Droit Pénal Général Mme.
Lazerges 2008 - 2009
Définition du droit pénal par Henri Donnedieu De Vabre qui fut un grand pénaliste et l
e seul juge français au tribunal de Nuremberg: C'est l'ensemble des lois qui règleme
ntent dans un pays l'exercice de la répression par l'Etat.
Cette définition met l'accent sur la fonction répressive du droit pénal. En cela, elle
est juste. Cependant, elle occulte les 2 autres fonctions du droit pénal.
Avant d'avoir une fonction répressive, il a une fonction expressive des valeurs fo
ndamentales d'une société ou des règles d'organisation de la vie en société.
La seconde fonction du droit pénal, c'est sa fonction pédagogique. Cela signifie qu'
il aide à tracer son chemin dans la vie en société en marquant un certain nombre de re
pères. On peut comparer les interdits du Code Pénal à des bornes repères.
Jean Carbonnier dit que lorsqu'une loi pénale est parfaitement effective, il n'y a
pas d'exercice de la fonction répressive.
Il y a des cercles concentriques dans la matière pénale: – Le cercle des Codes pénal
et de procédure pénal. – Le droit pénal est plus grand que les codes pénal et de pro
ures pénales car il y a du droit pénal dans
bien d'autres codes. Nous assistons également à l'émergence d'un droit pénal internation
al et européen. – Cependant, la matière pénale qui est l'ensemble des textes sanction
ant des comportements assujettis
aux règles du procès équitable est plus large que le droit pénal. – De plus, le cerc
le de la politique pénale qui est la politique que conduit un gouvernement en matièr
e
pénale. C'est constitué par l'ensemble des mesures prises par des décideurs publics po
ur répondre à
des comportements infractionnaires. – Enfin, la politique criminelle est scien
ce et art car est une réflexion et est invitée à donner des
réponses, pas seulement aux comportements qui constituent des infractions mais, au
ssi aux comportements de déviance. Elle amène des réponses proportionnées à la déviance et
a délinquance.
Partie préliminaire: L'environnement du droit pénal:
Le droit pénal n'existe que comme instrument de régulation du phénomène criminel. Il est
tissé de lois et de règlements. Ces sources sont aussi européennes, internationales.
Et ses racines sont à recherchées dans divers mouvements ou écoles de pensée qui ont lar
gement contribuées à la construction de modèles de droit pénal et
de politique criminel.
Chapitre 1er: Le phénomène criminel:
Le phénomène criminel au sens large n'est pas constitué des seules infractions pénales (
crimes, délits, contraventions). Il est constitué de l'ensemble des comportements in
criminés ou non et soulignés ou non par le droit pénal et qui sont considérés comme troubl
ant l'ordre public ou social. Le phénomène criminel comporte les comportements de dévi
ance comme les comportements de délinquance et c'est ce phénomène criminel au sens lar
ge qui intéresse la politique criminelle.
Le phénomène criminel est une constante de nos sociétés. Dans tous les Etats du monde, c
hez
toutes les ethnies, on est confronté à de multiples transgressions de normes qui por
tent atteinte à l'ordre public ou à la sécurité. Cela a permis à Durkheim de développer l'i
que le phénomène criminel était un phénomène normal au sens sociologique.
Section 1ere: Le triple aspect du phénomène criminel:
I/ L'approche politique du phénomène criminel:
Le phénomène criminel est objet d'étude pour la science politique et son analyse condu
it à décrire des politiques criminelles et même des modèles de politiques criminelles. L
a politique criminelle actuellement en France renvoie à l'idée de modèle sécuritaire. Il
y a des oscillations dans ces politiques.
II/ L'approche sociologique:
Le phénomène criminel peut être envisagé d'un point de vue scientifique et social et est
objet d'études pour une série de sciences sociales. Pour sa sociologie générale, juridi
que, la démographie, la criminologie.
Commettre une infraction, c'est l'acte d'un être humain vivant en société. La criminol
ogie a pour objet d'essayer de déceler les causes endogènes et hexogènes ou sociales d
u passage à l'acte. La criminologie fait partie des sciences criminelles.
III/ L'approche juridique:
Somme d'actes défendus et interdits par un texte de loi ou un règlement qui peuvent
donner lieu à une sanction pénale. Sous cet angle d'approche, le droit pénal classique
, post-révolutionnaire avait instauré un légalisme presque absolu pour rompre avec l'a
rbitraire de l'Ancien Régime. Ce légalisme avant conduit à prendre en considération esse
ntiellement l'acte délictueux plus que l'auteur de l'acte avec sa personnalité. C'étai
t un droit fondé sur l'égalité fictive.
Le développement des sciences humaines a conduit à remettre en scène l'auteur de l'act
e et à justifier une prise en compte de la personne en même temps que l'on prend en
compte l'acte. Art 132-24 CP «Dans les limites fixées par la loi, la juridiction pro
nonce les peines et fixe le régime en fonction des circonstances de l'infraction e
t de la personnalité de son auteur. Lorsque la juridiction prononce une peine d'am
ende, elle détermine son montant en tenant compte également des ressources et des ch
arges de l'auteur de l'infraction». Le droit pénal se penche donc sur la personnalité
des auteurs des actes.
L'approche juridique du phénomène criminel doit être réduite à l'étude du droit pénal génér
droit pénal spécial et de la procédure spéciale.
Le droit pénal général et le droit pénal spécial sont l'ensemble des actions et omissions
que le législateur ou le pouvoir règlementaire (pour les contraventions) estime cont
raire à l'ordre social et pour lesquels on détermine en conséquence des sanctions appl
icables en fonction non seulement de l'acte commis mais aussi de la personnalité d
e l'auteur de l'acte. Le droit pénal ainsi définit se veut répondre à 3 fonctions (pédagog
ique, expressive et répressive).
La procédure pénale s'analyse en un ensemble de règles protectrices des libertés. Le Cod
e de Procédure Pénal est le livre des innocents et garantit la présomption d'innocence
et le procès équitable.
Le droit pénal et la procédure pénale organisent les chemins publics de la répression et
de la prévention de la récidive.
Le Code Pénal fait suite au Code Napoléonien mis en vigueur en 1810 et jusqu'en 1994
en France, on a vécu sur l'ancien code pénal. La numérotation de cet ancien code était
classique mais celle du
nouveau, voté en 1992 et entré en vigueur le 1er mars 1994, est différente. Ce nouveau
Code est le fruit du travail d'une commission présidée par Robert Badinter. Cette
commission comportait un certain nombre de magistrats, d'universitaires et son t
ravail a été soumis au parlement en plusieurs tranches. Chacun de ses livres (5 livr
es) furent débattus au Sénat puis à l'Assemblée Nationale séparément.
Les différents livres: – 1er livre: Dispositions générales: Droit pénal général. –
de livres de droit pénal: Dans ces livres, il y a une classification qui correspon
d à la
classification des valeurs protégées.
– – – –
Livre 2nd: Atteintes aux personnes. Livre 3ème: Atteintes aux biens. Livre 4ème: Att
eintes à l'Etat, à la chose publique. Livre 5ème: Consacré à la définition d'un certain nom
re de contraventions.
Depuis 1994, le Code Pénal a été alourdi. Il est inflationniste. Dans les nouvelles in
fractions, il y a par exemple de nouvelles infractions sur la mendicité... par rap
port à 1994.
En ce qui concerne le livre 1er, presque rien n'a bougé depuis 1992. Les modificat
ions affectent le titre sur les peines.
Section 2nd : La relativité du phénomène criminel:
Selon une approche juridique, il ne recouvre pas dans tous les pays et à toutes le
s époques une même réalité. C'est dire que ce qui est infraction pour un pays donné à un mo
ent donné peut très bien ne pas l'être dans un autre pays au même moment. Le phénomène crim
nel est donc relatif et est largement fonction des us et coutumes d'une société.
Mme Ponsela a dit qu'«il n’a pas d ordre public atemporel. Les constructions normati
ves sont liées aux nécessités des sociétés et aux besoins de leurs gouvernements». L émerge
du terrorisme, par exemple, a conduit à créer au niveau européen et international de
nouvelles mesures.
I/ Relativité du phénomène criminel dans l espace:
L infraction ou le crime au sens large est un acte ou une mission qui cause asse
z d inquiétudes à une société pour qu elle se trouve dans l obligation de se défendre cont
re l auteur de ce comportement. Les sociétés se défendent par des mesures préventives (e
x: des soins apportés aux malades mentaux potentiellement dangereux) et répressives
avec cette idée que toute mesure prise doit être préventive de la récidive et doit donc
tendre à la resocialisation.
Des actes considérés comme très graves dans certaines sociétés ne sont même pas des infract
ons chez nous. Par exemple, le fait d enfreindre des interdits alimentaires peut
entrainer dans certaines sociétés des infractions très graves.
A l inverse, des actes qui, dans certains pays d Europe, peuvent être considérés comme
gravissimes peuvent l être dans un autre pays légal tel que l usage de stupéfiant. En
France, c est une infraction. Egalement, la liste des stupéfiants n est pas du to
ut la même d un pays à un autre. De même pour l alcool, la prostitution.
II/ Relativité dans le temps:
Le port du monokini a longtemps constitué un outrage public à la pudeur. Aujourd hui
, il n existe plus d exemples de poursuites pour le port de ce dernier. En 1994,
on a supprimé l infraction d outrage public à la pudeur et ajouté l exhibition sexuel
le.
Jusqu en 1975, l interruption de grossesse, à quelque moment que ce soit sauf pour
des raisons
médicales, constituait une infraction pénale. Aujourd hui, dans le code pénal, il n ex
iste plus qu un seul article sur ce sujet art 223-10 «L interruption de la grosses
se sans le consentement de l intéressée est punie de 5ans d emprisonnement et de 75
000euros d amende».
Au sujet de l infanticide, aujourd hui, il n y a plus de textes dans le code pénal
qui parle explicitement de l infanticide. Il n est plus nommé mais est un meurtre
aggravé avec l art 221-4.
Section 3: La mesure du phénomène criminel:
I/ Les instruments de mesure:
Il est extrêmement difficile de mesurer le phénomène criminel et le meilleur procédé de me
sure de ce phénomène serait l enquête de victimation. C est à dire des sondages par télépho
e sur des échantillons représentatifs avec des questions sur les infractions dont on
a été victime.
Les procédés les plus classiquement utilisés sont les statistiques policières (ministère d
e l intérieur, ministère de la justice) et judiciaires. Tous les ministères en France
dressent des statistiques.
A) Les statistiques policières:
Les statistiques policières donnent des informations sur les faits constatés qui ont
donnés lieu à procès verbal. Cependant, la police a une pratique qui est de mettre en
main courante des petits faits délictueux qui ne sont pas recensés. De plus, ces st
atistiques mesurent l activité de la police et pas la vérité de la délinquance. On dit q
u elles rendent compte de la criminalité apparente.
B) Les statistiques judiciaires:
Le volume est 10 fois moindre que pour les policières. Pour 10 infractions recensées
par la police, une va être jugée et faire l objet d un traitement judiciaire. D abo
rd, tous les criminels ne sont pas reconnus. Ces statistiques rendent compte de
l activité des juridictions pénales (tribunaux de police, tribunaux correctionnels,
cours d assise).
On appel cette criminalité la criminalité légale car on est allé jusqu à déclarer la person
e coupable au nom de la loi.
II/ L interprétation des statistiques:
Cette interprétation est un exercice délicat car il suppose de faire des extrapolati
ons qui ne sont pas forcément fiables. En particulier pour les statistiques policièr
es qui ne renseignent pas sur le chiffre noir de la criminalité. Ce chiffre est égal
à la criminalité réelle moins la criminalité apparente.
Il n y a pas de lecture acceptable des statistiques sans faire entrer un certain
s nombre de paramètres. Exemples:
– La distance entre le lieu de l infraction et le 1er poste de gendarmerie ou de p
olice national joue sur les dépôts de plainte.
– Les réserves culturelles à dénoncer une infraction (ex: les viols et violences fait
aux femmes).
– Les consignes aux policiers et magistrats peuvent varier au cour du temps (ex: l
es stupéfiants).
– Un taux de délinquance est calculé par rapport à une population INSEE (ex: A Paris,
y a des flux touristiques... Cependant, on rapporte le nombre d infractions con
nues à la population de Paris).
Section 4: L ampleur du phénomène criminel en France:
Le total des infractions constatées entre 1961 et 2004 est très différent et a beaucou
p augmenté.
Les désordres de la société sont essentiellement en vols et recels, infractions économiq
ues et financières, crimes et délits contre les personnes... Depuis 10ans, les chose
s ne sont plus les même et ce qui augmente, ce n est plus les vols mais les attein
tes aux personnes. En 1994, ils étaient 175 000 et en 2004, 339 000. Cette augment
ation est surtout une augmentation des délits plus que des crimes. Les cours d ass
ise ne peuvent sans doute pas juger plus d environ 3 000 crimes par an. De plus,
un certains nombre de crimes sont correctionnalisés donc pourraient être jugés comme
crime mais le sont comme délits.
Pour de nombreuses infractions de moindre importance, on choisit souvent des alt
ernatives aux poursuites pénales telles qu avec le rappel à la loi, la médiation pénale.
.. Tout cela se fait en amont des poursuites. Pour les mineurs, 50% des infracti
ons constatées font l objet d une alternative aux poursuites.
La réponse pénale n est donc pas systématique. Il est peut être plus adapté de répondre vit
par une alternative aux poursuites que de répondre lentement par une poursuite péna
le qui se soldera par une sanction qui interviendra 2ans après les faits et qui n
aura pas beaucoup de sens (pour les petites infractions).
Chapitre 2nd: Les grands courants de pensée en droit pénal:
On pourrait remonter à la nuit des temps car des auteurs comme Aristote, Platon, M
ontesquieu ou Montaigne ont beaucoup écrits sur la loi pénale et beaucoup inspirés les
auteurs du siècle des Lumières.
Au siècle des Lumières, il y avait déjà différentes écoles de pensée.
Section 1ère: L école de la justice absolue:
Elle fut portée par Emmanuel Kant qui écrivait bien avant la rédaction du Code Pénal a p
osé les bases de la doctrine de la justice absolue dans deux ouvrages. Il associe
droit pénal et moral et exalte l idée d expiation par la peine. Un seul français repre
ndra ses idées, Joseph de Maustre dans un ouvrage qu il intitule les soirées de Sain
t-Pétersbourg.
Kant pensait que l expiation était la fonction unique de la peine. L école de la jus
tice absolue considère la peine comme une souffrance qui doit causée de la douleur e
t qui est infligée aux condamnées en réponse à la souffrance qu il a fait subir, soit à l
ordre public, soit à une personne physique.
Chez Kant, la peine n est pas un moyen de prévention de la récidive. La peine n a pa
s a être intimidante. Elle n a pas à être préventive de quoi que ce soit.
Pour Kant, le droit de punir ne repose pas sur l utilité sociale mais sur une idée d
e morale et de
justice.
Aujourd hui, la fonction expiatoire n est plus affichée sur le devant le de scène. A
près la Révolution Française, on a maintenu quelques peines corporelles et il a fallut
atteindre une trentaine d année pour les voir disparaître (sauf la peine de mort).
De nos jours, la fonction expiatoire est vu comme punitive, rétributive. On aime m
ieux cela que de laisser entendre qu il y a de la vengeance dans la sanction.
Souvent, il y a un lien entre une personnalité, une façon de vivre et les idées que l
on développe. La pensée de Kant est rigoureuse, rigide. Le personnage l était et l his
toire raconte que son horaire de travail était rigoureux et qu il n a modifié ses ha
bitudes que 1 jour, le jour de la révolution française.
Section 2: Les écoles classiques et néo-classiques:
On peut encore dire aujourd hui que le courant néo-classique imprègne, en partie au
moins, la politique pénale.
I/ Le contenu doctrinal de l école classique:
Césaré Beccaria a écrit à 26ans un livre intitulé le traité des délits et des peines. Il vé
endant le siècle des Lumières. Ce livre publié en 1764 fut rapidement traduit dans tou
s les pays d Europe.
Précurseur, Beccaria l a été en droit pénal général mais aussi en procédure pénal et enfin
litique criminelle. Il est le père du principe de la légalité des délits et de l égalité de
peines «les lois seules peuvent fixées les peines de chaque délit. Le droit de faire
des lois ne peut résider que dans la personne du législateur qui représente toute la s
ociété unie par un contrat social» Beccaria détecte aussi le principe de l interprétation
stricte.
Sur les peines, et non plus les incriminations, il prône le principe de l égalité. Pou
r lui, l arbitraire s est vissé sous l ancien régime. La conséquence est que Beccaria
est pour la personnalité des peines. Il faut que la peine prononcée n affecte que la
personne à l encontre de qui on la prononce. Sous l ancien régime, de nombreuses pe
ines accablaient la famille du délinquant jusqu à l exclusion d une famille entière.
En procédure pénale, il est le premier à évoquer le droit à être jugé dans un délai raisonn
Il est aussi le premier à parler de la présomption d innocence. Il a également beauco
up réfléchit sur les peines, les systèmes de preuve et a préconisé l abandon du système de
reuve légal pour opter pour le système par intime conviction. Sous l ancien régime, la
torture avait pour objet de produire des preuves légales. Il préconise également la p
ublicité des jugements, il est pour la transparence de l exercice de la justice.
En politique criminelle, qui est une stratégie de réponse au phénomène criminel entendu
largement délinquance et déviance, il s est intéressé non seulement à la prévention de la d
nquance mais aussi de la récidive. Il a préconisé des mesures en amont du crime et qu
en aval du crime, les peines soient préventives de la récidive et qu elles aient à cet
égard une utilité. En politique criminelle, Baccaria n est pas favorable à des peines
dures mais à des peines certaines. Il est donc hostile à la peine de mort.
Beccaria est également un homme de son temps. En effet, il n entrevoit pas la dist
ance qu il peut y avoir entre discours pénaux et pratique pénale, entre textes et mi
se en œuvre des textes. Il n’avait pas suffisamment ouvert les yeux sur le fait que
les textes n étaient pas tout et que la pratique avait un rôle important.
En toute bonne foi, il pensait que l égalité entre les Hommes était une égalité réelle. Il
ssimilait l égalité fictive et l égalité réelle. L individualisation des peines prouve que
ce n est pas le cas. En effet, dans toutes les sociétés, il y a une discrimination
négative.
La pensée de Beccaria est au fondement de plusieurs articles de la DDHC: – Art 5 «Tou
t ce qui n est pas défendu par la loi ne peut être empêché et nul ne peut être
contraint de faire ce qu elle n ordonne pas». – Art 8 «La loi ne doit établit que de
s peines strictement et évidemment nécessaires et nul
ne peut être puni qu en vertu d une loi établie et promulguée antérieurement au délit et
légalement applicable». – Art 9 «Tout Homme est présumé innocent jusqu à ce qu il ai
oupable, s il
est jugé indispensable de l arrêter, toute rigueur qui ne serait nécessaire pour s ass
urer de sa personne doit être sévèrement réprimée».
On dit souvent de Beccaria que c est lui qui a formulé politiquement la doctrine c
lassique. On dit aussi que la formulation plus juridique de l école classique vien
t de Jeremy Bentham, lequel a écrit des milliers de pages en droit pénal.
En 1776, Bentham (1748-1832) écrit théorie des peines légales, en 1787 le Panopticon e
t enfin en1789 principe de code pénal qui lui vaut une telle renommée que l Assemblée
Nationale française en
1792 a octroyée à Bentham le titre de citoyen français. Les deux grandes idées de Bentha
m est l idée d utilité et l idée de justice.
Pour l école classique convaincue de la réalité du libre arbitre, le préalable est que c
haque Homme est doté de libre arbitre sauf lorsqu il est très jeune et privé de discer
nement par son âge et les adultes privée de discernement. Être privé de libre arbitre, c
est ne pas être privé de discernement.
Pour Bentham, la société a le droit de punir dès lors que celui qui a enfreint une règle
de droit pénal n est pas privé de discernement et si la société a le droit de punir, c
est parce que la répression est utile et nécessaire à la défense de l ordre social. En d
isant cela, il est convaincu de 2 choses: Que les Hommes sont pourvus de libre a
rbitre et que la sanction est utile pour la défense de la société. Il ajoute que la so
ciété peut punir que dans la mesure où la sanction est conforme à la justice que command
e la rétribution.
«Laissez aux individus la plus grande latitude possible dans les cas où ils ne peuve
nt nuire qu à eux-mêmes. Ne faites intervenir la puissance des lois que pour les empêc
her de se nuire entre eux. C est là que les lois sont nécessaires. C est là que l appl
ication des peines est vraiment utile parce que la rigueur exercée sur un seul dev
ient la sûreté de tous». Chez Bentham, la peine est utile car intimidante.
«L égalité nominale n est pas favorable à l utilité». Déjà Bentham prend ses distances avec
ité fictive et il propose l individualisation légale et judiciaire de la peine. Il s
attache à ce que le législateur et le juge s attachent aux circonstances. On glisse
du classicisme au néo-classicisme.
II/ Le contenu doctrinal de l école néo-classique et de l école pragmatique de l union
internationale de droit pénal:
L école néo-classique se développa à partie des années 1810, 1820. La grande différence ent
e le classicisme et le néo-classicisme est la prise de conscience que les Hommes n
e sont pas tous dotés de libre arbitre et qu il y a des degrés dans l autonomie de l
a volonté et qu en conséquence, si l on veut que la peine soit utile et juste, on ne
peut pas se limiter à ne prendre en compte que l acte délictueux.
Rossi, professeur de droit pénal à Bologne puis à Paris, a publié en 1829 un traité de dro
it pénal qui est déjà néo-classique. La grande formule de Rossi, c est «punir pas plus qu
il n est utile, pas plus qu il n est juste». Il admet que les peines soient foncti
on des circonstances et de la personnalité de l auteur.
Il exprime que l impératif d utilité constitue la première limite de la peine et que c
et impératif ne consiste pas seulement dans l intimidation individuelle et collect
ive mais aussi dans le relèvement et le reclassement du condamné. La fonction de la
peine n est plus d être simplement intimidante mais aussi amendante, on demande au
condamné de changer.
Les néo-classiques pensaient beaucoup que l encellulement individuel, pour éviter la
promiscuité, devait être facteur d amendement.
Concernant l impératif de justice, les néo-classiques estiment qu il faut essayer d év
aluer la responsabilité morale du délinquant. On doit rendre compte du degré de respon
sabilité de chacun pour personnaliser la peine.
Certains néo-classiques sont plus modernes et dates de la fin du XIXème et début XXème:
Gabrielle Tarde et Raymond Saleilles. Ils font parti de l union internationale d
e droit pénal. La première est juriste et le second philosophe. Ce dernier distingua
it bien l individualisation légale (que prévoit déjà le législateur en préconisant des circ
nstances atténuantes et aggravantes), l individualisation judiciaire (aux possibil
ités donnés aux juges d être autre chose que simplement la bouche de la loi) et l indi
vidualisation administrative (Il préconise que l administration pénitentiaire puisse
prendre des mesures d individualisation dans l exécution des peines).
Dès la fin du XXème siècle, lorsqu on est juge, on commencera à s intéresser à la personnal
té de l auteur de l acte.
Prins et Saldana sont deux autres membres de l union internationale de droit pénal
. Tout au long du XVIII, XIX et même au XXème siècle, les pénalistes en Europe ont const
itués des associations solides et des rencontres entre eux. Cette union en fait pa
rtie.
Prins était un praticien, il était inspecteur général des prisons en Belgique. Il connai
ssait donc le monde pénitentiaire et a eu tout au long de sa vie le souci d une répr
ession adaptée et disait que «pour choisir les mesures à prendre, c est l Etat permane
nt de l individu qu il faut considérer plus que son acte passager». Ce propos corres
pond encore à la façon donc la justice des mineurs est rendue. Il disait aussi que «le
juge répressif n a pas à trancher une controverse métaphysique. Sa mission est une mi
ssion de défense sociale». La mission du juge est de savoir s il a matériellement comm
is l infraction ou non. C est là une conception du néo-classicisme assez avancée. Il f
onde le droit de juger sur la nécessité de défendre la société. Il est l auteur de science
pénale et droit positif (1889) et la défense sociale et les transformations du droi
t pénal (1910)
Saldana est un professeur universitaire espagnol qui a publié en 1929 la criminolo
gie nouvelle. Ce livre est encore considéré comme le fond de la doctrine de l union
internationale de droit pénal. L idée générale est d arrêter de philosopher sur le libre a
rbitre et de tenter de découvrir de meilleurs systèmes de politique criminelle. En u
n siècle, d une philosophie du libre-arbitre, on est passé à un certain pragmatisme en
politique criminelle et en droit pénal et ce pragmatisme caractérise les auteurs néo-
classiques qui n abandonnent pas l idée du libre-arbitre mais qui la nuancent.
Le Code Pénal révolutionnaire de 1791 était classique et inspiré de Beccaria. Il institu
ait des peines certaines mais modérées et égales pour tous. Celui donc on dit souvent
qu il est le 1er Code Pénal est le Code Napoléonien de 1810 restait très inspiré de la p
ensée de Beccaria mais très vite un certain nombre de lois nouvelles sont venus lui
donner une coloration néo-classique. Par exemple, une loi de 1832 a déjà réduite les cas
d application de la peine de mort et a supprimée les peines corporelles. De plus,
ce code prévoyaient l octroie possible de circonstances atténuantes qui était restrei
ntes mais furent généralisées en 1832.
Le néo-classicisme et l union internationale de droit pénal ont vite eu des effets s
ur le régime des prisons. Dès 1837, on s est intéressé au sort des mineurs en créant les p
remières colonies pénitentiaires pour mineurs. En 1854, dans le souci d individualis
er la peine, on a instauré un régime colonial d exécution de travaux forcés (système arrêté
1938).
Section 3: La doctrine positiviste:
I/ Le contenu doctrinal:
Les auteurs s accordent pour dire que la doctrine de l école positiviste a bouleve
rsé le droit pénal européen et occidental. Cependant, hormis l Allemagne Nazi et la Ru
ssie Stalinienne, il n y a pas de Codes positivistes. Cette doctrine est née en It
alie et est à l origine du développement des sciences criminologiques.
La doctrine positiviste est ainsi dénommée car elle puise sont inspiration philosoph
e chez un auteur français, Auguste Comte. Les positivistes Italiens sont:
Césaré Lombroso qui était professeur de médecine légale à Turin et auteur de l homme crimin
l (1876) où il a essayé de classer les délinquants selon la morphologie de leur crane
ce qui de nos jours est vu comme totalement erroné. Lombroso s intéresse aux causes
du crime et il a pensé que des données personnelles pouvaient déterminées des comporteme
nts infractionnaires.
Enrico Ferri qui était avocat, homme politique et professeur de droit a écrit un ouv
rage qui se lit encore, sociologie criminelle (1981).
Raffaele garofalo qui a écrit criminologie (1883).
Chez les positivistes on nie le libre arbitre, et on s intéresse essentiellement a
u déterminisme. Pour ces 3 auteurs, l Homme n agit pas librement, il est conduit p
ar des forces qu il ne peut contrôler et ces forces poussent à commettre tel ou tel
délit. Le crime serait donc le produit fatal de causes diverses endogènes et exogènes.
La 1ère conséquence qu ils en tirent, c est que l on ne peut pas prononcer de peines
au sens étymologique du mot peine, faire souffrir par une peine, un Homme qui est
déterminé à agir comme il a agit. Ils refusent le concept des peines, l expiation ou
en tout cas qui serait fondée sur une faute morale.
Pour autant, ils ne sont pas laxistes, voir même très répressifs mais le fondement qu
ils attribuent à la sanction, c est la défense de la société. Ils disent que le fondemen
t même du droit de punir et de prévenir, c est cela. Les positivistes seront les pre
miers à utiliser l expression de défense sociale.
Au sens positiviste, défendre la société autorise des mesures de prévention, y compris p
rivations de liberté, et des mesures de répression qui sont toutes qualifiées de mesur
es de sûreté. Pour Ferri, «C est le délinquant qui doit être le protagoniste de la justice
pénal et non l acte délictueux».
La loi du 25 Février 2008 qui instaure la rétention de sûreté a un fondement purement po
sitiviste.
Ils considéraient que le chômage, la mendicité, la prostitution, l alcoolisme étaient de
s facteurs de délinquance. Ils justifiaient les mesures préventives prises en disant
que ces mesures étaient dénuées de connotations morales. Pour les délinquants les plus
lourds, ils allaient jusqu à la peine de mort. Ils ont été fortement critiqués concernan
t les mesures préventives car dans l esprit de ces auteurs, elles peuvent être prono
ncées par les autorités administratives (on ne s encombrait pas d un juge). C est au
ssi une façon de mettre l accent sur l individualisation nécessaire dans la réponse au
crime commis.
Dans la pensée de Lombroso sont proposés un certains nombre de mesures qui dépendent d
e la classification, la catégorie à laquelle appartient le délinquant: – Pour les
criminels nés, il préconise l élimination. – Pour le criminel passionné, il disait qu a
ucune mesure de sûreté éliminatoire ne peut être prononcé car
il est un honnête homme déterminé par une passion et comme on n en a qu une dans sa vi
e, il ne récidivera pas. Si la victime n est pas décédée, il y a une rémunération pécuniair
t une mesure d éloignement et s il est mort, une rémunération pour les héritiers.
– Pour le criminel d occasion, il avait l idée qu ils ne récidiveraient peut ou pas d
nc il préconisait le sursis.
II/ L impacte de la doctrine positiviste sur les Codes de 1810 et 1992:
En France comme partout en Europe, la doctrine ne s est jamais réclamée officielleme
nt du positivisme mais un certains nombre de réformes sont directement d inspirati
on positiviste. Par exemple, une loi du 26 mai 1891 a introduit le sursis en Fra
nce pour des délinquants primaires sans casier judiciaire. Ce sursis a été aujourd hui
élargit. Le sursis avec mise à l épreuve (1959) prévoit un accompagnement de la personn
e en sursis.
Le Code Pénal de 1992 a été modifié avant même d entrer en vigueur par une loi du 1er Févri
r 1994. Cette loi est dite loi sur les peines incompressibles (maximum de 30ans)
. Elle est en lien avec la dangerosité potentielle du délinquant qui est au cœur de la
pensée positiviste. Egalement, la loi du 25 Février 2008 fait qu aux termes de l exéc
ution de la peine, la personne peut rester enfermée dans un centre de sûreté. Cela ouv
re la possibilité de peines sans fin et sans fond qui répond à la suppression de la pe
ine de mort.
Section 4: Le mouvement de la défense sociale moderne:
On dit ici mouvement et pas école car on n a pas une doctrine figée. On a un mouveme
nt de pensée riche d une sorte de diversité. Tout le monde ne pense pas pareil.
Ce mouvement est né en Italie. Les précurseurs sont à la fois des italiens et des belg
es. L homme central est un français, Marc Ancel. Le précurseur italien est Gramatica
, pour les belges, ce fut Prins.
II/ Les précurseurs:
Le terme de défense sociale est utilisé pour exprimer le but nouveau qu il fallait d
onner à la peine. Prins utilise ce terme dans un autre sens.
Gramatica est un italien sensible aux thèses positivistes. Il est aussi un médecin d
ont l ouvrage majeur est principe de défense sociale (publié en 1964 en français). Il
a une conception médicale, thérapeutique de la justice pénale. Il considère que la réponse
à l infraction doit être principalement thérapeutique et préconise donc un droit pénal trè
subjectif qui prenne en compte «la volonté agissante du délinquant». Pour lui, le délinqu
ant manifeste de l anti socialité et c est à ça qu il faut répondre. Il voudrait pouvoir
apprécier la capacité pénale du délinquant. Il n est pas hostile à ce qu on le condamne m
ais il voudrait qu on le condamne en fonction de sa capacité à répondre pénalement de se
s actes.
Gramatica n est pas déterministe en ce qu il affirme l existence d un concept éthiqu
e de responsabilité. Il faut donc développer chez chaque individu qui a manifesté de l
anti socialité le sens de sa responsabilité éthique envers la société.
On a raison de dire que la défense sociale de Gramatica se présente comme une contes
tation de tous les mouvements de pensée qui ont précédés et il recherche quelque chose q
ui soit nouveau et qui ai pour objet de faire de l Homme un être plus socialisé qu i
l ne l était avant.
II/ Le courant français:
L homme central en France est Marc Ancel. Il était magistrat et civiliste. Il a écri
t en 1954 un ouvrage majeur intitulé la défense sociale nouvelle avec comme sous-tit
re pour une politique criminelle humaniste.
Le mouvement de la défense sociale nouvelle est un mouvement humaniste qui a évolué. L
a pensée initiale d Ancel est demeurée assez thérapeutique dans les réponses qu il propo
sait. C était à l origine une pensée qui avait peu pris en compte la victime et qui l
a peu à peu prise en compte. Sa pensée à une dimension subversive par rapport à la défense
sociale classique.
Il parle de l inadaptation d un système pénal fondé sur la seule répression. Il cherche à
promouvoir une nouvelle conception de la réaction sociale et tout au long de son l
ivre et des multiples conférences qu il a données, il y a cette recherche de promoti
on de l être humain associée au respect des droits de l homme.
III/ L impacte de la défense sociale nouvelle:
On trouve cette idée que la réponse à l’infraction doit guérir le délinquant. Petit à petit
a pensée d’Ancel est moins thérapeutique mais devient plus réparatrice pour la victime,
la société. Pour lui, la protection sociale n’exclut pas les mesures d’exclusion. Neutra
liser, c’est utiliser en même temps des méthodes curatives et répressives et éducatives.
Cette protection sociale nécessaire conduit à mettre en place une politique criminel
le fondée sur des assises scientifiques. Cela signifie ne pas condamner avant d’avoi
r une connaissance un peu précise de l’histoire du délinquant et de sa personnalité. Là où
ncel était trop optimiste, c’est qu’il pensait que les connaissances scientifiques en
sciences sociales étaient suffisantes pour avoir une bonne connaissance des délinqua
nts.
Cette politique criminelle du mouvement de la défense sociale nouvelle cherche la
réinsertion. Ils ont le souci du développement du respect de la dignité l’être humain et l
eur idée est une humanisation
toujours croissante du droit pénal. Pour eux, ce qui est central ce n’est pas le deg
ré de responsabilité morale au moment de l’acte, c’est l’ambition de faire naitre chez le
délinquant le sentiment de sa responsabilité morale et sociale. Les mesures envisagées
par ce mouvement ont donc pour but de faire naître, de développer ce sentiment de r
esponsabilité morale et sociale qui fait de tout homme un citoyen. C’est donc une po
litique criminelle de la réparation et de la réconciliation. Et l’on dit souvent de Ma
rc Ancel « plutôt que de s’abandonner au pessimisme de l’intelligence, Marc Ancel comme
moteur de son existence un utopisme pragmatique » (René Cassin).
