CoursBIOCHIMIE SYSTEMIQUE I 2019
CoursBIOCHIMIE SYSTEMIQUE I 2019
Première partie:
- Mineral elements of the Human organism: macro and micro elements, notion of blood electrolytes.
Deuxième partie:
- Acid base equilibrium:
- Blood gases: composition of air, dissolved and fixed oxygen, Haemoglobin saturation, Dissolved and fixed
CO2
L’APPAREIL RESPIRATOIRE
I-Introduction
Le poumon est un organe en étroite relation avec l’extérieur. Il filtre quotidiennement plus
de 10 000 L d’air. C’est un organe potentiellement soumis à des agressions.
Il est doté d’un système défensif complexe : - mécanismes anatomiques
- mécanismes dynamiques
- mécanismes moléculaires
- mécanismes immunologiques
On s’intéresse à deux secteurs anatomiques :
- l’arbre bronchique :
Il a un rôle dans la conduction et le conditionnement de l’air sous la responsabilité de
l’épithélium bronchique et des glandes séro-muqueuses.
Les cellules caliciformes et les glandes séro-muqueuses participent à la formation du
mucus bronchique.
-le poumon périphérique : échanges gazeux
La surface alvéolaire est recouverte par le surfactant dont le rôle est important dans les
mécanismes de défense. Les parois alvéolaires nécessitent une protection vis-à-vis de la
toxicité d’une enzyme, l’élastase des neutrophiles. Cette protection est assurée par l’alpha-
1-antitrypsine (enzyme).
Au niveau de la barrière alvéolo-capillaire, barrière air-sang qui permet les échanges
gazeux (O2/CO2), on retrouve une protéine importante, l’hémoglobine.
La plèvre limite en périphérie le poumon. Elle est composée de 2 feuillets qui limitent une
cavité virtuelle : la cavité pleurale dans laquelle on retrouve le liquide pleural. De
nombreuses pathologies sont responsables d’un afflux de liquide dans la cavité pleurale.
B- Composition
Très importante pour comprendre les propriétés du mucus.
Le mucus est très riche en eau et électrolytes (Na+ , Cl-) = 95%
Au niveau du pôle apical de la cellule, il y a de nombreux canaux ioniques qui régulent la
concentration de ces ions et aussi l’équilibre hydrique et le pH du mucus.
20
Il contient également des protéines de défense dont la plupart sont des glycoprotéines :
mucines (2%, la ½ des protéines), lipoprotéines et protéines diverses : lysosymes,
lactoferrine ou bronchotransferrine, defensine, inhibiteurs de leucoprotéase … IgA
sécrétoire
Mucines :
La ½ des protéines du mucus
2 types :
- membranaires, ancrées à la membrane qui se projettent loin à l’extérieur de la
cellule
-sécrétées par les cellules caliciformes et les cellules muqueuses. Ce type de mucine
constitue la majorité du mucus.
20
-Leurs récepteurs permettent reconnaissance et adhérence bactérienne grâce aux
chaines glycanes
Lysosyme :
Enzyme antibactérienne sécrétée en grande quantité
Protéine basique (15kDa) qui permet la dégradation des peptidoglycanes des parois
bactériennes contribuant à leur destruction.
Lactoferrine ou bronchotransferrine :
Activité bactéricide indirecte : quand elle se lie au fer
Activité bactéricide directe : par liaison à la membrane externe (altération de sa
perméabilité) des bactéries GRAM-
Défensine :
Peptide de défense (3 à 5kDa) synthétisé par les cellules épithéliales, les glandes sous
muqueuses ou polynucléaires
Présente dans le liquide de surface
Fonction : activité cytotoxique (bactéries, levures, parasites, virus…)
activité non spécifique
E- La mucoviscidose
Pathologie génétique grave avec mutation du gène codant la protéine CFTR (canal Cl-)=>
anomalie des transports d’ions et d’eau avec infection et inflammation bronchique
CFTR défectueuse entraine : déshydratation des sécrétions (altère le transport Na+ H2O
Cl-) et du mucus qui devient épais et visqueux (la surface gel devient plus large)
Les personnes touchées ont une sueur riche en NaCl ce qui permet un dépistage néo-
natal : le test de la sueur
2ème test possible : dosage de la trypsine immuno-réactive sur sang circulant.
III- Le surfactant
A- Définitions et rôles
Substance lipoprotéique complexe qui tapisse la surface des alvéoles sous forme d’un
film mono ou multi couche.
Sécrété en permanence dans la lumière alvéolaire par les pneumocytes de type II(PII). Dans
les PII, le surfactant est stocké sous forme d’inclusions lamellaires qui seront excrétées par
la cellule sous forme d’exocytose.
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Le surfactant est quantitativement et qualitativement fonctionnel à 35-36 SA
B- Composition
Composé multimoléculaire constitué de lipides (85-90%),de protéines (10-15%) et de qqs
sucres.
Les lipides :
-phospholipides : majoritaire +++
DPPC : dipalmitoylphosphatidylcholine (surtt +++)
DPPC possède une région aliphatique hydrophobe =air et une région hydrophile = eau
PG : phosphatidylglycérol
Présent uniquement dans le poumon
-les lipides neutres : cholestérol
Les lipides neutres et PG fluidifient la DPPC (car solide à 37°C)
C- Régulation de la synthèse
Principalement par facteurs humoraux :
- régulation négative par : insuline, androgènes tel la testostérone
ralentissent la maturation du surfactant
-régulation positive par : hormones thyroïdiennes, glucocorticoïdes,
prostaglandines, facteurs de croissance accélèrent la maturation du surfactant
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Lors d’un déséquilibre en faveur de l’élastase, il existe un risque de destruction de la paroi
des alvéoles.
V- le liquide pleural
A- Mécanisme de formation
Le liquide pleural résulte du syndrome d’épanchement liquidien de la plèvre = apparition
d’un volume +ou – important de liquide entre les 2 feuillets.
Il est important de différencier exsudat et transsudat
Exsudat : augmentation de la perméabilité capillaire.
D’origine inflammatoire
Transsudat : phénomène mécanique par augmentation de la pression capillaire
pulmonaire ou diminution de la pression oncotique du plasma (=pression osmotique
développée par les protéines)
B- Analyse biochimique
Dosage amylase : amylopleurie 10à 20 fois > à l’amylasémie est en faveur de l’origine
pancréatique de l’épanchement.
Dosage des lipides (cholestérol, TG) et recherche des chylomicrons (par électrophorèse des
protéines) dans les épanchements lactescents.
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HOMEOSTASIE OU EQUILIBRE ACIDO – BASIQUE DES GAZ
DU SANG
I- INTRODUCTION
L’activité des enzymes plasmatiques est sensible aux variations du pH. L’organisme
humain en santé maintien le pH sanguin entre 7,35 – 7,45. C’est ce maintien de la
concentration sanguine des ions H+ dans les limites aussi étroites (en dépit des agressions
du catabolisme) qu’on dénomme « équilibre acido-basique ». Cet équilibre représente un
aspect très important d l’homéostasie et peut être l’un des mieux réglé de l’organisme.
Le fonctionnement normal du métabolisme dégage une production nette de 40 – 80
mmol de protons/24 h, ces protons sont issus principalement des acides aminés soufrés et
sont appelés les acide non volatiles. Ils sont excrétés par les reins et résultent également
des processus métaboliques normaux (formations d’acides lactiques et des corps
cétoniques).
La production d’acide sous forme de CO 2 (composé volatil éliminé au niveau des
poumons) lors du métabolisme oxydatif producteur d’énergie est potentiellement beaucoup
plus importante. En effet, plus de 15000 mmoles de CO 2 sont produites de cette façon par
jour et sont normalement excrété par les poumons. Bien que le CO 2 ne soit pas lui-même
un acide, il subit en présence d’H 2O une réaction d’hydratation pour former un acide
faible : l’acide carbonique (H2CO3).
CO2 + H2O anhydrase carbonique H2CO3
Le CO2 est éliminé de l’organisme dans l’air expiré. Comme les protons sont produits
de façon stœchiométrique à partir du CO 2, la production quotidienne du CO2 est
potentiellement équivalente a au moins 15 moles d’ions
-
H2CO3 HCO3 + H+
Comment l’organisme s’accommode –t-il avec de si forte quantité d’ions H+ ; pouvant
provoquer de forte variation de pH plasmatique ?
