Les enfants du prophète (as) et de Khadija
Les historiens ont des avis différents sur le nombre des enfants de Mohammad (as) et de Khadija.
Les textes parlent en général, de six
enfants dont quatre filles, Zeinab, Rukayya, Umm Kulsum et Fatemeh (as), et de deux garçons,
Qasim et Abdullah qui fut aussi nommé Tayyeb et Taher.
S’il existe des différends entre les historiens, tous sont d’accord pour dire que seul Ibrahim était le
fils de Māriyyah al-Qībtīyyāh et que les autres enfants étaient des enfants de Khadija.
1- Qasim fut le premier enfant du prophète (as) né avant la révélation à la Mecque, et à l’origine
du surnom du prophète « Abul Qasim », qui décéda à 17 mois et fut
enterré dans le cimetière d’Al-Hajun.
On raconte que lors du décès de Qasim, le prophète (as) se tourna vers la montagne près de la
Mecque et dit :
» « یا جبل لو أن ما بی بک لهدک
« Si tu avais à supporter la mort de Qasim, tu éclaterais en morceaux »
Khadija aussi, avait été très affligée par la mort de Qasim, mais le prophète (as) lui dit que Qasim
terminerait sa période d’allaitement au paradis ce qui calma un peu Khadija.
2- Abdoullah naquit avant le début de la mission
prophétique à la Mecque et avait pour surnom « Tayyeb » et « Taher » que certains historiens
considèrent comme les prénoms d’autres fils du prophète (as), et décéda 30 jours après Qasim.
Après le décès d’Abdoullah, Al-'As bin Wael Al Sahmy qualifia le prophète d’« Abtar » qui signifie
« un homme sans descendance », auquel Dieu répondit par la sourate « Kossar »
3- Zeinab fut la première fille du Prophète et épousa le fils de sa tante maternelle, Abu al-Aas ibn
al-Rabee. ils eurent un fils nommé Ali qui décéda dans l’enfance et une fille
nommée Imameh qui épousa Maghirah ben Nofel dont elle se sépara, et épousa ensuite l’Émir des
croyants (as) après la disparition de Fatemeh (as).
Zeinab se rendirent à Médine après l’émigration du prophète (as) avec son mari Abu al-Aas qui fut
fait prisonnier avec 70 ennemis de l’islam dans la guerre de Badr, la seconde année de l’hégire.
Zeinab pour libérer son mari, offrit un collier que sa mère Khadija lui avait offert lors de son mariage.
Voyant le collier, le prophète (as) se souvenant de Khadija et des sacrifices qu’elle avait faits, se
mit à pleurer, déclarant :
. « هذه قالید هي جهزتها بها،)« رحم هللا خدیجه (س
« Que Dieu bénisse Khadija, c’est le collier qu’elle avait donné à Zeinab »
Puis il accepta de libérer Abu al-Aas à condition qu’il ne s’oppose pas à la venue de Zeinab à
Médine. Abu al-Aas accepta et lors de son retour à la Mecque, envoya Zeinab avec Zeyd ibn Harith
à Médine. Abu al-Aas se convertit à l’islam avant la conquête de la Mecque et vint à Médine où il
épousa de nouveau Zeinab. La 8ème année de l’hégire, Zeinab qui était enceinte, sur la route de
Médine, fut tuée dans une chute accidentelle. Son corps fut transporté à Médine où des femmes
se mirent pleurer. Omar voulut
frapper les femmes avec son fouet mais le prophète (as) l’en empêcha.
4- Rukayya est la seconde fille du prophète (as) et de Khadija dont nous n’avons pas beaucoup de
renseignements sur sa biographie
5- Umm Kulthum, la troisième fille d’Hazrat Khadija, sur la demande d’Abi Lahab et de sa femme
Umm Jamil, et Rukayya devinrent les épouses de leurs fils, Oteiba Ibn Abi Lahab et Otba Ibn Abi
Lahab. Ces mariages furent conclus avec la médiation d’Abu Taleb. Bien que Khadija connaisse
le
mauvais caractère d’Umm Jamil et de ses fils, elle ne s’opposa pas à ces mariages par respect
pour l’oncle du prophète (as). Quand Hazrat Mohammad (as) commença son invitation officielle à
l’islam, Oteiba et Otba sur l’ordre de leur mère, et pour nuire à la réputation du prophète (as) et de
Khadija, répudièrent leurs épouses qui revinrent vivre chez leur père. Après un certain temps,
Othmân ibn ‘Affan demanda Rukayya en mariage et devint gendre du prophète (as).
6- Hazrat Fatemeh (as) était le dernier enfant du prophète (as) et de Khadija, et naquit à la Mecque
la 5ème année de la révélation ou 5 ans après la révélation, selon les historiens. Il existe aussi
dans les textes historiques des allusions à d’autres enfants que nous ne présentons pas ici.
L’Archange Gabriel dit au prophète (as) que Dieu lui ordonnait de s’éloigner de Khadija pendant
40 jours. Le prophète (as) ne vint donc pas chez Khadija pendant 40 jours et 40 nuits, passant ses
journées à jeûner et ses nuits à prier. Il appela Ammar et lui dit de se rendre auprès de
Khadija et de lui dire que cette séparation n’était pas le signe d’un désintérêt de sa part mais un
ordre de Dieu, et qu’il resterait chez Fatemeh bint Assad jusqu’à ce que l’ordre de Dieu
s’accomplisse.
Après 40 jours, Gabriel apporta au prophète (as) un plat et lui dit : « Mohammad ! Dieu te salue et
te dit d’aller ce soir auprès de Khadija après avoir mangé cela ».
Le prophète (as) découvrit dans ce plateau, une grappe de raisin, une grappe de dattes et de l’eau
du paradis. Il mangea et se rendit chez
Khadija, et cette nuit-là, Fatemeh fut conçue.
Khadija sentait que l’enfant qu’elle portait, était différent des autres.
Quand l’accouchement approcha, elle était seule dans sa maison et profondément attristée.
Personne n’était venu pour l’aider. Tout à coup, quatre femmes entrèrent dans la maison sans que
Khadija ne ressente aucune peur. Elles dirent : « Khadija ! Ne t’inquiète pas, nous somme envoyées
par Dieu pour t’aider. Puis elles se présentèrent en disant : «Je suis Sarah, l’épouse
d’Abraham, je suis Assieh la femme du Pharaon, je suis Marie et je suis Safura, la sœur d’Abraham
».
Quand Fatemeh (as) vint au monde, le prophète (as) offrit un repas aux pauvres et l’appela
Fatemeh. Le prophète (as) aimait beaucoup Fatemeh dont les hadiths ont rapporté les grandes
qualités et la haute personnalité.
La première prière en commun
Deux jours après la première révélation au prophète (as), Gabriel lui annonça la nécessité de la
prière.
Ibn Athir dans son livre « ( » الکامل فی التاریخAl Kamel fi al tariq) a écrit :
« Les premières choses que Dieu a imposées en islam, sont le monothéisme, le rejet des idoles et
la prière. Quand l’ordre de la prière fut donné, le prophète (as) se trouvait sur les hauteurs près de
la Mecque. Une source jaillit, Gabriel fit les ablutions et le prophète (as) l’observait. Le prophète
(as) fit aussi les ablutions et Gabriel commença la prière avec le prophète (as) qui l’imitait. Quand
la prière fut terminée, le prophète (as) revint chez lui et enseigna les ablutions et la prière à Khadija
qui fit la prière avec le prophète (as)».
