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Structures Mixtes Acier-Béton

Ce chapitre présente une étude bibliographique sur les structures mixtes acier-béton. Il décrit les différents types de structures mixtes, leurs composants et leurs applications courantes comme les planchers, les ponts et les bâtiments. Le chapitre souligne l'interaction entre l'acier et le béton dans ces structures et son impact sur leur comportement.

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Structures Mixtes Acier-Béton

Ce chapitre présente une étude bibliographique sur les structures mixtes acier-béton. Il décrit les différents types de structures mixtes, leurs composants et leurs applications courantes comme les planchers, les ponts et les bâtiments. Le chapitre souligne l'interaction entre l'acier et le béton dans ces structures et son impact sur leur comportement.

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Chapitre 1 Etude bibliographique

CHAPITRE 1

ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE

1.1 INTRODUCTION
Les structures mixtes sont connues pour former un élément structurel très
économique. Une section transversale mixte est composée d’au moins de deux
sections transversales partielles avec différents matériaux. En réunissant
structurellement ces différentes composantes, ses bonnes résistances peuvent être
exploitées pour aboutir à une conception très efficace et légère dans laquelle la
capacité portante peut augmenter jusqu'à un facteur de deux et la rigidité peut
augmenter jusqu'à un facteur de trois [STE 06].

Une grande variété de matériaux sont combinés dans une section transversale
telles que:

 Béton – béton
 Béton - bois
 Béton - acier
Cependant, dans le langage technique usuel, ce terme est plus directement attaché
à la construction acier-béton. Dans le domaine du bâtiment et des ouvrages d’arts, la
structure mixte acier-béton est largement utilisée et en popularité croissante,
généralement sous la forme des quatre principaux types suivants [KIM 14] :

 des profilés métalliques noyés dans du béton.


 des colonnes tubulaires en acier remplis en béton et,
 des planchers mixtes acier-béton
 des poutres mixtes acier-béton

5
Chapitre 1 Etude bibliographique

La figure (Fig. 1.1) montre quelques coupes transversales typiques de composants


mixtes.

a) sections transversales de poutres mixtes b) section de plafond composite

c) sections transversales des colonnes mixtes

Fig. 1.1 : Coupes typiques des sections transversales mixtes acier-béton

Les principaux composants de la construction mixte acier-béton sont :

 La poutre en acier laminé à froid ou à chaud,


 Le béton coulé sur place ou préfabriqué,
 Le bac en acier (renformis),
 Les connecteurs de cisaillement,
 L'acier d'armature en treillis.

6
Chapitre 1 Etude bibliographique

Les poutres mixtes acier-béton sont généralement composées de profilés en «I» en


acier qui agissent structurellement avec une dalle de béton au moyen de raccords de
cisaillement fixés à la semelle supérieure de la section en acier. Une section typique
d'une poutre mixte acier-béton est représentée sur la figure (Fig. 1.2). La poutre
comprend le profilé, la dalle et les connecteurs.

beff

Gc
tc

Cc
béton
bf x tf

y Gm y

h
Ca
hw x tw
ha

Ga

acier

Fig. 1.2 : Section transversale mixte acier-béton

Dans la figure :
h : est la hauteur totale de la section mixte (profilé + dalle),
tc : est l’épaisseur de la dalle de béton,
beff : est la largeur participante de la dalle de béton,
bf : est la largeur de la semelle de la poutre d'acier,
tf : est l’épaisseur de la semelle de la poutre d'acier,
hw : est la hauteur de l’âme de la poutre d'acier,
tw : est l’épaisseur de l’âme de la poutre d'acier,
Ac : est la section transversale de la dalle de béton,
Aa : est la section transversale de la poutre d'acier,
Ga : est le centre de gravité de la poutre d'acier,

7
Chapitre 1 Etude bibliographique

Gc : est le centre de gravité de la dalle de béton,


Cm : est le centre de gravité de la poutre mixte,
Cc : est la distance entre le centre de gravité de la poutre mixte et le centre de gravité
de la dalle de béton,
Ca : est la distance entre le centre de gravité de la poutre mixte et le centre de
graviter de la poutre d'acier,
Ces dernières années, la construction mixte acier-béton est devenue de plus en
plus très populaire. La popularité des structures mixtes provient de la forme
structurelle simple et appropriée, qui permet la construction de structures légères
mais porteurs de charge de manière économique. Ils peuvent facilement être
construits dans des séquences de différentes méthodes de construction. De toute
évidence, l'une des parties les plus difficiles de ces structures sont les connexions
entre les deux différents matériaux. En plus des méthodes de construction
traditionnelles en acier pur ou en construction massive, les constructions mixtes en
acier et béton ouvrent une multitude de nouvelles possibilités dans la construction de
ponts, la construction en étages modernes et la construction industrielle. Les
structures mixtes acier-béton ont trouvé ces diverses actuelles applications car ces
deux éléments combinent, très efficacement et en concomitance, la haute résistance à
la traction de l'acier et la haute résistance à la compression du béton ce qui conduit à
une structure économique. Les structures mixtes se caractérisent par des capacités de
charge élevées avec de petites dimensions et de grandes portées.

Fig. 1.3 : Construction à plusieurs étages Fig. 1.4 : Pont mixte acier-béton
en construction mixte acier-béton

8
Chapitre 1 Etude bibliographique

Le fait que chaque matériau soit utilisé pour tirer parti de ses meilleurs attributs
rend la construction mixte acier-béton très efficace et économique. Cependant,
l'attraction réelle de la construction mixte repose sur une liaison de cisaillement
efficace de l'acier au béton dans la direction longitudinale le long de leur interface.
C'est cette connexion qui permet un transfert adéquat de forces en assurant l’action
monolithique et, par conséquent, forme un élément structurel à partir de deux
éléments de comportement différents. Cette action mixte améliore significativement
le comportement des poutres mixtes acier-béton [OEH 02].

L'utilisation la plus fréquente du système mixte est la construction de planchers


dans des bâtiments industriels ou de bureaux en acier [JOH 94] et dans la
construction de ponts et de viaducs [JOH 94]. Dans certains cas, le système mixte est
également utilisé pour les colonnes de bâtiments [JOH 94, DEZ 06].

Les planchers mixtes concernent à la fois des poutres en acier reliées à des dalles
de béton massif et des poutres en acier reliées à des dalles mixtes, réalisées avec des
tôles profilées en acier (Fig. 1.5). Dans un premier temps, les tôles d'acier profilées
étaient lisses et elles ont été utilisées comme coffrages structurellement non-
participatifs; la production de tôles d'acier profilées avec gaufrage a permis de les
considérer comme structurellement participantes (dalles mixtes). Au cours des deux
dernières décennies, un nouveau système de plancher a commencé à être utilisé,
consistant à souder des poutres métalliques non symétriques (semelle inférieure plus
large que celle supérieure). Ce système, appelé planchers minces, permet des
épaisseurs limitées du plancher avec des avantages significatifs sur la hauteur du
bâtiment, les coûts de réalisation des murs-rideaux, et l'installation de réseaux
chauffage-refroidissement [DEZ 06].

Fig. 1.5 : Planchers mixtes: (a, b) dalle de béton massif, (c, d) dalle de tôle d'acier profilée.

9
Chapitre 1 Etude bibliographique

Fig. 1.6 : Système de planchers minces

Fig. 1.7 : Ponts mixtes: (a) deux poutres en acier parallèles, (b) poutre en caisson..

Une grande partie des ponts allant de 30 m à 90 m sont réalisés en utilisant le


système mixte [DEZ 06]. Dans la plupart des ponts mixtes, l'élément en acier est
formé de deux poutres parallèles (Fig. 1.7a) ou d'une poutre en caisson (Fig. 1.7b). La
première solution est la plus utilisée car elle est plus facile à construire et
économiquement plus favorable. Ce dernier devient préférable lorsque l'on a besoin
d'une grande rigidité en torsion, lorsque l’épaisseur du tablier doit être limitée et
lorsqu'un meilleur aspect esthétique est demandé.

Le comportement du système mixte est significativement différent en ce qui


concerne les structures en béton et les structures en acier, en raison de l'interaction
des deux matériaux. Cette interaction souligne considérablement les effets des
phénomènes dépendant du temps car le fluage et le retrait n'intéressent que le béton;
l'acier, solidarisé au béton, contraste les variations de déformation entraînant des
changements significatifs dans la répartition des contraintes [GIL 95, MAC 06, DEZ
95].

L'analyse globale est fréquemment basée sur une analyse élastique qui tient
compte du comportement non linéaire réel (par exemple, fissuration, production

10
Chapitre 1 Etude bibliographique

d'acier) par une redistribution des moments élastiques. Une étude approfondie est
nécessaire pour calibrer la redistribution maximale admissible du moment [GAT 89,
GAT 10].

De plus, les ponts sont soumis à des charges cycliques dues aux passages des
véhicules, de sorte que le problème de la fatigue doit être traité avec beaucoup de
soin [DEZ 06, GAT 04, TER 67].

1.2 PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DES POUTRES MIXTES


Le principe de fonctionnement d’une poutre mixte acier-béton, peut se traduire en
examinant le comportement, à l’interface acier-béton, de deux demi-poutres
soumises à un moment de flexion M.

La Figure (Fig. 1.8) illustre l’effet de la présence d’une connexion sur les
caractéristiques statiques d’une section transversale comportant deux composants.
Considérons deux poutres de section rectangulaire et de même matériau, dont l'une
est surmontée sur l'autre et nous analysons les deux cas possibles suivants :

 la liaison à l'interface des deux poutres est complètement ignorée,


 l’interaction est infiniment rigide, empêchant tout glissement entre les deux
poutres (Fig. 1.8).
Dans la première situation, la poutre se compose de deux demi-poutres, de
hauteur h/2, simplement posée l’une sur l’autre, chacune de ces deux demi-poutres
résiste donc à un moment M/2. Les contraintes extrêmes et la courbure valent:

6M
1  (1.1)
b . h2

et le rayon de courbure sera :

EI b . h3
r1  E
M 48. M (1.2)

Pour que les deux membrures travaillent conjointement dans la même section, il
faut les relier par organes de liaison, pour les empêcher de se glisser l’une par

11
Chapitre 1 Etude bibliographique

rapport à l’autre. Dans ce cas, la poutre est monolithique, la répartition des


contraintes est continue et les contraintes extrêmes ainsi que la courbure valent:

12M
2   2 1 (1.3)
b . h2

et les rayons de courbures seront :

EI b . h3
r2  E  4. r1
M 48. M (1.4)

Par la collaboration structurale entre les éléments constitutifs, le module de


flexion, déterminant pour la résistance, est deux fois plus grand qu’en l’absence de
collaboration. Le moment d’inertie, caractérisant la rigidité et déterminant pour la
flèche, est quant à lui quadruplé.

M : est le moment fléchissant sollicitant la poutre.

b : est la largeur de la poutre.

h : est la hauteur de la poutre.

E : est le module de déformation longitudinale du matériau de la poutre.

Cet exemple prouve la nécessité de relier les membrures par des organes de liaison
capables de s’opposer à leur glissement relatif et donc de résister au cisaillement
longitudinal  né de cette entrave, et, par conséquent aux cisaillements  sur la
section droite, donc à leur résultante d’effort tranchant T.

Ce qui nous permet de conclure que la liaison entre les deux poutres a permis
d'augmenter le taux de chargement que peut recevoir cette poutre d’une part et de
diminuer la flèche d’autre part.

La semelle en béton d’une poutre mixte, appelée communément "dalle", fait


généralement partie intégrante d’un plancher en béton ; elle intervient dans le
comportement de la poutre par une largeur limitée dite "largeur participante" ou
encore "largeur collaborante". En pratique, ce plancher peut être de l’un des types
suivants :

12
Chapitre 1 Etude bibliographique

 un plancher mixte obtenu en coulant le béton sur une tôle profilée qui assure
successivement le rôle de coffrage et celui d’armature inférieure,
 un plancher en béton coulé en place sur pré-dalles,
 un plancher en béton coulé en place sur coffrage traditionnel,
Le profilé en acier peut être :

 une section en I ou H laminée à chaud ;


 une section en I reconstituée par soudage ;
 une poutre intégrée, c’est-à-dire noyée dans l’épaisseur du plancher ;
 une poutrelle à âme évidée, appelée aussi poutre alvéolaire ;
 une poutre en treillis.

r2
-1
M -M

h
-1
b
a : poutre monolithique

r1 2
h/2

M/2 -M/2 -2 2


h/2

-2
b

b : poutre désolidarisée

Fig. 1.8 : effet de la solidarisation dans une poutre mixte acier- béton.

Compte tenu qu’après durcissement du béton, la semelle en béton assure


normalement le rôle de semelle supérieure de la section mixte, l’utilisation d’un
profilé en acier à section dissymétrique par rapport à son axe principal horizontal est
pleinement pertinente. A cet effet, on peut envisager l’emploi d’une section
reconstituée par soudage, d’une section laminée à chaud dissymétrique ou d’une
section rendue dissymétrique par l’ajout d’un plat de renfort soudé sur l’une des
semelles d’une section symétrique (Fig. 1.9).

13
Chapitre 1 Etude bibliographique

Profilé à semelles inégales reconstitué soudé Profilé laminé avec plat renfort sur la
semelle inférieure
Fig. 1.9 : Sections en acier dissymétriques

1.3 AVANTAGES DES POUTRES MIXTES ACIER-BETON


Une structure mixte doit sa capacité portante de la collaboration structurale entre
l’acier et le béton, qui exploite les caractéristiques favorables respectives de ces
matériaux de façon optimale. Bien que ceux-ci soient de natures franchement
différentes, ils se complètent et la construction mixte acier-béton permet d'obtenir de
multiples avantages importants en faisant travailler ensemble l'acier et le béton. Les
plus importants d'entre eux sont:

La dalle en béton,

 Une surface porteuse,


 Elle permet la reprise des efforts de compression,
 Elle joue le rôle d’une protection complémentaire de l’acier contre la corrosion
et une isolation thermique aux températures élevées.
 Elle peut aussi réduire le poids de la structure par l’action mixte,
 Elle joue le rôle de contreventement vis-à-vis des efforts de vent,
 Elle améliore la stabilité au déversement.
 Elle empêche le voilement des éléments métalliques relativement élancés.
A son tour, le profilé métallique

 Remplace les armatures et conserve leur rôle en travaillant essentiellement en


traction.
 Permet de rendre la structure ductile.
A ces avantages, Ce système structurel apporte également des avantages
supplémentaires tels que :

 La construction mixte est caractérisée par un haut niveau d'économie.


 Les courtes périodes de construction,
 L'économie d'utilisation des matériaux,

14
Chapitre 1 Etude bibliographique

 La robustesse à l'endommagement,
 La bonne performance de service.
 La flexibilité du bâtiment
 L'utilisation antérieure possible des bâtiments,
 Les grandes portées et les petites hauteurs,
 Les petites dimensions externes des supports mixtes,
 Une plus grande marge de manœuvre pour les services mécaniques.
Le renformis, agit comme une plate-forme de travail sécuritaire et protège les
travailleurs.
 Le renformis supporte les charges en phase de construction et augmente la
résistance de la section transversale mixte en phase finale.
 Les structures mixtes sont presque indépendantes des conditions
météorologiques en raison de leur préfabrication extensive et de l'exécution
des constructions en acier, en usine, pendant l'installation et ne nécessitent
généralement qu'un petit effort sur le site de construction.
Les exigences de protection contre l'incendie fréquemment placées dans la
construction d'étages et industrielles peuvent être satisfaites par diverses mesures.
En plus des enduits ou des finitions classiques, il est également possible d'utiliser des
profilés d'acier préfabriqués (béton de chambre) dans lesquels le béton de la chambre
est ancré avec des chevilles en acier et un renfort d'étrier en acier d'armature. Des
exemples de réalisation sont représentés sur la figure (Fig. 1.10).

Revêtement en plâtre Revêtements en plaques Béton de chambre


Fig. 1.10 : Mesures de protection contre l'incendie

15
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.4 FACTEURS AFFECTANT L’ETAT DE CONTRAINTES D’UNE SECTION MIXTE


Dans une section transversale mixte acier-béton, l’état de contrainte est
subordonné aux facteurs suivants :

 Le rapport réel des modules d’élasticité.


 Le retrait et le fluage du béton.
 Les liaisons entre l’acier et le béton.
 La répartition des contraintes dans le sens transversal.
Il est à noter que la façon dont la poutre mixte acier-béton est construite affecte
grandement sa réponse mécanique ainsi sous l’effet du retrait du béton. Dans la
construction des bâtiments, les poutres mixtes sont généralement soutenus par des
étais étroitement espacés, qui supportent toute la charge du béton frais appliquée sur
le profilé en acier, de sorte que ce dernier ne contient pas de moments de flexion
importants. C'est ce qu'on appelle la construction étayée. D'autre part, les contraintes
environnementales dans la construction des ponts empêchent généralement
l'utilisation des étais, de sorte que la rigidité à la flexion et la résistance du composant
en acier doivent supporter le poids du béton non durci. Cette méthode de
construction est appelée construction non étayée.

1.5 DIMENSIONNEMENT AUX ETATS LIMITES DES POUTRES MIXTES

1.5.1 Introduction
Une poutre mixte acier-béton doit satisfaire l’état limite ultime et l’état limite de
service. Pour l’analyse et la justification par le calcul de la résistance des poutres
mixtes avec connecteurs, on se réfère à l’Eurocode 4 [EUR 94, EUR 05]. Pour le
dimensionnement, on doit satisfaire la condition : d  Rd

 d : est la valeur de calcul de la contrainte et,

 Rd : la résistance de calcul correspondante en élasticité. Elle est égale


respectivement à fy/γa, fck/γc, fys/γs pour l’acier, le béton et les
armatures. Les facteurs de sécurité sont : γa = 1, γc = 1.5, γs = 1.15.

Le dimensionnement des sections transversales des poutres mixtes acier-béton


doit satisfaire les deux états limites suivants :

16
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.5.2 Résistance des sections de la poutre


A l’état limite ultime, la fiabilité structurelle est requise si la valeur de calcul des
actions Ed ne dépasse pas la valeur correspondante de la résistance Rd dans les
sections critiques. Les sections critiques comprennent en particulier :

 section où le moment fléchissant passe par un maximum,


 section au droit d’une charge concentrée,
 section où l’effort tranchant est maximal,
 section où il y a, à la fois, moment fléchissant et effort tranchant (interaction
des deux sollicitations),
 section présentant un brusque changement de dimensions ou de propriétés
mécaniques,

Fig. 1.11: Etat limite ultime: sections critiques

a- Résistance au déversement en zone de moments négatifs


Dans le cas d’une poutre continue ou d’une poutre en porte-à-faux, impliquant un
déplacement latéral de la semelle inférieure en acier (Fig. 1.12).

Fig. 1.12: Déversement des poutres mixtes

17
Chapitre 1 Etude bibliographique

Une poutre mixte continue comportant des sections de classes 1, 2 ou 3 peut être
conçue sans maintien latéral supplémentaire lorsque les conditions suivantes sont
satisfaites:

 Les longueurs de travées adjacentes ne diffèrent pas de plus de 20 % de la


portée la plus courte.
 Lorsqu'il existe un porte-à-faux, sa longueur ne dépasse pas 15 % de la portée
adjacente.
 Le chargement appliqué sur chaque travée est uniformément réparti et la
charge permanente de calcul est supérieure à 40 % de la charge totale de
calcul.
 La semelle supérieure de l’élément en acier est connectée à une dalle, mixte ou
en béton armé.
 La même dalle est également connectée à un autre élément porteur
sensiblement parallèle à la poutre mixte considérée, de sorte à former un cadre
en U inversé comme illustré par la figure (Fig. 1.12).
 Au niveau de chaque appui de l’élément en acier, la semelle inférieure de
celui-ci est maintenue latéralement et son âme est raidie. Partout ailleurs,
l'âme peut être non raidie.
 Lorsque l’élément en acier est un profil IPE ou HE qui n'est pas partiellement
enrobé, sa hauteur h ne dépasse pas les limites autorisées par l’eurocode 4
[EUR 94].

b- Résistance de la connexion au cisaillement longitudinal


C’est-à-dire de l’ensemble des connecteurs répartis à l’interface acier-béton de la
poutre. Plus localement, cette vérification implique celle relative à la résistance au
cisaillement longitudinal du béton de la dalle renforcé, si nécessaire, par des barres
d’armature transversale.

c- Résistance de l’âme au voilement par cisaillement


Dans les zones à effort tranchant élevé, à proximité des sections critiques, et
éventuellement la résistance de l’âme à l’enfoncement local sous une charge
concentrée notamment en l’absence d’un raidisseur transversal.

18
Chapitre 1 Etude bibliographique

Deux étapes de calcul sont nécessaires à la détermination de la résistance ultime


d'une poutre mixte:

 analyse des sections transversales, et


 analyse de la structure.

1.5.3 Analyse des sections transversales

1.5.3.1 Analyse plastique des sections transversales


L’analyse plastique s’applique lorsque la section mixte est de classe 1 ou de classe
2 et même de classe 2 équivalente.

a- Sections soumises à un moment positif


Pour les sections de classe 1 et 2, la résistance à la flexion peut être déterminée de
manière entièrement plastique. Le moment limite de la section transversale est
déterminé sous l'hypothèse simplifiée que chaque fibre transversale plastifie sans
limitation d'allongement.

Avec un couple positif, c.-à-d. sous l'effet d'une contrainte de compression de la


dalle de béton, l'influence de l'acier d'armature a peu d'importance et est donc
négligée dans la détermination de la capacité de charge de moment plastique.

Ncf

Ac
As
Npla

Aa

Fig. 1.13 : Principe de calcul plastique

Aa : section transversale de l'acier de construction,


Ac : section transversale da la dalle béton,
As : section transversale de l'acier d'armature
Ncf : l’effort normal sollicitant la dalle béton,

19
Chapitre 1 Etude bibliographique

Npla : l’effort normal sollicitant la poutre métallique,

La force normale dans le béton est :

Ncf  0.85 fcd Ac


(1.5)

La force normale dans la poutre d’acier est :

N pla  f yd Aa
(1.6)

La force normale dans les barres d’armature est :

N s  f sd As
(1.7)

Il en résulte trois cas pour la position de l’axe neutre plastique:

 Ncf  N pla l ' axe neutre est dans la dalle en béton




Si  Ncf  N pla l ' axe neutre coupela semelle sup érieure

 Ncf  N pla
 l ' axe neutre coupel ' âme dela poutre d ' acier

- l’axe neutre plastique est dans la dalle

beff
0.85 fcd
Ncf
xpl
tc

za – xpl/2
za

Mpl,Rd

Npla

fyd
Fig. 1.14 : Section plastique sous moment positif (ANP dans la dalle)

L’équilibre des forces donne la position de l’axe neutre. Soit donc :

N pla
x pl 
0.85 fcd beff
(1.8)

20
Chapitre 1 Etude bibliographique

Le moment résistant plastique ultime vaut donc:

 x pl 
M pl , Rd  N pla  za  
 2 
(1.9)

- l’axe neutre coupe la semelle supérieure

L’équilibre des forces donne :

N pla  Ncf  N f
(1.10)

Sachant que :


N f  2 f yd b f x pl  tc  (1.11)

On peut écrire :


N pla  Ncf  2 f yd b f x pl  tc  (1.12)

beff
0.85 fcd 0.85 fcd
Ncf
xpl
tc

Nf
fyd 2fyd
za

Mpl,Rd

Npla

fyd fyd

Fig. 1.15 : Section plastique sous moment positif (ANP passe par la semelle supérieure)

D’où, la position de l’axe neutre est donnée telle que :

21
Chapitre 1 Etude bibliographique

N pla  Ncf
x pl   tc
2 f yd b f
(1.13)

Le moment résistant plastique ultime peut être calculé comme suit:

 t  x pl
M pl , Rd  N pla  za  c   N f
 2 2 (1.14)

- l’axe neutre coupe l’âme de la poutre métallique

L’équilibre des forces donne :

N pla  Ncf  N f  N w
(1.15)

Sachant que :

N f  2 f yd b f t f
(1.16)


N w  2 f yd tw x pl  tc  t f  (1.17)

beff
0.85 fcd 0.85 fcd
Ncf
tc

Nf
xpl

Mpl,Rd
za

Nw

fyd 2fyd Npla

fyd fyd

Fig. 1.16 : Section plastique sous moment positif (ANP coupe l’âme)

On peut écrire :

22
Chapitre 1 Etude bibliographique


N pla  Ncf  N f  2 f yd tw x pl  tc  t f  (1.18)

et, la position de l’axe est obtenue par la relation suivante :

N pla  Ncf  N f
x pl   tc  t f
2 f yd tw
(1.19)

Ce qui donne l’expression du moment de résistance plastique suivante :

 t  tc  t f x pl  t f
M pl , Rd  N pla  za  c   N f  Nw
 2 2 2 (1.20)

Pour la classification de la section transversale, la valeur  peut être dérivée de


l'équation de la position de l’axe neutre plastique xpl comme suit:

f
Aa  beff tc 0.85 cd  2bf t f
f yd

2 bw tw (1.21)

L’effort normal dans la dalle:

Fcd   Aa f a (1.22)

b- Sections soumises à un moment négatif


Puisque le béton est fissuré, on ne compte que la résistance des armatures
longitudinales noyées dans la dalle.

 As f sd
 1 l ' axe neutre est dans la dalle
 Aa f a
 A f 2 Af
Si 1  s sd 1  l ' axe neutre passe par la semelle sup érieure
 Aa f a Aa
A f 2 Af
 s sd 1  l ' axe neutre coupel ' âme
 Aa f a Aa

23
Chapitre 1 Etude bibliographique

- l’axe neutre est dans la dalle en béton

Le moment résistant ultime:

M 'pl  Aa f a g a  g s  (1.23)

beff
fsd
As fsd
tc
gs

xp
M’pl,Rd
ga

Aa fa

fa

Fig. 1.17 : Section plastique sous moment négatif (ANP est dans la dalle)

- l’axe neutre passe dans la semelle supérieure


L’équilibre des efforts normaux nous donne la position de l’axe neutre;

Aa f a  As f sd  2 f a b f X p  g s  (1.24)

Aa f a  As f sd  2 f a b f g s
Xp  (1.25)
2 fa bf

beff
fsd fsd
As . fsd
tc
gs

xpl

fa 2fa
M’pl,Rd
ga

Aa . fa

fa fa

Fig. 1.18 : Section plastique sous moment négatif (ANP passe par la semelle supérieure)

Le moment résistant ultime:

24
Chapitre 1 Etude bibliographique

M  Aa f a g a  g s  X p  As f sd X p  2 f a b f
'
X p  gs 
2

(1.26)
pl
2

- l’axe neutre coupe l’âme


L’équilibre des efforts normaux nous donne la position de l’axe neutre:

Aa f a  As f sd  2 Af f a  2 f a t w X p  t f  g s  (1.27)

Aa f a  As f sd  2 A f f a  2 f a t w g s  t f 
Xp  (1.28)
2 tw f a

Le moment résistant ultime:

 
M 'pl  Aa f a g a  g s  X p   As f sd X p  2 A f f a  X p  g s  f
t

 2  (1.29)
 2 f a tw
X p  gs  t f 
2

beff
fsd fsd
As . fsd
tc
gs

xpl

M’pl,Rd
ga

fa 2fa
Aa . fa

fa fa
Fig. 1.19 : Section plastique sous moment négatif (ANP coupe l’âme)

- Sections de classe 2 équivalente


Une section transversale mixte de classe 3, dont la semelle comprimée se trouve en
classe 1 ou 2, peut être considérée comme une section de classe 2 équivalente [EUR4
94].

La position du nouvel axe neutre plastique (N.A.N) est déterminée par:

X 'p  X p   hw  40 t w   (1.30)

25
Chapitre 1 Etude bibliographique

beff
fsd

tc
gs

x’pl
xpl
NAN

ga
hw-40tw ANI 2fa
20 tw ε
d 2(hw-40tw)

20 tw ε fa

fa

Fig. 1.20 : section de classe 2 équivalente.

Le moment résistant ultime:

 
 
M 'p  Aa f a g a  g s  X 'p  As f sd X 'p  2 A f f a  X 'p  g s 
tf

 2 
(1.31)
 2 fa tw
X '
p  gs t f 
2

 2 f a t w  hw  40 t w   hw  20 t w  
2

1.5.3.2 Analyse élastique des sections transversales


L’analyse élastique est recommandée lorsque la section mixte est de classe 3, elle
est également applicable aux sections de classe 4 à condition de prendre en compte le
concept des largeurs efficaces.

La théorie élastique peut aussi être appliquée aux sections de classe 1 ou 2 si on ne


cherche pas à exploiter de la réserve de résistance apportée par l’adaptation
plastique.

a- Sections soumises à un moment positif


On néglige la présence des armatures de la dalle et d’un renformis éventuel.
L'équilibre du moment statique détermine la position de l'axe neutre:

 ha
 Ac  n Aa 2
l ' axe neutre est dans la poutre métallique
Si 
A  n A ha
l ' axe neutre est dans la dalle
 c a
2

- l’axe neutre se trouve dans l’acier


La position de l’axe neutre, caractérisée par la distance x entre cet axe et la face
supérieure de la dalle. De la double expression du moment statique:

26
Chapitre 1 Etude bibliographique

 tc  
 tc 

S  Ac. x    n.Aa. g   x  (1.32)
 2 
 2 

On trouve

tc n.Aa
x  .g (1.33)
2 Ac  n.Aa

Le moment d’inertie I1 s’écrit:

2 2
 tc   tc 
I1  Ic  n.Ia  Ac. x    n.Aa. g   x  (1.34)
 2  2 

beff

tc
gc

x
ga
g

h
ha

Fig. 1.21 : section élastique sous moment positif


(ANE dans le profilé métallique)

Le moment résistant ultime positif en phase élastique prendra la plus petite des
deux valeurs suivantes:

Résistance limitée par le béton:

I1
M el  f cd (1.35)
x

Résistance limitée par l’acier:

I1 fa
M el  (1.36)
h x n

27
Chapitre 1 Etude bibliographique

Il y correspond respectivement les valeurs de l’effort normal dans la dalle:

S
Fcd   f cd (1.37)
x

S fa
Fcf   (1.38)
h x n

- l’axe neutre se trouve dans la dalle


Dans ce cas, on ne peut compter que sur une partie du béton. La distance x de
l’axe neutre à la face supérieure de la dalle est donnée par l’équation du moment
statique :

x2  t 
S  beff  n Aa  g  c  x  (1.39)
2  2 

C’est une équation de deuxième degré en x. D’où, la solution à

retenir est :

2 t g  tc
x (1.40)
A 2g 
1 1 c   1
n Aa  tc 

beff
x
tc
ga gc
g

h
ha

Fig. 1.22 : section élastique sous moment positif


(ANE dans la dalle béton)

Avec la valeur de x ainsi trouvée, le moment d’inertie de la section mixte


homogénéisée par rapport à l’axe neutre a l’expression suivante:

28
Chapitre 1 Etude bibliographique

2
beff x 3  t 
I1   n I a  n Aa  g  c  x  (1.41)
3  2 

Les valeurs de moment Mel et de l’effort normal Fcf peuvent être déterminées par
les mêmes formules que dans le cas précédent, mais en prenant ces valeurs de x et de
I1 .

b- Sections soumises à un moment négatif


Sous une flexion négative, la résistance d’une section mixte est celle de la poutre
métallique et des barres d’armature comprises à l’intérieur de la largeur participante
de dalle.