La solution la plus simple, la plus efficace et la plus rapide qu’utilise l’organisme est
l’élimination des ions H+. Avant leur élimination, l’organisme doit les tamponner (avec
l’aide d’un ou de plusieurs substances tampons) s’il ne veut assister à une chute brutale de
son pH plasmatique.
Une substance tampon est un acide ou une base faible non dissocié à l’équilibre
avec sa forme dissocié. La forme non dissocié est appelé acide parce qu’elle est capable de
céder un proton à la solution et la forme dissociée est une base parce qu’elle est capable de
soustraire un proton à la solution.
-
Tampon Tampon- + H+ ; AH A + H+
Toute addition d’ions H+ à la solution a pour effet d’orienter les réactions vers la
gauche. Ici, le proton va se combiner avec le sel pour donner la forme non dissociée et il y
aura disparition des ions H + en quantité presque équivalent aux protons ajoutés à la
solution. A la fin, on observera une légère diminution du pH.
-
Inversement, toute addition d’ion OH à la solution a pour effet de déplacer
l’équilibre de la réaction vers la droite et d’ajouter un certain nombre de protons à la
-
solution. Ces ions H+ réagissent avec les ions OH pour former de l’eau et une
augmentation brusque du pH est ainsi évitée.
Globalement, l’organisme se défend contre ces agressions des ions H+ en mettant à
profit 4 grands systèmes tampons :
- Le Tampon Bicarbonate / Acide Carbonique
- Le Tampon Hémoglobine / Hémoglobinate
- Le Tampon Protéine / Protéinate
- Le Tampon Phosphate.
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1°) Les Systèmes Tampons de l’Organisme Humain
a- Le Tampon Bicarbonate / Acide Carbonique :
C’est le tampon le plus important du liquide extravasculaire.
CO2 + H2O pKa = 6,1 anhydrase carbonique + H2CO3
-
pH = pKa + log ([HCO3 ]/[CO2]).
C’un système ouvert qui ne se sature pas. En effet, tout acide additionné au plasma réagit
avec l’ion bicarbonate pour donner du CO 2 qui s’échappera immédiatement par les
poumons, compte tenu de sa volatilité :
-
AH + HCO3- H2O + CO2 + A . La probabilité d’acidose est ainsi réduite.
De même, toute base (BOH) additionné au plasma réagira cette fois avec le CO 2 pour
donner du bicarbonate. Cette baisse temporaire du CO 2 est aussitôt compensée grâce à sa
production continuelle. BOH + CO2 + H2O BHCO 3 + H2O
Le tampon carbonate réagit en étroite collaboration avec le tampon
Hémoglobine/Hémoglobinate. Cette association permet le déplacement de l’équilibre
nettement du côté du bicarbonate.
Le tampon carbonate est sous contrôle des poumons et des reins qui maintiennent
également à 20 le rapport Bicarbonate/CO2.
d- Le Tampon Phosphate
C’est le système tampon le plus important de l’urine. Il est fourni par le couple
- -
H2PO4 /HPO42- : H2PO4 pKa = 6,8 HPO42- + H+.
Dans le filtrat glomérulaire (pH = 7,4), le phosphate existe à 80 % sous forme de
phosphate dissodique (H2PO4Na) et à 20 % sous forme de phosphate monosodique
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(HPO4Na2). Grace à ces pourcentages, son pouvoir de soustraire les protons du milieu est
très excellent.
N.B : le phosphate est en très faible concentration dans le plasma ; ce qui explique son effet tampon
très négligeable dans ce milieu.
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Bicarbonates sont soustraits su milieu au fur et à mesure de leur production. Les ions H+
sont pour la plupart captés par l’hémoglobine.
Au niveau des tissus (G.R), l’Oxyhémoglobine cède son oxygène sous l’effet de la
baisse de la pression partielle d’oxygène, de l’augmentation de celle du CO 2 et de la
diminution du pH. Il se transforme dès lors en acide plus faible (Hémoglobine réduite ou
Hb) qui pourra ensuite capter tout ion H+ disponible.
La membrane du G.R est très perméable au Bicarbonate et ceux-ci vont donc migrer
(après leur production) vers le plasma jusqu’à ce que l’équilibre soit atteint des deux côtés.
Afin de maintenir la neutralité électrique, les Bicarbonates qui diffusent hors des G.R
seront remplacés par les ions chlorures (Cl-) du liquide interstitiel. Ce double mouvement
est appelé échange érythroplasmique du chlore ou déplacement des chlorures (chloride
shift).
H2O + CO2
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L’entrée de l’oxygène dans le sang va transformer l’hémoglobine réduite (Hb) en
Oxyhémogglobine (HbO2) et inciter le groupement imidazole à perdre son ion H +. Cette
augmentation de la concentration en protons favorisera l’équilibre de la réaction vers la
formation du CO2. L’élimination du CO2 au niveau des poumons résulte de la
transformation plus aisée du Bicarbonate à ce niveau. Elle est modulée par des
chimiorécepteurs centraux et périphériques qui sont sensibles au pH et à la pCO 2.
Dans les conditions normales, les poumons éliminent le CO 2 aussi vite qu’il est
produit et par voie de conséquence, les ions H + générés par l’hydratation des CO 2. Les
poumons ne sont donc responsables d’aucune perte (ou gain) d’ions H +. Dès lors, l’ultime
régulation de l’équilibre acido-basique reviendra aux Reins.
En plus de récupérer les ions Bicarbonates filtrés au niveau des glomérules, les reins
ont la propriété de modifier l’excrétion des protons et de régénérer les Bicarbonates perdus.
La régulation rénale représente donc un moyen efficace pour lutter contre l’acidose et
l’alcalose métabolique.
Cette exploration se base sur la mesure de trois paramètres qui sont : le pH, la
pression partielle de CO2 et la pression partielle d’O2.
20
pH = 6,1 + log( [HCO 3-]/0,03 x pCO2). Si on mesure deux de ces variables, la troisième
pourra être déterminée par calcul.
Les paramètres généralement déterminés ici sont : le pH et la pCO 2. La
détermination du pH se fait à l’aide de pH-mètre à électrode de verre thermostatée à 37°C.
la mesure du pH doit être précédée d’un étalonnage minutieux de l’appareil à l’aide de
solution tampon phosphate de pH = 6,14 et 7,36 respectivement. Pendant la mesure, il faut
éviter d’introduire des bulles d’air dans l’échantillon de sang. S’il advient que l’électrode du
pH-mètre soit souillée de protéines sanguines, on la nettoie avec une solution de HCl 0,1 M
contenant 1 % de pepsine pendant toute une nuit. Les essais ont démontrés que le pH réel
du sang est supérieur de 0,015 pour chaque diminution d’1°C au dessous de 37°C. de
même il est inférieure de 0,015 pour chaque augmentation de la température d’1°C au
dessus de 37°C.
pHcorrigé = pHmesuré à 37°C – 0,015(T°de l’échantillon – 37°C)
Exercice d’Application : un patient subit une opération sous hypothermie et sa température corporelle
est de 25°C. La mesure de son pH sanguin à 37°C donne 7,23. Quel est le pH réel du sang de ce
patient.
b- Mesure de la pCO2
La pCO2 du sang s’obtient soit par méthode directe soit par méthode indirecte.
La mesure directe se fait à l’aide de l’électrode de SEVERING-HAUS et la mesure
indirecte par la méthode d’interpolation d’ASTRUP.
i- Mesure de la pCO2
L’électrode de Severing Haus est formé d’une électrode de verre (de mesure de pH)
baignant dans une solution de bicarbonate de concentration connue. Cette électrode
fonctionne ainsi qu’il suit : le CO2 dissout du sang va diffuser dans la solution de
bicarbonate à travers une membrane de caoutchouc. Comme la concentration du
Bicarbonate est constante, le pH variera de façon inversement proportionnel au logarithme
de la pCO2. Ce pH est mesuré par l’électrode de verre puis converti en mmHg.
ii- Mesure Indirecte
Le principe à la base de cette méthode repose sur cette observation :
*si on équilibre un sang saturé en O 2 ayant une concentration normale en hémoglobine,
avec des pressions partielles de CO2 différentes, la variation concomitante du pH sera une
fonction linéaire inverse au logarithme de la pCO 2. La méthode consiste à tonométrer le
sang avec deux mélanges exactement connu de CO 2 et d’O2 et à mesurer le pH après
équilibration complète. On rapporte ensuite les rapports trouvés sur un diagramme ( pH
log décimal de la pCO 2) que l’on joint pat une droite. Il suffit alors de mesurer le pH
sanguin du patient et de lire directement sa pCO2 sur la droite.
