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350 exercices corrigés d’analyse

pour Sup (avec rappels de cours)

053
EXERCICES

S E
LY
N A
A

Mohammed AASSILA
Docteur et agrégé en mathématiques
À mes parents,

Though what I am Mon travail a toujours


saying is perhaps consisté à unir la vé-
not new, I have rité et la beauté, mais
felt it quite vividly quand j’ai eu à choi-
on this new occa- sir l’une ou l’autre,
sion. J. W. Goethe j’ai toujours choisi
la beauté. H. Weyl

Les pa- roles Je veux remer-


s’envolent mais les écrits cier ma chère épouse, celle qui
restent. Que ce livre soit le est si discrète et si affectueuse. Trop
témoignage de mon amour pris par mon travail, je ne lui dis pas
pour toi. A mon fils assez combien son soutien m’est es-
Younes avec amour sentiel, et à quel point je l’aime.
et tendresse. Ma belle, ce travail est un
♥ peu ton œuvre aussi,
je te le dédie.

Avant-propos

Ce livre s’adresse aux étudiants de première année des classes préparatoires aux
grandes écoles des filières MPSI, PCSI et PTSI. Il pourra également être utilisé
avec profit par les étudiants de première année de licence et plus généralement, par
quiconque souhaite apprendre ou se replonger dans les bases des mathématiques du
supérieur. Il sera également utile aux étudiants de seconde année, voire aux candidats
à un concours d’enseignement, qui auront le recul suffisant pour pleinement tirer
parti des remarques et exercices les plus délicats.

Pour réussir en classes préparatoires il faut assimiler rapidement un grand nombre


de connaissances, mais surtout savoir les utiliser, à bon escient et les rendre opéra-
tionnelles au moment opportun. L’apprentissage du cours de votre professeur jour
après jour est indispensable. Cependant, pour beaucoup d’étudiants, c’est loin d’être
suffisant. Combien d’entre vous ont bien appris leur cours et pourtant se trouvent
démunis devant un exercice, et plus grave, le jour du concours.

Conforme au dernier changement de programme de mathématiques des classes pré-


paratoires de 2013, cet ouvrage propose aux étudiants des classes de mathématiques
supérieures un résumé clair, précis et complet du cours, ainsi que des exercices et
problèmes corrigés en analyse. Il complète le tome 400 exercices corrigés d’algèbre
pour Sup avec rappels de cours. Cette sélection de 350 exercices et problèmes cor-
rigés d’analyse couvre l’ensemble du programme. C’est une collection d’exercices,
classiques ou originaux, pour la plupart inspirés des oraux des concours, et sélec-
tionnés pour leur caractère instructif, surprenant ou esthétique. Les exercices sont
classés par ordre croissant de difficulté, le nombre de symboles K indique le degré
de difficulté. Les exercices vont de la simple application d’une méthode du cours à
un travail d’approfondissement d’une notion délicate, et devant lequel l’étudiant de
première année ne devra pas s’inquiéter de buter.

Malgré toute ma vigilance et celle de mes relecteurs, il est possible que quelques
erreurs subsistent dans ce livre. J’accueillerai donc volontiers les commentaires, cor-
rections ou critiques qui pourront m’être directement adressés à mon adresse élec-
tronique : [email protected]
Je souhaiterais ici remercier les éditions Ellipses pour leur travail technique et leur
efficacité, en particulier, Madame Corinne Baud et Monsieur Paul de Laboulaye.

J’ai eu beaucoup de plaisir à écrire ce livre. J’espère qu’il pourra rendre service à ses
lecteurs en leur donnant envie de continuer à s’investir dans les mathématiques. Je
leur souhaite en tous cas beaucoup de courage, de persévérance et tous mes vœux
de réussite.
Table des matières

1 Techniques fondamentales de calcul 5


1.1 Inégalités dans R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Fonctions de la variable réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Primitives et équations différentielles linéaires . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.1 Primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.2 Équations différentielles linéaires du premier ordre . . . . . . . 9
1.3.3 Équations différentielles linéaires du second ordre . . . . . . . 11
1.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.1 Exercices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.2 Exercices d’assimilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
1.4.3 Exercices d’entraînement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
1.4.4 Exercices d’approfondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

2 Nombres réels et suites numériques 59


2.1 Nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
2.1.1 Le corps des nombres réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
2.1.2 Majorant, minorant, borne supérieure . . . . . . . . . . . . . . 60
2.1.3 Intervalles de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.1.4 Densité des rationnels et des irrationnels . . . . . . . . . . . . 61
2.1.5 Approximation d’un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.2 Suites numériques, convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.2.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.2.2 Suites bornées. Sens de variation . . . . . . . . . . . . . . . . 63
2.2.3 Limite d’une suite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
2.2.4 Suites extraites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
2.2.5 Théorèmes de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
2.2.6 Comparaison des suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66

1
2 TABLE DES MATIÈRES

2.2.7 Suites à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67


2.2.8 Complément : suites réelles récurrentes d’ordre 1 . . . . . . . . 68
2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
2.3.1 Exercices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
2.3.2 Exercices d’assimilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
2.3.3 Exercices d’entraînement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
2.3.4 Exercices d’approfondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140

3 Fonction d’une variable réelle 151


3.1 Fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
3.2 Fonctions dérivables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
3.3.1 Exercices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
3.3.2 Exercices d’assimilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
3.3.3 Exercices d’entraînement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
3.3.4 Exercices d’approfondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213

4 Intégration 231
4.1 Intégration des fonctions en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
4.2 Intégration des fonctions continues par morceaux . . . . . . . . . . . 232
4.3 Propriétés de l’intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
4.4 Intégration des fonctions continues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
4.5 Développement de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
4.6 Approximations numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236
4.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
4.7.1 Exercices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237
4.7.2 Exercices d’assimilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
4.7.3 Exercices d’entraînement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
4.7.4 Exercices d’approfondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 286

5 Séries numériques 299


5.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 299
5.2 Séries à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 299
5.3 Séries absolument convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
5.4 Séries semi-convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
5.5 Comparaison avec une intégrale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
5.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
5.6.1 Exercices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
5.6.2 Exercices d’assimilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 314
TABLE DES MATIÈRES 3

5.6.3 Exercices d’entraînement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 329


5.6.4 Exercices d’approfondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 345

6 Probabilités 357
6.1 Dénombrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357
6.1.1 Permutations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357
6.1.2 Arrangements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 357
6.1.3 Combinaisons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 358
6.1.4 Modèles usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
6.2 Probabilités sur un univers fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
6.2.1 Expérience aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 359
6.2.2 Probabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 360
6.2.3 Formule de Bayes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 361
6.3 Variable aléatoire sur un espace probabilisé fini . . . . . . . . . . . . 362
6.3.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 362
6.3.2 Lois usuelles discrèts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 364
6.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 366
6.4.1 Exercices de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 366
6.4.2 Exercices d’assimilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 383
6.4.3 Exercices d’entraînement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 387
6.4.4 Exercices d’approfondissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . 392
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
Techniques fondamentales de calcul

1.1 Inégalités dans R

❏ On rappelle que (R, +, ×, ≤) est un corps totalement ordonné, d’où :


– ∀ x, y ∈ R, x ≤ y ou y ≤ x,
– ∀ x, y, z ∈ R, x ≤ y =⇒ x + z ≤ y + z,
– ∀ x, y ∈ R, x ≤ 0 et y ≤ 0 =⇒ xy ≥ 0,
❏ Valeur absolue : soit x ∈ R. On définit la valeur absolue de x par :
8
>
< x si x ≥ 0
|x| = >
: −x si x < 0.

On a |x| = max(x, −x), et pour tout (x, y) ∈ R2 l’inégalité triangulaire :

|x + y| ≤ |x| + |y|.

❏ Pour tout x ∈ R, en notant x+ = max{x, 0} et x− = min{−x, 0} on a les


relations suivantes :

|x| + x |x| − x
x = x+ − x− , |x| = x+ + x− , x+ = , x− = .
2 2

❏ Soit (x, y) ∈ R2 . On appelle distance de x à y le nombre d(x, y) donné par :


d(x, y) = |x − y|.
❏ Partie entière : soit x ∈ R, il existe un unique entier relatif p ∈ Z tel que :

p ≤ x < p + 1.

L’entier p s’appelle partie entière de x, il est noté ⌊x⌋.

5
6 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Théorème 1.1 Quelques inégalités classiques.

x2 +y 2
✓ ∀ (x, y) ∈ R2 , |xy| ≤ 2
,
✓ ∀(x, n) ∈ R+ × N, (1 + x) ≥ 1 + nx, (inégalité de Bernoulli),
n

✓ ∀ x ∈ R, | sin x| ≤ |x|,
✓ ∀ x ∈ [0, π/2], 2
π
x ≤ sin x ≤ x,
✓ ∀ x > −1, ln(1 + x) ≤ x.
✓ Inégalité entre la moyenne arithmétique et géométrique : si x1 , · · · , xn sont
des réels positifs alors :

1X n
1
xk ≥ (x1 x2 · · · xn ) n
n k=1

avec égalité si, et seulement si, x1 = x2 = · · · = xn .


✓ Inégalité de Cauchy-Schwarz : soient a1 , · · · , an et b1 , · · · , bn des nombres
réels, alors on a :
!2
n
X n
X n
X
a2k · b2k ≥ ak bk
k=1 k=1 k=1

avec égalité si, et seulement si, ak et bk sont proportionnels pour tout k. 

Définition 1.1 Valeurs décimales approchées. Soient x un nombre réel et n ∈ N∗ .


Si p ∈ Z est un entier relatif tel que

p p+1
≤ x ≤
10n 10n
p p+1
on dit que 10n (resp. 10n ) est une valeur décimale approchée de x par défaut (resp. par
excès) à la précision 10−n . 

1.2 Fonctions de la variable réelle


❏ Logarithme népérien : on appelle logarithme népérien, et on note ln, l’appli-
cation de R∗+ −→ R définie par
Z x
1
∀ x ∈ R∗+ , ln x = dt.
1 t

Pour tout (x, y) ∈ R∗+ × R∗+ on a : ln(xy) = ln(x) + ln(y).


1.2. FONCTIONS DE LA VARIABLE RÉELLE 7

❏ Exponentielle : Comme l’application ln : R∗+ −→ R est continue sur ]0, +∞[,


strictement croissante et que lim+ ln x = −∞ et lim ln x = +∞, alors
x→0 x→+∞
l’application ln admet une application réciproque, appelée exponentielle, notée
exp : R −→ R∗+ . Donc :

∀ (x, y) ∈ R × R∗+ , y = exp(x) ⇐⇒ x = ln(y).

Pour tout (a, b) ∈ R2 on a : ea+b = ea eb .


❏ Logarithme de base a : soit a ∈]0, 1[∪]1, +∞[, on appelle logarithme de base
a, et on note loga l’application de R∗+ dans R définie par :

ln x
∀ x ∈ R∗+ , loga (x) = .
ln a

❏ Exponentielle de base a : on appelle exponentielle de base a, et on note expa ,


l’application de R dans R∗+ , réciproque de loga , elle est définie par :

∀ (x, y) ∈ R × R∗+ , y = expa (x) ⇐⇒ x = loga (y).

❏ Fonctions puissances : Soit a ∈ R, on appelle fonction puissance d’exposant a


l’application qui à x ∈ R∗+ associe xa ∈ R.
Pour tout (α, β) ∈ R∗+ × R∗+ on a :

(ln x)α
lim =0 et lim xβ | ln x|α = 0.
x→+∞ xβ x→0+

Pour tout (a, α) ∈]1, +∞[×R on a :

ax
lim = +∞ et lim ax |x|α = 0.
x→+∞ xα x→−∞

❏ Fonctions hyperboliques directes :


On appelle sinus hyperbolique l’application sh : R −→ R définie par :

ex − e−x
sh(x) = .
2

On appelle cosinus hyperbolique l’application ch : R −→ R définie par :

ex + e−x
ch(x) = .
2

On appelle tangente hyperbolique l’application th : R −→ R définie par :

shx e2x − 1
th(x) = = .
chx e2x + 1
8 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

On appelle cotangente hyperbolique l’application coth : R∗ −→ R définie


par :
chx e2x + 1
coth(x) = = 2x .
shx e −1
❏ Fonction arcsin : l’application sin : [−π/2, π/2] −→ [−1, 1] est continue sur
[−π/2, π/2], strictement croissante, et sin(−π/2) = −1, sin(π/2) = 1. Donc,
l’application sin admet une application réciproque notée arcsin : [−1, 1] −→
[−π/2, π/2] et arcsin est continue sur [−1, 1]. Ainsi, on a :

∀ (x, y) ∈ [−1, 1] × [−π/2, π/2], y = arcsin x ⇐⇒ x = sin y.

L’application arcsin est impaire, elle est dérivable sur ] − 1, 1[ et on a

1
∀ x ∈] − 1, 1[, arcsin′ (x) = √ .
1 − x2

Elle est de classe C ∞ sur cet intervalle.


❏ Fonction arccos : l’application cos : [0, π] −→ [−1, 1] est continue sur [0, π],
strictement décroissante, et cos(0) = 1, cos(π) = −1. Donc, l’application cos
admet une application réciproque notée arccos : [−1, 1] −→ [0, π] et arccos
est continue sur [−1, 1]. Ainsi, on a :

∀ (x, y) ∈ [−1, 1] × [0, π], y = arccos x ⇐⇒ x = cos y.

L’application arccos n’est ni impaire ni paire, elle est dérivable sur ] − 1, 1[ et


on a
1
arccos′ (x) = − √ , ∀ x ∈] − 1, 1[.
1 − x2
Elle est de classe C ∞ sur cet intervalle.
❏ Fonction arctan : l’application tan : ] − π/2, π/2[−→ R est continue sur
] − π/2, π/2[, strictement croissante, et

lim tan x = −∞, lim tan x = +∞.


x→(−π/2)+ x→(π/2)−

Donc, l’application tan admet une application réciproque notée arctan :


R −→] − π/2, π/2[ et arctan est continue sur R. Ainsi, on a :

∀ (x, y) ∈ R×] − π/2, π/2[, y = arctan x ⇐⇒ x = tan y.


1.3. PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 9

L’application arctan est impaire, elle est dérivable sur R et on a

1
arctan′ (x) = , ∀ x ∈ R.
1 + x2

Elle est de classe C ∞ sur R. Finalement, on a pour tout x ∈ R∗ :


8
  > −π
1 <
2
si x < 0,
arctan(x) + arctan =
x > +π
: si x > 0.
2

❏ Exponentielle complexe : pour z = x + iy ∈ C avec (x, y) ∈ R2 , on définit


l’exponentielle complexe de z, notée ez , par :

ez = ex eiy = ex (cos y + i sin y).

On a pour tout (z, z ′ ) ∈ C2 la relation : ez+z = ez × ez . En particulier,


′ ′

(ez )−1 = e1z pour tout z ∈ C tel que ez 6= 0.

1.3 Primitives et équations différentielles linéaires

1.3.1 Primitives
Soit I un intervalle de R contenant au moins deux points.

Définition 1.2 Soit f : I −→ C une fonction. On dit que f est dérivable en x ∈ I si


ℜe(f ) et Im(f ) sont dérivables en x. On pose alors : f ′ (x) = (ℜe(f ))′ (x) + i(Im(f ))′ (x).
Soit F : I −→ C une fonction. On dit que F est une primitive de f sur I si F est une
fonction dérivable sur I telle que F ′ = f . 

✍ Si F est dérivable sur I, alors F ′ = 0 si, et seulement si, F est constante.


✍ Soient g : I −→ C et F une primitive de f sur I. La fonction G : I −→ C
est une primitive de f si, et seulement si, G − F est constante.
✍ Soient f et g deux fonctions de I dans C, F une primitive de f et G une
primitive de g sur I. Pour tout (a, b) ∈ C2 , l’application aF + bG est une
primitive de af + bg.

1.3.2 Équations différentielles linéaires du premier ordre

Définition 1.3 Une équation différentielle (E) est dite linéaire du premier ordre si elle
s’écrit sous la forme :
y ′ + a(x)y = b(x)
10 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

où a et b sont des fonctions continues définies sur l’intervalle I ⊂ R.


Le terme b(x) est le second membre de l’équation. Si b est nul, on dit que l’équation est
sans second membre, ou homogène.
On note (E0 ) : y ′ + a(x)y = 0 est l’équation homogène (ou sans second membre)
associée à (E). 

Définition 1.4 Si a et b sont des constantes, on dit que l’équation est à coefficients
constants. Dans ce cas, on résout l’équation sur I = R. 

✍ Solution générale (forme générale des solutions) :

y = yH + yP

avec
8
>
< yH : solution générale de l’équation homogène associée,
>
: yP : solution (particulière) de l’équation.

✍ Principe de superposition : si ψ1 et ψ2 sont respectivement solutions de

y ′ + a(t)y = b1 (t) et y ′ + a(t)y = b2 (t),

alors 8
>
<ψ1 + ψ2 est solution de y ′ + a(t)y = b1 (t) + b2 (t),
>
: λψ1 est solution de y ′ + a(t)y = λb1 (t), λ ∈ C.

Théorème 1.2 Résolution.


Avec la condition initiale y0 = y(x0 ), la solution est donnée par :
 Z x 

y = e−A(x) y0 eA(x0 ) + eA(t) b(t) dt .


x0

Théorème 1.3 Cas d’une équation homogène.

✓ Solution générale : y = ke−A(x) , (k ∈ C).


✓ Avec condition initiale : y0 = y(x0 ); y = y0 e−(A(x)−A(x0 )) . 
1.3. PRIMITIVES ET ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES 11

✍ Méthode d’Euler : résolution numérique du problème de Cauchy


8
> ′
< y = b(x) − a(x)y = f (x, y),
>
: y(x0 ) = y0 .

On choisit le pas h > 0 et on définit par récurrence les suites :


8
>
< xn+1 = xn + h,
>
: yn+1 = yn + f (xn , yn ) · h

La fonction, affine par morceaux, ψh définie par ψh (xn ) = yn est une approxi-
mation de la solution ψ du problème de Cauchy. En choisissant de petites
valeurs de h, on a une bonne approximation.

1.3.3 Équations différentielles linéaires du second ordre

Définition 1.5 Une équation différentielle (E), linéaire, du second ordre et à coefficients
constants est de la forme :

ay ′′ + by ′ + cy = α(x)

où α est une fonction continue (appelée second membre) sur l’intervalle I ⊂ R. Les
termes a, b, c sont des nombres complexes avec a 6= 0.
L’équation ay ′′ +by ′ +cy = 0 est l’équation homogène (ou sans second membre) associée
à (E), on la note (E0 ). 

✍ Solution générale (forme générale des solutions) :

y = yH + yP

avec
8
>
<yH : solution générale de l’équation homogène associée,
>
:yP : solution (particulière) de l’équation.

✍ Principe de superposition : si ψ1 et ψ2 sont respectivement solutions de

ay ′′ + by ′ + cy = f1 (x) et ay ′′ + by ′ + cy = f2 (x),
12 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

alors
8
>
<ψ1 + ψ2 est solution de ay ′′ + by ′ + cy = f1 (x) + f2 (x),
>
: λψ1 est solution de ay ′′ + by ′ + cy = λf1 (x), λ ∈ C.

Théorème 1.4 Résolution de l’équation homogène ay ′′ + by ′ + cy = 0.

✓ Dans C : on résout l’équation caractéristique (EC) : aX 2 + bX + c = 0.


⋆ ∆ = 0 : on note α la solution de (EC). Solution générale :

y = (Ax + B)eαx ; A, B ∈ C.

⋆ ∆ 6= 0 : on note α 6= β les solutions de (EC). Solution générale :

y = Aeαx + Beβx ; A, B ∈ C.

✓ Dans R : (a, b, c ∈ R). On résout (EC) : aX 2 + bX + c = 0.


⋆ ∆ > 0 : deux solutions réelles α 6= β pour (EC). Solution générale :

y = Aeαx + Beβx ; A, B ∈ R.

⋆ ∆ = 0 : une solution double α ∈ R pour (EC). Solution générale :

y = (Ax + B)eαx ; A, B ∈ R.

⋆ ∆ < 0 : deux solutions imaginaires conjuguées α ± iβ, α, β ∈ R. Solution


générale :

y = eαx (A cos(βx) + B sin(βx)); A, B ∈ R.

Théorème 1.5 Solution particulière si f (x) = emx P (x) avec m ∈ C et P


polynôme de degré n.
Solution particulière : ψ(x) = emx Q(x) où Q est un polynôme.
✓ Si 8am2 + bm + c 6= 0, alors Q est de degré n.
>
<am2 + bm + c = 0
✓ Si > , alors Q est de degré n+1 (le coefficient constant
:2am + b 6= 0
est indéterminé).
1.4. EXERCICES 13

✓ Si am2 + bm + c = 2am + b = 0, alors Q est de degré n + 2 (les coefficients


des degrés 0 et 1 sont indéterminés). 

1.4 Exercices

1.4.1 Exercices de base

Exercice 1.1 Vrai - Faux


1. Soient f et g deux fonctions de R dans R. Si g ◦ f est une fonction constante, alors
f ou g est une fonction constante.
2. Si f : R −→ R est continue, alors f : R −→ f (R) est bijective.
3. Si f : R −→ R est bijective alors elle est strictement monotone.
4. cos(arcsin x) = sin(arccos x) pour tout x ∈ [−1, 1].
€ Š
5. arccos cos 5π
4 = 5π
4 .
6. Les équations différentielles d’ordre 1 possèdent toujours une solution.
7. Pour tout (a, b) ∈ R2 on a : ⌊a + b⌋ = ⌊a⌋ + ⌊b⌋ et ⌊ab⌋ = ⌊a⌋ × ⌊b⌋. 

1. Faux. Il suffit de considérer une fonction g constante sur f (R) mais pas sur R en
entier. La réciproque, est bien évidemment, vraie.
2. Faux. Il suffit de considérer, par exemple, la fonction x 7−→ x2 .
3. Faux. Une bijection de R −→ R peut ne pas être strictement monotone si elle
n’est pas continue.
On peux prendre, par exemple, la fonction x 7−→ 1/x pour x 6= 0, et 0 7−→ 0.
4. Vrai. On a pour tout x ∈ [−1, 1] :

cos(arcsin x) = sin(arccos x) = 1 − x2 .
€ Š € Š
5. Faux. On a cos 5π4
= cos 3π
4
, c’est l’unique élément de [0, π] dont le cosinus est
égal à cos 4 .

6. Faux. On peut prendre, par exemple, l’équation différentielle y ′2 + y 2 + 1 = 0 qui


n’a pas de solutions.
š  š  š  š 
7. Faux. On a 12 + 21 = 1 alors que 12 + 12 = 0. De plus, 2 × 52 = 5 alors que
š 
⌊2⌋ × 52 = 4.

Exercice 1.2
1. Pour tout n ∈ N∗ montrer que :

1 € √ √ Š 1
√ < 2 n+1 − n < √ .
n+1 n
14 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

2. En déduire la partie entière du nombre réel :

1 1 1
R = 1 + √ + √ + ··· + √ .
2 3 100

√ √ √ √ √
1. Comme on a : 2 n < n + 1 + n < 2 n + 1 (car la fonction x 7−→ x est
strictement croissante sur R+ ), et que
√ √ √ √
√ √ ( n + 1 − n) × ( n + 1 + n) 1
n+1− n = √ √ = √ √ ,
n+1+ n n+1+ n

alors on conclut que (en considérant l’inverse dans l’inégalité ci-dessus) :

1 € √ √ Š 1
√ < 2 n+1 − n < √ .
n+1 n

2. En sommant l’inégalité ci-dessus lorsque n varie de 1 à 100 on déduit que :


€ √ Š € √ Š
2 101 − 1 < R < 1+2 100 − 1 .
€ √ Š
Il s’ensuit que 18 < 2 101 − 1 < R < 19 et ainsi ⌊R⌋ = 18.

Exercice 1.3
Soient x et y deux nombres réels. Montrer que

|x + y| |x| |y|
≤ + .
1 + |x + y| 1 + |x| 1 + |y|

u 1
Pour tout u ≥ 0 il est facile de voir que = 1− . Donc, par l’inégalité
1+u 1+u
triangulaire on a :

|x + y| 1 1 |x| + |y|
=1− ≤ 1− = .
1 + |x + y| 1 + |x + y| 1 + |x| + |y| 1 + |x| + |y|

Finalement, comme 1 + |x| + |y| ≥ 1 + |x| et 1 + |x| + |y| ≥ 1 + |y|, alors on conclut
que :

|x| + |y| |x| |y| |x| |y|


= + ≤ + .
1 + |x| + |y| 1 + |x| + |y| 1 + |x| + |y| 1 + |x| 1 + |y|

La démonstration est ainsi terminée.


1.4. EXERCICES 15

Exercice 1.4
Soient 0 < m < n deux entiers naturels. Montrer que :

1 1 1 √ √
√ √ +√ √ + ··· + √ √ = n− m.
m+ m+1 m+1+ m+2 n−1+ n

En multipliant par l’expression conjuguée chacun des termes du membre de


gauche de l’égalité en question on obtient :
√ √ √ √ √ √
m+1− m m+2− m+1 n− n−1
+ + ··· + =
m+1−m m+2−m−1 n−n+1
√ √ √ √ √ √ √ √
m+1− m+ m +2− m+1+ ··· + n− n −1 = n − m.

” —
Exercice 1.5 Pour x ∈ 0, π2 et 0 < p < 1 montrer que

(cos x)p ≤ cos(px).

— ”
Soit f (x) = cos(px) − (cos x)p , alors on a f (0) = 0 et pour x ∈ 0, π2 :
 
sin x
f ′ (x) = −p sin(px) + p cosp−1 x sin x = p − sin(px) + > 0
cos1−p x

car la fonction sin est croissante sur [0, π/2] et cos1−p x ∈]0, 1[. Donc, f (x) ≥ 0 pour
tout x ∈ [0, π/2] et l’inégalité est ainsi montrée.

Exercice 1.6
Résoudre l’équation
sin x + sin 2x + sin 3x = 0

d’inconnue x ∈ ] − π, π]. 

p+q p−q
On sait que sin p + sin q = 2 sin cos , par suite :
2 2

sin x + sin 3x = 2 sin 2x cos x.

D’où

sin x + sin 2x + sin 3x = 2 sin 2x cos x + sin 2x = sin 2x (2 cos x + 1).


16 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Ainsi, sin x + sin 2x + sin 3x = 0 ⇐⇒ sin 2x = 0 ou 2 cos x + 1 = 0, c’est-à-dire

2π 2π
2x ≡ 0 (mod π) ou x ≡ − (mod 2π) ou x ≡ (mod 2π).
3 3
 
2π π π 2π
Finalement, les solutions sont les suivantes : − , − , 0, , , π .
3 2 2 3

Exercice 1.7
Quel nombre est le plus grand 3π ou π 3 ? 

3x
Pour x > 0 on considère la fonction f (x) = . On a :
x3

3x (x ln 3 − 3)
f ′ (x) = .
x4

Donc f ′ (x) > 0 pour x > 3


ln 3
. Comme 3
ln 3
< 3 < π, alors on déduit que :


f (3) = 1 < f (π) = 3 c’est-à-dire π 3 < 3π .
π

Exercice 1.8
Déterminer toutes les fonctions f : R −→ R telles que :

g◦f = f ◦g

pour toute fonction g : R −→ R. 

Si, en particulier, g est la fonction constante valant k ∈ R, alors on a pour tout


x∈R:
g(f (x)) = f (g(x)) =⇒ k = f (k).

Donc, f est la fonction identité. Réciproquement, la fonction identité Id vérifie la


relation g ◦ Id = Id ◦ g pour toute fonction g.
En conclusion, la seule fonction vérifiant les conditions de l’exercice est l’identité.

Exercice 1.9
Pour quels nombres réels a > 1 est-il vrai que xa ≤ ax pour tout x > 1 ? 

Pour a > 1 fixé on considère la fonction f définie par f (x) = ax x−a sur ]1, +∞[.
On cherche à minimiser la fonction f . Comme ln f (x) = x ln a − a ln x alors

f ′ (x) a
= ln a − .
f (x) x
1.4. EXERCICES 17
— ” — ”
Par suite f ′ (x) < 0 sur l’intervalle 1, lnaa et f ′ (x) > 0 sur l’intervalle a
ln a
, +∞ . Le
minimum de f est atteint sur ]1, +∞[ au point xa = a
ln a
et on a en plus :
 ‚ Œ
a ‹ e ln a
ln f (xa ) = a − a ln = a ln .
ln a a

Le réel a vérifie xa ≤ ax pour tout x > 1 si, et seulement si, e lna a ≥ 1. Or la fonction
x 7−→ lnxx , définie sur ]1, +∞[, atteint son maximum au point x = e et ce maximum
est égal à 1e . Comme lnxx < 1e sur ]1, +∞[\{e} alors e lna a < 1 pour a ∈ ]1, +∞[ à
l’exception de a = e. En conclusion, le réel a = e est l’unique nombre de ]1, +∞[ tel
que xa ≤ ax pour tout x > 1.

Exercice 1.10
Soit n un entier naturel non nul. Montrer que le nombre de chiffres dans l’écriture
décimale de l’entier n est égal à 1 + ⌊log n⌋, où log est le logarithme décimal, i. e.,
ln x
log x = pour tout x > 0. 
ln 10

On désigne par N le nombre de chiffres dans l’écriture décimale de l’entier naturel


non nul n ∈ N∗ . Alors, le plus grand entier ayant N chiffres dans son écriture
décimale est : 10N − 1 (i.e. le nombre ayant le chiffre 0 suivi de N − 1 chiffres 9
dans son écriture décimale), et le plus petit entier ayant N chiffres dans son écriture
décimale est égal à 10N −1 (i. e. le nombre ayant le chiffre 1 suivi de N − 1 chiffres 0
dans son écriture décimale). Par conséquent, on a l’encadrement :

10N −1 ≤ n < 10N .

Comme la fonction log : ]0, +∞[ −→ R est strictement croissante alors il résulte
que :
N −1 ≤ log n < N.

Donc, N − 1 = ⌊log n⌋, et ainsi N = 1 + ⌊log n⌋.

Exercice 1.11
Soit k ∈ Z. Exprimer la fonction f définie par

f (x) = arcsin(sin x)
” —
sur l’intervalle Ik = − π2 + kπ, π2 + kπ . 

Soit x ∈ Ik , on distingue deux cas :


” —
⋄ Si k est impair, alors on a : sin(kπ − x) = sin x et puisque kπ − x ∈ − π2 , π2 on
conclut que
f (x) = arcsin(sin(kπ − x)) = kπ − x.
18 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

” —
⋄ Si k est pair, alors on a : sin(x − kπ) = sin x et puisque x − kπ ∈ − π2 , π2 on
conclut que
f (x) = arcsin(sin(x − kπ)) = x − kπ.

Exercice 1.12
Calculer les expressions suivantes : (on déterminera, au préalable, leurs domaines de
définition)
1. tan(arcsin(x)).
2. tan(arccos(x)).
3. cos(arctan(x)).
4. sin(arctan(x)).
5. tan(2 arctan(x)).
6. | arctan(sh(x))|. 

1. Le domaine de définition est ] − 1, 1[. On pose t = arcsin(x), alors sin(t) = x et



cos(t) = 1 − x2 . Par conséquent :

sin(t) x
tan(arcsin(x)) = tan(t) = = √ .
cos(t) 1 − x2

2. Le domaine de définition est ]−1, 0[ ∪ ]0, 1[. On pose t = arccos(x), alors cos(t) = x

et sin(t) = 1 − x2 . Par conséquent :

sin(t) 1 − x2
tan(arccos(x)) = tan(t) = = .
cos(t) x

1
3. Le domaine de définition est R. Comme cos2 (t) = , alors en posant
1 + tan2 (t)
t = arctan(x) il résulte que

1
cos(arctan(x)) = √ .
1 + x2

tan2 (t)
4. Le domaine de définition est R. Comme sin2 (t) = , alors en posant
1 + tan2 (t)
t = arctan(x) il résulte que

x
sin(arctan(x)) = √ .
1 + x2
π
5. Le domaine de définition est R \ {±1}. Pour t 6= ± on a la relation trigonomé-
4
1.4. EXERCICES 19

2 tan(t)
trique : tan(2t) = , alors en posant t = arctan(x) il résulte que :
1 − tan2 (t)

2x
tan(2 arctan(x)) = .
1 − x2

6. Le domaine de définition est R. On va montrer que


‚ Œ
1
| arctan(sh(x))| = arccos .
ch(x)

On ne considère que le cas x ≥ 0 pour cause de parité-imparité des fonctions en


question et l’apparition de la valeur absolue.
Pour x ≥ 0, on sait que (voir question 3 ci-dessus)

1 1
cos(arctan(sh(x)) = È = .
1 + sh (x) 2 ch(x)

Donc, sur R+ , on a la relation


‚ Œ
1
arctan(sh(x)) = arccos
ch(x)

car arctan(sh(x)) appartient à l’intervalle [0, π].

Exercice 1.13
Donner le domaine de définition et simplifier l’expression suivante :
 ‹
cos x
arctan ;
1 − sin x

 ©
Le domaine de définition est donné par : {x : sin x 6= 1} = R\ π
2
+ 2kπ : k ∈ Z .
€ Š
La fonction f : x 7−→ arctan 1−sin
cos x
x
est 2π-périodique et on a f (π − x) = −f (x).
Donc, il suffit de considérer l’intervalle [−π/2, π/2] pour simplifier son expression.
” ”
Pour x ∈ − π2 , π2 on a :
€ Š € Š € Š

cos x sin π2 + x 2 sin π4 + x2 cos π
+ x
π x‹
= € Š = €
4Š 2
= tan + .
1 − sin x 1 + cos π2 + x 2 cos2 π4 + x
2
4 2
” ”
Comme x ∈ [−π/2, π/2[ alors π
4
+ x
2
∈ 0, π2 et par conséquent :
•  
π π• cos x  
π x ‹‹ π x
∀x ∈ − , , arctan = arctan tan + = + .
2 2 1 − sin x 4 2 4 2
20 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Exercice 1.14
Montrer que pour tout x ∈ R∗ :
8
 ‹ π
1 <
2 si x > 0,
arctan(x) + arctan =
x :
− π2 si x < 0.

— ” € Š
On rappelle que pour x ∈ 0, π2 on a : tan π2 − x = 1
tan(x)
.
— ”
Si x > 0, on a π2 − arctan(x) ∈ 0, π2 et par suite
 ‹
π 1 1
tan − arctan(x) = = .
2 tan(arctan(x)) x
— ”
Comme π
2
− arctan(x) ∈ − π2 , π2 , on conclut que :
 
1 π
arctan(x) + arctan = .
x 2

De même, si x < 0, on raisonne de la même manière (ou bien on utilise le fait que
x 7−→ arctan(x) est impaire) et on obtient :
 
1 π
arctan(x) + arctan = − .
x 2

Exercice 1.15
Résoudre, dans R, les équations suivantes :
1. arccos(x) = arcsin(2x).
€ √ Š
2. arcsin 2x 1 − x2 = 2 arcsin(x).
3. tan (3 arcsin(x)) = 1.
€ √ Š

4. arctan(x) + arctan x 3 = 12 .
€ Š
3
5. arccos(x) = 2 arccos .
€ Š4 € Š
1 1
6. arccos(x) = arccos 4 + arcsin 3 . 

” —
1. arccos(x) est définie sur [−1, 1] et arccos(2x) est définie sur − 12 , 21 . De plus, sur
” ”
l’intervalle − 12 , 0 la fonction arccos est à valeurs positives et donc arcsin ne doit
” —
prendre que des valeurs positives aussi. Finalement, si x ∈ 0, 21 , les deux membres
” —
de l’équation sont à valeurs dans l’intervalle 0, π2 , comme la fonction x 7−→ cos(x)
est injective sur cet intervalle alors l’équation est équivalente à : x = cos(arcsin(2x)).

En posant arcsin(2x) = t (i. e. sin(t) = 2x) alors l’équation devient √ x = 1 − 4x ,
2

5
et comme x est positif alors l’unique solution est donnée par x = .
5
2. Pour trouver le domaine de définition de l’équation il faut que x vérifie les trois
1.4. EXERCICES 21

conditions suivantes :

π π √
− ≤ 2 arcsin(x) ≤ , −1 ≤ x ≤ 1, −1 ≤ 2x 1 − x2 ≤ 1.
2 2
 
1 1
Donc, l’équation est définie sur l’intervalle − , . En appliquant la fonction sin,
2 2
et comme sin(2t) = 2 sin(t) cos(t), alors l’équation devient
√ √
2x 1 − x2 = 2x cos(arcsin(x)) = 2x 1 − x2 .
 
1 1
Cette relation est vraie pour tout x ∈ − , , ce qui donne l’ensemble solution.
2 2  ©
3. L’équation tan (3 arcsin(x)) = 1 est définie sur [−1, 1] \ ± 21 . Comme on connaît
les solutions de l’équation tan(t) = 1, alors on déduit que l’ensemble des solutions
 € Š € Š € Š©
est donné par : sin 12 π
, − sin 12
π
, sin 5π
12 √
.
   ‹
7π π π 1+ 3
4. On a tan = tan + = √ . Maintenant, si x est solution de
12 4 3 1− 3
l’équation, alors en appliquant tan aux deux membres il s’ensuit que :
√ √
x+x 3 1+ 3 √ √
√ = √ ⇐⇒ x2 3 + x(1 − 3) − 1 = 0.
1 − x2 3 1− 3

Le discriminant est égal à (1 + 3)2 et les racines de l’équation du second degré
−1
ci-dessus sont 1 et √ . Pour cette dernière valeur, qu’on note α, on a : arctan α +
√ 3
arctan(α 3) < 0, et par suite l’unique solution est 1.
€ Š ” —
5. L’équation est définie sur [−1, 1]. Comme 0 ≤ 34 ≤ 1, alors arccos 34 ∈ 0, π2 . Par
suite, les deux membres de l’équation appartiennent à l’intervalle [0, π], en prenant
leur cosinus on déduit que :
  
2 3 9 1
x = 2 cos arccos −1 ⇐⇒ x = 2× −1 = .
4 16 8
€ Š
En conclusion, l’unique solution de l’équation arccos(x) = 2 arccos 34 est 81 .
€ Š € Š
6. L’équation est définie sur [−1, 1]. Les réels arccos 14 et arccos 13 appartiennent
” — € Š € Š
à 0, π2 car 41 et 13 sont dans [0, 1]. D’où, 0 ≤ arccos 14 + arcsin 13 ≤ π, et les deux
membres de l’équation sont des éléments de l’intervalle [0, π]. En prenant le cos, on
déduit que l’équation est équivalente à :
    
1 1
x = cos arccos + arcsin .
4 3

Or
22 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

        
1 1 1 1 1 1
cos arccos + arcsin = ×cos arccos − ×sin arccos =
4 3s 4 3 3 4
s
 2  2 √ √
1 1 1 1 2 2 − 15
= × 1− − × 1− = .
4 3 3 4 12

€ Š € Š
En conclusion, l’unique solution de l’équation arccos(x) = arccos
√ √
1
4
+ arcsin 1
3
est
2 2− 15
12
.

Exercice 1.16
Montrer que pour tout x ∈ R :
1. ch(2x) = ch2 x + sh2 x.
2. sh(2x) = 2 × chx × shx. 

1. Pour tout x ∈ R on a :
‚ Œ2
e2x + e−2x e2x + e−2x + 2 − 2 ex + e−x
ch(2x) = = =2× − 1 = 2 ch2 x − 1.
2 2 2

Or, comme ch2 x − sh2 x = 1, alors il résulte que ch(2x) = ch2 x + sh2 x.
2. Pour tout x ∈ R on a :

e2x − e−2x ex + e−x ex − e−x


sh(2x) = = 2× × = 2 × chx × shx.
2 2 2

Exercice 1.17
Montrer que pour tout x ∈ [−1, 1] on a :

π
arccos x + arcsin x = .
2

On pose f (x) = arccos x + arcsin x pour x ∈ [−1, 1], alors f est continue sur
[−1, 1] et dérivable sur ] − 1, 1[ avec :

−1 1
f ′ (x) = √ + √ = 0.
1 − x2 1 − x2
π
Ainsi, f est constante sur [−1, 1], et comme f (0) = , on déduit le résultat demandé.
2
Exercice 1.18
Montrer que  ‹  ‹
1 1 π
arctan + 2 arctan = .
7 3 4
1.4. EXERCICES 23
€ Š € Š — ”
Les réels arctan 1
3
et arctan 1
7
sont des éléments de 0, π4 (car la fonction
arctan est croissante). Par suite :
  ˜  
π 1 π π• 1 ˜
π π•
− arctan ∈ − , et 2 arctan ∈ − , .
4 7 2 2 3 2 2

En prenant les tangentes, on déduit que


     
π 1 1− 1
3 1 2
3
tan − arctan = 7
= et tan 2 arctan = 3
= .
4 7 1+ 1
7
4 3 1− 1
9
4

On a donc deux nombres qui ont la même tangente et appartiennent tous les deux
— ”
à l’intervalle − π2 , π2 . Sur cet intervalle la fonction tangente est injective, on déduit
donc la relation demandée dans l’exercice.

Exercice 1.19
Formule de John Machin
1. Montrer que
(5 + i)4
A =
(239 + i)(1 + i)
est un nombre réel strictement positif.
€ Š
1
2. Soit x un nombre réel strictement positif. Montrer que arctan x est un argument
du nombre complexe x + i.
3. En déduire la formule de John Machin :
 ‹  ‹
1 1 π
4 arctan − arctan = .
5 239 4

1. On a :
(5 + i)4 = (24 + 10i)2 = 4(12 + 5i)2 = 4(119 + 120i),

et
(239 + i) (1 + i) = 2 (119 + 120i).

Par conséquent, A = 2 ∈ R+ .
2. On a
‚ Œ
√ √ x 1
|x + i| = 1+ x2 et x + i = 1+ x2 √ + i√ .
1+x2 1 + x2

Donc, θ ∈ R est un argument de x + i si, et seulement si

x 1
cos θ = √ et sin θ = √ .
1 + x2 1 + x2
€ Š
D’où, cos θ > 0 et tan θ = 1
x
. Avec θ = arctan 1
x
ces deux conditions sont satis-
24 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

€ Š
faites, et par conséquent arctan 1
x
est un argument de x + i.
3. Le nombre A (de la première question) est un réel positif, donc d’une part
Arg(A) = 0, et d’autre part (et grâce à la deuxième question) :
   
1 1 π
Arg(A) = Arg((5+i)4 )−Arg((239+i)(1+i)) = 4 arctan −arctan − .
5 239 4
€ Š € Š € Š
Donc 4 arctan 15 − arctan 239 1
− π4 est un multiple entier de 2π. Or, arctan 1
5
et
€ Š — ”
arctan 239
1
sont des éléments de 0, π4 , donc il s’ensuit que :
   
1 1 π
4 arctan − arctan = .
5 239 4

Exercice 1.20
Calculer :
€ Š
1
1. arcsin .
€2 Š
2. arcsin sin −9π
4 . 

€ Š ” — € Š
1. On sait que sin π6 = 21 . Comme π6 ∈ − π2 , π2 , alors arcsin sin π6 = π6 .
2. Comme la fonction sin est 2π-périodique, alors on déduit que :
      
−9π −9π π ‹‹
arcsin sin = arcsin sin + 2π = arcsin sin − .
4 4 4
” — € Š
Finalement, comme − π4 ∈ − π2 , π2 , alors on conclut que : arcsin sin −9π
4
= − π4 .

Exercice 1.21
Discuter suivant les valeurs des réels a, b et c l’existence de solutions pour les équations
suivantes :
1. a cos x + b sin x = c.
2. a ch x + b sh x = c. 

1. On distingue deux cas :


⋄ Si a = b = 0 : alors l’équation donne c = 0 et l’ensemble des solutions est R ou ∅.
⋄ Si a 6= 0 ou b 6= 0 : alors on pose

a b c
α = √ , β = √ , γ = √ .
a2 + b2 a2 + b2 a2 + b2

L’équation devient alors :

α cos x + β sin x = γ avec α2 + β 2 = 1. (1)


1.4. EXERCICES 25

Il existe θ ∈ [0, 2π] tel que α = sin θ et β = cos θ, et par suite la relation (1) devient :

sin(x + θ) = γ. (2)

Si |γ| > 1 alors l’équation (2) n’admet pas de solutions.


Si |γ| ≤ 1, alors il existe θ0 ∈ [0, 2π[ tel que γ = sin(θ0 ), et la relation (2) devient
alors :
sin(x + θ) = sin(θ0 ).

Par conséquent :

x = (θ0 − θ) + 2kπ ou x = π − (θ0 + θ) + 2kπ, k ∈ Z.

2. Si a = b = 0, alors l’équation donne c = 0 et l’ensemble des solutions est R ou ∅.


Si a 6= 0 ou b 6= 0 alors on distingue trois cas :
⋄ Si |a| = |b| =
6 0 : alors en simplifiant par |a| l’équation en question devient :

ch x ± sh x = c′ ou encore eεx = c′ avec ε = ±1.

Cette dernière équation admet une unique solution si c′ > 0 et n’admet pas de
solutions si c′ ≤ 0.
⋄ Si |a| > |b| : alors on pose

a b c
α = √ , β = √ , γ = √ .
a2 − b2 a2 − b2 a2 − b2

L’équation en question devient par conséquent :

α ch x + β sh x = γ avec α2 − β 2 = 1. (1)

Il existe x0 ∈ R tel que α = ch x0 et β = sh x0 , l’équation (1) se transforme en :

ch(x + x0 ) = γ. (2)

– Si γ < 1, l’équation (2) n’admet pas de solutions.


– Si γ = 1, l’équation (2) admet une unique solution x = −x0 .
– Si γ > 1, l’équation (2) admet deux solutions puisqu’il existe x1 ∈ R tel que
ch(x1 ) = γ. Les solutions sont x = x1 − x0 et x = −x1 − x0 .
⋄ Si |b| > |a| : alors on pose

a b c
α = √ , β = √ , γ = √ .
b2 − a2 b2 − a2 b2 − a2
26 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

L’équation en question devient par conséquent :

β sh x + α ch x = γ avec β 2 − α2 = 1. (3)

Il existe x0 ∈ R tel que β = ch x0 et α = sh x0 et l’équation (3) se transforme en

sh (x + x0 ) = γ. (4)

L’équation (4) admet une unique solution x = x1 − x0 puisqu’il existe un unique


réel x1 ∈ R tel que sh x1 = γ.

Exercice 1.22
Calculer  
a+b
arctan(a) + arctan(b) − arctan
1 − ab
où a et b sont des nombres réels. 

 ©
Soit b 6= 0 et considérons la fonction fb définie sur R \ 1
b
par :
‚ Œ
a+b
fb (a) = arctan a + arctan b − arctan .
1 − ab
— ” — ”
Comme fb′ (a) = 0 sur chacun des intervalles −∞, 1b et 1
b
, +∞ , alors fb est
constante ces intervalles. On distingue deux cas :
⋄ Si b > 0 : alors en considérant la limite lim fb (a) on trouve
a→−∞

   
1 1
∀ x ∈ −∞, , fb (a) = 0 et ∀x ∈ , +∞ , fb (a) = π.
b b

⋄ Si b < 0 : on trouve de même que


   
1 1
∀ x ∈ −∞, , fb (a) = −π et ∀x ∈ , +∞ , fb (a) = 0.
b b

En conclusion, on a montré que si ab 6= 1 alors :


8
>
‚
0
Œ
>
>
si ab < 1
a+b <
arctan a + arctan b = arctan +> π si ab > 1 et a > 0 et b > 0
1 − ab >
>
:
−π si ab > 1 et a < 0 et b < 0.

Si ab = 1, alors l’expression n’est pas définie.


1.4. EXERCICES 27

Exercice 1.23
Calculer la somme suivante
n−1
X
Sn = sin(kx) × cos(n − k)x.
k=1

D’après les formules trigonométriques on sait que :

sin(nx) = sin((n − 1)x + x) = sin(n − 1)x cos x + cos(n − 1)x sin x.

On écrit l’expression Sn (avec k variant de 1 à n − 1) :

Sn = sin x cos(n − 1)x + sin 2x cos(n − 2)x + · · · + sin(n − 1)x cos x.

Maintenant, on écrit Sn avec k « variant » de n − 1 à 1 :

Sn = sin(n − 1)x cos x + sin(n − 2)x cos 2x + · · · + cos(n − 1)x sin x.

En sommant les deux expressions ci-dessus, on déduit que :

2Sn = = sin nx + sin nx + · · · + sin nx = (n − 1) sin nx.

En, conclusion, on a montré que :

n−1
X n−1
sin(kx) × cos(n − k)x = sin(nx).
k=1 2

Exercice 1.24
Soit k ∈ N∗ . Calculer la limite lorsque n −→ +∞ de la somme
n  ‹
X 1
arctan .
k=1
2k2

k
Indication : calculer arctan k+1 − arctan k−1
k . 

On commence par montrer que


‚ Œ ‚ Œ  
k k−1 1
arctan − arctan = arctan .
k+1 k 2k 2
€ Š
D’après la formule tan(a − b) = tan a−tan b
1+tan a tan b
appliquée aux termes a = arctan k
k+1
28 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

€ Š
et b = arctan k−1
k
on a :
‚ ‚ Œ ‚ ŒŒ
k k−1 1
tan arctan − arctan = .
k+1 k 2k 2

Comme 0 < k+1 k


< 1 et 0 < k−1
k
< 1 alors 0 < arctan k+1
k
< π4 et 0 < arctan k−1
k
< π4 ,
€ Š € Š — ”
par suite arctan k+1
k
− arctan k−1
k
∈ − π4 , π4 et finalement :
‚ Œ ‚ Œ  
k k−1 1
arctan − arctan = arctan .
k+1 k 2k 2

Maintenant
  ‚ Œ
n
X 1 n
X k k−1 n
arctan = arctan − arctan = arctan .
k=1 2k 2 k=1 k+1 k n+1

Donc  
n
X 1 π
lim arctan = arctan 1 = .
n→+∞
k=1 2k 2 4

Exercice 1.25
Soit x un réel non nul. Montrer que

2 1
th x = −
th 2x th x

et en déduire une forme simplifiée de la somme


n
X € Š
Sn = 2k th 2k x .
k=0

2 th x
D’après la relation th 2x = on déduit que
1 + th2 x

2 1 1 + th2 x 1
− = − = th x.
th 2x th x th x th x

D’où
!
n
X 2k+1 2k n+1
X 2k Xn
2k 2n+1 1
Sn = − = − = − .
k=0 th(2k+1 x) th(2k x) k=1 th(2 x)
k
k=0 th(2 x)
k th(2 x) thx
n+1

Exercice 1.26
√ π 1
Montrer que pour tout x ∈ [0, 1] : arcsin x = + arcsin(2x − 1). 
4 2
1.4. EXERCICES 29

√ √ ” —
Comme x ∈ [0, 1] alors t = arcsin x ∈ 0, π2 et x = sin2 t. Donc

π‹
2x − 1 = 2 sin2 t − 1 = − cos 2t = sin 2t − .
2
” —
Puisque 2t − π
2
∈ − π2 , π2 , alors

π π 1
arcsin(2x − 1) = 2t − et t = + arcsin(2x − 1).
2 4 2
√ π 1
En conclusion, pour tout x ∈ [0, 1] on a : arcsin x = + arcsin(2x − 1).
4 2
Exercice 1.27
— ”
Soit θ ∈ 0, π4 . Montrer que :

(tan θ)cotan θ < (tan θ)tan θ < (cotan θ)tan θ < (cotan θ)cotan θ .

— ”
⋄ Si a > 1 : alors la fonction x 7−→ ax est strictement croissante. Pour θ ∈ 0, π4 ,
on a cotan θ > 1 > tan θ > 0 et par conséquent :

(cotan θ)tan θ < (cotan θ)cotan θ .

⋄ Si a < 1 : alors la fonction x 7−→ ax est strictement décroissante. Par conséquent :

(tan θ)cotan θ < (tan θ)tan θ .

Finalement, comme cotan θ > 1 > tan θ > 0, alors :

(tan θ)tan θ < 1 < (cotan θ)tan θ ,

et en conclusion, on a bien montré que :

(tan θ)cotan θ < (tan θ)tan θ < (cotan θ)tan θ < (cotan θ)cotan θ .

Exercice 1.28

Soient k ∈ Z et x un nombre réel tel que x 6= 2 . Montrer que

tan(3x) − tan(2x) − tan(x) = tan(3x) × tan(2x) × tan(x).

L’identité à montrer est équivalente à :

tan(3x) × [1 − tan(2x) × tan(x)] = tan(2x) + tan(x)


30 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

c’est-à-dire

tan(2x) + tan(x)
tan(3x) = = tan(2x + x).
1 − tan(2x) tan(x)

Donc, l’identité est démontrée.

Exercice 1.29
Résoudre les équations (réelles) suivantes :
1.
√ √ √ √ √ √
a + bx + b + cx + c + ax = b − ax + c − bx + a − cx.

avec, a, b, c des réels strictement positifs.


2.
8x + 27x 7
= .
12x + 18x 6
3.
10x + 11x + 12x = 13x + 14x .

√ √ √
1. Comme la fonction x 7−→ a + bx + b + cx + c + ax est strictement crois-
√ √ √
sante alors que la fonction x 7−→ b − ax + c − bx + a − cx est strictement
décroissante, alors on déduit que l’intersection des deux courbes est au plus un point.
Enfin, comme x = 0 est une solution, alors c’est en fait l’unique solution de l’équa-
tion en question.
2. Posons α = 2x et β = 3x , alors l’équation se transforme en :

α3 + β 3 7
= .
α2 β + β 2 α 6

C’est équivalent à :

α2 − αβ + β 2 7
= ⇐⇒ 6α2 − 13αβ + 6β 2 = 0 ⇐⇒ (2α − 3β)(3α − 2β) = 0.
αβ 6

Par conséquent, 2x+1 = 3x+1 ou 2x−1 = 3x−1 , ce qui donne x = ±1. Réciproque-
ment, on vérifie facilement que x = 1 et x = −1 sont solutions de l’équation.
3. En divisant par 13x on obtient :
 x  x  x  x
10 11 12 14
+ + = 1+ .
13 13 13 13
€ Šx € Šx € Šx
Or, la fonction x 7−→ 10 + 11 + 12 est strictement décroissante, alors que
€ 13 Šx 13 13
la fonction x 7−→ 1 + 13 est strictement croissante. Donc, leur intersection est au
14

plus un point. On vérifie facilement que x = 2 est solution, et c’est en fait l’unique
solution de l’équation en question.
1.4. EXERCICES 31

Exercice 1.30
Résoudre les équations différentielles :

1. 2xy ′ − y = 23 x x.
2. |x| y ′ + (1 − x)xy = x. 

1. On intègre cette équation différentielle sur ]0, +∞[ à cause de la présence des

termes x et du facteur x devant y ′ .
1
L’équation homogène associée s’écrit : y ′ = y, d’où la solution générale de l’équa-
2x
tion homogène est donnée par :

1 √
y(x) = α e 2 ln x = α x, α ∈ R.

Par la méthode de variation de la constante, on cherche y sous la forme y(x) =



α(x) x, alors (comme α est une fonction dérivable sur ]0, +∞[) on a :

√ 1 2 √ 1
y ′ (x) = α′ (x) x + α(x) √ et 2xy ′ (x) − y(x) = x x ⇐⇒ α′ (x) = .
2 x 3 3
x√
On peut donc prendre α(x) = x
3
et y(x) = 3
x est solution particulière de l’équation
différentielle. En conclusion, les solutions sont les fonctions :

1 √ √
y(x) = x x + α x, α ∈ R.
3

2. Sur ]0, +∞[ l’équation différentielle s’écrit y ′ + (1 − x)y = 1 c’est-à-dire

d  x− x2 ‹
x2
e 2 y(x) = ex− 2 ,
dx

par suite si x > 0 :


 Z x ‹
t2 x2
y(x) = α+ et− 2 dt e 2 −x , α ∈ R.
0

De même, si x < 0 on trouve


 Z x ‹
t2 x2
−t
y(x) = β− e 2 dt ex− 2 , β ∈ R.
0

Finalement, x 7−→ y(x) est dérivable en 0 si, et seulement si, α = β = 1. Donc, pour
x = 0, la solution est égale à la fonction constante valant 1.

Exercice 1.31
Équations différentielles du 1er ordre et physique
1. Électronique. Pour des circuits RC ou RL on est amené à intégrer des équations
32 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

différentielles du type
1
y′ + y = E0 eiωt (1)
τ
où τ et E0 sont des constantes, et E(t) est le signal d’entrée. La solution cherchée
s’appelle le signal de sortie.
Résoudre l’équation différentielle (1).
2. Chimie. Lors d’une réaction chimique, on suppose que le taux de transformation
d’un réactif est proportionnel à la quantité de masse m restante.
Déterminer la masse du réactif m(t) à l’instant t ≥ 0 (sachant qu’elle est de m0 à
l’instant initial), et trouver à quel moment la masse du réactif a été divisée par 3.
3. Thermodynamique. Un corps à température T1 est plongé, à l’instant t = 0, dans
un milieu à température T0 , la température du corps suit la loi de Newton :

T ′ (t) = −k(T (t) − T0 ) (2)

où k > 0 est une constante indépendante du temps. Résoudre l’équation différentielle


(2). 

−t
1. La solution générale de l’équation homogène est donnée par t 7−→ ke τ où k est
une constante. Cherchons une solution particulière sous la forme t 7−→ S0 eiωt , alors
on doit avoir :
1
S0 iω eiωt + S0 eiωt = E0 eiωt ,
τ
E0
d’où S0 = , et la solution générale est de la forme :
iω + τ1

−t E0 iωt
y(t) = ke τ + e .
iω + τ1

−t −t
Le terme ke τ correspond au régime transitoire, mais comme lim e τ = 0, alors
t→+∞
E0 iωt
pour t assez grand on néglige ce terme et il ne reste que le second terme : e
iω + τ1
qui correspond au régime permanent, il est indépendant

des

conditions initiales.
1 1
Si on écrit iω + sous la forme trigonométrique iω + e−iϕ , alors la solution de
τ τ
l’équation différentielle (1) devient :

E0
y(t) ≃ È ei(ωt+ϕ) .
ω2 + 1
τ2

Donc, le signal de sortie est sinusoïdal et de même fréquence que le signal d’entrée,
mais avec un décalage ϕ appelé déphasage.
2. La masse m vérifie l’équation différentielle m′ (t) = −km(t) avec k > 0 est une
constante positive (la constante est positive car la masse m(t) décroît avec le temps).
1.4. EXERCICES 33

La solution est donnée par :

m(t) = m0 e−kt .

1
Maintenant, si la masse du réactif a été divisée par 3 alors e−kt = , c’est-à-dire
3
ln 3
t= .
k
3. La solution générale de l’équation homogène T ′ (t) + kT (t) = 0 est donnée par
t 7−→ αe−kt . Une solution particulière est donnée par la fonction constante t 7−→ T0 .
Par suite, la solution générale est :

T (t) = T0 + αe−kt .

Enfin, comme T (0) = T1 , alors on déduit que la solution générale est donnée par :
T (t) = T0 + (T1 − T0 )e−kt .

Exercice 1.32
Soient ϕ et φ des solutions de l’équation différentielle

y ′′ + a(x) y ′ + b(x) y = 0

avec (a, b) ∈ (C(R, R))2 .


On pose W = ϕφ′ − ϕ′ φ. Donner une équation différentielle dont W est solution.
Expliciter ensuite cette solution W . 

Il est clair que W = ϕφ′ − ϕ′ φ est de classe C 1 et on a :

W ′ = ϕφ′′ − ϕ′′ φ = ϕ(−aφ′ − bφ) − (−aϕ′ − bϕ)φ = −a W.

Par conséquent, pour tout x ∈ R on a :


 Z x ‹

W (x) = W (0) exp − a(t) dt .


0

Exercice 1.33
Résoudre les deux équations différentielles suivantes :
1. (1 − x)2 y ′ = (2 − x)y sur ] − ∞, 1[.
1
2. xy ′ + 3y = sur ]0, 1[.
1 − x2
3. Sans résoudre l’équation différentielle y ′ +2xy = 1, montrer qu’elle admet une unique
solution impaire. 
34 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

1. L’équation s’écrit aussi sous la forme (équation linéaire homogène) :

x−2
y′ + y = 0.
(x − 1)2

x−2
La fonction x 7−→ est continue sur ] − ∞, 1[, une primitive est donnée
(x − 1)2
1
par : ln |x − 1| + (car (x−1)
x−2
2 = (x−1)2 − (x−1)2 ). Les solutions de l’équation
x−1 1
x−1
différentielle sont données par :

1 k 1
x 7−→ ke− ln |x−1|− x−1 c-à-d x 7−→ e 1−x
|x − 1|

où k est une constante réelle. Finalement comme on travaille sur ] − ∞, 1[ alors on


peux remplacer |x − 1| par 1 − x.
2. L’équation s’écrit aussi sous la forme :

3 1
y′ + y = .
x x(1 − x2 )

3
Une primitive de est 3 ln x. On a :
x
Z Z    
x2 1 1 1+x
dx = −1 + dx = −x + ln + k, k ∈ R.
1 − x2 1 − x2 2 1−x
€ Š
−x + 21 ln 1+x
1−x
+k
Donc, la solution générale sur ]0, 1[ est donnée par x 7−→ avec
x3
k ∈ R.
3. Une fonction f impaire sur R vérifie toujours f (0) = 0 (car f (−0) = −f (0)).
Donc, les solutions impaires éventuelles de l’équation différentielle vérifient la condi-
tion y(0) = 0. Or, il existe une unique solution de :
8
> ′
<y + 2xy = 1,
>
(1)
:y(0) = 0,

il nous reste donc à montrer que cette solution est impaire. Soit f une solution de
(1) et posons (pour tout x ∈ R) : g(x) = −f (−x), on se propose de montrer que g
est égale à f , on montre alors que g est solution de (1) aussi. En effet :

g ′ (x) + 2xg(x) = f ′ (−x) − 2xf (−x) = f ′ (−x) + 2(−x)f (−x) = 1.

Donc, g = f par unicité de la solution de (1), on déduit que f est impaire.


1.4. EXERCICES 35

Exercice 1.34
1. En posant u = x2 y, intégrer l’équation

x2 y ′′ + 4xy ′ + (2 + x2 )y = 0 (1)

sur ]0, +∞[ et sur ] − ∞, 0[.


2. Existe-t-il des solutions de (1) définies sur tout R ? 

1. Comme u = x2 y alors

u′ = 2xy + x2 y ′ et u′′ = 2y + 4xy ′ + x2 y ′′.

En reportant dans l’équation (1) on obtient : u′′ + u = 0. La solution générale de


cette équation est donnée par :

u(x) = α cos x + β sin x, (α, β) ∈ R2 .

D’où
1
y(x) = (α cos x + β sin x) , (α, β) ∈ R2 .
x2
2. Si α 6= 0 alors lim y(x) = ∞. Si α = 0 alors
x→0

sin x sin x 1
y(x) = β = β .
x2 x x

D’où, si β 6= 0, alors lim y(x) = ∞.


x→0
En conclusion, la seule solution de (1) ayant une limite finie en 0 est obtenue lorsque
α = β = 0, c’est-à-dire pour la fonction nulle.

Exercice 1.35
En posant z(t) = y(tan t) intégrer l’équation différentielle

y
(x2 + 1)y ′′ + 2xy ′ + = 0.
1 + x2

— ”
Pour t ∈ − π2 , π2 on a :

z ′ (t) = (1+tan2 t) y ′(tan t); z ′′ (t) = 2 tan t (1+tan2 t) y ′(tan t)+(1+tan2 t)2 y ′′ (tan t).

En substituant dans l’équation on obtient :

y(tan t)
(1 + tan2 t) y ′′ (tan t) + 2 tan t y ′ (tan t) + = 0
1 + tan2 t
36 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

soit, en multipliant par 1 + tan2 t, l’équation de second degré : z ′′ (t) + z(t) = 0. D’où,
z(t) = α cos t + β sin t avec (α, β) ∈ R2 . Par suite, pour tout x ∈ R on a :

y(x) = α cos(arctan x) + β sin(arctan x).


— ”
Finalement, si x ∈ R, alors θ = arctan x ∈ − π2 , π2 , donc cos θ > 0. Or, 1
cos2 θ
=
1 + tan2 θ = 1 + x2 et par suite

1 x
cos(arctan x) = √ ; sin(arctan x) = tan(arctan x) × cos(arctan x) = √ .
1+x2 1 + x2

α + βx
En conclusion, les solutions sont données par x 7−→ √ avec (α, β) ∈ R2 .
1+x 2

Exercice 1.36
Équation de Bernoulli
On considère l’équation différentielle de Bernoulli :
8
< ′ y (t) = a y(t) − b y 2 (t),
:
y(t0 ) = y0

où a, b, t0 et y0 sont des nombres réels donnés.


On dit que la solution y : I −→ R, t 7−→ y(t) est maximale si on ne peut pas la prolon-
ger en une solution de l’équation différentielle sur un intervalle J contenant strictement
l’intervalle I.
On admet, dans cet exercice, que l’équation différentielle de Bernoulli admet une unique
solution maximale.
1. Montrer que la solution maximale non nulle y ne s’annule pas sur I.
1
2. À l’aide du changement de variables z(t) = y(t) , résoudre l’équation différentielle de
Bernoulli dans le cas a 6= 0. 

1. Supposons, par l’absurde, qu’il existe t1 ∈ I tel que y(t1 ) = 0. Alors, la fonction
nulle et la fonction y sont solutions de l’équation différentielle
8
> ′
< y (t) = a y(t) − b y 2 (t),
>
: y(t1) = 0.

Or, la solution de cette équation différentielle est unique, donc y ≡ 0. Contradiction.


En conclusion, une solution maximale non nulle ne s’annule pas.
2. On suppose que y0 6= 0 (car sinon il n’ y a que la solution nulle). Avec le chan-

gement de variables z(t) = y(t)
1
, on a : z ′ (t) = − yy2(t)
(t)
et z est solution de l’équation
1.4. EXERCICES 37

différentielle 8
> ′
< z (t) + a z(t) = b,
>
: z(t0 ) = 1
y0
.

Par conséquent,

1 −a(t−t0 ) b € Š 1
z(t) = e + 1 − e−a(t−t0 ) et y(t) = .
y0 a 1 −a(t−t0 )
y0
e + (1 − e−a(t−t0 ) )
b
a

Exercice 1.37 Équation d’Euler


On considère l’équation d’Euler

x2 y ′′ + 3xy ′ + y = 0. (1)

1. Résoudre (1) sur l’intervalle ]0, +∞[.


Indication : faire le changement de variables t = ln(x).
2. Résoudre (1) sur l’intervalle ] − ∞, 0[.
3. Résoudre (1) sur R. 

1. On fait le changement de variables t = ln(x), alors comme y(x) = z(t) = z(ln x)


il résulte que :

z ′ (t) z ′′ (t) − z ′ (t)


y ′ (x) = et y ′′ (x) = .
x x2

L’équation d’Euler devient alors :

z ′′ (t) + 2z ′ (t) + z(t) = 0.

En utilisant l’équation caractéristique, on déduit que z(t) = (at + b)e−t et par suite
a ln x + b
y(x) = .
x
2. Dans cette question on fait le changement de variables t = ln(−x), et on arrive
au même résultat que ci-dessus.
3. La fonction qui à x associe
8
> a1 ln(−x)+b1
>
> x
si x < 0,
<

>
0 si x = 0,
>
>
: a2 ln x+b2
x
si x > 0,

n’est continue sur R que si a1 = a2 = b2 = b2 = 0. Par conséquent, l’unique solution


de l’équation d’Euler sur R est la fonction nulle.
38 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Exercice 1.38
1. Trouver les solutions sur R de l’équation différentielle :

y ′′ (t) − ω 2 y(t) = 0

avec ω ∈ R.
2. Trouver les solutions sur R de l’équation du pendule pesant pour de petites oscilla-
tions :
θ ′′ (t) + ω 2 θ(t) = 0

avec ω ∈ R. 

1. Les solutions sont données par y(t) = a eωt + b e−ωt avec (a, b) ∈ R2 .
2. Les solutions sont données par θ(t) = a cos(ωt) + b sin(ωt) avec (a, b) ∈ R2 .

Exercice 1.39 Système différentiel


Résoudre le système différentiel suivant :
8
< ′′f = f ′ + g′ − g,
: ′′
g = f ′ + g′ − f.

En sommant (resp. en soustrayant) les deux équations du système on obtient le


nouveau système d’équations :
8
>
< f ′′ + g ′′ = 2(f ′ + g ′ ) − (f + g),
>
: f ′′ − g ′′ = f − g.

On considère alors les deux nouvelles fonctions F et G définies par : F (t) = f (t)+g(t)
et G(t) = f (t) − g(t). Ces deux fonctions vérifient le système :
8
>
< F ′′ − 2F ′ + F = 0,
>
: G′′ = G.

Donc, il s’ensuit que :

F (t) = (αt + β)et et G(t) = γet + δe−t

avec α, β, γ et δ des constantes réelles. Par conséquent :


‚ Œ
F (t) + G(t) αt β + γ t δ −t
f (t) = = + e + e
2 2 2 2
1.4. EXERCICES 39
‚ Œ
F (t) − G(t) αt β − γ t δ −t
g(t) = = + e − e .
2 2 2 2

1.4.2 Exercices d’assimilation

Exercice 1.40 K
Étudier l’ensemble
 ©
E = (x, y) ∈ R2 : arcsin(sin x) + arccos(cos y) = x + y .

Tout d’abord on remarque que si (x, y) ∈ E alors (x + 2π, y − 2π) ∈ E et


(x − 2π, y + 2π) ∈ E. Donc, l’ensemble E est invariant par la translation de vecteur
(2π, −2π). On va étudier l’ensemble E sur la bande déterminée par les deux droites
π π
verticales x = − et x = , puis sur la bande déterminée par les droites verticales
2 2
π 3π
x = et x = .
2 ” 2—
⋄ Si x ∈ − π2 , π2 , alors arcsin(sin x) = x et

(x, y) ∈ E ⇐⇒ x + arccos(cos y) = x + y ⇐⇒ arccos(cos y) = y.

L’ensemble des y convenables est l’intervalle [0, π] et par conséquent l’ensemble E est
un carré de côté π (formé par les points de coordonnées (π/2, 0), (π/2, π), (−π/2, π)
et (−π/2, 0)).
” —
⋄ Si x ∈ π 3π
,
2 2
, alors arcsin(sin x) = arcsin(sin(π − x)) = π − x, par suite

(x, y) ∈ E ⇐⇒ arccos(cos y) + π − x = x + y ⇐⇒ y = arccos(cos y) + π − 2x.

Or, on a : arccos(cos y) ∈ [0, π], donc : π − 2x ≤ y ≤ 2π − 2x. On distingue trois


sous-cas selon que y ∈ ] − 2π, −π[, y ∈ ]0, π[ ou y ∈ [−π, 0].
⋆ Si y ∈ ] − 2π, −π[, alors y + 2π ∈ [0, π] et arccos(cos y) = y + 2π puis x = 3π 2
,
impossible.
⋆ Si y ∈ ]0, π[, alors arccos y = y puis x = π2 , impossible.
⋆ Si y ∈ [−π, 0], alors −y ∈ [0, π] et arccos(cos y) = −y, et par suite y = π2 − x.
€ Š € Š
En conclusion, E est le segment reliant les points de coordonnées π2 , 0 et 3π 2
, −π .
Finalement, l’ensemble E est formé par la réunion d’un carré de côté π et d’un
segment et leurs translatés par le vecteur (2π, −2π).
40 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Exercice 1.41 K
1. Montrer que pour tout réels x, y, z on a :

|x| + |y| + |z| − |x + y| − |y + z| − |z + x| + |x + y + z| ≥ 0.

2. L’inégalité plus générale :


n
X X X
|xi | − |xi + xj | + |xi + xj + xk | − · · · + (−1)n−1 |x1 + · · · + xn | ≥ 0
i=1 1≤i<j≤n 1≤i<j<k≤n

est-elle vraie ? 

1. Supposons, sans perte de généralité, que z est le plus grand (en valeur absolue)
des réels x, y, z. Si z = 0 alors l’inégalité est vraie. Supposons que z 6= 0, alors en
divisant par |z| on déduit que l’inégalité est équivalente à :

x y x y y x x y
+ +1− + − + 1 − 1 + + + + 1 0.


z z z z z z z z
y y
Comme −1 ≤ x
z
≤ 1 et −1 ≤ z
≤ 1 alors 1 + x
z
≥ 0, 1 + z
≥ 0, et l’inégalité à
montrer devient alors :

x y x y  x y ‹
x y

+ − + − + + 1 + + + 1 ≥ 0. (1)
z z z z z z z z

Or, par l’inégalité triangulaire on sait que



x y x y

+ − + ≥ 0.
z z z z

D’autre part, il est clair que


 ‹
x y x y
− + + 1 + + + 1 ≥ 0.
z z z z

Donc, la relation (1) est vraie et l’inégalité est ainsi montrée.


2. L’inégalité est, en général, pas vraie pour n > 3. Par exemple, pour n = 4, on
peut voir qu’avec x1 = 2, x2 = x3 = x4 = −1 l’inégalité est fausse.

Exercice 1.42 K
Soient x ∈ R∗+ et n ∈ N∗ . Montrer que :

⌊x⌋ ⌊2x⌋ ⌊nx⌋


⌊nx⌋ ≥ + + ··· + .
1 2 n

On note
⌊x⌋ ⌊2x⌋ ⌊nx⌋
Sn = + + ··· + .
1 2 n
1.4. EXERCICES 41

En posant S0 = 0, alors

⌊nx⌋
Sn − Sn−1 = , ∀ n ∈ N∗ .
n

Par suite, pour tout k ∈ J1, n + 1K on a :

k(Sk − Sk−1 ) = ⌊kx⌋.

En additionnant ces n + 1 équations on obtient :

−S1 − S2 − · · · Sn + (n + 1)Sn+1 = ⌊(n + 1)x⌋ + ⌊nx⌋ + · · · + ⌊x⌋.

Montrons, par récurrence sur n, que Sn ≤ ⌊nx⌋. Pour n = 1 le résultat est clair.
Supposons que Sk ≤ ⌊kx⌋ pour k ∈ J1, nK, alors

(n + 1)Sn+1 ≤ ⌊(n + 1)x⌋ + (⌊nx⌋ + ⌊x⌋) + (⌊(n − 1)x⌋ + ⌊2x⌋) + · · · + (⌊x⌋ + ⌊nx⌋).

En utilisant n fois le fait que ⌊a⌋ + ⌊b⌋ ≤ ⌊a + b⌋ pour tout (a, b) ∈ R2 , alors on
conclut que :
(n + 1)Sn+1 ≤ (n + 1) ⌊(n + 1)x⌋.

La démonstration par récurrence est ainsi terminée.

Exercice 1.43 K
Montrer que pour tout x ∈ R :

|x − 1| + |x − 2| + · · · + |x − 100| ≥ 2500.

Notons S(x) le membre de gauche de l’inégalité en question. Pour tout k ∈ J1, 50K
on a (grâce à l’inégalité triangulaire) :

|x − k| + |x − (101 − k)| ≥ 101 − 2k

avec égalité si x ∈ [k, 101 − k].


En additionnant ces inégalités on déduit que S(x) ≥ 2500 avec égalité pour les x
\
appartenant à [k, 101 − k] = [50, 51].
k∈J1,50K

Exercice 1.44 K
Différence entre moyennes arithmétiques et géométriques
Soient x et y deux réels strictement positifs. On rappelle que la moyenne arithmétique

(respectivement géométrique) est définie par A = x+y 2 (respectivement G = xy).
42 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

1. Montrer que si x ≥ y > 0 alors :

(x − y)2 (x − y)2
≤ A−G ≤ .
8x 8y

2. Montrer que
(x − y)2
G < < A.
8(A − G)

1. En multipliant par l’expression conjuguée, on a :


€ Š
x+y 2
x+y √ 2
− xy (x − y)2
− xy = x+y √ = √ .
2 2
+ xy 2(x + y + 2 xy )
√ √
Comme y ≤ xy ≤ x alors 8y ≤ 2(x + y + 2 xy ) ≤ 8x et par conséquent :

(x − y)2 x+y √ (x − y)2


≤ − xy ≤ .
8x 2 8y

2. On a
(x − y)2 (x − y)2(A + G)
=
8(A − G) 8(A2 − G2 )
et
x2 + y 2 + 2xy x2 + y 2 − 2xy (x − y)2
A2 − G2 = − xy = = .
4 4 4
(x − y)2 A+G A+G
Par conséquent, = et comme A > G alors G < < A et
8(A − G) 2 2

(x − y)2
G < < A.
8(A − G)

Exercice 1.45 K
Soit P ∈ R[X] un polynôme dont tous les coefficients sont positifs. Montrer que pour
tout (α, β) ∈ R2+ on a : È 
È
P (α)P (β) ≥ P αβ .

Cette inégalité nous fait penser à l’inégalité de Cauchy-Schwarz :


!2
n
X n
X n
X
ak bk ≤ a2k b2k .
k=1 k=1 k=1

On pose

P (X) = an X n + an−1 X n−1 + · · · + a1 X + a0 avec ai ≥ 0, i ∈ J0, nK.


1.4. EXERCICES 43

D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz on a :

P (α)P (β) = (an αn + an−1 αn−1 + · · · + a0 ) (an β n + an−1 β n−1 + · · · + a0 )


 È n È n−1 ‹2

≥ an αβ + an−1 αβ + · · · + a0
 È 2
= P αβ .

Exercice 1.46 K
Soient x1 , x2 , · · · , xn des nombres réels. Montrer que :

| sin x1 | + | sin x2 | + · · · + | sin xn | + | cos(x1 + x2 + · · · + xn )| ≥ 1.

On fait un raisonnement par récurrence sur n ∈ N∗ .


Pour n = 1 on a :

| sin x1 | + | cos x1 | ≥ sin2 x1 + cos2 x1 = 1.

Supposons le résultat vrai jusqu’au rang n et montrons le au rang n + 1. Pour cela,


il suffit de montrer que pour les réels x1 , · · · , xn+1 on a :

| sin xn+1 | + | cos(x1 + x2 + · · · + xn+1 )| ≥ | cos(x1 + x2 + · · · + xn )|.

Pour tout k ∈ J1, n+1K, on pose (pour simplifier) Sk = x1 +· · ·+xk , alors l’inégalité
à démontrer devient :

| sin xn+1 | + | cos Sn+1 | ≥ | cos Sn |.

On a :

| cos Sn | = | cos(Sn+1 − xn+1 )| = | cos Sn+1 cos xn+1 + sin Sn+1 sin xn+1 |
= | cos Sn+1 cos xn+1 | + | sin Sn+1 sin xn+1 |
≤ | cos Sn+1 | + | sin xn+1 |.

Par conséquent, la preuve par récurrence est terminée.


44 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Exercice 1.47 K
Soit f : R −→ R une application de classe C 2 telle que

∀ x ∈ R, f (x) + f ′′ (x) ≥ 0.

1. On pose g = f + f ′′ , former une équation différentielle linéaire du second ordre dont


l’application Z x
h : x 7−→ g(t) sin(x − t) dt
0

est solution.
2. En déduire que :

∀ x ∈ R, f (x) + f (x + π) ≥ 0.

1. Comme sin(p − q) = sin p cos q − cos p sin q, alors pour tout x ∈ R on a :


Z x Z x

h(x) = sin x g(t) cos t dt − cos x g(t) sin t dt.


0 0

L’application est alors de classe C 1 et on a :


Z x Z x

h (x) = cos x g(t) cos t dt + sin x g(t) sin t dt,
0 0

par suite h est en fait de classe C 2 , et comme sin2 x + cos2 x = 1, on déduit que pour
tout x ∈ R :
Z x Z x
′′
h (x) = − sin x g(t) cos t dt + cos x g(t) sin t dt + g(x) = −h(x) + g(x).
0 0

En conclusion, h est solution de l’équation différentielle y ′′ + y = g(x).


2. Comme f vérifie f ′′ + f = g alors il existe (α, β) ∈ R2 tels que

f (x) = α cos x + β sin x + h(x), ∀ x ∈ R.

D’où, pour tout x ∈ R :

f (x) + f (x + π) = α [cos x + cos(x + π)] + β [sin x + sin(x + π)] + h(x) + h(x + π)


Z x+π Z x

= g(t) sin(t − x) dt − g(t) sin(t − x) dt


0 0
Z x+π

= g(t) sin(t − x) dt ≥ 0
x

car g est à valeurs ≥ 0 et si t ∈ [x, x + π], sin(t − x) ≥ 0.


1.4. EXERCICES 45

1.4.3 Exercices d’entraînement

Exercice 1.48 KK
Identité d’Hermite
1. Soient x ∈ R et n ∈ N∗ . Montrer l’identité d’Hermite :
n−1  
X k
x+ = ⌊nx⌋.
k=0
n

2. Soit x ∈ R, calculer la somme


 
X x+i
Sn = .
0≤i<j≤n
j

3. Pour tout n ∈ N∗ montrer que :


› ž › ž œ Ÿ
n+1 n+2 n + 2k
+ + · · · + + ··· = n
2 22 2k+1

⌊nx⌋ ⌊nx⌋ 1
1. On sait que ⌊nx⌋ ≤ nx < ⌊nx⌋ + 1 et par conséquent : ≤x< + .
n n n
Maintenant, on a :
œ Ÿ ‚ œ ŸŒ
⌊nx⌋ ⌊nx⌋
⌊nx⌋ = n + ⌊nx⌋ − n := np + q.
n n

q q+1 q+1
On a ⌊x⌋ = p car p + ≤ x < p+ avec ≤ 1. De plus, on a clairement :
n n n
n−q−1 n−q
x+ < p+1 ≤ x+ .
n n

Il résulte alors que :


š 
⋄ pour k ∈ J0, n − q − 1K : x+ k

= ⌊x⌋ = p,
š
⋄ pour k ∈ Jn − q, n − 1K : x+ k
n
= p + 1.
En conclusion, on a alors :

n−1 œ Ÿ
X k
x+ = (n − q)p + q(p + 1) = np + q = ⌊nx⌋.
k=0 n

Autre solution : Soit


n−1 œ Ÿ
X k
f (x) = x+ − ⌊nx⌋.
k=0 n
46 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Alors pour tout x ∈ R on a :


        
1 1 1 n−1 1
f x+ = x++ ··· + x + + − n x+
n 
n 
n 
n n
1 n−1
= x+ + ··· + x + + ⌊x + 1⌋ − ⌊nx + 1⌋
n n
= f (x) car ⌊x + k⌋ = ⌊x⌋ + k, ∀ k ∈ N.

Donc f est périodique de période n1 , il suffit donc d’étudier cette fonction pour les
” ”
x ∈ 0, n1 . Or f (x) = 0 pour de telles valeurs de x, par suite f (x) = 0 pour tout
x ∈ R.
2. On a
›    
xž x+1 x+n−1
Sn − Sn−1 = + + ··· +
n 
n  
n 
› ž
x x 1 x n−1
= + + + ··· + +
›
n ž
n n n n
x
= n× = ⌊x⌋ (par l’identité d’Hermite).
n

Enfin, comme S1 = ⌊x⌋, alors Sn = n⌊x⌋ pour tout n ∈ N∗ .


3. L’identité à montrer peut se réécrire comme :
     
n 1 n 1 n 1
+ + 2+ + · · · + k+1 + +··· = n
2 2 2 2 2 2

En utilisant l’identité d’Hermite dans le cas particulier n = 2 on a :


 
1
x+ = ⌊2x⌋ − ⌊x⌋.
2

Par suite l’égalité à montrer devient :


›
nž ›nž › n ž ›
nž › n ž
⌊n⌋ − + − 2 + · · · + k − k+1 + · · · = n.
2 2 2 2 2
š 
Cette somme est télescopique, et n
2k+1
= 0 pour k assez grand.

Exercice 1.49 KK
1. Soient a, b, x, y des nombres réels avec x, y > 0. Montrer que

a2 b2 (a + b)2
+ ≥ .
x y x+y
1.4. EXERCICES 47

2. Montrer, plus généralement, que si a1 , · · · , an sont des nombres réels et x1 , · · · , xn > 0


alors on a
a21 a2 a2 (a1 + a2 + · · · + an )2
+ 2 + ··· + n ≥
x1 x2 xn x1 + x2 + · · · + xn
a1 a2 an
avec égalité si, et seulement si : x1 = x2 = ··· = xn .
3. Applications : montrer les inégalités suivantes

a b c 3
+ + ≥
b+c c+a a+b 2

et
2 2 2 9
+ + ≥
x+y y+z z+x x+y+z
avec a, b, c, x, y, z sont des réels > 0. 

1. En mettant les deux fractions au même dénominateur, l’inégalité en question est


équivalente à :
a2 y(x + y) + b2 x(x + y) ≥ (a + b)2 xy

qui est équivalente aussi à : (ax − by)2 ≥ 0. On a égalité si, et seulement si, a
x
= yb .
2. Une simple récurrence permet de montrer cette généralisation.
3. On a

a b c a2 b2 c2
+ + = + +
b+c c+a a+b ab + ac bc + ba ca + cb
(a + b + c)2
≥ .
2(ab + bc + ca)

(a+b+c)2
Il suffit donc de montrer que 2(ab+bc+ca)
≥ 23 , ce qui est équivalent à :

a2 + b2 + c2 ≥ ab + bc + ca ou aussi (a − b)2 + (b − c)2 + (c − a)2 ≥ 0.

Montrons maintenant la deuxième inégalité : on a


√ 2 √ 2 √ 2
2 2 2 2 2 2
+ + = + +
x+y y+z z+x x+y y+z z+x
€ √ Š2
3 2 9
≥ = .
2(x + y + z) x+y+z

On a égalité lorsque x = y = z.
48 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Exercice 1.50 KK
Soient a, b, c les longueurs des côtés d’un triangle de périmètre 2. Montrer que :

28
1 < ab + bc + ca − abc ≤ .
27

Comme 28
27
= 1 + 27
1
et a + b + c = 2, alors l’inégalité à démontrer est équivalente à :

1
0 < 1 − (a + b + c) + ab + bc + ca − abc < .
27

D’où, c’est équivalent aussi à :

1
0 < (1 − a)(1 − b)(1 − c) ≤ .
27

L’inégalité 0 < (1 − a)(1 − b)(1 − c) est claire car on a : a + b + c = 2 et a <


b + c; b < a + c; c < a + b par l’inégalité triangulaire. Pour l’inégalité de droite on
utilise l’inégalité entre la moyenne arithmétique et la moyenne géométrique comme
suit :
È (1 − a) + (1 − b) + (1 − c) 1
3
(1 − a)(1 − b)(1 − c) ≤ = .
3 3

Par conséquent, on a bien : (1 − a)(1 − b)(1 − c) ≤ 1


27
.

Exercice 1.51 KK
Soient x1 , x2 , · · · , xn des nombres réels appartenant à l’intervalle [−2, 2] et tels que :

x1 + x2 + · · · + xn = 0.

Montrer que
3
x + x32 + · · · + x3n
1 ≤ 2n.

On fait le changement de variables xk = 2 cos yk avec k ∈ J1, nK. Comme


cos(3y) = 4 cos3 y − 3 cos y alors on déduit, pour tout k ∈ J1, nK, que :

2 cos(3yk ) = x3k − 3xk .

Enfin, comme x1 + · · · + xn = 0 alors il s’ensuit que :

2 (cos(3y1) + cos(3y2 ) + · · · + cos(3yn )) = x31 + x32 + · · · + x3n .


1.4. EXERCICES 49

Finalement, comme | cos x| ≤ 1 pour tout x ∈ R, alors on a montré que :



3
x + x32 + · · · + x3n
1 ≤ 2n.

Exercice 1.52 KK
Soient x, y, z trois réels strictement positifs. Montrer que
 ‹    ‹
1 1 1
xy + yz + zx = 1 =⇒ arctan + arctan + arctan = π.
x y z

L’identité
‚ Œ
a + b + c − abc
arctan a + arctan b + arctan c = arctan + kπ
1 − (ab + bc + ca)

implique que
  ‚ Œ   ‚ Œ
1 1 1 xy + yz + zx − 1
arctan + arctan + arctan = arctan + kπ.
x y z xyz − (x + y + z)

Comme xy + yz + zx = 1, alors on déduit que


  ‚ Œ  
1 1 1
arctan + arctan + arctan = kπ, avec k ∈ Z.
x y z

Pour tout a > 0 on a 0 < arctan a < π2 , et par suite


  ‚ Œ  
1 1 1 3π
0 < arctan + arctan + arctan < .
x y z 2

En conclusion, k = 1 et
  ‚ Œ  
1 1 1
arctan + arctan + arctan = π.
x y z

Exercice 1.53 KK
— ”
Soient α, β deux réels positifs et x ∈ 0, π2 . Montrer que
 ‹    2
È
α β
1+ × 1+ ≥ 1+ 2αβ .
sin x cos x

En développant les termes de gauche et de droite de l’inégalité à démontrer on


50 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

obtient :

α β αβ È
1+ + + ≥ 1 + 2αβ + 2 2αβ .
sin x cos x sin x cos x

D’après l’inégalité entre la moyenne arithmétique et la moyenne géométrique on a :



α β 2 αβ
+ ≥ √ . (1)
sin x cos x sin x cos x

Comme sin x cos x = 1


2
sin(2x) ≤ 12 , alors

2 αβ È αβ
√ ≥ 2 2αβ et ≥ 2αβ. (2)
sin x cos x sin x cos x

Par les relations (1) et (2) ci-dessus on conclut que :

α β αβ È
1+ + + ≥ 1 + 2αβ + 2 2αβ
sin x cos x sin x cos x

et par suite ‚ Œ

α ‹ β  È 2
1+ × 1+ ≥ 1+ 2αβ .
sin x cos x

Exercice 1.54 KK
Déterminer les fonctions f dérivables sur R∗+ et telles que :
 ‹
1
f ′ (x) = f .
x

La fonction f ′ est dérivable comme composée de deux fonctions dérivables : la


1
fonction f et x 7−→ , donc on a :
x
 
′′ 1 1 1
f (x) = − 2 f′ = − f (x).
x x x2

Ainsi, f est solution de l’équation différentielle linéaire, du second ordre, mais de


coefficients non constants :
x2 y ′′ + y = 0.

Les résultats du cours ne nous permettent pas de trouver les solutions de cette
équation différentielle. On va alors faire un changement de fonction afin d’aboutir
à une équation différentielle linéaire à coefficients constants. On pose F (t) = f (et ),
alors F est dérivable et vérifie l’équation différentielle :

F ′′ (t) − F ′ (t) + F (t) = 0.


1.4. EXERCICES 51

L’équation caractéristique de l’équation différentielle y ′′ −y ′ +y = 0 est X 2 −X+1 = 0


et on a : √ ! √ !
2 1 i 3 1 i 3
X −X +1 = X− + X− − .
2 2 2 2
D’où √ ! √ !!
t t 3 3
f (e ) = e 2 α cos t + β sin t
2 2
avec α, β deux constantes réelles. Par conséquent, en posant t = ln x il s’ensuit que
√ ! √ !!
√ 3 3
f (x) = x α cos ln x + β sin ln x .
2 2

Réciproquement, on vérifie  
que les fonctions de ce type vérifient bien l’équation
1
différentielle f ′ (x) = f .
x

Exercice 1.55 KK
Déterminer, en fonction du paramètre λ ∈ R, les solutions réelles de l’équation diffé-
rentielle :
y ′′ − 2λy ′ + y = ex .

Étude de l’équation homogène :


L’équation caractéristique est donnée par X 2 − 2λX + 1 = 0, le discriminant est égal
à : 4(λ2 − 1). Par suite :
⋄ Si |λ| > 1, alors la solution générale de l’équation homogène est donnée par
€€ √ Š Š €€ √ Š Š
x 7−→ a exp λ− λ2 − 1 x + b exp λ+ λ2 − 1 x , (a, b) ∈ R2 .

⋄ Si |λ| = 1, alors la solution générale de l’équation homogène est donnée par :

x 7−→ (ax + b)eλx , (a, b) ∈ R2 .

⋄ Si |a| < 1, alors la solution générale de l’équation homogène est donnée par :
” € √ Š € √ Š—
x 7−→ eλx a cos x 1 − λ2 + b sin x 1 − λ2 , (a, b) ∈ R2 .

Étude de la solution particulière :


Le second membre est de la forme P (x)emx avec P (x) = 1 et m = 1. Le nombre 1
est solution de l’équation différentielle si, et seulement si, 1 − 2λ + 1 = 0, c’est-à-dire
λ = 1, il s’agit alors d’une racine double. On distingue alors les deux cas :
cas 1 : λ 6= 1, le nombre 1 n’est pas solution de l’équation caractéristique, alors en
cherchant une solution particulière sous la forme x 7−→ cex on trouve facilement que
52 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

c= 1
2(1−λ)
.
Cas 2 : λ = 1, alors le nombre 1 est solution double de l’équation caractéristique,
on cherche une solution particulière de la forme x 7−→ cx2 en , on trouve facilement
que c = 21 .
Étude de la solution générale : en conclusion, les solutions f de l’équation différen-
tielle sont données par :
€€ √ Š Š €€ √ Š Š
ex
⋄ si |λ| > 1, alors f (x) = a exp λ − λ2 − 1 x +b exp λ + λ2 − 1 x + 2(1−λ) ,
€ 2 Š
⋄ si λ = 1, alors f (x) = 2 + ax + b e ,
x x
x
⋄ si λ = −1, alors f (x) = (ax + b)e−x + e4 ,
” € √ Š € √ Š—
ex
⋄ si |λ| < 1, alors f (x) = eλx a cos x 1 − λ2 + b sin x 1 − λ2 + 2(1−λ) .

1.4.4 Exercices d’approfondissement

Exercice 1.56 KKK


Transformation d’Abel et applications
1. transformation d’abel : soient n ∈ N∗ , a1 , · · · , an et b1 , · · · , bn deux suites réelles.
Montrer que
n
X n−1
X
ak bk = S n bn + Sk (bk − bk+1 )
k=1 k=1

avec Sk = a1 + · · · + ak pour tout k ∈ J1, nK.


2. On suppose dans cette question que b1 ≥ b2 ≥ · · · ≥ bn ≥ 0. Montrer que
n
X
mb1 ≤ ak bk ≤ M b1
k=1

avec

m = min{S1 , S2 , · · · , Sn } et M = max{S1 , S2 , · · · , Sn }.

3. Soit x un nombre réel qui n’est pas un multiple pair de π (i.e. x 6= 2kπ avec k ∈ Z).
Montrer que :
n
X

sin kx 1

k=m+1 k (m + 1) sin x2

où 0 < m < n sont des entiers naturels.


4. Montrer que pour tout x ∈ R et tout n ∈ N∗ on a :

Xn
sin kx √
≤ 2 π.

k=1
x
1.4. EXERCICES 53

1. On pose S0 = 0, alors ak = Sk − Sk+1 pour k ∈ J1, nK et par suite :


n
X n
X n
X n
X
ak bk = (Sk − Sk−1 )bk = Sk bk − Sk−1 bk
k=1 k=1 k=1 k=1
n−1
X n
X
= Sn bn + Sk bk − Sk−1 bk − S0 b1
k=1 k=2
n−1
X n−1
X n−1
X
= Sn bn + Sk bk − Sk bk+1 = Sn bn + Sk (bk − bk+1 ).
k=1 k=1 k=1

2. Comme bn ≥ 0 et bk − bk+1 ≥ 0 pour k ∈ J1, n − 1K, alors d’après la première


question on a :

n
X n−1
X n−1
X
ak bk = Sn bn + Sk (bk − bk+1 ) ≤ Mbn + M (bk − bk+1 ) = Mb1 .
k=1 k=1 k=1

n
X
De la même manière on montre que : mb1 ≤ ak bk .
k=1
3. Pour k ∈ J1, n − mK on prend ak = sin[(k + m)x] sin x2 et bk = 1
k+m
. Alors, d’après
la question précèdente on déduit que :

s n
X sin kx sin x2 n−m
X S
= sb1 ≤ = ak bk ≤ Sb1 =
m+1 k=m+1 k k=1 m+1

avec

Sk = a1 + · · · + ak , S = max{S1 , · · · , Sn }, s = min{S1 , · · · , Sn }.
€ Š € Š
Or, 2ai = 2 sin[(i + m)x] sin x2 = cos i + m − 1
2
x − cos i + m + 1
2
x, par suite
   
1 1
2Sk = 2a1 + · · · + 2ak = cos m + x − cos k + m + x.
2 2

D’où, −2 ≤ 2Sk ≤ 2 pour tout k ∈ J1, nK et ainsi −1 ≤ s ≤ S ≤ 1. Par


conséquent :

1 n
X sin kx sin x2 1
− = −b1 ≤ sb1 ≤ ≤ Sb1 ≤ b1 = .
m+1 k=m+1 k m+1

Ce qui donne :

X

n
sin kx sin x2 1

k=m+1 k m+1
54 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

et l’inégalité demandée.
4. La fonction x 7−→ | sin x| est π-périodique, donc on suppose que x ∈ ]0, π[ (si
x = 0 le résultat est clair).
Soit x ∈ ]0, π[ fixé, et considérons m ∈ N tel que

π
m ≤ < m + 1.
x

On a :

X

n
sin kx X

m
sin kx X
n
sin kx
≤ +
. (∗)

k=1 k
k=1 k k=m+1 k

On se propose de montrer
X

m
sin kx √
≤ π (1)

k=1 k
et

X
n
sin kx √

≤ π. (2)
k=m+1 k

Pour la relation (1) : par définition de m et comme | sin x| < x alors



X

m
sin kx m
X kx m
X √
≤ = x = mx ≤ π.

k=1 k k=1 k k=1

Pour la relation (2) : on utilise l’inégalité établie à la troisième question et le fait


— ”
que sin x > 2x
π
(par concavité de la fonction sin sur l’intervalle 0, π2 ). On déduit
que

X

n
sin kx 1 1 π √

≤ × ≤ π.

k=m+1 k
(m + 1) sin x2 m+1 x

Les relations (1) et (2) ci-dessus nous permettent de conclure à l’aide de (∗).

