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Réforme Fiscale au Maroc

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Master finance et gouvernance des organisations

Module : gestion fiscale des entreprises

Réalisé par : Mouloud Loubna Encadré par :

Rayouss Hafsa Mr. Youness ETTAHRI

Saber Radia

Saaidi Akram

2019/2020

1
Table de matières

Introduction : …………………………………………………………………3

Chapitre1 : présentation générale du système fiscale Marocain :………….5


Séction1 : Aperçu historique sur le système fiscal marocain…………………………6

1- Le régime fiscal avant le protectorat……………………………………….6


2- Le régime fiscal pendant le protectorat……………………………………6
3- Le régime fiscal au lendemain de l’indépendance…………………...……7
4- Le système fiscal moderne…………………………………………...……7

Section 2 : les sources de la loi fiscale et les principaux impôts constitutifs du


système fiscal marocain :………………………………………………….8

1- les sources des lois de la fiscalité marocaine :………………………….8


2- cadre général des impôts constitutifs du système fiscal marocain……..9

Chapitre2 : l’analyse des recettes et des dépenses au Maroc :……………..11


Section1 : les recettes fiscales au Maroc………………….…………………………11

1- les impôts directs………………………………………………………….11


2- les impôts indirects………………………………………………………..14

Section2 : les dépenses fiscales au Maroc …………..…………………………...…..15

Chapitre3 : les principaux axes de la réforme fiscale au Maroc :…………17

Section 1 : Cadre pratique de la réforme fiscale…………………………17


1- la réforme de la loi organique relative à la loi de finances: ………………….…18
2- la réforme du système de compensation: …………………………………….…18
3- Une réforme des finances locales en perspective de la régionalisation avancée:....18

Section2 : Ambitions de la refonte du système fiscal marocain…..……..19


Conclusion :……………………………………………………………...…….20

Références :………………………………………………………………...….21

2
Introduction :

Le défi du développement social et économique, de réduction de la pauvreté et


de réalisation du bien être social laisse les Etats en recherche continue de
politiques de gouvernance économique et financière adéquates, capables de mobiliser
des ressources nationales.
La fiscalité est un outil fort à la disposition des puissances publiques, surtout dans
les pays en voie de développement, pour orienter la politique économique vers la
réalisation de la croissance et le progrès économique et social.
La recherche de systèmes fiscaux adéquats aux structures économiques et
sociales des pays est une préoccupation pour répondre aux objectifs de compétitivité
(attractivité du pays par sa fiscalité), d’équité (acceptation sociale) et d’efficacité
(générer des ressources pour fonctionner).
C’est dans un contexte de crise des finances publiques que le Maroc a
connu sa principale réforme fiscale. C’est une loi cadre, promulguée en 1984, qui a
fixé le cadre général de cette réforme. Celle-ci s’est déployée progressivement sur
plusieurs années et s’est traduite par l’introduction des principaux impôts actuels.

Les premières assises de la fiscalité de l’année 1999, ont permis de mener la


réflexion sur les mécanismes permettant la simplification, l’efficacité et
l’harmonisation du système fiscal. Depuis, plusieurs mesures ont été introduites
par les lois de finances entre 2000 et 2010 (la mise à niveau des textes fiscaux
99- 2003, la réforme de la TVA en 2005, l’édition du code général des impôts
en 2007, la réforme de l’IS en 2008, la réforme de l’IR en 2010, etc.).
Ces réaménagements ont permis au Maroc de se doter d’un système fiscal
comportant les caractéristiques d’une fiscalité moderne mais sans pour autant
atteindre les objectifs assignés à savoir l’équité sociale et l’efficacité économique.

Une analyse du système fiscal passe par une meilleure compréhension de ses
structures et par l’identification des différents impôts qui représentent en termes
de recettes les piliers du système. Selon le rapport économique et financier 2011, la
TVA à elle seule, représente 39% des recettes fiscales suivie de l’IS avec 22%
des recettes et l’IR avec 15%. Ces trois impôts cumulés représentent 76% des
recettes fiscales totales. Vu l’importance de ce triptyque, nous allons y focaliser en
grande partie notre analyse afin d’évaluer l’impact des recettes fiscales sur le
développement économique en général et sur l’équité sociale en particulier.
Notre propos est de contribuer à mettre la lumière sur le meilleur dosage à

3
opérer entre recettes fiscales et dépenses fiscales d’une part et entre fiscalité
directe et fiscalité indirecte d’autre part afin d’optimiser la variable fiscale et lui
permettre de jouer pleinement le rôle qui lui est attribué.
Pour ce faire, notre communication s’articulera autour des points
suivants : nous commencerons par un aperçu historique sur le système fiscal
marocain, les sources de la loi fiscale et les principaux impôts constitutifs de ce
système pour ensuite analyser les recettes et les dépenses fiscales. Nous finirons
par une présentation des principaux axes de la réforme fiscale au Maroc.