Les mots d’ordre de la doctrine :
Le délinquant ne doit pas être enfoncé mais revalorisé. Par exemple, il existe des peine
s revalorisantes pour les mineurs.
La réparation de la victime.
Paul Ricoeur est un philosophe français qui disant que « sans la responsabilité, il n’y
a pas d’humanité, il n’y a qu’animalité » ainsi que « la responsabilité est un autre cogito
par la responsabilité, je prévois les conséquences de mes actes » et il ajoutait que cet
te responsabilité ne se construisait que dans la relation aux autres. Egalement, « l
a responsabilité morale et sociale n’a de sens que par rapport à autrui dans un cadre
préalable d’obligation ».
La pédagogie de la responsabilité d’Ancel représente l’apprentissage de l’être d’autrui qui
ent constructif pour soi-même. Si ceci est au centre de la conception que l’on a du
droit pénal, à l’évidence, cela a des conséquences considérables sur le choix et l’exécutio
la peine.
Christian Debuyst explique bien que tout Homme vie dans un milieu, dans un système
d’inter relation. Le passage à l’acte résulte de dysfonctionnements du système d’inter rel
tion. Le cœur de sa pensée est l’acteur social. Il dit que tout individu est un acteur
social et se construit progressivement selon la place qu’il occupe et l’image qu’il a
de lui-même et qu’il renvoie à lui-même. L’acte délictueux s’intègre dans un inter relatio
il n’est qu’un moment de cette inter relation.
Cette thèse permet d’expliquer pourquoi la famille est le lien de tous les dangers.
C’est le lieu où les inters relations sont les plus chargées émotionnellement.
IV/ L’impacte de la doctrine de la défense sociale nouvelle sur la politique crimine
lle produite en France :
Les ordonnances du 2 février 1945 sur la défense sociale des mineurs et du 23 décembre
1958 sur les mineurs en danger sont particulièrement significatives.
La garde des sceaux a mis en place une commission nommée Varinard qui est destinée à rév
iser l’ordonnance du 2 février mais a priori la réécrire, c’est écrire un code des mineurs.
L’ordonnance de 1948 a été intégrée au code civil dans les articles 375 et suivants CV. En
droit des mineurs français, le juge est en même temps juge pénal et civil.
Le sursis avec mise à l’épreuve a été introduit dans le Code Pénal de 1959. La différence a
le sursis simple, c’est que ce premier ajoute un accompagnement. Le sursis avec m
ise à l’épreuve comporte des obligations tels que, par exemple, suivre une cure de désin
toxication, se présenter régulièrement à la police...
Section 5 : Les courants abolitionnistes :
Ils ont été considérés comme très novateurs et intéressants dans les années 1970. Aujourd’h
ls
ont laissés des idées intéressantes en ce qui concerne la petite délinquance mais la ten
dance est plutôt au répressif qu’à l’abolitionnisme du droit pénal.
Versele est un praticien belge. Il disait qu’il n’était pas en rupture avec le mouveme
nt de la défense sociale mais qu’il allait plus loin. « Je ne suis pas abolitionniste
d’un droit pénal simplement répressif » Seulement, il est abolitionnisme d’un droit pénal o
pressif.
Pour lui, toutes les sanctions qui entachent la dignité de celui qui est condamné so
nt des sanctions oppressives. Il est au fond le tenant d’un mouvement très pragmatiq
ue.
Il veut une politique criminelle socialisée et il voudrait qu’il y ait plus recours
aux scientifiques du crime pour aider à choisir la bonne réponse. Il voudrait plus d
e partenariat entre tous ceux qui ont à connaitre de la délinquance. De sa pensée sont
nés les conseils locaux de la prévention de la délinquance.
Louk Hulsman est un néerlandais, figure de l’utopisme qui est devenu professeur de d
roit après avoir été instructeur des prisons dans son pays. Pour lui, une infraction e
st d’abord une situation problème et si elle est lue ainsi, on va imaginer des solut
ions plus diverses que si elle est lue directement comme une infraction.
Il privilégie la réponse de médiation sociétale ou étatique. Au fond, la réponse pénale éta
n’est qu’une réponse possible. Il préfère également la réparation civile en argent ou en n
re, la solution thérapeutique ou la formule de médiation conciliation.
On dit qu’il veut civiliser le droit pénal. En fait, transférer au droit civil quantités
d’affaires qui sont aujourd’hui jugées au pénal. Pour y arriver, il pose une décriminalis
ation massive des situations qualifiées de crimes, délits, contraventions (les faire
sortir du champ pénal).
Cependant, Hulsman n’est pas seulement utopique. Il a compris qu’on ne pouvait pas t
out décriminaliser et il est donc aussi très attaché au phénomène de dépénalisation. La dép
tion peut se manifester de multiples façons. Il y a déjà dépénalisation lorsqu’il y a diver
ification des sanctions et que l’emprisonnement n’est plus prévu pour réprimer la commis
sion de telle ou telle infraction. On parle donc de dépénalisation lorsqu’il y a désesca
lade dans l’échelle des peines. Est aussi une telle manifestation de ne plus considére
r une infraction comme un crime mais comme un délit. Quand un crime devient un délit
, on parle de correctionnalisation et le comportement devient passible des tribu
naux correctionnels. Et lorsqu’un délit devient une contravention, on parle de contr
aventionnalisation. Une autre forme de dépénalisation est d’ouvrir largement la gamme
des réponses, au-delà des poursuites pénales.
Louk Hulsman était donc un auteur radical, révolutionnaire. Il n’est pas parvenu à ses f
ins dans sa radicalité mais il est le doctrinaire qui a largement alimenté et justif
ié le discours sur les alternatives aux poursuites et la dépénalisation.
La tendance actuelle n’est absolument pas à diminuer le nombre d’infractions pénales, el
les ne cessent d’augmenter. Par contre, la dépénalisation fonctionne bien, et surtout
dans son volet alternatif aux poursuites pénales.
Partie 1: Théorie générale de la loi pénale (Titre 1er du livre 1er CP) :
(articles 111-1 à 113-12) Chapitre 1er : Le principe de la légalité des délits et des pe
ines :
Pas de crime, pas de peine sans loi : Nullum crimen nulla poena sine lege.
Section 1 : L’origine du principe et ses sources :
I/ L’histoire du principe :
Beccaria en est le père et dit « Tout châtiment qui ne découle pas d’une nécessité absolue
tyrannique. Les lois seules peuvent déterminer les peines et délits et ce pouvoir ne
peut résider qu’en la
personne du législateur qui représente toute la société unit pas un contrat social ». Le p
rincipe de la l’égalité des délits et des peines est l’arme première pour lutter contre
l’arbitraire. Beccaria est même allé jusqu’à préconiser la fixité des peines.
II/ Les sources nationales et internationales du principe de la légalité des délits et
des peines :
A) Les sources nationales :
Les sources nationales sont issues de textes de droit interne. Et l’article princi
pal est le 111-3 CP « Nul ne peut être puni pour un crime ou un délit donc les éléments ne
sont pas définis par la loi ou pour une contravention dont les éléments ne sont pas déf
inis par le règlement ». Le second alinéa dit « Nul ne peut être puni par la loi si l’infra
tion est un crime ou un délit ni par le règlement sir l’infraction est une contraventi
on ».
- Décision de la chambre criminelle du CCass du 18 février 2004 : Il s’agissait
d’une personne qui avait été puni à une peine d’emprisonnement par une cours d’assise et la
cours et le jury avaient prononcés contre elle un suivit socio-judiciaire pendant
3ans avec injonction de soins. La CCass observe que cette peine complémentaire n’était
pas prévue pour le crime commis par la personne condamnée (le meurtre d’un mineur de
moins de 15ans). Puisque la peine n’était pas prévue par la loi, la chambre criminelle
casse et renvoie au nom de la légalité des peines.
- Frédéric est déclaré coupable d’homicide et blessures involontaires et est condamné
l’affichage de la décision à la porte de l’entreprise ainsi qu’à la publication par voir de
presse en application de l’article 221-10 CP. A lecture de cet article, la chambre
criminelle observe que le texte prévoir non pas l’affichage ET la décision mais l’affic
hage OU la diffusion. La CCass casse cette décision.
Art 8 de la DDHC « La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment néces
saires et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement
u délit et légalement appliquée ».
B) Les sources internationales :
Un des articles de la CEDH est aussi source de ce principe de légalité des délits et d
es peines. C’est l’article 7 paragraphe 1 « Nul ne peut être condamné pour une action ou u
ne omission qui au moment où elle a été commise ne constituait pas une infraction d’après
le droit national ou international. De même, il n’est infligé aucune peine plus forte
que celle qui était applicable au moment où l’infraction a été commise ».
Cet article traite indirectement de la légalité des délits et des peines mais traite d
irectement de l’application de la loi pénale dans le temps.
Pose aussi ce principe l’art 11 de la DUDH de 1948 dont le 1er rédacteur est René Cass
in.
Est aussi un fondement international de ce principe l’art 15 du Pacte Internationa
l (dit Pacte de New-York) relatif aux droits civils et politiques entré en vigueur
à l’égard de la France et 1981.
Section 2 : La constitutionnalisation du principe de la légalité des délits et des pei
nes :
I/ Analyse des articles 34 et 37 de la Constitution :
A) Qu’en est-il des textes :
L’article 34 dans un de ses alinéas dit « La loi fixe les règles concernant la déterminati
on des
crimes et des délits ainsi que les peines qui leur sont applicables ; la procédure pén
ale ; l’amnistie ; la création de nouveaux ordres de juridiction et le statut des ma
gistrats »
Dans ce texte, il y a apparemment là tout le droit pénal et toutes les procédures pénale
s mais pas les contraventions. Cela signifie-t-il que les contraventions ne sont
pas du domaine de la loi ?
L’article 37 dit que « Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi on
t une caractère règlementaire ».
S’est immédiatement posé un problème d’interprétation. Jusqu’à la Constitution de 1958, cri
délits et contraventions faisaient parti des conséquences législatives.
B) Qu’en est-il de l’interprétation des textes :
Le CE intervient très vite et opta pour une interprétation stricte, rigoureuse. Ceci
dans un arrêt du 12 février 1960 : Société Eky. Par un raisonnement a contrario, il aff
irme que la matière des contraventions relève du pouvoir règlementaire puisque cette m
atière ne fait pas partie de la liste des compétences législatives énoncées à l’article 34.
Il faisait prévaloir sur l’art 8 de la DDHC les termes de l’article 34. En effet, pour
lui, c’était une loi spéciale qui dérogeait à la loi générale. De fait, il a été dit que l
ir règlementaire pouvait déterminer les contraventions et les assortir de peines.
Cette solution, dans un premier temps, a été confortée par une décision du CC du 19 févrie
r
1963.
En réalité tout ce n’arrêté pas là car le CC dans une décision du 28 novembre 1973 relança
scussion sur le point de savoir si le pouvoir règlementaire était autorisé à prévoir des p
eines d’emprisonnement pour les contraventions.
La décision que prit le CC fut que le pouvoir règlementaire est bien compétent pour défi
nit des comportements qualifiés de contravention et assortir ces comportements de
peines sans pour les peines d’emprisonnement car c’est suffisamment grave pour que s
eul le pouvoir législatif puisse en décider.
Le CC avait profité d’une saisine pour ajouter quelque chose qui n’était pas nécessaire au
soutien de son argumentation et ceci permit au CE d’avaliser jusqu’au nouveau CP de
s textes règlementaires incriminant des comportements contraventionnelles, même asso
rtis d’une peine de prison.
Les rédacteurs du nouveau CP ont pris en compte la décision de 1973 et ont considéré qu’il
était inacceptable que le pouvoir règlementaire puisse décider d’une peine d’emprisonneme
nt. Désormais, il n’y a plus de peines possibles pour le cas d’une contravention.
Lorsque le CC s’exprime sur des motifs surabondants, cela peut alerter le législateu
r et l’inciter ultérieurement à modifier la loi.
II/ Le contrôle du principe de la légalité des délits et des peines par le CC :
Louis Favoreu dans un article intitulé la constitutionnalisation du droit pénal et d
e la procédure pénale dit « Le principe de la légalité ne s’impose pas comme une sorte d’ob
ation morale ou comme une règle de conduite qu’il est convenable de suivre. Il s’impos
e comme une véritable règle de droit avec comme conséquence et sanction l’annulation de
la disposition qui lui est contraire ». Louis Favoreu est un de ces auteurs qui vo
ulait un contrôle très strict de ce principe par le CC.
Le CC peut faire ce contrôle en contrôlant la précision des textes du parlement et en
annulant les dispositions législatives qui ne précisent pas suffisamment les incrimi
nations prévues.
- Le CC, dans une 1ère période a été relativement rigoureux à cet égard et n’a pas hé
ire obligation au législateur de définir suffisamment clairement et précisément les disp
ositions des textes.
o Décision du 18janvier 1985: A annulé le délit de malversation aumotique, le législateu
r n’avait pas énoncé avec précision les éléments constitutifs de ce délit. Le contrôle semb
ler dans une 2ème phase.
o Décision du 2mars 2004 précédent lamise en vigueur d’une loi du 9mars 2004 (loi portan
t adaptation du droit pénal aux évolutions de la criminalité) : Cette loi dresse une l
iste de 15 infractions dites « relevant de la criminalité organisée » et dans cette list
e, il en est une qui est qualifiée de vol en bande organisée (garde à vue doublée). L’infr
action était insuffisamment précise et il y avait une absence de définition de la band
e organisée. De fait, on ne pouvait pas interpréter strictement le texte. Et pour la
1ère fois, le CC, au lieu de constater que les éléments constitutifs de l’infraction n’éta
ent pas suffisamment précisés par le législateur, il dit que le principe de légalité peut ê
re respecté, même si le texte apparait insuffisamment précis « pourvu que la jurispruden
ce dégagée par les juridictions pénales ait apportée les précisions complémentaires utiles
our caractériser la circonstances aggravante de bande organisée. Laquelle suppose la
préméditation des infractions et une organisation structurée de leurs auteurs ». C’est la
1ère fois que le CC s’autorise à juger du degré de précision d’un texte en se référant à l
ais également à la jurisprudence.
Section 3 : Le déclin du principe de la légalité des délits et des peines :
I/ Une inflation pénale galopante :
Elle est due à plusieurs raisons : - Le législateur légifère sans discontinuer avec
une sorte de plaisir qui faisait dire à Jean Carbonnier qu’il y avait un 11ème comman
dement « Tu ne légifèreras pas par plaisir ». - Il y a une espèce de frénésie sécuritaire d
otre société est saisie. La société contemporaine
veut donner l’impression de croire au risque zéro. De plus, le développement des médias
conduit à répandre la connaissance des crimes.
L’inflation pénale date de la fin de la 2nd Guerre mondiale. Elle était déjà stigmatisée pa
un grand juriste : Georges Ripert qui disait « Il est toujours mauvais d’habituer l
es esprits à l’irrespect de la loi ». Et plus il y a de lois, plus il y a de chance de
l’enfreindre.
Le doyen Carbonnier voyait dans l’inflation législative et règlementaire un dysfonctio
nnement social et même une perte de sens du droit. Il ajoutait que « l’inflation législa
tive et règlementaire a pour effet d’imposer une ignorance des lois ». En effet, comme
nt respecter la maxime « Nul n’est censé ignorer la loi pénale ».
II/ Une imprécision des textes croissante :
L’inflation pénale se double d’une perte de qualité de la loi.
La Cour EDH a relevé 3 indicateurs de la qualité de la loi : - L’accessibilité : La
multiplication des lois fait que beaucoup d’entre elles ne sont pas codifiées.
Certains textes restent des annexes du code pénal ou entrent dans d’autres codes...
Internet rend un peu plus facile cette accessibilité des lois. Certains auteurs in
diquent que l’ère des codes est révolue car les choses vont trop vite.
- La précision : Même dans le livre 1er du Code Pénal, il manque beaucoup de défin
itions ce qui laisse aux juges une marge de manœuvre considérable. Beaucoup de texte
s sont flous. Il est difficile d’interpréter strictement une loi qui n’est pas précise.
o Ex:Lecodeestprécissurlescausesd’irresponsabilitémaisneditpascequ’estqu’être responsable.
-
o Ex:Lamiseendangerdélibéréd’autruiestenréalitéuneinfractiondepréventionquia pour objet d’é
es dommages lourds aux personnes.
La prévisibilité : Elle supposerait que tout citoyen soit à même de prévoir à un degré rais
able les éventuelles conséquences pénales de ses actes. Cela impliquerait qu’un même compo
rtement ne puisse pas tomber sous le coup de plusieurs textes répressifs. Il ne fa
udrait donc pas trop de concours de qualification. Egalement, en ce qui concerne
:
o L’individualisationdelapeineconduitàaccepteruntrèsfortdegréd’imprévisibilité concernant l
eine. Egalement, il fait juger une marque d’appréciation ce qui est le cas dans le C
ode Pénal de 1992 qui ne fixe qu’un plafond et pas un plancher.
Un texte d’août 2007 introduit les peines planchers pour les récidivistes. Chapitre 2
: Les sources du droit pénal :
La loi et le règlement sont les seules sources de la loi pénale en application du pr
incipe de la légalité des délits et des peines. Cependant, ces normes internes sont su
bordonnées à des normes supérieures parmi lesquelles nous trouvons les normes internat
ionales.
Section 1 : La subordination de la loi et du règlement aux normes internationales
:
I/ Les règles générales en droit international :
L’autorité supérieure du traité internationale sur la loi nationale avec l’article 55C qui
dit que « les traités ou accords internationaux régulièrement ratifiés ou approuvés ont dè
eur publication une autorité supérieure à celle des lois sous réserve pour chaque accord
ou traité de son application par l’autre parti ».
Le CC se refuse à exercer un contrôle de conformité des lois et règlements avec les trai
tés internationaux. Les traités internationaux ratifiés par la France ne font donc pas
parti du bloc de constitutionnalité. C’est ainsi que la CEDH ne fait pas partie de
ce bloc.
Le contrôle de la conformité de la loi et des règlements aux traités et accords internat
ionaux est assuré par les diverses juridictions civiles, pénales, administrative lor
squ’elles jugent une affaire particulière. Lorsqu’elles constatent une incompatibilité,
elles ne peuvent qu’écarter la loi interne et ne peuvent pas l’annuler.
La Cour de Cassation accepte d’écarter une loi interne en fonction d’un traité internati
onal antérieur mais aussi postérieur (cf : Arrêts Jacques Vabres du 24 mai 1975). De mêm
e pour le Conseil d’Etat (cf : Arrêt Nicolo du 20 Octobre 1989).
II/ Le droit communautaire :
A) Les traités :
Il est issue d’une succession de traités (Traité de Rome du 25 mars 1957 ; Traité de Maa
stricht du 7 février 1992 ; le mini traité Constitutionnel de Lisbonne signé par les r
eprésentants des Etats de l’UE en 2007 qui est en panne).
Le traité de Lisbonne, s’il était ratifié par les 27 pays de l’UE, donnerait la personnali
té morale à l’UE qui devrait ratifier le CEDH.
B) Le droit dérivé :
- Le règlement est un acte impersonnel de portée générale qui a force obligatoire
dans tous ses éléments et directement dans les Etats membres. On dit que c’est un acte
quasi-législatif et il est
publié au JOCE. - La directive lie tous les Etats membres destinataires seulement
quand aux résultats à atteindre tout
en laissant aux instances nationales la compétence de transposer avec une certaine
marge quand à
la forme et aux moyens. - La décision-cadre ressemble un peu à la précédente car c
onstitue un objectif à atteindre. - Les principes généraux du droit dégagés par la C
JCE constituent une source non écrite du droit
communautaire. o Ex:Leprincipedelanon-rétroactivitédesdispositionspénales.
C) Les principes gouvernant l’application du droit communautaire :
1) Le principe de l’applicabilité directe :
Le droit communautaire crée directement des obligations et des droits dont les per
sonnes physiques peuvent se prévaloir devant les juridictions nationales.
2) Le principe de la primauté du droit communautaire :
Elle ne trouve pas son fondement dans des dispositions constitutionnelles nation
ales mais est une conséquence des décisions de la CJCE par la nature même de la constr
uction communautaire qui implique l’homogénéité et l’uniformité dans l’application du droit
La conséquence est que les juges français ne peuvent ignorer le droit communautaire.
Ils ont l’obligation d’en assurer le plein effet.
En droit pénal, il y a une limite à l’applicabilité directe du droit communautaire. C’est
que les pays membres de l’UE se sont gardés une compétence propre, le droit de détermine
r la nature de la sanction pénale. L’UE peut créer des incriminations mais ne peut pas
imposer de sanctions.
Cela signifie que l’harmonisation des sanctions pénales en Europe est difficile à cons
truire. La conclusion d’un droit pénal européen n’en est donc qu’à ses balbutiements. On es
sur le chemin plus de l’harmonisation que de l’intégration.
III/ La CEDH :
Texte signé le 4 novembre 1950 et est entré en vigueur le 3 septembre 1953. Elle fut
élaborée dans le cadre du Conseil de l’Europe et fournie aujourd’hui le modèle le plus ab
outi de garantie effective des droits de l’Homme au plan international. On la qual
ifie de Charte vivante des droits de l’Homme.
Cette convention a inspirée la Convention Inter-Américaine des droits de l’Homme signée
en
1959.
Cette Convention offre aux individus grâce à la Cour EDH le bénéfice d’un contrôle judiciai
e de leurs droits.
On peut dire aujourd’hui que la CEDH est quasi incorporée au droit communautaire mal
gré le fait que l’UE soit en panne au niveau de ses traités.
En droit interne, ses dispositions, qui intéressent en premier lieu les pénalistes,
créent des droits directement aux profits des individus qui peuvent être poursuivis.
Et ces droits peuvent être invoqués devant une juridiction interne. N’importe quelle
personne suivie pénalement peut faire prévaloir des dispositions qui seraient plus i
ntéressantes pour lui.
Le France n’a seulement ratifiée cette Convention le 3 mai 1974 et elle n’en a reconnu
l’applicabilité directe que le 3 octobre 1981.
La CEDH garantie 2 types de droits : - Des droits absolus : Des droits insuscep
tibles de dérogations qui constituent un standard minimum
commun du droit européen des droits de l’Homme. o Ex:L’art3CEDHinterditlestraitementsi
nhumainsetdégradants.
- Des droits relatifs : Ils sont susceptibles d’être limités par l’autorité publique
. o Ex:L’art5CEDHditque«toutepersonneadroitàlalibertéetàlasûreté».Et
immédiatement après cet énoncé arrivent les dérogations.
La France ne considère pas que la jurisprudence de la Cour EDH soit d’applicabilité di
recte contrairement à la Convention.
Lorsque la France est condamnée, en principe, elle n’applique donc pas directement l
a jurisprudence de la Cour mais modifie ses textes pour mettre son droit en conf
ormité avec la jurisprudence de la Cour.
Par exemple, la France fut condamnée en 1990 dans l’affaire Krueslin. La Cour reproc
hait au droit français des textes insuffisamment précis pour encadrer les écoutes téléphon
iques. Le législateur français a répondu aux appels de la Cour dans une loi du 10 juil
let 1991.
Section 2 : Les sources nationales du droit pénal :
I/ Le Code Pénal :
A) L’histoire :
Le premier code inspiré par Beccaria est complètement inscrit dans le principe de la
légalité des délits et des peines.
Le second code pénal est le code napoléonien de 1810.
Le troisième fut le fruit d’un travail profond où de nombreuses commissions se succédèrent
dès la fin du XIXème siècle et celle qui aboutit forma le code de 1992.
Un code pénal doit refléter les valeurs essentielles de son temps et cela suffit à jus
tifier la substitution au code pénal de 1810 au code pénal de 1992 entré en vigueur le
1er mars 1994. La dernière commission de révision était présidée par Robert Badinter et d
ans un petit livre qu’il a publié en 1987, il constatait l’archaïsme, le vieillissement
au regard des valeurs du code pénal de 1810.
L’ambition de l’actuelle garde des sceaux qui envisage de réécrire le code pénal et celui
de procédure pénal n’est pas justifiée. En particulier pour le code pénal qui n’a que 20ans
B) Construction et contenu :
Le très gros défaut de l’ancien code pénal, outre le fait qu’il avait vieillit, c’est qu’il
t très désordonné. Il n’était pas construit. L’ambition de la commission était donc de codi
r l’intégralité des lois pénales pour le nouveau code.
Il y a une première partie concernant l’aspect législatif :
L’ambition était de créer un livre 1er avec les dispositions générales avec 3 titres intit
ulés successivement de la loi pénale, de la responsabilité pénale...
Le livre 2nd traite des crimes et délits contre les personnes car ce sont les plus
graves. Il y a dans ce livre un titre 1er appelé crimes contre l’humanité des l’espèce hu
maines (Cependant, ce sont aussi bien des crimes contre les personnes, contre le
s bien ainsi que contre l’Etat), un titre 2 intitulé les atteintes à la personne humai
ne.
Le livre 3ème traite des crimes et délits contre les biens. Le livre 4ème concerne les
crimes et délits contre la nation, l’Etat et la paix publique.
La commission voulait créer d’autres livres mais elle a callée. C’est pourquoi tous les
textes pénaux ne sont pas dans le code. Le livre 5ème qui est un livre fourre-tout s’i
ntitule des autres crimes et délits où on n’a réussi à placer que 2 titres et 2 catégories
nfraction (les lois de bioéthique et les sévices graves et actes de cruauté envers les
animaux).
Il existe également un livre 6ème intitulé des contraventions et un livre 7ème qui conce
rne les dispositions applicables dans les territoires d’Outre-mer et Mayotte.
On trouve ensuite une deuxième partie du code pénal qui est entièrement règlementaire et
qui s’appelle décrets en conseil d’état. Il est organisé de la même façon que les 6 premie
livres du code. On y trouve des décrets d’application concernant les dispositions généra
les du code pénal...
Bentham disait « il faut autant qu’il est possible ne mettre dans un corps de loi qu
e des termes de loi familiers au peuple ». Jean Carbonnier dit « la loi a vocation à s’a
dresser aux citoyens, aux usagers plutôt qu’aux techniciens de la justice ».
II/ Les textes pénaux codifiés dans d’autres codes que le Code Pénal :
Ils sont très nombreux. Il arrive que le code pénal les rappelle, c’est le cas en matièr
e d’avortement, de stupéfiants... La codification de 1992 n’est donc pas aboutie.
III/ Les textes pénaux non codifiés :
Il y a quantité de textes pénaux qui ne sont pas codifiées, ce sont des lois annexes.
Le meilleur exemple est l’ordonnance du 2 février 1945 concernant les mineurs délinqua
nts que nous trouverons par ordre alphabétique à « enfance délinquante » dans les textes a
nnexes du code pénal. Cette ordonnance est soumise actuellement à révision et doit abo
utir à la rédaction d’un code des mineurs.
La partie non codifiée du code pénal est plus importante que le code pénal lui-même.
Chapitre 3 : Le principe de l’interprétation stricte de la loi pénale :
C’est le corolaire du principe de la légalité des délits et des peines.
Interpréter c’est chercher à comprendre par une triple opération : - Eclaircissement
de ce qui est obscur. - Développement du cours d’une histoire ou de la richesse d’un c
ontenu. - Affirmation au profit d’un sens exact et à l’encontre du doute ou de l’e
rreur.
En droit pénal on ne peut pas user de toutes les méthodes classiques de l’interprétation
car l’interprétation doit être stricte.
- On a la possibilité de se référer aux travaux parlementaires, c est-à-dire de co
nsulter les débats à l’AN et au Sénat pour essayer de comprendre ce que les parlementair
es ont voulu dire (interprétation téléologique).
- Les syllogismes de l’exégèse : Dès lors qu’il y a un trou dans les lois, ces syllo
gismes peuvent permettre à l’interprète de palier ce vide législatif :
o Leraisonnementparanalogie:Ilestexcluendroitpénal. o Leraisonnementafortiori:Iles
t,enprincipe,excluégalement.Ilpeutcependant
éventuellement être utilisé. o Leraisonnementacontrario:L’art34Cénoncequelaloifixelesrègles
oncernantla
détermination des crimes et des délits a contrario, l’art 37C dit que les matières qui n
e sont pas du domaine de la loi sont du domaine du règlement.
Section 1 : L’exclusion de l’interprétation par voie d’analogie :
Cette interprétation présente le danger de porter atteinte aux libertés du citoyen. En
effet, si on se permet de dire que tel comportement non incriminé par la loi dire
ctement peut cependant, parce qu’il ressemble à un comportement incriminé par la loi, êt
re poursuivit.
Cette interprétation était en vigueur dans les régimes totalitaires tels que le régime n
azi ou soviétique. Dans le code socialiste de l’union soviétique de 1926 à l’art 16 était d
t « si tel ou tel acte socialement dangereux n’est pas nettement prévu par le présent co
de, le fondement et les limites de la responsabilité encourue à son sujet sont détermi
nés conformément aux articles du code qui prévoit les délits dont la nature s’en rapproche
le plus ».
L’interprétation stricte a pour objet de garantir contre l’arbitraire. Elle a pour obj
et de permettre au citoyen de savoir ce qui est interdit et ce qui ne l’est pas.
I/ Les filouteries :
Par exemple, est une filouterie d’aller au restaurant et de partir sans payer. Est
-ce un vol, une escroquerie, une infraction pénale ? Ce n’est pas un vol car il n’y a
pas de soustraction frauduleuse. L’art 311-1 dit que « le vol est la soustraction fr
auduleuse de la chose d’autrui ». A l’article 313-1 est définit l’escroquerie et ce compor
tement n’en est pas une car il n’y a pas de manœuvre frauduleuse.
On pourrait penser un peu plus certainement à l’abus de confiance (art 314-1) qui su
ppose un contrat à l’origine. Le contrat tacite au restaurant ne fait cependant pas
partie de ceux définis par cet article.
Pendant longtemps, la filouterie d’aliments n’a pas été punie. Il a fallut attendre une
loi du 26 juillet 1973. Il n’y avait pas d’infraction pénale mais une infraction civil
e.
Il y a également des filouteries qui ont mises longtemps à être punis tel que celle de
transport, d’hôtel... De plus, il n’y a toujours pas de textes pour la filouterie d’amb
ulance.
La Cour de Cassation a considéré que la filouterie d’ambulance n’était pas assimilable à la
filouterie de transport dans un arrêt du 15 mai 1975 « une ambulance destinée au trans
port des malades et dont l’exploitation n’est pas subordonnée à l’obtention d’un permis de
tationnement sur la voie publique ne rentre pas dans la catégorie des voitures de
place visées par la loi du 21 mars 1936 qui incrimine ce type de transport ».
Art 313-5 CP : La filouterie est le fait, par une personne qui sait être dans l’impo
ssibilité absolue de payer ou qui est déterminée à ne pas payer de faire 4 actes (hôtel, r
estaurant, transport...)
II/ Les retraits d’argent au-delà de la provision :
La Cour de Cassation a mis du temps à résoudre ce problème. Y avait-il inexécution d’un co
ntrat civil ou infraction pénale ?
La cour d’appel d’Agen en février 1982 n’y voyait pas un vol. La cour d’appel de Lyon, en
avril 1982 y voit, elle, un vol. La Cour de Cassation, dans une décision du 24 nov
embre 1983 tranche le problème en disant que « le retrait d’un distributeur automatiqu
e de billets de banque par le titulaire d’une carte magnétique d’une somme d’argent excéde
nt le solde disponible de son compte bancaire s’analyse en l’inobservation d’une oblig
ation contractuelle et n’entre dans les prévisions d’aucun texte répressif ».
III/ Les vols d’usage :
Par exemple, est-ce que les vols de véhicules constituent des vols. La jurispruden
ce a été plutôt extensive. Les juges du fond, pendant un certain temps ont considérés qu’il
n’y avait pas vol dans le fait d’emprunter momentanément le véhicule d’autrui.
Le tribunal de Saint Claude le 7 janvier 1954 disant que « la soustraction de la c
hose d’autrui ne constitue que le délit de vol que si elle est accompagnée de l’intentio
n chez son auteur de s’approprier définitivement la chose volée ».
Arrêt du 19 février 1959 est un arrêt de principe de la chambre criminelle : Arrêt Thene
vy : Elle dit que « l’appréhension de la chose d’autrui dans des circonstances telles qu’e
lles révèlent l’intention de se comporter même momentanément en propriétaire constitue un v
l ». C’est ainsi qu’aujourd’hui, le simple fait de se mettre au volant d’une voiture est c
onsidéré comme une tentative de vol de véhicule.
IV/ L’homicide involontaire d’un enfant nouveau-né ou d’un enfant non encore né mais parve
nu au terme d’une grossesse :
Arrêt du 25 juin 2002 de la chambre criminelle : On ne peut que tuer quelqu’un qui e
st vivant. Cependant, tout dépend de ce que l’on appel vivant. Pour l’avocat général, le fœ
us viable est vivant. La cour de cassation déclare que le fœtus, même viable n’est pas v
ivant et au nom de l’interprétation stricte, elle conclut qu’il ne peut pas y avoir ho
micide involontaire d’un fœtus.
En doctrine, il y a ceux qui pensent que pour un enfant aux portes de la naissan
ce et évidemment viable, il n’y a aucune raison de ne pas le considérer comme vivant e
t de ne pas entrainer des poursuites.
Arrêt du 2 décembre 2003 de la chambre criminelle : Il peut y avoir homicide involon
taire si le fœtus né et ne vit que quelques instants. A partir du moment où il est né vi
vant, même s’il meurt quelques instants après, il peut y avoir homicide involontaire.
En l’espèce, il s’agissait d’un enfant qui était né vivant mais qui décéda quelques minutes
sa naissance des suites de « la maladresse, de l’imprudence, d’ l’inattention, de la négli
gence des personnels de santé présents au moment de l’accouchement ».
Section 2 : Le cas particulier de l’interprétation des lois obscures ou douteuses :
I/ Les lois floues et imprécises :
La cour de cassation a le droit de refuser d’incriminer un texte trop imprécis.
Une infraction comporte 3 éléments : - L’élément légal : Le texte incriminateur. Il peu
t être plus ou moins flou. - L’élément matériel : Pour le vol, par exemple, c’est la so
ustraction de la chose d’autrui. - L’élément moral : Cet élément dans le vol est le c
aractère frauduleux de la soustraction. Cet
éléments moral peut être intentionnel ou non intentionnel (ex : homicide par imprudenc
e).
