Les Risques en Commerce International
Opter pour opérer dans le monde du commerce international n’est pas facile. En
effet, plusieurs risques peuvent être parcourus en effectuant les opérations à
l’international, parmi ceux-ci on peut mettre en évidence : Le risque de
change, le risque de non paiement (appelé aussi le risque de crédit), le
risque commercial, le risque politique, le risque catastrophique, le risque
liés aux conflits commerciaux, le risque de fabrication (dit aussi le risque
technique) et les risques liés au transport. Par la suite on va essayer de définir
chaque type des risques cités au dessus et essayer de proposer des méthodes
afin d’éviter le risque en question.
Le risque de change : c’est un risque important auquel sont confrontées
toutes les entreprises qui participent au commerce international, toutes les
sociétés qui ont des filiales de groupes multinationaux. Ce type de risque est lié
à la variation du cours d’une devise, par rapport à la monnaie de référence
utilisée par une entreprise ou un établissement bancaire, entre la date de
l’engagement et la date du règlement financier, autrement dit, ce risque est lié à
la volatilité des devises sur le marché des changes. Le risque de change résulte
d'activités économiques donnant lieu à facturations en devise. Il s'agit par
exemple d'opérations commerciales ou des prestations de services à l'exportation
ou à l'importation. Ce risque peut se produire en raison de divers facteurs et sur
de brèves périodes. Lorsqu'une transaction est fondée sur une devise étrangère,
une telle fluctuation peut représenter un risque important (ou une chance, si la
fluctuation du change dans le cours des transactions est favorable), qui doit être
bien compris et bien géré. On peut dire que La notion de risque de change est
intimement liée à la notion de position. Les entreprises sont confrontées au
risque de change dès qu'elles effectuent des opérations commerciales en devises.
De nos jours Le risque de change a complètement disparu entre la plupart des
pays européens qui ont adopté l'euro comme monnaie d'échange. Néanmoins, il
reste bien présent en ce qui concerne les échanges avec les autres pays. Pour une
entreprise, le risque de change peut naître bien avant la conclusion d'un contrat.
A titre d’exemple, une société d'export qui facture en devise, le risque de change
apparaît dès la parution du catalogue. Banque et entreprises doivent donc mettre
en place un système d'information performant et définir une politique de change
afin de préciser, par exemple, le montant à partir duquel elle se couvrira ou la
perte qu'elle sera prête à assumer ou encore l'absence de couverture sur certaines
devises .
A l’international il ya deux facteurs à prendre en considération :
La société qui possède des filiales à l'étranger :
Il s'agit d'une exposition liée au fait que la maison mère possède des
filiales dans des pays disposant d'une autre monnaie.
Les échanges de flux entre filiales ou succursales, les remontés de
capitaux, tout ceci entraîne une forte exposition au risque de change.
Cours de change et concurrence :
Il existe également un autre risque de change à prendre en compte même
s'il ne semble pas toucher directement l'entreprise.
En effet, dans le cas par exemple d'un exportateur qui souhaiterait être
réglé dans sa monnaie, des variations de cours pourront affecter la
compétitivité de ses produits en les rendant plus ou moins chers pour les
acheteurs étrangers suivant que la devise baisse ou monte par rapport à la
monnaie nationale de l'exportateur.
L’importance de l’influence ce de risque crée la nécessité de le gérer. La
couverture de risque de change consiste à réduire ou à annuler le risque lié à la
position de change de l'entreprise en utilisant des méthodes internes ou en
transférant le risque à des organismes externes (banques et assurances).En effet,
pour supprimer ou réduire le risque de change plusieurs possibilités se
proposent , tel que se couvrir sur le marché des changes à terme , pour un contrat
de change à terme, l’exportateur donne l’ordre à sa banque d’acheter ou de
vendre des devises disponibles ou livrables à une date déterminée à un cours
fixé à l’avance, ou encore prendre une police d’assurance du risque de change
dans les courants d’affaire, pour ce faire l’exportateur doit déclarer à l’assureur
son chiffre d’affaires prévisionnel à l’export pour une période donnée, et dans la
devise choisie. L’assureur détermine la prime et fixe un cours de change garanti.
A l’échéance des différentes factures, il est constaté soit une perte de change
(dans ce cas, vous êtes indemnisé) soit un gain de change (vous reversez ces
gains à l’assureur).L’exportateur dispose d’une autre possibilité, dans le but de
se protéger contre le risque de change, qui consiste à facturer dans sa monnaie
nationale chose qui est souvent refusé par l’importateur vu que l’exportateur
n’est pas en position de force.