Puis Ali (as) entra dans la maison et apprit aussi les ablutions et la prière, et à partir de ce jour,
Khadija et Ali (as) faisaient la prière avec le prophète (as) parfois devant la porte de la Kaaba aux
regards étonnés des polythéistes »
Abdullah ben Mas’ oud a raconté cet évènement alors que personne n’avait encore foi au prophète
(as), en ces termes :
« Le premier souvenir que j’ai de l’islam est quand nous sommes allés, avec mes oncles et des
membres de notre tribu, à la Mecque. Nous voulions acheter du parfum et on nous avait présenté
Abbas ben Abdul Muttalib que nous avons trouvé assis près de la Kaaba
et de la source de Zamzam. Je suis allé m’asseoir près de lui et nous étions en train de parler
quand un homme vêtu de blanc, aux beaux cheveux et à la belle barbe, aux dents très blanches,
et au visage rayonnant, entra dans la mosquée par la porte de Safa, un jeune à sa droite et suivi
par une femme voilée. Ils se placèrent près de la « pierre noire » qu’il toucha tout d’abord, ainsi
que le jeune homme et la femme, puis firent les tours autour de la Kaaba. Quand ils eurent fait les
sept tours autour de la Kaaba, ils vinrent près du Hijr-Ismail et firent la prière en commun. L’homme
leva les mains jusqu’aux oreilles suivi dans ses stations, ses inclinaisons et ses prosternations,
par ces deux personnes. J’ai fait part de mon étonnement à Abdul Muttalib qui m’a demandé si je
connaissais cet homme. J’ai répondu que non et il m’a dit que c’était son neveu, Mohammad ben
Abdullah ben Abdul Muttalib. Il m’a ensuite dit que le jeune homme était son neveu, Ali ben Abi
Taleb, et que la femme était Khadija bint Khuwaylid, épouse de Mohammad, ajoutant que
Mohammad (as) lui avait dit que le Dieu des cieux et de la terre l’avait désigné pour la prophétie et
qu’ils étaient actuellement sur la terre, les trois seules personnes à avoir cette religion.
Le comportement de Khadija avec son mari
Ce comportement est un des meilleurs qu’on puisse imaginer pour donner un modèle à la société
et aux familles contemporaines. Khadija croyait de tout son cœur à son mari et l’aimait de plus en
plus chaque jour. Elle avait fait de sa maison, un lieu d’accueil et de sérénité pour son mari, et
profitait de tous les moyens pour renforcer chez lui, ce sentiment de quiétude. Elle avait tout voué
au prophète (as), ses biens, ses richesses, sa vie et son esprit sans rien attendre en retour. Khadija
aimait ce que son mari aimait et voulait ce qu’il voulait, et le considérait comme le meilleur être
humain qu’on puisse trouver sur terre que Dieu lui avait donné l’honneur d’épouser. Elle
n’avait aucune de ces mauvaises pensées qui gâchent parfois la vie d’un couple et faisait
totalement confiance au prophète (as). Quelques temps après son mariage, quand le prophète (as)
se retira dans la grotte de Hira, à 20 km de la Mecque, elle ne fit aucune remarque et, elle ou Ali
(as), lui apportait de l’eau et de la nourriture. Après l’annonce de la prophétie, les hostilités et
l’opposition des polythéistes commencèrent. Khadija toujours présente auprès du prophète (as), le
protégeait et l’encourageait.
Un jour, le prophète (as) entra en couvrant le visage de sa main, Khadija inquiète s’approcha et
découvrit la trace d’une gifle sur le
visage du prophète (as) dont les yeux étaient remplis de larmes. Elle demanda au prophète la
raison de ses pleurs, il lui répondit que c’était l’égarement des gens qui le tourmentait.
Khadija très inquiète, aperçut Hamzah qui revenait de la chasse. Elle l’interpella en disant : «
Hamzah ! Tu vas chasser le lion alors que les gens frappent ton neveu et que personne ne soit là
pour le défendre ! »
Hamzah fut très troublé par cette nouvelle et promit qu’il se vengerait. Puis il alla face à la Kaaba
et cria : « Gens de la Mecque ! Sachez que je suis devenu musulman et que je suis la religion de
mon
neveu. Celui qui s’attaque à lui, recevra une réponse de ma part ! »
Le prophète (as) a déclaré :
«»ما اوذى نبى بمثل ما اوذیت,
« Aucun prophète n’a subi autant de tourments que moi »
Pendant toute cette époque, Khadija était auprès du prophète (as), le soutenait et l’apaisait. Dans
un poème pour déclarer son amour au prophète (as), elle déclara :
فلو اننى امشیت فى كل نعمة و دامت لى الدنیا و ملك االكاسرة
فما سویت عندى جناح بعوضة اذا لم یكن عینى لعینك ناظرة
« Les richesses du monde et les pouvoirs ont moins de valeur que l’aile d’un moustique, à mes
yeux, quand je croise ton regard »
Le célèbre écrivain arabe, Soliman Ketani, a écrit : « Khadija a offert tout son amour au prophète
(as) mais a reçu en échange, tous les bienfaits imaginables »
Les qualités morales de Khadija
Étant donné sa foi profonde, son haut niveau familial et social, Khadija était une femme très polie
dans ses paroles et très distinguée dans ses comportements. Elle manifestait toujours un grand
respect aux autres. Avant l’islam, Khadija se conduisait toujours de façon très polie envers les
commerçants, ses voisins et ses employés. Tous les historiens reconnaissent qu’il n’y a jamais eu
dans son comportement, aucun signe d’un quelconque manque de respect vis-à-vis des autres.
Dans sa vie avec le prophète (as), dont elle avait bien compris l’importance de la mission, elle
faisait aussi preuve d’un immense respect. Après avoir conclu l’accord de travail avec le prophète
(as), elle avait dit à ses deux serviteurs :
» و ان ترك ال، فان باع الیمنع، فال یدٌ علي یده،اعلما قد ارسلت الیكما امینا علي اموالي و انه امیر قریش و سیّدها
فلیكن كالمكما بلطف و أدب و ال یعلوا كالمكما علي كالمه،« یؤمر
J’ai choisi un représentant pour la gestion de mes biens, celui qu’on appelle « l’homme honnête
de Quraych », personne ne doit lui donner des ordres, s’il décide de vendre, personne ne doit l’en
empêcher, s’il décide de ne pas vendre, personne ne doit s’opposer à lui. Vous avez le devoir
d’être polis avec lui et de lui obéir »
Quand Khadija vit que celui qu’elle voulait épouser était pauvre, elle lui dit :
» و أنا و مالي و، و من یسمح لك بنفسه كیف ال یسمح لك بماله،وّللا یا محمد ان كان مالك قلیالً فمالي كثیر
ّ
« جواري و جمیع ما املك بین یدیك و في حكمك ال امنعك منه شییا
« Mohammad ! Si tu n’es pas riche, j’ai moi beaucoup de richesses, et comment celle qui s’est
donnée à toi ne te donnerait-elle pas ce qu’elle possède. Ma personne, mes biens, mes esclaves
et tout ce que je possède sont à ta disposition, c’est à toi de décider et je ne m’opposerai pas à ce
que tu as décidé »
Quand les invités eurent quitté la maison de Khadija après la cérémonie de mariage, et que le
prophète (as) voulut rentrer chez son oncle, elle lui dit : «« فبیتی بیتک و انا جاریتک،الی بیتک, «Entre chez
toi, ma maison est ta maison et je suis ta servante »
Quand Khadija était en train de quitter ce monde, le prophète était à ses cotés, elle lui dit : «
Pardonne-moi mes négligences». Le prophète (as) lui répondit : «Je n’ai jamais vu aucune
négligence de ta part, tu as fait tout ce que tu pouvais et la vie avec moi, t’a beaucoup fatiguée »
Khadija se comportait même avec respect envers des ennemis qui les avaient tourmentés et
opprimés comme Umm Jamil, la femme d’Abu Lahab, voisine de Khadija, qui n’a reculé devant
rien pour faire souffrir Khadija et le prophète (as), mais Khadija a toujours été polie envers elle.