Décision du 20 février 2001 de la Cour de Cassation : Le journal France Soir avait p
ublié, à la suite d’un attentat à la station Saint-Michel, la photo d’une personne blessée
oitié dénudée à l’insu de cette personne. Le ministère public avait poursuivit le journal à
rtir de l’article 38 alinéa 3 de la loi du 19 juillet 1881. Cet article interdisait
la publication de toute ou partie des circonstances d’un des crimes et délits prévus p
ar les chapitres 1er, 2 et 7 du Titre 2 du Livre 2 du Code Pénal. Globalement, il
interdisait
de publier tous faits concernant les crimes et les délits contre les personnes. Da
ns cet arrêt, la chambre criminelle refuse d’appliquer ce texte au motif qu’il est tel
lement vague qu’il ne peut que contrevenir à l’article 10 de la CEDH qui dit que « toute
personne a droit à la liberté d’expression ».
Arrêt de la CEDH du 15 novembre 1996 : Cantoni c/ France : M. Cantoni contestait l’a
rbitraire de la jurisprudence sur la définition du médicament. Il avait été poursuivi po
ur vente de médicaments alors qu’il considérait que ce n’étaient pas des médicaments qu’il
dait. En effet, l’article 551 du Code de la Santé Publique qui définit le médicament est
extrêmement flou. Selon Cantoni, la loi rendait la notion de médicament imprévisible.
Cependant, ce dernier a perdu. La Cour EDH est souvent moins rigoureuse que la
Cour de Cassation.
II/ Les lois dont l’interprétation littérale serait absurde :
L’interprétation littérale peut amener à donner à un texte un sens stupide.
Un règlement ancien de la police des chemins de fer interdisait « de descendre aille
urs que dans les gares et lorsque le train est complètement arrêté ». C est-à-dire qu’il fa
lait descendre dans les gares pendant que le train était en marche. Il y a une err
eur manifeste de rédaction car il manquait la négation.
La chambre criminelle le 8 mars 1930 : La Cour de Cassation se permet de dire qu
e « l’interprétation stricte ne signifie par l’interprétation littérale, surtout lorsque le
juge est appelé à donner un sens à un texte manifestement douteux ».
III/ L’application du principe de l’interprétation stricte aux hypothèses nées des progrès
echniques :
M. Roux disait que « une chose nouvelle n’est pas pour le motif de nouveauté exclue de
la protection de la loi ancienne lorsque les termes que celle-ci a employé peuven
t l’embrasser ».
Le même auteur a dit que « le principe de l’interprétation stricte des lois pénales s’oppos
nt seulement à ce que le juge étende les conditions d’existence juridique du délit prévu p
ar la loi mais il ne peut être invoqué lorsque ses conditions étant remplies, les circ
onstances accessoires et extérieures du délit ne sont pas exactement les même que cell
es envisagées par le législateur ».
Il est donc interdit l’interprétation par analogie mais est autorisé l’interprétation téléo
ique. Cette interprétation permet de donner un sens au texte en cherchant ce que l
e législateur a voulu dire. Cela si le texte n’est pas clair.
Arrêt du 3 avril 1912 de la chambre criminelle : La Cour de Cassation a appliqué la
peine du vol à celui qui soustrait du courant électrique. Elle a fait de l’électricité une
chose sans textes explicites.
Aujourd’hui, dans le Code Pénal, l’article 311-2 qui dit que « la soustraction frauduleu
se d’énergie aux préjudices d’autrui est assimilée au vol ».
La loi sur la presse du 29 juillet 1881 prévoyait la diffamation par la presse qui
existait alors contrairement à la télévision, le cinéma... La Cour de Cassation a étendue
très vite la diffamation à d’autres médias.
Ce ne sont que de petites entorses au principe de l’interprétation stricte et si ell
es étaient rejetées, elles empêcheraient le Code Pénal de vieillir. Cependant, évidemment,
ces petites entorses sont en même temps une invitation pour le législateur à actualis
er ses textes.
Les principes dégagés par la CEDH comme principes directeurs par tous les pays membr
es de la
CEDH en ce qui concerne la qualité de la loi. Ces principes devant les conduire à pr
oduire des textes de qualité, c est-à-dire qui peuvent être appliqués strictement pour n
e pas contrevenir au principe de la légalité des délits et des peines.
La CEDH a rappelé à plusieurs reprises que la loi pénale votée par le législateur devait p
résenter 3 qualités :
- Accessible : Le citoyen doit pouvoir connaitre la loi pénale et pour cela
la codification est une bonne formule. Cependant, en France, la loi pénale est moy
ennement accessible car le droit pénal français n’est pas entièrement codifié. Par ailleur
s, il y a des infractions définis dans plusieurs textes.
- Prévisible : Tout citoyen doit être à même de prévoir à un degré raisonnable les év
lles conséquences pénales de ses actes. Une prévisibilité raisonnable implique qu’un même c
mportement ne puisse pas tomber sous le coup de plusieurs textes répressifs.
- Précise : Suppose des termes clairs, sans ambigüités.
Chapitre 4 : L’application de la loi pénale dans le temps :
L’art 8 de la DDHC dit que « la loi ne doit établir que des peines strictement et évidem
ment nécessaires et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antér
rement au délit et légalement appliquée ».
Art 7-1 de la CEDH alinéa 1 « Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission
qui au moment où elle a été commise ne constituait pas une infraction d’après le droit nat
ional ou le droit international » ; alinéa 2 « De même, il n’est infligé aucune peine plus
orte que celle qui était applicable au moment ou l’infraction a été commise ».
Art 15-1 du Pacte International de NY de 1996 sur les droits civils et politique
s.
Ce principe de la non-rétroactivité du droit pénal s’impose au Parlement, à l’autorité judi
ire ainsi qu’au pouvoir exécutif :
- Le Parlement : o DepartlaConstitution,iln’apasledroitmodifierledroitantérieu
rrétroactivement.Le
CC l’a rappelé encore une fois dans une décision du 25 février 2008 (rétention de
sûreté). o Ilfautsavoirqu’enpériodestroublées,ilestarrivéauparlementdeviolerleprincipedela
non-rétroactivité de la loi pénale (Vichy). o Enfin,ilarrivequelelégislateur,enqualifian
tlaloinouvelledeloiinterprétative
contourne l’interdiction des lois rétroactives. La loi interprétative vient donner des
précisions à un autre texte et techniquement, elle vient immédiatement compléter le tex
te ancien et à ce titre, on peut considérer qu’elle s’applique immédiatement.
- L’autorité judiciaire : Dans le Code Pénal, l’art 115-5 dit que « les juridictions
sont compétentes pour interpréter les actes administratifs règlementaire ou individue
ls et pour en apprécier la légalité lorsque de cet examen dépend la solution du procès péna
qui leur est soumis ». Cela signifie qu’en matière de contravention où l’élément légal n’e
une loi mais un règlement, le juge peut apprécier la légalité.
o Parexception,lejugejudiciairepeutapprécierlalégalitéd’untexteadministratiflorsque de l’a
pplication de cet examen dépend la suite du procès pénal qui lui est soumis.
- Le pouvoir exécutif : Il n’est pas habilité à créer des infractions, des contraven
tions de nature règlementaire rétroactivement.
Section 1 : La combinaison du principe de la non-rétroactivité de la loi pénale et du
principe de l’application immédiate de la loi pénale de fond plus douce :
Les lois pénales de fond : Ce sont les lois pénales qui incriminent et qui sanctionn
ent. Dans le Code Pénal, il n’y a que des lois pénales de fond.
Les lois pénales de formes : Ce sont les lois pénales qui organisent le fonctionneme
nt des juridictions, le déroulement du procès pénal. On les trouve dans le Code de Pro
cédure Pénale.
Art 8 DDHC impose que l’on combine ces 2 principes (cf. : titre). Et cette combina
ison a été consacrée par une décision du Conseil Constitutionnel.
I/ Les textes qui appellent à combiner les 2 principes :
Le texte législatif qui appel à combiner les 2 principes est l’article 112-1 CP « sont s
euls punissables les faits constitutifs d’une infraction à la date à laquelle ils ont été
commis. Peuvent seules être prononcées les peines légalement appliquées à la même date ; To
tefois les dispositions nouvelles s’appliquent aux infractions commises avant leur
entrée en vigueur et n’ayant pas données lieu à une condamnation passée en force de chose
jugée lorsqu’elles sont moins sévères que les dispositions anciennes ».
Cet article ne fait que consacrer une solution jurisprudentielle fondée sur l’articl
e 8 de la DDHC.
On a consacré législativement des décisions successives de la chambre criminelle et la
décision du CC des 19 et 20 janvier 1982.
II/ La décision constitutionnelle des 19 et 20 janvier 1981 :
Le conseil constitutionnel, confronté à cette décision a dit : « le fait de ne pas appli
quer aux infractions commises sous l’empire de la loi ancienne, la loi pénale plus d
ouce ; revient à permettre au juge de prononcer les peines prévues par la loi ancien
ne et qui selon l’appréciation même du législateur ne sont plus nécessaires ».
Par cette décision, le conseil constitutionnel consacre le principe qui n’était jusqu’al
ors que coutumier, de l’application de la loi pénale plus douce. C’est sur le fondemen
t de l’article 8 de la DDHC.
A quel stade du procès le juge peut s’autoriser à appliquer la loi pénale plus douce ?
III/ La condition de l’application immédiate d’une loi pénale plus douce :
La condition est que le procès ne soit pas achevé. La situation pénale ne doit pas être
définitivement constituée. En effet, si le procès est aboutit, terminé et qu’il n’y a plus
e voies de recours, à l’évidence la loi nouvelle ne s’appliquera pas.
Par contre la situation pénale n’est pas définitivement constituée dès lors qu’il existe en
ore une voie de recours ou que les délais pour les voies de recours sont épuisés.
Si la loi nouvelle est plus sévère, elle ne s’applique pas immédiatement.
IV/ De la notion de loi pénale plus douce :
A) Les lois relatives à l’incrimination :
1) L’incrimination peut être supprimée :
Au moment du jugement, le législateur a supprimé l’infraction. Les incriminations doiv
ent alors s’arrêter.
Crim, 17 mai 1989 : en l’espèce, un individu qui s’appelle Messof est poursuivi et con
damné pour avoir sciemment recelé 4 camions et 4 remorques qui lui avaient été donné en règ
ement préférentiel de sa créance. Le commerçant qui lui avait remis ces 4 camions et 4 r
emorques était en cessation de paiement, il avait commis un délit de banqueroute et ét
ait poursuivi (délit supprimé en 1986 par l’article
238 de la loi du 25 janvier 1985). Le délit de recèle qui était lié au délit de banquerout
e subsistait-il ? Comme le recèle est une infraction de conséquence, la chambre crim
inelle a décidé que le
dénommé Messof ne pouvait plus non plus faire l’objet de poursuites. En effet, le recèle
n’est constitué que si les choses détenues proviennent d’une action qualifiée crime ou dél
t par la loi.
2) La définition de l’incrimination est modifiée :
Article 222-23 du code pénal est un article qui définit le viol (résulte d’une loi du 23
décembre 1980) : « tout acte de pénétration de quelque nature qu’il soit commis sur la pe
rsonne d’autrui par violence, contrainte, menace, ou surprise ».
Cette définition ne parle pas directement de consentement mais implicitement.
La loi du 23 décembre 1980 élargit l’incrimination puisque jusqu’alors les juridictions
considéraient qu’il y avait viol que lorsqu’on était en présence d’un « viol classique ».
Le champ de la loi en s’élargissant rend la loi plus sévère. Au regard de l’incrimination
la nouvelle loi est plus sévère mais pour la peine l’incrimination est moins sévère. Avant
la peine maximum étant de 20 ans de réclusion criminelle, aujourd’hui elle est de 10
ans. (Depuis 1980, on a à nouveau augmenté la peine à 15 ans).
Cass, Crim, 22 aout 1981 : une personne avait commis un viol sous l’empire de la l
oi ancienne, il est jugé par la cour d’assise sous l’empire de la loi nouvelle. Il bénéfic
ie des circonstances atténuantes, et il est condamné par la cour d’assise à 10 ans de récl
usions.
La chambre criminelle a cassé cette décision de cour d’assise parce qu’elle a divisé la lo
i nouvelle ; considérant que même si la partie de la loi nouvelle sur l’incrimination ét
ait plus sévère, comme la partie de la loi nouvelle sur la peine était plus douce ; il
fallait appliquer la partie de la loi nouvelle sur la peine. La cour d’assise ava
it mal juge le violeur a 10ans, le niveau maximum alors qu’il bénéficiait des circonst
ances atténuantes.
3) L’hypothèse sans incrimination au moment des faits :
S’il n’y a pas d’incrimination au moment des faits, alors la loi nouvelle est toujours
plus sévère.
Les tortures sous la guerre d’Algérie ont été poursuivies pour certains cas en invoquant
le crime contre l’humanité. La chambre criminelle s’oppose au motif que la loi nouvel
le sur les crimes de l’humanité est une loi plus sévère, elle ne peut donc pas donner li
eu à des poursuites.
Il y avait une autre solution pour poursuivre les poursuites, c’était de se référer à la dé
inition de crime contre l’humanité du tribunal de Nuremberg. Mais celui-ci avait défin
it le crime contre l’humanité pour les pays européens de l’axe. Conséquence, le crime cont
re l’humanité ne pouvait être invoqué pour les crimes commis en Algérie.
B) Les lois relatives à la répression :
Les lois relatives à la répression peuvent être divisibles. Lorsqu’une loi est nouvelle
on peut distinguer ce qui est relatif à l’incrimination et ce qui est relatif à la répre
ssion.
Lorsqu’une loi est nouvelle on peut aussi distinguer parmi les dispositions relati
ves à la répression, celles qui sont plus douces et celles qui sont plus sévères.
La jurisprudence admet la divisibilité au sein même des dispositions concernant la p
eine. La jurisprudence des tribunaux, lorsqu’ils appliquent une loi nouvelle, la d
issèque. Pour déterminer si une loi nouvelle est plus douce, on ne peut pas déterminer
globalement ; il faut dissocier incrimination et sanction ; et même dans ce qui a
ttrait à la sanction il faut dissocier peine principal (emprisonnement et
amende) et peine complémentaire. La loi pénale plus douce, est celle qui d’une façon ou
d’une autre dépénalise un temps soit peu. C’est un travail d’interprétation.
V/ Les cas particuliers :
A) Les lois organisant l’exécution des peines :
La loi du 9 septembre 1986 institue la période de sureté (article 112-2 alinéa 3 du Co
de pénal). La période de sureté est la période pendant laquelle un détenue ne peut bénéfici
d’aucun aménagement de sa peine (liberté conditionnelle, semi-liberté, pas de sorties so
us escortes, pas de permission de sortie).
Dans sa décision du 3 septembre 1986, le conseil constitutionnel a du rappelé au légis
lateur que cette loi nouvelle ne pouvait pas s’appliquer immédiatement. Le législateur
avait trouvé une semi-solution en décidant que la période de sureté pouvait s’appliquer a
ux faits commis après son entrée en vigueur et pas définitivement encore jugé. Le consei
l constitutionnel rappelle que le principe juridique de la non- application immédi
ate des lois pénales de fond plus sévère ne s’applique pas seulement aux peines prononcées
par les juridictions répressives mais s’étend à la période de sureté.
Pour le conseil constitutionnel, la période de sureté est assimilable à une peine comp
lémentaire et non pas à une simple modalité d’exécution de la peine. (Il y a une jurisprud
ence constante qui veut que les modalités d’exécution de la peine sont d’exécution immédiat
).
Le contrôle du conseil constitutionnel s’est plutôt relâché sur ce point :
DC, 8 décembre 2005 : placement sous surveillance électronique mobile (PSEM). La loi
de 2005 fait du PSEM une modalité d’exécution de la peine et le qualifie de mesure de
sureté. Le législateur considérait que la surveillance judiciaire qui s’exerce en dehor
s de la prison peut être assortie du port du bracelet électronique (qui n’a pas selon
lui de caractère répressif). Le PSEM aurait une visée préventive de la récidive et non pas
une visée punitive.
NB : le code pénal dans son titre III ne prononce pas l’expression mesure de sureté. D
ans le code pénal ce qui peut apparait comme une mesure de sureté est qualifiée de pei
ne complémentaire. Le parlement qui a voté le code pénal a voulu en terminer avec la d
istinction peine/mesure de sureté. Le parlement a considéré que toutes les sanctions a
vaient une connotation rétributive et qu’il fallait qu’on le rattache au même régime sauf
pour les mesures concernant les mineurs qui sont d’abord à visée éducative, avant d’être ré
ssive.
- Si les mesures de sureté sont des peines, alors ce sont des peines qui se
rajoutent à d’anciennes peines, c’est forcément plus sévères ; elles ne peuvent pas s’appli
r immédiatement.
- Si les mesures de suretés sont simplement des modalités d’exécution de la peine
: application immédiate.
Le port d’un bracelet électronique est une modalité d’exécution de la peine ou une peine ?
La chambre criminelle a refusé d’appliquer immédiatement le suivi socio judiciaire, qu
i devait permettre de mieux contrôler les auteurs d’atteintes sexuelles. Pour le bra
celet électronique, le conseil constitutionnel a considéré que le bracelet électronique
est une mesure de sureté, d’application immédiate.
DC, 25 janvier 2008 suite à la saisine du conseil constitutionnel sur la loi insta
urant la rétention de sureté (« peine après la peine»). La rétention de sureté consiste à p
r, après la fin de l’exécution de la peine de prison, à garder quelqu’un dans un centre de
rétention (de sureté). Cette deuxième tranche de peine, est assimilable à une peine et
présente beaucoup d’incertitude dans sa durée puisque la rétention de sureté peut être indé
minée. Le pays qui avait appliqué cette rétention de sureté est l’Allemagne nazi. Le Canad
a l’applique aussi.
Est-ce que la rétention de sureté est une peine ou est ce que c’est une mesure de sure
té ? Doit-on raisonner comme pour le bracelet électronique ou doit-on raisonner comm
e pour le suivi-socio judiciaire ?
Le conseil constitutionnel réussi le tour de force de ne pas se prononcer. Il dit
que ce n’est pas une peine mais applique le régime des peines. Il refuse l’application
immédiate de la rétention de sureté. L’introduction dans le droit pénal français de la rét
ion de sureté est un dispositif plus sévère. La rétention de sureté est un objet sui gener
is auquel on applique le régime des peines.
B) Les mesures éducatives de protection et de surveillance des incapables :
Il ne s’agit pas de peines. Quel est le régime de ces mesures éducatives ? Lorsqu’on int
roduit une nouvelle mesure éducative dans le code pénal, sont elles d’applications imméd
iates ?
Oui. Cette réponse a été donnée par la chambre criminelle dès le 11 juin 1953 (arrêt de pri
cipe) : en 1950, l’ordonnance du 2 février 1945 relative aux mineurs délinquants devie
nt applicable en Algérie. Un mineur du nom de Merbouch est condamné en première instan
ce à Alger avant que l’ordonnance du 2 février 1945 ne soit applicable en Algérie. Il es
t condamné à 6 mois de prisons avec sursis. Il fait appel. Entre le moment de la 1ère
condamnation et l’appel est entré en vigueur l’ordonnance du 2 février 1945 et ses mesur
es éducatives.
Le principe en droit des mineurs est de prononcer une mesure éducative et une pein
e si les circonstances et la personnalité l’exige. En l’occurrence, Merbouche est cond
amné non pas à une peine mais à 18 mois de placements dans un centre éducatif (mesure éduc
ative). Il forme un pourvoi en cassation en considérant que sa peine a été alourdie en
appliquant des dispositions plus sévères.
La chambre criminelle ne lui a pas donné gain de cause ; elle indique que « le prono
ncé de mesure éducatives à l’encontre d’un mineur ont pour seul but la protection et la réé
ation des mineurs et donc s’appliquent immédiatement ».
Section 2 : L’application immédiate d’une loi pénale de procédure :
Article 112-2 du code pénal pose le principe de l’application immédiate des lois pénales
de forme quelque soit leur nature. Cet article énonce quels sont les lois pénales d
e formes d’application immédiate :
- Par exemple les lois pénales de compétences et d’organisation judiciaire. D’appl
ication immédiate tant qu’un jugement de fond n’a pas été rendu en première instance
- Les lois fixant les modalités des poursuites et les formes de la procédure -
Les lois relatives au régime d’exécution et d’application des peines. (L’application immédi
te
n’est pas automatique).
I/ Les lois de compétence et d’organisation judiciaire :
Toutes ces lois sont d’application immédiate. Cependant, art 112-2 « Les lois de compéte
nces et d’organisation judiciaire sont applicables immédiatement tant qu’un jugement d
e 1er instance n’a pas été rendu ».
II/ Les lois fixant les modalités de poursuite et les formes de la procédure :
Ces lois sont d’application immédiate.
III/ Les lois relatives au régime d’exécution et d’application des peines :
Il est dit que sont d’application immédiate des lois relatives au régime d’exécution et d’a
plication des peines.
Cependant, le Conseil Constitutionnel dans une décision de 1986 qui a été reprise dans
le Code Pénal à l’art 112-2 a décidé que « lorsque les lois relatives au régime d’exécutio
plication des peines aurait pour résultat de rendre les peines prononcées plus sévères,
ces lois ne sont applicables qu’aux condamnations prononcées pour des faits commis p
ostérieurement à leur entrée en vigueur »
Dans certains cas, les lois relatives au régime d’exécution et d’application des peines
s’apparentent à des lois de fond et plus vraiment à des lois de forme (ex : la rétention
de sûreté).
Il faut donc distinguer si le texte nouveau s’apparente à une modalité d’exécution ou à un
urcissement de la peine.
IV/ Les lois portant sur les délais de prescription :
Quand le Code Pénal a été adopté, le législateur avait décidé que les lois sur la prescript
étaient d’application immédiate seulement si elle n’aggravait pas la situation de l’intére
sé. En 1992, le législateur avait assimilé les lois sur la prescription à des lois de fo
rme.
Il existe les lois de prescription publique : - Une contravention : 1ans au jour
de la commission de l’infraction. - Un délit : 3ans au jour de la commission d
e l’infraction sauf dans 2 cas :
o L’infractionestditecontinue:Ledélaipartdujouroùl’infractionacessé(ex:Unfaux docteur met
une plaque devant sa maison).
o Lesinfractionsclandestines:Ellessontdifficilesàdéceler(ex:L’abusdebiensocial).La Cou
r de Cassation a décidé que pour ces dernières, le délai de prescription court du moment
où le parquet a connaissance de l’infraction.
- Un crime : Le délai de droit commun est de 10ans. En matière d’agression sexue
lle sur mineur, il y a 2 dérogations :
o Ledélaicourtdumomentoùlemineurdevientmajeur. o LoiPerbenIIde2004:Nonseulementledélai
courtdelamajoritédelavictime,maisil
devient de 20ans. Ce texte est d’application immédiate. Il a modifié l’article 112-2.
Pour la prescription de la peine (Si une peine a été décidée mais pas appliqué) : -
Une contravention : 2ans - Un délit : 5ans. - Un crime : 20ans.
V/ Un cas particulier, des lois relatives à la nature et au cas d’ouverture des voie
s de recours :
Art 112-3 du Code Pénale. Le principe est celui de l’application immédiate. Dès qu’une nou
velle loi de recours est introduite, elle s’applique immédiatement à des situations péna
les non encore complètement constituées.
Le bénéfice d’un recours ne demeure acquis qu’à la personne qui en a saisir la juridiction
compétente avant l’entrée en vigueur de la loi qui le supprime (Arrêt du 24 octobre 198
, Chambre Criminelle).
Le délai d’appel est considéré comme une loi de fond. De fait, il est acquis aux partis
au jour de la décision. Si une loi nouvelle vient modifier les modalités du délai d’appe
l, ce sont ces nouvelles modalités qui s’appliquent.
Art 112-4 du Code Pénal « La loi nouvelle cesse de recevoir exécution quand elle a été pro
noncée pour un fait qui, en vertu d’une loi postérieure au jugement, n’a plus le caractère
d’une infraction pénale ».
C’est l’hypothèse où la loi nouvelle dit implicitement que la peine prévu par la loi ancie
nne n’est plus strictement et évidemment nécessaire. Ceux qui ont été condamnés sur la base
de cette peine doivent être relâchés.
Par exemple, le viol était avant puni de 20ans. Lorsque le délai est passé à 10 ans, les
gens ayant déjà purgés plus de 10ans doivent être relâchés.
Chapitre 5 : L’application de la loi pénale dans l’espace ou les conflits de loi dans
l’espace :
Il y a de plus en plus d’infractions qui comportent un élément d’extranéité.
Par exemple, 2 jeunes français participent à un attentat comme complices d’un jeune ma
rocain à l’hôtel Atlas à Marrakech. Le 1er jour, l’attentat échoue, et le lendemain, l’aute
principal marocain, toujours aidé des français tue 2 civils espagnoles. L’instruction
prouvera que l’attentat était commandité par un trafiquant de femmes Moldave résidant à Pa
ris.
Il y a 5 éléments d’extranéité. L’infraction se commet principalement au Maroc. Les complic
s sont français. Les victimes sont espagnoles. Le commanditaire est moldave et hab
ite Paris.
Depuis le nouveau Code Pénal, c’est la compétence législative qui gouverne la compétence j
uridictionnelle. C’est en fonction de la loi applicable que l’on va déterminer la juri
diction compétente.
C’est dans le Code Pénal que l’on trouve les règles de résolution des conflits de loi dans
l’espace (113-2 et suivants). Cependant, il y a quelques compléments législatifs dans
le Code de Procédure Pénal.
- - -
Il y a différents principes : Principe de la territorialité. Principe de la personna
lité active. Principe de la personnalité passive.
Section 1 : Le principe de la territorialité et ses conséquences :
C’est le premier qu’il faut faire jouer. Il est énoncé à l’art 113-2 du Code Pénal et dit q
la loi pénale française est applicable aux infractions commises sur le territoire de
la République » puis « l’infraction est réputée commise sur le territoire de la République
lors qu’un de ses faits constitutifs a eu lieu sur ce territoire ».
I/ Qu’est-ce que le territoire de la République :
Il est fait de parties terrestres et d’eaux territoriales adjacentes qui correspon
dent à une largeur de 12 miles marins.
Egalement, il est fait d’une zone économique au large des eaux territoriales où la Fra
nce a encore des droits de souverainetés mais limités à certaines sujets tel que l’explo
ration et l’exploitation des ressources naturelles et biologiques. La France ne se
ra compétente que pour la poursuite d’infractions telles que le pillage de ressource
s naturelles... Cette zone économique est large et correspond à une largeur de 188 m
iles marins à partir de la ligne de côte. Cette zone économique est instituée par décret e
n
conseil d’Etat.
Dès qu’une infraction pénale est commise en France, elle est régie uniquement par la loi
pénale française.
La loi comporte la métropole ainsi que les 4 départements d’outre-mer. Egalement les t
erritoires d’outre mer avec Wallis et Futuna, la Nouvelle Calédonie, les terres aust
rales et antarctiques française ainsi que Saint Pierre et Miquelon, Mayotte et cer
taines îles.
II/ Les infractions réputées commises sur le territoire de la République :
Que veut dire l’expression « infraction dont un des faits constitutifs a eu lieu sur
le territoire de la République » ?
Un fait constitutif est un morceau de l’élément matériel. Pour que la France soit compéten
te, il n’est pas exigé que l’élément matériel dans son entier se réalise en France mais seu
une partie suffit.
Arrêt de la Chambre Criminelle du 12 février 1979 : Un Allemande de passage à Paris se
voit confier un certain nombre de tableaux pour les exposer et les vendre à Colog
ne et elle reconnait avoir détourné une partie du prix de vente. On est là dans un abu
s de confiance (art 314-1 CP). Elle a commis le détournement à l’étranger mais les toile
s lui avaient été confiées en France. L’abus de confiance lui- même est une infraction com
plexe qui comporte la remise puis le détournement. La remise a eu lieu à Paris et le
détournement à Cologne. On peut donc dire que la remise est un fait constitutif de
la même façon que le détournement est un autre fait constitutif.
JCP 1969 n°16 011 : Un photographe poursuivit du chef d’outrage aux bonnes mœurs. Il a
vait pris un certain nombre de photos de femmes nues et il avait expédié les négatifs
en Suède. Des clichés faits en France et envoyés en Suède non développés constituaient-ils
n fait constitutif de l’outrage aux bonnes mœurs. La Cour de Cassation a estimé qu’un de
s actes caractérisant un des éléments constitutifs de l’infraction avait été commis en Fran
e. Peut important en l’espèce que les photos n’aient pas été développées en France.
Par exemple, un complice en France d’une infraction commise à l’étranger. A l’article 113-
5 CP « La loi pénale française est applicable à quiconque s’est rendu coupable sur le terr
itoire de la République comme complice d’un crime ou d’un délit commis à l’étranger si le c
e ou le délit est puni à la fois par la loi française et par la loi étrangère et s’il a été
taté par une décision définitive de la juridiction étrangère ».
L’infraction est réputée commise en France lorsque le complice a commis ses faits en F
rance à la condition qu’une décision définitive ait été rendue dans le pays où l’infraction
cipale a été commise.
De fait, le moldave proxénète en France ne pourrait être condamné en France pour les fai
ts commis au Maroc qu’à la suite d’une condamnation au Maroc.
L’hypothèse des infractions commises à bord des navires battant pavillon français ou à l’en
ontre des navires battant pavillon français où qu’ils se trouvent dans le monde sont s
upposés commis en France. C’est également le cas pour les avions (Art 113-3 et 113-4 C
P).
Cette règle se fonde sur la souveraineté française. Elle n’empêche pas l’Etat étranger dans
cadre de sa propre souveraineté de poursuivre l’infraction en application de ses pr
opres règles de compétences. Dans ce cas, il faut combiner les 2 articles cités précédemme
nt avec l’article 113-9 CP qui indique qu’on ne peut être jugé 2 fois.
Le principe de territorialité est le principe 1er et il a pour première compétence que
tous les
français mais tous les étrangers commettant des infractions en France se voient appl
iquer la loi française. Lorsqu’il s’agit d’étranger commettant des infractions en France o
u d’étrangers commettant des
infractions en France mais partant à l’étranger, on ne peut procéder que par la voie de
l’extradition ou du mandat d’arrêt européen. De fait, l’effectivité du principe de la terri
orialité est subordonnée à une demande d’extradition ou à un tel mandat.
Le principe de la territorialité atteint donc ses limites lorsque l’auteur de l’infrac
tion n’est plus sur le territoire.
Section 2 : Le principe de la personnalité active de la loi pénale française :
C’est l’hypothèse du français qui commet une infraction à l’étranger. A certaines condition
la loi française va lui être applicable.
L’art 113-6 CP al. 1er dispose que « la loi pénale française est applicable à tous crimes
commis par un français hors du territoire de la République ». L’alinéa 2 parle des délits.
II/ A quel moment apprécie-t-on la nationalité de l’auteur de l’infraction :
Peu importe que le prévenu soit devenu français après les faits et même peut importe qu’il
ait perdu la nationalité française et qu’il ne soit plus français au jour du jugement.
Le principe est que la nationalité française s’apprécie au jour des faits mais avec une
conception extensible.
II/ Les conditions de l’application de la loi française à celui, français, qui commet un
e infraction à l’étranger :
A) L’hypothèse du crime :
Il y a là peu de conditions : - Pas de condition de parallélisme des incrimination
s : Peu importe que le crime ne soit pas un
crime à l’étranger. - Art 113-9 CP : Cependant, il ne faut pas que le français ai été jug
itivement à l’étranger et
qu’il ait subit sa peine. Cet article dit qu’ « aucune poursuite ne peut être exercé en Fr
ance contre une personne justifiant qu’elle a été jugée définitivement à l’étranger pour le
faits et en cas de condamnation que la peine a été subite ou prescrite ».
B) L’hypothèse du délit :
Dans le cas du délit, il y a une condition supplémentaire : - Un parallélisme, u
ne réciprocité : Il faut que le fait qui constitue un délit pour la loi française soit
également punit par la loi du pays où il a été commis. o Cetteconditionnevautpaspourlesdél
itscontrelasûretédel’Etatoupourledélitde
contravention du sceaux de l’Etat commis par des français à l’étranger (Art 113-10 CP). -
Art 113-8 CP « La poursuite des délits commis par des français à l’étranger ne peut être ex
qu’à la requête du ministère public. Elle doit être précédée d’une plainte de la victime ou
ayants droit ou d’une dénonciation officielle par l’autorité du pays où le fait a été commi
- Art 103-9 CP.
C) L’hypothèse des contraventions :
Sauf très rares exceptions, les contraventions commises par un français à l’étranger ne se
voient pas appliquer le principe de la personnalité active. Elles ne sont pas pou
rsuivables en France.
Section 3 : Le principe de la personnalité passive de la loi pénale française et ses c
onséquences :
L’art 113-7 CP dit « la loi pénale française est applicable à tous crimes ainsi qu’à tous d
punis d’emprisonnement commis par un français ou par un étranger hors du territoire d
e la République lorsque la victime est de nationalité française au moment de l’infractio
n ».
Evidemment, si l’auteur est français, il est possible qu’il revienne en France un jour
et qu’il puisse être condamné. S’il est étranger, la France peut demander son extradition
. Cependant, les pays d’Europe n’extradent pas facilement leurs nationaux.
S’applique l’article 113-8 et également l’article 113-9.
- Arrêt du 24 novembre 1998 de la Chambre Criminelle : Une Allemande est agr
essée par un français en Allemagne. Cette Allemande porte plainte et le TGI Allemand
transmet la procédure au procureur de la République en France. En appel, il est rep
roché à la victime de ne pas avoir déposé plainte en France en application stricte de l’ar
t 113-8 CP. La victime avait déposé plainte en Allemagne. Une cour d’appel voulait don
c lui refuser la possibilité que son agresseur soit poursuivit en France. La C Cas
s dit que peu importe que la plainte ait été déposée en Allemagne ou en France « pour l’app
ication de l’article 113-8 CP, il importe peu que la plainte ait été déposée en France ou à
l’étranger dès lors que dans ce second cas, elle a été transmise aux autorités judiciaires
rançaises ».
Section 4 : Le principe de réalité :
Ce principe fait que dans certains cas, lorsque les étrangers commettent des infra
ctions à l’étranger, ils peuvent être justiciables des juridictions répressives françaises.
Les conditions sont énoncées à l’art 113-10 CP. C’est pour des raisons de pragmatisme que
la plupart des pays appliquent ce principe à quelques infractions.
Ce sont des infractions qui portent atteinte à la souveraineté nationale, qui metten
t en péril la République.
