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CoursBIOCHIMIE SYSTEMIQUE I 2019

Ce document décrit l'appareil respiratoire humain, notamment le mucus bronchique, le surfactant pulmonaire et certains troubles respiratoires comme la mucoviscidose et le syndrome de détresse respiratoire du nouveau-né. Il contient des informations détaillées sur la composition et le rôle de protection du mucus et du surfactant, ainsi que sur les mécanismes impliqués dans ces troubles.

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CoursBIOCHIMIE SYSTEMIQUE I 2019

Ce document décrit l'appareil respiratoire humain, notamment le mucus bronchique, le surfactant pulmonaire et certains troubles respiratoires comme la mucoviscidose et le syndrome de détresse respiratoire du nouveau-né. Il contient des informations détaillées sur la composition et le rôle de protection du mucus et du surfactant, ainsi que sur les mécanismes impliqués dans ces troubles.

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BIOCHIMIE DU SYSTEME RESPIRATOIRE

Première partie:
- Mineral elements of the Human organism: macro and micro elements, notion of blood electrolytes.
Deuxième partie:
- Acid base equilibrium:
- Blood gases: composition of air, dissolved and fixed oxygen, Haemoglobin saturation, Dissolved and fixed
CO2

L’APPAREIL RESPIRATOIRE
I-Introduction
Le poumon est un organe en étroite relation avec l’extérieur. Il filtre quotidiennement plus
de 10 000 L d’air. C’est un organe potentiellement soumis à des agressions.
Il est doté d’un système défensif complexe : - mécanismes anatomiques
- mécanismes dynamiques
- mécanismes moléculaires
- mécanismes immunologiques
On s’intéresse à deux secteurs anatomiques :
- l’arbre bronchique :
Il a un rôle dans la conduction et le conditionnement de l’air sous la responsabilité de
l’épithélium bronchique et des glandes séro-muqueuses.
Les cellules caliciformes et les glandes séro-muqueuses participent à la formation du
mucus bronchique.
-le poumon périphérique : échanges gazeux
La surface alvéolaire est recouverte par le surfactant dont le rôle est important dans les
mécanismes de défense. Les parois alvéolaires nécessitent une protection vis-à-vis de la
toxicité d’une enzyme, l’élastase des neutrophiles. Cette protection est assurée par l’alpha-
1-antitrypsine (enzyme).
Au niveau de la barrière alvéolo-capillaire, barrière air-sang qui permet les échanges
gazeux (O2/CO2), on retrouve une protéine importante, l’hémoglobine.
La plèvre limite en périphérie le poumon. Elle est composée de 2 feuillets qui limitent une
cavité virtuelle : la cavité pleurale dans laquelle on retrouve le liquide pleural. De
nombreuses pathologies sont responsables d’un afflux de liquide dans la cavité pleurale.

II- Le mucus bronchique


A- l’organisation du mucus
A l’état normal, un film de mucus au niveau de la lumière du conduit tapisse l’épithélium
de surface, ce qui augmente sa viscosité.

Le mucus est composé de deux couches :


- phase sol : couche profonde fluide et aqueuse en contact avec l’épithélium.
(composition voisine de celle de l’eau). Aussi appelée liquide périciliaire (situé au
niveau des cils vibratiles des cellules ciliées).

- Phase gel : couche superficielle visqueuse, élastique et discontinue. On l’appelle


aussi mucus (abus de langage).

B- Composition
Très importante pour comprendre les propriétés du mucus.
Le mucus est très riche en eau et électrolytes (Na+ , Cl-) = 95%
Au niveau du pôle apical de la cellule, il y a de nombreux canaux ioniques qui régulent la
concentration de ces ions et aussi l’équilibre hydrique et le pH du mucus.

20
Il contient également des protéines de défense dont la plupart sont des glycoprotéines :
mucines (2%, la ½ des protéines), lipoprotéines et protéines diverses : lysosymes,
lactoferrine ou bronchotransferrine, defensine, inhibiteurs de leucoprotéase … IgA
sécrétoire

Rôle DOUBLE et actions complémentaires :


- barrière physique : clairance muco-ciliaire (poussières... emprisonnées dans le
mucus)
- barrière chimique : défense antibactérienne, antiprotéasique, antioxydante

liste puis rôle des protéines du mucus bronchique 

C- Transport ionique transépithéliaux

 Na+ : flux net du compartiment muqueux vers le compartiment séreux


Les canaux Na, à la membrane apicale, laissent entrer les ions Na+ selon les gradients
chimiques et sortent de la cellule par les pompes Na/K ATPases sur la partie basolatérale
de la membrane.

 Cl- : entrainé par la voie paracellulaire, essentiellement de apicale vers basolatérale,


induisant une absorption d’eau.
Il y a aussi des sécrétions Cl- selon un gradient électrochimique entretenu par les
transporteurs de la membrane basolatérale et les canaux Cl- de la membrane apicale tel
CFTR (+++) : cystic fibrosis transmembrane conductance regulator, qui a une régulation
négative sur le canal Na+ du pôle apical.

Il existe un équilibre entre l’absorption de Na+ et la sécrétion de Cl-, qui permet :


- Un contrôle des mouvements d’eau
- L’hydratation correcte des voies aériennes
- Une clairance mucociliaire de qualité

D- Mode d’action des constituants du mucus

 Mucines :
La ½ des protéines du mucus

2 types :
- membranaires, ancrées à la membrane qui se projettent loin à l’extérieur de la
cellule
-sécrétées par les cellules caliciformes et les cellules muqueuses. Ce type de mucine
constitue la majorité du mucus.

Glycoprotéines de très hauts PM, très riches en sucres > 50%

Particularité : axe peptidique avec de nombreuses répétitions de séquences et riche en SER


et THR sur lesquels se fixent par liaison O-glucidique des chaines de 1à 20 sucres.

Structures : filamenteuses et flexibles = viscoélastiques, qui peuvent s’agréger pour former


un réseau +ou- dense.

En présence de toxines, allergènes ou pathogènes infectieux : activation des médiateurs de


la réponse inflammatoire (cytokines) =>hypersécrétion de mucines

Rôles : Les mucines = système de défense muqueux inné.


-Protègent l’épithélium en piégeant les particules inhalées

20
-Leurs récepteurs permettent reconnaissance et adhérence bactérienne grâce aux
chaines glycanes

 Lysosyme :
Enzyme antibactérienne sécrétée en grande quantité
Protéine basique (15kDa) qui permet la dégradation des peptidoglycanes des parois
bactériennes contribuant à leur destruction.

 Lactoferrine ou bronchotransferrine :
Activité bactéricide indirecte : quand elle se lie au fer
Activité bactéricide directe : par liaison à la membrane externe (altération de sa
perméabilité) des bactéries GRAM-

 Antileucoprotéase ou inhibiteur de leucoprotéase (SLPI) :


= Inhibiteur de sérine protéase
Produit par les glandes et les cellules épithéliales non ciliées
Petite protéine non glycosylée
Fonction : Inhibe l’élastase neutrophile + activité antibactérienne (gram – et +)

 Défensine :
Peptide de défense (3 à 5kDa) synthétisé par les cellules épithéliales, les glandes sous
muqueuses ou polynucléaires
Présente dans le liquide de surface
Fonction : activité cytotoxique (bactéries, levures, parasites, virus…)
activité non spécifique

E- La mucoviscidose
Pathologie génétique grave avec mutation du gène codant la protéine CFTR (canal Cl-)=>
anomalie des transports d’ions et d’eau avec infection et inflammation bronchique

CFTR défectueuse entraine : déshydratation des sécrétions (altère le transport Na+ H2O
Cl-) et du mucus qui devient épais et visqueux (la surface gel devient plus large)

La mucoviscidose touche : poumon (à l’origine de graves problèmes respiratoires),


pancréas, foie, intestin

Les personnes touchées ont une sueur riche en NaCl ce qui permet un dépistage néo-
natal : le test de la sueur
2ème test possible : dosage de la trypsine immuno-réactive sur sang circulant.

Enumérez les tests de diagnostic biochimique de la mucovisidose ainsi que du


Syndrome de détresse respiratoire du nouveau né

III- Le surfactant

A- Définitions et rôles
Substance lipoprotéique complexe qui tapisse la surface des alvéoles sous forme d’un
film mono ou multi couche.
Sécrété en permanence dans la lumière alvéolaire par les pneumocytes de type II(PII). Dans
les PII, le surfactant est stocké sous forme d’inclusions lamellaires qui seront excrétées par
la cellule sous forme d’exocytose.

La synthèse pendant le développement embryonnaire. Le précurseur de phospholipide est


le glycogène.
Les 1ères inclusions lamellaires apparaissent vers 19SA(semaine d’aménorrhées)

20
Le surfactant est quantitativement et qualitativement fonctionnel à 35-36 SA

Rôles : le surfactant assure :


- stabilité mécanique de l’alvéole en réduisant la tension superficielle air/liquide
-homéostasie hydrique et protéique
-une défense pré-immune contre les pathogènes

B- Composition
Composé multimoléculaire constitué de lipides (85-90%),de protéines (10-15%) et de qqs
sucres.
 Les lipides :
-phospholipides : majoritaire +++
 DPPC : dipalmitoylphosphatidylcholine (surtt +++)
DPPC possède une région aliphatique hydrophobe =air et une région hydrophile = eau
 PG : phosphatidylglycérol
Présent uniquement dans le poumon
-les lipides neutres : cholestérol
Les lipides neutres et PG fluidifient la DPPC (car solide à 37°C)

 Les protéines : ont un rôle physiologique majeur


4 principales : SPA et SPD : hydrophiles et de grande taille
SPB et SPC : hydrophobes et de petite taille
=>facilitent l’absorption des PL à l’interface air/liquide du surfactant (PG interagit avec la
SPB)
SPA et SPD contrôlent le métabolisme du surfactant
SPA marqueur de la maturation pulmonaire
Rôle dans l’opsonisation des pathogènes par les macrophages

C- Régulation de la synthèse
Principalement par facteurs humoraux :
- régulation négative par : insuline, androgènes tel la testostérone
ralentissent la maturation du surfactant
-régulation positive par : hormones thyroïdiennes, glucocorticoïdes,
prostaglandines, facteurs de croissance accélèrent la maturation du surfactant

D- Syndrome de détresse respiratoire du nouveau né


Aussi appelé maladie des membranes hyalines
Du à un déficit de synthèse du surfactant (défaut de production et de sécrétion), donc
surfactant immature
On retrouve ce syndrome chez le prématuré car la synthèse de surfactant est tardive au
cours de la grossesse. Si risque d’accouchement prématuré on étudie la maturation du
matériel lipidique dans le liquide amniotique.
Retrouvé parfois chez le nouveau né à terme si la mère est diabétique (insuline ralentit la
synthèse de surfactant)

IV- alpha 1 antitrypsine


A- Caractéristiques et fonctions
Glycoprotéine synthétisée principalement par le foie (90%) mais aussi par l’épithélium
pulmonaire et macrophage
Inhibiteur des sérines protéases : sa principale cible est l’élastase. Elle se fixe à celle-ci
pour former un complexe qui sera reconnu par les récepteurs hépatiques et éliminé.
A l’état physiologique, il y a un équilibre entre la concentration de protéase et
d’antiprotéase pour protéger les structures pulmonaires de la toxicité de l’élastase
neutrophile : C° sérique en A1AT > 0,5g/L
Augmentation de la C° A1AT (x2à3) dans les processus inflammatoires.

20
Lors d’un déséquilibre en faveur de l’élastase, il existe un risque de destruction de la paroi
des alvéoles.

B- Déficit en alpha 1 antitrypsine


Provoque une maladie génétique caractérisée par une baisse de la C° sérique A1AT qui
provient de la mutation du gène qui code pour la protéine
Existence de très nombreux variants de la protéine :
M : normal (concerne 95% de la population caucasienne)
S et Z : C° A1AT diminuée (les + fréquents) : la fonction peut être normale ou altérée
Nul : pas de production d’A1AT
Les manifestations cliniques prédominantes :
- atteinte pulmonaire
L’emphysème pulmonaire déficitaire primaire débute entre 30 et 40ans. Il existe une
relation entre C°A1AT et le risque de développement de la maladie, cependant pour un
niveau de déficit donné il n’y a pas de corrélation avec la sévérité de la maladie. Le tabac
constitue un facteur aggravant de ce type d’emphysème, de même que la pollution…
-atteinte hépatique

V- le liquide pleural
A- Mécanisme de formation
Le liquide pleural résulte du syndrome d’épanchement liquidien de la plèvre = apparition
d’un volume +ou – important de liquide entre les 2 feuillets.
Il est important de différencier exsudat et transsudat
Exsudat : augmentation de la perméabilité capillaire.
D’origine inflammatoire
Transsudat : phénomène mécanique par augmentation de la pression capillaire
pulmonaire ou diminution de la pression oncotique du plasma (=pression osmotique
développée par les protéines)

B- Analyse biochimique

Principal intérêt : Opposer transsudat et exsudat


Dosage protéines : indispensable pour séparer les épanchements inflammatoires exsudatifs
(>30g/L) des épanchements mécaniques transsudatifs (<20g/L)

Dosage amylase : amylopleurie 10à 20 fois > à l’amylasémie est en faveur de l’origine
pancréatique de l’épanchement.

Dosage des lipides (cholestérol, TG) et recherche des chylomicrons (par électrophorèse des
protéines) dans les épanchements lactescents.

