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Architecture

et technologie
des ordinateurs
Informatique
Linux
Joëlle Delacroix système
Programmation et al. et réseau
480 pages
4e édition
Dunod, 2017
Joëlle Delacroix
384 pages
Dunod, 2012

Bases de données
Concepts, utilisation et développement,
3e édition
Jean-Luc Hainaut
704 pages
Dunod, 2015
Architecture
et technologie
des ordinateurs

Cours et exercices corrigés

Paolo Zanella
Ancien professeur d’informatique
à l’université de Genève

Yves Ligier
Membre du comité de direction
d’une institution genevoise
Ancien enseignant en informatique

Emmanuel Lazard
Maître de conférences à l’université Paris-Dauphine

6e édition
Illustration
Illustration de couverture
de couverture : – 123RF
: © scanrail
Binary code © iStock.com/fatido

© Dunod,
© Dunod, 2003,
1991, 2005,
1993, 2008,
1998, 2011,
2005, 2015
2013, 2018
11 rueLaromiguière,
5 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
75005 Paris
www.dunod.com
www.dunod.com
ISBN 978-2-10-078459-2
978-2-10-072705-6
Table des matières
Avant-propos de la sixième édition

Chapitre 0 – Informatique et société 1

Chapitre 1 – Histoire de l’ordinateur 9


1.1 Introduction 9
1.2 Développement historique et conceptuel 10
1.3 Progrès au XIXe siècle 12
1.4 XXe siècle 14
1.5 Naissance de l’ordinateur : 1945 15
1.6 Naissance de l’industrie informatique 17
1.7 Évolution du matériel informatique 18
1.8 Évolution du logiciel 20
1.9 L’informatique au XXIe siècle 21

Chapitre 2 – Présentation générale 23


2.1 Ordinateur et informatique 23
2.2 Principaux éléments d’un ordinateur 24
2.3 Valeurs et acteurs de référence 26
2.4 Principes de fonctionnement du matériel 30
2.5 Développement de logiciel 35
2.6 Utilisation des ordinateurs 37
2.7 Conclusion 39
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

Chapitre 3 – Représentation interne des informations 41


3.1 Introduction 41
3.2 Données non numériques 42
3.2.1 UNICODE - ISO/IEC 10646 43
3.3 Données numériques 51
3.3.1 Entiers positifs ou nuls 52
3.3.2 Entiers négatifs 54
3.3.3 Nombres réels 57
3.3.4 Décimaux codés en binaire 61
Exercices 63
VI Architecture et technologie des ordinateurs

Chapitre 4 – Encodage de l’information 69


4.1 Codes détecteurs et correcteurs d’erreurs 69
4.1.1 Codes auto-vérificateurs 70
4.1.2 Codes auto-correcteurs 70
4.1.3 Détection d’erreurs groupées 75
4.2 Compression 78
4.2.1 Codage de Huffman 79
4.2.2 Codage de Lempel-Ziv-Welch (LZW) 80
4.2.3 Run Length Encoding (RLE) 81
4.2.4 JPEG 82
4.2.5 Ondelettes 82
4.2.6 JPEG 2000 84
4.3 Chiffrement 86
4.3.1 Data Encryption Standard (DES) 87
4.3.2 Algorithme RSA 88
4.3.3 Pretty Good Privacy (PGP) 88
Exercices 89

Chapitre 5 – Circuits logiques 93


5.1 Notion de circuit logique 93
5.2 Circuits combinatoires 93
5.2.1 Algèbre de Boole 94
5.2.2 Fonctions d’une variable 94
5.2.3 Fonctions de deux variables 94
5.2.4 Synthèse d’un circuit combinatoire 100
5.2.5 Analyse d’un circuit combinatoire 105
5.2.6 Multiplexeurs et démultiplexeurs 106
5.2.7 Décodeurs - Codeurs - Transcodeurs 107
5.3 Circuits séquentiels 110
5.3.1 Concept d’automate fini 111
5.3.2 Circuits asynchrones et synchrones 113
5.3.3 Bascules 114
5.3.4 Synthèse d’un circuit séquentiel 119
5.3.5 Analyse d’un circuit séquentiel 121
Exercices 123

Chapitre 6 – Composants électroniques 131


6.1 Électrons dans la matière 131
6.2 Électrons dans le vide 133
6.3 Conductivité 133
Table des matières VII

6.3.1 Conducteurs 134


6.3.2 Isolants 134
6.3.3 Semi-conducteurs 134
6.4 Diode 137
6.5 Transistors 138
6.5.1 Transistor bipolaire 139
6.5.2 Transistor à effet de champ 141
6.6 Circuits intégrés 143
6.7 Circuits de base 149
Exercices 153

Chapitre 7 – Mémoires 157


7.1 Généralités et définitions 157
7.1.1 Hiérarchie des mémoires 157
7.1.2 Organisation des informations 160
7.2 Mémoire centrale 161
7.2.1 Mémoires à semi-conducteurs 162
7.2.2 Structure physique de la mémoire centrale 167
7.3 Mémoire cache 168
7.4 Mémoires auxiliaires 169
7.4.1 Enregistrement magnétique 170
7.4.2 Disques magnétiques 175
7.4.3 Disques optiques numériques 178
7.4.4 Cartouches et bandes magnétiques 183
7.4.5 Disques SSD 185
7.4.6 Gestion du stockage 187
Exercices 191

Chapitre 8 – Unité centrale de traitement 195


8.1 Architecture 195
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

8.2 Unité de commande 196


8.3 Synchronisation des opérations 198
8.4 Séquenceur 199
8.5 Niveaux de programmation 201
8.6 Structure des instructions niveau machine 202
8.7 Jeu d’instructions 204
8.8 Registres du CPU 205
8.9 Adressage des opérandes 208
8.10 Taille de l’adresse et taille de la mémoire 209
8.11 Unité arithmétique et logique (UAL) 210
Exercices 210
VIII Architecture et technologie des ordinateurs

Chapitre 9 – Superordinateurs et microprocesseurs 213


9.1 Introduction 213
9.1.1 Accroissement de la puissance des ordinateurs 214
9.1.2 Technologie et performance 217
9.1.3 Évaluation de la performance 220
9.2 Superordinateurs 223
9.3 Microprocesseurs 225
9.3.1 Microprocesseur et micro-ordinateur 225
9.3.2 Évolution des microprocesseurs 225
9.3.3 Micro-ordinateurs 229
9.3.4 Performances 232
9.4 Machines parallèles 233
9.4.1 Histoire et évolution des idées 233
9.5 Parallélisme 236
9.5.1 Parallélisme et applications 237
9.5.2 Toujours plus vite 238
9.6 Évolution de l’architecture du CPU 239
9.6.1 Architectures RISC et CISC 239
9.6.2 Amélioration des performances 241
9.6.3 Tendances futures 249
9.6.4 L’importance du logiciel 250
9.6.5 Conclusions 250

Chapitre 10 – Entrées / sorties 251


10.1 Évolution 251
10.2 Clavier 253
10.3 Souris et autres dispositifs de pointage 254
10.4 Écrans 255
10.4.1 Écrans cathodiques 255
10.4.2 Écrans plats 260
10.5 Imprimantes 268
10.5.1 Imprimantes avec impact 269
10.5.2 Imprimantes sans impact 270
10.5.3 Traceurs 274
10.5.4 Imprimantes 3D 274
10.6 Scanners 276
10.7 Identification et surveillance 277
10.8 Architectures et procédures d’entrées/sorties 281
10.8.1 Système d’interruption 281
10.8.2 Accès direct à la mémoire (DMA) 284
10.8.3 Canaux d’entrées/sorties 286
Table des matières IX

10.8.4 Contrôleur de périphériques 288


10.8.5 Bus 289
10.9 Principaux bus d’extension 290
10.9.1 Bus locaux 290
10.9.2 Bus externes 292
10.9.3 Bus local et externe 296
Exercices 297

Chapitre 11 – Réseaux 299


11.1 Introduction 299
11.2 Voies de transmission 301
11.2.1 Transmissions série et parallèle 302
11.2.2 Modes de transmission et synchronisation 302
11.2.3 Modes d’exploitation d’une voie de transmission 304
11.2.4 Bande passante et capacité 304
11.3 Transmission analogique et modulation 306
11.3.1 Transmission analogique 306
11.3.2 Modulation d’amplitude, de fréquence et de phase 306
11.4 Transmission digitale et modulation 308
11.4.1 Transmission digitale ou numérique 308
11.4.2 Modulation par impulsion et codage 309
11.5 Multiplexage 310
11.6 Topologie et protocoles 312
11.6.1 Types de réseaux 312
11.6.2 Techniques de commutation de données 313
11.6.3 Topologie 314
11.6.4 Protocoles 316
11.6.5 Modèle ISO-OSI 316
11.6.6 Connexions entre réseaux 319
11.6.7 Protocole HDLC 319
11.6.8 Méthodes d’accès dans les réseaux locaux 320
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