Exercice 1.57 KKK


Trouver tous les triplets de réels (a, b, c) tels que :

|ax + by + cz| + |bx + cy + az| + |cx + ay + bz| = |x| + |y| + |z|.

⋄ En prenant x = y = z = 1 alors on déduit que : |a + b + c| = 1.


⋄ En prenant x = 1 et y = z = 0 alors on déduit que : |a| + |b| + |c| = 1.
Comme |a + b + c| = |a| + |b| + |c| alors on déduit que a, b, et c sont de même signe.
⋄ En prenant x = 1, y = −1 et z = 0 alors on déduit que : |a−b|+|b−c|+|c−a| = 2.
D’où, par inégalité triangulaire on a :

2 = |a − b| + |b − c| + |c − a| ≤ 2 (|a| + |b| + |c| ) = 2.


1.4. EXERCICES 55

On déduit alors que |a − b| = |a| + |b| (et de même pour |b − c| et |c − a|). Or, on
sait que |a − b| = |a| + |b| si, et seulement si, a et b sont de signes opposés ou si l’un
des deux est nul. En conclusion, on a alors :

(a, b, c) ∈ {(1, 0, 0); (0, 1, 0); (0, 0, 1); (−1, 0, 0); (0, −1, 0); (0, 0, −1)}.

Exercice 1.58 KKK


Déterminer tout les réels x, y, z tels que :
8
> 3x − y
>
>
= x2 ,
>
<
x − 3y
3y − z
= y2,
> y − 3z
>
> 3z − x
>
: = z2.
z − 3x

D’après la première équation on ne peut pas avoir x = 0 (sinon y = 0 et on a


une forme indeterminée). De même, y et z ne sont pas nuls.
On suppose dans la suite que x, y, z sont non nuls.
D’après la première équation on déduit que :

3x − x3
y = .
1 − 3x2

De même, grâce à la deuxième et troisième équations, on déduit aussi que :

3y − y 3 3z − z 3
z = et x = .
1 − 3y 2 1 − 3z 2
— ”
Comme la fonction tan est une bijection de − π2 , π2 vers R, alors il existe un unique
— ”
u ∈ − π2 , π2 tel que x = tan u. Par conséquent :

3 tan(u) − tan3 (u)


y = = tan(3u),
1 − 3 tan2 (u)
3 tan(3u) − tan3 (3u)
z = = tan(9u),
1 − 3 tan2 (3u)
3 tan(9u) − tan3 (9u)
x = = tan(27u).
1 − 3 tan2 (9u)

La dernière égalité montre que : tan(u) = tan(27u), par suite u = kπ


26
avec k entier
tel que − 2 < 26 < 2 . D’où, comme x 6= 0, alors k ∈ {±1, ±2, · · · , ±12} et en
π kπ π
56 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

conclusion les solutions sont données par :


‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ
kπ 3kπ 9kπ
x = tan , y = tan , z = tan .
26 26 26

Réciproquement, il est facile de vérifier que les valeurs ci-dessus sont bien solutions
du système en question.

Exercice 1.59 KKK


Montrer que
n  
X kπ n(2n − 1)
cotan2 =
k=1
2n + 1 3

pour tout n ∈ N∗ .
Indication : utiliser les racines de l’équation sin(2n + 1)x = 0. 

L’équation sin(2n + 1)x = 0 admet pour racines kπ


2n+1
avec k ∈ J1, nK. En expri-
mant sin(2n + 1)x en fonction de sin x et cos x on déduit que :
! !
2n + 1 2n + 1
sin(2n + 1)x = cos2n x sin x − cos2n−2 sin3 x + · · ·
1 3
" ! ! #
2n+1 2n + 1 2n 2n + 1 2n−2
= sin x cotan x − cotan x +··· .
1 3

On prend x = kπ
2n+1
, k ∈ J1, nK, et comme sin2n+1 x 6= 0 alors :
! !
2n + 1 2n + 1
cotan2n x − cotan2n−2 x + · · · = 0.
1 3

En posant y = cotan2 x, on obtient l’équation


! !
2n + 1 n 2n + 1 n−1
y − y +··· = 0
1 3
€ Š
dont les racines sont cotan2 kπ
2n+1
, k ∈ J1, nK.
Finalement, en utilisant la relation entre coefficients et racines on déduit que :
‚ Œ € Š
2n+1
n
X kπ n(2n − 1)
cotan2 = €
3 Š
= .
k=1 2n + 1 2n+1
1
3
1.4. EXERCICES 57

Exercice 1.60 KKK


Trouver les angles θ pour lesquels on a :

{sin θ, sin 2θ, sin 3θ} = {cos θ, cos 2θ, cos 3θ}.

Comme les deux ensembles sont égaux, alors la somme de leurs éléments est la
même, c’est-à-dire :

sin θ + sin 2θ + sin 3θ = cos θ + cos 2θ + cos 3θ.

Or on sait que sin θ + sin 3θ = 2 sin 2θ cos θ et cos θ + cos 3θ = 2 cos 2θ cos θ, par
suite on déduit que :

2 sin 2θ cos θ + sin 2θ = 2 cos 2θ cos θ + cos 2θ.

D’où
sin 2θ × (2 cos θ + 1) = cos 2θ × (2 cos θ + 1).

On se propose de montrer que 2 cos θ + 1 6= 0. En effet, supposons par l’absurde que


2 cos θ + 1 = 0, alors :


θ = ± + 2kπ, k ∈ Z.
3

Cependant, avec ces valeurs on vérifie facilement que les deux ensembles ne sont pas
égaux. Donc, 2 cos θ + 1 6= 0 et ainsi :

sin 2θ = cos 2θ c-à-d tan(2θ) = 1.

Par conséquent, θ = π8 + kπ2


avec k ∈ Z. Comme π8 + 3π 8
= π2 , cos π8 = sin 3π
8
, et on
vérifie facilement que ces angles vérifient les conditions du problème.
En conclusion, Les solutions sont :

π kπ
θ = + , k ∈ Z.
8 2

Exercice 1.61 KKK


Soit (xn )n≥1 une suite réelle définie par x1 = α et

xn+1 = 4 xn ( 1 − xn ) , ∀ n ∈ N∗ .

Pour combien de valeurs de α a-t-on x2014 = 0 ? 


58 CHAPITRE 1. TECHNIQUES FONDAMENTALES DE CALCUL

Soit f (x) = 4x(1 − x), alors f −1 ([0, 1]) = [0, 1], d’où si x2014 = 0 on doit avoir
α ∈ [0, 1].
” — √
Soit θ ∈ 0, π2 tel que sin θ = α. On remarque que pour tout ω ∈ R :

f (sin2 ω) = 4 sin2 ω (1 − sin2 ω) = 4 sin2 ω cos2 ω = sin2 (2ω);

comme x1 = sin2 ω, il s’ensuit que


€ Š
x2 = sin2 (2θ), x3 = sin2 (4θ), · · · , x2014 = sin2 22013 θ .

Par conséquent

€ Š kπ
x2014 = 0 ⇐⇒ sin 22013 θ = 0 ⇐⇒ θ = , k ∈ Z.
22013
‚ Œ

En conclusion, les valeurs de α pour lesquelles x2014 = 0 sont les sin 2
avec
22013
k ∈ Z. Ce qui donne, en tout, 22012 + 1 valeurs de α.
Chapitre 2
Nombres réels et suites numériques

2.1 Nombres réels

2.1.1 Le corps des nombres réels

❏ On rappelle que (R, +, ×, ≤) est un corps totalement ordonné, d’où :


– ∀ x, y ∈ R, x ≤ y ou y ≤ x,
– ∀ x, y, z ∈ R, x ≤ y =⇒ x + z ≤ y + z,
– ∀ x, y ∈ R, x ≤ 0 et y ≤ 0 =⇒ xy ≥ 0,
❏ Valeur absolue : soit x ∈ R. On définit la valeur absolue de x par :
8
>
< x si x ≥ 0
|x| = >
: −x si x < 0.

On a |x| = max(x, −x), et pour tout (x, y) ∈ R2 l’inégalité triangulaire :

|x + y| ≤ |x| + |y|.

❏ Pour tout x ∈ R, en notant x+ = max{x, 0} et x− = min{−x, 0} on a les


relations suivantes :

|x| + x |x| − x
x = x+ − x− , |x| = x+ + x− , x+ = , x− = .
2 2

❏ Soit (x, y) ∈ R2 . On appelle distance de x à y le nombre d(x, y) donné par :


d(x, y) = |x − y|.
❏ Partie entière : soit x ∈ R, il existe un unique entier relatif p ∈ Z tel que :

p ≤ x < p + 1.

59
60 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

L’entier p s’appelle partie entière de x, il est noté ⌊x⌋.

2.1.2 Majorant, minorant, borne supérieure

Définition 2.1 Plus grand élément. Plus petit élément. Soient A une partie de R
(ou de Q), et a un nombre réel. On dit que a est :
✓ le plus grand élément de A si : a ∈ A et pour tout x ∈ A on a : x ≤ a,
✓ le plus petit élément de A si : a ∈ A et pour tout x ∈ A on a : a ≤ x.
S’il existe, le plus grand (resp. le plus petit) élément de A est unique. On le note max(A)
(resp. min(A)). 

☞ L’ensemble {x ∈ Q : x2 ≤ 2} ne possède pas de plus grand élément dans Q



mais il en possède un dans R (et c’est 2).

Définition 2.2 Majorant. Minorant. Soient A une partie de R (ou de Q), et a un


nombre réel. On dit que a est :
✓ un majorant de A si pour tout x ∈ A : x ≤ a,
✓ un minorant de A si pour tout x ∈ A : a ≤ x. 

☞ Un majorant n’est pas unique.


☞ Le plus grand élément d’une partie, s’il existe, est un majorant de la partie
qui, de plus, appartient à cette partie.

Définition 2.3 Borne supérieure. Soit A une partie de R (ou de Q). Alors :
✓ la borne supérieure de A, si elle existe, est le plus petit élément de l’ensemble
des majorants de A. On la note sup(A),
✓ la borne inférieure de A, si elle existe, est le plus grand élément de l’ensemble
des minorants de A. On la note inf(A). 

☞ L’ensemble {x ∈ Q : x2 ≤ 2} ne possède pas de borne supérieure dans Q,



mais possède une borne supérieure dans R (et c’est 2).
✍ Axiome de la borne supérieure : toute partie non vide et majorée de
R possède une borne supérieure.
Cette propriété distingue R de Q car l’ensemble {x ∈ Q : x2 ≤ 2} n’a pas de
borne supérieure dans Q.

Théorème 2.1 Caractérisation de la borne supérieure. Soient A une par-


tie de R et a un nombre réel. On a équivalence entre :
✓ a est la borne supérieure
‹ 
de A, ‹

✓ ∀ x ∈ A, x ≤ a et ∀ ε > 0, ∃ x ∈ A : a − ε < x ≤ a . 
2.1. NOMBRES RÉELS 61

Définition 2.4 Droite numérique achevée. On appelle droite numérique achevée l’en-
semble R = R ∪ {−∞, +∞}. 

☞ On prolonge la relation d’ordre ≤ sur R en posant :

∀ x ∈ R, x ≤ +∞ et − ∞ ≤ x.

☞ L’ensemble R possède un plus grand (resp. plus petit) élément +∞ (resp.


−∞).
☞ Toute partie non vide de R possède une borne supérieure et une borne infé-
rieure. On prend, par convention sup(A) = +∞ (resp. inf(A) = −∞) si A
n’est pas une partie majorée (resp. minorée) de R.

2.1.3 Intervalles de R

Définition 2.5 Segment. Intervalle. Soient a et b deux nombres réels. On appelle


segment [a, b] l’ensemble des réels compris (au sens large) entre a et b. Autrement dit :
✓ si a < b, [a, b] = {x ∈ R : a ≤ x ≤ b},
✓ si a = a, [a, a] = {a},
✓ si b < a, [a, b] = {x ∈ R : b ≤ x ≤ a}.
Soit I une partie de R, on dit que I est un intervalle de R si pour tout (x, y) ∈ I 2 on a
[x, y] ⊂ I. 

Proposition 2.1 Soit I une partie de R, alors on a équivalence entre :


✓ I est un intervalle de R,
✓ pour tout (x, y) ∈ I 2 et tout t ∈ [0, 1] on a : (1 − t)x + ty ∈ I. 

☞ Les intervalles de R sont de la forme :


R; [a, +∞[; ]a, +∞[; ] − ∞, b]; ] − ∞, b[; [a, b]; ]a, b[; [a, b[; ]a, b] et ]a, a[= ∅.

2.1.4 Densité des rationnels et des irrationnels


Un nombre réel est dit rationnel si c’est le quotient de deux entiers. L’ensemble
des nombres rationnels est noté Q. De plus, (Q, +, ×, ≤) est un corps totalement
ordonné, cependant il ne possède pas la propriété de la borne supérieure.

Théorème 2.2 Tout intervalle non vide et non réduit à un singleton contient
au moins un rationnel et un irrationnel.
On dit que Q et R \ Q sont denses dans R. 
62 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

☞ Q est dense dans R, alors :

∀ x ∈ R, ∀ ε > 0, ∃ q ∈ Q : |x − q| ≤ ε.

☞ R \ Q est dense dans R, alors :

∀ x ∈ R, ∀ ε > 0, ∃ r ∈ R \ Q : |x − r| ≤ ε.

☞ Tout intervalle I non vide et non réduit à un singleton contient une infinité
de rationnels et d’irrationnels.

2.1.5 Approximation d’un réel


Soient x un réel et p un entier naturel. On a :

⌊x 10p ⌋ ≤ x 10p < ⌊x 10p ⌋ + 1

et par suite
⌊x 10p ⌋ 10−p ≤ x < ⌊x 10p ⌋ 10−p + 10−p .

L’élément ⌊x 10p ⌋ 10−p est un nombre décimal approchant x à 10−p près par défaut,
et ⌊x 10p ⌋ 10−p + 10−p est un nombre décimal approchant x à 10−p près par excès.
On peut approcher un réel quelconque d’aussi près que l’on veut par des nombres
décimaux.

2.2 Suites numériques, convergence

2.2.1 Généralités

Définition 2.6 Une suite de nombres réels est une famille (xn )n∈N de réels indexée par
l’ensemble N. On dit que xn est le terme général de la suite (xn )n∈N . 

☞ Une suite arithmétique de raison r ∈ R est une suite (xn )n∈N donnée par le
premier terme x0 et la relation de récurrence : xn+1 = xn + r pour tout n ∈ N.
On a alors : xn = x0 + nr pour tout n ∈ N.
☞ Une suite géométrique de raison q ∈ R∗ est une suite donnée par le premier
terme x0 et la relation de récurrence xn+1 = qxn pour tout n ∈ N. On a alors :
xn = x0 q n pour tout n ∈ N.
☞ Récurrence linéaire à deux pas : on donne deux réels a et b avec b 6= 0, et on
considère la suite (xn )n∈N définie par ses deux premiers termes x0 et x1 , et
2.2. SUITES NUMÉRIQUES, CONVERGENCE 63

la relation de récurrence : xn+2 = axn+1 + bxn pour tout n ∈ N. On forme


l’équation caractéristique X 2 − aX − b = 0.
– si l’équation caractéristique admet deux racines réelles α 6= β, alors on a
xn = Aαn + Bβ n ,
– si l’équation caractéristique admet une racine réelle double α, alors on a
xn = (An + B)αn ,
– si l’équation caractéristique admet deux racines imaginaires conjuguées que
l’on note re±iθ , alors xn = r n (A cos(nθ) + B sin(nθ)),
où A et B sont définies par la valeur de x0 et x1 .

2.2.2 Suites bornées. Sens de variation


✍ La suite (xn )n∈N est majorée (resp. minorée) si, et seulement si, il existe un
réel M tel que pour tout n ∈ N, xn ≤ M (resp. xn ≥ M).
✍ La suite (xn )n∈N est bornée si, et seulement si, elle est majorée et minorée.
Autrement dit, il existe un réel M tel que : ∀ n ∈ N, |xn | ≤ M.
✍ La suite (xn )n∈N est croissante si, et seulement si, ∀ n ∈ N, xn+1 − xn ≥ 0.
xn+1
Si de plus les termes de la suite sont > 0, alors c’est équivalent à ≥1
xn
pour tout n ∈ N.
✍ La suite (xn )n∈N est décroissante si, et seulement si, ∀ n ∈ N, xn+1 − xn ≤ 0.
xn+1
Si de plus les termes de la suite sont > 0, alors c’est équivalent à ≤1
xn
pour tout n ∈ N.

2.2.3 Limite d’une suite

Définition 2.7 Soient (xn )n∈N une suite réelle et l ∈ R. On dit que la suite (xn )n∈N
converge vers l, et on note lim xn = l, si :
n→+∞

∀ ε > 0, ∃N ∈ N : ∀ n ≥ N, |xn − l| ≤ ε.

Pour l = +∞, on a : ∀ A ∈ R, ∃N ∈ N : ∀ n ≥ N, xn ≥ A.
Pour l = −∞, on a : ∀ A ∈ R, ∃N ∈ N : ∀ n ≥ N, xn ≤ A. 

❏ La suite (xn )n∈N est convergente si, et seulement si, elle a une limite finie.
Cette limite, lorsqu’elle existe, est unique.
❏ Toute suite convergente est bornée. La réciproque est, en général, fausse.
❏ Si lim xn = l > 0, alors xn > 0 à partir d’un certain rang.
n→+∞
❏ Limites et relation d’ordre : on a les relations suivantes
64 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

 ‹
lim xn = l, lim yn = l′ , ∀ n : xn ≤ yn =⇒ l ≤ l′ ,
n→+∞ n→+∞
 ‹

lim xn = l, lim zn = l, ∀ n : xn ≤ yn ≤ zn =⇒ lim yn = l,


n→+∞ n→+∞ n→+∞
 ‹
lim xn = +∞, ∀ n : xn ≤ yn =⇒ lim yn = +∞,
n→+∞ n→+∞
 ‹
lim xn = −∞, ∀ n : xn ≥ yn =⇒ lim yn = −∞.
n→+∞ n→+∞

❏ Limites finies et opérations : on a les relations suivantes (pour α, l, l′ ∈ R)


 ‹

lim xn = l, lim yn = l′ =⇒ lim (xn + αyn ) = l + αl′ ,


n→+∞ n→+∞ n→+∞
 ‹
lim xn = 0, (yn )n bornée =⇒ lim xn yn = 0,
n→+∞ n→+∞
 ‹
lim xn = l, lim yn = l′ =⇒ lim xn yn = ll′ ,
n→+∞ n→+∞ n→+∞
1 1
lim xn = l 6= 0 =⇒ lim = .
n→+∞ n→+∞ xn l

❏ Limites infinies et opérations : on a les relations suivantes


 ‹
lim xn = +∞, (yn )n bornée =⇒ lim (xn + yn ) = +∞,
n→+∞ n→+∞
 ‹
lim xn = +∞, (yn )n minorée par m > 0 =⇒ lim xn yn = +∞,
n→+∞ n→+∞
 ‹
lim xn = +∞, (yn )n minorée par m < 0 =⇒ lim xn yn = −∞,
n→+∞ n→+∞
1
lim xn = +∞ =⇒ lim = 0.
n→+∞ n→+∞ xn

On a des relations analogues pour −∞.

2.2.4 Suites extraites

Définition 2.8 Soit (xn )n∈N une suite réelle ou complexe. On appelle suite extraite de
(xn )n∈N toute suite de la forme (xϕ(n) )n∈N où ϕ est une application strictement crois-
sante de N dans N. 

☞ Si ϕ est une telle application, alors pour tout n ∈ N : ϕ(n) ≥ n.


☞ Si la suite (xn )n∈N est croissante (resp. décroissante, majorée, minorée, bor-
née), alors toutes ses suites extraites le sont aussi.
2.2. SUITES NUMÉRIQUES, CONVERGENCE 65

☞ Dans la pratique, pour une suite (xn )n∈N , il est fréquent d’utiliser comme
sous-suites (x2n )n∈N et (x2n+1 )n∈N .

Proposition 2.2 Soit (xn )n∈N une suite réelle.


✓ Si (xn )n∈N converge vers l ∈ R, alors toutes les suites extraites de (xn )n∈N
convergent aussi vers l.
✓ Si (xn )n∈N tend vers +∞ (resp. −∞), alors toutes les suites extraites de (xn )n∈N
tendent vers +∞ (resp. −∞). 

Théorème 2.3 Théorème de recollement. Soit (xn )n∈N une suite réelle. On
donne deux parties infinies F1 et F2 de N telles que F1 ∪F2 = N. Si les deux suites
extraites (xn )n∈F1 et (xn )n∈F2 convergent vers la même limite l, alors (xn )n∈N
converge aussi vers l. 

✍ Soit (xn )n∈N une suite réelle. On suppose que lim x2n = l et lim x2n+1 = l,
n→+∞ n→+∞
alors lim xn = l.
n→+∞

2.2.5 Théorèmes de convergence

Théorème 2.4 Toute suite croissante et majorée (resp. décroissante et minorée)


est convergente. 

Définition 2.9 Suites adjacentes. Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N deux suites réelles. On
dit que ces suites sont adjacentes si :
✓ elles sont monotones et de sens de variation opposés,
✓ lim (xn − yn ) = 0. 
n→+∞

Théorème 2.5 Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N deux suites adjacentes, alors elles sont
convergentes et ont la même limite l. De plus, la limite l est, pour tout n ∈ N,
comprise entre xn et yn . 

Théorème 2.6 Théorème des segments emboîtés. Soit (In )n∈N une suite
de segments non vides de R telle que : In+1 ⊂ In pour tout n ∈ N. Alors :
\
✓ l’intersection I = In est un segment non vide,
n∈N
✓ si de plus, lim longueur(In ) = 0, alors I est un singleton. 
n→+∞
66 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Théorème 2.7 Théorème de Bolzano-Weierstrass. De toute suite réelle


bornée on peut extraire une suite convergente. 

2.2.6 Comparaison des suites

Définition 2.10 Suites dominées. Suites négligeables. Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N
deux suites réelles.
✓ On dit que (xn )n∈N est dominée par (yn )n∈N lorsque n → +∞ si :

∃ C > 0, ∃N ∈ N : ∀ n ≥ N, |xn | ≤ C|yn |.

On note xn = O(yn ).
✓ On dit que (xn )n∈N est négligeable devant (yn )n∈N lorsque n → +∞ si :

∀ ε > 0, ∃N ∈ N : ∀ n ≥ N, |xn | ≤ ε|yn |.

On note xn = o(yn ). 
‚ Œ
xn
☞ Si pour tout n ∈ N, yn 6= 0, alors : xn = O(yn) ⇐⇒ est bornée.
yn n∈N
xn
☞ Si pour tout n ∈ N, yn 6= 0, alors : xn = o(yn ) ⇐⇒ lim = 0.
n→+∞ yn
☞ Supposons que xn = O(yn). Si lim yn = 0 alors lim xn = 0. Si lim |xn | =
n→+∞ n→+∞ n→+∞
+∞ alors lim |yn | = +∞.
n→+∞
☞ Transitivité : si xn = O(yn ) et yn = O(zn ), alors xn = O(zn ). Si on remplace
un O par un o, on obtient xn = o(zn ).
☞ xn = O(yn ), x′n = O(yn) =⇒ xn + x′n = O(yn); xn = o(yn ), x′n = o(yn ) =⇒
xn + x′n = o(yn ).
xn = O(yn ), x′n = O(yn′ ) =⇒ xn x′n = O(yn yn′ ); xn = O(yn), x′n = o(yn′ ) =⇒
xn x′n = o(yn yn′ ).
☞ Comparaison des suites usuelles :
€ Š
– si α < β : nα = o(nβ ) et (ln n)α = o (ln n)β ,
– si 0 < a < b : an = o(bn ),
– si α, β > 0 : (ln n)β = o(nα ),
– si α > 0, a > 1 : nα = o(an ).

Définition 2.11 Suites équivalentes. Soient (xn )n∈N et (yn )n∈N deux suites réelles.
On dit que (xn )n∈N est équivalente à (yn )n∈N si xn − yn = o(yn ). On note xn ∼ yn . 

xn
☞ si pour tout n ∈ N, yn 6= 0 alors xn ∼ yn ⇐⇒ lim = 1,
n→+∞ yn
xn − yn
☞ si pour tout n ∈ N, yn 6= 0, alors xn ∼ yn ⇐⇒ lim = 0,
n→+∞ yn
2.2. SUITES NUMÉRIQUES, CONVERGENCE 67

☞ si xn ∼ yn , alors xn et yn ont le même signe strict à partir d’un certain rang,


☞ symétrie : xn ∼ yn ⇐⇒ yn ∼ xn . Transitivité : (xn ∼ yn et yn ∼ zn ) =⇒
xn ∼ zn ,
☞ si xn ∼ yn , alors O(xn ) = O(yn ) et o(xn ) = o(yn ),
☞ si l 6= 0, alors xn ∼ l ⇐⇒ lim xn = l,
n→+∞
☞ si xn ∼ yn et x′n ∼ yn′ , alors xn x′n ∼ yn yn′ . Attention, on n’a pas en général
xn + yn ∼ x′n + yn′ ,
☞ si xn ∼ yn , alors xαn ∼ ynα ,
☞ équivalents usuels : si lim xn = 0, alors on a :
n→+∞

exn − 1 ∼ xn , ln(1 + xn ) ∼ xn , (1 + xn )α − 1 ∼ αxn , sin xn ∼ xn


sh xn ∼ xn , tan xn ∼ xn , th xn ∼ xn , arcsin xn ∼ xn , arctan xn ∼ xn
x2n x2n
argsh xn ∼ xn , argth xn ∼ xn , 1 − cos xn ∼ , ch xn − 1 ∼ .
2 2

Définition 2.12 Développements asymptotiques. Soit (xn )n∈N une suite réelle. On
appelle développement asymptotique de xn lorsque n → +∞ une écriture de xn sous la
forme :
xn = yn(1) + yn(2) + · · · + yn(r) + o(yn(r) )
(1) (r)
où (yn )n∈N , · · · , (yn )n∈N sont des suites réelles vérifiant :

∀ k ∈ J0, r − 1K, yn(k+1) = o(yn(k) ).

(r)
La suite (yn )n∈N est appelée précision du développement asymptotique. 

2.2.7 Suites à valeurs complexes

Définition 2.13 Soit (xn )n∈N une suite à valeurs complexes.


✓ On dit que (xn )n∈N est bornée si la suite réelle (|xn |)n∈N est majorée.
✓ Soit l ∈ C. On dit que la suite (xn )n∈N converge vers l si la suite réelle (|xn −l|)n∈N
converge vers 0. On note lim xn = l. 
n→+∞

Proposition 2.3 Soit (xn )n∈N une suite complexe. On dit que (xn )n∈N est convergente
(resp. bornée) si, et seulement si, chacune des suites réelles (ℜe(xn ))n∈N et (Im(xn ))n∈N
68 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

est convergente (resp. bornée). Dans ce cas, on a :


 ‹  ‹
lim xn = lim ℜe(xn ) + i lim Im(xn ) .
n→+∞ n→+∞ n→+∞

2.2.8 Complément : suites réelles récurrentes d’ordre 1

Définition 2.14 Suite réelle récurrente d’ordre 1


Soient I un intervalle de R et f : I −→ R une fonction telle que f (I) ⊂ I. On dit que
(xn )n∈N est une suite récurrente d’ordre 1 si

x0 ∈ I et ∀ n ∈ N xn+1 = f (xn ).

Théorème 2.8
Soit (xn )n≥0 une suite réelle récurrente d’ordre 1 définie par x0 et xn+1 = f (xn ).
Si xn −→ l et si f est continue en l, alors f (l) = l.

✍ Si f est continue sur I, les limites éventuelles de (xn )n≥0 sont soit les solutions
dans I de l’équation f (l) = l, soit les points de I \ I. (I est la fermeture de I.
Par exemple, si I = ]a, b[ ou [a, b[, avec a et b des réels, on a alors I = [a, b]).

Proposition 2.4 Monotonie


Soit (xn )n∈N une suite réelle récurrente d’ordre 1 définie par xn+1 = f (xn ).
✓ Si f est croissante, la suite (xn )n≥0 est monotone et son sens de monotonie est
donnée par le signe de x1 − x0 .
✓ Si f est décroissante, la fonction f ◦ f est croissante. Les suites (x2n )n≥0 et
(x2n+1 )n≥0 sont monotones, et leur sens de monotonie est opposé. 

Théorème 2.9 Théorème du point fixe


S’il existe un intervalle fermé I ⊂ R tel que :
✓ f (I) ⊂ I,
✓ f est contractante sur I, c’est-à-dire :

∃ k ∈ ]0, 1[, ∀ (x, y) ∈ I 2 , |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|

(en particulier si f est dérivable sur I avec sup |f ′ | < 1)


I
2.3. EXERCICES 69

alors
✓ il existe un unique a ∈ I tel que f (a) = a
✓ toute suite vérifiant x0 ∈ I et xn+1 = f (xn ) converge vers a. 

Théorème 2.10 Étude des points fixes On suppose qu’il existe a tel que
f (a) = a et f de classe C 1 au voisinage de a.
✓ Si |f ′ (a)| > 1 : le point a est dit répulsif ou instable, la suite (xn )n≥0 ne
converge vers a que s’il existe un rang n0 pour lequel xn0 = a.
✓ Si |f ′ (a)| < 1 : le point a est dit attractif ou stable, il existe un intervalle
I contenant a tel que toute suite vérifiant x0 ∈ I et xn+1 = f (xn ) converge
vers a.
⋄ Si f ′ (a) ∈ ]0, 1[, f est strictement croissante au voisinage de a, la suite
(xn )n≥0 est monotone à partir d’un certain rang.
⋄ Si f ′ (a) ∈ ] − 1, 0[, f est strictement décroissante au voisinage de a, les
suites (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 sont monotones à partir d’un certain rang en
sens contraire, ces suites sont adjacentes.
✓ Si |f ′ (a)| = 1, a est dit stationnaire. On ne peut pas conclure dans le cas
général mais on peut déterminer un équivalent de yn := xn −a en cherchant
α
un α tel que la suite yn+1 − ynα ait une limite finie non nulle. Le lemme de
Cesàro permet alors de conclure. 

2.3 Exercices

2.3.1 Exercices de base

Exercice 2.1
Vrai - Faux
1. Soit (xn )n≥0 une suite de réels strictement positifs et telle que lim xn = 0. Alors,
n→+∞
(xn )n≥0 est décroissante à partir d’un certain rang.
2. Si un ∼ vn , alors eun ∼ evn .
3. Une suite (xn )n≥0 est convergente si, et seulement si, les deux sous-suites (x2n )n≥0
et (x2n+1 )n≥0 sont convergentes. 

n
1. Faux. La suite (xn )n≥0 de terme général xn = n12 + (−1)
n
est un contre-exemple
qui montre qu’elle n’est pas décroissante à partir d’un certain rang.
2. Faux. On prend xn = n et yn = n + 1, alors xn ∼ yn alors que en et en+1 = en × e
70 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

ne sont pas équivalentes.


3. Faux. La suite ((−1)n )n≥0 est telle que les sous-suites (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 sont
convergentes alors que (xn )n≥0 ne l’est pas. Cependant, si (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0
convergent vers la même limite, alors (xn )n≥0 est convergente.

Exercice 2.2
Montrer que pour qu’une suite (xn )n≥0 soit convergente, il faut et il suffit que les suites
extraites (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 soient convergentes et que leurs limites soient égales.

(=⇒) Soit (xn )n≥0 une suite convergente de limite l, et considérons une suite (xϕ(n) )n≥0
extraite de (xn )n≥0 . On sait que :

∀ ε > 0, ∃ p ∈ N tel que n ≥ p =⇒ |xn − l| ≤ ε.


€ Š

Comme ϕ(n) ≥ n, alors pour n ≥ p on a : xϕ(n) − l ≤ ε. Donc, la suite xϕ(n) n≥0
converge vers l.
(⇐=) Supposons que (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 convergent vers la même limite l, alors
on a respectivement :

∃ p ∈ N tel que n ≥ p =⇒ |x2n − l| ≤ ε et ∃ q ∈ N tel que n ≥ q =⇒ |x2n+1 − l| ≤ ε.

En posant, r = max{2p, 2q + 1}, alors pour n ≥ r on a : |xn − l| ≤ ε.

Exercice 2.3
Soit (xn ) ∈ RN une suite réelle. Montrer que (xn )n≥0 n’admet aucune suite extraite
convergente si, et seulement si, lim |xn | = +∞. 
n→+∞

(=⇒) On suppose que toute suite extraite est divergente, alors aucune d’entre elles
n’est bornée, par suite pour tout M > 0 l’ensemble

{n ∈ N : |xn | ≤ M}

est fini. Par conséquent :

∀ M > 0, ∃ m0 ∈ N tel que n ≥ m0 =⇒ |xn | ≥ M.

D’où, on a : lim |xn | = +∞.


n→+∞ € Š
(⇐=) On suppose que lim |xn | = +∞, alors toute suite extraite xϕ(n) n≥0
vérifie
n→+∞



lim xϕ(n) = 0.
n→+∞
2.3. EXERCICES 71

Par suite, la suite (xn )n≥0 n’admet aucune suite extraite convergente.

Exercice 2.4
Soit x un nombre réel fixé. On considère les suites (xn )n≥0 et (yn )n≥0 définies par :

⌊10n x⌋ ⌊10n x⌋ 1
xn = et yn = + n.
10n 10n 10

1. Montrer que les suites (xn )n≥0 et (yn )n≥0 sont adjacentes.
2. Montrer que leur limite commune est x. 

1. La suite (xn )n≥0 est croissante, en effet : on a pour tout n ∈ N

⌊10n+1 x⌋ − 10 ⌊10n x⌋
xn+1 − xn = .
10n+1

Or, par définition de la partie entière on sait que :

⌊10n+1x⌋ ≤ 10n+1 x < ⌊10n+1 x⌋ + 1 et ⌊10n x⌋ ≤ 10n x < ⌊10n x⌋ + 1.

On en déduit que :

−10⌊10n x⌋ − 10 < −10n+1 x ≤ −10⌊10n x⌋ d’où 0 < ⌊10n+1 x⌋ − 10⌊10n x⌋ + 1.

Donc, comme il s’agit d’entiers, on a : 0 ≤ ⌊10n+1 x⌋ − 10⌊10n x⌋, et ainsi (xn )n≥0
est une suite croissante.
De même, on montre que pour tout n ∈ N : yn+1 − yn ≤ 0, et donc (yn )n≥0 est
une suite décroissante.
1
Finalement, il est clair que la limite, lorsque n → +∞, de yn − xn = n est 0.
10
En conclusion, (xn )n≥0 et (yn )n≥0 sont deux suites adjacentes.
2. Comme (xn )n≥0 et (yn )n≥0 sont deux suites adjacentes alors elle convergent vers
la même limite l. Or on a :

xn ≤ x < yn car ⌊10n x⌋ ≤ 10n x < ⌊10n x⌋ + 1.

Par conséquent, en passant à la limite lorsque n → +∞, on conclut que : l ≤ x ≤ l,


ce qui donne : limn→+∞ xn = limn→+∞ yn = x.

Exercice 2.5
Constante d’Euler
On considère les suites (xn )n≥1 et (yn )n≥1 définies par

n n−1
X 1 X 1
xn = − ln n, yn = − ln n, y1 = 0.
k=1
k k=1
k
72 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

1. Montrer que ces deux suites sont adjacentes.


2. En déduire que la suite (xn )n≥1 converge vers un réel γ ∈ [0, 1], et encadrer γ à 10−1
près. Le nombre γ s’appelle constante d’Euler.
3. On souhaite obtenir un encadrement de γ à 10−3 près. Pour cela on considère les
suites (zn )n≥1 et (tn )n≥1 définies par

xn + yn xn + yn+1
zn = , tn = .
2 2

Montrer que les suites (zn )n≥1 et (tn )n≥1 sont adjacentes. Quelle est leur limite com-
mune ? En déduire un encadrement de γ à 10−3 près. 

1. On a respectivement
 
1 1 n+1
xn+1 − xn = − ln(n + 1) + ln(n) = − ln ,
n+1 n+1 n

et  
1 1 n+1
yn+1 − yn = − ln(n + 1) + ln(n) = − ln .
n n n
1 1 1
Or, pour tout x ∈ [n, n + 1] on a : ≤ ≤ , donc en intégrant ces inégalités
n+1 x n
sur [n, n + 1] on déduit que :
 
1 n+1 1
≤ ln ≤ .
n+1 n n

Par conséquent, la suite (xn )n≥1 est décroissante et la suite (yn )n≥1 est croissante.
De plus, xn − yn = n1 tend vers zéro lorsque n tend vers l’infini. En conclusion, les
deux suites (xn )n≥1 et (yn )n≥1 sont adjacentes, elles convergent vers la même limite
γ avec en plus :
∀ n ∈ N∗ , yn ≤ γ ≤ xn .

2. Si n = 1, alors l’encadrement ci-dessous nous donne 0 ≤ γ ≤ 1. On obtient un


encadrement de γ à 10−1 près pour |xn − yn | ≤ 10−1, c’est-à-dire à partir de n = 10 :

9
X 1 10
X 1
y10 = − ln 10 ≃ 0, 526 x10 = − ln 10 ≃ 0, 626.
k=1 k k=1 k

En conclusion, on a : 0, 52 ≤ γ ≤ 0, 63.
3. On a respectivement
     
1 1 1 n+1 1 1 n+2
zn+1 − zn = + − ln , tn+1 − tn = − ln .
2 n+1 n n n+1 2 n
€ Š
Une étude simple des fonctions x 7−→ 1
2
1
x+1
+ 1
x
− ln x+1
x
et x 7−→ 1
x+1
− 12 ln x+2
x
2.3. EXERCICES 73

montre que la suite (zn )n≥1 est croissante et la suite (tn )n≥1 est décroissante. Fina-
lement  
1 1 n+1
tn − zn = − ln
2 n n
tend vers zéro lorsque n → +∞. En conclusion, les suites (zn )n≥1 et (tn )n≥1 sont
adjacentes et pour tout n ∈ N∗ on a :

yn ≤ zn ≤ tn ≤ xn

et par le théorème des gendarmes on déduit que : lim zn = lim tn = γ.


n→+∞ n→+∞
On obtient un encadrement de γ à 10−3 près pour |zn − tn | ≤ 10−3 , c’est-à-dire
à partir de n = 16. On a : z16 ≃ 0, 5768 et t16 ≃ 0, 5778. En conclusion, on a :
0, 5768 ≤ γ ≤ 0, 5779.

Exercice 2.6
1
On considère la suite (xn )n≥0 définie par x0 = et pour n ∈ N :
2
4 3 1
xn+1 = x + .
3 n 6
π
Montrer que la suite (xn )n≥0 est convergente et que lim xn = sin . 
n→+∞ 18

Soit f la fonction définie par f (x) = 43 x3 + 61 . Une étude de fonction assez simple
” —
montre que f est croissante, que l’intervalle 0, 12 est stable par f . Donc, la suite
” —
(xn )n≥0 prend ses valeurs dans l’intervalle 0, 21 .
” —
Maintenant, il est facile de voir que f est strictement croissante sur l’intervalle 0, 21
et que f (x0 ) = x1 < x0 . Par simple récurrence, la suite (xn )n≥0 est strictement
décroissante et minorée par 0. D’où, la suite (xn )n≥0 converge vers un nombre réel
” —
l ∈ 0, 12 , et grâce à la continuité de f la limite l est un point fixe de f , c’est-à-dire
f (l) = l.
Comme
‚ Œ3
3 eix − e−ix e3ix − 3eix + 3e−ix − e−3ix sin 3x 3 sin x
sin x = = =− +
2i −8i 4 4
€ Š
alors en prenant x = 18
π
on déduit que f sin 18
π
= sin 18π
. Finalement, une étude
” —
de fonction montre que f n’a qu’un seul point fixe sur l’intervalle 0, 12 , donc par
unicité du point fixe on conclut finalement que

π
lim xn = sin .
n→+∞ 18
74 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Exercice 2.7
On considère l’ensemble
  ‹n+m 
n+m+1 ∗ ∗
E = : (n, m) ∈ N × N .
n+m

Montrer que E est une partie majorée de R. Calculer sup(E). 

Pour tout (n, m) ∈ N∗ × N∗ on a :


 n+m  n+m
n+m+1 1
e(n+m) ln(1+ n+m ) .
1
= 1+ =
n+m n+m
 
1 1
Or pour x ≥ −1 on sait que ln(1 + x) ≤ x, par suite ln 1 + ≤ et
n+m n+m
 n+m
∗ ∗ 1+n+m
∀ (n, m) ∈ N × N , ≤ e.
n+m

Considérons la suite réelle (xn )n≥0 définie par :


 2n
1
e2n ln(1+ 2n ) .
1
xn = 1+ =
2n
 
ln(1 + x) 1
Comme lim = 1, alors lim 2n ln 1 + = 1 et donc lim xn = e.
x→0 x n→+∞ 2n n→+∞
En conclusion, e = sup(E) car e majore E et est limite d’une suite de points de E.

Exercice 2.8
Densité. Nombres dyadiques. Nombres irrationnels
1. Montrer que l’ensemble des nombres dyadiques
 
k
∈ Q : k ∈ Z, n ∈ N
2n

est dense dans R.


2. Montrer que l’ensemble des nombres irrationnels R \ Q est dense dans R. 

€ Š
1. Soit I = ]a, b[ un intervalle non vide de R. Comme la suite 21n n≥0 tend vers
0 < b − a à l’infini, alors il existe un entier naturel suffisamment grand N ∈ N tel
que : 21N < b − a. Considérons l’ensemble :
¨ «
k
D = k∈Z : ≤ a ⊂ Z.
2N

Alors :
⋄ D 6= ∅ : car lim k
N = −∞ < a,
k→−∞ 2
2.3. EXERCICES 75

⋄ D est majoré par 2N × a.


Donc, D admet un plus grand élément K avec K + 1 6∈ D, c’est-à-dire K+1
2N
> a.
Par ailleurs :

K +1 K 1
= + N < a + (b − a) = b.
2N 2 N 2

Donc, K+1
2N
∈ D ∩ ]a, b[, et D ∩ ]a, b[ est donc non vide. D’où, la densité de l’ensemble
des nombres dyadiques dans R.
2. D’après la première question on déduit, en particulier, que Q est dense dans R.
Maintenant, soit x ∈ R \ Q, alors il existe (par densité de Q dans R) une suite

(rn )n≥0 ∈ QN telle que : lim rn = x − 2. Par suite :
n→+∞

€ √ Š √
lim rn + 2 = x avec rn + 2 ∈ R \ Q, ∀ n ∈ N.
n→+∞

On déduit donc la densité de R \ Q dans R.

Exercice 2.9
Soient A et B deux parties non vides de R.
1. On suppose que A et B sont majorées (respectivement minorées), montrer que

sup(A + B) = sup(A) + sup(B), respectivement inf(A + B) = inf(A) + inf(B).

avec A + B = {a + b : a ∈ A, b ∈ B}.
2. On suppose que A et B sont majorées et incluses dans R+ , montrer que

sup(A × B) = sup(A) × sup(B)

où A × B = {a × b : a ∈ A, b ∈ B}. En déduire que si A ⊂ R∗+ et λ ≥ 0 alors

sup ({λa : a ∈ A}) = λ sup(A).

3. On suppose que A est une partie majorée de R+ , montrer que


€ √ Š È √ √
sup A = sup(A) où A = { x : x ∈ A}.

4. On suppose que pour tout (a, b) ∈ A × B, a ≤ b. Montrer que A admet une borne
supérieure, que B admet une borne inférieure et que :

sup(A) ≤ inf(B).

1. Le nombre sup(A + B) existe car A + B est un ensemble non vide (puisque A et


B le sont), de plus A + B est majoré par M1 + M2 où M1 et M2 sont respectivement
76 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

des majorants de A et B. De plus, comme M1 + M2 est un majorant de A + B,


alors on déduit aussi que sup(A + B) ≤ sup(A) + sup(B). Montrons maintenant que
sup(A) + sup(B) ≤ sup(A + B). Soit (a, b) ∈ A × B, alors a + b ≤ sup(A + B),
par suite a ≤ sup(A + B) − b pour tout a ∈ A. Par conséquent, on déduit que :
sup(A) ≤ sup(A + B) − b. Par suite, b ≤ sup(A + B) − sup(A) pour tout b ∈ B.
Finalement, on déduit alors sup(B) ≤ sup(A + B) − sup(A). En conclusion, on a
montré que :
sup(A + B) = sup(A) + sup(B).

Une démonstration analogue peut être faire pour inf(A + B) = inf(A) + inf(B).
2. Soit x ∈ A × B, alors il existe (a, b) ∈ A × B tel que x = a × b. Donc, x ≤
sup(A) × sup(B), et par suite sup(A × B) ≤ sup(A) × sup(B). Montrons à présent
l’autre inégalité. On distingue deux cas.
⋄ Si sup(A) = 0 ou sup(B) = 0, alors A = {0} ou B = {0}, et par suite sup(A×B) =
sup(A) × sup(B).
⋄ Si sup(A) > 0 ou sup(B) > 0, alors si b 6= 0 est un élément de B, on a pour tout
a ∈ A : ab ≤ sup(A × B), donc sup(A) ≤ sup(A×B) b
et alors b ≤ sup(A×B)
sup(A)
. Ainsi,
sup(B) ≤ sup(A×B)
sup(B)
, finalement on a : sup(A) × sup(B) ≤ sup(A × B).
En prenant B = {λ}, alors il s’ensuit que sup ({λ a : a ∈ A}) = λ sup(A).
√ È
3. Comme sup(A) est un majorant de A alors on déduit que x ≤ sup(A) pour
€√ Š È
tout x ∈ A. D’où, sup A ≤ sup(A).
√ €√ Š
Maintenant, on a pour tout x ∈ A : x ≤ sup A . En élevant au carré on
déduit que pour tout x ∈ A :
 √ 2
x ≤ sup A .

€ €√ ŠŠ2
D’où, sup(A) ≤ sup A , et en prenant la racine carrée, il s’ensuit que :
È €√ Š È €√ Š
sup(A) ≤ sup A . Finalement, on a montré que sup(A) = sup A .
4. Comme A 6= ∅, alors il existe un élément a ∈ A. Pour tout b ∈ B : a ≤ b, par
suite a ≤ inf(B). Par conséquent, il découle que sup(A) ≤ inf(B).

Exercice 2.10
Soit A une partie non vide de R. On pose : −A = {−x : x ∈ A}.
Montrer que :
1. A est majorée =⇒ −A est minorée et on a : inf(−A) = − sup(A).
2. A est minorée =⇒ −A est majorée et on a : sup(−A) = − inf(A).
Soient A et B deux parties non vides de R. Montrer que :
3. A et B sont majorées =⇒ A ∪ B est majorée et on a :

sup(A ∪ B) = sup(sup(A), sup(B)).


2.3. EXERCICES 77

4. A et B sont minorées =⇒ A ∪ B est minorée et on a :

inf(A ∪ B) = inf(inf(A), inf(B)).

1. Comme A est une partie non vide majorée de R alors elle admet une borne
supérieure M. Par suite on a :

∀ x ∈ A, x ≤ M et ∀ ε > 0, ∃ x0 ∈ A : M − ε < x0 ≤ M.

Alors, pour tout y ∈ (−A) on a : −M ≤ y (d’où −A est minorée). De plus :

∀ ε > 0, ∃ y0 ∈ (−A) : −M ≤ y0 < −M + ε.

Par conséquent, −M = − sup(A) est la borne inférieure de (−A).


2. La démonstration est analogue à celle de la première question.
3. Soient α = sup(A), β = sup(B) et M = sup(α, β), alors M est un majorant
de A et de B, donc c’est un majorant de A ∪ B. Comme A et B jouent des rôles
symétriques, on peut supposer que M = β (dans le cas où M = α on a la même
démonstration). Donc, pour tout ε > 0, il existe y0 ∈ B tel que β − ε < y0 ≤ β.
Par suite :
∀ ε > 0, ∃ y0 ∈ A ∪ B : β − ε < y0 ≤ β.

En conclusion, sup(A ∪ B) = M = sup(sup(A), sup(B)).


4. Même démonstration pour : inf(A ∪ B) = inf(inf(A), inf(B)).

Exercice 2.11
Soient A et B deux parties non vides de ]0, +∞[. On suppose que A est majorée et que
B admet un minorant strictement positif. Montrer que l’ensemble
§ ª
a
C = : (a, b) ∈ A × B
b

admet une borne supérieure que l’on déterminera. 

Comme A est non vide majorée (resp. B est non vide et minorée) alors elle
possède une borne supérieure (resp. une borne inférieure qui est le plus grand des
minorants de B). Comme il existe au moins un minorant strictement positif, alors
la borne inférieure de B est > 0. Ainsi, pour tout (a, b) ∈ A × B on a : a ≤ sup(A)
et b ≥ inf(B) et par suite
a sup(A)
≤ .
b inf(B)
78 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

sup(A)
Par conséquent, l’élément est un majorant de l’ensemble C. Montrons main-
inf(B)
tenant que c’est le plus petit des majorants.
a
Soit M un majorant (non nul) de l’ensemble C, alors ≤ M pour tout (a, b) ∈ A×B,
b
d’où a ≤ bM. Donc, bM est un majorant de A et alors bM ≥ sup(A). Par suite

sup(A)
∀ b ∈ B, b ≥ .
M

sup(A) sup(A)
Par conséquent, est un minorant de B, donc ≤ inf(B), d’où :
M M

sup(A)
≤ M.
inf(B)

sup(A)
En conclusion, est plus petit que tout autre majorant de C, il s’agit donc
inf(B)
de la borne supérieure de C et finalement :

sup(A)
sup(C) = .
inf(B)

Exercice 2.12
Soit E un ensemble ordonné dans lequel toute partie finie admet une borne inférieure
et une borne supérieure.
Soit (ai,j )1≤i≤n, 1≤j≤p une famille d’éléments de E. Montrer que :
" # – ™

inf sup ai,j ≥ sup inf ai,j .


i∈J1,nK j∈J1,pK j∈J1,pK i∈J1,nK

Pour tout k ∈ J1, nK et pour tout j ∈ J1, pK on a :

inf ai,j ≤ ak,j ≤ sup ak,l .


i∈J1,nK l∈J1,pK

En passant au sup dans l’expression de gauche, on déduit que :


– ™

∀ k ∈ J1, nK, sup inf ai,j ≤ sup ak,l .


j∈J1,pK i∈J1,nK l∈J1,pK

En passant à l’inf dans l’expression de droite, on déduit que :


– ™ " #

sup inf ai,j ≤ inf sup ak,j .


j∈J1,pK i∈J1,nK k∈J1,nK j∈J1,pK
2.3. EXERCICES 79

Exercice 2.13
En considérant l’ensemble A = {x ∈ Q+ : x2 < 2}, montrer que l’ensemble Q ne
possède pas la propriété de la borne supérieure. 

⋄ Montrons qu’il n’existe pas de nombres rationnels dont le carré est égal à 2. En
2
effet, si pq2 = 2 avec (p, q) ∈ N∗2 et p ∧ q = 1, alors p2 = 2q 2 . Donc, q | p2 et par le
théorème de Gauss q | p. Par suite, q = 1 et p2 = 2 avec p entier, absurde.
En posant B = {x ∈ Q+ : x2 > 2} alors :

Q+ = A ∪ B et A ∩ B = ∅.

A et B sont deux parties non vides et tout élément de B est un majorant de A.


⋄ Montrons que B est l’ensemble des majorants de A. En effet, on montre que A n’a
pas de plus grand élément. Soit a ∈ A et cherchons n ∈ N∗ tel que a + n1 ∈ A. Il est
clair que :
 2
1 2a 1
a+ < 2 ⇐⇒ + 2 < 2 − a2 .
n n n
€ Š
1 2
Comme 2a
n
+ 1
n2
≤ 2a+1
n
alors pour avoir a + n
< 2 il suffit de choisir n tel que

2a + 1 2a + 1
< 2 − a2 c’est-à-dire n > .
n 2 − a2

⋄ Montrons que A n’admet pas de borne supérieure dans Q. Cela revient à montrer
que B n’admet pas de plus petit élément : soit b ∈ B on cherche n ∈ N∗ tel que
b− 1
n
∈ B. Il faut d’abord choisir n ≥ 1b . Maintenant
 2
1 2b 1
b− > 2 ⇐⇒ − 2 < b2 − 2.
n n n

Il suffit que 2b
n
< b2 − 2, c’est-à-dire n > 2b
b2 −2
. Finalement,
‚ Œ
1 2b 1
n > max , =⇒ b− ∈ B.
b b2 − 2 n

En conclusion, l’ensemble A ne possède pas la propriété de la borne supérieure.

Exercice 2.14
Montrer que
√ √ √
2+ 3+ 5

est un nombre irrationnel. 


√ √ √
Supposons, par l’absurde, que 2+ 3+ 5 = r ∈ Q. En prenant le carré de
80 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

√ √ √
l’expression 2+ 3=r− 5 on déduit que
√ √
5+2 6 = r 2 − 2r 5 + 5. (1)
√ √
Par suite, le nombre 2 6 + 2r 5 est un nombre rationnel.

En prenant, encore une fois, le carré de (1), on déduit que 24 + 20r 2 + 8r 30 est

un rationnel, et par conséquent 30 ∈ Q.

Or, si 30 = pq avec (p, q) ∈ N × N∗ et p ∧ q = 1, on obtient p2 = 30q 2 , donc 2 | p et
€ Š2
comme 2 p2 = 15q 2 alors on déduit que 2 | q. Contradiction avec p ∧ q = 1.
√ √ √
En conclusion, 2 + 3 + 5 est un nombre irrationnel.

Exercice 2.15
Dichotomie
Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue telle que :
(i) f (a)f (b) < 0,
(ii) l’équation f (x) = 0 admet une unique solution x0 ∈ [a, b].
On considère les suites (an )n≥0 et (bn )n≥0 défnies par a0 = a, b0 = b et pour n ∈ N :
8
> an + bn  
< an+1 = an + bn
2 si f × f (an ) > 0
>
: bn+1 = bn 2

et 8
>  
<an+1 = an an + bn
an + bn si f × f (an ) < 0.
>
b
: n+1 = 2
2
1. Montrer que (an )n≥0 et (bn )n≥0 sont deux suites adjacentes.
2. Montrer que leur limite commune est x0 . 

1. Pour tout n ∈ N, on a :

an − bn
an+1 − bn+1 = ,
2

donc on déduit d’une part que la suite (an − bn )n≥0 est géométrique de rasion 1
2
< 1,
donc converge vers 0, d’autre part on a : an − bn = < 0 et ainsi an < bn .
b−a
2n
La suite (an )n≥0 est croissante : en effet on a pour tout n ∈ N
8
>
< 0 si an+1 = an
an+1 − an = > bn −an
:
2
sinon.

Par suite, an+1 − an ≥ 0 pour tout n ∈ N, et la suite (an )n≥0 est alors croissante.
2.3. EXERCICES 81

La suite (bn )n≥0 est décroissante : en effet on a pour tout n ∈ N


8
>
< 0 si bn+1 = bn
bn+1 − bn = > an −bn
:
2
sinon.

Par suite, bn+1 − bn ≤ 0 pour tout n ∈ N, et la suite (bn )n≥0 est alors décroissante.
En conclusion, les suites (an )n≥0 et (bn )n≥0 sont adjacentes.
2. Comme les suites (an )n≥0 et (bn )n≥0 sont adjacentes, alors elles convergent vers
la même limite l. Comme f est continue alors

lim f (an ) = lim f (yn ) = f (l).


n→+∞ n→+∞

De plus, on a par hypothèse f (an )f (bn ) < 0, et donc à la limite on déduit que
(f (l))2 ≤ 0. Donc, on déduit que f (l) = 0, et comme il y a unicité de la solution de
l’équation f (x) = 0, alors on a finalement l = x0 .

Exercice 2.16
Montrer que la suite (xn )n≥1 de terme général xn = sin (ln n) n’admet pas de limite.

Supposons, par l’absurde, que la suite (xn )n≥1 admet une limite l1 ∈ R. Comme
la suite (xn )n≥1 est bornée (majorée par 1) alors l1 ∈ R. Donc, lim x2n = l1 . Or
n→+∞

x2n = cos (ln 2) xn + sin (ln 2) cos (ln n) .

Par conséquent, la suite de terme général cos (ln n) converge vers un nombre réel l2 .
Donc, lim ei ln n = l1 + il2 . La suite de terme général, ei ln(2n) est extraite de la
n→+∞
suite de terme général ei ln n , elle converge alors vers la même limite l1 + il2 . Comme
ei ln(2n) = ei ln 2 ei ln n et que ei ln 2 6= 1, alors on doit avoir l1 + il2 = 0. D’autre part,

lim ei ln n = lim 1 = 1, ainsi |l1 + il2 | = 1. Contradiction. En conclusion, la suite
n→+∞ n→+∞
de terme général xn = sin (ln n) n’admet pas de limite.

Exercice 2.17
Théorème de Cesàro
On considère une suite (un )n≥0 et la suite (vn )n≥0 de ses moyennes définie par :

u0 + u1 + · · · + un
vn = .
n+1

1. théorème de cesàro : Montrer que si lim un = l ∈ R alors lim vn = l. En


n→+∞ n→+∞
n
X
déduire que si l 6= 0, alors un ∼ nl.
k=1
2. Montrer que la réciproque est fausse en général.
82 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

3. Montrer que : lim un = +∞ =⇒ lim vn = +∞. Qu’en est-il si (un )n≥0 tend
n→+∞ n→+∞
vers −∞ ?
4. Montrer que si (un )n≥0 est monotone, alors la convergence de (vn )n≥0 entraîne celle
de (un )n≥0 .
5. Une variante du lemme de Cesàro. Soit (un )n≥0 une suite complexe. Montrer
que
€ Š € Š € Š
n n n
0 u0 + 1 u1 + · · · + n un
lim un = l =⇒ lim = l.
n→+∞ n→+∞ 2n

1. Puisque lim un = l, alors on peut écrire


n→+∞

u n = l + rn avec lim rn = 0.
n→+∞

D’où

u0 + · · · + un (r0 + l) + · · · + (rn + l) r0 + · · · + rn
= = + l := Rn + l.
n+1 n+1 n+1

Pour répondre à la question, il suffit de montrer que lim Rn = 0.


n→+∞
La suite (rn )n≥0 tend vers zéro à l’infini, donc :

ε
∀ ε > 0, ∃N ∈ N : n≥N =⇒ |rn | ≤ .
2

Maintenant, on a

r0 + r1 + · · · + rN −1 rN + rN +1 + · · · + rn
Rn = + .
n+1 n+1
r0 +r1 +···+rN−1
Or, d’une part, lim n+1
= 0, donc il existe M ∈ N tel que pour n ≥ M
n→+∞
r0 +r1 +···+rN−1
on ait n+1
≤ 2ε . D’autre part, on a

r + rN +1 + · · · + rn |rN | + |rN +1 | + · · · + |rn |
N

n−N +1 ε ε
≤ ≤ × ≤ .
n+1 n+1 n+1 2 2

En conclusion, on a montré que lim Rn = 0.


n→+∞
Si l 6= 0, alors comme Pn
k=1 uk
lim = nl
nln→+∞

alors on déduit l’équivalence demandée.


2. La réciproque est fausse, en général, car la suite de terme général (−1)n diverge
alors que la suite de ses moyennes converge vers 0.
3. Dans cette question on utilisera une somme du type u1 +···+un
n
au lieu de u0 +···+un
n+1
,
2.3. EXERCICES 83

mais le lecteur a compris que c’est le même raisonnement.


Soit M > 0, comme lim un = +∞ il existe N ∈ N tel que pour n ≥ N on a :
n→+∞
un ≥ 3M. Si A = u1 + · · · + uN , alors pour n ≥ N on a :

u1 + · · · + uN uN +1 + · · · + un A n−N
+ ≥ + 3M.
n n n n

Les deux termes à droite dans les inégalités ci-dessus tendent vers 0 lorsque n → +∞,
alors il existe N
f
≥ N tel que pour n ≥ N f
on ait :

A n−N 2
≥ −M et ≥ .
n n 3

Donc, n ≥ N
f
=⇒ vn ≥ −M + 32 × 3M = M, d’où lim vn = +∞.
n→+∞
Maintenant, si (un )n≥0 tend vers −∞, alors par ce qui précède on déduit que la suite
−(vn )n≥0 tend vers +∞, et par conséquent lim vn = −∞.
n→+∞
4. On suppose que la suite (un )n≥0 est croissante (le cas décroissante se traite de
la même façon). Dans ce cas, on sait que soit (un )n≥0 converge ou tend vers +∞.
Comme (vn )n≥0 est convergente alors par la question précèdente la suite (xn )n≥0
ne peut pas tendre vers +∞, donc elle converge. Finalement, d’après la première
question, la limite de (un )n≥0 est celle de (vn )n≥0 , par suite (un )n≥0 converge vers la
même limite que (vn )n≥0 .
5. On traite le cas où la suite (un )n≥0 est à valeurs réelles. Le cas complexe se traite
de la même façon en séparant la partie réelle et la partie imaginaire.
On a :
€ Š € Š € Š € Š € Š € Š
n n n n n n
u0 + u1 + · · · + un (u0 − l) + (u1 − l) + · · · + (un − l)
0 1 n
−l = 0 1 n
.
2n 2n

La suite (un )n≥0 tend vers l, donc pour tout ε > 0 il existe N ∈ N tel que pour
n ≥ N on ait : |un − l| ≤ ε. Par suite on a, d’une part
€ Š € Š € Š
n n n
0
(u0 − l) + 1
(u1 − l) + · · · + N −1
(uN −1 − l)
−−−−→ 0,
2n n→+∞

€ Š € Š
n n
car le coefficient binomial k
est un polynôme en n et donc k
= o(2n ), et d’autre
part
€ Š € Š € Š
n !
(uN − l) + n
(uN +1 − l) + · · · + n
(un − l) ε n
X n
N N +1 n ≤

2n 2n k=N k
!
n
ε X n ε
≤ = · 2n = ε.
2n k=0 k 2n
84 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

En conclusion, on a montré que


€ Š € Š € Š
n n n
u0 + u1 + · · · + un
lim un = l =⇒ lim 0 1 n
= l.
n→+∞ n→+∞ 2n

Exercice 2.18
Déterminer un équivalent, puis la limite de la suite (xn )n≥1 définie par :
 ‹  ‹  
π 2π (n − 1)π
xn = sin + sin + · · · + sin .
n n n

En posant
   ‚ Œ
π‹ 2π (n − 1)π
yn = 1 + cos + cos + · · · + cos
n n n

alors
π 2π (n−1)π
xn + iyn = 1 + ei n + ei n + · · · + ei n .

C’est la somme des termes d’une suite géométrique de premier terme 1 et de raison
π
ei n , alors on déduit que :

1 − eiπ π i
xn + iyn = π = e−i 2n × € Š .
1 − ei n sin π
2n

Donc, pour tout n ∈ N∗ , on déduit que :


€ Š
cos 2n
π
1 2n
xn = € Š ∼ π ∼ .
sin 2n
π
2n
π

En conclusion, on déduit que lim xn = +∞.


n→+∞

Exercice 2.19
Soit (xn )n≥0 une suite à termes réels strictement positifs telle que :

xn+1
lim = l ∈ R.
n→+∞ xn

1. Montrer que :
l < 1 =⇒ lim xn = 0.
n→+∞

2. Montrer que :
l > 1 =⇒ lim xn = +∞.
n→+∞

3. Que peut-on dire lorsque l = 1 ?


4. Généraliser ces résultats au cas d’une suite de réels non nuls de signe quelconque.
2.3. EXERCICES 85
€ Š
xn+1
1. Comme la suite xn n≥0
converge vers l, alors il existe N ∈ N tel que :

xn+1 l+1
n ≥ N =⇒ ≤ .
xn 2

Par récurrence on voit alors que :


‚ Œm
l+1
∀ m ∈ N, 0 < xN +m < xN .
2
€ Š
l+1 n−N
Par conséquent : n ≥ N =⇒ 0 < xn ≤ 2
xN . Comme l+1
2
< 1 alors en
passant à la limite dans les inégalités précédentes on déduit que : lim xn = 0.
n→+∞
2. Comme avant, il existe N ∈ N tel que :

xn+1 l+1
n ≥ N =⇒ ≥ .
xn 2

Par récurrence, on voit alors que :


‚ Œm
l+1
∀ m ∈ N, xN +m ≥ xN .
2
€ Šn−N
Par conséquent : n ≥ N =⇒ xn ≥ l+1 2
xN . Comme l+12
> 1 alors en passant
à la limite dans les inégalités précédentes on déduit que : lim xn = +∞.
n→+∞
3. Dans le cas où l = 1 on ne peux rien conclure, en effet pour xn = 1
n
on a bien
lim xn = 0, alors qu’avec yn = n on a lim yn = +∞.
n→+∞ n→+∞
xn+1
4. Soit (xn )n≥0 une suite de réels non nuls de signe quelconque avec lim = l.
n→+∞ xn
On distingue quatre cas :
⋄ Si |l| < 1 :
alors on sait que lim |yn | = 0 (d’après la question 1.), donc lim yn = 0.
n→+∞ n→+∞
⋄ Si l > 1 :
alors on sait que lim |xn | = +∞ (d’après la question 2.), donc lim xn = ±∞
n→+∞ n→+∞
(car la suite garde un signe constant à partir d’un certain rang).
⋄ Si |l| = 1 :
€ Šn
alors on ne peut rien dire. Il suffit de considérer xn = (−1)n et xn = −1
n
.
⋄ Si l < −1 :
alors on sait que lim |xn | = +∞ (d’après la question 2.), donc comme la suite
n→+∞
change de signe à partir d’un certain rang, on déduit que la suite (xn )n≥0 n’admet
aucune limite.
On a deux sous-suites extraites, l’une tendant vers +∞ et l’autre vers −∞.
86 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Exercice 2.20
Soit (xn )n≥0 une suite telle que :

lim xn = l.
n→+∞

Déterminer
lim ⌊xn ⌋.
n→+∞

On distingue trois cas selon que l = ±∞, l est un entier et enfin l non entier.
⋄ Si l = ±∞, alors comme xn − 1 < ⌊xn ⌋ ≤ xn , on déduit que :

lim ⌊xn ⌋ = ±∞.


n→+∞

⋄ Si l n’est pas un nombre entier : soit ε > 0 tel que : ⌊l⌋ < l − ε < l + ε < ⌊l⌋ + 1.
Comme lim xn = l, alors il existe N ∈ N tel que :
n→+∞

n ≥ N =⇒ l − ε ≤ xn ≤ l + ε.

Pour tout n ≥ N, on a alors : ⌊xn ⌋ = ⌊l⌋. D’où la suite (⌊xn ⌋)n≥0 stationne en ⌊l⌋
et par conséquent :
lim ⌊xn ⌋ = ⌊l⌋.
n→+∞

⋄ Si l est un nombre entier : on distingue trois sous-cas


– S’il existe N ∈ N tel que : n ≥ N =⇒ xn ≥ l alors la suite (⌊xn ⌋)n≥0 stationne
en l et par conséquent :
lim ⌊xn ⌋ = l.
n→+∞

– S’il existe N ∈ N tel que : n ≥ N =⇒ xn < l alors la suite (⌊xn ⌋)n≥0 stationne
en l − 1 et par conséquent :

lim ⌊xn ⌋ = l − 1.
n→+∞

– Dans les autres cas, la suite (⌊xn ⌋)n≥0 n’est pas convergente car possède une suite
extraite convergeant vers l et une autre suite extraite convergeant vers l − 1. Par
n
exemple, la suite xn = (−1)
n+1
est telle que ⌊x2n ⌋ = 0 et ⌊x2n+1 ⌋ = −1.

Exercice 2.21
Soit (xn )n≥0 une suite de réels strictement positifs tels que :

xn+m ≤ xn + xm , ∀ (m, n) ∈ N∗2 .


2.3. EXERCICES 87

Montrer que
xn xn
lim = inf ∗ .
n→+∞ n n∈N n

xn
Il existe l = inf∗ et pour tout ε > 0 il existe N ∈ N tel que :
n∈N n
xN ε
l ≤ ≤ l+ .
N 2

Soit n ∈ N, par division euclidienne de n par N on a : n = pN + r avec 0 ≤ r < N.


Par suite :
xn xN xr ε A
0 < ≤ + ≤ l+ +
n N n 2 n
avec A = {xk : k ∈ J0, N − 1K}. Par conséquent, il existe n0 tel que :

A ε xn
n ≥ n0 =⇒ < =⇒ 0 < ≤ l + ε.
n 2 n
xn xn
En conclusion, on a : lim = inf∗ .
n→+∞ n n∈N n

Exercice 2.22
Montrer que la suite réelle (n ln n)n≥1 est telle que :
€√ √ Š
lim (xn+1 − xn ) = ∞ alors que lim xn+1 − xn = 0.
n→+∞ n→+∞

En effet on a (en posant xn = n ln n) :


 n
1
xn+1 − xn = ln(n + 1) + ln 1 + ,
n

alors que
s € Š
√ √ ln(n + 1) 1 ln 1 + 1
xn+1 − xn = × q + È
n
√ .
n+1 1 + (n+1)n ln n
(n + 1) ln(n + 1) + n ln n
ln(n+1)

Donc, on a :

√ √
lim (xn+1 − xn ) = ∞ alors que lim ( xn+1 − xn ) = 0.
n→+∞ n→+∞


Un autre exemple de suite vérifiant les hypothèses de l’exercice est : (n n)n≥1 .
88 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Exercice 2.23
Calculer la limite, lorsque n → +∞, de la suite (xn )n≥0 de terme général :
 È 
xn = sin π n2 + n + 1 .

On sait que la fonction x 7−→ | sin x| est π-périodique, donc








€ √ Š

lim sin π n2 + n + 1 = lim sin π n2 + n + 1 − n .
n→+∞ n→+∞

Or, il est facile de voir que :

€ √ Š n2 + n + 1 − n2 1
lim n2 + n + 1 − n = lim √ 2 = .
n→+∞ n→+∞ n +n+1 + n 2

Par conséquent, on a :

π
lim xn = sin

= 1.
n→+∞ 2

Exercice 2.24
Nombre d’or
On considère la suite (xn )n≥1 définie par :

1
x1 = 1 et xn+1 = 1 + .
xn

1. Montrer que pour tout n ∈ N∗ :



1+ 5
x1 < x3 < · · · < x2n+1 < · · · < < · · · < x2n < x2n−2 < · · · < x2 .
2

1+ 5
2. En déduire que la suite (xn )n≥1 converge vers le nombre d’or : φ = . 
2

1. Pour les premières valeurs de la suite on a :



1+ 5
x1 < x3 < < x4 < x2 .
2

On montre le résultat par récurrence sur n ∈ N∗ .



Si x2n+1 < 1+ 5
2
alors
√ √
1 2 5−1 1+ 5
x2n+2 = 1 + > 1+ √ = 1+ = .
x2n+1 1+ 5 2 2
2.3. EXERCICES 89
√ √
De même, si x2n+2 > 1+2 5 alors x2n+3 < 1+ 5
2
.
D’autre part, on a xn+2 = 2 − xn1+1 et

1+ 5
xn+2 > xn ⇐⇒ x2n − xn − 1 < 0 ⇐⇒ xn < .
2

2. La suite (x2n+1 )n≥0 est croissante et la suite (x2n+2 )n≥0 est décroissante, comme
elles sont bornées alors elles convergent, leur limite commune l vérifie :

1 1+ 5
l = 2− c-à-d l = .
l+1 2

Exercice 2.25
On considère la suite (xn )n≥1 de terme général
É q È √
xn = 1+ 1+ 1+ 1 + ···

où il y a n racines carrées.
Calculer : lim xn . 
n→+∞


Pour tout n ∈ N∗ on a : xn+1 = 1 + xn . La suite (xn )n≥1 est croissante et
majorée par 2 (preuve par simple récurrence). Donc elle converge vers un nombre l
√ √
vérifiant l = 1 + l. L’unique solution positive de cette équation est l = 2 , c’est
1+ 5

le nombre d’or.

Exercice 2.26
Soit (xn )n≥0 une suite de réels positifs décroissante de limite nulle. On pose, pour tout
n∈N:
n
X
un = (−1)k xk .
k=0

1. Montrer que la suite (un )n≥0 converge vers une limite l.


2. Montrer que pour tout n ∈ N :

|un − l| ≤ xn+1 .

1. On se propose de montrer que les suites (u2n )n≥0 et (u2n+1 )n≥0 sont adjacentes.
Comme (xn )n≥0 est décroissante alors

u2n+2 − u2n = x2n+2 − x2n+1 ≤ 0 et u2n+1 − u2n−1 = −x2n+1 + x2n ≥ 0

par suite (u2n )n≥0 est décroissante et (u2n+1 )n≥0 est croissante.
90 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Comme lim xn = 0, alors :


n→+∞

lim (u2n − u2n+1 ) = lim x2n+1 = 0.


n→+∞ n→+∞

En conclusion, (u2n )n≥0 et (u2n+1 )n≥0 sont convergentes et ont la même limite l.
Donc, la suite (un )n≥0 converge vers l.
2. On distingue le cas n pair et le cas n impair.
⋄ n est pair, n = 2k, alors comme u2k+1 ≤ l ≤ u2k on déduit que

0 ≤ u2k − l ≤ u2k − u2k+1 c’est-à-dire 0 ≤ u2k − l ≤ x2k+1 .

⋄ n est impair, n = 2k + 1, alors comme u2k+1 ≤ l ≤ u2k+2 on déduit que

0 ≤ l − u2k+1 ≤ u2k+2 − u2k+1 c’est-à-dire 0 ≤ l − u2k+1 ≤ x2k+2 .

En conclusion, dans les deux cas on a : |l − un | ≤ xn+1 .

2.3.2 Exercices d’assimilation

Exercice 2.27 K
Soit x un nombre réel. Montrer que :
8
œ Ÿ
n
X x + 2k < ⌊x⌋ si x ≥ 0
lim =
n→+∞
k=0
2k+1 :
⌊x⌋ − 1 si x < 0.

On commence par montrer que


 
1
⌊x⌋ + x+ = ⌊2x⌋.
2

Soit a = ⌊x⌋ avec a ∈ Z et a ≤ x < a + 1. On distingue deux cas :


⋄ Si a ≤ x < a + 21 :
š 
alors a + 21 ≤ x + 21 < a + 1 et 2a ≤ 2x < 2a + 1, donc x + 12 = a et ⌊2x⌋ = 2a.
Par suite on a bien l’égalité recherchée.
⋄ Si a + 12 ≤ x < a + 1 :
š 
alors a + 1 ≤ x + 21 < (a + 1) + 1 et 2a + 1 ≤ 2x < 2a + 2, donc x + 1
2
= a + 1 et
⌊2x⌋ = 2a + 1. Par suite on a bien l’égalité recherchée.
Pour tout k ∈ N, on a d’après ce qui précède :
$ %   ›
x + 2k x 1 xž › x ž
= + = − k+1 .
2k+1 2k+1 2 2k 2
2.3. EXERCICES 91

Il s’agit des termes d’une somme télescopique, donc il s’ensuit que :


$ %
›
n
X x + 2k n
X x ž › x ž‹ ›
xž › x ž
= − k+1 = − n+1 .
k=0 2k+1 k=0 2k 2 20 2

Par conséquent, dès que 2n+1 > |x|, alors cette somme est égale à ⌊x⌋ si x ≥ 0, et
⌊x⌋ − 1 sinon.

Exercice 2.28 K
Soient n ∈ N∗ et x un nombre irrationnel.
Montrer que
 È 1  È 1
n n
I = x+ x2 − 1 + x− x2 − 1

est un nombre irrationnel. 

€ √ Š1
En posant y = x + x2 − 1 n , alors I = y + y1 . Supposons, par l’absurde, que
I est un nombre rationnel, alors comme pour tout m ∈ N∗ on a :
‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ
m+1 1 1 m 1 m−1 1
y + = y+ y + m − y +
y m+1 y y y m−1

on déduit (par simple récurrence) que y m + 1


ym
est un nombre rationnel pour tout
m ∈ N . En particulier

1 √ √
yn + = x + x2 −1 + x− x2 − 1 = 2x est un rationnel.
yn

Absurde. En conclusion, I est un nombre irrationnel.

Exercice 2.29 K
Soit (xn )n≥0 une suite réelle telle que :

∀ m ∈ N∗ , lim (xn+m − xn ) = 0.
n→+∞

La suite (xn )n≥0 est-elle convergente ? 

La réponse est non. Considérons, par exemple, la suite xn = ln n pour n ≥ 1.


Alors la suite (xn )n≥1 est divergente, et pourtant pour tout m ∈ N∗ on a :

n + m‹ 

xn+m − xn = ln = ln 1 + −−−−→ 0.
n n n→+∞
92 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Exercice 2.30 K
Soit (xn )n≥0 une suite réelle bornée telle que toutes les suites extraites qui convergent
ont la même limite.
Montrer que la suite (xn )n≥0 est convergente.
Indication : utiliser le théorème de Bolzano-Weierstrass. 

Si toutes les suites extraites convergentes admettent l pour limite alors il est clair
que, dans le cas où (xn )n≥0 est elle-même une suite convergente, la limite est bien
évidemment l. Supposons maintenant que (xn )n≥0 ne converge pas vers l, alors par
définition on a :

∃ ε > 0, ∀N ∈ N ∃n ≥ N : |xn − l| > ε.

Donc, pour N = 0, il existe un entier ϕ(0) tel que : |xϕ(0) − l| > ε. De même, pour
N = ϕ(0) + 1, il existe un entier ϕ(1) tel que |xϕ(1) − l| > ε. Ainsi, de proche en
proche, on construit une application strictement croissante ϕ : N −→ N telle que :


∀ n ∈ N, x
ϕ(n) − l > ε.

Comme (xn )n≥0 est bornée alors la suite extraite (xϕ(n) )n≥0 est elle aussi bornée,
et donc par le théorème de Bolzano-Weierstrass on peut en extraire une sous-suite
(xϕ◦φ(n) )n≥0 convergente. C’est aussi une suite extraite de (xn )n≥0 et donc elle doit
converger vers l, contradiction avec :


∀ n ∈ N, x
ϕ◦φ(n) − l > ε.

En conclusion, la suite (xn )n≥0 converge vers l.

Exercice 2.31 K
Valeur d’adhérence
On dit qu’un réel l est valeur d’adhérence d’une suite réelle (xn )n≥0 s’il existe une suite
extraite de (xn )n≥0 qui converge vers l.
1. Montrer qu’une suite admettant au moins deux valeurs d’adhérences distinctes est
une suite divergente.
2. Donner un exemple de suite n’admettant pas de valeur d’adhérence, et un exemple
de suite divergente admettant exactement une valeur d’adhérence.
3. Montrer qu’une suite bornée admettant exactement une valeur d’adhérence est une
suite convergente. 

1. Supposons, par l’absurde, que la suite (xn )n≥0 est convergente et qu’elle admet
deux valeurs d’adhérences distinctes. Alors, il existe deux sous-suites extraites de
2.3. EXERCICES 93

(xn )n≥0 convergeant vers deux limites distinctes. Or, comme (xn )n≥0 est convergente,
alors toute sous-suite extraite converge vers la même limite de (xn )n≥0 , contradiction.
En conclusion, une suite convergente n’admet qu’une seule valeur d’adhérence.
2. La suite (xn )n≥0 définie par xn = n n’admet pas de valeur d’adhérence. La suite
(yn )n≥0 définie par yn = n2014 si n est multiple de 2014 et 0 sinon est divergente et
admet la valeur d’adhérence 0.
3. Soit l l’unique valeur d’adhérence de la suite bornée (xn )n≥0 . On se propose de
montrer que (xn )n≥0 converge vers l. On suppose, par l’absurde, que ce n’est pas le
cas, alors :

∃ε > 0 ∀N ∈ N ∃n > N : |xn − l| > ε.

Comme dans l’exercice précédent, on construit une suite extraite de (xn )n≥0 dont
tous les termes vérifient |xn − l| > ε. Comme cette suite est bornée (car (xn )n≥0
l’est aussi), alors on peut en extraire une suite convergeant vers un réel l′ 6= l. D’où,
l’existence d’une deuxième valeur d’adhérence, contradiction.

Exercice 2.32 K
Suite de Cauchy
Une suite réelle (xn )n≥0 est dite suite de Cauchy si :

∀ε > 0 ∃N ∈ N : ∀ (p, q) ∈ N2 p ≥ q ≥ N =⇒ |xp − xq | ≤ ε.

1. Montrer que toute suite réelle convergente est une suite de Cauchy.
On veut montrer, réciproquement, que toute suite de Cauchy réelle converge.
2. Montrer qu’une suite de Cauchy est bornée.
3. En déduire que la suite (xn )n≥0 est convergente (on utilisera le théorème de Bolzano-
Weierstrass). 

1. Si la suite (xn )n≥0 converge vers le réel l, alors :

∀ε > 0 ∃N ∈ N : n ≥ N =⇒ |xn − l| ≤ ε.

Soient p et q deux entiers naturels, alors :

p≥q≥N =⇒ |xp − xq | ≤ |xp − l| + |l − xq | ≤ 2ε.

Par conséquent, (xn )n≥0 est une suite de Cauchy.


2. Soit (xn )n≥0 une suite de Cauchy, alors par définition :

∀ε > 0 ∃N ∈ N : ∀ (p, q) ∈ N2 p ≥ q ≥ N =⇒ |xp − xq | ≤ ε.


94 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Donc, on a en particulier : xN − ε ≤ xn ≤ xN + ε pour n ≥ N.


Soit xi (respectivement xj ) le plus petit (respectivement le plus grand) élément de
l’ensemble (fini) des termes d’indice strictement inférieur à N, alors on a :

∀ n ∈ N, min(xi , xN − ε) ≤ xn ≤ max(xj , xN + ε).

En conclusion, la suite (xn )n≥0 est bornée.


3. Comme la suite (xn )n≥0 est bornée, alors d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass
on peut extraire de (xn )n≥0 une sous-suite (xϕ(n) )n≥0 qui converge vers un réel l.
Donc, pour tout ε > 0, il existe M ∈ N tel que pour n ≥ M on ait : |xϕ(n) −l| ≤ ε. Soit
n un entier supérieur ou égal à max(N, M) alors on a a fortiori ϕ(n) ≥ max(N, M),
et donc :


xϕ(n) − xn ≤ ε, xϕ(n) − l ≤ ε.

Par conséquent :


|xn − l| ≤ x − xϕ(n) + xϕ(n) − l
n ≤ 2ε.

En conclusion, la suite réelle (xn )n≥0 converge vers l.

Exercice 2.33 K
Soit (xn )n≥0 une suite réelle ou complexe telle que les suites (x2n )n≥0 , (x2n+1 )n≥0 et
(x3n )n≥0 convergent.
Montrer que la suite (xn )n≥0 est convergente. Généraliser cet énoncé. 

Soient l1 et l2 les limites des suites (x2n )n≥0 et (x3n )n≥0 . Comme la sous-suite
(x6n )n≥0 est extraite de (x2n )n≥0 (resp. de (x3n )n≥0 ) alors elle converge vers l1 (resp.
l2 ). D’où, l1 = l2 par unicité de la limite.
De même, la suite (x6n+3 )n≥0 est extraite de (x2n+1 )n≥0 et de (x3n )n≥0 , qui admettent
donc la même limite l1 = l2 .
Donc, les suites (x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 convergent vers la même limite, et ainsi la
suite (xn )n≥0 est convergente.
Généralisation :
Soient p, q deux entiers naturels ≥ 2 et premiers entre eux, et r ∈ J0, p−1K. Si toutes
les suites (xpn+r )n≥0 convergent, ainsi que la suite (xqn )n≥0 alors la suite (xn )n≥0 est
convergente.
Comme p ∧ q = 1, il existe des sous-suites communes à (xqn )n≥0 et (xpn+r )n≥0 pour
toute valeur de r car, d’après le théorème de Bézout, il existe une infinité de couples
d’entiers (u, v) tels que pu + r = qv.
2.3. EXERCICES 95

Exercice 2.34 K
Moyenne arithmético-géométrique
On définit deux suites réelles (an )n∈N et (bn )n∈N par :
È
an + bn
a0 = a, b0 = b, an+1 = an bn , bn+1 = , ∀ n ∈ N,
2

où a0 et b0 sont positifs.
1. Montrer que an ≤ bn pour tout n ∈ N∗ .
2. Montrer que les suites (an )n∈N∗ et (bn )n∈N∗ sont monotones.
3. Montrer que (an )n∈N et (bn )n∈N convergent vers la même limite, notée m(a, b), ap-
pellée moyenne arithmético-géométrique de a et b.
4. Montrer que  
√ a+b
m(a, b) = m(b, a) = m ab, .
2
5. Montrer que si a ≤ a′ et b ≤ b′ alors on a m(a, b) ≤ m(a′ , b′ ).
6. Montrer que pour tout n ≥ 1 :

(b − a )2 (bn − an )2
0 ≤ bn+1 − an+1 = √ n √n ≤ √ .
2( bn + an )2 8 ab

bn0 −an0
7. Montrer qu’il existe n0 ∈ N∗ tel que 0 ≤ √
8 ab
< 1 et en déduire que

√  bn0 − an0 2n−n0


n > n0 =⇒ 0 ≤ bn − an ≤ 8 ab √ .
8 ab

La convergence vers la limite étant donc très rapide. 

1. Par récurrence (très simple), on voit que les deux suites sont bien définies et
positives, de plus on a pour tout n ∈ N∗ :

1 √ È 2
bn − an = an−1 − bn−1 ≥ 0.
2

2. On a
√ È √ 
an+1 − an = an bn − an ≥ 0,

et
1
bn+1 − bn (an − bn ) ≤ 0.
=
2
3. Les suites (an )n≥1 et (bn )n≥1 sont monotones et bornées, alors elles convergent
vers des limites l1 et l2 respectivement. Or,

l1 + l2
lim bn+1 = l2 = d’où l1 = l2 .
n→+∞ 2
96 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

4. On a m(a, b) = m(b, a) car les suites associées ont‚les mêmes Œ termes à partir du
√ a+b
rang 1. D’autre part, quand on remplace (a, b) par ab, alors on obtient
2
comme suites associées (an−1 )n≥1 et (bn−1 )n≥1 .
5. Si on a 0 ≤ a ≤ a′ et 0 ≤ b ≤ b′ , et en notant (an ), (a′n ), (bn ) et (b′n ) les suites
associées respectivement, alors on a (par récurrence) :

0 ≤ an ≤ a′n et 0 ≤ bn ≤ b′n , ∀n ∈ N.

Donc, m(a, b) ≤ m(a′ , b′ ).


6. On a
√ √ √
an + bn − 2 an bn ( bn − an )2 (bn − an )2
0 ≤ bn+1 − an+1 = = = √ √ .
2 2 2( bn + an )2
√ √ € √ Š2 √
Or, 2( bn + an )2 ≥ 2 2 a1 = 8 ab, ce qui termine donc la démonstration.
7. Comme
bn − an
lim √ = 0,
n→+∞ 8 ab

bn0 −an0
alors il existe un entier n0 ∈ N∗ tel que 0 ≤ √
8 ab
< 1.
Maintenant, on a pour tout n > n0 :

ln(bn − an ) ≤ 2 ln(bn−1 − an−1 ) − ln(8 ab),

ln(bn−1 − an−1 ) ≤ 2 ln(bn−2 − an−2 ) − ln(8 ab),
.. ..
. .

ln(bn0 +1 − an0 +1 ) ≤ 2 ln(bn0 − an0 ) − ln(8 ab).

Par conséquent, on déduit que


€ Š √
ln(bn − an ) ≤ 2n−n0 ln(bn0 − an0 ) − 1 + 2 + 22 + · · · + 2n−n0 −1 ln(8 ab)
 √  √
≤ 2n−n0 ln(bn0 − an0 ) − ln(8 ab) + ln(8 ab).

Finalement, on a
‚ Œ2n−n0
bn0 − an0 √
bn − an ≤ √ 8 ab.
8 ab
La convergence est donc très rapide.
2.3. EXERCICES 97

Exercice 2.35 K
Soient 0 < a ≤ b ≤ c trois réels et définissons les suites (an )n∈N , (bn )n∈N , (cn )n∈N par :
a0 = a, b0 = b, c0 = c et pour tout n ∈ N :
È
3 1 1 1 an + bn + cn
= + + , bn+1 = 3
an bn cn , cn+1 = .
an+1 an bn cn 3

Montrer que (an )n∈N et (cn )n∈N sont monotones et que les trois suites
(an )n∈N , (bn )n∈N , (cn )n∈N convergent vers la même limite. 

On montre par une récurrence très simple que les trois suites existent et sont
strictement positives. D’autre part, d’après la relation entre les moyennes arithmé-
tique, géométrique et harmonique, on a pour tout n ∈ N∗ :

an + bn + cn È
3 3
≥ an bn cn ≥ .
3 1
an
+ 1
bn
+ 1
cn

D’où an ≤ bn ≤ cn . On déduit la croissance de (an )n∈N et la décroissance de


(cn )n∈N , ces deux suites sont monotones et bornées, donc convergent vers l1 et l3
n→+∞
respectivement. Comme bn = 3cn+1 − an − cn −−−−→ 2l3 − l1 , on déduit alors que
l1 ≤ 2l3 − l1 ≤ l3 , par suite l1 = l3 = 2l3 − l1 , et en conclusion l1 = l2 = l3 .

Exercice 2.36 K
€ Š
n
1. Montrer que, pour n ∈ N fixé, la suite des coefficients binomiaux k est croissante
š 
n+1
lorsque k varie de 0 à 2 .
2. Montrer que la suite de terme général

1 1 1
xn = € Š
n
+ € Š
n
+ ··· + € Š
n
0 1 n

est convergente, et que lim xn = 2. 


n→+∞

1. En effet, on a
€ Š
n
k+1 n(n − 1) × · · · × (n − k + 1)(n − k) k! n−k
€ Š = × =
n
k
(k + 1)! n(n − 1) × · · · × (n − k + 1) k+1

et

n−k n+1
≥ 1 ⇐⇒ n − k ≥ k + 1 ⇐⇒ n ≥ 2k + 1 ⇐⇒ k + 1 ≤ .
k+1 2

2. Pour tout n ≥ 4 on a :

1 1 1 1 2 n−2
X 1
xn = 1 + + €nŠ + · · · + €
n
Š + +1 = 2+ + € Š.
n 2 n−2
n n k=2 nk
98 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

€ Š € Š € Š
n n n
D’après la première question, tous les termes 2
, 3
,··· , n−2
sont plus grands ou
€ Š
n n(n−1)
égaux au terme 2
= 2
. Par conséquent :

2 n−2
X 2 2 2
2 ≤ xn ≤ 2 + + = 2 + + (n − 3) × .
n k=2 n(n − 1) n n(n − 1)

n−3
Enfin, comme lim = 0, alors par le théorème des gendarmes on conclut
n→+∞ n(n − 1)
que lim xn = 2.
n→+∞

Exercice 2.37 K
Pour n ≥ 1 on considère la fonction fn (x) := xn + xn−1 + · · · + x − 1.
1. Montrer que l’équation fn (x) = 0 admet une unique racine αn ∈ [0, 1].
2. Étudier la monotonie et la convergence de la suite (αn )n≥1 .
3. En déduire la limite lim αn .
n→+∞
4. Montrer que
 ‹
1 1 1
αn = + +o n lorsque n → +∞.
2 4 · 2n 2

1. La fonction fn est strictement croissante sur R+ car sa dérivée fn′ s’annule en 0


mais elle est positive ailleurs. De plus, on a fn (0) = −1 ≤ 0 et fn (1) = n − 1 ≥ 0.
Ainsi, la fonction fn s’annule une fois et une seule sur l’intervalle [0, 1] d’après le
théorème des valeurs intermédiaires.
2. La suite (αn )n≥1 est décroissante en effet, pour tout n et tout x on a fn+1 (x) =
xn+1 + fn (x), et par suite

n+1
fn+1 (αn+1 ) = 0 ⇐⇒ αn+1 + fn (αn+1 ) = 0 =⇒ fn (αn+1 ) < 0 =⇒ αn+1 < αn .

La suite (αn )n≥1 est strictement positive et décroissante, elle est donc convergente.
3. Pour x 6= 1 on a

xn+1 − 1
fn (x) = xn + xn−1 + · · · + x − 1 = xn + xn−1 + · · · + x + 1 − 2 = − 2.
x−1

αnn+1 − 1 1 αn+1
D’où = 2 c’est-à-dire αn = + n . Par conséquent on a αn > 21 . Or
αn − 1 2 2
pour n ≥ 2 on a αn < α2 < 1. Donc, pour n ≥ 2 on a :

1 αnn+1 α2n+1
0 < αn − = ≤ .
2 2 2
1
Comme α2 < 1, on conclut que lim αn = .
n→+∞ 2
2.3. EXERCICES 99

1
4. Soit βn = αn − , alors on a ln(2βn ) = (n + 1) ln(αn ) (car αnn+1 − 2αn + 1 = 0).
2
Or, ln(αn ) = − ln(2) + ln(1 + 2βn ) et
 
1
ln(1 + 2βn ) ∼ 2βn = o .
n

Par conséquent, lorsque n → +∞, on a ln(2βn ) = −(n + 1) ln(2) + o(1), et ainsi


 
1 1 1
αn = + +o n lorsque n → +∞.
2 4·2 n 2

Exercice 2.38 K
1. Montrer que l’équation tan(x) = x, d’inconnue x > 0, admet une unique solution
— ”
π
dans l’intervalle nπ, nπ + 2 notée xn .
1
2. Donner un développement asymptotique de xn à la précision n2 lorsque n → +∞.
3. Donner un développement asymptotique à 4 termes dans l’échelle (nα )α∈Z , lorsque
n → +∞, de la n-ième solution positive de l’équation

x3
tan(x) = , x ∈ R.
x2 − 1

1. la fonction f : x 7−→ tan(x)−x est dérivable, de dérivée f ′ (x) = tan2 (x) ≥ 0, sur
— ”
chaque intervalle nπ − π2 , nπ + π
2
. De plus, on a lim f (x) = ±∞. Le théorème
x→nπ± π
2
des valeurs intermédiaires et la stricte monotonie de f sur chaque intervalle montrent
qu’il existe une unique solution xn de l’équation f (x) = 0. Comme f (nπ) = −nπ <
0, on en déduit que
π
nπ < xn < nπ + .
2
xn
2. D’après l’encadrement ci-dessus, on a lim = 1, d’où xn ∼ nπ, i. e. xn =
n→+∞ nπ n∞
nπ + o(n).
— ”
⋄ Considérons la suite αn = nπ + π
2
− xn . Puisque αn ∈ 0, π2 , on a

1 1
αn = arctan(tan(αn )) = arctan(cotan(xn )) ∼ ∼ .
xn n∞ nπ
 
π 1 1
D’où, xn = nπ + − +o .
2 nπ n
⋄ Considérons la suite  
π 1
βn = xn − nπ + − .
2 nπ
100 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

 
1
On a βn = o , donc lim βn = 0, d’où
n n→+∞

€ Š
1 1 − xn tan 1
βn ∼ tan(βn ) = − € Š = − €
nπŠ
n∞ tan xn + 1

xn + tan nπ
1
€ Š€ € ŠŠ
1 − nπ + π
+ o(1) nπ1
+o 1
n2 1
= − 2
∼ .
nπ + o(n) n∞ 2πn2

En conclusion, on a
 
π 1 1 1
xn = nπ + − + +o 2 .
2 nπ 2πn 2 n
˜
π π•
3. Considérons l’application fn : nπ − , nπ + −→ R définie par fn (x) =
2 2
x3
tan(x) − . Alors, un calcul simple montre que
x2 − 1

x2 + 1
fn′ (x) 2
= tan (x) + 2 > 0, fn (nπ) < 0 et lim fn (x) = +∞.
(x − 1)2 n→nπ+ π
2

˜
π•
Donc, il existe un unique réel xn ∈ nπ, nπ + tel que fn (xn ) = 0. Puisque
˜ • 2
π
xn − nπ ∈ 0, , alors on a
2
‚ Œ
x3
yn := xn − nπ = arctan 2 n .
xn − 1

x3n π
De plus, xn ∼ nπ, donc ∼ nπ et lim yn = . On a
xn − 1
2 n→+∞ 2
‚ Œ    
π 1 1 π 1 1 π 1
yn = −arctan − 3 = − +o 2 et xn = nπ+yn = nπ+ +o .
2 xn xn 2 xn n 2 n
    
1 1 1 1 1 1 1
D’où, = 1− +o = − 2 + o 2 , et finalement
xn nπ 2n n nπ 2n π n
 
π 1 1 1
xn = nπ + − + 2 +o 2 .
2 nπ 2n π n

Exercice 2.39 K
1. Soit (xn )n≥0 une suite réelle. Montrer que :

xn
lim (xn+1 − xn ) = l ∈ [−∞, +∞] =⇒ lim = l.
n→+∞ n→+∞ n
2.3. EXERCICES 101

2. Soit (xn )n≥0 une suite réelle strictement positive. Montrer que :

xn+1 √
lim = l ∈ [0, +∞] =⇒ lim n
xn = l.
n→+∞ xn n→+∞

La réciproque est-elle vraie ? 