SIGGAARD et ANDERSEN ont imaginé un diagramme qui permet de lire différents
paramètre de l’équilibre acido-basique. Ce diagramme comprend :
- en abscisse une échelle de pH en progression arithmétique variant de 6,8 à 7,8 ;
- en ordonnée, on retrouve l’échelle de la pCO 2 en progression logarithmique et variant de
10 à 150 mmHg
- une famille de courbes coupant l’axe des abscisses à - 45°C et dont est seul illustré la
fonction avec la ligne correspondant à la pCO 2 = 40 mmHg permet de lire le Bicarbonate
réel et le Bicarbonate standard. L’emploi de ce diagramme permet de mieux saisir les liens
unissant les différentes mesures de l’équilibre acido-basique. L’exemple ci-après va nous
montrer comment s’utilise ce diagramme :
Supposons que la pression barométrique soit de 750 mmHg. Un premier échantillon de sang est
équilibré pendant 3 minutes avec un mélange de gaz contenant 3,05 % de CO 2. La pCO2 de ce sang
après équilibration est de : [ 3,05 (750 – 47) / 100] = 21,4 mmHg.
On mesure le pH de ce sang et on trouve 7,32. On porte ensuite ces deux valeurs sur le diagramme de
SIGGAARD et ANDERSEN ; ce qui correspondra au point A du diagramme ci-après.
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Un deuxième échantillon de sang est équilibré avec un mélange de gaz contenant cette fois 7,75 % de
CO2 et la pression partielle de ce sang après équilibration est de :
pCO2 = [7,75 (750 – 47) / 100] = 54,5 mmHg
On mesure le pH de ce deuxième échantillon de sang et on trouve 7,14. Ces deux nouvelles valeurs
vont être projetées sur le digramme de SIGGARD où elles correspondront au point B.
On relie ensuite les points A et B par une droite qui va alors établir le lien entre le pH et la pCO 2 du
malade.
La mesure du pH réel du sang du malade (sans équilibration avec un mélange de gaz contenant 3,05
ou 7,75 % de CO2) donne une valeur de 7,28. En rapportant ce pH réel sur la droite, on va lire la pCO 2
réelle du sang du malade sur l’axe des ordonnés. Cette valeur est de 26,5 mmHg.
La concentration en Bicarbonate réelle s’obtient à partir du point C. Partant de ce point, on trace un
droite de pente égale à 45°C qui va couper l’isobare ou la droite de la pCO 2 = 40 mmHg à un point D =
12 mM.
La concentration en Bicarbonate standard est lu au point G qui correspond à l’intersection de la droite
AB avec l’isobare de la pCO2 correspondant à 40 mmHg. Dans le cas présent elle de 15 mM.
Le Bicarbonate réelle peut être également calculé à partir de l’équation d’ANDERSON et
-
HASSELBACH. D’après cette équation, on a : logpCO2 = pKa – log0,03 + log[HCO3 ] – pH.
- -
Pour une valeur connue de HCO 3 , log[HCO3 ] devient une constante et l’équation ci-dessus
devient alors : log pCO2 = constante – pH.
Cette nouvelle équation est une équation de droite de pente – 45°C avec en abscisse
l’échelle de pH et en ordonnée le logpCO 2. Ainsi, sur le digramme de SIGGARD et
ANDERSON, toute droite de pente égale à – 45° représente le lien géométrique de toutes les
-
combinaisons de pH et de logpCO 2 à une concentration donnée de HCO 3 . Sur cette même
droite, et à partir de l’isobare de pCO 2 égale à 40 mmHg, on pourra lire la valeur de la
concentration en Bicarbonate : il s’agit là de la méthode indirecte de mesure de cet ion.
20
e) Mesure de la Saturation de l’Hémoglobine en Oxygène :
Le rapport entre l’oxyhémoglobine et la désoxyhémoglobine (qui ont des spectres
d’absorption différents) s’effectue par spectrophotométrie différentielle. On utilise à cet effet
une longueur d’onde (548 nm) où les deux pigments (oxyHb et déxoxyHb) donnent à la
même concentration une même absorbance (A548).
Cette première lecture (point isobestique) permet d’apprécier la concentration totale des
deux pigments. Par la suite, on lit on lit à une deuxième longueur d’onde (577 nm) une
novelle absorbance des deux pigments (A577).
Le rapport A577 / A548 permet d’obtenir le pourcentage de saturation de l’hémoglobine en
oxygène. Ce pourcentage peut également s’obtenir à partir de la courbe de dissociation de
l’oxyhémoglobine si et seulement si la pression en oxygène est connue.
3°) Intervalle des Valeurs de Références
Le tableau ci-après énumère les valeurs de référence des divers paramètres de l’équilibre acido-basique du
sang artériel pour les sujets vivants au niveau de la mer.
Paramètres Valeurs de références Paramètres Valeurs de références
pH 7,35 – 7,45 [CO2][Link] 22 – 29 mM
pCO2 35 – 45 mmHg % Saturation Hb 95 – 99 %
pO2 80 – 105 mmHg Excès de Base - 2,5 à + 2,5
-
[HCO3 ]plasmatique 21 – 28 mM -
[ Cl ] 98 – 108 mM
b- L’hypoxie anémique
Ici, l’absence d’oxygène au niveau des cellules est liée à l’incapacité des globules rouges de
transporter l’oxygène en quantité adéquate des poumons vers les tissues. Elle est causée
par :
- Une insuffisance d’hémoglobine
- Une anomalie de l’hémoglobine
- Une compétition entre l’oxygène et le monoxyde de carbone qui est un poison inodore
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c- L’hypoxie Circulatoire
Ici, le manque d’oxygène au niveau des cellules est du à la mauvaise irrigation des tissus
provoquée probablement par une défaillance du système cardio-vasculaire. La PO 2
artérielle est généralement réduite alors que celle en CO 2 se situe à l’intérieur des valeurs
normales.
d- L’hypoxie cytotoxique
Ici, les cellules manquent d’oxygène par leur incapacité à utiliser cet oxygène qui leur est
normalement fourni. Il s’agit en fait d’une intoxication de la cellule par une substance telle
que le cyanure qui affecte la chaîne respiratoire. Dans ce cas, les pressions partielles en O 2
et en CO2 se situent à l’intérieur des valeurs normales.
2°) Les Déséquilibres Acido-Basiques
L’intervalle des valeurs de référence d’un sang normal se situe entre 7,35 et 7,45. Les
valeurs extrêmes de pH toléré par l’organisme sont de 6,9 et 7,7 respectivement.
Un patient est en acidose lorsque le pH de son sang est inférieur à 7,35 et en alcalose
lorsqu’il est supérieur à 7,45. Il est démontré que le pH sanguin dépend du rapport
-
HCO3 / pCO2. Lorsque le déséquilibre acido-basique provient d’une variation dans la
concentration des Bicarbonates, il est dit métabolique. Le déséquilibre est dit respiratoire
lorsqu’il provient de la variation de la pCO 2. Globalement, l’organisme se défend contre ces
déséquilibres ou variations de pH selon trois mécanismes
l’effet tampon : tout dérangement de la composante respiratoire ou métabolique déplace
-
immédiatement l’équilibre de la réaction entre le CO 2 et le HCO3 . Comme l’organisme est
un système ouvert, cet effet tampon n’affecte pas la composante respiratoire. Seule la
composante métabolique est affectée par le déplacement de la réaction. Toutefois, cet effet
est limité pour les raisons suivantes :
*l’augmentation de la pCO 2 ne peut pas entrainer une augmentation du Bicarbonate à une
concentration supérieure à 30 mM.
