Introduction
Ce chapitre sera consacré aux notions reliées à l’interaction. Pour pouvoir inscrire notre
recherche dans son cadre convenable nous commençons par définir quelques repères
théoriques de l’interaction : les différents courants en analyse des interactions, la définition
de la notion d’interaction.
1. Aperçu historique sur l’interactionnisme
L’interactionnisme est un courant de la sociologie qui a renouvelé la discipline, il s’inscrit
dans un carrefour interdisciplinaire, liée avec les disciplines suivantes : la psychologie,
l’ethnométhodologie, l’ethnographie, la sociologie, la linguistique, la philosophie.
Nous allons présenter brièvement les différents courants qui ont assisté à l’émergence de
l’analyse des interactions : d’appartenance psychologique, ethnosociologique, linguistique
et philosophique.
1.1 Approche psychologique et psychiatrique :
C’est au début des années 1970 que ce courant est développé par les chercheurs de
l’école de Palo Alto, fondées sur les travaux de Bateson d’après des fins thé[Link]
s’agit de traitement des cas comme le dysfonctionnement de la relation conjugale chez les
enfants schizophrènes en se basant sur une
«Approche fondamentale étant que les troubles qui affectent
l'individu résultent, selon un processus de "causalité
circulaire ", d'un dysfonctionnement du système relationnel
global dans lequel cet individu se trouve pris, et que c'est
donc la sur la transformation de ce système global que le
traitement doit porter.»1
Les chercheurs considèrent qu’un dysfonctionnement au sein d’une société ou les individus
évoluent est la cause de certains comportements pathologiques. Ces travaux ont mené à
découvrir deux nouvelles notions : la notion de la multianalité et la notion de double
contrainte, qui sont par la suite prises en compte dans les études de la communication.
1.2 Approches ethnosociologiques
1.2.1 L’ethnographie de la communication
Ce courant est un composite de plusieurs disciplines scientifiques : l’ethnologie, la
sociologie et la linguistique, il fait partie de l’anthropologie, développé par DELL HYMES
et JOHN GUMPERZ. Selon Traverso :
« Hymes a proposé un premier modèle pour la description des
situations (modèle à huit composantes, dit modèle
SPEAKING), qui a inspiré la plupart de ceux utilisés
aujourd’hui pour décrire les données situationnelles. »2 .
Le modèle Speaking de Hymes nous aide à analyser les
composantes d’une interaction linguistique.
1
KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine. Les interactions verbales.1. P.58
2
TRAVERSO Véronique, L’analyse des conversations, Paris, Editions Nathan, 1999, P.8.
[Type text]
1.2.2 L’ethnométhodologie
Selon KERBRT :
«Le terme d’ethnométhodologie, forgé par [Link] sur le
modèle d’ethnobotanique et autres ethnosciences , doit être
entendu comme suit : il s’agit dans cette perspective de
décrire les méthodes ( procédures , savoirs et savoir-faire )
qu’utilisent les membres d’une société donnée pour gérer
comme il convient l’ensemble des problèmes communicatifs
qu’ils ont à résoudre dans la vie quotidienne. »3
Dans ce courant l’analyse des interactions s’intéresse a étudier les méthodes et les
procédures utilisées par les individus d’une société pour gérer une conversation dans leur
vie quotidienne.
1.2.3 Autres approches sociologiques
Les deux approches précédentes ne sont pas les seules qui ont analysé les interactions
linguistiques, on peut ainsi citer d’autres travaux en sociolinguistique, ceux de [Link],
[Link] et [Link] …
1.3 Approche linguistique
La linguistique ne s’est intéressée que tardivement au analyse des interactions mais dans
les années 1980 33, elle a réussi à rattraper le temps perdu, grâce a un certains nombre de
chercheurs, on peut mentionner l’école de Genève et les travaux menés à Paris, Lyon,
Rouen, ou Aix-en-Provence.
1.4 Approche philosophique
Dans le champ de la philosophie analytique anglo-saxonne plusieurs notions ont été
élaborées et utilisées après en analyse de conversations comme l’acte de langage ou « dire
c’est faire » développé par [Link] et [Link], « jeu de langage » développé par
[Link] et les fameuses « maximes conversationnelles » de [Link].