1. Soit
(x1 − x0 ) + (x2 − x1 ) + · · · + (xn − xn−1 )
yn =
n
alors par le théorème de Cesàro on a : lim yn = l. D’autre part, pour tout n ∈ N∗
n→+∞
on a :
xn x0 x0
yn = − et lim = 0.
n n n→+∞ n
xn
D’où, lim = l.
n→+∞ n ‚ Œ
xn
2. Soit u1 = ln(x1 ) et pour n ≥ 2 : un = ln = ln(xn ) − ln(xn−1 ) qui a pour
xn−1
limite (finie ou infinie) l, alors

ln(xn ) u1 + u2 + · · · + un
= −→ ln(l),
n n n→+∞

donc
ln(xn ) √
e n = n
xn −→ l.
n→+∞

Réciproque : la réciproque est fausse. Prenons, en effet, xn = 2n (2 + (−1)n ), alors


on a
8
>2
√ È xn+1 < si n est pair,
n
xn = 2 × 2+ (−1)n −→ 2, alors que = >3
n→+∞ xn :6 si n est impair,

xn+1
donc n’a pas de limite.
xn

Exercice 2.40 K
Étudier la suite (xn )n∈N définie par

1
x0 = α ∈ C∗ , et xn+1 = (xn + |xn |) .
2

Posons rn = |xn | et θn = arg(xn ) ∈] − π, π], pour tout n ∈ N. Alors, on a


‚ Œ ‚ Œ
1 θn θn
xn+1 = rn (1 + cos θn + i sin θn ) = rn cos exp i .
2 2 2
102 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

€ Š
Or cos θn
2
≥ 0 car − π2 ≤ θn
2
≤ π2 , par suite
‚ Œ
θn θn
rn+1 = rn cos et θn+1 = .
2 2

On déduit alors que lim θn = 0, de plus :


n→+∞

‚ Œ n−1 ‚ Œ
θn−1 Y θk θ0
rn = rn−1 cos = r0 cos et θk = .
2 k=0 2 2k

En conclusion
‚ Œ ‚ Œ
n−1
Y θ0 θ0 sin(θ0 )
rn = r0 cos et donc rn sin n = r0 .
k=0 2k+1 2 2n

D’où

sin(θ0 )
θ0 6= 0 =⇒ lim rn = r0 = lim xn ,
n→+∞ θ0 n→+∞

θ0 = 0 =⇒ (xn )n∈N est constante.

Exercice 2.41 K
Nombre e
1. Montrer que les suites

1 1 1
un = 1 + + ··· + et vn = un + , n≥1
1! n! n!

sont adjacentes (on note e leur limite commune).


2. Montrer que e est un nombre irrationnel. 

1
1. La suite (un )n∈N est croissante car un+1 − un = > 0, et la suite (vn )n≥1
(n + 1)!
2 1 1−n
est décroissante car vn+1 − vn = − = ≤ 0. Enfin, il est clair que
(n + 1)! n! (n + 1)!
1 1
0 ≤ vn − un = ≤ donc lim (vn − un ) = 0. Les deux suites sont adjacentes,
n! n n→+∞
leur limite commune est le nombre e.
p
2. Supposons, par l’absurde, que e = avec p et q deux entiers naturels non nuls
q
avec q ≥ 2. On a

1 1 p 1 1 1
1+ + · · · + = uq < uq+1 ≤ e = ≤ vq+1 < vq = 1 + + · · · + + .
1! q! q 1! q! q!

En multipliant par q! on obtient q!uq < eq! = p(q − 1)! < q!uq + 1. Or, q!uq =
2.3. EXERCICES 103

q! q!
q! + + · · · + , p(q − 1)! et q!uq + 1 sont des entiers, mais il n’existe pas d’entiers
1! q!
strictement compris entre deux entiers consécutifs. Donc, on a bien e ∈ R \ Q.

Exercice 2.42 K
Sous-groupes additifs de R
Soit H un sous-groupe du groupe (R, +). Montrer que ou bien :
(i) ∃ a ∈ R tel que H = a Z, ou bien
(ii) H est dense dans R.
Applications :
(1) Montrer que, pour α ∈ R, la suite (cos(nα))n∈N est soit périodique soit dense dans
[−1, 1].
α
(2) Montrer que si α, β sont des réels non nuls et ∈ R \ Q, alors α Z + β Z est un
β
sous-groupe dense de R.
(3) Montrer que l’ensemble
§ ª
a
: (a, n) ∈ Z × N
10n

est dense dans R. 

Si H = {0} alors H = 0 Z. Si H 6= {0}, soit h ∈ H alors on a aussi −h ∈ H car


c’est un sous-groupe, d’où H ∩ R∗+ 6= ∅ et soit a = inf{H ∩ R∗+ }, on distingue alors
deux cas :
⋄ Cas 1 : a > 0
on va montrer que H = a Z. L’élément 2a n’est pas un minorant de H ∩ R∗+ puisque
a > 0 donc il existe h ∈ H tel que a ≤ h < 2a. Si h = a, on a alors a ∈ H,
sinon a < h et h n’est pas un minorant de H ∩ R∗+ donc il existe h′ ∈ H tel que
a ≤ h′ < h < 2a, alors 0 < h − h′ ≤ a avec h − h′ ∈ H ∩ R∗+ , d’où h − h′ = a. Donc,
a ∈ H.
Comme a ∈ H, alors par récurrence on a ap ∈ H et −ap ∈ H pour tout p ∈ Z (car
H est un sous-groupe), par conséquent a Z ⊂ H. Réciproquement, soit h ∈ H et
œ Ÿ
h
n= , alors an ≤ h < a(n + 1), c’est-à-dire 0 ≤ h − an < a. Comme (h, a) ∈ H 2
a
alors h − na ∈ H, d’où h − na ∈ H ∩ R∗+ et donc h − na = 0 (car sinon cela
contredirait la définition de a). Par conséquent, h = na ∈ a Z. En conclusion, on a
H = a Z.
⋄ Cas 2 : a = 0
On montre que dans ce cas H est dense dans R. Soit (x, y) ∈ R2 avec x < y. Le
nombre réel y − x ∈ R∗+ n’est pas un minorant de H ∩ R∗+ , d’où il existe h ∈ H ∩ R∗+
tel que 0 < h < y − x. Soit n le plus petit entier relatif tel que x < nh alors on a

(n − 1)h ≤ x et alors nh ≤ x+h < x+y−x = y


104 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

par suite x < nh < y et ainsi H ∩ ]x, y[ 6= ∅ pour tout intervalle ]x, y[ non vide de
R. Par conséquent, H est dense dans R.
applications :
(1) Si α = 0, alors la suite un := (cos(nα))n∈N est constante et 1-périodique. Sup-
posons que α 6= 0, on distingue alors deux cas :
π
⋄ Cas 1 : ∈ Q
α ‚ Œ
2π a 2πb
posons := avec (a, b) ∈ N × Z , alors un = cos n
∗ ∗
et alors la suite (un )
α b a
est a-périodique.
π
⋄ Cas 2 : 6∈ Q
α
Soit H := α Z + 2π Z = {α m + 2πn : (m, n) ∈ Z2 }. L’ensemble H est un sous-
groupe de (R, +). Supposons qu’il est de la forme a Z, alors α ∈ a Z et 2π ∈ a Z,

d’où α = ap et 2π = aq avec p, q deux entiers non nuls, alors ∈ Q, absurde.
α
Par conséquent, H est dense dans R. Par continuité de cos, l’ensemble cos(H) est
dense dans l’image de R par cos, c’est-à-dire [−1, 1]. Finalement, par parité du cos
et 2π-périodicité on a (un )n∈N = cos(H), et alors cette suite est dense dans [−1, 1].
(2) Il est clair que αZ + βZ = {αm + βm′ : (m, m′ ) ∈ Z2 } est un sous-groupe de
(R, +), de plus il n’est pas réduit à {0}, donc il est soit dense soit de la forme aZ
avec a > 0. Or, si αZ + βZ = aZ avec a > 0, alors on a :

α = α × 1 + β × 0 = ap, p ∈ Z∗ ,
β = α × 0 + β × 1 = aq, q ∈ Z∗ .

α p
Par suite, en prenant le quotient, on obtient = ∈ Q, absurde. En conclusion,
β q
αZ + βZ est dense§
dans R. ª
a
(3) L’ensemble : (a, n) ∈ Z × N est un anneau (voir tome d’algèbre), on
10n
a 1 b
note D l’ensemble des éléments inversibles. Si x ∈ D, alors x = n et = m
10 x 10
avec (a, b) ∈ Z2 et (n, m) ∈ N2 . Donc, on a ab = 10n+m et ainsi a et b ne contiennent
que des 2 et 5 comme diviseurs premiers :
 ©
D = ± 2α 5β : (α, β) ∈ Z2 .

Pour pouvoir utiliser le résultat de la question ci-dessus, on introduit l’ensemble


 ©
f
D := {ln(|x|) : x ∈ D} = α ln(2) + β ln(5) : (α, β) ∈ Z2 .

ln(5) ln(5) p
Or, ∈ R \ Q car sinon on aurait = avec (p, q) ∈ N∗2 et alors 5q = 2p ,
ln(2) ln(2) q
2.3. EXERCICES 105

ce qui est absurde. Par conséquent, l’ensemble D


f
est dense dans R. Maintenant soit
x > 0, on sait que la fonction t 7−→ et est continue, donc
 
ln(x)
∀ε > 0, ∃ η > 0, |ln(x) − t| < η =⇒ e
− et < ε .

Or, Df
est dense dans R, donc il existe t ∈ D f
tel

que |ln(x)

− t| < η, alors t =
α β
α ln(2) + β ln(5) avec (α, β) ∈ Z et |x − e | = x − 2 5 < ε. D’où, D ∩ R∗+ est
2 t

dense dans R∗+ , et en prenant les opposés, D est dense dans R.

Exercice 2.43 K
Déterminer une suite simple, équivalente à la suite (un )n≥0 définie par

u0 ∈ ]0, 1], et un+1 = sin(un ), ∀ n ∈ N.

On pourra déterminer α ∈ R tel que uαn+1 − uαn soit convergente vers une limite non
nulle, et appliquer le théorème de Cesàro. 

La suite (un )n≥0 définie par u0 ∈]0, 1] et un+1 = sin(un ) pour tout n ∈ N est
décroissante minorée (on peut vérifier par une récurrence simple qu’elle est à valeurs
réelles positives et décroissante car sin(un ) ≤ un lorsque un ≥ 0). Donc, la suite
(un )n≥0 est convergente vers un nombre réel l ∈ [0, 1]. Comme la fonction sin est
continue, alors cette limite est un point fixe de sin sur l’intervalle [0, 1], c’est-à-dire
l = 0.
1
On a lim un = 0, d’où un+1 = un − u3n + O(u5n ), par suite
n→+∞ 6
 α  ‹
1 α 2
uαn+1 = uαn 1 − u2n + O(u4n ) = uαn 4
1 − un + O(un ) .
6 6
α
On a donc : uαn+1 − uαn = − u2+α + O(uα+4
n ). On choisit alors α = −2 et on a dans
6 n
ce cas :
1 1 1 1
− 2 = + O(u3n ) −−−−→ .
2
un+1 un 3 n→+∞ 3
Grâce au lemme de Cesàro, on déduit que
!!
1 n−1
X 1 1 1
lim − 2 = .
n→+∞ 2
n k=1 uk+1 uk 3
!
n−1
X 1 1 1 1
Or, − 2 = − 2 , donc on déduit que
k=1 u2k+1 uk 2
un u1
‚ Œ
1 1 1 1
lim − 2 = .
n→+∞ n 2
un u1 3
106 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

1 1 n 1
Par conséquent, on a 2 − 2 ∼ . Finalement, comme lim 2 = +∞, alors on
un u1 3 n→+∞ un
a: r
1 n n
∼ =⇒ un ∼ .
2
un 3 3
Comme plus haut, on cherche un développment asymptotique à deux termes de
1 1
− . On a :
u2n+1 u2n
‚ Œ
u3 u5 u2 u4
un+1 = sin un = un − n + n + o(u5n ) = un 1 − n + n + o(u4n ) .
6 120 6 120

D’où
‚ Œ
1 1 u2n u4n 4 1 1 1 u2n 2 u2n 1
= 2 1+ + + o(un ) =⇒ 2 − 2 − = + o(un ) ∼ ∼ .
u2n+1 un 3 15 un+1 un 3 15 15 5n

En sommant les relations ci-dessus, on a :


!
1 1 n n−1
X 1 1 1 n−1
X 1 log n
− 2− = − 2− ∼ ∼
2
un u0 3 k=0 u2k+1 uk 3 k=1 5k 5

et ‚ Œ−1
n log n
u2n = + + o(log n) .
3 5
En conclusion, on a :
Ê √ ‚ Œ
3 3 3 log n log n
un = − √ + o √ .
n 10 n n n n

Exercice 2.44 K
Soit f : [a, b] −→ [a, b] une fonction 1-lipschitzienne, c’est-à-dire :

|f (x) − f (y)| ≤ |x − y|, ∀(x, y) ∈ [a, b].

Considérons la suite (xn )n≥0 définie par :

xn + f (xn )
x0 ∈ [a, b] et xn+1 = , ∀ n ≥ 0.
2

Montrer que la suite (xn )n≥0 est convergente. 

Soit g : [a, b] −→ R la fonction définie par g(x) = x+f2(x) , alors :


• g est continue car f l’est aussi (puisqu’elle est 1-lipschitzienne),
2.3. EXERCICES 107

• g est croissante car pour x < y dans [a, b] on a :

y − x f (y) − f (x)
g(y) − g(x) = +
2 2
y−x 1
≥ + (x − y), car f (x) − f (y) ≤ |f (y) − f (x)| ≤ |y − x|
2 2
≥ 0.

• g([a, b]) ⊂ [a, b] car g(a) = a+f2(a) ∈ [a, b] puisque f (a) ∈ [a, b] et
g(b) = b+f2(b) ∈ [a, b] puisque f (b) ∈ [a, b].
Donc, la suite (xn )n≥0 est bien définie, bornée et monotone. Elle est convergente vers
une limite l ∈ [a, b] qui vérifie l = g(l). En conclusion, la suite (xn )n≥0 converge vers
un point fixe de f .

Exercice 2.45 K
Soient a ∈ C∗ et (xn )n∈N la suite définie par x0 ∈ C et
 ‹
1 a
xn+1 = xn + , ∀ n ∈ N.
2 xn

On note l une racine carrée de a dans C∗ .


1. Montrer que (xn )n∈N est bien définie si, et seulement si :
   

x0 6∈ i l cotan : n ∈ N, k ∈ Z .
2n

2. Dans le cas où la suite (xn )n∈N est bien définie, étudier sa convergence. 

1. Il est clair que, pour n ∈ N∗ , le terme xn est défini si, et seulement si xn−1 6= 0.
Si n = 1, alors x1 est bien défini si et seulement si x0 6= 0.
Si n = 2, alors x2 est bien défini si et seulement si x1 6= 0, c’est-à-dire si et seulement
si x0 6= ±il.
On voit alors qu’on obtient des multiples réels du terme il. Plus précisément, pour
tout z ∈ C∗ :
 
1 1
z+ = ial, (a ∈ R) ⇐⇒ z = ibl, (b ∈ R)
2 z

b2 − 1
avec en plus la relation : a = .
2b
Donc, si x0 = ibl, alors xn = ibn l avec la suite (bn )n∈N est définie par b0 = b et
b2 − 1
bn+1 = n pour n ∈ N. En posant b = cotan(θ), alors par récurrence on obtient
2bn
que bn = cotan (2n θ), donc la suite (xn )n∈N n’est pas définie si et seulement si θ est

de la forme n avec n ∈ N et k ∈ Z.
2
108 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

2. On suppose dans la suite que la suite (xn )n∈N est bien définie.
Si x0 = ±l, alors la suite (xn )n∈N est stationnaire, et donc elle est convergente (et
sa limite est x0 ).
(xn ± l)2
Si x0 6= ±l, alors xn 6= ±l pour tout n ∈ N et on a en plus : xn+1 ± l = .
‚ Œ2
2xn
xn+1 − l xn − l
D’où, il résulte que : = et par récurrence :
xn+1 + l xn + l
‚ Œ2n
xn − l x0 − l
= , ∀ n ∈ N.
xn + l x0 + l

xn − l y −1 + 1
Si on pose yn = , alors xn = l × n−1 , et par conséquent :
xn + l yn − 1
⋄ Si |x0 − l| < |x0 + l| on a lim yn = 0 et lim xn = l.
n→+∞ n→+∞
⋄ Si |x0 − l| > |x0 + l|, alors lim |yn | = +∞ et lim xn = −l.
n→+∞ n→+∞
⋄ Si |x0 − l| = |x0 + l|, alors l’image (dans le plan complexe) de x0 est située sur
la médiatrice de [−l, l] (qui est dirigée par le vecteur d’affixe il). Donc, x0 est un
multiple réel de il (et alors tous les xn le sont d’après ce qui précéde). En conclusion,
la suite (xn )n∈N est divergente dans ce cas.
Conclusion : si x0 est à égale distance des deux racines carrées de a, alors la suite
(xn )n∈N est non définie ou divergente. Sinon, elle converge vers la racine carrée de a
qui est la plus proche de x0 .

Exercice 2.46 K
1. Soit (an )n∈N une suite réelle bornée. On suppose qu’une suite extraite quelconque
de (an )n∈N converge vers l ∈ R, montrer que lim an = l.
n→+∞
2. Application : on considère la suite (xn )n∈N définie par x0 ≥ 0 et la relation de
récurrence  ‹
1
xn = 1+ sin(xn−1 ), ∀ n ∈ N∗ .
n
(a) Montrer que V , ensemble des limites des suites extraites de (xn )n∈N , est non vide.
(b) Montrer que : l ∈ V =⇒ arcsin(l) ∈ V .
(c) En déduire que lim xn = 0. 
n→+∞

1. Montrons ce résultat par l’absurde. Si (an )n∈N ne converge pas vers l alors :

∃ ε > 0, ∀ N ∈ N, ∃n ≥ N : |an − l| > ε.

Donc, l’ensemble O := {n : |an −l| > ε} est infini, ainsi on peut considérer la suite
extraite (bn )n∈N de (an )n∈N comme suit : (bn )n∈N = (an )n∈O . On a alors : |bn − l| > ε
pour tout n ∈ N. La suite (bn )n∈N est aussi bornée, donc on peut en extraire une
suite convergente (cn )n∈N , cette nouvelle suite est également extraite de (an )n∈N et
2.3. EXERCICES 109

donc par hypothèse sa limite est égale à l. Contradiction avec |cn − l| > ε pour tout
n ∈ N. En conclusion, on a bien lim an = l.
n→+∞
2. (a) La suite (xn )n∈N est bornée, car |xn | ≤ 2 pour tout n ∈ N∗ , et alors d’après le
théorème de Bolzano-Weierstrass l’ensemble V est non vide.
(b) Soit l ∈ V , et considérons (xϕ(n) )n suite extraite convergeant vers l. Pour tout
n ∈ N∗ on a :
€ Š ‚ Œ
€ Š sin xϕ(n)−1 1
sin xϕ(n)−1 = xϕ(n) − = xϕ(n) + O .
ϕ(n) ϕ(n)
€ Š
Comme lim ϕ(n) = +∞, alors lim sin xϕ(n)−1 = l. Par suite l ∈ [0, 1] et comme
n→+∞ n→+∞
3 π
|xn | ≤ ≤ pour tout n ≥ 2, alors il résulte que lim xϕ(n)−1 = arcsin(l). En
2 2 n→+∞
conclusion, arcsin(l) ∈ V .
(c) Si on montre que V = {0} alors par la première question on peut déduire
que lim xn = 0. Supposons donc, par l’absurde, qu’il existe un élément l0 > 0
n→+∞
appartenant à V . Alors, on peut définir une suite (ln )n∈N d’éléments de V vérifiant
la relation de récurrence ln+1 = arcsin(ln ). Cette suite est croissante et majorée (car
arcsin(x) ≥ x sur [0, 1]), donc elle converge vers une limite L vérifiant :

0 < l0 ≤ L ≤ 1 et L = arcsin(L).

Or, l’unique solution, dans [0, 1], de l’équation arcsin(x) = x est 0, donc L = 0,
contradiction. En conclusion, on a bien : lim xn = 0.
n→+∞

Exercice 2.47 K
Soit (zn )n≥0 une suite de nombres complexes.
1. Montrer que si (zn )n≥0 est bornée, alors elle admet une sous-suite convergente.
2. On suppose que, pour tout (p, q) ∈ N2 :

p 6= q =⇒ |zp − zq | ≥ 1.

Montrer alors que lim |zn | = +∞. 


n→+∞

1. Si zn = xn + iyn , avec (xn , yn ) ∈ R2 , alors si |zn | ≤ M, il s’ensuit que : |xn | ≤ M


et |yn | ≤ M. Donc, les suites (xn )n≥0 et (yn )n≥0 sont bornées. Par le théorème de
Bolzano-Weierstrass, il existe une sous-suite (xϕ(n) )n≥0 de (xn )n≥0 convergeant vers
€ Š
une limite l1 . La suite (yϕ(n) )n≥0 est bornée, donc il existe une sous-suite yϕ◦ψ(n) n≥0
qui converge vers l2 . L’application φ = ϕ ◦ ψ est la composée de deux applications
strictement croissantes, donc (xφ(n) )n≥0 est une suite extraite de la suite convergente
(xϕ(n) )n≥0 , par suite lim xφ(n) = l1 et la sous-suite (zφ(n) )n≥0 converge vers l1 + il2 .
n→+∞
110 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

2. Supposons, par l’absurde, que la suite (|zn |)n≥0 ne tend pas vers l’infini, alors :

∃ M > 0, ∀ n ∈ N, ∃N = N(n) ≥ n : |zN | ≤ M.

On peut alors construire une sous-suite (zθ(n) )n≥0 de (zn )n≥0 bornée par M. Donc,
par la question précédente, on peut extraire une sous-suite, notée (zθ(nk ) )k≥0, qui
converge vers une limite l. Par suite :
€ Š

lim zθ(nk+1 ) − zθ(nk ) = 0 et lim zθ(nk+1 ) − zθ(nk ) = 0.
k→+∞ k→+∞

Contradiction

avec

le fait que pour tout k ∈ N si θ(nk ) 6= θ(nk+1 ), alors on a :

zθ(nk+1 ) − zθ(nk ) ≥ 1. En conclusion on a montré que : lim |zn | = +∞.
n→+∞

Exercice 2.48 K
Limite supérieure. Limite inférieure
Soit (un )n≥0 une suite bornée. On définit les suites (vn )n≥0 et (wn )n≥0 par :

vn = sup{uk : k ≥ n} et wn = inf{uk : k ≥ n}.

1. Montrer que (vn )n≥0 (resp. (wn )n≥0 ) est décroissante (resp. croissante) et que pour
tout n ∈ N :
wn ≤ un ≤ vn .

2. Montrer que (vn )n≥0 et (wn )n≥0 sont convergentes et que :

lim sup(un ) = lim vn = inf(vn )n≥0 et lim inf (un ) = lim wn = sup(wn )n≥0 .
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞

Ces nombres sont appelés limite supérieure et limite inférieure de la suite (un )n≥0 .
3. Montrer que la suite (un )n≥0 est convergente si, et seulement si :

lim sup(un ) = lim inf (un ).


n→+∞ n→+∞

1. Comme la suite (un )n≥0 est bornée, alors l’ensemble {uk : k ≥ n} est non vide,
majoré, et minoré. Par suite, les suites (vn )n≥0 et (wn )n≥0 sont bien définies. Soit
n ∈ N, alors l’inclusion suivante est claire :

{uk : k ≥ n + 1} ⊂ {uk : k ≥ n}.

Donc, inf {uk : k ≥ n} ≤ inf {uk : k ≥ n + 1} et

sup {uk : k ≥ n + 1} ≤ sup {uk : k ≥ n}.


2.3. EXERCICES 111

Par conséquent, on a : wn ≤ wn+1 et vn+1 ≤ vn .


2. Comme la suite (un )n≥0 est bornée par M, alors pour tout n ∈ N on a :

{uk k ≥ n} ⊂ [−M, M] d’où − M ≤ wn ≤ vn ≤ M.

Finalement, comme les suites (vn )n≥0 et (wn )n≥0 sont monotones et bornées, alors
elles convergent et on a en plus :

lim sup(un ) = lim vn = inf(vn )n≥0 et lim inf (un ) = lim wn = sup(wn )n≥0 .
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞

3. On montre le résultat par double implication.


(=⇒) Si (un )n≥0 tend vers l, alors pour tout ε > 0 il existe N ∈ N tel que pour
n ≥ N on ait : |un − l| ≤ ε c-à-d un ∈ [l − ε, l + ε]. Par suite, pour tout n ∈ N,
on a :

n ≥ N =⇒ {uk : k ≥ n} ⊂ [l − ε, l + ε] =⇒ l − ε ≤ wn ≤ vn ≤ l + ε.

Ainsi, les suites (vn )n≥0 et (wn )n≥0 convergent vers l.


(⇐=) Supposons que (vn )n≥0 et (wn )n≥0 convergent vers l. Pour tout n ∈ N, il
est clair que : un ∈ {uk : k ≥ n}. Comme vn (resp. wn ) majore (resp. minore)
l’ensemble {uk : k ≥ n}, alors on déduit que : wn ≤ un ≤ vn . En passant à la limite
lorsque n tend vers l’infini, on conclut que lim un = l.
n→+∞

Exercice 2.49 K
Soient m ∈ N∗ et (xn )n≥0 une suite réelle. Montrer que :

x2m 2m 2m
1 + x2 + · · · + xn x1 + x2 + · · · + xn
lim = 0 =⇒ lim = 0.
n→+∞ n n→+∞ n

La réciproque est-elle vraie ? 

Comme la fonction x 7−→ x2m est convexe alors on a :



x1 + x2 + · · · + xn ‹2m 1 + x2 + · · · + xn
x2m 2m 2m
≤ .
n n

Par suite
s



x1 + x2 + · · · + xn 2m 1 + x2 + · · · + xn
x2m 2m 2m
≤ .
n n

En passant à la limite lorsque n → +∞ on déduit le résultat demandé.


112 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

La réciproque est, en général, fausse. Prenons par exemple xn = (−1)n , alors :


8
>
x1 + x2 + · · · + xn < 0 si n est pair
= 1
n >
:− si n est impair.
n

Donc
x1 + x2 + · · · + xn
lim = 0
n→+∞ n
alors que
x21 + x22 + · · · + x2n
lim = 1.
n→+∞ n

Exercice 2.50 K
Montrer que la suite (xn )n≥1 de terme général
É q È

xn = 1+ 2+ 3 + ··· + n

est convergente. 

la suite (xn )n≥1 est clairement croissante, il nous suffit de montrer qu’elle est

bornée pour déduire qu’elle est convergente. On met 2 en facteur, alors on déduit
que :
Ì
s Ê r
√ 3 1 n 2
xn = 2 × +
+···+ +
8 2 2n 4
É q
√ È √
< 2 × 1+ 1+ 1+···+ 1 .

É q È √
On pose yn = 1+ 1+ 1+···+ 1 (avec n radicaux), alors

yn+1 = 1 + yn

et par une simple récurrence on a :

yn < 2, ∀ n ∈ N∗ .

Par conséquent, on a : xn < 2 2 pour tout n ∈ N∗ . En conclusion, (xn )n≥1 est une
suite convergente.
2.3. EXERCICES 113

2.3.3 Exercices d’entraînement

Exercice 2.51 KK
Formule de Viète
1. Montrer, pour x 6= 0, que :
 ‹  ‹  ‹
x x x sin(x)
lim cos × cos 2 × · · · × cos n = .
n→+∞ 2 2 2 x

2. En déduire la formule de Viète :


Ê s Ê
r r r
2 1 1 1 1 1 1 1 1 1
= × + × + + × ···
π 2 2 2 2 2 2 2 2 2

1. En effet, on a

n x‹ 
x‹ 
x‹ 

sin(x) = 2 × cos × cos 2 × · · · × cos n × sin n .
2 2 2 2

D’où

x‹ 
x‹ 
x‹ sin(x) sin(x) x
2€n Š
cos × cos 2 × · · · × cos n = € Š = × .
2 2 2 2n sin 2xn x sin 2xn
€ Š
sin x
2n
Finalement, comme lim x = 1, alors on en déduit que :
n→+∞
2n


x‹ 
x‹ 
x‹ sin(x)
lim cos × cos 2 × · · · × cos n = .
n→+∞ 2 2 2 x
π
2. D’après la question ci-dessus, et en prenant x = , on a :
2

2 π‹  ‹
π 
π ‹
= lim cos × cos × · · · × cos n+1 .
π n→+∞ 4 8 2
€ Š 1 € Š È
Or, comme cos π
4
= √ et cos x2 = 12 + 12 cos(x), on conclut que :
2
Ì
Ê s Ê s Ê
2 1 1 1 1 1 1 1 1 1
= × + × + + ×···
π 2 2 2 2 2 2 2 2 2
114 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Exercice 2.52 KK
Pour n ≥ 2 on considère les suites (xn )n≥2 et (yn )n≥2 définies par

n  ‹  ‹
Y π π
xn = cos et yn = xn cos .
k=2
2k 2n

1. Montrer que les suites (xn )n≥2 et (yn )n≥2 sont adjacentes et trouver leur limite
commune l.
2. Montrer que pour tout n ≥ 2 :

π2
0 ≤ xn − l ≤ .
22n+1

1. La suite (xn )n≥2 est décroissante : en effet pour tout n ≥ 2 on a : 0 ≤ cos 2πn ≤ 1
et pour n ≥ 3 on a : xn = xn−1 cos 2πn , d’où 0 ≤ xn ≤ 1 et (xn )n≥2 est décroissante.
La suite (yn )n≥2 est croissante : en effet pour tout n ≥ 2 on a

yn+1 xn+1 cos 2n+1


π
cos2 2n+1
π
= = .
yn xn cos 2πn cos 2πn

Or, on sait que pour tout x ∈ R : cos2 x−cos 2x = sin2 x et par suite cos2 x−cos 2x ≥
0, en utilisant cette inégalité pour x = 2n+1π
on déduit que la suite (yn )n≥2 est
croissante.
€ Š
Enfin, lim (xn − yn ) = 0 : en effet on a : xn − yn = xn 1 − cos 2πn qui est le
n→+∞
produit d’une suite bornée et d’une suite convergeant vers 0, par conséquent on a
bien lim (xn − yn ) = 0.
n→+∞
En conclusion, les suites (xn )n≥2 et (yn )n≥2 sont adjacentes, elles convergent vers la
même limite l. Montrons que l = π2 .
Considérons, pour n ≥ 2, la suite (zn )n≥2 définie par : zn = xn sin 2πn . Alors la suite
(zn )n≥2 est une suite géométrique de raison 12 et de premier terme z2 = 21 . En effet,
pour n ≥ 2 on a :

zn+1 xn+1 sin 2n+1


π
cos 2n+1
π
sin 2n+1
π
1
= = =
zn xn sin 2πn sin 2πn 2

1
car sin 2X = 2 sin X cos X. Donc, zn = pour tout n ≥ 2, or on a :
2n−1
1
zn 2n−1 2
xn = = ∼ .
sin 2πn sin 2πn π

2
En conclusion, on a : lim xn = lim yn = .
n→+∞ n→+∞ π
2.3. EXERCICES 115

2. La limite l des suites adjacentes (xn )n≥2 et (yn )n≥2 est la borne supérieure de
(yn )n≥2 et la borne inférieure de (xn )n≥2 . Donc, pour tout n ≥ 2 on a :

π‹
0 ≤ xn − l ≤ xn − yn ≤ xn 1 − cos .
2n

x2
Or, pour tout x ∈ R on a : | cos x−1| ≤ (relation qu’on peut établir par une étude
2
de fonction, ou grâce à l’inégalité de Taylor-Lagrange au point 0). Par conséquent :

π2
0 ≤ xn − l ≤ .
22n+1

Exercice 2.53 KK
Calcul de π
méthode d’archimède
On considère un polygone de rayon 1 et on note, pour n ≥ 1, xn le demi-périmètre du

polygone régulier inscrit à 2n côtés.


1. Calculer xn . Montrer que lim xn = π.
n→+∞
2. Montrer que
π3
0 < π − xn < .
6 × 4n
méthode des isopérimètres
On considère un polygone régulier à 2n côtés de périmètre égal à 1. On note (an )n≥1 et

(bn )n≥1 les rayons des cercles inscrit et circonscrit.


1. Calculer an et bn et montrer que pour tout n ≥ 1 :

an + bn È
an+1 = , et bn+1 = an+1 bn .
2

2. Montrer que (an )n≥1 et (bn )n≥1 sont deux suites adjacentes et que
 ‹n
π 1
bn − an ∼ .
+∞ 2 4

1 1
3. Montrer que les suites un = et vn = ont pour limite commune π et que
2an 2bn
 ‹n √
1 π3 2
0 < un − vn < .
4 2

méthode d’archimède

1. Comme A
Û
k+1 OAk = , alors le côté Ak Ak+1 du polygone régulier inscrit à 2n
2n
116 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES


π‹ 
π‹ π
côtés a pour longueur 2 sin n , et donc xn = 2n sin n . Comme lim n = 0,
 2 2 n→+∞ 2
π‹ π
alors sin n ∼ n et par conséquent
2 +∞ 2

lim xn = π.
n→+∞

Ak+1
b

b
b

Ak
b

2. En utilisant le développement limité


  
π‹ π 1 π3 1
sin = − + o
2n 2n 6 8n 8n

π3
on déduit que π − xn ∼ . On va montrer qu’on peut améliorer ce résultat
+∞ 6 × 4n
π3 x3
en une majoration 0 < π − xn < , en effet on a x − < sin x < x pour
— ” 6 × 4n 6
x ∈ 0, π2 , cette relation est obtenue grâce à la formule de Taylor avec reste intégral :

x3 Z x (x − t)3
sin x = x − + sin t dt.
6 0 6

remarques :
(1) Pour avoir une approximation de π à 10−50 près (par exemple), il suffit de trouver
π3 π3
n tel que < 10 −50
, c’est-à-dire 4 n
> × 1050 .
6 × 4n 6  ‹
xn−1 π
(2) En posant, yn := , alors on a yn = cos n . Or
xn 2

π‹ 2

π ‹
cos n = 2 cos − 1,
2 2n+1
√ Ê
2 1 + yn
donc yn = 2yn+1
2
− 1, ce qui donne y2 = et yn+1 = pour n ≥ 2. On
2 2
peut poser, par convention, y1 = 0 pour commencer la récurrence au rang 1. Cette
technique nous permet donc de calculer les xn uniquement à l’aide d’opérations
2.3. EXERCICES 117

usuelles et de la racine carrée.


méthode des isopérimètres
1. Pour un polygone régulier à 2n côtés (chacun d’eux de longueur x), on sait que le
x x
rayon du cercle inscrit est € Š et le rayon du cercle circonscrit est € Š.
2 tan 2n
π
2 sin 2πn
1
Comme dans notre cas le périmètre est égal à 1 alors x = n et par suite
2
1 1
an = € Š , et bn = € Š .
2n+1 tan π
2n
2n+1 sin π
2n

On a
€ Š € Š
an + bn cos 2πn + 1 2 cos2 2n+1
π
1
= n+2 € Š = € Š € Š = € Š = an+1 .
2 2 sin 2nπ
2 n+3 sin 2n+1 cos 2n+1
π π
2 n+2 tan 2n+1
π
€ Š € Š
cos 2n+1
π
cos π
2n+1
an+1 bn = € Š € Š = € Š 
π ‹ € Š
2n+2 sin π
2n+1
2n+1 sin π
2n 22n+4 sin π
sin cos π
2n+1
2n+1 2n+1
!2
1
= € Š = b2n+1 .
2n+2 sin 2n+1
π

2. On a
— ”
⋆ an < bn pour tout n ≥ 2 car tan(x) > sin(x) pour x ∈ 0, π2 ,
⋆ (an )n≥1 est croissante car an+1 − an = bn −a
2
n
> 0,
€ Š2
⋆ (bn )n≥1 est décroissante car bn+1bn
= an+1
bn
< bn+1
bn
.
Donc, les suites (an )n≥1 et (bn )n≥1 sont adjacentes et convergent vers la même limite
l= 1

. De plus, on a
€ Š €
ŠŠ2 €
 n
1 − cos 2π
2 sin
π
1 π‹ π 
1
bn − an = n
€ Š = € Š
n € Š = n+1 tan n ∼ .
2n+1 sin πn 2n+2 sin πn cos πn 2 2 +∞ 2 4

1 1
3. Les suites un = et vn = sont adjacentes (vérification immédiate : un < vn ,
2an 2bn
(un ) est décroissante, alors que (vn ) est croissante) et ont π pour limite commune.
On a
€ Š
 
n π‹ 
π ‹‹ 
π ‹ 1 − cos 2πn
0 < un − vn = 2 tan n − sin n = 2n sin n € Š
2 2 2 cos 2πn
€ € ŠŠ2

π ‹ 2 sin 2n+1
π
= 2n sin n € Š .
2 cos 2πn
118 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

€ Š € Š √
Or, pour n ≥ 2, on a cos π
2n
≥ cos π
4
= 2
2
, donc
€ € ŠŠ2

π ‹ 2 sin 2n+1
π √ π π2
2n sin n € Š ≤ 2 × 2n+1 × × ,
2 cos 2πn 2n 22n+2

et par conséquent √
 n
1 π3 2
0 < un − vn < .
4 2

Exercice 2.54 KK
Montrer que l’ensemble {cos(ln(n)) : n ∈ N∗ } est dense dans [−1, 1]. 

Pour tout (n, k) ∈ N∗ × Z on a

cos(ln(n)) = cos(ln(n) + 2kπ) = cos(ln(n) + ln(e2kπ )) = cos(ln(ne2kπ )).

Donc, il suffit de montrer que l’ensemble E := {ne2kπ : (n, k) ∈ N∗ × Z } est dense


dans ]0, +∞[.
Soient a < b deux nombres réels > 0, montrons l’existence d’un élément de E
dans l’intervalle de ]a, b[. Comme lim e−2πn = 0, alors il existe n0 ∈ N tel que
n→+∞
0 < e−2πn0 < b − a. On a par définition

ae2πn0 < ⌊ae2πn0 ⌋ + 1 ≤ ae2πn0 + 1

et donc

a < (⌊ae2πn0 ⌋ + 1)e−2πn0 ≤ a + e−2πn0 < a + (b − a) = b.


| {z }
∈E

Par conséquent, l’ensemble E est dense dans ]0, +∞[.


Revenons maintenant au problème de départ. Soit x0 ∈ [−1, 1], montrons qu’il existe
une suite de {cos(ln(n)) : n ∈ N∗ } qui converge vers x0 . Il existe α > 0 tel que
x0 = cos(ln(α)). On vient de voir que E est dense dans ]0, +∞[, donc il existe une
suite (xn )n≥0 ⊂ E telle que lim xn = α. Comme x 7−→ cos(ln(x)) est continue,
n→+∞
alors on déduit que

lim cos(ln(xn )) = cos(ln(α)) = x0 .


n→+∞

Maintenant, puisque (xn )n≥0 ⊂ E, alors il existe (an , bn ) ∈ N∗ × Z telles que xn =


an e2bn π , d’où ln(xn ) = ln(an ) + 2πbn et cos(ln(xn )) = cos(ln(an )). En conclusion, on
a : lim cos(ln(an )) = x0 ∈ [−1, 1].
n→+∞
2.3. EXERCICES 119

Exercice 2.55 KK
Soit θ ∈ R, étudier la convergence des suites :
1. (cos(nθ))n≥0 ,
2. (sin(nθ))n≥0 . 

1. Supposons que la suite (cos(nθ))n≥0 converge, on note l sa limite. Alors, puisque


cos(2nθ) = 2 cos2 (nθ) − 1 pour tout n ∈ N on déduite que l vérifie l’équation
1
l = 2l2 − 1, c’est-à-dire l = 1 ou l = − .
2
⋄ Si l = 1 : on sait que pour tout n ∈ N on a les relations trigonométriques :

cos2 (nθ)+sin2 (nθ) = 1 et cos((n+1)θ) = cos(nθ) cos(θ)−sin(nθ) sin(θ).

Donc, en passant à la limite lorsque n −→ +∞, on déduit respectivement :

lim sin(nθ) = 0 et cos θ = 1.


n→+∞

D’où, θ ∈ 2π Z, mais alors dans ce cas cos(nθ) = 1 pour tout n ∈ N. En conclusion,


la suite (cos(nθ))n≥0 est convergente.
1
⋄ Si l = − : on a nécessairement θ 6∈ π Z et donc sin θ 6= 0. D’autre part, comme
2
pour tout n ∈ N on a la relation trigonométrique :

cos ((n + 1)θ) = cos(nθ) cos(θ) − sin(nθ) sin(θ)

alors on déduit que la suite (sin(nθ))n≥0 admet une limite λ vérifiant :

1 1
− = − cos(θ) − λ sin(θ).
2 2

Or, comme θ 6∈ 2π Z, alors cos(θ) 6= 1 et ainsi λ 6= 0. D’autre part, pour tout n ∈ N,


on a la relation trigonométrique

sin(2nθ) = 2 sin(θ) cos(θ),

et donc à la limite on déduit que :

−1
λ = 2λ × = −λ =⇒ λ = 0.
2

Ceci est une absurdité.


En conclusion, la suite (cos(nθ))n≥0 converge si, et seulement si, θ ∈ 2π Z.
2. Supposons que la suite (sin(nθ))n≥0 converge. Comme on a, pour tout n ∈ N, la
120 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

relation trigonométrique :

cos (n(2θ)) = 1 − 2 sin2 (nθ)

alors la suite (cos(n(2θ))n≥0 est aussi convergente. Or, d’après la première question
on doit avoir 2θ ∈ 2π Z. Donc, θ ∈ π Z et la suite (sin(nθ))n≥0 est constante égale
à 0.
En conclusion, la suite (sin(nθ))n≥0 est convergente si, et seulement si, θ ∈ π Z.

Exercice 2.56 KK
Théorème de Toeplitz
1. théorème de toeplitz : soient (an )n≥1 une suite réelle convergente et
(cn,k )k∈J1,nK,n≥1 une famille de nombres réels telle que :

n
X
(i) lim cn,k = 0, ∀ k ∈ N∗ ; (ii) lim cn,k = 1 ;
n→+∞ n→+∞
k=1
n
X
(iii) ∃ c > 0 : ∀ n ∈ N∗ , |cn,k | ≤ c. 
k=1

Montrer que : !
n
X
lim cn,k ak = lim an .
n→+∞ n→+∞
k=1

2. application 1 : Soient (an )n≥1 et (bn )n≥1 deux suites telles que :

(i) bn > 0, ∀ n ∈ N∗ ; (ii) lim (b1 + b2 + · · · + bn ) = +∞ ; (iii) lim an = l.


n→+∞ n→+∞

Montrer que :
a1 b1 + a2 b2 + · · · + an bn
lim = l.
n→+∞ b1 + b2 + · · · + bn
3. application 2 : théorème de stolz-cesàro. Soient (xn )n≥1 et (yn )n≥1 deux
suites telles que :

xn − xn−1
(i) (yn )n≥1 strictement croissante et lim yn = +∞ ; (ii) lim = l.
n→+∞ n→+∞ yn − yn−1

Montrer que :
xn
lim = l.
n→+∞ yn
4. application 3 : soit f : R −→ R une fonction continue. Montrer que
Z  Z 
1 1
f (x + n) dx convergente =⇒ f (nx) dx convergente.
0 n≥1 0 n≥1
2.3. EXERCICES 121

1. Si la suite (an )n≥1 est constante (égale à λ ∈ R), alors on a :


!
n
X
lim cn,k λ = λ par (ii).
n→+∞
k=1

Il suffit donc de prendre la suite (an )n≥1 telle que lim an = 0 (quitte à prendre
n→+∞
an − l si an tend vers l 6= 0). Par l’inégalité triangulaire, on a pour tout N > 1 et
n≥N :
Xn N
X −1 n
X

cn,k ak ≤ |cn,k | |ak | + |cn,k | |ak |. (∗)

k=1 k=1 k=N

Or lim an = 0, donc pour tout ε > 0 il existe N1 ∈ N∗ tel que :


n→+∞

ε
n ≥ N1 =⇒ |an | < .
2c

Alors, en prenant N = N1 dans l’inégalité (∗) il résulte que :



Xn NX
1 −1 n
X

cn,k a
k ≤ |cn,k | |ak | + |cn,k | |ak |

k=1 k=1 k=N1
NX
1 −1 n
ε X
≤ A |cn,k | + |cn,k | (A un majorant de (|an |)n )
k=1 2c k=N1
ε ε
< + = ε, par (i).
2 2

En conclusion, on a montré que


n
X
lim cn,k ak = 0.
n→+∞
k=1

2. Il suffit d’appliquer le théorème de Toeplitz avec la famille (cn,k ) donnée par :

bk
cn,k = .
b1 + b2 + · · · + bn

3. Pour n ≥ 2, on pose :

xn − xn−1
an := et bn := yn − yn−1 .
yn − yn−1

En appliquant le résultat de l’application ci-dessus, on déduit que :

xn
lim = l.
n→+∞ yn
122 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

4. Par un changement de variable on a :


Z n
Z 1 f (t) dt xn Z n

f (nx) dx = 0
:= avec xn = f (t) dt, yn = n.
0 n yn 0

xn+1 − xn
Or (yn )n≥1 est une suite strictement croissante et tend vers +∞, de plus
yn+1 − yn
converge car :
Z n+1 Z n

xn+1 − xn f (t) dt − f (t) dt Z n+1 Z 1

= 0 0
= f (t) dt = f (x + n) dx.
yn+1 − yn (n + 1) − n n 0

Z 1

D’après le théorème de Stolz-Cesàro, on déduit que f (nx) dx converge vers la


Z 1 0

même limite que f (x + n) dx.


0

Exercice 2.57 KK
Soit (xn )n∈N une suite réelle telle que xn > −1 pour tout n ∈ N.
1. Montrer que
 ‹
xn n
lim xn = l ∈ R =⇒ 1+ ∼ exn .
n→+∞ n +∞
 ‹
xn xn n
lim √ = 0 =⇒ 1+ ∼ exn .
n→+∞ n n +∞

2. Montrer que

lim (xn − ln(1 + xn )) = 0 =⇒ lim xn = 0.


n→+∞ n→+∞

3. En déduire que
 ‹n
xn xn
1+ ∼ exn ⇐⇒ lim √ = 0.
n +∞ n→+∞ n

xn xn
1. Si lim xn = l ou lim √ = 0, alors on a lim = 0, et par suite :
n→+∞ n→+∞ n n→+∞ n

 ‚ ‚ ŒŒ ‚ Œ
xn ‹ xn x2 x2 x2 x2
xn − n ln 1 + = xn − n − n2 + o n2 = n +o n −→ 0,
n n 2n n 2n n n→∞

ce qui termine la démonstration.


2. Soit f (x) := x−ln(1+x) avec x ∈]−1, +∞[. On pose f1 := f|]−1,0] et f2 := f|[0,+∞[ .
La fonction f1 est continue et strictement décroissante, alors que la fonction f2 est
continue et strictement croissante. Ce sont alors des applications bijectives continues,
2.3. EXERCICES 123

et donc, en particulier, f1−1 et f2−1 sont continus en 0. D’où, si xn −ln(1+xn ) −→ 0,


n→+∞
alors xn −→ 0.
n→+∞
3. La condition suffisante a été démontrée à la question (1). Montrons maintenant
la condition nécessaire. Comme xnn ∈] − 1, +∞[, alors on a :

xn ‹n 
xn ‹
1+ ∼ exn =⇒ xn − n ln 1 + −→ 0
n +∞

n‹ n→∞
xn xn
=⇒ − ln 1 + −→ 0
n n n→∞
xn
=⇒ −→ 0.
n n→∞

€ Š
Par conséquent, en utilisant un développement limité de ln 1 + xn
n
on obtient que


xn ‹ x2n x
xn − n ln 1 + ∼ et donc √n −→ 0.
n n→∞ 2n n n→∞

Exercice 2.58 KK
1. Donner un exemple d’une suite réelle bornée mais non convergente.
2. Montrer que
8
<(xn )n≥0 est bornée,
xn + xn+1 =⇒ (xn )n≥0 est convergente.
:
xn+2 ≤ ∀n ≥ 0,
2

1. Il suffit de considérer la suite xn = (−1)n , elle est bornée mais non convergente.
2. On commence par montrer que la suite Xn := max{xn , xn+1 } est décroissante
minorée, donc convergente vers une limite l. Il est clair que (Xn )n≥0 est minorée car
(xn )n≥0 est bornée, d’autre part (Xn )n≥0 est décroissante car

2 × max{xn , xn+1 }
xn+2 ≤ = Xn ,
2

et comme xn+1 ≤ max{xn , xn+1 }, alors max{xn+1 , xn+2 } = Xn+1 ≤ Xn ce qui


montre la décroissance de la suite (Xn )n≥0 .
Montrons, à présent, que la suite (xn )n≥0 converge vers l. Soit ε > 0 fixé, alors il
existe N ∈ N tel que : n ≥ N =⇒ l ≤ Xn < l + ε. D’où, on déduit que

xn ≤ Xn < l + ε.

Montrons que pour n ≥ N on a : l − 3ε ≤ an . Supposons, par l’absurde, que


124 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

xn < l − 3ε, alors xn+1 ≤ Xn < l + ε et par conséquent

xn + xn+1 xn+1 + xn+2


xn+2 ≤ < l−ε et xn+3 ≤ < l.
2 2

Donc, Xn+2 < l, ce qui est une contradiction. En conclusion, on a montré que :

∀ ε > 0, ∃N ∈ N : n≥N =⇒ l − 3ε ≤ xn < l + ε,

ce qui montre que lim xn = l.


n→+∞

Exercice 2.59 KK
Suites et équations fonctionnelles
1. Montrer qu’il existe une unique fonction f : [0, +∞[−→ [0, +∞[ telle que

f (f (x)) = 6x − f (x) et f (x) > 0 ∀ x > 0.

2. Trouver toutes les bijections f : [0, 1] −→ [0, 1] vérifiant

f (2x − f (x)) = x ∀ x ∈ [0, 1].

3. Trouver toutes les fonctions f : [0, +∞[−→ R continues et telles que


 ‹
3 2
f (x) = f x + , ∀ x ≥ 0.
16

1. Soit x ≥ 0 fixé et définissons la suite (xn )n≥0 par


8
>
< x0 = x,
>
: xn+1 = f (xn ), n ≥ 0.

Alors, pour tout n ≥ 0, on a xn ≥ 0 et

xn+2 + xn+1 − 6xn = f (f (xn )) + f (xn ) − 6xn = 0.

Les racines de l’équation caractéristique t2 + t − 6 = 0 sont t1 = 2 et t2 = −3, donc


il existe deux nombres réels α et β tels que

xn = α × 2n + β × (−3)n , ∀ n ≥ 0.

Or, si β > 0 (resp. β < 0) et en prenant n impair (resp. pair) et assez grand, alors
on déduit d’après l’égalité ci-dessus que xn < 0, absurde. Donc, β = 0 et x1 =
f (x) = 2x0 = 2x. D’où, f (x) = 2x, et réciproquement la fonction f (x) = 2x vérifie
2.3. EXERCICES 125

clairement l’équation fonctionnelle. En conclusion, l’unique solution de l’équation


fonctionnelle est f (x) = 2x.
2. f étant bijective, alors d’après l’équation fonctionnelle on déduit que f −1 (x) =
2x − f (x), d’où

f (x) − x = x − f −1 (x), ∀ x ∈ [0, 1].

Fixons x0 ∈ [0, 1] et définissons une suite (xn )n≥0 par xn+1 = f (xn ) pour tout n ≥ 0.
D’après l’égalité ci-dessus, et en choisissant x = xn−1 on déduit que

xn − xn−1 = xn−1 − xn−2 .

Par suite, xn − xn−1 = x1 − x0 pour tout n ≥ 1. Par conséquent xn − x0 = n(x1 − x0 ).


1
Comme |xn − x0 | ≤ 1, alors on a |x1 − x0 | < pour tout n ≥ 1, d’où |x1 − x0 | = 0
n
et par conséquent f (x0 ) = x0 . Réciproquement, la fonction f (x) = x vérifie bien
l’équation fonctionnelle. En conclusion, l’unique solution de l’équation fonctionnelle
est f (x) = x.
3. Considérons la suite (xn )n≥0 définie par

3
x0 ∈ R+ , xn+1 = x2n + , ∀ n ≥ 0.
16

Alors, la suite (f (xn ))n≥0 est constante. Si la suite (xn )n≥0 est convergente alors sa
limite est un point fixe de l’application g : x 7−→ x2 + 3
16
, c’est-à-dire 1
4
ou 43 . Une
étude simple de la fonction x 7−→ g(x) − x montre que
     
1 3 1 3
g(x) ≥ x ⇐⇒ x ∈ 0, ∪ , +∞ et g(x) ≤ x ⇐⇒ x ∈ , .
4 4 4 4
” —
• Si x0 ∈ 0, 14 :
la suite (xn )n≥0 est croissante et bornée, donc elle converge, et sa limite est 14 .
” ”
• Si x0 ∈ 14 , 34 :
la suite (xn )n≥0 est décroissante et bornée, donc elle est convergente, sa limite est 41
” ”
car x0 < 34 . Donc, pour x0 = x ∈ 0, 34 , on a f (x) = f (xn ) pour tout n ∈ N. D’où,
€ Š ” —
à la limite, on obtient f (x) = f 14 , par suite f est constante sur l’intervalle 0, 34 .
— ”
• Si x0 ∈ 34 , +∞ :
” ”
la suite (xn )n≥0 est divergente. La fonction g est une bijection de 34 , +∞ sur lui-
même, on définit alors la suite (yn )n≥0 par
 
3
y0 = x ∈ , +∞ , yn+1 = g −1(yn ), ∀ n ≥ 0.
4
126 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

” ”
La suite (yn )n≥0 est monotone car la fonction g −1 est croissante sur 34 , +∞ . On
” ”
a g −1(x) ≤ x sur l’intervalle 34 , +∞ (car les représentations de x 7−→ g(x) − x et
x 7−→ g −1 (x) − x sont symétriques par rapport à la première bissectrice). La suite
(yn )n≥0 est décroissante minorée, donc elle est convergente, la limite est 43 car les
points fixes de g et g −1 sont les mêmes. Par conséquent, comme ci-dessus, la fonction
” ”
f est constante sur l’intervalle 34 , +∞ , et ainsi constante sur tout R+ .
€ Š
Réciproquement, les fonctions constantes vérifients clairement f (x) = f x2 + 16 3
.

Exercice 2.60 KK
Équation de Kepler
Soient ε ∈]0, 1[ et a ∈ R et considérons l’équation de Kepler

x − ε sin(x) = a.

On définit la suite (xn )n≥0 définie par

x0 = a, x1 = a + ε sin(x0 ), ··· , xn = a + ε sin(xn−1 ).

1. Montrer que la suite (xn )n≥0 vérifie :

∀ η > 0, ∃ n0 ∈ N : ∀ n ≥ n0 , ∀ p ∈ N |xn − xn+p | < η.

2. On admet que la suite (xn )n≥0 converge vers une limite l. Montrer que l est l’unique
solution de l’équation de Kepler. 

1. On a

|xn − xn+p | = ε | sin(xn−1 ) − sin(xn+p−1 )|


 
xn−1 − xn+p−1  xn−1 + xn+p−1 ‹
= 2ε sin

× cos
2 2
 
xn−1 − xn+p−1 |xn−1 − xn+p−1 |
≤ 2ε sin ≤ 2ε ×
2 2
= ε |xn−1 − xn+p−1 |.

Or
|x0 − xp | = ε| sin(xp−1 )| ≤ ε et |x1 − xp+1 | ≤ ε × ε = ε2 ,

d’où
ln(η)
n≥ =⇒ |xn−1 − xn+p−1 | ≤ εn < η.
ln(ε)
2. La limite l vérifie l − ε sin(l) = a. Montrons l’unicité de la solution de l’équation
de Kepler, pour cela on suppose par l’absurde qu’elle admet deux solutions l1 et l2 ,
2.3. EXERCICES 127

alors on a
‚ Œ ‚ Œ
l1 − l2




l1 + l2

|l1 − l2 | = ε| sin(l1 ) − sin(l2 )| = 2ε sin × cos

2 2
‚ Œ

l1 − l2
≤ 2ε sin
2


l1 − l2
< 2 = |l1 − l2 |.
2

Contradiction. D’où, l’unicité de la solution de l’équation de Kepler.

Exercice 2.61 KK
Soient f et g deux éléments de C([0, 1], R∗+ ). Montrer que la suite
 ‹ Z 1
xn+1
où xn = f ng
xn n≥0 0

est convergente et trouver sa limite. 

 
xn+1
On va montrer, successivement, que la suite est croissante, majorée,
xn n≥0
et que sa limite est égale à sup f (x).
x∈[0,1]
Z 1

⋄ On sait que (vérification simple) l’application (f1 , f2 ) 7−→ f1 f2 g est un produit


0
scalaire sur C([0, 1], R) (voir livre d’algèbre). D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz
n n
appliquée aux termes f 2 et f 2 +1 on a pour tout n ∈ N :
Ê
Z 1 Z 1 Z 1
n+1
f g ≤ f ng × f n+2 g .
0 0 0

xn+1 xn+2
D’où, x2n+1 ≤ xn xn+2 , c’est-à-dire ≤ , ce qui montre la croissance de la
xn xn+1
suite en question.
⋄ Soit M := sup f (x) (qui existe car f est continue sur le segment [0, 1] et M > 0),
x∈[0,1]
alors on a pour tout n ∈ N :
Z 1

xn+1 ≤ M f ng = Mxn .
0

 
xn+1
Par conséquent, la suite est majorée par M.
xn n≥0
⋄ D’après ce qui précède, la suite
 en
question est convergente, notons l sa limite.
xn+1
On sait alors que la suite ln converge vers ln(l). D’après le lemme de
xn n≥0
128 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Cesàro, on sait aussi que :


 !
1 n−1
X xk+1
lim ln = ln(l).
n→+∞ n k=0 xk
| {z }
ln(xn )−ln(x0 )
= n

ln(xn ) √
Donc, lim = ln(l), par suite lim n xn = l. Comme xn+1 ≤ Mxn (voir
n→+∞ n n→+∞
ci-dessus), alors on déduit que :

Z 1 Z 1
n √ 1 n
xn ≤ M g et n
xn ≤ M g .
0 0

Par suite, en passant à la limite on conclut que : l ≤ M. Maintenant, soit ε > 0 tel
que M − ε > 0, comme f est continue sur [0, 1], il existe un intervalle [a, b] (non
réduit à un point) tel que :

f (x) ≥ M − ε, ∀ x ∈ [a, b].

Il résulte alors que :

Z b Z b Z 1
n n √ b n
xn ≥ f g ≥ (M − ε) g et n
xn ≥ (M − ε) g .
a a a

en passant à la limite on arrive à M − ε ≤ l pour tout ε > 0. En conclusion, on a


l = M = sup f .
x∈[0,1]

Exercice 2.62 KK
Calculer lim xn où la suite (xn )n≥1 est donnée par :
n→+∞

n
n X n2
xn = − .
2 k=1 (n + k)2

On a :
„ Ž
1 1X n
1
xn = n − € Š
2 n k=1 1 + k 2
n
Z 1 ‚ Œ!
1 n
X k 1
= n f (t) dt − f où f (t) = ,
0 n k=1 n (1 + t)2
Z ‚ Œ!
n−1
X
k+1
n 1 k
= f (0) − f (1) + n f (t) dt − f .
k=0
k
n
n n
2.3. EXERCICES 129
Z x

La fonction x 7−→ F (x) := f (t) dt est de classe C 2 , on peut donc lui appliquer la
0
k k+1
formule de Taylor-Lagrange entre et pour obtenir :
n n
™ – ‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ
k k+1 k+1 k 1 k 1
∀ k ∈ J1, n−1K, ∃ ξk,n ∈ , :F =F + F′ + 2 F ′′ (ξk,n ).
n n n n n n 2n

Par conséquent, il résulte que :

1 n−1
X
xn = f (0) − f (1) + f ′ (ξk,n ).
2n k=0

1 n−1
X
On reconnaît dans le terme f ′ (ξk,n ) une somme de Riemann relative à la fonc-
n k=0
tion f ′ sur l’intervalle [0, 1], par suite on conclut que :

1Z 1 ′ f (0) − f (1) 3
lim xn = f (0) − f (1) + f (t) dt = = .
n→+∞ 2 0 2 8

Exercice 2.63 KK
Montrer l’existence d’une suite (xn )n≥0 de limite nulle et telle que pour tout n ∈ N et
pour tout x ∈ R :

| sin(x)| × | sin(2x)| × · · · × | sin(2n x)| ≤ xn .



Indication : considérer la fonction f définie par f (x) = 2x2 1 − x2 pour x ∈ [0, 1]. 

On a :

| sin(x) × sin(2x)| = f (| sin(x)|) avec f (x) = 2x2 1 − x2 , x ∈ [0, 1]
Ê !
2 4
≤ max |f (x)| = f = √ .
x∈[0,1] 3 3 3

On distingue deux cas :


⋄ Si n est pair : n = 2k avec k ∈ N∗

n n−1 ‚ Œk
Y
p Y
p 4

sin(2 x)

sin(2 x)
≤ √ .
p=0 p=0 3 3
⋄ Si n est impair : n = 2k + 1 avec k ∈ N∗

n k ‚ Œk+1
Y
p Y €
2p
Š 4

sin(2 x)
=
f | sin(2 x)|
≤ √ .
p=0 p=0 3 3
130 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

‚ Œk
4
En conclusion, la suite xn = √ si n = 2k ou n = 2k − 1 répond bien à la
3 3
question.

Exercice 2.64 KK
Accélération de la convergence
Soit (un )n≥0 une suite réelle convergeant vers l ∈ R. Supposons que un − l admet un
développement asymptotique de la forme :

un − l = αkn + O(mn )

avec α, k, m des nombres réels non nuls avec |m| < |k| < 1.
1. méthode de richardson
On pose
un+1 − kun
vn := .
1−k
Montrer que (vn )n≥1 converge vers l plus rapidement que (un )n≥0 .
2. méthode d’Aitken
On pose

un+1 − βn un un+1 − un
wn := avec βn := , n ≥ 2.
1 − βn un − un−1

Montrer que (wn )n≥2 converge vers l plus rapidement que (un )n≥0 . 

1. On a

(un+1 − l) − k(un − l)
vn − l =
1−k
(αk n+1 + O(mn+1 )) − k(αk n + O(mn ))
=
1−k
n
= O(m ),

et par suite (vn )n≥1 converge vers l plus rapidement que (un )n≥0 .
2. La suite (βn )n≥2 converge vers k car

λk n+1 − λk n + O(mn ) O(mn ) − kO(mn+1 )


βn − k = − k =
λk n − λk n+1 + O(mn−1) λk n − λk n−1 + O(mn−1 )
  
O(mn ) mn m ‹n ‹
= = O = O .
λk n−1 (k − 1) + O(mn−1 ) kn k
2.3. EXERCICES 131

Maintenant, pour n ≥ 2 on a :

(un+1 − l) − βn (un − l)
wn − l =
1 − βn
€ € Šn Š
λk n+1
+ O(mn ) − k + O m k
(λk n + O(mn ))
=
1 − k + o(1)
= O(mn ).

Donc, la suite (wn )n≥2 converge vers l plus rapidement que la suite (un )n≥0 .

Exercice 2.65 KK
Point attractif, point répulsif
Soient I un intervalle de R et f : I −→ R une application de classe C 1 .
1. Montrer que si I = [a, b], alors f admet au moins un point fixe dans I.
2. point attractif : On suppose que f admet un unique point fixe λ ∈ I, et on
définit la suite (xn )n∈N par x0 ∈ I et xn+1 = f (xn ) pour tout n ∈ N. On désigne par
V(x0 ) l’ensemble des voisinages de x0 . Montrer que :

|f ′ (λ)| < 1 =⇒ ∃ V ∈ V(λ) : ∀x0 ∈ V, lim xn = λ.


n→+∞

3. point répulsif : Montrer que si |f ′ (λ)| > 1, alors la suite (xn )n∈N ne peut converger
que dans le cas où pour un entier i : xi = λ. Que peut-on dire de plus si f est supposée
strictement monotone ?
applications :
4. Étudier la suite définie par x0 ∈]0, 1[ et xn+1 = 1 − x2n pour n ≥ 0.
— —
5. Soit α ∈ 0, π2 un nombre réel et considérons la suite (xn )n≥0 définie par

x0 ∈]0, 1[ et xn+1 = sin(αxn ).

(a) Étudier la convergence de la suite (xn )n≥0 dans le cas α ∈]0, 1].
— —
(b) Étudier la monotonie et la convergence de la suite (xn )n≥0 dans le cas α ∈ 1, π2 .

1. Soit g(x) := f (x) − x, alors g est de classe C 1 et on a g(a) ≥ 0 et g(b) ≤ 0, donc


g s’annule dans l’intervalle [a, b] et l’application f admet au moins un point fixe.
1 + |f ′ (λ)|
2. On a |f ′ (λ)| < , et comme f ′ est continue, alors il existe α > 0 tel que
2

1 + |f ′ (λ)|
∀ x ∈ I ∩ [λ − α, λ + α] : |f ′ (x)| ≤ .
2
132 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Donc, par le théorème des accroissements finis, on a pour tout x ∈ I ∩ [λ − α, λ + α] :

1 + |f ′ (λ)|
|f (x) − f (λ)| ≤ |x − λ| ≤ |x − λ|.
2

On a donc, en particulier, f (x) ∈ I ∩[λ+α, λ+α]. Choisissons x0 ∈ I ∩[λ−α, λ+α],


alors xn appartient à cet intervalle pour tout n ∈ N, et on a de plus :
‚ Œn
1 + |f ′ (λ)| 1 + |f ′ (λ)|
|xn − λ| ≤ |xn−1 − λ| ≤ ··· ≤ |x0 − λ|,
2 2

1+|f ′ (λ)|
et comme 2
< 1, alors lim xn = λ.
n→+∞
3. Si |f (λ)| > 1, alors par continuité de f ′ il existe α > 0 tel que pour tout

x ∈ I ∩ [λ − α, λ + α] on ait |f ′ (x)| ≥ 1. Si lim xn = λ, alors à partir d’un rang


n→+∞
N ∈ N tous les xn sont dans l’intervalle I ∩ [λ − α, λ + α]. Or, d’après le théorème
des accroissements finis, on a pour tout x ∈ I ∩ λ − α, λ + α] :

|f (x) − λ| = |f (x) − f (λ)| ≥ |x − λ|,

et alors
|xn − λ| ≥ |xn−1 − λ| ≥ ··· ≥ |xN − λ|.

La suite |xn − λ| croissante positive ne peut tendre vers 0 que si |xN − λ| = 0.


Maintenant, si en plus f est strictement monotone, on ne peut avoir xi = λ pour un
certain i que si xi−1 = λ, · · · , soit finalement que si x0 = λ.
applications :
4. On a xn ∈ [0, 1] pour tout √ n ∈ N. L’uniquepoint fixe est solution de l’équation
√  √
x + x − 1 = 0, c’est donc λ = 2 . Comme f
2 5−1 ′ 5+1
2
= 1 − 5 < −1, alors d’après
la question (3) la suite (xn )n≥0 est divergente. La fonction f est croissante, donc
2

les suite extraites de rang pair et impair sont convergentes, i. e. x2n = f 2 (x2n−2 ) et
x2n+1 = f 2 (x2n−1 ) sont convergentes. On a f 2 (x) = 1−(1−x2 )2 = 2x2 −x4 , les points
fixes sont racines de l’équation x4 − 2x2 + x = 0, c’est-à-dire x(x − 1)(x2 + x − 1) = 0.
Les racines dans [0, 1] sont 0 et 1. Maintenant, on a (f 2 )′ (λ) = f ′ (λ)f ′(f (λ)) =
f ′ (λ)2 > 1 (où λ est 0 ou 1). On conclut que les deux suites ont pour limites
respectives 0 et 1.
— —
5. Remarquons que, pour tout α ∈ 0, π2 on a (xn )n≥0 ⊂]0, 1] pour tout n ∈ N.
(a) On a xn+1 = sin(αxn ) ≤ αxn ≤ xn , donc (xn )n≥0 est décroissante minorée, donc
convergente vers une limite l ∈ [0, 1] vérifiant l = sin(αl). Or, si l > 0 alors on a
l = sin(αl) < αl ≤ l, absurde. D’où, l = 0.
— —
(b) Pour α ∈ 1, π2 la fonction fα (x) := sin(αx) est strictement croissante, d’où
la suite (xn )n∈N est monotone bornée donc convergente. Une étude simple de la
fonction gα (x) := fα (x) − x montre que cette dernière est d’abord croissante puis
2.3. EXERCICES 133

décroissante et s’annule une seule fois en un point λ. Comme fα′ (0) > 1 et que fα est
strictement croissante, le point fixe répulsif 0 ne peut être limite car x0 6= 0, d’où
lim (xn ) = λ.
n→+∞

Exercice 2.66 KK
Séries alternées
Soit (an )n≥0 une suite de nombres réels positifs. On suppose que (an )n≥0 est décroissante
de limite nulle. On pose, pour tout n ∈ N :
n
X
bn = (−1)k ak .
k=0

1. Montrer que la suite (bn )n≥0 est convergente (de limite l).
2. Montrer que pour tout n ∈ N : |bn − l| ≤ an+1 .
n
(−1)k
X
3. Montrer que la suite de terme général est convergente.
k=0
k+1
4. Montrer que :
! !
n n
X (−1)k X (−1)k π
lim = − ln 2 et lim = .
n→+∞
k=1
k n→+∞
k=0
2k + 1 4

Z 1 Z 1
(−1)k k−1 (−1)k
On utilisera le fait que : =− (−x) dx et = (−x2 )k dx. 
k 0 2k + 1 0

1. On montre que les suites (b2n )n≥0 et (b2n+1 )n≥0 sont adjacentes. La suite (b2n )n≥0
est décroissante et la suite (b2n+1 )n≥0 est croissante car :

bn+2 − bn = (−1)n (an+2 − an+1 )

par suite, comme (an )n≥0 est décroissante, alors bn+2 − bn est nul ou du signe de
(−1)n+1 . De plus, on a

b2n − b2n+1 = −(−1)2n+1 a2n+1 = a2n+1 .

Par suite, la suite (b2n − b2n+1 )n≥0 est positive de limite nulle. En conclusion, les
suites (b2n )n≥0 et (b2n+1 )n≥0 sont adjacentes, elles convergent vers une même limite
l, et ainsi lim bn = l.
n→+∞
2. Comme les suites (b2n )n≥0 et (b2n+1 )n≥0 sont adjacentes, alors
8
>
< bn ≤ l ≤ bn+1 si n est impair,
>
: bn+1 ≤ l ≤ bn si n est pair.

Par conséquent, on déduit que (dans tous les cas) : |bn − l| ≤ |bn+1 − bn | = an+1 .
134 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

3. On applique la première question à la suite de terme général ak = 1


k+1
, il s’agit
bien d’une suite à termes réels positifs, elle est décroissante de limite nulle, par
n
X
(−1)k
conséquent la suite de terme général k+1
est convergente.
k=0
4. On a pour tout n ∈ N∗ :
  !
Z 1 Z 1 Z 1
n
X (−1)k Xn n
X 1 + (−x)n
= − (−x)k−1 dx = − (−x) k−1
dx = − dx.
k=1 k k=1 0 0 k=1 0 1+x

(−x)n
Or pour tout x ∈ [0, 1] et pour tout n ∈ N∗ on a :
1+x
≤ xn et ainsi

Z 1 Z 1
(−x)n 1
dx ≤ xn dx = .
0 1+x 0 n+1

En passant à la limite, lorsque n → +∞, on déduit que :


!
Z 1
n
X (−1)k 1
lim = − dx = − [ln(1 + x)]10 = − ln 2.
n→+∞
k=1 k 0 1+x

De même, en utilisant l’indication donnée dans l’exercice, on déduit que :


!
Z 1
n
X (−1)k 1 1 π
lim = dx = [arctan x] = .
k=0 2k + 1 1 + x2 4
n→+∞ 0
0

Exercice 2.67 KK
Suite de rationnels convergeant vers un irrationnel
Soit λ un nombre irrationnel appartenant à l’intervalle ]0, 1[, et considérons la suite
(xn )n≥0 définie par x0 = λ et pour tout n ≥ 0 :

1
xn+1 = .
xn − ⌊xn ⌋

1. Montrer que pour tout n ∈ N on a xn ∈ R \ Q, et que xn ≥ 1 pour tout n ∈ N∗ .


2. Soient (pn )n≥0 et (qn )n≥0 deux suites d’entiers définies par p0 = 1, p1 = 0, q0 =
0, q1 = 1 et pour tout n ∈ N∗ :
8
< pn+1 = pn ⌊xn ⌋ + pn−1 ,
:
qn+1 = qn ⌊xn ⌋ + qn−1 .

Montrer que lim pn = lim qn = +∞.


n→+∞ n→+∞  
€ Š
p2n+1
3. Montrer que les suites pq2n2n
et q2n+1 n≥0 sont adjacentes, en déduire la conver-
€ Š
n≥0
pn
gence de la suite qn .
n≥0
2.3. EXERCICES 135

4. Montrer que pour tout n ∈ N∗ :

pn xn + pn−1
= λ.
qn xn + qn−1

5. Montrer que
pn
lim = λ.
n→+∞ qn

1. On montre ce résultat par récurrence sur n ∈ N. Pour n = 0, on a x0 = λ ∈ R \ Q.


Pour n = 1, on a : x1 = λ1 > 1 et c’est un nombre irrationnel. Supposons que xn ≥ 1
et que c’est un irrationnel, montrons qu’il en de même pour xn+1 . Comme xn est
irrationnel et xn − ⌊xn ⌋ est irrationnel et appartient à ]0, 1[, alors xn+1 = xn −⌊x
1
n⌋
est
irrationnel strictement supérieur à 1.
2. Une récurrence immédiate nous permet de voir que pn ≥ 0 et qn > 0 pour tout
n ∈ N∗ . Par suite, comme

pn−1 − pn = pn (⌊xn ⌋ − 1) + pn−1 ≥ 0 et qn+1 − qn = qn (⌊xn ⌋ − 1) + qn−1 > 0

alors on conclut que les suites (pn )n≥1 et (qn )n≥1 sont croissantes. Finalement, ces
deux suites ne sont pas majorées, en effet si (pn )n≥1 est majorée alors il existe
M ∈ R tel que 0 < pn ≤ M, par suite ⌊xn ⌋ = pn+1p−p
n
n−1
converge vers 0, absurde car
xn ≥ 1 =⇒ ⌊xn ⌋ ≥ 1. On montre de même que la suite (qn )n≥1 n’est pas majorée.
En conclusion, on a bien : lim pn = lim qn = +∞.
n→+∞ n→+∞
3. On a :
p2n+2 p2n p2n+1 q2n − p2n q2n+1
− = × ⌊x2n+1 ⌋.
q2n+2 q2n q2n+2 q2n
On souhaite calculer la valeur du numérateur du membre de droite de l’égalité ci-
dessus. Une récurrence simple montre que : pn qn+1 − pn+1 qn = (−1)n pour tout
n ∈ N. Par suite on conclut que :

p2n+2 p2n ⌊x2n+1 ⌋ ⌊x2n+1 ⌋


− = −(−1)2n = − ≤ 0.
q2n+2 q2n q2n+2 q2n q2n+2 q2n
‚ Œ
p2n
Par suite, la suite est décroissante. On montre, de même, que la suite
‚ Œ
q2n n≥1
p2n+1
est croissante. Finalement, on a :
q2n+1 n≥0

p2n+1 p2n p2n+1 q2n − p2n q2n+1 −1


− = = −→ 0.
q2n+1 q2n q2n+1 q2n q2n+1 q2n
‚ Œ ‚ Œ
p2n p2n+1
En conclusion, les suites et sont adjacentes, donc convergent vers
q2n n q2n+1 n
136 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

‚ Œ
pn
la même limite l. Enfin la suite converge vers l.
qn n
p1 x1 +p0
4. On montre le résultat par récurrence sur n ∈ N∗ . Pour n = 1 on a bien q1 x1 +q0
=
pn xn +pn−1
1
x1
= λ. Supposons qn xn +qn−1
= λ, alors

pn+1 xn+1 + pn (pn ⌊xn ⌋ + pn−1 ) + pn (xn − ⌊xn ⌋) pn xn + pn−1


= = = λ.
qn+1 xn+1 + qn (qn ⌊xn ⌋ + qn−1 ) + qn (xn − ⌊xn ⌋) qn xn + qn−1

Le résultat est donc démontré par récurrence.


5. On a :

pn−1 pn xn + pn−1 pn−1 (pn qn−1 − pn−1 qn )xn xn


λ− = − = = (−1)n .
qn−1 qn xn + qn−1 qn−1 (qn xn + qn−1 )qn−1 (qn xn + qn−1 )qn−1

La dernière expression ci-dessus est du signe de (−1)n , par suite : pq2n+1


2n+1
≤ λ ≤ p2n
q2n
,
pn
et en passant à la limite on déduit que l = λ et ainsi : lim = λ.
n→+∞ qn

Exercice 2.68 KK

Soit a un nombre rationnel positif tel que a 6 ∈ Q+ . Montrer que :

p √ K
∃ K > 0 tel que ∀ r = ∈ Q,
r− a ≥ .
q q2
p
On pourra considérer les différents cas selon que est négatif, nul ou positif. 
q

p
On distingue différents cas selon que r = , avec (p, q) ∈ Z × N∗ , est négatif, nul
q
ou positif.

⋄ Si r < 0 : alors |r − a| ≥ |r| = −r = −p q
. Or, −p ≥ 1 et q ≤ q 2 , par suite :



1
r−
a ≥ .
q2
√ √
⋄ Si r = 0 : alors |r − a| = a ≥ q12 .

⋄ Si 0 < r < 2 a : alors en posant a = bc , avec (b, c) ∈ N∗2 , on a :

2

p2 b
cp2 − bq 2 1
|r − a| = − = ≥ .
q2 c cq 2 cq 2

On ne peut avoir cp2 − bq 2 = 0 car sinon on aurait a ∈ Q. Or,
1
√ √ 1 √ √
(r+ a )c
|r − a| × (r + a) ≥ ⇐⇒ |r − a| ≥ .
cq 2 q2
2.3. EXERCICES 137

√ √
Donc, comme r + a < 3 a et en posant K = 3c
1√
a
, alors on déduit que :

√ K
|r − a| ≥ .
q2
√ √ √ √
⋄ Si r ≥ 2 a : alors on a |r − a| ≥ a ≥ qK2 avec K = a.
En conclusion, et en tenant compte des quatre cas ci-dessus, alors en prenant K =
 √ 
min 1, 3c1√a , a on a la minoration :

√ K
|r − a| ≥ .
q2

Exercice 2.69 KK
Théorème du point fixe de Picard
Soit f : R −→ R une fonction continue. Soit x0 ∈ R, on définit, par récurrence, la suite
(xn )n≥0 par
xn+1 = f (xn ), ∀ n ∈ N.

On dit que f est contractante si elle est k-lipschitzienne pour un certain k ∈ [0, 1[. On
se propose de montrer dans cet exercice le théorème du point fixe de Picard : si f est
contractante, alors elle admet un unique point fixe, et la suite (xn )n≥0 converge vers ce
point fixe.
On suppose dans toute la suite que f est contractante, et soit k ∈ [0, 1[ tel que f soit
k-lipschitzienne.
1. Montrer que f admet au plus un point fixe.
2. Montrer que pour tout n ∈ N :

|xn+1 − xn | ≤ kn |x1 − x0 |.

En déduire que : lim (xn+1 − xn ) = 0.


n→+∞
3. Montrer que pour tout n ∈ N∗ :

1 − kn
|xn − x0 | ≤ |x1 − x0 |.
1−k

En déduire que la suite (xn )n≥0 est bornée.


4. En utilisant le théorème de Bolzano-Weierstrass, déduire que f admet un unique
point fixe, et que (xn )n≥0 converge vers ce point fixe. 

1. Si l1 et l2 sont des points fixes, alors on a :

|l1 − l2 | = |f (l1 ) − f (l2 )| ≤ k |l1 − l2 |.

D’où, (1 − k) |l1 − l2 | ≤ 0, par suite |l1 − l2 | = 0 car 1 − k > 0. Donc l1 = l2 .


138 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

2. On montre ce résultat par récurrence sur n ∈ N. Pour n = 0 le résultat est clair.


Maintenant si |xn+1 − xn | ≤ k n |x1 − x0 | alors

|xn+2 − xn+1 | = |f (xn+1 ) − f (xn )| ≤ k|xn+1 − xn | ≤ k n+1 |x1 − x0 |.

En conclusion, on a pour tout n ∈ N : |xn+1 − xn | ≤ k n |x1 − x0 |.


Finalement, comme k ∈ [0, 1[, alors lim k n = 0, et par conséquent
n→+∞

lim (xn+1 − xn ) = 0.
n→+∞

3. Par l’inégalité triangulaire et la question ci-dessus, on a pour tout n ∈ N∗ :



n−1

X

n−1
X n−1
X 1 − kn
|xn − x0 | = (xi+1 − x ) ≤
i |xi+1 − xi | ≤ k i |x1 − x0 | = |x1 − x0 |.

i=0

i=0 i=0 1−k

Finalement, la suite (xn )n≥0 est bornée car :

1 1
x0 − |x1 − x0 | ≤ xn ≤ x0 + |x1 − x0 |, ∀ n ∈ N∗ .
k−1 1−k

4. D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, la suite (xn )n≥0 admet une sous-suite


convergente (xϕ(n) )n≥0 vers un réel l. D’après la deuxième question on a donc :
€ Š € € Š Š
lim xϕ(n)+1 − xϕ(n) = 0 c-à-d lim f xϕ(n) − xϕ(n) = 0.
n→+∞ n→+∞

Par continuité de f en l, on conclut que l est un point fixe de f , et comme f admet


au plus un point fixe (par la première question), alors on conclut que l est l’unique
point fixe de f . Finalement, par récurrence on a : |xn − l| ≤ k n |x0 − l| pour tout
n ∈ N, à la limite la suite (xn )n≥0 converge vers le point fixe l.

Exercice 2.70 KK
Déterminer ‚ Œ

inf sup | sin nα| .


α ∈ ]0,π[ n∈Z

On pose Mα := sup | sin nα|. Alors :


n∈N
⋄ Si α 6∈ π Q : le sous-groupe Gα := {nα + kπ : (n, k) ∈ Z2 } de (R, +) est
dense dans R. Donc, tout élément de [0, 1] est limite d’une suite extraite de la suite
(| sin nα|)n∈N , d’où Mα = 1.
⋄ Si α ∈ π Q : on pose α = pq avec (p, q) ∈ N∗2 et p ∧ q = 1. Alors on a Gα = π
q
Z et
¨ «

{| sin nα| : n ∈ Z} = sin : k ∈ J0, n − 1K .
q
2.3. EXERCICES 139

Par suite : 8
>
< 1 si q est pair (q ≥ 2)
Mα = >
 
q−1
: sin 2q
π si q est impair (q ≥ 3).

En conclusion :
  √
r π 3
inf Mα = inf∗ sin π = sin = .
α ∈ ]0,π[ r∈N 2r + 1 3 2

Exercice 2.71 KK
Soient f : R −→ C une application continue et D une partie dense de R.
1. Montrer que f (D) est une partie dense de f (R).
2. En déduire que l’ensemble
{e2inπx : n ∈ Z}

est dense dans le cercle unité si, et seulement si, x ∈ R \ Q. 

1. Soit y ∈ f (D) alors il existe x ∈ D tel que f (x) = y. Comme D est dense dans
R, alors il existe une suite réelle (xn )n≥0 telle que lim xn = x. Enfin, comme f est
n→+∞
continue alors y = lim f (xn ). En conclusion, f (D) est dense dans f (R).
n→+∞
2.
(=⇒) Si x ∈ Q alors on peut écrire x = pq avec (p, q) ∈ Z × N∗ . Par suite
 © n p o
e2iπnx : n ∈ Z = e2irπ q : r ∈ Z, 0 ≤ r < q .

Ce dernier ensemble est fini, et donc ne peut être dense dans le cercle unité.
(⇐=) Considérons le sous-groupe 2πZ + 2πxZ de (R, +). Alors, il est de la forme
aZ avec a ∈ R∗ ou bien il est dense dans R.
Si 2πZ + 2πxZ était de la forme aZ avec a ∈ R∗ , alors :
8
>
< 2πx = na
>
: 2π = ma

par suite x = m
n
∈ Q. Contradiction. Par suite, 2πZ + πxZ est dense dans R et son
image par l’application continue x 7−→ eix est dense dans le cercle unité.

Exercice 2.72 KK !
š€ √ Šn 
Montrer que les termes de la suite 2+ 3 sont tous impairs. 
n≥1
140 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

€ √ Šn € √ Šn
On pose xn = 2 + 3 + 2− 3 , alors x1 = 4, x2 = 14 et pour tout entier
n∈N : ∗

xn+2 = 4xn+1 − xn .

Alors, par simple récurrence on conclut que les termes de la suite (xn )n≥1 sont tous
pairs.
€ √ Šn
Maintenant, comme 0 < 2− 3 < 1 alors
j€ √ Šn k
yn := 2+ 3 = xn − 1

vérifie la relation de récurrence :

yn+2 = 4yn+1 − yn + 2.

Finalement, comme y1 = 3 est un entier impair, alors il s’ensuit que tous les autres
termes de yn sont impairs.

2.3.4 Exercices d’approfondissement

Exercice 2.73 KKK


Soit (xn )n≥0 une suite réelle telle que :

lim ( 2xn+1 − xn ) = l.
n→+∞

Montrer que
lim xn = l.
n→+∞

Pour tout ε > 0, il existe N ∈ N tel que pour n ≥ N on ait :

l−ε < 2xn+1 − xn < l + ε.

Pour ce n, on additionne les k inégalités suivantes (avec k ∈ N∗ ) :

l−ε < 2xn+1 − xn < l + ε,


2(l − ε) < 4xn+2 − 2xn+1 < 2(l + ε),
···
2k−1(l − ε) < 2k xn+k − 2k−1 xn+k−1 < 2k−1 (l + ε).
2.3. EXERCICES 141

On obtient :

(1 + 2 + · · · + 2k−1)(l − ε) < 2k xn+k − xn < (1 + 2 + · · · + 2k−1)(l + ε)

et lorsqu’on divise par 2k on déduit que :


   
1 1 1
1 − k (l − ε) < xn+k − k xn < 1 − k (l + ε).
2 2 2

1 1
En choisissant k ∈ N∗ tel que k
2
xn < ε et k
2
(l ± ε) < ε, alors on conclut que
pour m ≥ n + k :
l − 3ε < xm < l + 3ε

ce qui montre que lim xn = l.


n→+∞

Exercice 2.74 KKK


Transformation d’Abel
1. Soient n ∈ N∗ , a1 , · · · , an et b1 , · · · , bn deux suites réelles. Montrer que

n
X n−1
X
ak bk = S n bn + Sk (bk − bk+1 )
k=1 k=1

avec Sk = a1 + · · · + ak pour tout k ∈ J1, nK.


2. Calculer les sommes suivantes :

1 + 2x + 3x2 + · · · + nxn−1 et 1 + 4x + 9x2 + · · · + n2 xn−1 .

3. Les nombres a1 ≥ a2 ≥ · · · ≥ an > 0 et b1 ≥ b2 ≥ · · · ≥ bn > 0 vérifient :

a1 ≥ b1 , a1 + a2 ≥ b1 + b2 , ··· , a1 + a2 + · · · + an ≥ b1 + b2 + · · · + bn .

Montrer que pour tout k ∈ N∗ :

ak1 + ak2 + · · · + akn ≥ bk1 + bk2 + · · · + bkn .

1. Voir chapitre 1. pour la démonstration.


2. Si x = 1 les résultats sont faciles (voir chapitre 2 du tome d’algèbre). On suppose
dans la suite de cette question que x 6= 1.
En appliquant la transformation d’Abel on a :

1 + 2x + 3x2 + · · · + nxn−1 = (1 − 2) + (2 − 3)(1 + x) + (3 − 4)(1 + x + x2 ) + · · ·


+ ((n − 1) − n)(1 + 2 + · · · + xn−2 ) + n(1 + x + x2 + · · · + xn−1 )
142 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

‚ Œ
x − 1 x2 − 1 x3 − 1 xn−1 − 1 xn − 1
=− + + +···+ +n
x−1 x−1 x−1 x−1 x−1
1 x −1
n
=− (1 + x + x2 + · · · + xn−1 − n) + n
x−1 x−1
 n 
1 x −1 xn − 1 nxn xn − 1 nxn xn − 1
=− −n +n − = − .
x−1 x−1 x − 1 x − 1 (x − 1)2 x − 1 (x − 1)2

En conclusion, on a montré que :

nxn xn − 1
1 + 2x + 3x2 + · · · + nxn−1 = − . (1)
x − 1 (x − 1)2

En appliquant toujours la transformation d’Abel on a :

1 + 4x + 9x2 + · · · + n2 xn−1 = (1 − 4) + (4 − 9)(1 + x) + (9 − 16)(1 + x + x2) + · · ·


+ ((n − 1)2 − n2 ) (1 + x + · · · + xn−2 ) + n2 (1 + x + · · · + xn−1 ).

Or, par les sommes de suites géométriques on a :


‚ Œ
x−1 x2 − 1 x3 − 1 xn−1 − 1 xn − 1
−x 3 +5 +7 + · · · + (2n − 1) + n2
x−1 x−1 x−1 x−1 x−1
‚ Œ
x − 1 x2 − 1 x3 − 1 xn−1 − 1
= + + +···+
x−1 x−1 x−1 x−1
‚ Œ
x−1 x2 − 1 x3 − 1 xn−1 − 1 xn − 1
−2 2 +3 +4 +···+n + n2
x−1 x−1 x−1 x−1 x−1
1 € Š
= 1 + x + x2 + · · · + xn−1 − n
x−1
‚ Œ
2 n−1 n(n + 1) 2 x −1
n
− 1 + 2x + · · · + nx − +n .
x−1 2 x−1

En utilisant la relation (1), on déduit que :

n2 xn (2n − 1)xn + 1 2xn − 2


1 + 4x + 9x2 + · · · + n2 xn−1 = − + . (2)
x−1 (x − 1)2 (x − 1)3

3. Pour tout i ∈ J1, nK on a :


€ Š
aki − bki = (ai − bi ) aik−1 + aik−2 bi + · · · + ai bik−2 + bik−1 .

On pose, pour tout i ∈ J1, nK :

ci = ai − bi et di = aik−1 + aik−2 bi + · · · + ai bik−2 + bik−1 .


2.3. EXERCICES 143

Alors, par hypothèse on a pour tout i (puisque les suites (ai )1≤i≤n et (bi )1≤i≤n sont
décroissantes et positives) :

c1 + c2 + · · · + ci ≥ 0 et di ≥ di+1 > 0.

Par conséquent

ak1 − bk1 + ak2 − bk2 + · · · + akn − bkn = c1 d 1 + c2 d 2 + · · · + cn d n


= (d1 − d2 ) c1 + (d2 − d3 ) (c1 + c2 ) + · · · + dn (c1 + c2 + · · · + cn )
≥ 0.

Par suite, on a montré que pour tout k ∈ N∗ :

ak1 + ak2 + · · · + akn ≥ bk1 + bk2 + · · · + bkn .

Exercice 2.75 KKK


Soient (un )n≥0 et (vn )n≥0 deux suites qui divergent vers +∞ et telles que :

lim (un+1 − un ) = 0.
n→+∞

On fixe ε > 0 et on considère le rang N ∈ N à partir duquel |un+1 − un | ≤ ε.


1. Montrer que pour tout x ∈ R tel que x ≥ uN , il existe un terme up de la suite tel
que : |up − x| ≤ ε.
2. Montrer que pour tout x ∈ R il existe (m, p) ∈ N2 tels que :

|(up − vm ) − x| ≤ ε.

En déduire que l’ensemble {un − vm : (n, m) ∈ N2 } est dense dans R.


3. Application : montrer que l’ensemble {un − ⌊un ⌋ : n ∈ N} est dense dans R. 

1. Soit p = min{k ∈ N : k > N, uk > x}. C’est une partie non vide de N car
(un )n≥0 diverge vers +∞. Comme p − 1 ≥ N, on a :

|up−1 − up | ≤ ε.

On distingue deux cas :


⋄ Si p = N + 1 : alors

up−1 ≤ x < up d’où 0 ≤ up − x ≤ ε.


144 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

⋄ Si p > N + 1 : alors p − 1 > N donc p − 1 appartient à l’ensemble ci-dessus et par


suite
up−1 ≤ x < up d’où 0 ≤ up − x ≤ ε.

2. Soit x ∈ R, comme lim vn = +∞ alors il existe m ∈ N tel que


n→+∞

x + vm ≥ uN .

En appliquant le résultat précédent à x + vm on déduit l’existence de p ∈ N tel que

|(up − vm ) − x| ≤ ε.

Par conséquent, l’ensemble {un − vm : (n, m) ∈ N2 } est dense dans R.


3. Soit x ∈ [0, 1], alors en posant vn = ⌊un ⌋ et en appliquant ce qui précède il existe
(n, m) ∈ N2 tels que :

|(un − vm ) − x| ≤ ε et un − vm ∈ [0, 1[.

D’où, vm = ⌊un ⌋ et l’ensemble {un − ⌊un ⌋ : n ∈ N} est dense dans R.

Exercice 2.76 KKK


Montrer que la suite (xn )n≥0 définie par

xn = n sin (2πn!e)

est convergente, et trouver sa limite. 

La fonction exp est de classe C ∞ sur R, donc l’égalité de Taylor avec reste intégral
nous permet d’écrire
n
X exp(k) (0) k Z 1 (1 − t)n Xn
1 Z 1 (1 − t)n
e1 = 1 + exp(n+1) (t) dt = + exp(t) dt.
k=0 k! 0 n! k=0 k! 0 n!

+∞
X 1
Par conséquent e = en faisant tendre n → +∞ dans la relation ci-dessus.
k=0 k!
Maintenant on a
„ Ž „ Ž
n +∞ +∞
X n! X n! X n!
xn = n sin 2π + 2π = n sin 2π
k=0 k! k=n+1 k! k=n+1 k!
2.3. EXERCICES 145

n
X n!
car ∈ N. Or, on a d’une part
k=0 k!

n! 1 +∞
X n!
= ≤ ,
(n + 1)! n+1 k=n+1 k!

n! 1
et d’autre part, puisque ≤ pour tout k ≥ n + 1 :
k! (n + 1)k−n
 k−n
+∞
X n! +∞
X 1 1 1 1
≤ = × = .
k=n+1 k! k=n+1 n+1 n + 1 1 − n+1
1
n

Par conséquent

1 +∞
X n! 1 +∞
X n!
≤ ≤ et lim n = 1.
n + 1 k=n+1 k! n n→+∞
k=n+1 k!

