Cinétique formelle des réactions chimiques
Cinétique formelle des réactions chimiques
chimique
Chapitre
6.1
:
Cinétique
formelle,
aspect
macroscopique
de
la
cinétique
Chapitre
6.2
:
Introduction
à
la
cinétique
en
réacteur
ouvert
Chapitre
7
:
Mécanismes
réactionnels,
aspect
microscopique
de
la
cinétique
Cours de chimie de première période de PCSI
1
Cinétique
formelle
:
évolution
temporelle
d’un
système
chimique
II
–
INFLUENCE
DU
FACTEUR
CINETIQUE
TEMPERATURE
SUR
LA
VITESSE
DE
LA
REACTION
13
1.
LOI
D’ARRHENIUS
14
2.
DETERMINATION
EXPERIMENTALE
DE
L’ENERGIE
D’ACTIVATION
EA
14
4.
EFFETS
DE
LA
TEMPERATURE
;
EXEMPLES
EN
CHIMIE
ET
DANS
LA
VIE
COURANTE
18
2
III
-‐
ETUDE
DE
QUELQUES
REACTIONS
D’ORDRE
SIMPLE
:
ETUDE
DU
FACTEUR
CINETIQUE
CONCENTRATION
19
1.
TECHNIQUES
EXPERIMENTALES
UTILISEES
19
2.
METHODE
DIFFERENTIELLE
20
2.1.
PRINCIPE
DE
LA
METHODE
20
2.2.
APPLICATION
DE
LA
METHODE
AUX
VITESSES
INITIALES
20
3.
METHODE
INTEGRALE
22
3.1.
REACTION
D’ORDRE
0.
22
3.2.
REACTION
D’ORDRE
1.
23
3.
REACTION
D’ORDRE
2.
27
4.
DETERMINATION
DES
ORDRES
PARTIELS
:
METHODE
DE
LA
DEGENERESCENCE
DE
L’ORDRE,
OU
METHODE
D’ISOLEMENT
D’OSTWALD
33
4.1.
PRINCIPE
DE
LA
METHODE
33
4.2.
EXEMPLE
:
DECOMPOSITION
D’UN
COMPLEXE
DES
IONS
CUIVRE(II)
33
IV
CONCLUSION
37
3
Nous
poursuivons
l’étude
de
l’évolution
temporelle
d’un
système
chimique,
entamée
l’année
dernière
en
Terminale
S,
où
les
notions
de
facteurs
cinétiques
d’une
part
et
de
suivis
cinétiques
ont
été
introduits.
D’une
manière
très
générale,
la
cinétique
chimique
est
l’étude
de
la
vitesse
des
réactions
chimiques.
Dans
ce
chapitre,
nous
nous
proposons
d’étudier
l’influence
de
quelques
facteurs
cinétiques
sur
la
vitesse
d’une
réaction
:
quelle
est
l’influence
de
la
température
ou
de
la
concentration
des
réactifs
sur
la
vitesse
de
la
réaction
étudiée
?
Comment
étudier
la
vitesse
de
cette
réaction
?
Voilà
ce
que
nous
allons
étudier…
II
–
INFLUENCE
DU
FACTEUR
CINETIQUE
TEMPERATURE
SUR
LA
VITESSE
DE
LA
REACTION
13
1.
LOI
D’ARRHENIUS
14
2.
DETERMINATION
EXPERIMENTALE
DE
L’ENERGIE
D’ACTIVATION
EA
14
3.
EFFETS
DE
LA
TEMPERATURE
;
EXEMPLES
EN
CHIMIE
ET
DANS
LA
VIE
COURANTE
18
III
-‐
ETUDE
DE
QUELQUES
REACTIONS
D’ORDRE
SIMPLE
:
ETUDE
DU
FACTEUR
CINETIQUE
CONCENTRATION
19
1.
TECHNIQUES
EXPERIMENTALES
UTILISEES
19
2.
METHODE
DIFFERENTIELLE
20
2.1.
PRINCIPE
DE
LA
METHODE
20
2.2.
APPLICATION
DE
LA
METHODE
AUX
VITESSES
INITIALES
20
3.
METHODE
INTEGRALE
22
3.1.
REACTION
D’ORDRE
0.
22
3.1.1.
schéma
cinétique
et
équation
différentielle
22
3.1.2.
résolution
de
l’équation
différentielle
22
3.1.3.
temps
de
demi-‐réaction
22
3.1.4.
unité
de
la
constante
de
vitesse
k
22
3.2.
REACTION
D’ORDRE
1.
23
3.2.1.
schéma
cinétique
et
équation
différentielle
23
3.2.2.
résolution
de
l’équation
différentielle
23
3.2.3.
temps
de
demi-‐réaction
24
3.2.4.
unité
de
la
constante
de
vitesse
k
24
3.
REACTION
D’ORDRE
2.
27
3.3.1.
schéma
cinétique
et
équation
différentielle
27
4
3.3.2.
résolution
de
l’équation
différentielle
28
3.3.3.
temps
de
demi-‐réaction
28
3.3.4.
unité
de
la
constante
de
vitesse
k
28
4.
DETERMINATION
DES
ORDRES
PARTIELS
:
METHODE
DE
LA
DEGENERESCENCE
DE
L’ORDRE,
OU
METHODE
D’ISOLEMENT
D’OSTWALD
33
4.1.
PRINCIPE
DE
LA
METHODE
33
4.2.
EXEMPLE
:
DECOMPOSITION
D’UN
COMPLEXE
DES
IONS
CUIVRE(II)
33
IV
CONCLUSION
37
5
Premier
chapitre
CINETIQUE
FORMELLE
Objets
et
objectifs
de
ce
chapitre
consacré
à
la
cinétique
formelle
Etudier
la
vitesse
d’une
réaction
chimique
qui
rend
compte
de
la
transformation
chimique
de
réactifs
en
produits.
