Chapitre I
Les composés organiques (Formules, Chaînes carbonées , Isoméries)
I-Introduction générale : La chimie organique est la chimie du carbone « tout composé possède au moins un
atome de carbone est dit composé organique, soit naturel ou synthétique.
L’abondance du carbone dans la nature est à 90%
Les domaines qui intéressent la chimie organique sont :
Les produits alimentaires.
Parfums et cosmétiques.
Plastiques et peintures.
Les produits pharmaceutiques.
Pétrole et gaz etc...........................
L’union du carbone avec l’hydrogène donne des molécules dites : les hydrocarbures
Les composés organiques sont essentiellement de carbone et d’hydrogène (squelette hydrocarboné)
auquel on retrouve d’autres éléments fixés tels que :
Les halogènes : F, Cl, Br et I « les halogènes sont représentés par –X ».
On peut trouver aussi des métaux tels que le Cuivre, le Magnésium, le Fer etc....
Les non métaux tels que l’oxygène,le soufre, l’azote, le phosphore et le bore.
A part le carbone et l’hydrogène, tous les autres éléments qui entrent dans la composition chimique
d’un composé organique sont appelés les hétéroatomes.
II- Représentation des molécules
Les molécules organiques peuvent être représentées de différentes manières plus ou moins détaillées.
II-1- Formules des composés organiques:
II.1.1- Formule brute: CxHyOzNt
A tout composé organique correspond une formule brute, par exemple (CxHyOzNt) si le composé contient
quatre éléments essentiels (C, H, O, N). Mais à une même formule brute correspondent en général plusieurs
corps dits isomères. La formule brute est insuffisante pour définir le composé. Elle ne précise pas sur quel
enchaînement sont liés les atomes. Dans le cas on ne connaît pas sa masse moléculaire « M » , il existe
plusieurs méthodes analytiques qui permettent d’en déduire « M » et parmi elle :
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a) Analyse qualitative : qui permet la connaissance des éléments qui constituent le composé organique :
C,H,O,………….
b) Analyse quantitative : permet de connaitre la composition centésimale des substances organiques,
supposant que dans un échantillon de 100g d’une substance organique on a :
a ٪ de C , b٪ de H , c٪ de O , d ٪de N ……..............................1
a + b + c + d = 100g …………………………………………..2 12x/a = y/b =16z/d = 14t/c = M/100
12x + y + 16z + 14t …….. = M ………………………………3
Ceci permet de déterminer ou définir la formule empirique CxHyOzNt
c) Analyse fonctionnelle : qui permet d’identifier les différentes fonctions organiques dans la substance
organique.
II.1.2- Détermination de la masse moléculaire « M »
Plusieurs méthodes analytiques sont utilisées pour déterminer « M » .
a) Cas des composés organiques gazeux
On détermine « M » la masse moléculaire par la densité de vapeur : Loi d’Avogadro- Ampère
d ( densité d’un gaz par rapport à l’air) = ϱ (gaz) / ϱ (air) = densité volumique du gaz / densité
volumique
de l’air
à T,P ordinaire ϱ (air) = 1,293g/cm3
1mole de gaz V = 22,4 l donc ϱ (gaz) = Mg / 22,4 l d = Mg / 22,4 l 1cm3 / 1,293g
d = M/29
La mesure de « d » permet de déterminer « M ».
b) Cas des solutions : Loi de Raoult
Une solution (S) = solvant + soluté.
Le solvant à l’état pur est caractérisé par : Téb : température d’ébullition
Tf : température de fusion à pression constante
P = cst
Lorsqu’on ajoute au solvant une certaine quantité de soluté, on constate une variation dans Téb et Tf :
( Téb augmente et Tf diminué) . ΔT (la variation de température) constatée dépend de la quantité de
soluté ajouté.
La cryométrie : Etude de la variation de congélation ou de fusion.
- Le solvant pur est caractérisé par Tf.
- La solution = solvant + soluté est définie par Tꞌf < Tf
ΔT = Tf - Tꞌf est la relation qui relie ΔT à la quantité de soluté est donnée par :
ΔT = Tf - Tꞌf = Kf ɱ avec Kf : constante cryoscopique dépend de la nature du solvant
ɱ : molalité = nombre de moles de solution / 1Kg du solvant
ɱ = m/ M / mꞌ (Kg) avec m : masse du soluté
mꞌ : masse du solvant
M : masse moléculaire du soluté
On peut écrire donc :
ΔT = Kf (m / mꞌ) 1 / M donc M = Kf (m/mꞌ) 1 / ΔT
Loi de Raoult
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Valeurs de Kf pour quelques solvants
Solvants Kf
H2 O 1,86
Benzène 2,25
c) La spectroscopie de masse (SM)
La spectrométrie de masse est une technique physique d'analyse permettant de détecter et d'identifier
des molécules d’intérêt par mesure de leur masse, et de caractériser leur structure chimique. Son
principe réside dans la séparation en phase gazeuse de molécules chargées (ions) en fonction de leur
rapport masse/charge (m/z). Elle est utilisée dans pratiquement tous les domaines scientifiques :
physique, astrophysique, chimie en phase gazeuse, chimie organique, dosages, biologie, médecine.