+∞
X n! 1
En conclusion, on a ∼ et
k=n+1 k! n
„ Ž
+∞ +∞
X n! X n!
xn = n sin 2π ∼ 2πn −−−−→ 2π.
k=n+1 k! k=n+1 k!
n→+∞

Exercice 2.77 KKK


n
On définit la suite (xn )n≥1 par x1 = 1 et xn+1 = pour tout n ≥ 1. Montrer que
xn
 ‹ É r
1 1 1 1 π 2
lim √ + + ··· + = + .
n→+∞ n x1 x2 xn 2 π

Par définition, on a xn xn+1 = n et xn−1 xn = n − 1 pour tout n ≥ 2. D’où, par


soustraction, on obtient
1
xn+1 − xn−1 = ,
xn
et par conséquent

1 1 1
+ +· · ·+ = (x3 − x1 ) + (x4 − x2 ) + · · · + (xn+1 − xn−1 ) = xn + xn+1 − x1 − x2
x2 x3 xn

et ainsi
  ‚ Œ
1 1 1 1 x xn+1
lim √ + +···+ = lim √n + √ .
n→+∞ n x1 x2 xn n→+∞ n n
146 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

n n
Maintenant, on a xn+1 = = xn−1 = · · · , et par suite
xn n−1

22n (n!)2 (2n + 1)!


x2n+1 = et x2n+2 = .
(2n)! 22n (n!)2

Or, d’après la formule Êde Stirling (voir chapitre sur l’intégration), on a x2n+1 ∼
r
π √ 2 √
× 2n et x2n+2 ∼ × 2n, et alors
2 π
‚ Œ Ê r
x xn+1 2 π
lim √n + √ = + .
n→+∞ n n π 2

Exercice 2.78 KKK


Soient m0 et M0 deux réels. Étudier les deux suites (mn )n≥0 et (Mn )n≥0 définies par :
Z 1 Z 1
1 1
mn+1 = min(x, Mn ) dx, Mn+1 = max(x, mn ) dx.
2 0 2 0

Les suites (mn )n≥0 et (Mn )n≥0 sont définies par la récurrence Mn+1 = f (mn ) et
mn+1 = g(Mn ) avec
8
>1
>
>4
si t ∈] − ∞, 0],
Z 1
1 <
f (t) := max(x, t) dx = 1+t2
si t ∈ [0, 1],
2 0 > 4
>
>
:t
2
si t ∈ [1, +∞[,

et 8
>t
>
>2
si t ∈] − ∞, 0],
Z 1
1 <
g(t) := min(x, t) dx = t(2−t)
si t ∈ [0, 1],
2 0 >
>
4
>
:1
4
si t ∈ [1, +∞[.
1Z 1 1 1Z 1
On a, pour tout t ∈ R, les encadrements f (t) ≥ x dx = et g(t) ≤ x dx =
2 0 4 2 0
1 1
, d’où, il résulte que mn ≤ ≤ Mn pour tout n ∈ N∗ . Cette inégalité est encore
4 4
valable pour n = 0 (quitte à renuméroter la suite). Dans ce cas, on constate que
1 1 1
≤ M1 ≤ et 0 ≤ m1 ≤ , on peut supposer ces deux inégalités vraies pour m0 et
4 2 4
M0 quitte à renuméroter la suite à partir de 1. Par conséquent, on a par récurrence
les estimations suivantes :

1 1 1
≤ Mn ≤ et 0 ≤ mn ≤ , ∀ n ∈ N.
4 2 4
2.3. EXERCICES 147

La suite (mn )n est définie entièrement par les relations :

m1 = f (M1 ) et mn+2 = (g ◦ f )(mn ).


 
1
Or la fonction g ◦ f est croissante sur l’intervalle 0, , alors les deux sous-suites
4
(m2n )n et (m2n+1 )n sont monotones, et comme elles sont bornées alors elles convergent.
Finalement, puisque g ◦ f est une fonction continue, alors les limites doivent vérifier
l’équation (g ◦ f )(x) = x, c’est-à-dire

x4 − 6x2 + 64x − 7 = 0.

0.5 b

m
b b

0.25
 
1
L’équation ci-dessus admet une unique solution m ∈ 0, , la valeur approchée est
4
m ≃ 0.1105177. Les suites (m2n )n et (m2n+1 )n converge vers m. De plus comme f
est continue, alors la suite (Mn )n converge vers M := f (m) ≃ 0.2530535.
En conclusion, on a montré que :

lim mn := m ≃ 0.1105177 et lim Mn := M ≃ 0.2530535.


n→+∞ n→+∞

Exercice 2.79 KKK


Soit α une racine irrationnelle d’un polynôme à coefficients entiers de degré d ≥ 2.
1. théorème de liouville : Montrer que

δ
∃δ > 0 : ∀ r ∈ Q, |α − r| ≥ ,
qd
p
où q > 0 et r = est l’écriture irréductible de r.
q
2. Montrer que

1
∀ n ∈ N, ∃m ∈ Z : |nα − m| ≤ .
2
148 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

3. Calculer
1
lim |sin (nαπ)| n .
n→+∞

d
X
1. Posons P = ak X k avec ak ∈ Z pour tout k ∈ J0, dK. Supposons que r n’est
k=0
pas racine de P , alors :

d
d
X 1
q P (r) = ak pk q d−k ∈ Z∗ , donc |P (r)| ≥ .
k=0 qd

Posons
8
>
< min{ |r − α| : r ∈ Q et P (r) = 0 }, (∃ car P a un nb. fini de racines ∈ Q),
k=>
: 1, si P n’a pas de racines rationnelles,

et M := sup |P (r)|. D’après l’inégalité des accroissements finis, on déduit que :


|r−α|≤k

8
>
< P (r) 6= 0, 1 1
=⇒ ≤ M|r − α|, i. e., |r − α| ≥ .
>
: |r − α| ≤ k, qd Mq d

€ Š
En posant δ = min 1
M
,k , alors on conclut que :

δ
∀ r ∈ Q, |r − α| ≥ .
qd

2. Si n = 0 il suffit de prendre m = 0. Si n ∈ N∗ , alors on pose :


8
— ”
>
< ⌊nα⌋ si α − ⌊nα⌋ ∈ 0, 12 ,
m = >
— ”
: ⌊nα⌋ + 1 si α − ⌊nα⌋ ∈ 1
2
,1 .

Dans les deux cas on a : |nα − m| ≤ 12 .


3. D’après ce qui précède on a montré que :

δ 1
∀ n ∈ N, ∃m ∈ Z : ≤ |nα − m| ≤ .
nd−1 2
•
δπ π π˜
D’où, ≤ |nαπ − mπ| ≤ et comme la fonction sin est croissante sur 0, il
nd−1 2 2
s’ensuit que :
‚ Œ – ‚ Œ™ 1
δπ δπ n 1
sin ≤ sin (|nαπ − mπ|) ≤ 1 et sin ≤ |sin (nαπ)| n ≤ 1.
nd−1 nd−1
2.3. EXERCICES 149

Sachant que d − 1 ≥ 1, alors on a :


‚ Œ ‚ ‚ ŒŒ
δπ δπ 1 δπ
sin ∼ et lim ln sin = 0.
nd−1 +∞ nd−1 n→+∞ n nd−1

En conclusion, on a :
1
lim |sin (nαπ)| n = 1.
n→+∞

Exercice 2.80 KKK


Théorème de Beatty
1. Soit (xn )n≥1 une suite strictement croissante d’entiers > 0 telle que pour tout n ∈ N∗ :

Card ({m ∈ N∗ : xm < n}) = n − 1.

Montrer que xn = n.
2. théorème de beatty : Soient α et β deux nombres irrationnels strictement positifs
et tels que
1 1
+ = 1.
α β
Montrer que les suites (⌊αn⌋)n≥1 et (⌊βn⌋)n≥1 sont strictement croissantes et forment
une partition de N∗ , c’est-à-dire :

(⌊αn⌋)n≥1 ∪ (⌊βn⌋)n≥1 = N∗ et (⌊αn⌋)n≥1 ∩ (⌊βn⌋)n≥1 = ∅.

1. On montre ce résultat par récurrence. Pour n = 1 le résultat est évident : le seul


n pour lequel xn < 2 est n = 1. Supposons que x1 = 1, x2 = 2, · · · , xn−1 = n − 1.
Par hypothèse il n’y a aucun autre indice (en plus) m pour lequel xm < n, et comme
il y a exactement un autre terme de la suite qui est ≤ n + 1, alors ce terme doit être
xn et il est égal à n.
2. On écrit tout les nombres de la forme ⌊αn⌋ et ⌊βn⌋ comme une suite strictement
š 
croissante yn . Pour tout n ∈ N∗ , il y a exactement αn nombres de la forme ⌊kα⌋, et
j k
n
β
nombres de la forme ⌊kβ⌋ qui sont strictement inférieurs à n (car α et β sont
irrationnels). On a :
œ Ÿ › œ Ÿ
n n nž n n n
n−1 = + −1 ≤ + < + = n.
α β α β α β

Donc, œ Ÿ
›
nž n
+ = n − 1.
α β
150 CHAPITRE 2. NOMBRES RÉELS ET SUITES NUMÉRIQUES

Alors, par la relation ci-dessus, la suite (yn )n≥1 vérifie les conditions de la pre-
mière question, c’est-à-dire yn = n pour tout n ∈ N∗ , et par conséquent les deux
suites (⌊αn⌋)n≥1 et (⌊βn⌋)n≥1 forment une partition de N∗ .
Chapitre 3
Fonction d’une variable réelle

3.1 Fonctions continues


Dans cette section, f désigne une fonction d’une partie non vide de R dans R de
domaine de définition Df , et I un intervalle de R contenant au moins deux points.

Définition 3.1 Continuité en un point


Si x0 ∈ Df et lim f (x) = f (x0 ) on dit que f est continue au point x0 . 
x→x0

Définition 3.2 Prolongement par continuité


Si x0 6∈ Df et si f possède une limite finie l en x0 , alors la fonction fe définie par
8
f (x) si x 6= x0 ,
<
fe(x) =
:
l si x = x0 ,

est continue en x0 et est appelée prolongement par continuité de f au point x0 . 

Définition 3.3 Continuité à droite. Continuité à gauche


✓ Si x0 ∈ Df et lim f (x) = f (x0 ) on dit que f est continue à droite en x0 .
x→x+
0
✓ Si x0 ∈ Df et lim f (x) = f (x0 ) on dit que f est continue à gauche en x0 . 
x→x−
0

Proposition 3.1
On suppose qu’il existe r > 0 tel que ]x0 − r, x0 [ ∪ ]x0 , x0 + r[ ⊂ Df .
✓ Si x0 6∈ Df . Soit l ∈ R, alors
!

lim f (x) = lim− f (x) = l ⇐⇒ lim f (x) = l.


x→x+ x→x0 x→x0
0

151
152 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

✓ Si x0 ∈ Df , alors
!

f continue au point x0 ⇐⇒ lim f (x) = lim f (x) = f (x0 ) .


x→x+
0 x→x−
0

Proposition 3.2

✓ Une fonction f admet une limite l ∈ R en un point x0 ∈ R si, et seulement si pour


toute suite réelle (xn )n∈N ⊂ Df et convergeant vers x0 , on a lim f (xn ) = l.
n→+∞
✓ Soient x0 ∈ R et f : Df −→ R une fonction définie au voisinage de x0 tels
que x0 ∈ Df . Alors, f est continue en x0 si, et seulement si pour toute suite
(xn )n∈N ⊂ Df et convergeant vers x0 , on a lim f (xn ) = f (x0 ). 
n→+∞

Proposition 3.3
Soient −∞ ≤ a < +∞, −∞ < b ≤ +∞ tels que a < b et f : ]a, b[ −→ R une fonction
croissante.
✓ Si f est majorée, alors lim f (x) = sup f (x).
x→b x∈]a,b[
✓ Si f n’est pas majorée, alors lim f (x) = +∞.
x→b
✓ Si f est minorée, alors lim f (x) = inf f (x).
x→a x∈]a,b[
✓ Si f n’est pas minorée, alors lim f (x) = −∞.
x→a
Si f est décroissante sur ]a, b[, on a un résultat symétrique. 

Proposition 3.4
Soit f une fonction réelle définie sur un intervalle I. Si f est monotone sur I, alors f
admet en tout point x0 ∈ I qui n’est pas une extrêmité de I une limite à gauche et une
limite à droite finies telles que :
✓ si f est croissante : lim− f (x) ≤ f (x0 ) ≤ lim f (x),
x→x0 x→x+
0
✓ si f est décroissante : lim f (x) ≤ f (x0 ) ≤ lim− f (x). 
x→x+
0 x→x0

Théorème 3.1 Théorème des valeurs intermédiaires


Si f : I −→ R est continue, alors f (I) est un intervalle. 

☞ soit (a, b) ∈ I 2 avec a ≤ b, la fonction f prend au moins une fois sur cet
intervalle toutes les valeurs comprises entre f (a) et f (b). D’où, pour tout réel
y compris entre f (a) et f (b) il existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = y. En particulier,
si f (a) et f (b) sont de signes contraires, il existe c ∈]a, b[ tel que f (c) = 0.
3.1. FONCTIONS CONTINUES 153

Théorème 3.2
Soient a < b deux réels et f : [a, b] −→ R une fonction continue. Alors f est
bornée sur [a, b] et atteint ses bornes. Plus précisément :
" #

f ([a, b]) = inf f (x) , sup f (x) .


x∈[a,b] x∈[a,b]

Proposition 3.5
Une fonction f : I −→ R continue et strictement monotone est une bijection de
I −→ f (I). La fonction réciproque f −1 est continue et strictement monotone sur f (I).
Les fonctions f et f −1 ont le même sens de variation et les courbes représentatives sont
symétriques par rapport à la première bissectrice. 

Définition 3.4 Continuité uniforme


On dit que f : I −→ R est uniformément continue sur I si :

∀ ε > 0, ∃ η > 0, ∀ (x, y) ∈ I 2 , |x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε.

☞ On rappelle que f est continue sur I si :

∀ x ∈ I, ∀ ε > 0, ∃ η > 0, ∀ y ∈ I, |x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε.

Donc, la différence entre les deux notions de continuité est le fait que le η
de la continuité uniforme ne dépend que de ε, alors que pour la continuité il
peut dépendre aussi de x. D’où, si f est uniformément continue alors elle est
continue. La réciproque est fausse.

Théorème 3.3 Théorème de Heine


Toute fonction continue sur un segment [a, b] est uniformément continue sur ce
segment. 
154 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

3.2 Fonctions dérivables

Définition 3.5 Dérivabilité en un point


Soit x0 ∈ I, on suppose qu’il existe r > 0 tel que ]x0 − r, x0 + r[ ⊂ I. On dit que
f (x) − f (x0 )
f : I −→ R est dérivable en x0 si la limite lim existe et est finie. Dans
x→x0 x − x0
ce cas, on note f ′ (x0 ) cette limite qui est appelée nombre dérivé. 

❏ Si f est dérivable en x0 alors f est continue en x0 . La réciproque est fausse.


❏ On dit que f est dérivable à droite (resp. à gauche) en x0 lorsque la limite
f (x) − f (x0 )
lim+ (resp. x → x−
0 ) existe et est finie. On note, dans ce cas,
x→x0 x − x0
fd′ (x0 ) (resp. fg′ (x0 )).
❏ f est dérivable en x0 si, et seulement si, f est dérivable à gauche et à droite
en x0 avec fg′ (x0 ) = fd′ (x0 ).
❏ f est dérivable sur I lorsqu’elle est dérivable en tout point de I. On appelle
fonction dérivée de f sur I l’application notée f ′ : x 7−→ f ′ (x).
❏ Soit a < b deux réels. On dit que f est dérivable sur [a, b] lorsque f est
dérivable en tout point de ]a, b[, dérivable à droite au point a et à gauche au
point b.
❏ On dit que f est dérivable sur [a, +∞[ (resp. ] − ∞, a]) lorsque f est dérivable
en tout point de ]a, +∞[ (resp. ] − ∞, a[ et dérivable à droite (resp. à gauche)
au point a.

Proposition 3.6 Prolongement d’une fonction dérivable


Soient f : I −→ R et x0 ∈ I. Si
✓ f est continue sur I,
✓ f est dérivable sur I \ {x0 },
✓ lim f ′ (x) existe dans R,
x→x0
alors
✓ f est dérivable en x0 et f ′ (x0 ) = lim f ′ (x).
x→x0
Si x0 est l’extrémité gauche (resp. droite) de I, on remplace f ′ (x0 ) par fd′ (x0 ) (resp.
fg′ (x0 )). 

Proposition 3.7 Formule de Leibniz


Si f et g sont deux fonctions défines sur un intervalle I et admettant des dérivées
n-ièmes en un point x0 ∈ I, alors la fonction f g admet une dérivée n-ième en x0 et :
n ‚ Œ
X n (k)
(n)
(f g) (x0 ) = f (x0 )g(n−k) (x0 ).
k=0
k
3.2. FONCTIONS DÉRIVABLES 155

Proposition 3.8
Soit n ∈ N∗ . Si f est une fonction de classe C n (i. e. f est n fois dérivable sur I et f (n)
est continue) sur un intervalle I et si f ′ ne s’annule pas sur I, alors f est une bijection
strictement monotone de I −→ f (I) et de plus f −1 est de classe C n sur l’intervalle f (I).
En particulier, pour n = 1, on a :
€ Š′ 1
f −1 = .
f′ ◦ f −1

Théorème 3.4 Théorème de Rolle


Soient a < b deux réels et f : [a, b] −→ R une application continue sur [a, b],
dérivable sur ]a, b[ et vérifiant f (a) = f (b). Alors, il existe c ∈ ]a, b[ tel que

f ′ (c) = 0.

Théorème 3.5 Théorème des accroissements finis


Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[, alors
il existe c ∈ ]a, b[ tel que :

f (b) − f (a) = (b − a) × f ′ (c).

❏ le résultat ci-dessus n’est plus vrai si f est à valeurs dans C. Par exemple, la
fonction f définie par f (x) = eix est dérivable sur R et vérifie

f (0) = f (2π) = 0,

mais sa dérivée f ′ définie par f ′ (x) = ieix ne s’annule pas.


❏ Inégalité des accroissements finis : Soit f : [a, b] −→ R (avec a < b) une
fonction continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ et vérifiant m ≤ f ′ (x) ≤ M
pour tout x ∈ ]a, b[, alors on a :

m(b − a) ≤ f (b) − f (a) ≤ M(b − a).

❏ Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I. Alors, f est lipschitzienne


sur I si, et seulement si, f ′ est bornée sur I.
156 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Théorème 3.6 Formule de Taylor-Lagrange


Soit f : [a, b] −→ R une fonction de classe C n sur [a, b] et telle que f (n+1) existe
sur ]a, b[, alors il existe c ∈ ]a, b[ tel que :

(b − a)n (n) (b − a)n+1 (n+1)


f (b) = f (a) + (b − a)f ′ (a) + · · · + f (a) + f (c).
n! (n + 1)!

Théorème 3.7 Formule de Taylor-Young


Soient f : I −→ R une fonction de classe C n sur I et a ∈ I tel que f (n+1) (a)
existe. Alors, lorsque h → 0 on a :

′ hn (n) hn+1 (n+1)


f (a + h) = f (a) + hf (a) + · · · + f (a) + f (a) + o(hn+1 ).
n! (n + 1)!

Théorème 3.8 Formule de Taylor avec reste intégral


Soit f : [a, b] −→ R une fonction de classe C n+1 sur [a, b] Alors on a :
Z b
′ (b − a)n (n) (b − x)n (n+1)
f (b) = f (a) + (b − a)f (a) + · · · + f (a) + f (x) dx.
n! a n!

Définition 3.6 Développement asymptotique. Soit f : I −→ R une fonction don-


née. On appelle développement asymptotique de f en a toute expression de la forme :

f = f1 + f2 + · · · + fr + o(fr )

où f1 , · · · , fr sont des fonctions vérifiant : fk+1 = o(fk ) pour tout k ∈ J1, r − 1K.
On dit que fr (x) est la précision du développement asymptotique. 

Proposition 3.9 Soient f1 , · · · , fr des fonctions non nulles de I −→ R. Pour toute fonc-
tion f : I −→ R, on a équivalence entre :
✓ f = f1 + · · · + fr + o(fr ) est un développement asymptotique de f en a,
✓ pour tout k ∈ J1, rK, on a : f − (f1 + · · · + fk−1 ) ∼ fk . 

Donnons, par exemple,



le développement à l’ordre 3 en 0 de la fonction f définie
1 x
par : f (x) = 1 + . On a f (x) = eg(x) avec
x
3.3. EXERCICES 157

 
1 x3
g(x) = x ln 1 + = x[ln(1 + x) − ln x] = −x ln x + x2 − + o(x3 ). On déduit
x 2
que
‚ Œ ‚ Œ
g(x) x32 3 2 x3
e = exp −x ln x + x − + o(x ) = exp −x ln x + x − + o(x3 (ln x)3 ).
2 2

3.3 Exercices

3.3.1 Exercices de base

Exercice 3.1
Vrai - Faux
1. On a : f = O(g) ⇐⇒ |f | = O(|g|), et f = o(g) ⇐⇒ |f | = o(|g|).
2. Si f et g sont uniformément continues sur D alors f +g et f g sont aussi uniformément
continues sur D.
3. Si f est uniformément continue sur D, alors pour tout α ∈ R la fonction αf est
uniformément continue sur D.
4. Si f, g : R −→ R sont telles que

lim g(x) = b et lim f (x) = c


x→a x→b

alors
lim f (g(x)) = c.
x→a

1. Vrai. Les définitions sont données avec les valeurs absolues.


2. Vrai pour f + g. Faux pour f g, on peux considérer par exemple f (x) = g(x) = x
qui sont uniformément continues alors que x 7−→ x2 ne l’est pas sur R.
3. Vrai.
4. Faux en général. Prenons
8
>
0 si x 6= 0
<
f (x) = g(x) = >
:1 si x = 0.

Alors, on a :

lim g(x) = lim f (t) = 0 alors que lim f (g(x)) = 1.


x→0 x→0 x→0
158 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.2
Soit f : I −→ R une fonction définie sur l’intervalle I. On pose :

f + = max(f, 0) et f − = min(f, 0).

1. Montrer que f est continue (respectivement bornée) si, et seulement si, f + et f −


sont continues (resp. bornées).
2. Montrer que f est k-lipschitzienne si, et seulement si, f + et f − sont k-lipschitziennes.
3. On suppose que f est dérivable. Les fonctions f + et f − sont-elles dérivables ? 

1. Pour tout x ∈ I on a :

f (x) + |f (x)| f (x) − |f (x)|


f + (x) = , f − (x) = , f (x) = f + (x) + f − (x).
2 x

Donc, il est clair que la continuité de f est équivalente à celle de f + et de f − . De


même, si f est bornée.
2. Si f est k-lipschitzienne alors |f | est aussi k-lipschitzienne, et alors

|f (x) − f (y)| + | |f (x)| − |f (y)| |


|f + (x) − f + (y)| ≤ ≤ k|x − y|.
2

De même pour f − .
Réciproquement, supposons que f + et f − sont k-lipschitziennes. Soit (x, y) ∈ I 2
avec x ≤ y, alors :
⋄ Si f (x) et f (y) sont de même signe, alors f (x) − f (y) = f + (x) − f + (y) ou
f − (x) − f − (y). Dans les deux cas on a : |f (x) − f (y)| ≤ k|x − y|.
⋄ Si f (x) et f (y) sont de signes contraires, alors par le théorème des valeurs inter-
médiaires il existe z ∈ ]x, y[ tel que f (z) = 0. Alors, par l’inégalité triangulaire on
déduit que :

|f (x) − f (y)| ≤ |f (x) − f (z)| + |f (z) − f (y)| ≤ k|x − z| + k|y − z| = k|x − y|.

3. Si f est dérivable, alors f + et f − ne le sont pas forcément. Par exemple, avec


f (x) = x les applications f + et f − ne sont pas dérivables en 0.

Exercice 3.3
Soit A une partie non vide de R. Pour tout x ∈ R, on appelle distance de x à A le
nombre réel
d(x, A) = inf |x − a|.
a∈A

Montrer que la fonction x 7−→ d(x, A) est continue sur R. 

Soient x et y deux réels quelconques. Par l’inégalité triangulaire on a pour tout


3.3. EXERCICES 159

a∈A:
|x − a| ≤ |x − y| + |y − a|.

Par suite :

|y − a| ≥ |x − a| − |x − y| ≥ d(x, A) − |x − y|.

Par conséquent,

d(x, A) − |x − y| ≤ inf |y − a| = d(y, A).


a∈A

En permutant le rôle de x et y on a aussi : d(y, A)−d(x, A) ≤ |x−y|. En conclusion :

|d(x, A) − d(y, A)| ≤ |x − y|.

Ainsi, l’application x 7−→ d(x, A) est 1-lipschitzienne, elle est donc uniformément
continue (continue en particulier) sur R.

Exercice 3.4
Soient f et g deux fonctions telles que lim f (x) = lim g(x) = 0.
x→0 x→0
1. Montrer que
ef (x) − eg(x) ∼ f (x) − g(x).
0

€ Š
On a clairement : ef (x) − eg(x) = eg(x) ef (x)−g(x) − 1 . D’où

eg(x) ∼ 1 et ef (x)−g(x) − 1 ∼ f (x) − g(x).


0 0

Par conséquent,
ef (x) − eg(x) ∼ f (x) − g(x).
0

Exercice 3.5
Soit f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle que f (0) = f (1) = 0 et pour tout
” —
7
x ∈ 0, 10 :
 ‹
3
f x+ 6= f (x).
10
Montrer que l’équation f (x) = 0, d’inconnue x ∈ [0, 1], admet au moins 7 solutions. 
€ Š ” —
La fonction g : x 7−→ f x + 10 3
− f (x) est continue sur l’intervalle 0, 10
7
, de
plus elle ne s’annule pas, par suite garde un signe constant (que l’on suppose positif
par exemple, l’autre cas se traite de la même façon). Donc, on a :
         
3 6 7 4 1
g(0) > 0, g > 0, g > 0, g > 0, g > 0, g > 0.
10 10 10 10 10
160 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

D’où, comme f (0) = f (1) = 0, alors la fonction f vérifie :


           
1 3 4 6 7 9
f < 0, f > 0, f < 0, f > 0, f < 0, f > 0.
10 10 10 10 10 10

En appliquant cinq fois le théorème des valeurs intermédiaires, on déduit que la


fonction f s’annule sept fois.

Exercice 3.6
1. Soient f et g deux fonctions continues sur le segment [a, b] et h la fonction définie
par h(x) = sup(f (x), g(x)). Montrer que h est continue sur [a, b].
2. Donner un exemple d’une famille (fn )n≥1 de fonctions continues sur un intervalle
[a, b] et telle que la fonction h définie par h(x) = sup fn (x) ne soit pas continue sur
n≥1
[a, b]. 

f + g + |f − g|
1. Comme h = alors grâce aux théorèmes généraux sur la continuité
2
on déduit que h est continue.
2. On considère la fonction fn : [0, 1] −→ R définie par fn (x) = 1 − xn . Alors, fn
est continue sur [0, 1] pour tout n ≥ 1, cependant la fonction h définie par h(x) = 1
si x ∈ [0, 1[ et h(1) = 0 n’est pas continue au point 1.

Exercice 3.7
Soit f : R+ −→ R+ une application continue telle que

f (x)
lim = l < 1.
x→+∞ x

Montrer que f admet un point fixe. 

Si f (0) = 0, alors 0 est un point fixe de la fonction f . Supposons donc que


f (0) > 0. Pour tout x > 0 on a :
‚ Œ
f (x) − x f (x)
lim = lim −1 = +∞
x→0 x x→0 x

et ‚ Œ
f (x) − x f (x)
lim = lim −1 = l − 1 < 0.
x→+∞ x x→+∞ x
f (t)−t
D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe t > 0 tel que t
= 0,
donc l’existence d’un point fixe de f .

Exercice 3.8
Soit f : I −→ I une application d’un segment I dans lui même telle que

|f (x) − f (y)| < |x − y| ∀ x, y ∈ I, x 6= y.


3.3. EXERCICES 161

Existe-t-il une constante M < 1 telle que pour tout x, y ∈ I :

|f (x) − f (y)| ≤ M |x − y| ?

Prenons f (x) = sin x, alors par le théorème de valeurs intermédiaires il existe


η ∈ ]0, 1[ tel que :

f (x) − f (y) = f ′ (η)(x − y) = cos η × (x − y).

Comme | cos η| < 1, alors :

|f (x) − f (y)| < |x − y|, pour x 6= y.

Cependant, si M < 1 est tel que

|f (x) − f (y)| < M |x − y| ∀ x, y ∈ I

alors en prenant x = 0 et en faisant tendre y vers 0, on obtient |f ′ (0)| ≤ M < 1,


contradiction avec f ′ (0) = 1.

Exercice 3.9
Soit f la fonction définie sur R+ par
8
< 1 si x est un entier premier
f (x) =
:
0 sinon.

1. Montrer que pour tout x > 1 : lim f (nx) = 0.


n→+∞
2. Montrer que f n’admet pas 0 pour limite en +∞. 

1. Soit x > 1 un nombre réel.


⋄ Si x ∈ R \ Q, alors pour tout n ∈ N le nombre nx n’est pas un entier et par suite
f (nx) = 0. Ainsi, cette suite converge vers 0.
⋄ Si x ∈ Q, alors x = pq avec p et q premiers entre eux, et comme x > 1, alors
p > q ≥ 1. Le nombre nx est premier pour au plus une valeur de n ∈ N. La suite
(f (nx))n≥0 est constante égale à 0 à partir d’un certain rang, donc elle converge vers
0.
En conclusion, on a montré que : lim f (nx) = 0.
n→+∞
2. Si (pn )n≥1 désigne la suite des nombres premiers (p1 = 2, p2 = 3,..., etc) alors
lim f (pn ) = 1 alors que lim pn = +∞.
n→+∞ n→+∞
162 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.10
Soient f, g : [0, 1] −→ [0, +∞[ des fonctions continues vérifiant

sup f (x) = sup g(x).


x∈[0,1] x∈[0,1]

Montrer qu’il existe t ∈ [0, 1] tel que :

f (t)2 + 3f (t) = g(t)2 + 3g(t).

Si M est le sup des fonctions f et g, alors puisque les deux fonctions sont conti-
nues sur un segment alors il existe a et b éléments de [0, 1] tels que f (a) = g(b) = M.
La fonction h définie par h(x) = f (x) − g(x) est continue, elle vérifie en plus :

h(a) = M − g(a) ≥ 0 et h(b) = f (b) − M ≤ 0.

D’où, par le théorème des valeurs intermédiaires, il existe t ∈ [a, b] tel que :

f (t) = g(t) c’est-à-dire f (t)2 + 3f (t) = g(t)2 + 3g(t).

Exercice 3.11
Un voyageur fait un trajet de 500 kilomètres en 5 heures.
1. Montrer qu’il existe un laps de temps d’une heure durant lequel le voyageur a exac-
tement parcouru 100 kilomètres.
2. Existe-t-il un laps de temps de 3 heures durant lequel le voyageur a exactement
parcouru 300 kilomètres ? 

1. Soit f : t 7−→ f (t) la distance parcourue pendant le laps de temps [0, t], cette
fonction f est continue et croissante. Considérons la fonction

g : [0, 4] −→ R, t 7−→ f (t + 1) − f (t).

La fonction g est la distance parcourue entre les instants t et t + 1. La fonction g


est continue et on a :

g(0) + g(1) + g(2) + g(3) + g(4) = f (5) − f (0) = 500 km.

Il existe deux entiers n0 et n1 , éléments de J0, 4K, tels que :

g(n0 ) ≤ 500 ≤ g(n1 )


3.3. EXERCICES 163

car les g(k), avec k ∈ J0, 4K, ne peuvent être tous supérieurs (ou tous inférieurs) à
500.
En appliquant, le théorème des valeurs intermédiaires à la fonction continue g sur
l’intervalle [n0 , n1 ], on déduit l’existence d’au moins une solution t (entre n0 et n1 )
de l’équation g(t) = 500.
2. Si le trajet s’est déroulé de manière uniforme, à vitesse constante égale à 100 km/h,
alors la réponse est oui. Cependant, dans le cas général, la réponse est non. En effet,
€ Š
la fonction f1 : t 7−→ 45 sin 2π
3
t vérifie :

∀ t ∈ [0, 2], f1 (t + 3) = f1 (t), f1 (0) = 0 et f1 (5) 6= 0.

On ajoute à la fonction f1 une fonction affine f2 : [0, 5] −→ R telle que : f2 (0) = 0


et f2 (5) = 500 − f1 (5). Finalement, on pose f = f1 + f2 , alors
    
2π 10π
∀ t ∈ [0, 5], f (t) = 45 sin t + 100 − 45 sin t.
3 3

La fonction f est dérivable, à dérivée strictement croissante, donc elle est croissante
et peut correspondre à la distance parcourue dans l’intervalle de temps [0, t] pour t
variant entre 0 et 5.
Finalement, si t ∈ [0, 2], alors :
  
10π
f (t + 3) = f (t) + 3 100 − 45 sin .
3
€ Š
Comme 100−45 sin 10π 3
6= 100, alors la distance parcourue dans un laps de temps
de 3 heures est toujours différent de 300 km.

Exercice 3.12
Montrer qu’il n’existe pas d’application continue f : R −→ R telle que :
– l’image de tout nombre irrationnel par f est un nombre rationnel,
– l’image de tout nombre rationnel par f est un nombre irrationnel. 

Supposons, par l’absurde, qu’une telle application f existe. Alors, en posant


F (x) = f (x) + x, l’application F est continue sur R et vérifie F (x) ∈ R \ Q pour
tout x ∈ R. Par suite, F (R) (qui est un intervalle de R grâce à la continuité) ne
contient que des nombres irrationnels. Par conséquent, F (R) est réduit à un singleton
{r} avec r ∈ R \ Q. Donc,

f (x) = r − x, ∀ x ∈ R.

Or, f (2r) = −r, ce qui est une contradiction car l’image par f de tout nombre
irrationnel est un rationnel.
164 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.13
Déterminer la plus petite période T > 0 de la fonction

x 7−→ cos(px) + cos(qx)

où p, q sont des entiers naturels non nuls. 

Soit T = 2π
p∧q
, où p ∧ q est le pgcd de p et q. On a clairement
‚ ‚ ŒŒ ‚ ‚ ŒŒ
2π 2π
cos p x + + cos q x + = cos(px) + cos(qx).
p∧q p∧q

Donc, T est une période de f , montrons que c’est la plus petite des périodes.
Soit d le pgcd de p et q. Supposons qu’il existe T1 > 0 et un entier N ∈ N∗ tel que
T = NT1 et f (x + T1 ) = f (x) pour tout x ∈ R. Alors

f (T1 ) = f (0) = 2 et donc cos(pT1 ) + cos(qT1 ) = 2.

Par conséquent, cos(pT1 ) = cos(qT1 ) = 1. D’où,

2k1 π 2k2 π
T1 = = , avec (k1 , k2 ) ∈ N∗2 .
p q

Comme T = NT1 alors T1 = 2π


Nd
et

k1 k2 1
= = par suite p = k1 (Nd), q = k2 (Nd).
p q Nd

En d’autres termes, d = p ∧ q, d’où N = 1 et T = T1 .


En conclusion, la plus petite période T > 0 de la fonction x 7−→ cos(px) + cos(qx)

est .
p∧q
Exercice 3.14
1. Montrer que la fonction f : R −→ R définie par
8
< ⌊x⌋ si x ∈ Q,
f (x) =
:
x si x ∈ R \ Q,

n’admet de limite en aucun point de R.


2. Étudier la continuité de la fonction g : [0, 1] −→ [0, 1] définie par :
8
< x si x ∈ Q,
g(x) =
:
1−x si x ∈ R \ Q.
3.3. EXERCICES 165

En déduire qu’il existe une bijection h : [0, 1] −→ [0, 1] qui soit discontinue en tout
point de [0, 1]. 

1. Soit x0 ∈ R, montrons que f n’admet pas de limite en ce point. On distingue


deux cas.
⋄ Si x0 ∈ Z : alors

lim f (x) = x0 − 1 et lim f (x) = x0 .


x→x−
0 , x∈Q x→x−
0 , x∈R\Q

Donc, f n’a pas de limite à gauche en x0 , et par suite pas de limite en x0 .


⋄ Si x0 6∈ Z : alors

lim f (x) = ⌊x0 ⌋ et lim f (x) = x0 .


x→x0 , x∈Q x→x0 , x∈R\Q

Comme ⌊x0 ⌋ < x0 alors f n’a pas de limite en x0 .


2. Si x0 ∈ [0, 1] alors on a :

lim g(x) = x0 et lim g(x) = 1 − x0 .


x→x0 , x∈Q x→x0 , x∈R\Q

Donc, g est continue en x0 si, et seulement si, x0 = 1 − x0 , c’est-à-dire x0 = 12 .


L’application g est bijective car g ◦ g = Id, car si x ∈ Q alors g(g(x)) = g(x) = x, et
si x 6∈ Q alors : g(g(x)) = g(1 − x) = 1 − (1 − x) = x.
On pose 8
 ©
>
< g(x) si x ∈ [0, 1] \ 0, 21
h(x) = >
€ Š
: h(0) = 1
2
et h 1
2
= 0.

Alors, h est une bijection de [0, 1] dans [0, 1] qui est discontinue en tout point.

Exercice 3.15
Soient [a, b] un segment de R avec a < b et f : [a, b] −→ R une fonction croissante.
1. Soit c ∈ ]a, b[, montrer que

lim f (x) ≤ f (c) ≤ lim f (x).


x→c− x→c+

2. Pour tout n ∈ N∗ , montrer que l’ensemble


§ ª
1
S = c ∈ ]a, b[ : < lim f (x) − lim f (x)
n x→c+ x→c−

est fini de cardinal ≤ n(f (b) − f (a)). 

1. Soit x ∈ [a, b] avec x < c alors f (x) ≤ f (c). D’où, f (c) majore l’ensemble
166 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

{f (x) : x < c}, et par conséquent :

lim f (x) = sup{f (x) : x < c} ≤ f (c).


x→c−

De même, f (c) minore l’ensemble {f (x) : x < c} et par suite

f (c) ≤ inf {f (x) : x < c} ≤ lim f (x).


x→c+

2. On considère les p points c1 < c2 < · · · < cp de l’ensemble S.


On pose t0 = a, tp = b et pour i ∈ J1, p − 1K : ci < ti < ci+1 .
Pour i ∈ J0, p − 1K on a :

1
f (ti ) ≤ lim− f (x) ≤ lim+ f (x) ≤ f (ti+1 ) et donc ≤ f (ti+1 ) − f (ti ).
x→ci+1 x→ci+1 n

p
En sommant, on obtient (grâce au télescopage) : n
≤ f (b) − f (a), soit encore
p ≤ n(f (b) − f (a)).

Exercice 3.16
Donner le développement limité en 0 des fonctions suivantes :
1.
x 7−→ ln(cos x)

à l’ordre 5.
2.
x 7−→ sin6 x

à l’ordre 9.
3. È
1 + ln(1 + x2 )
x 7−→ √3
1+x
à l’ordre 3. 

Toutes ces fonctions sont de classe C ∞ sur un voisinage de 0, donc admettent des
développements limités aux ordres demandés en 0.
1. On a

x2 x4 u2
cos x = 1 − + + o(x5 ) et ln(1 + u) = u − + o(u3 ).
2 24 2

Par suite
‚ Œ2
x2 x4 1 x2 x4 x2 1
ln(cos x) = − + − − + + o(x6 ) = − − x4 + o(x5 ).
2 24 2 2 24 2 12
3.3. EXERCICES 167

x3
2. On a sin x = x − 6
+ o(x3 ), par suite
‚ Œ6
6 x3 −x3
sin x = x − + o(x3 ) = x6 + 6x5 × + o(x9 ) = x6 − x8 + o(x9 ).
6 6

3. On a
È È x2
1 + ln(1 + x2 ) = 1 + x2 + o(x3 ) = 1 + + o(x3 ),
2
et
1 x 2x2 14x3
√ = (1 + x)−1/3 = 1 − + − + o(x3 ).
3
1+x 3 9 81
Par suite
È
   
1 + ln(1 + x2 ) x 1 2 2 14 1 3
√ = 1− + + x + − − x + o(x3 )
3
1+x 3 2 9 81 6
1 13 2 55 3
= 1− x+ x − x + o(x3 ).
3 18 162

Exercice 3.17
Développement limité et calcul de limites
Calculer les limites suivantes :
1. •  ‹  ‹˜n
nπ nπ
lim cos + sin .
n→+∞ 3n + 1 6n + 1
2. ‚ Œx
a1/x + b1/x + c1/x
lim , a > 0, b > 0, c > 0.
x→+∞ 3

1. On a
         
nπ π π 1 nπ π π 1
cos = cos − +o et sin = sin − +o .
3n + 1 3 9n n 6n + 1 6 36n n
€ Š € Š √ € Š
Par suite : cos nπ
3n+1
+ sin nπ
6n+1
=1+ 3π
24n
+o 1
n
et
√  !! √ !
3π 1 3π
lim exp n ln 1 + +o = exp .
n→+∞ 24n n 24

2. On a :  
1/x ln a/x 1 1
a = e = 1 + ln a + o .
x x
168 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

De même pour b1/x et c1/x . Par conséquent :


 
a1/x + b1/x + c1/x 1 1
= 1+ ln(abc) + o
3 3x x

Par suite :
  
1 1 1
x ln 1 + ln(abc) + o = ln(abc) + o(1).
3x x 3

La limite cherchée est donc égale à 3 abc.

Exercice 3.18
Développement limité et équations différentielles
On admet qu’il existe une unique solution f , définie sur R, solution de l’équation diffé-
rentielle
y2
y′ = y −
2
avec f (0) = 1. Déterminer le développement limité de f à l’ordre 3 au voisinage de 0.

La fonction f est indéfiniment dérivable. Si f (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + a3 x3 + o(x3 )


alors comme f (0) = 1 on déduit que a0 = 1.
Maintenant, on a f ′ (x) = a1 + 2a2 x + 3a3 x2 + o(x2 ) et

f (x)2 1 1 a2
f (x)− = 1+a1x+a2 x2 − (1+2a1x+(a21 +2a2 )x2 )+o(x2 ) = − 1 x2 +o(x2 ).
2 2 2 2

Par identification, il s’ensuit que : a1 = 21 , a2 = 0 et a3 = − 24


1
. En conclusion, on a :

x x3
f (x) = 1+ − + o(x3 ).
2 24

Exercice 3.19
” —
Montrer que pour tout x ∈ − 21 , 1 on a :

n
X (−1)k−1 xk
lim = ln(1 + x).
n→+∞
k=1
k

On applique l’inégalité de Taylor-Lagrange à la fonction f : x 7−→ ln(1 + x) de


classe C ∞ sur ] − 1, +∞[. On a :

(−1)n−1 (n − 1)!
f (n) (x) = .
(1 + x)n
3.3. EXERCICES 169

Si x ≥ 0 alors sup(|f (n+1) |) = n!, et alors :


[0,x]



(−1)k−1 xk
n
X |x|n+1
ln(1 + x) −
≤ .

k=1 k n+1

n!
Si x ∈ ] − 1, 0] alors sup(|f (n+1) |) = , et alors :
[x,0] (1 + x)n



n
X(−1)k−1 xk |x|n+1
ln(1 + x) − ≤ .

k=1 k (n + 1)(1 + x)n+1

Lorsque x ∈ [−1/2, 1] et que n tend vers l’infini, on déduit la relation demandée.

3.3.2 Exercices d’assimilation

Exercice 3.20 K
Soit f : I −→ R une fonction définie sur l’intervalle (non trivial) I.
1. Montrer que si f est uniformément continue sur I, alors pour toutes suites (an )n≥0
et (bn )n≥0 d’éléments de I telles que lim (bn − an ) = 0 on a :
n→+∞

lim (f (bn ) − f (an ) ) = 0.


n→+∞

Application :
€ Š
1 1
montrer que les fonctions x 7−→ x et x 7−→ sin x ne sont pas uniformément continues
sur R∗+ et ]0, 1] respectivement.
2. Soit g : R+ −→ R une fonction dérivable.
(i) Montrer que

g′ est bornée sur R+ =⇒ g est uniformément continue sur R+ .

(ii) Montrer que

lim |g′ (x)| = +∞ =⇒ g n’est pas uniformément continue sur R+ .


x→+∞

1. Comme f est uniformément continue alors :

∀ ε > 0, ∃ η > 0 : ∀ (x, y) ∈ I 2 , |x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε.

Comme la suite (bn − an )n≥0 tend vers zéro, alors il existe N ∈ N tel que pour

n≥N =⇒ |bn − an | ≤ η.
170 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Donc, pour n ≥ N on a : |f (bn ) − f (an )| ≤ ε. Par conséquent, on a :

lim (f (bn ) − f (an )) = 0.


n→+∞

Application : On considère la suite an = 1


n+1
, alors (an )n≥0 converge, cependant
‚ Œ
1 1
lim − = 1 6= 0.
n→+∞ an+1 an

Donc, l’application x 7−→ n’est pas uniformément continue sur ]0, +∞[.
1
x
1
Maintenant, avec la suite bn = , on voit qu’elle converge vers 0, cependant
nπ + π2
‚ Œ  
1 1
sin − sin = 2 × (−1)n .
bn+1 bn
€ Š
Donc, l’application x 7−→ sin 1
x
n’est pas uniformément continue sur ]0, 1].
2.
(i) Si |g ′(x)| ≤ M pour tout x ∈ R+ , alors par l’inégalité des accroissements finis on
déduit que g est M-lipschitzienne, donc elle est uniformément continue.
(ii) Par hypothèse, pour tout n ∈ N∗ il existe Mn tel que :

x ≥ Mn =⇒ |g ′(x)| ≥ n.

On pose
1
an = Mn et. bn = Mn +
n
Par l’inégalité des accroissements finis, il existe cn ≥ Mn tel que

1 ′
|g(bn ) − g(an )| = |g (cn )| ≥ 1.
n

Ainsi, la suite (bn − an )n≥0 tend vers 0 alors que la suite (g(bn ) − g(an ))n≥0 ne tend
pas vers 0.
En conclusion, g n’est pas uniformément continue.

Exercice 3.21 K
Égalité dans l’« inégalité de Taylor-Lagrange »
1. Soit f : [a, b] −→ R une application de classe C 1 et telle que :

f (b) − f (a) = (b − a) × sup f ′ (x).


x∈[a,b]
3.3. EXERCICES 171

Montrer que f est une fonction affine sur [a, b].


2. Soit g : [a, b] −→ C une application de classe C 1 et telle que

|g(b) − g(a)| = (b − a) × sup |g′ (x)|.


x∈[a,b]

Montrer que g(x) = g(a) + (x − a)g′ (a) pour tout x ∈ [a, b]. 

1. Considérons la fonction ϕ définie par :


" #

ϕ(t) = (t − a) × sup f (x) − [f (t) − f (a)] .
x∈[a,b]

Alors, pour tout t ∈ [a, b], on a : ϕ′ (t) = sup f ′ (x) − f ′ (t) ≥ 0. Donc, ϕ est
x∈[a,b]
croissante, et comme ϕ(a) = ϕ(b) = 0, alors ϕ ≡ 0 sur [a, b]. En conclusion, f est
une fonction affine sur [a, b].
2. Si g(b)−g(a) = reiθ avec (r, θ) ∈ R+ ×R, on considère les fonctions h et f définies
par :
h(x) = e−iθ [g(x) − g(a)] et f = ℜe(h).

On a clairement :

h(b) − h(a) = h(b) = e−iθ [g(b) − g(a)] = r = |g(b) − g(a)| = (b − a) × sup |g ′(x)|.
x∈[a,b]

On a : h′ (x) = e−iθ g ′(x) pour tout x ∈ [a, b], et par suite sup |g ′(x)| = sup |h′ (x)|.
x∈[a,b] x∈[a,b]
D’où :
f (b) − f (a) = h(b) − h(a) = (b − a) × sup |h′ (x)|.
x∈[a,b]

Or, comme pour tout x ∈ [a, b] : |(ℜe h)′ (x)| = |ℜe(h′ )(x)| ≤ |h′ (x)|, alors on
déduit que

sup |h′ (x)| ≥ sup |f ′(x)| et f (b) − f (a) ≥ (b − a) × sup |f ′ (x)|.


x∈[a,b] x∈[a,b] x∈[a,b]

L’inégalité des accroissements finis (dans le cas réel) appliquée à la fonction f sur
[a, b] nous donne :

f (b) − f (a) ≤ (b − a) × sup |f ′ (x)|,


x∈[a,b]

par suite :

f (b) − f (a) = (b − a) × sup |f ′ (x)| et sup |h′ (x)| = sup |f ′ (x)|.


x∈[a,b] x∈[a,b] x∈[a,b]
172 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

D’après la première question on déduit que pour tout x ∈ [a, b] :

f (x) = f (a) + (x − a)f ′ (a) = (x − a) × sup |h′ (x)|.


x∈[a,b]

D’après l’inégalité des accroissements finis (dans le cas complexe) appliquée à h sur
[a, b] on a pour tout x ∈ [a, b] :

f (x) = (ℜe h)(x) ≤ |h(x)| = |h(x) − h(a)| ≤ (x − a) × sup |h′ (x)| = f (x).
x∈[a,b]

D’où, h = f et par conséquent on a pour tout x ∈ [a, b] :

h(x) = h(a) + (x − a)h′ (a)

donc en multipliant par eiθ on déduit que :

g(x) = g(a) + (x − a)g ′(a), ∀ x ∈ [a, b].

Remarque : Soit h : [a, b] −→ C une application de classe C n+1 et telle que :




(b − a)k (k)
n
X (b − a)n+1



h(b) − h (a) = × sup h(n+1) (x) .

k=0 k! (n + 1)! x∈[a,b]

n+1
X (x − a)k (k)
Alors on peut montrer que h(x) = h (a).
k=0 k!

Exercice 3.22 K
€ Š
1
1. Soit f la fonction définie sur R∗ par f (x) = sin x . Montrer que f n’a pas de limite
en zéro.
2. Donner un exemple d’une fonction de f : R −→ R qui n’est monotone dans aucun
voisinage de 0.
3. Donner un exemple d’une fonction f : R −→ R croissante et vérifiant

lim f (x) < f (n) < lim f (x), ∀ n ∈ Z.


x→n− x→n+

1. Les deux suites xn = 1


et yn = 2n−1 1 π convergent vers 0. Maintenant,
(2n+ 12 )π ( 2)
les suites (f (xn ))n≥0 et (f (yn ))n≥0 sont aussi convergentes car elles sont constantes,
mais leurs limites sont respectivement 1 et −1 distinctes. En conclusion, f ne peut
avoir de limite en 0.
3.3. EXERCICES 173

2. La fonction
8
€ Š
>
< sin 1
x
si x 6= 0,
f : R −→ R, x 7−→ >
: 0 si x = 0,

n’est monotone dans aucun voisinage de 0.


3. La fonction
8
>
<f (n) = n + 21 si x = n ∈ Z,
R −→ R, x 7−→ >
:f (x) = n + 1 si x ∈]n, n + 1[,

est monotone et vérifie lim− f (x) < f (n) < lim f (x), ∀ n ∈ Z.
x→n x→n+

Exercice 3.23 K
Montrer que la fonction f : R −→ R définie par
8  ‹
> 1
< sin si x 6= 0,
f (x) = x
>
:0 si x = 0,

vérifie le théorème des valeurs intermédiaires mais n’est pas continue en 0. 

−5 −4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5
−1

1
La fonction f n’est pas continue en 0 car la suite xn = tend vers zéro à
nπ + π2
l’infini alors que (f (xn ))n≥0 = ((−1)n )n≥0 n’a pas de limite. Montrons que f possède
la propriété des valeurs intermédiaires, c’est-à-dire pour tout intervalle J ⊂ R on a
f (J) est un intervalle.
⋆ Si J ⊂ R est un intervalle ne contenant pas 0 : alors f est continue sur J et donc
f (J) est un intervalle.
⋆ Si J ⊂ R contient 0 et n’est pas réduit à un point (autrement J = f (J) = {0}) :
alors on considère les deux suites

1 1
xn = et yn = .
2nπ + π
2
(2n + 1)π + π2

On suppose que n est un entier suffisament grand (≥ n0 ) pour que (xn )n≥n0 et
174 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

(yn )n≥n0 soient inclus dans J. On a :

f (xn ) = 1, f (yn ) = −1, ∀ n ≥ n0 et [−1, 1] ⊃ f (J) ⊃ f ([yn , xn ]) ⊃ [−1, 1].

Donc, f (J) = [−1, 1] est un intervalle, et f vérifie le théorème des valeurs intermé-
diaires.

Exercice 3.24 K
Équations fonctionnelles usuelles
1. Soit f : R −→ R une application telle que :

f (x + y) = f (x) + f (y), ∀ (x, y) ∈ R2 .

(i) Montrer que si f est continue en 0 alors il existe k ∈ R tel que f (x) = kx pour tout
x ∈ R.
(ii) Montrer que si f est monotone alors il existe k ∈ R tel que f (x) = kx pour tout
x ∈ R.
(iii) Quels sont les endomorphismes continus du groupe (R, +) ?
2. Quels sont les endomorphismes du corps (R, +, ×) ?
3. Soit f : R −→ R une application continue en 0 et telle que
 ‹
x+y f (x) + f (y)
f = , ∀ (x, y) ∈ R2 .
2 2

Montrer qu’il existe (a, b) ∈ R2 tels que f (x) = ax + b.


4. Quels sont les morphismes continus du groupe (R, +) dans (R∗+ , ×) ?
5. Quels sont les morphismes continus du groupe (R∗+ , ×) dans le groupe (R, +) ?
6. Quels sont les endomorphismes continus du groupe (R∗+ , ×) ? 

1.
(i) On a f (0) = 0 et f (x) = f (x0 ) + f (x − x0 ), donc f est continue (si x → x0
alors f (x) → f (x0 )). Posons k = f (1), alors f (2) = f (1 + 1) = f (1) + f (1) = 2k, et
une récurrence simple montre que f (n) = kn pour tout n ∈ N. Maintenant, comme
f (−x) = −f (x), alors on déduit que f (m) = km pour tout m ∈ Z. Soit r ∈ Q, alors
p
r = avec (p, q) ∈ Z × N∗ , et on a
q
p
kp = f (p) = f (qr) = qf (r) donc f (r) = k = kr.
q

Finalement, soit x ∈ R, alors il existe (par densité) une suite (rn )n∈N ⊂ Q telle
que lim rn = x, et alors (par continuité) f (x) = lim f (rn ) = k lim rn =
n→+∞ n→+∞ n→+∞
kx. Réciproquement, toute application de la forme f (x) = kx vérifie clairement
f (x + y) = f (x) + f (y).
3.3. EXERCICES 175

(ii) Si f est une fonction monotone alors les limites

lim f (x) := l1 et lim f (x) := l2


x→0+ x→0−

existent dans R. Or f (x) = −f (−x) pour tout x ∈ R∗− , donc l2 = −l1 et f (2x) =
2f (x) −−−→ l1 = 2l1 . Donc, l1 = 0 et f est continue en 0 et on est alors ramené au
x→0+
cas traité dans la question (i) ci-dessus.
(iii) D’après ce qui précède on déduit que les endomorphismes continus du groupe
(R, +) sont les homothéties.
2. Il est clair que f = Id est un endomorphisme du corps (R, +, ×). Réciproquement,
montrons que c’est le seul. Soit f un endomorphisme du corps (R, +×), alors c’est
un endomorphisme du groupe (R, +). Montrons que f est croissante, si (a, b) ∈ R2
avec a ≤ b, alors on a :
 √ ‹ √
€ Š2 € Š2
f (b) − f (a) = f (b − a) = f b−a = f ( b − a) ≥ 0.

Par conséquent, d’après la question (1)-(ii), il existe k ∈ R tel que f (x) = kx pour
tout x ∈ R. Finalement, comme f (1) = 1, alors k = 1 et par suite f = Id.
3. Soit g(x) := f (x) − f (0), alors l’application g est continue en 0 et on a g(x + y) =
1
(f (2x) + f (2y)) − f (0). Or pour tout z ∈ R :
2
 
2z + 0 1
f (z) = f = (f (2z) + f (0)) c-à-d f (2z) = 2f (z) − f (0).
2 2

On a donc finalement,

1 1
g(x + y) = f (x) − f (0) + f (y) − f (0) − f (0) = g(x) + g(y).
2 2

Par conséquent, d’après la question (1), il existe k ∈ R tel que g(x) = kx, et par
suite f (x) = kx + f (0). Réciproquement, il est facile de vérifier que toute fonction
affine vérifie l’équation fonctionnelle en question.
4. Il s’agit de l’étude de l’équation fonctionnelle f (x + y) = f (x) × f (y). Si f 6≡ 0,
alors soit x0 ∈ R tel que f (x0 ) 6= 0, alors on a pour tout x ∈ R :

f (x0 ) = f (x + x0 − x) = f (x)f (x0 − x) 6= 0 donc f (x) 6= 0.


€ € ŠŠ2
De plus, on a f (x) > 0 pour tout x ∈ R car f (x) = f x2 ≥ 0. L’application
g := ln ◦ f : R −→ R est alors bien définie, elle est continue et vérifie g(x + y) =
g(x) + g(y) pour tout (x, y) ∈ R2 . Donc, d’après ce qui précède, il existe k ∈ R
tel que g(x) = kx pour tout x ∈ R, et par suite f (x) = ekx = ex ln(a) si a = ek .
En conclusion, f (x) = ax . Réciproquement, les fonctions x 7−→ ax transforment les
176 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

sommes en produit.
5. Il s’agit de l’équation fonctionnelle g(xy) = g(x) + g(y) pour (x, y) ∈ R∗2 + . Si
g 6≡ 0, on définit la fonction f (x) := g(e ), alors on a f (x + y) = f (x) + f (y), et donc
x

ln(x)
f (x) = kx avec k ∈ R, de plus on a g(x) = k ln(x) = avec a = e1/k ∈ R∗+ \ {1}.
ln(a)
En conclusion, g(x) = loga (x), et on vérifie réciproquement que ces fonctions vérifie
l’équation fonctionnelle en question.
6. Si h est un endomorphisme continu du groupe (R∗+ , ×), alors on peut définir
l’application f (x) = ln(h(ex )) qui est continue, de plus elle vérifie f (x + y) = f (x) +
f (y), donc f (x) = kx et h(x) = xα . Réciproquement, une fonction puissance définit
un endomorphisme continu de (R∗+ , ×).

Exercice 3.25 K
Équations fonctionnelles
Déterminer les applications continues f : R −→ R telles que pour tout (x, y) ∈ R2 :
1.
f (x) + f (y)
f (x + y) = .
1 + f (x)f (y)
2.
È È
f (x + y) = f (x) 1 + f 2 (y) + f (y) 1 + f 2 (x) .

3.
f (x + y) f (x − y) = f 2 (x) f 2 (y).

4. Z x
f (x) + (x − t)f (t) dt = 1 + x.
0

€ Š
2f x2
1. Avec (x, y) remplacé par ( 2 , 2 ) on obtient f (x) =
x x € Š , et comme 2ab ≤
1 + f 2 x2
€ Š € Š
a2 + b2 , alors 2 × 1 × f x2 ≤ 12 + f 2 x2 , on déduit que f (x) ∈ [−1, 1] pour tout
x ∈ R. On distingue, alors deux cas :
⋄ Cas 1 : f (0) 6= 0
alors en prenant x = 0 dans la relation ci-dessus on obtient que 2 = 1 + f 2 (0), d’où
f (0) = ±1 et pour tout x ∈ R :

f (x) + f (0)
f (x) = = ±1.
1 + f (x)f (0)

Par conséquent, f est l’application constante x 7−→ 1 ou x 7−→ −1.


⋄ Cas 2 : f (0) = 0
f (x) + f (−x)
On a 0 = f (0) = f (x + (−x)) = , donc f est impaire. On va montrer
1 + f (x)f (−x)
que f (x) 6= 1 pour tout x ∈ R (et du coup on aura aussi f (x) 6= −1 pour tout x ∈ R
car f est impaire). Supposons, par l’absurde qu’il existe x0 ∈ R tel que f (x0 ) = 1,
3.3. EXERCICES 177

alors € Š € Š

f + f x20
x0
x0 ‹
1 = f (x0 ) = 2 € Š et donc f = 1.
1 + f 2 x20 2
€ Š € Š € Š
De même, si f x0
2n
= 1 alors f x0
2n+1
= 1, et ainsi on a par récurrence f x0
2n
=1
pour tout n ∈ N. Mais, alors par continuité on aura f (0) = 1, absurde. Donc
f (x) ∈ [−1, 1] et f (x) 6= ±1, on déduit alors f (x) ∈] − 1, 1[, et on peut alors définir
la fonction ‚ Œ
1 + f (x)
g(x) = ln .
1 − f (x)
On a g est continue, et pour tout (x, y) ∈ R2 : g(x + y) = g(x) + g(y), donc il existe
k ∈ R tel que g(x) = kx (d’après l’exercice 2.3). En conclusion, on a f (x) = th(kx)
pour tout x ∈ R.
È
2. On a f (0) = 0 car f (2x) = 2f (x) 1 + f 2 (x). D’autre part, on a pour tout
È
x ∈ R : f (x) + 1 + f 2 (x) > 0, on peut alors considérer la fonction g(x) =
 È 
ln f (x) + 1 + f 2 (x) . On a g(x + y) = g(x)g(y) (vérification immédiate) et g
est continue, donc d’après l’exercice 2.3 on a g(x) ≡ 0 (et donc f (x) ≡ 0) ou
ax + a−x
il existe a > 0 tel que g(x) = ax pour tout x ∈ R (et donc f (x) = ).
2
Réciproquement, une telle fonction vérifie l’équation fonctionnelle en question. En
ax + a−x
conclusion, on a f ≡ 0 ou f (x) = pour tout x ∈ R.
2
3. Pour tout x ∈ R on a : (f (x))2 = f 2 (0)f 2(x), donc si f 6≡ 0 alors f (0) = ±1 := a.
Montrons que f ne s’annule pas sur R. Supposons, par l’absurde, qu’il existe x0 ∈ R
tel que
‹
f (x0 ) = 0, alors comme f (2x) × a = f 4 (x), alors on a par récurrence
x0
f n = 0 pour tout n ∈ N. D’où, par continuité de f , on déduit que a = 0, ce qui
2
f 4 (x)
est absurde. En conclusion, f ne s’annule pas sur R, et comme f (2x) = , alors
a
f garde le même signe que a, et on peut ainsi définir la fonction g(x) := ln (af (x)).
De plus, g est continue, g(0) = 0 et g vérifie pour tout (x, y) ∈ R2 :

g(x + y) + g(x − y) = 2g(x) + 2g(y).

On a g(2) = g(1 + 1) = 2g(1) + 2g(1) = 22 g(1), et par récurrence g(nx) = n2 g(x)


pour tout n ∈ N. Maintenant, pour tout (p, q) ∈ Z × N∗ on a :
‚ Œ ‚ Œ
2 p 2 p
p g(1) = g(p) = g q = q g .
q q
‚ Œ ‚ Œ
p p 2
Donc, g = g(1). Enfin, par continuité de g et densité de Q dans R,
q q
2
on déduit que g(x) = g(1)x2 pour tout x ∈ R, ce qui donne f (x) = a eg(1)x .
Réciproquement, cette fonction vérifie l’équation fonctionnelle. En conclusion, les
178 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

2
solutions sont les fonctions x 7−→ a eg(1)x .
4. Comme f est continue, alors les applications
Z x Z x

F (x) := f (t) dt et F (x) := F (t) dt


0 0

existent et sont de classe C 1 et C 2 respectivement. Par intégration par parties, l’équa-


tion vérifiée par f devient
Z x

f (x) + x f (t) dt − ([tF (t)]x0 − F (x)) = 1 + x.


0

D’où, en écrivant tout en fonction de F on a :

F ′′ (x) + F (x) = 1 + x.

Par conséquent, F est l’unique solution du problème de Cauchy :


8
> ′′
< u + u = 1 + x,
>
: u(0) = u′ (0) = 0.

La fonction x 7−→ x + 1 est une solution particulière, et la fonction F est de la forme

F (x) = α cos(x) + β sin(x) + x + 1, (α, β) ∈ R2 .

Les conditions initiales imposent α = β = −1, et par suite l’unique solution du


problème (en dérivant deux fois) est donnée par :

x 7−→ cos(x) + sin(x).

Exercice 3.26 K
1. Trouver toutes les applications f : R −→ R continues et telles que
Z ax
f (x) = f (t) dt, ∀ x ∈ R,
0

où a est un nombre réel tel que |a| < 1.


2. Trouver toutes les applications continues f : R −→ R telles que :

f ◦ f ◦ f = IdR .

1. Remarquons tout d’abord que f (0) = 0.


Soit F l’unique primitive de f qui s’annule en 0, alors l’équation vérifiée par f est
3.3. EXERCICES 179

équivalente à :
f (x) = F (ax), ∀ x ∈ R.

f étant continue, donc F est de classe C 1 , et par suite d’après la relation ci-dessus
on déduit que f est de classe C 1 , F est alors de classe C 2 . En itérant ce procédé, et
par récurrence, on conclut que f est de classe C ∞ . De plus, on a
n(n+1)
f ′ (x) = af (ax), f ′′ (x) = a2 f (a2 x), · · · , f (n) (x) = a1+2+3+···+n f (an x) = a 2 f (an x).

En particulier, on a f (k) (0) = 0 pour tout k ∈ N. D’après l’inégalité de Taylor-


Lagrange entre 0 et x à l’ordre n on a :



n
X f (k) (0) k


|x|n+1
f (x) −
x ≤ sup f (n+1) (t) ·

k=0 k!
t∈[−|x|,|x|] (n + 1)!

n(n+1) |x|n+1
= sup
a

2 f (an t) ·
t∈[−|x|,|x|] (n + 1)!
!
n(n+1) |x|n+1
≤ |a| 2 sup |f (t)| , car |a| < 1.
t∈[−|x|,|x|] (n + 1)!

Comme f (k) (0) = 0, alors on déduit que


!
n(n+1) |x|n+1
|f (x)| ≤ |a| 2 sup |f (t)| .
t∈[−|x|,|x|] (n + 1)!

n(n+1)
On a lim |a| 2 = 0 car |a| < 1, et |x|n+1 = o((n + 1)!), donc on conclut que
n→+∞

f (x) ≡ 0.

Réciproquement il est facile de voir que la fonction nulle vérifie l’hypothèse de la


question.
2. L’application f est bijective de bijection réciproque f ◦ f (car f ◦ (f ◦ f ) = IdR ).
Comme elle est continue, alors on déduit qu’elle est strictement monotone sur R.
Montrons, plus précisement, qu’elle est strictement croissante. En effet, si – par
l’absurde – f est strictement décroissante alors f ◦ f ◦ f l’est aussi, contradiction
avec f ◦ f ◦ f = IdR . Donc, f est une bijection continue strictement croissante sur
R, on va montrer que f = IdR . Supposons, par l’absurde, qu’il existe x0 ∈ R tel que
f (x0 ) 6= x0 , on distingue alors deux cas :
• Cas 1 : f (x0 ) > x0
180 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

alors puisque f et f ◦ f sont strictement croissante on a

f ◦ f ◦ f (x0 ) > f ◦ f (x0 ) > f (x0 ) > x0 ,


| {z }
=x0

contradiction.
• Cas 2 : f (x0 ) < x0
alors puisque f est strictement croissante on a

f (x0 ) < x0 = f ◦ f ◦ f (x0 ) < f ◦ f (x0 ) < f (x0 ),

contradiction.
Donc, f (x) = x pour tout x ∈ R. Réciproquement, il est clair que l’identité vérifie
f ◦ f ◦ f = IdR .

Exercice 3.27 K
Continuité uniforme sur R
1. Soit f : R −→ R une fonction uniformément continue à la fois sur R+ et sur R− ,
montrer qu’elle est uniformément continue sur R.
2. Soit f : R −→ R une application continue telle que lim f (x) est finie. Montrer
|x|→+∞
que f est uniformément continue sur R.
3. Soit f : R −→ R une application. Montrer que

f est uniformément continue =⇒ ∃ (α, β) ∈ R2+ : |f (x)| ≤ α|x|+β, ∀x ∈ R.

La réciproque est-elle vraie ? 

1. Comme f est uniformément continue sur R+ (resp. sur R− ) alors :

∀ ε > 0, ∃ λ+ > 0 : ∀ (x, y) ∈ R2+ |x − y| ≤ λ+ =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε

respectivement

∀ ε > 0, ∃ λ− > 0 : ∀ (x, y) ∈ R2− |x − y| ≤ λ− =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε.

Il suffit de choisir λ = min(λ− , λ+ ) pour assurer la continuité uniforme de f sur R.


2. Soient a et b les limites respectives de f en −∞ et +∞. Donc, il existe α < β ∈ R
tels que :

ε ε
∀ x ≤ α : |f (x) − a| ≤ et ∀ x ≥ β : |f (x) − b| ≤ .
2 2
3.3. EXERCICES 181

On sait que f est uniformément continue sur le segment [α, β], donc on a :

∀ ε > 0, ∃ η > 0, ∀ x, y : |x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε.

Soient x < y ∈ R, si x et y sont dans ] − ∞, α], [α, β], [β, +∞[, alors on a |f (x) −
f (y)| ≤ ε. En effet, si x ≤ α ≤ y, alors on a

|f (x) − f (y)| ≤ |f (x) − f (α)| + |f (α) − f (y)| ≤ 2ε.

De même, si x ≤ β ≤ y on a le même résultat. On vient donc de montrer que

∀ε > 0, ∃ η > 0, ∀x, y ∈ R : |x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ 2ε.

En conclusion, f est uniformément continue sur R.


3. Comme f est uniformément continue, alors avec ε = 1, il existe η > 0 tel que

|x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ 1.

Donc, on a

x ∈ [0, η] =⇒ |f (x)| ≤ |f (0)| + 1,


x ∈ [η, 2η] =⇒ |f (x)| ≤ |f (η)| + 1 ≤ |f (0)| + 2,

et par une récurrence immédiate : |f (x)| ≤ |f (0)| + n + 1 pour tout n ∈ N et


x ∈ [nη, (n + 1)η].
Sur l’intervalle [nη, (n + 1)η] on peut majorer n par x
η
et par conséquent :

x
∀x ≥ 0 : |f (x)| ≤ |f (0)| + 1 + .
η

La réciproque est fausse, considérons pour cela la fonction f (x) = x sin x. Pour
0 < h < π, on a

f (2kπ + h) − f (2kπ) = (2kπ + h) sin(2kπ + h) − 2kπ sin(2kπ) ≥ 2kπ sin(h).

ε
h étant fixé (< η), on peut trouver k ∈ N∗ tel que 2k ≥ , donc l’application
π sin(h)
x 7−→ x sin x n’est pas uniformément continue sur R+ .
On peut aussi considérer la fonction x 7−→ sin(x2 ), cette fonction est bornée mais :
 r   
√ π π ‹‹
lim 2πn − 2πn + = 0 et lim sin(2πn) − sin 2πn + 6= 0.
n→+∞ 6 n→+∞ 6
182 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

La fonction x 7−→ sin(x2 ) n’est pas uniformément continue sur R.

Exercice 3.28 K
1. Soit f : [a, b[−→ R une application continue et ayant une limite à gauche en b.
Montrer que f est uniformément continue sur [a, b[.
2. Soit g une application définie sur R, continue et T -périodique. Montrer que g est
uniformément continue sur R. 

1. Soit fe la fonction définie sur [a, b] par :


8
>
< f (x) si x ∈ [a, b[
f (x)
e
= >
: g(b) = lim− f (x).
x→b

La fonction fe est continue sur le segment [a, b], donc par le théorème de Heine, elle
est uniformément continue sur [a, b]. D’où, f = fe| [a,b[ est uniformément continue sur
[a, b[ par restriction.
2. Soit x ∈ R, alors il existe n ∈ Z et y ∈ [0, T ] tels que : x = y + nT , donc
g(x) = g(y) (par périodicité). D’où, g([0, T ]) = g(R) et g est alors bornée sur le
segment [0, T ], par suite il existe deux réels m et M avec g([0, T ]) = g(R) = [m, M].
D’après le théorème de Heine, on sait que g| [0,2T ] est uniformément continue, d’où :

∀ ε > 0, ∃η > 0 : ∀ (x, y) ∈ [0, 2T ]2, |x − y| ≤ η =⇒ |f (x) − f (y)| ≤ ε.

On pose δ = inf(η, T ), on considère (x, y) ∈ R2 avec |x − y| ≤ δ, on suppose, sans


š 
perte de généralité, que x ≤ y, et soit n = x
T
, alors on a :

nT ≤ x < (n + 1)T

et comme x ≤ y ≤ x + T on a aussi : nT ≤ y ≤ (n + 2)T . Par conséquent, grâce à


la périodicité on a :

|g(x) − g(y)| = |g(x − nT ) − g(y − nT )|.

On a
x − nT ∈ [0, T ] ⊂ [0, 2T ] y − nT ∈ [0, 2T ]

et
|(x − nT ) − (y − nT )| = |x − y| ≤ δ ≤ η.

Par suite
|g(x) − g(y)| = |g(x − nT ) − g(y − nT )| ≤ ε
3.3. EXERCICES 183

et en conclusion

∀ ε > 0, ∃δ > 0 : ∀ (x, y) ∈ R2 , |x − y| =⇒ |g(x) − g(y)| ≤ ε.

La fonction g est alors uniformément continue sur R.

Exercice 3.29 K
Étudier la convergence de la suite (xn )n≥0 définie par la relation de récurrence :
1.

x0 = c ≥ 0 et xn+1 = 4 + xn , ∀ n ≥ 0.

2.
2
x0 = c ≥ 0 et xn+1 = , ∀ n ≥ 0.
1 + x2n


1. La fonction f (x) = 4 + x est croissante, donc la suite (xn )n≥0√est monotone.

On a x√1 = 4 + c et x1 ≥ x0 ⇐⇒ 4 + c ≥ c2 ⇐⇒ 0 ≤ c ≤ 1+2 17 . Le nombre
réel 1+2 17 est le seul point fixe de f , donc comme f est continue si la suite (xn )n≥0
converge ce ne peut√
être que vers ce nombre.
⋄ si

0 ≤ c ≤ 2 , on montre par récurrence que la suite (xn )n≥0 est majorée par
1+ 17

1+ 17
2
, et donc

elle converge en croissant vers ce nombre.

⋄ si c ≥ 2 , la suite (xn )n≥0 est minorée par 1+2 17 , et donc elle converge en
1+ 17

décroissant vers ce nombre.


2. La fonction f (x) = 1+x 1
2 , x ∈ R+ est décroissante, donc les suites (x2n )n≥0 et

(x2n+1 )n≥0 sont monotone de monotonie contraire. Étudions la monotonie de la suite


(x2n )n∈N , on a f ◦ f (c) ≥ c ⇐⇒ (c − 1)3 (c2 + c + 2) ≤ 0, donc (x2n )n≥0 est croissante
si, et seulement si c ≤ 1. Le seul point fixe de f ◦ f est 1. Donc
⋄ si c ∈ [0, 1], par récurrence on voit que la suite (x2n )n≥0 (resp. (x2n+1 )n≥0 ) est majo-
rée (resp. minorée) par 1 et croissante (resp. décroissante), donc elle est convergente,
et on a en conclusion lim xn = 1.
n→∞
⋄ si c ≥ 1, on a le même résultat que ci-dessus en échangeant juste les rôles de
(x2n )n≥0 et (x2n+1 )n≥0 .

Exercice 3.30 K
Soit f : [a, b] −→ [a, b] une application continue telle que pour tout (x, y) ∈ [a, b]2 :

x 6= y =⇒ |f (x) − f (y)| < |x − y|.

1. Montrer que l’application f admet un unique point fixe x0 .


2. Montrer que la suite (un )n∈N définie par : u0 ∈ [a, b] et un+1 = f (un ), pour tout
n ∈ N, converge vers x0 . 

1. Comme f est continue, alors l’application g(x) := |f (x) − x| est continue sur [a, b]
184 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

et donc admet un minimum m = |f (x0 ) − x0 |. Montrons que m = 0. Si m 6= 0, alors


f (x0 ) 6= x0 et donc

|f (f (x0 )) − f (x0 )| < |f (x0 ) − x0 |

ce qui contredit le caractère minimal de m. Par suite, m = 0 et x0 est un point fixe


de f , de plus il est unique car si x1 est un autre point fixe de f différent de x0 , alors
on aurait :
|x0 − x1 | = |f (x0 ) − f (x1 )| < |x0 − x1 |

ce qui est absurde.


2. D’après les hypothèses sur f , la suite (vn )n∈N := (|un − x0 |)n∈N est décroissante,
elle converge alors vers un réel l. D’autre part, d’après le théorème de Bolzano-
€ Š
Weierstrass, la suite (un )n∈N admet une sous-suite uϕ(n) n∈N convergente vers une


limite α. Comme vϕ(n) = uϕ(n) − x0 alors l ≤ |α − x0 |. Par continuité on a
€ Š
lim f uϕ(n) = f (α), or
n→+∞

€ Š

vϕ(n)+1 = uϕ(n)+1 − x0 = f uϕ(n) − x0 donc |f (α) − x0 | = l ≤ |α − x0 | = α.

Si α 6= x0 alors on aurait inégalité stricte, absurde, donc on conlut que α = x0 et


l = 0. En conclusion, lim vn = 0 d’où lim un = α = x0 .
n→+∞ n→+∞

Exercice 3.31 K
Soit f : [0, 1] −→ R une application continue. Montrer que f admet un point fixe dans
les deux cas suivants :
1. f ([0, 1]) ⊂ [0, 1].
2. [0, 1] ⊂ f ([0, 1]). 

1. Soit g(x) = f (x) − x, alors g est continue, g(0) = f (0) ≥ 0, g(1) = f (1) − 1 ≤ 0,
alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires il existe x0 ∈ [0, 1] tel que
g(x0 ) = 0, c’est-à-dire f (x0 ) = x0 .
2. Comme [0, 1] ⊂ f ([0, 1]) alors il existe (α, β) ∈ [0, 1]2 tels que g(α) ≤ 0 et
g(β) ≥ 0. Supposons que α < β, alors g s’annule dans l’intervalle [α, β]. Maintenant,
si α > β, alors g s’annule dans l’intervalle [β, α]. En conclusion, dans tous les cas, f
admet un point fixe.

Exercice 3.32 K
Soit f : R −→ R une application continue telle que

|f (x) − f (y)| ≥ |x − y|, ∀ (x, y) ∈ R2 .

1. Montrer que f est strictement monotone sur R et que c’est une bijection de R → R.
3.3. EXERCICES 185

2. Soit Fix(f ) := {x ∈ R : f (x) = x} l’ensemble des points fixes de f . Montrer que


Fix(f ) = ∅ ou un intervalle fermé de R. Montrer, de plus, que :
 
f croissante et f ([a, b]) ⊂ [a, b] =⇒ [a, b] ⊂ Fix(f ).

et
f est décroissante =⇒ Fix(f ) = singleton.

1. f est continue sur R, de plus elle est injective car

f (x) = f (y) =⇒ 0 = |f (x) − f (y)| ≥ |x − y| =⇒ x = y.

Donc, elle est strictement montone. Enfin, f (R) = R car

|f (x)| ≥ |x| − |f (0)| −−−−−→ +∞.


|x|→+∞

En conclusion, f est strictement monotone sur R et c’est une bijection.


2. Soit g(x) := f (x) − x, alors g est continue et Fix(f ) = g −1 (0), donc c’est un fermé
de R.
Si x, y sont deux éléments de Fix(f ) et z ∈]x, y[, alors f (z) ∈]f (x), f (y)[. Si f (z) > z,
alors on a :

f (y) − f (z) = y − f (z) < y − z,


f (z) − f (x) = f (z) − x > z − x.

Or, f (y) − f (z) et f (z) − f (x) sont de même signe et

f croissante =⇒ 0 < f (y) − f (z) < y − z,


f décroissante =⇒ 0 < f (x) − f (z) < x − z < 0.

Contradiction. On fait de même dans le cas f (z) < z. D’où, l’ensemble des points
fixes par f est un intervalle fermé. De plus, on a :
⋄ Si f est croissante et f ([a, b]) ⊂ [a, b] alors on a f (a) = a et f (b) = b car sinon
|f (a) − f (b)| < |b − a|, donc [a, b] ⊂ Fix(f ).
⋄ si f est décroissante, on ne peut pas avoir f (a) = a et f (b) = b pour a < b. Donc,
Fix(f ) est un singleton.
186 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.33 K
Soient f, g : [0, 1] −→ [0, 1] deux fonctions continues telles que f ◦ g = g ◦ f.
1. Montrer qu’il existe x0 ∈ [0, 1] tel que f (x0 ) = g(x0 ).
2. Que dire pour les fonctions f (x) = x et g(x) = x + 1 définies sur R entier ?
3. Dans cette question on cherche des conditions suffisantes pour que f et g possèdent
un point fixe commun, i. e.

∃ x0 ∈ [0, 1] : f (x0 ) = g(x0 ) = x0 .

On désigne par Pf (resp. Pg ) l’ensemble des points fixes de f (resp. g).


(i) Montrer que Pg 6= ∅.
(ii) Montrer que f (Pg ) ⊂ Pg .
(iii) Montrer que si g est décroissante alors Pg est un singleton. En déduire que dans ce
cas f et g ont un point fixe commun.
(iv) Montrer que si f est croissante, alors f et g ont un point fixe commun. 

1. Supposons, par l’absurde, que f (x) > g(x) pour tout x ∈ [0, 1], alors par conti-
nuité de l’application x 7−→ f (x) − g(x) il existe α > 0 tel que

f (x) − g(x) ≥ α, ∀ x ∈ [0, 1].

On a alors :

f 2 (x) = f (f (x)) ≥ g(f (x)) + α ≥ f (g(x)) + α ≥ g 2(x) + 2α,

et par une récurrence immédiate : f n (x) ≥ g n (x) + nα pour tout n ≥ 1. D’autre


part, on a f n (x) − g n (x) ≤ 1 (car on est sur l’intervalle [0, 1]), ce qui donne

nα ≤ f n (x) − g n (x) ≤ 1, ∀ n ∈ N∗ .

Absurde. Donc, il existe x0 ∈ [0, 1] tel que f (x0 ) = g(x0 ).


2. On a f (g(x)) = f (x + 1) = x + 1 et g(f (x)) = f (x) + 1 = x + 1 ; f et g sont
continues, et pourtant il n’existe pas de point x0 tel que f (x0 ) = g(x0 ). L’hypothèse
de l’intervalle fermé borné est donc essentielle.
3.
(i) Le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à la fonction continue x 7−→
g(x) − x montre l’existence d’un point fixe x0 ∈ [0, 1].
(ii) Soit x0 ∈ Pg , alors puisque f ◦ g = g ◦ f , on a :

g(f (x0 )) = f (g(x0 )) = f (x0 ).


3.3. EXERCICES 187

Donc f (x0 ) ∈ Pg . Ainsi, on a montré que f (Pg ) ⊂ Pg .


(iii) On sait, d’après la question (i), que la fonction g admet un point fixe x0 , on
va montrer son unicité. Comme la fonction g est décroissante, alors la fonction
x 7−→ g(x) − x est strictement décroissante car si x < y alors on a successivement
g(x) ≥ g(y) et −x > −y, par suite

g(x) − x > g(y) − y.

Donc, Pg = {x0 }. Maintenant, d’après la question (ii) on a f (x0 ) ∈ Pg , d’où


f (x0 ) = x0 et Pf ∩ Pg = {x0 }.
(iv) D’après la question (i) on sait que la fonction g admet un point fixe x0 . Consi-
dérons la suite (xn )n≥0 définie par

x0 ∈ Pg et xn+1 = f (xn ), ∀ n ≥ 0.

D’après la question (ii), tous les termes de la suite (xn )n≥0 sont des points fixes de
g (car f (Pg ) ⊂ Pg ). Comme la fonction f est croissante, alors la suite (xn )n≥0 est
monotone bornée, donc elle converge vers un nombre l ∈ [0, 1] vérifiant f (l) = l car
f est continue. Maintenant, on a g(xn ) = xn pour tout n ≥ 0, et par continuité
de g on a lim g(xn ) = g(l). Par conséquent, on a g(l) = l. En conclusion, f et g
n→+∞
admettent l comme point fixe commun.

Exercice 3.34 K
Soit f : ]0, +∞[−→ R une application dérivable. Montrer que

f (x)
lim f ′ (x) = l ∈ R =⇒ lim = l.
x→+∞ x→+∞ x

On a lim f ′ (x) = l, donc :


x→+∞

ε
∀ε > 0, ∃M > 0 : x ≥ M =⇒ |f ′(x) − l| ≤ .
2

Pour x > M, le théorème des accroissments finis appliqué à la fonction f sur l’in-
tervalle [M, x] montre l’existence de cx ∈]M, x[ tel que

f (x) − f (M)
= f ′ (cx ).
x−M

Par l’inégalité triangulaire, on déduit que pour tout x > M :



 

f (x)
f (x) − f (M) M f (M)
− l =
1− + − l
x x−M x x
188 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE



f (x) − f (M)
f (x) − f (M)

M |f (M)|
≤ − l + · +
x−M x−M x x
• ‹ ˜
ε 1 ε
≤ + |l| + M + |f (M)| .
2 x 2

1 • ε‹ ˜

Comme lim |l| + M + |f (M)| = 0, alors il existe N > M tel que


x→+∞ x 2
1 • ε‹ ˜
ε
x≥N =⇒ |l| + M + |f (M)| ≤ .
x 2 2

Donc, pour tout x > 0 on a montré que




f (x)

x≥N =⇒ − l ≤ ε,
x

et par conséquent
f (x)
lim = l.
x→+∞ x

Exercice 3.35 K
Théorème de Rolle généralisé
Soit f une application continue sur [a, +∞[ dans R, dérivable sur ]a, +∞[.
Montrer que

lim f (x) = f (a) =⇒ ∃ c ∈ ]a, +∞[ : f ′ (c) = 0


x→+∞

Introduisons la fonction
8
€ Š
>
< f a+ 1
x
−1 si x ∈]0, 1],
g : [0, 1] −→ R, x 7−→ g(x) = >
: f (a) si x = 0.

On a g est continue sur [0, 1], dérivable sur ]0, 1[ et vérifie g(0) = g(1) = f (a).
Donc, d’après le théorème de Rolle il existe b ∈]0, 1[ tel que g ′(b) = 0, c’est à dire
€ Š
− b12 f a + 1b − 1 = 0. Posons c := a + 1b − 1 ∈]a, +∞[, alors on a f ′ (c) = 0.

Exercice 3.36 K
Polynômes d’Hermite
1. Montrer que l’application

1 2
f : R −→ R, x 7−→ e− 2 x
3.3. EXERCICES 189

est de classe C ∞ , et que pour tout (n, x) ∈ N × R : f (n) (x) = (−1)n f (x)Hn (x) où Hn
est un polynôme.
2. Montrer que deg(Hn ) = n.
3. Montrer que pour tout n ≥ 1 :

Hn+1 − XHn + nHn−1 = 0, Hn′ = nHn−1 , Hn′′ − XHn′ + nHn = 0.

4. Montrer que pour tout n ≥ 1, Hn est scindé à racines simples sur R, et pour tout
n ≥ 2 il existe une racine et une seule de Hn−1 entre deux racines consécutives de Hn .
Indication : utiliser l’exercice précédent. 

1. f est de classe C ∞ comme composée d’applications de classe C ∞ . On a, pour tout


x ∈ R, f ′ (x) = −xf (x), d’où H0 (x) = 1 et H1 (x) = x. Si f (n) (x) = (−1)n Hn (x)f (x),
alors f (n+) (x) = (−1)n (Hn′ (x)f (x)+Hn (x)f ′ (x)) = (−1)n (Hn′ (x)f (x)−xHn (x)f (x))
= (−1)n+1 Hn+1 (x)f (x) avec Hn+1 (x) = −Hn′ (x) + xHn (x).
2. On a deg(H0 ) = 0, deg(H1 ) = 1 et si deg(Hn ) = n, alors deg(Hn+1) = deg(−Hn′ +
XHn ) = n + 1. On a donc, par récurrence, deg(Hn ) = n pour tout n ∈ N.
3. On a f ′ (x) + xf (x) = 0, et alors par la formule de Leibniz à l’ordre n :

f (n+1) (x) + xf (n) (x) + nf (n−1) (x) = 0 c-à-d


(−1)n+1 Hn+1 (x)f (x) + x(−1)n Hn (x)f (x) + n(−1)n−1 Hn−1 (x)f (x) = 0,

par conséquent, Hn+1 (x) − xHn (x) + nHn−1(x) = 0, i. e. Hn+1 − XHn + nHn−1 = 0.
Maintenant, d’après la relation précédente et la relation Hn+1 = −Hn′ + XHn on
déduit que Hn′ = nHn−1 . Montrons, à présent, la troisème relation : Hn′′ − XHn′ +
nHn = 0. On a Hn+1 ′
= (n + 1)Hn et en dérivant la relation Hn+1 = −Hn′ + XHn ,
on déduit que Hn′′ − XHn′ + nHn = 0.
4. On montre le résultat par récurrence sur n. On a H1 = X est scindé sur R, il en
est de même pour H2 = X 2 −1 = (X −1)(X +1). De plus, la racine x0 = 0 de H1 est
située entre les racines x1 = −1 et x2 = 1 de H2 . Supposons que Hn possède n racines
réelles distinctes, alors f (n) s’annule pour ces n valeurs et lim f (n) (x) = 0, alors
|x|→+∞
grâce au théorème de Rolle (voir exercice 3.35), on a que f (n+1) s’annule au moins
une fois dans chacun des n + 1 intervalles ouverts ainsi déterminés. Ces racines
de f (n+1) sont des racines de Hn+1 , et comme deg(Hn+1 ) = n + 1 alors ce sont
précisément les racines de Hn+1 , les racines de Hn séparent donc les racines de
Hn+1 . La démonstration par récurrence est ainsi terminée.
190 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.37 K
Soit f : [0, 1] −→ [0, 1] une application continue vérifiant f (0) = 0 et telle que :

∀ x ∈ [0, 1], ∃ n(x) ∈ N∗ : f ◦ f ◦ · · · ◦ f (x) = x.


| {z }
n(x) fois

1. Montrer que f est bijective.


2. Montrer que f (x) = x pour tout x ∈ [0, 1].

1. On note f n(x) la composée n(x) fois de la fonction f . L’application f est surjective


car pour tout x on a
€ Š
x = f n(x)−1 (f (x)) = f f n(x)−1 (x) .

Montrons que f est injective, si f (x) = f (y) alors d’une part


€ Š
f n(x)+n(y) (y) = f n(x) f n(y) (y) = f n(x) (y) = f n(x)−1 (f (y))
= f n(x)−1 (f (x)) = f n(x) (x) = x,

et d’autre part

f n(x)+n(y) (y) = f n(y)+n(x)−1 (f (y)) = f n(y)+n(x)−1 (f (x))


€ Š
= f n(y) f n(x) (x) = f n(y) (x) = f n(y)−1 (f (x))
= f n(y)−1 (f (y)) = f n(y) (y) = y.

Donc, x = y et f est injective. En conclusion, f est une bijection continue de [0, 1]


dans lui-même.
2. D’après la question (1), l’application f est une bijection continue de [0, 1] dans
lui-même, de plus comme f (0) = 0 alors elle est strictement croissante. S’il existe
x ∈ [0, 1] tel que f (x) < x, alors f n (x) < x pour tout n ∈ N∗ , contradiction avec
f n(x) (x) = x. De même, on ne peut pas avoir f (x) > x. En conclusion, f (x) = x
pour tout x ∈ [0, 1].

Exercice 3.38 K
Théorème de Darboux
Soient I un intervalle non vide de R, f : I −→ R une application dérivable, et

α = f ′ (a) < β = f ′ (b)


3.3. EXERCICES 191

deux valeurs de la fonction f ′ . Montrer que pour tout γ ∈]α, β[, il existe c ∈]a, b[ tel
que f ′ (c) = γ. (i. e. f ′ vérifie le théorème des valeurs intermédiaires (TVI)).
2. Réciproquement, toute application vérifiant le TVI est-elle une dérivée ? L’ensemble
des applications qui vérifient le TVI est-il un espace vectoriel pour les lois usuelles ? 

1. Soit g la fonction définie sur I par g(x) = f (x) − γx, alors g ′ (x) = f ′ (x) − γ et
donc g ′ (a) = f ′ (a) − γ = α − γ < 0 et g ′ (b) = f ′ (b) − γ = β − γ > 0. On en
déduit que g n’est pas injective, en effet : sinon, comme g est continue, alors elle
serait strictement monotone et donc aurait une dérivée de signe constant, ce qui
n’est pas le cas car g ′(a) < 0 < g ′ (b). Donc, g n’est pas injective, alors il existe
x0 , x1 ∈ [a, b], x0 < x1 tels que g(x0 ) = g(x1 ). Maintenant, d’après le théorème de
Rolle, il existe c ∈]x0 , x1 [⊂]a, b[ tel que g ′ (c) = 0, c’est-à-dire f ′ (c) = γ.
2. Considérons l’application

fα : [−1, 1] −→ R,
8
€ Š
>
<sin 1
x
si x 6= 0,
x 7−→ fα (x) = >
:α si x = 0.

La fonction fα , pour tout α ∈ [−1, 1], vérifie le TVI, en effet pour tout (a, b) ∈
[−1, 1]2 , on a :
⋆ si −1 ≤ a ≤ 0 ≤ b ≤ 1 alors

fα ([a, 0[ ∪ ]0, b]) = [−1, 1] et donc fα ([a, b]) = [−1, 1]

car sur tout voisinage de 0, la fonction fα prend toute valeur de −1 à 1.


⋆ si 0 6∈ [a, b], alors puisque fα est continue sur [a, b] on déduit que fα ([a, b]) est un
intervalle.
Soit f := fα − fβ , alors
8
>
< 0 si x 6= 0,
f (x) = >
: α−β si x = 0.

Si α 6= β alors f ne vérifie pas le TVI. Comme f n’est pas une dérivée, l’une au
moins de fα ou fβ ne l’est pas non plus. En conclusion, l’ensemble des fonctions
vérifiant le TVI contient strictement les fonctions dérivées et n’est pas un espace
vectoriel.
192 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.39 K
Règle de l’Hôpital
1. généralisation du théorème des accroissements finis :
Soient f et g deux fonctions à valeurs réelles définies et continues sur un segment [a, b]
et dérivables sur ]a, b[. À l’aide de la fonction auxiliaire

ϕ(x) = (f (b) − f (a))g(x) − (g(b) − g(a))f (x)

définie sur [a, b], montrer qu’il existe c ∈]a, b[ tel que

(f (b) − f (a))g′ (c) = (g(b) − g(a))f ′ (c).

Si g′ (x) 6= 0 pour tout x ∈]a, b[, cette relation s’écrit alors :

f (b) − f (a) f ′ (c)


= .
g(b) − g(a) g′ (c)

2. règle de l’hôpital :
Soient x0 ∈ R, I ⊂ R un intervalle tel que x0 ∈ ˚
I et f, g : I −→ R deux applications
continues en x0 , dérivables sur I \ {x0 }. Montrer que
8
> ′
< g (x) 6= 0, ∀ x ∈ I \ {x0 }, f (x) − f (x0 )
f ′ (x) =⇒ lim = l.
>
: lim = l ∈ R, x→x0 g(x) − g(x0 )
x→x0 g ′ (x)

3. On considère les fonctions


8 € Š 8
1 1
< x sin 1
x4 e− x2 si x 6= 0, < − x2
e si x 6= 0,
f (x) = et g(x) =
: :
0 si x = 0, 0 si x = 0.

Calculer
f (x) f ′ (x)
lim et lim .
x→0 g(x) x→0 g ′ (x)

Que peut-on déduire ?