Etudier
la
dépendance
en
temps
de
la
concentration
des
espèces
participant
à
la
réaction,
ceci
grâce
à
l’établissement
de
lois
de
vitesse
(obtenues
par
la
résolution
d’équations
différentielles).
Etudier
l’influence
de
quelques
facteurs
sur
la
vitesse
de
réaction
(comme
l’influence
de
la
température
ou
la
concentration
des
réactifs).
6
2.
Avancement
ξ
«qsi
»
L’avancement
ξ
de
la
réaction
est
défini
ainsi
:
0 = ∑ν A nAi(t)
=
nAi(0)
+
ν i
.
ξ
i i
i
nAi(0)
:
nombre
de
mole
initial
de
Ai
ni
:
nombre
stoechiométrique
algébrique
nAi(t)
:
nombre
de
mole
de
Ai
à
l’instant
t
νi
est
un
nombre
positif
si
Ai
est
un
produit
de
la
réaction
νi
est
un
nombre
négatif
si
Ai
est
un
réactif
de
la
réaction.
Rem
:
«
ξ
»
-‐
«
qsi
»
(x
grec)
désigne
l’avancement
de
la
réaction,
il
est
directement
lié
à
l’équation-‐bilan
qui
décrit
la
réaction
chimique.
L’avancement
s’exprime
en
mol.
3.
Système
étudié
et
différentes
définitions
3.1.
Vitesse
instantanée
de
formation
et
de
disparition
de
Bi
Le
système
est
fermé
(c’est
à
dire
qu’il
n’
y
a
pas
d’échange
de
matière
avec
le
milieu
extérieur),
il
est
constitué
d’une
seule
phase
(par
exemple,
une
phase
aqueuse,
ou
bien
une
phase
gazeuse)
et
sa
composition
est
uniforme
(la
même
en
tout
point
du
réacteur)
et
Bi
participe
à
une
réaction
à
l’intérieur
de
ce
réacteur.
dn(Bi)
On
définit
:
la
vitesse
de
formation
de
Bi
:
v f (Bi)= +
dt
dn(Bi)
la
vitesse
de
disparition
de
Bi
:
v d (Bi)= -
dt
On
remarque
:
Unité
de
vd
ou
vf
:
en
mol.s-‐1
:
c’est
une
grandeur
extensive,
sa
Inconvénients
valeur
dépend
des
quantités
de
matière
de
Bi.
Chaque
vitesse
est
relative
à
une
seule
espèce
Bi.
vd
ou
vf
sont
positives
ou
négatives
suivant
Bi
(réactif
ou
produit
?).
vd
ou
vf
sont
indépendantes
de
l’équation-‐bilan
(voire
des
équations-‐bilans)
de
réaction
qui
rend
compte
de
la
transformation.
7
Illustration
:
en
milieu
aqueux,
l’urée
(NH2)2C=O
se
transforme
en
ion
NH4+
et
NCO-‐
:
(NH2)2C=O(aq)
⎯→ ⎯
NH4+(aq)
+
NCO-‐(aq)
t
/
min
n(Urée)/mol
n(NCO-‐)/mol
0
0,1
0
2818
0,0836
0,0164
4800
0,0736
0,0264
9600
0,056
0,044
18220
0,0313
0,0687
28600
0,0162
0,0838
40000
0,0078
0,0922
0,12
0,1
0,08
0,06
Urée
CNO-‐
0,04
0,02
0
0
10000
20000
30000
40000
50000
Pour
calculer
la
vitesse
instantanée
d’une
réaction,
nous
traçons
la
tangente
à
la
courbe
à
l’instant
cherché
puis
nous
calculons
la
quantité de matière
temps
8
0,12"
0,08"
0,06" Urée"
vitesse de formation du produit = CNO2"
coefficient directeur de la tangente
à la courbe
0,04"
0,02"
0"
0" 5000" 10000" 15000" 20000" 25000" 30000" 35000" 40000" 45000"
vitesse
0,12"
initiale
0,1"
0,08"
0,06" Urée"
CNO2"
vitesses
0,04" ultérieures
0,02"
0"
0" 5000" 10000" 15000" 20000" 25000" 30000" 35000" 40000" 45000"
dξ
vR =
dt
On
remarque
:
9
vR
s’exprime
en
mol.s-‐1
:
c’est
toujours
une
grandeur
extensive.
vR
ne
dépend
pas
de
l’espèce
Bi
choisie.
Avantages
vR
dépend
de
l’écriture
de
la
réaction
:
vR
est
associée
à
une
équation-‐
bilan.
Lien
entre
vR
et
vf
et
vd
:
vR
=
(1/νi).dn(Ai)/dt
=
(1/νi).
vf
=
-‐
(1/νi).
vd
3.3.
Vitesse
volumique
ou
vitesse
spécifique
v
de
la
réaction
0
=
Σ ν iAi
Le
réacteur
est
fermé,
la
composition
uniforme,
et
il
n’y
a
qu’une
seule
réaction
:
0
=
Σ ν iAi
On
définit
la
vitesse
volumique,
ou
vitesse
spécifique,
qui
est
indépendante
de
la
taille
(extensivité)
du
réacteur
:
1 1 dn(A i ) 1
v= . . = . dξ /dt
νi V dt V
Cette
vitesse
volumique
ou
spécifique
s’exprime
en
mol.L-‐1.s-‐1
:
elle
ne
dépend
pas
des
quantités
de
matière
(de
la
taille
du
réacteur)
(grandeur
intensive).
Si
de
plus
la
transformation
a
lieu
dans
un
réacteur
de
volume
V
constant
(conditions
isochores),
alors
:
v
=
(1/νi).(1/V).
dn(Ai)/dt
=
(1/νi).d(n(Ai/V)/dt
1 d ⎡⎣ A i ⎤⎦
v=
νi dt
C’est
cette
expression
de
la
vitesse
v
que
nous
utiliserons
dans
toute
la
suite.
Cette
vitesse
de
réaction
dépend
de
l’écriture
de
la
réaction
:
elle
est
associée
à
l’équation-‐bilan
0
=
Σ ν iAi
10
4.
