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Biogéographie des Rongeurs du Saloum

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d

Acta Bcologica
Bcol. Gener., 1989, Vol. 10, no 2, p. 135-147.

Biogéographie insulaire et contraintes écologiques :


le cas des rongeurs des îles du Saloum (Sénégal)
I
L./Granjon et J.
Laboratoire de ~anznialogie,O R S T O Y B. P. 105, M B o u r , Sénégal.

Le peuplement de Rongeurs de la région du delta du Saloum (Sénégal) a été échantillonné


par piégeages réguliers en 1985-1986. La diminution observée de la richesse spécifique depuis la
région continentale jusqu’aux îles les plus isolées est très forte, indiquant un net déficit en espèces
dans les îles. Par ailleurs, l’espèce subsistant en extérieur dans les îles (Mastonzys Izuberti) n’est
pas celle qui domine en milieu continental (Mastoinys erytliroleucus), laquelle est considérée comme
un généraliste écologique. I1 semble que les caractéristiques écologiques propres à cette région puis-
sent rendre compte des faits observés : la mangrove et ses formations associées, qui constituent
l’essentiel du paysage, représentent probablement un milieu trop contraignant pour I’établissement
d’une communauté de Rongeurs plus riche; d’autre part, l’espèce qui y réussit le mieux le doit sans
doute à ses aptitudes physiologiques lui permettant de s’accommoder du manque d’eau douce
libre et de la forte teneur en sel des végktaux présents.
I1 apparaît donc que les contraintes liées à un milieu particulier, en l’occurrence la mangrove,
doivent être prises en compte dans l’utilisation des modèles génkralement admis de la biogéographie
insulaire, mais n’en remettent pas pour autant en cause les principes fondamentaux.
1-
,
-~
- --1

-1
I
-. .
: Biogéographie - Insularité Co
MOTS-CLÉS -
Rongeurs - Mastomys
I
1
1 ABSTRACT
I
1 - -- in-1985-198-CThëstrongdecrease
_The
_ community of rodents from lhe Saloum delta (Senegal) has been sampled by trapping
ofispecificrichness from the continent to the most isolated islands,
suggests a deficiency of species in some islands. Moreover, the species inhabiting the islands (Mas-
toinys Iiuberti) is not the one which dominates on the mainland and which is considered as the
generalist species (Mastonzys erytlzroleucus). These facts can be explained by the ecological cha-
racteristics of the environment: mangrove and associated vegetation are prevailing in the study
area, and represent a constraining environment, preventing the establishment of a richer community
of rodents. On the other hand, the success of M. huberti in these islands is probably linked with
its physiological abilities, allowing it to deal with the lack of fresh water and the high amounts
of salt in the plants.
So, it appears that environmental constraints are to be considered when using the usually highly
predictable models of insular biogeography, without calling its fundamental principles in question
again.

KEY-WORDS; Biogeography - Insularity - Ecological constraints -


-
Rodents Mastomys.

Acta CEcologicalCEcologìa Generalis, 0243-766X/89/02]135/13/$ 3.301 0 Gauthier-Villars. 10