La générosité d’Hazrat Khadija
Hazrat Khadija était réputée pour sa générosité et sa maison avant l’islam, était le refuge des
pauvres et des gens en difficultés.
Elle faisait attention à ses proches et les aidait aux diverses occasions, et mettait son argent au
service des commerçants qui manquaient de moyens. Au début de son mariage avec le prophète
(as), elle mit à la disposition de celui-ci, tous ses biens et ses richesses, pour qu’il s’en serve
comme il le désire, pour défendre les musulmans et étendre l’islam.
Les personnes que Khadija avait aidées étaient par exemple :
1- Zeyd un jeune homme de la tribu de Kaleb, dépouillé par des voleurs que Hakim ben Hezam,
neveu d’Hazrat Khadija, avait acheté au marché des esclaves et offert à Khadija. Le prophète (as)
aimait beaucoup Zeyd et Khadija voyant cette sympathie, le confia au prophète (as) qui en fit son
fils adoptif.
2- Le prophète (as) était en compagnie de Khadija dans leur maison quand on leur annonça
qu’Halimeh bint Abdoullah Saadieh, la nourrice du prophète (as), était arrivée. Le prophète (as) fut
rempli de joie à l’annonce de
cette nouvelle et accueillit Halimeh très chaleureusement, en l’appelant ma mère ! ma mère ! ma
mère ! Il s’agenouilla près d’elle et demanda des nouvelles de sa tribu. Halimeh lui expliqua que la
vie était devenue très dure et que la sécheresse sévissait dans leur région. Le prophète (as) en
parla à Khadija qui offrit 40 chameaux et moutons à Halimeh qui retourna très contente, puis se
convertit à l’islam et vint à la Mecque avec son mari.
3- Thabiah, la servante d’Abu Lahab, était une autre nourrice de Mohammad (as),
voyant l’amour du prophète pour cette femme, Khadija demanda à Abu Lahab de la lui vendre pour
la libérer, mais Abu Lahab n’accepta pas. Pour compenser cela, Khadija faisait très attention à
Thabiah et lui faisait souvent des dons.
La patience de Khadija
Les 25 années de vie commune avec le prophète (as) furent très difficiles. Les premières années
de la prophétie où les musulmans étaient obligés de se cacher et les années de propagation de
l’islam où les musulmans connurent les tortures et l’hostilité des athées et des polythéistes de la
Mecque,
furent suivies par trois ans d’exil et de boycott dans la région du Shib Abi Talib. Pendant toutes ces
années, Khadija fit preuve de patience et aida le prophète (as).
Après son mariage, les femmes de la Mecque avaient rompu leurs relations avec elle et ne la
saluaient même plus. Sa voisine, Umm Jamil, la femme d’Abu Lahab, ne recula devant rien pour
faire du tort au prophète et à Khadija, et jetait des épines et des saletés dans sa maison, pour
gêner les allers et venues. Cependant, Khadija ne s’est jamais plainte et a toujours fait preuve de
patience.
Après plusieurs années, elle perdit deux fils et ne prononça jamais une
parole qui puisse faire de la peine au prophète (as). Quand les fils d’Abu Lahab répudièrent leurs
épouses qui étaient les filles de Khadija, elles revinrent chez leur père et Khadija les consola en
disant que Dieu avait certainement voulu leur bien. Quand sa fille, Rukayya, se remaria, elle fut
obligée de s’exiler avec son mari et d’autres musulmans, à Abasha (Éthiopie), ce qui fit beaucoup
souffrir Khadija qui resta patiente malgré cet éloignement.
Lors de son accouchement, elle se trouvait seule et abandonnée par les femmes de la Mecque qui
lui avaient dit qu’elles ne viendraient pas aider celle qui avait épousé « l’orphelin de la famille d’Abi
Taleb ». Hazrat
Khadija ne s’est jamais plainte de ces difficultés et a toujours fait preuve de patience, Dieu l’a
récompensée le soir de la naissance de Fatemeh (as), en envoyant quatre femmes du paradis, et
en lui confiant l’éducation de la meilleure femme du monde dont les descendants sont les preuves
de Dieu sur terre.
L’intelligence de Khadija
Khadija était une femme intelligente et perspicace qui avait réussi dans une société qui n’accordait
aucun rang personnel, humain et social aux femmes, à atteindre un rang social exceptionnel et
important.
Elle était une commerçante réputée, possédait de nombreux esclaves et 8000 chameaux, faisait
du commerce en Arabie et en dehors de l’Arabie, et possédait des biens en Égypte et en Éthiopie.
La gestion de ces biens exigeait d’elle une profonde intelligence qui la distinguait des autres
femmes et même des autres hommes de la société.
Elle était spécialisée dans l’emploi d’hommes honnêtes formés au commerce, qui pouvaient
concurrencer les autres commerçants de cette époque et gérer convenablement ses capitaux.
Elle fut la seule à comprendre la grande valeur morale du prophète
(as) et l’avenir brillant qui l’attendait.
A l’époque de l’ignorance et de l’idolâtrie, elle connut les particularités du prophète de la fin des
temps et les signes de son apparition, le choisit pour époux et fut la première personne à lui prêter
foi.
Son comportement envers le prophète (as), l’éducation de ses enfants, ses relations avec les
voisins et les nouveaux convertis et même les polythéistes, montrent le caractère exceptionnel de
cette personnalité dont la perte fut très lourde pour le prophète (as) qui en louait toujours les
qualités.
Elle avait pu grâce à cette perspicacité faire vivre chez elle, Ali (as), Zeyd ben Harith, un ancien
esclave devenu fils adoptif du prophète (as), les enfants de ses anciens maris et les enfants du
prophète (as), sans aucune dispute ou jalousie, qui profitaient tous du prophète (as) dans les limites
de leurs possibilités.
La maison de Khadija
La maison de Khadija fait partie des sites islamiques importants qui ont connu de nombreuses
péripéties amères et agréables. Les musulmans durant l’Histoire de l’islam, lui accordaient une
grande
importance et en avaient fait un lieu de pèlerinage.
Khadija avait offert cette maison au prophète (as) au début de leur mariage, une maison que
fréquentaient régulièrement les compagnons du prophète (as) qui s’étaient convertis à l’islam
comme Hazrat Ali (as), Zayd ibn Harithah, les filles du prophète (as), Abou Bakr, Zubayr ibn al-
Awwam, Abu Dhar Al-Ghifari et Uthman bin Madh'oon .
Uthman bin Madh'oon avait été invité par le prophète (as) à entrer dans sa maison, quand l’ange
Gabriel se présenta au prophète (as) qui oublia la présence d’Uthman bin Madh'oon. La sueur
couvrait son front et il semblait très fatigué. Quand la révélation fut terminée et que le prophète (as)
se fut remis, Uthman bin Madh'oon lui demanda ce qui s’était passé. Le prophète (as) répondit :
Quand tu t’es assis près de moi, Gabriel m’est apparu et m’a révélé ce verset :
ُ ع ِن ْالفَحْ شَاءِ َو ْال ُمنك َِر َو ْال َب ْغي ِ َی ِع
« َظ ُك ْم لَ َعلَّ ُك ْم تَذَ َّك ُرون َ ان َو ِإیتَاءِ ذِي ْالقُ ْر َبى َو َی ْن َهى
ِ س ِ ّللا َیأ ْ ُم ُر ِب ْال َعدْ ِل َو
َ ْاإلح َ َّ « ِإ َّن
90 Certes, Allah commande l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches. Et Il interdit la
turpitude, l'acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez. Nahl
90
Quand Uthman entendit ce verset, il fit la profession de foi à Dieu et au
prophète (as) dont il devint un des proches compagnons.
