MPSI Analyse
MPSI Analyse
053
EXERCICES
S E
LY
N A
A
Mohammed AASSILA
Docteur et agrégé en mathématiques
À mes parents,
Ce livre s’adresse aux étudiants de première année des classes préparatoires aux
grandes écoles des filières MPSI, PCSI et PTSI. Il pourra également être utilisé
avec profit par les étudiants de première année de licence et plus généralement, par
quiconque souhaite apprendre ou se replonger dans les bases des mathématiques du
supérieur. Il sera également utile aux étudiants de seconde année, voire aux candidats
à un concours d’enseignement, qui auront le recul suffisant pour pleinement tirer
parti des remarques et exercices les plus délicats.
Malgré toute ma vigilance et celle de mes relecteurs, il est possible que quelques
erreurs subsistent dans ce livre. J’accueillerai donc volontiers les commentaires, cor-
rections ou critiques qui pourront m’être directement adressés à mon adresse élec-
tronique : [email protected]
Je souhaiterais ici remercier les éditions Ellipses pour leur travail technique et leur
efficacité, en particulier, Madame Corinne Baud et Monsieur Paul de Laboulaye.
J’ai eu beaucoup de plaisir à écrire ce livre. J’espère qu’il pourra rendre service à ses
lecteurs en leur donnant envie de continuer à s’investir dans les mathématiques. Je
leur souhaite en tous cas beaucoup de courage, de persévérance et tous mes vœux
de réussite.
Table des matières
1
2 TABLE DES MATIÈRES
4 Intégration 231
4.1 Intégration des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
4.2 Intégration des fonctions continues par morceaux . . . . . . . . . . . 232
4.3 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
4.4 Intégration des fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
4.5 Développement de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
4.6 Approximations numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236
4.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
4.7.1 Exercices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
4.7.2 Exercices d’assimilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
4.7.3 Exercices d’entraînement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
4.7.4 Exercices d’approfondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 286
6 Probabilités 357
6.1 Dénombrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357
6.1.1 Permutations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357
6.1.2 Arrangements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357
6.1.3 Combinaisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 358
6.1.4 Modèles usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
6.2 Probabilités sur un univers fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
6.2.1 Expérience aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
6.2.2 Probabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 360
6.2.3 Formule de Bayes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 361
6.3 Variable aléatoire sur un espace probabilisé fini . . . . . . . . . . . . 362
6.3.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 362
6.3.2 Lois usuelles discrèts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 364
6.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 366
6.4.1 Exercices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 366
6.4.2 Exercices d’assimilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 383
6.4.3 Exercices d’entraînement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 387
6.4.4 Exercices d’approfondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 392
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
Techniques fondamentales de calcul
|x + y| ≤ |x| + |y|.
|x| + x |x| − x
x = x+ − x− , |x| = x+ + x− , x+ = , x− = .
2 2
p ≤ x < p + 1.
5
6 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
x2 +y 2
✓ ∀ (x, y) ∈ R2 , |xy| ≤ 2
,
✓ ∀(x, n) ∈ R+ × N, (1 + x) ≥ 1 + nx, (inégalité de Bernoulli),
n
✓ ∀ x ∈ R, | sin x| ≤ |x|,
✓ ∀ x ∈ [0, π/2], 2
π
x ≤ sin x ≤ x,
✓ ∀ x > −1, ln(1 + x) ≤ x.
✓ Inégalité entre la moyenne arithmétique et géométrique : si x1 , · · · , xn sont
des réels positifs alors :
1X n
1
xk ≥ (x1 x2 · · · xn ) n
n k=1
p p+1
≤ x ≤
10n 10n
p p+1
on dit que 10n (resp. 10n ) est une valeur décimale approchée de x par défaut (resp. par
excès) à la précision 10−n .
ln x
∀ x ∈ R∗+ , loga (x) = .
ln a
(ln x)α
lim =0 et lim xβ | ln x|α = 0.
x→+∞ xβ x→0+
ax
lim = +∞ et lim ax |x|α = 0.
x→+∞ xα x→−∞
ex − e−x
sh(x) = .
2
ex + e−x
ch(x) = .
2
shx e2x − 1
th(x) = = .
chx e2x + 1
8 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
1
∀ x ∈] − 1, 1[, arcsin′ (x) = √ .
1 − x2
1
arctan′ (x) = , ∀ x ∈ R.
1 + x2
1.3.1 Primitives
Soit I un intervalle de R contenant au moins deux points.
Définition 1.3 Une équation différentielle (E) est dite linéaire du premier ordre si elle
s’écrit sous la forme :
y ′ + a(x)y = b(x)
10 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
Définition 1.4 Si a et b sont des constantes, on dit que l’équation est à coefficients
constants. Dans ce cas, on résout l’équation sur I = R.
y = yH + yP
avec
8
>
< yH : solution générale de l’équation homogène associée,
>
: yP : solution (particulière) de l’équation.
alors 8
>
<ψ1 + ψ2 est solution de y ′ + a(t)y = b1 (t) + b2 (t),
>
: λψ1 est solution de y ′ + a(t)y = λb1 (t), λ ∈ C.
La fonction, affine par morceaux, ψh définie par ψh (xn ) = yn est une approxi-
mation de la solution ψ du problème de Cauchy. En choisissant de petites
valeurs de h, on a une bonne approximation.
Définition 1.5 Une équation différentielle (E), linéaire, du second ordre et à coefficients
constants est de la forme :
ay ′′ + by ′ + cy = α(x)
où α est une fonction continue (appelée second membre) sur l’intervalle I ⊂ R. Les
termes a, b, c sont des nombres complexes avec a 6= 0.
L’équation ay ′′ +by ′ +cy = 0 est l’équation homogène (ou sans second membre) associée
à (E), on la note (E0 ).
y = yH + yP
avec
8
>
<yH : solution générale de l’équation homogène associée,
>
:yP : solution (particulière) de l’équation.
ay ′′ + by ′ + cy = f1 (x) et ay ′′ + by ′ + cy = f2 (x),
12 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
alors
8
>
<ψ1 + ψ2 est solution de ay ′′ + by ′ + cy = f1 (x) + f2 (x),
>
: λψ1 est solution de ay ′′ + by ′ + cy = λf1 (x), λ ∈ C.
y = (Ax + B)eαx ; A, B ∈ C.
y = Aeαx + Beβx ; A, B ∈ C.
y = Aeαx + Beβx ; A, B ∈ R.
y = (Ax + B)eαx ; A, B ∈ R.
1.4 Exercices
1. Faux. Il suffit de considérer une fonction g constante sur f (R) mais pas sur R en
entier. La réciproque, est bien évidemment, vraie.
2. Faux. Il suffit de considérer, par exemple, la fonction x 7−→ x2 .
3. Faux. Une bijection de R −→ R peut ne pas être strictement monotone si elle
n’est pas continue.
On peux prendre, par exemple, la fonction x 7−→ 1/x pour x 6= 0, et 0 7−→ 0.
4. Vrai. On a pour tout x ∈ [−1, 1] :
√
cos(arcsin x) = sin(arccos x) = 1 − x2 .
5. Faux. On a cos 5π4
= cos 3π
4
, c’est l’unique élément de [0, π] dont le cosinus est
égal à cos 4 .
5π
Exercice 1.2
1. Pour tout n ∈ N∗ montrer que :
1 √ √ 1
√ < 2 n+1 − n < √ .
n+1 n
14 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
1 1 1
R = 1 + √ + √ + ··· + √ .
2 3 100
√ √ √ √ √
1. Comme on a : 2 n < n + 1 + n < 2 n + 1 (car la fonction x 7−→ x est
strictement croissante sur R+ ), et que
√ √ √ √
√ √ ( n + 1 − n) × ( n + 1 + n) 1
n+1− n = √ √ = √ √ ,
n+1+ n n+1+ n
1 √ √ 1
√ < 2 n+1 − n < √ .
n+1 n
Exercice 1.3
Soient x et y deux nombres réels. Montrer que
|x + y| |x| |y|
≤ + .
1 + |x + y| 1 + |x| 1 + |y|
u 1
Pour tout u ≥ 0 il est facile de voir que = 1− . Donc, par l’inégalité
1+u 1+u
triangulaire on a :
|x + y| 1 1 |x| + |y|
=1− ≤ 1− = .
1 + |x + y| 1 + |x + y| 1 + |x| + |y| 1 + |x| + |y|
Finalement, comme 1 + |x| + |y| ≥ 1 + |x| et 1 + |x| + |y| ≥ 1 + |y|, alors on conclut
que :
Exercice 1.4
Soient 0 < m < n deux entiers naturels. Montrer que :
1 1 1 √ √
√ √ +√ √ + ··· + √ √ = n− m.
m+ m+1 m+1+ m+2 n−1+ n
Exercice 1.5 Pour x ∈ 0, π2 et 0 < p < 1 montrer que
Soit f (x) = cos(px) − (cos x)p , alors on a f (0) = 0 et pour x ∈ 0, π2 :
sin x
f ′ (x) = −p sin(px) + p cosp−1 x sin x = p − sin(px) + > 0
cos1−p x
car la fonction sin est croissante sur [0, π/2] et cos1−p x ∈]0, 1[. Donc, f (x) ≥ 0 pour
tout x ∈ [0, π/2] et l’inégalité est ainsi montrée.
Exercice 1.6
Résoudre l’équation
sin x + sin 2x + sin 3x = 0
d’inconnue x ∈ ] − π, π].
p+q p−q
On sait que sin p + sin q = 2 sin cos , par suite :
2 2
D’où
2π 2π
2x ≡ 0 (mod π) ou x ≡ − (mod 2π) ou x ≡ (mod 2π).
3 3
2π π π 2π
Finalement, les solutions sont les suivantes : − , − , 0, , , π .
3 2 2 3
Exercice 1.7
Quel nombre est le plus grand 3π ou π 3 ?
3x
Pour x > 0 on considère la fonction f (x) = . On a :
x3
3x (x ln 3 − 3)
f ′ (x) = .
x4
3π
f (3) = 1 < f (π) = 3 c’est-à-dire π 3 < 3π .
π
Exercice 1.8
Déterminer toutes les fonctions f : R −→ R telles que :
g◦f = f ◦g
Exercice 1.9
Pour quels nombres réels a > 1 est-il vrai que xa ≤ ax pour tout x > 1 ?
Pour a > 1 fixé on considère la fonction f définie par f (x) = ax x−a sur ]1, +∞[.
On cherche à minimiser la fonction f . Comme ln f (x) = x ln a − a ln x alors
f ′ (x) a
= ln a − .
f (x) x
1.4. EXERCICES 17
Par suite f ′ (x) < 0 sur l’intervalle 1, lnaa et f ′ (x) > 0 sur l’intervalle a
ln a
, +∞ . Le
minimum de f est atteint sur ]1, +∞[ au point xa = a
ln a
et on a en plus :
a e ln a
ln f (xa ) = a − a ln = a ln .
ln a a
Le réel a vérifie xa ≤ ax pour tout x > 1 si, et seulement si, e lna a ≥ 1. Or la fonction
x 7−→ lnxx , définie sur ]1, +∞[, atteint son maximum au point x = e et ce maximum
est égal à 1e . Comme lnxx < 1e sur ]1, +∞[\{e} alors e lna a < 1 pour a ∈ ]1, +∞[ à
l’exception de a = e. En conclusion, le réel a = e est l’unique nombre de ]1, +∞[ tel
que xa ≤ ax pour tout x > 1.
Exercice 1.10
Soit n un entier naturel non nul. Montrer que le nombre de chiffres dans l’écriture
décimale de l’entier n est égal à 1 + ⌊log n⌋, où log est le logarithme décimal, i. e.,
ln x
log x = pour tout x > 0.
ln 10
Comme la fonction log : ]0, +∞[ −→ R est strictement croissante alors il résulte
que :
N −1 ≤ log n < N.
Exercice 1.11
Soit k ∈ Z. Exprimer la fonction f définie par
f (x) = arcsin(sin x)
sur l’intervalle Ik = − π2 + kπ, π2 + kπ .
⋄ Si k est pair, alors on a : sin(x − kπ) = sin x et puisque x − kπ ∈ − π2 , π2 on
conclut que
f (x) = arcsin(sin(x − kπ)) = x − kπ.
Exercice 1.12
Calculer les expressions suivantes : (on déterminera, au préalable, leurs domaines de
définition)
1. tan(arcsin(x)).
2. tan(arccos(x)).
3. cos(arctan(x)).
4. sin(arctan(x)).
5. tan(2 arctan(x)).
6. | arctan(sh(x))|.
sin(t) x
tan(arcsin(x)) = tan(t) = = √ .
cos(t) 1 − x2
2. Le domaine de définition est ]−1, 0[ ∪ ]0, 1[. On pose t = arccos(x), alors cos(t) = x
√
et sin(t) = 1 − x2 . Par conséquent :
√
sin(t) 1 − x2
tan(arccos(x)) = tan(t) = = .
cos(t) x
1
3. Le domaine de définition est R. Comme cos2 (t) = , alors en posant
1 + tan2 (t)
t = arctan(x) il résulte que
1
cos(arctan(x)) = √ .
1 + x2
tan2 (t)
4. Le domaine de définition est R. Comme sin2 (t) = , alors en posant
1 + tan2 (t)
t = arctan(x) il résulte que
x
sin(arctan(x)) = √ .
1 + x2
π
5. Le domaine de définition est R \ {±1}. Pour t 6= ± on a la relation trigonomé-
4
1.4. EXERCICES 19
2 tan(t)
trique : tan(2t) = , alors en posant t = arctan(x) il résulte que :
1 − tan2 (t)
2x
tan(2 arctan(x)) = .
1 − x2
1 1
cos(arctan(sh(x)) = È = .
1 + sh (x) 2 ch(x)
Exercice 1.13
Donner le domaine de définition et simplifier l’expression suivante :
cos x
arctan ;
1 − sin x
©
Le domaine de définition est donné par : {x : sin x 6= 1} = R\ π
2
+ 2kπ : k ∈ Z .
La fonction f : x 7−→ arctan 1−sin
cos x
x
est 2π-périodique et on a f (π − x) = −f (x).
Donc, il suffit de considérer l’intervalle [−π/2, π/2] pour simplifier son expression.
Pour x ∈ − π2 , π2 on a :
cos x sin π2 + x 2 sin π4 + x2 cos π
+ x
π x
= =
4 2
= tan + .
1 − sin x 1 + cos π2 + x 2 cos2 π4 + x
2
4 2
Comme x ∈ [−π/2, π/2[ alors π
4
+ x
2
∈ 0, π2 et par conséquent :
π π cos x
π x π x
∀x ∈ − , , arctan = arctan tan + = + .
2 2 1 − sin x 4 2 4 2
20 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
Exercice 1.14
Montrer que pour tout x ∈ R∗ :
8
π
1 <
2 si x > 0,
arctan(x) + arctan =
x :
− π2 si x < 0.
On rappelle que pour x ∈ 0, π2 on a : tan π2 − x = 1
tan(x)
.
Si x > 0, on a π2 − arctan(x) ∈ 0, π2 et par suite
π 1 1
tan − arctan(x) = = .
2 tan(arctan(x)) x
Comme π
2
− arctan(x) ∈ − π2 , π2 , on conclut que :
1 π
arctan(x) + arctan = .
x 2
De même, si x < 0, on raisonne de la même manière (ou bien on utilise le fait que
x 7−→ arctan(x) est impaire) et on obtient :
1 π
arctan(x) + arctan = − .
x 2
Exercice 1.15
Résoudre, dans R, les équations suivantes :
1. arccos(x) = arcsin(2x).
√
2. arcsin 2x 1 − x2 = 2 arcsin(x).
3. tan (3 arcsin(x)) = 1.
√
7π
4. arctan(x) + arctan x 3 = 12 .
3
5. arccos(x) = 2 arccos .
4
1 1
6. arccos(x) = arccos 4 + arcsin 3 .
1. arccos(x) est définie sur [−1, 1] et arccos(2x) est définie sur − 12 , 21 . De plus, sur
l’intervalle − 12 , 0 la fonction arccos est à valeurs positives et donc arcsin ne doit
prendre que des valeurs positives aussi. Finalement, si x ∈ 0, 21 , les deux membres
de l’équation sont à valeurs dans l’intervalle 0, π2 , comme la fonction x 7−→ cos(x)
est injective sur cet intervalle alors l’équation est équivalente à : x = cos(arcsin(2x)).
√
En posant arcsin(2x) = t (i. e. sin(t) = 2x) alors l’équation devient √ x = 1 − 4x ,
2
5
et comme x est positif alors l’unique solution est donnée par x = .
5
2. Pour trouver le domaine de définition de l’équation il faut que x vérifie les trois
1.4. EXERCICES 21
conditions suivantes :
π π √
− ≤ 2 arcsin(x) ≤ , −1 ≤ x ≤ 1, −1 ≤ 2x 1 − x2 ≤ 1.
2 2
1 1
Donc, l’équation est définie sur l’intervalle − , . En appliquant la fonction sin,
2 2
et comme sin(2t) = 2 sin(t) cos(t), alors l’équation devient
√ √
2x 1 − x2 = 2x cos(arcsin(x)) = 2x 1 − x2 .
1 1
Cette relation est vraie pour tout x ∈ − , , ce qui donne l’ensemble solution.
2 2 ©
3. L’équation tan (3 arcsin(x)) = 1 est définie sur [−1, 1] \ ± 21 . Comme on connaît
les solutions de l’équation tan(t) = 1, alors on déduit que l’ensemble des solutions
©
est donné par : sin 12 π
, − sin 12
π
, sin 5π
12 √
.
7π π π 1+ 3
4. On a tan = tan + = √ . Maintenant, si x est solution de
12 4 3 1− 3
l’équation, alors en appliquant tan aux deux membres il s’ensuit que :
√ √
x+x 3 1+ 3 √ √
√ = √ ⇐⇒ x2 3 + x(1 − 3) − 1 = 0.
1 − x2 3 1− 3
√
Le discriminant est égal à (1 + 3)2 et les racines de l’équation du second degré
−1
ci-dessus sont 1 et √ . Pour cette dernière valeur, qu’on note α, on a : arctan α +
√ 3
arctan(α 3) < 0, et par suite l’unique solution est 1.
5. L’équation est définie sur [−1, 1]. Comme 0 ≤ 34 ≤ 1, alors arccos 34 ∈ 0, π2 . Par
suite, les deux membres de l’équation appartiennent à l’intervalle [0, π], en prenant
leur cosinus on déduit que :
2 3 9 1
x = 2 cos arccos −1 ⇐⇒ x = 2× −1 = .
4 16 8
En conclusion, l’unique solution de l’équation arccos(x) = 2 arccos 34 est 81 .
6. L’équation est définie sur [−1, 1]. Les réels arccos 14 et arccos 13 appartiennent
à 0, π2 car 41 et 13 sont dans [0, 1]. D’où, 0 ≤ arccos 14 + arcsin 13 ≤ π, et les deux
membres de l’équation sont des éléments de l’intervalle [0, π]. En prenant le cos, on
déduit que l’équation est équivalente à :
1 1
x = cos arccos + arcsin .
4 3
Or
22 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
1 1 1 1 1 1
cos arccos + arcsin = ×cos arccos − ×sin arccos =
4 3s 4 3 3 4
s
2 2 √ √
1 1 1 1 2 2 − 15
= × 1− − × 1− = .
4 3 3 4 12
En conclusion, l’unique solution de l’équation arccos(x) = arccos
√ √
1
4
+ arcsin 1
3
est
2 2− 15
12
.
Exercice 1.16
Montrer que pour tout x ∈ R :
1. ch(2x) = ch2 x + sh2 x.
2. sh(2x) = 2 × chx × shx.
1. Pour tout x ∈ R on a :
2
e2x + e−2x e2x + e−2x + 2 − 2 ex + e−x
ch(2x) = = =2× − 1 = 2 ch2 x − 1.
2 2 2
Or, comme ch2 x − sh2 x = 1, alors il résulte que ch(2x) = ch2 x + sh2 x.
2. Pour tout x ∈ R on a :
Exercice 1.17
Montrer que pour tout x ∈ [−1, 1] on a :
π
arccos x + arcsin x = .
2
On pose f (x) = arccos x + arcsin x pour x ∈ [−1, 1], alors f est continue sur
[−1, 1] et dérivable sur ] − 1, 1[ avec :
−1 1
f ′ (x) = √ + √ = 0.
1 − x2 1 − x2
π
Ainsi, f est constante sur [−1, 1], et comme f (0) = , on déduit le résultat demandé.
2
Exercice 1.18
Montrer que
1 1 π
arctan + 2 arctan = .
7 3 4
1.4. EXERCICES 23
Les réels arctan 1
3
et arctan 1
7
sont des éléments de 0, π4 (car la fonction
arctan est croissante). Par suite :
π 1 π π 1
π π
− arctan ∈ − , et 2 arctan ∈ − , .
4 7 2 2 3 2 2
On a donc deux nombres qui ont la même tangente et appartiennent tous les deux
à l’intervalle − π2 , π2 . Sur cet intervalle la fonction tangente est injective, on déduit
donc la relation demandée dans l’exercice.
Exercice 1.19
Formule de John Machin
1. Montrer que
(5 + i)4
A =
(239 + i)(1 + i)
est un nombre réel strictement positif.
1
2. Soit x un nombre réel strictement positif. Montrer que arctan x est un argument
du nombre complexe x + i.
3. En déduire la formule de John Machin :
1 1 π
4 arctan − arctan = .
5 239 4
1. On a :
(5 + i)4 = (24 + 10i)2 = 4(12 + 5i)2 = 4(119 + 120i),
et
(239 + i) (1 + i) = 2 (119 + 120i).
Par conséquent, A = 2 ∈ R+ .
2. On a
√ √ x 1
|x + i| = 1+ x2 et x + i = 1+ x2 √ + i√ .
1+x2 1 + x2
x 1
cos θ = √ et sin θ = √ .
1 + x2 1 + x2
D’où, cos θ > 0 et tan θ = 1
x
. Avec θ = arctan 1
x
ces deux conditions sont satis-
24 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
faites, et par conséquent arctan 1
x
est un argument de x + i.
3. Le nombre A (de la première question) est un réel positif, donc d’une part
Arg(A) = 0, et d’autre part (et grâce à la deuxième question) :
1 1 π
Arg(A) = Arg((5+i)4 )−Arg((239+i)(1+i)) = 4 arctan −arctan − .
5 239 4
Donc 4 arctan 15 − arctan 239 1
− π4 est un multiple entier de 2π. Or, arctan 1
5
et
arctan 239
1
sont des éléments de 0, π4 , donc il s’ensuit que :
1 1 π
4 arctan − arctan = .
5 239 4
Exercice 1.20
Calculer :
1
1. arcsin .
2
2. arcsin sin −9π
4 .
1. On sait que sin π6 = 21 . Comme π6 ∈ − π2 , π2 , alors arcsin sin π6 = π6 .
2. Comme la fonction sin est 2π-périodique, alors on déduit que :
−9π −9π π
arcsin sin = arcsin sin + 2π = arcsin sin − .
4 4 4
Finalement, comme − π4 ∈ − π2 , π2 , alors on conclut que : arcsin sin −9π
4
= − π4 .
Exercice 1.21
Discuter suivant les valeurs des réels a, b et c l’existence de solutions pour les équations
suivantes :
1. a cos x + b sin x = c.
2. a ch x + b sh x = c.
a b c
α = √ , β = √ , γ = √ .
a2 + b2 a2 + b2 a2 + b2
Il existe θ ∈ [0, 2π] tel que α = sin θ et β = cos θ, et par suite la relation (1) devient :
sin(x + θ) = γ. (2)
Par conséquent :
Cette dernière équation admet une unique solution si c′ > 0 et n’admet pas de
solutions si c′ ≤ 0.
⋄ Si |a| > |b| : alors on pose
a b c
α = √ , β = √ , γ = √ .
a2 − b2 a2 − b2 a2 − b2
α ch x + β sh x = γ avec α2 − β 2 = 1. (1)
ch(x + x0 ) = γ. (2)
a b c
α = √ , β = √ , γ = √ .
b2 − a2 b2 − a2 b2 − a2
26 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
β sh x + α ch x = γ avec β 2 − α2 = 1. (3)
sh (x + x0 ) = γ. (4)
Exercice 1.22
Calculer
a+b
arctan(a) + arctan(b) − arctan
1 − ab
où a et b sont des nombres réels.
©
Soit b 6= 0 et considérons la fonction fb définie sur R \ 1
b
par :
a+b
fb (a) = arctan a + arctan b − arctan .
1 − ab
Comme fb′ (a) = 0 sur chacun des intervalles −∞, 1b et 1
b
, +∞ , alors fb est
constante ces intervalles. On distingue deux cas :
⋄ Si b > 0 : alors en considérant la limite lim fb (a) on trouve
a→−∞
1 1
∀ x ∈ −∞, , fb (a) = 0 et ∀x ∈ , +∞ , fb (a) = π.
b b
Exercice 1.23
Calculer la somme suivante
n−1
X
Sn = sin(kx) × cos(n − k)x.
k=1
n−1
X n−1
sin(kx) × cos(n − k)x = sin(nx).
k=1 2
Exercice 1.24
Soit k ∈ N∗ . Calculer la limite lorsque n −→ +∞ de la somme
n
X 1
arctan .
k=1
2k2
k
Indication : calculer arctan k+1 − arctan k−1
k .
et b = arctan k−1
k
on a :
k k−1 1
tan arctan − arctan = .
k+1 k 2k 2
Maintenant
n
X 1 n
X k k−1 n
arctan = arctan − arctan = arctan .
k=1 2k 2 k=1 k+1 k n+1
Donc
n
X 1 π
lim arctan = arctan 1 = .
n→+∞
k=1 2k 2 4
Exercice 1.25
Soit x un réel non nul. Montrer que
2 1
th x = −
th 2x th x
2 th x
D’après la relation th 2x = on déduit que
1 + th2 x
2 1 1 + th2 x 1
− = − = th x.
th 2x th x th x th x
D’où
!
n
X 2k+1 2k n+1
X 2k Xn
2k 2n+1 1
Sn = − = − = − .
k=0 th(2k+1 x) th(2k x) k=1 th(2 x)
k
k=0 th(2 x)
k th(2 x) thx
n+1
Exercice 1.26
√ π 1
Montrer que pour tout x ∈ [0, 1] : arcsin x = + arcsin(2x − 1).
4 2
1.4. EXERCICES 29
√ √
Comme x ∈ [0, 1] alors t = arcsin x ∈ 0, π2 et x = sin2 t. Donc
π
2x − 1 = 2 sin2 t − 1 = − cos 2t = sin 2t − .
2
Puisque 2t − π
2
∈ − π2 , π2 , alors
π π 1
arcsin(2x − 1) = 2t − et t = + arcsin(2x − 1).
2 4 2
√ π 1
En conclusion, pour tout x ∈ [0, 1] on a : arcsin x = + arcsin(2x − 1).
4 2
Exercice 1.27
Soit θ ∈ 0, π4 . Montrer que :
(tan θ)cotan θ < (tan θ)tan θ < (cotan θ)tan θ < (cotan θ)cotan θ .
⋄ Si a > 1 : alors la fonction x 7−→ ax est strictement croissante. Pour θ ∈ 0, π4 ,
on a cotan θ > 1 > tan θ > 0 et par conséquent :
(tan θ)cotan θ < (tan θ)tan θ < (cotan θ)tan θ < (cotan θ)cotan θ .
Exercice 1.28
kπ
Soient k ∈ Z et x un nombre réel tel que x 6= 2 . Montrer que
c’est-à-dire
tan(2x) + tan(x)
tan(3x) = = tan(2x + x).
1 − tan(2x) tan(x)
Exercice 1.29
Résoudre les équations (réelles) suivantes :
1.
√ √ √ √ √ √
a + bx + b + cx + c + ax = b − ax + c − bx + a − cx.
√ √ √
1. Comme la fonction x 7−→ a + bx + b + cx + c + ax est strictement crois-
√ √ √
sante alors que la fonction x 7−→ b − ax + c − bx + a − cx est strictement
décroissante, alors on déduit que l’intersection des deux courbes est au plus un point.
Enfin, comme x = 0 est une solution, alors c’est en fait l’unique solution de l’équa-
tion en question.
2. Posons α = 2x et β = 3x , alors l’équation se transforme en :
α3 + β 3 7
= .
α2 β + β 2 α 6
C’est équivalent à :
α2 − αβ + β 2 7
= ⇐⇒ 6α2 − 13αβ + 6β 2 = 0 ⇐⇒ (2α − 3β)(3α − 2β) = 0.
αβ 6
Par conséquent, 2x+1 = 3x+1 ou 2x−1 = 3x−1 , ce qui donne x = ±1. Réciproque-
ment, on vérifie facilement que x = 1 et x = −1 sont solutions de l’équation.
3. En divisant par 13x on obtient :
x x x x
10 11 12 14
+ + = 1+ .
13 13 13 13
x x x
Or, la fonction x 7−→ 10 + 11 + 12 est strictement décroissante, alors que
13 x 13 13
la fonction x 7−→ 1 + 13 est strictement croissante. Donc, leur intersection est au
14
plus un point. On vérifie facilement que x = 2 est solution, et c’est en fait l’unique
solution de l’équation en question.
1.4. EXERCICES 31
Exercice 1.30
Résoudre les équations différentielles :
√
1. 2xy ′ − y = 23 x x.
2. |x| y ′ + (1 − x)xy = x.
1. On intègre cette équation différentielle sur ]0, +∞[ à cause de la présence des
√
termes x et du facteur x devant y ′ .
1
L’équation homogène associée s’écrit : y ′ = y, d’où la solution générale de l’équa-
2x
tion homogène est donnée par :
1 √
y(x) = α e 2 ln x = α x, α ∈ R.
√ 1 2 √ 1
y ′ (x) = α′ (x) x + α(x) √ et 2xy ′ (x) − y(x) = x x ⇐⇒ α′ (x) = .
2 x 3 3
x√
On peut donc prendre α(x) = x
3
et y(x) = 3
x est solution particulière de l’équation
différentielle. En conclusion, les solutions sont les fonctions :
1 √ √
y(x) = x x + α x, α ∈ R.
3
d x− x2
x2
e 2 y(x) = ex− 2 ,
dx
Finalement, x 7−→ y(x) est dérivable en 0 si, et seulement si, α = β = 1. Donc, pour
x = 0, la solution est égale à la fonction constante valant 1.
Exercice 1.31
Équations différentielles du 1er ordre et physique
1. Électronique. Pour des circuits RC ou RL on est amené à intégrer des équations
32 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
différentielles du type
1
y′ + y = E0 eiωt (1)
τ
où τ et E0 sont des constantes, et E(t) est le signal d’entrée. La solution cherchée
s’appelle le signal de sortie.
Résoudre l’équation différentielle (1).
2. Chimie. Lors d’une réaction chimique, on suppose que le taux de transformation
d’un réactif est proportionnel à la quantité de masse m restante.
Déterminer la masse du réactif m(t) à l’instant t ≥ 0 (sachant qu’elle est de m0 à
l’instant initial), et trouver à quel moment la masse du réactif a été divisée par 3.
3. Thermodynamique. Un corps à température T1 est plongé, à l’instant t = 0, dans
un milieu à température T0 , la température du corps suit la loi de Newton :
−t
1. La solution générale de l’équation homogène est donnée par t 7−→ ke τ où k est
une constante. Cherchons une solution particulière sous la forme t 7−→ S0 eiωt , alors
on doit avoir :
1
S0 iω eiωt + S0 eiωt = E0 eiωt ,
τ
E0
d’où S0 = , et la solution générale est de la forme :
iω + τ1
−t E0 iωt
y(t) = ke τ + e .
iω + τ1
−t −t
Le terme ke τ correspond au régime transitoire, mais comme lim e τ = 0, alors
t→+∞
E0 iωt
pour t assez grand on néglige ce terme et il ne reste que le second terme : e
iω + τ1
qui correspond au régime permanent, il est indépendant
des
conditions initiales.
1 1
Si on écrit iω + sous la forme trigonométrique iω + e−iϕ , alors la solution de
τ τ
l’équation différentielle (1) devient :
E0
y(t) ≃ È ei(ωt+ϕ) .
ω2 + 1
τ2
Donc, le signal de sortie est sinusoïdal et de même fréquence que le signal d’entrée,
mais avec un décalage ϕ appelé déphasage.
2. La masse m vérifie l’équation différentielle m′ (t) = −km(t) avec k > 0 est une
constante positive (la constante est positive car la masse m(t) décroît avec le temps).
1.4. EXERCICES 33
m(t) = m0 e−kt .
1
Maintenant, si la masse du réactif a été divisée par 3 alors e−kt = , c’est-à-dire
3
ln 3
t= .
k
3. La solution générale de l’équation homogène T ′ (t) + kT (t) = 0 est donnée par
t 7−→ αe−kt . Une solution particulière est donnée par la fonction constante t 7−→ T0 .
Par suite, la solution générale est :
T (t) = T0 + αe−kt .
Enfin, comme T (0) = T1 , alors on déduit que la solution générale est donnée par :
T (t) = T0 + (T1 − T0 )e−kt .
Exercice 1.32
Soient ϕ et φ des solutions de l’équation différentielle
y ′′ + a(x) y ′ + b(x) y = 0
Exercice 1.33
Résoudre les deux équations différentielles suivantes :
1. (1 − x)2 y ′ = (2 − x)y sur ] − ∞, 1[.
1
2. xy ′ + 3y = sur ]0, 1[.
1 − x2
3. Sans résoudre l’équation différentielle y ′ +2xy = 1, montrer qu’elle admet une unique
solution impaire.
34 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
x−2
y′ + y = 0.
(x − 1)2
x−2
La fonction x 7−→ est continue sur ] − ∞, 1[, une primitive est donnée
(x − 1)2
1
par : ln |x − 1| + (car (x−1)
x−2
2 = (x−1)2 − (x−1)2 ). Les solutions de l’équation
x−1 1
x−1
différentielle sont données par :
1 k 1
x 7−→ ke− ln |x−1|− x−1 c-à-d x 7−→ e 1−x
|x − 1|
3 1
y′ + y = .
x x(1 − x2 )
3
Une primitive de est 3 ln x. On a :
x
Z Z
x2 1 1 1+x
dx = −1 + dx = −x + ln + k, k ∈ R.
1 − x2 1 − x2 2 1−x
−x + 21 ln 1+x
1−x
+k
Donc, la solution générale sur ]0, 1[ est donnée par x 7−→ avec
x3
k ∈ R.
3. Une fonction f impaire sur R vérifie toujours f (0) = 0 (car f (−0) = −f (0)).
Donc, les solutions impaires éventuelles de l’équation différentielle vérifient la condi-
tion y(0) = 0. Or, il existe une unique solution de :
8
> ′
<y + 2xy = 1,
>
(1)
:y(0) = 0,
il nous reste donc à montrer que cette solution est impaire. Soit f une solution de
(1) et posons (pour tout x ∈ R) : g(x) = −f (−x), on se propose de montrer que g
est égale à f , on montre alors que g est solution de (1) aussi. En effet :
Exercice 1.34
1. En posant u = x2 y, intégrer l’équation
x2 y ′′ + 4xy ′ + (2 + x2 )y = 0 (1)
1. Comme u = x2 y alors
D’où
1
y(x) = (α cos x + β sin x) , (α, β) ∈ R2 .
x2
2. Si α 6= 0 alors lim y(x) = ∞. Si α = 0 alors
x→0
sin x sin x 1
y(x) = β = β .
x2 x x
Exercice 1.35
En posant z(t) = y(tan t) intégrer l’équation différentielle
y
(x2 + 1)y ′′ + 2xy ′ + = 0.
1 + x2
Pour t ∈ − π2 , π2 on a :
z ′ (t) = (1+tan2 t) y ′(tan t); z ′′ (t) = 2 tan t (1+tan2 t) y ′(tan t)+(1+tan2 t)2 y ′′ (tan t).
y(tan t)
(1 + tan2 t) y ′′ (tan t) + 2 tan t y ′ (tan t) + = 0
1 + tan2 t
36 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
soit, en multipliant par 1 + tan2 t, l’équation de second degré : z ′′ (t) + z(t) = 0. D’où,
z(t) = α cos t + β sin t avec (α, β) ∈ R2 . Par suite, pour tout x ∈ R on a :
1 x
cos(arctan x) = √ ; sin(arctan x) = tan(arctan x) × cos(arctan x) = √ .
1+x2 1 + x2
α + βx
En conclusion, les solutions sont données par x 7−→ √ avec (α, β) ∈ R2 .
1+x 2
Exercice 1.36
Équation de Bernoulli
On considère l’équation différentielle de Bernoulli :
8
< ′ y (t) = a y(t) − b y 2 (t),
:
y(t0 ) = y0
1. Supposons, par l’absurde, qu’il existe t1 ∈ I tel que y(t1 ) = 0. Alors, la fonction
nulle et la fonction y sont solutions de l’équation différentielle
8
> ′
< y (t) = a y(t) − b y 2 (t),
>
: y(t1) = 0.
différentielle 8
> ′
< z (t) + a z(t) = b,
>
: z(t0 ) = 1
y0
.
Par conséquent,
1 −a(t−t0 ) b 1
z(t) = e + 1 − e−a(t−t0 ) et y(t) = .
y0 a 1 −a(t−t0 )
y0
e + (1 − e−a(t−t0 ) )
b
a
x2 y ′′ + 3xy ′ + y = 0. (1)
En utilisant l’équation caractéristique, on déduit que z(t) = (at + b)e−t et par suite
a ln x + b
y(x) = .
x
2. Dans cette question on fait le changement de variables t = ln(−x), et on arrive
au même résultat que ci-dessus.
3. La fonction qui à x associe
8
> a1 ln(−x)+b1
>
> x
si x < 0,
<
>
0 si x = 0,
>
>
: a2 ln x+b2
x
si x > 0,
Exercice 1.38
1. Trouver les solutions sur R de l’équation différentielle :
y ′′ (t) − ω 2 y(t) = 0
avec ω ∈ R.
2. Trouver les solutions sur R de l’équation du pendule pesant pour de petites oscilla-
tions :
θ ′′ (t) + ω 2 θ(t) = 0
avec ω ∈ R.
1. Les solutions sont données par y(t) = a eωt + b e−ωt avec (a, b) ∈ R2 .
2. Les solutions sont données par θ(t) = a cos(ωt) + b sin(ωt) avec (a, b) ∈ R2 .
On considère alors les deux nouvelles fonctions F et G définies par : F (t) = f (t)+g(t)
et G(t) = f (t) − g(t). Ces deux fonctions vérifient le système :
8
>
< F ′′ − 2F ′ + F = 0,
>
: G′′ = G.
Exercice 1.40 K
Étudier l’ensemble
©
E = (x, y) ∈ R2 : arcsin(sin x) + arccos(cos y) = x + y .
L’ensemble des y convenables est l’intervalle [0, π] et par conséquent l’ensemble E est
un carré de côté π (formé par les points de coordonnées (π/2, 0), (π/2, π), (−π/2, π)
et (−π/2, 0)).
⋄ Si x ∈ π 3π
,
2 2
, alors arcsin(sin x) = arcsin(sin(π − x)) = π − x, par suite
Exercice 1.41 K
1. Montrer que pour tout réels x, y, z on a :
est-elle vraie ?
1. Supposons, sans perte de généralité, que z est le plus grand (en valeur absolue)
des réels x, y, z. Si z = 0 alors l’inégalité est vraie. Supposons que z 6= 0, alors en
divisant par |z| on déduit que l’inégalité est équivalente à :
x y x y y x x y
+ +1− + − + 1 − 1 + + + + 1 0.
≥
z z z z z z z z
y y
Comme −1 ≤ x
z
≤ 1 et −1 ≤ z
≤ 1 alors 1 + x
z
≥ 0, 1 + z
≥ 0, et l’inégalité à
montrer devient alors :
x y x y x y
x y
+ − + − + + 1 + + + 1 ≥ 0. (1)
z z z z z z z z
Exercice 1.42 K
Soient x ∈ R∗+ et n ∈ N∗ . Montrer que :
On note
⌊x⌋ ⌊2x⌋ ⌊nx⌋
Sn = + + ··· + .
1 2 n
1.4. EXERCICES 41
En posant S0 = 0, alors
⌊nx⌋
Sn − Sn−1 = , ∀ n ∈ N∗ .
n
Montrons, par récurrence sur n, que Sn ≤ ⌊nx⌋. Pour n = 1 le résultat est clair.
Supposons que Sk ≤ ⌊kx⌋ pour k ∈ J1, nK, alors
(n + 1)Sn+1 ≤ ⌊(n + 1)x⌋ + (⌊nx⌋ + ⌊x⌋) + (⌊(n − 1)x⌋ + ⌊2x⌋) + · · · + (⌊x⌋ + ⌊nx⌋).
En utilisant n fois le fait que ⌊a⌋ + ⌊b⌋ ≤ ⌊a + b⌋ pour tout (a, b) ∈ R2 , alors on
conclut que :
(n + 1)Sn+1 ≤ (n + 1) ⌊(n + 1)x⌋.
Exercice 1.43 K
Montrer que pour tout x ∈ R :
|x − 1| + |x − 2| + · · · + |x − 100| ≥ 2500.
Notons S(x) le membre de gauche de l’inégalité en question. Pour tout k ∈ J1, 50K
on a (grâce à l’inégalité triangulaire) :
Exercice 1.44 K
Différence entre moyennes arithmétiques et géométriques
Soient x et y deux réels strictement positifs. On rappelle que la moyenne arithmétique
√
(respectivement géométrique) est définie par A = x+y 2 (respectivement G = xy).
42 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
(x − y)2 (x − y)2
≤ A−G ≤ .
8x 8y
2. Montrer que
(x − y)2
G < < A.
8(A − G)
2. On a
(x − y)2 (x − y)2(A + G)
=
8(A − G) 8(A2 − G2 )
et
x2 + y 2 + 2xy x2 + y 2 − 2xy (x − y)2
A2 − G2 = − xy = = .
4 4 4
(x − y)2 A+G A+G
Par conséquent, = et comme A > G alors G < < A et
8(A − G) 2 2
(x − y)2
G < < A.
8(A − G)
Exercice 1.45 K
Soit P ∈ R[X] un polynôme dont tous les coefficients sont positifs. Montrer que pour
tout (α, β) ∈ R2+ on a : È
È
P (α)P (β) ≥ P αβ .
On pose
≥ an αβ + an−1 αβ + · · · + a0
È 2
= P αβ .
Exercice 1.46 K
Soient x1 , x2 , · · · , xn des nombres réels. Montrer que :
Pour tout k ∈ J1, n+1K, on pose (pour simplifier) Sk = x1 +· · ·+xk , alors l’inégalité
à démontrer devient :
On a :
| cos Sn | = | cos(Sn+1 − xn+1 )| = | cos Sn+1 cos xn+1 + sin Sn+1 sin xn+1 |
= | cos Sn+1 cos xn+1 | + | sin Sn+1 sin xn+1 |
≤ | cos Sn+1 | + | sin xn+1 |.
Exercice 1.47 K
Soit f : R −→ R une application de classe C 2 telle que
∀ x ∈ R, f (x) + f ′′ (x) ≥ 0.
est solution.
2. En déduire que :
∀ x ∈ R, f (x) + f (x + π) ≥ 0.
par suite h est en fait de classe C 2 , et comme sin2 x + cos2 x = 1, on déduit que pour
tout x ∈ R :
Z x Z x
′′
h (x) = − sin x g(t) cos t dt + cos x g(t) sin t dt + g(x) = −h(x) + g(x).
0 0
= g(t) sin(t − x) dt ≥ 0
x
Exercice 1.48 KK
Identité d’Hermite
1. Soient x ∈ R et n ∈ N∗ . Montrer l’identité d’Hermite :
n−1
X k
x+ = ⌊nx⌋.
k=0
n
⌊nx⌋ ⌊nx⌋ 1
1. On sait que ⌊nx⌋ ≤ nx < ⌊nx⌋ + 1 et par conséquent : ≤x< + .
n n n
Maintenant, on a :
⌊nx⌋ ⌊nx⌋
⌊nx⌋ = n + ⌊nx⌋ − n := np + q.
n n
q q+1 q+1
On a ⌊x⌋ = p car p + ≤ x < p+ avec ≤ 1. De plus, on a clairement :
n n n
n−q−1 n−q
x+ < p+1 ≤ x+ .
n n
n−1
X k
x+ = (n − q)p + q(p + 1) = np + q = ⌊nx⌋.
k=0 n
Donc f est périodique de période n1 , il suffit donc d’étudier cette fonction pour les
x ∈ 0, n1 . Or f (x) = 0 pour de telles valeurs de x, par suite f (x) = 0 pour tout
x ∈ R.
2. On a
x x+1 x+n−1
Sn − Sn−1 = + + ··· +
n
n
n
x x 1 x n−1
= + + + ··· + +
n
n n n n
x
= n× = ⌊x⌋ (par l’identité d’Hermite).
n
Exercice 1.49 KK
1. Soient a, b, x, y des nombres réels avec x, y > 0. Montrer que
a2 b2 (a + b)2
+ ≥ .
x y x+y
1.4. EXERCICES 47
a b c 3
+ + ≥
b+c c+a a+b 2
et
2 2 2 9
+ + ≥
x+y y+z z+x x+y+z
avec a, b, c, x, y, z sont des réels > 0.
qui est équivalente aussi à : (ax − by)2 ≥ 0. On a égalité si, et seulement si, a
x
= yb .
2. Une simple récurrence permet de montrer cette généralisation.
3. On a
a b c a2 b2 c2
+ + = + +
b+c c+a a+b ab + ac bc + ba ca + cb
(a + b + c)2
≥ .
2(ab + bc + ca)
(a+b+c)2
Il suffit donc de montrer que 2(ab+bc+ca)
≥ 23 , ce qui est équivalent à :
On a égalité lorsque x = y = z.
48 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
Exercice 1.50 KK
Soient a, b, c les longueurs des côtés d’un triangle de périmètre 2. Montrer que :
28
1 < ab + bc + ca − abc ≤ .
27
Comme 28
27
= 1 + 27
1
et a + b + c = 2, alors l’inégalité à démontrer est équivalente à :
1
0 < 1 − (a + b + c) + ab + bc + ca − abc < .
27
1
0 < (1 − a)(1 − b)(1 − c) ≤ .
27
Exercice 1.51 KK
Soient x1 , x2 , · · · , xn des nombres réels appartenant à l’intervalle [−2, 2] et tels que :
x1 + x2 + · · · + xn = 0.
Montrer que
3
x + x32 + · · · + x3n
1 ≤ 2n.
Exercice 1.52 KK
Soient x, y, z trois réels strictement positifs. Montrer que
1 1 1
xy + yz + zx = 1 =⇒ arctan + arctan + arctan = π.
x y z
L’identité
a + b + c − abc
arctan a + arctan b + arctan c = arctan + kπ
1 − (ab + bc + ca)
implique que
1 1 1 xy + yz + zx − 1
arctan + arctan + arctan = arctan + kπ.
x y z xyz − (x + y + z)
En conclusion, k = 1 et
1 1 1
arctan + arctan + arctan = π.
x y z
Exercice 1.53 KK
Soient α, β deux réels positifs et x ∈ 0, π2 . Montrer que
2
È
α β
1+ × 1+ ≥ 1+ 2αβ .
sin x cos x
obtient :
α β αβ È
1+ + + ≥ 1 + 2αβ + 2 2αβ .
sin x cos x sin x cos x
α β αβ È
1+ + + ≥ 1 + 2αβ + 2 2αβ
sin x cos x sin x cos x
et par suite
α β È 2
1+ × 1+ ≥ 1+ 2αβ .
sin x cos x
Exercice 1.54 KK
Déterminer les fonctions f dérivables sur R∗+ et telles que :
1
f ′ (x) = f .
x
Les résultats du cours ne nous permettent pas de trouver les solutions de cette
équation différentielle. On va alors faire un changement de fonction afin d’aboutir
à une équation différentielle linéaire à coefficients constants. On pose F (t) = f (et ),
alors F est dérivable et vérifie l’équation différentielle :
Réciproquement, on vérifie
que les fonctions de ce type vérifient bien l’équation
1
différentielle f ′ (x) = f .
x
Exercice 1.55 KK
Déterminer, en fonction du paramètre λ ∈ R, les solutions réelles de l’équation diffé-
rentielle :
y ′′ − 2λy ′ + y = ex .
⋄ Si |a| < 1, alors la solution générale de l’équation homogène est donnée par :
√ √
x 7−→ eλx a cos x 1 − λ2 + b sin x 1 − λ2 , (a, b) ∈ R2 .
c= 1
2(1−λ)
.
Cas 2 : λ = 1, alors le nombre 1 est solution double de l’équation caractéristique,
on cherche une solution particulière de la forme x 7−→ cx2 en , on trouve facilement
que c = 21 .
Étude de la solution générale : en conclusion, les solutions f de l’équation différen-
tielle sont données par :
√ √
ex
⋄ si |λ| > 1, alors f (x) = a exp λ − λ2 − 1 x +b exp λ + λ2 − 1 x + 2(1−λ) ,
2
⋄ si λ = 1, alors f (x) = 2 + ax + b e ,
x x
x
⋄ si λ = −1, alors f (x) = (ax + b)e−x + e4 ,
√ √
ex
⋄ si |λ| < 1, alors f (x) = eλx a cos x 1 − λ2 + b sin x 1 − λ2 + 2(1−λ) .
avec
m = min{S1 , S2 , · · · , Sn } et M = max{S1 , S2 , · · · , Sn }.
3. Soit x un nombre réel qui n’est pas un multiple pair de π (i.e. x 6= 2kπ avec k ∈ Z).
Montrer que :
n
X
sin kx 1
≤
k=m+1 k (m + 1) sin x2
n
X n−1
X n−1
X
ak bk = Sn bn + Sk (bk − bk+1 ) ≤ Mbn + M (bk − bk+1 ) = Mb1 .
k=1 k=1 k=1
n
X
De la même manière on montre que : mb1 ≤ ak bk .
k=1
3. Pour k ∈ J1, n − mK on prend ak = sin[(k + m)x] sin x2 et bk = 1
k+m
. Alors, d’après
la question précèdente on déduit que :
s n
X sin kx sin x2 n−m
X S
= sb1 ≤ = ak bk ≤ Sb1 =
m+1 k=m+1 k k=1 m+1
avec
Sk = a1 + · · · + ak , S = max{S1 , · · · , Sn }, s = min{S1 , · · · , Sn }.
Or, 2ai = 2 sin[(i + m)x] sin x2 = cos i + m − 1
2
x − cos i + m + 1
2
x, par suite
1 1
2Sk = 2a1 + · · · + 2ak = cos m + x − cos k + m + x.
2 2
1 n
X sin kx sin x2 1
− = −b1 ≤ sb1 ≤ ≤ Sb1 ≤ b1 = .
m+1 k=m+1 k m+1
Ce qui donne :
X
n
sin kx sin x2 1
≤
k=m+1 k m+1
54 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL
et l’inégalité demandée.
4. La fonction x 7−→ | sin x| est π-périodique, donc on suppose que x ∈ ]0, π[ (si
x = 0 le résultat est clair).
Soit x ∈ ]0, π[ fixé, et considérons m ∈ N tel que
√
π
m ≤ < m + 1.
x
On a :
X
n
sin kx X
m
sin kx X
n
sin kx
≤ +
. (∗)
k=1 k
k=1 k k=m+1 k
On se propose de montrer
X
m
sin kx √
≤ π (1)
k=1 k
et
X
n
sin kx √
≤ π. (2)
k=m+1 k
Les relations (1) et (2) ci-dessus nous permettent de conclure à l’aide de (∗).
On déduit alors que |a − b| = |a| + |b| (et de même pour |b − c| et |c − a|). Or, on
sait que |a − b| = |a| + |b| si, et seulement si, a et b sont de signes opposés ou si l’un
des deux est nul. En conclusion, on a alors :
(a, b, c) ∈ {(1, 0, 0); (0, 1, 0); (0, 0, 1); (−1, 0, 0); (0, −1, 0); (0, 0, −1)}.
3x − x3
y = .
1 − 3x2
3y − y 3 3z − z 3
z = et x = .
1 − 3y 2 1 − 3z 2
Comme la fonction tan est une bijection de − π2 , π2 vers R, alors il existe un unique
u ∈ − π2 , π2 tel que x = tan u. Par conséquent :
Réciproquement, il est facile de vérifier que les valeurs ci-dessus sont bien solutions
du système en question.
pour tout n ∈ N∗ .
Indication : utiliser les racines de l’équation sin(2n + 1)x = 0.
On prend x = kπ
2n+1
, k ∈ J1, nK, et comme sin2n+1 x 6= 0 alors :
! !
2n + 1 2n + 1
cotan2n x − cotan2n−2 x + · · · = 0.
1 3
{sin θ, sin 2θ, sin 3θ} = {cos θ, cos 2θ, cos 3θ}.
Comme les deux ensembles sont égaux, alors la somme de leurs éléments est la
même, c’est-à-dire :
Or on sait que sin θ + sin 3θ = 2 sin 2θ cos θ et cos θ + cos 3θ = 2 cos 2θ cos θ, par
suite on déduit que :
D’où
sin 2θ × (2 cos θ + 1) = cos 2θ × (2 cos θ + 1).
2π
θ = ± + 2kπ, k ∈ Z.
3
Cependant, avec ces valeurs on vérifie facilement que les deux ensembles ne sont pas
égaux. Donc, 2 cos θ + 1 6= 0 et ainsi :
π kπ
θ = + , k ∈ Z.
8 2
xn+1 = 4 xn ( 1 − xn ) , ∀ n ∈ N∗ .
Soit f (x) = 4x(1 − x), alors f −1 ([0, 1]) = [0, 1], d’où si x2014 = 0 on doit avoir
α ∈ [0, 1].
√
Soit θ ∈ 0, π2 tel que sin θ = α. On remarque que pour tout ω ∈ R :
Par conséquent
kπ
x2014 = 0 ⇐⇒ sin 22013 θ = 0 ⇐⇒ θ = , k ∈ Z.
22013
kπ
En conclusion, les valeurs de α pour lesquelles x2014 = 0 sont les sin 2
avec
22013
k ∈ Z. Ce qui donne, en tout, 22012 + 1 valeurs de α.
Chapitre 2
Nombres réels et suites numériques
|x + y| ≤ |x| + |y|.
|x| + x |x| − x
x = x+ − x− , |x| = x+ + x− , x+ = , x− = .
2 2
p ≤ x < p + 1.
59
60 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Définition 2.1 Plus grand élément. Plus petit élément. Soient A une partie de R
(ou de Q), et a un nombre réel. On dit que a est :
✓ le plus grand élément de A si : a ∈ A et pour tout x ∈ A on a : x ≤ a,
✓ le plus petit élément de A si : a ∈ A et pour tout x ∈ A on a : a ≤ x.
S’il existe, le plus grand (resp. le plus petit) élément de A est unique. On le note max(A)
(resp. min(A)).
Définition 2.3 Borne supérieure. Soit A une partie de R (ou de Q). Alors :
✓ la borne supérieure de A, si elle existe, est le plus petit élément de l’ensemble
des majorants de A. On la note sup(A),
✓ la borne inférieure de A, si elle existe, est le plus grand élément de l’ensemble
des minorants de A. On la note inf(A).
✓ ∀ x ∈ A, x ≤ a et ∀ ε > 0, ∃ x ∈ A : a − ε < x ≤ a .
2.1. NOMBRES RÉELS 61
Définition 2.4 Droite numérique achevée. On appelle droite numérique achevée l’en-
semble R = R ∪ {−∞, +∞}.
∀ x ∈ R, x ≤ +∞ et − ∞ ≤ x.
2.1.3 Intervalles de R
Théorème 2.2 Tout intervalle non vide et non réduit à un singleton contient
au moins un rationnel et un irrationnel.
On dit que Q et R \ Q sont denses dans R.
62 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
∀ x ∈ R, ∀ ε > 0, ∃ q ∈ Q : |x − q| ≤ ε.
∀ x ∈ R, ∀ ε > 0, ∃ r ∈ R \ Q : |x − r| ≤ ε.
