 du C.G.I


21

L’article 220 du C.G.I


A défaut de pourvoi devant la C.L.T., l’imposition émise ne peut être contestée que
les conditions prévues à l’article 235 du C.G.I. relatif au droit de réclamation.

Réponse de la société à la deuxième notification et recours devant les commissions :

La société dispose d’un délai de trente (30) jours suivant la date de réception de la
2ème lettre de notification pour formuler expressément son pourvoi devant la C.L.T.

Il convient de préciser que le recours devant la C.L.T. et la C.N.R.F. et, le cas


échéant, devant le tribunal compétent s’exerce dans les conditions fixées par l’article 220
du C.G.I.22

Section II : Procédure de taxation d’office :

L’administration détermine d’une manière unilatérale les bases d’imposition selon la


procédure de taxation d’office prévue à :

L’article 220 du C.G.I., en cas de défaut de déclaration du résultat fiscal, du revenu


global, de profit ou de chiffre d’affaires.

L’article 229 du code précité, en cas d’infraction aux dispositions relatives à la


présentation des documents comptables et au droit de contrôle.

Cette taxation d’office permet de remédier à l’inobservation des obligations fiscales


du contribuable et met la preuve à sa charge en cas de contestation de l’imposition devant
l’administration ou devant les tribunaux.23

§ 1- Taxation d’office pour défaut de déclaration, déclaration incomplète et défaut de


versement des retenus à la source :

L’article 228 du C.G.I. prévoit l’application de la procédure de taxation d’office dans


les trois cas suivants :

- Défaut de déclaration :

La procédure de taxation d’office est applicable en la matière pour ceux qui ne


produisent pas dans les délais prescrits :

- La déclaration du revenu global prévue par les articles 84 et 85 du même code (I.R
+ I.S) ;
22
l’article 221 du C.G.I
23
L’article 229 du C.G.I
- La déclaration du chiffre d’affaires faisant ressortir éventuellement le versement de
la taxe correspondante (TVA).

B) - Déclaration incomplète :

La procédure de taxation d’office est applicable également pour les contribuables qui
produisent une déclaration incomplète ou d’un acte sur lesquels manquent les
renseignements nécessaires pour l’assiette, le recouvrement de l’impôt ou la liquidation
des droits. 24

Par déclaration incomplète ou omissions, il y a lieu d’entendre l’absence des


renseignements exigés par la loi ou seulement certains de ces renseignements ayant une
incidence sur l’assiette, la liquidation ou le recouvrement des impôts droits ou taxes.

MAJORATIONS :

Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que les déclarations incomplètes donnent lieu à
l’application de la majoration de 15 %.

C) - Défaut de versement des retenus à la source sur salaires :

La procédure de taxation d’office est également applicable en matière d’impôt sur le


revenu pour les contribuables qui n’effectuent pas ou ne versent pas au trésor les retenues
à la source sur les revenus salariaux et assimilés dont ils sont responsables.

§ 2) - Déroulement de la procédure de taxation d’office :

Dans les trois cas précités, l’inspecteur invite le contribuable à déposer ou à


compléter sa déclaration ou son acte ou à verser le montant retenu à la source ou qui aurait
dû être retenu, dans le délai de trente (30) jours suivant la date de réception de ladite lettre.

Si la société ne dépose pas ou ne complète pas sa déclaration ou son acte ou ne verse


pas le montant de l’impôt retenu à la source dans le délai de trente (30) jours prévu ci-
dessus, l’administration l’informe des bases qu’elle a évaluées et sur lesquelles le
contribuable sera imposé d’office,

Lorsque la société ne se conforme pas aux dites obligations fiscales dans ce deuxième
délai de trente (30) jours, il est taxé d’office sur les bases évaluées par l’administration.

Section III : Constats, Critiques et suggestions

24
L’article 228 du C.G.I
§ 1- le marchandage entre l’administration et le contribuable pour trouver un accord à
l’amiable

En privilégiant la contrainte financière, la politique de l'administration fiscale a


tendance de plus en plus à rechercher un rendement statistique du contrôle fiscal.

Pour cela, elle admet, voire encourage, l'aboutissement des dossiers à des accords à
l'amiable dont le fond est la négociation. L'évolution des dossiers réglés à l'amiable en
nombre et en valeurs n'a cessé de croître ces dernières années.

Les implications de ce choix organisationnel, sont appréhendées à deux niveaux :

- l'organisation du contrôle fiscal répond plus à un choix rationnel, mais non pas d'une
manière optimale à la fonction objective du contrôle fiscal, celle de lutter contre toutes les
formes d'évitement (Action de se défendre) de l'impôt et crédibiliser le système déclaratif,
mais de faire alimenter les caisses du trésor par des recettes supplémentaires ;

- le pouvoir décisionnel du vérificateur se voit renforcé, vu l'importance de son rôle


dans le processus de négociation des accords à l'amiable. A partir de ses pouvoirs, il
s'arrange, pour afficher de bonnes performances (bons chiffres) à concilier entre trois
objectifs.

1-Trouver des redressements et pas tous les redressements.

2-réaliser une moyenne annuelle satisfaisante et non la meilleure et enfin.

3-aboutir au maximum d'accords et de recouvrements.

De ce qui précède, en privilégiant le choix d'évaluer le contrôle fiscal par la


contrainte financière conjuguée au pouvoir décadent et insignifiant du vérificateur dans la
sphère décisionnelle, il y a lieu d'envisager le risque de basculement des choix et enjeux.

Face à cela, il est impératif de prévoir ce que pourra dissimuler cette option de travail,
notamment toutes les éventuelles formes de dérives alimentées par un contexte favorable,
à savoir l'ampleur de la fraude au Maroc et l'importance des sommes mises en jeu et où,
malheureusement, l'intégrité n'est pas une devise précieuse.

§ 2-Efficacité du Contrôle biaisée par le recours à la fraude et l’évasion fiscale favorisés


par l’économie informelle

L’administration fiscale, consciente des effets négatifs de la turbulence de


l’environnement, marqué par l’économie informelle, sur l’efficacité du contrôle fiscal, a
proposé, dans le cadre des différentes lois de finances, plusieurs mesures de nature à
neutraliser progressivement et à atténuer l’impact de cette turbulence. Certaines de ces
mesures dépassent le cadre purement fiscal et s’identifient davantage à la réglementation
économique (réglementation des ventes en tournées, obligation d’affichage du N° d’article
de l’impôt des patentes, obligation du paiement par chèque pour les transactions entre
commerçants ou assujettis, obligation de paiement par chèque entre société « barrée non
endossable ».

Toutefois, les efforts déployés par l’administration fiscale restent relatifs, quel que
soit le niveau de compétence de ses cadres et l’efficacité de ses structures,
L’administration fiscale ne peut venir à bout du phénomène de la fraude fiscale, lorsque
cette fraude se nourrit et se régénère dans un environnement caractérisé par la résistance et
la persistance du secteur informel.

Ce qui serait intéressant c’est de mesurer la fraude fiscale afin de pouvoir quantifier
l’enjeu fiscal en question.

§ 3- Le manque de civisme pour toutes les parties

Il est d’usage au Maroc de porter la responsabilité du développement économique et


social du pays sur les autres en ignorant que chaque membre de notre société a un rôle à
jouer, combien même ce rôle est négligeable à nos yeux. Malheureusement, cette culture
est propre aux pays en voie de développement qui aspirent au progrès mais qui ne
fournissent aucun effort pour l’atteindre, au contraire, ils le retardent davantage par leur
inconscience et leur irresponsabilité.