Ce sont 3 sortes d’infractions (crimes ou délits) : - La trahison, l’espionnage,
le complot contre la République, les mouvements insurrectionnels,
l’usurpation de commandement. - La fausse monnaie, la falsification de titres, d
e marques d’autorité. - Les infractions contre les symboles de la présence française
à l’étranger que sont les agents ou les
locaux diplomatiques ou consulaires français.
Section 5 : Le principe de l’universalité :
On peut l’appeler principe de la compétence universelle des juridictions françaises pa
r l’effet de Conventions Internationales (Art 113-12 CP).
Le système de la compétence universelle ou encore appelé système de l’universalité du droit
de punir donne vocation à juger une infraction par les tribunaux de l’Etat ou le délin
quant a été arrêté. Même s’il se trouvant de façon très passagère dans tel ou tel Etat (on
rincipalement au terrorisme).
La compétence universelle est un principe procédural, simplificateur et a pour objet
de fixer la compétence des juridictions en premier lieu et non pas de fixer en pr
emier lieu la loi applicable. Ceci dit, la compétence de la juridiction détermine la
compétence législative (quelle loi va être applicable).
On ne dissocie pas la compétence juridictionnelle et la compétence législative en droi
t pénal
international. En doctrine, certains auteurs s’interrogent et défendent l’idée que l’on ne
doit pas appliquer, par
exemple au terrorisme, par le seul fait du hasard de son arrestation un droit pl
us sévère que celui de son pays d’origine.
I/ Les cas de compétence universelle :
Ces cas tendent à se multiplier. On trouve la liste des conventions internationale
s donnant compétence universelle à la France dans le CPP (689-2 à 689-7). Par exemple
:
- Convention contre la torture et autres peines dégradantes et inhumaines ad
optée à NY le 10 décembre 1984 : Permet à la France de juger toute personne coupable de
torture au sens de l’art 1 de cette Convention.
- Convention Européenne pour la répression du terrorisme signée à Strasbourg le 27
janvier 1977. II/ Les conditions générales de mise en œuvre de la compétence universell
e :
Plusieurs conditions : - Il faut une Convention Internationale qui offre
la compétence universelle. La compétence
universelle ne vaut que pour les infractions énumérées, désignées par la Convention Intern
ationale
en interprétation stricte. - Il faut que le présumé innocent et en réalité présumé coupa
le ait été trouvé en France puis
interpelé. Il va pouvoir être mis en examen en France. - Non bis in idem (pas deu
x fois pour la même chose) s’applique. Il ne fait pas que la personne ait
été déjà jugée à l’étranger pour le même crime.
Section 6 : L’aide internationale :
I/ L’extradition :
Toutes les règles concernant l’extradition se trouvent aux articles 696-1 à 697 CPP.
L’extradition ne vise plus aujourd’hui que les Etats non visés par le mandat d’arrêt Europé
n. Egalement, elle ne vise pas tous les Etats car il n’y a pas de conventions d’extr
adition avec tous les Etats.
Définition : Procédure par laquelle un Etat (l’Etat requis) remet un individu à un autre
Etats (Etat requérant) après que cet individu soit jugé ou s’il a déjà été condamné afin q
sse sa peine.
Au moyen-âge, l’extradition n’intéressait les Etats que pour rapatrier les opposants pol
itiques. Ensuite, elle a été considéré comme intéressante pour la délinquance de droit comm
n.
Beaucoup d’Etat n’hésitent pas à contourner la procédure d’extradition qui est assez lourde
(judiciaire et diplomatique) par des enlèvements ou des mesures d’expulsion.
Quand on procède de la sorte, on peut être condamné (CEDH). Ces pratiques réduisent à néant
le droit de l’extradition mais ne mettent pas les Etats à l’abri d’une condamnation.
- Affaire Bolzano en décembre 1986 de la Cour EDH : Art 5 CEDH « toute personn
e a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de liberté, sauf dans certain
». Bolzano est demandé par l’Italie. La chambre d’accusation française rend un avis négati
à la demande d’extradition. Cela bloque la procédure. Le gouvernement français, pour fa
ire plaisir à l’Italie lance alors une procédure administrative d’expulsion pour détourner
l’avis négatif de la chambre d’accusation. Bolzano est incarcéré jusqu’à son expulsion ver
a Suisse sachant que la Suisse avait dit qu’elle accepterait d’extrader Bolzano vers
l’Italie. La France a donc été condamnée.
A) Les conditions d’extradition :
Il y a des conditions tenant au délinquant et l’Etat requérant doit avoir, au moins, e
ntamé des poursuites.
L’Etat requis, c’est celui sur le territoire duquel se trouve le délinquant.
Les conditions tenant au délinquant : - Pour la France, il n’y a pas d’extradition c
oncernant ses nationaux (sauf dans le cadre du mandat
d’arrêt européen). - La France peut demander l’extradition dès que la loi Française rend
France compétente.
L’extradition est donc subordonnée au principe de territorialité... - Il faut apprécier
sa nationalité et celle-ci s’apprécie au jour de la commission de l’infraction. -
Il ne faut pas qu’il ait obtenu le statut de réfugié politique dans le pays où il se tro
uve. En France,
ce statut est octroyé par l’OFPRA.
Les conditions tenant à l’infraction : - On n’extrade pas pour de toutes petites in
fractions et on n’extrade que pour des infractions faisant
encourir au moins 2ans d’emprisonnement avec condition de réciprocité en ce qui concer
ne les
délits. - Egalement sont exclues les infractions purement militaires, politiques.
Les conditions tenant à la condamnation (personnes déjà condamnées en France) : -
La condamnation doit être intervenue dans le respect des droits de la défense. -
Lorsque la personne encoure la peine de mort.
B) La procédure d’extradition :
Dans l’hypothèse où une extradition est demandée à la France. La procédure commence par la
oie diplomatique. Les services du ministre des affaires étrangère transfèrent le dossi
er au garde des Sceaux qui l’adresse, par l’intermédiaire du procureur général d’une cours
ppel, au procureur de la République du lieu où l’individu a été signalé.
C’est donc ce procureur de la République qui saisit la chambre d’instruction (formatio
n de la cour d’appel). C’est cette chambre qui rend un avis positif ou négatif.
L’avis négatif bloque la procédure. Celui positif permet la poursuite de la procédure qu
i redevient alors diplomatique. Le ministre des affaires étrangères réceptionne l’avis p
ositif et c’est un choix politique qui est fait pour des raisons d’opportunité politiq
ue.
Quand l’extradition est accordée, est pris un décret d’extradition qui est un acte admin
istratif.
Si la procédure est allée à son terme et que l’extradition est autorité, la personne conce
rnée va être extradée s’il n’y a pas excès de pouvoir.
II/ Le mandat d’arrêt européen :
Il résulte pour la France d’une loi du 9 mars 2004 (Loi Perben II). C’est un nouvel in
strument qui ne concerne que les 27 membres de l’UE.
Il a pour effet de juridiciariser complètement la remise d’un individu à un Etat tiers
. La voie diplomatique n’existe plus. De fait, ce nouvel instrument peut s’appliquer
plus souvent que l’ancien car il concerne aussi les nationaux.
Il n’y a plus de condition de réciprocité de l’incrimination. L’Etat sollicité peut, dans c
rtains cas,
refuser de remettre la personne réclamée.
En résumé, le mandat d’arrêt européen n’est plus l’extradition mais n’est pas non plus le s
mandat d’arrêt national
Partie 2: L’acte et la personne (Titre 2nd du livre 1er CP) : Chapitre 1 : La matéri
alité de l’infraction :
Pour que l’infraction existe, il faut que l’infraction prenne corps. C’est une règle fon
damentale des sociétés occidentales. Il faut éviter à tout prix les procès d’intention qui
onduisent à l’arbitraire le plus total.
La nécessité que l’infraction prenne corps est une nécessité absolue. Même lorsque l’infrac
n n’est que tentée, il faut qu’elle ait cependant pris corps à un commencement d’exécution.
Cette nécessité de l’élément matériel de l’infraction oblige la police à attendre que l’inf
ait commencé pour interpeler.
Ce principe permet de lutter contre l’arbitraire des interpellations. Le droit fra
nçais n’accepte que dans de rares cas d’incriminer le fait d’être dangereux dans la société
En France, cependant, il y a quelques exemples d’incrimination de l’Etat dangereux.
Art 450-1 CP concernant l’association de malfaiteur. L’infraction d’association de mal
faiteur n’est pas considérée en soi comme une infraction contre les personnes ou les b
iens ; l’association de malfaiteur porté atteinte à l’Etat, la nation, l’ordre public, ell
e est donc localisée dans le livre IV.
Constitue une association de malfaiteur, tout groupement formé ou entente établie en
vue de la préparation caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un ou plusieurs
crimes, ou d’un ou plusieurs délits punis d’au moins 5 ans d’emprisonnement.
On va poursuivre et condamner des gens qui n’ont pas encore porté atteinte à l’autorité pu
blique mais dont l’état dangereux est prouvé par le fait qu’ils sont en train de préparer
ou poursuivre un ou plusieurs délits.
Avec l’association de malfaiteur on punit au stade de la résolution criminelle ou de
l’acte préparatoire.
Le code pénal de 1992 avait supprimé le délit de mendicité ou le délit de vagabondage car
ils n’étaient pas en soi attentatoire à l’autorité publique.
La loi du 18 mars 2003 a rétablit un certain nombre de délits qui n’existaient pas dan
s l’ancien ordre pénal :
- Le racolage passif. C’est le fait d’attendre, posément, tranquillement, que qu
elqu’un veuille user de services sexuels rémunérés.
L’objectif du législateur était d’incriminer des faits qui permettent de garder à vue des
personnes, qui sont pour la plupart d’entres elles, en situations irrégulières.
Quant on incrimine l’état dangereux, on sort d’un système fondé sur la présomption d’innoce
pour passer à un système ou « on soupçonne que ».
Section 1 : L’infraction tentée :
Le CP dans son article 121-5 définit ce qu’est la tentative : « la tentative est const
ituée dès lors, que manifestée par un commencement d’exécution, elle n’a été suspendu ou n’
son effet qu’ne raison de circonstances indépendantes de la volonté de son auteur ».
Dans le cadre des délits formels y a-t il place pour la tentative ?
Le délit formel est le délit qui se réalise avant que son résultat soit atteint ou même en
l’absence de résultat. Par exemple dans le cas du délit d’empoisonnement.
La plupart des auteurs indiquent qu’il n’y a pas de place pour la tentative dans le
délit formel.
La tentative est une notion opératoire principalement dans le cadre des délits matérie
ls et non pas dans les délits formels.
Le délit matériel est celui dont le résultat est un élément constitutif, le résultat fait p
rti de la définition de l’infraction.
Par exemple la fabrication de fausse monnaie sans mise en circulation de la faus
se monnaie. On est en présence d’un délit formel qui est fabriqué par la seule réalisation
de la fausse monnaie, peu importe que la fausse monnaie n’est pas été mise en circula
tion, le délit formel est tout de même constitué ; en amont du dommage.
De l’article 121-5 il ressort deux éléments constitutifs : - Le commencement d’exécution
- Le désistement involontaire
I/ Le commencement d’exécution :
Le chemin du crime ou le chemin de l’activité criminelle commence par la simple idée d
e commettre une infraction et va jusqu’au résultat.
- Le premier stade est celui de la simple idée de commettre un crime est app
elée la résolution criminelle.
- Le second stade est celui des actes préparatoires. Pour l’ordre public ce st
ade est déjà dangereux. En matière d’association malfaiteur on puni à ce stade là, mais c’e
dérogatoire par rapport aux principes de l’ordre public.
- Le troisième stade est celui du commencement d’exécution. Pour la police et la
justice, il est extrêmement difficile pour marquer la frontière entre le deuxième et
le troisième stade.
- Dernier stade celui de l’infraction consommée.
Le désistement involontaire peut avoir lieu entre le commencement d’exécution et celui
de l’infraction consommée.
Le commencement d’exécution est un acte matériel qu’il est facile de distinguer de la réso
lution criminelle qui est simplement juridique. Le problème est de savoir ou est l
a frontière entre l’acte préparatoire et le commencement d’exécution.
Quand des malfaiteurs préparent un coup, ils se rendent sur les lieux et préparent u
ne stratégie. C’est un acte préparatoire de façon certaine. Une fois qu’ils se sont rendus
sur les lieux, ont une cagoule et sont armés et sont interpellés à l’intérieur des lieux
qu’ils veulent cambrioler ; on est passé au commencement d’exécution.
On dit que le droit français est assez exigent en ce qui concerne le commencement
d’exécution.
A) Les thèses doctrinales :
1) La conception objective du commencement de l’exécution :
Ces auteurs disent qu’il n’y a commencement d’exécution que quand on peut rapporter la p
reuve d’un acte qui rentre dans la définition légale de l’infraction soit comme élément con
titutif soit comme circonstance aggravante.
Pour ce qui est du vol de véhicule, la jurisprudence considère que lorsqu’on est insta
llé dans une voiture, peu importe qu’on est mis le contact ou pas, on est au stade d
u commencement d’exécution.
2) Le conception subjective :
Pour d’autres auteurs, il y a commencement d’exécution lorsqu’il y a une volonté de commet
tre l’infraction et que ca se manifeste par un acte. Cette seconde thèse est plus fa
vorable à la répression et permet d’englober des situations plus variées. Il s’agit de rec
hercher des actes matériels qui révèlent une intention délictueuse.
Selon la thèse subjective, la police est en droit d’arrêter des malfrats qui sont enco
re dans leur camionnette mais qui sont tous cagoulés et qui ont à leur pied des arme
s.
B) La position de la jurisprudence :
La position de la jurisprudence n’est pas claire.
On peut dire que la tendance aujourd’hui est à privilégier la conception subjective po
ur permettre une répression dans de plus nombreux cas.
Historiquement, au XIXème siècle et au début du XXème siècle, la thèse privilégiée était la
jective.
Selon les termes d’un arrêt du 10 aout 1806 (ou 1906 ??), le commencement d’exécution es
t constitué par un acte extérieur auquel il n’a manqué qu’un complément d’exécution.
- La jurisprudence intermédiaire résulte de deux arrêt du 25 octobre 1962, le pr
emier concerne l’affaire Lacour et le second concerne l’arrêt Schrieb et Benamar. Dans
ces deux arrêts, la cour de cassation analyse le commencement d’exécution comme « un ac
te qui a pour conséquence directe et immédiate la consommation de l’infraction ». Dans l’a
ffaire Lacour : Le docteur Lacour avait une maitresse, cette maitresse avait un
fils adoptif qui était majeur. Le docteur Lacour avait le projet de faire disparai
tre le fils adoptif de sa maitresse. Pour parvenir à la réalisation de ce projet il
a remis une somme d’argent à un hôtelier, Mr Rayon, et croyait s’adressait à un tueur à gag
. Le tueur à gage à fait deux choses : il a gardé la somme d’argent et il a prévenu le jeu
ne homme qu’il devait tuer. Le jeune homme a porté plainte pour tentative d’assassinat
. Est-ce qu’on peut dire que Mr Lacour a tenté d’assassiné le fils de sa maitresse ? Est
-ce que le docteur Lacour serait le complice de Mr Rayon (2ème partie du cours) ?
Le docteur Lacour n’a commis que des actes préparatoires et pas de commencement d’exécut
ion. La remise de la chose d’argent n’a pas eu pour conséquence directe et immédiate la
consommation de l’infraction.
- Exemple : un étudiant remet à un autre étudiant une somme d’argent pour que celu
i-ci lui achète du cannabis. Le second d’étudiant envoie l’argent à sa mère pour qu’elle re
te l’argent à un vendeur dont elle ignorait la fonction. La jurisprudence a considéré qu’o
n n’était pas encore rentré dans le commencement d’exécution (Crim, 15 mai 1979). Dans cet
arrêt la chambre criminelle dit que : le commencement d’exécution n’est caractérisé que pa
un acte devant avoir pour conséquence directe de consommer le délit ; celui-ci étant
rentré dans sa phase d’exécution.
- Les arrêts les plus récents semblent élargir le moment du commencement d’exécution
. Dans une décision de 1970, le commencement d’exécution serait un acte tendant direct
ement au délit avec intention de le commettre. Ce serait un acte qui ne laisse auc
un doute sur l’intention de son auteur et qui conduit directement à la commission de
l’infraction.
- Devant les magasins du Louvre à Paris, une fourgonnette attend la sortie d
u caissier. La police
avait eu vent de ce braquage organisé. Quand intervenir ? La police est intervenue
avant que les braqueurs sortent de leur camionnette ; la jurisprudence a estimé q
ue la situation ne laissait planer aucun doute sur les intentions de l’auteur et à c
onsidéré qu’il y avait tentative.
- Arrêt du 14 juin 1995, tentative d’agression sexuelle : un individu entre en
contact avec une jeune femme qui est à la recherche d’un emploi. Il se présente sous
la fausse qualité de médecin et la conduit dans son appartement. Il lui demande de s
e déshabiller pour l’examiner, expliquant que cet examen est préalable à toute embauche.
Ensuite, il essaie de la violer ; il n’y parvient pas et prétend que son désistement
est volontaire. La cour a considéré que son désistement était involontaire ; il n’y avait
donc aucune raison de ne pas poursuivre cet individu. Il a été condamné. Le faux médecin
admettait le commencement d’exécution mais se battait sur le désistement.
La chambre criminelle casse, censure les décisions qui ne visent pas expressément le
but répréhensible poursuivi par l’agent.
Le commencement d’exécution est apprécié de façon variable en fonction de l’infraction. La
our de cassation en 1940 admettait qu’était coupable de tentative d’avortement, un médec
in dès lors qu’il avait accepté de procéder à la tentative d’avortement. Le médecin était e
in de se rendre au domicile de la personne, il a été interpellé.
II/ L’absence de désistement involontaire :
Dans un but évident de politique criminelle, d’encourager le délinquant à renoncer jusqu’a
u dernier moment, la loi décide que le délinquant doit pouvoir se désister volontairem
ent jusqu’au dernier moment. Le législateur assure l’impunité, à condition bien sur qu’il i
tervienne avant la commission complète de l’infraction.
A) La notion de désistement :
Le désistement volontaire est celui qui a été détermine par la seule volonté de l’agent san
l’intervention de quelque cause que ce soit.
Si une personne se désiste pour une cause extérieure, comme l’arrivée de la police, ca n
e permettra pas de conduire à penser que le désistement est volontaire.
B) Le moment du désistement :
Le repentir actif : on pousse dans une piscine une personne qui ne sait pas nage
r, pris de remords immédiats on plonge l’aider. Ce n’est pas du désistement volontaire m
ais du repentir actif.
Le tribunal correctionnel de Fort de France 22 septembre 1967 : il s’agit de quelq
ues jeunes qui s’en vont de nuit dans un cimetière dans le but d’oindre un coq de comb
at avec un mélange de chair humaine et de Rhum. Dans le cimetière il cherche de la c
hair humaine. Les deux jeunes filles commencent à piocher pour rouvrir la tombe ;
elles sont ensuite prise de panique et filent. Elles sont interpellées pour deux i
nfractions : la violation de sépulture et la tentative de vol de chair humaine. Le
tribunal a considéré que la violation de sépulture était consommée bien que les deux jeun
es filles n’avaient creusé la terre que sur 50 cm et pas encore ouvert le cercueil.
Pour le vol de chair humaine ; le tribunal a considéré que le commencement d’exécution éta
it bien là mais que la prise de panique des deux jeunes filles étaient un désistement
volontaire. Elles étaient responsables d’une violation de sépulture mais pas d’un vol de
chair humaine.
Le fait de rechercher un pilote d’hélicoptère susceptible de poser son engin dans une
cour de prison constitue bien une tentative de connivence à évasion, peu importe que
le projet soit abandonné par
le refus de tous les pilotes.
Conclusion : La tentative se caractérise par des faits univoques et non équivoques,
des faits accomplis avec l’intention objectivement apparente ou subjectivement révélée t
endant directement et immédiatement à la consommation de l’infraction sans que soit in
tervenu un désistement volontaire de l’agent. La différence entre l’acte préparatoire et l
e commencement d’exécution n’est pas simple.
III/ La répression de la tentative :
Elle résulte de l’article 121-4 du code pénal : « est auteur de l’infraction, la personne
qui premièrement commet les faits incriminés, deuxièmement tente de commettre un crime
ou dans les cas prévus par la loi, un délit ».
De ce texte, il ressort d’entrée que l’auteur d’une tentative est considéré comme l’auteur
l’infraction.
Dans ce texte il est aussi dit que la répression de la tentative va être systématique
en matière de crime mais pas en matière de délits.
A) Les diverses solutions possibles :
- Les uns, tel que Beccaria, ont soutenu la thèse de l’impunité de la tentative.
Le CP de 1791 ne réprimait pas la tentative avec l’idée que l’ordre public n’avait pas été
oublé.
- Il faut punir l’auteur d’une tentative mais pas systématiquement. La tentative
doit être réprimée dans certains cas, seulement lorsque l’ordre public a été perturbé grav
nt. C’est l’idée des néo- classiques.
- Pour les positivistes, la tentative manifeste un état dangereux chez son a
uteur et cela justifie sa condamnation, exactement au même titre que si son infrac
tion avait été consommée. Pour les tenants de cette thèse, il n’y a aucune différence à fai
entre l’auteur de la tentative et l’auteur de l’infraction car c’est involontairement qu
e le délit n’a pas été consommé.
B) La solution du droit français :
Le Code de 1992 n’est pas à ce sujet différent du Code Pénal de 1810. La définition du dro
it français résulte de l’article 121-4 CP. De fait, celui qui tente de commettre un cr
ime est systématiquement puni comme un auteur et celui qui tente de commettre un dél
it ne l’est que dans certains cas. En clair, la tentative de crime est systématiquem
ent répréhensible au même titre qu’un crime consommé.
Bien sûr, cela est théorique et l’article parle de la peine encourue. En réalité, les trib
unaux, le plus souvent, punissent moins sévèrement l’auteur d’une tentative que l’auteur d’
n crime consommé. Cependant, ils n’y sont pas obligés.
Lorsqu’on est en présence de tentative de délit, il faut systématiquement vérifier si le t
exte incriminateur puni la tentative ou pas.
Par exemple, pour l’association de malfaiteur prévue à l’article 450-1 CP, l’acte préparato
re, par principe dérogatoire, est punissable.
Section 2 : Le problème particulier du délit impossible :
I/ La notion de délit impossible :
A) Les impossibilités tenant à l’objet :
Par exemple, on ne peut pas faire avorter une femme qui n’est pas enceinte. Le délit
consommé est impossible, la tentative pas forcément.
B) Les impossibilités tenant aux moyens :
2 types de délits impossibles : - Par exemple, tuer quelqu’un avec un pistolet à eau.
Cependant, la personne peut, par effet de
panique, mourir d’une crise cardiaque. Dans ce cas, on ne pourra pas poursuivre ce
lui qui s’est servi du pistolet à eau pour homicide volontaire. Cependant, ce sera p
ossible pour homicide involontaire.
- Par exemple, on veut empoisonner quelqu’un avec un poison qui ne fait aucu
n effet à la victime.
II/ La jurisprudence relative au délit impossible :
Initialement, la chambre criminelle s’était bien gardée de prendre partie. Il apparten
ait aux juges du fond le fait d’apprécier si on punissait ou pas.
Au début du XIXème siècle, on considérait que le délit impossible ne pouvait causer aucun
mal. Que, de fait, il ne devait pas y avoir de répression. On a tout d’abord opté pour
l’absence de répression.
Ensuite, la jurisprudence s’est mise à faire la distinction entre impossibilité relati
ve et impossibilité absolue. La jurisprudence du début du XXème siècle subordonnait la rép
ression à l’absence d’impossibilité absolue. On ne pouvait donc pas condamner l’homicide i
nvolontaire sur un mort.
Arrêt de principe de la chambre criminelle de 1928 dit que le délit impossible ou le
crime impossible est un délit manqué, raté qui doit être réprimé dès lors que les conditio
de la tentative punissable sont réunies. En conséquence, le commencement d’exécution sig
ne la tentative et l’exécution n’a pu se réaliser qu’en raison d’une circonstance indépenda
de la volonté de l’auteur. Le désistement est donc par définition involontaire.
Par exemple, décision du 15 mars 1994 de la chambre criminelle : Arrêt Winsterstein
: 3 cambrioleurs pénètrent dans une demeure par effraction des volets d’une fenêtre et c
ommettent quelques dégradations mais aucun objet ne disparait. Ces voleurs voulaie
nt qu’il soit établit qu’il n’y avait pas vol. La Cour de Cassation conclue au vol en di
sant que les faits constituent une tentative punissable de vol avec effraction,
que le commencement d’exécution est suffisamment démontré et que le fait qu’il n’y ait pas
u de vol d’objets est une circonstance indépendante de la volonté des auteurs (il n’y av
ait pas d’objets précieux).
Par exemple, Affaire Perdereau du 16 janvier 1986 dans laquelle une personne s’ach
arne sur une personne déjà décédée. On se demande s’il y a homicide involontaire. Au XIXème
le, il aurait été admis qu’il n’aurait commis aucun homicide involontaire. Cet arrêt admet
que soit caractérisée la tentative d’homicide involontaire et indique que le fait que
la victime fut déjà décédée est indépendant de la volonté de l’auteur de commettre des vio
s volontaires.
Si on analyse cette décision en se fondant sur les théories néo-classiques, on doit co
nclure que la tentative d’homicide volontaire n’aurait pas due être retenue.
Avec un regard positiviste imprégné par l’idée que chaque état dangereux mérite d’être répr
onclut que les actes commis par le jeune signe sont état dangereux et, juridiqueme
nt, on se saisit de la tentative pour pouvoir le réprimer. La cour opte donc pour
une thèse défendant la société.
III/ L’état de la doctrine aujourd’hui :
La doctrine est assez partagée : - On rencontre encore des auteurs pour qui
on ne doit pas punir l’auteur d’un délit impossible et qui
nous disent « comment peut-on commencer à exécuter l’impossible ? ». C’est une position
théorique. - D’autres auteurs soutiennent qu’on doit absolument toujours réprimer l
e délit impossible car on a
vraiment là la preuve d’un état dangereux (Affaire Perdereau). - Une 3ème solution
qui n’est pas celle de la jurisprudence est que le délit impossible doit être
réprimé moins sévèrement que le délit consommé (Ex : En Suisse).
Chapitre 2 : La participation criminelle :
On peut participer à l’acte de façon très différente. On peut être l’auteur matériel unique
eur moral, le co-auteur, le complice...
Section 1 : Auteur et co-auteur :
I/ Auteur matériel et auteur moral :
L’auteur matériel est celui qui exécute, celui qui réunit en lui les 3 éléments constitutif
de l’infraction (art 121-4 CP). Il peut être condamné tant qu’il y a commencement d’exécut
on et qu’il n’y a pas désistement volontaire.
L’auteur moral a pensé les faits incriminés, éventuellement il a tout organisé et il n’a ri
n fait matériellement. Sa situation est donc beaucoup plus difficile à analyser.
La solution du droit français, pour l’auteur moral est que, sauf d’exception, il n’est p
as punissable mais il y a 2 grandes catégories d’exception :
- Il peut être qualifié de complice : Si les conditions de la complicité de comp
lice sont réunies, il va être puni.
- Par exception, le Code Pénal incrimine l’auteur moral, même si l’infraction, ens
uite, n’est pas consommée.
o Ex:lefaitdeprovoquerlacommissiond’unassassinatoud’unempoisonnement,même s’ils n’ont pas
lieu est une infraction pénale.
o Art412CP«Lefaitdeprovoqueràs’armercontrel’autoritédel’Etatoucontreune partie de la popula
ion est puni de 5ans d’emprisonnement et de 75 000euros d’amende » dans le cas de prov
ocation non suivit d’effets. L’al.2 dispose que « lorsque la provocation est suivie de
s faits, la sanction est portée à ... ».
[La peine en matière politique s’appelle une détention criminelle et en droit commun,
on parle de réclusion criminelle].
II/ La théorie des co-auteurs :
A) Quel est le critère de la co-action :
Un co-auteur est un autre auteur. Il n’est pas plus ou moins punissable. Cependant
, il faut savoir qu’il n’est pas complice.
Le critère de la jurisprudence et de la doctrine est qu’il faut que le co-auteur, po
ur être qualifié ainsi, comme l’auteur, réunisse en lui les 3 éléments constitutifs de l’in
ction.
Il est donc souvent très difficile de distinguer le co-auteur du complice.
Par exemple, dans l’hypothèse d’un cambriolage, est-ce que celui qui fait le guet est
un co-auteur ou un complice. D’aucuns considèrent qu’il n’est pas sur le devant de la scèn
e et qu’il faut le considérer de complice. Cependant, depuis 1922, la chambre crimin
elle considère le contraire. Cette dernière veut dire que le guetteur est un personn
age principal.
Pour des raisons de pure politique criminelle, on peut avoir intérêt à qualifier quelq
u’un de complice ou de co-auteur selon les cas au regard des médias. Parfois, en mat
ière de vol, si on veut qu’il soit un vol en réunion, il faut plusieurs co-auteurs. Ce
pendant, un auteur et un complice, ça ne fait pas 2.
B) L’autonomie de la criminalité des co-auteurs :
Sous l’ancien Code Pénal, la question de l’autonomie de la criminalité des co-auteurs étai
t une question importante car on estimait que le complice, lui, n’avait pas une cr
iminalité autonome. On estimait que le complice empruntait la criminalité de l’auteur
principal.
Avec le nouveau Code Pénal, les choses sont moins vraies.
L’autonomie de la criminalité des co-auteurs signifie que : - Si on a un co-au
teur sous la main et pas l’autre, rien n’empêche d’entamer la procédure, de juger
sur celui que l’on a. - Si un co-auteur est plus responsable qu’un autre, il va en
courir la même peine que l’autre mais
l’un sera puni plus sévèrement que l’autre. o Ex:undesco-auteurspeutêtremineur,unepersonne
vulnérable.
Aujourd’hui, on est presque parvenu, aussi, à une autonomie de la criminalité des comp
lices. De fait, il est devenu assez artificiel de distinguer l’autonomie de la cri
minalité des co-auteurs et la non- autonomie de la criminalité du complice.
Cependant, subsistent encore quelques différences.
Section 2 : Complice et instigateur :
L’instigateur pouvant être un auteur moral directement punissable en tant que tel, l’i
nstigateur est aussi une forme de complicité.
I/ Le phénomène de la complicité :
L’art 121-6 dispose « Sera puni comme auteur le complice de l’infraction au sens de l’ar
ticle 121-7 ». Il n’est cependant, il n’est pas dit qu’il sera puni comme l’auteur.
L’article 121-7 dispose « est complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment
par aide et assistance en a facilité la préparation ou la consommation. Est également
complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d’autorité ou de pou
voir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre ».
En général, il demeure entre l’auteur et le complice une différence de participation cri
minelle. En principe, l’auteur principal est sur le devant de la scène et le complic
e est dans les coulisses. Cependant, s’il tire les ficelles il est compréhensible qu’i
l soit aussi condamnable que l’auteur.
Pendant longtemps, en France, il était convenu que le complice empruntait la crimi
nalité de l’auteur principal.
Jean Carbonnier écrivant en 1952 une chronique intitulé du sens de la répression appli
cable au
complice. Il explique dans cette revue de cadre désuet, la théorie de l’emprunt de cri
minalité. En fait, il est assez absurde de traiter de la même façon le complice et l’aut
eur. Il est plus rationnel, plus moderne de construire un système propre de répressi
on de la criminalité des complices.
Cet auteur rejette aussi un système fondé sur une criminalité totalement autonome. Il
se prononce pour une pénalité par référence à celle d’un auteur.
Ce que dit l’article 121-6 correspond selon certains à ce que dit Jean Carbonnier. C
ependant, beaucoup de commentateurs en restent à la thèse de l’emprunt de criminalité.
II/ La répression de la complicité :
A) Les conditions de la complicité punissable :
Comme pour la tentative on peut détecter un élément légal (article 121-7), un élément matér
(les formes de complicité), l’élément moral (faut-il être conscient que l’on se rend compl
ce ou peut-on être complice par négligence, imprudence ?)
Pour qu’une personne soit complice, il faut un fait punissable (article 121-7). Il
faut que le fait principal soit un crime ou un délit. Il s’agit de la complicité par
aide et assistance ou instruction.
La théorie de l’emprunt de criminalité, n’était plus aujourd’hui la théorie principalement
onnu. Pour beaucoup d’auteurs, le système en matière de complicité était surtout un système
de pénalité de référence.
En réalité, le nouveau code pénal indique tout de même que le premier alinéa de l’article 1
1-7 indique complice d’un crime ou d’un délit, le second alinéa parle de complice d’une in
fraction (recoupe aussi bien un crime/délit/contravention).
Une partie de la doctrine considère que le crime ou le délit de l’alinéa 1 ou la contrav
ention pour l’alinéa 2 de l’article 121-7 constitue une condition préalable. Cette condi
tion va permettre de savoir si on qualifie quelqu’un de complice ou pas
Arrêt Lacour de 1962 : (déjà vu précédemment) : un médecin avait projeté d’attenter à la vi
ls de sa maitresse. Il avait cherché un tueur à gage qui s’était engagé à exécuter le proje
ontre une forte rémunération. Le tueur à gage avait informé le jeune garçon majeur de l’agr
ssion dont il était menacé. Il était allé jusqu’à mettre en œuvre un simulacre d’enlèvement
ter à persuader le docteur Lacour de l’accomplissement de sa mission. Lacour est un
escroc et pas un tueur à gage. Lacour fut inculpé et son inculpation se solda par un
non lieux au motif qu’il ne pouvait pas être auteur d’une tentative punissable parce
qu’il n’y avait que des actes préparatoires.
En ce qui concerne la complicité ? Il n’y avait pas de faits punissables. Le crime n’a
yant même pas été tenté. La loi du 9 mars 2004 autorise désormais la répression de l’auteur
ral d’un assassinat ou d’un empoisonnement peu important qu’il ait eu lieu ou pas.
Supposons que le tueur à gage qui a été auteur du simulacre, ait porté un premier coup a
u jeune homme et que la police soit intervenue. Il aurait été alors auteur d’une tenta
tive d’assassinat qui aurait été un fait punissable.
Il faut déduire que la complicité de tentative est punissable dès lors que la tentativ
e constitue un fait principal punissable ; mais la tentative de complicité n’est pas
punissable seule. Lacour était en l’espèce, puisque le fait n’a pas été commis, dans le ca
d’une tentative de complicité.
