Expo Napoleon À La Villette, Paris
Expo Napoleon À La Villette, Paris
édito
Sans doute des milliers de nos contemporains, en France, en Europe et au-delà, ont-ils conservé dans
leur intimité des bribes de l’histoire napoléonienne. Ce mélange de gloire, de conquêtes, de défaites, de
drames, de guerres, cet itinéraire hors norme, font partie de nous d’une certaine façon.
À l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon, il nous a semblé opportun de présenter les chefs-
d’œuvre et les pièces rares qui ont marqué son parcours, de les expliquer, d’ouvrir des débats, pour
mieux comprendre l’homme mais aussi cette époque si particulière, moment de bascule entre un monde
d’avant et un monde d’après, que ce soit sur le plan de la politique, de la société, du droit, ou de
l’économie - et dont certains des legs sont encore vivaces.
Que l’on soit « pour » ou que l’on soit « contre », Napoléon reste un mythe. Rappelons à ce titre qu’il
fait l’objet d’un article ou d’un livre édité quotidiennement dans le monde. À partir de la présentation
des œuvres exceptionnelles qui jalonnent l’exposition, La Villette et la Rmn - Grand Palais, avec
les commissaires et nos prestigieux partenaires, avons souhaité alimenter la réflexion, mobiliser les
questions posées par les historiens, et laisser le citoyen libre de se faire son opinion sur ce personnage
et cette période qui, pour fulgurants qu’ils aient été, ont durablement marqué l’histoire européenne.
2 Napoléon
dossier de presse
sommaire
communiqué de presse p. 4
press release p. 6
communicado p. 8
12 dates clefs p. 10
biographie des commissaires p. 13
parcours des salles et textes introductifs p. 14
plan de l’exposition p. 19
scénographie p. 20
introductions aux textes du catalogue p. 21
extraits du catalogue p.25
quelques notices d’oeuvres p. 35
5 period room p. 45
propos de Napoléon p. 50
liste d’œuvres p. 52
catalogue de l’exposition p. 72
journal de l’exposition p. 74
autres publications p. 75
sites internet p. 76
programmation culturelle p. 77
activités pédagogiques p. 78
mon p’tit bivouac p. 83
manifesto p. 84
informations pratiques p. 85
visuels disponibles pour la presse p. 87
musées partenaires et leurs événements autour de l’année Napoléon p. 97
partenaires médias p. 99
V24
Jacques-Louis David, Bonaparte, Premier consul, franchissant le Grand-Saint-Bernard, le 20 mai 1800 (détail), 1802, Versailles,
musée national des châteaux de Versailles et de Trianon © Rmn - Grand Palais / Franck Raux
Napoléon 3
communiqué
Napoléon
14 avril - 19 septembre 2021
L’exposition Napoléon met en scène, à l’occasion du bicentenaire de sa mort, l’invraisemblable destin d’un
personnage complexe, qui fut à la fois admiré et controversé, victorieux et défait, héroïque et tragique, dont
le romanesque fascine aujourd’hui encore nos contemporains. Elle rappellera ses legs politiques et culturels
qui ont durablement marqué certains pays, au premier rang desquels la France, mais aussi les erreurs qu’il
a commises.
Cette exposition s’articule autour des parties suivantes : les années d’apprentissage au collège militaire de
Brienne ; les campagnes d’Italie (1796) et d’Égypte (1799) ; le coup d’État du 18 brumaire et le Consulat ;
l’avènement de l’Empire ; Napoléon intime, ses femmes, Joséphine puis Marie-Louise, son fils légitime, le roi
de Rome ; Napoléon, le chef de guerre ; Napoléon et l’Europe, à la tête de laquelle il place ses sœurs et frères
; le déclin de l’Empire, illustré par deux échecs militaires, la campagne d’Espagne (1808) et la campagne de
Russie (1812) ; les Cent jours et sa chute définitive après la bataille de Waterloo.
Des invités prestigieux s’exprimeront à propos de certains sujets, croisant ainsi leur regard avec celui des
commissaires : les mœurs et la religion, avec l’intervention de Jacques-Olivier Boudon, l’exercice du pouvoir
avec Thierry Lentz, et la vie et mort des soldats avec François Houdecek. Dans une partie consacrée au
rétablissement de l’esclavage sera projeté un court métrage réalisé par Mathieu Glissant.
Des reconstitutions spectaculaires évoqueront les arts et la vie de cour d’une époque certes brève, seulement
quinze ans, mais qui marqua durablement les arts décoratifs. À la suite de la campagne d’Egypte, seront
présentés meubles et objets d’art créés dans l’esprit égyptien, tandis qu’un salon montrera l’évolution du
style à l’apogée de l’Empire. Une salle du trône côtoiera une table dressée avec les plus riches productions.
Ces espaces seront complétés par de magnifiques vêtements de cour, des armes de luxe, des décorations,
des porcelaines de Sèvres, des pièces d’orfèvrerie, jusqu’à une monumentale voiture commandée pour son
mariage avec Marie-Louise ainsi que le plus modeste char funèbre utilisé pour ses obsèques à Sainte-Hélène.
Antoine-Jean Gros, Napoléon Bonaparte en Premier consul (détail), musée national de la Légion d’honneur, Paris
© Rmn - Grand Palais / Gérard Blot
4 Napoléon
S’y ajouteront des objets personnels de l’empereur ainsi que la spectaculaire tente de campagne avec son
mobilier d’origine; la guerre ne sera pas absente avec un canon, un caisson à munitions, plusieurs mannequins
et la projection sur un écran géant d’une des plus fameuses charges de cavalerie de l’histoire de France, celle
de la bataille d’Eylau. Sans oublier les nombreuses sculptures qu’accompagneront les tableaux réalisés par
les plus grands peintres de l’époque comme David, Gros ou Gérard.
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commissariat :
Bernard Chevallier, conservateur général honoraire du Patrimoine ;
Arthur Chevallier, écrivain et éditeur ;
Frédéric Lacaille, conservateur général en charge des peintures du XIXe siècle des châteaux de Versailles et de
Trianon ;
Grégory Spourdos, adjoint au chef du département des expositions et de la muséographie et chef du pôle muséographie
du musée de l’Armée ;
Hélène Cavalié, conservateur en chef du Patrimoine et directrice adjointe des collections du Mobilier national ;
Jean-Baptiste Clais, conservateur au département des Objets d’art du musée du Louvre ;
Christophe Beyeler, conservateur général du Patrimoine chargé du musée Napoléon Ier et du cabinet napoléonien des
arts graphiques du château de Fontainebleau.
scénographie : groupement concepteur Scénografia – VNT architectes – Hilighting Design – Lundi 8 – Graphica.
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horaires : aux éditions de la Rmn - Grand Palais contact presse de l’exposition
tous les jours de 10h à 19h (7 avril 2021) : Florence Le Moing
[email protected]
tarifs : - catalogue de l’exposition, 17 × 24 cm,
20 €, TR 15 € (8-25 ans) 272 pages, 200 illustrations, 25 €
gratuit pour les 0-7 ans contact presse de La Villette
- journal de l’exposition, 28 × 43 cm, Bertrand Nogent
accès : 24 pages, 40 illustrations, 6 € [email protected]
métro ligne 5 «Porte de Pantin»
tramway 3b «Porte de Pantin»
bus 75, 151 «Porte de Pantin»
parking sud «Cité de la Musique»
01 40 03 75 75
informations et réservations :
expo-napoleon.fr
#ExpoNapoleon
Napoléon 5
press release
Napoléon
April 14th - September 19th, 2021
Marking the bicentenary of his death, the Napoléon exhibition explores the unlikely story of a complex character
who was at once admired and controversial, victorious and conquered, heroic and tragic; a dramatic story
that continues to fascinate our contemporaries to this day. It will highlight his political and cultural legacies
that have profoundly impacted certain countries, chief among them France, as well as the mistakes he made.
From the historical character to the private man: every facet of his life
This exhibition is built around the following themes: the formative years at the Brienne military school; the
campaigns in Italy (1796) and Egypt (1799); the Coup of 18 Brumaire and the Consulate; the emergence of
the Empire; Napoleon the private man, his women, Joséphine then Marie-Louise, his legitimate son, King of
Rome; Napoleon, the military leader; Napoleon and Europe, at the head of which he placed his brothers and
sisters; the decline of the Empire, illustrated by two military failures, the Spanish campaign (1808) and the
Russian campaign (1812); the Hundred Days and his final fall after the Battle of Waterloo.
Prestigious guests will give talks on various subjects, bringing an additional perspective to that of the curators.
Themes include morals and religion, explored by Jacques-Olivier Boudon, the exercise of power with Thierry
Lentz and the life and death of soldiers with François Houdecek. A short film by Mathieu Glissant will be
screened in a section of the exhibition on the re-establishment of slavery.
Spectacular reconstitutions will showcase the arts and court life in an era that, though brief at just fifteen
years, would have a lasting impact on the decorative arts. Following the Egyptian campaign, pieces of
furniture and objets d’art designed in the Egyptian style will be presented, while another room will illustrate
the way style evolved at the height of the Empire. A throne room stands alongside a table laid with the most
opulent productions. These spaces will be complemented by magnificent court garments, weapons of luxury,
decorations, Sèvres porcelain, a selection of goldsmithery and even a monumental car commissioned for his
marriage to Marie-Louise, as well as the most humble funereal carriage used for his burial on Saint Helena.
Antoine-Jean Gros, Napoléon Bonaparte en Premier consul (détail), musée national de la Légion d’honneur, Paris
© Rmn - Grand Palais / Gérard Blot
6 Napoléon
Added to these are some of the emperor’s personal items, as well as the spectacular campaign tent with its
original furnishings. War will not be absent either, with a cannon, an ammunition crate, several mannequins
and a giant screen with a projection of one of the most famous cavalry charges in the history of France, at the
Battle of Eylau. Not to mention the many sculptures that will accompany paintings by the greatest painters of
the era, such as David, Gros and Gérard.
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curators:
Bernard Chevallier, Honorary Chief Heritage Curator;
Arthur Chevallier, author and publisher;
Frédéric Lacaille, Chief Curator in charge of 19th century paintings at the châteaux de Versailles et de Trianon;
Grégory Spourdos, Deputy Head of the Department of Exhibitions and Museography and Head of the Museography
Centre at the musée de l’Armée;
Hélène Cavalié, Chief Heritage Curator and Deputy Director of Collections at the Mobilier National;
Jean-Baptiste Clais, Curator, Department of Decorative arts, musée du Louvre;
Christophe Beyeler, Chief Heritage Curator in charge of the musée Napoléon I and the Napoleonic collection of graphic
arts at the château de Fontainebleau.
exhibition design: joint design by Scénografia – VNT architectes – Hilighting Design – Lundi 8 – Graphica.
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informations et reservations :
expo-napoleon.fr
#ExpoNapoleon
Napoléon 7
comunicado
Napoléon
14 de abril - 19 de septiembre 2021
La exposición Napoléon presenta, con motivo del bicentenario de su muerte, el increíble destino de un
personaje complejo, admirado y controvertido, victorioso y derrotado, heroico y trágico cuya novelesca vida
sigue fascinando hoy en día. Una muestra que evoca su legado político y cultural que marcó algunos países,
Francia en particular, así como los errores que cometió.
Esta exposición se organiza en torno a los siguientes periodos: los años de estudios en la Escuela Militar
de Brienne; las campañas de Italia (1796) y de Egipto (1799); el golpe de Estado del 18 de Brumario y el
Consulado; el Primer Imperio; Napoleón íntimo, sus esposas, Josefina y luego María Luisa, su hijo legítimo, el
rey de Roma; Napoleón, el señor de la guerra; Napoleón y Europa, al frente de la cual coloca a sus hermanas
y hermanos; la decadencia del Imperio, ilustrada por dos fracasos militares, las campañas de España (1808)
y de Rusia (1812); los Cien Días y su caída final tras la batalla de Waterloo.
Invitados de prestigio abordarán ciertos temas cruzando su mirada con la de los comisarios: las costumbres
y la religión, con Jacques-Olivier Boudon, el ejercicio del poder, con Thierry Lentz, y la vida y muerte de los
soldados, con François Houdecek. En una sección dedicada al restablecimiento de la esclavitud se proyectará
un cortometraje dirigido por Mathieu Glissant.
Espectaculares reconstrucciones evocan las artes y la vida de la corte de una época breve, de apenas
quince años, pero que dejó una impronta perdurable en las artes decorativas. Tras la campaña de Egipto,
se presentan muebles y objetos de arte inspirados en Egipto y un salón muestra la evolución del estilo en el
apogeo del Imperio. En una sala del trono se exhibe una exquisita mesa de estilo Imperio. Estos espacios
se completan con magníficas vestimentas cortesanas, armas de lujo, decoraciones, porcelana de Sèvres,
piezas de orfebrería y hasta un monumental carruaje de boda encargado para su enlace con María Luisa y
un carro fúnebre, más modesto, utilizado para su funeral en Santa Elena.
Antoine-Jean Gros, Napoléon Bonaparte en Premier consul (détail), musée national de la Légion d’honneur, Paris
© Rmn - Grand Palais / Gérard Blot
8 Napoléon
A todo esto hay que sumar las pertenencias del emperador y su espectacular tienda de campaña con
mobiliario original. En cuanto a la guerra, aparece representada con un cañón, una caja de municiones,
varios maniquíes y la proyección en pantalla gigante de una de las cargas de caballería más célebres y
espectaculares de la historia de Francia, la de la batalla de Eylau, sin olvidar las numerosas esculturas que
acompañan a las pinturas realizadas por los más grandes pintores de la época, como David, Gros o Gérard.
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comisariado:
Bernard Chevallier, conservador general honorario del Patrimonio
Arthur Chevallier, escritor y editor
Fréderic Lacaille, conservador general encargado de las pinturas del siglo XIX de los castillos de Versalles y de Trianon
Grégory Spourdos, asistente jefe del Departamento de Exposiciones y Museografía y jefe del Departamento de
Museografía del musée de l’Armée
Hélène Cavalié, conservadora responsable de Patrimonio y subdirectora de las colecciones del Mobilier National
Jean-Baptiste Clais, conservador del Departamento de Objetos de arte del musée du Louvre
Christophe Beyeler, conservador general del Patrimonio responsable del museo Napoléon Ier y del Gabinete de artes
gráficas napoleónicas del palacio de Fontainebleau.
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abierto : éditions de la Rmn - Grand Palais contactos de prensa de la
todos los dias de 10 a 19h (7 de abril 2021) : exposición
Florence Le Moing
precio de las entradas : - catálogo de la exposición : 17 × 24 cm, [email protected]
20 €, 15 € (8-25 años) 272 paginas, 200 ilustraciones, 25 €
gratuit pour les 0-7 ans
- revista de la exposición : 28 × 43 cm, contactos de prensa de La Villette
acceso : 24 paginas, 40 ilustraciones, 6 € Bertrand Nogent
metro líneas 5 «Porte de Pantin» [email protected]
tranvia 3b «Porte de Pantin»
autobus 75, 151 «Porte de Pantin»
estacionamiento sur «Cité de la Musique»
01 40 03 75 75
informaciones / reservaciónes :
expo-napoleon.fr
#ExpoNapoleon
Napoléon 9
12 dates clés
1769
Napoléon Bonaparte
naît le 15 août en
Corse, à Ajaccio, de
1779
Letizia et Charles
Bonaparte. Il est le
deuxième fils d’une
famille de huit enfants
Napoléon entre, comme
boursier du roi Louis
XVI, à l’école militaire de
1789
: Joseph (l’aîné), Brienne.
Lucien, Elisa, Louis,
Pauline,
Jérôme.
Caroline,
La Révolution française
commence. Le 14 juillet,
la prison de la Bastille,
1796
symbole du pouvoir
absolu du roi, tombe. Le jeune général
Bonaparte prend le
commandement de
l’armée dite « d’Italie
», laquelle combat les
Autrichiens au nord
de la péninsule. Il
remporte des victoires
phénoménales, à
l’origine de sa popularité,
qui lui valent, deux ans
plus tard, de prendre
la tête de l’expédition
d’Egypte.
10 Napoléon
1799
Napoléon Bonaparte
réalise le coup d’Etat dit
du 18 Brumaire au terme
1804
duquel le Directoire est
renversé et remplacé
1805
En moins cinq ans,
par un Consulat, dont Napoléon Bonaparte
le Premier consul n’est a réformé la France
autre que Napoléon lui- dans des proportions
même. Il a trente ans. considérables. Au fait
1807
L’empereur affronte
de sa gloire, le Sénat les armées russes
le proclame empereur et autrichiennes à la
des Français, décision bataille d’Austerlitz le 2
confirmée par un vote décembre. Grâce à une Napoléon remporte la
populaire. Il est sacré stratégie audacieuse, bataille de Friedland le
en la cathédrale Notre- il met en déroute des 14 juin contre les armées
Dame de Paris le 2 forces supérieures aux du tsar Alexandre.
décembre, en présence siennes. Vaincue, la Russie est
du pape.
dans l’obligation de
signer un traité de paix.
Désormais, l’empereur
des Français est le
maître de la plus grande
partie l’Europe.
Napoléon 11
1812
Alors que le tsar ne
respecte pas les termes
du traité de paix, Napoléon
1814
envahit la Russie à la tête
d’une armée colossale. Il
1815
Après avoir combattu
ne parvient pas à affronter avec vaillance
l’armée russe qui l’attire les Prussiens, les
de plus en plus loin. Autrichiens et les Russes
Malgré la prise de Moscou, sur le territoire national,
l’empereur est obligé de
battre en retraite. C’est un
Napoléon abdique à
Fontainebleau le 11 avril.
Après moins d’un an
d’exil sur l’île d’Elbe,
Napoléon débarque
1821
désastre. en France en mars et
chasse le roi Louis XVIII Le 5 mai, à 17h49,
qui lui avait succédé sur Napoléon meurt à
le trône. Après sa défaite Longwood sur l’île
à Waterloo le 18 juin, il de Sainte-Hélène.
est contraint à un nouvel
exil, définitif, sur l’île de
Sainte-Hélène.
12 Napoléon
les commissaires
Bernard Chevallier
né en 1943 à Paris
docteur en histoire de l’art, spécialiste du mobilier et des objets d’art du Premier Empire ainsi que de
la porcelaine de Sèvres entre 1800 et 1870
a organisé une vingtaine d’expositions au musée de Malmaison ainsi qu’aux Etats-Unis, au Japon,
en Allemagne, au Canada, à Taïwan, à Hong-Kong, à Shanghai, en Corée, au Brésil, au Mexique
ou en Italie
Arthur Chevallier
né 1990 à Paris
étudie en classe préparatoire puis le droit à La Sorbonne
parallèlement, commence à travailler aux Editions Grasset, pour la collection des Cahiers Rouges
(dont il devient le préfacier à l’âge de vingt ans)
2014: Napoléon raconté par ceux qui l’ont connu (Grasset - Cahier Rouge)
2015 : éditeur aux Editions du Cerf, dirige le domaine Histoire
2018 : Napoléon sans Bonaparte (Cerf) - conteste à la fois la notion et la définition du bonapartisme -
2019 : Le Goût de Napoléon (Le Mercure de France)
est engagé par le journal Le Point (chronique hebdomadaire consacrée à l’Histoire)
janvier 2020 : pôle Histoire (Belin, Passés composés) du groupe Humensis, toujours comme éditeur
janvier 2021 : Napoléon et le bonapartisme (Presses universitaires de France, collection « Que sais-
je ? »)
Frédéric Lacaille
conservateur général en charge des peintures du XIXe siècle et des prêts aux expositions des
châteaux de Versailles et de Trianon
Grégory Spourdos
adjoint au chef du département des expositions et de la muséographie et chef du pôle muséographie
au musée de l’Armée
Hélène Cavalié
conservateur en chef du Patrimoine et directrice adjointe des collections du Mobilier national
Jean-Baptiste Clais
conservateur au département des Objets d’art au musée du Louvre
Christophe Beyeler
conservateur général du Patrimoine chargé du musée Napoléon Ier et du cabinet napoléonien des
arts graphiques au château de Fontainebleau.
Napoléon 13
parcours des salles et textes introductifs
Partie I : Brienne (1779-1784)
En décembre 1778, Napoléon quitte la Corse pour Autun, en Bourgogne. Le futur empereur y reste
quatre mois, dans l’attente de son affectation dans une des écoles destinées à préparer les fils des
gentilshommes au métier des armes. On relève déjà son caractère ombrageux, mais réservé. Il entre
finalement à l’école de Brienne, en mai. Ces années de formation sont une épreuve pour ce petit
garçon qui parle français avec un accent corse, lequel suscite des moqueries. Il travaille, lit, apprend.