Le moment statique s'écrit:

S'  As x'  Aa g'  x'  (1.42)

D’où:

Aa
x'  g' (1.43)
As  Aa

beff
tc
gs

x’
ga
h’

ha

Fig. 1.23 : section élastique sous moment négatif


(ANE dans l’âme)

Le moment d’inertie homogénéisé par rapport à l’acier s’écrit:

I 2  I a  As x' 2  Aa g'  x' 


2
(1.44)

Le moment résistant ultime est le minimum des deux valeurs suivantes:

29
Chapitre 1 Etude bibliographique

Résistance limitée par les armatures:

I2
M el'  f sd (1.45)
x'

Résistance limitée par le profilé métallique:

I2
M el'  fa (1.46)
h'  x'

Il y correspond respectivement les valeurs de l’effort normal dans la dalle:

Fcf   As f sd (1.47)

Aa g'  x' 
Fcf   fa (1.48)
h'  x'

- Calcul des contraintes


Après avoir déterminé la position de l’axe neutre et l’inertie équivalente de la
section mixte, il est possible de déterminer la grandeur des contraintes agissant sur
les différents éléments de la section mixte, soumise à un moment fléchissant M sd,
avec l’hypothèse de Navier. Les poutres métalliques sont affectées d’une largeur
effective pour le calcul des caractéristiques mécaniques. Les contraintes normales
dans le béton et l’acier se calculent tout en se basant sur la formule de Navier.

1.5.3.3 Effet du cisaillement vertical sur le moment résistant


Lorsque l’effort de cisaillement vertical sollicitant Vsd dépasse la moitié de la
résistance plastique au cisaillement Vpl, son effet sur le moment fléchissant de
résistance plastique MRd doit être pris en compte. L'interaction entre le moment
fléchissant et la force de cisaillement peut être directement réduite par une limite
d'élasticité w. fa et être considéré pour l’aire de cisaillement Av de la poutre d'acier.

30
Chapitre 1 Etude bibliographique

 Vsd
V  0.5  0
 pl , Rd
Si  2
 Vsd  V 
V  0.5    2 sd 1 avec  w 1  
 V pl , Rd 
 pl , Rd  

On peut utiliser aussi :

  2V 
2

M sd  M fpl  M pl  M fpl  1 
  sd 
1  (1.49)
  V pl  
 

0.85 fcd

fa

(1 - ρ) fa
Vsd
Mpl,Rd

fa

Fig 1.24 : Distribution plastique des contraintes modifiées par l’effet de l’effort tranchant

Msd : valeur de calcul du moment,


Mpl,Rd : moment de résistance plastique
Mfpl : moment de résistance plastique d’une section transversale ne comportant que
les semelles

Fig 1.25 : Critère d’interaction entre moment résistant et effort tranchant

31
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.5.3.4 Analyse globale de la structure (calcul des efforts intérieurs)


L’analyse de la structure a pour but de déterminer, le long d’une poutre mixte
acier-béton, la distribution des sollicitations en moments fléchissant et en efforts
tranchants. On distingue :

a- Analyse élastique de la structure


La formation de fissures dans le béton dans la zone des moments de support des
poutres continues crée un système statique modifié pour la détermination élastique
des forces internes. La norme de la construction mixte propose deux méthodes de
calcul selon la théorie de l'élasticité:

 Méthode I: calcul élastique sans tenir compte de la fissuration.


 Méthode II: Calcul élastique avec prise en compte de la fissuration
La méthode I est basée sur le calcul de la section interne avec une rigidité à la
flexion constante, Ea.I1, de la section transversale non fissurée sur la totalité de la
longueur de la poutre. Les redistributions d'impulsion maximum sont ici très
importantes, car elles contiennent la réduction des moments de support due à la
fissuration et le réarrangement possible dû à la capacité de rotation existante.

L1 L2

EaI1
Fig 1.26 : Analyse globale non fissurée

Dans la méthode II, la réduction des moments de support dus à la fissuration est
approximativement prise par le système statique modifié. Dans cette analyse, les
rigidités en flexion sont prises égales aux valeurs, Ea.I2, sur 15% de la portée de
chaque côté de chaque appui interne, et aux valeurs Ea.I1 partout ailleurs. Les
redistributions maximales de moment prennent en compte le réarrangement dû à la
capacité de rotation disponible. Pour les aciers de construction S235, S275 ou S355, les
valeurs indiquées ci-après s'appliquent.

32
Chapitre 1 Etude bibliographique

Classe de section sous moment négatif 1 2 3 4

Analyse non fissurée 40 30 20 10

Analyse fissurée 25 15 10 0

L'analyse élastique globale est applicable à toutes les poutres mixtes, quelle que
soit la classification de leurs sections transversales. Elle doit prendre pour hypothèse
que les relations contraintes-déformations des matériaux sont linéaires, quel que soit
le niveau de contrainte. On peut négliger la résistance du béton à la traction.

0.15L1 0.15L2
L1 L2

EaI1 EaI2 EaI1


Fig 1.27 : Analyse globale fissurée

Avant
Après

L1 L2

Fig 1.28 : La redistribution des moments dans une poutre continue

b- Analyse plastique de la structure


L'analyse plastique ne peut être appliquée qu'aux poutres dont les sections
transversales se trouvent en classe 1 ou 2, et qui satisfont en outre aux conditions de
rapports de portées et proportions de charges concentrées fixées par l'Eurocode 4
[EUR 94].

Quand les actions exercées sur la structure croissent, le moment fléchissant atteint
en certains points le moment plastique Mpl ou M'pl. Il se forme en ces points des

33
Chapitre 1 Etude bibliographique

rotules plastiques qui vont se déformer sans moment constant, mais le chargement
peut encore croître jusqu'à l'apparition d'autres rotules plastiques. Le chargement
ultime est atteint lorsqu'il y a suffisamment de rotules pour que la structure ou une
partie de la structure se transforme en un mécanisme qui continue à se déformer sous
charge constante.

Pour les poutres continues, le chargement ultime est atteint lorsqu'on aboutit à 3
rotules plastiques pour une même travée (généralement deux sur les appuis et une
en travée).

Dans la plupart des réalisations de poutres mixtes continues, le moment de


plastification M'pl dans la zone des moments négatifs est inférieur au moment de
plastification Mpl dans la zone des moments positifs.

Compte tenu de la forme des diagrammes des moments qu'on rencontre dans les
poutres continues, les premières rotules se formeront au droit des appuis et l'état
limite ultime sera atteint lorsque le moment fléchissant maximal en travée sera égal à
Mpl.

1.6 CONNEXION DE CISAILLEMENT

1.6.1 Introduction
La construction mixte n'est possible que si on dispose d'une connexion le long de
l’interface acier- béton d’une poutre mixte. La connexion de cisaillement entre les
deux composants de la poutre mixte est donc l'élément crucial pour développer une
action monolithique car elle joue un impact significatif sur le comportement global
de la poutre mixte acier-béton. Cette connexion acier-béton, associée éventuellement
à des armatures transversales, joue une primordiale importance pour la transmission,
en toute sécurité, de l’effort de cisaillement longitudinal dans le plan horizontal entre
la dalle et la semelle supérieure de la poutre d'acier, appelé aussi effort rasant qui
agit à l'interface acier-béton d’une part et empêche également la séparation verticale
des composants acier-béton. Principalement, les connecteurs sont conçus pour
résister aux forces de glissement et de séparation longitudinales à l'interface des deux

34
Chapitre 1 Etude bibliographique

éléments structuraux. Ces connecteurs de cisaillement sont généralement fixés la


semelle supérieure de la poutre d'acier.

1.6.2 Développement de connecteurs de cisaillement


Avec l'introduction de la nouvelle technologie construction mixte, la demande de
ce genre de construction a augmenté dans les années 1930 et au début des années
1940, lorsque l'acier est devenu un matériau de construction coûteux [STE 06]. C'est
alors que débutent les recherches sur les connecteurs mécaniques de cisaillement
[ALB 45, MAI 41, ROS 34].

Après la Seconde Guerre mondiale, les connecteurs de cisaillement ainsi que de


nouveaux connecteurs tels que des sangles en acier et des étriers étaient couramment
utilisés pour les structures de ponts et de bâtiments. Mais les choses ont changé de
façon spectaculaire lorsque les goujons à tête soudée ont été introduits à la fin des
années 1950 en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Leur application a réduit le
processus de soudage manuel, fastidieux et compliqué, des connecteurs de
cisaillement sur la semelle en acier par l’utilisation d’un pistolet spécial de soudage
rapide et accélère le processus à quelques secondes par goujon [LAU 61]. Par
conséquent, les nouveaux connecteurs de cisaillement ont rendu l'application de
structures mixtes beaucoup moins coûteuse et plus répandue. Des recherches
préliminaires sur les poutres mixtes ont conclu qu'un espacement uniforme des
connecteurs de cisaillement le long de la poutre est satisfaisant pour des poutres
mixtes supportant une charge uniforme ou une charge ponctuelle à sa mi-portée
[CHA 64, SLU 65]. Il a en outre été démontré que la capacité ultime des connecteurs
de cisaillement plutôt que leur capacité critique plus faible qui avait été utilisée pour
la conception antérieure constituait une bonne base pour déterminer la résistance et
que la performance des poutres mixtes intégrant des connecteurs flexibles tels que
des goujons soudés était similaire à ceux utilisant des connecteurs rigides. En
conséquence, les goujons à tête sont devenus et sont encore la méthode dominante de
connexion de cisaillement [STE 06].

Les connecteurs sont, selon la manière dont ils sont conçus, dits rigides ou
souples. Ces deux types se distinguent par une capacité de déformation très

35
Chapitre 1 Etude bibliographique

différente : faible pour les connecteurs rigides et élevée pour les connecteurs souples.
La préférence est donnée en général aux connecteurs souples qui, tout en conservant
leur résistance, permettent un glissement relatif suffisant à l'état de ruine entre l'acier
et le béton. Cette souplesse rend possible une redistribution des efforts rasants, ce qui
permet d'effectuer un calcul plastique de la connexion [STE 06].

1.6.3 Rôle des connecteurs


Les connecteurs de cisaillement sont conçus pour :

 assurer une cohérence efficace entre la dalle en béton et la poutre métallique.


 s’opposer au soulèvement de la dalle.
 Limiter les déplacements relatifs de l’acier et du béton à une valeur
suffisamment faible.
 s’opposer également à une désolidarisation du béton du renformis de celui de
la dalle, soit en utilisant des connecteurs assez hauts pour qu’ils soient
correctement ancrés dans la dalle proprement dite, soit (dans le cas
exceptionnel de renformis très hauts), en prévoyant des armatures étudiées à
cet effet.

1.6.4 Distribution de connecteurs


Si une analyse élastique est nécessaire, les connecteurs sont répartis le long de la
poutre en fonction des efforts tranchant, c'est-à-dire ces efforts tranchant qui sont
plus élevés près des supports ou sous une charge concentrée nécessitent un
espacement plus étroit des connecteurs. Cette distribution garantit que chaque
connecteur porte une part égale de la force de cisaillement longitudinale agissant sur
la poutre (Figs. 1.29 et 1.30) [STE 06].

Dans le cas d'une analyse en plasticité, les connecteurs de cisaillement sont


répartis uniformément le long de la poutre.

Fig. 1.29: Distribution des Fig. 1.30 : Distribution des


connecteurs – Analyse élastique- connecteurs – Analyse plastique-

36
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.6.5 Tests de poussée sur les connecteurs


Dans une poutre mixte, le connecteur est sollicité par (Fig. 1.32):

 L’effort normal V (provoque le cisaillement du connecteur)


 L’effort tranchant F (provoque l’arrachement du connecteur)
 Le moment fléchissant M (provoque le soulèvement de la dalle)

La résistance ultime au cisaillement d'un connecteur Pu est la force de cisaillement


ultime à laquelle le connecteur de cisaillement peut résister. Pu peut être dérivé des
résultats des tests de poussée.
charg

charg
254x146x4
3ou IPE 270
e

15
150

0
Armatur
es10
Enrobage : 15 mm
métallique
230

Connecteurs
Poutre

46
0
Dalle en
béton
50

Une base 200


solide 300

Fig.1.31 : Principe de l’essai Push-Out

M
F béton
V

acier

Fig.1.32 : Efforts sollicitant un connecteur

37
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.6.6 Comportement de connecteurs


Pour la conception, le comportement réel du connecteur est simplifié par
rapport au comportement du connecteur caractéristique. L’Eurocode 4 [EUR 05],
codes de calcul des constructions mixtes, donne une distinction assez claire entre :

a- Connecteurs ductiles
PRd Comportement réel
Un connecteur est dit «ductile» lorsqu’il présente
une capacité de déformation suffisante en glissement Comportement idéalisé

cisaillement
Effort de
pour justifier l’hypothèse d’un comportement
plastique parfait de la connexion en cisaillement sur

une longueur de travée, dite «critique», où cette


glissement
connexion est dimensionnée. Un connecteur peut g

Fig.1.33 : comportement réel et idéalisé


être considéré comme ductile, si son glissement des connecteurs ductiles

minimal est de 6 mm [EUR 94]. L’expérience montre que cette exigence de 6 mm est
satisfaite par les goujons soudés à tête si, une fois soudés, ils présentent une hauteur
totale égale à au moins quatre fois leur diamètre et si ce diamètre se situe dans la
gamme allant de 16 à 25 mm ; ceci vaut avec une dalle pleine, mais également avec
une dalle mixte (qui peut conduire à des capacités de glissement bien supérieures,
sous réserve que les goujons présentent un débordement suffisant au-dessus des
sommets d’ondes). En pratique, les goujons à tête sont les plus utilisés et ce grâce à
leur :

 facilité et rapidité de pose


 même résistance dans toutes les directions.
 bonne redistribution des efforts de cisaillement.
 résistance au soulèvement de la dalle en béton.

On peut aussi classer et traiter comme des connecteurs ductiles : Les boulons à
haute résistance, les cornières soudées avec une aile élancée et les cornières formées à
froid.

38
Chapitre 1 Etude bibliographique

b- Connecteurs non ductiles (rigides)


PRd
Contrairement aux connecteurs ductiles, les Comportement idéalisé

cisaillement
connecteurs rigides ne permettent pas la redistribution

Effort de
Comportement réel

des efforts rasants. Le cisaillement longitudinal est donc


déterminé à partir de la répartition des contraintes dans

les sections transversales critiques par la méthode


glissement
élastique. Selon l’Eurocode 4 [EUR 94], tout connecteur
qui n’est pas classé comme ductile d’une part Fig.1.34 : comportement réel et idéalisé
des connecteurs non ductiles
ou possédant une capacité de déformation au moins

égale à 2 mm d’autre part est automatiquement considéré comme un connecteur


rigide. En revanche, les connecteurs non ductiles sont: les connecteurs en butée en
forme de barreau, en T, en U, en fer à cheval et plaque linéaire perforée.

c- Connecteurs semi-ductiles
Aribert [ARI 97] et Rabih [RAB 94] ont proposé la troisième classe dite les
connecteurs semi-rigides (Fig 1.35). Il a été montré qu’un connecteur semi-ductile ou
semi-rigide peut adopter un comportement idéalement élastique avant de suivre un
comportement parfaitement plastique au delà d’une certaine valeur de la charge.

PRd
Effort de cisaillement

Connecteurs rigides
Connecteurs semi-ductiles

Connecteurs ductiles

glissement

Fig.1.35 : Classification des connecteurs en fonction de


leurs comportements charge/glissement

39
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.7 DIFFERENTS TYPES DE CONNECTEURS

Il existe de nombreux types de connecteurs de cisaillement mécaniques, dont


certains soudés et d'autres connecteurs sont cloués. Les connecteurs soudés ont été
couramment utilisés dans la construction mixte, mais avec le développement de
l'utilisation de tôles d'acier plus minces, il a été nécessaire d'utiliser le clouage au lieu
de soudage. Le choix d'un type de connecteur spécifique est basé sur sa résistance
ultime qui dépend non seulement de ses propres propriétés, mais aussi de la qualité
du béton utilisé. Les goujons à tête sont de loin le type de connecteur de cisaillement
le plus populaire avec un taux d'application bien supérieur à 90% dans la
construction de poutres mixtes. Ils sont bon marché, faciles à attacher à une section
en acier et offrent une capacité de cisaillement et une ductilité individuelles élevées
[STE 06].

Remarque : Le transfert de charges concentrées dans la dalle de béton en utilisant


des connecteurs de cisaillement distincts conduit à des contraintes locales élevées de
béton à proximité des connecteurs qui peuvent causer des modes de défaillance liés
au béton.

1.7.1 Goujons

1.7.1.1 Introduction
Dans les poutres mixtes acier-béton, les

deux matériaux sont solidarisés mécaniquement


Fig. 1.36 : Goujons à tête
par une connexion afin que le glissement entre

acier et béton soit limité. Dans le bâtiment, la connexion des poutres mixtes est
assurée, dans la plupart des cas, par des goujons. Ce sont des pièces cylindriques,
comportant une tête, qui sont soudées sur l'aile du profilé métallique. Les codes
pratiques actuels exigent que l'acier dont les goujons sont fabriqués a une résistance à
la traction d'au moins égale à 450 N/mm2. Ils peuvent l’être au travers de la tôle
profilée d’une dalle mixte pour autant que l’épaisseur de tôle n’excède pas 1,25 mm.
Dans ce cas, la présence de la tôle profilée peut provoquer quelques difficultés lors
de la pose des goujons soudés sur place.

40
Chapitre 1 Etude bibliographique

Les premières études sur les connecteurs de cisaillement ont été entreprises par
Viest [VIE 58], qui a testé la relation charge-glissement sur des spécimens à échelle
réelle. Des goujons en acier ronds ont été utilisés pour déterminer le comportement
et la capacité de charge des connecteurs de cisaillement des goujons afin de
confirmer qu'un goujon en acier peut être utilisé comme connecteur de cisaillement
dans la construction mixte acier-béton et des équations empiriques ont été présentés
pour déterminer la charge critique. Slutter et Driscoll [SLU 65] ont rapporté une série
d'essais de poutres et d'arrachements qui ont permis d'établir une relation
fonctionnelle entre la résistance au cisaillement du connecteur et la résistance à la
compression du béton normal, permettant de connaître la résistance ultime des
différents types de cisaillement mécanique. Une méthode de détermination de la
résistance ultime des éléments avec des connecteurs de cisaillement a été développée
et appliquée à l'analyse des résultats d'essais, conduisant à des recommandations
concernant des valeurs spécifiques pour le nombre minimum de connecteurs de
cisaillement à utiliser [KIM 14].

Des recherches ont également été menées sur la relation entre la charge et le
glissement dans les éléments mixtes à l'aide de tests de poussée. Les résultats
conduisent à conclure que la résistance au cisaillement des connecteurs de type
goujons est principalement influencée par la résistance à la compression et le module
d'élasticité du béton et que cette résistance au cisaillement est approximativement
proportionnelle à la section transversale des goujons [KIM 14].

Différentes longueurs et diamètres de goujons sont disponibles sur le marché (13 


d  25 mm, 65  h  100 mm). Le goujon de diamètre 19 mm est le plus courant.

1.7.1.2 Caractéristiques des goujons


Le diamètre de la tige d varie d'environ 13 mm à 22 mm, avec 19 mm étant une
taille commune pour une utilisation dans les poutres mixtes acier-béton dans les
bâtiments. La tête du goujon mesure environ 1,5d de large et 0,5d d’épaisseur, et le
collier de soudure a une largeur d'environ 1,3d et varie en hauteur hwc de zéro à
environ 0,4d. La hauteur du clou h est généralement supérieure à 4d avec une taille
commune de 5d.

41
Chapitre 1 Etude bibliographique

>1.5 d
0.5 d

h>5 d
F1

e
>0.2 d F2
1.3 d
tf F
M

Fig. 1.37 : Caractéristiques des goujons

1.7.1.3 Modes de ruine des goujons


Suite à la flexion de la poutre mixte acier-béton, le glissement longitudinal à
l’interface acier-béton prendra naissance. A leur tour, les goujons luttent contre ce
glissement car l'action mixte entre les deux composants acier et béton induit des
forces de cisaillement longitudinales dans les connecteurs qui relient ces composants
entre eux. Le comportement d’un connecteur de type goujon à tête est donné par le
modèle développé par Oehlers [OEH 02].

En se référant à l’EC 4 [EUR 05], la ruine d’un goujon à tête peut suivre le
cheminement suivant :

1- cisaillement du connecteur juste au dessus du


bourrelet de soudure, pouvant également se
produire dans les dalles nervurées.

2- Ecrasement locale du béton vers la base du


connecteur, pouvant également se produire dans les
dalles nervurées.

3- Arrachement d’un cône de béton

4- Séparation par cisaillement de la nervure en béton.

42
Chapitre 1 Etude bibliographique

5- Eclatement de la nervure en béton ou ruine par


cisaillement et traction, se produisant à la suite de
déformations très importantes du connecteur dues à
des rotules plastiques.

Lungershausen [LUN 88] a décrit l'un des modèles les plus illustrés pour
expliquer le transfert de charge des connecteurs de type goujons a tête en présence de
dalles pleines, où quatre composants différents qui contribuent à la capacité totale du
connecteur sont définis (Fig. 1.38) :

a- Cas d’une dalle pleine


 Initialement, la majorité de la force de cisaillement longitudinale est transférée
à la base du goujon dans le béton environnant (A) où une quantité importante
de celui-ci réagit directement au collier de soudure.
 Les contraintes multiaxiales élevées dans le béton conduisent finalement, par
entraîner un écrasement local du béton, à une rupture du béton au fond du
goujon et à une redistribution des forces de cisaillement dans les zones situées
plus haut dans la tige du goujon (B).
 Puisque le sommet du goujon est noyé dans du béton non endommagé et ne
peut pas se déformer lorsque la base du connecteur est libre de se déplacer
latéralement, des contraintes de flexion et de traction sont induites dans la tige
du goujon (C).
 Pour équilibrer ces contraintes de traction, des forces de compression se
développent dans le béton sous la tête du goujon et sont supposées activer des
forces de frottement supplémentaires (D) à l'interface béton-acier.
 Finalement, la connexion de cisaillement échoue lorsque la tige du goujon
subit une rupture de tension de cisaillement combinée juste au-dessus du
collier de soudure.

43
Chapitre 1 Etude bibliographique

Fig. 1.38: Modes de transfert de charges d'un goujon à tête [LUN 88]

b- Cas d’une dalle mixte


Si des tôles profilées à géométrie nervurée sont utilisées, la géométrie du profil
influe sur l'introduction de la poussée sur la base de la tige et donc sur le
comportement de la charge. Pour cette raison, une distinction est faite ci-dessous
entre des feuilles de profil à géométrie ouverte (b et c).

Trapèze (géométrie b)
Dans le cas de la géométrie illustrée à la figure (Fig. 1.38 b), la force de cisaillement
longitudinal ne peut pas être introduite à la racine du goujon, mais doit être
suspendue sur la plaque profilée et la nervure de béton. En cas de dépassement de la
résistance à la traction du béton, ce dernier se brise à l'avant de la tige du goujon, et
la force de cisaillement longitudinal peut être transmise que par flexion (partie palier
B). Le premier maximum peut être interprété par la formation de rotule plastique
dans la tige. La force transversale transférable est déterminée en fonction de la
distance a. La rupture se produit en cisaillant la tige sur le cordon de soudure ou en
cassant une partie de la nervure de béton.

44
Chapitre 1 Etude bibliographique

Trapèze (géométrie c)
Dans ce cas, les forces de cisaillement dans la région de la tige du goujon peuvent
être équilibrées en utilisant de faibles forces de béton et ce en raison du son grand
volume. Dans ce cas, la force de pression D représentée à la figure (Fig. 1.38 c) peut
être partiellement supportée dans la zone de nervure, et la composante horizontale
DH est transmise par une force de traction Z de la tôle profilée devant le goujon et la
force requise pour l'équilibre peut être supportée dans le béton au niveau du cordon
de soudure.

Johnson et Oehlers [OEH 87] ont étudié plus en détail l'influence de la soudure du
goujon sur la force de résistance du connecteur de cisaillement. Des recherches
numériques ont montré que la majorité des forces de cisaillement sont transférées via
la soudure et que l'existence de la soudure réduit significativement le moment de
flexion et les forces de traction dans la tige du goujon. Une soudure plus grande
augmente la surface d'appui à l'interface béton-poutre métallique et réduit les
contraintes. La taille de la soudure a un impact significatif sur la résistance du goujon
et la hauteur de soudure optimale se situe entre 28% et 35% du diamètre du goujon.
Scheele [SCH 91] a réalisé deux tests de poussée où un échantillon avait le collier de
soudure retiré des goujons de 19 mm de diamètre. L'absence du collier soudé a
entraîné une rupture de cisaillement des goujons juste au-dessus de la section d'acier
avec une réduction de 25% de la résistance au cisaillement et de 1 mm de la capacité
de glissement. Lungershausen [LUN 88] a conclu, expérimentalement, que l'existence
du collier de soudure semble être l'une des raisons de la résistance au cisaillement
beaucoup plus élevée des connecteurs de goujons qui représente environ 95% de sa
capacité de traction par rapport à la résistance au cisaillement théorique de Von-
Mises qui est égale à 58% de sa capacité de traction. La variation des dimensions des
colliers de soudure peut également être un facteur contribuant à la dispersion
relativement importante des résultats de test chez différents chercheurs [STE 06].

Les contraintes normales de traction qui se développent dans la tige du goujon (C


sur la (Fig. 1.38) peuvent entraîner un arrachement prématuré du goujon entouré
d’un cône de béton de la dalle restante, comme observé dans les essais de poutres
mixtes de Chapman [CHA 64] où des goujons de 19 mm de diamètre et de 50 mm de

45
Chapitre 1 Etude bibliographique

hauteur ont connu cet échec particulier. Il a été constaté qu'une profondeur de quatre
fois le diamètre du goujon était suffisante pour empêcher cette ruine [SLU 65, VIE
58]. Les charges concentrées qui sont initialement transférées dans la dalle de béton à
la base des connecteurs de cisaillement doivent être réparties sur la largeur effective
de la dalle. Afin de compenser les entretoises en béton compressif diagonales, des
contraintes transversales de traction se développent devant le connecteur de
cisaillement qui, si elles dépassent la capacité de traction du béton, peuvent conduire
à un fractionnement longitudinal du béton de la dalle de béton. L'armature
longitudinale de cisaillement qui est habituellement placée dans la base de la dalle de
béton pourrait tenir compte de ces forces. Il a été remarqué que l'application
d'armatures transversales n'empêche pas la rupture longitudinale elle-même, mais
contrôle plutôt la largeur et la propagation de la fissure longitudinale [JOH 81, OEH
89]. Cependant, lorsqu'une fissure longitudinale apparaissait dans la zone de
compression restreignant le connecteur de cisaillement, cette zone est
significativement affaiblie et la résistance de la connexion de cisaillement est réduite
[OEH 92]. Johnson et Oehlers [JOH 81, 82], Oehlers [OEH 89], Oehlers et Johnson
[JOH 81], Oehlers et Park [OEH 92] et Oehlers et Park (1994) [OEH 94] ont étudié en
détail les ruines longitudinales. La force de séparation locale s'est avérée être fonction
de la largeur et de la hauteur de la dalle, de la résistance à la traction du béton et du
diamètre du goujon. Des tests ont prouvé qu'un espacement longitudinal entre les
goujons d'environ 5 fois le diamètre des goujons est suffisant pour empêcher le
fractionnement longitudinal du béton à résistance normale [AND 92, GNA 95, STE
06].

1.7.1.4 Lois de comportement des goujons


La figure (Fig. 1.39) montre les courbes charge-déformation typiques sous charge
statique et géométrie variable de la dalle béton.