4. On considère les fonctions
 
x sin(2x) x sin(2x) sin(x)
f (x) = + et g(x) = + e .
2 4 2 4

Calculer
f ′ (x) f (x)
lim et lim .
x→∞ g ′ (x) x→∞ g(x)
Que peut t-on déduire ?
5. Soit f : ]0, +∞[−→ R une application deux fois dérivable et telle que

′′
f (x) + 2xf ′ (x) + (x2 + 1)f (x)
≤ 1, ∀ x > 0.
3.3. EXERCICES 193

Calculer
lim f (x).
x→+∞

6. règle de l’hôpital à l’infini : Soient f, g : R+ −→ R+ deux applications de


classe C 1 telles que lim f (x) = lim g(x) = +∞. Montrer que
x→+∞ x→+∞

f ′ (x) f (x)
lim = l>0 =⇒ lim = l.
x→+∞ g ′ (x) x→+∞ g(x)

1. On a
ϕ(a) = f (b)g(a) − g(b)f (a) = ϕ(b).

Donc, d’après le théorème de Rolle il existe c ∈]a, b[ tel que ϕ′ (c) = 0, c’est-à-dire :

(f (b) − f (a))g ′(c) = (g(b) − g(a))f ′ (c).

2. Par hypothèse on a :

f ′ (x)



∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x ∈ I \ {x0 }, |x − x0 | =⇒ ′ − l ≤ ε.

g (x)

D’après la question précédente, il existe cx ∈ I \ {x0 } tel que

f (x) − f (x0 ) f ′ (cx )


|cx − x0 | < |x − x0 |, = ′ .
g(x) − g(x0 ) g (cx )

D’où

f (x) − f (x0 )


f ′ (cx )

− l = − l ≤ ε.
g(x) − g(x0 ) g ′(cx )

En conclusion, on a

f (x) − f (x0 )




∀ε > 0, ∃α > 0, ∀x ∈ I \ {x0 }, |x − x0 | ≤ α =⇒ − l ≤ ε,
g(x) − g(x0 )

f (x) − f (x0 )
c’est-à-dire que lim = l.
x→x0 g(x) − g(x0 )
f (x)
3. Il est clair que lim = 0, alors que
x→0 g(x)

 
f ′ (x) 2 1
= − cos 4 + o(1) lorsque x −→ 0.
g ′ (x) x x

f (x) f ′ (x)
En conclusion, on ne peut pas dire que si lim existe alors lim ′ existe aussi.
x→0 g(x) x→0 g (x)
194 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

4. On a

f ′ (x) 2 cos2 (x)


lim = lim
x→∞ g ′ (x) x→∞ cos(x)esin(x) (x + 2 cos(x) + sin(x) cos(x)

2 cos(x)
= lim sin(x) = 0.
x→∞ e (x + 2 cos(x) + sin(x) cos(x)

f (x)
Cependant, lim n’existe pas.
x→∞ g(x)
f (x) f ′ (x)
En conclusion, on ne peut rien dire sur lim si lim ′ n’existe pas.
x→x0 g(x) x→x0 g (x)
x2
f (x)e 2
5. On applique la règle de l’Hôpital, deux fois, à la fraction x2
. Alors, on a :
e2
x2 x2
f (x)e 2 (f ′ (x) + xf (x))e 2
lim f (x) = lim x2
= lim x2
x→+∞ x→+∞ x→+∞
e2 xe 2
x2
(f ′′ (x) + 2xf ′ (x) + (x2 + 1)f (x))e 2
= lim x2
x→+∞
(x2 + 1)e 2
f ′′ (x) + 2xf ′ (x) + (x2 + 1)f (x)
= lim
x→+∞ (x2 + 1)
= 0.

6. On va effectuer un changement de variables pour se ramener au cas de la règle


de l’Hôpital usuelle vue plus haut. Considérons les fonctions
8 8
€ Š € Š
> >
<f 1
x
si x > 0, < g 1
x
si x > 0,
F (x) = >
et G(x) = >
:0 si x = 0, : 0 si x = 0.

Les applications F et G sont continues sur R+ , dérivables sur R∗+ , de plus on a


   
1 ′ 1 1 ′ 1
F ′(x) = − f et G′ (x) = − g .
x2 x x2 x

D’où € Š
F ′ (x) f ′ x1
= € Š −−−→ l.
G′ (x) g ′ x1 x→0+

Comme g ′ ne s’annule pas au voisinage de +∞, F ′ ne s’annule pas au voisinage de


F (x)
0+ . Alors, par la règle de l’Hôpital appliquée en 0+ , on a lim+ = l.
x→0 G(x)
3.3. EXERCICES 195

En conclusion, on a alors :
f (x)
lim = l.
x→+∞ g(x)

Exercice 3.40 K
Zéros d’une fonction dérivable
Soit f : [0, 1] −→ R une application dérivable. Montrer que
   
∄ x ∈ [0, 1] : f (x) = f ′ (x) = 0 =⇒ {x ∈ [0, 1] : f (x) = 0} est fini .

On fait un raisonnement par contraposée. Soit (xn )n≥1 ⊂ [0, 1] une suite telle
que f (xn ) = 0 pour tout n ≥ 1. Alors, comme [0, 1] est un segment, il existe une
sous-suite (qu’on note toujours (xn )) telle que lim xn = l. On a f (xn ) = 0 et par
n→∞
continuité de f on déduit que f (l) = 0. Par conséquent :

f (x) − f (l) f (xn ) − f (l) 0


f ′ (l) = lim = lim = lim = 0.
x→l x−l n→∞ xn − l n→∞ xn − l

D’où, f (l) = f ′ (l) = 0.

Exercice 3.41 K
un "double" théorème des accroissements finis
Soit a < b < c trois nombres réels et f : [a, c] −→ R une application dérivable.
Montrer qu’il existe α ∈]a, b[ et β ∈]a, c[, α < β tels que

f (a) − f (b) f (a) − f (c)


f ′ (α) = et f ′ (β) = .
a−b a−c

D’après le théorème des accroissements finis, il existe α ∈]a, b[ et γ ∈]b, c[ tels


que
f (a) − f (b) f (b) − f (c)
f ′ (α) = et f ′ (γ) = .
a−b b−c
Donc

f (c) − f (a) f (c) − f (b) c − b f (b) − f (a) b − a


= · + ·
c−a c−b c−a
‚ Œ
b−a c−a
c−b ′ c−b
= f (γ) + 1 − f ′ (α).
c−a c−a

‚ Œ
c−b c−b ′ c−b
Or, ∈]0, 1[, donc f (γ) + 1 − f ′ (α) est compris entre f ′ (α) et
c−a c−a c−a
f ′ (γ). Donc, par le théorème des valeurs intermédiaires il existe β ∈]α, γ[ tel que
196 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

f (c) − f (a)
f ′ (β) = .
c−a
Exercice 3.42 K
Existe t-il un polynôme P ∈ R[X] et une suite (xn )n≥0 ⊂ R croissante tels que :

P (xn ) = exn , ∀ n ∈ N.

Supposons, par l’absurde, d’un tel polynôme et une telle suite existent, alors on
a : P 6≡ 0. La fonction x 7−→ P (x) − ex est de classe C ∞ sur [xn , xn+1 ] pour tout
n ∈ N. Donc, d’après le théorème de Rolle, il existe x1n ∈]xn , xn+1 [ tel que

1
P ′ (x1n ) = exn .

On a donc trouvé une suite strictement croissante (x1n )n≥0 telle que

1
P ′ (x1n ) = exn , ∀ n ∈ N.

De même, la fonction x 7−→ P ′ (x) − ex est de classe C ∞ , donc il existe une suite
strictement croissante (x2n )n≥0 telle que

2
P ′′ (x2n ) = exn , ∀ n ∈ N.

En itérant ce procédé jusqu’à d0 = deg(P ) + 1, on montre l’existence d’une suite de


réels strictement croissante (xdn0 )n≥0 telle que
d0
0 = P (d0 ) (xdn0 ) = exn .

Contradiction, car la fonction x 7−→ ex ne s’annule jamais.

Exercice 3.43 K
Soit f : [0, 1] −→ R continue, dérivable sur ]0, 1[ et telle que f (0) = 0, f (1) = 1.
1. Montrer que pour tout n ∈ N, il existe des éléments x1 , x2 , · · · , xn de [0, 1] deux à
deux distincts tels que :

f ′ (x1 ) + f ′ (x2 ) + · · · + f ′ (xn ) = n.

2. On suppose, en plus, que f est bijective et que f −1 est dérivable sur ]0, 1[. Montrer
l’existence de réels x1 , x2 , · · · , xn deux à deux distincts et éléments de [0, 1] tels que

1 1 1
+ + ··· + ′ = n.
f ′ (x1 ) f ′ (x2 ) f (xn )
3.3. EXERCICES 197

1. Pour i ∈ J1, nK, le théorème des accroissements


 
finis

appliqué à l’intervalle
i−1 i i−1 i
, nous donne l’existence d’un réel xi ∈ , tel que
n n n n
   
i i−1 1 ′
f −f = f (xi ).
n n n

En sommant ces relations de i = 1 à i = n, on obtient :

1 ′
f (1) − f (0) = ( f (x1 ) + f ′ (x2 ) + · · · + f ′ (xn ) ) .
| {z } n
=1

2. En appliquant le résultat de la première question à la fonction f −1 , on déduit


l’existence de nombres réels y1 , y2 , · · · , yn deux à deux distincts tels que
€ Š′ € Š′ € Š′
f −1 (y1 ) + f −1 (y2 ) + · · · + f −1 (yn ) = n.

D’où, avec xi := f −1 (yi ) (qui sont 2 à 2 distincts), on conclut que :

1 1 1
+ +···+ = n.
f ′ (x1 ) f ′ (x2 ) f ′ (xn )

Exercice 3.44 K
Soit f : R −→ R une fonction paire et de classe C 2 . Montrer qu’il existe une fonction
g : R −→ R de classe C 1 telle que :

f (x) = g(x2 ), ∀ x ∈ R.

La fonction f ′ est impaire, et on a au voisinage de 0 le développement suivant :

f ′ (x) = xf ′′ (0) + o(x).



Pour t ≥ 0, on pose g(t) = f ( t), alors g est continue sur [0, +∞[ et C 1 sur ]0, +∞[
avec : √
′ f ′ ( t)
g (t) = √ , ∀ t > 0.
2 t
f ′′ (0)
Donc, pour t > 0 tendant vers 0 on a : g ′ (t) = + o(1). On peut donc appliquer
2
le théorème de prolongement C 1 : g est de classe C 1 sur [0, +∞[. Maintenant, pour
f ′′ (0)
t < 0, on pose g(t) = f (0) + t, alors g est de classe C 1 sur R et on a :
2
f (x) = f (|x|) = g(x2 ) pour tout x ∈ R.
198 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.45 K
Soient I un intervalle réel, f : I −→ R une fonction deux fois dérivable, et a, b, c trois
points distincts de I. Montrer qu’il existe d ∈ I tel que :

f (a) f (b) f (c) f ′′ (d)


+ + = .
(a − b)(a − c) (b − c)(b − a) (c − a)(c − b) 2

Supposons, sans perte de généralité, que a < b < c, et introduisons la fonction


g : I −→ R définie par :

(a − b)(b − x)(x − a)
g(x) = (x − b)f (a) + (a − x)f (b) + (b − a)f (x) − η
2

où η est un nombre tel que g(c) = 0.


La fonction g est deux fois dérivable sur I et vérifie g(a) = g(b) = g(c) = 0, donc par
une double application du théorème de Rolle on déduit l’existence de deux nombres
(d1 , d2 ) ∈]a, b[×]c, d[ tels que :

g ′ (d1 ) = g ′ (d2 ) = 0.

Maintenant, en appliquant une nouvelle fois le théorème de Rolle sur l’intervalle


[d1, d2 ], on déduit l’existence de d ∈]d1 , d2 [ tel que g ′′ (d) = 0. Or

g ′′ (d) = (b − a)f ′′ (d) + (a − b)η d’où η = f ′′ (d).

En reportant η = f ′′ (d) dans l’égalité g(c) = 0, il résulte que :

f (a) f (b) f (c) f ′′ (d)


+ + = .
(a − b)(a − c) (b − c)(b − a) (c − a)(c − b) 2

Exercice 3.46 K
Soient P ∈ R[X] un polynôme de degré impair, et f : R −→ R une foncion de classe
C ∞ tels que :

(n)
∀ n ∈ N, ∀ x ∈ R, f
(x) ≤ |P (x)|.

Montrer que f ≡ 0.
Le résultat subsiste-t-il si deg(P ) est pair ? 

Comme P est un polynôme réel de degré impair alors il admet une racine a. On
a alors f (n) (a) = 0 pour tout n ∈ N.
3.3. EXERCICES 199

Soit b ∈ R, alors par l’inégalité de Taylor-Lagrange on a :

|b − a|n |b − a|n
|f (b) − f (a)| ≤ sup |f (n) (x)| ≤ M
n! x∈[a,b] n!

où on a posé M := sup |P (x)|. Lorsque n −→ +∞, il résulte que f (b) = f (a) = 0.


x∈[a,b]
Ainsi, f ≡ 0.
Le résultat n’est plus vrai si deg(P ) est pair, on peut considérer par exemple f (x) =
sin x et P (x) = 1.

3.3.3 Exercices d’entraînement

Exercice 3.47 KK
Théorème de Rolle et déterminant
Soient [a, b] un intervalle non réduit à un point, et f1 , f2 , · · · fn : [a, b] −→ R des
fonctions de classe C n−2 sur [a, b]. On considère n − 1 éléments a1 ≤ a2 ≤ · · · ≤ an−1
de [a, b], montrer qu’il existe c ∈ ]a, b[ tel que :

(n−2)
f (a1 ) f1 (a2 ) · · · f1 (an−1 ) f1
1 (c)

.. .. .. ..
. . . . = 0.

(n−2)
f (a1 ) fn (a2 ) · · · fn (an−1 ) fn
n (c)

Si au moins deux des réels a1 , a2 , · · · , an sont égaux, alors le résultat est vrai (car
si deux colonnes du déterminant sont égales alors le dét est nul). On suppose alors
que a1 < a2 < · · · < an , et considérons la fonction F : [a, b] −→ R définie par :


1 f (a1 ) f1 (a2 ) · · · f1 (an−1 ) f1 (x)

.. .. .. ..
F (x) = . . . . .


fn (a1 ) fn (a2 ) · · · fn (an−1 ) fn (x)

Le développement du déterminant par rapport à la dernière colonne montre que F


est une fonction de classe C n−2 sur [a, b] et que pour tout k ∈ J1, n − 2K on a :

(k)
1 f (a1 ) f1 (a2 ) · · · f1 (an−1 ) f1 (x)

.. .. .. ..
F (k) (x) =

. . . . .

fn (a1 ) fn (a2 ) · · · fn (an−1 ) fn(k) (x)

De plus, on a aussi : F (a1 ) = F (a2 ) = · · · = F (an−1 ) = 0. Donc, on déduit grâce au


théorème de Rolle qu’il existe c ∈ ]a, b[ tel que F (n−2) (c) = 0.
200 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.48 KK
Lemme des cordes de Lévy
On dit qu’une fonction f : [a, b] −→ R admet une corde horizontale de longueur α > 0
s’il existe x ∈ [a, b] tel que x + α ∈ [a, b] et f (x + α) = f (x).
1. Lemme des cordes de Lévy : Soit f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle
que f (0) = f (1). Montrer que
• ˜  ‹
1 1
∀ n ∈ N∗ , ∃ c ∈ 0, 1 − : f (c) = f c+ .
n n

1
2. Montrer que si on remplace par un réel α ∈]0, 1[ tel que α1 6∈ N, alors le résultat
n
ci-dessus n’est plus vrai. On pourra considérer la fonction f : [0, 1] −→ R définie par :
 ‹   ‹ ‹
2πx 2π
f (x) = cos − x cos −1 .
α α

3. Que peut-on dire d’une fonction continue f : R −→ R telle que


 ‹
1
f (r) = f r+ ∀ (r, n) ∈ Q × N∗ .
n

4. Soit f : R −→ R une application continue et périodique. Montrer qu’elle admet des


cordes horizontales de toutes longueurs.
5. Les applications f (x) = x3 − x + 1 et g(x) = x3 admettent-elles des cordes horizon-
tales ? 

1. Soit n ∈ N∗ et considérons la fonction


   
1 1
ϕ : 0, 1 − −→ R, x 7−→ ϕ(x) := f (x) − f x + .
n n

f (0) = f (1) b

€ Š
f (c) = f c + 1
n
b

b b b

c c+ 1 1
n

” —
Il suffit de montrer que la fonction ϕ s’annule en un point c ∈ 0, 1 − n1 . La fonction
ϕ est continue car f l’est. Supposons, par l’absurde, que ϕ ne s’annule pas, disons
3.3. EXERCICES 201
” —
qu’elle est > 0 sur l’intervalle 0, 1 − 1
n
. Alors, on a
   
1 1
f (x) > f x+ ∀ x ∈ 0, 1 − .
n n

Par conséquent, en prenant succesivement x = n0 , n1 , n2 , · · · , nn , on déduit de l’inégalité


ci-dessus que
   
1 1
f (0) > f > ··· > f 1− > f (1).
n n

Contradiction car f (0) = f (1). La fonction ϕ ne garde donc pas un signe constant sur
” —
l’intervalle 0, 1 − n1 , et comme elle est continue, alors par le théorème des valeurs
” — € Š
intermédiaires il existe au moins un point c ∈ 0, 1 − n1 tel que f (c) = f c + n1 .
2. On a f (0) = f (1), alors que pour tout x ∈ [0, 1 − α] on a
   

f (x + α) − f (x) = −α cos −1 6= 0
α

car 1
α
/ N.

3. On a
      
2 1 1 1
f r+ = f r+ + = f r+ = f (r).
n n n n

Par récurrence, on déduit que




f r+ = f (r) ∀(r, m, n) ∈ Q × N∗ × N∗ .
n

En prenant successivement r = 0 puis r = − m


n
, on déduit que

m‹ 

f = f (0) = f − .
n n

Donc f (r) = f (0) pour tout r ∈ Q. Maintenant, soit x ∈ R \ Q, alors il existe (par
densité) une suite (rn )n≥1 ∈ QN telle que lim rn = x. Comme f est continue, on
n→+∞
déduit que
f (x) = lim f (rn ) = f (0).
n→+∞

En conclusion, f est une fonction constante.


4. Soit T la période de f , et soit α > 0 un réel fixé, montrons qu’il existe x ∈ R tel
que f (x) = f (x + α). Posons g(x) = f (x + α) − f (x). La fonction f est continue sur
le segment [0, T ], on peut donc trouver deux nombres xm et xM éléments de [0, T ]
tels que
f (xm ) = min f (x) et f (xM ) = max f (x).
x∈[0,T ] x∈[0,T ]
202 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Alors, on a g(xm ) ≥ 0 et g(xM ) ≤ 0, donc par le théorème des valeurs intermédiaires,


il existe x ∈ [0, T ] tel que g(x) = 0, c-à-d f (x + α) = f (x).
5. On a f (0) = f (1) = f (−1) = 1 donc

f (−1 + 2) = f (−1), f (0 + 1) = f (0) et f (−1 + 1) = f (−1),

par suite f admet deux cordes de longueur 1, et une corde de longueur 2.


Pour la fonction g, l’équation (x + α)3 = x3 n’a pas de solutions réelles en α. Donc,
la fonction g n’a pas de cordes horizontales.

Exercice 3.49 KK
Soit f : [a, b] −→ [a, b] une fonction quelconque.
1. Montrer que si f est continue alors elle admet un point fixe x0 ∈ [a, b], i. e. f (x0 ) = x0 .
(cas simple du Théorème de brouwer).
Cas d’unicité du point fixe : Montrer que si f est continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[
et telle que f ′ (x) 6= 1 pour tout x ∈]a, b[, alors le point fixe est unique.
2. Montrer que si f est croissante alors elle admet un point fixe x0 ∈ [a, b].
3. Trouver une fonction f : [a, b] −→ [a, b] strictement décroissante et n’ayant pas de
points fixes.
4. Montrer l’importance des hypothèses segment fermé borné dans le théorème de Brou-
wer en donnant des contre-exemples. 

1. On considère la fonction g : [a, b] −→ R définie par g(x) = f (x) − x, alors on a

g(a) = f (a) − a ≥0 et g(b) = f (b) − b ≤ 0.

Comme g(a)g(b) ≤ 0 et que g est continue, alors il existe x0 ∈ [a, b] tel que g(x0 ) = 0,
c’est-à-dire f (x0 ) = x0 .
remarque : Ce point fixe n’est pas unique, il suffit par exemple de considérer la
fonction f (x) = x pour x ∈ [a, b] pour voir la non unicité.
Si f ′ (x) =
6 1 pour tout x ∈]a, b[, alors si on suppose qu’il existe deux points fixes
x1 ≤ x2 ∈ [a, b] alors g(x1 ) = g(x2 ) = 0. Donc, par le théorème de Rolle il existe
c ∈]a, b[ tel que g ′ (c) = 0, c’est-à-dire f ′ (c) = 1, ce qui est absurde. Donc, le point
fixe est unique dans ce cas.
2. Considérons l’ensemble

E := {x ∈ [a, b] : f (x) ≥ x }

et soit x0 = sup(E). On distingue alors deux cas :


⋄ Cas 1 : x0 ∈ E
dans ce cas on a f (x0 ) ≥ x0 . Maintenant, si f (x0 ) = x0 alors la démonstration est
3.3. EXERCICES 203

terminée. Sinon, supposons par l’absurde que f (x0 ) > x0 . Par définition de x0 on a
d’une part
f (x) < x ∀ x > x0

et d’autre part
x > f (x) ≥ f (x0 ) ∀ x0 < x < f (x0 ).

Contradiction car x ∈]x0 , f (x0 )[, i. e. x < f (x0 ). En conclusion, f admet un point
fixe.
⋄ Cas 2 : x0 6∈ E
Montrons que ce cas est en fait impossible, et que x0 ∈ E, ce qui nous ramène
donc au premier cas. Si x0 6∈ E, alors il existe une suite xn −→ x0 , xn < x0 telle
que xn ∈ E. Comme f est croissante alors lim f (xn ) = x0 . D’autre part, comme
n→+∞
f (x0 ) < x0 on déduit qu’il existe xn < x0 telle que f (xn ) > f (x0 ), ce qui contredit
le fait que f est croissante.

1 b

3. Considérons la fonction
8
>
<1−x si 0 ≤ x < 21 ,
f (x) = >1
:
2
− x
2
si 1
2
≤ x ≤ 1.

Alors, la fonction f est strictement décroissante mais n’a pas de points fixes.

1 b

1
204 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

4.
(i) Considérons la fonction

1 x
f : [0, 1[−→ [0, 1[, x 7−→ + ,
2 2

alors f est continue mais ne possède pas de points fixes dans [0, 1[.
(ii) Considérons la fonction

1
f : [1, +∞[−→ [1, +∞[, x 7−→ x + ,
x

alors f est continue mais ne possède pas de points fixes dans [1, +∞[.
(iii) Considérons la fonction

f : [−2, −1] ∪ [1, 2] −→ [−2, −1] ∪ [1, 2], x 7−→ −x,

alors f est continue mais ne possède pas de points fixes dans [−2, −1] ∪ [1, 2].

Exercice 3.50 KK
Soit f : [a, b] −→ [a, b] une application continue. On définit la suite (xn )n≥1 par
x1 ∈ [a, b] et xn+1 = f (xn ) pour tout n ≥ 1.
Montrer que

(xn )n≥1 converge vers un point fixe de f ⇐⇒ lim (xn+1 − xn ) = 0.


n→+∞

(=⇒) c’est clair.


(⇐=) supposons que lim (xn+1 − xn ) = 0 et la suite (xn )n≥1 ne converge pas.
n→+∞
Comme [a, b] est un segment, alors il existe deux sous-suites de (xn )n≥1 qui convergent
respectivement vers α1 et α2 avec α1 < α2 . Montrons que f (x) = x, ∀ x ∈ ]α1 , α2 [.
Supposons que ce n’est pas le cas, alors il existe un nombre x ∈]α1 , α2 [ tel que
f (x) 6= x. Donc, par continuité de f on a

∃δ > 0 : [x − δ, x + δ] ⊂ ]α1 , α2 [ et f (x) 6= x, ∀ x ∈ ]x − δ, x + δ[.

Supposons, par exemple, que f (x) < x, et choisissons N ∈ N∗ tel que




n > N =⇒ f n (x) − f n+1 (x)
< δ.

Comme α2 est limite d’une suite, alors il existe N ∈ N∗ tel que n > N =⇒ f n (x) > x.
3.3. EXERCICES 205

Soit n0 le plus petit tel entier, alors on a

f n0 −1 (x) < x < f n0 (x).

Or, comme f n0 (x) − f n0 −1 (x) < δ, alors on doit avoir

f n0 −1 (x) − f n0 (x) > 0 et donc f n0 (x) < f n0 −1 (x) < x,

ce qui constitue une contradiction. En conclusion, la suite (xn )n≥1 converge vers un
point fixe de f .

Exercice 3.51 KK
Montrer qu’il n’existe aucune application continue f : C∗ −→ C telle que

( f (z) )2 = z, ∀ z ∈ C∗ .

Supposons, par l’absurde, qu’une telle application existe. Alors, en prenant z =


e (avec t ∈ R) on déduit que :
it

€ € Š Š2 € € Š Š2
f eit = eit c’est-à-dire e−it f eit = 1.

Par conséquent, l’application

t € Š
g : R −→ R, t 7−→ e−i 2 f eit

est continue, en plus elle vérifie :

( g(t) )2 = 1 et g(t + 2π) = −g(t).

Ceci met en défaut le théorème des valeurs intermédiaires. En conclusion, une telle
fonction n’existe pas.

Exercice 3.52 KK
Soient I un intervalle de R et f : I −→ I une application continue.
Montrer que si K := [m, M ] est un segment inclus dans f (I), alors il existe un segment
L := [a, b] ⊂ I tel que f (L) = K. 

On a [m, M] ⊂ f (I), donc il existe deux réels α et β éléments de I tels que


f (α) = m et f (β) = M.
⋄ Si m = M : alors on a : f ([α, α]) = [m, M], et donc le résultat est prouvé dans ce
206 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

cas.
⋄ Si m < M : alors on distingue deux cas :
⋆ si α < β : on pose J := {x ∈ [α, β] : f (x) = m}, alors J est une partie de
R non vide (car α ∈ J) et majorée, donc J admet une borne supérieure notée a.
Ce réel a est limite d’une suite d’éléments de U et alors par continuité de f on a
f (a) = m et a < β. Maintenant, soit U := {x ∈ [a, β] : f (x) = M}, alors U
est une partie de R non vide et majorée, sa borne supérieure b vérifie f (b) = M
et b > a. On va montrer que f ([a, b]) = [m, M]. On a que f ([a, b]) est un segment
contenant m et M, donc [m, M] ⊂ f ([a, b]). Il nous reste à montrer l’autre inclusion.
Soit x ∈]a, b[ tel que f (x) 6∈ [m, M], alors si – par exemple – f (x) > M il existe
alors (grâce au théorème des valeurs intermédiaires) un élément c ∈]a, x[ tel que
f (c) = M, contradiction avec la définition de b. Si maintenant f (x) < m alors il
existe un élément d ∈]x, b[ tel que f (d) = m, ce qui est une contradiction avec la
définition de a. En conclusion, on a f ([a, b]) ⊂ [m, M], et par suite on a égalité des
deux ensembles.
⋆ si α > β : un raisonnement identique à celui donné ci-dessus prouve le résultat
demandé.

Exercice 3.53 KK
Soit f : R −→ R une fonction continue non constante telle que :
€ Š
∀ y ∈ R, Card f −1 ({y}) ≤ 2.

Montrer que :
€ Š
∃x ∈ R : Card f −1 ({x}) = 1.

Si l’application f est injective alors le problème est résolu. Sinon, il existe deux
réels a < b tels que f (a) = f (b) = y0 . Comme f est continue non constante alors
f ([a, b]) = [m, M] avec m < M. Montrons que y0 = m ou y0 = M. Supposons que
y0 est distinct de m et de M, alors il existe deux réels distincts c 6= d dans ]a, b[ tels
que f (c) = m et f (d) = M, et par le théorème des valeurs intermédiaires l’élément
y0 admettrait un troisième antécédent dans le segment ]c, d[ ⊂ ]a, b[, contradiction
avec l’hypothèse de l’exercice. Donc y0 = m ou y0 = M (quitte à changer f en −f
on n’examinera dans la suite que le cas y0 = m).
Montrons que Card f −1 ({M}) = 1. Supposons, par l’absurde, que M admet un an-
técédent d1 6= d. On distingue alors trois cas possible :
⋄ d1 < a :
d’après le théorème des valeurs intermédiaires , un point y ∈ ]m, M[ admet un an-
tévédent au moins dans ]d1 , a[, dans ]a, d[ et dans ]d, b[. Ceci est en contradiction
avec Card f −1 ({y}) ≤ 2.
⋄ d1 > b :
3.3. EXERCICES 207

d’après le théorème des valeurs intermédiaires, un point y ∈ ]m, M[ admet un anté-


cédent au moins dans ]a, d[, dans ]d, b[ et dans ]b, d1 [. Ceci est en contradiction avec
Card f −1 ({y}) ≤ 2.
⋄ a < d1 < b :
un point de l’ensemble f (] min{d, d1}, max{d, d1}[) admet un antécédent dans l’in-
tervalle ] min{d, d1 }, max{d, d1}[ et, grâce au théorème des valeurs intermédiaires
deux autres antécédents dans ]a, min{d, d1}[ et ] max{d, d1 }, b[. Contradiction avec
Card f −1 ({y}) ≤ 2.
En conclusion, on a montré que Card f −1 ({M}) = 1 et l’exercice est ainsi résolu.

Exercice 3.54 KK
Méthode de Newton (1671)
Soit f : [a, b] −→ R une fonction de classe C 2 vérifiant

f (a)f (b) < 0, f ′ (x) > 0, f ′′ (x) > 0, ∀ x ∈ [a, b].

On fixe x0 ∈ [a, b] tel que f (x0 ) > 0 et on définit la suite

f (xn )
xn+1 = xn − , n ≥ 1.
f ′ (xn )

Montrer que la suite (xn )n∈N converge vers un point c tel que f (c) = 0. Donner une
estimation de la vitesse de convergence.
applications :

(1) En utilisant la méthode de Newton trouver la valeur de 6
2 à 10−8 près.
(2) Trouver, à 10−6 près, la racine de l’équation cos(x) = x. 

1. D’après le théorème des valeurs intermédiaires et comme f (a)f (b) < 0 alors f
admet au moins une racine. Puisque f ′ > 0, f est strictement croissante, et donc
f admet une unique solution qu’on note c. On a c < x0 car f (x0 ) > 0 et f est
strictement croissante. Montrons par récurrence sur n que c < xn+1 < xn . En
particulier la suite (xn ) est bien définie et on a (xn ) ⊂ [a, b]. En supposant que
c < xn ≤ b pour un certain n, on a :

f (xn )
xn+1 = xn − < xn
f ′ (xn )

car f (xn ) > 0 et f ′ (xn ) > 0. D’autre part, d’après la formule de Taylor on a

f ′′ (d)
0 = f (c) = f (xn ) + f ′ (xn )(c − xn ) + (c − xn )2 , c < d < xn ,
2
208 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

d’où, puisque f ′′ > 0 :

f (xn ) + f ′ (xn )(c − xn ) < 0,

et donc comme f ′ > 0 on obtient

f (xn )
c < xn − = xn+1 .
f ′ (xn )

On a d’après ce qui précède que la suite (xn )n∈N est une suite monotone dans l’inter-
valle fermé borné [a, b], elle converge donc vers un point x qui vérifie x = x − ff′(x)
(x)
,
c’est-à-dire f (x) = 0, et par suite x = c d’après l’unicité de la racine de f .

f (xn )

c xn+1 xn

En faisant des hypothèses supplémentaires, on obtient une estimation de la vitesse


de convergence. On a d’après la formule de Taylor (ci-dessus) que :

f (xn ) f ′′ (d)
xn+1 − c = xn − c − = (c − xn )2 .
f ′ (xn ) 2f ′ (xn )

max f ′′ (x)
x∈[a,b]
Posons α := , alors on obtient pour tout n ≥ 1 :
2 min f ′ (x)
x∈[a,b]

n
|α(xn+1 − c)| ≤ |α(xn − c)|2 d’où |α(xn − c)| ≤ |α(x0 − c)|2 .

Donc, si |α(x0 − c)| < α1 , alors (xn )n∈N converge très rapidement vers c.
applications :

(1) Pour trouver la valeur de 6 2 alors cela revient à trouver les racines de l’équation
x6 − 2 = 0. Si f (x) = x6 − 2 alors f ′ (x) = 6x5 et on a la suite

x6n − 2
xn+1 = xn − .
6x5n
3.3. EXERCICES 209

Si on choisit x1 = 1, alors on obtient successivement :

x2 ≃ 1, 16666667; x3 ≃ 1, 12644368; x4 ≃ 1, 12249707; x5 ≃ 1, 12246205

et x6 ≃ 1, 12246205. Comme x5 et x6 ont les mêmes 8 premiers chiffres décimaux,



alors on déduit que 6 2 ≃ 1, 12246205.
(2) Soit f (x) = cos(x) − x, alors f ′ (x) = − sin(x) − 1 et on a la suite

cos(xn ) − xn
xn+1 = xn + .
sin(xn ) + 1

Prenons x1 = 1, alors on obtient successivement

x2 ≃ 0, 75036387; x3 ≃ 0, 73911289; x4 ≃ 0, 73908513; x5 ≃ 0, 73908513.

En conclusion, la solution α de l’équation cos(x) = x est α ≃ 0, 739085 à 10−6 près.

Exercice 3.55 KK
Inégalité généralisée des accroissements finis
1. Soient f, g : [a, b] −→ R deux fonctions continues sur [a, b] et dérivables sur ]a, b[
(a < b sont deux nombres réels). On suppose que

|f ′ (x)| ≤ g′ (x), ∀ x ∈]a, b[.

Montrer que
|f (b) − f (a)| ≤ g(b) − g(a).

2. application :
Soit f : R −→ R une fonction dérivable sur R. Montrer que

lim (f + f ′ )(x) = 0 =⇒ lim f (x) = lim f ′ (x) = 0.


x→+∞ x→+∞ x→+∞

1. Considérons la fonction

h : [a, b] −→ R, x 7−→ g(x)(f (b) − f (a)) − f (x)(g(b) − g(a)).

La fonction h est continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ et vérifie h(a) = h(b). Donc,
d’après le théorème de Rolle, il existe c ∈]a, b[ tel que h′ (c) = 0, c’est-à-dire

(f (b) − f (a))g ′(c) = (g(b) − g(a))f ′ (c).

Si g ′ (c) = 0, alors il est clair que |f (b) − f (a)| ≤ g(b) − g(a).


210 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

|f ′(c)|
Si g ′ (c) > 0, alors puisque ≤ 1 on a
g ′ (c)

|f ′(c)|
|f (b) − f (a)| = · (g(b) − g(a)) ≤ g(b) − g(a).
g ′ (c)

2. Comme lim (f + f ′ )(x) = 0, alors


x→+∞

ε
∀ ε > 0, ∃A > 0 : x ≥ A =⇒ |f (x) + f ′ (x)| ≤ .
2

Considérons la fonction g définie par g(x) = ex f (x), alors g est dérivable sur R et
on a g ′ (x) = ex (f (x) + f ′ (x)). Par suite, on déduit que

ε
x≥A =⇒ |g ′(x)| ≤ · ex .
2

Donc, d’après l’inégalité généralisée des accroissements finis appliquée sur l’intervalle
[A, x] on obtient
ε x
|g(x) − g(A)| ≤ (e − eA ).
2
Par conséquent, et grâce à l’inégalité triangulaire on a

ε x
|g(x)| ≤ (e − eA ) + |g(A)|
2

D’où
ε € Š ε
|f (x)| ≤ 1 − eA−x + |g(A)| e−x ≤ + |g(A)| e−x .
2 2
Maintenant, comme lim |g(A)| e−x = 0, alors il existe B > 0 tel que
x→+∞

ε
x≥B =⇒ |g(A)| e−x ≤ .
2

Finalement, pour x ≥ max(A, B), on a |f (x)| ≤ ε. Donc

lim f (x) = 0 et aussi lim f ′ (x) = 0.


x→+∞ x→+∞

Exercice 3.56 KK
Montrer que la fonction f : ]0, 1[−→ R définie par :
8
> 1 p
< si x = , avec (p, q) ∈ N × N∗ , p ∧ q = 1,
f (x) = q q
>
:0 si x ∈ R \ Q,

n’est dérivable en aucun point de ]0, 1[. 


3.3. EXERCICES 211

Comme f est discontinue sur les rationnels (cf. exercice 3.70), alors f ne peut
être dérivable qu’aux points irrationnels.
Supposons, par l’absurde, l’existence de :

f (x) − f (a)
f ′ (a) = lim , a ∈ (R \ Q) ∩ ]0, 1[.
x→a x−a

Soit (xn )n≥0 une suite d’irrationnels dans ]0, 1[ telle que xn 6= a pour tout n et
lim xn = a. Alors, on a :
n→+∞

f (xn ) − f (a)
f ′ (a) = lim = 0.
n→+∞ xn − a

Par suite, pour ε = 1, il existe δ > 0 tel que :




f (x) − f (a)
0 < |x − a| < δ =⇒ < 1.
x−a

1 1
Par conséquent, f (x) < |x − a|. On a > 0 et comme 0 < a < 1 alors > 0 et
δ a
1
> 0. Puisque il y a une infinité de nombres premiers, alors il existe un nombre
1−a   ™ –
1 1 1 1 1
premier p tel que : p > max , , . Il est clair que l’intervalle a − , a +
δ a 1−a p p
2
est inclus dans ]0, 1[, et comme il est de longueur il existe alors un entier k avec
p
k k
1 ≤ k < p tel que le nombre rationnel lui appartient. On a 6= a car a ∈ R \ Q
p p
k
et est irréductible car p est premier. D’où
p


k
1
0 < − a < < δ
p p

et donc comme f (x) < |x − a|, alors il résulte que :


‚ Œ
1 k
k
1
= f < − a < ,
p p p p

ce qui est une contradiction. Donc, f n’est dérivable en aucun point de ]0, 1[.

Exercice 3.57 KK
Soit f : R −→ R+ une fonction de classe C ∞ .

1. La fonction f est-elle de classe C 1 sur R ?

2. On suppose qu’il existe un point x0 ∈ R tel que f (x0 ) > 0. Montrer que f est de
classe C∞ au voisinage de x0 . 
212 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

È È
1. En prenant f (x) = x2 , on voit que f (x) = |x| n’est pas dérivable en 0, et

f n’est donc pas de classe C sur R.
1

2. Dans un voisinage de x0 on a f (x) > 0, et donc par composition des fonctions on


È
déduit que f (x) est de classe C ∞ sur ce voisinage.

Exercice 3.58 KK
Cas particulier du théorème de GLAESER (1963)
Soit f : R −→ R+ une fonction de classe C 2 .
1. Montrer que
È
f est dérivable sur R ⇐⇒ pour tout zéro x0 de f on a f ′′ (x0 ) = 0.

2. On suppose que f (0) = f ′ (0) = f ′′ (0) = 0. Soit m > 0, montrer que

∀ x ∈ [−m, m], f ′2 (x) ≤ 2f (x) × sup |f ′′ (x)|.


x∈[−2m,2m]

3. En déduire que :
È
f est de classe C 1 ⇐⇒ pour tout zéro x0 de f on a f ′′ (x0 ) = 0.

1. Soit x0 un zéro de f , alors f (x0 ) = f ′ (x0 ) = 0 car x0 est un minimum local.


D’après la formule de Taylor-Young à l’ordre 2 on a :

1
f (x) = (x − x0 )2 f ′′ (x0 ) + o (x − x0 )2 .
2

Par conséquent :
È È s
f (x) − f (x0 ) |x − x0 | f ′′ (x0 )
= + o(1) .
x − x0 x − x0 2

Comme f est à valeurs ≥ 0, alors nécessairement f ′′ (x0 ) ≥ 0, et il résulte que f
est dérivable à droite et à gauche en x0 avec :
s s
È ′
f ′′ (x0 ) È ′
f ′′ (x0 )
f (x+
0) = et f (x−
0) = − .
2 2

En conclusion, f est dérivable en x0 si, et seulement si, f ′′ (x0 ) = 0. La dérivée en
√ €√ Š′
x0 de f est nulle : f (x0 ) = 0.
2. Soit x ∈ [−m, m], alors par la formule de Taylor-Lagrange on a pour |h| ≤ m :

h2 ′′
f (x + h) = f (x) + hf ′ (x) + f (η) ≥ 0 avec η ∈ ]x, x + h[.
2
3.3. EXERCICES 213

Soit M := sup |f ′′ (x)| et considérons le polynôme :


x∈[−2m,2m]

h2
P (h) := M(m) + hf ′ (x) + f (x).
2

−f ′ (x)
Le minimum du polynôme P est atteint au point , et comme il existe c ∈ ]0, x[
M(m)
tel que f ′ (x) = f ′ (0) + xf ′′ (c) = xf ′′ (c) on a :


f ′ (x)
xf ′′ (c)
= ≤ m.
M(m) M(m)

Le minimum de P est atteint dans le segment [−m, m], il est donc positif, et son
discriminant est négatif, c’est-à-dire :

f ′ (x)2 ≤ 2f (x) × M(m).



3. D’après la question (1), il suffit de montrer que la dérivée de f est continue
en tout zéro x0 de f . En faisant, si besoin est, une translation, on peut supposer
x0 = 0, et alors on a : f (0) = f ′ (0) = f ′′ (0) = 0. D’après la question ci-dessus, on a
pour tout x ∈ [−m, m] tel que f (x) 6= 0 :
È

′ |f ′ (x)| M(m)

f (x)
= È ≤ √ .
2 f (x) 2

La majoration ci-dessus est aussi vraie pour un point x tel que f (x) = 0 car la dérivée

de f en ce point est nulle. Finalement, comme f ′′ est continue on a : lim M(m) = 0,
€√ Š′
m→0
ce qui montre (grâce à l’inégalité ci-dessus) la continuité de f en 0.

3.3.4 Exercices d’approfondissement

Exercice 3.59 KKK


Soit f : [a, b] −→ [a, b] une application continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.
On suppose que
|f ′ (x)| < 1, ∀ x ∈ ]a, b[.

1. Montrer que f admet un unique point fixe.


2. Montrer que toute suite (xn )n≥1 définie par

x1 ∈ [a, b] et xn+1 = f (xn ), ∀ n ≥ 1,

est convergente et que sa limite est le point fixe de f . 


214 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

1. On sait, d’après le théorème de Brouwer (exercice 3.49), que f admet au moins


un point fixe. Supposons, par l’absurde, que f admet deux points fixes x et x, alors
d’après le théorème des accroissements finis il existe c ∈]a, b[ tel que

|x − x| = |f (x) − f (x)| = |f ′ (c)| · |x − x| < |x − x|,

contradiction, donc f admet un unique point fixe.


2. Soit x l’unique point fixe de f . On définit la suite (xn )n≥1 par x1 ∈ [a, b] et
xn+1 = f (xn ) pour tout n ≥ 1, montrons que cette suite est convergente et que sa
limite est x.
D’après le théorème des accroissements finis, il existe cn compris entre xn et x tel
que

|xn+1 − x| = |f (xn ) − f (x)| = |f ′ (cn )| · |xn − x| < |xn − x|.

Montrons maintenant que lim xn = x. Comme (xn )n≥1 ⊂ [a, b] est bornée, alors il
n→+∞
suffit de montrer que toute sous-suite convergente de (xn )n≥1 a pour limite x. Soient
x ∈ R et (xnk )k≥1 une sous-suite de (xn )n≥1 qui converge vers x, on se propose de
montrer que x = x. On a

|xnk+1 − x| ≤ |xnk +1 − x| ≤ |xnk − x|.

Or

lim |xnk+1 −x| = |x−x| et lim |xnk+1 −x| = lim |f (xnk )−f (x)| = |f (x)−f (x)|.
k→∞ k→∞ k→∞

Par conséquent, on déduit que

|f (x) − f (x)| = |x − x|.

Supposons, par l’absurde, que x 6= x, alors d’après le théorème des accroissements


finis, il existe c ∈]a, b[ tel que

|x − x| = |f (x) − f (x)| = |f ′ (c)| · |x − x| < |x − x|,

contradiction. En conclusion, on a x = x.

Exercice 3.60 KKK


Soit f : [−1, 1] −→ R une fonction continue telle que

f (2x2 − 1) = 2xf (x), ∀ x ∈ [−1, 1].


3.3. EXERCICES 215

Montrer que f est la fonction nulle.


f (cos x)
Indication : introduire la fonction g définie sur R \ πZ par g(x) = sin x . 

On introduit, pour x ∈ R \ πZ, la fonction g définie par :

f (cos(x))
g(x) = .
sin(x)

Alors on a

f (cos(x + π))
g(x + π) = = g(x),
sin(x + π)
f (2 cos2 (x) − 1) 2 cos(x) × f (cos(x))
g(2x) = = = g(x).
sin(2x) sin(2x)

Donc, en particulier, on a

nπ ‹
g 1+ k = g(2k + nπ) = g(2k ) = g(1) = constante.
2

Maintenant, g est continue (car f l’est), et l’ensemble


§ ª

1+ ; n, k ∈ Z
2k
est dense dans R. Donc, g est constante sur son domaine de définition, mais comme
g est impaire alors g(x) = 0 pour tout x ∈ R \ πZ. D’où, f (x) = 0 pour tout
x ∈] − 1, 1[, enfin en prenant x = 0 et x = 1 dans l’équation fonctionnelle on déduit
que f (−1) = f (1) = 0. En conclusion, f ≡ 0 sur [−1, 1].

Exercice 3.61 KKK


Une autre démonstration du petit théorème de Fermat
Pour n ∈ N∗ , on considère la fonction Tn : [0, 1] −→ [0, 1] définie par
8
<{nx} si x 6= 1,
Tn (x) =
:
1 si x = 1.

On rappelle que {x} désigne la partie fractionnaire du nombre réel x.


1. Montrer que Tn , pour n ≥ 2, possède n points fixes dans [0, 1].
2. Montrer que

Ta (Tb (x)) = Tab (x), ∀ (a, b) ∈ N∗ × N∗ , ∀ x ∈ [0, 1].

3. Soient p un nombre premier et a ∈ N. Montrer que ap ≡ a (mod p). 


216 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

k
1. On montre que les , pour k ∈ J0, n − 1K, dont les points fixes de Tn . En
n−1
effet, on a pour k ∈ J0, n − 2K :
‚ Œ ¨ « ¨ « ¨ «
k nk nk k k
Tn = = −k = = ,
n−1 n−1 n−1 n−1 n−1

k k
car 0 ≤ < 1 pour k ∈ J0, n − 2K. Maintenant, pour k = n − 1, alors =1
n−1 n−1
k
et Tn (1) = 1, donc les sont n points fixes de Tn dans [0, 1] pour k ∈ J0, n − 1K.
n−1
Réciproquement, si x ∈ [0, 1] est un point fixe de Tn , alors Tn (x) = x, donc nx = k+x
k
pour un certain entier k, par suite (n − 1)x = k et alors x = . Les points fixes
 © n−1
sont alors n−10 1
, n−1 n−1
, · · · , n−1 , et ils sont au nombre de n.
2. Si x = 1, le résultat est clair. Si x < 1, alors comme Tb (x) = {bx} il existe un
entier k tel que Tb (x) = bx + k. Par suite

Ta (Tb (x)) = {a(bx + k)} = {abx + ak} = {abx} = Tab (x).

En conclusion, on a Ta (Tb (x)) = Tab (x) pour tout x ∈ [0, 1].


3. On considère les points p-périodiques de Ta , ces points p-périodiques sont les
points fixes de
Ta ◦ Ta ◦ · · · ◦ Ta = Tap .
| {z }
p fois
Parmi les ap points fixes de Tap il y en a exactement a points fixes de Ta . Donc, il
y a ap − a points qui ont la période minimale p. Comme chaque point avec période
ap − a
minimale p appartient à un ensemble de cardinal p, alors il y a ensembles de
p
cardinal p. Puisque c’est un nombre entier, alors p | ap − a, c’est-à-dire que ap ≡ a
(mod p).

Exercice 3.62 KKK


Soit f : R −→ R une application vérifiant pour tout x 6= y les inégalités :

f (x) − f (y)
inf (f (x), f (y)) ≤ ≤ sup (f (x), f (y)) . (∗)
x−y

1. Montrer que f est continue sur R.


2. Montrer que f est dérivable sur R.
3. Trouver toutes les applications vérifant la relation (∗). 

1. Supposons, par exemple, que f est non continue à droite en y, alors il existe une
3.3. EXERCICES 217

suite (xn )n telle que :

xn −→ y + et f (xn ) 9 y.

D’où :

1
∃ ε > 0, ∀ n ∈ N, ∃ (xn )n : y < xn < y + et |f (xn ) − f (y)| > ε.
n

Dans cette suite (xn )n , il y a une infinité d’indices n pour lesquels f (xn ) − f (y) est
de signe constant (positif par exemple). On ne garde que ces n et on conserve la
notation (xn )n , alors il s’ensuit de la relation (∗) que :

f (xn ) − f (y)
f (y) ≤ ≤ f (xn ), ε < f (xn ) − f (y).
xn − y

Par suite :
ε f (xn ) − f (y)
< < f (xn ). (1)
xn − y xn − y
1
Comme lim (xn − y) = 0, alors lim f (xn ) = +∞. Comme y < xn < y + , alors
n→+∞ n→+∞ n
1
> n. Par conséquent, les relations (1) et f (xn ) − f (y) > 0 entraînent que :
xn − y
 
f (xn ) − f (y) 1
f (xn ) ≥ > n (f (xn ) − f (y)) et f (y) > 1− f (xn ).
xn − y n
 
1
Contradiction, car lim 1 − f (xn ) = +∞. En conclusion, f est continue à
n→+∞ n
droite de y, et de la même manière on montre que f est continue à gauche de y. f
est donc continue sur R.
2. Posons y = x + h avec h 6= 0, alors d’après la relation (∗) on a :

f (x + h) − f (x)
inf (f (x), f (x + h)) ≤ ≤ sup (f (x), f (x + h)) .
h

Puisque f est continue alors lim inf (f (x), f (x + h)) = lim sup (f (x), f (x + h)) =
h→0 h→0
f (x). Par conséquent, f est dérivable avec f ′ (x) = f (x) pour tout x ∈ R.
3. D’après la question ci-dessus, on a f ′ = f , donc il existe une constante réelle c
telle que f (x) = cex pour tout x ∈ R. Réciproquement, et grâce au théorème des
accroissements finis, toute fonction de la forme f (x) = cex vérifie la relation (∗).
En conclusion, les fonctions vérifiant la relation (∗) sont les fonctions du type f (x) =
cex avec c ∈ R est une constante.
218 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Exercice 3.63 KKK


Soit f : R −→ R une fonction de classe C n avec n ∈ N∗ . Montrer que
 
lim f (x) = 0 et lim f (n) (x) = 0 =⇒ lim f (k) (x) = 0, ∀ k ∈ J1, n − 1K.
x→+∞ x→+∞ x→+∞

Pour α > 0, considérons la fonction g : R −→ R définie par


" #
n−1
X
αx n−1−k (k)
g(x) = e (−α) f (x) .
k=0

La fonction g est de classe C 1 et on a clairement


” —
g ′(x) = eαx f (n) (x) − (−α)n f (x) .

Comme, en +∞, on a f (x) = o(1) et f (n) (x) = o(1), alors g ′ (x) = o (eαx ). D’où,
Z x Z x ‹

g(x) − g(0) = g ′ (t) dt = o eαt dt c’est-à-dire g(x) = o (eαx ) .


0 0

Par conséquent, on déduit que

n−1
X
(−α)n−1−k f (k) (x) = o(1). (1)
k=0

Maintenant, soient β1 , β2 , · · · , βn des nombres réels négatifs distincts. Considérons,


pour tout i ∈ J1, nK, la fonction hi : R −→ R définie par

n−1
X
hi (x) := βik f (k) (x) = x + βi f ′ (x) + βi2 f (2) (x) + · · · + βin−1 f (n−1) (x).
k=0

D’après (1), on a hi (x) = o(1) à l’infini (en choisissant α = −1


βi
). Le déterminant


1 β1 · · · β1n−1


1 β2 · · · β2n−1

.. .. .. ..


. . . .

1 βn · · · βnn−1

est de Vandermonde, il est non nul, et donc il existe une matrice (γij ) ∈ Mn (R)
telle que
n
X
(k)
f = γik hi , ∀ k ∈ J0, n − 1K.
i=1
3.3. EXERCICES 219

Donc, comme hi (x) = o(1) pour tout i ∈ J1, nK, alors on conclut que

lim f (k) (x) = 0.


x→+∞

Exercice 3.64 KKK


Inégalités de Kolmogorov
Soit f : R −→ C une fonction de classe C r avec r ∈ {2, 3, · · · } ∪ {+∞}. Pour k ∈ N
tel que k ≤ r on note
Mk = sup |f (k) (x)| ∈ R.
x∈R

1. Montrer que si M0 et M2 sont finis, alors


È
M1 ≤ 2M0 M2 .

2. Soit n ∈ N tel que n ≤ r. Montrer que si M0 et Mn sont finis alors :


k(n−k) k k
1− n
Mk ≤ 2 2 M0 Mnn , ∀ k ∈ J0, nK.

1. Si M2 = 0, alors la fonction f est un polynôme de degré ≤ 1. Comme elle


est bornée, alors elle est constante et M1 est donc nul. En particulier, on a M1 ≤

2M0 M2 .
Si M2 > 0, on applique l’inégalité de Taylor-Lagrange, à l’ordre 1, à la fonction f
aux points x + h et x − h (x et h sont deux nombres réels), alors il existe deux
h2
nombres complexes a1 (h), a2 (h) de module ≤ M2 tels que
2

f (x + h) = f (x) + hf ′ (x) + a1 (h),


f (x − h) = f (x) − hf ′ (x) + a2 (h).

Par soustraction des deux égalités ci-dessus, on déduit que :

|f (x + h) − f (x − h) − 2hf ′ (x)| = |a1 (h) − a2 (h)| ≤ |a1 (h)| + |a2 (h)| ≤ M2 h2 .

Par suite, on déduit que

2h|f ′ (x)| ≤ |f (x + h) − f (x − h)| + M2 h2 ≤ 2M0 + M2 h2 .

Dans le cas où h est > 0, on obtient :

M0 M2 h
M1 ≤ + .
h 2
220 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

α x √
Or, la fonction x 7−→ + admet son maximum au point αβ et ce maximum
È
x β
est égal à 2 α
β
. D’où
s
È È
′ M0
|f (x)| ≤ 2 = 2M0 M2 et M1 ≤ 2M0 M2 .
2/M2

2. On commence par montrer le résultat suivant :


(i) Pour tout n ∈ N, si une fonction g : R −→ C de classe C n est bornée ainsi que
sa dérivée d’ordre n : f (n) , alors ses dérivées d’ordre ≤ n sont toutes bornées.
En effet, posons M0 := sup |g(x)| et Mn := sup |g (n) (x)|. La formule de Taylor-
x∈R x∈R
Lagrange nous permet d’écrire

n−1
X hk |t|n
f (x + h) = f (k) (x) + ϕ(h) avec |ϕ(t)| ≤ Mn .
k=0 k! n!

Pour h = 1, 2, · · · , n, on déduit donc que :


0 1 0 1 0 1 0 1
12 1n−1
f (x + 1) 1 1
1! 2!
··· (n−1)! C f (0) (x) ϕ(1)
B C B B C B C
B C B 22 2n−1 C B C B C
B1
2
B f (x + 2) C 1! 2!
··· (n−1)! C B f (1) (x) C B ϕ(2) C
B C = B C B C+B
.. B. .. .. .. × .. .. CC.
B ..
B C C B C B
B

. C
A 
. . . C
A
B

. C
A
B . C
 A
n2 nn−1
f (x + n) 1 n!
1 2!
··· (n−1)!
f (n−1)
(x) ϕ(n)
| {z }
:=A

Or, on a
0 1 0 1 0 1
12 1n−1
1 1
1! 2!
··· (n−1)! C 1 1 12 · · · 1n−1 B
1 0 ··· 0 C
B
B 22 2n−1 C
B
B
C
C B .. .. C
B 1 2
··· (n−1)! C B1 2 22 · · · 2n−1 C B 0 1!1 . . C
1! 2! C ×B C
C = B.
B C B
.. .. .. .. .. .. .. C B . . . C
B ..
B B.
B . . . . C . . . C B.
.. .. 0 C
C
 A  A  A
n2 nn−1
1 n!
1 2!
··· (n−1)!
1 n n2 · · · nn−1 0 ··· 0 1
(n−1)!
| {z }
matrice de Vandermonde

donc A est une matrice inversible. Par conséquent :


0 1 0 1 0 1
f (0) (x) f (x + 1) ϕ(1)
B C B C B C
B C B
B f (1) (x) C B
−1 B
f (x + 2) C
C
B C
B ϕ(2) C
B C =A C − A−1 B
B .. C B .. C B .. CC.
B

. C
A
B

. C
A
B . C  A
f (n−1) (x) f (x + n) ϕ(n)

n
Si A−1 := (bij )1≤i,j≤n et si bh := max |bhk |, alors on conclut que pour tout h ∈
k=1
3.3. EXERCICES 221

J1, n − 1K :  

(h)

nn
f
(x) ≤ nbh M0 + Mn .
n!
En conclusion, la dérivée d’ordre h de f , f (h) , est bornée.
Montrons maintenant que :
(ii) si M0 et Mn sont finis alors :
k(n−k) k k
1− n
Mk ≤ 2 2 M0 Mnn , ∀ k ∈ J0, nK.

On fait un raisonnement par récurrence sur n. Si n = 2, alors ce cas a été traité


dans la question (1). Soit n ∈ N, supposons que le résultat est vrai jusqu’au rang n,
c’est-à-dire : pour tout entier naturel s ≤ n et toute fonction g : R −→ C de classe
C s , si g et g (s) sont bornées alors pour tout k ∈ J0, sK on a :
‚ Œ1− k ‚ Œk
k(s−k) s s
(k) (s)
sup g (x) ≤ 2 2 × sup |g(x)| × sup g (x) .
x∈R x∈R x∈R

Soit n ∈ N tel que n + 1 ≤ r. Montrons la relation


k k
k(n+1−k) 1− n+1
Mk ≤ 2 2 M0 n+1
Mn+1 , ∀ k ∈ J0, n + 1K.

Si k = 0 ou k = n + 1, le résultat est clair. On suppose par la suite que k ∈ J1, nK.


Si Mk = 0, alors le résultat est clair, on suppose donc que Mk 6= 0. On a

Mk2 ≤ 2Mk−1 Mk+1 (1)

car la fonction f (k−1) est de classe C 2 . On se propose de majorer les deux termes
Mk−1 et Mk+1 . D’une part, Puisque les fonctions f et f (k) sont bornées, alors par
hypothèse de récurrence au rang k appliquée à f (k−1) donne :

k−1 1 k−1
Mk−1 ≤ 2 2 M0k Mk k . (2)

D’autre part, puisque les fonctions f (k) et f (n+1) sont bornées, alors par hypothèse
de récurrence au rang n + 1 − k appliquée à f (k) donne :
n−k 1
n−k
Mk+1 ≤ 2 2 Mkn+1−k Mn+1
n+1−k
. (3)

En reportant les relations (2)-(3) dans la relation (1), on déduit que :


  
k−1 1 k−1 ‹ n−k
n−k 1
Mk2 ≤2× 2 2 M0 Mkk k
× 2 2 Mk n+1−k n+1−k
Mn+1 ,
222 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

n+1 1
(1− 1 )+(1− n+1−k
1
) n+1−k
1
≤2 2 M0k Mk k Mn+1 .

Par conséquent, et puisque Mk 6= 0, on conclut que :


n+1 1 1
n+1
Mkk(n+1−k) ≤ 2 2
n+1−k
M0k Mn+1 .
k(n+1−k)
Finalement, comme la fonction qui à x ∈ R∗+ associe x n+1 ∈ R est croissante,
alors on a :
k(n+1−k) n+1−k k
Mk ≤ 2 2 M0 n+1 Mnn+1 ,

ce qui termine la preuve par récurrence.

Exercice 3.65 KKK


Fonctions à variations bornées
Soit I = [a, b] un intervalle réel. Pour toute fonction f : [a, b] −→ R et toute subdivi-
sion σ = (a = x0 < x1 < · · · < xn−1 < xn = b) de [a, b], on note

n−1
X
Vσ (f, I) = |f (xk+1 ) − f (xk )| et W (f, I) = sup Vσ (f, I) ∈ [0, +∞].
σ
k=0

Si W (f, I) < +∞, on dit que f est à variations bornées sur I.


1. Montrer que :

W (f, I) = W (−f, I),


W (f + g, I) ≤ W (f, I) + W (g, I),
W (f, [a, b]) = W (f, [a, c]) + W (f, [c, b]) si c ∈ [a, b].


2. Montrer que :

f de classe C 1 sur I =⇒ f à variations bornées sur I.

Calculer, dans ce cas, la valeur de W (f, I).


3. Montrer que

f à variations bornées sur I ⇐⇒ f est la différence de 2 fonctions croissantes.

4. Soit f : R −→ R une fonction 2π-périodique et continue par morceaux. On suppose


que f est à variations bornées sur [0, 2π]. Montrer que :

W (f, [0, 2π])


|cn (f )| ≤ , ∀ n ∈ Z∗
4 |n|
3.3. EXERCICES 223

où Z 2π
1
cn (f ) = f (t)e−int dt.
2π 0

1. Comme Vσ (f, I) = Vσ (−f, I), alors il résulte clairement que W (f, I) = W (−f, I).
Si σ est une subdivision quelconque de I, alors on a pour tout k ∈ J0, n − 1K :

|(f + g)(xk+1) − (f + g)(xk )| ≤ |f (xk+1 ) − f (xk )| + |g(xk+1 ) − g(xk )| .

D’où
Vσ (f + g, I) ≤ Vσ (f, I) + Vσ (g, I) ≤ W (f, I) + W (g, I),

et en passant à la borne supérieure, on conclut que : W (f +g, I) ≤ W (f, I)+W (g, I).
Finalement, si σ = (x0 , x1 , · · · , xn ) est une subdivision quelconque de l’intervalle
[a, b], il existe un unique entier k ∈ J0, n − 1K tel que c ∈ [xk , xk+1 [. On a

|f (xk+1 ) − f (xk )| ≤ |f (xk+1 ) − f (c)| + |f (c) − f (xk )| , et,


Vσ (f, [a, b]) ≤ Vσ1 (f, [a, c]) + Vσ2 (f, [c, b]),

où σ1 (resp. σ2 ) désigne la subdivision (x0 , x1 , · · · , xk , c) (resp. (c, xk+1 , · · · , xn )) de


[a, c] (resp. [c, b]). Par conséquent :

Vσ (f, [a, b]) ≤ W (f, [a, c])+W (f, [c, b]) et W (f, [a, b]) ≤ W (f, [a, c])+W (f, [c, b]).

Réciproquement, si σ1 = (x0 , · · · , xp ) est une subdivision de [a, c] et σ2 = (y0 , · · · , yq )


est une subdivision de [c, b], alors σ = (x0 , · · · , xp , y0, · · · , yq ) est une subdivision de
[a, b] et on a

Vσ1 (f, [a, c]) + Vσ2 (f, [c, b]) = Vσ (f, [a, b]) = W (f, [a, b]),
W (f, [a, c]) + W (f, [c, b]) ≤ W (f, [a, b]), (en passant aux bornes sup.)

En conclusion, on a : W (f, [a, b]) = W (f, [a, c]) + W (f, [c, b]).
2. Comme f est de classe C 1 , alors f ′ est continue sur le segment [a, b], et on peut
donc poser M := sup |f ′ (x)|. Si σ est une subdivision de I, alors on a grâce à
x∈[a,b]
l’inégalité des accroissement finis :

|f (xk+1 ) − f (xk )| ≤ M(xk+1 − xk ), ∀ k ∈ J0, n − 1K,


224 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

n−1
X
Vσ (f, I) ≤ M (xk+1 − xk ) = M(b − a).
k=0

En conclusion, f est à variations bornées et on a : W (f, I) ≤ M(b − a).


Montrons à présent que :
Z b

W (f, I) = |f ′ (x)| dx.


a

En effet, d’après ce qui précède on a :

n−1 Z x Z b
X k+1

Vσ (f, I) ≤ |f (x)| dx = |f ′(x)| dx.
k=0 xk a

Réciproquement, considérons la fonction ϕ : [a, b] −→ R définie par :

ϕ(x) = W (f, [a, x]), ∀ x ∈ [a, b].

On va montrer que ϕ est dérivable sur [a, b] et que ϕ′ (x) = |f ′ (x)| pour tout x ∈ [a, b].
Soit h > 0 tel que x + h ∈ I, alors on a :
Z x+h

ϕ(x + h) − ϕ(x) = W (f, [x, x + h]) ≤ |f ′ (t)| dt,


x

ϕ(x + h) − ϕ(x) ≥ V(x,x+h)(f, [x, x + h]) = |f (x + h) − f (x)|.

Par conséquent


f (x + h) − f (x) ϕ(x + h) − ϕ(x) 1 Z x+h ′
≤ ≤ |f (t)| dt.
h h h x

D’où
ϕ(x + h) − ϕ(x)
lim = |f ′(x)|.
h→0,h>0 h
De même, on montre que

ϕ(x) − ϕ(x − h)
lim = |f ′ (x)|.
h→0,h>0 h
Z b

Finalement, comme W (f, I) = ϕ(b) = ϕ′ (t) dt, alors on a :


a

Z b

W (f, I) = |f ′ (t)| dt.


a
3.3. EXERCICES 225

3.
(=⇒) Considérons la fonction g : [a, b] −→ R définie pour tout x ∈ [a, b] par :
g(x) = W (f, [a, x]). La fonction g est définie et croissante (d’après la question 1).
Posons h := g − f , alors h est une fonction croissante, en effet soit (x, y) ∈ I 2 avec
x < y, on a alors :

h(y) − h(x) = W (f, [x, y]) − f (y) + f (x),


W (f, [x, y]) ≥ V(x,y) (f, [x, y]) = |f (y) − f (x)|.

D’où, h(y) − h(x) ≥ 0. Ce qui termine la démonstration.


(⇐=) Remarquons que si f est une fonction croissante et σ une subdivision quel-
conque de [a, b], alors

n−1
X
Vσ (f, I) = (f (xk+1 ) − f (xk )) = f (xn ) − f (x0 ) = f (b) − f (a).
k=0

Donc, f est à variations bornées et en plus W (f, I) = f (b) − f (a). Maintenant, si


f est la différence de deux fonctions croissantes g et h, on a d’après la première
question :
W (f, I) ≤ W (g, I) + W (h, I) < +∞.

Donc, f est à variations bornées.


4. On commence par traiter le cas où f est de classe C 1 (afin d’utiliser des intégrations
par parties). On a :

1 Z 2π 1 Z 2π ′
cn (f ) = f (t)e−int dt = f (t)e−int dt,
2π 0 2inπ 0
1 Z 2π ′ W (f, [0, 2π])
|cn (f )| ≤ |f (t)| dt = .
2|n|π 0 2|n|π

Revenons à présent au cas où f est supposée continue par morceaux. On commence


π 2π
par faire la remarque (cruciale) que si a ≡ (mod ), alors
n n
Z a+2π
1 1 Z 2π
cn (f ) = f (t)e−int dt = f (η + a)e−in(η+a) dη
2π a 2π 0
1 Z 2π 1 Z 2π
= − f (η + a)e−inη dη = (f (t) − f (t + a)) e−int dt
2πZ 0 4π 0
1 2π
≤ |f (t) − f (t + a)| dt.
4π 0
226 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Comme f est périodique, alors on a W (f, [0, 2π]) = W (f, [t, 2π + t]) pour tout
π
t ∈ [0, 2π], et si σ est une subdivision régulière de [t, 2π + t] de pas , alors on a :
n
‚ Œ ‚ Œ
2n−1
X
(k + 1)π kπ

W (f, [0, 2π]) ≥ Vσ (f, [t, 2π + t]) = f t+ −f t+ .
k=0
n n

En intégrant sur [0, 2π], il s’ensuit que :


‚ Œ ‚ Œ
Z 2π
2n−1
X
(k + 1)π kπ

2πW (f, [0, 2π]) ≥ f t+
−f t+ dt ≥ 8nπcn (f ).
k=0 0 n n

Enfin, comme |cn (f )| = |c−n (f )|, on conclut que :

W (f, [0, 2π])


|cn (f )| ≤ , ∀ n ∈ Z∗ .
4 |n|

Exercice 3.66 KKK


Soient (λ1 , λ2 , · · · , λn ) ∈ (R∗+ )n des réels distincts et (a1 , a2 , · · · , an ) ∈ (R∗ )n des
nombres réels non nuls. On considère la fonction :
n
X
f : R −→ R, x 7−→ ak cos(λk x).
k=1

Montrer que l’ensemble des zéros de f n’est pas majoré. 

Supposons, par l’absurde, qu’il existe A ∈ R tel que f (x) 6= 0 pour tout x ≥ A.
La fonction f est continue et ne s’annule pas sur [A, +∞[, donc elle garde un signe
constant, on suppose (par exemple) f (x) > 0 pour tout x ∈ [A, +∞[. Considérons
maintenant la fonction
n
X ak
g : [A, +∞[−→ R, x 7−→ sin(λk x).
k=1 λk

On a g ′ = f , g est strictement croissante


Z x
sur [A, +∞[, elle est majorée. D’où,
lim g(x) existe (= l). Comme x 7−→ g(t) dt est bornée alors l = 0, et par
x→+∞ 0
suite g ne s’annule pas sur [A, +∞[. En itérant ce processus, on obtient que pour
tout p ∈ N : !
n
X ak
lim sin(λk x) = 0.
x→+∞
k=1 λ2p+1
k

Donc, pour tout polynôme P ∈ R[X] on a :


‚ Œ !
n
X 1 ak
lim P sin(λk x) = 0.
x→+∞
k=1 λ2k λk
3.3. EXERCICES 227

En choisissant P ∈ R[X] tel que :


‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ
1 1 1 1
P = 1, P = 0, P = 0, ··· , P = 0,
λ21 λ22 λ23 λ2n

alors il résulte que lim sin(λ1 x) = 0, ce qui est absurde.


x→+∞
En conclusion, l’ensemble des zéros de f n’est pas majoré (donc en particulier l’en-
semble des zéros est infini).

Exercice 3.67 KKK


Soit f : R+ −→ R une fonction uniformément continue telle que :

∀ x ≥ 0, lim f (nx) = 0.
n→+∞

Montrer que
lim f (x) = 0.
x→+∞

Soit ε > 0 fixé. Comme f est uniformément continue, il existe η > 0 tel que
|f (x) − f (y)| ≤ ε dès que |x − y| ≤ η. D’autre part, on sait que lim f (nη) = 0,
n→+∞
soit N ∈ N fixé tel que |f (nη)| ≤ ε pour n ≥ N. Si x est un réel plus grand que Nη,
il existe un entier n ≥ N tel que |x − nη| ≤ η, et par suite on a : |f (x) − f (nη)| ≤ ε
de sorte que |f (x)| ≤ 2ε. En conclusion, on a bien : lim f (x) = 0.
x→+∞

Exercice 3.68 KKK


1. Montrer qu’il n’existe pas de fonctions f : R −→ R et g : R −→ R telles que :

f (g(x)) = x2 et g(f (x)) = x3

pour tout x ∈ R.
2. Montrer qu’il existe deux fonctions f : R −→ R et g : R −→ R telles que :

f (g(x)) = x2 et g(f (x)) = x4

pour tout x ∈ R. 

1. Les conditions f (g(x)) = x2 et g(f (x)) = x3 impliquent que :

f (x3 ) = f (g(f (x))) = [f (x)]2 .

D’où :

x ∈ {−1, 0, 1} =⇒ x3 = x =⇒ f (x) = [f (x)]2 =⇒ f (x) ∈ {0, 1}.


228 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

Donc, il existe deux réels distincts α et β éléments de {−1, 0, 1} tels que f (α) = f (β).
Mais alors :
α3 = g(f (α)) = g(f (β)) = β3

contradiction. En conclusion, de telles fonctions f et g n’existent pas.


2. Soit 8
>
>
>
|x|ln |x| si |x| ≥ 1,
<
g(x) = >
|x|− ln |x| si 0 < |x| < 1,
>
>
:
0 si x = 0.

La fonction g est paire et on a : g(a) = g(b) =⇒ |a| = |b|. Donc, on peut définir f
comme une fonction paire telle que :

f (x) = y 2 avec y tel que g(±y) = x.

Alors, il est clair maintenant que f (g(x)) = x2 .


È
D’autre part, soit y = f (x), alors g(y) = x et
8
> 2
>
>
(y 2 )ln(y ) = y 4 ln y = (y ln y )4 si y ≥ 1,
<
g(f (x)) = g(y 2) = >(y 2 ) − ln(y 2 )
= (y − ln y )4
4 4
si 0 < y < 1, = [g(y)] = x .
>
>
:
0 si y = 0,

Exercice 3.69 KKK


Montrer qu’il existe une application continue et surjective ψ : [0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1]
qui prend chaque valeur une infinité de fois. 

Soit ϕ : [0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1] une application continue et surjective. On définit


l’application ψ par la composition :

ϕ ϕ×Id pr
[0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1] × [0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1],

où pr : [0, 1] × [0, 1] × [0, 1] −→ [0, 1] × [0, 1] est la projection qui à (x, y, z) associe
(x, y).
Les applications ϕ, ϕ × Id et pr sont continues et surjectives, donc ψ est continue et
surjective. Enfin, comme la projection prend chaque valeur une infinité de fois, alors
il en est de même pour ψ. La fonction ψ ainsi définie vérifie donc les conditions de
l’exercice.
3.3. EXERCICES 229

Exercice 3.70 KKK


Fonctions réglées
Soit I un intervalle de R. On dit que f : I −→ R est réglée si en tout point x ∈ I elle
admet une limite à droite f (x+ ) (resp. à gauche f (x− )) finie.
1. Montrer qu’une application monotone est réglée, et que l’ensemble des points de
discontinuité est fini ou dénombrable.
2. Montrer que tout ensemble dénombrable D ⊂ R est l’ensemble de discontinuité d’une
fonction croissante f : R −→ R convenable. (Young – 1903 –).
3. Montrer que l’ensemble

Ea,b = {x ∈ I : f (x− ) < a < b < f (x)}

est fini ou dénombrable, où a et b sont des rationnels tels que a < b.


4. Montrer que l’ensemble des points de discontinuité d’une application réglée est fini
ou dénombrable.
5. fonction de weierstrass :
On considère l’application de Weierstrass

f : R −→ R
8
< 0 si x ∈ R \ Q∗ ,
x 7−→ f (x) =
:1
q si x = pq , (p, q) ∈ Z × N∗ , p ∧ q = 1.

Montrer que f est réglée mais discontinue en tout point rationnel non nul (l’ensemble
des points de discontinuité est donc dense dans R). 

1. Montrons que tout point x0 , sauf éventuellement la borne inférieure de l’inter-


valle I, admet une limite à gauche. Suppsons que la fonction f est croissante, alors
f (I ∩ ] − ∞, x0 [) est une partie non vide de R, elle admet donc une borne supérieure
qu’on note M. Par définition de M on a :

∀ ε > 0, ∃ x ∈ I ∩ ] − ∞, x0 [ : M − ε < f (x) ≤ M.

Comme f est croissante, alors pour tout y ∈ [x, x0 [ on a : M −ε < f (x) ≤ f (y) ≤ M,
d’où lim f (x) = M.
x→x0 ,x6=x0
f est continue en x ∈ I si f (x− ) = f (x) = f (x+ ), c’est-à-dire f (x− ) = f (x+ )
puisque f est croissante. Par suite, un point de discontinuité est caractérisé par
f (x− ) < f (x+ ). On associe à un tel point un nombre rationel rx ∈ Q tel que
f (x− ) < rx < f (x+ ). L’application x 7−→ rx est strictement croissante sur son
ensemble de définition D (puisque f est croissante), par suite elle est injective.
Comme l’application r : x 7−→ rx est injective de D −→ Q alors D est fini ou
230 CHAPITRE 3. FONCTION D’UNE VARIABLE RÉELLE

dénombrable.
2. Si D = ∅, alors on peut prendre f (x) = x. Si D 6= ∅, soit (xn )n∈N ⊂ D une suite
qui contient chaque élément de D, alors on peut choisir la fonction

1 X
f (x) = ,
{n : xn <x}
n2

qui est croissante et dont l’ensemble de points de discontinuité est la suite (xn )n∈N .
3. À tout nombre x tel que f (x− ) < a < b < f (x) il est possible d’associer un inter-

valle ouvert Ix =]x − εx , x[ tel que si y ∈ Ix , f (y) < a+f2(x ) , donc tel que f (y) < a
et f (y −) < a. Les intervalles Ix ainsi définis sont deux à deux disjoints, et on peut
associer, de façon injective, à chacun d’eux un nombre rationnel intérieur. Donc,
l’ensemble Ea,b est fini ou dénombrable.
[
4. Q étant dénombrable, donc Q2 est dénombrable et E = Ea,b est fini ou dénom-
(a,b)
brable. Donc, E = {x ∈ I : f (x− ) < f (x)} est fini ou dénombrable. Maintenant,
en changeant x en −x ou f ou en −f , on déduit de la même façon que les ensembles
{x ∈ I : f (x+ ) < f (x)}, {x ∈ I : f (x− ) > f (x)}, {x ∈ I : f (x+ ) > f (x)}
sont finis ou dénombrables. Finalement, l’ensemble des points de discontinuité qui
est justement la réunion de ces quatre ensembles est dénombrable.
5. f est discontinue car en tout point rationnel non nul f est différente de 0 mais
prend sur tout voisinage la valeur 0.
n ” — o
Soit x0 > 0, l’ensemble EN := pq : pq ∈ x20 , 2x0 \ {x0 }, 0 < q ≤ N est fini
car 0 < p < 2x0 N, et il est non vide pour N assez grand. Pour 0 < |x − x0 | <
€ Š
inf x20 , d(x0 , EN ) , on a
8
>
< = 0 si x ∈ R \ Q,
f (x) >
: < 1
N
si x ∈ Q.

D’où, lim f (x) = 0.


x→x0 ,x6=x0

1 b b

b b b b

b b b b b b

b b b b b b b b

b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b
bb b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b bb bb b b b b b b b b b b b b b b b b b bb bb b
bb b b b b b b b b b b b b b b b b bb b bb b b b b b b b b b b b b bb bbb b b b b b b b b b b b b b b bb b bb b b b b b b b b b b b b bbb bb
bb bb bbb bbb b b b b bb b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b bbb b b b b b b b b b b b b bbb b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbbb b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b bbb b b b b b b b b b b b b bbb b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b bb bbbb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbb b bb b
bbb b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b

0
b
bb b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b bbbb b bb b b bbb b b b bb b bbbbb b b b bbbbbbb bbbb bbbbbbbbb bbbbb bbbbbbbb b bbbbbbbb b bbbbbb bbbbbbb b b b b b bbbbbbbb bb b b bbbbbbbbb b b b b b b bbbbbbbbbbb bb b bbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbb bb bb b bbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b b b b b
b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbb bb
b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbbbbbbb bbbbbbb bbbbbbb bbbbbbb b bbbbbbbbbbbbb b b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b b
b b bb bb b b b b b bb bb bb bbb bbb bb b b b b b b b b b bb b b b bb bb bb bb bb bb bb bb bb b b b b b b b b b b bb b bb bbb bb bb bb bb bbb bb b bb b b b b bbb bb bb bb b b b b b b bb bb bbb bb b b b b b bbb b b b bb bb bb bbb bb bb bb b b b bb bb bb b b b b b b b b b b b b b bbbbbbbbb bb bbbbbb b b b b bbbbbbbb bb bbbb bb bbb b b bb bb bb bb b bb bb b b b b b b b bb bb bb b bb b b b b b bb b b b b b b b bb bb b b bb b b b b b b b b b b b b b b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbb bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
b bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
b bb bb bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb
bbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bb bb bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb b bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb bbbb bb b b bb b b b b b b bb b bb b b b b bb b b b b

0 1 2
Chapitre 4
Intégration

4.1 Intégration des fonctions en escalier

Définition 4.1 On dit que f : [a, b] −→ R est en escalier s’il existe une subdivision
a = a0 < · · · < an = b telle que pour tout k ∈ J0, n − 1K, la fonction f est constante sur
l’intervalle ]ak , ak+1 [.
On dit que la subdivision est adaptée à f . 

☞ Si f et g sont deux fonctions en escalier sur [a, b], alors il existe une subdivision
adaptée à f et g.
☞ Si f et g sont en escalier sur [a, b] et α ∈ R, alors les fonctions

f + g, αf, f g, sup(f, g), inf(f, g), |f |

sont en escalier sur [a, b].

Définition 4.2 Soient f une fonction en escalier sur [a, b] et a = a0 < · · · < an = b
une subdivision adaptée à [a, b]. Soit yk la valeur de f sur l’intervalle ]ak , ak+1 [ pour
k ∈ J0, n − 1K, alors les droites d’équations y = yk , y = 0, x = ak et x = ak+1 délimitent
un rectangle Rk dont l’aire algébrique est donnée par : yk × (ak+1 − ak ). On note

n−1
X
Is (f ) = yk (ak+1 − ak ) où s = (a0 , · · · , an ).
k=0

La valeur de Is (f ) est indépendante de la subdivision adaptée s choisie, on l’appelle


Z b
intégrale de f sur [a, b] et on la note f (t) dt. 
a

231
232 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

4.2 Intégration des fonctions continues par mor-


ceaux

Définition 4.3 On dit que f : [a, b] −→ R est continue par morceaux si


✓ f est continue sur [a, b], sauf éventuellement en un nombre fini de points a1 <
a2 < · · · < ap ,
✓ f admet une limite finie à droite en tout point de [a, b] et une limite finie à gauche
en tout point de [a, b] (en particulier, aux points où elle n’est pas continue). 

✍ Les fonctions continues sur [a, b] sont continues par morceaux sur [a, b].
✍ Les fonctions monotones sur [a, b] qui n’admettent qu’un nombre fini de dis-
continuités sont continues par morceaux sur [a, b].

Proposition 4.1 La fonction f est continue par morceaux sur [a, b] si, et seulement si,
il existe une subdivision a = a0 < · · · < an = b de [a, b] telle que :
✓ f est continue sur ]ak , ak+1 [ pour tout k ∈ J0, n − 1K,
✓ f admet une limite finie à droite en ak pour tout k 6= n,
✓ f admet une limite finie à gauche en ak pour tout k 6= 0. 

☞ Les fonctions en escalier sur [a, b] sont continues par morceaux.


☞ La continuité de f sur les intervalles ]ak , ak+1 [ n’est pas suffisante. Par exemple,
1
la fonction définie par f (x) = si x ∈]0, 1] et f (0) = 0 est continue sur ]0, 1]
x
mais n’est pas continue par morceaux sur [0, 1] car lim+ f (x) = +∞.
x→0

Proposition 4.2 La fonction f : [a, b] −→ R est continue par morceaux si, et seulement
si, il existe une subdivision a = a0 < · · · < an = b de [a, b] telle que, pour tout
k ∈ J0, n − 1K, la fonction f|]ak ,ak+1 [ est continue et prolongeable par continuité en ak et
ak+1 . 

☞ Toute fonction f continue par morceaux sur [a, b] est bornée.


☞ Soient f, g deux fonctions continues par morceaux sur [a, b] et α ∈ R, alors
les fonctions
f + g, αf, sup(f, g), inf(f, g), |f |

sont continues par morceaux sur [a, b]. En particulier, l’ensemble des fonc-
tions continues par morceaux sur [a, b] est muni d’une structure de R-espace
vectoriel et d’anneau.
4.3. PROPRIÉTÉS DE L’INTÉGRALE 233

Théorème 4.1 Approximation par des fonctions en escalier.


Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue par morceaux. Alors, pour tout ε > 0,
il existe deux fonctions ϕ et ψ en escalier sur [a, b] telles que :

ϕ≤f ≤ψ et ψ − ϕ ≤ ε.

☞ Les fonctions ϕ et ψ ne sont pas uniques.

Définition 4.4 Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue par morceaux. On considère
les ensembles I (resp. J ) des intégrales des fonctions en escalier sur [a, b] qui sont
majorées (resp. minorées) par f :
Z  Z 
b b
I= ϕ : ϕ ≤ f et ϕ en escalier , J = ψ : ψ ≥ f et ψ en escalier .
a a

Alors, I (resp. J ) est non vide majoré (resp. minoré) et sup(I) = inf(J ). Cette valeur
Z b
commune est l’intégrale de f sur [a, b]. On la note f (t) dt. 
a

Définition 4.5 Soit f : I −→ C une fonction définie sur l’intervalle I et à valeurs


dans C. On dit que f est continue par morceaux si ℜe(f ) et Im(f ) sont continues par
morceaux sur I. Pour tout (a, b) ∈ I 2 on pose alors :
Z b Z b Z b
f = ℜe(f ) + i Im(f ).
a a a

4.3 Propriétés de l’intégrale


❏ Linéarité : pour f et g continues par morceaux sur [a, b] et α ∈ R on a
Z b Z b Z b Z b Z b

(f + g) = f+ g et αf = α f.
a a a a a

❏ Croissance : pour f et g continues par morceaux sur [a, b] on a :


Z b Z b Z b Z Z b
b
f ≥ g =⇒ f≥ g; f ≥ 0 =⇒ f ≥ 0;


f ≤
|f |.
a a a a a

❏ Inégalité de la moyenne : pour f et g continues par morceaux sur [a, b] on a :


Z Z b Z
b b

f g ≤ sup |f | ×

|g|;
f ≤ sup |f | × (b − a).


a [a,b] a a
234 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

❏ Conventions de signe : pour f continue par morceaux sur I et a < b dans I


on pose Z a Z b Z a

f = − f et f = 0.
b a a

❏ Relation de Chasles : pour f continue par morceaux sur [a, b] et a < c < b :
Z c Z b Z b

f+ f = f.
a c a

4.4 Intégration des fonctions continues

Proposition 4.3 Soit f une fonction positive ou nulle, continue sur [a, b], alors :

Z b

f =0 =⇒ f = 0.
a

Z b

☞ Si f est continue par morceaux, positive ou nulle sur [a, b], telle que f = 0,
a
alors f s’annule en tout point où elle est continue.

Proposition 4.4 Inégalité de Cauchy-Schwarz. Pour f et g continues sur [a, b], à


valeurs réelles, on a :
Z 2 Z b Z b
b
fg ≤ f2 × g2 .
a a a

☞ L’inégalité reste vraie pour


Z
des fonctions continues par morceaux.
b
☞ L’application (f, g) 7−→ f g est un produit scalaire sur C([a, b], R).
a
☞ L’inégalité de Cauchy-Schwarz peut être étendue aux fonctions à valeurs com-
plexes :
Z 2 Z  Z 
b b b
2 2
fg ≤ |f | × |g| .
a a a

Théorème
Z x
4.2 Si f est continue sur un intervalle I et a ∈ I, alors l’application
x 7−→ f (t) dt est l’unique primitive de f qui s’annule en a. De plus, pour toute
a
primitive F de f on a :
Z x

F (x) − F (a) = f (t) dt.


a
4.5. DÉVELOPPEMENT DE TAYLOR 235

Proposition 4.5 Si
Z
l’application f est continue par morceaux, alors :
x
✓ F : x 7−→ f (t) dt est continue sur I,
a
✓ si f est continue en x0 , alors F ′ (x0 ) = f (x0 ),
✓ pour tout x0 ∈ I :
8
>
> 0
<
x 6= sup(I) : Fd′ (x0 ) = lim f (x),
x→x+
0
>
x 6= inf(I) : Fg′ (x0 ) = lim f (x).
> 0
:
x→x−
0

Théorème 4.3 Intégration par parties. Soient f, g : [a, b] −→ R de classe


C 1 sur [a, b] alors on a :
Z b Z b

fg = [f g]ba − f g ′.
a a

Théorème 4.4 Changement de variables. Soient f : I −→ R continue sur


l’intervalle I et ϕ : [a, b] −→ I de classe C 1 sur [a, b] alors on a :
Z b Z ϕ(b)

f (ϕ(x)) ϕ (x) dx = f (t) dt.
a ϕ(a)

4.5 Développement de Taylor

Définition 4.6 Soient f : I −→ R et a ∈ I. On suppose que f est de classe C n−1 au


voisinage de a et que f (n) (a) existe. Le développement de Taylor de f , en a, à l’ordre
n, est l’expression :

f (n) (a)
Dn (x) = f (a) + f ′ (a)(x − a) + · · · + (x − a)n .
n!

On pose, pour tout x ∈ I, Rn (x) = f (x) − Dn (x).


Rn est le reste de Taylor, à l’ordre n de f , en a. 
236 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Proposition 4.6 Soient f : I −→ R une fonction de classe C n+1 sur I, et a ∈ I. Alors,


pour tout x ∈ I on a :
Z x
(x − t)n (n+1)
Dn (x) = f (t) dt.
a n!

Théorème 4.5 Inégalité de Taylor-Lagrange. Soient f : I −→ R une fonc-


tion de classe C n+1 sur I. Alors, pour tout x ∈ I on a :

|x − a|n+1
|Rn (x)| ≤ sup |f (n+1) (t)| × .
t∈[a,x] (n + 1)!

☞ Si x < a, il faut remplacer [a, x] par [x, a].


☞ Si x = a, sup |f (n+1) (t)| = |f (n+1) (a)|, mais l’inégalité dans ce cas est triviale
t∈[a,x]
(elle devient 0 ≤ 0).
☞ L’application f est de classe C n+1 , alors f (n+1) est continue sur I, donc bornée
sur tout segment de I, d’où l’existence de sup |f (n+1) (t)|.
t∈[a,x]
|x − a|n+1
Si f (n+1) est bornée sur I, on aura |Rn (x)| ≤ sup |f (n+1) | × .
I (n + 1)!

4.6 Approximations numériques


❏ Somme de Riemann (méthode des rectangles) :

Théorème 4.6 Sommes de Riemann. Si f est continue par morceaux sur


[a, b], alors :

n−1 ‚ Œ Z b
Xb−a b−a
lim f a+k = f (t) dt.
n→+∞
k=0 n n a

✍ Si f est lipschitzienne sur [a, b], alors


‚ Œ Z b  
n−1
X b−a b−a 1
f a+k − f (t) dt = O .
k=0 n n a n

En particulier, si f est de classe C 1 sur [a, b], alors :


‚ Œ
Z b

n−1
X b−a b−a
(b − a)2
f (t) dt − f a+k ≤ sup |f ′| × .
a
k=0 n n
[a,b] 2n
4.7. EXERCICES 237

❏ Méthode des trapèzes :


Au lieu d’une somme de rectangles (comme dans les sommes de Riemann), on effec-
tue la somme Tn d’aires de trapèzes de sommets

(ak , 0), (ak+1 , 0), (ak , f (ak )), (ak+1 , f (ak+1)).

Chaque trapèze admet pour aire :

f (ak ) + f (ak+1 )
(ak+1 − ak ) .
2

Proposition 4.7 On a

Z b
b − a n−1
X f (a ) + f (a
k k+1 )
lim = f (t) dt.
n→+∞ n
k=0
2 a

✍ Si f est de classe C 2 sur [a, b], alors :



Z b
X f (a ) + f (a
b − a n−1 k+1 ) (b − a)3

k ′′
− f (t) dt ≤ sup |f | × .
n k=0 2 a
[a,b] 12n2

4.7 Exercices

4.7.1 Exercices de base

Exercice 4.1 Continuité par morceaux


1. Montrer que la fonction f définie par
8
< sin x si 0 ≤ x < π,
f (x) =
:
cos x si π ≤ x ≤ 2π,

est continue par morceaux sur [0, 2π].


2. Soit g : [0, 1] −→ R la fonction définie par
8
€ Š
> 1
< g(0) = 0 et g n = 0, ∀ n ∈ N∗ ,
— ” € Š € Š2
1 1 1 2 1 1
>
: ∀ n ∈ N∗ , ∀ x ∈ n+1 , n , g(x) = x − x − sin 2 2.
n n+1 (x− n1 ) (x− n+1
1
)

Montrer que g est dérivable sur [0, 1] mais que g′ n’est pas continue par morceaux.
238 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

1. La fonction f est continue sur [0, π[ et ]π, 2π], de plus on a : lim− f (x) = 0 et
x→π
lim+ f (x) = 1, alors f est continue par morceaux sur [0, 2π].
x→π — ”
2. Il est facile de voir que g est dérivable sur les intervalles 1
,1
n+1 n
.
€ Š — ”
La fonction g est dérivable en n1 et on a : g ′ n1 = 0. En effet, pour x ∈ 1
,1
n+1 n
, et
comme la fonction sin est bornée, alors on a :
€ Š
1   2
g(x) − g 1 1 1
lim − n
= lim − x− x− sin € Š € Š2 = 0.
x→( n
1
) x − n1 x→( n
1
) n n+1 x− 1 2
x − 1
n n+1

   
1 1
D’où = 0, on montre de même que gd′
gg′ = 0.
n n — ”
La fonction g est dérivable en 0 et on a g ′ (0) = 0. En effet, pour x ∈ 1
,1
n+1 n
on a :


g(x) − g(0)
g(x) 1 1
= ≤ ≤
x−0 x 4n2 (n + 1)2 x 4n2 (n + 1)2
€ Š€ Š € Š2

car x − n+1
1 1
x − n1 ≤ 41 n1 − n+1 = 4n2 (n+1)
1
2.

Soit ε > 0 donné, il existe N ∈ N∗ tel que pour n ≥ N on ait : 1


4n2 (n+1)
< ε. Pour
tout x > 0, si x < N1 alors si x1 ∈ N on a g(x) =
0 et ainsi g (0) = 0, et s’il existe ′
— ”

n≥ N tel que x ∈ n+1 1
, n1 alors g(x)
x
< ε. Par
suite, dans les deux cas on a vu
que g est dérivable en 0 avec g (0) = 0. En conclusion, g est dérivabke sur [0, 1].

Maintenant, on se propose de montrer que g ′ n’est pas continue en n1 avec n ∈ N∗ ,


et comme g ′ admet une infinité de discontinuités au voisinage de 0 alors elle n’est
— ”
pas continue par morceaux. En effet, pour x ∈ 1
,1
n+1 n
on a :

   
′ 1 1 1 1 1
g (x) = 2 x− x− 2x − − sin € Š2 € Š2
n n+1 n n+1 x− n 1 1
x − n+1
 
2 1 1 1
− € Š€ Š × 2x − − × cos € Š2 € Š2
x− 1
n
x− 1
n+1
n n+1 x− 1
x− 1 n n+1

€ Š
1 − 1
Or, lorsque x −→ n
, Š2 prend une infinité de
l’expression cos € Š2 €
x − n1 1
x − n+1
fois les valeurs ±1, alors que le premier terme de l’expression donnant g ′ tend vers
1
0. Donc, g ′ n’est pas continue en avec n ∈ N∗ .
n
En conclusion, g est dérivable sur [0, 1] mais sa dérivée g ′ n’est pas continue par
morceaux.
3
Remarque : un autre exemple d’une telle fonction est donné par : x 7−→ x 2 sin x1 .

Exercice 4.2
Fonction en escalier. Fonction continue par morceaux
› ž • ˜
1 1
1. Soit n ∈ N∗ . Montrer que la fonction f : x 7−→ est en escalier sur ,1 .
x n
4.7. EXERCICES 239

Calculer l’intégrale Z 1› ž
1
dx.
1
n
x
€ Š
2. Montrer que la fonction g : x 7−→ sin x2 − ⌊x⌋ est continue par morceaux sur
l’intervalle [0, π]. 

1. Pour tout k ∈ J1, n − 1K, on a :


   
1 1 1
= k, ∀x ∈ , .
x k+1 k
” —
Par conséquent, f est une fonction en escalier sur 1
n
,1 .
On a :
Z 1      
1 1 1 1 1
f (x) dx = (n−1)× − +(n−2)× − +· · ·+1× 1 −
1
n
n−1 n n−2 n−1 2
1 1 1 X 1
n
= + + ··· + = .
n n−1 2 k=2 k

2. Un calcul simple montre que


8
>
> sin(x2 ) si x ∈ [0, 1[,
>
>
>
< sin(x2 − 1) si x ∈ [1, 2[,
g(x) = >
>
> sin(x2 − 2) si x ∈ [2, 3[,
>
>
:
sin(x2 − 3) si x ∈ [3, π].

De plus, la fonction g admet une limite finie à droite en 0, 1, 2 et 3 et une limite finie
à gauche en 1, 2, 3 et π. Par conséquent, g est continue par morceaux sur l’intervalle
[0, π].

Exercice 4.3
Déterminer une primitive de la fonction f définie par :

f (x) = earcsin x .

La fonction f est continue sur [−1, 1], donc admet des primitives, en particulier
celle qui est nulle en 0 est donnée par :
Z x

F (x) = earcsin t dt.