L’approche interactionniste dans les sciences du langage :
L’interaction :
Pour comprendre l’approche interactionniste dans les sciences du langage nous
commençons par la notion d’interaction, d’après les différentes positions théoriques en
« analyse interactionnelle », nous notons plusieurs définitions, selon Kerbrat-Orecchioni :
« pour qu’il y ait échange communicatif, il ne suffit pas que
deux locuteurs (ou plus) parlent alternativement ; encore faut-
il qu’il parle se parlent, c'est-à-dire qu’ils soient tous deux
« engagés » dans l’échange », 4
3
KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine La conversation, P.12
4
Catherine Kerbrat Orecchioni,La conversation Paris,Seuil,1996.P.04
[Type text]
Selon Véronique Traverso : « l’interaction correspond à ce qui se passe lorsque
plusieurs personnes se trouvent réunies ».5
Nous comprendrons donc que l’interaction est un ensemble des actions réciproques se
produit lorsque deux ou plusieurs interactants se trouvent réunis et un contact se passe
entre eux.
Les compositions de l’interaction :
Pour la réalisation d’un échange communicatif il faut la présence des éléments
fondamentaux :
a. L’émetteur : ou destinateur celui qui crée un message oral ou écrit, en utilisant des
procédés spécifiques selon la situation de la communication pour assurer l’attention de son
destinataire.
b. Le récepteur : ou destinataire celui qui reçoit un message oral ou écrit, en produisant des
signaux pour assurer au destinateur qu’il est bien présent lors de l’échange communicatif.
c. La synchronisation interactionnelle : c’est un ensemble de mécanismes harmonieux qui
touche à tous les nivaux du fonctionnement de l’interaction ; l’alternance de la parole, les
gestes corporels, le choix de thème et de vocabulaire.
Les types d’interaction :
Une interaction est définit par ce qui suit d’après Dominique Maingueneau :
« C’est un des termes fondamentaux de l’analyse du discours.
A strictement parler, on devrait distinguer interaction et
interaction verbale, car toute communication entre deux
personnes n’est pas nécessairement verbale. Mais, en général,
en analyse du discours interaction s’entend comme interaction
verbale entre deux participants, deux interactants. ».6
Donc nous pouvons dire qu’une interaction peut être totalement verbale c'est-à-dire elle
est réalisée par des éléments verbaux comme dans la conversation, par exemple : les
entretiens, les interviews, les conférences etc. Elle peut être également non verbale quand
elle présente des mimiques des gestes corporels par exemple : avoir un contact visuel, la
danse etc. Mais nous notons que parfois l’interaction se compose d’une partie verbale et
5
Véronique Traverso, L’analyse des conversations, Paris, Nathan, 1999. P.05.
6
Dominique Maingueneau, Les termes clés de l’analyse du discours, Paris, Seuil, 1996, P.49.
[Type text]
une autre partie non verbale, donc elle devient une interaction mixte par exemple : dans
une boutique, dans un établissement etc.
La structure de l’interaction (les cinq rangs):
Les linguistes de l’analyse interactionniste ont proposé des nuitées hiérarchisées en rangs.
Chaque interaction se compose de trois étapes essentielles : l’ouverture, elle commence au
moment ou les interactans décident d’entrer dans un échange communicatif,
majoritairement pas des salutations, le corps de l’interaction, présente le développement
dans un thème donné, puis la clôture, c’est le moment ou les interactans décident de
clôturer l’échange et se séparer.
L’interaction est organisée par ces trois étapes mais elle a aussi une structure constituée de
cinq usitées hiérarchisées :
a. L’interaction :
Considérée comme l’unité du rang supérieur, elle englobe toutes les autres unités du rang.
Orecchioni dit :
« Une interaction est une unité communicative qui présente
une évidente continuité interne (continuité des groupes des
participants, du cadre spatio-temporel, ainsi que des thèmes
abordés), alors qu’elle rompt avec ce qui la procède et la
suit »7
C'est-à-dire l’interaction présente l’ensemble des échanges communicatifs entre les
participants et elle se définit par trois éléments constitutifs : les participants, le cadre et
l’objectif.
b. La séquence :
[Link] Oricchioni déclare :
« La séquence peut être définie comme un bloc d’échanges
reliés par un fort degré de cohérence sémantique et/ou
pragmatique »8
7
Catherine Kerbrat Orecchioni,La conversation Paris,Seuil,1996.P.36
8
Catherine Kerbrat-Orecchioni, Les interactions verbales, Paris, Armand Colin.P.218.