Ollgaard et al [OLL 71] proposent une loi exponentielle traduisant le


comportement force-glissement des goujons à tête. A cet effet, une évaluation
statistique de 48 essais de cisaillement avec dalle pleine a été effectuée. Dans ces
essais, des goujons de 16 mm et 19 mm de diamètre et un béton de résistance 18.4≤

46
Chapitre 1 Etude bibliographique

fcm ≤ 35 N/mm² ont été utilisé. Le résultat de ce travail se résume par la relation
suivante :

 
0.4
P  Pmax 1  e0.7 s
(1.50)

Fig. 1.39: Courbes charge-déformation des connecteurs type goujon à tête

Dans le même contexte, d’autres formulations similaires ont été proposées. Nous
citons :

Aribert et Aziz [ARI 85]:

 
0.8
P  Pmax 1  e0.7 s
(1.51)

Becker [BEC 97]:

1.6
S  S 
12  
Smax  Smax 
P  Pmax
 S 
1  10  
 Smax  Smax = 2,5 mm (1.52)

Gattesco [GAT 53]:

  s
 
P   1  e       s

 
  (1.53)

, , paramètres à déterminer expérimentalement

47
Chapitre 1 Etude bibliographique

Lebet [LEB 86]:

 4.3 S 
P  Pmax  
 1  4.3 S  (1.54)

Fig. 1.40: Comparaison des différentes lois de comportement des goujons

Pour formuler la raideur en cisaillement des goujons à tête, une recherche


expérimentale basée sur les essais push-out a été fait par Oehlers et Coughlan [OEH
86]. Dans ce travail, des goujons de diamètre 13, 19 et 22 mm on été utilisés. D’où, la
relation force-glissement trouvée est la suivante :

s  A  B fcu
(1.55)

fcu : la résistance cubique du béton et A, B sont des coefficients

En utilisant la résistance du goujon, la capacité de glissement du goujon a fait


l’objet des résultats de l’analyse menée par Oehlers et Coughlan [OEH 86]. Cette
capacité de glissement peut s’exprimer comme suit:

su  d  0.48  0.0042 fck 


(1.56)

48
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.7.1.5 Résistance des goujons


Les formules utilisées pour déterminer la capacité de charge statique maximale
des goujons sont décrites dans la littérature par diverses équations qui, dans certains
cas, donnent des résultats très divergents. Une compilation de différentes approches
est par exemple contenue dans les travaux de Leffer [LEF 84] et Mensinger [MEN 00].

Les normes européennes et américaines actuelles sont basées sur l'équation


d'Ollgard et al. [OLL 71], obtenue à partir de 48 essais de cisaillement sous la forme
suivante:

Pmax  0.5 As fcm Ecm  As fu


(1.57)

As : section transversale du goujon,

fu : la résistance ultime à la traction du matériau du goujon.

La capacité de cisaillement d'un goujon à tête est calculée selon [EUR 94] à partir
du minimum de la capacité de charge de la tige et de la capacité portante du béton.
L'équation est valable pour les classes de béton
jusqu'à C60/70. Avec l'augmentation de la
résistance du béton, la rupture du goujon est
déterminée par le cisaillement de la tige en acier. La
résistance à la traction du matériau du goujon est
limitée à fu ≤ 500 MPa.

On se contente ci-après de donner des formules


de résistance en cisaillement pour les goujons à tête soudés qui sont aujourd’hui
fréquemment utilisés en bâtiment, avec des dalles pleines ou mixtes. On peut trouver
dans l’ENV 1-1-DAN [EUR 94] des formules, parfaitement calibrées en sécurité, pour
de nombreux autres types de connecteurs tels que butées, cornières, crochets,
arceaux, butées équipées de crochets ou arceaux, etc.

a- Goujons en présence d’une dalle pleine


La résistance de calcul d’un goujon à tête, soudé au pistolet automatique et
présentant en pied un bourrelet de soudure normal (c’est-à-dire avec une forme

49
Chapitre 1 Etude bibliographique

régulière et une fusion sans défaut avec le fût du goujon), est donnée par la plus
petite valeur des deux formules suivantes :

 d2 
 
PRd1  0.8 f u  
4
(1.58)
v

f ck Ecm
PRd2   0.29  d 2 (1.59)
v
La première formule concernant la ruine du goujon en tant qu’élément en acier, et
la seconde celle du béton enrobant le goujon. Dans ces formules, on désigne par:

d : le diamètre du fût du goujon, avec la condition : 16 mm  d  25 mm

: un facteur correctif, égal à


1 si h 4
 d

  (1.60)

0.2  h   1 si 3  h 4
  d   d

h : la hauteur hors tout du goujon ;

fu : la résistance ultime en traction spécifiée de l’acier du goujon (ne devant pas


dépasser 500 N/mm2).

fck : la résistance caractéristique du béton en compression.

Ecm: la valeur moyenne du module sécant du béton.

v : le facteur partiel de sécurité, pris égal à 1,25 dans les deux formules (en
conformité avec l’indice de fiabilité adopté dans les Eurocodes structuraux).

b- Goujons en présence d’une dalle mixte

50
Chapitre 1 Etude bibliographique

Lorsque les nervures de la tôle profilée de la dalle sont perpendiculaires à l’axe de


la poutre métallique, les résistances données par les formules (Eqs 1.58 et 1.59)
doivent être multipliées par un coefficient kt de réduction éventuelle, tenant compte
des moins bonnes conditions d’enrobage des goujons et de leur mode de mise en
place. Ce coefficient empirique est donné par :

0.7 b0  h 
kt   1 (1.61)
nr h p  h p 

où nr est le nombre de goujons dans une nervure au droit de l’intersection avec


l’aile de la poutre en acier, ce nombre étant limité à 2 dans la formule (Eq 1.61) même
si l’on place en réalité plus de deux goujons. La cote b0 correspond à la largeur de la
nervure, mesurée au niveau du centre de gravité de celle-ci lorsqu’elle est ouverte
(dans le cas d’une nervure rentrante, la cote b0 est définie au sommet de la nervure).
En outre, afin de conserver aux résistances ainsi obtenues un niveau homogène de
sécurité pour diverses situations de réalisation, le coefficient kt ne doit pas dépasser
les limites indiquées par l’eurocode 4 [EUR 05]. Enfin, la formule n’est applicable
que si :

h p  85 mm, b0  h p (1.62)

et : d  20 mm pour les goujons soudés à travers la tôle, ou d  22 mm pour les


goujons soudés directement sur la semelle en utilisant une tôle pré-perforée.

On rencontre évidemment le cas d’une nervure de tôle disposée parallèlement à


l’axe de la poutre métallique. Un coefficient de réduction éventuel est encore à
appliquer aux résistances données par les formules (Eqs 1.58 et 1.59), mais son
expression est maintenant :

b0  h 
k l  0.6   1  1 (1.63)
hp h 
 p 

51
Chapitre 1 Etude bibliographique

h hp + 75 mm.

Dans le cas d’une poutre de rive, des


dispositions constructives seront à exiger
de la forme de la nervure et de son
renforcement par une armature
transversale, semblables à celles prescrites
pour un renformis, permettant d’éviter un risque de ruine fragile de la connexion
[EUR 05].

c- Chargement bi-axial des connecteurs


Lorsque les connecteurs sont prévus pour assurer une action mixte à la fois pour la
poutre et pour la dalle mixte, il convient que la combinaison des forces agissant sur
un goujon satisfasse la condition suivante [EUR 94] :

Fl2 Ft2
 1
Pl2, Rd Pt2, Rd
(1.64)

Fl : est l'effort longitudinal de calcul provoqué par l'action mixte exercée dans la
poutre ;

Ft : est l'effort transversal de calcul provoqué par l'action mixte exercée dans la dalle ;

Pl,Rd et Pt,Rd : sont les résistances correspondantes de calcul au cisaillement du


goujon.

1.7.1.6 Dispositions constructives des goujons


Espacement des goujons :

 dans la direction du cisaillement ≥ 5d;


 dans le sens transversal à celui du cisaillement ≥ 2,5d (dalles pleines) et 4d
dans les autres cas.
 Si un enrobage au-dessus du connecteur est exigé, il convient que l’épaisseur
nominale de cet enrobage ne soit pas inférieure à 20 mm, ou soit conforme aux
spécifications données dans l'EN 1992-1-1 [EUR 92].

52
Chapitre 1 Etude bibliographique

 Si un enrobage n'est pas exigé, la partie supérieure du connecteur peut


affleurer la surface supérieure de la dalle en béton.

Lorsqu'une semelle en acier comprimée, qui serait autrement de classe plus


défavorable, est supposée être de Classe 1 ou de Classe 2 en raison de son maintien
par les connecteurs, il convient de ne pas dépasser les limites suivantes pour l'entraxe
des connecteurs dans la direction de la compression :

 Lorsque la dalle est en contact sur toute la longueur (cas d’une dalle pleine) :
22 tf (235/ fy)0.5
 lorsque la dalle n'est pas en contact sur toute la longueur (cas d’une dalle à
nervures disposées transversalement à la poutre) : 15 tf (235/ fy)0.5

tf : est l'épaisseur de la semelle;

fy : est la limite d'élasticité nominale de la semelle en N/mm².

En outre, il convient que la distance nette entre le bord d'une semelle comprimée
et la file de connecteurs la plus proche n'excède pas 9 tf (235/ fy)0.5

Dans les bâtiments, il convient que l'entraxe longitudinal maximal des


connecteurs, ne dépasse pas 6 fois l'épaisseur totale de la dalle, ni 800 mm.

La résistance ultime au cisaillement PRd d’un goujon dépend des paramètres


suivants:

 Forme et dimensions des connecteurs.


 Qualité de sa force matérielle (fu).
 Type de charge (statique et dynamique)
 Manière de relier le profilé d'acier avec le connecteur.
 Espacement des connecteurs.
 Type et résistance de béton.
 La présence ou non de la tôle profilée.

53
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.7.2 Plaques perforées

1.7.2.1 Introduction
La connexion par plaque perforée appelée aussi connexion linéaire est réalisée par
une plaque en acier attachée à la semelle supérieure du profilé métallique par
soudage et comportant une série d’ouvertures. Durant le coulage du béton de la
dalle, les ouvertures conçues dans la plaque seront remplies de béton, formant ainsi
des cylindres en produisant une résistance au cisaillement longitudinal et au
soulèvement éventuel entre la dalle et la poutre métallique. le comportement
mécanique de ce type de connecteurs dépend [BUJ 07]:

 du matériau (acier et béton)


 des dimensions de la dalle en béton,
 de la section de ferraillage
 du diamètre des ouvertures dans la plaque.

Fig.1.41 : Schéma type d’une plaque perforée [MAC 02]

Fig. 1.42 : plaque perforée à ondulations horizontales Fig.1.43 : plaque perforée continue

1.7.2.2 Mode ruine


Pour ce genre de connexion, il a été approuvé expérimentalement [OGU 94, OGU
96, MAC 02, VAL 04] que le mode de ruine se produit par la fissuration longitudinale
du béton le long de la dalle suite à l’écrasement du béton autour du connecteur.
Cependant, la plaque métallique perforée garde son état initial indéformable après la

54
Chapitre 1 Etude bibliographique

ruine de la connexion. Néanmoins, la ruine de la dernière ouverture de la plaque fait


une exception à cause de la concentration de contraintes de cisaillement à l’extrémité
de la poutre.

1.7.2.3 Résistance ultime


Pour ce type de liaison acier-béton, Oguejiofor et Hosain [OGU 96] proposent,
pour prédire la résistance d’une plaque perforée, le modèle analytique suivant [BUJ
07] :

Pmax  4,5 ht fcu  0,91 Atf f y  3.31n d 2 fc


(1.65)

fc : est la résistance du béton en compression,


fy : est la limite élastique de l’acier,
Ac : est la section en cisaillement de la dalle en béton,
Atr : est la section des barres transversales passant à travers les ouvertures de la
plaque,
d : est le diamètre des ouvertures dans la plaque,
n : est le nombre d’ouvertures dans la plaque,
h : est la hauteur du connecteur plaque et,
t : son épaisseur.

Valente [VAL 04] a montré la fragilité du comportement de cette connexion d’une


part et que sa ruine aura lieu une fois que le connecteur atteint sa résistance, mais le
glissement mesuré dans ce stade est, dans tous les cas, très inférieur à 6mm, le
minimum autorisé par l’Eurocode 4 pour les connecteurs ductiles.

L’influence des armatures latérales incorporées dans la dalle, ainsi que le diamètre
des trous exécutés dans la plaque de liaison, sur la résistance du connecteur et la
capacité de glissement longitudinal a été traité expérimentalement par Machacek et
Studnicka [MAC 96] en donnant l’expression suivante :

PRk   68 12, 4 fck  797 Asl en N


mm (1.66)

fck : est la valeur caractéristique de la résistance du béton.

55
Chapitre 1 Etude bibliographique

En tenant compte du coefficient partiel de sécurité :

 v  PRd P 1.40 en N mm
Rk (1.67)

La valeur de calcul s’écrit comme suit :

PRd   49  8,8 fck  568 Asl en N


mm (1.68)

1.7.3 Connecteurs de cisaillement Hilti

1.7.3.1 Introduction
Le connecteur de cisaillement Hilti a pour but d'assurer une connexion mécanique
entre les poutres d'acier et les dalles de béton. Il est donc conçu pour résister aux
forces de cisaillement agissant entre ces éléments structuraux tandis que la tête et les
clous empêchent le soulèvement vertical, favorisant le comportement cohérent de la
section transversale de la poutre mixte. Le connecteur Hilti est une pièce métallique
formée à froid, en forme de L. Ce connecteur est fixé à l'aile de la poutrelle
métallique, généralement à travers la tôle profilée du plancher, à l'aide de deux clous
Hilti, son avantage principal est de ne pas nécessiter ni soudure ni courant électrique
pour sa mise en place. Ils sont présentés comme une alternative aux connecteurs type
goujons a tête soudés car il présente une ductilité dans toutes les tailles. Selon les
exigences, il est possible d'utiliser un, deux ou trois connecteurs dans chaque nervure
du bac d’acier [CRI 85].

Les caractéristiques typiques du connecteur Hilti sont:

 un équipement d'installation simple et peu coûteux,


 qualité de fixation largement indépendante des conditions météorologiques,
 une installation rapide permet une planification flexible du travail sur le
chantier,
 les revêtements de zinc ou l'humidité n'affectent pas la qualité de la fixation.

56
Chapitre 1 Etude bibliographique

Fig. 1.44 : Connecteur Hilti dans une poutre mixte


e acier-béton avec tôle profilée.

1.7.3.2 Modes de ruine des connecteurs Hilti


Le développement de ce nouveau connecteur a nécessité la réalisation de
nombreux essais afin d'en déterminer le comportement sous charge et la résistance à
introduire dans les calculs. La résistance ultime au cisaillement d’un connecteur
dépend essentiellement du mode de rupture de la connexion.

a- Mode de rupture 1 (présence de dalle pleine)


Lorsque les connecteurs Hilti sont fixés sur l'aile du profilé sans la présence de la
tôle profilée, leur comportement sous charge est semblable à celui des goujons. La
rupture a lieu selon le mode 1 (Fig. 1.45), par arrachement du connecteur à l'endroit
des clous après un glissement relatif important, supérieur à 15 mm. Ce
comportement ductile, qui a été relevé dans tous les essais push-out, permet donc de
considérer le connecteur Hilti comme un connecteur souple. La résistance ultime à
adopter dans un calcul plastique peut être tirée des essais. En cas de calcul élastique
de la résistance ultime des sections mixtes, les valeurs Rd tirée des essais doivent être
multipliées par un facteur de réduction égal à 0,7 (tiré des essais) [SIA 79].

Mode de rupture 1

Fig. 1.45 : Courbe charge-glissement pour le mode de ruine 1.

57
Chapitre 1 Etude bibliographique

b- Mode de ruptures 2 & 3 (présence de tôles profilées)


La présence des nervures de la tôle profilée provoque dans la plupart des essais
des amorces de rupture du béton qui font que la charge maximale ne peut pas être
maintenue lorsque le glissement acier-béton augmente (Figs. 1.46 et 1.47). Les essais
ont montré que les deux paramètres les plus importants étaient:

 la longueur du connecteur au-dessus des nervures (hD - e)


 le rapport entre la largeur et la hauteur de la nervure en béton dans laquelle
est situé le connecteur (w/e).

Selon ces paramètres, il a été distingué les deux comportements suivants:

 d'une part un comportement quasi-ductile (Fig. 1.46) ;


 d'autre part un comportement fragile (Fig. 1.47).

Le comportement quasi-ductile signifie qu'au-delà de la charge maximale, la


résistance diminue à mesure que le glissement augmente. Ce comportement a déjà
été relevé pour les goujons, ce qui signifie que l'influence de la tôle est la même pour
les connecteurs Hilti que pour les goujons. Il est donc possible d'utiliser une formule
de réduction du même type.

Pour que ce comportement quasi-ductile ait lieu, il faut que les règles
géométriques suivantes soient respectées :

 2
w hD  e  3 e
1,8  
e h  e  30 mm
 D (1.69)

w
1,8  hD  e  30 mm
e (1.70)
Si ce n'est pas le cas, la connexion présente un comportement fragile dû à la
rupture du béton par cisaillement dans un plan situé juste au-dessus des nervures.
Cette situation doit être évitée.

58
Chapitre 1 Etude bibliographique

Mode de rupture 2

Fig. 1.46 : Courbe charge-glissement pour le mode de ruine 2.

Mode de rupture 3

Fig. 1.47 : Courbe charge-glissement pour le mode de ruine 3.

Les essais ont montré également que :

 L’écartement transversal, perpendiculairement au sens de l'effort, entre deux


connecteurs placés dans la même nervure, n'a pas d'influence sur la capacité
portante de ces deux connecteurs.
 L'épaisseur de l'aile du profilé, sur laquelle les connecteurs sont fixés, n'a pas
d'influence sur le résultat de l'essai, pour autant qu'elle soit égale ou
supérieure à 8 mm.
 Sous charge cycliques, aucun glissement relatif résiduel n'a été constaté.
 Plus la résistance du béton est élevée, plus la rupture de celui-ci est fragile.
Dans les planchers mixtes de bâtiment, sur les poutres de bord, les connecteurs sont
sollicités selon deux directions perpendiculaires. D'une part, en tant qu'élément de liaison
acier-béton de la poutre mixte, ils sont sollicités longitudinalement par un effort rasant
parallèle à la poutre; d'autre part, en tant qu'élément d'ancrage du plancher mixte, il est
sollicité transversalement par un effort rasant perpendiculaire à la poutre. Il a été montré que
leur comportement sous sollicitations transversales, était parfaitement ductile. La résistance,
sans présence de tôle profilée, atteint le 85% de la résistance longitudinale, pour des

59
Chapitre 1 Etude bibliographique

glissements relatifs supérieurs à 15 mm. Ces connecteurs Hilti déjouent donc un rôle double
de connexion de la poutre mixte et d'ancrage du plancher mixte.

La résistance ultime des équerres clouées type « Hilti » a été établie expérimenta-
lement. La résistance élastique ultime s’obtiendra en multipliant la résistance ultime
par un coefficient de réduction = 0.7

1.7.3.3 Résistance des connecteurs Hilti


Après avoir déterminé le moment de résistance de la section transversale, on
calcule le facteur de réduction r donné comme suit :

w hD  e
r  50
e e (1.71)
Si r > 1, aucune réduction n’est envisagée sur le nombre d’éléments à utiliser. Dans le
cas contraire, il est recommandé de réduire ce nombre

L’effort rasant à transmettre se calcule en utilisant la relation suivante :

N p  Aa  f
(1.72)

Et le nombre de connecteur est :

N
n p
Rd (1.73)

1.7.4 Butées
Dans l’Eurocode 4 [EUR 94], la formule proposée pour le calcul de la résistance
ultime au cisaillement est donnée telle que :

f ck
PRd  A f 1 (1.74)
c

0.5
 Af 1 
 : égale à   sans dépasser 2.5 pour le béton de masse volumique normale, et
A 
 f2 
2.0 pour le béton léger.

Afl : l’aire de la face frontale du connecteur.

60
Chapitre 1 Etude bibliographique

Af2 : l’aire de la face frontale du connecteur agrandie en utilisant une pente de 1/5
jusqu’à la face arrière du connecteur adjacent.

Dans le cas des cornières soudées, la relation (Eq 1.71) sera :

2/3
f ck
PRd 10 b h 3/ 4
(1.75)
v

b : la longueur de la cornière en mm.

h : hauteur de l’aile verticale de la cornière en mm.


Pour empêcher le soulèvement de la dalle, l’EC4 [EUR 94] recommande
l’utilisation d’une barre d’armature filante traversant l’aile de la cornière. En plus, les
résultats expérimentaux du Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC)
montrent que le ratio soulèvement/glissement est faible. En contrepartie, les essais
effectués au laboratoire de mécanique des sols et des structures de l’université de
Constantine [TEB 11] ont montré la rupture de cette armature filante.

1.7.5 Autres types de connexion

1.7.5.1 Connexions par adhérence


La terme connexion par adhérence désigne une connexion dont la résistance n’est
pas due à la compression du béton contre un connecteur ponctuel mais est due au
cisaillement le long d’une ou de plusieurs interfaces entre la dalle en béton et la
poutre en acier. L’idée de la solution étudiée dans ce travail est attribuée à Dauner
[DAU 02]. Ce type de connexion a été développé en recherchant la simplicité, tant
pour le choix des matériaux que celui de la méthode de montage ou encore des
détails de construction [THO 05].

Un exemple de connexion par adhérence


est illustré à la figure (Fig. 1.48). Une dalle
préfabriquée pourvue d’une nervure
longitudinale dans sa face inférieure est

posée sur les poutres en acier.


Fig. 1.48 : Détail de connexion par adhérence

61
Chapitre 1 Etude bibliographique

Ces poutres sont munies, sur l’aile supérieure, d’un connecteur linéaire dont la
surface est bosselée ou rugueuse, par exemple une tôle striée. La surface supérieure
de l’aile peut être couverte d’une couche d’accrochage, dite couche d’adhérence,
pour augmenter la surface cisaillée et par conséquent la résistance de la connexion.
Les surfaces de la dalle en béton en contact avec le coulis de ciment sont rendues
rugueuses par l’emploi d’un retardateur de prise (béton lavé), par hydro-démolition
ou à l’aide d’un moyen mécanique. Après précontrainte des dalles préfabriquées, un
coulis de ciment est injecté depuis une extrémité de l’ouvrage dans l’espace entre la
dalle en béton et la poutre en acier pour réaliser la connexion [THO 05].

L’effort rasant v est d’abord transmis de la dalle en béton au coulis de ciment par
cisaillement de l’interface béton - coulis de ciment. Cet effort est ensuite transmis du
coulis de ciment à la poutre en acier par cisaillement des interfaces coulis de ciment -
couche d’adhérence d’une part et coulis de ciment - tôle striée d’autre part.

Ces connexions possèdent les avantages et présentent les intérêts suivants [THO
05] :

 construction rapide,
 précontrainte efficace de la dalle et des joints transversaux, avant réalisation
de la connexion
 pas de bétonnage sur le chantier mais uniquement des travaux d’injection
(câbles de précontrainte et connexion),
 la dalle est homogène en surface grâce à l’absence de poches de goujons et aux
joints transversaux collés: il n’y a par conséquent ni fissures de retrait dues à
des bétons d’âges différents, ni fissures dues aux concentrations de contraintes
qui existent dans les angles des poches de goujons,
 la fabrication de la partie «métallique» de la connexion est simple et
automatisée (banc de soudure automatique) et la dalle en béton peut être
préfabriquée en atelier.
 Ces connexions ont été étudiées expérimentalement par [DAU 05, THO 05.1].

Les principales caractéristiques statiques de cette connexion sont [THO 05]:

62
Chapitre 1 Etude bibliographique

 une très grande résistance statique à l’effort rasant v et une très grande rigidité
dans les conditions d’essai par rapport aux connecteurs classiques (goujons, 9
goujons Ø22 par mètre),
 une faible ductilité dans les conditions
d’essai, en particulier par rapport aux
goujons.

Fig.1.49 : Comportement statique des connexions


par adhérence et des goujons

1.7.5.2 Connexion par collage


Par les travaux récemment réalisés, de nouvelles techniques de connexion entre la
dalle en béton et le profilé métallique sont en cours de développement ont montré
que la connexion par collage est le meilleur moyen de liaison entre l’acier et le béton,
car il assure un assemblage continu et direct des deux composantes de la poutre
mixte. En plus, elle permet d’obtenir une qualité élevée de réalisation des dalles et de
limiter considérablement les effets parasitaires du retrait puisque l’assemblage
poutre métallique-dalle en béton peut être effectué lorsque le béton atteint sa
résistance maximale et qu’une bonne partie du retrait a déjà eu lieu. Le collage
requiert toutefois une préparation optimale des surfaces et l’emploi d’un adhésif
structural adapté mis en place de façon rigoureuse.

Dans son étude, Lebet associe la connexion mécanique à une connexion par
adhérence [THO 03]. Quant à Jurkiewiez, il assure la connexion au moyen d’un
procédé constitué de butées horizontales prenant appui sur la partie supérieure de
l’âme découpée en forme de créneaux noyés dans la dalle renforcée localement par
un frettage [JUR 03]. Une nouvelle innovation de connexion a été proposée par
Bouazaoui [BOU 05], ce procédé consiste à assembler la dalle en béton préfabriqué et
la poutre métallique à l’aide d’un joint adhésif.

Des travaux récents ont montré que, sous réserve que la connexion par collage soit
correctement dimensionnée et réalisée, on peut obtenir la ruine d’une poutre mixte

63
Chapitre 1 Etude bibliographique

acier béton par rotule plastique de façon analogue au cas des goujons [BOU 05].
Toutefois, les surfaces collées nécessaires sont assez importantes pour obtenir des
contraintes maximales de cisaillement à l’interface dans le béton voisines de sa
résistance en traction ce qui s’avère assez contraignant pour le dimensionnement
d’un pont.

Devant cette insuffisance, Tout et al [TOU 12] ont proposé un procédé très simple
à mettre en œuvre sur chantier ou en usine. Il a pour principe d’améliorer les
performances de la connexion acier-béton par collage. Ce procédé consiste à créer des
engravures dans la dalle à proximité de l’interface qui sont alors remplies d’adhésif
au moment du collage. Il permet ainsi de combiner une connexion par adhésion et
par petites butées mécaniques ce qui modifie l’état de contrainte dans la dalle à
l’interface.

1.7.5.3 Connexion par boulons précontraints


La connexion par boulons précontraints développé courant les années 1970
consiste à assembler la dalle en béton sur le profilé en acier pour transmettre l’effort
rasant, se développant à l’interface acier-béton, par frottement [BUJ 07].

En utilisant cette connexion, de nombreux ouvrages ont été réalisés dans le monde
sans qu’aucune méthode de calcul ne soit publiée ou normalisée [BUJ 07].

B.H.R

Fig.1.50 : Liaison par boulons à haute résistance (B.H.R)

64
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.7.6 Ferraillage de la dalle


Le renforcement utilisé dans la construction de dalles mixtes est généralement un
renforcement qui prend la forme d'un maillage relativement léger, généralement
complété par un renfort de barre. Le renforcement de maille est nécessaire pour
effectuer un certain nombre de fonctions différentes:

 Fournir une résistance à la flexion sur les supports de la dalle en cas


d'incendie.
 Contrôler et réduire la fissuration des supports. Cette fissuration se produit en
raison de la tension de flexion et des effets de retrait différentiel.
 Répartissez les effets des charges ponctuelles localisées et des charges linéaires
sur une plus grande surface.
 Augmentez la résistance aux bords des ouvertures.
 Agit comme renforcement transversal aux poutres mixtes

Il a été constaté que les armatures transversales n'empêchent pas la rupture


longitudinale elle-même, mais contrôle plutôt la largeur et la propagation de la
fissure longitudinale [JOH 81, OEH 89, STE 06].

1.8 DIFFERENTS TYPES DE CONNEXION

La densité variable des connecteurs conduit à distinguer :

1.8.1 Connexion complète


Lorsque la résistance de la connexion est telle que la résistance ultime à la flexion
de la poutre ne serait pas augmentée par l’addition de connecteurs supplémentaires,
et que le glissement qui est produit à l’interface est faible et peut être négligé, on
considère cette connexion complète. La ruine de la poutre est engendrée par la
plastification de la section d’acier ou par la ruine du béton. D’après Bouazaoui [BOU
05] dans le cas des goujons, la connexion complète n’existe pas et on est toujours en
connexion partielle puisque c’est précisément le glissement à l’interface acier béton
qui permet de solliciter les goujons.

Dans des applications de construction réelles, le nombre de connecteurs de


cisaillement requis pour réaliser une interaction de cisaillement complète peut être si

65
Chapitre 1 Etude bibliographique

important qu'il n'est pas pratique de les accueillir dans une poutre mixte en raison
des problèmes associés à l'ouvrabilité et au coût. Par conséquent, les dispositions de
conception actuelles permettent généralement des effets de glissement dans les
poutres mixtes acier-béton

1.8.2 Connexion partielle


Grâce à la connexion partielle au cisaillement, la rentabilité et les performances
économiques des poutres mixtes acier-béton sont considérablement améliorées. D’où,
les poutres mixtes avec connexion partielle sont fréquemment utilisées dans le
bâtiment. Cependant, un comportement ductile des connecteurs de cisaillement est
nécessaire pour une connexion de cisaillement partielle.

Les deux termes couramment utilisés qui décrivent le comportement mixte sont :

 la connexion partielle au cisaillement : concerne l'équilibre des forces à


l'intérieur d'un élément mixte et,
 l'interaction partielle : concerne la compatibilité des déformations à l'interface
acier-béton,

La connexion partielle de cisaillement représente donc un critère de résistance,


tandis que l'interaction partielle représente un critère de rigidité [OEH 02].

Le type et le nombre de connecteurs entre la dalle en béton et la poutre en acier


influencent de façon déterminante le comportement charge-déformation de la poutre
mixte ainsi que sa rentabilité économique. Les effets de la résistance des connecteurs
sur la ductilité et la capacité de déformation requises sont considérés par
l’intermédiaire d’un degré minimal de connexion partielle (=N/Nf). Lorsque le degré
de connexion partielle d’une poutre mixte est inférieur au degré minimal de la
connexion partielle, la ductilité et/ou la capacité de rotation requise est supérieure à
celle disponible. La poutre mixte atteint ainsi l’état limite ultime pour un niveau de
charge inférieur à celui prédit par un dimensionnement plastique. Par conséquent, la
méthode de dimensionnement plastique ne doit pas être utilisée avec des poutres
mixtes présentant un degré de connexion partielle inférieur au degré minimal. Les
valeurs de degré minimal de connexion partielle contenues dans les normes actuelles
sont basées sur le comportement charge-déformation des goujons à tête les plus

66
Chapitre 1 Etude bibliographique

fréquemment utilisés. Ce degré minimal de connexion partielle peut être fort


différent de celui d’une poutre mixte avec des goujons à tête si d’autres systèmes de
connexion, présentant un comportement considérablement différent de celui des
goujons à tête, sont employés.

