ESPACEINFO25
ESPACEINFO25
19 8 3 No 25
(Deuxrème éditron, mai 1986)
Éditorial
La gravitation universelle... Concept
insolite dont I'histoire est en elle-
même passionnante puisqu'y sont
associés certains des grands noms
qui ont marqué la science occidentale.
Théorie féconde, surtout, qui per-
met de rendre compte, entre autres,
de la chute des corps sur Terre ainsi
que du mouvement des planètes, des La chuteversle sol de la plupartdesobjetsabandonnés à eux-mêmes au voisinage
satellites artif iciels et des sondes C'est d'ailleursun phénomène
de la Terre est un fait d'expérience. qui se manifeste
spatiales... depuistoujours,et quotidiennement, aux [Link] coursdessiècles,de multiples
Mais, grâce à Einstein, la gravita- hypothèsesont été ayancéespour tenter de rendrecompte,d'une façon satisfaisante,
tion c'est aussi la clef pour compten- des phénomènes observables. Elles ont conduit leurs auteursà nousproposerune
dre l'état d'impesanteur, phénomène nouvelleconceptionde l'univers...(*).
mal connu, aux conséquences éton-
nantes tant sur le plan pratigue (pour
les cosmonautes) que scientifique : ce
sera d'ailleurs le thème de notre pro- Comme elles se sont imposées,nous
chain numéro. Le tt bOn g,en5 t) e x a m i n e r o n sd o n c l e sc o n c e p t i o n sa r i s -
t o t é l i c i e n n es u r l e s u j e t q u i n o u s i n t é -
des Anciens resse ici, la chute des corps.
Pour les Anciens, si certains objets
Quelques siècles avant l'ère sont lourds et d'autres légers, c'est
Dans ce numéro chrétienne,la civilisation grecquea vu
naître bon nombre dessavantset ohilo-
q u ' i l s r e n f e r m e u te. l l p r o p o r t i o n sv a r i a -
bles, les . quatre éléments" (terre,eau,
s o p h e sq u i o n t b â t i l e sf o n d e m e n t id e l a air. feu) : la telre est " naturellement"
Les dossiers scienceantique. Mais cette époque est lourde, le feu " naturellement" léger,
dominée par la penséed'Aristote (envi- I'air et I'eau occupant des positions
o D e l a p e s a n t e u àr l a ron 384-322 avant J.-C.), disciple de interrnédiaires.
gravitation Platon et précepteul d'Alexandre le
Grand, penséequi a connu un rayonne- Le mouvement naturel d'un objet
terrestre'?C'est le mouvementvertical,
Actualité astronautique ment considérabledans tout ['Occident
selon la ligne droite allant de I'observa-
pendant près de... deux mille ans !
o Sarsat,/Cospas, teur au centre de la Terre. Il est dirigé
IRAS. etc. vers le haut si I'objet est léger, vers le
(') Voir note en page 2 bas s'il est lourd.
Calendrier de l'espace
o Du 6 juillet
au 30 octobre 1 982 34
N' 2 5 , J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 1
De la pesanteur à la gravitation
Pour Aristote, le mouvementde chute Située au centre du monde(l) et monde sublunaire,la Terre et sesenvi-
est dautant plus rapide que I'objet est entouréede cescorps incorruptibies,la rons immédiats,d'autre part, le monde
plus lourd (un bloc de pierre devant, Terre - de nature différente - est elle- sidéral i deux mondes différents ayant
selon lui, tomber plus vite qu'une pièce même immobile (aucun déplacement des lois physiques différentes.
de monnaie). L'influence de la forme de dans I'espace,aucune rotation sur elle-
I'objet sur cette vitesseet I'existencede même). Elle est unique dans I'univers, Voilà, sommairement présentées,
la résistancede I'air sont reconnues. c'est le berceaude I'humanité. quelques-unesdes évidencesreconnues
par les Anciens et qui allaient être
Selon les Anciens, un corps qui tombe considéréescomme vraieset enseignées
va de plus en plus vite. La raison ? Parce Aux yeux des Anciens, la distinction dans toutes les universitésoccidentales
qu'il doit gagner le plus vite possible est donc très nette entre, d'une part, le au moins jusqu'au XVII" siècle.
son lieu naturel.
Pourquoi les corps lourds tombent-
ils ? Parce qu'ils sont poussés par le
. désir de rejoindre leur lieu naturel, Galilée, ses exlÉrlences et ses obseruations
"
de s'unir spontanémentà la chosesem-
blable. Cette tendance naturelle des
corps pesants à la chute (ce qu'on Né à Pise en 1564,Galilée consacra t e m p s e n t r e I ' e n s e i g n e m e n t , l a
appellera plus tard la pesanteur) esT sa vie aux mathématiques,à la physi- recherche,des travaux d'ingénieuret la
que'et à I'astronomie partageant son rédaction de plusieurs traités.
alors considérée comme une propriété
,de la matière.
Comment les Anciens interprètent-ils
Ies autres trajectoires, cellesqui ne sont
pas verticales (par exemple, celle d'un
projectile ou d'une pierre lancée en
I'air,...)? Pour eux, ellesrésultentd'un
mouvement .violent' contraire à la
nature de I'objet. Mais, tôt ou tard,
I'objet retrouvera son mouvement
naturel cherchant à reprendre sa place
naturelle...
Dans le ciel défilent les corps célestes
(étoiles fixes et étoiles errantes - les
planètes-, le Soleil et la Lune) consti-
tués - affirment les Anciens - d'un
cinquième élément, l'éther. C'est une
substanceimmuable, . incorruptible o
disent-ils,contrairement aux quatre élé-
ments terrestres susceptibles de subir
des changements.
Sur Terre, les choses naissent, se
transforment et meurent. Dans les
cieux, par contre, rien ne change: tout
est parfait et éternel.
Le mouvement naturel d'un corps
céleste? C'est le mouvement circulaire
uniforme qui évoque la perfection et la
perpétuité. Un peu plus tard, au II" siè-
cle de notre ère, dans son système du
monde. I'astronome Ptoléméeessaiera
de rendre compte du mouvement réel
des corps célestesen faisant intervenir
des combinaisons de mouvements
circulaires.
( * ) P o u r l e l e c t e u rq u i s o u h a i t e r a iet n s a v o i rp l u s
s u r l e s u i e t ,n o u sa v o n si n d i q u ée n p a g e2 4 q u e l q u e s
articleset quelquesouvrages: de quatre d'entreeux,
repérés par un numéro de référence,sont extraites
les citations reproduites D'autres références,
c o n c e r n a n td e s p o i n t s p l u s p r é c i s ,d ' i n t é r ê tm o i n s
g é n é r a l ,s o n t c i t é e s e n c o u r s d ' a r t i c l e .N a t u r e l l e -
m e n t l e l e c t e u rt i r e r a t o u t p r o f i t à c o n s u l t e ré g a l e -
m e n t d i v e r s m a n u e l ss c o l a i r e se t u n i v e r s i t a i r ees t
l e s e n c y c l o p é d i edse s o n c h o i x
A en croire cefteqrauure d'inspiration romantique,c'est à un LÉritÂbleemDrtsonnementqu'aurait
été condamné Gâlilée,le lîjuin 1633,au termede son procè[Link] réatitij,tl fut renw11é'danssa
( 1 ) E n r é a l i t éd, a n sl e s v s t è m ed e P t o l é m é el e c e n -
maison d'Arcetrt, près de FIorence,où il resta assigrrc'à Ésidence jusqu'à sa moft
ûe des défércnts ne coincide pas avec celui de la A noter,surle pilier, la représentationschématiquedu sgstèmehéliocentriquequ'on lui reprochait
Terre. de propager ('Documenf8.N., Galiléed'aprèsJ. Laurent et Deveria,1825).
2 _ E S P A CIE O.N2 5 . J U I N1 9 8 3
N F O R M A T IN
De la pesanteur à lu gravitation
A Pise,en présence de Jean de Médicis, Calilée renouuelLe ses expértences sur Ia chute des corps au mogen de boules et d.'un plan inclinée. Calilée
est au ceÂffe, parml ses elèues et disciples (Peinture murale du musée de physique et d'histoire naturelle de Florence, exécutée par C. Bezzuoli,au
XX" siècle; document Alinari).
Son æuvro est considérableet son divers objets de masseet de forme diffé- reusementvérifié[Link] trentained'an-
cheminement intellectuel passionnant; rentesdepuisle sommetd'une tour [4]), néesplus tard, réalisantdesexpériences
quant à son existence,elle connut une et, plus tard, I'utilisation de plans incli- sous vide, R. Boyle prouvera qu'il en
fin dramatique et humiliante suffisam- nés pour ralentir la chute des billes est vraiment ainsi. (Et en l9l l, à la sur-
ment célèbre(2) pour qu'on s'abstienne I'amènent(5) à énoncer les lois de lq face de la Lune, corps célestedépourvu
d'y revenir (le procès de 1633 le chute des corps(6), résultats qui vont à d'atmosphère, I'astronaute Scott se
condamneà la résidencesurveilléejus- I'encontredes principeset despostulats livrera à une expériencedu mêmetype :
qu'à la fin de ses jours; il s'éteint en des [Link] un repèrelié il laissera tomber un marteau et unre
1642\. à l'écorceterrestre,ceslois peuventêtre plume d'oiseauqui gagnerontle sol à la
expriméesde la façon suivante: même vitesse.)
Dans le cadre de cet article sur la
chute des corps, nous verrons d'abord o tous les corps tombent avec la même o les espacesparcourus par un corps en
en lui le fondateur de la dynamique accélérationquel que soit leur poids. chute libre sont proportionnels au carré
moderne (science du mouvement des Selon Galilée. les écarts constatésau des temps correspondants. C'est la /ol
corps considérédans sesrapports avec cours des expériences sont imputablesà des espacesqu'on exprime aujourd'hui
les forces qui en sont les causes). la seule résistance de I'air. Faisant par la relation i e : I/2 gt2 dans
p r e u v e d ' u n e f o r t e p e r s p i c a c i t é , i l laquelle e est la distanceparcourue,8.
e s t i m eq u e d a n sl e v i d e ( d o n t I ' e x i s t e n c e I'accélération de la pesanteur et I la
Rebuté par la médiocrité de I'ensei- resterahypothétiquejusqu'au milieu du durée de chute.(On supposeque pour t
gnementde son époque,il se singularise XVII" siècle)cetteloi devrait être rigou- : 0 , o n â V o: 0 e t e . : 0 . ) O n d i t d ' u n
en accordant une large place, dans ses tel mouvement ou'il est uniformément
rechercheset réflexions,aux faits et au accéléré.
monde de I'expérience: il évalue des
Volr L'Affaire Galilée, Pour la science, octobre
temps,déterminedes poids, mesuredes 19 8 2 , p p . 6 8 - 7 9 . A j o u t o n s q u ' e n 1 9 7 9 l e p a p e J e a n - o la vitesse d'un corps en chute libre
l2l
NO2 5 - J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 3
De la pesanteur à Is gravitation
Et s'il ne découvrepas la causede la Comment Galilée [Link] tmjectoire des une uitesse de 15 m/s, depuis un remparL (L9
pesanteur,il n'en met pas moins en évi- projectiles? mouvement est rapporté à.un repère terrestre R
dencel' < usage" particulièrementsim- Pour le comprendre, considérons I'exemple supposé, galiléen ei la résistanèe de I'air est
ple de la nature dans le mouvement d'un bouletde canon ttrc horizontalementauec neglrgee.)
vertical des corps lancésvers le bas ou Si I'attraction terrestre n'existait oas. Ie boulet
vers le haut: une sccélérationconstsnte. àurait un mouuement horizontal. rectiltane et
uniforme: en une seconde il seiraiten"A, en
Quant à la fameuseloi de I'inertie(7), deux secondes en B, etc.
les historiens ne s'accordent euère:
p o u r l e s u n s , G a l i l é ee n s e r a i tl { n v e n - Si Le boulet quittait Ie canon sans u[tesse ini'
teur, pour les autres,il n'aurait fait que tiale, soumts à t'attraction terrestre iI serait en
chute libre. Son mouuement serait [Link], recti-
I'approcher sans l'énoncer véritable- l[one et uniformément accéléré: en une
ment (à Newton revenantI'honneur de séconde iI serait en a, en deux secondes enb,
la formuler dans sa conceptionla plus etc.
large, en laissant place à un univers
Galilée démontre que la tr4jectoire théorique du
infini que semblait refuser Galilée). boulet est une parabole qui resulte de la combt
Avec, semble-t-il,juste raison, certains naison des deux mouuements pnécédemment
auteurs (cf. Réf. 2) précisentque Gali- euoques.
lée n'aurait fait appel à un principe
Autrement dit, dans La première seconde qui
d'inertie que dans le cas particulier du sull son ëjection le boulet progresse horizontale'
mouvement circulaire (corps en rota- ment de 15m et, simultanément" descend de
tion) et celui d'un mouvementrectiligne 5m. Pendant La seconde suiuante, il progresse
limité (corpspesants)sansqu'une géné- horizontalement de 15m et descend d.e 15m,
etc. (Document EI - Boltana/Reilles).
ralisation permette d'englober tous les
cas.