☞ Tout intervalle I non vide et non réduit à un singleton contient une infinité
de rationnels et d’irrationnels.
et par suite
⌊x 10p ⌋ 10−p ≤ x < ⌊x 10p ⌋ 10−p + 10−p .
L’élément ⌊x 10p ⌋ 10−p est un nombre décimal approchant x à 10−p près par défaut,
et ⌊x 10p ⌋ 10−p + 10−p est un nombre décimal approchant x à 10−p près par excès.
On peut approcher un réel quelconque d’aussi près que l’on veut par des nombres
décimaux.
2.2.1 Généralités
Définition 2.6 Une suite de nombres réels est une famille (xn )n∈N de réels indexée par
l’ensemble N. On dit que xn est le terme général de la suite (xn )n∈N .
☞ Une suite arithmétique de raison r ∈ R est une suite (xn )n∈N donnée par le
premier terme x0 et la relation de récurrence : xn+1 = xn + r pour tout n ∈ N.
On a alors : xn = x0 + nr pour tout n ∈ N.
☞ Une suite géométrique de raison q ∈ R∗ est une suite donnée par le premier
terme x0 et la relation de récurrence xn+1 = qxn pour tout n ∈ N. On a alors :
xn = x0 q n pour tout n ∈ N.
☞ Récurrence linéaire à deux pas : on donne deux réels a et b avec b 6= 0, et on
considère la suite (xn )n∈N définie par ses deux premiers termes x0 et x1 , et
2.2. SUITES NUMÉRIQUES, CONVERGENCE 63
Définition 2.7 Soient (xn )n∈N une suite réelle et l ∈ R. On dit que la suite (xn )n∈N
converge vers l, et on note lim xn = l, si :
n→+∞
∀ ε > 0, ∃N ∈ N : ∀ n ≥ N, |xn − l| ≤ ε.
Pour l = +∞, on a : ∀ A ∈ R, ∃N ∈ N : ∀ n ≥ N, xn ≥ A.
Pour l = −∞, on a : ∀ A ∈ R, ∃N ∈ N : ∀ n ≥ N, xn ≤ A.
❏ La suite (xn )n∈N est convergente si, et seulement si, elle a une limite finie.
Cette limite, lorsqu’elle existe, est unique.
❏ Toute suite convergente est bornée. La réciproque est, en général, fausse.
❏ Si lim xn = l > 0, alors xn > 0 à partir d’un certain rang.
n→+∞
❏ Limites et relation d’ordre : on a les relations suivantes
64 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
lim xn = l, lim yn = l′ , ∀ n : xn ≤ yn =⇒ l ≤ l′ ,
n→+∞ n→+∞
Définition 2.8 Soit (xn )n∈N une suite réelle ou complexe. On appelle suite extraite de
(xn )n∈N toute suite de la forme (xϕ(n) )n∈N où ϕ est une application strictement crois-
sante de N dans N.
☞ Dans la pratique, pour une suite (xn )n∈N , il est fréquent d’utiliser comme
sous-suites (x2n )n∈N et (x2n+1 )n∈N .
Théorème 2.3 Théorème de recollement. Soit (xn )n∈N une suite réelle. On
donne deux parties infinies F1 et F2 de N telles que F1 ∪F2 = N. Si les deux suites
extraites (xn )n∈F1 et (xn )n∈F2 convergent vers la même limite l, alors (xn )n∈N
converge aussi vers l.
✍ Soit (xn )n∈N une suite réelle. On suppose que lim x2n = l et lim x2n+1 = l,
n→+∞ n→+∞
alors lim xn = l.
n→+∞
Définition 2.9 Suites adjacentes. Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N deux suites réelles. On
dit que ces suites sont adjacentes si :
✓ elles sont monotones et de sens de variation opposés,
✓ lim (xn − yn ) = 0.
n→+∞
Théorème 2.5 Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N deux suites adjacentes, alors elles sont
convergentes et ont la même limite l. De plus, la limite l est, pour tout n ∈ N,
comprise entre xn et yn .
Théorème 2.6 Théorème des segments emboîtés. Soit (In )n∈N une suite
de segments non vides de R telle que : In+1 ⊂ In pour tout n ∈ N. Alors :
\
✓ l’intersection I = In est un segment non vide,
n∈N
✓ si de plus, lim longueur(In ) = 0, alors I est un singleton.
n→+∞
66 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Définition 2.10 Suites dominées. Suites négligeables. Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N
deux suites réelles.
✓ On dit que (xn )n∈N est dominée par (yn )n∈N lorsque n → +∞ si :
On note xn = O(yn ).
✓ On dit que (xn )n∈N est négligeable devant (yn )n∈N lorsque n → +∞ si :
On note xn = o(yn ).
xn
☞ Si pour tout n ∈ N, yn 6= 0, alors : xn = O(yn) ⇐⇒ est bornée.
yn n∈N
xn
☞ Si pour tout n ∈ N, yn 6= 0, alors : xn = o(yn ) ⇐⇒ lim = 0.
n→+∞ yn
☞ Supposons que xn = O(yn). Si lim yn = 0 alors lim xn = 0. Si lim |xn | =
n→+∞ n→+∞ n→+∞
+∞ alors lim |yn | = +∞.
n→+∞
☞ Transitivité : si xn = O(yn ) et yn = O(zn ), alors xn = O(zn ). Si on remplace
un O par un o, on obtient xn = o(zn ).
☞ xn = O(yn ), x′n = O(yn) =⇒ xn + x′n = O(yn); xn = o(yn ), x′n = o(yn ) =⇒
xn + x′n = o(yn ).
xn = O(yn ), x′n = O(yn′ ) =⇒ xn x′n = O(yn yn′ ); xn = O(yn), x′n = o(yn′ ) =⇒
xn x′n = o(yn yn′ ).
☞ Comparaison des suites usuelles :
– si α < β : nα = o(nβ ) et (ln n)α = o (ln n)β ,
– si 0 < a < b : an = o(bn ),
– si α, β > 0 : (ln n)β = o(nα ),
– si α > 0, a > 1 : nα = o(an ).
Définition 2.11 Suites équivalentes. Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N deux suites réelles.
On dit que (xn )n∈N est équivalente à (yn )n∈N si xn − yn = o(yn ). On note xn ∼ yn .
xn
☞ si pour tout n ∈ N, yn 6= 0 alors xn ∼ yn ⇐⇒ lim = 1,
n→+∞ yn
xn − yn
☞ si pour tout n ∈ N, yn 6= 0, alors xn ∼ yn ⇐⇒ lim = 0,
n→+∞ yn
2.2. SUITES NUMÉRIQUES, CONVERGENCE 67
Définition 2.12 Développements asymptotiques. Soit (xn )n∈N une suite réelle. On
appelle développement asymptotique de xn lorsque n → +∞ une écriture de xn sous la
forme :
xn = yn(1) + yn(2) + · · · + yn(r) + o(yn(r) )
(1) (r)
où (yn )n∈N , · · · , (yn )n∈N sont des suites réelles vérifiant :
(r)
La suite (yn )n∈N est appelée précision du développement asymptotique.
Proposition 2.3 Soit (xn )n∈N une suite complexe. On dit que (xn )n∈N est convergente
(resp. bornée) si, et seulement si, chacune des suites réelles (ℜe(xn ))n∈N et (Im(xn ))n∈N
68 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
x0 ∈ I et ∀ n ∈ N xn+1 = f (xn ).
Théorème 2.8
Soit (xn )n≥0 une suite réelle récurrente d’ordre 1 définie par x0 et xn+1 = f (xn ).
Si xn −→ l et si f est continue en l, alors f (l) = l.
✍ Si f est continue sur I, les limites éventuelles de (xn )n≥0 sont soit les solutions
dans I de l’équation f (l) = l, soit les points de I \ I. (I est la fermeture de I.
Par exemple, si I = ]a, b[ ou [a, b[, avec a et b des réels, on a alors I = [a, b]).
alors
✓ il existe un unique a ∈ I tel que f (a) = a
✓ toute suite vérifiant x0 ∈ I et xn+1 = f (xn ) converge vers a.
Théorème 2.10 Étude des points fixes On suppose qu’il existe a tel que
f (a) = a et f de classe C 1 au voisinage de a.
✓ Si |f ′ (a)| > 1 : le point a est dit répulsif ou instable, la suite (xn )n≥0 ne
converge vers a que s’il existe un rang n0 pour lequel xn0 = a.
✓ Si |f ′ (a)| < 1 : le point a est dit attractif ou stable, il existe un intervalle
I contenant a tel que toute suite vérifiant x0 ∈ I et xn+1 = f (xn ) converge
vers a.
⋄ Si f ′ (a) ∈ ]0, 1[, f est strictement croissante au voisinage de a, la suite
(xn )n≥0 est monotone à partir d’un certain rang.
⋄ Si f ′ (a) ∈ ] − 1, 0[, f est strictement décroissante au voisinage de a, les
suites (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 sont monotones à partir d’un certain rang en
sens contraire, ces suites sont adjacentes.
✓ Si |f ′ (a)| = 1, a est dit stationnaire. On ne peut pas conclure dans le cas
général mais on peut déterminer un équivalent de yn := xn −a en cherchant
α
un α tel que la suite yn+1 − ynα ait une limite finie non nulle. Le lemme de
Cesàro permet alors de conclure.
2.3 Exercices
Exercice 2.1
Vrai - Faux
1. Soit (xn )n≥0 une suite de réels strictement positifs et telle que lim xn = 0. Alors,
n→+∞
(xn )n≥0 est décroissante à partir d’un certain rang.
2. Si un ∼ vn , alors eun ∼ evn .
3. Une suite (xn )n≥0 est convergente si, et seulement si, les deux sous-suites (x2n )n≥0
et (x2n+1 )n≥0 sont convergentes.
n
1. Faux. La suite (xn )n≥0 de terme général xn = n12 + (−1)
n
est un contre-exemple
qui montre qu’elle n’est pas décroissante à partir d’un certain rang.
2. Faux. On prend xn = n et yn = n + 1, alors xn ∼ yn alors que en et en+1 = en × e
70 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Exercice 2.2
Montrer que pour qu’une suite (xn )n≥0 soit convergente, il faut et il suffit que les suites
extraites (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 soient convergentes et que leurs limites soient égales.
(=⇒) Soit (xn )n≥0 une suite convergente de limite l, et considérons une suite (xϕ(n) )n≥0
extraite de (xn )n≥0 . On sait que :
Exercice 2.3
Soit (xn ) ∈ RN une suite réelle. Montrer que (xn )n≥0 n’admet aucune suite extraite
convergente si, et seulement si, lim |xn | = +∞.
n→+∞
(=⇒) On suppose que toute suite extraite est divergente, alors aucune d’entre elles
n’est bornée, par suite pour tout M > 0 l’ensemble
{n ∈ N : |xn | ≤ M}
lim xϕ(n) = 0.
n→+∞
2.3. EXERCICES 71
Par suite, la suite (xn )n≥0 n’admet aucune suite extraite convergente.
Exercice 2.4
Soit x un nombre réel fixé. On considère les suites (xn )n≥0 et (yn )n≥0 définies par :
⌊10n x⌋ ⌊10n x⌋ 1
xn = et yn = + n.
10n 10n 10
1. Montrer que les suites (xn )n≥0 et (yn )n≥0 sont adjacentes.
2. Montrer que leur limite commune est x.
⌊10n+1 x⌋ − 10 ⌊10n x⌋
xn+1 − xn = .
10n+1
On en déduit que :
Donc, comme il s’agit d’entiers, on a : 0 ≤ ⌊10n+1 x⌋ − 10⌊10n x⌋, et ainsi (xn )n≥0
est une suite croissante.
De même, on montre que pour tout n ∈ N : yn+1 − yn ≤ 0, et donc (yn )n≥0 est
une suite décroissante.
1
Finalement, il est clair que la limite, lorsque n → +∞, de yn − xn = n est 0.
10
En conclusion, (xn )n≥0 et (yn )n≥0 sont deux suites adjacentes.
2. Comme (xn )n≥0 et (yn )n≥0 sont deux suites adjacentes alors elle convergent vers
la même limite l. Or on a :
Exercice 2.5
Constante d’Euler
On considère les suites (xn )n≥1 et (yn )n≥1 définies par
n n−1
X 1 X 1
xn = − ln n, yn = − ln n, y1 = 0.
k=1
k k=1
k
72 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
xn + yn xn + yn+1
zn = , tn = .
2 2
Montrer que les suites (zn )n≥1 et (tn )n≥1 sont adjacentes. Quelle est leur limite com-
mune ? En déduire un encadrement de γ à 10−3 près.
1. On a respectivement
1 1 n+1
xn+1 − xn = − ln(n + 1) + ln(n) = − ln ,
n+1 n+1 n
et
1 1 n+1
yn+1 − yn = − ln(n + 1) + ln(n) = − ln .
n n n
1 1 1
Or, pour tout x ∈ [n, n + 1] on a : ≤ ≤ , donc en intégrant ces inégalités
n+1 x n
sur [n, n + 1] on déduit que :
1 n+1 1
≤ ln ≤ .
n+1 n n
Par conséquent, la suite (xn )n≥1 est décroissante et la suite (yn )n≥1 est croissante.
De plus, xn − yn = n1 tend vers zéro lorsque n tend vers l’infini. En conclusion, les
deux suites (xn )n≥1 et (yn )n≥1 sont adjacentes, elles convergent vers la même limite
γ avec en plus :
∀ n ∈ N∗ , yn ≤ γ ≤ xn .
9
X 1 10
X 1
y10 = − ln 10 ≃ 0, 526 x10 = − ln 10 ≃ 0, 626.
k=1 k k=1 k
En conclusion, on a : 0, 52 ≤ γ ≤ 0, 63.
3. On a respectivement
1 1 1 n+1 1 1 n+2
zn+1 − zn = + − ln , tn+1 − tn = − ln .
2 n+1 n n n+1 2 n
Une étude simple des fonctions x 7−→ 1
2
1
x+1
+ 1
x
− ln x+1
x
et x 7−→ 1
x+1
− 12 ln x+2
x
2.3. EXERCICES 73
montre que la suite (zn )n≥1 est croissante et la suite (tn )n≥1 est décroissante. Fina-
lement
1 1 n+1
tn − zn = − ln
2 n n
tend vers zéro lorsque n → +∞. En conclusion, les suites (zn )n≥1 et (tn )n≥1 sont
adjacentes et pour tout n ∈ N∗ on a :
yn ≤ zn ≤ tn ≤ xn
Exercice 2.6
1
On considère la suite (xn )n≥0 définie par x0 = et pour n ∈ N :
2
4 3 1
xn+1 = x + .
3 n 6
π
Montrer que la suite (xn )n≥0 est convergente et que lim xn = sin .
n→+∞ 18
Soit f la fonction définie par f (x) = 43 x3 + 61 . Une étude de fonction assez simple
montre que f est croissante, que l’intervalle 0, 12 est stable par f . Donc, la suite
(xn )n≥0 prend ses valeurs dans l’intervalle 0, 21 .
Maintenant, il est facile de voir que f est strictement croissante sur l’intervalle 0, 21
et que f (x0 ) = x1 < x0 . Par simple récurrence, la suite (xn )n≥0 est strictement
décroissante et minorée par 0. D’où, la suite (xn )n≥0 converge vers un nombre réel
l ∈ 0, 12 , et grâce à la continuité de f la limite l est un point fixe de f , c’est-à-dire
f (l) = l.
Comme
3
3 eix − e−ix e3ix − 3eix + 3e−ix − e−3ix sin 3x 3 sin x
sin x = = =− +
2i −8i 4 4
alors en prenant x = 18
π
on déduit que f sin 18
π
= sin 18π
. Finalement, une étude
de fonction montre que f n’a qu’un seul point fixe sur l’intervalle 0, 12 , donc par
unicité du point fixe on conclut finalement que
π
lim xn = sin .
n→+∞ 18
74 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Exercice 2.7
On considère l’ensemble
n+m
n+m+1 ∗ ∗
E = : (n, m) ∈ N × N .
n+m
Exercice 2.8
Densité. Nombres dyadiques. Nombres irrationnels
1. Montrer que l’ensemble des nombres dyadiques
k
∈ Q : k ∈ Z, n ∈ N
2n
1. Soit I = ]a, b[ un intervalle non vide de R. Comme la suite 21n n≥0 tend vers
0 < b − a à l’infini, alors il existe un entier naturel suffisamment grand N ∈ N tel
que : 21N < b − a. Considérons l’ensemble :
¨ «
k
D = k∈Z : ≤ a ⊂ Z.
2N
Alors :
⋄ D 6= ∅ : car lim k
N = −∞ < a,
k→−∞ 2
2.3. EXERCICES 75
K +1 K 1
= + N < a + (b − a) = b.
2N 2 N 2
Donc, K+1
2N
∈ D ∩ ]a, b[, et D ∩ ]a, b[ est donc non vide. D’où, la densité de l’ensemble
des nombres dyadiques dans R.
2. D’après la première question on déduit, en particulier, que Q est dense dans R.
Maintenant, soit x ∈ R \ Q, alors il existe (par densité de Q dans R) une suite
√
(rn )n≥0 ∈ QN telle que : lim rn = x − 2. Par suite :
n→+∞
√ √
lim rn + 2 = x avec rn + 2 ∈ R \ Q, ∀ n ∈ N.
n→+∞
Exercice 2.9
Soient A et B deux parties non vides de R.
1. On suppose que A et B sont majorées (respectivement minorées), montrer que
avec A + B = {a + b : a ∈ A, b ∈ B}.
2. On suppose que A et B sont majorées et incluses dans R+ , montrer que
4. On suppose que pour tout (a, b) ∈ A × B, a ≤ b. Montrer que A admet une borne
supérieure, que B admet une borne inférieure et que :
sup(A) ≤ inf(B).
Une démonstration analogue peut être faire pour inf(A + B) = inf(A) + inf(B).
2. Soit x ∈ A × B, alors il existe (a, b) ∈ A × B tel que x = a × b. Donc, x ≤
sup(A) × sup(B), et par suite sup(A × B) ≤ sup(A) × sup(B). Montrons à présent
l’autre inégalité. On distingue deux cas.
⋄ Si sup(A) = 0 ou sup(B) = 0, alors A = {0} ou B = {0}, et par suite sup(A×B) =
sup(A) × sup(B).
⋄ Si sup(A) > 0 ou sup(B) > 0, alors si b 6= 0 est un élément de B, on a pour tout
a ∈ A : ab ≤ sup(A × B), donc sup(A) ≤ sup(A×B) b
et alors b ≤ sup(A×B)
sup(A)
. Ainsi,
sup(B) ≤ sup(A×B)
sup(B)
, finalement on a : sup(A) × sup(B) ≤ sup(A × B).
En prenant B = {λ}, alors il s’ensuit que sup ({λ a : a ∈ A}) = λ sup(A).
√ È
3. Comme sup(A) est un majorant de A alors on déduit que x ≤ sup(A) pour
√ È
tout x ∈ A. D’où, sup A ≤ sup(A).
√ √
Maintenant, on a pour tout x ∈ A : x ≤ sup A . En élevant au carré on
déduit que pour tout x ∈ A :
√ 2
x ≤ sup A .
√ 2
D’où, sup(A) ≤ sup A , et en prenant la racine carrée, il s’ensuit que :
È √ È √
sup(A) ≤ sup A . Finalement, on a montré que sup(A) = sup A .
4. Comme A 6= ∅, alors il existe un élément a ∈ A. Pour tout b ∈ B : a ≤ b, par
suite a ≤ inf(B). Par conséquent, il découle que sup(A) ≤ inf(B).
Exercice 2.10
Soit A une partie non vide de R. On pose : −A = {−x : x ∈ A}.
Montrer que :
1. A est majorée =⇒ −A est minorée et on a : inf(−A) = − sup(A).
2. A est minorée =⇒ −A est majorée et on a : sup(−A) = − inf(A).
Soient A et B deux parties non vides de R. Montrer que :
3. A et B sont majorées =⇒ A ∪ B est majorée et on a :
1. Comme A est une partie non vide majorée de R alors elle admet une borne
supérieure M. Par suite on a :
∀ x ∈ A, x ≤ M et ∀ ε > 0, ∃ x0 ∈ A : M − ε < x0 ≤ M.
Exercice 2.11
Soient A et B deux parties non vides de ]0, +∞[. On suppose que A est majorée et que
B admet un minorant strictement positif. Montrer que l’ensemble
§ ª
a
C = : (a, b) ∈ A × B
b
Comme A est non vide majorée (resp. B est non vide et minorée) alors elle
possède une borne supérieure (resp. une borne inférieure qui est le plus grand des
minorants de B). Comme il existe au moins un minorant strictement positif, alors
la borne inférieure de B est > 0. Ainsi, pour tout (a, b) ∈ A × B on a : a ≤ sup(A)
et b ≥ inf(B) et par suite
a sup(A)
≤ .
b inf(B)
78 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
sup(A)
Par conséquent, l’élément est un majorant de l’ensemble C. Montrons main-
inf(B)
tenant que c’est le plus petit des majorants.
a
Soit M un majorant (non nul) de l’ensemble C, alors ≤ M pour tout (a, b) ∈ A×B,
b
d’où a ≤ bM. Donc, bM est un majorant de A et alors bM ≥ sup(A). Par suite
sup(A)
∀ b ∈ B, b ≥ .
M
sup(A) sup(A)
Par conséquent, est un minorant de B, donc ≤ inf(B), d’où :
M M
sup(A)
≤ M.
inf(B)
sup(A)
En conclusion, est plus petit que tout autre majorant de C, il s’agit donc
inf(B)
de la borne supérieure de C et finalement :
sup(A)
sup(C) = .
inf(B)
Exercice 2.12
Soit E un ensemble ordonné dans lequel toute partie finie admet une borne inférieure
et une borne supérieure.
Soit (ai,j )1≤i≤n, 1≤j≤p une famille d’éléments de E. Montrer que :
" #
Exercice 2.13
En considérant l’ensemble A = {x ∈ Q+ : x2 < 2}, montrer que l’ensemble Q ne
possède pas la propriété de la borne supérieure.
⋄ Montrons qu’il n’existe pas de nombres rationnels dont le carré est égal à 2. En
2
effet, si pq2 = 2 avec (p, q) ∈ N∗2 et p ∧ q = 1, alors p2 = 2q 2 . Donc, q | p2 et par le
théorème de Gauss q | p. Par suite, q = 1 et p2 = 2 avec p entier, absurde.
En posant B = {x ∈ Q+ : x2 > 2} alors :
Q+ = A ∪ B et A ∩ B = ∅.
2a + 1 2a + 1
< 2 − a2 c’est-à-dire n > .
n 2 − a2
⋄ Montrons que A n’admet pas de borne supérieure dans Q. Cela revient à montrer
que B n’admet pas de plus petit élément : soit b ∈ B on cherche n ∈ N∗ tel que
b− 1
n
∈ B. Il faut d’abord choisir n ≥ 1b . Maintenant
2
1 2b 1
b− > 2 ⇐⇒ − 2 < b2 − 2.
n n n
Il suffit que 2b
n
< b2 − 2, c’est-à-dire n > 2b
b2 −2
. Finalement,
1 2b 1
n > max , =⇒ b− ∈ B.
b b2 − 2 n
Exercice 2.14
Montrer que
√ √ √
2+ 3+ 5
√ √ √
l’expression 2+ 3=r− 5 on déduit que
√ √
5+2 6 = r 2 − 2r 5 + 5. (1)
√ √
Par suite, le nombre 2 6 + 2r 5 est un nombre rationnel.
√
En prenant, encore une fois, le carré de (1), on déduit que 24 + 20r 2 + 8r 30 est
√
un rationnel, et par conséquent 30 ∈ Q.
√
Or, si 30 = pq avec (p, q) ∈ N × N∗ et p ∧ q = 1, on obtient p2 = 30q 2 , donc 2 | p et
2
comme 2 p2 = 15q 2 alors on déduit que 2 | q. Contradiction avec p ∧ q = 1.
√ √ √
En conclusion, 2 + 3 + 5 est un nombre irrationnel.
Exercice 2.15
Dichotomie
Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue telle que :
(i) f (a)f (b) < 0,
(ii) l’équation f (x) = 0 admet une unique solution x0 ∈ [a, b].
On considère les suites (an )n≥0 et (bn )n≥0 défnies par a0 = a, b0 = b et pour n ∈ N :
8
> an + bn
< an+1 = an + bn
2 si f × f (an ) > 0
>
: bn+1 = bn 2
et 8
>
<an+1 = an an + bn
an + bn si f × f (an ) < 0.
>
b
: n+1 = 2
2
1. Montrer que (an )n≥0 et (bn )n≥0 sont deux suites adjacentes.
2. Montrer que leur limite commune est x0 .
1. Pour tout n ∈ N, on a :
an − bn
an+1 − bn+1 = ,
2
donc on déduit d’une part que la suite (an − bn )n≥0 est géométrique de rasion 1
2
< 1,
donc converge vers 0, d’autre part on a : an − bn = < 0 et ainsi an < bn .
b−a
2n
La suite (an )n≥0 est croissante : en effet on a pour tout n ∈ N
8
>
< 0 si an+1 = an
an+1 − an = > bn −an
:
2
sinon.
Par suite, an+1 − an ≥ 0 pour tout n ∈ N, et la suite (an )n≥0 est alors croissante.
2.3. EXERCICES 81
Par suite, bn+1 − bn ≤ 0 pour tout n ∈ N, et la suite (bn )n≥0 est alors décroissante.
En conclusion, les suites (an )n≥0 et (bn )n≥0 sont adjacentes.
2. Comme les suites (an )n≥0 et (bn )n≥0 sont adjacentes, alors elles convergent vers
la même limite l. Comme f est continue alors
De plus, on a par hypothèse f (an )f (bn ) < 0, et donc à la limite on déduit que
(f (l))2 ≤ 0. Donc, on déduit que f (l) = 0, et comme il y a unicité de la solution de
l’équation f (x) = 0, alors on a finalement l = x0 .
Exercice 2.16
Montrer que la suite (xn )n≥1 de terme général xn = sin (ln n) n’admet pas de limite.
Supposons, par l’absurde, que la suite (xn )n≥1 admet une limite l1 ∈ R. Comme
la suite (xn )n≥1 est bornée (majorée par 1) alors l1 ∈ R. Donc, lim x2n = l1 . Or
n→+∞
Par conséquent, la suite de terme général cos (ln n) converge vers un nombre réel l2 .
Donc, lim ei ln n = l1 + il2 . La suite de terme général, ei ln(2n) est extraite de la
n→+∞
suite de terme général ei ln n , elle converge alors vers la même limite l1 + il2 . Comme
ei ln(2n) = eiln 2 ei ln n et que ei ln 2 6= 1, alors on doit avoir l1 + il2 = 0. D’autre part,
lim ei ln n = lim 1 = 1, ainsi |l1 + il2 | = 1. Contradiction. En conclusion, la suite
n→+∞ n→+∞
de terme général xn = sin (ln n) n’admet pas de limite.
Exercice 2.17
Théorème de Cesàro
On considère une suite (un )n≥0 et la suite (vn )n≥0 de ses moyennes définie par :
u0 + u1 + · · · + un
vn = .
n+1
3. Montrer que : lim un = +∞ =⇒ lim vn = +∞. Qu’en est-il si (un )n≥0 tend
n→+∞ n→+∞
vers −∞ ?
4. Montrer que si (un )n≥0 est monotone, alors la convergence de (vn )n≥0 entraîne celle
de (un )n≥0 .
5. Une variante du lemme de Cesàro. Soit (un )n≥0 une suite complexe. Montrer
que
n n n
0 u0 + 1 u1 + · · · + n un
lim un = l =⇒ lim = l.
n→+∞ n→+∞ 2n
u n = l + rn avec lim rn = 0.
n→+∞
D’où
u0 + · · · + un (r0 + l) + · · · + (rn + l) r0 + · · · + rn
= = + l := Rn + l.
n+1 n+1 n+1
ε
∀ ε > 0, ∃N ∈ N : n≥N =⇒ |rn | ≤ .
2
Maintenant, on a
r0 + r1 + · · · + rN −1 rN + rN +1 + · · · + rn
Rn = + .
n+1 n+1
r0 +r1 +···+rN−1
Or, d’une part, lim n+1
= 0, donc il existe M ∈ N tel que pour n ≥ M
n→+∞
r0 +r1 +···+rN−1
on ait n+1
≤ 2ε . D’autre part, on a
r + rN +1 + · · · + rn |rN | + |rN +1 | + · · · + |rn |
N
n−N +1 ε ε
≤ ≤ × ≤ .
n+1 n+1 n+1 2 2
u1 + · · · + uN uN +1 + · · · + un A n−N
+ ≥ + 3M.
n n n n
Les deux termes à droite dans les inégalités ci-dessus tendent vers 0 lorsque n → +∞,
alors il existe N
f
≥ N tel que pour n ≥ N f
on ait :
A n−N 2
≥ −M et ≥ .
n n 3
Donc, n ≥ N
f
=⇒ vn ≥ −M + 32 × 3M = M, d’où lim vn = +∞.
n→+∞
Maintenant, si (un )n≥0 tend vers −∞, alors par ce qui précède on déduit que la suite
−(vn )n≥0 tend vers +∞, et par conséquent lim vn = −∞.
n→+∞
4. On suppose que la suite (un )n≥0 est croissante (le cas décroissante se traite de
la même façon). Dans ce cas, on sait que soit (un )n≥0 converge ou tend vers +∞.
Comme (vn )n≥0 est convergente alors par la question précèdente la suite (xn )n≥0
ne peut pas tendre vers +∞, donc elle converge. Finalement, d’après la première
question, la limite de (un )n≥0 est celle de (vn )n≥0 , par suite (un )n≥0 converge vers la
même limite que (vn )n≥0 .
5. On traite le cas où la suite (un )n≥0 est à valeurs réelles. Le cas complexe se traite
de la même façon en séparant la partie réelle et la partie imaginaire.
On a :
n n n n n n
u0 + u1 + · · · + un (u0 − l) + (u1 − l) + · · · + (un − l)
0 1 n
−l = 0 1 n
.
2n 2n
La suite (un )n≥0 tend vers l, donc pour tout ε > 0 il existe N ∈ N tel que pour
n ≥ N on ait : |un − l| ≤ ε. Par suite on a, d’une part
n n n
0
(u0 − l) + 1
(u1 − l) + · · · + N −1
(uN −1 − l)
−−−−→ 0,
2n n→+∞
n n
car le coefficient binomial k
est un polynôme en n et donc k
= o(2n ), et d’autre
part
n !
(uN − l) + n
(uN +1 − l) + · · · + n
(un − l) ε n
X n
N N +1 n ≤
2n 2n k=N k
!
n
ε X n ε
≤ = · 2n = ε.
2n k=0 k 2n
84 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Exercice 2.18
Déterminer un équivalent, puis la limite de la suite (xn )n≥1 définie par :
π 2π (n − 1)π
xn = sin + sin + · · · + sin .
n n n
En posant
π 2π (n − 1)π
yn = 1 + cos + cos + · · · + cos
n n n
alors
π 2π (n−1)π
xn + iyn = 1 + ei n + ei n + · · · + ei n .
C’est la somme des termes d’une suite géométrique de premier terme 1 et de raison
π
ei n , alors on déduit que :
1 − eiπ π i
xn + iyn = π = e−i 2n × .
1 − ei n sin π
2n
Exercice 2.19
Soit (xn )n≥0 une suite à termes réels strictement positifs telle que :
xn+1
lim = l ∈ R.
n→+∞ xn
1. Montrer que :
l < 1 =⇒ lim xn = 0.
n→+∞
2. Montrer que :
l > 1 =⇒ lim xn = +∞.
n→+∞
xn+1 l+1
n ≥ N =⇒ ≤ .
xn 2
xn+1 l+1
n ≥ N =⇒ ≥ .
xn 2
Exercice 2.20
Soit (xn )n≥0 une suite telle que :
lim xn = l.
n→+∞
Déterminer
lim ⌊xn ⌋.
n→+∞
On distingue trois cas selon que l = ±∞, l est un entier et enfin l non entier.
⋄ Si l = ±∞, alors comme xn − 1 < ⌊xn ⌋ ≤ xn , on déduit que :
⋄ Si l n’est pas un nombre entier : soit ε > 0 tel que : ⌊l⌋ < l − ε < l + ε < ⌊l⌋ + 1.
Comme lim xn = l, alors il existe N ∈ N tel que :
n→+∞
n ≥ N =⇒ l − ε ≤ xn ≤ l + ε.
Pour tout n ≥ N, on a alors : ⌊xn ⌋ = ⌊l⌋. D’où la suite (⌊xn ⌋)n≥0 stationne en ⌊l⌋
et par conséquent :
lim ⌊xn ⌋ = ⌊l⌋.
n→+∞
– S’il existe N ∈ N tel que : n ≥ N =⇒ xn < l alors la suite (⌊xn ⌋)n≥0 stationne
en l − 1 et par conséquent :
lim ⌊xn ⌋ = l − 1.
n→+∞
– Dans les autres cas, la suite (⌊xn ⌋)n≥0 n’est pas convergente car possède une suite
extraite convergeant vers l et une autre suite extraite convergeant vers l − 1. Par
n
exemple, la suite xn = (−1)
n+1
est telle que ⌊x2n ⌋ = 0 et ⌊x2n+1 ⌋ = −1.
Exercice 2.21
Soit (xn )n≥0 une suite de réels strictement positifs tels que :
Montrer que
xn xn
lim = inf ∗ .
n→+∞ n n∈N n
xn
Il existe l = inf∗ et pour tout ε > 0 il existe N ∈ N tel que :
n∈N n
xN ε
l ≤ ≤ l+ .
N 2
A ε xn
n ≥ n0 =⇒ < =⇒ 0 < ≤ l + ε.
n 2 n
xn xn
En conclusion, on a : lim = inf∗ .
n→+∞ n n∈N n
Exercice 2.22
Montrer que la suite réelle (n ln n)n≥1 est telle que :
√ √
lim (xn+1 − xn ) = ∞ alors que lim xn+1 − xn = 0.
n→+∞ n→+∞
alors que
s
√ √ ln(n + 1) 1 ln 1 + 1
xn+1 − xn = × q + È
n
√ .
n+1 1 + (n+1)n ln n
(n + 1) ln(n + 1) + n ln n
ln(n+1)
Donc, on a :
√ √
lim (xn+1 − xn ) = ∞ alors que lim ( xn+1 − xn ) = 0.
n→+∞ n→+∞
√
Un autre exemple de suite vérifiant les hypothèses de l’exercice est : (n n)n≥1 .
88 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Exercice 2.23
Calculer la limite, lorsque n → +∞, de la suite (xn )n≥0 de terme général :
È
xn = sin π n2 + n + 1 .
√ n2 + n + 1 − n2 1
lim n2 + n + 1 − n = lim √ 2 = .
n→+∞ n→+∞ n +n+1 + n 2
Par conséquent, on a :
π
lim xn = sin
= 1.
n→+∞ 2
Exercice 2.24
Nombre d’or
On considère la suite (xn )n≥1 définie par :
1
x1 = 1 et xn+1 = 1 + .
xn
2. La suite (x2n+1 )n≥0 est croissante et la suite (x2n+2 )n≥0 est décroissante, comme
elles sont bornées alors elles convergent, leur limite commune l vérifie :
√
1 1+ 5
l = 2− c-à-d l = .
l+1 2
Exercice 2.25
On considère la suite (xn )n≥1 de terme général
É q È √
xn = 1+ 1+ 1+ 1 + ···
où il y a n racines carrées.
Calculer : lim xn .
n→+∞
√
Pour tout n ∈ N∗ on a : xn+1 = 1 + xn . La suite (xn )n≥1 est croissante et
majorée par 2 (preuve par simple récurrence). Donc elle converge vers un nombre l
√ √
vérifiant l = 1 + l. L’unique solution positive de cette équation est l = 2 , c’est
1+ 5
le nombre d’or.
Exercice 2.26
Soit (xn )n≥0 une suite de réels positifs décroissante de limite nulle. On pose, pour tout
n∈N:
n
X
un = (−1)k xk .
k=0
|un − l| ≤ xn+1 .
1. On se propose de montrer que les suites (u2n )n≥0 et (u2n+1 )n≥0 sont adjacentes.
Comme (xn )n≥0 est décroissante alors
par suite (u2n )n≥0 est décroissante et (u2n+1 )n≥0 est croissante.
90 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
En conclusion, (u2n )n≥0 et (u2n+1 )n≥0 sont convergentes et ont la même limite l.
Donc, la suite (un )n≥0 converge vers l.
2. On distingue le cas n pair et le cas n impair.
⋄ n est pair, n = 2k, alors comme u2k+1 ≤ l ≤ u2k on déduit que
Exercice 2.27 K
Soit x un nombre réel. Montrer que :
8
n
X x + 2k < ⌊x⌋ si x ≥ 0
lim =
n→+∞
k=0
2k+1 :
⌊x⌋ − 1 si x < 0.
Par conséquent, dès que 2n+1 > |x|, alors cette somme est égale à ⌊x⌋ si x ≥ 0, et
⌊x⌋ − 1 sinon.
Exercice 2.28 K
Soient n ∈ N∗ et x un nombre irrationnel.
Montrer que
È 1 È 1
n n
I = x+ x2 − 1 + x− x2 − 1
√ 1
En posant y = x + x2 − 1 n , alors I = y + y1 . Supposons, par l’absurde, que
I est un nombre rationnel, alors comme pour tout m ∈ N∗ on a :
m+1 1 1 m 1 m−1 1
y + = y+ y + m − y +
y m+1 y y y m−1
1 √ √
yn + = x + x2 −1 + x− x2 − 1 = 2x est un rationnel.
yn
Exercice 2.29 K
Soit (xn )n≥0 une suite réelle telle que :
∀ m ∈ N∗ , lim (xn+m − xn ) = 0.
n→+∞
Exercice 2.30 K
Soit (xn )n≥0 une suite réelle bornée telle que toutes les suites extraites qui convergent
ont la même limite.
Montrer que la suite (xn )n≥0 est convergente.
Indication : utiliser le théorème de Bolzano-Weierstrass.
Si toutes les suites extraites convergentes admettent l pour limite alors il est clair
que, dans le cas où (xn )n≥0 est elle-même une suite convergente, la limite est bien
évidemment l. Supposons maintenant que (xn )n≥0 ne converge pas vers l, alors par
définition on a :
Donc, pour N = 0, il existe un entier ϕ(0) tel que : |xϕ(0) − l| > ε. De même, pour
N = ϕ(0) + 1, il existe un entier ϕ(1) tel que |xϕ(1) − l| > ε. Ainsi, de proche en
proche, on construit une application strictement croissante ϕ : N −→ N telle que :
∀ n ∈ N, x
ϕ(n) − l > ε.
Comme (xn )n≥0 est bornée alors la suite extraite (xϕ(n) )n≥0 est elle aussi bornée,
et donc par le théorème de Bolzano-Weierstrass on peut en extraire une sous-suite
(xϕ◦φ(n) )n≥0 convergente. C’est aussi une suite extraite de (xn )n≥0 et donc elle doit
converger vers l, contradiction avec :
∀ n ∈ N, x
ϕ◦φ(n) − l > ε.
Exercice 2.31 K
Valeur d’adhérence
On dit qu’un réel l est valeur d’adhérence d’une suite réelle (xn )n≥0 s’il existe une suite
extraite de (xn )n≥0 qui converge vers l.
1. Montrer qu’une suite admettant au moins deux valeurs d’adhérences distinctes est
une suite divergente.
2. Donner un exemple de suite n’admettant pas de valeur d’adhérence, et un exemple
de suite divergente admettant exactement une valeur d’adhérence.
3. Montrer qu’une suite bornée admettant exactement une valeur d’adhérence est une
suite convergente.
1. Supposons, par l’absurde, que la suite (xn )n≥0 est convergente et qu’elle admet
deux valeurs d’adhérences distinctes. Alors, il existe deux sous-suites extraites de
2.3. EXERCICES 93
(xn )n≥0 convergeant vers deux limites distinctes. Or, comme (xn )n≥0 est convergente,
alors toute sous-suite extraite converge vers la même limite de (xn )n≥0 , contradiction.
En conclusion, une suite convergente n’admet qu’une seule valeur d’adhérence.
2. La suite (xn )n≥0 définie par xn = n n’admet pas de valeur d’adhérence. La suite
(yn )n≥0 définie par yn = n2014 si n est multiple de 2014 et 0 sinon est divergente et
admet la valeur d’adhérence 0.
3. Soit l l’unique valeur d’adhérence de la suite bornée (xn )n≥0 . On se propose de
montrer que (xn )n≥0 converge vers l. On suppose, par l’absurde, que ce n’est pas le
cas, alors :
Comme dans l’exercice précédent, on construit une suite extraite de (xn )n≥0 dont
tous les termes vérifient |xn − l| > ε. Comme cette suite est bornée (car (xn )n≥0
l’est aussi), alors on peut en extraire une suite convergeant vers un réel l′ 6= l. D’où,
l’existence d’une deuxième valeur d’adhérence, contradiction.
Exercice 2.32 K
Suite de Cauchy
Une suite réelle (xn )n≥0 est dite suite de Cauchy si :
1. Montrer que toute suite réelle convergente est une suite de Cauchy.
On veut montrer, réciproquement, que toute suite de Cauchy réelle converge.
2. Montrer qu’une suite de Cauchy est bornée.
3. En déduire que la suite (xn )n≥0 est convergente (on utilisera le théorème de Bolzano-
Weierstrass).
∀ε > 0 ∃N ∈ N : n ≥ N =⇒ |xn − l| ≤ ε.
Par conséquent :
|xn − l| ≤ x − xϕ(n) + xϕ(n) − l
n ≤ 2ε.
Exercice 2.33 K
Soit (xn )n≥0 une suite réelle ou complexe telle que les suites (x2n )n≥0 , (x2n+1 )n≥0 et
(x3n )n≥0 convergent.
Montrer que la suite (xn )n≥0 est convergente. Généraliser cet énoncé.
Soient l1 et l2 les limites des suites (x2n )n≥0 et (x3n )n≥0 . Comme la sous-suite
(x6n )n≥0 est extraite de (x2n )n≥0 (resp. de (x3n )n≥0 ) alors elle converge vers l1 (resp.
l2 ). D’où, l1 = l2 par unicité de la limite.
De même, la suite (x6n+3 )n≥0 est extraite de (x2n+1 )n≥0 et de (x3n )n≥0 , qui admettent
donc la même limite l1 = l2 .
Donc, les suites (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 convergent vers la même limite, et ainsi la
suite (xn )n≥0 est convergente.
Généralisation :
Soient p, q deux entiers naturels ≥ 2 et premiers entre eux, et r ∈ J0, p−1K. Si toutes
les suites (xpn+r )n≥0 convergent, ainsi que la suite (xqn )n≥0 alors la suite (xn )n≥0 est
convergente.
Comme p ∧ q = 1, il existe des sous-suites communes à (xqn )n≥0 et (xpn+r )n≥0 pour
toute valeur de r car, d’après le théorème de Bézout, il existe une infinité de couples
d’entiers (u, v) tels que pu + r = qv.
2.3. EXERCICES 95
Exercice 2.34 K
Moyenne arithmético-géométrique
On définit deux suites réelles (an )n∈N et (bn )n∈N par :
È
an + bn
a0 = a, b0 = b, an+1 = an bn , bn+1 = , ∀ n ∈ N,
2
où a0 et b0 sont positifs.
1. Montrer que an ≤ bn pour tout n ∈ N∗ .
2. Montrer que les suites (an )n∈N∗ et (bn )n∈N∗ sont monotones.
3. Montrer que (an )n∈N et (bn )n∈N convergent vers la même limite, notée m(a, b), ap-
pellée moyenne arithmético-géométrique de a et b.
4. Montrer que
√ a+b
m(a, b) = m(b, a) = m ab, .
2
5. Montrer que si a ≤ a′ et b ≤ b′ alors on a m(a, b) ≤ m(a′ , b′ ).
6. Montrer que pour tout n ≥ 1 :
(b − a )2 (bn − an )2
0 ≤ bn+1 − an+1 = √ n √n ≤ √ .
2( bn + an )2 8 ab
bn0 −an0
7. Montrer qu’il existe n0 ∈ N∗ tel que 0 ≤ √
8 ab
< 1 et en déduire que
1. Par récurrence (très simple), on voit que les deux suites sont bien définies et
positives, de plus on a pour tout n ∈ N∗ :
1 √ È 2
bn − an = an−1 − bn−1 ≥ 0.
2
2. On a
√ È √
an+1 − an = an bn − an ≥ 0,
et
1
bn+1 − bn (an − bn ) ≤ 0.
=
2
3. Les suites (an )n≥1 et (bn )n≥1 sont monotones et bornées, alors elles convergent
vers des limites l1 et l2 respectivement. Or,
l1 + l2
lim bn+1 = l2 = d’où l1 = l2 .
n→+∞ 2
96 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
4. On a m(a, b) = m(b, a) car les suites associées ontles mêmes termes à partir du
√ a+b
rang 1. D’autre part, quand on remplace (a, b) par ab, alors on obtient
2
comme suites associées (an−1 )n≥1 et (bn−1 )n≥1 .
5. Si on a 0 ≤ a ≤ a′ et 0 ≤ b ≤ b′ , et en notant (an ), (a′n ), (bn ) et (b′n ) les suites
associées respectivement, alors on a (par récurrence) :
0 ≤ an ≤ a′n et 0 ≤ bn ≤ b′n , ∀n ∈ N.
bn0 −an0
alors il existe un entier n0 ∈ N∗ tel que 0 ≤ √
8 ab
< 1.
Maintenant, on a pour tout n > n0 :
√
ln(bn − an ) ≤ 2 ln(bn−1 − an−1 ) − ln(8 ab),
√
ln(bn−1 − an−1 ) ≤ 2 ln(bn−2 − an−2 ) − ln(8 ab),
.. ..
. .
√
ln(bn0 +1 − an0 +1 ) ≤ 2 ln(bn0 − an0 ) − ln(8 ab).
Finalement, on a
2n−n0
bn0 − an0 √
bn − an ≤ √ 8 ab.
8 ab
La convergence est donc très rapide.
2.3. EXERCICES 97
Exercice 2.35 K
Soient 0 < a ≤ b ≤ c trois réels et définissons les suites (an )n∈N , (bn )n∈N , (cn )n∈N par :
a0 = a, b0 = b, c0 = c et pour tout n ∈ N :
È
3 1 1 1 an + bn + cn
= + + , bn+1 = 3
an bn cn , cn+1 = .
an+1 an bn cn 3
Montrer que (an )n∈N et (cn )n∈N sont monotones et que les trois suites
(an )n∈N , (bn )n∈N , (cn )n∈N convergent vers la même limite.
On montre par une récurrence très simple que les trois suites existent et sont
strictement positives. D’autre part, d’après la relation entre les moyennes arithmé-
tique, géométrique et harmonique, on a pour tout n ∈ N∗ :
an + bn + cn È
3 3
≥ an bn cn ≥ .
3 1
an
+ 1
bn
+ 1
cn
Exercice 2.36 K
n
1. Montrer que, pour n ∈ N fixé, la suite des coefficients binomiaux k est croissante
n+1
lorsque k varie de 0 à 2 .
2. Montrer que la suite de terme général
1 1 1
xn =
n
+
n
+ ··· +
n
0 1 n
1. En effet, on a
n
k+1 n(n − 1) × · · · × (n − k + 1)(n − k) k! n−k
= × =
n
k
(k + 1)! n(n − 1) × · · · × (n − k + 1) k+1
et
n−k n+1
≥ 1 ⇐⇒ n − k ≥ k + 1 ⇐⇒ n ≥ 2k + 1 ⇐⇒ k + 1 ≤ .
k+1 2
2. Pour tout n ≥ 4 on a :
1 1 1 1 2 n−2
X 1
xn = 1 + + n + · · · +
n
+ +1 = 2+ + .
n 2 n−2
n n k=2 nk
98 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
n n n
D’après la première question, tous les termes 2
, 3
,··· , n−2
sont plus grands ou
n n(n−1)
égaux au terme 2
= 2
. Par conséquent :
2 n−2
X 2 2 2
2 ≤ xn ≤ 2 + + = 2 + + (n − 3) × .
n k=2 n(n − 1) n n(n − 1)
n−3
Enfin, comme lim = 0, alors par le théorème des gendarmes on conclut
n→+∞ n(n − 1)
que lim xn = 2.
n→+∞
Exercice 2.37 K
Pour n ≥ 1 on considère la fonction fn (x) := xn + xn−1 + · · · + x − 1.
1. Montrer que l’équation fn (x) = 0 admet une unique racine αn ∈ [0, 1].
2. Étudier la monotonie et la convergence de la suite (αn )n≥1 .
3. En déduire la limite lim αn .
n→+∞
4. Montrer que
1 1 1
αn = + +o n lorsque n → +∞.
2 4 · 2n 2
n+1
fn+1 (αn+1 ) = 0 ⇐⇒ αn+1 + fn (αn+1 ) = 0 =⇒ fn (αn+1 ) < 0 =⇒ αn+1 < αn .
La suite (αn )n≥1 est strictement positive et décroissante, elle est donc convergente.
3. Pour x 6= 1 on a
xn+1 − 1
fn (x) = xn + xn−1 + · · · + x − 1 = xn + xn−1 + · · · + x + 1 − 2 = − 2.
x−1
αnn+1 − 1 1 αn+1
D’où = 2 c’est-à-dire αn = + n . Par conséquent on a αn > 21 . Or
αn − 1 2 2
pour n ≥ 2 on a αn < α2 < 1. Donc, pour n ≥ 2 on a :
1 αnn+1 α2n+1
0 < αn − = ≤ .
2 2 2
1
Comme α2 < 1, on conclut que lim αn = .
n→+∞ 2
2.3. EXERCICES 99
1
4. Soit βn = αn − , alors on a ln(2βn ) = (n + 1) ln(αn ) (car αnn+1 − 2αn + 1 = 0).
2
Or, ln(αn ) = − ln(2) + ln(1 + 2βn ) et
1
ln(1 + 2βn ) ∼ 2βn = o .
n
Exercice 2.38 K
1. Montrer que l’équation tan(x) = x, d’inconnue x > 0, admet une unique solution
π
dans l’intervalle nπ, nπ + 2 notée xn .
1
2. Donner un développement asymptotique de xn à la précision n2 lorsque n → +∞.
3. Donner un développement asymptotique à 4 termes dans l’échelle (nα )α∈Z , lorsque
n → +∞, de la n-ième solution positive de l’équation
x3
tan(x) = , x ∈ R.
x2 − 1
1. la fonction f : x 7−→ tan(x)−x est dérivable, de dérivée f ′ (x) = tan2 (x) ≥ 0, sur
chaque intervalle nπ − π2 , nπ + π
2
. De plus, on a lim f (x) = ±∞. Le théorème
x→nπ± π
2
des valeurs intermédiaires et la stricte monotonie de f sur chaque intervalle montrent
qu’il existe une unique solution xn de l’équation f (x) = 0. Comme f (nπ) = −nπ <
0, on en déduit que
π
nπ < xn < nπ + .
2
xn
2. D’après l’encadrement ci-dessus, on a lim = 1, d’où xn ∼ nπ, i. e. xn =
n→+∞ nπ n∞
nπ + o(n).
⋄ Considérons la suite αn = nπ + π
2
− xn . Puisque αn ∈ 0, π2 , on a
1 1
αn = arctan(tan(αn )) = arctan(cotan(xn )) ∼ ∼ .
xn n∞ nπ
π 1 1
D’où, xn = nπ + − +o .
2 nπ n
⋄ Considérons la suite
π 1
βn = xn − nπ + − .
2 nπ
100 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
1
On a βn = o , donc lim βn = 0, d’où
n n→+∞
1 1 − xn tan 1
βn ∼ tan(βn ) = − = −
nπ
n∞ tan xn + 1
nπ
xn + tan nπ
1
1 − nπ + π
+ o(1) nπ1
+o 1
n2 1
= − 2
∼ .
nπ + o(n) n∞ 2πn2
En conclusion, on a
π 1 1 1
xn = nπ + − + +o 2 .
2 nπ 2πn 2 n
π π
3. Considérons l’application fn : nπ − , nπ + −→ R définie par fn (x) =
2 2
x3
tan(x) − . Alors, un calcul simple montre que
x2 − 1
x2 + 1
fn′ (x) 2
= tan (x) + 2 > 0, fn (nπ) < 0 et lim fn (x) = +∞.
(x − 1)2 n→nπ+ π
2
π
Donc, il existe un unique réel xn ∈ nπ, nπ + tel que fn (xn ) = 0. Puisque
2
π
xn − nπ ∈ 0, , alors on a
2
x3
yn := xn − nπ = arctan 2 n .
xn − 1
x3n π
De plus, xn ∼ nπ, donc ∼ nπ et lim yn = . On a
xn − 1
2 n→+∞ 2
π 1 1 π 1 1 π 1
yn = −arctan − 3 = − +o 2 et xn = nπ+yn = nπ+ +o .
2 xn xn 2 xn n 2 n
1 1 1 1 1 1 1
D’où, = 1− +o = − 2 + o 2 , et finalement
xn nπ 2n n nπ 2n π n
π 1 1 1
xn = nπ + − + 2 +o 2 .
2 nπ 2n π n
Exercice 2.39 K
1. Soit (xn )n≥0 une suite réelle. Montrer que :
xn
lim (xn+1 − xn ) = l ∈ [−∞, +∞] =⇒ lim = l.
n→+∞ n→+∞ n
2.3. EXERCICES 101
2. Soit (xn )n≥0 une suite réelle strictement positive. Montrer que :
xn+1 √
lim = l ∈ [0, +∞] =⇒ lim n
xn = l.
n→+∞ xn n→+∞
1. Soit
(x1 − x0 ) + (x2 − x1 ) + · · · + (xn − xn−1 )
yn =
n
alors par le théorème de Cesàro on a : lim yn = l. D’autre part, pour tout n ∈ N∗
n→+∞
on a :
xn x0 x0
yn = − et lim = 0.
n n n→+∞ n
xn
D’où, lim = l.
n→+∞ n
xn
2. Soit u1 = ln(x1 ) et pour n ≥ 2 : un = ln = ln(xn ) − ln(xn−1 ) qui a pour
xn−1
limite (finie ou infinie) l, alors
ln(xn ) u1 + u2 + · · · + un
= −→ ln(l),
n n n→+∞
donc
ln(xn ) √
e n = n
xn −→ l.
n→+∞
xn+1
donc n’a pas de limite.
xn
Exercice 2.40 K
Étudier la suite (xn )n∈N définie par
1
x0 = α ∈ C∗ , et xn+1 = (xn + |xn |) .
2
Or cos θn
2
≥ 0 car − π2 ≤ θn
2
≤ π2 , par suite
θn θn
rn+1 = rn cos et θn+1 = .
2 2
n−1
θn−1 Y θk θ0
rn = rn−1 cos = r0 cos et θk = .
2 k=0 2 2k
En conclusion
n−1
Y θ0 θ0 sin(θ0 )
rn = r0 cos et donc rn sin n = r0 .
k=0 2k+1 2 2n
D’où
sin(θ0 )
θ0 6= 0 =⇒ lim rn = r0 = lim xn ,
n→+∞ θ0 n→+∞
Exercice 2.41 K
Nombre e
1. Montrer que les suites
1 1 1
un = 1 + + ··· + et vn = un + , n≥1
1! n! n!
1
1. La suite (un )n∈N est croissante car un+1 − un = > 0, et la suite (vn )n≥1
(n + 1)!
2 1 1−n
est décroissante car vn+1 − vn = − = ≤ 0. Enfin, il est clair que
(n + 1)! n! (n + 1)!
1 1
0 ≤ vn − un = ≤ donc lim (vn − un ) = 0. Les deux suites sont adjacentes,
n! n n→+∞
leur limite commune est le nombre e.
p
2. Supposons, par l’absurde, que e = avec p et q deux entiers naturels non nuls
q
avec q ≥ 2. On a
1 1 p 1 1 1
1+ + · · · + = uq < uq+1 ≤ e = ≤ vq+1 < vq = 1 + + · · · + + .
