Accident Vasculaires Cérébraux (AVC) : Définition
Accident Vasculaires Cérébraux (AVC) : Définition
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont définis par la survenue brutale (< 2min) d’un déficit
Définition neurologique focal due à la survenue d’une lésion dans un territoire cérébral, d’origine ischémique
ou hémorragique.
• Sont regroupés sous cette entité nosologique :
A) AVC ischémiques (80 % des AVC)
–– Les accidents ischémiques transitoires (AIT) : déficit brutal, focalise, bref, régressif en moins
d’une heure sans lésion visible à l’imagerie cérébrale. (10% des AVC)
Ils constituent un signe d'alerte d'une récurrence ischémique à court terme. Le risque d’AVC après
un AIT est maximal lors des 48 premières heures et de l’ordre de 10-20% à 3 mois
–– Les accidents ischémiques constitues (AIC) ou infarctus cérébraux constitues : déficit
brutal, focalise, persistant, secondaire a une nécrose cérébrale.
B) AVC hémorragique (20% des AVC)
–– Les hémorragies intra-parenchymateuses : symptomatologie secondaire à une suffusion
hémorragique dans le tissu cérébral. (15%)
–– Les hémorragies méningées (5%)
–– Les thrombophlébites cérébrales : responsables d’infarctus cérébraux en rapport avec un
engorgement veineux.
• Trois quarts touchent les sujets de plus de 65 ans.
Épidémiologie • Les AVC ischémiques sont les plus fréquents (80 %).
• 30 % des AVC ischémiques sont précèdes d’un AIT.
• La morbi-mortalité des AVC est sévère et représente :
–– la première cause de handicap non traumatique.
–– la deuxième cause de démence après la maladie d’Alzheimer.
–– la troisième cause de mortalité après les cancers et les maladies cardiovasculaires.
–– une cause fréquente de dépression.
1. AVC ischémique
• L’ischémie cérébrale est le plus souvent secondaire à un mécanisme thrombo-embolique ou
Physio- thrombotique par occlusion d’une artère cérébrale.
pathologie • Moins fréquemment, elle peut être d’origine hémodynamique en cas de sténose très serrée.
Les principaux mécanismes en cause :
○ artériel :
- Macroangiopathie : Athérosclérose (sténose, thrombose ou embolie à partir d’une plaque
d’athérome), dissection
- Embolie d’origine cardiaque (cardiopathie fonctionnelle type fibrillation auriculaire ou
morphologique type endocardite)
- Maladie des petites artères (microangiopathie ou lacune)
- Causes rares : coagulopathies acquises ou congénitales, hémopathies, maladies métaboliques
(mitochondiropathie)
une baisse brutale du débit sanguin artériel cérébral et du fait de l’absence de réserve en glucose
et en oxygène une souffrance cérébrale l’ischémie d’une zone centrale qui va être rapidement
le siège d’une nécrose et d’une zone périphérique dite de « pénombre ischémique » (réversibles en
cas de restauration rapide du débit sanguin cérébral)
○ veineux : plus rarement d’une thrombose veineuse cérébrale (0.5 à 1% des AVC)
La symptomatologie de ces accidents vasculaires ischémiques sera fonction du territoire
cérébral infarci. On distingue :
–– Les infarctus cérébraux de la circulation antérieure
–– Les infarctus cérébraux de la circulation postérieure
–– Les lacunes ou petits infarctus cérébraux profonds
–– Les infarctus cérébraux jonctionnels, entre deux territoires
R ! Rappel anatomophysiologique de la vascularisation cérébrale (voire marieb)
1. Athérosclérose
Etiologies AVC 2. Cardiopathie emboligène (25 % des cas) : infarctus du myocarde,
ischémique valvulopathie, fibrillation auriculaire, anévrisme septal, foramen ovale