Quant à ses relations avec ses camarades, elles sont dans l’ensemble mauvaises. Il est l’objet d’un
mépris auquel il répond par des réprimandes autoritaires et une assurance déconcertante. Les années
1779-1784 passées à Brienne sont bien celles de la construction d’un caractère, fait de labeur et de
détermination, qu’il se muera en une extraordinaire énergie au service de son ambition.
La campagne d’Italie
Depuis 1793, la Révolution affronte les monarchies d’Europe coalisées. Au nord de l’Italie, elle combat
les armées autrichiennes. En mars 1796, Napoléon prend le commandement de l’armée d’Italie. Alors
que la troupe est mal équipée, que manquent chevaux et canons, le jeune général parvient à remporter
des victoires où il se distingue par sa bravoure et sa proximité avec les hommes, notamment lors
de batailles mémorables, Arcole (17 novembre 1796 / 27 brumaire an V) et Rivoli (14 janvier 1797
/ 25 nivôse an V). Sa popularité grandit. À son retour, c’est un des généraux les plus célèbres de la
Révolution.
La campagne d’Égypte
En mai 1798, Bonaparte part pour l’Égypte avec 40 000 hommes. L’objectif est de couper la route
commerciale des Indes aux Anglais, contre lesquels la jeune République française est en guerre.
Les Français remportent plusieurs batailles, comme celle des Pyramides, s’installent au Caire, mais
rencontrent une résistance inattendue des Mamelouks du sultan Murad Bey alliés aux Anglais. La flotte
française est détruite. Après une nouvelle campagne en Syrie, Napoléon décide de rentrer en France.
L’expédition a néanmoins eu des aspects positifs. Cent soixante-dix savants y ont participé. Ils rentrent
avec des objets égyptiens, mais surtout des dessins, relevés, lesquels sont les sources d’un ouvrage
fondateur : la Description de l’Égypte. Leurs découvertes passionnent les Français et stimulent
l’égyptomanie.
Le sacre de Napoléon
Le sacre a lieu le 2 décembre 1804 en la cathédrale Notre-Dame de Paris. Au faste de la cérémonie
répondent un protocole, une étiquette et des symboles qui révèlent la nature du nouveau régime. Il y a
bien sûr des références à l’un des derniers empereurs d’Occident, Charlemagne, dans les pas de qui
Napoléon veut inscrire les siens, mais aussi à saint Louis, le protecteur de la dynastie des Bourbons, et
à la République. Le plus important des symboles est sans doute la présence du pape. Après des années
de lutte entre la Révolution et le Vatican, l’Empereur place finalement son règne sous la bénédiction de
Pie VII. En dépit de cette main tendue vers l’Église, Napoléon se couronne lui-même, rappelant ainsi
que son pouvoir n’émane pas, comme celui des rois, de Dieu, mais de la volonté du peuple.
La période napoléonienne voit l’instauration d’une police politique entérinant un recul certain des libertés
politiques. Quelle est la nature du régime instauré par Napoléon ? D’où vient sa réputation d’autocrate
? Comment gère-t-il les oppositions et les antagonismes au sein de l’Empire ? S’il règne selon une
constitution, Il peut réussir à contourner les lois. Des idées de 1789 à l’autoritarisme, cette section est
l’occasion d’explorer, à travers l’interview de l’historien Thierry Lentz et des commissaires de l’exposition,
l’exercice du pouvoir napoléonien sous l’Empire.
Napoléon 15
L’ambivalence du régime napoléonien trouve également un écho en matière de mœurs : alors
qu’il dépénalise l’homosexualité, Bonaparte codifie dans le même temps des conditions maritales
défavorables aux femmes. L’Empire est-il un régime conservateur ? Quel statut le Code civil instaure-t-il
pour les femmes ? Quels rapports Napoléon entretient-il avec les religions ? Cette question est abordée
par l’historien Jacques-Olivier Boudon et les commissaires dans l’exposition.
Napoléon en campagne
Lors des campagnes militaires, Napoléon prend place dans une berline spécialement aménagée pour
dormir, lire ou travailler. Parfois, il chevauche au milieu de ses troupes. Lors des haltes, il occupe soit
une demeure, soit une grande tente de plusieurs pièces, abritant toutes les commodités nécessaires à
la vie de commandant en chef et de chef de l’État. Il y travaille pendant des heures, étudiant la carte du
théâtre des opérations et les rapports de ses officiers, sans pour autant renoncer à assumer son rôle
de dirigeant politique. Des courriers assurent quotidiennement le trajet entre son bivouac de campagne
et Paris.
L’armée de Napoléon
Napoléon commande une armée performante façonnée au cours des guerres de la Révolution (1792-
1802) et dont il perfectionne l’organisation. Son armée n’est pas uniforme. Elle est composée d’unités
d’infanterie, de cavalerie, d’artillerie et du génie ; chaque unité ayant une fonction et une position
précises sur le champ de bataille et dans la hiérarchie militaire. Napoléon sait combiner l’action de
ces diverses unités selon ses objectifs militaires et les manœuvres de l’ennemi. Entre 1805 et 1812,
Napoléon dispose de la plus importante armée d’Europe. Ses effectifs oscillent entre 150 000 et 700 000
hommes (environ 2,5 millions de Français passeront sous les drapeaux).
En 1813, alors que l’armée napoléonienne est en pleine campagne d’Allemagne, des caricatures
présentant Bonaparte sous la figure d’un ogre corse dévorant de jeunes gens apparaissent. Combien
de soldats meurent réellement sur les champs de bataille ? Comment étaient-ils recrutés et quelles
relations entretiennent-ils avec les civils ? Une interview de François Houdecek et des commissaires
éclaire les visiteurs sur l’ensemble de ces questions.
16 Napoléon
Partie VII : Napoléon et l’Europe (1805-1813)
La conquête de l’Europe par Napoléon est scandée par des batailles décisives. En 1805, il soumet
l’Autriche à Austerlitz, en 1806, la Prusse à Iéna, en 1807, la Russie à Friedland. Le voici maître de
l’Europe. Pour contrôler ce vaste territoire, il place, à la tête d’États stratégiques, ses sœurs, frères et
même le fils de Joséphine : Louis en Hollande (1806), Jérôme en Westphalie (1807), Joseph en Espagne
(juin 1808), Caroline et son mari le maréchal Murat à Naples (août 1808), Eugène en Italie (1805) ou
encore Elisa en Toscane (1809). Qu’on ne s’y trompe pas, ils ont un pouvoir limité par la centralisation
impériale, et ils ne sont aux yeux de l’Empereur que de « super préfets ». Même si l’Empire apporte des
bienfaits de la Révolution dans les pays soumis, la domination française provoque un ressentiment qui
se retournera contre Napoléon dès que sa puissance vacillera.
Napoléon 17
Partie IX : Les derniers feux (1815)
En avril 1814, Napoléon est exilé sur l’île d’Elbe située au large de la Toscane. Moins d’un an plus
tard, il rentre en France et débarque à Golfe-Juan, près de Cannes, à la tête d’une troupe de mille
hommes. En quelques jours, il rallie Paris où il reprend le pouvoir. Son succès provoque l’hostilité
des puissances européennes qui mobilisent leurs troupes. Le 15 juin 1815, Napoléon prend l’initiative
d’attaquer Britanniques et Prussiens dans l’actuelle Belgique. Trois jours plus tard, son armée est
vaincue à Waterloo.
Napoléon quitte le pouvoir une seconde fois. Les Anglais veulent l’éloigner définitivement et choisissent
une île perdue de l’Atlantique Sud, Sainte-Hélène. Napoléon y passe les six dernières années de sa
vie, en captivité dans une maison appelée Longwood, entouré de quelques fidèles. Diminué et malade
à partir de 1817, il est l’ombre de lui-même. Il meurt à cinquante et un ans, le 5 mai 1821 à 5 h 49 du
soir. Dans un premier temps, son décès provoque peu de réactions en Europe. Il faut attendre 1823 et la
publication du Mémorial de Sainte-Hélène, récit de son exil par un témoin de première main, le comte de
Las Cases, pour que Napoléon retrouve sa popularité. En 1840, le roi Louis-Philippe ordonne le retour
des cendres de l’ancien Empereur à Paris, où il repose encore aujourd’hui sous le dôme de l’Hôtel des
Invalides.
- film d’introduction
- extraits de films (Le Colonel Chabert d’Yves Angelo, Waterloo de Sergueï Bondartchouk, Napoléon
d’Abel Gance)
- films pédagogiques
reconstitution de tirs de fusils, de tirs de canon, déroulement de la bataille d’Austerlitz, déroulement de
la bataille de Waterloo
18 Napoléon
plan de l’exposition
superficie de 1 800m2
Plan du parcours
LE CHEF
DE GUERRE
SORTIE L’EMPREREUR,
EXIT LES DERNIERS FEUX LES IMPÉRATRICES,
LE ROI DE ROME
L’EMPEREUR
SON SACRE
ET LE FASTE
DE SA COUR
LA RÉPUBLIQUE
DE NAPOLÉON
BRIENNE
UN SOLDAT
DE LA
RÉVOLUTION
MON P’TIT BIVOUAC
ENTRÉE
Napoléon 19
scénographie
Scénografia - VNT architectes - Hilighting Design - Lundi 8 - Graphica
Le projet scénographique est une subtile alchimie entre la force des œuvres, la qualité des décors et
les installations immersives.
Les espaces sont généreux et très ouverts favorisant les points de vue et l’avancement dans la vie de
Napoléon. Une première salle fait office de timer avec un show son et lumière introductif pour optimiser
la fluidité et le confort de visite.
Dès le péristyle de la Villette et l’entrée de l’exposition, le visiteur est absorbé par une perspective où
trône sur le long tapis rouge un grand bronze de Napoléon. Le point de vue offert traverse la totalité de
l’espace comme un teasing à la visite.
L’exposition s’organise autour d’un élément central s’élevant dans la grande halle de la Villette, à la fois
point de gestion de la circulation mais aussi point central du rayonnement de Napoléon : le trône de
l’Empereur, entouré d’un impressionnant drapé en octogone. Cette installation spectaculaire permet de
distribuer les 9 sections de l’exposition.
L’atmosphère est changeante, en corrélation avec les thématiques, de la ferveur au déclin, de l’intimité
au personnage public, du faste à la guerre. Chaque section est ainsi une nouvelle ambiance à la fois
dans le style et les couleurs.
L’élégance et la sobriété de certaines parties jouent avec des décors contemporains soignés des period
room pour mettre en valeur et contextualiser les objets.
Afin de guider le parcours, des éléments récurrents le ponctuent. Ces points de repères imaginés dans
une harmonie globale de l’exposition (les cartes animées, les period room, textes) disposent de leur
propre identité.
La présentation des objets, la médiation et les installations audiovisuelles sont pensées pour le public
attendu.
L’exposition Napoléon est aussi une exposition numérique où la place de l’audiovisuel est présente
tout au long du parcours. Les moyens de médiation numériques actuels permettent de faire de cette
exposition une véritable expérience sensorielle inédite parlant à toutes les générations. Dans un fil narratif
proche du cinéma, les dispositifs visuels et sonores alternent entre différents registres : didactique ou
émotionnel, calme ou épique.
Le point final de cette épopée offre une image onirique et prégnante de Napoléon.
20 Napoléon
introductions
aux textes du catalogue
sauf mention contraire les textes sont d’Arthur Chevallier
Né à Ajaccio le 15 août 1769, Napoléon est le deuxième fils d’une famille de huit enfants. Son père,
Charles Bonaparte, dépense une énergie considérable pour améliorer la qualité de vie des siens et offrir
à ses huit enfants le meilleur avenir possible. Il parvient à prouver que sa famille appartient, disons de
loin, à la noblesse toscane. Grâce à un proche des Bonaparte, dont on a souvent dit, à tort, qu’il était
l’amant de la mère de Napoléon, Letizia, le comte de Marbeuf, représentant du roi de France dans l’île,
gouverneur pour le dire simplement, Napoléon et son frère aîné Joseph obtiennent une bourse pour
étudier dans les écoles du roi en France.
En janvier 1779, Napoléon, accompagné de son frère, arrive au collège d’Autun (Bourgogne),
établissement sous l’autorité de l’évêque Alexandre Marbeuf, qui n’est autre que le neveu du gouverneur
de la Corse. Le futur empereur y reste quatre mois, dans l’attente de son affectation dans une des
douze écoles destinées à préparer les fils des gentilshommes au métier des armes. On relève déjà son
caractère ombrageux, presque timide. Il est finalement affecté à l’école de Brienne, où il arrive le 15 mai
1779. Des années de Napoléon passées en Champagne, on sait peu, si ce n’est que ce fut une épreuve
pour ce petit garçon qui parlait français avec un accent prononcé, lequel était l’objet de moqueries de
ses camarades. Il travaille, lit, apprend, se réalise dans l’effort, comme il le fera toute sa vie. Quant à
ses relations avec ses camarades, elles sont dans l’ensemble mauvaises. Napoléon encaisse avec
sang-froid leur mépris et les réprimande dès qu’il le peut. Les années (1779-1784) passées à Brienne
sont bien celles de la construction d’une dureté qu’il transformera en une extraordinaire capacité de
résilience.
En mars 1796 (21 ventôses an IV) Napoléon est nommé général en chef de l’armée d’Italie, où les
soldats de la République affrontent l’Autriche. Alors que cette armée est mal équipée, qu’elle manque
de tout, chevaux et canons, ce jeune général se distingue par sa bravoure et sa proximité avec les
hommes. Notamment lors de batailles mémorables, Arcole (17 novembre 1796-27 brumaire an V) et
Rivoli (14 janvier 1797-25 nivôse an V) par exemple. Sa popularité grandit. À son retour à Paris, il est
« récompensé » par le Directoire, lequel lui confie le commandement de l’armée d’Orient. À la tête de
cette dernière, il a pour mission de prendre le contrôle de l’Égypte afin de barrer la route des Indes aux
Anglais, nation qui finance les guerres contre le nouveau régime républicain. Il prend la mer en mai
1798. Avant de débarquer en Égypte, l’armée de Napoléon prend l’île de Malte au début du mois de juin
; et elle arrive devant Alexandrie le 1er juillet. Si Napoléon bat l’armée des Mamelucks lors de la célèbre
bataille des Pyramides, rien ne se passera plus comme prévu. Son armée, touchée par la peste, est en
difficulté. Quant à la flotte française, elle est détruite par le futur vainqueur de Trafalgar, l’amiral anglais
Nelson, lors de la bataille d’Aboukir les 1er et 2 août 1798. Napoléon part dans la précipitation et arrive
en France le 9 octobre 1799 (6 fructidor an VII) dans la précipitation, laisse le commandement à Kléber,
qui sera assassiné un an plus tard. Cette aventure militaire est aussi une épopée scientifique puisque
de nombreux savants l’accompagnent. Ça sera l’occasion de rapporter des trésors dont certains sont
encore dans nos musées et parfois même dans nos rues. L’aventure égyptienne est un semi fiasco dont
Napoléon a su pourtant tirer des motifs de gloire.
Après avoir pris le pouvoir à la faveur du coup d’État dit du 18 brumaire (9-10 novembre 1799-18 et
19 brumaire an VIII), Bonaparte devient Premier consul pour dix ans. Il commence une politique de
rassemblement sans précédent depuis 1789 : grâce accordée à des prisonniers politiques, autorisations
de retour en France à des émigrés, retour au fondement de l’égalitarisme républicain avec la création
de la Légion d’honneur, concordat signé avec le pape, lequel met fin au conflit entre la France et le
Vatican. L’intention de Napoléon Bonaparte est de gouverner au-dessus des factions et partis, lesquels
avaient, d’après lui, mené la Révolution à l’anarchie c’est-à-dire à sa perte. Aussi organise-t-il un régime
Napoléon 21
bicaméral (Tribunat, Corps législatif) où la puissance des assemblées est tempérée, voire surpassée,
par un pouvoir exécutif fort, organisé autour d’une seule personne, le Premier consul, lequel dispose
de prérogatives considérables. Le consulat correspond aussi à la fondation de la France moderne : la
création de la Banque de France, de la préfectorale, du Code civil (dont l’orchestration a été confiée à
Cambacérès, éminent juriste et deuxième consul), des lycées, du Conseil d’État, l’unification des poids
et mesure, etc.
Cette époque est également celle où Bonaparte profite d’une opportunité pour s’affirmer comme un
chef d’État qui est aussi un chef de guerre. C’est le début de la confusion du pouvoir civil et militaire à
l’occasion d’une bataille mémorable. En mai 1800 (30 floréal an VIII), le Premier consul franchit le col du
grand Saint-Bernard à la tête d’une armée. Il part combattre les Autrichiens qui sont à nouveau au nord
de l’Italie. Le 14 juin 1800 (25 prairial an VIII), il remporte contre ces derniers la bataille de Marengo. Cette
victoire à l’origine précaire lui permet néanmoins de reprendre l’avantage et de jouir d’une popularité
extraordinaire. Deux ans plus tard, en mars 1802, il démontre qu’il est aussi capable d’apporter la
paix en signant, avec l’Angleterre, le traité d’Amiens, lequel marque une pause dans l’affrontement
systématique contre l’Angleterre depuis la Révolution. En mai 1802, il devient consul à vie.
Les dernières années du Consulat à vie ressemblaient déjà à ce qu’on pourrait qualifier de monarchie
républicaine. Au terme d’un jeu d’influence auprès du Sénat, lequel avait le pouvoir de modifier la
constitution, du Conseil d’État, où l’opposition fut parfois vive, du Tribunat, la création de l’empire
s’imposait. Pour apaiser les esprits, on résumait l’affaire à l’importance d’un pouvoir héréditaire pour
stabiliser la République et la protéger de ses ennemis. La raison pour laquelle le Tribunat avait défendu
le titre d’empereur était double. D’abord, pour distinguer nominalement Napoléon des rois ; il n’était
pas question de restauration. Ensuite par un souci de formalisme et de continuité. Le terme d’empire
qualifiait la domination d’un État sur un territoire, ce qui explique que le royaume de France était déjà
qualifié d’empire depuis le XVIe siècle. Napoléon est proclamé empereur le 18 mai 1804 avant d’être
sacré le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris. Il mélangera, lors de son sacre, des symboles
républicains, des références à Charlemagne mais aussi au saint patron des Bourbons, saint Louis. Cela
revenait à inscrire son règne dans l’histoire de France et non seulement dans celle de la Révolution. Le
plus important des symboles était sans doute la présence du pape. La stratégie de Napoléon consistait
à donner des gages au parti clérical, à quoi se mêlait la noblesse d’Ancien Régime, et ce afin de
neutraliser l’opposition royaliste. L’opération fut un désastre. Si les Parisiens acclamèrent le pape lors de
son entrée dans Paris, ils désapprouvèrent sa présence à un sacre prétendument républicain. Quant au
fameux parti royalise auquel on offrait le Saint Père, il comprit bien vite, et à raison, que Pie VII était un
faire-valoir de la puissance de l’Empereur. Au mois de juin 1804, un plébiscite fut soumis aux Français.
La question ne portait pas tant sur l’empire que sur l’hérédité de la dignité impériale. Plus de 3 500 000
oui contre 2 500 non, avec un taux de participation de 40 %. Cet incontestable succès est à tempérer
car, comme toujours, les chiffres, mêmes favorables, avaient été « gonflés ».
Napoléon Bonaparte épouse Joséphine peu de temps avant de prendre le commandement de l’armée
d’Italie, le 9 mars 1796. Elle fut sans conteste la personne avec laquelle il entretint les rapports les plus
intimes, les plus francs et les plus durables. Même s’il l’aimait profondément, Napoléon dut céder à la
raison d’État. Elle ne pouvait pas avoir d’enfant. Ce qui posait évidement un problème de succession
dans un empire dont la solidité reposait aussi sur son caractère héréditaire. Par ailleurs, la multiplication
des fronts militaires conduit Napoléon à envisager un mariage avec l’héritière d’une monarchie avec
laquelle il avait besoin d’être en paix. Il divorce d’avec Joséphine en décembre 1809. Même si elle n’est
plus Impératrice régnante, Joséphine, retirée à Malmaison, conservera son titre et bénéficiera des soins
et attentions de Napoléon jusqu’à la fin de ses jours. Après avoir envisagé d’épouser une des sœurs
du tsar Alexandre, son choix se porte sur la fille de l’empereur François d’Autriche, Marie-Louise, qui lui
donna un fils, qui faillit mourir le jour de sa naissance le 20 mars 1811, le roi de Rome. Et qui terminera
ses jours de façon piteuse, après la chute de Napoléon, à la cour de son grand-père à Vienne. Autre
grand amour de Napoléon, la comtesse polonaise Marie Walewska, qu’il rencontre en Pologne au début
de l’année 1807, et avec qui il entretiendra une relation qu’on pourrait qualifier de sérieuse. Elle aura
22 Napoléon
de lui un enfant, Alexandre comte Walewski, qui d’ailleurs ressemble de façon frappante à son père, et
qui occupera de hautes fonctions sous le Second Empire : ambassadeur à Londres, député, sénateur,
ministre, président du Sénat.