Réaction
avec
ou
sans
ordre
;
ordre
partiel
et
global
-‐
ordre
initial
et
courant
11
La
température
T
est
constante.
Une réaction suit la loi de Van't Hoff lorsque l'ordre partiel de chacun
des réactifs est égal à son nombre stoechiométrique
Ordre
courant
=
ordre
global
de
la
réaction
à
la
date
t.
Ordre
initial
=
ordre
global
au
tout
début
de
la
réaction,
au
voisinage
de
t=0.
Application 2
Préciser les ordres partiels et l’ordre global de chacune des réactions suivantes
Loi de vitesse Ordre partiel par rapport Ordre global de
Réaction chimique
expérimentale à: la réaction
H +I 2 HI v = k.[H ][I ] H 1 I 1 2
2(g) 2(g) (g) 2 2 2 2
12
Rem : tBu représente le groupe tertiobutyle : (CH3)3C-
Application 3
13
1.
Loi
d’Arrhénius
Expérimentalement,
dans
la
plupart
des
cas,
la
vitesse
d’une
réaction
augmente
lorsque
la
température
T
augmente.
Cette
observation
quasi-‐générale
est
due
à
la
dépendance
de
la
constante
de
vitesse
en
température
:
k
=
k(T).
Empiriquement,
sur
des
domaines
de
températures
restreints,
la
loi
d’Arrhénius
établit
la
variation
de
k
en
fonction
de
T
:
forme
dérivée
:
dLnk = Ea
dT RT2
forme
intégrée
:
k2
Ln( ) = - Ea .( 1 - 1 )
k1 R T2 T1
Svante
ARRHENIUS
1859-‐1927
Chimiste
suédois
prix
Nobel
de
chimie
en
1903
«
pour
les
services
rendus
à
l’avancement
de
la
chimie
par
sa
théorie
de
dissociation
des
électrolytes
»
Ea
=
énergie
d’activation,
indépendante
de
la
température
T
:
c’est
une
énergie
molaire
qui
s’exprime
en
kJ.mol-‐1.
Ea
est
positive
R
=
constante
des
gaz
parfaits
T
=
température
en
kelvin.
A
facteur
préexponentiel.
2.
Détermination
expérimentale
de
l’énergie
d’activation
Ea
On
détermine
la
valeur
de
k
dans
des
conditions
identiques
d’une
expérience
à
l’autre,
seule
la
température
variant
de
l’une
à
l’autre.
14
Si
l’on
a
plus
de
deux
valeurs
de
k
à
des
températures
différentes
:
1) On
réalise
un
série
de
mesures
rassemblant
k
=f(T)
2) On
linéarise
l’ensemble
des
résultats
expérimentaux
en
traçant
Ln(k)
=
f(1/T)
:
la
pente
de
la
droite
obtenue
est
égale
à
-‐Ea/R.
Si
l’on
n’a
que
deux
valeurs
de
la
constante
k
à
deux
températures
différentes
:
On
utilisera
la
forme
intégrée
de
la
loi
d’Arrhénius.
Application 4
La
constante
de
vitesse
de
la
réaction
2
N2O5(g)
→
4
NO2(g)
+
O2(g)
double
quand
on
passe
de
22,50°C
à
27,47°C.
Déterminer
l’énergie
d’activation
de
la
réaction.
Données
:
R
=
8,314
J.
K-‐1.mol-‐1
Solution
A
T1
=
22,50
+
273,15
=
295,65
K,
k1
=
k
A
T2
=
27,47
+
273,15
=
300,62
K
k2
=
2k
k2
Ln( ) = - Ea .( 1 - 1 )
k1 R T2 T1
Utilisons
:
Ln( 2k ) = - Ea .( 1 - 1 )
k 8,314 300,62 295,65
Ln(2) = - Ea .( 1 - 1 )
8,314 300,62 295,65
Réponse
:
Ea
=
103
056
J.mol-‐1
Ea
=
103,1
kJ.mol-‐1
Application
5
15
L’ion
Ni2+
forme
des
complexes
(composés
chimiques
généralement
colorés)
avec
l’ion
thiocyanate
SCN-‐
;
on
s’intéresse
à
un
équilibre
mettant
en
jeu
deux
complexes
:
Ni(SCN)+
+
SCN-‐
=
Ni(SCN)2
constante
de
vitesse
k
On
a
mesuré
la
constante
de
vitesse
k
à
plusieurs
températures
différentes
et
les
résultats
sont
rassemblés
dans
le
tableau
ci-‐dessous
:
T
en
°C
19,7
25
30
33,5
k
en
mol .L.s
0,66.10
-‐1 -‐1 5 1,40.10
5 2,21.10
5 3,32.105
1.
Déterminer
l’énergie
d’activation
de
cette
réaction,
soit
en
vous
effectuant
une
représentation
graphique,
soit
en
effectuant
une
régression
linéaire.
Calculer
également
la
valeur
du
facteur
préexponentiel
A.
Solution
1°)
T
en
°C
19,7
25
30
33,5
k
en
mol .L.s
0,66.105
-‐1 -‐1 1,40.105
2,21.105
3,32.105
T
en
K
292,7
298
303
306,5
16
Ln(k) = f(1/T)
13
12,8
Ln(k)
Linéaire (Ln(k))
12,6
12,4
y = -10289x + 46,294
R2 = 0,9932
12,2
Ln(k)
12
11,8
11,6
11,4
11,2
11
0,00324 0,00326 0,00328 0,0033 0,00332 0,00334 0,00336 0,00338 0,0034 0,00342 0,00344
1/T
La
droite
a
pour
équation
:
Lnk
=
-‐Ea/R.T
+LnA
=
-‐
10
289/T
+
46,294
D’où
:
Ea/R
=
10
289
Ea
=
10
289.R
=
85
542,7
J.mol-‐1
Ea
=
10
289.R
=
85
542,7
J.mol-‐1
Ea
=
10
289.R
=
85,54
kJ.mol-‐1
2°)
Utilisons
le
résultat
précédent
:
à
40+273
=
313
K
:
Lnk
=
-‐
10
289/313
+
46,294
Lnk
=
13,42
k
=
6,74.105
mol-‐1.L.s-‐1
Pour s’entraîner : Régression linéaire
Entrer
les
valeurs
suivantes
:
1/T
3,42.10-‐3
3,36.10-‐3
3,30.10-‐3
3,26.10-‐3
17
3.