perméable, prothèses valvulaires, endocardite
3. Maladies des petites artères (LIPOHYALINOSE) : LACUNES (25 %)
4. Dissection des artères cervicales
5. Artérite inflammatoire : Horton, PAN, Takayashu
6. Artérites infectieuses : (syphilitique, tuberculeuse, Lyme, zona…)
7. Migraine compliquée
8. Spasme artériel postrupture d’anévrisme
1
9. Causes hématologiques : polyglobulie, thrombocytémie, déficit en
anticoagulants (protéines C et S, antithrombine III, résistance à la protéine C
activé Leiden), purpura thrombotique thrombopénique (Moschcowitz),
hémoglobinurie paroxystique nocturne (maladie de Marchiafava-Micheli),
drépanocytose…
10. Anticoagulants circulants : anticorps anti phospholipides
11. Drogues : amphétamines, cocaïne, ergotamines..
12. Oestroprogestatifs (anticorps anti-éthynyl-estradiol)
13. Autres causes rares :Moya-Moya, homocystinurie, maladie du collagène
(Marfan, Ehlers-Danlos), Maladie de Fabry ou angiokératose, MELAS :
mitochondriopathie responsable d’accidents vasculaires cérébraux
ischémiques à répétition, épisodes d’acidose lactique, de myopathie et
d’encéphalopathie, artérite radique.
A/ HTA C’est la première cause des hémorragies cérébrales (80 %).
AVC B/ Malformations vasculaires : localisation préférentiellement lobaire, à la
hémorragique jonction cortico-sous-corticale.
C/ tumeurs cérébrales sous-jacentes
D/ troubles de la coagulation : traitement anticoagulant, thrombolyse,
anomalie de l’hémostase (Thrombopénie, CIVD, déficit en facteurs de
coagulation…
E/ abus de drogues : cocaïne, amphétamines et héroïne peuvent causer une
hémorragie cérébrale soit par une poussée hypertensive, soit par une
angiopathie.
F/ angiopathie amyloïde cérébrale (ou congophile)
G/ autres causes : thrombophlébite cérébrale, endocardite infectieuse
(rupture d’anévrisme mycotique), Alcoolisme et hypocholestérolémie.
H/ cause inconnue ● 10 à 20 % des hémorragies cérébrales restent sans
étiologie déterminée malgré un bilan complet (IRM, artériographie…).
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Tableau III. SYNDROMES NEUROLOGIQUES EN FONCTION DES TERRITOIRES
ARTÉRIELS ATTEINTS
ARTERE DÉFICIT NEUROLOGIQUE
CIRCULATION ANTÉRIEURE
Artère Hémiparésie controlatérale (déficit moteur) prédominant au niveau du
cérébrale membre inférieur
antérieure Syndrome frontal
Hémiplégie controlatérale ou hémiparésie à prédominance brachio-
Artère cérébrale faciale
moyenne Anesthésie ou hypoesthésie controlatérale à prédominance brachio-
(dite sylvienne) : faciale
territoire Hémianopsie latérale homonyme controlatérale (témoigne de
superficiel et l’extension de l’infarctus cérébral vers l’arrière)
profond Déviation de la tête et des yeux vers le côté de la lésion cérébrale
(témoigne de l’extension de l’infarctus cérébral vers l’avant)
En cas d’atteinte de l’hémisphère dit majeur (dans la grande majorité
des cas l’hémisphère majeur est l’hémisphère gauche) :
- Aphasie motrice (Broca) : manque du mot, fluence réduite et
compréhension préservée : retrouvée en cas d’atteinte antérieure
- Aphasie sensorielle (Wernicke) : fluence préservée (jargonophasie :
paraphasies sémantiques et phonémiques), compréhension altérée :
retrouvée en cas d’atteinte postérieure
- Aphasie mixte et sévère en cas d’AVC étendu
- Apraxie
- Acalculie
En cas d’atteinte de l’hémisphère dit mineur (dans la grande majorité
des cas l’hémisphère mineur est l’hémisphère droit) : syndrome dit de
l’hémipshère mineur connu également sous le nom de syndrome
d’Anton-Babinski :
- Anosognosie : non-reconnaissance du déficit.
- Asomatognosie : non-reconnaissance de l’hémicorps controlatéral
comme sien.
- Négligence motrice et/ou spatiale controlatérale.
- Extinction sensitive et/ou visuelle et/ou auditive controlatérale.
