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Principes et Enjeux du Droit Humanitaire

Ce document résume la notion et les sources du droit international humanitaire. Il explique que le DIH vise à limiter les effets des conflits armés sur les civils et les personnes hors de combat. Ses principes fondamentaux incluent la distinction entre civils et combattants, l'interdiction des attaques contre les personnes hors de combat et l'infliction de souffrances inutiles. Le DIH est codifié dans les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels, qui fixent des règles de protection pour les victimes des conflits armés.

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Principes et Enjeux du Droit Humanitaire

Ce document résume la notion et les sources du droit international humanitaire. Il explique que le DIH vise à limiter les effets des conflits armés sur les civils et les personnes hors de combat. Ses principes fondamentaux incluent la distinction entre civils et combattants, l'interdiction des attaques contre les personnes hors de combat et l'infliction de souffrances inutiles. Le DIH est codifié dans les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels, qui fixent des règles de protection pour les victimes des conflits armés.

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Master de recherche 

: Etudes Internationales et Droit

International

Synthèse sous le thème :

La notion de droit international humanitaire


Module : droit international humanitaire

Réaliser par : Soumis à l’appréciation de :


EZZARZOUNI Nisrine
MARZI AMINA prof. El cadi Latifa

Année universitaire 2019 -2020


Introduction.
Le droit international humanitaire (DIH) ou droit humanitaire international (DHI), appellation
de ce qui est connu traditionnellement sous le nom droit de la guerre et des gens, est un ensemble
de règles qui tend à limiter les effets des opérations de guerre, en particulier à l'égard des
populations et des installations civiles et des personnes qui ne participent pas ou plus aux combats
(prisonniers de guerre, réfugiés), ainsi qu'en limitant les objectifs, les moyens et les armes de
guerre. Le DIH est également appelé « droit des conflits armés ».

Le droit international humanitaire fait partie du droit international qui régit les relations entre
États. Il est formé par un ensemble de règles internationales d'origines coutumières et
conventionnelles. Les conventions de Genève relatives à la guerre (notamment les quatre
conventions de 1949 et leur premier Protocole additionnel de 1977) constituent les principaux
traités applicables aux conflits armés internationaux.

Il ne s'applique que dans les situations de guerre. Il ne détermine pas si un État a ou non le droit
de recourir à la force. Cette question est régie par une partie importante mais distincte du droit
international, exposée en partie dans la Charte des Nations unies.

Le droit international humanitaire est un droit ancien. On remonte l'origine des règles
actuelles du droit humanitaire, telles qu'elles sont codifiées dans les conventions de Genève, aux
travaux d'Henry Dunant. Cet homme d'affaires suisse s'est retrouvé en 1859 sur le champ de la
bataille de Solférino et à la vue des atrocités, décida de ramener les corps des blessés au village
sans faire de distinction quant à leurs nationalités.

À la suite de cette expérience, ne pouvant sortir de son esprit les atrocités vécues lors de cette
bataille, il entreprit la rédaction du livre Un souvenir de Solférino. Par cet ouvrage, publié en 1862,
Henri Dunant souhaitait transmettre aux personnalités politiques et militaires européennes, l'idée
que les souffrances des soldats devaient être réduites à l'avenir. Il appela ainsi à ce que tous les
pays autorisent des organisations humanitaires fondées sur la neutralité à porter secours aux
blessés, amis ou ennemis. Son appel se concrétisa en 1863 par la mise en place d'un comité
international de secours aux blessés qui deviendra le Comité international de la Croix-Rouge. En
1864, la première convention de Genève consacrait la naissance du droit international
humanitaire.

À cette époque, le droit international humanitaire ne règlementait que les conflits


interétatiques, ou internationaux. Ce n'est qu'à partir des Conventions de Genève de 1949 et du
second protocole additionnel de 1977 que le DIH commence à prendre en considération les
conflits non-internationaux, plus couramment qualifiés de guerres civiles.