4
Chapitre1 : présentation générale du système fiscale Marocain :

Section1 : Aperçu historique sur le système fiscal marocain


Les institutions fiscales de l’état marocain, et les règles juridiques qui régissent le
domaine des finances publiques sont le résultat d’une longue évolution historique. Cette
évolution peut être subdivisée en quatre phases ayant marqué le système fiscal marocain :

• Avant le protectorat ;
• Pendant le protectorat ;
• Après le protectorat ;
• A l’étape actuelle.

1-1-La fiscalité marocaine avant le protectorat :

Dès le VIII siècle de l’ère chrétienne, après la conquête du Maroc par MOUSSA IBN
NOCEIR, différentes sortes de contributions apparaissent dans ce pays tirées de la religion
musulmane. Ces contributions sont subdivisées en deux sortes : directes et indirectes.

-Les contributions directes : Ces contributions ont deux origines :

 Les contributions d’essence religieuse directement du Coran : Le coran qui a institué la


ZAKAT n’a fixé cependant aucune règle de perception. Ce sont les gouvernements qui
appliquent suivant les besoins du moment, la loi de base et décident de la forme du
prélèvement. Seules sont imposables les terres productives : la Zakat des récoltes devient
d’une façon générale l’ « ACHOUR » des récoltes et des fruits. L’exemption de prélèvement
sur les petites fortunes s’impose. De ce fait, la loi établit un minimum imposable (Nicab) en
deçà duquel la richesse n’est, plus taxée.

Les taux d’imposition applicable à l’époque :

• L’or et l’argent sont imposables à 2,5% ;

• Les chameaux 2,17 et 1,5% ;

• Les moutons 2,5 à 1%.

 Les contributions de souveraineté : Les conquêtes de plus en plus fréquentes allant


faire entrer dans la mouvance du peuple arabe d’autres peuples qu’il apparaît logique de
faire participer aux dépenses publiques. Deux nouvelles taxes apparurent : la Djezya et le
Kharaj.

5
Parmi les autres impôts plus ou moins à caractère direct, il convient de citer :

• La HARKA : Le contingent demandé à une tribu par le sultan lorsqu’il voulait


entreprendre une exploitation ;

• La Mouna et la Soukhra : Les fournitures de vivre aux armées du sultan ou des


commissions remises par la tribu aux fonctionnaires qui séjournent sur son territoire pour
quelque motif que ce soit ;

• La Ghorama : La conséquence financière d’un dommage causé par un membre d’une tribu.
Elle découle du principe de la responsabilité collective ;

• La Dheira : L’amende infligée à un coupable au profit du caïd pour son propre usage.

-Les contributions indirectes :

1. Les impôts dits commerciaux : Il s’agit des taxes relatifs aux transactions commerciales
tel que :

• Les droits de marché ;

• Les droits de régie ;

• Les droits de porte.

2. Les droits de douane :

Depuis le 16ème siècle, les rapports entre le Maroc et l’Europe ne cessent de se


développer. De ce fait, de nombreux traités avaient été conclus. Dans tous ces traités, on note
l’existence d’un droit à l’importation de 10% ad valorem, les droits de sortie variaient suivant
les situations. A l’époque, ces droits constituaient la principale ressource du trésor marocain.

1-2- La fiscalité marocaine pendant le protectorat :


Cette période s’était caractérisée par la réforme du système fiscale suite à la détérioration
progressive des finances du Maroc et à l’aggravation de son endettement. Cette réforme
s’était manifestée par la conservation de certains impôts, la modification, la création et
l’annulation d’autres :

• La conservation : les droits de porte, les droits de marché, les droits de marché, les droits
de douane ;

6
• La modification : la zakat et l’achour ont été remplacés par « le Tertib » ;

• La création : la France avait créé la taxe de transaction, la patente, la taxe urbaine, l’impôt
sur le bénéfice professionnel, le PTS…

• L’annulation : la France a annulé les impôts de souveraineté.

1-3- la fiscalité marocaine après le protectorat :

Cette période s’était caractérisée sur le plan fiscal, par des aménagements et des
réformes dont voici les principales :

• La taxe urbaine et le PTS ont subi des modifications légères ;

• La patente et l’IBP ont fait l’objet d’aménagement ayant porté sur le taux et des
modifications dans le calcul ;

• La taxe sur les produits et les services a été remplacée par la taxe sur les transactions ;

• Le Tertib a été remplacé par l’impôt agricole.

1-4- La fiscalité marocaine à l’étape actuelle :

Le Maroc a connu ressemant une importante réforme fiscale structurelle qui consiste en
l’institution d’une fiscalité moderne, plus simple et plus efficace sur les plans économique et
financier.