*A la suite d’une diminution de la pCO 2, le Bicarbonate ne diminue pas à une
concentration inférieure à 15 nM.
la compensation : la concentration du Bicarbonate est contrôlée par les reins alors que la
pCO2 est régulée au niveau des poumons. En effet, toutes variations dans la concentration
du Bicarbonate ou tout déséquilibre métabolique altère le rapport normal entre le
Bicarbonate et le CO2 et fait dévier le pH. Ce rapport est de 20/1.
En contrôlant l’élimination du CO2, les poumons peuvent compenser cette variation de
-
façon à ramener non seulement le rapport HCO3 /CO2 vers des valeurs normales mais
également le pH. Cette compensation respiratoire est assez rapide et rarement complète.
Les reins peuvent compenser toute variation de la pCO 2 i.e tout dérangement respiratoire
en augmentant ou en diminuant la réabsorption du Bicarbonate de façon à rétablir le
-
rapport HCO3 / CO2 à sa valeur normale (20/1). Cette compensation rénale est beaucoup
plus lente que la compensation respiratoire (qui est beaucoup plus efficace et complète)
le mécanisme de correction : les reins peuvent corriger une variation du bicarbonate
plasmatique par leur action rapide sur la réabsorption du Bicarbonate. Cette correction
rénale n’est possible que lorsque les reins ne sont pas la cause du déséquilibre
métabolique. Les poumons par contre ne peuvent pas corriger une variation de la pCO2 car
ils sont eux-mêmes responsables du déséquilibre respiratoire.
Les déséquilibres acido-basiques sont souvent des perturbations mixtes aux causes
multiples, chacune avec ou sans compensation. Le tableau ci-après permet à partir des
-
données clinique telles que le pH, la pCO2, la [HCO 3 ] et l’Excès de Base d’identifier théoriquement
tout désordre ou déséquilibre acido-basique.
20
Désordre pH pCO2 [HCO3
-] E.B (Excès de Base)
Acidose Respiratoire
Non compensé D A N N
Partiellement compensé D D A A
Complètement compensé N D A A
Alcalose Respiratoire
Non compensé A D N N
Partiellement compensé A A D D
Complètement compensé N A D D
Acidose Métabolique
Non compensé D N D D
Partiellement compensé D D A A
Complètement compensé N D A A
Alcalose Métabolique
Non compensé A N A A
Partiellement compensé A A D D
Complètement compensé N A D D
D = diminué ; A = augmenté ; N = normal
a- L’Acidose Respiratoire
i) Définition
-
C’est la baisse du pH plasmatique suite à une diminution du rapport HCO 3 /CO2 à une
valeur inférieure à 20. Cette baisse du rapport est provoquée par l’hypercapnée
(augmentation de la pCO2 du sang artériel). La pCO2 est généralement supérieure à 45
mmHg. Afin de se défendre de ce déséquilibre, l’organisme utilise trois mécanismes de
défense :
- Les tampons intracellulaires épongent en partie des protons nouvellement formés.
En effet, l’augmentation de la pCO2 augmente l’équilibre de la réaction vers la formation du
bicarbonate et de proton. Les tampons intracellulaires impliqués dans tamponnement des
ions H+ sont surtout l’hémoglobine et les autres tampons intracellulaires exceptés les
protéines plasmatiques. Ce mécanisme immédiat est limité.
-
- Les reins tentent de rétablir le rapport HCO 3 /CO2 à sa valeur normale en
- -
augmentant la réabsorption du HCO3 . Cette augmentation de la réabsorption du HCO 3
favorise l’échange entre le Na+ et les H+. Ce qui entraine l’augmentation de la natrémie et
la diminution du pH urinaire suite à la sécrétion des ions H+ dans la lumière tubulaire.
Cette sécrétion favorise en plus le formation du chlorure d’ammonium et la diminution de
la chlorémie. Cette compensation rénale peut être complète excepté les malades qui ont
une pCO2 supérieure à 80 mmHg.
N.B : en cas d’un abaissement brutal de la pCO 2 (suite à une intervention médicale), les
Bicarbonates continuent à être réabsorbés et le malade peut manifester une alcalose
métabolique qui est tout de même atténuée par ????
- La correction par les poumons : les poumons forcent la ventilation afin d’éliminer le
surplus de CO2. En effet, l’augmentation de la pCO 2 stimule le centre respiratoire qui
devient néanmoins de moins en moins sensible à une pCO2 supérieure à 65 mmHg.
ii) Les causes de l’acidose respiratoire
La rétention pulmonaire du CO2 est causée soit par une hypoventilation, soit par une
inégalité du rapport ventilation/perfusion. En fonction de la vitesse d’apparition de
l’acidose respiratoire, on distingue : l’acidose respiratoire aigue et celle chronique.
L’acidose respiratoire aigue
Sa venue est très rapide pour être compensée par les reins. Elle est causée soit par une
maladie pulmonaire aigue, soit par une intoxication aux narcotiques ou aux sédatifs, soit
20
enfin par une obstruction des voies respiratoires. Elle ne peut être atténuée que par le seul
pouvoir tampon des liquides corporels.
L’acidose respiratoire chronique
Elle résulte soit d’une maladie pulmonaire chronique, soit d’une obésité excessive. Elle est
suffisamment longue pour pouvoir mettre en branle le système de compensation rénale.
Cette compensation rénale est soit partielle ou totale.
Exercices d’applications :
1- Un malade présente les résultats suivants : pH = 7,26 ; pCO2 = 62 mmHg ; [HCO3-] = 27
mM ; Excès Base = + 1,5 mM ; [K+]plasmatique = 6 mM ; [Na+]plasmatique = 138 mM ; [Cl-]plasmatique = 95 mM ;
pO2 = 50 mM. De quoi souffre ce patient ? Rép : il souffre d’une acidose respiratoire non compensée
2- Un malade présente les résultats suivants : pH = 7,38 ; pCO2 = 66 mmHg ; [HCO3-] = 39
mM ; Excès Base = + 6,5 mM ; [K+]plasmatique = 4 mM ; [Na+]plasmatique = 142 mM ; [Cl-]plasmatique = 88 mM ;
pO2 = 45 mM. De quoi souffre ce patient ? Rép : il souffre d’une acidose respiratoire complètement
compensée car le pH = 7,38 est situé à la limite inférieure de la moyenne de pH ( 7,4).
Un malade en acidose respiratoire compensée et compliquée d’une alcalose métabolique présenterait
par exemple les résultats suivants : pH = 7,52 ; pCO2 = 60 mmHg ; [HCO3-] = 48 mM .
La diminution de la concentration sérique en Cl- observée chez ce patient est liée à l’augmentation de
l’élimination rénale du chlorure d’ammonium. Le trou anionique demeure à l’intérieure des valeurs de
référence car toute élimination rénale du Cl - est accompagnée d’une réabsorption équivalente de
HCO3-.
b- Alcalose Respiratoire
i- Définition et mécanisme de Régulation ou de Défense :
Elle correspond à toute augmentation du pH plasmatique causée par une
-
diminution de la pCO2 qui provoque à son tour l’augmentation du rapport HCO3 /CO2.
En ce qui concerne ses mécanismes de défense, ils sont assurés par les tampons
biologiques qui interviennent en quelques minutes. Par un mécanisme beaucoup plus lent,
-
les reins vont former de moins en moins de HCO 3 suite à la diminution de la pCO 2 dans les
cellules tubulaires. En conséquence, ils vont sécréter moins de protons et réabsorber
-
moins de HCO3 . L’échange Na+ H+ de même que la formation du chlorure d’ammonium
vont alors diminuer.
Dans le cas de l’alcalose respiratoire, le trou anionique demeure à l’intérieure des
valeurs normales. Pourquoi ?
ii- Les Causes
Une diminution de la pCO2 ne peut provenir que d’une élimination pulmonaire
excessive de CO2 car sa production est relativement constante. L’alcalose respiratoire est
causée soit par l’anxiété, la fièvre, la grossesse, la douleur. Tous ces facteurs provoquent
l’hyperventilation par stimulation du centre respiratoire. Elle peut également résulter
d’une intoxication aux Salicylates ou à une hypoxie (conduisant généralement à une
hypocapnée). L’hypoxie survient le plus souvent en haute altitude ou dans certaines
maladies pulmonaires modérées.
