Extrait 42360210
Extrait 42360210
Traitements de surface
des métaux par voie sèche
et en milieu fondu
Réf. Internet : 42360 | 4e édition
III
Cet ouvrage fait par tie de
Traitements des métaux
(Réf. Internet ti553)
composé de :
Traitements thermiques des aciers, des alliages et des fontes Réf. Internet : 42364
Traitements de surface des métaux par voie sèche et en Réf. Internet : 42360
milieu fondu
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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Traitements des métaux
(Réf. Internet ti553)
Pierre BARBERIS
Ingénieur de recherche, AREVA NP, Centre de recherche, Ugine
Martine DEPÉTRIS-WERY
Ingénieur électrochimiste CNAM, Docteur en chimie-physique, Professeur à
l'Université Paris-Sud
Michel GANTOIS
Professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Mines et à l'Ecole Européenne
d'Ingénieurs en Génie des Matériaux - Nancy
Henri MICHEL
Docteur ès Sciences Appliquées
Jacques PAGETTI
Professeur honoraire des universités, Responsable de la commission
Traitements de surface au CEFRACOR (Centre français de l'anticorrosion)
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V
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VI
Traitements de surface des métaux par voie sèche et en
milieu fondu
(Réf. Internet 42360)
SOMMAIRE
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VII
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Traitements de surface des métaux par voie sèche et en
milieu fondu
(Réf. Internet 42360)
Q
1– Métallisation par impact Réf. Internet page
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Y
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QP
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et Cécile LANGLADE
Professeur de l’université de Technologie de Belfort-Montbéliard
QQ
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mQVTP
À première vue, les caractéristiques des particules évoquées pré- Ces faisceaux d’énergie ou de matière vont donc pouvoir être uti-
cédemment paraissent très éloignées les unes des autres. En fait, lisés pour différentes applications et, selon les besoins énergéti-
leur utilisation pour traiter ou transformer la matière implique des ques de chaque procédé envisagé, plusieurs types de faisceaux
niveaux d’énergie finalement assez voisins et dont la comparaison pourront être retenus pour une même finalité.
permet de mieux comprendre les mécanismes de fonctionnement
des techniques les plus complexes. Afin de mettre cet aspect en
évidence, le tableau 1 présente un certain nombre de caractéristi-
ques typiques de particules. L’attention du lecteur est toutefois atti-
rée sur le fait que ces données relèvent pour certaines de calculs,
2. Production et mise
d’évaluations simplifiées ou de valeurs moyennes. Seuls les ordres
de grandeurs sont à considérer à des fins de simple comparaison.
en forme des faisceaux
Nous nous apercevons ainsi, par exemple, que les densités d’éner-
gie pour une particule à l’impact sur un solide (particules utilisées
pour un traitement de surface) sont assez proches les unes des Par définition, un faisceau est composé de rayonnements ou de
autres avec des grandeurs typiquement comprises entre 1 et particules de caractéristiques semblables et suivant un même
1 000 kJ/m2 (ce domaine peut paraı̂tre large à première vue, mais trajet.
Ø = 0,1 à 10 mm
Photon (hn) l = 1,06 mm 1,87 · 10-19 3 · 108 10-22 (1) 103 5 · 1021
P = 1 kW
Ø = 0,1 à 10 mm
Électron (e-) E = 100 keV 0,911 · 10-30 1,59 · 10-14 1,8 · 108 10-20 (1) 106 6 · 1018
P = 100 kW
Ø = 5 à 15 mm
Ion (Ar+) E = 100 keV 6,63 · 10-26 1,59 · 10-14 7 · 106 10-18 (1) 104 6 · 1015
I = 1 mA
Ø = 10 mm
Atome (Ar) T = 10 000 K 6,63 · 10-26 1,38 · 10-19 2 · 103 10-20 10 P = 30 kW 2 · 1022
(plasma)
Gouttelette Ø = 50 mm Ø = 10 mm
5,8 · 10-10 6,15 · 10-4 (2) 200 10-9 105 2 · 106
fondue (Ni) T = 2 000 K m = 3,6 kg/h
Grenaille Ø = 300 mm Ø = 15 mm
1,1 · 10-7 1,37 · 10-4 50 10-7 103 4 · 105
(acier) T = 300 K m = 150 kg/h
(1) D’après [1]
(2) Effet prépondérant de l’énergie thermique.
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QS
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Coefficient d’absorption
0,8
0,7
Aujourd’hui la théorie concernant le rayonnement laser est bien
connue [1] [2] [3] [4], aussi allons-nous nous contenter de mettre 0,6
Q
en avant les spécificités des faisceaux des lasers de puissance
industriels. 0,5
0,4
0,1
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M 1 642 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Matériaux métalliques
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100
Absorption (%)
90
80
70
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a 50 w b 300 w
60
Les parties les plus sombres correspondent aux niveaux les plus élevés
50 Polarisation
parallèle Figure 4 – Répartition spatiale de l’énergie en sortie de cavité.
0,5 µm Influence de la puissance
40
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Q
1.1.2.2 Point de vue fonctionnel
1. Matériaux à métalliser D’un point de vue fonctionnel, la métallisation permet d’allier
pour de nombreux substrats les contraintes de légèreté et de sou-
plesse, aux performances tribologiques et de conduction thermi-
1.1 Principes de la métallisation ques et/ou électriques, et aux propriétés antibactériennes.
des surfaces
1.1.2.3 Point de vue économique
1.1.1 C’est quoi métalliser ? D’un point de vue économique, métalliser un substrat permet de
lui adjoindre toutes les propriétés du métal apporté en utilisant très
Métalliser une surface consiste à lui appliquer un revêtement peu de matière, d’où une réduction de la masse et parfois une
métallique homogène, uniforme, résistant et durablement adhé- réduction du nombre d’étapes de post-traitement (polissage…).
rent. Le matériau métallisé est alors recouvert d’un film métallique
dont l’épaisseur dépend notamment de l’objectif de performance
1.1.2.4 Point de vue esthétique
visé et de la technique de métallisation. La qualité de la métallisa-
tion dépend de l’homogénéité, de l’uniformité et de l’adhésion. La métallisation permet très souvent de donner un aspect brillant
On peut juger de la qualité d’une technique de métallisation sur la (éclat métallique) aux surfaces traitées. À moindre frais, la surface
base de ces trois critères prioritairement. Ensuite, peuvent entrer peut aussi présenter un aspect coloré (par irisation). Cette caracté-
en ligne de compte des considérations d’ordre fonctionnel, écono- ristique de la métallisation sert souvent dans les industries de la
mique et esthétique. décoration et de la parfumerie.
D’une manière générale, la métallisation d’une surface est réali- La problématique de la protection des métaux des attaques des
sée pour conférer au matériau traité des propriétés propres au environnements (acidité, températures élevées, atmosphère riche
métal déposé et/ou pour augmenter celles du substrat métallisé. en oxygène…), auxquels ils sont exposés, a largement contribué
Par exemple, il est possible de rendre électriquement conducteurs au développement des techniques de métallisation. Aussi, les
des matériaux isolants en les métallisant : la couche métallique métaux figurent-ils en bonne place parmi les matériaux métalli-
déposée confère des propriétés de conduction électriques que l’iso- sés, cependant ils ne sont plus les seuls comme en témoignent
lant n’a pas nativement. le tableau 1, ainsi que ceux présentés dans l’ensemble du
paragraphe 1 [2] [3] [M 1 550].
1.1.2.1 Point de vue technique
D’un point de vue technique, la métallisation confère au substrat Tableau 1 – Matériaux et besoins principaux en
les propriétés de résistance des métaux ajoutés. En effet, métalliser métallisation
un plastique par exemple peut le rendre plus résistant mécanique-
ment. De même, le dépôt d’un métal noble sur la surface d’un Matériaux Besoins principaux
substrat sensible peut agir comme une couche anticorrosion et ce,
tant que ce dépôt reste intact. D’une manière générale, les maté- Verres Décoration, création de pistes conductrices
riaux métallisés peuvent devenir plus résistants mécaniquement,
chimiquement, voire optiquement. Protection anticorrosion, renforcement
Métaux
mécanique
Les matériaux déposés sont souvent des produits métallurgiques
(métaux ou alliages) de types zinc, magnésium ou cuivre pour les Céramiques et Création de pistes conductrices,
matériaux purs, et aciers, bronze… pour les alliages. Des oxydes matériaux amélioration de la tribologie, protection
sont aussi utilisés [1]. Par exemple, des revêtements en cuivre- composites anticorrosion
molybdène, nickel-chrome ou zinc-aluminium permettent aux sur-
faces traitées de devenir plus : Création de pistes conductrices,
– résistantes mécaniquement (meilleure tenue à l’abrasion, meil- Plastiques/polymère amélioration des propriétés mécano-
leures performances face aux frottements), thermiques
– résistantes chimiquement (meilleure tenue à la corrosion, aux
solvants, à l’eau et à l’humidité), Action antibactérienne, création de pistes
Textiles
conductrices
– performantes optiquement (meilleure tenue aux UV, meilleure
réflectivité), Création de pistes ou de surfaces
– résistantes thermiquement et électriquement (meilleure tenue Semi-conducteurs
conductrices
aux températures, meilleure isolation électrique) [2].
QX
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1.2 Pourquoi la métallisation sélective ? d’une pièce métallisée pour cabine d’avion. Ici aussi, la sélectivité
du dépôt est très importante, elle permet aux marques de se distin-
Métalliser la totalité d’une surface permet de lui conférer des guer en apposant leur logo et en réalisant des motifs artistiques.
caractéristiques et propriétés nouvelles. Cependant, la question de De plus, cette décoration, suivant le cas, peut également être élec-
la fonctionnalisation d’une partie seulement de la surface ou de la triquement conductrice et donner lieu à l’association du fonctionnel
coexistence de plusieurs fonctions à la surface d’un même substrat et du décoratif.
se pose très vite et ce, lorsqu’il s’agit de réaliser, par exemple, à la
surface d’un substrat, un circuit pour adresser des fonctions électri-
ques (capteurs capacitifs) ou thermiques (résistances chauffantes 1.2.4 Réparer
en forme de pistes électriquement conductrices spatialement loca-
lisées). Pour ce faire, la question de la sélectivité du traitement
métallique est essentielle. Les premières méthodes de métallisation
Certaines pièces sont remplacées du fait de leur usure prématu-
rée ou prévue. Cependant, pour un certain nombre d’entre elles, le
défaut n’est que local et une réparation pourrait suffire à garantir la
Q
consistaient à employer des masques. Aujourd’hui, de nombreuses
remise en service de la pièce. Une métallisation sélective qui aurait
techniques de métallisation utilisent une étape d’activation qui per-
pour effet de « colmater » les brèches, voire de restaurer une épais-
met de rendre sensible au dépôt métallique (physique ou chimique)
seur locale défaillante, s’avère être d’un très grand intérêt écono-
seulement certaines zones de la surface du substrat. En réalisant
mique. Il est ainsi possible de réparer des pièces coûteuses telles
des traitements sélectifs, on peut alors fonctionnaliser, protéger,
décorer ou réparer une surface. que des pistes électriques sur cellules photovoltaı̈ques, des
empreintes de moules ou encore des équipements de distribution
de l’électricité (figure 4) par électrolyse sélective, ou de préparer
1.2.1 Fonctionnaliser des surfaces avant brasage dans l’industrie aéronautique.
Les fonctions ajoutées du fait de la sélectivité sont essentielle-
ment celles liées aux propriétés électromagnétiques. La sélectivité
du dépôt métallique permet de créer des puces RFID, des antennes,
mais aussi des circuits électriques (figure 1).
1.2.2 Protéger
Une autre application de la sélectivité des dépôts est la protec-
tion électromagnétique. En effet, des designs particuliers permet-
tent d’isoler contre les radiations électromagnétiques les surfaces
d’un objet renfermant des appareils sensibles électriquement
(figure 2). Ce type de protection peut aussi s’appliquer à certains
espaces que l’on souhaiterait rendre imperméables et à certains
réseaux d’ondes (wifi, téléphone, radio…) pour des raisons de
confidentialité et/ou de protection des données, notamment dans
le domaine militaire.
1.2.3 Décorer
Le brillant métallique est très apprécié de certaines industries tel-
les celles de la parfumerie dont les flacons sont décorés avec de
Figure 1 – Circuit électrique en cuivre sur céramique (© Innovacera) [3]
fines couches d’or ou d’argent. La figure 3 présente l’exemple
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60 µm
Nickel
Q
Cuivre
350 µm
35 µm
Nickel
Base de Ti-6Al-4V
Figure 3 – Support de liseuse en polymère métallisé pour cabine Figure 5 – Micrographie d’une base Ti-6Al-4V (Ti 6-4 Base), grade 5,
business class (© Prodec Métal) [5] métallisée avec une couche de nickel (nickel strike/plate), puis d’un
revêtement de cuivre (acid copper), recouvert de nickel (acid nickel)
(© SIFCO Applied Surface) [6]
Cuivre, cadmium,
Protection contre la corrosion
nickel, zinc, étain
RP
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Tableau 3 – Exemples de métaux déposés et principales Tableau 5 – Exemples de métaux déposés et utilisations
utilisations dans l’automobile [M 1 550] [8] [9] [10] principales pour les marchés de l’électronique
et de la plastronique [13]
Métaux déposés Utilisation finale
Métaux
Antennes Utilisation finale
déposés
Q
Éclairage LED Blindage électromagnétique par création de grilles
Cuivre avec finition Ni+Au/Ag/Sn Or
ou autres motifs conducteurs électriques organisés
Capteurs Nickel
en réseaux (téléphones portables, GPS, châssis de
Cuivre
routeur…)
Dispositifs anti-intrusion
Antennes pour satellite mobile
Nickel
Puces RFID
Cuivre
Tableau 4 – Exemples de métaux déposés et principales Capteurs Circuits imprimés 3D MID
utilisations dans la filière des textiles intelligents [11] [12] Aluminium
Argent Circuits électroniques sur support souple pour le
Métaux déposés Utilisation finale Cuivre photovoltaı̈que organique
Nickel
Argent (pour les propriétés de
conduction électrique) Vêtements connectés
Aluminium
Tableau 6 – Exemples de métaux déposés et principales
Argent (pour des propriétés utilisations pour les marchés du sanitaire,
Textiles électroluminescents de la décoration et du luxe [5] [14]
antibactériennes)
RQ
Q
RR
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corQUXP
6. Conclusion.................................................................................................. — 12
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. COR 1 580
RS
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corQUXP
RT
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corQUXP
Q
103 106 109 1012
φ (W/cm2)
Trempe laser Fusion laser Ablation Microtexturation
Transformation Dépôts et alliages PLD Micro-usinages
martensitique Choc-laser
Figure 2 – Différents traitements de surface par laser et régimes d’interaction associés (PLD = Pulsed Laser Deposition)
Lorsque le matériau fond, et que la surface liquide se déforme Le film passif présent à la surface du matériau joue également
sous l’effet de pressions de vapeur éventuelles (cas du soudage un rôle important dans les processus de corrosion, et notamment
laser), le rayonnement laser est piégé par des phénomènes de dans l’amorçage de la corrosion localisée. Certains paramètres
multiréflexions sur les bords du cratère liquide, et l’absorptivité caractérisant le film passif ont une influence particulièrement
peut augmenter dans des proportions importantes. Au final, les importante sur la résistance à la corrosion du matériau. On peut
différents régimes d’interaction possibles sont liés à la densité de notamment citer la densité de dopants et, dans le cas des aciers
puissance φ (W/m2) imposée aux surfaces (figure 2) et au temps inoxydables, le rapport Cr/Fe.
d’interaction laser-matière.