1.8.3 Nombre de connecteurs


Le nombre de connecteurs nécessaires pour une connexion complète correspond
au nombre nécessaire au développement du moment de résistance plastique M Rd en
section critique. Or, bien souvent, le moment sollicitant Msd est toujours inférieur au
moment de résistance plastique MRd, ce qui conduit alors une connexion
surabondante. L’idée de la connexion partielle est de diminuer le nombre de
connecteurs mis en place. Si les connecteurs sont "ductiles" et que la section est de
Classe 1 ou 2, les principes du dimensionnement mixte sont toujours d'application.

Vl red   n PRd Vlf (1.76)

Parallèlement, le moment résistant que peut maintenant offrir la section critique


B a une valeur réduite, soit :

  red 
M Rd  M pl (1.77)

  red 
Pour déterminer le moment résistant réduit M Rd , on adopte une distribution
plastique de contraintes, tout en respectant l’équilibre de la section transversale
mixte. En changeant les valeurs du degré de connexion et en utilisant les variables
n
M pl red  nf
( , ), la courbe d’interaction ABC de la figure (Fig : 1.51) peut facilement
être tracée.

Le rapport  = n/nf désigne le degré de connexion de la longueur critique


concernée.

Puisque la courbe ABC est convexe, il est rationnel de la remplacer par la droite
AC conduisant ainsi à une méthode simplifiée de dimensionnement en connexion
partielle et qui place largement en sécurité. Selon l’Eurocode 4, le moment résistant
  red 
M Rd
plastique réduit se calcule à l’aide de la simple relation linéaire suivante :

67
Chapitre 1 Etude bibliographique

M pl ,red 

Rd  M apl,Rd  M pl ,Rd  M apl,Rd
  
 (1.78)

MaPl,Rd : le moment de résistance plastique de la poutre métallique seule.

Fig.1.51 : Moment réduit de résistance plastique en fonction du degré de connexion

Lorsque  est trop bas, la courbe ABC précédente (ou sa simplification AC)
cesse d’être valable, la ruine se produisant alors par rupture des connecteurs et non
plus par formation d’une rotule plastique (sous résistance réduite) en section
critique. A cet effet et selon l’Eurocode 4, les conditions sur le degré minimal de
connexion pour le dimensionnement de la poutre mixte acier-béton en connexion
partielle peuvent s’exprimer de manière pratique suivante :

Pour les profilés en acier à semelles symétriques (courbe a, Fig. 1.52) :

 355
1  f  0.75  0.03 L   0.4 si L  25 m
 y

min  
1 si L  25 m


(1.79)

Pour les profilés en acier dont l’aire de la semelle inférieure n’excède pas 3 fois
l’aire de la semelle supérieure (courbe b, Fig. 1.52):

68
Chapitre 1 Etude bibliographique

 355
1  f  0.30  0.015 L   0.4 si L  20 m
 y

min  
1 si L  20 m


(1.80)

b) présence d’une tôle nervurée (courbe b, Fig. 1.52):


Si les conditions suivantes sont satisfaites l’EC4 [EUR 05] :

1- Nervures perpendiculaires à la poutre métallique,

2- bo/hp ≥ 2 ; avec hp  60mm,

3- Diamètre des goujons d = 19 ou 20 mm et de hauteur hors-tout h ≥ 76mm,

4- Profilé à ailes égales (Afs/Afi=1),

Le degré minimal de la connexion est donné comme suit.

0, 4 si L 10 m

min  0, 4 L si 10  L  25 m
1 si L  25 m
 (1.81)

D’une manière générale, on peut utiliser :

 355
1  f 1.00  0.04 L   0.4 si L  25 m
 y

min  
1 si L  25 m


(1.82)

L : portée de la poutre (en m)

fy : limite d’élasticité de l’acier du profilé (en N/mm2 ).

b0 : largeur de la nervure.

hp : hauteur de la nervure.

 : degré minimal de la connexion ( = N/Nf)


Nf : nombre de connecteurs pour une connexion complète;

69
Chapitre 1 Etude bibliographique

N : nombre de connecteurs pour une connexion partielle.

(N/Nf) = 1.0

(N/Nf)min = 0.40

a : Afs = Afi.
b : Afi  3 Afs.
c : Afs = Afi (présence de la tôle).

Fig. 1.52 : Conditions minimales pour le comportement ductile des goujons

Fig. 1.53 : Degré de connexion 

Sans connexion Connexion Connexion


partielle totale
Fig. 1.54: Effets de la connexion acier-béton.

70
Chapitre 1 Etude bibliographique

1.9 CALCUL DE LA CONNEXION

1.9.1 Calcul élastique de la connexion


Bien que le calcul élastique des poutres mixtes nécessite des sections
homogénéisées, son principe a l’avantage d’être général ; s’il s’applique
obligatoirement dans le cas de poutres mixtes de classe 3, il peut s’appliquer aussi au
cas des poutres de sections de classes 1 ou 2.

La détermination de l’effort rasant nécessaire pour le calcul de la connexion,


nombre et espacement des connecteurs, se fait par la théorie élastique si la section
mixte elle-même a été analysée élastiquement.

Il s’agit donc à équilibrer, le long de l’interface acier- béton, l'effort de cisaillement


longitudinal par unité de longueur vEd (x) (Fig. 1.55) à l’aide de l’expression suivante :

Fig. 1.55 : Principe de calcul élastique de l’effort de cisaillement longitudinal.

S x 
v Ed x   VEd x  (1.83)
I m x 

VEd (x ) : effort tranchant de calcul

Im (x ) : moment d’inertie en flexion de la section mixte homogénéisée.

S(x) : moment statique, par rapport à l’axe neutre élastique, des aires de la
section de dalle capables de reprendre des contraintes normales.

Pour la répartition des connecteurs le long de la poutre mixte, on découpe


l’interface acier- béton en tronçons dans lesquels le flux de cisaillement soit proche à

la valeur moyenne v , tout en satisfaisant la condition suivante:

71
Chapitre 1 Etude bibliographique

v1  v 2
 0.10 (1.84)
v

Et que l’espacement des connecteurs soit compatible à l’effort de cisaillement à


reprendre [TEB 11].

Le nombre de connecteurs nl à placer sur le tronçon de longueur l, avec un


espacement qui peut être pris uniforme, est alors donné par :

v1 l
nl  (1.85)
PRd

V1
x
VEd (x)

V2

Fig.1.56 : Répartition des connecteurs en conformité


avec le flux élastique de cisaillement

Il est à noter que le mode constructif (utilisation ou non des étais) de la poutre
mixte acier-béton influe sur la distribution des connecteurs.

1.9.2 Calcul plastique de la connexion


Le calcul plastique de l’effort rasant, sur une longueur critique (située entre deux
sections critiques successives) exige que les sections de la poutre mixte sont de classe
1 ou de classe 2, voire de classe 2 équivalente lorsque l’âme est de classe 3 d’une part
et que les connecteurs sont ductiles d’autre part. Cet effort rasant s’obtiendra en
faisant l’équilibre de chaque tronçon de la poutre situé entre les sections critiques.

72
Chapitre 1 Etude bibliographique

A B C
A B C

L/2 L/2 L

Fig.1.57 : Longueurs critiques AB et BC de poutres simplement appuyées

Diagramme du moment fléchissant -

A B Mpl,Rd
-

+(red)
Mpl,Rd + C

A B

±Vl(AB)

B C
Fs

±Vl(BC)
-Fs

Fig.1.58 : Efforts de cisaillement longitudinal


dans une travée de rive de poutre continue

Sous l’effet d’une charge uniformément répartie ou une charge ponctuelle, une
poutre mixte acier-béton simplement appuyée ou continue est considérée comme un
ensemble de longueurs critiques limitées par les distances entre deux sections
critiques successives. Ces sections critiques correspondent aux (Fig.1.57 et 1.58) :

 sections où le moment fléchissant est maximum (B)


 sections des appuis d’extrémité de la poutre (A et C)
 emplacements des charges concentrées (C)
 positions avec un changement brusque de section.

73
Chapitre 1 Etude bibliographique

Dans le cas de la poutre isostatique (Fig 1.57), le moment de résistance plastique

M pl
peut être atteint dans la section critique intermédiaire B, et il est très facile de
déterminer l’effort Vlf sur chaque longueur critique. Cet effort rasant est donné tel
que:


Vlf  min Aa f yd , 0.85 beff hc f cd  (1.86)

Si : As  Ac/np : l’axe neutre se trouve dans la dalle en béton et l’effort rasant est égal
à:

Vlf = fy.As (1.87)

Si : As > Ac/np : l’axe neutre se trouve dans le profilé et l’effort rasant égal à :

Vlf = fc.Ac (1.88)

Si Msd < 0, l’effort rasant est donné par l’effort dans les armatures :

Vlf = fys.Asy (1.89)

Les connecteurs étant supposés ductiles, ils autorisent une redistribution plastique
de l’effort rasant jusqu’à reprendre tous le même effort de résistance de calcul d'un
seul connecteur PRd. d’où le nombre de connecteurs, uniformément espacés sur
chaque longueur critique, nécessaire pour une connexion complète vaut:

Vlf
n f AB   n fBC   (1.90)
PRd

Vlf AB 
Dans le cas de la poutre continue (Fig 1.58), l’effort de cisaillement pour la
longueur critique d’extrémité AB est encore donné par l’expression (Eq 1.90). Quant à
l’effort de cisaillement sur la longueur critique intermédiaire BC, il est donné par :

Vlf BC   Vlf AB   Fs (1.91)

Fs = As fsd est la résistance plastique en traction de l’armature, la section au droit


de l’appui C étant capable d’atteindre son moment de résistance plastique
M pl
(puisque la section a été supposée de classe 1 ou 2).

74
Chapitre 1 Etude bibliographique

D’où, le nombre de connecteurs sur cette même longueur critique est donné alors
par :

 BC  Vlf BC 
nf  (1.92)
PRd

1.10 CISAILLEMENT LONGITUDINAL DE LA DALLE

1.10.1 Dalles pleines


L’Eurocode 4 [EUR 94], et dans le but d’analyser l’effet du cisaillement
longitudinal de la dalle, adopte la procédure de l’Eurocode 2 [EUR 92].

La résistance au cisaillement de la membrure peut être calculée en considérant la


membrure comme un système de bielles de compression, associées à des tirants
correspondant aux armatures tendues.

La contrainte de cisaillement longitudinale vEd, développée à la jonction entre un


côté de la membrure et l'âme est déterminée par la variation d'effort normal
(longitudinal) dans la partie de membrure considérée :

vEd = Fd/(hf × x) (1.93)

Fig. 1.59: Notations pour la jonction âme/membrure.

hf : l'épaisseur de la membrure à la jonction,


x : la longueur de la poutre,
x = 1/2 (la distance entre la section de moment nul et la section de moment
maximal)

75
Chapitre 1 Etude bibliographique

x = Longueur totale entre charges (cas des charges ponctuelles)


Fd : la variation de l'effort normal dans la membrure sur la longueur x

La section d’armatures transversales par unité de longueur, Asf/sf , est donnée


telle que :

(Asf fyd/sf) ≥ vEd × hf/cot f (1.94)

Afin d'éviter l'écrasement des bielles de compression dans la membrure, il


convient par ailleurs de vérifier :

vEd  v.0,85 fck/c sin f cos f (1.95)

Le coefficientf est pris dans les suivantes limites:


1,0  cot f  2,00 pour les membrures comprimées (45° ≥ f ≥ 26,5°)
1,0  cot f  1,25 pour les membrures tendues (45° ≥ f ≥ 38,6°)

v : coefficient tenant compte de la réduction de la résistance du béton fissuré suite à


l'effort tranchant.

v = 0.6 [ 1 - fck/250] (fck en MPa) (1.96)

1.10.2 Dalles mixtes nervurées


Lorsqu’on utilise des plaques nervurées en acier et que la surface de cisaillement
traverse l'épaisseur de la dalle (cas du plan de cisaillement a-a sur la Fig. 1.61), il
convient de prendre la dimension hf , égale à l'épaisseur du béton situé au-dessus des
tôles.

Lorsqu’on utilise des plaques nervurées en acier transversalement à la poutre et


que les résistances de calcul des goujons sont déterminées au moyen du facteur de
réduction kt approprié, il n'est pas nécessaire de prendre en compte les surfaces de
cisaillement de type b-b, indiquées (Fig. 1.61).

Sauf justification par essais, pour les surfaces de type c-c sur la figure (Fig. 1.61), la
hauteur de nervure de la plaque ne doit pas être comptée dans hf.

Lorsque la plaque nervurée en acier, avec une connexion de type mécanique ou


une connexion par frottement avec des nervures perpendiculaires à la poutre, est

76
Chapitre 1 Etude bibliographique

continue au passage de la semelle supérieure de la poutre en acier, il est permis de


prendre en compte sa contribution, comme armature, pour une surface de
cisaillement de type a-a, par :

(Asf fyd / Sf) + Ape fyp,d > vEd hf / cotθ (1.97)

Ape : l'aire efficace de la section de la plaque nervurée en acier par unité de longueur
de la poutre;
fyp,d : sa limite d'élasticité de calcul.

Lorsque les plaques nervurées en acier disposées perpendiculairement à la poutre


ne sont pas continues sur la semelle supérieure de la poutre en acier, et lorsque les
goujons sont soudés directement à travers les tôles, il convient d’utiliser :

(Asf fyd /Sf) + min (Ape fyp,d ; Ppb,Rd /s) > vEd hf /cotθ (1.98)
Ppb,Rd : la résistance de calcul en pression diamétrale d'un goujon à tête soudé à
travers la plaque;

S : l'entraxe longitudinal des goujons assurant effectivement l'ancrage des tôles.

Avec des plaques nervurées en acier, l'exigence d’armature minimale se rapporte à


l'aire de béton située au-dessus des nervures.

Fig. 1.60 : La section Ae des barres d’armature transversale


pour diverses surfaces de rupture

77
Chapitre 1 Etude bibliographique

Fig.1.61 : Dispositions constructives

1.11 CONCLUSION
Le système mixte acier-béton comprend les structures obtenues en joignant, à
travers des dispositifs de liaison particuliers, des éléments en acier, de formes
différentes (profilés en acier, plaques, fermes, etc.), à des dalles en béton armé ou
précontraint.

Ce chapitre englobe deux parties, l’aspect technologique des poutres mixtes acier-
béton a été présenté en détail. En plus, nous avons exposé, par des formules
directement applicables, les différentes méthodes d’analyse aux états limites
conformément à l’Eurocode 4, pour être utilisées dans le calcul et la vérification des
poutres mixtes acier-béton. Aussi, dans ce chapitre, des informations sont fournies
sur la manière de réaliser des analyses élastiques et plastiques de poutres mixtes à
l’état limite ultime. L’importance de la redistribution des efforts est mise en évidence
ainsi que les conditions dans lesquelles ces redistributions se produisent.

Il existe un certain nombre d'arrangements structurels dans lesquels l'acier et le


béton agissent de cette manière monolithique. La connexion entre l'acier et le béton
se fait sous la forme de connecteurs mécaniques de cisaillement qui permettent le
transfert par cisaillement des forces dans le béton vers l'acier et vice versa et qui
empêchent également la séparation verticale des composants en béton et en acier. Il
existe de nombreuses formes de connecteurs mécaniques de cisaillement de sorte que
leurs propriétés sont toujours déterminées expérimentalement dans de simples essais
de poussée. Le connecteur de cisaillement de type goujon qui est constitué d'une tête
et d'une tige lisse reliée au composant en acier par un collier de soudure, est le plus
commun.

78
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

CHAPITRE 2

PRESENTATION DU PHENOMENE DE RETRAIT

2.1 INTRODUCTION

Le retrait est un phénomène qui affecte les matériaux fabriqués à base de ciment et
d’eau. Il s’explique par une contraction volumétrique de celui-ci sous l’action de
phénomènes physico-chimiques liés à la perte d'eau par divers moyens tels que
l'évaporation que l'on observe quand du béton se dessèche (Fig. 2.1). Il se développe
dans les trois dimensions mais, en général, on ne l'exprime que sous la forme d'une
déformation linéaire. En effet, dans le langage technique usuel, le terme retrait
remplace l'expression « retrait de séchage du béton durci exposé à l'air dont le degré
hygrométrique est inférieur à 100 % ». Néanmoins, d'autres types de retrait peuvent,
ou non, se produire de façon simultanée et indépendante les uns des autres.

Ce phénomène est d’autant plus important qu’il est responsable de nombreuses


pathologies sur les ouvrages en béton lorsque cette déformation est entravée. On
parle alors de retrait empêché qui se matérialisent sous forme de fissures excessives
préjudiciables qui, non seulement, nuisent à l'apparence du béton, mais elles
favorisent aussi la pénétration d'agents agressifs dans le béton et accélèrent la
corrosion des armatures et par suite les performances de l’ouvrage [ACK 91].

En fait, les fissures dues au retrait du béton est un phénomène très compliqué car
il implique l’état d’équilibre de la section transversale mixte acier-béton. Pour
améliorer la performance à long terme des structures, il est important d'estimer les
effets temporels causés par le retrait du béton.

79
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

εsh(t)
déformations
temps t0 t

Fig. 2.1: Déformation de retrait d'une éprouvette non chargée.

Les vides présents dans la matrice solide du béton sont plus ou moins remplis
d’eau. Cet état hydrique dépend essentiellement du degré d’hydratation du
matériau, de l’humidité relative régnant dans le réseau poreux, des conditions de
cure et de la taille des pores considérés.

L’eau introduite au cours de la fabrication est présente sous de multiples états


dans le béton durci. L’étude de ces formes a fait l’objet de nombreuses classifications
suivant que l’on approche le problème d’une manière structurale ou énergétique et
nous retiendrons seulement la plus simplifiée suivante BUI 79 :

Eau chimiquement liée : Qui participe à la réaction d’hydratation pour donner


principalement le gel de CSH.

Eau adsorbée : Il s’agit principalement des premières couches d’eau soumises au


champ des forces superficielles au niveau des surfaces du réseau poreux. On
distingue principalement deux types d’interactions :

 Fixation par liaisons chimiques : c’est l’adsorption chimique.

 Fixation par liaisons intermoléculaires de VAN DER WAALS : c’est


l’adsorption physique.

Eau capillaire : Est constituée de la phase condensée remplissant (par


condensation capillaire) le volume poreux au-delà de la couche adsorbée et séparée
de la phase gazeuse par des ménisques. Elle obéit donc aux lois de la capillarité (lois
de JURIN, KELVIN-LAPLACE).

Eau libre : Il s’agit de l’eau qui n’est plus sous le champ d’influence des forces
superficielles. Elle se trouve principalement dans les pores capillaires et les

80
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

micropores. Elle représente, en fait, un cas particulier de l’eau capillaire et rentre,


dans la plupart des études, dans cette dernière classe.

En général, du point de vue de l’identification des phénomènes mis en jeu pour


l’étude des transferts hydriques, il est beaucoup plus simple de distinguer
eau “ évaporable ” et eau “ non évaporable ” BAZ 88.

Le retrait du béton est liée à l’eau évaporable. Elle comprend :

 L’eau capillaire.

 L’eau adsorbée la moins liée.

Pour cela on définit l’eau non évaporable par l’eau résiduelle dans la structure.
Elle comprend :

 L’eau adsorbée fortement liée.

 L’eau chimiquement liée.

2.2 DIFFERENTS TYPES DE RETRAIT

Actuellement, cinq types de retrait peuvent être mis en évidence [ACK 91].
Chacun d’entre eux peut avoir des conséquences plus ou moins néfastes pour la
structure. Une analyse fine de leurs effets est indispensable pour des structures
sensibles aux effets différés (centrales nucléaires, réservoirs de stockage, ouvrages
d’art,....etc). Les différents types de retrait sont :

2.2.1 Retrait plastique


Juste après la mise en place du béton dans le moule ou le coffrage, la première
forme est dite retrait plastique ou capillaire ou encore avant prise, qui se développe
dans des bétons qu'ils sont encore à l'état plastique suite à l’évaporation de l’eau
présente à la surface libre du béton frais. En général, cette perte d'eau se fait par
évaporation dans l'air sec ambiant. Pour éviter une fissuration de la surface, il est
primordial d’assurer une protection contre l’évaporation au moyen des produits de
cure et en recouvrant ensuite la surface de béton par un film étanche [ACK 91].

81
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

2.2.2 Retrait à très jeune âge (chimique)


Au moment de mélange du ciment avec l’eau, le retrait d’hydratation ou retrait
chimique, appelé également retrait intrinsèque, se produit par contraction. Ce
premier retrait a été mis en évidence par Le Chatelier [LEC 81] et résulte d’une
diminution de 8 à 12% du volume initial de la pâte formée par rapport à la somme
des volumes absolus des anhydres et de l’eau.

Il est à noter de ne pas confondre le retrait à très jeune âge avec le retrait
hydraulique, ni avec le retrait de dessiccation.

2.2.3 Retrait hydrique

2.2.3.1 Retrait de dessiccation


Par définition, le retrait de dessiccation ou retrait de séchage se traduit par un
départ d’eau inhérent à l’équilibre hydrique du matériau avec l’atmosphère ambiante
non saturée, dès la mise en place du béton. Il possède une amplitude très importante
devant les autres retraits d’une variation de 0.2 à 0.6 %0 [KOP 86, ACK 91].

Le retrait de dessiccation dépend fortement de l’environnement hygrométrique et


de ses variations qui interviennent sur l’accélération ou le ralentissement du séchage.
Selon le matériau et son épaisseur, le séchage peut prendre fin au bout des quelques
années. Pour les structures de faibles épaisseurs, le changement brusque d’ambiance
conduit à un endommagement du matériau en générant des efforts de traction trop
importants devant la résistance effective du béton.

2.2.3.2 Retrait endogène


L’étape de prise coïncide avec le début du retrait hydraulique ou plus
communément «retrait endogène». Puisque ce retrait a lieu dans toute la masse du
béton et pas seulement dans la partie du béton en contact avec le milieu ambiant, ce
retrait est aussi qualifié de retrait d’auto-dessiccation [ACK 91]. En effet, le squelette
minéral formé après la prise s’oppose à la diminution de volume de l’hydratation
croissante au sein de la pâte de ciment. Le retrait endogène est également influencé
par le nombre et le type d’agrégats car, à l’interface pâte/granulat, il est empêché par
les granulats qui créent des zones de concentration de contraintes où vont se former
les premières fissures. Pour des rapports E/C (Eau/Ciment) inférieur à 0.4, il peut

82
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

atteindre 300 à 500 μm/m. Bien que cette valeur reste modérée, son effet est devenue
non négligeable lorsqu’elle est ajoutée aux autres types de retrait. Son évolution est
très rapide au jeune âge. Donc, pour le mesurer il faut des essais à très jeune âge
[MAL 82].

2.2.4 Retrait thermique


La réaction d’hydratation primaire du
ciment peut devenir fortement exothermique et
provoque des forts gradients de température. Au
cœur d’éléments massifs de structure, la
température peut atteindre 50 à 70ºC puis celle-ci
diminue progressivement par dissipation de la
chaleur au travers des moules ou des coffrages
pour finalement s’aligner avec la température
ambiante [MAL 82]. Par conséquent, ce refroidissement provoque des retraits
différentiels d’origine thermique qui vont s’ajouter pour obtenir l’équilibre de
l’élément avec les températures du milieu environnant. Comme la durée de la
réaction d’hydratation est relativement courte (60% au bout d’un jour), le retrait
thermique débute donc avec la fin de la prise du béton. En fonction du dosage et la
nature du ciment, il peut atteindre 400 voire 500 μm/m au cœur des éléments en
béton.

2.2.5 Retrait de carbonatation


Les réactions d’hydratation primaire du ciment produisent de la portlandite
appelée aussi la chaux hydratée Ca(OH)2. Avec le gaz carbonique CO2 de l'air
contenu dans le milieu ambiant en présence d'humidité, la portlandite (CSH) va
former du carbonate de calcium CaCO3. Ce type de retrait progresse au cours du
temps depuis la surface du béton vers le cœur du béton [FAV 80, ACK 91].

83
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

Fig. 2.2: Déformation de retrait d'une


éprouvette non chargée.

2.2.6 Retrait total


Le retrait total est donc la somme de toutes les formes des retraits qui se
développent simultanément ou séquentiellement [ACK 91]. La valeur finale du
gonflement du béton, pour une conservation indéfinie dans l’eau, varie de 0.7 à
1.5x10-4.

En ce qui concerne le retrait, celui-ci dépend du béton et de l’ambiance :

1- à l’air, dans les climats humides, le retrait des bétons est de l’ordre de 2 à 3x10-4.

2- dans les climats secs et les bâtiments chauffés, le retrait peut atteindre des
valeurs de 5 à 7x10-4.

3- dans les installations industrielles, au contact des gaz chauds et secs (cheminés),
ou sous l’action de rayonnement thermique intense et continu (proximité des
fours), on peut avoir des retraits supérieurs à 10-3.

2.2.7 Retrait empêché


Les déformations empêchées peuvent trouver leur origine dans les deux situations
suivantes :

1- L’entrave extérieure qu’entraîne tout encastrement ou frottement (effet de la


connexion acier-béton dans les poutres mixtes).

84
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

2- L’entrave interne causée par le retrait de séchage qui est lié à l’évaporation de
l’eau conduisant à des autocontraintes générées par l’équilibre des déformations
entre les différents plans du composant en béton.
Les déformations dues au retrait ne sont pas forcément négatives. Elles
apparaissent du moment où elles sont entravées car elles génèrent alors des
contraintes de traction. Ces dernières, si elles dépassent un certain seuil proche de la
résistance en traction, peuvent entraîner la fissuration du béton et tout ce qui s’en
suit, à savoir des problèmes de durabilité (corrosion, etc.), d’étanchéité ou encore
d’esthétisme. La fissuration dépendra, généralement, de l’ordre de grandeur du
retrait libre, du degré de restreinte de la structure et de la fissurabilité du béton.

2.2.8 Retrait différentiel


Le retrait n’est généralement pas uniforme dans toute la masse du béton, il peut
donc se former des gradients de contraintes entre deux sections d’une même pièce.
Suite à la température et l’hygrométrie, le retrait thermique et de dessiccation
peuvent générer des retraits différentiels.

2.3 PARAMETRES DONT DEPEND LE RETRAIT

2.3.1 Les paramètres d’influence externes


 La température ambiante
 L’épaisseur de la pièce
 Le temps t
 Humidité de l’air et vitesse du vent
 La température des constituants du béton

2.3.2 Les paramètres d’influence internes


 Le rapport E/C
 Le pourcentage d’armatures
 La rigidité et le volume des granulats
 La porosité des granulats
 Type et dosage du ciment et des ajouts cimentaires
 La finesse de mouture du ciment
 La fumée de silice

85
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

 Les cendres volantes


 Les fillers calcaires
 Présence des adjuvants

2.4 VALEURS FINALES DU RETRAIT

Les valeurs du retrait de séchage du béton sont d’environ 0,1 à 0,8 mm/m (100 à
800 μm/m). Le retrait de séchage est d’autant plus élevé que :

 la proportion de la pâte de ciment est élevée

 le rapport E/C est élevé

 l’humidité relative est faible

 la quantité de ciment est élevée

 le rayon moyen de la section de l’élément est faible

2.5 PRISE EN COMPTE DU RETRAIT

2.5.1 Dans l'Eurocode 2 (Norme EN 1992)


Les déformations de retrait peuvent être calculées à l'aide de l’Eurocode 2, publié
en 2005 par le Bureau de normalisation et qui reprend, dans les grandes lignes, le
modèle déjà introduit dans la norme NBN B 15-002[EUR 07]. Cependant, ce dernier
modèle ne faisait pas de distinction entre les deux composantes du retrait et les
intégrait dans une seule valeur. La version actuelle de l’Eurocode 2 formule de
manière plus détaillée le calcul du retrait endogène. Cette formulation permet de
prendre en compte ce phénomène plus correctement.

L'article 3.1.4 de la norme EN 1992-1-1 défini le retrait total d'un élément en béton
à prendre en compte dans les calculs comme la somme de deux retraits OLL 08 :

2.5.1.1 Retrait total


La déformation de retrait totale (εcs) se compose de deux parties. La première est
liée au retrait de séchage (εcd) et la deuxième au retrait endogène (εca). Le retrait de
séchage évolue lentement car il est fonction de la migration de l’eau au travers du
béton durci. La déformation du retrait endogène se développe au cours du

86
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

durcissement du béton : elle se produit dès lors en majeure partie durant les premiers
jours qui suivent le coulage. La déformation totale de retrait peut être calculée par la
relation suivante :

 cs   cd   ca (2.1)

εcs : la déformation totale de retrait

εcd : la déformation due au retrait de séchage

εca : la déformation due au retrait endogène.

Notons par ailleurs que le retrait s’exprime en μm/m (10-6 m/m).

2.5.1.2 Prédiction du retrait de séchage


Le retrait de dessiccation évolue lentement car il dépend de la migration de l'eau
dans le béton durci. L’évolution du retrait de séchage est donnée par l’expression
suivante :

 cd  t   ds  t , ts  kh  cd ,0
(2.2)
La valeur finale du retrait de dessication cd,∞ est donnée par :

 cd ,  kh  cd ,0
(2.3)

βds(t, ts) : une fonction qui traduit l’évolution dans le temps du retrait de séchage
(βds vaut 1 pour le calcul de la valeur finale du retrait).

ts : représente la durée de la cure

(t-ts) : le temps de séchage

kh : un coefficient dépendant du rayon moyen h0

εcd,0 : la valeur nominale du retrait de séchage.

  fcm   6
 cd ,0  0,85  220 110  ds1  exp    ds 2 10  RH
  10   (2.4)

   
3
 RH 1,55 1   
RH
  RH  
  0 
 (2.5)

87
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

fcm : la résistance moyenne en compression du béton (MPa)

ds1 et ds2 : coefficients qui tiennent compte du type de ciment

RH : l’humidité relative ambiante (%)

RH0 : l’humidité relative ambiante de référence (100 %).

h0 : le rayon moyen de la section. Celui-ci est égal à : 2Ac/u,

Ac : représente l’aire de la section de béton

u : le périmètre de la partie de la section exposée au séchage.

 ds  t , ts  
 t  ts 
 t  ts   0.04 h03
(2.6)

t : l’âge du béton à l’instant considéré (jours)

ts : l’âge du béton (jours) au début du retrait de séchage.

