L’avènement de la Covid-19 a mis en évidence un certain nombre de fragilités au
Maroc et a obligé les pouvoirs publics à revoir les priorités du moment, a indiqué
M. Benchaâboun expliquant que le gouvernement a concentré ses efforts sur trois
axes énoncés récemment par SM le Roi Mohammed VI dans un discours à
l’ouverture du parlement.
Il s’agit de trois priorités, dont
1. la première revêt un caractère social. M. Benchaâboun a cité, à ce propos,
la nécessité de « renforcer les filets sociaux à une vitesse suffisamment forte
pour que l’ensemble des Marocains puissent disposer d’une assurance
maladie, d’un régime de retraite et d’une allocation familiale en fonction
du nombre d’enfants et de la taille de chaque famille ».
Ce programme va démarrer au 1er janvier de l’année prochaine
intégrer 22 millions de Marocains à l’Assurance maladie obligatoire (AMO) en
deux ANS
2. Le deuxième axe, a poursuivi le ministre, à trait à la relance économique qui
s’impose « du fait des perturbations qui ont touché un certain nombre
de secteurs », notamment ceux en lien avec l’environnement extérieur,
comme le tourisme.
notant qu’une enveloppe globale de 11% du PIB a été mobilisée pour relancer
l’économie.
Ces 11% se répartissent de la manière suivante: 7% qui seront dédiés à tout ce qui
concerne les garanties accordées par l’Etat à l’économie. Et 4% du PIB qui sont
consacrés à un fonds d’investissement stratégique, à savoir le Fonds Mohammed VI
d’investissement
le tiers du Fonds sera couvert par des dotations budgétaires, et deux tiers à travers
les bailleurs de fonds et les partenaires du Royaume.
Ce fonds interviendra de façon rapide pour injecter dans l’économie les fonds
nécessaires qui servent à relancer l’investissement et interviendra par tous les
mécanismes classiques de financement, y compris le capital-investissement, outre
un volet d’investissement dans les infrastructures à travers les partenariats public-
privés
3. Pour ce qui est de la troisième priorité du Royaume, elle concerne la
réforme du secteur public : restructurer tout ce qui tourne autour des
établissements publics, et de créer une agence nationale des participations
stratégiques de l’Etat
Tout cela, a-t-il noté, se fera « en gardant un œil vigilant sur l’équilibre
macroéconomique, que ce soit en matière de déficit ou d’endettement ».
4. Évoquant le rôle des partenariats public-privés dans la relance économique,
le ministre a fait remarquer que le Fonds Mohammed VI pour
l’investissement n’interviendra pas de manière directe dans les secteurs
de l’économie, mais plutôt à travers un certain nombre d’intermédiaires
classiques, comme les banques.
L’idée n’est pas d’entrer dans le capital des entreprises ou de les étatiser, bien au
contraire, il s’agit de redynamiser l’entreprise, lui donner des moyens de renforcer
son bilan pour qu’elle puisse justement accéder au financement nécessaire pour
continuer à investir et créer des emplois et que la dynamique économique de notre
pays ne s’arrête pas
le Maroc a réagi de manière « exemplaire, rapide et déterminée » à travers
notamment des « initiatives d’envergure » pour soutenir les entreprises et les
ménages