Asbagh bin Nubatah a déclaré : « Un vendredi après midi, j’étais avec l’Imam Ali (as) dans la
mosquée quand un homme de grande taille s’approcha de l’Imam (as) et lui dit qu’il était venu à la
Mecque du Yémen en chameau, et que la première personne qu’il avait vue était Abou Sofiane,
qu’il avait salué et à qui il avait demandé des nouvelles de la tribu de Quraysh. Abou Sofiane a
répondu que tout allait bien excepté que l’orphelin de Quraysh avait terni leur religion. J’ai demandé
son nom, il m’a dit qu’il s’agissait de Mohammad (as). Je lui ai demandé où je pouvais le voir, il m’a
dit qu’il
avait épousé Khadija, fille de Khuwaylid et qu’il vivait chez elle. Je me suis rendu chez Khadija, j’ai
vu le visage lumineux du prophète (as) et j’ai cru en sa prophétie, puis je suis retourné au Yémen
».
La maison de Khadija fut aussi le lieu de naissance de Fatemeh (as), la meilleure femme du monde,
et fut lors de sa naissance, le lieu de présence de quatre élues de Dieu venues aider Khadija.
Après la première révélation, le prophète de l’islam (as) entra dans la maison de Khadija à qui il
demanda de le couvrir. Après un court repos, le prophète (as) reçut la révélation de la sourate
Muzammil et du verset 214 de la sourate Al Shuara :
« َِیرتَكَ األ َ ْق َر ِبین
َ عشَ » َوأَنذ ِْر
« Et avertis les gens qui te sont les plus proches»
qui lui demandait d’inviter les membres de Bani Hashem chargeant Ali (as) de cette invitation.
Environ 40 membres de la famille de Bani Hashem se rassemblèrent dans la maison de Khadija
qui avait préparé un repas. C’est dans cette maison que le prophète annonça officiellement sa
mission et invita les notables de sa famille à accepter l’islam, invitation interrompue par les
manœuvres et les interventions d’Abou Lahab, suivies par le départ des invités. Le prophète (as)
qui n’avait pas atteint son objectif, organisa une autre réunion et après un long discours, présenta
Ali comme son successeur et son ministre.
Certains historiens ont déclaré que l’ascension du prophète (as) s’est faite de la maison de Khadija
où le prophète (as) est aussi revenu, après cet évènement.
La nuit de Laylat al-Mabit est la nuit où la maison de Khadija fut encerclée par les athées de la
Mecque qui voulait assassiner le prophète (as) qui quitta la maison et mit Ali (as) à sa place. Après
l’émigration du prophète (as) à Médine, Aghil qui était un des plus proches compagnons du
prophète (as) s’installa dans cette maison pour éviter qu’elle ne devienne la proie des athées.
Les musulmans au cours des siècles, ont protégé et restauré cette maison et Muhaqiqi Naraqi a
écrit à ce sujet « qu’il existe à la Mecque d’autres sites en dehors d’Arafat et du Hajr Ismail, comme
la maison de Khadija, maison de la révélation et de la naissance de Fatemeh (as), située à droite
du parcours entre Safa et Marwa, juste à coté de la mosquée Al Hiram et couverte d’une coupole,
et qu’il est conseillé d’y faire deux rakats de prière ».
Taghi-o-din Fasi Hassani, historien mecquois, a cité de Mo’eb-al-din Tabari, auteur du livre « Al
Jame’ al Teyf », que cette maison était le centre le plus important de la Mecque après la mosquée
sacrée.
Ibn Battûta, explorateur et voyageur marocain, dans ses souvenirs de voyages a écrit : « Parmi les
lieux à visiter près de la mosquée Al Hiram, la maison de Khadija est un des lieux importants de la
Mecque.
Le cheikh Morteza Ansari dans son livre sur les cérémonies du hadj, a écrit qu’il était conseillé aux
pèlerins, de se rendre à la maison de Khadija ».
Cependant après l’arrivée des wahhabites au pouvoir en Hedjaz, cette maison et des centaines de
sites historiques islamiques ont été détruits. Suite aux condamnations successives des
musulmans, le maire de la Mecque fut obligé de construire à son emplacement, une école
coranique qui peu après, a aussi été détruite et transformée en toilettes publiques !!
Khadija dans le Coran
Le Coran à plusieurs endroits, précise les particularités et le rang de certaines femmes ou épouses
du prophète (as)
Ibn Shahrāshūb a déclaré à ce sujet : « Dieu dans le Coran, fait allusion à 12 femmes :
1- Au sujet d’Ève, il dit :
« َ» َوقُ ْلنَا َیا آدَ ُم ا ْس ُك ْن أ َ ْنتَ َوزَ ْوجُكَ ْال َج َّنة
Et Nous dîmes: « Ô Adam, habite le Paradis toi et ton épouse,…. »
2- Au sujet des épouses de Loth (as) et de Noé (as), il dit ;
» ٍّللاُ َمثَالً ِللَّذِینَ َكف َُروا ا ِْم َرأَة َ نُوحٍ َوا ِْم َرأَة َ لُوط
َّ بَ ض َر
َ «
« Allah a cité en parabole pour ceux qui ont mécru la femme de Nuh (Noé) et la femme de Lut
(Loth) »
3- Au sujet de l’épouse du Pharaon, il dit ;
« » ِإذْ قَالَتْ َربّ ِ اب ِْن لِي ِع ْندَكَ َب ْیتًا فِي ْال َج َّن ِة
« et Allah a cité en parabole pour ceux qui croient, la femme de Fir'awn (Pharaon), quand elle dit:
« Seigneur, construis-moi auprès de Toi une maison dans le Paradis »
4- Au sujet de la femme d’Abraham (as), il dit ;
«ٌام َرأَتُهُ قَا ِئ َمة
ْ » َو
« Sa femme était debout, »
5- Au sujet de la femme de Zacharie (as), il dit :
ْ َ » َوأ
«ُصلَحْ نَا لَهُ زَ ْو َجه
« et nous guérîmes son épouse »
6- Au sujet de Zouleïkha, la femme du gouverneur d’Égypte, il dit :
«ص ْال َحق
َ ص َح
ْ » اآلنَ َح
« Et la femme d’Al-'Aziz dit: « Maintenant la vérité s'est manifestée »
7- Au sujet de l’épouse d’Ayoub (as), il dit :
«ُ»وآتَ ْینَاهُ أ َ ْهلَه
َ
« Nous lui rendîmes les siens »
8- Au sujet de Bilkis (reine de Saba), le Coran dit :
«ام َرأَة ً ت َْم ِل ُك ُه ْم
ْ » ِإ ّنِي َو َجدت
« J’ai trouvé qu'une femme est leur reine, que de toute chose elle a été comblée et qu'elle a un
trône magnifique »
9- Au sujet des filles de Chou‘ayb, le Coran dit :
َّ َ»قَا َل ِإ ّنِي أ ُ ِریدُ أ َ ْن أُن ِك َحكَ ِإحْ دَى ا ْب َنت
«ي هَاتَی ِْن
« Il dit: « Je voudrais te marier à l'une de mes deux filles que voici »
10- Au sujet de Hafsa bint Omar et d’Aïcha bint Abu Bakr, le Coran dit :
ِ ض أ َ ْز َو
« اج ِه َحدِیثًا َ َ »وإِذْ أ
ِ س َّر ال َّن ِبي إِلَى َب ْع َ
« Lorsque le Prophète confia un secret à l'une de ses épouses. »
11- Au sujet de Khadija, le Coran dit :
« عا ِئالً فَأ َ ْغنَى
َ َ»و َو َجدَك
َ
« Ne t'a-t-Il pas trouvé pauvre ? Alors Il t'a enrichi. »
12- Au sujet d’Hazrat Fatemeh (as), le Coran dit :
ِ » َم َر َج ْال َبحْ َری ِْن َی ْلتَ ِق َی