2.5.1.3 Prédiction du retrait endogène


Le retrait endogène est une fonction linéaire de la résistance du béton. La
déformation due au retrait endogène peut quant à elle se calculer par l’expression
suivante :

 ca  t   as  t   ca   
(2.7)

 ca     2,5  fck 10 106


(2.8)


as  t  1 exp 0, 2 t 0,5  t en jours
(2.9)

Le retrait endogène est d’autant plus grand que le facteur E/C est faible et donc
que sa résistance en compression fck est élevée. Cette influence est exacerbée pour les
bétons présentant un haut dosage en ciment. C’est ce dernier paramètre qui permet
de prédire la valeur finale du retrait endogène selon l’Eurocode 2.

88
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

2.5.2 Dans l'Eurocode 4 (Norme EN 1994)


L'Eurocode 4 concernant les ouvrages mixtes acier-béton permet de tenir compte
du retrait thermique en plus des retraits endogène et de dessiccation définis dans
l'Eurocode 2 OLL 08.

Dans l'EN 1994-2, ce retrait thermique est pris en compte par une différence de
température ΔT = 20°C entre l'acier et le béton au moment de bétonnage. L'annexe
nationale française limite cette différence à 10°C. Le retrait thermique est appliqué à
la structure en même temps que la somme des retraits endogène et de dessiccation à
la mise en service. Il permet de déterminer les zones fissurées.

2.6 LOI DE VARIATION DES DEFORMATIONS DE RETRAIT DANS LE TEMPS

Il est établi, il y a long temps, que le retrait se produit d'une façon rapide au début
de la prise et qu'ensuite la vitesse de variation diminue.

Les essais effectués en 1936 par P. I. Gloujgué GLO 36 dans le laboratoire de
l'institut scientifique de recherche hydrotechnique Vednée, ont montré que le retrait
à 3 mois s'est révélé être a peu près égal à la moitié du retrait à un an, l'accroissement
du retrait après un an représentant 10 à 12% du retrait à un an (Fig. 2.3).

Dans les essais réalisés en 1941 par Glanwille GLA 41, était faite une
comparaison des retraits de bétons de trois types différents de ciment. De ces essais,
il résulte que le ciment alumineux a un retrait intensif dans la première période de
prise, à 7 jours son retrait était de 40% de son retrait à un an tandis que pour le
ciment portland, au même age, l'on n'a qu'un retrait de 8%.

L’étude de l’état de contrainte dû au retrait dans les éléments en béton et en béton


armé nécessite de disposer une relation analytique qui caractérise la loi de variation
du retrait dans le temps. L’intensité du processus de retrait du béton, ainsi que l’on
montré J.V.Stoliarov STO 57, S.E.Freifled FRE 41, ainsi que de nombreux autres
auteurs, est définie d’une façon à la fois réelle et précise par la relation exponentielle
de la forme :


Sn t  S0 1 e st  (2.10)

89
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

S0 : est le retrait maximum, dont la grandeur est déterminée pour le béton donné
par des données d’essais.

S : est un coefficient caractérisant la vitesse d’accroissement du retrait du béton


dans le temps.

Sur la figure (Fig. 2.3) sont données les courbes de retrait expérimentales d’après
les résultats d’essais de P.I. Glonjgué GLO 36, de l’institut Ukrainien des matériaux
de construction et de Glanwille GLA 41.

Sn(t)
Courbe du retrait du béton de ciment portland

2.0 Essais de Gloujgué

Sn(t)= 2.10-4(1-e-0.0085t)

1.0

0 Temps (j)
7 28 90 180 360 540

Sn(t) Courbe du retrait du béton de ciment portland


Essais de l’institut Ukrainien de construction

2.0
Sn(t)= 2,5.10-4(1-e-0.09t)

1.0

0 Temps (j)
14 28 90 180 360 540

Sn(t)
Courbe du retrait du béton de ciment portland
Essais de Glanville
3.0
Sn(t)= 3,5.10-4(1-e-0.0085t)
2.0

1.0

Temps (j)
0
7 28 90 180 360 540

90
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

Sn(t) Courbe du retrait du béton de ciment alumineux


Essais de Glanville

4.0
3.0 Sn(t)= 4,2.10-4(1-e-0.01t)

2.0
1.0
0 Temps (j)
7 28 90 180 360 540

Sn(t)
Courbe du retrait du béton de superciment portland
Essais de Glanville
4.0
3.0 Sn(t)= 4.10-4(1-e-0.01t)

2.0
1.0
Temps (j)
0
7 28 90 180 360 54
0
Fig. 2.3 : courbes de variation de la vitesse du retrait pour différents types de ciments

2.7 CONCLUSION

La conséquence essentielle du retrait est l’apparition de phénomènes de


fissuration pouvant diminuer la durabilité des structures en béton armé ou
précontraint, et/ou limiter leur capacité portante, notamment dans le cas de
manifestation dans la masse. Cette fissuration peut conduire à limiter l’adhérence
entre un matériau rapporté en surface (revêtement par exemple) et le support en
béton.

Fig. 2.4: Fissuration du béton due au retrait.

91
Chapitre 2 Présentation du phénomène du retrait

Les conséquences de la fissuration sur la durabilité des structures en béton sont


dues à l’augmentation de la cinétique de pénétration des agents agressifs présents
dans le milieu environnant, au travers des fissures ouvertes sur les parements.

Dans la mesure où•la fissuration de retrait est due à des mécanismes différents en
fonction du type de retrait, les mesures préventives à considérer sont différentes. Il
convient donc, en premier, d’identifier le ou les types de retraits susceptibles de se
manifester pour un ouvrage donné.

La conséquence d'un retrait non maîtrisé est une fissuration du béton. Cette
ouverture des fissures peut être limitée si des mesures sont prises dès :

 la formulation du béton avec le choix du ciment pour limiter l'exothermie


de la réaction d'hydratation du ciment et de la quantité d'eau libre dans le
béton,

 la mise en œuvre en protégeant le béton par un produit de cure et en


laissant le coffrage en place pendant un temps suffisant pour limiter
l'échange d'eau avec le milieu extérieur quand la résistance du béton est
faible,

 la limitation des contraintes de traction dans le béton,

 la limitation des diamètres des armatures du ferraillage dans la pièce en


béton armé considérée pour répartir la fissuration et contrôler l'ouverture
des fissures.
Ces mesures sont d'autant plus nécessaires que le retrait est gêné, par exemple,
quand une dalle est bétonnée sur une poutre préfabriquée, voire bloqué, par
exemple, dans le cas d'une structure mixte acier-béton ou d'une dalle bloquée par les
murs périphériques.

92
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

CHAPITRE 3

THEORIE IRREVERSIBLE DU BETON

3.1 GENERALITES
Le matériau de construction béton a un comportement dépendant du temps après
l’application d’une charge ou d’une déformation, qui a une influence sur l'état de
contrainte et de déformation d'une structure. Ce comportement dépendant du temps
peut être attribué aux trois causes suivantes:

Fluage
La charge sur une section de béton entraîne une déformation élastique. Sous l'influence de
cette charge permanente, des déformations dépendant du temps apparaissent. Elles tendent
progressivement vers une valeur finale. La mise en œuvre du fluage du béton s’effectuera sur
la base du coefficient de fluage (t, t0). Ce coefficient est sans dimension et dépend de
nombreux facteurs différents, tels que l'âge du béton au début du chargement, l'humidité
relative et la résistance à la compression de ce béton.

Relaxation
C'est un changement dépendant du temps de la contrainte causée par la
déformation imposée.

Retrait

Sans l'action des contraintes extérieures, le séchage du béton conduit à un


raccourcissement qui atteint une valeur maximale dans le temps.

Ces phénomènes se développent différemment selon le temps et peuvent donc


être considérés séparément. En général, l'évolution temporelle des contraintes et des
déformations du béton est un problème particulièrement compliqué.

93
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

Immédiatement, après la prise du béton ou à la fin de la cure humide, les


déformations du retrait sh(t) commencent à se développer et continuer à augmenter
à un taux décroissant. Lors de sa mise en charge, le béton subit une déformation
élastique instantanée e(t) (Fig 3.1). La sollicitation étant permanente, il s’y ajoute une
déformation plastique dite fluage cr(t). Cette dernière déformation croît rapidement
après la mise en charge et augmente ensuite d’une manière exponentielle dans le
temps pour atteindre pratiquement une valeur maximale après quelques années.
Cette dernière valeur est considérée comme la valeur finale.

εc(t)
F
σ().(t,)
D
σ(τ)/E(τ)

σ(1).(t,1)

C
(t)
σ(τ1)/E(τ1)

A
εr(t)

t
O τ1 τ t
Fig 3.1 : Composantes de la déformation du béton

OA: déformation due au retrait du béton,


AB: déformation instantanée due à l’application du 1er chargement au temps 1,
BF: déformation de fluage relative au 1er chargement,
CD: déformation instantanée due à l’application du 2ème chargement au temps ,
DE: déformation de fluage relative au 2ème chargement,

3.2 DIFFERENTS COMPRTEMENTS DU BETON

3.2.1 Comportement élastique


La plupart des matériaux se comportent élastiquement et presque sous faibles
contraintes. Comme l'illustre la courbe en trait plein de la figure (Fig. 3.2), une
réponse élastique immédiate est obtenue lors du chargement. Ensuite, la contrainte
reste constante tant que la contrainte est fixe et disparaît immédiatement après le

94
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

retrait de la charge. La caractéristique principale de la déformation élastique est la


réversibilité.

3.2.2 Comportement plastique


Si la contrainte est trop élevée, le comportement n'est plus élastique. La contrainte
limite au-dessus de laquelle le comportement n'est plus élastique est appelée la limite
élastique. La contrainte qui ne disparaît pas après l'élimination de la contrainte est
appelée la contrainte inélastique et la déformation qui en résulte est appelée
déformation plastique (courbes en pointillés sur la figure (Fig. 3.2). La déformation
plastique est définie comme indépendante du temps.

0

0 t0 t

 Viscoélastique

Plastique

Elastique Recouvrance

0 t0 t
Fig. 3.2 : Diverses réponses sous une charge constante

3.2.3 Comportement viscoélastique


Certains matériaux présentent une action élastique lors du chargement, puis une
augmentation lente et continue de la déformation à une vitesse décroissante est
observée. Lorsque la contrainte est éliminée, une contrainte décroissante continue
suit une récupération élastique initiale. De tels matériaux sont significativement
influencés par le taux de déformation ou de contrainte, c’est-à-dire plus le temps
nécessaire pour atteindre la valeur finale de la contrainte à un taux de contrainte

95
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

constant est long, plus la contrainte correspondante est importante. Ces matériaux
sont appelés viscoélastiques [WIL 76].

Parmi les matériaux présentant un comportement viscoélastique figurent les


plastiques, le bois, les fibres naturelles et synthétiques, le béton et les métaux à des
températures élevées. Puisque le temps est un facteur très important dans leur
comportement, ils sont aussi appelés matériaux dépendant du temps. Comme son
nom l'indique, la viscoélasticité combine l’élasticité et la viscosité (écoulement
visqueux) [WIL 76].

Le comportement dépendant du temps des matériaux viscoélastiques doit être


exprimé par une équation constitutive qui doit inclure, en plus des variables de
contrainte et de déformation, le temps en tant que variable cardinale. Par conséquent,
le comportement dépendant du temps des matériaux est devenu d'une grande
importance [WIL 76].

Deux méthodes sont utilisées pour étudier le comportement viscoélastique


unidimensionnel du béton:

 le test de fluage, où la contrainte est maintenue constante et où


l'augmentation de la déformation dans le temps est enregistrée, et

 le test de relaxation, où la contrainte est maintenu constante et la


diminution de la déformation au fil du temps est enregistrée.

Plus le béton est chargé longtemps, plus la déformation est importante et plus
l'âge du chargement est élevé, plus la déformation est faible. Ce comportement classe
le béton comme un matériau viscoélastique vieillissant. En fait, la plupart des
propriétés mécaniques du béton dépendent de l'âge. La formulation mathématique
pour les matériaux vieillissant est plus complexe que pour les matériaux non-
vieillissement [KUM 06].

3.2.4 Linéarité
Le matériau est dit linéairement viscoélastique si la contrainte est proportionnelle
à la déformation à un instant donné, et le principe de superposition linéaire est vrai.

96
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

Ces exigences linéaires peuvent être énoncées mathématiquement dans deux


équations [WIL 76]:

 c   t   c   t 


(3.1)

 1  t    2  t  t1    1  t     2  t  t1 


(3.2)

 et  sont, respectivement, la déformation obtenue suite à la contrainte appliquée


et c est une constante [WIL 76].

La première équation (Eq. 3.1) indique que la déformation au temps t due à la


contrainte appliquée c(t) est égale à la déformation résultant de la contrainte
appliquée (t) multiplier au scalaire c [WIL 76].

La deuxième situation, (Eq. 3.2), stipule que la déformation due à une combinaison
de deux contraintes arbitraires différentes 1 et 2, appliquées à des moments
différents t1 et t2, ε[1(t) + 2(t-t1) ] est égale à la somme des déformations résultant
des deux contraintes t) et 2(t-t1) agissant individuellement. Cette deuxième
exigence est souvent appelée le principe de superposition de Boltzmann [BOL 76,
WIL 76].

Ces deux exigences sont illustrées aux figures (Figs. 3.3).

 
C 1 + 2
1
 2

0 t 0 t0 t

[1(t)] + [2(t – t0)]


[2(t-t0)]

C(t) (t)
[1(t)]

0 t 0 t0 t
(a)
t
Fig. 3.3 : Illustration du comportement linéaire d'un matériau

97
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

3.3 MODELES RHEOLOGIQUES

3.3.1 Introduction
La rhéologie est la science pour la formulation des déformations dépendant du
temps dans les matériaux liquides et solides. Elle décrit la relation entre les
contraintes et les déformations dans un matériau. Dans un modèle rhéologique, le
comportement réel d’un matériau est simulé par une combinaison de corps idéaux
théoriques avec des propriétés rhéologiques strictement définies. La déformation
élastique avec le module d'Young, E, est représentée par un ressort, et la déformation
visqueuse avec la viscosité  est représentée par un amortisseur.

Un modèle rhéologique est utilisé pour modéliser le comportement d’un matériau,


et d'étudier les réponses que ce matériau oppose aux sollicitations mécaniques qu'il
subit et de les décrire par des relations mathématiques. Concernant la viscoélasticité
linéaire, les modèles rhéologiques sont composés d’une combinaison de connexions
en série et/ou parallèle de ressorts, de coefficients d’élasticité E, et d’amortisseurs, de
coefficients de viscosité , élémentaires représentant les composantes élastique et
visqueuse, respectivement. Il existe des modèles performants pour décrire la
viscoélasticité, approchant de façon satisfaisante les courbes de caractérisation
mécanique, mais de complexité mathématique élevée. Certaines lois de
comportement sont intégrées dans des logiciels de calcul par éléments finis traitant la
viscoélasticité.

3.3.2 Différents modèles rhéologiques


3.3.2.1 Les éléments de base
Tous les modèles viscoélastiques linéaires sont constitués de ressorts linéaires et
d’amortisseurs visqueux linéaires.

Contrairement au comportement élastique où deux constantes sont utilisées pour


décrire un matériau élastique isotrope homogène pour le comportement
viscoélastique, une loi d'évolution est nécessaire pour décrire comment la contrainte
ou la déformation change avec le temps. D’où, le comportement des matériaux
viscoélastiques peut être estimé avec succès par la création de modèles rhéologiques

98
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

basés sur deux éléments fondamentaux: un ressort linéaire et un amortisseur linéaire


visqueux (Fig. 3.4).

 
0

R t0 t


0 0 = 0/R

t0 t

 
0 0 0 = 0/R


 (t) = 0 t/
(t) = 0 (t)

t t

Fig. 3.4 : Comportement d'un ressort linéaire et d'un amortisseur linéaire.

Comme le montre la figure (Fig. 3.4), la vitesse de déformation  est


proportionnelle à la contrainte, car l'amortisseur se déformera continuellement à une
vitesse constante lorsqu'il est soumis à une contrainte constante.

R : le module d'Young du ressort.


 : est appelée coefficient de viscosité.

En combinant les éléments de base, on construit des modèles rhéologiques de


complexité variable. Les deux modèles de base sont le modèle Kelvin (ou Voigt) et le
modèle Maxwell

99
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

3.3.2.2 Modèle de Maxwell


Le modèle de Maxwell est un modèle à deux éléments constitué d'un ressort
linéaire et d'un amortisseur visqueux linéaire connecté en série comme le montre la
figure (Fig. 3.5).

 

0
0

R 2 t0 t t0 t


 
0/R  = 0

 1 0/R 0t0/

t0 t t0 t

Fig. 3.5 : Comportement d'un modèle de Maxwell.

3.3.2.3 Modèle de Kelvin


Le modèle Kelvin est représenté sur la figure (Fig. 3.6) où un ressort et amortisseur
sont connectés en parallèle.



1 2
0

R  t0 t

0/R
0

t0 t1 t

Fig. 3.6 : Comportement d'un modèle de Kelvin.

100
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

3.3.2.4 Modèle de Burgers ou modèle à quatre éléments


Le modèle de Burgers est représenté sur la figure (Fig. 3.7) où un modèle Maxwell
et Kelvin sont connectés en série. L'équation constitutive pour un modèle de Burgers
peut être dérivée en considérant la réponse de contrainte sous une contrainte
constante de chacun des éléments couplés en série comme le montre la figure (Fig.
3.7). La déformation totale à l'instant t sera la somme de la déformation dans les trois
éléments, où le ressort et l'amortisseur dans le modèle Maxwell sont considérés
comme deux éléments



0
R1 1

t0 t
1 2
2 
B
1 BC = OA
A’  C
R2 2 2
3 A 
3
0 t0/1
O

Fig. 3.7 : Comportement d'un modèle de Burgers.

3.3.2.5 Modèles Maxwell et Kelvin généralisés


Le modèle de Kelvin généralisés
R1
se compose de plusieurs modèles R1 1
1
de Maxwell en série sont représentés
sur la figure (Fig. 3.8) ou en R2 L R R2 2
parallele comme le montre la figure 2 
(Fig. 3.9)

Rn
Rn n
n

Fig. 3.8 : Modèles Maxwell généralisés en série.

101
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

R1 R2 R3 Rn

1 2 3 n

L
R1 1 R2 2 Rn n R 

Fig. 3.9 : Modèles Maxwell généralisés en parallèle.

3.3.2.6 Modèle de Kelvin-Voigt


Appelé aussi, modèle solide linéaire standard (SLS) ou modèle de Voigt (Fig. 3.10).
Il est obtenu par assemblage en série d’un ressort et d’un modèle de Kelvin-Voigt. Ce
modèle, ne décrit pas la relaxation de contrainte d’un matériau.

 R 

Fig. 3.10 : Modèle de Kelvin-Voigt

3.3.2.7 Modèles de Poynting et Thomson


Le modèle de Poynting et Thomson est également qualifié de modèle SLS de type
Maxwell car il est obtenu par assemblage en parallèle d’un ressort et d’un modèle de
Maxwell (Fig. 3.11).

102
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

R
 
 R

Fig. 3.11 : Modèle SLS de type Maxwell

3.3.2.8 Modèle de Kelvin-Voigt généralisé


Il est constitué d’un assemblage en série de n modèles de Kelvin-Voigt.

3.3.2.9 Modèle de Zener


Le modèle de Zener ou modèle du solide linéaire standard (SLS) : composé d’un
modèle de Maxwell et d’un ressort (apportant l’élasticité instantanée) assemblés en
parallèle; le modèle le plus simple prédisant à la fois le fluage et la relaxation de
contrainte.

 

Maxwell
Fig. 3.12 : Réponse de modèles simples

Kelvin-Voigt

Zener Zener
Kelvin-Voigt

Maxwell

t t
Essai de fluage Essai de relaxation

Fig. 3.12 : Réponse de modèles simples

103
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

3.4 ANALYSE DEPENDANT DU TEMPS

3.4.1 Introduction
Une analyse élastique structurelle qui inclut les effets dépendant du temps, tels

que le retrait et le fluage, n’est pas fondamentalement différente de toute autre

analyse structurelle [GIL 91]. D’où, trois conditions de base doivent être remplies:

 l’équilibre des forces;

 la compatibilité des déformations, et

 les lois de comportement du matériau.

3.4.2 Notions et bases théoriques


3.4.2.1 Déformation du béton
L’évolution des composantes de la déformation totale (t) dépendant du temps

d’une éprouvette en béton soumise à une charge axiale, est la somme des

déformations élémentaires suivantes [FAV 97, BIR 76] :

 déformation instantanée élastique el(t),

 la déformation du fluage cr(t), qui augmente au-delà de la déformation

élastique au fil du temps.

 la déformation du retrait sh(t), résultant du raccourcissement dû à la

déshydratation sur le même corps en béton non chargé.

 la dilatation thermique T(t),

La structure complexe du matériau béton signifie qu'un grand nombre de facteurs

influencent l’ordre de grandeur et l'évolution de ces déformations à long terme. En

raison des nombreux résultats de test disponibles aujourd'hui, ces facteurs peuvent

être affectés aux circonstances suivantes:

104
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

 la qualité du béton,

 les conditions de stockage.

 les dimensions de l'échantillon.

Fig 3.13 : Composantes de la déformation du béton

La déformation au fluage d'un corps en béton dépend aussi:

 l’intensité de la charge appliquée par rapport à la résistance du béton à la

compression.

 l'âge du béton lors de l'application de la charge.

En réalité, ces quatre déformations se développent en concomitance, mais en

théorie et malgré que n’étant pas correcte, elles sont calculées indépendamment et

combinées pour obtenir la déformation totale (t) de l’éprouvette [ADM 00].

Généralement, la déformation totale d’un élément en béton se calcule sous

température constante [BAZ 88, GIL 91]. Nous pouvons écrire donc :

105
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

 t   e t   cr t   sh t  (3.3)
3.4.2.2 Coefficient de fluage et fonction de fluage
A tout instant t, le fluage du béton peut être quantifié en utilisant le coefficient de

fluage (t, ) et la fonction de fluage J(t, τ) [BAZ 88, GIL 91]. Nous définissons :

a- Le coefficient de fluage  à l’instant t est le rapport de la déformation de fluage

cr(t) à la déformation élastique e(t) et est donné par:

 cr t , 
 t ,   (3.4)
 e t 

Des progrès significatifs ont été réalisés ces dernières années dans la connaissance

des lois physiques qui sous-tendent ces déformations à long terme.

L'approche linéaire qui suppose que l'amplitude de la déformation de fluage cr(t)

est proportionnelle à l'amplitude de la contrainte constante appliquée a également

été confirmée comme utile par des expériences récentes. Ce qui permet d’écrire qu’à

tout instant t, la déformation de fluage cr(t) est liée à la déformation élastique e(t)

par le biais du coefficient de fluage (t, ) conformément à l’expression suivante:


 cr  t    el  t    t     t 
E (3.5)

Dans ce cas, le module d'élasticité E = Ec28 est utilisé comme valeur de référence à

l'âge du béton.

La figure (Fig. 3.14) montre la série de courbes de fluage pour l'âge de charge  = 8,
28, 90, 365 jours déterminées pour un béton spécifique à partir d'une série
d'expériences. Dans ces expériences, tous les échantillons étaient faits du même béton
et exposés aux mêmes conditions de stockage. Ainsi, seul le temps de l’application de
la contrainte 0 et le temps écoulé depuis la contrainte (t-) sont apparus comme
variables.

106
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

La figure (Fig. 3.14) montre clairement l'influence significative de l'âge de


l’application de la contrainte 0 sur la valeur et la vitesse d’accroissement da la
déformation par fluage.

La totalité de la famille des courbes de fluage est représentée mathématiquement

par une fonction  (t, ), où  désigne un âge de chargement arbitraire.

t (en jours)

Fig 3.14 : Courbes de fluage pour différents âges de chargement

Dans la suite, la famille de courbes  (t, ) est citée comme une fonction de fluage.

Pour une contrainte constante (0) appliquée à l'instant t = 0, la déformation de

fluage est obtenue à l'instant t> 0:

  0 
 cr  t     t , 0 
E (3.6)

En se référant à l’équation (Eq. 3.3) et si la déformation élastique el(0) et la

déformation de retrait sh(t) sont ajoutées à la déformation de fluage cr(t), alors la

déformation totale (t) résulte est:

  0    0 
 t      t , 0    sh  t 
E  0  E  0 
(3.7)

L’équation (Eq. 3.7) peut, aussi, être réécrite sous la forme simplifiée suivante:

107
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

  0 
 t    1    t , 0    sh  t 
E (3.8)

3.4.2.3 Principe de superposition


Malheureusement, dans les structures en béton réelles, il est peu probable que
l'état de contrainte soit constant dans le temps. Pour modéliser des conditions de
charge plus complexes, le principe de superposition et sa représentation intégrale est
présenté. Ces méthodes permettent de calculer la déformation si la fonction de fluage
et l'historique des contraintes sont connues ou de calculer la contrainte si la fonction
de relaxation et l'historique des déformations sont connus [KUM 06].

Le principe de superposition, illustré dans la figure (Fig 3.15), appliqué au béton

par McHenry [HEN 43], stipule que les déformations relatives produites par un

incrément de contraintes appliquée en tout temps i ne sont pas affétées par les

contraintes appliquées antérieurement ou ultérieurement. D’où, La courbe de fluage

finale (totale) est supposée être égale à la somme des courbes de fluage agissant

individuellement.

c cr(t)

c(0).C(t, 0)
c(0)
0 temps 0 temps
c cr(t)
c(1).C(t, 1)

c(1)
1 temps 1 temps

c c(0).C(t, 0)
cr(t) +
c(1) c(1).C(t, 1)
c(0)
0 1 temps 0 1 temps

Fig 3.15 : Principe de superposition

108
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

Dans le cas d’une augmentation graduelle de τ jusqu’à t de contraintes, la

déformation totale de l’éprouvette se calcule à laide l’équation intégrale suivante 

BIR 76, BAZ 88, FAV 97, GIL 91 :

  1 
t
 t     0  J t , 0    J t , 1 d   r t  (3.9)
0


Sachant que :

J t , 
1
 C t , 
1
1   t , 
Ec   Ec  

Fig 3.16 : Variation de la déformation en terme de la fonction de fluage

Héréditairement, l’équation (Eq. 3.9) est souvent dénommée « l’équation intégrale

de Volterra» [KUM 06, GIL 91]. La déformation relative au moment de vérification de

la section t, peut être exprimée tout en effectuant une intégration par partie de la

formule (Eq. 3.9) pour avoir l’équation de fluage. Soit alors :

 t  t
  1 
 t            C t ,  d   r t 
Ec t  1
  Ec t  (3.10)

De nombreux essais ont montré qu’il est admis de négliger l’influence du temps

sur le module d’élasticité du béton [FAV 97]. En substituant le coefficient de fluage

(t, τ) donné par l’équation (Eq. 3.4) et en négligeant la variation du module

d’élasticité du béton dans le temps [BAZ 88, FAV 97, GIL 91], nous trouverons la

forme alternative de l’équation de fluage donnée par la relation (Eq. 3.11).

109
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

 t  t

 t      1   t , d   r t 
1
Ec
 
Ec  1 
(3.11)

3.5 THEORIE DE VIEILLISSEMENT DU BETON

3.5.1 Introduction
Le retrait et le fluage du béton jouent un rôle fortement important dans tous les

problèmes de rigidité du béton (déformations, contraintes, effets de joints). La grande

importance de ce phénomène était déjà évidente dans les premières structures en

béton, et basé sur la connaissance du comportement de déformation dépendant du

temps du béton, Dischinger a développé une approche mathématique puissante et

réaliste pour le calcul des problèmes de fluage et de relaxation dans les années trente

[BIR 76].

3.5.2 Approche de Dischinger


Dans le but de formuler, l’analyse dans le temps, du comportement du béton

Dischinger [DIS 37, DIS 39] a utilisé le modèle rhéologique vieillissant de Maxwell

pour dériver une compilation analytique de fluage du béton. Sa méthode est dite

théorie du taux de fluage, appelée aussi théorie de vieillissement du béton ou théorie

irréversible du béton.

Dischinger [DIS 37, DIS 39] a basé ses recherches connues sur le coefficient de

fluage (t, ) représentée sur la figure (Fig. 3.17). Cette famille de courbes est

caractérisée en ce que toutes les autres courbes de la famille sont obtenues par

déplacement parallèle vertical sur la base d'une courbe de fluage unique, elle-même,

basée sur le coefficient de fluage (t, ).

110
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

Fig. 3.17: Fonction de fluage selon Dischinger

t
0  t
(t,)

(t,0) - (1,0)
(t,0)

t
0  t
(t,)

t
0  t
Fig. 3.18: Courbes de fluage selon Dischinger

111
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

Pour des âges de contrainte ultérieurs 1, 2 ...... Les courbes de fluage en parallèle

de la figure (Fig. 3.17) nous permettent, selon l’hypothèse de Dischinger [DIS 37, DIS

39] (Fig. 3.18), de déduire la relation ci-après:

  t ,1     t    1 
Et
  t , 2     t     2 

D’une façon générale, on peut écrire:

  t ,     t     
(3.12)

Une caractéristique particulière de cette famille de courbes est qu'à tout moment

toutes les courbes ont la même pente tangente. Donc c'est:

d  t ,1  d  t , 2  d  t ,  d  t 
  .............  
dt dt dt dt (3.13)

Ainsi, le changement du coefficient de fluage d(t) présent dans un intervalle de

temps dt est le même pour tous les âges de chargement. Il est donc possible d'écrire

pour chaque âge de charge le différentiel dcr(t) survenant dans l'intervalle de temps

dt comme suit:

 t 
d  cr  t   d  t 
E (3.14)

En insérant l'approche (Eq. 3.12) dans l'équation intégrale (Eq. 3.11), on obtient

une relation simple pour décrire la déformation du béton sous des contraintes

variables sous forme de l’équation suivante :

d  t ,   d d  
   t        
d d d (3.15)

D’où, l’équation (Eq. 3.11) donne la relation intégrale suivante:


112
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

t
 t  d  

1
 t       d   sh  t 
E E d
0 (3.16)

Si l'on différencie cette équation par rapport au temps t, alors il en résulte une

équation différentielle sous la forme suivante :

d   t  1 d  t  1 d  t  d  sh  t 
   t  
dt E dt E dt dt (3.17)

Il est supposé que l'évolution dans le temps du retrait sh(t) est identique à celle du

fluage c’est-à-dire en calculant les effets du retrait, sa progression dans le temps est

peut être approximativement affine au fluage (Fig. 3.19). Une telle simplification est

courante pour la prise en compte des problèmes de retrait [BIR 76, KUM 06, GIL 91].

sh, 

sh

t 
Fig. 3.19: L’évolution affine du retrait au fluage

Ce qui donne :

 t 
 sh  t    sh   
 
(3.18)

Après différentiation, on obtiendra :

113
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

 
d   t   sh d  t 
 
(3.19)

Cette équation différentielle du premier ordre est une relation constitutive. Pour le

béton, elle peut être facilement incluse dans l’analyse structurale [BIR 76, GIL 91].