Exercice d’application : un malade présente les paramètres plasmatiques suivants : pH = 7,49 ;
pCO2 = 17 mmHg ; [HCO3-] = 14 mM ; Excès Base = - 5,5 mM ; [K+]plasmatique = 4 mM ; [Na+]plasmatique =
136 mM ; [Cl-]plasmatique = 110 mM ; pO2 = ? mM. De quoi souffre ce patient ? Rép : il souffre d’une
alcalose respiratoire partiellement compensée.
c- Acidose Métabolique
20
Elle correspond à une baisse de pH plasmatique suite à une diminution du rapport
-
HCO3 /CO2 à une valeur inférieure à 20. Elle est essentiellement causée par une
diminution de la concentration plasmatique en Bicarbonates.
Les mécanismes de défense de l’acidose métabolique sont essentiellement respiratoire
(sous forme de compensation) et rénale (sous forme de correction). La compensation
respiratoire commence en quelques heures et atteind son maximum à 12 et 24 heures. Elle
procède par hyperventilation (augmentation de l’intensité et du rythme respiratoire) suite à
la stimulation du centre respiratoire par diminution du pH. L’hyperventilation diminue le
-
taux de C02 ce qui provoque l’augmentation du rapport HCO 3 /CO2 et le retour à la normale
du pH.
L’acidose métabolique stimule la production d’ammoniaque par les tubes rénaux. En
effet, les reins augmentent (en cas d’acidose métabolique) l’excrétion des protons et la
réabsorption des Bicarbonates. Cette excrétion rénale de protons conduit à la diminution
de pH urinaire.
la correction rénale de l’acidose métabolique ne se déroulera pas si les reins sont eux-
N.B :
mêmes la cause de l’acidose.
Selon la valeur du trou anionique, on classe l’acidose métabolique en 2 catégories :
Les acidoses métaboliques avec valeurs inchangées du trou anionique (T.A). Ce type
-
s’observe à la suite d’une perte excessive de HCO 3 et le maintien de cette neutralité
-
électrique (T.A constant dans l’IR) tient au fait que toute perte de HCO 3 est associée
à une augmentation d’ions chlorures.
Les acidoses métaboliques avec des valeurs élevées du TA (supérieure à 22 mM).
Cette augmentation résulte de l’accumulation dans le Milieu Extracellulaire des
acides organiques non volatiles qui auront pour effet d’abaisser la concentration
plasmatique en bicarbonates sans pour autant affecter celle des ions chlorures.
20
d- Alcalose Métabolique :
Elle correspond à l’augmentation du pH plasmatique suite à l’élévation du rapport
-
HCO3 /CO2 au dessus de 20. Il est causé essentiellement par l’augmentation de la
concentration plasmatique du Bicarbonate. L’augmentation du pH observée ici entraine
une diminution du calcium ionisé. Les mécanismes de défense de l’organisme contre ces
déséquilibres acido-basique procède par compensation pulmonaire et correction rénale.
L’augmentation pulmonaire de ??? déprime le rythme respiratoire ; ce qui provoque au
niveau du sang une augmentation de la pCO 2 et une diminution de la pO2. Cette baisse de
la pO2 a pour effet de stimuler le centre respiratoire et a pour conséquence la ventilation
pulmonaire. Dans cette situation, les poumons ne pourront augmenter la pCO 2 au dessus
de 55 mmHg.
L’alcalose métabolique est facilement corrigée par les reins lorsque les concentrations
en Bicarbonates sont légèrement supérieures à leur seuil rénal. Dans ces conditions, les
bicarbonates sont rapidement éliminés. Pour des concentrations de bicarbonates
plasmatiques beaucoup plus élevées, les reins diminuent l’échange Na +H+ provoquant
ainsi une déshydratation qui est rapidement corrigée par réabsorption rénale de sodium et
de bicarbonates.
N.B : l’alcalose métabolique s’accompagne d’hypochlorémie.
i- les causes de l’alcalose métabolique
Elle est due soit à une perte excessive d’ions chlorure (au niveau de l’estomac
principalement) ou à une ingestion de grande quantité de substance basique (lait, antiacide
régulièrement utilisé dans le traitement d’ulcère gastrique). Elle peut également être causée
par un déséquilibre au niveau rénal, suite à l’utilisation de certains diurétiques comme le
furosémide qui ont pour effet d’éliminer proportionnellement plus d’ions chlorure que de
bicarbonates. Elle peut enfin être causée par la sécrétion de grande quantité d’aldostérone ;
l’administration de cortisol ; l’ingestion de Réglisse qui contient un acide analogue de
l’aldostérone.
Exercice d’application : un patient présente les résultats suivants : pH = 7,58 ; pCO2 = 45 mmHg ;
[HCO3-] = 42 mM ; Excès Base = + 17 mM ; [K+]plasmatique = 3,2 mM ; [Na+]plasmatique = 137 mM ;
[Cl-]plasmatique = 86 mM ; pO2 = ? mM, [Glucose] = 50 mM, [Urée]= 25 mM, Rythme respiratoire = 32/mn,
Hématocrite = 48, Pression sanguine abaissée. Quel est le diagnostic de ce dosage ?
Rép : il souffre d’une alcalose métabolique non compensée. L’alcalose métabolique est presque
toujours associée à une hypokaliémie (suite à une sécrétion rénale accrue du K+) et à une
hypochlorémie parfois très importante (pour quelle raison ??).
TRAVAUX DIRIGES
1. a- On a mesuré sur le sang artériel d’un patient: pH = 7,35; pCO2 = 45 mm Hg. Calculer :
[CO2]total, [HCO3-] et [C02]dissous.
b- On a mesuré sur le sang artériel d’un patient: pH = 7,25; pCO2 = 5,2 kPa. Calculer : [CO2]total,
[HCO3-] et [C02]dissous.
c- On a mesuré chez un patient : pH = 7,2 ; [CO2]total = 11,9 mM. Calculer : pCO2, [HCO3-]
et[C02]dissous.
N.B: pH = pKa’+log([HCO3-]/(a.pCO2)) ou pH = pKa’+log ([C02total] – a.pCO2)/a.pCO2
avec a = 0,031 [Link]-1 = 0,23 [Link]-1.
2. Using the Henderson-Hasselbalch equation, calculate the pH value if you were to hyperventilate
and drop your pCO2 to 2.5 kPa. ( 1atm = 1 bar = 100000 pa = 760 mmHg)
3. What apparent acid-base disturbance will be present if a blood sample is submitted to the
laboratory incorrectly :
i. not sealed ?
ii. not on ice ?
20
4. A 67 year old man with a history of liver cirrhosis was admitted following an episode of
gastrointestinal bleeding. He was ill, short of breath and severely hypotensive.
Na+ 139 mmol/l, K+ 4.8 mmol/l, Cl- 98 mmol/l, HCO3- 7 mmol/l, pH 7.13, pCO2 2.9 kPa
[Link] on and interpret all the biochemical data (using correct biochemical terms).
[Link] the likely cause for this acid-base disturbance.
[Link] would you treat this patient?
antiprotéases, immunoglobulines.
Travaux Pratiques:
Electrophorèse des protéines sériques
Détermination de l’activité enzymatique de quelques enzymes plasmatiques ( ALAT, ASAT, CK)
Par exemple les marqueurs tumoraux sont normalement en très faible quantité, mais leur concentration
augmente au cours d’une néoplasie (l’AFP augmente dans les cancers du foie, le CA19-9 dans le cancer du
pancréas, le CA15-3 dans le cancer du sein).
20
: bon indicateur rétrospectif tandis que ceux à demi-vie courte sot de bon
indicateur de guérison
Remarque : CA= Cancer Antigen. Les antigènes sont mis en évidence grâce à des anticorps monoclonaux.
Le problème de ces marqueurs c’est qu’ils ne sont pas spécifiques, ils peuvent augmenter pour différents
types de cancer.