0

On fait le changement de variable u = arcsin t, alors t = sin u et dt = cos u du.


240 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Par suite
Z arcsin x Z 
arcsin x
u (1+i)u
F (x) = e cos u du = ℜe e du
0 0
„" #arcsin x Ž
e(1+i)u 1 ” —arcsin x 
= ℜe = ℜe eu eiu (1 − i) 0
1+i 0
2
1 1 1
= [eu (cos u + sin u)]arcsin x
= earcsin x (cos(arcsin x) + sin(arcsin x)) − .
2 0
2 2

” —
Maintenant, comme la fonction arcsin est à valeurs dans − π2 , π2 : cos(arcsin x) ≥ 0
et par suite :
È √
sin(arcsin x) = x et cos(arcsin x) = 1 − sin2 (arcsin x) = 1 − x2 .

En conclusion, la primitive de f s’annulant en zéro est donnée par :

1 arcsin x € √ Š 1
F (x) = e x + 1 − x2 − .
2 2

Exercice 4.4
Soit a ∈ [0, 1] un nombre réel donné. Déterminer toutes les fonctions f : [0, 1] −→ R+
continues et vérifiant les trois conditions suivantes :
Z 1 Z 1 Z 1
f (x) dx = 1, xf (x) dx = a, x2 f (x) dx = a2 .
0 0 0

En multipliant les trois relations ci-dessus par a2 , −2a et 1 respectivement, puis


en additionnant les trois résultats obtenus on déduit que :
Z 1

f (x) (a − x)2 dx = 0.
0

Or la fonction définie par : x ∈ [0, 1] 7−→ f (x)(a − x)2 est continue, positive et
d’intégrale nulle, d’où f ≡ 0. Mais la fonction nulle ne vérifie pas les conditions du
problème. En conclusion, il n’existe pas de fonctions f vérifiant les trois conditions
de l’exercice.

Exercice 4.5
Pour tout n ∈ N, on considère la fonction fn définie par
Z 1

∀ x ∈ R, fn (x) = (1 − t2 )n cos(tx) dt.


0
4.7. EXERCICES 241

Montrer que, pour tout n ∈ N, la fonction fn est bornée et qu’elle est uniformément
continue sur R. 

⋄ La fonction fn est bornée. En effet pour tout t ∈ [0, 1] on a :




1 − t2 ≤ 1 et |cos(tx)| ≤ 1.
Z 1

Par conséquent |fn (x)| ≤ dt ≤ 1, et la fonction fn est bornée.


0
⋄ La fonction fn est uniformément continue. En effet pour tout (x, y) ∈ R2 on a :
Z 1

|fn (x) − fn (y)| ≤ (1 − t2 )n | cos(tx) − cos(ty)| dt.


0

Comme cos p − cos q = −2 sin p+q


2
sin p−q
2
et que sin x ≤ x, alors on déduit que :

tx − ty
| cos(tx) − cos(ty)| ≤ 2 sin

≤ |tx − ty|.
2

Par conséquent
Z 1
|x − y|
|fn (x) − fn (y)| ≤ |x − y| t dt ≤ .
0 2

En conclusion, fn est une fonction 21 -lipschitzienne, donc uniformément continue sur


R.

4.7.2 Exercices d’assimilation

Exercice 4.6 K
1. Donner un exemple d’une fonction f : [0, 1] −→ R qui est positive, majorée, mais
non intégrable.
2. Donner un exemple d’une fonction f : [0, 1] −→ R telle que f 2 est intégrable sans
que f le soit.
3. Donner un exemple d’une fonction f : I −→ R (où I est un intervalle de R) telle
que f est intégrable alors que f 2 ne l’est pas.
4. Donner un exemple
Z
d’une fonction f : I −→ R (où I est un intervalle de R) telle
que f est continue, f (x) dx = 0, alors que f 6≡ 0. 
I

1. Considérons la fonction
8
>
1 si x ∈ Q,
<
f : [0, 1] −→ R, x 7−→ >
:0 si x ∈ R \ Q.
242 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

La fonction f est positive et majorée, montrons qu’elle n’est pas intégrable.


Soit g une fonction en escalier qui minore f . La fonction g est, par définition, une
combinaison linéaire finie de fonctions caractéristiques d’intervalles, donc il existe
une subdivision de [0, 1] adaptée à g, i. e. telle que g soit constante sur chacun de
ses sous-intervalles. Comme il existe toujours un irrationnel entre deux réels, alors
g ≤ 0 sur chacun de ces intervalles, et donc g ≤ 0 sur [0, 1] sauf -éventuellement- en
Z 1

un nombre fini de points. Par suite g ≤ 0.


0 Z 1

De même, soit h une fonction en escalier qui majore f , alors on a h ≥ 1. En


0
conclusion,
Z
pour toutes fonctions en escalier g et h telles que g ≤ f ≤ h on a
1
h − g ≥ 1, donc f n’est pas intégrable sur [0, 1].
0
2. Considérons la fonction
8
>
+1 si x ∈ Q,
<
f : [0, 1] −→ R, x 7−→ >
:−1 si x ∈ R \ Q.

La fonction f 2 est constante égale à 1 sur l’intervalle [0, 1], alors que f n’est pas
intégrable par un raisonnement analogue à celui ci-dessus.
1
3. La fonction f : x 7−→ √ est intégrable sur ]0, 1] (car 12 < 1), alors que
x
1
f (x) × f (x) = n’est pas intégrable sur ]0, 1].
x
4. On considère la fonction f (x) = cos(x) avec x ∈ [0, π], alors on a f continue et
Z π

cos(t) dt = 0, alors que cos(t) 6≡ 0 sur [0, π].


0

Exercice 4.7 K
Intégrale de Wallis. Formule de Stirling
On appelle intégrale de Wallis de rang n ∈ N le nombre réel
Z π
2
In := (cos t)n dt.
0

Z π
2
1. Vérifier que In = (sin x)n dx. Trouver une relation entre In+2 et In et en déduire
0
une expression de In .
2. Pour n ≥ 1, calculer nIn In−1 . Montrer que la suite (In )n∈N est décroissante et que
In+1
lim = 1. En déduire que
n→+∞ In

É
π
In ∼ .
+∞ 2n

application : Formule de Stirling √


nn e−n n
On considère la suite (un )n≥1 définie par un = .
n!
4.7. EXERCICES 243

 ‹
X un+1
Étudier la nature de la série ln , et en déduire que
n≥1
un

 ‹n
√ n
n! ∼ 2πn .
+∞ e

La formule de Stirling s’écrit :



n! = 2πn nn e−n (1 + αn ) avec α −−−−−→ 0.
n→+∞

On se propose de donne un développement asymptotique de αn .


(a) Montrer que αn > 0 pour tout n ∈ N∗ .
(b) Montrer que    ‹
n!en √ 1 1
ln = ln( 2π ) + +o .
nn+ 2
1
12n n
(c) En déduire que  ‹
1 1 1
αn = + +o 2 .
12n 288 n2 n
(d) En déduire que
√   ‹‹ √   ‹‹
π 3 1 π 1 1
I2n+1 = √ 1− +o et I2n = √ 1− +o .
2 n 8n n 2 n 8n n

1. Le changement de variable t = π
2
−x transforme sin en cos, d’où l’égalité des deux
” —
intégrales. On a par intégration par parties (u et v étant de classe C 1 sur 0, π2 ) :
Z π Z π
2 2
In+2 = cosn+2 t dt = cos n+1
t cos{z
| {z } |
t dt
}
0 0
u′ (t) v(t)
Z π
” —π 2
= sin t cosn+1 t 2
0
+ (n + 1) sin2 t cosn t dt = (n + 1)(In − In+2 )
0

car sin2 t = 1 − cos2 t. Par suite, on a

n+1
In+2 = In .
n+2
π
Maintenant, comme I0 = et I1 = 1, alors :
2

2p − 1 (2p − 1)(2p − 3
I2p = I2p−2 = I2p−4 = · · · =
2p 2p(2p − 2)
(2p − 1)(2p − 3) × · · · × 3 × 1 (2p)! π
= I0 = 2p .
2p(2p − 2) × · · · × 2 2 (p!)2 2
244 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

De même, on a :
22p (p!)2
I2p+1 = .
(2p + 1)!
2.
⋄ Si n = 2p + 1 : alors

π
nIn In+1 = (2p + 1)I2p+1 I2p = .
2

⋄ Si n = 2p : alors

(2p)! π 22p−2 ((p − 1)!)2 1 1π π


nIn In+1 = 2p = 2p(2p) = .
22p (p!)2 2 (2p − 1)! p2 2 2 2 2

En conclusion, on a

π
nIn In+1 = , ∀ n ≥ 1.
2
” —
La suite (In )n∈N est décroissante, en effet pour t ∈ 0, π2 on a cos t ∈ [0, 1] et donc
” —
(cos t)n+1 ≤ (cos t)n , donc en intégrant sur 0, π2 on obtient que In+1 ≤ In , i . e.
In+1
la suite (In )n∈N est décroissante. Montrons maintenant que lim = 1, en effet
n→+∞ In
grâce à la décroissance de la suite (In )n∈N on a :

In In In n+2
1 = ≤ ≤ = −−−−→ 1.
In In+1 In+2 n+1 n→+∞

r
In+1 π
Donc, la limite de est bien 1. Déduisons que In ∼ , on a :
In +∞ 2n

In
−−−−→ 1, donc In ∼ In−1 et nIn In−1 ∼ nIn2 .
In+1 n→+∞ +∞ +∞

r
π π
Donc, nIn2 ∼ et par positivité de In on conclut que In ∼ .
2
+∞ +∞ 2n
application : Formule de Stirling
Lorsque n → +∞, on a
  " n+ 1 #    
un+1 n+1 2
−1 1 1
ln = ln e = −1 + n + ln 1 +
un n 2 n
     
1 1 1 1 1
= −1 + n + − +O 3 = O 2 .
2 n 2n2 n n
4.7. EXERCICES 245
 
X un+1
On déduit alors que la série ln est convergente. Or
n≥1 un
     
u2 u3 un+1
ln + ln + · · · + ln = ln(un+1 ) − ln(un ),
u1 u2 un

donc la suite (ln(un ))n≥1 est convergente, si on note α sa limite alors lim un = eα .
n→+∞
Il nous reste à calculer la valeur de eα . D’après la question (2) on sait que :
– ™2
1 2p(2p − 2) × · · · × 2
lim × = π.
p→+∞ p (2p − 1)(2p − 3) × · · · × 1

√ n ‹n
En utilisant l’équivalence n! ∼ e α
n , alors on a :
+∞ e
– ™2 – ™2
1 2p(2p − 2) × · · · × 2 1 22p (p!)2 24p e4α p4p+2 e−4p e2α
× = ∼ × 2α = ,
p (2p − 1)(2p − 3) × · · · × 1 p (2p)! p e (2p)4p+1e−4p 2

e2α √
donc π = , par suite eα = 2π. D’où, on a la formule de Stirling :
2

√ n ‹n
n! ∼ 2πn .
+∞ e
‚ Œ
n!en
(a) On va montrer que la suite bn := 1 est strictement décroissante, et
nn+ 2 n≥1
donc (αn )n≥1 est aussi strictement décroissante, et comme sa limite est égale à zéro
d’après la formule de Stirling, alors on conclut que (αn )n≥1 est à valeurs > 0.
On a 1
bn+1 (n + 1)enn+ 2 e
= 3 = € Šn+ 1 .
bn (n + 1)n+ 2 1 + n1 2

1
En prenant le logarithme, et en étudiant la fonction x 7−→ − ln(1 + x) + ln(x)
x + 21
sur [1, +∞[, on conclut sans grande difficulté que f (x) < 0 pour tout x ≥ 1. Ceci
montre que (αn )n≥1 est strictement décroissante, et par suite on a αn > 0 pour tout
n ∈ N∗ .
X
(b) Considérons la série Bn avec B0 = b1 et Bn = bn+1 − bn pour tout n ≥ 1.
n≥0
√ +∞
X √
On a : lim bn = ln( 2π ) et par suite on déduit que Bn = ln( 2π ). D’où
n→+∞
n=0

√ +∞
X
bn − ln( 2π ) = − Bp .
p=n
246 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

€ Š € Š 1
Or, par développement limité on a : Bn = 1 − n + 1
ln 1 + 1
∼ − . Donc
2 n n∞ 12n2
+∞
X +∞
X 1
Bp ∼ − .
p=n 12p
2
p=n

La comparaison à l’aide d’une intégrale nous donne :


√ 1
bn − ln( 2π ) ∼ .
12n

Par conséquent :  
√ 1 1
bn = ln( 2π ) + +o .
12n n
(c) En passant à l’exponentielle on déduit que
  
√ 1 1 1
n! = 2πn nn+ 2 e−n exp +o

12n n  
√ n+ 12 −n 1 1 1
= 2πn n e 1+ + +o 2 .
12n 288 n2 n

En conclusion on a :
 
1 1 1
αn + = + o .
12n 288 n2 n2
√ € € ŠŠ
(d) D’après ce qui précède on sait que n! = 2πn nn e−n 1 + 1
12n
+o 1
n
, donc on
déduit que :
  
2 2n+1 −2n 1 1
(n!) = 2πn e 1+ +o et
6n n ‚  Œ
È
2n+1 −(2n+1) 1 1
(2n + 1)! = 2π(2n + 1) (2n + 1) e 1+ +o .
12(2n + 1) n

Par suite,
€ € ŠŠ
22n (n!)2 eπ 1 + 6n1
+ o n1
I2n+1 = = √ √ € Š € € ŠŠ
(2n + 1)! 2π 2n + 1 1 + 2n 1 2n+1
1 + 24n
1
+ o n1
€ € ŠŠ √   
eπ 1 + 8n
1
+ o n1 π 3 1
= √ √ = √ 1 − + o .
2π 2n + 1 e(2n+1) ln(1+ 2n ) 2 n 8n
1
n
4.7. EXERCICES 247

Finalement, on a :

π π
I2n = = √ € € ŠŠ
2(2n + 1)I2n+1 π
2(2n + 1) 2√n 1 − 3
+o 1
8n n
√   
π 1 1
= √ 1− +o .
2 n 8n n

Exercice 4.8 K
Intégrale de Poisson
1. Décomposer X 2n − 1 en produit de polynômes irréductibles sur R[X], et en déduire
la valeur de    
n
Y kπ
1 − 2α cos + α2
k=1
n

où n ∈ N∗ et |α| =
6 1.
2. En déduire la valeur de l’intégrale de Poisson :
Z π
€ Š
I(α) = ln 1 − 2α cos x + α2 dx.
0


1. Soit ω = e n , alors comme ω 0 = 1 et ω n = −1, on a :

2n−1
Y n−1
Y
2n k
X −1 = (X − ω ) = (X − 1)(X + 1) (X − ω k )(X − ω 2n−k )
k=0 k=1
n−1
Y
= (X − 1)(X + 1) (X − ω k )(X − ω −k )
k=0
n−1 ‚ ‚ Œ Œ
Y
2 kπ
= (X − 1)(X + 1) X − 2 cos X +1 .
k=1 n

Donc,
‚ ‚ Œ Œ
n−1
Y
2 kπ X 2n − 1
X − 2 cos X +1 = 2 ,
k=1 n X −1
et par conséquent,
‚ ‚ Œ Œ ‚ ‚ Œ Œ
n
Y kπ 2
n−1
Y kπ 2 α2n − 1
1 − 2α cos +α = (α+1)× 1 − 2α cos +α = (α+1).
k=1 n k=1 n α2 − 1

2. La fonction x 7−→ ln(1 − 2α cos x + x2 ) est bien définie et continue sur [0, π] car
248 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

si |α| =
6 1 et x ∈ [0, π] alors on a

1 − 2α cos x + x2 ≥ 1 − 2|α| + α2 = (|α| − 1)2 > 0.

D’après la première question on a


‚ ‚ Œ Œ  
n
X kπ 2
α + 1 €
2n
Š
ln 1 − 2α cos +α = ln
+ ln |α − 1| , donc
k=1 n α − 1
‚ ‚ Œ Œ  
πX n
kπ 2 π α + 1 π € 2n Š
ln 1 − 2α cos +α = ln
+ ln |α − 1| .
n k=1 n n α−1 n

Or,

π € 2n Š
lim ln |α − 1| = 0 si |α| < 1 car |α2n − 1| → 1,
n→+∞ n
π € 2n Š
lim ln |α − 1| = 2π ln(|α|) si |α| > 1 car
n→+∞ n

 
2n 1

ln(|α − 1|) = 2n ln(|α|) + ln 1 − 2n .


α
Finalement, grâce au théorème sur les sommes de Riemann, on déduit que
8
>
< 0 si |α| < 1,
I(α) = >
: 2π ln(|α|) si |α| > 1.

Exercice 4.9 K
Soient f : [0, 1] −→ R une fonction continue par morceaux, et (xn )n∈N ⊂ [0, 1] une
suite telle que pour tout 0 ≤ a ≤ b ≤ 1 :

Card { k ∈ J1, nK : xk ∈ [a, b] }


lim = b − a.
n→+∞ n

(On dit que la suite (xn )n∈N est équirépartie).


Montrer que
Z 1
f (x1 ) + f (x2 ) + · · · + f (xn )
lim = f (x) dx.
n→+∞ n 0

Si f est la fonction indicatrice d’un segment [a, b], alors la limite en question est
justement l’hypothèse vérifiée par la suite (xn )n∈N . Si la fonction f est en escalier,
alors elle est combinaison linéaire de fonctions indicatrices de segments, et donc le
4.7. EXERCICES 249

résultat est encore vrai par linéarité. Finalement, si f est continue par morceaux,
alors on sait que pour tout ε > 0, il existe une fonction en escalier ϕ telle que
kf − ϕk ≤ ε. Alors on a
n n
X X
Z Z 1

f (xk ) ϕ(x )
k
1
f (x) dx −
ϕ(x) dx ≤ ε et k=1 − k=1 ≤ ε.

0 0 n n

Or, pour n assez grand, on a


n
X

ϕ(xk ) Z 1



k=1 −
ϕ(x) dx ≤ ε.

n 0

Donc, en combinant ces inégalités, et pour n assez grand, on déduit que


n
X

f (xk ) Z 1



k=1 − f (x) dx ≤ 3ε.


n 0

Le résultat est ainsi montré pour toute fonction continue par morceaux.

Exercice 4.10 K
Existence de primitives
1. Une fonction f : ]a, b[−→ R admet t-elle toujours une primitive ?
2. Montrer que les fonctions suivantes n’ont pas de primitives :
(i) f : R −→ R définie par f (x) = ⌊x⌋ où ⌊·⌋ désigne la partie entière.
(ii) 8
< 2
x −x+1 si x ≤ 12 ,
g(x) =
:
− 11
4 si x > 21 .
1
(iii) h : R −→ R telle que h(x) ≥ x pour tout x > 0. 

1. On sait, d’après le théorème de Darboux (voir exercices du chapitre 3), que f ′


satisfait le théorème des valeurs intermédiaires (même si elle n’est pas continue),
donc ses points de discontinuité sont tous de la seconde espèce (voir rappel ci-
dessous). Par conséquent, si f est définie sur ]a, b[ mais f (c+ ) et f (c− ) existent et
sont différents de f (c) pour un certain c ∈]a, b[ alors f n’a pas de primitive sur ]a, b[.
rappel : (i) si lim+ f (x) et lim− f (x) existent mais sont différents ou sont différents
x→a x→a
de f (a), alors on dit que f a une discontinuité de première espèce au point a.
250 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

(ii) si lim− f (x) n’existe pas ou si lim+ f (x) n’existe pas , alors on dit que la fonction
x→a x→a
f a une une discontinuité de seconde espèce au point a.
2.
(i) La fonction f ne vérifie pas le théorème de la valeur intermédiaires car f (R) = Z
qui n’est pas un intervalle. D’où, f ne peut pas être la dérivée d’une fonction, i. e.,
elle ne possède pas de primitive.
11 1 1 3
(ii) On a lim + g(x) = − et lim − g(x) = − + 1 = . D’après la première
x→( 21 ) 4 x→( 12 ) 4 2 4
question, cette fonction n’a pas de primitive sur R.
(iii) Supposons, par l’absurde, que h admet une primitive H. On a par hypothèse
€ Š € Š
h x1 ≥ x pour tout x > 0, donc − x12 h x1 ≤ − x1 , c’est-à-dire
   ′
1
H + ln(x) ≤ 0, ∀ x > 0.
x
€ Š
Par conséquent, la fonction x 7−→ H 1
x
+ ln(x) est décroissante sur ]0, +∞[. Donc,
en particulier, on a
     
1 1
H + ln(1) ≥ lim H + ln(x) = +∞,
1 x→+∞ x

contradiction. En conclusion, la fonction x 7−→ h(x) n’a pas de primitive.

Exercice 4.11 K
Constante d’Euler
Soit n ≥ 2 un entier naturel. Montrer que
Z 1
x 1
dx = ln(n) − ln(n − 1) − .
0 n(n − x) n

En déduire que la suite


n
X 1
xn = − ln(n)
k=1
k

converge vers un nombre γ ∈ ]0, 1[. (Constante d’Euler). 

On a
Z 1 Z 1 
x 1 1 1
dx = − dx = ln(n) − ln(n − 1) − .
0 n(n − x) 0 n−x n n

Par conséquent, on a

1 Z1 x 1 1 1
0 < ln(n) − ln(n − 1) − = dx < = − .
n 0 n(n − x) n(n − 1) n−1 n
4.7. EXERCICES 251

 
n
X 1
On conclut que la suite de terme général ln(k) − ln(k − 1) − est convegente
k≥2 k
et que
 
n
X 1
0 < lim ln(k) − ln(k − 1) − < 1.
n→+∞
k=2 k
Pour terminer la démonstration, notons que si an := ln(n) − ln(n − 1) − n1 , alors
a2 + a3 + · · · + an = 1 − xn , et donc la suite (xn )n≥1 est convergente et on a
0 < lim xn < 1.
n→+∞

Exercice 4.12 K
Soit f : R+ −→ R+ une application dérivable, strictement croissante et telle que
f (0) = 0.
1. Montrer, pour tout x ∈ R+ , l’inégalité :
Z x Z f (x)

xf (x) = f (t) dt + f −1 (t) dt.


0 0

2. Montrer, pour tout x, y ∈ R+ , l’inégalité :


Z x Z y
xy ≤ f (t) dt + f −1 (t) dt.
0 0

Dans quels cas a-t-on égalité ?


3. En déduire que pour tout p > 1, x ≥ 0 et y ≥ 0 l’inégalité :

xp y q
xy ≤ + ,
p q
p
où q = p−1 . 

1. On dérive les deux quantités à droite et à gauche de l’égalité demandée.


D’une part la dérivée de la fonction x 7−→ xf (x) est donnée par f (x) + xf ′ (x).
D’autre part, on a
‚Z Z f (x) Œ′
x
−1
f (t) dt + f (t) dt = f (x) + f −1 (f (x))f ′ (x) = f (x) + xf ′ (x).
0 0

Comme les deux membres ont la même dérivée alors ils diffèrent d’une constante,
mais comme ils prennent la même valeur au point 0, on déduit que :
Z x Z f (x)

xf (x) = f (t) dt + f −1 (t) dt.


0 0

2. On a d’après la question précédente :

Z x Z y ‚ Z f (x) Œ Z y
−1 −1
f (t) dt + f (t) dt = xf (x) − f (t) dt + f −1 (t) dt
0 0 0 0
252 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Z y

= xf (x) + f −1 (t) dt.


f (x)

⋄ Si f (x) ≤ y : Z y

alors pour tout t ∈ [f (x), y] on a x = f −1


(f (x)) ≤ f −1
(t) et donc x dx ≤
Z y Z y f (x)

f −1 (t) dt, c’est-à-dire x(y − f (x)) ≤ f −1 (t) dt. D’où


f (x) f (x)

Z y Z x Z y
−1
xy ≤ xf (x) + f (t) dt = f (t) dt + f −1 (t) dt.
f (x) 0 0

⋄ Si f (x) ≥ y :
la même démonstration que ci-dessus nous conduit à l’inégalité demandée.
On a égalité lorsque y = f (x) (voir question (1)).
3. On pose f (t) = tp−1 , alors l’inégalité de la question (2) nous donne le résultat
demandé :
xp y q p
xy ≤ + avec q= .
p q p−1

Exercice 4.13 K
Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue et positive. Montrer que

Z 1
b n
n
lim f (x) dx = sup f (x).
n→+∞ a x∈[a,b]

Soit M = sup f (x). Si M = 0 alors f est identiquement nulle et le résultat


x∈[a,b]
est vrai. Supposons M > 0 et fixons 0 < ε < M, alors on a pour tout x ∈ [a, b] :
f (x)n ≤ M n et donc

Z 1 Z 1
b n b n 1
n n
f (x) dx ≤ M = (b − a) n M. (1)
a a

D’autre part, comme f est une application continue sur le segment [a, b], alors il
existe c ∈ [a, b] tel que f (c) = M et il existe un segment [α, β], non réduit à un
point, sur lequel on a f (x) ≥ M − ε. D’où

Z 1 Z 1 Z 1
b n β n β n 1
n n n
f (x) dx ≥ f (x) dx ≥ (M − ε) dx = (β − α) n (M − ε). (2)
a α α

Des relations (1) et (2) on déduit que

Z 1
1 b n 1
n
(β − α) (M − ε)
n ≤ f (x) dx ≤ (b − a) n M.
a
4.7. EXERCICES 253

On peut trouver un entier N tel que si n ≥ N alors

1 2ε ε 1
(b − a) n < 1 + et 1− < (β − α) n .
M M −ε

D’où, pour tout n ≥ N on a



Z 1
b n

f (x)n dx −M
< 2ε,
a

ce qui termine la démonstration.

Exercice 4.14 K
1. Calculer l’intégrale Z 2π
cos2p (x) dx
0

où p est un entier naturel.


2. Calculer l’intégrale
Z π
2
J(p, q) = cosp (t) sinq (t) dt
0

dans le cas où les entiers naturels p et q sont tous deux impairs, puis dans le cas où p
et q sont tous les deux pairs. 

1. On sait que : 8
>
1 Z 2π
2i(l−p)x
< 0 si l 6= p,
e dx =
2π 0 >
: 1 si l = p.

eix + e−ix
Comme cos(x) = , alors
2
Z 2π Z 2π ‚ ix Œ2p Z 2π 2p
2p e + e−ix (e2ix + 1)
cos (x) dx = dx = dx
0 0 2 0 22p e2pix
! € Š
2p Z 2π 2p
1 X 2p p
= 2p e2i(l−p)x dx = 2π .
2 l=0 l 0 22p

2. Calculons l’intégrale
Z π
2
cos2n+1 (t) sin2m+1 (t) dt.
0

On fait le changement de variable, de classe C 1 , x = sin2 (t), alors on obtient


Z π
2 2n+1 2m+1 1Z 1
cos (t) sin (t) dt = (1 − x)n xm dx.
0 2 0
254 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Z 1

Or, si on pose I(n, m) = (1 − x)n xm dx, alors on a par intégration par parties :
0

– ™
(1 − x)n+1 m m Z1 m
I(n, m) = − x + (1 − x)n+1 xm−1 dx = I(n + 1, m − 1).
n+1 n+1 0 n+1

Par conséquent, on déduit que


Z 1 Z 1
n m m(m − 1) · · · 1
(1 − x) x dx = (1 − x)n+m dx,
0 (n + 1)(n + 2) · · · (n + m) 0

c’est-à-dire
Z π Z 1
2 2n+1 2m+1 1 m(m − 1) · · · 1
cos (t) sin (t) dt = × (1 − x)n+m dx
0 2 (n + 1)(n + 2) · · · (n + m) 0
1 m!n! 1
= × ×
2 (n + m)! m + n + 1
1
= € Š.
2(n + m + 1) n+m
n

Calculons maintenant l’intégrale


Z π
2
J(2n, 2m) = cos2n (t) sin2m (t) dt.
0

Posons I(n, m) = J(2n, 2m), alors on a par intégration par parties (en prenant
u′ = cos2n (t) sin(t) et v = sin2m−1 (t)) :
– ™π
cos2n+1 (t) sin2m−1 (t) 2
2m − 1 Z π2
I(n, m) = − + cos2n+2 (t) sin2m−2 (t) dt
2n + 1 0 2n + 1 0
2m − 1
= I(n + 1, m − 1).
2n + 1

Donc
Z π Z π
2 2m − 1 2m − 3 1 2
cos2n (t) sin2m (t) dt =
× ×· · ·× cos2(n+m) (t) dt
0 2n + 1 2n + 3 2n + 2m − 1 0
(2m)! (2n)!(2n + 2)(2n + 4) · · · (2n + 2m) Z π2
= m · · cos2(n+m) (t) dt
2 m! (2n + 2m)! 0
Z π
(2m)!2 (2n)!(n + m)! 2
m
= cos2(n+m) (t) dt.
2 m!(2n + 2m)!n! 0
m
4.7. EXERCICES 255

Or, on connaît la valeur des intégrales de Wallis (voir exercice 4.7) :


€ Š
Z π 2n
2 2n n π
cos (t) dt = · .
0 4n 2

D’où, on conclut que


Z π
2 (2n)!(2m)! π
cos2n (t) sin2m (t) dt = · .
0 n!m!(n + m)!4n+m 2

Exercice 4.15 K
Pour (n, x) ∈ N×]0, π[, calculer la valeur de l’intégrale (on admet qu’une telle intégrale
existe)
Z π
cos(nt) − cos(nx)
In = dt.
0 cos t − cos x

Calculons la valeur de l’intégrale In . On a

cos(n + 2)x + cos x = 2 cos(n + 1)x cos x,

et par suite :
Z π

In+2 − 2 cos x × In+1 + In = 2 cos(n + 1)t dt = 0.


0

D’où, In vérifie une relation de récurrence linéaire d’ordre 2 dont l’équation carac-
téristique est donnée par :
€ Š € Š
X 2 − 2 cos xX + 1 = X − eix × X − e−ix .

Donc, il existe deux constantes réelles α et β telles que :

In = α cos(nx) + β sin(nx), ∀ n ∈ N.

π
Comme I0 = 0 et I1 = π, alors on déduit que α = 0 et β = , et ainsi
sin x

sin(nx)
In = π , ∀ n ∈ N.
sin x

Exercice 4.16 K
Première formule de la moyenne
Soient a et b deux réels tels que a < b, et f, g deux fonctions continues sur le segment
256 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

[a, b]. Montrer que si g est positive sur [a, b], alors il existe c ∈ [a, b] tel que :
Z b Z b
f (x)g(x) dx = f (c) g(x) dx.
a a

Deuxième formule de la moyenne


Soient f une fonction à valeurs réelles positives de classe C 1 et décroissante sur [a, b] et
g une fonction continue sur [a, b]. Montrer qu’il existe c ∈ [a, b] tel que :
Z b Z c

f (x)g(x) dx = f (a) g(x) dx.


a a

première formule de la moyenne :


La fonction f est continue sur le segment [a, b], donc il existe deux réels α et β tels
que

m := inf f (x) = f (α) et M := sup f (x) = f (β).


x∈[a,b] x∈[a,b]

Comme g ≥ 0, alors mg(x) ≤ f (x)g(x) ≤ Mg(x) et pour tout x ∈ [a, b] :


Z b Z b Z b

m g(x) dx ≤ f (x)g(x) dx ≤ M g(x) dx.


a a a

Z b Z b

Si g(x) dx = 0, alors on a f (x)g(x) dx = 0 et par suite tout point c ∈ [a, b]


a a
convienne.
Z b Z b

Si g(x) 6= 0, alors γ := g(x) dx > 0 et


a a

Z b
1
δ := f (x)g(x) dx ∈ [f (α), f (β)].
γ a

Grâce au théorème des valeurs intermédiaires, on déduit qu’il existe c ∈ [α, β] tel
que δ = f (c), c’est-à-dire
Z b Z b

f (x)g(x) dx = f (c) g(x) dx.


a a

deuxième formule
Z x
de la moyenne :
Soit G(x) := g(t) dt, alors on a par intégration par parties :
a

Z b Z b

f (x)g(x) dx = f (b)G(b) − f ′ (x)G(x) dx.


a a

La fonction x 7−→ G(x) est continue sur le segment [a, b] donc elle est bornée et
4.7. EXERCICES 257

atteint ses bornes m = min G(x) et M = sup G(x). De plus, comme f est à
x∈[a,b] x∈[a,b]
valeurs positives, alors

mf (b) ≤ f (b)G(b) ≤ Mf (b).

Puisque f est de classe C 1 et décroissante alors f ′ (x) ≤ 0 et on a par suite

Mf ′ (x) ≤ f ′ (x)G(x) ≤ mf ′ (x).

On obtient donc par intégration :


Z b

M (f (b) − f (a)) ≤ f ′ (x)G(x) dx ≤ m (f (b) − f (a)) .


a

D’où
Z b

mf (b) − m (f (b) − f (a)) ≤ f (x)g(x) dx ≤ Mf (b) − M (f (b) − f (a))


a

c’est-à-dire Z b

mf (a) ≤ f (x)g(x) dx ≤ Mf (a).


a
Z b

Si f (a) = 0, alors on a f (x)g(x) dx = 0 et la formule est par suité vérifiée pour


a
tout c ∈ [a, b].
Si f (a) 6= 0, alors on a f (a) > 0 et

1 Zb
m ≤ f (x)g(x) dx ≤ M.
f (a) a

D’où, il existe c ∈ [a, b] tel que

1 Zb Z c

f (x)g(x) dx = G(c) := g(x) dx.


f (a) a a

par application du théorème des valeurs intermédiaires pour la fonction continue G.

Exercice 4.17 K
Soit f : [0, π] −→ R une fonction continue. Montrer que
Z π Z π
2
lim f (x) | sin(nx)| dx = f (x) dx.
n→+∞ 0 π 0

On a
Z π n−1 Z (k+1)π
X n
f (x) | sin(nx)| dx = kπ
f (x) | sin(nx)| dx.
0 k=0 n
258 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

– ™
kπ (k + 1)π
f est continue sur chaque intervalle , et | sin(nx)| ≥ 0, donc d’après
n– n ™
kπ (k + 1)π
la formule de la moyenne il existe ζk ∈ , tel que
n n
Z (k+1)π Z (k+1)π
n n


f (x) | sin(nx)| dx = f (ζk ) kπ
| sin(nx)| dx.
n n

Or
Z (k+1)π
n 1 Z (k+1)π 1Zπ 2
| sin(nx)| dx = | sin t| dt = sin u du =

n
n kπ n 0 n

Par suite
Z π
2 n−1
X
f (x) | sin(nx)| dx = f (ζk ) .
0 n k=0
Finalement, grâce aux sommes de Riemann, on déduit que :
Z π Z π
2
lim f (x) | sin(nx)| dx = f (x) dx.
n→+∞ 0 π 0

Exercice 4.18 K
Montrer que pour toute fonction f : R −→ R de classe C 1 et 2π-périodique on a :
Z 2π Z 2π
1
sup |f (x)| ≤ |f ′ (x)| dx + |f (x)| dx.
x∈R 0 2π 0

Comme f est continue et 2π-périodique, alors il existe xm et xM éléments de


[0, 2π] tels que :

|f (xm )| = min |f (x)| et |f (xM )| = sup |f (x)|.


x∈[0,2π] x∈[0,2π]

Comme f est de classe C 1 , alors on a :


Z Z 2π
xM
|f (xM ) − f (xm )| =
f ′ (x) dx ≤ |f ′(x)| dx.
xm 0

Par suite Z 2π

|f (xM )| ≤ |f (xm )| + |f ′ (x)| dx.


0
Z 2π

Or, |f (x)| dx ≥ 2π × |f (xm )|, et par conséquent :


0

Z 2π
1 Z 2π
sup |f (x)| ≤ |f ′ (x)| dx + |f (x)| dx.
x∈R 0 2π 0
4.7. EXERCICES 259

Exercice 4.19 K
Sommes de Riemann
1. Calculer la limite de la suite

1 È
xn = n
(n + 1)(n + 2) · · · (2n).
n

2. Calculer la limite de la suite

r1 + r2 + · · · + rn
un =
n2

où rk est le reste de la division euclidienne de n par k (n et k sont deux entiers ≥ 1).


3. Calculer la limite de la suite
n   
Y 1 k
vn = 1+ f
k=1
n n

où f : [0, 1] −→ R est une application continue.


4. Calculer la limite de la suite
   
1 n−1
X k k+1
wn = f g
n k=0 n n

où f, g : [0, 1] −→ R sont deux applications continues. 

1. On a Ê   
1 2 n‹
xn = n
1+ 1+ ··· 1+ ,
n n n
‚ Œ
1X n
k
et par suite ln(xn ) = ln 1 + . C’est donc une somme de Riemann de la
n k=1 n
Z 1

fonction x 7−→ ln(1 + x) sur [0, 1], la limite est donc ln(1 + x) dx = 2 ln(2) − 1.
0
Par conséquent, lim xn = e2 ln(2)−1 = 4e−1 .
n→+∞ š 
2. On sait que le quotient de la division euclidienne de n par k est égal à n
k
, d’où
š 
rk = n − nk k et
n › ž
1X n k
un = 1 − .
n k=1 k n
š 
Il s’agit donc d’une somme de Riemann de la fonction x 7−→ 1
x
x sur l’intervalle
[0, 1]. On a alors : Z 1 
1
lim un = 1− x dx.
n→+∞ 0 x
3. La fonction f est continue sur le segment [0, 1], donc elle est bornée par un certain
M. Le développement limité à l’ordre 2 en 0 de la fonction x 7−→ ln(1 + x) donne
260 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

(pour n assez grand et k ∈ J1, nK) :


‚ ‚ ŒŒ ‚ Œ

1 k 1 k
M 2α
ln 1 + f − f ≤ ,
n n n n n2

où α est une constante positive. Posons wn = ln(vn ), alors


‚ Œ

1X n
k
M 2α
wn − f ≤ .
n k=1 n n
Z 1

Par suite, on voit que la suite (wn )n≥1 est convergente et sa limite est f (x) dx,
Z 0 
1
et par conséquent la suite (vn )n≥1 est convergente et sa limite est exp f (x) dx .
0
‚ Œ ‚ Œ Z 1
1 n−1
X k k
4. Soit zn = f g , alors on sait que lim zn = f (x)g(x) dx. On
n k=0 n n n→+∞ 0
va montrer que lim (zn − wn ) = 0. En effet, soit ε > 0, il existe η > 0 tel que
n→+∞
ε
|x − y| ≤ η =⇒ |g(x) − g(y)| ≤ (continuité de g), et donc on a
2kf k

1 ε
n ≥ =⇒ |zn − wn | ≤ .
η 2
Z 1

Ainsi, on a zn − wn → 0 et lim wn = f (x)g(x) dx.


n→+∞ 0

Exercice 4.20 K Z 1

Soit f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle que f (x) dx = 0. On pose


0

m = min f (x) et M = max f (x).


x∈[0,1] x∈[0,1]

Montrer que Z 1
f 2 (x) dx ≤ −mM.
0

Par définition de m et M on a pour tout x ∈ [0, 1] : (f (x) −m) ×(f (x) −M) ≤ 0.
Donc, en développant

f 2 (x) ≤ −mM + (m + M)f (x). (1)

En intégrant, entre 0 et 1, la relation (1) on déduit que :


Z 1 Z 1 Z 1
2
f (x) dx ≤ (−mM + (m + M)f (x)) dx = −mM + (m + M) f (x) dx = −mM.
0 0 0
4.7. EXERCICES 261

Exercice 4.21 K
Soit n ≥ 2 un entier naturel et f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle que
Z 1
1 1
f (x) dx = 1+ + ··· + .
0 2 n

Montrer qu’il existe x0 ∈ ]0, 1[ tel que :

1 − xn0
f (x0 ) = .
1 − x0

Considérons la fonction g : [0, 1] −→ R définie par :


€ Š
g(x) = f (x) − 1 + x + · · · + xn−1 .

La fonction g est continue et on a :


Z 1 Z 1 Z 1
€ Š
g(x) dx = f (x) dx − 1 + x + · · · + xn−1 dx
0 0 0
Z 1  
1 1
= f (x) dx − 1 + + · · · + = 0.
0 2 n

D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe x0 ∈ ]0, 1[ tel que g(x0 ) = 0,
c’est-à-dire :
1 − xn0
f (x0 ) = 1 + x0 + · · · + x0n−1 = .
1 − x0

4.7.3 Exercices d’entraînement

Exercice 4.22 KK
Lemme de Riemann-Lebesgue
Soient a < b deux réels et f : [a, b] −→ C une application continue par morceaux. On
pose, pour tout α ∈ C,
Z b
Iα = f (x)eiαx dx.
a

1. On suppose, dans cette question, que f est de classe C 1 sur [a, b]. Montrer qu’il existe
un réel c ≥ 0 tel que
c
|Iα (f )| ≤ , ∀α > 0.
α
En déduire la limite de Iα (f ) lorsque α → +∞.
2. Montrer que si f est continue par morceaux, alors lim Iα (f ) = 0.
α→+∞
262 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

3. Soient T > 0 et g : R −→ C une application T -périodique. Montrer que :


Z b Z  Z 
1 T b
lim g(αx)f (x) dx = g(x) dx f (x) dx .
α→+∞ a T 0 a

4. Applications :
Calculer les limites suivantes :
(i)
Z 2π
| sin(nx)|
lim dx.
n→+∞ π x
(ii)
Z 4π
sin(nx)
lim n dx.
n→+∞ 2π x2
(iii) Z π
sin x
lim dx.
n→+∞ 0 1 + cos2 (nx)

1. Comme f est de classe C 1 , alors on peut intégrer par parties. On a pour tout
α>0:
 
Z b
1 iαx b
f ′ (x) iαx
Iα = e f (x) − e dx
iα a a iα
eiαb f (b) − eiαa f (a) 1 Zb ′
= − f (x)eiαx dx.
iα iα a

f ′ étant continue sur le segment [a, b], elle est alors bornée (par M), et on a par
conséquent :
|f (b)| + |f (a)| + (b − a)M c
|Iα | ≤ := .
α α
On en déduit que lim Iα (f ) = 0.
α→+∞
2. Si f est une constante égale à c ∈ C, alors on a pour tout α > 0 :
Z b
c(eiαb − eiαa ) 2|c|
Iα (f ) = c eiαx dx = et donc |Iα (f )| ≤ −−−−→ 0.
a iα α α→+∞

Si f est en escalier, alors on applique ce qui précède à chacun des intervalles sur
l’intérieur desquels f est égale à une constante. Donc, dans ce cas aussi on a :
lim Iα (f ) = 0.
α→+∞
Supposons maintenant que f est continue par morceaux. Soit ε > 0, il existe alors
une fonction escalier ϕ : [a, b] −→ C telle que :

|f (x) − ϕ(x)| ≤ ε, ∀x ∈ [a, b].


4.7. EXERCICES 263

On a alors, pour tout α > 0, |Iα (f − ϕ)(x)| ≤ ε(b − a), et par conséquent

|Iα (f )| ≤ |Iα (ϕ)| + |Iα (f − ϕ)| ≤ |Iα (ϕ)| +ε(b − a).


| {z }
→0

Donc, on a lim Iα (f ) = 0.
α→+∞
3. On va faire un raisonnement identique à celui de la question ci-dessus, on suppose
d’abord que f est égale à une constante, puis que f est en escalier, et enfin f est
continue par morceaux.
Si f est une constante égale à c ∈ C, alors on a pour tout α > 0 :
Z b Z b
c Z αb
f (x)g(αx) dx = c g(αx) dx = g(t) dt.
a a α αa
š 
Soit n(α) = max{k ∈ N , αa + kT ≤ αb} = α b−a
T
, alors

Z b Z αa+(k+1)T
c n(α)−1
X c Z αb
f (x)g(αx) dx = g(t) dt + g(t) dt,
a α k=0 αa+kT α αa+n(α)T
Z T
c n(α)−1
X c Z αb
= g(t) dt + g(t) dt, g est T − périodique,
α k=0 0 α αa+n(α)T
Z T
c c Z αb
= n(α) g(t) dt + g(t) dt.
α 0 α αa+n(α)T

Or,
œ Ÿ
c Z αb cZT n(α) 1 b−a



g(t) dt ≤ |g(t)| dt −−−−→ 0 et = α −−−−→ 0,
α αa+n(α)T α 0 α→+∞ α α T α→+∞

donc Z b
c(b − a) Z T
lim f (x)g(αx) dx = g(x) dx.
α→+∞ a T 0

Maintenant, si f est en escalier, alors la restriction de f à chacun des sous-intervalles


d’une subdivision adaptée à f est une constante, et alors grâce au résultat montré
ci-dessus, on déduit que le résultat reste vrai dans ce cas là aussi. Finalement, on
suppose que f est continue par morceaux, alors pour tout ε > 0, il existe une fonction
en escalier ϕ : [a, b] −→ C telle que

|f (x) − ϕ(x)| ≤ ε, ∀ x ∈ [a, b].

On a alors pour tout α > 0 :


264 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Z Z  Z 
b 1 b b

f (x)g(αx) dx − g(x) dx f (x) dx

Z
a T a

a
Z b
b

f (x)g(αx) dx − ϕ(x)g(αx) dx +

a a
Z Z  Z 
b 1 T b
+ ϕ(x)g(αx) dx − g(x) dx ϕ(x) dx
+

a T 0 a
Z  Z 
1 T b
+
g(x) dx (ϕ − f )(x) dx
.
T 0 a

Posons M := sup |g(x)|, alors on obtient :


x∈[a,b]

Z Z b
b

f (x)g(αx) dx − ϕ(x)g(αx) dx ≤ M(b − a)ε,
a a
 Z T  Z 
1 b

g(x) dx (ϕ − f )(x) dx
≤ M(b − a)ε.
T 0 a

Or, comme le résultat est établi pour le cas g en escalier, il existe α0 > 0 tel que si
α ≥ α0 alors on a :
Z Z  Z 
b 1 T b

ϕ(x)g(αx) dx − g(x) dx ϕ(x) dx
≤ε et donc
Z
a T 0 a
Z  Z 
b 1 T b

f (x)g(αx) dx − g(x) dx f (x) dx
≤ (1 + 2(b − a)M)ε.
a T 0 a

En conclusion, on a montré que :


Z b Z  Z 
1 T b
lim g(αx)f (x) dx = g(x) dx f (x) dx .
α→+∞ a T 0 a

4. applications :
On trouve que les limites respectives sont :

2 ln 2 3 √
, et 2.
π 16π 2

Exercice 4.23 KK
Soit g : [0, 1] −→ R une application continue telle que

g(x)
lim existe et est finie.
x→0+ x
4.7. EXERCICES 265

1. Montrer que, pour toute fonction f : [0, 1] −→ R de classe C 1 , on a :


Z 1 Z 1
n g(x)
lim n f (x)g(x ) dx = f (1) dx.
n→+∞ 0 0 x

2. applications : Calculer les limites suivantes :


(i)
Z 1
xn f (x)
lim n dx,
n→+∞ 0 1 + x2n
(ii)
Z 1

lim f (x) ln(1 + xn ) dx,


n→+∞ 0

où f : [0, 1] −→ R est une application continue. 

1. On utilise une intégration par parties. Posons


Z x
g(t)
G(x) = dt,
0 t

alors on a
Z 1 Z 1 Z 1
n g(xn )
n
n f (x)g(x ) dx = n x f (x) n dx = (xf (x))(G(xn ))′ dx
0 0 x 0
Z 1

= [G(x n
)xf (x)]10 − (xf ′ (x) + f (x)) G(xn ) dx,
0
Z 1 Z 1
g(x)
= f (1) dx − (xf ′ (x) + f (x)) G(xn ) dx.
0 x 0

Z 1

Montrons que lim (xf ′ (x) + f (x)) G(xn ) dx = 0. On a


n→+∞ 0

Z Z 1 Z 1
1

(xf ′ (x) + f (x)) G(xn ) dx ≤ |xf ′ (x) + f (x)| × |G(xn )| dx ≤ A |G(xn )| dx,
0 0 0

où A := max |xf ′ (x) + f (x)|. Il nous reste à montrer, et pour conclure, que
x∈[0,1]

Z 1

lim |G(xn )| dx = 0.
n→+∞ 0

Soit α ∈]0, 1[, alors


Z 1 Z α Z 1

|G(xn )| dx = |G(xn )| dx + |G(xn )| dx ≤ α|G(ξnn)| + (1 − α) max |G(x)|,


0 0 α x∈[0,1]

où ξn ∈ [0, α].
Soit ε > 0 tel que α > 1 − ε
, alors puisque lim |G(ξnn)| = 0 on a
2 max |f (x)| n→+∞
x∈[0,1]
266 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

α|G(ξnn)| < ε
2
pour n assez grand. D’où
… Ǒ
Z 1
ε ε ε
|G(xn )| dx ≤ + (1 − α) max |f (x)| < + 1−1+ = ε.
0 2 x∈[0,1] 2 2 max |f (x)|
x∈[0,1]

En conclusion, on a montré que


Z 1 Z 1
g(x)
lim n f (x)g(xn ) dx = f (1) dx.
n→+∞ 0 0 x

2. application :
x
(i) On applique le résultat de la question précédente avec g(x) = , alors on
1 + x2
déduit que
Z 1 Z 1
xn f (x) 1 π
lim n dx = f (1) dx = f (1) · .
n→+∞ 0 1 + x2n 0 1 + x2 4

(ii) On applique le résultat de la question précédente avec g(x) = ln(1 + x), alors on
déduit que
Z 1 Z 1
ln(1 + x) π2
lim n f (x) ln(1 + xn ) dx = f (1) dx = f (1) · .
n→+∞ 0 0 x 12

Exercice 4.24 KK
1. Montrer que les suites
n n
X (−1)k+1 X (−1)k+1
an = et bn =
k=1
k k=1
2k − 1

sont convergentes, et calculer leurs limites.


2. Soit f : [0, 1] −→ R une fonction continue. Montrer que
(i)
Z 1
lim xn f (x) dx = 0.
n→+∞ 0

(ii)
Z 1
lim n xn f (x) dx = f (1).
n→+∞ 0

(iii)
Z 1
lim n e−nx f (x) dx = f (0).
n→+∞ 0

1. On a Z 1

an = Pn (1) = Pn′ (x) dx


0
4.7. EXERCICES 267

n
X (−1)k+1 k 1 − (−1)n X n
où Pn (X) = X . On a Pn′ (X) = , d’où pour tout n ≥ 1 :
k=1 k 1+X

Z 1 Z 1 Z 1
1 − (−x)n 1 n+1 xn
an = dx = dx + (−1) dx.
0 1+x 0 1+x 0 1+x

Or Z 1 Z 1
xn 1
0 ≤ dx ≤ xn dx = −−−→ 0
0 1+x 0 n+1 n→∞
Z 1
1
donc on conclut que lim an = dx = ln(2).
n→+∞ 0 x+1
Z 1 n
X (−1)k+1 2k−1
De même, on a bn = Qn (1) = Q′n (x) dx où Qn (X) = X . D’où
0 k=1 2k − 1

Z 1 Z 1 Z 1
1 − (−x2 )n dx x2n
bn = dx = +(−1)n+1 dx .
0 1+x 2
|
0 1+x
{z
2
} |
0 1+
{z
x2 }
R1
= π4 ≤ 1
x2n dx= 2n+1 →0
0

π
Donc, on a lim bn = .
n→+∞ 4
2.
(i) L’application f est continue sur le segment [0, 1] donc elle est bornée et atteint
ses bornes. Par suite, on a :

Z Z 1 max |f (x)|
1 x∈[0,1]
n n

x f (x) dx
≤ x · |f (x)| dx ≤ −−−→ 0.
0 0 n+1 n→∞

Par conséquent, on a Z 1

lim xn f (x) dx = 0.
n→+∞ 0

(ii) Montrons maintenant que


Z 1

lim n xn f (x) dx = f (1).


n→+∞ 0

La fonction f est continue en 1, donc

∀ ε > 0, ∃ η ∈ ]0, 1[ : ∀ x ∈ [0, 1], 1 − η ≤ x < 1 =⇒ |f (x) − f (1)| ≤ ε.

On a (en notant kf k∞ = max |f (x)|)


x∈[0,1]

Z 1 Z 1

n n
(n + 1)

x f (x) dx − f (1) = (n + 1)


x (f (x) − f (1)) dx

0 0
Z 1−η

≤ (n + 1) xn |f (x) − f (1)| dx+


0
268 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Z 1

+ (n + 1) xn |f (x) − f (1)| dx
1−η
Z 1−η

≤ (n + 1) (1 − η)n 2kf k∞ dx+


0
Z 1

+ (n + 1) xn ε dx
1−η

≤ 2(n + 1)(1 − η)n+1 kf k∞ + ε −−−−→ 0.


n→+∞

Z 1

Donc, on a montré que (n + 1) xn f (x) dx −→ f (1) et par suite on a aussi :


0

Z 1

lim n xn f (x) dx = f (1).


n→+∞ 0

(iii) Montrons maintenant que


Z 1

lim n e−nx f (x) dx = f (0).


n→+∞ 0

On suppose, tout d’abord, que f est de classe C 1 . Alors, par intégration par parties,
on a :
Z 1 – ™1
−nx e−nx 1 Z 1 −nx ′
e f (x) dx = − f (x) + e f (x) dx
0 n 0 n 0
f (0) − e−n f (1) 1 Z 1 −nx ′
= + e f (x) dx.
n n 0

Or
Z Z 1 Z 1 ‚ Œ
1
−nx ′

−nx ′ −nx ′ ′ 1 e−n

e f (x) dx ≤
e |f (x)| dx ≤ e kf k∞ dx = kf k∞ − .
0 0 0 n n

Donc, on conclut que


Z 1 Z 1
−n −nx ′
lim e f (1) + e f (x) dx = 0 et lim n e−nx f (x) dx = f (0).
n→+∞ 0 n→+∞ 0

Revenons maintenant au cas où f est supposée continue seulement. Comme


Z 1

n e−nx f (0) dx = −f (0)e−n + f (0),


0

alors
Z 1 Z 1 Z 1

−nx −nx −nx −n

n e f (x) dx − f (0) ≤ n


e f (x) dx − n e f (0) dx − f (0)e
0 0 0
4.7. EXERCICES 269
Z 1

≤n e−nx |f (x) − f (0)| dx + |f (0)|e−n .


0

Comme f est continue en 0, alors

ε
∀ ε > 0, ∃η > 0 : ∀ x ∈ [0, 1], |x| ≤ η =⇒ |f (x) − f (0)| ≤ .
2

Donc (en notant toujours kf k∞ = max |f (x)|)


x∈[0,1]

Z 1 Z η Z 1

−nx −nx

n
e f (x) dx − f (0) ≤ n
e |f (x) − f (0)| dx + n e−nx |f (x) − f (0)| dx
0 0 η
ε Z η −nx Z 1

+ |f (0)|e−n ≤ n e dx + 2nkf k∞ e−nx dx + |f (0)|e−n


2 0 η
ε € Š
≤ (1 − enη ) + 2kf k∞ −e−n + e−nη + |f (0)|e−n .
2 | {z } | {z }
≤1 −−−−→ 0
n→+∞

En conclusion, on a bien
Z 1

lim n e−nx f (x) dx = f (0).


n→+∞ 0

Exercice 4.25 KK
Soit f : [0, 1] −→ R une fonction continue telle que pour tout x, y ∈ [0, 1] :

xf (y) + yf (x) ≤ 1. (1)

1. Montrer que Z 1
π
f (x) dx ≤ .
0 4
Z 1
π
2. Trouver une fonction f qui vérifie la relation (1) et telle que f (x) dx = . 
0 4

1. Les changements de variables x = sin(t) et x = cos(t) donnent la relation


Z 1 Z π Z π
2 2
f (x) dx = f (sin t) cos t dt = f (cos t) sin t dt.
0 0 0

Donc
Z 1 Z π ‹ Z π
2 2 π
2 f (x) dx = f (sin t) cos t + f (cos t) sin t dt ≤ 1 dt = .
0 0 0 2
270 CHAPITRE 4. INTÉGRATION


2. Soit f (x) = 1 − x2 avec x ∈ [0, 1], alors on a d’une part
Z 1 √ Z π
2 π
1− x2 dx = cos2 (t) dt = ,
0 0 4

et d’autre part si x = sin(ϕ) et y = cos(ψ), alors

xf (y) + yf (x) = sin(ϕ) cos(ψ) + sin(ψ) cos(ϕ) = sin(ϕ + ψ) ≤ 1.

Exercice 4.26 KK
Inégalité de Poincaré (cas particulier)
Soit f : [0, 1] −→ R une application de classe C 1 telle que f (0) = 0. Montrer que

Z 1
1 2 2
sup |f (x)| ≤ ′ f (x) dx .
x∈[0,1] 0

Soit x ∈ [0, 1], alors comme f (0) = 0 et d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz :


Z Z x ‹ 1 Z x ‹1
x 2 2
′ ′ 2 2
|f (x)| =
f (t) dt
≤ |f (t)| dt 1 dt
0 0 0
Z x ‹1 Z 1
2 1 2
≤ |f ′(t)|2 dt ≤ |f ′ (t)|2 dt .
0 0

Z 1
1 2
2
Donc, on a : sup |f (x)| ≤ |f ′ (x)| dx .
x∈[0,1] 0

Exercice 4.27 KK
1. Calculer Z π
2 sin ((2n + 1)x)
In = dx, n ∈ N.
0 sin(x)
2. Montrer que la fonction
˜ ˜
π 1 1
f : 0, −→ R, x 7−→ −
2 sin x x

se prolonge continûment en 0, et que la fonction prolongée est de classe C 1 .


3. Montrer que
Z π
2
lim sin ((2n + 1)x) f (x) dx = 0.
n→+∞ 0

4. Montrer que Z X
sin x π
lim dx = .
X→+∞ 0 x 2
4.7. EXERCICES 271

Z π
2 sin x π
1. Pour n = 0, on a I0 = dx = , et pour n ≥ 1, on a :
0 sin x 2
Z π
sin ((2n + 3)x) − sin ((2n + 1)x)
2
In+1 − In = dx
0 sin x
Z π
2 sin(x) cos ((2n + 2)x)
= 2 dx
0 sin(x)
Z π
2
= cos ((2n + 2)x) dx
0
2 π
= [sin ((2n + 2)x)]02
2n + 2
= 0.

π
Donc, on déduit que In = pour tout n ∈ N.
2
2. En utilisant le développement limité du sinus en 0, on voit que lim f (x) = 0,
x→0 — —
on complète alors f en posant f (0) = 0, alors f est de classe C 1 sur 0, π2 et
€ Š
x2 x2
f ′ (x) = − sin2 x + x2 = − x2 1 − 2 + 3 + o(x ) − 1
cos x 1 1 2
−→ 16 . En conclusion, f est
t→0 ” —
dérivable en 0, de dérivée 61 , et cette dérivée est continue sur 0, π2 .
3. Une intégration par parties nous permet d’écrire :

Z π
2
sin ((2n + 1)x) f (x)dx
0

– ™π Z π
cos((2n + 1)x) 2 1 2
=
− f (x) + cos ((2n + 1)x) f ′ (x) dx

2n + 1 0 2n + 1 0

Z π
|f (0)| 1 2
≤ + |f ′ (x)| dx −→ 0.
2n + 1 2n + 1 0 n→∞

4. D’après la définition de la fonction f et la question (1) on a :


Z π Z π Z π
2 sin ((2n + 1)x)
2 2 sin ((2n + 1)x)
sin ((2n + 1)x) f (x) dx = dx − dx
0 0 sin x 0 x
π Z π2 sin ((2n + 1)x)
= − dx.
2 0 x

On déduit alors, grâce à la question (2), que :


Z π
2 sin ((2n + 1)x) π
lim dx = .
n→+∞ 0 x 2
272 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Le changement de variable t = (2n + 1)x nous permet de conclure que


Z
(n+ 21 )π sin t π
lim dt = .
n→+∞ 0 t 2
π € Š
Maintenant, soit X un réel strictement supérieur à , on encadre X entre n + 1
π
€ Š š  2 2
et n + 3
2
π avec n ∈ N. On pose n = X
π
− 12 , alors on a :

Z X
sin t ( 2 ) sin x
Z n+ 1 π Z X
sin x Z X sin x
dt − dx = dx ≤

dx

0 t 0 x ( ) x
n+ 1 π
2
(n+ 2 )π x
1
!
Z X
dx X
≤ = ln € Š
(n+ 2 )π x
1
n + 21 π
!
n+ 3
≤ ln 2
−→ 0.
n+ 1
2
n→∞

En conclusion, on a montré que :


Z X
sin x π
lim dx = .
X→+∞ 0 x 2

Exercice 4.28 KK
Soit f : [a, b] −→ R une fonction continue.
Montrer que si
Z b
xk f (x) dx = 0, ∀ k ∈ J0, nK
a

alors f admet au moins n + 1 zéros distincts dans [a, b]. 

Comme l’intégrale est linéaire, alors l’hyptothèse vérifiée par f nous donne
Z b

P (x)f (x) dx = 0 pour tout polynôme P de degré ≤ n.


a

Supposons, par l’absurde, que f possède au plus n zéros dans [a, b], alors il existe
au plus n zéros α1 , · · · , αn en lesquels f s’annule en changeant de signe. Posons
n
Y
P (x) = (x − αk ), alors x 7−→ P (x)f (x) est continue, garde un signe constant sur
k=1
[a, b] et vérifie
Z b

P (x)f (x) dx = 0.
a

Donc, f (x)P (x) ≡ 0, alors f s’annule en dehors des zéros de P , et donc f admet
plus que n zéros ; contradiction. En conclusion, f admet au plus n zéros distincts
dans [a, b].
4.7. EXERCICES 273

Exercice 4.29 KK
Soit f : [a, b] −→ R une fonction de classe C 2 et telle que

f (a) = f (b) = 0 et f (x) > 0, ∀ x ∈]a, b[.

Montrer que
Z b


f ′′ (x) 4
dx > .
a f (x) b−a

L’application f est continue sur le segment [a, b] donc elle est bornée et atteint
ses bornes. Soit c ∈]a, b[ un point tel que f (c) = max f (x), alors on a f ′ (c) = 0 et
x∈[a,b]
de plus
Z b
f ′′ (x) 1 Z b ′′
dx > |f (x)| dx.
a f (x) f (c) a
L’inégalité ci-dessus est stricte car il y a des points, comme a ou b, pour lesquels on
a la relation : f (x) < f (c).

f (c)

a c b

Soit d = max |f ′(x)|, alors on a


x∈[a,c]

Z c Z c

|f ′′ (x)| dx ≥ |f ′′ (x)| dx ≥ |f ′(d) − f ′ (c)| = |f ′(d)|.


a d

Or, d’après le théorème des accroissements finis on a

f (c) = f (c) − f (a) ≤ (c − a)|f ′(d)|,

et donc
1 Z c ′′ 1
|f (x)| dx ≥ .
f (c) a c−a
De même, sur l’intervalle [c, b], on a

1 Z b ′′ 1
|f (x)| dx ≥ .
f (c) c b−c
274 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

D’où, on conclut que



Z b
f ′′ (x) 1 1
> + .
a f (x) c−a b−c

Finalement, d’après la relation entre moyenne arithmétique et harmonique, on sait


que x1 +x2
2
≥ 1
2
+ x1
, c’est-à-dire 1
x1
+ 1
x2
≥ 4
x1 +x2
, et par suite
x1 2


Z b
f ′′ (x) 1 1 4
> + ≥ .
a f (x) c−a b−c b−a

Exercice 4.30 KK
1. Calculer, pour n ∈ N, la valeur de l’intégrale
Z π
x(π − x) cos(2nx) dx.
0

2. Montrer que pour tout N ≥ 1 :

N Z π
X 1 π2 x(π − x)
= + sin ((2N + 1)x) dx.
n=1
n2 6 0 sin x

3. En utilisant le lemme de Riemann-Lebesgue, déduire que

N
1 X π2
lim = .
N →+∞
n=1
n2 6

1. Par intégration par parties on a


Z π – ™
sin(2nx) π Z π sin(2nx)
x(π − x) cos(2nx) dx = x(π − x) − (π − 2x) dx
0 2n 0 0 2n
1 Zπ π Zπ
=0+ 2x sin(2nx) dx − sin(2nx) dx.
2n 0 2n 0

Une nouvelle intégration par parties nous donne :

1 Zπ π Zπ
2x sin(2nx) dx − sin(2nx) dx
2n 0 2n 0 Z
1 1 π π π
= 2 [−2x cos(2nx)]π0 + 2 cos(2nx) dx + 2 [cos(2nx)]π0 = − 2 .
4n 2n 0 4n 2n
4.7. EXERCICES 275

Donc, on a : Z π
π
x(π − x) cos(2nx) dx = − .
0 2n2
2. D’après le résultat ci-dessus on déduit que
Z π
N
X 1 2 N
X

2
= − x(π − x) cos(2nx) dx.
n=1 n π 0 n=1

Or
‚ Œ
2ix 1
N N
X X − e2iN x
cos(2nx) = cos(2nx)ℜe e
n=1 n=1 1 − e2ix
‚ Œ
XN
1 − e2iN x 2ix
= cos(2nx)ℜe e
n=1 −2ieix sin x
cos ((N + 1)x) sin(Nx)
= .
sin x

Donc
Z π
N
X 1 2 cos ((N + 1)x) sin(Nx)
= − x(π − x) dx
n=1 n
2 π 0 sin x
Z π
2 (sin((2N + 1)x) − sin x)
1
= − x(π − x) 2 dx
π0 sin x
1Zπ 1 Z π x(π − x)
= x(π − x) dx − sin ((2N + 1)x) dx
π 0 π 0 sin x
π2 1 Z π x(π − x)
= − sin ((2N + 1)x) dx.
6 π 0 sin x

Notons que l’application


x(π − x)
f : x 7−→
sin x
est continue sur [0, π] si on pose f (0) = f (π) = π.
3. D’après le lemme de Riemann-Lebesgue (exercice 3.22), on sait que
Z π
x(π − x)
lim sin ((2N + 1)x) dx = 0,
N →+∞ 0 sin x

et par suite
1N
X π2
lim = .
N →+∞
n=1 n
2 6
276 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Exercice 4.31 KK
Déterminer des réels λ, a, b, c tels que pour tout polynôme P ∈ R[X] de degré ≤ 5 :
Z +1
P (t)
√ dt = λ [ P (a) + P (b) + P (c) ] .
−1 1 − t2

Par linéarité, il suffit de vérifier la relation ci-dessus pour les éléments de la base
(1, X, X 2, X 3 , X 4 , X 5 ) de R5 [X]. On obtient respectivement :

Z +1 Z +1
dt tdt
(1) : √ = 3λ, (2) : √ = λ(a + b + c),
−1 1 − t2 −1 1 − t2
Z +1 Z +1
t2 dt 2 2 2 t3 dt
(3) : √ = λ(a + b + c ), (4) : √ = λ(a3 + b3 + c3 ),
−1 1−t 2 −1 1−t 2
Z +1 4 Z +1
t dt 4 4 4 t5 dt
(5) : √ = λ(a +b +c ), (6) : √ = λ(a5 +b5 +c5 ).
−1 1−t 2 −1 1−t 2

D’après la relation (1) on a :

1 Z +1 dt 1 π
λ = √ = [Arcsint]+1 = .
3 −1 1 − t2 3 −1
3

Par imparité, il résulte des relations (2), (4) et (6) que :

a+b+c = a3 + b3 + c3 = a5 + b5 + c5 = 0.

Les réels a, b, c peuvent être considérés comme racines d’un polynôme de degré 3 :
x3 + px + q = 0. Donc, on a en particulier :

a3 + b3 + c3 + p(a + b + c) + 3q = 0 =⇒ q = 0.

Le nombre réel p est déterminé par :

−2p = a2 + b2 + c2 = (a + b + c)2 − 2(ab + bc + ca),

c’est-à-dire

−1 Z +1 t2 dt −1 Z + π2 sin2 θ
p = √ = = cos θ dθ
2λ −1 1 − t2 t=sin θ 2λ − π2 cos θ
−1 Z + π2 3
= (1 − cos(2θ)) dθ = − .
4λ − π2 4
4.7. EXERCICES 277

D’autre part, on doit avoir :

a4 + b4 + c4 + p(a2 + b2 + c2 ) = 0

c’est-à-dire : Z +1
t4 dt 3 Z +1 t2 dt
√ − √ = 0,
−1 1 − t2 4 −1 1 − t2
ce qui se vérifie assez simplement en faisant le changement de variable t = sin θ.
3
D’où, a, b, c sont racines du polynôme : x3 − x = 0. Par exemple :
4
√ √
3 3
a=− , b = 0, c= .
2 2

En conclusion, pour tout P ∈ R5 [X] on a :

Z +1
" √ ! √ !#
P (t) π 3 3
√ dt = × P − + P (0) + P .
−1 1 − t2 3 2 2

Exercice 4.32 KK
Sommes de Riemann : étude asymptotique
1. Soit f : [0, 1] −→ R une application de classe C 1 . Montrer que
  Z 1  ‹
1 n−1
X k f (1) − f (0) 1
f − f (x) dx = − +o .
n k=0 n 0 2n n

2. On suppose dans cette question que f est de classe C 2 . Montrer qu’il existe c ∈ R tel
que :
  Z 1  ‹
1 n−1
X k f (1) − f (0) c 1
f − f (x) dx + = +o 2 .
n k=0 n 0 2n n 2 n

1. Soit
Z 1 ‚ Œ Z ‚ Œ
1 n−1
X k n−1
X
k+1
n 1 n−1
X k
un := f (x) dx − f = f (x) dx − f
0 n k=0 n k=0
k
n
n k=0 n
n−1 Z k+1 ‚ ‚ ŒŒ
X n k
= f (x) − f dx.
k=0
k
n
n

– ™
k k+1
Or, comme f est de classe C , alors lorsque x ∈ 1
, et n est assez grand
‚ Œ ‚ Œ‚ Œ
n n
k k k
les deux valeurs f (x) − f et f ′ x− sont très proches (on montre ce
n n n
278 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

résultat quelques lignes plus tard). Pour l’instant, possons :

2€ Š2 3 k+1
Z ‚ Œ‚ Œ ‚ Œ
x − nk
n−1 k+1 n−1 n
X n ′ k k X
′ k
vn := f x− dx = f 4 5

k=0
k
n
n n k=0 n 2 k
n
‚ Œ ‚ Œ!
1 n−1
X k 1 1 n−1
X k
= f′ = f′ .
2n2 k=0 n 2n n k=0 n

f (1) − f (0)
Grâce aux sommes de Riemann, on sait que lim nvn = , si on montre
 
n→+∞ 2
1
que un − vn ∼ o , alors on conclut que
+∞ n

f (1) − f (0)
lim nun = .
n→+∞ 2
 
1
Montrons alors que un − vn ∼ o , pour cela on va montrer auparavant le
+∞ n ‚ Œ
k
résultat énoncé ci-dessus concernant l’approximation du terme f (x) − f par
‚ Œ‚ Œ
n
k k
f′ x− .
n n
Soit ε > 0 donné, alors comme f ′ est continue sur le segment [0, 1], alors elle y est
uniformément continue, donc il existe n0 ∈ N∗ tel que :

1
∀ (x, y) ∈ [0, 1]2, |x − y| ≤ =⇒ |f ′(x) − f ′ (y)| ≤ ε.
n0
– ™
k k+1
Si n ≥ n0 et x ∈ , , alors d’après l’inégalité des accroissements finis on a :
n n
‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ

′ k k k k
f (x) − f − x− f′ ≤ ε x− .
n n n n

Par conséquent, on a :
‚ ‚ ŒŒ
Z k+1 Z k+1 ‚ Œ ‚ Œ
Z k+1 ‚ Œ
n ′ k n k k n k
f (x) − f dx − x− f′ dx ≤ ε x− dx
k
n
n k
n
n n k
n
n
ε
= .
2n2
ε
En sommant ces relations sur k variant entre 0 et n − 1, on arrive à |un − vn | ≤
  2n
1
(avec n ≥ n0 ). En conclusion, on a montré que un − vn ∼ o , ce qui termine la
+∞ n
démonstration.
Remarque : on peut montrer, plus généralement, que si l’intervalle [0, 1] est remplacé
4.7. EXERCICES 279

par [a, b] avec a < b alors on a :


Z b n ‚ Œ!
b−a X b−a b−a
lim f (x) dx − f a+k = [f (a) − f (b)] .
n→+∞ a n k=1 n 2

Il suffit juste de poser, pour x ∈ [0, 1], g(x) := f (a + x(b − a)) et puis appliquer le
résultat démontré à la fonction g ainsi construite.
2. On procède de la même façon que dans la question ‚ Œ
(1) sauf‚que,
Œ‚
puisqueŒ
f
k k k
est de classe C 2 , on va approcher le terme f (x) − f par f ′ x− +
€ Š ‚
n n n
Œ ‚ Œ‚ Œ
f ′′ nk k 2 k k
x− au lieu de f ′
x− comme ci-dessus. On pose alors
2 n n n
Z 1 ‚ Œ
1 n−1
X k
un = f (x) dx − f ,
0 n k=0 n
‚ Œ‚ Œ € Š ‚ Œ2 !
Z
n−1
X
k+1
n ′ k k f ′′ nk k
wn = f x− + x− dx
k=0
k
n
n n 2 n
‚ Œ ‚ Œ
1 n−1
X
′ k 1 n−1
X
′′ k
= 2 f + 3 f .
2n k=0 n 6n k=0 n

Comme f ′ est de classe C 1 , alors on peut appliquer la question (1), donc on a :


‚ Œ ‚  Œ
1 n−1
X
′ k 1 Z1 ′ f ′ (1) − f ′ (0) 1
f = f (x) dx − +o
2n2 k=0 n 2n 0 2n n
 
f (1) − f (0) f (0) − f (1)
′ ′
1
= + +o 2 .
2n 4n 2 n

Maintenant, comme f ′′ est continue, alors grâce aux sommes de Riemann, on déduit
que
‚ Œ ‚ Œ! Z 
1 n−1
X
′′ k 1 1 n−1
X k 1 1
f = 2 f ′′ = 2 ′′
f (x) dx + o(1)
6n3 k=0 n 6n n k=0 n 6n 0
 
f (1) − f (0)
′ ′
1
= +o 2 .
6n2 n

Ainsi, on a montré que


 
f (1) − f (0) f ′ (0) − f ′ (1) 1
wn = + + o .
2n 12n2 n2
280 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

 
1
Il nous reste à montrer que un − wn ∼ o 2 pour terminer la démonstration avec
+∞ n
f ′ (1) − f ′ (0)
c= . Comme dans la question précédente, et comme f ′′ est continue
12
sur le
–
segment™ [0, 1] alors elle y est uniformément continue et on a pour n ≥ n0 et
k k+1
x∈ , :
n n
‚ Œ ‚ Œ‚ Œ € Š ‚ Œ2 2

k k k f ′′ nk k
ε k
f (x) − f − f′ x− − x− ≤ x −
n n n 2 n 2 n

ε
et ainsi, on obtient après sommation : |un − wn | ≤ .
6n2

Exercice 4.33 KK
Calculer la valeur décimale à 10−4 près de l’intégrale suivante :
Z 1
2 1
I = √ dx.
0 1 + x5

1
Soit f : R+ −→ R la fonction définie par f (x) = √ . Alors, elle est de
1+x
classe C ∞ et d’après la formule de Taylor avec reste intégral on a :

x Z x ′′ x−t x 3Z x x−t
f (x) = 1− + f (t) · dt = 1− + dt.
2 0 1! 2 4 0 (1 + t) 52

x−t
Or, pour t ∈ [0, x] on a 0 ≤ 5 ≤ x − t, par suite
(1 + t) 2

3Z x x−t 3Z x 3 2
0 ≤ 5 dt ≤ (x − t) dt = x.
4 0 (1 + t) 2 4 0 8
” —
Par conséquent, pour tout x ∈ 0, 12 , on déduit que

x5 1 x5 3 10
1− ≤ f (x5 ) = √ ≤ 1− + x .
2 1 + x5 2 8
” —
La positivité de l’intégrale dans l’intervalle 0, 12 nous donne

Z 1 ‚ Œ Z 1 ‚ Œ
2 x5 2 x5 3 10
1− dx ≤ I ≤ 1− + x dx,
0 2 0 2 8

c’est-à-dire
1 1 1 1 3
− ≤ I ≤ − + .
2 {z768}
|
2 768 {z 180224}
|
≃0,49869 ≃0,49871
4.7. EXERCICES 281

En conclusion, on a
Z 1
2 1
√ dx ≃ 0, 4987.
0 1 + x5

Exercice 4.34 KK
Calculer    
n
X k k
lim sh sh .
n→+∞
k=1
n2 n

On introduit les deux suites (vu que sh(x) ∼ x au voisinage de 0) :


n ‚ Œ ‚ Œ n ‚ Œ
X k k kX k
an = sh sh et bn = sh .
k=1 n2 n k=1 n
2 n

On se propose de montrer que les suites (an ) et (bn ) ont la même limite. Tout
d’abord, grâce au théorème des sommes de Riemann, on a :
‚ Œ ‚ Œ Z 1
n
X k k 1X n
k k
bn = 2
sh = sh −−−−→ x sh(x) dx.
k=1 n n n k=1 n n n→+∞ 0

Or, par intégration par parties, on a


Z 1 Z 1

x sh(x) dx = [x ch(x)]10 − ch(x) dx = ch(1) − [sh(x)]10 = ch(1) − sh(1).


0 0

Donc, on a lim bn = ch(1) − sh(1).


n→+∞
Soit x ∈ [0, 1], alors d’après la formule de Taylor-Lagrange à l’ordre 3 sur [0, x] :

x3 x3 x3 x3
|sh(x)−x| ≤ sup |sh′′′ (t)| · ≤ sup |sh′′′ (t)| · = sup |ch(t)| · = ch(1) · .
t∈[0,x] 6 t∈[0,1] 6 t∈[0,1] 6 6

Par conséquent, on a pour tout n ≥ 1 :


‚ Œ ‚ Œ
n
X
k


k k X n
sh(1)ch(1) k 3 sh(1)ch(1)
|an − bn | ≤ sh · sh
− 2 ≤ · 6 ≤ .

k=1 n n2 n k=1 6 n 6n2

D’où

|an − (ch(1) − sh(1))| ≤ |an − bn | + |bn − (ch(1) − sh(1))|


ch(1)sh(1)
≤ + |bn − (ch(1) − sh(1))|.
6n2
282 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Donc, on a finalement
n ‚ Œ ‚ Œ
X k k
lim sh 2
sh = ch(1) − sh(1) = e−1 .
n→+∞
k=1 n n

Exercice 4.35 KK
Inégalité de Carlson (1934)
1. Soient f : [a, b] −→ R une application de classe C 1 et g : [a, b] −→ R∗+ une
application continue.
Montrer que :
Z  ‚Z Œ
€
2
Š
2 2
b
′ 2
b f (x)2
f (b) − f (a) ≤ 4 f (x) g(x) dx × dx .
a a g(x)

2. En déduire l’inégalité de carlson :


!4 ! !
n n n  ‹2
X
2
X X 1
ak ≤ π a2k × k− a2k
k=1 k=1 k=1
2

pour tout n ∈ N∗ et (a1 , · · · , an ) ∈ Rn . 

1. On a
Z 2 Z 2
€ Š b b
2 2 2 2 ′ ′
f (b) − f (a) = (f ) (x) dx = 4 f (x)f (x) dx
a a
„ Ž2
Z b
f (x) È
= 4 È × f ′ (x) g(x) dx
a g(x)
Z  ‚Z Œ
b
′ 2
b f (x)2
≤ 4 f (x) g(x) dx × dx ,
a a g(x)

par l’inégalité de Cauchy-Schwarz.


n
π X
2. On applique l’inégalité ci-dessus avec a = 0, b = , f (x) = ak cos((2k − 1)x)
2 k=1
et g ≡ 1. Donc :
!4 Z  Z 
n
X b b
ak ≤ 4 f ′ (x)2 dx × f (x)2 dx .
k=1 a a

Maintenant :
!2
Z b Z π n
2 X
′2
f (x) dx = (2k − 1)ak sin((2k − 1)x) dx
a 0 k=1
4.7. EXERCICES 283

Z π
X 2
= (2p − 1)(2q − 1)ap aq sin((2p − 1)x) × sin((2q − 1)x) dx
1≤p,q≤n 0

X ap aqZ π2
= (2p − 1)(2q − 1) (cos((2(p − q)x) − cos(2(p + q − 1)x)) dx
1≤p,q≤n 2 0
8
>
X 0 < si p 6= q, πX n
= (2p − 1)(2q − 1)ap aq × > π = (2k − 1)2 a2k .
1≤p,q≤n : si p = q, 4 k=1
4

De même, on montre que


Z b n
πX
f 2 (x) dx = a2 .
a 4 k=1 k

En conclusion, on a l’inégalité de Carlson :


!4 !  2 !
n
X n
X n
X 1
ak ≤ π2 a2k × k− a2k
k=1 k=1 k=1 2

pour tout n ∈ N∗ et (a1 , · · · , an ) ∈ Rn .

Exercice 4.36 KK
Irrationalité de π
X
Soit P ∈ R[X] un polynôme, et posons P = (−1)k P (2k) .
k≥0
1. Montrer que Z π
P (x) sin x dx = P(0) + P(π).
0

a xn (a − bx)n
2. On suppose que π = avec (a, b) ∈ N × N∗ . On pose fn (x) = .
b n!
Montrer que Z π

In := fn (x) sin x dx ∈ Z.
0

En déduire que π est irrationnel.


Irrationnalité de er avec r ∈ Q∗
xn (a − bx)n
Comme dans la première partie, on prend (a, b) ∈ N × N∗ et Pn (x) = .
 ‹ n!
(k) (k) a
3. Montrer que Pn (0) et Pn sont des entiers relatifs pour tout k ∈ N.
b
4. Montrer que
Z a
b
Jn := ex Pn (x) dx −−−−−
→ 0.
0 n→+∞
a
5. On suppose que e b est un rationnel de dénominateur d. Montrer que dJn ∈ Z pour
tout n ∈ N. En déduire que er ∈ R \ Q pour tout r ∈ Q∗ . 
284 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

1. Une double intégration par parties nous donne :


Z π Z π

P (x) sin x dx = P (π) + P (0) − P ′′ (x) sin x dx.


0 0

En faisant la même chose avec P ′′ au lieu de P , on a :


Z π Z π

P ′′ (x) sin x dx = P ′′ (π) + P ′′ (0) − P (4) (x) sin x dx.


0 0

Par suite :
Z π Z π
′′ ′′
P (x) sin x dx = (P (π) − P (π)) + (P (0) − P (0)) + P (4) (x) sin x dx.
0 0

La somme définisant P étant finie, alors en continuant la procédure ci-dessus on


arrive à : Z π

P (x) sin x dx = P(π) + P(0).


0

2. D’après la question précédente, et pour montrer que In ∈ Z, il suffit de montrer


que fn et toutes ses dérivées prennent des valeurs entières en 0 et π.
⋄ Pour x = 0 : Si p < n alors fn(p) (0) = 0 car 0 est une racine de fn de multiplicité
n. Si p ≥ n, alors par la formule de Leibniz on a :
!
p
1 X p
fn(p) (x) = (xn )(k) [(a − bx)n ](p−k) ,
n! k=0 k

et pour x = 0 :
! !
1 p p
fn(p) (0) = n! [(a − bx)n ](p−n) (0) = [(a − bx)n ](p−n) (0) ∈ Z.
n! n n

⋄ Pour x = π : un calcul similaire à celui en haut montre que fn(p) (π) ∈ Z.


Déduisons que π est un nombre irrationnel : pour x ∈ ]0, π[ on a fn (x) sin x > 0.
a2
Par suite, In ∈ N∗ pour tout n. D’autre part, pour x ∈ [0, π] on a : x(a − bx) ≤
4b
(étude de fonction). Par conséquent :
Z π ‚ Œn ‚ Œn
1 a2 π a2
1 ≤ In ≤ dx = −−−−→ 0.
0 n! 4b n! 4b n→+∞

C’est une absurdité. En conclusion, π est un nombre irrationnel.


3. On fait une démonstration analogue à celle de la première partie de l’exercice.
4. Soit M un majorant de la fonction continue x 7−→ |x(a − bx)| sur le segment
4.7. EXERCICES 285
•

0, , alors on a :
b
n
a | ab | × M
0 ≤ Jn ≤
× e −−−−→ 0.
b n! n→+∞

Par conséquent, on a lim Jn = 0.


n→+∞
5. En faisant 2n + 1 intégrations par parties sur Jn , on obtient :
! !

a
2n
X
k a‹ 2n
X
Jn = e b (−1) Pn(k) − (−1)k
Pn(k) (0) .
k=0 b k=0

D’après la question (3), et par définition de d, il résulte que dJn ∈ Z pour tout
n ∈ N.
a
Soit r = ∈ Q tel que er ∈ Q (avec d comme dénominateur). On se propose de
b
montrer que r = 0.
On sait que (dJn )n≥0 est une suite d’entiers relatifs de limite nulle, d’où elle est
stationnaire. Il existe n ∈ N tel que Jn = 0. Si r 6= 0, alors comme Jn = 0 et que
la fonction x 7−→ ex Pn (x) est continue et positivie sur J0, rK, alors Pn admet une
infinité de racines, absurde car il est non nul. En conclusion, r = 0 et er ∈ R \ Q
pour tout r ∈ Q∗ .

Exercice 4.37 KK
Soit f : [a, b] −→ R une fonction de classe C 2 . Montrer que
Z
b b−a (b − a)3 ′′

f (t) dt − (f (a) + f (b)) ≤ kf k∞ .
a 2 12

Il est clair que :


Z b‚ Œ
b−a f (a) + f (t) t − a ′
(f (a) + f (b)) = + f (t) dt,
2 a 2 2

donc

Z b Z b
b−a
f (a) + f (t) t − a ′
f (t) dt − (f (a) + f (b)) ≤ f (t) − − f (t) dt.
a 2 a 2 2

Soit t ∈ ]a, b] et considérons la fonction

f (a) + f (x) x − a ′ (x − a)2


g : [a, b] −→ R, x 7−→ f (x) − − f (x) + M ,
2 2 4

avec M tel que g(t) = 0. Alors, on a g(a) = g(t) = 0 et g est de classe C 1 . D’après
286 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

le théorème de Rolle, il existe c ∈ ]a, t[ tel que g ′ (c) = 0, c’est-à-dire :

c−a
(M − f ′′ (c)) = 0.
2

D’où, M = f ′′ (c) et ainsi |M| ≤ kf ′′ k∞ . Donc, pour tout t ∈ ]a, b] on a :




f (a) + f (t) t − a ′ kf ′′ k∞
f (t) − − f (t) ≤ (t − a)2 ,
2 2 4

et en intégrant sur [a, b], il résulte que :



Z b
b−a
(b − a)3 ′′
f (t) dt − (f (a) + f (b)) ≤ kf k∞ .
a 2 12

4.7.4 Exercices d’approfondissement

Exercice 4.38 KKK


Soit f : [−1, 1] −→ R une fonction continue. Montrer que
! !
Z 1

f (sin(nx)) dx = 0, ∀n ∈ Z =⇒ f (x) = 0, ∀ x ∈ [−1, 1] .


0

En effet, le changement de variables t = nx nous donne


Z n

f (sin(t)) dt = 0, ∀ n ∈ Z.
0

Z x+1

La fonction F : x 7−→ f (sin t) dt vérifie donc F (n) = 0 pour tout n ∈ Z.


x
Comme elle est 2π-périodique, on déduit que

F (n + 2kπ) = 0, ∀ n, k ∈ Z.

Or, l’ensemble {n + 2kπ : n, k ∈ Z} est dense dans R (voir chapitre sur les
suites), et l’application F est continue, donc on conclut que

F (x) = 0, ∀ x ∈ R.

On a F ′ (x) = f (sin(x + 1)) − f (sin(x)) = 0, et en prenant x = n ∈ N, on arrive à


f (sin(n + 1)) = f (sin(n)) = · · · = f (0) = constante. D’où, pour tout n ∈ N on a

f (sin n) = constante.
4.7. EXERCICES 287

Or, f est continue et l’ensemble {sin(n) : n ∈ N} est dense dans [−1, 1], donc
f (x) = 0 pour tout x ∈ [−1, 1].

Exercice 4.39 KKK


1. On considère n nombres complexes z1 , z2 , · · · , zn . Donner une condition nécessaire
et suffisante sur les zi , i ∈ J1, nK, pour que l’on ait :

|z1 + z2 + · · · + zn | = |z1 | + |z2 | + · · · + |zn |

2. Soient a < b deux nombres réels et f : [a, b] −→ C une fonction continue. Montrer
que
Z Z b
b

f (x) dx
= |f (x)| dx ⇐⇒
a a

∃ θ ∈ R, ∃ ρ ∈ C([a, b], R+ ) tels que f (x) = ρ(x)eiθ , ∀ x ∈ [a, b]. 

1. Si tous les zi sont nuls, alors le résultat est évident. Sinon, l’un d’eux, disons z1
pour simplifier, est différent de 0. Montrons que

|z1 +z2 +· · ·+zn | = |z1 |+|z2 |+· · ·+|zn | ⇐⇒ zi = λi z1 avec λi ≥ 0, ∀ i ∈ J1, nK.

(=⇒) Si |z1 + z2 + · · · + zn | = |z1 | + |z2 | + · · · + |zn |, alors en élevant au carré on


obtient
X X
zi zj = |zi | |zj |,
1≤i,j≤n 1≤i,j≤n

c’est-à-dire
n
X X n
X X
|zi |2 + (zi zj + zj zi ) = |zi |2 + 2 |zi | |zj |.
i=1 1≤i<j≤n i=1 1≤i<j≤n

Ce qui donne
X X
ℜe (zi zj ) = |zi zj |.
1≤i<j≤n 1≤i<j≤n

On a donc
X
(|zi zj | − ℜe (zi zj )) = 0.
| {z }
1≤i<j≤n
≥0

Par suite, on a |zi zj | − ℜe (zi zj ) = 0 pour tout 1 ≤ i < j ≤ n. D’où, zi z1 , i. e.


λi = zz1i , est un réel ≥ 0 pour tout i ∈ J1, nK, ce qui termine la démonstration.
(⇐=) Si zi = λi z1 avec λi ≥ 0 pour tout i ∈ J1, nK, alors on a

|z1 + z2 + · · · + zn | = |(λ1 + λ2 + · · · + λn )z1 | = (λ1 + λ2 + · · · + λn ) |z1 |


288 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

= λ1 |z1 | + λ2 |z1 | + · · · + λn |z1 |


= |z1 | + |z2 | + · · · + |zn |.

2. Z b

(=⇒) Si f (x) dx = 0, alors f = 0 et le résultat est clair dans ce cas. Sinon, soit
a
x ∈ [a, b], alors on a
Z Z b Z Z
x x b

f (x) dx + f (x) dx =
f (x) dx + f (x) dx .
a x a x

En effet, on a
Z Z Z b Z Z
b x x b

f (t) dt =


f (t) dt + f (t) dt ≤


f (t) dt +


f (t) dt


a a x a x
Z x Z b Z b Z
b
≤ |f (t)| dt + |f (t)| dt ≤ |f (t)| dt =
f (t) dt .


a x a a

Z x Z b

Donc, f (t) dt et f (t) dt sont sur une même demi-droite (d) issue de l’origine.
a Z x
x Z b Z b

Or, comme f (t) dt + f (t) dt = f (t) dt, alors (d) est la demi-droite issue de
a Z b
x a Z b

l’origine passant par f (t) dt. Si θ est un argument de f (t) dt, alors on a
a a

Z x

∃ ! r(x) ∈ R+ : f (t) dt = r(x)eiθ , ∀ x ∈ [a, b].


a

La fonction

r : [a, b] −→ C
Z x Z Z x
x
−iθ
x 7−→ r(x) = e f (t) dt =
f (t) dt =

|f (t)| dt
a a a

est croissante de classe C 1 . Si ρ = r ′ , alors on a

f (x) = ρ(x)eiθ , ∀ x ∈ [a, b].

L’application ρ est alors continue et est ≥ 0, donc vérifie bien les propriétés deman-
dées.
(⇐=) Cette implication est claire.
4.7. EXERCICES 289

Exercice 4.40 KKK


Inégalités intégrales
inégalité de hilbert
1. Soit P un polynôme à coefficients réels. Montrer que
Z +1 Z π
€ Š
P (x) dx = −i P eiθ eiθ dθ.
−1 0

2. En déduire que Z 1 Z +π
1 € Š 2

P 2 (x) dx ≤ P eiθ dθ.
0 2 −π

3. Démontrer l’inégalité de Hilbert : si (an )0≤n≤N est une suite finie de réels positifs,
alors :
X N
X
an am
≤ π a2n .
0≤m,n≤N
m+n+1 n=0

inégalité de wirtinger
1. Soit f : [0, π] −→ R une application de classe C 1 et telle que f (0) = f (π) = 0.
Montrer que l’intégrale Z π
f (x)f ′ (x)cotan(x) dx
0

est bien définie et que l’on a


Z π Z π
1 € Š
f (x)f ′ (x)cotan(x) dx = f 2 (x) 1 + cotan2 (x) dx.
0 2 0

2. En déduire l’inégalité de Wirtinger :


Z π Z π

f 2 (x) dx ≤ f 2 (x) dx.
0 0

Dans quels cas a-t-on égalité ? 

inégalité de hilbert
1. Si P (x) = aN xN + aN −1 xN −1 + · · · + a1 X + a0 , alors on a d’une part

Z +1 N Z +1 N
X X ak € Š
P (x) dx = ak xk dx = 1 − (−1)k+1
−1 k=0 −1 k=0 k + 1

et d’autre part
Z π N Z π N
€ Š X X ak ” —π
P eiθ eiθ dθ = ak ei(k+1)θ dθ = ei(k+1)θ 0
0 k=0 0 k=0 i(k + 1)

1 XN
ak € Š
= (−1)k+1 − 1 .
i k=0 k + 1
290 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Par conséquent , on a montré que


Z +1 Z π
€ Š
P (x) dx = −i P eiθ eiθ dθ.
−1 0

2. Comme P 2 ≥ 0 et d’après la première question , on a


Z 1 Z +1 Z π Z π

P 2 (x) dx ≤ P 2 (x) dx = −i P 2 (eiθ )eiθ dθ ≤ P 2 (eiθ ) dθ.
0 −1 0 0

Maintenant, comme la fonction θ 7−→ |P 2 (eiθ )| est paire (car les ak ∈ R), alors on a
8
N
X
−j
>
N
>
>
<
2 aq aq+j si j 6= 0,
X X
2 iθ i(p−q)θ q=0
|P (e )| = ap aq e = αj cos(jθ) où αj = >XN
>
0≤p,q≤N j=0 >
: a2q si j = 0.
q=0

Z π
1 Z π 2 iθ
Par parité on a |P 2(eiθ )| dθ = |P (e )| dθ, et par conséquent
0 2 −π
Z 1
2 1 Z +π
P (x) dx ≤ |P (eiθ )|2 dθ.
0 2 −π
N
X
3. Si P (x) = ak xk , alors on a
k=0

Z 1
2
X
m+n
X am an X
P (x) = am an x , P2 = , |P 2 (eiθ )| = am an ei(m−n)θ .
0≤m,n≤N 0 0≤m,n≤N m+n+1 0≤m,n≤N

De plus on a :
Z +π Z +π N
X X
2 iθ
|P (e )| dθ = am an ei(m−n)θ dθ = 2π a2n .
−π 0≤m,n≤N −π n=0

Donc, on vient de montrer l’inégalité :

N
X am an X
≤ π a2n .
0≤m,n≤N m+n+1 n=0

inégalité de wirtinger
1 1
1. Comme cotan(x) ∼ et cotan(x) ∼ , alors on a
0 x π x−π

lim+ f (x)cotan(x) = f ′ (0) et lim− f (x)cotan(x) = f ′ (π).


x→0 x→π

D’où, la fonction x 7−→ f (x)f ′ (x)cotan(x) définie sur ]0, π[ se prolonge par continuité
4.7. EXERCICES 291

sur [0, π].


Une intégration par parties, pour 0 < a < b < π, nous donne
Z b  b
1 2 1 € Š
f (x)f ′ (x)cotan(x) dx = f (x)cotan(x) + f 2 (x) 1 + cotan2 (x) dx
a 2 a 2

et en faisant tendre a vers 0 et b vers b on déduit que


Z π
1Z 1 2 € Š
f (x)f ′ (x)cotan(x) dx = f (x) 1 + cotan2 (x) dx.
0 2 0

2. D’après l’égalité ci-dessus on a


Z π Z π
€ Š
f 2 (x) dx = − f 2 (x)cotan2 (x) − 2f (x)f ′ (x)cotan(x) dx
0 0
Z π Z π
′2 2
= f (x) dx − (f (x)cotan(x) − f ′ (x)) dx
0 0
Z π
′2
≤ f (x) dx.
0

Z π
2
On a égalité si, et seulement si, (f (x)cotan(x) − f ′ (x)) dx = 0, ce qui est équi-
0
valent à (grâce à la continuité) :

f ′ (x) = f (x)cotan(x), ∀ x ∈]0, π[.