* Pour la connaissancede la trajec-
toire des projectiles,I'apport de Galilée
est tout aussi important. Il réussit à
d',
a!-
È:==:+
t
È:=,- 3+ È=5' È=--j;
Pourquoi Galilée entreprit-il ces Cet autre exemple ua nous seruir à souligner I'importance du repère utilisé pour I'analgse de Ia
recherches sur la chute des corps ? En tr4jectoire d' un projecttle.
Solt un auion dont on suppose la masse et Ia uitesse constantes. (On néglige la résistance cle
copernicien(9) convaincu, il voulait I'air.) Au-dessus de A, il largue une bombe et continue son uoL.
résoudre le problème de la chute des [Link] de ce projectile sera anelgué, d'yne part dans un repère (R), terrestre et suppoæ.
corps dans I'hypothèse d'une Terre en galiléen, d'autre paft dans un repère (R'), lié à I'auion et lui aussi galiléen.
mouvementautour du Soleil. Pour un obseruateur ten'estre, fixe par rapport à (R), le projecttle ua décrire laparabole a - b - c -
Pour un obseruateur passager de L'auion, immobtle par rapport à(R'), Ie projecttle ua demeurer à la
uefticale de I'auion et décrire une droite.
(7) Par inertie, on désigne la résistance naturelle Parabole dans un cas, drotte dans l'autre: aucune des deuxtr4jectolres n'estplus,,uraie, que
des corps à toule modification de leur état de repos I'autre, c'est stmplement une question de repère (Document EI"- Boltana/Reilles).
ou de mouvement, Si un corps est au repos,il tend à
le rester; s'rl est en mouvement, il tend à le rester
Si, comme I'affirmaient Copernic... le sol - devraient svstématiquement
(8) Les propriétés des sect/ons coniques (obte- et d'autres, la Terre se déplaceautour être distancéset se reirouver lôin der-
nues par I'intersection de plans coupant sous
diverses inclinaisons un cône droit, à savoir ellipse,
du Soleil en même temps qu'elle tourne rière la Terre...
p a r a b o l e e t h y p e r b o l e )o n t é t é d é c r i t e s p a r l e m a t h é - sur elle-même, comment expliquer
maticien grec Apollonios de Perga (vers 262-280 av qu'un corps tombe verticalementversle
J -C ) Avec Gâlilée, c'est la première fois que l'une
Et sestravaux sur la combinaisondes
d'entre elles intervient à propos de l'étude d'un phé- sol ? (Exactement comme si la Terre mouvementslui permettent de trouver
nomène naturel Après lui, Kepler et Newlon iront était... " immobile " dans I'espace!) Et u n e e x p l i c a t i o n: p r e n a n t I ' e x e m p l e
dans la mème voie
comment répliquer aux argumentsdês d'une pierre lâchéedu sommet du mât
(9,Disciples de l'astronome polonais N. Copernic
partisansdes Anciens selon lesquelsla d'un navire, il affirme qu'elle tombera
_
i.l413-1543), les coperniciens étaient partisans du Terre ne pouvait qu'être immobile car, toujours au pied du mât, que le navire
syslème héliocentrique: le Soletl est au centre de dans le cas contraire, les nuages qui soit immobile ou en mouvement...Par-
I univers tandis que les planètes sont animées d'un
double mouvement; elles tournenl, d'une part, sur flottent dans I'air et les oisea-uxqui tant de là, il est facile de transposer et
elles-mèmes, d'autre part, autour du Soleil. quittent leur branche- sansliens avec d'assimiler la Terre à un navire. etc.
4 - , E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 - J U I N I 9 8 3
De la pesanteur à lu gravitation
Malheureusementpour Galilée, ce toutefois tenter d'en expliquer les rai- tantes(découvertedu relief de la Lune,
n'est pas la preuve(10) du mouvement sons. (Il n'accepterajamais I'idée des des quatre gros satellitesde Jupiter, des
de la Terre. Ses expériencesmontreut orbites elliptiquesde Kepler aveclequel phases de Vénus, des taches et de la
seulementque les lôis de Ia chute des il entretenaitune correspondance et qui r o t a t i o n d u S o l e i l , . . . )e t l e u r s c o n s é -
corps - telles qu'il les a établies - lui avait adressédes exemolairesde ses quences - fondamentales- allaient
s'accommodentfort bien d'une Terre l i v r e s . )I l p o s e u n p r i n c i p e d ' . i n e r t i e é t a y e r l e s y s t è m ec o p e r n i c i e nd u
en mouvement...mais qu'ellesne I'exi- circulaire' selonlequel. un objet lancé monde : les corps célestesn'ont pas la
gent pas ! sur un chemin circulaire continue le perfection imaginéepar les Anciens et
chemin en cercle,à vitesseconstanteet certains ressemblentmême à la Terre
* Autre grand domaine où s'illustre pour toujours, sauf s'il subit I'action (la Lune et ses montagnes,par exem-
Galilée, I'[Link] du sys- d'une force extérieure ', (Réf. 2, p. 122). ple), le Soleil ne peut se trouver qu'au
tème proposé par Copernic au milieu Il allait appartenir à Newton de donner centre du monde. etc.
du XVI" siècle,il est attachéaux mou- une formulation exactede ce principeet
vements circulaires des olanètes sans de fonder une véritable mécanique " Galilée n'a pas réellementexpliqué
céleste. comment la Terre pouvait se mouvoir,
mais il a réussià montrer pourquoi des
(1O) Ses expériences ne lui apporteront d'ailleurs
Le perfectionnementqu'il apporte, expériencesfaites sur la Terre, telles
jamais cette preuve tant attendue. La seule preuve dès 1609, à la lunette astronomiquele que celles sur la chute des corps
qu'il pensait détentr, sa théorie du flux et du reflux conduit à être I'un despremiershommes pesants, ne pouvaient ni prouver ni
de la mer, était erronée ll faudra attendre 1851 et
l ' e x p é r r e n c ed e F o u c a u l t , à P a r i s , p o u r p r o u v e r e x p é - à découvrir les cieux aitrement qu'à l'æit infirmer le mouvement de la Terre. ,
rimentalement la rotation de la Terre sur elle-même. nu. Ses observationssont très imoor- (Réf. 2, p. t25).
Très tôt initié à I'astronomie sous Trois lois (12) vont naîtredestravaux Le . moteur " de ces mouvements
I'influence d'un maître remarquable d e K e p l e r : elliptiques? Pour Kepler, c'est dans le
(Maestlin), I'Allemand Johannes Soleil, centre de notre systèmeplané-
o 1'" loi I'orbite de chaqae planète est
Kepler (1571-1630)se rallie rapidement une taire, qu'il doit résider. Un peu à
ellipse dont le Soleil occupeunfoyer.
aux conceptions de Copernic, proba- Cette loi fut I'image de la chaleur ou de la lumière
établie en 1605 avec des
blementdès [Link] 1600il est admis à donnéesrelatives Mars qui en émane,il envisageune < vertu >
à et publiée en
traVailler à Prague aux côtés de I'astro- 1 6 0 9 : magnétiqueou pseudo-magnétique ( I 3)
n o m e d a n o i sT y c h o B r a h é ( 1 5 4 6 - 1 6 0 1 ) qui expliquerait pourquoi les planètes
dont il va utiliser les très nombreux o 2" loi z les surfoces balayées pendant se soumettentà seslois. Toutefois cette
r é s u l t a t s d ' o b s e r v a t i o n s( l l ) , f a i t e s des temps égaux par le rayon vecteuy < vertu ' ne serait < pas attractive,mais
depuis une vingtaine d'années, pour Soleil/planète sont égales. C'est la loi seûlementpromouvante,s'exerçantà la
tenter d'établir la véritablestructurede des aires, en fait découverte la pre- manière d'un bras poussant la pla-
I'univers. mière, en 1602,en étudiant I'orbite de n è t e" . ( R é f . 4 , p . 8 ) S e l o n K e p l e r , e l l e
la Terre mais également publiée en ne s'exerceraitque dans le plan de I'or-
Sur Ies conseils de Tycho Brahé, t 6 0 9 ; b i t e e t s o n i n t e n s i t év a r i e r a i te n r a i s o n
Kepler décide de s'appuyer sur les o 3" foi : pour chaqueplanète du système inverse de la distance (loi en l/r).
résultats des observations et de les solaire, il y a proportionnalité entre le
confronter à la théorie, ou plutôt aux carré de la période (temps nécessaireà Dans son ouvrage paru en 1609,.
théories. Ce qui va le conduire à des la planètepour parcourir une orbite) er Astronomie nouvelle,Kepler évoque
conclusions inattendues dont ne oeu- le cube du demi-grand axe de l'orbite. I'attraction mutuelle qu'il ne croit pos-
vent rendre compte ni le systèmé de C ' e s tl a l o i d ' h a r m o n i eé n o n c é ee n 1 6 1 8 sible qu'. entre corps apparentés,
Ptoléméeni celui de Cooernic ni celui qui semblebien impliquer < que le soleil c o m m e l a T e r r e e t l a L u n e ,e t n o n e n t r e
de Tycho Brahé. fournit la force qui louverne les pla- l a T e r r e e t l e s p l a n è t e sn o n p l u s q u ' e n -
nèteset les fait se mouvoir comme elles t r e l e S o l e i l e t l e s p l a n è t e s . .".. ( R é f . 1 , ,
En effet, la nécessitéà laquelle il l e f o n t ' , . ( R é f .2 , p . l 4 l ) p.294) Il n'ira pas plus loin en ce
aboutit est... d'abandonner les trajec- domaine.
toires circulaires(retenuespar tous ses Pour la première fois, les mouve-
Il n'est pas difficile d'imaginer que
prédécesseurs, sansexception)pour Ies ments planétaires satisfont à des lois Ies découvertesde Kepler durent paraî-
remplacer par des orbites elliptiques... 4athématiques. Si elles ne fusionnent t r e i n a c c e p t a b l eàs s e sc o n t e m p o r a i n s .
pas encore, la physique céleste et la
pour [a raison majeure qu'elles por-
C'était là une proposition dont nous physique terrestre tendent I'une vers t a i e n t a t t e i n t ea u x m o u v e m e n t sc i r c u -
réalisons difficilement la hardiesse l'âutre... l a i r e sa d m i sp a r t o u s .d e sa r i s t o t é l i c i e n s
aujourd'hui': pour la première fois, on aux coperniciens, Galilée inclus. Au
osait rompre avec l'hypothèse deux fois s u r p l u s ,s e s é c r i t s é t a i e n t c o n f u s ( 1 4 ) ,
millénsire du mouvement circulaire ! (12) Ces lois sont énoncées en considérant les
mouvements rapportés soit au repère de Copernic
(l'origineest âu centre d'inertie du svstème solaire et
(13) A celte époque, les propriétés des aimants
les trois axes sonl dirigés vers trols étoiles,ces axes
formânt un dièdre indéformable). soit au repère de étaient connues et c'est en 16O0 oue W Gilbert
( i 1 ) F a i t e sà l ' c e i ln u a u m o v e nd ' i n s t r u m e n t sd e Kepler (l'origine est au centre.d'inertie du Soleil et avait publié le premier traité scientifique sur le
g r a n d e s d i m e n s i o n s ,l e s o b s e r v a t i o n sd e T v c h o les trois axes sont parallèles'à ceux du repère de magnétisme terreslre {cf El, no 18, p 3}
Brahé ont parfois une précisiond'environ une C o p e r n i c ) ,c e s d e u x r e p è r e s p o u v a n t ê t r e c o n s i d é r é s (1 4) A ce sujet, lire Kepler aux sources de I'astro-
m i n u t e d ' a r c , s o i t d i x f o i s m e i l l e u r eq u e c e l l e d e s comme galiléens Pour les lois de Kepler, voir aussi nomie et de la science-fictrbn, La recherche, novem-
d o n n é e sd o n t d i s p o s a i tC o p e r n i c . El. n.8, p 6. bre 1971, pp 986-988
NO2 5 - J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 5
De la pesanteur à la gravitation
Le génie de Nenrton
s :i\\
autour de la Terre, lesplanètesen mou- retira sur ses terres, à Woolsthorpe Maintenant présentons les princi-
vement autour du Soleil, les étoilesqui (Lincolnshire), I'université de Cam- pales innovationsde I'ouvragede New-
restent groupées en amas: autant de bridge où il était étudiant étant fermée ton. On y trouve d'abord les trofu
manifestationsd'un même phénomène. en raison d'une épidémie de peste à lois (19) du moavement:
la gravitation. Londres. C'est là qu'il aurait jeté -
1. - La loi d'[Link]
Ces idées révolutionnaires,et bien seul et d'une façon originaleet indépen-
- les fondementsde son æuvre certainsde sesaspectspar Galilée,elle a
d'autres, sont contenuesdans les Prin- dante reçu de Newton sa véritable formula-
cipes mathématiquesde la philosophie scientifique monumentale.
