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Énonciation et Temps Verbaux

Ce document décrit les deux types d'énonciation selon Benveniste: l'énonciation de discours où le locuteur assume la responsabilité de son énoncé, et l'énonciation historique où le locuteur prend une distance maximale. Il explique les caractéristiques linguistiques de chaque type, notamment l'emploi des temps, aspects, personnes, et adverbes de lieu et de temps.

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Énonciation et Temps Verbaux

Ce document décrit les deux types d'énonciation selon Benveniste: l'énonciation de discours où le locuteur assume la responsabilité de son énoncé, et l'énonciation historique où le locuteur prend une distance maximale. Il explique les caractéristiques linguistiques de chaque type, notamment l'emploi des temps, aspects, personnes, et adverbes de lieu et de temps.

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Temps, mode, aspect ; L3 Lettres Modernes, Valenciennes, V. Mostrov, [Link]@gmail.

com

COURS 4
L’énonciation et l’emploi des temps

III. L’emploi des temps dans l’énonciation de discours et dans l’énonciation historique

1966, E. Benveniste, Problèmes de linguistique générale 1 :


Ch. XVIII. Structure des relations de personne dans le verbe
Ch. XIX. Les relations de temps dans le verbe français

E. Benveniste distingue deux « plans d’énonciation », c'est-à-dire deux attitudes possibles du


locuteur par rapport à son énoncé, distinction se basant sur la notion de distanciation : soit le
locuteur adopte une attitude d’énonciation qui manifeste une distanciation maximale par
rapport à son énoncé (on vise l’objectivité des faits relatés, l’énoncé n’est pas pris en charge
par l’énonciateur), soit la distanciation est minimale, auquel cas le locuteur adhère à son
énoncé. Ces deux plans d’énonciation sont appelés respectivement l’énonciation historique et
l’énonciation de discours, et se différencient linguistiquement surtout par l’emploi des
personnes et des temps du verbe. Il y a également des adverbes de lieu et de temps spécialisés
dans l’un ou l’autre système.

1. Propriétés des deux types d’énonciation

1.1. Enonciation de discours

Le locuteur assume la responsabilité de son énoncé. Les faits énoncés sont mis en relation
avec l’acte d’énonciation et le locuteur prend une distance minimale par rapport à son énoncé.
Ce système s’observe dans la majorité des discours oraux et aussi dans les écrits où le
locuteur s’implique : correspondances, mémoires, théâtre, bref, dans tous les genres où
quelqu’un s’adresse à quelqu’un et s’énonce comme locuteur.

• toutes les personnes s’emploient dans l’énonciation de discours (les pronoms de 3e pers.
représentant l’objet de la communication)

• tous les temps à l’indicatif sont employés, excepté le passé simple et le passé antérieur (le
passé composé étant la réplique du passé simple dans le discours, puisqu’il présente les
événements passés comme mis en relation avec l’actualité du locuteur1 ; se référer à
l’auxiliaire qui est conjugué au présent2) :

1
Le passé simple est le temps de l’énonciation historique, celui des faits coupés du présent. C’est le temps de la
distanciation maximale entre le fait rapporté et l’énonciateur qui le rapporte. C’est un passé autonome. En
revanche, le passé composé établit « un lien vivant entre l’événement passé et le présent où son évocation trouve
place. C’est le temps de celui qui relate en témoin, en participant ; c’est donc aussi le temps que choisira
quiconque veut faire retentir jusqu’à nous l’événement rapporté et le rattacher à notre présent » (Benveniste,
Problèmes de linguistique générale).
Grâce à son auxiliaire au présent, le passé composé marque un lien entre l’événement présenté et le moment
présent où il est évoqué. Autrement dit, le locuteur relie le fait passé qu’il évoque à son acte d’énonciation.
2
« La fonction principale de l’auxiliaire est d’actualiser le processus contenu dans le participe passé, de le faire
concevoir comme un processus se réalisant dans le temps. L’auxiliaire date le processus verbal au présent, le
participe passé indique l’accompli. De la vision simultanée de la datation au présent et de l’aspect d’accompli
résulte le caractère d’antériorité de cette forme temporelle. Autrement dit, concevoir un processus comme
accompli au moment présent, c’est le concevoir comme antérieur au présent. Mais comme le temps antérieur au
présent est le passé, on peut parler aussi d’un passé actuel (rattaché au présent). » Traité de morphosyntaxe,
Université de Sofia, p. 99).