Cette réforme, dont les principes ont été énoncés par la loi-cadre du 23 Avril 1984, s’est fixée
pour principaux objectifs :

 La suppression du système qui assure d’une part une meilleure répartition de la charge fiscale
et un élargissement de l’assiette et la réduction des taxes, et d’autre part un renforcement des
garanties que la loi accorde aux contribuables ;
 Le remplacement de la taxe sur les produits et les services par la taxe sur la valeur ajoutée ;
 La suppression des impôts catégoriels appliqués par nature de revenu et leur remplacement
par l’impôt sur les sociétés (IS) et l’impôt sur les revenus (IGR).

7
Section2 : les sources de la loi fiscale et les principaux impôts constitutifs du
système fiscal marocain :

2-1- les sources des lois de la fiscalité marocaine :

La fiscalité marocaine tire ses lois de plusieurs sources notamment :


• La constitution : c’est la loi suprême qui contient des dispositions intéressant les
fondements de l’obligation fiscale et l’autorité compétente pour l’établir ;

• La loi des finances : conformément à l’article 49 de la constitution, la chambre des


représentants vote la loi de finances dans les conditions prévues par le dahir portant loi
organique des finances. Ainsi, cette loi de finances prévoit et autorise, pour chaque année
civile, l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat que seules les lois de finances dites «
rectificatives » peuvent en cours d’année modifier ;
• La loi rectificative : Généralement, on a recours à cette loi lorsque l’évaluation de la
conjoncture, en égard aux prévisions, rend nécessaire une réévaluation et une actualisation des
objectifs en matière de recettes et de dépenses ;
• La jurisprudence : Les contribuables qui ne sont pas satisfaits d’une décision prise à leur
encontre par l’administration ont le droit de contester la légalité de cette décision devant les
tribunaux ;
• La doctrine administrative : Ce sont l’ensemble des opinions émises par les auteurs sur
les problèmes juridiques. Elle s’exprime par des écrits qui peuvent prendre des formes très
diverses tel que les chroniques ou les notes d’arrêt, les articles manuels, les traités …
• Les sources internationales : Inspiré de la législation française, le système fiscal
marocain prend place dans un cadre national et c’est ainsi que la Maroc a pu passer, avec bien
d’autres pays étrangers, des conventions fiscales de réciprocité tendant à éliminer les doubles
impositions ;
• Les circulaires : Ce sont l’ensemble des commentaires formulés par l’administration à
propos des textes législatifs et réglementaires. Ces commentaires sont rédigés dans le but
d’interpréter le contenu des dispositions fiscales.

8
2-2- cadre général des impôts constitutifs du système fiscal marocain.

Suite aux réformes menées dans les années 80, le système fiscal marocain, en reposant
sur des objectifs de simplicité, d’efficacité et d’équité, s’est doté d’une architecture
d’imposition semblable dans sa globalité à celle du monde occidental. Il repose
fondamentalement sur trois grands impôts à savoir la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en
1986, l’impôt sur les sociétés (IS) en 1988 et l’impôt général sur le revenu (IGR) en1990
devenu IR en 2006.

Dans sa pratique, le système fiscal marocain repose sur le principe de déclaration


pour la plupart des impôts (IS, TVA, Droits d’enregistrements, etc.) et sur la retenue à la
source pour d’autres impôts plus simples à cerner (IR salarial et prélèvements sur les
placements financiers).

En tant qu’instrument économique d’incitation et d’encouragement, le système


fiscal marocain accorde plusieurs avantages fiscaux sous forme d’exonérations,
d’abattements ou d’impositions à des taux réduits.

Ces mesures, en plus qu’elles représentent un coût important se chiffrant à des dizaines
de milliards de DH, écartent le système des objectifs qui lui sont assignés. L’impôt sur le
revenu(IR) est un impôt direct, global, déclaratif et annuel calculé selon un barème progressif
(c'est-à-dire un impôt unique à taux progressif et personnalisé avec des taux libératoires pour
certains revenus).Il s’applique selon l’article 22 du code général des impôts aux revenus et
profits des personnes physiques et des sociétés des personnes physiques n’ayant pas opté pour
l’impôt sur les sociétés. Les revenus concernés sont : les revenus salariaux, les revenus
professionnels, les revenus et profits fonciers, les revenus et profits de capitaux mobiliers et
les revenus agricoles.

L’impôt sur les sociétés (IS) s’applique aux revenus et bénéfices réalisés par les
sociétés de capitaux et autres personnes morales réalisant des opérations lucratives et sur
option, à des sociétés de personnes. Le taux de l’IS est fixé à 30% depuis le 1er
Janvier 2008, exception faite des institutions financières qui sont imposées au taux
dérogatoire de 37%.

9
D’autres taux spécifiques de 8.75% , de 10% et de 17.5% s’appliquent
respectivement pour les entreprises qui exercent leurs activités dans les zones franches
d'exportation, durant les vingt (20) exercices consécutifs suivant le cinquième exercice
d’exonération totale et pour les sociétés de services ayant le statut "Casablanca Finance City"
, pour les banques offshore (sur option) durant les quinze (15) premières années consécutives
suivant la date de l’obtention de l’agrément et pour les entreprises exportatrices, hôtelières
et minières après cinq années d’exonération totale.