11.6.9 Exemple de réseau local : Ethernet 322


11.7 Développement des réseaux 324
11.7.1 Standard FDDI 324
11.7.2 Évolution de la commutation par paquets 325
11.7.3 Relais de trames 325
11.7.4 Relais de cellules 326
11.7.5 Réseau numérique à intégration de services 327
11.7.6 ADSL 327
11.7.7 Réseaux locaux sans fil 328
11.7.8 Réseaux mobiles 330
X Architecture et technologie des ordinateurs

11.7.9 Sécurité des réseaux 330


11.8 TCP/IP : protocoles d’Internet 332
Exercices 337

Chapitre 12 – Systèmes d’exploitation 343


12.1 Introduction au logiciel d’exploitation 343
12.2 Évolution des systèmes d’exploitation 344
12.2.1 Préhistoire 344
12.2.2 Systèmes par lots 345
12.2.3 Vers l’indépendance des entrées/sorties 346
12.2.4 Multiprogrammation 347
12.2.5 Temps partagé 348
12.3 Caractéristiques des systèmes d’exploitation 349
12.3.1 Exploitation des ressources 350
12.3.2 Virtualisation de la machine 351
12.3.3 Machine à deux états 352
12.3.4 Notions de programme, processeur et processus 353
12.3.5 Structure d’un système d’exploitation moderne 354
12.4 Noyau 356
12.4.1 Allocation du CPU 356
12.4.2 Gestion des interruptions 357
12.4.3 Support de l’environnement des processus 357
12.5 Gestion de la mémoire centrale 359
12.5.1 Partitions de taille fixe 360
12.5.2 Partitions de taille variable 360
12.5.3 Translation dynamique et protection 362
12.5.4 Segmentation 363
12.5.5 Mémoire virtuelle 365
12.5.6 Pagination 365
12.6 Organisation des entrées/sorties 373
12.6.1 Quelques aspects du problème 374
12.6.2 Une approche répandue 374
12.7 Gestion de fichiers 376
12.7.1 Pourquoi un système de fichiers ? 376
12.7.2 Objectifs 377
12.7.3 Enregistrements logiques et physiques 378
12.7.4 Gestion des ressources disques 379
12.7.5 Catalogues 379
12.7.6 Méthodes d’accès 381
12.7.7 Intégrité et sauvegarde 381
12.7.8 Performance 382
Table des matières XI

12.7.9 Serveurs de fichiers 383


12.8 Allocation des ressources 383
12.8.1 Grappes de serveurs et grilles 384
12.9 Interface utilisateur 384
12.10 Virtualisation 386
12.11 L’informatique dans les nuages 388
12.11.1 Cloud grand public 388
12.11.2 Cloud d’entreprise 389
12.12 Systèmes actuels 390
12.12.1 Systèmes pour smartphones 391
12.12.2 Systèmes pour ordinateurs personnels 392
12.12.3 Systèmes pour ordinateurs centraux 395
Exercices 398

Chapitre 13 – Langages de programmation 401


13.1 Langage machine 401
13.2 Traduction et interprétation 402
13.3 Assembleur 403
13.3.1 Codes opérations mnémoniques 404
13.3.2 Opérandes et étiquettes 404
13.3.3 Littéraux 404
13.3.4 Directives 405
13.3.5 Expressions arithmétiques 405
13.3.6 Macros et sous-programmes 406
13.4 Fonctionnement de l’assembleur 410
13.4.1 Macro-assembleur et cross assembleur 411
13.5 Développement d’un programme 412
13.5.1 Éditeur de texte 412
13.5.2 Éditeur de liens 414
13.5.3 Chargeur 415
13.5.4 Débogueur 417
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

13.6 Langages évolués 417


13.6.1 Définition d’un langage 417
13.6.2 Concepts de base des langages évolués 419
13.6.3 Exemples de langages évolués 420
13.6.4 Approche orientée objet 425
13.6.5 Intelligence artificielle 428
13.6.6 Éléments d’un langage de programmation 432
13.7 Compilation 433
13.7.1 Structure d’un compilateur 433
13.7.2 Analyse lexicale 434
XII Architecture et technologie des ordinateurs

13.7.3 Analyse syntaxique 435


13.7.4 Analyse sémantique 436
13.7.5 Génération de code intermédiaire 436
13.7.6 Optimisation de code 436
13.7.7 Génération de code objet 437
13.7.8 Table des symboles 437
13.7.9 Traitement des erreurs 437
13.7.10 Passes d’un compilateur 438
13.7.11 Portabilité des programmes 438
13.7.12 Machines virtuelles 439
13.7.13 Cross compilation 440
Exercices 441

Chapitre 14 – Génie logiciel 447


14.1 Définition 447
14.2 Organisation de projet 449
14.2.1 Projet informatique 449
14.2.2 Équipe de projet 450
14.2.3 Livrables 452
14.2.4 Industrialisation du processus de développement 456
14.3 Cycles de vie du logiciel 458
14.3.1 Activités génériques 458
14.3.2 Modèles de cycles de vie 459
14.3.3 Modélisation 465
14.3.4 Architecture n-tiers 470
14.3.5 Qualité 471
14.4 Système d’information 473
14.4.1 Système d’information et système informatique 473
14.4.2 Urbanisation d’un SI 474
14.5 Standard ouvert et logiciel libre 476
14.5.1 Standards ouverts 477
14.5.2 Logiciel libre et Open Source 477
14.6 Transformation numérique 479
Exercices 480

Chapitre 15 – Structures de données 483


15.1 Types et structures 483
15.1.1 Vecteurs 485
15.1.2 Tableaux 485
15.1.3 Listes 486
15.1.4 Arbres 487
Table des matières XIII

15.1.5 Queues 488


15.1.6 Piles 489
15.1.7 Tables 489
15.2 Fichiers 494
15.2.1 Notion d’enregistrement 495
15.2.2 Types de fichiers 495
15.3 Bases de données 496
15.3.1 Définition 496
15.3.2 Modèle hiérarchique 498
15.3.3 Modèle réseau 498
15.3.4 Modèle relationnel 498
15.3.5 Modèle à objets 501
15.3.6 Modèle distribué 501
15.3.7 De l’objet au relationnel 502
15.4 Big data 504
15.5 Blockchain 505
Exercices 508

Chapitre 16 – Multimédia 509


16.1 Définition 509
16.2 Audionumérique 510
16.3 Images 513
16.3.1 Images fixes 513
16.3.2 Images animées et vidéo 523
16.4 Réalité virtuelle versus réalité améliorée 527
16.5 Dispositifs d’interaction 535
16.6 Multimédia et les cinq sens 536

Chapitre 17 – Internet 539


17.1 Internet 539
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

17.1.1 Origines 539


17.1.2 Protocole TCP/IP 540
17.1.3 Accès à Internet 540
17.1.4 Outils d’Internet 542
17.2 World Wide Web 542
17.2.1 Origines 542
17.2.2 Localisateurs URL 543
17.2.3 Langage HTML 544
17.2.4 Clients et serveurs web 546
17.2.5 Norme CGI 547
17.2.6 Intranet 548
XIV Architecture et technologie des ordinateurs

17.3 Internet et Sécurité 549


17.3.1 Clé de chiffrement, clé publique 550
17.3.2 Signature 551
17.3.3 Certificats 552
17.3.4 PKI 553
17.3.5 SSL 553
17.3.6 PGP [Pretty Good Privacy] 554
17.3.7 IPSec [Internet Protocol Security] 554
17.3.8 SSO [Single Sign On] 555
17.3.9 Menaces 555
17.4 Accès à l’information 560
17.4.1 Guides spécialisés 560
17.4.2 Hiérarchies thématiques 560
17.4.3 Moteurs de recherche 561
17.4.4 Agents intelligents 562
17.4.5 Le web sémantique 562
17.5 Programmation et Internet 563
17.5.1 Langage Java 564
17.5.2 PHP 565
17.5.3 JavaScript 565
17.5.4 Norme CORBA 566
17.6 L’Internet des objets 566
17.6.1 Développement rapide des objets connectés 566
17.6.2 Technologies sans fil 567
17.6.3 Exemples de technologies sans fil 568
Exercices 570