La solution résultant de cette équation différentielle est facilement obtenue pour

une variété de problèmes pratiques [BIR 76, GIL 91]. L’équation (Eq. 3.17) peut être

exprimée aussi en fonction du coefficient de fluage (t, τ) comme variable

indépendante et on aura:

d  t ,  1 d  c t   c t  
   sh (3.20)
d Ec  0  d  Ec  0    0 

L’équation (Eq. 3.20) a été mise au point par Dischinger. Pour des structures en

béton, ce type de relation différentielle constitutive est souvent désigné comme

«l’équation d’état de Dischinger» [GIL 91].

Il est à préciser que la théorie de la viscoélasticité linéaire s’applicable lorsque :

 le béton ne dépasse pas sa résistance en traction, et

 40% de sa résistance en compression

3.5.3 Méthode du temps équivalent


Le comportement viscoélastique du béton peut être modélisé aussi en appliquant

une autre approche dite ”temps équivalent” développée par Lau [LAU 86]. Cette

méthode a pour principe de remplacer l’intégrale héréditaire par un seul terme

caractérisant toute l’histoire des sollicitations. La méthode du temps équivalent est

limitée par son application dans le cas où la contrainte varie de manière monotone.

Donc, elle ne représente pas la recouvrance. Cette méthode a été, par la suite,

améliorée par Boeraeve [BOE 88]. Il a proposé de décomposer la contrainte réelle en

114
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

deux parties monotones pour que la méthode du temps équivalent puisse

s’appliquer à chaque partie. Boeraeve [BOE 88] a appelé cette approche ”méthode du

temps équivalent améliorée”.

3.6 CONCLUSION

Ce chapitre présente les principes généraux de la viscoélasticité linéaire dans le cas

du matériau béton d’une part et les différents modèles rhéologiques utilisés en

viscoélasticité d’autre part. Il expose aussi le développement de l’équation

constitutive nécessaire pour décrire les effets viscoélastiques dépendant du temps t.

Cette équation est la base de notre actuelle approche proposée à travers cette thèse.

De ce chapitre, il a été conclut ce qui suit :

L’approche Dischinger, même si mathématiquement est très attractive, a constaté

plusieurs manquements à savoir :

La formulation de Dischinger implique que les courbes de fluage sont parallèles

pour tous les âges. Les résultats expérimentaux n'indiquent pas que l'hypothèse est

valide, comme le montre la figure (Fig. 3.20), où les courbes de fluage ne sont pas

parallèles mais sont affines [KUM 06].


Déformation (x 10-6)

T en jours

Fig 3.20 : Courbes de fluage

115
Chapitre 3 Théorie irréversible du béton

L’hypothèse de courbes de fluage parallèle entraîne une importante sous-

estimation du fluage dans le béton vieux. La théorie du taux de fluage sous-estime

donc le fluage pour une histoire de contrainte croissante. Cette erreur peut être

considérable en cas d’augmentation importante des contraintes surviennent à des

moments τi >>τ0.

Dans le cas d’une histoire de contrainte décroissante au cours du temps, la

récupération de fluage n’est pas prévue dans cette approche car, en supprimant la

contrainte appliquée le taux de changement de fluage sera nul. Ce qui nous permet

de conclure que les déformations de fluage sont donc surévaluées. En contre partie,

si :

 la contrainte ne varie pas trop avec le temps, et

 le béton est relativement jeune au moment de chargement

La théorie du taux de fluage donne d’excellents résultats.

Le retrait se développe, par hypothèse, au même rythme que le fluage. La

variation graduelle, dans le temps, du retrait peut donc se traduire en utilisant le

coefficient de fluage (t, τ).

116
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

CHAPITRE 4

COMPORTEMENT DEPENDANT DU TEMPS DES POUTRES


MIXTES ACIER-BETON

4.1 INTRODUCTION

Le comportement dépendant du temps du béton, en liaison avec les propriétés


constantes de l'acier, donne lieu à une série de phénomènes qui changent clairement
l'état de contrainte de la section transversale. A ce stade, le problème est qu'une
structure mixte acier-béton est très susceptible de modifier ses propriétés
structurelles avec le temps, ce qui signifie qu'il est très difficile pour les concepteurs
de définir les propriétés transversales correctes à chaque moment de la conduite
d’une analyse à long terme. Un autre aspect de ce problème est que les éléments de la
poutre mixte subissent généralement des changements dans leur action en raison du
glissement à l'interface acier/béton. L'étendue de ce glissement n'est pas seulement
difficile à prévoir, mais conduit également à des interactions partielles entre l’acier et
le béton, ce qui peut avoir un effet significatif sur l'analyse par rapport à l'interaction
complète. Donc, un obstacle considérable lors de la conception des structures mixtes
acier-béton [BRA 92]. D’où, le problème majeur dans l'analyse du comportement des
poutres mixtes acier-béton se divise en deux importantes difficultés [KIM 14]:

 la complexité structurelle qui résulte inévitablement par la combinaison de


deux matériaux très différents tels que l'acier et le béton en un seul élément
mixte.

 le niveau d'incertitude concernant les propriétés du béton qui suit un


comportement viscoélastique et variable dans le temps et par suite
l’estimation du retrait et du fluage est devenue compliquée.

117
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

4.2 COMPORTEMENT DEPENDANT DU TEMPS


Suite à l’application d’une charge ou d’une déformation, les poutres mixtes acier-
béton auront un comportement dépendant du temps. Ce comportement a une
influence directe sur l'état de contrainte et de déformation de cette poutre mixte. Ce
comportement dépendant du temps peut être attribué aux trois causes suivantes:

4.2.1 Fluage
La charge sur une section de béton entraîne une déformation élastique. Sous
l'influence de cette charge permanente, des déformations dépendant du temps
apparaissent. Elles tendent progressivement vers une valeur finale. La mise en œuvre
du fluage du béton s’effectuera sur la base d’une fonction dite de fluage J(t, t0). Elle
est sans dimension et dépend de nombreux facteurs différents, tels que :

 l'âge du béton au début du chargement,

 l'humidité relative,

 la résistance à la compression du béton,

 l’épaisseur du corps et,

 la température,

L’analyse des effets du fluage linéaire exige que les contraintes appliquées sur
l’élément béton se situent dans la plage d'aptitude au service (c < 0,40 fcm), c'est-à-
dire que le fluage et la contrainte appliquée sont proportionnels. Pour des contraintes
de béton plus importantes, cette simplification ne s'applique pas et l'augmentation
disproportionnée du fluage avec des contraintes croissantes n'est pas négligeable.

(t0) -
(t)

A.N : t = t0 -

A.N : t > t0

Fig. 4.1 : Diagramme type des contraintes dues au fluage du béton

118
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

 

d
 
d

0 0
1 2 t 1 t
Fig. 4.2 : Evolution des déformations en fonction de l’action du chargement

4.2.2 Retrait

Sans l'action des contraintes extérieures, le séchage du béton conduit à un


raccourcissement qui atteint une valeur maximale dans le temps. Le retrait du béton
est un phénomène indépendant de la charge dans lequel l'eau chimiquement non liée
du gel de ciment s'évapore. Puisque le séchage du béton est un processus de
diffusion très lent, le retrait ne se développe que lentement. Pour modéliser le retrait
du béton, il est supposé que son évolution dans le temps est identique à celle du
fluage (le phénomène du retrait est détaillé en chapitre 2).

Fig. 4.3 : Diagramme type de contraintes dues au retrait du béton

 = sh

t
0
Fig. 4.4 : Evolution des déformations de retrait

119
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

4.2.3 Relaxation

Un cas particulier de fluage est la relaxation du béton. Dans ce cas, une réduction
temporelle des contraintes de béton due à une déformation forcée prendre naissance.
Donc, la relaxation est un changement dépendant du temps de la contrainte causée
par la déformation unitaire imposée. Des problèmes de relaxation se produisent
souvent lors de l'abaissement soudain des appuis. Comme pour le fluage, ce
phénomène est décrit par une fonction temporelle appelée fonction de relaxation.

Ces phénomènes se développent différemment selon le temps et peuvent donc


être considérés séparément. En général, l'évolution temporelle des contraintes et des
déformations du béton est un problème particulièrement compliqué.

 
0


0

1 2 t 1 2 t
Fig. 4.5 : Evolution de la relaxation

4.3 EVALUATION DES EFFETS DEPENDANT DU TEMPS

4.3.1 Introduction
Le comportement temporel des sections mixtes est très différent de celui des
sections en béton pur. L'influence mutuelle entre le béton et l'acier de construction
conduit, en fonction du temps, au développement de variables de réarrangement qui
modifient l'état de contrainte interne de la section transversale mixte acier-béton. Le
calcul de ces forces internes supplémentaires s’obtiendra en se basant sur l’une des
trois méthodes suivantes:

4.3.2 Principe différentiel


Le point de départ de la résolution du problème du retrait et de fluage est
l’équation d’état de Dischinger [DIS 37, 39]. Les proportions des forces internes du

120
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

fluage et du retrait sont exprimées à l'aide d'équations différentielles. Les conditions


d'équilibre et de compatibilité conduisent à un système couplé d'équations
différentielles qui ne peuvent être résolues sans hypothèses appropriées. Ces
solutions ont une forme exponentielle et sont dans le travail de Sattler [SAT 59] et
Haensel [HAE 75]. Les figures (Fig. 4.6, 4.7 et 4.8) représentent l’équilibre statique et
la compatibilité en courbure et en déformation d’une poutre mixte acier-béton pour
le retrait, le fluage et la relaxation respectivement.

4.3.2.1 Retrait

Fig. 4.6 : Equilibre statique et compatibilité d’une poutre mixte acier-béton sous le retrait du béton

rait du béton

121
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

4.3.2.2 Fluage
a- cas d’une charge constante

a- cas d’une charge variable

Fig. 4.7 : Equilibre statique et compatibilité d’une poutre mixte acier-béton sous le fluage du béton

122
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

Lors de la détermination de l'évolution temporelle des variables de réarrangement à


la suite d’une charge appliquée progressivement, il suffira de changer seulement les
éléments de la charge.

4.3.2.3 Relaxation

Fig. 4.8 : Equilibre statique et compatibilité d’une poutre mixte acier-béton sous une relaxation.

4.3.3 Principe par équations intégrales


Cette méthode intègre les quantités de toute l’histoire de contraintes appliquées
sur une période donnée. L'équilibre et les conditions de compatibilité aboutissent à
un système d'équations intégrales couplées, qui ne peut généralement être résolu que
numériquement.

Ɛc(t) Nc(t)
Mc(t)
ac
a N(t)

as M(t)
Ɛs(t) Ns(t)
Ms(t)

c(t) = s(t)

Fig. 4.9 : Principe de calcul par équations intégrales

123
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

4.3.4 Principe incrémental


Dans ce processus, les équations différentielles qui ne peuvent pas être résolues
analytiquement peuvent être exprimées algébriquement en utilisant la méthode des
différences finies. La période considérée est subdivisée en intervalles de temps
inégaux, dans lesquels l’équilibre statique et la compatibilité de la section
transversale mixte sont remplies. Les solutions à la fin de chaque intervalle
dépendent des résultats des étapes de temps précédentes [HAN 98, RAU 78, GHA
86, OBH 83].

Fig. 4.10 : Principe de calcul incrémental

4.4 TRAVAUX FAITS


Bien qu'il soit généralement reconnu que les analyses à long terme des structures
mixtes acier-béton sont difficiles à réaliser, le fait que de nombreux ingénieurs
structurels continuent d'accorder une importance majeure à cela est une indication de
l'importance de l'utilité dans la conception des bâtiments.

Les effets temporels du glissement et du retrait dans le béton peuvent avoir des
résultats malheureux, ce qui entraîne [STE 06] :

 la fissuration du béton,

124
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

 la redistribution des moments et,

 des changements importants dans les déflexions,

Ce qui peut modifier considérablement la réponse structurelle des poutres mixtes


acier-béton. Une grande recherche a donc été consacrée à l'identification des
corrélations entre les effets du fluage et du retrait et le comportement structurel
résultant dans les structures mixtes.

Les résultats d'Alsamsam [ALS 91, KIM 14] ont confirmé que les déflexions
dépendant du temps d'une poutre mixte acier-béton en raison du frottement et du
retrait sont importantes et ne peuvent pas être ignorées pendant la conception, ce qui
souligne la nécessité pour le concepteur de contrôler adéquatement la déflexion et la
fissuration à n'importe quel endroit au cours d'une période donnée.

Au début des années 1990, une étude approfondie des effets du fluage et du retrait
sur des poutres mixtes acier-béton a été menée par Bradford et Gilbert [BRA 91]. Ils
ont élaboré un certain nombre d'approches analytiques qui pourraient être utilisées
pour calculer les contraintes à court et à long terme et les déflexions des poutres
mixtes acier-béton. Ces études comprenaient de nombreuses applications de
conception et leurs résultats ont été soutenus par des vérifications expérimentales
utiles. Pour une analyse dépendante du temps, il est essentiel que les effets du fluage
et du retrait soient adéquatement considérés dans la conception car la force et le
moment générés dans les éléments en acier de la section transversale en empêchant
le frottement et le retrait dans le béton entraînent une courbure accrue et un transfert
progressif des contraintes du béton à l'acier. Dans la plupart de leurs travaux publiés,
Bradford et Gilbert ont appliqué des méthodes existantes pour faire face à la réponse
structurelle due au risque de fluage et au retrait, comme la méthode du taux de
fluage (RCM) et la méthode de l’âge ajustée des modules efficaces (AAEM). Ces deux
méthodes impliquent des procédures de solution qui assurent la compatibilité des
contraintes et des courbures à chaque point de la section transversale, ce qui permet
d'obtenir à chaque instant t, les contraintes, les déformations et les courbures des
poutres mixtes en acier et béton [BRA 91]. En 1991, Bradford et Gilbert ont réalisé un
test expérimental significatif pour valider leur méthode proposée en ce qui concerne

125
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

les comportements dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton. L'étude


comprenait des essais de poussée pour déterminer la contribution des connecteurs de
cisaillement montés entre l'acier et le béton, ainsi qu'une comparaison de deux
densités de connecteur différentes pour identifier l'effet des déformations de
glissement. Les résultats de cette étude ont fourni des données de référence pour
l'étalonnage des traitements théoriques qui incorporent le fluage, le retrait et le
glissement des connecteurs [BRA 91].

Au cours de leurs recherches, Bradford et Gilbert [BRA 91] ont étudié les poutres
mixtes à interaction partielle, en s'appuyant sur leurs recherches antérieures
concernant l'analyse des structures mixtes acier-béton en pleine interaction. En
examinant les résultats dépendant du temps du fluage et du retrait, ils ont observé
que les poutres présentant un glissement le long d'une interface acier-dalle contenant
un nombre relativement faible de goujons avaient des valeurs de déflexion plus
grandes que des poutres similaires sans glissement. Deux poutres ont été conçues
pour avoir une interaction presque complète, avec des paires de goujons à des
intervalles de 200 mm le long de la poutre, tandis que les deux autres poutres ont été
conçues avec des paires de goujons espacées de 600 mm. Bradford et Gilbert [BRA
92] ont mis au point un modèle théorique de la réponse temporelle des poutres
mixtes simplement appuyées qui combinait une analyse transversale utilisant avec
une analyse longitudinale pour tenir compte des effets de glissement. Ils ont comparé
les prédictions de la théorie avec les résultats du test et ont trouvé un bon accord
entre les deux.

Pour analyser les effets différés dans une poutre mixte acier-béton en connexion
partielle, Boeraeve [BOE 91] a développé un modèle d’éléments finis en grands
déplacements. Dans ce modèle, les paramètres du retrait et du fluage peuvent être
déterminés en utilisant : le code américain (American Concrete Institute 209 model),
ou celui du Comité Européen du Béton [CEB 84] et de Bažant et Panula [BAZ 78].

Avec un modèle élément fini à 10 degrés de liberté, Amadio et Fragiacomo [AMA


93] ont pu intégrer les effets de fluage et de retrait dans les poutres mixtes avec
interaction partielle. Dans ce travail, la méthode AAEM a été utilisée pour tenir

126
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

compte les effets différés du béton et que l’acier et le connecteur sont supposés
linéairement élastique.

Le modèle analytique présenté par Jiansheng et al [JIA 10] pour l’analyse de l’état
des contraintes à long terme des poutres mixtes acier-béton, en connexion parfaite,
sous charges de service est basé sur la procédure pas à pas. Ce modèle prend en
compte la fissuration de la dalle, le fluage et le retrait du béton sous moment de
flexion négatif. Cette méthode proposée permettra d’évaluer la largeur maximale de
la fissure sous l’effet de retrait et de fluage. Pour valider le modèle, quatre poutres
mixtes chargées en continu pendant environ trois ans ont été analysées par
l’application du modèle proposé. Un bon accord est observé entre les résultats
expérimentaux et les calculs du modèle proposé.

Plusieurs travaux sur le comportement différé dans les poutres mixtes acier-béton
avec interaction partielle ont été publiés par Dezi et al [DEZ 93a, 93b, 93c et DEZ 96].
Ils ont développé un modèle basé sur la méthode des différences finies pour résoudre
les équations d’équilibre exprimées en fonction des déplacements. Dans les deux
premières recherches [DEZ 93a, 93b], le comportement viscoélastique du béton a été
modélisé par une représentation intégrale discrétisée par la méthode générale pas-à-
pas de Bažant [BAZ 72]. Tandis que dans les deux autres travaux, les méthodes
algébriques (AAEM, EM et MS) ont été utilisées.

En se basant sur les méthodes algébriques (à un pas), Faella et al. [FAE 02] ont
formulé un élément fini permettant d’évaluer les effets du temps des poutres mixtes
acier-béton en connexion partielle.

A l’aide du principe d’équilibre Virtuoso et Vieira [VIR 04] ont développé un


élément fini pour montrer les effets du temps dans les poutres mixtes continues avec
interaction partielle. Dans ce modèle, l’approche par la méthode ”rate-type” de
Bazant [BAZ 74] a été utilisée pour modéliser la viscoélasticité du béton. De même,
Jurkiewiez et al [JUR 05] ont utilisé la méthode ”rate-type” pour traiter
analytiquement cette même problématique.

Dans le travail de Gara et al. [GAR 09], une formulation d'éléments finis de poutre
pour l'analyse à long terme des poutres mixtes acier-béton a interaction de

127
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

cisaillement partielle à l'interface dalle-poutre est présentée. Dans cette formulation,


le béton est considéré non fissuré même en traction et se comporte de manière
viscoélastique linéaire.

Valipour et Bradford [VAL 09] et Hwang et Kwak [HWA 13], ont donné des
formulations par éléments finis adaptées aux poutres mixtes acier-béton sous charges
à court terme. Dans ces travaux, il a été considéré les non-linéarités matérielles et
l'interaction de cisaillement partielle le long de l’interface acier-béton.

Un modèle analytique très intéressant du comportement des poutres mixtes


continues sous charge de service est présenté par Gilbert et Bradford [GIL 95].
Contrairement aux autres modèles, celui-ci tient compte de la fissuration de la dalle
de béton suite à un moment de flexion négatif sur chaque support intérieur. En outre,
il prend en considération aussi la déformation dépendant du temps causée par le
fluage et le retrait dans la dalle en béton.

Dans les travaux de Jiang et al. [JIA 09] et Sakr et Sakla [SAK 08], la flexibilité de la
connexion de cisaillement à l'interface dalle-poutre est négligée. Par contre, les effets
du fluage et du retrait de la dalle béton sont pris en compte uniquement pour le cas
du béton non fissuré.

L’effet du retrait et du fluage du béton sur le comportement des poutres mixtes


acier-béton en connexion complète à l’interface acier-béton a fait l’objet des analyses
effectuées par Gilbert [GIL 89] et Partov et Kantchev [PAR 09]. Dans ce même
contexte, en supposant une interaction complète et en utilisant la méthode AAEM,
Bradford [BRA 91] a développé une méthode simplifiée pour calculer la flèche à long
terme d’une poutre mixte acier-béton.

La recherche actuelle sur le comportement à long terme des structures mixtes en


acier et béton associées au fluage et au retrait ne se limite pas uniquement au
comportement local d'une seule poutre ou colonne mixte. Une étude plus
approfondie et complète de la réponse structurelle d'un cadre entier composé d'un
certain nombre de membrures mixtes est maintenant au centre de l'attention après
avoir traversé une étape intermédiaire dans laquelle les ingénieurs ont étendu leur
portée de recherche sur les poutres mixtes continues [GIL 95]. Des recherches

128
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

récentes de Varshney et al [VAR 13] ont examiné une grande variété de facteurs liés
au contrôle des effets temporels. Dans leur étude, deux cadres, le premier est a un
seul étage et cinq travées tandis que l’autre est a cinq étages et cinq travées ont été
analysé. Pour ce travail, une procédure analytique conçue pour tenir compte du
fluage, du retrait et de la fissuration progressive dans les panneaux de dalles de
béton était développé. Les résultats obtenus comprenaient des informations utiles sur
les changements, au fil du temps, des déformations, de contraintes et de courbures
dans des cadres mixtes acier-béton à grande échelle et ces données sont susceptibles
de jouer un rôle important dans les futures recherches sur ce type de structures [VAR
13].

Un certain nombre d'études antérieures ont suggéré des moyens plus précis
d'analyser la déformation des cadres mixtes acier-béton et divers codes de conception
ont été développés qui incluent des moyens utiles pour aborder les problèmes de
conception pour les structures mixtes sujets au retrait et au fluage. Les chercheurs ne
se sont pas concentrés uniquement sur les propriétés matérielles du béton lui-même,
en particulier le retrait et le fluage, la principale cause des comportements à long
terme, mais ont également examiné le comportement de l'interaction des systèmes
mixtes acier-béton et la façon dont dépendent les effets variables tels que le retrait et
le fluage. L'intérêt académique récent dans les systèmes mixtes a étendu sur le
comportement global des formes structurelles entières telles que les poutres
continues à plusieurs travées et les bâtiments à plusieurs étages, en s'appuyant sur
les travaux antérieurs analysant les effets locaux dans une seule poutre ou colonne en
raison du retrait et du fluage [VAR 13].

Dans son article, Fragiacomo et al [FRA 04] a présenté un modèle d'éléments finis
pour l'étude de la réponse structurale à court et à long terme des poutres mixtes
acier-béton. Dans les analyses à court terme, le problème structurel peut être résolu à
chaque niveau de charge jusqu'à l'effondrement. Dans les analyses à long terme sous
charge de service, les phénomènes rhéologiques du béton ont été considérés pour
modéliser le fluage et le retrait.

129
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

Sur la base de la théorie de la viscoélasticité linéaire avec prise en compte du


vieillissement, une méthode semi-analytique est présentée par Nguyen [NGU 08]
pour l’analyse des effets du temps dans les poutres mixtes acier-béton soumises aux
charges de service. Dans cette formulation, un comportement élastique linéaire est
adopté pour l’acier et les connecteurs tandis qu’une loi de type intégral est adoptée
pour le fluage de béton. Par cette méthode on en déduire à chaque instant t une
matrice de rigidité exacte. Elle permet d’évaluer la redistribution des contraintes le
long de l’interface dalle béton/profilé métallique au cours du temps dûe au fluage
et/ou au retrait du béton de la dalle.

Dans son travail, Tianyu [TIA 15] a effectué une analyse pour obtenir les réponses
aléatoires à long terme des poutres mixtes acier-béton. Le modèle MC90 est choisi
pour décrire le fluage et le retrait du béton, et la méthode AAEM est adoptée pour
l'analyse de fluage. Ce modèle regroupe plusieurs paramètres tels que : le caractère
aléatoire du modèle de fluage et de retrait, la résistance moyenne à la compression et
le module d'élasticité du béton, l'humidité ambiante, l'ampleur de la charge
maintenue constante, la rigidité du connecteur de cisaillement, etc.

L’Eurocode 4 [EUR 05] recommande, dans sa dernière version, pour la prise en


compte du comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton dans
la détermination de la résistance d’une section transversale acier-béton, et en
l’absence d’une méthode de calcul précise, d’utiliser, tout simplement, un coefficient
d’équivalence en fonction du coefficient de fluage φ(t,t0) et d’un facteur
multiplicateur ψ traduisant la dépendance du coefficient d'équivalence au type de
charge appliquée. Ce facteur multiplicateur a été dérivé à l'aide de tests et d'études
paramétriques, il est pris égal à :

1.10 : pour le fluage,

0.55 : pour le retrait,

Et le coefficient d’équivalence à considéré est égal à :

nL  n0 1   t , t0 
(4.1)

130
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

Il est à noter que l'influence du comportement dépendant du temps sur les


mécanismes de transfert de charge locaux dû au frottement, à l’interface acier-béton,
n'a pas été suffisamment étudié et n'est pas inclus dans les normes.

Au niveau du laboratoire de mécanique des structures et stabilité des


constructions (LM2SC) de l’université des sciences et de la technologie d’Oran, le
comportement, vis-à-vis des effets dépendant du temps tels que le retrait et le fluage
des poutres mixtes acier-béton a fait partie de nombreux modèles mathématiques
basés sur la théorie de la viscoélasticité linéaire. Nous citerons à cet effet :

Le modèle analytique développé par Tehami et al [TEH 09] et qui a été conçu pour
la modélisation du comportement au fluage des sections transversales des poutres
mixtes acier-béton en connexion parfaite. En suite, une autre méthode mathématique
a été mise au point par Rahal et al [RAH 12] pour la prédiction des sollicitations
additionnelles dues au retrait du béton dans les poutres mixtes acier-béton en
connexion complète. En 2015, une autre approche analytique a été proposée par
Souici et al [SOU 15] pour modéliser l’effet du fluage du béton le long d’une poutre
mixte acier-béton en connexion parfaite. Le dernier procédé conçu pour traiter le
comportement des poutres mixtes acier-béton en connexion de cisaillement partielle
proposé par Beghdad et al [BEG 17] et qui fait partie la thématique de cette présente
thèse.

4.5 CONCLUSION
Le fluage, le retrait du béton et la relaxation de l'acier causent des déformations et
des contraintes internes qui ne peuvent pas être ignorées dans l’analyse des poutres
mixtes acier-béton.

Dans le cadre de ce chapitre, l’évolution des méthodes de prédiction du


comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton a été présentée.
Jusqu’à ce jour, les effets dépendant du temps (retrait et/ou fluage du béton) ont été
introduit en considérant, souvent, le cas d’une liaison parfaite entre la dalle en béton
et la poutre métallique. Dans le cas de la connexion partielle qui est couramment
utilisée dans les poutres mixtes acier-béton dans le domaine du bâtiment, certains
modèles, analytiques, semi-analytique ou numériques, fortement compliqués ont été

131
Chapitre 4 Comportement dépendant du temps des poutres mixtes acier-béton

développés. Certains d’entre eux se limitent à des cas particuliers, tandis que les
autres présentent une énorme difficulté dans les applications pratiques. Dans
l’Eurocode 4, et malgré l’effet important du retrait et du fluage du béton sur le
comportement, à long terme, des sections transversales mixtes, un simple coefficient
de minoration a été utilisé pour tenir compte des ces effets. A cet effet, il nous a
semblé logique de développer une procédure simple dans son application par les
utilisateurs d’une part et qui présente l’efficacité souhaitée d’autre part. Notre
actuelle méthodologie est présentés dans le suivant chapitre.

132
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

CHAPITRE 5

MODELISATION DES EFFETS DU RETRAIT DE BETON


- NOUVELLE METHODE PROPOSEE -

5.1 GENERALITES
Dans les structures mixtes acier-béton, le retrait et le fluage sont fortement associés
au béton, et ces deux contraintes inélastiques et variables dans le temps provoquent
une augmentation de la déformation et une redistribution des contraintes internes
[RÜS 83, HAS 86, SET 07, SVE 11].

La prédiction du comportement à long terme des structures mixtes acier-béton est


un problème fortement complexe, à la fois parce que l'obtention d'informations
fiables sur les propriétés du matériau liées au retrait n'est pas simple et parce qu'il
n'est pas facile de le modéliser analytiquement puisqu’il est fonction de plusieurs
paramètres liés au matériau béton lui-même et au milieu environnant. A cet effet,
l'analyse à long terme du comportement dépendant du temps des poutres mixtes
acier-béton est extrêmement compliquée, nécessitant la prise en compte de nombreux
facteurs imprévisibles liés à la fois [SVE 11]:

 aux matériaux eux-mêmes et

 à l’interaction acier-béton au sein de la poutre mixte

En raison du manque de méthodes analytiques et de spécifications utiles pour le


calcul des poutres mixtes acier-béton incluant les effets dépendant du temps, les
codes de calcul, souvent, surestiment les effets de temps ou utilisent des techniques
très simplifiées basée sur des valeurs forfaitaires du retrait et du fluage et
133
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

éventuellement la rigidité à la flexion, conduisant ainsi à des résultats non fiables.


Face à cette insuffisance, les méthodes de calcul et de justification des poutres mixtes
acier-béton nécessitent des améliorations aboutissant à des bonnes méthodes pour
prédire, correctement, leur comportement de déformation à court et à long terme.