136 L. GRANJON ET J. M. DUPLANTIER

1. - INTRODUCTION
L’étude des communautés insulaires est restée pendant de longues années
essentiellement descriptive (BEERet al., 1954; SHEPPE,1965; WEBB, 1965; FALL
et al., 1968, pour les rongeurs), jusqu’aux travaux de MACARTHUR& WILSON (1963,
1967) qui développèrent une théorie de la zoogéographie insulaire visant à expliciter
les mécanismes de mise en place, de maintien et d’évolution des communautés
et des populations insulaires. Les études qui suivirent apportèrent un grand nombre
de données confortant ces modèles théoriques, dans différents groupes taxonomiques
et sous différentes latitudes (SIMBERLOFF & WILSON,1969; DIAMOND,1969; CASE,
1975; DUESER& BROWN,1980; LOMOLINO, 1982 et 1984; HEANEY, 1984; CHEYLAN,
1984; CROWELL, 1986, etc.). En particulier, la notion d’ K équilibre dynamique N,
indiquant que les peuplements insulaires sont le résultat de processus dynamiques
de colonisation et d’extinction d’espèces, eux-mêmes fonction de certaines carac-
téristiques des îles considérées (surface, degré d’isolement), a été souvent testée.
Point de départ de ce modèle, la relation unissant la richesse spécifique et la surface
d’un territoire a été formulée à diverses reprises (GLEASON, 1922; DARLINGTON,
1957; PRESTON, 1962; MACARTHUR & WILSON,1967). Dans le cas de peuplements
insulaires, cette relation indique que l’enrichissement spécifique en fonction de
l’augmentation de la surface des îles se fait à un rythme dont les paramètres ont été
définis (MACARTHUR& WILSON,1967; PIANKA,1974). Ainsi, la connaissance du
nombre d’espèces d’un groupe donné sur une île est un indicateur de l’état d’équilibre
atteint par le peuplement. Que l’équilibre réalisé soit effectivement dynamique,
c’est-à-dire qu’il soit le fait d’un renouvellement d’espèces est actuellement un pro-
blème fort débattu (voir BLONDEL, 1986), que les résultats présentés ici ne permettent
pas d’aborder. Un certain nombre de cas où I’équilibre n’était pas réalisé ont pu être
expliqués, dans le cadre du modèle, soit par un déficit de colonisation et/ou un excès
d’extinction (BROWN,1971; MORGAN & WOODS,1986), soit par un état de sursatura-
tion de communautés insulaires récemment formées (DIAMOND,1972; WILCOX,
1978; NEWMARK, 1986). De même, le problème de l’identité des espèces présentes
sur les îles a donné lieu à un vaste débat entre les partisans d’une sélection des colo-
nisateurs (MACARTHUR & WILSON, 1967; GILPIN& DIAMOND,1983; BLONDEL, 1982)
et ceux d’une colohisation 8. caractère stochastique à partir du pool continental
d’espèces (SIMBERLOFF, 1978; CONNOR & SIMBERLOW, 1979).
Ces différentes questions sont abordées ici à travers l’étude du peuplement
en Rongeurs de la région du Saloum, région située sur la bordure atlantique du
Sénégal et caractérisée par la présence de nombreuse; îles de surface et de degré
d’isolement variables, mais également par le développement important de la man-
grove. L’influence possible de ce type de milieu sur les distributions observées et sur
l’évolution des populations présentes est discutée.

2. - LA ZONE D~ÉTUDE

HISTORIQUE
2.1. SITUATION
La région du delta du Saloum (fig. 1) est située entre 13’35 et 14’ de latitude
Nord et entre 16”30 et 16’50 de longitude Ouest. Mise en place après la grande
transgression Nouackchottienne (5 500 ans BPI, cette région a peu à peu émerge

Acta CEcologica/CEcologia Generalis


I

BIOGÉOGRAPHIE DES RONGEURS DES îLES DU SALOUM 137

par suite des dépôts de vases suivant le retrait progressif de la mer, et par édification
de cordons sableux sous l'influence d'une dérive littorale Nord-Sud (DIOP, 1980;
MARIUS, 1985). Elle subit encore actuellement des remaniements constants, liés
aux courants marins. Plutôt qu'un delta, la région du Saloum représente en fait une
vaste ria dont les chenaux (ou (( bolons ))) sont exclusivement parcourus par des
eaux sursalées (MARIUS,1985).

1 :: 4 - i

-
FIG.1. Carte de la région du Saloum
et physionomie des principales îles étudiées.

Vol. 10, no 2 - 1989


138 L. GRANJON ET J. M. DUPLANTIER

2.2. CLIMAT
Le climat de la région est caractérisé par l'alternance d'une saison sèche (novem-
bre à juin) et d'une saison chaude et humide (juillet à octobre). Le maximum des
précipitations se situe au mois d'août. La zone d'étude est comprise entre les iso-
hyètes 1 O00 mm au Sud (Djinak) et 800 mm au Nord. Toutefois, l'extrême irré-
gularité de la pluviométrie ainsi que son déficit presque généralisé depuis le début
des années 1970 (MARIUS,1985) sont à noter. La température annuelle moyenne
est d'environ 25" C (période 1958-1976).