Si une loi d’amnistie intervient et qu’elle efface l’infraction principale, il n’y a plu
s d’infraction punissable. De même si le délai de prescription est expiré, il n’y a plus d
e fait principal punissable. Autre exemple, si le fait principal punissable est
effacé par la légitime défense, il n’y a plus de fait principal punissable et donc pas d
e complicité punissable.
Lorsque le fait principal ne peut pas être poursuivi parce que l’auteur principal bénéfi
cie d’une immunité. Les immunités ne sont pas des causes d’irresponsabilité. Ce sont des c
irconstances, souvent personnelles qui bloquent les poursuites. Par exemple, un
diplomate étranger en France est couvert par une immunité diplomatique.
L’immunité familiale est décrite à l’article 311-12, elle concerne les vols à l’intérieur d
famille. Article 311-12 du CP : « ne peut donner lieu à des poursuites pénales, le vol
commis par une personne : Au préjudice de son ascendant ou de son descendant Au p
réjudice de son conjoint sauf lorsque les époux sont séparés de corps ou autorisés à réside
arément »
Quant un époux vol à son autre époux une pierre précieuse et que cet époux se fait aider p
ar un tiers, est ce que le fait que l’époux voleur soit protégé par l’immunité familial va
mpêcher le complice à être poursuivre ? Est-ce que l’immunité familiale efface ou non le f
ait principal punissable ?
La position de la jurisprudence n’est pas la position de la doctrine sur ce point.
Pour la doctrine, il est très clair que le fait principal punissable existe indépend
amment de l’immunité. Pour la doctrine, l’infraction principale est là mais on ne peut p
as la poursuivre (pour une question de paix des familles).
Pour la jurisprudence aujourd’hui ; le complice de quelqu’un qui bénéficie d’une immunité n
t pas poursuivi et condamné. La jurisprudence use d’une astuce pour tout de même pours
uivre le complice, elle a pris l’habitude de le qualifier de co-auteur. Le co-aute
ur ne bénéfice pas de l’immunité familiale. Arrêt de la CA de Toulouse du 8 mars 1956, JCP
1956)
Il arrive que l’auteur principal ne soit pas arrêté et soit en fuite. Dans cette hypot
hèse, la jurisprudence admet que le complice puisse être poursuivi. Ca veut dire qu’il
faut que le fait principal soit potentiellement punissable mais il n’est pas exigé
qu’il soit effectivement puni.
Cela signifie que le complice qui n’emprunte pas la criminalité de l’auteur principal,
il emprunte le caractère infractionnel du fait principal. Peu importe que le fait
principal n’ait pas pu être poursuivi parce que l’auteur principal est en fuite.
Il n’y a qu’un seul cas ou le complice ne peut pas être poursuivi et condamné si l’auteur
principal ne l’a pas été (droit international) : elle résulte de l’article 113-5 du CP : «
a loi pénale française est applicable à quiconque s’est rendu coupable sur le territoire
de la république comme complice d’un crime ou d’un délit commis à l’étranger, si le crime
le délit est puni à la fois par la loi française et la loi étrangère et s’il a été constaté
e décision définitive de la juridiction étrangère ».
Pourquoi lorsque le complice est complice en France d’une infraction commise à l’étrange
r faut- il une décision définitive à l’étranger ?
Principalement par respect de la souveraineté de l’Etat. Le pays étranger peut demande
r l’extradition du complice.
Rappel (elle a fait une erreur avant) : il faut qu’il s’agisse d’un crime ou d’un délit s’i
s’agit de complicité par aide ou assistance ; il faut qu’il s’agisse d’une infraction de
quelque nature que ce soit lorsqu’il s’agit d’une complicité par provocation ou instruct
ion.
B) Les formes matérielles de la complicité punissable :
Notes préliminaires :
Il faut que l’acte de complicité soit positif ; une abstention n’est pas un acte de co
mplicité.
Il faut que l’acte de complicité soit concomitant ou antérieur à l’infraction. Cependant l
a cour de cassation retient au titre de la complicité punissable, des formes d’assis
tance postérieur à l’infraction mais à la condition qu’il y ait eu un accord de volonté ant
eur au délit ou crime en vertu duquel avait été convenu, prévu, organisé, cette aide tardi
ve (arrêt Crim, 30 avril 1953).
On ne peut pas être considéré comme complice si on ne fait que regarder. Celui qui ass
iste passivement ne peut pas être poursuivi comme complice, il peut être poursuivi p
our non assistance à personne en danger mais c’est une autre infraction.
L’assistance passive : quelque fois le tiers qui est spectateur est en réalité un spec
tateur qui soutient moralement. Il connait ceux qui sont en train de commettre l’i
nfraction et leur donne du courage. Ce type de tiers peut être poursuivi.
Sous Vichy, il y eu des exemples d’amants ou de mari condamné comme complices alors
qu’il ne faisaient qu’accompagner leur épouse chez un médecin (jurisprudence extrêmement sé
e de l’époque). Dans le cas d’un viol en bande, l’appui moral des personnes qui regarden
t est condamnable car il
est considéré comme un acte positif.
Quant aux actes postérieurs qui n’auraient pas été prévu avant l’infraction, ils peuvent co
stituer des délits autonomes. Le recel peut constituer une infraction mais ce n’est
pas un acte de complicité.
L’aide ou l’assistance consiste en toute sorte de formules différentes. On distingue :
- L’aide ou l’assistance antérieure au délit. - L’aide ou l’assistance concomitante
Il est difficile de distinguer la coaction et la complicité.
L’article 121-7, alinéa 2 : « est également complice, la personne qui part provocation p
ar don, promesse, menace, ordre, abus d’autorité, abus de pouvoir aura provoqué une in
fraction ou donner des instructions pour la commettre ».
Il est question ici d’une part de la provocation et d’autre part des instructions. D
ans le texte la provocation est décrite. N’importe quoi n’est pas de la provocation, i
l faut un abus de pouvoir, d’autorité, des menaces... Le texte exige donc que cette
forme de complicité soit circonstanciée.
Dans l’ancien code pénal, on parlait de machination ou d’artifice coupable. L’idée est la
même, il faudra prouver la provocation (utilisation d’éléments concrets de l’article).
La simple suggestion de commettre une infraction n’est pas une provocation. Il fau
t que l’idée de l’infraction soit individuelle.
La provocation doit être circonstanciée et directe !!
Dans l’affaire Lacour, le médecin avait directement provoqué le tueur à gage à assassiner
le fils de sa maitresse.
Crim, 28 novembre 1856 : En l’espèce, en Guyane, deux amis Théodore et Cornudé font un p
ari. Théodore pari avec Cornudé que celui-ci n’osera pas se baigner tout nu dans un ba
quet placé sur la voie publique, placé sur la place de Cayenne. Il s’est engagé à donner u
ne somme d’argent s’il le faisait. Il gagne son pari. A l’époque cela constituait un délit
(délit d’outrage public à la pudeur remplacé par le délit d’exhibition sexuel plus restrei
t dans son champ d’application). Les juges du fond avaient refusé de considérer Théodore
comme complice par provocation ; la chambre criminelle a cassé au motif que Théodor
e était bien complice par provocation, que sa provocation était étayé par des circonstan
ces claires (promesse d’une somme d’argent).
1965, tribunal de Grâce : a condamné le propriétaire d’un restaurant qui s’engager à remett
e 35 francs à toute femme qui accepter sur la terrasse de son restaurant de se met
tre sein-nu. Une femme avait été poursuivie pour exhibition sexuelle, et le propriétai
re pour provocation.
La fourniture d’instruction : il doit s’agir d’instructions précises, données en connaissa
nce de cause et à ce titre la jurisprudence admet la complicité de complicité. Il n’est
pas exigé que l’instruction soit donnée à l’exécutant. La chambre criminelle admet la compl
cité de complicité et ceci dans un arrêt de récent (Crim, 15 décembre 2004, JCP 2005, IIème
partie, N° 10 005), cet arrêt reconnait la complicité indirecte ou plutôt la complicité de
complicité peu importe que l’instruction ne soit pas donné
directement.
Les formes matérielles de complicité sont très diverses quand elles sont antérieures à la
commission de l’infraction. Quand elles sont concomitantes, il est difficile de di
stinguer le complice du co-auteur. Lorsqu’elles sont postérieures, soit il y a eu un
accord antérieur et la complicité peut être retenue soit il n’y a pas eu d’accord antérieu
et dans ce cas une infraction autonome peut être reconnue.
1) L’intention de se rendre complice de l’auteur principal :
A s’en tenir au texte, il faut que le complice ait eu lui-même une intention crimine
lle. Il faut qu’il ait participé en connaissance de cause.
Dans l’article 121-7 : « est complice d’un crime ou d’un délit, la personne qui sciemment »
Pour l’aide et l’assistance, il faut démontrer l’élément moral, pour la provocation l’élém
al
est inclus dans les éléments matériels.
Arrêt 1955, Nicolaï : La cour de cassation estime qu’il « n’apparait pas qu’il existe entre
le meurtre commis par Rubio sur la personne de Lagié et la remise de l’arme par Nico
laï pour commettre une autre infraction, la relation exigée par l’article 60 du code pén
al (ancien article sur la complicité) ».
Nicolaï avait remis une arme pour tuer X et Rubio a tué Y. La jurisprudence en a dédui
t que Nicolaï n’était pas complice, il n’y avait pas chez lui l’intention d’être complice d
eurtre d’Y.
Crim, 31 janvier 1974 : La chambre criminelle a retenu dans les liens de la préven
tion, un complice qui avait donné toute sorte de conseils et de directives en vu d
e perpétuer le crime. Il était absolument prouvé qu’il avait cherché à s’associer à ce crim
teur principal n’a pas usé des conseils, il a étranglé au lieu de tuer par arme. La cham
bre criminelle dit que peu importe les moyens qui ont in fine conduit à commettre
l’infraction. Elle dit que « peut être retenu dans les liens de complicité d’exécution dans
l’assassinat, l’individu qui a donné des conseils et des directives en vue de perpétrer
le crime bien que celui-ci ait été commis par des moyens et dans des conditions différ
entes de ceux correspondant aux instructions incriminées »
Crim, 19 juin 2001 : Katherine Mégret. La ligue des droits de l’Homme avait fait cit
er Mme Mégret, maire de Vitrolles, pour provocation à la haine, la discrimination et
à la violence raciale. Katherine Mégret avait eu un entretien par téléphone avec un jou
rnaliste allemand qui s’était permis de confier l’enregistrement à Le Monde qui en a pub
lié des extraits. La chambre criminelle ne retient pas Mme Mégret dans les liens de
la prévention au motif qu’elle ignorait une potentielle publication de son entretien
t dans Le Monde. « Attendu que la complicité par aide et assistance prévue par l’alinéa 1e
r de l’article 121-7 n’est punissable que si cette aide a été apportée sciemment à l’auteur
incipal ».
Le législateur peut avoir une appréciation large de l’élément moral alors que la doctrine
et la jurisprudence ancienne considéraient que l’intention de se rendre complice est
bien distincte de l’incrimination de complice de l’auteur principal.
Peut-on se rendre complice par imprudence ?
La faute de l’auteur principal peut être intentionnelle ou non intentionnelle. Cette
dernière peut être une simple imprudence.
L’une des grandes questions que pose l’élément moral dans la complicité est celle de savoi
r si on peut être complice par imprudence.
- Arrêt Cour d’appel de Chambéry des années 1975 : Un bobslage avait renversé une pe
tite fille. Ce dernier était conduit par un auteur principal et des acolytes. A été co
ndamné pour homicide involontaire le conducteur principal et tous les autres pour
complice par imprudence.
o Ladoctrineaconsidéréqu’ilauraitmieuxvalulesconsidérercommeauteursetco-
auteurs. o Aujourd’huilatendanceendoctrineestd’admettrequ’ilpeutyavoircomplicitépar
imprudence dans des infractions d’imprudence.
C’est au ministère public d’apporter la preuve de tous les éléments constitutifs de la com
plicité. Ce n’est pas toujours facile d’apporter la preuve de l’intention chez le compli
ce. Et le juge, lorsqu’il retient la culpabilité d’un complice doit toujours préciser qu’i
l a constaté l’intention criminelle et il doit toujours indiquer dans ses décisions le
s motifs qui l’ont conduis à retenir l’intention criminelle chez le complice.
B) La répression de la complicité punissable :
Jusqu’au nouveau Code Pénal, le principe critiqué par des auteurs comme Jean Carbonnie
r, était celui de l’emprunt absolu de criminalité. Cela entrainait un emprunt absolu d
e pénalité.
Il y avait quand même possibilité d’individualiser les peines au nom de l’individualisat
ion de la
peine.
Les textes du Code Pénal ancien prévoyaient que le complice était puni de la même peine
que l’auteur principal. En interprétation stricte, cela aurait du conduire à prononcer
la même peine.
En réalité, cela voulait dire que le complice encourait la même peine mais cette peine
pouvait être individualisée.
La nouveau Code Pénal se rapproche de la doctrine de Jan Carbonnier qui préconisait
une pénalité par référence à la peine encourue à l’auteur principal.
L’art 121-6 CP dit « Sera puni comme auteur le complice de l’infraction au sens de l’art
icle 121-7 ». Il n’est pas écrit sera puni comme L’auteur. Cette nouvelle formulation in
dividualise, autonomise la répression du complice. Il est, en effet, puni comme s’il
avait pleinement commis l’infraction puisqu’il est puni comme un auteur. Cependant,
on se rapporte après à sa propre situation. Le complice n’est plus cousu dans le même s
ac que l’auteur.
La complice est maintenant dans la situation d’un co-auteur au plan de la répression
. Sauf que le complice peut être puni beaucoup plus sévèrement que l’auteur, par exemple
lorsqu’il est provocateur ou instructeur car il est à l’origine de la commission de l’i
nfraction.
Aujourd’hui, la répression de la complicité suppose : - Une condition préalable :
Un fait principal punissable. - Des actes de complicité : Le complice emprunte la
criminalité de l’acte commis par l’auteur
principal mais il est réprimé comme un auteur autonome. o S’ilexistedescirconstancesag
gravantes,personnelles,ellespeuventnejouerquepourle
complice et pas pour l’auteur principal. o Idempourlescirconstancesatténuantes.
En ce qui concerne les circonstances aggravantes réelles, celles qui touchent à la n
ature de l’infraction, elles concernent aussi le complice. Tout ce qui touche à la n
ature juridique de l’infraction, à la qualification des faits délictuels concerne auss
i le complice.
Tout ce qui attrait aux circonstances personnelles reste propre au complice ou à l’a
uteur principal.
Concrètement, les magistrats, au plan de la répression condamnent très rarement auteur
principal et complice aux mêmes peines et il arrive que des cours d’assise condamne
nt le complice plus sévèrement que l’auteur principal.
III/ La place faite à l’instigateur :
L’instigateur, en droit français, c’est l’auteur moral ou le provocateur ou encore manda
nt dans le mandat criminel.
A) L’instigateur peut être puni en tant que tel sans qu’il y ait à rechercher de fait pr
incipal punissable :
Dans ce cas 2 situations : - Soit un texte du Code Pénal fait de l’instigateur un
auteur pleinement (ex : atteinte à la sûreté de
l’Etat) : Même s’il n’y a pas eu d’infraction, l’auteur moral pourra être puni. - L’i
ation du mandat criminel (art 221-5-1 CP issu de la loi Perben II de 2004) : « Le
fait
de faire à une personne des offres ou des promesses ou de lui proposer des dons prés
ents ou avantages quelconques, afin qu’elle commette un assassinat ou un empoisonn
ement est puni lorsque ce crime n’a été ni commis ni tenté de 10ans d’emprisonnement et de
150 000euros d’amende » (hypothèse du docteur Lacour).
B) L’instigateur complice :
Lorsque l’instigateur est complice et que sont remplies les conditions de l’al. 2 de
l’art 121-7, peu importe la nature de l’infraction (crime/délit/contravention). C’est u
ne spécificité de la complicité par instigation.
Quand on est dans le cas de la complicité par aide ou assistance, seules sont puni
s les complices d’un crime ou d’un délit (art 121-7 al. 1). Pour le législateur, la comp
licité la plus grave est celle de l’instigateur (ex : pour une contravention, pour c
ondamner les complice, il faudra les désigner de co- auteurs).
Chapitre 3 : La notion de responsabilité pénale et la gradation des fautes :
Qu’est-ce que la responsabilité pénale ?
La réponse ne se trouve pas dans le Code Pénal. Sauf, a contrario, le Code Pénal trait
e des hypothèses où la responsabilité pénale tombe (art 122-1 à 122-8 CP énoncent les cas d
responsabilité). Cela laisse penser que lorsqu’il n’y a pas irresponsabilité il y a resp
onsabilité.
Paul Lecoeur disait que « la responsabilité est un autre cogito ».
Pour les pénalistes, la responsabilité pénale est quelquefois considérée comme un élément c
titutif de l’infraction donc comme étant interne à l’infraction.
D’autre fois, elle est considérée comme étant une qualité de la personne.
- 1ère représentation de l’infraction : Eléments légaux, matériels, moraux. - 2èm
ntation : Elément légal puis culpabilité matérielle et morale (élément moral).
o Ilfaudraitcommettrel’acteenayantconsciencedelafautequel’oncommet. - 3ème représe
ntation : L’élément moral rajoute l’imputabilité, pouvoir faire assumer par une
personne l’infraction qu’elle a commise.
Pour Mme Lazerges, l’infraction existe dès lors qu’il y a un texte (élément légal), qu’elle
pris des formes matérielles et qu’il y a une culpabilité matérielle et morale.
La responsabilité ou l’imputabilité n’est pas un élément constitutif de l’infraction, c’est
qualité de la personne. Il faut s’interroger sur la capacité qu’a la personne de répondre
pénalement de ses
actes. Peut-elle l’assumer ? Par exemple, si c’est un enfant très jeune, on ne nie pas
qu’il ait commit une infraction mais peut-
il en être considéré comme responsable.
Le fait qu’il y ait débat doctrinal prouve que la responsabilité pénale de l’infraction es
t une question très difficile.
On peut dire de façon certaine que l’élément moral comporte une sorte de culpabilité matéri
lle et suppose une cause (culpabilité matérielle et morale).
Il n’y a pas de différence de nature entre faute intentionnelle et faute non intenti
onnelle mais il y a une différence de degré.
Section 1 : L’intention criminelle ou la faute intentionnelle :
L’art 121-3 CP expose la gradation des fautes. I/ La définition de l’intention crimine
lle :
A) Définition de l’intention criminelle :
On dit, en général, que dans les infractions intentionnelles, la faute consiste précisém
ent dans l’intention criminelle ou le dol criminel.
- Tous les crimes supposent une intention criminelle. Il n’y a pas de crime
par imprudence, ni de crimes non intentionnels.
- La plupart des délits supposent aussi l’intention criminelle. Cependant, il
y en a de nombreux par imprudence, non intentionnelles.
- Il y a de rares contraventions qui n’existent que si l’intention est là. Pour
la plupart, la faute est présumée.
La charge de la preuve incombe au ministère public.
Selon une doctrine classique, abstraite, l’intention criminelle est la connaissanc
e ou la conscience chez l’agent qu’il accomplit un acte illicite.
L’intention criminelle peut résulter aussi en une abstention (ex : non assistance à pe
rsonne en danger).
A priori, il n’y a d’intention criminelle que chez les personnes dotées de raison, de
discernement.
Certains auteurs, dans une conception plus réaliste considèrent que l’intention crimin
elle est une volonté qui n’est pas forcément libre. Peut-être ne suppose-t-elle qu’un peti
t degré d’autonomie de la volonté.
Ce qui est clair, c’est que la volonté, plus ou moins libre, est accompagnée de mobile
s et il est rare qu’l y ait des actes gratuits. Une acte est, en général, accomplit da
ns un but précis et le juge essaye de tenir compte des mobiles.
B) L’intention criminelle et les mobiles :
L’intention criminelle et les mobiles sont 2 choses tout à fait distinctes : -
L’intention est la volonté, pas forcément complètement libre, de commettre l’acte matériel.
- Le mobile est l’intérêt, le sentiment, les raisons qui ont poussées à vouloir l’act
matériel.
Le mobile est donc la cause impulsive et déterminante de l’acte matériel criminel. Si
l’intention, la volonté, abstraitement, est la même pour toutes les infractions, le mo
bile, au contraire, varie avec les individus, avec les circonstances.
Est-ce que le mobile joue sur l’incrimination, sur la qualification ou est-ce qu’il
joue uniquement sur la répression ou encore sur les 2 ?
1) Mobile et incrimination :
En règle générale, du moment que l’intention criminelle existe, l’infraction existe et ell
e est punissable quelque soit le mobile.
Le mobile n’a donc aucune incidence sur la qualification, sur l’infraction.
Cependant, dans certains cas, le mobile peut participer de la définition de l’infrac
tion. Il peut faire partie des éléments constitutifs de l’infraction.
Par exemple, dans certains textes sur la sûreté de l’Etat, il est prévu qu’il n’y a infract
on que si les menées anarchistes sont faites dans un but de propagande anarchiste.
Il y a d’autres exemples en matière de droit pénal économique (spéculation...).
2) Mobile et répression :
Au stade de la répression, le mobile prend toute sa place et il a toujours un effe
t.
Par exemple, les différences considérables qu’il peut y avoir sur la répression de l’assas
sinat. La peine peut être punie de réclusion criminelle à perpétuité. En comparaison, l’act
d’euthanasie qui est un assassinat entraine une peine de prison avec sursis.
II/ La différence entre l’intention criminelle et le mobile :
(CA : Nimes, 3 mai 2001, fausse note et coup de poing) : la chorale du régiment es
t en train de travailler. Un des soldats fait une fausse note, un autre soldat l
ui assène un coup de poing au visage.
Est-ce que le coup de point donné l’a été volontairement ou involontairement ?
« Attendu qu’il convient tout d’abord de rappeler que le délit de violence volontaire es
t constitué dès qu’il existe un acte volontaire de violence, ce qui est le ce cas en e
spèce, quelque soit le mobile qui est inspiré l’auteur et alors même que l’auteur n’est pas
voulu causer le dommage qui en est résulté ».
(Crim, 1993, affaire Petit) : il s’agit d’un chef d’entreprise qui reçoit dans son burea
u un salarié a qui il avait quelque reproches à faire. La conversation tourne mal, i
l fait sortir le salarié et lui claque la porte sur le doigt. Le chef d’entreprise p
rétendait être l’auteur de blessures involontaire.
Le fait de claquer volontairement une porte est déjà considéré comme un acte volontaire
même si le résultat n’était pas celui recherché.
Pour savoir si l’intention est volontaire il faut se demander s’il y a un acte volon
taire de violence.
Autre affaire : Paolaci au cours d’un match donne un violent coup de tête à un joueur
de l’équipe adverse. Paolaci prétendait que les blessures qui en résultaient étaient invol
ontaires. L’avocat expliquait qu’il s’était laissé emporter et qu’il n’avait pas contrôlé s
es, cela exclurait toute intention volontaire de causer des blessures. La cour d
e cassation a considéré qu’il ne faisait aucun doute qu’un coup de tête était un acte inten
ion en raison de ce qu’il est caractérisé par une forme de violence.
(Crim, 16 octobre 1984) : il s’agit là d’un tacle au cours d’une partie. Le tribunal cor
rectionnel avait relaxé l’auteur du tacle qui avait été considéré comme ayant respecté les
s du jeu. La victime fait appel. La CA a choisi une solution médiane en expliquant
que le joueur de foot n’avait pas pu faire autrement que lancer sa jambe en avant
; elle avait considéré que les blessures étaient involontaires. Le Cour de Cassation
a retenue l’argumentation de la CA.
III/ Les diverses modalités de l’intention criminelle :
On peut distinguer le dol général et le dol spécial ; le dol simple et le dol aggravé ;
le dol déterminé et le dol indéterminé.
A) Le dol général et le dol spécial :
Le dol général consiste dans la volonté d’accomplir un acte illicite mais qui ne suffit
pas toujours à constituer l’élément moral. Pour certaines infractions la loi exige une v
olonté plus précise (dol spécial).
- Le meurtre n’existe que s’il y a eu la volonté précise de donner la mort (dol spéc
ial). - Le vol suppose une fraude. - La diffamation requiert pour exister la
volonté de nuire à l’honneur ou à la considération d’une
personne (loi du 29 juillet 1881, article 29 (loi sur la presse)). - Le faux
en écriture suppose la volonté de causer un préjudice individuel ou spécial. - (arrêt du
2 décembre 2003) : affaire du sang contaminé. La cour de cassation rejette
l’incrimination d’empoisonnement au motif que le dol spécial n’est pas présent. Elle dit q
ue le crime d’empoisonnement ne peut être caractérisé que si l’auteur a agit avec l’intenti
n de donner la mort ; élément moral commun à l’empoisonnement et aux crimes d’atteintes vo
lontaires à la personne. Le dol spécial ici, est l’intention de donner la mort.
B) Le dol simple et le dol aggravé :
Le dol est susceptible de degrés dont la considération peut exercer une influence su
r la qualification. Il est coutumier d’opposer le dol simple et le dol aggravé.
Le dol aggravé repose sur la préméditation. La préméditation est définie à l’article 132-72
P : « La préméditation est le dessein formé avant l’action de commettre un crime ou un déli
déterminé ».
Pour qu’il y ait préméditation il ne suffit pas que l’intention soit antérieure à l’action,
faut encore que le temps écoulé entre l’intention de commettre l’acte et l’exécution de l’
e ait été employé à la réflexion et à la préparation de l’acte.
En cas de préméditation, il y a des infractions qui changent de nature. En matière d’att
einte à la vie d’autrui on passe du meurtre à l’assassinat. L’assassinat n’est rien d’autre
n meurtre prémédité.
Elle peut constituer une cause d’aggravation de la peine.
C) Dol déterminé et dol indéterminé (praeter intenionnel) : Le dol déterminé : « ce que l’o
lait faire, on l’a fait ».
Dans le dol indéterminé, le résultat obtenu n’était pas souhaité.
Il existe des hypothèses ou le législateur tient compte de ce que le résultat n’était pas
souhaité. C’est le cas du crime : coups et blessures volontaires ayant entrainé la mor
t sans intention de la donner.
Dans cette hypothèse là, l’indétermination du résultat rentre en compte dans la qualificat
ion de l’infraction. On ne pouvait pas analyser comme homicide volontaire un acte
dépourvu d’intention de donner la mort.
NB : dans un homicide involontaire il n’y a jamais d’intention de blesser, il n’y a pa
s de violence initiale alors que dans les coups et blessures ayant entrainé la mor
t sans intention de la donner il y a des violences initiales.
Section 2 : La faute dans la mise en danger délibérée d’autrui :
Cette faute est intermédiaire entre la faute intentionnelle et la faute non intent
ionnelle.
I/ Contenu de la faute de mise en danger délibéré d’autrui :
L’article 223-1 du CP dit : « le fait d’exposer directement autrui a un risque immédiat
de mort ou de blessures de nature à entrainer une mutilation ou une infirmité perman
ente par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou
prudence imposée par la loi ou le règlement est puni d’1 an d’emprisonnement et de 15 00
0 euros d’amendes ».
Ce texte constitue ce que l’on peut appeler une infraction de prévention parce que l’i
ncrimination est constituée même s’il n’y a pas de dommages. On ne parle pas de dommage,
on cherche à éviter qu’il y ait des victimes.
La mise en danger délibérée d’autrui lorsqu’il y a des victimes est une circonstance aggra
vante (article 226-6/222-19/222-20/322-5 du CP).
Elle n’est pas considérée par la jurisprudence comme relevant de la faute intentionnel
le mais comme relevant de la faute non intentionnelle. La mise en danger est délibérée
mais aucun résultat n’est recherché. C’est bien une faute frontière.
II/ Le domaine d’application :
A) La faute a provoquée le dommage :
Si la faute a provoqué un dommage, elle est une cause d’aggravation des infractions.
On considère que le dol est un dol éventuel et qu’il est une circonstance aggravante
du délit d’imprudence. Par exemple, en matière d’homicide involontaire, s’il y a une mise
en danger délibéré d’autrui la peine maximale passe de 3 ans à 5 ans.
Le dol éventuel ne change pas la nature de l’infraction.
B) Le dol n’a causé aucun dommage :
C’est la seule infraction punie d’emprisonnement en l’absence de tout dommage ou tout
résultat.
La jurisprudence interprète strictement le manquement, par exemple elle exige qu’aut
rui soit là.
Un automobiliste a été interpellé à 240km/h à 3h du matin sur autoroute. Il a été condamné
our délit de grande vitesse parce qu’on a considéré qu’à 3h du matin sur cette autoroute, i
ne pouvait pas mettre en danger directement autrui parce qu’il n’y avait pas autrui
.
Exceptionnellement, la mise en danger délibérée d’autrui peut être un mode d’atténuation de
répression. Pour cela il suffit d’exiger non plus seulement une faute d’imprudence ma
is une faute de mise en danger délibérée dans l’unique hypothèse ou l’auteur du dommage est
un auteur indirect.
En bref, le dol est un dol éventuel que la jurisprudence considère comme caractéristiq
ue d’une infraction involontaire.
Dans le dol éventuel, sans vouloir le résultat, on aurait du cependant le prévoir comm
e potentiel.
Le résultat délictueux est la conséquence d’une très lourde faute d’imprudence. Le dol éven
l se situe entre l’intention proprement dite et la petite faute d’imprudence ; il es
t souvent caractérisé par une mise en danger délibérée d’autrui mais pas forcément
Section 3 : La faute non intentionnelle :
Article 121-3 du CP l’illustre bien, il décrit l’aggravation des fautes. « Il n’y a point
de crime ou de délit sans intention de le commettre ».
En matière criminelle, les infractions sont toujours intentionnelles. En matière con
traventionnelle elles peuvent être intentionnelles ou non.
La faute qualifiée est une nouveauté introduite par la loi du 10 juillet 2000.
Article 121-3 alinéa 4 dispose : « les personnes physiques qui n’ont pas causé directeme
nt le dommage mais qui ont crée ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisat
ion du dommage où qui n’ont pas pris les mesures permettant de l’éviter, sont responsabl
es pénalement s’il est établi qu’elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une
tion particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commi
s une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une particulière gravité qu’e
ne pouvait ignorer ».
- Ce texte ne concerne que les personnes physiques. - Il décrit deux for
mes de fautes qualifiées :
o Laviolationmanifestementdélibéréed’uneobligation
o Lafautecaractérisée - Il ne traite que des personnes physiques qui n’ont pas cau
sé directement le dommage. Il traite des
auteurs indirects. Jusqu’alors, les auteurs indirects étaient traités comme des auteur
s directs. Une simple faute d’imprudence banale permettait d’engager leur responsabi
lité pénale.
Ce texte est un texte qui crée une certaine dépénalisation pour les auteurs indirects,
personnes physiques.
I/ Le champ d’application de l’article 121-3 alinéa 4 :
L’infraction suppose la réalisation d’un dommage. Le prévenu doit être l’auteur indirect du
dommage. Il doit être une personne physique.
A) Le dommage doit être cause par une personne physique :
Cet alinéa ne s’applique pas aux personnes morales qui pourront être poursuivi et cond
amné pour une petite faute d’imprudence. Il n’y a pas de dépénalisation concernant les per
sonnes morales. Les personnes morales restent responsables de la faute alors même
que l’auteur indirect de la faute sera relaxé car la faute n’est pas qualifiée.
Un directeur d’usine était poursuivi pour blessures involontaires à la suite d’un accide
nt du travail. Ils ont été tous les trois relaxés car on a considéré qu’ils étaient des aut
s indirects et qu’ils
n’avaient pas commis de faute qualifiée. La société personne morale a été condamnée au moti
ue sa faute était un défaut d’organisation.
Peu importe la nature du dommage.
Le fait que ce texte ne concerne que les personnes physiques, peut permettre à la
victime de voir la personne physique relaxée mais la personne morale condamnée.
Cette dépénalisation qui résulte de la loi du 10 juillet 2000 est une dépénalisation au se
ul profit des personnes publiques ; le législateur dit : « la responsabilité pénale des
personnes morales n’exclue pas celle des personnes physiques ou complices des mêmes
faits ».
B) Le lien de causalité indirecte entre la faute et le dommage :
L’art 121-3 al.4 CP qui propose 2 catégories de fautes qualifiées (faute délibérée et faute
caractérisée) n’a à s’appliquer que si le lien de causalité est indirect entre la faute et
e dommage.
Le législateur cherchait à faire sortir du droit pénal un certain nombre de dommages c
ausés indirectement par une faute qui ne serait ni délibérée ni caractérisée.
La nécessité d’établir une faute qualifiée n’est imposée par cet article qu’aux profits de
qui « n’ont pas causés directement le dommage mais qui ont créés ou contribués à créer la s
ion qui a permis la réalisation du dommage ».
Suivant que le lien de causalité est direct ou indirect, le juge pénal pourra poursu
ivre et condamner ou non. C’est une rupture avec le droit antérieur qui est très net.
Avant l’entrée en vigueur de la loi du 10 juillet 2000, la distinction entre causali
té directe et causalité indirecte n’avait qu’un intérêt doctrinal. En matière d’homicide et
lessures involontaires, la chambre criminelle n’exigeait pas que le lien de causal
ité fut direct ou immédiat.
On pouvait dire qu’en matière pénal, la théorie sur le lien de causalité était la théorie d
ivalence des conditions. Toutes les fautes ayant joué un rôle causal étaient prises en
compte. Peu important que le lien de causalité soit direct ou indirect.
Le grand changement est que, désormais, les fautes qui se rattachent au dommage pa
r un lien de causalité indirect doivent présenter une certaine gravité pour être retenus
.
Pour le législateur, ces fautes doivent être qualifiées.
La faute qualifiée prend 2 formes : - Faute délibérée. - Faute caractérisée.
Pour la jurisprudence, le caractère indirect du lien de causalité ne doit pas être con
fondu avec l’incertitude du lien de causalité.
S’il y a un doute sur le lien de causalité, on est incertains, la relaxe s’impose (arrêt
du 26 juin 2001). La Cour de Cassation est très attentive à la motivation des juges
du fond sur le lien de causalité. La Cour de Cassation vérifie que cette qualificat
ion est pertinente au regard des faits d’espèce.
C’est une situation où la Cour de penche sur les faits pour pouvoir examiner si, au
vu des faits retenus par les juges du fond, la qualification donnée au lien de cau
salité est exacte (il y a tout de même appréciation souveraine des juges du fond).