L’intérêt de ce sujet réside dans la clarification des sources du DIH , fondements sur
lesquels ces derniers sont basés ainsi que leurs champs d’application.
Notre Problématique est la suivante :

Quels sont les principes et les enjeux du DIH ? Quels sont les sources et champs d’application du
DIH ?

Le plan
Introduction
Partie I : la notion et sources du droit international humanitaire

Chapitre I : la notion du droit international humanitaire

Section1 : les principes fondamentaux du DIH


Section2 : les enjeux du DIH

Chapitre II : les sources du DIH

Section1 : Droit conventionnel


Section2 : Droit coutumier

Partie II : champs d’application et les limites du DIH

Chapitre 1 : l’application du DIH pendant les conflits armées internationaux

Section1 : Protection et assistance


Section2 : restrictions des moyens de guerre

Chapitre II : La mise en œuvre dans les conflits armés non internationaux

Section 1 : La distinction entre conflit international et non international dans le droit


International humanitaire et la pratique contemporains :

Section2 : Un nouveau droit international contre les conflits armés non internationaux :

Conclusion

Partie I : la notion et sources du droit international humanitaire


Le droit international humanitaire se base sur plusieurs principes fondamentaux, qui trouvent
leur essence dans les principes universels du droit à la vie et du droit à être traité avec dignité et de
bénéficier de conditions d’existence décentes.

Le droit international humanitaire est codifié dans les Conventions de Genève du 12 août 1949 et
les 2 protocoles additionnels du 8 juin 1977 qui ont renforcé la protection des victimes de conflits
armés internationaux et celle des victimes de conflits armés non internationaux.
Ces textes fixent des règles de protection spécifiques applicables à des catégories de personnes
protégées par des droits différents selon leur situation, ainsi que des droits spécifiques pour les
organisations humanitaires impartiales, qui disposent notamment d’un droit d’initiative pour les
opérations de secours.

L’essentiel de ces règles a aujourd’hui un caractère coutumier. Le Comité International de la


Croix Rouge a résumé l’essentiel du DIH dans 161 règles de droit coutumier. Sur ces 161 règles,
148 s’appliquent de la même façon aux conflits armés internationaux et non internationaux. De
plus, cela signifie que ces règles sont obligatoires pour toutes les parties au conflit même si elles
n’ont pas signé les conventions, qu’il s’agisse d’Etats ou d’acteurs non étatiques n’ayant pas signé
les conventions.

Chapitre I : la notion du droit international humanitaire

Le droit international humanitaire (DIH) est le droit qui réglemente les situations de conflits
armés internationaux ou internes. Son objectif est double : limiter les cibles et les formes de la
violence armée et garantir des secours aux populations victimes du conflit. Le droit humanitaire a
donc une finalité essentiellement pratique en ce qu’il organise les deux piliers de l’action
humanitaire, l’assistance et la protection.
Le droit international humanitaire (DIH) peut être défini comme la branche du droit international
qui limite l’emploi de la violence dans les conflits armés en exigeant que :

a) les personnes qui ne participent pas ou plus directement aux hostilités soient épargnées.

b) la violence soit limitée à ce qui est nécessaire pour atteindre le but visé par le conflit, lequel –
indépendamment des causes défendues – ne peut être que d’affaiblir le potentiel militaire de
l’ennemi.

De cette définition découlent déjà les principes fondamentaux du DIH, autrement dit :

 la distinction entre civils et combattants.


 l’interdiction des attaquent visant les personnes hors de combat.
 l’interdiction d’infliger des souffrances inutiles.
 le principe de nécessité.
 le principe de proportionnalité.