1
Temps, mode, aspect ; L3 Lettres Modernes, Valenciennes, V. Mostrov, [Link]@[Link]

• les adverbes de lieu et de temps sont repérés par rapport à la situation d’énonciation (hier,
aujourd’hui, demain, maintenant, ce matin, le mois dernier, la semaine prochaine / ici, là-
bas, à droite… : il s’agit de déictiques.

1.2. Enonciation historique

Le locuteur prend une distance maximale par rapport à son énoncé, qui relate des événements
passés (d’une façon objective ou presque). Il n’intervient pas dans le récit des événements, qui
n’est pas formellement marqué par sa présence. Le récit apparaît coupé de l’acte
d’énonciation et les événements sont présentés comme indépendants, situés dans une
temporalité autre que celle du locuteur : « personne ne parle ici ; les événements semblent se
raconter eux-mêmes » (Benveniste, chapitre XIX). Ce système se rencontre presque
uniquement à l’écrit, dans la relation de faits passés, ce qui permet la coupure par rapport à la
situation d’énonciation : livres d’histoire, contes, romans, nouvelles, etc.

• normalement, seulement la 3e personne est possible, qui ne représente pas un des acteurs de
la communication ; c’est une « non-personne », de « celui qui est absent »

• Les pronoms et déterminants employés ont une valeur anaphorique et pas déictique :

Quand la reinei sut ces nouvelles, ellei employa tous les brodeurs à faire des ajustements à
Truitonne. (elle anaphorique, référent la reine)

• au niveau des temps, au centre du système historique figure le passé simple, qui dénote un
événement passé (ou plusieurs événements chronologiques) sans lien avec l’actualité du
locuteur ; on utilise également l’imparfait (pour les événements secondaires – descriptions,
commentaires), le plus-que parfait (antériorité) et le conditionnel présent (postériorité). Le
présent, le passé composé et le futur simple sont exclus puisque ces temps sont employés en
lien avec l’actualité du locuteur, dans l’énonciation de discours.

• les adverbes de lieu et de temps sont interprétés grâce à des repères explicitement donnés
dans le texte : la veille, ce jour-là, le lendemain, le mois précédent, le mois suivant… à cet
endroit-là, etc. (comparer avec les adverbes du discours hier, demain… qui sont en lien avec
l’actualité du locuteur). Il s’agit donc d’éléments anaphoriques.

Rem : le discours indirect et un discours inséré dans le récit et est, de ce fait, transposé sur le
plan historique avec tout ce que cela implique : emploi des adverbes (le lendemain au lieu de
demain) et des temps (imparfait pour le présent, conditionnel présent pour le futur, plus-que-
parfait pour le passé composé, concordance des temps). → Voir p. 1012, GMF, 2009.

• Imparfait et passé simple :

« Julie contemplait son nouveau collège : les murs étaient tristes et gris, les
autres élèves en petits groupes l’ignoraient. Chaque détail de la cour, chaque
visage lui semblaient hostiles. Julie allait s’enfuir quand son regard s’arrêta sur
une jeune fille, seule comme elle. Elle la dévisagea lentement. Leurs yeux se
rencontrèrent. Elles échangèrent un sourire. Tout le collège se trouva
transformé : les murs se mirent à rire de la promesse d’une nouvelle amitié. »

2
Temps, mode, aspect ; L3 Lettres Modernes, Valenciennes, V. Mostrov, [Link]@[Link]

L’imparfait est utilisé, dans un récit, pour exprimer des faits d’arrière plan (commentaires,
descriptions) par rapports aux faits (ou événements) exprimés par le passé simple, qui sont
des faits de premier plan et qui engagent la suite du récit. Une série de verbes au passé
simple, qui introduisent chacun un nouveau repère temporel, marque la succession
chronologique des événements. En revanche, l’imparfait indique des actions simultanées,
sans succession chronologique.

1.3. Le mélange des deux systèmes : énonciation de discours et énonciation historique → voir
p. 1005, GMF, 2009.

- je et passé simple = je « objectivé »

- coexistence du passé simple et du passé composé

(voir exemplier « exercices - énonciation et temps verbaux » sur l’ENT)

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