D’où, f (x) = α sin(x) où α est une constante réelle, et dans ce cas on a


Z π Z π
α2 π
f 2 (x) dx = f ′2 (x) dx = .
0 0 2

Exercice 4.41 KKK


Inégalité de Bledsoe (1970)
On considère n nombres complexes z1 , z2 , · · · , zn tel que zk = rk eiαk avec rk ≥ 0 et
αk ∈ [0, 2π] pour tout k ∈ J1, nK. Soit α ∈ R et définissons les deux ensembles :
§ ª
π
Sα = z ∈ C : | arg(z) − α| ≤ et Iα = {k ∈ J1, nK : αk ∈ Sα } .
2

On définit l’application 2π-périodique


8
<1 si |α| ≤ π2 ,
f : R −→ R, α 7−→
: π
0 si 2 < |α| ≤ π.
292 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

1. Montrer que
n
X X
rk cos(α − αk )f (α − αk ) ≤
z
k
k=1 k∈I
α

2. On considère la fonction
n
X
g : R −→ R, α 7−→ rk cos(α − αk )f (α − αk ).
k=1

Montrer que
Z 2π n
X
g = 2 rk ,
0 k=1

et en déduire qu’il existe une partie non vide I ⊂ J1, nK telle que

n X
1 X

|zk | ≤ z ,
k (inégalité de Bledsoe)
π k=1

k∈I

1
3. La constante est-elle optimale ? 
π

1. Soit α ∈ R, alors on a

n
X X X X

z = |eiα |

k


i(αk −α)
r e
k ≥
rk cos(α − α ) =
k rk cos(α − αk )f (α − αk ).
k∈I k∈I k∈I k=1
α α α

2. On a
Z 2π n Z 2π
X
g = rk (cos(α − αk )) f (α − αk ) dα
0 k=1 0
n Z 2π−α
X k
= rk (cos x)f (x) dx
k=1 −αk
n Z +π
X
= rk (cos x)f (x) dx car x 7−→ f (x) cos x 2π − périodique,
k=1 −π
n Z +π
X
= rk cos x dx = 2.
k=1 −π

Donc, on a
Z 2π n n
X X
g = 2 rk = 2 |zk |.
0 k=1 k=1

Comme g est continue par morceaux, on ne peut avoir pour tout x ∈ R : g(x) <
1X n
1X n
|zk |, et il existe α ∈ [0, 2π] tel que : g(α) ≥ |zk |. α étant ainsi choisit,
π k=1 π k=1
4.7. EXERCICES 293

alors I := Iα convient pour affirmer que



X


1 n
X
z
k ≥ |zk |.

k∈I
π k=1

1
3. Montrons que la constante est optimale. Posons, pour k ∈ J1, nK, zk (n) =
π

2ikπ X
e n . Soit In ⊂ J1, nK une partie non vide pour laquelle l’expression
zk (n) soit


k∈I
n
maximale.
X
Écrivons zk (n) = ρn eiαn , alors on a
k∈In

‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ
X
i( 2kπ −αn )
X 2kπ Xn
2kπ 2kπ
ρn = e n = cos − αn = cos αn − f αn − .
k∈In k∈In n k=1 n n

Grâce au théorème sur les sommes de Riemann, on sait que :


‚ Œ ‚ Œ Z +π
2π Xn
2kπ 2kπ
lim cos αn − f αn − = cos(x)f (x) dx = 2.
n→+∞ n n n −π
k=1

n
X 1
De plus, |zk (n)| = n, d’où lim ρn = et
k=1
n→+∞ π


X 1X n
lim zk (n) = |zk (n)|.
n→+∞
π k=1
k∈I n

En conclusion, la constante π1 est optimale.


Remarque : on pourra consulter le livre Analytic Inequalities de Mitrinović et Vasić
pour plus d’informations sur cette inégalité.

Exercice 4.42 KKK


Généralisation du théorème de la somme de Riemann
1. Montrer que pour tout réel β > 0 :

1β + 2β + · · · + nβ 1
lim = .
n→+∞ nβ+1 β+1

2. Montrer que si (xn )n≥1 est une suite réelle qui converge vers 0, alors pour tout β > 0 :

1β x1 + 2β x2 + · · · + nβ xn
lim = 0.
n→+∞ nβ+1

3. Soient α > 0 un nombre réel et (an )n≥1 une suite de nombres réels positifs telle que

a1 + a2 + · · · + an
lim = L.
n→+∞ nα
294 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

Montrer que pour toute fonction continue f sur l’intervalle [0, 1] on a :


n   Z 1
1 X k
lim f ak = L αxα−1 f (x) dx.
n→+∞ nα n 0
k=1

(Pour α = 1 et ak = 1 pour tout k, on retrouve le théorème de la somme de Riemann).


Indication : on utilisera le théorème d’approxiamtion de Weierstrass (voir livre d’al-
gèbre). 

1. En appliquant le théorème de la somme de Riemann à la fonction définie par


x 7−→ xβ sur l’intervalle [0, 1], on déduit que
Z 1
1β + 2β + · · · + nβ 1
lim = xβ dx = .
n→+∞ nβ+1 0 β+1

2. Comme (xn )n≥1 converge vers 0 alors elle est bornée, si on pose Xn = sup |xk |
k≥n
alors lim Xn = 0. Pour 1 < m < n, on a
n→+∞



1β x1 + 2β x2 + · · · + nβ xn 1β |x1 | + · · · + mβ |xm |
≤ +
nβ+1 nβ+1
(m + 1)β |xm+1 | + · · · + nβ |xn | mβ+1
+ ≤ X1 + Xm .
nβ+1 nβ+1
ε
Soit ε > 0, il existe mε > 0 tel que Xmε < . Donc, on peut trouver nε > mε tel
2
β+1 X1 ε
que pour tout n > nε : mε < . Par conséquent,
nβ+1 2


1β x1 + 2β x2 + · · · + nβ xn
n > nε =⇒ < ε.
nβ+1

3. On commence par montrer, par récurrence sur p, que

1p a1 + 2p a2 + · · · + np an α
lim = L. (∗)
n→+∞ nα+p α+p

Le résultat est clairement vrai pour p = 0 (c’est l’hypothèse). Supposons qu’il est
vrai jusqu’au rang p et montrons le au rang p + 1. Posons

1p a1 + 2p a2 + · · · + np an α
λn = − L. (λ0 = 0).
nα+p α+p

On a lim λn = 0 et
n→+∞

αL € α+p Š
k p ak = k α+p λk − (k − 1)α+p λk−1 + k − (k − 1)α+p ,
α+p
4.7. EXERCICES 295

d’où

αL € α+p+1 Š
k p+1ak = k α+p+1 λk − k(k − 1)α+p λk−1 + k − k(k − 1)α+p
α+p
αL € α+p+1 Š
= k α+p+1 λk − (k − 1)α+p+1λk−1 + k − (k − 1)α+p+1
α+p
αL
− (k − 1)α+p λk−1 − (k − 1)α+p .
α+p

Par conséquent,

1p+1 a1 + · · · + np+1 an 1α+p λ1 + · · · + (n − 1)α+p λn−1


= λn − +
nα+p+1 ‚
n α+p+1
Œ
αL 1α+p + · · · + (n − 1)α+p
+ 1− .
α+p nα+p+1

D’après les question 1. et 2. ci-dessus on déduit que :


‚ Œ
1p+1 a1 + · · · + np+1 an αL 1 αL
lim = 1− = .
n→+∞ nα+p+1 α+p α+p+1 α+p+1

Ceci termine la preuve de la relation (*).


Soit maintenant f une fonction continue sur l’intervalle [0, 1], et posons
‚ Œ Z 1
1 n
X k
In (f ) := α f ak et J(f ) := L αxα−1 f (x) dx.
n k=1 n 0

Si X p est la fonction qui à t 7−→ tp , alors la relation (*) est équivalente à :

lim In (X p ) = J(X p ), ∀ p ∈ N.
n→+∞

Par linéarité on déduit que lim In (P ) = J(P ) pour tout polynôme P .


n→+∞
a1 + · · · + an
D’autre part, si M := sup , alors L ≤ M et on observe, pour toutes
n≥1 nα
fonctions continues f et g sur [0, 1], que

|In (f ) − In (g)| ≤ M sup |f − g| et |J(f ) − J(g)| ≤ M sup |f − g|.


[0,1] [0,1]

Finalement, d’après le théorème d’approximation de Weierstrass, il existe - pour


tout ε > 0 - un polynôme Pε tel que

ε
kf − Pε k∞ = sup |f (x) − Pε (x)| < .
x∈[0,1] 3M
296 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

De plus, comme lim In (Pε ) = J(Pε ), alors il existe nε ∈ N tel que :


n→+∞

ε
n > nε =⇒ |In (Pε ) − J(Pε )| < .
3

Donc, pour tout n > nε on a

|In (f ) − J(f )| ≤ |In (f ) − In (Pε )| + |In (Pε ) − J(Pε )| + |J(Pε ) − J(f )| < ε.

Ainsi, on a montré que :


‚ Œ Z 1
1 n
X k
lim f ak = L αxα−1 f (x) dx.
n→+∞ nα n 0
k=1

Exercice 4.43 KKK


Lemme de Van der Corput
Soit f : [a, b] −→ R une application de C 2 . On suppose que :

λ := inf |f ′′ (x)| > 0.


x∈[a,b]

Montrer l’inégalité de van der Corput :


Z
b
if (x)


8
e dx ≤ √ .
a λ

Indication : on pourra commencer par le cas où f ′ (x) ≥ 0 sur [a, b], puis traiter le cas
général. 

1. La fonction f ′′ ne s’annule pas sur l’intervalle [a, b] (car λ > 0). Comme f ′′ est
continue alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires elle garde un signe
constant sur [a, b]. On peut supposer que f ′′ ≥ λ > 0 car si f ′′ ≤ 0 alors en posant
g = −f on a une fonction de classe C 2 vérifiant g ′′ = −f ′′ ≥ λ > 0 et
Z Z Z
b b Z b b
if (x) −ig(x) ig(x)

e
dx
=
e dx
=
a
eig(x) dx

=
e
dx .

a a a

2
Finalement, on peut supposer que b − a > √ car sinon il est clair que :
λ
Z Z b
b
if (x) 2 8

eif (x) dx ≤ e dx = b−a ≤ √ ≤ √ .
a a λ λ

Comme indiqué, on commence par traiter le cas où f ′ (x) ≥ 0 pour tout x ∈ [a, b],
4.7. EXERCICES 297
– ™
2
alors on a pour tout x ∈ a + √ , b :
λ
Z x √
f ′ (x) = f ′ (a) + f ′′ (t) dt ≥ λ(x − a) ≥ 2 λ.
a

En intégrant par parties on a :


" #b
Z b Z b
if (x) 1 € if (x) ′ Š eif (x) 1Z b f ′′ (x) if (x)
e dx = e if (x) dx = + e dx.
a+ √2
λ
a+ √2
λ
if ′ (x) if ′ (x) a+ √2
i a+ √2λ f ′ (x)2
λ

Par conséquent, on a d’une part :



Z b Z b
if (x)

2 f ′′ (x)
e dx ≤ √ + dx
a+ √2
2 λ a+ √2 f ′ (x)2
λ λ

1 1 1 2
= √ +   − ≤ √ ,
λ f ′ a + √2 f ′ (b) λ
λ

et d’autre part

Z a+ √2 Z a+ √2
if (x)

2
=
λ λ
e dx ≤ dx √ .
a a λ

En conclusion, on a montré que si f ′ (x) ≥ 0 pour tout x ∈ [a, b] alors :


Z
b
if (x)
4

e dx
≤ √ . (∗)
a λ

Intéréssons-nous maintenant au cas général. Comme f ′′ ≥ λ > 0 alors f ′ est stricte-


ment croissante, elle s’annule alors en au plus un point de [a, b]. On vient de traiter le
cas f ′ ≥ 0 ci-dessus, le cas f ′ ≤ 0 se ramène à ce dernier en considérant l’application
g : [−b, −a] −→ R définie par g(x) = f (−x). Supposons que f s’annule en un point
(et un seul) c ∈ [a, b], alors d’après (∗) appliquée à f|[c,b] on a :
Z
b
if (x) 4

e dx
≤ √ .
c λ

En appliquant la relation (∗) à la fonction de [−c, −a] −→ R qui à x 7−→ f (−x) on


a aussi : Z
c 4

eif (x) dx ≤ √ .
a λ
298 CHAPITRE 4. INTÉGRATION

En conclusion, on vient de montrer que si λ := inf |f ′(x)| > 0 alors :


x∈[a,b]

Z
b 8

eif (x) dx ≤ √ .
a λ
Chapitre 5
Séries numériques

5.1 Généralités
Dans cette leçon, le corps K désigne R ou C.

Définition 5.1 Convergence


P
Soit (un )n une
!
suite à valeurs dans K. On dit que la série un est convergente si la
n
X
suite uk est convergente. Elle est divergente dans le cas contraire. 
k=0 n

P
❏ Si la série un converge alors lim un = 0. La réciproque est fausse.
n→+∞

Définition 5.2 Convergence absolue


P P
La série un est absolument convergente si |un | est convergente.
P P
On a : |un | converge =⇒ un converge. 

X
❏ Série géométrique : Pour tout z ∈ C, la série z n converge si, et seulement
n≥0
si, |z| < 1 et sa somme est dans ce cas 1
1−z
.
X xn
❏ Série exponentielle : Si x est un nombre réel, la série converge et a
n≥0 n!
pour somme ex .

5.2 Séries à termes positifs

Proposition 5.1 !
n
X
P
Si un ≥ 0, alors un est convergente si, et seulement si, uk est majorée, c’est-
k=0 n
à-dire toutes les sommes partielles sont majorées. 

299
300 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

Proposition 5.2 Théorème de comparaison

✓ Soient (un )n et (vn )n deux suites telles que 0 ≤ un ≤ vn , alors :


P P
⋄ vn converge =⇒ un converge,
P P
⋄ un diverge =⇒ vn diverge,
✓ Soient (un )n et (vn )n deux suites positives :
P P
⋄ si un ∼ vn , alors un converge ⇐⇒ vn converge,
P P
⋄ si un = O(vn ), alors vn converge =⇒ un converge. 

Théorème 5.1 Règle de Riemann


Soit (un )n une suite positive. S’il existe α ∈ R tel que la suite (nα un )n ait une
limite dans l ∈ R, alors :
P
✓ pour α > 1 et l < +∞, la série un est convergente,
P
✓ pour α ≤ 1 et l > 0, la série un est divergente. 

5.3 Séries absolument convergentes

Définition 5.3
P P
Une série un , où (un )n est à valeurs dans K, est absolument convergente si |un |
est convergente. 

P
❏ Soient (un )n et (vn )n deux suites de K telles que un ∼ vn et un converge
P
absolument, alors vn converge absolument.
P
❏ Si un converge absolument et si ϕ : N −→ N est strictement croissante,
P
alors uϕ(n) est absolument convergente.
P
❏ Si un est absolument convergente, et si σ est une permutation de N alors
P P
uσ(n) est absolument convergente, de même somme que un .

5.4 Séries semi-convergentes

Définition 5.4 Série semi-convergente


P
Une série un est semi-convergente si elle est convergente sans être absolument
P P
convergente, c’est-à-dire si un converge et |un | diverge. 
5.4. SÉRIES SEMI-CONVERGENTES 301

Remarque

P P
☞ Si un est semi-convergente alors (−un ) l’est aussi.
☞ La somme de deux séries semi-convergentes est toujours convergente.
☞ La somme de deux séries divergentes peut être divergente, absolument conver-
gente, ou semi-convergente.
☞ La somme de deux séries semi-convergentes peut être absolument convergente ou
seulement semi-convergente : la semi-convergence ne se conserve pas par somma-
tion.
☞ La semi-convergence ne se conserve pas par équivalence. Prendre, par exemple
(−1)n 1 (−1)n
un = + et vn = .
P n n ln n n
☞ Si un est semi-convergente et si ϕ : N −→ N est strictement croissante, alors
P (−1)n
uϕ(n) n’est pas forcément semi-convergente. Prendre, par exemple, un =
n
et ϕ(n) = 2n. •

Définition 5.5 Série alternée


P
Une série réelle un est dite alternée si pour tout n ∈ N, les termes un et un+1 sont
P
de signes contraires. Au signe près, on peut les écrire (−1)n un où un ≥ 0 pour tout
n ∈ N. 

Théorème 5.2 Critère spécial des séries alternées


Si (un )n≥0 est une suite réelle, décroissante, et tendant vers 0, alors :
P
✓ (−1)n un converge,
+∞
X
✓ (−1)n un est comprise entre deux sommes partielles consécutives,
n=0

+∞
X

(−1)k u
k ≤ un+1 ,
k=n+1
„ Ž
+∞
X
✓ Signe (−1)k uk = (−1)n+1 . 
k=n+1

✍ Transformation d’Abel (complément) : Pour étudier les séries de la forme


P
un vn , surtout lorsque (un )n est géométrique ou, plus généralement, lorsque
n
X
uk se calcule facilement, on utilise la transformation d’Abel. En po-
k=0
n
X
sant Un := uk on a :
k=0

n
X n−1
X
uk vk = Un vn + Uk (vk − vk+1 ).
k=0 k=0
302 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

L’étude est donc ramenée à la convergence de la suite (Un vn )n et d’une série


dont le terme général est en principe plus simple.

5.5 Comparaison avec une intégrale

Théorème 5.3
Soit f : [0, +∞[ −→ R une fonction continue
Z
par morceaux, décroissante, et
n
positive. Alors, la série de terme général f (t) dt − f (n) est une série à termes
n−1
positifs convergente. On a équivalence entre :
P
✓ la série Zn≥0
f (n) converge,
‹
n
✓ la suite f (t) dt converge,
0 n≥0
n Z n
X
sinon f (k) ∼ f lorsque n → +∞. 
k=0 0

❏ Pour tout n ≥ 2 on a :
Z n

f (n) ≤ f ≤ f (n − 1).
n−1

❏ La décroissance de f nous donne l’encadrement


Z k+1 Z k

f (t) dt ≤ f (k) ≤ f (t) dt.


k k−1

❏ En sommant membre à membre les encadrements ci-dessus, on a :


Z n+1 n Z n
X
f (0) + f (t) dt ≤ f (k) ≤ f (0) + f (t) dt
1 k=0 0

et
Z N N Z N
X
lim f (t) dt ≤ f (k) ≤ lim f (t) dt.
N →+∞ n+1 N →+∞ n
k=n+1

5.6 Exercices

5.6.1 Exercices de base

Exercice 5.1
Comparaison logarithmique
Supposons, pour tout n ≥ n0 :

xn+1 yn+1
xn > 0, yn > 0 et ≤ .
xn yn
5.6. EXERCICES 303

P P
1. Montrer que si yn converge alors xn converge.
P P
2. Montrer que si xn diverge alors yn diverge. 
‚ Œ
xn+1 xn xn
Pour tout n ≥ n0 on a : ≤ et la suite est ainsi décroissante. En
yn+1 yn yn n
particulier :
xn xn0 xn0
≤ et xn ≤ yn .
yn y n0 y n0
Pour conclure, il suffit d’appliquer la proposition 5.2

Exercice 5.2
Règle de d’Alembert
P
Soit xn une série à termes strictement positifs. Montrer que :
1. S’il existe n0 ∈ N tel que :

xn+1
∀ n ≥ n0 , ≥ 1
xn
P
alors xn diverge.
2. S’il existe n0 ∈ N et λ < 1 tels que :

xn+1
∀ n ≥ n0 , ≤ λ
xn
P
alors xn converge. 

1. Comme xn ne tend pas vers zéro, alors le résultat est clair.


yn+1
2. On prend yn = λn , alors = λ et on applique alors l’exercice précédent.
yn
Remarque : dans la pratique, la règle de d’Alembert est utilisée sous cette forme : soit
P xn+1
xn une série à termes strictement positifs. On suppose que lim = λ 6= 1,
n→+∞ xn
alors :
P
⋆ si λ < 1, la série xn converge,
P
⋆ si λ > 1, la série xn diverge.

Exercice 5.3
P
Soit xn une série à termes strictement positifs. On suppose que
 ‹
xn+1 α 1
= 1− +O avec α ∈ R, β > 1.
xn n nβ
P
1. Montrer que si α > 1, alors xn converge.
P
2. Montrer que si α ≤ 1, alors xn diverge. 

1
Soit yn = α . La suite (nα xn )n admet une limite non nulle si, et seulement si la
n
suite de terme général ln xn − ln yn = ln(nα xn ) converge, ce qui est équivalent à la
304 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

convergence de la série de terme général :


 
xn+1 n+1
zn = ln(xn+1 ) − ln(yn+1) − (ln xn − ln yn ) = ln
+ α ln
xn n
         
α 1 α 1 1 1
= ln 1 − + O β + +O 2 =O β +O 2

n  n n n n n
1
= O min(β,2) .
n

P
Cette série zn est convergente (car min(β, 2) > 1), alors grâce à la règle de Rie-
mann on déduit le résultat des deux questions de l’exercice.

Exercice 5.4
Série de Bertrand
X 1
Montrer que la série converge si, et seulement si, l’on a :
n≥1
nα (ln n)β

α > 1 ou α = 1 < β.

P
D’après la règle de Riemann (voir leçon) on sait que, pour an une série à termes
positifs, s’il existe λ > 0 tel que an ∼ nλα lorsque n → +∞, alors :
P
si α > 1, la série an est convergente,
P
si α ≤ 1, la série an est divergente.
On revient à notre exercice, on applique ce qui précède si α 6= 1 car, si α > 1 alors
γ = 1+α2
> 1 et nγ an → 0 tandis que si α < 1, alors nan → +∞.
On considère alors le cas α = 1 :
P
⋄ Si β ≤ 0, la série an diverge car n(ln1n)β ≥ n1 pour n ≥ 3.
⋄ Si β > 0, il est facile de voir que l’application x 7−→ x(ln1x)β est positive décroissante
sur l’ntervalle [2, +∞[, alors par le théorème de comparaison avec une intégrale on
déduit le résultat demandé puisq’une primitive de cette fonction est de la forme
x)1−β
x 7−→ (ln1−β ou ln(ln x) selon que β 6= 1 ou β = 1.

Exercice 5.5
Transformation d’Abel
Soient (an )n≥0 et (vn )n≥0 deux suites.
1. Vérifier que
n
X n−1
X
ak vk = An vn + Ak (vk − vk+1 )
k=0 k=0
n
X
où An = ak .
k=0
2. Montrer que si la suite (vn )n≥0 est réelle décroissante et tend vers 0 et que la suite
X
(An )n≥0 est bornée, alors la série an vn est convergente.
n≥0
5.6. EXERCICES 305

3. Application : Montrer que si α > 0 et θ est un réel non multiple entier de 2π alors
la série
X einθ
n≥1

est convergente. 

1. On a clairement
n
X n
X n
X n−1
X
ak vk = A0 v0 + (Ak − Ak−1 )vk = A0 v0 + Ak vk − Ak vk+1
k=0 k=1 k=1 k=0
n−1
X
= An vn + Ak (vk − vk+1 ).
k=0

P P
2. Comme la suite (vn )n≥0 est décroissante alors la série |vk −vk+1 | = (vk −vk+1 )
est convergente par télescopage, et on a en plus :

n   +∞  
X X
|Ak | |vk − vk+1 | ≤ sup |Am | |vk − vk+1 | = sup |Am | v0 .
k=0 m k=0 m

D’autre part, comme lim An vn = 0, alors par l’égalité de la première question on


Pn→+∞
conclut que la série an vn est convergente.
3. Si α > 1, alors puisque
inθ
e

1
< ,
n α nα
la série en question est donc absolument convergente grâce à la règle de Riemann.
Si maintenant α ≤ 1, alors en prenant an = einθ on a :

iθ inθ 1 − ei(n+1)θ sin n+1 θ inθ/2


An = 1 + e + · · · + e = = 2
e .
1−e iθ sin 2
θ

Par suite, on a la majoration (indépendante de n) :

1
|An | ≤



.
sin 2θ

1
D’autre part, la suite vn = tend en décroissant vers 0, donc on peux conclure

X einθ
que la série α
est convergente pour α > 0 et θ ∈ R \ 2π Z.
n≥1 n
306 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

Exercice 5.6
Formule de Stirling
On considère la suite (xn )n≥1 définie par :

n!
xn = .
nn e−n

Montrer qu’il existe une constante k telle que


n! ∼ k nn e−n n.

Pour tout n ≥ 1, on a :
    
xn+1 1 1 1
= exp 1 − n ln 1 + = 1+ +O 2 .
xn n 2n n

Par conséquent, il existe une constante k > 0 telle que : n! ∼ knn e−n n, c’est-à-
dire : √
(2n)! 4n 2
∼ √ lorsque n −→ +∞.
(n!)2 k n
Remarque : à l’aide des intégrales de Wallis (voir chapitre sur intégration), on montre
(2n)! 4n √
que ∼ √ , par suite k = 2π et
(n!)2 nπ

√ n ‹n
n! ∼ 2πn
e
qui représente la formule de Stirling.

Exercice 5.7
Soit (xn )n≥0 une suite à termes dans [0, +∞[.
1. Montrer que
X X xn
xn converge =⇒ converge.
n≥0 n≥0
1 + x2n

2. Montrer que
X X xn
xn diverge et (xn )n≥0 est majorée =⇒ diverge.
n≥0 n≥0
1 + x2n

xn P
1. Pour tout n ∈ N on a : 0 ≤ ≤ xn , et par suite si xn converge alors
1 + x2n
P xn
converge aussi.
1 + x2n
5.6. EXERCICES 307

2. Si la suite (xn )n≥0 est majorée par M, alors pour tout n ∈ N on a :

xn xn
0 ≤ ≤ .
1 + M2 1 + x2n
P P xn
Par conséquent, si xn diverge alors diverge aussi.
1 + x2n
Exercice 5.8
Montrer la convergence et calculer la somme des séries suivantes :

X 1 (−1)n+1
X
arctan , .
n≥0
n +n+1
2
n≥1
n

1. Pour tout n ∈ N on a :

1
arctan = arctan(n + 1) − arctan n,
n2 +n+1
π
donc, il s’agit d’une somme télescopique, par suite comme lim arctan(n + 1) =
n→+∞ 2
alors :
+∞
X 1 π
arctan 2 = .
n=0 n +n+1 2
1 Z 1 k−1
2. Pour tout k ∈ N∗ on a : = x dx, par suite
k 0

!
Z 1 Z 1
n
X (−1)k+1 n
X
k−1 1 − (−x)n
Sn = = (−x) dx = dx.
k=1 k 0 k=1 0 1+x

Or Z 1

Z 1 Z 1
dx (−x)n 1
= ln 2 et dx ≤ xn dx = .
0 1+x 0 1+x 0 n+1
1
Par suite, |Sn − ln 2| ≤ ce qui montre la convergence de la série et en plus :
n+1
+∞
X (−1)k+1
= lim Sn = ln 2.
k=1 k n→+∞

Exercice 5.9
Soit (xn )n≥0 une suite de réels strictement positifs telle que : il existe λ > 1 et n0 ∈ N
avec :  ‹λ
xn+1 n
∀ n ≥ n0 , ≤ .
xn n+1
X
Montrer que la série xn est convergente. 
n≥0
308 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

1
En posant yn = , alors l’hypothèse de l’exercice est équivalente à :

xn+1 yn+1
∀ n ≥ n0 , ≤ .
xn yn
P
Finalement, grâce à la convergence de la série yn (puisque λ > 1) et au critère de
P
comparaison logarithmique on déduit la convergence de la série xn .

Exercice 5.10
P
Soit xn une série à termes réels positifs. Montrer que :
X X 1
xn converge =⇒ diverge.
n 1 + n 2 xn

P
On pose yn = 1+n12 xn , et on suppose – par l’absurde – que yn est convergente.
On a clairement xn yn = 1−y
n2
n
. Comme lim yn = 0 alors pour n assez grand :
n→+∞


√ 1 − yn 1 X √
xn yn = ∼ et donc xn yn diverge.
n n
√ xn + yn
Or on sait que xn yn ≤ et donc par le critère de comparaison la série
P√ 2
xn yn est convergente, contradiction.
P P
En conclusion, si n xn converge alors n yn diverge.

Exercice 5.11
Soit f : [1, +∞[ −→ ]0, +∞[ une application de classe C 1 et telle que

f ′ (x)
lim = −∞.
x→+∞ f (x)

X
Montrer que la série f (n) est convergente. 
n≥0

f ′ (x)
Comme lim = −∞, alors par définition on a :
x→−∞ f (x)

f ′ (x)
∀ M ∈ R, ∃a ≥ 1 : x ≥ a =⇒ ≤ M.
f (x)

En prenant M = −1, alors pour tout x ≥ a on a :


Z x
f ′ (t) f (x)
dt ≤ a − x et donc ln ≤ a − x.
a f (t) f (a)
5.6. EXERCICES 309

Finalement, en posant α = f (a)ea on déduit que :

α
∀ n ≥ a, 0 < f (n) ≤ .
en
P
Comme la série n e−n est convergente (car géométrique de raison < 1), alors la
P
série n f (n) est elle aussi convergente.

Exercice 5.12
Montrer la convergence et calculer la somme de la série
X cos nx
n≥0
2n

On sait que (eix )n = einx = cos nx + i sin nx, et donc


‚ Œn !
cos nx eix
= ℜe .
2n 2

eix
Comme
2
= 1
2
on a alors une série géométrique convergente, et par suite :

+∞
X einx 1 2 2(2 − e−ix )
= = = .
n=0 2 2 − eix (2 − eix )(2 − e−ix )
ix
1 − e2

Enfin, on sait que :

(2 − eix )(2 − e−ix ) = 4 − 2(eix + e−ix ) + 1 = 5 − 4 cos x.

En conclusion, on a montré que :


‚ Œ
+∞
X cos nx 2(2 − e−ix ) 2(2 − cos x)
= ℜe = .
n=0 2n 5 − 4 cos x 5 − 4 cos x

Exercice 5.13
Soit α un nombre réel fixé. Étudier la convergence de la série

X ln n
.
n≥1

On fera une étude selon que α > 1 ou α ≤ 1.


⋄ Si α ≤ 1. On sait que pour n ≥ 3 on a : ln n ≥ 1 et ainsi

ln n 1
≥ .
nα nα
310 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

P
Par conséquent, la série en question est divergente (car 1

diverge).
⋄ Si α > 1. Soient β > 0 un réel fixé et n est un entier tendant vers +∞ alors :

ln(nβ ) ln n
lim = 0 c’est-à-dire lim = 0.
n→+∞ nβ n→+∞ nβ

Maintenant, on a nα−β lnnαn = ln n



, alors en choisissant β = α−1
2
on déduit que β > 0
et α − β = α+1
2
> 1. Donc
‚ Œ
ln n ln n
lim nα−β α = 0 en particulier nα−β α est majorée.
n→+∞ n n n≥1

Finalement, la règle de Riemann permet de déduire que lorsque α > 1 la série


X ln n

α
est convergente.
n≥1 n

Exercice 5.14
Soient a et b deux entiers naturels tels que 0 < a < b. Montrer que

+∞  ‹
X 1 1 1 1 1 1
= + + + ··· + .
n=0
(n + a)(n + b) b−a a a+1 a+2 b−1

Tout d’abord, il s’agit bien d’une série convergente car lorsque n tend vers +∞ le
1 1
terme général est équivalent à 2 , et comme la série de terme général
(n + a)(n + b) n
1
converge alors on peux calculer la somme de la série à étudier.
n2
En effectuant une décomposition en éléments simples de la fraction rationnelle
1
on a :
(X + a)(X + b)
 
1 1 1 1
= − .
(n + a)(n + b) b−a n+a n+b

Pour tout n ∈ N, on note Sn la somme partielle de la série en question, on a (en


utilisant deux changements d’indices) :
  ! !
n
X 1 1 n+a
X 1 n+b
X 1
(b − a)Sn = − = − .
k=0 k+a k+b l=a l l=b l

Prenons n tel que n + a > b. Les termes 1/l (dans les deux sommes à soustraire)
s’éliminent pour l = b, b + 1, · · · , n + a, alors il reste :
! „ Ž
b−1
X 1 n+b
X 1
(b − a)Sn = − .
l=a l l=n+a+1 l
5.6. EXERCICES 311

1
n+b
X (b − a)
La somme est comprise entre 0 et (car formée de b − a termes
l=n+a+1 l (n + a + 1)
compris entre 0 et 1/(n + a + 1)). Par conséquent, lorsque n → +∞ cette somme
tend vers zéro et par conséquent :

+∞
X 1 n
X 1 b−1
X 1
(b − a) = lim (b − a) = .
k=0 (k + a)(k + b) k=0 (k + a)(k + b) l=a l
n→+∞

Exercice 5.15
Étudier les séries de terme général :
1.
1 h 1
1+ n 1
1− n
i
xn = (n + 1) − (n − 1) avec α ∈ R.

2. n 
Y 
1
yn = 2 − ek .
k=2

3.
n!
zn = .
nn
4. 1 1
1 bn + cn
tn = a n − avec (a, b, c) ∈ (R∗+ )3 .
2

1. Il est clair que


 1+ 1
1
1+ n 1
1+ n 1 n ln n
+ (1+ n1 ) ln(1+ n1 ) .
(n + 1) = n 1+ = ne n
n

Or, on sait que :


          ‚ Œ
1 1 1 1 1 1 1 ln n
1+ ln 1 + = 1+ +o = +o = o .
n n n n n n n n

Par suite
‚ ‚ ŒŒ

(n + 1)
1
1+ n
= ne
ln n
n ( ) = n 1 + ln n + o ln n
+o ln
n = n + ln n + o(ln n).
n n

De même on a :

(n − 1)1− n = n e−
1 ln n
n (
+o lnnn ) = n − ln n + o(ln n).

Par conséquent, on obtient :

1 1 1
(n + 1)1+ n − (n − 1)1− n = 2 ln n + o(ln n) et xn ∼ 2 .
nα (ln n)−1
312 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

P
On reconnaît une série de Bertrand, et en conclusion n xn converge si, et seulement
si, α > 1.
 
yn 1 1 P
2. Pour n ≥ 2, on a : lim = lim 2 − e n = 2 et e n < 2, donc yn est
n→+∞ yn−1 n→+∞
bien une série à termes positifs.
Grâce au développement limité à l’ordre 2 on déduit que
  ‚ Œ  
1 1 1 yn 1 1
2−e n = 1− +O 2 et ln = − +O 2 .
n n yn−1 n n

De plus
      ‚ Œ  
n 1 1 1 nyn 1
ln = − ln 1 − = +O 2 et ln = O .
n−1 n n n (n − 1)yn−1 n2
P
Par suite, la série ln(nyn ) − ln((n − 1)yn−1 ) est convergente, et il en est de même
el
pour la suite (ln(nyn ))n . Si l = lim nyn alors yn ∼ et par conséquent la série
P n→+∞ n
yn est divergente.
3. On applique le critère de d’Alembert. On a :
 n  −n
zn+1 n+1 n 1
= e−n ln(1+ n ) .
1
= nn = = 1+
zn (n + 1)n+1 n+1 n

zn+1 1 P
Donc, lim = < 1. Donc, la série zn est convergente.
n→+∞ zn e
4. Lorsque n −→ +∞, le développement limité nous donne :
 
1 1
ln a ln n 1
a n = e n = 1+ +O 2 .
n n

Donc, on a finalement :
   
1 1 1
tn = ln a − (ln b + ln c) + O 2 .
n 2 n

On distingue alors deux cas :



⋄ Si a = bc, alors  
1
tn = O 2
n
P
et la série tn est alors convergente.

⋄ Si a 6= bc, alors ‚ Œ
1 a
tn ∼ ln √
n bc
qui est le terme général d’une série divergente.
5.6. EXERCICES 313

Exercice 5.16
P P
Soient vn une série à termes positifs et un une série à termes complexes vérfiant :

un = O(vn ).
n→∞

1. Montrer que
!
X +∞
X +∞
X
vn converge =⇒ uk = O vk .
n→∞
n≥0 k=n k=n

2. Montrer que
!
X n
X n
X
vn diverge =⇒ uk = O vk .
n→∞
n≥0 k=0 k=0

3. Montrer que les deux résultats ci-dessus restent vrais si on remplace la condition
un = O(vn ) par un = o(vn ) ou un ∼ vn . 
n→∞ n→∞ n→∞

1. Comme un = O(vn ) alors il existe M > 0 et n0 ∈ N tels que :


n→∞

∀ n ∈ N, n ≥ n0 =⇒ |un | ≤ M |vn |.

P
Donc, la série un est absolument convergente. D’où, si n ≥ n0 on a :

+∞
X +∞
X +∞
X

u k ≤ |uk | ≤ M vk

k=n k=n k=n

ce qui termine la démonstration.


2. De même que dans la question ci-dessus, et avec le même M et n0 on a :

Xn nX
0 −1 n
X

u k ≤ |uk | + M vk .

k=0 k=0 k=n0

P
Comme la série vn diverge
!
nX
0 −1 n
X
|uk | = o vk
n→∞
k=0 k=0

et à partir d’un rang n1 ≥ n0 :



nX
0 −1 n
X Xn n
X

|uk | ≤ M vk puis

u k

≤ 2M vk
k=0 k=0 k=0 k=0

ce qui termine la démonstration.


314 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

3. Dans le cas où un = o(vn ) on remplace M par ε et alors on obtient les mêmes


n→∞
conclusions que dans les deux questions ci-dessus en remplaçant O par o.
Si un ∼ vn alors un − vn = o(vn ), on peut alors remplacer O par ∼ dans les
n→∞ n→∞
conclusions des deux questions ci-dessus.

5.6.2 Exercices d’assimilation

Exercice 5.17 K
Règle de Raabe et Duhamel
X
Soit an une série à termes dans R∗+ . On suppose qu’il existe α ∈ R tel que :
n

 ‹
an+1 α 1
= 1− + o .
an n n→+∞ n
X
Montrer que si α > 1 (resp. α < 1) alors la série an converge (resp. diverge).
n
Règle de Cauchy
X
Soit an une série à termes dans R∗+ . On suppose qu’il existe l ∈ R+ tel que :
n


lim n
an = l.
n→+∞

X
Montrer que si l < 1 (resp. l > 1) alors la série an converge (resp. diverge).
n

règle de raabe et duhamel :


X
si α ≤ 0 alors la suite (an )n≥0 est croissante à termes dans R∗+ , donc la série an
n
1+α 1
est divergente. Supposons que α > 0 et posons β = et bn := β pour tout
2 n
X 1
n ≥ 1. La série β
est convergente car β > 1 et on a :
n≥1 n

 −β  
bn+1 1 β 1
= 1+ = 1− + o .
bn n n n→+∞ n

α+β
Notons γ := , alors 1 < β < γ < α et il existe N ∈ N tel que :
2

an+1 γ bn+1
≤ 1− ≤ , ∀ n ≥ N.
an n bn

On a :

an bn an−1 bn−1 aN +1 bN +1
≤ , ≤ , ··· , ≤ ,
an−1 bn−1 an−2 bn−2 aN bN
5.6. EXERCICES 315

aN X
et en multipliant, on déduit que : an ≤ bn et par conséquent la série an est
bN n
convergente.
On fait le même raisonnement que ci-dessus pour montrer la divergence lorsque
α < 1.
l+1
règle de cauchy : supposons que l < 1 et notons α := ∈ ]0, 1[. Il existe
2
N ∈ N tel que


n≥N =⇒ n
an ≤ α =⇒ an ≤ αn .
X X
Or, la série αn est convergente (car α < 1), alors il résulte que an est conver-
n n
gente aussi. On fait le même raisonnement dans le cas où l > 1 pour montrer la
divergence.

Exercice 5.18 K
Comparaison des tests de Cauchy et de d’Alembert :
1. Montrer que

an+1 √
lim = l ∈ [0, +∞] =⇒ lim n
an = l.
n→+∞ an n→+∞

√ √
2. On suppose que lim n
an = l > 0 alors n a = l + α
n n avec lim αn = 0.
n→+∞ n→+∞
Montrer que :

an+1
lim nαn existe =⇒ lim = l.
n→+∞ n→+∞ an

l1n P
1. Soit l1 ∈ R tel que 0 < l1 < l, alors la série est convergente d’après la
an
ln bn+1 an l1
règle de d’Alembert car si on pose bn = 1 alors = l1 −−−−→ < 1. Par
an bn an+1 n→+∞ l
l1n
conséquent, lim = 0 et donc cette limite est < 1 pour n > N1 un entier grand.
n→+∞ an

Par suite l1 < n an .
P an an
Soit l2 ∈ R tel que l < l2 , alors la série n
est convergente car si on pose cn = n
l2 l2
cn+1 an+1 l an
on a = −−−−→ < 1. Donc, lim n = 0 et cette limite est par suite
cn l2 an n→+∞ l2 √
n→+∞ l
2
< 1 pour n > N2 un entier grand. D’où, n an < l2 .
En conclusion :


∀ (l1 , l2 ), l1 < l < l2 , ∃N ∈ N : n>N =⇒ l1 < n
an < l2 .

Par conséquent, on a

lim n
an = l.
n→+∞
316 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES


2. Supposons que n an = l + αn avec l > 0 et lim nαn := β < +∞, montrons
n→+∞
an+1
que lim = l. On a
n→+∞ an

€ Š
αn+1 n+1
an+1 (l + αn+1 )n+1 1+
= = l× €
l Š
n
an (l + αn )n 1 + αln
l × e(n+1) ln( )−n ln( ).
α
1+ n+1 1+ αln
= l


αn ‹ 
αn ‹
nαn
On a n ln 1 + =n + o(αn ) = + o(nαn ). Or lim nαn = β, donc
l l l n→+∞
o(nαn ) = ε(n) −−−−→ 0 et par suite :
n→+∞


αn+1 ‹ 
αn ‹ αn+1 nαn
(n + 1) ln 1 + − n ln 1 + = (n + 1) − + ε(n) −−−−→ 0.
l l l l n→+∞

an+1
Par conséquent, lim = l.
n→+∞ an

Exercice 5.19 K
Étudier la nature des séries alternées :
X (−1)n X (−1)n
(1) et (2) √ .
n≥1
n + (−1)n−1 n≥1
n + (−1)n−1

(−1)n 2(−1)n−1 − 1
1. Posons an := , alors : |an+1 |−|an | =
n + (−1)n−1 (n + 1 + (−1)n ) × (n + (−1)n−1 )
n’est pas de signe constant. On ne peut donc appliquer le critère des séries alternées
car (|an |)n n’est pas décroissante. Cependant, on a clairement :
„ Ž
‚  Œ  
(−1)n 1 (−1)n (−1)n 1 (−1)n 1 1
an = (−1)n−1
= 1+ +o = + 2 +o 2 .
n 1+ n n n n n n
n

X
Par conséquent, an est convergente car somme de 3 séries convergentes.
n≥1
(−1)n
2. Posons bn := √ , alors on a :
n + (−1)n−1
„ Ž
‚ ‚ ŒŒ
(−1)n 1 (−1)n (−1)n 1
bn = √ (−1)n−1 = √ 1+ √ +o √
n 1+ √ n n n
n
 
(−1)n 1 1
= √ + +o .
n n n
5.6. EXERCICES 317
X
Par conséquent, bn est divergente comme somme d’une série convergente et d’une
n≥1
série divergente.

Exercice 5.20 K
X
Soit xn une série à termes positifs telle que (xn )n≥0 ց 0 (tend vers zéro en décrois-
n≥0
sant).
1. Montrer que
X
xn converge =⇒ lim nxn = 0.
n→+∞
n≥0

2. La réciproque est-elle vraie ? 


n
X
1. Posons Sn := xk , alors on a :
k=0

2n
X
S2n − Sn = xk ≥ n × x2n .
k=n+1

Comme lim (S2n − Sn ) = 0 alors lim (2n) × x2n = 0.


n→+∞ n→+∞
Maintenant, on a :

(2n + 1)x2n+2 ≤ (2n + 1)x2n+1 ≤ (2n + 1)x2n =⇒ lim nxn = 0.


n→+∞

2. La réciroque est fausse, pour le voir il sufit de considérer par exemple la série
X 1
(qui est une série de Bertrand divergente).
n≥1 n ln n

Exercice 5.21 K
Soit (an )n≥1 ⊂ [0, +∞[ une suite réelle. On pose, pour tout n ≥ 1,

an
bn = n .
Y
(1 + ak )
k=1

X
1. Montrer que la série bn est convergente.
n≥1
+∞
X X
2. Calculer bn lorsque la série an est divergente. 
n=1 n≥1

1. Pour tout n ≥ 2 on a :

an + 1 − 1 1 1
bn = n
Y
= n−1
− n
Y
.
Y
(1 + ak ) (1 + ak ) (1 + ak )
k=1 k=1 k=1
318 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

D’où
n
X a1 1 1 1
bk = + − n = 1− n .
1 + a1 1 + a1 Y Y
k=1 (1 + ak ) (1 + ak )
k=1 k=1

ˆ ’

1
Or, la suite n
Y
est décroissante positive donc convergente. Par
(1 + ak )
k=1 n≥1
X
suite, la série bn est convergente.
n≥1
X
2. Si la série an est divergente, on a
n≥1

n
Y n
X
(1 + ak ) ≥ ak −−−−→ +∞,
n→+∞
k=1 k=1

n
Y +∞
X
et donc lim (1 + ak ) = +∞. Par suite, on a bn = 1.
n→+∞
k=1 n=1

Exercice 5.22 K
1. Montrer que
È √ › ž
2− 2 1 x x 7
| sin x| > ⇐⇒ < − < .
2 8 π π 8

2. Étudier la nature de la série


X | sin n|
.
n≥1
n

1. On sait que : √
π 1 − cos π4
2 2− 2
sin = = .
8 2 4
È √
π 2− 2
Par suite, sin = . D’autre part, on a
8 2

È √
7π π‹ π 2− 2
sin = sin π − = sin = .
8 8 8 2

La fonction x 7−→ | sin x| est paire et 2π-périodique. Sur l’intervalle [0, π] elle s’annule
” —
en 0 et en π et atteint son max, la valeur 1, au point π2 . Elle est croissante sur 0, π2
” —
et décroissante sur π2 , π . En conclusion, on a bien l’équivalence demandée.
5.6. EXERCICES 319

2. Comme 1
4
< 1
π
, alors on a pour tout n ∈ N∗ :
È √ È √
2− 2 2− 2
| sin n | > ou bien | sin(n + 1)| > .
2 2

Par conséquent :
È √
| sin n | | sin(n + 1) | 2− 2 1
+ ≥ × .
n n+1 2 n+1

Donc, pour tout N ∈ N∗ :


È √
N
X | sin n | 2− 2 N
X 1
≥ −→ +∞ lorsque N −→ +∞.
n=1 n 2 n=1 2n

X | sin n |
En conclusion, la série est divergente.
n≥1 n

Exercice 5.23 K
Théorème de Schlömilch
1. Soient (an )n≥1 une suite réelle décroissante de limite 0, et p ≥ 2 un entier naturel.
Montrer que les séries
X X
an et pn apn
n≥1 n≥1

sont de même nature.


2. Le résultat est-il vrai si la suite positive (an )n≥0 ne décroît pas.
3. Le résultat est-il vrai si la suite (an )n≥0 décroît mais n’est pas positive.
4. théorème de schlömilch : soit (pk )k≥1 une suite strictement croissante d’entiers
positifs telle que :

∃c > 0 : pk+1 − pk ≤ c (pk − pk−1 ) , ∀ k ∈ N∗ .

Montrer que si (an )n≥1 est une suite positive strictement décroissante alors :
X X
an converge ⇐⇒ (pk+1 − pk ) apk converge.
n≥1 k≥1

1. Pour n ≥ 1, on pose :
n
X n
X
Sn = ak et Tn = pk apk .
k=1 k=0
320 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

On a
N
X
pk+1
X
−1
SpN+1 −1 = an ,
k=0 n=pk

alors

p−1 XN XN
(TN +1 − a1 ) ≤ (pk+1 − pk )apk+1 ≤ SpN+1 −1 ≤ (pk+1 − pk )apk ≤ (p − 1)TN .
p k=0 k=0

X
⋄ Si la série an est divergente, alors SpN+1 −1 et TN tendent vers +∞, donc la
n≥1
X
série pn apn est divergente.
n≥1
X
⋄ Si la série pn apn est divergente, alors TN +1 et SpN+1 −1 tendent vers +∞, donc
n≥1
X
la série an est divergente.
n≥1
2. Le résultat n’est plus vrai, prenons par exemple :
8
>
< 0 si n est une puissance de p,
an = >
: 1 sinon.

X X
3. Le résultat reste vrai puisque les séries an et pn apn divergent.
n≥0 n≥0
4. En considérant les sommes partielles des deux séries en question comme dans la
première question, alors :
⋄ Si n ≤ pk on a :

Sn ≤ Spk ≤ (a1 + · · · + ap1 −1 ) + (ap1 + · · · + ap2 −1 ) + · · · + (apk + · · · + apk+1 −1 )


≤ (a1 + · · · + ap1 −1 ) + (p2 − p1 )ap1 + · · · + (pk+1 − pk )apk .

⋄ Si n > pk on a :
€ Š
c Sn ≥ c Spk ≥ c ap1 + · · · + ap2 ) + · · · + c (apk−1 + · · · + apk
≥ c (p2 − p1 )ap2 + · · · + c (pk − pk−1 )apk
≥ (p3 − p2 )ap2 + · · · + (pk+1 − pk )apk .

X X
En conclusion, les deux séries an et (pk+1 − pk ) apk sont de même nature.
n≥1 k≥1
5.6. EXERCICES 321

Exercice 5.24 K
Soient a ∈ R, b ∈ R \ Z− et (xn )n≥0 une suite réelle telle que

xn+1 n+a
= , ∀ n ∈ N.
xn n+b
X
1. Montrer que la série xn converge si, et seulement si, b > a + 1.
n≥0
+∞
X
2. On suppose que b > a + 1. Calculer xn . 
n=0

1. On peut supposer, sans perte de généralité, que x0 > 0 car la multiplication de x0


par un nombre réel non nul α a pour effet de multiplier tous les termes de la suite
(xn )n≥0 par α. Si x0 > 0, alors xn > 0 pour tout n ∈ N.
Pour n ∈ N∗ , on pose :
€ Š
yn := ln nb−a xn et zn := yn+1 − yn .

Alors, on a :
 b−a !  
n+1 xn+1 1 1+ a
zn = ln = (b − a) ln 1 + + ln n
n xn n 1+ b
n
     
b−a 1 a−b 1 1
= +O 2 + +O 2 = O 2 .
n n n n n

X X
Par conséquent, la série zn est convergente, donc la série yn l’est aussi, et il
n≥1 n≥1
existe un réel λ > 0 tel que :
λ
xn ∼ .
+∞ nb−a
X
En conclusion, la série xn est convergente si, et seulement si, b > a + 1.
n≥0
xk+1 k+a
2. La relation = est équivalente à :
xk k+b

(k + b)xk+1 = (k + a)xk = (k − 1 + b)xk + (1 + a − b)xk .

En prenant k ∈ J0, nK, on a ainsi les n + 1-égalités :

(n + b)xn+1 = (n − 1 + b)xn + (1 + a − b)xn


(n − 1 + b)xn = (n − 2 + b)xn−1 + (1 + a − b)xn−1
..
.
322 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

(1 + b)x2 = bx1 + (1 + a − b)x1


bx1 = (b − 1)x0 + (1 + a − b)x0 .

En additionant ces n + 1 égalités, il résulte que :


n
X
(n + b)xn+1 = (b − 1)x0 + (1 + a − b) xk
k=0

c’est-à-dire : n
X (n + b)xn+1 − (b − 1)x0
xk = .
k=0 1+a−b
1
Or nxn ∼ , donc lim nxn = 0, et ainsi en faisant tendre n vers l’infini il
+∞ nb−a−1 n→+∞
s’ensuit que :
+∞
X b−1
xn = x0 .
n=0 b−a−1

Exercice 5.25 K
Montrer que le nombre
+∞
X 1
αn =
k=1
(k!)n

est irrationnel pour tout n ∈ N∗ . 

Montrons que αn ∈ ]1, 2[ pour tout n ∈ N∗ . En effet, on a :

+∞
X 1
αn = 1+ > 1
k=2 (k!)
n

et d’autre part

+∞
X 1 X 1
+∞
αn = −1 + < −1 + = −1 + e < 2.
k=0 (k!)
n
k=0 k!

On déduit, du résultat αn ∈ ]1, 2[, que αn n’est pas un entier.


Supposons, par l’absurde, que αn = pq avec n, p, q des entiers strictement positifs (et
q 6= 1). Alors :

1 1
pq n−1(q − 1)! = N + + +··· <
(q + 1)n (q + 1)n (q + 2)n
1 1
< N+ + +··· =
(q + 1)n (q + 1) (q + 1)n
n
‚ Œ
1 1 1 1
= N+ 1+ + +··· = N + ,
(q + 1)n (q + 1)n (q + 1)2n (q + 1)n − 1
5.6. EXERCICES 323

pour un certain entier N ∈ N. Par suite

1 1
M = + +··· < 1,
(q + 1)n (q + 1) (q + 2)n
n

et ainsi N + M est un entier, contradiction.


En conclusion, αn est un nombre irrationnel pour tout n ∈ N∗ .

Exercice 5.26 K
Existe t-il une permutation σ : N −→ N telle que la série

X σ(n)
n≥1
n2

soit convergente ? 

Si σ est une permutation de N alors les nombres σ(1), σ(2), · · · , σ(n) sont des
entiers strictement positifs et distincts, d’où

n(n + 1)
σ(1) + · · · + σ(n) ≥ 1+···+n = .
2

Par conséquent (somme télescopique)


‚ Œ
X σ(n) X 1 1
= (σ(1) + · · · + σ(n)) −
n≥1 n
2
n≥1 n2 (n + 1)2
X n(n + 1) 2n + 1 X 2n + 1
≥ × 2 =
n≥1 2 n (n + 1)2 n≥1 2n(n + 1)
X 1
≥ , série divergente
n≥1 n + 1

En conclusion, il n’existe pas de permutation σ : N −→ N telle que la série

X σ(n)
2
n≥1 n

soit convergente.

Exercice 5.27 K
1. Montrer que
+∞
X n 1
= .
n=1
n4 + n2 + 1 2
324 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

2. Montrer que
+∞   ‹ ‹
X 2n + 1 1 − ln(2)
n ln −1 = .
n=1
2n − 1 2

1. La série en question est convergente car

1 1
0 < <
n4 + n2 + 1 n3
P
et 1
n≥1 n3 est convergente. D’autre part, on a

1 1
n n
= 2 = 2 2
− 2
:= xn − xn+1 ,
n4 + n2 + 1 (n − n + 1)(n2 + n + 1) n − n + 1 n2 + n + 1
1
où xn = 2
. Par conséquent, on a
n2 − n + 1
1
N
X n 1 1
= x1 − xN +1 = − 2 2 −→ .
n=1 n + n + 1 2 N +N +1 2
4 2 N∞

2. On a
‚ ‚ Œ Œ  
n
X 2k + 1 1 1 1 1
k ln − 1 = ln · · ··· (2n + 1)n − n
k=1 2k − 1 1 3 5 2n − 1
‚ Œ
2n−1 (n − 1)!(2n + 1)n
= ln −n
(2n − 1)!
„ È Ž
2n−1 2π(n − 1) (n − 1)n−1 e1−n (2n + 1)n
∼ ln È ,
2π(2n − 1) (2n − 1)2n−1 e1−2n

d’après la formule de Stirling. Or


„ È Ž
2n−1 2π(n − 1) (n − 1)n−1 e1−n (2n + 1)n
ln È =
2π(2n − 1) (2n − 1)2n−1 e1−2n
  ‚ n−1  n Œ
1 n−1 2n − 2 2n + 1
= ln + ln
2 2n − 1 2n − 1 2n − 1

et
 n−1  n−1
2n − 2 1 1
lim = lim 1− √=
n→+∞ 2n − 1 n→+∞ 2n − 1 e
 n  n
2n + 1 2
lim = lim 1 + = e.
n→+∞ 2n − 1 n→+∞ 2n − 1
5.6. EXERCICES 325

Par conséquent
‚ ‚ Œ Œ
n
X 2k + 1 1 1
lim k ln −1 = − ln(2) + .
n→+∞
k=1 2k − 1 2 2

Exercice 5.28 K
Soit α > 0 un nombre réel, et considérons la suite (xn )n≥1 définie par x1 > 0 et

1
xn+1 = xn + , ∀ n ≥ 1.
nα xn

1. Pour quells valeurs de α la suite



(xn )n≥1 est-elle
‹
convergente ?
2. Déterminer un équivalent de xn − lim xn lorsque α ∈]1, +∞[ et un équivalent
n→+∞
de (xn )n≥1 lorsque α ∈]0, 1]. 

1. La suite (xn )n≥1 est bien définie, est strictement croissante et tous ses termes sont
> 0. Sa limite est donc un élément de ]0, +∞].
X
La suite (xn )n≥1 possède une limite finie si, et seulement si, la série (xn+1 − xn )
n≥1
est convergente. Or, si α > 1, les inégalités

1 1
0 < xn+1 − xn = ≤
nα xn nα x1
X
montrent que la série (xn+1 − xn ) est convergente, et donc la suite (xn )n≥1 est
n≥1
convergente. Réciproquement, si la suite (xn )n≥1 converge vers un nombre réel l,
1 X 1
alors comme xn+1 − xn ∼ α , la série α
est convergente et α > 1.
n l n≥1 n
En conclusion, la suite (xn )n≥1 est convergente si, et seulement si α > 1.
2.
⋄ Si α > 1 :
alors les équivalences

1 1 Z n+1 dx
xn+1 − xn ∼ ∼
lnα l n xα

montrent que
Z k+1
+∞
X 1 +∞
X dx 1 Z +∞ dx 1
l − xn = (xk+1 − xk ) ∼ = = .
k=n l k=n k xα l n xα l(α − 1)nα−1

⋄ Si α = 1 :
alors l’équivalence
2 1 2
x2n+1 − x2n = + 2 2 ∼
n n xn n
326 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

montre que

n−1
X € Š n−1
X 1
x2n − x21 = x2k+1 − x2k ∼ 2 ∼ 2 ln n
k=1 k=1 k


et donc xn ∼ 2 ln n.
⋄ Si α < 1 :
alors les équivalences
Z n+1
2 1 2 dx
x2n+1 − x2n = α
+ 2α 2 ∼ ∼ 2
n n xn nα n xα

montrent que
Z n
dx 2n1−α
x2n ∼ 2 ∼
1 xα 1−α
s
2n1−α
et donc xn ∼ .
1−α
Exercice 5.29 K
Soit (bn )n≥0 ⊂ N∗ une suite strictement croissante. Pour n ≥ 1, on pose :

an = ppcm(b0 , b1 , · · · , bn ).

Étudier la nature de la série


X 1
.
a
n≥1 n

Pour N ∈ N∗ , on a :
‚ Œ
1 1 N
X 1 1 N
bn − bn−1
X N
X pgcd(bn−1 , bn )
− = − = ≥
b0 bN n=1 bn−1 bn n=1 bn bn−1 n=1 bn bn−1
XN
1 N
X 1 N
X 1
≥ ≥ = .
n=1 ppcm(bn−1 , bn ) n=1 ppcm(b0 , b1 , · · · , bn ) n=1 an

Comme les termes de la série sont positifs et que les somme partielles sont majorées
2 X 1
par , alors la série est convergente.
b0 n≥1 an

Exercice 5.30 K
Étudier la convergence, et préciser la limite, de la suite de terme général :

xn = n sin (2πn! e) .
5.6. EXERCICES 327

+∞
X 1
On utilise la relation : e = . Pour n ∈ N∗ on a :
k=0 k!

n +∞
X n! X n!
n! e = + .
k=0 k! k=n+1 k!
| {z } | {z }
:=An :=Bn

n
n! Y
Or, pour tout k ∈ J0, nK, on a = i ∈ N, par suite An ∈ N. D’autre part,
k! i=k+1
on a :
xn = n sin (2πAn + 2πBn ) = n sin (2πBn ) .

D’où, Bn est une somme de termes positifs, par suite Bn est minorée par son premier
terme, i. e. :
n! 1
= ≤ Bn . (1)
(n + 1)! n+1
n! 1
Comme ≤ pour tout k ≥ n + 1, on déduit que :
k! (n + 1)k−n
 k−n
+∞
X 1 1 1 1
Bn ≤ = × = .
k=n+1 n+1 n + 1 1 − n+1
1
n

Grâce à la relation (1), il s’ensuit que :

1 1
≤ Bn ≤ c-à-d lim nBn = 1.
n+1 n n→+∞

Par conséquent, il résulte que :

xn = n sin (2πBn ) ∼ 2πnBn −−−−→ 2π.


n n→+∞

Exercice 5.31 K
Soit (xn )n≥0 une suite réelle positive croissante et telle que lim xn = +∞.
n→+∞
Montrer qu’il existe deux suites positives (yn )n≥0 et (zn )n≥0 telles que :
X X
∀ n ∈ N, yn ≤ xn zn ; yn diverge et zn converge.
n≥0 n≥0

Soit n0 le plus petit entier naturel tel que an0 > 0. Posons
8
>
<0 si n ≤ n0 ,
yn = >√ √
: xn − xn−1 si n ≥ n0 + 1,
328 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

et 8
>
< 0 si n ≤ n0 ,
zn = 1 1
>
:√ −√ si n ≥ n0 + 1.
xn−1 xn
Alors on a :
X 1 +∞
X
⋄ la série zn est convergente avec . zn = √
n≥0 n=0 an0
X
⋄ La série yn est divergente car lim xn = +∞.
n→+∞
n≥0
√ √
⋄ pour tout n ∈ N : yn = xn xn−1 zn ≤ xn zn .

Exercice 5.32 K
Pour m ≥ 2, on pose
 ‹  ‹
1 1 x 1 1 1 x
S(x) = 1 + + ··· + − + + + ··· + − + ···
2 m−1 m m+1 m+2 2m − 1 2m

1. Montrer qu’il existe un unique réel x tel que la série S(x) converge.
2. Calculer S(x) dans le cas de la convergence. 

1. On a
‚ Œ
X m−1
X 1 x
S(x) = un (x) avec un (x) = − .
n≥0 p=1 mn + p (n + 1)m

On a
Z (n+1)m Z (n+1)m−1
dx m−1
X 1 dx
≤ ≤
nm+1 x p=1 mn + p nm x
c’est-à-dire :
‚ Œ ‚ Œ
(n + 1)m m−1
X 1 (n + 1)m − 1
ln ≤ ≤ ln .
nm + 1 p=1 mn + p nm

Or
‚ Œ   ‚ Œ  
(n + 1)m m−1 1 (n + 1)m − 1 m−1 1
ln = +O 2 , ln = +O 2 .
nm + 1 nm n nm nm n

Donc :
   
m−1−x 1 m−1−x 1
+O 2 ≤ un (x) ≤ +O 2 .
nm n nm n

Par conséquent, la série S converge si, et seulement si, x = m − 1.


5.6. EXERCICES 329

2. On prend x = m − 1, alors
„ Ž
m
X 1 1
un (x) = − .
p=1 mn + p n+1

Par conséquent :

(N +1)m (N +1)m
N
X X 1 NX +1
1 X 1
un (x) = − =
n=0 q=1 q q=1 q q=N +2 q

et
Z (N +1)m−1 N Z (N +1)m
dx X dx
≤ un (x) ≤
N +2 x n=0 N +1 x
‚ Œ
(N + 1)m − 1 XN
ln ≤ un (x) ≤ ln(m).
N +2 n=0

(N + 1)m − 1
Comme lim = ln(m), alors il résulte que S(x) = ln(m).
N →+∞ N +2

5.6.3 Exercices d’entraînement

Exercice 5.33 KK
Test de Kummer
X X
1. Soient an et bn deux séries à termes strictement positifs vérifiant :
n≥1 n≥1

an+1 bn+1
≤ , ∀ n ≥ N.
an bn
X X
Montrer que : bn converge =⇒ an converge aussi.
n≥1 n≥1
2. test de kummer : soit (xn )n≥1 une suite à valeurs strictement positives. Montrer
que :
(i) S’il existe une suite (yn )n≥1 strictement positive et une constante c > 0 telles que :

xn
yn − yn+1 ≥ c, ∀ n ∈ N∗
xn+1
X
alors la série xn est convergente.
n≥1
(ii) S’il existe une suite (yn )n≥1 strictement positive telle que

X 1 xn
diverge et yn − yn+1 ≤ 0, ∀ n ∈ N∗
y
n≥1 n
xn+1
330 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

X
alors la série xn diverge.
n≥1
3. Quels résultats retrouve t-on si on prend yn = 1, yn = n et yn = n ln n dans le test
de Kummer ? 
an
1. Posons cn = , alors pour n ≥ N on a :
bn
an+1 an
cn+1 = ≤ = cn .
bn+1 bn

La suite (cn )n≥1 est décroissante pour n ≥ N, donc elle est bornée, c-à-d il existe
M > 0 tel que :
0 < cn < M, ∀ n ∈ N∗ .

Par conséquent :
X X X
an = bn cn < M bn ,
n≥1 n≥1 n≥1

ce qui termine la démonstration.


2.
(i) On a : xn yn − xn+1 yn+1 ≥ c xn+1 . La suite (xn yn )n≥1 est positive décroissante,
X
donc convergente, de plus la série télescopique (xn yn − xn+1 yn+1 ) converge. Donc,
n≥1
X
xn est une série convergente.
n≥1
(ii) On a :
1
xn+1 yn+1
≥ 1 .
xn yn
X
On déduit, d’après la première question, que la série xn est divergente.
n≥1
3.
⋄ Si yn = 1 pour n ∈ N∗ , alors on retrouve le test de d’Alembert.
⋄ Si yn = n pour n ∈ N∗ , alors on retrouve le test de Raabe-Duhamel.
⋄ Si yn = n ln n pour n ≥ 2, alors on retrouve le test de Bertrand.

Exercice 5.34 KK
Sit x > 0 un nombre réel.
1. Montrer que
+∞
X n! x
= 1.
n=1
n(x + 1) · · · (x + n)

2. En déduire la valeur de
+∞
X (n − 1)!
.
n=1
n(x + 1) · · · (x + n)
5.6. EXERCICES 331

x 1 1
1. Il est clair que = − , et par suite en multipliant par n! au
n(x + n) n x+n
numérateur et par (x + 1) · · · (x + n − 1) au dénominateur on déduit que :

n! x (n − 1)! n!
= − .
n(x + 1) · · · (x + n) (x + 1) · · · (x + n − 1) (x + 1) · · · (x + n)

Il s’agit alors d’une somme télescopique, on déduit alors que

+∞
X (n − 1)! 1 +∞
X n! x
= ou aussi = 1.
n=1 (x + 1) · · · (x + n) x n=1 n(x + 1) · · · (x + n)

1
2. Notons S(x) la somme de la série en question. Par la question (1) on a : S(x) <
x
et alors lim S(x) = 0. Donc, on peut écrire S comme somme d’une série télesco-
x→+∞
pique infinie :
+∞
X
S(x) = [S(x + n − 1) − S(x + n)] . (1)
n=1

D’autre part, par la question (1) on a :

 
+∞
X (n − 1)! 1 1
S(x − 1) − S(x) = −
n=1 n(x + 1) · · · (x + n − 1) x x+n
1 +∞
X (n − 1)! 1
= = .
x n=1 (x + 1) · · · (x + n) x2

En utilisant S(x − 1) − S(x) = 1


x2
avec la relation (1) on déduit que :

+∞
X 1
S(x) = .
n=1 (x + n)
2

Exercice 5.35 KK
1. Montrer que
+∞
29 X 1 31
< < .
18 n=1
n 2 18
+∞
X 1
2. On se propose de calculer la valeur exacte de .
n=1
n2
(a) Montrer que
2n−1
X−1
2 1
1 =   .
4n k=0 sin2 (2k+1)π
2n+1

(b) En déduire que


+∞
X 1 π2
= .
n=1
n2 6
332 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

1. On a
+∞
X 1 1 1 +∞
X 1
> 1+ + +
n=1 n
2 4 9 n=4 n(n + 1)
 
49 +∞
X 1 1 49 1 29
= + − = + = .
36 n=4 n n + 1 36 4 18

De même, on a

+∞
X 1 1 1 +∞
X 1 61 31
< 1 + + + = < .
n=1 n
2 4 9 n=4 n(n − 1) 36 18

2.
(a) On a
! !
1 1 1 1 1 1 1 1
= € Š € Š = € Š + € Š = € Š + € Š .
sin (x)
2
4 sin 2 cos 2
2 x 2 x 4 sin2 x
2
cos2 x
2
4 sin2 x
2
sin2 x+π
2

Donc, en répétant cette identité on arrive à


!
1 1 1 1
1 = € Š = € Š + € Š
sin2 π
2
4 sin2 π
4
sin2 3π
4
!
1 1 1 1 1
= € Š + € Š + € Š + € Š
16 sin2 π
8
sin2 3π
8
sin2 5π
8
sin2 7π
8

= ······
n −1 2n−1
1 2X
1 2 X−1 1
=   =   .
4n k=0 sin2 (2k+1)π 4n k=0 sin2 (2k+1)π
2n+1 2n+1

— ”
(b) On sait que pour x ∈ 0, π2 , alors sin(x) > 2x
π
, et par suite le k-ème terme de
la somme ci-dessus est majoré par (2k+1)
2
2 qui est indépendant de n. Comme on a
 ‹
x
lim N sin = x, alors on déduit qu’avec N = 2n et x = (2k+1)π
2
:
N →+∞ N

8 +∞
X 1
1 = .
π2 k=0 (2k + 1)
2

Pour conclure, on a

+∞
X 1 X 1 X 1 π 2 1 +∞
X 1
= + = + ,
n=1 n
2
n=impair n
2
n=pair n
2 8 4 k=1 k 2
5.6. EXERCICES 333

+∞
X 1 π2
d’où = .
n=1 n
2 6

Exercice 5.36 KK
Soit (xn )n≥1 une suite de nombres réels strictement positifs et telle que

+∞
X
xn = l, l > 0.
n=1

Montrer que ( )
+∞
X +∞
X
x2n tel que xn = l = ]0 , l2 [.
n=1 n=1

On montre le résultat par double inclusion.


(⊂) On a
!2
+∞
X +∞
X X
2
l = xn = x2n + 2 xm xn ,
n=1 n=1 1≤m<n

+∞
X
d’où 0 < x2n < l2 .
n=1
(⊃) Soit α ∈]0, l2 [, montrons qu’il existe une suite (xn )n≥1 à termes strictement
positifs telle que
+∞
X +∞
X
xn = l et x2n = α.
n=1 n=1

Il suffit, pour cela, de considérer la suite (xn )n≥1 définie pour tout n ≥ 1 par :
‚ Œn
2α2 l l 2 − α2
xn = × .
l 2 − α2 l 2 + α2

+∞
X +∞
X
Alors on a xn = l et x2n = α ∈ ]0 , l2 [.
n=1 n=1

Exercice 5.37 KK
Soit P l’ensemble des entiers naturels premiers. Montrer que la série
X 1
p∈P
p

est divergente. 

Pour p ∈ P, on a

1 1 1 1 1 1 1
ep = 1 + + + +··· > 1+ .
p 2! p 2 3! p 3 p
334 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

Par conséquent
„ Ž
‚ Œ
Y 1 Y 1 X 1
1+ < e p = exp . (1)
p∈P p p∈P p∈P p

Or, on a
‚ Œ‚ Œ
1 1 1 1 1 1 1
1+ 1 + 2 + 4 + · · · + 2k =1+ + 2 + · · · + 2k+1 ,
p p p p p p p

et donc en prenant le produit sur l’ensemble P, on déduit que


‚ Œ
Y 1 X 1 X 1
1+ × = .
p∈P p n2 n
‚ Œ
P P Y 1
Or, 1
n2
est convergente, 1
n
est divergente, par suite 1+ → ∞, et donc
p∈P p
X 1
d’après (1) on conclut que la série est divergente.
p∈P p

Exercice 5.38 KK
Développement en série de Engel (1913)
Pour une suite croissante d’entiers (xn )n≥0 avec x0 ≥ 2, on définit

1 1 1
Sn = + + ··· + .
x0 x0 x1 x0 · · · xn

1. Montrer que

∀ x ∈]0, 1] ∃ !(xn )n≥0 : Sn −→ x.

2. Montrer que
 
x∈Q ⇐⇒ ∃N ∈ N : xn = xN ∀n ≥ N .

3. En déduire que e ∈ R \ Q. 
X1 1 1
1. La série est convergente car on a : 0 < ≤ n+1 .
n≥0 x0 · · · xn x0 · · · xn 2
⋄ Existence : Soit r0 ∈]0, 1] un nombre réel, posons
8   8  
> 1 > 1
x
< 0 = + 1, < n x = + 1,
r0 et par récurrence rn
> >
:
r1 = x0 r0 − 1, :
rn+1 = xn rn − 1.

Montrons, par récurrence, que la suite (rn )n≥0 est à valeurs strictement positives.
Le résultat est vrai à l’ordre 0, supposons le vrai au rang n et montrons le au rang
5.6. EXERCICES 335

n + 1. On a , par définition de la partie entière :


  
1 1
rn+1 = + 1 rn − 1 > · rn − 1 = 0.
rn rn

La suite (rn )n≥0 est décroissante, en effet pour tout n ∈ N on a :


    
1 1
rn+1 = + 1 rn − 1 ≤ + 1 rn − 1 = rn .
rn rn

Maintenant, comme la fonction x 7−→ ⌊x⌋ est croissante, alors on déduit que la suite
(xn )n≥0 est croissante. Par suite, xn ≥ 2 pour tout n ∈ N puisque x0 ≥ 2.
On a
 
1 r1 1 1 1 r2 1 1 1 rn+1
r0 = + = + + = + +···+ + .
x0 x0 x0 x0 x1 x1 x0 x0 x1 x0 · · · xn x0 · · · xn

D’où
rn+1 r0
0 ≤ ≤ −−−−→ 0,
x0 · · · xn 2n+1 n→+∞

et par suite
+∞
X 1
r0 = .
n=0 x0 · · · xn

⋄ Unicité :
Supposons, par l’absurde, qu’il existe deux développements en série de Engel, alors

+∞
X 1 +∞
X 1
= .
n=0 x0 · · · xn n=0 y0 · · · yn

On va montrer, par récurrence sur n, que xn = yn . Si x0 ≤ y0 , alors

1 +∞
X 1 +∞
X 1 1
< ≤ n+1 = =⇒ y0 − 1 < x0 ≤ y0 =⇒ x0 = y0 .
x0 n=0 y0 · · · yn n=0 y0 y0 − 1

Supposons que le résultat est vrai jusqu’au rang p − 1 ≥ 0, c’est-à-dire x0 =


y0 , · · · , xp−1 = yp−1, et montrons que xp = yp . Si xp ≤ yp , alors on a

+∞
X 1 +∞
X 1 1 +∞
X 1
= =⇒ < ≤
n=p x0 · · · xn n=p y0 · · · yn x0 · · · xp n=p y0 · · · yn

1 +∞
X 1 1 1
≤ = × .
n+1
y0 · · · yp−1 n=0 yp y0 · · · yp−1 yp − 1

1 1
L’hypothèse de récurrence donne alors < et par suite yp − 1 < xp ≤ yp ,
xp yp − 1
i.e ., xp = yp . En conclusion, on a montré le résultat par récurrence.
336 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

2.
a
(=⇒) x ∈ Q, donc il existe (a, b) ∈ N × N∗ tel que x = . Pour tout n ∈ N on a :
b
p
a X 1 +∞
X 1 1 +∞
X 1 1 1
− = ≤ = × .
b n=0 x0 · · · xn n=p+1 x0 · · · xn x0 · · · xp n
n=1 xp+1 x0 · · · xp xp+1 − 1

Donc
!
X
p
∀ p ∈ N, 0 < (xp+1 − 1) × ax0 · · · xp − b (xn+1 · · · xp ) ≤ b.
n=0
| {z }
∈N∗

Donc, la suite croissante (xn )n≥0 est majorée, elle stationne à partir d’un certain
rang N ∈ N.
(⇐=) Supposons qu’il existe un rang N ∈ N à partir duquel on a xn = xN , alors :

+∞
X 1 XN
1 1 +∞
X 1
x = = + n
n=0 x0 · · · xn n=0 x0 · · · xn x0 · · · xN n=1 xN
N
X 1 1
= + ∈ Q.
n=0 x0 · · · xn xN − 1

3. On a
+∞
X 1
e−1 = avec xn = n, ∀ n ≥ 2.
n=2 x2 · · · xn

Donc, e − 1, et par suite, e est un nombre irrationnel (d’après la question (2)).

Exercice 5.39 KK
X 1
Soit (an )n≥1 une suite à termes strictement positifs et telle que la série soit
n≥1
a n
convergente. Montrer que :

+∞ +∞
X n X 1
≤ 2 .
a + a2 + · · · + an
n=1 1
a
n=1 n

k √
Il est clair que : k = √ × ak . Donc d’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz
ak
on a : !2 ! !
n n n
X X k2 X
k ≤ × ak .
k=1 k=1 ak k=1

D’où, !
n2 (n + 1)2 n
X k2
≤ × (a1 + a2 + · · · + an ) .
4 k=1 ak
5.6. EXERCICES 337

Donc, il résulte que :

n 4n n
X k2 4n + 2 n
X k2
≤ ≤
a1 + a2 + · · · + an n (n + 1)2
2
k=1 ak n (n + 1)2
2
k=1 ak
‚ Œ
1 1 n
X k2
=2 − .
n2 (n + 1)2 k=1 ak

Or, d’après la transformation d’Abel on a :


‚ Œ
N
X 1 1 n
X k2 N
X 1 1 XN
k2 N
X 1
− = − ≤ .
n=1 n2 (n + 1)2 k=1 ak n=1 an (N + 1)2 k=1 ak n=1 an

En faisant tendre N → +∞, on déduit que

+∞
X n +∞
X 1
≤ 2 .
n=1 a1 + a2 + · · · + an n=1 an

Montrons que 2 est la meilleure constante dans l’inégalité ci-dessus. Soient k une
constante répondant à la question et N ∈ N∗ , choisissons
8
>
<n si n ≤ N,
an := >
: (N + 1)2n−N si n > N.

Alors
+∞
X n N
X n N
X 2
≥ = ;
n=1 a1 + a2 + · · · + an n=1 a1 + a2 + · · · + an n=1 n + 1
+∞
X 1 N
X 1 1
= + .
n=1 an n=1 n N +1

Par conséquent, on a :

2
k ≥ 2− , ∀ N ≥ 1.
N
X +1
1
n=1 n

En faisant tendre N → +∞, alors on déduit que k ≥ 2. En conclsuion, 2 est la


meilleure constante possible.
338 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

Exercice 5.40 KK
X
Soient (cn,k )N×N une famille de nombres complexes et ak une série à termes positifs
k≥0
convergente.
On suppose que pour tout (n, k) ∈ N2 :

|cn,k | ≤ ak et lim cn,k = ck .


n→+∞

Montrer que !
+∞
X +∞
X
lim cn,k = ck .
n→+∞
k=0 k=0

En passant à la limite, lorsque n → +∞, dans |cn,k | ≤ ak , il résulte que


P
|ck | ≤ ak et donc la série ck converge absolument.
+∞
X X ε
Comme la série ak est convergente alors il existe p ∈ N tel que : ak ≤
k≥0 k=p+1 3
et alors :
+∞
X
+∞
X 2ε

(c n,k − c )
k
≤ 2 ak ≤ . (1)
k=p+1 k=p+1 3
X
p X
p
L’entier p étant choisi, comme cn,k −−−−→ ck , alors il existe N ∈ N tel que :
n→+∞
k=0 k=0


Xp
ε
n ≥ N =⇒ (cn,k − c ) ≤
k . (2)

k=0
3

En additionnant les inégalités des relations (1) et (2) il résulte que :


!
+∞
X +∞
X
lim cn,k = ck .
n→+∞
k=0 k=0

Exercice 5.41 KK
Soit f : R −→ R une fonction qui préserve la convergence, i.e .
X X
xn est convergente =⇒ f (xn ) est convergente.
n≥1 n≥1

Montrer que :

∃ a ∈ R, ∃ε > 0 : f (x) < ax ∀ x ∈ ]0, ε[,

c’est-à-dire que f est à croissance sous-linéaire au voisinage de l’origine. 

On fait un raisonnement par l’absurde. Alors, pour tout n ∈ N∗ , il existe xn ∈


5.6. EXERCICES 339
— ”
0, n12 tel que f (xn ) > nxn .
1 2
Soit jn le plus petit entier tel que jn ≥ , alors jn xn < . Considérons la série
n2 xn n2
de terme général

x1 + x1 + · · · + x1 + x2 + x2 + · · · + x2 + · · ·
| {z } | {z }
j1 fois j2 fois

P
alors cette série est convergente (en la comparant avec n≥1 n2 ),
2
cependant

X X X 1
jn f (xn ) ≥ njn xn ≥ série divergente.
n≥1 n≥1 n≥1 n

Contradiction. D’où f (x) < ax pour x ∈ ]0, ε[.

Exercice 5.42 KK
a
Soit (xn )n≥1 ∈ CN une suite complexe telle que |xn | ≤ (avec a > 0). On pose
n

S1 + S2 + · · · + Sn
Sn := x1 + x2 + · · · + xn−1 et σn = .
n

Montrer que
lim σn := l =⇒ lim Sn = l.
n→+∞ n→+∞

Soient n et m deux entiers naturels non nuls, alors on a :


„ Ž
n
X n
X k−1
X n−1
X n−1
X
nσn = Sk = xj = (n − j)xj = nSn − jxj .
k=1 k=1 j=0 j=0 j=0

En remplaçant n par n + m la relation ci-dessus devient :

n+m−1
X
(n + m)σn+m = (n + m)Sn+m − jxj .
j=0

La différence des deux relations ci-dessus nous permet d’écrire

n+m−1
X
(n + m)σn+m − nσn = (n + m)Sn+m − nSn − jxj
j=n
n+m−1
X
= mSn+m + n (Sn+m − Sn ) − jxj .
j=n
340 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

Par suite, on déduit que

n+m−1
X
m (Sn+m − l) = (n + m) (σn+m − l) − n (σn − l) + (j − n)xj . (1)
j=n

Or, puisque lim σn = l, alors :


n→+∞

∀ ε > 0, ∃N ∈ N : k≥N =⇒ |σk − l| ≤ ε.

D’où, la relation (1) donne pour tout n ≥ N et tout m ≥ 1 :

n+m−1
X a
m |Sn+m − l| ≤ (n + m)ε + nε + p , c-à-d
j=1 j
 ‹
n m
|Sn+m − l| ≤ 2 + 1 ε + a.
m n

√ √
Soit ∆ε := { (n, m) ∈ N2 : N ≤ n, n ε ≤ m ≤ 2n ε }.
m

m = 2n ε

∆ε √
m=n ε

0 N n

On a, pour tout (n, m) ∈ ∆ε , d’après l’inégalité ci-dessus :


√ √
|Sn+m − l| ≤ 2 ε + ε + 2 ε a.

On a
€ √ Š
inf { n + m : (n, m) ∈ ∆ε } ≥ 1+ ε N,

et pour tout entier q > (1 + ε) N, il existe (n, m) ∈ ∆ε tel que : q = n + m. D’où

∀ ε > 0, ∃s ∈ N : q≥s =⇒ |Sq − l| ≤ 2 ε (1 + a) + ε.

En conclusion, on a lim Sn = l.
n→+∞
5.6. EXERCICES 341

Exercice 5.43 KK
Étudier la nature de la série suivante :

X ei n
√ .
n≥1
n


ei n X
On se propose de montrer que la série √ est divergente en montrant la
n≥1 n

X cos n
divergence de la série des parties réelles √ .
n≥1 n
Pour tout k ∈ N on considère l’ensemble
§
π √ πª
Ak := n ∈ N : 2kπ − ≤ n ≤ 2kπ +
–
4 4
2 2™
π π
= 4k 2 π 2 − π 2 k + , 4k 2 π 2 + π 2 k + ∩ N.
4 4

On a :

2π 2 k − 1 ≤ Card(Ak ) ≤ 2π 2 k + 1 et lim Ak = +∞.


k→+∞


X cos n
Pour montrer la divergence de la série, il suffit de montrer que √ ne tend
n∈Ak n
pas vers zéro. En effet, on a :

X cos n X 1 Card(Ak ) π
√ ≥ √ € Š ≥ √ € Š −−−−→ √ .
n∈Ak n n∈Ak 2 2kπ + π
4
2 2kπ + π4 k→+∞ 2

Exercice 5.44 KK
1. Étudier la nature des séries
X ln n X ln n
et (−1)n .
n≥1
n n≥1
n

2. Montrer la convergence de la série de terme général


Z n
ln n ln t
− dt.
n n−1 t

+∞
X ln n
3. Calculer la somme (−1)n . 
n=1
n

ln n 1 X ln n
1. Pour n ≥ 3 on a : ≥ et par suite la série est divergente. D’autre
n n n≥1 n
342 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

‚ Œ
ln n
part, pour n ≥ 3, la suite tend vers zéro en décroissant (simple étude de
n n≥3
X ln n
variations de fonction), et donc la série (−1)n est convergente.
n≥1 n
ln x
2. La décroissance de la fonction x 7−→ pour x ∈ [e, +∞[ montrer que
x
Z n
ln n ln t ln(n − 1)
≤ dt ≤ , ∀ n ≥ 4.
n n−1 t n−1

Donc, il résulte que


Z n
ln t ln n ln(n − 1) ln n
0 ≤ dt − ≤ − .
n−1 t n n−1 n
‚ Œ
ln(n − 1) ln n
X
Comme la série télescopique − est convergente, alors il en est
n≥1 n−1 n
Z n
ln t ln n
de même pour la série de terme général dt − .
n−1 t n
X ln k
3. Soit S2n la somme partielle de rang 2n de la série (−1)k . Alors
k≥1 k

n
X ln(2k) X 2n
ln k n
X 1 2n
X ln k
S2n = − = ln(2) × − .
k=1 k k=1 k k=1 k k=n+1 k
| {z }
=ln n+γ+o(1)

Par conséquent :
1
S2n = γ ln 2 − (ln 2)2 + o(1).
2
En conclusion :
+∞
X ln k 1
(−1)k = γ ln 2 − (ln 2)2 .
k=1 k 2

Exercice 5.45 KK
Étudier la nature de la série √
X (−1)⌊ n⌋

n≥1

où α ∈ R. 


(−1)⌊ n⌋
Posons an := .

1 X
On a |an | = α , donc si α > 1 la série an est absolument convergente.
n n≥1
(−1)m
Si n ∈ [m2 , (m + 1)2 [, alors la suite an = est de signe constant, alors en

5.6. EXERCICES 343

(m+1)2 −1
X 1
posant Sm := on a l’encadrement :
n=m2

(m + 1)2 − m2 (m + 1)2 − m2
≤ Sm ≤ . (1)
(m + 1)2α m2α

2
D’où, Sm ∼ . Donc, si 2α − 1 ≤ 0 alors la suite (Sm )m≥0 ne tend pas vers 0
+∞ m2α−1
X
et donc la série an est divergente.
n≥1
1
Supposons maintenant que α > , alors par la relation (1) on a :
2
–  −2α ™  
2m + 1 2m + 1 1 1

Sm − ≤ 1− 1+ = O .
m2α m 2α m m2α
   
2 1 X 2
D’où : Sm − 2α−1
= O

. Par suite la série (−1)m Sm − 2α−1 est
m m m≥1 m
X
absolument convergente. La série (−1)m Sm est donc de même nature que la
m≥1
X (−1)m
série 2α−1
. Or cette dernière série est convergente (par le critère des séries
m≥1 m
X
alternées), donc (−1)m Sm est convergente et en plus pour n ∈ [m2 , (m + 1)2 [ :
m≥1


Xn m−1
X
k
ak − (−1) S k ≤ Sm −−−−→ 0.
m→+∞
k=1 k=1

X X
Donc, la série an est convergente de même somme que la série (−1)m Sm .
n≥1 m≥0

(−1)⌊ X n⌋
1
En conclusion, la série converge si, et seulement si α > , avec conver-
n≥1 nα 2
gence absolue lorsque α > 1.

Exercice 5.46 KK
Primitive et série
Soient n0 ∈ N∗ et f : [n0 , +∞[−→ R une fonction strictement positive et décroissante.
Soit F une primitive de f .
1. Montrer que
X
f (n) est convergente ⇐⇒ F est majorée sur [n0 , +∞[.
n≥n0

2. Montrer que
X
lim F (x) = 0 =⇒ f (n) est convergente,
x→+∞
n≥n0
344 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

de plus on a

+∞
X
−F (m + 1) ≤ f (n) ≤ − F (m), ∀ m ≥ n0 ,
n=m+1
+∞
X
f (n0 ) − F (n0 + 1) ≤ f (n) ≤f (n0 ) − F (n0 ),
n=n0

X 1
3. Étudier la convergence de la série p
où p ∈ R. 
n≥1
n

1. Pour n ≥ n0 , on applique le théorème des accroissements finis à la fonction F sur


l’intervalle [n, n + 1], il existe xn ∈]n, n + 1[ tel que F (n + 1) − F (n) = F ′ (xn ) =
f (xn ). La fonction f étant décroissante, alors

f (n + 1) ≤ f (xn ) = F (n + 1) − F (n) ≤ f (n), ∀ n ≥ n0 .

Or, pour m ≥ n0 , on a
m
X
(F (n + 1) − F (n)) = F (m + 1) − F (k),
n=n0

donc l’inégalité ci-dessus donne


m
X m
X
f (n + 1) ≤ F (m + 1) − F (k) ≤ f (n), ∀ n ≥ n0 . (1)
n=n0 n=n0

X
(=⇒) Si f (n) est convergente, alors le terme de droite de la relation (1) est
n≥n0
majoré, donc F est majorée sur l’ensemble des entiers ≥ n0 . On a F ′ (x) = f (x) > 0,
et donc F est strictement croissante sur [n0 , +∞[, d’où F est bornée sur [n0 , +∞[.
(⇐=) Si F est bornée sur [n0 , +∞[, alors la relation (1) implique que la série
X X
f (n + 1) (et donc f (n)) est convergente.
n≥n0 n≥n0
2. Si lim F (x) = 0, alors F est bornée sur [n0 , +∞[, donc d’après la question
x→+∞ X
ci-dessus, la série f (n) est convergente. En faisant tendre m → +∞ dans la
n≥n0
P+∞ P+∞
relation (1) on obtient n=n0 f (n + 1) ≤ −F (n0 ) ≤ n=n0 f (n). Or, la relation (1)
est vraie pour tout n ≥ n0 , alors on déduit que

+∞
X +∞
X
f (n + 1) ≤ −F (m) ≤ f (n), ∀ m ≥ n0 . (2)
n=m n=m
5.6. EXERCICES 345

+∞
X
Le membre de gauche de (2) entraîne que f (n) ≤ −F (m), et le membre de
n=m+1
+∞
X
droite de (2) entraîne que −F (m + 1) ≤ f (n). Donc,
n=m+1

+∞
X
−F (m + 1) ≤ f (n) ≤ −F (m), ∀ m ≥ n0 . (3)
n=m+1

L’encadrement
+∞
X
f (n0 ) − F (n0 + 1) ≤ f (n) ≤ f (n0 ) − F (n0 ),
n=n0

découle de (3), en effet posons m = n0 dans (3) et on ajoute f (n0 ) à chaque membre.
1
3. Soit f (x) = p avec x ≥ 1, si p = 1 la série est divergente (série harmonique).
x
x1−p
Supposons p 6= 1, on a F (x) = . Donc :
1−p
• Si p > 1, alors lim F (x) = 0,
x→+∞
• Si p < 1, alors lim F (x) = +∞.
x→+∞
X 1
D’où, la série p
est convergente si p > 1 et divergente si p < 1.
n≥1 n
D’après la question 2. on déduit que pour p > 1 :

(m + 1)1−p m
X 1 m1−p
≤ ≤ , ∀ m ≥ 1,
p−1 n=1 n
p p−1

et
21−p +∞
X 1 1
1+ ≤ ≤ 1+ .
p−1 n=1 n
p p−1

5.6.4 Exercices d’approfondissement

Exercice 5.47 KKK


Étudier la convergence de la série

X sin(ln n)
(−1)n−1
n≥1

où α est un nombre réel. 

On montre que la série converge si, et seulement si α > 0.


Soit f (x) := sin(ln

x)
, alors on a

α cos(ln x)
f ′ (x) = − sin(ln x) + .
xα+1 xα+1
346 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

(1 + α)
Par suite |f ′ (x)| ≤ pour tout α > 0. D’où, par le théorème des accroissement
xα+1
finis, il existe η ∈]0, 1[ tel que

1+α
|f (n + 1) − f (n)| = |f ′ (n + η)| ≤ .
nα+1
X 1+α
Comme la série α+1
est convergente si α > 0 et lim f (n) = 0, alors on déduit
n≥1 n
n→+∞
que
X X
(−1)n−1 f (n) = (f (2n − 1) − f (2n)) est convergente.
n≥1 n≥1

sin(ln n)
Montrons maintenant que pour α ≤ 0 le terme ne tend pas vers zéro,

et donc que la série n’est pas convergente. En fait, il suffit de le montrer pour
α = 0. Montrons donc que, lorsque n → +∞, la suite sin(ln n) ne tend pas vers
zéro. Supposons, par l’aburde, que lim sin(ln n) = 0. Alors, il existe αn ∈ N∗ et
” — n→+∞
βn ∈ − 12 , 12 pour n > e2 tels que

ln n
= αn + βn .
π

D’où, | sin(ln n)| = sin(π|βn |). Comme lim sin(ln n) = 0, alors lim βn = 0. On a
n→+∞ n→+∞

 
ln(n + 1) − ln(n) 1 1
αn+1 − αn = − (βn+1 − βn ) = ln 1 + − (βn+1 − βn ).
π π n

D’où |αn+1 − αn | < 1 pour n assez grand, par suite il existe N ∈ N∗ tel que
αn = αN pour n > N. Par conséquent, lnπn = αN + βn pour tout n > N. Or, comme
lim βn = 0 on a une contradiction avec lim ln n = ∞.
n→+∞ n→+∞

Exercice 5.48 KKK


Inégalité de Carleman (1923)
Soit (an )n≥1 une suite convergente de nombre réels >0. Alors on a :

+∞
X +∞
X
1
(a1 × · · · × an ) n < e an .
n=1 n=1

La démonstration
 
suivante est dûe à Pólya (1926).
1 n
Soit mn := n 1 + , alors on a : m1 × · · · × mn = (n + 1)n . Maintenant, si bn =
n
mn an , alors on a d’après l’inégalité entre la moyenne arithmétique-géométrique :

1 1 b1 + · · · + bn
(n + 1)(a1 × · · · × an ) n = (b1 × · · · × bn ) n ≤ .
n
5.6. EXERCICES 347

Par conséquent :
„ Ž
+∞
X 1
+∞
X 1 n
X
(a1 × · · · × an ) n ≤ bj
n=1 n=1 n(n + 1) j=1
„ Ž
+∞
X +∞
X 1
= bj
j=1 n=j n(n + 1)
‚ Œj
+∞
X bj +∞
X 1 +∞
X
= = 1+ aj < e aj .
j=1 j j=1 j j=1

Références :
[1] T. Carleman, Sur les fonctions quasi-analytiques, in Proc. 5th Scand. Math.
Cong. (1923), Helsinki.
[2] G. Pólya, Proof of an inequality, Proc. London Math. Soc. 24 (1926), 57.

Exercice 5.49 KKK


Décomposition en série factorielle d’un réel
Soit (an )n≥1 une suite d’entiers naturels tels que :

0 ≤ an ≤ n − 1, ∀ n ∈ N∗ .

an X
1. Montrer que la série est convergente.
n≥1
n!
2. On suppose que an = n − 1 à partir d’un certain rang. Montrer que

+∞
X an
∈ Q.
n=1
n!

3. Soit x ∈ [−1, 1] un nombre réel non nul. Montrer qu’il existe α ∈ R \ Q (qu’on
déterminera) tel que :
lim sin (2 π n! α) = x.
n→+∞

1. Pour tout n ≥ 3 on a :

an n−1 1 1
0 ≤ ≤ ≤ ∼ ,
n! n(n − 1)(n − 2) n(n − 2) n2

an X
et donc la série 2
est convergente.
n≥1 n
2. Notons n0 l’entier naturel tel que an = n − 1 pour tout n ≥ n0 . On a alors :

+∞
X an X n− 1
+∞ +∞
X 1 X 1
+∞
1
= = − = .
n=n0 n! n=n0 n! n=n0 (n − 1)! n=n0 n! (n0 − 1)!
348 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

Par conséquent, on a

nX
0 −1
+∞
X an an 1
= + ∈ Q.
n=1 n! n=1 n! (n0 − 1)!