En tant que Premier consul (1799-1804) puis Empereur des Français (1804-1815), Napoléon dirige le
pays, mais commande aussi l’armée qu’il peut organiser, équiper, entraîner dans la seule limite des
ressources disponibles. N’ayant de compte à rendre ni au pouvoir politique ni au pouvoir militaire,
Napoléon dispose d’une pleine liberté d’action afin de conduire la guerre comme il l’entend. Il définit ses
objectifs militaires en fonction de buts politiques et concentre entre ses mains la conduite des opérations
et la diplomatie. Sur les champs de bataille, c’est lui qui dirige l’armée. Ce profil original fait de lui un
stratège exceptionnel qui explique pour une large part les succès militaires de la France au cours du
Premier Empire. En 1805, Napoléon commande la Grande Armée, la plus puissante force militaire
d’Europe. Son armée est composée de vétérans aguerris par les guerres de la Révolution (1792-1797).
Galvanisée par le charisme de l’Empereur, commandée par des officiers talentueux, elle enchaîne les
victoires au cours de campagnes militaires qui ont marqué l’histoire de la guerre. Ulm (20 octobre 1805),
Austerlitz (2 décembre 1805), Iéna (14 octobre 1806), Friedland (14 juin 1807) et Wagram (5-6 juillet
1809) témoignent de la force de cette armée commandée par un tacticien hors pair. Rapides, précises,
soigneusement préparées, bien coordonnées, ces batailles neutralisent les ennemis continentaux de
la France, malgré les affrontements meurtriers de Eylau (7-8 février 1807) et d’Essling (21-22 mai
1809). L’Autriche, la Prusse et la Russie sont vaincues et contraintes de signer la paix à Presbourg (26
décembre 1805), Tilsit (7-9 juillet 1807), et Schönbrunn (14 octobre 1809). Ces succès s’accomplissent
aussi grâce au dévouement de ses soldats qui payent un lourd tribut à la guerre, victimes des combats,
des maladies et de conditions de vie particulièrement éprouvantes.
Grégory Spourdos
VII. Le conquérant de l’Europe. Les Bonaparte, une famille souveraine : 1805 – 1810
La conquête de l’Europe par Napoléon est scandée par des batailles décisives. En 1805, il remporte celle
d’Austerlitz contre les armées russes et autrichiennes. Si les régiments du tsar parviennent à se replier
à l’est, ceux de l’empereur d’Autriche, eux, sont battus. Ainsi l’Autriche est soumise une première fois.
L’année suivante, en 1806, il soumet la Prusse après la bataille d’Iéna. Quant à la Russie, elle accepte
de signer la paix de Tilsit après avoir perdu la bataille de Friedland en 1807. En trois ans, Napoléon
domine l’Europe. Pour la contrôler, il a imaginé ce qu’on appelle le système Napoléon en plaçant, à la
tête d’États stratégiques, ses sœurs, frères, fils de Joséphine (Eugène) : Louis en Hollande, Jérôme en
Westphalie, Joseph à Naples puis en Espagne, Caroline et son mari le maréchal Murat à Naples (une
fois Joseph parti pour l’Espagne), Eugène en Italie et Elisa en Toscane. Qu’on ne s’y trompe pas, ces
différents monarques avaient un pouvoir limité par la centralisation impériale. Napoléon multipliait les
ordres, contre-ordres, brimades et réprimandes à l’égard de ses sœurs et frères en qui ils voyaient des
sortes de « super préfets ». Il croit cette Europe irriguée par son sang neutralisée pour de bon. L’avenir
lui donnera toutefois tort. Pour combattre l’Angleterre, il impose un blocus continental à ses « alliés »,
c’est-à-dire une fermeture commerciale complète avec les britanniques. Le but de la manœuvre est ni
plus ni moins de les asphyxier économiquement. Même si l’empire apporte les bienfaits politiques et
administratifs de la Révolution dans les pays soumis, la domination française provoque un sentiment
d’humiliation.
VIII. L’Empereur déchu. De l’île d’Elbe à Waterloo, le déclin et les Cent-Jours : 1808 – 1815
La guerre d’Espagne (1808-1814) est un conflit d’une nature singulière parmi les campagnes
napoléoniennes. La péninsule Ibérique avait un rôle stratégique dans la mesure où elle constituait un
tampon entre le Portugal et la France. Or, c’est dans l’ancienne Lusitanie que les Anglais débarquaient
canons, hommes et chevaux pour « remonter » vers la France. Napoléon remplaça le roi Bourbon par
son frère Joseph. La population espagnole entra en rébellion, s’attaqua aux garnisons de la Grande
armée dispersées en Espagne. La guerre civile dégénéra en répression sanglante par les soldats de la
France. Ce conflit obligea Napoléon à réaliser des efforts humains, militaires et financiers toujours plus
grands pour un résultat contestable, ne disons pas désastreux.
Napoléon 23
Quant à la campagne de Russie, elle est une des plus célèbres tragédies de l’histoire napoléonienne.
Parce que le tsar Alexandre ne respecte pas le blocus continental contre l’Angleterre, Napoléon
rassemble plus de 500 000 hommes et lance la campagne de Russie en 1812. Les armées du tsar
reculent vers l’est ; les troupes françaises s’avancent jusqu’à Moscou. Napoléon entre dans une capitale
vidée de ses habitants. Grâce à des volontaires, la ville est incendiée. Napoléon décide de partir. Sur
le chemin du retour, ses troupes subissent une déroute sans précédent. Commandant d’une armée
décimée, Napoléon est une proie pour ses adversaires. Se forme la sixième coalition. À la bataille de
Leipzig (1813), il subit une défaite qui le pousse à se défendre derrière ses propres frontières. Malgré
quelques coups de maître, l’infériorité numérique de ses armées est telle que Napoléon est poussé à
l’abdication. Il fait les adieux à sa Garde au château de Fontainebleau le 20 avril 1814, avant de rallier
l’île d’Elbe, lieu d’exil choisi par les alliés.
Pendant ce temps, le frère de Louis XVI, Louis XVIII, monte sur le trône. Après des débuts prometteurs,
il est rapidement contesté puis impopulaire. Napoléon, conscient des difficultés de son successeur,
tente un coup d’éclat. Le 1er mars 1815, il débarque à Golfe-Juan, rallie une à une les villes qu’il traverse
en direction de Paris. Le 20 mars, l’Empereur s’installe au palais des Tuileries. Louis XVIII a fui. Pour
surprendre les Alliés, Napoléon envahit la Belgique. Battu à la bataille de Waterloo par les Anglais et les
Prussiens, il abdique le 22 juin. Il est exilé au sud de l’Atlantique, dans l’île de Sainte-Hélène, où il meurt
le 5 mai 1821.
24 Napoléon
extraits du catalogue
D’un centenaire à l’autre
Du bicentenaire de la naissance de Napoléon en 1969 au bicentenaire de sa mort en 2021, cinquante-
deux ans se sont écoulés, un demi-siècle qui a vu se succéder en France sept présidents de la
République, se faire et se défaire plusieurs majorités parlementaires, s’approfondir les transformations
sociales tandis que le numérique supplantait l’imprimé.
L’image de Napoléon en sort-elle modifiée en 2021 ?
[...] Bien sûr, des voix discordantes ont été entendues, mettant en cause l’image du guerrier et celle
de l’auteur du Code civil, réducteur des droits de la femme. Le rétablissement de l’esclavage en 1802,
séparé du contexte de l’époque (l’esclavage existait alors dans une grande partie du monde), a nui à
l’œuvre du légiste héritier de la Révolution française.
[...] Destin exceptionnel que celui de cet homme parti d’une modeste maison de Corse et qui va, à la
tête de ses armées, s’installer à Schönbrunn, à Potsdam, à l’Escorial et au Kremlin, avant de finir, loin
des Tuileries, à Longwood, dans une médiocre bâtisse balayée par les vents et les pluies de l’île de
Sainte-Hélène, prisonnier des Anglais, entouré seulement d’une petite cour de fidèles, exilés comme lui.
À sa chute, il laisse une France qui, au sortir de la Révolution, a été transformée par ses réformes. De
nouvelles institutions sont mises en place : Conseil d’État, Cour des comptes, inspection générale du
Trésor (par la suite inspection générale des Finances), préfectures, Banque de France…
[...] C’était toute l’Europe continentale qui était alliée ou soumise, une Europe pour la première fois
unifiée dans des limites économiques, celles du Blocus continental. Une Europe dont étaient exclues les
îles : l’Angleterre, la Sicile et la Sardaigne.
[...] L’écroulement de l’Empire est à la démesure de sa création. Waterloo demeure la bataille la plus
évoquée par les peintres, les romanciers et les cinéastes.
L’homme mort en 1821, reste la légende.
[...] L’exposition « Napoléon » évoque tous les aspects politiques, militaires, économiques et artistiques
de l’un des mythes les plus riches de l’histoire universelle, dans une conception objective et moderne
(dispositifs multimédias et sonores, de la symphonie au film).
Napoléon part à la conquête du XXIe siècle. Chateaubriand l’avait prédit : « Vivant, il a manqué le
monde, mort il le possède. »
Jean Tulard
Napoléon 25
Les années au collège militaire de Brienne
[...] Le 15 mai 1779, le jeune élève Napoleone di Buonaparte fait son entrée au collège militaire de
Brienne. À l’ombre du château des Loménie qui domine la ville, et avant même d’avoir dix ans révolus,
on l’imagine impressionné, ne connaissant aucun de ses deux cents camarades et découvrant cette
Champagne si différente des paysages méditerranéens qui lui sont familiers. C’est pourtant en ces lieux
qu’il s’apprête à apprendre son futur métier d’officier. La création de l’établissement est récente. [...]
Cependant, être accepté ici n’a pas été simple pour le jeune Corse. Son père, Carlo-Maria, a dû faire
des pieds et des mains, entretenir une abondante correspondance avec les autorités militaires grâce à
son titre de représentant de l’île et, surtout, faire valoir ses quartiers de noblesse – dont on sait qu’ils ont
été fraîchement reconnus –, pour permettre au cadet de ses fils d’intégrer l’école.
[...] Selon la légende qui, on le sait, s’appuie pour une large part sur plusieurs anecdotes consignées par
des témoins complaisants au premier rang desquels se trouve Louis-Antoine Fauvelet de Bourrienne, le
futur empereur se réfugie dans la lecture. Ne maîtrisant pas encore la langue française, conservant un
accent qui provoque la moquerie de ses compagnons de jeu, il s’attache à réussir dans ses études. S’il se
montre parfois vexé d’avoir été raillé – on le prénomme « La paille-au-nez », en singeant sa prononciation
italianisante –, il cherche à se venger par lui-même et en est quitte pour une punition exemplaire.
Son caractère s’endurcit et il redouble d’efforts.[...] Les prédispositions intellectuelles de Napoléon,
son aptitude au commandement autant que ses capacités hors du commun à travailler d’arrache-pied,
pendant de longues heures, le font remarquer de ses mentors ainsi que de ses condisciples.
[...] Au cours d’un des premiers hivers, sans doute probablement en 1780 ou 1781, une bataille de
boules de neige s’improvise, comme c’est souvent le cas dans la région. Les deux camps qui se font
face ne parviennent pas à prendre le dessus. Il semble alors que Napoléon, ayant analysé la situation
et perçu d’où venait la difficulté d’un des groupes, ait non seulement apporté son concours au plus
faible mais, par son sens inné du commandement, de la persuasion et de la stratégie, ait permis de
renverser une situation qui paraissait compromise. Un chef est né.[...] de sa première véritable école –
si l’on excepte les enseignements d’Ajaccio et le passage fondamental à Autun –, Bonaparte garde un
souvenir impérissable.
[...] . Aussi, en 1805, prenant la route vers Milan pour devenir roi d’Italie afin de ceindre la couronne des
Lombards, Napoléon effectue-t-il une courte halte à Troyes puis à Brienne. Sur place, l’émotion semble
l’étreindre. Il découvre l’état du site, demande à ce que l’on restaure ce qui est encore en place afin d’en
rétablir l’intégrité.
[...] à propos de Brienne : [...] Elle demeure la seule en France à faire figurer sur son fronton un buste
de l’Empereur avec, à ses pieds, une statue du jeune écolier par le sculpteur Rochet. Sur le socle figure
d’ailleurs cette phrase, prononcée en exil : « Pour ma pensée, Brienne est ma patrie, c’est là que j’ai
ressenti les premières impressions de l’homme. »
David Chanteranne
26 Napoléon
Bonaparte général de la Révolution
Il est de grandes destinées que l’on pressent. Phénomène rare bien sûr, et celle de Napoléon n’en fait
pas partie. Lorsqu’il débarque sur le continent au mois de juin 1793, chassé de Corse par les partisans
de Pascal Paoli, l’avenir garde son secret. [...] Le voici général à vingt-quatre ans, il commande l’artillerie
de l’armée d’Italie. Il gagne en confiance, en autorité aussi. Son échec corse est loin désormais. Le voici
du parti de Robespierre. Mauvaise pioche. La chute de l’Incorruptible entraîne la sienne.
[...] Et puis, un soir d’octobre 1795, alors qu’il se trouve à l’Opéra, le destin se présente en la personne
d’un officier envoyé par Barras : la Convention, menacée par des émeutiers royalistes, cherche une
épée. Tirera-t-il sur les royalistes ? Sur les républicains ? Il hésite, pèse le pour et le contre. Il se
moque de la république comme de la monarchie et se soucie seulement de cette « Fortune » qui lui a
tourné le dos. La République ! Il a joué, il gagne. Quelques centaines de cadavres royalistes plus tard,
le voici commandant de la division militaire de Paris. Il roule en voiture, loge place Vendôme. Il fait
l’apprentissage du luxe et du monde. Comme un bonheur ne vient jamais seul, Rose de Beauharnais,
qu’il rebaptise Joséphine, tombe dans son lit. Ce n’est pas sa femme, aussi démunie que lui, qui verse
la dot, mais Barras dont elle était il y a peu la maîtresse : le commandement de l’armée d’Italie.
[...] Et puis, un soir d’octobre 1795, alors qu’il se trouve à l’Opéra, le destin se présente en la personne
d’un officier envoyé par Barras : la Convention, menacée par des émeutiers royalistes, cherche une
épée. Tirera-t-il sur les royalistes ? Sur les républicains ? Il hésite, pèse le pour et le contre. Il se
moque de la république comme de la monarchie et se soucie seulement de cette « Fortune » qui lui a
tourné le dos. La République ! Il a joué, il gagne. Quelques centaines de cadavres royalistes plus tard,
le voici commandant de la division militaire de Paris. Il roule en voiture, loge place Vendôme. Il fait
l’apprentissage du luxe et du monde. Comme un bonheur ne vient jamais seul, Rose de Beauharnais,
qu’il rebaptise Joséphine, tombe dans son lit. Ce n’est pas sa femme, aussi démunie que lui, qui verse
la dot, mais Barras dont elle était il y a peu la maîtresse : le commandement de l’armée d’Italie.
[...] Bonaparte, qui bien vite fait montre de son autorité à cette armée qui ignorait même son nom, a
d’autres idées en tête. Une fois la Lombardie débarrassée des Autrichiens, il franchira les Alpes et
marchera sur Vienne pour arracher, seul, la victoire finale. Il lui faut vaincre, éblouir, s’il veut imposer
ses vues au gouvernement. En un mois de campagne, le succès est tel que le Piémont est contraint
de signer un armistice et les Autrichiens sont refoulés dans le Tyrol. Le 15 mai 1796, Bonaparte entre
triomphalement à Milan.
[...] Le sultan est l’allié de la France ? Peu importe. Le voici donc qui, deux ans seulement après avoir
pris le commandement de l’armée d’Italie, vogue en Méditerranée. Il échappe par miracle à l’amiral
Nelson parti à sa recherche. Les deux flottes se croisent dans le brouillard. Les Français débarquent
à Alexandrie. Rien à voir avec l’aimable Italie. Sous le dur soleil égyptien, la guerre est atroce. On
ne fait pas de quartier. Ni d’un côté ni de l’autre. Le sang rougit les eaux du Nil le jour de la bataille
des Pyramides. Du haut de celles-ci, s’exclame Bonaparte, « quarante siècles vous contemplent ». Il
s’installe au Caire dans le somptueux palais d’un chef mamelouk, s’habille à l’orientale, palabre avec les
oulémas de la grande mosquée, s’efforce de réformer l’Égypte sans heurter les convictions religieuses
de ses habitants. Au fond, il fait en Égypte ce qu’il a fait en Italie et refera en France : accorder des
intérêts contraires et concilier tradition et modernité. Mais jamais il ne fera la conquête des esprits. Il ne
peut se défaire de l’habit du croisé ni secouer l’indifférence méfiante de ces fellahs qu’au fond il méprise.
[...] Il sait que son aventure orientale touche à sa fin. Heureusement, il reçoit soudain la nouvelle qu’il
n’espérait plus : en Europe, la paix conclue avec les Autrichiens en 1797 est rompue, la guerre reprend.
Il en est certain, le gouvernement français ne survivra pas à cette épreuve. Il faut rentrer, et vite. Le
temps de rejeter à la mer les Turcs qui tentaient de débarquer à Aboukir, et il s’échappe en secret.
Traversée tranquille, accueil triomphal. Il n’est plus seulement le « Pacificateur de l’Europe » (allusion à
la paix de 1797), mais un héros déjà légendaire. Tout comme Toulon n’avait pas été une grande affaire,
le 18 brumaire ne sera pas la plus risquée des batailles qu’il aura à donner. Une simple pichenette suffit
à renverser le Directoire. Le moment était venu, pour le général de la Révolution, de céder la place au
Premier consul, en attendant – qui sait – mieux encore.
Patrice Gueniffey
Napoléon 27
L’homme de la centralisation et de l’unité nationale
Tout le monde (ou presque) peut citer les principales institutions mises en place par le Premier consul
dès les premières semaines de son gouvernement, parmi lesquelles le Conseil d’État, les préfets, les
sous-préfets, les maires, les conseils généraux, etc. Selon le mot de François Furet, Napoléon voulut
que ces créations constituent le « nerf » d’un État organisé selon un schéma strictement centralisé et
pyramidal. Ce faisant, il créa une solide « constitution administrative » qui resta intacte pendant un
siècle et demi, permettant à la France de surmonter de nombreuses crises institutionnelles [...]
La pyramide administrative
La grande loi d’organisation des circonscriptions administratives fut promulguée le 28 pluviôse an VIII (17
février 1800), soit trois mois seulement après la prise du pouvoir. Jusqu’en 1982, elle ne fut qu’amendée,
parfois sensiblement mais sans remise en question de son économie générale. Il en subsiste encore de
larges pans, à commencer par le découpage administratif et l’institution préfectorale.
Le territoire fut divisé en départements, arrondissements et communes, le canton n’étant plus qu’une
circonscription judiciaire du juge de paix. Chaque circonscription était organisée autour d’un exécutif
et d’une assemblée délibérante : préfet et conseil général pour le département, sous-préfet et conseil
d’arrondissement pour l’arrondissement, maire et conseil municipal pour la commune. Les préfets, sous-
préfets, maires et adjoints des communes de plus de cinq mille habitants étaient directement nommés
par le chef de l’État. Les maires de communes de moins de cinq mille habitants l’étaient par le préfet.
Ces exécutifs étaient hiérarchisés entre eux, le préfet dirigeant au quotidien l’action des sous-préfets
et des maires. Ce schéma appliquait une des maximes les plus célèbres d’Emmanuel Sieyès, la tête
pensante du coup d’État de brumaire : « Délibérer est le fait de plusieurs, exécuter est le fait d’un seul. »
Le département était la circonscription locale de référence, avec une administration rénovée par rapport
à ce qu’on avait connu auparavant. Son chef-lieu pouvait accueillir en outre des services déconcentrés
de l’État : perception des impôts directs, enregistrement et domaines, conservation des hypothèques
ou des forêts, postes, droits réunis (impôts indirects), régie des sels et tabacs, police, etc. Seules la
gendarmerie (avec ses légions) et l’armée (avec les divisions militaires) conservèrent des organisations
couvrant plusieurs départements. Autre exception, la création provisoire de « gouvernements généraux
» chapeautant les préfets des départements nouvellement annexés. Car l’Empire français proprement
dit ne cessa de s’étendre. Il compta jusqu’à 134 départements en 1812 (dont 45 hors de l’ancienne
France), contre 83 en 1790, 98 en 1799 et 108 en 1804.