Dans le but de prédire les effets du retrait de béton sur le comportement des
poutres mixtes acier-béton, malgré les nombreux travaux réalisés et les études
effectuées, jusqu’à présent, il n'existe pas encore de moyens complets pour les
ingénieurs de traiter de manière fiable ces problèmes et le développement d'un
ensemble de normes et d'équations analytiques ou numériques justifiables pour les
poutres mixtes acier-béton qui vont au-delà de simples commentaires est devenu une
nécessité.

Pour pallier à cette insuffisance et en se basant sur la théorie de la viscoélasticité


linéaire, une nouvelle compilation analytique très attractive a été développée par
Rahal et al [RAH 12]. Ce modèle se présente sous forme de deux équations
différentielles traduisant la variation, dans le temps, des sollicitations additionnelles,
en effort normal et en moment de flexion, dues au retrait du béton. Ce modèle a été
conçu pour l’analyse des poutres mixtes acier-béton dans lesquelles une connexion
complète doit être assurée le long de l’interface acier-béton.

Afin d’améliorer les performances économiques des poutres mixtes acier-béton,


un nombre réduit de connecteurs peut toutefois être utilisé, ce qui entraîne une
connexion dite de cisaillement partielle. La connexion partielle, à l’interface acier-
béton, est fréquemment utilisée particulièrement dans le domaine du bâtiment, ce
qui rend nécessaire d’améliorer le modèle proposé par Rahal et al [RAH 12].

Dans ce contexte, pour prédire d’une façon plus fine le comportement, au retrait,
des poutres mixtes acier-béton conduisant à une estimation plus précise des
sollicitations qu’il apporte, cette recherche est suggérée pour proposer une méthode
analytique à simple utilisation pour calculer, à court et à long terme, les efforts dues
au retrait du béton sollicitant une section mixte acier-béton en connexion partielle. En
introduisant l'influence du degré de connexion (N/Nf) au niveau de l'interface acier-
béton, notre actuelle contribution est donc de développer et d'enrichir le modèle

134
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

proposé par Rahal et al [RAH 12] qui a été conçu uniquement pour des poutres
mixtes dans laquelle le degré de connexion N/Nf = 1). Par conséquent, la présente
méthodologie est plus générale car elle est applicable aux poutres mixtes acier-béton
quelque soit le degré de connexion (N/Nf) utilisé.

5.2 ANALYSE DEPENDANT DU TEMPS


Une analyse élastique structurelle qui inclut les effets dépendant du temps, tels
que le retrait et le fluage, n’est pas fondamentalement différente de toute autre
analyse structurelle [GIL 11]. D’où, trois conditions de base doivent être remplies:

1- l’équilibre des forces;

2- la compatibilité des déformations, et

3- les lois de comportement du matériau.

5.3 FORMULATION DU MODELE


On considère une section transversale mixte acier- béton sollicitée par un effort
normal N 0 et un moment fléchissant M 0 .

beff
y
Efforts dus au retrait du béton
A

Mc(t)
béton
A

G
tc

Nc(t)
Cc

c Forces extérieures
G Axe neutre de la section mixte M0
Cs

m N0
G Ms(t)
s
s teel Ns(t)
A

Coupe A-A

Fig. 5.1 : Efforts internes sollicitant une section


transversale mixte acier-béton suite au retrait du béton

beff : largeur effective de la dalle.


Ms(t) : moment fléchissant dans la poutre métallique.
Mc(t) : moment fléchissant dans la dalle en béton dû au retrait.
M0 : moment fléchissant extérieurement appliqué.

135
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

Ns(t) : effort normal dans le profilé métallique dû à l’action de N c t  .

Nc(t) : effort normal dans la dalle béton dû au retrait.


N0 : effort normal extérieurement appliqué.
Cc : distance du centre de gravité de la dalle à l'interface acier-béton.
Cs : distance du centre de gravité du profilé à l'interface acier-béton.
Gc : centre de gravité de la dalle en béton.
Gm : centre de gravité de la section mixte rendue homogène.
Gs : centre de gravité du profilé métallique.
tc : épaisseur de la dalle pleine.

5.3.1 Equations d’équilibre statique


Quelque soit le degré de connexion (N/Nf) employé le long de l’interface acier-
béton, le retrait du béton a pour effet de changer la forme du diagramme de
distribution des contraintes locales. Suite à la redistribution des efforts de la dalle
vers la poutre métallique, l’équilibre statique de la section transversale mixte reste
toujours conservé [HEN 43, RÜS 73, JOH 04]. En introduisant l'effet du degré de
connexion (N/Nf), on peut écrire l'équilibre statique de la section transversale mixte
comme suit:

 A Ac . Cc 2  N  
N s  t   N c  t   s  1   1  N0

 Am 
Im   N f  
  (5.1)

  A Ac . Cc 2  N 
M s  t   Nc  t  a 1   s  1     M c t   M 0

  Am 
Im   N f 
 (5.2)

a : distance entre l'axe neutre de la section en acier et celle de la dalle de béton.


Ac : aire de la section transversale de la dalle.
As : aire de la section transversale de la poutre métallique.
N : nombre de connecteurs en liaison partielle.
Nf : nombre de connecteurs en liaison parfaite.
N/Nf : degré de connexion en (%).

136
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

5.3.2 Equations de compatibilité


En raison du nombre d’inconnues, notre système est statiquement indéterminé et
les équations d'équilibre (Eqs. 5.1 et 5.2) ne sont pas suffisantes pour le résoudre. Il
est donc nécessaire de produire deux équations supplémentaires. Le comportement
des poutres mixtes est caractérisé par l'interaction entre l'acier et le béton [HEN 43,
RÜS 73, JOH 04] et l'utilisation de la connexion entre les deux composantes de la
section transversale mixte nous permet d'écrire la condition d'interface à laquelle les
courbures et les déformations de la dalle de béton et de la poutre en acier sont égales
à tout instant t et on peut écrire:

5.3.2.1 Compatibilité des courbures le long de la surface de contact béton / acier

M c t  M s t 
 c t   = (5.3)
Ec I c Es I s

5.3.2.2 Compatibilité des déformations le long de la surface de contact béton / acier

N c t  M c t  N t  M t 
 c t   + Cc = s + s C s (5.4)
Ec Ac Ec I c E s As E s I s

Ic : moment d’inertie de la dalle en béton.


Is : moment d’inertie de la poutre métallique.
En se référant à la théorie de la viscoélasticité linéaire, les deux conditions (Eqs 5.3
et 5.4) peuvent se transférer à des équations traduisant la variation, dans le temps,
des efforts internes selon l’équation (Eq 4.11), et qui prendront la forme sous-jacente:

1 
t
  M s t 
c t   M c t    M c   1   t ,   (5.5)
Ec I c     Es I s

137
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

1   
t
 c t    N c t    N c   1   t , 
Ec Ac  
 
C   
t
 c  M c t    M c   1   t ,  (5.6)
Ec I c  
 
  r t  
Ns M
 s Cs
Es As Es I s

Ces équations intégrales [Eqs 5.5 et 5.6] peuvent être, dans le cadre de la théorie
du vieillissement du béton, transformées en équations différentielles du type :

 c t  
1
dM c t   M c t .d   M s t  (5.7)
Ec I c Es I s

 c t  
1
dN c t   N c t .d  Cc dM c t   M c t .d 
Ec Ac Ec I c
(5.8)
 d sh t  
Ns M
 s Cs
E s As E s I s

Sachant que le retrait du béton est indépendant du chargement, il équilibre alors


un système extérieurement nul, nous pouvant écrire les équations (Eqs 5.1 et 5.2)
sous la forme suivante :

 A A . C 2  N  
N s  t   N0  Nc  t   s  c c 1   1
 Am I m   N f  
  (5.9)

  A Ac . Cc 2  N 
M s  t   M 0  Nc  t  a 1  
 s  1     M c t 

  Am 
Im   N f 
 (5.10)

Ce qui nous permet de remplacer dans le système d'équations (Eqs 5.7 et 5.8), les
forces Ns(t) et Ms(t) en terme de Nc(t) et Mc(t). On obtient alors un système
d'équations différentielles représenté sous la forme simplifiée ci-dessous :

138
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

dM c t  dNc t 
A1  A2  M c t  0 (5.11)
d d

dM c t  dN c t  
A3  A4  A5 M c t   A6 N c t   Ec sh (5.12)
d d 

Si l'on considère dans les équations (Eqs. 5.11 et 5.12), que N = Nf (cas des poutres
mixtes avec connexion complète), on obtient le système d'équations différentielles
trouvé par Rahal et al [RAH 12]:

5.3.3 Solution mathématique des équations (Eqs 5.11 et 5.12)


La solution générale (homogène + particulière) des deux équations différentielles
(Eqs 5.11 et 5.12) et qui constitue les expressions recherchées est donnée comme suit :

M c t   C1 .a11  .e1 .  C2 .a12 e2 (5.13)

Ec  sh
N c t   C1.a2 1  .e 1.  C2 .a2 2 e 2  (5.14)
A6 

Les deux constantes C1 et C2 seront déterminées à partir de la condition que, au


temps t=0, Mc(t) = Nc(t) =0. Nous obtiendrons donc les expressions relatives à ces
deux constantes, soit donc :

1
C1  a1 .C2 C2  Ec
1  a1 .a2

5.3.4 Détermination des contraintes


Les contraintes additionnelles provoquées par le retrait du béton peuvent être
déterminées par les relations classiques de la résistance des matériaux suivantes :

Fibres supérieures de la dalle en béton

Nc M c
1   Cc
Ac Ic

139
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

fibres inférieures de la dalle en béton

Nc M c '
2   Cc
Ac Ic

fibres supérieures de la poutre métallique

Na M a
3    Ca
Aa Ia

fibres inférieures de la dalle en béton

Na M a '
2    Ca
Aa Ia

5.3.5 Validation de la méthode proposée


Afin de valider notre nouvelle approche proposée, nous avons examiné la poutre
mixte traitée dans l’Eurocode 4 [HEN 06] et qui a été utilisée, aussi, par Rahal et al
[RAH 12] dans la validation de leur modèle. Dans cet exemple, les paramètres du
retrait ont été calculés selon l’Eurocode 2 [EUR 92]. Les caractéristiques géométriques
et physiques, de l’exemple traité sont les suivantes:

- Largeur effective de la dalle : beff = 3100 mm.


- Epaisseur de la dalle : tc = 250 + 25 mm.
- Largeur de la semelle supérieure de la poutre métallique : bft = 400 mm.
- Epaisseur de la semelle supérieure de la poutre métallique : tft = 20 mm.
- Largeur de la semelle inférieure de la poutre métallique : bfb = 400 mm.
- Epaisseur de la semelle inférieure de la poutre métallique : tfb = 30 mm.
- Hauteur de l’âme de la poutre métallique : hw = 1175 mm.
- Epaisseur de l’âme de la poutre métallique : tw = 12.5 mm.
Ac = 0.785 m2, As = 0.0346875 m2, Aa = 58.47 cm2,  = 0.0074
Ic = 0.004223633272 m4 , Is = 0.0346875 m2,
Cc = 0.375 m, Cs = 0.451 m, a= 0.826m,
Ec = 33x104 MPa, Es =2.1x105 MPa, HR = 70%, Classe de béton = C30/37
HR est l’humidité relative en %

140
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

beff
0.35 0.27 0.25 0.21
tc Gc
+ 49.40 + 35.87 + 34.61 + 32.38
bft x tft 1.08 - 0.76 - 0.74 - 0.71 -
a Gm axe neutre de la section mixte homogène
hw x tw
G + : traction
bfb x tfb
s
+ + + +
- :
11.70
COMPRESSION 8.60 8.28 7.70
N/Nf = 100% N/Nf = 100% N/Nf = 80% N/Nf = 60%
Hendy et al [HEN 06] Rahal et
Euroco al [RAH
Rahal en 12]
Rahal
de 4en[9]al [8] alRahal
[8] en Méthode
al [8] Proposée
Fig. 5.2: Diagramme de comparaison des contraintes
Finales en (MPa) dues au retrait du béton

Fig. 5.3 : L’évolution, dans le temps, de l’effort normal Nc(t) sollicitant la dalle en béton

Fig. 5.4 : L’évolution, dans le temps, du moment fléchissant Mc(t) sollicitant la dalle en béton

141
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

Fig. 5.5 : L’évolution, dans le temps, de l’effort normal Ns(t) sollicitant la poutre métallique

Fig. 5.6: L’évolution, dans le temps, du moment fléchissant Ms(t) dans la poutre métallique

Fig. 5.7 : La redistribution des contraintes pour N/Nf = 100%

142
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

Fig. 5.8 : La redistribution des contraintes pour N/Nf = 80%

Fig. 5.9: La redistribution des contraintes pour N/Nf = 60%

5.3.6 Discussion des résultats


Dans ce travail, les différents degrés de connexion N/Nf choisis sont: 100%, 80% et
60%. Le calcul des moments de flexion Mc(t) et des efforts normaux Nc(t) dans la
dalle de béton a été effectué jusqu'à observer la stabilisation des efforts sollicitant la
section transversale.

Les résultats, montrant l'évolution des sollicitations dans le temps, sont présentés
graphiquement sur les figures (Figs : 5.2, 5.3, 5.4, 5.5, 5.6, 5.7, 5.8 et 5.9).

Les résultats obtenus par la présente formulation (Figs : 5.2 à 5.9) reflètent
suffisamment l'effet de degré de connexion (N/Nf) sur la redistribution des
contraintes locales dues au retrait du béton. La figure (Fig. 5.4) montre la

143
Chapitre 5 Modélisation des effets du retrait de béton-Nouvelle méthode proposée

comparaison des résultats obtenus par cette formulation avec ceux de l'Eurocode 4
[HEN 06] et ceux obtenus par Rahal et al [RAH 12]. Les figures (Figs : 5.7, 5.8 et 5.9)
montrent clairement qu'en réduisant le degré de connexion N/Nf, les contraintes
seront réduites en conséquence. Par conséquent, afin de réduire les effets du retrait
sur le comportement des poutres mixtes acier-béton, il est très utile d'utiliser un
degré de connexion N/Nf <1 au lieu d'un degré de connexion N/Nf = 1.

5.4 CONCLUSION
L'état d'équilibre d'une poutre mixte acier-béton subit des changements, au fil du
temps, sous l’effet du retrait du béton et des efforts additionnels prendront donc
naissance. Ces déformations différées nuisent à la durabilité et la bonne apparence de
la structure. Dans ce contexte, un cadre de formulation analytique a été développé
dans cette thèse. Il nous permet ensuite de traiter précisément le comportement
dépendant du temps des poutres mixtes suite au phénomène du retrait du béton de
la dalle.

Cette nouvelle approche a été obtenue en combinant les équations d’équilibre


statique et les équations de compatibilité (courbure et déformation), de la section
transversale mixte acier-béton avec l’équation différentielle (constitutive) résultant de
la théorie de vieillissement du béton.

144
Conclusion générale

CONCLUSION GENERALE

La construction mixte en acier et en béton est maintenant largement utilisée dans


de nombreuses applications différentes. Ce type de structures n'est possible que si on
dispose d'une connexion répartie le long de l’interface acier- béton d’une poutre
mixte. La connexion de cisaillement entre les deux composants de la poutre mixte est
donc indispensable pour développer une action monolithique car elle joue un impact
significatif sur l’état de contraintes d’une poutre mixte acier-béton. Principalement,
cette connexion acier-béton joue un rôle important pour la transmission, en toute
sécurité, de l’effort rasant agissant à l'interface acier-béton et empêche également la
séparation verticale entre la dalle en béton et la poutre métallique.

Grâce à la connexion partielle au cisaillement, la rentabilité et les performances


économiques des poutres mixtes acier-béton sont considérablement améliorées. D’où,
les poutres mixtes avec connexion partielle sont fréquemment utilisées dans le
bâtiment.

Le béton en tant que composant essentiel dans la fabrication des poutres mixtes
acier-béton, est soumis au cours de sa durée de vie à des changements structurels
variés. Ces changements structurels sont dus aux influences mécaniques, thermiques
et hydriques.

Indépendamment de toute sollicitation mécanique externe, le béton subit des


déformations dimensionnelles non négligeables au jeune âge mais qui se stabilisent à
long terme appelées retrait du béton. Ces déformations sont dues à l’hydratation du
ciment et les échanges d’eau avec l’atmosphère et qui ont un ordre de grandeur
comparable à celui des effets mécaniques. En effet, le problème est de comprendre le
retrait du béton, phénomène dépendant du temps, et ses conséquences sur le
comportement des poutres mixtes acier-béton. Ce qui nous permet de donner une

145
Conclusion générale

connaissance aussi précise que possible de l’influence du phénomène du retrait sur le


comportement, au cours du temps, des sections mixtes acier- béton.

Les effets du glissement et du retrait du béton peuvent avoir, dans une poutre
mixte acier-béton, des résultats malheureux en concevant :

 la fissuration du béton,

 la redistribution des moments et,

 des changements importants dans les déflexions,

Ce qui peut modifier considérablement le diagramme de redistribution des


contraintes sur la section transversal et par suite la réponse structurelle des poutres
mixtes acier-béton. Une grande recherche a donc été consacrée pour identifier les
effets du retrait et le comportement structurel résultant dans les poutres mixtes acier-
béton.

Dans la plupart des guides et codes de calcul et de conception des structures


mixtes acier-béton, les effets du retrait de béton sur le comportement structurel sont
traités avec seulement des procédures simplifiées, cela simplifie souvent le problème
et peut ne pas être fiable.

Pour pallier à cela, un modèle analytique efficace a été développé, en 2012, par
Rahal et al pour prédire le comportement, au retrait, des poutres mixtes acier-béton
en connexion parfaite uniquement. Notre travail donc consiste à améliorer les
performances de ce modèle pour le rendre applicable quelque soit le degré de
connexion utilisé car la connexion partielle est couramment utilisée actuellement. La
présente approche analytique traduit d’une façon exacte l’effet du retrait de béton sur
le comportement des poutres mixtes acier-béton en connexion parfaite et partielle.
Son avantage principal se présente dans la simplification des expressions de calcul
des sollicitations additionnelles dues au retrait par l’application directe de nos
formules développées d’une part et la fiabilité des résultats obtenus d’autre part. Le
présent modèle, nous permettra aussi de combiner, à tout moment de mise en service
de la structure, les effets du retrait du béton aux effets mécaniques dus au
chargement et par conséquent les effets du fluage du béton. Pour se faire, il nous

146
Conclusion générale

suffira de déterminer les sollicitations résiduelles apportées par le retrait du béton au


temps t relatif au moment de la mise en chargement de la structure.

Les résultats obtenus par l’application de notre modèle sont satisfaisant en les
comparants à ceux trouvés par Rahal et al eux-mêmes comparés à ceux de l’Eurocode
4 et ce pour un degré de connexion N/Nf = 1. Ils traduisent clairement l'effet du
degré de connexion (N/Nf) sur la redistribution des contraintes locales dues au
retrait du béton.

Les résultats obtenus par la présente approche analytique montrent que les
sollicitations additionnelles apportées par le retrait, sur une section transversale
mixte acier-béton, ne sont pas négligeables. Avec l’utilisation de la connexion
partielle, ces sollicitations dues au retrait du béton seront diminuées.

Dans les poutres mixtes acier-béton, l'action du retrait du béton a pour effet de
provoquer un état de contraintes auto-équilibré caractérisé par:

 Un moment de flexion positif et un effort normal de traction dans la dalle.

 Un moment de flexion positif et un effort normal de compression dans la


poutre d'acier.

Cette méthode analytique permet de suivre, avec une grande précision, la


migration des contraintes de la dalle de béton vers la poutre d'acier, qui se produit
progressivement dans le temps à la suite du retrait du béton.

Ce travail présente une aide d’application directe pour les utilisateurs lors de la
conception et le dimensionnement des sections transversales mixtes particuliè-
rement la prise en compte du retrait de béton. En plus, l’utilisateur de la thèse
trouvera les réponses de quelques problèmes relatifs à l’analyse en sections
transversales ainsi l’analyse globale des poutres mixtes acier-béton aux états limites
ultimes basées sur l’Eurocode 4.

En perspective, ce modèle sera développé, dans le même contexte, pour des


applications relatives au fluage du béton.

147
Dédicaces

Dédicaces

Je dédie ce travail à :

Mon mari Nacer

Mes parents

Mes filles : Nesrine Haifaa, Zohra Bouchera et Aicha Safaa

Mes frères et sœurs

Habib, Salima, Souhila et Ali

H.BEGHDAD
Introduction générale

INTRODUCTION GENERALE

Une poutre mixte acier-béton est obtenue en joignant, à l’aide des dispositifs de
liaison particuliers, des éléments en acier, de formes différentes (profilés en acier,
plaques, fermes, etc.), à des dalles en béton armé ou précontraint. Grâce à la
connexion partielle au cisaillement, la rentabilité et les performances économiques
des poutres mixtes acier-béton sont considérablement améliorées. D’où, les poutres
mixtes avec connexion partielle sont fréquemment utilisées dans le bâtiment.
Cependant, un comportement ductile des connecteurs de cisaillement est nécessaire
pour une connexion de cisaillement partielle.

Le béton, en tant que composant essentiel dans une poutre mixte acier-béton, est
soumis au cours de sa durée de vie à des changements structurels variés. Ces
changements structurels sont dus aux contraintes principalement dues aux
influences mécaniques, thermiques et hydriques.

Lorsque l'on observe une pièce de béton aussitôt après son gâchage on constate
qu'en l'absence de toute action mécanique extérieure elle change de volume. Cette
propriété, qui porte le nom de retrait, est à l'origine de désagréments de toutes sortes
que les constructeurs connaissent bien.

Le retrait désigne le raccourcissement lent dans le temps d’un élément causé par
l’évaporation de l’eau imprégnant la matrice cimentaire. La composition du béton, la
géométrie de la pièce et les conditions climatiques sont les facteurs qui influencent le
retrait. Dans les poutres mixtes acier-béton, le retrait du béton induit des
changements dépendant du temps des contraintes, des efforts internes, des
déformations longitudinales et des flèches. Par conséquent, des redistributions des
efforts internes de la dalle en béton vers la poutre métallique prendront naissance.

1
Introduction générale

Les analyses à long terme des structures mixtes acier-béton sont difficiles à
réaliser, le fait que de nombreux chercheurs structurels continuent d'accorder une
importance majeure aux différents phénomènes induisant des effets parasitaire
durant le temps.

Les analyses à long terme des structures mixtes acier-béton sont difficiles à
réaliser, parce que l'obtention d'informations fiables sur les propriétés du retrait n'est
pas simple d’une part et que le glissement à l'interface acier/béton peut également
rendre la prédiction plus compliquée d’autre part. Pour traiter ces problèmes de
manière fiable, il n'y a pas encore de moyens complets, et le développement d'un
ensemble de normes et de modèles justifiables pour les structures mixtes acier-béton
qui va au-delà d'un simple commentaire est devenu une nécessité.

Les effets temporels du glissement et du retrait dans le béton peuvent avoir des
résultats malheureux, ce qui entraîne :

 la fissuration du béton,

 la redistribution des moments et,

 des changements importants dans les déflexions,

Ce qui conduit à modifier considérablement la réponse structurelle des poutres


mixtes acier-béton. Une grande recherche a donc été consacrée pour identifier les
effets du retrait et le comportement structurel résultant dans les poutres mixtes acier-
béton.

Portée et objectif de la thèse


Sur la base du modèle développé en 2012 par Rahal et al [RAH 12] conçu
uniquement pour les poutres mixtes acier-béton en connexion parfaite, l'analyse
présentée dans cette thèse tiendra en compte l'influence des effets de la connexion
partielle, sur les distributions des contraintes locales dues au retrait du béton, en
proposant une nouvelle approche à la fois efficace et simple dans les utilités
pratiques. Elle a pour but la prédiction des performances à long terme suite au retrait
du béton dans les poutres mixtes acier-béton quelque soit le degré de connexion
employé comme liaison de cisaillement. Pour la formulation de ce modèle, les

2
Introduction générale

équations d’équilibre statique, les équations de comptabilité en courbure et en


déformations avec l’équation différentielle résultant de la théorie de la viscoélasticité
linéaire, qui traduit la variation des efforts internes en fonction du temps, seront
combinées.

La présente thèse se compose de cinq chapitres à savoir :

Le premier chapitre sera consacré pour une étude bibliographique détaillée


portant sur les poutres mixtes acier-béton. A toute fin utile, l’utilisateur trouvera
dans cette thèse une méthodologie de dimensionnement et justification, aux états
limites ultimes, des poutres mixtes acier-béton basée sur l’Eurocode 4 et ce pour
l’analyse en section et l’analyse globale en phase élastique et plastique. La connexion,
composant fondamental, entre l’acier et béton constituera une partie importante de
ce chapitre. Nous présenterons tout d’abord le fonctionnement et l’intérêt de cette
connexion, l’évolution des procédés de connexion ainsi les méthodes de calcul et les
différents types de connexion. En plus, les différents types de connecteurs et leurs
comportements seront décrits à travers ce chapitre. Suite à l’utilisation courante du
connecteur de type goujon à tête comme moyen de liaison acier-béton, son principe
de calcul sera présenté, en détail, dans cette partie.

Dans le chapitre II, le phénomène de retrait du béton sera détaillé tout en mis
en relief les différents types de retrait, les paramètres dont dépend le retrait et l’ordre
de grandeurs des déformations. La prise en compte du retrait dans l’Eurocode 4 et la
loi de variation du retrait dans le temps feront partie de ce deuxième chapitre.

Dans le troisième chapitre, nous détaillerons la théorie de la viscoélasticité


linéaire du béton qui permet d’exprimer la variation des efforts en fonction du
temps. A travers ce chapitre, il sera mis en évidence le principe de superposition et sa
représentation intégrale d’une part et l’affinité entre le retrait et le fluage du béton
d’autre part.

Dans le chapitre quatre nous présenterons l’effet du retrait du béton sur le


comportement des poutres mixtes acier-béton et ce à travers de quelques modèles
réalisés dans ce sens. En plus, ce chapitre comporte les modèles formulés au niveau

3
Introduction générale

de notre laboratoire de recherche. A la fin de ce chapitre, l’intérêt de notre présente


thématique sera mis en évidence.

La présentation de notre actuelle formulation proposée pour l’estimation des


efforts et contraintes résiduelles apportées par le retrait du béton dans les poutres
mixtes acier-béton en connexion partielle constituera le chapitre cinq. Il est à noter
que notre approche est applicable quelque soit le degré de connexion employé à
l’interface acier-béton d’une poutre mixte. Ce chapitre comportera, à la fin, une
validation du modèle proposé.

Enfin, nous achèverons notre thèse par une conclusion générale dans laquelle
nous rappelons les principaux résultats que nous avons pu tirer de cette recherche
théorique, et nous dégageons quelques perspectives de ce travail.