Lorsqu’il est impossible d’agir sur le milieu environnant, ou sur
Lors de l’éclairement laser de la surface, le matériau est soumis
la nature du matériau, différents traitements de surface sont envi-
à des cinétiques T = f (t ) de fusion-solidification rapides, avec des
sageables pour résoudre ces problèmes de corrosion localisée. Le
vitesses de chauffage et de refroidissement comprises entre 103 et
choix de la technique de traitement de surface est primordial pour
109 K/s, à l’origine de gradients thermiques G (K/m) et de vitesses
augmenter significativement la durabilité des pièces concernées
de solidification localement élevées (figure 1).
en contact avec un milieu agressif et potentiellement sensibles à la
corrosion localisée. Le traitement de surface doit permettre d’éli-
miner les propriétés d’ordre 1 et 2 ou de réduire considérablement
leur influence. Le choix de la technique passe donc nécessaire-
2. Généralités ment par l’identification préalable de ces propriétés en utilisant, en
sur la corrosion aqueuse général, des méthodes statistiques (matrice de Pearson [6] et coef-
ficients de corrélation...).
des matériaux métalliques Au sein de cette large variété de traitements de surface, les pro-
cédés à haute densité d’énergie, et en particulier les procédés
Il ne s’agit pas ici de rappeler les éléments de base de la laser [4], peuvent affecter plusieurs de ces propriétés, en
corrosion aqueuse pour lesquels on se réfèrera à [M 150], entraînant une redistribution des gradients de potentiels locaux en
[M 4 341], [COR 325] et [2], mais de préciser les différentes surface (fusion de surface), en modifiant la composition chimique
contributions surfaciques reconnues comme pouvant jouer un rôle superficielle (cas des dépôts et alliages) ou en générant un état
sur l'amorçage et la propagation de la corrosion localisée. mécanique favorable (choc-laser). En fonction des conditions opé-
ratoires utilisées lors du traitement de surface, cela peut conduire
à une diminution significative de la sensibilité à la corrosion géné-
Selon la norme ISO 8044, « La corrosion correspond au ralisée et localisée si des paramètres d’ordre 1 (par exemple la
processus d'interaction physico-chimique entre un métal et un rugosité et la composition chimique de la surface) sont éliminés ou
milieu environnant, entraînant des modifications dans les à une amélioration plus modérée si des paramètres d’ordres infé-
propriétés du métal et souvent une dégradation fonctionnelle rieurs sont concernés.
du métal lui-même... ». La corrosion localisée, quant à elle, est
décrite par « un mode de corrosion intervenant sur des sites
discrets de la surface d'un métal exposé à un environnement
corrosif ». Elle peut alors se manifester sous forme de piqûres,
de fissures, de crevasses... et concerne le plus souvent des 3. Traitements de fusion
matériaux à l’état passif présentant des hétérogénéités.
superficielle par laser
Des études statistiques [2] [6] ont montré que, vis-à-vis de
l’amorçage de la corrosion localisée, les hétérogénéités métallur- La plupart des traitements laser anticorrosion passent au moins
giques (inclusions, précipités, ségrégations, joints de grains...), les par une transformation à l’état liquide pour modifier les propriétés
microfissures d'origine mécanique ou thermomécanique et la de surface. Nous ne considérerons donc pas ici les traitements à
rugosité sont les principaux facteurs d’influence (ordre 1). Les gra- l’état solide, pourtant susceptibles, par l’intermédiaire de transfor-
dients de déformation et d'écrouissage jouent un rôle d’ordre 2, et mations de phase (transformation martensitique induite par laser
la texture d’ordre 3. Il existe également des effets de synergie [M 1 643]), d’avoir un effet sur la réactivité de surface. Au sein des
entre ces différentes propriétés de surface qui peuvent jouer un traitements laser avec passage à l’état liquide, la refusion de la
rôle important même si les propriétés prises individuellement ont surface est le plus simple de tous et permet, le plus souvent, de
une influence mineure. répondre aux critères anticorrosion voulus.
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Q C’est après la Seconde Guerre mondiale que le domaine d’application de la Évolution des procédés
projection thermique s’est élargi à l’industrie mécanique (apport de revêtement
d’acier dans le cadre de rénovation de pièces usagées), puis à l’industrie aéro-
nautique.
La recherche de propriétés de surface spécifiques sur les pièces en service,
dont les conditions d’emploi sont de plus en plus sévères, a permis le dévelop-
pement de nouveaux procédés [plasma, canon à détonation, HVOF High Velocity
Oxygene Fuel...] (figure A) et de nouveaux matériaux associés (céramiques, car-
bures, composites, superalliages...).
Aujourd’hui les objectifs techniques et économiques des industriels de tous
les secteurs vont dans le sens de la réduction des coûts et de l’amélioration des
performances. Les pièces constitutives de machines ou équipements, de dimen-
sions de plus en plus réduites, doivent résister à des sollicitations nombreuses :
— sollicitations internes : contraintes mécaniques, fatigue, fluage... ;
— sollicitations externes : frottement, abrasion, température, érosion,
fretting... ;
— sollicitations environnementales : corrosion, oxydation, attaque chimique,
chaleur...
La projection thermique va permettre de conférer à chaque zone la propriété
de surface nécessaire à son fonctionnement, tout en autorisant des choix de
matériaux de base compatibles avec les propriétés à cœur recherchées.
Tous les secteurs d’activité sont aujourd’hui concernés par la projection ther- Secteurs d’activité
mique. Si la protection anticorrosion reste le cas d’application le plus fréquent
(voir figure B), certains secteurs comme l’automobile présentent des applica-
tions multiples parmi lesquelles on peut citer à titre d’exemples : soupapes, seg-
ments de piston, anneaux de synchro, disques d’embrayage, sondes lambda,
cylindres, pompes, platines d’alternateurs, plaquettes de freins...
1914 1955
1983 Corrosion, oxydation
Arc Canon à
électrique détonation HVOF
Tribologie
Année Réparation
Figure A Figure B
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RX
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1. La projection thermique
,,
,,
Dépôt
Fil ou cordon
1.1 Principe général
Flamme
+ Arc électrique
Q
La projection thermique regroupe l’ensemble des procédés grâce Plasma
Poudre
auxquels un matériau d’apport est fondu ou porté à l’état plastique Particules
grâce à une source de chaleur, puis est projeté sur la surface à revê- fondues
tir sur laquelle il se solidifie.
La surface de base ne subit ainsi aucune fusion. Baguette Substrat
L’adhérence du dépôt est mécanique.
La figure 1 présente le principe général de la projection Figure 1 – Principe fondamental de la projection thermique
thermique : la matière à déposer, sous forme de poudre, de fil, de (doc. AREGA)
cordon ou de baguette est fondue totalement ou partiellement dans
une source de chaleur (flamme, arc électrique, plasma). Un gaz vec-
teur permet une pulvérisation de la matière, et le transport des gout-
telettes ainsi formées jusqu’à la surface à revêtir.
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RY
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Q dépôt.
En raison de la très grande vitesse de refroidissement des particu-
les au contact du substrat, leur structure métallurgique est du type
trempée, généralement à phase unique. Ceci permet d’expliquer a schéma
que la structure d’origine du matériau peut se trouver modifiée
après dépôt. À titre d’exemple, on peut citer le cas de l’alumine, pro-
jetée sous forme alpha et qui se retrouve sous forme gamma dans
le dépôt. Une autre conséquence de ces cycles thermiques sévères
est la présence possible de microfissures intragranulaires à l’inté-
rieur des dépôts.
Enfin, lors des projections réalisées dans l’air, les particules et le
substrat sont soumis au phénomène d’oxydation. Il n’est ainsi pas
rare de constater une augmentation du taux d’oxygène pendant la
projection (par exemple, le tungstène projeté par plasma atmosphé-
rique à partir de poudre contenant 200 ppm d’oxygène voit ce taux
passer à 5 000 ppm dans le dépôt).
1.3.2 Adhérence
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SP
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• Dépôts électrolytiques
• Dépôts chimiques
Voie humide • Dépôts par immersion dans
un métal fondu
• Peinture
• Flamme
Q
Revêtements
• Placage • Arc électrique
• Projection thermique • Plasma
• Rechargement par soudure • HVOF
Voie sèche • Dépôts chimiques en phase • Canon à détonation
vapeur (CVD)
Traitements
de surface • Dépôts physiques en phase
vapeur (PVD)
• Oxydation anodique
Conversion • Sulfuration
• Phosphatation
• Diffusion de métaux
Diffusion
• Diffusion de métalloïdes
Porosité
Épaisseur Interaction
Type de dépôt Principe Liaison moyenne
avec le substrat
(mm) (%)
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SR
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et Maurice DUCOS
Consultant
MD Conseil, Mornas, France
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15
et les cubiques centrés tels W, Cr, les réfractaires…
Plasma
Selon les technologies utilisées, sur la base de ce principe, diffé-
12
rents types d’installations cold spray existent. Elles se distinguent
par les valeurs de la température et de la pression de gaz atteintes
9
Q
comme le précise la partie de l’article consacrée aux technologies
de cold spray (§ 2). Utilisées dans de bonnes conditions, elles per-
6 Arc mettent d’exploiter les avantages de ce procédé, à savoir :
fil – densité de dépôt proche de celle du massif correspondant ;
3 Flamme Flamme HVOF – rendement « matière » très élevé, classiquement au-delà de 85 % ;
poudre fil – oxydation et, plus généralement, contamination du dépôt limi-
Cold spray tées voire inexistantes ;
0 300 600 900 1 200 – chauffage du substrat réduit ;
– pas de transformations de phases (pas de fusion) et conservation
Vitesse des particules (m.s–1)
des propriétés des poudres de départ, y compris les nanométriques ;
– fortes épaisseurs de dépôts possibles (plusieurs millimètres) ;
Figure 1 – Le procédé cold spray dans l’ensemble des procédés de – adhérence des dépôts élevée (au moins comparable à celle
projection thermique obtenue en plasma ou flamme rapide) et forte cohésion entre parti-
cules au sein du dépôt ;
– contraintes résiduelles de compression ;
– large gamme de matériaux envisageable ;
Préchambre – procédé sans préparation préalable systématique du substrat ;
– pas de masquage des pièces à revêtir.
Substrat
Gaz
1.2 Historique, genèse du cold spray
Le cold spray est, comme bon nombre d’innovations, le fruit de
la sérendipité (fortuité ou zadigacité dirait plutôt le puriste déjà
Réchauffeur mentionné de la langue). Son principe en a été découvert incidem-
de gaz ment, au milieu des années 1980, par Anatoli Papyrin, en retombée
d’études, par la mécanique des fluides, d’écoulements superso-
Figure 2 – Schéma de principe du cold spray nique de gaz sur maquettes en soufflerie. Il a observé que les parti-
cules utilisées comme traceurs d’écoulement pouvaient venir adhé-
rer sur les maquettes, dans certaines conditions de vitesse. L’idée
jusqu’à la faire fondre, à la différence des autres procédés de pro-
d’exploiter ce phénomène en vue de la réalisation de revêtements
jection thermique dits « à chaud » comme la projection plasma ou
était née. Pour l’anecdote, ces essais furent menés par A. Papyrin
celles à la flamme (y compris HVOF pour High Velocity Oxy-Fuel).
dans un institut de mécanique, l’ITAM (Institute of Theoretical and
Le cold spray privilégie donc l’énergie cinétique par rapport à
Applied Mechanics), de l’Académie des Sciences Russe, à Novosi-
l’énergie thermique, et trouve, incidemment, dans cette caractéris-
birsk/Sibérie, dans le cadre d’études stratégiques dictées par la
tique des arguments écologiques que ne présentent pas les autres
guerre froide. Le froid a donc présidé, à double titre, à la naissance
procédés de la famille de la projection.
d’un procédé qui l’a logiquement gardé comme caractéristique
La traduction technologique de ce principe est schématisée en première.
figure 2. La poudre de projection, issue d’un distributeur de poudre
Le cold spray s’inscrit dans la lignée des procédés de métallurgie
(parfois dit, assez improprement, « poudrier ») est transportée par
des poudres par compaction dynamique qui comptaient parmi
un gaz porteur (le plus souvent celui de projection via une dériva-
les plus évolués dans les années 1980. Ceux-ci, à l’époque,
tion) jusqu’à une tuyère de type convergent-divergent, dite tuyère
employaient le plus souvent des explosifs pour mettre en vitesse
de Laval, qui accélère le gaz de projection, préalablement chauffé
la poudre en vue de sa densification et intéressaient, en priorité,
et comprimé, jusqu’à une vitesse supersonique. Le gaz de projec-
des applications militaires.
tion peut être de l’air ou, le plus souvent, un gaz neutre. Ce dernier
est généralement, de l’azote, sachant que ce peut être aussi de
l’hélium plus léger pouvant atteindre des vitesses plus élevées.