« ان
« Il a donné libre cours aux deux mers pour se rencontrer »
D’autres situations de femmes dans le Coran, ont aussi été citées :
َ ُظلَ ْمنَا أَنف
1- Le repentir d’Adam et Ève : ««سنَا َ قَاالَ َر َّبنَا
« Tous deux dirent: « Ô notre Seigneur, nous avons fait du tort à nous-mêmes. »
2- L’espoir d’Asiya, épouse du Pharaon :
«»اِذْ قَالَتْ َربّ ِ اب ِْن لِي ِع ْندَكَ َب ْیتًا فِي ْال َج َّن ِة
« Quand elle dit: « Seigneur, construis-moi auprès de Toi une maison dans le Paradis, »
3- La joie de Sara, l’épouse d’Abraham (as) :
َ ُمِن َو َراءِ إِ ْس َحاقَ َی ْعق
««وب ْ ش ْرنَاهَا ِبإِ ْس َحاقَ َو َ َام َرأَتُهُ قَا ِئ َمةٌ ف
َّ ضحِ كَتْ فَ َب ْ ِ َو
« Sa femme était debout, et elle rit alors ; Nous lui annonçâmes donc (la naissance d’) Ishaq
(Isaac), et après Ishaq (Isaac), Ya’qub (Jacob). »
4- Le raisonnement de Bilkis (reine de Saba) :
َ قَالَتْ إِ َّن ْال ُملُوكَ إِذَا دَ َخلُوا قَ ْر َیةً أ َ ْف
««سدُوهَا
« Elle dit: « En vérité, quand les rois entrent dans une cité ils la corrompent, et font de ses
honorables citoyens des humiliés. Et c'est ainsi qu'ils agissent. »
5- La pudeur de la fille de Chou‘ayb :
«« ٍعلَى ا ْستِحْ َیاء
َ فَ َجا َء ْتهُ ِإحْ دَاهُ َما ت َْمشِي
« Puis l'une des deux femmes vint à lui, d'une démarche timide »
6- La générosité de Khadija :
« «عا ِئالً فَأ َ ْغنَى
َ ََو َو َجدَك
« Ne t'a-t-Il pas trouvé pauvre ? Alors Il t'a enrichi. »
7- Les conseils à Hafsa bint Omar et Aïcha bint Abu Bakr :
ْ ض ْعنَ ِب ْالقَ ْو ِل فَ َی
ط َم َع َ ساءِ ِإ ْن اتَّقَ ْیتُ َّن فَالَ ت َْخ ْ ي ِ لَ ْستُ َّن َكأ َ َح ٍد
َ مِن ال ِّن ّ سا َء ال َّن ِب
َ ََ یا ِن
ُسولَه َ َّ َلزكَاة َ َوأَطِ ْعن
ُ ّللا َو َر َّ صالَة َ َوآتِینَ ا َّ ض َوقُ ْلنَ قَ ْوالً َم ْع ُروفًا* َوقَ ْرنَ فِي بُیُو ِت ُك َّن َوالَ تَ َب َّرجْنَ تَ َبر َج ْال َجا ِه ِل َّی ِة األُولَى َوأَق ِْمنَ ال
ٌ »الَّذِي فِي قَ ْل ِب ِه َم َر
Ô femmes du Prophète ! Vous n'êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses,
ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est malade
[l'hypocrite] ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent.
Restez dans vos foyers; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes d'avant l'Islam
(Jâhiliyah). Accomplissez la Salat, acquittez la Zakat et obéissez à Allah et à Son messager.
8- L’infaillibilité d’Hazrat Zahra (as) :
«سا َء ُك ْم
َ سا َءنَا َو ِن
َ »و ِن
َ
« nos femmes et les vôtres »
En plus de ces versets, il existe beaucoup d’autres versets qui font allusion à la grandeur de Khadija
(as) comme le verset qui fait allusion à la première place de Khadija dans la foi au prophète (as) :
» َ« َوالسَّا ِبقُونَ السَّا ِبقُونَ *أ ُ ْو َلئِكَ ْال ُمقَ َّربُون
« Les premiers (à suivre les ordres d'Allah sur la terre) ce sont eux qui seront les premiers (dans
l'au-delà)
11 Ce sont ceux-là les plus rapprochés d'Allah »
Le prophète (as) a eu de nombreuses épouses mais seule Khadija a été par lui, présentée comme
la meilleure des femmes et une des quatre meilleures femmes du monde, rang qu’il n’a donné à
aucune de ses autres épouses. Le prophète (as) a évoqué la supériorité de Khadija sur ses autres
épouses dans plusieurs hadiths. Ses insistances sur la supériorité de Khadija étaient peut-être
dues aux évènements qui allaient toucher les musulmans dans l’avenir et c’est pour cette raison
qu’il présentait
toujours Khadija et Fatemeh (as) comme deux modèles à suivre et parmi les quatre meilleures
femmes du monde, deux étaient musulmanes et deux, adeptes des religions antérieures à l’islam.
Hadith n°1 : Bokhari a rapporté du prophète (as) :
«»خیر نسایها مریم ابنه عمران و خیر نسایها خدیجه
« Les meilleures femmes du monde sont Khadija et Marie, fille de Imran »
Sahih Bokhari vol 4 p 138
C'est-à-dire Khadija chez les musulmans, et Marie chez les chrétiens.
Hadith n°2 : Ibn Hajar al-Asqalani dans un hadith de Ammar Yasser, raconte que le prophète (as)
a déclaré :
»« لقد فضلت خدیجه علی نساء امتی کما فضلت مریم علی نساء العالمین
« Khadija est la meilleure femme de ma communauté comme Marie est la meilleure des femmes
du monde »
Hadith n°3 : Ahmad ben Hanbal dans son Mosnad (vol 1 p 293), a écrit que le prophète (as) avait
tracé
quatre lignes sur le sol et déclaré : « ces quatre lignes sont les meilleures femmes du paradis,
Khadija bint Khuwaylid et Fatemeh bint Mohammad, Asiya bint Muzahim, femme du Pharaon, et
Marie bint Imran ».
Ce hadith montre que ces quatre femmes sont les meilleures femmes que Dieu ait créées.
Hadith n°4 : Le prophète (as) a déclaré :
») و خدیجة بنت خویلد و فاطمة بنت محمد(ص، و آسیه بنت مزاحم،« خیرنساء العالمین مریم ابنه عمران
« Les meilleures femmes de la création sont Marie fille de
Imran, Asiya bint Muzahim, femme du Pharaon, Khadija, bint Khuwaylid, et Fatemeh, bint
Mohammad »
Hadith n°5 : Le prophète (as) au sujet des femmes supérieures aux femmes du monde, a déclaré
:
» و افضلهن عالما فاطمة، و فاطمة بنت محمد، و خدیجة بنت خویلد، و آسیة بنت مزاحم،« اربع نسوة سیدات عالمهن مریم بنت عمران
Les meilleures femmes de la création sont Marie fille de Imran, Asiya bint Muzahim, femme du
Pharaon, Khadija, bint Khuwaylid, et Fatemeh bint Mohammad, et Fatemeh (as) est la meilleure »
Hadith n°6 : Le prophète (as) dans un hadith a déclaré :
» و فاطمة بنت محمد (ص) و آسیة بنت مزاحم، و خدیجة بنت خویلد،« حسبك من نساء العالمین مریم بنت عمران
Parmi les femmes des deux mondes, Marie, Khadija, Fatemeh et Asiya sont les meilleures »
Hadith n°7 : Le prophète (as) dans la mosquée, a évoqué le rang d’Hassan et d’Hossein, et déclaré
:
»« ایها الناس اال اخبركم بخیر الناس جدا و جده
« Voulez-vous que je vous informe sur les gens les meilleurs du point de vue de la filiation ? », les
gens présents répondirent : « Oui,
prophète de Dieu », le prophète (as) dit alors : « Ce sont Hassan et Hossein dont je suis le grand
père et dont Khadija est la grand-mère »
Khadija a rapporté des paroles du prophète (as) qui recevait les compagnons en public ou en privé,
dans sa maison, et ce qu’elle avait parfois entendu de leurs discussions. Khadija est parmi les
épouses du prophète (as), celle qui a vécu le plus longtemps avec lui, et celle à qui, le prophète
(as) faisait le plus confiance, mais malheureusement, elle est celle qui a le moins rapporté les
paroles du prophète (as).