2.3. LES GRANDS ENSEMBLES GÉOGRAPHIQUES


Trois (( compartiments )) peuvent être définis dans cette région du Saloum (fig. 1).
Ce sont, d'Est en Ouest :
- Un ensemble continental sensu stricto, à l'Est de la ligne Djinak-Missira-
Toubakouta. Des zones de forêt plus ou moins dégradée et de savane boisée y alter-
nent avec des zones cultivées et des surfaces de (( tannes )) (((vasières nues ou couvertes
d'une végétation halophile rase )), GUILLOU & DEBENAY, 1988) d'extension variable.
- Un ensemble (( amphibie )) de grandes îles (Iles du Gandoul, Iles de Bétanti,
Iles de Fathala) séparées les unes des autres par un réseau de bolons de taille diverse,
et séparées du continent sensu stricto par de longs chenaux Nord-Sud restant en
eau à marée basse. La présence quasi constante de la mangrove et des formations
associées (tannes, vasières..., voir DIOP, 1980 ; GRANJON, 1987) caractérise cet
ensemble.
- Un ensemble d'îles et d'îlots plus isolés, situés pour la plupart au large du
village de Bétanti, mais également pour partie sur le Diombos (cf. fig. 1). Ces derniers
peuvent être incorporés à ce 3e ensemble, du fait de leur isolement relativement
important. La plupart de ces îles ont été décrites par DWW & VERSHUREN (1982).
Une de leurs caractéristiques principales est le manque d'eau douce permanente.
Les 8 îles et îlôts principaux sont (cf. tableau I et fig. 1) :

TABLEAUI. - Caractéristiques géographiques des îles du Salouni étudiées


et répartition de Mastomys huberti et de Tatera gambiana.

UlEllWCt AU

-
ILES de BETANTI 79200 50 + +
ILES de FATHALA 3000 25 + +
GOUK , 1570 500 + o

POUTAK 1550 700 + o


ILE aux OISEAUX 150 1350 o. 0

ILE aux BOEUFS n'2 135 200 + o


ILE auxBOEUFS n'l 23 200 o 0

ILE auxBOEUFS n'3 21 200 + o

TEREMA 0.8 750 + o


K AWAT 0,2 50 O "

Acta CEcologica/CEcologia Generalis


BIOGÉOGRAPHIE DES RONGEURS DES îLES DU SALOUM 139

. Poutak et Gouk, sur le Diombos, grandes îles ceinturées de mangrove et


possédant de larges surfaces de sols salés recouverts de végétation herbacée à arbus-
tive, avec quelques baobabs.
. Le groupe des Iles aux Bœufs, constitué de trois îles plus ou moins parallèles
à la côte et dont la plus septentrionale n’est séparée que par quelques dizaines de
mètres de celle-ci. A marée basse, seuls d’étroits chenaux séparent le village de Bétanti
de l’île no 1, ainsi que les îles entre elles. Leurs rives sont sablonneuses vers l’Ouest,
recouvertes de mangrove vers l’Est. L’intérieur des îles nos 2 et 3 est couvert d’un
tapis de hautes herbes, avec une strate arborée relativement développée dans l’île
no2, la plus grande.
. L’Ile aux Oiseaux, la plus isolée de toutes, possède une large bande de mangrove
sur sa rive Sud-Est, et de longues plages sur le reste de son pourtour. La végétation
y est exclusivement composée d’halophytes.
. L’îlot de Terema, à l’Est de 1’Ile aux Oiseaux, est recouvert de végétation
herbacée et buissonnante, avec quelques baobabs. ,
. L’îlot de Kawat, à peine séparé de la côte, ne supporte qu’une végétation
halophile rampante (Scaevola plumieri) et deux bosquets de mangrove.