Artère Cécité monoculaire homolatérale.
ophthalmique
Syndrome optico-pyramidal : association d’un AVC sylvien à une
Artère carotide cécité monoculaire controlatérale au déficit moteur : la cécité
monoculaire est du même côté que la carotide atteinte.
CIRCULATION POSTERIEURE
Artère cérébrale Hémianopsie ou quadranopsie controlatérale, souvent isolée
postérieure : Alexie : souvent par atteinte de l’hémisphère majeur
territoire Prosopagnosie (incapacité à reconnaître les visages) et troubles de la
superficiel représentation spatiale : souvent par atteinte de l’hémisphère mineur
Syndrome thalamique :
Artère cérébrale − Hypoesthésie de l’hémicorps controlatéral à tous les modes, souvent «
postérieure : coupée au couteau » : atteignant le visage, le membre supérieur,
territoire profond l’hémitronc et le membre inférieur, tableau clinique connu également
sous le nom de syndrome de Déjerine-Roussy.
− Hyperpathie et/ou allodynie du même hémicorps
Atteinte des deux Cécité corticale.
cérébrales Troubles mnésiques réalisant un syndrome de Korsakoff (atteinte
postérieures bilatérale de la partie médiane des lobes temporaux).
Infarctus du tronc cérébral
Infarctus dans le Ils peuvent s’associer à des infarctus d’aval dans le territoire des artères
territoire cérébrales postérieures.
vertébrobasiliaire L’atteinte du tronc cérébral réalise typiquement un syndrome alterne qui
est l’association de l’atteinte d’un nerf crânien homolatéral à la lésion
ainsi que d’une voie longue homolatérale (motrice ou sensitive) qui sera
responsable d’un déficit controlatéral.
Le syndrome alterne le plus fréquent est le syndrome de Wallenberg, en
rapport avec l’atteinte dans le territoire de l’artère de la fossette latérale
du bulbe. Il est décrit ci-après.
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Artère de la fossette latérale du bulbe (ou moelle allongée)
Syndrome de Wallenberg : c’est un syndrome alterne sensitif
associant (entre autres signes) :
− Une hémianesthésie du visage homolatérale à la lésion, par atteinte du
V.
− Une hémianesthésie thermo-algique contro- latérale à la lésion
épargnant le visage (atteinte du faisceau spinothalamique).
La présentation clinique est cependant dominée par un syndrome
vertigineux parfois associé à des céphalées postérieures.
Avec le syndrome alterne sensitif, les autres signes cliniques
formant le syndrome de Wallenberg sont :
− Un syndrome de Claude Bernard Horner homolatéral à la lésion.
− Un hémi-syndrome cérébelleux homolatéral à la lésion.
− Une atteinte du VIII homolatérale à la lésion.
− Une atteinte du IX et du X, homolatérale à la lésion, responsable de
troubles de la phonation et de la déglutition et se manifestant à
l’examen clinique, par une paralysie homolatérale de l’hémi-voile du
palais et de l’hémi-pharynx.
Infarctus grave du tronc basilaire
Souvent lié à une occlusion du tronc basilaire.
Il se manifeste par les signes suivants :
− Coma.
− Atteinte oculomotrice.
− Dans les cas extrêmes une atteinte motrice bilatérale avec préservation
d’un état de conscience normal, réalisant un locked in syndrome
(quadriplégie + diplégie faciale).
AVC cérébelleux
Leur manifestation est un syndrome cérébelleux aigu.
Lorsque l’AVC cérébelleux est de taille importante, il y a un risque de
compression du tronc cérébral et/ou d’hydrocéphalie par compression
du 4e ventricule, en rapport avec l’œdème et l’effet de masse
consécutifs à l’atteinte ischémique.
Le pronostic vital peut être engagé du fait de cette compression.