Certains historiens sunnites pensent qu’elle n’a rapporté aucun hadith et
ne la considèrent pas comme un « rapporteur de hadith », contrairement à d’autres historiens qui
pensent le contraire malgré le petit nombre de hadiths qui lui sont attribués.
Certains hadiths rapportés par Khadija ont malheureusement été supprimés des livres de Hadiths
à cause de l’hostilité envers les Ahl-ul-bayt (as), comme dans le cas du chapitre 1417 sur les
rapporteurs de hadiths du Sahih de Bokhari, qui rapporte un hadith de Khadija qui a été supprimé
par les ennemis des Ahl-ul-Bayt (as) alors que si ce hadith n’existait pas, il n’aurait pas été cité par
le grand spécialiste de hadiths, Muhammad al-Kalābādhī..
Les hadiths rapportés par Khadija sont :
1- Le hadith sur la prière des tawafs, (tours de la Kaaba)
اللهم: قولی: « ما اقول و انا اطوف باالبیت؟ قال: ) (قالت خدیجه (س: والبیهقی عن عبداالعلی التیمی قال،روی السیوطی عن ابن ابی الدنیا
« اغفر ذنوبی و خطئی وعمدی واسرافی فی امری انک ان ال تغفر لی تهلکنی
« Le prophète (as) a dit lors des tawafs, faites cette prière : «Mon Dieu, pardonne moi les péchés
volontaires et involontaires, et les excès, si tu ne me pardonnes pas, je serai perdu »
2- Hadith sur la vision de l’archange Gabriel
قال ابن إسحاق و قد حدث بهذا الحدیث عبد هللا بن الحسن قال قد سمعت أمي فاطمة بنت حسین تحدث بهذا الحدیث عن خدیجة إال أني سمعتها
تقول أدخلت رسول هللا ص بینها و بین درعها فذهب عند ذلك جبرئیل ع فقالت خدیجة لرسول هللا ص إن هذا لملك و ما هو بشیطان
Ibn Eshar a déclaré qu’Abdoullah ben Hassan avait rapporté qu’il avait entendu de sa mère,
Fatemeh bint Hossein, qu’elle disait que Khadija (as) pendant la révélation, avait couvert le
prophète (as) de ses vêtements et que quand l’ange
partit, elle dit : « vraiment, c’était un ange et non le démon »
3- Hadith sur l’entrée du prophète (as) dans la maison
Le cheikh Ali ben al Hassan al Motahhar dans son livre « »العدد القویه, a rapporté que Khadija avait
dit :
ثم یُأوی الی فراشه، ثم یقوم فیصلی رکعتین یوجز فیهما،کان النبی (ص) اذا دخل المنزل دعا بااالناء فتطهر للصاله
« Quand le prophète (as) entrait dans la maison, il demandait de l’eau, faisait les ablutions et deux
rakats de prière, puis se couchait ».
La position de Khadija auprès de Dieu
Le prophète (as) a dit à ce sujet, à Khadija :
ّ ّللا
ٍ عز و ج ّل لیباهي بكِ كرام مالئكته ك َّل
«یوم مرارا ّ انّ « یا خدیجة
« Khadija ! Dieu parle de ta grandeur plusieurs fois par jour avec ses anges »
Citant Gabriel, le prophète (as) a aussi déclaré :
ّ هذه خدیجة فاقرء علیهاالسالم من ربّها و م ّني و ب:« قال جبرئیل
«شرها بیتا في الجّنة
« Salue Khadija de ma part et de la part de Dieu, et promets-lui une demeure au paradis »
Abu Sa’id Khadri a raconté que lors du retour du prophète (as) de son ascension, il a demandé à
Gabriel ce qu’il devait faire, et l’ange a répondu : «Salue Khadija de ma part et de la part de Dieu
».
Le prophète (as) dit à Khadija que Dieu et les anges la saluaient et Khadija dit : « Dieu est
salutations, origine et but des salutations, et salutations à Gabriel, l’ange de la vérité »
A plusieurs reprises, le prophète (as) a promis à Khadija une maison au paradis où elle ne connaitra
plus aucune souffrance.
L’Imam Sadegh (as) a déclaré que lors du décès de Khadija, Fatemeh qui était une enfant,
demandait sans cesse au prophète (as) où était sa mère. Cela peinait beaucoup le prophète (as)
qui ne savait comment la consoler, c’est alors que Gabriel lui apparut et lui dit : « Salue Fatemeh
et dis-lui que Khadija, sa mère, est dans une maison près d’Asiya, épouse du Pharaon, et de Marie,
fille d’Imran ».
Quand le prophète (as) lui annonça cette nouvelle, Fatemeh (as) se calma.
Fatemeh (as) a aussi raconté que lors du décès de sa mère, elle demandait à son père où était sa
mère, et que le prophète (as) lui avait dit de la part de Gabriel : «Dieu te salue ! Ta mère est dans
une maison au sol en or, aux colonnes de rubis, entre la maison d’Asiya et de Marie, fille d’Imran
», ajoutant que quand elle avait entendu le message divin, elle avait dit « que les salutations
venaient de Dieu et retournaient à Lui ».
Dans le commentaire du verset
» تفسیر «عینا یشرب بها المقربون
« Source dont les rapprochés boivent » Al muttaffifin 28
Le prophète (as) a dit : « Les rapprochés qui boivent à cette source du paradis, sont le prophète
(as), Ali Ibn Abi Taleb (as), les Saints Imams, Fatemeh et Khadija »
Ce que disait le prophète (as) de Khadija
Le prophète (as) n’a mis aucune de ses femmes sur un pied d’égalité avec Khadija dont il faisait
toujours les louanges.
Cela ne venait pas du fait que Khadija était une épouse du prophète car le prophète (as) eut par la
suite, d’autres épouses. Il lui demandait toujours son avis et n’a jamais agi contre sa volonté.
Quand Aboul Ass, neveu de Khadija, demanda la main de Zeinab, la fille du prophète (as), Khadija
demanda au prophète (as) d’accepter, ce qu’il
fit car il n’avait pas l’habitude d’agir contrairement aux vœux de Khadija.
Le prophète (as) aimait tant Khadija que de son vivant, il n’eut aucune autre épouse et après son
décès, il en faisait continuellement les louanges auprès de ses autres femmes, de sorte qu’un jour,
Aicha lui dit : « Prophète de Dieu ! Pourquoi louer ainsi Khadija qui était une vieille femme que vous
avez perdue, alors que Dieu vous a donné de meilleures épouses ! ». Ces paroles mirent le
prophète (as) en colère, il dit :
»« صدّقتني اذ كذبتم و آمنت بي اذ كفرتم و ولدت لي اذ عقمتم
Elle a cru en moi alors que vous me rejetiez, elle a eu la foi alors que
vous étiez athées, elle est la mère de mes enfants, ce qui n’est pas votre cas »
Le prophète (as) aimait tant Khadija qu’il aimait aussi ceux que Khadija aimait.