I.1. L’albumine
Les hormones thyroïdiennes sont transportées par la TGB (75-80%) et les transthyrétines (10%) ; en réalité
moins de 1% des hormones thyroïdiennes circulent librement.
L’haptoglobine a un rôle très important de transport de l’Hb puisque celle-ci peut induire des dommages si
elle est libre dans le plasma (stress oxydant).
20
- la préalbumine est diminuée au cours des états de malnutritions et dans les états
inflammatoires aigus.
- la RBP est diminuée au cours de malnutrition protéines, dans les carences en vitamine
A et en Zinc et elle est augmentée dans les néphropathies chroniques.
b- Albumine :
C’est la protéine la plus abondante dans le plasma (60 % ; 35 - 50 g·L-1). D’une Masse
moléculaire : 69 000 Da (69 kDa, environ 70 kDa), elle est synthétisée par le foie et est
dépourvue de glucides (holoprotéine). Sa demi vie est de 19 jours.
Elle joue un rôle dans le maintien de la pression oncotique ; transporte le glucose, les
molécules hydrophobes (hormones thyroïdiennes, stéroïdes, médicaments,…) et le
calcium ;
Maintien constant le pH sanguin (pouvoir tampon).
L’albumine constitue une réserve d’acides aminés, c’est pour ça que son catabolisme est
dépendent des besoins en acides aminés de l’organisme (le catabolisme s’accélère quand
les acides aminés manquent et sa synthèse est ralentie).
variation pathologiques :
- les hyperalbuminémies n’existent pas.
- les hypoalbuminémie.
Mécanismes et causes :
- carence d’apport protéique.
- malabsorption intestinale.
- diminution de synthèse (insuffisance hépatique).
- accroissement du catabolisme.
- augmentation des pertes ( rénale, digestive et cutanée).
Anomalies génétiques :
- Analbuminémie : compatible avec la vie.
- Bisalbuminémie (2 pics) : anomalie à l’électrophorèse , non pathologique.
II.2- G r o u p e d e s Globulines :
a- α1 globuline :
- α1 antitrypsine : protéine anti inflammatoire et antiprotéasique et anti athérosclérose.
- Orosomucoïde : cofacteur de la lipoprotéine lipase, diminue en cas de syndrome
néphrotique ( avec augmentation de TG) et augmente lors du syndrome inflammatoire.
- α1 foetoprotéine : protéine du fœtus (marqueur tumoral digestif)
b- α2 globuline:
20
- Haptoglobine : diminue en cas d’hémolyse et augmente en cas de
- α2 macroglobuline : C’est une Glycoprotéine de 725 kDa produite par le foie. Elle
inhibe les protéases et régule la coagulation par activation de la fibrinolyse
✓ Il y a diminution de sa concentration sérique par défaut de synthèse hépatique
(insuffisance hépatique), dénutrition, pertes digestives
✓ Sa concentration sérique augmente suite au syndrome néphrotique (trop
volumineuse pour filtrer donc augmentation de sa concentration en proportion par fuite
des autres protéines), donc augmentation du pic des alpha2-globulines ainsi qu’en
situation de syndrome inflammatoire.
- Céruléoplasmine : diminue dans la maladie de WILSON ( augmentation de cuivre
urinaire , diminution de cuivre sanguin et diminution de la céruléoplasmine).
c- β globuline :
i- Cas de la transferrine ou bêta1-globuline
C’est une sidérophiline (76 kDa) synthétisée par le foie. Sa concentration sérique
varie en fonction du degré de métabolisme du fer (plus précisément du taux de
fer dans l’organisme) :
✓ lorsque la réserve de fer augmente (hémochromatose), il y a diminution de la synthèse
hépatique de transferrine et augmentation de celle en ferritine
✓ si cette réserve de fer diminue par contre (anémie ferriprive), on note une
augmentation de synthèse hépatique de transferrine couplée à la baisse de celle de la
ferritine.
La transferrine est également considérée comme la deuxième protéine à filtre après
l’albumine. Son dosage est donc parfois recommandé en cas de syndrome
néphrotique
20
Un certain nombre de protéines plasmatiques voit leur taux augmenter fortement et de manière non
spécifique au cours des états inflammatoires. On les appelle « protéines de la phase aiguë ». Leur élévation
est due à une augmentation de la synthèse hépatique (modification métabolique) médiée par l´interleukine,
qui n´a pas de retentissement sur la protéinemie totale.
La leucocytose est la cause la plus fréquente parmi les signes biologiques d´un syndrome inflammatoire.
d- ϒ globuline : immunoglobuline
- formées de 02 chaines lourdes et de 02 chaines légères
- 02 types de chaines légères : λ et K.
- 03 types de chaines lourdes : ϒ M α ξ D. donc igA , igM, igG , igE et igD.
- après digestion enzymatique on obtient 2 fab et FC.
- FAB : fixe et reconnaît l’antigène , formé de la partie N terminale des chaines légères
relie par des ponts disulfure aux chaines légères.
- FC : partie C terminale des chaines lourdes , responsable de la fixation du complément
et transfert à travers la barrière placentaire.
Etudes des immunoglobulines :
- IGG : passe la barrière placentaire c’est l’immunité ancienne.
- IGA : se trouve dans toutes les sécrétions c’est l’immunité locale, s/f de monomère
dans le plasma et dimères dans les tissus ( forme plus fréquente).
- IGM : pentamères, les premiers à être synthétisés lors d’une agression antigéniques.
- IGD : rôle récepteur a la surface des lymphatiques.
- IGE : phénomène d’allergies.
L’orosomucoïde présente différentes fonctions : stimulation des fibroblastes, intervention dans l’agrégation
plaquétaire.
20
Remarque : on constate une diminution de l’orosomucoïde quand elle se lie à certains médicaments comme
les salicylés car cette fixation va cacher les zones où se fixent les anticorps utilisés pour la quantification. Il n’y
aura alors pas de fixation possible, c’est ainsi que l’on détecte une diminution de la concentration de cette
protéine.
20
phosphotungstomolybdique réagit avec les concentrations en
résidus Tyr et Trp. Il se forme un complexe protéines que le Biuret.
bleuté dont l'absorbance est mesurée entre 500
nm et 750 nm :
500 nm : dosage de fortes
concentrations en protéines
750 nm : dosage de faibles
concentrations en protéines
Sans doute la méthode la plus utilisée et citée
dans la littérature scientifique avec la méthode
de M. Bradford.
Référence : Lowry, Rosebrough, Farr, Randall
(1951) "Protein measurement with the Folin
phenol reagent" J. Biol. Chem. 193, p 251
Absorbance Méthode qui mesure l'absorbance des résidus Méthode de loin la plusIl faut que le
simple, rapide etcoefficient
d'acides aminés chromophores : Trp, Tyr et précise. d'extinction molaire
Phe. Méthode qui ne souffrede la protéine soit
d'aucun artéfact lié àconnu.
acide aminé λmax (nm) εM ([Link]-1)
l'utilisation d'un
colorant.
Trp 277 - 280 5600
Phe 267 90
3- Immunoélectrophorèse :
- sépare les protéines sanguines soit selon la charge électrique. ou selon le PH.
- on note également la précipitation du complexe antigène - anticorps.
- Hyperhydratation vasculaire
- Carence d’apport de protéines (malnutrition, malabsorption intestinale)
- Défaut de synthèse (insuffisance hépatocellulaire)
Et augmente en situation de :
- Déshydratation ou de
- Gammapathies monoclonales (augmentation des gamma-globulines)
Exemples :
- Lors de l’inflammation aiguë il existe une augmentation des alpha-globulines
- Lors d’une inflammation chronique on observe une augmentation des alpha globulines ainsi que de
la gamma-globuline, mais une diminution de l’albumine
- Lors d’une insuffisance hépatocellulaire il y un déficit de protéines plasmatiques
20
- Lors de la cirrhose éthylique il se produit une augmentation de l’IgA
- Lors du syndrome néphrotique il y a une fuite massive des protéines par voie rénale
- Lors de pertes digestives il y a une perte de l’ensemble des protéines
- Chez un grand brûlé, il existe une fuite massive des protéines et un syndrome inflammatoire
caractérisé par une augmentation de l’alpha 2-globuline
- Le déficit en alpha 1-antitrypsine est un problème congénital
- Quand il y a un déficit immunitaire les gamma-globulines diminuent ou sont absentes
- Lors des dysglobulinémies monoclonales, dans le premier cas on observe une hyperprotéinémie
caractérisée surtout par l’augmentation des gamma-globulines (pic aigu à base étroite) ; dans le
deuxième cas, l’augmentation des gamma-globulines est due principalement à l’augmentation de
l’IgM (caractéristique des leucémies)
๏ Elle est dite relative lorsque la même quantité de protéines est retrouvée mais avec
augmentation de la volémie ➡ effet de dilution (diminution de l’hématocrite)
20
- Hyper ϒ monoclonale : 1 seul type
a-Maladie de KAHLER :
diagnostic biologique :
er
- protide élevé (hyperprotidémie : 1 signe de cette maladie).