Ajoutons à ces taux, deux taux retenus à la source : 10 % du montant des produits des
actions, parts sociales et revenus assimilés et 20 % du montant, hors taxe sur la
valeur ajoutée, des produits de placements à revenus fixes.

Un taux de 15% a été prévu par l’article 7 de la loi de finances n° 43-10 pour
l’année budgétaire 2011 pour les sociétés réalisant un chiffre d’affaires inférieur ou
égal à trois millions (3 000 000 ) de dirhams hors taxe sur la valeur ajoutée . L’IS marocain
se caractérise par une multiplicité de taux et par de nombreuses exonérations totales ou
partielles, qui peuvent être permanentes ou temporaires, régionales ou sectorielles.

La taxe professionnelle (TP) est due par toute personne physique ou morale, de
nationalité marocaine ou étrangère, qui exerce une activité professionnelle au Maroc. Elle est
établie sur la valeur locative des locaux professionnels et des moyens de production et fait
l’objet d’une déclaration spontanée par le contribuable.

La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt indirect de consommation, déclaré et
payé à l’Etat par les entreprises mais supporté en dernier ressort par le consommateur final.

Selon l’article 87 du code général des impôts, la taxe sur la valeur ajoutée est une taxe sur
le chiffre d’affaires qui s’applique aux opérations de nature industrielle, commerciale,
artisanale ou relevant de l'exercice d'une profession libérale, accomplies au Maroc et
aux opérations d'importation.

Les activités agricoles sont exclues du champ d’application de la TVA et un


nombre important de produits de consommation intérieure sont exonérés. Le taux de droit
commun de la TVA est de 20% mais Il existe trois autres taux dits taux réduits de 7%, 10% et

10
14%. Cette multiplicité de taux et d’exonérations compromet la neutralité et l’efficacité de la
TVA.

La taxe intérieure de consommation(TIC) s’applique à un nombre restreint de biens de


consommation (produits pétroliers, alcool, sodas, tabacs, etc.). Les caractéristiques
générales de ces taxes en font un instrument pratique d'adaptation à la Variation des
besoins de financement, soit par une augmentation des taux nominaux soit par
l’élargissement de la liste des produits soumis à la taxation.

Les droits de douanes (DD) sont prélevés sur une marchandise importée lors de son
passage à la frontière. Ces droits peuvent être forfaitaires ou représenter un pourcentage du
prix. Les éléments d’assiette des droits de douane comprennent : des éléments
qualitatifs (l’espèce de marchandise) et des éléments quantitatifs (la valeur de la
marchandise et son poids).

Les droits d’enregistrement et des timbres(DET) : l’enregistrement est une


formalité à laquelle sont soumis les conventions et les actes sous seing privé ou
authentique (notarié, adulaire, hébraïque, judicaire ou extrajudiciaire) portant sur de
nombreuses opérations telles que les mutations (vente, donation ou échange portant sur
les immeubles, les meubles, les propriétés commerciales), les baux, les hypothèques, les
actifs sociaux. Les taux applicables s’échelonnent, selon la nature de l’acte, de 0,25% à
5% avec là encore de nombreuses exonérations possibles. Des droits fixés (de 100 à
300 dirhams) sont prévus pour certaines catégories d’actes.

Chapitre2 : l’analyse des recettes et des dépenses au Maroc

Section1 : les recettes fiscales au Maroc


Les recettes fiscales de l’Etat représentent près de 72 % de l’ensemble de ses recettes. Elles
sont composées d’impôts directs et indirects.

1-1-Les impôts directs :

Les impôts directs se composent de l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu, la taxe
professionnelle et la taxe d’habitation en plus des majorations et d’autres taxes directes Le
tableau ci-dessus concerne les recettes perçues, annuellement, relevant des impôts directs

11
Tableau1: Recettes des impôts directs en millions de DH

années Recettes
2000 26843
2001 28162
2002 30378
2003 33363
2004 36402
2005 43460
2006 50639
2007 60308
2008 81593
2009 71580
2010 64420
Source : Tableaux de bord des finances publiques de DEPEF Février 2010 (2000-2008) et rapports
économiques et financiers (2009-2010)

Une tendance haussière des recettes relevant des impôts directs a été enregistrée
depuis l’année 2000 avec un pic en 2008 enregistrant un taux de croissance de 35.3%. Ce
résultat se traduit principalement par le renforcement des recettes au titre de l’IR
qui ont atteint 32,9 milliards et surtout, des recettes de l’impôt sur les
sociétés (46,5 milliards) suite à l’amélioration des résultats déclarés par les
grandes entreprises, aux rentrées exceptionnelles au titre des régularisations et aux
efforts de l’Administration fiscale surtout en matière de contrôle.

En 2009, les impôts directs ont connu une chute considérable passant de 81.6milliards
de DH en 2008 à 71milliards de DH avec une évolution annuelle négative de (-
12.5%) suite au réaménagement des taux et des tranches relevant de l’impôt sur le
revenu2.