Cette définition est néanmoins aussi révélatrice des limites inhérentes au DIH, à savoir que celui-
ci :

 n’interdit pas l’emploi de la violence ;


 ne peut pas protéger toutes les personnes touchées par un conflit armé.
 ne fait aucune distinction fondée sur le but du conflit.
 n’interdit pas à une partie de vaincre la partie ennemie, présupposant que les parties à un
conflit armé poursuivent des objectifs rationnels et que ceux-ci ne sont pas contraires au
DIH.
Section1 : les principes fondamentaux du DIH
Le premier principe fondamental du droit humanitaire concerne la limitation des méthodes de
guerre. Cette limitation est organisée par le principe de distinction entre les objectifs légitimes
d’attaque d’une part et les biens et personnes protégés contre les effets de la violence d’autre part.
Ce principe de distinction se conjugue avec celui de nécessité militaire et de proportionnalité pour
évaluer la légalité des dommages subis par les personnes et les biens à caractère civil.

Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, civils, blessés, prisonniers,
doivent être respectées et ne peuvent pas être visées ou utilisées dans les combats. Les biens et
services indispensables à la survie de la population (eau, nourriture, fournitures médicales,
ressources énergétiques…) ne doivent pas être détruit et le ravitaillement par des organisations
humanitaires impartiales ne peut pas être refusé par les parties au conflit en cas de pénurie.

Des standards humanitaires minimaux mentionnés par l’Article 3 commun aux Conventions de
Genève font référence aux principes suivants: les blessés et malades seront recueillis et soignés, les
organisations humanitaires impartiales pourront offrir leurs services en vue d’alléger les souffrances
sans que cela soit considéré comme une ingérence, et certains actes sont interdits en tout temps et en
tous lieux à l'encontre des Personnes protégées.

Ces actes sont les suivants :

 les atteintes portées à la vie et à l'intégrité corporelle (meurtre, mutilations,


traitements cruels, tortures…).
 les prises d'otages.
 les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements humiliants et
dégradants.
 les arrestations arbitraires et les exécutions extrajudiciaires.

Section2 : les enjeux du DIH


Selon Françoise Bouchet Saulnier (Directrice juridique, Médecins sans frontières), le droit
humanitaire reste la matrice de ce qu’on appelle aujourd’hui « l'espace humanitaire». En effet, c’est
à partir de ces textes que l’on a défini les principes opérationnels de l’action humanitaire:
indépendance, impartialité, neutralité, droit d’initiative des organisations humanitaires impartiales,
droit d’accès aux populations; droit d’évaluer les besoins de manière indépendante; droit de
contrôler de manière indépendante la distribution des secours; droit général d’assistance et de
protection aux victimes des conflits et principes particuliers concernant l’assistance médicale aux
victimes des conflits.

Depuis sa création, médecins sans frontières(MSF), a été confrontée à des enjeux liés notamment
à l’évolution de la nature des conflits ou à l’évolution de la pratique des relations internationales.
Ces enjeux d’actualité, tels que la guerre contre le terrorisme engagée par les Etats-Unis,
l’importance croissante des droits de l’homme et des mécanismes judiciaires internationaux ou la
montée des actions militaro-humanitaires et de la Responsabilité de protéger ont conduit MSF à
repenser constamment les modalités de son action et de ses dénonciations.

Chapitre II : les sources du DIH


Depuis la première convention de 1864, de nombreux autres traités sont venus compléter le DIH.
La plupart ont été adoptés à Genève ou à La Haye. Cette situation historique a induit une distinction
entre le «droit de la Haye» et le «droit de Genève». Si le premier traite des moyens et des méthodes
utilisés pour conduire la guerre et tente de leur fixer des limites, le second lui se concentre sur les
personnes à protéger (blessés, prisonniers de guerre, civils, etc.).

Ces deux «blocs» sont cependant de moins en moins séparés et la distinction a perdu de sa
pertinence depuis que de nouvelles conventions ont été adoptées sous l’égide des Nations Unies
dans le domaine du droit de la guerre, comme, par exemple, la Convention sur les armes chimiques
entrée en force en 1983. De nombreux traités constituent en fait des réponses à de nouveaux types
d’armes, de nouvelles méthodes de guerre ou encore de nouveaux types de conflits.