[Type text]
C’est-à-dire la séquence est une unité liée à la progression d’une même thématique et / ou
même tache, la majorité des interactions se déroulent selon cet ordre :
_ Séquence d’ouverture ;
_ Corps de l’interaction ;
_ Séquence de clôture.
c. L’échange :
Il se définit par « la plus petite unité dialogale »9 parce qu’elle est construite par deux
participants au moins, selon Oricchioni « […] ce rang est donc fondamental : c’est avec
cet “échange“ que commence l’échange. » 10donc nous comprendrons que l’échange est un
élément fondamental dans l’interaction, il est composé de deux interventions, initiative
(par exemple une question) et réactive (par exemple une réponse à la question).
d. L’intervention :
Selon Dominique Maingueneau l’intervention est « la plus grande unité monologal de
l’interaction »11, donc elle est l’unité fondamental d’un dialogue.
e. L’acte du langage :
C’est « est la plus petite unité monologale constituant l’intervention »12, la théorie des
actes du langage ou l’acte de parole né dans la philosophie du langage ordinaire et
développé par [Link] dans son son ouvrage « How to do things with words » 1962,
elle s’oppose à la conception descriptive du langage, selon Austin lors d’un énoncé on
réalise trois actes :
– un acte locutoire : la production d’un énoncé relié syntaxiquement.
– un acte illocutoire : effectuer une action en produisant un énoncé.
_ un acte perlocutoire : c’est l’acte accomplit par le fait de produire un énoncé.
Les stratégies de négociation
9
Moeschler 1982 :153
10
Ibid., P.224.
11
VION R. (1992), La communication verbale : analyse des interactions, Paris : Hachette
Supérieur. P. 169
12
MOESCHLER J. (1985), Argumentation et conversation. : éléments pour une analyse
pragmatique du discours, Paris : Crédif-Hatier, P. 81.
[Type text]
La notion de stratégie conversationnelle est très importante pour comprendre le
déroulement d’une interaction et son système qui est souvent attachée au partage
et à la communication.
Plusieurs recherches ont été faites par les spécialistes dans le domaine de l’analyse
de conversation pour sa complexité de son organisation. Les participants à
l’interaction peuvent construire ensemble une particularité de texte qu’est une
conversation.
La dynamique de l’échange conversationnel se maintient à travers la mise en œuvre
de stratégies à la fois interactionnelles, interactives et interprétatives relevant de
l’analyse du discours en interaction telles que les stratégies de coopération et de
négociation.
1- La stratégie de négociation :
La négociation est définie dans le dictionnaire « Le Petit Robert », comme :
« Une série de démarches qu’on entreprend pour parvenir
à un accord, pour conclure une affaire.»13
La notion de négociation en analyse des conversations est très intéressante,
plusieurs études sont faites dans le courant ethnométhodologique. Elle peut être
utilisée dans différents domaines, spécialement dans les relations de résolution de
conflits.
En analyse conversationnelle, dans la conception ethnométhodologique,
l’organisation des interactions suive le principe de coordination, négociation et
coopération. Selon P. BANGE :
« Toute activité qui doit être coordonnée doit donc être en ce sens
négociée.»14
Négocier est l’idée :
« De se mettre d’accord sur la façon dont une activité sera
accomplie et sur sa signification. Cet accord est réalisé à travers
une séquence d’étapes où les partenaires interviennent :
1) l’un pour proposer,
2) un second pour accepter ou refuser la proposition,
3) dans le cas d’acceptation, le premier pour ratifier celle-ci.»15
[Type text]
En effet, le discours-en-interaction a pour principale caractéristique d'être construit
collectivement, ce qui implique que les participants à l'interaction doivent
s'accorder sur les règles du jeu de langage dans lequel ils se trouvent conjointement
engagés.
Pour que l’interaction continue, les participants appliques des stratégies sur un
mode relativement harmonieux, Il s’agit de
« Mécanismes d’ajustement des comportements mutuels que l’on
a coutume d’appeler ».16
Selon la spécialiste en analyse conversationnelle, Catherine Kerbrat-Orecchioni,
les : « négociations conversationnelles »
(LE) (1990), Dictionnaire de la langue française, Paris : Larousse, cité par P.