tion. Pour Newton, le mouvememnqru-
naturelle(16), ouvrage de quelquecinq Le caractèreincomplet de son travail rel de toul corps, terrestre ou céleste,est
cents pages, écrit en latin et publié à sur la gravitation et son peu d'inclina- Ia ligne droite. Et la seule façon de
Londres en 1687avec un tirase -dontinitial t i o n p o u r l a p o l é m i q u e I ' a u r a i e n t modifier ce mouvement (en vitesseou
de 250 ou 300 exemplaires le r e t e n u d e d i v u l g u e r a l o r s s e s en direction) est d'utiliser aneforce (là
retentissementdans le monde scientifi- découvertes. aussi,la conceptionqu'en a Newton est
que et philosophiqueallait être extraor- nouvelle).
dinaire. Leur gestation- qui nous est Selon les autres (cf. Réf. I, p.295 et
-
mal connue a vraisemblablementété Réf.2 et 3), ce ne serait qu'au début de Cette loi s'appliqueà tout corps (ou
longue et à ce sujet les opinions deshis- 1685 qu'il aurait été en possessionde système) isolé, non déformable, en
tous les élémentsde sa théorie (ce qui mouvement ou au repos (étudié dans
toriens divergent.
n'exclut pas les premièresspéculations un repère ayant des caractéristiques
Pour les uns, I'essentielaurait été vingt ans plus tôt). Tous cependant bien précises, voir p. 13, ce qu'on
trouvé au cours des . annéesadmira- (sauf peut-êtreNewton lui-même)s'ac- appelleun repèregaliléen).Elle indique
bles D, entre I'automne 1665et le prin- cordent à reconnaîtreI'imoortance de qu'à partir du moment où aucuneforce
temps 1667(17), lorsque Newton se I'influenceexercéepar son èompatriote ne s'exercesur lui (s'il y en avait une,
R . H o o k e ( 1 6 3 5 - 1 7 0 3a)v e cl e q u e lN e w - elle a été supprimée; s'il y en a plu-
116l Parphilosophienaturelle on désignealors un ton échangea une correspondanceà sieurs,leur somme est nulle) et qu'il est
e n s e m b l ed e d i s c i p l i n ecso u v r a n tn o t a m m e n lta p h y - p a r t i r d e 1 6 7 9( 1 8 ) . au repos,il le reste;par contre s'il est en
s i q u e , l ' a s t r o n o m i ee t l e s m a t h é m a t i q u e s [Link] continueraà se mouvoir
(18)c'estHooke à Newtonun indéfiniment, en ligne droite et à vitesse
qui auraitsuggéré
nouveautype d'analyse
d'un mouvement le long Constante.
( 17 ) C ' e s ld ' a i l l e u r sa u c o u r sd e c e t t ep é r i o d eq u e d'une trajectoire courbe ainsi que la loi d'attraction
l a l é g e n d e s i t u e g é n é r a l e m e n tl ' a n e c d o t e d e l a en 1/r2. On peut I'exprimer plus succincte-
p o m m e . S e p r o m e n a nd t a n s l a c a m p a g n ee t o b s e r -
v a n t l a c h u t e d ' u n e p o m m e ,N e w t o na u r a i t s o u d a i n
,jifl:'il';';::i*,";[":i:iî:liliïi"îlii%?î: menti'un corpsiur tequètn'agitaucune
é t é p l o n g é d a n s u n e p r o f o n d e m é d i t a t i o ns u r l a pesanteur avec I'altitude en réalisant des expé- JOfCe Se lfovve OU fepos ou en movve-
c a u s e q u i t i r e c h a q u eo b j e l e n c h u t e l e l o n g d ' u n e riencesde chute des corps depuis le haut de la tour
d r o i t e s e m b l a n tp a s s e rà p r o x i m i t éd u c e n t r ed e l a ment fectiligne UnifOrme.
de Westminster,à Londres.
T e r r e U l t é r i e u r e m e nitl,s e s e r a i td e m a n d és i l ê o o u -
v o i r a t t r a c t i fd e l a T e r r e ,c o n s t a l és u r l a p o m m e ,n e N é a n m o i n s N e w t o n r e c o n n a î t r a s a d e t t e à l ' é g a r d( 1 9 ) l c i e n c o r e n o u s n o u s c o n J o r m e r o n s à l ' u s a g e
s ' é t e n d a ipt a s j u s q u ' àl a L u n e .. e t d a n sc e c a s ,p o u r - de certains de se-qFrédécesseurs ou contemporains en parlant des lois du mouvemenlalors qu'en touie
q u o i l a L u n e é t a i t r e t e n u es u r s a t r a i e c t o i r eÉ. t â i Î - i l e n d é c l a r a n - t : . . Sji' a i _ v up l u s l o i n q u e l e s a u t r e s , l o g i q u e i l n e s ' a g i t q u e d e p r i n c i p e s .1 Û n el o i s à
p o s s i b l ed e t r o u v e r u n e m ê m e e x p l i c a t i o nà d e u x c'est q u e j ' é _ t g r - s
m o n t é s u r l e s é p a u l e sd e 9 é a n t s-" . d é h o n t r e a l o r sq u ' u n ' p r i n c i p ' n
e ' e d tv é r i f i éq u e p a r
p h é n o m è n e sa p r i o r i a u s s i d i f f é r e n t s? ( B é { . 1 ,p p . 2 9 3 - 2 9 4 1 t e s c o n s é q u e n c eqs u ' i i e n r r à î n e . )
lc principe d'inertie selon Newton. Pour illustrer ce principe, considérons une fusée qu'on
lf ne s'agit sans doute là que d'une histoire imagi- imaginera en mouuement daræ Ie uide et dont on supposera là masse constante. Son mouuement
naire, peul-être colportéepar Newton lui-même à la sera rapporlé au reçÈre (R) suppose galiléen.
fin de sa vie (Réf 3, p. 110) afin de mieuxfonder
l ' a n t é r i o r i rdée s e sr e c h e r c h e ps a r r a p p o r à
t c e l l e sd e Cas 1 : A qtmpter du temps t : q ses moteurs sont allumés. EIIe subtt I'action d'une force
s e s c o n t e m p o r â i n sL.a l é g e n d ea u r a i té t é i n t r o d u i t e constÂnte E Sa ultesse croît rcgulièremenL
e n F r a n c ep a r V o l l â i r e q u i a s s i s t a ,e n 1 7 2 7 , a u x
o b s è o u e sd e N e w t o n e l r a m e n aà P a r i s u n e x e m - Cas 2: La même fusle subit I'[Link] d'une forceFqui cesse autemos t: 3 s (on lui suppse alors
pfairedes [Link] tard, il rédigeaun traité de une.^uitesse de 3yo). Conformément au principe d'ineftie de Newton, la fusée'foursuiura
v u l g a r i s a t i opno u r f a i r ec o n n a î t r ee n F r a n c el ' æ u v r e indéfiniment sa coursg e1 ligrye droite et à uitesse constante, tant qu'aucune âutre force
d u s a v a n ta n g l a i s n' interuiendra (Document EI - Boltana/Reilles).
4+> Ë tf"+ ?
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NO2 5 . J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 7
De la pesanteur à la graviiation
Un êbe austère
.,Lors de Ia publication des Principes,
Newton est âgé de quarante-cinq àns.
Son ualet en- fait al'ors la description
suiuante:
NN
E S P A C EI N F O R I V ] A T I O O2 5 . J U I N 1 9 8 3 - 9
De la pesanteur à la gravitation
aa"""'
aa
"""
c B A
D<ijàenuisagée'mentalement, par Calilée, cette exftrience est rcaliæe sur I'initiatiue de Cassendi.
En quoi consiste't'elle?A étudier le mouuement de chute d'une pierre lâchée du sommet d.u mât d'un nauire
S,'.ilest é[Link]'pour [Link] monde, que [Link] pied d.u mât torsqul Ie nauireestimmobile les dé[Link]
.la cas
d'un nauire qui se déplace. La pieire totibera-t-elle encore au pted d.u mdti
o Non' repondent les pattisans des Anciens...puisqu,ele nauire s'est.légèrement déplacé pendantla chutede Ia [Link] eux, elle deurait
donc tomber en anièie de ce mât, plus ou moins toin, selon Ia uiteise du nauire.
o Oui..[Link]-entreautres- CassendietCalitée..puisquelapierre,audé[Link]èhute,n'estpasaureposparrappottàlaTerremar;
possèdeune uitessehoràontale (celte du nauire).
[Link]'exemple de I'auion (*rf.p.!), selon le repère
'- choisi,.la tr4iectoirede la pierre apparaîtraparabolique (dans te repèreR)ou
rectiligne (la droiteî' dans Ie repère R') (Éocument et AàltanâTneiiiéi.---"
IO - E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 - J U I N 1 9 8 3
De la pesonteur à Is gravitation
(suite de la page précédente) mais, cette fois, par des tourbillons sion des corps durs dont ils
mécaniques." (p. 198) compriment les parties. t...] Les
. C'est ainsi que Descartesrejette petits tourbillons expliquent les effets
successivementtoutes les hypothèses du tonnerre, de la poudre à canon
de Des-
sur lesquellesrepose la théorie gali- " Renchérissantsur celle ainsi que la génération du feu et les
léenne de la chute des graves : . Tout cartes, la physique de Malebranche réactions chimiques.
< ce que [Galilée] dit de la vitessedes 1 1 6 3 8 - l 7 l 5 ls e n o u r r i t d e t o u r b i l l o n s
< corps qui descendentdans le vide, èn les multipliant à I'infini dans le
. La pesanteur est, pour Male-
. etc., est bâti sansfondement;car il détail. Le mouvement de la matière
. aurait dû auparavant déterminer ce éthéréen'est pas limité au cours des branche, un phénomènehydrostati-
. que c'estque la pesanteur;et s'il en grands tourbillons qui entraînentles que qui a son siège dans l'éther. '
(p.262) I
. savaitla vérité,il sauraitqu'elleest planètes autour du Soleil, ou les
" nulle dans le ui66. "
(sic) satellitesautour des planè[Link]
I'extrême détail, la matière tourbil-
. On sait en effet que pour Des-
lonne très rapidement. Comme lar (Nous tenons à remercier les
cilrtes le vide n'existe pas et que la matière est divisible à I'infini et que' Presses universitoires de France de
pesanteurest une sorte de choc des le repos n'a point de force, ce sont de nous avoir accordé gracieusement
corps contre la matière subtile qui petits tourbillons obligés par leur I'autorisation de reproduire ces
r e m p l i t t o u t I ' e s p a c e". ( p . 2 5 l ) mutuelle résistanceà s'ajusterentre extraits de leur ouvrage La science
. Pour lui comme pour les Aristo- eux et à contrebalancerleursmouve- moderne, Histoire générale des
téliciens, les corps sont poussés, ments qui viennent assurerla cohé- sciences,tome 2, PUF, Paris, /958.)