Effets
de
la
température
;
exemples
en
chimie
et
dans
la
vie
courante
Pour
bloquer
cinétiquement
une
réaction,
on
peut
faire
subir
au
système
en
évolution
un
refroidissement
rapide.
La
vitesse
de
la
réaction
devient
alors
très
très
faible.
L’évolution
est
stoppée.
On
a
effectué
ce
que
l’on
appelle
une
trempe.
Au
laboratoire,
cette
trempe
consistera
à
rajouter
de
l’eau
glacée
(eau
+
glace
pilée)
au
prélèvement
effectué,
afin
de
stopper
l’évolution
du
système
à
l’instant
t.
La
conservation
des
éléments
dans
un
milieu
très
froid
ralentit
et
bloque
des
réactions
de
décomposition.
Dans
l’industrie,
le
contrôle
de
la
température
dans
un
réacteur
est
primordial.
Pour
la
synthèse
de
l’ammoniac
par
exemple,
la
température
doit
être
maintenue
voisine
de
450°C.
Les
contraintes
ne
sont
là
pas
uniquement
cinétiques
mais
aussi
thermodynamiques.
Application
6
La
notice
d’utilisation
d’une
colle
à
durcisseur
(colle
à
deux
composants
entre
lesquels
a
lieu
une
réaction)
indique
les
temps
de
durcissements
suivants
:
24
h
à
20°C
et
4
h
à
40°C
Quel
est
le
temps
de
durcissement
de
cette
colle
à
60°C
?
Solution
T1
=
273
+
20
=
293
K
et
T2
=
273
+
40
=
313
K
La
colle
sèche
6
fois
plus
vite
à
40°
qu’à
20°
:
toutes
choses
égales
par
ailleurs,
cela
signifie
que
k(40)
=
6
x
k(20)
Ainsi,
loi
d’Arrhénius
:
Ln(k(40)/k(20))
=
-‐
(Ea/R).(1/T2
–
1/T1)
Ln(k(40)/k(20))
=
-‐
(Ea/R).(1/T2
–
1/T1)
Ln(6)
=
-‐
(Ea/R).(1/T2
–
1/T1)
Ln(6)
=
-‐
(Ea/8,314).(1/313
–
1/293)
Ea
=
68
308
J.mol-‐1
Reprenons
la
loi
d’Arrhénius
en
utilisant
T3
=
60
+
273
=
333
K
:
Ln(k(60)/k(20))
=
-‐
(68
308/R).(1/333
–
1/293)
…/…
Ln(k(60)/k(20))
=
3,37
k(60)/k(20)
=
29
Il
faut
29
fois
moins
de
temps
pour
coller
la
pièce
à
60°
qu’il
n’en
faut
à
40°
Soit
:
(24x60)/29
=
49
min…et
19
s
!
18
III
-‐
Étude
de
quelques
réactions
d’ordre
simple
:
étude
du
facteur
cinétique
concentration
L’objet
de
la
cinétique
formelle
est
l’établissement
des
lois
de
vitesse
et
celle
des
relations
liant
les
concentrations
au
temps
t.
La
cinétique
formelle
s’appuie
sur
le
traitement
de
faits
expérimentaux.
On
s’intéresse
à
la
réaction
du
point
de
vue
macroscopique.
1.
Techniques
expérimentales
utilisées
Soit
la
réaction
schématique
A=B.
Expérimentalement,
le
plus
souvent,
l’on
mesure
une
grandeur
physique
Y
en
fonction
du
temps
;
ensuite,
il
faut
établir
la
relation
qui
lie
cette
grandeur
et
la
concentration
en
réactif
A.
Voici
quelques
exemples
de
suivis
de
réaction
par
des
méthodes
physiques
:
mesure
de
la
conductivité
σ
de
solution,
adaptée
lorsqu’il
y
a
des
variations
de
quantités
et
de
nature
des
ions
Voir
fiche
conductimétrie
distribuée
en
TP
mesure
du
pH
de
la
solution,
si
la
réaction
produit
ou
consomme
des
ions
OH-‐
ou
H3O+
mesure
de
la
pression
ou
du
volume
V
de
gaz,
si
un
dégagement
gazeux
a
lieu
Nous
utiliserons
l’équation
d’état
des
gaz
parfait
PV
=
nRT
MAIS
attention,
on
mesure
souvent
la
pression
TOTALE
alors
que
l’on
doit
déterminer
souvent
la
pression
PARTIELLE
d’un
réactif
:
comment
lier
les
deux
?
mesure
d’une
absorbance
par
suivi
spectrophotométrique
UV-‐visible,
si
une
substance
est
colorée
Voir
fiche
spectrophotométrie
distribuée
en
TP,
on
pense
à
la
loi
de
Beer-‐Lambert
mesure
du
pouvoir
rotatoire
d’une
solution,
si
une
substance
est
optiquement
active.
On
pense
à
la
loi
de
Biot
….Voir
exercices
et
travaux
pratiques
Ces
mesures
précédents
ont
l’avantage
de
peu
perturber
le
milieu
réactionnel
;
on
pourra
suivre
également
l’évolution
d’une
concentration
en
faisant
des
prélèvements
19
afin
de
doser
une
espèce
X
(prélèvement
–
trempe
pour
bloquer
l’évolution
à
l’instant
t
–
dosage)
:
c’est
une
méthode
chimique.
Après
l’acquisition
des
données,
il
faut
déterminer
l’ordre
de
la
réaction.