Le risque de non paiement (risque de crédit) : A l’international le risque de
non paiement est multiplié. Il consiste à que les clients des entreprises
exportatrices n’exécutent pas leurs obligations, en tout ou partie. Ce risque se
présente lorsqu'un laps de temps sépare les exécutions des obligations des
différentes parties : le vendeur supporte les coûts au fur et à mesure de la
fabrication du produit alors que l’acheteur ne paie qu’après la livraison avec un
certain délai de paiement. Après l'exécution de la prestation, le risque
fondamental est le non-paiement qui peut être lié à deux types de facteurs :- le
risque commercial ou de défaillance de l’acheteur qui est lié à la solvabilité
et/ou au comportement du débiteur (client ou banque du client). Exemple : non-
paiement ou paiement partiel, faillite, ...
Et -Le risque politique qui consiste à la
survenance d'évènements indépendants de la volonté du client qui empêchent le
paiement (catastrophe naturelle, changement politique, guerre, boycott du pays
de l’acheteur ou à l’égard du pays de l’acheteur ...).
Les facteurs à considérer par l’exportateur pour analyser les risques de non
paiement sont : la nature de l’entreprise (l’acheteur), la Situation financière de
l’acheteur (s’in s’agit d’un nouvel acheteur, client régulier, distributeur, filiale ou
société affiliée), La réputation de l’acheteur en termes de respect des obligations
(locales et internationales), etc.
Face à ce risque fondamental, il est conseillé aux entreprises qui effectuent des
opérations à l’international d’évaluer le degré de risque auquel elles sont
confrontées car un paiement non réalisé peut remettre en question la pérennité
de l'entreprise et par la suite choisir une couverture appropriée. Parmi les
stratégies que l’exportateur peut adopter afin de réduire ou limiter ce type de
risque on pourra citer le paiement anticipé qui est un mode de paiement
supposant de la part de l'acheteur une confiance absolue à l'égard de son
fournisseur étranger car il lui paye une marchandise qu'il n'a pas encore reçue et
qui peut-être n'est même pas encore fabriquée. Pour l'exportateur, il s'agit de la
technique de paiement la plus simple et la plus sûre (le risque d'impayé est quasi
inexistant), mais il s'agit d'une des plus mauvaises d'un point de vue commercial
et des plus difficiles à faire accepter par l'acheteur, en plus la réglementation des
changes de nombreux pays interdit ce type de contrat. Il pourra aussi choisir le
paiement ex-usine qui consiste à exiger que les marchandises soient payées dès
qu’elles sont prêtes pour expédition. Ils veulent de la sorte éviter que les
paiements de leurs marchandises soient tributaires des dates de départ des
transports et de leurs durées. L’acheteur doit donc payer les marchandises dès
leur sortie d’usine et s’occuper de leur acheminement. Ce type de contrat est
avantageux pour le vendeur qui voit ses besoins de trésorerie et son risque
diminuer, il peut poser des problèmes à l’acheteur car c’est lui qui doit gérer le
transport et les formalités douanières au départ d’un pays qu’il ne connaît peut-
être pas. Il risque donc dans de nombreux cas d’y rencontrer des difficultés
logistiques et administratives. Il pourra également opter pour le crédit
documentaire, la remise documentaire avec aval, avoir recours à certains types
d'assurances ou d'options de garantie de paiement tel que la SMAEX ou encore
le factoring.
Le risque - pays : risque né de la situation du pays importateur qui se
décompose en risque politique, risque catastrophique et risque de non-
transfert : Le risque est une exposition à un danger dont on ne sait pas s’il se
produira mais dont on sait qu’il sera susceptible de se produire, inhérent à une
situation ou une activité.
Le risque pays se définit comme les risques résultant d’un acte ou d’une
décision d’un gouvernement ou de tout événement ou décision d’ordre politique
ou administratif, national ou international, qui peut générer des pertes
financières, commerciales ou économiques pour une entreprise. Il s'agit des
risques liés aux affaires dans un pays ou une région donnée. Il y a par exemple
la possibilité que le permis d'importation ou d'exportation soit révoqué, qu'une
guerre ou de l'agitation civile éclate, ou que la libre circulation de l'argent soit
perturbée en raison d'un contrôle du change, d'un boycottage ou d'un moratoire
de paiements internationaux. Pour les exportateurs qui font des affaires à
l'étranger, cette catégorie comprend le risque d'expropriation par un
gouvernement étranger. L'évaluation du risque-pays est très importante pour
l'exportateur qui fait des affaires dans un pays à risque élevé, où les risques ou
les pertes pourraient découler des gestes ou des circonstances politiques comme
l'agitation civile, la guerre, une crise économique ou la restriction de la
circulation du change étranger ou des paiements internationaux. Outre
l'évaluation du risque-pays, l’exportateur devra aussi tenir compte de la stabilité
politique et économique globale, de la solidité des institutions démocratiques,
des tendances au protectionnisme, de même que de facteurs économiques de
base comme la croissance du PIB, l'inflation et le chômage. L’analyse du risque-
pays s’avère délicat vu le grand nombre de facteurs et la complexité en cause,
afin de bien cerner ce type de risque il est conseillé aux exportateurs de
demander l’opinion d’experts auprès des organismes gouvernementaux, des
banques, des agences de crédit et d'autres sources . Le risque politique ou risque-
pays est probablement plus important pour les entreprises qui font les affaires
dans des parties moins connues et moins stables du monde.