Le manque de civisme des contribuables les incite à minorer leurs déclarations


fiscales. En effet, certains contribuables préfèrent courir un grand risque fiscal que payer
un grand montant d’impôt, qui revient de droit au trésor public. Au fait, ces contribuables
sont conscients de Faiblesse des moyens humains et matériels de la DGI pour faire face au
contrôle de l’intégralité des entreprises existantes. Donnée selon laquelle, ces
contribuables de mauvaise foi, calculent leur probabilité de contrôle qui avoisine 0%.

Il peut émaner également des agents de l’administration fiscale qui recourent à l’abus
de pouvoirs, à la menace et au chantage exercés sur les contribuables les moins avertis et
ce, dans le seul but de chercher un complément de salaire via la corruption.
CHAPITRE 2 : LES GARANTIES DU CONTRIBUABLE

I- Principes fondamentaux :

1 - Présomption de sincérité

Les déclarations et les documents comptables déposés ou présentés à


l’administration fiscale sont présumés être exacts et sincères.

2 - Engagement de facilitation de l’opération de contrôle

L’administration dispose d’un droit de contrôle des déclarations fiscales,


pour s’assurer du respect des obligations fiscales par les contribuables et lutter
contre la fraude et l’évasion fiscales.

Les contribuables s’engagent à faciliter les opérations de contrôle


effectuées par l’administration.

3 - Garantie de contrôle selon une procédure légale

Le contrôle fiscal ne peut s’exercer que dans le cadre des procédures de


rectification prévues par le C.G.I, par des agents de l’administration fiscale
assermentés.

4 - Droit de défense selon une procédure contradictoire

Les procédures de rectification des bases d’imposition sont des procédures


contradictoires qui garantissent aux contribuables le droit de défense durant
toutes les phases de contrôle fiscal.

5 - Droit d’être assisté par un conseil de son choix

Les contribuables ont le droit de faire appel à un conseil de leur choix pour
les assister lors des opérations de vérification. Ils disposent de la garantie de
choisir librement aussi bien le titre que l’effectif des personnes pouvant remplir
ce rôle d’assistance.

6 - Obligation de conservation des documents comptables

Les contribuables ont l’obligation de conserver tous les documents


comptables et pièces justificatives, pendant dix (10) ans au lieu où ils sont
imposés.
Les contribuables qui tiennent la comptabilité par procédé électronique
doivent conserver pendant la même durée les documents comptables précités sur
support électronique.

En cas de perte des documents comptables, les contribuables doivent


obligatoirement en informer l’administration fiscale par lettre recommandée
avec accusé de réception, dans les quinze (15) jours suivant la date à laquelle ils
ont constaté ladite perte. Ce délai est porté à trente (30) jours en cas de force
majeure.

II- Droits et obligations au début de la procédure de vérification

1 - Droit d’être informé du début de la procédure de vérification

Les contribuables ont le droit d’être informés du début de la procédure de


vérification par un avis de vérification que l’administration doit obligatoirement
notifier au moins quinze (15) jours avant la date fixée pour cette opération.

En cas de défaut de notification aux intéressés de l'avis de vérification dans


le délai précité, la procédure de rectification est frappée de nullité.

2 - Droit d’être informé des droits et obligations en matière de vérification

Les contribuables ont le droit d’être informés de leurs droits et obligations


en matière de contrôle fiscal. L’administration doit obligatoirement
accompagner l’avis de vérification d’une copie de la charte du contribuable.

En cas de défaut de notification aux intéressés de cette charte, la procédure


de rectification est frappée de nullité.

3 - Droit d’être notifié selon des formes légales

L'administration doit notifier au contribuable l’avis de vérification et les


autres notifications dans les formes prévues à l’article 219 du C.G.I.

4 - Droit à l'observation par l’Administration d'un délai légal avant le début


du contrôle

L’opération de vérification ne peut commencer qu'à l'expiration du délai


minimum de quinze (15) jours suivant la date de notification de l'avis de
vérification, soit à partir du 16ème jour suivant la date de notification dudit avis,
sans dépasser le cinquième jour ouvrable à compter de la date fixée pour le
début du contrôle.
La date de commencement de l’opération de contrôle est constatée par un
procès-verbal établi par l’administration et signé par les deux parties, dont une
copie est remise au contribuable.

5 - Obligation de présentation des documents comptables

Les contribuables ont l’obligation de mettre les documents comptables et


pièces justificatives à la disposition de l’agent chargé du contrôle à la date fixée
pour le contrôle.

Les contribuables qui tiennent une comptabilité par procédé électronique


doivent présenter, également, les documents comptables précités sur support
électronique.

Les entreprises ayant des liens de dépendance directe ou indirecte avec des
entreprises situées hors du Maroc, doivent mettre à la disposition de
l'administration fiscale la documentation permettant de justifier leur politique de
prix de transfert, visée à l'article 214-III-A du C.G.I, à la date de début de
l'opération de vérification de la comptabilité.

Ladite documentation doit être communiquée par procédé électronique


selon les modalités prévues par voie réglementaire, Les documents comptables
sont présentés dans les locaux, selon le cas, du domicile fiscal, du siège social
ou du principal établissement des contribuables personnes physiques ou morales
concernés, aux agents de l’administration fiscale qui vérifient, la sincérité des
écritures comptables et des déclarations souscrites par les contribuables et
s'assurent, sur place, de l'existence matérielle des biens figurant à l'actif.

Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le


contrôle porte sur l’ensemble des informations, données et traitements
informatiques qui concourent directement ou indirectement à la formation des
résultats comptables ou fiscaux et à l’élaboration des déclarations fiscales, ainsi
que sur la documentation relative à l’analyse, à la programmation et à
l’exécution des traitements.

Si le contribuable refusede mettre à la disposition du vérificateur les


documents comptables nécessaires à la vérification de ses déclarations ou refuse
de se soumettre à la vérification, l’administration lui envoie deux lettres de mise
en demeure avant de procéder à la taxation d'office.
Si le contribuable tenant une comptabilité par procédé électronique ne
présente pas les documents comptables sur support électronique, il lui est
adressé une lettre, dans les formes prévues à l’article 219 du C.G.I, l’invitant à
se conformer à cette obligation dans un délai de quinze (15) jours à compter de
la date de réception de ladite lettre. A défaut, il est informé par lettre de
l’application de l’amende prévue à l’article 191 bis du C.G.I.

A défaut de présentation, au cours de la vérification, d’une partie des


documents comptables et pièces justificatives prévus par la législation et la
réglementation en vigueur et le cas échéant de la documentation précitée visée à
l'article 214-III-A du C.G.I, le contribuable est invité dans les formes prévues à
l’article 219 du C.G.I, à produire ces documents et pièces dans un délai de trente
(30) jours à compter de la date de réception de la demande de communication
desdits documents et pièces. Ce délai peut être prorogé jusqu’à la fin de la
période de contrôle.

Les documents et pièces manquants ne peuvent être présentés par le


contribuable pour la première fois devant la commission locale de taxation et la
commission nationale de recours fiscal.

6 – Droit de communication

L’administration a le droit de demander par écrit la communication des


renseignements et documents qui peuvent servir dans l’opération de contrôle des
déclarations des contribuables. Le droit de communication porte sur tous les
renseignements concernant les contribuables à l’intérieur du Maroc ou à
l’étranger à travers la communication avec les administrations fiscales
étrangères en vertu des conventions ou accords internationaux conclus par le
Maroc.

III- Droits et obligations au cours de la procédure de vérification

1 - Droit d’être vérifié dans les locaux du contribuable

Le lieu de vérification est le siège social ou le principal établissement pour


les personnes morales, le domicile fiscal ou le principal établissement pour les
personnes physiques et le domicile fiscal élu pour les contribuables non-
résidents au Maroc.