Il s’agit d’AVC dits « lacunaires » réalisant des infarctus profonds de
Infarctus dans le moins de 15 mm, en rapport avec une micro-angiopathie par
territoire des lipohyalinose dans laquelle l’hypertension artérielle joue un rôle majeur.
artères Les atteintes lacunaires réalisent typiquement les syndromes
perforantes cliniques suivants :
− Hémiplégie ou hémiparésie proportionnelle (capsule interne)
− Anesthésie ou hypoesthésie proportionnelle (thalamus)
− Dysarthrie - main malhabile (pied de la protubérance)
− Hémiparésie-hémiataxie (protubérance ou atteinte lacunaire
hémisphérique profonde)
Les infarctus lacunaires multiples peuvent aboutir à un état
clinique qualifié de syndrome lacunaire associant :
− Syndrome pseudo-bulbaire avec notamment des troubles de la
phonation et de la déglutition
− Rires et pleurs spasmodiques
− Marche à petits pas
− Troubles sphinctériens
− Troubles cognitifs
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2. Diagnostic clinique de l’AIT
L’AIT est caractérisé par :
− l’absence de symptômes au moment où le patient est vu
− l’absence de signes cliniques au moment de l’examen
− l’absence de lésion sur les examens de neuro-imagerie.
Lorsque ces trois éléments ne sont pas réunis, l’événement cérébrovasculaire ischémique
suspecté initialement d’être un AIT doit être reformulé en « AVC ischémique mineur »
Sont considérés comme symptômes d’orientation vers un AIT probable :
− Trouble du langage.
− Déficit sensitif unilatéral.
− Hémianopsie latérale homonyme.
− Cécité monoculaire transitoire.
− Alexie.
− Agraphie.
• Sont considérés comme symptômes d’orientation vers un AIT possible :
− Vertige
− Diplopie
− Dysarthrie
− Trouble de la déglutition
− Instabilité
− Troubles sensitifs isolés ne touchant qu’une partie d’un membre ou qu’une hémiface
− Drop-attack (résolution du tonus des membres inférieurs en pleine conscience)
L’AIT devient probable
− les symptômes d’AIT possible s’associent entre eux de manière simultanée ou successive,
− ou bien s’ils s’associent à des symptômes d’AIT probables.
Sont considérés comme non évocateurs d’AIT les symptômes suivants :
− Perte de connaissance
− Confusion
− Amnésie aiguë
− Faiblesse généralisée transitoire
Les principaux diagnostics différentiels sont les suivants :
− Aura migraineuse Crise comitiale partielle
− Hypoglycémie.
− Glaucome ou pathologie rétinienne.
− Vertige paroxystique positionnel bénin.
− Lipothymie.
Le risque de récidive à 7 jours est apprécié par le score ABCD2 : Âge, Blood Pressure
(pression artérielle), Clinique, Durée, Diabète (Tableau IV)
Tableau IV. LE SCORE ABCD2
Items Description Points
Âge ≥ 60 ans 1
(Pression artérielle) PAS ≥ 140 ou PAD 1
A la phase aiguë ≥ 90 mmHg
Déficit moteur 2 ou
Clinique unilatéral Trouble 1
du langage 0
Autres signes
Durée du déficit ≥ 60 mn : 2 ou
10 à 60 minutes : 1
> 10 minutes: 0
Diabète 1
TOTAL : /7
Plus le score ABCD2 est élevé, plus le risque d’AVC après un AIT est important.
3. Diagnostic d’une hémorragie cérébrale
Sont évocateurs d’un AVC hémorragique, les symptômes/signes suivants :
- Céphalées, vomissements.
- Troubles de la vigilance.
- Absence de systématisation des symptômes à un territoire artériel.
Il est important de réitérer le fait que les éléments cliniques seuls sans l’imagerie cérébrale ne
doivent en aucun cas préjuger de la nature ischémique ou hémorragique d’un AVC
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------------------------------------ DIAGNOSTIC PARA- CLINIQUE --------------------------------------
• La rapidité d’obtention de l’imagerie est fondamentale pour affirmer le
Imagerie diagnostic et mettre en place la stratégie thérapeutique adaptée.
• L’examen à privilégier est l’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM).
• La tomodensitométrie cérébrale (TDM) est indiquée en cas de non-
disponibilité
immédiate de l’IRM.
IRM Les contre-indications à l’IRM sont :
- Le matériel implanté (stimulateur cardiaque, corps étranger
ferromagnétique…).
