Introduction à la statistique descriptive
Introduction à la statistique descriptive
Paramètres de position
et de dispersion et de dispersion
Ajustement linéaire
Représentation graphique Représentation graphique
de séries statistiques d’une V.S continue
Description numérique
Fréquence partielle - Fréquence cumulée Caractère continue
Vocabulaire
Étude d’une variable statistique
discrète
Types du caractères
Statistiques descriptives
1
Chapitre 1
La statistique est l’étude de la collecte de données, leur analyse, leur traitement, l’in-
terprétation des résultats et leur présentation afin de rendre les données compréhensibles
par tous. C’est à la fois une science, une méthode et un ensemble de techniques.
L’analyse des données est utilisée pour d’écrire les phénomènes étudiés, faire des pré-
visions et prendre des décisions à leur sujet. En cela, la statistique est un outil essentiel
pour la compréhension et la gestion des phénomènes complexes.
Les données étudiées peuvent être de toute nature, ce qui rend la statistique utile
dans tous les champs disciplinaires et explique pourquoi elle est enseignée dans toutes les
filières universitaires, de l’économie à la biologie en passant par la psychologie et bien sûr
les sciences de l’ingénieur. La statistique consiste à :
1.1 Vocabulaire
Les statistiques consistent en diverses méthodes de classement des données tels que les
tableaux, les histogrammes et les graphiques, permettant d’organiser un grand nombre de
données. Les statistiques se sont développées dans la deuxième moitié du XIXe siècle dans
le domaine des sciences humaines (sociologie, économie, anthropologie, ...). Elles se sont
dotées d’un vocabulaire particulier.
2 1.1. VOCABULAIRE
Vocabulaire
Population
Individu
Epreuve statistique
Modalités
Caractéristiques
(Variable statisitque)
Les statistiques descriptives visent à étudier les caractéristiques d’un ensemble d’ob-
servations comme les mesures obtenues lors d’une expérience. L’expérience est l’étape pré-
liminaire à toute étude statistique. Il s’agit de prendre "contact" avec les observations. De
manière générale, la méthode statistique est basée sur le concept suivant.
Définition 1
L’épreuve statistique est une expérience que l’on provoque.
1.1.2 Population
En statistique, on travaille sur des populations. Ce terme vient du fait que la démo-
graphie, étude des populations humaines, a occupé une place centrale aux débuts de la
statistique, notamment au travers des recensements de population. Mais, en statistique,
le terme de population s’applique à tout objet statistique étudié, qu’il s’agisse d’étudiants
(d’une université ou d’un pays), de ménages ou de n’importe quel autre ensemble sur lequel
on fait des observations statistiques. Nous définissons la notion de population.
page 2
1.1. VOCABULAIRE 3
Définition 2
On appelle population l’ensemble sur lequel porte notre étude statistique. Cet ensemble
est noté Ω.
Exemple 2
– On considère l’ensemble des étudiants de la section A. On s’intéresse aux
nombre de frères et sœurs de chaque étudiant. Dans ce cas
Une population est composée d’individus. Les individus qui composent une population
statistique sont appelés unités statistiques.
Définition 3
On appelle individu tout élément de la population Ω, il est noté ω (ω dans Ω).
Remarque 1
L’ensemble Ω peut être un ensemble de personnes, de choses ou d’animaux...
L’unité statistique est un objet pour lequel nous sommes intéressés à recueillir de l’in-
formation.
Exemple 3
– Dans l’exemple indiqué ci-dessus, un individu est tout étudiant de la section.
– Si on étudie la production annuelle d’une usine de boîtes de boisson en métal
(canettes). La population est l’ensemble des boîtes produites durant l’année et
page 3
4 1.1. VOCABULAIRE
La statistique « descriptive », comme son nom l’indique cherche à décrire une po-
pulation donnée. Nous nous intéressons au caractéristique des unités qui peuvent prendre
différentes valeurs.
Définition 4
On appelle caractère (ou variable statistique, dénotée V.S) toute application
X : Ω → C.
L’ensemble C est dit : ensemble des valeurs du caractère X (c’est ce qui est mesuré ou
observé sur les individus)
Exemple 4
Taille, température, nationalité, couleur des yeux, catégorie socioprofessionnelle ...
Remarque 2
Soit Ω un ensemble. On appelle et on note Card(Ω), le nombre d’éléments de Ω.
1.1.5 Modalités
Les modalités d’une variable statistique sont les différentes valeurs que peut prendre
celle-ci.
Exemple 5
– Variable est " situation familiale "
Modalités sont " célibataire, marié, divorcé "
page 4
1.2. TYPES DES CARACTÈRES 5
Les modalités sont les différentes situations dans lesquelles les individus peuvent se
trouver à l’égard du caractère considéré.
Nous distinguons deux catégories de caractères : les caractères qualitatifs et les carac-
tères quantitatifs.
Les caractères qualitatifs sont ceux dont les modalités ne peuvent pas être ordonnées,
c’est-à-dire que si l’on considère deux caractères pris au hasard, on ne peut pas dire de l’un
des caractères qu’il est inférieur ou égal à l’autre. Plus précisément, nous avons la définition
suivante.
Définition 5
Les éléments de C sont représentés par autre chose que des chiffres.
Exemple 6
L’état d’une maison : on peut considérer les modalités suivantes
– Ancienne.
– Dégradée.
– Nouvelle.
page 5
6 1.2. TYPES DES CARACTÈRES
– Rénovée.
Les caractères quantitatifs sont des caractères dont les modalités peuvent être ordon-
nées. Ainsi, l’âge, la taille de vie ou le salaire d’un individu sont des caractères quantitatifs.