Conclusion 571

Documents photographiques 573

Ouvrages recommandés 579

Glossaire 581

Index 595
Avant-propos de la 6e édition

L’informatique a été l’une des disciplines marquantes du XXe siècle et elle est au premier
plan de tout développement scientifique, technologique et sociétal du XXIe siècle.
L’impact sur la société est déterminant, tous les secteurs de l’économie, de la science
jusqu’à la vie de tous les jours, au bureau, à la maison, dans la voiture, subissent
d’importantes mutations.
L’évolution technologique rapide du monde informatique a réduit considérablement la
durée de vie du matériel et du logiciel informatiques, ce qui rend nécessaire une mise à
jour régulière de cet ouvrage. La première édition est parue en 1989, la deuxième en
1993, la troisième en 1998, la quatrième en 2005 et la cinquième en 2013. Bien que les
concepts présentés dans les éditions précédentes soient toujours valides et présents, cette
sixième édition a permis d’intégrer les dernières évolutions technologiques.
Cet ouvrage peut être parcouru de manière non séquentielle. Le chapitre 2 (Présentation
générale) sert de chapitre de référence à partir duquel il est possible de passer à n’importe
quel autre chapitre. Ainsi, certains chapitres techniques, tel que le chapitre 5 sur les
circuits logiques, ne doivent pas constituer un obstacle rédhibitoire pour le lecteur.
Comment fonctionnent les ordinateurs, tant au niveau matériel que logiciel ? Les pages
qui suivent apportent une réponse à cette question en faisant la synthèse des éléments
qui jouent un rôle important dans la structure matérielle et logicielle des ordinateurs.
Comment passe-t-on d’un électron à Internet ? C’est l’ambition de cet ouvrage de
répondre à cette question de la manière la plus abordable possible.
L’informatique touche de plus en plus de personnes et de domaines, mais cette discipline
ne fait pas encore partie des enseignements de base. On constate un manque flagrant de
connaissances de la plupart des utilisateurs. Cet ouvrage permet à toute personne
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

désireuse d’appréhender les connaissances de base indispensables pour interagir et


maîtriser l’outil informatique.
Ce livre est suffisamment détaillé pour servir d’ouvrage de base aux informaticiens, mais
il est aussi suffisamment progressif pour permettre à toute personne, sans connaissances
préliminaires, de s’initier à l’informatique.
Est-il nécessaire de connaître les mécanismes essentiels du fonctionnement des
ordinateurs ? Oui, si l’on désire être un spectateur privilégié et averti, capable d’apprécier
pleinement l’évolution spectaculaire du monde informatique. En effet, il faut pour cela
une bonne connaissance de l’architecture des ordinateurs, du matériel et de
l’organisation logicielle puisque ces éléments, ainsi que leur évolution, sont intimement
XVI Avant-propos de la 6e édition

liés. Dans cet ouvrage, nous avons essayé de mettre en valeur les concepts durables, les
fondements de l’informatique, mais nous essayons aussi de présenter les idées nouvelles
et les innovations technologiques prometteuses qui éclosent dans ce monde en
perpétuelle mutation.
Cet ouvrage est utilisé pour l’enseignement informatique de base dans différentes filières
de différentes écoles et universités.
Ce livre se compose de trois parties. La première partie (chapitres 1 à 6) présente les
notions de mathématique, de logique, de physique, d’électronique, d’informatique et
son histoire qui, à notre avis, doivent faire partie de la culture de base de tous ceux qui
se passionnent pour le monde des ordinateurs et de l’informatique. La deuxième partie
(chapitres 7 à 11) montre l’architecture et la réalisation matérielle des ordinateurs depuis
les microprocesseurs jusqu’aux superordinateurs et aux réseaux. La troisième partie
(chapitres 12 à 17) décrit l’organisation logicielle des différents programmes nécessaires
à l’exploitation des ordinateurs. Une liste d’ouvrages de référence permet d’approfondir
les différentes notions. Un glossaire, donnant une explication claire et concise des termes
les plus importants, ainsi qu’un index, complètent cet ouvrage.
Toutes les notions présentées sont illustrées par de nombreuses figures. Plutôt que de se
baser sur des machines hypothétiques ou sur une machine particulière, nous avons
préféré montrer les principes concrets utilisés dans les machines actuelles et celles
réalisées au cours de la brève histoire de l’ordinateur.
À la fin des chapitres (excepté les chapitres purement théoriques) se trouvent des
exercices ainsi que leur solution détaillée. Ils permettent de mieux comprendre les
problèmes pratiques que l’on rencontre aux différents niveaux de conception d’un
système informatique. Ils seront, nous l’espérons, appréciés par les enseignants qui
veulent intégrer des séries d’exercices à leurs cours théoriques.
Comme la langue anglaise est largement utilisée en informatique, nous mentionnons les
termes les plus importants, entre crochets, lors de la première apparition du
correspondant français (exemple : logiciel [software]).
Nous tenons à remercier les personnes qui ont aidé à l’élaboration de cet ouvrage, que
ce soit par leurs idées, leurs commentaires, leur relecture ou leur implication plus forte
dans la rédaction d’un chapitre. Nous adressons des remerciements tout particuliers à
Catherine Marti pour son active participation aux premières éditions. Merci à Olivier
Baujard et Constantin Sandru pour leur aide précieuse. Depuis la cinquième édition,
Emmanuel Lazard nous a rejoint comme co-auteur pour apporter son expertise du
monde informatique. Merci à nos familles pour leur patience et leur compréhension.
Chapitre 0
Informatique et société
La recherche scientifique, les grandes découvertes et les inventions du XIXe siècle sont à
l’origine de la révolution industrielle et du développement économique basé sur
l’innovation technologique. La première moitié du XXe siècle restera l’un des moments
les plus passionnants de l’épopée humaine. Les empires ainsi que les valeurs d’une
époque s’effondrent. La poésie et la peinture sont profondément redéfinies pendant que
la musique est en rupture sur fond d’essoufflement du romantisme. Musiques nouvelles
d’une part, mais simultanément révolution technique avec l’enregistrement, qui en
permet la captation, alors que la stéréophonie vient d’apporter un nouveau raffinement.
L’art s’enrichit de moyens d’expression comme la photographie, le cinéma et la TV.
L’art et la science absorbent le choc technologique et poursuivent leurs chemins
parallèles.
Au XXe siècle, la physique fait des progrès sans précédent dans la connaissance de la
matière jusqu’à ses composants élémentaires, qui amènent à la découverte de nouveaux
matériaux et de nouvelles sources d’énergie. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la
biologie, après la découverte de la structure de l’ADN et le grand projet du génome
humain, ouvre la voie à l’étude des causes des maladies et de leurs soins. Les nouvelles
connaissances au niveau moléculaire stimulent les recherches sur les mécanismes
élémentaires de la vie qui révèlent une nature basée sur l’information et la
communication. La société humaine qui s’était transformée d’agricole et artisanale à
industrielle, est ainsi devenue société de l’information et de la connaissance. Cela a
apporté une grande variété de services et de produits nouveaux aux citoyens et aux
entreprises et c’est en train de changer notre monde et notre vie quotidienne. Cette
nouvelle révolution s’est appuyée sur l’ordinateur, inventé en 1945 et apparu sur le
marché dès 1950, réalisant ainsi un ancien rêve et répondant à une demande croissante.
Les technologies de l’information et de la communication (TIC) [ICT: Information and
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Communication Technology] se sont développées grâce à l’invention du transistor, des


circuits intégrés et des fibres optiques, permettant la création de systèmes de calcul
puissants ainsi que le traitement, le stockage et la transmission de grandes quantités de
données. Les méthodes et l’approche de la recherche en physique des particules ont
évolué, produisant des résultats spectaculaires, suivies par l’exploration de l’espace et la
biologie moléculaire qui toutes ont bénéficié de l’apport des TIC. De nouvelles
disciplines sont apparues telle la bio-informatique. Depuis les années quatre-vingt-dix,
l’innovation technologique est basée sur le développement de la microélectronique, des
fibres optiques, d’Internet et de la toile. Si le réseau et l’ordinateur sont responsables du
déluge d’informations qui nous submerge, ils sont aussi les seuls moyens disponibles
pour résoudre ce problème.
2 Chapitre 0