1! q! q 1! q! q!
En multipliant par q! on obtient q!uq < eq! = p(q − 1)! < q!uq + 1. Or, q!uq =
2.3. EXERCICES 103
q! q!
q! + + · · · + , p(q − 1)! et q!uq + 1 sont des entiers, mais il n’existe pas d’entiers
1! q!
strictement compris entre deux entiers consécutifs. Donc, on a bien e ∈ R \ Q.
Exercice 2.42 K
Sous-groupes additifs de R
Soit H un sous-groupe du groupe (R, +). Montrer que ou bien :
(i) ∃ a ∈ R tel que H = a Z, ou bien
(ii) H est dense dans R.
Applications :
(1) Montrer que, pour α ∈ R, la suite (cos(nα))n∈N est soit périodique soit dense dans
[−1, 1].
α
(2) Montrer que si α, β sont des réels non nuls et ∈ R \ Q, alors α Z + β Z est un
β
sous-groupe dense de R.
(3) Montrer que l’ensemble
§ ª
a
: (a, n) ∈ Z × N
10n
par suite x < nh < y et ainsi H ∩ ]x, y[ 6= ∅ pour tout intervalle ]x, y[ non vide de
R. Par conséquent, H est dense dans R.
applications :
(1) Si α = 0, alors la suite un := (cos(nα))n∈N est constante et 1-périodique. Sup-
posons que α 6= 0, on distingue alors deux cas :
π
⋄ Cas 1 : ∈ Q
α
2π a 2πb
posons := avec (a, b) ∈ N × Z , alors un = cos n
∗ ∗
et alors la suite (un )
α b a
est a-périodique.
π
⋄ Cas 2 : 6∈ Q
α
Soit H := α Z + 2π Z = {α m + 2πn : (m, n) ∈ Z2 }. L’ensemble H est un sous-
groupe de (R, +). Supposons qu’il est de la forme a Z, alors α ∈ a Z et 2π ∈ a Z,
2π
d’où α = ap et 2π = aq avec p, q deux entiers non nuls, alors ∈ Q, absurde.
α
Par conséquent, H est dense dans R. Par continuité de cos, l’ensemble cos(H) est
dense dans l’image de R par cos, c’est-à-dire [−1, 1]. Finalement, par parité du cos
et 2π-périodicité on a (un )n∈N = cos(H), et alors cette suite est dense dans [−1, 1].
(2) Il est clair que αZ + βZ = {αm + βm′ : (m, m′ ) ∈ Z2 } est un sous-groupe de
(R, +), de plus il n’est pas réduit à {0}, donc il est soit dense soit de la forme aZ
avec a > 0. Or, si αZ + βZ = aZ avec a > 0, alors on a :
α = α × 1 + β × 0 = ap, p ∈ Z∗ ,
β = α × 0 + β × 1 = aq, q ∈ Z∗ .
α p
Par suite, en prenant le quotient, on obtient = ∈ Q, absurde. En conclusion,
β q
αZ + βZ est dense§
dans R. ª
a
(3) L’ensemble : (a, n) ∈ Z × N est un anneau (voir tome d’algèbre), on
10n
a 1 b
note D l’ensemble des éléments inversibles. Si x ∈ D, alors x = n et = m
10 x 10
avec (a, b) ∈ Z2 et (n, m) ∈ N2 . Donc, on a ab = 10n+m et ainsi a et b ne contiennent
que des 2 et 5 comme diviseurs premiers :
©
D = ± 2α 5β : (α, β) ∈ Z2 .
ln(5) ln(5) p
Or, ∈ R \ Q car sinon on aurait = avec (p, q) ∈ N∗2 et alors 5q = 2p ,
ln(2) ln(2) q
2.3. EXERCICES 105
Or, Df
est dense dans R, donc il existe t ∈ D f
tel
que |ln(x)
− t| < η, alors t =
α β
α ln(2) + β ln(5) avec (α, β) ∈ Z et |x − e | = x − 2 5 < ε. D’où, D ∩ R∗+ est
2 t
Exercice 2.43 K
Déterminer une suite simple, équivalente à la suite (un )n≥0 définie par
On pourra déterminer α ∈ R tel que uαn+1 − uαn soit convergente vers une limite non
nulle, et appliquer le théorème de Cesàro.
La suite (un )n≥0 définie par u0 ∈]0, 1] et un+1 = sin(un ) pour tout n ∈ N est
décroissante minorée (on peut vérifier par une récurrence simple qu’elle est à valeurs
réelles positives et décroissante car sin(un ) ≤ un lorsque un ≥ 0). Donc, la suite
(un )n≥0 est convergente vers un nombre réel l ∈ [0, 1]. Comme la fonction sin est
continue, alors cette limite est un point fixe de sin sur l’intervalle [0, 1], c’est-à-dire
l = 0.
1
On a lim un = 0, d’où un+1 = un − u3n + O(u5n ), par suite
n→+∞ 6
α
1 α 2
uαn+1 = uαn 1 − u2n + O(u4n ) = uαn 4
1 − un + O(un ) .
6 6
α
On a donc : uαn+1 − uαn = − u2+α + O(uα+4
n ). On choisit alors α = −2 et on a dans
6 n
ce cas :
1 1 1 1
− 2 = + O(u3n ) −−−−→ .
2
un+1 un 3 n→+∞ 3
Grâce au lemme de Cesàro, on déduit que
!!
1 n−1
X 1 1 1
lim − 2 = .
n→+∞ 2
n k=1 uk+1 uk 3
!
n−1
X 1 1 1 1
Or, − 2 = − 2 , donc on déduit que
k=1 u2k+1 uk 2
un u1
1 1 1 1
lim − 2 = .
n→+∞ n 2
un u1 3
106 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
1 1 n 1
Par conséquent, on a 2 − 2 ∼ . Finalement, comme lim 2 = +∞, alors on
un u1 3 n→+∞ un
a: r
1 n n
∼ =⇒ un ∼ .
2
un 3 3
Comme plus haut, on cherche un développment asymptotique à deux termes de
1 1
− . On a :
u2n+1 u2n
u3 u5 u2 u4
un+1 = sin un = un − n + n + o(u5n ) = un 1 − n + n + o(u4n ) .
6 120 6 120
D’où
1 1 u2n u4n 4 1 1 1 u2n 2 u2n 1
= 2 1+ + + o(un ) =⇒ 2 − 2 − = + o(un ) ∼ ∼ .
u2n+1 un 3 15 un+1 un 3 15 15 5n
et −1
n log n
u2n = + + o(log n) .
3 5
En conclusion, on a :
Ê √
3 3 3 log n log n
un = − √ + o √ .
n 10 n n n n
Exercice 2.44 K
Soit f : [a, b] −→ [a, b] une fonction 1-lipschitzienne, c’est-à-dire :
xn + f (xn )
x0 ∈ [a, b] et xn+1 = , ∀ n ≥ 0.
2
y − x f (y) − f (x)
g(y) − g(x) = +
2 2
y−x 1
≥ + (x − y), car f (x) − f (y) ≤ |f (y) − f (x)| ≤ |y − x|
2 2
≥ 0.
• g([a, b]) ⊂ [a, b] car g(a) = a+f2(a) ∈ [a, b] puisque f (a) ∈ [a, b] et
g(b) = b+f2(b) ∈ [a, b] puisque f (b) ∈ [a, b].
Donc, la suite (xn )n≥0 est bien définie, bornée et monotone. Elle est convergente vers
une limite l ∈ [a, b] qui vérifie l = g(l). En conclusion, la suite (xn )n≥0 converge vers
un point fixe de f .
Exercice 2.45 K
Soient a ∈ C∗ et (xn )n∈N la suite définie par x0 ∈ C et
1 a
xn+1 = xn + , ∀ n ∈ N.
2 xn
2. Dans le cas où la suite (xn )n∈N est bien définie, étudier sa convergence.
1. Il est clair que, pour n ∈ N∗ , le terme xn est défini si, et seulement si xn−1 6= 0.
Si n = 1, alors x1 est bien défini si et seulement si x0 6= 0.
Si n = 2, alors x2 est bien défini si et seulement si x1 6= 0, c’est-à-dire si et seulement
si x0 6= ±il.
On voit alors qu’on obtient des multiples réels du terme il. Plus précisément, pour
tout z ∈ C∗ :
1 1
z+ = ial, (a ∈ R) ⇐⇒ z = ibl, (b ∈ R)
2 z
b2 − 1
avec en plus la relation : a = .
2b
Donc, si x0 = ibl, alors xn = ibn l avec la suite (bn )n∈N est définie par b0 = b et
b2 − 1
bn+1 = n pour n ∈ N. En posant b = cotan(θ), alors par récurrence on obtient
2bn
que bn = cotan (2n θ), donc la suite (xn )n∈N n’est pas définie si et seulement si θ est
kπ
de la forme n avec n ∈ N et k ∈ Z.
2
108 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
2. On suppose dans la suite que la suite (xn )n∈N est bien définie.
Si x0 = ±l, alors la suite (xn )n∈N est stationnaire, et donc elle est convergente (et
sa limite est x0 ).
(xn ± l)2
Si x0 6= ±l, alors xn 6= ±l pour tout n ∈ N et on a en plus : xn+1 ± l = .
2
2xn
xn+1 − l xn − l
D’où, il résulte que : = et par récurrence :
xn+1 + l xn + l
2n
xn − l x0 − l
= , ∀ n ∈ N.
xn + l x0 + l
xn − l y −1 + 1
Si on pose yn = , alors xn = l × n−1 , et par conséquent :
xn + l yn − 1
⋄ Si |x0 − l| < |x0 + l| on a lim yn = 0 et lim xn = l.
n→+∞ n→+∞
⋄ Si |x0 − l| > |x0 + l|, alors lim |yn | = +∞ et lim xn = −l.
n→+∞ n→+∞
⋄ Si |x0 − l| = |x0 + l|, alors l’image (dans le plan complexe) de x0 est située sur
la médiatrice de [−l, l] (qui est dirigée par le vecteur d’affixe il). Donc, x0 est un
multiple réel de il (et alors tous les xn le sont d’après ce qui précéde). En conclusion,
la suite (xn )n∈N est divergente dans ce cas.
Conclusion : si x0 est à égale distance des deux racines carrées de a, alors la suite
(xn )n∈N est non définie ou divergente. Sinon, elle converge vers la racine carrée de a
qui est la plus proche de x0 .
Exercice 2.46 K
1. Soit (an )n∈N une suite réelle bornée. On suppose qu’une suite extraite quelconque
de (an )n∈N converge vers l ∈ R, montrer que lim an = l.
n→+∞
2. Application : on considère la suite (xn )n∈N définie par x0 ≥ 0 et la relation de
récurrence
1
xn = 1+ sin(xn−1 ), ∀ n ∈ N∗ .
n
(a) Montrer que V , ensemble des limites des suites extraites de (xn )n∈N , est non vide.
(b) Montrer que : l ∈ V =⇒ arcsin(l) ∈ V .
(c) En déduire que lim xn = 0.
n→+∞
1. Montrons ce résultat par l’absurde. Si (an )n∈N ne converge pas vers l alors :
Donc, l’ensemble O := {n : |an −l| > ε} est infini, ainsi on peut considérer la suite
extraite (bn )n∈N de (an )n∈N comme suit : (bn )n∈N = (an )n∈O . On a alors : |bn − l| > ε
pour tout n ∈ N. La suite (bn )n∈N est aussi bornée, donc on peut en extraire une
suite convergente (cn )n∈N , cette nouvelle suite est également extraite de (an )n∈N et
2.3. EXERCICES 109
donc par hypothèse sa limite est égale à l. Contradiction avec |cn − l| > ε pour tout
n ∈ N. En conclusion, on a bien lim an = l.
n→+∞
2. (a) La suite (xn )n∈N est bornée, car |xn | ≤ 2 pour tout n ∈ N∗ , et alors d’après le
théorème de Bolzano-Weierstrass l’ensemble V est non vide.
(b) Soit l ∈ V , et considérons (xϕ(n) )n suite extraite convergeant vers l. Pour tout
n ∈ N∗ on a :
sin xϕ(n)−1 1
sin xϕ(n)−1 = xϕ(n) − = xϕ(n) + O .
ϕ(n) ϕ(n)
Comme lim ϕ(n) = +∞, alors lim sin xϕ(n)−1 = l. Par suite l ∈ [0, 1] et comme
n→+∞ n→+∞
3 π
|xn | ≤ ≤ pour tout n ≥ 2, alors il résulte que lim xϕ(n)−1 = arcsin(l). En
2 2 n→+∞
conclusion, arcsin(l) ∈ V .
(c) Si on montre que V = {0} alors par la première question on peut déduire
que lim xn = 0. Supposons donc, par l’absurde, qu’il existe un élément l0 > 0
n→+∞
appartenant à V . Alors, on peut définir une suite (ln )n∈N d’éléments de V vérifiant
la relation de récurrence ln+1 = arcsin(ln ). Cette suite est croissante et majorée (car
arcsin(x) ≥ x sur [0, 1]), donc elle converge vers une limite L vérifiant :
0 < l0 ≤ L ≤ 1 et L = arcsin(L).
Or, l’unique solution, dans [0, 1], de l’équation arcsin(x) = x est 0, donc L = 0,
contradiction. En conclusion, on a bien : lim xn = 0.
n→+∞
Exercice 2.47 K
Soit (zn )n≥0 une suite de nombres complexes.
1. Montrer que si (zn )n≥0 est bornée, alors elle admet une sous-suite convergente.
2. On suppose que, pour tout (p, q) ∈ N2 :
p 6= q =⇒ |zp − zq | ≥ 1.
2. Supposons, par l’absurde, que la suite (|zn |)n≥0 ne tend pas vers l’infini, alors :
On peut alors construire une sous-suite (zθ(n) )n≥0 de (zn )n≥0 bornée par M. Donc,
par la question précédente, on peut extraire une sous-suite, notée (zθ(nk ) )k≥0, qui
converge vers une limite l. Par suite :
lim zθ(nk+1 ) − zθ(nk ) = 0 et lim zθ(nk+1 ) − zθ(nk ) = 0.
k→+∞ k→+∞
Contradiction
avec
le fait que pour tout k ∈ N si θ(nk ) 6= θ(nk+1 ), alors on a :
zθ(nk+1 ) − zθ(nk ) ≥ 1. En conclusion on a montré que : lim |zn | = +∞.
n→+∞
Exercice 2.48 K
Limite supérieure. Limite inférieure
Soit (un )n≥0 une suite bornée. On définit les suites (vn )n≥0 et (wn )n≥0 par :
1. Montrer que (vn )n≥0 (resp. (wn )n≥0 ) est décroissante (resp. croissante) et que pour
tout n ∈ N :
wn ≤ un ≤ vn .
lim sup(un ) = lim vn = inf(vn )n≥0 et lim inf (un ) = lim wn = sup(wn )n≥0 .
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞
Ces nombres sont appelés limite supérieure et limite inférieure de la suite (un )n≥0 .
3. Montrer que la suite (un )n≥0 est convergente si, et seulement si :
1. Comme la suite (un )n≥0 est bornée, alors l’ensemble {uk : k ≥ n} est non vide,
majoré, et minoré. Par suite, les suites (vn )n≥0 et (wn )n≥0 sont bien définies. Soit
n ∈ N, alors l’inclusion suivante est claire :
Finalement, comme les suites (vn )n≥0 et (wn )n≥0 sont monotones et bornées, alors
elles convergent et on a en plus :
lim sup(un ) = lim vn = inf(vn )n≥0 et lim inf (un ) = lim wn = sup(wn )n≥0 .
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞
n ≥ N =⇒ {uk : k ≥ n} ⊂ [l − ε, l + ε] =⇒ l − ε ≤ wn ≤ vn ≤ l + ε.
Exercice 2.49 K
Soient m ∈ N∗ et (xn )n≥0 une suite réelle. Montrer que :
x2m 2m 2m
1 + x2 + · · · + xn x1 + x2 + · · · + xn
lim = 0 =⇒ lim = 0.
n→+∞ n n→+∞ n
Par suite
s
x1 + x2 + · · · + xn 2m 1 + x2 + · · · + xn
x2m 2m 2m
≤ .
n n
Donc
x1 + x2 + · · · + xn
lim = 0
n→+∞ n
alors que
x21 + x22 + · · · + x2n
lim = 1.
n→+∞ n
Exercice 2.50 K
Montrer que la suite (xn )n≥1 de terme général
É q È
√
xn = 1+ 2+ 3 + ··· + n
est convergente.
la suite (xn )n≥1 est clairement croissante, il nous suffit de montrer qu’elle est
√
bornée pour déduire qu’elle est convergente. On met 2 en facteur, alors on déduit
que :
Ì
s Ê r
√ 3 1 n 2
xn = 2 × +
+···+ +
8 2 2n 4
É q
√ È √
< 2 × 1+ 1+ 1+···+ 1 .
É q È √
On pose yn = 1+ 1+ 1+···+ 1 (avec n radicaux), alors
√
yn+1 = 1 + yn
yn < 2, ∀ n ∈ N∗ .
√
Par conséquent, on a : xn < 2 2 pour tout n ∈ N∗ . En conclusion, (xn )n≥1 est une
suite convergente.
2.3. EXERCICES 113
Exercice 2.51 KK
Formule de Viète
1. Montrer, pour x 6= 0, que :
x x x sin(x)
lim cos × cos 2 × · · · × cos n = .
n→+∞ 2 2 2 x
1. En effet, on a
n x
x
x
x
sin(x) = 2 × cos × cos 2 × · · · × cos n × sin n .
2 2 2 2
D’où
x
x
x sin(x) sin(x) x
2n
cos × cos 2 × · · · × cos n = = × .
2 2 2 2n sin 2xn x sin 2xn
sin x
2n
Finalement, comme lim x = 1, alors on en déduit que :
n→+∞
2n
x
x
x sin(x)
lim cos × cos 2 × · · · × cos n = .
n→+∞ 2 2 2 x
π
2. D’après la question ci-dessus, et en prenant x = , on a :
2
2 π
π
π
= lim cos × cos × · · · × cos n+1 .
π n→+∞ 4 8 2
1 È
Or, comme cos π
4
= √ et cos x2 = 12 + 12 cos(x), on conclut que :
2
Ì
Ê s Ê s Ê
2 1 1 1 1 1 1 1 1 1
= × + × + + ×···
π 2 2 2 2 2 2 2 2 2
114 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Exercice 2.52 KK
Pour n ≥ 2 on considère les suites (xn )n≥2 et (yn )n≥2 définies par
n
Y π π
xn = cos et yn = xn cos .
k=2
2k 2n
1. Montrer que les suites (xn )n≥2 et (yn )n≥2 sont adjacentes et trouver leur limite
commune l.
2. Montrer que pour tout n ≥ 2 :
π2
0 ≤ xn − l ≤ .
22n+1
1. La suite (xn )n≥2 est décroissante : en effet pour tout n ≥ 2 on a : 0 ≤ cos 2πn ≤ 1
et pour n ≥ 3 on a : xn = xn−1 cos 2πn , d’où 0 ≤ xn ≤ 1 et (xn )n≥2 est décroissante.
La suite (yn )n≥2 est croissante : en effet pour tout n ≥ 2 on a
Or, on sait que pour tout x ∈ R : cos2 x−cos 2x = sin2 x et par suite cos2 x−cos 2x ≥
0, en utilisant cette inégalité pour x = 2n+1π
on déduit que la suite (yn )n≥2 est
croissante.
Enfin, lim (xn − yn ) = 0 : en effet on a : xn − yn = xn 1 − cos 2πn qui est le
n→+∞
produit d’une suite bornée et d’une suite convergeant vers 0, par conséquent on a
bien lim (xn − yn ) = 0.
n→+∞
En conclusion, les suites (xn )n≥2 et (yn )n≥2 sont adjacentes, elles convergent vers la
même limite l. Montrons que l = π2 .
Considérons, pour n ≥ 2, la suite (zn )n≥2 définie par : zn = xn sin 2πn . Alors la suite
(zn )n≥2 est une suite géométrique de raison 12 et de premier terme z2 = 21 . En effet,
pour n ≥ 2 on a :
1
car sin 2X = 2 sin X cos X. Donc, zn = pour tout n ≥ 2, or on a :
2n−1
1
zn 2n−1 2
xn = = ∼ .
sin 2πn sin 2πn π
2
En conclusion, on a : lim xn = lim yn = .
n→+∞ n→+∞ π
2.3. EXERCICES 115
2. La limite l des suites adjacentes (xn )n≥2 et (yn )n≥2 est la borne supérieure de
(yn )n≥2 et la borne inférieure de (xn )n≥2 . Donc, pour tout n ≥ 2 on a :
π
0 ≤ xn − l ≤ xn − yn ≤ xn 1 − cos .
2n
x2
Or, pour tout x ∈ R on a : | cos x−1| ≤ (relation qu’on peut établir par une étude
2
de fonction, ou grâce à l’inégalité de Taylor-Lagrange au point 0). Par conséquent :
π2
0 ≤ xn − l ≤ .
22n+1
Exercice 2.53 KK
Calcul de π
méthode d’archimède
On considère un polygone de rayon 1 et on note, pour n ≥ 1, xn le demi-périmètre du
an + bn È
an+1 = , et bn+1 = an+1 bn .
2
2. Montrer que (an )n≥1 et (bn )n≥1 sont deux suites adjacentes et que
n
π 1
bn − an ∼ .
+∞ 2 4
1 1
3. Montrer que les suites un = et vn = ont pour limite commune π et que
2an 2bn
n √
1 π3 2
0 < un − vn < .
4 2
méthode d’archimède
2π
1. Comme A
Û
k+1 OAk = , alors le côté Ak Ak+1 du polygone régulier inscrit à 2n
2n
116 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
π
π π
côtés a pour longueur 2 sin n , et donc xn = 2n sin n . Comme lim n = 0,
2 2 n→+∞ 2
π π
alors sin n ∼ n et par conséquent
2 +∞ 2
lim xn = π.
n→+∞
Ak+1
b
b
b
Ak
b
π3
on déduit que π − xn ∼ . On va montrer qu’on peut améliorer ce résultat
+∞ 6 × 4n
π3 x3
en une majoration 0 < π − xn < , en effet on a x − < sin x < x pour
6 × 4n 6
x ∈ 0, π2 , cette relation est obtenue grâce à la formule de Taylor avec reste intégral :
x3 Z x (x − t)3
sin x = x − + sin t dt.
6 0 6
remarques :
(1) Pour avoir une approximation de π à 10−50 près (par exemple), il suffit de trouver
π3 π3
n tel que < 10 −50
, c’est-à-dire 4 n
> × 1050 .
6 × 4n 6
xn−1 π
(2) En posant, yn := , alors on a yn = cos n . Or
xn 2
π 2
π
cos n = 2 cos − 1,
2 2n+1
√ Ê
2 1 + yn
donc yn = 2yn+1
2
− 1, ce qui donne y2 = et yn+1 = pour n ≥ 2. On
2 2
peut poser, par convention, y1 = 0 pour commencer la récurrence au rang 1. Cette
technique nous permet donc de calculer les xn uniquement à l’aide d’opérations
2.3. EXERCICES 117
On a
an + bn cos 2πn + 1 2 cos2 2n+1
π
1
= n+2 = = = an+1 .
2 2 sin 2nπ
2 n+3 sin 2n+1 cos 2n+1
π π
2 n+2 tan 2n+1
π
cos 2n+1
π
cos π
2n+1
an+1 bn = =
π
2n+2 sin π
2n+1
2n+1 sin π
2n 22n+4 sin π
sin cos π
2n+1
2n+1 2n+1
!2
1
= = b2n+1 .
2n+2 sin 2n+1
π
2. On a
⋆ an < bn pour tout n ≥ 2 car tan(x) > sin(x) pour x ∈ 0, π2 ,
⋆ (an )n≥1 est croissante car an+1 − an = bn −a
2
n
> 0,
2
⋆ (bn )n≥1 est décroissante car bn+1bn
= an+1
bn
< bn+1
bn
.
Donc, les suites (an )n≥1 et (bn )n≥1 sont adjacentes et convergent vers la même limite
l= 1
2π
. De plus, on a
2
n
1 − cos 2π
2 sin
π
1 π π
1
bn − an = n
=
n = n+1 tan n ∼ .
2n+1 sin πn 2n+2 sin πn cos πn 2 2 +∞ 2 4
1 1
3. Les suites un = et vn = sont adjacentes (vérification immédiate : un < vn ,
2an 2bn
(un ) est décroissante, alors que (vn ) est croissante) et ont π pour limite commune.
On a
n π
π
π 1 − cos 2πn
0 < un − vn = 2 tan n − sin n = 2n sin n
2 2 2 cos 2πn
2
π 2 sin 2n+1
π
= 2n sin n .
2 cos 2πn
118 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
√
Or, pour n ≥ 2, on a cos π
2n
≥ cos π
4
= 2
2
, donc
2
π 2 sin 2n+1
π √ π π2
2n sin n ≤ 2 × 2n+1 × × ,
2 cos 2πn 2n 22n+2
et par conséquent √
n
1 π3 2
0 < un − vn < .
4 2
Exercice 2.54 KK
Montrer que l’ensemble {cos(ln(n)) : n ∈ N∗ } est dense dans [−1, 1].
et donc
Exercice 2.55 KK
Soit θ ∈ R, étudier la convergence des suites :
1. (cos(nθ))n≥0 ,
2. (sin(nθ))n≥0 .
1 1
− = − cos(θ) − λ sin(θ).
2 2
−1
λ = 2λ × = −λ =⇒ λ = 0.
2
relation trigonométrique :
alors la suite (cos(n(2θ))n≥0 est aussi convergente. Or, d’après la première question
on doit avoir 2θ ∈ 2π Z. Donc, θ ∈ π Z et la suite (sin(nθ))n≥0 est constante égale
à 0.
En conclusion, la suite (sin(nθ))n≥0 est convergente si, et seulement si, θ ∈ π Z.
Exercice 2.56 KK
Théorème de Toeplitz
1. théorème de toeplitz : soient (an )n≥1 une suite réelle convergente et
(cn,k )k∈J1,nK,n≥1 une famille de nombres réels telle que :
n
X
(i) lim cn,k = 0, ∀ k ∈ N∗ ; (ii) lim cn,k = 1 ;
n→+∞ n→+∞
k=1
n
X
(iii) ∃ c > 0 : ∀ n ∈ N∗ , |cn,k | ≤ c.
k=1
Montrer que : !
n
X
lim cn,k ak = lim an .
n→+∞ n→+∞
k=1
2. application 1 : Soient (an )n≥1 et (bn )n≥1 deux suites telles que :
Montrer que :
a1 b1 + a2 b2 + · · · + an bn
lim = l.
n→+∞ b1 + b2 + · · · + bn
3. application 2 : théorème de stolz-cesàro. Soient (xn )n≥1 et (yn )n≥1 deux
suites telles que :
xn − xn−1
(i) (yn )n≥1 strictement croissante et lim yn = +∞ ; (ii) lim = l.
n→+∞ n→+∞ yn − yn−1
Montrer que :
xn
lim = l.
n→+∞ yn
4. application 3 : soit f : R −→ R une fonction continue. Montrer que
Z Z
1 1
f (x + n) dx convergente =⇒ f (nx) dx convergente.
0 n≥1 0 n≥1
2.3. EXERCICES 121
Il suffit donc de prendre la suite (an )n≥1 telle que lim an = 0 (quitte à prendre
n→+∞
an − l si an tend vers l 6= 0). Par l’inégalité triangulaire, on a pour tout N > 1 et
n≥N :
Xn N
X −1 n
X
cn,k ak ≤ |cn,k | |ak | + |cn,k | |ak |. (∗)
k=1 k=1 k=N
ε
n ≥ N1 =⇒ |an | < .
2c
bk
cn,k = .
b1 + b2 + · · · + bn
3. Pour n ≥ 2, on pose :
xn − xn−1
an := et bn := yn − yn−1 .
yn − yn−1
xn
lim = l.
n→+∞ yn
122 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
f (nx) dx = 0
:= avec xn = f (t) dt, yn = n.
0 n yn 0
xn+1 − xn
Or (yn )n≥1 est une suite strictement croissante et tend vers +∞, de plus
yn+1 − yn
converge car :
Z n+1 Z n
= 0 0
= f (t) dt = f (x + n) dx.
yn+1 − yn (n + 1) − n n 0
Z 1
Exercice 2.57 KK
Soit (xn )n∈N une suite réelle telle que xn > −1 pour tout n ∈ N.
1. Montrer que
xn n
lim xn = l ∈ R =⇒ 1+ ∼ exn .
n→+∞ n +∞
xn xn n
lim √ = 0 =⇒ 1+ ∼ exn .
n→+∞ n n +∞
2. Montrer que
3. En déduire que
n
xn xn
1+ ∼ exn ⇐⇒ lim √ = 0.
n +∞ n→+∞ n
xn xn
1. Si lim xn = l ou lim √ = 0, alors on a lim = 0, et par suite :
n→+∞ n→+∞ n n→+∞ n
xn xn x2 x2 x2 x2
xn − n ln 1 + = xn − n − n2 + o n2 = n +o n −→ 0,
n n 2n n 2n n n→∞
Par conséquent, en utilisant un développement limité de ln 1 + xn
n
on obtient que
xn x2n x
xn − n ln 1 + ∼ et donc √n −→ 0.
n n→∞ 2n n n→∞
Exercice 2.58 KK
1. Donner un exemple d’une suite réelle bornée mais non convergente.
2. Montrer que
8
<(xn )n≥0 est bornée,
xn + xn+1 =⇒ (xn )n≥0 est convergente.
:
xn+2 ≤ ∀n ≥ 0,
2
1. Il suffit de considérer la suite xn = (−1)n , elle est bornée mais non convergente.
2. On commence par montrer que la suite Xn := max{xn , xn+1 } est décroissante
minorée, donc convergente vers une limite l. Il est clair que (Xn )n≥0 est minorée car
(xn )n≥0 est bornée, d’autre part (Xn )n≥0 est décroissante car
2 × max{xn , xn+1 }
xn+2 ≤ = Xn ,
2
xn ≤ Xn < l + ε.
Donc, Xn+2 < l, ce qui est une contradiction. En conclusion, on a montré que :
Exercice 2.59 KK
Suites et équations fonctionnelles
1. Montrer qu’il existe une unique fonction f : [0, +∞[−→ [0, +∞[ telle que
xn = α × 2n + β × (−3)n , ∀ n ≥ 0.
Or, si β > 0 (resp. β < 0) et en prenant n impair (resp. pair) et assez grand, alors
on déduit d’après l’égalité ci-dessus que xn < 0, absurde. Donc, β = 0 et x1 =
f (x) = 2x0 = 2x. D’où, f (x) = 2x, et réciproquement la fonction f (x) = 2x vérifie
2.3. EXERCICES 125
Fixons x0 ∈ [0, 1] et définissons une suite (xn )n≥0 par xn+1 = f (xn ) pour tout n ≥ 0.
D’après l’égalité ci-dessus, et en choisissant x = xn−1 on déduit que
3
x0 ∈ R+ , xn+1 = x2n + , ∀ n ≥ 0.
16
Alors, la suite (f (xn ))n≥0 est constante. Si la suite (xn )n≥0 est convergente alors sa
limite est un point fixe de l’application g : x 7−→ x2 + 3
16
, c’est-à-dire 1
4
ou 43 . Une
étude simple de la fonction x 7−→ g(x) − x montre que
1 3 1 3
g(x) ≥ x ⇐⇒ x ∈ 0, ∪ , +∞ et g(x) ≤ x ⇐⇒ x ∈ , .
4 4 4 4
• Si x0 ∈ 0, 14 :
la suite (xn )n≥0 est croissante et bornée, donc elle converge, et sa limite est 14 .
• Si x0 ∈ 14 , 34 :
la suite (xn )n≥0 est décroissante et bornée, donc elle est convergente, sa limite est 41
car x0 < 34 . Donc, pour x0 = x ∈ 0, 34 , on a f (x) = f (xn ) pour tout n ∈ N. D’où,
à la limite, on obtient f (x) = f 14 , par suite f est constante sur l’intervalle 0, 34 .
• Si x0 ∈ 34 , +∞ :
la suite (xn )n≥0 est divergente. La fonction g est une bijection de 34 , +∞ sur lui-
même, on définit alors la suite (yn )n≥0 par
3
y0 = x ∈ , +∞ , yn+1 = g −1(yn ), ∀ n ≥ 0.
4
126 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
La suite (yn )n≥0 est monotone car la fonction g −1 est croissante sur 34 , +∞ . On
a g −1(x) ≤ x sur l’intervalle 34 , +∞ (car les représentations de x 7−→ g(x) − x et
x 7−→ g −1 (x) − x sont symétriques par rapport à la première bissectrice). La suite
(yn )n≥0 est décroissante minorée, donc elle est convergente, la limite est 43 car les
points fixes de g et g −1 sont les mêmes. Par conséquent, comme ci-dessus, la fonction
f est constante sur l’intervalle 34 , +∞ , et ainsi constante sur tout R+ .
Réciproquement, les fonctions constantes vérifients clairement f (x) = f x2 + 16 3
.
Exercice 2.60 KK
Équation de Kepler
Soient ε ∈]0, 1[ et a ∈ R et considérons l’équation de Kepler
x − ε sin(x) = a.
2. On admet que la suite (xn )n≥0 converge vers une limite l. Montrer que l est l’unique
solution de l’équation de Kepler.
1. On a
Or
|x0 − xp | = ε| sin(xp−1 )| ≤ ε et |x1 − xp+1 | ≤ ε × ε = ε2 ,
d’où
ln(η)
n≥ =⇒ |xn−1 − xn+p−1 | ≤ εn < η.
ln(ε)
2. La limite l vérifie l − ε sin(l) = a. Montrons l’unicité de la solution de l’équation
de Kepler, pour cela on suppose par l’absurde qu’elle admet deux solutions l1 et l2 ,
2.3. EXERCICES 127
alors on a
l1 − l2
l1 + l2
|l1 − l2 | = ε| sin(l1 ) − sin(l2 )| = 2ε sin × cos
2 2
l1 − l2
≤ 2ε sin
2
l1 − l2
< 2 = |l1 − l2 |.
2
Exercice 2.61 KK
Soient f et g deux éléments de C([0, 1], R∗+ ). Montrer que la suite
Z 1
xn+1
où xn = f ng
xn n≥0 0
xn+1
On va montrer, successivement, que la suite est croissante, majorée,
xn n≥0
et que sa limite est égale à sup f (x).
x∈[0,1]
Z 1
xn+1 xn+2
D’où, x2n+1 ≤ xn xn+2 , c’est-à-dire ≤ , ce qui montre la croissance de la
xn xn+1
suite en question.
⋄ Soit M := sup f (x) (qui existe car f est continue sur le segment [0, 1] et M > 0),
x∈[0,1]
alors on a pour tout n ∈ N :
Z 1
xn+1 ≤ M f ng = Mxn .
0
xn+1
Par conséquent, la suite est majorée par M.
xn n≥0
⋄ D’après ce qui précède, la suite
en
question est convergente, notons l sa limite.
xn+1
On sait alors que la suite ln converge vers ln(l). D’après le lemme de
xn n≥0
128 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
ln(xn ) √
Donc, lim = ln(l), par suite lim n xn = l. Comme xn+1 ≤ Mxn (voir
n→+∞ n n→+∞
ci-dessus), alors on déduit que :
Z 1 Z 1
n √ 1 n
xn ≤ M g et n
xn ≤ M g .
0 0
Par suite, en passant à la limite on conclut que : l ≤ M. Maintenant, soit ε > 0 tel
que M − ε > 0, comme f est continue sur [0, 1], il existe un intervalle [a, b] (non
réduit à un point) tel que :
Z b Z b Z 1
n n √ b n
xn ≥ f g ≥ (M − ε) g et n
xn ≥ (M − ε) g .
a a a
Exercice 2.62 KK
Calculer lim xn où la suite (xn )n≥1 est donnée par :
n→+∞
n
n X n2
xn = − .
2 k=1 (n + k)2
On a :
1 1X n
1
xn = n −
2 n k=1 1 + k 2
n
Z 1 !
1 n
X k 1
= n f (t) dt − f où f (t) = ,
0 n k=1 n (1 + t)2
Z !
n−1
X
k+1
n 1 k
= f (0) − f (1) + n f (t) dt − f .
k=0
k
n
n n
2.3. EXERCICES 129
Z x
La fonction x 7−→ F (x) := f (t) dt est de classe C 2 , on peut donc lui appliquer la
0
k k+1
formule de Taylor-Lagrange entre et pour obtenir :
n n
k k+1 k+1 k 1 k 1
∀ k ∈ J1, n−1K, ∃ ξk,n ∈ , :F =F + F′ + 2 F ′′ (ξk,n ).
n n n n n n 2n
1 n−1
X
xn = f (0) − f (1) + f ′ (ξk,n ).
2n k=0
1 n−1
X
On reconnaît dans le terme f ′ (ξk,n ) une somme de Riemann relative à la fonc-
n k=0
tion f ′ sur l’intervalle [0, 1], par suite on conclut que :
1Z 1 ′ f (0) − f (1) 3
lim xn = f (0) − f (1) + f (t) dt = = .
n→+∞ 2 0 2 8
Exercice 2.63 KK
Montrer l’existence d’une suite (xn )n≥0 de limite nulle et telle que pour tout n ∈ N et
pour tout x ∈ R :
On a :
√
| sin(x) × sin(2x)| = f (| sin(x)|) avec f (x) = 2x2 1 − x2 , x ∈ [0, 1]
Ê !
2 4
≤ max |f (x)| = f = √ .
x∈[0,1] 3 3 3
k
4
En conclusion, la suite xn = √ si n = 2k ou n = 2k − 1 répond bien à la
3 3
question.
Exercice 2.64 KK
Accélération de la convergence
Soit (un )n≥0 une suite réelle convergeant vers l ∈ R. Supposons que un − l admet un
développement asymptotique de la forme :
un − l = αkn + O(mn )
avec α, k, m des nombres réels non nuls avec |m| < |k| < 1.
1. méthode de richardson
On pose
un+1 − kun
vn := .
1−k
Montrer que (vn )n≥1 converge vers l plus rapidement que (un )n≥0 .
2. méthode d’Aitken
On pose
un+1 − βn un un+1 − un
wn := avec βn := , n ≥ 2.
1 − βn un − un−1
Montrer que (wn )n≥2 converge vers l plus rapidement que (un )n≥0 .
1. On a
(un+1 − l) − k(un − l)
vn − l =
1−k
(αk n+1 + O(mn+1 )) − k(αk n + O(mn ))
=
1−k
n
= O(m ),
et par suite (vn )n≥1 converge vers l plus rapidement que (un )n≥0 .
2. La suite (βn )n≥2 converge vers k car
Maintenant, pour n ≥ 2 on a :
(un+1 − l) − βn (un − l)
wn − l =
1 − βn
n
λk n+1
+ O(mn ) − k + O m k
(λk n + O(mn ))
=
1 − k + o(1)
= O(mn ).
Donc, la suite (wn )n≥2 converge vers l plus rapidement que la suite (un )n≥0 .
Exercice 2.65 KK
Point attractif, point répulsif
Soient I un intervalle de R et f : I −→ R une application de classe C 1 .
1. Montrer que si I = [a, b], alors f admet au moins un point fixe dans I.
2. point attractif : On suppose que f admet un unique point fixe λ ∈ I, et on
définit la suite (xn )n∈N par x0 ∈ I et xn+1 = f (xn ) pour tout n ∈ N. On désigne par
V(x0 ) l’ensemble des voisinages de x0 . Montrer que :
3. point répulsif : Montrer que si |f ′ (λ)| > 1, alors la suite (xn )n∈N ne peut converger
que dans le cas où pour un entier i : xi = λ. Que peut-on dire de plus si f est supposée
strictement monotone ?
applications :
4. Étudier la suite définie par x0 ∈]0, 1[ et xn+1 = 1 − x2n pour n ≥ 0.
5. Soit α ∈ 0, π2 un nombre réel et considérons la suite (xn )n≥0 définie par
(a) Étudier la convergence de la suite (xn )n≥0 dans le cas α ∈]0, 1].
(b) Étudier la monotonie et la convergence de la suite (xn )n≥0 dans le cas α ∈ 1, π2 .
1 + |f ′ (λ)|
∀ x ∈ I ∩ [λ − α, λ + α] : |f ′ (x)| ≤ .
2
132 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
1 + |f ′ (λ)|
|f (x) − f (λ)| ≤ |x − λ| ≤ |x − λ|.
2
1+|f ′ (λ)|
et comme 2
< 1, alors lim xn = λ.
n→+∞
3. Si |f (λ)| > 1, alors par continuité de f ′ il existe α > 0 tel que pour tout
′
et alors
|xn − λ| ≥ |xn−1 − λ| ≥ ··· ≥ |xN − λ|.
les suite extraites de rang pair et impair sont convergentes, i. e. x2n = f 2 (x2n−2 ) et
x2n+1 = f 2 (x2n−1 ) sont convergentes. On a f 2 (x) = 1−(1−x2 )2 = 2x2 −x4 , les points
fixes sont racines de l’équation x4 − 2x2 + x = 0, c’est-à-dire x(x − 1)(x2 + x − 1) = 0.
Les racines dans [0, 1] sont 0 et 1. Maintenant, on a (f 2 )′ (λ) = f ′ (λ)f ′(f (λ)) =
f ′ (λ)2 > 1 (où λ est 0 ou 1). On conclut que les deux suites ont pour limites
respectives 0 et 1.
5. Remarquons que, pour tout α ∈ 0, π2 on a (xn )n≥0 ⊂]0, 1] pour tout n ∈ N.
(a) On a xn+1 = sin(αxn ) ≤ αxn ≤ xn , donc (xn )n≥0 est décroissante minorée, donc
convergente vers une limite l ∈ [0, 1] vérifiant l = sin(αl). Or, si l > 0 alors on a
l = sin(αl) < αl ≤ l, absurde. D’où, l = 0.
(b) Pour α ∈ 1, π2 la fonction fα (x) := sin(αx) est strictement croissante, d’où
la suite (xn )n∈N est monotone bornée donc convergente. Une étude simple de la
fonction gα (x) := fα (x) − x montre que cette dernière est d’abord croissante puis
2.3. EXERCICES 133
décroissante et s’annule une seule fois en un point λ. Comme fα′ (0) > 1 et que fα est
strictement croissante, le point fixe répulsif 0 ne peut être limite car x0 6= 0, d’où
lim (xn ) = λ.
n→+∞
Exercice 2.66 KK
Séries alternées
Soit (an )n≥0 une suite de nombres réels positifs. On suppose que (an )n≥0 est décroissante
de limite nulle. On pose, pour tout n ∈ N :
n
X
bn = (−1)k ak .
k=0
1. Montrer que la suite (bn )n≥0 est convergente (de limite l).
2. Montrer que pour tout n ∈ N : |bn − l| ≤ an+1 .
n
(−1)k
X
3. Montrer que la suite de terme général est convergente.
k=0
k+1
4. Montrer que :
! !
n n
X (−1)k X (−1)k π
lim = − ln 2 et lim = .
n→+∞
k=1
k n→+∞
k=0
2k + 1 4
Z 1 Z 1
(−1)k k−1 (−1)k
On utilisera le fait que : =− (−x) dx et = (−x2 )k dx.
k 0 2k + 1 0
1. On montre que les suites (b2n )n≥0 et (b2n+1 )n≥0 sont adjacentes. La suite (b2n )n≥0
est décroissante et la suite (b2n+1 )n≥0 est croissante car :
par suite, comme (an )n≥0 est décroissante, alors bn+2 − bn est nul ou du signe de
(−1)n+1 . De plus, on a
Par suite, la suite (b2n − b2n+1 )n≥0 est positive de limite nulle. En conclusion, les
suites (b2n )n≥0 et (b2n+1 )n≥0 sont adjacentes, elles convergent vers une même limite
l, et ainsi lim bn = l.
n→+∞
2. Comme les suites (b2n )n≥0 et (b2n+1 )n≥0 sont adjacentes, alors
8
>
< bn ≤ l ≤ bn+1 si n est impair,
>
: bn+1 ≤ l ≤ bn si n est pair.
Par conséquent, on déduit que (dans tous les cas) : |bn − l| ≤ |bn+1 − bn | = an+1 .
134 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Exercice 2.67 KK
Suite de rationnels convergeant vers un irrationnel
Soit λ un nombre irrationnel appartenant à l’intervalle ]0, 1[, et considérons la suite
(xn )n≥0 définie par x0 = λ et pour tout n ≥ 0 :
1
xn+1 = .
xn − ⌊xn ⌋
pn xn + pn−1
= λ.
qn xn + qn−1
5. Montrer que
pn
lim = λ.
n→+∞ qn
alors on conclut que les suites (pn )n≥1 et (qn )n≥1 sont croissantes. Finalement, ces
deux suites ne sont pas majorées, en effet si (pn )n≥1 est majorée alors il existe
M ∈ R tel que 0 < pn ≤ M, par suite ⌊xn ⌋ = pn+1p−p
n
n−1
converge vers 0, absurde car
xn ≥ 1 =⇒ ⌊xn ⌋ ≥ 1. On montre de même que la suite (qn )n≥1 n’est pas majorée.
En conclusion, on a bien : lim pn = lim qn = +∞.
n→+∞ n→+∞
3. On a :
p2n+2 p2n p2n+1 q2n − p2n q2n+1
− = × ⌊x2n+1 ⌋.
q2n+2 q2n q2n+2 q2n
On souhaite calculer la valeur du numérateur du membre de droite de l’égalité ci-
dessus. Une récurrence simple montre que : pn qn+1 − pn+1 qn = (−1)n pour tout
n ∈ N. Par suite on conclut que :
pn
la même limite l. Enfin la suite converge vers l.
qn n
p1 x1 +p0
4. On montre le résultat par récurrence sur n ∈ N∗ . Pour n = 1 on a bien q1 x1 +q0
=
pn xn +pn−1
1
x1
= λ. Supposons qn xn +qn−1
= λ, alors
Exercice 2.68 KK
√
Soit a un nombre rationnel positif tel que a 6 ∈ Q+ . Montrer que :
p √ K
∃ K > 0 tel que ∀ r = ∈ Q,
r− a ≥ .
q q2
p
On pourra considérer les différents cas selon que est négatif, nul ou positif.
q
p
On distingue différents cas selon que r = , avec (p, q) ∈ Z × N∗ , est négatif, nul
q
ou positif.
√
⋄ Si r < 0 : alors |r − a| ≥ |r| = −r = −p q
. Or, −p ≥ 1 et q ≤ q 2 , par suite :
√
1
r−
a ≥ .
q2
√ √
⋄ Si r = 0 : alors |r − a| = a ≥ q12 .
√
⋄ Si 0 < r < 2 a : alors en posant a = bc , avec (b, c) ∈ N∗2 , on a :
2
p2 b
cp2 − bq 2 1
|r − a| = − = ≥ .
q2 c cq 2 cq 2
√
On ne peut avoir cp2 − bq 2 = 0 car sinon on aurait a ∈ Q. Or,
1
√ √ 1 √ √
(r+ a )c
|r − a| × (r + a) ≥ ⇐⇒ |r − a| ≥ .
cq 2 q2
2.3. EXERCICES 137
√ √
Donc, comme r + a < 3 a et en posant K = 3c
1√
a
, alors on déduit que :
√ K
|r − a| ≥ .
q2
√ √ √ √
⋄ Si r ≥ 2 a : alors on a |r − a| ≥ a ≥ qK2 avec K = a.
En conclusion, et en tenant compte des quatre cas ci-dessus, alors en prenant K =
√
min 1, 3c1√a , a on a la minoration :
√ K
|r − a| ≥ .
q2
Exercice 2.69 KK
Théorème du point fixe de Picard
Soit f : R −→ R une fonction continue. Soit x0 ∈ R, on définit, par récurrence, la suite
(xn )n≥0 par
xn+1 = f (xn ), ∀ n ∈ N.
On dit que f est contractante si elle est k-lipschitzienne pour un certain k ∈ [0, 1[. On
se propose de montrer dans cet exercice le théorème du point fixe de Picard : si f est
contractante, alors elle admet un unique point fixe, et la suite (xn )n≥0 converge vers ce
point fixe.
On suppose dans toute la suite que f est contractante, et soit k ∈ [0, 1[ tel que f soit
k-lipschitzienne.
1. Montrer que f admet au plus un point fixe.
2. Montrer que pour tout n ∈ N :
|xn+1 − xn | ≤ kn |x1 − x0 |.
1 − kn
|xn − x0 | ≤ |x1 − x0 |.
1−k
lim (xn+1 − xn ) = 0.
n→+∞
1 1
x0 − |x1 − x0 | ≤ xn ≤ x0 + |x1 − x0 |, ∀ n ∈ N∗ .
k−1 1−k
Exercice 2.70 KK
Déterminer
Par suite : 8
>
< 1 si q est pair (q ≥ 2)
Mα = >
q−1
: sin 2q
π si q est impair (q ≥ 3).
En conclusion :
√
r π 3
inf Mα = inf∗ sin π = sin = .
α ∈ ]0,π[ r∈N 2r + 1 3 2
Exercice 2.71 KK
Soient f : R −→ C une application continue et D une partie dense de R.
1. Montrer que f (D) est une partie dense de f (R).
2. En déduire que l’ensemble
{e2inπx : n ∈ Z}
1. Soit y ∈ f (D) alors il existe x ∈ D tel que f (x) = y. Comme D est dense dans
R, alors il existe une suite réelle (xn )n≥0 telle que lim xn = x. Enfin, comme f est
n→+∞
continue alors y = lim f (xn ). En conclusion, f (D) est dense dans f (R).
n→+∞
2.
(=⇒) Si x ∈ Q alors on peut écrire x = pq avec (p, q) ∈ Z × N∗ . Par suite
© n p o
e2iπnx : n ∈ Z = e2irπ q : r ∈ Z, 0 ≤ r < q .
Ce dernier ensemble est fini, et donc ne peut être dense dans le cercle unité.
(⇐=) Considérons le sous-groupe 2πZ + 2πxZ de (R, +). Alors, il est de la forme
aZ avec a ∈ R∗ ou bien il est dense dans R.
Si 2πZ + 2πxZ était de la forme aZ avec a ∈ R∗ , alors :
8
>
< 2πx = na
>
: 2π = ma
par suite x = m
n
∈ Q. Contradiction. Par suite, 2πZ + πxZ est dense dans R et son
image par l’application continue x 7−→ eix est dense dans le cercle unité.
Exercice 2.72 KK !
√ n
Montrer que les termes de la suite 2+ 3 sont tous impairs.
n≥1
140 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
√ n √ n
On pose xn = 2 + 3 + 2− 3 , alors x1 = 4, x2 = 14 et pour tout entier
n∈N : ∗
xn+2 = 4xn+1 − xn .
Alors, par simple récurrence on conclut que les termes de la suite (xn )n≥1 sont tous
pairs.
√ n
Maintenant, comme 0 < 2− 3 < 1 alors
j √ n k
yn := 2+ 3 = xn − 1
yn+2 = 4yn+1 − yn + 2.
Finalement, comme y1 = 3 est un entier impair, alors il s’ensuit que tous les autres
termes de yn sont impairs.
lim ( 2xn+1 − xn ) = l.
n→+∞
Montrer que
lim xn = l.
n→+∞
On obtient :
n
X n−1
X
ak bk = S n bn + Sk (bk − bk+1 )
k=1 k=1
a1 ≥ b1 , a1 + a2 ≥ b1 + b2 , ··· , a1 + a2 + · · · + an ≥ b1 + b2 + · · · + bn .
x − 1 x2 − 1 x3 − 1 xn−1 − 1 xn − 1
=− + + +···+ +n
x−1 x−1 x−1 x−1 x−1
1 x −1
n
=− (1 + x + x2 + · · · + xn−1 − n) + n
x−1 x−1
n
1 x −1 xn − 1 nxn xn − 1 nxn xn − 1
=− −n +n − = − .
x−1 x−1 x − 1 x − 1 (x − 1)2 x − 1 (x − 1)2
nxn xn − 1
1 + 2x + 3x2 + · · · + nxn−1 = − . (1)
x − 1 (x − 1)2
Alors, par hypothèse on a pour tout i (puisque les suites (ai )1≤i≤n et (bi )1≤i≤n sont
décroissantes et positives) :
c1 + c2 + · · · + ci ≥ 0 et di ≥ di+1 > 0.
Par conséquent
lim (un+1 − un ) = 0.
n→+∞
|(up − vm ) − x| ≤ ε.
1. Soit p = min{k ∈ N : k > N, uk > x}. C’est une partie non vide de N car
(un )n≥0 diverge vers +∞. Comme p − 1 ≥ N, on a :
|up−1 − up | ≤ ε.
x + vm ≥ uN .
|(up − vm ) − x| ≤ ε.
xn = n sin (2πn!e)
La fonction exp est de classe C ∞ sur R, donc l’égalité de Taylor avec reste intégral
nous permet d’écrire
n
X exp(k) (0) k Z 1 (1 − t)n Xn
1 Z 1 (1 − t)n
e1 = 1 + exp(n+1) (t) dt = + exp(t) dt.
k=0 k! 0 n! k=0 k! 0 n!
+∞
X 1
Par conséquent e = en faisant tendre n → +∞ dans la relation ci-dessus.
k=0 k!
Maintenant on a
n +∞ +∞
X n! X n! X n!
xn = n sin 2π + 2π = n sin 2π
k=0 k! k=n+1 k! k=n+1 k!
2.3. EXERCICES 145
n
X n!
car ∈ N. Or, on a d’une part
k=0 k!
n! 1 +∞
X n!
= ≤ ,
(n + 1)! n+1 k=n+1 k!
n! 1
et d’autre part, puisque ≤ pour tout k ≥ n + 1 :
k! (n + 1)k−n
k−n
+∞
X n! +∞
X 1 1 1 1
≤ = × = .
k=n+1 k! k=n+1 n+1 n + 1 1 − n+1
1
n
Par conséquent
1 +∞
X n! 1 +∞
X n!
≤ ≤ et lim n = 1.
n + 1 k=n+1 k! n n→+∞
k=n+1 k!
+∞
X n! 1
En conclusion, on a ∼ et
k=n+1 k! n
+∞ +∞
X n! X n!
xn = n sin 2π ∼ 2πn −−−−→ 2π.
k=n+1 k! k=n+1 k!
n→+∞
1 1 1
+ +· · ·+ = (x3 − x1 ) + (x4 − x2 ) + · · · + (xn+1 − xn−1 ) = xn + xn+1 − x1 − x2
x2 x3 xn
et ainsi
1 1 1 1 x xn+1
lim √ + +···+ = lim √n + √ .
n→+∞ n x1 x2 xn n→+∞ n n
146 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
n n
Maintenant, on a xn+1 = = xn−1 = · · · , et par suite
xn n−1
Or, d’après la formule Êde Stirling (voir chapitre sur l’intégration), on a x2n+1 ∼
r
π √ 2 √
× 2n et x2n+2 ∼ × 2n, et alors
2 π
Ê r
x xn+1 2 π
lim √n + √ = + .
n→+∞ n n π 2
Les suites (mn )n≥0 et (Mn )n≥0 sont définies par la récurrence Mn+1 = f (mn ) et
mn+1 = g(Mn ) avec
8
>1
>
>4
si t ∈] − ∞, 0],
Z 1
1 <
f (t) := max(x, t) dx = 1+t2
si t ∈ [0, 1],
2 0 > 4
>
>
:t
2
si t ∈ [1, +∞[,
et 8
>t
>
>2
si t ∈] − ∞, 0],
Z 1
1 <
g(t) := min(x, t) dx = t(2−t)
si t ∈ [0, 1],
2 0 >
>
4
>
:1
4
si t ∈ [1, +∞[.