Donc, nous avons la définition suivante.
Définition 6
L’ensemble des valeurs est représenté par des chiffres. De même, il est partagé en deux
sortes de caractères, discret et continu (voir l’exemple).
Exemple 7
– Le salaire d’employés d’une usine.
Modalités : 10000da , 20000da...
Type : Discret.
En général, la variable quantitative discrète est une variable ne prenant que des valeurs
entières (plus rarement décimales). Le nombre de valeurs distinctes d’une telle variable
est habituellement assez faible. Citons, par exemple, le nombre de maisons par quartier
d’une ville. Une variable quantitative est dite continue lorsque les observations qui lui sont
associées ne sont pas des valeurs précises, mais des intervalles. C’est le cas lorsque nous
avons un grand nombre d’observations distinctes.
page 6
1.3. EXERCICES CORRIGÉS 7
Exercice 1
- La variable statistique "couleur de maisons d’un quartier" est-elle :
qualitative quantitative
discrète continue
qualitative quantitative
discrète continue
qualitative quantitative
discrète continue
Solution : Pour le premier cas, la variable statistique est qualitative. Pour le deuxième cas,
la variable statistique est quantitative continue. Pour le troisième cas, la variable statistique
est quantitative discrète.
page 7
Chapitre 2
X : Ω → {x1 , x2 , ..., xn },
Nous allons utiliser souvent l’exemple ci-dessous pour illustrer les énoncés de ce cha-
pitre.
Exemple 8
Une enquête réalisée dans un village porte sur le nombre d’enfants à charge par famille.
On note X le nombre d’enfants, les résultats sont données par ce tableau :
xi 0 1 2 3 4 5 6
ni (Effectif) 18 32 66 41 32 9 2
Nous avons
– Ω ensemble des familles.
– ω une famille.
– X nombre d’enfants par famille
X : ω → X(ω).
2.1. EFFECTIF PARTIEL - EFFECTIF CUMULÉ
On étudie ici un caractère statistique numérique représenté par une suite xi décrivant
la valeur du caractère avec i varie de 1 à k.
Définition 7
Pour chaque valeur xi , on pose par définition
ni = Card{ω ∈ Ω : X(ω) = xi }.
ni w
xi
Exemple 9
Dans l’exemple précédent, 66 est le nombre de familles qui ont 2 enfants.
xi ··· 2 ···
page 09
2.2. FRÉQUENCE PARTIELLE - FRÉQUENCE CUMULÉE
Définition 8
Pour chaque valeur xi , on pose par définition
Ni = n1 + n2 + ... + ni .
L’effectif cumulé Ni d’une valeur est la somme de l’effectif de cette valeur et de tous
les effectifs des valeurs qui précèdent.
Exemple 10
Dans l’exemple précédent : 50 est le nombre de familles qui ont un nombre d’enfant
inférieur à 1. Nous le regardons dans le tableau suivant :
xi 0 1 2 3 4 5 6
Typiquement les effectifs ni sont grands et il est intéressant de calculer des grandeurs
permettant de résumer la série.
Définition 9
Pour chaque valeur xi , on pose par définition
ni
fi := .
N
page 10
2.2. FRÉQUENCE PARTIELLE - FRÉQUENCE CUMULÉE
Remarque 3
On peut remplacer fi par fi × 100 qui représente alors un pourcentage.
Exemple 11
Dans l’exemple précédent, 0, 33 := il y a 33% de familles dont le nombre d’enfants égale
à 2. Ce pourcentage est calculé de la façon suivante (N = 200) :
xi ··· 2 ···
Ni (Effectif) ··· 66
200 = 0.33 ···
Proposition 1
Soit fi défini comme précédemment. Alors,
n
X
fi = 1.
i=1
n n n
X X ni 1 X
fi = = ni = 1.
i=1 i=1
N N i=1
page 11
2.2. FRÉQUENCE PARTIELLE - FRÉQUENCE CUMULÉE
Définition 10
Pour chaque valeur xi , on pose par définition
Fi = f1 + f2 + ... + fi .
Interprétation : Fi = est le pourcentage des ω tel que la valeur X(ω) est inférieure
ou égale à xi .
Exemple 12
- Dans l’exemple précédent, 0.785 représente 78.5% de familles dont le nombre d’en-
fants est inférieur ou égale à 3.
- Dans un deuxième exemple, nous nous intéressons aux nombres d’erreurs d’assem-
blage sur un ensemble d’appareils,
0 101 0.26
1 140 0.61
2 92 0.84
3 42 0.94
4 18 0.99
5 3 1
Nous avons 94% des appareils qui ont un nombre d’erreurs d’assemblage inférieur ou
égale à 3.
Nous avons vu que les tableaux sont un moyen souvent indispensable, en tous cas très
utile, de classification et de présentation des unités d’une population statistique. Dans le pa-
ragraphe suivant, nous allons voir comment on traduit ses tableaux en graphique permettant
aussi de résumer d’une manière visuelle les données.
page 12
2.3. REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DES SÉRIES STATISTIQUES
La synthèse : visualiser d’un seul coup d’œil les principales caractéristiques (mais on
perd une quantité d’informations), voir Figure 2.2.
page 13
2.3. REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DES SÉRIES STATISTIQUES
Tuyaux d’orgues
Nous portons en abscisses les modalités, de façon arbitraire. Nous portons en ordonnées
des rectangles dont la longueur est proportionnelle aux effectifs, ou aux fréquences, de chaque
modalité (voir Figure 2.3).