Aujourd’hui, nous avons les moyens de résoudre des problèmes complexes dans les
disciplines scientifiques, techniques ou humaines, grâce au progrès des TIC qui avancent
sans fléchir. Un circuit intégré de la première génération (1971) pouvait contenir un
bon millier de transistors sur une surface de 2 cm2. En 2017, on peut y placer quelques
milliards de transistors pour en faire un microprocesseur multicœur ! Le nombre de
transistors nous donne une idée de la complexité d’un tel système et des difficultés des
problèmes qu’il peut traiter, ainsi que des connaissances nécessaires pour réaliser ces
solutions. Pour développer de telles machines et des systèmes qui les exploitent, il faut
des équipes multidisciplinaires composées d’experts et de jeunes chercheurs. Le modèle
unifiant les activités de recherche dans les sciences et l’industrie se base sur les ressources
disponibles. Les solutions doivent tenir compte du débit des données à traiter, et des
contraintes de temps imposées à la production des résultats.
Réflexions sur le paradigme : Formation-Recherche-Technologie-Innovation
Dès 2007 le monde a été secoué par une grande crise financière d’abord et économico-
industrielle ensuite, qui a balayé entreprises et lieux de travail et mis en difficulté de
nombreux pays. La reprise est lente, mais les crises et les récessions finissent tôt ou tard
et produisent à moyen terme des effets positifs en donnant lieu à des nouvelles
opportunités que nous devons être prêts à cueillir.
Pour relancer l’économie, les entreprises et les instances publiques doivent investir en
formation technique et scientifique, en recherche et développement technologique ainsi
qu’en innovation. Sans quoi on risque de rester à la traîne. Sans des universités
modernes, des centres d’excellence et des entreprises compétitives, il est difficile de faire
de la recherche ayant un impact réel sur l’économie. En ce qui concerne les TIC, leur
rapport avec l’innovation est très solide et peut créer des opportunités pour les
entreprises. La révolution informatique est vigoureuse et les TIC auront sans aucun
doute un futur éclatant.
Dans un monde numérique le progrès se base sur les TIC. Il faut développer de nouvelles
applications et les adapter aux nouvelles exigences. L’informatique est reconnue comme
essentielle au progrès des sciences et comme facteur habilitant les entreprises à
augmenter leur efficacité et leur compétitivité.
Considérations sur le développement post-industriel
L’ordinateur est devenu un produit industriel il y a plus de 60 ans. Avant lui, le
développement de nouvelles idées, de prototypes et de réalisations durait des siècles.
L’ordinateur n’a pas été une exception. La durée de sa gestation peut être estimée à trois
siècles. Mais, après sa conception, le monde industriel a subi une accélération
extraordinaire, précédée par une augmentation des innovations technologiques et des
investissements humains et financiers dans la recherche et le développement.
Dès 1950, la recherche scientifique et l’innovation technologique ont entamé une
croissance extrêmement rapide, qui a engendré les changements continus de notre
époque. De nouveaux secteurs industriels ont fait leur apparition tels que les TIC, la
microélectronique, le nucléaire, les énergies renouvelables, les transports modernes et
récemment dans le sillage de la nouvelle biologie moléculaire, on assiste à l’essor
d’entreprises dans les secteurs du biomédical et des biotechnologies.
Informatique et société 3

Ces nouvelles entreprises sont caractérisées par un engagement important dans la


recherche et visent l’excellence. La capacité d’innovation est donc un facteur décisif pour
réussir dans une compétition globale où les pays sont classés selon leur niveau de
développement économique.
Les étapes marquantes de l’évolution des TIC sont : l’invention du transistor (1949)
puis celle du microprocesseur (1971) et ensuite, dans les années quatre-vingt,
l’apparition des PC, des réseaux locaux et nationaux, des superordinateurs parallèles
extrêmement performants, ainsi que le développement de logiciels toujours plus
complexes appliqués à ces systèmes. Les années quatre-vingt-dix ont vécu la révolution
du web et d’Internet qui se sont imposés dans le monde entier.
L’accélération du progrès technologique de ces 60 dernières années a été
impressionnante et ne donne à ce jour aucun signe de ralentissement. La suite
« recherche-technologie-innovation » a créé de nouvelles sources de bien-être au fil de
ces dernières décennies. Ainsi, à l’aube du IIIe millénaire, nous sommes entrés dans la
société de l’information et de la connaissance, qui s’appuie sur des plateformes et des
infrastructures tributaires de la science et de la technologie de l’information. Les
différences entre pays se modifient rapidement. Pendant que certains émergent à grande
vitesse, d’autres ont de la peine à suivre les plus avancés. Désormais, le monde change à
la vitesse des ordinateurs et d’Internet !
Perspectives futures
La vitalité des entreprises modernes s’exprime grâce à la fertilité des nouvelles
technologies telles qu’Internet, la téléphonie mobile, les systèmes multimédias, ou les
opportunités offertes par les applications en médecine et dans la santé publique ainsi
que dans les domaines de l’énergie et de l’environnement. Le progrès technologique et
la diffusion des réseaux permettent de transporter des centaines de Gbit/s sur notre
planète et de réaliser de puissants moteurs de recherche. Ainsi, a-t-on conçu des réseaux
sociaux et toute une série d’applications internet créées par des jeunes entrepreneurs
familiarisés avec les TIC et capables de capter les besoins de la jeunesse.
En même temps, les progrès faits par le calcul parallèle ont permis la mise en œuvre de
systèmes ayant une capacité de calcul de plusieurs pétaflops (un million de milliards
d’opérations par seconde), et une mémoire de plusieurs dizaines de pétaoctets. Mais que
peut-on faire avec de tels systèmes ? On peut par exemple, explorer les profondeurs de
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la terre à l’aide de méthodes d’imagerie géophysique pour découvrir des gisements de


pétrole ou encore concevoir un avion et simuler son comportement en vol, faire le projet
d’une centrale nucléaire, comparer les données de milliers de génomes humains pour
étudier les causes génétiques de certaines maladies, construire un modèle de la
circulation du sang pour étudier les fibrillations cardiaques, écrire un programme
capable de battre le meilleur joueur humain au go et tant d’autres.
Contrairement à ce que dit la légende affirmant qu’il n’y a plus rien à découvrir puisque
tout a été fait, nous ouvrons continuellement dans tous ces domaines de nouvelles voies
inexplorées. Des problèmes réputés insolubles deviennent chaque jour abordables grâce
aux nouvelles technologies et au progrès de l’informatique. Pour prendre une image plus
terrienne, si les fruits des branches basses de l’arbre ont tous déjà été cueillis, il en reste
4 Chapitre 0

encore beaucoup sur les branches du haut. Ils sont moins faciles à cueillir mais, « il faut
gravir la montagne pour atteindre les étoiles ».
Les grands défis que les nouvelles générations devront affronter seront nombreux et
difficiles et il faut d’ores et déjà se préparer sérieusement. Il est primordial de commencer
par acquérir les compétences techniques et scientifiques indispensables pour gagner dans
un monde qui devient chaque jour plus petit et global en même temps que plus peuplé
et compétitif. La science avance dans le microcosme de la matière en explorant le monde
subnucléaire à l’aide des grands accélérateurs de particules, la technologie invente des
instruments pour travailler aisément en laboratoire à l’échelle moléculaire et à l’échelle
atomique. Elle avance aussi dans l’immensité cosmique de l’univers, poussant les
observations de plus en plus loin de la Terre, à l’aide d’instruments tels ceux transportés
par le télescope Hubble et contrôlés et exploités depuis notre planète. Dans toutes ces
explorations qui amplifient et approfondissent nos connaissances scientifiques, l’apport
des TIC est essentiel.
Dans un futur proche, on peut parier sur une avancée technologique spectaculaire en
tout ce qui concerne directement l’homme, sa santé et son environnement. On peut
s’attendre à un intérêt croissant pour la recherche au niveau moléculaire en biologie,
médecine et pharmacologie. Il y aura également beaucoup à faire dans les sciences de
l’environnement, à commencer par la lutte contre la pollution de l’atmosphère
(combustion propre, énergies renouvelables, maisons et transports écologiques, épargne
énergétique) et la pollution de l’eau ainsi que de son utilisation efficace. Concernant les
communications, l’homme aura très bientôt à sa disposition des réseaux capables de
transmettre des milliers de milliards de bits par seconde et c’est ainsi, grâce au progrès
de la téléphonie mobile et des transports à grande vitesse, qu’il renforcera son sentiment
d’indépendance, son individualité et son ubiquité.
L’ère numérique
De la photographie à la TV, de la musique à la littérature, des documents de bureau à
la déclaration d’impôts, tout est numérisé. Au nom de l’efficacité, de la rapidité et de
l’universalité, le monde devient numérique pour s’adapter à l’ordinateur et à Internet.
Regardons par exemple du côté de la médecine et de la santé publique. La numérisation
a d’abord envahi des territoires à la frontière du progrès médical allant de la génomique
à l’imagerie et à la robotique, pour ensuite s’attaquer à la médecine de base et à ses
principaux services. Ceci a pour but de transformer la médecine en une « vraie science »
car, avec les moyens informatiques mis à la disposition des praticiens, nous pourrons
surmonter les problèmes liés à l’immense diversité des individus de notre espèce : en
étant capables de stocker les données historiques de chaque patient et d’analyser
l’évolution de ses pathologies, son médecin sera à même de lui prescrire des soins ciblés
et personnalisés. L’approche informatique pourra ainsi améliorer la qualité et la fiabilité
des services médicaux et réduire la fréquence des erreurs humaines. Il faudra du temps,
car tout changement crée des résistances et exige des restructurations. Les rapports entre
médecins et patients changeront, ainsi que ceux entre services hospitaliers et assurances.
Le résultat d’une approche plus rationnelle pourrait amener à un meilleur contrôle des
dépenses et donc à une baisse du coût de la santé.
Informatique et société 5