À la tête de chaque département, le préfet représentait le gouvernement et, aux termes de la loi,
était « seul chargé de l’administration ». Il dirigeait les services publics et correspondait avec tous les
ministres, même si son supérieur hiérarchique direct était celui de l’Intérieur. Il était responsable devant
le gouvernement de l’exécution des lois et règlements, disposait de la police et, au besoin, de l’armée,
ordonnançait les dépenses, surveillait la perception de l’impôt et les levées de troupes, représentait
l’État en justice et agissait en son nom pour les actes de gestion. Il exerçait une tutelle absolue sur
les actes des autorités « inférieures » et se substituait à elles en cas de défaillance. Il était également
le représentant du département en tant que tel, rôle tenu aujourd’hui par les présidents des conseils
départementaux. Il préparait le budget du département et en ordonnançait les dépenses. Il agissait par
l’intermédiaire de ses propres services, installés à la préfecture et dirigés par un secrétaire général.
[...] le schéma de l’organisation départementale reproduisait l’organisation de l’État central : l’exécutif
agissait, les organes collectifs se prononçaient sur le budget et le conseil de préfecture figurait un
conseil d’État en petit. [...]
28 Napoléon
Les femmes sous le Consulat et l’Empire
Peu étudiées, les femmes sous le Consulat et l’Empire ne semblent appartenir à aucune époque. Elles
sont le plus souvent boudées par les études sur la Révolution, qui ne retiennent que la « trahison » du
Code civil, et méconnues des historiens du Premier Empire, si ce n’est quelques figures féminines des
familles régnantes ou aristocratiques. [...] elles seraient réduites à jouer le rôle de figurantes, avant
que le siècle ne les assujettisse tout à fait et ne les confine dans l’espace familial. Un refoulement
dans l’ombre qu’une étude attentive nuance et colore quelque peu : ces femmes évoluent dans un «
entre-temps » certes marqué par un nouvel ordre politique et législatif et par la célébration de la virilité
guerrière, mais par bien des égards elles ont su imaginer de nouvelles attitudes dans un présent inédit.
Héritée de la philosophie des Lumières, la théorie de la Vérité naturelle est basée sur la différence
physique des sexes engendrée par la Nature ou, si l’on est croyant, par la volonté divine. Reprise par
les Révolutionnaires, elle s’est considérablement répandue et place les femmes en état d’infériorité
physique et mentale causée par leurs forces musculaires moindres, leurs pertes sanguines régulières
et par conséquent la versatilité et la mollesse de leur esprit. Le discours médical et hygiéniste en plein
essor est un puissant allié. Le corps féminin est réduit à l’état d’enfance [...] Depuis la Révolution et sa
rhétorique, la femme est le creuset du citoyen, du guerrier et un seul état pratiquement lui est permis : le
mariage. D’un point de vue légal, la femme s’efface devant l’épouse et la mère, elle devient la garante
de la respectabilité de la famille – selon la formule consacrée, « les hommes font la loi, les femmes font
les mœurs ».
D’un point de vue juridique, leurs statuts public et privé résultent des convulsions et des contradictions
de l’histoire française : l’évolution trop prudente de l’Ancien Régime balayée par la Révolution suivie du
gouvernement hors norme de l’Empire a créé une spécificité française qui vit surgir une série de lois en
rupture avec l’ancien ordre familial, un noyau de féministes avant-gardistes européennes, revendiquant
l’égalité civile, politique et militaire, pour aboutir à une codification civile conservatrice. Ce qui est
souvent dénoncé comme un paradoxe : une législation et une agitation révolutionnaires modernistes
ont engendré, par une réaction exacerbée, une mise sous tutelle des femmes.
La raison de ce reflux en reviendrait essentiellement au Code civil, et par là même à Napoléon, son
grand ordonnateur. [...] Le Consulat puis l’Empire font de la cellule familiale la pierre d’angle de leur
projet de société qui doit apporter paix et prospérité à la nation. Cette cellule repose sur le contrat de
mariage entre deux individus nécessaires à la procréation d’une descendance. [...] La femme, dont la
fonction assignée est d’être épouse et mère, est alors intégrée et fondue dans une seule entité, dont
l’homme représente l’élément extérieur.
[...] le renommé et si commenté article 213, écrit dans le style clair caractéristique du Code civil, « Le
mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari », fige la moitié de la population
dans un statut de mineur à vie, à de rares exceptions. Le « sexe faible » ne peut ni décider seul son
choix de vie ni gérer ses propriétés sans l’accord de son père, puis de son mari ou l’autorisation de la
justice. Cette limpidité de la formule, inconnue des traditions juridiques européennes contemporaines,
immobilisera les femmes françaises à l’intérieur de l’univers privé plus longtemps que dans les pays
voisins dont les courants modernistes choisiront tout d’abord de modifier les mentalités de leurs sociétés
tout aussi fermées à l’émancipation féminine, puis de s’engouffrer dans les brèches législatives.
[...] Le bonheur matrimonial devient une ambition. Héritage révolutionnaire, certes, mais aussi évolution
de la société qui tend vers plus d’individualisme et prend plus en compte les affections personnelles.
Au-delà des devoirs de part et d’autre, des sentiments plus tendres sont fréquemment partagés, les
correspondances privées parvenues jusqu’à nous en témoignent. Elles nous montrent des relations
hommes-femmes plus subtiles, plus diverses et modernes que ne le laissent soupçonner l’aridité des
textes de loi ou le discours brutal de certains médecins. [...]
Chantal Prévot
Napoléon 29
Le prix de la gloire napoléonienne
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, le drame financier français fut très directement à l’origine à la
fois de la Révolution française et de sa faillite. Ce double effondrement fut lui-même déterminant dans
l’histoire de Napoléon Bonaparte. Sans les multiples conséquences qui en résultèrent, jamais il ne
serait parvenu au pouvoir. Comme Louis XVI avant elles, les Assemblées révolutionnaires furent à leur
tour incapables de remédier au problème des finances. À la faillite de l’Ancien Régime, ils ajoutèrent la
leur, avec l’émission folle d’un papier-monnaie lancé sans contrepartie réelle : l’assignat [...]
Naissance d’un système
La campagne d’Italie ne fut pas décidée seulement en fonction d’objectifs militaires. Les considérations
financières avaient puissamment influencé la décision du Directoire de faire de l’Italie un théâtre
d’opérations de premier plan. Pour vaincre militairement mais aussi pour mener à bien une mission
largement intéressée, le général Bonaparte fut nommé à la tête de l’armée.
De l’or des églises aux espèces des municipalités, tout fut saisi, emporté. Puis des convois d’or et
d’argent prirent la route de Paris pour le plus grand bonheur du gouvernement français. Mais très
rapidement, Bonaparte voulut gagner son indépendance en conservant notamment par-devers lui ce
qui était pris aux Italiens.
[...] D’abord, il ne voulut pas oublier ses troupes. Il leur avait promis richesses et abondance. Il allait
tenir parole en leur distribuant l’argent collecté par l’Intendance militaire.
Un lien fort se noua alors entre Bonaparte et ses hommes. Outre les faits d’armes, il y eut donc les
nombreuses récompenses distribuées par le « Petit Caporal ». La guerre devait payer la guerre certes,
mais au profit quasi exclusif des soldats (et de leurs chefs, bien entendu).
[...] Un lien fort se noua alors entre Bonaparte et ses hommes. Outre les faits d’armes, il y eut donc les
nombreuses récompenses distribuées par le « Petit Caporal ». La guerre devait payer la guerre certes,
mais au profit quasi exclusif des soldats (et de leurs chefs, bien entendu).
À partir de la campagne d’Italie, Bonaparte ne cessa jamais de distribuer toutes sortes de prodigalités
non seulement à son entourage mais encore à tous ceux qui pouvaient lui être d’une quelconque
utilité. [...]
La guerre qui paie la guerre
Après 1805, le financement de la guerre changea de dimension. En étendant son influence sur l’Europe,
Napoléon rendit son régime plus autonome en matière financière. De par sa nouvelle puissance, il
éviterait le recours aux banquiers et ne serait plus à la merci de financiers suspects. Pour y parvenir,
Napoléon ordonna : « Vous devez avoir pour principe que la guerre doit nourrir la guerre ». [...]
Les Cent-Jours les plus chers de l’histoire de France
En 1815, la courte campagne de Belgique ne creusa pas exagérément le déficit, mais les Alliés
voulurent cette fois punir financièrement la France alors qu’un an auparavant, Talleyrand et Louis XVIII
avaient évité pareille « punition ». En 1815, il fut impossible d’y échapper. Les clauses financières du
traité de Paris mirent à la charge de la France plus de 1,4 milliard de francs. C’était considérable. Ce
que la France paya après Waterloo est comparable à ce qu’elle remboursa après la chute du Second
Empire et même à ce que l’Allemagne dut acquitter en vertu du traité de Versailles.
Aussi, les Cent-Jours de Napoléon peuvent-ils être considérés comme « les plus chers de l’histoire
de France » puisque pour une période si courte, les conséquences financières sont parmi les plus
sévères qu’ait connues un pays. Pour s’en libérer, la Seconde Restauration augmenta sensiblement la
dette publique. Depuis, elle ne cesse de prospérer…
Pierre Branda
30 Napoléon
Joséphine
Marie Joseph Rose de Tascher de la Pagerie naît à la Martinique en 1763, c’est-à-dire huit ans seulement
après la reine Marie-Antoinette, et lorsqu’elle épouse Napoléon, elle a déjà trente-trois ans et a vécu
plus de la moitié de son existence. Elle est donc une femme ancrée dans le XVIIIe siècle, ce qui lui
permettra plus tard de jouer un rôle important dans la fusion des deux sociétés, celle issue de l’Ancien
Régime et celle générée par la Révolution. [...] elle passe ses seize premières années en Martinique
où sa famille s’est installée au début du XVIIIe siècle. Elle arrive en France en 1779 pour épouser le
vicomte Alexandre de Beauharnais [...] Si le mariage ne fut pas heureux et fut suivi d’une séparation
dès 1785, le couple eut néanmoins deux enfants, Eugène en 1781 et Hortense en 1783. [...] Devenue
l’une des égéries de la nouvelle société thermidorienne, [...] elle rencontre un jeune général corse du
nom de Napoléon Bonaparte qui change aussitôt son prénom de Rose en féminisant celui de Joseph
en Joséphine [...] Ce jeune général semble avoir de l’avenir ; de plus, il l’amuse, il est plus jeune qu’elle,
ce qui la flatte, et il la croit très riche, ce qu’elle lui laisse penser. À ses yeux, ce n’est qu’un mariage
de convenance, célébré civilement, un peu rapidement par un beau jour de mars 1796, dans lequel
Joséphine trouve un protecteur et Napoléon une femme influente qui lui ouvre les portes de la société
directoriale. Mais il s’avère que le mari tombe follement amoureux de son épouse, chose étrange pour
une vicomtesse d’Ancien Régime, et qui lui paraît du dernier bourgeois ! [...] Elle ne saisit guère ce
qui lui arrive et s’amuse des lettres enflammées que lui envoie son mari. Elle y répond de temps à
autre, mélangeant le « tu » et le « vous », ce qui ne manque pas d’irriter notre amoureux qui lui répond
rageusement « vous toi-même » ! [...]
Désormais totalement soumise et fidèle, elle fait l’apprentissage de ce nouveau statut de quasi «
Première Dame » qu’elle assume à l’âge de trente-six ans après le coup d’État de brumaire, avec le titre
peu gracieux de consulesse et sans imaginer un seul instant qu’elle deviendra un jour impératrice des
Français !
Dès cette époque, Joséphine Bonaparte s’investit dans de multiples tâches. [...] c’est grâce à son action
qu’une grande partie de la noblesse d’Ancien Régime va se rallier à Bonaparte. Devenue impératrice le
18 mai 1804, elle se glisse avec une aisance déconcertante dans ses nouveaux habits impériaux. [...]
Joséphine voyage beaucoup, qu’il s’agisse des voyages officiels avec Napoléon ou de ses déplacements
privés [...] Son statut de souveraine l’autorise à satisfaire son goût pour les arts, protégeant les peintres
et les sculpteurs [...]
Le divorce a toujours été son épée de Damoclès ; on a vu qu’il en était déjà question dès 1798 lors de sa
liaison avec le jeune Hippolyte Charles, puis peu à peu elle se rend compte qu’elle ne peut plus donner
d’enfant à Napoléon. Elle tente de se défendre de cette stérilité qui la tourmente, déclarant à qui veut
l’entendre qu’elle a déjà eu deux enfants de son premier mariage, ce qui n’est pas le cas avec Napoléon
sur qui elle reporte la faute. C’est seulement après avoir acquis la certitude qu’il peut engendrer, suite à
sa liaison avec Marie Walewska, que l’Empereur se décide enfin à se séparer de Joséphine.
[...] Cette séparation par consentement mutuel reste unique dans l’histoire de notre pays. [...] Napoléon
fait cette déclaration stupéfiante pour un divorce : « Elle a embelli quinze ans de ma vie. »
L’Empereur ne l’oublie pas : non seulement elle conserve son titre d’Impératrice, mais il lui donne le
domaine de Malmaison, ainsi que celui de Navarre, près d’Évreux ; le palais de l’Élysée lui est affecté
comme résidence parisienne ; elle reçoit en outre une pension annuelle de trois millions qui est censée
lui procurer une aisance confortable. [...]
Respectée de tous, elle garde sa position d’impératrice et d’amie des rois. Elle fut le grand amour de
Napoléon qui rappelait à Sainte-Hélène que « c’était une vraie femme » en ajoutant que « Joséphine
était la grâce personnifiée ».
Bernard Chevallier
Napoléon 31
Les mœurs sous l’Empire
En matière de moeurs, l’Empire hérite de la Révolution, tout en cherchant à imposer ses propres règles,
ce qui passe notamment par l’adoption du Code civil, puis du Code pénal.[...]
La révolution sexuelle
Avec la Révolution, le phénomène de contrôle des naissances, déjà observé dans les milieux de la
bourgeoisie à partir du milieu du XVIIIe siècle se répand dans toutes les classes de la société. Le recours
au coït interrompu, voire au condom, a pour conséquence une baisse de la natalité. [...]
La suppression du droit d’aînesse, effective au début de la Révolution et confirmée par le Code civil a
renforcé ce recours au contrôle des naissances. Le retour en force de l’Église après 1802 ne conduira
pas à un retour en arrière, au point du reste que le clergé sera obligé d’assouplir sa doctrine en matière
de morale sexuelle.
l’Empire hérite de la Révolution une législation très libérale en matière de mœurs. En réaction aux
peines très strictes imposées sous l’Ancien Régime aux auteurs de crimes considérés comme « contre-
nature », la peine de mort notamment, les révolutionnaires ont renoncé à pénaliser tout ce qui relevait
de la sexualité. Ainsi la prostitution, la sodomie, l’inceste ou encore la bestialité ne sont plus passibles
des tribunaux. Seule l’atteinte aux bonnes mœurs, qui suppose que l’acte a été commis en public,
permet de punir un contrevenant à une peine maximum de douze mois de prison. La Révolution instaure
également le divorce, dès septembre 1792, en le rendant très facile à obtenir. Ainsi les conditions sont
remplies pour une libération des mœurs particulièrement perceptible dans les classes aisées de la
société au lendemain de la Terreur, quand les sorties de prison s’accompagnent d’une libération des
corps qu’attestent des vêtements très aérées et une liberté sexuelle assumée. [...]
Un nouvel ordre social
L’année 1804 marque un tournant dans l’histoire napoléonienne. Elle voit en effet la proclamation de
l’Empire, le 18 mai 1804, mais aussi le sacre le 2 décembre. C’est aussi en 1804 qu’est promulgué le
Code civil qui place la famille au cœur de la société et fait de la femme une mineure, passant de la tutelle
de son père à celle de son mari. Le tableau du sacre de David en offre une première illustration. C’est un
couple qui prend en charge les destinées du nouvel empire, mais l’empereur est en position dominante
face à sa femme.
Le Code civil vient refermer un temps de liberté en matière de mœurs. Il fait de la famille légitime le socle
de la société, ne donne aucun droit aux enfants adultérins et rend les conditions du divorce très difficiles.
On ne divorce plus que très rarement, essentiellement pour adultère. Un nouvel ordre moral tend à
s’imposer. Napoléon s’en fait le chantre. Il entend lui-même contrôler les mariages, sinon la sexualité,
de ses frères et sœurs. [...]
Ainsi s’estompe progressivement la relative liberté sexuelle qui avait prévalu à la fin du XVIIIe siècle.
Symbole de ce retour à un ordre familial, le mariage de Napoléon avec Marie-Louise d’Autriche en 1810,
suivie de la naissance du roi de Rome en mars 1811. Dès lors, le pouvoir tente d’imposer l’image d’une
famille unie, d’une sorte de sainte famille qui assurerait le salut de l’État. [...]
À la recherche du plaisir
Mais l’image affichée ne rend pas toujours compte de la réalité. Les relations extraconjugales demeurent
fréquentes, notamment dans les classes élevées de la société. Napoléon en donne l’exemple, lui qui
multiplie les maîtresses, amantes d’un soir ou relations beaucoup plus durables comme celle qu’il entre-
tient avec Marie Walewska à partir de 1807 et avec laquelle il aura un fils. [...]
La découverte du plaisir passe aussi par la lecture de romans libertins, sinon érotiques, qui séduisent
particulièrement un public féminin, souvent d’origine populaire. Rédigés le plus souvent par des femmes,
à l’image de la comtesse Félicité de Choiseul-Meuse, ces romans s’attachent au récit des premières
rencontres, comme dans Entre chiens et loups, tandis que Julie ou j’ai sauvé ma rose, l’un des plus lus
à l’époque, raconte comment une femme peut avoir du plaisir sans perdre sa virginité. On lit sous le
manteau les œuvres de Sade, interdites par la censure. [...]
Mais si des espaces de liberté perdurent, la société tend de plus en plus à se corseter. En ce sens,
l’Empire représente bien une période de transition entre un XVIIIe siècle libertin et l’ordre bourgeois qui
s’impose au siècle suivant.
Jacques-Olivier Boudon
32 Napoléon
Les arts décoratifs sous l’Empire
Pénétrer dans la chambre de l’Empereur à Fontainebleau, celle de l’Impératrice à Compiègne ou dans
la salle à manger de Malmaison, c’est entrer dans un univers d’une incroyable magnificence, qui au-
delà de l’émotion suscitée par ces lieux chargés d’Histoire, témoigne d’un art de vivre. La multitude des
couleurs attire le regard et bat en brèche le préjugé tenace de l’uniformité chromatique réduite au seul
vert Empire. [...] Le grandiose y côtoie l’extrême simplicité, le majestueux apparat s’oppose à l’intime
dans la recherche du confort. Les formes les plus modernes sont inspirées des modèles du passé
antique [...] À la France sanglante de la Terreur succéda la France frivole du Directoire. Une soif de vie
et de luxe remplaça l’austérité révolutionnaire pétrie de culture antique [...]
À son accession au pouvoir, le Premier consul souhaita mettre l’accent sur cette branche de l’économie
française que représente l’industrie du luxe. Une politique de commande publique se mit en place dès
1802, en particulier pour les soyeux de Lyon. Celle-ci répondait à deux besoins : relever l’économie
nationale en assurant du travail aux artisans et faire des palais consulaires puis impériaux une vitrine
de l’excellence du savoir-faire national aux yeux des cours étrangères. Ce fut au demeurant le moyen
de remettre au travail les anciennes manufactures royales (Gobelins, Beauvais, Savonnerie, Sèvres),
à charge pour elles de réaliser le décor somptuaire du pouvoir. L’innovation est suscitée par la création
des expositions des produits de l’industrie française à partir de 1798, dont la dernière sous l’Empire eut
lieu en 1806.
Plusieurs personnalités s’imposèrent comme des protagonistes incontournables du nouveau goût. Le
peintre Jacques Louis David (1748-1825), ancien député de la Convention, fut non seulement peintre
officiel de l’Empereur mais aussi conseiller artistique dans de nombreuses réalisations allant du décor
du cabinet de travail de l’Empereur aux Tuileries à l’uniforme des pages de l’Impératrice. Dominique
Vivant Denon (1747-1825), personnalité aux talents multiples, dont l’opportunisme le fit rencontrer le
général Bonaparte, tint d’autre part un rôle de tout premier plan dans la codification du goût. Après la
campagne d’Égypte pendant laquelle il fut chargé de dessiner les monuments et paysages du pays, il
fut nommé le 19 novembre 1802 par le Premier consul directeur général du Muséum central des arts
(futur musée Napoléon et musée du Louvre), ainsi qu’administrateur des arts. Les architectes Percier
et Fontaine, lauréats du grand prix de l’Académie royale d’architecture respectivement en 1786 et
1785, furent introduits par Joséphine auprès de Bonaparte à l’occasion des travaux d’aménagement de
Malmaison entre 1799 et 1802. [...]