L’administration n’est pas en droit d’exiger du contribuable de lui faire


parvenir à ses locaux des documents comptables ou des extraits de sa
comptabilité et ne doit pas emporter les livres et pièces comptables originaux,
sauf autorisation expresse du contribuable et à condition de lui délivrer un
récépissé détaillé desdits livres et pièces.

2 - Droit d’être vérifié dans une durée limitée

Les opérations de vérification de comptabilité ne peuvent durer plus de


trois (3) mois pour les entreprises dont le chiffre d’affaires déclaré, au titre des
exercices soumis à vérification, est inférieur ou égal à cinquante (50) millions de
dirhams hors taxe sur la valeur ajoutée et plus de six (6) mois pour les
entreprises dont le chiffre d’affaires déclaré, au titre de l’un des exercices
vérifiés, est supérieur à cinquante (50) millions de dirhams hors taxe sur la
valeur ajoutée.

Les délais de trois (3) et six (6) mois ne tiennent pas compte des
suspensions de la vérification pour défaut de présentation des documents
comptables obligatoires ou refus de se soumettre au contrôle.

Lorsque le contribuable est soumis à la vérification des postes ou


opérations déterminés, au titre d’un ou plusieurs impôts ou taxes, pour une
période déterminée, suivie d’un examen de la comptabilité au titre de tous les
impôts et taxes et pour la même période, la durée cumulée de la première et de
la deuxième intervention sur place ne peut excéder la durée de vérification visée
ci-dessus.

3 - Pouvoir d’appréciation de l’Administration

Dans le cadre d’une opération de vérification, l’administration dispose d’un


pouvoir d’appréciation des bases d’imposition déclarées par les contribuables
lorsque :

 La comptabilité présente des irrégularités graves de nature à mettre


en cause sa valeur probante et ayant pour conséquence une
insuffisance de chiffre d’affaires ou de résultat imposable ou de ne
pas permettre à la comptabilité présentée de justifier les résultats
déclarés ;
 La comptabilité présente des insuffisances au niveau des chiffres
d’affaires déclarés ;
 Les bénéfices ont été transférés par une entreprise disposant de liens
de dépendances avec d’autres entreprises ;
 L’importance de certaines dépenses engagées ou supportées à
l’étranger par les entreprises étrangères ayant une activité
permanente au Maroc n’apparaît pas justifiée.

4 - Droit de rectification des erreurs au profit du contribuable

Le vérificateur peut rectifier les erreurs et omissions qu’il constate lors de


l’opération de vérification et qui peuvent être en faveur du contribuable.

IV- Droits et obligations à la clôture de la procédure de vérification

1 - Droit d’être informé de la date de clôture de la vérification

Au terme de l’opération de vérification, il est notifié au contribuable, un


avis de clôture de ladite opération dans les formes prévues à l’article 219 du
C.G.I.

2 - Droit à un échange oral et contradictoire

Avant la notification des redressements envisagés, le contribuable est invité


dans les trente (30) jours suivant la date de clôture de la vérification et dans les
formes prévues à l’article 219 du C.G.I, à un échange oral et contradictoire,
organisé dans les locaux de l’administration fiscale concernant les rectifications
que l’inspecteur envisage d’apporter à la déclaration fiscale. Les observations
formulées par le contribuable, lors de cet échange, sont prises en considération si
l’administration les estimes fondées. Un procès-verbal est établi par l’inspecteur
des impôts indiquant la date de la tenue de l’échange précité et les parties
signataires. Une copie dudit procès-verbal est remise au contribuable.

La lettre de notification prévue aux articles 220-I (3ème alinéa) et 221-I


(2ème alinéa) du CGI demeure le seul document ayant pour effet de fixer les
montants des redressements notifiés et de constater l’engagement de la
procédure de rectification des impositions.

3 - Garantie de respect des procédures de rectification des bases


d’imposition

A l’issue du contrôle fiscal sur place, l'administration doit en cas de


rectification des bases d'imposition, engager, selon le cas, la procédure normale
de rectification prévue à l’article 220 ou la procédure accélérée prévue à l’article
221 du C.G.I.

4 - Droit du contribuable d’être informé en cas d’absence de rectifications

Au cas où la vérification n’aboutit à aucun redressement, l'administration


doit en aviser le contribuable dans les formes prévues à l’article 219 du C.G.I.

5 - Garantie de respect de la charge de la preuve

La charge de la preuve dépend des trois (3) situations suivantes :

 Si la comptabilité présentée n’est entachée d’aucune irrégularité


grave, la charge de la preuve incombe à l’administration pour la
reconstitution du chiffre d’affaires ;
 Si la comptabilité présente des irrégularités graves la charge de la
preuve incombe au contribuable ;
 Si la comptabilité est inexistante ou n’a pas été mise à la disposition
du vérificateur, la charge de la preuve incombe au contribuable.

6 - Garantie de la non modification des bases d’imposition retenues au


terme d’un contrôle fiscal antérieur

L’administration peut procéder ultérieurement à un nouvel examen des


écritures déjà vérifiées sans que ce nouvel examen, même lorsqu’il concerne
d’autres impôts et taxes, puisse entraîner une modification des bases
d’imposition retenues au terme du premier contrôle.

Lorsque la vérification a porté sur des postes ou opérations déterminés, au


titre d’un ou plusieurs impôts ou taxes, pour une période déterminée,
l’administration peut procéder ultérieurement à un contrôle de ladite
comptabilité au titre de tous les impôts et taxes et pour la même période, sans
que ce contrôle puisse entraîner le rehaussement des montants des redressements
ou rappels retenus au terme du premier contrôle, au titre des postes et opérations
précités.

7 - Garantie de la non reprise de la vérification pour les exercices prescrits

L’administration ne peut procéder au contrôle des écritures se rapportant à


une période couverte par la prescription. Néanmoins, une dérogation à ce
principe est prévue dans les quatre (4) cas suivants :
Dans tous les cas, cette vérification ne peut aboutir qu’à la réduction ou à
l’annulation des crédits ou déficits précités et ne peut engendrer un complément
d’impôt ou de taxe au titre de la période prescrite.

V- Droits et obligations en cas de procédure normale de rectification des


bases d’imposition

La procédure normale s’applique pour la rectification des bases


d’imposition initiales résultant soit d’une déclaration, soit d’une taxation
d’office au titre des impôts, droits et taxes. Il s’agit d’une procédure
contradictoire écrite qui comprend cinq étapes :

 La première lettre de notification ;


 La réponse du contribuable à la première lettre de notification ;
 La deuxième lettre de notification ;
 La réponse du contribuable à la deuxième lettre de notification ;
 Le pourvoi devant la commission locale de taxation (C.L.T) ou
devant lacommission nationale du recours fiscal (C.N.R.F), selon le
cas.

1 - Droit d’être informé des résultats de la vérification dans une première


lettre de notification

Les nouvelles bases arrêtées en matière d’impôt sur les sociétés et d’impôt
sur le revenu, les montants des droits complémentaires arrêtés en matière de
T.V.A, la base retenue en matière de droits d’enregistrement, de droits de
timbre( sur déclaration) et de taxe sur les contrats d’assurances, ainsi que les
droits complémentaires résultant de la base précitée doivent être notifiés par
l’administration au contribuable, dans les formes prévues à l’article 219 du
C.G.I, durant les trois (3) mois qui suivent la date de clôture des travaux de
vérification. Ladite date de clôture est celle portée à la connaissance du
contribuable par la lettre d’information, prévue par les dispositions de l’article
212-I du C.G.I. La lettre de notification des redressements doit être motivée et
doit comporter l'assignation au contribuable d'un délai de réponse de trente (30)
jours suivant la date de réception de ladite lettre pour faire parvenir à
l’inspecteur son acceptation ou ses observations détaillées et motivées par nature
de redressement et par période d’imposition. Cette lettre a pour effet
d’interrompre la prescription et de fixer les limites d'imposition établie suite à un
contrôle fiscal à celle résultant des bases fixées dans cette première lettre de
notification.