Le degré d’un secteur est déterminé à l’aide de la règle de trois de la manière suivante :
N −→ 360◦
page 14
2.3. REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DES SÉRIES STATISTIQUES
Donc,
ni × 360
di = .
N
Pour l’illustration, nous prenons l’exemple précédent de départ (nombre d’enfants par
famille). Nous rappelons le tableau statistique associe.
xi 0 1 2 3 4 5 6
ni 18 32 66 41 32 9 2
Diagramme à bâtons
Nous avons déjà abordé les distributions cumulées d’une variable statistique. Nous
allons dans cette partie exploiter ses valeurs cumulées pour introduire la notion de la fonction
de répartition. Cette notion ne concerne que les variables quantitatives.
page 15
2.3. REPRÉSENTATION GRAPHIQUE DES SÉRIES STATISTIQUES 19
Remarque 4
Pour tout i ∈ {1, . . . , n}, on a
Fx (xi ) = Fi .
En se basant sur notre exemple, la courbe de Fx est représentée ci-dessous (Figure 2.6)
sur
R =] − ∞, 0[ ∪ [0, 1[ ∪ .... ∪ [6, +∞[.
...
– Si x ≥ 6, alors Fx (x) = 1.
Cette courbe s’appelle "la courbe cumulative des fréquences". La courbe cumulative est une
courbe en escalier représentant les fréquences cumulées relatives.
Figure 2.6: Représentation d’une variable quantitative discrète par la courbe cumulative.
page 16
20 2.4. PARAMÈTRES DE POSITION
Proposition 2
La fonction de répartition satisfait, pour i ∈ {1, . . . , n},
– l’égalité, Fx (xi ) = Fi ,
si x < x1 ,
0,
si x1 ≤ x < x2 ,
F1 ,
– l’expression, Fx (x) = .
Fi , si xi ≤ x < xi+1 ,
1, si x ≥ xn .
Le mode
Le mode d’une V.S est la valeur qui a le plus grand effectif partiel (ou la plus grande
fréquence partielle) et il est dénoté par M0 .
Exemple 13
Dans l’exemple précédent, le mode est égal à 2 qui correspondant au plus grand effectif.
page 17
2.4. PARAMÈTRES DE POSITION
Remarque 5
On peut avoir plus d’un mode ou rien.
La médiane
Exemple 14
Dans l’exemple précédent, la relation
n’est pas satisfaite. Donc, la médiane est différente de 0. Par contre, nous avons
Donc, M e = 2.
La moyenne
avec N = Card(Ω). On peut donc exprimer et calculer la moyenne dite "arithmétique" avec
des effectifs ou avec des fréquences.
Exemple 15
Si x = 2.46, alors nous avons au moyenne une famille de quartier a 2.46 d’enfants.
La valeur de la moyenne est abstraite. Comme dans l’exemple précédent, x = 2.46 est
un chiffre qui ne correspond pas à un fait concret.
page 18
2.5. PARAMÈTRES DE DISPERSION (VARIABILITÉ)
La moyenne arithmétique dont on vient d’indiquer la formule est dite moyenne pon-
dérée ; cela signifie que chaque valeur de la variable est multipliée (pondérée) par un coef-
ficient, ici par l’effectif ni qui lui correspond. Dans ce cas, chaque valeur xi de la variable
intervient dans le calcul de la moyenne autant de fois qu’elle a été observée. On parle de
moyenne arithmétique simple quand on n’effectue pas de pondération. Par exemple, si 5
étudiants ont pour âge respectif 18, 19, 20, 21 et 22 ans, leur âge moyen est donné par
(18 + 19 + 20 + 21 + 22)/5 = 20 ans.
Remarque 6
Nous mentionnons qu’il existe d’autres moyennes que la moyenne arithmétique
L’étendue
La différence entre la plus grande valeur et la plus petite valeur du caractère, donnée
par la quantité
e = xmax − xmin ,
s’appelle l’étendue de la V.S X. Le calcul de l’étendue est très simple. Il donne une première
idée de la dispersion des observations. C’est un indicateur très rudimentaire et il existe des
indicateurs de dispersion plus élaborés (voir ci-dessous).
La variance
On dit que la variance est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne x. Les « écarts à
la moyenne » sont les (x − xi ), les « carrés des écarts à la moyenne » sont donc les (x − xi )2 .
En faisant la moyenne de ces écarts, on trouve la variance.
page 19
2.5. PARAMÈTRES DE DISPERSION (VARIABILITÉ)
Théorème 1
Soit (xi , ni ) une série statistique de moyenne x et de variance V ar(X). Alors,
n
X
V ar(X) = fi x2i − x2 .
i=1
Donc,
n
X n
X
ni (x − xi )2 ni (x2 + x2i − 2xxi )
i=1 i=1
V ar(X) = n = n .
X X
ni ni
i=1 i=1
Remarque 7
Dans l’utilisation de la formule du théorème précédent, il faut veiller à remplacer x par
sa valeur approchée la plus précise possible.
page 20
2.6. EXERCICES CORRIGÉS
L’écart type
La quantité q
σX = V ar(x)
Remarque 8
Le paramètre σx mesure la distance moyenne entre x et les valeurs de X (voir Figure
2.7). Il sert à mesurer la dispersion d’une série statistique autour de sa moyenne.
– Plus il est petit, plus les caractères sont concentrés autour de la moyenne (on
dit que la série est homogène).
– Plus il est grand, plus les caractères sont dispersés autour de la moyenne (on
dit que la série est hétérogène).
Exercice 1
- Le tableau suivant donne la répartition selon le groupe sanguin de 40 individus pris au
hasard dans une population,
Groupes sanguins A B AB O
L’effectif 20 10 n3 5
page 21
2.6. EXERCICES CORRIGÉS
Solution 1 - La population dans cette étude est les 40 personnes. Donc N = 40. La variable
statistique est le groupe sanguin des individus et elle est qualitative.