Les
méthodes
exposées
ci-‐après
le
permettent.
Dans
toutes
les
expériences,
la
température
T
est
constante.
2.
Méthode
différentielle
à partir des vitesses initiales du tableau ci-dessous : utiliser pour cela la méthode différentielle
appliquée aux vitesses initiales pour déterminer les ordres partiels a de la réaction par rapport à
NO et b par rapport à H2.
20
[H2]
/
mol.L-‐1
[NO]
/
mol.L-‐1
v0
/
mol.L-‐1.s-‐1
0.5
0.199
0.0425
0.5
0.375
0.156
0.361
0.5
0.200
0.256
0.5
0.137
0.184
0.5
0.099
21
3.
Méthode
intégrale
Dans
cette
méthode,
on
postule
un
ordre
u
et
on
intègre
l’équation
différentielle
:
Les
cas
fréquents
sont
les
cas
suivants
(les
seuls
au
programme)
:
u
=
0,1
ou
2.
∫ d ⎡⎣A ⎤⎦ = -α .k.∫ dt
qui
conduit
à
:
⎡⎣ A ⎤⎦ - ⎡⎣ A ⎤⎦ = -α .k.t
⎡⎣ A ⎤⎦ 0
0
0
22
A
B
Les concentrations de A et
de B sont des fonctions
affines du temps t
23
d ⎡⎣ A ⎤⎦
⎡⎣ A ⎤⎦ t
∫ ⎡A ⎤ = -α .k.∫ dt
⎣ ⎦
qui
conduit
à
:
Ln ⎡⎣ A ⎤⎦ - Ln ⎡⎣ A ⎤⎦ = -α .k.t
⎡⎣ A ⎤⎦ 0
0
soit
:
⎡A ⎤
Ln ⎣ ⎦ = -α .k.t
⎡A ⎤
⎣ ⎦0
3.2.3.
temps
de
demi-‐réaction
Noté
t1/2,
c’est
le
temps
t
au
bout
duquel
la
moitié
du
réactif
limitant
a
été
consommée
:
En
t
=
t1/2,
[A]
=
[A]0/2
:
⎡A ⎤ / 2
⎣ ⎦0
Ln = -α .k.t1/2
⎡A ⎤
⎣ ⎦0
1
Ln = -α .k.t1/2
t1/2 = Ln2
2 α.k
3.2.4.
unité
de
la
constante
de
vitesse
k
k
s’exprime
en
s-‐1
Réaction d’ordre 1
Application
8
Solution
24
t
/
heure
Ordre
1
Ordre
2
t
/
heure
[RBr]/mol.L-‐1
Ln([RBr]/[RBr]0)
1/[RBr]
-‐
1/[RBr]0
0
0,1
0
0
2
0,09
-‐0,1054
1,111
4
0,08
-‐0,2231
2,500
8
0,065
-‐0,4308
5,385
12
0,052
-‐0,6539
9,231
20
0,033
-‐1,1087
20,303
30
0,019
-‐1,6607
42,632
40
0,011
-‐2,2073
80,909
Traçons
Ln([RBr]/[RBr]0)
=
f(t)
en
utilisant
le
logiciel
Graphe2D
:
0.0554Y Fn 1
-0.432
-0.676
-0.920
X
-1.16
0 4.000 8.000 12.00 16.00 20.00
Equation
de
la
droite
de
régression
linéaire
:
Y
=
-‐0,0553x
+
0,0038
R2
=
1
Traçons
également
1/[RBr]
-‐
1/[RBr]0
=
f(t)
en
utilisant
le
logiciel
Graphe2D
:
25
Y Fn 1
67.2
49.4
La réaction est-elle d'ordre 2 ?
31.6
13.8
X
-4.05
0 8.00 16.0 24.0 32.0 40.0
Equation
de
la
droite
de
régression
linéaire
:
Y
=
1,8931x
-‐
7,1912
R2
=
0,923
26
Application
9
désintégration radioactive
Le
transformation
de
l’uranium-‐238
en
plomb-‐206
a
un
temps
de
demi-‐réaction
de
4,51.109
années.
Un
échantillon
de
sédiment
d’océan
contient
1,5
mg
d’uranium-‐238
et
0,460
mg
de
plomb-‐206.
Estimer
l’âge
du
sédiment
si
l’on
suppose
que
la
désintégration
radioactive
de
l’uranium
ne
donne
que
du
plomb-‐206
et
que
le
plomb-‐206
ne
se
transforme
pas.
Solution
A
t=0,
il
n'y
a
que
U
et
un
nombre
d'atomes
d'uranium
qui
est
noté
n(U,t=0).
A
t,
une
partie
de
ces
atomes
d'uranium
s'est
transformée
en
Pb
:
il
y
a
à
t
:
n(U,t)
atomes
d’uranium
et
n(Pb,t)
atomes
d’uranium
Au
total,
le
nombre
total
d'atomes
n'a
pas
changé
donc
:
n(U,t)
+
n(Pb,t)
=
n(U,t=0)
Et
d'après
la
loi
de
désintégration
radioactive
de
l'uranium,
on
peut
écrire
:
n(U,t)
=
n(U,t=0).exp(-‐k.t)
Avec
:
n(U,t)
=
1,50.10-‐3
/
238
et
n(U,t=0)
=
1,50.10-‐3
/
238
+
0,46.10-‐3
/
206
De
k
=
Ln2
/
t1/2,
passons
à
l'application
numérique
:
le
sédiment
est
âgé
de
1,97.109
années
A
propos
des
radionucléides
Approche L’actualité
chimique
n°
Juillet
2013
documentaire
27
Ou
Schéma
2
:
αA
+
βB
⎯⎯ →
γ C
et
à
t
=
0
:
[A]0
=
aa
et
[B]0
=
ba
(proportions
stoechiométriques)
1 d ⎡⎣ A ⎤⎦
[C]0
=
0
et
v= = k. ⎡⎣ A ⎤⎦ . ⎡⎣ B ⎤⎦
-α dt
3.3.2.