2 – Droit de réponse à la première lettre de notification

Le contribuable peut adresser sa réponse, pour donner son accord total ou


partiel, ses observations ou propositions sur la base qui lui a été notifiée, par
lettre recommandée avec accusé de réception à l’inspecteur des impôts ou la
déposer au service des impôts concerné, à l’adresse figurant sur la lettre de
notification, dans le délai franc de trente (30) jours suivant la date de réception
de ladite lettre.

L‘examen par l'inspecteur de la réponse du contribuable peut aboutir soit à


l'abandon total des redressements notifiés, soit au maintien total ou partiel de ces
redressements. A défaut de réponse ou en cas de réponse hors délai, les droits
complémentaires sont émis par voie de rôle, état de produits ou ordre de
recettes, sans préjudice de l’application des sanctions prévues par le C.G.I.

3 - Droit d’être informé des observations de l’Administration dans une


deuxième lettre de notification

Si l'inspecteur estime que les observations du contribuable ne sont pas


fondées en tout ou en partie, il lui notifie dans les formes prévues à l’article 219
du C.G.I, dans un délai maximum de soixante (60) jours suivant la date de
réception de la réponse du contribuable, les motifs de son rejet partiel ou total
ainsi que la base d'imposition qui lui paraît devoir être retenue et, le cas échéant,
le montant des droits et taxes. Il doit également informer le contribuable que
cette base sera définitive s’il ne présente pas un recours devant la Commission
Locale de Taxation (C.L.T) ou devant la Commission Nationale de Recours
Fiscal (C.N.R.F), selon le cas, dans un délai de trente (30) jours suivant la date
de réception de cette deuxième lettre de notification.

A défaut de réponse de l’inspecteur aux observations du contribuable dans


un délai de soixante (60) jours, la procédure de vérification est frappée de
nullité.

4 - Droit de réponse à la deuxième lettre de notification

Les redressements acceptés totalement ou partiellement par le contribuable


ainsi que ceux n’ayant pas fait l’objet de réponse de sa part donnent lieu à une
imposition immédiate. La procédure est poursuivie pour les redressements ayant
fait l’objet de recours par le contribuable devant la C.L.T ou devant la C.N.R.F,
selon le cas.

Il est à noter que les cas de nullités précités et visés aux articles 220-VIII et
221-IV ne peuvent être soulevés pour la première fois devant la C.L.T. ou la
C.N.R.F.

VI- Droits et obligations en cas de procédure accélérée de rectification des


bases d’imposition

La procédure accélérée est engagée pour la rectification des déclarations en


matière d’I.S, d’I.R, de T.V.A, de droits de timbre (sur déclaration) et de taxe
sur les contrats d’assurances dans les cas suivants :

 cession totale ou partielle des actifs corporels ou incorporels de


l’entreprise, cessation totale ou partielle d’activité, cessation
temporaire d’activité, redressement ou liquidation judiciaire ou
transformation de la forme juridique d'une entreprise entrainant, soit
son exclusion du domaine de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt
sur le revenu, soit la création d’une personne morale nouvelle ;

 Décès ou départ des contribuables qui cessent d’avoir au Maroc une


résidence habituelle, un établissement principal ou un domicile
fiscal ;
 Cession des valeurs mobilières et autres titres de capital et de
créance ;
 Cession d’immeubles ou de droits réels immobiliers. Les règles de
notification (contenu, délai, effet, …) et de recours régissant cette
procédure sont identiques à celles prévues pour la procédure
normale de rectification, à la seule différence que l’imposition,
éventuellement établie, est émise sur les bases adressées au
contribuable dans la deuxième lettre de notification.

VII- Droits et obligations en cas recours devant les commissions (C.L.T


ou C.N.R.F)

Les contribuables peuvent contester les redressements et rappels notifiés


dans la deuxième lettre de notification, devant l’une des deux commissions,
C.L.T ou C.N.R.F, selon le cas.
1 - Droit de présenter un pourvoi devant la C.L.T

La C.L.T est compétente pour statuer en cas de vérification de comptabilité


des contribuables dont le chiffre d’affaires déclaré, au compte de produits et
charges, au titre de chaque exercice de la période non prescrite vérifiée, est
inférieur à dix (10) millions de dirhams.

La requête de pourvoi devant la C.L.T est adressée par le contribuable à


l’inspecteur. Elle doit définir l’objet du désaccord et contenir un exposé des
arguments invoqués.

Un délai maximum de trois (3) mois est fixé pour la communication par
l’administration des requêtes et documents relatifs aux actes de la procédure
contradictoire à la C.L.T, à compter de la date de notification à l’administration
du pourvoi du contribuable devant ladite commission.

A défaut de communication de la requête et des documents susvisés, dans


le délai prescrit, les bases d’imposition ne peuvent être supérieures à celles
déclarées ou acceptées par le contribuable.

La C.L.T, par la voie de son secrétaire rapporteur, est tenue :

 D’informer le contribuable et l’administration de la date à laquelle


elle tient sa réunion, trente (30) jours au moins avant cette date dans
les formes prévues à l’article 219 du C.G.I ;
 De convoquer les membres de la commission, quinze (15) jours au
moins avant la date fixée pour la réunion dans les formes prévues à
l’article 219 du C.G.I. Le délai fixé à la C.L.T pour statuer est de
douze (12) mois à partir de la date de la réception par la commission
de la requête du contribuable et des documents transmis par
l’administration. Lorsqu’à l’expiration du délai précité, la C.L.T n’a
pas pris de décision, le secrétaire rapporteur de la commission en
informe les parties par lettre, dans les formes prévues à l’article 219
du C.G.I, dans les deux (2) mois suivant la date d’expiration du délai
de douze (12) mois précité. Dans ce cas, l’administration doit
transmettre la requête et les documents précités à la C.N.R.F dans un
délai de deux (2) mois, à compter de la date de réception de la lettre
d’information.
A défaut de communication par l’administration de la requête et des
documents susvisés à la C.N.R.F dans le délai précité, les bases d’imposition ne
peuvent être supérieures à celles déclarées ou acceptées par le contribuable. Les
décisions des commissions locales de taxation doivent être détaillées et
motivées. Elles sont notifiées aux deux parties par les secrétaires rapporteurs
desdites commissions, dans les formes prévues à l’article 219 du C.G.I, dans les
quatre (4) mois suivant la date de la décision. Elles doivent faire ressortir les
bases, droits et taxes arrêtées et, le cas échéant, les rectifications pour lesquelles
les commissions se sont déclarées incompétentes.

2 - Droit de présenter un pourvoi devant la C.N.R.F

La C.N.R.F est compétente pour statuer sur les recours :

 Relatifs à l’examen de l’ensemble de la situation fiscale des


contribuables prévu à l’article 216 du C.G.I, quel que soit le chiffre
d’affaires déclaré ;
 Relatifs aux vérifications de comptabilité des contribuables lorsque
le chiffre d’affaires déclaré, au compte de produits et charges, au
titre de l’un des exercices vérifiés, est égal ou supérieur à dix (10)
millions de dirhams ;
 Pour lesquels les C.L.T n’ont pas pris de décision dans le délai de
douze (12) mois.