Une partie importante de ces règles font aujourd’hui partie de ce que l’on nomme le droit
coutumier. Cela signifie qu’elles s’appliquent aussi aux Etats qui n’ont pas ratifié les conventions
correspondantes. Ceci est particulièrement important dans les situations de conflits non
internationaux. C’est notamment la jurisprudence des tribunaux internationaux qui permet de
déterminer quelles règles appartiennent au droit coutumier et lesquelles n’y appartiennent pas. Ces
tribunaux, en particulier les Cours pénales internationales ont également permis de préciser nombre
de règles formulées en termes vagues ou ambigus.

Section1 : Droit conventionnel


Personnes protégées par les quatre Conventions de Genève de 1949 :

 les blessés et les malades sur terre (Première Convention de Genève)


 les blessés, les malades et les naufragés en mer (Deuxième Convention de Genève)
 les prisonniers de guerre (Troisième Convention de Genève)
 les civils (Quatrième Convention de Genève)

Les quatre Conventions de Genève de 1949 s’appliquent dans les conflits armés internationaux.
Un article – l’article 3 commun – est applicable spécifiquement aux conflits armés non
internationaux. Les 196 États sont partis aux quatre Conventions de Genève de 1949, ce qui les rend
universelles.

En réponse au développement de nouvelles méthodes de combat, le Protocole additionnel I de


1977 a confirmé les règles existantes applicables aux conflits armés internationaux et a ajouté de
nouvelles règles. En outre, dans la mesure où la plupart des conflits survenus depuis la Seconde
guerre mondiale sont des conflits non internationaux, les États ont décidé de compléter les règles de
l’article 3 commun pour instaurer un cadre de protection plus développé en faveur des personnes
souffrant des effets des conflits armés non internationaux. À cette fin, ils ont adopté le Protocole
additionnel II de 1977.

En 2005, un nouvel instrument additionnel a été adopté par les États pour remédier à un
problème, à savoir que, dans certains contextes, les emblèmes reconnus (la croix rouge et le
croissant rouge) étaient à tort perçus comme ayant une connotation religieuse, culturelle ou
politique et n’étaient pas respectés en tant que signes distinctifs neutres.
Le Protocole additionnel III a introduit un emblème supplémentaire, le cristal rouge, qui offre la
même protection que les emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge.
Outre les quatre Conventions de Genève de 1949 et leurs trois Protocoles additionnels de 1977 et
2005, un grand nombre de traités et autres instruments juridiques visent les questions touchant à la
conduite des hostilités et à la protection de la population civile. Ils contiennent des dispositions
applicables aux conflits armés internationaux, aux conflits armés non internationaux ou aux deux
(les points abordés sont notamment l’emploi de certaines armes, la protection des biens culturels, la
protection des enfants, et la poursuite et la répression des infractions pénales).

Section2 : Droit coutumier


Le droit coutumier est un ensemble de règles que les États considèrent comme contraignantes au
titre du droit international. Ces règles sont recensées à partir de l’examen des pratiques des
États (comptes rendus officiels d’opérations militaires et autres documents officiels, manuels
Militaires, législation nationale et jurisprudence). Acceptées comme étant le droit, elles doivent
Être distinguées des pratiques que les États ne considèrent pas comme obligatoires (c’est-à-dire
Les pratiques qui découlent de politiques plutôt que d’un sentiment d’obligation juridique).

Le droit coutumier peut combler certaines lacunes de la protection fournie aux victimes des
conflits armés par le droit conventionnel. De telles lacunes surviennent quand :

1. Des États ne ratifient pas certains traités (par exemple les Protocoles additionnels ou les
conventions d’interdiction de certains types d’armes). (Lorsqu’un conflit armé fait intervenir une
coalition d’États auxquels n’incombent pas les mêmes obligations juridiques – parce qu’ils n’ont
pas tous ratifié les mêmes traités –, le droit coutumier peut représenter l’ensemble de règles
communes à tous les membres de la coalition. Le cas échéant, il peut servir de base à l’élaboration
de règles d’engagement communes.)