résolution
de
l’équation
différentielle
Limitons
nous
à
la
résolution
du
schéma
1
(on
ferait
la
même
chose
pour
le
schéma
2)
:
on
sépare
les
variables
:
d ⎡⎣ A ⎤⎦
2
= -α .k.dt
⎡A ⎤
⎣ ⎦
On
intègre
en
posant
bien
les
bornes
d’intégration
d ⎡⎣ A ⎤⎦
⎡⎣ A ⎤⎦ t
1 1
∫ ⎡ ⎤2 = -α .k.∫ dt
qui
conduit
à
:
⎡A ⎤ - ⎡A ⎤ = α .k.t
⎣A ⎦ ⎣ ⎦ ⎣ ⎦0
⎡⎣ A ⎤⎦ 0
0
28
Application
10
:
Oxydation
des
ions
Fer(II)
par
les
ions
Co(III).
A
298
K,
on
mélange
100
mL
d'une
solution
aqueuse
d'ions
cobalt(III)
Co3+,
de
concentration
initiale
1.10-‐3
mol.L-‐1
et
100
mL
d'une
solution
aque
use
d'ions
Fer(II)
Fe2+,
de
concentration
initiale
1.10-‐3
mol.L-‐1
.
On
étudie
dans
la
suite
la
réaction
d'oxydoréduction
suivante
:
Fe 2+ + Co3+ ⎯⎯ → Fe3+ + Co2+
Expérimentalement,
on
détermine
la
concentration
molaire
des
ions
Fe2+
à
différentes
dates
:
t
/
s
20
40
60
80
100
120
[Fe ]
/
2+
2,78.10-‐4
1,92.10-‐4
1,47.10-‐4
1,19.10-‐4
1,00.10-‐4
0,86.10-‐4
mol.L-‐1
1. Calculer
la
concentration
initiale
des
réactifs
dans
le
mélange.
2. Exprimer
la
vitesse
de
la
réaction
si
les
ordres
partiels
sont
un
par
rapport
à
chaque
réactif.
3. Montrer,
à
l'aide
d'une
construction
graphique
appropriée,
que
les
résultats
expérimentaux
sont
en
accord
avec
une
cinétique
global
d'ordre
2.
En
déduire,
à
partir
de
votre
tracé
ou
par
une
régression
linéaire,
la
valeur
de
la
constante
de
vitesse
k.
On
prendra
pour
échelle
:
1cm
en
abscisse
pour
10
secondes
2
cm
en
ordonnée
pour
1000
mol-‐1.L.
4.
Calculer
le
temps
de
demi-‐réaction.
Solution
1.
Les
concentrations
sont
divisées
par
deux
car
on
mélange
des
volumes
égaux
des
deux
mêmes
solutions.
Ainsi
:
[Co3+]
=
5.10-‐4
mol.L-‐1
et
[Fe2+]
=
5.10-‐4
mol.L-‐1
2.
v
=
k.
[Co3+].[Fe2+]
3.Montrer,
à
l'aide
d'une
construction
graphique
appropriée,
que
les
résultats
expérimentaux
sont
en
accord
avec
une
cinétique
global
d'ordre
2.
En
déduire,
à
partir
de
votre
tracé
ou
par
une
régression
linéaire,
la
valeur
de
la
constante
de
vitesse
k.
Par
définition
de
la
vitesse
volumique,
ou
spécifique
de
la
réaction,
alors
:
d ⎡⎣Fe2+ ⎤⎦ d ⎡⎣Fe2+ ⎤⎦
v=- = k. ⎡⎣Fe ⎤⎦ . ⎡⎣Co ⎤⎦
2+ 3+
- = k. ⎡⎣Fe2+ ⎤⎦ . ⎡⎣Co3+ ⎤⎦
dt
dt
Or,
à
chaque
instant,
[Co3+]
=
[Fe2+],
car
les
réactifs
ont
été
mélangés
en
proportions
stoechiométriques
initialement
;
ceci
permet
d’écrire
l’équation
différentielle
en
ne
faisant
apparaître
que
la
concentration
en
Fe2+
:
29
d ⎡⎣Fe2+ ⎤⎦ 2
- = k. ⎡⎣Fe2+ ⎤⎦
dt
On
sépare
les
variables
avant
d’intégrer
:
⎡Fe2+ ⎤
⎣ ⎦ d ⎡⎣Fe2+ ⎤⎦
- ∫ ⎡Fe2+ ⎤
= k.dt
⎡Fe2+ ⎤
⎣ ⎦0 ⎣ ⎦
1 1
- = k.t
⎡Fe ⎤ 2+
⎡Fe2+ ⎤
⎣ ⎦ ⎣ ⎦0
Traçons
la
courbe
1/[Fe2+]
en
fonction
du
temps
t
:
t
/
s
[Fe2+]
/
mol.L-‐1
1/[Fe2+]
0
5,00E-‐04
2,000E+03
20
2,78E-‐04
3,597E+03
40
1,92E-‐04
5,208E+03
60
1,47E-‐04
6,803E+03
80
1,19E-‐04
8,403E+03
100
1,00E-‐04
1,000E+04
120
8,60E-‐05
1,163E+04
1/[Fe2+] = f(t) est-elle une droite ?
y = 80,151x + 1996,6
R² = 0,99999
1,400E+04
1,200E+04
1,000E+04
8,000E+03
1/[Fe2+]
6,000E+03
1/[Fe2+]
4,000E+03
Linéaire (1/[Fe2+])
2,000E+03
0,000E+00
0 20 40 60 80 100 120 140
t/s
La
courbe
représentée
est
effectivement
une
droite,
et
les
résultats
sont
bien
en
accord
avec
une
réaction
d’ordre
global
égal
à
2.