Dosage d’autres enzymes : LDH, glucose… acide hyaluronique


renseignements incertains

20
HOMEOSTASIE OU EQUILIBRE ACIDO – BASIQUE DES GAZ
DU SANG
I- INTRODUCTION

L’activité des enzymes plasmatiques est sensible aux variations du pH. L’organisme
humain en santé maintien le pH sanguin entre 7,35 – 7,45. C’est ce maintien de la
concentration sanguine des ions H+ dans les limites aussi étroites (en dépit des agressions
du catabolisme) qu’on dénomme « équilibre acido-basique ». Cet équilibre représente un
aspect très important d l’homéostasie et peut être l’un des mieux réglé de l’organisme.
Le fonctionnement normal du métabolisme dégage une production nette de 40 – 80
mmol de protons/24 h, ces protons sont issus principalement des acides aminés soufrés et
sont appelés les acide non volatiles. Ils sont excrétés par les reins et résultent également
des processus métaboliques normaux (formations d’acides lactiques et des corps
cétoniques).
La production d’acide sous forme de CO 2 (composé volatil éliminé au niveau des
poumons) lors du métabolisme oxydatif producteur d’énergie est potentiellement beaucoup
plus importante. En effet, plus de 15000 mmoles de CO 2 sont produites de cette façon par
jour et sont normalement excrété par les poumons. Bien que le CO 2 ne soit pas lui-même
un acide, il subit en présence d’H 2O une réaction d’hydratation pour former un acide
faible : l’acide carbonique (H2CO3).
CO2 + H2O anhydrase carbonique H2CO3

Le CO2 est éliminé de l’organisme dans l’air expiré. Comme les protons sont produits
de façon stœchiométrique à partir du CO 2, la production quotidienne du CO2 est
potentiellement équivalente a au moins 15 moles d’ions
-
H2CO3 HCO3 + H+
Comment l’organisme s’accommode –t-il avec de si forte quantité d’ions H+ ; pouvant
provoquer de forte variation de pH plasmatique ?
La solution la plus simple, la plus efficace et la plus rapide qu’utilise l’organisme est
l’élimination des ions H+. Avant leur élimination, l’organisme doit les tamponner (avec
l’aide d’un ou de plusieurs substances tampons) s’il ne veut assister à une chute brutale de
son pH plasmatique.
Une substance tampon est un acide ou une base faible non dissocié à l’équilibre
avec sa forme dissocié. La forme non dissocié est appelé acide parce qu’elle est capable de
céder un proton à la solution et la forme dissociée est une base parce qu’elle est capable de
soustraire un proton à la solution.
-
Tampon Tampon- + H+ ; AH A + H+
Toute addition d’ions H+ à la solution a pour effet d’orienter les réactions vers la
gauche. Ici, le proton va se combiner avec le sel pour donner la forme non dissociée et il y
aura disparition des ions H + en quantité presque équivalent aux protons ajoutés à la
solution. A la fin, on observera une légère diminution du pH.
-
Inversement, toute addition d’ion OH à la solution a pour effet de déplacer
l’équilibre de la réaction vers la droite et d’ajouter un certain nombre de protons à la
-
solution. Ces ions H+ réagissent avec les ions OH pour former de l’eau et une
augmentation brusque du pH est ainsi évitée.
Globalement, l’organisme se défend contre ces agressions des ions H+ en mettant à
profit 4 grands systèmes tampons :
- Le Tampon Bicarbonate / Acide Carbonique
- Le Tampon Hémoglobine / Hémoglobinate
- Le Tampon Protéine / Protéinate
- Le Tampon Phosphate.

20
1°) Les Systèmes Tampons de l’Organisme Humain
a- Le Tampon Bicarbonate / Acide Carbonique :
C’est le tampon le plus important du liquide extravasculaire.
CO2 + H2O pKa = 6,1 anhydrase carbonique + H2CO3

-
pH = pKa + log ([HCO3 ]/[CO2]).

C’un système ouvert qui ne se sature pas. En effet, tout acide additionné au plasma réagit
avec l’ion bicarbonate pour donner du CO 2 qui s’échappera immédiatement par les
poumons, compte tenu de sa volatilité :
-
AH + HCO3- H2O + CO2 + A . La probabilité d’acidose est ainsi réduite.
De même, toute base (BOH) additionné au plasma réagira cette fois avec le CO 2 pour
donner du bicarbonate. Cette baisse temporaire du CO 2 est aussitôt compensée grâce à sa
production continuelle. BOH + CO2 + H2O BHCO 3 + H2O
Le tampon carbonate réagit en étroite collaboration avec le tampon
Hémoglobine/Hémoglobinate. Cette association permet le déplacement de l’équilibre
nettement du côté du bicarbonate.
Le tampon carbonate est sous contrôle des poumons et des reins qui maintiennent
également à 20 le rapport Bicarbonate/CO2.

b- Le Tampon Hémoglobine / Hémoglobinate :


L’hémoglobine est un excellent tampon à pH physiologique grâce au groupement
Imidazole de ses Histidines dont le pKa est voisin du pH plasmatique. Le degré
d’oxygénation de l’hémoglobine affecte le pouvoir tampon de l’imidazole. En effet,
l’oxyhémoglobine est un acide plus fort que le désoxyhémoglobine car l’imidazole de
l’oxyHémoglobine a un pKa de 7,16 alors que celui de la désoxyHémoglobine a un pKa de
7,71. Ainsi, au niveau des poumons (où l’Hémoglobine est oxygénée), les ions H+ seront
libérés dans le milieu tandis qu’au niveau des tissus (où l’Hémoglobine est désoxygénée),
les ions H+ seront soustraite du milieu.
Conclusion  : le pouvoir tampon de l’Hémoglobine est étroitement lié à la présence ou non
poumons
de l’oxygène. HbO2 + H+ HHb + O2
tissus
Au niveau des tissus, l’hémoglobine en perdant son oxygène va également capter les
ions H+ issus de l’hydratation du CO2 et favoriser alors la transformation du CO 2 en
bicarbonate. Au niveau des poumons, l’hémoglobine en captant l’oxygène libère dans le
milieu les ions H+ qui réagiront avec les ions bicarbonates pour donner du gaz carbonique
qui sera expiré : HbO2 + CO2 + H2O HHb + HCO3- + O2

c- Le Tampon Protéine / Protéinate :


C’est le tampon le plus important du milieu extracellulaire. Au pH physiologique (pH
= 7,4), les protéines se comportent comme des anions et ne peuvent de ce fait lier les ions
H+ : PH P- + H+.
Par ailleurs, chaque fois que les protéines du milieu extracellulaire fixe un ion H+ de ce
milieu, un ion K+ prend la direction inverse (i.e quitte le plasma). C’est pourquoi la
diminution du pH plasmatique entraine une diminution de la kaliémie ????

d- Le Tampon Phosphate
C’est le système tampon le plus important de l’urine. Il est fourni par le couple
- -
H2PO4 /HPO42- : H2PO4 pKa = 6,8 HPO42- + H+.
Dans le filtrat glomérulaire (pH = 7,4), le phosphate existe à 80 % sous forme de
phosphate dissodique (H2PO4Na) et à 20 % sous forme de phosphate monosodique
20
(HPO4Na2). Grace à ces pourcentages, son pouvoir de soustraire les protons du milieu est
très excellent.
N.B  : le phosphate est en très faible concentration dans le plasma ; ce qui explique son effet tampon
très négligeable dans ce milieu.

II- TRANSPORT DE L’OXYGENE LIEE A L’HEMOGLOBINE


Le sang artériel ne contient en moyenne que 0,3 ml d’oxygène par 100 ml de sang. Il
s’agit là d’un rapport très faible pour rendre compte de l’exigence de l’organisme en
oxygène. En effet, la grande majorité d’oxygène est transporté dans le sang sous la forme
liée à l’hémoglobine : Hb + O2 HbO2
N.B  : 1 g d’Hémoglobine lié (OxyHémoglobine) contient ou fixe environ 1,39 ml d’Oxygène. Sachant
que 100 ml de sang contient 15 g d’Hémoglobine, quelle est la quantité d’Oxygène liée à l’hémoglobine
chez un homme adulte.
La combinaison de l’hémoglobine avec l’oxygène s’exprime souvent en terme de
pourcentage de saturation dont la formule est la suivante :
% saturation = ([HbO2] / [HbTotal]) x 100
Ce pourcentage dépend de la pression partielle en oxygène tant dans le sang veineux
que dans l’air alvéolaire. En effet, l’hémoglobine est peu dissociée lorsque sa pression
partielle en oxygène demeure supérieure à 50 mmHg. Il libère de grande quantité d’oxygène
lorsque cette pression devient inférieure à 40 mmHg.
Ce pourcentage de saturation dépend également du pH, de la pression partielle du
CO2, de la température et de la concentration érythrocytaire en 2,3 diphosphoglycérate.
Conclusion : le contenu du sang en Oxygène dépend non seulement de la pression partielle
en oxygène mais également de la quantité d’hémoglobine et de sa capacité de fixer l’oxygène.
Ce contenu s’exprime suivant la relation ci-après :
Ca = 0,003 x pO2 + 1,34 x SaO2 x [Hb] où:
Ca représente le contenu du sang en oxygène (en V %)
pO2 représente la pression partielle en oxygène ( en mmHg)
SaO2 représente le pourcentatge de saturation du sang artériel en Oxygène
[Hb] représente la quantité d’hémoglobine dans le sang artériel ( en g/100 ml).

III- TRANSFERT DU GAZ CARBONIQUE DANS LE SANG


Dans le sang, le CO2 est transporté soit à l’état dissout, soit sous forme de
bicarbonate, soit en combinaison avec l’hémoglobine.
1°) Transport du Gaz Carbonique sous forme dissout :
Sous cette forme, la concentration du gaz carbonique dans le sang s’exprime suivant
cette relation : [CO2]d = 0,03 x pCO2
Exercice d’application  :
1- quel est la concentration du CO 2 dissout dans le sang artériel sachant que la pression partielle en CO 2 dans
ce sang se situe autour de 40 mmHg.
2- On fait barboter dans un échantillon de sang le gaz d’un cylindre dont la concentration en CO 2 est de 4 %.
Sachant que la pression barométrique est de 750 mmHg, quel est dans cet échantillon de sang la
concentration en CO2 dissout  ? vous l’exprimerez en mmol/l, pCO2 et V%.

2°) Transport du Gaz Carbonique sous forme de Bicarbonate


Le CO2 a la propriété de réagir avec l’eau pour donner un bicarbonate et un proton.
Dans le plasma, cette réaction est très lente car non catalysée. Dans les globules rouges
par contre et grâce à l’action de l’anhydrase carbonique qui s’y retrouve, la majorité de CO 2
est rapidement converti en Bicarbonate. Par ailleurs, le déplacement de l’équilibre de la
réaction vers la formation du Bicarbonate s’explique par le fait que les ions H+ et

20
Bicarbonates sont soustraits su milieu au fur et à mesure de leur production. Les ions H+
sont pour la plupart captés par l’hémoglobine.
Au niveau des tissus (G.R), l’Oxyhémoglobine cède son oxygène sous l’effet de la
baisse de la pression partielle d’oxygène, de l’augmentation de celle du CO 2 et de la
diminution du pH. Il se transforme dès lors en acide plus faible (Hémoglobine réduite ou
Hb) qui pourra ensuite capter tout ion H+ disponible.
La membrane du G.R est très perméable au Bicarbonate et ceux-ci vont donc migrer
(après leur production) vers le plasma jusqu’à ce que l’équilibre soit atteint des deux côtés.
Afin de maintenir la neutralité électrique, les Bicarbonates qui diffusent hors des G.R
seront remplacés par les ions chlorures (Cl-) du liquide interstitiel. Ce double mouvement
est appelé échange érythroplasmique du chlore ou déplacement des chlorures (chloride
shift).

3°) Transport du Gaz Carbonique sous forme liée à l’Hémoglobine :


Une partie du CO2 libéré par le catabolisme se lie au groupement NH 2 de
l’hémoglobine par liaison covalente pour former des composés carbaminés.
Dans le plasma, les groupements aminés de la plupart des protéines existent à l’état
+
NH3 ce qui limite énormément la formation de dérivés carbaminés.
Prot-NH2 + CO2 Prot – NH – COO - + H+
Dans les G.R par contre, une quantité appréciable de CO 2 se combine à
l’hémoglobine pour former des composes carbaminés. Cette réaction explique (ou justifie) le
transport d’environ 25 % de la quantité totale du CO 2 transportée des tissus vers les
poumons.
N.B  : les ions H+ produits de la réaction ci-dessus sont captés par le tampon
Hémoglobine / Hémoglobinate. Hb + H+ HbH
TAF3 : Soit 100 ml, la quantité de CO 2 présent dans le sang. Quelle sont les quantités de CO 2 (en mM
ou mmHg) véhiculée vers les poumons sous formes dissout, de Bicarbonates ou combiné à
l’hémoglobine.