Cette méthode est plus utilisée actuellement pour déterminer « M ». Elle consiste à procéder :
- Un échantillon de composé organique sous forme du gaz est ionisé par bombardement
électronique. M + é M+ + 2é
On obtient des ions positifs à masses différentes dont le plus lourd est « M+ » appelé ion
moléculaire (les ions de masse plus petite dont issus de la fragmentation de M+ ).
- Les ions positifs formés sont soumis à un champ électrique pour être accéléré et pour déviés par
l’intermédiaire d’un champ magnétique. Les différentes déviations dépendent de la masse de
l’ion formé.
- La collection des différents ions sous forme d’un spectre de pics correspondant aux rapport
m/z : m : masse de l’ion
z : charge de l’ion
- Parmi ces rapports m/z on trouve « M+ » l’ion moléculaire (le plus lourd des ions) qui permet de
déterminer « M ».
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II.1.3-Détermination de l’indice d’instauration :
L’indice ou degré ou nombre d’instauration « i » correspond à la somme des nombres de liaison π et des
cycles contenus dans la molécule.
Calcul du nombre d’instauration
- Pour un composé de formule brute Cx HyOzNtXu, l’indice d’insaturation « i » est donné par la
relation suivante :
2x +2 - y +t -u
i=
2
Avec :
x : le nombre d’atomes de carbone
y : le nombre d’atomes d’hydrogène
t : le nombre d’atomes d’azote
u : le nombre d’atomes d’halogène ( X = F , Cl , Br , I )
NB : 1- Il suffit de connaitre la formule brute du composé pour calculer le degré d’instauration.
2- Le nombre des atomes d'oxygène ne rentre pas en compte dans le calcul.
3- i = 0 toutes les liaisons sont du type σ « sigma » donc la molécule est saturée.
Exemples : C3H7Cl , C5H12O , C4H10
Exemples :
Si : i = 1 on dit que le composé possède une double liaison ou un cycle C6H12 , C5H10O , C4H8O2
Si : i = 2 on peut tirer les possibilités suivantes :
Deux doubles liaisons ou une triple liaison
Une double liaison + un cycle C4H6O , C6H10O2 , C6H9BrO2
Ou bien deux cycles
Si : i = 3 le composé possède 3 doubles liaisons ou 2 doubles liaisons + un cycle C7H11O2N
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II.1.4- Formule développée
a) La formule développée plane
Elle donne l’agencement des atomes au sein de la molécule. Elle fait apparaitre toutes les liaisons tout en
respectant la valence de chaque atome.
C: tétravalent (4 liaisons)
H et X : monovalent (1liaison)
O: divalent (2 liaisons)
N: trivalent (3 liaisons).
Exemple
1) C4 H10
H
H H H H H C H
H H
H C C C C H C C C
H
H H H H
H H H H
"I" n-butane "II" isobutane
Les composés « I » et « II » ont la même formule brute mais diffèrent dans l’enchainement
des atomes de « C » : on dit qu’ils sont isomères l’un de l’autre.
II.1.5- Formule simplifiée
La chaîne carbonée est disposée en zigzag avec éventuellement des ramifications et des segments doubles
ou triples pour les liaisons multiples. Les atomes de C et H ne sont pas représentés. Les autres éléments
(hétéroatomes) sont représentés ainsi que les atomes d’hydrogènes qui leur sont attachés.
Exemple
CH3-CH3
H2C CH2
HC CH
H3C CH CH CH3 O
CH3
O
H3C C C C OH
OH
CH3
NH2
HC HC NH2
C C
H2C O
HC C C O C
CH
OH OH
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II.1.6- Classification des atomes de carbone
Dans la molécule suivante :
8
CH3
4 5
H3C C CH2 CH CH3
1 2 3
CH3 CH3
7 6
- Les atomes C1, C5, C6, C7 , C8 liés à un seul atome de carbone sont des atomes de carbone primaires .
- L’atome C3 lié à deux atomes de carbone est un atome de carbone secondaire.
- L’atome C4 lié à trois atomes de carbone est un atome de carbone tertiaire.
- L’atome C2 lié à quatre atomes de carbone est un atome de carbone quaternaire.
- Un atome de carbone peut être nulaire comme dans la molécule du méthane CH4 où l’atome de carbone
n’est lié à aucun autre atome de carbone.
III- Chaines carbonées
Il existe une diversité de chaines carbonées
III.1. Les chaines ouvertes ou hydrocarbures aliphatiques
Elles sont classées en trois groupes :
a) Les alcanes ou hydrocarbures saturés: de formule générale CnH2n+2
Tous les atomes de C sont hybridés sp3. Les alcanes peuvent être linéaires ou ramifiés.