30
La
constante
de
vitesse
k
s’identifie
à
la
pente
de
la
droite
:
k
=
80,15
mol-‐1.L.s-‐1
Le
temps
de
demi-‐réaction
de
la
réaction
est
le
temps
au
bout
duquel
la
moitié
du
réactif
limitant
a
disparu.
Ici
les
deux
réactifs
sont
introduits
en
proportions
stoechiométriques,
et
donc
aucun
n’est
limitant.
Le
temps
de
demi-‐réaction
correspond
donc
à
la
disparition
ici
de
la
moitié
de
l’un
des
deux
réactifs,
Fe2+
par
exemple.
Alors
:
1 1
- = k.t1/2
⎡Fe2+ ⎤ ⎡Fe2+ ⎤
⎣ ⎦0 ⎣ ⎦0
2
2 1 1
- = = k.t1/2
⎡Fe ⎤ ⎡Fe ⎤
2+ 2+
⎡Fe2+ ⎤
⎣ ⎦ ⎣ ⎦0 ⎣ ⎦0
1
t1/2 =
k. ⎡⎣Fe2+ ⎤⎦
0
A.N
:
t1/2
=
1/(80,15
x
5.10-‐4)
=
24,95
s
=
24
s
57’
=
25
s
En
résumé
:
Pour
vérifier
qu’une
réaction
schématisée
A=B
est
d’ordre
1,
on
trace
Ln
[A]
(ou
Ln([A]/[A]0)
en
fonction
du
temps
afin
de
vérifier
que
Ln
[A]
est
une
fonction
affine
du
temps
:
on
doit
obtenir
une
droite,
dont
la
pente
est
égale
à
–k.
Pour
vérifier
qu’une
réaction
schématisée
A=B
est
d’ordre
2,
on
trace
1/[A]
(ou
1/[A]
-‐
1/[A]0)
en
fonction
du
temps
afin
de
vérifier
que
1/[A]
est
une
fonction
affine
du
temps
:
on
doit
obtenir
une
droite,
dont
la
pente
est
égale
à
+k.
Pour
une
réaction
schématisée
A=B
d’ordre
2,
le
temps
de
demi-‐réaction
dépend
de
la
concentration
initiale
[A]0
:
t1/2
=
1
/
k[A]0
Exemples
de
résolutions
d'équations
différentielles
avec
le
logiciel
MAPLE
et
de
tracés
de
courbes
[A]
=
f(t)
:
31
Réaction
d'ordre
1
:
A B
Ln
[A]
est
une
fonction
affine
décroissante
du
temps
t
Réaction
d'ordre
2
:
A B
1/[A]
est
une
fonction
affine
croissante
dutemps
t
Rem
:
dans
les
applications
numériques,
alpha
et
k
sont
prises
égales
à
1
arbitrairement.
32
4.
Détermination
des
ordres
partiels
:
méthode
de
la
dégénérescence
de
l’ordre,
ou
méthode
d’isolement
d’Ostwald
Wilhlem
OSTWALD
Chimiste
allemand
1853
-‐
1932
La
méthode
de
la
dégénérescence
de
l’ordre
consiste
à
utiliser
un
des
réactifs
A
en
très
large
excès,
afin
de
pouvoir
considérer
que
sa
concentration
reste
constante
tout
au
long
de
l’étude
cinétique.
Dans
ce
cas
:
v
=
k[A]p[B]q
devient
v
=
k[A]p0[B]q
=
kapp[B]q
L’ordre
de
la
réaction
a
diminué
:
il
y
a
dégénérescence
de
l’ordre.
L’ordre
q
est
déterminé
par
les
méthodes
précédentes.
Plusieurs
expériences
permettent
d’étudier
kapp
=
f([A])
et
d’en
déduire
alors
l’ordre
partiel
de
la
réaction
par
rapport
à
A..
Cette
méthode
d’isolement
d’Ostwald
s’appelle
aussi
la
méthode
de
la
dégénérescence
de
l’ordre
:
Application
10
33
On
note
dans
cette
partie
«
EDTA
»
l'acide
éthylènediaminetétraacétique.
Les
ions
Cu2+ forment
un
composé
coloré
Cu(dien)2+ (un
«
complexe
»)
avec
la
diéthylènetriamine
(notée
dien,
et
dont
la
formule
est
aussi
précisée
en
fin
d’exercice).
On
se
propose
d'étudier
la
vitesse
de
la
réaction
:
Cu(dien)2+ +
EDTA
→
CuY2-‐ +
dien
Cette
réaction
est
totale.
Rem
:
l’écriture
simplifiée
de
la
réaction
justifie
la
différence
de
charge
apparente.
Le
tableau
suivant
résume
les
conditions
expérimentales
et
les
résultats
d'une
mesure
de
la
concentration
C
en
Cu(dien)2+ au
cours
du
temps
dans
les
conditions
suivantes
:
θ
=
25°C
pH
=
4,0
maintenu
constant
concentrations
initiales
:
[Cu(dien)2+]0
=
2,00.10-‐3 mol.L-‐1
[EDTA]0
=
6,00.10-‐2 mol.L-‐1.
t
(s)
10
20
30
40
50
C
(mol.L-‐1)
1,50.10-‐3
1,10.10-‐3
0,80.10-‐3
0,60.10-‐3
0,43.10-‐3
1. Donner
l'expression
de
la
vitesse
de
la
réaction,
en
supposant
qu'elle
admet
un
ordre
α
par
rapport
à
Cu(dien)2+ et
β
par
rapport
à
EDTA.
2. Montrer
sans
calcul
que
les
conditions
initiales
choisies
permettront
de
déterminer
l'un
des
ordres
partiels.
En
déduire
l'expression
de
la
constante
apparente
de
vitesse
kapp.
3. Déterminer
graphiquement,
en
utilisant
le
papier
millimétré
fourni,
l'ordre
partiel
de
la
réaction
par
rapport
à
Cu(dien)2+
?
La
démarche
sera
clairement
justifiée.
On
pourra
utiliser
le
tableau
ci-‐dessous
pour
tracer
la
courbe
adéquate.