Cette évolution des recettes des impôts directs peut être aussi expliquée par un
accroissement du nombre des contribuables relevant de la catégorie de l’impôt direct et
principalement l’IS et l’IR comme le montre le tableau ci-dessous.

Tableau3 : Évolution du nombre de contribuables (2000-2010)

années IS IR Nombre total


2000 68 2371 2439
2001 71 2425 2496
2002 75.5 2556 2631.6

12
2003 88.4 2663 2751.4
2004 81.4 2809.5 2890.9
2005 85.8 2977.7 3063.5
2006 94.7 3194.9 3289.6
2007 107 3449.8 3556.8
2008 118.2 3825.8 3943.9
2009 155.6 3700.9 3856.5
2010 169.6 3976.9 4146.5
Source : Données extraites des rapports d’activité annuels de la DGI (2000-2010)

Le nombre total des contribuables est passé de 2.439.000 en 2000 à 4.146.500


en 2010, soit une croissance de 70% entre 2000 et 2010. La plus importante part
relève des contribuables de l’IR. L’analyse des deux composantes essentielles des
impôts directs à savoir l’IS et L’IR donne les interprétations suivantes :

Impôt sur les sociétés (IS) :Au titre de l’exercice 2011, les recettes de l’IS ont totalisé
40,3 milliards de DH, en hausse de 14,6% par rapport à l’exercice 2010, une analyse
des recettes fiscales durant la décennie 2001-2011, montre que l’IS est la composante
ayant connu la plus forte croissance, sa part est passée de 15,1% en 2001 à 24 ,7% en
2011 avec des pics atteignant 27,7% en 2008 et 28,1% en 2009 malgré la baisse du
taux d’imposition de 35% à 30% en 2008 . Cependant, il est à noter qu’une analyse
de la direction des études et des prévisions financières montre que 2% de la population
fiscale soumise à l’IS contribue à raison de 80% des recettes totales de l’IS. Et
seulement 10 entreprises de 277 entreprises publiques assurent un peu plus de 10,5
milliards de DH, soit 83% du total versé.

Impôt sur le revenu(IR) Les recettes de l’IR ont atteint 27,5 milliards de DH en
2011, soit une augmentation de 2,2% par rapport à 2010 mais ces recettes sont
toujours caractérisées d’une part, par la prédominance des recettes de l’IR salarial
représentant plus de 70% du total des recettes de L’IR. Le revenu professionnel (11%
des recettes de l’IR), les revenus et profits fonciers (5,4%), et les revenus et profits
des valeurs mobilières (7,5%) et d’autre part, par une disparité des taux d’imposition entre
les composantes de l’IR (un taux marginal de 38% pour le revenu salarial et des taux
allant de 10% à 20% pour les revenus de valeurs mobilières).

L’analyse de l’évolution conjointe de la part de l’IS et de l’IR dans les recettes


fiscales et dans les impôts directs montre l’existence de deux phases distinctes durant la
période 2000-2010.

Une première phase 2000 -2006 : où la part de l’IR est supérieure à celle de l’IS
expliqué par3l’intégration des impôts cédulaires dans l’IR à savoir l’impôt sur les

13
profits immobiliers, l’impôt sur le profit de cession des valeurs mobilières et
l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières .

Une deuxième phase 2007-2010 où l’IS devient supérieur à l’IR suite à la


performance des secteurs porteurs à savoir les télécommunications, Bâtiment et
Travaux Publics et secteur financier ainsi que l’augmentation de l’effectif de la
population fiscale assujettie à l’IS.

1-2-Les impôts indirects

Les recettes relevant de l’impôt indirect se composent essentiellement de la taxe sur la


valeur ajoutée (TVA) à l’intérieur et à l’importation ainsi que la taxe intérieure de
consommation (TIC).

Les recettes provenant des impôts indirects se sont établies à 93.7 milliards de
DH à fin décembre 2011 contre 86.3 milliards de DH un an auparavant,
enregistrant ainsi une augmentation de 8,1%. Cette évolution est le résultat de la hausse
des recettes de la TVA de 10,2% (TVA à l’importation : +14,8% et TVA intérieure :
+3,6%), de la TIC sur les produits énergétiques de 5,2% et de la stagnation de la TIC
sur les tabacs manufacturés (‐0,1%). Les recettes de la TVA à l’importation sur les
produits énergétiques ont augmenté de 32,4% contre 10,4% pour les recettes de la
TVA à l’importation sur les autres produits.