4
X
N = 40 = ni .
i=1
Alors,
20 + 10 + n3 + 5 = 40.
Effectif
20 AB
15
A
10 O
5
B
o AB B A Groupes sanguins
Exercice 2
- Le gérant d’un magasin vendant des articles de consommation courante a relevé pour un
article particulier qui semble connaître une très forte popularité, le nombre d’articles vendus
par jour. Son relevé a porté sur les ventes des mois de Mars et Avril, ce qui correspond à
52 jours de vente. Le relevé des observations se présente comme suit :
7 13 8 10 9 12 10 8 9 10 6 14 7 15 9 11 12 11 12 5 14 11 8 10 14 12 8
5 7 13 12 16 11 9 11 11 12 12 15 14 5 14 9 9 14 13 11 10 11 12 9 15.
page 22
2.6. EXERCICES CORRIGÉS
Solution 1 - La population est les 52 jours et la variable statistique étudiée est le nombre
d’articles vendus par jour. Son type est bien évidement quantitatif discret (nombre).
xi 5 6 7 8 9 10 11 12 13
ni 3 1 3 4 7 5 8 8 3
Ni 3 4 7 11 18 23 31 39 42
P
14 15 16
6 3 1 N = 52
48 51 52 ∅
48/52 51/52 1 ∅
page 23
ni ou
fi
8
5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 xi
Figure 2.9: Diagramme à bâtons
5 - Le mode est la valeur de la variable qui a le plus grand effectif, c’est à dire, ni = 8.
Donc,
Mo = 11 et M0 = 12.
12 12
1 X X
x= ni xi = fi xi .
N i=1 i=1
Par conséquent,
1 555
x= (3 × 5 + 1 × 6 + 5 × 7 + ... + 1 × 16) = = 10.67.
52 52
23 31
Fx (11− ) = < 0.5 ≤ Fx (11+ ) = F (M e) = .
52 52
Donc, M e = 11.
page 24
Chapitre 3
Nous rappelons qu’une variable statistique (V.S) quantitative concerne une grandeur
mesurable. Ses valeurs sont des nombres exprimant une quantité et sur lesquelles les opé-
rations arithmétiques (addition, multiplication, etc,...) ont un sens. Nous allons dans ce
chapitre se focaliser sur la V.S quantitative continue.
Définition 11
On appelle V.S continue (ou caractère continu) toute application de Ω et à valeurs
réelles et qui prend un nombre "important" de valeurs (Les caractères continus sont
ceux qui ont une infinité de modalités).
Exemple 16
Soit Ω l’ensemble des nouveaux nés au C.H.U d’une ville pendant les 3 premiers mois
de 2017. Nous désignons par X le poids des nouveaux nés. On suppose que
Remarque 9
Comment étudier ce caractère ?
3.1. CARACTÈRE CONTINU
Définition 12
On appelle classe de valeurs de X un intervalle de type [a, b[ tel que X ∈ [a, b[ si et
seulement si a ≤ X(w) < b, c’est à dire, que les valeurs du caractère sont dans la classe
[a, b[.
Dès qu’un caractère est identifié en tant que continu, ces modalités Ck = [Lk , Lk+1 [
sont des intervalles avec
– Lk : borne inférieure.
Lk+1+Lk
C k=
2
Lk ak Lk+1
Remarque 10
On supposera dans tous les cas étudiés que la distribution à l’intérieur des classes est
uniforme (voir Figure 3.1). Cette hypothèse permet de justifier le fait qu’on choisisse
le centre des classes comme représentant.
En combien de classes partageons-nous les valeurs ? la réponse n’est pas unique. Soit N
l’effectif total. Nous pouvons considérer dans ce cours trois réponses à titre d’exemple.
page 26
3.1. CARACTÈRE CONTINU 35
Figure 3.1: Une représentation de la distribution des valeurs à l’intérieur d’une classe.
√ √ √
1. Une réponse : N , [ N ] (partie entière) ou [ N ] + 1. Donc, le nombre de classes
√
kw N.
Exemple 17
√
Considérons 30 valeurs entre 56.5 cm et 97.8 cm. Dans ce cas, k = 30 et on
prend k = 6.
k = 1 + 3.3 log10 (N ).
Remarque 11
De ce fait, on peut avoir plusieurs tableaux statistiques selon le nombre de classes.
Exemple 18
Si on prend N = 30, alors le nombre de classes est donné, par exemple, par
page 27
3.1. CARACTÈRE CONTINU
Définition 13
Le nombre
e = xmax − xmin
Définition 14
La quantité
ni := Card{w ∈ Ω : X(w) ∈ Ci }
w
ni
Li Li+1
Définition 15
Le nombre
ni
fi :=
N
est appelé la fréquence partielle de Ci .
page 28
3.2. REPRÉSENTATION GRAPHIQUE D’UN CARACTÈRE CONTINU
Définition 16
On appelle l’effectif cumulé de Ci la quantité
i
X
Ni := nj .
j=1
Définition 17
On appelle la fréquence cumulée de Ci la quantité
i
X
Fi := fj .
j=1
Remarque 12
Nous avons, comme dans le chapitre précédent, les interprétations suivantes :
– ni : est le nombre d’individus dont les valeurs des caractères sont dans la classe
Ci ,
X(w) ∈ C1 ∪ ... ∪ Ci .
page 29
3.2. REPRÉSENTATION GRAPHIQUE D’UN CARACTÈRE CONTINU
Ci = [xmin = a0 , xmin+1 = a1 [.