C
-‐3 -‐3 -‐3 -‐3 -‐3
(mol.L-‐1)
1,50.10
1,10.10
0,80.10
0,60.10
0,43.10
1/C
2 2 3 3 3
(mol-‐1.L)
6,67.10
9,09.10
1,25.10
1,67.10
2,33.10
C²
-‐6 -‐6 -‐7 -‐7 -‐7
(mol2.L-‐2)
2,25.10
1,21.10
6,40.10
3,60.10
1,85.10
Ln
C
-‐
6,50
-‐
6,81
-‐7,13
-‐
7,42
-‐
7,75
4. Calculer
la
constante
apparente
de
vitesse
kapp
et
déterminer
le
temps
de
demi-‐
réaction
t1/2.
5. Des
mesures
analogues
ont
conduit
aux
résultats
suivants
:
[EDTA]0
(mol.L-‐1)
0,01
0,02
0,04
t1/2
(s)
138
70
35
En
déduire
l'ordre
partiel
de
la
réaction
par
rapport
à
l'EDTA.
Solution
1.
Dans
ce
cas
:
v
=
k.[
Cu(dien)2+]a.[
EDTA]
b.
34
2.
Il
faut
remarquer
que
:
[
EDTA]0
[
Cu(dien)2+]0
:
il
y
a
une
dégénérescence
de
l’ordre.
Par
conséquent,
on
peut
considérer
que,
au
cours
de
la
réaction
alors
:
[
EDTA]
=
cste
=
[
EDTA]0.
Dans
ce
cas
:
v
=
k.[
Cu(dien)2+]a.[
EDTA]
b
=
k.[
Cu(dien)2+]a.[
EDTA]0
b
Dans
ce
cas
:
v
=
k.
[
EDTA]0
b.[
Cu(dien)2+]a
=
kapp.
[
Cu(dien)2+]a
Expression
dans
laquelle
:
kapp
=
k.
[
EDTA]0
b.
C
-‐3 -‐3 -‐3 -‐3 -‐3
(mol.L-‐1)
1,50.10
1,10.10
0,80.10
0,60.10
0,43.10
1/C
2 2 3 3 3
(mol-‐1.L)
6,67.10
9,09.10
1,25.10
1,67.10
2,33.10
C²
-‐6 -‐6 -‐7 -‐7 -‐7
(mol2.L-‐2)
2,25.10
1,21.10
6,40.10
3,60.10
1,85.10
Ln
C
-‐
6,50
-‐
6,81
-‐7,13
-‐
7,42
-‐
7,75
3.
Faisons
l’hypothèse
d’un
ordre
partiel
égal
à
1
par
rapport
à
Cu(dien)2+
:
il
faut
résoudre
:
v
=
kapp.[
Cu(dien)2+]
=
-‐
d[
Cu(dien)2+]/dt
Séparons
les
variables
:
d[
Cu(dien)2+]/.[
Cu(dien)2+]
=
-‐
kapp.dt
Qui
par
intégration
entre
l’instant
initial
et
l’instant
conduit
à
:
Ln([
Cu(dien)2+]/[
Cu(dien)2+]0)
=
-‐
kapp.t
Soit
:
Ln(C/C0)
=
-‐
kapp.t
Ln(C)
=
Ln(C0)
-‐
kapp.t
Traçons
la
courbe
correspondante
:
35
La réaction est-elle d'ordre 1 ? y = -0,0308x - 6,2
R2 = 0,9997
0
-1 0 10 20 30 40 50 60
-2
-3 Ln( C)
Linéaire (Ln( C))
-4
Ln(C)
-5
-6
-7
-8
-9
t
C’est
bien
une
droite
:
L’ordre
partiel
a
de
la
réaction
par
rapport
à
Cu(dien)2+
vaut
bien
1.
La
constante
de
vitesse
apparente
est
égale
à
:
kapp
=
0,0308
s-‐1.
Soit
:
kapp
=
3,1.10-‐2
s-‐1.
4. La
constante
de
vitesse
apparente
est
égale
à
:
kapp
=
0,031
s-‐1.
C’est
une
réaction
d’ordre
1
:
t1/2
=
Ln2
/
kapp
=
Ln2
/
0,031
=
22,36
s
5.
C’est
une
réaction
d’ordre
1
:
t1/2
=
Ln2
/
kapp
=
Ln2
/
(k.[
EDTA]0
b)
Ln(t1/2)
=
Ln[Ln2
/
(k.[
EDTA]0
b)]
=
Ln(Ln2)
–
Lnk
–
Ln([
EDTA]0
b)
Ln(t1/2)
=
Ln(Ln2)
–
Lnk
–
b.
Ln([
EDTA]0)
Traçons
Ln(t1/2)
=
f{Ln([
EDTA]0)}
:
c’est
une
droite
de
coefficient
directeur
–b
:
36
Lnt1/2 ordre partiel béta ? y = -0,9896x + 0,3723
Linéaire (Lnt1/2) R2 = 1
6,00
5,00
4,00
Ln(C)
3,00
2,00
1,00
0,00
-5,00 -4,00 -3,00 -2,00 -1,00 0,00
t
– b
=
-‐
0,9896
:
Conclusion
:
l’ordre
partiel
b
vaut
1.
IV
Conclusion
Dans
le
prochain
chapitre,
nous
étudierons
toujours
l’évolution
temporelle
d’un
système
chimique
mais
en
regardant
cette
fois
comment
la
transformation
se
déroule
à
l’échelle
atomique
:
la
réaction
qui
décrit
la
transformation
reflète-‐t-‐elle
bien
ce
qui
se
passe
à
l’échelle
des
molécules
?
Ou
ce
bilan
macroscopique
ne
traduit-‐il
qu’un
bilan
global
d’une
succession
de
réactions
qui
ont
lieu
à
l’échelle
moléculaire
?
Nous
en
apprendrons
davantage
lors
de
chapitre
consacré
à
l’étude
des
mécanismes
réactionnels.
37