La requête de pourvoi devant la C.N.R.F est adressée par le contribuable à


l’inspecteur. Elle doit définir l’objet du désaccord et contenir un exposé des
arguments invoqués. Un délai maximum de trois (3) mois est fixé pour la
communication par l’administration des requêtes et documents relatifs aux actes
de la procédure contradictoire à la C.N.R.F, à compter de la date de notification
à l’administration du pourvoi du contribuable devant ladite commission.

A défaut de communication de la requête et des documents susvisés, dans


le délai prescrit, les bases d’imposition ne peuvent être supérieures à celles
déclarées ou acceptées par le contribuable.

La C.N.R.F, par la voie de son secrétaire rapporteur auprès de la sous-


commission, est tenue :
 D’informer le contribuable et l’administration de la date à laquelle
elle tient sa réunion, trente (30) jours au moins avant cette date dans
les formes prévues à l’article 219 du C.G.I ;
 De convoquer les membres de la commission, quinze (15) jours au
moins avant la date fixée pour la réunion dans les formes prévues à
l’article 219 du C.G.I.

Le délai fixé à la C.N.R.F pour statuer est de douze (12) mois à partir de la
date de la réception de la requête et des documents transmis par l’administration.

Dans le cas où la C.N.R.F n’aurait pas pris de décision dans ce délai,


aucune rectification ne peut être apportée à la déclaration du contribuable ou à la
base d’imposition retenue par l’administration en cas de taxation d’office.

Toutefois, lorsque le contribuable donne son accord partiel sur les bases
notifiées par l’administration ou ne fait pas d’observations sur les chefs de
redressements de l’administration, la base retenue pour l’établissement de
l’impôt est celle résultant de l’accord partiel ou des chefs de redressements
précités. Les décisions des sous commissions doivent être détaillées et motivées.

Elles sont notifiées aux deux parties par le magistrat assurant le


fonctionnement de la C.N.R.F, dans les formes prévues à l’article 219 du C.G.I,
dans les quatre (4) mois suivant la date de la décision. Elles doivent faire
ressortir les bases, droits et taxes arrêtées et, le cas échéant, les rectifications
pour lesquelles la C.N.R.F s’est déclarée incompétente.

VIII- Droits et obligations en cas d’émission des droits


complémentaires

Les droits supplémentaires, les majorations, les amendes et les pénalités y


afférentes sont immédiatement émis dans les cas suivants :

 Défaut de réponse ou de recours dans les délais prescrits par les


dispositions de l’article 220 (I et II) du C.G.I ;
 Accord partiel ou total conclu par écrit entre les parties au cours de
la procédure de rectification ;
 Après la décision de la commission locale de taxation ou celle de la
commission nationale du recours fiscal, selon le cas ;
 Pour les redressements envisagés dans la deuxième lettre de
notification sur lesquels les commissions locales de taxation ou la
commission nationale de recours fiscal se sont déclarées
incompétentes ;
 Défaut d’observations de la part du contribuable sur des
redressements et/ou rappels notifiés au cours de la procédure de
rectification ;
 Suite à la deuxième lettre de notification pour les opérations de
vérification engagées dans le cadre de la procédure accélérée prévue
à l’article 221 du C.G.I.

IX- Droits et obligations en cas de procédure judiciaire suite à la rectification


des bases d’imposition
Les décisions des C.L.T ou celles de la C.N.R.F et celles portant
reconnaissance desdites commissions de leur incompétence, peuvent être
contestées par l’administration et le contribuable, par voie judiciaire, dans le
délai de soixante (60) jours suivant la date de notification des décisions desdites
commissions, que celles-ci portent sur des questions de droit ou de fait.

Le recours par voie judiciaire ne peut être intenté en même temps que le
recours devant les commissions locales de taxation devant la commission
nationale de recours fiscal.

X - Droits et obligations en cas d'accord à l'amiable

Le contribuable ou son représentant légal peut, au cours de la procédure,


conclure un accord à l'amiable avec l'administration sur les redressements
acceptés par les deux parties.

Cet accord doit être concrétisé par un écrit signé par les deux parties et
comportant :

- La date de la signature de l'accord

- Le nom et la qualité des signataires

- Le montant des bases et des droits qui résultent de l'accord

L'accord écrit doit être établi en double exemplaire dont l'un est remis au
contribuable contre décharge ou lui est adressé, éventuellement; par courrier
recommandé. Chaque accord doit etre accompagné de la lettre de désistement de
la part de l'intéressé de tout recours actuel ou éventuel devant les commissions ;
l'administration ou le tribunal compétent; ainsi que de toute demande en
restitution concernant les chefs de redressement.

Section II : Les commissions locales et nationales de taxation (C.LT) + (CNRF)

Les C.L.T. sont instituées par l’administration qui en fixe le siège et le ressort,
conformément aux dispositions du paragraphe I de l’article 225 du C.G.I. Le
même article précise les compétences, la composition et le fonctionnement de
ces commissions.

1- Compétences des C.L.T :

Les C.L.T. statuent sur les litiges qui leur sont soumis et doivent se déclarer
incompétentes sur les questions qu’elles estiment porter sur l’interprétation des
dispositions législatives ou réglementaires. Ces commissions connaissent les
réclamations formulées par le contribuable sous forme de requêtes. Il s’ensuit que
la continuité de la procédure contradictoire après la deuxième lettre de
notification, est subordonnée à la condition que le contribuable ait exprimé d’une
manière expresse dans sa deuxième réponse, sa décision de porter le litige devant
la commission locale de son lieu d’imposition. Les compétences dévolues à ces
commissions sont des compétences territoriales et d’attribution.
a) Compétence territoriale Le siège et le ressort des C.L.T. sont fixés par
l’administration, conformément aux dispositions du paragraphe I de l’article 225
du C.G.I. A cet effet, la C.L.T. est compétente de statuer sur le litige qui lui est
soumis par le contribuable est celle du lieu de son imposition Il est à rappeler que
le lieu d’imposition s’entend : Pour les personnes morales, du siège social ou du
principal établissement ; Pour les personnes physiques, de la résidence habituelle
ou du principal établissement et pour les contribuables non-résidents au Maroc,
du domicile élu.
b) Compétence d’attribution Elles peuvent se déclarées incompétente quand il
y a des interprétations des textes en vigueur Elles sont donc appelées : A statuer
valablement sur les questions de fait ; A confirmer ou infirmer que les motifs
invoqués par les parties portent sur l’interprétation des dispositions légales ou
réglementaires (articles 225 –I- deuxième alinéa du C.G.I). En revanche, les
commissions locales n’ont pas à statuer :

 Sur les redressements ayant fait l’objet d’un accord en cours de


procédure ;
Lorsque le contribuable, du fait de sa propre défaillance, a fait l’objet d’ une
taxation pour défaut de réponse dans le délai légal à la première où à la deuxième
notification ; Lorsque le contribuable répond, dans le délai à la deuxième lettre de
notification, mais ne demande pas expressément le pourvoi devant la C.L.T.

2- Composition de la C.L.T : Le paragraphe II- A de l’article 225 du C.G.I. fixe


la composition de chaque C.L.T. comme suit :

 Un magistrat, président ;
 Un représentant du gouverneur de la préfecture ou de la province dans le
ressort de laquelle est situé le siège de la commission ;
 Le chef du service local des impôts ou son représentant qui tient le rôle
de secrétaire rapporteur ;
 Un représentant des contribuables appartenant à la branche
professionnelle la plus représentative de l’activité exercée par le
contribuable requérant.