Définition 18
La fonction Fx : R → [0, 1] définie par Fx (x) représente le pourcentage des individus
tel que la valeur de leur caractère est inférieure ou égale à x. Elle est donnée par
0, si x < a0 ,
f
1 (x − a0 ),
si a0 ≤ x < a1 ,
Fx (x) = h
fi+1
Fi + (x − ai ), si ai ≤ x < ai+1 ,
h
1, si x ≥ an ,
Remarque 13
Nous calculons Fx (x) par extrapolation (voir Figure 3.4). Nous avons déjà F (Li ) = Fi .
De plus,
F (Li+1 ) − F (Li ) F (x) − F (Li )
tan(α) = = .
Li+1 − Li x − Li
page 30
3.3. PARAMÈTRES DE TENDANCE CENTRAL
fi+1
F (x) = (x − Li ) + Fi .
h
La courbe de Fx est nulle avant a0 , constante égale à 1 après an et joint les points (a0 , 0),
(a1 , F1 ),...,(an , 1) par des segments de droites (voir Figure 3.5).
page 31
3.3. PARAMÈTRES DE TENDANCE CENTRAL
La moyenne
Définition 19
La quantité
n
X
x= fi Ci
i=1
s’appelle la moyenne de X.
Le mode
Définition 20
Nous définissions la classe modale comme étant la classe des valeurs de X qui a le plus
grand effectif partiel (ou la plus grande fréquence partielle). La quantité
∆1
M0 = Li + ai
∆1 + ∆2
– ∆1 = n0 − n1 , ∆2 = n0 − n2 ou bien ∆1 = f0 − f1 , ∆2 = f0 − f2 .
page 32
3.3. PARAMÈTRES DE TENDANCE CENTRAL
Classe modale n0 ou f0
Δ2
Δ1
M0
Ci
Remarque 14
L’expression du mode donnée ci-dessus est déterminée à partir de l’intersection des
deux segments représentés dans la Figure 3.7. Cette notion n’est pas unique.
La médiane
Définition 21
C’est la valeur M e telle que F (M e) = 0.5. Cette valeur est unique.
fi+1
F (x) = (x − Li ) + Fi .
h
fi+1
0.5 = (M e − Li ) + Fi .
h
page 33
3.4. PARAMÈTRES DE DISPERSION
Définition 22
La variance est la quantité
n
X
V ar(x) = fi (x − Ci )2 .
i=1
Remarque 15
Pour le calcul, on utilise (voir Chapitre 2, Théorème 1)
n
X
V ar(x) = fi Ci2 − x2 .
i=1
Définition 23
La quantité
q
σX = V ar(x)
Définition 24
i
Pour i ∈ {1, 2, 3}, la quantité Qi tel que F (Qi ) = s’appelle le iem quartile.
4
page 34
Exemple 19
2
Pour i = 2, Q2 tel que F (Q2 ) = = 0.5. Donc, Q2 = M e.
4
Q1 −→ 25%,
Q2 −→ 50%,
Q3 −→ 75%.
25%
25%
50%
75%
page 35
Exercice 1
- Chez un fabriquant de tubes de plastiques, on a prélevé un échantillon de 100 tubes dont
on a mesuré le diamètre en décimètre.
1.94 2.20 2.33 2.39 2.45 2.50 2.54 2.61 2.66 2.85
1.96 2.21 2.33 2.40 2.46 2.51 2.54 2.62 2.68 2.87
2.07 2.26 2.34 2.40 2.47 2.52 2.55 2.62 2.68 2.90
2.09 2.26 2.34 2.40 2.47 2.52 2.55 2.62 2.68 2.91
2.09 2.28 2.35 2.40 2.48 2.52 2.56 2.62 2.71 2.94
2.12 2.29 2.36 2.41 2.49 2.52 2.56 2.63 2.73 2.95
2.13 2.30 2.37 2.42 2.49 2.53 2.57 2.63 2.75 2.99
2.14 2.31 2.38 2.42 2.49 2.53 2.57 2.65 2.76 2.99
2.19 2.31 2.38 2.42 2.49 2.53 2.59 2.66 2.77 3.09
2.19 2.31 2.38 2.42 2.50 2.54 2.59 2.66 2.78 3.12
page 36
– Individus : le tube.
– Caractère : le diamètre.
xmax − xmin
ai = ' 0.15.
k
X ni fi Ni Fi
\ \
P
100 1
page 37
Histogramme des effectifs
30
25
20
15
10
Exercice 2
- Une étude sur le budget consacré aux vacances d’été auprès de ménages a donné les
résultats suivants
page 38
– Certaines données sont manquantes. Calculer la borne manquante α sachant que
l’étendue de la série est égale à 3200.
– Calculer les fréquences dans le tableau.
– Calculer la borne manquante β dans les deux cas suivants :
1. Le budget moyen est égal à 1995.
2. Le budget médian est égal à 1920.
Solution - On sait que l’étendue est égale au maximum moins le minimum. Ainsi,
- Le calcul la borne manquante β dans le cas où le budget moyen est égal à 1995, c’est à
dire, x = 1995 se fait comme suit
1600 + β β + 2400
x = 1995 = 0.08×900+0.1×1200+0.16×1500+0.3× +0.09× +0.27×3200.
2 2
et on trouve β = 1800.