(suite de la page 9)
Pour Newton. cette loi est valable
partout: toute choseattire toute chose,
les corps célestessont constammenten
Ia Lune est en chute libre...
interaction. autrement dit en . chute
libre " permanente,aussipeut-on parler Considérons Ia Lune alors qu'elLe se
de gravitation universelle(21). trouueau Doint A
Pour illustrer sa théorie, Newton va
concentrer toute son attentiron sur la
Lune. Il est persuadé que I'attraction
terrestre s'exerce également jusqu'à la
Lune. Mais dans ce cas, pourquoi ne
tombe-t-ellepas ? \ Mais la grauitatlon existe et Ia Terre exerce
\ son aLraction sur la Lune ce qui a pour
Son idée est la suivante: la Lune effet de pefturber Le mouuement ineftiet et
qu'un objet
" tombe " au même titre de la contraindre à décrire une ellipse (en
qui, lâché de notre main, se dirige vers réalikl très uoisine du cercle) : Ia Lune ne
ua pas de A en A' mats de A en B.
le sol. Mais si la Lune échappeau sort
de I'objet, c'estqu'ellea reçu -jadis - I
I Tout se passedonc comme si, du fait de
une impulsion (22) qui lui a conféré,en I
I
I'altracttôn terrestre,Ia Lune tombatt uers
vertu de la loi d'inertie, un mouvement la Terre, d'une hauteur A'B chaque
rectiligne uniforme. Exposée, par ail- [Link], calculéepar New'
leurs, à I'attraction terrestre (et à son ton, uaut approxlmatiuement 1,36mm
(DocumentÉl - Boltana/Reilles).
mouvementuniformément accélé-ré). ll
Lune décrit donc une trajectoire qui
résulte de ces deux événements(le pre-
mier qui appartient au passéet a pris fin
mais dont les conséquencesse font tou- ci est une/orce particulière que les phy-
jours sentir, le second qui a un catac- Et quand on dit que la Lune tombe,
comme la pomme de Ia légende,il faut siciens ne font intervenir que dans des
tère permanent) : leur conjugaison est à
entendre qu'elle s'écarte de la ligne cas bien précis (lorsque le repère n'est
I'origine du mouvement pratiquement pas galiléen). Par exemple, dans le cas
que I'on constate. droite qu'elle suivrait si subitementI'at-
circulaire uniforme de la Lune, elle n'a de sensque dansun
traction terrestre el les oulres influences
(21) Le verbe graviter. employé depuis pour les gravitationnellesn' agissaientplus. repère lié à la Lune et en rotation par
astres ou les satellites artificiels,signifie d'ailleurs: rapport à un repère centré sur la Terre.
obéir aux lois de la gravitation. (Insistons bien sur le fair qu'une seule
(22) D'où vient celte impulsion initiale appliquéeà
force est responsabledu mouvementde Io Cet aspect sera développé dans le
l a L u n e ( a i n s i q u ' a u x p l a n è t e s )? N e w t o n y v i t l a
o r e u v e d e I ' e x i s t e n c ed e D i e u - ( R é f . 2 , p . 16 2 ) D ' a u -
Lune autour de la Terre. la force d'at- prochain numéro d'Espace Informa-
tres, plus tard, invoqueront le mouvement de rota- traction terrestre. tion sur I'impesanteur.)
tion du nuage de poussaères ayant cond-uit à la
formation des astres du svstème solaire. Etant en C'est un abus de langage,Pour ne Pas E,t pour vérifier son hypothèse,New-
rotation, ce nuage a donné naissance à des corps
'dire
célestes égalemènt en rotation. Mais pourquoi ce
une erreur, que de rendre compte ton effectue le fameux test de la Lune.
nuage tournait-il sur lui-même? Ce problème ne du mouvement de la Lune ou d'un C'est-à-dire qu'il cherche à évaluer la
peuis'étudier que dans le cadre de modèles cosmo-
satellite artificiel - rapporté à un force attractive que la Terre exercesur
logiques globaux.
Deux siècles aorès Newton, Jules Verne fera dire
repère terrestre- en invoquant Ia com- la Lune dont I'effet est d'écarter celle-ci
à son héros Michel Ardan : l-..1les planètes ne sont pensation de deux forces égales et de la trajectoire rectiligne qu'elle aurait
que des proiectiles, de simples boulets de canon lan- opposées: la force d'attraction terrestre (dans un repère galiléen) si le mouve-
ôés par Ia main du Créateur- (De la terre à la lune.
Livrè de poche, no 2O26, 1 980, p. 235) et une force d'inertie centrifuge. Celle- ment était purement inertiel.
NO2 5 - J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 11
De Ia pesanteur à Ia gravitation
12 - E S P A C EI N F O R M A T I O N . 2 5 - J U I N I 9 8 3
De la pesanteur à Is gravitation
Mais Newton ne s'en tient oas là de la gravité et je n'imagine point d'hy- notion;.carje ne prétendspal connaître
quant aux conséquences de ta gravita- pothè[Link] tout ce qui ne se déduit la causede la gravité,et j'aurais besoin
tion [Link] élaboreaussiune théo- point des phénomènesest une hypo- de plus de temps pour la considérer."
rie rendant compte du phénomènedes thèse: et les hypothèses,soit métaphy- (Réf.l, p.273)
maréesocéaniques,donne I'interpréta- siques,soit physiques,soit mécaniques,
tion de la précessiondes équinoxes, soit celle des qualités occultes,ne doi-
évalue I'aplatissementde la Terre à Le succèsde sesidéesvint lentement.
vent pas être reçuesdans la philosophie
I/230 (valeur admise aujourd'hui : Mais les réfractairesdurent reconnaître
expérimentals." (Réf. l, p.210)
l/298), étudie Ia variation de la pesan- les faits, d'abord en 1737 (lorsque
teur avec la latitude, donne I'explica- " Écrivant à Bentley, son premier I'aplatissementde la Terre - confor-
tion du mouvement des comètes, sectateurreligieux,Newton craint de le mément à la théorie de Newton - fut
indique les conditions du retour pério- voir glisser jusqu'à faire de Ia gravité établi), ensuite et surtout à la fin de
une qualité au sensscolastique: . Vous I ' a n n é e 1 7 5 8 ,l o r s q u er e v i n t l a c o m è t e
dique de certainesd'entre elles, etc.
parlez parfois de la gravité comme de Halley (comme le laissaitprévoir la
. L'ensemblede cesdécouvertes,tra- essentielleet inhérenteà la matiè[Link] théorie de Newton et ainsi que le calcu-
çant la marche ultérieure de toute la vous en prie, ne m'attribuez pas cette l è r e n t C l a i r a u t e t L a l a n d e ) .
mécaniquecéleste,a quelque chose de
v é r i t a b l e m e n t p r o d i g i e u x ." ( R é f . l ,
p.269)
E S P A CIEN F O B M A T IN
OON2 5 . J U I NI 9 8 3 - 1 3
De la pesonteuy à lq gravitation
I4 - E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 - J U I N 1 9 8 3
De la pesanteur à ls grovitation
NO2 5 - J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON I5
De la pesanteur à lu grovitation
r l-a Lune
La conquête lunaire nous a familiarisés avec ces images
d'astronautes aux pas hésitants,à la démarche malaisée,sem-
Au XXIIf siècLe,alors que Ia Lune estdcpuls lonqtcmps coloniæc
blant rebondir sur le sol de notre [Link] raison ? La fai- par [es Terriens, un commerçant s apprôte à quitter ia Terre pour
blesse relativedu champ de pesanteurlunaire (R: 1 738 km et liurer un cLient impoftant.
M: 1/81 de celle de la'Terrè):au niveaudu sol, on a g. (Lune)
: 1,62 m.s-2 soit 0,76 g' (Terre). Il pèse ses frutts , exotiques\ auec une ba[ance à plateaux(l)
puis, par précaution, uértfie .auec une balanèe du tupe
Sur la Lune, un astronaute (sa masse est demeurée la dgndmomètre (2).
même) a donc la sensation d'être six fois plus léger que sur Paruenu sur la Lune, tl renouueLle ses pes<les: Ia batance ( l)
Terre. Il lui faut donc habituer son organisme, en particulierses dortne [e même résultat tandis que [a baLance (2) indique une
muscles, qui commandent ses déplacements, à ce nouvel ualeur six fois plus faibte que sur Terre (Documeni EI -
Boltana/Reilles).
enuronnement.
16 - E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 - J U I N 1 9 8 3
De la pesantear à la gravitation
Rayon équatorial 695500 2440 6052 3373 71 400 60000 25900 24750 3000(?)
(kml
Masse(Terre: 1) 332000 0,055 0,815 0,108 317,9 95,2 14,6 17,2 0,1 (?)
Mercure Venus laTerre la Lune Mars Juoiter Saturne Uranus Neptune le Soleil
Expérienceffctive destinée à comparer entre elles les rraleursde Ia pesanteur dans le système solaire.
Soit un ieune swftif capable, sur Terre,de franchir une banière de 1 m En supposant I'exfÉrience possible sur les autres corps céIestes
un même ëffon le conduiraità despeiformances
(existenéed'uné surface'solide, utitisationd'un scaphandre trèsléger permettantlâ'suruie,...),
uartantde 6m (sur la Lune) à...4cm (surle Soleil) (DocumentEl - Boltana/Reilles).
A propos des planètes,rappelonsqu'on démontreque g entre 11,2kmls pour la Terre et 2,4kmls pour la Lune.
dairsf'expressiôndu calculde la uitessede liErationdes corps C'est là une notion importanteen astronautiquemais aussi
célestes.'Onappelleainsi la [Link] doit atteindreun objet en physiqueplanétaire(pour rendrecomPtede I'aptitudeou de
quelconque (véhiculespatial, molécule gazeuse,..')pour Pou'
I'inàptitudedes astresà conserverune atmosphèregazeuse).
vbir se sôustraireà I'attiactionde I'[Link] s'exprimepar la
relation' y1i6
: v/2@ (voir El, n" 12,p. 8)' Ceitegrandeurvaut (suite en page 18)
NO2 5 - J U I N 1 9 8 3 _
E S P A C EI N F O R M A T I ON 17
De Ia pesontear à Ia gravitation
18 - 'I983
NO2 5 . J U I N
E S P A C EI N F O R M A T I ON
De lo pesanteuy à lq gravitation
NO2 5 - J U I N I 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 19
De la pesanteur à Ia gravitation
un rayonnement f qui emporte une L'attraction exercéepar la masseM sur actions indiscernables (29), puisqu'elles
énergie égale à l'énergie totale des cetteparticule d'épreuvea pour intensité communiquent toutes les deux une
paires dématérialisé[Link] la matière 'Mm
accélérationindépendantede sa masse
et la lumière (et plus généralement le p : Ç -, d'après Newton. Dans cette à n'importe quelle particule d'épreuve.
rayonnement électromagnétique)appa- ..2
La suppositionque [Link]
raissent comme deux formes d'énergie expression, la quantité m désigne la justifiée est baptisée principe d'équiva-
convertiblesI'une en I'autre. masse grave de la particule. Or, des lence par Einstein. I1 en résulte que le
expériencesd'une très haute précision choix judicieux d'un systèmede réfé-
Dans les annéesqui suivent, Einstein ont montré que cette quantité coïncide rence accélérépermet de modifier et
s'efforce d'étendre le principe de relati- numériquement avec la masse inerte même d'annihiler les effetsd'un champ
vité aux systèmesde référenceaccélérés. qui intervient dans la loi fondamentale de gravitation, tout au moins dans une
Cet effort de penséeest couronné par la de la dynamique. On écrira donc F: région infiniment petite de l'espace.
publication en l9l5 de sa théoriede la my. En rapprochant les deux expres- C'est ce que montre Einsteinen raison-
relativité générale,qui donne une solu- sions de F, on voit que I'accélération nant sur un ascenseursitué dans le
tion entièrement nouvelle du problème communiquéeà la particule d'épreuve champ de la Terre.
de la gravitation. par la masse M es| y : Ç M,/r2. CeTte Si I'ascenseurest immobile par rap-
accélération est indépendante de la port à la Terre, une balle lâchée sans
massez? du corps attiré. Quelle estI'ex- vitesse initiale tombe soontanément
Cette solution s'appuie sur l'égalité plication de ce fait?
entre masse inerte et masse greve qtJe vers le plancher avec urr mouvement
la mécanique newtonienne admettait Pour Einstein, l'égalité de Ia masse dont I'accélérationest égale à I'accélé-
sans I'expliquer. Pour fixer les idées, inerte et de la masse grave doit être ration g de la pesanteur.
considérons une particule de masse la interorétée comme une identité d'es- ( 2 9 ) I n s i s t o n sb i e n s u r l e c a r a c t è r el o c a ld e c e t t e
(on I'appelle particule d'épreuve)dans sence entre force d'inertie et force de i d e n t i t é l l n ' e n r é s u l t en u l l e m e n tq u e l e s s t r u c t u r e s
d e s d e u x c h a m o sd e f o r c e ss o i e n t i d e n t i o u e sd a n s
le champ gravitationnel d'une masse gravitation.' identité d'essencesignifie u n e r é g i o né t e n d u ed e l ' e s p a é en i q u e l e u r sc a u s e s
sphérique M (la Tene par exemple). que localementles deux forces ont des s o i e n t l e s m ê m e s( v o i r p l u s l o i n ) .
20 - E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 - J U I N 1 9 8 3
De Ia pesanteur à la gravitation
Un observateurplacé à I'intérieur de
la cagesupposéesansfenêtrene pourra
dire si la balle tombe à cause d'un
champ de gravitation créé par une
masse à proximité, ou si elle tombe
parce que la cageest animéed'un mou-
vement uniformémentaccélérépar rap-
port à un systèmegaliléensupposétrès
éloigné de toute masse.
Si maintenant on coupe le câble de
l'ascenseur, celui-ci tombe en chute i /tl.êÀ .
libre : dès lors, une balle lâchée sans
vitesseinitiale dans cet ascenseurreste @
au repos par rapport au système de
référenceconstituépar la cage.L'obser-
vateur lui-mêmen'éprouveaucunesen-
sation de poids : il se trouve dans l'état
d'impesanteurpopularisé par les expé-
riences astronautiques.