3- Fonctionnement de la C.L.T : - Rapport de l’inspecteur Pour chaque affaire,


l’inspecteur des impôts établit un rapport faisant ressortir les propositions et les
observations du contribuable et de l’administration. Les différents points de litige
de tous les renseignements de nature à éclairer la commission.

- Tenue de la séance La C.L.T. se réunit à l’initiative de son président.

Après accord du président, le secrétaire rapporteur adresse les convocations aux


membres de la commission dans un délai raisonnable et suffisant pour que
lesdits membres ou les parties intéressées (contribuable, vérificateur ou leurs
représentants) puissent prendre connaissance du dossier : Le secrétaire
rapporteur, chef du service d’assiette ou son représentant, informe également le
contribuable de la date de la réunion de la commission pour lui permettre, au cas
où il le désire, de demander de se faire entendre ou de fournir des informations à
l’appui de sa requête expresse, des informations supplémentaires susceptibles
d’éclairer les membres de la commission sur la nature du litige et l’importance
réelle de son activité. S’il y a utilité, la commission locale peut demander à
l’administration de procéder à un supplément d’instruction. Mais en aucun cas,
ce nouvel examen ne peut se solder par de nouvelles rectifications. C’est ainsi
que la commission ne peut :
 Substituer ou compenser l’abandon d’un redressement, relevé lors de la
rectification initiale par une réintégration (de fait), relevée au niveau
d’une instruction supplémentaire ;
 Statuer sur des points litigieux autres que ceux qui lui ont été soumis par
le contribuable dans sa requête.

 Délibération de la C.L.T En application du paragraphe II- A de l’article


225 précité, la commission statue valablement lorsque trois au moins ses
membres, dont le président et le représentant des contribuables, sont
présents. Elle délibère à la majorité des voix des membres présents. En
cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante. Elle
statue valablement au cours d’une seconde réunion en présence du
président et de deux autres membres quelle que soit leur qualité. Les
décisions des commissions locales doivent être détaillées et motivées, en
application des dispositions du quatrième alinéa du paragraphe II-A de
l’article 225 du C.G.I. La commission doit fixer les bases d’imposition et
se déclarer incompétente pour les questions qu’elle estime porter sur
l’interprétation de la loi. Les décisions de la C.L.T. sont consignées sur
les rapports établis selon un modèle prévu à cet effet, qui doivent être
dûment signés par les seuls membres habilités à statuer et ayant délibéré.

 Délai de prise de décision de la C.L.T La C.L.T. dispose d’un délai de


vingt-quatre (24) mois, à compter de la date d’introduction du recours,
pour rendre ses décisions, étant précisé que le délai de vingt-quatre (24)
mois commence à courir à compter de la date de la réception, par
l’inspecteur, de la demande du pourvoi devant la C.L.T. Lorsqu’à
l’expiration de ce délai, la C.L.T. n’a pas pris de décision, l’inspecteur
compétent informe le contribuable dans les formes prévues à l’article 219
du C.G.I., de l’expiration de ce délai et de son droit de saisir la C.N.R.F.
dans un délai de soixante (60) jours à compter de la réception de l’avis
d’information et lui indique l’adresse exacte de cette commission. A
défaut de présentation, par le contribuable, du recours devant la C.N.R.F.
dans le délai de soixante (60) jours l’inspecteur établit les droits
complémentaires d’après les bases arrêtées dans la deuxième notification.
Ces impositions ne peuvent être contestées que dans les conditions
prévues à l’article 242 du C.G.I.(Contentieux).
 Contenu de la décision de la C.L. T Les décisions de la C.L.T.doivent
être détaillées et motivées afin de permettre, à la fois au contribuable et à
l’administration fiscale, de connaître les fondements sur lesquels la
commission s’est basée pour rendre sa décision et de mieux juger de
l’opportunité d’un recours devant C.N.R.F. La décision notifiée au
contribuable doit également faire ressortir distinctement les bases arrêtées
par la commission locale et les rectifications sur lesquelles elle s’est
déclarée incompétente.
 Notification de la décision de C.L.T Les décisions de la C.L.T. sont
notifiées au contribuable par l’inspecteur vérificateur, dans les formes
prévues à l’article 219 du C.G.I. conformément aux dispositions du III de
l’article 11 du même livre. La notification de la décision au contribuable
doit l’informer du délai de soixante (60) jours pour exercer son recours
devant la C.N.R.F.

Le point de départ de décompte du délai de recours devant la C.N.R.F, aussi


bien pour l’administration que pour le contribuable, est constitué par la date de
notification de la décision au contribuable (article 220 (IV) du code précité).

Recours contre les décisions de C.L.T. devant la C.N.R.F

Les décisions de la commission locale ainsi que les litiges pour lesquels le
contribuable n’a pas formulé sa demande de comparaître devant la commission
locale dans sa composition restreinte dans le délai de trente (30) jours comme
prévu au Code du paragraphe II de l’article 225 du C.G.I. sont susceptibles de
recours devant la C.N.R.F. Ce recours peut être exercé par chacune des deux
parties adverses dans les conditions de forme et de délai.

 Exécution de la décision de la commission locale dans le cas où le


contribuable n’a pas exercé le recours devant la C.N.R.F. Lorsque la
société n’a pas exercé le recours devant la C.N.R.F. dans le délai légal de
soixante (60) jours, les droits correspondants aux rectifications sur les
questions estimées de fait par la C.L.T.

Les rectifications de droit sur lesquelles elle s’est déclarée incompétente sont
immédiatement établis. L’administration conserve le droit de recours devant la
C.N.R.F pour : La partie rejetée des redressements par la C.L.T ;
 Les rectifications opérées par la CL.T. à l’avantage de la société : Dite
commission permanente Art 226 du C.G.I

Cette commission, qui siège à Rabat, est placée sous l’autorité directe du
premier Ministre. Les compétences, la composition, et le fonctionnement de
ladite commission sont prévus par le dit article 226 du C.G.I.

4- Compétence de la C.N.R.F : La C.N.R.F. Statue sur les litiges dont elle


est saisie dès lors que les recours sont exercés dans les conditions de forme et de
délai prévues aux articles 220,221 et 227 du C.G.I.

a) - Compétence territoriale la C.N.R.F. siège en permanence à Rabat et


traite des recours des contribuables ou de l’administration. Sa compétence
territoriale couvre tout le territorial national.

b) - Compétence d’attribution La compétence de la C.N.R.F. couvre :

 Les recours contre les décisions de C.L.T. ;


 Les litiges pour lesquels la société n’a pas formulé de demande de
comparaître devant la C.L.T. dans sa composition restreinte ;

Les recours en cas d’absence de décisions de la C.L.T. dans le délai légal


de 24 mois.

 Les recours contre les décisions des commissions locales prévues à


l’article 227 du code précité. Elle doit, toutefois, se déclarer
incompétente sur les questions qu’elle estime portant sur l’interprétation
des dispositions légales ou réglementaires sans être tenue par les
appréciations émises par les commissions locales.

En effet, une rectification jugée par la C.L.T. comme étant une question de
droit peut être considère par la C.N.R.F. comme étant une question de fait
relevant de sa compétence et au sujet de laquelle elle peut statuer, sous réserve
du recours de l’une ou de l’autre des deux parties devant les juridictions
compétentes.