Aicha a raconté qu’une vieille femme vint chez le prophète (as) à qui il fit preuve d’un grand respect
et de beaucoup de gentillesse. Quand la vieille femme fut partie, Aicha demanda au prophète (as)
la raison de cet accueil, il répondit :
« و ان حسن العهد من االیمان،« انها كانت تأتینا فی زمن خدیجة
« Cette vieille femme, à l’époque où Khadija était vivante, venait lui demander de l’aide. Respecter
les promesses fait partie de la foi »
Aicha a aussi raconté que le prophète (as) tuait des moutons et envoyait la viande aux amis de
Khadija.
« Un jour, je lui ai demandé la raison, il a répondu qu’il aimait les amis de Khadija», a-t-elle dit.
Lors des anniversaires de son décès, le prophète (as) pleurait et disait à ses épouses : « Ne croyez
pas que vous lui êtes supérieures, elle avait la foi quand vous étiez mécréantes, et elle est la mère
de mes enfants »
Quand on vint de la part de l’Imam Ali (as), lui demander la main de Fatemeh (as), il se mit à pleurer
et dit à Umm Salameh : «
خدیجه و این مثل خدیجة صدقتنى حین یكذبنى الناس و ایدتنى على د
اعانتنى علیه بمالها ان هللا عز و جل امرنى ان ابشر خدیجة ببیت فى الجنة من قصر الزمرد ال صعب فیه و ال نصب
« Qui ressemble à Khadija ? Quand les gens ont mécru, elle a eu foi en moi, elle m’a aidé dans la
religion de Dieu avec ses biens, et Dieu m’a dit de lui promettre un palais d’émeraudes dans le
paradis où elle ne connaitra ni peines ni obligations ».
Le prophète (as) a aussi déclaré :
»فی، مریم بنت عمران و آسیة بنت مزاحم زوجة فرعون وهی زوجة النبی: اشتاقت الجنة إلی أربع من النساء
« الجنة و خدیجه بنت خویلد زوجة النبی فی الدنیا وآالخرة وفاطمه بنت محمد
Le paradis a été promis à quatre femmes, Marie, fille d’Imran, Asiya, fille de Muzahim et épouse
du Pharaon, Khadija, fille de Khuwaylid et épouse de Mohammad (as) dans ce monde et dans l’au-
delà, et Fatemeh, fille de Mohammad (as).
Ce que les Saints Imams (as) ont dit de Khadija
L’Imam Hossein (as) le jour d’Ashura, dans son discours pour se présenter aux ennemis, a déclaré
: «Savez-vous que mon ancêtre était Khadija fille de Khuwaylid ? »
L’Imam Hassan Mojtaba (as) lors d’une discussion avec Mu‘âwîya sur les défauts de Mu‘âwîya et
les raisons de sa propre réussite, faisant allusion au rôle éducatif de la mère, a déclaré : «
Mu‘âwîya, tu es mauvais car ta mère était Hind et ta grand-mère Nathileh, la réussite de ma famille
par contre, vient de l’éducation que nous avons reçue de femmes honnêtes et pures, comme
Khadija et Fatemeh (as) ».
S’adressant aux ennemis, l’Imam Hossein (as) a aussi déclaré : « Savez-vous que je suis le petit
fils de Khadija, l’épouse de votre prophète ? »
L’Imam Sadjad (as) à la cour de Yazid à Damas, dans son célèbre
discours aux dirigeants et aux hautes personnalités de Sham, déclara : « Je suis le petit fils de
Khadija, la grande femme de l’islam »
Hazrat Zeinab (as) à Karbala, le 11ème jour du mois de Muharram de l’année 61 de l’Hégire, sur
les tombes des martyrs de Karbala, après avoir fait les louanges du prophète (as), de Ali (as) et de
Khadija, déclara : « Que mon père soit sacrifié pour la grande femme qu’était Khadija ».
Zeyd ibn Ali (as) qui lança une grande révolution contre le régime de Hosham ben Abdoul Malik,
et finit en martyr, dans un discours aux ennemis, déclara :
« ابونا رسول هللا وجدتنا خدیجة،و نحن احق بالمودة... «
« Nous méritons plus que tous, le respect et l’amitié, car le prophète (as) et Khadija sont nos aïeux
»
Abdoullah ben Zeyd dans un entretien avec Ibn Abbas, a rappelé ses liens de filiation avec Khadija,
sa tante, dont il était très fier et déclaré :
«« الست تعلم ان عمتي خدیجة سیدة نساء العالمین
« Ne savez-vous pas que ma tante, Khadija, est la plus heureuse des femmes du monde ? »
À l’époque de l’Imam Hassan (as), après avoir pris le pouvoir, Mu‘âwîya
vint à Médine pour quelques jours, et demanda aux gens de lui faire serment d’allégeance. Après
cela, il monta en chaire et fit un discours où il insulta tant qu’il put, l’Imam Ali (as), en présence de
l’Imam Hossein (as) et de l’Imam Hassan (as).
Quand l’Imam Hossein (as) se leva pour lui répondre, l’Imam Hassan (as) lui prit la main et l’invita
à faire preuve de patience, mais il se leva et dit : « A toi qui dit du mal de Ali (as), sache que je suis
Hassan et que mon père est Ali, et toi Mu‘âwîya, ton père est Abu Sofiane. Ma mère est Fatemeh
et ta mère Hind, celle qui dévora le foie de Hamzah. Mon grand père est le prophète (as) et ton
grand père, Harb. Ma grand-mère est Khadija et
ta grand-mère Nathileh, une prostituée de l’époque de l’ignorance. Que Dieu maudisse les gens
de mauvaise renommée, aux ancêtres malfaisants et au sombre passé, les athées et les hypocrites
».
Le testament d’Hazrat Khadija
Après la fin du boycott des musulmans dans le Shib Abi Talib, Hazrat Khadija tomba malade et sa
santé se détériora chaque jour davantage. Khadija sentait que sa mort était proche et dit au
prophète (as) : « Prophète de Dieu ! J’ai plusieurs choses à recommander en testament, la
première est que tu me pardonnes si je n’ai pas respecté
tes droits comme il le fallait. Le prophète (as) dit : « Je n’ai vu aucune négligence de ta part et tu
as fait tout ce que tu pouvais, tu as dépensé ta fortune dans la voie de Dieu et tu as eu une vie
difficile avec moi qui t’a beaucoup fatiguée ».
Khadija ensuite demanda au prophète (as) de faire attention à leur fille, Fatemeh Zahra (as) qui
sera orpheline et isolée.
« Il ne faut pas que les femmes de Quraysh lui fassent de la peine, qu’on la frappe au visage, qu’on
crie sur elle ou qu’on se comporte mal envers elle », avait-elle déclaré.
La troisième recommandation de Khadija était destinée à Fatemeh
(as) qui la transmettrait à son père. Elle fit venir Fatemeh (as) et lui dit : « J’ai peur de la tombe, dis
à ton père de m’ensevelir dans le bisht (cape arabe) qu’il portait lors de la révélation.
Fatemeh sortit de la chambre et annonça au prophète (as) la dernière volonté de Khadija, le
prophète (as) lui donna ce bisht et elle fut apaisée.
Le décès de Khadija
Hazrat Khadija après 25 ans de vie commune, une vie d’efforts, d’obéissance et de soutien au
prophète (as), décéda 35 jours
après Abou Taleb, l’oncle du prophète (as) qui était aussi son principal soutien.