13ROBERT
CHARRAUDEAU, D. MAINGUENEAU (2002), op. cit., p. 398
14P. BANGE (1992), op. cit., p. 29
15Ibidem
16C. KERBRAT-ORECCHIONI (2005), Le discours en interaction, op. cit., p. 98
« Tout processus interactionnel plus ou moins local,
susceptible d’apparaître dès lors qu’un différend surgit
entre les interactants concernant tel ou tel aspect du
fonctionnement de l’interaction, et ayant pour finalité de
résorber ce différend afin de permettre la poursuite de
l’échange.»17
Toute négociation présuppose :
Un groupe : d'au moins deux négociateurs, comprenant d'abord les personnes
directement impliquées dans le désaccord
Un objet à négocier : Il faut avoir un sujet à négocier, qui peut être de nature
extrêmement variable
Un état initial : Les négociations peuvent surgir à tout moment même si leur
emplacement privilégié est le début de l’interaction, un état initial comme le
souligne C. Kerbrat-Orecchioni :
« C’est dans la phase initiale que la densité de ces
mécanismes d’justement est la plus forte ».18
La longueur de la séquence négociatrice peut varier considérablement et elle
peut surgir à tout moment du déroulement de l’échange, mais c’est dans la phase
initiale que la densité des mécanismes d’ajustement est la plus forte. Même, si
[Type text]
les interactants ne se connaissent pas au départ de l’interaction, ils essayent
d’établir un accord.
Un état final : qui consiste à résorber le désaccord surgi, par une série de
démarches pour arriver à une interprétation commune et qui répond aux attentes
des négociateurs.
Orecchioni, considère que l’implication dans la négociation conversationnelle du
désaccord et du désir du rétablissement de l’accord, c’est la présence de conflit et
de coopération. La négociation c’est un désir de rétablir l’accord, et quand l’accord
est restauré elle disparait.
17C. KERBRAT-ORECCHIONI (2005), Le Discours en interaction, op. cit., p103
18C. KERBRAT-ORECCHIONI (2005), Analyse des conversations et négociations conversationnelles, p. 26, in : M.
GROSJEAN et L. MONDADA (dir.), La négociation au travail, Lyon : Presse universitaires de Lyon, p. 25
L’auteure, suppose le schéma général de la négociation:
- « A fait à B une proposition (Prop) ;
- B conteste cette proposition, en assortissant éventuellement cette
contestation
d’une contre-proposition (Contre-Prop)
- A rejette cette Contre-Prop et maintient sa proposition initiale, il
y “ cristallisation du désaccord ”, et c’est l’amorce d’une
négociation ». 19
La mise en œuvre de négociation pour tenter de résorber le désaccord, il est
nécessaire que les participants à l'échange manifestent un certain désir de restaurer
l’accord. Selon C. Kerbrat-Orecchioni qui trouve que les négociations se
manifestent :
« Le plus souvent sur un mode implicite, ne recourant
qu’exceptionnellement à ces “ grands moyens ” que sont
les énoncés métacommunicatifs, qui manifestent et même
exhibent le désaccord.» 20
[Type text]
Les « négociations conversationnelles » peuvent aussi concerner, selon C. Kerbrat-
Orecchioni :
« Les ingrédients qui composent la matière même de la
conversation »:
«“ Le script” général de l’échange, l’alternance des tours
de parole, les thèmes traités, les signes manipulés, la
valeur sémantique et pragmatique des énoncés échangés,
les opinions exprimées, le moment de la clôture, les
identités mutuelles, la relation interpersonnelle (en
particulier l’emploi du Tu et Vous et autres termes
d’adresse), etc.»21
21 Idem, p. 99
20Idem, p. 26
19Idem, p. 98
2-1- tour de parole :
C. Kerbrat-Orecchioni considère qu’il ya deux types de négociation, implicite et
explicite, avec de négociation de tours de parole et négociation de la relation
interpersonnelle avec les pronoms d’adresse.
« Le tour de parole projette des pertinences sur le tour
suivant et manifeste une interprétation du tour précédent.
Cela structure et traduit en même temps la nature
prospective et rétrospective des processus d’interprétation
appliqués par les acteurs dans leurs activités
pratiques.»22
[Type text]
L’organisation séquentielle des actions accomplies par les interactants, dans une
interaction verbale, repose sur une construction linguistique d’énoncés, adaptée au
contexte interactif, précisément le système de tours de parole.
La négociation des tours de parole est indispensable pour le déroulement de
l’interaction et l’organisation de ces tours repose sur des règles flottantes.
2.2. La négociation de la relation interpersonnelle
L’échange entre les individus s’établit sur une double contrainte contradictoire,
l’échange communicatif et la relation interpersonnelle qui fonctionnent comme
deux unités indissociables qui déterminent le caractère dynamique de l’interaction
qui est souvent soumise à des modalités de déroulement variables induisant son
succès ou son échec, ce qui rend nécessaire les négociations.