- après électrophorèse classique , pique étroit monoclonal des ϒ
- l’IEP : augmentation des IGG ou des IGA.
- présence dans les urines d’une protéine qu’on appelle la protéine de Bence-Jones (excès
de chaines légères dans les urines sous forme de dimères).
RQ : dans cette maladie , il y a une prolifération de lymphocytes B de type plasmocytes.
b- Maladie de WALDENSTROEM
diagnostic biologique :
- taux de protide élevé.
- électrophorèse : pique monoclonal.
- IEP : augmentation des IGM.
- présence dans les urines des protéines Bence-Jones. RQ : prolifération de lymphocytes
B.
20
V.2-CLASSIFICATION & METABOLISMES DES LIPOPROTÉINES
V.2-1. Classification des Lipoprotéines :
a- Chylomicrons
Les chylomicrons se forment dans les entérocytes à partir des lipides alimentaires
(principalement les triglycérides, mais aussi le cholestérol). Ils constituent la principale forme
de transport des lipides exogènes et les triglycérides y représentent 90 % des constituants lipidiques.
Les triglycérides sont libérés des chylomicrons par l'action de la lipoprotéine lipase (LPL)
qui est localisée au niveau de la lumière de l'endothélium capillaire du tissu adipeux, des
muscles cardiaque et squelettique, et des glandes mammaires ; avec pour résultat la
libération d'acides gras libres qui sont soit directement utilisables comme source d'énergie
par ces tissus ou stockée, après réestérification en triglycérides, comme réserve
énergétique. La LPL est activée par l'apo C-II.
20
remnants (résidus) de chylomicrons à partir des HDL, en échange de triglycérides, par la
cholestérol ester transfer protein (CETP). Les remnants de chylomicrons, appauvris en
triglycérides et enrichis en esters de cholestérol, sont épurés de la circulation sanguine par les
cellules hépatiques parenchymateuses. Cette captation hépatique dépend de la reconnaissance de
l'apo E par des récepteurs hépatiques spécifiques des remnants (appelés aussi récepteurs LRP [LDL-
related receptor protein]).
Les récepteurs LDL sont saturables et soumis à un contrôle négatif sous l'effet de
l'augmentation du cholestérol intracellulaire. Les macrophages, issus des monocytes
circulants, peuvent capter les LDL par l'intermédiaire de récepteurs scavengers (éboueurs).
Ce processus intervient à concentration normale en LDL, mais il est majoré en cas
d'augmentation de la fraction LDL et par modification de ces lipoprotéines (par exemple par
oxydation). La captation des LDL par les macrophages au niveau de la paroi artérielle est un
événement important dans la pathogenèse de l'athérosclérose. Quand les macrophages sont
surchargés en esters de cholestérol, ils se transforment en « cellules spumeuse »
constituants bien connus des plaques d'athérome.
20
naissantes et activée par son cofacteur, l'apo A-I. Cela augmente la densité des particules
HDL qui sont ainsi converties d 'HDL3 en HDL2.
Les esters de cholestérol sont transférés des HDL2 aux différentes particules résiduelles, en
échange de triglycérides, par action de la CETP. Les esters de cholestérol sont captés par le
foie à partir des remnants de chylomicrons et des IDL, puis excrétés dans la bile en partie
après métabolisme en acides biliaires.
Les HDL2, enrichies en triglycérides, sont reconverties en HDL3 sous l'action hydrolysante
de la triglycéride lipase hépatique, localisée au niveau de l'endothélium des capillaires
hépatiques. Quelques particules HDL2 sont probablement captées par le foie, par
l'intermédiaire de récepteurs qui reconnaissent l'apoA -I.
De ce fait, les HDL ont deux fonctions importantes : *elles sont une source d'apoprotéines
pour les chylomicrons et les VLDL, et *elles assurent le transport reverse du cholestérol, en captant
le cholestérol des cellules vieillissantes et des autres lipoprotéines, puis en le transférant aux
particules résiduelles, qui sont alors captées par le foie.
« Les triglycérides de l'alimentation sont véhiculés par les chylomicrons jusqu'aux tissus,
qui les utilisent comme source d'énergie ou qui les stockent. Les triglycérides endogènes,
synthétisés par le foie sont transportés par les VLDL et sont aussi utilisables par les
tissus comme source d'énergie, ou pour le stockage. Le cholestérol synthétisé par le foie
est transporté aux tissus par les LDL, qui dérivent des VLDL; le cholestérol de
l'alimentation est véhiculé jusqu'au foie par les remnants de chylomicrons. Les HDL
récupèrent le cholestérol des cellules périphériques et des autres classes de lipoprotéines,
et l'estérifient grâce à la LCAL Les esters de cholestérol sont transférés aux particules
résiduelles, qui sont captées par le foie, assurent l'excrétion du cholestérol. »
20
de la créatine-kinase (CK-MB) suivie par la CK totale, l'aspartate aminotransferase (ASAT)
et l'hydroxybutyrate déshydrogénase (HBDH, isoenzyme cardiaque de la lactate
déshydrogénase).
i°) Les Transaminases : on en dénombre deux types : l’ASAT et l’ALAT. L’ASAT est
abondante dans le foie, le muscle squelettique, le cœur, les reins, le pancréas et le
cerveau..
- de la CK1 (ou CK-BB) qu’on rencontre dans le cerveau mais qui demeure indétectable
- de la CK2 (ou CK-MB) qu’on rencontre dans le myocarde. Elle représente environ 3 % des
CK totaux
- de la CK3 (ou CK-MM) qu’on rencontre exclusivement dans les muscles squelettiques. Elle
représente plus de 97 % des CK totaux.
L’activité CK totale sérique est augmentée au cours des maladies musculaires (chocs
traumatiques, brulures étendues), des myopathies congénitales ou de l’infarctus du
myocarde.
i°) La Myoglobine
Il s’agit d’une métalloprotéine constitué d’un groupement prosthétique héminique (le
Fer) et d’une chaine polypeptidique de 153 acides aminés et de masse égale à 18 kD. Elle
est une protéine spécifique des muscles squelettiques et du myocarde. Toute atteinte de
ces tissus se traduit par une libération de myoglobine. C’est pourquoi elle est considérée
comme un marqueur cardiaque sensible, précoce, mais non spécifique, puisqu'elle est
présente également dans le muscle strié squelettique. Son dosage se fait soit par
immunométrie (méthode très sensible et très spécifique), soit par immunoprécipitation.
ii°) La Troponine
La troponine T fait partie d’un complexe incluant la troponine I et C. Les Troponines
T, I et C sont des protéines entièrement distinctes. De plus, les troponines T ou I du
myocarde sont différentes de leur isoforme T ou I dans le muscle squelettique. Les
20
troponines sont retrouvées seulement dans les cellules musculaires. Seule une petite
fraction se trouve à l’état libre. Donc toute libération de troponine est hautement spécifique
de dommage myocardique ou musculaire. Sa présence dans le sang est équivalent de mort
cellulaire cardiaque ou musculaire. Les troponines peuvent également être élevées dans les
pathologies cardiaques non coronariennes telles que : l’embolie pulmonaire, la péricardite,
la myocardite, les poussées hypertensives ou d’insuffisance cardiaques.