Ou quand :

2. Le droit conventionnel ne contient pas de dispositions détaillées sur certaines questions


touchant aux conflits armés non internationaux. (C’est le cas en ce qui concerne la conduite des
hostilités – objectifs militaires, attaques sans discrimination, proportionnalité, précautions dans
l’attaque –, la protection des journalistes, l’assistance humanitaire et d’autres domaines tels que la
mise en œuvre du droit humanitaire. Une fois encore, le droit coutumier peut venir combler les
lacunes, car la pratique a généré un grand nombre de règles coutumières qui sont plus détaillées que
les dispositions souvent rudimentaires du Protocole additionnel II de 1977.

Partie II : champs d’application et La mise en œuvre du DIH


Le droit international humanitaire s’applique uniquement aux conflits armés et ne couvre pas les
situations de tentions interne ou de troubles intérieurs, comme les actes de violence isolés. Il
s’applique seulement lorsqu’un conflit a éclatés .et de la même manière pour toutes les parties
quelle que soit celle qui a déclenché les hostilités.

Les dispositions du DIH sont distinctes, selon qu’il s’agit d’un conflit armé internationales ou d’un
conflit armé non international.

Chapitre 1 : l’application du DIH pendant les conflits armées internationaux


En œuvrant à l’application fidèle du DIH le Comité international de la Croix-rouge (CICR)
s’efforce de persuader les Etats et les autres parties concernées d’accepter et de respecter les
règles du DIH qui s’appliquent à une situation donnée. Les obligations qui leur incombent peuvent
varier, selon que la situation est considérée comme conflit international ou non, et cette
classification détermine également si un Etat est obligé de d’accepter l’offre de service du CICR, en
cas de conflit armé international.
Dans les conflits internationaux, le CICR a toujours attiré l’attention des parties, de manière
officielle, sur les règles essentielles du DIH . . Ses memoranda contiennent un rappel des principes
et règles pertinents de ce corps de droit ; ils comprennent les règles relatives à la conduite des
hostilités et celles qui concernent la protection des victimes de la guerre. Le but primordial du
CICR est de faire en sorte que les victimes bénéficient au moins de facto d’un traitement conforme
aux règles humanitaires, surtout lors de conflits non internationaux.

Afin de mener à bien leurs opérations humanitaires, les délégués du CICR doivent non
seulement être présents dans le pays en guerre, mais ils doivent aussi avoir accès aux zones où se
déroulent les hostilités, car pour offrir protection et assistance aux victimes, ils est essentiel qu'ils
soient à proximité immédiate de celles-ci. Un accord de siège et une présence limitée dans la
capitale ne remplaceront jamais l’accès direct aux personnes dans le besoin. De même, la capacité
des délégués de travailler dans des zones déchirées par le conflit et donc potentiellement
dangereuses, et d'être en contact avec les personnes particulièrement vulnérables - en particulier
les prisonniers de guerre, les détenus et les internés civils - est une condition sine qua non du
travail de protection. En cas de conflit international, ce droit est explicitement prévu par les
Conventions et comprend un droit réel de contrôle, est évident que l’accès doit être négocié avec
les autorités et, si nécessaire, avec toutes les parties en guerre. Leur consentement est
indispensable pour garantir un minimum de sécurité.

Section 1 : Protection et assistance


Ses opérations, le CICR cherche à préserver les victimes de conflits des dangers, des
souffrances ou des abus auxquels elles pourraient être exposées, et à leur prêter appui. Les
besoins des victimes guident ainsi son action qui peut varier selon les circonstances et englober
toute une gamme d’activités, allant de la diffusion des règles et principes humanitaires à
l’assistance médicale, nutritionnelle et matérielle.

L’objectif premier des activités opérationnelles doit être de mettre les parties au conflit devant
leurs responsabilités et de les amener à respecter leurs obligations découlant du droit
international humanitaire, dont celle de préserver la sécurité, l’intégrité physique et la dignité des
personnes touchées par le conflit.. Les informations de première main dont l’institution dispose
grâce à sa présence sur le terrain et à son accès aux victimes l’aident à formuler les remarques,
basées sur les faits ou sur le droit, qu’elle va adresser aux autorités afin de les persuader de «
travailler à l'application fidèle » du droit humanitaire.