De nouveau cet observateur a le
choix entre deux interprétations: ou
bien il considèreque son système de
référence est en chute libre dans le
champ gravitationnel de la Terre, ou
bien il considèreque I'accélérationde
son systèmede référencea cesséet que
ce système est devenu galiléen. be
même que dans le cas précédent,ces
deux interprétations sont indiscerna- Gravitation, accélération et impesanteur,
bles par des expérienceslocales,confi- Soit un astronaute à I'tntéieur d'un uaisseau spatial suffisamment éloignë de toute masse pour
nées à I'intérieur de la cage. pouuoir être considére dans un champ de graoite nulle (à gauchd. Abandonnée à elle.m'ême,
une balle ,,flotteratt, comme elle le fa'salt dans Ia cabine d'ascenseur dont Ie câble s'était rompu
Il ressort de cette analyse que dans (uoir page prccedente).
un systèmede référenceen chute libre On obtiendrait une situation analogue si te uehicule spattal était en chute ltbre dans un champ
dans un champ de gravitation, la loi grauiLallonnel.
d'inertie est vérifié[Link] au moins dans II n'ex[ste aucune dtffërence phgsique entre un mouuement de chute libre et I'absence complète
une région suffisammentpetite de I'es- de champ grauit aLionnel.
pace. Cette constatation amène Eins- A présenl I'astronaute met à feu les moteurs de son uéhicule (à clroite) de faÇon à créer (par
tein à postuler la validité locale de la rapport à un repère galiléen) une accélération constante égale à celle de Ia pesanteur terrestre. II
relativité restreinte pour de tels sys- uoit Ia balle tomber aussttôt uers Ie sol, exactement comme elle Ie fera[t si Ie uehicule était
immobiliæ. à la surface terrestre.
tèmes. Tous les systèmesde référence
A l'inteieur d.e son a!.htcule, l'astronaute est incapable de distinguer s'il est tmmobtle dans un
en chute libre en différentsendroits du champ [Link] ou si son uihtcule est en mouuement untformément accéIérc (par rapporl à
champ peuvent donc être tenus pour un repère galiléen) (Document NASA).
équivalentsdans la descriptiondesphé-
nomènes physiques locaux. Toutefois,
il y a maintenantune différencefonda-
mentaleavec la situation qui se présen-
tait en relativité restreinte, différence
qui va justifier pourquoi nous insistons
tant sur le csractère local de I'identité
entreforces d'inertie et forces de gravita-
tion. L'accélérationE de la pesanteur
due à la masse/r?n'est en efiet oas la
Dans un sgstème de iéférence(S) en chute libre
m ê m e e n t o u t p o i n t d e I ' e s p a c e l:e v e c - au point P, Ia lot de I'tneftie est térifiée ën toute
teur f; varie ên intensité et direction rigueur uniquement dans un uoistnage de P
l o r s q u ' o np a s s ed u p o i n t P a u p o i n t P ' d'extension spat[a[e inftniment pettte.
(cf. figure ci-contre). En un point P' situé à une distance finie de P, Ie
mouuement de chute libre ne comDense Das
Les systèmesde référenceen chute I inlluence du champ de grauitation dù à la
libre en P et en P'ne sont donc pasen masse centrale M (Ia Terre, par eremple). En
mouvement de translation rectiliene effet les uecteurs accélérations en P et en P' ne
sont pas paralLèles puisqu'ils conuergent uers Ie
uniforme I'un par rapport à I'autrel Il centre O de Ia masse M et ils n'ont pas Ia même
en résulteque les formules mathémati- tntensitté si P' n'est pas à Ia même altitude que P.
ques permettant de comparer des Cet argument montre que dans une négton éten
mesuresd'esoaceet de temos dans les due de I'espace les forces de grauitation et les
deux systèmesne peuventpai être celles forces d'ineftie ne Deur.)ent être considérces '
comme indiscernabies. Einstein en a déduit
de la relativité [Link] loca- ou'tl faut abandonner la relatiuitté restreinte
lement, Ia relativité restreinte ne peut pour décrire les proprtétris globales de I'espace-
être étendue à une région Jinie de l'es- lemps en prcisence de champ grauitationnet
pace oît règne un chomp de gravitation, (Document EI - Boltana/Reilles).
De la pesanteur à Ia gravitation
( 3 0 ) N ' o u b l i o n sp a s q u e N e w t o ne t s e sc o n t e m p o -
r a i n s é t a i e n t t r è s t r o u b l é sp a r I ' i d é e q u ' u n e f o r c e
o u i s s e s e t r a n s m e t t r eà d i s t a n c ed a n s u n e s o a c e
vide
( 3 1 ) V o i r l ' a r t i c l eI n t i t u l é U n m i r a g e g r a v i t a t i o n -
n e l , p a r F C h a { l e , P o u r l a s c i e n c e ,n o 3 9 , j a n v i e r l m a g e3
1981, ainsi que Les mirages gravitationnels,les
c a h i e r sC l a i r a u tn. o 1 8 , a u t o m n e1 9 8 2 ,p p 3 - 1 0
2 2 - E S P A CIE
N F O R M A T IN
OON2 5 - J U I N1 9 8 3
De la pesanteur à la gravitation
NO2 5 . J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 23
De la pesanteur à lu gravitation
Une fois élaboré le cadre conceotuel einsteiniennesde la gravitation s'avè- Soleil est mesurée lors d'une écliose
d e l a n o u v e l l et h é o r i e ,i l r e s t eà e x p t i c i - rent un outil de prédiction et de totale de Soleilen l9l9 et correspond
ter la liaison préciseentre la structure recherchedont on ne peut se passer. a s s e zb i e n a u c a l c u l t h é o r i q u e .
géométrique de I'espace-tempset le Elles permettenttout d'abord de déter-
contenu énergétiquede I'[Link]ès miner rigoureusementle champ d'un La relativité généraleprévoit égale-
plusieurs années de tâtonnements corps sphériquecomme le Soleil et de ment un décalagevers le rouge de la
durant lesquelles il a heureusement corriger la loi de Newton. La fameuse lumière émise sur le Soleil. Là encore
bénéficiéde la collaboration du mathé- avance du périhélie de Mercure d'une les mesuress'accordentassezbien avec
maticien Grossmann. Einstein décou- quarantainede secondesd'arc par siè- le résultat théorique.
vre en l9l5 les fameuseséquationsqui cle, qui intriguait les astronomesde la Aujourd'hui cestrois effets,auxquels
portent son nom. fin du siècle dernier. est correctement est venu s'ajouterun quatrième,consti-
[Link]éesans introduire d'hypothèse tuent ce qu'on appelle les tests classi-
ad hoc /32\. ques de la relativité générale. Les
Dès sa naissance,la nouvelle théorie
suscite beaucoup de critiques et de La déviation d'un rayon lumineux mesures effectuées pendant les vingt
débats mais, très vite, les équations lors de son passageau voisinage du dernièresannéesont confirmé la théo-
rie avec une précision relative qui
varie de l0 7o à I 0/ooselon les effets et
les techniques mises en jeu. Il faut
Quelques références bibliographiques souligner que les vérifications les plus
précises (actuelles aussi bien que
futures) sont largement tfibutqires des
o R é f . I : L a s c i e n c e m o d e r n e , H i s t o i r e g é n é r a l e d e s s c i e n c e s ,t o m e 2 ,
expériencesspatioles.
P r e s s e s u n i v e r s i t a i r e sd e F r a n c e , P a r i s , 1 9 5 8 .
Tout d'abord, le mouvement des
. Réf. 2 : Les origines de la physique moderne, par B. Cohen, Petite
sondespermet de mieux connaître les
b i b l i o t h è q u eP a y o t ,P a r i s , 1 9 6 0 .
paramètresfondamentaux du système
o Réf. 3 : Newton et la découverte de la gravitation universelle, par solaire(massesdu Soleilet desplanètes,
B . C o h e n , P o u r l a s c i e n c e ,m a i 1 9 8 1 , p p . 1 0 1- 1 1 0 . distance Terre-Soleil, etc.) et, par
conséquent,de mieux cerner les désac-
o R é f . 4 : L a g e n è s e d e s l o i s d e K e p l e r , p a r P R u s s o ,A s t r o n o m i e ,j a n v i e r
cords entre mécaniquenewtonienneet
1 9 7 3 ,p p . 1 - 1 7 .
mécanique relativiste. En outre des
o L e c o u r s d e p h y s i q u e d e F e y n m a n , M é c a n i q u e 1 , I n t e r - E d i t i o n s ,P a r i s , expériencesayant un but spécifiquede
19 7 9 . vérification de la relativitépeuventêtre
réaliséesgrâce à des sondesou à des
o C o u r s d e p h y s i q u e d e B e r k e l e y ,v o l u m e 1 : m é c a n i q u e( e n p a r t i c u l i e rl e
satellitesartificiels. Il est en effet facile
c h a p i t r e 3 ' . l n v a r i a n c e g a l i l é e n n e , p p . 5 4 - 9 1 ) , L i b r a i r i eA . C o l i n , 1 9 7 2 .
de concevoir que la déviation des
o D y n a m i q u e , p a r H . G i é , E d i t i o n sJ . - B . B a i l l i è r e ,1 9 8 1 . rayons lumineux ou le décalagedeslon-
gueurs d'onde deviennentrelativement
o Encyclopaedia Universalis, voir Jesarticles : Aristote, Copernic, Einstein, facilesà observerà l'échelledu système
G a l i l é e ,g r a v i t a t i o nu n i v e r s e l l e ,K e p l e r ,m é c a n i q u ec é l e s t e ,N e w t o n , r e l a t i v i t é , solaire (voire du système Terre-
satellite)alors qu'ils resteraientbien au-
o La révolution astronomique, par A. Koyré,Hermann, 1961. dessousdes barresd'erreur à la surface
de la Terre.
r S u b t l e i s t h e L o r d . . . ( T h e S c i e n c e a n d t h e L i f e o f A . E i n s t e i n ) ,p a r A P a i s .
O x f o r d U n i v e r s i t yP r e s s ,O x f o r d, 1 9 8 2 . L ' o u v r a g el e p l u s c o m p l e t e t l e p l u s c l a i r Il ne faudrait toutefois pas imaginer
s u r l a v i e e t l ' c e u v r ed ' E i n s t e i n . que I'apport de la relativité généralese
borne à d'infimes modifications de la
o H i s t o i r e d u p r i n c i p e d e r e l a t i v i t é , p a r M . - A . T o n n e l a t ,N o u v e l l e b i b l i o t h è - théorie newtoniennede la gravitation.
q u e s c i e n t i if q u e , F l a m m a r i o n ,P a r i s , 1 9 7 1 .
E,n réalité, bien souvent so*usI'impul-
o L e s s o m n a m b u l e s , p a r A . K o e s t l e r ,C a l m a n n - L é v y ,1 g 6 0 ( l i v r e d e p o c h e s i o n d ' E i n s t e i nl u i - m ê m e ,c e t t et h é o r i e
no 2200). a ouvert de nouveaux champs d'explo-
ration, insoupçonnés de la physique
o L ' a s t r o n o m i e e t s o n h i s t o i r e , p a r J - R . R o y , P r e s s e sd e l ' u n i v e r s i t é d u antérieure:
Q u é b e c , / M a s s o n ,1 9 8 2
1 . D è s 1 9 1 7 ,E i n s t e i nm o n t r e q u ' u n e
o M é t h o d e s d e l ' a s t r o p h y s i q u e , p a r L . G o u g u e n h e i m ,c o l l e c t i o nL i a i s o n s modification des équationsde la gravi-
s c i e n t i f i q u e s , H a c h e t t e , / C N R S ,v o i r e n p a r t i c u l i e r l e c h a p i t r e l l i n t i t u l é t a
gravitation universelle, pp. 23-48. tation parfaitementcompatibleavecles
principes de base (adjonction d'une
o M. Tompkins au pays des merveilles, par G. Gamow, Dunod, 1965. constantecosmologique)permet d'éla-
borer un modèle statioue de I'univers
e Un, deux, trois... l'infini, par G Gamow, Dunod, 1963.
o Errants et errances (Notes pour tenter de comprendre I'histoire de la
découverte de l'attraction universelle), Les cahiers Clairaut, no19. hiver
1 9 8 2 , p . 1 9 e t n o 2 0 , p r i n t e m p s1 9 8 3 , p . 7 . ( 3 2 ) L ' e x p l i c a t i o nd e l ' â v a n c e d u p é r i h é l i e d e M e r -
cure fut considérée dans les années 2O comme le
triomphe fe pfus éclatant de la relativité générale
. o E n b a n d e s d e s s i n é e s ,L e s a v e n t u r e s d ' A n s e l m e L a n t u r l u , p a r J . - p . p e t i t , Aulourd'hui, la valeur de ce test paraît moins forte
É d i t i o n sB e l i n . à cause de l'incertitude sur l'aplalissement du globe
solaire. De nouvelles mesures sont projetées par la
P a r m i l e s t i t r e s e n r a p p o r t a v e c l e s t h è m e s a b o r d é sd a n s c e t a r t i c l e : T o u t NASA, avec la sonde Solar Probe
e91ry_latif (1981), Le trou noir (1981), Si on volait (1980) er Le géométricon
(1e80).