IV- REGULATION DU TRANSPORT DES GAZ SANGUINS


Deux organes interviennent dans cette régulation : les poumons et les reins.
1°) Rôle des Poumons dans la Régulation des Gaz Sanguins
Les poumons permettent d’approvisionner les tissus en Oxygène et de les
débarrasser en CO2. L’échange des gaz entre l’air et le sang s’opère par diffusion avec une
pression partielle en oxygène de 100 mmHg. L’air alvéolaire est beaucoup plus concentré
en oxygène que le sang veineux dont la pression est de 40 mmHg. En conséquence, il y
aura diffusion d’oxygène vers le sang capillaire.
En ce qui concerne le CO2, sa pression partielle est d’environ 36 mmHg dans l’air
alvéolaire et de 46 mmHg dans le sang veineux. De ce fait, il diffusera dans le sang
veineux.
Sang veineux Poumons (sac alvéolaire)

H2CO3 HCO3- + H+ HbH + O2


pO2 = 40 mmHg pO 2 = 100 mmHg

pCO2 = 46 mmHg pCO 2 = 36 mmHg

H2O + CO2

20
L’entrée de l’oxygène dans le sang va transformer l’hémoglobine réduite (Hb) en
Oxyhémogglobine (HbO2) et inciter le groupement imidazole à perdre son ion H +. Cette
augmentation de la concentration en protons favorisera l’équilibre de la réaction vers la
formation du CO2. L’élimination du CO2 au niveau des poumons résulte de la
transformation plus aisée du Bicarbonate à ce niveau. Elle est modulée par des
chimiorécepteurs centraux et périphériques qui sont sensibles au pH et à la pCO 2.

2°) Le Contrôle Rénal des Gaz Sanguins

Dans les conditions normales, les poumons éliminent le CO 2 aussi vite qu’il est
produit et par voie de conséquence, les ions H + générés par l’hydratation des CO 2. Les
poumons ne sont donc responsables d’aucune perte (ou gain) d’ions H +. Dès lors, l’ultime
régulation de l’équilibre acido-basique reviendra aux Reins.
En plus de récupérer les ions Bicarbonates filtrés au niveau des glomérules, les reins
ont la propriété de modifier l’excrétion des protons et de régénérer les Bicarbonates perdus.
La régulation rénale représente donc un moyen efficace pour lutter contre l’acidose et
l’alcalose métabolique.

V- EXPLORATION BIOCHIMIQUE DE L’EQUILIBRE ACIDO-BASIQUE

Cette exploration se base sur la mesure de trois paramètres qui sont : le pH, la
pression partielle de CO2 et la pression partielle d’O2.

1°) Les Précautions à Prendre pendant le Prélèvements du Sang

Les déterminations des paramètres sanguins de l’équilibre acido-basique ne sont


valides que si le sang est prélevé dans les conditions rigoureuses.
Le prélèvement artériel est préférable au prélèvement veineux. Il se fait au niveau de
l’artère fémorale, humérale ou radiale. On y dose les pCO 2 et pO2. Ce prélèvement est
pratiqué par un médecin spécialiste.
Pendant le dosage, l’héparine est le seul anticoagulant acceptable car les autres
anticoagulants font varier le pH par transfert d’électrolytes entre le plasma et les G.R et par
l’effet tampon qu’ils exercent.
Le recueil des échantillons est pratiqué en anaérobie stricte. Sachant que la pCO 2 de
l’air atmosphérique est d’environ 0,2 mmHg alors que celle du sang se situe autour de 40
mmHg, le sang perdra rapidement par diffusion son CO 2 s’il est mis au contact de l’air.
Cette perte de CO2 engendrera l’augmentation du pH du sang.
Par ailleurs, la pression partielle en O2 de l’air atmosphérique est de l’ordre de 160
mmHg alors qu’elle est d’environ 100 mmHg dans le sang artériel. De ce fait ; le sang
gagnera en oxygène s’il est mis au contact de l’air ; ce qui conduira à l’augmentation de sa
pO2.
Le prélèvement, l’analyse des gaz sanguins et du pH sanguin doit être exécuté le
plus rapidement possible ; sinon l’acide lactique que produiront par fermentation les
cellules sanguines risqueraient d’abaisser le pH.
Par ailleurs, les leucocytes et les thrombocytes utilisent l’oxygène. Tout retard dans
l’analyse ou le dosage de ce paramètre (O 2) risque d’affecter la pO2. Pour pallier à cette
exigence, on dispose l’échantillon de sang (juste après son prélèvement) sur de la glace et
on le conserve à 4°C dans un délai maximal d’une heure.

2°) Détermination du pH, de la pCO2 et pO2


a- Détermination du pH sanguin
L’équation d’Henderson-Hanselbach utilise trois variables:

20
pH = 6,1 + log( [HCO 3-]/0,03 x pCO2). Si on mesure deux de ces variables, la troisième
pourra être déterminée par calcul.
Les paramètres généralement déterminés ici sont : le pH et la pCO 2. La
détermination du pH se fait à l’aide de pH-mètre à électrode de verre thermostatée à 37°C.
la mesure du pH doit être précédée d’un étalonnage minutieux de l’appareil à l’aide de
solution tampon phosphate de pH = 6,14 et 7,36 respectivement. Pendant la mesure, il faut
éviter d’introduire des bulles d’air dans l’échantillon de sang. S’il advient que l’électrode du
pH-mètre soit souillée de protéines sanguines, on la nettoie avec une solution de HCl 0,1 M
contenant 1 % de pepsine pendant toute une nuit. Les essais ont démontrés que le pH réel
du sang est supérieur de 0,015 pour chaque diminution d’1°C au dessous de 37°C. de
même il est inférieure de 0,015 pour chaque augmentation de la température d’1°C au
dessus de 37°C.
pHcorrigé = pHmesuré à 37°C – 0,015(T°de l’échantillon – 37°C)
Exercice d’Application  : un patient subit une opération sous hypothermie et sa température corporelle
est de 25°C. La mesure de son pH sanguin à 37°C donne 7,23. Quel est le pH réel du sang de ce
patient.

b- Mesure de la pCO2
La pCO2 du sang s’obtient soit par méthode directe soit par méthode indirecte.
La mesure directe se fait à l’aide de l’électrode de SEVERING-HAUS et la mesure
indirecte par la méthode d’interpolation d’ASTRUP.
i- Mesure de la pCO2
L’électrode de Severing Haus est formé d’une électrode de verre (de mesure de pH)
baignant dans une solution de bicarbonate de concentration connue. Cette électrode
fonctionne ainsi qu’il suit : le CO2 dissout du sang va diffuser dans la solution de
bicarbonate à travers une membrane de caoutchouc. Comme la concentration du
Bicarbonate est constante, le pH variera de façon inversement proportionnel au logarithme
de la pCO2. Ce pH est mesuré par l’électrode de verre puis converti en mmHg.
ii- Mesure Indirecte
Le principe à la base de cette méthode repose sur cette observation :
*si on équilibre un sang saturé en O 2 ayant une concentration normale en hémoglobine,
avec des pressions partielles de CO2 différentes, la variation concomitante du pH sera une
fonction linéaire inverse au logarithme de la pCO 2. La méthode consiste à tonométrer le
sang avec deux mélanges exactement connu de CO 2 et d’O2 et à mesurer le pH après
équilibration complète. On rapporte ensuite les rapports trouvés sur un diagramme ( pH
log décimal de la pCO 2) que l’on joint pat une droite. Il suffit alors de mesurer le pH
sanguin du patient et de lire directement sa pCO2 sur la droite.
SIGGAARD et ANDERSEN ont imaginé un diagramme qui permet de lire différents
paramètre de l’équilibre acido-basique. Ce diagramme comprend :
- en abscisse une échelle de pH en progression arithmétique variant de 6,8 à 7,8 ;
- en ordonnée, on retrouve l’échelle de la pCO 2 en progression logarithmique et variant de
10 à 150 mmHg
- une famille de courbes coupant l’axe des abscisses à - 45°C et dont est seul illustré la
fonction avec la ligne correspondant à la pCO 2 = 40 mmHg permet de lire le Bicarbonate
réel et le Bicarbonate standard. L’emploi de ce diagramme permet de mieux saisir les liens
unissant les différentes mesures de l’équilibre acido-basique. L’exemple ci-après va nous
montrer comment s’utilise ce diagramme :
Supposons que la pression barométrique soit de 750 mmHg. Un premier échantillon de sang est
équilibré pendant 3 minutes avec un mélange de gaz contenant 3,05 % de CO 2. La pCO2 de ce sang
après équilibration est de : [ 3,05 (750 – 47) / 100] = 21,4 mmHg.
On mesure le pH de ce sang et on trouve 7,32. On porte ensuite ces deux valeurs sur le diagramme de
SIGGAARD et ANDERSEN ; ce qui correspondra au point A du diagramme ci-après.

20
Un deuxième échantillon de sang est équilibré avec un mélange de gaz contenant cette fois 7,75 % de
CO2 et la pression partielle de ce sang après équilibration est de :
pCO2 = [7,75 (750 – 47) / 100] = 54,5 mmHg
On mesure le pH de ce deuxième échantillon de sang et on trouve 7,14. Ces deux nouvelles valeurs
vont être projetées sur le digramme de SIGGARD où elles correspondront au point B.
On relie ensuite les points A et B par une droite qui va alors établir le lien entre le pH et la pCO 2 du
malade.
La mesure du pH réel du sang du malade (sans équilibration avec un mélange de gaz contenant 3,05
ou 7,75 % de CO2) donne une valeur de 7,28. En rapportant ce pH réel sur la droite, on va lire la pCO 2
réelle du sang du malade sur l’axe des ordonnés. Cette valeur est de 26,5 mmHg.
La concentration en Bicarbonate réelle s’obtient à partir du point C. Partant de ce point, on trace un
droite de pente égale à 45°C qui va couper l’isobare ou la droite de la pCO 2 = 40 mmHg à un point D =
12 mM.
La concentration en Bicarbonate standard est lu au point G qui correspond à l’intersection de la droite
AB avec l’isobare de la pCO2 correspondant à 40 mmHg. Dans le cas présent elle de 15 mM.
Le Bicarbonate réelle peut être également calculé à partir de l’équation d’ANDERSON et
-
HASSELBACH. D’après cette équation, on a : logpCO2 = pKa – log0,03 + log[HCO3 ] – pH.
- -
Pour une valeur connue de HCO 3 , log[HCO3 ] devient une constante et l’équation ci-dessus
devient alors : log pCO2 = constante – pH.
Cette nouvelle équation est une équation de droite de pente – 45°C avec en abscisse
l’échelle de pH et en ordonnée le logpCO 2. Ainsi, sur le digramme de SIGGARD et
ANDERSON, toute droite de pente égale à – 45° représente le lien géométrique de toutes les
-
combinaisons de pH et de logpCO 2 à une concentration donnée de HCO 3 . Sur cette même
droite, et à partir de l’isobare de pCO 2 égale à 40 mmHg, on pourra lire la valeur de la
concentration en Bicarbonate : il s’agit là de la méthode indirecte de mesure de cet ion.

c) Mesure de la concentration totale de CO2 :


Dans le sang, le CO2 existe soit sous la forme dissoute, soit sous la forme combinée
-
au HCO3 et à l’hémoglobine. Comme le CO 2 carbaminé suit essentiellement les mêmes
voies que le HCO3-, sa mesure englobe celle du Bicarbonate. C’est pourquoi la
-
concentration totale en CO2 plasmatique est égale à celles en CO2 dissout et en HCO3 .
[CO2]totale = [CO2]dissout + [HCO3-]. Cette concentration s’exprime en V % ou en mM.
Dans les méthodes où le CO2 total est mesuré, l’équation d’ANDERSON HASSELBACH se
présente sous la forme : pH = 6,10 + log ([CO2]total – 0,03 x pCO2) / 0,03 x pCO2
d) Mesure de la pression sanguine en Oxygène (pO2)
La pO2 est généralement mesurée par polarographie à l’aide de l’électrode de CLARK. Cette
électrode est formée d’une cathode en platine et d’une anode de référence en Argent/AgCl.