[...] L’Empereur dormait volontiers dans son lit de campagne dressé dans son appartement intérieur
à Fontainebleau. [...] Le motif du cygne au cou flexible adoucit la rigueur extrême des structures
orthogonales et devient un symbole féminin. Les figures guerrières répondent aux Vénus au sommet
des pendules. Les attributs guerriers complètent l’abondance florale des soieries. L’acajou, recherché
pour son essence sombre et austère, est rehaussé de bronzes dorés faisant jouer la lumière grâce au
remarquable travail de ciselure. [...]
Isabelle Tamisier-Vétois
Napoléon 33
Gloire et misères, le quotidien des soldats de Napoléon
[...] Premier conflit de masse, les guerres napoléoniennes ont mobilisé des centaines de milliers de
jeunes hommes qui furent jetés sur les routes de l’Europe. Si certains voulaient en découdre pour
obtenir avancement, gloire et honneurs, pour beaucoup, la réalité de la vie quotidienne à la Grande
Armée était faite d’obéissance, de résignations et de souffrances.
Armés, équipés, formés sommairement aux techniques militaires, les conscrits, désormais soldats, se
devaient de s’adapter à un quotidien rythmé par les marches et les bivouacs plus que par le combat.
[...] La guerre napoléonienne, basée sur la mobilité et la rapidité de mouvement, imposait aux soldats
des marches forcées difficiles à soutenir. Nantis d’un paquetage de vingt-cinq à trente kilogrammes,
les « conscrits ployaient sous le poids d’un sac, d’un fusil, d’une giberne ; ajoutez à cela cinquante
cartouches, le pain, la viande, une marmite, ou bien une hache, et vous aurez une idée de la tournure
de ces pauvres diables », rapporte Elzéar Blaze incorporé en 1807 (Souvenir d’un officier de la Grande
Armée, Arthème-Fayard, 1906, p. 3[aj1] 1). [...]
Les godillots du troupier n’existaient qu’en trois tailles et étaient généralement confectionnés dans un
mauvais cuir, lequel se déchirait parfois après quelques jours de marche. De fait, nombre de soldats
finirent les campagnes avec des sabots ou pieds nus. [...]
En dépit de cet équipement inconfortable, qui ne fut modifié que début 1812, et les intempéries qui
rendirent les efforts pénibles, les soldats marchèrent. Que ce soit sous la pluie entre Ulm et Vienne
en 1805, dans la boue de Pologne en 1806-1807, sous le soleil de l’Andalousie en 1808, ou encore
la poussière, puis les neiges de Russie en 1812, toujours, ils marchèrent. Entre 1799 et 1815, comme
Coignet, Blaze ou Barrès, ils firent à pied ou à cheval plusieurs dizaines de milliers de kilomètres à
travers l’Europe. [...]
La longueur des étapes pouvait entraîner chez les jeunes soldats des fractures de fatigue d’un ou
plusieurs métatarses (os courts du pied), qui prit plus tard le nom de « fracture du conscrit ». Outre
l’épuisement, certains profitaient des étapes pour fausser compagnie au régiment, de manière permanente
ou temporaire. En pays ennemi, sitôt la campagne initiée commencée, les routes s’emplissaient de
maraudeurs en quête de subsistances ou de rapines. En Russie, au lendemain du passage du Niémen,
la Grande Armée perdit des milliers de soldats en quelques jours. Certains finirent dans les hôpitaux,
d’autres firent le choix de quitter les rangs volontairement. [...]
Les conditions climatiques difficiles transformèrent parfois les nuits de bivouac en calvaire. Il plut
tellement la veille de la bataille de Dresde ou de Waterloo, qu’allumer un feu fut presque impossible.
Les uniformes en drap de laine étaient de véritables éponges impossibles à sécher, et, en 1813 ou
1815, ceux qui ne tombèrent pas sous le coup des balles adverses furent probablement terrassés
par de sévères pneumonies ! Les difficiles conditions hivernales extrêmes de la retraite de Russie ne
furent cependant toutefois jamais égalées. Nombre de soldats qui s’arrêtèrent le soir autour des feux de
bivouacs près de Smolensk ou Vilnius ne se relevèrent pas le matin. D’autant qu’après des semaines
de marches sans pouvoir se laver, les hommes abritaient puces et poux, à l’origine de fièvres typhoïdes,
lesquelles causèrent des ravages dans les rangs. [...]
La bataille, pour meurtrière et effrayante qu’elle fût, tua cependant infiniment moins de soldats que les
maladies ou les conditions du quotidien. Au soir de l’épopée, parmi les hommes qui retrouvèrent la vie
civile, beaucoup un grand nombre étaient marqués à jamais par cette expérience incomparable qu’est
la vie en campagne. [...]
François Houdecek
34 Napoléon
quelques notices d’oeuvres
Antoine-Jean Gros
Napoléon Bonaparte en Premier consul
huile sur toile
H. 205 cm ; l. 127 cm
musée national de la Légion d’honneur, Paris
Ce tableau est très probablement le premier portrait officiel du Premier consul par Gros. Il fut offert à
Cambacérès, second consul, qui, à la différence de Bonaparte et Lebrun, avait fait le choix de ne pas
loger aux Tuileries. Il fut installé dans la salle à manger de son hôtel d’Elbeuf le 4 fructidor an X (22 août
1802).
N’ayant que peu revu Bonaparte depuis la première campagne d’Italie, Gros donne au visage de
son Premier consul la jeunesse de son Portrait du général Bonaparte au pont d’Arcole. Il porte l’habit
quotidien des consuls de la République en velours rouge brodé d’or complété de l’épée consulaire
sertie du célèbre Régent.
Sa main droite pointe un ensemble de documents rappelant les grandes heures du Consulat, tant
militaires (différents traités de Cherasco à Amiens, victoire de Marengo, passage du col du Grand-Saint-
Bernard), que politiques (coup d’État du 18 brumaire, Concordat, comices de Lyon).
Ce portrait manifeste la toute-puissance et l’énergie du Premier consul qui entend, ainsi qu’il le déclare
le 18 floréal an X (8 mai 1802), jeter « sur le sol de France quelques masses de granit » afin de
reconstruire la Nation (institution de la Banque de France, des lycées, de la Légion d’honneur, du Code
civil, etc.). Il s’inscrit dans l’iconographie officielle destinée à asseoir la légitimité de Bonaparte non plus
comme militaire mais comme chef d’État.
Au moins quatre autres exemplaires de ce tableau furent commandés à l’artiste. Selon une lettre de
Vivant Denon au ministère de l’Intérieur, datée du 28 ventôse an XI (19 mars 1803), trois furent exécutés
pour les villes de Lyon, Rouen et le tribunal d’appel de Paris, tous non localisés à ce jour. Un quatrième,
daté 1803, ancienne propriété du duc de Mouchy et provenant très certainement du général Moreau, est
aujourd’hui en collection privée. Une version réduite, qui faisait partie des collections de Vivant Denon,
et un dessin préparatoire, tous deux datés de 1802, sont également conservés en mains privées.
Tom Dutheil
Napoléon 35
Martin-Guillaume Biennais (1764-1843)
Collier de la Légion d’honneur du maréchal Louis-Alexandre
Berthier (1753-1815), prince de Neuchâtel et de Wagram
après juin 1806
poinçons d’orfèvre et d’essai. Inscription au dos du fermoir «
Biennais orfèvre de sa Majesté Impériale et Royale et de sa
Majesté le roi de Hollande à Paris »
or et émail
longueur : 114,5 cm ; diamètre de la croix : 8,1 cm
Paris, musée national de la Légion d’honneur, don du prince
de la Tour d’Auvergne Lauraguais, 1986
Instituée le 29 floréal an X (19 mai 1802), la Légion d’honneur n’est dotée d’un insigne que par le décret
du 22 messidor an XII (11 juillet 1804) complété par celui du 10 pluviôse an XIII (30 janvier 1805) qui
fixe la composition de la grande décoration. Par une lettre du 5 prairial an XII (2 mai 1804), quelques
jours seulement après la proclamation de l’Empire, Vivant Denon suggère également à Napoléon la
création d’un collier « qui pourrait servir soit pour la décoration des grands officiers de l’ordre, les jours
de cérémonie, soit pour mettre autour de son cachet et décorer les armes de sa majesté » (Archives
de la Monnaie de Paris), constitué d’une alternance d’enseignes romaines et de trophées évoquant les
disciplines d’excellence de la Nation.
Pour son sacre, l’Empereur arbora un collier formé de « 16 grands aigles les ailles ouvertes » (Mémoire
de fournitures faites pour la cérémonie du sacre, Biennais, Archives nationales). Il en adopta cependant
dès 1805 un autre type à l’iconographie beaucoup plus ambitieuse, probablement sur les conseils de
Denon. Ce collier se compose de seize médaillons illustrant les activités civiles et militaires récompensées
par la Légion d’honneur et de seize aigles symbolisant les cohortes, unités territoriales administratives
de l’institution à sa création. Échu à Joseph lors du partage des effets impériaux en 1836, ce collier fut
offert aux Invalides en 1843. [...]
Tom Dutheil
36 Napoléon
Jacques-Louis David
Bonaparte, Premier consul, franchissant le Grand-Saint-
Bernard, le 20 mai 1800
1802
huile sur toile
H. 267 cm ; l. 223 cm
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de
Trianon
Il n’y a pas d’image plus emblématique de Napoléon chef de guerre que ce célèbre portrait de David,
commandé au retour de la seconde campagne d’Italie. Le modèle aurait demandé à l’artiste de le
représenter « calme sur un cheval fougueux », très loin de la réalité triviale de cette traversée des
Alpes enneigées qui se fit à dos de mulet. D’une manière magistrale, David fixait l’image du héros des
temps modernes, ouvrant une ère nouvelle pour la peinture d’histoire. Premier consul et chef de guerre,
Bonaparte était en outre célébré comme l’héritier des grands héros du passé, tels ceux qui avaient
franchi les Alpes avant lui, Hannibal et Charlemagne, dont les noms sont gravés dans le rocher à ses
pieds, au côté du sien.
On méconnaît souvent que le premier exemplaire de cette œuvre extrêmement fameuse fut commandé
non par son modèle, mais par le roi d’Espagne Charles IV, par l’intermédiaire de son ambassadeur
à Paris, avant même la paix signée entre son pays et la France, le 1er octobre 1800, et exécuté à la
fin de cette année. Le souverain espagnol le destinait au salon des grands capitaines du Palais royal
de Madrid, où il devait côtoyer d’autres grands portraits équestres de Titien, Rubens ou Velázquez.
Emporté par le nouveau roi d’Espagne, Joseph Bonaparte, lors de son départ précipité en 1813, puis
passé à sa descendance, il fut légué au musée de Malmaison. Les répliques commandées par le
Premier consul, dispersées au hasard de l’histoire, sont conservées l’une au château de Charlottenburg
à Berlin (provenant de Saint-Cloud, remise à Blücher en 1815), une autre au Kunsthistorisches Museum
de Vienne (provenant du palais de la République cisalpine de Milan, emportée par les Autrichiens en
1834), et deux encore sont à Versailles. Celle-ci, datée au revers de l’an XI, provient de la bibliothèque
de l’hôtel des Invalides, à Paris, où elle fut placée en décembre 1802. Déposée en 1816 et mise en
magasin au Louvre, elle fut envoyée à Versailles sous Louis-Philippe.
Frédéric Lacaille
Napoléon 37
François Gérard
Napoléon Ier, empereur des Français (1769-1821)
1808
huile sur toile
H. 223 cm ; l. 143 cm
Paris, musée du Louvre, département des Peintures ; en dépôt
au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
En 1804, François Gérard fut choisi pour représenter l’Empereur dans le grand habillement du sacre.
Achevé au début de 1805, le portrait était destiné à Talleyrand, ministre des Relations extérieures, pour
sa résidence parisienne. Mais dès le mois de décembre 1804, le ministère de l’Intérieur en commandait
à l’artiste une série de répliques pour les membres de la famille impériale, les dignitaires du régime,
les ambassades françaises et pour être offertes aux représentants des puissances étrangères. On en
connaît aujourd’hui de nombreux exemplaires, dispersés à travers le monde. En outre, une très belle
gravure de Boucher-Desnoyers (1808) contribua à la diffusion de cette effigie, qui reste l’image officielle
de Napoléon traduisant le mieux la majesté impériale. En 1808, ce tableau-ci, second original, était
commandé à l’artiste pour être tissé en tapisserie à la Manufacture impériale des Gobelins (tissage
à New York, Metropolitan Museum of Art). Envoyé au palais de l’Élysée sous la présidence de Louis-
Napoléon Bonaparte en 1849, il fut déposé par le Louvre à Versailles en 1894.
L’Empereur est revêtu du grand habillement du sacre, richement brodé d’or : tunique, souliers et gants
de soie blanche, manteau de velours pourpre semé d’abeilles et doublé d’hermine. Il porte la couronne
de laurier en or de l’orfèvre Biennais, et le grand collier de la Légion d’honneur (1er type, à aigles, en or).
38 Napoléon
L’épée est celle réalisée pour lui comme Premier consul par le fourbisseur Boutet, l’orfèvre Odiot et le
joaillier Nitot (château de Fontainebleau), et garnie des plus gros diamants de la Couronne, notamment
le Régent (Louvre). Le sceptre, ainsi que le globe et la main de justice, posés sur le tabouret, fabriqués
pour le sacre par Biennais, furent détruits sous la Restauration. Derrière l’Empereur, on aperçoit le trône
des Tuileries (Louvre), exécuté par l’ébéniste Jacob-Desmalter sur les dessins des architectes Percier
et Fontaine.
Début 1806, Napoléon demanda à Gérard de peindre un portrait d’apparat montrant l’Impératrice en
habit du sacre pour faire pendant au portrait officiel de l’Empereur livré un an plus tôt. L’artiste ne put
y travailler qu’à partir de 1807 et le portrait fut exposé au Salon de 1808, où il suscita d’élogieuses
critiques : la pose était jugée naturelle, Joséphine respirait la grâce, la tête était ressemblante, les
accessoires aussi soignés que les chairs. La peinture présentée ici est une copie en sens inverse
qui diffère en plusieurs points de l’original, en particulier par le manque de caractère et d’élégance du
visage, l’absence de bracelets et de la broderie d’or au centre de la robe.
Comme pour le portrait de l’Empereur en habit du sacre, Gérard s’attacha à décrire fidèlement le «
Grand Costume » : la robe en soie blanche semée d’abeilles d’or, brodée d’or sur les coutures et la
bordure, frangée d’or par le bas ; attaché à la taille et l’épaule, le lourd manteau de velours pourpre
semé d’abeilles et bordé d’hermine est enrichi d’une broderie où s’entrelacent des branches de laurier,
d’olivier et de chêne qui entourent la lettre N. Sa longueur – près de vingt-trois mètres – et son poids
avaient nécessité l’aide des belles-sœurs de l’Impératrice pour le soutenir. La couronne dont le joaillier
Marguerite avait reçu commande est posée sur un coussin bleu. Joséphine ne porte ni l’anneau
d’impératrice ni la parure ni le corsage du sacre ; le trône sur lequel elle est assise suit un modèle donné
par les mêmes auteurs que pour celui de l’Empereur mais pour le palais de Saint-Cloud. Comme le note
Xavier Salmon (cat. exp. Gérard, Fontainebleau, 2014), ces petites entorses à la réalité n’empêchèrent
pas de faire du portrait l’image officielle de l’Impératrice, reproduite en de multiples exemplaires tant en
peinture (comme c’est le cas ici) qu’en tapisserie des Gobelins (conservée à Malmaison).
Napoléon 39
Nicolas-Noël Boutet, Jean-Baptiste Claude
Odiot, Marie-Étienne Nitot et François-Régnault
Nitot
Épée du Premier consul puis de l’Empereur, dite
épée « du Sacre »
1801 et 1812
acier, acier bleui, or, jaspe sanguin et cristal de
roche
H. 96 cm
musée national du château de Fontainebleau,
musée Napoléon 1er
Chef d’État en vertu de la Constitution de l’an VIII (1799), le Premier consul Bonaparte devait afficher
son pouvoir pacificateur et réconciliateur. Un objet, commandé par un arrêté du 18 vendémiaire de l’an X
(10 octobre 1801), symbolisa son œuvre de reconstruction : « le ministre de l’Intérieur fera faire pour le
Premier Consul de la République un sabre sur la poignée duquel sera placé le diamant Le Régent avec
l’assortiment de diamants qui sera jugé nécessaire […] pris parmi ceux qui existent au Trésor public ».
Le Directoire avait mis en gage auprès du banquier Vanlenberghem à Amsterdam en 1799 les joyaux
de l’État, dont Le Régent serti sur la couronne que porta Louis XVI lors de son sacre le 11 juin 1775. Le
Consulat acquitta ces emprunts et récupéra ces diamants hérités de la Couronne.
Sur une élégante épée de cérémonie (au lieu du sabre initialement envisagé) de style Louis XVI, le
joaillier Nitot sertit quelque quarante-deux pierres pesant au total 254 carats, Le Régent étant estimé à
lui seul six millions de francs. L’orfèvre Odiot cisela sur les côtés de la fusée le caducée du Commerce,
le miroir de la Prudence et le laurier de la Victoire, sur la branche de garde des palmettes, des feuilles de
chêne et une tête de dauphin. Le chef de l’État s’affichait comme le maître de la France dans la lignée
des monarques de l’Ancien Régime. Par la confiance retrouvée, il assurait le redémarrage de l’industrie
du luxe à Paris.
Le Premier consul Bonaparte arbora pour la première fois cette épée lors de la promulgation officielle
du Concordat le jour de Pâques à Notre-Dame de Paris le 18 avril 1802. L’empereur Napoléon Ier la
porta à son côté en ce même lieu le 2 décembre 1804 lors de son sacre et couronnement. En 1812, les
diamants furent démontés pour être remployés sur une nouvelle arme, et remplacés par des éléments
en cristal de roche taillé, soigneusement sertis par Nitot fils.
Christophe Beyeler
40 Napoléon
Jean-Ernest-Auguste Getting
La «Victoire», berline du cortège du mariage de
Napoléon et Marie-Louise
Paris
vers 1804
train : peint rouge et or, richement sculpté et doré;
frettes en bronze ciselé et doré ; soupentes en
maroquin rouge piqué de soie blanche. Caisse :
à fond d’or, aux grandes armes impériales, décor
de bouquets et de guirlandes de fleurs ; galerie
d’impériale en bronze ciselé et doré. Intérieur :
garniture en velours de soie blanche boutonnée,
passementerie bleu céleste et or.
H. 2,68 m ; Long. 5,30 m ; Larg. 2,10 m
Versailles, musée national des châteaux de
Versailles et de Trianon
Dès la proclamation de l’Empire, Napoléon souhaita renouer avec le prestige des écuries de l’Ancien
Régime : la place du cheval dans la représentation du pouvoir était essentielle, et la cavalerie impériale
se devait d’être la meilleure en Europe. Le 2 avril 1810, le cortège du mariage avec Marie-Louise fut sans
conteste l’un des plus éblouissants de l’histoire. Franchissant la barrière de l’Étoile, passant sous la voûte
de l’Arc de Triomphe encore inachevé, quarante berlines du plus grand luxe et deux-cent-quarante-quatre
chevaux descendirent les Champs-Élysées jusqu’au jardin des Tuileries, sous les vivats d’une foule en
liesse. Du jamais vu : en pareille circonstance les Bourbons n’utilisaient qu’une trentaine de voiture. Le
faste de ce cortège surpassa également celui du couronnement, en 1804, qui avait pourtant coûté trois
millions de francs, dont 380 000 en voitures et équipages (le mariage en coûtera 3 488 621 dont 556 983
en voitures et équipages).
Le grand écuyer, le marquis de Caulaincourt, étant en mission en Russie en qualité d’ambassadeur de
France, c’est à Nansouty, premier écuyer, qu’échut la responsabilité d’organiser ce grand cortège. Et ce
fut un défi considérable : en 1804, l’Empereur, toujours pressé, n’avait laissé que trois mois à Caulaincourt
pour préparer le cortège du sacre ; pour celui du mariage, qu’il souhaite plus fastueux encore, Nansouty
n’en aura qu’un seul. « Il ne faut pas perdre une minute, tout doit être prêt avant un mois », confirme
l’architecte Fontaine dans son journal, à la date du 3 mars. Il lui faut réunir au plus vite ces quarante
voitures de gala mais, le 8 mars 1810, l’inventaire qu’il dresse du parc de voitures impériales n’en signale
que six disponibles, dont La Victoire, les autres n’étant plus en état ou trop modestes pour une telle
cérémonie. Avec une remarquable réactivité, il lança la fabrication des trente-quatre nouvelles berlines
auprès de quatorze carrossiers parisiens. Les voitures furent livrées et enregistrées par le contrôleur de
la sellerie le 31 mars, soit l’avant-veille de la cérémonie.