( 3 3 ) N o u s d i r i o n s a u J o u r d ' h u iu n g a z d e g a l a x i e s
24 - E S P A C EI N F O R M A T I O N " 2 5 ' - J U I N 1 9 8 3
De Ia pesanteur à la gravitation
considérécomme vn gaz d'étoiles(33), ques. De spéculation mathématique galaxies, etc., constituent autant de
de densitéuniforme et [Link]- précédant I'observation,la cosmologie problèmes ou d'observationsqui s'ins-
tôt plusieursmathématicienss'aperçoi- relativiste passe au rang de cadre de crivent d'une manière cohérente et
vent que des modèles d'univers non pensée nécessairepour une physique naturelle dans le paradigme relativiste.
statiques sont égalementsolution des élargie, intégrant les aspectsévolutifs
équations d'Einstein, sans qu'il soit de I'univers dans son ensemble. 2. En 1916,Einstein découvrequ'en
n é c e s s a i r ed ' i n t r o d u i r e u n e i o n s t a n t e , première approximation, les équations
[Link] la découvertede Ce rôle est aujourd'hui plus vivant de la gravitation présentent de pro-
I'expansionde I'univers par Hubble et que jamais: la théorie du Big Bang, la fondes analogies avec les équations
Humason en 1929,cesmodèlesdevien- découvertedu rayonnementthermique d'ondes vérifiéespar les potentielsélec-
n e n t i n d i s p e n s a b l epso u r i n t e r p r é t e rl e s cosmologique,la cosmogenèse des par- tromagné[Link] en déduit que des
o b s e r v a t l o n sd e s o b j e t s e x t r a g a l a c t i - ticules élémentaires,la formation des masses accéléréesdoivent engendrer
NO2 5 - J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 25
De la pesanteur à la gravitation
1
æÉ
7Ë Y'=:tC
[Link],2lni"â- t4
r) .ng'.frt
4',
t
Einstetn(Dessin extrait de La relativrtépour tous, par M. Cardner,Dunod, 1969,auec l'atmable autoisatton de MacMillan Publtshtng Co', Inc., New
York).
De la pesanteur à la gravitation
des ondes gravitationnellesse propa- 3. La relativité généraledonne une constitueun défi majeur pour la pensée
geant dans le vide avec la vitessede la explication éléganteet subtile des phé- physique, malgré les progrèsaccomplis
lumière, de la même manière que des nomè[Link] son dans sa compréhensionpar la relativité
chargesélectriquesaccéléréesémettent succèsmême laissele théoricieninsatis- générale. Ce défi provient de I'isole-
des ondesélectromagnétiques. Dans les fait. Dans cettethéorie,le champ gravi- ment de la gravitation par rapport aux
deux annéesqui suivent,Einstein mon- t a t i o n n e l e s t e n e f f e t e n t i è r e m e n t trois autresinteractionsconnues(inter-
tre que le rayonnement gravitationnel géométrisé.Par contre le champ élec- a c t i o n s f a i b l e , é l e c t r o m a g n é t i q u e t
émis par des massesaniméesde vitesses tromagnétique ne I'est pas, bien qu'il f o r t e ) . I s o l e m e n t c o n c e p t u e l , n o u s
lentes est quadrupolaire loin des puisse servir de source au champ de I'avons vu. Mais aussi et surtout, isole-
sources(alors que le rayonnementélec- g r a v i t a t i o n ,c o m m e n o u s I ' a v o n se x p l i - m e n t e x p é r i m e n t a l . E n e f f e t , b i e n
tromagnétiqueest dipolaire à I'infini). qué plus haut. Cette différence de qu'elle soit prédominante à l'échelle
l l o b t i e n te n o u t r e u n e f o r m u l e D e r m e t - nature est d'autant plus paradoxaleque cosmique, la gravitation est en réalité
tant de calculer la puissancerayonnée. les deux types de champs obéissentà une interqctionfaible. Si on compare la
En réalité, cette formule d'Einstein des lois de propagationidentiques(c'est force électrostatiqueet la force d'at-
suppose que les masses émettant le cette identité qui autorise,nous I'avons traction newtonienne qui s'exercent
rayonnement sont accéléréespar des vu, à parler d'ondes gravitationnelles, entre deux protons par exemple, on
par analogie avec les ondes électroma- obtient : Fg,u"/Fa- l0-36.L'interaction
forces faibles non gravitationnelles.
gnétiques). gravitationnellejoue par conséquentun
Lorsque les massessont accélérées par
l e u r s i n t e r a c t i o n sg r a v i t a t i o n n e i l e s Pour surmonter cette dualité peu rôle négligeableà l'échelledes phéno-
mutuelles,la puissancerayonnéeà I'in- satisfaisante,les théoriciensont essayé mènes nucléairesou atomiques. Il ne
fini et I'effet de l'émissiondu ravonne- très tôt de construire une théorie uni- semble donc pas que les expériences
ment sur le mouvement de ces masat taire susceptibled'unifier les champs réaliséesdans les accélérateurs ouissent
ne peuvent être déterminésque par des gravitationnel et électromagnétiqueên nous renseignerde sitôt sur la siructure
calculs extrêmemêntcomplexestenant un seul hyperchamp, cet hyperchamp microscopiquedu champ de gravitation.
compte du caractèrenon linéaire des étant lui-mêmeconçu comme une struc- Dans le domaine macroscopique
équationsde la gravitation. Cependant ture géométrique de l'univers. (mesuresde Ç en laboratoire, mouve-
desrésultatstout à fait récentssemblent
établir la validité généralede la formule D e p u i s 1 9 1 9 , d a t e à l a q u e l l e l e mentsdessatelliteset dessondesdansle
mathématicien Hermann Weyl fit la systèmesolaire,détectiondesondesgra-
d'Einstein. Ces problèmes soulèvent
premièretentative,jusqu'aux années50 vitationnelles, etc.), la situation est
actuellementun intérêt intense,en rai-
(dernièrethéorie unifiée d'Einstein),les beaucoupplus prometteusemais néces-
son de la découverteen l9l4 du pulsar site tout de mêmela miseen ieu de tech-
binaire PSR l9l3 + 16(34\. Le mouve- travaux consacrésà ce problèmeont été niques très sophistiquéesei coûteuses.
ment orbital de ce systèmebinaire très très nombreux mais aucune des solu- Entreprises pendant longtemps sans
proposéesne s'estrévéléeaccepta-
serréest en effet tellementrapide que la tions
perte d'énergiepar rayonnementgravi- b l e . D ' u n e p a r t , e n e f f e t , a u c u n e plan d'ensemble, au gré des percées
signification physique vraiment claire technologiquesdans tel ou tel domaine,
tationnel entraîne une diminution de les recherchesexpérimentalesou obser-
période mesurable avec les moyens n'a pu être dégagéedes théories uni- v a t i o n n e l l e ss u r l a g r a v i t a t i o ns e t o u r -
actuels. Cette diminution de période taires, soit parce que ces théories postu-
l e n t a r b i t r a i r e m e n t q u e I ' u n i v e r s nent actuellementvers desprogrammes
constitueune nouvellevérification,très
possèdeplus de quatre dimensions,soit à long terme. De la ténacité et de la
remarquable,de la relativité générale.
parce que les grandeurs géométriques c o h é r e n c e a v e c l e s q u e l l e s c e s p r o -
Parallè[Link] détection d'ondes qui décrivent I'hyperchamp ne présen- grammes seront poursuivis et dévelop-
gravitationnellesau moyen d'antennes tent aucune relation évidenteavecI'ex- pés dépendront tous les progrèsfuturs.
appropriées(barresmassivesou interfé- périence.D'autre part, deux nouvelles
romètres ultra-précis) fait I'objet de interactions ont été découvertesentre- Pierre Teyssandier,
n o m b r e u xp r o g r a m m e se x p é r i m e n t a u x , temps : l'interaction faible, responsable L a b o r a t o i rdeep h y s i q uteh é o r i q udeeI ' i n s t i -
plus ou moins avancé[Link] sensibilité des phénomènes de radioactivité, et tut Henri-Poincaré, Paris
(pour le chapitresur Einstein)
des antennes déjà opérationnelles(et l'interaction forte, qui explique la cohé-
même de celles que I'on projette de sion des noyaux [Link] ten-
Jean-PierrePenot.
construire) est tout à fait insuffisante tative d'unification de la gravitation et CNES,Toulouse
pour détecterles ondesémisespar PSR de l'électromagnétismeest donc appa- (pour les autreschapitres)
l 9 l 3 + 1 6 .P a r c o n t r e .o n e s p è r eo b s e r - rue de ce fait comme insuffisante a
v e r d e s p h é n o m è n e s a s t r ô n o m i q u e s prlorl.
extrêmement violents tels que des (Outre Pierue Teyssandier qui a effec-
Malgré leur échec, ces tentatives tué un gros trovail d'écriture et de relec-
explosions de supernovae, dés colli-
n'ont cependantpas été inutiles,loin de Iure pour ce numéro,je tiens égalementà
sions d'étoiles ou des formations
là. En effet certainesidéesmathémati- remercier mes collèguesdu CNES et les
d'éventuelstrous noirs. Si elle s'avère
ques introduites pour développer les enseignantsde sciencesphysiques,mem-
possible,une telle détectionouvrira un
chapitre nouveau et passionnant de théoriesunitairessont reprisesactuelle- bres de l'Union des physiciens, qui ont
ment dans un tout autre contexte,venu bien voulu relire mon premier manuscrit
I'astrophysique, en nous renseignant
notamment sur le noyau de notre cette fois des progrès de la théorie des et me faire part de leurs critiques et de
particules élémentaires. Les prolonge- leurs suggestions.
galaxie, région qui nous est pratique- Qu'ils sachentcombien
ments unitaires de la relativitégénérale leur aide m'a été précieuse.
ment inaccessiblepar d'autres moyens
auront donc contribué malgré tout à
d'observation.
façonnerune nouvelleimage du monde J.-P.P.
physique.
Comme à I'accoutumée,la pluport des
(34) Voir Les ondes gravitationnelles émises par La gravitation, un formidable dessinsde ce numéro ont été exécutéspar
un pulsar, de J Weinberg, J Taylor et L. Fowler, les grophistesF. Boltana et .L-L. Reiites.
Pour la science, no 50, décembre 1981 , et Les ondes déli ?
gravitationnelles, par R Ruflini, La recherche, I bis, rue J.-Marignoc, Saint-Martin-du-
novembre 1975 En cette fin de siècle,la gravitation Touch, 3 1300 Toulouse.)