Une fois propulsées hors de la buse, c’est-à-dire la partie active
de ce que l’on appelle le pistolet de projection (et non torche
2. Technologies de cold spray
improprement employé pour un terme courant de projection à
chaud), les particules, après une certaine distance (dite de projec-
tion) de vol, entrent en collision avec le substrat devant être revêtu. 2.1 Procédés à haute pression et à basse
Le revêtement résulte de l’empilement des particules qui se défor- pression
ment plastiquement à l’impact, chacune d’entre elles formant alors
ce que l’on appelle un splat (auquel le puriste, déjà mentionné, Le terme cold spray est générique. On mentionnera ici les déno-
pourra préférer les termes peu usités mais plus français d’aplati minations d’usage, notamment dans le milieu industriel, pour les
dont il est dérivé, d’écrasis, ou bien encore de lamelle). Incidem- procédés faisant appel au principe décrit en début d’article. Sur
ment, compte tenu de son principe, il se comprend facilement que cette base, il existe deux grandes types de cold spray qui furent
SU
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mQVTX
développés en parallèle : celui dit à haute pression et celui dit à manipulés manuellement. Le choix du type d’installation dépend
basse pression, selon que la pression de gaz se situe au-dessus évidemment du travail de dépôt à effectuer, en tenant compte, en
ou au-dessous du mégapascal. On comprend bien la part de sub- premier lieu, de la nature du matériau à déposer, qui impose une
jectivité intervenant dans cette distinction compte tenu de l’évolu- vitesse de projection minimum donc un choix adapté du couple
tion des matériels de projection : un « basse pression » d’aujourd’- de paramètres (pression, température) relatifs au gaz. Incidem-
hui pouvant avoir été hier considéré comme un « haute pression ». ment, les premières (en date) installations à haute pression sont
La confusion peut s’en trouver entretenue car d’aucuns aujour- maintenant qualifiées d’installations à moyenne pression, suscepti-
d’hui, pour cette raison, introduisent la gamme de pression dite bles d’opérer jusqu’à 3 MPa environ.
intermédiaire. C’est pourquoi, il serait plus exact de distinguer les
Q
Les principaux fabricants d’installations cold spray sont : Center-
procédés par le mode d’injection de la poudre dans la buse, plutôt Line (Windsor) Ltd. (Canada) et Dycomet Europe BV (Pays-Bas, à
que par la pression de gaz (figure 3) : en aval du convergent de la partir de matériel développé par Dymet Corp. (Russie)) pour le
tuyère pour le procédé à basse pression et en amont pour celui à cold spray basse pression, et Impact Innovations GmbH (Alle-
haute pression. Pour ce dernier, l’injection de poudre peut être cen- magne), Plasma Giken Co. (Japon), et VRC Metals Systems (USA)
trale (comme sur la figure 3b) ou radiale. pour le cold spray haute pression. Les deux variantes du procédé
Aujourd’hui, en 2020, le cold spray dit « basse (et moyenne) pres- cold spray ont pénétré le milieu industriel. On citera les deux pre-
sion » couvre une gamme de pression s’étendant de 0,4 à 3,4 MPa miers sites industriels français équipés respectivement de ces tech-
pour une température de gaz préchauffé jusqu’à 550 C maximum. niques : Dassault Aviation/Argenteuil (maintenant à Mérignac) en
Le cold spray haute pression s’entend non seulement à 110 dB en basse pression CenterLine (figure 4a), et Mallard Mécanique Indus-
sortie de buse, mais aussi pour une pression jusqu’à 7 MPa et une trielle/Saint-Antoine-la-Forêt (figure 4b) en haute pression Impact
température de 1 100 C. Les principaux atouts des systèmes à Innovations.
basse pression sont d’être plus légers, moins onéreux et plus sou- Dans le procédé à haute pression, certaines variantes peuvent
ple d’utilisation, jusqu’à permettre aisément des opérations exister sous des noms particuliers : le Kinetic Spray Process avec
manuelles, pour travaux sur site en particulier. Les installations à comme gaz de projection de l’air au lieu d’azote ou d’hélium, et le
haute pression sont beaucoup plus imposantes, même si certains Pulsed Gas Dynamic Spraying Process (PGDS) avec des ondes de
équipements (limités à 2 MPa et 400 C) sont destinés à être compression générées dans le gaz de projection.
Poudre 1 2 3 4 5 6 7 8
2 3 1 4 5 6 7 8 d
d
Poudre
D
D
L L
Gaz Gaz
a en aval dans un cold spray à basse pression b en amont dans un cold spray à haute pression
a à basse pression, chez Auxel/Gondecourt (en inserts : à gauche, b à haute pression, chez Mallard Mécanique Industrielle/
unité centrale et à droite, barres de distribution revêtues de Cu Saint-Antoine-la-Forêt (en insert : agrandissement sur
le pistolet de projection)
SV
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En dehors des deux grandes catégories de cold spray, c’est-à- (plasma). Elle est plus particulièrement connue sous l’acronyme
dire ceux à haute et basse pression, d’autres procédés ont été LACS (Laser-Assisted Cold Spray).
développés. Ils restent marginaux, représentant aujourd’hui moins Les sources laser peuvent être de différents types : continues (sur
du pourcent de l’activité (estimation 2020). Ils sont, cependant, les premiers systèmes) ou pulsées (majoritairement aujourd’hui)
rapidement décrits dans la suite immédiate, car pouvant s’inscrire dans la gamme micro- ou nanoseconde.
dans certaines perspectives d’applications (§ 9.1 et § 11).
2.3.2 Autres hybridations : mécanique,
2.2 Cold spray sous vide ou dépôt électrostatique ou magnétique
d’aérosol
Le cold spray sous vide (VCS pour Vacuum Cold Spray), dit aussi
L’hybridation mécanique repose sur le grenaillage, classique ou
photonique. Pour ce qui est du photonique, une installation hybride
est analogue à celle présentée au paragraphe précédent (figure 5),
Q
dépôt d’aérosol (AD pour Aerosol Deposition), est une variante avec un choix approprié de source laser, à savoir une source pulsée
miniature de cold spray. Il utilise un aérosol constitué à partir de à très court temps d’irradiation (dans la gamme nanoseconde).
poudres submicroniques, préparé dans une chambre d’aérosol et Dans le cas d’un grenaillage classique, le procédé hybride utilise
transporté via son gaz porteur, de l’hélium généralement, jusqu’à des billes d’acier d’une taille pouvant être millimétrique donc large-
la (mini-)buse de projection (à fente millimétrique, par exemple) ment supérieure à la granulométrie de la poudre, pour activer
installée dans une enceinte sous vide partiel (de l’ordre de quel- mécaniquement la densification en cours de construction du
ques centaines de Pa, par exemple). L’intérêt de ce type de procédé dépôt. Ce procédé hybride est dans la ligne du procédé hybride de
est de pouvoir se revendiquer comme du cold spray, vu leur prin- grenaillage combiné à la projection plasma en enceinte VPS
cipe de base, et de permettre une ouverture éventuelle vers le (Vacuum Plasma Spray) développé trente ans plus tôt, aux États-
dépôt de céramique, comme l’ont montré de premiers essais réus- Unis au début des années 1990 pour l’industrie aéronautique.
sis avec de l’oxyde de titane (TiO2) (§ 9).
D’autres types d’hybridations ont été déployés, mais sont
On ne décrit dans cet article que le cold spray sous vide ou dépôt encore, en 2020, au stade du laboratoire, en attente d’industrialisa-
d’aérosol. D’autres systèmes utilisant le dépôt de nanoparticules, tion. Le principe en est de projeter les particules alors qu’elles sont
pouvant être regroupés sous le vocable NPDS (NanoParticle Depo- soumises à un champ magnétique ou à un champ électrostatique,
sition System), pourraient prétendre aussi, sur cette même base, qui peut ainsi les accélérer significativement. Un tel procédé
faire partie de la famille cold spray. Pour l’instant, il est plus sage hybride n’a d’intérêt que pour des matériaux de dépôt sensibles
de les classer dans les procédés de dépôt de couche mince sans aux champs en question. Les matériaux ferromagnétiques, par
vouloir les affubler, pour des raisons de mode, de la dénomination exemple, ont été éprouvés avec succès.
cold spray. L’avenir fera la part des choses.
Tête laser
Laser
cold spray
Buse
SW
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de Laval (convergent-divergent). Sur cette base, leur géométrie Les buses peuvent être de différents matériaux, de nombreux
peut être très diverse et complexe (§ 3.1). D’autre part, la simula- furent expérimentés : carbures, aciers, alliages à base de nickel,
tion de l’écoulement est capitale pour la connaissance du procédé, polymères, verre… Aujourd’hui, les buses les plus employées sont
dans la mesure où la cinématique des particules et la dynamique en carbure de silicium sur les pistolets de dernière génération qui
des fluides, le gaz de projection en l’espèce, sont régies par des tiennent à très haute température (figure 7b), en carbure de tungs-
phénomènes ne pouvant être directement observés, puisque se tène (comme la plus courante MOC (Method Of Caracteristics)
produisant à l’intérieur de la buse (§ 3.2). (figure 6) ou les modèles TC (Tungsten Carbide) de la figure 7a),
ou en polymère PBI (polybenzimidazole) (figures 6 et 7a). Le poly-
mère est privilégié, pour les projections de matériaux à bas point
Q
3.1 Buse de fusion, parce qu’il limite les phénomènes de colmatage par la
poudre susceptible de s’accumuler et d’adhérer aux parois de
La tuyère de Laval (du nom de son inventeur Gustaf de Laval) buse. La forme de la tuyère, notamment de son orifice d’éjection
(brevet GB7143), produit, en sa sortie, un débit de gaz superso- (circulaire ou rectangulaire (fente)), joue sur le colmatage aussi,
nique, constant et isentropique. Ce sont ses simples caractéristi- ainsi que sur le pinceau de particules projetées. Tout cela, ajouté à
ques dimensionnelles qui joueront sur les caractéristiques de l’effet des dimensions sur l’écoulement du mélange gaz-particules,
l’écoulement gazeux (figure 6a). C’est pourquoi nombre de buses fait en sorte que le besoin en modélisation/simulation (§ 3.2) de ce
ont été développées et commercialisées pour aboutir à des condi- dernier est important, pour prévoir au mieux les caractéristiques de
tions opératoires variées, chacune adaptée à un type de dépôt envi- la buse la mieux adaptée à la projection envisagée. Une fois cette
sagé et également à un type d’installation. Ainsi, par exemple, pour simulation effectuée, la buse peut être réalisée par différentes tech-
la projection d’un même alliage d’aluminium, selon que l’installa- niques selon la nature du matériau la constituant : frittage, usinage,
tion de projection est à basse pression, moyenne pression, ou injection et même fabrication additive (des buses en superalliage
haute pression, la buse présentera différentes géométries, propres de nickel sont réalisables par exemple par technique laser sur lit
à maximiser la vitesse de projection (figure 6b) de poudre).
La multiplicité de conditions opératoires a conduit à une profu-
sion de modèles de buses (exemples figures 7a) qui ont dû s’inté-
grer dans les dispositifs technologiques de projection environ- 3.2 Simulation/modélisation
nants : du système tripode historique, à l’origine du cold spray d’écoulement
créé par A. Papyrin (figure 7b), jusqu’au pistolet haute pression de
dernière génération, intégrant systèmes de réchauffage et refroidis- Le système d’écoulement dans la buse est complexe parce que
sement eau (figure 7b). Sur le tripode, la buse constitue l’un des multiphasique (§ 3) et en régime supersonique. Pour cette raison,
pieds, les deux autres correspondant aux tubes d’arrivée de gaz et jusqu’à un passé assez récent encore, la modélisation imposait de
de poudre respectivement (plus une prise pour capteur de pression passer par des hypothèses simplificatrices, ne serait-ce que pour
latérale). Sur le pistolet de dernière génération, la buse est man- une approche numérique compatible avec les moyens de calcul à
chonnée et constitue l’extrémité de son canon. disposition. Grâce au développement des outils numériques, les
30 mm 130 mm
φ = 12,9 mm
φ = 6,4 mm
T V
φ = 2,7 mm
P
Buse SiC-OUT2 sur installation Impact Innovations 5/11
Mg > 1
flux supersonique
Mg < 1 40 mm 182,4 mm
flux
φ = 10,1 mm
φi = 16 mm
subsonique
φ = 2,7 mm
Mg = 1
30 mm 130 mm
φi = 6,4 mm
φi = 10 mm
φ = 2 mm
Buse UltiFlow sur installation CenterLine SST série P
a schéma de principe de l’effet tuyère d’une buse b géométries pour installations à basse, moyenne
de Laval avec l’évolution du volume, de la pression et haute pression (de bas en haut sur la figure)
et de la température du gaz d’écoulement
(Mg : nombre de Mach)
SX
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Typ33
Typ51-TC PBI
Typ24-SiC
Typ27-TC
a ensemble de buses haute pression (doc CGT GmbH) b pont historique entre buse d’origine (dans les mains
d’A. Papyrin encadré de H. Kreye (HSU/HAmbourg) à sa
gauche et S. Gulizia (CSIRO/Melbourne) à sa droite)
et pistolet haute pression
SY
Q
TP
Traitements de surface des métaux par voie sèche et en
milieu fondu
(Réf. Internet 42360)
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TQ
R
TR
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R
Responsable de l’équipe « Dépôt Physique ». Laboratoire de Science et Génie des Surfaces
Frédéric PERRY
Docteur de l’Université Henri Poincaré
Directeur Maintenance et Développement. PVD co Sarl
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© Techniques de l’Ingénieur M 1 654 − 1
TS
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vapeur métallique : par effet thermique, on parle d’évaporation, tandis que par
effet mécanique, c’est de pulvérisation qu’il s’agit. Le cas de l’arc cathodique
sous basse pression allie les deux effets pour la génération de la vapeur métallique.
Un réacteur de dépôt physique assisté-plasma est constitué au minimum
d’une chambre à vide secondaire, d’une source de vapeur métallique, d’un
porte-substrat isolé du reste de l’installation, d’une centrale de débitmétrie et
des générateurs nécessaires à la création de la décharge électrique et à la pola-
risation des substrats. Nous nous intéresserons ici spécifiquement à une techni-
que qui connaît un essor industriel important, fruit des progrès considérables
réalisés au cours de ces vingt à trente dernières années dans la compréhension
des mécanismes qui la gouvernent : la pulvérisation cathodique magnétron.