20
e) Mesure de la Saturation de l’Hémoglobine en Oxygène :
Le rapport entre l’oxyhémoglobine et la désoxyhémoglobine (qui ont des spectres
d’absorption différents) s’effectue par spectrophotométrie différentielle. On utilise à cet effet
une longueur d’onde (548 nm) où les deux pigments (oxyHb et déxoxyHb) donnent à la
même concentration une même absorbance (A548).
Cette première lecture (point isobestique) permet d’apprécier la concentration totale des
deux pigments. Par la suite, on lit on lit à une deuxième longueur d’onde (577 nm) une
novelle absorbance des deux pigments (A577).
Le rapport A577 / A548 permet d’obtenir le pourcentage de saturation de l’hémoglobine en
oxygène. Ce pourcentage peut également s’obtenir à partir de la courbe de dissociation de
l’oxyhémoglobine si et seulement si la pression en oxygène est connue.
3°) Intervalle des Valeurs de Références
Le tableau ci-après énumère les valeurs de référence des divers paramètres de l’équilibre acido-basique du
sang artériel pour les sujets vivants au niveau de la mer.
Paramètres Valeurs de références Paramètres Valeurs de références
pH 7,35 – 7,45 [CO2][Link] 22 – 29 mM
pCO2 35 – 45 mmHg % Saturation Hb 95 – 99 %
pO2 80 – 105 mmHg Excès de Base - 2,5 à + 2,5
-
[HCO3 ]plasmatique 21 – 28 mM -
[ Cl ] 98 – 108 mM

VII – PATHOLOGIES DES GAZ SANGUINS ET DESEQUILIBRES ACIDO-BASIQUE


1°) Pathologies des Gaz Sanguins
La principale pathologie des gaz sanguins est l’hypoxie. Il s’agit d’un état au cours duquel
les cellules ne peuvent s’alimenter convenablement en oxygène. On distingue quatre
grandes catégories d’hypoxie : *l’hypoxie anémique, * l’hypoxie circulatoire, *l’hypoxie
cytotoxique et *l’hypoxie hypoxique.
a- L’hypoxie hypoxique
Ici, le manque d’oxygène au niveau des cellules est lié à l’incapacité des poumons de
pouvoir oxygéner le sang de façon convenable. La pO 2 artérielle est alors nécessairement
diminuée ( 70 – 80 mmHg ; 60 – 70 mm ou inférieure à 60 mmHg). Pour toutes ces
différentes valeurs, l’hypoxie est jugée de légère, modérée ou grave. Elle peut être causée
soit par une exposition en haute altitude où l’ air est pauvre en O2, soit par une
hypoventilation.
En cas d’hypoventilation, le poumon est non seulement incapable de s’enrichir en oxygène
mais également incapable débarrasser le sang efficacement de son CO 2. C’est pourquoi elle
conduira à une hypercapnée (augmentation de la pCO 2 artérielle). L’hypoventilation peut
être provoquée soit par l’administration de la morphine ou des barbituriques qui sont
également utilisés lors des tentatives de suicide ; soit par l’obstruction des voies
respiratoires par une tumeur, un caillot, un corps étranger ; soit enfin par l’obésité.

b- L’hypoxie anémique
Ici, l’absence d’oxygène au niveau des cellules est liée à l’incapacité des globules rouges de
transporter l’oxygène en quantité adéquate des poumons vers les tissues. Elle est causée
par :
- Une insuffisance d’hémoglobine
- Une anomalie de l’hémoglobine
- Une compétition entre l’oxygène et le monoxyde de carbone qui est un poison inodore

20
c- L’hypoxie Circulatoire
Ici, le manque d’oxygène au niveau des cellules est du à la mauvaise irrigation des tissus
provoquée probablement par une défaillance du système cardio-vasculaire. La PO 2
artérielle est généralement réduite alors que celle en CO 2 se situe à l’intérieur des valeurs
normales.
d- L’hypoxie cytotoxique
Ici, les cellules manquent d’oxygène par leur incapacité à utiliser cet oxygène qui leur est
normalement fourni. Il s’agit en fait d’une intoxication de la cellule par une substance telle
que le cyanure qui affecte la chaîne respiratoire. Dans ce cas, les pressions partielles en O 2
et en CO2 se situent à l’intérieur des valeurs normales.
2°) Les Déséquilibres Acido-Basiques
L’intervalle des valeurs de référence d’un sang normal se situe entre 7,35 et 7,45. Les
valeurs extrêmes de pH toléré par l’organisme sont de 6,9 et 7,7 respectivement.
Un patient est en acidose lorsque le pH de son sang est inférieur à 7,35 et en alcalose
lorsqu’il est supérieur à 7,45. Il est démontré que le pH sanguin dépend du rapport
-
HCO3 / pCO2. Lorsque le déséquilibre acido-basique provient d’une variation dans la
concentration des Bicarbonates, il est dit métabolique. Le déséquilibre est dit respiratoire
lorsqu’il provient de la variation de la pCO 2. Globalement, l’organisme se défend contre ces
déséquilibres ou variations de pH selon trois mécanismes
 l’effet tampon : tout dérangement de la composante respiratoire ou métabolique déplace
-
immédiatement l’équilibre de la réaction entre le CO 2 et le HCO3 . Comme l’organisme est
un système ouvert, cet effet tampon n’affecte pas la composante respiratoire. Seule la
composante métabolique est affectée par le déplacement de la réaction. Toutefois, cet effet
est limité pour les raisons suivantes :
*l’augmentation de la pCO 2 ne peut pas entrainer une augmentation du Bicarbonate à une
concentration supérieure à 30 mM.
*A la suite d’une diminution de la pCO 2, le Bicarbonate ne diminue pas à une
concentration inférieure à 15 nM.
 la compensation : la concentration du Bicarbonate est contrôlée par les reins alors que la
pCO2 est régulée au niveau des poumons. En effet, toutes variations dans la concentration
du Bicarbonate ou tout déséquilibre métabolique altère le rapport normal entre le
Bicarbonate et le CO2 et fait dévier le pH. Ce rapport est de 20/1.
En contrôlant l’élimination du CO2, les poumons peuvent compenser cette variation de
-
façon à ramener non seulement le rapport HCO3 /CO2 vers des valeurs normales mais
également le pH. Cette compensation respiratoire est assez rapide et rarement complète.
Les reins peuvent compenser toute variation de la pCO 2 i.e tout dérangement respiratoire
en augmentant ou en diminuant la réabsorption du Bicarbonate de façon à rétablir le
-
rapport HCO3 / CO2 à sa valeur normale (20/1). Cette compensation rénale est beaucoup
plus lente que la compensation respiratoire (qui est beaucoup plus efficace et complète)
 le mécanisme de correction : les reins peuvent corriger une variation du bicarbonate
plasmatique par leur action rapide sur la réabsorption du Bicarbonate. Cette correction
rénale n’est possible que lorsque les reins ne sont pas la cause du déséquilibre
métabolique. Les poumons par contre ne peuvent pas corriger une variation de la pCO2 car
ils sont eux-mêmes responsables du déséquilibre respiratoire.
Les déséquilibres acido-basiques sont souvent des perturbations mixtes aux causes
multiples, chacune avec ou sans compensation. Le tableau ci-après permet à partir des
-
données clinique telles que le pH, la pCO2, la [HCO 3 ] et l’Excès de Base d’identifier théoriquement
tout désordre ou déséquilibre acido-basique.

20
Désordre pH pCO2 [HCO3
-] E.B (Excès de Base)
Acidose Respiratoire
Non compensé D A N N
Partiellement compensé D D A A
Complètement compensé N D A A
Alcalose Respiratoire
Non compensé A D N N
Partiellement compensé A A D D
Complètement compensé N A D D
Acidose Métabolique
Non compensé D N D D
Partiellement compensé D D A A
Complètement compensé N D A A
Alcalose Métabolique
Non compensé A N A A
Partiellement compensé A A D D
Complètement compensé N A D D
D = diminué ; A = augmenté ; N = normal
a- L’Acidose Respiratoire
i) Définition
-
C’est la baisse du pH plasmatique suite à une diminution du rapport HCO 3 /CO2 à une
valeur inférieure à 20. Cette baisse du rapport est provoquée par l’hypercapnée
(augmentation de la pCO2 du sang artériel). La pCO2 est généralement supérieure à 45
mmHg. Afin de se défendre de ce déséquilibre, l’organisme utilise trois mécanismes de
défense :
- Les tampons intracellulaires épongent en partie des protons nouvellement formés.
En effet, l’augmentation de la pCO2 augmente l’équilibre de la réaction vers la formation du
bicarbonate et de proton. Les tampons intracellulaires impliqués dans tamponnement des
ions H+ sont surtout l’hémoglobine et les autres tampons intracellulaires exceptés les
protéines plasmatiques. Ce mécanisme immédiat est limité.
-
- Les reins tentent de rétablir le rapport HCO 3 /CO2 à sa valeur normale en
- -
augmentant la réabsorption du HCO3 . Cette augmentation de la réabsorption du HCO 3
favorise l’échange entre le Na+ et les H+. Ce qui entraine l’augmentation de la natrémie et
la diminution du pH urinaire suite à la sécrétion des ions H+ dans la lumière tubulaire.
Cette sécrétion favorise en plus le formation du chlorure d’ammonium et la diminution de
la chlorémie. Cette compensation rénale peut être complète excepté les malades qui ont
une pCO2 supérieure à 80 mmHg.
N.B : en cas d’un abaissement brutal de la pCO 2 (suite à une intervention médicale), les
Bicarbonates continuent à être réabsorbés et le malade peut manifester une alcalose
métabolique qui est tout de même atténuée par ????
- La correction par les poumons : les poumons forcent la ventilation afin d’éliminer le
surplus de CO2. En effet, l’augmentation de la pCO 2 stimule le centre respiratoire qui
devient néanmoins de moins en moins sensible à une pCO2 supérieure à 65 mmHg.
ii) Les causes de l’acidose respiratoire
La rétention pulmonaire du CO2 est causée soit par une hypoventilation, soit par une
inégalité du rapport ventilation/perfusion. En fonction de la vitesse d’apparition de
l’acidose respiratoire, on distingue : l’acidose respiratoire aigue et celle chronique.
 L’acidose respiratoire aigue
Sa venue est très rapide pour être compensée par les reins. Elle est causée soit par une
maladie pulmonaire aigue, soit par une intoxication aux narcotiques ou aux sédatifs, soit

20
enfin par une obstruction des voies respiratoires. Elle ne peut être atténuée que par le seul
pouvoir tampon des liquides corporels.
 L’acidose respiratoire chronique
Elle résulte soit d’une maladie pulmonaire chronique, soit d’une obésité excessive. Elle est
suffisamment longue pour pouvoir mettre en branle le système de compensation rénale.
Cette compensation rénale est soit partielle ou totale.
Exercices d’applications :
1- Un malade présente les résultats suivants : pH = 7,26 ; pCO2 = 62 mmHg ; [HCO3-] = 27
mM ; Excès Base = + 1,5 mM ; [K+]plasmatique = 6 mM ; [Na+]plasmatique = 138 mM ; [Cl-]plasmatique = 95 mM ;
pO2 = 50 mM. De quoi souffre ce patient ? Rép  : il souffre d’une acidose respiratoire non compensée
2- Un malade présente les résultats suivants : pH = 7,38 ; pCO2 = 66 mmHg ; [HCO3-] = 39
mM ; Excès Base = + 6,5 mM ; [K+]plasmatique = 4 mM ; [Na+]plasmatique = 142 mM ; [Cl-]plasmatique = 88 mM ;
pO2 = 45 mM. De quoi souffre ce patient ? Rép  : il souffre d’une acidose respiratoire complètement
compensée car le pH = 7,38 est situé à la limite inférieure de la moyenne de pH ( 7,4).
Un malade en acidose respiratoire compensée et compliquée d’une alcalose métabolique présenterait
par exemple les résultats suivants : pH = 7,52 ; pCO2 = 60 mmHg ; [HCO3-] = 48 mM .
La diminution de la concentration sérique en Cl- observée chez ce patient est liée à l’augmentation de
l’élimination rénale du chlorure d’ammonium. Le trou anionique demeure à l’intérieure des valeurs de
référence car toute élimination rénale du Cl - est accompagnée d’une réabsorption équivalente de
HCO3-.

b- Alcalose Respiratoire
i- Définition et mécanisme de Régulation ou de Défense :
Elle correspond à toute augmentation du pH plasmatique causée par une
-
diminution de la pCO2 qui provoque à son tour l’augmentation du rapport HCO3 /CO2.
En ce qui concerne ses mécanismes de défense, ils sont assurés par les tampons
biologiques qui interviennent en quelques minutes. Par un mécanisme beaucoup plus lent,
-
les reins vont former de moins en moins de HCO 3 suite à la diminution de la pCO 2 dans les
cellules tubulaires. En conséquence, ils vont sécréter moins de protons et réabsorber
-
moins de HCO3 . L’échange Na+  H+ de même que la formation du chlorure d’ammonium
vont alors diminuer.
Dans le cas de l’alcalose respiratoire, le trou anionique demeure à l’intérieure des
valeurs normales. Pourquoi ?
ii- Les Causes
Une diminution de la pCO2 ne peut provenir que d’une élimination pulmonaire
excessive de CO2 car sa production est relativement constante. L’alcalose respiratoire est
causée soit par l’anxiété, la fièvre, la grossesse, la douleur. Tous ces facteurs provoquent
l’hyperventilation par stimulation du centre respiratoire.  Elle peut également résulter
d’une intoxication aux Salicylates ou à une hypoxie (conduisant généralement à une
hypocapnée). L’hypoxie survient le plus souvent en haute altitude ou dans certaines
maladies pulmonaires modérées.
Exercice d’application  : un malade présente les paramètres plasmatiques suivants : pH = 7,49 ;
pCO2 = 17 mmHg  ; [HCO3-] = 14 mM ; Excès Base = - 5,5 mM ; [K+]plasmatique = 4 mM ; [Na+]plasmatique =
136 mM ; [Cl-]plasmatique = 110 mM ; pO2 = ? mM. De quoi souffre ce patient ? Rép  : il souffre d’une
alcalose respiratoire partiellement compensée.

c- Acidose Métabolique

20
Elle correspond à une baisse de pH plasmatique suite à une diminution du rapport
-
HCO3 /CO2 à une valeur inférieure à 20. Elle est essentiellement causée par une
diminution de la concentration plasmatique en Bicarbonates.
Les mécanismes de défense de l’acidose métabolique sont essentiellement respiratoire
(sous forme de compensation) et rénale (sous forme de correction). La compensation
respiratoire commence en quelques heures et atteind son maximum à 12 et 24 heures. Elle
procède par hyperventilation (augmentation de l’intensité et du rythme respiratoire) suite à
la stimulation du centre respiratoire par diminution du pH. L’hyperventilation diminue le
-
taux de C02 ce qui provoque l’augmentation du rapport HCO 3 /CO2 et le retour à la normale
du pH.
L’acidose métabolique stimule la production d’ammoniaque par les tubes rénaux. En
effet, les reins augmentent (en cas d’acidose métabolique) l’excrétion des protons et la
réabsorption des Bicarbonates. Cette excrétion rénale de protons conduit à la diminution
de pH urinaire.
la correction rénale de l’acidose métabolique ne se déroulera pas si les reins sont eux-
N.B :
mêmes la cause de l’acidose.
Selon la valeur du trou anionique, on classe l’acidose métabolique en 2 catégories :
 Les acidoses métaboliques avec valeurs inchangées du trou anionique (T.A). Ce type
-
s’observe à la suite d’une perte excessive de HCO 3 et le maintien de cette neutralité
-
électrique (T.A constant dans l’IR) tient au fait que toute perte de HCO 3 est associée
à une augmentation d’ions chlorures.
 Les acidoses métaboliques avec des valeurs élevées du TA (supérieure à 22 mM).
Cette augmentation résulte de l’accumulation dans le Milieu Extracellulaire des
acides organiques non volatiles qui auront pour effet d’abaisser la concentration
plasmatique en bicarbonates sans pour autant affecter celle des ions chlorures.