L’exemple des chefs d’entreprise en matière d’hygiène et sécurité. Ces derniers peuvent dél
eurs compétences dans ces domaines. Quand cette délégation est en bon et dû forme, c’est l
e délégataire
qui est potentiellement poursuivit et condamné. La plupart du temps, le chef d’entre
prise ou son délégataire ne sont pas sur les lieux du dommage (ex : l’ouvrier qui ne m
et pas son casque, qui tombe d’un échafaudage). Ils sont donc presque toujours quali
fiés d’auteurs indirects. La conséquence est qu’ils ne vont être poursuivis ou condamnés qu
si la faute est délibérée ou caractérisée.
La catégorie des décideurs publics (notion non juridique) qui renvoi aux personnes a
vec du pouvoir et des responsabilités dans un certains nombre de domaines (ex : le
s élus locaux, fonctionnaires d’autorité...). Les décideurs privés sont les chefs d’entrepr
se. C’est en grande partie pour les décideurs publics qu’est intervenue la loi du 10 j
uillet 2000. Beaucoup de maires étaient poursuivis pour homicide involontaire pour
des choses pour lesquelles ils n’avaient pas grand chose à voir. Avant cette loi, u
n maire pouvait être condamné pour faute simple d’imprudence (ex : ne pas vérifier la ha
uteur d’un balcon qui n’était pas règlementaire et qui a entrainé la mort d’un enfant).
D’autres auteurs indirectes sont les enseignants d’autorité (ex : un proviseur). Un pr
oviseur a été mis en examen et poursuivi pour homicide involontaire à la suite de la c
hute d’un élève qui était tombé, pendant la récréation, du toit de l’école.
Un groupe d’enseignants qui avaient obtenus toutes les autorisations nécessaires pou
r aller promener les enfants près de la rivière. Ils s’étaient rendus en aval d’un barrage
et suite à un lâché d’eau, une institutrice et plusieurs enfants ont été noyés. La directr
de l’école et l’enseignante survivante ont été condamnés pour homicide involontaire. Cepen
ant, suite à la loi de 2000 plus douce, la Cour de Cassation a cassé cette décision de
s juges du fond.
Les professeurs, animateurs de camp, de colonie... sont toujours considérés comme au
teurs indirects. Cependant, on va étudier s’ils ont commis une faute caractérisée ou pas
.
Dans un cas extrême, une institutrice a été poursuivie et considérée comme auteur indirect
pour ne pas avoir surveillé un enfant retrouvé pendu dans les toilettes. Le lien de
causalité est distendu. On aurait pu considérer qu’il n’y avait pas du tout causalité.
Les techniciens, les inspecteurs, les agents de contrôle sont le plus souvent cons
idérés comme des auteurs indirects par la Cour de Cassation.
Si un inspecteur inspecte une chaudière et qu’elle explose quelques jours plus tard,
il sera considéré comme auteur indirect.
C’est dans le domaine du droit de la santé (médecins et personnel médical) que la loi s’ap
plique le plus souvent.
Un médecin et une infirmière peuvent être des auteurs directes (ex : un médecin qui se t
rompe dans sa prescription, une infirmière qui administre mal la prescription...).
Lorsque le dommage ne résulte pas d’une imprudence commise par le médecin lui-même, le l
ien de causalité devient indirect.
Un médecin psychiatre qui prescrit des neuroleptiques à doses massives ce qui peut d
onner lieu à une occlusion intestinale. Si le patient n’est pas surveillé et meurt d’une
telle occlusion, le psychiatre sera considéré comme auteur direct.
En droit de la santé, il est souvent difficile d’identifier le lien de causalité.
Les conducteurs de véhicules à l’origine d’un accident sont, en général, tenus pour auteurs
directs du dommage. N’importe quelle faute d’imprudence va donc suffire.
Par exemple, le conducteur qui roule de nuit à une vitesse excessive, qui perd le
contrôle de son véhicule, heurte un sanglier, est déporté par ce 1er choc et qui, du cou
p, percute un véhicule qui vient en sens inverse va être considéré comme auteur direct.
En effet, les tribunaux vont dire qu’il a roulé à vitesse excessive et que c’est donc de
sa faute.
Autre exemple, le conducteur dont le véhicule heurte un véhicule venant en sens inve
rse qui provoque, non seulement, ce premier accident mais 3 vélos percutent le véhic
ule. Il y aura accident direct.
Cependant, comme en droit de la santé, le lien de causalité peut quelque fois être con
sidéré comme indirect.
En conclusion, il est difficile d’être tout à fait sûr de la qualification que l’on donne
au lien de causalité. C’est un reproche que l’ont fait à la loi du 10 juillet 2000. Elle
est construise autour de 2 principes difficiles à apprécier (faute qualifiée et lien
de causalité). On ne peut pas prétendre livrer des jurisprudences sûres.
On peut quand même tenter de dire qu’il ressort de la jurisprudence que le lien de c
ausalité doit être considéré comme indirect chaque fois qu’il est reproché à la personne po
uivie d’avoir, dans l’exercice d’une activité placée sous sa responsabilité, par un défaut
anisation, de surveillance ou de contrôle créé ou laissé créer une situation dangereuse ay
ant rendu possible la survenance du dommage dont la cause directe était l’action ou
l’omission de la victime elle-même.
A l’inverse, le lien de causalité doit être qualifié de direct chaque fois que l’imprudenc
e ou la négligence reprochée est, soit la cause unique, exclusive du dommage, soit l
a cause immédiate ou déterminante.
L’absence de contact physique n’exclut pas l’existence d’un lien de causalité direct. Le c
hirurgien qui omet de mettre en place une sonde gastrique alors qu’il aurait dut l
e faire est quand même auteur direct.
II/ Définition de la faute qualifiée :
Si le lien de causalité est indirect, pour qu’il y ait poursuite pénale en cas de bles
sure ou d’homicide involontaire, il faut une faute qualifiée. Elle peut revêtir 2 natu
res.
A) La violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence (faute dé
ibérée) :
On retrouve le dol éventuel, c’est la mise en danger délibérée d’autrui. Ce dol éventuel es
a faute de l’infraction autonome de risque causé à autrui (art 223-1 CP).
C’est aussi une circonstance aggravantes des délits d’homicide, blessure ou destructio
n involontaire (art 221-6, 222-19, 222-20, 332-5, R625-3).
Le législateur n’a pas voulu dépénaliser dans cette hypothèse.
B) La faute caractérisée qui expose autrui à un risque grave que l’on ne pouvait ignorer
:
Cette catégorie de faute suppose la réunion de 3 conditions : - Une super-cause
: Elle présente un certain degré de gravité mais pas autant que la faute délibéré.
Une faute avec une particulière évidence. o LaCourdeCassationestimequ’unesuccessiondenég
ligencespeutconstituerunefaute
caractérisée. - Expose autrui à un risque d’une particulière gravité : Cela signe la fau
te caractérisée. Il faut donc
que les juges démontrent qu’en conséquence de la faute commise, il existait objectivem
ent de
fortes probabilités qu’une personne fut exposée à un risque de mort ou de blessure grave
. - Il faut que l’auteur du dommage n’ait pu ignorer le risque : La doctrine a r
elevé que, c’est à
l’évidence cette condition qui soulève le plus d’interrogations.
On a l’habitude de dire que la faute délibérée traduit une véritable hostilité à la norme t
is que la faute caractérisée révèle d’avantage une indifférence à la norme.
Aujourd’hui, la jurisprudence use beaucoup plus souvent de la notion de faute cara
ctérisée. C’est pourquoi, on peut dire que la faute caractérisée a, d’une certaine façon, e
urisprudence absorbée la faute délibérée.
La faute caractérisée occupe une place nettement dominante dans la jurisprudence dan
s la mise en œuvre de la loi du 10 juillet 2000.
Il y a une distinction ; en droit du travail, droit de la sécurité du travail on use
de la notion de faute inexcusable au lieu de faute lourde.
Le législateur, et la cour de cassation on établit une échelle des fautes et ont placé l
a faute pénale caractérisée après la faute délibérée mais avant la faute inexcusable. La fa
caractérisée est considérée comme plus grave que la faute inexcusable.
S’il n’est pas reconnu, lorsque l’auteur est indirect de faute caractérisée ou de faute dél
bérée, il n’y a plus d’infraction pénale. Le législateur a tout de même pris soin de veille
e que le juge civil puisse indemniser dans les hypothèses ou il n’y a plus d’infractio
n pénale du fait que l’auteur serait indirect.
L’article 4-1 du Code de procédure pénal (issue de la loi du 10 juillet 2000) dissocie
faute civile et faute pénale d’imprudence. Auparavant, on ne pouvait pas être indemni
sé au civil lorsqu’il y avait relax en pénal. 4-1 : « l’absence de faute pénale non intenti
nnelle au sens de l’article 121-3 du CP ne fait pas obstacle à l’exercice d’une action d
evant les juridictions civiles afin d’obtenir la réparation d’un dommage sur le fondem
ent de l’article 1383 du CC si l’existence de la faute civile prévue par cet article e
st établie ».
NB : l’article 1382 CV indique que « tout fait de l’Homme qui cause à autrui un dommage
oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ». Cet article 1382 est suiv
i d’un article 1383 qui concerne les fautes non-intentionnelles. Jusqu’à la loi du 10
juillet 2000, lorsqu’il y avait pas de faute intentionnelle au pénale, il n’y en avait
pas non plus au civil. On parlait alors d’identité des fautes civiles et pénales d’impr
udence.
Lorsque le législateur a décidé de dépénaliser ou décriminaliser certains comportements d’i
udence par le biais de l’article 121-3 du CP, il fallait prendre garde à ne pas mett
re les victimes en difficulté.
Aujourd’hui quand la cour de cassation ou les juges du fond relaxent l’auteur d’un hom
icide par une imprudence au motif que c’est un auteur indirect et qu’il n’a pas commis
de faute délibérée ou caractérisée, la victime n’est pas en panne de réparation. La dépéna
n ou décriminalisation tenté par le législateur de 2000 n’a pas d’effets sur la réparation
es victimes.
La jurisprudence est très nuancée sur la faute caractérisée.
Dans un premier temps, les juges du fond et de la cour de cassation ont avalisé fa
cilement la
dépénalisation souhaitée par le législateur :
Notamment à cause de l’affaire Dutrac : le tribunal correctionnel et la cour d’appel a
vaient condamné la directrice de l’école au motif qu’il y avait eu une banale imprudence
qui à l’époque constituait une infraction pénale. Les juges du fond avaient retenu une «
poussière de faute » qui suffisait à l’époque pour poursuivre ou condamner pour homicide i
nvolontaire. Avant que la cour de cassation ne juge, intervient la loi du 10 jui
llet 2000. Elle d’application immédiate car c’est une loi plus douce. Lorsque la cour
de cassation en vient à juger de la façon dont les juges du fond ont rendu leur décisi
on elle considère : que la directrice de l’école était auteur indirecte. Etant donné qu’il
avait aucune inobservation des règlements, il n’y avait aucune faute délibérée, de plus e
lle considère que « les personnes poursuivies n’ont pu envisager le risque auquel étaien
t exposé les élèves, elles n’ont commis aucune faute caractérisée et n’ont violée de manife
nt délibérée aucune obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou
règlement » dont il n’y avait aucune faute délibérée. La cour de cassation a donc cassé le
juin 2002 la décision des juges du fond avec indemnisation des familles sur la ba
se de l’article 1383 et la dissociation des fautes civiles et pénales d’imprudence résul
tant de l’article 4-1 du CP.
Dans l’affaire du guide des ores, la faute pénale caractérisée n’a pas été retenue. C’est e
e une promenade en raquette, avec rupture d’une plaque de neige déstabilisée qui condu
it à une avalanche. Un accompagnateur et plusieurs enfants décèdent. La décision de la c
our de cassation a été la même que dans l’affaire Dutrac ; arrêt du 26 novembre 2002.
Dans un arrêt du 10 décembre 2002 : en l’espèce, un élève pendant les récréations s’enfermé
toilettes ou il jouait un jeu dangereux. L’institutrice avait été poursuivie du chef
d’homicide involontaire ; l’enfant étant décédé. L’institutrice avait bien été qualifiée d’
rect mais la faute n’a pas été considérée comme caractérisée, elle n’a pas été condamnée.
Dans une autre affaire qui s’est déroulée pendant qu’une fanfare municipale déambulait dan
s une commune. Une voiture roulant trop vite, avait tué un enfant en traversant la
fanfare. Le maire est poursuivi pour auteur indirect de l’homicide involontaire a
u motif qu’il n’avait pas suffisamment organisé la circulation de la fanfare. La crim
du 18 juin 2002 a bien considérée que le maire était bien un auteur indirecte mais que
la faute n’était pas caractérisé sans doute parce que la voiture roulait trop vite et a
vait des pneus lisses.
De ces quelques décisions, il résulte clairement que le travail des juges du fond da
ns cette matière consiste à démontrer que la personne a eu connaissance du risque ou p
as. Si elle a eu connaissance du risque sa faute caractérisée sera assez facilement
retenu, inversement si elle ne pouvait pas avoir connaissance du risque.
Depuis un certain temps, la chambre criminelle redevient répressive. Dans les décisi
ons récentes, la faute caractérisée est retenue :
Crim, juin 2001 : la cour a considérée qu’une infirmière qui avait délégué sa mission à une
iaire a commis une faute caractérisée. L’infirmière avait laissé administrer une substance
dangereuse à un patient par une élève infirmière stagiaire. Celle-ci avait injecté au pat
ient du chlorure du potassium par voie intraveineuse directe alors qu’elle devait
l’injecter par perfusion ce qui a provoqué le décès du patient. La faute caractérisée de l’
irmière est de ne pas avoir été présente au moment de l’injection. La stagiaire devait être
capable sous le regard de l’infirmière de placer la perfusion.
Crim, 6 sept. 2005 : un instituteur au moment de la récréation ouvre toutes les fenêtr
es de la classe, un enfant qui revient s’assied au bord de la fenêtre. L’enfant tombe
et meurt. L’instituteur auteur
indirect a commis une faute caractérisé, il ne pouvait pas ignorer le risque de l’enfa
nt assis sur le bord de la fenêtre. Il aurait du fermer les fenêtres avant que les e
nfants rentrent. C’est assez sévère.
Crim, 4 octobre 2005 : un professeur d’éducation physique, complètement qualifié. Il se
fait accompagner par un collègue pas qualifié pour la voile. A eux deux, ils emmènent
21 enfants de 6ème embarquer sur des dériveurs légers. Un coup de vent conduit à la mort
d’un enfant qui ne savait pas nager. Pour la chambre criminelle, la faute est car
actérisée parce que l’encadrement était manifestement insuffisant. Une personne compétente
pour encadrer 21 enfants de 6ème a été considérée par la chambre criminelle comme une imp
rudence caractéristique d’une faute caractérisée
Crim, 13 février 2007, (sujet d’examen de l’an dernier): un enfant de 10 ans vit seul
avec son père (Fabien). Dans la nuit du 17 au 18 février 2002, à 2 heure du matin, cet
enfant appelle le SAMU pour son père, il explique au SAMU que son père va très mal. L
e Samu diagnostique une grippe et appelle le médecin de garde de l’enfant. Le médecin
de garde dormait dans un lieu ou le portable ne passait pas. Ni le SAMU, ni l’enfa
nt n’ont réussi à joindre le médecin garde, le papa est décédé à 4 heure du matin. Le SAMU
damné. En première instance, le médecin de garde a été relaxé car on a considéré qu’il n’av
ommis une faute caractérisé. En appel, elle avait été condamnée, elle a donc formé un pourv
i en cassation contre la décision de la cour d’appel. La cour de cassation a retenu
sans la moindre hésitation une faute caractérisée, au motif que les messages laissés par
le SAMU et l’enfant sur le portable sans réponse de la part du médecin garde constitu
ait une faute caractérisait de la part d’un auteur indirect.
A l’examen, on a demandé aux étudiants d’analyser dans une première partie si on était bien
dans le domaine du champ d’application de l’article 121 alinéa 4 et de vérifier que l’hypo
thèse est bien celle d’un dommage causé par une personne physique (la dépénalisation de l’a
ticle 121 ne concerne pas les personnes morales). Il fallait vérifier si l’hypothèse éta
it bien celle d’un lien de causalité indirect et donc rappelé que la loi du 10 juillet
2000 n’a pas les mêmes exigences en ce qui concerne les fautes indirectes/directes.
Il fallait ensuite critiquer dans le Grand a de la deuxième partie le rejet de l’ex
istence en première instance de la faute caractérisée (c’est plus qu’une faute caractérisée
ar le médecin a inobservé le règlement de la garde) et en B. que ni la cour d’appel et n
i la cour de cassation n’avaient aucune peine à montrer que la faute été a minima une fa
ute caractérisée.
En conclusion, la loi du 10 juillet 2000 invite le juge à une appréciation toujours
plus nuancée de la responsabilité pénale. Il ne s’agit que des personnes physiques, elle
n’entraine pas un bouleversement des solutions antérieurs, elle entraine un réajustem
ent en fonction de deux critère qui laissent une solide marge d’appréciation au juge (
permet de statuer en équité)
Section 4 : La faute simple d’imprudence :
Pour une personne morale, il n’y a pas à se poser la question du lien de causalité, ni
si la faute est délibérée ou caractérisée pour qu’elle soit condamnée pénalement. Pour une
onne morale, il suffit d’une faute simple d’imprudence.
Pour une personne physique, auteur directe, rien non plus n’a changé, n’importe qu’elle
poussière faute, d’imprudence va permettre la condamnation pénale. C’est une faute dont
la preuve est assez facile à rapporter. La conséquence est que les auteurs directs d’h
omicides par imprudence n’échappent pas à la répression pénale.
L’article 4-1 du CPP n’intéresse pas les personnes morales dès lors que ces dernières sont
condamnées pénalement.
Section 5 : Les fautes contraventionnelles :
Le ministère public n’a pas à en rapporter la preuve. On dit de l’infraction contraventi
onnelle qu’elle est une infraction matérielle ou une infraction dont la faute est prés
umée et dont la preuve n’a pas
être rapporté en conséquence.
Crim, 28 avril 1977 : (arrêt de principe sur le sujet) : la cour de cassation dit
que l’infraction matérielle est celle qui implique une faute de type contraventionne
lle dont la preuve n’a pas à être rapportée par le ministère public et dont le prévenu ne p
ut être exonéré que par la force majeure.
Chapitre 4 : La responsabilité pénale des personnes morales :
Si on considère que les personnes morales sont des êtres fictifs, il est difficile d
e les condamner pénalement.
L’ancien droit, qui n’hésitait pas à reconnaitre une sorte de personnalité à des êtres fict
, permettait à ce que des communes, des villes soient poursuivies et condamnées (ord
onnance de 1670). On avait inventé pour eux des sanctions particulières (ex : destru
ction des murailles...).
La jurisprudence post-révolution Française est restée longtemps fidèle à la responsabilité
ersonnelle en matière pénale fondée sur une faute. Elle s’est pendant longtemps refusée à r
connaitre comme éventuellement responsable une personne morale car elle est « dépourvu
e d’intelligence et de volonté ». Cela n’était pas systématiquement gênant car la poursuite
le pouvait s’adresser aux dirigeants.
Arrêt 1ère Civ C. Cass 1954 : La cour a considéré que la personnalité juridique de la pers
onne morale n’était pas une fiction mais la réalité. C’était à propos d’un comité d’entrepr
donc dans le droit du travail qu’a surgit la théorie de la réalité.
A peu près à la même époque, des criminologues ont tentés de démontrer qu’il y avait une ré
riminologique de la délinquance des personnes morales. Ils ont démontrés que des dirig
eants d’entreprise pouvaient parfaitement cacher leur activité délictueuse derrière cell
e des personnes morales et qu’il devenait nécessaire de pouvoir poursuivre la person
ne morale en raison de ce qu’il y avait une réalité criminologique de la responsabilité
pénale des personnes morales. Que leur délinquance correspondait à quelque chose de co
ncret.
Lorsque le nouveau Code Pénal a été préparé, cette responsabilité a été très débattue car d
n Code, il n’y a pas de responsabilité pénale des personnes morales. Cela également dans
beaucoup de codes étrangers.
Cependant, leur responsabilité pénale a été admise. Cela, entre autre, parce que s’était be
ucoup développée la responsabilité pénale du fait d’autrui. Dans beaucoup d’affaires, on en
venait à poursuivre des dirigeants pour des infractions qu’ils n’avaient, en tout cas,
pas directement commises, sans véritable délégation de pouvoir et dans des situations
c’était plutôt la personne morale qui se comportant mal.
On peut dire que, dans une large mesure, la responsabilité pénale des personnes mora
le a absorbée la responsabilité pénale du fait d’autrui qui est, quand même, une dérogation
manifeste au principe de personnalité de la responsabilité pénale.
Tout un mouvement doctrinal et une gêne de la jurisprudence ont conduit à l’introducti
on dans le nouveau Code Pénal d’un art 121-2 al 1 « Les personnes morales à l’exclusion de
l’Etat sont responsables pénalement selon les distinctions des articles 121-4 à 121-7
(textes sur la tentative et la complicité) des infractions commises pour leur com
pte par leurs organes ou représentants ».
L’alinéa 3 dispose que « la responsabilité pénale des personnes morale n’exclue pas celle d
s personnes physiques auteurs ou complices des mêmes faits sous réserve des disposit
ions du 4ème alinéa de l’art 121-3 ».
La reconnaissance de la responsabilité pénale des personnes morales n’exclut pas qu’une
personne physique soit déclarée complice ou co-auteur.
Le seul fondement théorique que l’on puisse attribuer à cette responsabilité, c’est que la
personnalité juridique des personnes morale est une réalité et que leur délinquance est
une réalité criminologique.
Il demeure toujours une difficulté à admettre la responsabilité pénale des personnes mor
ales. L’admettre en France, c’est adopter une solution pragmatique.
Section 1 : Le domaine de la responsabilité pénale des personnes morales :
I/ La nature des personnes morales potentiellement responsables pénalement :
La responsabilité pénale d’une personne morale dépend de son existence et de sa nature.
Il ne suffit pas d’être un groupement pour assumer pénalement les infractions commises
en son sein. Encore fait-il que le groupement soit revêtu de la personnalité morale
.
Cela soit conduire à écarter la responsabilité pénale de certains groupements qui ne son
t pas dotés de la responsabilité morale (ex : les groupements de sociétés).
La 1ère condition pour pouvoir poursuivre une entité autre qu’une personne physique es
t que cette entité ait la personnalité morale, soit une personne juridique.
L’Etat ne peut pas être poursuivi pénalement.
Les personnes morales de droit privé sont toutes susceptibles d’engager leur respons
abilité pénale. Ainsi, sont concernées les sociétés civiles, les sociétés commerciales mais
ssi les personnes morales qui ne poursuivent aucun but lucratif (ex : une associ
ation, un syndicat).
Art 121-2 al.2 « Toutefois, les collectivités territoriales et leurs groupements ne
sont responsables pénalement que des infractions commises dans l’exercice d’activités su
sceptibles de faire l’objet de conventions de délégations de services publics ».
Cela signifie que toutes les personnes morales de droit public qui ne sont ni l’Et
at, ni des collectivités territoriales et leurs groupements peuvent être poursuivies
pénalement (ex : une université peut être poursuivie pénalement...).
Cet article concerne le cas particulier des collectivités territoriales et de leur
s groupements. On parle ici des régions, des départements, des communes, des communa
utés urbaines...
Toutes les compétences que les collectivités territoriales ont le droit de déléguer peuv
ent faire l’objet, dans la mesure où elles ne seraient pas déléguées, de poursuites pénales
Par contre, dans l’exercice d’une compétence de puissance publique, une collectivité te
rritoriale ne peut pas être poursuivie pénalement.
Une activité susceptible d’une convention de délégation de service public : Selon la jur
isprudence, c’est une activité ayant pour objet la gestion d’un tel service lorsqu’au re
gard de la nature de celui-ci et en l’absence de dispositions légales ou règlementaire
s contraires, elle peut être confiée par la CT à un délégataire public ou privé rémunéré po
part substantielle en fonction des résultats de l’exploitation.
Le critère décisif est donc celui de la rémunération pour une part substantielle en fonc
tion des résultats.
Une commune ne peut pas déléguer l’Etat civil mais elle peut déléguer la cantine scolaire.
Il peut y avoir délégation du service des eaux, des transports en commune, des parc
s de stationnement...
A l’inverse, toute activité de services publics non rétribuée de façon conséquente en fonct
on du résultat ne doit entrainer aucune responsabilité pénale d’une collectivité.
II/ Les infractions dont une personne morale peut être responsable :
Une loi du 9 mars 2004 ( Perben II) entrée en vigueur en janvier 2006 a remplacé le
principe de spécialité de la responsabilité pénale des personnes morales.
Avant cette loi, les personnes morales ne pouvaient pas être responsables pénalement
de certaines infractions. Elles ne l’étaient que dans les cas prévus par la loi ou le
règlement.
La Cour de Cassation ayant pris de grandes libertés avec la liste des infractions
que l’on pouvait imputer à une personne morale, le législateur a pensé plus judicieux d’en
terminer avec le principe de spécialité.
Arrêt C Crim 5 février 2003 : Elle adopte une solution contra legen. La Cour de Cass
ation s’est autorisée à considérer qu’un délit de contrebande pouvait être imputé à une per
orale au motif que le texte sur le délit de contrebande commence par le mot « quicon
que ». Sous ce quiconque, la Cour de Cassation a mis personnes physiques et morale
s. Elle a donc ratifiée la poursuite et la condamnation d’une personne morale alors
que le délit de contrebande ne faisait aucunement parti de la liste des infraction
s qui pouvaient être mises à charge d’une personne morale.
C’est cet arrêt de la Cour de Cassation qui a conduit le législateur à abandonner le pri
ncipe de spécialité.
La personne morale peut désormais être poursuivie dans tous les cas. Cependant, une
exclusion demeure. La loi Perben II qui rend les personnes morales systématiquemen
t poursuivables pénalement exclue la responsabilité pénale des personnes morales dans
le domaine de la presse écrite et audiovisuelle.
Section 2 : Les conditions de la responsabilité pénale des personnes morales :
La personne morale peut se voir imputer une infraction en tant qu’auteur ou que co
mplice à la condition :
- Que cette infraction ait été commise par un organe ou un représentant. -
Que cette infraction ait été commise pour le compte de la personne morale. -
Que l’infraction soit caractérisée dans tous ses éléments.
I/ Il faut une infraction commise par des organes ou représentants de la personnes
morale :
Les juges du fond doivent démontrer en quoi les agents ayant agit pour le compte d
e la personne morale sont bien ses organes ou représentants.
La Cour de Cassation exige que soit précisé quel organe ou quel représentant a engagé la
responsabilité de la personne morale.
Quand à la définition des organes, il s’agit de ceux désignés par la loi comme étant les di
igeants. Cela devrait exclure les dirigeant de fait. La doctrine reste divisée sur
ce point.
Les représentants de la personne morale, en principe, sont ceux qui peuvent engage
r le patrimoine de la personne morale (ex : les administrateurs judiciaires ou p
rovisoires, un chef d’entreprise...).
La jurisprudence a adoptée une solution plus large en jugeant que n’importe quel délégat
aire de pouvoir au sens qu’elle lui donne est un représentant (ex : directeur, chef
de service). A la condition que la délégation ait été faite en bon et due forme.
Sur un chantier du bâtiment, une délégation de pouvoir des règles de surveillance peut êtr
e faite
à un chef de chantier. S’il n’interdit pas aux ouvriers de travailler sans casque, il
peut être poursuivit.
Au final, la personne morale peut être poursuivie pénalement par un salarié délégataire de
pouvoir. Le salarié ne sera pas forcément être poursuivit comme personne physique mai
s il peut l’être.
II/ Il faut que l’infraction soit commise pour le compte de la personne morale :
Il en est ainsi de l’embauche de travailleurs clandestins. En revanche, il ne faud
rait pas que la personne physique agisse dans un but personnel ou dans un but étra
nger à l’activité de la personne morale. Dans ce cas, seule la personne physique sera
poursuivie. Cela, même si la personne physique use des moyens mis à disposition par
la personne morale.
La jurisprudence n’est pas très exigeante en ce qui concerne la preuve que l’infractio
n a été commise pour le compte de la personne morale.
III/ Il faut que l’infraction soit caractérisée dans tous ses éléments à l’encontre des org
s ou représentants de la personne morale :
L’exigence d’une infraction constituée dans tous ses éléments connait une exception en mat
ière d’infraction d’imprudence. Les fautes non intentionnelles, en effet, sont imputées
différemment aux personnes physiques et aux personnes morales.
Il est possible d’engager la responsabilité d’une personne morale pour une infraction
non intentionnelle alors que le dirigeant auteur indirect serait relaxé pour n’avoir
pas commis de faute qualifiée.
Dans l’art 121-3 al.4 CP, il commence par « les personnes physiques ». C’est donc unique
ment pour les personnes physiques que l’on se pose la question du lien de causalité
entre le dommage et l’auteur du dommage.
Lorsqu’un ouvrier tombe d’un échafaudage, le chef d’entreprise est un auteur indirect. I
l se peut que ce soit dû à des poussières de faute et qu’on ne puisse pas trouver de fau
te délibérée ou caractérisée à charge du chef d’entreprise. Mais on pourra toujours relever
e toute petite faute de négligence à l’égard de la personne morale. C’est le cas, par exem
ple, lorsqu’un ouvrier ne portait pas son casque.
C’est assez souvent le cas en droit pénal du travail et en droit pénal de la santé.
D’une manière plus générale, l’imputation d’une infraction à la personne morale n’est pas c
ionnée à la reconnaissance préalable de la responsabilité pénale des personnes physiques.
Ces deux responsabilités sont déconnectées.
L’art 121-2 CP dit bien que « la responsabilité pénale des personnes morales n’exclue pas
celle des personnes physiques ».
La conséquence en est qu’en jurisprudence, on rencontre absolument toutes les hypothès
es. Cumul de responsabilité, responsabilité de la personne morale seule ou de la per
sonne physique seule.
Section 3 : Les peines applicables aux personnes morales :
Le législateur, en 1992, a inventé un système de pénalité spécifique.
I/ Les peines en matière criminelle et délictuelle :
Les textes applicables aux personnes morales n’opèrent aucune distinction suivant qu
e la personne morale a commis un crime ou un délit. C’est la même gamme de peines.
C’est dans le Titre III du Livre 1er du Code Pénal que l’on trouve l’énoncé des peines appl
cables.
Par exemple, à l’art 131-37 CP, il est dit que la peine d’amende peut aller jusqu’au qui
ntuple de la peine d’amende prévue pour une personne physique.
La peine de mort demeure pour les personnes morales (dissolution). C’est une peine
extrêmement lourde et est très peu appliquée.
Une peine plus appliquée est celle d’interdiction d’exercer directement ou indirecteme
nt des activités professionnelles ou sociales.
Egalement, la peine de placement sous surveillance judiciaire (mise sous contrôle)
.
Est aussi possible la fermeture d’établissements, l’exclusion des marchés publics, la pe
ine d’interdiction de faire appel public à l’épargne. Encore, la peine de confiscation.
La peine la plus utilisée est celle d’affichage ou de diffusion de la condamnation (
art 131-39 CP). La Cour de Cassation a sanctionnée les juges du fond qui avaient c
ondamnés à l’affichage ET à la diffusion.
En matière criminelle et délictuelle, les peines les plus fréquemment utilisées sont d’abo
rd les peines d’amende et/ou une peine d’affichage ou de diffusion de la condamnatio
n.
II/ Les peines en matière de contraventions :
En matière de contravention, les peines principales contraventionnelles sont, soit
l’amende, soit des peines restrictives ou privatives de droits.
L’amende peut aussi être portée au quintuple de ce que prévoient les textes pour les per
sonnes physiques.
Quand aux peines privatives ou restrictives de droit (131-43 CP), elles peuvent êt
re l’interdiction d’utiliser des chèques, des cartes de paiement...
Mais il est prévu que lorsqu’une contravention est punie de plusieurs peines prévues à l’a
rt 131-43, la juridiction est libre de n’en présenter qu’une ou d’en présenter plusieurs.
La responsabilité des personnes morales rend des services quand à la réparation des do
mmages aux parties civiles. Elle a aussi pour but de rendre le fonctionnement de
s personnes morales plus éthique.
Chapitre 5 : La responsabilité pénale des mineurs :
Ce qui est écrit dans le rapport Varina n’est pas du droit positif. Ce ne sont que d
es réflexions qui vont, peut être, inspirées le législateur. Les préconisations de ce rapp
ort amène, par exemple, l’idée de placer la responsabilité pénale à 12ans. A priori, cette
roposition est abandonnée, le 1er Ministre ayant indiqué que c’était une folie.
Le Code Pénal de 1810, dans sa version originale, traite dans les articles 66 à 69 d
u problème des mineurs délinquants. Le problème était réglé uniquement en fonction de l’idé
responsabilité morale. La question était celle de savoir si le mineur avait agit ave
c ou sans discernement. S’il était répondu non à la question du discernement, le mineur ét
ait relaxé et s’il était répondu oui, il voyait sa peine atténuée. La responsabilité pénale
fixée à 16ans.
La 1ère loi concernant les juridictions compétentes pour les mineurs délinquants fut u
ne loi de 1824
qui vint décider que, lorsqu’ils sont coupables de crimes, les mineurs ne relèveraient
plus de la Cour d’Assise ordinaire mais des tribunaux correctionnels.
Le législateur commence à ne plus considérer un mineur doté de discernement exactement c
omme un majeur.
Un certain nombre des dispositions du rapport Varina amène à raisonner à l’inverse.
Cette loi de 1824 conservait la compétence de la Cour d’Assise lorsque le mineur enc
ourait la peine de mort ou lorsqu’il avait des complices ou co-auteurs majeurs.
Une loi de 1906 porta la majorité pénale à 18ans.
En 1912, intervient la 1ère grande loi sur les tribunaux pour enfant et la mise en
liberté surveillée. Cette loi de 1912 invente la 1ère mesure éducative et les tribunaux
spécialisés mais demeure la question du discernement.
Rapidement après cette loi, les juges se sont écartés de la question du discernement e
t ce sont mis à juger en opportunité.
Petit à petit aussi s’est élargie la liste des mesures ou sanctions éducatives. On a inv
enté le fait de confier l’enfant à une institution charitable, à une institution publiqu
e d’éducation surveillée.
Le régime de Vichy avait préparé une loi sur les mineurs délinquants appelée à se substitue
à celle de 1912 qui était un texte assez novateur. Il n’est jamais entré en vigueur et
c’est l’ordonnance du 2 février 1945 sur l’enfance délinquante qui fut le texte majeur.
Ce texte fondamental se trouve en annexe du Code Pénal dans la rubrique « enfance déli
nquante ». Il nous régit encore aujourd’hui mais a été complété, amendé à une vingtaine de
s.