Par ailleurs, l’être humain souffre d’un excès d’information. On parle de déluge de
données produit par toutes sortes de moyens qui s’ajoutent à la masse d’informations
diffusées par les médias et les réseaux sociaux. La solution est de filtrer automatiquement
les informations inutiles ou non sollicitées, afin d’obtenir des données claires et
essentielles. Il faut réduire le volume de papier imprimé et de données électroniques qui
nous submergent. Mise à part la poubelle, l’ordinateur est le seul outil qui peut nous
aider.
Les moyens modernes de communication nous permettent d’amener avec nous en
déplacement les données et les documents utiles pour travailler, se connecter au réseau,
lire et répondre à des messages électroniques, exécuter des calculs à distance ou faire des
recherches dans des bases de données. La distance entre continents n’est plus un obstacle
au travail de collaboration. Internet et le web ont changé la façon d’étudier et de
travailler. La Terre est devenue bien petite grâce à eux !
Un autre phénomène est la prolifération des téléphones mobiles qui, en offrant la
possibilité aux utilisateurs de communiquer entre eux via la messagerie et les réseaux
sociaux, de se connecter à Internet, de regarder la TV, de prendre des photos et de les
envoyer, font donc de la concurrence aux ordinateurs portables. La dimension très petite
de ces appareils est certainement un de leurs meilleurs atouts. La progression de ces
étonnants petits outils continue avec l’avancée technologique. L’ubiquité qu’ils offrent
aux utilisateurs, couplée à la géolocalisation, ouvre la voie à de nouveaux domaines
d’applications.
Les défis du changement continu
La séparation entre recherche, développement et innovation est moins marquée que par
le passé. Même la distinction entre recherche fondamentale et appliquée tend à s’effacer.
Le changement continu impose aux individus et aux entreprises une adaptation et une
éducation permanente. Le changement ne doit pas être subi, mais géré. Il nous faut vivre
ancrés dans le présent, la tête tournée vers le futur et à chaque pas en avant, préparer le
suivant. Mais gérer le changement n’est pas facile, ni pour les personnes, ni pour les
entreprises et encore moins pour ceux qui nous gouvernent : tous se trouvent à devoir
gérer les difficultés du présent tandis qu’il faudrait préparer le futur. L’ordinateur joue
un rôle important dans le changement ainsi que dans sa gestion. Les professions et les
places de travail pour informaticiens se sont multipliées, entraînées par le progrès
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technologique. Des millions de personnes travaillent maintenant avec un ordinateur ou


dans les différentes branches de l’informatique. Et dans un futur proche, nous ferons de
plus en plus appel à des spécialistes de cette branche, comme ceux en bio-informatique
ou en applications médicales, afin d’affronter les nouveaux défis de la société.
La science et le développement pilotent le changement. Dans tous les pays industrialisés
ou émergents, les gouvernements, les académies ou les associations professionnelles
disposent de groupes d’experts qui, pour orienter les entreprises dans leurs décisions,
suivent l’évolution des technologies et périodiquement publient des prévisions sur leurs
perspectives à moyenne ou à longue échéance.
Il nous faudra étudier et augmenter nos compétences dans les sciences et les techniques
modernes pour suivre la marche du progrès tel qu’il est vécu dans les pays les plus
6 Chapitre 0

avancés. Les TIC sont considérées comme habilitant le progrès dans les sciences et dans
la recherche appliquée à l’industrie. Elles seront appelées à soutenir le développement
de l’économie et de la société plus que toute autre technologie. Pour donner une idée
des transformations qui viendront bouleverser nos connaissances, voici quelques
exemples tirés des frontières actuelles de l’informatique et de ses applications dans des
domaines tels que la bio-informatique, l’énergie, l’environnement et la société de
l’information.
Bio-informatique
L’EMBL (Laboratoire européen de biologie moléculaire) avait en 1993 déjà, reconnu
l’importance de la bio-informatique et ouvert une branche, l’EBI, Institut européen de
bio-informatique, à Cambridge, ayant pour but d’annoter et conserver des données
d’importance biologique telles que des séquences de génomes d’espèces vivantes et des
mesures 3D de protéines, et de mettre à dispositions des chercheurs toutes sortes de
données et de logiciels bio-informatiques. L’Union européenne a reconnu cette
discipline comme stratégique et a lancé le projet Elixir pour réaliser un réseau de
compétences et d’infrastructures bio-informatiques recouvrant toute l’Europe.
Caractérisée par des groupes pluridisciplinaires de chercheurs, la bio-informatique,
discipline à la frontière entre les TIC et la biologie moléculaire, peut encourager les
entrepreneurs à investir dans un secteur économique en grande expansion, en facilitant
l’accès à la recherche biomédicale. À la base de cette initiative, il y a la conscience que
l’accès aux technologies bio-informatiques puisse améliorer la qualité de la vie en faisant
avancer les méthodes de prévention, le diagnostic et les soins aux malades.
L’approche de cette recherche passe par l’étude des différents niveaux d’organisation
biologique allant des molécules aux organismes vivants. La recherche dans la « nouvelle
biologie », science basée sur l’information et la communication, s’articule sur un nombre
croissant de nouvelles disciplines, toutes fortement dépendantes des technologies
informatiques, telles par exemple :
• Génomique, génétique des populations et génotypes : ce domaine de recherche vise
les variations géniques d’une population isolée (Islande, villages de Sardaigne) et
cherche à découvrir leurs liens avec des pathologies ayant une présence significative
dans un territoire limité et génétiquement isolé. En Sardaigne, des chercheurs
travaillent à l’analyse de variations géniques spécifiques et au séquençage de l’ADN
de quelques milliers de personnes. L’opportunité existe d’exploiter ces données
génomiques grâce à la mise à disposition de séquenceurs puissants de dernière
génération connectés à un ordinateur très performant. Cela permet d’étudier les
corrélations entre des gènes et certaines pathologies et de prévoir l’effet des variantes
géniques sur l’état de santé de la population locale.
• Génomique fonctionnelle : le génome contient les instructions codées pour fabriquer
les protéines, les enzymes, les hormones, les anticorps et tous les produits
fonctionnels des organismes. Chaque produit est exprimé, construit en quantité et
en temps différents selon les besoins, dans chaque cellule et tissus intéressés par sa
production. On peut analyser les données des expressions géniques obtenues en
laboratoire et étudier à l’aide de méthodes bio-informatiques les corrélations entre
Informatique et société 7

niveaux et modalités d’expression. On cherche à identifier de cette manière les


associations entre des profils d’expression génique et des réponses spécifiques à des
causes externes telles que par exemple les thérapies, ouvrant ainsi la voie à la médecine
personnalisée.
• Biologie des systèmes : il s’agit d’une discipline qui part de la modélisation
mathématique, de la simulation numérique et des technologies biomédicales, pour
comprendre et prévoir le fonctionnement des systèmes biologiques au niveau
moléculaire. Par exemple, on peut étudier un système biologique comme le système
circulatoire du sang, les différents niveaux fonctionnels des organes jusqu’à leurs
molécules. À l’aide d’importantes ressources de calcul, on arrive à simuler l’activité
électrique du myocarde afin d’étudier in-silico les causes des fibrillations cardiaques
ou étudier les effets collatéraux de produits pharmaceutiques pendant leur phase de
tests cliniques. Ces travaux sont une contribution au développement d’un système
intégré de simulation des organes et de la physiologie du corps humain.
Énergie et environnement
Les chercheurs dans des domaines tels que la géophysique pour la prospection et
l’exploitation pétrolière, la combustion propre, l’énergie solaire thermodynamique et
l’hydrométéorologie, font des recherches qui leur demandent des compétences en
physique, chimie, mathématique et informatique. Ils sont à même de mettre en œuvre
des solutions innovatrices dans les secteurs stratégiques de l’énergie et de
l’environnement, ainsi que de créer de nouveaux produits et services industriels basés
sur des solides contenus scientifiques et techniques, en s’appuyant sur la modélisation
physico-mathématique, le calcul parallèle et sur des systèmes informatiques de grande
puissance.
Les grandes industries pétrolières et autres sources d’énergie lancent des projets qui
demandent des développements importants de logiciels. Les programmes de
reconstruction sismique pour la prospection de pétrole sont en production continue sur
d’énormes ordinateurs. Les modèles mathématiques et les calculs nécessaires pour
étudier les méthodes de combustion propre sont des grands utilisateurs des
superordinateurs au même titre que les calculs de physique nucléaire, météorologie ou
dynamique des fluides. L’environnement est l’un des grands défis de l’humanité. Ce
secteur a besoin d’applications conçues pour le support à la décision des institutions
publiques chargées de la surveillance et de la sauvegarde du territoire et des ressources
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hydriques. On travaille à l’intégration de modèles complexes à l’aide des technologies


TIC permettant l’accès aux bases de connaissances et aux ressources distribuées.
Société de l’information
Il s’agit d’une réalité en pleine croissance qui couvre un territoire très vaste. La
globalisation digitale et ses défis poussent le développement des TIC, dont les domaines
d’actualité suivants :
• la maison intelligente, qui émerge de l’union entre la domotique, l’Internet,
l’interaction gestuelle et qui doit être plus économe en énergie et moins polluante ;
• la télévision du futur 3D, avec canaux personnalisés, nouvelles formes d’exploitation
des contenus vidéo générés par les utilisateurs, etc. ;
8 Chapitre 0