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TT
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(0)
Tableau 1 – Taux de pulvérisation de différents éléments par des ions d’argon à 400 eV
Élément Y Élément Y Élément Y Élément Y Élément Y
C 0,12 Ti 0,51 Cu 2,3 Pd 2,08 W 0,57
Al 1,05 Cr 1,18 Zr 0,65 Ag 3,12 Pt 1,4
Si 0,5 Fe 1,1 Mo 0,8 Ta 0,57 Au 2,4
En bleu, les métaux dont le taux de pulvérisation est très élevé
+
1
732 V 20˚ R
40˚
5V
515
3
4 385 V 60˚
a
+
2
Substrat
Épaisseur
B
(1) réflexion élastique de l´ion neutraolisé(neutre énergétique)
(2) implantation de l´ion A
(3) expulsion d’un atome de la surface : pulvérisation
(4) émission électronique « secondaire »
Cible
1.1.2 Distribution spatiale
b
Les atomes métalliques émis par la surface de la cible possèdent
une énergie moyenne de l’ordre de 5 à 10 eV. Leur distribution spa- Figure 2 – Effet de la tension de décharge sur la distribution
tiale est une grandeur importante du phénomène de pulvérisation des atomes pulvérisés d’une cible de titane à 0,5 Pa a
cathodique. En première approximation, pour un polycristal et sui- et représentation schématique de l’influence de la distribution
vant une incidence normale de l’ion, elle peut être représentée par des atomes pulvérisés sur l’homogénéité en épaisseur
un ellipsoïde de révolution dont la corde est proportionnelle à la des revêtements b
fraction de métal éjecté suivant une direction effectuant un angle θ
par rapport à la normale à la surface de la cible (figure 2a). L’aug-
mentation de l’énergie de l’ion incident et la diminution de la masse
molaire de l’élément à pulvériser conduisent généralement à une 1.1.3 Effet magnétron
moindre dispersion de la vapeur métallique se traduisant par un
gradient d’épaisseur des couches plus important (figure 2b). Deux problèmes principaux résultent du procédé diode. D’une
Lors de leur trajet entre la cible et le substrat, les atomes de métal part, le faible taux d’ionisation de la décharge conduit à de faibles
pulvérisés subissent des collisions avec les atomes d’argon, au vitesses de dépôt (< 0,1 µm ⋅ h–1), et d’autre part, la forte thermalisa-
cours desquelles ils sont susceptibles de transférer une partie de tion des atomes pulvérisés entraîne la synthèse de revêtements
leur énergie cinétique. Le nombre de collisions est proportionnel à poreux. Pour éviter ces deux inconvénients, on équipe générale-
la distance parcourue par l’atome pulvérisé et à la pression de tra- ment la cible d’un dispositif magnétron, constitué de deux aimants
vail. Pour une décharge d’argon à 1 Pa, le libre parcours moyen concentriques de polarités inverses (figure 3). Une pièce polaire
(lpm) des atomes pulvérisés, c’est-à-dire la distance moyenne entre ferme le circuit magnétique d’un côté, tandis que la cible, amagnéti-
deux collisions successives avec des atomes d’argon, est d’environ que pour autoriser l’effet magnétron, laisse les lignes de champ se
1 cm. La distance séparant la cible du substrat à revêtir étant refermer au sein de la phase gazeuse, ce qui a pour effet de piéger
usuellement de l’ordre d’une dizaine de centimètres, la majeure par- les électrons secondaires et ainsi d’accroître leur possibilité de ren-
tie des atomes pulvérisés perdent l’essentiel de leur énergie cinéti- contrer un atome d’argon dans le cadre d’une interaction ionisante.
que au cours des différentes collisions et atteignent le substrat à Un plasma dense est alors généré au droit de l’entrefer des aimants,
l’état thermalisé, c’est-à-dire avec une énergie cinétique de l’ordre ce qui conduit, malgré une érosion hétérogène de la cible, à aug-
de 0,1 eV, ce qui nuit à l’intégrité physique des revêtements menter considérablement le courant de décharge et, par la suite, la
(cf. paragraphe 1.2.2). vitesse de dépôt dans la gamme de 10 m ⴢ h–1. L’utilisation d’un
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TU
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TV
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inRPW
INNOVATION
La pulvérisation cathodique
magnétron en régime d’impulsions
de haute puissance (HiPIMS)
par Matthieu MICHIELS
R
Ingénieur électronicien, assistant de recherche au sein du laboratoire de chimie des
interactions Plasma Surface (ChiPS). Materia Nova, Centre de Recherche, Mons, Belgique
Stephanos KONSTANTINIDIS
Chercheur qualifié du FNRS, université de Mons, laboratoire de chimie des interactions
Plasma Surface (ChiPS), Mons, Belgique
et Rony SNYDERS
Professeur, université de Mons, laboratoire de chimie des interactions Plasma Surface
(ChiPS) Mons, Belgique
1. Contexte
Le monde industriel est en perpétuelle recherche de nouveaux produits, de nouveaux
marchés ou de nouvelles technologies. C’est dans cette optique que le développement
de nouveaux matériaux en couches minces, micro ou nanométriques déposés par dif-
férents procédés sur des substrats de nature et de formes parfois complexes, confère de
nouvelles propriétés ou fonctions, et, par conséquent, une grande valeur ajoutée. Ainsi,
dans le cas du verre ou de l’acier, on citera entre autres les propriétés photocatalytiques
pour l’autonettoyage et/ou la dépollution, les propriétés antibactériennes ou de protection
contre la corrosion.
Pour obtenir ces couches minces, plusieurs méthodes de synthèse sont couramment uti-
lisées : les dépôts électrochimiques, les procédés par immersion, le dépôt physique en
phase vapeur (PVD), le dépôt chimique en phase vapeur (CVD) [1] ou encore, les procédés
sol-gel. Pour l’industriel, le choix du procédé dépend évidemment de la facilité d’utilisation
et d’implémentation, de la compatibilité du procédé avec le type du substrat (ex : polymè-
p。イオエゥッョ@Z@ッ」エッ「イ・@RPQS
res), de son coût, de son impact environnemental et des installations existantes. La tech-
nologie « plasma » reste dans le groupe de tête des technologies les plus « vertes ». De
plus, cette technologie permet d’obtenir un contrôle élevé des propriétés physico-chimi-
ques des revêtements déposés (densité, rugosité, cristallinité, composition chimique…).
TW
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INNOVATION
En utilisant les procédés conventionnels de pulvérisation à Dans les plasmas froids dont il est question ici – pour le traite-
courant continu, la majorité des particules pulvérisées reste glo- ment des matériaux – l’énergie des électrons est très supérieure
balement neutre, ce qui empêche de contrôler l’énergie et la à celle des ions et des atomes, molécules neutres. Cependant,
direction des espèces participant à la croissance du film. Or, macroscopiquement, le plasma reste globalement proche de la
pour bon nombre d’applications, il est intéressant de maîtriser température ambiante. Les électrons cèdent leur énergie aux
cet aspect pour permettre aux espèces de se déposer majoritai- atomes et molécules du gaz qui deviennent ainsi ionisées, disso-
rement sur la surface du substrat et éviter, de cette manière, la ciées et excitées.
pulvérisation sur les parois du réacteur. Dans le cas de la fabri- L’ionisation, et donc la formation des paires électrons/ions
TX
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INNOVATION
(-) N S N
CIBLE
Entrée
gaz
R
e- e-
e- e- e-
e-
Ar+ Ar Ar+
SYSTÈME DE POMPAGE
Ar+
e- Ar e- Ar
Ar
Ar
(+)
s
(-) (+)
SUBSTRAT
Atomes d'oxygène
surfaces et donc sur les propriétés des revêtements. Trois 2.3 Mode réactif en régime de pulvérisation
méthodes de polarisation de la cible sont présentées dans cet continue d’une cathode magnétron
article (figure 2) :
Les céramiques, sous forme de films minces, sont souvent
1. DCMS (direct current magnetron sputtering) ; obtenues par l’introduction d’un gaz réactif au sein de la cham-
2. PDCMS (pulsed DC magnetron sputtering) ; bre de dépôt mélangé au gaz porteur, l’argon en général, le dio-
xygène pour les oxydes, le diazote pour les nitrures. Il est bien
3. HiPIMS (high power impulse magnetron sputtering). connu qu’une transition brutale apparaît pour une quantité cri-
En fonction du mode d’alimentation choisi et des paramètres tique de gaz réactif introduit dans la chambre. Une manière sim-
de dépôt, les propriétés physico-chimiques de la couche obtenue ple de visualiser cette transition passe par la diminution ou l’aug-
peuvent varier en termes de composition chimique, de rugosité mentation brusque de la tension électrique appliquée à la cible
de surface, de densité, de cristallinité, d’adhérence etc. Il en en fonction du mélange gazeux introduit.
découle alors des propriétés physico-chimiques modifiées (indi- Pour les débits de gaz réactif faibles, l’évolution de la pression
ces optiques, biocompatibilité, résistance à l’usure, etc.). partielle en oxygène reste faible et la cible reste essentiellement
TY
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inRPW
INNOVATION
R
0 0
soumise à une tension a Itravail DC = -2,5A
continue (de 400 à 600 V) et -50 Tension (V) Courant (A) -0,5 Pmoyenne = 1KW
un courant continu. Cible = Sn
-100
-1
Taillecible = 450*150 (mm)
-150 Gaz = Ar/O2
-1,5
-200 Pressiontravail = 9 10-3 mbar
-2
-250
-2,5
-300
-3
-350
-400 -3,5
-450 -4
-10
-400
-20
-600
-30
-800 -40
-800 -200
-1 000 -250
-1 200 -300
-1 400 -350
UP
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mQVVP
R
1. Réactions chimiques ...................................................................... M 1 660v2 – 2
2. Techniques de formation des CVD .............................................. — 4
2.1 Procédés dits « statiques » ................................................................ — 4
2.2 Procédés dits « dynamiques » ........................................................... — 5
2.2.1 CVD conventionnel .................................................................. — 5
2.2.2 CVD basse pression ................................................................. — 5
2.2.3 CVD assisté par plasma ou laser ............................................ — 6
2.2.4 CVD à partir d’organo-métalliques. ........................................ — 6
3. Caractéristiques des dépôts obtenus ......................................... — 6
3.1 Nature ................................................................................................. — 6
3.2 Propriétés géométriques, structurales et mécaniques ..................... — 7
3.2.1 Situation................................................................................... — 7
3.2.2 Préparation de surface des pièces avant traitement .............. — 7
3.2.3 Adhérence des couches ........................................................... — 8
3.2.4 Pureté des revêtements ........................................................... — 8
3.2.5 Dureté. Ductilité ....................................................................... — 9
4. CVD face aux autres procédés de dépôt .................................... — 9
5. Domaines d’application. Perspectives d’avenir........................ — 10
5.1 Revêtements durs : usure, frottement ............................................... — 10
5.2 Revêtements protecteurs contre la corrosion et l’oxydation ............ — 10
5.3 Consolidation des structures. Matériaux composites. Films minces
(microélectronique) ............................................................................ — 10
Pour en savoir plus.................................................................................. Doc. M 1 660v2
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Depuis ce procédé originel, bien des variantes ont été développées, visant,
soit à décroı̂tre les températures d’élaboration en recourant à des sources
d’énergie non thermiques comme les plasmas, les lasers, ou à des précurseurs
labiles comme les organométalliques, soit à accroı̂tre les rendements de dépôt
en utilisant des techniques de spray par exemple, soit encore à travailler de
manière « localisée », c’est-à-dire sur des surfaces suffisamment petites pour
considérer les dépôts comme des points pouvant servir d’unités de base à la
construction de micro-objets bi- ou tridimensionnels.
L’appareillage pour l’obtention de ces dépôts varie considérablement suivant
le type de dépôts que l’on désire (procédés isothermes, non isothermes, stati-
ques, dynamiques, basse pression, etc.).
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Les propriétés des revêtements (adhérence, porosité, stœchiométrie, pureté,
etc.) sont généralement suffisamment satisfaisantes pour s’ouvrir à des appli-
cations industrielles.
Les principaux domaines d’application du procédé CVD peuvent se classer en
deux catégories suivant que le produit formé donne un revêtement (ou couche)
sur un substrat, ou un produit solide indépendamment d’un substrat.
L’obtention d’un revêtement permet la protection contre l’usure mécanique
(TiC, TiN, Al2O3, etc.), la protection contre la corrosion et l’oxydation à haute
température (Cr, Al, Si, etc.), la réalisation de composants pour la microélectro-
nique (GaAs, Si, AlN, etc.).
La formation de produits solides conduit à des produits pulvérulents de
grande pureté, à des monocristaux et permet de consolider des matériaux
poreux ou frittés.
Les techniques CVD complètent avantageusement d’autres modes de dépôts
(évaporation sous vide, projection cathodique, électrodéposition, etc.). C’est
pour cela qu’elles sont devenues prépondérantes dans des domaines indus-
triels tels que l’aéronautique, l’électronique, la chimie, etc.
Elles nécessitent toutefois une maı̂trise approfondie de la dynamique des flui-
des qui gouverne les transports des précurseurs, jusqu’à la surface
réactionnelle.
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• Ces réactions sont très utilisées.
• Réduction d’halogénures par l’hydrogène ou des métaux (Cd, Zn, K, • Les composés volatils employés sont les halogénures métalli-
etc.) : ques, les carbonyles ou les oxyhalogénures.
m • Les métaux réducteurs risquent de polluer les dépôts (formation
(BXm ) + 2 (H2 ) → m (HX ) + <B> de composés intermétalliques ou de solutions solides par exem-
Exemple :
(CrF2 ) + (H2 ) → 2 (HF) + <Cr> ple).
• Réaction d’halogénures avec un gaz contenant du carbone, de l’azote, • Les réactions de réduction sont, dans certains cas, catalysées
du bore, du silicium ou des composés oxygénés : par le substrat. Cette action catalytique décroı̂t généralement avec
la croissance du revêtement (diminution du pouvoir catalytique
(BXm ) + (Yn C, N, O… ) → <Mx C, N, O… > + X, Y, C, N… du matériau de base). Les réactions peuvent alors être freinées et
Exemple :
(TiCl4 ) + 2 (H2O) → <TiO2 > + 4 (HCl) mêmes bloquées.
• Décomposition à haute température d’halogénures ou de composés • Le composé volatil est décomposé au contact du substrat chaud,
oxygénés : avec précipitation sur celui-ci du résidu non gazeux. La tempéra-
m ture du substrat ne doit pas être trop supérieure à celle de
(MXm ) → <M> + 2 (X2 )
décomposition du gaz afin d’éviter qu’elle se produise dans une
Exemple : (M x )
C, O…y → <My Oy -2 > + Cy , O2 … zone trop éloignée du substrat (problème d’adhérence).
1500 oC
(ZrΙ 4 ) → <Zr> + 2 (Ι2 )
• Décomposition à basse température de composés carbonyles, d’hydru-
res ou d’organométalliques, etc. : • Même remarque que ci-dessus. Action catalytique possible du
( )
M (CO)n → <M> + n (CO) substrat
Exemple :
Ni (CO)4 → <Ni> + 4 (CO)
• Dismutation :
2 (MX ) → <M> + (MX2 ) • Quand la température varie, l’équilibre de cette réaction se
Exemple : déplace dans le sens 1 si la température décroı̂t, dans le sens 2 si
2 (GeΙ 2 ) → <Ge> + (GeΙ 4 ) la température croı̂t.
La thermodynamique est une première approche de l’analyse Première et dernière étapes ne sont pas indépendantes,
fondamentale d’un système, même si le caractère décisif de puisque la diffusion en phase gazeuse des réactifs affecte la diffu-
ses prévisions est limité. sion des produits volatils formés, et inversement. L’analyse de ces
L’étude des transferts de chaleur et de masse, des variations de étapes oblige à considérer la diffusion de gaz dans la couche limite
composition de la phase gazeuse et de la cinétique des réac- en avant de l’interface solide/gaz.
tions est la seconde étape importante pour la mise en œuvre, Les deuxième et cinquième étapes, adsorption et désorption
d’un point de vue pratique, d’un dépôt. des espèces gazeuses suivent évidemment les lois générales de
l’adsorption sur les surfaces solides. Les phénomènes d’adsorption
& Généralement, on s’accorde à considérer que le dépôt chimique peuvent revêtir une très grande diversité : adsorption physique et
en phase gazeuse est la résultante de plusieurs processus concomi- (ou) adsorption chimique, édification d’une couche mono-atomique
tants réagissant les uns sur les autres, à savoir : ou monomoléculaire et (ou) édification de films multimoléculaires.