1Z 1 1 1Z 1
On a, pour tout t ∈ R, les encadrements f (t) ≥ x dx = et g(t) ≤ x dx =
2 0 4 2 0
1 1
, d’où, il résulte que mn ≤ ≤ Mn pour tout n ∈ N∗ . Cette inégalité est encore
4 4
valable pour n = 0 (quitte à renuméroter la suite). Dans ce cas, on constate que
1 1 1
≤ M1 ≤ et 0 ≤ m1 ≤ , on peut supposer ces deux inégalités vraies pour m0 et
4 2 4
M0 quitte à renuméroter la suite à partir de 1. Par conséquent, on a par récurrence
les estimations suivantes :
1 1 1
≤ Mn ≤ et 0 ≤ mn ≤ , ∀ n ∈ N.
4 2 4
2.3. EXERCICES 147
x4 − 6x2 + 64x − 7 = 0.
0.5 b
m
b b
0.25
1
L’équation ci-dessus admet une unique solution m ∈ 0, , la valeur approchée est
4
m ≃ 0.1105177. Les suites (m2n )n et (m2n+1 )n converge vers m. De plus comme f
est continue, alors la suite (Mn )n converge vers M := f (m) ≃ 0.2530535.
En conclusion, on a montré que :
δ
∃δ > 0 : ∀ r ∈ Q, |α − r| ≥ ,
qd
p
où q > 0 et r = est l’écriture irréductible de r.
q
2. Montrer que
1
∀ n ∈ N, ∃m ∈ Z : |nα − m| ≤ .
2
148 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
3. Calculer
1
lim |sin (nαπ)| n .
n→+∞
d
X
1. Posons P = ak X k avec ak ∈ Z pour tout k ∈ J0, dK. Supposons que r n’est
k=0
pas racine de P , alors :
d
d
X 1
q P (r) = ak pk q d−k ∈ Z∗ , donc |P (r)| ≥ .
k=0 qd
Posons
8
>
< min{ |r − α| : r ∈ Q et P (r) = 0 }, (∃ car P a un nb. fini de racines ∈ Q),
k=>
: 1, si P n’a pas de racines rationnelles,
8
>
< P (r) 6= 0, 1 1
=⇒ ≤ M|r − α|, i. e., |r − α| ≥ .
>
: |r − α| ≤ k, qd Mq d
En posant δ = min 1
M
,k , alors on conclut que :
δ
∀ r ∈ Q, |r − α| ≥ .
qd
δ 1
∀ n ∈ N, ∃m ∈ Z : ≤ |nα − m| ≤ .
nd−1 2
δπ π π
D’où, ≤ |nαπ − mπ| ≤ et comme la fonction sin est croissante sur 0, il
nd−1 2 2
s’ensuit que :
1
δπ δπ n 1
sin ≤ sin (|nαπ − mπ|) ≤ 1 et sin ≤ |sin (nαπ)| n ≤ 1.
nd−1 nd−1
2.3. EXERCICES 149
En conclusion, on a :
1
lim |sin (nαπ)| n = 1.
n→+∞
Montrer que xn = n.
2. théorème de beatty : Soient α et β deux nombres irrationnels strictement positifs
et tels que
1 1
+ = 1.
α β
Montrer que les suites (⌊αn⌋)n≥1 et (⌊βn⌋)n≥1 sont strictement croissantes et forment
une partition de N∗ , c’est-à-dire :
Donc,
n n
+ = n − 1.
α β
150 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES
Alors, par la relation ci-dessus, la suite (yn )n≥1 vérifie les conditions de la pre-
mière question, c’est-à-dire yn = n pour tout n ∈ N∗ , et par conséquent les deux
suites (⌊αn⌋)n≥1 et (⌊βn⌋)n≥1 forment une partition de N∗ .
Chapitre 3
Fonction d’une variable réelle
Proposition 3.1
On suppose qu’il existe r > 0 tel que ]x0 − r, x0 [ ∪ ]x0 , x0 + r[ ⊂ Df .
✓ Si x0 6∈ Df . Soit l ∈ R, alors
!
151
152 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
✓ Si x0 ∈ Df , alors
!
Proposition 3.2
Proposition 3.3
Soient −∞ ≤ a < +∞, −∞ < b ≤ +∞ tels que a < b et f : ]a, b[ −→ R une fonction
croissante.
✓ Si f est majorée, alors lim f (x) = sup f (x).
x→b x∈]a,b[
✓ Si f n’est pas majorée, alors lim f (x) = +∞.
x→b
✓ Si f est minorée, alors lim f (x) = inf f (x).
x→a x∈]a,b[
✓ Si f n’est pas minorée, alors lim f (x) = −∞.
x→a
Si f est décroissante sur ]a, b[, on a un résultat symétrique.
Proposition 3.4
Soit f une fonction réelle définie sur un intervalle I. Si f est monotone sur I, alors f
admet en tout point x0 ∈ I qui n’est pas une extrêmité de I une limite à gauche et une
limite à droite finies telles que :
✓ si f est croissante : lim− f (x) ≤ f (x0 ) ≤ lim f (x),
x→x0 x→x+
0
✓ si f est décroissante : lim f (x) ≤ f (x0 ) ≤ lim− f (x).
x→x+
0 x→x0
☞ soit (a, b) ∈ I 2 avec a ≤ b, la fonction f prend au moins une fois sur cet
intervalle toutes les valeurs comprises entre f (a) et f (b). D’où, pour tout réel
y compris entre f (a) et f (b) il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = y. En particulier,
si f (a) et f (b) sont de signes contraires, il existe c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.
3.1. FONCTIONS CONTINUES 153
Théorème 3.2
Soient a < b deux réels et f : [a, b] −→ R une fonction continue. Alors f est
bornée sur [a, b] et atteint ses bornes. Plus précisément :
" #
Proposition 3.5
Une fonction f : I −→ R continue et strictement monotone est une bijection de
I −→ f (I). La fonction réciproque f −1 est continue et strictement monotone sur f (I).
Les fonctions f et f −1 ont le même sens de variation et les courbes représentatives sont
symétriques par rapport à la première bissectrice.
Donc, la différence entre les deux notions de continuité est le fait que le η
de la continuité uniforme ne dépend que de ε, alors que pour la continuité il
peut dépendre aussi de x. D’où, si f est uniformément continue alors elle est
continue. La réciproque est fausse.
Proposition 3.8
Soit n ∈ N∗ . Si f est une fonction de classe C n (i. e. f est n fois dérivable sur I et f (n)
est continue) sur un intervalle I et si f ′ ne s’annule pas sur I, alors f est une bijection
strictement monotone de I −→ f (I) et de plus f −1 est de classe C n sur l’intervalle f (I).
En particulier, pour n = 1, on a :
′ 1
f −1 = .
f′ ◦ f −1
f ′ (c) = 0.
❏ le résultat ci-dessus n’est plus vrai si f est à valeurs dans C. Par exemple, la
fonction f définie par f (x) = eix est dérivable sur R et vérifie
f (0) = f (2π) = 0,
f = f1 + f2 + · · · + fr + o(fr )
où f1 , · · · , fr sont des fonctions vérifiant : fk+1 = o(fk ) pour tout k ∈ J1, r − 1K.
On dit que fr (x) est la précision du développement asymptotique.
Proposition 3.9 Soient f1 , · · · , fr des fonctions non nulles de I −→ R. Pour toute fonc-
tion f : I −→ R, on a équivalence entre :
✓ f = f1 + · · · + fr + o(fr ) est un développement asymptotique de f en a,
✓ pour tout k ∈ J1, rK, on a : f − (f1 + · · · + fk−1 ) ∼ fk .
1 x3
g(x) = x ln 1 + = x[ln(1 + x) − ln x] = −x ln x + x2 − + o(x3 ). On déduit
x 2
que
g(x) x32 3 2 x3
e = exp −x ln x + x − + o(x ) = exp −x ln x + x − + o(x3 (ln x)3 ).
2 2
3.3 Exercices
Exercice 3.1
Vrai - Faux
1. On a : f = O(g) ⇐⇒ |f | = O(|g|), et f = o(g) ⇐⇒ |f | = o(|g|).
2. Si f et g sont uniformément continues sur D alors f +g et f g sont aussi uniformément
continues sur D.
3. Si f est uniformément continue sur D, alors pour tout α ∈ R la fonction αf est
uniformément continue sur D.
4. Si f, g : R −→ R sont telles que
alors
lim f (g(x)) = c.
x→a
Alors, on a :
Exercice 3.2
Soit f : I −→ R une fonction définie sur l’intervalle I. On pose :
1. Pour tout x ∈ I on a :
De même pour f − .
Réciproquement, supposons que f + et f − sont k-lipschitziennes. Soit (x, y) ∈ I 2
avec x ≤ y, alors :
⋄ Si f (x) et f (y) sont de même signe, alors f (x) − f (y) = f + (x) − f + (y) ou
f − (x) − f − (y). Dans les deux cas on a : |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|.
⋄ Si f (x) et f (y) sont de signes contraires, alors par le théorème des valeurs inter-
médiaires il existe z ∈ ]x, y[ tel que f (z) = 0. Alors, par l’inégalité triangulaire on
déduit que :
|f (x) − f (y)| ≤ |f (x) − f (z)| + |f (z) − f (y)| ≤ k|x − z| + k|y − z| = k|x − y|.
Exercice 3.3
Soit A une partie non vide de R. Pour tout x ∈ R, on appelle distance de x à A le
nombre réel
d(x, A) = inf |x − a|.
a∈A
a∈A:
|x − a| ≤ |x − y| + |y − a|.
Par suite :
|y − a| ≥ |x − a| − |x − y| ≥ d(x, A) − |x − y|.
Par conséquent,
Ainsi, l’application x 7−→ d(x, A) est 1-lipschitzienne, elle est donc uniformément
continue (continue en particulier) sur R.
Exercice 3.4
Soient f et g deux fonctions telles que lim f (x) = lim g(x) = 0.
x→0 x→0
1. Montrer que
ef (x) − eg(x) ∼ f (x) − g(x).
0
On a clairement : ef (x) − eg(x) = eg(x) ef (x)−g(x) − 1 . D’où
Par conséquent,
ef (x) − eg(x) ∼ f (x) − g(x).
0
Exercice 3.5
Soit f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle que f (0) = f (1) = 0 et pour tout
7
x ∈ 0, 10 :
3
f x+ 6= f (x).
10
Montrer que l’équation f (x) = 0, d’inconnue x ∈ [0, 1], admet au moins 7 solutions.
La fonction g : x 7−→ f x + 10 3
− f (x) est continue sur l’intervalle 0, 10
7
, de
plus elle ne s’annule pas, par suite garde un signe constant (que l’on suppose positif
par exemple, l’autre cas se traite de la même façon). Donc, on a :
3 6 7 4 1
g(0) > 0, g > 0, g > 0, g > 0, g > 0, g > 0.
10 10 10 10 10
160 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Exercice 3.6
1. Soient f et g deux fonctions continues sur le segment [a, b] et h la fonction définie
par h(x) = sup(f (x), g(x)). Montrer que h est continue sur [a, b].
2. Donner un exemple d’une famille (fn )n≥1 de fonctions continues sur un intervalle
[a, b] et telle que la fonction h définie par h(x) = sup fn (x) ne soit pas continue sur
n≥1
[a, b].
f + g + |f − g|
1. Comme h = alors grâce aux théorèmes généraux sur la continuité
2
on déduit que h est continue.
2. On considère la fonction fn : [0, 1] −→ R définie par fn (x) = 1 − xn . Alors, fn
est continue sur [0, 1] pour tout n ≥ 1, cependant la fonction h définie par h(x) = 1
si x ∈ [0, 1[ et h(1) = 0 n’est pas continue au point 1.
Exercice 3.7
Soit f : R+ −→ R+ une application continue telle que
f (x)
lim = l < 1.
x→+∞ x
et
f (x) − x f (x)
lim = lim −1 = l − 1 < 0.
x→+∞ x x→+∞ x
f (t)−t
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe t > 0 tel que t
= 0,
donc l’existence d’un point fixe de f .
Exercice 3.8
Soit f : I −→ I une application d’un segment I dans lui même telle que
|f (x) − f (y)| ≤ M |x − y| ?
Exercice 3.9
Soit f la fonction définie sur R+ par
8
< 1 si x est un entier premier
f (x) =
:
0 sinon.
Exercice 3.10
Soient f, g : [0, 1] −→ [0, +∞[ des fonctions continues vérifiant
Si M est le sup des fonctions f et g, alors puisque les deux fonctions sont conti-
nues sur un segment alors il existe a et b éléments de [0, 1] tels que f (a) = g(b) = M.
La fonction h définie par h(x) = f (x) − g(x) est continue, elle vérifie en plus :
D’où, par le théorème des valeurs intermédiaires, il existe t ∈ [a, b] tel que :
Exercice 3.11
Un voyageur fait un trajet de 500 kilomètres en 5 heures.
1. Montrer qu’il existe un laps de temps d’une heure durant lequel le voyageur a exac-
tement parcouru 100 kilomètres.
2. Existe-t-il un laps de temps de 3 heures durant lequel le voyageur a exactement
parcouru 300 kilomètres ?
1. Soit f : t 7−→ f (t) la distance parcourue pendant le laps de temps [0, t], cette
fonction f est continue et croissante. Considérons la fonction
car les g(k), avec k ∈ J0, 4K, ne peuvent être tous supérieurs (ou tous inférieurs) à
500.
En appliquant, le théorème des valeurs intermédiaires à la fonction continue g sur
l’intervalle [n0 , n1 ], on déduit l’existence d’au moins une solution t (entre n0 et n1 )
de l’équation g(t) = 500.
2. Si le trajet s’est déroulé de manière uniforme, à vitesse constante égale à 100 km/h,
alors la réponse est oui. Cependant, dans le cas général, la réponse est non. En effet,
la fonction f1 : t 7−→ 45 sin 2π
3
t vérifie :
La fonction f est dérivable, à dérivée strictement croissante, donc elle est croissante
et peut correspondre à la distance parcourue dans l’intervalle de temps [0, t] pour t
variant entre 0 et 5.
Finalement, si t ∈ [0, 2], alors :
10π
f (t + 3) = f (t) + 3 100 − 45 sin .
3
Comme 100−45 sin 10π 3
6= 100, alors la distance parcourue dans un laps de temps
de 3 heures est toujours différent de 300 km.
Exercice 3.12
Montrer qu’il n’existe pas d’application continue f : R −→ R telle que :
– l’image de tout nombre irrationnel par f est un nombre rationnel,
– l’image de tout nombre rationnel par f est un nombre irrationnel.
f (x) = r − x, ∀ x ∈ R.
Or, f (2r) = −r, ce qui est une contradiction car l’image par f de tout nombre
irrationnel est un rationnel.
164 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Exercice 3.13
Déterminer la plus petite période T > 0 de la fonction
Soit T = 2π
p∧q
, où p ∧ q est le pgcd de p et q. On a clairement
2π 2π
cos p x + + cos q x + = cos(px) + cos(qx).
p∧q p∧q
Donc, T est une période de f , montrons que c’est la plus petite des périodes.
Soit d le pgcd de p et q. Supposons qu’il existe T1 > 0 et un entier N ∈ N∗ tel que
T = NT1 et f (x + T1 ) = f (x) pour tout x ∈ R. Alors
2k1 π 2k2 π
T1 = = , avec (k1 , k2 ) ∈ N∗2 .
p q
k1 k2 1
= = par suite p = k1 (Nd), q = k2 (Nd).
p q Nd
En déduire qu’il existe une bijection h : [0, 1] −→ [0, 1] qui soit discontinue en tout
point de [0, 1].
Alors, h est une bijection de [0, 1] dans [0, 1] qui est discontinue en tout point.
Exercice 3.15
Soient [a, b] un segment de R avec a < b et f : [a, b] −→ R une fonction croissante.
1. Soit c ∈ ]a, b[, montrer que
1. Soit x ∈ [a, b] avec x < c alors f (x) ≤ f (c). D’où, f (c) majore l’ensemble
166 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
1
f (ti ) ≤ lim− f (x) ≤ lim+ f (x) ≤ f (ti+1 ) et donc ≤ f (ti+1 ) − f (ti ).
x→ci+1 x→ci+1 n
p
En sommant, on obtient (grâce au télescopage) : n
≤ f (b) − f (a), soit encore
p ≤ n(f (b) − f (a)).
Exercice 3.16
Donner le développement limité en 0 des fonctions suivantes :
1.
x 7−→ ln(cos x)
à l’ordre 5.
2.
x 7−→ sin6 x
à l’ordre 9.
3. È
1 + ln(1 + x2 )
x 7−→ √3
1+x
à l’ordre 3.
Toutes ces fonctions sont de classe C ∞ sur un voisinage de 0, donc admettent des
développements limités aux ordres demandés en 0.
1. On a
x2 x4 u2
cos x = 1 − + + o(x5 ) et ln(1 + u) = u − + o(u3 ).
2 24 2
Par suite
2
x2 x4 1 x2 x4 x2 1
ln(cos x) = − + − − + + o(x6 ) = − − x4 + o(x5 ).
2 24 2 2 24 2 12
3.3. EXERCICES 167
x3
2. On a sin x = x − 6
+ o(x3 ), par suite
6
6 x3 −x3
sin x = x − + o(x3 ) = x6 + 6x5 × + o(x9 ) = x6 − x8 + o(x9 ).
6 6
3. On a
È È x2
1 + ln(1 + x2 ) = 1 + x2 + o(x3 ) = 1 + + o(x3 ),
2
et
1 x 2x2 14x3
√ = (1 + x)−1/3 = 1 − + − + o(x3 ).
3
1+x 3 9 81
Par suite
È
1 + ln(1 + x2 ) x 1 2 2 14 1 3
√ = 1− + + x + − − x + o(x3 )
3
1+x 3 2 9 81 6
1 13 2 55 3
= 1− x+ x − x + o(x3 ).
3 18 162
Exercice 3.17
Développement limité et calcul de limites
Calculer les limites suivantes :
1. n
nπ nπ
lim cos + sin .
n→+∞ 3n + 1 6n + 1
2. x
a1/x + b1/x + c1/x
lim , a > 0, b > 0, c > 0.
x→+∞ 3
1. On a
nπ π π 1 nπ π π 1
cos = cos − +o et sin = sin − +o .
3n + 1 3 9n n 6n + 1 6 36n n
√
Par suite : cos nπ
3n+1
+ sin nπ
6n+1
=1+ 3π
24n
+o 1
n
et
√ !! √ !
3π 1 3π
lim exp n ln 1 + +o = exp .
n→+∞ 24n n 24
2. On a :
1/x ln a/x 1 1
a = e = 1 + ln a + o .
x x
168 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Par suite :
1 1 1
x ln 1 + ln(abc) + o = ln(abc) + o(1).
3x x 3
√
La limite cherchée est donc égale à 3 abc.
Exercice 3.18
Développement limité et équations différentielles
On admet qu’il existe une unique solution f , définie sur R, solution de l’équation diffé-
rentielle
y2
y′ = y −
2
avec f (0) = 1. Déterminer le développement limité de f à l’ordre 3 au voisinage de 0.
f (x)2 1 1 a2
f (x)− = 1+a1x+a2 x2 − (1+2a1x+(a21 +2a2 )x2 )+o(x2 ) = − 1 x2 +o(x2 ).
2 2 2 2
x x3
f (x) = 1+ − + o(x3 ).
2 24
Exercice 3.19
Montrer que pour tout x ∈ − 21 , 1 on a :
n
X (−1)k−1 xk
lim = ln(1 + x).
n→+∞
k=1
k
(−1)n−1 (n − 1)!
f (n) (x) = .
(1 + x)n
3.3. EXERCICES 169
(−1)k−1 xk
n
X |x|n+1
ln(1 + x) −
≤ .
k=1 k n+1
n!
Si x ∈ ] − 1, 0] alors sup(|f (n+1) |) = , et alors :
[x,0] (1 + x)n
n
X(−1)k−1 xk |x|n+1
ln(1 + x) − ≤ .
k=1 k (n + 1)(1 + x)n+1
Exercice 3.20 K
Soit f : I −→ R une fonction définie sur l’intervalle (non trivial) I.
1. Montrer que si f est uniformément continue sur I, alors pour toutes suites (an )n≥0
et (bn )n≥0 d’éléments de I telles que lim (bn − an ) = 0 on a :
n→+∞
Application :
1 1
montrer que les fonctions x 7−→ x et x 7−→ sin x ne sont pas uniformément continues
sur R∗+ et ]0, 1] respectivement.
2. Soit g : R+ −→ R une fonction dérivable.
(i) Montrer que
Comme la suite (bn − an )n≥0 tend vers zéro, alors il existe N ∈ N tel que pour
n≥N =⇒ |bn − an | ≤ η.
170 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Donc, l’application x 7−→ n’est pas uniformément continue sur ]0, +∞[.
1
x
1
Maintenant, avec la suite bn = , on voit qu’elle converge vers 0, cependant
nπ + π2
1 1
sin − sin = 2 × (−1)n .
bn+1 bn
Donc, l’application x 7−→ sin 1
x
n’est pas uniformément continue sur ]0, 1].
2.
(i) Si |g ′(x)| ≤ M pour tout x ∈ R+ , alors par l’inégalité des accroissements finis on
déduit que g est M-lipschitzienne, donc elle est uniformément continue.
(ii) Par hypothèse, pour tout n ∈ N∗ il existe Mn tel que :
x ≥ Mn =⇒ |g ′(x)| ≥ n.
On pose
1
an = Mn et. bn = Mn +
n
Par l’inégalité des accroissements finis, il existe cn ≥ Mn tel que
1 ′
|g(bn ) − g(an )| = |g (cn )| ≥ 1.
n
Ainsi, la suite (bn − an )n≥0 tend vers 0 alors que la suite (g(bn ) − g(an ))n≥0 ne tend
pas vers 0.
En conclusion, g n’est pas uniformément continue.
Exercice 3.21 K
Égalité dans l’« inégalité de Taylor-Lagrange »
1. Soit f : [a, b] −→ R une application de classe C 1 et telle que :
Montrer que g(x) = g(a) + (x − a)g′ (a) pour tout x ∈ [a, b].
Alors, pour tout t ∈ [a, b], on a : ϕ′ (t) = sup f ′ (x) − f ′ (t) ≥ 0. Donc, ϕ est
x∈[a,b]
croissante, et comme ϕ(a) = ϕ(b) = 0, alors ϕ ≡ 0 sur [a, b]. En conclusion, f est
une fonction affine sur [a, b].
2. Si g(b)−g(a) = reiθ avec (r, θ) ∈ R+ ×R, on considère les fonctions h et f définies
par :
h(x) = e−iθ [g(x) − g(a)] et f = ℜe(h).
On a clairement :
h(b) − h(a) = h(b) = e−iθ [g(b) − g(a)] = r = |g(b) − g(a)| = (b − a) × sup |g ′(x)|.
x∈[a,b]
On a : h′ (x) = e−iθ g ′(x) pour tout x ∈ [a, b], et par suite sup |g ′(x)| = sup |h′ (x)|.
x∈[a,b] x∈[a,b]
D’où :
f (b) − f (a) = h(b) − h(a) = (b − a) × sup |h′ (x)|.
x∈[a,b]
Or, comme pour tout x ∈ [a, b] : |(ℜe h)′ (x)| = |ℜe(h′ )(x)| ≤ |h′ (x)|, alors on
déduit que
L’inégalité des accroissements finis (dans le cas réel) appliquée à la fonction f sur
[a, b] nous donne :
par suite :
D’après l’inégalité des accroissements finis (dans le cas complexe) appliquée à h sur
[a, b] on a pour tout x ∈ [a, b] :
f (x) = (ℜe h)(x) ≤ |h(x)| = |h(x) − h(a)| ≤ (x − a) × sup |h′ (x)| = f (x).
x∈[a,b]
n+1
X (x − a)k (k)
Alors on peut montrer que h(x) = h (a).
k=0 k!
Exercice 3.22 K
1
1. Soit f la fonction définie sur R∗ par f (x) = sin x . Montrer que f n’a pas de limite
en zéro.
2. Donner un exemple d’une fonction de f : R −→ R qui n’est monotone dans aucun
voisinage de 0.
3. Donner un exemple d’une fonction f : R −→ R croissante et vérifiant
2. La fonction
8
>
< sin 1
x
si x 6= 0,
f : R −→ R, x 7−→ >
: 0 si x = 0,
est monotone et vérifie lim− f (x) < f (n) < lim f (x), ∀ n ∈ Z.
x→n x→n+
Exercice 3.23 K
Montrer que la fonction f : R −→ R définie par
8
> 1
< sin si x 6= 0,
f (x) = x
>
:0 si x = 0,
−5 −4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5
−1
1
La fonction f n’est pas continue en 0 car la suite xn = tend vers zéro à
nπ + π2
l’infini alors que (f (xn ))n≥0 = ((−1)n )n≥0 n’a pas de limite. Montrons que f possède
la propriété des valeurs intermédiaires, c’est-à-dire pour tout intervalle J ⊂ R on a
f (J) est un intervalle.
⋆ Si J ⊂ R est un intervalle ne contenant pas 0 : alors f est continue sur J et donc
f (J) est un intervalle.
⋆ Si J ⊂ R contient 0 et n’est pas réduit à un point (autrement J = f (J) = {0}) :
alors on considère les deux suites
1 1
xn = et yn = .
2nπ + π
2
(2n + 1)π + π2
On suppose que n est un entier suffisament grand (≥ n0 ) pour que (xn )n≥n0 et
174 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Donc, f (J) = [−1, 1] est un intervalle, et f vérifie le théorème des valeurs intermé-
diaires.
Exercice 3.24 K
Équations fonctionnelles usuelles
1. Soit f : R −→ R une application telle que :
(i) Montrer que si f est continue en 0 alors il existe k ∈ R tel que f (x) = kx pour tout
x ∈ R.
(ii) Montrer que si f est monotone alors il existe k ∈ R tel que f (x) = kx pour tout
x ∈ R.
(iii) Quels sont les endomorphismes continus du groupe (R, +) ?
2. Quels sont les endomorphismes du corps (R, +, ×) ?
3. Soit f : R −→ R une application continue en 0 et telle que
x+y f (x) + f (y)
f = , ∀ (x, y) ∈ R2 .
2 2
1.
(i) On a f (0) = 0 et f (x) = f (x0 ) + f (x − x0 ), donc f est continue (si x → x0
alors f (x) → f (x0 )). Posons k = f (1), alors f (2) = f (1 + 1) = f (1) + f (1) = 2k, et
une récurrence simple montre que f (n) = kn pour tout n ∈ N. Maintenant, comme
f (−x) = −f (x), alors on déduit que f (m) = km pour tout m ∈ Z. Soit r ∈ Q, alors
p
r = avec (p, q) ∈ Z × N∗ , et on a
q
p
kp = f (p) = f (qr) = qf (r) donc f (r) = k = kr.
q
Finalement, soit x ∈ R, alors il existe (par densité) une suite (rn )n∈N ⊂ Q telle
que lim rn = x, et alors (par continuité) f (x) = lim f (rn ) = k lim rn =
n→+∞ n→+∞ n→+∞
kx. Réciproquement, toute application de la forme f (x) = kx vérifie clairement
f (x + y) = f (x) + f (y).
3.3. EXERCICES 175
existent dans R. Or f (x) = −f (−x) pour tout x ∈ R∗− , donc l2 = −l1 et f (2x) =
2f (x) −−−→ l1 = 2l1 . Donc, l1 = 0 et f est continue en 0 et on est alors ramené au
x→0+
cas traité dans la question (i) ci-dessus.
(iii) D’après ce qui précède on déduit que les endomorphismes continus du groupe
(R, +) sont les homothéties.
2. Il est clair que f = Id est un endomorphisme du corps (R, +, ×). Réciproquement,
montrons que c’est le seul. Soit f un endomorphisme du corps (R, +×), alors c’est
un endomorphisme du groupe (R, +). Montrons que f est croissante, si (a, b) ∈ R2
avec a ≤ b, alors on a :
√ √
2 2
f (b) − f (a) = f (b − a) = f b−a = f ( b − a) ≥ 0.
Par conséquent, d’après la question (1)-(ii), il existe k ∈ R tel que f (x) = kx pour
tout x ∈ R. Finalement, comme f (1) = 1, alors k = 1 et par suite f = Id.
3. Soit g(x) := f (x) − f (0), alors l’application g est continue en 0 et on a g(x + y) =
1
(f (2x) + f (2y)) − f (0). Or pour tout z ∈ R :
2
2z + 0 1
f (z) = f = (f (2z) + f (0)) c-à-d f (2z) = 2f (z) − f (0).
2 2
On a donc finalement,
1 1
g(x + y) = f (x) − f (0) + f (y) − f (0) − f (0) = g(x) + g(y).
2 2
Par conséquent, d’après la question (1), il existe k ∈ R tel que g(x) = kx, et par
suite f (x) = kx + f (0). Réciproquement, il est facile de vérifier que toute fonction
affine vérifie l’équation fonctionnelle en question.
4. Il s’agit de l’étude de l’équation fonctionnelle f (x + y) = f (x) × f (y). Si f 6≡ 0,
alors soit x0 ∈ R tel que f (x0 ) 6= 0, alors on a pour tout x ∈ R :
sommes en produit.
5. Il s’agit de l’équation fonctionnelle g(xy) = g(x) + g(y) pour (x, y) ∈ R∗2 + . Si
g 6≡ 0, on définit la fonction f (x) := g(e ), alors on a f (x + y) = f (x) + f (y), et donc
x
ln(x)
f (x) = kx avec k ∈ R, de plus on a g(x) = k ln(x) = avec a = e1/k ∈ R∗+ \ {1}.
ln(a)
En conclusion, g(x) = loga (x), et on vérifie réciproquement que ces fonctions vérifie
l’équation fonctionnelle en question.
6. Si h est un endomorphisme continu du groupe (R∗+ , ×), alors on peut définir
l’application f (x) = ln(h(ex )) qui est continue, de plus elle vérifie f (x + y) = f (x) +
f (y), donc f (x) = kx et h(x) = xα . Réciproquement, une fonction puissance définit
un endomorphisme continu de (R∗+ , ×).
Exercice 3.25 K
Équations fonctionnelles
Déterminer les applications continues f : R −→ R telles que pour tout (x, y) ∈ R2 :
1.
f (x) + f (y)
f (x + y) = .
1 + f (x)f (y)
2.
È È
f (x + y) = f (x) 1 + f 2 (y) + f (y) 1 + f 2 (x) .
3.
f (x + y) f (x − y) = f 2 (x) f 2 (y).
4. Z x
f (x) + (x − t)f (t) dt = 1 + x.
0
2f x2
1. Avec (x, y) remplacé par ( 2 , 2 ) on obtient f (x) =
x x , et comme 2ab ≤
1 + f 2 x2
a2 + b2 , alors 2 × 1 × f x2 ≤ 12 + f 2 x2 , on déduit que f (x) ∈ [−1, 1] pour tout
x ∈ R. On distingue, alors deux cas :
⋄ Cas 1 : f (0) 6= 0
alors en prenant x = 0 dans la relation ci-dessus on obtient que 2 = 1 + f 2 (0), d’où
f (0) = ±1 et pour tout x ∈ R :
f (x) + f (0)
f (x) = = ±1.
1 + f (x)f (0)
alors
f + f x20
x0
x0
1 = f (x0 ) = 2 et donc f = 1.
1 + f 2 x20 2
De même, si f x0
2n
= 1 alors f x0
2n+1
= 1, et ainsi on a par récurrence f x0
2n
=1
pour tout n ∈ N. Mais, alors par continuité on aura f (0) = 1, absurde. Donc
f (x) ∈ [−1, 1] et f (x) 6= ±1, on déduit alors f (x) ∈] − 1, 1[, et on peut alors définir
la fonction
1 + f (x)
g(x) = ln .
1 − f (x)
On a g est continue, et pour tout (x, y) ∈ R2 : g(x + y) = g(x) + g(y), donc il existe
k ∈ R tel que g(x) = kx (d’après l’exercice 2.3). En conclusion, on a f (x) = th(kx)
pour tout x ∈ R.
È
2. On a f (0) = 0 car f (2x) = 2f (x) 1 + f 2 (x). D’autre part, on a pour tout
È
x ∈ R : f (x) + 1 + f 2 (x) > 0, on peut alors considérer la fonction g(x) =
È
ln f (x) + 1 + f 2 (x) . On a g(x + y) = g(x)g(y) (vérification immédiate) et g
est continue, donc d’après l’exercice 2.3 on a g(x) ≡ 0 (et donc f (x) ≡ 0) ou
ax + a−x
il existe a > 0 tel que g(x) = ax pour tout x ∈ R (et donc f (x) = ).
2
Réciproquement, une telle fonction vérifie l’équation fonctionnelle en question. En
ax + a−x
conclusion, on a f ≡ 0 ou f (x) = pour tout x ∈ R.
2
3. Pour tout x ∈ R on a : (f (x))2 = f 2 (0)f 2(x), donc si f 6≡ 0 alors f (0) = ±1 := a.
Montrons que f ne s’annule pas sur R. Supposons, par l’absurde, qu’il existe x0 ∈ R
tel que
f (x0 ) = 0, alors comme f (2x) × a = f 4 (x), alors on a par récurrence
x0
f n = 0 pour tout n ∈ N. D’où, par continuité de f , on déduit que a = 0, ce qui
2
f 4 (x)
est absurde. En conclusion, f ne s’annule pas sur R, et comme f (2x) = , alors
a
f garde le même signe que a, et on peut ainsi définir la fonction g(x) := ln (af (x)).
De plus, g est continue, g(0) = 0 et g vérifie pour tout (x, y) ∈ R2 :
2
solutions sont les fonctions x 7−→ a eg(1)x .
4. Comme f est continue, alors les applications
Z x Z x
F ′′ (x) + F (x) = 1 + x.
Exercice 3.26 K
1. Trouver toutes les applications f : R −→ R continues et telles que
Z ax
f (x) = f (t) dt, ∀ x ∈ R,
0
f ◦ f ◦ f = IdR .
équivalente à :
f (x) = F (ax), ∀ x ∈ R.
f étant continue, donc F est de classe C 1 , et par suite d’après la relation ci-dessus
on déduit que f est de classe C 1 , F est alors de classe C 2 . En itérant ce procédé, et
par récurrence, on conclut que f est de classe C ∞ . De plus, on a
n(n+1)
f ′ (x) = af (ax), f ′′ (x) = a2 f (a2 x), · · · , f (n) (x) = a1+2+3+···+n f (an x) = a 2 f (an x).
n(n+1)
On a lim |a| 2 = 0 car |a| < 1, et |x|n+1 = o((n + 1)!), donc on conclut que
n→+∞
f (x) ≡ 0.
contradiction.
• Cas 2 : f (x0 ) < x0
alors puisque f est strictement croissante on a
contradiction.
Donc, f (x) = x pour tout x ∈ R. Réciproquement, il est clair que l’identité vérifie
f ◦ f ◦ f = IdR .
Exercice 3.27 K
Continuité uniforme sur R
1. Soit f : R −→ R une fonction uniformément continue à la fois sur R+ et sur R− ,
montrer qu’elle est uniformément continue sur R.
2. Soit f : R −→ R une application continue telle que lim f (x) est finie. Montrer
|x|→+∞
que f est uniformément continue sur R.
3. Soit f : R −→ R une application. Montrer que
respectivement
ε ε
∀ x ≤ α : |f (x) − a| ≤ et ∀ x ≥ β : |f (x) − b| ≤ .
2 2
3.3. EXERCICES 181
On sait que f est uniformément continue sur le segment [α, β], donc on a :
Soient x < y ∈ R, si x et y sont dans ] − ∞, α], [α, β], [β, +∞[, alors on a |f (x) −
f (y)| ≤ ε. En effet, si x ≤ α ≤ y, alors on a
|x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ 1.
Donc, on a
x
∀x ≥ 0 : |f (x)| ≤ |f (0)| + 1 + .
η
La réciproque est fausse, considérons pour cela la fonction f (x) = x sin x. Pour
0 < h < π, on a
ε
h étant fixé (< η), on peut trouver k ∈ N∗ tel que 2k ≥ , donc l’application
π sin(h)
x 7−→ x sin x n’est pas uniformément continue sur R+ .
On peut aussi considérer la fonction x 7−→ sin(x2 ), cette fonction est bornée mais :
r
√ π π
lim 2πn − 2πn + = 0 et lim sin(2πn) − sin 2πn + 6= 0.
n→+∞ 6 n→+∞ 6
182 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Exercice 3.28 K
1. Soit f : [a, b[−→ R une application continue et ayant une limite à gauche en b.
Montrer que f est uniformément continue sur [a, b[.
2. Soit g une application définie sur R, continue et T -périodique. Montrer que g est
uniformément continue sur R.
La fonction fe est continue sur le segment [a, b], donc par le théorème de Heine, elle
est uniformément continue sur [a, b]. D’où, f = fe| [a,b[ est uniformément continue sur
[a, b[ par restriction.
2. Soit x ∈ R, alors il existe n ∈ Z et y ∈ [0, T ] tels que : x = y + nT , donc
g(x) = g(y) (par périodicité). D’où, g([0, T ]) = g(R) et g est alors bornée sur le
segment [0, T ], par suite il existe deux réels m et M avec g([0, T ]) = g(R) = [m, M].
D’après le théorème de Heine, on sait que g| [0,2T ] est uniformément continue, d’où :
nT ≤ x < (n + 1)T
On a
x − nT ∈ [0, T ] ⊂ [0, 2T ] y − nT ∈ [0, 2T ]
et
|(x − nT ) − (y − nT )| = |x − y| ≤ δ ≤ η.
Par suite
|g(x) − g(y)| = |g(x − nT ) − g(y − nT )| ≤ ε
3.3. EXERCICES 183
et en conclusion
Exercice 3.29 K
Étudier la convergence de la suite (xn )n≥0 définie par la relation de récurrence :
1.
√
x0 = c ≥ 0 et xn+1 = 4 + xn , ∀ n ≥ 0.
2.
2
x0 = c ≥ 0 et xn+1 = , ∀ n ≥ 0.
1 + x2n
√
1. La fonction f (x) = 4 + x est croissante, donc la suite (xn )n≥0√est monotone.
√
On a x√1 = 4 + c et x1 ≥ x0 ⇐⇒ 4 + c ≥ c2 ⇐⇒ 0 ≤ c ≤ 1+2 17 . Le nombre
réel 1+2 17 est le seul point fixe de f , donc comme f est continue si la suite (xn )n≥0
converge ce ne peut√
être que vers ce nombre.
⋄ si
√
0 ≤ c ≤ 2 , on montre par récurrence que la suite (xn )n≥0 est majorée par
1+ 17
1+ 17
2
, et donc
√
elle converge en croissant vers ce nombre.
√
⋄ si c ≥ 2 , la suite (xn )n≥0 est minorée par 1+2 17 , et donc elle converge en
1+ 17
Exercice 3.30 K
Soit f : [a, b] −→ [a, b] une application continue telle que pour tout (x, y) ∈ [a, b]2 :
1. Comme f est continue, alors l’application g(x) := |f (x) − x| est continue sur [a, b]
184 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
vϕ(n)+1 = uϕ(n)+1 − x0 = f uϕ(n) − x0 donc |f (α) − x0 | = l ≤ |α − x0 | = α.
Exercice 3.31 K
Soit f : [0, 1] −→ R une application continue. Montrer que f admet un point fixe dans
les deux cas suivants :
1. f ([0, 1]) ⊂ [0, 1].
2. [0, 1] ⊂ f ([0, 1]).
1. Soit g(x) = f (x) − x, alors g est continue, g(0) = f (0) ≥ 0, g(1) = f (1) − 1 ≤ 0,
alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires il existe x0 ∈ [0, 1] tel que
g(x0 ) = 0, c’est-à-dire f (x0 ) = x0 .
2. Comme [0, 1] ⊂ f ([0, 1]) alors il existe (α, β) ∈ [0, 1]2 tels que g(α) ≤ 0 et
g(β) ≥ 0. Supposons que α < β, alors g s’annule dans l’intervalle [α, β]. Maintenant,
si α > β, alors g s’annule dans l’intervalle [β, α]. En conclusion, dans tous les cas, f
admet un point fixe.
Exercice 3.32 K
Soit f : R −→ R une application continue telle que
1. Montrer que f est strictement monotone sur R et que c’est une bijection de R → R.
3.3. EXERCICES 185
et
f est décroissante =⇒ Fix(f ) = singleton.
Contradiction. On fait de même dans le cas f (z) < z. D’où, l’ensemble des points
fixes par f est un intervalle fermé. De plus, on a :
⋄ Si f est croissante et f ([a, b]) ⊂ [a, b] alors on a f (a) = a et f (b) = b car sinon
|f (a) − f (b)| < |b − a|, donc [a, b] ⊂ Fix(f ).
⋄ si f est décroissante, on ne peut pas avoir f (a) = a et f (b) = b pour a < b. Donc,
Fix(f ) est un singleton.
186 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Exercice 3.33 K
Soient f, g : [0, 1] −→ [0, 1] deux fonctions continues telles que f ◦ g = g ◦ f.
1. Montrer qu’il existe x0 ∈ [0, 1] tel que f (x0 ) = g(x0 ).
2. Que dire pour les fonctions f (x) = x et g(x) = x + 1 définies sur R entier ?
3. Dans cette question on cherche des conditions suffisantes pour que f et g possèdent
un point fixe commun, i. e.
1. Supposons, par l’absurde, que f (x) > g(x) pour tout x ∈ [0, 1], alors par conti-
nuité de l’application x 7−→ f (x) − g(x) il existe α > 0 tel que
On a alors :
nα ≤ f n (x) − g n (x) ≤ 1, ∀ n ∈ N∗ .
x0 ∈ Pg et xn+1 = f (xn ), ∀ n ≥ 0.
D’après la question (ii), tous les termes de la suite (xn )n≥0 sont des points fixes de
g (car f (Pg ) ⊂ Pg ). Comme la fonction f est croissante, alors la suite (xn )n≥0 est
monotone bornée, donc elle converge vers un nombre l ∈ [0, 1] vérifiant f (l) = l car
f est continue. Maintenant, on a g(xn ) = xn pour tout n ≥ 0, et par continuité
de g on a lim g(xn ) = g(l). Par conséquent, on a g(l) = l. En conclusion, f et g
n→+∞
admettent l comme point fixe commun.
Exercice 3.34 K
Soit f : ]0, +∞[−→ R une application dérivable. Montrer que
f (x)
lim f ′ (x) = l ∈ R =⇒ lim = l.
x→+∞ x→+∞ x
ε
∀ε > 0, ∃M > 0 : x ≥ M =⇒ |f ′(x) − l| ≤ .
2
Pour x > M, le théorème des accroissments finis appliqué à la fonction f sur l’in-
tervalle [M, x] montre l’existence de cx ∈]M, x[ tel que
f (x) − f (M)
= f ′ (cx ).
x−M
f (x) − f (M)
f (x) − f (M)
M |f (M)|
≤ − l + · +
x−M x−M x x
ε 1 ε
≤ + |l| + M + |f (M)| .
2 x 2
1 ε
et par conséquent
f (x)
lim = l.
x→+∞ x
Exercice 3.35 K
Théorème de Rolle généralisé
Soit f une application continue sur [a, +∞[ dans R, dérivable sur ]a, +∞[.
Montrer que
Introduisons la fonction
8
>
< f a+ 1
x
−1 si x ∈]0, 1],
g : [0, 1] −→ R, x 7−→ g(x) = >
: f (a) si x = 0.
On a g est continue sur [0, 1], dérivable sur ]0, 1[ et vérifie g(0) = g(1) = f (a).
Donc, d’après le théorème de Rolle il existe b ∈]0, 1[ tel que g ′(b) = 0, c’est à dire
− b12 f a + 1b − 1 = 0. Posons c := a + 1b − 1 ∈]a, +∞[, alors on a f ′ (c) = 0.
Exercice 3.36 K
Polynômes d’Hermite
1. Montrer que l’application
1 2
f : R −→ R, x 7−→ e− 2 x
3.3. EXERCICES 189
est de classe C ∞ , et que pour tout (n, x) ∈ N × R : f (n) (x) = (−1)n f (x)Hn (x) où Hn
est un polynôme.
2. Montrer que deg(Hn ) = n.
3. Montrer que pour tout n ≥ 1 :
4. Montrer que pour tout n ≥ 1, Hn est scindé à racines simples sur R, et pour tout
n ≥ 2 il existe une racine et une seule de Hn−1 entre deux racines consécutives de Hn .
Indication : utiliser l’exercice précédent.
par conséquent, Hn+1 (x) − xHn (x) + nHn−1(x) = 0, i. e. Hn+1 − XHn + nHn−1 = 0.
Maintenant, d’après la relation précédente et la relation Hn+1 = −Hn′ + XHn on
déduit que Hn′ = nHn−1 . Montrons, à présent, la troisème relation : Hn′′ − XHn′ +
nHn = 0. On a Hn+1 ′
= (n + 1)Hn et en dérivant la relation Hn+1 = −Hn′ + XHn ,
on déduit que Hn′′ − XHn′ + nHn = 0.
4. On montre le résultat par récurrence sur n. On a H1 = X est scindé sur R, il en
est de même pour H2 = X 2 −1 = (X −1)(X +1). De plus, la racine x0 = 0 de H1 est
située entre les racines x1 = −1 et x2 = 1 de H2 . Supposons que Hn possède n racines
réelles distinctes, alors f (n) s’annule pour ces n valeurs et lim f (n) (x) = 0, alors
|x|→+∞
grâce au théorème de Rolle (voir exercice 3.35), on a que f (n+1) s’annule au moins
une fois dans chacun des n + 1 intervalles ouverts ainsi déterminés. Ces racines
de f (n+1) sont des racines de Hn+1 , et comme deg(Hn+1 ) = n + 1 alors ce sont
précisément les racines de Hn+1 , les racines de Hn séparent donc les racines de
Hn+1 . La démonstration par récurrence est ainsi terminée.
190 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Exercice 3.37 K
Soit f : [0, 1] −→ [0, 1] une application continue vérifiant f (0) = 0 et telle que :
et d’autre part
Exercice 3.38 K
Théorème de Darboux
Soient I un intervalle non vide de R, f : I −→ R une application dérivable, et
deux valeurs de la fonction f ′ . Montrer que pour tout γ ∈]α, β[, il existe c ∈]a, b[ tel
que f ′ (c) = γ. (i. e. f ′ vérifie le théorème des valeurs intermédiaires (TVI)).
2. Réciproquement, toute application vérifiant le TVI est-elle une dérivée ? L’ensemble
des applications qui vérifient le TVI est-il un espace vectoriel pour les lois usuelles ?
1. Soit g la fonction définie sur I par g(x) = f (x) − γx, alors g ′ (x) = f ′ (x) − γ et
donc g ′ (a) = f ′ (a) − γ = α − γ < 0 et g ′ (b) = f ′ (b) − γ = β − γ > 0. On en
déduit que g n’est pas injective, en effet : sinon, comme g est continue, alors elle
serait strictement monotone et donc aurait une dérivée de signe constant, ce qui
n’est pas le cas car g ′(a) < 0 < g ′ (b). Donc, g n’est pas injective, alors il existe
x0 , x1 ∈ [a, b], x0 < x1 tels que g(x0 ) = g(x1 ). Maintenant, d’après le théorème de
Rolle, il existe c ∈]x0 , x1 [⊂]a, b[ tel que g ′ (c) = 0, c’est-à-dire f ′ (c) = γ.
2. Considérons l’application
fα : [−1, 1] −→ R,
8
>
<sin 1
x
si x 6= 0,
x 7−→ fα (x) = >
:α si x = 0.
La fonction fα , pour tout α ∈ [−1, 1], vérifie le TVI, en effet pour tout (a, b) ∈
[−1, 1]2 , on a :
⋆ si −1 ≤ a ≤ 0 ≤ b ≤ 1 alors
Si α 6= β alors f ne vérifie pas le TVI. Comme f n’est pas une dérivée, l’une au
moins de fα ou fβ ne l’est pas non plus. En conclusion, l’ensemble des fonctions
vérifiant le TVI contient strictement les fonctions dérivées et n’est pas un espace
vectoriel.
192 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Exercice 3.39 K
Règle de l’Hôpital
1. généralisation du théorème des accroissements finis :
Soient f et g deux fonctions à valeurs réelles définies et continues sur un segment [a, b]
et dérivables sur ]a, b[. À l’aide de la fonction auxiliaire
définie sur [a, b], montrer qu’il existe c ∈]a, b[ tel que
2. règle de l’hôpital :
Soient x0 ∈ R, I ⊂ R un intervalle tel que x0 ∈ ˚
I et f, g : I −→ R deux applications
continues en x0 , dérivables sur I \ {x0 }. Montrer que
8
> ′
< g (x) 6= 0, ∀ x ∈ I \ {x0 }, f (x) − f (x0 )
f ′ (x) =⇒ lim = l.
>
: lim = l ∈ R, x→x0 g(x) − g(x0 )
x→x0 g ′ (x)
Calculer
f (x) f ′ (x)
lim et lim .
x→0 g(x) x→0 g ′ (x)
Calculer
f ′ (x) f (x)
lim et lim .
x→∞ g ′ (x) x→∞ g(x)
Que peut t-on déduire ?
5. Soit f : ]0, +∞[−→ R une application deux fois dérivable et telle que
′′
f (x) + 2xf ′ (x) + (x2 + 1)f (x)
≤ 1, ∀ x > 0.
3.3. EXERCICES 193
Calculer
lim f (x).
x→+∞
f ′ (x) f (x)
lim = l>0 =⇒ lim = l.
x→+∞ g ′ (x) x→+∞ g(x)
1. On a
ϕ(a) = f (b)g(a) − g(b)f (a) = ϕ(b).
Donc, d’après le théorème de Rolle il existe c ∈]a, b[ tel que ϕ′ (c) = 0, c’est-à-dire :
2. Par hypothèse on a :
f ′ (x)
∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x ∈ I \ {x0 }, |x − x0 | =⇒ ′ − l ≤ ε.
g (x)
D’où
f (x) − f (x0 )
f ′ (cx )
− l = − l ≤ ε.
g(x) − g(x0 ) g ′(cx )
En conclusion, on a
f (x) − f (x0 )
∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x ∈ I \ {x0 }, |x − x0 | ≤ α =⇒ − l ≤ ε,
g(x) − g(x0 )
f (x) − f (x0 )
c’est-à-dire que lim = l.
x→x0 g(x) − g(x0 )
f (x)
3. Il est clair que lim = 0, alors que
x→0 g(x)
f ′ (x) 2 1
= − cos 4 + o(1) lorsque x −→ 0.
g ′ (x) x x
f (x) f ′ (x)
En conclusion, on ne peut pas dire que si lim existe alors lim ′ existe aussi.
x→0 g(x) x→0 g (x)
194 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
4. On a
2 cos(x)
= lim sin(x) = 0.
x→∞ e (x + 2 cos(x) + sin(x) cos(x)
f (x)
Cependant, lim n’existe pas.
x→∞ g(x)
f (x) f ′ (x)
En conclusion, on ne peut rien dire sur lim si lim ′ n’existe pas.
x→x0 g(x) x→x0 g (x)
x2
f (x)e 2
5. On applique la règle de l’Hôpital, deux fois, à la fraction x2
. Alors, on a :
e2
x2 x2
f (x)e 2 (f ′ (x) + xf (x))e 2
lim f (x) = lim x2
= lim x2
x→+∞ x→+∞ x→+∞
e2 xe 2
x2
(f ′′ (x) + 2xf ′ (x) + (x2 + 1)f (x))e 2
= lim x2
x→+∞
(x2 + 1)e 2
f ′′ (x) + 2xf ′ (x) + (x2 + 1)f (x)
= lim
x→+∞ (x2 + 1)
= 0.
D’où
F ′ (x) f ′ x1
= −−−→ l.
G′ (x) g ′ x1 x→0+
En conclusion, on a alors :
f (x)
lim = l.
x→+∞ g(x)
Exercice 3.40 K
Zéros d’une fonction dérivable
Soit f : [0, 1] −→ R une application dérivable. Montrer que
∄ x ∈ [0, 1] : f (x) = f ′ (x) = 0 =⇒ {x ∈ [0, 1] : f (x) = 0} est fini .
On fait un raisonnement par contraposée. Soit (xn )n≥1 ⊂ [0, 1] une suite telle
que f (xn ) = 0 pour tout n ≥ 1. Alors, comme [0, 1] est un segment, il existe une
sous-suite (qu’on note toujours (xn )) telle que lim xn = l. On a f (xn ) = 0 et par
n→∞
continuité de f on déduit que f (l) = 0. Par conséquent :
Exercice 3.41 K
un "double" théorème des accroissements finis
Soit a < b < c trois nombres réels et f : [a, c] −→ R une application dérivable.
Montrer qu’il existe α ∈]a, b[ et β ∈]a, c[, α < β tels que
c−b c−b ′ c−b
Or, ∈]0, 1[, donc f (γ) + 1 − f ′ (α) est compris entre f ′ (α) et
c−a c−a c−a
f ′ (γ). Donc, par le théorème des valeurs intermédiaires il existe β ∈]α, γ[ tel que
196 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
f (c) − f (a)
f ′ (β) = .
c−a
Exercice 3.42 K
Existe t-il un polynôme P ∈ R[X] et une suite (xn )n≥0 ⊂ R croissante tels que :
P (xn ) = exn , ∀ n ∈ N.
Supposons, par l’absurde, d’un tel polynôme et une telle suite existent, alors on
a : P 6≡ 0. La fonction x 7−→ P (x) − ex est de classe C ∞ sur [xn , xn+1 ] pour tout
n ∈ N. Donc, d’après le théorème de Rolle, il existe x1n ∈]xn , xn+1 [ tel que
1
P ′ (x1n ) = exn .
On a donc trouvé une suite strictement croissante (x1n )n≥0 telle que
1
P ′ (x1n ) = exn , ∀ n ∈ N.
De même, la fonction x 7−→ P ′ (x) − ex est de classe C ∞ , donc il existe une suite
strictement croissante (x2n )n≥0 telle que
2
P ′′ (x2n ) = exn , ∀ n ∈ N.
Exercice 3.43 K
Soit f : [0, 1] −→ R continue, dérivable sur ]0, 1[ et telle que f (0) = 0, f (1) = 1.
1. Montrer que pour tout n ∈ N, il existe des éléments x1 , x2 , · · · , xn de [0, 1] deux à
deux distincts tels que :
2. On suppose, en plus, que f est bijective et que f −1 est dérivable sur ]0, 1[. Montrer
l’existence de réels x1 , x2 , · · · , xn deux à deux distincts et éléments de [0, 1] tels que
1 1 1
+ + ··· + ′ = n.
f ′ (x1 ) f ′ (x2 ) f (xn )
3.3. EXERCICES 197
1 ′
f (1) − f (0) = ( f (x1 ) + f ′ (x2 ) + · · · + f ′ (xn ) ) .
| {z } n
=1
1 1 1
+ +···+ = n.
f ′ (x1 ) f ′ (x2 ) f ′ (xn )
Exercice 3.44 K
Soit f : R −→ R une fonction paire et de classe C 2 . Montrer qu’il existe une fonction
g : R −→ R de classe C 1 telle que :
f (x) = g(x2 ), ∀ x ∈ R.
Exercice 3.45 K
Soient I un intervalle réel, f : I −→ R une fonction deux fois dérivable, et a, b, c trois
points distincts de I. Montrer qu’il existe d ∈ I tel que :
(a − b)(b − x)(x − a)
g(x) = (x − b)f (a) + (a − x)f (b) + (b − a)f (x) − η
2
g ′ (d1 ) = g ′ (d2 ) = 0.
Exercice 3.46 K
Soient P ∈ R[X] un polynôme de degré impair, et f : R −→ R une foncion de classe
C ∞ tels que :
(n)
∀ n ∈ N, ∀ x ∈ R, f
(x) ≤ |P (x)|.
Montrer que f ≡ 0.
Le résultat subsiste-t-il si deg(P ) est pair ?
Comme P est un polynôme réel de degré impair alors il admet une racine a. On
a alors f (n) (a) = 0 pour tout n ∈ N.
3.3. EXERCICES 199
|b − a|n |b − a|n
|f (b) − f (a)| ≤ sup |f (n) (x)| ≤ M
n! x∈[a,b] n!