+∞
X ap
3. Soit x ∈ [−1, 1] et cherchons α sous la forme α = avec ap ∈ J0, p − 1K pour
p=1 p!
tout p ∈ N∗ . Alors on a :
„ Ž „ Ž
+∞ n +∞
X n!ap X X n!ap
2πn!α = 2π = 2π (n − p)!ap +2π .
p=1 p! p=1 p=n+1 p!
| {z } | {z }
:=An ∈ N :=Bn

De plus, d’après la périodicité de sin on déduit que :

sin (2πn!α) = sin (2πAn + 2πBn ) = sin (2πBn ) .

En isolant le premire terme de Bn , il résulte que :


 
2πan+1 +∞
X ap
sin (2πn!α) = sin + 2πbn+1 avec bn+1 = n! . (∗)
n+1 p=n+2 p!

D’après la question (2) on a :

+∞
X (p − 1) 1
0 ≤ bn+1 ≤ n! = −−−−→ 0,
p=n+2 p! n+1 n→+∞

et par suite par la relation (∗) on a


   
2πan+1 2πan+1
sin(2πn!α) = sin cos(2πbn+1 ) + cos sin(2πbn+1 )
n + 1 
n + 1
2πan+1
−−−−→ sin .
n→+∞ n+1

Pour répondre à la question, il nous suffit donc de montrer que


 
2πan
lim sin = x.
n→+∞ n
 
π 3π
La fonction sin : , −→ [−1, 1] est une bijection, donc pour β dans l’ensemble
2 2
de départ il existe un réel x ∈ [−1, 1] tel que x = sin(β). Finalement, il suffit de
montrer que
2πan
lim = β.
n→+∞ n
5.6. EXERCICES 349

On choisit la suite (an )n comme suit :


œ Ÿ

an = ,

alors

nβ n × 3π
0 ≤ an ≤ ≤ 2
< n et

œ Ÿ
2π œ Ÿ
nβ nβ 2π nβ 2π
0≤ − < 1 =⇒ 0≤β− × < −−−−→ 0.
2π 2π n 2π n n→+∞

+∞
ap X
Finalement, le réel α := ∈ R \ Q car sinon on aurait n!α entier pair à partir
p=1 p!
d’un certain rang et alors x = lim sin(2πn!α) serait nul, contradiction.
n→+∞

Exercice 5.50 KKK


Théorème de réarrangement de Riemann
X
Soient (an )n≥0 une suite à valeurs réelles telle que la série an est semi-convergente,
n≥0
et l ∈ R un nombre réel donné.
Montrer qu’il existe une permutation σ : N −→ N telle que

+∞
X
aσ(n) = l.
n=0

Soit (αn )n≥0 (resp. (βn )n≥0 ) la suite extraite des termes strictement positifs (resp.
négatifs) de la suite (an )n≥0 . On construit la suite (Sn )n≥0 de sommes partielles de
la façon suivante : S0 = α0 , si S0 , S1 , · · · , Sp sont construits avec

X
p
1 X2 p
Sp = αi + βi
i=0 i=0

alors

Sp+1 = Sp + αp1 +1 si Sp ≤ l;
Sp+1 = Sp + βp2 +1 si Sp > l.

X X X X
Supposons, par l’absurde, que αn converge, alors on a an − αn = βn ,
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X X X X
et βn converge. D’où, αn − βn existe et vaut |an |, ce qui est absurde
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X X X
car la série |an | est divergente. Donc, la série αn diverge, et de même βn
n≥0 n≥0 n≥0
350 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

diverge. Par conséquent :


! !
n
X n
X
lim αk = lim (−βk ) = +∞.
n→+∞ n→+∞
k=0 k=0

D’où

∀ p ∈ N, Sp ≤ l, ∃ p′ ≥ p, Sp′ > l,
∀ p ∈ N, Sp > l, ∃ p′ ≥ p, Sp′ ≤ l,

et p p
X1 X2

∀ N ∈ N, ∃ p ∈ N, Sp = αi + βi avec p1 ≥ N, p2 ≥ N.
i=0 i=0

(la suite (Sn )n≥0 « utilise » donc la totalité des an , n ∈ N).


Maintenant, on a lim an = 0, donc lim αn = lim βn = 0. Soit ε > 0, alors il
n→+∞ n→+∞ n→+∞
existe N ∈ N tel que :

n ≥ N =⇒ αn ≤ ε et − βn ≤ ε.

D’après ce qui précède, il existe p ∈ N tel que :


8
>
< Sp ≤ l,
>
: l ≤ Sp+1 = Sp + αn avec n ≥ N.

On a Sp+1 ≤ l + ε. Soit q ≥ p tel que l − ε ≤ Sq ≤ l + ε, alors

Si Sq ≤ l, Sq+1 − Sq ∈ {αn , n ≥ N} et l − ε ≤ Sq ≤ Sq+1 ≤ Sq + ε ≤ l + ε,


Si Sq > l, Sq+1 − Sq ∈ {βn , n ≥ N} et l − ε ≤ Sq − ε ≤ Sq+1 ≤ Sq ≤ l + ε.

Donc, |Sq − l| < ε pour tout q ≥ p + 1. En conclusion, lim Sq = l.


q→+∞

Exercice 5.51 KKK


Série de Giovanni Vacca
1. Montrer que la suite
n
X 1
Sn := − ln(n + 1)
p=1
p

est convergente et que sa limite, notée γ (constante d’Euler), appartient à l’intervalle


[0, 1].
5.6. EXERCICES 351

2. Montrer que pour tout n ∈ N∗ :

1 1
≤ γ − Sn ≤ .
2(n + 1) 2n

En déduire que :
n  ‹
X 1 1 1
Hn := = ln(n) + γ + +o .
p=1
p n→+∞ 2n n

3. Montrer que
+∞
X
γ = vp
p=1

où „ Ž
2p+1 −1
X (−1)k
vp := p , p ∈ N.
k=2p
k

4. Pour tout n ∈ N∗ , on pose :

⌊log2 (n)⌋
un = (−1)n .
n

(a) Peux t-on appliquer le critère spécial des séries alternées pour montrer la convergence
X
de la série un ?
n≥1
(b) Soient n ∈ N et m un entier tel que 2n+1 ≤ m < 2n+2 . Montrer que

m m
X (−1)k 1 X n+1

≤ et u
k ≤ .
k 2n
2n
k=2n+1 k=2n+1

(c) Soient n ∈ N et m un entier tel que 2n+1 ≤ m < 2n+2 . Montrer que
m n  ‹
X X n
uk = vp + O n .
k=1 p=1
2

En déduire que
+∞
X ⌊log2 (n)⌋
γ = (−1)n .
n=1
n

Constante d’Euler comme somme de la série de Vacca (1910). 

1. On commence par montrer que

1 Z p+1 dt 1 1
0 ≤ − ≤ − , ∀ p ∈ N∗ .
p p t p p+1

1
La fonction t 7−→ étant strictement décroissante sur R∗+ , donc on déduit que pour
t
352 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

tout p ∈ N∗ :
Z p+1 Z p+1 Z p+1
1 dt dt dt 1
= < < = ,
p+1 p p+1 p t p p p

et alors
1 Z p+1 dt 1 1
0 < − < − .
p p t p p+1
De la relation ci-dessus, on déduit que pour tout n ∈ N∗ :
‚ Œ ‚ Œ
n
X 1 Z p+1 dt n
X 1 1 1
0 < Sn = − ≤ − = 1− < 1.
p=1 p p t p=1 p p+1 n+1

La suite (Sn )n≥1 est donc majorée, de plus elle est croissante car
Z n+2
1 dt
Sn+1 − Sn = − > 0.
n+1 n+1 t

Par suite, elle converge vers un réel γ ∈ [0, 1].


2. On a
Z p+1 ‚ Œ
1 Z p+1 dt 1 1 1 Z p+1 t − p x=t−p 1Z 1 x
− = − dt = dt = dx.
p p t p p t p p t p 0 x+p

Pour tout p ≥ 2 et x ∈ [0, 1] on a :

1 1 Z1 Z 1
x 1Z 1 1
= x dx ≤ dx ≤ x dx =
2(p + 1) p+1 0 0 x+p p 0 2p

et par suite
‚ Œ ‚ Œ
1 1 1 1 1 Z p+1 dt 1 1 1 1 1
− = ≤ − ≤ 2 ≤ = − .
2 p p+1 2p(p + 1) p p t 2p 2p(p − 1) 2 p−1 p

Pour m > n ≥ 1, on a
‚ Œ
m
X 1 Z p+1 dt
Sm − Sn = − ,
p=n+1 p p t

et donc d’après la relation ci-dessus on déduit que


  ‚ Œ
1 1 1 1 X m
1 1
− = − ≤ Sm − Sn ≤
2 n+1 m+1 2 p=n+1 p p + 1
‚ Œ  
1 X m
1 1 1 1 1
− = − .
2 p=n+1 p − 1 p 2 n m
5.6. EXERCICES 353

On fait tendre m → +∞ en gardant n fixé, on conclut que

1 1
≤ γ − Sn ≤ .
2(n + 1) 2n
 
1 1
Montrons, à présent, que Hn = ln(n) + γ + +o lorsque n → +∞. On a
2n n
γ − Sn = γ − Hn + ln(n + 1), et par suite

1 1
− ln(n + 1) ≤ γ − Hn ≤ − ln(n + 1)
2(n + 1) 2n

c’est-à-dire
   
1 1 1 1 1 1
+ − ln 1 + ≤ γ − Hn + ln(n) + ≤ − ln 1 + .
2(n + 1) 2n n 2n n n

On déduit alors que


 
1
lim n γ − Hn + ln(n) + = 0.
n→+∞ 2n
 
1 1
Par suite, Hn = ln(n) + γ + +o lorsque n → +∞.
2n n
3. On commence par séparer les termes d’indice pairs de ceux d’indices impairs dans
l’expression de la suite (vp )p≥0. Pour tout p ≥ 1 on a :

2p+1 p −1 p
X −1
(−1)k 2X
1 1 2X
−1
1
= −
k=2p k m=2p−1
2m 2m m=2p−1 2m + 1
„ Ž
p −1 p −1 p
2X
1 2X
1 2X
−1
1
= − +
m=2p−1
m m=2p−1
2m m=2p−1 2m + 1
2p −1 2p+1 −1
X 1 X 1
= − := ap−1 − ap .
m=2p−1
m m=2p m

Par suite, on déduit que :


n
X n
X n
X n
X
vp = p(ap−1 − ap ) = pap−1 − pap
p=1 p=1 p=1 p=1
n−1
X n
X n−1
X
= (p + 1)ap − pap = ap − nan .
p=0 p=0 p=0
354 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES

Comme
n−1
[  ©
{1, 2, · · · , 2n − 1} = 2p , 2p + 1, · · · , 2p+1 − 1 ,
p=0

alors il résulte que


p+1 −1 n −1
n−1
X n−1
X 2 X 1 2X
1 1
ap = = = H2n − .
p=0 p=0 m=2p m m=1 m 2n
 
1 1
Or, d’après la question 2 ci-dessus, on sait que : H2n = ln(2 ) + γ + n
+o n
2n+1 2
+∞
X
lorsque n → +∞, et par suite on conclut que vp = γ.
p=1
4.
(a) Il est clair que lim |un | = 0, mais la suite (|un |)n≥1 n’est pas décroissante à
n→+∞
partir d’un certain rang puisque pour n = 2k on a :

ln(2k )
log2 (n) = = k, et
ln(2)
€ € ŠŠ € Š
ln 2k 1 + 21k ln 1 + 21k
log2 (n + 1) = =k+ .
ln(2) ln(2)

š 
log2 (2k ) k
Donc, on a : |un | = = k et
2 k 2
š 
log2 (2k + 1) k+1 1
|un+1| = = k car 1+ < 2,
2 +1
k 2 +1 2k
k+1 k
> |un | car > k.
2 +1
k 2

Par conséquent, on ne peut pas appliquer le critère spécial des séries alternées.
(b) On sait que si (bn )n≥0 est une suite décroissante de réels positifs tendant vers 0,
alors
m 2q−1
X X
k k

(−1) bk − (−1) b
k ≤ b2q , ∀m ≥ 2q.
k=0 k=0

1
D’où, pour bn = , q = 2n et m ≥ 2q = 2n+1 , on obtient :
n

m n+1
X (−1)k 2 X−1 (−1)k
m
X (−1)k 1 1

− = ≤ < .
k=0 k k=0 k

k=2n+1
k 2n+1 2n
5.6. EXERCICES 355

Soient n ∈ N et m un entier tel que 2n+1 ≤ m < 2n+2 , alors on a :


m
X m
X ⌊log2 (k)⌋ m
X (−1)k
uk = (−1)k = (n + 1) .
k=2n+1 k=2n+1
k k=2n+1
k

Par conséquent, on a ainsi :






m
X

n+1
u k ≤ .

k=2n+1 2n

(c) Soient n ∈ N et m un entier tel que 2n+1 ≤ m < 2n+2 , alors on a

m
X 2n+1
X −1 m
X
uk = uk + uk .
k=1 k=1 k=2n+1

Maintenant
2n+1 2n+1 n 2p+1
k ⌊log2 (k)⌋ ⌊log2 (k)⌋
X−1 X−1 X X −1
uk = (−1) = (−1)k .
k=1 k=1 k p=0 k=2p k

n 
[ ©
Comme {1, 2, · · · , 2n+1 − 1} = 2p , 2p + 1, · · · , 2p+1 − 1 et ⌊log2 (k)⌋ = p pour
p=0
2p ≤ k < 2p+1 , alors il résulte que

2n+1 2p+1
X−1 n
X X −1
(−1)k n
X
uk = p = vp
k=1 p=0 k=2p k p=1

c’est-à-dire


m
X n
X m
X 2n
m
X 2n n + 1
uk = vp + uk avec
u ≤
k · n ≤ 2.
k=1 p=1 k=2n+1
n
k=2n+1 n 2

D’où 
m
X n
X n‹
uk = vp + O .
k=1 p=1 2n
En faisant tendre n → +∞ dans la relation ci-dessus, on déduit que

+∞
X ⌊log2 (n)⌋
γ = (−1)n .
n=1 n
356 CHAPITRE 5. SÉRIES NUMÉRIQUES
Chapitre 6
Probabilités

6.1 Dénombrement

6.1.1 Permutations
❏ Permutations sans répétition
Soit E un ensemble de n éléments. Une permutation de E est une bijection de E
dans E. Le nombre de permutations de E est égal à :

1 × 2 × · · · × (n − 1) × n = n!

Lorsque n est grand, on peut approcher n! par la formule de Stirling : n! ∼ 2πn nn e−n .
❏ Permutations avec répétitions
On appelle permutation avec répétitions une liste ordonnée L de n éléments pris
parmi k éléments distincts : a1 , a2 , · · · , ak (avec k ≤ n).
Identité multinomiale : pour i ∈ J1, kK et x1 , x2 , · · · , xk des nombres réels on a :

X n!
(x1 + x2 + · · · + xk )n = xn1 xn2 · · · xnk k .
n1 +···+nk =n n1 !n2 ! · · · nk ! 1 2

6.1.2 Arrangements
❏ Arrangements sans répétition
Soient E un ensemble de n éléments et p ≤ n un entier naturel. Un arrangement de
p éléments choisis parmi n est un sous-ensemble ordonnée de E ayant p éléments.
Le nombre d’arrangements de n objets pris p à p est égal à :

n!
Apn = .
(n − p)!

357
358 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Apn est aussi le nombre d’applications injectives d’un ensemble de p éléments vers
un ensemble de n éléments.
❏ Arrangements avec répétitions
Un arrangement avec répétitions de p éléments choisis parmi n est une liste ordonnée,
avec répétitions éventuelles des éléments. Le nombre d’arrangements avec répétitions
est égal à :
Apn = np .

Apn est aussi le nombre d’applications d’un ensemble de p éléments vers un ensemble
de n éléments.

6.1.3 Combinaisons
❏ Combinaisons sans répétitions
Soient E un ensemble de n éléments et p ≤ n un entier naturel. Une combinaison de
p éléments choisis parmi n est un sous-ensemble de E ayant p éléments. Le nombre
de combinaisons de n éléments pris p à p est égal à :
!
n n!
= .
p p!(n − p)!
€ Š € Š € Š € Š
n n n n
☞ ∀n ∈ N : n
= 0
= 1 et pour tout n ∈ N∗ : 1
= n−1
= n.

€ Š € Š
n n
☞ ∀ n ∈ N, ∀ p ∈ N∗ (p ≤ n) : n−p
= p
.

€ Š € Š € Š
n n−1 n−1
☞ ∀ n ∈ N∗ , ∀ p ∈ N∗ (p < n) : p
= p
+ p−1
.
!
n
X n k n−k
☞ ∀ (a, b) ∈ R 2
: (a + b) =n
a b , (formule du binôme).
k=0 k
!
n
n X
☞ ∀n ∈ N : = 2n .
k=0 k
❏ Combinaisons avec répétitons
Une combinaison avec répétitions de p éléments choisis parmi n, est une liste non
ordonnée, avec répétitions éventuelles des éléments. Le nombre de combinaisons avec
répétition est égal à :
!
n+p−1 (n + p − 1)!
= .
p p!(n − 1)!
6.2. PROBABILITÉS SUR UN UNIVERS FINI 359

6.1.4 Modèles usuels


✍ Tirages de p éléments parmi n

Tirages Ordonné non ordonné

n! n!
sans remise
(n − p)! p!(n − p)!
(n + p − 1)!
avec remise np
p!(n − 1)!

✍ Rangement de p objets dans n cases

Objets discernables indiscernables

n! n!
un seul dans une case
(n − p)! p!(n − p)!
(n + p − 1)!
éventuellement plusieurs dans une case np
p!(n − 1)!

6.2 Probabilités sur un univers fini

6.2.1 Expérience aléatoire

Définition 6.1 Univers.


On appelle univers associé à une expérience aléatoire E l’ensemble de tous les résultats
possibles de E. On le note Ω. 

✍ Si on lance une pièce de monnaie, alors Ω = {« pile », « face »}.


✍ Si on lance un dé à six faces alors Ω = {1, 2, 3, 4, 5, 6}.

Définition 6.2 Événement.


On appelle événement associé à une expérience aléatoire E toute propriété dont on sait
si elle est vérifiée ou non à l’issue de l’expérience aléatoire. 

✍ Dans le cas du lancer d’une pièce de monnaie, les phrases « on a obtenu pile »
et « on a obtenu face » définissent deux événements associés à l’expérience
aléatoire.
✍ Dans le cas du lancer d’un dé à six faces, les phrases « le résultat du lancer est
impair », « la résultat du lancer est 4 » définissent deux événements associés
à l’expérience aléatoire.
360 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Définition 6.3 Soit Ω l’univers associé à une expérience aléatoire. On appelle événements
élémentaires les singletons {ω} avec ω ∈ Ω. De plus, Ω est appelé événement certain et
∅ est appelé événement impossible. 

Définition 6.4 On appelle ensemble des événements associés à une expérience aléatoire
tout sous-ensemble F de P(Ω) tel que :
✓ l’événement impossible ∅ et l’événement certain Ω appartiennent à F,
✓ si A ∈ F alors Ac ∈ F,
[ \
✓ si (Ai )i∈I , avec I ⊂ N, est une suite d’événements de F, alors Ai et Ai
i∈I i∈I
appartiennent à F.
Un ensemble d’événements vérifiant les propriétés ci-dessus est appelé une σ-algèbre ou
une tribu. 

Définition 6.5 Soit (Ω, F) un espace probabilisable associé à une expérience aléatoire.
✓ On dit que deux événements A et B de F sont incompatibles si A ∩ B = ∅. Il
est impossible que A et B se réalisent simultanément.
✓ On appelle système complet d’événements toute suite (Ai )i∈I d’événements de
F deux à deux incompatibles dont la réunion est égale à Ω. Donc, à l’issue de
l’expérience un seul des événements Ai , i ∈ I, est réalisé. 

6.2.2 Probabilité

Définition 6.6 Soit (Ω, F) un espace probabilisable associé à une expérience aléatoire.
On appelle probabilité une application P : (Ω, F) −→ [0, 1] telle que :
✓ P(Ω) = 1, !
[ X
✓ pour tout suite (Ai )i∈I , avec I ⊂ N, on a : P Ai = P(Ai ). 
i∈I i∈I

Soit (Ω, F , P) un espace de probabilité associé à une expérience aléatoire, alors


pour tous événements A et B de F on a :
☞ P(∅) = 0 et P(Ac ) = 1 − P(A).
☞ P(B \ A) = P(B) − P(A ∩ B).
☞ A ⊂ B =⇒ P(A) ≤ P(B).
☞ P(A ∪ B) = P(A) + P(B) − P(A ∩ B).
☞ P(A∆B) = P(A) + P(B) − 2 P(A ∩ B).
6.2. PROBABILITÉS SUR UN UNIVERS FINI 361

Définition 6.7 Équiprobabilité


Soit (Ω, F) un espace probabilisable fini. On appelle hypothèse d’équiprobabilité le
choix d’une probabilité P vérifiant

1
∀ ω ∈ Ω, P({ω}) = .
card(Ω)

Sous l’hypothèse d’équiprobabilité, le seul choix possible de probabilité P est la proba-


bilité définie par :
card(A)
∀ A ∈ F, P(A) = .
card(Ω)

nombre de cas favorables


En d’autres termes on a : P(A) = .
nombre de cas possibles

6.2.3 Formule de Bayes

Définition 6.8 Probabilité conditionnelle. Soient A et B deux événements, on sup-


pose que l’événement A n’est pas quasi impossible, c’est-à-dire P(A) 6= 0. On appelle
probabilité conditionnelle de B, sachant A notée P(B | A), le quotient

P(A ∩ B)
PA (B) = P(B | A) = .
P(A)

✍ La relation dans la définition ci-dessus peut se réécrire :

P(A ∩ B) = P(B) × P(A | B),

ou plus généralement
!
n
\
P Ai = P(A1 )×P(A2 | A1)×P(A3 | A2 ∩A1 )×· · ·×P(An | An−1 ∩· · ·∩A1 ).
i=1

✍ Pour tout événement A tel que P(A) 6= 0 et 6= 1, on a :

P(B) = P(B | A) P(A) + P(B | Ac ) P(Ac ).

Proposition 6.1 Soient A et B deux événements qui ne sont pas quasi impossibles, alors

P(A | B) P(B)
P(B | A) = .
P(A)
362 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Théorème 6.1 Formule de Bayes

✓ Pour tout événement A qui ne soit pas quasi impossible et tout événement
B qui ne soit ni quasi impossible ni quasi certain, on a :

P(A | B) P(B)
P(B | A) = .
P(A | B) P(B) + P(A | B c) P(B c )

✓ Plus généralement, pour tout système complet d’événements (Bi )i∈I dont
aucun n’est quasi impossible et tout événement B qui ne soit pas quasi
impossible, on a :

P(A | Bi ) P(Bi)
P(Bi | A) = P .
i∈I P(A | Bi ) P(Bi )

Définition 6.9 Indépendance d’événements. On dit que deux événements A1 et A2


sont indépendants si
P(A1 ∩ A2 ) = P(A1 ) × P(A2 ).

6.3 Variable aléatoire sur un espace probabilisé


fini

6.3.1 Définitions

Définition 6.10 On appelle variable aléatoire sur Ω (ensemble fini) une application de
Ω dans un ensemble E. La variable aléatoire est dite réelle lorsque E = R. 

❏ Si A ⊂ E on note (X ∈ A) l’énvénement X −1 (A). Si x ∈ E on a :

P(X = x) = P(X −1 ({x})).

❏ Si x ∈ E = R, alors P(X ≤ x) = P(X ∈ ] − ∞, x]) et la fonction qui à


x 7−→ P(X ≤ x) est croissante sur R de limite nulle en −∞ et de limite égale
à 1 en +∞.
6.3. VARIABLE ALÉATOIRE SUR UN ESPACE PROBABILISÉ FINI 363

Définition 6.11 Loi de probabilité. On appelle loi de X, et on note PX , la loi de


probabilité définie sur X(Ω) par :

PX (A) = P(X ∈ A).

Cette loi est entièrement déterminée par la donnée des réels P(X = x) lorsque x décrit
X
X(Ω) (puisque pour tout A ⊂ X(Ω) on a : PX (A) = P(X = x)). 
x∈A

Définition 6.12 Soit X une variable aléatoire réelle.


X
On appelle espérance de X, et on note E(X), le nombre réel X(ω)P({ω}) ou
X
ω∈Ω
encore x P(X = x). La variable X est dite centrée si E(X) = 0.
x∈X(Ω)
On appelle moment d’ordre k ∈ N de la variable aléatoire réelle X l’espérance de X k .
Plus généralement, si f : R −→ R est une application on définit l’espérance de f (X)
par :
X X X
E(f (X)) = f (X(ω))P({ω}) = f (x)P(X = x) = yP(f (X) = y).
ω∈Ω x∈X(Ω) y∈f (X(Ω))

☞ Soient X et Y deux v.a. et α, β deux réels, alors on a :

E(αX + βY ) = αE(X) + βE(Y ).

Définition 6.13 Variance. On appelle variance de la v.a. X la quantité :

€ Š € Š
V (X) = E [X − E(X)]2 = E X 2 − E 2 (X).
È
Son écart type est σ(X) = V (X). La variable X est dire réduite lorsque V (X) = 1.

☞ On a : V (X) ≥ 0.
☞ Pour tout a ∈ R on a : V (X + a) = V (X) et V (aX) = a2 V (X).
☞ Si X et Y sont deux v.a. indépendantes alors : V (X + Y ) = V (X) + V (Y ).
X−E(X)
☞ Si (a, b) ∈ R2 , on a : σ(aX + b) = |a| σ(X), et donc si σ(X) > 0 alors σ
est centrée réduite.

Définition 6.14 Covariance. On définit la covariance de deux v.a. X et Y par :

Cov(X, Y ) = E(XY ) − E(X)E(Y ).


364 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Dans le cas général, on a :

V (X + Y ) = V (X) + V (Y ) + 2 Cov(X, Y ).

Théorème 6.2 Inégalité de Markov


Si X(Ω) ⊂ R+ et a > 0 alors on a :

E(X)
P(X ≥ a) ≤ .
a

De l’inégalité de Markov appliquée à [X − E(X)]2 on déduit :

Théorème 6.3 Inégalité de Bienaymé - Tchebichev


Pour tout a > 0 :

1
P (|X − E(X)| ≥ a) ≤ V (X).
a2

Définition 6.15 Fonction génératrice


La fonction génératrice de la v.a. X est définie pour s ∈ R par
n
X
GX (s) = E(sX ) = sk PX (X = xk ).
k=0

❏ GX est définie sur [−1, 1]. De plus, sur ] − 1, 1[, GX est indéfiniment dérivable.
❏ GX caractérise la loi de probabilité PX : pour tout k ∈ J0, nK,

1 (k) (0)
PX (X = xk ) = G (0), (GX = GX ).
k! X

❏ Si X et Y sont indépendantes alors : GX+Y = GX GY .

6.3.2 Lois usuelles discrèts


❏ Loi de Dirac :
Soit a ∈ R un nombre réel fixé. On appelle loi de Dirac la loi de la v.a. certaine X,
c’est-à-dire qui est constante, avec X(ω) = a quel que soit le résultat ω de l’épreuve.
Donc :

X(Ω) = {a} et PX (X = a) = P ({ω ∈ Ω : X(ω) = a}) = P(Ω) = , 1.


6.3. VARIABLE ALÉATOIRE SUR UN ESPACE PROBABILISÉ FINI 365

Pour la loi de Dirac, on a : E(X) = a et V (X) = 0.

❏ Loi de Bernoulli :

On appelle v.a. indicatrice de l’événement A de F la v.a. définie par X = 1A :


8
>
<1 si ω ∈ A
X(ω) = 1A (ω) = >
:0 si ω ∈ A.

Donc X(Ω) = {0, 1} avec

PX (X = 0) = P (A) = 1 − P(A) = q et PX (X = 1) = P(A) = p.

On dit que X suit une loi de Bernoulli de paramètre p, de moments E(X) = p et


V (X) = pq.

❏ Loi binômiale :

On effectue n épreuves successives indépendantes où on observe à chaque fois la


réalisation ou non d’un certain événement A, on note le nombre X de réalisations
de A. On définit ainsi une v.a. qui suit une loi binômiale de paramètres n et p = P(A),
caractérisée par X(Ω) = {0, 1, · · · , n} et, pour k ∈ X(Ω), par :
!
n k
PX (X = k) = p (1 − p)n−k .
k

On a : E(X) = np et V (X) = npq.

❏ Loi hypergéométrique :

On effectue n tirages sans remise dans une urne contenant N objets dont NA objets
A et on note X le nombre d’objets A tirés. Pour tout k ∈ J0, nK :
€ Š€ Š
NA N −NA
k n−k
PX (X = k) = € Š
N .
n

N −n NA
Le moment est E(X) = np et la variance V (X) = npq avec p = P(A) =
N −1 N
NA
et q = 1 − p = 1 − .
N
366 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Loi usuelle X Loi de probabilité pX (k) E(X) V (X) GX (s)


8
>
<p si k = 0
Bernoulli B(p) >
p p(1 − p) ps + (1 − p)
: 1 − p si k = 1
€ Š
n
Binômiale B(n, p) k
pk (1 − p)n−k ; k ∈ J0, nK np np(1 − p) (ps + (1 − p))n

6.4 Exercices

6.4.1 Exercices de base

Exercice 6.1
Vrai - Faux
1. Si P(A ∪ B) = P(A) + P(B) alors les événements A et B sont incompatibles.
2. Si deux événements A et B sont indépendants alors ils sont indépendants.
3. Si deux événements A et B sont indépendants, alors A et B le sont aussi.
4. Une variable aléatoire est une valeur numérique.
5. Toute application de P(Ω) −→ N est une variable aléatoire discrète.
6. Si deux variables aléatoires ont la même espérance, alors elles ont la même variance.
7. La variance d’une somme de deux variables aléatoires discrètes est toujours la somme
de leurs variances. 

1. Faux. Il y a une différence entre P(A ∩ B) = 0 et A ∩ B = ∅. Si par exemple Ω =


{a, b, c} avec P({a}) = P({b}) = 21 et P({c}) = 0. Les deux événements A = {a, c}
et B = {b, c} ne sont pas disjoints et pourtant P(A ∪ B) = 1 = P(A) + P(B).
2. Faux. L’incompatibilité veut dire que P(A ∩ B) = 0 alors que l’indépendance veut
dire que P(A ∩ B) = P(A) × P(B), ce produit est en général différent de zéro sauf si
l’un des deux événements est de probabilité nulle.
3. Vrai. Si A et B sont indépendants, alors :

P(A ∩ B) = P(A) − P(A ∩ B) = P(A) − P(A)P(B) = P(A)(1 − P(B)) = P(A)P(B).

Donc, les événements A et B sont indépendants. De même, on a :

P(A ∩ B) = P(B) − P(A ∩ B) = P(B) − P(A)P(B) = P(B)(1 − P(A)) = P(A)P(B).

Donc, les événements A et B sont indépendants.


4. Faux. Une variable aléatoire est une application qui à un événement fait corres-
pondre un nombre.
6.4. EXERCICES 367

5. Vrai. On prend F = P(Ω), alors toute application X est une v.a. puisque
X −1 (x) ∈ P(Ω) pour tout x ∈ R.
6. Faux.
7. Faux. La variance d’une somme de deux v.a. indépendantes est égale à la somme
de leurs variances, mais c’est faux en général (contrairement à l’espérance).

Exercice 6.2
Déterminer le nombres de diagonales d’un polygone convexe à n côtés 

€ Š
Il y a n sommets, donc il y a n2 droites joignant les sommets du polygone. En
retirant les n côtés, on déduit qu’il y a
!
n n(n − 1) n(n − 3)
−n = −n =
2 2 2

diagonales.

Exercice 6.3
Soit E un ensemble fini de cardinal n ∈ N∗ . Calculer :
1. Card{(A, B) ∈ P(E)2 : A ⊂ B}.
X
2. Card(A). 
A∈P(E)

1. Soit X = {(A, B) ∈ P(E)2 : A ⊂ B}, alors


[
X = {(A, B) : A ∈ P(Y )}.
B∈P(E)

La réunion ci-dessus est disjointe et on a pour tout B ⊂ E :

Card ({(A, B) : B ∈ P(B)}) = Card(P(B)).

En regroupant les B selon leur cardinal, on conclut que :


!
n
X n k
Card(X) = 2 = (1 + 2)n = 3n .
k=0 k

2. On regroupe les A selon leur cardinal, alors il s’ensuit que :


! ! !
X n
X n n
X n−1 n−1
X n−1
Card(A) = k = n = n = n 2n−1 .
A∈P(E) k=0 k k=0 k−1 k=0 k
368 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Exercice 6.4
Soient n et m deux entiers naturels strictement positifs. Trouver le nombre de solutions
entières de l’équation
x1 + x2 + · · · + xm = n

en fonction de n et de m dans les deux cas suivants :


1. Les xi sont strictement positifs.
2. Les xi sont positifs ou nuls. 

1. Soit N(n, m) le nombre de solutions entières strictement positives de l’équation


€ Š
n−1
x1 + x2 + · · · + xm = n. On se propose de montrer que N(n, m) = m−1 .
On va construire une bijection entre l’ensemble des solutions entières strictement
positives de l’équation x1 + · · · + xm = n et les suites croissantes de m − 1 éléments
choisis parmi n−1. Une fois cette bijection construite, alors on déduit que N(n, m) =
€ Š
n−1
m−1
. Pour k ∈ J1, m − 1K on pose yk = x1 + · · · + xk . Alors, la suite des yk est
croissante et prend ses valeurs entre 1 et n − 1. Réciproquement, si yk est une suite
croissante de m − 1 entiers compris entre 1 et n − 1, on pose x1 = y1 , x2 = y2 − y1 et
plus généralement xk = yk − yk−1 pour k ∈ J2, m − 1K. Enfin, on pose xm = n − ym−1
et on a alors x1 + · · · + xm = n. On a ainsi une bijection et par suite le nombre
€ Š
n−1
cherché est N(n, m) = m−1 .
2. Soitn M(n, m) le nombre de solutions entières positives ou nulles de l’équation
x1 + · · · + xm = n. Si (y1 , · · · , ym ) est une solution alors la suite formée d’entiers
strictement positifs (y1 +1, y2 +1, · · · , ym +1) est solution de l’équation y1 +· · ·+ym =
n + m. Réciproquement, si (x1 , · · · , xm ) est une suite d’entiers strictement positifs
solution de l’équation x1 + · · · + xm = n, alors la suite (x1 − 1, · · · , xm − 1) formée
d’entiers positifs ou nuls est solution de l’équation x1 + · · · + xm = n − m. En
conclusion, on a trouvé une bijection entre les solutions de l’équation en entiers
positifs ou nuls de somme n et les solutions de l’équation en entiers strictement
positifs de somme n + m. Par conséquent, on a d’après la première question :
!
n+m−1
M(n, m) = N(n + m, m) = .
m−1

Exercice 6.5 Somme de coefficients binomiaux


Calculer
n ‚ Œ
les sommes suivantes :
X n
1. .
k=0
k
n ‚ Œ
X n
k
2. (−1) .
k=0 ‚ Œ
k
Xn
n
3. k .
k=0
k
6.4. EXERCICES 369

n ‚ Œ
X 1 n
4. .
k=0
k+1 k
n ‚ Œ
X m+k
5. avec m ∈ N. (Diagonale du triangle de Pascal). 
k=0
m

!
n
X n k
1. Par la formule du binôme on a : (1 + x) = n
x , et donc pour x = 1 il
k=0 k
résulte que !
n
X n
= 2n .
k=0 k
!
n
X
k n
2. En appliquant la formule du binôme à l’expression (1 − 1) = n
(−1) il
k=0 k
s’ensuit que !
n
X
k n
(−1) = 0.
k=0 k
!
n
X n k−1
3. En dérivant l’expression dans la question 1. on a : n(1 + x) n−1
= k x .
k=0 k
En prenant x = 1 on déduit que
!
n
X n
k = n 2n−1 .
k=0 k

4. En intégrant la formule de la première question on a :


! !
Z 1 Z 1
n
n
X n k
n
X n 1
(1 + x) dx = x dx = .
0 k=0 k 0 k=0 k k+1

Par conséquent : !
n
X 1 n 2n+1 − 1
= .
k=0 k + 1 k n+1
5. On montre par récurrence sur n à m entier quelconque fixé que :
! !
n
X m+k n+m+1
= .
k=0 m m+1

Pour n = 0 le résultat est clair. Suppsosons le résultat vrai jusqu’au rang n et


montrons le au rang n + 1. On a :
! ! ! ! !
n+1
X m+k n
X m+k m+n+1 m+n+1 m+n+1
= + = +
k=0 m k=0 m m m+1 m
!
m+n+2
= .
m+1
370 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Le résultat est ainsi montré par récurrence.

Exercice 6.6 Nombre de dérangements


1. Principe d’inclusion-exclusion
[
p
Soient (Ai )i∈J1,pK une suite d’ensembles et A = Ai . Montrer que :
i=1

X
p X X \p
p+1
|A| = |Ai | − |Ai ∩ Aj | + |Ai ∩ Aj ∩ Ak | + · · · + (−1) A
i

i=1 i<j i<j<k i=1

2. Nombre de dérangements
Soit Dn le nombre de dérangements de J1, nK, c’est-à-dire le nombre d’éléments σ ∈ Sn
tels que σ(i) 6= i pour tout i ∈ J1, nK.
(a) Déterminer Dn dans le cas général et calculer

Dn
lim .
n→+∞ n!

(b) Application : si un grand nombre n de personnes laissent leur parapluie à l’entrée


du restaurant et en reprennent un au hasard à leur sortie, quelle est la probabilité pour
qu’aucune personne n’ait son propre parapluie ? 

1. On montre ce résultat par récurrence sur p. Pour p = 1 le résultat est vrai.


Montrons maintenant que le résultat est vrai pour p = 2 :
on a A1 ∪ A2 = A1 + (A2 \ A1 ), et par suite :

|A1 ∪ A2 | = |A1 | + |A2 \ A1 | = |A1 | + |A2 | − |A1 ∩ A2 |.

Supposons maintenant le résultat vrai jusqu’au rang p et montrons le pour le rang


p + 1. On a

p+1 [p [p [p
[
(1)
A
i = (Ai ) ∪ (A )
p+1 = |Ap+1| + A −
i (Ai ∩ A p+1 ) .
i=1
i=1 i=1 i=1

Or, par hypothèse de récurrence on a :



[p X
p \p
p
A i = |Ai | + · · · + (−1) A i

i=1 i=1 i=1

et
[p p p+1
X \
p
(Ai ∩ A p+1 ) = |Ai ∩ Ap+1 | + · · · + (−1) A .
i
i=1
i=1 i=1

Par conséquent, en reportant ces deux égalités dans la relation (1) on déduit le
résultat pour le rang p + 1, ce qui termine le raisonnement par récurrence.
6.4. EXERCICES 371

2. Pour i ∈ J1, nK, on note Si la permutation qui laissant stable i. Alors, tout élément
de Sn qui n’est pas dans Dn appartient à l’un des Si . D’où

[n

n! = |Sn | = |Dn | + S .
i

i=1

Or, d’après le principe d’inclusion-exclusion on déduit que :



n
X X \n
n
|Dn | = n! − |Si | + |Si ∩ Sj | + · · · + (−1) S .
i

i=1 1≤i<j≤n i=1

€ Š
n
Comme il y a k
façons de choisir k éléments parmi n, il s’ensuit que :
! ‚ Œ
n
X n 1 1 (−1)n
|Dn | = n! − (n − k)! = n! 1 − + − · · · + .
k=1 k 1! 2! n!

|Dn | X n
(−1)k |Dn | 1
Finalement, = et par conséquent lim = .
n! k=0 k! n→+∞ n! e
Application : La probabilité pour qu’aucune personne ne reprenne son parapluie est
1
≃ 0, 368.
e
Exercice 6.7
Une urne contient n boules numérotées de 1 à n, avec n ∈ N∗ . On vide l’urne en tirant
les boules l’une après l’autre (sans remise). On dit que le j-ème tirage est un « bon
tirage » si la boule obtenue à ce tirage porte un numéro strictement supérieur aux
précédents (avec la convention que le premier tirage est un « bon tirage »).
1. Combien y a-t-il de façons de vider l’urne avec un et un seul « bon tirage » ? (resp.
avec n « bon tirage »).
2. Soient p et q avec 2 ≤ p ≤ q ≤ n. Combien y a-t-il de façons de vider l’urne de sorte
que le p-ième tirage soit un « bon tirage » avec la boule numéro q ? 

1. On obtient un unique « bon tirage » si on tire la boule numéro n du premier coup.


Comme les autres tirages sont indifférents, alors le nombre total est (n − 1)!.
Il y a n « bon tirage » si on obtient la suite (1, 2, · · · , n), donc il y a une seule façon
de vider l’urne.
2. Puisqu’on a un « bon tirage » avec la boule q, les p − 1 premières boules sont à
choisir dans l’ensemble J1, q − 1K. Les (n − p) dernières boules restantes sont dans
un ordre quelconque. Par conséquent, le nombre de façons de vider l’urne de sorte
que sorte que le p-ième tirage soit un « bon tirage » avec la boule numéro q est égal
à: !
q−1
× (p − 1)! × (n − p)!
p−1
372 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Exercice 6.8
Combien d’équipes de football un sélectionneur peut-il former avec ses 22 joueurs (dont
3 gardiens de but). On rappelle qu’une équipe de football se compose de 11 joueurs
dont 1 gardien de but. 

Parmi les 22 joueurs sélectionnés, il y a 3 gardiens de but et 19 joueurs de champ.


On doit donc chosir 10 joueurs parmi 19 et 1 gardien parmi 3. Par suite, le nombre
total d’équipes qu’on peut former est égal à :
!
19
3× = 277 134.
10

Exercice 6.9
Combien de mots de passe de 8 symboles peut-on créer avec 36 caractères (26 lettres
et 10 chiffres). 

Il y a 36 possibilités pour le premier symbole, 36 pour le deuxième symbole, · · ·


etc. Donc, il y a en tout :

368 = 2 821 109 907 456 possibilités.

Exercice 6.10
En France, les plaques d’immatriculation des voitures comportent 2 lettres, puis 3
chiffres, et ensuite 2 lettres (par exemple : AA111AA). Combien de plaques possibles y
a-t-il en tout ? 

Il y a 26 possibilités pour une lettre et 10 possibilités pour un chiffre. Comme


il y a 3 chiffres et 4 lettres, alors le nombre total de plaques qu’on peut former est
égal à :
264 × 103 = 456 976 000.

Exercice 6.11
Soient A et B deux événements quelconques. Exprimer en fonction de P(A), P(B) et
P(A ∩ B) les probabilités conditionnelles suivantes :
1. P(A | A ∪ B).
2. P(A | A ∩ B).
3. P(B | A). Que devient cette probabilité lorsque A et B sont indépendants. 

1. Comme A ⊂ A ∪ B, et d’après la formule de Bayes, on a :

P(A) P(A)
P(A | A ∪ B) = = ≥ P(A).
P(A ∪ B) P(A) + P(B) − P(A ∪ B)
6.4. EXERCICES 373

2. Si A et B sont réalisés, alors l’événement A est alors réalisé et on a :

P(A | A ∩ B) = 1.

3. En appliquant la formule de Bayes, on a :

P(A ∩ B) 1 − P(A ∪ B) P(B) − P(A ∩ B)


P(B | A) = = = 1− .
P(A) 1 − P(A) 1 − P(A)

Si A et B sont indépendants, alors d’après l’exercice 1 on sait que A et B le sont


aussi, et par suite on déduit que :

P(B | A) = P(B).

Exercice 6.12
Soient A et B deux événements. Montrer que :
1. P(A) − P(B) ≤ P(A ∩ B) ≤ min (P(A), P(B)).
€ Š
2. P(A ∩ B) − P(A)P(B) ≤ min P(A) − (P(A))2 , P(B) − (P(B))2 .
1
3. P(A ∩ B) − P(A)P(B) ≤ 4. 

1. Comme A ∩ B ⊂ A et A ∩ B ⊂ B, alors P(A ∩ B) ≤ P(A) et P(A ∩ B) ≤ P(B).


Par suite :
P(A ∩ B) ≤ min (P(A), P(B)) .

Maintenant, comme P(A ∩ B) = P(A) + P(B) − P(A ∪ B), P(A ∪ B) ≤ 1 et P(B) =


1 − P(B) alors :

P(A ∩ B) ≥ P(A) + P(B) − 1 = P(A) − (1 − P(B)) = P(A) − P(B).

En conclusion, on a montré que :

P(A) − P(B) ≤ P(A ∩ B) ≤ min (P(A), P(B)) .

2. On distingue deux cas :


⋄ P(A) ≤ P(B) : comme A ∩ B ⊂ A alors P(A ∩ B) ≤ P(A), et par suite

P(A ∩ B) − P(A)P(B) ≤ P(A) − P(A)P(A) = P(A) − (P(A))2 .

⋄ P(B) < P(A) : on montre de même que

P(A ∩ B) − P(A)P(B) < P(B) − (P(B))2 .


374 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

En conclusion, on a montré que :


€ Š
P(A ∩ B) − P(A)P(B) ≤ min P(A) − (P(A))2 , P(B) − (P(B))2 .

3. Pour tout x ∈ [0, 1] on a clairement :


 2
1 1 1
x − x2 = − x− ≤ .
4 2 4

D’où :
€ Š 1
P(A ∩ B) − P(A)P(B) ≤ min P(A) − (P(A))2 , P(B) − (P(B))2 ≤ .
4
1
On a égalité si A et B sont tels que A = B et P(A) = P(B) = .
2

Exercice 6.13
1
Dans une usine, la probabilité pour qu’un ouvrier O quitte l’usine dans l’année est 5
et la probabilité pour qu’un ingénieur I quitte l’entreprise est 18 . On suppose que ces
deux événements sont indépendants. Calculer la probabilité que :
1. O et I quittent l’usine.
2. L’un des deux quitte l’usine.
3. Ni O, ni I ne quittent l’usine.
4. I seulement quitte l’usine. 

1 1
1. On a P(O ∩ I) = P(O) × P(I) = × = 0, 025.
5 8
2. On a

P(O ∪ I) = P(O) + P(I) − P(O ∩ I) = P(O) + P(I) − P(0) × P(I) = 0, 3.

3. On a
€ Š € Š
P O ∩ I = P O ∪ I = 1 − P(O ∪ I) = 0, 7.
€ Š € Š
4. On a : P O ∩ I = P O × P(I) = (1 − 0, 2) × 0, 125 = 0, 1.

Exercice 6.14
Le serveur « très sécurisé » d’un site internet a calculé en fonction de sa clientèle qu’un
individu essayant un « mot de passe » au hasard est refoulé 999 fois sur 1000. Sachant
que l’ordinateur accepte trois essais de mot de passe avant de couper la connexion,
quelle est la probabilité de se connecter au hasard ? 

Soit An l’événement « le mot de passe est correct au bout de n essais ». Comme


l’utilisateur se connecte soit au 1er essai, soit au 2ème essai, soit au 3ème essai (les
6.4. EXERCICES 375

événements sont incompatibles), alors la probabilité cherchée p est donnée par :

p = P(A1 ∪ A2 ∪ A3 ) = P(A1 ) + P(A2 ) + P(A3 ).

Or, on a :

P(A1 ) = 0, 001,
P(A2 ) = 0, 999 × 0, 001 = 0, 000999 (échec au 1er et connexion au 2ème)
P(A3 ) = (0, 999)2 × 0, 001 ≃ 0, 000998.

Par conséquent, on a :

p = 0, 001 + 0, 000999 + 0, 000998 ≃ 0, 002997.

Donc, il y a environ 3 chances sur 1000 pour se connecter au hasard.

Exercice 6.15
Dans un examen, les étudiants répondent à quatre questions à choix multiples. Pour
chaque question il y a trois réponses proposées dont une seule est correcte.
1. Si un étudiant répond au hasard et de façon indépendante à chaque question, calculer
la probabilité qu’il donne plus de réponses justes que fausses.
2. Que devient cette probabilité s’il n’y a que deux réponses possibles (respectivement
quatre réponses) à chaque question ? 

1. On note V l’événement « l’étudiant fournit une réponse juste » et F l’événement


« l’étudiant fournit une réponse fausse ». Les événements considérés correspondent
à trois ou quatre réponses justes, soit :

E = (F V V V ) ∪ (V F V V ) ∪ (V V F V ) ∪ (V V V F ) ∪ (V V V V ).

Comme il y a équiprobablité sur l’ensemble Ω = {V, F }4 et indépendants des choix


à chaque question, alors le probabilité cherchée est égale à :
 3  4
2 1 1 1
P(E) = 4× × + = .
3 3 3 9

2. Aves deux réponses possibles (respectivement quatre réponses), la probabilité est :


 3  4  3  4
1 1 1 5 3 1 1 13
4× × + = respectivement 4× × + = .
2 2 2 16 4 4 4 256

Plus le nombre de choix de réponses est grand moins il y a de chance d’avoir plus
376 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

de réponses justes que de réponses fausses.

Exercice 6.16
Dans un pays l’élection présidentielle est au scrutin majoritaire à deux tours. Deux
candidats C1 et C2 sont en présence.
Au premier tour, 40% des voix vont à C1 et 45% pour C2 , le reste étant constitué d’abs-
tentions. Comme aucun candidat n’a la majorité absolue, un second tour est organisé.
Tous les électeurs ayant voté la première fois voteront à nouveau. Un sondage indique
par ailleurs que 5% des voix de C1 se reporteront sur C2 et que 10% des voix de C2
iront au candidat C1 . On estime de plus que les deux tiers des électeurs n’ayant pas
voté au premier tour voteront, à raison de 60% pour C1 et 40% pour C2 .
1. Quelle est la probabilité pour qu’un abstentionniste du premier tour vote pour C1 ?
pour C2 ?
2. Selon ce sondage, quel candidat a la plus forte probabilité d’être élu ? 

On commence par traduire « mathématiquement » toutes les données de l’exer-


cice. Pour i ∈ J1, 2K, on note Ai l’événement « voter pour le candidat C1 au i-ème
tour », et Bi l’événement « voter pour le candidat C2 au i-ème tour ». Enfin, on note
Di l’événement « s’abstenir au i-ème tour ». D’après les données de l’exercice on a :

P(A1 ) = 0, 40; P(B1 ) = 0, 45; P(D1 ) = 0, 15; P(B2 | A1) = 0, 05; P(A2 | B1 ) = 0, 10;

et P(D2 | D1 ) = 23 ; P(A2 | D1 ∩ D2 ) = 0, 60; P(B2 | D1 ∩ D2 ) = 0, 40.


1. On cherche dans cette question P(A2 | D1 ) et P(B2 | D1 ). On a :

2
P(A2 | D1 ) = P(D2 | D1 ) × P(A2 | D1 ∩ D2 ) = 0, 60 × = 0, 40
3

et
2 4
P(B2 | D1 ) = P(D2 | D1 ) × P(B2 | D1 ∩ D2 ) = 0, 40 × = .
3 15
2. On a :

P(A2 ) = P(A1 ) P(A2 | A1 ) + P(B1 ) P(A2 | B1 ) + P(D1 ) P(A2 | D1)


= 0, 95 × 0, 40 + 0, 10 × 0, 45 + 0, 40 × 0, 15 = 0, 485.

De même, on montre que P(B2 ) = 0, 465. Donc, selon ce sondage, c’est la candidat
C1 qui aura la victoire au second tour.
6.4. EXERCICES 377

Exercice 6.17
Dans le jeu de Loto (ancienne version), le joueur sélectionne 6 numéros distincts dans
une grille numérotée de 1 à 49. Si les 6 numéros choisis sur la grille correspondent aux
6 numéros tirés, alors le joueur gagne la cagnotte.
Calculer la probabilité de gagner la cagnotte. 

Soit ω = {combinaisons de 6 numéros parmi 49}, alors on a :


!
49
Card (Ω) = .
6

On cherche à calculer la probabilité que l’événement « on a coché les 6 numéros ga-


gnants » se réalise. Comme Ω est fini et qu’il y a équiprobabilité, alors la probabilité
de gagner la cagnotte est égale à :

1 1 1
€ Š = = .
49
6
49!
6!(49−6)!
13 983 816

Donc, vous avez environ une chance sur 14 000 000 pour gagner au Loto.

Exercice 6.18
Le mot de passe des cartes bancaires est une suite ordonnée de 4 chiffres pris au hasard
dans l’ensemble J0, 9K.
Calculer la probabilité qu’un mot de passe choisi au hasard soit formé d’une suite
strictement croissante. 

On calcule la probabilité que l’événement « les chiffres du mot de passe forme


une suite croissante » se réalise. Comme il y autant de suites croissantes de 4 chiffres
parmi 10 que de combinaisons de 4 chiffres parmi 10, alors la probabilité est égale
à: € Š
10
10 × 3 × 7
4
= = 0, 021.
10 4 104

Exercice 6.19
En admettant que tous les mois sont équiprobables, déterminer combien de personnes
faut-il pour que la probabilité qu’au moins deux d’entre elles aient leur anniversaire le
même mois soit au moins égale à 0,5 ? 

Soit Ω = {1, 2, · · · , 12}n , alors Card(Ω) = 12n . On cherche à calculer la proba-


bilité que l’événement E : « au moins deux personnes ont leur anniversaire le même
mois » se réalise. Comme Ω est fini et qu’il y a équiprobabilité, on considère l’espace
378 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

(Ω, P(Ω), P) où P désigne la probabilité uniforme. Alors, on a :

Card(E)
P(E) = .
Card(Ω)

Or : Card(E) = An12 avec n ∈ J2, 12K. Donc :

12 × 11 × · · · × (12 − n + 1)
P(E) = 1 − P(E) = 1 − .
12n

Pour que P(E) ≥ 0, 5 alors on doit avoir n ≥ 5.

Exercice 6.20
Une étude statistique sur un feu tricolore (rouge-orange-vert) a montré que :
⋄ si le feu est rouge, il y a 1% de chances que l’automobiliste passe,
⋄ si le feu est orange, il y a 30% de chances que l’automobiliste passe,
⋄ si le feu est vert, il y a 99% de chances que l’automobiliste passe.
Sachant que le cycle du feu tricolore dure une minute répartie comme suit : le feu vert
dure 25 secondes, l’orange dure 5 secondes et le rouge dure 30 secondes, calculer la
probabilité qu’un automobiliste passe sans s’arrêter à ce feu tricolore. 

On considère les événements V : « le feu est vert », O : « le feu est orange »,


R : « le feu est rouge », et E : « l’automobiliste passe ». D’après les hypothèses de
l’exercice on a :

99 30 1 25 5
P(E | V ) = , P(E | O) = , P(E | R) = , P(V ) = , P(O) = ,
100 100 100 60 60
30
et P(R) = . Comme la famille (V, O, R) est un système complet d’événements,
60
alors on a :

P(E) = P(E | V )P(V ) + P(E | O)P(O) + P(E | R)P(R)


99 25 30 5 1 30
= × + × + ×
100 60 100 60 100 60
= 0, 4425.

En conclusion, il y a environ 44% de chances que l’automobiliste passe sans s’arrêter


au feu tricolore.

Exercice 6.21
On choisit trois points parmi les 8 sommets d’un cube. Quelle est la probabilité pour
que ces trois points forment un triangle équilatéral ? 
6.4. EXERCICES 379
€ Š
On peut choisir les trois points de 83 = 56 façons différentes. Pour obtenir un
triangle équilatéral il faudrait que les côtés soit des diagonales des faces du cube.
Comme, de chaque sommet du cube, on peut tracer trois diagonales d’une face du
cube, alors il y a 8 × 3 triangles équilatéraux en tout. Cependant, on a compté
(de cette façon) trois fois les triangles équilatéraux car chaque sommet du cube est
le sommet de trois triangles équilatéraux distincts. Donc il y a 24 3
= 8 triangles
équilatéraux distincts, et la probabilité est : 56 = 7 .
8 1

Exercice 6.22
Quelle est la probabilité pour que dans un groupe de n personnes il y en a au moins
deux qui ont la même date d’anniversaire. (On suppose qu’il y a toujours 365 jours par
an). 

Il est plus facile de calculer la probabilité pour qu’il n’y ait pas deux personnes
ayant la même date d’anniversaire.
On range ces n personnes dans un certain ordre. Alors, le premier peut avoir son
anniversaire n’importe quel jour parmi les 365 jours de l’année, pour la seconde
personne il reste un choix parmi les 364 jours restants, le troisième a le choix entre
les 363 jours restants, et ainsi de suite. La probabilité qu’il n’y ait pas deux personnes
ayant la même date d’anniversaire est donc égale à :

364 363 365 − n + 1 365!


× × ··· × = .
365 365 365 (365 − n)! 365n

La probabilité pour que au moins deux personnes, parmi n, aient la même date
d’anniversaire est alors égale à :

365!
1− .
(365 − n)! 365n

Pour n = 23, cette probabilité est ≥ 0, 5.

Exercice 6.23
Soient X et Y deux v.a. indépendantes. On sait que : V (X + Y ) = V (X) + V (Y ).
Est-il possible d’avoir :

V (X − Y ) = V (X) − V (Y ) ?

En posant Z = X − Y , alors X = Y + Z et si Y et Z sont indépendantes alors :


V (X) = V (Y ) + V (Z), c’est-à-dire V (Z) = V (X) − V (Y ) ou aussi :

V (X − Y ) = V (X) − V (Y ).
380 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Attention : il ne faut pas lire cette relation sous la forme « variance d’une différence
égale à la différence des variances », ce n’est qu’une autre écriture de la relation
« variance d’une somme de deux v.a. indépendantes est égale à la somme des va-
riances ».

Exercice 6.24
Probabilité uniforme
1. Une urne contient 2n boules numérotées de 1 à 2n. On tire au hasard une boule de
l’urne, on note X la v.a. égale au numéro obtenu. Déterminer la loi de X.
2. Une urne contient 9 jetons numérotés de 1 à 9. On tire au hasard et simultanément
3 jetons de l’urne. Soit Y la v.a. égale au nombre de numéros impairs figurant parmi
les 3 numéros obtenus. Déterminer la loi de Y . 

1. Soit Ω = {1, 2, · · · , 2n}, alors Card(Ω) = 2n. Comme Ω est fini et qu’il y a
équiprobabilité, alors on considère l’espace probabilisé (Ω, P(Ω), P) où P est la pro-
babilité uniforme. On a X(Ω) = {1, 2, · · · , 2n}.
Maintenant, pour tout k ∈ {1, 2, · · · , 2n}, on a :

Card({X = k}) Card({k}) 1


P({X = k}) = = = .
Card(Ω) Card(Ω) 2n
€ Š
2. Soit Ω = {combinaisons de 3 jetons parmi 9}, alors Card(Ω) = 93 = 84. Comme
Ω est fini et qu’il y a équiprobabilité, alors on considère l’espace (Ω, P(Ω), P) où P
est la probabilité uniforme. On a X(Ω) = {0, 1, 2, 3}.
Maintenant, pour tout k ∈ {0, 1, 2, 3} on a :

Card({X = k})
P(X = k) = .
Card(Ω)

Comme il y a exactement 5 nombres impairs compris entre 1 et 9, alors on a :


! !
5 4
Card({X = k}) = ,
k 3−k

et par suite : € Š€ Š
5 4
k 3−k
P(X = k) = , k ∈ J0, 3K.
84

Exercice 6.25
Loi binômiale
Soient p ∈ ]0, 1[, n ∈ N∗ et X une v.a. suivant la loi binômiale B(n, p) :
‚ Œ
n k
P(X = k) = p (1 − p)n−k , k ∈ J0, nK.
k
6.4. EXERCICES 381

n
X
1. Vérifier que P(X = k) = 1.
k=0
2. Calculer E(X), E(X(X − 1)) et V (X).
3. Calculer la fonction génératrice de X et retrouver les valeurs de E(X) et V (X). 

1. On a X(Ω) = {0, 1, · · · , n}. Par la formule du binôme de Newton on a :


!
n n
X X n k
P(X = k) = p (1 − p)n−k = (p + (1 − p))n = 1.
k=0 k=0 k

2.Calculons E(X). On a :
!
n n n
X X X n k
E(X) = kP(X = k) = kP(X = k) = p (1 − p)n−k
k=0 k=1 k=1 k
! !
Xn
n−1 k n − 1 k+1 n−1
X
= n p (1 − p)n−k = n p (1 − p)n−(k+1)
k=1 k − 1 k=0 k
!
n−1
X n−1 k
= np p (1 − p)(n−1)−k .
k=0 k

Finalement, et grâce à la formule du binôme de Newton, on déduit que :

E(X) = np(p + (1 − p))n−1 = np × 1 = np.

On calcule, à présent, E(X(X − 1)). On a :


n
X n
X
E(X(X − 1)) = k(k − 1)P(X = k) = k(k − 1)K(X = k)
k=0 k=2
!
n
X n k
= k(k − 1) p (1 − p)n−k
k=2 k
!
n
X n−2 k
= n(n − 1) p (1 − p)n−k
k=2 k − 2
!
n
X n−2 k
= n(n − 1) p (1 − p)n−k
k=2 k−2
!
2
n−2
X n−2 k
= n(n − 1)p p (1 − p)(n−2)−k
k=0 k
= n(n − 1)p (p + (1 − p))n−2
2

= n(n − 1)p2 .
382 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Finalement, on a :

V (X) = E(X 2 ) − (E(X))2 = E(X(X − 1)) + E(X) − (E(X))2


= n(n − 1)p2 + np − n2 p2 = np(1 − p).

3. Pour tout s ∈ [−1, 1], la fonction génératrice de X est donnée par :


!
n n
X X n k
G(s) = E(sX ) = sk P(X = k) = sk p (1 − p)n−k
k=0 k=0 k
!
n
X n
= (sp)k (1 − p)n−k = (sp + 1 − p)n .
k=0 k

Un calcul simple montre que :

G′ (s) = np(sp + 1 − p)n−1 et G′′ (s) = n(n − 1)p2 (sp + 1 − p)n−2 .

D’où :

E(X) = G′ (1) = np et V (X) = G′′ (1) + G′ (1) − (G′ (1))2 = np(1 − p).

Exercice 6.26
Soit X une v.a. réelle suivant la loi uniforme U({1, 2, 3}) :

1
P(X = 1) = P(X = 2) = P(X = 3) = .
3

1. Calculer P(X ≤ 2), P(1 < X ≤ 2) et P(X ≥ 2).


2. Calculer E(X) et V (X).
3. Calculer la fonction génératrice de X. 

1. On a :

1 1 2
P(X ≤ 2) = P(X = 1) + P(X = 2) = + = .
3 3 3
1
P(1 < X ≤ 2) = P(X = 2) = .
3
1 1 2
P(X ≥ 2) = P(X = 2) + P(X = 3) = + = .
3 3 3
6.4. EXERCICES 383

2. On a :

E(X) = 1 × P(X = 1) + 2 × P(X = 2) + 3 × P(X = 3) = 2.


14
E(X 2 ) = 12 × P(X = 1) + 22 × P(X = 2) + 32 × P(X = 3) = .
3
14 2
V (X) = E(X 2 ) − (E(X))2 = − 22 = .
3 3

3. Pour tout s ∈ [−1, 1] on a :

s + s2 + s3
G(s) = E(sX ) = s1 P(X = 1) + s2 P(X = 2) + s3 P(X = 3) = .
3

6.4.2 Exercices d’assimilation

Exercice 6.27 K
Soit n > 1 un entier impair. Montrer que la suite de coefficients binomiaux :
‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ
n n n
, , ··· , n−1
1 2 2

contient un nombre impair de « nombres impairs ». 

On note S la somme des éléments de la suite, alors


" ! ! !#
1 n n n 1 n
S = + + ··· + = (2 − 2) = 2n−1 − 1.
2 1 2 n−1 2

Donc, S est un nombre impair, et par suite il y a un nombre impair de « nombres


impairs » dans la suite.

Exercice 6.28 K
Quel est le nombre d’entiers naturels n ∈ J1, 2014K qui sont multiples de 3 ou 4 mais
pas multiple de 5. 
š  š 
Il y a 2014
3
= 671 multiples de 3, et 2014
4
= 503 multiples de 4. Le total est
š 
1174 qui comprend aussi = 167 multiples de 12. Donc, il y a 1174 − 167 =
2014
12 š 
1007 multiples de 3 ou de 4. On exclut d’eux les 2014 15
= 134 multiples de 15 et
š 
2014
20
= 100 multiples de 20, car ce sont des multiples de 5. Cependant, ceci exclut
š 
les 2014
60
= 33 multiples de 60 deux foix, on on doit les réintroduire dans les calculs.
En conclusion, le nombre total est :

1007 − 134 − 100 + 33 = 806.


384 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

Exercice 6.29 K
Calculer les sommes suivantes :
1. € Š € Š € Š € Š
11 11 11 11
0 1 2 11
+ + + ··· + .
1 2 3 12
2. ‚ Œ
n
X (−1)k−1 n
Hn = .
k=1
k k

€ Š € Š
n n−1
1. On sait que k k
= n k−1
, alors pour k ∈ J0, 11K on déduit que :
! ! € Š € Š
11 12
12 11 12 k+1
= ou aussi k
= .
k+1 k k+1 k+1 12

En conclusion, on a :
! ! !!
1 X11
12 1 12
X 12 12 1 12
= − = (2 − 1).
12 k=0 k + 1 12 k=0 k 0 12

2. On a
! " ! !#
n+1
X (−1)k−1 n + 1 X (−1)k−1
n+1
n n
Hn+1 = = +
k=1 k k k=1 k k k−1
! !
n
X (−1)k−1 n X (−1)k−1
n+1
n
= +
k=1 k k k=1 k k−1
!
(−1)k−1 n + 1
n+1
X
= Hn +
k=1 n + 1 k
!
1 n+1
X n+1
= Hn − (−1)k .
n + 1 k=1 k

Par suite :
!
1 1 m+1
X m+1 1
Hm+1 − Hm = − (−1)k =
m + 1 m + 1 k=0 k m+1

et finalement
1 1
Hn = 1+ + ··· + .
2 n

Exercice 6.30 K
Soit (Fn )n≥0 la suite de Fibonacci définie par F0 = 0, F1 = 1 et Fn+1 = Fn + Fn−1
6.4. EXERCICES 385

pour tout n ∈ N. Montrer que


‚ Œ ‚ Œ ‚ Œ
n n n
F1 + F2 + · · · + Fn = F2n .
1 2 n

La suite de Fibonacci est définie explicitement par la formule de Binet :


" √ !n √ !n #
1 1+ 5 1− 5
Fn = √ − , ∀ n ∈ N.
5 2 2

Comme F0 = 0 on peut commencer la somme en question à partir du zéro :


! 2 ! √ !k ! √ !k 3
n
X n 1 n 1+ 5 n
X n 1− 5 n
X
Fk = √ 4 − 5

k=0 k 5 k=0 k 2 k=0 k 2


" √ !n √ !n #
1 1+ 5 1− 5
= √ +1 − +1
5 2 2
" √ !n √ !n #
1 3+ 5 3− 5
= √ − .
5 2 2

Or, on a :
√ √ !2
3± 5 1± 5
=
2 2
et par suite
! 2 √ !2n √ !2n 3
n
X n 1 4 1+ 5 1− 5
Fk = √ − 5 = F2n .
k=0 k 5 2 2

Exercice 6.31 K
1. Soient A et B deux événements tels que P(A) 6= 0 et P(B) 6= 0. Montrer que :

P(A | B) > P(A) ⇐⇒ P(B | A) > P(B).

2. Soient A et B deux événements avec P(B) 6= 0. Montrer que :

P(A) − P(A ∩ B)
P(A | B) = 1− .
1 − P(B)

3. Soient A, B et C trois événements tels que A, B et C sont équiprobables et

P(A ∩ B ∩ C) = 0.
386 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

2
(i) Montrer que P(A ∪ B ∪ C) ≤ 3(1 − P(A)) et en déduire que P(A) ≤ 3.
(ii) On suppose que A, B et C sont indépendants deux à deux. Montrer que

P(A ∪ B ∪ C) = P(A) × (3 − 3P(A)), P(A ∪ B) = P(A) × (2 − P(A)).

En déduire que P(A) ≤ 21 .


(iii) On suppose que A, B et C sont indépendants. Calculer P(A). 

1. Comme P(A) 6= 0 et P(B) 6= 0 alors :

P(A ∩ B) P(A ∩ B)
P(A | B) = , P(B | A) = .
P(B) P(A)

Par conséquent :

P(A ∩ B)
P(A | B) > P(A) ⇐⇒ P(A∩B) > P(A)P(B) ⇐⇒ > P(B)
P(A)
⇐⇒ P(B | A) > P(B).

2. On a
P(A ∩ B)
P(A | B) = 1 − P(A | B) = 1− .
P(B)
Comme P(A ∩ B) = P(A) − P(A ∩ B) et P(B) = 1 − P(B), alors il s’ensuit que :

P(A) − P(A ∩ B)
P(A | B) = 1− .
1 − P(B)

3.
(i) On a par hypothèses : P(A) = P(B) = P(C), par suite :

P(A∪B∪C) ≤ P(A)+P(B)+P(C) = (1−P(A))+(1−P(B))+(1−P(C)) = 3(1−P(A)).

D’autre part, on a par hypothèses : P(A ∩ B ∩ C) = 0, et alors :

P(A ∪ B ∪ C) = P(A ∩ B ∩ C) = 1 − P(A ∩ B ∩ C) = 1.

On déduit alors que : 1 ≤ 3(1 − P(A)), c’est-à-dire P(A) ≤ 23 .


(ii) Comme les événements A, B et C sont deux à deux indépendants, alors on
déduit que : P(A ∩ B) = P(A) × P(B) = P(A)2 . De même, on a P(A ∩ C) = P(A)2
et P(B ∩ C) = P(A)2 . D’après le principe d’inclusion-exclusion, il s’ensuit que

P(A ∪ B ∪ C) = P(A) + P(A) + P(A) + P(A)2 + P(A)2 + P(A)2 = P(A) × (3 − 3P(A)).


6.4. EXERCICES 387

Maintenant, on a :

P(A ∪ B) = P(A) + P(B) − P(A ∩ B) = P(A) × (2 − P(A)).

Or A ∪ B ⊂ A ∪ B ∪ C, donc P(A ∪ B) ≤ P(A ∪ B ∪ C) et alors il s’ensuit que


P(A)(3 − 3P(A)) ≤ P(A)(2 − P(A)), c’est-à-dire : P(A) ≤ 21 .
(iii) Si les événements A, B et C sont indépendants alors

P(A ∩ B ∩ C) = P(A) × P(B) × P(C) = P(A)3 .

Comme P(A ∩ B ∩ C) = 0 alors on conclut que P(A) = 0.

Exercice 6.32 K
Un concours d’entrée dans une grande école comporte n questions que le candidat tire
au hasard dans le programme avec remise.
On note X la v.a. qui représente le nombre de questions tirées dont un candidat connaît
la réponse, et Y celle qui représente le nombre de celles dont il ignore la réponse.
Si p est la proportion de questions du programme que ce candidat connaît, calculer :
1. V (X).
2. V (Y ). 

1. La v.a. X suit une loi binômiale B(n, p), la probabilité que le candidat connaisse
une réponse tirée étant p et les tirages étant indépendants (car avec remise), alors
on déduit que : V (X) = np(1 − p).
2. Comme il y a une probabilité 1 − p que le candidat ne connaisse pas une réponse,
alors la v.a. Y suit une loi binômiale B(n, 1 − p), et on a aussi : V (Y ) = np(1 − p).

6.4.3 Exercices d’entraînement

Exercice 6.33 KK
Soient n ∈ N∗ et (p, q) ∈ J0, nK2 . Montrer que :
‚ Œ ‚ Œ
n n
= ⇐⇒ q = p ou q = n − p.
p q

€ Š € Š
L’implication (⇐=) est claire. Supposons que np = nq et montrons que q = p
ou q = n − p. Si n = 1, alors le résultat est clairement vrai. Si n ≥ 2, supposons que
n
p ∈ N est tel que : 0 ≤ p < p + 1 ≤ , alors comme n − 2p ≥ 2 on déduit que :
2
! !
n n n! n − 2p − 1
− = × > 0.
p+1 p p!(n − p − 1)! (p + 1)(n − p)
388 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

€€ ŠŠ
n
Par conséquent, la suite k∈N∩[0, n
est strictement croissante. De même, et par
2]
k
€€ ŠŠ
n
symétrie, on montre aussi que la suite k k∈N∩( n ,n]
est strictement décroissante.
2
En conclusion, q = p ou q = n − p (par symétrie des coefficients binomiaux).

Exercice 6.34 KK
Formule de Vandermonde
Soient n, p, q des entiers naturels avec n ≤ p et n ≤ q. Donner une preuve combinatoire
de la formule de Vandermonde :
n ‚ Œ‚ Œ ‚ Œ
X p q p+q
= .
k=0
k n−k n

Application : montrer que


‚ Œ
2p
≡ 2 (mod p2 )
p

pour tout nombre premier p. 

On considère une urne qui contient p boules rouges et q boules vertes. On note
B l’ensemble de ces boules et C(p + q, n) l’ensemble des parties de B à n éléments.
€ Š
On sait que le cardinal de C(p + q, n) est égal à : p+q
n
. D’autre part, on remarque
de C(p + q, n) est la réunion disjointe de n sous-ensembles :
⋄ le sous-ensemble E0 des parties de B à n éléments ne contenant aucune boule
rouge et contenant donc n boules vertes. On a :
!
q
Card (E0 ) = .
n

⋄ Les sous-ensembles Ek , avec k ∈ J1, n−1K, des parties de B à n éléments contenant


€ Š
q
k boules rouges, et donc n − k boules vertes. Comme il y a exactement n−k sous-
ensembles de boules vertes, alors on a :
! !
p q
Card (Ek ) = .
k n−k

⋄ Le sous-ensemble En des parties de B à n éléments contenant n boules rouges, et


donc 0 boules vertes. On a :
!
p
Card (En ) = .
n
6.4. EXERCICES 389

En conclusion, on a :
!
p+q
= Card C(n, p + q)
n
= card (E0 ) + · · · + Card (Ek ) + · · · + Card (En )
! ! ! ! ! !
n
q p q p X p q
= + ··· + +···+ = .
n k n−k n k=0 k n−k

Application : pour q = n = p on a d’après la formule de Vandermonde :


! ! ! ! ! ! ! ! !
2p p p p p p p p p
= + + ··· + .
p 0 p 1 p−1 p−1 1 p 0
€ Š€ Š € Š€ Š € Š
Or on sait que p0 pp = pp p0 = 1 et p | kp pour tout k ∈ J1, p − 1K (car p est
premier).
€ Š
Donc, chacun des termes restants est divisible par p2 , et par suite 2p
p
≡ 2 (mod p2 ).

Exercice 6.35 KK
p
Quel est le nombre de rationnels r = ∈ ]0, 1[, avec (p, q) ∈ N∗2 et p ∧ q = 1, tels que :
q

p × q = 20!

Il y a exactement 8 nombres premiers divisant 20!, à savoir : 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17 et


19. Pour chacun de ces nombres premiers on doit voir s’il apparaît dans le numérateur
ou le dénominateur (mais pas dans les deux car p ∧ q = 1). Cela peux se faire de
28 = 256 façons, cependantles 256 fractions ne sont pas toutes ≤ 1. En fait, on a
une fraction et son inverse, et l’une des deux est ≤ 1. Par suite, le nombre total de
nombres rationnels r = pq ∈ ]0, 1[, avec (p, q) ∈ N∗2 et p ∧ q = 1, tels que p × q = 20!
est égal à : 256 ÷ 2 = 128.

Exercice 6.36 KK
Coefficients binomiaux et suite de Fibonacci
Soit (Fn )n≥0 la suite de Fibonacci définie par F0 = F1 = 1 et Fn+2 = Fn+1 + Fn pour
tout n ∈ N.
Montrer que ‚ Œ
n
X n−k+1
= Fn+1 .
k=0
k
390 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

On pose, pour tout n ∈ N :


!
n
X n−k+1
fn = .
k=0 k

On se propose de montrer que fn = Fn . Un calcul simple montre que f0 = 1 = F1


et f1 = 2 = F2 . De plus, pour tout n ∈ N :
! " ! !#
n+2
X n−k+3 n+2
X n−k+2 n−k+2
fn+2 = = +
k=0 k k=0 k k−1
! !
n+2
X n−k+2 n−k+2
n+2
X
= +
k=0 k k=0 k−1
! ! !
n+1
X n−k+2 0 n+1
X n−k+2
= + + +
k=0 k n+2 k=1 k−1
! !
n+2 0
+ +
−1 n+1
! !
n+1
X (n + 1) − k + 1 Xn
n−k+1
= +0+ +0+0
k=0 k k=0 k
= fn+1 + fn .

La preuve est ainsi terminée.

Exercice 6.37 KK
Une ville a une forme rectangulaire, elle possède n + 1 avenues parallèles nord-sud et
m + 1 avenues parallèles est-ouest.
On se trouve en bas à gauche du rectangle (sud-ouest) et on veut se rendre en haut
à droite du rectangle (nord-est). On ne peut se déplacer que vers l’est ou le nord. De
combien de façons différentes peut-on arriver à notre destination ? 

Soit Nn,m le nombre recherché. Il est clair que N1,m = m + 1. On regarde le


rectangle comme un repère orthonormé avec le sud-ouest comme origine A(0, 0).
Pour se déplacer de A à B(n, m) on passe par C(n − 1, m) ou D(n, m − 1). On a
donc une relation de récurrence :

Nn,m = Nn,m−1 + Nn−1,m .

Cette relation nous rappelle le triangle de Pascal, ainsi :


! !
n+m n+m (n + m)!
Nn,m = = =
n m n! m!
6.4. EXERCICES 391

on peut vérifier cette identité par simple récurrence.


Remarque : le problème revient à choisir les n pas vers le nord parmi les n + m pas,
d’où Nn,m = (n+m)!
n! m!
.

Exercice 6.38 KK
1. Quelle est la probabilté pour qu’un diviseur de 1099 , pris au hasard, soit un multiple
de 1088 ?
2. Quel est le nombre de paires (a, b) ∈ N∗2 telles que : ppcm(a, b) = 23 57 1113 ? 

1. On a : 1099 = 299 · 599 . Les diviseurs de 1099 sont de la forme 2a · 5b avec a et b des
entiers tels que 0 ≤ a, b ≤ 99. Comme il y a 100 choix pour a et pour b alors 1099
possède 100 × 100 diviseurs. Parmi eux, les multiples de 1088 = 288 · 588 vérifient
88 ≤ a, b ≤ 99. Il y a 12 choix pour a et pour b, donc il y a 12 × 12 des 100 × 100
diviseurs de 1099 qui sont multiples de 1088 . En conclusion, la probabilité est :

12 × 12 9
= .
100 × 100 625

2. Les entiers a et b sont des multiples de 23 57 1113 , donc a = 2x 5y 11z et b = 2s 5t 11u


avec x, y, z, s, t, u des entiers naturels. Comme le ppcm est 23 57 1113 alors

max{x, s} = 3, max{y, t} = 7, max{z, u} = 13.

Donc (x, s) ∈ {(0, 3); (1, 3); (2, 3); (3, 3); (3, 2); (3, 1); (3, 0)}. Il y a donc 7 choix pour
(x, s). De même, il y a 15 choix pour (y, t) et 27 choix pour (z, u). Finalement, il y
a en tout 7 × 15 × 27 = 2835 paires d’entiers (a, b) tels que ppcm(a, b) = 23 57 1113 .

Exercice 6.39 KK
Quelle est la probabilité pour qu’une permutation σ ∈ Sn possède les éléments 1 et 2
dans le même cycle ? 

On sait qu’il y a n! permutations de J1, nK. On va plutôt calculer le nombre de


permutations pour lesquelles les éléments 1 et 2 appartiennent à des cycles différents.
Si le cycle contenant 1 est de longueur k, on peux choisir les k − 1 autres éléments
€ Š
de n−2k−1
façons différentes dans l’ensemble J3, nK. Il existe (k − 1)! permutations
circulaires de ces éléments, et (n−k)! permutations des n−k autres éléments restants.
Donc, le nombre total des perumtations pour lesquelles 1 et 2 appartiennent à des
cycles différents est égal à :
!
n−1
X n−2 n−1
X n(n − 1) n!
(k − 1)!(n − k)! = (n − 2)! (n − k) = (n − 2)! = .
k=1 k−1 k=1 2 2
392 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

n!
Donc, il y a permutations qui contiennent 1 et 2 dans le même cycle, et la
2
1
probabilité est égale à .
2

6.4.4 Exercices d’approfondissement

Exercice 6.40 KKK


Nombres de surjections
Soient n et p deux entiers naturels non nuls. On note S(n, p) le nombre de surjections
de J1, nK dans J1, pK.
1. Déterminer S(n, p) lorsque p > n.
2. Calculer S(n, 1) et S(n, n).
3. Déterminer le nombre d’applications de J1, nK dans {1, 2} qui ne sont pas surjectives,
et en déduire S(n, 2).
4. Montrer que : S(n, 3) = 3n − 3 − 3 S(n, 2). En déduire S(n, 3).
5. On suppose que p ≤ n. Montrer que

S(n, p) = p × (S(n − 1, p) + S(n − 1, p − 1)) .

6. Montrer que lorsque p ≤ n, alors :


p ‚ Œ
X p n
S(n, p) = (−1)p−k k .
k=0
k

1. Si p > n, alors S(n, p) = 0.


2. Il y a une seule application de J1, nK dans {1}, définie par k 7−→ 1 pour tout
k ∈ J1, nK. Elle est en plus surjective. Donc, S(n, 1) = 1.
Lorsque p = n, alors toute surjection est une bijection, par suite S(n, n) = n!
3. Il y a deux applications de J1, nK −→ {1, 2} qui ne sont pas surjectives. Il s’agit
des applications constantes égale à 1 (respectivement égale à 2). Or, il y a 2n appli-
cations de J1, nK dans {1, 2}, alors on déduit que S(n, 2) = 2n − 2.
4. Il y a, en tout, 3n applications de J1, nK −→ {1, 2, 3}. Si une telle application f
n’est pas surjective, alors il existe k ∈ {1, 2, 3} qui n’a pas d’antécédent par f . On
distingue alors deux cas :
⋄ si les deux autres éléments (autres que k) ont un antécédent par f , alors l’appli-
cation de J1, nK −→ {1, 2, 3} \ {k} est surjective.
⋄ Si un seul des autres éléments (autres que k) possède un antécédent par f , alors
f est constante.
Par conséquent, il y a 3 × (1 + S(n, 2)) applications de J1, nK dans {1, 2, 3} qui ne
6.4. EXERCICES 393

sont pas surjectives. Par suite :

S(n, 3) = 3n − 3 − 3 S(n, 2) = 3n − 3 − 3(2n − 2) = 3n + 3 − 3 × 2 n .

5. Soient k ∈ J1, nK et f : J1, nK −→ J1, pK une surjection. On s’intéresse aux


applications gk : J1, nK \ {k} −→ J1, pK, on distingue deux cas (selon que gk est
surjective ou pas) :
⋄ si gk est surjective, alors le nombre de telles applications est égal à : p ×S(n−1, p).
⋄ Si gk n’est pas surjective, alors elle doit prendre en k la valeur manquante, il y
a exactement p possibilités pour choisir l’image de k et S(n − 1, p − 1) surjections
de J1, nK \ {k} vers J1, pK privé de l’image de k. Il y a, au total, p × S(n − 1, p − 1)
possibilités.
En conclusion, le nombre de surjections de J1, nK −→ J1, pK est :

S(n, p) = p × (S(n − 1, p) + S(n − 1, p − 1)) .

6. On utilise la récurrence sur n ∈ N∗ pour répondre à cette question.


!
1−k 1
X n
Pour n = 1, alors p = 1, et on a bien S(1, 1) = 1 = (−1) k. On suppose la
k=0 k
propriété vraie au rang n ≥ 1 et montrons la au rang!
n + 1.
n+1
X 1 n+1
⋄ Si p = 1, alors S(n + 1, 1) = 1 et (−1)1−k k = 1. Donc, le résultat est
k=0 k
vrai.
⋄ Si p ∈ J1, n + 1K, alors d’après la question précèdente et l’hypothèse de récurrence
on a :
! !!
p
X
p−k p p−1
S(n + 1, p) = p × (S(n, p) + S(n, p − 1) = p (−1) − kn.
k=1 k k
€ Š € Š
p p−1 p
Or, on sait que k k−1
= k
, par conséquent :
! ! !
p p p
X
p−k p−1 n X
p−k p n+1 X p n+1
S(n+1, p) = p (−1) k = (−1) k = (−1)p−k k .
k=1 k−1 k=1 k k=0 k

La preuve par récurrence est ainsi terminée.

Exercice 6.41 KKK


Soit A1 A2 · · · An (avec n ≥ 3) un polygone régulier de centre O. Les régions triangu-
laires OAi Ai+1 (avec i ∈ J1, nK et An+1 = A1 ) doivent être colorées avec k couleurs
différentes (avec k ≥ 3) de sorte que deux régions voisines aient des couleurs différentes.
394 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

On note pn,k le nombre de coloriages possibles. Montrer que

pn,k = (k − 1)n + (−1)n (k − 1).

Il y a k façons pour colorier la région OA1 A2 , et k − 1 façons pour les régions


OA2A3 , OA3 A4 , et ainsi de suite. Cependant, pour la région OAn A1 il se peut qu’elle
a la même coloration que celle de OA1 A2 mais alors on se contente de colorier
« légalement » les n − 1 régions en considérant la région OAn A1 comme une unique
région, ceci est une bijection entre cette entité spéciale de coloriages « illégaux » de
n régions vers les coloriages « légaux » de n − 1 régions. Par suite :

pn,k = k(k − 1)n − pn−1,k .

Comme p3,k = k(k − 1)(k − 2), alors on déduit que :

pn,k = k(k − 1)n−1 − k(k − 1)n−2 + k(k − 1)n−3 − · · ·


+ (−1)n−4 k(k − 1)3 + (−1)n−3 k(k − 1)(k − 2)
(k − 1)n + (−1)n−4 (k − 1)3
=k· + (−1)n−3 k(k − 1)(k − 2)
1 + (k − 1)
= (k − 1)n + (−1)n (k − 1)3 + (−1)n−1 k(k − 1)(k − 2)
” —
= (k − 1)n + (−1)n (k − 1) (k − 1)2 − k(k − 2)
= (k − 1)n + (−1)n (k − 1).

Exercice 6.42 KKK


Montrer que le nombre de sous-ensembles de J1, 2000K tels que la somme de leurs élé-
ments soit divisible par 5 est égal à :

1 € 2000 Š
2 + 2402 .
5

Considérons le polynôme

P (X) = (1 + X)(1 + X 2 ) · · · (1 + X 2000 ).

Il existe une bijection entre chaque sous-ensemble {a1 , · · · , am } de J1, 2000K et le


terme X a1 X a2 · · · X am . Donc, on regarde la somme des coefficients des termes X 5k
2iπ
dans P (X) (avec k ∈ N∗ ). Notons S cette somme, et soit ω = e 5 la racine 5-ième
6.4. EXERCICES 395

de l’unité. Alors, ω 5 = 1, 1 + ω + ω 2 + ω 3 + ω 4 = 0 et

1X 5 € Š
S = P ωk .
5 k=1

Soit Q(X) = X 5 − 1, alors

Q(X) = (X − ω) (X − ω 2 ) (X − ω 3 ) (X − ω 4 ) (X − ω 5)

et Q(−1) = −2 = (−1−ω) (−1−ω 2) (−1−ω 3 ) (−1−ω 4) (−1−ω 5). Par conséquent :

(1 + ω) (1 + ω 2 ) (1 + ω 3 ) (1 + ω 4 ) (1 + ω 5) = 2 et P (ω) = 2400 .

De même, pour k ∈ J2, 4K, on a : P (ω k ) = 2400 . Finalement, on a : P (ω 5) = P (1) =


22000 et
1€ Š 1 € 402 Š
S = 4 × 2400 + 22000 = 2 + 22000 .
5 5

Exercice 6.43 KKK


Soit n ∈ N∗ un entier naturel.
1. Déterminer le nombre de « nombres premiers » dans l’ensemble J1, nK.
2. Application : quel est le nombre de « nombres premiers » dans l’ensemble J1, 111K.

1. Chaque nombre composé dans l’ensemble J1, nK est un multiple d’au moins un

nombre inférieur ou égal à ⌊ n⌋. Si p1 = 2, p3 = 3, · · · , pk est la suite des nombres

premiers ≤ ⌊ n⌋, alors pour chaque pi dans cette suite on note par Api le sous-
ensemble des multiples de pi dans l’ensemble J1, nK. Par conséquent, le nombre de
« nombres premiers » inférieurs ou égaux à n est égal à :

[k

n+k −1− A
pi .

i=1

2. Pour n = 111, le nombre de « nombres premiers » inférieurs à 111 est égal à :


111 + 4 − 1 − |A2 ∪ A3 ∪ A5 ∪ A7 |. Or
       
111 111 111 111
|A2 ∪ A3 ∪ A5 ∪ A5 | = + + +
2  3  5
 
7
     
111 111 111 111 111 111
− − − − − −

6   10   14   15   21  35
111 111 111 111 111
+ + + + −
30 42 70 105 210
= 85.
396 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

En conclusion, le nombre de « nombres premiers » inférieurs à 111 est égal à :


111 + 4 − 1 − 85 = 29.

Exercice 6.44 KKK


Soit n ∈ N∗ un entier naturel et n = pa11 pa22 · · · pamm sa décomposition en produit de
facteurs premiers.
Donner une preuve purement combinatoire de l’égalité
m  
Y 1
ϕ(n) = n 1−
i=1
pi

où ϕ est la fonction d’Euler. 

Un nombre a ∈ J1, nK est relativement premier avec n si, et seulement si, a n’est
divisible par aucun des nombres premiers p1 , · · · , pm . Pour i ∈ J1, mK, on note Ai le
m
[
sous-ensemble de J1, nK contenant tous les nombres divisibles par pi , alors A \ Ai
i=1
est l’ensemble des éléments de J1, nK qui sont relativement premiers avec n. Donc

[m

ϕ(n) = n− A .
i

i=1

Par le principe d’inclusion-exclusion, on déduit que :



X \
|I|+1
ϕ(n) = n− (−1) A .
i

I⊂J1,mK,I6=∅ i∈I

\
On note que Ai contient les éléments de J1, nK qui sont divisibles par le produit
Y
i∈I
pi , donc
i∈I
\



Y 1
A
i = n .

i∈I

i∈I pi
D’où
X Y 1
ϕ(n) = n+ (−1)|I| · n
I⊂J1,mK,I6=∅ i∈I pi
2 3
‚ Œ
X Y −1
= n 41 + 5

I⊂J1,mK,I6=∅ i∈I
pi
‚ Œ
m
Y 1
= n 1− .
i=1 pi
6.4. EXERCICES 397

Exercice 6.45 KKK


On choisit au hasard deux réels x et y dans l’intervalle [0, 1].
Quelle est la probabilité pour que
8
< x+y ≤ 1,
: 2
xy ≤ .
9

Soit  
2
D = (x, y) ∈ [0, 1] × [0, 1] : x + y ≤ 1, xy ≤ .
9
D est l’ensemble des points du carré [0, 1] × [0, 1] situés au dessous de la droite
f1 (x) = 1 − x et de la courbe f2 (x) = 9x
2
.
La probabilité recherchée est égale à :
Z 1

Aire(D) min(f1 (x), f2 (x)) dx Z 1

p = = 0
= min(f1 (x), f2 (x)) dx.
Aire([0, 1] × [0, 1]) 1 0

€ Š € Š
Les courbes de f1 et f2 se coupent aux points 1 2
,
3 3
et 2 1
,
3 3
. Par suite :
Z 1/3 Z 2/3 Z 1
2 1 2
p = (1 − x) dx + dx + (1 − x) dx = + ln 2.
0 1/3 9x 2/3 3 9
398 CHAPITRE 6. PROBABILITÉS

.
Bibliographie

[1] Aassila M., 400 exercices corrigés d’algèbre pour sup (avec rappels de cours),
Ellipses, 2013.
[2] Andreescu T. & Gelca R., Putnam and Beyond, Springer, 2007.
[3] Andreescu T., Radulescu T. & Radulescu V., Problems in real Analysis,
Springer, 2009.
[4] Carleman T., Sur les fonctions quasi-analytiques, in Proc. 5th Scand. Math.
Cong. (1923), Helsinki.
[5] Carleman T., A proof of an inequality of Carleman, Proc. Amer. Math. Soc.
5 (1954), 932-933.
[6] Mitrinović D. S. & Vasić P. M., Analytic Inequalities, Springer, 1970.
[7] Pólya G., Proof of an inequality, Proc. London Math. Soc. 24 (1926), 57.

399
400 BIBLIOGRAPHIE

.
Index alphabétique

 
A  H 

Abel (transformation d’) 52,141,301,304,337 Hermite (identité de) 45


Aitken (méthode d’) 130 Hermite (polynômes d’) 188
Archimède (méthode d’) 115

 I 
B 
Inégalité de Bienaymé-Tchebichev 364
Inégalité de Bledsoe 291
Bayes (formule de) 361,372
Inégalité de Carleman 346
Bertrand (série de) 304,312,317,330
Inégalité de Carlson 282
Bernoulli (équation de) 36
Inégalité de Cauchy-Schwarz 6,234
Bernoulli (inégalité de) 6
Inégalité de Hilbert 289
Bernoulli (loi de) 365
Inégalité de Kolmogorov 219
Inégalité de Poincaré 270
 Inégalité des accroissements finis 155,192,195
C  Inégalité des accroissements finis généralisée209
Inégalité de Wirtinger 289
Cauchy (problème de) 11,178
Cauchy (règle de) 316 
Cauchy (suite de) 93 K 
Chasles (relation de) 234
Képler (équation de) 126
 Kummer (test de) 329
D 

d’Alembert (règle de) 303,312,315 L 
Dichotomie 80
Dirac (loi de) 364 Leibniz (formule de) 154
Lemme de Riemann-Lebesgue 261,274
Lemme de Van der Corput 296

Levy (lemme des cordes de) 200
E  L’Hôpital (règle de) 192
Limite inférieure 110
Engel (série de) 334 Limite supérieure 110
Euler (constante d’) 71,250,350 Loi binômiale 365
Euler (équation d’) 37 Loi hypergéométrique 365
Euler (fonction de) 396
Euler (méthode de) 11

M 

G  Machin(formule de ) 23
Méthode des rectangles 236
Gauss (théorème de) 79 Méthode des trapèzes 237
Méthode des isopérimètres 115

401
Moyenne (première formule de) 255 Théorème des segments emboîtés 65
Moyenne (deuxième formule de) 256 Théorème de Stolz-Cesàro 120
Théorème de Toeplitz 120
Théorème des accroissements finis 155

Théorème des valeurs intermédiaires 152
N 
Théorème du point fixe 68,137
Newton (formule du binôme) 360
Newton (loi de) 32 
Newton (méthode de) 207 V 
Nombre d’or 88
Nombre dyadique 74 Vacca (série de) 350
Valeur d’adhérence 92
Vandermonde 218,388

Viète (formule de) 113
P 

Poisson (intégrale de) 247 


Pólya 346 W 
Principe d’inclusion-exclusion 370
Principe de superposition 10 Wallis (intégrale de) 242
Weierstrass (fonction de) 229


R 

Y 
Raabe-Duhamel (règle de) 314
Richardson (méthode de) 130 Young 229
Riemann (règle de) 300
Riemann (somme de) 236,293
Riemann (théorème de réarrangement) 349


S 

Sous-groupe 103
Stirling (formule de) 146,242,306,324,357


T 

Taylor (avec reste intégral) 156


Taylor-Lagrange (formule de) 156
Taylor-Young (formule de) 156
Théorème d’approximation de Weierstrass 294
Théorème de Beatty 149
Théorème de Bolzano-Weierstrass 66
Théorème de Brouwer 202,214
Théorème de Cesàro 81
Théorème de Darboux 190
Théorème de Fermat 215
Théorème de Glaeser 212
Théorème de Heine 153
Théorème de Liouville 147
Théorème de Recollement 65
Théorème de Rolle 155
Théorème de Rolle généralisé 188
Théorème de Schlömilch 319

402

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