i- Les causes de l’acidose métabolique :


L’acidose métabolique avec valeur inchangée de TA peut être causée par une
perte nette de Bicarbonates suite à une perte de liquide diarrhéique (ici, l’acidose est non
seulement hyperchlorémique mais également hypokaliémique) ou à une acidose rénale
tubulaire ou enfin suite à une augmentation des ions chlorures (par administration des
substances chlorées ou utilisation d’anhydrase carbonique).
L’acidose métabolique avec valeur élevée du TA se rencontre dans le diabète,
l’acidose lactique, l’insuffisance RENALE ?? aigue, les intoxications (à l’aspirine ou à
l’éthanol). Dans le cas des intoxications, il existe une différence importante entre
l’osmolalité mesurée et celle calculée. L’osmolalité calculée s’obtient par la formule
suivante :
Osmolalité calculée = 2x[Na+] + [Glucose] + [Urée]. Les unités des particules sont en
millimolaires.
Le Trou Osmolaire correspond à la différence entre l’Osmolalité calculée et celle
mesurée. Il permet de distinguer les cas d’intoxication des autres causes d’acidose
métabolique à T.A élevée.
Exercice d’application  : un malade diabétique présente les paramètres plasmatiques suivants : pH =
6,95 ; pCO2 = 22 mmHg  ; [HCO3-] = 4,5 mM  ; Excès Base = - 25 mM ; [K+]plasmatique = 5,8 mM ;
[Na+]plasmatique = 132 mM ; [Cl-]plasmatique = 90 mM ; pO2 = ? mM, [Glucose] = 50 mM, [Urée]= 25 mM,
Ruthme respiratoire = 32/mn, Hématocrite = 48, Pression sanguine abaissée. Quel est le diagnostic de
ce dosage ?
Rép  : il souffre d’une acidose métabolique partiellement compensée. Le TA = 43,3 mM > 22 mM avec
des valeurs de Tension artérielle élevée.

20
d- Alcalose Métabolique :
Elle correspond à l’augmentation du pH plasmatique suite à l’élévation du rapport
-
HCO3 /CO2 au dessus de 20. Il est causé essentiellement par l’augmentation de la
concentration plasmatique du Bicarbonate. L’augmentation du pH observée ici entraine
une diminution du calcium ionisé. Les mécanismes de défense de l’organisme contre ces
déséquilibres acido-basique procède par compensation pulmonaire et correction rénale.
L’augmentation pulmonaire de ??? déprime le rythme respiratoire ; ce qui provoque au
niveau du sang une augmentation de la pCO 2 et une diminution de la pO2. Cette baisse de
la pO2 a pour effet de stimuler le centre respiratoire et a pour conséquence la ventilation
pulmonaire. Dans cette situation, les poumons ne pourront augmenter la pCO 2 au dessus
de 55 mmHg.
L’alcalose métabolique est facilement corrigée par les reins lorsque les concentrations
en Bicarbonates sont légèrement supérieures à leur seuil rénal. Dans ces conditions, les
bicarbonates sont rapidement éliminés. Pour des concentrations de bicarbonates
plasmatiques beaucoup plus élevées, les reins diminuent l’échange Na +H+ provoquant
ainsi une déshydratation qui est rapidement corrigée par réabsorption rénale de sodium et
de bicarbonates.
N.B : l’alcalose métabolique s’accompagne d’hypochlorémie.
i- les causes de l’alcalose métabolique
Elle est due soit à une perte excessive d’ions chlorure (au niveau de l’estomac
principalement) ou à une ingestion de grande quantité de substance basique (lait, antiacide
régulièrement utilisé dans le traitement d’ulcère gastrique). Elle peut également être causée
par un déséquilibre au niveau rénal, suite à l’utilisation de certains diurétiques comme le
furosémide qui ont pour effet d’éliminer proportionnellement plus d’ions chlorure que de
bicarbonates. Elle peut enfin être causée par la sécrétion de grande quantité d’aldostérone ;
l’administration de cortisol ; l’ingestion de Réglisse qui contient un acide analogue de
l’aldostérone.
Exercice d’application  : un patient présente les résultats suivants : pH = 7,58 ; pCO2 = 45 mmHg ;
[HCO3-] = 42 mM ; Excès Base = + 17 mM ; [K+]plasmatique = 3,2 mM  ; [Na+]plasmatique = 137 mM ;
[Cl-]plasmatique = 86 mM ; pO2 = ? mM, [Glucose] = 50 mM, [Urée]= 25 mM, Rythme respiratoire = 32/mn,
Hématocrite = 48, Pression sanguine abaissée. Quel est le diagnostic de ce dosage ?
Rép  : il souffre d’une alcalose métabolique non compensée. L’alcalose métabolique est presque
toujours associée à une hypokaliémie (suite à une sécrétion rénale accrue du K+) et à une
hypochlorémie parfois très importante (pour quelle raison ??).

TRAVAUX DIRIGES
1. a- On a mesuré sur le sang artériel d’un patient: pH = 7,35; pCO2 = 45 mm Hg. Calculer :
[CO2]total, [HCO3-] et [C02]dissous.
b- On a mesuré sur le sang artériel d’un patient: pH = 7,25; pCO2 = 5,2 kPa. Calculer  : [CO2]total,
[HCO3-] et [C02]dissous.
c- On a mesuré chez un patient : pH = 7,2 ; [CO2]total = 11,9 mM. Calculer : pCO2, [HCO3-]
et[C02]dissous.
N.B: pH = pKa’+log([HCO3-]/(a.pCO2)) ou pH = pKa’+log ([C02total] – a.pCO2)/a.pCO2
avec a = 0,031 [Link]-1 = 0,23 [Link]-1.
2. Using the Henderson-Hasselbalch equation, calculate the pH value if you were to hyperventilate
and drop your pCO2 to 2.5 kPa. ( 1atm = 1 bar = 100000 pa = 760 mmHg)
3. What apparent acid-base disturbance will be present if a blood sample is submitted to the
laboratory incorrectly :
i. not sealed ?
ii. not on ice ?

20
4. A 67 year old man with a history of liver cirrhosis was admitted following an episode of
gastrointestinal bleeding. He was ill, short of breath and severely hypotensive.
Na+ 139 mmol/l, K+ 4.8 mmol/l, Cl- 98 mmol/l, HCO3- 7 mmol/l, pH 7.13, pCO2 2.9 kPa
[Link] on and interpret all the biochemical data (using correct biochemical terms).
[Link] the likely cause for this acid-base disturbance.
[Link] would you treat this patient?

5. Les valeurs des principaux électrolytes plasmatiques et des paramètres acido-basiques


d’un patient sont ci-après indiqués.
Paramètres intervalle de référence Valeurs du sujet
plasmatiques
Na+ (mM) 138 – 143 130
K+ (mM) 3,5 – 4,8 4,5
HCO3- (mM) 23 – 27 11
Cl- (mM) 98 – 108 95
Protéines (g/L) 62 – 80 70
pH 7,36 – 7,42 7,2
pCO2 (kPa) 5 – 5,9
[CO2]total ( mM) 24 - 30
a- calculer les valeurs de la pC02 et du [CO2]total du patient
b- comment peut-on qualifier le trouble de l’équilibre acido-basique du patient ?
c- en comparant les valeurs du patient à celles de référence, montrer l’existence d’un
« déséquilibre apparent » important entre anions et cations pour la patient.
d- Comment peut-on expliquer ce déséquilibre, sachant que ce malade a été victime d’un infarctus
récent ?

QUESTIONS A CHOIX MULTIPLES


1. Quantitatively, the most important buffer of carbonic acid in blood is:
A. bicarbonate B. plasma protein C. phosphate D. hemoglobin
2. The following values were obtained from a patient diagnosed to have diabetic ketoacidosis:
PaO2 = 90 mm Hg, PaCO2 = 30 mm Hg, plasma [HCO3] = 10 mM, the pH of CSF in this patient
would be about: A. 7.2 B. 7.25 C. 7.33 D. 7.40
3. Le pH plasmatique : A- est égal à log (1/[H+]) B- est augmenté en cas d’acidose
C- baisse quand [H+] augmente. D- augmente quand HCO3- diminue
4. L’acidose :
A. existe quand le pH du plasma tombe en dessous de 7,35
B. se produit quand plus de CO2 est éliminé par les poumons qu’il en est produit par le métabolisme
C. se produit en cas de perte excessive de HCO3- en cas de diarrhée abondante.

5. Faire correspondre chaque déséquilibre acido-basique à une cause possible :


_____1. Acidose respiratoire  a. vomissements
_____2. Alcalose respiratoire  b. diabète sucrée,
____3. Acidose métabolique  c. obstruction des voies biliaires
____4. Alcalose métabolique. d. empoisonnement à l’aspirine.

CHAPITRE 2 : BIOCHIMIE DU SYSTEME CARDIO-VASCULAIRE


20
- Protéines plasmatiques: classification, méthodes d’analyses qualitatives et quantitatives;
Etude de leur fonctions ( transport, marqueurs des reactions inflammatoires, des tumeurs ,

antiprotéases, immunoglobulines.

- Lipoprotéines: structure, classification, métabolism, méthodes d’exploration.

- Les enzymes sériques: Méthodes d’analyses, enzymes plasmatiques d’intérêts cliniques (


Créatine Kinase, Lactate Dehydrogenase, Aspartate Aminotransferase, Alanine Aminotransferase,

Alkaline Phosphatase, Phosphatase acide, γ-Glutamyltransferase, Amylase, Lipase, Glucose-

6-Phosphate Dehydrogenase, Sorbitol dehydrogenase, ect.)

Travaux Pratiques:
 Electrophorèse des protéines sériques
 Détermination de l’activité enzymatique de quelques enzymes plasmatiques ( ALAT, ASAT, CK)

I- CLASSIFICATION & ROLE des protéines plasmatiques


Les protéines plasmatiques ont une structure globulaire. Elles sont synthétisées par
le foie sauf les immunoglobulines. Leur dosage est appelée protidémie. Sa valeur est
comprise entre 60 et 80 g/l.
N.B : * une protidémie normale n’élimine pas une disprotéinémie.

* une hyperprotidémie résulte de l’hyper ϒ (immunoglobuline).


* une hypoprotidémie résulte quant à elle de l’hypoalbuminémie.
Intérêt des protéines plasmatiques
✓ Ce so n t des Bons marqueurs, quoique plus ou moins spécifiques de
certains états pathologiques à savoir :
๏ de l’inflammation
๏ d’un défaut de synthèse hépatique
๏ d’un syndrome néphrotique
๏ de tumeurs
On s’intéresse aux protéines qui sont normalement présentes mais dont la concentration
varie au cours d’une pathologie.

Par exemple les marqueurs tumoraux sont normalement en très faible quantité, mais leur concentration
augmente au cours d’une néoplasie (l’AFP augmente dans les cancers du foie, le CA19-9 dans le cancer du
pancréas, le CA15-3 dans le cancer du sein).

✓ Les protéines plasmatiques sont également des marqueurs précoces utiles en


diagnostic d’urgence : les marqueurs à demi-vie longue sont considérés comme des

20
: bon indicateur rétrospectif tandis que ceux à demi-vie courte sot de bon
indicateur de guérison
Remarque : CA= Cancer Antigen. Les antigènes sont mis en évidence grâce à des anticorps monoclonaux.

Le problème de ces marqueurs c’est qu’ils ne sont pas spécifiques, ils peuvent augmenter pour différents
types de cancer.

Les protéines plasmatiques sont regroupées en deux grands groupes : l’albumine et


les globulines. Elles ont plusieurs fonctions.

I.1. L’albumine

Le maintien de la pression osmotique grâce aux protéines plasmatiques (albumine


plus précisément) est possible car la concentration en protéines est plus importante dans
le plasma que dans les liquides interstitiels. L’Albumine assure également le transport de
la majorité des molécules en circulation dans le sang.

1.2. Les Globulines

- Rôle dans le système immunitaire (immunoglobuline).


- Inhibition des protéases ( α1 antitrypsine et α2 macroglobuline).
- Transport :
* Lipoprotéines (TG, Cholestérol)
* Haptoglobine pour l’hémoglobine.
* Céruléoplasmine pour le cuivre.
* RBP pour la vitamine A.
* Transferrine pour le fer.
* Transcortine pour le cortisol.
Les lipoprotéines ont en plus un rôle de solubilisation des lipides sanguins.

Les hormones thyroïdiennes sont transportées par la TGB (75-80%) et les transthyrétines (10%) ; en réalité
moins de 1% des hormones thyroïdiennes circulent librement.

L’haptoglobine a un rôle très important de transport de l’Hb puisque celle-ci peut induire des dommages si
elle est libre dans le plasma (stress oxydant).

L’orosomucoïde correspond à l’alpha-glycoprotéine acide.