Exercice 3.47 KK
Théorème de Rolle et déterminant
Soient [a, b] un intervalle non réduit à un point, et f1 , f2 , · · · fn : [a, b] −→ R des
fonctions de classe C n−2 sur [a, b]. On considère n − 1 éléments a1 ≤ a2 ≤ · · · ≤ an−1
de [a, b], montrer qu’il existe c ∈ ]a, b[ tel que :
(n−2)
f (a1 ) f1 (a2 ) · · · f1 (an−1 ) f1
1 (c)
.. .. .. ..
. . . . = 0.
(n−2)
f (a1 ) fn (a2 ) · · · fn (an−1 ) fn
n (c)
Si au moins deux des réels a1 , a2 , · · · , an sont égaux, alors le résultat est vrai (car
si deux colonnes du déterminant sont égales alors le dét est nul). On suppose alors
que a1 < a2 < · · · < an , et considérons la fonction F : [a, b] −→ R définie par :
1 f (a1 ) f1 (a2 ) · · · f1 (an−1 ) f1 (x)
.. .. .. ..
F (x) = . . . . .
fn (a1 ) fn (a2 ) · · · fn (an−1 ) fn (x)
Exercice 3.48 KK
Lemme des cordes de Lévy
On dit qu’une fonction f : [a, b] −→ R admet une corde horizontale de longueur α > 0
s’il existe x ∈ [a, b] tel que x + α ∈ [a, b] et f (x + α) = f (x).
1. Lemme des cordes de Lévy : Soit f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle
que f (0) = f (1). Montrer que
1 1
∀ n ∈ N∗ , ∃ c ∈ 0, 1 − : f (c) = f c+ .
n n
1
2. Montrer que si on remplace par un réel α ∈]0, 1[ tel que α1 6∈ N, alors le résultat
n
ci-dessus n’est plus vrai. On pourra considérer la fonction f : [0, 1] −→ R définie par :
2πx 2π
f (x) = cos − x cos −1 .
α α
f (0) = f (1) b
f (c) = f c + 1
n
b
b b b
c c+ 1 1
n
Il suffit de montrer que la fonction ϕ s’annule en un point c ∈ 0, 1 − n1 . La fonction
ϕ est continue car f l’est. Supposons, par l’absurde, que ϕ ne s’annule pas, disons
3.3. EXERCICES 201
qu’elle est > 0 sur l’intervalle 0, 1 − 1
n
. Alors, on a
1 1
f (x) > f x+ ∀ x ∈ 0, 1 − .
n n
Contradiction car f (0) = f (1). La fonction ϕ ne garde donc pas un signe constant sur
l’intervalle 0, 1 − n1 , et comme elle est continue, alors par le théorème des valeurs
intermédiaires il existe au moins un point c ∈ 0, 1 − n1 tel que f (c) = f c + n1 .
2. On a f (0) = f (1), alors que pour tout x ∈ [0, 1 − α] on a
2π
f (x + α) − f (x) = −α cos −1 6= 0
α
car 1
α
/ N.
∈
3. On a
2 1 1 1
f r+ = f r+ + = f r+ = f (r).
n n n n
Donc f (r) = f (0) pour tout r ∈ Q. Maintenant, soit x ∈ R \ Q, alors il existe (par
densité) une suite (rn )n≥1 ∈ QN telle que lim rn = x. Comme f est continue, on
n→+∞
déduit que
f (x) = lim f (rn ) = f (0).
n→+∞
Exercice 3.49 KK
Soit f : [a, b] −→ [a, b] une fonction quelconque.
1. Montrer que si f est continue alors elle admet un point fixe x0 ∈ [a, b], i. e. f (x0 ) = x0 .
(cas simple du Théorème de brouwer).
Cas d’unicité du point fixe : Montrer que si f est continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[
et telle que f ′ (x) 6= 1 pour tout x ∈]a, b[, alors le point fixe est unique.
2. Montrer que si f est croissante alors elle admet un point fixe x0 ∈ [a, b].
3. Trouver une fonction f : [a, b] −→ [a, b] strictement décroissante et n’ayant pas de
points fixes.
4. Montrer l’importance des hypothèses segment fermé borné dans le théorème de Brou-
wer en donnant des contre-exemples.
Comme g(a)g(b) ≤ 0 et que g est continue, alors il existe x0 ∈ [a, b] tel que g(x0 ) = 0,
c’est-à-dire f (x0 ) = x0 .
remarque : Ce point fixe n’est pas unique, il suffit par exemple de considérer la
fonction f (x) = x pour x ∈ [a, b] pour voir la non unicité.
Si f ′ (x) =
6 1 pour tout x ∈]a, b[, alors si on suppose qu’il existe deux points fixes
x1 ≤ x2 ∈ [a, b] alors g(x1 ) = g(x2 ) = 0. Donc, par le théorème de Rolle il existe
c ∈]a, b[ tel que g ′ (c) = 0, c’est-à-dire f ′ (c) = 1, ce qui est absurde. Donc, le point
fixe est unique dans ce cas.
2. Considérons l’ensemble
E := {x ∈ [a, b] : f (x) ≥ x }
terminée. Sinon, supposons par l’absurde que f (x0 ) > x0 . Par définition de x0 on a
d’une part
f (x) < x ∀ x > x0
et d’autre part
x > f (x) ≥ f (x0 ) ∀ x0 < x < f (x0 ).
Contradiction car x ∈]x0 , f (x0 )[, i. e. x < f (x0 ). En conclusion, f admet un point
fixe.
⋄ Cas 2 : x0 6∈ E
Montrons que ce cas est en fait impossible, et que x0 ∈ E, ce qui nous ramène
donc au premier cas. Si x0 6∈ E, alors il existe une suite xn −→ x0 , xn < x0 telle
que xn ∈ E. Comme f est croissante alors lim f (xn ) = x0 . D’autre part, comme
n→+∞
f (x0 ) < x0 on déduit qu’il existe xn < x0 telle que f (xn ) > f (x0 ), ce qui contredit
le fait que f est croissante.
1 b
3. Considérons la fonction
8
>
<1−x si 0 ≤ x < 21 ,
f (x) = >1
:
2
− x
2
si 1
2
≤ x ≤ 1.
Alors, la fonction f est strictement décroissante mais n’a pas de points fixes.
1 b
1
204 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
4.
(i) Considérons la fonction
1 x
f : [0, 1[−→ [0, 1[, x 7−→ + ,
2 2
alors f est continue mais ne possède pas de points fixes dans [0, 1[.
(ii) Considérons la fonction
1
f : [1, +∞[−→ [1, +∞[, x 7−→ x + ,
x
alors f est continue mais ne possède pas de points fixes dans [1, +∞[.
(iii) Considérons la fonction
alors f est continue mais ne possède pas de points fixes dans [−2, −1] ∪ [1, 2].
Exercice 3.50 KK
Soit f : [a, b] −→ [a, b] une application continue. On définit la suite (xn )n≥1 par
x1 ∈ [a, b] et xn+1 = f (xn ) pour tout n ≥ 1.
Montrer que
Comme α2 est limite d’une suite, alors il existe N ∈ N∗ tel que n > N =⇒ f n (x) > x.
3.3. EXERCICES 205
ce qui constitue une contradiction. En conclusion, la suite (xn )n≥1 converge vers un
point fixe de f .
Exercice 3.51 KK
Montrer qu’il n’existe aucune application continue f : C∗ −→ C telle que
( f (z) )2 = z, ∀ z ∈ C∗ .
2 2
f eit = eit c’est-à-dire e−it f eit = 1.
t
g : R −→ R, t 7−→ e−i 2 f eit
Ceci met en défaut le théorème des valeurs intermédiaires. En conclusion, une telle
fonction n’existe pas.
Exercice 3.52 KK
Soient I un intervalle de R et f : I −→ I une application continue.
Montrer que si K := [m, M ] est un segment inclus dans f (I), alors il existe un segment
L := [a, b] ⊂ I tel que f (L) = K.
cas.
⋄ Si m < M : alors on distingue deux cas :
⋆ si α < β : on pose J := {x ∈ [α, β] : f (x) = m}, alors J est une partie de
R non vide (car α ∈ J) et majorée, donc J admet une borne supérieure notée a.
Ce réel a est limite d’une suite d’éléments de U et alors par continuité de f on a
f (a) = m et a < β. Maintenant, soit U := {x ∈ [a, β] : f (x) = M}, alors U
est une partie de R non vide et majorée, sa borne supérieure b vérifie f (b) = M
et b > a. On va montrer que f ([a, b]) = [m, M]. On a que f ([a, b]) est un segment
contenant m et M, donc [m, M] ⊂ f ([a, b]). Il nous reste à montrer l’autre inclusion.
Soit x ∈]a, b[ tel que f (x) 6∈ [m, M], alors si – par exemple – f (x) > M il existe
alors (grâce au théorème des valeurs intermédiaires) un élément c ∈]a, x[ tel que
f (c) = M, contradiction avec la définition de b. Si maintenant f (x) < m alors il
existe un élément d ∈]x, b[ tel que f (d) = m, ce qui est une contradiction avec la
définition de a. En conclusion, on a f ([a, b]) ⊂ [m, M], et par suite on a égalité des
deux ensembles.
⋆ si α > β : un raisonnement identique à celui donné ci-dessus prouve le résultat
demandé.
Exercice 3.53 KK
Soit f : R −→ R une fonction continue non constante telle que :
∀ y ∈ R, Card f −1 ({y}) ≤ 2.
Montrer que :
∃x ∈ R : Card f −1 ({x}) = 1.
Si l’application f est injective alors le problème est résolu. Sinon, il existe deux
réels a < b tels que f (a) = f (b) = y0 . Comme f est continue non constante alors
f ([a, b]) = [m, M] avec m < M. Montrons que y0 = m ou y0 = M. Supposons que
y0 est distinct de m et de M, alors il existe deux réels distincts c 6= d dans ]a, b[ tels
que f (c) = m et f (d) = M, et par le théorème des valeurs intermédiaires l’élément
y0 admettrait un troisième antécédent dans le segment ]c, d[ ⊂ ]a, b[, contradiction
avec l’hypothèse de l’exercice. Donc y0 = m ou y0 = M (quitte à changer f en −f
on n’examinera dans la suite que le cas y0 = m).
Montrons que Card f −1 ({M}) = 1. Supposons, par l’absurde, que M admet un an-
técédent d1 6= d. On distingue alors trois cas possible :
⋄ d1 < a :
d’après le théorème des valeurs intermédiaires , un point y ∈ ]m, M[ admet un an-
tévédent au moins dans ]d1 , a[, dans ]a, d[ et dans ]d, b[. Ceci est en contradiction
avec Card f −1 ({y}) ≤ 2.
⋄ d1 > b :
3.3. EXERCICES 207
Exercice 3.54 KK
Méthode de Newton (1671)
Soit f : [a, b] −→ R une fonction de classe C 2 vérifiant
f (xn )
xn+1 = xn − , n ≥ 1.
f ′ (xn )
Montrer que la suite (xn )n∈N converge vers un point c tel que f (c) = 0. Donner une
estimation de la vitesse de convergence.
applications :
√
(1) En utilisant la méthode de Newton trouver la valeur de 6
2 à 10−8 près.
(2) Trouver, à 10−6 près, la racine de l’équation cos(x) = x.
1. D’après le théorème des valeurs intermédiaires et comme f (a)f (b) < 0 alors f
admet au moins une racine. Puisque f ′ > 0, f est strictement croissante, et donc
f admet une unique solution qu’on note c. On a c < x0 car f (x0 ) > 0 et f est
strictement croissante. Montrons par récurrence sur n que c < xn+1 < xn . En
particulier la suite (xn ) est bien définie et on a (xn ) ⊂ [a, b]. En supposant que
c < xn ≤ b pour un certain n, on a :
f (xn )
xn+1 = xn − < xn
f ′ (xn )
car f (xn ) > 0 et f ′ (xn ) > 0. D’autre part, d’après la formule de Taylor on a
f ′′ (d)
0 = f (c) = f (xn ) + f ′ (xn )(c − xn ) + (c − xn )2 , c < d < xn ,
2
208 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
f (xn )
c < xn − = xn+1 .
f ′ (xn )
On a d’après ce qui précède que la suite (xn )n∈N est une suite monotone dans l’inter-
valle fermé borné [a, b], elle converge donc vers un point x qui vérifie x = x − ff′(x)
(x)
,
c’est-à-dire f (x) = 0, et par suite x = c d’après l’unicité de la racine de f .
f (xn )
c xn+1 xn
f (xn ) f ′′ (d)
xn+1 − c = xn − c − = (c − xn )2 .
f ′ (xn ) 2f ′ (xn )
max f ′′ (x)
x∈[a,b]
Posons α := , alors on obtient pour tout n ≥ 1 :
2 min f ′ (x)
x∈[a,b]
n
|α(xn+1 − c)| ≤ |α(xn − c)|2 d’où |α(xn − c)| ≤ |α(x0 − c)|2 .
Donc, si |α(x0 − c)| < α1 , alors (xn )n∈N converge très rapidement vers c.
applications :
√
(1) Pour trouver la valeur de 6 2 alors cela revient à trouver les racines de l’équation
x6 − 2 = 0. Si f (x) = x6 − 2 alors f ′ (x) = 6x5 et on a la suite
x6n − 2
xn+1 = xn − .
6x5n
3.3. EXERCICES 209
cos(xn ) − xn
xn+1 = xn + .
sin(xn ) + 1
Exercice 3.55 KK
Inégalité généralisée des accroissements finis
1. Soient f, g : [a, b] −→ R deux fonctions continues sur [a, b] et dérivables sur ]a, b[
(a < b sont deux nombres réels). On suppose que
Montrer que
|f (b) − f (a)| ≤ g(b) − g(a).
2. application :
Soit f : R −→ R une fonction dérivable sur R. Montrer que
1. Considérons la fonction
La fonction h est continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ et vérifie h(a) = h(b). Donc,
d’après le théorème de Rolle, il existe c ∈]a, b[ tel que h′ (c) = 0, c’est-à-dire
|f ′(c)|
Si g ′ (c) > 0, alors puisque ≤ 1 on a
g ′ (c)
|f ′(c)|
|f (b) − f (a)| = · (g(b) − g(a)) ≤ g(b) − g(a).
g ′ (c)
ε
∀ ε > 0, ∃A > 0 : x ≥ A =⇒ |f (x) + f ′ (x)| ≤ .
2
Considérons la fonction g définie par g(x) = ex f (x), alors g est dérivable sur R et
on a g ′ (x) = ex (f (x) + f ′ (x)). Par suite, on déduit que
ε
x≥A =⇒ |g ′(x)| ≤ · ex .
2
Donc, d’après l’inégalité généralisée des accroissements finis appliquée sur l’intervalle
[A, x] on obtient
ε x
|g(x) − g(A)| ≤ (e − eA ).
2
Par conséquent, et grâce à l’inégalité triangulaire on a
ε x
|g(x)| ≤ (e − eA ) + |g(A)|
2
D’où
ε ε
|f (x)| ≤ 1 − eA−x + |g(A)| e−x ≤ + |g(A)| e−x .
2 2
Maintenant, comme lim |g(A)| e−x = 0, alors il existe B > 0 tel que
x→+∞
ε
x≥B =⇒ |g(A)| e−x ≤ .
2
Exercice 3.56 KK
Montrer que la fonction f : ]0, 1[−→ R définie par :
8
> 1 p
< si x = , avec (p, q) ∈ N × N∗ , p ∧ q = 1,
f (x) = q q
>
:0 si x ∈ R \ Q,
Comme f est discontinue sur les rationnels (cf. exercice 3.70), alors f ne peut
être dérivable qu’aux points irrationnels.
Supposons, par l’absurde, l’existence de :
f (x) − f (a)
f ′ (a) = lim , a ∈ (R \ Q) ∩ ]0, 1[.
x→a x−a
Soit (xn )n≥0 une suite d’irrationnels dans ]0, 1[ telle que xn 6= a pour tout n et
lim xn = a. Alors, on a :
n→+∞
f (xn ) − f (a)
f ′ (a) = lim = 0.
n→+∞ xn − a
1 1
Par conséquent, f (x) < |x − a|. On a > 0 et comme 0 < a < 1 alors > 0 et
δ a
1
> 0. Puisque il y a une infinité de nombres premiers, alors il existe un nombre
1−a
1 1 1 1 1
premier p tel que : p > max , , . Il est clair que l’intervalle a − , a +
δ a 1−a p p
2
est inclus dans ]0, 1[, et comme il est de longueur il existe alors un entier k avec
p
k k
1 ≤ k < p tel que le nombre rationnel lui appartient. On a 6= a car a ∈ R \ Q
p p
k
et est irréductible car p est premier. D’où
p
k
1
0 < − a < < δ
p p
ce qui est une contradiction. Donc, f n’est dérivable en aucun point de ]0, 1[.
Exercice 3.57 KK
Soit f : R −→ R+ une fonction de classe C ∞ .
√
1. La fonction f est-elle de classe C 1 sur R ?
√
2. On suppose qu’il existe un point x0 ∈ R tel que f (x0 ) > 0. Montrer que f est de
classe C∞ au voisinage de x0 .
212 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
È È
1. En prenant f (x) = x2 , on voit que f (x) = |x| n’est pas dérivable en 0, et
√
f n’est donc pas de classe C sur R.
1
Exercice 3.58 KK
Cas particulier du théorème de GLAESER (1963)
Soit f : R −→ R+ une fonction de classe C 2 .
1. Montrer que
È
f est dérivable sur R ⇐⇒ pour tout zéro x0 de f on a f ′′ (x0 ) = 0.
3. En déduire que :
È
f est de classe C 1 ⇐⇒ pour tout zéro x0 de f on a f ′′ (x0 ) = 0.
1
f (x) = (x − x0 )2 f ′′ (x0 ) + o (x − x0 )2 .
2
Par conséquent :
È È s
f (x) − f (x0 ) |x − x0 | f ′′ (x0 )
= + o(1) .
x − x0 x − x0 2
√
Comme f est à valeurs ≥ 0, alors nécessairement f ′′ (x0 ) ≥ 0, et il résulte que f
est dérivable à droite et à gauche en x0 avec :
s s
È ′
f ′′ (x0 ) È ′
f ′′ (x0 )
f (x+
0) = et f (x−
0) = − .
2 2
√
En conclusion, f est dérivable en x0 si, et seulement si, f ′′ (x0 ) = 0. La dérivée en
√ √ ′
x0 de f est nulle : f (x0 ) = 0.
2. Soit x ∈ [−m, m], alors par la formule de Taylor-Lagrange on a pour |h| ≤ m :
h2 ′′
f (x + h) = f (x) + hf ′ (x) + f (η) ≥ 0 avec η ∈ ]x, x + h[.
2
3.3. EXERCICES 213
h2
P (h) := M(m) + hf ′ (x) + f (x).
2
−f ′ (x)
Le minimum du polynôme P est atteint au point , et comme il existe c ∈ ]0, x[
M(m)
tel que f ′ (x) = f ′ (0) + xf ′′ (c) = xf ′′ (c) on a :
f ′ (x)
xf ′′ (c)
= ≤ m.
M(m) M(m)
Le minimum de P est atteint dans le segment [−m, m], il est donc positif, et son
discriminant est négatif, c’est-à-dire :
La majoration ci-dessus est aussi vraie pour un point x tel que f (x) = 0 car la dérivée
√
de f en ce point est nulle. Finalement, comme f ′′ est continue on a : lim M(m) = 0,
√ ′
m→0
ce qui montre (grâce à l’inégalité ci-dessus) la continuité de f en 0.
Montrons maintenant que lim xn = x. Comme (xn )n≥1 ⊂ [a, b] est bornée, alors il
n→+∞
suffit de montrer que toute sous-suite convergente de (xn )n≥1 a pour limite x. Soient
x ∈ R et (xnk )k≥1 une sous-suite de (xn )n≥1 qui converge vers x, on se propose de
montrer que x = x. On a
Or
lim |xnk+1 −x| = |x−x| et lim |xnk+1 −x| = lim |f (xnk )−f (x)| = |f (x)−f (x)|.
k→∞ k→∞ k→∞
contradiction. En conclusion, on a x = x.
f (cos(x))
g(x) = .
sin(x)
Alors on a
f (cos(x + π))
g(x + π) = = g(x),
sin(x + π)
f (2 cos2 (x) − 1) 2 cos(x) × f (cos(x))
g(2x) = = = g(x).
sin(2x) sin(2x)
Donc, en particulier, on a
nπ
g 1+ k = g(2k + nπ) = g(2k ) = g(1) = constante.
2
k
1. On montre que les , pour k ∈ J0, n − 1K, dont les points fixes de Tn . En
n−1
effet, on a pour k ∈ J0, n − 2K :
¨ « ¨ « ¨ «
k nk nk k k
Tn = = −k = = ,
n−1 n−1 n−1 n−1 n−1
k k
car 0 ≤ < 1 pour k ∈ J0, n − 2K. Maintenant, pour k = n − 1, alors =1
n−1 n−1
k
et Tn (1) = 1, donc les sont n points fixes de Tn dans [0, 1] pour k ∈ J0, n − 1K.
n−1
Réciproquement, si x ∈ [0, 1] est un point fixe de Tn , alors Tn (x) = x, donc nx = k+x
k
pour un certain entier k, par suite (n − 1)x = k et alors x = . Les points fixes
© n−1
sont alors n−10 1
, n−1 n−1
, · · · , n−1 , et ils sont au nombre de n.
2. Si x = 1, le résultat est clair. Si x < 1, alors comme Tb (x) = {bx} il existe un
entier k tel que Tb (x) = bx + k. Par suite
f (x) − f (y)
inf (f (x), f (y)) ≤ ≤ sup (f (x), f (y)) . (∗)
x−y
1. Supposons, par exemple, que f est non continue à droite en y, alors il existe une
3.3. EXERCICES 217
xn −→ y + et f (xn ) 9 y.
D’où :
1
∃ ε > 0, ∀ n ∈ N, ∃ (xn )n : y < xn < y + et |f (xn ) − f (y)| > ε.
n
Dans cette suite (xn )n , il y a une infinité d’indices n pour lesquels f (xn ) − f (y) est
de signe constant (positif par exemple). On ne garde que ces n et on conserve la
notation (xn )n , alors il s’ensuit de la relation (∗) que :
f (xn ) − f (y)
f (y) ≤ ≤ f (xn ), ε < f (xn ) − f (y).
xn − y
Par suite :
ε f (xn ) − f (y)
< < f (xn ). (1)
xn − y xn − y
1
Comme lim (xn − y) = 0, alors lim f (xn ) = +∞. Comme y < xn < y + , alors
n→+∞ n→+∞ n
1
> n. Par conséquent, les relations (1) et f (xn ) − f (y) > 0 entraînent que :
xn − y
f (xn ) − f (y) 1
f (xn ) ≥ > n (f (xn ) − f (y)) et f (y) > 1− f (xn ).
xn − y n
1
Contradiction, car lim 1 − f (xn ) = +∞. En conclusion, f est continue à
n→+∞ n
droite de y, et de la même manière on montre que f est continue à gauche de y. f
est donc continue sur R.
2. Posons y = x + h avec h 6= 0, alors d’après la relation (∗) on a :
f (x + h) − f (x)
inf (f (x), f (x + h)) ≤ ≤ sup (f (x), f (x + h)) .
h
Puisque f est continue alors lim inf (f (x), f (x + h)) = lim sup (f (x), f (x + h)) =
h→0 h→0
f (x). Par conséquent, f est dérivable avec f ′ (x) = f (x) pour tout x ∈ R.
3. D’après la question ci-dessus, on a f ′ = f , donc il existe une constante réelle c
telle que f (x) = cex pour tout x ∈ R. Réciproquement, et grâce au théorème des
accroissements finis, toute fonction de la forme f (x) = cex vérifie la relation (∗).
En conclusion, les fonctions vérifiant la relation (∗) sont les fonctions du type f (x) =
cex avec c ∈ R est une constante.
218 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
Comme, en +∞, on a f (x) = o(1) et f (n) (x) = o(1), alors g ′ (x) = o (eαx ). D’où,
Z x Z x
n−1
X
(−α)n−1−k f (k) (x) = o(1). (1)
k=0
n−1
X
hi (x) := βik f (k) (x) = x + βi f ′ (x) + βi2 f (2) (x) + · · · + βin−1 f (n−1) (x).
k=0
est de Vandermonde, il est non nul, et donc il existe une matrice (γij ) ∈ Mn (R)
telle que
n
X
(k)
f = γik hi , ∀ k ∈ J0, n − 1K.
i=1
3.3. EXERCICES 219
Donc, comme hi (x) = o(1) pour tout i ∈ J1, nK, alors on conclut que
M0 M2 h
M1 ≤ + .
h 2
220 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
α x √
Or, la fonction x 7−→ + admet son maximum au point αβ et ce maximum
È
x β
est égal à 2 α
β
. D’où
s
È È
′ M0
|f (x)| ≤ 2 = 2M0 M2 et M1 ≤ 2M0 M2 .
2/M2
n−1
X hk |t|n
f (x + h) = f (k) (x) + ϕ(h) avec |ϕ(t)| ≤ Mn .
k=0 k! n!
Or, on a
0 1 0 1 0 1
12 1n−1
1 1
1! 2!
··· (n−1)! C 1 1 12 · · · 1n−1 B
1 0 ··· 0 C
B
B 22 2n−1 C
B
B
C
C B .. .. C
B 1 2
··· (n−1)! C B1 2 22 · · · 2n−1 C B 0 1!1 . . C
1! 2! C ×B C
C = B.
B C B
.. .. .. .. .. .. .. C B . . . C
B ..
B B.
B . . . . C . . . C B.
.. .. 0 C
C
A A A
n2 nn−1
1 n!
1 2!
··· (n−1)!
1 n n2 · · · nn−1 0 ··· 0 1
(n−1)!
| {z }
matrice de Vandermonde
n
Si A−1 := (bij )1≤i,j≤n et si bh := max |bhk |, alors on conclut que pour tout h ∈
k=1
3.3. EXERCICES 221
J1, n − 1K :
(h)
nn
f
(x) ≤ nbh M0 + Mn .
n!
En conclusion, la dérivée d’ordre h de f , f (h) , est bornée.
Montrons maintenant que :
(ii) si M0 et Mn sont finis alors :
k(n−k) k k
1− n
Mk ≤ 2 2 M0 Mnn , ∀ k ∈ J0, nK.
car la fonction f (k−1) est de classe C 2 . On se propose de majorer les deux termes
Mk−1 et Mk+1 . D’une part, Puisque les fonctions f et f (k) sont bornées, alors par
hypothèse de récurrence au rang k appliquée à f (k−1) donne :
k−1 1 k−1
Mk−1 ≤ 2 2 M0k Mk k . (2)
D’autre part, puisque les fonctions f (k) et f (n+1) sont bornées, alors par hypothèse
de récurrence au rang n + 1 − k appliquée à f (k) donne :
n−k 1
n−k
Mk+1 ≤ 2 2 Mkn+1−k Mn+1
n+1−k
. (3)
n+1 1
(1− 1 )+(1− n+1−k
1
) n+1−k
1
≤2 2 M0k Mk k Mn+1 .
n−1
X
Vσ (f, I) = |f (xk+1 ) − f (xk )| et W (f, I) = sup Vσ (f, I) ∈ [0, +∞].
σ
k=0
2. Montrer que :
où Z 2π
1
cn (f ) = f (t)e−int dt.
2π 0
1. Comme Vσ (f, I) = Vσ (−f, I), alors il résulte clairement que W (f, I) = W (−f, I).
Si σ est une subdivision quelconque de I, alors on a pour tout k ∈ J0, n − 1K :
D’où
Vσ (f + g, I) ≤ Vσ (f, I) + Vσ (g, I) ≤ W (f, I) + W (g, I),
et en passant à la borne supérieure, on conclut que : W (f +g, I) ≤ W (f, I)+W (g, I).
Finalement, si σ = (x0 , x1 , · · · , xn ) est une subdivision quelconque de l’intervalle
[a, b], il existe un unique entier k ∈ J0, n − 1K tel que c ∈ [xk , xk+1 [. On a
Vσ (f, [a, b]) ≤ W (f, [a, c])+W (f, [c, b]) et W (f, [a, b]) ≤ W (f, [a, c])+W (f, [c, b]).
Vσ1 (f, [a, c]) + Vσ2 (f, [c, b]) = Vσ (f, [a, b]) = W (f, [a, b]),
W (f, [a, c]) + W (f, [c, b]) ≤ W (f, [a, b]), (en passant aux bornes sup.)
En conclusion, on a : W (f, [a, b]) = W (f, [a, c]) + W (f, [c, b]).
2. Comme f est de classe C 1 , alors f ′ est continue sur le segment [a, b], et on peut
donc poser M := sup |f ′ (x)|. Si σ est une subdivision de I, alors on a grâce à
x∈[a,b]
l’inégalité des accroissement finis :
n−1
X
Vσ (f, I) ≤ M (xk+1 − xk ) = M(b − a).
k=0
n−1 Z x Z b
X k+1
′
Vσ (f, I) ≤ |f (x)| dx = |f ′(x)| dx.
k=0 xk a
On va montrer que ϕ est dérivable sur [a, b] et que ϕ′ (x) = |f ′ (x)| pour tout x ∈ [a, b].
Soit h > 0 tel que x + h ∈ I, alors on a :
Z x+h
Par conséquent
f (x + h) − f (x) ϕ(x + h) − ϕ(x) 1 Z x+h ′
≤ ≤ |f (t)| dt.
h h h x
D’où
ϕ(x + h) − ϕ(x)
lim = |f ′(x)|.
h→0,h>0 h
De même, on montre que
ϕ(x) − ϕ(x − h)
lim = |f ′ (x)|.
h→0,h>0 h
Z b
Z b
3.
(=⇒) Considérons la fonction g : [a, b] −→ R définie pour tout x ∈ [a, b] par :
g(x) = W (f, [a, x]). La fonction g est définie et croissante (d’après la question 1).
Posons h := g − f , alors h est une fonction croissante, en effet soit (x, y) ∈ I 2 avec
x < y, on a alors :
n−1
X
Vσ (f, I) = (f (xk+1 ) − f (xk )) = f (xn ) − f (x0 ) = f (b) − f (a).
k=0
1 Z 2π 1 Z 2π ′
cn (f ) = f (t)e−int dt = f (t)e−int dt,
2π 0 2inπ 0
1 Z 2π ′ W (f, [0, 2π])
|cn (f )| ≤ |f (t)| dt = .
2|n|π 0 2|n|π
Comme f est périodique, alors on a W (f, [0, 2π]) = W (f, [t, 2π + t]) pour tout
π
t ∈ [0, 2π], et si σ est une subdivision régulière de [t, 2π + t] de pas , alors on a :
n
2n−1
X
(k + 1)π kπ
W (f, [0, 2π]) ≥ Vσ (f, [t, 2π + t]) = f t+ −f t+ .
k=0
n n
Supposons, par l’absurde, qu’il existe A ∈ R tel que f (x) 6= 0 pour tout x ≥ A.
La fonction f est continue et ne s’annule pas sur [A, +∞[, donc elle garde un signe
constant, on suppose (par exemple) f (x) > 0 pour tout x ∈ [A, +∞[. Considérons
maintenant la fonction
n
X ak
g : [A, +∞[−→ R, x 7−→ sin(λk x).
k=1 λk
∀ x ≥ 0, lim f (nx) = 0.
n→+∞
Montrer que
lim f (x) = 0.
x→+∞
Soit ε > 0 fixé. Comme f est uniformément continue, il existe η > 0 tel que
|f (x) − f (y)| ≤ ε dès que |x − y| ≤ η. D’autre part, on sait que lim f (nη) = 0,
n→+∞
soit N ∈ N fixé tel que |f (nη)| ≤ ε pour n ≥ N. Si x est un réel plus grand que Nη,
il existe un entier n ≥ N tel que |x − nη| ≤ η, et par suite on a : |f (x) − f (nη)| ≤ ε
de sorte que |f (x)| ≤ 2ε. En conclusion, on a bien : lim f (x) = 0.
x→+∞
pour tout x ∈ R.
2. Montrer qu’il existe deux fonctions f : R −→ R et g : R −→ R telles que :
pour tout x ∈ R.
D’où :
Donc, il existe deux réels distincts α et β éléments de {−1, 0, 1} tels que f (α) = f (β).
Mais alors :
α3 = g(f (α)) = g(f (β)) = β3
La fonction g est paire et on a : g(a) = g(b) =⇒ |a| = |b|. Donc, on peut définir f
comme une fonction paire telle que :
ϕ ϕ×Id pr
[0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1] × [0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1],
où pr : [0, 1] × [0, 1] × [0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1] est la projection qui à (x, y, z) associe
(x, y).
Les applications ϕ, ϕ × Id et pr sont continues et surjectives, donc ψ est continue et
surjective. Enfin, comme la projection prend chaque valeur une infinité de fois, alors
il en est de même pour ψ. La fonction ψ ainsi définie vérifie donc les conditions de
l’exercice.
3.3. EXERCICES 229
f : R −→ R
8
< 0 si x ∈ R \ Q∗ ,
x 7−→ f (x) =
:1
q si x = pq , (p, q) ∈ Z × N∗ , p ∧ q = 1.
Montrer que f est réglée mais discontinue en tout point rationnel non nul (l’ensemble
des points de discontinuité est donc dense dans R).
Comme f est croissante, alors pour tout y ∈ [x, x0 [ on a : M −ε < f (x) ≤ f (y) ≤ M,
d’où lim f (x) = M.
x→x0 ,x6=x0
f est continue en x ∈ I si f (x− ) = f (x) = f (x+ ), c’est-à-dire f (x− ) = f (x+ )
puisque f est croissante. Par suite, un point de discontinuité est caractérisé par
f (x− ) < f (x+ ). On associe à un tel point un nombre rationel rx ∈ Q tel que
f (x− ) < rx < f (x+ ). L’application x 7−→ rx est strictement croissante sur son
ensemble de définition D (puisque f est croissante), par suite elle est injective.
Comme l’application r : x 7−→ rx est injective de D −→ Q alors D est fini ou
230 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE
dénombrable.
2. Si D = ∅, alors on peut prendre f (x) = x. Si D 6= ∅, soit (xn )n∈N ⊂ D une suite
qui contient chaque élément de D, alors on peut choisir la fonction
1 X
f (x) = ,
{n : xn <x}
n2
qui est croissante et dont l’ensemble de points de discontinuité est la suite (xn )n∈N .
3. À tout nombre x tel que f (x− ) < a < b < f (x) il est possible d’associer un inter-
−
valle ouvert Ix =]x − εx , x[ tel que si y ∈ Ix , f (y) < a+f2(x ) , donc tel que f (y) < a
et f (y −) < a. Les intervalles Ix ainsi définis sont deux à deux disjoints, et on peut
associer, de façon injective, à chacun d’eux un nombre rationnel intérieur. Donc,
l’ensemble Ea,b est fini ou dénombrable.
[
4. Q étant dénombrable, donc Q2 est dénombrable et E = Ea,b est fini ou dénom-
(a,b)
brable. Donc, E = {x ∈ I : f (x− ) < f (x)} est fini ou dénombrable. Maintenant,
en changeant x en −x ou f ou en −f , on déduit de la même façon que les ensembles
{x ∈ I : f (x+ ) < f (x)}, {x ∈ I : f (x− ) > f (x)}, {x ∈ I : f (x+ ) > f (x)}
sont finis ou dénombrables. Finalement, l’ensemble des points de discontinuité qui
est justement la réunion de ces quatre ensembles est dénombrable.
5. f est discontinue car en tout point rationnel non nul f est différente de 0 mais
prend sur tout voisinage la valeur 0.
n o
Soit x0 > 0, l’ensemble EN := pq : pq ∈ x20 , 2x0 \ {x0 }, 0 < q ≤ N est fini
car 0 < p < 2x0 N, et il est non vide pour N assez grand. Pour 0 < |x − x0 | <
inf x20 , d(x0 , EN ) , on a
8
>
< = 0 si x ∈ R \ Q,
f (x) >
: < 1
N
si x ∈ Q.
1 b b
b b b b
b b b b b b
b b b b b b b b
b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b
bb b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b bb bb b b b b b b b b b b b b b b b b b bb bb b
bb b b b b b b b b b b b b b b b b bb b bb b b b b b b b b b b b b bb bbb b b b b b b b b b b b b b b bb b bb b b b b b b b b b b b b bbb bb
bb bb bbb bbb b b b b bb b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b bbb b b b b b b b b b b b b bbb b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbbb b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b bbb b b b b b b b b b b b b bbb b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b bb bbbb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbb b bb b
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0
b
bb b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b bbbb b bb b b bbb b b b bb b bbbbb b b b bbbbbbb bbbb bbbbbbbbb bbbbb bbbbbbbb b bbbbbbbb b bbbbbb bbbbbbb b b b b b bbbbbbbb bb b b bbbbbbbbb b b b b b b bbbbbbbbbbb bb b bbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbb bb bb b bbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbb bb
b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbbbbbbb bbbbbbb bbbbbbb bbbbbbb b bbbbbbbbbbbbb b b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b
b b bb bb b b b b b bb bb bb bbb bbb bb b b b b b b b b b bb b b b bb bb bb bb bb bb bb bb bb b b b b b b b b b b bb b bb bbb bb bb bb bb bbb bb b bb b b b b bbb bb bb bb b b b b b b bb bb bbb bb b b b b b bbb b b b bb bb bb bbb bb bb bb b b b bb bb bb b b b b b b b b b b b b b bbbbbbbbb bb bbbbbb b b b b bbbbbbbb bb bbbb bb bbb b b bb bb bb bb b bb bb b b b b b b b bb bb bb b bb b b b b b bb b b b b b b b bb bb b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
b bb bb bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
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0 1 2
Chapitre 4
Intégration
Définition 4.1 On dit que f : [a, b] −→ R est en escalier s’il existe une subdivision
a = a0 < · · · < an = b telle que pour tout k ∈ J0, n − 1K, la fonction f est constante sur
l’intervalle ]ak , ak+1 [.
On dit que la subdivision est adaptée à f .
☞ Si f et g sont deux fonctions en escalier sur [a, b], alors il existe une subdivision
adaptée à f et g.
☞ Si f et g sont en escalier sur [a, b] et α ∈ R, alors les fonctions
Définition 4.2 Soient f une fonction en escalier sur [a, b] et a = a0 < · · · < an = b
une subdivision adaptée à [a, b]. Soit yk la valeur de f sur l’intervalle ]ak , ak+1 [ pour
k ∈ J0, n − 1K, alors les droites d’équations y = yk , y = 0, x = ak et x = ak+1 délimitent
un rectangle Rk dont l’aire algébrique est donnée par : yk × (ak+1 − ak ). On note
n−1
X
Is (f ) = yk (ak+1 − ak ) où s = (a0 , · · · , an ).
k=0
231
232 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
✍ Les fonctions continues sur [a, b] sont continues par morceaux sur [a, b].
✍ Les fonctions monotones sur [a, b] qui n’admettent qu’un nombre fini de dis-
continuités sont continues par morceaux sur [a, b].
Proposition 4.1 La fonction f est continue par morceaux sur [a, b] si, et seulement si,
il existe une subdivision a = a0 < · · · < an = b de [a, b] telle que :
✓ f est continue sur ]ak , ak+1 [ pour tout k ∈ J0, n − 1K,
✓ f admet une limite finie à droite en ak pour tout k 6= n,
✓ f admet une limite finie à gauche en ak pour tout k 6= 0.
Proposition 4.2 La fonction f : [a, b] −→ R est continue par morceaux si, et seulement
si, il existe une subdivision a = a0 < · · · < an = b de [a, b] telle que, pour tout
k ∈ J0, n − 1K, la fonction f|]ak ,ak+1 [ est continue et prolongeable par continuité en ak et
ak+1 .
sont continues par morceaux sur [a, b]. En particulier, l’ensemble des fonc-
tions continues par morceaux sur [a, b] est muni d’une structure de R-espace
vectoriel et d’anneau.
4.3. PROPRIÉTÉS DE L’INTÉGRALE 233
ϕ≤f ≤ψ et ψ − ϕ ≤ ε.
Définition 4.4 Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue par morceaux. On considère
les ensembles I (resp. J ) des intégrales des fonctions en escalier sur [a, b] qui sont
majorées (resp. minorées) par f :
Z Z
b b
I= ϕ : ϕ ≤ f et ϕ en escalier , J = ψ : ψ ≥ f et ψ en escalier .
a a
Alors, I (resp. J ) est non vide majoré (resp. minoré) et sup(I) = inf(J ). Cette valeur
Z b
commune est l’intégrale de f sur [a, b]. On la note f (t) dt.
a
(f + g) = f+ g et αf = α f.
a a a a a
f = − f et f = 0.
b a a
❏ Relation de Chasles : pour f continue par morceaux sur [a, b] et a < c < b :
Z c Z b Z b
f+ f = f.
a c a
Proposition 4.3 Soit f une fonction positive ou nulle, continue sur [a, b], alors :
Z b
f =0 =⇒ f = 0.
a
Z b
☞ Si f est continue par morceaux, positive ou nulle sur [a, b], telle que f = 0,
a
alors f s’annule en tout point où elle est continue.
Théorème
Z x
4.2 Si f est continue sur un intervalle I et a ∈ I, alors l’application
x 7−→ f (t) dt est l’unique primitive de f qui s’annule en a. De plus, pour toute
a
primitive F de f on a :
Z x
Proposition 4.5 Si
Z
l’application f est continue par morceaux, alors :
x
✓ F : x 7−→ f (t) dt est continue sur I,
a
✓ si f est continue en x0 , alors F ′ (x0 ) = f (x0 ),
✓ pour tout x0 ∈ I :
8
>
> 0
<
x 6= sup(I) : Fd′ (x0 ) = lim f (x),
x→x+
0
>
x 6= inf(I) : Fg′ (x0 ) = lim f (x).
> 0
:
x→x−
0
f (n) (a)
Dn (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + · · · + (x − a)n .
n!
|x − a|n+1
|Rn (x)| ≤ sup |f (n+1) (t)| × .
t∈[a,x] (n + 1)!
n−1 Z b
Xb−a b−a
lim f a+k = f (t) dt.
n→+∞
k=0 n n a
f (ak ) + f (ak+1 )
(ak+1 − ak ) .
2
Proposition 4.7 On a
Z b
b − a n−1
X f (a ) + f (a
k k+1 )
lim = f (t) dt.
n→+∞ n
k=0
2 a
4.7 Exercices
Montrer que g est dérivable sur [0, 1] mais que g′ n’est pas continue par morceaux.
238 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
1. La fonction f est continue sur [0, π[ et ]π, 2π], de plus on a : lim− f (x) = 0 et
x→π
lim+ f (x) = 1, alors f est continue par morceaux sur [0, 2π].
x→π
2. Il est facile de voir que g est dérivable sur les intervalles 1
,1
n+1 n
.
La fonction g est dérivable en n1 et on a : g ′ n1 = 0. En effet, pour x ∈ 1
,1
n+1 n
, et
comme la fonction sin est bornée, alors on a :
1 2
g(x) − g 1 1 1
lim − n
= lim − x− x− sin 2 = 0.
x→( n
1
) x − n1 x→( n
1
) n n+1 x− 1 2
x − 1
n n+1
1 1
D’où = 0, on montre de même que gd′
gg′ = 0.
n n
La fonction g est dérivable en 0 et on a g ′ (0) = 0. En effet, pour x ∈ 1
,1
n+1 n
on a :
g(x) − g(0)
g(x) 1 1
= ≤ ≤
x−0 x 4n2 (n + 1)2 x 4n2 (n + 1)2
2
car x − n+1
1 1
x − n1 ≤ 41 n1 − n+1 = 4n2 (n+1)
1
2.
′ 1 1 1 1 1
g (x) = 2 x− x− 2x − − sin 2 2
n n+1 n n+1 x− n 1 1
x − n+1
2 1 1 1
− × 2x − − × cos 2 2
x− 1
n
x− 1
n+1
n n+1 x− 1
x− 1 n n+1
1 − 1
Or, lorsque x −→ n
, 2 prend une infinité de
l’expression cos 2
x − n1 1
x − n+1
fois les valeurs ±1, alors que le premier terme de l’expression donnant g ′ tend vers
1
0. Donc, g ′ n’est pas continue en avec n ∈ N∗ .
n
En conclusion, g est dérivable sur [0, 1] mais sa dérivée g ′ n’est pas continue par
morceaux.
3
Remarque : un autre exemple d’une telle fonction est donné par : x 7−→ x 2 sin x1 .
Exercice 4.2
Fonction en escalier. Fonction continue par morceaux
1 1
1. Soit n ∈ N∗ . Montrer que la fonction f : x 7−→ est en escalier sur ,1 .
x n
4.7. EXERCICES 239
Calculer l’intégrale Z 1
1
dx.
1
n
x
2. Montrer que la fonction g : x 7−→ sin x2 − ⌊x⌋ est continue par morceaux sur
l’intervalle [0, π].
De plus, la fonction g admet une limite finie à droite en 0, 1, 2 et 3 et une limite finie
à gauche en 1, 2, 3 et π. Par conséquent, g est continue par morceaux sur l’intervalle
[0, π].
Exercice 4.3
Déterminer une primitive de la fonction f définie par :
f (x) = earcsin x .
La fonction f est continue sur [−1, 1], donc admet des primitives, en particulier
celle qui est nulle en 0 est donnée par :
Z x
Par suite
Z arcsin x Z
arcsin x
u (1+i)u
F (x) = e cos u du = ℜe e du
0 0
" #arcsin x
e(1+i)u 1 arcsin x
= ℜe = ℜe eu eiu (1 − i) 0
1+i 0
2
1 1 1
= [eu (cos u + sin u)]arcsin x
= earcsin x (cos(arcsin x) + sin(arcsin x)) − .
2 0
2 2
Maintenant, comme la fonction arcsin est à valeurs dans − π2 , π2 : cos(arcsin x) ≥ 0
et par suite :
È √
sin(arcsin x) = x et cos(arcsin x) = 1 − sin2 (arcsin x) = 1 − x2 .
1 arcsin x √ 1
F (x) = e x + 1 − x2 − .
2 2
Exercice 4.4
Soit a ∈ [0, 1] un nombre réel donné. Déterminer toutes les fonctions f : [0, 1] −→ R+
continues et vérifiant les trois conditions suivantes :
Z 1 Z 1 Z 1
f (x) dx = 1, xf (x) dx = a, x2 f (x) dx = a2 .
0 0 0
f (x) (a − x)2 dx = 0.
0
Or la fonction définie par : x ∈ [0, 1] 7−→ f (x)(a − x)2 est continue, positive et
d’intégrale nulle, d’où f ≡ 0. Mais la fonction nulle ne vérifie pas les conditions du
problème. En conclusion, il n’existe pas de fonctions f vérifiant les trois conditions
de l’exercice.
Exercice 4.5
Pour tout n ∈ N, on considère la fonction fn définie par
Z 1
Montrer que, pour tout n ∈ N, la fonction fn est bornée et qu’elle est uniformément
continue sur R.
Par conséquent
Z 1
|x − y|
|fn (x) − fn (y)| ≤ |x − y| t dt ≤ .
0 2
Exercice 4.6 K
1. Donner un exemple d’une fonction f : [0, 1] −→ R qui est positive, majorée, mais
non intégrable.
2. Donner un exemple d’une fonction f : [0, 1] −→ R telle que f 2 est intégrable sans
que f le soit.
3. Donner un exemple d’une fonction f : I −→ R (où I est un intervalle de R) telle
que f est intégrable alors que f 2 ne l’est pas.
4. Donner un exemple
Z
d’une fonction f : I −→ R (où I est un intervalle de R) telle
que f est continue, f (x) dx = 0, alors que f 6≡ 0.
I
1. Considérons la fonction
8
>
1 si x ∈ Q,
<
f : [0, 1] −→ R, x 7−→ >
:0 si x ∈ R \ Q.
242 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
La fonction f 2 est constante égale à 1 sur l’intervalle [0, 1], alors que f n’est pas
intégrable par un raisonnement analogue à celui ci-dessus.
1
3. La fonction f : x 7−→ √ est intégrable sur ]0, 1] (car 12 < 1), alors que
x
1
f (x) × f (x) = n’est pas intégrable sur ]0, 1].
x
4. On considère la fonction f (x) = cos(x) avec x ∈ [0, π], alors on a f continue et
Z π
Exercice 4.7 K
Intégrale de Wallis. Formule de Stirling
On appelle intégrale de Wallis de rang n ∈ N le nombre réel
Z π
2
In := (cos t)n dt.
0
Z π
2
1. Vérifier que In = (sin x)n dx. Trouver une relation entre In+2 et In et en déduire
0
une expression de In .
2. Pour n ≥ 1, calculer nIn In−1 . Montrer que la suite (In )n∈N est décroissante et que
In+1
lim = 1. En déduire que
n→+∞ In
É
π
In ∼ .
+∞ 2n
X un+1
Étudier la nature de la série ln , et en déduire que
n≥1
un
n
√ n
n! ∼ 2πn .
+∞ e
1. Le changement de variable t = π
2
−x transforme sin en cos, d’où l’égalité des deux
intégrales. On a par intégration par parties (u et v étant de classe C 1 sur 0, π2 ) :
Z π Z π
2 2
In+2 = cosn+2 t dt = cos n+1
t cos{z
| {z } |
t dt
}
0 0
u′ (t) v(t)
Z π
π 2
= sin t cosn+1 t 2
0
+ (n + 1) sin2 t cosn t dt = (n + 1)(In − In+2 )
0
n+1
In+2 = In .
n+2
π
Maintenant, comme I0 = et I1 = 1, alors :
2
2p − 1 (2p − 1)(2p − 3
I2p = I2p−2 = I2p−4 = · · · =
2p 2p(2p − 2)
(2p − 1)(2p − 3) × · · · × 3 × 1 (2p)! π
= I0 = 2p .
2p(2p − 2) × · · · × 2 2 (p!)2 2
244 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
De même, on a :
22p (p!)2
I2p+1 = .
(2p + 1)!
2.
⋄ Si n = 2p + 1 : alors
π
nIn In+1 = (2p + 1)I2p+1 I2p = .
2
⋄ Si n = 2p : alors
En conclusion, on a
π
nIn In+1 = , ∀ n ≥ 1.
2
La suite (In )n∈N est décroissante, en effet pour t ∈ 0, π2 on a cos t ∈ [0, 1] et donc
(cos t)n+1 ≤ (cos t)n , donc en intégrant sur 0, π2 on obtient que In+1 ≤ In , i . e.
In+1
la suite (In )n∈N est décroissante. Montrons maintenant que lim = 1, en effet
n→+∞ In
grâce à la décroissance de la suite (In )n∈N on a :
In In In n+2
1 = ≤ ≤ = −−−−→ 1.
In In+1 In+2 n+1 n→+∞
r
In+1 π
Donc, la limite de est bien 1. Déduisons que In ∼ , on a :
In +∞ 2n
In
−−−−→ 1, donc In ∼ In−1 et nIn In−1 ∼ nIn2 .
In+1 n→+∞ +∞ +∞
r
π π
Donc, nIn2 ∼ et par positivité de In on conclut que In ∼ .
2
+∞ +∞ 2n
application : Formule de Stirling
Lorsque n → +∞, on a
" n+ 1 #
un+1 n+1 2
−1 1 1
ln = ln e = −1 + n + ln 1 +
un n 2 n
1 1 1 1 1
= −1 + n + − +O 3 = O 2 .
2 n 2n2 n n
4.7. EXERCICES 245
X un+1
On déduit alors que la série ln est convergente. Or
n≥1 un
u2 u3 un+1
ln + ln + · · · + ln = ln(un+1 ) − ln(un ),
u1 u2 un
donc la suite (ln(un ))n≥1 est convergente, si on note α sa limite alors lim un = eα .
n→+∞
Il nous reste à calculer la valeur de eα . D’après la question (2) on sait que :
2
1 2p(2p − 2) × · · · × 2
lim × = π.
p→+∞ p (2p − 1)(2p − 3) × · · · × 1
√ n n
En utilisant l’équivalence n! ∼ e α
n , alors on a :
+∞ e
2 2
1 2p(2p − 2) × · · · × 2 1 22p (p!)2 24p e4α p4p+2 e−4p e2α
× = ∼ × 2α = ,
p (2p − 1)(2p − 3) × · · · × 1 p (2p)! p e (2p)4p+1e−4p 2
e2α √
donc π = , par suite eα = 2π. D’où, on a la formule de Stirling :
2
√ n n
n! ∼ 2πn .
+∞ e
n!en
(a) On va montrer que la suite bn := 1 est strictement décroissante, et
nn+ 2 n≥1
donc (αn )n≥1 est aussi strictement décroissante, et comme sa limite est égale à zéro
d’après la formule de Stirling, alors on conclut que (αn )n≥1 est à valeurs > 0.
On a 1
bn+1 (n + 1)enn+ 2 e
= 3 = n+ 1 .
bn (n + 1)n+ 2 1 + n1 2
1
En prenant le logarithme, et en étudiant la fonction x 7−→ − ln(1 + x) + ln(x)
x + 21
sur [1, +∞[, on conclut sans grande difficulté que f (x) < 0 pour tout x ≥ 1. Ceci
montre que (αn )n≥1 est strictement décroissante, et par suite on a αn > 0 pour tout
n ∈ N∗ .
X
(b) Considérons la série Bn avec B0 = b1 et Bn = bn+1 − bn pour tout n ≥ 1.
n≥0
√ +∞
X √
On a : lim bn = ln( 2π ) et par suite on déduit que Bn = ln( 2π ). D’où
n→+∞
n=0
√ +∞
X
bn − ln( 2π ) = − Bp .
p=n
246 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
1
Or, par développement limité on a : Bn = 1 − n + 1
ln 1 + 1
∼ − . Donc
2 n n∞ 12n2
+∞
X +∞
X 1
Bp ∼ − .
p=n 12p
2
p=n
Par conséquent :
√ 1 1
bn = ln( 2π ) + +o .
12n n
(c) En passant à l’exponentielle on déduit que
√ 1 1 1
n! = 2πn nn+ 2 e−n exp +o
12n n
√ n+ 12 −n 1 1 1
= 2πn n e 1+ + +o 2 .
12n 288 n2 n
En conclusion on a :
1 1 1
αn + = + o .
12n 288 n2 n2
√
(d) D’après ce qui précède on sait que n! = 2πn nn e−n 1 + 1
12n
+o 1
n
, donc on
déduit que :
2 2n+1 −2n 1 1
(n!) = 2πn e 1+ +o et
6n n
È
2n+1 −(2n+1) 1 1
(2n + 1)! = 2π(2n + 1) (2n + 1) e 1+ +o .
12(2n + 1) n
Par suite,
22n (n!)2 eπ 1 + 6n1
+ o n1
I2n+1 = = √ √
(2n + 1)! 2π 2n + 1 1 + 2n 1 2n+1
1 + 24n
1
+ o n1
√
eπ 1 + 8n
1
+ o n1 π 3 1
= √ √ = √ 1 − + o .
2π 2n + 1 e(2n+1) ln(1+ 2n ) 2 n 8n
1
n
4.7. EXERCICES 247
Finalement, on a :
π π
I2n = = √
2(2n + 1)I2n+1 π
2(2n + 1) 2√n 1 − 3
+o 1
8n n
√
π 1 1
= √ 1− +o .
2 n 8n n
Exercice 4.8 K
Intégrale de Poisson
1. Décomposer X 2n − 1 en produit de polynômes irréductibles sur R[X], et en déduire
la valeur de
n
Y kπ
1 − 2α cos + α2
k=1
n
où n ∈ N∗ et |α| =
6 1.
2. En déduire la valeur de l’intégrale de Poisson :
Z π
I(α) = ln 1 − 2α cos x + α2 dx.