• le tourisme de demain, qui couvrira tourisme, culture, spectacles, produits typiques


et valorisation du territoire. Il sera supporté par les dispositifs mobiles, le GPS, etc.
L’informatique demain
Nous avons vécu un XXe siècle exceptionnel et nous nous attendons à ce que le XXIe soit
tout aussi riche en découvertes et inventions capables de nous étonner. Si le siècle passé
a été surtout le siècle de la physique et de la chimie, le nouveau sera celui de
l’informatique, de la biologie et des sciences de la vie, qui, au niveau moléculaire, sont
toutes concernées par l’information. Le rapprochement entre l’informatique et les
télécommunications, l’ordinateur et les médias, les réseaux à très haut débits et les
ordinateurs organisés en grilles [grids] ou en nuages [clouds], l’Internet et le web
sémantique, les microprocesseurs puissants et disséminés partout, les nouvelles
applications dans les secteurs des médias, du tourisme, de la médecine et de la santé, va
apporter des changements profonds dans notre vie quotidienne et dans notre société.
Parmi les défis qui attendent les TIC, il y a la tâche de compléter la connexion au réseau
de tous les pays de notre planète par des inforoutes donnant accès aux informations et
connaissances indispensables aux citoyens de la société de l’information.
Pour aller dans cette direction, il faut raisonner en termes de systèmes d’information et
non plus en termes de logiciels ou de machines. Un système d’information est un
système dont la finalité est de stocker, transmettre, exploiter des informations
spécifiques à un organisme. Il comporte des composantes informatiques comme des
bases de données ou des outils de recherche et d’accès ; par exemple, un système
d’information hospitalier permet de gérer les patients et leurs données administratives
et médicales, ainsi que le personnel hospitalier et toutes ses fonctions.
L’informatique est appelée à jouer un rôle essentiel dans l’un des plus grands défis
scientifiques de notre époque : la découverte des mécanismes cellulaires et des réactions
biochimiques qui sont à la base de la vie et de la santé. Les technologies informatiques
sont en train de fournir une contribution déterminante aux recherches de base en
biologie, génétique moléculaire, médecine et pharmacologie.
Des disciplines nouvelles surgissent et se multiplient. Les recherches qu’elles stimulent
sont réalisées à l’aide de puissantes grappes d’ordinateurs et de bases de données de
grandes dimensions. Internet permet de collaborer à l’échelle terrestre. L’informatique
sera partout en première ligne : algorithmes, logiciels, méthodes de calcul permettront
aux scientifiques de modéliser et simuler le climat et l’environnement et aux architectes
de construire des maisons intelligentes. De plus, un jour, peut-être, les TIC seront en
mesure d’aider les économistes à faire des modèles fiables de l’économie et des
simulations financières capables de prévenir des nouvelles crises.
La compétitivité des entreprises va dépendre de leur maîtrise de la science et des
nouvelles technologies de l’information. La formation dans les écoles et les universités
devra en tenir compte. La bonne nouvelle est que les jeunes aiment les défis physiques
et intellectuels et se passionnent pour les techniques informatiques. Enfin, l’innovation
n’est pas seulement technologie, mais aussi créativité. Alors place aux jeunes, aux esprits
jeunes et aux esprits toujours jeunes !
Chapitre 1

Histoire de l’ordinateur

1.1 Introduction
L’homme a toujours eu besoin de compter. Au cours de la Préhistoire, il ne savait
calculer qu’à l’aide de cailloux (latin : calculi) ou de ses mains, qui furent sans doute les
premières calculatrices de poche. On trouve des traces de symboles et de chiffres dans
certaines civilisations de l’Antiquité, quelques millénaires avant notre ère. Chinois,
Égyptiens, Sumériens, Babyloniens, Grecs ou Romains, tous avaient des symboles
numériques et des méthodes pour compter et calculer.
Ces systèmes de numération s’inspiraient naturellement du nombre de doigts ; c’est ainsi
que les Romains, par exemple, établirent des symboles spéciaux pour indiquer 5 et 10
unités (V et X). Dans certaines civilisations pieds-nus utilisant les mains et les pieds pour
compter, le nombre 20 était parfois choisi comme base de numération. Dans certaines
régions asiatiques, on comptait en se servant des articulations des doigts ou des
phalanges, d’où des numérations en base 12, 14, 15, 24, 30, 60, etc.
Les doigts ont servi à nos ancêtres pour compter et pour effectuer toutes sortes
d’opérations arithmétiques. On retrouve des traditions de calcul digital chez les anciens
Égyptiens, les Grecs et les Romains, mais aussi chez les Chinois, les Aztèques du
Mexique précolombien, les Indiens, les Persans, les Arabes, etc.
Curieusement, on utilise, en langue anglaise, le terme de calcul digital dans la nouvelle
science informatique, le mot digit ayant le sens de chiffre. En français, on parlera plutôt
de calcul numérique pour éviter un contresens. Dans les ordinateurs, on utilise des bits
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(le terme bit est la contraction de l’expression anglaise binary digit), l’écriture binaire des
nombres ne comportant que les deux chiffres 0 et 1.
La plus naturelle et la plus répandue des numérations était celle qui comptait en base 10
et elle nous est parvenue à travers les siècles avec ses symboles introduits par les Indiens,
modifiés et complétés par les Arabes. Notre système décimal actuel est le résultat de cette
évolution et des moyens mis en œuvre pour lui donner des formes adaptées à l’expression
écrite et orale et aux méthodes de calcul.
Si le système décimal est celui de l’immense majorité des hommes, il ne faut pas oublier
que d’autres sont toujours utilisés, tel le système sexagésimal (base 60) pour exprimer les
mesures du temps, tout comme celles des arcs et des angles. L’origine du système
10 Chapitre 1

sexagésimal remonte aux Sumériens. Au cours de l’histoire, on trouve aussi souvent le


nombre 12 à la base de nombreux systèmes de comptage et de mesure, par exemple dans
la division du jour en heures.
Parallèlement à cette évolution des signes, chiffres, calculs mentaux et manuels, on
assistait au développement d’outils, de systèmes, de machines pour simplifier et accélérer
les calculs nécessaires, par exemple pour garder la trace des transactions commerciales
ou des cycles astraux et pour faire face aux besoins croissants des paysans, de l’armée et
d’une société en pleine évolution.

1.2 Développement historique et conceptuel


Il y a 2 000 ans, les civilisations méditerranéennes utilisaient l’abaque pour leurs calculs.
Bien avant l’ère chrétienne, les Chinois comptaient à l’aide de bouliers et dans certains
pays (Russie, Chine, Japon, etc.) on en trouve encore plusieurs sortes couramment
utilisées dans les commerces, les banques, etc. Mais il fallut attendre le XVIIe siècle,
époque de grandes effervescences intellectuelles, pour voir apparaître des systèmes de
calcul plus rapides et plus automatiques. Les débuts furent lents et difficiles.
La numération romaine, utilisée en Europe pendant le premier millénaire de notre ère,
n’était pas une numération positionnelle ; c’est-à-dire que la position des chiffres dans
la représentation d’un nombre n’était pas associée à des poids implicites (unités,
dizaines, centaines, etc.) permettant une écriture des nombres plus compacte
(MDCCCLXXIII = 1873) et une grande simplification des calculs. Les Romains ne
connaissaient pas le zéro ! L’étonnante idée du zéro vint à l’esprit des Indiens et des
Arabes quelques siècles après Jésus-Christ. Le chiffre zéro fît son apparition en Europe
dans un manuscrit célèbre sur les chiffres indiens, écrit par le mathématicien Al-
Khwarizmi vers l’an 820 après J.-C. (les savants de Babylone connaissaient
apparemment une numération en base 60, positionnelle, avec le chiffre zéro, déjà au
IIIe siècle avant J.-C.). Les chiffres arabes sont adoptés en Europe au cours du XIe siècle,
mais il faut attendre le milieu du XVIe siècle pour voir des ouvrages traitant de méthodes
arithmétiques.
Au Moyen Âge, la culture était l’affaire des moines et la diffusion de l’arithmétique était
limitée à quelques privilégiés ayant accès aux rares traités de l’époque. Les besoins en
calcul augmentant sans cesse, des sociétés secrètes se chargeaient de résoudre les
problèmes de comptabilité des commerçants. À l’aube du XVIIe siècle, des savants
commencèrent à s’intéresser aux systèmes d’aide au calcul.
En 1614, le mathématicien écossais John Neper présente sa théorie des logarithmes. Les
tables de Neper, qui transformaient des multiplications compliquées en de simples
additions, donnèrent naissance à la règle à calcul, un outil pratique et efficace créé en
1620. Neper inventa aussi un système non logarithmique (pour simplifier les
multiplications) basé sur le simple déplacement de tiges (Bâtons ou Os de Neper). En
1623, Wilhelm Schickard construit à Tuebingen en Allemagne, la première machine à
Histoire de l’ordinateur 11

calculer en appliquant le principe du déplacement de tiges développé par Neper. Sa