– diffusion en phase gazeuse des réactifs vers le substrat ; Il n’existe pas d’équations expérimentales générales pour justifier la
– adsorption d’une ou de plusieurs espèces gazeuses à la surface forme des isothermes d’adsorption, en revanche, dans telles ou tel-
du substrat ; les régions de l’isotherme, les équations de Langmuir, de Freundlich,
– réaction chimique, germination ; de Brunauer, Emmet et Teller, etc. peuvent être vérifiées [P 1 045].
– diffusion dans le substrat des atomes déposés à la surface (si la
La troisième étape dépend de la cinétique de la réaction pro-
température est suffisamment élevée et si la diffusion à l’état solide
prement dite.
est possible) ;
– désorption de produits volatils formés lors de la réaction ; Quant à la quatrième étape, diffusion à l’état solide des atomes
– diffusion de ces produits volatils, à travers la couche limite vers déposés, elle est sous la dépendance des équations de diffusion de
la phase gazeuse. Fick [P 1 515].
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es techniques de dépôt sous vide par procédés plasma ont connu un essor
L important au cours des décennies passées, aussi bien sur le plan technolo-
gique, avec l’introduction de plusieurs nouvelles sources, que du point de vue
des applications, où le chiffre d’affaires dans les secteurs de la mécanique est
passé de 20 millions € en 1985 à 3 milliards aujourd’hui. Depuis les années
1970, les procédés plasma ont remplacé les dépôts sous vide sans plasma
dans la plupart des applications, notamment la décoration et les revêtements
destinés aux domaines de l’optique. Les revêtements pour les applications
mécaniques et la fabrication d’outils en particulier ne sont devenus envisagea-
bles qu’avec les procédés plasmas qui assurent le respect de deux exigences
incontournables de ces applications : l’adhérence sur le substrat et une absence
de porosité qui diminuerait la ténacité.
On distingue deux familles de procédés de dépôt à partir de la phase vapeur :
le dépôt par voie physique (ou PVD pour Physical Vapor Deposition) et le dépôt
par voie chimique (ou CVD pour Chemical Vapor Deposition). Dans le cas du
PVD, le matériau est mis en vapeur sous vide à partir d’une source, qui se
trouve dans l’enceinte de dépôt ; dans le cas du CVD, des vapeurs sont admises
p。イオエゥッョ@Z@ェオゥョ@RPQT
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dans l’enceinte et réagissent avec les surfaces des pièces à revêtir pour former
un dépôt. Les méthodes décrites dans cet article sont les suivantes :
– le dépôt par voie chimique assisté par plasma (PECVD) ;
– les méthodes de PVD suivantes :
• le plaquage ionique,
• le dépôt par arc cathodique (CAD) dans sa version non filtrée, (FCAD) dans
sa version filtrée, (LARC) guidée par laser,
• la pulvérisation cathodique (sputtering) (MS) dans sa version magnétron,
(HiPIMS) dans sa version magnétron déséquilibré et alimentation à impul-
sion de forte puissance,
• l’évaporation à la cathode d’un arc (CAE).
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CVD, polyméri- On obtient la vitesse quadratique moyenne des atomes < v i >
Vide moyen 5 Pa - 1 kPa > mm - mm
sation plasma dans un gaz isotrope à partir de l’énergie cinétique moyenne
< Ei > :
Vide poussé 0,1 mPa - 5 Pa mm - 60 m PVD
< E1 > = Mi /NA / 2 < v i2 > = 3 / 2 k T
(4)
Faisceaux ioni- miNA < v i2 > 3
Ei = = NAkT
Ultravide < 0,1 mPa > 60 m ques, espace 2 2
interplanétaire
avec mi masse d’un atome (mi = Mi/NA)
Les valeurs rij ont été calculées pour la plupart des gaz et sont
avec T température absolue. accessibles dans la littérature.
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l’émission d’électrons secondaires est déterminée par le tra-
Le développement des générateurs modernes de courant continu vail d’extraction du matériau de la cathode et par la nature
a résolu ces problèmes de transition entre décharges. Ainsi, un du gaz plasmagène ;
générateur électrique destiné à une décharge luminescente est le rendement de pulvérisation dépend du rapport des masses
équipé d’une détection d’arc qui réagit à toute montée du courant des ions pulvérisant par rapport à ceux du matériau de la
ou toute chute de la tension respectivement supérieure ou infé- cathode ;
rieure à une valeur seuil, par une interruption brève du courant ou
lors de l’application d’un champ magnétique avec un flux
de la tension. Un générateur de courant, utilisé pour une décharge
d’induction parallèle à la surface de la cathode, l’épaisseur
d’arc, est équipé d’une détection d’interruption du courant et réagit
de la gaine sombre cathodique diminue exponentiellement
par un pulse de tension d’allumage. Les temps de réaction pour ces
avec la valeur du flux.
circuits de stabilisation sont de l’ordre de la microseconde. Le
mode de suppression des arcs est aussi un critère de choix impor- Sont distinguées plusieurs décharges à arc (figure 6) :
tant. Certains générateurs coupent à la sortie (au secondaire) et
– les décharges d’arc autonome,
d’autres coupent à l’entrée (au primaire). Ces derniers alimentent
– les décharges à extraction.
la décharge d’arc non désirée avec leur énergie stockée. Pour assu-
rer la suppression de l’arc, on peut également intégrer un pulse de & On appelle décharges d’arc autonome, des décharges où les
tension positive qui attirera les électrons à proximité de la cathode. phénomènes à la cathode fournissent une émission électronique
& Dans une décharge lumineuse, on observe les trois zones sui- suffisante pour maintenir la décharge. Tout le courant cathodique
vantes (figure 4) : la gaine cathodique, la colonne positive et la passe par une ou plusieurs micro-taches (spots). Le courant-tache
gaine anodique. dépend de la nature du matériau (essentiellement de sa tempéra-
ture d’ébullition). Il varie entre 30 et 100 A et sera donc faible pour
L’espace avoisinant la cathode est une succession de gaines de des matériaux comme l’étain et élevé pour des matériaux réfractai-
luminosité qui correspondent et où dominent certaines réactions res tel que le tungstène. Le diamètre d’une tache est de l’ordre de 1
responsables du maintien de la décharge. La figure 4 ne présente à 10 mm. La densité de courant extrême entraı̂ne la fusion locale du
que les deux principales : la gaine sombre cathodique et la lisière matériau et s’accompagne d’une forte émission d’électrons, d’ions
lumineuse, appelée également lumière négative. L’épaisseur de la et de gouttelettes. Les taches cathodiques se déplacent sur la
gaine sombre, de l’ordre de grandeur du libre parcours moyen
des électrons provenant de la cathode, varie fortement avec la pres-
sion. La figure 5 donne un exemple d’une décharge lumineuse sur
des bielles de camion.
Cathode Anode
VA L
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Figure 4 – Zones de plasma entre la cathode et l’anode Figure 5 – Lisières lumineuses de bielles de camion pendant
d’une décharge lumineuse une nitruration sous plasma diode
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RECHERCHE
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RECHERCHE
Points clés
Domaine : Techniques de dépôt de couches minces
Degré de diffusion de la technologie : Maturité
Technologies impliquées : Dépôt par couche atomique (ALD, Atomic Layer
Deposition)
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Domaines d’application : Matériaux, Couches minces, Microélectronique, Pho-
tovoltaïque
Principaux acteurs français :
– Centres de compétence : SIMaP (Science et Ingénierie des Matériaux et Procé-
dés), IEMM (Institut Européen des Membranes), LMI (Laboratoire des Multimatériaux
et Interfaces), LMGP (Laboratoire des Matériaux et du Génie Physique), CIRIMAT
(Centre Interuniversitaire de Recherche et d’Ingénierie des Matériaux), IRDEP (Insti-
tut de Recherche et Développement sur l’Énergie Photovoltaïque), IRCELYON
(Institut de Recherches sur la Catalyse et l’Environnement de LYON), IRCP (Institut de
Recherches de Chimie Paris), C2P2 (Catalyse, Chimie, Polymères et Procédés), INL
(Institut de Nanotechnologies de Lyon), LTM (Laboratoire des Technologies de la
Microélectronique), LAAS (Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes),
CINaM (Centre Interdisciplinaire de Nanoscience de Marseille), CEA LITEN, CEA LETI
– Industriels : Air Liquide, Altatech, Annealsys, EDF, Encapsulix, STMicroelectro-
nics, Versum Materials
Autres acteurs dans le monde :
Applied Materials Inc., ASM International N.V., Beneq, Jusung Engineering Co.
Ltd., Intel, Lam Research Corporation, Oxford Instruments, Picosun, Samsung,
Tokyo Electron Limited, ULVAC Technologies Inc., Ultratech/Cambridge Nanotech,
Veeco Instruments Inc
Argonne National Laboratory, Colorado University, Eindhoven University, Ghent
University, Helsinki University, Ikerbasque, IMEC, Stanford University, Technische
Universität Dresden, Tyndall National Institute, VTT Technical Research Center of
Finland, Yonsei University
Contact : [email protected] ; [email protected]
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RECHERCHE
eux (pas de réaction homogène), ils interagissent à la surface du seule monocouche sera adsorbée, si la pression est inférieure
substrat où ils forment un film solide par réaction hétérogène. Le à la pression de vapeur saturante. Ce phénomène est décrit
substrat doit donc avoir une température suffisante pour per- par l’isotherme de Langmuir, qui relie la vitesse d’adsorption,
mettre à la réaction de surface de se produire. Des réactions en le taux de couverture de la surface à la pression et à la
phase vapeur conduisent à la formation de particules qui concentration du système. La physisorption étant une interac-
peuvent s’inclure dans le film et détériorer ses propriétés. tion faiblement énergétique, la température typique d’un
dépôt ALD est généralement suffisante pour désorber les
Le choix optimal de réactifs pour un procédé CVD cor-
espèces physisorbées, mais ce phénomène devient important
respond à celui permettant une vitesse de dépôt élevée, à une
température de dépôt acceptable, tout en évitant des réactions
homogènes. Par exemple, le silicium peut être déposé à partir
de différentes combinaisons de réactifs : SiH4, ou SiH2Cl2, ou
lors de procédés à température ambiante.
■ Dans le cas d’une chimisorption, les réactifs adsorbés for-
ment une liaison chimique avec la surface, ceci induit éven-
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SiCl4/H2, ou SiHCl3/H2, chacune d’elles permettant, selon la tuellement des ruptures de liaison, et le phénomène implique
température du substrat, le dépôt de silicium amorphe, mono- des énergies élevées (60-120 kJ.mol–1). Tout comme pour
ou poly-cristallin, à différentes vitesses de dépôt. On distingue la physisorption, cette énergie est liée aux espèces mises en
généralement deux régimes en CVD : (i) celui limité par la dif- jeu et à la nature de la surface. La chimisorption implique une
fusion des espèces réactives, à haute température ; (ii) celui énergie d’activation et conduit la plupart du temps à la disso-
limité par la réaction de surface, à basse température. ciation de la molécule gazeuse. Par exemple, la molécule de
La CVD est un outil de synthèse puissant qui permet le dihydrogène se dissocie sur une surface de nickel pour former
dépôt de matériaux semi-conducteurs tels que le silicium, de une espèce Ni(surface)-H. De plus, comme des liaisons sont for-
métaux (W, Cu), de siliciures, de nitrures (TiN, SiNx), mées entre la surface et la molécule adsorbée, la surface ne
d’oxydes (SiO2), mais aussi d’autres objets tels que les nano- peut accepter qu’une seule couche d’adsorbat.
tubes de carbone, le graphène et les catalyseurs. Alors qu’à la température typique d’un procédé ALD, des molé-
Cependant, le nombre de réactifs disponibles est relati- cules physisorbées se désorbent, les réactifs chimisorbés restent
vement restreint et le compromis vitesse de dépôt/tempéra- liés à la surface et participent à la croissance du film. On observe
ture/qualité du film peut être difficile à trouver. Ainsi, une différents types d’adsorption chimique selon le caractère réver-
solution a été développée pour augmenter la réactivité des sible ou irréversible de la réaction. Les cinétiques d’adsorption
réactifs : l’assistance plasma, soit la CVD assistée plasma chimiques sont traitées en détail dans l’article [RE252].
(PECVD, Plasma-Enhanced CVD). Le plasma, créé par une
décharge électrique dans un gaz à basse pression, génère des 2.2 Principe fondamental du dépôt ALD
électrons hautement énergétiques pouvant dissocier la plupart
des espèces moléculaires présentes dans le gaz réactif. Ceci L’ALD est une technique CVD qui repose sur des réactions
permet de diminuer la température de dépôt : par exemple, le gaz-solide saturées, autolimitantes et séparées, entre
nitrure de silicium à partir d’un flux gazeux de SiH4/NH3 est deux composés typiquement. Ces réactions sont répétées de
déposé à 800 °C en CVD thermique, ce qui rend le procédé façon cyclique.
incompatible à la passivation de circuits intégrés (T > Tfusion Al). Un cycle ALD est composé de quatre étapes (figure 1) :
L’assistance plasma permet un dépôt à 350 °C, température 1/ le pulse du réactif A, qui permet la première réaction
acceptable lors d’une étape de passivation. L’utilisation d’un gaz-solide (chimisorption) ;
plasma peut avoir des conséquences bénéfiques, ou au
contraire désastreuses sur les propriétés du film déposé, liées 2/ la purge permettant l’évacuation du réactif A n’ayant pas
au bombardement ionique, aux radicaux libres et aux effets de réagi et des sous-produits gazeux ;
charge notamment ; le contrôle de sa réactivité et de son uni- 3/ le pulse du réactif B donnant lieu à la seconde réaction
formité est donc primordial. L’assistance plasma est égale- gaz-solide (chimisorption) ;
ment utilisée en ALD et fait l’objet de l’article [RE260]. 4/ la purge permettant l’évacuation de réactif B n’ayant pas
réagi et des sous-produits gazeux.
La CVD et l’ALD sont deux méthodes de dépôt chimique Ainsi, lors de chaque pulse, une monocouche d’adsorbat est
en phase vapeur où la réaction a lieu entre une surface chimisorbée et les étapes (1) et (3) sont souvent appelées
(substrat) et un ou plusieurs réactifs moléculaires. Ils demi-réactions. Le nombre de cycle étant choisi par l’opéra-
impliquent tous deux des réactions de surface, mais les teur, l’épaisseur du film est donc contrôlée à l’échelle de
phases de croissance, les vitesses de dépôt et les proprié- la couche atomique.
tés des films sont très différentes.