0
iπ
1. Soit ω = e n , alors comme ω 0 = 1 et ω n = −1, on a :
2n−1
Y n−1
Y
2n k
X −1 = (X − ω ) = (X − 1)(X + 1) (X − ω k )(X − ω 2n−k )
k=0 k=1
n−1
Y
= (X − 1)(X + 1) (X − ω k )(X − ω −k )
k=0
n−1
Y
2 kπ
= (X − 1)(X + 1) X − 2 cos X +1 .
k=1 n
Donc,
n−1
Y
2 kπ X 2n − 1
X − 2 cos X +1 = 2 ,
k=1 n X −1
et par conséquent,
n
Y kπ 2
n−1
Y kπ 2 α2n − 1
1 − 2α cos +α = (α+1)× 1 − 2α cos +α = (α+1).
k=1 n k=1 n α2 − 1
2. La fonction x 7−→ ln(1 − 2α cos x + x2 ) est bien définie et continue sur [0, π] car
248 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
si |α| =
6 1 et x ∈ [0, π] alors on a
Or,
π 2n
lim ln |α − 1| = 0 si |α| < 1 car |α2n − 1| → 1,
n→+∞ n
π 2n
lim ln |α − 1| = 2π ln(|α|) si |α| > 1 car
n→+∞ n
2n 1
ln(|α − 1|) = 2n ln(|α|) + ln 1 − 2n .
α
Finalement, grâce au théorème sur les sommes de Riemann, on déduit que
8
>
< 0 si |α| < 1,
I(α) = >
: 2π ln(|α|) si |α| > 1.
Exercice 4.9 K
Soient f : [0, 1] −→ R une fonction continue par morceaux, et (xn )n∈N ⊂ [0, 1] une
suite telle que pour tout 0 ≤ a ≤ b ≤ 1 :
Si f est la fonction indicatrice d’un segment [a, b], alors la limite en question est
justement l’hypothèse vérifiée par la suite (xn )n∈N . Si la fonction f est en escalier,
alors elle est combinaison linéaire de fonctions indicatrices de segments, et donc le
4.7. EXERCICES 249
résultat est encore vrai par linéarité. Finalement, si f est continue par morceaux,
alors on sait que pour tout ε > 0, il existe une fonction en escalier ϕ telle que
kf − ϕk ≤ ε. Alors on a
n n
X X
Z Z 1
f (xk ) ϕ(x )
k
1
f (x) dx −
ϕ(x) dx ≤ ε et k=1 − k=1 ≤ ε.
0 0 n n
Le résultat est ainsi montré pour toute fonction continue par morceaux.
Exercice 4.10 K
Existence de primitives
1. Une fonction f : ]a, b[−→ R admet t-elle toujours une primitive ?
2. Montrer que les fonctions suivantes n’ont pas de primitives :
(i) f : R −→ R définie par f (x) = ⌊x⌋ où ⌊·⌋ désigne la partie entière.
(ii) 8
< 2
x −x+1 si x ≤ 12 ,
g(x) =
:
− 11
4 si x > 21 .
1
(iii) h : R −→ R telle que h(x) ≥ x pour tout x > 0.
(ii) si lim− f (x) n’existe pas ou si lim+ f (x) n’existe pas , alors on dit que la fonction
x→a x→a
f a une une discontinuité de seconde espèce au point a.
2.
(i) La fonction f ne vérifie pas le théorème de la valeur intermédiaires car f (R) = Z
qui n’est pas un intervalle. D’où, f ne peut pas être la dérivée d’une fonction, i. e.,
elle ne possède pas de primitive.
11 1 1 3
(ii) On a lim + g(x) = − et lim − g(x) = − + 1 = . D’après la première
x→( 21 ) 4 x→( 12 ) 4 2 4
question, cette fonction n’a pas de primitive sur R.
(iii) Supposons, par l’absurde, que h admet une primitive H. On a par hypothèse
h x1 ≥ x pour tout x > 0, donc − x12 h x1 ≤ − x1 , c’est-à-dire
′
1
H + ln(x) ≤ 0, ∀ x > 0.
x
Par conséquent, la fonction x 7−→ H 1
x
+ ln(x) est décroissante sur ]0, +∞[. Donc,
en particulier, on a
1 1
H + ln(1) ≥ lim H + ln(x) = +∞,
1 x→+∞ x
Exercice 4.11 K
Constante d’Euler
Soit n ≥ 2 un entier naturel. Montrer que
Z 1
x 1
dx = ln(n) − ln(n − 1) − .
0 n(n − x) n
On a
Z 1 Z 1
x 1 1 1
dx = − dx = ln(n) − ln(n − 1) − .
0 n(n − x) 0 n−x n n
Par conséquent, on a
1 Z1 x 1 1 1
0 < ln(n) − ln(n − 1) − = dx < = − .
n 0 n(n − x) n(n − 1) n−1 n
4.7. EXERCICES 251
n
X 1
On conclut que la suite de terme général ln(k) − ln(k − 1) − est convegente
k≥2 k
et que
n
X 1
0 < lim ln(k) − ln(k − 1) − < 1.
n→+∞
k=2 k
Pour terminer la démonstration, notons que si an := ln(n) − ln(n − 1) − n1 , alors
a2 + a3 + · · · + an = 1 − xn , et donc la suite (xn )n≥1 est convergente et on a
0 < lim xn < 1.
n→+∞
Exercice 4.12 K
Soit f : R+ −→ R+ une application dérivable, strictement croissante et telle que
f (0) = 0.
1. Montrer, pour tout x ∈ R+ , l’inégalité :
Z x Z f (x)
xp y q
xy ≤ + ,
p q
p
où q = p−1 .
Comme les deux membres ont la même dérivée alors ils diffèrent d’une constante,
mais comme ils prennent la même valeur au point 0, on déduit que :
Z x Z f (x)
Z x Z y Z f (x) Z y
−1 −1
f (t) dt + f (t) dt = xf (x) − f (t) dt + f −1 (t) dt
0 0 0 0
252 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
Z y
⋄ Si f (x) ≤ y : Z y
Z y Z x Z y
−1
xy ≤ xf (x) + f (t) dt = f (t) dt + f −1 (t) dt.
f (x) 0 0
⋄ Si f (x) ≥ y :
la même démonstration que ci-dessus nous conduit à l’inégalité demandée.
On a égalité lorsque y = f (x) (voir question (1)).
3. On pose f (t) = tp−1 , alors l’inégalité de la question (2) nous donne le résultat
demandé :
xp y q p
xy ≤ + avec q= .
p q p−1
Exercice 4.13 K
Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue et positive. Montrer que
Z 1
b n
n
lim f (x) dx = sup f (x).
n→+∞ a x∈[a,b]
Z 1 Z 1
b n b n 1
n n
f (x) dx ≤ M = (b − a) n M. (1)
a a
D’autre part, comme f est une application continue sur le segment [a, b], alors il
existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = M et il existe un segment [α, β], non réduit à un
point, sur lequel on a f (x) ≥ M − ε. D’où
Z 1 Z 1 Z 1
b n β n β n 1
n n n
f (x) dx ≥ f (x) dx ≥ (M − ε) dx = (β − α) n (M − ε). (2)
a α α
Z 1
1 b n 1
n
(β − α) (M − ε)
n ≤ f (x) dx ≤ (b − a) n M.
a
4.7. EXERCICES 253
1 2ε ε 1
(b − a) n < 1 + et 1− < (β − α) n .
M M −ε
Exercice 4.14 K
1. Calculer l’intégrale Z 2π
cos2p (x) dx
0
dans le cas où les entiers naturels p et q sont tous deux impairs, puis dans le cas où p
et q sont tous les deux pairs.
1. On sait que : 8
>
1 Z 2π
2i(l−p)x
< 0 si l 6= p,
e dx =
2π 0 >
: 1 si l = p.
eix + e−ix
Comme cos(x) = , alors
2
Z 2π Z 2π ix 2p Z 2π 2p
2p e + e−ix (e2ix + 1)
cos (x) dx = dx = dx
0 0 2 0 22p e2pix
!
2p Z 2π 2p
1 X 2p p
= 2p e2i(l−p)x dx = 2π .
2 l=0 l 0 22p
2. Calculons l’intégrale
Z π
2
cos2n+1 (t) sin2m+1 (t) dt.
0
Z 1
Or, si on pose I(n, m) = (1 − x)n xm dx, alors on a par intégration par parties :
0
(1 − x)n+1 m m Z1 m
I(n, m) = − x + (1 − x)n+1 xm−1 dx = I(n + 1, m − 1).
n+1 n+1 0 n+1
c’est-à-dire
Z π Z 1
2 2n+1 2m+1 1 m(m − 1) · · · 1
cos (t) sin (t) dt = × (1 − x)n+m dx
0 2 (n + 1)(n + 2) · · · (n + m) 0
1 m!n! 1
= × ×
2 (n + m)! m + n + 1
1
= .
2(n + m + 1) n+m
n
Posons I(n, m) = J(2n, 2m), alors on a par intégration par parties (en prenant
u′ = cos2n (t) sin(t) et v = sin2m−1 (t)) :
π
cos2n+1 (t) sin2m−1 (t) 2
2m − 1 Z π2
I(n, m) = − + cos2n+2 (t) sin2m−2 (t) dt
2n + 1 0 2n + 1 0
2m − 1
= I(n + 1, m − 1).
2n + 1
Donc
Z π Z π
2 2m − 1 2m − 3 1 2
cos2n (t) sin2m (t) dt =
× ×· · ·× cos2(n+m) (t) dt
0 2n + 1 2n + 3 2n + 2m − 1 0
(2m)! (2n)!(2n + 2)(2n + 4) · · · (2n + 2m) Z π2
= m · · cos2(n+m) (t) dt
2 m! (2n + 2m)! 0
Z π
(2m)!2 (2n)!(n + m)! 2
m
= cos2(n+m) (t) dt.
2 m!(2n + 2m)!n! 0
m
4.7. EXERCICES 255
Exercice 4.15 K
Pour (n, x) ∈ N×]0, π[, calculer la valeur de l’intégrale (on admet qu’une telle intégrale
existe)
Z π
cos(nt) − cos(nx)
In = dt.
0 cos t − cos x
et par suite :
Z π
D’où, In vérifie une relation de récurrence linéaire d’ordre 2 dont l’équation carac-
téristique est donnée par :
X 2 − 2 cos xX + 1 = X − eix × X − e−ix .
In = α cos(nx) + β sin(nx), ∀ n ∈ N.
π
Comme I0 = 0 et I1 = π, alors on déduit que α = 0 et β = , et ainsi
sin x
sin(nx)
In = π , ∀ n ∈ N.
sin x
Exercice 4.16 K
Première formule de la moyenne
Soient a et b deux réels tels que a < b, et f, g deux fonctions continues sur le segment
256 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
[a, b]. Montrer que si g est positive sur [a, b], alors il existe c ∈ [a, b] tel que :
Z b Z b
f (x)g(x) dx = f (c) g(x) dx.
a a
Z b Z b
Z b
1
δ := f (x)g(x) dx ∈ [f (α), f (β)].
γ a
Grâce au théorème des valeurs intermédiaires, on déduit qu’il existe c ∈ [α, β] tel
que δ = f (c), c’est-à-dire
Z b Z b
deuxième formule
Z x
de la moyenne :
Soit G(x) := g(t) dt, alors on a par intégration par parties :
a
Z b Z b
La fonction x 7−→ G(x) est continue sur le segment [a, b] donc elle est bornée et
4.7. EXERCICES 257
atteint ses bornes m = min G(x) et M = sup G(x). De plus, comme f est à
x∈[a,b] x∈[a,b]
valeurs positives, alors
D’où
Z b
c’est-à-dire Z b
1 Zb
m ≤ f (x)g(x) dx ≤ M.
f (a) a
1 Zb Z c
Exercice 4.17 K
Soit f : [0, π] −→ R une fonction continue. Montrer que
Z π Z π
2
lim f (x) | sin(nx)| dx = f (x) dx.
n→+∞ 0 π 0
On a
Z π n−1 Z (k+1)π
X n
f (x) | sin(nx)| dx = kπ
f (x) | sin(nx)| dx.
0 k=0 n
258 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
kπ (k + 1)π
f est continue sur chaque intervalle , et | sin(nx)| ≥ 0, donc d’après
n n
kπ (k + 1)π
la formule de la moyenne il existe ζk ∈ , tel que
n n
Z (k+1)π Z (k+1)π
n n
kπ
f (x) | sin(nx)| dx = f (ζk ) kπ
| sin(nx)| dx.
n n
Or
Z (k+1)π
n 1 Z (k+1)π 1Zπ 2
| sin(nx)| dx = | sin t| dt = sin u du =
kπ
n
n kπ n 0 n
Par suite
Z π
2 n−1
X
f (x) | sin(nx)| dx = f (ζk ) .
0 n k=0
Finalement, grâce aux sommes de Riemann, on déduit que :
Z π Z π
2
lim f (x) | sin(nx)| dx = f (x) dx.
n→+∞ 0 π 0
Exercice 4.18 K
Montrer que pour toute fonction f : R −→ R de classe C 1 et 2π-périodique on a :
Z 2π Z 2π
1
sup |f (x)| ≤ |f ′ (x)| dx + |f (x)| dx.
x∈R 0 2π 0
Par suite Z 2π
Z 2π
1 Z 2π
sup |f (x)| ≤ |f ′ (x)| dx + |f (x)| dx.
x∈R 0 2π 0
4.7. EXERCICES 259
Exercice 4.19 K
Sommes de Riemann
1. Calculer la limite de la suite
1 È
xn = n
(n + 1)(n + 2) · · · (2n).
n
r1 + r2 + · · · + rn
un =
n2
1. On a Ê
1 2 n
xn = n
1+ 1+ ··· 1+ ,
n n n
1X n
k
et par suite ln(xn ) = ln 1 + . C’est donc une somme de Riemann de la
n k=1 n
Z 1
fonction x 7−→ ln(1 + x) sur [0, 1], la limite est donc ln(1 + x) dx = 2 ln(2) − 1.
0
Par conséquent, lim xn = e2 ln(2)−1 = 4e−1 .
n→+∞
2. On sait que le quotient de la division euclidienne de n par k est égal à n
k
, d’où
rk = n − nk k et
n
1X n k
un = 1 − .
n k=1 k n
Il s’agit donc d’une somme de Riemann de la fonction x 7−→ 1
x
x sur l’intervalle
[0, 1]. On a alors : Z 1
1
lim un = 1− x dx.
n→+∞ 0 x
3. La fonction f est continue sur le segment [0, 1], donc elle est bornée par un certain
M. Le développement limité à l’ordre 2 en 0 de la fonction x 7−→ ln(1 + x) donne
260 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
Par suite, on voit que la suite (wn )n≥1 est convergente et sa limite est f (x) dx,
Z 0
1
et par conséquent la suite (vn )n≥1 est convergente et sa limite est exp f (x) dx .
0
Z 1
1 n−1
X k k
4. Soit zn = f g , alors on sait que lim zn = f (x)g(x) dx. On
n k=0 n n n→+∞ 0
va montrer que lim (zn − wn ) = 0. En effet, soit ε > 0, il existe η > 0 tel que
n→+∞
ε
|x − y| ≤ η =⇒ |g(x) − g(y)| ≤ (continuité de g), et donc on a
2kf k
1 ε
n ≥ =⇒ |zn − wn | ≤ .
η 2
Z 1
Exercice 4.20 K Z 1
Montrer que Z 1
f 2 (x) dx ≤ −mM.
0
Par définition de m et M on a pour tout x ∈ [0, 1] : (f (x) −m) ×(f (x) −M) ≤ 0.
Donc, en développant
Exercice 4.21 K
Soit n ≥ 2 un entier naturel et f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle que
Z 1
1 1
f (x) dx = 1+ + ··· + .
0 2 n
1 − xn0
f (x0 ) = .
1 − x0
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe x0 ∈ ]0, 1[ tel que g(x0 ) = 0,
c’est-à-dire :
1 − xn0
f (x0 ) = 1 + x0 + · · · + x0n−1 = .
1 − x0
Exercice 4.22 KK
Lemme de Riemann-Lebesgue
Soient a < b deux réels et f : [a, b] −→ C une application continue par morceaux. On
pose, pour tout α ∈ C,
Z b
Iα = f (x)eiαx dx.
a
1. On suppose, dans cette question, que f est de classe C 1 sur [a, b]. Montrer qu’il existe
un réel c ≥ 0 tel que
c
|Iα (f )| ≤ , ∀α > 0.
α
En déduire la limite de Iα (f ) lorsque α → +∞.
2. Montrer que si f est continue par morceaux, alors lim Iα (f ) = 0.
α→+∞
262 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
4. Applications :
Calculer les limites suivantes :
(i)
Z 2π
| sin(nx)|
lim dx.
n→+∞ π x
(ii)
Z 4π
sin(nx)
lim n dx.
n→+∞ 2π x2
(iii) Z π
sin x
lim dx.
n→+∞ 0 1 + cos2 (nx)
1. Comme f est de classe C 1 , alors on peut intégrer par parties. On a pour tout
α>0:
Z b
1 iαx b
f ′ (x) iαx
Iα = e f (x) − e dx
iα a a iα
eiαb f (b) − eiαa f (a) 1 Zb ′
= − f (x)eiαx dx.
iα iα a
f ′ étant continue sur le segment [a, b], elle est alors bornée (par M), et on a par
conséquent :
|f (b)| + |f (a)| + (b − a)M c
|Iα | ≤ := .
α α
On en déduit que lim Iα (f ) = 0.
α→+∞
2. Si f est une constante égale à c ∈ C, alors on a pour tout α > 0 :
Z b
c(eiαb − eiαa ) 2|c|
Iα (f ) = c eiαx dx = et donc |Iα (f )| ≤ −−−−→ 0.
a iα α α→+∞
Si f est en escalier, alors on applique ce qui précède à chacun des intervalles sur
l’intérieur desquels f est égale à une constante. Donc, dans ce cas aussi on a :
lim Iα (f ) = 0.
α→+∞
Supposons maintenant que f est continue par morceaux. Soit ε > 0, il existe alors
une fonction escalier ϕ : [a, b] −→ C telle que :
On a alors, pour tout α > 0, |Iα (f − ϕ)(x)| ≤ ε(b − a), et par conséquent
Donc, on a lim Iα (f ) = 0.
α→+∞
3. On va faire un raisonnement identique à celui de la question ci-dessus, on suppose
d’abord que f est égale à une constante, puis que f est en escalier, et enfin f est
continue par morceaux.
Si f est une constante égale à c ∈ C, alors on a pour tout α > 0 :
Z b Z b
c Z αb
f (x)g(αx) dx = c g(αx) dx = g(t) dt.
a a α αa
Soit n(α) = max{k ∈ N , αa + kT ≤ αb} = α b−a
T
, alors
Z b Z αa+(k+1)T
c n(α)−1
X c Z αb
f (x)g(αx) dx = g(t) dt + g(t) dt,
a α k=0 αa+kT α αa+n(α)T
Z T
c n(α)−1
X c Z αb
= g(t) dt + g(t) dt, g est T − périodique,
α k=0 0 α αa+n(α)T
Z T
c c Z αb
= n(α) g(t) dt + g(t) dt.
α 0 α αa+n(α)T
Or,
c Z αb cZT n(α) 1 b−a
g(t) dt ≤ |g(t)| dt −−−−→ 0 et = α −−−−→ 0,
α αa+n(α)T α 0 α→+∞ α α T α→+∞
donc Z b
c(b − a) Z T
lim f (x)g(αx) dx = g(x) dx.
α→+∞ a T 0
Z Z Z
b 1 b b
f (x)g(αx) dx − g(x) dx f (x) dx
≤
Z
a T a
a
Z b
b
f (x)g(αx) dx − ϕ(x)g(αx) dx +
a a
Z Z Z
b 1 T b
+ ϕ(x)g(αx) dx − g(x) dx ϕ(x) dx
+
a T 0 a
Z Z
1 T b
+
g(x) dx (ϕ − f )(x) dx
.
T 0 a
Z Z b
b
f (x)g(αx) dx − ϕ(x)g(αx) dx ≤ M(b − a)ε,
a a
Z T Z
1 b
g(x) dx (ϕ − f )(x) dx
≤ M(b − a)ε.
T 0 a
Or, comme le résultat est établi pour le cas g en escalier, il existe α0 > 0 tel que si
α ≥ α0 alors on a :
Z Z Z
b 1 T b
ϕ(x)g(αx) dx − g(x) dx ϕ(x) dx
≤ε et donc
Z
a T 0 a
Z Z
b 1 T b
f (x)g(αx) dx − g(x) dx f (x) dx
≤ (1 + 2(b − a)M)ε.
a T 0 a
4. applications :
On trouve que les limites respectives sont :
2 ln 2 3 √
, et 2.
π 16π 2
Exercice 4.23 KK
Soit g : [0, 1] −→ R une application continue telle que
g(x)
lim existe et est finie.
x→0+ x
4.7. EXERCICES 265
alors on a
Z 1 Z 1 Z 1
n g(xn )
n
n f (x)g(x ) dx = n x f (x) n dx = (xf (x))(G(xn ))′ dx
0 0 x 0
Z 1
= [G(x n
)xf (x)]10 − (xf ′ (x) + f (x)) G(xn ) dx,
0
Z 1 Z 1
g(x)
= f (1) dx − (xf ′ (x) + f (x)) G(xn ) dx.
0 x 0
Z 1
Z Z 1 Z 1
1
(xf ′ (x) + f (x)) G(xn ) dx ≤ |xf ′ (x) + f (x)| × |G(xn )| dx ≤ A |G(xn )| dx,
0 0 0
où A := max |xf ′ (x) + f (x)|. Il nous reste à montrer, et pour conclure, que
x∈[0,1]
Z 1
lim |G(xn )| dx = 0.
n→+∞ 0
où ξn ∈ [0, α].
Soit ε > 0 tel que α > 1 − ε
, alors puisque lim |G(ξnn)| = 0 on a
2 max |f (x)| n→+∞
x∈[0,1]
266 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
α|G(ξnn)| < ε
2
pour n assez grand. D’où
Ǒ
Z 1
ε ε ε
|G(xn )| dx ≤ + (1 − α) max |f (x)| < + 1−1+ = ε.
0 2 x∈[0,1] 2 2 max |f (x)|
x∈[0,1]
2. application :
x
(i) On applique le résultat de la question précédente avec g(x) = , alors on
1 + x2
déduit que
Z 1 Z 1
xn f (x) 1 π
lim n dx = f (1) dx = f (1) · .
n→+∞ 0 1 + x2n 0 1 + x2 4
(ii) On applique le résultat de la question précédente avec g(x) = ln(1 + x), alors on
déduit que
Z 1 Z 1
ln(1 + x) π2
lim n f (x) ln(1 + xn ) dx = f (1) dx = f (1) · .
n→+∞ 0 0 x 12
Exercice 4.24 KK
1. Montrer que les suites
n n
X (−1)k+1 X (−1)k+1
an = et bn =
k=1
k k=1
2k − 1
(ii)
Z 1
lim n xn f (x) dx = f (1).
n→+∞ 0
(iii)
Z 1
lim n e−nx f (x) dx = f (0).
n→+∞ 0
1. On a Z 1
n
X (−1)k+1 k 1 − (−1)n X n
où Pn (X) = X . On a Pn′ (X) = , d’où pour tout n ≥ 1 :
k=1 k 1+X
Z 1 Z 1 Z 1
1 − (−x)n 1 n+1 xn
an = dx = dx + (−1) dx.
0 1+x 0 1+x 0 1+x
Or Z 1 Z 1
xn 1
0 ≤ dx ≤ xn dx = −−−→ 0
0 1+x 0 n+1 n→∞
Z 1
1
donc on conclut que lim an = dx = ln(2).
n→+∞ 0 x+1
Z 1 n
X (−1)k+1 2k−1
De même, on a bn = Qn (1) = Q′n (x) dx où Qn (X) = X . D’où
0 k=1 2k − 1
Z 1 Z 1 Z 1
1 − (−x2 )n dx x2n
bn = dx = +(−1)n+1 dx .
0 1+x 2
|
0 1+x
{z
2
} |
0 1+
{z
x2 }
R1
= π4 ≤ 1
x2n dx= 2n+1 →0
0
π
Donc, on a lim bn = .
n→+∞ 4
2.
(i) L’application f est continue sur le segment [0, 1] donc elle est bornée et atteint
ses bornes. Par suite, on a :
Z Z 1 max |f (x)|
1 x∈[0,1]
n n
x f (x) dx
≤ x · |f (x)| dx ≤ −−−→ 0.
0 0 n+1 n→∞
Par conséquent, on a Z 1
lim xn f (x) dx = 0.
n→+∞ 0
Z 1 Z 1
n n
(n + 1)
x f (x) dx − f (1) = (n + 1)
x (f (x) − f (1)) dx
0 0
Z 1−η
Z 1
+ (n + 1) xn |f (x) − f (1)| dx
1−η
Z 1−η
+ (n + 1) xn ε dx
1−η
Z 1
Z 1
On suppose, tout d’abord, que f est de classe C 1 . Alors, par intégration par parties,
on a :
Z 1 1
−nx e−nx 1 Z 1 −nx ′
e f (x) dx = − f (x) + e f (x) dx
0 n 0 n 0
f (0) − e−n f (1) 1 Z 1 −nx ′
= + e f (x) dx.
n n 0
Or
Z Z 1 Z 1
1
−nx ′
−nx ′ −nx ′ ′ 1 e−n
e f (x) dx ≤
e |f (x)| dx ≤ e kf k∞ dx = kf k∞ − .
0 0 0 n n
alors
Z 1 Z 1 Z 1
−nx −nx −nx −n
n e f (x) dx − f (0) ≤ n
e f (x) dx − n e f (0) dx − f (0)e
0 0 0
4.7. EXERCICES 269
Z 1
ε
∀ ε > 0, ∃η > 0 : ∀ x ∈ [0, 1], |x| ≤ η =⇒ |f (x) − f (0)| ≤ .
2
Z 1 Z η Z 1
−nx −nx
n
e f (x) dx − f (0) ≤ n
e |f (x) − f (0)| dx + n e−nx |f (x) − f (0)| dx
0 0 η
ε Z η −nx Z 1
En conclusion, on a bien
Z 1
Exercice 4.25 KK
Soit f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle que pour tout x, y ∈ [0, 1] :
1. Montrer que Z 1
π
f (x) dx ≤ .
0 4
Z 1
π
2. Trouver une fonction f qui vérifie la relation (1) et telle que f (x) dx = .
0 4
Donc
Z 1 Z π Z π
2 2 π
2 f (x) dx = f (sin t) cos t + f (cos t) sin t dt ≤ 1 dt = .
0 0 0 2
270 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
√
2. Soit f (x) = 1 − x2 avec x ∈ [0, 1], alors on a d’une part
Z 1 √ Z π
2 π
1− x2 dx = cos2 (t) dt = ,
0 0 4
Exercice 4.26 KK
Inégalité de Poincaré (cas particulier)
Soit f : [0, 1] −→ R une application de classe C 1 telle que f (0) = 0. Montrer que
Z 1
1 2 2
sup |f (x)| ≤ ′ f (x) dx .
x∈[0,1] 0
Z 1
1 2
2
Donc, on a : sup |f (x)| ≤ |f ′ (x)| dx .
x∈[0,1] 0
Exercice 4.27 KK
1. Calculer Z π
2 sin ((2n + 1)x)
In = dx, n ∈ N.
0 sin(x)
2. Montrer que la fonction
π 1 1
f : 0, −→ R, x 7−→ −
2 sin x x
4. Montrer que Z X
sin x π
lim dx = .
X→+∞ 0 x 2
4.7. EXERCICES 271
Z π
2 sin x π
1. Pour n = 0, on a I0 = dx = , et pour n ≥ 1, on a :
0 sin x 2
Z π
sin ((2n + 3)x) − sin ((2n + 1)x)
2
In+1 − In = dx
0 sin x
Z π
2 sin(x) cos ((2n + 2)x)
= 2 dx
0 sin(x)
Z π
2
= cos ((2n + 2)x) dx
0
2 π
= [sin ((2n + 2)x)]02
2n + 2
= 0.
π
Donc, on déduit que In = pour tout n ∈ N.
2
2. En utilisant le développement limité du sinus en 0, on voit que lim f (x) = 0,
x→0
on complète alors f en posant f (0) = 0, alors f est de classe C 1 sur 0, π2 et
x2 x2
f ′ (x) = − sin2 x + x2 = − x2 1 − 2 + 3 + o(x ) − 1
cos x 1 1 2
−→ 16 . En conclusion, f est
t→0
dérivable en 0, de dérivée 61 , et cette dérivée est continue sur 0, π2 .
3. Une intégration par parties nous permet d’écrire :
Z π
2
sin ((2n + 1)x) f (x)dx
0
π Z π
cos((2n + 1)x) 2 1 2
=
− f (x) + cos ((2n + 1)x) f ′ (x) dx
2n + 1 0 2n + 1 0
Z π
|f (0)| 1 2
≤ + |f ′ (x)| dx −→ 0.
2n + 1 2n + 1 0 n→∞
Exercice 4.28 KK
Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue.
Montrer que si
Z b
xk f (x) dx = 0, ∀ k ∈ J0, nK
a
Comme l’intégrale est linéaire, alors l’hyptothèse vérifiée par f nous donne
Z b
Supposons, par l’absurde, que f possède au plus n zéros dans [a, b], alors il existe
au plus n zéros α1 , · · · , αn en lesquels f s’annule en changeant de signe. Posons
n
Y
P (x) = (x − αk ), alors x 7−→ P (x)f (x) est continue, garde un signe constant sur
k=1
[a, b] et vérifie
Z b
P (x)f (x) dx = 0.
a
Donc, f (x)P (x) ≡ 0, alors f s’annule en dehors des zéros de P , et donc f admet
plus que n zéros ; contradiction. En conclusion, f admet au plus n zéros distincts
dans [a, b].
4.7. EXERCICES 273
Exercice 4.29 KK
Soit f : [a, b] −→ R une fonction de classe C 2 et telle que
Montrer que
Z b
f ′′ (x) 4
dx > .
a f (x) b−a
L’application f est continue sur le segment [a, b] donc elle est bornée et atteint
ses bornes. Soit c ∈]a, b[ un point tel que f (c) = max f (x), alors on a f ′ (c) = 0 et
x∈[a,b]
de plus
Z b
f ′′ (x) 1 Z b ′′
dx > |f (x)| dx.
a f (x) f (c) a
L’inégalité ci-dessus est stricte car il y a des points, comme a ou b, pour lesquels on
a la relation : f (x) < f (c).
f (c)
a c b
Z c Z c
et donc
1 Z c ′′ 1
|f (x)| dx ≥ .
f (c) a c−a
De même, sur l’intervalle [c, b], on a
1 Z b ′′ 1
|f (x)| dx ≥ .
f (c) c b−c
274 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
Z b
f ′′ (x) 1 1 4
> + ≥ .
a f (x) c−a b−c b−a
Exercice 4.30 KK
1. Calculer, pour n ∈ N, la valeur de l’intégrale
Z π
x(π − x) cos(2nx) dx.
0
N Z π
X 1 π2 x(π − x)
= + sin ((2N + 1)x) dx.
n=1
n2 6 0 sin x
N
1 X π2
lim = .
N →+∞
n=1
n2 6
1 Zπ π Zπ
2x sin(2nx) dx − sin(2nx) dx
2n 0 2n 0 Z
1 1 π π π
= 2 [−2x cos(2nx)]π0 + 2 cos(2nx) dx + 2 [cos(2nx)]π0 = − 2 .
4n 2n 0 4n 2n
4.7. EXERCICES 275
Donc, on a : Z π
π
x(π − x) cos(2nx) dx = − .
0 2n2
2. D’après le résultat ci-dessus on déduit que
Z π
N
X 1 2 N
X
2
= − x(π − x) cos(2nx) dx.
n=1 n π 0 n=1
Or
2ix 1
N N
X X − e2iN x
cos(2nx) = cos(2nx)ℜe e
n=1 n=1 1 − e2ix
XN
1 − e2iN x 2ix
= cos(2nx)ℜe e
n=1 −2ieix sin x
cos ((N + 1)x) sin(Nx)
= .
sin x
Donc
Z π
N
X 1 2 cos ((N + 1)x) sin(Nx)
= − x(π − x) dx
n=1 n
2 π 0 sin x
Z π
2 (sin((2N + 1)x) − sin x)
1
= − x(π − x) 2 dx
π0 sin x
1Zπ 1 Z π x(π − x)
= x(π − x) dx − sin ((2N + 1)x) dx
π 0 π 0 sin x
π2 1 Z π x(π − x)
= − sin ((2N + 1)x) dx.
6 π 0 sin x
et par suite
1N
X π2
lim = .
N →+∞
n=1 n
2 6
276 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
Exercice 4.31 KK
Déterminer des réels λ, a, b, c tels que pour tout polynôme P ∈ R[X] de degré ≤ 5 :
Z +1
P (t)
√ dt = λ [ P (a) + P (b) + P (c) ] .
−1 1 − t2
Par linéarité, il suffit de vérifier la relation ci-dessus pour les éléments de la base
(1, X, X 2, X 3 , X 4 , X 5 ) de R5 [X]. On obtient respectivement :
Z +1 Z +1
dt tdt
(1) : √ = 3λ, (2) : √ = λ(a + b + c),
−1 1 − t2 −1 1 − t2
Z +1 Z +1
t2 dt 2 2 2 t3 dt
(3) : √ = λ(a + b + c ), (4) : √ = λ(a3 + b3 + c3 ),
−1 1−t 2 −1 1−t 2
Z +1 4 Z +1
t dt 4 4 4 t5 dt
(5) : √ = λ(a +b +c ), (6) : √ = λ(a5 +b5 +c5 ).
−1 1−t 2 −1 1−t 2
1 Z +1 dt 1 π
λ = √ = [Arcsint]+1 = .
3 −1 1 − t2 3 −1
3
a+b+c = a3 + b3 + c3 = a5 + b5 + c5 = 0.
Les réels a, b, c peuvent être considérés comme racines d’un polynôme de degré 3 :
x3 + px + q = 0. Donc, on a en particulier :
a3 + b3 + c3 + p(a + b + c) + 3q = 0 =⇒ q = 0.
c’est-à-dire
−1 Z +1 t2 dt −1 Z + π2 sin2 θ
p = √ = = cos θ dθ
2λ −1 1 − t2 t=sin θ 2λ − π2 cos θ
−1 Z + π2 3
= (1 − cos(2θ)) dθ = − .
4λ − π2 4
4.7. EXERCICES 277
a4 + b4 + c4 + p(a2 + b2 + c2 ) = 0
c’est-à-dire : Z +1
t4 dt 3 Z +1 t2 dt
√ − √ = 0,
−1 1 − t2 4 −1 1 − t2
ce qui se vérifie assez simplement en faisant le changement de variable t = sin θ.
3
D’où, a, b, c sont racines du polynôme : x3 − x = 0. Par exemple :
4
√ √
3 3
a=− , b = 0, c= .
2 2
Z +1
" √ ! √ !#
P (t) π 3 3
√ dt = × P − + P (0) + P .
−1 1 − t2 3 2 2
Exercice 4.32 KK
Sommes de Riemann : étude asymptotique
1. Soit f : [0, 1] −→ R une application de classe C 1 . Montrer que
Z 1
1 n−1
X k f (1) − f (0) 1
f − f (x) dx = − +o .
n k=0 n 0 2n n
2. On suppose dans cette question que f est de classe C 2 . Montrer qu’il existe c ∈ R tel
que :
Z 1
1 n−1
X k f (1) − f (0) c 1
f − f (x) dx + = +o 2 .
n k=0 n 0 2n n 2 n
1. Soit
Z 1 Z
1 n−1
X k n−1
X
k+1
n 1 n−1
X k
un := f (x) dx − f = f (x) dx − f
0 n k=0 n k=0
k
n
n k=0 n
n−1 Z k+1
X n k
= f (x) − f dx.
k=0
k
n
n
k k+1
Or, comme f est de classe C , alors lorsque x ∈ 1
, et n est assez grand
n n
k k k
les deux valeurs f (x) − f et f ′ x− sont très proches (on montre ce
n n n
278 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
2 2 3 k+1
Z
x − nk
n−1 k+1 n−1 n
X n ′ k k X
′ k
vn := f x− dx = f 4 5
k=0
k
n
n n k=0 n 2 k
n
!
1 n−1
X k 1 1 n−1
X k
= f′ = f′ .
2n2 k=0 n 2n n k=0 n
f (1) − f (0)
Grâce aux sommes de Riemann, on sait que lim nvn = , si on montre
n→+∞ 2
1
que un − vn ∼ o , alors on conclut que
+∞ n
f (1) − f (0)
lim nun = .
n→+∞ 2
1
Montrons alors que un − vn ∼ o , pour cela on va montrer auparavant le
+∞ n
k
résultat énoncé ci-dessus concernant l’approximation du terme f (x) − f par
n
k k
f′ x− .
n n
Soit ε > 0 donné, alors comme f ′ est continue sur le segment [0, 1], alors elle y est
uniformément continue, donc il existe n0 ∈ N∗ tel que :
1
∀ (x, y) ∈ [0, 1]2, |x − y| ≤ =⇒ |f ′(x) − f ′ (y)| ≤ ε.
n0
k k+1
Si n ≥ n0 et x ∈ , , alors d’après l’inégalité des accroissements finis on a :
n n
′ k k k k
f (x) − f − x− f′ ≤ ε x− .
n n n n
Par conséquent, on a :
Z k+1 Z k+1
Z k+1
n ′ k n k k n k
f (x) − f dx − x− f′ dx ≤ ε x− dx
k
n
n k
n
n n k
n
n
ε
= .
2n2
ε
En sommant ces relations sur k variant entre 0 et n − 1, on arrive à |un − vn | ≤
2n
1
(avec n ≥ n0 ). En conclusion, on a montré que un − vn ∼ o , ce qui termine la
+∞ n
démonstration.
Remarque : on peut montrer, plus généralement, que si l’intervalle [0, 1] est remplacé
4.7. EXERCICES 279
Il suffit juste de poser, pour x ∈ [0, 1], g(x) := f (a + x(b − a)) et puis appliquer le
résultat démontré à la fonction g ainsi construite.
2. On procède de la même façon que dans la question
(1) saufque,
puisque
f
k k k
est de classe C 2 , on va approcher le terme f (x) − f par f ′ x− +
n n n
f ′′ nk k 2 k k
x− au lieu de f ′
x− comme ci-dessus. On pose alors
2 n n n
Z 1
1 n−1
X k
un = f (x) dx − f ,
0 n k=0 n
2 !
Z
n−1
X
k+1
n ′ k k f ′′ nk k
wn = f x− + x− dx
k=0
k
n
n n 2 n
1 n−1
X
′ k 1 n−1
X
′′ k
= 2 f + 3 f .
2n k=0 n 6n k=0 n
Maintenant, comme f ′′ est continue, alors grâce aux sommes de Riemann, on déduit
que
! Z
1 n−1
X
′′ k 1 1 n−1
X k 1 1
f = 2 f ′′ = 2 ′′
f (x) dx + o(1)
6n3 k=0 n 6n n k=0 n 6n 0
f (1) − f (0)
′ ′
1
= +o 2 .
6n2 n
1
Il nous reste à montrer que un − wn ∼ o 2 pour terminer la démonstration avec
+∞ n
f ′ (1) − f ′ (0)
c= . Comme dans la question précédente, et comme f ′′ est continue
12
sur le
segment [0, 1] alors elle y est uniformément continue et on a pour n ≥ n0 et
k k+1
x∈ , :
n n
2 2
k k k f ′′ nk k
ε k
f (x) − f − f′ x− − x− ≤ x −
n n n 2 n 2 n
ε
et ainsi, on obtient après sommation : |un − wn | ≤ .
6n2
Exercice 4.33 KK
Calculer la valeur décimale à 10−4 près de l’intégrale suivante :
Z 1
2 1
I = √ dx.
0 1 + x5
1
Soit f : R+ −→ R la fonction définie par f (x) = √ . Alors, elle est de
1+x
classe C ∞ et d’après la formule de Taylor avec reste intégral on a :
x Z x ′′ x−t x 3Z x x−t
f (x) = 1− + f (t) · dt = 1− + dt.
2 0 1! 2 4 0 (1 + t) 52
x−t
Or, pour t ∈ [0, x] on a 0 ≤ 5 ≤ x − t, par suite
(1 + t) 2
3Z x x−t 3Z x 3 2
0 ≤ 5 dt ≤ (x − t) dt = x.
4 0 (1 + t) 2 4 0 8
Par conséquent, pour tout x ∈ 0, 12 , on déduit que
x5 1 x5 3 10
1− ≤ f (x5 ) = √ ≤ 1− + x .
2 1 + x5 2 8
La positivité de l’intégrale dans l’intervalle 0, 12 nous donne
Z 1 Z 1
2 x5 2 x5 3 10
1− dx ≤ I ≤ 1− + x dx,
0 2 0 2 8
c’est-à-dire
1 1 1 1 3
− ≤ I ≤ − + .
2 {z768}
|
2 768 {z 180224}
|
≃0,49869 ≃0,49871
4.7. EXERCICES 281
En conclusion, on a
Z 1
2 1
√ dx ≃ 0, 4987.
0 1 + x5
Exercice 4.34 KK
Calculer
n
X k k
lim sh sh .
n→+∞
k=1
n2 n
On se propose de montrer que les suites (an ) et (bn ) ont la même limite. Tout
d’abord, grâce au théorème des sommes de Riemann, on a :
Z 1
n
X k k 1X n
k k
bn = 2
sh = sh −−−−→ x sh(x) dx.
k=1 n n n k=1 n n n→+∞ 0
x3 x3 x3 x3
|sh(x)−x| ≤ sup |sh′′′ (t)| · ≤ sup |sh′′′ (t)| · = sup |ch(t)| · = ch(1) · .
t∈[0,x] 6 t∈[0,1] 6 t∈[0,1] 6 6
D’où
Donc, on a finalement
n
X k k
lim sh 2
sh = ch(1) − sh(1) = e−1 .
n→+∞
k=1 n n
Exercice 4.35 KK
Inégalité de Carlson (1934)
1. Soient f : [a, b] −→ R une application de classe C 1 et g : [a, b] −→ R∗+ une
application continue.
Montrer que :
Z Z
2
2 2
b
′ 2
b f (x)2
f (b) − f (a) ≤ 4 f (x) g(x) dx × dx .
a a g(x)
1. On a
Z 2 Z 2
b b
2 2 2 2 ′ ′
f (b) − f (a) = (f ) (x) dx = 4 f (x)f (x) dx
a a
2
Z b
f (x) È
= 4 È × f ′ (x) g(x) dx
a g(x)
Z Z
b
′ 2
b f (x)2
≤ 4 f (x) g(x) dx × dx ,
a a g(x)
Maintenant :
!2
Z b Z π n
2 X
′2
f (x) dx = (2k − 1)ak sin((2k − 1)x) dx
a 0 k=1
4.7. EXERCICES 283
Z π
X 2
= (2p − 1)(2q − 1)ap aq sin((2p − 1)x) × sin((2q − 1)x) dx
1≤p,q≤n 0
X ap aqZ π2
= (2p − 1)(2q − 1) (cos((2(p − q)x) − cos(2(p + q − 1)x)) dx
1≤p,q≤n 2 0
8
>
X 0 < si p 6= q, πX n
= (2p − 1)(2q − 1)ap aq × > π = (2k − 1)2 a2k .
1≤p,q≤n : si p = q, 4 k=1
4
Exercice 4.36 KK
Irrationalité de π
X
Soit P ∈ R[X] un polynôme, et posons P = (−1)k P (2k) .
k≥0
1. Montrer que Z π
P (x) sin x dx = P(0) + P(π).
0
a xn (a − bx)n
2. On suppose que π = avec (a, b) ∈ N × N∗ . On pose fn (x) = .
b n!
Montrer que Z π
In := fn (x) sin x dx ∈ Z.
0
Par suite :
Z π Z π
′′ ′′
P (x) sin x dx = (P (π) − P (π)) + (P (0) − P (0)) + P (4) (x) sin x dx.
0 0
et pour x = 0 :
! !
1 p p
fn(p) (0) = n! [(a − bx)n ](p−n) (0) = [(a − bx)n ](p−n) (0) ∈ Z.
n! n n
D’après la question (3), et par définition de d, il résulte que dJn ∈ Z pour tout
n ∈ N.
a
Soit r = ∈ Q tel que er ∈ Q (avec d comme dénominateur). On se propose de
b
montrer que r = 0.
On sait que (dJn )n≥0 est une suite d’entiers relatifs de limite nulle, d’où elle est
stationnaire. Il existe n ∈ N tel que Jn = 0. Si r 6= 0, alors comme Jn = 0 et que
la fonction x 7−→ ex Pn (x) est continue et positivie sur J0, rK, alors Pn admet une
infinité de racines, absurde car il est non nul. En conclusion, r = 0 et er ∈ R \ Q
pour tout r ∈ Q∗ .
Exercice 4.37 KK
Soit f : [a, b] −→ R une fonction de classe C 2 . Montrer que
Z
b b−a (b − a)3 ′′
f (t) dt − (f (a) + f (b)) ≤ kf k∞ .
a 2 12
donc
Z b Z b
b−a
f (a) + f (t) t − a ′
f (t) dt − (f (a) + f (b)) ≤ f (t) − − f (t) dt.
a 2 a 2 2
avec M tel que g(t) = 0. Alors, on a g(a) = g(t) = 0 et g est de classe C 1 . D’après
286 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
c−a
(M − f ′′ (c)) = 0.
2
f (sin(t)) dt = 0, ∀ n ∈ Z.
0
Z x+1
F (n + 2kπ) = 0, ∀ n, k ∈ Z.
Or, l’ensemble {n + 2kπ : n, k ∈ Z} est dense dans R (voir chapitre sur les
suites), et l’application F est continue, donc on conclut que
F (x) = 0, ∀ x ∈ R.
f (sin n) = constante.
4.7. EXERCICES 287
Or, f est continue et l’ensemble {sin(n) : n ∈ N} est dense dans [−1, 1], donc
f (x) = 0 pour tout x ∈ [−1, 1].
2. Soient a < b deux nombres réels et f : [a, b] −→ C une fonction continue. Montrer
que
Z Z b
b
f (x) dx
= |f (x)| dx ⇐⇒
a a
1. Si tous les zi sont nuls, alors le résultat est évident. Sinon, l’un d’eux, disons z1
pour simplifier, est différent de 0. Montrons que
|z1 +z2 +· · ·+zn | = |z1 |+|z2 |+· · ·+|zn | ⇐⇒ zi = λi z1 avec λi ≥ 0, ∀ i ∈ J1, nK.
c’est-à-dire
n
X X n
X X
|zi |2 + (zi zj + zj zi ) = |zi |2 + 2 |zi | |zj |.
i=1 1≤i<j≤n i=1 1≤i<j≤n
Ce qui donne
X X
ℜe (zi zj ) = |zi zj |.
1≤i<j≤n 1≤i<j≤n
On a donc
X
(|zi zj | − ℜe (zi zj )) = 0.
| {z }
1≤i<j≤n
≥0
2. Z b
(=⇒) Si f (x) dx = 0, alors f = 0 et le résultat est clair dans ce cas. Sinon, soit
a
x ∈ [a, b], alors on a
Z Z b Z Z
x x b
f (x) dx + f (x) dx =
f (x) dx + f (x) dx .
a x a x
En effet, on a
Z Z Z b Z Z
b x x b
f (t) dt =
f (t) dt + f (t) dt ≤
f (t) dt +
f (t) dt
a a x a x
Z x Z b Z b Z
b
≤ |f (t)| dt + |f (t)| dt ≤ |f (t)| dt =
f (t) dt .
a x a a
Z x Z b
Donc, f (t) dt et f (t) dt sont sur une même demi-droite (d) issue de l’origine.
a Z x
x Z b Z b
Or, comme f (t) dt + f (t) dt = f (t) dt, alors (d) est la demi-droite issue de
a Z b
x a Z b
l’origine passant par f (t) dt. Si θ est un argument de f (t) dt, alors on a
a a
Z x
La fonction
r : [a, b] −→ C
Z x Z Z x
x
−iθ
x 7−→ r(x) = e f (t) dt =
f (t) dt =
|f (t)| dt
a a a
L’application ρ est alors continue et est ≥ 0, donc vérifie bien les propriétés deman-
dées.
(⇐=) Cette implication est claire.
4.7. EXERCICES 289
2. En déduire que Z 1 Z +π
1 2
P 2 (x) dx ≤ P eiθ dθ.
0 2 −π
3. Démontrer l’inégalité de Hilbert : si (an )0≤n≤N est une suite finie de réels positifs,
alors :
X N
X
an am
≤ π a2n .
0≤m,n≤N
m+n+1 n=0
inégalité de wirtinger
1. Soit f : [0, π] −→ R une application de classe C 1 et telle que f (0) = f (π) = 0.
Montrer que l’intégrale Z π
f (x)f ′ (x)cotan(x) dx
0
inégalité de hilbert
1. Si P (x) = aN xN + aN −1 xN −1 + · · · + a1 X + a0 , alors on a d’une part
Z +1 N Z +1 N
X X ak
P (x) dx = ak xk dx = 1 − (−1)k+1
−1 k=0 −1 k=0 k + 1
et d’autre part
Z π N Z π N
X X ak π
P eiθ eiθ dθ = ak ei(k+1)θ dθ = ei(k+1)θ 0
0 k=0 0 k=0 i(k + 1)
1 XN
ak
= (−1)k+1 − 1 .
i k=0 k + 1
290 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
Maintenant, comme la fonction θ 7−→ |P 2 (eiθ )| est paire (car les ak ∈ R), alors on a
8
N
X
−j
>
N
>
>
<
2 aq aq+j si j 6= 0,
X X
2 iθ i(p−q)θ q=0
|P (e )| = ap aq e = αj cos(jθ) où αj = >XN
>
0≤p,q≤N j=0 >
: a2q si j = 0.
q=0
Z π
1 Z π 2 iθ
Par parité on a |P 2(eiθ )| dθ = |P (e )| dθ, et par conséquent
0 2 −π
Z 1
2 1 Z +π
P (x) dx ≤ |P (eiθ )|2 dθ.
0 2 −π
N
X
3. Si P (x) = ak xk , alors on a
k=0
Z 1
2
X
m+n
X am an X
P (x) = am an x , P2 = , |P 2 (eiθ )| = am an ei(m−n)θ .
0≤m,n≤N 0 0≤m,n≤N m+n+1 0≤m,n≤N
De plus on a :
Z +π Z +π N
X X
2 iθ
|P (e )| dθ = am an ei(m−n)θ dθ = 2π a2n .
−π 0≤m,n≤N −π n=0
N
X am an X
≤ π a2n .
0≤m,n≤N m+n+1 n=0
inégalité de wirtinger
1 1
1. Comme cotan(x) ∼ et cotan(x) ∼ , alors on a
0 x π x−π
D’où, la fonction x 7−→ f (x)f ′ (x)cotan(x) définie sur ]0, π[ se prolonge par continuité
4.7. EXERCICES 291
Z π
2
On a égalité si, et seulement si, (f (x)cotan(x) − f ′ (x)) dx = 0, ce qui est équi-
0
valent à (grâce à la continuité) :
1. Montrer que
n
X X
rk cos(α − αk )f (α − αk ) ≤
z
k
k=1 k∈I
α
2. On considère la fonction
n
X
g : R −→ R, α 7−→ rk cos(α − αk )f (α − αk ).
k=1
Montrer que
Z 2π n
X
g = 2 rk ,
0 k=1
et en déduire qu’il existe une partie non vide I ⊂ J1, nK telle que
n X
1 X
|zk | ≤ z ,
k (inégalité de Bledsoe)
π k=1
k∈I
1
3. La constante est-elle optimale ?
π
1. Soit α ∈ R, alors on a
n
X X X X
z = |eiα |
k
i(αk −α)
r e
k ≥
rk cos(α − α ) =
k rk cos(α − αk )f (α − αk ).
k∈I k∈I k∈I k=1
α α α
2. On a
Z 2π n Z 2π
X
g = rk (cos(α − αk )) f (α − αk ) dα
0 k=1 0
n Z 2π−α
X k
= rk (cos x)f (x) dx
k=1 −αk
n Z +π
X
= rk (cos x)f (x) dx car x 7−→ f (x) cos x 2π − périodique,
k=1 −π
n Z +π
X
= rk cos x dx = 2.
k=1 −π
Donc, on a
Z 2π n n
X X
g = 2 rk = 2 |zk |.
0 k=1 k=1
Comme g est continue par morceaux, on ne peut avoir pour tout x ∈ R : g(x) <
1X n
1X n
|zk |, et il existe α ∈ [0, 2π] tel que : g(α) ≥ |zk |. α étant ainsi choisit,
π k=1 π k=1
4.7. EXERCICES 293
1
3. Montrons que la constante est optimale. Posons, pour k ∈ J1, nK, zk (n) =
π
2ikπ X
e n . Soit In ⊂ J1, nK une partie non vide pour laquelle l’expression
zk (n) soit
k∈I
n
maximale.
X
Écrivons zk (n) = ρn eiαn , alors on a
k∈In
X
i( 2kπ −αn )
X 2kπ Xn
2kπ 2kπ
ρn = e n = cos − αn = cos αn − f αn − .
k∈In k∈In n k=1 n n
n
X 1
De plus, |zk (n)| = n, d’où lim ρn = et
k=1
n→+∞ π
X 1X n
lim zk (n) = |zk (n)|.
n→+∞
π k=1
k∈I n
1β + 2β + · · · + nβ 1
lim = .
n→+∞ nβ+1 β+1
2. Montrer que si (xn )n≥1 est une suite réelle qui converge vers 0, alors pour tout β > 0 :
1β x1 + 2β x2 + · · · + nβ xn
lim = 0.
n→+∞ nβ+1
3. Soient α > 0 un nombre réel et (an )n≥1 une suite de nombres réels positifs telle que
a1 + a2 + · · · + an
lim = L.
n→+∞ nα
294 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
2. Comme (xn )n≥1 converge vers 0 alors elle est bornée, si on pose Xn = sup |xk |
k≥n
alors lim Xn = 0. Pour 1 < m < n, on a
n→+∞
1β x1 + 2β x2 + · · · + nβ xn 1β |x1 | + · · · + mβ |xm |
≤ +
nβ+1 nβ+1
(m + 1)β |xm+1 | + · · · + nβ |xn | mβ+1
+ ≤ X1 + Xm .
nβ+1 nβ+1
ε
Soit ε > 0, il existe mε > 0 tel que Xmε < . Donc, on peut trouver nε > mε tel
2
β+1 X1 ε
que pour tout n > nε : mε < . Par conséquent,
nβ+1 2
1β x1 + 2β x2 + · · · + nβ xn
n > nε =⇒ < ε.
nβ+1
1p a1 + 2p a2 + · · · + np an α
lim = L. (∗)
n→+∞ nα+p α+p
Le résultat est clairement vrai pour p = 0 (c’est l’hypothèse). Supposons qu’il est
vrai jusqu’au rang p et montrons le au rang p + 1. Posons
1p a1 + 2p a2 + · · · + np an α
λn = − L. (λ0 = 0).
nα+p α+p
On a lim λn = 0 et
n→+∞
αL α+p
k p ak = k α+p λk − (k − 1)α+p λk−1 + k − (k − 1)α+p ,
α+p
4.7. EXERCICES 295
d’où
αL α+p+1
k p+1ak = k α+p+1 λk − k(k − 1)α+p λk−1 + k − k(k − 1)α+p
α+p
αL α+p+1
= k α+p+1 λk − (k − 1)α+p+1λk−1 + k − (k − 1)α+p+1
α+p
αL
− (k − 1)α+p λk−1 − (k − 1)α+p .
α+p
Par conséquent,
lim In (X p ) = J(X p ), ∀ p ∈ N.
n→+∞
ε
kf − Pε k∞ = sup |f (x) − Pε (x)| < .
x∈[0,1] 3M
296 CHAPITRE 4. INTÉGRATION
ε
n > nε =⇒ |In (Pε ) − J(Pε )| < .
3
|In (f ) − J(f )| ≤ |In (f ) − In (Pε )| + |In (Pε ) − J(Pε )| + |J(Pε ) − J(f )| < ε.
Indication : on pourra commencer par le cas où f ′ (x) ≥ 0 sur [a, b], puis traiter le cas
général.