- Claustrophobie
TDM Dans les premières heures, la TDM est souvent normale.
cérébra • Elle est dans un premier temps réalisée sans injection de produit
l de contraste pour rechercher un saignement parenchymateux qui
se manifestera par une hyperdensité spontanée.
Sur le scanner cérébral sans injection de produit de
contraste, les signes précoces d’AVC ischémique sont les
suivants :
- Hyperdensité artérielle : évoque un thrombus intra artériel
- Effacement des sillons corticaux
- Dédifférenciation substance blanche/substance grise
- Effacement du noyau lenticulaire
Après 6 heures, sera visualisée une hypodensité cérébrale
systématisée qui correspond à l’infarctus cérébral constitué.
Même si l’IRM est plus performante que la TDM, un scanner et
angioscanner cérébraux sont suffisants pour prendre une
décision de thrombolyse +/- thrombectomie lorsque l’IRM n’est
pas disponible en urgence
- Numération sanguine, plaquettes.
Examens pré- - Hémostase.
thérapeutiques - A ne pas attendre pour prendre une décision de thrombolyse lorsqu’il est
connu que le patient n’a pas de traitement anticoagulant ni n’a de
coagulopathie.
- NFS et bilan d’hémostase : à la recherche d’un syndrome
Examens myéloprolifératif ou d’un trouble de la coagulation
étiologiques - Électrocardiogramme, surveillance par scope avec mémoire des
enregistrements, Holter ECG à la recherche d’une cardiopathie
emboligène
- Échographie cardiaque trans-thoracique et échographie trans-
oesophagienne
- Écho doppler des troncs supra aortiques avec écho-doppler
transcranien à la recherche d’une macro angiopathie
- Angiographie des artères intracrâniennes en cas d’hémorragie cérébrale
sans cause évidente
- Apparaît comme le meilleur outil clinique d’évaluation et est l’échelle de
Les scores S.de NIHSS référence à utiliser durant la phase aiguë des AVC car prédictif du pronostic
vital et du devenir fonctionnel à moyen terme.
- L’échelle NIHSS est prédictive du pronostic global
o Score de NIHSS entre 5-15 : AVC modéré
o Score de NIHSS entre15-20 : AVC grave
o Score de NIHSS >20 : AVC très grave
- C’est un outil d’évaluation initial utile comme facteur prédictif de l’évolution à
S.de Glasgow moyen terme de la vigilance, essentiellement en cas d’hémorragie cérébrale
ou d’Infarctus Cérébral sévère.
− Les AVC hémorragiques sont grevés d’une mortalité plus importante que
Évolution, Mortalité les AVC ischémiques.
pronostic − La mortalité des AVC est élevée de manière générale : 20 % à 1 mois et 40
% à 1 an.
− La mortalité précoce est liée au caractère massif de la lésion cérébrale, le
plus souvent par engagement cérébral.
− À distance, la surmortalité est liée aux complications de décubitus (embolie
pulmonaire, infections).
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Immédiates Tardives
Complications • Neurologiques : - Spasticité.
- Engagement cérébral - Douleurs neuropathiques.
- Hydrocéphalie par inondation - Épilepsie séquellaire.
ventriculaire dans les hémorragies - Troubles cognitifs.
cérébrales ou par effet compressif - Syndrome dépressif et troubles
de l’AVC cérébelleux. neuro psychologiques.
• Extra-neurologiques : - Récidive d’AVC.
- Infections. - Risque coronarien (40 % des
- Complications thrombo- décès à distance d’un AVC).
emboliques.
- Escarres.
Facteurs de - Troubles de la conscience initiaux.
Critères de mauvais - Signes d’engagement.
gravité, scores pronostic - Sévérité du score National Institute of Health Stroke Score (NIHSS)
- Déviation tonique de la tête et des yeux.
- Quadriplégie.
- Impossibilité de décoller le talon du lit.
- Infarctus sylvien étendu.
- Occlusion du tronc basilaire.
- Hématome volumineux.
- Age jeune.
Facteurs de bon - AVC de petite taille et peu sévère sur le plan clinique.
pronostic - Thrombose veineuse cérébrale.