Ces démarches s’inscrivent dans le cadre d’un dialogue régulier avec les principales parties au
conflit, notamment les autorités politiques et militaires. Elles peuvent se faire oralement ou par
écrit, par lettre ou note verbale. La gravité de la violation, l'urgence de l'intervention et surtout
l'intérêt des victimes déterminent la démarche appropriée.

Ces démarches peuvent prendre plusieurs formes. Leur succès dépendra évidemment des
relations de confiance qui existent entre les autorités et le CICR. Même si la règle générale veut
qu’elles restent confidentielles, en cas de violations graves et répétées, le CICR peut faire appel à
la communauté internationale et même dénoncer ces violations publiquement et demander
qu’elles cessent.

Section 2 : restrictions des moyens de guerre


Le DIH interdit entre autres les moyens et les méthodes militaires qui :

• Ne font pas la distinction entre les combattants et les civils, de façon à épargner la
population civile, les personnes civiles et les biens de caractère civil.

• Causent des maux superflus.

• Provoquent des dommages graves et durables à l'environnement.

Par conséquent, le DIH a interdit l'emploi de nombreuses armes, dont les balles explosives, les
armes biologiques et chimiques, les armes à laser aveuglantes et les mines antipersonnel.

Chapitre 2 : La mise en œuvre dans les conflits armés non internationaux


Le droit international humanitaire fait la distinction entre conflits armés internationaux et non
internationaux. Cette distinction se retrouve dans les mécanismes de mise en œuvre : dans le
deuxième cas, ceux-ci s’adressent aux « parties » au conflit armé non international, c’est-à- dire
aux États, mais aussi aux groupes non étatiques. Ni l’article 3 commun aux quatre Conventions de
Genève, ni le Protocole additionnel II ne prévoient expressément des mécanismes internationaux
de mise en œuvre. Toutes les tentatives pour créer de tels mécanismes, et à plus forte raison un
véritable système de supervision juridique, ont échoué en raison du réflexe « affaires intérieures
» . Hormis le droit d’initiative humanitaire ancré dans l’article 3, seule l’obligation de diffuser le
Protocole reste dans son article 19.

Le droit applicable aux conflits armés non internationaux ne prévoit ni Puissance protectrice, ni
procédures d’enquête ou d’établissement des faits . Au mieux, on ne sait pas dans quelle mesure
des groupes d’opposition armés encourent une responsabilité et ont l’obligation de fournir
réparation. L’obligation de poursuivre et de juger les criminels de guerre, qui est aussi prévue
implicitement pour les groupes non étatiques, est difficile à mettre en pratique et les parties à de
tels conflits sont souvent réticentes à faire appliquer la responsabilité pénale . Avant l’adoption du
Statut de la Cour pénale internationale, il n’y avait aucun mécanisme spécifique pour poursuivre et
juger les auteurs de violations du droit international humanitaire ou pour faire cesser ces
violations. Toutefois, selon la règle générale figurant à l’article 1er commun aux Conventions de
Genève, les parties au conflit sont tenues d'assurer le respect du droit international humanitaire,
ainsi que d’en prévenir et d’en punir les violations. D’ailleurs, de l’avis de la Cour internationale de
justice, l’obligation de faire respecter les Conventions concerne également l’article 3 commun et
s’applique donc aussi aux conflits non internationaux. Cette obligation revient également aux États
tiers.