Le risque catastrophique : On désigne par risque catastrophique celui qui
résulte d'un fait catastrophique tel que cyclone, inondation, tremblement de terre
faisant obstacle à l'exécution du contrat. Une catastrophe quelconque peut
désorganiser l'économie d'un pays et empêcher les acheteurs d'honorer leurs
engagements.
Le risque de non-transfert : c’est un risque lié à la pénurie de devises dans le
pays de l’acheteur ou l'interdiction ou la limitation des mouvements de capitaux
vers l'étranger décidée par les autorités. C’est le risque le plus important auquel
un exportateur puisse être confronté. Avant même de s’assurer de la capacité
d’un débiteur à respecter ses engagements, il est essentiel de vérifier que le pays
dans lequel il réside n’est pas exposé au risque de non transfert. Dans ce cas,
bien que le débiteur soit parfaitement solvable et désireux d’honorer ses
engagements, aucune sortie de devises ne sera possible suite à une insuffisance
de liquidités.
Afin de se prémunir contre le risque politique il est recommandé de ne pas
exporter dans une région donnée jusqu'à obtenir l'assurance nécessaire (contre le
risque politique si celui-ci s’avère être élevé) et les moyens d'atténuation des
risques auprès des fournisseurs de services de financement des exportations. Il
est également conseillé d’établir une liste des évènements imprévus et des
actions que l'entreprise peut mettre en œuvre s'ils surviennent et aussi d’établir
un système de surveillance au travers de la presse des événements d'ordre
politique qui affectent le pays. Des organismes privés organisent ce type de
veille, vous permettant de découvrir les troubles potentiels dès que possible et de
réagir au plus vite en vue de réduire les pertes au maximum.
Le risque commercial : Au niveau du risque commercial on peut parler de deux
choses, notamment du risque d’annulation de la commande : c’est le risque de
fabrication, c’est-à-dire l’annulation de la commande alors que la production a
été lancée, et du Risque de non paiement alors que la créance est exigible
,comme nous l’avons expliqué avec plus de détail dans le paragraphe ayant pour
titre le risque de non paiement ,c’est le risque de défaillance au niveau financier
de l’acheteur du fait de difficultés de trésorerie, de mauvaise volonté de
l’importateur ou d’une décision d’un Tribunal (règlement judiciaire, dépôt de
bilan, etc.). Les facteurs à considérer par le vendeur (l’exportateur) concernant
ce type de risque sont les suivants : Le montant et la perte éventuelle si
l’expédition n’est pas acceptée par l’acheteur, La valeur de l’expédition, le type
de biens (périssables ou non), la Probabilité pour que l’expédition soit refusée,
etc.
Le risque de fabrication (risque technique) : Ce risque provient de
l'incapacité technique du vendeur de s'acquitter de ses obligations. Se définit par
l’empêchement pour l’assuré, en raison d’un fait générateur de sinistre, de
fabriquer les biens ou d’exécuter les services qui lui ont été commandés et, plus
généralement, de poursuivre l’exécution de ses obligations contractuelles. Ce
type de risque se situe entre la signature du contrat commercial et la fin des
obligations Contractuelles.
Les risques liés au transport : parmi lesquels on peut envisager : le risque de
non livraison (perte ou vol de la marchandise), le risque de détérioration de la
marchandise (du a un mauvais emballage par exemple) et le risque de
livraison en retard par rapport au délai prévu.
On peut également parler des risques liés aux conflits commerciaux
notamment Les conflits liés à l'accès au marché qui peuvent avoir pour origine
des obstacles tarifaires ou non tarifaires. Ces derniers sont très nombreux et
diversifiés : les restrictions quantitatives unilatérales ou bilatérales, les normes
de toutes nature et les mesures liées aux marchés publics. On peut aussi parler
des conflits qui sont liés à la défense commerciale, c’est-à-dire, lorsque l'État
propose des mesures de sauvegarde s'il juge que des importations peuvent
désorganiser ses marchés intérieurs ou porter atteinte à la production nationale.