5- Composition de la C.N.R.F : Conformément aux dispositions du


paragraphe I de l’article 226 du C.G.I. la C.N.R.F. comprend :

Cinq (5) magistrats appartenant au corps de la magistrature, désignés par le


Premier Ministre, sur proposition du Ministre de la Justice ;
Vingt-cinq (25) fonctionnaires désignés par le Premier Ministre sur
proposition du Ministre des Finances, ayant une formation fiscale, comptable,
juridique ou économique et qui ont au moins le grade d’inspecteur ou un grade
classé dans une échelle de rémunération équivalente. Ces fonctionnaires sont
détachés auprès de la commission ;

Cent (100) personnes du monde des affaires désignées par le Premier


Ministre, sur proposition conjointe des Ministres chargés du Commerce, de
l’industrie et de l’Artisanat, de Pêches Maritimes et du Ministre chargé des
Finances, pour une période de trois ans, en qualité de représentant des
contribuables. Ces représentants sont choisis parmi les personnes physiques
membres des organisations professionnelles les plus représentatives exerçant des
activités commerciales, industrielles, de services, artisanales ou de pêches
maritimes, figurant sur les listes présentées par lesdites organisations et par les
présidents des chambres de commerce, d’industrie et de service, des chambres
d’artisanat, des chambres d’agriculture et des chambres maritimes,et ce, avant le
31 octobre de l’année précédant celle au cours de laquelle les membres désignés
sont appelés à siéger au sein de la commission nationale. En cas de retard ou
d’empêchement dans la désignation des nouveaux représentants, le mandat des
représentants sortants est prorogé de six mois (6) au maximum.

Tout représentant des contribuables ne peut siéger à la C.N.R.F. pour un


litige dont il a déjà eu à connaître en tant que membre d’une C.L.T.

6- Fonctionnement de la C.N.R.F :

Le fonctionnement de la commission est assuré par un magistrat désigné


par le Premier Ministre sur proposition du Ministre de la Justice. Le Président de
la C.N.R.F. désigne chaque année parmi les présidents des sous-commissions un
intérimaire afin de le suppléer dans la gestion de la commission, en cas
d’absence ou d’empêchement.

7- Composition et fonctionnement des sous-commissions :

La C.N.R.F se subdivise en cinq (5) sous commissions délibérantes.


Chaque sous-commission est composée : D’un magistrat président ; De deux
fonctionnaires tirés au sort parmi ceux qui n’ont pas instruit le dossier soumis à
délibération ; De deux représentants des contribuables.
Les fonctionnaires ayant instruit les dossiers soumis à délibération assistent,
avec voix consultative, en qualité de secrétaires rapporteurs, aux réunions des sous-
commissions qui délibèrent. La sous-commission peut s’adjoindre dans chaque
affaire un ou deux expert, fonctionnaires ou non qui ont voix consultative. Elle ne
peut en aucun cas prendre ses décisions en présence des représentants des deux
parties ou des experts. Les règles de validité à observer en matière de délibération
des sous-commissions sont les suivantes :

 Les sous-commissions délibèrent valablement en présence du président et


de deux autres membres parmi ceux visés au I de l’article 226 précité, l’un
représente les contribuables et l’autre l’administration ;
 Les sous-commissions délibèrent valablement au cours d’une seconde
réunion en présence du président et de deux autres membres, quelle que soit
leur qualité ;
 En cas de partage égal de voix, celle du président est toujours
prépondérante. Les décisions des sous-commissions doivent être détaillées
et motivées et sont notifiées aux parties par le magistrat assurant le
fonctionnement de la commission, dans les formes prévues à l’article 219
du C.G.I. dans les six (6) mois qui suivent la date de la décision en
application du sixième alinéa du III de l’article 226 précité ;
 Le délai maximum qui doit s’écourter entre la date d’introduction d’un
recours devant la C.N.R.F. et celle de la décision qui est prise à son sujet est
fixé à douze (12) mois comme prévu au septième alinéa du III dudit article
226.

Si l’expiration du délai précité, la décision de la C.NR.F. n’a pas été prise,


aucune rectification ne peut être apportée aux résultats déclarés par le contribuable
ou la base d’imposition retenue initialement par l’administration en cas de taxation
d’office pour défaut de déclaration ou déclaration incomplète, en vertu des
dispositions du IV de l’article 226 du C.G.I. Toutefois, dans le cas où la société
aurait donné son accord partiel sur les bases notifiées par l’administration ou en
l’absence d’observations de sa part sur les chefs de redressements notifiés par
l’administration, c’est la base de résultat de cet accord partiel ou des chefs de
redressements précités qui est retenue pour l’émission des impositions.

8- Recours judiciaire :
En application du V de l’article 226 du C.G.I., le recours judiciaire peut être
exercé soit par le contribuable, soit par l’administration dans les conditions dans
les conditions et délais prévus à l’article 242 du code précité.

 Recours exercé par le contribuable La société peut contester, par voie


judiciaire, les impositions émises suite aux décisions de la C.N.R.F et
celles établies d’office par l’administration d’après la base qu’elle a
notifiée du fait de la reconnaissance par ladite commission de son
incompétence. Ce recours doit être exercé :
 Dans le délai de soixante (60) jours suivant la date de mise en
recouvrement du rôle, état de produits ou ordre de recette ;
 Dans le délai de soixante (60) jours suivant la date de notification de
la décision de la C.N.R.F. en l’absence d’émissions de rôle, état de
produits ou ordre de recettes.

Recours exercé par l’administration

L’administration peut également constater, par voie judiciaire dans le même


délai, les décisions de ladite commission, que celles-ci portent sur des questions de
droit ou de fait. Ce recours doit être exercé dans le même délai de soixante (60)
jours suivants :
- La date de mise en recouvrement du rôle, étant de produits ou ordre de
recettes ;
- La date de notification de la décision de la C.N.R.F. lorsque cette décision
ne donne lieu à l’émission de rôle, état de produits ou ordre de recettes.

Section III : Constats, critiques et Suggestion

1– Des procédures de recours marquées par la lenteur et l’incertitude

Dans le même temps que l’administration voyait s’accroître ses pouvoirs et


que la législation fiscale se complexifiait, le législateur a voulu garantir aux
citoyens, personnes morales et personnes physiques, des droits de recours contre
une décision mal fondée en droit ou en fait, qu’elle concerne la procédure, les
sanctions ou la mise en recouvrement. En « empilant » des voies de recours sans
toujours se soucier de les mettre en cohérence. Le législateur a encore accru la
complexité du droit. D’où la lenteur et le retard, accusés dans le traitement des
dossiers font objet de discorde.

2 Les instances de recours sont-elles assez compétentes pour statuer en matière fiscale ?

Dans le cadre de la procédure contradictoire du contrôle fiscal, le


contribuable non convaincu des bases retenues à sa charge, peut recourir aux
commissions d’arbitrage composées en premier lieu par la Commission Locale
de Taxation (CLT) et en second lieu par la Commission Nationale de Recours
Fiscal (C.N.R.F.). En droit fiscal marocain, il existe deux commissions qui
interviennent dans le cadre des litiges et des désaccords qui persistent, entre
l'administration et le contribuable dans le cadre de la procédure de rectification
des impositions issus d'un contrôle fiscal. Le recours devant ces commissions
d'arbitrage, a été souvent qualifié d'un contentieux para juridictionnel et ce, au
vu de la nature de ces commissions, leur composition et de leurs attributions.
Concernant les commissions, il serait pertinent que celles-ci, étant présidées
par des juges, soient des vrais magistrats des tribunaux de commerce
« bilingues » et ayant une formation fiscale et comptable.