II- Etudes des principales Protéines plasmatiques :

II.1- Groupe des Albumines :


a- Préalbumine :
- fixe et transporte les Hormones de la thyroïde
- fixe le rétinol et se combine à la préalbumine
- sa synthèse nécessite une molécule de Zinc.
variation pathologique :

20
- la préalbumine est diminuée au cours des états de malnutritions et dans les états
inflammatoires aigus.
- la RBP est diminuée au cours de malnutrition protéines, dans les carences en vitamine
A et en Zinc et elle est augmentée dans les néphropathies chroniques.

b- Albumine :
C’est la protéine la plus abondante dans le plasma (60 % ; 35 - 50 g·L-1). D’une Masse
moléculaire : 69 000 Da (69 kDa, environ 70 kDa), elle est synthétisée par le foie et est
dépourvue de glucides (holoprotéine). Sa demi vie est de 19 jours.
Elle joue un rôle dans le maintien de la pression oncotique ; transporte le glucose, les
molécules hydrophobes (hormones thyroïdiennes, stéroïdes, médicaments,…) et le
calcium ;
Maintien constant le pH sanguin (pouvoir tampon).
L’albumine constitue une réserve d’acides aminés, c’est pour ça que son catabolisme est
dépendent des besoins en acides aminés de l’organisme (le catabolisme s’accélère quand
les acides aminés manquent et sa synthèse est ralentie).

RQ ! la pression oncotique développée par l’albumine est négligeable par rapport à la


pression oncotique développée par les électrolytes.

variation pathologiques :
- les hyperalbuminémies n’existent pas.
- les hypoalbuminémie.

Mécanismes et causes :
- carence d’apport protéique.
- malabsorption intestinale.
- diminution de synthèse (insuffisance hépatique).
- accroissement du catabolisme.
- augmentation des pertes ( rénale, digestive et cutanée).
Anomalies génétiques :
- Analbuminémie : compatible avec la vie.
- Bisalbuminémie (2 pics) : anomalie à l’électrophorèse , non pathologique.

II.2- G r o u p e d e s Globulines :
a- α1 globuline :
- α1 antitrypsine : protéine anti inflammatoire et antiprotéasique et anti athérosclérose.
- Orosomucoïde : cofacteur de la lipoprotéine lipase, diminue en cas de syndrome
néphrotique ( avec augmentation de TG) et augmente lors du syndrome inflammatoire.
- α1 foetoprotéine : protéine du fœtus (marqueur tumoral digestif)

b- α2 globuline:

20
- Haptoglobine : diminue en cas d’hémolyse et augmente en cas de
- α2 macroglobuline : C’est une Glycoprotéine de 725 kDa produite par le foie. Elle
inhibe les protéases et régule la coagulation par activation de la fibrinolyse
✓ Il y a diminution de sa concentration sérique par défaut de synthèse hépatique
(insuffisance hépatique), dénutrition, pertes digestives
✓ Sa concentration sérique augmente suite au syndrome néphrotique (trop
volumineuse pour filtrer donc augmentation de sa concentration en proportion par fuite
des autres protéines), donc augmentation du pic des alpha2-globulines ainsi qu’en
situation de syndrome inflammatoire.
- Céruléoplasmine : diminue dans la maladie de WILSON ( augmentation de cuivre
urinaire , diminution de cuivre sanguin et diminution de la céruléoplasmine).

c- β globuline :
i- Cas de la transferrine ou bêta1-globuline
C’est une sidérophiline (76 kDa) synthétisée par le foie. Sa concentration sérique
varie en fonction du degré de métabolisme du fer (plus précisément du taux de
fer dans l’organisme) :
✓ lorsque la réserve de fer augmente (hémochromatose), il y a diminution de la synthèse
hépatique de transferrine et augmentation de celle en ferritine
✓ si cette réserve de fer diminue par contre (anémie ferriprive), on note une
augmentation de synthèse hépatique de transferrine couplée à la baisse de celle de la
ferritine.
La transferrine est également considérée comme la deuxième protéine à filtre après
l’albumine. Son dosage est donc parfois recommandé en cas de syndrome
néphrotique

ii- Cas de la Protéine C-Réactive (CRP)


C’est une protéine synthétisée et sécrétée par le foie en cas en cas d’inflammation ou
d’infection d’origine bactérienne. Il s’agit donc d’un marqueur précoce (apparition rapide)
de réactions inflammatoires résultant de :
๏ Appendicite, glomérulonéphrite,…
๏ Infections bactériennes
๏ Infections virales chroniques (VIH, hépatite,…)
๏ Maladies inflammatoires et auto-immunes : arthrite, phlébite, embolie
pulmonaire,…
๏ Cancers : pancréas, foie, voies biliaires, myélome multiple,…
Sa demi-vie courte couplé à la diminution rapide de sa concentration plasmatique
après guérison en fait un bon outil diagnostic de suivi d’antibiothérapie chez
l’adulte ou le nouveau-né et même de traitement de certaines formes de douleurs.
Elle est non visible sur électrophorégramme (12 kDa) d’où son dosage par
immunoturbidimétrie (avec Ac monoclonaux anti-CRP L´inflammation est l´ensemble
des mécanismes cellulaires et moléculaires qui contribuent à la défense de l´organisme.

20
Un certain nombre de protéines plasmatiques voit leur taux augmenter fortement et de manière non
spécifique au cours des états inflammatoires. On les appelle « protéines de la phase aiguë ». Leur élévation
est due à une augmentation de la synthèse hépatique (modification métabolique) médiée par l´interleukine,
qui n´a pas de retentissement sur la protéinemie totale.

La leucocytose est la cause la plus fréquente parmi les signes biologiques d´un syndrome inflammatoire.

Evolution de la concentration de 4 protéines de la réaction inflammatoire en période post-


chirurgicale :
- CRP = protéine C réactive
- HAP = haptoglobine
- ORO = orosomucoïde
- AAT = alpha 1 anti-protéase ou alpha 1 anti- trypsine
Intérêt des marqueurs de l´inflammation dans la rationalisation de l´antibiothérapie
La CRP est un marqueur très précoce de l´inflammation s´élevant dans les 2 à 4 heures après le début du
processus inflammatoire. Du fait de sa demi-vie très courte (24h) la CRP est un témoin précoce de l´efficacité
thérapeutique lors d´une antibiothérapie.

L´augmentation de la CRP précède celle de l´ORO (2 à 3 jours).

Réaction inflammatoire en période post-chirurgicale avec surinfection bactérienne 


Dans la surveillance post- opératoire la CRP s´élève systématiquement après l´intervention
chirurgicale et atteint son pic en 2 à 3 jours. Si sa concentration sérique
Continue à s´élever au 4è jour, il faut craindre une complication infectieuse.

d- ϒ globuline : immunoglobuline
- formées de 02 chaines lourdes et de 02 chaines légères
- 02 types de chaines légères : λ et K.
- 03 types de chaines lourdes : ϒ M α ξ D. donc igA , igM, igG , igE et igD.
- après digestion enzymatique on obtient 2 fab et FC.
- FAB : fixe et reconnaît l’antigène , formé de la partie N terminale des chaines légères
relie par des ponts disulfure aux chaines légères.
- FC : partie C terminale des chaines lourdes , responsable de la fixation du complément
et transfert à travers la barrière placentaire.
Etudes des immunoglobulines :
- IGG : passe la barrière placentaire c’est l’immunité ancienne.
- IGA : se trouve dans toutes les sécrétions c’est l’immunité locale, s/f de monomère
dans le plasma et dimères dans les tissus ( forme plus fréquente).
- IGM : pentamères, les premiers à être synthétisés lors d’une agression antigéniques.
- IGD : rôle récepteur a la surface des lymphatiques.
- IGE : phénomène d’allergies.

II-3. Protéines à plusieurs facettes


La Ferritine fixe le fer. Son augmentation est surtout caractéristique des cancers hépatiques.

L’haptoglobine sert à éliminer l’Hb extraerythrocytaire.

L’orosomucoïde présente différentes fonctions : stimulation des fibroblastes, intervention dans l’agrégation
plaquétaire.

20
Remarque : on constate une diminution de l’orosomucoïde quand elle se lie à certains médicaments comme
les salicylés car cette fixation va cacher les zones où se fixent les anticorps utilisés pour la quantification. Il n’y
aura alors pas de fixation possible, c’est ainsi que l’on détecte une diminution de la concentration de cette
protéine.

III- L’Exploration des protéines plasmatiques :


Le dosage des protéines normales permet de mettre en évidence l’existence d’une anomalie
quantitative lors de sa synthèse. A cet effet, il existe des techniques de leur séparation et
d’identification qui permettent de faire une analyse quantitative et qualitative.

Le dosage des protéines sériques totales (protéinémie) se déroule par méthodes


colorimétriques (Biuret, Folin-Lowry, Bradford, rouge de pyrogallol,…)
On peut aussi doser une protéine en particulier (albumine, CRP,…). Il existe à cet effet
plusieurs techniques immunochimiques, mais les plus utilisées sont
l’immunoturbidimétrie (on quantifie la lumière transmise = mesure de l’absorbance),
l’immunonéphélémétrie (on quantifie la lumière diffusée) et l’immunoprécipitation.

III.1. Préparation plasma/sérum


✓ A partir du sang veineux
✓ Récupération du sérum sans anticoagulant après décantation / centrifugation
➡ Caillot sanguin + sérum
✓ Récupération du plasma avec anticoagulant après centrifugation
➡ Culot globulaire (GR) + galette Pt/GB + plasma
Protéines plasmatiques (71 ± 9 g·L-1) = protéines sériques (68 g·L-1) + protéines de la
coagulation (fibrinogène : 3 g·L-1)

Avantages et inconvénients des différentes méthodes de détermination de la


concentration en protéines.

Méthode Principe Avantage(s) Inconvénient(s)


Johann Méthode de dosage indirecte de la Méthode standard  tout l'azote
Kjeldahl concentration des protéines via leur contenu internationale pour le ne provient pas
(1883) azoté : l'échantillon est soumis à une hydrolyse dosage des aliments. uniquement des
à l'acide sulfurique chaud qui libère le contenu  méthode protéines
azoté. reproductible  méthode
 Ntotal ---> NH4+ qui est titré par l'acide  méthode dangereuse :
borique précise acide sulfurique
 matière organique ---> formation de chaud
CO2 et de H2O  méthode
longue et lourde
Biuret (1949) Les ions cuivriques (Cu2+) interagissent avec laMéthode peu sensible àMéthode moins
liaison peptidique à pH alcalin et forment un la nature de la protéinesensible que les
complexe violet dont l'absorbance est mesurée à à doser puisque toutes autres.
540 nm. contiennent des
Référence : Gornall, Bardawill, David (1949) J. liaisons peptidiques.
Biol. Chem. 177, p 751
Lowry (1951) Méthode qui combine le réactif du biuret et Méthode plus sensible----------
celui de Folin - Ciocalteu (1927) : l'acide pour de faibles

20
phosphotungstomolybdique réagit avec les concentrations en
résidus Tyr et Trp. Il se forme un complexe protéines que le Biuret.
bleuté dont l'absorbance est mesurée entre 500
nm et 750 nm :
 500 nm : dosage de fortes
concentrations en protéines
 750 nm : dosage de faibles
concentrations en protéines
Sans doute la méthode la plus utilisée et citée
dans la littérature scientifique avec la méthode
de M. Bradford.
Référence : Lowry, Rosebrough, Farr, Randall
(1951) "Protein measurement with the Folin
phenol reagent" J. Biol. Chem. 193, p 251
Absorbance   Méthode qui mesure l'absorbance des résidus Méthode de loin la plusIl faut que le
simple, rapide etcoefficient
d'acides aminés chromophores : Trp, Tyr et précise. d'extinction molaire
Phe. Méthode qui ne souffrede la protéine soit
d'aucun artéfact lié àconnu.
acide aminé λmax (nm) εM ([Link]-1)
l'utilisation d'un
colorant.
Trp 277 - 280 5600

Tyr pH 7 273 - 277 1350

Tyr pH 13 293 - 297 2350

Phe 267 90

A pH 7, c'est essentiellement l'absorbance des


Trp que l'on mesure à 277 nm. Le groupement
phénol des Phe contribue très peu à
l'absorbance globale des protéines.
Le groupement phénol des Tyr est ionisé en ion
phénolate avec un pKa = 10,5 :

Cette ionisation induit une augmentation du


coefficient d'extinction molaire avec un décalage
de la longueur d'onde d'absorbance maximale
(voir tableau ci-dessus). En conséquence, à pH
alcalin c'est essentiellement l'absorbance des
Tyr que l'on mesure.

III.2. Les Différentes formes d’électrophorèse des protéines plasmatiques


1- Electrophorèse classique :
- sépare les protéines selon la charge électrique (Phi).
- on obtient 5 fractions.
2- Electrophorèse sur gel : ( meilleure).
- sépare les protéines sanguines soit selon la charge ou selon le PH.
✓ Electrophorèse des protéines sériques sur gel d’agarose (migration en fonction de la
charge et de la taille)
๏ Vers le pôle + (anode) : albumine

๏ Vers le pôle - (cathode) : gamma-globulines


✓ Familles de protéines :
๏ Albumine
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๏ alpha1-globulines
๏ alpha2-globulines
๏ bêta1-globulines
๏ bêta2-globulines
๏ gamma-globulines
✓ Rapport A/G entre 1,2 et 1,8

3- Immunoélectrophorèse :
- sépare les protéines sanguines soit selon la charge électrique. ou selon le PH.
- on note également la précipitation du complexe antigène - anticorps.