- Entourage aidant.
− L’autonomie du patient sera évaluée a la sortie et à chaque consultation
par le score de RANKIN modifie (mRS)
Facteurs - cliniques (niveau de vigilance initial plutôt qu’intensité du déficit moteur),
pronostic de - radiologiques (volume de l'hématome rapporté à la localisation),
l’AVC - et d’autres facteurs (hyperglycémie à l’entrée, traitement anticoagulant)
hémorragique
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Prise en charge hospitalière
A) Prise en charge de l’AVC ischémique
1. HOSPITALISATION dans une unité neuro-vasculaire
2. THROMBOLYSE
− Thrombolyse intra-veineuse par rt-PA (recombinant tissue-Plasminogen Activator) :
0,9mk/kg (dose maximale de 90 mg) : 10 % de la dose totale doit être administrée initialement par
bolus intraveineux et le reste en une perfusion intraveineuse de 60 minutes.
− Dans les 4 h 30 qui suivent l’installation des signes
− Après avoir éliminé une hémorragie au scanner (systématique).
− Après exclusion des contre-indications, dans ce contexte, une recanalisation par thrombectomie
sans thrombolyse peut être envisagée.
− La thrombectomie peut être réalisée jusqu’à 6 h 00 après l’installation des symptômes
3. TRAITEMENT ANTICOAGULANT
− Après une thrombolyse IV aucun autre thrombotique ne doit être administré pendant les
premières 24 h.
− Dans les autres cas de figure de l’AVC ischémique, les traitements anti-thrombotiques sont :
o Aspirine 160 à 300 mg par jour, Clopidogrel si contre-indication à l’aspirine
o Anti-coagulation préventive (iso-coagulante) à type (HBPM 2 inj sc/j) si alitement
− Anti-coagulation curative (hypo-coagulante) dans les cardiopathies emboligènes
Indication Contre-indication
- AIT à répétition = « syndrome de menace » – AVC massif
- cardiopathies emboligènes – troubles de la conscience
- dissection des artères cérébrales – personne très âgée
- thrombophlébite cérébrale – HTA mal contrôlée.
4. MESURES ASSOCIES
Prévention des facteurs d’agression cérébrale secondaire d’origine systémique (ACSOS)
− Hypotension artérielle
− Hypoxémie (TRT: oxygénothérapie)
− Hypercapnie (TRT : oxygénothérapie)
− Anémie
− HTA : respect de l’hypertension artérielle jusqu’à 220/120mmHg sauf en cas de :
Thrombolyse (objectif TA < 185/110)
Hémorragie cérébrale (objectif TA < 185/110)
Décompensation cardiaque ou rénal ou autre complication menaçante à court terme
(dans ce cas la baisse de la TA doit être progressive, nicardipine en IVSE)
− Hyperthermie (TRT: antipyrétique, hydrations, moyens physique)
− Hyperglycémie (dextro systématique et insuline si besoin)
Traitement de l’œdème cérébral :
− Position de décubitus proclive (la tête plus haut que le reste du corps)
− Mannitol
Assurer la liberté des VAS
Arrêt de l’alimentation voire sonde naso-gastrique si troubles de la déglutition
Sonde vésicale
Arrêt des anticoagulants en cas d’hémorragie
Traitement de l’épilepsie en cas crise avérée
Prévention des complications de décubitus (lever précoce, contention, HBPM à faible dose)
Prévention de l’ulcère de stress
Kinésithérapie précoce
Prise en charge des facteurs de risque cardio-vasculaire
Prise en charge psychologique du patient
En fonction de l’évolution et après stabilisation le patient pourra être transféré en
médecine physique et de réadaptation pour :
− Kinésithérapie motrice et proprioceptive
− Lutte contre la spasticité
− Orthophonie
− Orthoptie
− Soutien psychologique et recours à des associations de patients
− Préparation du retour à domicile avec des aides adaptées
− Éducation par rapport l’anticoagulation lorsqu’elle fait partie du traitement
− L’AVC invalidant fait partie de la liste des 30 Affections Longue Durée (ALD 30)
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5. TRAITEMENT ETIOLOGIQUE
6. SURVEILLANCE
− Surveillance de l’état de conscience et du score NIHSS de manière répété. En cas
d’aggravation, refaire une imagerie cérébrale.