machine se perd au cours de la guerre de Trente Ans ; de ce fait, on ne sait pas exactement
si, et éventuellement de quelle manière elle fonctionnait. Les quelques dessins qui nous
sont parvenus semblent prouver que Schickard avait utilisé des roues chiffrées et s’était
attaqué au problème de la retenue. Bien que le principe des roues dentées et autres
engrenages fût connu depuis des siècles (astrolabes, horloges des églises, etc.), les
techniques de construction étaient primitives et la fiabilité résultante assez modeste.
Schickard se plaint d’ailleurs de ses problèmes de mécanique dans ses lettres à Kepler,
où l’on trouve de précieuses indications sur la conception de sa machine. À partir de ses
dessins, une réplique de la machine, améliorée pour être fonctionnelle, fut construite en
1971.
En 1642, à Paris, Pascal présente une machine qui peut additionner et même soustraire
des nombres de six chiffres. En dix ans, il en construit plus de cinquante versions dont
certaines peuvent calculer avec huit chiffres. Des exemplaires sont conservés à Paris. Son
système est basé sur une série de roues dentées figurant les colonnes décimales. Le
problème de la retenue est résolu de la manière suivante : chaque roue peut dépasser le
chiffre 9 en effectuant une rotation complète et en décalant d’un cran la roue
immédiatement supérieure. Pascal a réalisé sa première machine, la Pascaline, alors qu’il
n’avait que 19 ans.
La machine de Pascal pouvait en principe exécuter des opérations plus complexes, telle
la multiplication, par des méthodes compliquées d’additions répétitives. Mais il faudra
attendre 1673 pour voir apparaître une calculatrice capable d’exécuter automatiquement
les quatre opérations arithmétiques. Ce sera l’œuvre d’un génie allemand, Leibniz, qui
ajoutera aux mécanismes de la Pascaline un chariot mobile et une manivelle permettant
d’accélérer et d’automatiser l’exécution des additions et des soustractions répétitives
exigées par les multiplications et les divisions. Les principes des machines de Pascal et
de Leibniz seront adoptés dans la conception des machines à calculer pendant près de
trois siècles !
Leibniz, qui avec Newton est à l’origine du calcul différentiel et intégral, inventa aussi
le système binaire sous sa forme moderne (des numérations base 2 existaient déjà en
Chine dans l’Antiquité) avec ses deux chiffres 0 et 1, et souligna la puissance et la
simplicité de l’arithmétique binaire, qui sera finalement adoptée par la plupart des
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ordinateurs contemporains. Des exemples de numérations utilisées au cours de l’histoire


sont résumés dans la table 1.1.
On peut à juste titre considérer le XVIIe siècle comme un tournant dans le
développement de la connaissance scientifique. Des géants tels Galilée, Newton et
Leibniz sont à l’origine d’une véritable révolution intellectuelle qui propulsa l’Europe
au premier plan dans le développement des mathématiques et dans leur application aux
sciences naturelles, dépassant ainsi les Arabes, les Indiens et les Chinois. C’est au
XVIIe siècle qu’on a conceptualisé les bases de la science moderne et c’est là qu’on trouve
les racines de ce grand développement d’idées qui conduira à l’ordinateur.
12 Chapitre 1

Table 1.1 : Différents systèmes de comptage


BASE 1 : comptage avec les doigts, cailloux, entailles
BASE 2 : système binaire : logique symbolique, ordinateurs
BASE 5 : système quinaire : Aztèques
BASE 7 : notes musicales, jours de la semaine
BASE 8 : système octal : premiers ordinateurs
BASE 10 : système décimal : adopté par l’Homme
BASE 12 : gamme des notes et demi-tons ;
monnaie et mesures anglaises ; mois ; heures (2 fois 12)
BASE 16 : système hexadécimal : ordinateurs
BASE 20 : comptage sur les doigts des mains et des pieds ; Mayas
BASE 24 : heures du jour
BASE 60 : degrés, minutes et secondes ; angles ; savants de Babylone

1.3 Progrès au XIXe siècle


En 1728, le mécanicien français Falcon construit une commande pour métier à tisser à
l’aide d’une planchette en bois munie de trous. C’est la première machine capable
d’exécuter un programme externe. En 1805, Joseph Jacquard perfectionne le système
de Falcon en remplaçant les planches en bois par des cartons troués articulés (les
premières cartes perforées), qu’on peut encore voir de nos jours dans certains orgues de
manège. Le système à bande de programmation de Jacquard permet de produire les
dessins les plus compliqués en grande quantité et de qualité toujours égale. Il s’agit du
premier pas de la révolution industrielle, mais aussi d’une étape très importante vers
l’exécution automatique des calculs les plus complexes.
Au milieu du XIXe siècle, on s’approche conceptuellement et matériellement de
l’ordinateur grâce aux idées et au travail exceptionnel d’un mathématicien anglais :
Charles Babbage, considéré comme le grand-père de l’ordinateur pour avoir fait le
rapprochement entre les machines à calculer et les systèmes de commande automatique
de Jacquard.
De 1822 à 1832, Babbage est totalement absorbé par la conception d’une machine
capable de calculer et d’imprimer des tables numériques selon la méthode des
différences. Il construit un prototype, basé sur des roues dentées glissant sur des arbres
actionnés par une manivelle. Avec l’aide de l’État et le soutien de la Royal Society, il
entreprend la construction d’un modèle utilisable. Il se heurte alors à des problèmes
techniques et son projet prend du retard. Après dix ans de travail acharné, les
subventions sont suspendues et il doit abandonner sa machine à différences.
En 1833, Babbage se lance dans la réalisation d’une machine encore plus ambitieuse, la
machine analytique. Elle était conçue pour faire des séquences d’opérations
arithmétiques en fonction d’instructions données par l’utilisateur. Ce serait donc une
Histoire de l’ordinateur 13

machine aux applications les plus variées : le premier calculateur programmable ! On


trouve dans sa machine analytique des idées très avancées pour l’époque, qui seront
adoptées ou réinventées par les constructeurs d’ordinateurs une centaine d’années plus
tard, comme la notion de processeur, de mémoire, de programme ou de techniques
d’entrées/sorties par cartes perforées.
Babbage pouvait compter sur l’aide et le soutien d’un autre personnage de son temps,
Ada Augusta comtesse de Lovelace (fille du célèbre poète anglais Lord Byron) qui laissa
à la postérité des dessins et des descriptions de la machine analytique. Elle laissa aussi
des programmes qui constituent une véritable première dans l’histoire de l’ordinateur.
Malheureusement ces programmes ne seront jamais exécutés.
La machine de Babbage était probablement irréalisable avec les techniques et les outils
de son temps. Elle devait fonctionner comme une locomotive à vapeur et était beaucoup
trop complexe et ambitieuse. Elle ne sera jamais complétée. Babbage passa sa vie sur ce
projet et y dépensa toute sa fortune. Il ne nous reste que des centaines de dessins et plans
ainsi que quelques parties nous montrant quelles difficultés Babbage avait rencontrées
dans la réalisation de son invention. Sa machine à différences devait connaître un
meilleur sort. Reprise en main par un inventeur suédois, P.G. Scheutz, une version
réduite sera réalisée avec l’aide de Babbage et présentée à Londres en 1854.
C’est précisément en 1854 qu’un mathématicien anglais, George Boole, publie un essai,
intitulé Une étude des lois de la pensée, dans lequel il expose ses idées sur la formulation
mathématique des propositions logiques. Reprenant les spéculations de Leibniz, Boole
conçoit un système de logique symbolique, appelé algèbre booléenne qui révolutionnera
la science de la logique. Un siècle plus tard, ses formules appliquées au système de
numération binaire rendront possible l’ordinateur numérique électronique.
Avant la fin du XIXe siècle, l’Américain Hermann Hollerith construit un calculateur de
statistiques fonctionnant avec des cartes perforées pour accélérer le traitement des
données du recensement américain de 1890. Inspiré par les travaux de Babbage et par
les applications des cartons troués dans la commande des métiers à tisser, il perfectionne
la carte perforée et un système de codage des informations qui porte son nom. La carte
de Hollerith comprenait douze rangées de vingt positions à perforer pour figurer les
données du recensement de la population des États-Unis (âge, profession, situation de
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famille, etc.).
Une fois perforées, les cartes étaient placées dans des lecteurs qui détectaient les trous.
Ceci à l’aide d’aiguilles qui traversaient les trous et établissaient un circuit électrique en
trempant dans des petits pots de mercure placés de l’autre coté de la carte. Le système
de Hollerith était si rapide qu’un premier décompte fut établi en quelques semaines et
une analyse statistique complète en deux ans et demi. La population était passée en dix
ans de 50 à 63 millions d’individus, mais le recensement de 1890 avait été fait en trois
fois moins de temps qu’en 1880 ! Hollerith fonda la Tabulating Machines Company pour
produire ses systèmes à cartes perforées. Sa compagnie rencontra un succès de longue
durée. En 1924, cinq ans avant la mort de son fondateur, elle devint l’International
Business Machines Corporation, ou IBM.
14 Chapitre 1

Dans le même temps, les premières machines analogiques utilisées pour effectuer des
calculs mathématiques sont inventées comme le calculateur de marées par Lord Kelvin
en 1872. Sa machine utilise des roues avec des chevilles décentrées pour produire un
mouvement sinusoïdal et une corde glissant sur des poulies pour additionner les
différentes harmoniques.