Source : Elaboré à partir des données du tableau de bord des finances publiques 2010 (2000-2008)
et données des rapports annuels de Bank Al Maghrib (2009-2010)

Une analyse des composantes des impôts indirects a montré qu’avant 2003, la
TVA et les taxes intérieures de consommation contribuaient à part égales au produit des
impôts indirects mais depuis, les recettes des taxes intérieures de consommation ont
connu une quasi- stagnation, par contre, les recettes de la TVA ont connu une
nette évolution, due non seulement aux mesures fiscales prises en faveur de la TVA

14
à partir de 2004 (limitation des exonérations et augmentation des taux effectifs) mais
aussi à un climat économique favorable qui a abouti à l’amélioration du revenu
national brut disponible par tête ce qui a influencé favorablement la consommation
des ménages et par conséquent la TVA à l’intérieur. Reste à savoir que la contribution au
produit de la TVA connait une forte concentration4 donnant lieu en 2009 à une part de
55,6% relevant de quatre principaux secteurs qui sont les BTP, l’agro-industriel, le
financier et le secteur des Télécoms. Et la baisse de la contribution de certains
secteurs durant la période de 2007-2009 tel que le secteur de l’hôtellerie et la restauration.

Les recettes de la TVA à l’importation ont, elles aussi, connu une


augmentation soutenue durant la dernière décennie. Leurs performances sont dues
aux exigences du développement du secteur productif national, aux importations
énergétiques et à une demande de consommation tournée de plus en plus vers
la production étrangère au détriment de la production locale.

Cette hausse des recettes de la TVA a été l’une des politiques des finances publiques
visant à renforcer les recettes de fiscalité interne pour compenser la chute des
recettes tarifaires. En effet, au titre de l’année 2011, le démantèlement tarifaire s’est
traduit par une moins-value de 11,4 milliards de DH contre 1,2 milliards en 2001, soit une
progression annuelle moyenne de 25%. Par catégorie d’Accords, 69% de ce manque
à gagner provient de l’Accord de Libre Echange avec l’Union Européenne et 19,2% de
l’Accord d’Agadir.

Cette situation peut être contestée en matière d’équité puisque la TVA


frappe la consommation et ce sont les pauvres qui consacrent presque la totalité de
leurs revenus à la consommation, aussi le pouvoir d’achat subit une diminution par cette
taxe incorporée dans le prix ce qui pénalise la demande intérieure et influence
négativement la croissance économique.

Section2 : analyse des dépenses fiscales :

Pour encourager certains secteurs d’activité et y dynamiser l’investissement afin


d’assurer la croissance et de créer des emplois, les pouvoirs publics accordent des
avantages fiscaux sous forme d’exonération partielle ou totale, d’imposition permanente
ou temporaire à taux réduit, d’abattement ou de déductions. Ces encouragements qui
sont en fait une dérogation à la norme fiscale, occasionnent un manque à gagner assez
conséquent pour les caisses de l’Etat ; c’est ce qu’on appelle les dépenses fiscales.

Le coût d’une dépense fiscale est égal à la différence entre les recettes perçues dans le
cadre d’un système fiscal neutre et celles perçues une fois la mesure introduite.

15
Depuis 2005, la DGI a commencé à publier des rapports estimant les manques à gagner par
type d’impôt, par secteur d’activité et par bénéficiaire. L’objectif est de sensibiliser l’opinion
publique (notamment les élus) sur un potentiel de ressources qui échappe au budget de l’Etat
afin de réagir en faveur de la réduction de ces dépenses.

La vérité est qu’aucune mesure courageuse et effective n’a été prise dans ce sens,
vue l’existence de lobbies qui ont tout l’intérêt de garder les choses en statu quo.

En fait, d’après la direction générale des impôts5, le montant des dépenses fiscales
évaluées en 2011 s’élève à 32.075 millions de DH (pour 271 mesures évaluées sur
399 recensées) contre 29.801 millions de DH en 2010, soit une augmentation de 7,6 %. Leur
part représente 18,3 % dans les recettes fiscales contre 17,4 % en 2010. Quant à la part des
dépenses fiscales dans le PIB, elle est de 3,9 % en 2010 et 4.1% en 2011. En 2012, ce montant
est passé à 36 milliards de DH pour 284 mesures dérogatoires évaluées sur 402
avantages fiscaux ; soit 4.3% du PIB ; si on arrive à évaluer tous les avantages fiscaux, la
valeur réelle des dépenses atteindra au moins les 50 milliards de DH. Au lieu donc, que ces
mesures soient revues à la baisse à un moment où les finances publiques vivent des moments
difficiles, on assiste à une augmentation de ces avantages.

Concernant la part des dépenses fiscales dans les recettes des impôts considérés (IS, IR,
TVA et DET), elle est passée de 20,2 % en 2010 à 21,0 %.

En 2011, la TVA se trouve en haut du palier avec 39.6% des dérogations ; soit 115
mesures sur les 284 évaluées en 2012 et pour un montant de 14milliards de DH contre 13.8 en
2011.

En matière d’IS, le montant des dépenses fiscales estimées est de 7.069 millions
de DH en 2011. La plupart de ces dépenses bénéficient aux entreprises (8.5milliards
de DH dont 4milliards de DH concernent les exportateurs).

Les dépenses fiscales estimées au niveau de l’impôt sur le revenu ont atteint le
montant de 4.326 millions de DH dont 2.506 millions de DH en faveur des ménages.