- Le calcule la borne manquante β dans le cas où le budget médian est égal à 1920, c’est
à dire, M e = 1920 se fait comme suit : il faut raisonner par interpolation linéaire sur
et on trouve β = 2200.
page 39
Chapitre 4
Dans les chapitres précédents, nous avons présenté les méthodes qui permettent de
résumer et représenter les informations relatives à une variable. Un même individu peut être
étudié à l’aide de plusieurs caractères (ou variables). Par exemple, les salaries en regardant
leur ancienneté et leur niveau d’étude, la croissance d’un enfant en regardant son poids et
sa taille. Dans la suite, nous introduisons l’étude globale des relations entre deux variables
(en nous limitant au cas de deux variables). Donc, soit Ω une population et
Z : Ω → R2 ,
ou directement
(X, Y ) : Ω → R2 ,
w 7→ (X(w), Z(w)).
Dans ce cas, Z est dite variable statistique à deux dimensions avec Card(Ω) = N , avec N
un entier fini. Le couple (X, Y ) est appelé le couple de la variable statistique.
Exemple 20
– On observe simultanément sur un échantillon de 200 foyers, le nombre d’enfants
X et le nombre de chambre Y .
– On observe sur un échantillon de 20 foyers, le revenu mensuel X en Da et les
dépenses mensuelles Y .
– Au près des étudiants pris au hasard parmi une section de L2 génie civil, on
52 4.1. REPRÉSENTATION DES SÉRIES STATISTIQUES À DEUX VARIABLES
Les séries statistiques à deux variables peuvent être présentées de deux façons.
Présentation 1
wi −→ (xi , yi ).
wi w1 w2 ... wN
Cette représentation on la notera "présentation 1". Nous allons utiliser toujours les notations
suivantes :
xi := X(wi )
et yi := Y (wi ).
Exemple 21
Soit Ω l’ensemble de 8 étudiants. Nous avons le tableau suivant
wi w1 w2 w3 w4 w5 w6 w7 w8
X(w) 8 2 6 6 11 10 7 2
Y (w) 9 10 11 7 14 16 12 5
page 41
4.1. REPRÉSENTATION DES SÉRIES STATISTIQUES À DEUX VARIABLES
Lors de cette représentation, nous pouvons traduire le tableau associe dans une figure
appelée "le nuage de points" ou "diagramme de dispersion" (voir Figure 4.1). Cette représen-
tation est obtenue en mettant dans un repère cartésien chaque couple d’observation (xi , yj )
par un point.
Y(w)
x
x x x x
x
x x
x x
x x
x
x
X(w)
Présentation 2
Soit la variable statistique Z donnée par le couple (X, Y ). Soient x1 , ..., xk et y1 ,...,yl
les valeurs prises respectivement par X et Y . Dans ce cas, nous définissons les valeurs de Z
comme suite, pour i allant de 1 à k et pour j allant de 1 à l,
zij := (xi , yj ).
La variable statistique Z prend k × l valeurs. Lors de cette étude, nous avons le tableau à
double entrée (ou tableau de contingence) suivant (discrète ou continue)
page 42
54 4.1. REPRÉSENTATION DES SÉRIES STATISTIQUES À DEUX VARIABLES
Cette représentation on l’a notera "présentation 2". A chaque couple (xi , yi ), on a nij est
l’effectif qui représente le nombre d’individus qui prennent en même temps la valeur xi et
yi , c’est à dire,
nij := Card{w ∈ Ω : Z(w) = zij }.
nij w
zij
Nous notons par fij la fréquence du coulpe (xi , yi ). Cette fréquence est donnée par
nij
fij := ,
N
avec
N = Card(Ω),
l X
X k
= nij ,
j=1 i=1
k X
X l
= nij .
i=1 j=1
page 43
4.1. REPRÉSENTATION DES SÉRIES STATISTIQUES À DEUX VARIABLES
k X
X l
nij = n11 + n12 + n13 + ... + n1l
i=1 j=1
Remarque 16
Nous avons la propriété suivante,
k X
X l
fij = 1.
i=1 j=1
Lois marginales
Sur la marge du tableau de contingence, on peut extraire les données seulement par
rapport à X et seulement par rapport à Y (voir le tableau de contingence établi aupara-
vant).
1. Effectifs et fréquences marginale par rapport à Y : nous avons, pour j = 1...l,
k
X
n•j := nij ,
i=1
et
k
n•j X
f•j := = fij .
N i=1
l
X
ni• := nij ,
j=1
et
l
ni• X
fi• := = fij .
N j=1
page 44
4.1. REPRÉSENTATION DES SÉRIES STATISTIQUES À DEUX VARIABLES
Remarque 17
Nous avons les propriétés suivantes
k l k l
et
X X X X
ni• = n•j = N fi• = f•j = 1.
i=1 j=1 i=1 j=1
Exercice 1
Nous considérons 10 salariés qui sont observés à l’aide de deux variables "âge" et "salaire".
Les informations brutes (pas encore traitées ou façonnées) sont données dans le tableau
suivant,
Salaire 6000 7400 7500 8200 8207 8900 9100 9900 9950 10750
Age 15 26 20 43 47 37 52 34 50 44
pour l’âge et
[6, 7[, [7, 8[, [8, 9[, [9, 10[, [10, 11[,
e xmax − xmin 52 − 15
N ombre de classe = = = = 3.7 ' 4 classes,
aâge aâge 10
pour l’âge et
pour le salaire. Cette série statistique est représentée par le tableau suivant,
page 45
4.1. REPRÉSENTATION DES SÉRIES STATISTIQUES À DEUX VARIABLES
Age \ Salaire [6, 7[ [7, 8[ [8, 9[ [9, 10[ [10, 11[ ni• fi•
n•j 1 2 3 3 1 10 1
n12 1 n21 0
f12 = = = 0.1, f21 = = = 0,
N 10 N 10
et
n45 0 n33 2
f45 = = = 0, f33 = = = 0.2.