D’après C. Kerbrat-Orecchioni, qui suppose que :
« Au cours du déroulement de l’interaction, […],
s’instaure entre les interactants un certain type de
relation – de distance ou de familiarité, d’égalité ou de
hiérarchie, de conflit ou de connivence ».23
22S. PEKAREK DOEHLER (2006/2), « CA FOR SLA » : analyse conversationnelle et recherche sur
l’acquisition des langues, in : Pub. Linguistiques [en ligne], vol. XI, p. 127, disponible sur :
[Link] consulté le 28 mars 2020
23C. KERBRAT-ORECCHIONI (2005), Le discours en interaction, op. cit., p. 164
L’auteur trouve qu’il ya deux axes des différents aspects de la dimension
relationnelle
«Horizontal et vertical ».7,
L’axe horizontal (axe distance vs familiarité) permet de déterminer le degré de
proximité entre les interactants :
« Dans l’interaction, les partenaires peuvent se montrer plus
ou moins « proche » ou au contraire « éloigné » : l’axe de
la relation horizontale est un axe graduel orienté d’un coté
vers la distance, et de l’autre vers la familiarité et
l’intimité »24
[Type text]
La vérification de la distance qui s’établit entre les participants à partir de
relationèmes, qui sont les indicateurs de cette relation interpersonnelle :
« Les interlocuteurs échangent en permanence toute sorte de
« relationèmes », lesquels sont à considérer à la fois comme
des indicateurs et des constructeurs de la relation
interpersonnelle »25
L’axe vertical (axe domination vs soumission)
« Les différents partenaires peuvent se trouver placés en un
lieu différent sur cet axe vertical invisible qui structure leur
relation interpersonnelle. On dit alors que l’un d’entre eux se
trouve occuper une position « haute », de « dominant »,
cependant que l’autre est mis en position basse de
« dominé » » 26
C'est-à-dire une relation de nature dissymétrique, qui se définit par les rapports de
places ou la hiérarchie qui s’établissent entre les interactants Comme le souligne C.
Kerbrat-Orecchioni
« Tous les participants jouissent des mêmes droits et ont les mêmes obligations »27
7C. Kerbrat-Orecchioni. (2005), id., p. 170
27Idem
23 KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine. La conversation. [Link].P. 41
25 2 Ibid. P.42
26 KERBRAT-ORECCHIONI, Catherine. Líinteraction verbale T2. [Link]. P.71
9Id., p. 164
28C. KERBRAT-ORECCHIONI (dir.) (2010), S’adresser à autrui : les formes nominales d’adresse
en
français, Chambéry : Éditions de l’Université de Savoie, p. 9
71C. KERBRAT-ORECCHIONI (2005), Analyse des conversations et négociations
conversationnelles, [Link]., p. 26
Selon C. Kerbrat-Orecchioni, pour aboutir à la réussite des négociations il faut se
baser sur un compromis ou un rapprochement mutuel entre deux participants pour
créer un terrain d’entente et aussi sur un ralliement spontané pour que les deux
participants acceptent volontairement la position de l’autre.
2-3- Le rapprochement mutuel par le biais des termes d’adresse
[Type text]
Les termes d’adresse est une notion qui constitue un moyen très important dans le
déroulement d’une interaction effectuant un rapport socio-affectifs entre les
interactants. La fonction des termes d’adresse reflète une stratégie qui aide à
élaboré et renforcé une relation interpersonnelle.
Selon C. Kerbrat-Orecchioni, les termes d’adresse sont :
« L’ensemble des catégories et d’items dont les
locuteurs
disposent pour désigner leurs (s) partenaires (s)
d’interaction.» 28
L’auteure distingue les appellatifs (prénoms, diminutifs, surnoms, etc.), ou les noms
d’adresse et les pronoms, et insiste sur leur rôle dans la négociation pour des
rapports de solidarité « Rapprochement dû à l’appartenance à un même groupe, ou
ensemble communautaire.» 29 et d’intimité « Aspects cognitifs et affectif de la
relation»14
2-4- le compromis
Les interactants, dans toute situation d’interaction ne sont pas toujours d’accord sur
certaines idées et sujets, et leurs opinions peuvent être soumis par des négociations.
Pour cela les interactants se trouvent dans une situation de contestation par rapport
à l’avis d’autrui et peuvent gérer les désaccords entre eux ou mettre leurs opinions à
un acte de validation spontanée.