Quand aux droits d’enregistrement et de timbre, le montant des dépenses fiscales y


afférent est de 5.513 millions de DH, soit 17,2 % de l’ensemble. Elles portent sur les
activités immobilières pour 2.782 millions de DH.

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Par secteur d’activité, le secteur immobilier totalise un coût pour l’Etat de 6.3milliards de
DH en 2012, soit une hausse de 16% par rapport à 2011, suivi de l’agriculture et de la pêche
avec un coût de 4.1milliards de DH soit 11.5% de la valeur des dépenses.

En matière d’avantages accordés, les exonérations totales (17.606 millions de


DH) représentent 54,9 % du total des mesures évaluées, suivi des réductions de taux à
raison de 25,3 % (8.127 millions de DH). En 2011, le nombre de mesures incitatives porte
pour 54,9 % sur les activités économiques, pour 41,6 % sur les activités sociales et
pour 3,5 % sur les activités culturelles.

Pour des considérations économiques et sociales, on est conscient que toutes ces
dépenses fiscales ne peuvent être réduites dans l’immédiat. Mais, elles peuvent
certainement être revues, modifiées et réaménagées. En fait, les mesures dérogatoires
touchent aussi bien des secteurs bien portants que des produits non considérés comme
produit de première nécessité ou produit social. Il y a beaucoup de gains potentiels
que l’on pourrait récupérer juste en levant une exonération, en révisant un taux sans
pour autant toucher à la dynamique de croissance ou au pouvoir d’achat. Le tout est
question d’arbitrage politique et économique.

Chapitre3 : les principaux axes de la réforme fiscale au Maroc :

Section 1 : Cadre pratique de la réforme fiscale:

La réforme fiscale marocaine s’inscrit dans le cadre global de la réforme des finances
publiques marocaines comprenant la réforme de la loi organique relative à la loi de finances,
la réforme du système de compensation, la réforme des finances locale en perspective de la
régionalisation avancée et celle de la fiscalité. Il est à rappeler que la réforme des finances
publiques est l’un des axes majeurs de l’action gouvernementale pour créer les conditions
propices d’un rétablissement progressif des équilibres macroéconomiques. Les actions de
réformes engendrées visent la constitution des marges de manœuvre budgétaires, aussi bien au
niveau des recettes que des dépenses. Elle a pour objectif, également, la modernisation de la
gestion des finances publiques. En effet, plusieurs réformes d’envergure sont menées en
parallèle au projet de refonte de la fiscalité marocaine. Il s’agit notamment de:

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1-1-la réforme de la loi organique relative à la loi de finances:

L’année 2015 a été couronnée par l’adoption du texte n° 130-13 relatif à la loi
organique relative à la loi de Finances (LOF). Publié au bulletin officiel en date du 18 juin
2015, ce texte est l’aboutissement d’un long processus d’examen et de débat au Parlement.
L’entrée en vigueur de la nouvelle loi organique relative aux lois de finances constitue une
étape importante dans l’amélioration du cadre régissant la gestion budgétaire. Elle assure,
d’une part, la conformité avec les dispositions de la nouvelle constitution et, d’autre part,
renforce le rôle de la loi en tant qu’outil indispensable de mise en œuvre des
politiques publiques et des stratégies sectorielles, tenant compte des impératifs
d’efficience, de transparence et de performance. Afin d’assurer le bon déroulement de
cette opération de préfiguration, un système de pilotage6a été mis en place. Ce
système, associant l’ensemble des parties prenantes afin d’assurer la réussite de la mise en
œuvre de la LOF, est déployé aux niveaux opérationnel et ministériel.

1-2-la réforme du système de compensation:

L’aggravation de la charge de compensation ces dernières années a amené le


Gouvernement à s’engager dans une réforme globale du système des subventions en vue de
préserver les équilibres financiers de l’Etat, tout en procédant à des mesures
d’accompagnement lui permettant de poursuivre ses engagements en matière de protection
sociale et de soutenir le pouvoir d’achat des citoyens.

1-3-Une réforme des finances locales en perspective de la régionalisation


avancée:

La loi organique relative aux régions constitue une étape importante dans le
processus de réformes institutionnelles engagé au pays. Cette loi inaugure, en effet, une
nouvelle étape en matière de décentralisation et de gestion territoriale. Elle représente
un saut qualitatif vers un système intégré de la gouvernance territoriale, basé sur
la consolidation de la démocratie locale, le développement régional intégré et durable,
la contribution à la modernisation de la gestion des structures de l’Etat et l'amélioration
de l’efficacité et de l’efficience de son action.

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Section 2 : Ambitions de la refonte du système fiscal marocain.