III.3. Intérêt de l’électrophorèse des protéines plasmatiques : profil


électrophorétique.
- Syndrome néphrotique : baisse de toutes les protéines sauf l’albumine.
- Syndrome immunitaire : baisse ou absence des ϒ.
- Syndrome hépatique : baisse d’albumine avec un bloc β,ϒ.
- Syndrome d’autoimmunité .

IV- Les Disprotéinémie ou Anomalies des Protéines Plasmatiques :


Le taux de protéines plasmatiques diminuer ou augmenter selon les cas en fonction des
pathologies en présence. Ce taux diminue en cas de :

- Hyperhydratation vasculaire
- Carence d’apport de protéines (malnutrition, malabsorption intestinale)
- Défaut de synthèse (insuffisance hépatocellulaire)

Et augmente en situation de :
- Déshydratation ou de
- Gammapathies monoclonales (augmentation des gamma-globulines)

Exemples :
- Lors de l’inflammation aiguë il existe une augmentation des alpha-globulines
- Lors d’une inflammation chronique on observe une augmentation des alpha globulines ainsi que de
la gamma-globuline, mais une diminution de l’albumine
- Lors d’une insuffisance hépatocellulaire il y un déficit de protéines plasmatiques

20
- Lors de la cirrhose éthylique il se produit une augmentation de l’IgA
- Lors du syndrome néphrotique il y a une fuite massive des protéines par voie rénale
- Lors de pertes digestives il y a une perte de l’ensemble des protéines
- Chez un grand brûlé, il existe une fuite massive des protéines et un syndrome inflammatoire
caractérisé par une augmentation de l’alpha 2-globuline
- Le déficit en alpha 1-antitrypsine est un problème congénital
- Quand il y a un déficit immunitaire les gamma-globulines diminuent ou sont absentes
- Lors des dysglobulinémies monoclonales, dans le premier cas on observe une hyperprotéinémie
caractérisée surtout par l’augmentation des gamma-globulines (pic aigu à base étroite) ; dans le
deuxième cas, l’augmentation des gamma-globulines est due principalement à l’augmentation de
l’IgM (caractéristique des leucémies)

IV.1- Pathologies des Protéines Sériques


1- Les Hypoprotéinémies : elles sont relatives ou absolues

๏ Elle est dite relative lorsque la même quantité de protéines est retrouvée mais avec
augmentation de la volémie ➡ effet de dilution (diminution de l’hématocrite)

๏ e t Absolue en cas de diminution de la quantité de protéines


➡ défaut de synthèse hépatique, diminution de la pression oncotique, formation d’oedème
➡ pertes digestive, rénale (syndrome néphrotique : augmentation des alpha2- globulines,
rétention des grosses protéines comme alpha2-macroglobuline) ou cutanée (brûlures)
2- Les Hyperprotéinémies : elles sont également relatives ou absolues

๏ Elle est dite relative en cas de déshydratation


๏ e t absolue en cas hyperglobulinémies (hypergammaglobulinémies)
‣de Syndrome inflammatoire : augmentation des alpha2-globulines et/ ou gamma-
globulines
‣ de Cirrhose avec bloc beta-gamma ➡ Hypergammaglobulinémies
monoclonales ou gammapathies . Exemple : Maladie de Kahler (myélome multiple)
‣ d ’ a ugmentation de la proportion de chaines légères par rapport à chaines lourdes.
Filtration de la fraction excédentaire des chaînes légères libres (CLL) =
protéinurie de Bence-Jones (pas de dysfonctionnement rénal
IV.2- Pathologie des Albumines :

a- L’ Hypoalbuminémie : résulte soit d’un défaut de synthèse hépatique, de


l’augmentation des pertes en albumine et même de la dénutrition
En situation de dénutrition, on observe les stades suivants :
d’abord le Marasme : malnutrition protéinocalorique
puis le KWASHIORKOR (stade terminale) avec œdème.
La Cirrhose : peut également aboutir à un défaut de synthèse d’albumine dont à une
situation d’hypoalbuminémie. Les autres causes de cirrhose sont: cirrhose toxique ,
alcoolique et infectieuse (hépatite B et C).
Ce que je retiens sur les dysalbuminémies
b- L’Hyperalbuminémie est un signe d’hémoconcentration ou de déshydratation

IV.3- Pathologie des ϒ :


- pathologies des ϒ : il existe une hypo ϒ physiologique de nourrisson qui apparait entre le
3-6 ème mois (ce n’est pas une pathologie , c’est physiologie).
- les hypo ϒ (vraies) : SIDA.

20
- Hyper ϒ monoclonale : 1 seul type
a-Maladie de KAHLER :
diagnostic biologique :
er
- protide élevé (hyperprotidémie : 1 signe de cette maladie).
- après électrophorèse classique , pique étroit monoclonal des ϒ
- l’IEP : augmentation des IGG ou des IGA.
- présence dans les urines d’une protéine qu’on appelle la protéine de Bence-Jones (excès
de chaines légères dans les urines sous forme de dimères).
RQ : dans cette maladie , il y a une prolifération de lymphocytes B de type plasmocytes.

b- Maladie de WALDENSTROEM
diagnostic biologique :
- taux de protide élevé.
- électrophorèse : pique monoclonal.
- IEP : augmentation des IGM.
- présence dans les urines des protéines Bence-Jones. RQ : prolifération de lymphocytes
B.

IV.4- Pathologie des α2 - globulines :


- Maladie de Wilson : c’est une maladie autosomale récessive dûe à une mutation d’une
protéine qu’on appelle ATpase pompe cuivre.

V- LIPIDES, LIPOPROTEINES ET MALADIES CARDIOVASCULAIRES


V.1-INTRODUCTION
Les lipides sont transportés dans le plasma en association avec des protéines, sous
forme de complexes appelés lipoprotéines. Elles sont constituées par un cœur apolaire de
triglycérides et d'esters de cholestérol entouré par une couche de phospholipides, de
cholestérol et de protéines appelées apoprotéines. Ces lipoprotéines sont d’une grande
importance structurale et métabolique car toute perturbation dans la régulation de leur
synthèse ou dégradation pourrait conduire à des taux très élevés de TG ou de CHOL dans
le sang ; ce qui engendrerait à long terme des atteintes cardiovasculaires. En effet, des
concentrations plasmatiques élevées en lipides, particulièrement en cholestérol, sont
associées par un lien de causalité à la pathogenèse de l'athérosclérose qui est un processus
responsable de la plupart des maladies cardiovasculaires (maladies coronariennes,
cérébrovasculaires et vasculaires périphériques).

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V.2-CLASSIFICATION & METABOLISMES DES LIPOPROTÉINES
V.2-1. Classification des Lipoprotéines :

Les lipoprotéines sont classées en fonction de leur densité ou de leur comportement


en ultracentrifugation en cinq classes. Leur densité augmente, des chylomicrons
(présentant la densité la plus basse), en passant par les lipoprotéines de très basse densité
(Very Low Density Lipoproteins[VLDL]), les lipoprotéines de densité intermédiaire
(Intermediate Density Lipoproteins [IDL]) et de basse densité (Low Density Lipoproteins
[LDL]), jusqu'aux lipoprotéines de haute densité (High Density Lipoproteins [HDL]).

Tableau 1 : Classification, composition et fonctions des Lipoprotéines

V.2-2. Métabolisme des Lipoprotéines

a- Chylomicrons
Les chylomicrons se forment dans les entérocytes à partir des lipides alimentaires
(principalement les triglycérides, mais aussi le cholestérol). Ils constituent la principale forme
de transport des lipides exogènes et les triglycérides y représentent 90 % des constituants lipidiques.
Les triglycérides sont libérés des chylomicrons par l'action de la lipoprotéine lipase (LPL)
qui est localisée au niveau de la lumière de l'endothélium capillaire du tissu adipeux, des
muscles cardiaque et squelettique, et des glandes mammaires ; avec pour résultat la
libération d'acides gras libres qui sont soit directement utilisables comme source d'énergie
par ces tissus ou stockée, après réestérification en triglycérides, comme réserve
énergétique. La LPL est activée par l'apo C-II.

Le cholestérol, les phospholipides, l'apo A et l'apo C-II sont également libérés de la


surface des particules et captés par les HDL. Le cholestérol estérifié est transféré aux

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remnants (résidus) de chylomicrons à partir des HDL, en échange de triglycérides, par la
cholestérol ester transfer protein (CETP). Les remnants de chylomicrons, appauvris en
triglycérides et enrichis en esters de cholestérol, sont épurés de la circulation sanguine par les
cellules hépatiques parenchymateuses. Cette captation hépatique dépend de la reconnaissance de
l'apo E par des récepteurs hépatiques spécifiques des remnants (appelés aussi récepteurs LRP [LDL-
related receptor protein]).

b- Les Lipoprotéines de très basse densité (VLDL)


Les VLDL sont majoritairement constituées par les triglycérides synthétisés dans le foie, soit
de novo, soit par réestérification des acides gras libres. Elles contiennent aussi un peu de cholestérol,
l'apo B, l'apo C et l'apo E. L'apo E et une partie de l'apo C leur sont transférées à partir des
HDL circulantes. Les VLDL sont la principale forme de transport des triglycérides
endogènes et leur métabolisme est, du moins au départ, semblable à celui des
chylomicrons, avec l'hydrolyse des triglycérides par action de la LPL. Au fur et à mesure
que les particules de VLDL deviennent plus petites, les phospholipides, le cholestérol libre
et les apoprotéines sont libérés de leur surface et captés par les HDL, de sorte que les
VLDL se transforment en lipoprotéines plus denses, les IDL. Le cholestérol qui a été
transféré aux HDL est estérifié et les esters de cholestérol retournent aux IDL par action de
la CETP en échange de triglycérides. D'autres molécules de triglycérides sont hydrolysées
par la triglycéride lipase hépatique (LH), localisée à la surface de l'endothélium des
capillaires hépatiques, et les IDL sont alors converties en LDL, composées majoritairement
d'esters de cholestérol, d'apo B-100 et de phospholipides. Une partie des IDL est captée par
le foie via les récepteurs LDL. Ces récepteurs, appelés aussi « récepteurs B, E » , sont
capables de se lier à l'apo B-100 et à l'apo E. A l'état physiologique, il y a très peu d'IDL dans la
circulation en raison de leur captation rapide ou de leur conversion en LDL.

c- Lipoprotéines de basse densité (LDL)


Les LDL sont les principaux transporteurs de cholestérol, principalement dans sa forme estérifiée.
Les LDL se forment à partir des VLDL via les IDL. Les LDL peuvent passer par les jonctions
intercellulaires entre les cellules endothéliales capillaires et se fixent aux récepteurs LDL des
membranes cellulaires, qui reconnaissent l'apo B-100. Cette reconnaissance est suivie par
l'internalisation et la dégradation lysosomale, avec libération de cholestérol libre. Le
cholestérol libre est également capable d'induire sa propre estérification en stimulant l'enzyme acyl
CoA : cholestérol acyl transferase (ACAT).

Les récepteurs LDL sont saturables et soumis à un contrôle négatif sous l'effet de
l'augmentation du cholestérol intracellulaire. Les macrophages, issus des monocytes
circulants, peuvent capter les LDL par l'intermédiaire de récepteurs scavengers (éboueurs).
Ce processus intervient à concentration normale en LDL, mais il est majoré en cas
d'augmentation de la fraction LDL et par modification de ces lipoprotéines (par exemple par
oxydation). La captation des LDL par les macrophages au niveau de la paroi artérielle est un
événement important dans la pathogenèse de l'athérosclérose. Quand les macrophages sont
surchargés en esters de cholestérol, ils se transforment en « cellules spumeuse »
constituants bien connus des plaques d'athérome.

d- Lipoprotéines de haute densité (HDL)


Les HDL sont synthétisées en premier lieu par le foie et, à un degré moindre, par les
cellules de l'intestin grêle, sous forme de précurseurs (HDL naissantes) comprenant des
phospholipides, du cholestérol, de l'apo E et de l'apo A. Le cholestérol libre est estérifié par
l'enzyme lécithine-cholestérol acyltransferase (LCAT), qui est présente dans les HDL

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naissantes et activée par son cofacteur, l'apo A-I. Cela augmente la densité des particules
HDL qui sont ainsi converties d 'HDL3 en HDL2.

Les esters de cholestérol sont transférés des HDL2 aux différentes particules résiduelles, en
échange de triglycérides, par action de la CETP. Les esters de cholestérol sont captés par le
foie à partir des remnants de chylomicrons et des IDL, puis excrétés dans la bile en partie
après métabolisme en acides biliaires.

Les HDL2, enrichies en triglycérides, sont reconverties en HDL3 sous l'action hydrolysante
de la triglycéride lipase hépatique, localisée au niveau de l'endothélium des capillaires
hépatiques. Quelques particules HDL2 sont probablement captées par le foie, par
l'intermédiaire de récepteurs qui reconnaissent l'apoA -I.

De ce fait, les HDL ont deux fonctions importantes : *elles sont une source d'apoprotéines
pour les chylomicrons et les VLDL, et *elles assurent le transport reverse du cholestérol, en captant
le cholestérol des cellules vieillissantes et des autres lipoprotéines, puis en le transférant aux
particules résiduelles, qui sont alors captées par le foie.