Section 1 : La distinction entre conflit international et non international dans le


droit International humanitaire et la pratique contemporains  :
Des tentatives ont été faites à diverses reprises pour éliminer la distinction entre conflits
armés internationaux et non internationaux afin de créer un régime unique de droit international
humanitaire commun à tous les conflits armés. Ces tentatives n’ont pas pleinement abouti, mais
dans la réalité, l’évolution de la jurisprudence, de la pratique internationale et de la nature
effective des conflits armés a pour effet d’estomper la frontière entre les deux catégories de
conflits. Il s’ensuit que, dans la pratique, les protections plus rigoureuses réservées naguère aux
conflits armés internationaux ou aux conflits armés non internationaux relativement structurés
définis par le Protocole II s’appliquent aujourd’hui aussi à la catégorie de conflits définie par
l’article 3 commun.

De plus, le droit international des droits de l’homme a continué de s’étoffer à la faveur de la


jurisprudence et de l’adjonction de nouvelles protections de ces droits lors des conflits armés,
internationaux ou non. Le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant,
concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés, par exemple, crée au titre des droits de
l’homme des obligations relatives à l’enrôlement et à l’utilisation d’enfants dans les groupes
armés, en temps de paix comme en temps de guerre, que le conflit soit international ou non. À
mesure que l’éventail des protections internationales des droits de l’homme qui sont
particulièrement utiles en cas de conflit armé s’élargit, et du fait même que ce régime s’applique
aux conflits non internationaux aussi bien qu’internationaux, il devient arbitraire d’exclure les
protections analogues qui relèvent du droit international humanitaire et qui étaient naguère
réservées à une seule catégorie de conflits

Enfin, l’évolution récente révèle un fort accroissement du nombre et de l’intensité des conflits
armés non internationaux, ainsi qu’une augmentation des missions de maintien de la paix des
Nations Unies et des coalitions internationales destinées à aider un État lors d’un conflit armé qui
se déroule sur son propre territoire. Tous ces facteurs se sont conjugués pour rendre
extrêmement délicate l’application des distinctions traditionnelles du droit international
humanitaire entre conflits armés internationaux et non internationaux.

Section 2 : Un nouveau droit international contre les conflits armés non


internationaux :
Quel que soit précisément le niveau d’avancement des développements juridiques, il n’est
plus possible de nier le fait que le droit international des CANI a connu un remarquable processus
d’assimilation à celui régissant les CAI, notamment dans le domaine particulièrement sensible de
la conduite des hostilités. Ceci a ravivé le débat doctrinal sur la question de savoir s’il n’est pas
aujourd’hui plus que temps d’accorder aux combattants non étatiques un privilège du combattant
équivalent à celui accordé aux soldats des deux camps dans un CAI.

Si un tel changement se produisait aujourd’hui, ceux des rebelles qui combattent conformément
au droit des CANI échapperaient non seulement (comme c’est le cas aujourd’hui) à toute
responsabilité pénale internationale pour un crime de guerre commis dans un CANI, mais ils
pourraient également (contrairement au droit existant) demeurés impunis en vertu des lois
nationales de l’État concerné, par exemple en cas de rébellion ou de meurtre, du fait de leur
participation au conflit armé.
Dans l’une de ses dernières publications, Antonio Cassese a plaidé pour une telle réforme
juridique dans les situations de CANI de haute intensité et à condition que les forces armées de la
partie non étatique soient suffisamment à même de se distinguer de la population civile.

Conclusion

Le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire


s’enrichissent mutuellement de diverses manières. Lors des échanges de vues qui ont eu lieu à ce
sujet au Conseil des droits de l’homme, différents experts ont souligné que, dans certaines
situations complexes, une sorte de mise à l’épreuve est peut-être nécessaire pour déterminer le
cadre juridique qui s’applique le mieux à une situation donnée. Dans le cadre des efforts déployés
pour défendre efficacement les droits de toutes les personnes pendant les conflits armés, un
certain nombre d’organes et d’organisations des Nations Unies, de mécanismes spéciaux relatifs
aux droits de l’homme ainsi que de tribunaux internationaux et régionaux ont, dans la pratique,
appliqué de plus en plus les obligations au titre du droit international des droits de l’homme et
du droit international humanitaire de manière qu’elles se complètent et se renforcent
mutuellement.

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