E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 . J U I N 1 9 8 3 - 27
_I
I
Actualit é astronautique
{ * } L a n c é e d e P r e t o r i a( A f r i q u e d u S u d } , l e
1 1 d é c e m b r e1 9 8 2 , e l l e e s t t o m b é ee n Z a m b i el e
2 f é v r i e r1 9 8 3
( * * ) C o n s t r u i t p a r l a s o c i é t é Z o d i a c E s p a c e ,à
A y g u e s v i v e sp, r è s d e T o u l o u s e
28 - E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 . J U I N 1 9 8 3
Actualité astronoutique
(l'été austral)pour laquelle les condi- tage qui reposent sur I'utilisation de - elle est réémise et sera donc
tions de vol étaient optimales. Le vol balises existantes à | 2l,5 et immédiatement reÇue au sol si le
qui vient d'avoir lieu dans I'hémi- 243 MHz: satellite se trouve en visibilité d'une
sphère Sud confirme tôut à fait cette - démontrer la validité. I'efficacité station locale;
prévision : en effet, à trois reprises opérationnelle et les avantages - elle est simultanément stockée
au cours du vol la MIR a survolé des inhérents au concept 406 MHz dans la mémoire du satellite pour
zones tout aussi contraignantes que (dérivé d'Argos) qui utilise de nou- une retransmission ultérieure lors-
celle qui avait causé sa chute I'an velles balises spécialement conÇues que le satellite passe en visibilité
passé. Des mesures faites à bord pour cette application et fonction- d'une station sol. Le système offre
montrent qu'elle s'est toujours stabi- nant dans la bande 406-406,1 MHz ainsi une couverture complète du
lisée. même si parfois I'altitude du réservée à cet usage par la Confé- globe.
plafond de nuit était limitée: en effet rence administrative mondiale des
des dispositifs de sécurité mettent Le système 406 MHz présente
radiocommunications de | 979. enfin, par rapport au système
fin au vol si le ballon descend au-
dessous de 78 OOOm. Le système Sarsat est en consé- 121,5/243 MHz, un gain de perfor-
quence constitué de deux sous- mance considérable: la localisation
Après un tour du monde et ensembles distincts : un système est obtenue avec une précision de
cinquahte-trois jours de données 121,5/243 MHz et un système l'ordre de 3 km et un maximum de
enregistrées par les systèmes de 4O6 MHz, qui utilisent en commun 9O balises peuvent être prises en
télémesure Argos et Chagal, la MIR un ensemble de moyens spatiaux et compte simultanément Par le
DTA 82 est tombée au solen Zambie terrestres adaptés au traitement de satellite.
au moment où elle survolait une chaque type de balises. Dans les
masse nuageuse un peu plus froide deux cas, le satellite ioue le rôle de o Le segment spatial ef le seg-
que les autres (.../. relais des émissions de détresse et ment sol. Les équipements Sarsat
(récepteurs | 21,5/243 MHz et
Un prochain vol de montgolfière la localisation de l'émetteur est obte-
nue à partir des " mesures " du déca- récepteur-processeur 406 M Hz) sont
est maintenant prévu pendant le
prochain été austral, en novembre- lage Doppler qui affecte la liaison embarqués sur les satellites améri-
m ontante ba I ise-satel I ite. cains de la série Advanced TIROS-
décembre | 983 avec une expérience
N/NOAA. Ces satellites sont placés
du Service d'aéronomie.
sur une orbite quasi polaire, hélio-
( S o u r c e : L a L e t t r e d u C N E S ,n o 8 5 , o Le sysfème 121,5/243MH2. synchrone. à 850 km d'altitude envi-
3 mars 1983, p.20.) Dans le système | 2l,5/243 MHz, le ron. Le segment sol du système est
satellite se comporte en simple répé- constitué :
teur des signaux émis par les balises - d'une part, des balises de
Le système Sarsat,/Cospas et la mesure Doppler est effectuée à détresse | 2l.5/243 MHz ou 4O6
la station sol de réception. MHz;
en phase de démonstration
La couverture du système est donc - d'autre part, d'un réseau de sta-
C'esten 1979 qu'a été signéle géographiquement limitée par la tions sol locales situées dans chaque
p r o t o c o l ed ' a c c o r d c o n c e r n a n tl e contrainte de visibilité simultanée paYs.
p r o g r a m m e S a r s a t( * ) e n t r e l e entre balise. satellite et station sol. Trois stations ont été réalisées aux
C a n a d a( m i n i s t è r ed e s c o m m u n i c a - Les caractéristiques des signaux États-Unis. (rne au Canada, une en
'perfor-
tions), les Etats-unis(NASA) et la | 2l,5/243 MHz limitent les Norvège et une en France (instatlée
F r a n c e( C N E S ) . mances du système en ce qui au Centre spatial de Toulouse). Cha-
concerne la précision obtenue en que station est reliée à un Centre de
Cette coopérationa ensuite été localisation (20'km) et le nombre de
é t e n d u e à I ' U n i o n s o v i é t i q u eq u i contrôle de mission (MCC) qui
détresses pouvant être traitées assure les échanges d'informations
développele systèmeCospas,com- simultanément (lO au maximum
patibleavec le systèmeSarsat. nécessaires avec les autres MCC et
dans la zone de visibilité du satellite). avec les centres opérationnels res'
L'objectifde ce programmeest de Notons, enfin, gu'en I'absence de ponsables de I'alerte de détresse et
démontrerque deséquipementsins- codage du signal émis, l'identité de des opérations SAR (Search And
tallés à bord de satellitespeuvent l'émetteur ne peut être connue. Rescue). Le réseau des stations Sar-
améliorernettementla détectionet Par rapport à la situation actuelle, sar es/ complété et relié via le MCC
l a l o c a l i s a t i o nd e s s i g n a u x d e le système Sarsat à 121,5/243 MHz de Moscou aux trois stations Cospas
détresseémis par des balisespla- apportera néanmoins une améliora- installées en Union soviétique. Le
céesà borddes aéronefscivilset sur tion notable, mais limitée, dans les MCC français (Toulouse) est ainsi
certainstypes de navires. zones de couverture des stations directement relié aux MCC améri'
locales. Ces limitations n'existent cains (Scott A.F.B.), norvégien
plus avec le système à 406 MHz. (Tromsoe) et soviétique (Moscou).
* Le système Sarsat
Le programme Sarsaf a deux o Le sysfème 406 MHz. Le signal * Le système Cospas
objectifs principaux : émis par Ia balise 4O6 MHz, répété
- améliorer les moyens actuels toutes les cinquante secondes, com- Le sysièmeCospasprésente les
porte un code fournissant I'identité, mêmes caractéristiques gue le sys-
d'aide à la recherche et au sauve- la nationalité du véhicule en tème Sarsat du point de vue de I'uti-
détresse ainsi que des informations lisateur, les satellites Sarsat ou
sur la nature de cette détresse. .Cospas relaieront les mêmes émis-
L'émission est traitée à bord du sions de détresse vers les mêmes
(*) Sarsat: Search And Rescue SATellite,c'est-à-
satellite. L'information suit alors stations sol. Seule différence toute-
dire satellite pour la recherche et le sauvetâge deux voies différentes : fois, les satellites Cospas ne compor-
\ o 2 5 - J U | N 1 9 8 3- 29
Actualité astronautique
* Situation actuelle
du programme
Le programme Sarsat prévoit
l'équipement de trois satellites amé-
ricains de la NOAA (NOAA-E, F et G)
avec les répéteurs à | 2l,5 et
243 MHz fournis par le Canada et les
récepteurs-processeurs à 4O6 MHz
fournis par le CNES. Chaque pays
s'engage en outre à réaliser les équi-
pements sol nécessaires à la
conduite d'une phase d'évaluation
technique et de démonstration du
système. Une extension du pro-
gramme initial est actuellement à
l'étude, elle comportera I'équipe-
ment de trois satellites supplémen-
taires (NOAA-H, I et J) avec les
instruments fournis par le Canada et
par la France. Avec six satellites, la t
continuité du service sera assurée
jusqu'en | 990 environ. Le lance- I
ment de NOAA-8 (nom pris par I
N O A A - E a p r è s s a m i s e s u r o r b i t e )a I
eu lieu le 28mars 1983. *l
Le programme Cospas comporte,
au stade actuel, la réalisation de
tr
deux satellites dont le premier,
Cospas-l, a été lancé avec succès le
3O juin 1982. Si la réussite de la 1r,
démonstration est confirmée. il est
probable que d'autres satellites
soviétiques viendront compléter les
satellites NOAA.
D'autres pays, depuis 7979, ont
manifesté leur intérêt pour I'expéri-
mentation Sarsaf : le Royaume-Uni
et la Norvège ont ainsi été officielle-
ment associés à la démonstration du Le sauvetagepar satellite au moyen du système Sarsat/Cospas, l: émission de la balise de
système conjoint Cospas-Sarsat par dëtress[Link] riception et pftatrattementpar satelltte (Sarsat ou Cospas);3: transmission des
donnéespretraiûles;4 : rlception et identificatlon de Ia détresse;5 :déclenchementdes mogensde
la signature d'un accord avec les sauuetagè (DocumentCNES).
partenaires Sarsat. Des contacts
sont en cours avec la Finlande et le
Japon dans le même but. La Suède, - à Cape Cod, près de Boston, le
liée à la Norvège par un accord parti- En France, depuis le 7erseptembre
culier, a été également admise à par- | | octobre, par le centre de contrôle | 982, le CNES et t'Aviation civite
ticiper à la démonstration. de missions américain. mettent en æuvre le Centre de
contrôle de missions français qui
Les circonstances de la première assure à Toulouse le traitement de
localisation, en Colombie' britanni- tous les passages du satellite sovié-
* [Link] gue, illustrent parfaitement ce que tique Cospas-l .
de sauvetage l'on peut attendre du système ; pré-
cision de localisation, permettant Au cours du dernier trimestre
En | 982, la localisation par le sys- 1982, ce centre est intervenu à la
une rapidité d'intervention (26
tème Sarsat/Cospas a permis de
heures au lieu de 4 à 5 jours estimés demande d'organismes de recher-
sauver sept personnes aux Etats- nécessaires
par les services de sau- ches et de sauvetage français et
Unis et au Canada: étrangers (33 interventions en
vetage canadiens) et une économie
- en Colombie britannique, le des moyens (2O heures de vol avions temps réel).
8 s e p t e m b r e , p a r l e c e n t r e d e et hélicoptères comparées aux I 7BO Lors de la course La Route du
contrôle de missions canadien; heures de vaines recherches effec- Rhum le système Sarsat,/Cospas "
- au Auébec. au nord de Mont- tuées pour un accident analogue ", a
confirmé la localisation par Argos du
réal, le 3 octobre, par le même sLtrvenu quelques mois avant, dans naufrage du bateau
centre; la même région). " Rennie " au
large des Açores.
30 - E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 - J U I N 1 9 8 3
Actualit é astronaatique
Depuis le début de | 983, plusieurs début de la prochaine décennie) d'un Calendrierdes lancements
émissions de balises de détresse système opérationnel mondia I d'aide
'l2l.5 Le Conseil, après avoir pris
actuelles en MHz ont été aux recherches et au sauvetage Par
détectées par le système Sarsat,/ satellites. connaissance de ces éléments, a
Cospas. Dans deux de ces cas (au confirmé sa confiance unanime et
large de Monaco et à Montélimar) la /Sources . divers documents CNES) son soutien au programme Ariane et
première information de l'alerte a a fixé le calendrier de lancement sui-
été détectée par le satellite. ce qui a vant : le lancement d'Ariane L6 est
permis de constater en moins de 4O prévu le vendredi 3 juin 1983 ef /es
minutes qu'il s'agissait de mises en
marche intempestives de balises de
Europe lancements L7, L8, L9 respective-
ment les 26 août 1983, 4 novembre
détresse. | 983 et janvier 1984.
Le vendredi 28 janvier | 983, à En outre, le Conseil, soucieux des
Ariane prête intérêts des programmes de
| 6 h 30. le CCM de Toulouse détecte
et localise, lors du passage du satel-
pour un sixièmelancement I'Agence et de la confiance manifes-
lite soviétique Cospas-1, une émis- tée par les autres clients d'Ariane et
sion à la fréquence 121,5 MHz A l a f i n d u m o i s d e f é v r i e r .l e C N E S des obligations calendaires contrac-
susceptible de provenir d'une radio- e t l ' E S A p u b l i a i e n t l e c o m m u n i q u é tées, a pris les dispositions sui-
balise de détresse située à 8OOkm à d e p r e s s e s u i v a n t: vantes, destinées à permettre le
I'ouest des îles Canaries. A sa session des 23 et 24 février lancement le plus rapidement possi-
Cette information est transmise au | 983, le Conseil de I'Agence spatiale ble de chacune des charges utiles:
européenne a pris note de I'avance- - en vue de reproduire un profil de
centre de contrôle de la navigation
ment du programme Ariane et a exa- mission aussi proche gue possible
aérienne de Las Palmas (Espagne)
qui demande aux pilotes de se met- miné les conséquences du retard de celui prévu pour L5 (mission dou-
pris par le programme, en raison de ble comportant I'injection en orbite
tre à l'écoute de cette fréquence,
opération qui ne donne aucun l'échec du lancement Ariane L5l1), de transfert géostationnaire de deux
sur les missions à venir. satellites au moyen du système de
résultat.
lancement double Ariane, Svlda)
Le samedi 29 janvier 1983. à | 4 h, Ariane L6 lancera les satellites FCS-
la localisation déterminée la veille Situation technique 1 (2) et Amsat (3);
est confirmée par les équipes de du programme
contrôleurs de I'Aviation civile et du - en ce qui concerne le satellite
CNES. Les recommandations techniques
formulées par la Commission d'en- européen d'observation du rayonne-
Les autorités espagnoles décident quête, qui portaient sur la qualité ment X (Exosat). le Conseil de
alors de mettre en æuvre un avion des engrenages de la turbopompe et l'Agence a tenu compte, d'une part,
Fokker F27 spécialement éguipé. A le fonctionnement du système de que la date de lancement prévue
76 h, le pilote de cet avion aperçoit lubrification (voir communiqué ESA- pour L7 présente une marge calen-
un canot pneumatique avec deux CNES du 21 octobre 1982). ont été daire insuffisante par rapport à la
personnes à bord à cinq kilomètres mtses en æuvre. fermeture de la fenêtre de lance-
de la position fournie deux heures ment et, d'autre part, des risques de
avant par la station de Toulouse et Au cours des mois écoulés, des
dégradation de certaines expé-
largue aussitôt une << chaîne de versions des engrenages de la turbo-
riences de la charge utile. Donc, et
survle >>. pompe et du système de lubrifica-
afin de répondre aux désirs de la
tion. éliminant les déficiences
Le sauvetage sera effectué le communauté scientifique euro'
constatées, ont été réalisées et péenne, pour un lancement dès que
dimanche 3O janvier | 983. à 2 h 56, essayées. L'ensemble des travaux
par un navire britannique alerté par possible, le Conseil a décidé de
est soumis à un processus de revue
le pilote de I'avion de recherche. Les recourir à un Thor Delta 3914 pour
détaillé destiné à confirmer I'apti-
naufragés sont deux Espagnols de la mise en orbite de ce satellite: ce
tude au vol du lanceur L6.
| 9 et 22 ans qui avaient entrepris la lancement doit avoir lieu fin mai
traversée de Ténériffe au Vénézuéla Après rodage et contrôle, la turbo- 1 983 depuis la base de Vandenberg.