3. - MATÉRIEL ET MÉTHODE
Les piégeages dans la région du Saloum ont eu lieu à 4 périodes en 1985-1986 : 18 sites ont été
échantillonnés au total (fig. l), une ou plusieurs fois en juillet et décembre 1985, ainsi qu’en mars-
avril et août 1986. L’ensemble représente 1770 nuits/pièges, réparties comme suit : 655 en zone
continentale (6 sites), 447 en zone amphibie (3 sites) et 668 en zone insulaire (9 sites).
Les pièges utilisés, rigides (de type Firobind ou Manufrance) ou pliants (de type Sherman
ou grillagés, cf. CHAUVANCY & DUPLANTIER, 1986) étaient disposés, en extérieur, selon des lignes
avec un espacement inter-pièges de 10 m. En intérieur, ces mêmes pièges étaient distribués dans les
cases d’habitation des villages. De cette façon, 624 nuits/pièges ont été réalisées en intérieur et 1 146
en extérieur. Les pièges étaient appâtés dans l’après-midi avec de la pâte d’arachide, et relevés le
matin. Une fois capturés, les animaux étaient identifiés, pesés, sexés, puis la plupart du temps rame-
nés au laboratoire pour diverses analyses (voir DWLANTIER, 1988).

4. - RÉSULTATS
355 Rongeurs ont été capturés lors des différentes sessions de piégeage, appar-
tenant à 9 espèces de 3 familles différentes : Muridae (Mastornys erythroleucus,
Mastornys huberti, Arvicanthis niloticus, Myonqys daltoni, Rattus rattus et Mus musculus
donzesticus), Gerbillidae (Tatera ganzbiana et Taterillus gracilis), Sciuridae (Helio-
sciztsus garnbianus).
Le tableau II met en évidence de façon nette la caractéristique principale du
peuplement de Rongeurs de la région du Saloum : son appauvrissement en nombre
d’espèces d’Est en Ouest, c’est-à-dire en passant de la zone continentale aux îles,
via la zone amphibie. En effet, 7 espèces ont été capturées en extérieur dans les sites
continentaux, contre 2 dans la zone intermédiaire et une seulement dans les îles.
L’évolutiondu nombre des espèces commensalessuit, de façon moins tranchée, la même
tendance : 5 espèces sur le continent, 2 dans les deux autres ensembles définis. Quel-
ques espèces peuvent ne pas avoir été capturées lors de ces échantillonnages, soit
du fait de leur rareté, soit parce que le protocole de piégeage n’était pas adapté à
leur capture. Parmi les Rongeurs susceptibles de se trouver dans cette région du

Vol. 1 0 , no 2 - 1989
140 L. GRANJON ET J. M. DTJPLANTIER

II.
TABLEAU - Résultats (en nombre d’individirs par 100 nnitspièges (( n. p . D)
des piégeages de rongercrs dans la région du Saloum.

ESPECE Z. continentale .i? .


arophibie Z. insulaire

NOMBRE N.P 343 215 528


[Link] 6,4
[Link] 0,6 2,5 22,7
~XTER,EUR [Link] 0s
M daltoni 0,3
[Link] O,6
T gambiana O. 3
[Link] 0,3
- - -
924 11,2 22,7

NOMBRE N.P 312 172 140


[Link] 17.6
[Link] 7,O 25.0
INTEßlEUP [Link] O. 3
Krattus 2.2 31,4 2,1
[Link] 10
- - _.