En trouve qu’il ya certains cas ou les interactants peuvent avoir des difficultés
envers les autres par leurs opinions et qui nécessite le recours à des stratégies pour
que leurs conversations réussissent.
14Ibidem
15S. JULY (1992), Le compromis historique, Libération, cité par C. KERBRAT-ORECCHIONI
(2005), Le discours en interaction, op. cit., p. 101
16P. STALDER (2010), op. cit., p. 77
Dans certains cas, la difficulté de persuader l’autre par une opinion nécessite le
recours à des stratégies si les interactants souhaitent que leurs échanges
conversationnels réussissent. Le compromis peut être défini comme :
« Un arrangement dans lequel on fait des concessions
mutuelles au nom d’un intérêt supérieur » 15
[Type text]
Cette stratégie est très importante pour garder les échanges conversationnels entre
les interactants, et leurs continuités pour assurer l’intérêt supérieur. Donc, le
compromis est : « une solution qui n’implique-à prime abord- ni gagnant, ni
perdant.»16
Les échanges conversationnels établis dans un groupe sont surement favorable à
des négociations interpersonnelles, pour faire les échanges des idées et de les
opposer dans un esprit collaboratif entre les internautes.
2-5- Le ralliement spontané
C. Kerbrat-Orecchioni estime que la négociation peut aboutir à sa réussite:
par compromis ou par ralliement spontané, l’un des deux participants accepte de
son plein gré de s’aligner sur la position de l’autre; comme « tomber d’accord »
avec son partenaire ou « se soumettre » à une décision ou « s’écrase » et montrent
que si la négociation de l’un des deux négociateurs qui finit par se trouver en
« position basse » par rapport à son partenaire d’interaction.
Le ralliement spontané est une autre stratégie, dans lequel l’un des participants à
l’échange qui :
« Accepte de son plein gré de s’aligner sur la position de l’autre.» 17
Et aussi, selon [Link] :
« La conversation est avant tout la sauvegarde d’un cadre
d’actions réciproques», 18
Les échanges conversationnels nécessite un savoir faire dans un jeu de réciprocité
pour assurer sont efficacité. Dans ce cas, manifester à un acte spécial pour négocier
une situation de désaccord d’une relation et constitue un intérêt majeur pour les
interactants.
17C. KERBRAT-ORECCHIONI (2005), Le discours en interaction, op. cit., p. 101
18A. MILON (1999), L’art de la conversation, 1re édition, Paris : Presses Universitaires de France,
p. 32
La négociation de la dimension relationnelle affective dans les échanges
conversationnels, exige l’intérêt quant à l’idée exprimée par autrui et sa validation,
même partielle.
En fin, les interactants préfèrent cette stratégie parce qu’elle à deux intérêt :
[Type text]
1- la validation d’une demande implicite de persuasion
2- l’évitement manifeste de conflit.
2-4- la clôture
Selon C. Kerbrat-Orecchioni
« Les négociations se disséminent donc tout au long de la
trame conversationnelle, jusqu’à la clôture de
l’interaction ». « Toute interaction est encadrée par des
séquences liminaires chargées d’assurer son ouverture et
sa clôture. Impliquant un changement d’état, ces épisodes
interactionnels sont particulièrement délicats pour les
interlocuteurs ».33
Pour entamer une conversation n’est pas tout le temps facile, surtout que les intérêts
des différents participants sont divergents. C’est pourquoi, les moments d’ouverture
et de clôture sont souvent propices à l’apparition de négociations dans le but de
surmonter ces divergences, d’essayer d’harmoniser les comportements langagiers,
et d’assurer un bon déroulement de l’échange de manière générale. Les
négociations sont, dans ce cas, manifestées à travers le recours à certaines stratégies
d’ouverture, d’écoute, d’enchainement et de clôture.
C. Kerbrat-Orecchioni déclare :
« Par bonheur la langue, dans sa grande prévoyance, met
à notre disposition certaines ressources spécifiques (les
“rituels d’accès” selon Goffman) appropriées à la gestion
de ces activités conversationnelles “ difficiles ”.» 34
Un état final, c'est l'issue de la négociation, qui peut elle aussi être variable, et
pouvant réussir ou échouer.
33C. KERBRAT-ORECCHIONI (2005), Le discours en interaction, op. cit., p. 114
34 Ibidem
[Type text]
[Type text]