− Surveillance de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque (monitoring par « scope »).
− Surveillance de la saturation en oxygène.
− Perfusion de sérum physiologique.
− Glycémie avec insulinothérapie si glycémie > 1,8 g/L.
− Nursing et prévention d’escarres.
B) Traitement de l’AVC hémorragique
A/ TRAITEMENT MEDICAL
1. MESURES NON SPECIFIQUES
● Liberté des voies aériennes supérieures.
● Oxygénation, désencombrement, intubation/ventilation assistée si besoin.
● Nursing + prévention des escarres.
● Kinésithérapie précoce.
● Si troubles de déglutition : arrêt de l’alimentation orale et pose d’une sonde naso-gastrique.
● Sonde vésicale.
2. Contrôle de la tension artérielle, sans la faire chuter brutalement (car risque d’aggravation)
● Nicardipine (Loxen) IV à la SE de 1 à 5 mg par heure avec contrôle TA (objectif : PAS 140)
3. Mesures anti œdémateuses
● Tète à 30°
● Restriction hydrique.
● Hypocapnie en cas de ventilation artificielle.
● Les corticoïdes ne sont pas indiqués
● Le Mannitol à 20 % peut être utilisé afin de passer un cap.
En cas d’œdème cérébral malin, une craniectomie de décompression peut être proposée
4. Traitement anticomitial
● Si crise convulsive (benzodiazépine : Exemple : Clonazépam (Rivotril) IVL).
5. Traitement des troubles de coagulation
● Arrêt des anticoagulants.
● Selon les cas : – plasma frais congelé ; – concentré plaquettaire (si thrombopénie) ; – sulfate de
protamine (si surdosage en héparine) ; – PPSB ou vitamine K (si surdosage en AVK).
B/ Traitement chirurgical
● Dérivation externe du LCR en cas d’hydrocéphalie aiguë.
● Évacuation d’un hématome cérébelleux compressif.
● Les autres indications opératoires sont plus discutables et affaires d’école.
3) Traitement de la thrombose veineuse cérébrale (TVC) :
● Anticoagulation efficace.
● Traitement de l’étiologie : Antibiothérapie si infection.
● Anti-œdémateux cérébraux.
● Anti comitiaux.
Azeddine Zouatini
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Facteurs de risque de l’AVC ischémique :
- Age : facteurs de risque le plus important. L’incidence de l’AVC ischémique double pour
Facteurs de risque
- Sexe masculin.
- Origine ethnique : risque plus important chez les personnes d’origine autochtones,
africaine et sud-asiatique, probablement en raison de l’incidence plus importante du
diabète et de l’HTA chez ces populations.
- Antécédents familial au premier degré d’AVC avant l’âge de 65 ans.
- Antécédents personnels d’AVC ou d’AIT antérieurs.
- Maladies à transmissions génétique, à incidence accrue d’AVC.
Liés au mode - Tabagisme : multiplie le risque d’AVC par 2 à 3.
de vie du - Consommation d’alcool : une consommation journalière légère à modérée (2 verres
patient pour l’homme, 1 verre pour la femme) aurait un effet protecteur contre la survenue
Facteurs de risque
d’AVC (par augmentation du taux d’HDL). Le risque est augmenté par contre pour des
consommations plus importantes.
Modifiables
Contre-indication de thrombolyse
Contre-indication absolues Contre-indications relatives
(selon le rapport risque/bénéfice)
- Hémorragie cérébro-méningée (contre-indication à - AIT < 6 mois.
vie). - Traitement anticoagulant oral en cours.
- AVC ischémique < 6 mois. - Grossesse ou 1ère semaine du post-partum.
- Malformation vasculaire ou tumeur cérébrale. - HTA non contrôlée (> 180/110 mmHg).
- Traumatisme sévère récent (< 1 mois) : chirurgie, - Insuffisance hépatocellulaire sévère (cirrhose).
accouchement, TC, fracture ... - Endocardite infectieuse.