21,7 38,4 27,l

Sénégal (cf. HUBERT et al., 1973), c’est probablement le cas de Xerus erythropza,
Sciuridae très commun mais trop grand pour être capturé par les pièges utilisés ici,
de Graplzizrrus murinus, Glirìdae arboricole, ainsi que de Lemniscomys barbanis,
Nannomys mnttheyi, Nannomys mzucailoides et Steatomys caurinus, Muridae de
petite taille toujours très peu représentés dans les piégeages. La présence éventuelle
de ces espèces ne doit pas changer la tendance observée de diminution de la richesse
spécifique d’Est en Ouest, la probabilité de présence de ces taxons dans la partie
continentale étant plus importante que dans les deux autres zones, du double fait
de la plus grande diversité des milieux dans cette zone et de l’effort de piégeage
relativement plus faible qui y a été consenti par rapport à la surface repré-
sentée.
Par ailleurs, Mastoinys evythrolezrcus, qui est de loin l’espèce la plus abondante
en zone continentale, disparaît totalement dans les deux autres (( compartiments n.
Dans la zone amphibie, c’est Tatera gambiana qui domine en extérieur, alors que cette
espèce est peu abondante dans la zone continentale. L’espèce commensale princi-
pale est Rattus rattus, très abondant dans certains villages (Bétanti, Djinak). Enfin,
dans les îles, Mastomys hzrberti devient l’espèce dominante, seule capturée en exté-
rieur oh elle présente tout au long de l’année des densités apparemment élevées.
Dans les villages, M . huberti domine également très largement alors que R. rattzrs
ne semble présent que de façon épisodique, en relation avec les mouvements des
populations humaines (campements saisonniers de pêcheurs).

Acta EcoIogica/EcoIogia Generalis


BIOGÉOGRAPHIE DES RONGEURS DES îLES DU SALOUM 141

Les densités de populations de ces Rongeurs, estimées d’après les rendements


de piégeage, augmentent en même temps que diminue le nombre d’espèces, en parti-
culier en extérieur : moins de 10 RongeursllOO nuits/pièges (n. p.) en zone
continentale, plus de 11/100 n. p. en zone amphibie et près de 231100 n. p. dans les
îles. La situation n’apparaît pas aussi tranchée au premier abord en milieu commensal,
mais le rendement de piégeage obtenu dans les petites îles est quelque peu sous-
estimé par la prise en compte des résultats de juillet 1985 à Diofandor, période
à laquelle le village était inoccupé et où, de ce fait, les rongeurs commensaux étaient
rares. Si l’on ne tient pas compte de ce résultat, le rendement de piégeage en milieu
commensal insulaire dépasse 60 individus/n. p. La tendance à l’augmentation
de densité de la zone continentale à la zone insulaire est alors également vérifiée.
Les chiffres atteints en intérieur sont par ailleurs, pour un compartiment donné,
toujours supérieurs à ceux atteints en extérieur.
Mastonip Auberti est donc la seule espèce qui réussisse à se maintenir dans
les îles les plus isolées du Saloum. Cinq des 8 îles et îlots prospectés se sont révélés
abriter une population de cette espèce (tableau I). Dans tous les cas, des juvéniles
et/ou des femelles gestantes ont été capturés, preuves d’une reproduction sur
place.
5. - DISCUSSION
La relation unissant une surface donnée (A) et le nombre d’espèces d’un groupe
particulier l’occupant (S) a été formulée à plusieurs reprises (voir BLONDEL,1979).
En particulier, les deux équations suivantes ont été régulièrement utilisées :
* S = zlogA 3. c (1)
(GLEASON, 1922), où une multiplication de la surface par une constante entraîne
I’addition d’un nombre constant d’espèces.
* log s = 2 log A 4- c (2)
(PRESTON, 1962; MAC ARTHUR& WILSON,1967), où le produit de la surface par
une constante multiplie le nombre d’espèces présentes.
Cette dernière relation est la plus généralement employée dans les études de
biogéographie insulaire. Les limites du paramètre z pour des communautés insulaires
à l’équilibre ont été fixées à O,20 et 0,35 (MACARTHUR & WILSON, 1967).
Or, le peuplement en Rongeurs des îles du Saloum s’accorde plutôt à l’équa-
tion (1). En effet, à partir des données concernant 10 îles (fig. 2), la corrélation la plus

1
S , 0,303 logA+0,282

1 , $$ ,

O
0.1 1 10 100 1000 10000 Ab)
FIG.2. - Relation entre la richesse spécifique en rongeurs (5‘) et le logarithme de la surface (A)
à:partir des données concernant 10 des îles du Saloum (cf. tableau I).