V.4-INSUFFISANCE CARDIAQUE
L’insuffisance cardiaque se définit fondamentalement comme une insuffisance du
débit cardiaque à assurer les besoins des tissus (cela exclut les situations liées à une perte
de volume sanguin, comme l'hémorragie). Elle peut représenter une urgence médicale
(œdème aigu du poumon) ou être asymptomatique dans les stades précoces. C'est une
pathologie chronique et progressive, et les patients présentant une insuffisance cardiaque
ont une espérance de vie diminuée ainsi qu'une mauvaise qualité de vie.
IV-1. Diagnostic
L’intérêt s'est donc porté sur des marqueurs biochimiques de l'insuffisance cardiaque. Le
cœur sécrète deux peptides natriurétique, l'ANP et le BNP. L’ANP est produit principalement
par les oreillettes et le BNP (bien qu'isolé au départ dans le cerveau) essentiellement par les
ventricules cardiaques. La libération de ces deux peptides augmente dans l'insuffisance cardiaque,
même si le BNP est un meilleur marqueur de la fonction ventriculaire ainsi qu'un marqueur de pronostic.
Le BNP est synthétisé sous forme de prohormone, qui, lors de la libération par les cellules
musculaires cardiaques, est clivée en BNP lui même et en un fragment N-terminal appelé
NT-proBNP. Les deux peuvent être dosés dans le plasma, et une valeur normale permet
pratiquement d'exclure une insuffisance cardiaque, bien qu'une augmentation des
concentrations puisse survenir dans d'autres conditions.
Le NT-proBNP a une demi-vie plus longue et il est moins sensible que le BNP aux stimuli à
court terme ; il pourrait donc être utilisé en test d'exclusion de l'insuffisance cardiaque, ce
qui limiterait le recours à l'échocardiographie pour un diagnostic de certitude. Toutefois,
avec sa demi-vie plus courte, le BNP peut aussi être utile pour évaluer la réponse au
traitement. D'autres explorations biologiques sont également importantes dans la prise en
charge de l'insuffisance cardiaque; quelques exemples sont donnés dans le tableau ci-
après.
Examens Explications
- Numération globulaire L’anémie est la cause d’insuffisance cardiaque à débit élevé
- Albumine plasmatique L’hypoalbuminémie est une autre cause d’œdème
- Créatinine plasmatique Dysfonctionnement rénal
- Potassium plasmatique Hypokaliémie induite par certains diurétiques
- Ferritine plasmatique Hémochromatose
- Electrophorèse sérique et urinaire Amyloïdose associée au myélome multiple
- Causes endocriniennes d’hypertension Hyperparathyroïdie, syndrome de Cushing, phéochromocytone
V.5- HYPERTENSION
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L’hypertension est une affection très fréquente qui touche, sur la base des valeurs
considérées comme normales, environ 15 % de la population mondiale.
V.5.1. Diagnostic
La biochimie clinique n'a pas de rôle dans le diagnostic de l'hypertension essentielle, bien
qu'elle soit importante pour l'évaluation des effets secondaires des thérapeutiques et le
dépistage des complications de l'hypertension. Elle est cependant importante dans le
diagnostic de certaines formes d'hypertension secondaire, en particulier d'origine rénale ou
endocrinienne.
Explorations Explications
Analyse urinaire Dosage protéines (pathologie rénale) et glucose (dépistage diabète
qui est un facteur de risque cardiovasculaire
Créatinine plasmatique Pathologie rénale
Potassium plasmatique Excès de minéralocorticoïdes (primaire ou secondaire)
Calcium plasmatique Hyperparathyroïdie
Cholestérol et TG plasmatiques Evaluation du risque cardiovasculaire
Rénine et Aldostérone plasmatique Syndrome de Conn
Métabolites urinaires des Phéochromocytome
catécholamines
TRAVAUX DIRIGES
A/ Questions Ouvertes :
1. Citer 03 caractères importants qui diffèrent d’une protéine plasmatique à une autre, justifier
votre réponse.
2. Citer les paramètres biologiques pouvant aboutir à une variation relative de la protéinémie.
3. Citer 04 mécanismes pouvant entraîner une hypoalbuminémie et illustrer chacun d’eux par un
exemple.
4. Citer deux méthodes couramment utilisées pour doser l’albumine sérique.
5. Transferrine : -rôle dans le transport du fer ; -Variation pathologiques
6. Citer les principales fonctions des protéines de la réaction inflammatoire
7. Citer les protéines inflammatoires dosées chez le nouveau né. Justifier votre réponse.
8. Maladie de Wilson : quelle en est la cause moléculaire? Citer les paramètres biochimiques
perturbés au cours de cette affection.
9. Citez les principales fonctions des protéines de la réaction inflammatoire.
10. Electrophorèse des protéines sériques : Définition et principales indications cliniques
11. Describe the principles of gel electrophoresis and discuss its use in the clinical biochemistry
laboratory, giving specific examples of analysis using different physical media.
12. Le dosage du cholestérol et des triglycérides utilise deux méthodes différentes avec une réaction
commune :
a. Ecrire les différentes réactions des deux méthodes en précisant la réaction commune
b. Donner les caractéristiques de ces méthodes de dosage
13. Origines et rôles des enzymes et des apolipoprotéines suivantes : Lécithine cholestérol acyl
transférase, Lipoprotéine lipase, Protéine de transfert du cholestérol estérifié, Apolipoprotéine A I,
B100 et C II
14. Créatine Kinase : a- préciser l’apport du dosage des fractions enzymatiques dans les pathologies
impliquant cette enzyme
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b- Citer les pathologies dans lesquelles on trouve une élévation de la C.K.
15. L’activité enzymatique de l’ASAT augmente dès la 7ème minute au cours d’une cytolyse
hépatique, alors que son augmentation lors d’une lyse myocardique (IDM) ne se produit qu’à partir
de la 6ème heure : expliquer cette différence.
16. Lors d’un IDM quel est le marquer sérique : a. Le plus précoce b. Le plus spécifique
B/ Cas Cliniques :
1. Une électrophorèse des protéines sériques pratiquée chez un patient âgé de 20ans, présentant
des œdèmes au niveau de des membres inferieurs a montré les résultats suivants : Albumine = 30%
Alpha-1-globulines = 2% Alpha-2-globulines = 40% Béta globuline = 16% Gamma globuline = 12%
a) Quelle interprétation donnez-vous à ces résultats?
b) Justifier votre réponse
2. Chez un sujet à jeun depuis 12 heurs, un bilan lipidique fournit les résultats suivants :
-cholestérol = 5 g/l -triglycérides = 20 g/l
a) Quel est l’aspect du plasma à l’état frais?
b) Quelles sont les catégories de lipoprotéines responsables de cette augmentation?
3. Un homme de 54 ans est admis au pavillon de cardiologie pour douleur rétrosternale gauche
poignante survenue il y a 2 heurs suite à un effort physique On retrouve, dans les antécédents
personnels, une dyslipidémie traitée il y a 5 ans, et dans les antécédents familiaux, un père décédé
pour une pathologie cardiaque non déterminée
a) Quel sont les enzymes cardiaques à demander?
b) Quels sont les résultats attendus? Commenter
Le malade bénéficie en urgence d’une thrombolyse
c) Donner l’évolution de ces enzymes après thrombolyse
4. Monsieur G.A, 42 ans directeur d école, sédentaire, pèse 80 kg pour une taille de 1.78m il fume
20 cigarettes/j. L’interrogatoire révèle l’existence d’antécédents cardio-vasculaires familiaux (père
hypercholestérolémique ayant présenté un infarctus myocardique à l’âge de 43 ans). L’examen
clinique met en évidence un xanthélasma et un arc cornéen. Sa pression artérielle est de 140/70
mm Hg. La prescription d’un bilan lipidique fournit les résultats suivant : -cholestérol total = 4.25
g/l -triglycérides sériques = 1.05 g/l - HDL-cholestérol = 0.35 g/l
a) Quel est l’aspect du sérum de ce patient, après test de décantation? justifier votre réponse
b) Calculer la fraction LDL-cholestérol chez ce patient c
c) Citer les 2 apolipoprotéines dont le dosage permettra de renforcer votre diagnostic
d) Quel est le risque encouru par ce malade? justifier votre réponse
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