N 10 N 10
Le nuage de points est tracé, à partir des données brutes, dans la figure suivante.
10
7
6
15 20 25 30 35 40 45 50 55 X
page 46
4.2. DESCRIPTION NUMÉRIQUE
Dans le cas d’une variable statistique à deux dimensions X et Y , les moyennes sont
données respectivement par
k k
1 X X
x := ni• xi = fi• xi (moyenne de X),
N i=1 i=1
et
l l
1 X X
y := n•j yj = f•j yj (moyenne de Y ).
N j=1 j=1
Remarque 18
Dans le cas continu, xi et yj représentent respectivement le centre des classes de X et
Y , c’est à dire,
Li+1 + Li Lj+1 + Lj
xi = et yj = .
2 2
Exemple 22
Nous calculons x et y pour l’exercice traité précédemment. Nous avons la moyenne
d’âge
1
x = (40 + 60 + 120 + 150) = 37 ans.
10
page 47
4.2. DESCRIPTION NUMÉRIQUE
et la moyenne du salaire
1
y= (6.5 + 15 + 25.5 + 28.5 + 10.5) × 100 = 8600 Da.
10
k k
1 X X
V ar(X) := x2 − (x)2 , avec x2 := ni• x2i = fi• x2i ,
N i=1 i=1
et
l l
1 X X
V ar(Y ) := y 2 − (y)2 , avec y 2 := n•j yj2 = f•j yj2 .
N j=1 j=1
Elle est notée par X/yj (ou Xj ) et on dit que c’est la série conditionnelle de X sachant
que Y = yj . Nous calculons dans ce cas la fréquence conditionnelle fi/j (fi sachant j), pour
i = 1, ..., k, par
nij fij
fi/j := = .
n•j f•j
Nous avons aussi la moyenne conditionnelle xj , c’est à dire la moyenne des valeurs de X
sous la condition yj , elle est définie par
k k
X 1 X
xj := fi/j xi = nij xi .
i=1
n•j i=1
q
Pour l’écart-type conditionnel, nous avons σXj := V ar(Xj ) avec
k
X
V ar(Xj ) := fi/j (xi − xj )2 = x2 j − (xj )2 .
i=1
page 48
4.2. DESCRIPTION NUMÉRIQUE
Elle est notée par Y /xj (ou Yj ) et on dit que c’est la série conditionnelle de Y sachant
que X = xi . Nous calculons aussi dans ce cas la fréquence conditionnelle fj/i (fj sachant
i), pour j = 1, ..., l, par
nij fij
fj/i := = .
ni• fi•
Nous avons aussi la moyenne conditionnelle y i , c’est à dire la moyenne des valeurs de Y
sous la condition xi , elle est définie par
l l
X 1 X
y i := fj/i yj = nij yj .
j=1
ni• j=1
p
Pour l’écart-type conditionnel, nous avons σYi := V ar(Yi ) avec
l
X
V ar(Yi ) := fj/i (yj − y i )2 = y 2 i − (y i )2 .
j=1
Nous notons par Cov(X, Y ) la covariance entre les variables X et Y . La covariance est
un paramètre qui donne la variabilité de X par rapport à Y (voir Figure 4.3).
p x Indépendance m
dé x en
ent x
x
td
x
x
éa irem x
x x ép
x en
x
Lin
x
da
x
x
x
x
x
x x nt
x s
x
x
x
x
x
x
x x x
x
x
x
x x
x
x
x x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
x
k X l
1 X
Cov(X, Y ) = xy − x y = nij xi yj − x y.
N i=1 j=1
page 49
4.2. DESCRIPTION NUMÉRIQUE
Remarque 19
Dans le cas où nous avons un tableau des données brutes "representation 1" (nous
n’avons pas d’effectifs), nous avons les formules suivantes
n n
1 X 1 X
x= xi et y= yi .
N i=1 N i=1
Remarque 20
La covariance est une notion qui généralise la variance, En effet,
Cov(X, X) = xx − x x = x2 − x2 = V ar(X).
Définition 25
On dit que deux variables statistiques X et Y sont indépendantes si et seulement si,
pour tout i et j,
fij = fi• × f•j .
Il suffit que cette égalité ne soit pas vérifiée dans une seule cellule pour que les deux
variables ne soient pas indépendantes.. De manière équivalente, pour tout i et j,
page 50
4.3. AJUSTEMENT LINÉAIRE
Cette définition donne une interprétation intéressante de d’indépendance ; elle signifie que
dans ce cas, les effectifs des modalités conjointes peuvent se calculer uniquement à partir
des distributions marginales, supposées « identiques » aux distributions de X et Y dans la
population ; en d’autres termes, si X et Y sont indépendantes, les observations séparées de
X et de Y donnent la même information qu’une observation conjointe.
Dans le cas où on peut mettre en évidence l’existence d’une relation linéaire significative
entre deux caractères quantitatifs continus X et Y (la silhouette du nuage de points est étirée
dans une direction), on peut chercher à formaliser la relation moyenne qui unit ces deux
variables à l’aide d’une équation de droite qui résume cette relation. Nous appelons cette
démarche l’ajustement linéaire.
Définition 26
La quantité
Cov(X, Y )
ρXY := ,
σX σY
s’appelle le coefficient de corrélation.
Proposition 3
Le coefficient ρXY est compris entre [−1, 1], ou encore
| ρXY | ≤ 1.
Le coefficient ρXY mesure le degré de liaison linéaire entre X et Y (voir Figure 4.4 et).