Vol. 10, no 2 - 1989


142 L. GRANJON ET J. M. DUPLANTIER

forte est obtenue pour la relation entre S et log A (v = 0,654, p < 0,05), alors que
la corrélation entre log S et log A (pour 7 couples de valeurs, une fois enlevés les
cas où S = O) n’est que de 0,63 (0,05 < p < 0,lO). L’équation de cette dernière
régression s’établit à :
log S 0,062 log A - 0,069,
et il apparaft donc que le paramètre z, qui mesure en quelque sorte le taux d’enrichis-
sement en espèces en fonction de l’augmentation de la surface est très inférieur aux
valeurs généralement observées dans les communautés insulaires à I’équilibre, ceci
pouvant avoir diverses causes biologiques (cf. ABOTT,1983).
L’ensemble de ces observations indique toutefois que les îles étudiées ici sont
rapidement saturées en espèces, mais s’enrichissent lentement lorsque la surface
continue d’augmenter. Ce déficit de richesse spécifique dans les îles les plus grandes
(îles de Bétanti et îles de Fathala, dans la zone amphibie) n’est probablement pas
seulement lié à l’isolement puisque le bolon Nord-Sud qui les sépare du continent
ne mesure à certains endroits que quelques mètres de large.
En revanche, la faible diversité des milieux rencontrés dans cette zone amphibie
représente probablement un facteur limitant primordial pour l’établissement d’une
communauté de Rongeurs plus riche. En effet, la mangrove et ses formations asso-
ciées constituent la grande majorité du paysage, et représentent un milieu relativement
pauvre en ressources (MARIUS, 1985). Cette importance de la quantité et de la qualité
des ressources alimentaires dans 1’établissementet le maintien de populations insulaires
a été mis en évidencepar SmPp~(1965):l’addition de nourriture dans des îlots permet la
survie de populations artificiellement introduites de Pevoinyscus leaieopzrs en réduisant
la dispersion des individus. De même, DUESER & BROWN(1980) notent une corré-
lation positive entre le nombre d’espèces et le nombre d’associations végétales pré-
sentes sur un archipel de 9 îles de la côte Est des Etats-Unis. La diminution de la
surface n’intervient donc dans ces cas que de façon indirecte, par l’intermédiaire
de la réduction des ressources disponibles (cf. PIANKA, 1974; LACK,1976; BLONDEL,
1979). Ces deux facteurs peuvent même ne pas être associés, comme dans le cas
de certaines des îles étudiées ici (île aux Oiseaux, île aux Bœufs no l), où la surface
serait suffisante pour abriter une population pérenne de rongeurs, mais où les res-
sources ne le permettent pas. Ainsi, l’absence de rongeurs dans l’île aux Oiseaux,
l’île aux Bœufs no 1, et l’îlot de Kawat peut être liée à divers facteurs :
- Cas de l’îles aux Oiseaux : I’éloignement de l’île à la source de colonisation
la plus proche (île aux Bœufs no 3 : 1 350 m), mais surtout la présence de végétation
exclusivement halophile explique sans doute l’impossibilité de maintien d’une popu-
lation pérenne de rongeurs.
- Cas de l’île aux Bœufs no 1 : là encore, c’est probablement le facteur (( dis-
ponibilités alimentaires )) qui est limitant. En effet, la surface et la distance à une
source de colonisation autorisent tout à fait la présence de rongeurs sur cette île.
En revanche, la grande majorité de la surface de l’île est couverte de mangrove
et seule une mince bande de végétation herbacée se développe sur la rive Ouest.
On peut penser que cette île peut servir d’étape 8. la colonisation de l’île aux Bœufs
no 2, n’étant séparée du village de Bétanti que par un chenal de quelques mètres à
marée basse.
- Cas de l’îlot de Kawat : la surface très faible, conjuguée à l’absence de végé-
tation herbacée sont les facteurs limitants du maintien d’une population stable sur
cet îlot.