1. La fonction f ′′ ne s’annule pas sur l’intervalle [a, b] (car λ > 0). Comme f ′′ est
continue alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires elle garde un signe
constant sur [a, b]. On peut supposer que f ′′ ≥ λ > 0 car si f ′′ ≤ 0 alors en posant
g = −f on a une fonction de classe C 2 vérifiant g ′′ = −f ′′ ≥ λ > 0 et
Z Z Z
b b Z b b
if (x) −ig(x) ig(x)
e
dx
=
e dx
=
a
eig(x) dx
=
e
dx .
a a a
2
Finalement, on peut supposer que b − a > √ car sinon il est clair que :
λ
Z Z b
b
if (x) 2 8
eif (x) dx ≤ e dx = b−a ≤ √ ≤ √ .
a a λ λ
Comme indiqué, on commence par traiter le cas où f ′ (x) ≥ 0 pour tout x ∈ [a, b],
4.7. EXERCICES 297
2
alors on a pour tout x ∈ a + √ , b :
λ
Z x √
f ′ (x) = f ′ (a) + f ′′ (t) dt ≥ λ(x − a) ≥ 2 λ.
a
1 1 1 2
= √ + − ≤ √ ,
λ f ′ a + √2 f ′ (b) λ
λ
et d’autre part
Z a+ √2 Z a+ √2
if (x)
2
=
λ λ
e dx ≤ dx √ .
a a λ
Z
b 8
eif (x) dx ≤ √ .
a λ
Chapitre 5
Séries numériques
5.1 Généralités
Dans cette leçon, le corps K désigne R ou C.
P
❏ Si la série un converge alors lim un = 0. La réciproque est fausse.
n→+∞
X
❏ Série géométrique : Pour tout z ∈ C, la série z n converge si, et seulement
n≥0
si, |z| < 1 et sa somme est dans ce cas 1
1−z
.
X xn
❏ Série exponentielle : Si x est un nombre réel, la série converge et a
n≥0 n!
pour somme ex .
Proposition 5.1 !
n
X
P
Si un ≥ 0, alors un est convergente si, et seulement si, uk est majorée, c’est-
k=0 n
à-dire toutes les sommes partielles sont majorées.
299
300 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
Définition 5.3
P P
Une série un , où (un )n est à valeurs dans K, est absolument convergente si |un |
est convergente.
P
❏ Soient (un )n et (vn )n deux suites de K telles que un ∼ vn et un converge
P
absolument, alors vn converge absolument.
P
❏ Si un converge absolument et si ϕ : N −→ N est strictement croissante,
P
alors uϕ(n) est absolument convergente.
P
❏ Si un est absolument convergente, et si σ est une permutation de N alors
P P
uσ(n) est absolument convergente, de même somme que un .
Remarque
P P
☞ Si un est semi-convergente alors (−un ) l’est aussi.
☞ La somme de deux séries semi-convergentes est toujours convergente.
☞ La somme de deux séries divergentes peut être divergente, absolument conver-
gente, ou semi-convergente.
☞ La somme de deux séries semi-convergentes peut être absolument convergente ou
seulement semi-convergente : la semi-convergence ne se conserve pas par somma-
tion.
☞ La semi-convergence ne se conserve pas par équivalence. Prendre, par exemple
(−1)n 1 (−1)n
un = + et vn = .
P n n ln n n
☞ Si un est semi-convergente et si ϕ : N −→ N est strictement croissante, alors
P (−1)n
uϕ(n) n’est pas forcément semi-convergente. Prendre, par exemple, un =
n
et ϕ(n) = 2n. •
n
X n−1
X
uk vk = Un vn + Uk (vk − vk+1 ).
k=0 k=0
302 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
Théorème 5.3
Soit f : [0, +∞[ −→ R une fonction continue
Z
par morceaux, décroissante, et
n
positive. Alors, la série de terme général f (t) dt − f (n) est une série à termes
n−1
positifs convergente. On a équivalence entre :
P
✓ la série Zn≥0
f (n) converge,
n
✓ la suite f (t) dt converge,
0 n≥0
n Z n
X
sinon f (k) ∼ f lorsque n → +∞.
k=0 0
❏ Pour tout n ≥ 2 on a :
Z n
f (n) ≤ f ≤ f (n − 1).
n−1
et
Z N N Z N
X
lim f (t) dt ≤ f (k) ≤ lim f (t) dt.
N →+∞ n+1 N →+∞ n
k=n+1
5.6 Exercices
Exercice 5.1
Comparaison logarithmique
Supposons, pour tout n ≥ n0 :
xn+1 yn+1
xn > 0, yn > 0 et ≤ .
xn yn
5.6. EXERCICES 303
P P
1. Montrer que si yn converge alors xn converge.
P P
2. Montrer que si xn diverge alors yn diverge.
xn+1 xn xn
Pour tout n ≥ n0 on a : ≤ et la suite est ainsi décroissante. En
yn+1 yn yn n
particulier :
xn xn0 xn0
≤ et xn ≤ yn .
yn y n0 y n0
Pour conclure, il suffit d’appliquer la proposition 5.2
Exercice 5.2
Règle de d’Alembert
P
Soit xn une série à termes strictement positifs. Montrer que :
1. S’il existe n0 ∈ N tel que :
xn+1
∀ n ≥ n0 , ≥ 1
xn
P
alors xn diverge.
2. S’il existe n0 ∈ N et λ < 1 tels que :
xn+1
∀ n ≥ n0 , ≤ λ
xn
P
alors xn converge.
Exercice 5.3
P
Soit xn une série à termes strictement positifs. On suppose que
xn+1 α 1
= 1− +O avec α ∈ R, β > 1.
xn n nβ
P
1. Montrer que si α > 1, alors xn converge.
P
2. Montrer que si α ≤ 1, alors xn diverge.
1
Soit yn = α . La suite (nα xn )n admet une limite non nulle si, et seulement si la
n
suite de terme général ln xn − ln yn = ln(nα xn ) converge, ce qui est équivalent à la
304 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
P
Cette série zn est convergente (car min(β, 2) > 1), alors grâce à la règle de Rie-
mann on déduit le résultat des deux questions de l’exercice.
Exercice 5.4
Série de Bertrand
X 1
Montrer que la série converge si, et seulement si, l’on a :
n≥1
nα (ln n)β
α > 1 ou α = 1 < β.
P
D’après la règle de Riemann (voir leçon) on sait que, pour an une série à termes
positifs, s’il existe λ > 0 tel que an ∼ nλα lorsque n → +∞, alors :
P
si α > 1, la série an est convergente,
P
si α ≤ 1, la série an est divergente.
On revient à notre exercice, on applique ce qui précède si α 6= 1 car, si α > 1 alors
γ = 1+α2
> 1 et nγ an → 0 tandis que si α < 1, alors nan → +∞.
On considère alors le cas α = 1 :
P
⋄ Si β ≤ 0, la série an diverge car n(ln1n)β ≥ n1 pour n ≥ 3.
⋄ Si β > 0, il est facile de voir que l’application x 7−→ x(ln1x)β est positive décroissante
sur l’ntervalle [2, +∞[, alors par le théorème de comparaison avec une intégrale on
déduit le résultat demandé puisq’une primitive de cette fonction est de la forme
x)1−β
x 7−→ (ln1−β ou ln(ln x) selon que β 6= 1 ou β = 1.
Exercice 5.5
Transformation d’Abel
Soient (an )n≥0 et (vn )n≥0 deux suites.
1. Vérifier que
n
X n−1
X
ak vk = An vn + Ak (vk − vk+1 )
k=0 k=0
n
X
où An = ak .
k=0
2. Montrer que si la suite (vn )n≥0 est réelle décroissante et tend vers 0 et que la suite
X
(An )n≥0 est bornée, alors la série an vn est convergente.
n≥0
5.6. EXERCICES 305
3. Application : Montrer que si α > 0 et θ est un réel non multiple entier de 2π alors
la série
X einθ
n≥1
nα
est convergente.
1. On a clairement
n
X n
X n
X n−1
X
ak vk = A0 v0 + (Ak − Ak−1 )vk = A0 v0 + Ak vk − Ak vk+1
k=0 k=1 k=1 k=0
n−1
X
= An vn + Ak (vk − vk+1 ).
k=0
P P
2. Comme la suite (vn )n≥0 est décroissante alors la série |vk −vk+1 | = (vk −vk+1 )
est convergente par télescopage, et on a en plus :
n +∞
X X
|Ak | |vk − vk+1 | ≤ sup |Am | |vk − vk+1 | = sup |Am | v0 .
k=0 m k=0 m
1
|An | ≤
.
sin 2θ
1
D’autre part, la suite vn = tend en décroissant vers 0, donc on peux conclure
nα
X einθ
que la série α
est convergente pour α > 0 et θ ∈ R \ 2π Z.
n≥1 n
306 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
Exercice 5.6
Formule de Stirling
On considère la suite (xn )n≥1 définie par :
n!
xn = .
nn e−n
√
n! ∼ k nn e−n n.
Pour tout n ≥ 1, on a :
xn+1 1 1 1
= exp 1 − n ln 1 + = 1+ +O 2 .
xn n 2n n
√
Par conséquent, il existe une constante k > 0 telle que : n! ∼ knn e−n n, c’est-à-
dire : √
(2n)! 4n 2
∼ √ lorsque n −→ +∞.
(n!)2 k n
Remarque : à l’aide des intégrales de Wallis (voir chapitre sur intégration), on montre
(2n)! 4n √
que ∼ √ , par suite k = 2π et
(n!)2 nπ
√ n n
n! ∼ 2πn
e
qui représente la formule de Stirling.
Exercice 5.7
Soit (xn )n≥0 une suite à termes dans [0, +∞[.
1. Montrer que
X X xn
xn converge =⇒ converge.
n≥0 n≥0
1 + x2n
2. Montrer que
X X xn
xn diverge et (xn )n≥0 est majorée =⇒ diverge.
n≥0 n≥0
1 + x2n
xn P
1. Pour tout n ∈ N on a : 0 ≤ ≤ xn , et par suite si xn converge alors
1 + x2n
P xn
converge aussi.
1 + x2n
5.6. EXERCICES 307
xn xn
0 ≤ ≤ .
1 + M2 1 + x2n
P P xn
Par conséquent, si xn diverge alors diverge aussi.
1 + x2n
Exercice 5.8
Montrer la convergence et calculer la somme des séries suivantes :
X 1 (−1)n+1
X
arctan , .
n≥0
n +n+1
2
n≥1
n
1. Pour tout n ∈ N on a :
1
arctan = arctan(n + 1) − arctan n,
n2 +n+1
π
donc, il s’agit d’une somme télescopique, par suite comme lim arctan(n + 1) =
n→+∞ 2
alors :
+∞
X 1 π
arctan 2 = .
n=0 n +n+1 2
1 Z 1 k−1
2. Pour tout k ∈ N∗ on a : = x dx, par suite
k 0
!
Z 1 Z 1
n
X (−1)k+1 n
X
k−1 1 − (−x)n
Sn = = (−x) dx = dx.
k=1 k 0 k=1 0 1+x
Or Z 1
Z 1 Z 1
dx (−x)n 1
= ln 2 et dx ≤ xn dx = .
0 1+x 0 1+x 0 n+1
1
Par suite, |Sn − ln 2| ≤ ce qui montre la convergence de la série et en plus :
n+1
+∞
X (−1)k+1
= lim Sn = ln 2.
k=1 k n→+∞
Exercice 5.9
Soit (xn )n≥0 une suite de réels strictement positifs telle que : il existe λ > 1 et n0 ∈ N
avec : λ
xn+1 n
∀ n ≥ n0 , ≤ .
xn n+1
X
Montrer que la série xn est convergente.
n≥0
308 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
1
En posant yn = , alors l’hypothèse de l’exercice est équivalente à :
nλ
xn+1 yn+1
∀ n ≥ n0 , ≤ .
xn yn
P
Finalement, grâce à la convergence de la série yn (puisque λ > 1) et au critère de
P
comparaison logarithmique on déduit la convergence de la série xn .
Exercice 5.10
P
Soit xn une série à termes réels positifs. Montrer que :
X X 1
xn converge =⇒ diverge.
n 1 + n 2 xn
P
On pose yn = 1+n12 xn , et on suppose – par l’absurde – que yn est convergente.
On a clairement xn yn = 1−y
n2
n
. Comme lim yn = 0 alors pour n assez grand :
n→+∞
√
√ 1 − yn 1 X √
xn yn = ∼ et donc xn yn diverge.
n n
√ xn + yn
Or on sait que xn yn ≤ et donc par le critère de comparaison la série
P√ 2
xn yn est convergente, contradiction.
P P
En conclusion, si n xn converge alors n yn diverge.
Exercice 5.11
Soit f : [1, +∞[ −→ ]0, +∞[ une application de classe C 1 et telle que
f ′ (x)
lim = −∞.
x→+∞ f (x)
X
Montrer que la série f (n) est convergente.
n≥0
f ′ (x)
Comme lim = −∞, alors par définition on a :
x→−∞ f (x)
f ′ (x)
∀ M ∈ R, ∃a ≥ 1 : x ≥ a =⇒ ≤ M.
f (x)
α
∀ n ≥ a, 0 < f (n) ≤ .
en
P
Comme la série n e−n est convergente (car géométrique de raison < 1), alors la
P
série n f (n) est elle aussi convergente.
Exercice 5.12
Montrer la convergence et calculer la somme de la série
X cos nx
n≥0
2n
+∞
X einx 1 2 2(2 − e−ix )
= = = .
n=0 2 2 − eix (2 − eix )(2 − e−ix )
ix
1 − e2
Exercice 5.13
Soit α un nombre réel fixé. Étudier la convergence de la série
X ln n
.
n≥1
nα
ln n 1
≥ .
nα nα
310 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
P
Par conséquent, la série en question est divergente (car 1
nα
diverge).
⋄ Si α > 1. Soient β > 0 un réel fixé et n est un entier tendant vers +∞ alors :
ln(nβ ) ln n
lim = 0 c’est-à-dire lim = 0.
n→+∞ nβ n→+∞ nβ
α
est convergente.
n≥1 n
Exercice 5.14
Soient a et b deux entiers naturels tels que 0 < a < b. Montrer que
+∞
X 1 1 1 1 1 1
= + + + ··· + .
n=0
(n + a)(n + b) b−a a a+1 a+2 b−1
Tout d’abord, il s’agit bien d’une série convergente car lorsque n tend vers +∞ le
1 1
terme général est équivalent à 2 , et comme la série de terme général
(n + a)(n + b) n
1
converge alors on peux calculer la somme de la série à étudier.
n2
En effectuant une décomposition en éléments simples de la fraction rationnelle
1
on a :
(X + a)(X + b)
1 1 1 1
= − .
(n + a)(n + b) b−a n+a n+b
Prenons n tel que n + a > b. Les termes 1/l (dans les deux sommes à soustraire)
s’éliminent pour l = b, b + 1, · · · , n + a, alors il reste :
!
b−1
X 1 n+b
X 1
(b − a)Sn = − .
l=a l l=n+a+1 l
5.6. EXERCICES 311
1
n+b
X (b − a)
La somme est comprise entre 0 et (car formée de b − a termes
l=n+a+1 l (n + a + 1)
compris entre 0 et 1/(n + a + 1)). Par conséquent, lorsque n → +∞ cette somme
tend vers zéro et par conséquent :
+∞
X 1 n
X 1 b−1
X 1
(b − a) = lim (b − a) = .
k=0 (k + a)(k + b) k=0 (k + a)(k + b) l=a l
n→+∞
Exercice 5.15
Étudier les séries de terme général :
1.
1 h 1
1+ n 1
1− n
i
xn = (n + 1) − (n − 1) avec α ∈ R.
nα
2. n
Y
1
yn = 2 − ek .
k=2
3.
n!
zn = .
nn
4. 1 1
1 bn + cn
tn = a n − avec (a, b, c) ∈ (R∗+ )3 .
2
Par suite
(n + 1)
1
1+ n
= ne
ln n
n ( ) = n 1 + ln n + o ln n
+o ln
n = n + ln n + o(ln n).
n n
De même on a :
(n − 1)1− n = n e−
1 ln n
n (
+o lnnn ) = n − ln n + o(ln n).
1 1 1
(n + 1)1+ n − (n − 1)1− n = 2 ln n + o(ln n) et xn ∼ 2 .
nα (ln n)−1
312 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
P
On reconnaît une série de Bertrand, et en conclusion n xn converge si, et seulement
si, α > 1.
yn 1 1 P
2. Pour n ≥ 2, on a : lim = lim 2 − e n = 2 et e n < 2, donc yn est
n→+∞ yn−1 n→+∞
bien une série à termes positifs.
Grâce au développement limité à l’ordre 2 on déduit que
1 1 1 yn 1 1
2−e n = 1− +O 2 et ln = − +O 2 .
n n yn−1 n n
De plus
n 1 1 1 nyn 1
ln = − ln 1 − = +O 2 et ln = O .
n−1 n n n (n − 1)yn−1 n2
P
Par suite, la série ln(nyn ) − ln((n − 1)yn−1 ) est convergente, et il en est de même
el
pour la suite (ln(nyn ))n . Si l = lim nyn alors yn ∼ et par conséquent la série
P n→+∞ n
yn est divergente.
3. On applique le critère de d’Alembert. On a :
n −n
zn+1 n+1 n 1
= e−n ln(1+ n ) .
1
= nn = = 1+
zn (n + 1)n+1 n+1 n
zn+1 1 P
Donc, lim = < 1. Donc, la série zn est convergente.
n→+∞ zn e
4. Lorsque n −→ +∞, le développement limité nous donne :
1 1
ln a ln n 1
a n = e n = 1+ +O 2 .
n n
Donc, on a finalement :
1 1 1
tn = ln a − (ln b + ln c) + O 2 .
n 2 n
Exercice 5.16
P P
Soient vn une série à termes positifs et un une série à termes complexes vérfiant :
un = O(vn ).
n→∞
1. Montrer que
!
X +∞
X +∞
X
vn converge =⇒ uk = O vk .
n→∞
n≥0 k=n k=n
2. Montrer que
!
X n
X n
X
vn diverge =⇒ uk = O vk .
n→∞
n≥0 k=0 k=0
3. Montrer que les deux résultats ci-dessus restent vrais si on remplace la condition
un = O(vn ) par un = o(vn ) ou un ∼ vn .
n→∞ n→∞ n→∞
∀ n ∈ N, n ≥ n0 =⇒ |un | ≤ M |vn |.
P
Donc, la série un est absolument convergente. D’où, si n ≥ n0 on a :
+∞
X +∞
X +∞
X
u k ≤ |uk | ≤ M vk
k=n k=n k=n
P
Comme la série vn diverge
!
nX
0 −1 n
X
|uk | = o vk
n→∞
k=0 k=0
Exercice 5.17 K
Règle de Raabe et Duhamel
X
Soit an une série à termes dans R∗+ . On suppose qu’il existe α ∈ R tel que :
n
an+1 α 1
= 1− + o .
an n n→+∞ n
X
Montrer que si α > 1 (resp. α < 1) alors la série an converge (resp. diverge).
n
Règle de Cauchy
X
Soit an une série à termes dans R∗+ . On suppose qu’il existe l ∈ R+ tel que :
n
√
lim n
an = l.
n→+∞
X
Montrer que si l < 1 (resp. l > 1) alors la série an converge (resp. diverge).
n
−β
bn+1 1 β 1
= 1+ = 1− + o .
bn n n n→+∞ n
α+β
Notons γ := , alors 1 < β < γ < α et il existe N ∈ N tel que :
2
an+1 γ bn+1
≤ 1− ≤ , ∀ n ≥ N.
an n bn
On a :
an bn an−1 bn−1 aN +1 bN +1
≤ , ≤ , ··· , ≤ ,
an−1 bn−1 an−2 bn−2 aN bN
5.6. EXERCICES 315
aN X
et en multipliant, on déduit que : an ≤ bn et par conséquent la série an est
bN n
convergente.
On fait le même raisonnement que ci-dessus pour montrer la divergence lorsque
α < 1.
l+1
règle de cauchy : supposons que l < 1 et notons α := ∈ ]0, 1[. Il existe
2
N ∈ N tel que
∗
√
n≥N =⇒ n
an ≤ α =⇒ an ≤ αn .
X X
Or, la série αn est convergente (car α < 1), alors il résulte que an est conver-
n n
gente aussi. On fait le même raisonnement dans le cas où l > 1 pour montrer la
divergence.
Exercice 5.18 K
Comparaison des tests de Cauchy et de d’Alembert :
1. Montrer que
an+1 √
lim = l ∈ [0, +∞] =⇒ lim n
an = l.
n→+∞ an n→+∞
√ √
2. On suppose que lim n
an = l > 0 alors n a = l + α
n n avec lim αn = 0.
n→+∞ n→+∞
Montrer que :
an+1
lim nαn existe =⇒ lim = l.
n→+∞ n→+∞ an
l1n P
1. Soit l1 ∈ R tel que 0 < l1 < l, alors la série est convergente d’après la
an
ln bn+1 an l1
règle de d’Alembert car si on pose bn = 1 alors = l1 −−−−→ < 1. Par
an bn an+1 n→+∞ l
l1n
conséquent, lim = 0 et donc cette limite est < 1 pour n > N1 un entier grand.
n→+∞ an
√
Par suite l1 < n an .
P an an
Soit l2 ∈ R tel que l < l2 , alors la série n
est convergente car si on pose cn = n
l2 l2
cn+1 an+1 l an
on a = −−−−→ < 1. Donc, lim n = 0 et cette limite est par suite
cn l2 an n→+∞ l2 √
n→+∞ l
2
< 1 pour n > N2 un entier grand. D’où, n an < l2 .
En conclusion :
√
∀ (l1 , l2 ), l1 < l < l2 , ∃N ∈ N : n>N =⇒ l1 < n
an < l2 .
Par conséquent, on a
√
lim n
an = l.
n→+∞
316 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
√
2. Supposons que n an = l + αn avec l > 0 et lim nαn := β < +∞, montrons
n→+∞
an+1
que lim = l. On a
n→+∞ an
αn+1 n+1
an+1 (l + αn+1 )n+1 1+
= = l×
l
n
an (l + αn )n 1 + αln
l × e(n+1) ln( )−n ln( ).
α
1+ n+1 1+ αln
= l
αn
αn
nαn
On a n ln 1 + =n + o(αn ) = + o(nαn ). Or lim nαn = β, donc
l l l n→+∞
o(nαn ) = ε(n) −−−−→ 0 et par suite :
n→+∞
αn+1
αn αn+1 nαn
(n + 1) ln 1 + − n ln 1 + = (n + 1) − + ε(n) −−−−→ 0.
l l l l n→+∞
an+1
Par conséquent, lim = l.
n→+∞ an
Exercice 5.19 K
Étudier la nature des séries alternées :
X (−1)n X (−1)n
(1) et (2) √ .
n≥1
n + (−1)n−1 n≥1
n + (−1)n−1
(−1)n 2(−1)n−1 − 1
1. Posons an := , alors : |an+1 |−|an | =
n + (−1)n−1 (n + 1 + (−1)n ) × (n + (−1)n−1 )
n’est pas de signe constant. On ne peut donc appliquer le critère des séries alternées
car (|an |)n n’est pas décroissante. Cependant, on a clairement :
(−1)n 1 (−1)n (−1)n 1 (−1)n 1 1
an = (−1)n−1
= 1+ +o = + 2 +o 2 .
n 1+ n n n n n n
n
X
Par conséquent, an est convergente car somme de 3 séries convergentes.
n≥1
(−1)n
2. Posons bn := √ , alors on a :
n + (−1)n−1
(−1)n 1 (−1)n (−1)n 1
bn = √ (−1)n−1 = √ 1+ √ +o √
n 1+ √ n n n
n
(−1)n 1 1
= √ + +o .
n n n
5.6. EXERCICES 317
X
Par conséquent, bn est divergente comme somme d’une série convergente et d’une
n≥1
série divergente.
Exercice 5.20 K
X
Soit xn une série à termes positifs telle que (xn )n≥0 ց 0 (tend vers zéro en décrois-
n≥0
sant).
1. Montrer que
X
xn converge =⇒ lim nxn = 0.
n→+∞
n≥0
2n
X
S2n − Sn = xk ≥ n × x2n .
k=n+1
2. La réciroque est fausse, pour le voir il sufit de considérer par exemple la série
X 1
(qui est une série de Bertrand divergente).
n≥1 n ln n
Exercice 5.21 K
Soit (an )n≥1 ⊂ [0, +∞[ une suite réelle. On pose, pour tout n ≥ 1,
an
bn = n .
Y
(1 + ak )
k=1
X
1. Montrer que la série bn est convergente.
n≥1
+∞
X X
2. Calculer bn lorsque la série an est divergente.
n=1 n≥1
1. Pour tout n ≥ 2 on a :
an + 1 − 1 1 1
bn = n
Y
= n−1
− n
Y
.
Y
(1 + ak ) (1 + ak ) (1 + ak )
k=1 k=1 k=1
318 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
D’où
n
X a1 1 1 1
bk = + − n = 1− n .
1 + a1 1 + a1 Y Y
k=1 (1 + ak ) (1 + ak )
k=1 k=1
1
Or, la suite n
Y
est décroissante positive donc convergente. Par
(1 + ak )
k=1 n≥1
X
suite, la série bn est convergente.
n≥1
X
2. Si la série an est divergente, on a
n≥1
n
Y n
X
(1 + ak ) ≥ ak −−−−→ +∞,
n→+∞
k=1 k=1
n
Y +∞
X
et donc lim (1 + ak ) = +∞. Par suite, on a bn = 1.
n→+∞
k=1 n=1
Exercice 5.22 K
1. Montrer que
È √
2− 2 1 x x 7
| sin x| > ⇐⇒ < − < .
2 8 π π 8
1. On sait que : √
π 1 − cos π4
2 2− 2
sin = = .
8 2 4
È √
π 2− 2
Par suite, sin = . D’autre part, on a
8 2
È √
7π π π 2− 2
sin = sin π − = sin = .
8 8 8 2
La fonction x 7−→ | sin x| est paire et 2π-périodique. Sur l’intervalle [0, π] elle s’annule
en 0 et en π et atteint son max, la valeur 1, au point π2 . Elle est croissante sur 0, π2
et décroissante sur π2 , π . En conclusion, on a bien l’équivalence demandée.
5.6. EXERCICES 319
2. Comme 1
4
< 1
π
, alors on a pour tout n ∈ N∗ :
È √ È √
2− 2 2− 2
| sin n | > ou bien | sin(n + 1)| > .
2 2
Par conséquent :
È √
| sin n | | sin(n + 1) | 2− 2 1
+ ≥ × .
n n+1 2 n+1
X | sin n |
En conclusion, la série est divergente.
n≥1 n
Exercice 5.23 K
Théorème de Schlömilch
1. Soient (an )n≥1 une suite réelle décroissante de limite 0, et p ≥ 2 un entier naturel.
Montrer que les séries
X X
an et pn apn
n≥1 n≥1
Montrer que si (an )n≥1 est une suite positive strictement décroissante alors :
X X
an converge ⇐⇒ (pk+1 − pk ) apk converge.
n≥1 k≥1
1. Pour n ≥ 1, on pose :
n
X n
X
Sn = ak et Tn = pk apk .
k=1 k=0
320 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
On a
N
X
pk+1
X
−1
SpN+1 −1 = an ,
k=0 n=pk
alors
p−1 XN XN
(TN +1 − a1 ) ≤ (pk+1 − pk )apk+1 ≤ SpN+1 −1 ≤ (pk+1 − pk )apk ≤ (p − 1)TN .
p k=0 k=0
X
⋄ Si la série an est divergente, alors SpN+1 −1 et TN tendent vers +∞, donc la
n≥1
X
série pn apn est divergente.
n≥1
X
⋄ Si la série pn apn est divergente, alors TN +1 et SpN+1 −1 tendent vers +∞, donc
n≥1
X
la série an est divergente.
n≥1
2. Le résultat n’est plus vrai, prenons par exemple :
8
>
< 0 si n est une puissance de p,
an = >
: 1 sinon.
X X
3. Le résultat reste vrai puisque les séries an et pn apn divergent.
n≥0 n≥0
4. En considérant les sommes partielles des deux séries en question comme dans la
première question, alors :
⋄ Si n ≤ pk on a :
⋄ Si n > pk on a :
c Sn ≥ c Spk ≥ c ap1 + · · · + ap2 ) + · · · + c (apk−1 + · · · + apk
≥ c (p2 − p1 )ap2 + · · · + c (pk − pk−1 )apk
≥ (p3 − p2 )ap2 + · · · + (pk+1 − pk )apk .
X X
En conclusion, les deux séries an et (pk+1 − pk ) apk sont de même nature.
n≥1 k≥1
5.6. EXERCICES 321
Exercice 5.24 K
Soient a ∈ R, b ∈ R \ Z− et (xn )n≥0 une suite réelle telle que
xn+1 n+a
= , ∀ n ∈ N.
xn n+b
X
1. Montrer que la série xn converge si, et seulement si, b > a + 1.
n≥0
+∞
X
2. On suppose que b > a + 1. Calculer xn .
n=0
Alors, on a :
b−a !
n+1 xn+1 1 1+ a
zn = ln = (b − a) ln 1 + + ln n
n xn n 1+ b
n
b−a 1 a−b 1 1
= +O 2 + +O 2 = O 2 .
n n n n n
X X
Par conséquent, la série zn est convergente, donc la série yn l’est aussi, et il
n≥1 n≥1
existe un réel λ > 0 tel que :
λ
xn ∼ .
+∞ nb−a
X
En conclusion, la série xn est convergente si, et seulement si, b > a + 1.
n≥0
xk+1 k+a
2. La relation = est équivalente à :
xk k+b
c’est-à-dire : n
X (n + b)xn+1 − (b − 1)x0
xk = .
k=0 1+a−b
1
Or nxn ∼ , donc lim nxn = 0, et ainsi en faisant tendre n vers l’infini il
+∞ nb−a−1 n→+∞
s’ensuit que :
+∞
X b−1
xn = x0 .
n=0 b−a−1
Exercice 5.25 K
Montrer que le nombre
+∞
X 1
αn =
k=1
(k!)n
+∞
X 1
αn = 1+ > 1
k=2 (k!)
n
et d’autre part
+∞
X 1 X 1
+∞
αn = −1 + < −1 + = −1 + e < 2.
k=0 (k!)
n
k=0 k!
1 1
pq n−1(q − 1)! = N + + +··· <
(q + 1)n (q + 1)n (q + 2)n
1 1
< N+ + +··· =
(q + 1)n (q + 1) (q + 1)n
n
1 1 1 1
= N+ 1+ + +··· = N + ,
(q + 1)n (q + 1)n (q + 1)2n (q + 1)n − 1
5.6. EXERCICES 323
1 1
M = + +··· < 1,
(q + 1)n (q + 1) (q + 2)n
n
Exercice 5.26 K
Existe t-il une permutation σ : N −→ N telle que la série
X σ(n)
n≥1
n2
soit convergente ?
Si σ est une permutation de N alors les nombres σ(1), σ(2), · · · , σ(n) sont des
entiers strictement positifs et distincts, d’où
n(n + 1)
σ(1) + · · · + σ(n) ≥ 1+···+n = .
2
X σ(n)
2
n≥1 n
soit convergente.
Exercice 5.27 K
1. Montrer que
+∞
X n 1
= .
n=1
n4 + n2 + 1 2
324 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
2. Montrer que
+∞
X 2n + 1 1 − ln(2)
n ln −1 = .
n=1
2n − 1 2
1 1
0 < <
n4 + n2 + 1 n3
P
et 1
n≥1 n3 est convergente. D’autre part, on a
1 1
n n
= 2 = 2 2
− 2
:= xn − xn+1 ,
n4 + n2 + 1 (n − n + 1)(n2 + n + 1) n − n + 1 n2 + n + 1
1
où xn = 2
. Par conséquent, on a
n2 − n + 1
1
N
X n 1 1
= x1 − xN +1 = − 2 2 −→ .
n=1 n + n + 1 2 N +N +1 2
4 2 N∞
2. On a
n
X 2k + 1 1 1 1 1
k ln − 1 = ln · · ··· (2n + 1)n − n
k=1 2k − 1 1 3 5 2n − 1
2n−1 (n − 1)!(2n + 1)n
= ln −n
(2n − 1)!
È
2n−1 2π(n − 1) (n − 1)n−1 e1−n (2n + 1)n
∼ ln È ,
2π(2n − 1) (2n − 1)2n−1 e1−2n
et
n−1 n−1
2n − 2 1 1
lim = lim 1− √=
n→+∞ 2n − 1 n→+∞ 2n − 1 e
n n
2n + 1 2
lim = lim 1 + = e.
n→+∞ 2n − 1 n→+∞ 2n − 1
5.6. EXERCICES 325
Par conséquent
n
X 2k + 1 1 1
lim k ln −1 = − ln(2) + .
n→+∞
k=1 2k − 1 2 2
Exercice 5.28 K
Soit α > 0 un nombre réel, et considérons la suite (xn )n≥1 définie par x1 > 0 et
1
xn+1 = xn + , ∀ n ≥ 1.
nα xn
1. La suite (xn )n≥1 est bien définie, est strictement croissante et tous ses termes sont
> 0. Sa limite est donc un élément de ]0, +∞].
X
La suite (xn )n≥1 possède une limite finie si, et seulement si, la série (xn+1 − xn )
n≥1
est convergente. Or, si α > 1, les inégalités
1 1
0 < xn+1 − xn = ≤
nα xn nα x1
X
montrent que la série (xn+1 − xn ) est convergente, et donc la suite (xn )n≥1 est
n≥1
convergente. Réciproquement, si la suite (xn )n≥1 converge vers un nombre réel l,
1 X 1
alors comme xn+1 − xn ∼ α , la série α
est convergente et α > 1.
n l n≥1 n
En conclusion, la suite (xn )n≥1 est convergente si, et seulement si α > 1.
2.
⋄ Si α > 1 :
alors les équivalences
1 1 Z n+1 dx
xn+1 − xn ∼ ∼
lnα l n xα
montrent que
Z k+1
+∞
X 1 +∞
X dx 1 Z +∞ dx 1
l − xn = (xk+1 − xk ) ∼ = = .
k=n l k=n k xα l n xα l(α − 1)nα−1
⋄ Si α = 1 :
alors l’équivalence
2 1 2
x2n+1 − x2n = + 2 2 ∼
n n xn n
326 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
montre que
n−1
X n−1
X 1
x2n − x21 = x2k+1 − x2k ∼ 2 ∼ 2 ln n
k=1 k=1 k
√
et donc xn ∼ 2 ln n.
⋄ Si α < 1 :
alors les équivalences
Z n+1
2 1 2 dx
x2n+1 − x2n = α
+ 2α 2 ∼ ∼ 2
n n xn nα n xα
montrent que
Z n
dx 2n1−α
x2n ∼ 2 ∼
1 xα 1−α
s
2n1−α
et donc xn ∼ .
1−α
Exercice 5.29 K
Soit (bn )n≥0 ⊂ N∗ une suite strictement croissante. Pour n ≥ 1, on pose :
an = ppcm(b0 , b1 , · · · , bn ).
Pour N ∈ N∗ , on a :
1 1 N
X 1 1 N
bn − bn−1
X N
X pgcd(bn−1 , bn )
− = − = ≥
b0 bN n=1 bn−1 bn n=1 bn bn−1 n=1 bn bn−1
XN
1 N
X 1 N
X 1
≥ ≥ = .
n=1 ppcm(bn−1 , bn ) n=1 ppcm(b0 , b1 , · · · , bn ) n=1 an
Comme les termes de la série sont positifs et que les somme partielles sont majorées
2 X 1
par , alors la série est convergente.
b0 n≥1 an
Exercice 5.30 K
Étudier la convergence, et préciser la limite, de la suite de terme général :
xn = n sin (2πn! e) .
5.6. EXERCICES 327
+∞
X 1
On utilise la relation : e = . Pour n ∈ N∗ on a :
k=0 k!
n +∞
X n! X n!
n! e = + .
k=0 k! k=n+1 k!
| {z } | {z }
:=An :=Bn
n
n! Y
Or, pour tout k ∈ J0, nK, on a = i ∈ N, par suite An ∈ N. D’autre part,
k! i=k+1
on a :
xn = n sin (2πAn + 2πBn ) = n sin (2πBn ) .
D’où, Bn est une somme de termes positifs, par suite Bn est minorée par son premier
terme, i. e. :
n! 1
= ≤ Bn . (1)
(n + 1)! n+1
n! 1
Comme ≤ pour tout k ≥ n + 1, on déduit que :
k! (n + 1)k−n
k−n
+∞
X 1 1 1 1
Bn ≤ = × = .
k=n+1 n+1 n + 1 1 − n+1
1
n
1 1
≤ Bn ≤ c-à-d lim nBn = 1.
n+1 n n→+∞
Exercice 5.31 K
Soit (xn )n≥0 une suite réelle positive croissante et telle que lim xn = +∞.
n→+∞
Montrer qu’il existe deux suites positives (yn )n≥0 et (zn )n≥0 telles que :
X X
∀ n ∈ N, yn ≤ xn zn ; yn diverge et zn converge.
n≥0 n≥0
Soit n0 le plus petit entier naturel tel que an0 > 0. Posons
8
>
<0 si n ≤ n0 ,
yn = >√ √
: xn − xn−1 si n ≥ n0 + 1,
328 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
et 8
>
< 0 si n ≤ n0 ,
zn = 1 1
>
:√ −√ si n ≥ n0 + 1.
xn−1 xn
Alors on a :
X 1 +∞
X
⋄ la série zn est convergente avec . zn = √
n≥0 n=0 an0
X
⋄ La série yn est divergente car lim xn = +∞.
n→+∞
n≥0
√ √
⋄ pour tout n ∈ N : yn = xn xn−1 zn ≤ xn zn .
Exercice 5.32 K
Pour m ≥ 2, on pose
1 1 x 1 1 1 x
S(x) = 1 + + ··· + − + + + ··· + − + ···
2 m−1 m m+1 m+2 2m − 1 2m
1. Montrer qu’il existe un unique réel x tel que la série S(x) converge.
2. Calculer S(x) dans le cas de la convergence.
1. On a
X m−1
X 1 x
S(x) = un (x) avec un (x) = − .
n≥0 p=1 mn + p (n + 1)m
On a
Z (n+1)m Z (n+1)m−1
dx m−1
X 1 dx
≤ ≤
nm+1 x p=1 mn + p nm x
c’est-à-dire :
(n + 1)m m−1
X 1 (n + 1)m − 1
ln ≤ ≤ ln .
nm + 1 p=1 mn + p nm
Or
(n + 1)m m−1 1 (n + 1)m − 1 m−1 1
ln = +O 2 , ln = +O 2 .
nm + 1 nm n nm nm n
Donc :
m−1−x 1 m−1−x 1
+O 2 ≤ un (x) ≤ +O 2 .
nm n nm n
2. On prend x = m − 1, alors
m
X 1 1
un (x) = − .
p=1 mn + p n+1
Par conséquent :
(N +1)m (N +1)m
N
X X 1 NX +1
1 X 1
un (x) = − =
n=0 q=1 q q=1 q q=N +2 q
et
Z (N +1)m−1 N Z (N +1)m
dx X dx
≤ un (x) ≤
N +2 x n=0 N +1 x
(N + 1)m − 1 XN
ln ≤ un (x) ≤ ln(m).
N +2 n=0
(N + 1)m − 1
Comme lim = ln(m), alors il résulte que S(x) = ln(m).
N →+∞ N +2
Exercice 5.33 KK
Test de Kummer
X X
1. Soient an et bn deux séries à termes strictement positifs vérifiant :
n≥1 n≥1
an+1 bn+1
≤ , ∀ n ≥ N.
an bn
X X
Montrer que : bn converge =⇒ an converge aussi.
n≥1 n≥1
2. test de kummer : soit (xn )n≥1 une suite à valeurs strictement positives. Montrer
que :
(i) S’il existe une suite (yn )n≥1 strictement positive et une constante c > 0 telles que :
xn
yn − yn+1 ≥ c, ∀ n ∈ N∗
xn+1
X
alors la série xn est convergente.
n≥1
(ii) S’il existe une suite (yn )n≥1 strictement positive telle que
X 1 xn
diverge et yn − yn+1 ≤ 0, ∀ n ∈ N∗
y
n≥1 n
xn+1
330 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
X
alors la série xn diverge.
n≥1
3. Quels résultats retrouve t-on si on prend yn = 1, yn = n et yn = n ln n dans le test
de Kummer ?
an
1. Posons cn = , alors pour n ≥ N on a :
bn
an+1 an
cn+1 = ≤ = cn .
bn+1 bn
La suite (cn )n≥1 est décroissante pour n ≥ N, donc elle est bornée, c-à-d il existe
M > 0 tel que :
0 < cn < M, ∀ n ∈ N∗ .
Par conséquent :
X X X
an = bn cn < M bn ,
n≥1 n≥1 n≥1
Exercice 5.34 KK
Sit x > 0 un nombre réel.
1. Montrer que
+∞
X n! x
= 1.
n=1
n(x + 1) · · · (x + n)
2. En déduire la valeur de
+∞
X (n − 1)!
.
n=1
n(x + 1) · · · (x + n)
5.6. EXERCICES 331
x 1 1
1. Il est clair que = − , et par suite en multipliant par n! au
n(x + n) n x+n
numérateur et par (x + 1) · · · (x + n − 1) au dénominateur on déduit que :
n! x (n − 1)! n!
= − .
n(x + 1) · · · (x + n) (x + 1) · · · (x + n − 1) (x + 1) · · · (x + n)
+∞
X (n − 1)! 1 +∞
X n! x
= ou aussi = 1.
n=1 (x + 1) · · · (x + n) x n=1 n(x + 1) · · · (x + n)
1
2. Notons S(x) la somme de la série en question. Par la question (1) on a : S(x) <
x
et alors lim S(x) = 0. Donc, on peut écrire S comme somme d’une série télesco-
x→+∞
pique infinie :
+∞
X
S(x) = [S(x + n − 1) − S(x + n)] . (1)
n=1
+∞
X (n − 1)! 1 1
S(x − 1) − S(x) = −
n=1 n(x + 1) · · · (x + n − 1) x x+n
1 +∞
X (n − 1)! 1
= = .
x n=1 (x + 1) · · · (x + n) x2
+∞
X 1
S(x) = .
n=1 (x + n)
2
Exercice 5.35 KK
1. Montrer que
+∞
29 X 1 31
< < .
18 n=1
n 2 18
+∞
X 1
2. On se propose de calculer la valeur exacte de .
n=1
n2
(a) Montrer que
2n−1
X−1
2 1
1 = .
4n k=0 sin2 (2k+1)π
2n+1
1. On a
+∞
X 1 1 1 +∞
X 1
> 1+ + +
n=1 n
2 4 9 n=4 n(n + 1)
49 +∞
X 1 1 49 1 29
= + − = + = .
36 n=4 n n + 1 36 4 18
De même, on a
+∞
X 1 1 1 +∞
X 1 61 31
< 1 + + + = < .
n=1 n
2 4 9 n=4 n(n − 1) 36 18
2.
(a) On a
! !
1 1 1 1 1 1 1 1
= = + = + .
sin (x)
2
4 sin 2 cos 2
2 x 2 x 4 sin2 x
2
cos2 x
2
4 sin2 x
2
sin2 x+π
2
= ······
n −1 2n−1
1 2X
1 2 X−1 1
= = .
4n k=0 sin2 (2k+1)π 4n k=0 sin2 (2k+1)π
2n+1 2n+1
(b) On sait que pour x ∈ 0, π2 , alors sin(x) > 2x
π
, et par suite le k-ème terme de
la somme ci-dessus est majoré par (2k+1)
2
2 qui est indépendant de n. Comme on a
x
lim N sin = x, alors on déduit qu’avec N = 2n et x = (2k+1)π
2
:
N →+∞ N
8 +∞
X 1
1 = .
π2 k=0 (2k + 1)
2
Pour conclure, on a
+∞
X 1 X 1 X 1 π 2 1 +∞
X 1
= + = + ,
n=1 n
2
n=impair n
2
n=pair n
2 8 4 k=1 k 2
5.6. EXERCICES 333
+∞
X 1 π2
d’où = .
n=1 n
2 6
Exercice 5.36 KK
Soit (xn )n≥1 une suite de nombres réels strictement positifs et telle que
+∞
X
xn = l, l > 0.
n=1
Montrer que ( )
+∞
X +∞
X
x2n tel que xn = l = ]0 , l2 [.
n=1 n=1
+∞
X
d’où 0 < x2n < l2 .
n=1
(⊃) Soit α ∈]0, l2 [, montrons qu’il existe une suite (xn )n≥1 à termes strictement
positifs telle que
+∞
X +∞
X
xn = l et x2n = α.
n=1 n=1
Il suffit, pour cela, de considérer la suite (xn )n≥1 définie pour tout n ≥ 1 par :
n
2α2 l l 2 − α2
xn = × .
l 2 − α2 l 2 + α2
+∞
X +∞
X
Alors on a xn = l et x2n = α ∈ ]0 , l2 [.
n=1 n=1
Exercice 5.37 KK
Soit P l’ensemble des entiers naturels premiers. Montrer que la série
X 1
p∈P
p
est divergente.
Pour p ∈ P, on a
1 1 1 1 1 1 1
ep = 1 + + + +··· > 1+ .
p 2! p 2 3! p 3 p
334 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
Par conséquent
Y 1 Y 1 X 1
1+ < e p = exp . (1)
p∈P p p∈P p∈P p
Or, on a
1 1 1 1 1 1 1
1+ 1 + 2 + 4 + · · · + 2k =1+ + 2 + · · · + 2k+1 ,
p p p p p p p
Exercice 5.38 KK
Développement en série de Engel (1913)
Pour une suite croissante d’entiers (xn )n≥0 avec x0 ≥ 2, on définit
1 1 1
Sn = + + ··· + .
x0 x0 x1 x0 · · · xn
1. Montrer que
2. Montrer que
x∈Q ⇐⇒ ∃N ∈ N : xn = xN ∀n ≥ N .
3. En déduire que e ∈ R \ Q.
X1 1 1
1. La série est convergente car on a : 0 < ≤ n+1 .
n≥0 x0 · · · xn x0 · · · xn 2
⋄ Existence : Soit r0 ∈]0, 1] un nombre réel, posons
8 8
> 1 > 1
x
< 0 = + 1, < n x = + 1,
r0 et par récurrence rn
> >
:
r1 = x0 r0 − 1, :
rn+1 = xn rn − 1.
Montrons, par récurrence, que la suite (rn )n≥0 est à valeurs strictement positives.
Le résultat est vrai à l’ordre 0, supposons le vrai au rang n et montrons le au rang
5.6. EXERCICES 335
Maintenant, comme la fonction x 7−→ ⌊x⌋ est croissante, alors on déduit que la suite
(xn )n≥0 est croissante. Par suite, xn ≥ 2 pour tout n ∈ N puisque x0 ≥ 2.
On a
1 r1 1 1 1 r2 1 1 1 rn+1
r0 = + = + + = + +···+ + .
x0 x0 x0 x0 x1 x1 x0 x0 x1 x0 · · · xn x0 · · · xn
D’où
rn+1 r0
0 ≤ ≤ −−−−→ 0,
x0 · · · xn 2n+1 n→+∞
et par suite
+∞
X 1
r0 = .
n=0 x0 · · · xn
⋄ Unicité :
Supposons, par l’absurde, qu’il existe deux développements en série de Engel, alors
+∞
X 1 +∞
X 1
= .
n=0 x0 · · · xn n=0 y0 · · · yn
1 +∞
X 1 +∞
X 1 1
< ≤ n+1 = =⇒ y0 − 1 < x0 ≤ y0 =⇒ x0 = y0 .
x0 n=0 y0 · · · yn n=0 y0 y0 − 1
+∞
X 1 +∞
X 1 1 +∞
X 1
= =⇒ < ≤
n=p x0 · · · xn n=p y0 · · · yn x0 · · · xp n=p y0 · · · yn
1 +∞
X 1 1 1
≤ = × .
n+1
y0 · · · yp−1 n=0 yp y0 · · · yp−1 yp − 1
1 1
L’hypothèse de récurrence donne alors < et par suite yp − 1 < xp ≤ yp ,
xp yp − 1
i.e ., xp = yp . En conclusion, on a montré le résultat par récurrence.
336 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
2.
a
(=⇒) x ∈ Q, donc il existe (a, b) ∈ N × N∗ tel que x = . Pour tout n ∈ N on a :
b
p
a X 1 +∞
X 1 1 +∞
X 1 1 1
− = ≤ = × .
b n=0 x0 · · · xn n=p+1 x0 · · · xn x0 · · · xp n
n=1 xp+1 x0 · · · xp xp+1 − 1
Donc
!
X
p
∀ p ∈ N, 0 < (xp+1 − 1) × ax0 · · · xp − b (xn+1 · · · xp ) ≤ b.
n=0
| {z }
∈N∗
Donc, la suite croissante (xn )n≥0 est majorée, elle stationne à partir d’un certain
rang N ∈ N.
(⇐=) Supposons qu’il existe un rang N ∈ N à partir duquel on a xn = xN , alors :
+∞
X 1 XN
1 1 +∞
X 1
x = = + n
n=0 x0 · · · xn n=0 x0 · · · xn x0 · · · xN n=1 xN
N
X 1 1
= + ∈ Q.
n=0 x0 · · · xn xN − 1
3. On a
+∞
X 1
e−1 = avec xn = n, ∀ n ≥ 2.
n=2 x2 · · · xn
Exercice 5.39 KK
X 1
Soit (an )n≥1 une suite à termes strictement positifs et telle que la série soit
n≥1
a n
convergente. Montrer que :
+∞ +∞
X n X 1
≤ 2 .
a + a2 + · · · + an
n=1 1
a
n=1 n
k √
Il est clair que : k = √ × ak . Donc d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz
ak
on a : !2 ! !
n n n
X X k2 X
k ≤ × ak .
k=1 k=1 ak k=1
D’où, !
n2 (n + 1)2 n
X k2
≤ × (a1 + a2 + · · · + an ) .
4 k=1 ak
5.6. EXERCICES 337
n 4n n
X k2 4n + 2 n
X k2
≤ ≤
a1 + a2 + · · · + an n (n + 1)2
2
k=1 ak n (n + 1)2
2
k=1 ak
1 1 n
X k2
=2 − .
n2 (n + 1)2 k=1 ak
+∞
X n +∞
X 1
≤ 2 .
n=1 a1 + a2 + · · · + an n=1 an
Montrons que 2 est la meilleure constante dans l’inégalité ci-dessus. Soient k une
constante répondant à la question et N ∈ N∗ , choisissons
8
>
<n si n ≤ N,
an := >
: (N + 1)2n−N si n > N.
Alors
+∞
X n N
X n N
X 2
≥ = ;
n=1 a1 + a2 + · · · + an n=1 a1 + a2 + · · · + an n=1 n + 1
+∞
X 1 N
X 1 1
= + .
n=1 an n=1 n N +1
Par conséquent, on a :
2
k ≥ 2− , ∀ N ≥ 1.
N
X +1
1
n=1 n
Exercice 5.40 KK
X
Soient (cn,k )N×N une famille de nombres complexes et ak une série à termes positifs
k≥0
convergente.
On suppose que pour tout (n, k) ∈ N2 :
Montrer que !
+∞
X +∞
X
lim cn,k = ck .
n→+∞
k=0 k=0
Xp
ε
n ≥ N =⇒ (cn,k − c ) ≤
k . (2)
k=0
3
Exercice 5.41 KK
Soit f : R −→ R une fonction qui préserve la convergence, i.e .
X X
xn est convergente =⇒ f (xn ) est convergente.
n≥1 n≥1
Montrer que :
x1 + x1 + · · · + x1 + x2 + x2 + · · · + x2 + · · ·
| {z } | {z }
j1 fois j2 fois
P
alors cette série est convergente (en la comparant avec n≥1 n2 ),
2
cependant
X X X 1
jn f (xn ) ≥ njn xn ≥ série divergente.
n≥1 n≥1 n≥1 n
Exercice 5.42 KK
a
Soit (xn )n≥1 ∈ CN une suite complexe telle que |xn | ≤ (avec a > 0). On pose
n
S1 + S2 + · · · + Sn
Sn := x1 + x2 + · · · + xn−1 et σn = .
n
Montrer que
lim σn := l =⇒ lim Sn = l.
n→+∞ n→+∞
n+m−1
X
(n + m)σn+m = (n + m)Sn+m − jxj .
j=0
n+m−1
X
(n + m)σn+m − nσn = (n + m)Sn+m − nSn − jxj
j=n
n+m−1
X
= mSn+m + n (Sn+m − Sn ) − jxj .
j=n
340 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
n+m−1
X
m (Sn+m − l) = (n + m) (σn+m − l) − n (σn − l) + (j − n)xj . (1)
j=n
n+m−1
X a
m |Sn+m − l| ≤ (n + m)ε + nε + p , c-à-d
j=1 j
n m
|Sn+m − l| ≤ 2 + 1 ε + a.
m n
√ √
Soit ∆ε := { (n, m) ∈ N2 : N ≤ n, n ε ≤ m ≤ 2n ε }.
m
√
m = 2n ε
∆ε √
m=n ε
0 N n
On a
√
inf { n + m : (n, m) ∈ ∆ε } ≥ 1+ ε N,
√
et pour tout entier q > (1 + ε) N, il existe (n, m) ∈ ∆ε tel que : q = n + m. D’où
√
∀ ε > 0, ∃s ∈ N : q≥s =⇒ |Sq − l| ≤ 2 ε (1 + a) + ε.
En conclusion, on a lim Sn = l.
n→+∞
5.6. EXERCICES 341
Exercice 5.43 KK
Étudier la nature de la série suivante :
√
X ei n
√ .
n≥1
n
√
ei n X
On se propose de montrer que la série √ est divergente en montrant la
n≥1 n
√
X cos n
divergence de la série des parties réelles √ .
n≥1 n
Pour tout k ∈ N on considère l’ensemble
§
π √ πª
Ak := n ∈ N : 2kπ − ≤ n ≤ 2kπ +
4 4
2 2
π π
= 4k 2 π 2 − π 2 k + , 4k 2 π 2 + π 2 k + ∩ N.
4 4
On a :
√
X cos n
Pour montrer la divergence de la série, il suffit de montrer que √ ne tend
n∈Ak n
pas vers zéro. En effet, on a :
√
X cos n X 1 Card(Ak ) π
√ ≥ √ ≥ √ −−−−→ √ .
n∈Ak n n∈Ak 2 2kπ + π
4
2 2kπ + π4 k→+∞ 2
Exercice 5.44 KK
1. Étudier la nature des séries
X ln n X ln n
et (−1)n .
n≥1
n n≥1
n
+∞
X ln n
3. Calculer la somme (−1)n .
n=1
n
ln n 1 X ln n
1. Pour n ≥ 3 on a : ≥ et par suite la série est divergente. D’autre
n n n≥1 n
342 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
ln n
part, pour n ≥ 3, la suite tend vers zéro en décroissant (simple étude de
n n≥3
X ln n
variations de fonction), et donc la série (−1)n est convergente.
n≥1 n
ln x
2. La décroissance de la fonction x 7−→ pour x ∈ [e, +∞[ montrer que
x
Z n
ln n ln t ln(n − 1)
≤ dt ≤ , ∀ n ≥ 4.
n n−1 t n−1
n
X ln(2k) X 2n
ln k n
X 1 2n
X ln k
S2n = − = ln(2) × − .
k=1 k k=1 k k=1 k k=n+1 k
| {z }
=ln n+γ+o(1)
Par conséquent :
1
S2n = γ ln 2 − (ln 2)2 + o(1).
2
En conclusion :
+∞
X ln k 1
(−1)k = γ ln 2 − (ln 2)2 .
k=1 k 2
Exercice 5.45 KK
Étudier la nature de la série √
X (−1)⌊ n⌋
n≥1
nα
où α ∈ R.