Nous avons les deux caractéristiques suivantes (voir Figures 4.5 et 4.6) 1 :
1. Source : https ://[Link]/wiki/Pearson_correlation_coefficient
page51
4.3. AJUSTEMENT LINÉAIRE
– Plus le module de ρXY est proche de 0 plus il y a l’absence de liaison linéaire entre
X et Y .
Y(w) Y(w)
x x x x
x x x
x x
x x
x x x
x x
x x x x
x x
x
x
x x x x
x x x x
x x x x
x x
x
x
X(w) X(w)
Figure 4.5: Exemples de diagrammes de dispersion avec différentes valeurs de coefficient de cor-
rélation .
Remarque 21
Par définition, si ρXY = 0, alors Cov(X, Y ) = 0.
page 52
4.3. AJUSTEMENT LINÉAIRE
Figure 4.6: La corrélation reflète la non-linéarité et la direction d’une relation linéaire mais pas
la pente de cette relation ni de nombreux aspects des relations non linéaires (en bas). La figure au
centre a une pente de 0, mais dans ce cas, le coefficient de corrélation est indéfini car la variance de
Y est nulle. .
L’idée est de transformer un nuage de point en une droite. Celle-ci doit être la plus
proche possible de chacun des points. On cherchera donc à minimiser les écarts entre les
points et la droite.
Y
y*i= a xi + b
x
x
yi x x
ei x x
x
y*i x
x
xi X
Pour cela, on utilise la méthode des moindres carrées. Cette méthode vise à expliquer un
nuage de points par une droite qui lie Y à X, c’est à dire,
Y = aX + b,
telle que la distance entre le nuage de points et droite soit minimale. Cette distance matéria-
page 53
4.3. AJUSTEMENT LINÉAIRE
lise l’erreur, c’est à dire la différence entre le point réellement observé et le point prédit par
la droite. Si la droite passe au milieu des points, cette erreur sera alternativement positive
et négative, la somme des erreurs étant par définition nulle. Ainsi, la méthode des moindres
carrés consiste à chercher la valeur des paramètres a et b qui minimise la somme des erreurs
élevées au carré.
On pose
n
X
e2i = U (a, b),
i=1
| ei |= | yi − yi? |= | yi − axi − b | .
La méthode des moindres carrées consiste donc à minimiser la fonction U (la somme des
erreurs commises). Nous avons la condition de minimisation suivante,
∂U ∂U
= = 0,
∂a ∂b
avec n
X
U (a, b) = (yi − axi − b)2 .
i=1
∂U
L’équation = 0 donne
∂b n
X
−2(yi − axi − b) = 0.
i=1
n n n
!
X X X 1
yi − a xi − b 1=0 × .
i=1 i=1 i=1
N
c’est à dire,
b = y − ax.
∂U
De même, après calcule, = 0 implique que
∂a
Cov(X, Y )
a= .
V ar(X)
Donc, la droite de régression, qui rend la distance entre elle et les points minimale, est
page 54
donnée par
D(Y /X) : Y = aX + b,
avec
Cov(X, Y )
a= et b = y − ax.
V ar(X)
Ou bien
D(X/Y ) : X = a0 Y + b0 ,
avec
Cov(X, Y )
a0 = et b0 = x − a0 y.
V ar(Y )
Remarque 22
Le coefficient de corrélation ρXY permet de justifier le fait de l’ajustement linéaire. On
adopte les critères numériques suivants (voir Figure 4.8),
– Si | ρXY |< 0.7, alors l’ajustement linéaire est refusé (droite refusée).
Correlation Correlation
parfaite parfaite
-1 -0.7 0 0.7 1
ρXY
Accepter Refuser Accepter
Exercice 1
Nous considérons 10 joueurs et soient :
– Y la variable qui représente le nombre de jeux auquel un joueur joue.
– X la variable qui représente le gain ou perte (+1 s’il gagne 10 Da et −1 s’il perd 10
Da et 0 sinon).
Nous avons le tableau de contingence suivant,
page 55
X\Y 1 2 3 4 ni•
−1 0 1 2 2
0 1 1 0 1
1 0 1 1 0
n•j
X\Y 1 2 3 4 ni•
−1 0 1 2 2 5
0 1 1 0 1 3
1 0 1 1 0 2
n•j 1 3 3 3 N=10
Cov(X, Y ) = xy − x y.
Nous avons
3
1 X
x= ni• xi = −0.3,
N i=1
et
4
1 X
y= n•j yj = 2.8.
N j=1
Donc,
Cov(X, Y ) = −0.16.
page 56
Exercice 2
Dans un TP de physique, on a les données suivantes :
mi 0 10 20 30 40
La variable mi représente les différentes masses appliquées comme dans le schéma ci-dessous
et la variable xi les hauteurs induits depuis l’état initial.
xi
mi
1. Déterminer D(m/x).
2. Déterminer D(x/m).
3. Tracer le nuage de point et les deux droites. Représenter le point de coordonnée (x, y).
4. Peut-on déterminer x si m = 51.75 Kg ?
Cov(x, m)
a= = 20.69 et b = m − ax = −0.69.
V ar(X)
Par conséquent,
D(m/x) : m = 20.69x − 0.69.
page 58
En renversant les axes, nous obtenons
Nous traçons les deux droites dans la figure ci-dessous (D(x/m) est la symétrie de D(m/x)
par rapport à la première bissectrice).
D(m/x)
40
30 D(x/m)
(x ,m)
20
10
0.5 1 1.5 2 x
Si on calcule ρxm = 0.997 > 0.7, alors nous avons un ajustement linéaire accepté. Donc, on
peut estimer x pour m = 51.75 et nous obtenons