Acta Gcologica/Ecologia Generalis


BIOGÉOGRAPHIE DES RONGEURS DES îLES DU SALOUM 143

Par ailleurs, il apparaît que l’espèce la plus abondante sur le continent (M. ery-
throleucus) n’est pas celle qui a colonisé les îles voisines, comme c’est le plus souvent
le cas (BEERet al., 1954; FALL et al., 1968; REDFIELD, 1976). Toutefois, dans certains
cas, une espèce très abondante sur le continent peut être absente ou rare dans les
îles proches. C’est le cas de Cletlirionomys glareolus dans des îles lacustres de Fin-
lande (HANSKI& KUITUNEN, 1986) ou d? Perornyscus leucopus dans les îles de la
(( Virginia barrier D, sur la côte Est des Etats-Unis (DUESER et al., 1979). Dans le
premier cas, les faibles capacités de dispersion et de colonisation de C. glareolus
ont été invoquées pour expliquer son absence de certaines îles. Dans le cas de P. leu-
copus, par ailleurs présent dans un grand nombre d’îles américaines (SHEPPE,1965;
FALL et al., 1968; ADLER& WILSON,1985; ADLERet al., ’1986), le même argument
pourrait être avancé pour expliquer son absence de ce groupe d’îles relativement
isolé (cf. CARTER& MERRITT,1981; LOMOLINO, 1986).
Dans le cas des îles du Saloum, l’absence de M. erytlzroleucus paraît difficilement
explicable par une incapacité à la dispersion et à la colonisation de la part de cette
espèce. Elle est en effet répartie sur l’ensemble du pays, dans une grande variété
de biotopes, alors que M . huberti est strictement inféodé aux milieux humides
(DUPLANTIER, 1988; DUPLANTIER & GRANJON,1988). M. erythrolezicus représente
par ailleurs une des principales espèces commensales au Sénégal (DUPLANTIER,
1988) et est de ce fait plus susceptible de faire l’objet d’un transport passif que la
majorité des espèces présentes, M. Izuberti et T. garizbiarza en particulier. Enfin,
en ce qui concerne les capacités natatoires des différentes espèces, l’avantage est aux
Muridae par rapport aux Gerbillidae (HICICMAN & MACHINE, 1986), mais la compa-
raison plus précise des performances de M. erythrolezrcus et de M . huberti reste à
faire.
I1 faut donc plutôt voir dans l’absence de M . erytlzroleucus sur les îles du Saloum
une impossibilité de maintien de colonisateurs ayant eu l’occasion d’arriver sur ces
îles. Dans l’éventualité où M. huberti aurait été la première espèce à occuper les
îles du Saloum, il aurait pu, par compétition, empêcher la colonisation de M. er-ytlzro-
leucus. Toutefois, cette hypothèse paraît insuffisante à expliquer à elle seule la dis-
tribution observée, au vu des répartitions continentales des deux espèces et de leurs
caractéristiques démographiques (DUPLANTIER, 1988). Le manque d’eau douce libre,
mais plus encore la présence sur ces îles de végétaux à forte teneur en sel, paraissent
constituer des facteurs explicatifs plus probables : en effet, et contrairement à ce
que leurs répartitions écologiques respectives au Sénégal laisseraient supposer,
il semble que M . lzuberti puisse s’accommodermieux que M. erythrolezicusd’une déplé-
tion en eau, par l’intermédiaire d’un métabolisme hydrique réduit (MAIGA,1984;
SICART,1987; DUPLANTIER, données non publiées).
Corrélativement à ces capacités de régulation de leur métabolisme de l’eau,
les individus de M . huberti pourraient également mieux supporter un régime rela-
tivement salé. Des populations de Rattus ruttus se maintiennent ainsi sur des îles
au large de l’Australie, avec pour nourriture des végétaux à forte teneur en sel (NOR-
MAN & BAUDINETTE, 1969). La conséquence de ce régime alimentaire est une mau-
vaise condition des individus, accompagnée de malformations rénales et d’un poids
corporel faible. Or il se trouve justement que les populations de M. hziberti des îles
du Saloum sont constituées d’individus nettement plus petits que la moyenne établie
sur l’ensemble des populations continentales de l’espèce au Sénégal (GRANJON,
1987; DUPLANTIER, 1988, et tableau III). Cette tendance au nanisme va 8. l’encontre
de ce qui est généralement observé dans les populations insulaires de petits Rongeurs,