- Saignement gastro-intestinal < 1 mois. - Ulcère gastroduodénal actif.
- Coagulopathie connue, pathologie de l'hémostase. - Réanimation prolongée ou traumatique.
- Dissection aortique.
- Ponction d'organes non compressibles (foie,
ponction lombaire) < 24 heures.
11
Prévention des AVC :
intention).
o Quand : dans les 15 jours suivant l’AVC.
o N'est pas indiquée en cas d'infarctus cérébral sévère.
Lacunes - Traitement des facteurs de risque (surtout l’HTA).
- Traitement antiagrégant plaquettaire comme pour l’athérosclérose.
Cardiopathies - Fibrillation atriale : AVK au long cours. Objectif INR : entre 2 et 3.
emboligènes - Prothèse valvulaire mécaniques : AVK au long cours. Objectif INR : entre
3 et 4,5.
Dissection artérielle AVK ou aspirine jusqu’à cicatrisation de l’artère (entre3 et 6 mois).
Pas de cause identifiée traitement par antiplaquettaire au long cours recommandé.
AVC Repose sur le traitement de l'étiologie :
hémorragique - Traitement de l'HTA.
- Traitement endovasculaire ou chirurgical d'une malformation vasculaire.
- Correction d'un trouble de la coagulation.
Thrombophlébites cérébrales
Définition :
Il s’agit d’une thrombose veineuse cérébrale touchant un ou plusieurs sinus veineux. Elle ne représente que 2% des AVC.
Diagnostic :
Clinique : elle est faite de la triade suivante :
- Céphalées : modérées à intenses, permanentes ou intermittentes, diffuses ou focalisées. Elles sont secondaires à
l’hypertension artérielle, et peuvent s’accompagner d’œdème papillaire et/ou de troubles de la conscience. Dans 25% des
cas, elles sont isolées.
- Epilepsie : elle peut être partielle ou généralisée, et rarement hémi-corporelles et à bascule (très évocatrice dans ce cas).
- Déficits neurologiques : inconstants et variables selon la localisation de la thrombose veineuse cérébrale.
Ces trois signes peuvent être isolés ou associés et leur installation peut être aigüe ou progressive sur quelques semaines.
Imagerie :
IRM cérébrale : examen de référence. Les éléments pouvant être visualisé sont les suivants :
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Sinus thrombosé - Hypersignal T1 et T2 et hyposignal T2* à la phase d'état.
- Absence de flux dans le sinus occlus en angio-RM veineuse.
- Signe du delta après injection de gadolinium : prise de contraste de la paroi du sinus
thrombosé.
Retentissement sur le - Œdème vasogénique.
parenchyme cérébral - Infarctus veineux
- Remaniement hémorragique.
Retentissement ventriculaire Hydrocéphalie.
Orientation étiologique - Tumeur cérébrale comprimant un sinus (méningiome).
- Méningite chronique.
- Pathologie locorégionale (ORL, mastoïdite).
TDM cérébrale : examen réalisé par défaut si l’IRM n’est pas disponible en urgence. Il peut montrer :
- Un infarctus hémorragique.
- Une hydrocéphalie aigüe.
- Une hyperdensité spontanée du thrombus dans le sinus (sinus thrombosé = signe du triangle dense pour le sinus
longitudinal supérieur, signe de la corde pour les sinus latéraux).
- Le « signe du delta » après injection de produit de contraste : prise de contraste de la paroi du sinus thrombosé.
Ponction lombaire : réalisée en l’absence de lésion intracrânienne focale et recherchera les éléments suivants :
- Elévation de la pression d’ouverture.
- Hyperprotéinorachie.
- Pleïocytose de formule variable avec souvent quelques globules rouges.
- Méningite sous-jacente causale.
La ponction lombaire peut soulager les céphalées.
Etiologies :
Pronostic : favorable dans la grande majorité des cas après mise en route du traitement anticoagulant. Les thromboses veineuses
cérébrales profondes sont plus souvent d'évolution défavorable
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Score de NIHSS :
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