■ Une caractéristique clé d’un procédé ALD est la mise en jeu
de réactions irréversibles et saturées (aussi appelées autoli-
2.1.2 Adsorption mitantes). Lors de chaque pulse, une monocouche saturée
d’adsorbat est déposée. C’est cette caractéristique qui permet
L’ALD étant basée sur des réactions de surface, il est impor- le dépôt de films uniformes et couvrants, sur de larges sur-
tant de définir les deux phénomènes d’interaction entre une faces et sur des architectures 3D complexes (particules, nano-
espèce gazeuse ou liquide (adsorbat) et une surface tubes, structure à rapport d’aspect > 2000:1…). Autolimitant
(adsorbant) : la physisorption (ou adsorption physique) et la signifie que, dès lors qu’une monocouche complète est for-
chimisorption (ou adsorption chimique). mée, la probabilité que d’autres réactifs viennent interagir
avec elle est très faible. Parmi les différents types d’adsorp-
■ La physisorption est caractérisée par des énergies rela- tion, c’est donc celui correspondant à un processus irréversible
tivement faibles (< 20 kJ.mol–1), de l’ordre d’interactions de et saturé qui permet un procédé ALD.
type Van der Waals, dipôle – dipôle, et des vitesses d’adsorp-
tion rapides. Tous les gaz se physisorbent sur une surface ■ La vitesse de croissance (ou vitesse de dépôt) en nm/s est peu
sous la forme d’une ou plusieurs monocouches, selon la utilisée en ALD. On utilise plutôt le growth per cycle (GPC),
nature de la surface et du gaz, de la pression et de la tempé- exprimé en Å/cycle, soit l’épaisseur déposée lors de chaque
rature du système. En général, sur une surface plane, une cycle. Le GPC est de l’ordre de la taille d’une monocouche ato-
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Procédés d’élaboration
des conducteurs recouverts
supraconducteurs
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R réseau électrique de Long Island (état de New York aux États-Unis) comportant
300 000 foyers. Mais le BiSrCaCuO (on dit aussi BiSCCO) souffre de deux
faiblesses : d’une part son coût, en très grande partie lié à celui de la gaine
d’argent, est incompressible, et d’autre part, ses propriétés supraconductrices
sont inférieures à celle de la famille YBCO.
Exploiter la famille YBCO (ou plus généralement celle de RE-BCO) relève
d’un défi d’une autre ampleur car ses propriétés, très anisotropes, imposent
qu’il soit mis en forme de texture selon des grains qui doivent être alignés, à
quelques degrés près les uns des autres. De plus, sa dureté et sa fragilité
exigent qu’il soit mis en forme de films très minces (µm) pour que les cour-
bures imposées par le futur câble ne dégradent pas ses propriétés. Ce
problème était nouveau en 1994 quand deux équipes (l’une japonaise, l’autre
américaine) ont réussi à montrer que des films minces pouvaient être texturés
sur des supports métalliques souples. Ce furent les prémices de l’aventure des
coated conductors (CC), conducteurs recouverts, dont on décrit ici les avan-
cées constantes. En 1994, fabriquer un film quasi parfait de plusieurs centaines
de mètres, avec ce composé quaternaire complexe, relevait d’une fiction de
« labo ». Pourtant les chercheurs de la science des matériaux, physiciens et
chimistes des laboratoires et les industriels impliqués ont relevé cet incroyable
défi et proposent des solutions à une échelle préindustrielle. Aujourd’hui,
même si les CC sont encore trop chers et pas assez performants, des percées
apparaissent.
L’objet de cet article est de décrire l’évolution des idées et des techniques qui
ont été suivies par les différentes équipes impliquées en essayant de trouver
un fil conducteur logique dans cette suite d’essais. Le lecteur pourra y puiser
des idées pour d’autres domaines d’application des films céramiques.
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vide poussé. Le dépôt forme une texture biaxiale à la surface du 2.1.1 Définition d’une matrice IBAD
substrat qui est transférée progressivement à un empilement adé-
quat de couches tampons. Nous rappelons qu’une texture est La méthode IBAD consiste à assister le dépôt fait à partir d’une
biaxiale quand les cristallites du solide sont orientées selon deux cible pulvérisée avec un faisceau d’ions. Cette technique s’applique
directions principales, dans le plan du ruban et dans une direction à de nombreux matériaux comme les oxydes ou les nitrures [30]. Un
perpendiculaire [1]. Le second type de substrat utilise un procédé canon d’ions Argon (Ar+) irradie le film en cours de dépôt sous un
métallurgique de déformation et recuit de re-cristallisation permet- angle incident (45 à 55°) qui dépend du composé, il induit une
tant l’obtention de rubans à texture biaxiale. Le transfert de texture texture. Le film (quelques nanomètres) est déposé sur un substrat
vers les couches tampons déposées sur sa surface est aussi fait par polycristallin ou amorphe ; différents mécanismes sont proposés
épitaxie. Dans les deux cas, la couche active est en YBCO supracon- pour expliquer la texturation, ils sont décrits plus loin. Dans le cas
ducteur, elle est déposée en couche mince (µm) par des méthodes des CC, le dispositif est schématisé figure 1. Le substrat est un
comme l’ablation laser (PLD), la pulvérisation, l’évaporation thermi- ruban métallique polycristallin, par exemple en Hastelloy. Deux
que, la CVD ou des méthodes chimiques à pression ambiante déri- types de dépôts IBAD sont étudiés aux États-Unis, au Japon et
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vée des procédés sol-gel comme la Metal Organic Decomposition en Europe : MgO (rock salt ) ou YSZ et GZO (fluorites) pour leur
(MOD) [2]. Quelle que soit la méthode, la couche YBCO doit être tex- capacité à se texturer et recevoir YBCO.
turée biaxiale, avec une faible mosaïcité, afin de présenter les
meilleurs propriétés supraconductrices (courant critique). 2.1.2 Matrice MgO par IBAD (MgO-IBAD)
Dans une première partie, nous nous focaliserons sur la façon
de fonctionnaliser les substrats par des couches tampons adéqua- Le grand avantage de MgO fut découvert par Wang et al.
tes. On expliquera comment il est possible d’accéder à des textu- dans [32] à Stanford University quand le groupe observa que la
res stables sur de très grandes longueurs avec des vitesses de texture se développait dès les premiers stades de la germination,
fabrication élevées et à un coût faible. Nous distinguerons les pro- c’est-à-dire après seulement 2 nm de dépôt. Cela permettait de
cédés IBAD et Inclined Substrate Deposition (ISD) qui utilisent des réduire considérablement le temps de dépôt comparé à celui
voies physiques du procédé MOD sur RABITS qui est de nature nécessaire pour d’autres matrices (comme YSZ ou GZO), mais exi-
chimique. C’est un des premiers exemples de l’utilisation des tech- geait une surface parfaitement lisse et un faisceau d’ions Ar+ très
niques sol-gel sur de grandes longueurs. Nous donnerons un bien aligné par rapport à la surface.
exemple détaillé concernant un matériau qui permettrait de res- Les grains individuels de MgO sont directement orientés par le
treindre le système de couches tampons à une couche unique, faisceau d’ions Ar+ ; c’est-à-dire les plans (100) de MgO sont ali-
avec une économie prometteuse. gnés (leurs directions perpendiculaires et leurs axes du plan sont
La seconde partie traite des méthodes employées pour déposer la respectivement parallèles), la direction [110] fait face au faisceau
couche active d’YBCO en se concentrant sur deux techniques pro- d’ions qui est incliné à 45° du substrat. Des développements
metteuses, moins souvent décrites que d’autres dans la littérature : récents [33], combinant une microbalance à quartz et la technique
la Metal Organic Chemical Vapor Deposition (MOCVD) et la Reactive RHEED in situ, montrent qu’après une première étape où l’épais-
Co-evaporation by Deposition and Reaction (RCE-DR). Des revues seur des cristallites amorphes atteint une valeur critique de 2 nm,
récentes et une littérature abondante décrivent les techniques plus elles cristallisent selon un mode de croissance en ilots [33] et
classiquement employées comme l’ablation laser (PLD) [4] [5] [6] [7] commencent à former une texture biaxiale (~ 15° FWHM de dévia-
[8] [9] [10] [11] [12] [13] [14], les méthodes chimiques de type MOD tion planaire) dont la qualité dépend de la surface sur laquelle elle
utilisant les composés à base de trifluoroacétates, souvent dénom- cristallise. Sur une couche de silicium amorphe très plane, dépo-
mées « MOD-TFA » [15] [16] [17], et celles exempt de composés fluo- sée par évaporation grâce à un faisceau d’électrons, la déviation
rés (MOD free of fluorine ) [18] [19] [20] [21] [22] [23] [24] [25] [26] planaire peut être limitée à 7°. Elle peut même se réduire à 1,7°
[27] [28], il est donc inutile d’y revenir. Enfin, cet article se terminera dans le cas d’une couche de MgO suffisamment épaisse
par la présentation d’une des techniques émergentes particulière- (1 µm) [34]. La cristallisation est liée à une décroissance brutale de
ment séduisante aujourd’hui utilisant l’impression jet-d’encre [27]. la vitesse de croissance en raison d’un affaiblissement du coeffi-
cient de collage des atomes incidents. La mobilité atomique, la
En conclusion, nous donnerons une cartographie de l’état de l’art
rugosité du substrat, la température, l’orientation du faisceau
qui pointe les méthodes les plus prometteuses, en termes de poten-
d’ions Ar+, le rapport concentration atomique/concentration d’ions
tialité de progrès, en prenant en compte les impératifs économiques
sont des facteurs important pour l’optimisation du procédé.
et les propriétés physiques requises pour les applications visées.
2. Substrats métalliques
fonctionnalisés
Source d’ions
2.1 Matrices IBAD par pulvérisation
Iijima et al. dans [29] ont été les premiers à utiliser la technique
Ion Beam Assisted Deposition (IBAD) pour texturer des matrices de Roue
couches tampons et une couche d’YBCO déposée au-dessus par
ablation laser. Dans cette publication d’avant-garde, YSZ était
déposé par IBAD sur de l’Hastelloy polycristallin avec une texture Cible
biaxiale ; cela permit de prouver pour la première fois l’aptitude Source d’ions
d’assistance
d’une telle matrice à texturer YBCO avec une amélioration d’un fac-
teur 10 du courant critique de transport par rapport à des échan-
tillons polycristallins non orientés. Cette découverte ouvrit un La source d’ions assistant le dépôt est orientée à 45-55° du substrat [31].
nouveau champ aux applications des matériaux HTS et est connue
sous l’appellation des hauts Tc de seconde génération ou coated
Figure 1 – Configuration IBAD adaptée à un dispositif reel-to-reel
conductors (CC). Des études ultérieures révélèrent le rôle majeur de pour produire des matrices de grande longueur
la matrice dans la texturation. (d’après [31], avec la permission d’Elsevier)
VW
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kWRV
Les matrices de type MgO par IBAD ont été explorées aux
États-Unis, à Los Alamos Labs. depuis 2010 et les techniques pro- Shunt
gressivement transférées à Superpower Inc. (Schenectady,
États-Unis). Cette compagnie a développé des pilotes de type Film supraconducteur
industriel dès 2007. Le procédé implique une étape d’électropolis-
sage « reel-to-reel » pour diminuer la rugosité de 20 à 1 nm ou Couches tampons
même mieux [35]. Une très faible rugosité est absolument néces-
saire car la germination de MgO par IBAD est conduite par la sur- Substrat métallique
face, comme on l’a dit plus haut. En vue de déposer le flexible
supraconducteur YBCO sur ce substrat (figure 2), il est nécessaire
d’empiler une série de couches tampons dont la succession est la
suivante [36] :
VX
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kWRV
Intensité
de longueur de substrat avec une désorientation planaire comprise
entre 6 et 7° (FWHM) [39] le long des 1 400 m de ruban en 2011. À
cette époque, les subventions du Department of Energy (DOE,
États-Unis) à ces programmes furent arrêtées et Superpower Inc. Y
fut acquis par le groupe Furukawa (Japon).
Réduire le coût du procédé est un des axes de travail les plus
importants qui permettra d’augmenter les performances des CC.
Mg
Zr R
Tout en considérant la vitesse de production comme suffisante,
Superpower Inc. vise à en simplifier l’architecture. Deux approches
ont été tentées dans les dernières années (2010-2013), soit simplifier 0 20 40 60 80 100 120 140 160
la coiffe, c’est-à-dire la bicouche « MgO homo-épitaxiale/LMO », soit d (nm)
simplifier la couche de germe, c’est-à-dire la bicouche Al2O3/Y2O3.
Dans le premier cas, le zirconate de samarium SmxZr1-xOy (SZO) a
pu remplacer efficacement la bicouche MgOhomo-épitaxiale/LMO en
bénéficiant d’un très bon accord cristallographique avec la couche
(Y.Gd)BCO
supraconductrice HTS [40]. L’absence d’interdiffusion et des interfa-
ces raides ont été observées, prouvant l’excellente compatibilité chi-
mique de SZO (figure 5). Ensuite, le composite Al2O3/Y2O3 (YAlO) a
été essayé pour remplacer la bicouche Al2O3 /Y2O3 avec le grand SZO
avantage de supprimer l’étape de cristallisation d’Al2O3 qui était MgO
une source de diffusion de Ni à travers la couche HTS [41]. Des inter-
Y2O3
faces raides et l’absence d’interdiffusion ont ainsi été obtenues.