Le château de Versailles conserve six des voitures du cortège du mariage de 1810. Elles sont d’un même
type, à sept glaces, fond d’or, panneaux de caisse et de frise décorés des armes impériales, de gracieux
bouquets et guirlandes de fleurs à la mode italienne et pourvues, selon leur rang, d’un décor sculpté en
bois et bronze doré. Elles portent, depuis 1831, leurs noms inscrits à l’avant des caisse : L’Améthyste,
La Cornaline, La Brillante, La Turquoise, La Victoire, La Topaze. Après la tourmente révolutionnaire, ces
berlines témoignent de la renaissance de la carrosserie française de luxe au début du XIXe siècle.
Hélène Delalex
Napoléon 41
Thomire-Duterme et Cie
Berceau du roi de Rome
1811
racine d’orme, bronze doré, garniture textile (restituée)
H. 209 cm ; La. 70 cm ; Pr. 136 cm
musée national du château de Fontainebleau, musée Napoléon 1er
À l’instigation du préfet de la Seine Frochot, la Ville de Paris offrit pour la naissance du roi de Rome le 20
mars 1811 un berceau d’apparat, dessiné par le peintre Prud’hon et exécuté par l’orfèvre Odiot, assisté
du bronzier Thomire et du sculpteur Roguier. Ce somptueux berceau, en argent doré et or jouant avec le
burgau, développait un programme politique mobilisant des références antiques, en accord avec le titre
de « roi de Rome » donné à l’héritier de l’Empire. De ce modèle orfévré (aujourd’hui à la Schatzkammer
de Vienne) fut démarqué un berceau en bois indigène, livré fin 1811 par « Thomire, Duterme et Cie »,
pour le service des palais impériaux.
Le changement de matière exigeait des adaptations. Le piètement en vermeil du premier berceau se
composait de cornes d’abondance entrecroisées qu’accompagnaient à l’avant le génie de la Justice
tenant sa balance et à l’arrière celui de la Force, armé de la massue d’Hercule. Sur le second berceau
réinterprété en loupe d’orme, des pieds en X vinrent soutenir la nacelle, qui reçut des figures d’applique
en bronze doré reprenant les sujets de la Justice à l’avant et de la Force à l’arrière, chacun de ces deux
génies s’inscrivant entre deux cornes d’abondance symétriques.
Thomire put en revanche remployer tels quels les moules des bas-reliefs, qui renvoient à Paris et Rome,
respectivement première et seconde capitale de l’Empire. Sur le flanc gauche, la Seine, adossée à une
urne fluviale, gracile et ceinte d’une couronne de roseau, reçoit dans ses bras l’enfant présenté par
Mercure. Sur le côté droit, le Tibre, appuyé sur une urne, barbu et musculeux, tient un timon sur un fond
montagneux évoquant les Apennins. Les armes modernes des deux villes impériales, en légère saillie,
arborent au chef trois abeilles d’or.
Christophe Beyeler
42 Napoléon
Poupard, Paris
Chapeau de l’empereur Napoléon Ier, dit de la campagne
de Russie
Paris
1804-1815
feutre de castor noir, soie noire
H. 23,5 cm ; l. 48,8 cm ; Pr. 20 cm
Paris, musée de l’Armée
L’Empereur sut imposer la silhouette de l’homme à la redingote sillonnant l’Europe de part en part et par
tous les temps, du col de Somosierra figé par la neige et franchi le 30 novembre 1808 aux interminables
steppes russes parcourues durant le torride été 1812. Sa redingote grise, en fait une capote à même
de résister aux intempéries et confortablement doublée de soie, présentait de larges emmanchures
permettant de l’enfiler sur son uniforme sans devoir enlever les épaulettes, simplement rabattues.
Napoléon portait également, au moins depuis 1802, un chapeau de feutre de castor noir, sans bordure
ni galon, doté d’une ganse de soie noire maintenant une cocarde tricolore. Poupard, chapelier à Paris, à
l’enseigne du « Temple du goût », livrait quatre chapeaux par an. Napoléon les portait non « en colonne »,
mais « en bataille » – soit les ailes parallèles aux épaules. Dans ses Mémoires, Fain, premier secrétaire
du cabinet de l’Empereur, témoigne : « Son chapeau était toujours le même : petit […], remarquablement
simple et d’une forme brisée qui ressemblait à celle d’un chapeau fatigué ; c’était la seule partie de son
habillement qui se distinguât par une légère pointe d’originalité. » La simplicité de son chapeau tranchait
avec les couvre-chefs chamarrés ou à plumet de son état-major. Maître en communication politique,
Napoléon jouait habilement de ce contraste : affecter la simplicité le mettait en valeur.
Christophe Beyeler
Napoléon 43
Vincenzo Vela
Les derniers moments de Napoléon Ier à Sainte-
Hélène
1866
l’Empereur est assis dans un fauteuil, la tête
soutenue sur un coussin.
marbre
H. 144 cm ; l. 97 cm ; Pr. 132,5 cm
Versailles, musée national des châteaux de
Versailles et de Trianon
Napoléon vit ses derniers instants. L’Empereur déchu est soutenu par un grand coussin, la chemise
entrouverte, les jambes enveloppées dans une couverture, les traits tirés par la maladie. Il regarde
encore droit devant lui, mais ses yeux, hagards, sont déjà ceux d’un mourant. Son poing se crispe
avec peine pour retenir une carte de l’Europe – de cette Europe conquise par ses armées et désormais
définitivement perdue.
Cette scène dramatique est censée se dérouler dans l’île de Sainte-Hélène, au milieu de l’océan
Atlantique et au large des côtes africaines, où l’Empereur fut relégué après la défaite de Waterloo en
1815 et où il mourut le 5 mai 1821.
La statue de Vela, un des principaux représentants italiens du courant naturaliste et vériste, fut présentée
à l’Exposition universelle de 1867 à Paris, où elle rencontra un accueil plutôt favorable de la part du
public et reçut un prix.
[...] Napoléon III, qui fit l’acquisition de l’œuvre de Vela, en possédait une photographie dans son appar-
tement du palais des Tuileries. Le fondeur Ferdinand Barbedienne en édita des réductions en bronze,
de quatre grandeurs différentes.
À Versailles, la statue fut disposée dans la salle du Sacre avant de gagner, en 1970, l’extrémité de
l’attique de l’aile du Midi.
Alexandre Maral
44 Napoléon
5 period room
period room : L’égyptomanie
Ecole française
Le général Bonaparte sur un dromadaire
2e moitié du XIXe
bronze patiné doré
37 x 27 x 12 cm
Paris, fondation Napoléon
Le goût pour l’Égypte ancienne n’est pas né spontanément après l’expédition de Bonaparte. Déjà en
France, dès la fin du règne de Louis XVI apparaissaient de nombreux thèmes égyptiens que la reine
Marie-Antoinette imposera dans le décor de ses appartements tant à Versailles qu’à Fontainebleau ou
à Saint-Cloud ; les sources d’inspiration ne manquaient pas aussi bien à Rome où existaient quantité
d’obélisques, de sphinx et autres Antinoüs que dans les gravures à thèmes égyptiens publiées par
Piranèse dès 1769. Il est évident que l’expédition d’Égypte entraîna la recrudescence de cette mode,
d’autant que Bonaparte avait souhaité être accompagné de savants et d’amateurs dont le plus célèbre,
Dominique Vivant Denon, publia dès 1802 son ouvrage fondamental du Voyage dans la Basse et la Haute
Égypte pendant les campagnes du général Bonaparte, qui sera suivi par la publication officielle de la
Description de l’Égypte dont les premiers volumes sortiront en 1809. Si l’on connaît de rares exemples
d’égyptomanie en architecture comme la fontaine du Fellah rue de Sèvres ou le portique de l’hôtel de
Beauharnais à Paris, le mobilier et les arts décoratifs offrent un grand nombre de modèles inspirés par
l’Égypte des pharaons. Dès le Consulat, les ébénistes de la famille Jacob livrent des dizaines de fauteuils
dont les accotoirs reposent sur des têtes de némès, la coiffure emblématique des pharaons, tandis que
les bronziers fournissent feux, pendules ou candélabres. Mais c’est la Manufacture de Sèvres qui va
s’emparer de l’Égypte avec succès et une plus grande rigueur archéologique : deux extraordinaires
services de table absolument semblables sont livrés sous l’Empire, l’un offert en cadeau au tsar Alexandre
Ier, et l’autre prévu pour l’impératrice Joséphine mais que Louis XVIII donnera à Wellington, le vainqueur
de Napoléon ; outre les habituelles pièces de service, chacun comporte un étonnant surtout en biscuit de
près de sept mètres de long reproduisant fidèlement le kiosque de Philae flanqué de quatre obélisques,
les temples d’Edfou et de Dendérah qu’accompagnent les colosses de Memnon avec les colonnades
et les allées de béliers et de sphinx du temple de Karnak ! L’engouement fut tel que la Manufacture
édita sept cabarets égyptiens pour le café ou le thé, dont le plus fameux fut exécuté pour le mariage
de l’Empereur avec Marie-Louise en 1810 et qu’il emporta dans son exil à Sainte-Hélène. Ce sont les
planches de l’ouvrage de Denon qui servirent de modèles aux artistes de la Manufacture pour réaliser ces
pièces. L’opéra s’empara également de l’Égypte dans les décors des Mystères d’Isis, version remaniée
de La Flûte enchantée, tandis que les fabricants de papiers peints et les manufactures de tissus imprimés
comme celle d’Oberkampf connurent un grand succès en utilisant ces thèmes.
La vogue de l’égyptomanie existait déjà à l’époque de la Rome antique et elle a traversé tous les siècles
; ce n’est donc pas la campagne de Bonaparte qui en a été la source. Napoléon a su occulter sa défaite
militaire par la publication de ces ouvrages scientifiques qui ont pérennisé sa gloire et développé le goût
en Occident pour l’Égypte ancienne, ce qui donnera plus tard naissance à l’égyptologie.
Bernard Chevallier
Napoléon 45
period room : La salle du trône
« Un trône n’est qu’une planche de bois garnie de velours » Napoléon (Boiste, Dictionnaire, 1819).
Le 18 mai 1804, Napoléon est décrété empereur. Le 2 décembre, il est sacré. Ce tournant politique
appelle la création de trônes.
Autant le bivouac militaire doit être fonctionnel et léger pour conquérir, autant le trône doit montrer
à l’Europe la force d’un Empire appelé à durer. Dédié aux audiences officielles, c’est le théâtre des
entrevues diplomatiques et des réceptions des plus hauts dignitaires. La richesse de la salle lui sert
d’écrin, la profusion de symboles et le cérémonial rappellent l’autorité de l’Empereur et le respect qui
l’entourent.
Dès 1804 sont donc commandés de somptueux trônes et fauteuils de représentations pour différents
lieux du pouvoir : les Palais où l’empereur a élu domicile, mais aussi les assemblées où il se rend.
Le trône investit désormais le portrait officiel. Les architectes Percier et Fontaine dessinent en 1804
le mobilier et le décor des salles du trône des palais des Tuileries (coll. du Mobilier national, dépôt
actuellement au Louvre) et de Saint-Cloud (coll. Fontainebleau), en 1807 de Fontainebleau. L’ébéniste
Jacob-Desmalter en exécute les somptueux bois. Bernard Poyet, architecte du Corps législatif (notre
Assemblée nationale) dessine celui de l’institution (coll. musée des Art décoratifs). Un trône est aussi
livré au Sénat (présenté dans cette exposition). Le Mobilier national conserve encore celui réalisé en
1813 pour le Palais impérial de Monte Cavallo à Rome. Il arrive encore qu’avec l’empereur se déplace
un fauteuil de représentation. Tous uniques, riches, ils déclinent l’antiquité, parfois avec sphinges,
hercules, ou lions ailés. Aucun n’oublie le pouvoir d’un beau velours brodé par Picot, de passementeries
de Gobert, de symboles impériaux, de riches textiles de Pernon pour les assises de tapisseries des
Gobelins aux murs et tapis de la Savonnerie.
Pour un tapissier, le mot trône ne s’arrête pas au siège, il comprend aussi son environnement : le dais
qui le surmonte, ses rideaux quand il en existe, l’estrade, les attributs et accessoires textile. Ainsi le
trône prend-il place aux Tuileries sous un dais à panaches, supportant un immense rideau en velours
cramoisi brodé d’abeilles d’or et doublé de satin violet, relevé par deux colonnes ou enseignes impériales.
Fauteuil et oreiller de pieds de l’empereur portent un velours bleu-violet.
Que placer dans une salle du trône ? Le grand maréchal du Palais répond : « Deux fauteuils pour le
trône et pliants en velours cramoisi, galon d’or, tenture idem, rideaux idem, point de meubles meublants,
comme consoles. »
Le temps enrichit les pièces… Aux Tuileries, en 1805, Jacob-Desmalter fournit en plus du trône 6
fauteuils, 6 chaises à chimères et autres motifs, 36 tabourets richement sculptés et dorés. En 1810,
pour la nouvelle impératrice Marie-Louise, Picot brode le chiffre sur son trône et l’Empereur choisit à
la manufacture de la Savonnerie un immense tapis, déployant aigles, couronne impériale, collier de
Légion d’honneur, laurier, N, foudres, semis d’abeilles, la symbolique impériale complète en somme
(coll. Mobilier national). En 1811, Thomire cisèle encore quatre immenses candélabres à girandoles et
chimères en bronze doré. La reine Hortense garde le souvenir d’une salle où « Les N, les aigles étaient
partout ».
Qui dit trône dit retour d’une étiquette : dans certaines cérémonies où l’Empereur et l’Impératrice
occupent le trône, eux seuls sont assis. Les grands personnages, ensuite placés suivant leur rang,
restent debout. Pour les cas embarrassants, le palais se reporte à ce qui s’est fait sous la monarchie.
Une étiquette semblable régit bientôt les salles du trône de ses frères et sœurs souverains.
Hélène Cavalié
46 Napoléon
period room : Un ameublement de salon
Pièce de réception majeure dans la distribution des appartements au début du XIXe siècle, le salon fait
l’objet de toutes les attentions pour le choix de sa décoration et de son ameublement. Il doit refléter
auprès des invités l’importance de son propriétaire. Essentiel dans l’hôtel particulier d’un dignitaire de
la cour, il doit être majestueux et symboliser la puissance de la France dans un palais consulaire ou
impérial.
Si l’Antiquité gréco-romaine, d’où sont tirés les canons d’une beauté idéale, offre un modèle où règnent
simplicité, pureté des lignes et des ornements, l’ameublement n’en porte pas moins les signes d’un
raffinement extrême. [...] L’acajou, essence rouge sombre et sévère, à la mode depuis les années 1785,
répond à cette soif de sobriété. S’y détachent en de délicates incrustations d’ébène et d’étain palmettes
et couronnes de laurier, dans une harmonie rouge et noire inspirée des vases grecs antiques. La tête
de lion qui termine souvent l’accotoir des fauteuils est issue de la grammaire ornementale romaine [...]
Cette mode évolua rapidement. Les formes s’alourdirent en se rigidifiant dans un hiératisme imposant,
les incrustations furent abandonnées au profit de bois doré dans les salons d’apparat ou du bois peint
dans les salons moins protocolaires. L’étiquette de la cour imposa un ameublement majestueux. [...]
Sur ces meubles ainsi décorés sont disposés des vases de porcelaine, fabriqués par la Manufacture
impériale de Sèvres ou par les manufactures parisiennes, dont celle de Dihl et Guerhard est une des
plus réputées. Un grand nombre de commandes sont faites à Sèvres, dont l’Empereur appréciait
particulièrement les productions, pour tous les palais impériaux. Au-delà de leur valeur décorative,
ces pièces sont des outils de propagande politique, reproduisant des événements de l’épopée
napoléonienne. Elles sont alors, tels des tableaux, disposées dans les galeries des palais. Lorsque
ces œuvres reproduisent le portrait de l’Empereur ou de l’Impératrice, elles sont réservées, selon les
recommandations de l’Empereur, aux appartements de l’Impératrice. Joséphine, amatrice avertie de
porcelaine, fit de multiples commandes pour ses résidences notamment à Dihl et Guerhard, où abondent
les fleurs qu’elle appréciait tant.
Isabelle Tamisier-Vétois
Napoléon 47
period room : La première chambre de Napoléon Ier à Fontainebleau
En juillet 1804, Napoléon décide de rétablir le château de Fontainebleau dans sa première splendeur
pour en faire sa résidence d’automne. Le palais doit en outre accueillir le pape Pie VII qui va sacrer le
nouveau souverain à Notre-Dame. Le séjour pontifical prend place du 25 au 28 novembre. L’Empereur
et l’Impératrice s’installent dans les anciens appartements royaux, tandis que le pape est logé dans l’aile
des Reines-Mères. Dans son Journal, Fontaine, l’architecte de l’Empereur, rappelle qu’il a été chargé
de « prendre toutes les mesures possibles pour […] meubler [le château] en dix-neuf jours ». Alors
que le Garde-Meuble impérial acquiert pour plus de 60 000 francs d’objets mobiliers auprès de Jacob-
Desmalter, on se limite pour le reste à effectuer des prélèvements dans les résidences de Saint-Cloud
et des Tuileries.
C’est de ce dernier palais que provient le lit, relativement simple, qui est remployé dans la chambre
de Napoléon à Fontainebleau (actuelle petite chambre de l’Empereur), comme le prouve la marque
consulaire des Tuileries qu’il porte. Une étiquette manuscrite sur son impériale révèle sa première origine
: la maison de Fauvelet de Bourrienne, secrétaire « intime » du Premier consul, à Rueil-Malmaison.
Bourrienne a raconté dans ses Mémoires comment Bonaparte lui en a payé le mobilier, avant de le
lui reprendre, « jusqu’aux mouchettes », après son renvoi en 1802. Tout laisse penser par ailleurs que
le lit a précisément été extrait de l’appartement privé que Napoléon occupe aux Tuileries. Dans son
Journal, Fontaine note en effet en février 1803 que « le Premier Consul ordonne que l’appartement de
M. Bourrienne aux Tuileries soit réservé comme dépendance du sien et que la communication par le
petit escalier en soit rétablie pour qu’il puisse y aller directement de son cabinet quand il le voudra ».
Constant, le valet de chambre de l’Empereur, indique de son côté dans ses Mémoires que « l’ancien
appartement occupé par M. de Bourrienne, dont l’escalier donnait dans la chambre à coucher de Sa
Majesté […], avait été arrangé et décoré fort simplement ». La parure textile du lit, en gourgouran gris
perle, est restituée en 2016 à l’aide des descriptions d’inventaire.
On se souvient que Napoléon possède une exceptionnelle facilité à s’endormir qu’il évoque lui-même :
« Quand je veux interrompre une affaire, je ferme son tiroir et j’ouvre celui d’une autre. Ces affaires ne
se mêlent point, et jamais ne me gênent ni ne me fatiguent. Quand je veux dormir, je ferme tous mes
tiroirs et me voilà livré au sommeil. »
En complément du lit de Fontainebleau est présentée une commode à figures égyptiennes livrée par
le marchand Rocheux en 1810 pour la chambre à coucher des Petits Appartements de Napoléon à
Fontainebleau rénovés en 1808.
Jean Vittet
48 Napoléon
period room : Le bivouac de Napoléon
« Mon intention est que ma tente soit toujours contenue dans un seul fourgon. C’est en cela que consiste
l’art du Garde Meuble. Dépensez le double s’il le faut, mais faites une chose commode, forte et légère
» (Napoléon, Correspondance générale, 14 janvier 1812).
Quand il ne dort pas dans un lieu réquisitionné, à la belle étoile, dans un baraquement sommaire, dans
une roulotte ou dans la berline de sa campagne de Russie et de Waterloo, lorsqu’il peut poser son
camp, et dès lors qu’il devient Premier consul, Napoléon utilise un mobilier de campagne spécialement
commandé au Garde-Meuble. [...]
Ses campagnes deviennent alors un laboratoire pour perfectionner le campement militaire et son
mobilier. Le bivouac doit être résistant aux manipulations et aux intempéries, rapide à monter, léger à
transporter, pliable, démontable. Instrument du pouvoir, il doit aussi offrir le confort d’un bureau ou d’une
table de négociations, sans sombrer dans un luxe qui entraverait la campagne du chef de guerre.