√
(−1)⌊ n⌋
Posons an := .
nα
1 X
On a |an | = α , donc si α > 1 la série an est absolument convergente.
n n≥1
(−1)m
Si n ∈ [m2 , (m + 1)2 [, alors la suite an = est de signe constant, alors en
nα
5.6. EXERCICES 343
(m+1)2 −1
X 1
posant Sm := on a l’encadrement :
n=m2
nα
(m + 1)2 − m2 (m + 1)2 − m2
≤ Sm ≤ . (1)
(m + 1)2α m2α
2
D’où, Sm ∼ . Donc, si 2α − 1 ≤ 0 alors la suite (Sm )m≥0 ne tend pas vers 0
+∞ m2α−1
X
et donc la série an est divergente.
n≥1
1
Supposons maintenant que α > , alors par la relation (1) on a :
2
−2α
2m + 1 2m + 1 1 1
Sm − ≤ 1− 1+ = O .
m2α m 2α m m2α
2 1 X 2
D’où : Sm − 2α−1
= O
2α
. Par suite la série (−1)m Sm − 2α−1 est
m m m≥1 m
X
absolument convergente. La série (−1)m Sm est donc de même nature que la
m≥1
X (−1)m
série 2α−1
. Or cette dernière série est convergente (par le critère des séries
m≥1 m
X
alternées), donc (−1)m Sm est convergente et en plus pour n ∈ [m2 , (m + 1)2 [ :
m≥1
Xn m−1
X
k
ak − (−1) S k ≤ Sm −−−−→ 0.
m→+∞
k=1 k=1
X X
Donc, la série an est convergente de même somme que la série (−1)m Sm .
n≥1 m≥0
√
(−1)⌊ X n⌋
1
En conclusion, la série converge si, et seulement si α > , avec conver-
n≥1 nα 2
gence absolue lorsque α > 1.
Exercice 5.46 KK
Primitive et série
Soient n0 ∈ N∗ et f : [n0 , +∞[−→ R une fonction strictement positive et décroissante.
Soit F une primitive de f .
1. Montrer que
X
f (n) est convergente ⇐⇒ F est majorée sur [n0 , +∞[.
n≥n0
2. Montrer que
X
lim F (x) = 0 =⇒ f (n) est convergente,
x→+∞
n≥n0
344 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
de plus on a
+∞
X
−F (m + 1) ≤ f (n) ≤ − F (m), ∀ m ≥ n0 ,
n=m+1
+∞
X
f (n0 ) − F (n0 + 1) ≤ f (n) ≤f (n0 ) − F (n0 ),
n=n0
X 1
3. Étudier la convergence de la série p
où p ∈ R.
n≥1
n
Or, pour m ≥ n0 , on a
m
X
(F (n + 1) − F (n)) = F (m + 1) − F (k),
n=n0
X
(=⇒) Si f (n) est convergente, alors le terme de droite de la relation (1) est
n≥n0
majoré, donc F est majorée sur l’ensemble des entiers ≥ n0 . On a F ′ (x) = f (x) > 0,
et donc F est strictement croissante sur [n0 , +∞[, d’où F est bornée sur [n0 , +∞[.
(⇐=) Si F est bornée sur [n0 , +∞[, alors la relation (1) implique que la série
X X
f (n + 1) (et donc f (n)) est convergente.
n≥n0 n≥n0
2. Si lim F (x) = 0, alors F est bornée sur [n0 , +∞[, donc d’après la question
x→+∞ X
ci-dessus, la série f (n) est convergente. En faisant tendre m → +∞ dans la
n≥n0
P+∞ P+∞
relation (1) on obtient n=n0 f (n + 1) ≤ −F (n0 ) ≤ n=n0 f (n). Or, la relation (1)
est vraie pour tout n ≥ n0 , alors on déduit que
+∞
X +∞
X
f (n + 1) ≤ −F (m) ≤ f (n), ∀ m ≥ n0 . (2)
n=m n=m
5.6. EXERCICES 345
+∞
X
Le membre de gauche de (2) entraîne que f (n) ≤ −F (m), et le membre de
n=m+1
+∞
X
droite de (2) entraîne que −F (m + 1) ≤ f (n). Donc,
n=m+1
+∞
X
−F (m + 1) ≤ f (n) ≤ −F (m), ∀ m ≥ n0 . (3)
n=m+1
L’encadrement
+∞
X
f (n0 ) − F (n0 + 1) ≤ f (n) ≤ f (n0 ) − F (n0 ),
n=n0
découle de (3), en effet posons m = n0 dans (3) et on ajoute f (n0 ) à chaque membre.
1
3. Soit f (x) = p avec x ≥ 1, si p = 1 la série est divergente (série harmonique).
x
x1−p
Supposons p 6= 1, on a F (x) = . Donc :
1−p
• Si p > 1, alors lim F (x) = 0,
x→+∞
• Si p < 1, alors lim F (x) = +∞.
x→+∞
X 1
D’où, la série p
est convergente si p > 1 et divergente si p < 1.
n≥1 n
D’après la question 2. on déduit que pour p > 1 :
(m + 1)1−p m
X 1 m1−p
≤ ≤ , ∀ m ≥ 1,
p−1 n=1 n
p p−1
et
21−p +∞
X 1 1
1+ ≤ ≤ 1+ .
p−1 n=1 n
p p−1
X sin(ln n)
(−1)n−1
n≥1
nα
α cos(ln x)
f ′ (x) = − sin(ln x) + .
xα+1 xα+1
346 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
(1 + α)
Par suite |f ′ (x)| ≤ pour tout α > 0. D’où, par le théorème des accroissement
xα+1
finis, il existe η ∈]0, 1[ tel que
1+α
|f (n + 1) − f (n)| = |f ′ (n + η)| ≤ .
nα+1
X 1+α
Comme la série α+1
est convergente si α > 0 et lim f (n) = 0, alors on déduit
n≥1 n
n→+∞
que
X X
(−1)n−1 f (n) = (f (2n − 1) − f (2n)) est convergente.
n≥1 n≥1
sin(ln n)
Montrons maintenant que pour α ≤ 0 le terme ne tend pas vers zéro,
nα
et donc que la série n’est pas convergente. En fait, il suffit de le montrer pour
α = 0. Montrons donc que, lorsque n → +∞, la suite sin(ln n) ne tend pas vers
zéro. Supposons, par l’aburde, que lim sin(ln n) = 0. Alors, il existe αn ∈ N∗ et
n→+∞
βn ∈ − 12 , 12 pour n > e2 tels que
ln n
= αn + βn .
π
D’où, | sin(ln n)| = sin(π|βn |). Comme lim sin(ln n) = 0, alors lim βn = 0. On a
n→+∞ n→+∞
ln(n + 1) − ln(n) 1 1
αn+1 − αn = − (βn+1 − βn ) = ln 1 + − (βn+1 − βn ).
π π n
D’où |αn+1 − αn | < 1 pour n assez grand, par suite il existe N ∈ N∗ tel que
αn = αN pour n > N. Par conséquent, lnπn = αN + βn pour tout n > N. Or, comme
lim βn = 0 on a une contradiction avec lim ln n = ∞.
n→+∞ n→+∞
+∞
X +∞
X
1
(a1 × · · · × an ) n < e an .
n=1 n=1
La démonstration
suivante est dûe à Pólya (1926).
1 n
Soit mn := n 1 + , alors on a : m1 × · · · × mn = (n + 1)n . Maintenant, si bn =
n
mn an , alors on a d’après l’inégalité entre la moyenne arithmétique-géométrique :
1 1 b1 + · · · + bn
(n + 1)(a1 × · · · × an ) n = (b1 × · · · × bn ) n ≤ .
n
5.6. EXERCICES 347
Par conséquent :
+∞
X 1
+∞
X 1 n
X
(a1 × · · · × an ) n ≤ bj
n=1 n=1 n(n + 1) j=1
+∞
X +∞
X 1
= bj
j=1 n=j n(n + 1)
j
+∞
X bj +∞
X 1 +∞
X
= = 1+ aj < e aj .
j=1 j j=1 j j=1
Références :
[1] T. Carleman, Sur les fonctions quasi-analytiques, in Proc. 5th Scand. Math.
Cong. (1923), Helsinki.
[2] G. Pólya, Proof of an inequality, Proc. London Math. Soc. 24 (1926), 57.
0 ≤ an ≤ n − 1, ∀ n ∈ N∗ .
an X
1. Montrer que la série est convergente.
n≥1
n!
2. On suppose que an = n − 1 à partir d’un certain rang. Montrer que
+∞
X an
∈ Q.
n=1
n!
3. Soit x ∈ [−1, 1] un nombre réel non nul. Montrer qu’il existe α ∈ R \ Q (qu’on
déterminera) tel que :
lim sin (2 π n! α) = x.
n→+∞
1. Pour tout n ≥ 3 on a :
an n−1 1 1
0 ≤ ≤ ≤ ∼ ,
n! n(n − 1)(n − 2) n(n − 2) n2
an X
et donc la série 2
est convergente.
n≥1 n
2. Notons n0 l’entier naturel tel que an = n − 1 pour tout n ≥ n0 . On a alors :
+∞
X an X n− 1
+∞ +∞
X 1 X 1
+∞
1
= = − = .
n=n0 n! n=n0 n! n=n0 (n − 1)! n=n0 n! (n0 − 1)!
348 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
Par conséquent, on a
nX
0 −1
+∞
X an an 1
= + ∈ Q.
n=1 n! n=1 n! (n0 − 1)!
+∞
X ap
3. Soit x ∈ [−1, 1] et cherchons α sous la forme α = avec ap ∈ J0, p − 1K pour
p=1 p!
tout p ∈ N∗ . Alors on a :
+∞ n +∞
X n!ap X X n!ap
2πn!α = 2π = 2π (n − p)!ap +2π .
p=1 p! p=1 p=n+1 p!
| {z } | {z }
:=An ∈ N :=Bn
+∞
X (p − 1) 1
0 ≤ bn+1 ≤ n! = −−−−→ 0,
p=n+2 p! n+1 n→+∞
alors
nβ n × 3π
0 ≤ an ≤ ≤ 2
< n et
2π
2π
nβ nβ 2π nβ 2π
0≤ − < 1 =⇒ 0≤β− × < −−−−→ 0.
2π 2π n 2π n n→+∞
+∞
ap X
Finalement, le réel α := ∈ R \ Q car sinon on aurait n!α entier pair à partir
p=1 p!
d’un certain rang et alors x = lim sin(2πn!α) serait nul, contradiction.
n→+∞
+∞
X
aσ(n) = l.
n=0
Soit (αn )n≥0 (resp. (βn )n≥0 ) la suite extraite des termes strictement positifs (resp.
négatifs) de la suite (an )n≥0 . On construit la suite (Sn )n≥0 de sommes partielles de
la façon suivante : S0 = α0 , si S0 , S1 , · · · , Sp sont construits avec
X
p
1 X2 p
Sp = αi + βi
i=0 i=0
alors
Sp+1 = Sp + αp1 +1 si Sp ≤ l;
Sp+1 = Sp + βp2 +1 si Sp > l.
X X X X
Supposons, par l’absurde, que αn converge, alors on a an − αn = βn ,
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X X X X
et βn converge. D’où, αn − βn existe et vaut |an |, ce qui est absurde
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X X X
car la série |an | est divergente. Donc, la série αn diverge, et de même βn
n≥0 n≥0 n≥0
350 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
D’où
∀ p ∈ N, Sp ≤ l, ∃ p′ ≥ p, Sp′ > l,
∀ p ∈ N, Sp > l, ∃ p′ ≥ p, Sp′ ≤ l,
et p p
X1 X2
∀ N ∈ N, ∃ p ∈ N, Sp = αi + βi avec p1 ≥ N, p2 ≥ N.
i=0 i=0
n ≥ N =⇒ αn ≤ ε et − βn ≤ ε.
1 1
≤ γ − Sn ≤ .
2(n + 1) 2n
En déduire que :
n
X 1 1 1
Hn := = ln(n) + γ + +o .
p=1
p n→+∞ 2n n
3. Montrer que
+∞
X
γ = vp
p=1
où
2p+1 −1
X (−1)k
vp := p , p ∈ N.
k=2p
k
⌊log2 (n)⌋
un = (−1)n .
n
(a) Peux t-on appliquer le critère spécial des séries alternées pour montrer la convergence
X
de la série un ?
n≥1
(b) Soient n ∈ N et m un entier tel que 2n+1 ≤ m < 2n+2 . Montrer que
m m
X (−1)k 1 X n+1
≤ et u
k ≤ .
k 2n
2n
k=2n+1 k=2n+1
(c) Soient n ∈ N et m un entier tel que 2n+1 ≤ m < 2n+2 . Montrer que
m n
X X n
uk = vp + O n .
k=1 p=1
2
En déduire que
+∞
X ⌊log2 (n)⌋
γ = (−1)n .
n=1
n
1 Z p+1 dt 1 1
0 ≤ − ≤ − , ∀ p ∈ N∗ .
p p t p p+1
1
La fonction t 7−→ étant strictement décroissante sur R∗+ , donc on déduit que pour
t
352 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
tout p ∈ N∗ :
Z p+1 Z p+1 Z p+1
1 dt dt dt 1
= < < = ,
p+1 p p+1 p t p p p
et alors
1 Z p+1 dt 1 1
0 < − < − .
p p t p p+1
De la relation ci-dessus, on déduit que pour tout n ∈ N∗ :
n
X 1 Z p+1 dt n
X 1 1 1
0 < Sn = − ≤ − = 1− < 1.
p=1 p p t p=1 p p+1 n+1
La suite (Sn )n≥1 est donc majorée, de plus elle est croissante car
Z n+2
1 dt
Sn+1 − Sn = − > 0.
n+1 n+1 t
1 1 Z1 Z 1
x 1Z 1 1
= x dx ≤ dx ≤ x dx =
2(p + 1) p+1 0 0 x+p p 0 2p
et par suite
1 1 1 1 1 Z p+1 dt 1 1 1 1 1
− = ≤ − ≤ 2 ≤ = − .
2 p p+1 2p(p + 1) p p t 2p 2p(p − 1) 2 p−1 p
Pour m > n ≥ 1, on a
m
X 1 Z p+1 dt
Sm − Sn = − ,
p=n+1 p p t
1 1
≤ γ − Sn ≤ .
2(n + 1) 2n
1 1
Montrons, à présent, que Hn = ln(n) + γ + +o lorsque n → +∞. On a
2n n
γ − Sn = γ − Hn + ln(n + 1), et par suite
1 1
− ln(n + 1) ≤ γ − Hn ≤ − ln(n + 1)
2(n + 1) 2n
c’est-à-dire
1 1 1 1 1 1
+ − ln 1 + ≤ γ − Hn + ln(n) + ≤ − ln 1 + .
2(n + 1) 2n n 2n n n
2p+1 p −1 p
X −1
(−1)k 2X
1 1 2X
−1
1
= −
k=2p k m=2p−1
2m 2m m=2p−1 2m + 1
p −1 p −1 p
2X
1 2X
1 2X
−1
1
= − +
m=2p−1
m m=2p−1
2m m=2p−1 2m + 1
2p −1 2p+1 −1
X 1 X 1
= − := ap−1 − ap .
m=2p−1
m m=2p m
Comme
n−1
[ ©
{1, 2, · · · , 2n − 1} = 2p , 2p + 1, · · · , 2p+1 − 1 ,
p=0
ln(2k )
log2 (n) = = k, et
ln(2)
ln 2k 1 + 21k ln 1 + 21k
log2 (n + 1) = =k+ .
ln(2) ln(2)
log2 (2k ) k
Donc, on a : |un | = = k et
2 k 2
log2 (2k + 1) k+1 1
|un+1| = = k car 1+ < 2,
2 +1
k 2 +1 2k
k+1 k
> |un | car > k.
2 +1
k 2
Par conséquent, on ne peut pas appliquer le critère spécial des séries alternées.
(b) On sait que si (bn )n≥0 est une suite décroissante de réels positifs tendant vers 0,
alors
m 2q−1
X X
k k
(−1) bk − (−1) b
k ≤ b2q , ∀m ≥ 2q.
k=0 k=0
1
D’où, pour bn = , q = 2n et m ≥ 2q = 2n+1 , on obtient :
n
m n+1
X (−1)k 2 X−1 (−1)k
m
X (−1)k 1 1
− = ≤ < .
k=0 k k=0 k
k=2n+1
k 2n+1 2n
5.6. EXERCICES 355
m
X 2n+1
X −1 m
X
uk = uk + uk .
k=1 k=1 k=2n+1
Maintenant
2n+1 2n+1 n 2p+1
k ⌊log2 (k)⌋ ⌊log2 (k)⌋
X−1 X−1 X X −1
uk = (−1) = (−1)k .
k=1 k=1 k p=0 k=2p k
n
[ ©
Comme {1, 2, · · · , 2n+1 − 1} = 2p , 2p + 1, · · · , 2p+1 − 1 et ⌊log2 (k)⌋ = p pour
p=0
2p ≤ k < 2p+1 , alors il résulte que
2n+1 2p+1
X−1 n
X X −1
(−1)k n
X
uk = p = vp
k=1 p=0 k=2p k p=1
c’est-à-dire
m
X n
X m
X 2n
m
X 2n n + 1
uk = vp + uk avec
u ≤
k · n ≤ 2.
k=1 p=1 k=2n+1
n
k=2n+1 n 2
D’où
m
X n
X n
uk = vp + O .
k=1 p=1 2n
En faisant tendre n → +∞ dans la relation ci-dessus, on déduit que
+∞
X ⌊log2 (n)⌋
γ = (−1)n .
n=1 n
356 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
Chapitre 6
Probabilités
6.1 Dénombrement
6.1.1 Permutations
❏ Permutations sans répétition
Soit E un ensemble de n éléments. Une permutation de E est une bijection de E
dans E. Le nombre de permutations de E est égal à :
1 × 2 × · · · × (n − 1) × n = n!
√
Lorsque n est grand, on peut approcher n! par la formule de Stirling : n! ∼ 2πn nn e−n .
❏ Permutations avec répétitions
On appelle permutation avec répétitions une liste ordonnée L de n éléments pris
parmi k éléments distincts : a1 , a2 , · · · , ak (avec k ≤ n).
Identité multinomiale : pour i ∈ J1, kK et x1 , x2 , · · · , xk des nombres réels on a :
X n!
(x1 + x2 + · · · + xk )n = xn1 xn2 · · · xnk k .
n1 +···+nk =n n1 !n2 ! · · · nk ! 1 2
6.1.2 Arrangements
❏ Arrangements sans répétition
Soient E un ensemble de n éléments et p ≤ n un entier naturel. Un arrangement de
p éléments choisis parmi n est un sous-ensemble ordonnée de E ayant p éléments.
Le nombre d’arrangements de n objets pris p à p est égal à :
n!
Apn = .
(n − p)!
357
358 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
Apn est aussi le nombre d’applications injectives d’un ensemble de p éléments vers
un ensemble de n éléments.
❏ Arrangements avec répétitions
Un arrangement avec répétitions de p éléments choisis parmi n est une liste ordonnée,
avec répétitions éventuelles des éléments. Le nombre d’arrangements avec répétitions
est égal à :
Apn = np .
Apn est aussi le nombre d’applications d’un ensemble de p éléments vers un ensemble
de n éléments.
6.1.3 Combinaisons
❏ Combinaisons sans répétitions
Soient E un ensemble de n éléments et p ≤ n un entier naturel. Une combinaison de
p éléments choisis parmi n est un sous-ensemble de E ayant p éléments. Le nombre
de combinaisons de n éléments pris p à p est égal à :
!
n n!
= .
p p!(n − p)!
n n n n
☞ ∀n ∈ N : n
= 0
= 1 et pour tout n ∈ N∗ : 1
= n−1
= n.
n n
☞ ∀ n ∈ N, ∀ p ∈ N∗ (p ≤ n) : n−p
= p
.
n n−1 n−1
☞ ∀ n ∈ N∗ , ∀ p ∈ N∗ (p < n) : p
= p
+ p−1
.
!
n
X n k n−k
☞ ∀ (a, b) ∈ R 2
: (a + b) =n
a b , (formule du binôme).
k=0 k
!
n
n X
☞ ∀n ∈ N : = 2n .
k=0 k
❏ Combinaisons avec répétitons
Une combinaison avec répétitions de p éléments choisis parmi n, est une liste non
ordonnée, avec répétitions éventuelles des éléments. Le nombre de combinaisons avec
répétition est égal à :
!
n+p−1 (n + p − 1)!
= .
p p!(n − 1)!
6.2. PROBABILITÉS SUR UN UNIVERS FINI 359
n! n!
sans remise
(n − p)! p!(n − p)!
(n + p − 1)!
avec remise np
p!(n − 1)!
n! n!
un seul dans une case
(n − p)! p!(n − p)!
(n + p − 1)!
éventuellement plusieurs dans une case np
p!(n − 1)!
✍ Dans le cas du lancer d’une pièce de monnaie, les phrases « on a obtenu pile »
et « on a obtenu face » définissent deux événements associés à l’expérience
aléatoire.
✍ Dans le cas du lancer d’un dé à six faces, les phrases « le résultat du lancer est
impair », « la résultat du lancer est 4 » définissent deux événements associés
à l’expérience aléatoire.
360 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
Définition 6.3 Soit Ω l’univers associé à une expérience aléatoire. On appelle événements
élémentaires les singletons {ω} avec ω ∈ Ω. De plus, Ω est appelé événement certain et
∅ est appelé événement impossible.
Définition 6.4 On appelle ensemble des événements associés à une expérience aléatoire
tout sous-ensemble F de P(Ω) tel que :
✓ l’événement impossible ∅ et l’événement certain Ω appartiennent à F,
✓ si A ∈ F alors Ac ∈ F,
[ \
✓ si (Ai )i∈I , avec I ⊂ N, est une suite d’événements de F, alors Ai et Ai
i∈I i∈I
appartiennent à F.
Un ensemble d’événements vérifiant les propriétés ci-dessus est appelé une σ-algèbre ou
une tribu.
Définition 6.5 Soit (Ω, F) un espace probabilisable associé à une expérience aléatoire.
✓ On dit que deux événements A et B de F sont incompatibles si A ∩ B = ∅. Il
est impossible que A et B se réalisent simultanément.
✓ On appelle système complet d’événements toute suite (Ai )i∈I d’événements de
F deux à deux incompatibles dont la réunion est égale à Ω. Donc, à l’issue de
l’expérience un seul des événements Ai , i ∈ I, est réalisé.
6.2.2 Probabilité
Définition 6.6 Soit (Ω, F) un espace probabilisable associé à une expérience aléatoire.
On appelle probabilité une application P : (Ω, F) −→ [0, 1] telle que :
✓ P(Ω) = 1, !
[ X
✓ pour tout suite (Ai )i∈I , avec I ⊂ N, on a : P Ai = P(Ai ).
i∈I i∈I
1
∀ ω ∈ Ω, P({ω}) = .
card(Ω)
P(A ∩ B)
PA (B) = P(B | A) = .
P(A)
ou plus généralement
!
n
\
P Ai = P(A1 )×P(A2 | A1)×P(A3 | A2 ∩A1 )×· · ·×P(An | An−1 ∩· · ·∩A1 ).
i=1
Proposition 6.1 Soient A et B deux événements qui ne sont pas quasi impossibles, alors
P(A | B) P(B)
P(B | A) = .
P(A)
362 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
✓ Pour tout événement A qui ne soit pas quasi impossible et tout événement
B qui ne soit ni quasi impossible ni quasi certain, on a :
P(A | B) P(B)
P(B | A) = .
P(A | B) P(B) + P(A | B c) P(B c )
✓ Plus généralement, pour tout système complet d’événements (Bi )i∈I dont
aucun n’est quasi impossible et tout événement B qui ne soit pas quasi
impossible, on a :
P(A | Bi ) P(Bi)
P(Bi | A) = P .
i∈I P(A | Bi ) P(Bi )
6.3.1 Définitions
Définition 6.10 On appelle variable aléatoire sur Ω (ensemble fini) une application de
Ω dans un ensemble E. La variable aléatoire est dite réelle lorsque E = R.
Cette loi est entièrement déterminée par la donnée des réels P(X = x) lorsque x décrit
X
X(Ω) (puisque pour tout A ⊂ X(Ω) on a : PX (A) = P(X = x)).
x∈A
V (X) = E [X − E(X)]2 = E X 2 − E 2 (X).
È
Son écart type est σ(X) = V (X). La variable X est dire réduite lorsque V (X) = 1.
☞ On a : V (X) ≥ 0.
☞ Pour tout a ∈ R on a : V (X + a) = V (X) et V (aX) = a2 V (X).
☞ Si X et Y sont deux v.a. indépendantes alors : V (X + Y ) = V (X) + V (Y ).
X−E(X)
☞ Si (a, b) ∈ R2 , on a : σ(aX + b) = |a| σ(X), et donc si σ(X) > 0 alors σ
est centrée réduite.
V (X + Y ) = V (X) + V (Y ) + 2 Cov(X, Y ).
E(X)
P(X ≥ a) ≤ .
a
1
P (|X − E(X)| ≥ a) ≤ V (X).
a2
❏ GX est définie sur [−1, 1]. De plus, sur ] − 1, 1[, GX est indéfiniment dérivable.
❏ GX caractérise la loi de probabilité PX : pour tout k ∈ J0, nK,
1 (k) (0)
PX (X = xk ) = G (0), (GX = GX ).
k! X
❏ Loi de Bernoulli :
❏ Loi binômiale :
❏ Loi hypergéométrique :
On effectue n tirages sans remise dans une urne contenant N objets dont NA objets
A et on note X le nombre d’objets A tirés. Pour tout k ∈ J0, nK :
NA N −NA
k n−k
PX (X = k) =
N .
n
N −n NA
Le moment est E(X) = np et la variance V (X) = npq avec p = P(A) =
N −1 N
NA
et q = 1 − p = 1 − .
N
366 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
6.4 Exercices
Exercice 6.1
Vrai - Faux
1. Si P(A ∪ B) = P(A) + P(B) alors les événements A et B sont incompatibles.
2. Si deux événements A et B sont indépendants alors ils sont indépendants.
3. Si deux événements A et B sont indépendants, alors A et B le sont aussi.
4. Une variable aléatoire est une valeur numérique.
5. Toute application de P(Ω) −→ N est une variable aléatoire discrète.
6. Si deux variables aléatoires ont la même espérance, alors elles ont la même variance.
7. La variance d’une somme de deux variables aléatoires discrètes est toujours la somme
de leurs variances.
5. Vrai. On prend F = P(Ω), alors toute application X est une v.a. puisque
X −1 (x) ∈ P(Ω) pour tout x ∈ R.
6. Faux.
7. Faux. La variance d’une somme de deux v.a. indépendantes est égale à la somme
de leurs variances, mais c’est faux en général (contrairement à l’espérance).
Exercice 6.2
Déterminer le nombres de diagonales d’un polygone convexe à n côtés
Il y a n sommets, donc il y a n2 droites joignant les sommets du polygone. En
retirant les n côtés, on déduit qu’il y a
!
n n(n − 1) n(n − 3)
−n = −n =
2 2 2
diagonales.
Exercice 6.3
Soit E un ensemble fini de cardinal n ∈ N∗ . Calculer :
1. Card{(A, B) ∈ P(E)2 : A ⊂ B}.
X
2. Card(A).
A∈P(E)
Exercice 6.4
Soient n et m deux entiers naturels strictement positifs. Trouver le nombre de solutions
entières de l’équation
x1 + x2 + · · · + xm = n
n
X 1 n
4. .
k=0
k+1 k
n
X m+k
5. avec m ∈ N. (Diagonale du triangle de Pascal).
k=0
m
!
n
X n k
1. Par la formule du binôme on a : (1 + x) = n
x , et donc pour x = 1 il
k=0 k
résulte que !
n
X n
= 2n .
k=0 k
!
n
X
k n
2. En appliquant la formule du binôme à l’expression (1 − 1) = n
(−1) il
k=0 k
s’ensuit que !
n
X
k n
(−1) = 0.
k=0 k
!
n
X n k−1
3. En dérivant l’expression dans la question 1. on a : n(1 + x) n−1
= k x .
k=0 k
En prenant x = 1 on déduit que
!
n
X n
k = n 2n−1 .
k=0 k
Par conséquent : !
n
X 1 n 2n+1 − 1
= .
k=0 k + 1 k n+1
5. On montre par récurrence sur n à m entier quelconque fixé que :
! !
n
X m+k n+m+1
= .
k=0 m m+1
2. Nombre de dérangements
Soit Dn le nombre de dérangements de J1, nK, c’est-à-dire le nombre d’éléments σ ∈ Sn
tels que σ(i) 6= i pour tout i ∈ J1, nK.
(a) Déterminer Dn dans le cas général et calculer
Dn
lim .
n→+∞ n!
et
[p p p+1
X \
p
(Ai ∩ A p+1 ) = |Ai ∩ Ap+1 | + · · · + (−1) A .
i
i=1
i=1 i=1
Par conséquent, en reportant ces deux égalités dans la relation (1) on déduit le
résultat pour le rang p + 1, ce qui termine le raisonnement par récurrence.
6.4. EXERCICES 371
2. Pour i ∈ J1, nK, on note Si la permutation qui laissant stable i. Alors, tout élément
de Sn qui n’est pas dans Dn appartient à l’un des Si . D’où
[n
n! = |Sn | = |Dn | + S .
i
i=1
n
Comme il y a k
façons de choisir k éléments parmi n, il s’ensuit que :
!
n
X n 1 1 (−1)n
|Dn | = n! − (n − k)! = n! 1 − + − · · · + .
k=1 k 1! 2! n!
|Dn | X n
(−1)k |Dn | 1
Finalement, = et par conséquent lim = .
n! k=0 k! n→+∞ n! e
Application : La probabilité pour qu’aucune personne ne reprenne son parapluie est
1
≃ 0, 368.
e
Exercice 6.7
Une urne contient n boules numérotées de 1 à n, avec n ∈ N∗ . On vide l’urne en tirant
les boules l’une après l’autre (sans remise). On dit que le j-ème tirage est un « bon
tirage » si la boule obtenue à ce tirage porte un numéro strictement supérieur aux
précédents (avec la convention que le premier tirage est un « bon tirage »).
1. Combien y a-t-il de façons de vider l’urne avec un et un seul « bon tirage » ? (resp.
avec n « bon tirage »).
2. Soient p et q avec 2 ≤ p ≤ q ≤ n. Combien y a-t-il de façons de vider l’urne de sorte
que le p-ième tirage soit un « bon tirage » avec la boule numéro q ?
Exercice 6.8
Combien d’équipes de football un sélectionneur peut-il former avec ses 22 joueurs (dont
3 gardiens de but). On rappelle qu’une équipe de football se compose de 11 joueurs
dont 1 gardien de but.
Exercice 6.9
Combien de mots de passe de 8 symboles peut-on créer avec 36 caractères (26 lettres
et 10 chiffres).
Exercice 6.10
En France, les plaques d’immatriculation des voitures comportent 2 lettres, puis 3
chiffres, et ensuite 2 lettres (par exemple : AA111AA). Combien de plaques possibles y
a-t-il en tout ?
Exercice 6.11
Soient A et B deux événements quelconques. Exprimer en fonction de P(A), P(B) et
P(A ∩ B) les probabilités conditionnelles suivantes :
1. P(A | A ∪ B).
2. P(A | A ∩ B).
3. P(B | A). Que devient cette probabilité lorsque A et B sont indépendants.
P(A) P(A)
P(A | A ∪ B) = = ≥ P(A).
P(A ∪ B) P(A) + P(B) − P(A ∪ B)
6.4. EXERCICES 373
P(A | A ∩ B) = 1.
P(B | A) = P(B).
Exercice 6.12
Soient A et B deux événements. Montrer que :
1. P(A) − P(B) ≤ P(A ∩ B) ≤ min (P(A), P(B)).
2. P(A ∩ B) − P(A)P(B) ≤ min P(A) − (P(A))2 , P(B) − (P(B))2 .
1
3. P(A ∩ B) − P(A)P(B) ≤ 4.
D’où :
1
P(A ∩ B) − P(A)P(B) ≤ min P(A) − (P(A))2 , P(B) − (P(B))2 ≤ .
4
1
On a égalité si A et B sont tels que A = B et P(A) = P(B) = .
2
Exercice 6.13
1
Dans une usine, la probabilité pour qu’un ouvrier O quitte l’usine dans l’année est 5
et la probabilité pour qu’un ingénieur I quitte l’entreprise est 18 . On suppose que ces
deux événements sont indépendants. Calculer la probabilité que :
1. O et I quittent l’usine.
2. L’un des deux quitte l’usine.
3. Ni O, ni I ne quittent l’usine.
4. I seulement quitte l’usine.
1 1
1. On a P(O ∩ I) = P(O) × P(I) = × = 0, 025.
5 8
2. On a
3. On a
P O ∩ I = P O ∪ I = 1 − P(O ∪ I) = 0, 7.
4. On a : P O ∩ I = P O × P(I) = (1 − 0, 2) × 0, 125 = 0, 1.
Exercice 6.14
Le serveur « très sécurisé » d’un site internet a calculé en fonction de sa clientèle qu’un
individu essayant un « mot de passe » au hasard est refoulé 999 fois sur 1000. Sachant
que l’ordinateur accepte trois essais de mot de passe avant de couper la connexion,
quelle est la probabilité de se connecter au hasard ?
Or, on a :
P(A1 ) = 0, 001,
P(A2 ) = 0, 999 × 0, 001 = 0, 000999 (échec au 1er et connexion au 2ème)
P(A3 ) = (0, 999)2 × 0, 001 ≃ 0, 000998.
Par conséquent, on a :
Exercice 6.15
Dans un examen, les étudiants répondent à quatre questions à choix multiples. Pour
chaque question il y a trois réponses proposées dont une seule est correcte.
1. Si un étudiant répond au hasard et de façon indépendante à chaque question, calculer
la probabilité qu’il donne plus de réponses justes que fausses.
2. Que devient cette probabilité s’il n’y a que deux réponses possibles (respectivement
quatre réponses) à chaque question ?
E = (F V V V ) ∪ (V F V V ) ∪ (V V F V ) ∪ (V V V F ) ∪ (V V V V ).
Plus le nombre de choix de réponses est grand moins il y a de chance d’avoir plus
376 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
Exercice 6.16
Dans un pays l’élection présidentielle est au scrutin majoritaire à deux tours. Deux
candidats C1 et C2 sont en présence.
Au premier tour, 40% des voix vont à C1 et 45% pour C2 , le reste étant constitué d’abs-
tentions. Comme aucun candidat n’a la majorité absolue, un second tour est organisé.
Tous les électeurs ayant voté la première fois voteront à nouveau. Un sondage indique
par ailleurs que 5% des voix de C1 se reporteront sur C2 et que 10% des voix de C2
iront au candidat C1 . On estime de plus que les deux tiers des électeurs n’ayant pas
voté au premier tour voteront, à raison de 60% pour C1 et 40% pour C2 .
1. Quelle est la probabilité pour qu’un abstentionniste du premier tour vote pour C1 ?
pour C2 ?
2. Selon ce sondage, quel candidat a la plus forte probabilité d’être élu ?
P(A1 ) = 0, 40; P(B1 ) = 0, 45; P(D1 ) = 0, 15; P(B2 | A1) = 0, 05; P(A2 | B1 ) = 0, 10;
2
P(A2 | D1 ) = P(D2 | D1 ) × P(A2 | D1 ∩ D2 ) = 0, 60 × = 0, 40
3
et
2 4
P(B2 | D1 ) = P(D2 | D1 ) × P(B2 | D1 ∩ D2 ) = 0, 40 × = .
3 15
2. On a :
De même, on montre que P(B2 ) = 0, 465. Donc, selon ce sondage, c’est la candidat
C1 qui aura la victoire au second tour.
6.4. EXERCICES 377
Exercice 6.17
Dans le jeu de Loto (ancienne version), le joueur sélectionne 6 numéros distincts dans
une grille numérotée de 1 à 49. Si les 6 numéros choisis sur la grille correspondent aux
6 numéros tirés, alors le joueur gagne la cagnotte.
Calculer la probabilité de gagner la cagnotte.
1 1 1
= = .
49
6
49!
6!(49−6)!
13 983 816
Donc, vous avez environ une chance sur 14 000 000 pour gagner au Loto.
Exercice 6.18
Le mot de passe des cartes bancaires est une suite ordonnée de 4 chiffres pris au hasard
dans l’ensemble J0, 9K.
Calculer la probabilité qu’un mot de passe choisi au hasard soit formé d’une suite
strictement croissante.
Exercice 6.19
En admettant que tous les mois sont équiprobables, déterminer combien de personnes
faut-il pour que la probabilité qu’au moins deux d’entre elles aient leur anniversaire le
même mois soit au moins égale à 0,5 ?
Card(E)
P(E) = .
Card(Ω)
12 × 11 × · · · × (12 − n + 1)
P(E) = 1 − P(E) = 1 − .
12n
Exercice 6.20
Une étude statistique sur un feu tricolore (rouge-orange-vert) a montré que :
⋄ si le feu est rouge, il y a 1% de chances que l’automobiliste passe,
⋄ si le feu est orange, il y a 30% de chances que l’automobiliste passe,
⋄ si le feu est vert, il y a 99% de chances que l’automobiliste passe.
Sachant que le cycle du feu tricolore dure une minute répartie comme suit : le feu vert
dure 25 secondes, l’orange dure 5 secondes et le rouge dure 30 secondes, calculer la
probabilité qu’un automobiliste passe sans s’arrêter à ce feu tricolore.
99 30 1 25 5
P(E | V ) = , P(E | O) = , P(E | R) = , P(V ) = , P(O) = ,
100 100 100 60 60
30
et P(R) = . Comme la famille (V, O, R) est un système complet d’événements,
60
alors on a :
Exercice 6.21
On choisit trois points parmi les 8 sommets d’un cube. Quelle est la probabilité pour
que ces trois points forment un triangle équilatéral ?
6.4. EXERCICES 379
On peut choisir les trois points de 83 = 56 façons différentes. Pour obtenir un
triangle équilatéral il faudrait que les côtés soit des diagonales des faces du cube.
Comme, de chaque sommet du cube, on peut tracer trois diagonales d’une face du
cube, alors il y a 8 × 3 triangles équilatéraux en tout. Cependant, on a compté
(de cette façon) trois fois les triangles équilatéraux car chaque sommet du cube est
le sommet de trois triangles équilatéraux distincts. Donc il y a 24 3
= 8 triangles
équilatéraux distincts, et la probabilité est : 56 = 7 .
8 1
Exercice 6.22
Quelle est la probabilité pour que dans un groupe de n personnes il y en a au moins
deux qui ont la même date d’anniversaire. (On suppose qu’il y a toujours 365 jours par
an).
Il est plus facile de calculer la probabilité pour qu’il n’y ait pas deux personnes
ayant la même date d’anniversaire.
On range ces n personnes dans un certain ordre. Alors, le premier peut avoir son
anniversaire n’importe quel jour parmi les 365 jours de l’année, pour la seconde
personne il reste un choix parmi les 364 jours restants, le troisième a le choix entre
les 363 jours restants, et ainsi de suite. La probabilité qu’il n’y ait pas deux personnes
ayant la même date d’anniversaire est donc égale à :
La probabilité pour que au moins deux personnes, parmi n, aient la même date
d’anniversaire est alors égale à :
365!
1− .
(365 − n)! 365n
Exercice 6.23
Soient X et Y deux v.a. indépendantes. On sait que : V (X + Y ) = V (X) + V (Y ).
Est-il possible d’avoir :
V (X − Y ) = V (X) − V (Y ) ?
V (X − Y ) = V (X) − V (Y ).
380 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
Attention : il ne faut pas lire cette relation sous la forme « variance d’une différence
égale à la différence des variances », ce n’est qu’une autre écriture de la relation
« variance d’une somme de deux v.a. indépendantes est égale à la somme des va-
riances ».
Exercice 6.24
Probabilité uniforme
1. Une urne contient 2n boules numérotées de 1 à 2n. On tire au hasard une boule de
l’urne, on note X la v.a. égale au numéro obtenu. Déterminer la loi de X.
2. Une urne contient 9 jetons numérotés de 1 à 9. On tire au hasard et simultanément
3 jetons de l’urne. Soit Y la v.a. égale au nombre de numéros impairs figurant parmi
les 3 numéros obtenus. Déterminer la loi de Y .
1. Soit Ω = {1, 2, · · · , 2n}, alors Card(Ω) = 2n. Comme Ω est fini et qu’il y a
équiprobabilité, alors on considère l’espace probabilisé (Ω, P(Ω), P) où P est la pro-
babilité uniforme. On a X(Ω) = {1, 2, · · · , 2n}.
Maintenant, pour tout k ∈ {1, 2, · · · , 2n}, on a :
Card({X = k})
P(X = k) = .
Card(Ω)
et par suite :
5 4
k 3−k
P(X = k) = , k ∈ J0, 3K.
84
Exercice 6.25
Loi binômiale
Soient p ∈ ]0, 1[, n ∈ N∗ et X une v.a. suivant la loi binômiale B(n, p) :
n k
P(X = k) = p (1 − p)n−k , k ∈ J0, nK.
k
6.4. EXERCICES 381
n
X
1. Vérifier que P(X = k) = 1.
k=0
2. Calculer E(X), E(X(X − 1)) et V (X).
3. Calculer la fonction génératrice de X et retrouver les valeurs de E(X) et V (X).
2.Calculons E(X). On a :
!
n n n
X X X n k
E(X) = kP(X = k) = kP(X = k) = p (1 − p)n−k
k=0 k=1 k=1 k
! !
Xn
n−1 k n − 1 k+1 n−1
X
= n p (1 − p)n−k = n p (1 − p)n−(k+1)
k=1 k − 1 k=0 k
!
n−1
X n−1 k
= np p (1 − p)(n−1)−k .
k=0 k
= n(n − 1)p2 .
382 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
Finalement, on a :
D’où :
E(X) = G′ (1) = np et V (X) = G′′ (1) + G′ (1) − (G′ (1))2 = np(1 − p).
Exercice 6.26
Soit X une v.a. réelle suivant la loi uniforme U({1, 2, 3}) :
1
P(X = 1) = P(X = 2) = P(X = 3) = .
3
1. On a :
1 1 2
P(X ≤ 2) = P(X = 1) + P(X = 2) = + = .
3 3 3
1
P(1 < X ≤ 2) = P(X = 2) = .
3
1 1 2
P(X ≥ 2) = P(X = 2) + P(X = 3) = + = .
3 3 3
6.4. EXERCICES 383
2. On a :
s + s2 + s3
G(s) = E(sX ) = s1 P(X = 1) + s2 P(X = 2) + s3 P(X = 3) = .
3
Exercice 6.27 K
Soit n > 1 un entier impair. Montrer que la suite de coefficients binomiaux :
n n n
, , ··· , n−1
1 2 2
Exercice 6.28 K
Quel est le nombre d’entiers naturels n ∈ J1, 2014K qui sont multiples de 3 ou 4 mais
pas multiple de 5.
Il y a 2014
3
= 671 multiples de 3, et 2014
4
= 503 multiples de 4. Le total est
1174 qui comprend aussi = 167 multiples de 12. Donc, il y a 1174 − 167 =
2014
12
1007 multiples de 3 ou de 4. On exclut d’eux les 2014 15
= 134 multiples de 15 et
2014
20
= 100 multiples de 20, car ce sont des multiples de 5. Cependant, ceci exclut
les 2014
60
= 33 multiples de 60 deux foix, on on doit les réintroduire dans les calculs.
En conclusion, le nombre total est :
Exercice 6.29 K
Calculer les sommes suivantes :
1.
11 11 11 11
0 1 2 11
+ + + ··· + .
1 2 3 12
2.
n
X (−1)k−1 n
Hn = .
k=1
k k
n n−1
1. On sait que k k
= n k−1
, alors pour k ∈ J0, 11K on déduit que :
! !
11 12
12 11 12 k+1
= ou aussi k
= .
k+1 k k+1 k+1 12
En conclusion, on a :
! ! !!
1 X11
12 1 12
X 12 12 1 12
= − = (2 − 1).
12 k=0 k + 1 12 k=0 k 0 12
2. On a
! " ! !#
n+1
X (−1)k−1 n + 1 X (−1)k−1
n+1
n n
Hn+1 = = +
k=1 k k k=1 k k k−1
! !
n
X (−1)k−1 n X (−1)k−1
n+1
n
= +
k=1 k k k=1 k k−1
!
(−1)k−1 n + 1
n+1
X
= Hn +
k=1 n + 1 k
!
1 n+1
X n+1
= Hn − (−1)k .
n + 1 k=1 k
Par suite :
!
1 1 m+1
X m+1 1
Hm+1 − Hm = − (−1)k =
m + 1 m + 1 k=0 k m+1
et finalement
1 1
Hn = 1+ + ··· + .
2 n
Exercice 6.30 K
Soit (Fn )n≥0 la suite de Fibonacci définie par F0 = 0, F1 = 1 et Fn+1 = Fn + Fn−1
6.4. EXERCICES 385
Or, on a :
√ √ !2
3± 5 1± 5
=
2 2
et par suite
! 2 √ !2n √ !2n 3
n
X n 1 4 1+ 5 1− 5
Fk = √ − 5 = F2n .
k=0 k 5 2 2
Exercice 6.31 K
1. Soient A et B deux événements tels que P(A) 6= 0 et P(B) 6= 0. Montrer que :
P(A) − P(A ∩ B)
P(A | B) = 1− .
1 − P(B)
P(A ∩ B ∩ C) = 0.
386 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
2
(i) Montrer que P(A ∪ B ∪ C) ≤ 3(1 − P(A)) et en déduire que P(A) ≤ 3.
(ii) On suppose que A, B et C sont indépendants deux à deux. Montrer que
P(A ∩ B) P(A ∩ B)
P(A | B) = , P(B | A) = .
P(B) P(A)
Par conséquent :
P(A ∩ B)
P(A | B) > P(A) ⇐⇒ P(A∩B) > P(A)P(B) ⇐⇒ > P(B)
P(A)
⇐⇒ P(B | A) > P(B).
2. On a
P(A ∩ B)
P(A | B) = 1 − P(A | B) = 1− .
P(B)
Comme P(A ∩ B) = P(A) − P(A ∩ B) et P(B) = 1 − P(B), alors il s’ensuit que :
P(A) − P(A ∩ B)
P(A | B) = 1− .
1 − P(B)
3.
(i) On a par hypothèses : P(A) = P(B) = P(C), par suite :
Maintenant, on a :
Exercice 6.32 K
Un concours d’entrée dans une grande école comporte n questions que le candidat tire
au hasard dans le programme avec remise.
On note X la v.a. qui représente le nombre de questions tirées dont un candidat connaît
la réponse, et Y celle qui représente le nombre de celles dont il ignore la réponse.
Si p est la proportion de questions du programme que ce candidat connaît, calculer :
1. V (X).
2. V (Y ).
1. La v.a. X suit une loi binômiale B(n, p), la probabilité que le candidat connaisse
une réponse tirée étant p et les tirages étant indépendants (car avec remise), alors
on déduit que : V (X) = np(1 − p).
2. Comme il y a une probabilité 1 − p que le candidat ne connaisse pas une réponse,
alors la v.a. Y suit une loi binômiale B(n, 1 − p), et on a aussi : V (Y ) = np(1 − p).
Exercice 6.33 KK
Soient n ∈ N∗ et (p, q) ∈ J0, nK2 . Montrer que :
n n
= ⇐⇒ q = p ou q = n − p.
p q
L’implication (⇐=) est claire. Supposons que np = nq et montrons que q = p
ou q = n − p. Si n = 1, alors le résultat est clairement vrai. Si n ≥ 2, supposons que
n
p ∈ N est tel que : 0 ≤ p < p + 1 ≤ , alors comme n − 2p ≥ 2 on déduit que :
2
! !
n n n! n − 2p − 1
− = × > 0.
p+1 p p!(n − p − 1)! (p + 1)(n − p)
388 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
n
Par conséquent, la suite k∈N∩[0, n
est strictement croissante. De même, et par
2]
k
n
symétrie, on montre aussi que la suite k k∈N∩( n ,n]
est strictement décroissante.
2
En conclusion, q = p ou q = n − p (par symétrie des coefficients binomiaux).
Exercice 6.34 KK
Formule de Vandermonde
Soient n, p, q des entiers naturels avec n ≤ p et n ≤ q. Donner une preuve combinatoire
de la formule de Vandermonde :
n
X p q p+q
= .
k=0
k n−k n
On considère une urne qui contient p boules rouges et q boules vertes. On note
B l’ensemble de ces boules et C(p + q, n) l’ensemble des parties de B à n éléments.
On sait que le cardinal de C(p + q, n) est égal à : p+q
n
. D’autre part, on remarque
de C(p + q, n) est la réunion disjointe de n sous-ensembles :
⋄ le sous-ensemble E0 des parties de B à n éléments ne contenant aucune boule
rouge et contenant donc n boules vertes. On a :
!
q
Card (E0 ) = .
n
En conclusion, on a :
!
p+q
= Card C(n, p + q)
n
= card (E0 ) + · · · + Card (Ek ) + · · · + Card (En )
! ! ! ! ! !
n
q p q p X p q
= + ··· + +···+ = .
n k n−k n k=0 k n−k
Exercice 6.35 KK
p
Quel est le nombre de rationnels r = ∈ ]0, 1[, avec (p, q) ∈ N∗2 et p ∧ q = 1, tels que :
q
p × q = 20!
Exercice 6.36 KK
Coefficients binomiaux et suite de Fibonacci
Soit (Fn )n≥0 la suite de Fibonacci définie par F0 = F1 = 1 et Fn+2 = Fn+1 + Fn pour
tout n ∈ N.
Montrer que
n
X n−k+1
= Fn+1 .
k=0
k
390 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
Exercice 6.37 KK
Une ville a une forme rectangulaire, elle possède n + 1 avenues parallèles nord-sud et
m + 1 avenues parallèles est-ouest.
On se trouve en bas à gauche du rectangle (sud-ouest) et on veut se rendre en haut
à droite du rectangle (nord-est). On ne peut se déplacer que vers l’est ou le nord. De
combien de façons différentes peut-on arriver à notre destination ?
Exercice 6.38 KK
1. Quelle est la probabilté pour qu’un diviseur de 1099 , pris au hasard, soit un multiple
de 1088 ?
2. Quel est le nombre de paires (a, b) ∈ N∗2 telles que : ppcm(a, b) = 23 57 1113 ?
1. On a : 1099 = 299 · 599 . Les diviseurs de 1099 sont de la forme 2a · 5b avec a et b des
entiers tels que 0 ≤ a, b ≤ 99. Comme il y a 100 choix pour a et pour b alors 1099
possède 100 × 100 diviseurs. Parmi eux, les multiples de 1088 = 288 · 588 vérifient
88 ≤ a, b ≤ 99. Il y a 12 choix pour a et pour b, donc il y a 12 × 12 des 100 × 100
diviseurs de 1099 qui sont multiples de 1088 . En conclusion, la probabilité est :
12 × 12 9
= .
100 × 100 625
Donc (x, s) ∈ {(0, 3); (1, 3); (2, 3); (3, 3); (3, 2); (3, 1); (3, 0)}. Il y a donc 7 choix pour
(x, s). De même, il y a 15 choix pour (y, t) et 27 choix pour (z, u). Finalement, il y
a en tout 7 × 15 × 27 = 2835 paires d’entiers (a, b) tels que ppcm(a, b) = 23 57 1113 .
Exercice 6.39 KK
Quelle est la probabilité pour qu’une permutation σ ∈ Sn possède les éléments 1 et 2
dans le même cycle ?
n!
Donc, il y a permutations qui contiennent 1 et 2 dans le même cycle, et la
2
1
probabilité est égale à .
2
1 2000
2 + 2402 .
5
Considérons le polynôme
de l’unité. Alors, ω 5 = 1, 1 + ω + ω 2 + ω 3 + ω 4 = 0 et
1X 5
S = P ωk .
5 k=1
Q(X) = (X − ω) (X − ω 2 ) (X − ω 3 ) (X − ω 4 ) (X − ω 5)
(1 + ω) (1 + ω 2 ) (1 + ω 3 ) (1 + ω 4 ) (1 + ω 5) = 2 et P (ω) = 2400 .
1. Chaque nombre composé dans l’ensemble J1, nK est un multiple d’au moins un
√
nombre inférieur ou égal à ⌊ n⌋. Si p1 = 2, p3 = 3, · · · , pk est la suite des nombres
√
premiers ≤ ⌊ n⌋, alors pour chaque pi dans cette suite on note par Api le sous-
ensemble des multiples de pi dans l’ensemble J1, nK. Par conséquent, le nombre de
« nombres premiers » inférieurs ou égaux à n est égal à :
[k
n+k −1− A
pi .
i=1
Un nombre a ∈ J1, nK est relativement premier avec n si, et seulement si, a n’est
divisible par aucun des nombres premiers p1 , · · · , pm . Pour i ∈ J1, mK, on note Ai le
m
[
sous-ensemble de J1, nK contenant tous les nombres divisibles par pi , alors A \ Ai
i=1
est l’ensemble des éléments de J1, nK qui sont relativement premiers avec n. Donc
[m
ϕ(n) = n− A .
i
i=1
\
On note que Ai contient les éléments de J1, nK qui sont divisibles par le produit
Y
i∈I
pi , donc
i∈I
\
Y 1
A
i = n .
i∈I
i∈I pi
D’où
X Y 1
ϕ(n) = n+ (−1)|I| · n
I⊂J1,mK,I6=∅ i∈I pi
2 3
X Y −1
= n 41 + 5
I⊂J1,mK,I6=∅ i∈I
pi
m
Y 1
= n 1− .
i=1 pi
6.4. EXERCICES 397
Soit
2
D = (x, y) ∈ [0, 1] × [0, 1] : x + y ≤ 1, xy ≤ .
9
D est l’ensemble des points du carré [0, 1] × [0, 1] situés au dessous de la droite
f1 (x) = 1 − x et de la courbe f2 (x) = 9x
2
.
La probabilité recherchée est égale à :
Z 1
p = = 0
= min(f1 (x), f2 (x)) dx.
Aire([0, 1] × [0, 1]) 1 0
Les courbes de f1 et f2 se coupent aux points 1 2
,
3 3
et 2 1
,
3 3
. Par suite :
Z 1/3 Z 2/3 Z 1
2 1 2
p = (1 − x) dx + dx + (1 − x) dx = + ln 2.
0 1/3 9x 2/3 3 9
398 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS
.
Bibliographie
[1] Aassila M., 400 exercices corrigés d’algèbre pour sup (avec rappels de cours),
Ellipses, 2013.
[2] Andreescu T. & Gelca R., Putnam and Beyond, Springer, 2007.
[3] Andreescu T., Radulescu T. & Radulescu V., Problems in real Analysis,
Springer, 2009.
[4] Carleman T., Sur les fonctions quasi-analytiques, in Proc. 5th Scand. Math.
Cong. (1923), Helsinki.
[5] Carleman T., A proof of an inequality of Carleman, Proc. Amer. Math. Soc.
5 (1954), 932-933.
[6] Mitrinović D. S. & Vasić P. M., Analytic Inequalities, Springer, 1970.
[7] Pólya G., Proof of an inequality, Proc. London Math. Soc. 24 (1926), 57.
399
400 BIBLIOGRAPHIE
.
Index alphabétique
A H
401
Moyenne (première formule de) 255 Théorème des segments emboîtés 65
Moyenne (deuxième formule de) 256 Théorème de Stolz-Cesàro 120
Théorème de Toeplitz 120
Théorème des accroissements finis 155
Théorème des valeurs intermédiaires 152
N
Théorème du point fixe 68,137
Newton (formule du binôme) 360
Newton (loi de) 32
Newton (méthode de) 207 V
Nombre d’or 88
Nombre dyadique 74 Vacca (série de) 350
Valeur d’adhérence 92
Vandermonde 218,388
Viète (formule de) 113
P
R
Y
Raabe-Duhamel (règle de) 314
Richardson (méthode de) 130 Young 229
Riemann (règle de) 300
Riemann (somme de) 236,293
Riemann (théorème de réarrangement) 349
S
Sous-groupe 103
Stirling (formule de) 146,242,306,324,357
T
402