Cette ordonnance a été complétée en 1958 par un texte sur l’enfant en danger qui est inclu
t dans le Code Civil aux articles 375 s. CV. Ce sont les articles sur l’assistance
éducative.
Les 2 piliers du droit des mineurs sont : - L’ordonnance du 2 février 1945. -
Les articles 375 s.
Les textes essentiels : - Article 1 er de l’ordonnance de 1945 : « les mineurs
auxquels est imputé une infraction
qualifiée de crime ou délit ne sont pas déférés devant les juridictions de droit commun et
ne
sont justiciables que des tribunaux pour enfant » - Article 2 de l’ordonnance
de 1945 : « le tribunal pour enfants et la cour d’assise des mineurs
prononceront suivant les cas, les mesures de protection, d’assistance, de surveill
ance et
d’éducation qu’ils sembleront appropriés ». - Le 2ème alinéa de cet article 2 a été modif
la loi du 9 septembre 2002, il dispose : « ils
pourront cependant, lorsque les circonstances et la personnalité des mineurs l’exige
nt, soit prononcé une sanction éducative à l’encontre des mineurs de 10 à 18 ans, soit pro
noncer une peine à l’encontre des mineures de 13 à 18 ans en tenant compte de l’atténuatio
n de leur responsabilité pénale »
- Article 122-8 du CP est le dernier d’un chapitre portant sur les causes d’ir
responsabilité ou d’atténuation de la responsabilité.
o Le1eralinéadispose:«lesmineurscapablesdediscernementsontpénalement responsable des c
rimes, délits ou contraventions dont ils ont été reconnu coupables dans les conditions
fixées par une loi particulière (ordonnance de février 1945) qui détermine les mesures
de protection, d’assistance, de surveillance et d’éducation dont ils peuvent faire l’obj
et »
Ces 3 textes parlent de la responsabilité pénale des mineures et des sanctions qui p
euvent être prononcée à
leur égard.
Section 1 : La catégorie des mineurs délinquants non capable de discernement :
Les mineurs non capables de discernement ne sont pas pénalement responsables.
Avant que la loi du 9 septembre 2002 n’introduise dans le CP l’article 122-8, il n’y a
vait pas de textes traitant de la question des très jeunes enfants.
Un arrêt de la crim. Etait venu affirmer qu’un enfant non doté de discernement ne pouv
ait pas être poursuivi pénalement au motif que sa faute en raison de son très jeune âge,
ne pouvait pas lui être imputée.
Crim, 1956, affaire Laboube : En l’espèce, un très jeune enfant, le petit Jean, avait
6 ans et se battait avec des bâtons avec son ami. Il a maladroitement blessé l’autre e
nfant à l’œil droit. Le père de l’enfant blessé au lieu de demander réparation devant le ju
civil se constitue partie civile dans le juge pénal pour coups et blessures volont
aires. Devant le tribunal pour enfant de Strasbourg, l’avocat du petit Jean a dema
ndé sa relaxe pure et simple bien que le fait matériel ait existé. Il fit valoir que c
e mineur, matériellement responsable d’une infraction ne pouvait pas être considéré morale
ment responsable en raison de son âge, il n’avait pas l’intelligence suffisante pour c
omprendre ce que pouvait avoir d’imprudent l’acte qu’il avait commis. L’avocat de la défen
se plaidait le non-discernement.
A l’époque, il faut savoir qu’il y avait identité des fautes civiles et pénales d’imprudenc
; si la décision était une décision de relax, les parents n’auraient pas pu être dédommagé
ivilement.
La réponse du tribunal pour enfant fut très nette. Il répondit que la question de disc
ernement n’avait pas d’importance, qu’il y avait lieu seulement d’estimer si l’acte matérie
était établit. Il s’appuyait sur l’ordonnance de 1945 qui ne distinguait pas la catégorie
des jeunes enfants. Le tribunal de Strasbourg en raison de son âge admet que l’enfa
nt ne peut pas faire le prononcé d’une peine proprement dite mais d’une mesure éducative
(être remis à ses parents). Etant condamné sa victime est indemnisé.
Les parents de Jean font appel. La cour d’appel de Colmar infirme le jugement de p
remière instance, en affirmant que faute de raison suffisante, faute de discerneme
nt, Jean ne peut pas répondre pénalement des actes qui lui sont reprochés. La CA aurai
t du alors relaxé le Petit Jean. Elle a commis une erreur de droit, après avoir affi
rmé qu’il n’était pas responsable pénalement au lieu de la relaxé, la CA le condamne a une
esure éducative (être remis à ses parents) Le procureur général de la cour d’appel de Greno
le a saisi la cour de cassation dans l’intérêt de la loi en soutenant dans ses réquisiti
ons saisine de la cour de cassation que la bonne thèse était celle de première instanc
e. Puisque l’ordonnance de 1945 ne disait rien des enfants non discernant, c est-à-d
ire des très jeunes enfants, on devait leur appliquer les dispositions générales. Le p
rocureur général considérait en même temps que seule une mesure éducative pouvait être pron
ncée.
La décision de la chambre criminelle a fait jurisprudence. Depuis cet arrêt, il ne f
ait aucun doute que les enfants très jeune, non doté de discernement, échappent au dro
it pénal. Elle a en partie adopté les motifs de la cour d’appel de Colmar en ce qu’elle
exigeait un minimum de discernement pour être condamné. Elle a cassé, les motifs de la
CA en raison de ce qu’elle a condamné. La cour de cassation dit : « pour que puisse êtr
e prise les mesures de redressement approprié, encore faut-il conformément aux PGD q
ue le mineur, a qui on reproche une infraction ait compris, ait voulu cet acte.
Toute infraction même non intentionnelle, suppose en effet que son auteur est agit
avec intelligence et volonté».
La loi du 9 septembre 2002 consacre cette jurisprudence ; les très jeunes enfants
sont exclus du droit pénal. L’âge du discernement est toujours abandonné à la sagesse des
juges.
La conséquence est qu’en droit français, il n’y a pas d’âge dans lequel on rentre dans le c
amp du droit pénal. La loi de 2002 ne fixe pas d’âge.
Dans un certain nombre de pays européens, on fixe l’âge de la minorité pénale (14 ans en A
llemagne par exemple...). La France en ayant fait le choix de ne pas fixer l’âge du
discernement
consacre un système plus souple. L’âge de la minorité pénal choisit par le rapport Varina
est de 12 ans.
Si le très jeune enfant est relaxé, cela n’empêche pas le juge pour enfant, juge civil e
t juge pénal, de prendre à l’égard de ce petit enfant des mesures de protection (au titr
e de l’assistance éducative), des mesures éducatives.
Le juge des enfants en France est juge civil et pénal. Un mineur délinquant est touj
ours un mineur en danger, un mineur en danger n’est pas toujours un mineur délinquan
t.
Aujourd’hui lorsqu’un enfant est relaxé pour non-discernement, il n’y a pas de problème qu
ant au dédommagement civil.
On peut dire que le champ du droit pénal, n’est pas ouvert aux jeunes enfants, dès lor
s qu’ils ne sont pas dotés de discernement.
Section 2 : Les mineurs de moins de 13ans dotés de discernement :
Parmi ces mineurs, il faut distinguer la catégorie 7-10 ans et la catégorie 10-13 an
s.
I/ La catégorie des enfants de 7 à 10ans :
Les mineurs de 7 à 10 ans ne peuvent faire l’objet que de mesures éducatives. Statisti
quement, il y a très peu de mineurs délinquants de 7 à 10 ans.
Ils font l’objet soit : - D’une mesure d’alternative aux poursuites prononcées par un
du procureur en amont du
tribunal - Soit ils sont convoqués dans le bureau du tribunal des enfants qui
juge seul dans une audience de
cabinet. On prononce à leur encontre une mesure éducative, la plus grave étant le retr
ait de la famille et le placement dans un établissement. La moins grave est l’averti
ssement. Entre les deux on a la remise à parents, assorti d’un entretien ferme entre
juge des enfants et parents ou une mesure d’action éducative en milieu ouvert (l’enfa
nt sera suivi).
Ces enfants sont bien sûr civilement responsables.
La responsabilité pénale est posée comme existante mais atténuée au regard de la sanction.
Le mineur est condamné à une mesure de protection. Il est à proprement condamné.
II/ Les mineurs de 10 à 13ans :
Ils ne peuvent toujours pas faire l’objet d’une sanction pénale proprement dite. Ils p
euvent faire l’objet d’une mesure éducative.
Ils peuvent depuis la loi de 2002 faire l’objet de sanctions éducatives. Les sanctio
ns éducatives sont en principe plus contraignantes que les mesures éducatives. Souve
nt elles s’apparentent à des mesures complémentaires, des interdictions.
Le juge des enfants peut, s’il veut donner un peu de poids à la décision qu’il prend, ne
pas juger le mineur seul en audience de cabinet, il peut le renvoyer devant le
tribunal pour enfants. Devant le tribunal des enfants, il y a un magistrat et de
ux assesseurs (juridictions collégial). Les deux assesseurs ne sont pas des magist
rats, ce sont des personnes représentants la société civile.
Les assesseurs sont choisis en raison de leur compétence dans le domaine de l’enfanc
e ; ce sont souvent des enseignants, des représentants du corps médical... Ils peuve
nt appartenir à des catégories diverses, ils ont toutefois un cv qui apporte la preu
ve d’un intérêt pour le monde de l’enfance.
Section 3 : La catégorie des mineurs de 13 à 16ans :
Ce sont des adolescents. En tant que tel, si les circonstances et la personnalité
l’exige, ils peuvent être condamné à des peines et même à des peines d’emprisonnement.
Toute la gamme des peines est ouverte pour eux. Il est rare que le mineur soit c
ondamné à des amendes car il n’a pas de patrimoine.
Le principe demeure la mesure éducative. C’est le prima de l’éducatif sur le répressif. Pa
r contre dès que les circonstances et la personnalité l’exige, il devient tout à fait po
ssible de prononcer une peine.
Quand un mineur a entre 13 et 16 ans et qu’il veut prononcer une peine il est obli
gé de le renvoyer devant le tribunal des enfants. Il doit consulter ses assesseurs
, il ne peut pas le condamnée en audience dans son cabinet.
Lorsque la peine est une peine d’emprisonnement, elle est en général très courte. Compte
tenu de sa durée, il peut difficilement être entrepris quelque chose en prison pour
ce mineur. De plus, la plupart du temps, il s’agit d’une détention provisoire.
Il y a tout une gamme d’établissements spécialisés pour enfants (les centres éducatifs fer
més, etc..). Le placement dans ces établissements se fait dans le cadre de sanctions
éducatives.
Section 4 : La catégorie des mineurs de 16 à 18ans :
Tout est possible pour eux. Y compris de ne pas les faire bénéficier de l’excuse atténua
nte de minorité appelée depuis l’ordonnance: la diminution de peine. Elle s’applique obl
igatoirement au 13-16 ans et facultativement aux 16-18 ans.
Le TIG est une peine largement utilisée pour les mineurs.
Depuis 2002, 2 textes sont venus renforcés la répression à l’encontre des mineurs : -
Une loi de 2005
- Une loi du 10 aout 2007 qui instaure des peines planchers pour les mineu
rs comme pour les majeurs.
Le CC aurait certainement annulé l’obligation de prononcer des peines planchers si l
e législateur n’avait pas pris soin de prévoir quelques dérogations. Ces dérogations sont
difficiles à utiliser ce qui fait que les peines planchers sont souvent prononcées.
Pour les mineurs, il y a une façon facile de détourner les peines planchers ; le pri
ma de l’éducatif est affirmé par le CC, le tribunal pour enfant ou la cour d’assise des
mineurs qui seraient dans l’obligation en raison de la situation de prononcer des
peines planchers peuvent contourner cette obligation en optant pour une mesure édu
cative ou une sanction éducative. Il demeure donc une possibilité de contournement d
es peines planches.
Le CC dans une DC, du 29 aout 2002 : le CC pose un principe fondamental reconnu
par les lois de la République. Il n’y avait pas de PFRLR avant cela pour les mineurs
. Il marque les limites que le législateur ne peut pas dépasser, s’il veut modifier le
droit des mineurs.
Le CC dit : « les principes directeurs du droit des majeurs doivent être respecté à l’égard
des mineurs. Il rappelle à ce titre le principe de la présomption d’innocence, celui d
e la nécessite de la proportionnalité des peines, principe des droits de la défense ». I
l rappelle qu’il faut appliquer l’article de la constitution selon lequel nul ne peu
t être arbitrairement détenu. En droit des mineurs bien qu’il y ait des spécificités, les
principes fondamentaux du droit des majeurs doivent être respectés.
Le CC rappelle aussi que le prima de l’éducatif sur le répressif est un principe fonda
mental. Il y a
dans ce principe fondamental la nécessité d’une juridiction spécialisée, il y l’affirmation
que la détention ne peut intervenir que pour les mineurs de plus de 13 ans.
Chapitre 6 : Des causes d’irresponsabilité ou d’atténuation de la responsabilité :
Beaucoup de manuels distinguent entre cause objective et cause subjective de res
ponsabilité. Ce n’est pas une distinction faite dans le cours ni dans le CP (article
122-1 à l’article 122-7).
Tous les articles de 122-1 à 122-7 commencent par : « N’est pas responsable la personn
e qui... ».
A priori donc, toutes les causes d’irresponsabilité sont subjectives : - Dans l’art
icle 122-1 :
o Ilyaunecaused’irresponsabilitédansl’alinéa1:lefaitd’êtreatteintd’untrouble psychique ou n
opsychique ayant aboli le discernement ou le contrôle des actes.
o L’alinéa2poseuneatténuationdelaresponsabilitélorsquelediscernementestaltéréet non pas abo
i
- L’article 122-2 est consacré à la contrainte. - L’article 122-3 attrait à l’er
reur de droit - L’article 122-4 traite de l’ordre de la loi et du commandement de l’au
torité légitime - L’article 122-5 et 122-6 traitent de la légitime défense - L’a
122-7 est consacré à l’Etat de nécessité - L’article 122-8 traite de la responsabilité
pénale atténuée des mineurs.
La doctrine antérieure distinguait parmi les circonstances qui permettent à l’auteur d’u
ne infraction de ne pas être puni :
- Les circonstances qui gommaient la responsabilité de l’auteur. - Les circ
onstances qui gommaient le caractère délictueux de l’acte.
Par exemple, les troubles d’ordre psychiques gomment la responsabilité mais l’acte res
te délictueux. La légitime défense, par contre, c’est l’acte délictueux qui s’efface. On ap
ait cause de non imputabilité, les faits qui effaçaient la responsabilité et fait just
ificatif les faits qui effaçaient le caractère délictueux de l’acte.
D’autres auteurs distinguaient entre cause objective et subjective d’irresponsabilité.
Les causes objectives correspondent aux faits justificatifs, les subjectives au
x causes d’imputabilité.
La distinction a un certain intérêt quant à l’indemnisation de la victime. Le CP ne conn
ait que des causes d’irresponsabilité.
Section 1 : La responsabilité pénale du délinquant présentant des troubles mentaux :
C’est une question qui agite beaucoup aujourd’hui. C’est par le biais de leur dangeros
ité potentielle qu’il y a un regain d’intérêt.
L’article 122-1 distingue : - Les troubles qui altèrent le discernement. On est
en présence d’une cause d’atténuation de la
responsabilité. - Les troubles qui abolissent le discernement
I/ La personne donc le discernement est altéré :
Dans les prisons françaises 30% de personnes correspondent à cette situation.
122-1 al. 2 CP : « la personne qui était atteinte au moment des faits d’un trouble psy
chique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses act
es demeure punissable. La juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu’el
le détermine la peine et en fixe le régime ».
Si le juge ne commande pas une expertise, il va sans tenir à son intuition. Quand
la personne est un multirécidiviste, il y a rarement une expertise sur sa personna
lité. Dans 95% des affaires jugées, il n’y a pas d’expertise.
La cour de cassation a expliqué que la dernière phrase de l’article 122-1 al. 2 ne sig
nifie pas que la peine est atténuée, elle peut être aggravée. Ce membre de phrase veut j
uste dire que le juge est invité à adapter la peine.
Le système français est bien pauvre dans les réponses aux problèmes pathologiques des co
ndamnés.
II/ Les personnes dont le discernement est aboli :
122-1 al. 1 CP : « N’est pas pénalement responsable, la personne qui était atteinte au m
oment des faits, d’un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discerne
ment ou le contrôle de ses actes ».
Sous l’ancien CP c’était l’article 64.
Il y a une première condition qui est d’être atteinte au moment des faits. Dans une ma
ladie mentale, rarissime sont ceux qui sont malades en continu, dont on peut dir
e que le discernement est en continu atteint.
C’est une difficulté majeure que de déterminer si au moment des faits, le discernement
était bien
aboli.
Quand, il ya présomption de troubles graves ayant aboli le discernement, est ce su
r le psychiatre ou sur le juge d’instruction que repose la décision sur le degré de ma
ladie mentale ?
La difficulté est de faire dialoguer l’expert et le magistrat. Si l’expert conclu que
l’auteur du crime et délit est privé de discernement, les juges sont libres de conclur
e le contraire car ils jugent en leur intime conviction. La très grande majorité des
cas, les juges s’en remettent aux conclusions de l’expertise.
Si en principe la responsabilité revient au juge concernant le discernement, en pr
atique elle revient à l’expert.
CA de Paris, 21 mai 1996 : un schizophrène très malade avait porté quelques coups à un a
gent de la RATP, n’a pas bénéficié d’une relax car il n’a pas été considéré comme malade. M
uges l’ont dispensé de peines et en appliquant l’article 122-1 al. 2.
- - -
C’est paradoxal car la dispense de peine ne peut être prononcée que si : Le trouble à l’or
dre public a cessé La victime a été indemnisée Si la réinsertion de l’auteur été acquise (d
ile à dire dans ce cas là)
Crim, 18 février 1998 : les magistrats optent pour le non-lieu à l’égard d’une personne mi
se en examen pour homicide involontaire, aggravé de tentative de viol. La juge du
fond avait relevé : « qu’il résultait d’expertise psychiatrique que le mise en examen atte
int d’une psychose de type schizophrénique a commis à son insu, les actes qui lui sont
reprochés ».
Crim, 6 juin 1979 résume la solution générale. Elle dit : « la détermination de la perte d
u libre arbitre (du discernement) est une question de fait laissée à l’appréciation des
juges du fond ».
III/ Les effets des troubles psychiques ou neuropsychiques :
A) Les certitudes au plan civil :
Au plan civil les choses sont claires, on applique l’article 489-2 CV qui dispose
: « celui qui a causé un dommage à autrui alors qu’il était sous l’empire d’un trouble ment
n’en est pas moins obligé à réparation ».
On ne cherche pas à savoir si la personne était privée de discernement ou si elle avai
t seulement un trouble qui altéré son discernement.
B) Les incertitudes au plan pénal :
Les juges du fond disposent d’une appréciation souveraine ; si le discernement leur
parait aboli, ils doivent prononcer un non lieu, une relax ou un acquittement so
us réserve vue la loi du 26 février 2008 que le caractère délictueux de l’acte soit reconn
u dans une « pseudo-audience ».
Si les juges pénaux considèrent que le discernement est simplement altéré, ils sont comp
lètement libres d’adopter une sanction légère ou une sanction dure.
La pauvreté de la psychiatrie française et des prisons françaises fait que l’on répond très
mal à la délinquance de ceux qui présentent des troubles psychiques ou neuropsychiques
.
Section 2 : L’article 122-2 : La contrainte :
122-2 CP : « n’est pas pénalement responsable, la personne qui agit sous l’empire d’une fo
rce ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister ».
On est en présence de ce que l’on nomme en droit civil : la force majeure. La contra
inte est une cause d’irresponsabilité. Avant on aurait parlé d’une cause subjective de r
esponsabilité ou d’une cause d’imputabilité ; la contrainte tient à la personne et non à l’
e.
I/ La notion de contrainte :
On distingue classiquement entre : - Contrainte physique - Contrainte moral
e
A) La contrainte physique :
1) La contrainte physique d’origine externe :
Elle ne pose pas de problème de preuves ; elle peut être provoquée par une force extérie
ure comme une force brutale de la nature (chute de neige...). De même, l’Homme peut
créer une contrainte physique d’origine externe (on tient fortement la main de quelq
u’un pour qu’il fasse un faux par exemple, ...).
Crim, 5 janvier 1957 : Dans le cadre d’une course cycliste, un coureur qui était dan
s un peloton a écrasé un brigadier police. Il a été considéré comme étant dans une situatio
e contrainte physique d’origine externe, le peloton l’a contraint.
2) La contrainte physique d’origine interne :
C’est la contrainte qui est provoquée par une cause inhérente à la personne même de l’auteu
à l’infraction (un diabétique dans un TGV entre Paris et Valence s’endort et va plus lo
in. La jurisprudence
considère que le diabète a conduit à une contrainte physique d’origine interne...). La j
urisprudence a refusé d’admettre la contrainte physique d’origine interne dans l’hypothèse
d’une femme qui sous le coup de l’émotion de la mise à la retraite de son mari a écrit une
lettre d’insulte au ministre de la justice.
24 octobre 2000 : l’auteur, conducteur de voiture, auteur de blessures involontair
es à deux passagers de son véhicule a été considéré comme ayant eu cet accident à la suite
malaise ; on a admit que ce malaise était assimilable à une contrainte physique d’orig
ine interne. « Il apparait que G.D.... n’a pas été en mesure de prévenir la défaillance phy
ique dont il a été atteint le jour des faits, celle-ci s’étant manifesté pour la première f
is ce jour là ». « En conséquence, il apparait que G .D.... ne peut être considéré comme pé
ent responsable dans la mesure où il a agit sous l’empire d’une contrainte à laquelle il
n’a pu résister, comme il est prévu par l’article 122-2 du CP »
B) La contrainte morale :
A la différence de la contrainte physique qui est provoqué par un facteur physique i
rrésistible, la contrainte morale résulte d’une pression exercée sur la volonté de l’agent
oit par une cause externe, soit par une cause interne (émotion qui submerge ou une
passion). La preuve de la contrainte morale d’origine interne est très dure à rapport
er.
1) La contrainte morale d’origine externe :
Elle peut résulter de menaces exercées par un tiers (chantage, ...). Il faut que ces
menaces soit illégitimes pour parler de contraintes morales. La jurisprudence ava
it l’habitude de dire que la crainte révérencielle de l’enfant à l’égard de son père, de la
e vis-à-vis de son mari ou de l’employé vis-à- vis de son patron n’excluent pas la respons
abilité. L’enfant, la femme ou l’employé doivent se soumettre à quelque chose qui devraien
t s’apparente à une contrainte morale. Ce n’est plus aujourd’hui d’actualité.
Elle peut résulter d’une provocation (à commettre telle ou telle infraction...). Elle
est prévue par les textes dans le cas de traite des êtres humains (introduit par une
loi du 18 mars 2003). Dans la question de traite des êtres humains, la contrainte
(à se prostituer, à violer, ...) dans le cadre de phénomène de traite est irresponsable
. L’article 224-5-1.
2) La contrainte morale d’origine interne :
En ce qui concerne son admission, la jurisprudence est très exigeante, la preuve d
ifficile a rapporter.
Retenue dans le cas des objecteurs de conscience qui refusaient de faire leur se
rvice militaire en annonçant une contrainte morale d’origine interne. Des conviction
s d’une force telle qu’il leur était impossible de prendre les armes. Pendant longtemp
s, ils étaient condamnés.
A la fin des années 1950 retenu que l’objection de conscience pouvait être une contrai
nte morale d’origine interne. Elle a été consacrée dans une loi du 21 décembre 1963 qui a
crée un statut de l’objection de conscience.
II/ Les conditions de la contrainte, cause d’irresponsabilité :
Toute contrainte n’est pas une cause d’irresponsabilité. Seul cause d’irresponsabilité, un
e contrainte irrésistible. Il faut aussi que la contrainte n’est pas été précédée d’une fau
A) La contrainte doit être irrésistible :
La jurisprudence a tendance à ne pas apprécier systématiquement in concreto le caractère
irrésistible de la contrainte mais à l’apprécier in abstracto. Or le texte renvoi à la pe
rsonne in concreto.
B) La contrainte ne doit pas être précédée d’une faute de l’agent :
En cas de faute antérieure de l’agent, la jurisprudence refuse au prévenu le droit d’inv
oquer la contrainte.
Crim, 29 janvier 1921 : Le marin qui lors d’une escale va faire un tour dans un ba
r et ne rejoint pas à temps le navire. Il est poursuivi pour désertion. Il prétend qu’il
était empêché de regagner son navire dans un bar, il avait été arrêté par la police pour c
e d’ivresse publique. Pour lui, la police l’a mis en retard. La chambre criminelle r
efuse de considérer le marin qu’il a été en situation de contrainte au motif d’une faute a
ntérieure de sa part (alors qu’il y a bien une force irrésistible qui l’a empêché de rejoin
re le bateau).
III/ Les effets de la contrainte :
Si la contrainte est retenue, l’irresponsabilité le sera.
Au plan civil, quand il y a une victime, celui qui a été contraint n’a pas à indemniser
car on est dans un cas de force majeur. Il y a des cas ou l’auteur est cependant c
ondamné à indemniser. La situation n’est pas tout à fait claire.
Section 3 : L’erreur de fait et l’erreur de droit :
De l’erreur de fait, il n’est pas question dans le CP.
L’erreur de droit, il n’en n’était pas question dans l’ancien CP. Elle est maintenant cons
acrée dans le CP mais reste rarement retenue par les tribunaux.
I/ L’erreur de fait :
Bien qu’il n’y ait aucun texte la concernant, elle est exceptionnellement une cause
d’irresponsabilité. Elle est souvent une cause d’atténuation de la responsabilité.
Il faut distinguer : - L’erreur de fait dans les infractions intentionnelles -
L’erreur de fait dans les infractions non-intentionnelles
A) L’erreur de fait dans les infractions intentionnelles :
Elle supprime parfois l’intention. C’est le cas lorsque l’erreur de fait porte sur un élém
ent essentiel de l’infraction. C’est aussi le cas lorsque l’erreur de fait porte sur u
ne circonstance aggravante.
Il se peut que l’infraction intentionnelle devienne non-intentionnelle, délit d’imprud
ence.
Le pharmacien qui au lieu du remède prescrit livre par erreur un poison, est coupa
ble non pas du crime d’empoisonnement parce qu’il n’y avait pas intention de tuer (
alors qu’il a volontairement remis le poison) mais coupable d’homicide par imprudenc
e. On ne peut en aucun conclure à une infraction volontaire.
De même lorsqu’un fils croyant tuer un étranger à sa famille, tue son père. Il sera bien c
oupable d’un homicide mais pas d’un parricide (homicide aggravé). La circonstance aggr
avante disparait en raison de l’erreur de fait.
Exceptionnellement, l’erreur de fait en faisant disparaitre l’intention délictueuse, s
upprime l’infraction.
Cass, 6 novembre 1963 :C’est le cas de l’individu qui a des relations sexuelles cons
enties avec une jeune
fille de moins de 15 ans mais la jeune fille a affirmé avoir 20 ans et en paraissa
it 20. La jurisprudence retient l’erreur de fait sur l’âge et dans cette unique situat
ion considère que l’infraction disparait par défaut d’intention délictueuse. (Ce n’est pas
u tout systématique)
Il y a deux hypothèses ou l’erreur de fait peut être avancée : - Des relations se
xuelles avec un mineur non prostitué de moins de 15 ans - Client d’un mineur prostit
ué
B) L’erreur de fait dans les infractions non-intentionnelles :
Le chasseur qui croit tuer un sanglier et qui tue son ami. Il aura tout de même co
mmis un homicide involontaire.
La jurisprudence en matière de droit de la chasse à tendance à relaxer pour erreur de
fait, lorsqu’elle considère que l’erreur a été irrésistible.
En conclusion, l’erreur de fait n’est qu’exceptionnellement une cause d’irresponsabilité.
II/ L’erreur de droit :
Elle est reconnue dans les textes. Les choses la concernant ne sont pas tellemen
t différentes. La jurisprudence est d’une extrême rigueur dans sa reconnaissance.
L’erreur de droit est l’erreur qui consiste dans l’ignorance de la loi même si pourtant «
nul n’est censé ignorer la loi » ; l’erreur de droit consiste aussi dans une erreur de l’i
nterprétation de la règle de droit.
A) Les fondements du rejet jusqu’au nouveau Code Pénal de l’erreur de droit come cause
d’irresponsabilité :
Le fondement principal de ce rejet est la formule : « Nul n’est censé ignorer la loi pén
ale » (nemo censetur ignorare legem).
Pendant des siècles, la cour de cassation a considéré que l’erreur de droit ne pouvait e
n aucun cas constituer une cause d’irresponsabilité. Elle considérait qu’elle laissait d
emeurer entière une infraction intentionnelle ou non-intentionnelle.
Quelques juges du fonds audacieux avaient commencés dans des espèces particulières à ret
enir l’erreur de droit.
B) L’admission de l’erreur de droit dans le nouveau Code Pénal :
1) Le débat parlementaire :
Dans le nouveau code pénal, l’article 122-3 : « n’est pas pénalement responsable, la perso
nne qui justifie avoir cru, par une erreur sur le droit qu’elle n’était pas en mesure
d’éviter, pouvoir légitimement accomplir l’acte ».
Les débats parlementaires sur le sujet ont été vifs. Le conseil d’Etat avait donné un avis
négatif au projet de loi de Badinter sur l’erreur de droit.
Le sénat a réintroduit l’erreur de droit, gommée du projet initial, et ceux malgré l’avis n
tif du CE et une jurisprudence constante de la cour de cassation (8 février 1966 :
« la prétendue erreur de droit, ne constitue ni un fait justificatif, ni une excuse
admise par la loi »)
Pour le sénat, le refus de prendre en considération l’erreur de droit, n’était pas juste n
i réaliste, eu égard à la prolifération de la loi pénale, à sa complexité.
L’assemblée nationale a suivi le sénat.
Cette difficulté originelle à introduire l’erreur de droit dans le code pénal a pour con
séquence des conditions très strictes.
2) Les conditions de l’erreur de droit :
L’erreur doit être inévitable. On est à nouveau presque dans une hypothèse de contrainte.
Le législateur visait avant tout le cas des informations erronées par l’administration
.
1987 : (antérieur à l’introduction de l’article 122-3) : c’est le cas dans une affaire de
permis de construire.
Demeure toutefois la règle générale que l’ignorance de la loi ne saurait être une cause de
justification.
Les juges tiennent compte tout de même du niveau juridique de celui qui invoque l’er
reur, de son niveau de connaissance de l’administration, de la réponse de l’agent qui
a éventuellement interprété l’erreur de droit, etc. les juges du fond se livrent à une err
eur in concreto.
Les premiers arrêts sont des arrêts ou l’appréciation du juge est faite in concreto alor
s que la cour de cassation a plutôt tendance à faire une appréciation in abstracto de
l’erreur de droit et à la retenir que dans des cas tout à fait marginaux. Même si les ca
s sont marginaux, cela prouve que la maxime nul n’est censé ignorer la loi est une f
iction.
3) La jurisprudence sur l’erreur de droit :
Les juges du fond très vite après la mise en vigueur du nouvel code pénal ont utilisé l’er
reur de
droit. T. Correctionnel de Carcassonne, 16 mars 1994 : une petite fête de famille
tourne mal. Le gendre s’en va furieux au volant de la voiture de son beau-père. Ce d
ernier se constitue partie civile pour vol de voiture ; le gendre fonde sa défense
sur le fait qu’il n’a jamais eu l’intention de la voler et par ailleurs qu’il ignorer c
omplètement que partir quelques heures pouvait constituer un vol. Le tribunal corr
ection relax : « il est évident que lorsque M. L... a pris le véhicule de son beau père,
il était à 100 lieux de croire qu’il commettait un acte légitime ; ceux d’autant qu’il n’a
mais eu l’intention de s’approprier définitivement le véhicule (très mal fondé en droit) et
qu’enfin la victime présente à la barre à tout à fait confirmer cette appréciation des fait
(mal fondé en droit également) ».
Crim, 11 octobre 1995 : un couple est en procédure de divorce. Cette procédure de di
vorce se déroule devant le TGI de Nanterre. Le TGI le 1er mars 1991 a accordé à l’épouse,
la jouissance du logement qui était auparavant la résidence commune. Il y a eu un ap
pel. La CA de Versailles dans un arrêt du 3 décembre 1992 confirme le jugement qui a
vait autorisé les époux à résider séparément.
Le mari après avoir sollicité l’avis de son avoué tente de se faire remettre les clefs d
e l’appartement au motif qu’il serait autoriser à réintégrer le logement de résidence de sa
famille ?. Le 6 avril 1993, en l’absence de son épouse partie en vacance avec ses en
fants, il pénètre dans l’appartement à l’aide d’un serrurier qui procède à l’ouverture parc
vait pas réussi à se faire remettre les clefs. Son épouse le poursuit pour violation d
e domicile (pénal désormais).
Quand la CA de Versailles viendra à juger la violation de domicile, le nouveau cod
e pénal est entré en vigueur et l’introduction d’une nouvelle cause d’irresponsabilité est
ne loi plus douce qui peut s’appliquer immédiatement. Cela va conduire la CA de Vers
ailles a relaxer l’époux au motif qu’il n’était pas en mesure d’éviter l’erreur de droit qu
ommise puisqu’il a consulté son avoué sur la question de savoir s’il pouvait pénétrer devan
le domicile conjugal.
La cour de cassation cassera l’arrêt des juges du fonds au motif que l’erreur commise
n’était pas une erreur invincible. Elle expliquera que quant on ne sait pas bien int
erpréter une décision de justice, on ne s’adresse pas à un avoué mais à un juge. Il existe
ne procédure de demande d’interprétation à un juge. Si l’époux avait demandé à un juge d’in
la décision et si le juge s’était trompé alors l’erreur de droit
aurait été considéré comme invincible. La chambre criminelle prend une position très rigou
reuse et rappelle le caractère invincible.
Aujourd’hui rarissimes sont les décisions qui retiennent l’erreur de droit. Elle est t
rès souvent rejetée.
L’erreur de droit est bien une cause d’irresponsabilité retenue par le parlement, la j
urisprudence des juges du fonds est abondante mais en cas de pourvoi on a toutes
les chances qu’elle soit invalidée par la cour de cassation.
Section 4 : L’ordre de la loi ou le commandement de l’autorité légitime :
L’article 122-4 contient deux alinéas et deux causes d’irresponsabilités : - Al. 1 co
ncerne l’ordre de la loi - Al. 2 concerne le commandement de l’autorité légitime
I/ L’ordre de la loi et du règlement : Article 122-4 al. 1 : « n’est pas pénalement respon
sable, la personne qui accomplit un acte
prescrit ou autorité par des dispositions législatives ou règlementaires ».