La refonte du système fiscal est l’une des réformes majeures engagées par le
Gouvernement marocain. Elle ambitionne d’atteindre deux objectifs, à savoir,
accompagner le processus de rééquilibrage des finances publiques et instaurer une politique
fiscale juste et équitable. Depuis son lancement en 2014, la réforme s’est focalisée, sur la
révision du système de la TVA et la réduction des dépenses fiscales (secteur agricole ...).La
réforme de la TVA vise la réduction des distorsions engendrées par le système en vigueur,
sa simplification et sa modernisation, en vue d’assurer l’équité fiscale et une meilleure
compétitivité de l’économie nationale.

Suite aux recommandations des 2èmes assises nationales sur la fiscalité, les actions
menées sont orientées vers l’élargissement de l’assiette fiscale, la limitation des
exonérations, la généralisation du remboursement et la convergence vers deux taux
d’imposition. Ainsi, la suppression de la règle de décalage et le démarrage de la
généralisation du remboursement de la TVA, introduites dans le cadre de la loi de finances
2014, constituaient des mesures notables devant soulager la trésorerie des entreprises. Au titre
de l’année 2014, le remboursement du crédit de taxe cumulé sur la période 2004-2013 a été
accordé aux PME dont le montant est inférieur à 20 millions de dirhams. Au titre des
années 2015, 2016 et 2017, le remboursement dudit crédit dont le montant est supérieur à
20 millions de dirhams et inférieur ou égal à 500 millions de dirhams est accordé dans la
limite d’un tiers par an.

Par ailleurs, et dans le cadre de la poursuite de la révision des taux d’imposition pour
converger vers deux taux afin d’atténuer les situations de butoir, il a été procédé, au
titre de la loi de Finances 2015, à l’application du taux réduit de 10% aux opérations de
crédit se rapportant au logement social (exonérées précédemment), aux chauffe-
eaux solaires (au lieu de 14%), aux œuvres et objets d’art (au lieu de 20%) et aux engins et
filets de pêche (au lieu de 20%). Il a été, aussi, décidé de soumettre au taux normal de 20% les
farines et semoules de riz et les farines de féculents au lieu de 10%, le thé en vrac ou
conditionné au lieu de 14% ainsi que le péage dû pour emprunter les autoroutes au
lieu de 10%. En parallèle, l’exonération pour certains produits de base (pain, farine,
couscous et semoule) et catégories de médicaments ainsi que certains services et
activités à vocation sociale a été maintenue. Outre ces mesures, les efforts se sont
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poursuivis pour la dynamisation de l’investissement privé à travers le relèvement de la durée
d’exonération de la TVA, aussi bien à l’intérieur qu’à l’importation, de 24 à 36 mois sur
l’acquisition des biens d’investissements et l’abaissement du seuil d’investissement, pour
les entreprises nouvellement créées, bénéficiant de l’exonération de la TVA à
l’importation de 200 à 100 millions de dirhams.

Conclusion:

La fiscalité demeure l'un des facteurs déterminants de la croissance. Si l'activité


productive augmente, les recettes fiscales suivent de manière significative. Et
contrairement, la stagnation de la croissance pousse vers la recherche des recettes
exceptionnelles (comme la privatisation) ou l'augmentation de la pression fiscale. De
nos jours, l’impôt a cessé de servir seulement à la couverture des charges publiques
pour devenir un acteur de développement économique, un instrument de démographie, un
distributeur de richesses, un redresseur d’inégalité, un stabilisateur des conjonctures, un
aménageur de la géographie, un protecteur de l'environnement. Ainsi, la fiscalité est
considérée comme un facteur de compétitivité des entreprises et un élément
fondamental de l’incitation à l’investissement. Néanmoins, elle ne constitue pas le facteur
déterminant qui influe sur la décision de l’investisseur. La qualification de la main-
d’œuvre et sa rentabilité, la taille du marché, l'infrastructure, la stabilité politique
et la transparence du système sont autant de facteurs qui, pour l'investisseur, comptent
probablement plus que la variable fiscale. Les études et enquêtes des instances
compétentes placent le facteur fiscal au sixième rang parmi les facteurs qui influent sur
la décision de l'investisseur. La politique fiscale marocaine ne joue pas de rôle majeur
pour encourager les recettes fiscales ni même stimuler l’entrepreneuriat et la
consommation. Son impact sur l’économie demeure timide mais prometteuse si elle est menée
à bien.

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Les références :

 Rapport du conseil économique et social préparé par La Commission Permanente chargée des
Affaires Economiques et des Projets Stratégiques Président de la Commission : M. Ahmed
Rahhou et le rapporteur de la Commission : M. Mohamed Bachir Rachdi. Auto-Saisine n° 9/2012
 Ministère de l’Economie et des Finances, (2009 / 2012). Rapports économiques et financiers
 Ministère de l’Economie et des Finances, (2000 / 2010). Rapports d’activité annuels de la
Direction Générale des impôts (DGI)
 Association marocaine des sciences économiques www.amse.ma Document de travail AMSE WP
N° 2013- 14
 La réforme fiscale au Maroc ELHARRANE Lalla Mérieme, FSJES –Route d’El jadida
Casablanca

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