Exemple :
b) Les alcènes ou hydrocarbures éthyléniques: de formule générale CnH2n
Ils possèdent une double liaison dans leur molécule. Les atomes de carbones liés à la double liaison sont
hybridés sp2
Exemple :
b) Les alcynes ou hydrocarbures acétyléniques : formule générale CnH2n-2
Ils comportent une triple liaison. Les atomes de carbones liés à la triple liaison sont hybridés sp3
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Exemple :
III.2. Hydrocarbures alicycliques : Ce sont des hydrocarbures à chaîne fermée. Ils comprennent:
a) Les cyclanes : de formule générale CnH2n. Ils sont isomères des alcènes (même formule générale).
Exemple:
b) Les cyclènes : CnH2n-2, isomères des alcynes. La molécule comporte une double liaison
Exemple :
c) Les cyclyne : CnH2n-4: le cycle où n≥ 8 comporte une triple liaison
Exemple:
III.3. Hydrocarbures aromatiques ou benzéniques ou aryliques : les composés contenant le noyau
benzénique.
Exemple
III.3.1. Condition d’aromaticité
a. Règle de Huckel
Une molécule est aromatique si :
Elle est monocyclique.
Elle est plane.
elle est entièrement conjuguée.
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Elle possède (4n+2) électrons π délocalisables (n entier : 0,1,2,3…)
Les molécules cycliques planes possédant (4n+2) électrons π ou p sont aromatiques. Ces molécules
possèdent une grande stabilité en raison de la délocalisation des électrons π. Ces molécules sont donc peu
réactives. L’aromaticité est un concept applicable à d’autres molécules cycliques ne possédant pas
obligatoirement un cycle benzénique.
b) Cette règle peut être étendue à des systèmes polycycliques :
c) L’aromaticité s’applique aussi à des systèmes ioniques :
d) Cette règle peut être étendue à des systèmes hétérocycliques :
VI- Isomérie
VI.1. Définition
L’isomérie est la relation entre deux composés de même formule brute mais de formules développées
différentes.
Exemple
Le butane et le 2-méthylpropane de formule brute C4H10 n’ont pas la même formule développée
On distingue deux types d’isomérie :
- L’isomérie plane (structurale ou de constitution)
- L’isomérie stérique ou stéréoisomérie : par la disposition des atomes dans l’espace
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VI.1.1- Isomérie plane (constitution)
Les isomères de constitution ou de plane sont des isomères dont les molécules diffèrent par l'ordre ou la
nature des liaisons interatomiques qui relient les atomes entre eux (même formule brute mais enchainement
des atomes différent). Dans cette isomérie on distingue trois types :
a- Isomérie de squelette ou de chaîne
Les composés diffèrent par leur chaîne carbonée (ramifications)
Exemples
b- Isomérie de position
les isomères de position ont la même fonction, mais le groupement fonctionnel ou une insaturation (une
double liaison entre deux carbones) est porté par des carbones différents de la chaîne carbonée.
(Fonction portée par un carbone différent).
Exemples
NB : Les isomères de chaîne et de position présentent les mêmes fonctions, donc des propriétés
chimiques semblables, mais des propriétés physiques différentes.
Exemples
Pentanol, la température d’ébullition est 140°C.
Pentan-3-ol, la température d’ébullition est 120°C.
c- Isomérie de fonction
Les composés différents par la nature d’une fonction, donc ils diffèrent par leurs propriétés
chimiques et physiques.
Exemples
Tautomérie
- La tautomérie est un cas particulier de l’isomérie de fonction. Deux tautomères sont deux
isomères de fonction en équilibre entre eux.
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- La tautomérie est une relation isomérique équilibrée entre deux espèces chimiques. Dans
les conditions ordinaires, les formes tautomères sont interconverties très rapidement ce
qui empêche leur séparation. Dans la plupart des cas, l'interconversion d'un isomère à
l'autre se fait par migration d'un proton.
Les exemples de tautomérie les plus courants sont : la tautomérie céto-énolique et aldo-
énolique, la tautomérie imino-énaminique et la tautomérie lactamo-lactamique.
a- Tautomérie céto-énolique
Dans la plupart des cas la forme cétonique est très largement majoritaire. Cependant avec
les β-dicétones, c'est la forme énolique, stabilisée par la liaison hydrogène, qui est prédominante.
b- Tautomérie imino-énaminique
c- Tautomérie lactamo-lactamique
Ce type de tautomérie se rencontre avec les bases puriques et pyrimidiques des acides
nucléiques ADN et ARN. A pH = 7, c'est la forme lactame qui est présente.
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V- Organigramme des différents types d’isomérie
Enseignant : M. YAHIAOUI
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