à bord d'un catamaran. pompe du lanceur L6 a été montée L ' e x e m p l a i r e d ' A r i a n e - 1 e x c é d e n -
sur le moteur du 3e étage. les essars taire à la fin de la série de promotion
Le CCM Sarsat/Cospas installé au de recette à feu du moteur doivent sera affecté au lancement, en iuillet
Centre spatial de Toulouse, qui est à avoir lieu d'ici à la mi-mars. I'assem- 1985, de la sonde Giotto de I'Agence
l'origine de ce sauvetage, a été réa- blage de I'ensemble propulsif, puis spatiale européenne, dont la mission
lisé conjointement par le ministère de l'étage complet, devant intervenir est d'effectuer un rendez-vous avec
de la Mer, le ministère des Trans- ensuite et conduire au transport en la comète de Halley début | 986. Les
ports et le CNES. Guyane du 3e étage à la fin du mois lanceurs L7. L8 et L9 sont affectés
En France. les administrations d'avril. Les deux premiers étages
responsables de I'alerte, des seront acheminés dès le mois de
recherches et du sauvetage aéro- mars.
(l ) Antérieurement au lancement L5, le lanceul
nautiques et maritimes apporteront Parallèlement aux dispositions Ariane a effectué 4 lancements d'essais, dont 3 avec
leur concours au CNES au cours de spécifiques à la turbopompe, une succès Ces essais ont permis la mise en orbite de
six charges utiles'dont les plus importantes sont le
la phase de démonstration qui a vérification approfondie de certains satellite météorologique Météosat (ESA) et les satel-
commencé le let février 1983. éléments importants du lanceur a lites de télécommunications Apple (lnde) et Marecs-
A IESA/lnmarsat).
Les partenaires Sarsat et CosPas été effectuée (centrale inertielle,
12) ECS' satellite de télécommunications euro-
espèrent que leur démonstration système d'alimentation et de pressu- péen ESA/Eutelsat
commrJne conduira à la mise en risation du 3' étage), afin d'en ren- (3) Amsat satellite de télécommunications pour
place progressive (peut-être au forcer la fiabilité. les radio-amateurs
ESPACEINFORMATIONNO25 - JUIN
A ctualité astronautique
NORTH
POtt
SUNSHADE
OPT!CAL
36
SECONDARY EAFFLE
ER
MIRROR
5ECON0
5qN MTE
E A R T HS H I E L D
SUPERFLUID
PRIMARY TANK
HELIUM
\
MIRROR
E X P EI M
R ENT
FOCÀL ELECIRON ICS
PLANE
ÆSEMBLY DUTCH
ADDITIONAL
DUTCH EXPER
IMENT
ADDITIONAL
EXPER
IMENT
ELECTRONICS CRYOGENIC
VALVESAND
MANIFOLD
HORIZON
5EN5OR SPACECRAFT
I [Link]:. la configuration du satellite 1,?4S; à droite: le baLagage effectué par son telescope du fait de son mouuement orbital (Document
Spaceflight).
3 2 - E S P A CIE O"N2 5 . J U I NI 9 8 3
N F O R M A T IN
Actuslité astronautique
( S o u r c e : n u m é r o s p é c i a ld e J o u r -
nal of the British lnterplanetary
S o c i e t y , j a n v i e r 19 8 3 . )
accEss
S- ANO
K- BANO
Deuxièmevol opérationncl
de la Navette
NO2 5 . J U I N I 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 33
Culendrier de I'espace
34 - E S P A C EI N F O R M A T I O N O2 5 - J U I N 1 9 8 3
Colendriey de l'espace
NO2 5 . J U I N 1 9 8 3 -
E S P A C EI N F O R M A T I ON 35
Culendrier de I'espace
9 - Lancement (Shuang Cheng Tse) par Son coût (lancement compris) serait 1 9 Lancement(Plesetsk)de Cosmos-I417
une fusée chinoise (FB-1/CSL-2) du de 87 millions de dollars. Il est ( 9 ' 7 8 / 1 0 2 3k m - 8 3 ' - 1 0 4 , 9m n ) P e u t -
douzième satellite chinois Chine-12 construit par Ford Aerospace.[l982- être pour la navigation militaire
( 1 1 2 / 3 9 3k m . - . 6 3 " - 9 0 m n ) p e u t - ê t r e 97Al [ 1 9 8 21 - 02A]
DOUrUne mlsslon oe reconnalssance. 30 - Lancement(Plesetsk)de Cosmos-l4ll 2 0 - Lancement (Baïkonour) du sixième
Partiellement récupéré le 14. 11982- '/2,9' -
(208/384km - 90,1 mn) peut- satellite géostationnaire de la série
90Al être pour la reconnaissance photogra- Gorizont, Gorizont-6, pour les télé-
10 - Échec du lancement du cinquième phique militaire. Récupéré l4 jours c o m m u n i c a t i o n s[. 1 9 8 2I-0 3 4 ]
exemplaired'Ariane qui devait placer plus tard. [982-98A]
2l Lancement (Kapustin Yar) de
sur orbite les satelliteseuropéens Cosmos-1418(370/414 km - 50,6" -
Marecs-2 et SIRIO-2 (voir EI, n" 23, 9 2 , 3 m n ) p e u l - ê t r ep o u r u n e m i s s i o n
p.20 et n'24, p.20).
l5 - Lancement(Plesetsk)de Cosmos-I407
Octobre lçr82 l\
de calibration radar. [1982-1044]
l . l r r t e c r t t c r t t1 ( i r p ( . t t t l t t e t . t l ; t l L t c i t r -
(181/364km - 67,2' - 89,7mn) Peut- quième satellite géostationnairede la
être pour une mission de reconnais- - Lancement (Baïkonour) de Cosmos- sèrieSatcom,[Link]épar 143"
sance/surveillance militaire. Récupéré l4l2 (225/280km - 65'- 89,6mn) peut d e l o n g i t u d eO u e s t .i l d o i t s e r v i r a u x
o u r e n t r é d a n s I ' a t m o s p h è r eu n m o i s être pour la surveillanceocé[Link] télécommunications de I'Alaska (trafic
plus tard. il982-91A1 satellite serait équipé d'un radar ali- intérieur et liaisons avec les autres
menté par un générateur nucléaire.
; ,, ,
-
16 Lancement (Plesetsk) de Cosmos-1408 e t a t so e s L , t a t s - u n l s r .
(645/619km - 82,5' - 97,8 mn) sans u982-eeAl Satcom-5a une masseau lancementde
doute pour l'écoute électronique. 1,07t et une durée de vie théoriquede
1t982-e2A) t2 (ou l3 ?) - Lancement(Baïkonour)par l0 [Link] estéquipéde 24 canauxfonc-
- Lancement(Baïkonour) d'un nouveau une même fusée de trois satellites, tionnant dans la bande C, chaque
Cosmos-I413,l4l4 et l415 (circulaire, canal oermettant d'acheminer I 500
satellitegéostationnaire(99" Est, Stat-
sionar T) de la sérieEkran (Ekran-9 ?). 1 9 1 0 0k m - 6 4 , 8 ' - l l h 1 3m n ) . communicationstéléphonrquesou un
ll pourrait s'agir des premiers exem- programme TV [Link] rapport
il982-9341 aux autres Satcom, il bénéficiede cer-
- olaires d'un svstèmemondial de navi.
18 [Link] (Baïkonour) du véhicule taines améliorations,en particulier la
gation (nommé Glonass; GLObal
automatioue de ravitaillement présenced'amplificateursde puissance
- - NAvigation SatelliteSystem)compre-
P r o g r e s s - 1 5( 1 9 0 / 2 3 0 k m 51.6" à semi-conducteursau lieu des classi-
nant de 9 à 12 satellitesà défilement
89 mn). d'une masse d'environ 7 ques tubes à ondes [Link]
répartisdans trois ou quatre plansdif-
tonnes, qui rejoint Saliout-7 deux férents. La revue Snias Informations caoaciTêdu satellite en est accruemals
jours plus tard (voir El,n" 24,p. 23). Il auisi sa fiabilité : la probabilitéde bon
Espace(n' 299, novembre 1982,p. 17)
est décroché un mois Plus tard et fonctionnementde 22 des 24 canaux,
ajoute à ce sujet:
détruit peu après. [l982-944] au moins, pendant huit années ou
Selon les Soviétiques, ces lrois satellites plus, passeainsi de 60 à 90 t/0.11982-
22 - Lancement (Plesetsk)de Cosmos-1409 sont destinés à " améliorer les compo-
( 6 1 3 / 3 9 3 4 0k m - 6 3 , 8 "- l l h 4 9 m n ) l05Al
sants des systèmes spatiaux de naviga-
peut-êtrepour I'alerteprécoce.[1982- tion mis au point pour la localisation 30 - Lancement (Cap Canaveral)par I'ar-
e5Al des avions civils et des navires de com- mée de I'Air de deux satellitesgéosta-
24 - Lancenent (Plesetsk)de Cosmos-l4l0 merce de I'Union soviétique".(...) tionnaires pour les télécommunica-
( 1 500/ I 200 km - 82,6"- I l6 mn) peut- Similaire au progrotllme amëricain tions militaires,le quinzièmeet dernier
être pour la géodésie.U982-9641 Navstar, ce système devraif pouvoir exemDlairede la série DSCS-2 et le
Dermettre,comme ce dernier, d'amélio- premier exemplairede la série DSCS-
28 - Lancement (Cap Canaveral) par une 'rer 3. Celui-ci a une masse de I 040 kg
fusée Atlas Centaur du cinquième la précision des missiles stratégiques
ou tactiques. Il fonctionne dans les (contre 590 pour les DSCS-2) et une
satellite géostationnaire (63" Est, au- durée de vie théorique de l0 ans (au
dessusde I'océan Indien) de la série b r n d es de fréquences de I 240-
I 260 MHz, I597-1610 MHz et 1610- lieu de 5 pour DSCS-2).
Intelsat-5pour lestélécommunications
I 617 MHz, avecdes îransmissionsdans Ces deux satellitesont été placéssur
internationales.
deux fréquences différentes pour cont- orbite à I'aide du premier exemplaire
Comme les précédentsIntelsat-S,il a penser les erreurs de distorsion iono- de la fuséeTitan 34D, construrtepar
une caoacité de 12000 communica- Martin Marietta, dont la masseest de
sphérique.[982-1004, D et E]
tions té1éphoniques et de deux canaux 680t et la poussée initiale de
de télévisioncouleurs; par contre il est I I 650 kN. Pour la premièrefois, éga-
14 - Lancement (Baïkonour) de Cosmos-
le premier à être muni d'un équiPe- lement, était utilisé l'étage supérieur
1416 (226/2'72km - 70,4' - 89,5mn)
ment en bande L pour le relais des pho- IUS, construit par Boeing, qui doit
peut-être pour la reconnaissance
communications maritimes d'Inmar- aussi servir sur la Navette (voir EI,
qui actuellement 37 pays tographique militaire. Récupéré l4
sat compte jours plus tard, [982-l0lA] n'22, p.7). [982-106A et B]
membres.
Esptce Inlbrmationest urte pablication périodique (paraissant trois fois par an) que réalise le dépdfie,t,ent Publications du Centre spatial de Toulouse
du CNES.
Taril' da I'obonnement (souscrit obligatoiremertt pour deux ans, soit pour six nantéros) : 75 F pour la Frnce, 90 F pour I'étrnger (envoi pat avion).
Tarif valable jusqu'au 31 nni 1987,
Toute lemande d'abonnement est à adresser à : CIMM - Espace Information 15, rue des Pénitents blancs, 31000 Toulouse.
Téléphone : 61 21 52 36. Joindrc le titre de paientent (CCP, chèqte bancairc, nnndat intentational,,.) libellé à I'oùre de CIMM Infonnatique.
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Téléphone: 61 27 31 31.
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