Les historiens ont cité des dates différentes pour son décès, mais la date la plus probable est celle
du 10ème jour du mois de ramadan de la 10ème année de la mission prophétique, à l’âge de 65
ans, après la prière du matin. L’ange Gabriel portant un linceul céleste, apparut au prophète (as)
qui pleurait cette fidèle épouse, et lui dit : «Prophète de Dieu ! Dieu en échange des richesses que
Khadija a donné pour Lui, a pris en charge son linceul ». Le prophète (as) effectua le lavage
mortuaire et enveloppa Khadija dans ce linceul, puis suivi par une foule de
musulmans, l’enterra au cimetière de Hajun. Le prophète (as) se coucha dans la tombe de Khadija
et pria pour elle, puis il se leva et la mit lui-même dans la tombe. A son retour, Fatemeh lui
demandait sans cesse où était sa mère, le prophète (as) entendit alors l’Ange Gabriel dire : «Dis-
lui que sa mère en toute quiétude, vit maintenant dans un palais d’émeraudes ». Après cela,
comme l’a dit Majlessi, le prophète (as) sortait peu de chez lui.
L’année de la peine et ses conséquences
La mort en un mois, d’Abou Taleb et de Khadija, les deux grands soutiens
du prophète (as), a rendu la vie du prophète (as) très difficile. La réputation et l’influence d’Abou
Taleb sur les gens de la Mecque, empêchaient toute attaque contre le prophète (as). Tout le monde
savait qu’Abou Taleb était un notable qui soutenait le prophète (as), et la tribu de Bani Hashem
avait pour lui, un grand respect. Abou Taleb était le grand défenseur du prophète (as) et pouvait
s’opposer aux complots ourdis contre sa personne.
Les ennemis du prophète (as) savaient que s’ils attaquaient le prophète (as), Abou Taleb le
défendrait et que personne ne pourrait lui résister car toute résistance signifierait des années de
guerres tribales et de nombreuses pertes.
A la maison, Khadija consolait le prophète (as) accablé par la méchanceté des gens de Quraysh,
qui oubliait auprès de Khadija, ses souffrances et ses peines. La mort de Khadija mit un terme à
cette tranquillité et la mort d’Abou Taleb fit perdre au prophète (as) son plus grand soutien social.
Cette année fut appelée « l’année des peines », à cause du grand chagrin qui marqua les
musulmans, et fut une année de deuil pour les musulmans.
Le prophète (as) a dit à ce sujet : « Tant que Khadija et Abou Taleb étaient vivants, mon cœur n’a
jamais été submergé par le chagrin ».
Après le décès d’Abou Taleb, les athées et les polythéistes s’attaquèrent davantage et sans
aucune peur au prophète (as) et aux musulmans.
Un idolâtre sur l’ordre d’Abou Jahl, versa des détritus sur la tête et le visage du prophète (as) qui
rentra chez lui et se lava le visage, seul dans la maison, se rappelant que de son vivant, quand
cela arrivait, Khadija lui lavait le visage avec gentillesse et lui redonnait courage.
Les agressions prenaient chaque jour plus d’ampleur et la vie à la Mecque devint très difficile. Le
prophète (as) décida de quitter la
ville au plus vite, et d’aller dans un endroit où les gens accepteraient l’islam et le soutiendraient, et
où il pourrait propager la religion.
Un mois après le décès de Khadija, à la fin du mois de Chawwâl, le prophète (as) se rendit avec
Zayd ibn Harithah à Taëf, pour inviter les gens à l’islam. Le prophète et Zayd restèrent dix jours
dans cette ville dont ils rencontrèrent les dignitaires et les habitants, mais personne n’accepta
l’islam et pire encore, sur l’ordre des nobles de Taëf, les enfants, les esclaves et les fous, lançaient
des pierres sur le prophète (as) pour le mettre dehors alors que Zayd tentait de le protéger. Le
prophète (as) a toujours décrit cette période comme la pire période de sa
vie. Le prophète (as) et Zayd furent obligés de quitter Taëf et de retourner à la Mecque. Quand le
prophète (as) arriva près de la grotte de Hira, à cause de sa crainte d’entrer à la Mecque, il
demanda l’aide de quelques jeunes pour la propagation de l’islam. Seul Mot’ham ben Adi accepta
d’aider le prophète (as), il rassembla les membres de sa famille, les arma et escorta le prophète
(as) à son entrée à la Mecque, et après le pèlerinage à la Kaaba et la prière, rentra chez lui. La
situation à la Mecque avait empiré et les incroyants sans peur et sans honte, tourmentaient le
prophète (as). Abou Lahab qui après le décès d’Abou Taleb, se considérait comme
le chef de Bani Hashem, et sa femme Umm Jalil, ne cessaient de tourmenter le prophète (as).
Le prophète (as) se rendit chez les chefs des tribus autour de la Mecque, les tribus de Bani Kalab,
de Bani Hudhayfah, de Amer ben Sahsaheh, de Muharib ben Khafseh, de Banu de Ghatafan, de
Ghassan, de Mareh, d’Hanifeh, de Salim, de Banu Nadir, de Bani Al Baka’ et d’ Ḥārith ben Kaab,
pour leur demander leur soutien mais aucun n’accepta. Lors du pèlerinage, des chefs de Banû al-
Khazraj, venus de Médine, rencontrèrent le prophète (as) et l’invitèrent à venir à Médine.
Les documents montrent que le prophète (as) ne souhaitait pas quitter la Mecque mais après le
décès d’Abou Taleb et de Khadija, sa vie était en danger et rester à la Mecque était devenu
impossible. Il fut donc contraint de partir pour Médine.
La tombe d’Hazrat Khadija se trouve au cimetière d’al-Hajun au nord de la Mosquée al Haram de
la Mecque. Ce cimetière existait avant l’islam et beaucoup de compagnons du prophète (as), de
religieux et de grandes personnalités de l’islam y sont enterrés, comme Abdol Mutallib, Abu Talib
ibn Abdul-Muttalib, Ibrahim, fils du prophète (as), Abd Manaf et Sumayyah bint Khayyat, la mère
d'Ammar ibn Yassir.
En 750 de l’hégire, sur l’ordre de Mohammad Soliman Mesri, le dôme en bois au dessus de la
tombe de Khadija, fut remplacé par un dôme orné de pierres précieuses et
recouvert de riches tissus. Le mausolée était entretenu par un serviteur payé sur les dons
ottomans. Ce mausolée et le dôme ont été restaurés en 1242 de l’hégire, mais en 1342, avec
beaucoup d’autres sites historiques, a été détruit par les wahhabites.
Christiaan Snouck Hurgronje, orientaliste spécialisé dans les recherches sur la Mecque, a écrit à
ce sujet :
« Le mausolée d’Hazrat Khadija, épouse du prophète (as), se trouvait dans le cimetière d’al-Hajun
nommé aussi Al-Ma'lât, où les gens se rendaient le 11ème jour de chaque mois, pour une
cérémonie qui se terminait tard dans la nuit, où un
Seyed chantait des chants de deuil, puis les gens mangeaient le repas qu’ils avaient emmené,
assis sur des tapis de valeur, autour de la grille en fer qui surplombe le tombeau ».
Hazrat Khadija avait une relation très profonde avec Dieu. Seyed ben Tawus dans son livre «Muhaj
َ ّ» ُم َه ُج الد, a cité deux prières rapportées d’Hazrat
al-daʿawāt wa manhaj al-ʿibādāt » « عوات َو َمن َه ُج العِبادات
Khadija :
و اصلح لیشایب كله، وال تلكنی الي نفسي طرفة عین ابدا، برحمتك استغیث فاغثني، یا حي یا قیوم،بسم هللا الرحمن الرحیم
Au nom de Dieu, clément et miséricordieux
Mon Dieu, le vivant, je me réfugie auprès de toi, abrite moi et ne m’abandonne jamais à moi-même,
et dans tous les instants de ma vie, sois celui qui m’aide et me conduit
یا هللا یا حافظ یا حفیظ یا رقیب،بسم هللا الرحمن الرحیم