N.B  : Les caractéristiques principales du métabolisme des lipoprotéines sont les


suivantes  :

«  Les triglycérides de l'alimentation sont véhiculés par les chylomicrons jusqu'aux tissus,
qui les utilisent comme source d'énergie ou qui les stockent. Les triglycérides endogènes,
synthétisés par le foie sont transportés par les VLDL et sont aussi utilisables par les
tissus comme source d'énergie, ou pour le stockage. Le cholestérol synthétisé par le foie
est transporté aux tissus par les LDL, qui dérivent des VLDL; le cholestérol de
l'alimentation est véhiculé jusqu'au foie par les remnants de chylomicrons. Les HDL
récupèrent le cholestérol des cellules périphériques et des autres classes de lipoprotéines,
et l'estérifient grâce à la LCAL Les esters de cholestérol sont transférés aux particules
résiduelles, qui sont captées par le foie, assurent l'excrétion du cholestérol.  »

V.3- INFARCTUS DU MYOCARDE

L’infarctus du myocarde (IMD) est la manifestation d’une insuffisance coronarienne


aiguë. La présentation clinique classique de l'infarctus du myocarde comporte une douleur
thoracique aiguë, irradiant parfois au bras ou à la mâchoire, associée à des modifications
caractéristiques du tracé de l’ECG. Cependant, l'infarctus du myocarde peut se présenter
de façon atypique et même parfois silencieuse, en particulier chez le sujet âgé.

V.3-1 Diagnostic cliniques :


a- Les enzymes cardiaques :
La détermination des enzymes plasmatiques est utilisée depuis longtemps dans le
diagnostic d'infarctus du myocarde. La première enzyme à augmenter est l'isoenzyme MB

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de la créatine-kinase (CK-MB) suivie par la CK totale, l'aspartate aminotransferase (ASAT)
et l'hydroxybutyrate déshydrogénase (HBDH, isoenzyme cardiaque de la lactate
déshydrogénase).

i°) Les Transaminases  : on en dénombre deux types : l’ASAT et l’ALAT. L’ASAT est
abondante dans le foie, le muscle squelettique, le cœur, les reins, le pancréas et le
cerveau..

ii°) La Créatine Kinase (CK-MB) : Il existe 3 isoenzymes de la créatine kinase


(CK) il s’agit :

- de la CK1 (ou CK-BB) qu’on rencontre dans le cerveau mais qui demeure indétectable

- de la CK2 (ou CK-MB) qu’on rencontre dans le myocarde. Elle représente environ 3 % des
CK totaux

- de la CK3 (ou CK-MM) qu’on rencontre exclusivement dans les muscles squelettiques. Elle
représente plus de 97 % des CK totaux.

L’activité CK totale sérique est augmentée au cours des maladies musculaires (chocs
traumatiques, brulures étendues), des myopathies congénitales ou de l’infarctus du
myocarde.

iii°) La Lactate Deshydrogenase (LDH)


C’est une enzyme cytoplasmique présente dans pratiquement toutes les cellules de
l’organisme mais surtout dans le foie, le cœur, les muscles squelettiques, les érythrocytes
et les reins. Dans l’infarctus du myocarde (IDM), la LDH commence à augmenter 12h
après ; atteint le maximum après 48 à 72h et demeure élevée durant 10 à 14 jours. A son
maximum, l’activité de la LDH est d’environ trois fois la normale.

b- Autres marqueurs protéiques de l’infarctus du myocarde


Le manque de spécificité et de sensibilité des mesures de CK-MB, particulièrement dans les
premières heures qui suivent le début des symptômes, a conduit à s'intéresser à d'autres
marqueurs potentiels, comme la myoglobine et les troponines.

i°) La Myoglobine
Il s’agit d’une métalloprotéine constitué d’un groupement prosthétique héminique (le
Fer) et d’une chaine polypeptidique de 153 acides aminés et de masse égale à 18 kD. Elle
est une protéine spécifique des muscles squelettiques et du myocarde. Toute atteinte de
ces tissus se traduit par une libération de myoglobine. C’est pourquoi elle est considérée
comme un marqueur cardiaque sensible, précoce, mais non spécifique, puisqu'elle est
présente également dans le muscle strié squelettique. Son dosage se fait soit par
immunométrie (méthode très sensible et très spécifique), soit par immunoprécipitation.

Lors d’une IDM, l’élévation de la concentration plasmatique de Mb se manifeste


précocement, 2 à 5 heures après les premiers signes cliniques. Le pic est atteint entre la 8è
et la 12è heure. Le retour aux valeurs normales se fait entre la 36è et la 50è heure.
L’élévation de Mb précède de 4 heures celle de la CK dans le diagnostic de l’IDM.

ii°) La Troponine
La troponine T fait partie d’un complexe incluant la troponine I et C. Les Troponines
T, I et C sont des protéines entièrement distinctes. De plus, les troponines T ou I du
myocarde sont différentes de leur isoforme T ou I dans le muscle squelettique. Les
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troponines sont retrouvées seulement dans les cellules musculaires. Seule une petite
fraction se trouve à l’état libre. Donc toute libération de troponine est hautement spécifique
de dommage myocardique ou musculaire. Sa présence dans le sang est équivalent de mort
cellulaire cardiaque ou musculaire. Les troponines peuvent également être élevées dans les
pathologies cardiaques non coronariennes telles que : l’embolie pulmonaire, la péricardite,
la myocardite, les poussées hypertensives ou d’insuffisance cardiaques.

V.4-INSUFFISANCE CARDIAQUE
L’insuffisance cardiaque se définit fondamentalement comme une insuffisance du
débit cardiaque à assurer les besoins des tissus (cela exclut les situations liées à une perte
de volume sanguin, comme l'hémorragie). Elle peut représenter une urgence médicale
(œdème aigu du poumon) ou être asymptomatique dans les stades précoces. C'est une
pathologie chronique et progressive, et les patients présentant une insuffisance cardiaque
ont une espérance de vie diminuée ainsi qu'une mauvaise qualité de vie.

IV-1. Diagnostic
L’intérêt s'est donc porté sur des marqueurs biochimiques de l'insuffisance cardiaque. Le
cœur sécrète deux peptides natriurétique, l'ANP et le BNP. L’ANP est produit principalement
par les oreillettes et le BNP (bien qu'isolé au départ dans le cerveau) essentiellement par les
ventricules cardiaques. La libération de ces deux peptides augmente dans l'insuffisance cardiaque,
même si le BNP est un meilleur marqueur de la fonction ventriculaire ainsi qu'un marqueur de pronostic.
Le BNP est synthétisé sous forme de prohormone, qui, lors de la libération par les cellules
musculaires cardiaques, est clivée en BNP lui même et en un fragment N-terminal appelé
NT-proBNP. Les deux peuvent être dosés dans le plasma, et une valeur normale permet
pratiquement d'exclure une insuffisance cardiaque, bien qu'une augmentation des
concentrations puisse survenir dans d'autres conditions.

Le NT-proBNP a une demi-vie plus longue et il est moins sensible que le BNP aux stimuli à
court terme ; il pourrait donc être utilisé en test d'exclusion de l'insuffisance cardiaque, ce
qui limiterait le recours à l'échocardiographie pour un diagnostic de certitude. Toutefois,
avec sa demi-vie plus courte, le BNP peut aussi être utile pour évaluer la réponse au
traitement. D'autres explorations biologiques sont également importantes dans la prise en
charge de l'insuffisance cardiaque; quelques exemples sont donnés dans le tableau ci-
après.

Tableau : Examens de laboratoire dans l’insuffisance cardiaque

Examens Explications
- Numération globulaire L’anémie est la cause d’insuffisance cardiaque à débit élevé
- Albumine plasmatique L’hypoalbuminémie est une autre cause d’œdème
- Créatinine plasmatique Dysfonctionnement rénal
- Potassium plasmatique Hypokaliémie induite par certains diurétiques
- Ferritine plasmatique Hémochromatose
- Electrophorèse sérique et urinaire Amyloïdose associée au myélome multiple
- Causes endocriniennes d’hypertension Hyperparathyroïdie, syndrome de Cushing, phéochromocytone

V.5- HYPERTENSION

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L’hypertension est une affection très fréquente qui touche, sur la base des valeurs
considérées comme normales, environ 15 % de la population mondiale.

V.5.1. Diagnostic
La biochimie clinique n'a pas de rôle dans le diagnostic de l'hypertension essentielle, bien
qu'elle soit importante pour l'évaluation des effets secondaires des thérapeutiques et le
dépistage des complications de l'hypertension. Elle est cependant importante dans le
diagnostic de certaines formes d'hypertension secondaire, en particulier d'origine rénale ou
endocrinienne.

Tableau : Explorations biochimiques chez les patients hypertendus

Explorations Explications
Analyse urinaire Dosage protéines (pathologie rénale) et glucose (dépistage diabète
qui est un facteur de risque cardiovasculaire
Créatinine plasmatique Pathologie rénale
Potassium plasmatique Excès de minéralocorticoïdes (primaire ou secondaire)
Calcium plasmatique Hyperparathyroïdie
Cholestérol et TG plasmatiques Evaluation du risque cardiovasculaire
Rénine et Aldostérone plasmatique Syndrome de Conn
Métabolites urinaires des Phéochromocytome
catécholamines

TRAVAUX DIRIGES
A/ Questions Ouvertes :
1. Citer 03 caractères importants qui diffèrent d’une protéine plasmatique à une autre, justifier
votre réponse.
2. Citer les paramètres biologiques pouvant aboutir à une variation relative de la protéinémie.
3. Citer 04 mécanismes pouvant entraîner une hypoalbuminémie et illustrer chacun d’eux par un
exemple.
4. Citer deux méthodes couramment utilisées pour doser l’albumine sérique.
5. Transferrine : -rôle dans le transport du fer ; -Variation pathologiques
6. Citer les principales fonctions des protéines de la réaction inflammatoire
7. Citer les protéines inflammatoires dosées chez le nouveau né. Justifier votre réponse.
8. Maladie de Wilson : quelle en est la cause moléculaire? Citer les paramètres biochimiques
perturbés au cours de cette affection.
9. Citez les principales fonctions des protéines de la réaction inflammatoire.
10. Electrophorèse des protéines sériques : Définition et principales indications cliniques
11. Describe the principles of gel electrophoresis and discuss its use in the clinical biochemistry
laboratory, giving specific examples of analysis using different physical media.
12. Le dosage du cholestérol et des triglycérides utilise deux méthodes différentes avec une réaction
commune :
a. Ecrire les différentes réactions des deux méthodes en précisant la réaction commune
b. Donner les caractéristiques de ces méthodes de dosage
13. Origines et rôles des enzymes et des apolipoprotéines suivantes : Lécithine cholestérol acyl
transférase, Lipoprotéine lipase, Protéine de transfert du cholestérol estérifié, Apolipoprotéine A I,
B100 et C II
14. Créatine Kinase : a- préciser l’apport du dosage des fractions enzymatiques dans les pathologies
impliquant cette enzyme

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b- Citer les pathologies dans lesquelles on trouve une élévation de la C.K.

15. L’activité enzymatique de l’ASAT augmente dès la 7ème minute au cours d’une cytolyse
hépatique, alors que son augmentation lors d’une lyse myocardique (IDM) ne se produit qu’à partir
de la 6ème heure : expliquer cette différence.
16. Lors d’un IDM quel est le marquer sérique : a. Le plus précoce b. Le plus spécifique

B/ Cas Cliniques :
1. Une électrophorèse des protéines sériques pratiquée chez un patient âgé de 20ans, présentant
des œdèmes au niveau de des membres inferieurs a montré les résultats suivants : Albumine = 30%
Alpha-1-globulines = 2% Alpha-2-globulines = 40% Béta globuline = 16% Gamma globuline = 12%
a) Quelle interprétation donnez-vous à ces résultats?
b) Justifier votre réponse

2. Chez un sujet à jeun depuis 12 heurs, un bilan lipidique fournit les résultats suivants :
-cholestérol = 5 g/l -triglycérides = 20 g/l
a) Quel est l’aspect du plasma à l’état frais?
b) Quelles sont les catégories de lipoprotéines responsables de cette augmentation?

3. Un homme de 54 ans est admis au pavillon de cardiologie pour douleur rétrosternale gauche
poignante survenue il y a 2 heurs suite à un effort physique On retrouve, dans les antécédents
personnels, une dyslipidémie traitée il y a 5 ans, et dans les antécédents familiaux, un père décédé
pour une pathologie cardiaque non déterminée
a) Quel sont les enzymes cardiaques à demander?
b) Quels sont les résultats attendus? Commenter
Le malade bénéficie en urgence d’une thrombolyse
c) Donner l’évolution de ces enzymes après thrombolyse

4. Monsieur G.A, 42 ans directeur d école, sédentaire, pèse 80 kg pour une taille de 1.78m il fume
20 cigarettes/j. L’interrogatoire révèle l’existence d’antécédents cardio-vasculaires familiaux (père
hypercholestérolémique ayant présenté un infarctus myocardique à l’âge de 43 ans). L’examen
clinique met en évidence un xanthélasma et un arc cornéen. Sa pression artérielle est de 140/70
mm Hg. La prescription d’un bilan lipidique fournit les résultats suivant : -cholestérol total = 4.25
g/l -triglycérides sériques = 1.05 g/l - HDL-cholestérol = 0.35 g/l
a) Quel est l’aspect du sérum de ce patient, après test de décantation? justifier votre réponse
b) Calculer la fraction LDL-cholestérol chez ce patient c
c) Citer les 2 apolipoprotéines dont le dosage permettra de renforcer votre diagnostic
d) Quel est le risque encouru par ce malade? justifier votre réponse

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