Vol. 10, no 2 - 1989


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144 L. GRANJON ET J. M. DUPLANTIER

TABLEAU -
III. Pourcentages de réduction de poids et de taiIIe corporelle (LT +
C)
des Mastomys huberti des îIes du Saloim par rapport aux ii&idiis coiitinentairx.

POIDS L T+C

mâles -19% -7,7%

femelles - 26 Yo -9,i Yo

oùT)’augmentationde taille constitue la règle générale (FOSTER, 1964; VANVALEN,


1973; LOMOLINO, 1985). Le nanisme des Rongeurs insulaires, dans les rares cas
où il est observé, pourrait donc être lié à des problèmes physiologiques en relation
avec les disponibilités alimentaires locales. Une autre hypothèse explicative de la
réduction de taille des M. huberti insulaires pourrait être liée à leur régime alimen-
taire. En effet, d’après LAWLOR (1982), les espèces à régime spécialisé présenteraient
des individus insulaires de taille réduite par rapport à leurs homologues continentaux,
alors que les populations insulaires d’espèces généralistes seraient composées d’indi-
vidus plus grands. Au Sénégal, M . erythroleuczis, qui peut être considérée comme un
généraliste alimentaire (HUBERT et al., 1981) présente effectivement une population
constituée d’individus (( géants 1) sur l’île de la Madeleine, au large de Dakar (GRAN-
JON,1987; DUPLANTIER, 1988). Le régime alimentaire de M. hziberti n’a pas été
étudié dans le détail mais la répartition de cette espèce au Sénégal (DUPLANTIER
& GRANJON, 1988) laisse supposer qu’il est plus spécialisé que celui de M. erythro-
leticus. La réduction de taille observée chez les individus des îles du Saloum serait
alors en accord avec la théorie de LAWLOR (1982). Toutefois, ceci ne permet pas
d’expliquer l’absence de M. erythroleucris de ces îles. Un facteur environnemental
doit se révéler limitant pour cette espèce, mais par pour son congénère M. hziberti,
d’où l’hypothèse d’une meilleure résistance à la salinité et/ou au manque d’eau douce
de ce dernier, conjuguée éventuellement à des phénomènes de compétition entre les
M. huberti résidents et des M. erythroleucus immigrants.
Ces différentes hypothèses pourront être testées d’une part grâce à des expé-
riences en captivité visant à comparer l’évolution d’individus des deux espèces soumis
à divers régimes salés ou sans eau, d’autre part sur le terrain par l’intermédiaire
d’introductions de M. erythrolezictis dans des îles occupées ou non par des populations
de M. hziberti.
En conclusion, ces résultats montrent que dans les îles du Saloum, on ne peut
relier directement diversité spécifique en Rongeurs avec superficieet degré d’isolement
des îles. I1 apparaît finalement que les contraintes liées au milieu particulier que
représente la mangrove et ses formations associées conditionnent la distribution
quantitative et qualitative des Rongeurs du delta du Saloum, réduisant à deux le
nombre des espèces rencontrées en extérieur dans les plus grandes îles échantillon-
nées, et n’autorisant le maintien que de l’espèce ( M . huberti) physiologiquement
résistante à de telles conditions, alimentaires en particulier.

REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier K. BA pour son assistance lors des pibgeages, ainsi que le conservateur
et les gardes du Parc National du Delta du Saloum. Nous sommes reconnaissants à J. BLONDEL
et J.C. AUFERAY d’avoir relu une première version du manuscrit.

Acta 03coIogica/03cologia Generalis


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