En 1808, l’empereur commande au tapissier Poussin un service de campagne, avec une grande tente
(8 × 3,9 m), en coton rayée de bleu à l’extérieur, doublée d’indienne en coton à l’intérieur, les espaces
de sommeil et de travail séparés par un rideau. [...]
[...] Dans cet intérieur prennent aussi place literie pliable, rideau de lit en soie verte à franges d’or, table,
fauteuil et tabourets pliants, lanternes attachées à des bâtons, flambeau démontable, vases de toilette,
petite argenterie de campagne.
La modernité fait route avec Napoléon à chaque campagne : son lit de fer pliant (ancêtre de notre lit
parapluie) en est le premier exemple. C’est l’invention du serrurier Desouches qui en dépose le brevet
d’invention en février 1804, et devient alors serrurier du Garde-Meuble de Sa Majesté l’Empereur et Roi.
Vitrine de l’innovation, objet fétiche de l’empereur, ce ou plus exactement ces lits de fer Desouches
l’accompagneront jusqu’à son dernier sommeil à Sainte-Hélène. [...]
À partir d’avril 1809, le bivouac change totalement de forme : Poussin livre un ensemble de quatre
tentes rondes, comme celles que Napoléon utilisa en Égypte, et qu’il trouve plus aisées à monter.
Servant respectivement de chambre, d’antichambre, de cabinet de travail et de salon, chacune est
reliée par un couloir où mamelouk et valet de chambre se tiennent prêts à recevoir des instructions. [...]
Allégorie du pouvoir militaire toujours en campagne, la tente prend aussi possession des intérieurs des
palais : en 1800, Napoléon tend la salle du conseil de Malmaison du coutil rayé bleu ; en 1806, le salon
du pavillon de chasse de Compiègne prend l’allure d’une tente tout comme en 1812 la chambre de
parade de Joséphine à Malmaison [...]
Hélène Cavalié
Napoléon 49
propos de Napoléon
I. Brienne (1779-1784)
« Pour ma pensée, Brienne est ma patrie. C’est là que j’ai ressenti les premières impressions de l’homme,
et, chose bizarre, c’est sous les mêmes ombrages où ma jeunesse trouvait un charme inexprimable à
lire et méditer loin des jeux bruyants de mes camarades d’école. »
Napoléon (cité par Charles-Tristan de Montholon)
« J’étais en effet très changé, parce que j’employais à travailler les heures de récréation, et que souvent
mes nuits se passaient à méditer sur les leçons de ma journée. Ma nature ne pouvait pas supporter
l’idée de ne pas être tout d’abord le premier de ma classe. »
Napoléon (cité par Charles-Tristan de Montholon)
« Je suis plus Champenois que Corse, car, dès l’âge de neuf ans, j’ai été élevé à Brienne. »
Napoléon (cité par Gaspard Gourgaud)
« Les Anglais ont frémi de nous voir occuper l’Égypte. Nous montrions à l’Europe le vrai moyen de les
couper de l’Inde. Une poignée de Français avait donc suffi pour conquérir ce beau pays, qu’ils n’eussent
jamais dû perdre. »
Napoléon (cité par Emmanuel-Auguste-Dieudonné, comte de Las Cases)
« Le fait est que la patrie sans nous était perdue, et que nous la sauvâmes [au 18 Brumaire]. [Le
Consulat] cette époque si brillante, où une nation en dissolution se trouve énergiquement recomposée,
en peu d’instants, dans ses lois, sa religion, sa morale, dans les vrais principes, les préjugés brillants et
honnêtes ; le tout aux applaudissements et à l’admiration universelle de l’Europe. »
Napoléon (cité par Emmanuel-Auguste-Dieudonné, comte de Las Cases)
« Lorsque je fus au-devant [de Marie-Louise], ce fut la première chose qui me frappa ; elle était fraiche
comme une rose et sans coquetterie ; elle différait en cela de Joséphine qui en avait beaucoup. »
Napoléon (cité par Marchand)
50 Napoléon
VI. Le chef de guerre
« Le sort d’une bataille, disait l’Empereur, est le résultat d’un instant, d’une pensée. On s’approche avec
des combinaisons diverses, on se mêle, on se bat un certain temps, le moment décisif se présente, une
étincelle morale prononce, et la plus petite réserve accomplit. »
Napoléon (cité par Emmanuel-Auguste-Dieudonné, comte de Las Cases)
« Le succès à la guerre tient tellement au coup d’œil et au moment que la bataille d’Austerlitz, gagnée
si complètement, eût été perdue si j’eusse attaqué six heures plus tôt. »
Napoléon (cité par Emmanuel-Auguste-Dieudonné, comte de Las Cases)
« Benjamin Constant était l’homme le plus éminent des partisans du système constitutionnel. Je le
chargeai de réformer la constitution de l’Empire. De ce jour je partageai de fait la direction des affaires
avec des hommes qui, comme lui, avaient fait des idées libérales l’étude ou le rêve de leur vie. Je cessai
d’être moi. »
Napoléon (cité par Charles-Tristan de Montholon)
« À Waterloo, je manquais d’un général pour mener toute ma cavalerie ; si j’avais eu Murat, j’aurais
gagné la bataille. »
Napoléon (cité par Charles-Tristan de Montholon)
Napoléon 51
liste d’oeuvres exposées
Eugène Guillaume
Napoléon Bonaparte en 1780
vers 1859
plâtre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Eugène Guillaume
Napoléon Bonaparte en 1797
vers 1859
plâtre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Eugène Guillaume
Napoléon Bonaparte en 1801
vers 1859
plâtre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Eugène Guillaume
Napoléon Ier en 1806
vers 1859
plâtre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Eugène Guillaume
Napoléon Ier en 1812
vers 1859
plâtre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Eugène Guillaume
Napoléon en 1820
vers 1859
plâtre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Charles-Émile-Marie Seurre
Napoléon Ier, empereur des Français (1769-1821)
1833-1834
Bronze patiné
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Eugène Guillaume
Napoléon Ier législateur
vers 1859
plâtre
Paris, fondation Napoléon, en dépôt au musée d’Orsay
52 Napoléon
Partie I : Brienne (1779-1784)
Louis Rochet
Napoléon Bonaparte à l’école de Brienne
1857
bronze argenté
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Anonyme
Livre de prières de Napoléon Bonaparte
18e siècle
papier et cuir
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Abbé Millot
Éléments de l’Histoire de France depuis Clovis jusqu’à Louis XV
imprimé sur papier avec dédicace manuscrite de Bonaparte, reliure cuir, dos et plat supérieur ornés de
fer dorés
tome premier, Paris, Chez P.E.G. Durand, Neveu, 1783
Paris, musée de l’Armée
Antoine-Jean Gros
Bonaparte au pont d’Arcole
1796
huile sur toile
Paris, musée du Louvre, département des Peintures, en dépôt au musée national des châteaux de
Versailles et de Trianon
Louis-François Lejeune
Bonaparte au pont de Lodi, 10 mai 1796
1804
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Napoléon 53
Harnachement de mamelouk
Égypte, vers 1750-1800
étamine de laine, toile de coton, satin de soie, galons métalliques, acier, laiton, fils métalliques
Paris, musée du Louvre, département des Arts de l’Islam, en dépôt au musée de l’Armée
Michele Rigo
Le cheikh Abd Allah al-Sharqâwi, président du grand divan du Caire
Le cheikh Sulayman al-Fayyûmî, directeur des bourgs et provinces d’Égypte
1813
huiles sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Andrea Appiani
Louis-Charles-Antoine Desaix
1801
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
54 Napoléon
Équatorial donnant l’heure solaire vraie
18e siècle
laiton, verre, acier
Paris, musée des Arts et Métiers - Cnam
Graphomètre à pinnules
18e siècle
laiton, bois, métaux non ferreux, verre
Paris, musée des Arts et Métiers - Cnam
Maison de Hasan Kachef au Caire, siège de l’Institut d’Égypte, Jean-Baptiste Reville et Jean
Duplessis-Bertaux, Description de l’Égypte, État Moderne, tome 1, planche 55
vers 1805-1809
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Nicolas-Noël Boutet
Épée de l’Institut d’Égypte du général Bonaparte
vers 1800
acier, bronze doré, nacre, or, cuivre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Jacob-Desmalter
Paire de fauteuils en acajou à tête de némès
vers 1805
acajou, gourgouran façonné orange (restitution moderne)
Fontainebleau, musée national du château de Fontainebleau
Claude Galle
Pendule à cariatide égyptienne
vers 1805
bronze doré et patiné
Paris, Mobilier national
Feu à galerie
Vers 1800
bronze doré et patiné
Fontainebleau, musée national du château de Fontainebleau
Meurant, sculpteur
Le général Bonaparte sur un dromadaire
19e siècle
bronze patiné, doré
Paris, fondation Napoléon
Napoléon 55
Manufacture de Sèvres
Cabaret égyptien de Napoléon Ier
1810
porcelaine
Paris, musée du Louvre, département des Objets d’art
Antoine-Jean Gros
Napoléon Bonaparte en Premier consul
1802
huile sur toile
Paris, musée national de la Légion d’honneur
Ateliers de Lyon
habit du Premier consul
vers 1800
velours de soie, broderie
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Nicolas-Noël Boutet
Sabre du Premier consul Bonaparte
vers 1799-1804
monture en acier doré et damasquiné, fusé en ébène
Paris, musée de l’Armée
Anonyme
Allégorie de Bonaparte rendant la religion à la France
vers 1802
huile sur toile
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Martin-Guillaume Biennais
Collier de la Légion d’honneur du maréchal Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), prince de
Neuchâtel et de Wagram
premier Empire
Paris, musée national de la Légion d’honneur
56 Napoléon
Atelier de Paris (A)
2021 pièces de 20 francs
1811
Avers : Tête laurée de Napoléon Ier à gauche, graveur Tiolier
Revers : 20 Francs dans une couronne de lauriers
or
Paris, Banque de France
Médailles :
Graveur Jeuffroy
Serment de l’armée d’Angleterre au camp de Boulogne
1804 (avers)
or
Paris, Banque de France
Graveur Andrieu
Couronnement et sacre
1804 (revers)
or
Paris, Banque de France
Graveur Brenet
Arc de triomphe du Carrousel
1806 (revers)
or
Paris, Banque de France
Graveur Jeuffroy
Bataille de la Moskova
1812 (revers)
or
Paris, Banque de France
Graveur Brenet
L’Égypte conquise
1798 (revers)
or
Paris, Banque de France
Graveur Droz
La Banque de France
1809 (revers)
or
Paris, Banque de France
Graveur Dumarest
Paix d’Amiens
1802 (revers)
or
Paris, Banque de France
Napoléon 57
Graveur Dumarest
Jeton de présence de la Banque de France
« La Sagesse fixe la Fortune » (avers)
1800
or
Paris, Banque de France
Jacques-Louis David
Bonaparte, Premier consul, franchissant le Grand-Saint-Bernard, le 20 mai 1800
1802
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
François Gérard
Napoléon Ier, empereur des Français (1769-1821)
1808
huile sur toile
Paris, musée du Louvre, département des Peintures, en dépôt au musée national des châteaux de
Versailles et de Trianon
58 Napoléon
Ceinture de cérémonie du maréchal Davout
1804
soie, métal, coton
Auxerre, musée d’Art et d’Histoire, collection Salle d’Eckmühl
Samuel Hope
Glaive de cérémonie du maréchal Ney
vers 1804
lame en acier damasquiné, monture du glaive et garnitures du fourreau en bronze doré, fusée en nacre,
fourreau en galuchat
Paris, musée de l’Armée
Napoléon 59
Manufacture de Sèvres, Jean-François Robert
Assiette du service particulier de l’Empereur « La Manufacture de Sèvres »
1808
porcelaine peinte, or
Paris, fondation Napoléon
60 Napoléon
Manufacture de Sèvres, Jean-François Robert
Assiette du service particulier de l’Empereur « Vue de Malmaison »
1808
porcelaine dure
Paris, Mobilier national, en dépôt au musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Henry Auguste
Paire de pots à oille du grand service en vermeil de l’Empereur
1804-1805
vermeil
Paris, Mobilier national, en dépôt au musée national du château de Fontainebleau
Napoléon 61
Jean-Nicolas Boulanger, Gilbert-Nicolas Castel, Philippe-Jean-Baptiste Huguet, Philippe-Louis
Minot
Nécessaire de voyage aux armes de la maréchale Soult duchesse de Dalmatie
1812
argent doré, bronze, cuivre, porcelaine, cristal, maroquin, ivoire, acajou, écaille
Paris, fondation Napoléon
Louis-François Aubry
Boîte au portrait de Jérôme Bonaparte
vers 1804
or, diamants, ivoire
Paris, fondation Napoléon
Daniel Saint
Boîte au portrait de Joséphine
vers 1805-1810
or, émail, ivoire
Paris, fondation Napoléon
Antonio Berini
Boîte au profil du prince Eugène
1819-1838
camée, agate, or, écaille, cristal
Paris, fondation Napoléon
Daniel Saint
Boîte au portrait de Louis Bonaparte, roi de Hollande
premier Empire
ivoire, or, émail
Paris, fondation Napoléon
Jean-Baptiste Isabey
Boîte au portrait de Napoléon
entre 1806 et 1810
or, émail, ivoire
Paris, fondation Napoléon
Salvatore Nasti
Boîte au portrait de Joachim Murat, roi de Naples
1815
or, émail
Paris, fondation Napoléon
62 Napoléon
Manufacture de Dihl et Guérhard
Paire de vases
vers 1805
porcelaine dure, bronze doré
Paris, fondation Napoléon
Jacob Frères
Deux fauteuils et deux chaises du château de Fontainebleau
entre 1796 et 1803
acajou, ébène, étain
Paris, fondation Napoléon
François-Joseph Bosio
Hortense de Beauharnais, reine de Hollande
vers 1808
marbre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Joseph Chinard
Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie, duc de Leuchtenberg (1781-1824)
1806
marbre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Georges Rouget
Mariage de Napoléon Ier et de Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine, le 2 avril 1810
1810
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Jean-Ernest-Auguste Getting
Berline du cortège du mariage de Napoléon Ier dite « La Victoire »
Vers 1804
bois peint et doré, bronze ciselé et doré, cuir, textiles, verre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
François Gérard
Marie-Louise, impératrice des Français et le roi de Rome
1813
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Napoléon 63
« Thomire-Duterme et Cie », fabricants de bronzes et doreurs
Berceau du roi de Rome aux Tuileries
1811
racine d’orme, bronze doré, garniture textile (restituée)
Fontainebleau, musée national du château de Fontainebleau
François Gérard
Marie Walewska (1789-1817)
vers 1810
huile sur toile, cadre en bois doré
Paris, musée de l’Armée
Commode
acajou, bronze doré et patiné, marbre vert de mer
Fontainebleau, musée national du château de Fontainebleau
Poupard, Paris
Chapeau porté par Napoléon lors de la campagne de Russie
1804-1815
feutre, soie
Paris, musée de l’Armée
64 Napoléon
Lejeune (?), tailleur à Paris
Redingote grise de l’Empereur
1804-1815
drap de laine, soie (doublure intérieure)
Fontainebleau, musée national du château de Fontainebleau, musée Napoléon Ier
Poussin (tapissier)
Bivouac de l’Empereur Napoléon Ier, modèle de 1808
première moitié du 19e siècle
coutil rayé bleu, indienne
Paris, Mobilier national
Marie-Jean Desouches
Lit pliant de campagne de Napoléon
premier Empire
métal
Paris, Mobilier national
Attr. à Jacob-Desmalter
Chaise pliante du mobilier de campagne de Napoléon
Empire
hêtre et maroquin vert
Paris, Mobilier national
Jacob-Desmalter
Table pliante
début du 19e siècle
noyer et peuplier
Paris, Mobilier national
Louis-François Lejeune
Bivouac de Napoléon à la vielle de la bataille d’Austerlitz, 1er décembre 1805
1808
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
James Chapman
Longue-vue utilisée par Bonaparte à la bataille des Pyramides
vers 1798
bois, laiton, verre
Paris, musée de l’Armée
Martin-Guillaume Biennais
Nécessaire de porte-manteau de Napoléon
1804-1815
acajou, vermeil, cuivre, argent, écaille
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Napoléon 65
Règle, pointe sèche et compas
18e siècle
ivoire, argent
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Sabre d’officier
1799-1804
ivoire, acier, laiton, doré, gravé, bleui, ciselé
Paris, musée de l’Armée
66 Napoléon
Caisson à munitions de campagne, système Gribeauval
vers 1804-1815
bois, fer
Paris, musée de l’Armée
Napoléon 67
19. Régiment d’infanterie du royaume de Saxe
20. Régiment d’infanterie du royaume de Westphalie
21. Chasseurs à pied du royaume de Wurtemberg
22. Régiment d’infanterie du royaume de Prusse
23. Régiment de hussards du royaume d’Italie
24. Légion d’infanterie portugaise
25. Régiment d’infanterie issu des provinces illyriennes
26. Bataillon d’infanterie de Neufchâtel
Charles Thévenin
Napoléon Ier recevant la soumission d’Ulm, le 20 octobre 1805
1806-1815
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Charles Meynier
Napoléon Ier parcourant le champ de bataille d’Eylau, le 9 février 1807
1807
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Charles Thévenin
Attaque et prise de Ratisbonne, le 21 avril 1809
1810
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Lorenzo Bartolini
Napoléon Ier empereur des Français et roi d’Italie
vers 1805
marbre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
68 Napoléon
Pierre Cartellier
Louis Bonaparte, roi de Hollande
1808
marbre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Lorenzo Bartolini
Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie
1809
marbre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Lorenzo Bartoloni
Élisa Bonaparte, grande-duchesse de Toscane
1810
marbre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Henri-Frédéric Iselin
Joachim Murat, roi de Naples
1853
marbre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Giovanni-Battista Comolli
Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie, duc de Leuchtenberg (1781-1824)
1809
marbre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Louis-François Lejeune
Prise du monastère de San Engracia à Saragosse, le 8 février 1809
1827
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
François-Joseph Heim
Défense du château de Burgos, octobre 1812
1814
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Louis-François Lejeune
Bataille de la Moskowa, le 7 septembre 1812
1822
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, MV 6860
Napoléon 69
Antoine-Denis Chaudet, sculpteur
Pierre-Philippe Thomire, fondeur
Aigle percée de deux biscaïens dite « aigle blessée »
1812
bronze doré
Paris, musée de l’Armée
Robert Lefèvre
Louis XVIII, roi de France (1755-1824)
1816
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Ambroise-Louis Garneray
Retour de Napoléon de l’île d’Elbe, le 1er mars 1815
1837
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Clément-Auguste Andrieux
Bataille de Waterloo, le 18 juin 1815
1852
huile sur toile
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
70 Napoléon
Table de l’abdication à l’Élysée dans le boudoir d’argent
Empire
bois peint, rechampi blanc et argent
Paris, Mobilier national, dépôt au Palais de l’Élysée
Oscar Rex
« Adieu ma belle France »
vers 1900
huile sur panneau
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Francesco Antommarchi
Masque mortuaire de Napoléon
1821
moulage en plâtre
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau
Vincenzo Vela
Les derniers moments de Napoléon Ier à Sainte-Hélène
1866
marbre
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Napoléon 71
catalogue de l’exposition
éditions de la Rmn - Grand Palais, Paris, 2021
17 × 24 cm
272 pages
200 illustrations
25 €
parution : 12 avril 2021
en vente dans toutes les librairies
et sur https://www.boutiquesdemusees.fr/fr/boutique/musees/grand-palais/
sommaire
préfaces institutionnelles
couverture provisoire
introduction par Jean Tulard
II. Le soldat de la Révolution. La première campagne d’Italie et la campagne d’Égypte : 1796 – 1799
introduction par Arthur Chevallier
IV. L’Empereur : son sacre et le faste de sa cour. Un « empereur de 1789 » : 2 décembre 1804
introduction par Arthur Chevallier
72 Napoléon
V. L’Empereur, les impératrices, le roi de Rome. Dans l’intimité amoureuse de l’Empereur.
introduction par Arthur Chevallier
VII. Le conquérant de l’Europe. Les Bonaparte, une famille souveraine : 1805 – 1810
Introduction par Arthur Chevallier
Du clan au système : la place et le rôle des frères et sœurs de l’Empereur par Vincent Haegele
Napoléon cible des caricaturistes européens par Christophe Beyeler
- Bartolini, Buste en marbre de Napoléon roi d’Italie, Versailles (Lionel Arsac)
VIII. L’Empereur déchu. De l’île d’Elbe à Waterloo, le déclin et les Cent-Jours : 1808 – 1815
introduction par Arthur Chevallier
annexes
- liste des œuvres avec pavés techniques complets et tenant compte des œuvres exposées mais non
reproduites au catalogue, soit 150 œuvres disposant d’un « cartel »
- bibliographie
Napoléon 73
journal de l’exposition
Napoléon
auteur : Xavier Mauduit
Éditions de la Réunion Journal de l’exposition par
6€
des Musée Nationaux — Grand Palais
Xavier Mauduit
28 × 43 cm
24 pages
40 illustrations
6€
parution : 14 avril 2021
Xavier Mauduit est historien. Animateur de télévision et de radio, il travaille pour Arte (28 minutes
depuis 2015) et pour France Culture où il présente une émission quotidienne sur les usages politiques
et sociaux du passé. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels L’Art au service du
pouvoir : Napoléon Ier-Napoléon III (Perrin, 2018), Notre histoire en couleurs (Les Arènes, 2019) et plus
récemment une Histoire de Napoléon cuisiné à la sauce Lavisse, sans grumeaux mais avec des gros
mots – une « petite potacherie », selon les mots de l’auteur, destinée à réviser avec sérieux l’histoire
napoléonienne…
74 Napoléon
autres publications
Découvrir l’ascension fulgurante de Napoléon Bonaparte, son esprit de famille, ses amours, sa soif
de conquête comme de pouvoir et, bien sûr, son allure reconnaissable entre toutes. Les enfants
verront comment son ambition a bouleversé le visage de la France. Ils ouvriront ce livre et voyageront
aux côtés de Napoléon au cœur de l’Empire. À travers des jeux, des œuvres et des anecdotes,
cette collection les emmènera à la découverte des plus grandes histoires de l’Histoire de l’Art !