- La décision de la CNRF peut faire l’objet de recours judiciaire, mais


attention, elle est exécutoire. Le contribuable doit donc régler les droits que lui
réclame le Fisc, même s’il décide de contester la décision devant le tribunal. Le
déclenchement de la procédure judiciaire n’est pas suspensif du paiement des
redressements fiscaux réclamés par l’administration. Il y a quelques années, les
contribuables obtenaient le sursis à exécution de la décision de la CNRF devant le
tribunaladministratif, aujourd’hui, ce n’est plus possible, révèle un expert-
comptable. (Journal Economiste en date du 20/06/2012)
- « Le constat est que beaucoup plus lassant de contribuables font suivre
l’affaire au tribunal (Recours Judiciaire) après avoir épuisé le recours devant la
CNRF, ce qui correspond à une perte de temps et de ressources importantes pour
les sociétés (témoignages).
- La plupart des praticiens conseillent de négocier un accord amiable en
amont avec l’administration fiscale. Lourdeur, est donc le maître mot pour désigner
ces procédures adossées au recours fiscal : déjà que la phase devant la CNRF peut
durer 12 mois et qu’elle fait la suite à une phase devant les CLT tout aussi longue,
il faudra ensuite se faire aux lourdeurs de l’appareil judiciaire, « c’est à se
demander si le recours à la CLT ou à la CNRF est toujours pertinent ». !
Principalement le manque d’expertise de certains fonctionnaires, ce qui ne laisse
pas d’autres choix pour le contribuable que d’opter pour le recours devant le
tribunal administratif. Pour éviter ces désagréments, de nombreux contribuables
préfèrent recourir à une procédure à l’amiable. « La procédure devant la CNRF et
les tribunaux implique des coûts importants et peut prendre un temps fou. En tout
état de cause, voilà pourquoi tant l’administration que les personnes imposables
préfèrent trouver un arrangement et mettre fin au contentieux ».

DES MESURES POUR FAIRE FACE AU CONSEQUENCES DU


COVID19
En cette période d'incertitude pour les opérateurs économiques découlant de la situation de confinement
généralisée dans le Royaume, le Gouvernement marocain a réagi en mettant en place une série de mesures
fiscales d'urgence à destination des entreprises. Celles-ci ont essentiellement pour but de (i) soulager leur
trésorerie ou (ii) alléger les formalités administratives.

Vous trouverez ci-dessous le détail des mesures fiscales prises en faveur des entreprises.

Une alerte relative à la procédure d'approbation des comptes de l'exercice 2019 dans le contexte de fermeture
généralisée des tribunaux sera publiée prochainement.

Report des échéances fiscales au 30 juin


A la suite de la réunion du Conseil de Veille Economique ("CVE") du 19 mars 2020, il a été décidé de reporter le
dépôt de certaines déclarations fiscales au 30 juin 2020 pour les entreprises dont le chiffre d'affaires ("CA")
relatif à l'exercice 2018 est inférieur à 20 millions de dirhams (hors taxes).

Toutefois, la publication au bulletin officiel du Décret-loi n° 2.20.292 du 24 mars 2020 portant promulgation de
dispositions relatives à "l'état d'urgence sanitaire" a semé certains doutes quant au champ d'application exact
de son article 6, celui-ci disposant que tous les délais prévus par les textes législatifs et réglementaires en
vigueur sont suspendus jusqu'au lendemain de la levée de l'état d'urgence sanitaire (jusqu'au 20 avril 2020,
sauf prorogation).

Les échéances fiscales sont-elles couvertes par les dispositions de l'article 6 du Décret-loi ? Afin de lever tout
doute, la DGI a publié un communiqué précisant que sont exclusivement concernés par le report d'échéances
fiscales détaillé par le communiqué du CVE du 19 mars, sans aucune formalité préalable à accomplir, les
éléments suivants :

1. Dépôt de la déclaration du résultat fiscal (liasse fiscale de l'exercice clos en 2019) ;


2. Paiement du complément de l'IS dû au titre de l’exercice 2019 ;
3. Paiement du 1er acompte provisionnel d'IS exigible au titre de l’exercice en cours.

Ces mesures, qui ne concernent finalement que l'IS, ont pour objectif de soulager les entreprises à deux
niveaux : sur le plan administratif, avec le report de dépôt de la liasse fiscale au titre de l'exercice 2019, et sur le
plan financier (trésorerie) avec le report du paiement du complément d'IS 2019 et du 1er acompte provisionnel
d'IS relatif à l'exercice en cours[1].

Toutefois, le communiqué ne précise pas les conditions d'application de ces mesures pour les entreprises qui
ne clôturent pas leur exercice au 31 décembre. Par exemple, une société clôturant son exercice social au 31
janvier bénéficie-t-elle de cette mesure, et si oui, dans quelles conditions ? Dans ce cas, la liasse devant être
déposée avant fin avril 2020, il nous semble que la prudence indique que le report du délai n'est que de 2 mois
(au lieu de 3 pour les entreprises clôturant au 31 décembre) et est limité au 30 juin 2020.

Par ailleurs, ce report d'échéance ne s'applique pas aux impôts pour lesquels les entreprises n'agissent qu'en
tant que collecteur d'impôt, y compris la TVA, l'impôt sur le revenu retenu à la source sur les salaires, ainsi que
la retenue à la source effectuée au titre du versement de dividendes, d'intérêts ou de rémunérations à des
personnes non-résidentes et les droits de timbre.

S'agissant des entreprises dont le CA était supérieur à 20 millions de dirhams (hors taxes) au cours de l'exercice
2018, celles-ci :

ne sont pas concernées par les mesures d'assouplissement des obligations fiscales prévues par le communiqué
du CVE et demeurent donc soumises au droit commun : obligation de dépôt de la liasse fiscale 2019 et
paiement de l'IS au titre de la régularisation de l'IS 2019 et du 1er acompte 2020 au plus tard le mardi 31 mars
2020.

peuvent solliciter un étalement ou un report du paiement de l'impôt sur demande effectuée auprès du ministre
chargé des finances[2] notamment en cas de graves difficultés de trésorerie ou de difficultés importantes pour
l'établissement de la liasse 2019[3].
Suspension des contrôles fiscaux et des avis à tiers détenteurs ("ATD") jusqu'au 30 juin 2020
S'agissant de la suspension des contrôles fiscaux et des ATD, la DGI n'a pas communiqué à ce sujet pour
préciser le détail de la mesure. Toutefois, ces mesures devraient se matérialiser comme suit :

Seuls les ATD dont l’exécution était programmée à partir du 18 mars 2020 sont concernés par la suspension
jusqu’au 30 juin 2020 ;

Seuls les contrôles fiscaux qui étaient programmés à partir du 18 mars 2020 sont concernés par la suspension
jusqu’au 30 juin 2020.
Concernant les contrôles fiscaux, les avis de vérification de comptabilité qui devaient être envoyés à compter
du 18 mars 2020 sont reportés au moins jusqu'au 30 juin 2020. A défaut de communication à ce sujet, toutes
les procédures de contrôle fiscal en cours poursuivent la procédure conformément aux modalités et délais
prévus par le CGI.

Déductibilité des dons au profit du fonds spécial Covid-19


La DGI a confirmé via un communiqué que les dons effectués par les personnes physiques ou morales au profit
du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du coronavirus (Covid-19), sont considérés comme des dons
revêtant le caractère de charges comptables déductibles du résultat fiscal.

Les personnes physiques visées ci-dessus sont celles exerçant une activité professionnelle et tenant une
comptabilité. Les particuliers (par exemple les salariés) effectuant un don à titre privé ne pourront pas déduire
ceux-ci dans le cadre de la déclaration d'impôt sur le revenu global.

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