Dans les deux cas, SZO et YAlO sont déposés par pulvérisation avec Al2O3
des vitesses de dépôts élevées. Ces deux essais prouvent que 100 nm
l’architecture des CC issue d’un substrat MgO par IBAD peut être
simplifiée dans un procédé quasi-industriel. Finalement, il est utile
de mentionner que la grande flexibilité de la méthode de pulvérisa-
tion magnétron a été récemment exploitée pour décorer la coiffe L’excellente compatibilité chimique SmxZr1-xOy (SZO) avec tant
LMO de nanoplots en Pd et Ta pour induire un désordre contrôlé MgO-IBAD qu’YBCO est montrée dans cette coupe transverse par
dans le film HTS. Ces défauts ancrent les vortex et augmentent les l’absence d’interdiffusions aux interfaces très réduites. Les données
performances sous champ (Jc) [42]. Voici un exemple où la nanos- sont acquises par EDS [40].
tructuration de surfaces peut être effectuée à grande échelle et avec
des vitesses élevées. Nous pouvons attendre des retombées inté- Figure 5 – Architecture simplifiée où la bicouche « MgO
ressantes de cette découverte dans d’autres champs disciplinaires. homo-épitaxiée/LMO » de Superpower Inc. a été remplacée
par une couche d’alliage SmxZr1-xOy (SZO)
(d’après [40], avec la permission d’Elsevier)
2.1.3 Matrice en zircone stabilisée à l’yttrium
par IBAD(YSZ-IBAD)
§ Approche européenne : mise au point du procédé ABAD
Peu après la découverte d’Iijima et al. [29], plusieurs groupes ont 3
4
utilisé leurs connaissances du procédé IBAD. Ce fut le cas à
Goettingen dans le groupe du professeur Freyhardt qui mit au point Faisceau
Faisceau d’ions
des couches tampons à base de YSZ, ou GZO avec des désorienta- moléculaire
assistant
tions hors du plan allant de 1 à 7° (FWHM) avec une désorientation 1
planaire de 12 à 14° [43], et même meilleure, quand l’épaisseur de
couche était plus élevée [44]. L’analyse cristallographique de la tex-
ture révèle que le dépôt était orienté de telle sorte que la direction
110 soit proche de celle du faisceau incident. La microstructure du
dépôt est caractérisée par des protubérances elliptiques (50 nm) qui 2 A 2
créent malheureusement des perturbations dans la croissance du X1 X2
film d’YBCO. Pour améliorer la microstructure et la texture planaire,
il fallait abaisser la température du dépôt et donc mieux dissiper
Figure 6 – Procédé ABAD résultant d’un mouvement alternatif
l’énergie incidente. La technique Alternating Beam Assisted Deposi- sous les sources (3) de pulvérisation (YSZ) et (4) du faisceau
tion (ABAD) [45] permit cette avancée, en réduisant la désorienta- d’assistance qui assure la texturation (d’après [45])
tion planaire à 7-8° (FWHM) comparée aux 12 à 14° précédents.
Dans cette méthode, les faisceaux de pulvérisation et d’assistance
directionnelle sont allumés alternativement en face d’un ruban se Un système à enroulement hélicoïdal et comportant des sources
déplaçant séquentiellement. Ainsi après le dépôt, par pulvérisation de faisceau couvrant de grandes surfaces de dépôt (500 cm2) a
moléculaire de la source, de quelques nanomètres de YSZ par permis de produire jusqu’à 100 m de ruban, capacité qui a ensuite
exemple, le film est sélectivement érodé par le faisceau d’assistance été élargie par Bruker EST (division HTS, Allemagne) à 2 000 m à
qui est incliné à 55° du ruban, il en résulte sa texturation (figure 6). la vitesse de 35 m/h avec l’architecture décrite à la figure 7.
VY
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kWRV
100
Shunt Ag (0,1-3 µm)
. Φ (˚)
50-100 µm 10
WP
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kWRV
16
Total laser power
IBAD-Gd2Zr2O7
14
12
CeO2 ∆ Φ [˚]
10
: ∆Φ = 4,4 + 9,6 exp(– t /(0,33 x 0,5))
8
: ∆Φ = 3,6 + 10,4 exp(– t /(0,66 x 0,25))
6
0
: ∆ Φ = 3,6 + 10,4 exp(– t /(1,1 x 0,15)) R
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4 La simulation FFT de cette zone suggère une adaptation possible par un
super-réseau combinant des plans atomiques de MgO et CeO2 [31].
Épaisseur de CeO2 [µm]
CeO2
Figure 9 – Évolution de la texture dans le plan (désalignement 5O )
avec l’épaisseur de la couche CeO2 déposée par PLD multiplume
sur GZO-IBAD (d’après [55], avec la permission d’Elsevier) MgO
MgO (100) IBAD (0,23 à 0,26 nm/s) [56], et d’autant mieux que Al2O3 Y2O3
l’énergie était correctement sélectionnée pour atteindre la symétrie
d’ordre 4. Dans ce cas, et en remplaçant GZO IBAD par une couche Hastelloy
de CeO2 PLD directement déposée sur MgOIBAD , des vitesses
extrêmes de 500 m/h à 1 km/h ont été atteintes [31], tout en main-
tenant des désorientations dans le plan de 4 à 5° (FWHM).
L’excellente efficacité de la couche de coiffe en CeO2 sur MgO
est surprenante au vu des contraintes structurales résultant du fort 100 nm
désaccord de maille entre les deux structures (28 %). Une étude
détaillée des interfaces par TEM [31] ne montre pas de précipités
Cet assemblage peut recevoir la couche supraconductrice GdBCO
secondaires, mais une adaptation progressive (quelques nanomè-
par PLD avec de hautes performances [59].
tres, figure 10). La simulation de l’image de l’interface par la tech-
nique de la transformée de Fourier filtrée (FFT) suggère l’existence
d’un super réseau constitué de 4MgO/3CeO2 et 5MgO/4CeO2 qui Figure 11 – Architecture des couches tampons élaborée par Fujikura
génère un faible désaccord de maille (de – 3,6 à 2,8 %). Ltd observée par TEM (d’après [59], avec la permission d’Elsevier)
Ces progrès remarquables ont été combinés par Fujikura Ltd.
pour donner lieu à une architecture de couches tampons longueurs kilométriques (tableau 1). Le contrôle des faisceaux
composée de CeO2PLD/MgOIBAD/Al2O3-Y2O3PLD (figure 11). La cou- d’électrons et d’ions a permis de développer de nouvelles sources
che de CeO2 (200 nm, 60 m/h) était produite par PLD, celle de MgO d’ions de grandes surfaces. De nouvelles procédures de dépôt
(5 nm, 1 km/h) et celle de germes en Y2O3 (20 nm, 500 m/h) et de assisté ABAD, permettant une forte vitesse de dépôt et une mani-
Al2O3 (150 nm, 150 m/h) par IBAD. Des échantillons kilométriques pulation relativement aisée, comparée à la technologie délicate du
ont été fabriqués avec une excellente stabilité de la texture du plan dépôt MgO par IBAD, ont été développées en Europe avec succès.
(désorientation limitée à 4,7° FWHM, avec une déviation standard Les progrès les plus significatifs ont été obtenus par une recherche
de 0,1° le long du ruban), cette couche présente une très bonne tenace en science des matériaux qui laisse cependant des ques-
aptitude à transférer la texture vers la couche supraconductrice en tions ouvertes. En particulier, un seuil technologique a été franchi
GdBa2Cu3O7 (GdBCO) par PLD [58]. grâce à l’observation de la remarquable aptitude du MgO à se tex-
turer sous IBAD, bien que le mécanisme sous-jacent soit encore
débattu. L’excellente compatibilité de MgO avec CeO2 a permis de
2.1.5 En résumé franchir un autre seuil en profitant des propriétés d’adaptation
d’interface. Des améliorations supplémentaires sont attendues par
En résumé, des progrès remarquables ont été faits ces dix à diminution de la rugosité de la couche de germe (Y2O3/Al2O3)
vingt dernières années pour fonctionnaliser des substrats polycris- obtenue par électropolissage du substrat ou par lissage de surface
tallins bon marché (acier inoxydable ou alliages CrNi) par l’utilisa- grâce à un dépôt approprié [60]. Enfin, de nouvelles voies sont étu-
tion de dépôts physique de films utilisant la PLD, la pulvérisation diées, par exemple en Chine, elles utilisent des substrats
ionique assistée (IBAD) ou non, appliquée aux supraconducteurs amorphes [61] [62] dont on sait qu’ils peuvent donner des surfaces
déposés (CC). On sait maintenant fabriquer des sous-couches extrêmement lisses qui seront d’excellents supports de couches de
texturées souples avec de faibles désorientations sur des germe.
WQ
R
WR
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triUQSP
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Pôle Matériaux Métalliques et Surfaces. Laboratoire Frottement – Usure
Centre Technique des Industries Mécaniques (CETIM)
WS
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triUQSP
WT
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triUQSP
z z z
y y y
x x x
sp3 sp2 sp R
180°
109,5°
120°
A
A A
C sp3
Diamant
ta-C:H
ta-C
a-C:H
Polymères
a-C Hydrocarbures
a graphite
Graphite
C sp2 H
WU
R
WV
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RECHERCHE
Prévention de l’adhésion
des micro-organismes par plasma
par Gaëlle GUILLEMOT, Bernard DESPAX, Patrice RAYNAUD, Philippe SCHMITZ et Muriel MERCIER-BONIN
L’adhésion devient alors irréversible. Enfin, le biofilm parois des réseaux d’eau chaude et d’air conditionné
croît et se développe, les cellules se multiplient, com- sont le lieu privilégié d’accumulation d’espèces patho-
muniquent via des molécules signal et changent de gènes qui sont ensuite disséminées dans l’environne-
WW
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reXS
RECHERCHE
R
Film Matrice
conditionnant extracellulaire
ment. En milieu hospitalier, la colonisation de la quelles la toxicité chez l’homme est faible (« Agency
surface des implants, des cathéters ou des salles for Toxic Substances Disease Registry, », 1990).
d’intervention est à l’origine d’environ 60 % des Certaines études s’intéressent à l’effet de l’argent
infections nosocomiales, qui induisent des milliers de lorsqu’il est utilisé à des fins antiadhésives pour
décès par an en France. L’industrie agroalimentaire l’industrie agroalimentaire ou médicale, avec des
est enfin largement concernée car les biofilms peu- modes de dépôt divers :
vent conduire, non seulement à la dégradation des
qualités organoleptiques des produits, mais égale- — le dépôt d’une couche dense et épaisse (15 µm)
ment au développement de toxi-infections alimen- de métal pur, formée sur de l’acier inoxydable [1] ;
taires collectives (TIAC) du fait de l’accumulation de — l’imprégnation de silicone par CO2 supercritique
pathogènes (Salmonella et Listeria pour les espèces sous la forme de nanoparticules d’argent [2] ;
les plus fréquentes) à la surface des équipements. — la combinaison « procédé plasma-action
L’amélioration de la sécurité, qu’elle soit alimen- chimique du nitrate d’argent » sur du chlorure de
taire ou médicale, est nécessairement couplée à la polyvinyle [3] ;
maîtrise de l’hygiène des surfaces. Dans ce contexte, — le dépôt d’argent par oxydoréduction sans élec-
la conception et l’optimisation de matériaux anti- trodes sur du polyuréthanne activé par plasma [4] ;
adhésifs visant à prévenir ou, tout au moins, contrô- — ou encore le dépôt assisté par faisceau d’ions
ler le développement initial des bactéries et/ou des pour former, sur poly(éthylène) téréphtalate, un film
levures et des champignons semblent être un prére- uniforme d’argent (épaisseur 0,3 µm) [5].
quis indispensable. Nous présentons ici un exemple
de prévention de l’adhésion microbienne sur acier La polymérisation par plasma couplée à une pulvé-
inoxydable grâce au dépôt, par procédé plasma, d’un risation d’argent pour former un film composite
film polymère avec inclusions d’argent. argent-oxyde de polyéthylène a également été
testée [6] [7]. Dans la majorité des travaux, l’adhé-
sion microbienne observée est effectivement moin-
1.2 Effet antiadhésif et/ou biocide dre que dans le cas de la surface « contrôle »,
de l’argent l’efficacité étant démontrée pour de nombreuses
Les vertus antimicrobiennes de l’argent sont souches bactériennes (Shewanella putrefaciens, Sta-
connues et exploitées depuis 1000 avant JC. Il est phylococcus epidermidis, Pseudomonas aeruginosa,
couramment utilisé comme antiseptique dans le trai- Escherichia coli).
tement des brûlures chez l’homme. Il sert également
à la désinfection de l’eau potable et peut être incor-
poré dans les peintures antisalissures. Dans l’indus- 2. Description du procédé
trie agroalimentaire, des équipements en argent sont plasma
utilisés, par exemple, pour la manipulation des huiles
essentielles, sirops et jus de fruits. Au niveau domes-
tique, l’intérieur de certains réfrigérateurs et machi- 2.1 Potentialités des films minces
nes à laver est revêtu d’un matériau doté d’inclusions composites métal/polymère
d’argent. plasma
Le mode d’action antimicrobien de l’argent, lorsqu’il Les films minces composites contenant des particu-
est en solution, n’est pas encore clairement élucidé. les métalliques encapsulées dans des matrices isolan-
La majorité des études reportées dans la littérature tes ont été largement étudiés pendant ces dernières
concernent le domaine médical. L’hypothèse la plus décennies. Une méthode pertinente pour la prépara-
probable concerne la liaison de l’argent aux groupe- tion de ces matériaux mixtes métal-polymère plasma
ments thiols des molécules biologiques présentes à la a été décrite dans la littérature [8] [9]. Cette techni-
surface des micro-organismes, inhibant ainsi leur que de dépôt permet d’obtenir des films très minces
activité. L’action antimicrobienne de l’argent est entre 10 et 1 000 nm d’épaisseur. Le changement des
retrouvée pour des concentrations minimes pour les- propriétés tant électriques qu’optiques de tels maté-
WX
Traitements de surface des métaux par voie sèche et en
milieu fondu
(Réf. Internet 42360)
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Galvanisation à chaud
Principe
par Danièle QUANTIN
Coordination des Centres de recherche
Innovation Recherche et Développement Arcelor
S
1. Protection anticorrosion des aciers par le zinc .............................. M 1 530 - 2
1.1 Zinc et produits de corrosion...................................................................... — 2
1.2 Protection électrochimique ......................................................................... — 2
2. Réaction de galvanisation ..................................................................... — 3
2.1 Formation des alliages interfaciaux ........................................................... — 3
2.2 Diagrammes d’équilibre. Caractérisation des phases .............................. — 3
2.2.1 Diagramme Fe-Zn ............................................................................... — 3
2.2.2 Diagramme Zn-Al ............................................................................... — 4
2.2.3 Diagramme Zn-Fe-Al .......................................................................... — 4
2.3 Paramètres de la réaction ........................................................................... — 4
2.3.1 Composition de l’acier ....................................................................... — 4
2.3.2 Composition du bain .......................................................................... — 6
2.3.3 Température du bain .......................................................................... — 6
3. Étapes principales d’une opération de galvanisation.................... — 7
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. M 1 532
e zinc est un des métaux les plus utilisés comme protection anticorrosion
L pour la galvanisation mais aussi pour l’électrozingage, la métallisation, les
peintures riches en zinc, les dépôts en phase vapeur, la shérardisation.
Un revêtement par galvanisation à chaud assure, grâce au recouvrement de
l’acier par le zinc, une double protection, d’une part physico-chimique en raison
de l’effet barrière isolant l’acier de l’atmosphère, cette barrière perdurant à cause
de la formation de sels de zinc protecteurs, d’autre part électrochimique due à
l’effet de protection cathodique apporté par le zinc vis-à-vis du fer.