A) L’ordre de la loi proprement dit :
Derrière ordre de la loi et du règlement, la jurisprudence entend permission de la l
oi du règlement mais aussi de la coutume ou encore permission administrative.
L’exemple classique et celui des articles 226-14 et suivant sur le secret professi
onnel. Il donne l’ordre aux médecins soumis au secret professionnel à enfreindre le se
cret concernant certaines maladies. C’est le code de la santé publique qui dispose q
uel type de maladies doivent obligatoirement être dénoncé (la typhoïde ou la méningite...)
.
Le secret professionnel cède aussi devant l’obligation de témoigner devant un juge d’ins
truction. Il est des hypothèses ou on est obligé de témoigner.
B) La permission de la loi :
Dans le même article 226-14 est énoncé un certain nombre de cas ou le médecin peut, s’il l
e souhaite, se délier du secret. Il n’est pas contraint, c’est une permission. S’il se dél
ivre, il ne sera pas poursuivit (violence à enfants) pour atteinte au secret profe
ssionnel.
Autre exemple tiré du code de procédure pénal ; article 73 : « dans les cas de crime fla
grant ou de délit flagrant punit d’une peine d’emprisonnement, tout personne a qualité p
our en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le p
lus proche ».
Si on est conduit à blesser la personne qu’on appréhende, la permission de la loi de l’a
rticle 73 sera une cause d’irresponsabilité (sauf si a une disproportion importante
entre les moyens utilisés et le danger que représente la personne).
C) La permission de la coutume :
De la permission de la coutume, il n’est rien dans l’article 122-4 du CP. On peut se
demander comment sa peut être une cause d’irresponsabilité dans un pays de droit écrit.
Pourtant la jurisprudence consacre dans certains cas, une cause de justification
ou d’irresponsabilité supplémentaire, la permission de la coutume. Ainsi, la permissi
on de la coutume, justifie
un certain nombre de mauvais traitement à animaux, elle justifie les combats de co
qs, les corridas lorsqu’elles se déroulent dans des lieux ou il y a une tradition lo
ngue et ininterrompue, ...
La permission de la coutume concerne même le droit de correction paternel ou mater
nel jusqu’à un certain point. La fessée est couverte par les permissions de la coutume
; ce n’est pas le cas en Suède. TC de Bordeaux, 1982 : un élève a mené a bout un professe
ur qui l’a giflé. L’arrêt considère que le pouvoir disciplinaire des éducateurs demeure. So
s l’effet de la colère, un enseignant peut gifler. Aujourd’hui c’est exclut.
D) L’autorisation administrative :
On sort du champ de l’article 122-4. Elle n’est pas un fait justificatif (ancienne t
erminologie), une cause d’irresponsabilité. Elle ne peut pas être invoquée pour se discu
lper pénalement.
Exemple du médicament « stalinon » qui avait reçu tous les visas de sortie du ministère de
la santé. Plusieurs centaines d’enfants sont morts et d’autres ont conservé des séquelles
à cause de ce talc. La personne morale n’étant pas poursuivable, c’était le fabricant per
sonne physique qui était poursuivi. Il avancé pour sa défense que la permission de l’aut
orité administrative excluait toute responsabilité pénale. Le tribunal de la Seine a e
xclut cette défense et a retenu que la permission administrative n’est pas un fait j
ustificatif.
II/ L’article 122-4 alinéa 2 : 122-4 al. 2 : « n’est pas pénalement responsable, la person
ne qui accomplit un acte commandé
par l’autorité légitime sauf si cet acte est manifestement illégal ».
A) La légitimité de la personne qui donne l’ordre :
Le texte renvoi a l’ordre donné par une autorité publique, civile ou militaire. Il ne
renvoi pas à l’ordre d’une autorité privée.
En période troublée, il peut y avoir des doutes sur l’autorité légitime. Il n’y a pas de so
ution générale, c’est celui qui gagne dans un conflit politique qui déclare qu’il a l’autor
té légitime.
B) La légalité de l’acte :
Il peut se faire que l’acte donné soit illégal ou illicite.
S’il est manifestement illégal, il ne doit pas être suivi même s’il est donné par une autor
té légitime. Il n’y a pas de cause d’irresponsabilité ; cela vaut aussi bien pour les civi
ls et les militaires.
Il n’y aura des causes d’irresponsabilité que si l’ordre est simplement illégal. Il faut d
onc que l’agent est du discernement. On demande au subalterne d’être « une baïonnette inte
lligente ».
Concernant les militaires, la loi de 1972 sur leur statut énumère les cas ou l’inexécuti
on de l’ordre n’est pas un fait justificatif.
Sur le plan civil, les fonctionnaires doivent discerner.
Dans une affaire de 1944, la municipalité de Drancy avait constitué des gardes du co
rps avant la police municipal, ce qui n’était pas autorisé. Il n’y avait pas de ligne bu
dgétaire pour payer ses gardes du corps, ils étaient payés sur la ligne budgétaire alloc
ation chômage. Le fonctionnaire qui a exécuté l’ordre a été considéré comme devant savoir q
dre qu’il donnait était manifestement illégal.
Par contre si l’ordre est simplement illégal, on considère qu’il doit être exécutée parce q
sinon il ne resterait rien du principe de hiérarchie, si tout fonctionnaire après av
oir reçu un ordre faisait le choix de l’exécuter ou non.
Les juridictions apprécient le degré de connaissance que le fonctionnaire doit avoir
du degré simplement illégal ou manifestement illégal, l’appréciation se fait in concreto.
En résumé, le militaire comme le civil doivent discerner ce qui est manifestement il
légal ou simplement illégal, et ne pourront pas à tout coup bénéficier de l’article 122-4 a
inéa 2.
Section 5 : L’état de nécessité :
L’état de nécessité comme l’erreur de droit est une cause d’irresponsabilité introduite par
nouveau code pénal.
Bien qu’il n’y ait pas eu dans l’ancien code pénal sur l’état de nécessité, il arrivé que l
prudence de façon prétorienne reconnaisse l’état de nécessité et en fasse une cause d’irres
sabilité.
Dans l’ancien CP, sur l’état de nécessité on trouvait des poussières de textes.
122-7 CP : « n’est pas responsable la personne qui face à un danger actuel ou imminent
, qui menace elle-même autrui ou un bien accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde
de la personne ou du bien sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et l
a gravité de la menace ».
Pour la légitime défense, la définition n’est pas très différente. On a l’habitude, en doct
e, de dire que la légitime défense est une forme spécifique d’état de nécessité. L’état de
st a priori plus large.
Melle Ménard était une jeune mère célibataire, juste avant le début du XXème siècle, dans l
isère qui nourrit son enfant qui vient de naitre et n’a pas mangée depuis plusieurs jo
urs. Elle vole un pain chez un boulanger qui la fait arrêter. Des poursuites ont l
ieu, elle est envoyée devant le tribunal qui, dans un jugement du 4 mars 1898 la r
elaxe alors qu’à l’époque, il n’y avait aucun texte dans le Code Pénal sur l’état de nécess
a eu appel et la cour d’appel l’a également relaxé mais pour des motifs précédents.
En l’espèce, on était en présence d’un conflit entre 2 valeurs d’inégale importance. Celle
protéger l’enfant et sa mère qui était plus importante que le vol du pain.
Arrêt C. Crim 25 juin 1958 : Affaire Lesage (Dalloz 58) : Attrait à l’accident de la c
irculation. Le 7 janvier 1956, à 11h du matin et sur la nationale, un conducteur c
onduit à 80km/h et il s’aperçoit que la porte avant droite de sa voiture est entrain d
e s’ouvrir. A côté de lui sont assis sa femme et sur les genoux de celle-ci son bébé. Le c
hauffeur, dans une réaction réflexe braque à gauche tout en ayant vu qu’une voiture arri
vait en face et qu’il allait la heurter. Il blesse les 3 personnes de la voiture e
n face. Il est poursuivit pour blessures involontaires. L’affaire va jusque devant
le Cour de Cassation. On estime que le choix qu’avait à faire monsieur Lesage était u
n choix entre 2 valeurs égales (la vie de sa femme et de son enfant ou la vie d’autr
ui.
La Cour de Cassation a reconnue que l’état de nécessité pouvait être une cause d’irresponsa
ilité prétorienne, jurisprudentielle et en énonce les critères. En même temps que cela, ce
t arrêt refuse à monsieur Lesage l’état de nécessité. La Cour a considéré que monsieur Lesa
s’est pas comporté en bon père de famille et qu’il aurait dû vérifier la fermeture des por
ières. L’état de nécessité ne peut pas être retenu s’il y a une faute préalable de celui qu
oque.
I/ L’état de la doctrine sur l’état de nécessité :
La doctrine a revendiquée que l’état de nécessité devienne une véritable cause d’irresponsa
ité. En effet, elle est unanime pour considérer que la nécessité doit entrainer l’impunité
e celui qui n’a pas pu agir autrement. Mais les fondements que la doctrine attache
à cet état ne sont pas tous les mêmes.
Certains auteurs justifient l’impunité en ayant recours à des explications subjectives
et d’autres objectives.
A) Les explications subjectives de l’impunité :
Certains auteurs et certains arrêts faisaient appel à la contrainte ou à l’absence d’inten
tion délictueuse. Ils considèrent que la personne qui agit en état de nécessité est contra
inte, qu’elle n’a pas de libre choix. Il y a assimilation de l’état de nécessité à une sort
e contrainte.
C’est cela qu’avait fait le « bon juge Magnaud » dans l’affaire Ménard. Dans ses motifs, ce
juge parlait de situation de nécessité et concluait en disant qu’elle avait été contrainte
d’agir comme elle l’avait fait.
En appel de cette affaire, la cour d’appel a relaxée Mme Ménard, non pas en s’appuyant s
ur la contrainte mais sur l’absence d’intention délictueuse. Pour Mme. Lazerges, ce n’es
t pas un très bon fondement car, souvent, les personnes qui sont dans l’état de nécessité
le font librement.
La véritable distinction entre la contrainte et l’état de nécessité, c’est précisément cett
ence de liberté et de choix dans la contrainte et de choix possible dans l’état de néces
sité.
B) Les explications objectives de l’impunité :
Ces explications subjectives ne sont donc plus retenues par la doctrine aujourd’hu
i. Actuellement, la plupart des pénalistes préfèrent s’en tenir à des considérations object
ves. C’est pour cette raison qu’avait l’entrée en vigueur du Code Pénal, l’état de nécessit
onsidéré comme un fait justificatif jurisprudentielle et non pas comme une cause d’imp
unité jurisprudentielle.
Merle et Vitu puisent leur justification dans le droit canonique et l’ancien droit
où l’on disait « nécessité n’a pas de loi ». Avec l’idée que la loi pénale est relative et
de certaines circonstances, elle doit s’effacer.
Ils considèrent que l’infraction commise par celui en état de nécessité est socialement in
différence ou socialement utile. C’est la raison pour laquelle l’application de la loi
pénale est inconcevable. C’est en cet état de la doctrine et de la jurisprudence anci
enne qu’est intervenu le nouveau Code Pénal.
II/ Le texte de l’article 122-7 : Les conditions de l’état de nécessité :
Les conditions sont moins rigoureuses que pour la légitime défense.
L’état de nécessité est présenté dans cet article comme une cause d’irresponsabilité faisan
tacle à ce que celui qui en bénéficie puisse être déclaré responsable. Ce n’est pas une cau
d’atténuation de la responsabilité, elle est supprimée.
Il y a cependant 3 conditions dans le texte : - Un danger actuel ou imminent qui
constitue une menace pour une personne ou un bien. - Un acte en réponse qui soi
t un acte nécessaire à la sauvegarde à la personne ou du bien. - L’exigence d’une ré
se qui ne soit pas disproportionnée.
Ce sont les juges qui apprécient ces éléments. L’art 122-7 ne revient pas sur une des co
nditions de l’état de nécessité qu’avait énoncée la chambre criminelle dans l’affaire Lesag
t article n’exige pas une absence de faute préalable de la part de celui qui invoque
l’état de nécessité. On peut donc imaginer que, jugée aujourd’hui, l’affaire Lesage entrai
ait peut-être la relaxe de M. Lesage.
La question de la proportion ou de la disproportion est une vrai question de fai
t qui laisse au juge une marge d’appréciation considérable. Et comme souvent, nous avo
ns des juges du fond de tribunaux correctionnels qui ont tendance assez facileme
nt à retenir l’état de nécessité et des juges d’appel qui sont plus rigoureux. Quand à la c
bre criminelle, jugeant du droit, elle ne revient pas sur cette appréciation.
III/ La jurisprudence sur l’état de nécessité :
Les juges du fond de 1ère instance retiennent plus facilement l’état de nécessité que les
juges
d’appel.
Il en fut ainsi pour le tribunal correctionnel de Poitier et la cour d’appel de Po
itier qui n’ont pas jugés dans le même sens en 1999-2000. Une femme avait, dans un hyp
ermarché, remplie son cadis de viande et était partie sans payer. Le tribunal correc
tionnel a considéré que ce vol correspondait à la situation de Mme Ménard car la femme s
e trouvait dans une situation extrêmement difficile. La cour d’appel a infirmée ce jug
ement en utilisant des motifs qui paraissent assez raisonnables. Pour elle, la p
reuve de la disproportion résultait du nombre de paquet de viande volé par la femme.
La cour a donc constatée une disproportion.
Le tribunal de Bastia avait à juger un certain M. Mohamed interpelé en 1998 à Calvi sa
ns papier ni carte d’identité et l’interpelé était, lors de son interpellation, dans l’inca
acité de fournir un papier lui permettant de rester légalement sur le territoire nat
ional. Il était en France depuis 1991. Il explique qu’il n’a cessé d’essayer de faire régul
riser sa situation et qu’il était demandeur d’asile dont il avait été débouté en 1997. Il e
ique que la situation de violence extrême qui sévit dans son pays lui interdit de re
tourner en Algérie. Le tribunal correctionnel le relaxe avec une motivation très dével
oppée. Il constate qu’il a bien commis l’infraction de séjour irrégulier sur le territoire
français mais il constate aussi qu’il peut apporter la preuve qu’il a été menacé à plusieu
reprises par des groupes terroristes. Le tribunal en déduit que « le danger était et r
este donc manifestement imminent et l’expatriation constitue le seul moyen de se s
oustraire à un risque de mort. [...] La volonté de survie est incontestablement un i
ntérêt supérieur, il fait même y voir un intérêt suprême.[...] La situation se révèle à ce
péré que la violation de la loi Française a pu apparaitre comme ultime issue ».
La Cour d’appel de Reims refuse de retenir l’état de nécessité mais, cependant, substitue
aux peines assez lourdes prononcées en 1ère instance des peines de principe. Il s’agit
d’une mère interpelée alors qu’elle conduisait trop vite, sous l’empire d’un état alcooliq
et d’une suspension de permis de feu rouge. Elle conduisait son enfant chez un médec
in et avançait qu’elle n’avait pas trouvé d’autre moyen de l’amener. La cour d’appel a infi
e jugement sur les peines et n’a pas retenue l’état de nécessité du fait de la disproporti
on.
La Cour d’appel de Reims : Un médecin est appelé en urgence et enfreint les règles de li
mitation de vitesse. On lui a dit que le patient était en état de mort apparente. L’en
quête montrera que le médecin n’était pas parti à la seconde où il avait reçu l’appel mais
ues minutes plus tard. La cour conclura qu’à la rigueur, s’il était parti immédiatement, l
a justification aurait pu être retenue mais, en l’espèce, elle était injustifiée.
Arrêt C. Crim 19 novembre 2002 : Affaire José Bové : La Cour de Cassation a eu à se pron
oncer sur l’état de nécessité dans lequel se trouvait José Bové et ses amis lorsque 2ans pl
s tôt, ils avaient détruit des plans OGM dans un établissement public de recherche agr
onomique. Ils s’étaient introduits nuitamment et furent poursuivis sur la base des a
rticles 322-1. Ils ont été condamnés par les juges du fond et la Chambre Criminelle ne
casse pas la décision de la Cour d’Appel en disant qu’aucune des conditions de l’état de
nécessité n’est remplie en l’espèce et que les dispositions conventionnelles ne peuvent êtr
utilement invoquées pour justifier le délit reproché.
Celui dont l’infraction est commise en légitime défense n’a pas à indemniser sa victime. P
ar contre, celui qui agit en état de nécessité doit l’indemniser.
Section 6 : La légitime défense :
Dans le nouveau Code Pénale, il y a 2 articles et 3 situations : - Art 122-
5 CP : Il distingue dans ses 1ers et 2nd alinéa la légitime défense des personnes et c
elle des
biens. - Art 122-6 CP : Il décrit ce que l’on appel les cas privilégiés de légitime
défense ou en d’autres
termes les hypothèses où la légitime défense est présumée et n’a pas à être prouvée par cel
voque.
I/ Le débat doctrinal sur la légitime défense :
On trouve, en doctrine, des auteurs qui sont de pures juristes et qui font l’apolo
gie de la légitime défense. D’autre, plus criminologues expliquent combien les choses
sont compliquées.
La légitime défense n’a pas été toujours considérée comme un droit. Dans l’ancien droit, c’
simple tolérance. Elle devient un droit dans la codification Napoléonienne. Certain
s voudraient qu’elle soit un devoir pour assurer l’ordre compromis par l’absence de la
police sur les lieux.
A) La doctrine juridique de la légitime défense :
On peut expliquer cette impunité de façon très diverse par des conditions abstraites o
u concrète.
Hegel, décompose cette situation en 3 temps : - L’attaque de l’agresseur est la négati
on du droit puisqu’elle est illégitime. - La défense opposée à l’agresseur est la nég
e la négation du droit qu’était l’agression. - La négation de la négation d’un droit revie
l’affirmation du droit.
La plupart des juristes voient dans celui qui riposte un sujet exemplaire, un véri
table agent du maintient de l’ordre qui se substitue au maintient de la paix publi
que.
Se pose cependant la question de savoir si la légitime défense est la défense de tous
les droits.
S’agissant de la défense des personnes, dans l’histoire pénale, tout permet d’affirmer que
l’on est sur le terrain de prédilection de la légitime défense. C’est une institution jur
idique cadrée qui doit permettre la sauvegarde de la vie, de l’intégrité physique, d’intérê
moraux et assurer, à ce titre, l’impunité de celui qui s’en prévaut.
L’agissant de la défense des biens, la question de savoir si elle est légitime est plu
s compliquée.
L’ancien droit refusait la légitime défense des biens cas il semblait que la protectio
n de simples intérêts matériels ne devait pas autoriser des atteintes à la vie et à l’intég
physique. Le Code Pénale de 1810 n’a pas vraiment fait la distinction entre légitime déf
ense des biens et des personnes. C’était abandonné à la jurisprudence dans son appréciatio
n de la proportion. L’idéologie qui régnait alors était que tous les intérêts juridiquement
protégés méritaient légal protection.
Si on dit que la légitime défense est la défense de tous les droits, elle doit être mesu
rée. D’autant plus que sont en cause des intérêts patrimoniaux.
Lorsqu’il ressort des circonstances que l’infraction commise en voulant repousser l’ag
resseur est non intentionnelle, la légitime défense ne doit pas être admise. La légitime
défense n’efface donc pas une infraction non intentionnelle. Les fondements de la lég
itime défense est, en effet, que l’homme qui riposte ne connait pas la négligence.
La jurisprudence vient de basculer concernant l’ordre de la loi et a admis dans un
e décision de 2000 que l’ordre de la loi était compatible avec la commission d’une infra
ction non intentionnelle.
La jurisprudence doit cependant être préméditée avec mesure.
B) La doctrine criminologique sur la légitime défense :
Il y a une double ambigüité dans la mesure où l’agression est une attitude ambiguë et la r
iposte est souvent une attitude dangereuse.
La qualification d’agression susceptible d’être donnée à un acte est relatif (contexte de
l’acte, vécu de l’agent et vécu de celui qui se dit être victime).
Ce qui est violence pour certains ne l’est pas pour d’autres. Par exemple, un geste
brutal d’un enfant dans une cours d’école n’est pas forcément une agression qui justifie u
ne riposte. Encore, un geste brutal d’un sportif ne peut pas être identifié comme un c
oup dans la rue.
Christian Debuyst, criminologue belge, démontre que, souvent, l’agression est une fo
rme appauvrit de langage pour celui qui ne sait pas mettre ne mot, se maitriser.
Il veut montrer que la violence est relative.
En ce qui concerne le vécu de l’agent, souvent, une agression est le résultat d’une frus
tration et que toute frustration conduit à une agression. Ils concluent que le schém
a traditionnel de la légitime défense n’est plus alors agression riposte mais frustrat
ion, agression, riposte.
Quand au vécu de la victime, il y a d’après Debuyst, quelques personnes qui se sentent
plus facilement menacés que d’autres. C est-à-dire que le juriste va être obligé de disti
nguer l’agression vraisemblable de l’agression réelle.
Etienne de Greff est un criminologue belge qui dit que le danger principal d’une e
xaltation de la défense, d’une incitation à la défense résulte ce que cette attitude tend à
favoriser un type de relation humaine agressive inscrite dans la méfiance.
Pour lui, il y a 2 rattachements de l’homme à la collectivité : - L’instinct de défen
e : Insécurité foncière et fait que l’homme se sent perpétuellement menacé par
le monde que l’entour et qui lui parait par nature hostile. Autrui est conduit à être
un ennemi. - L’instinct de sympathie : Il conduit à valoriser le partenaire, à l’acce
pter tel qu’il est. Pour lui, cela
conduit à l’inhibition des tendances agressives.
II/ Analyse des textes :
A) La légitime défense des personnes :
122-5 al. 1 : « n’est pas pénalement responsable, la personne qui devant une atteinte
injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit dans le même temps, un acte, commandé
par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui sauf s’il y a disproportion
e les moyens de défenses employés et la gravité de l’acte ».
Concernant les conditions de l’attaque.
L’attaque doit être injuste. N’importe quelle attaque n’autorise pas la légitime défense.
Pour ce qui est de la personne privée de discernement, aussi bien les auteurs que
la jurisprudence, ont toujours admis qu’on puisse répondre à une agression d’une personn
e réputée « folle ».
Par contre, en ce qu’il s’agit de s’avoir s’il faut réagir à un agent des forces de l’ordre
eut on estimer dans certains cas être confronté à une attaque injuste ?
Par définition, le comportement de celui qui représente l’autorité public, n’est pas consi
déré comme injuste. On peut toutefois, après avoir subi, les poursuivre.
L’attaque doit être actuelle. En cela la légitime défense se distingue radicalement de l
a vengeance.
Dans beaucoup de cas, la personne qui riposte ne riposte pas dans le même temps et
s’étonne qu’on ne retienne pas la légitime défense.
L’attaque doit être une attaque contre les personnes. L’atteinte doit être corporelle da
ns l’article 122-5 al. 1.
Concernant la défense. - La défense doit avoir lieu au moment de l’attaque. -
La défense est une défense de soi-même ou d’autrui. - La défense ne doit pas être disprop
rtionnée. - La défense doit être nécessaire. Si on peut s’en sortir autrement, il fa
ut le faire.
B) La légitime défense des biens (122-5) :
Le parlement à distinguer la légitime défense des personnes et des biens.
En ce qui concerne l’atteinte, il n’y a pas de différence à ceci près que l’attaque a lieu
ontre des biens. Par contre, cet article met des conditions plus sévères en ce qui c
oncerne la riposte.
122-5 al. 2 : « n’est pas pénalement responsable, la personne qui pour interrompre l’exécu
tion d’un crime ou un délit contre un bien, accomplit un acte de défense autre qu’un hom
icide volontaire lorsque cet acte est strictement nécessaire au but poursuivi ; dès
lors que les moyens employés sont proportionnés à la gravité de l’infraction. »
Il y a 4 différences majeures : - La riposte doit intervenir pour interrompre. C’est
plus rigoureux qu’intervenir « dans le même
temps ». - La riposte doit être proportionnée et cela interdit par définition l’hom
icide volontaire. Lorsqu’une
personne défend son patrimoine, elle n’est pas autorisée à tuer pour protéger. - La
doit être strictement nécessaire. Le législateur a voulu montrer qu’il existe une échelle
des valeurs. Le droit pénal protège les personnes avant de protéger les biens ; ca co
rrespond à son
échelle des valeurs.
La charge de la preuve incombe à celui qui invoque la légitime défense. Elle n’est pas p
résumée.
C) Les cas privilégiés de légitime défense ou les 2 hypothèses où la légitime défense est p
L’article 122-6 : « est présumé avoir agit en état de légitime défense, celui qui accomplit
te de riposte ou de défense, premièrement pour repousser, la nuit, l’entrée par effracti
on, violence ou ruse dans un lieu habité ».
2ème ment « Pour se défendre contre les auteurs de vol et de pillage exécuté avec violence
». Il atténue l’article 122-5 al. 2 mais c’est justifié parce qu’il a à faire aux atteinte
ontre
personnes et biens. En bref trois textes : al. 1 et al. 2 de 122-5 et les deux h
ypothèses de l’article 122-6.
III/ La position de la jurisprudence :
La position de la jurisprudence est assez variable parce que les juges du fond o
nt pour l’interprétation de ces textes, une certaine marge d’appréciation.
A) Le champ d’application de la légitime défense :
Si on s’en tient à l’interprétation des textes ; implicitement la légitime défense n’interv
t que pour riposter à des infractions intentionnelles entrain de se commettre. La
légitime défense est exclue en matière d’infraction non-intentionnelle.
CA, d’Alger du 9 novembre 1952 : deux enfants se battent dans la rue ; un adulte p
asse et pour contraindre un des enfants à lâcher la pierre, il saisit le bras si vio
lemment qu’il casse le bras de l’enfant. L’adulte dit avoir agit dans la légitime défense
d’autrui et dit en même temps qu’il a involontairement cassé le bras de l’enfant qu’il voul
it défendre. La jurisprudence refuse à considérer la légitime défense et s’autorise à consi
l’infraction comme involontaire (ce qui est en contradiction, ca devrait être une i
nfraction volontaire)
Fréquemment la jurisprudence, y compris la cour de cassation, dans des hypothèses ou
la riposte parait un peu excessive; ne retient pas la légitime défense mais disqual
ifie l’acte commis.
La cour de cassation a consacré cette position dans un arrêt de 1967 ou il s’agissait
d’une personne qui avait cherché à séparer deux personnes et blessé une des deux. « La légi
e défense est inconciliable avec le caractère involontaire de l’infraction ». Crim, 9 ju
illet 1984 consacre cette position.
On exclut donc les infractions non-intentionnelles.
On s’aperçoit que, hormis ce cas, la jurisprudence a une interprétation extensive du c
hamp de la légitime défense.
Ainsi la cour de cassation a toujours admis qu’il n’était pas nécessaire d’apporter la pre
uve d’un péril de mort. Il n’est pas nécessaire non plus de rapporter la preuve d’un péril
rdre physique. Le péril peut être simplement d’ordre moral, verbal.
A ce sujet on peut citer l’arrêt de la Crim, 10 juin 2002 : un professeur d’éducation ph
ysique est poursuivit pour violence volontaire à l’égard de l’une de ses élèves qui avait e
trainé une incapacité de travail de moins de 8 jours sur une adolescente de moins de
15 ans. Le professeur d’EPS, sans faire exprès, a fait que l’élève est tombé par terre. Au
ie qui s’est senti ridicule à insulter le professeur. Celui- ci peut satisfait à donne
r un léger coup de pied dans la jambe d’Aurélie. La cour de cassation le relax et reti
ent la légitime défense, « les juges du fonds ont relevé que les douleurs qu’aurélie a ress
nti dans sa jambe gauche ne peuvent être imputé au coup de pied. Les juges du fonds
retiennent ensuite qu’aurélie a insulter son professeur en termes grossiers et a jeté
son cartable en sa direction. Les juges du fond ont ensuite estimé que le léger coup
de pied donné par le professeur à l’élève était une riposte proportionnée à l’attaque. » C
poste pour protéger une atteinte à un intérêt moral.
Autre affaire, le tribunal de police de Valence en 1960 a retenu la légitime défense
au profit d’une mère qui s’était autorisé à gifler une jeune fille de mœurs légère poursui
n fils.
B) Les conditions d’application de la légitime défense :
Il y a beaucoup d’arrêts sur les conditions de la légitime défense.
Sur le caractère réel et actuel de l’agression. Il faut que l’agression soit plus que vr
aisemblable. Il y aujourd’hui beaucoup d’affaires ou des personnes se disent en légiti
me défense parce que « il m’a mal regardé ». La personne ne considère pas que le « il m’a m
gardé » comme une agression. Il faut plus
que le fait d’avoir craint une agression sauf cas marginaux. La riposte préventive.
C’est l’histoire de tous ses propriétaires qui piègent leur maison. La jurisprudence est
assez hésitante et traite le sujet en se référant à la notion de proportionnalité. En ce
qui concerne les mécanismes automatiques de défenses, la jurisprudence accepte, reti
ent, en se fondant sur la proportionnalité de l’attaque ou de la riposte préventive.
Dans une célèbre affaire, un propriétaire qui avait été cambriolé plusieurs fois avait plac
n piège à feu dans un transistor dans son garage. Deux personnes cambriolent, l’une me
urt et l’autre est blessé au visage. On a choisit dans cette affaire de disqualifier
l’infraction commise en coups et blessures involontaires. L’avocat de la personne a
dénié aux faits le caractère d’agression involontaire et plaidé le fait que le dommage ca
usé par Mr L. aux visiteurs dans son garage était un dommage volontaire. Dans ce cas
là, le TC pouvait difficilement ne pas admettre de requalifier. L’infraction devien
t alors criminelle. L’avocat devant la cour d’assiste plaide la légitime défense, la pro
portionnalité de la riposte. Les jurés d’assises sont très sensibles à la défense du citoye
qui subit une agression personnelle. La cour d’assise a retenu la légitime défense. A
ujourd’hui ce ne serait plus possible, il y aurait disproportion car l’homicide est
interdit contre l’atteinte à un bien.
Au 20ème siècle, la jurisprudence n’était pas très sévère, la légitime défense était retenu
ent, surtout lorsque le propriétaire avait pris des précautions pour ne blesser que
légèrement celui qui pénètre chez lui.
Arrêt de 1969 du TC d’Aix en Provence : a condamné pour homicide involontaire (légitime
défense) le propriétaire d’un cabanon sur la plage qui avait excessivement protégé son cab
anon en y mettant un canon avertisseur à balle contrairement aux instructions du f
ournisseur. Il avait placardé sur le cabanon une affiche un danger de mort. Des al
lemands passent et se tuent. On a disqualifié en homicide involontaire à cause de l’af
fichette, contra legem.
Autre affaire, un agriculteur avait piégé un poulailler. Un enfant été entré pour prendre
des œufs et a été très grièvement blessé. La légitime défense n’a pas été retenue en raison
roportion manifeste.
CA Paris, 12 octobre 1999 : le bénéfice de la légitime défense est refusé au propriétaire d
bar qui s’est défendu en se servant d’une table du bar contre l’agression d’intrus au gaz
lacrymogène. Les intrus sont blessés ; la CA décide en appel qu’il y a disproportion de
la défense. La solution est discutable.
C) La force de la présomption de légitime défense :
La jurisprudence de l’article 122-6 (le cas privilégié de légitime défense qui existait déj
ans l’ancien CP).
La grande hypothèse est celle de la présomption. Pendant longtemps, cette présomption
a été considérée comme irréfragable, dès lors qu’été réuni les conditions de l’article 122-
me défense était systématiquement reconnue.
Une affaire de 1857 et 1858 d’amants. Dans les deux cas, les amoureux venaient dépos
er des lettres sur la fenêtre se sont vus tirés par le gardien du château à la demande d
e la mère du Château. Ils sont morts la lettre à la main ce qui a ému les juges.
En application de l’article 122-6, la réaction était légale mais à partir de cette affaire
ou on rendait une instruction de non lieu on est quand même jusqu’aux assises ce qu
i est un signe d’hésitation ; le garde chasse a tout de même été acquitté.
Dans une affaire de 1942, on commence à rencontre des décisions de la chambre crimin
elle pour des cas de disproportion tout à fait manifeste où l’on refuse le bénéfice de l’ar
icle 122-6. C’est le cas d’un propriétaire qui a tiré sur un enfant de 12 ans alors qu’il
venait manger des cerises. La riposte n’intervenait pas au moment de l’action, l’enfan
t étant entrain de fuir.
L’arrêt de principe qui fait de la présomption de l’article 122-6 une présomption simple e
st un arrêt de 1959, affaire Réminiac : un médecin était amoureux de sa domestique qui e
lle était amoureuse du médecin et de l’amant. Ce dernier vient de temps en temps lui r
endre visite. Un soir que l’amant tente de pénétrer, le médecin le tue a bout portant. C’e
st à propos de cette affaire que la cour de cassation a modifié la nature de la présom
ption de légitime défense. Elle dit : « il s’agit d’une présomption légale qui, loin de pré
r un caractère absolu et irréfragable, est susceptible de céder devant la preuve contr
aire. Le texte dont il s’agit (article 122-6) ne saurait justifier des actes de vi
olence lorsqu’il est démontré qu’ils ont été commis en dehors d’un cas de nécessité actuell
l’absence d’un danger grave et imminent dont le propriétaire ou les habitants de la m
aison est pus se croire menacer dans leur personne ou dans leur bien ».
Ce fut discuté en doctrine ; pour certains auteurs, la cour de cassation instauré ai
nsi « même les cambrioleurs tiraient les premiers » pour d’autres elle en finissait avec
le brevet légal d’impunité.
La légitime défense continue à faire l’objet d’une longue jurisprudence.
En conclusion sur les causes d’irresponsabilité : dans le CP français à la différence de b
eaucoup de CP étrangers, le consentement de la victime n’est pas une cause d’irrespons
abilité. Parce que les juristes français estiment que dans les hypothèses ou on pourra
it faire du consentement de la victime une cause d’irresponsabilité, l’absence de cons
entement de la victime est un élément constitutif de l’infraction.
Dans le cas du vol, si on consent alors il n’y a pas de vol.
Dans le cas de l’interruption de grossesse, s’il n’y a pas de consentement de l’intéressé a
ors l’infraction est constituée. L’absence de consentement est un élément constitutif de l’
nfraction.
Il demeure pour l’absence de consentement, dans le droit de la santé ou dans le droi
t du sport, que le consentement donné, associé au respect des règles du domaine consti
tue une cause d’irresponsabilité jurisprudentielle.