CHÂTEAU / DOMAINE
Napoléon à Versailles LE GUIDE
COLLECTIONS
OFFICIEL
Completely restored a fe
Trianon now unveils its m
NAPOLÉON
of the service quarters; t
makes way for the rustic
À VERSAILLES
in chief features complet
of the rooms of the Petit
175 illustrations —
spaces. It invites the read
that bear witness to the a
Antoinette and the princ
18 €
parution : 14 avril 2021 19 €
ISBN 978-2-85495-651-1
-:HSMIPE=^Z[ZVV:
Couverture: La galerie des Glaces
Quatrième de couverture :
Le bassin de Latone
Versailles conserve encore aujourd’hui la première collection française d’œuvres du Premier Empire,
peintures et sculptures pour l’essentiel commandées par l’Empereur lui-même.
Ce guide s’articule en deux parties, l’une consacrée aux projets de Napoléon et à la visite des
Trianons et du Hameau de la Reine ; l’autre aux collections des Galeries historiques, depuis la salle
du Sacre jusqu’au musée des Carrosses.
Napoléon 75
sites internet
site internet de l’exposition
expo-napoleon.fr
Il présente le parcours de l’exposition, les visites guidées et ateliers, l’application, l’audioguide, les
différents types de billets, les actualités et articles thématiques sous forme de magazines. Certains
contenus sont relayés sur le site grandpalais.fr.
Conçu par la Rmn - GP en coproduction avec la Direction générale des patrimoines du ministère de
la Culture et de la Communication et disponible en ligne gratuitement depuis 2001, le site l’Histoire
par l’image s’adresse à tous, familles, enseignants, élèves, mais également à tous les curieux,
amateurs d’art et d’histoire. Il regroupe aujourd’hui 1 530 articles et bientôt 3 000 images. Avec 3,8
millions de visiteurs annuels, il est un des sites de ressources incontournables en histoire et en
histoire de l’art.
hors-série de Napoléon
https://histoire-image.org/fr/hors-series/napoleon-bonaparte
87 analyses d’images publiées depuis la création du site sont regroupées et classées de façon
thématique. Du général de la République à la chute de l’Empereur, des relations avec l’Église aux
grandes batailles, ce hors-série entend éclairer cette figure incontournable de l’histoire de France.
panorama de l’art
https://www.panoramadelart.com/
Ouvert en décembre 2011, le site Panorama de l’art s’adresse aussi bien aux enseignants qu’à
leurs élèves et couvre l’ensemble de l’histoire des arts, depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours.
Chaque notice propose une analyse sur une œuvre (peinture, sculpture, architecture, tapisserie,
vitrail, arts décoratifs…). Illustrés par des centaines d’images de grande qualité, les contenus sont
rédigés par des conférenciers de la Rmn - GP, historiens de l’art et archéologues confirmés, avec la
volonté de rendre l’art accessible à tous.
76 Napoléon
programmation culturelle
Napoléon 77
activités pédagogiques
offres pour les visiteurs
Les ateliers peuvent être associés à une visite de l’exposition en famille, les mercredis et les samedis avec
ou sans conférencier (le dimanche uniquement sans conférencier). Accessibles sans visite préalable de
l’exposition.
- ouverture des ventes à partir du 15 mars
78 Napoléon
Stop motion Napoléon – arts visuels (à partir de 7 ans)
Sur une tablette numérique, les réalisateurs en herbe animent des saynètes de l’épopée napoléonienne
avec des figurines en Playmobil® en pratiquant la technique du stop motion « image par image ».
- durée : 2h
- les samedis et mercredis à 15h30 et dimanches à 11h30
informations et réservation
lavillette.com, achat en ligne et possibilité d’imprimer à domicile
01 40 03 75 75, du lundi au samedi de 11h à 19h
- les enfants de moins de 6 ans doivent être impérativement accompagnés d’un adulte.
- le point de rendez-vous des ateliers : Folie information-billetterie (lien vers le plan villette.com)
tarifs ateliers
ateliers Villette : retrait des billets et rendez-vous à la folie information-billetterie
- plein tarif 11 € / abonnés, adhérents Villette 8 €
- les parents sont les bienvenus gratuitement aux ateliers (2 adultes maximum par enfant).
week-end thématique
Little Napoleon
samedi 17 et dimanche 18 avril 2021 de 14h30 à 18h30
Lors de ce week-end d’ouverture le public peut participer gratuitement aux ateliers créés spécialement
en lien avec l’exposition. Il peut animer des scénettes de la vie de Napoléon en stop motion, poser à
la manière ”en-pire”, fabriquer des jeux inspirés de tableaux célèbres, écouter les pensées de Vizir,
son fidèle cheval et réaliser un herbier avec des plantes que Joséphine aimait.
Il peut aussi rêver devant les dioramas reconstitués en Playmobil® dans le cabinet de curiosités et
repartir avec votre P’tite Légion d’Honneur après avoir expérimenté différentes facettes de sa vie
d’empereur dans l’espace Mon P’tit Bivouac.
- gratuit
- accès dans la limite des places disponibles
Entrée gratuite pour les visiteurs individuels en situation de handicap sur présentation d’une carte
d’invalidité (carte CMI ou MDPH orange ou COTOREP ou assimilée si étranger) ainsi que pour
l’accompagnateur.
Napoléon 79
visite audiodécrite avec conférencier à l’attention des déficients visuels
Confortablement installé dans une salle, les visiteurs découvrent le récit d’un destin exceptionnel
à travers une sélection d’œuvres traduites sous forme de planches en relief. Les commentaires du
conférencier les éclairent sur le parcours d’un homme qui est devenu en moins de 15 ans le maître
de l’Europe.
- durée : 2h (1h en salle, puis 1h dans l’exposition environ)
- tarif : personne titulaire d’une carte d’invalidité : 10 € / accompagnant : gratuit
- dates : mardi 15 juin de 14h à 16h
- modalités : réservation obligatoire sur [email protected]
ma p’tite expédition
Prenant le relai pour les 7-11 ans, un parcours favorisant la découverte autonome de l’exposition,
grâce à une série de défis.
Entre charades et énigmes, les jeunes visiteurs découvrent l’exposition par le jeu.
Les figurines accueillent à l’entrée de chaque section les jeunes explorateurs qui rencontrent un
nouveau défi. La réponse se trouve forcément dans l’une des œuvres de la salle, mais laquelle
? Observation, logique et humour sont les rouages bien huilés de cette petite expédition sur les
traces de Napoléon.
L’adulte accompagnant peut suivre le parcours, si nécessaire, sur expo-napoleon.fr pour suivre le
parcours, si nécessaire.
80 Napoléon
visite avec droit de parole
(pour les encadrants souhaitant intervenir auprès de leurs groupes pendant la visite)
Le public peut équiper son groupe d’un audiophone facultatif qui lui permette de prendre la parole, le
dossier pédagogique peut l’aider à préparer sa visite.
visite de l’exposition en toute liberté, à son rythme en bénéficiant d’un équipement micro et audiophones.
- limite : 30 participants maximum, accompagnateurs compris, sur réservation obligatoire dans la
limite des créneaux disponibles (il est vivement recommandé de nous contacter le plus tôt possible).
- durée : 1h30
- tarif par paliers de 10 participants : 1 à 10 : 40 € / 11 à 20 : 80 € / 21 à 30 : 120 €
visite libre (avec ou sans audiophone)
visite de l’exposition en toute liberté, à son rythme.
attention, sans audiophone, la prise de parole n’est pas possible au sein de l’exposition.
- limite : 30 participants maximum, accompagnateurs compris, sur réservation obligatoire dans la
limite des créneaux disponibles (il est vivement recommandé de nous contacter le plus tôt possible).
- durée : 1h30
- tarif par paliers de 10 participants : 1 à 10 : 30 € / 11 à 20 : 60 € / 21 à 30 : 90 €
ateliers
Les ateliers sont prévus pour un groupe classe, sur réservation obligatoire dans la limite des créneaux
disponibles (il est vivement recommandé de nous contacter le plus tôt possible).
L’offre des ateliers est accessible sans visite préalable de l’exposition.
Napoléon 81
informations et réservation groupes
lisite guidée en vente exclusivement sur expo-napoleon.fr
visite libre et ateliers en vente sur [email protected]
ateliers Villette en vente exclusivement sur [email protected] - lavillette.com
offre pédagogique
présentation de l’offre pédagogique
- relais scolaires et périscolaires : le mercredi 10 février de 14h à 16h en visioconférence (un lien de
connexion vous sera communiqué après confirmation de votre inscription).
- relais champ social et handicap : le jeudi 18 février de 15h à 17h au Grand Palais
inscriptions en ligne via le site expo-napoleon.fr
dossier pédagogique
à venir – avril 2021
livret FALC
Afin de rendre accessibles ses expositions, la Rmn-Grand Palais conçoit des livrets rédigés en français
FAcile à Lire et à Comprendre (FALC) une méthodologie inclusive. Labélisés, ils sont destinés à
tous ceux qui souhaitent avoir une approche simplifiée de l’exposition. Leur format est également
accessible aux déficients visuels grâce à des balises intégrées au document.
expo-napoleon.fr
82 Napoléon
mon p’tit bivouac
sous réserve selon les mesures sanitaires en vigueur à cette date
Après avoir découvert l’exposition et ses œuvres d’art, les enfants expérimentent en autonomie un espace
ludique et pédagogique pensé pour eux.
Libres de circuler d’un coin calme pour feuilleter un livre sur l’Empereur à un mur de coloriage sur la
Campagne d’Égypte, d’échanger avec d’autres enfants autour du bar à jeux inspiré des chefs œuvres de
l’exposition ou de se déguiser individuellement en mimant des portraits célèbres, les petits participants se
racontent leur histoire en s’inspirant de l’Histoire.
Il s’agit d’une première dans les grandes expositions qui servira de test pour développer l’éducation artistique
et culturelle.
D’environ 150m2, et scénographié spécifiquement par le même scénographe que celui de l’exposition, il
comportera plusieurs dispositifs ludo-pédagogiques.
Un facilitateur sera présent dans l’espace afin d’accompagner les enfants et leurs familles. Mais l’objectif est
que les plus jeunes circulent d’un dispositif à l’autre librement.
Napoléon 83
manifesto
espace en ligne
Quelle place la figure de Napoléon occupe-t-elle aujourd’hui dans la société française, entre mémoire
et histoire ? Comment les jeunes générations la perçoivent-elle ? Comment la comparent-ils à
celles d’autres leaders politiques historiques ? Au-delà des frontières, que représente désormais
ce personnage dans les imaginaires culturels nationaux des pays qui furent ses ennemis, et parmi
ceux qui composaient son Empire ? Comment, au fil du temps, Napoléon s’est-il retrouvé représenté
dans tous les domaines de la création, que ce soit en littérature, au cinéma, dans la musique, l’art
contemporain, la bande dessinée et même les jeux vidéos ? Bref, comment penser Napoléon en
2021 ? Notamment en donnant la parole, au-delà des seuls historiens et historiens de l’art, à des
chercheuses et chercheurs issus de nombreuses disciplines des sciences humaines et sociales, des
juristes, des géographes, des politistes ou des philosophes !
Manifesto, espace en ligne hébergé sur le site expo-napoleon.fr, dont la curation est confiée à A.O.C.
(Analyse Opinion Critique – le quotidien d’idées dirigé par Sylvain Bourmeau), proposera dès le mois
d’avril un ensemble d’articles pour tenter de répondre aux questions que suscitent inévitablement ce
personnage mythique et controversé...
84 Napoléon
informations pratiques
horaires
tous les jours de 10h à 19h
tarifs
20 €, Tarif Réduit 15 € (8 - 25 ans)
tarif réduit
- visiteurs invalides civils (avec un accompagnateur) sur présentation d’une carte d’invalidité - Taux
d’incapacité > 80% (CMI mention ”invalidité”, carte MDPH orange, COTOREP ou assimilée si étranger)
- demandeurs d’emploi, sur présentation de l’Attestation d’allocations ou carte Pôle Emploi de moins
de 6 mois
entrée gratuite
- pour les moins de 8 ans
- pour les personnes bénéficiant du RSA sur présentation d’un justificatif (attestation CAF de moins
de 3 mois), de l’ASS (attestation du Pôle Emploi de moins de 6 mois) ou les titulaires du minimum
vieillesse (attestation ASPA de moins de 3 mois).
accès
métro ligne 5 «Porte de Pantin»
tramway 3b «Porte de Pantin»
bus 75, 151 «Porte de Pantin»
parking sud «Cité de la Musique»
audioguides
en location sur place
6€
adultes : français / anglais / espagnol
enfants : français / anglais
déficients visuels : audiodescription en français + (si les conditions sanitaires l’autorisent) carnets
tactiles à retirer au comptoir audioguides
Napoléon 85
application mobile de l’exposition
version française uniquement, sauf pour les audioguides à l’intérieur
à télécharger gratuitement sur l’App Store et Google Play
toutes les informations nécessaires à la visite (informations pratiques, accès à la billetterie, visites-
guidées et ateliers, boutique en ligne…) ; une présentation de l’exposition ; un parcours chronologique
: « l’exposition en détails » ; un parcours en audiodescription pour les personnes malvoyantes des
audioguides payants (3,49 €) à télécharger avant la visite, à utiliser pendant la visite et à conserver
après la visite :
- une version adulte (34 œuvres commentées) disponible en français, en anglais et en espagnol
- une version enfant (20 œuvres racontées) disponible en français et en anglais.
chaque œuvre y est reproduite et localisée sur le plan de l’exposition. Les commentaires sont en mode
audio et retranscrits
informations et réservations
expo-napoleon.fr
#ExpoNapoleon
86 Napoléon
visuels disponibles pour la presse
autorisation de reproduction uniquement pendant la durée de l’exposition
et pour en faire le compte-rendu
Toute reproduction en couverture ou à la une devra faire l’objet d’une demande d’autorisation auprès du
service presse de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais.
No publication may use an image as a cover photo for a magazine, special insert, Sunday magazine, etc., without the prior consent of
the press office of Réunion des musées nationaux-Grand Palais
Les sites web ne peuvent reproduire les images dans une résolution supérieure à 72 dpi.
Internet use shall be restricted to low resolution images, no greater than 72 dpi.
Suite à la reproduction illégale d’images et à la mise en vente de contrefaçon, toutes les images numériques fournies devront être
détruites après utilisation spécifiée dans les conditions ci-dessus.
(25 visuels)
Antoine-Jean Gros
Napoléon Bonaparte en Premier consul
1802
Paris, musée national de la Légion d’Honneur
© Rmn - Grand Palais / Gérard Blot
Martin-Guillaume Biennais
Collier de la Légion d’honneur du maréchal Louis-
Alexandre Berthier (1753-1815) prince de Neuchâtel et
de Wagram
premier Empire
Paris, musée national de la Légion d’honneur
© musée de la Légion d’honneur
Napoléon 87
Jacques-Louis David
Bonaparte, Premier consul, franchissant le Grand-
Saint-Bernard le 20 mai 1800
1802
Versailles, musée national des châteaux de Versailles
et de Trianon
© Rmn - Grand Palais (château de Versailles) / Franck
Raux
François Gérard
Napoléon Ier, empereur des Français (1769-1821)
1808
Paris, musée du Louvre, département des Peintures,
en dépôt au musée national des châteaux de
Versailles et de Trianon
© Rmn - Grand Palais (château de Versailles) /
Franck Raux
88 Napoléon
Jean-Baptiste-Claude Odiot
François-Regnault Nitot
Nicolas-Noël Boutet
Marie-Etienne Nitot
Epée du Premier consul puis de l’Empereur, dite épée «du
sacre»
musée national du château de Fontainebleau, musée
Napoléon 1er
© Rmn - Grand Palais (château de Fontainebleau) /
Sylvie Chan-Liat
Poupard, Paris
Chapeau de l’empereur Napoléon 1er, dit de la
campagne de Russie
1804-1811
musée de l’Armée, Paris
© Paris - Musée de l’Armée, Dist. Rmn - Grand Palais
/ Christophe Chavan
Napoléon 89
Harnachement de Mamelouk
Empire ottoman
Égypte, vers 1750-1800
Paris, musée du Louvre, département des Arts de
l’Islam, en dépôt au musée de l’Armée
© Paris - musée de l’Armée, Dist. Rmn - Grand Palais
/ Emilie Cambier
Louis-François Lejeune
Bataille des Pyramides, 21 juillet 1798
1806
Versailles, musée national des châteaux de Versailles
et de Trianon
© château de Versailles, Dist. Rmn - Grand Palais /
Jean-Marc Manaï
90 Napoléon
Abbé Millot
Eléments de l’Histoire de France depuis Clovis jusqu’à
Louis XV
1783
Paris, musée de l’Armée
© Paris - musée de l’Armée, Dist. Rmn - Grand Palais /
Pascal Segrette
François Gérard
Marie Walewska (1789-1817)
vers 1810
musée de l’Armée, Paris
© Paris - musée de l’Armée, Dist. Rmn - Grand Palais /
Philippe Sébert
Poussin (tapissier)
Bivouac de l’Empereur Napoléon Ier, modèle de 1808
première moitié du 19e siècle
Coutil rayé bleu, indienne
Paris, Mobilier national
© Mobilier national, photo Isabelle Bideau
Francesco Antommarchi
Masque mortuaire de Napoléon
1821
musée national des châteaux de Malmaison et Bois-
Préau, Rueil-Malmaison
© Rmn - Grand Palais (musée des
châteaux de Malmaison et de Bois-Préau) /
André Martin
Napoléon 91
Mannequin de trompette du régiment des Dromadaires
1799
Paris, musée de l’Armée
© Paris - Musée de l’Armée, Dist. Rmn - Grand Palais /
Pascal Segrette
Vincenzo Vela
Les derniers moments de Napoléon Ier à Sainte-Hélène
(1)
1866
Versailles, musée national des châteaux de Versailles
et de Trianon
© château de Versailles, Dist. Rmn - Grand Palais /
Christophe Fouin
Vincenzo Vela
Les derniers moments de Napoléon Ier à Sainte-Hélène
(2)
1866
Versailles, musée national des châteaux de Versailles
et de Trianon
© château de Versailles, Dist. Rmn - Grand Palais /
Christophe Fouin
92 Napoléon
Jean-François Chalgrin (dessin) / François-Honoré
Jacob-Desmalter (réalisation)
Trône de l’Empereur Napoléon 1er Bonaparte
1804-1805
Sénat de la République française
© Sénat, G. Butet
Antoine-Jean Gros
Bonaparte au pont d’Arcole
1796
huile sur toile
Paris, musée du Louvre, département des Peintures,
en dépôt au musée national des châteaux de Versailles
et de Trianon
© RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck
Raux
Napoléon 93
Oscar Rex
« Adieu ma belle France »
vers 1900
huile sur panneau
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison
et Bois-Préau
© RMN-Grand Palais (musée des châteaux de Malmaison et
de Bois-Préau) / Gérard Blot
affiche de l’exposition
Jacques-Louis David
Bonaparte, Premier consul, franchissant le Grand-Saint-
Bernard, le 20 mai 1800 (détail), 1802
Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de
Trianon
© Rmn - Grand Palais / Franck Raux
94 Napoléon