Le revêtement galvanisé n’est pas un simple dépôt de zinc à la surface de
l’acier. Il se produit une réaction métallurgique de double diffusion entre le zinc
et le fer qui conduit à la formation de couches d’alliages Fe-Zn, composés inter-
métalliques, liées à la fois aux caractéristiques des aciers à galvaniser mais aussi
aux conditions opératoires.
p。イオエゥッョ@Z@ウ・ーエ・ュ「イ・@RPPT
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur M 1 530 − 1
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Cela s’explique par deux phénomènes : L’électrode ayant le potentiel le moins électronégatif est la
— les caractéristiques des produits de corrosion du zinc ; cathode. On y observe les phénomènes de réduction (gain d’élec-
trons) donc de protection.
S
— la protection sacrificielle apportée par le zinc aux substrats
ferreux. Sur une échelle des potentiels d’équilibre des différents métaux,
on constate que le zinc se place au niveau – 0,76 V/EHN et le fer à
– 0,44 V/EHN.
1.1 Zinc et produits de corrosion S’il apparaît des discontinuités dans le revêtement de zinc appli-
qué sur l’acier (blessure), et en présence d’humidité, il y aura for-
■ Propriétés physiques mation d’une pile où le zinc sera anode et le fer cathode. Ce dernier
— Symbole : Zn. sera donc protégé par le zinc qui se dissoudra dans une réaction
— Masse atomique : 65,38. cathodique lente dont la cinétique définira la durée de protection.
— Masse volumique : 7,14 g /cm3. L’attaque du zinc se fera avec formation d’oxydes, d’hydroxydes,
— Température de fusion : 419 oC. d’hydrocarbonates..., fonction des conditions ambiantes, sels à
caractère protecteur conduisant à une cicatrisation locale de la dété-
— Température d’ébullition : 907 oC.
rioration du revêtement (figure 1).
■ Réactivité chimique
Le zinc est en lui-même un métal qui ne présente pas une grande Un revêtement par galvanisation à chaud assure, grâce au
stabilité thermodynamique. En présence d’agents oxydants, même recouvrement de l’acier par le zinc, une double protection :
peu violents, il s’oxyde très rapidement, libérant des ions Zn++ — physico-chimique : effet barrière isolant l’acier de l’atmo-
(Zn → Zn++ + 2e–). sphère, cette barrière perdurant à cause de la formation de sels
Cependant, les ions Zn++ ainsi émis peuvent en général précipiter de zinc protecteurs ;
pour donner avec d’autres espèces chimiques présentes des pro- — électrochimique : due à l’effet de protection cathodique
duits de corrosion peu solubles et ayant donc un rôle protecteur, apporté par le zinc vis-à-vis du fer qui se fait sentir à l’aplomb
comme : des blessures de revêtement.
— le carbonate de zinc, le plus compact, ZnCO3 ;
— un hydroxycarbonate, Zn5 (CO3)2(OH)6 ;
— l’hydroxyde de zinc, Zn (OH)2 .
Sels de zinc
On peut aussi avoir des oxy- ou hydrochlorures dont l’effet pro- Zinc
tecteur est plus faible.
La vitesse de corrosion, une fois cette couche de produits formée,
sera fonction de la vitesse de diffusion des espèces réactives telles Acier Acier
que l’oxygène au travers de la couche et de leur solubilisation éven-
tuelle.
a protection active b cicatrisation
Les conditions atmosphériques, avec alternance de phases
sèches et humides, permettent la formation des sels précédemment
cités. C’est en fait la compacité de ces couches liée au pH, à la pré-
sence de carbonate, etc., qui fera la protection du zinc, et donc la
durabilité (si ces produits ne sont pas éliminés par raclage méca- Peinture ou métal Fe2O3
nique, lessivage, etc.) car elles créent un milieu confiné entre zinc plus noble que Fe
et milieu extérieur favorable à la formation de sels de plus en plus
protecteurs.
Par contre, la présence de SO2 dans l’atmosphère conduit à des Acier
transformations des produits protecteurs en sulfite de zinc puis en Acier
sulfate soluble avec ensuite destruction du revêtement (suppression
de la barrière passivante). c protection barrière d soulèvement-dégradation
du revêtement par les produits
de corrosion de l’acier
La longévité d’un dépôt de zinc est, pour un type d’atmo-
sphère et en un lieu donné, à peu près proportionnelle à son
Figure 1 – Deux cas possibles de protection :
épaisseur.
active ou sacrificielle (a-b ), passive ou barrière (c-d )
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
M 1 530 − 2 © Techniques de l’Ingénieur
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Galvanisation à chaud
Procédés
par Danièle QUANTIN
Coordination des Centres de recherche
Innovation Recherche et Développement Arcelor
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1.2 Précautions à la conception........................................................................ — 2
1.3 Préparation de surface ................................................................................ — 2
1.4 Galvanisation ............................................................................................... — 4
1.5 Contrôles ...................................................................................................... — 7
1.6 Défauts de galvanisation............................................................................. — 7
1.7 Galvanisation au trempé et environnement.............................................. — 7
1.8 Commentaires.............................................................................................. — 8
2. Galvanisation en continu des tôles..................................................... — 8
2.1 Présentation générale ................................................................................. — 8
2.2 Structure d’une ligne................................................................................... — 8
2.3 Paramètres importants................................................................................ — 8
2.4 Défauts types ............................................................................................... — 12
2.5 Mise en œuvre des produits ....................................................................... — 14
2.6 Commentaires.............................................................................................. — 14
3. Galvanisation des fils.............................................................................. — 14
4. Sous-produits ............................................................................................ — 14
4.1 Cendres de galvanisation............................................................................ — 14
4.2 Mattes de galvanisation .............................................................................. — 14
5. Environnement.......................................................................................... — 15
5.1 Protection de l’environnement, fumées et effluents................................. — 15
5.2 Recyclage des déchets de galvanisation ................................................... — 15
5.3 Recyclage des ferrailles zinguées............................................................... — 16
6. Mise en œuvre et propriétés d’usage des produits galvanisés ... — 16
6.1 Caractéristiques des revêtements. Normalisation.................................... — 16
6.2 Protection au stockage ou lors du transport avant mise en œuvre......... — 16
6.3 Découpage. Formage .................................................................................. — 16
6.4 Assemblage.................................................................................................. — 17
6.5 Mise en peinture .......................................................................................... — 17
6.6 Tenue à la corrosion .................................................................................... — 17
6.7 Exemples d’application ............................................................................... — 19
7. Conclusion ................................................................................................. — 19
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. M 1 532
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1. Galvanisation au trempé
Préparation-accrochage
des pièces finies
Dégraissage
1.1 Présentation générale
La protection anticorrosion du fer par une couche de zinc obte- Rinçage
nue par immersion dans un bain de métal fondu a fait son appari-
tion vers la fin du XVIIIe siècle. Avant l’introduction du terme de
« galvanisation » par Stanislas Sorel dans ses brevets déposés Décapage Grenaillage
avec son associé Hector Ledru en 1837, on parlait du procédé sous
l’appellation d’« étamage au zinc ». Le terme de galvanisation fait
référence aux découvertes de Galvani dont le nom est associé à Rinçage
l’action d’un courant électrique. Sorel s’inspira des observations de
Davy qui constata que dans la pile Volta, constituée d’électrodes de
S
zinc et de cuivre, il y en avait une qui était toujours protégée. Sorel
proposa ce principe pour « la conservation » du fer par le zinc.
Chaque fois que l’on a besoin d’une protection anticorrosion de
longue durée et que l’état de surface ne requiert pas une régularité Fluxage Fluxage
parfaite, on peut utiliser la galvanisation au trempé. Les pièces ainsi (flux fondu
traitées sont recouvertes d’une couche épaisse d’alliages fer-zinc et au-dessus
de zinc leur conférant une grande durée de vie. La contrepartie est du bain)
Séchage
un aspect de surface parfois irrégulier. Si le client le souhaite, les
pièces peuvent être peintes soit en atelier immédiatement après
galvanisation, soit ultérieurement après un traitement de surface Galvanisation
Galvanisation
approprié. par voie sèche par voie humide
Cette technique concerne deux types d’activités :
— initialement, elle s’adresse à des pièces ou des ensembles
prêts à l’utilisation (produits finis). Le traitement se fait en atelier
et s’applique à des pièces telles que : poteaux télégraphiques, élé- Refroidissement
ments de pylônes de grande hauteur (EDF), glissières de sécurité,
trémies de silos agricoles, rambardes de protection, éléments de
charpentes métalliques, éléments de wagons SNCF, etc. ; Décrochage-finition
— par la suite, on l’utilisa dans des ateliers de galvanisation inté-
grés (en général sur des demi-produits) : ils complètent des lignes
de fabrication où le produit peut être systématiquement galvanisé Figure 1 – Schéma des étapes de galvanisation à chaud
comme dans les boulonneries, les tréfileries, les forges d’estam-
page, les tuberies, etc.
Les principales étapes du processus sont indiquées sur la figure 1. 1.3 Préparation de surface
On note que l’on peut procéder de différentes façons pour la pré-
paration de surface, pour la galvanisation proprement dite et pour La préparation de surface a pour but de mettre à nu la surface
les traitements ultérieurs. de l’acier et de la protéger jusqu’à son contact avec le zinc.
Comme il a été décrit dans l’article [M 1 530], la qualité du revê-
tement dépendra de la réactivité du métal vis-à-vis du zinc, donc de Elle consiste en une série d’opérations adaptées. Tous les bacs
l’acier, et des différentes étapes de préparation de sa surface. Elle dans lesquels vont s’effectuer les différents traitements ont les
dépendra également de la durée d’immersion des pièces dans le mêmes dimensions, calquées sur celles du bain de zinc.
bain de zinc, de la vitesse d’émersion et des traitements ultérieurs
(centrifugation, vibrage, refroidissement, etc.).
1.3.1 Accrochage
Les pièces sont accrochées à des portiques ou balancelles et vont
1.2 Précautions à la conception y rester durant toutes les opérations conduisant à l’obtention de
pièces galvanisées. Leur positionnement sur les portiques est pri-
Les recommandations relatives à la conception sont décrites dans mordial et doit assurer la libre circulation des liquides comme prévu
la norme NF EN ISO 14713. à la conception des pièces. L’accrochage est également l’occasion
d’examiner les pièces et de déceler la présence de pollutions telles
En règle de base, on prendra en considération les points suivants :
que des traces de peintures, de vernis, de sable sur les pièces de
— les pièces sont accrochées et passent dans une série de bains. fonderie, etc., qui empêcheront les traitements et, par conséquent,
Il faut donc prévoir des orifices permettant aux liquides de pénétrer les réactions fer-zinc. Elles devront donc être éliminées avant de
dans toutes les parties des pièces et de s’écouler librement ; commencer les étapes de galvanisation.
— éviter les corps creux fermés qui risquent d’exploser avec l’élé-
vation de température si des trous d’évents ne sont pas réalisés ; 1.3.2 Dégraissage
— tenir compte des modifications possibles dues au traitement
thermique à 430-460 oC ; Nota : le lecteur pourra se reporter à l’article [M 1 450] Dégraissage.
— tenir compte de l’épaisseur de zinc lors de l’usinage des par- Cette étape est capitale pour la suite. En effet, les traitements se
ties calibrées (passages de boulons ou filetages par exemple). faisant dans des milieux aqueux, il convient d’éliminer toute trace
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de corps gras susceptible d’empêcher la mouillabilité des pièces des défauts, et qu’il faut retraiter. Les chlorures sont facilement récu-
par les liquides de traitement et de polluer les bains suivants (déca- pérables et recyclables.
page, fluxage). Le décapage en bain d’acide chlorhydrique se faisait par la tech-
Plusieurs moyens existent pour dégraisser les pièces. nique d’utilisation dite du « bain mort », c’est-à-dire que le bain est
utilisé jusqu’à épuisement avant d’être remplacé. Aujourd’hui, la
■ Le dégraissage alcalin technique dite du « décapage activé » tend à se généraliser. Il s’agit
C’est la méthode la plus utilisée. Il se fait dans des bains conte- d’un bain régénéré en continu par ajustement de la concentration
nant du carbonate de sodium ou de la soude caustique additionnée en acide chlorhydrique et de celle en fer ou chlorure ferreux. Un tel
de détergents (polyphosphates ou silicates de sodium) et de tensio- bain permet d’avoir une vitesse de décapage optimale et pratique-
actifs à une température comprise entre 60 et 80 oC (il existe de ment constante.
nombreux bains commerciaux efficaces). On peut utiliser l’acide sulfurique, mais celui-ci nécessite une tem-
Il doit être suivi d’un rinçage en eau de ville pour éliminer toute pérature d’environ 70 oC et une extraction rigoureuse des fumées.
trace de produit ainsi que les corps gras surnageant qui auraient Le décapage sulfurique n’est pratiquement plus utilisé.
pu être entraînés lors de la sortie des pièces du bain de dégrais- Le décapage doit être suivi d’un rinçage à l’eau de ville soigné
sage. pour éliminer les sels entraînés en sortie de bain et éviter la pollu-
tion du bain de fluxage qui le suit.
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■ Le dégraissage acide
Le contrôle des bains acides est très facile et permet donc une
Dans ce cas, on utilise des savons agissant en milieu acide. Ils gestion aisée des bains de décapage et leur neutralisation avant
ont l’avantage de ne pas perturber le décapage en cas de mauvais élimination.
rinçage et, de plus, d’initier le décapage. Nota : le lecteur pourra se reporter aux articles Décapage [M 1 455] [M 1 456] [M 1 457].
Sans être impératif, il est conseillé, après le dégraissage acide,
d’opérer un rinçage efficace afin d’éliminer les traces de corps gras
1.3.4 Fluxage
comme ci-dessus.
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(%)
(solide)
ZnO + ZnCl2
40
(cendres)
Air
Acier
30
Zinc
20
10 Acier parfaitement à nu
a galvanisation à sec
0
0 05 10 15 20
NH4Cl (% en masse)
S
Air Eau
Figure 2 – Attaque de l’acier par le flux (Doc. IRSID)
Flux Acier
(NH4Cl + ZnCl2)
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Épaisseur
du revêtement (µm)
pour la galvanisation en fonction de la composition des aciers en 400
silicium et en phosphore :
300
— la classe I :
Si + 2,5 ⭐ 0,090 % et 200
Si ⭐ 0,030 % ; 100
— la classe II : 0
Si + 2,5 P ⭐ 0,110 % et 0 100 200 300 400
Composition de l’acier [en % (Si + 2,5 P) × 1 000]
Si ⭐ 0,040 % ;
— la classe III : a bain Zn - Pb
Si + 2,5 P ⭐ 0,325 % et
500
Épaisseur
du revêtement (µm)
0,150 % ⭐ Si ⭐ 0,250 % et
P ⭐ 0,040 %. 400
S
Cette norme est susceptible d’évoluer dans les années qui 300
viennent. 200
Galveco® .............................. Visé 0 % 0,001 à 0,01 1,0 à 1,8 0,05 à 0,06 0,2 à 0,5
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