1.4 XXe siècle


Les machines à cartes perforées continuent à se développer pendant la première moitié
du siècle. Durant cette période, on assiste aussi à la naissance d’une véritable industrie
des calculatrices de table.
Les machines analogiques sont développées pour des applications de calcul scientifique :
calculateur de tir, analyse harmonique, mécanique des fluides… Dès 1930, on voit
apparaître des machines analogiques mixant pièces mécaniques et signaux électriques
pour représenter les fonctions mathématiques. Parmi les pionniers du calcul analogique,
il faut citer Vannevar Bush qui construisit au MIT un analyseur différentiel capable
d’aider à la résolution d’équations différentielles complexes. Il s’agissait d’une machine
énorme, assez rudimentaire et d’utilisation difficile. D’autres machines de ce type
suivront et seront utilisées jusqu’aux années soixante.
Les années trente sont riches en développements et il faut souligner les contributions
fondamentales de Shannon et Turing. Dans sa thèse publiée au MIT (Massachusetts
Institute of Technology) en 1938, Claude Shannon, reprenant les idées de Leibniz et de
Boole, fit le rapprochement entre les nombres binaires, l’algèbre booléenne et les circuits
électriques. Dix ans plus tard, il publiera une théorie mathématique de la
communication qui expose ce que l’on appelle aujourd’hui la théorie de l’information.
Shannon prouva que les chiffres binaires conviennent également pour les relations
logiques et que tous les calculs logiques et arithmétiques peuvent être réalisés à l’aide des
trois opérations logiques de base : ET, OU et NON. Ses brillantes conceptions
influencèrent le développement des télécommunications ainsi que celui des ordinateurs.
Alan Turing, jeune théoricien de l’université de Cambridge, publie en 1936 son essai
fondamental, A propos des nombres calculables, où il traite de problèmes théoriquement
impossibles à résoudre. Il énonce le principe d’une machine universelle, purement
imaginaire, la Machine de Turing, qui préfigure les caractéristiques de l’ordinateur
moderne. Ses idées étaient directement applicables à la logique mathématique, mais
Turing cherchait à établir une description rigoureuse de toute opération mentale. Il
traitera aussi de l’art de programmer. L’évolution de sa pensée et l’entrée en guerre de
son pays l’amèneront à s’occuper de la conception effective de machines contribuant au
décryptage des communications allemandes.
Vers la fin des années trente, d’autres chercheurs parvinrent à la conclusion que la
logique booléenne pouvait être employée efficacement dans la conception des
Histoire de l’ordinateur 15

calculateurs. L’adoption du système binaire au lieu du décimal était aussi dans l’esprit
de certains pionniers. Konrad Zuse à Berlin, John Atanasoff à l’université de l’État de
Iowa et George Stibitz aux Laboratoires Bell, travaillant indépendamment,
construisirent des prototypes de machines binaires. Dès 1936, Zuse fabrique avec des
moyens très modestes des machines électromécaniques, qu’il appelle Z1 et Z2,
fonctionnant selon le système binaire. En 1938, il propose la construction d’un
calculateur électronique comportant 1 500 tubes à vide, mais le gouvernement allemand
juge le projet irréalisable. Zuse construit alors un calculateur binaire universel avec 2 600
relais de téléphone, le Z3. Les programmes sont introduits au moyen d’un film vidéo
perforé. Une multiplication dure environ 5 secondes. Le Z3 sera terminé en 1941 et,
comme d’ailleurs son successeur le Z4, sera effectivement utilisé pour résoudre des
problèmes de conception aéronautique et de missiles.
Parmi les derniers précurseurs de l’ordinateur il faut citer Mark 1, une énorme machine
électromécanique construite entre 1939 et 1944 par IBM et l’université de Harvard,
sous la direction de Howard Aiken. Ce calculateur, capable de multiplier deux nombres
de 23 chiffres décimaux en 6 secondes et d’effectuer des additions ou soustractions en
trois dixièmes de seconde, était conçu sur la base du système décimal. Avec ses milliers
de roulements à billes et ses 760 000 pièces électromécaniques, le Mark 1 était une sorte
de machine analytique du XXe siècle ; en fait, il se révéla obsolète avant même d’être
terminé.

1.5 Naissance de l’ordinateur : 1945


Toutes les prototypes de la période 1935-1945 recevaient les instructions à l’aide de
cartes, bandes ou films perforés et pouvaient faire des opérations arithmétiques en
quelques secondes. Elles réalisaient les idées de Babbage un siècle après ses efforts. La
Z3 avait été la première à fonctionner en 1941 avec trois ans d’avance sur les machines
américaines de Stibitz et Aiken. On pouvait faire des calculs complexes dix fois plus vite
qu’avec des calculatrices de table. Mais la gloire de ces machines électromécaniques sera
de courte durée. L’ère de l’électronique allait commencer.
C’est en 1945 que John Presper Eckert et John Mauchly terminent à l’université de
© Dunod. Toute reproduction non autorisée est un délit.

Pennsylvanie la construction de l’ENIAC (Electronic Numerical Integrator And


Computer), machine universelle, programmable, numérique, basée sur le système
décimal et entièrement électronique. Avec ses 18 000 tubes et ses 30 tonnes, l’ENIAC
pouvait multiplier deux nombres de 10 chiffres en 3 millisecondes ! C’était la fin des
calculatrices électromécaniques dépassées par une technologie mille fois plus rapide.
L’ENIAC fonctionnait convenablement, traitant des millions de cartes perforées au
cours de ses premiers essais. Mais l’inconvénient résidait dans la difficulté de modifier
ses programmes. La mémoire interne était très petite et les programmes étaient câblés
sur des fiches électriques interchangeables ; il n’était pas possible de les enregistrer sur
un support extérieur. Pour passer d’un calcul à l’autre, il fallait brancher et débrancher
des centaines de câbles (il sera même modifié en 1948 pour intégrer son programme
16 Chapitre 1

dans une mémoire non-modifiable). Pour cette raison l’ENIAC, bien qu’étant le
premier calculateur électronique, n’est pas toujours considéré comme le premier
ordinateur, selon le sens donné aujourd’hui à ce terme.
Avant la fin de 1945, John von Neumann, un mathématicien d’origine hongroise,
associé comme consultant au projet ENIAC, franchit le dernier obstacle et proposa la
construction de l’EDVAC (Electronic Discrete Variable Automatic Computer), machine
modèle de l’ordinateur tel qu’on le conçoit à présent. Il accomplit une abstraction
géniale du système de commande de la machine, en proposant d’enregistrer le
programme en mémoire. La machine gagne ainsi en souplesse et en vitesse. Instructions
et données sont stockées dans la mémoire même de la machine. Le programme peut
décider quels calculs exécuter, quel chemin choisir pour la suite des opérations, sur la
base des résultats intermédiaires. Le déroulement du programme peut être commandé
par des décisions logiques, ce qui permet des sauts et des branchements conditionnels
dans le programme. L’ordinateur est né.
On peut ainsi résumer les caractéristiques de l’ordinateur selon von Neumann :
• une machine universelle contrôlée par programme ;
• les instructions du programme sont codées sous forme numérique (binaire) et
enregistrées en mémoire ;
• le programme peut modifier ses propres instructions, qui sont normalement
exécutées en séquence ;
• des instructions existent permettant les ruptures de séquence.
Dans une communication qui fera date, von Neumann décrit en 1945 les cinq
composants essentiels de ce qui allait désormais être appelé l’architecture de von
Neumann :
• l’unité arithmétique et logique (UAL) ;
• l’unité de commande ;
• la mémoire centrale ;
• l’unité d’entrée ;
• l’unité de sortie.
Von Neumann fait aussi remarquer qu’un tel système, pour être vraiment efficace et
performant, doit fonctionner électroniquement et selon la numération binaire. Les
principes de von Neumann guideront la conception des ordinateurs jusqu’à nos jours.
De 1945 à 1950, on construit des prototypes partout, aux États-Unis comme en Europe.
Paradoxalement, ce ne sera pas von Neumann qui réalisera, le premier, une machine
selon ses principes. L’EDVAC prend du retard à cause de querelles entre les
protagonistes de cette grande réalisation, notamment Eckert, Mauchly, Goldstine et von
Neumann. Querelles de conception mais aussi querelles de brevets et de paternité de
l’invention. Les premiers ordinateurs obéissants aux principes dictés par von Neumann
seront achevés par des scientifiques britanniques, avec deux ans d’avance sur l’EDVAC.
Kilburn, Williams et Tootill construiront le SSEM à Manchester tandis que Maurice
Wilkes, à Cambridge, réalisera L’EDSAC (Electronic Delay Storage Automatic

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