4
Liste des figures I

LISTE DES FIGURES

CHAPITRE 1 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 5
Fig. 1.1 : Coupes typiques des sections transversales mixtes acier-béton --------------------------------------- 6
Fig. 1.2 : Section transversale mixte acier-béton ----------------------------------------------------------------------- 7
Fig. 1.3 : Construction à plusieurs étages en construction mixte acier-béton ----------------------------------- 8
Fig. 1.4 : Pont mixte acier-béton ------------------------------------------------------------------------------------------- 8
Fig. 1.5 : Planchers mixtes --------------------------------------------------------------------------------------------------- 9
Fig. 1.6 : Système de planchers minces -------------------------------------------------------------------------------- 10
Fig. 1.7 : Ponts mixtes ------------------------------------------------------------------------------------------------------ 10
Fig. 1.8 : Effet de la solidarisation dans une poutre mixte acier- béton.---------------------------------------- 13
Fig. 1.9 : Sections en acier dissymétriques ---------------------------------------------------------------------------- 14
Fig. 1.10 : Mesures de protection contre l'incendie------------------------------------------------------------------ 15
Fig. 1.11: Etat limite ultime: sections critiques ----------------------------------------------------------------------- 17
Fig. 1.12: Déversement des poutres mixtes --------------------------------------------------------------------------- 17
Fig. 1.13 : Principe de calcul plastique --------------------------------------------------------------------------------- 19
Fig. 1.14 : Section plastique sous moment positif (ANP dans la dalle) ----------------------------------------- 20
Fig. 1.15 : Section plastique sous moment positif (ANP passe par la semelle supérieure) ---------------- 21
Fig. 1.16 : Section plastique sous moment positif (ANP coupe l’âme) ----------------------------------------- 22
Fig. 1.17 : Section plastique sous moment négatif (ANP est dans la dalle) ------------------------------------ 24
Fig. 1.18 : Section plastique sous moment négatif (ANP passe par la semelle supérieure) ---------------- 24
Fig. 1.19 : Section plastique sous moment négatif (ANP coupe l’âme) ----------------------------------------- 25
Fig. 1.20 : section de classe 2 équivalente. ----------------------------------------------------------------------------- 26
Fig. 1.21 : section élastique sous moment positif (ANE dans le profilé métallique) ------------------------ 27
Fig. 1.22 : section élastique sous moment positif (ANE dans la dalle béton) --------------------------------- 28
Fig. 1.23 : section élastique sous moment négatif (ANE dans l’âme) ------------------------------------------- 29
Fig. 1.24 : Distribution plastique des contraintes modifiées par l’effet de l’effort tranchant -------------- 31
Fig. 1.25 : Critère d’interaction entre moment résistant et effort tranchant ----------------------------------- 31
Fig. 1.26 : Analyse globale non fissurée ------------------------------------------------------------------------------- 32
Fig. 1.27 : Analyse globale fissurée ------------------------------------------------------------------------------------- 33
Fig. 1.28 : La redistribution des moments dans une poutre continue ------------------------------------------ 33
Fig. 1.29 : Distribution des connecteurs – Analyse élastique- ---------------------------------------------------- 36
Fig. 1.30 : Distribution des connecteurs – Analyse plastique- ---------------------------------------------------- 36
Fig. 1.31 : Principe de l’essai Push-Out -------------------------------------------------------------------------------- 37
Fig. 1.32 : Efforts sollicitant un connecteur --------------------------------------------------------------------------- 37
Fig. 1.33 : Comportement réel et idéalisé des connecteurs ductiles --------------------------------------------- 38
Fig. 1.34 : Comportement réel et idéalisé des connecteurs non ductiles ---------------------------------------- 39
Fig. 1.35 : Classification des connecteurs en fonction de leurs comportements charge/glissement --- 39
Fig. 1.36 : Goujons à tête --------------------------------------------------------------------------------------------------- 40
Fig. 1.37 : Caractéristiques des goujons -------------------------------------------------------------------------------- 42
Fig. 1.38 : Modes de transfert de charges d'un goujon à tête [LUN 88] ---------------------------------------- 44
Fig. 1.39 : Courbes charge-déformation des connecteurs type goujon à tête --------------------------------- 47
Fig. 1.40 : Comparaison des différentes lois de comportement des goujons ---------------------------------- 48
Fig. 1.41 : Schéma type d’une plaque perforée [MAC 02] --------------------------------------------------------- 54
Fig. 1.42 : Plaque perforée à ondulations horizontales ------------------------------------------------------------- 54
Fig. 1.43 : plaque perforée continue ------------------------------------------------------------------------------------ 54
Fig. 1.44 : Connecteur Hilti dans une poutre mixte ----------------------------------------------------------------- 57
Liste des figures II

Fig. 1.45 : Courbe charge-glissement pour le mode de ruine 1 --------------------------------------------------- 57


Fig. 1.46 : Courbe charge-glissement pour le mode de ruine 2 --------------------------------------------------- 59
Fig. 1.47 : Courbe charge-glissement pour le mode de ruine 3 --------------------------------------------------- 59
Fig. 1.48 : Détail de connexion par adhérence ----------------------------------------------------------------------- 61
Fig. 1.49 : Comportement statique des connexions par adhérence et des goujons -------------------------- 63
Fig. 1.50: Liaison par boulons à haute résistance (B.H.R) --------------------------------------------------------- 64
Fig. 1.51: Moment réduit de résistance plastique en fonction du degré de connexion --------------------- 68
Fig. 1.52: Conditions minimales pour le comportement ductile des goujons --------------------------------- 70
Fig. 1.53: Degré de connexion  ----------------------------------------------------------------------------------------- 70
Fig. 1.54 : Effets de la connexion acier-béton ------------------------------------------------------------------------- 70
Fig. 1.55 : Principe de calcul élastique de l’effort de cisaillement longitudinal ------------------------------ 71
Fig. 1.56 : Répartition des connecteurs en conformité avec le flux élastique de cisaillement ------------- 72
Fig. 1.57 : Longueurs critiques AB et BC de poutres simplement appuyées ---------------------------------- 73
Fig. 1.58 : Efforts de cisaillement longitudinal dans une travée de rive de poutre continue -------------- 73
Fig. 1.59 : Notations pour la jonction âme/membrure ------------------------------------------------------------- 75
Fig. 1.60 : Dispositions constructives ----------------------------------------------------------------------------------- 77
Fig. 1.61 : La section Ae des barres d’armature transversale pour diverses surfaces de rupture ------- 78

CHAPITRE 2 -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------79
Fig. 2.1: Déformation de retrait d'une éprouvette non chargée. ------------------------------------------------- 80
Fig. 2.2: Déformation de retrait d'une éprouvette non chargée. ------------------------------------------------ 84
Fig. 2.3 : courbes de variation de la vitesse du retrait pour différents types de ciments ------------------- 91
Fig. 2.4: Fissuration du béton due retrait. ----------------------------------------------------------------------------- 91

CHAPITRE 3 -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------93
Fig. 3.1 : Composantes de la déformation du béton ---------------------------------------------------------------- 94
Fig. 3.2 : Diverses réponses de contrainte à une charge constante ---------------------------------------------- 95
Fig. 3.3 : Illustration du comportement linéaire d'un matériau -------------------------------------------------- 97
Fig. 3.4 : Comportement d'un ressort linéaire et d'un amortisseur linéaire. ---------------------------------- 99
Fig. 3.5 : Comportement d'un modèle de Maxwell. ---------------------------------------------------------------- 100
Fig. 3.6 : Comportement d'un modèle de Kelvin. ------------------------------------------------------------------ 100
Fig. 3.7 : Comportement d'un modèle de Burgers. ----------------------------------------------------------------- 101
Fig. 3.8 : Modèles Maxwell généralisés en série. ------------------------------------------------------------------- 101
Fig. 3.9 : Modèles Maxwell généralisés en parallèle. -------------------------------------------------------------- 102
Fig. 3.10 : Modèle de Kelvin-Voigt ------------------------------------------------------------------------------------- 102
Fig. 3.11 : Modèle SLS de type Maxwell ------------------------------------------------------------------------------ 103
Fig. 3.12 : Réponse de modèles simples ------------------------------------------------------------------------------ 103
Fig. 3.13 : Composantes de la déformation du béton -------------------------------------------------------------- 105
Fig. 3.14 : Courbes de fluage pour différents âges de chargement --------------------------------------------- 107
Fig. 3.15 : Le principle de superposition ------------------------------------------------------------------------------ 108
Fig. 3.16 : Variation de la déformation en terme de la fonction de fluage ------------------------------------ 109
Fig. 3.17: Fonction de fluage selon Dischinger ---------------------------------------------------------------------- 111
Fig. 3.18: Courbes de fluage selon Dischinger ---------------------------------------------------------------------- 111
Fig. 3.19 : L’évolution affine du retrait au fluage ------------------------------------------------------------------- 113
Fig. 3.20 : Courbes de fluage -------------------------------------------------------------------------------------------- 115

CHAPITRE 4 --------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 117


Fig 4.1 : Diagramme type des contraintes dues au fluage du béton ------------------------------------------- 118
Fig. 4.2 : Evolution des déformations en fonction de l’action du chargement ------------------------------- 119
Fig. 4.3 : Diagramme type de contraintes dues au retrait du béton -------------------------------------------- 119
Fig. 4.4 : Evolution des déformations de retrait -------------------------------------------------------------------- 119
Fig. 4.5 : Evolution de la relaxation ------------------------------------------------------------------------------------ 120
Fig. 4.6 : Equilibre statique et compatibilité d’une poutre mixte acier-béton sous le retrait du béton - 121
Liste des figures III

Fig. 4.7 : Equilibre statique et compatibilité d’une poutre mixte acier-béton sous le fluage du béton - 122
Fig. 4.8 : Equilibre statique et compatibilité d’une poutre mixte acier-béton sous une relaxation------ 123
Fig. 4.9 : Principe de calcul par équations intégrales -------------------------------------------------------------- 123
Fig. 4.10 : Principe de calcul incrémental ----------------------------------------------------------------------------- 124

CHAPITRE 5 - ------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 133


Fig. 5.1 : Efforts internes sollicitant une section transversale mixte acier-béton suite au retrait du béton
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 135
Fig. 5.2: Diagramme de comparaison des contraintes finales en (MPa) dues au retrait du béton ------ 141
Fig. 5.3 : L’évolution, dans le temps, de l’effort normal Nc(t) sollicitant la dalle en béton --------------- 141
Fig. 5.4 : L’évolution, dans le temps, du moment fléchissant Mc(t) sollicitant la dalle en béton -------- 141
Fig. 5.5 : L’évolution, dans le temps, de l’effort normal Ns(t) sollicitant la poutre métallique ---------- 142
Fig. 5.6: L’évolution, dans le temps, du moment fléchissant Ms(t) dans la poutre métallique ---------- 142
Fig. 5.7 : La redistribution des contraintes pour N/N f = 100% ------------------------------------------------- 142
Fig. 5.8 : La redistribution des contraintes pour N/N f = 80% --------------------------------------------------- 143
Fig. 5.9: La redistribution des contraintes pour N/N f = 60% ---------------------------------------------------- 143
Liste des symboles IV

LISTE DES PRINCIPAUX SYMBOLES

1. ALPHABET LATIN

Ac : aire de la section transversale de la dalle en béton.


As : aire de la section en acier (poutre métallique).
Av : représente l’aire de cisaillement de l’élément en acier.
Aw : aire de l’âme de la section de la poutre en acier de construction.
beff : la largeur effective (utile) totale.
bfb : largeur de la semelle inférieure de la poutre métallique.
bft : largeur de la semelle supérieure de la poutre métallique.
C(t, ) : taux de fluage.
Ca : distance du centre de gravité du profilé à la fibre neutre de la section.
Cc : distance du centre de gravité de la dalle à la fibre neutre de la section mixte.
C1 et C2 : constantes d’intégration.
d : le diamètre du fût du goujon.
d′ : diamètre de sa tête.
Ec : est le module de déformation longitudinal du béton.
Ec(t0) : module d’élasticité du béton au moment du chargement.
Ecm : la valeur moyenne du module sécant du béton.
Ecm28 : valeur moyenne du module d’élasticité à 28 jours.
Es : est le module de déformation longitudinal de l’acier.
fcd : valeur de calcul de la résistance à la compression du béton.
fck : la résistance caractéristique du béton en compression.
fcm(t) : résistance moyenne à la compression du béton au temps t.
fctm : est la résistance moyenne en traction du béton.
fu : la résistance ultime en traction spécifiée de l’acier du goujon.
fy : valeur de calcul de la résistance à la traction de l’acier.
fypd : contrainte limite de calcul de la tôle.
Ga : centre de gravité du profilé métallique.
Gc : centre de gravité de la dalle en béton.
Gi : centre de gravité de la section mixte rendue homogène.
h : hauteur totale de la poutre mixte.
Liste des symboles V

hw : Hauteur de l’âme de la poutre métallique.


I1 : moment d’inertie de la section homogène par rapport à l’acier, calculé en supposant que le
béton tendu n’est pas fissuré.
I2 : moment d’inertie de la section homogène par rapport à l’acier, calculé en en négligeant le béton
tendu et en incluant les armatures.
Ic : moment d’inertie de la dalle en béton.
Is : moment d’inertie de la poutre métallique.
J(t, τ) : la fonction de fluage.
hw : est la hauteur totale de l’âme.
kc : coefficient tenant compte de la distribution des contraintes dans la dalle avant fissuration.
kτ : coefficient de voilement critique en cisaillement pur.
L, l : longueur en général.
M0 : moment fléchissant extérieurement appliqué.

M apl,Rd : moment de résistance plastique du profilé métallique seul.

Mel : le moment de résistance élastique lorsque le moment sollicitant est positif.


M’el : le moment de résistance élastique lorsque le moment sollicitant est négatif.
Mel, Rd : le moment qui entraîne une contrainte fy/γa dans la fibre inférieure extrême du profilé
métallique.
Mc(t) : moment fléchissant dans la dalle en béton dû au retrait.
Mfpl : moment de résistance plastique d’une section transversale ne comportant que les semelles.
Mpl : moment de résistance plastique.
M’pl : moment résistant ultime dans la région des moments positifs pour une analyse plastique.
Mpl, Rd : est le moment résistant plastique de calcul de la section mixte en connexion complète.
  red 
M Rd : moment résistant réduit.

Ms(t) : moment fléchissant dans la poutre métallique.


Msd : moment fléchissant de calcul sollicitant une section mixte donnée.
N : nombre de connecteurs requis pour une connexion partielle.
N0 : effort normal extérieurement appliqué.
Na : l’effort de traction appliqué au niveau du centre de gravité des armatures.
Nc : effort normal agissant sur la section du béton.
Nc(t) : effort normal dans la dalle béton dû au retrait.
Nf : nombre de connecteurs requis pour une connexion complète.
Ns : effort normal agissant sur la section équivalente d’acier.

Ns(t) : effort normal dans le profilé métallique dû à l’action de N c t  .


n : coefficient d’équivalence acier- béton (n = Es/Ec).
nel : le coefficient d’équivalence élastique.
Liste des symboles VI

npl : le coefficient d’équivalence plastique.


PRd : résistance des connecteurs.
Rd : la résistance de calcul en élasticité.
r : est le rayon des congés.
s : entraxe de deux goujons.
Sa : moment statique de la section mixte rendue homogène
t : temps quelconque, dans lequel on effectue les calculs.
t0 : temps initial.
tc : épaisseur de la dalle.
tfb : épaisseur de la semelle inférieure de la poutre métallique.
tft : épaisseur de la semelle supérieure de la poutre métallique.
ts : âge du début du retrait.
tw : épaisseur de l’âme de la poutre métallique.
VEd(x ) : effort tranchant de calcul.
Vlf : l’effort total de cisaillement longitudinal exercé sur chaque longueur critique.
Vpl : est la valeur de calcul de la résistance plastique au cisaillement.
Vsd : l’effort tranchant de calcul.
x : distance de l’axe neutre par rapport à la fibre extrême de la dalle béton lorsque la section est
soumise à un moment positif et l’analyse est élastique.
x’ : de l’axe neutre par rapport à la fibre extrême de la dalle béton lorsque la section est soumise à
un moment négatif et l’analyse est élastique.
xp : distance de l’axe neutre à la fibre extrême de la dalle béton lorsque la section est soumise à un
moment positif et l’analyse est plastique.
x’p : position du nouvel axe neutre plastique par rapport au centre de gravité des armatures lorsque
la section est de classe 2 équivalente.
y : distance du centre de gravité de la section mixte à la fibre inférieure la plus éloignée du profilé
métallique.

2. ALPHABET GREC

: un facteur correctif.


 : coefficient égal à (235/fy)1/2.
ε0 : déformation instantanée.
c : déformation de la section du béton.
εcr : déformation de fluage.
u : déformation ultime d’une section transversale mixte.
r∞ : valeur spécifique (finale) de la déformation due au retrait.
Liste des symboles VII

(t) : est la déformation totale.


e(t) : est la déformation instantanée.
sh(t) : est la déformation due au retrait du béton.
cr(t) : est la déformation de fluage relative au temps t.
(t, τ) : le coefficient de fluage.
 : degré de connexion ( = N/Nf).
γa : facteur partiel de sécurité pour l’acier.
γc : facteur partiel de sécurité pour le béton.
c : la contrainte limite élastique de compression du béton.
c() : contrainte de compression appliquée à l’âge 
d : est la valeur de calcul de la contrainte.
s : la contrainte limite élastique à la traction de l’acier des armatures.
 : rayon de courbure d’une poutre en flexion.
1/ : courbure d’une poutre fléchie.
 : coefficient donnant la position de l’axe neutre.
ζ(t) : fonction d’évolution du module d’élasticité au cours du temps.
‫امجلهورية اجلزائرية ادلميقراطية الشعبية‬
‫وزارة التعلمي العايل و البحث العلمي‬
‫جامعة وهران للعلوم و التكنولوجيا محمد بوضياف‬

Présenté par : BEGHDAD Houda

Intitulé
Effet du retrait du béton sur la résistance d’une section
transversale mixte acier-béton en connexion partielle
Faculté : Architecture et Génie civil

Département : Génie civil

Spécialité : Génie civil

Option : Structure

Devant le Jury Composé de :

Membres de Jury Grade Qualité Domiciliation


BENSAFI Mohamed Pr Président USTO-MB

TEHAMI Mohamed Pr Encadrant USTO-MB

NASSER Bachir Pr USTO-MB

LOUSDAD Abdelkader Pr UDL-Sidi Belabbes


Examinateurs
KROUR Baghdad MCA UMS-Mascara
BASSAIM Aicha MCA UMS-Mascara

Année Universitaire : 2017/2018


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154
Remerciements

REMERCIEMENTS

Sous la direction de Monsieur le professeur Mohamed TEHAMI, la présente thèse


de doctorat a été réalisée au niveau du Laboratoire de Mécanique des Structures et
Stabilité des Constructions (LM2SC) de l’Université des Sciences et de la
Technologie d’Oran (USTO),

L'auteur souhaite tout d'abord remercier son encadreur, monsieur le professeur


Mohamed TEHAMI qui a guidé et dirigé le travail de cette thèse de ses étapes
initiales jusqu'à la fin. Sa patience, ses connaissances d'expert, sa créativité, sa
persévérance et surtout sa passion ont été une grande source d'inspiration ce qui m’a
permet d’achever ma thèse dans de bonnes conditions.

J’adresse toute ma gratitude à monsieur Mohamed BENSAFI, Professeur à


l’université des sciences et de la technologie d’Oran, qui a accepté de présider mon
jury de thèse et d’examiner ce mémoire avec beaucoup d’attention.

J'aimerais exprimer ma gratitude et mes remerciements à :

 Monsieur Nasser BACHIR, Professeur à l’université des sciences et de la


technologie d’Oran,

 Monsieur Abdelkader LOUSDAD, Professeur à l’université Djillal Liabes


de Sidi Belabbes,

 Monsieur Baghdad KROUR, Maître de conférences à l’université Mustapha


STAMBOULI de Mascara, et

 Madame Aicha BASSAIM, Maître de conférences à l’université Mustapha


STAMBOULI de Mascara,

D’avoir accepté de participer à mon jury de thèse et de m’avoir fait l’honneur


d’être examinateurs de mon travail.
Remerciements

Enfin, mes remerciements les plus sincères vont à mon mari Nacer pour être un si
merveilleux compagnon, en particulier pendant les moments les plus difficiles et les
plus sombres au cours de cette période dont les mots ne peuvent exprimer combien
je suis reconnaissante. Mon mari Nacer a volontairement offert de l'aide, des conseils
et des encouragements tout au long de mes études en post-graduation. En outre, je
suis très reconnaissante pour le soutien et l'encouragement de mes parents, frères et
sœurs au cours de cette période qui a été inestimable.

H.BEGHDAD
Abstract X

ABSTRACT

Due to the time-dependent effects of concrete, a composite steel-concrete beam is


very likely to alter its structural properties, which means that it is very difficult for
designers to define the correct cross-sectional properties at each moment of driving a
futures analysis. In addition, the components of the composite beam generally undergo
changes in their action due to slippage at the steel/concrete interface. The extent of this
slippage is not only difficult to predict, but also leads to partial interactions between
steel and concrete. This partial interaction can have a significant effect on the analysis
with respect to the full interaction.

To date, in order to study the complex behavior of mixed steel-concrete beams


following concrete shrinkage and its effects, over time, on the state of the stresses that
may occur in composite beams, several models we have been published. The majority of
these analyzes often consider the complete connection between the metal beam and the
concrete slab. In the case of the partial connection, commonly used, some analytical,
semi-analytical or numerical models have been developed. Some of them are limited to
particular cases, while the others present a great difficulty in practical applications. In
Eurocode 4 [EUR 05], and despite the significant effect of concrete shrinkage on the
long-term behavior of mixed cross-sections, a simple reduction coefficient was used.
This often simplifies the problem and may not be reliable.

To satisfy the two extreme situations, it seemed logical to develop a satisfactory


procedure, at the same time, the desired efficiency in terms of results and the simplicity
in its application by the users. By introducing the notion of the partial connection to the
steel-concrete interface, the aim of this study is to improve the performances of an
Abstract XI

existing analytical model dedicated to the prediction of the behavior, with the
withdrawal, of the composite steel-concrete beams. perfect connection only. In the
formulation of this model, the effect of the partial connection is represented in terms of
the degree of connection (N / Nf). This allows to use it in partial and perfect connection.

Key words: Composite beams; Shrinkage; time; degree of connection (N/Nf); linear
viscoelasticity.
Résumé VIII

RESUME

Suite aux effets dépendant du temps du béton, une poutre mixte acier-béton est très
susceptible de modifier ses propriétés structurelles, ce qui signifie qu'il est très difficile
pour les concepteurs de définir les propriétés transversales correctes à chaque moment
de la conduite d’une analyse à terme. En plus, les composants de la poutre mixte
subissent généralement des changements dans leur action en raison du glissement à
l'interface acier/béton. L'étendue de ce glissement n'est pas seulement difficile à prévoir,
mais conduit également à des interactions partielles entre l’acier et le béton. Cette
interaction partielle peut avoir un effet significatif sur l'analyse par rapport à
l'interaction complète.

Jusqu’à ce jour, afin d'étudier le comportement complexe des poutres mixtes acier-
béton suite au retrait du béton et ses effets, au cours du temps, sur l’état des contraintes
qui peuvent se produire dans les poutres mixtes, plusieurs modèles on été publiés. La
majorité de ces analyses considèrent souvent la connexion complète entre la poutre
métallique et la dalle en béton. Dans le cas de la connexion partielle, couramment
utilisée, certains modèles, analytiques, semi-analytiques ou numériques ont été
développés. Certains d’entre eux se limitent à des cas particuliers, tandis que les autres
présentent une énorme difficulté dans les applications pratiques. Dans l’Eurocode 4
[EUR 05], et malgré l’effet important du retrait du béton sur le comportement, à long
terme, des sections transversales mixtes, un simple coefficient de minoration a été
utilisé. Cela simplifie souvent le problème et peut ne pas être fiable.

Pour satisfaire les deux situations extrêmes, il nous a semblé logique de développer
une procédure satisfaisant, à la fois, l’efficacité souhaitée en matière de résultats et la
Résumé IX

simplicité dans son application par les utilisateurs. En introduisant la notion de la


connexion partielle à l’interface acier-béton, le but de cette étude est d’améliorer les
performances d’un modèle analytique existant dédié pour la prédiction du
comportement, au retrait, des poutres mixtes acier-béton en connexion parfaite
seulement. Dans la formulation du présent modèle, l’effet de la connexion partielle est
représenté en termes du degré de connexion (N/Nf). Ceci permet de l’utiliser en
connexion partielle et parfaite.

Mots clés : Poutres mixtes; retrait; temps; degré de connexion (N/Nf); viscoélasticité
linéaire.
Sommaire

SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE........................................................................................................ 1

CHAPITRE I : ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE................................................................................ 5


1.1 INTRODUCTION ................................................................................................................................. 5
1.2 PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DES POUTRES MIXTES ................................................................ 11
1.3 AVANTAGES DES POUTRES MIXTES ACIER-BETON ......................................................................... 14
1.4 FACTEURS AFFECTANT L’ETAT DE CONTRAINTES D’UNE SECTION MIXTE ................................... 16
1.5 DIMENSIONNEMENT AUX ETATS LIMITES DES POUTRES MIXTES................................................... 16
1.5.1 Introduction ------------------------------------------------------------------------------------------ 16
1.5.2 Résistance des sections de la poutre ------------------------------------------------------------ 17
1.5.3 Analyse des sections transversales ------------------------------------------------------------- 19
1.5.3.1 Analyse plastique des sections transversales ------------------------------------------ 19
1.5.3.2 Analyse élastique des sections transversales ------------------------------------------ 26
1.5.3.3 Effet du cisaillement vertical sur le moment résistant ------------------------------- 30
1.5.3.4 Analyse globale de la structure (calcul des efforts intérieurs) --------------------- 32
1.6 CONNEXION DE CISAILLEMENT...................................................................................................... 34
1.6.1 Introduction ------------------------------------------------------------------------------------------ 34
1.6.2 Développement de connecteurs de cisaillement -------------------------------------------- 35
1.6.3 Rôle des connecteurs ------------------------------------------------------------------------------- 36
1.6.4 Distribution de connecteurs ---------------------------------------------------------------------- 36
1.6.5 Tests de poussée sur les connecteurs----------------------------------------------------------- 37
1.6.6 Comportement de connecteurs ------------------------------------------------------------------ 38
1.7 DIFFERENTS TYPES DE CONNECTEURS ........................................................................................... 40
1.7.1 Goujons ----------------------------------------------------------------------------------------------- 40
1.7.1.1 Introduction ----------------------------------------------------------------------------------- 40
1.7.1.2 Caractéristiques des goujons -------------------------------------------------------------- 41
1.7.1.3 Modes de ruine des goujons --------------------------------------------------------------- 42
1.7.1.4 Lois de comportement des goujons ------------------------------------------------------ 46
1.7.1.5 Résistance des goujons ---------------------------------------------------------------------- 49
1.7.1.6 Dispositions constructives des goujons ------------------------------------------------- 52
1.7.2 Plaques perforées ----------------------------------------------------------------------------------- 54
1.7.2.1 Introduction ----------------------------------------------------------------------------------- 54
1.7.2.2 Mode de ruine -------------------------------------------------------------------------------- 54
1.7.2.3 Résistance ultime ----------------------------------------------------------------------------- 55
1.7.3 Connecteurs de cisaillement Hilti --------------------------------------------------------------- 56
1.7.3.1 Introduction ----------------------------------------------------------------------------------- 56
1.7.3.2 Modes de ruine ------------------------------------------------------------------------------- 57
1.7.3.3 Résistance ultime ---------------------------------------------------------------------------- 60
1.7.4 Butées ------------------------------------------------------------------------------------------------- 60
1.7.5 Autres types de connexion ----------------------------------------------------------------------- 61
1.7.5.1 Connexions par adhérence ----------------------------------------------------------------- 61
Sommaire

1.7.5.2 Connexion par collage ---------------------------------------------------------------------- 63


1.7.5.3 Connexion par boulons précontraints --------------------------------------------------- 64
1.7.6 Ferraillage de la dalle ------------------------------------------------------------------------------ 65
1.8 DIFFERENTS TYPES DE CONNEXION................................................................................................ 65
1.8.1 Connexion complète ------------------------------------------------------------------------------- 65
1.8.2 Connexion partielle -------------------------------------------------------------------------------- 66
1.8.3 Nombre de connecteurs --------------------------------------------------------------------------- 67
1.9 CALCUL DE LA CONNEXION ........................................................................................................... 71
1.9.1 Calcul élastique de la connexion ---------------------------------------------------------------- 71
1.9.2 Calcul plastique de la connexion ---------------------------------------------------------------- 72
1.10 CISAILLEMENT LONGITUDINAL DE LA DALLE ............................................................................. 75
1.11 CONCLUSION................................................................................................................................. 78

CHAPITRE II : PRESENTATION DU PHENOMENE DE RETRAIT ..................................... 79


2.1 INTRODUCTION ............................................................................................................................... 79
2.3 DIFFERENTS TYPES DE RETRAIT ...................................................................................................... 81
2.4 PARAMETRES DONT DEPEND LE RETRAIT ...................................................................................... 85
2.5 VALEURS FINALES DU RETRAIT ...................................................................................................... 86
2.6 PRISE EN COMPTE DU RETRAIT ....................................................................................................... 86
2.6.1 Dans l'Eurocode 2 (Norme EN 1992) ................................................................................ 86
2.6.2 Dans l'Eurocode 4 (Norme EN 1994) ................................................................................ 89
2.7 LOI DE VARIATION DES DEFORMATIONS DE RETRAIT DANS LE TEMPS ......................................... 89
2.7 CONCLUSION................................................................................................................................... 91

CHAPITRE III: THEORIE IRREVERSIBLE DU BETON .......................................................... 93


3.1 GENERALITES .................................................................................................................................. 93
3.2 DIFFERENTS COMPRTEMENTS DU BETON ....................................................................................... 94
3.2.1 Comportement élastique .................................................................................................... 94
3.2.2 Comportement plastique ................................................................................................... 95
3.2.3 Comportement viscoélastique ........................................................................................... 95
3.2.4 Linéarité ................................................................................................................................ 96
3.3 MODELES RHEOLOGIQUES .............................................................................................................. 98
3.3.1 Introduction ......................................................................................................................... 98
3.3.2 Différents modèles rhéologiques ...................................................................................... 98
3.4 ANALYSE DEPENDANT DU TEMPS ................................................................................................ 104
3.4.1 Introduction ....................................................................................................................... 104
3.4.2 Notions et bases théoriques ............................................................................................. 104
3.4.2.1 Déformation du béton.............................................................................................. 104
3.4.2.2 Coefficient de fluage et fonction de fluage ........................................................... 106
3.4.2.3 Principe de superposition ....................................................................................... 108
3.5 THEORIE DE VIEILLISSEMENT DU BETON...................................................................................... 110
3.5.1 Introduction ....................................................................................................................... 110
3.5.2 Approche de Dischinger .................................................................................................. 110
3.5.3 Méthode du temps équivalent ........................................................................................ 114
3.6 CONCLUSION................................................................................................................................. 115

CHAPITRE IV: COMPORTEMENT DEPENDANT DU TEMPS DES POUTRES MIXTES


ACIER-BETON ................................................................................................... 117
4.1 INTRODUCTION ............................................................................................................................. 117
4.2 COMPORTEMENT DEPENDANT DU TEMPS ................................................................................... 118
4.3 EVALUATION DES EFFETS DEPENDANT DU TEMPS ...................................................................... 120
Sommaire

4.3.1 Introduction ....................................................................................................................... 120


4.3.2 Principe différentiel .......................................................................................................... 120
4.3.3 Principe par équations intégrales ................................................................................... 123
4.3.4 Principe incrémental ......................................................................................................... 124
4.4 TRAVAUX FAITS ............................................................................................................................. 124
4.5 CONCLUSION................................................................................................................................. 131

CHAPITRE V:
MODELISATION DES EFFETS DU RETRAIT DE BETON
- NOUVELLE METHODE PROPOSEE -................................................. 133
5.1 GENERALITES ................................................................................................................................ 133
5.2 ANALYSE DEPENDANT DU TEMPS ............................................................................................... 135
5.3 FORMULATION DU MODELE......................................................................................................... 135
5.3.1 Equations d’équilibre statique......................................................................................... 136
5.3.2 Equations de compatibilité .............................................................................................. 137
5.3.3 Solution mathématique .................................................................................................... 139
5.3.4 Détermination des contraintes ........................................................................................ 139
5.3.5 Validation de la méthode proposée ................................................................................ 140
5.3.6 Discussion des résultats ................................................................................................... 143
5.4 CONCLUSION ........................................................................................................................... 144

CONCLUSION GENERALE ......................................................................................................... 145

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ...................................................................................... 148


‫ملخص‬

‫بسبب التأثيرات على الخرسانة و المرتبطة بالزمن ‪ ،‬الروافذ المركبة فوالذ ‪ /‬خرسانة من المرجح أن تغير خصائصها اإلنشائية ‪،‬‬
‫مما يعني أنه من الصعب جدا ً على المصممين تحديد الخصائص الصحيحة للمقطع العرضي في كل مرة يراد القيام بدراسة تأخذ‬
‫عامل الوقت في الحسبان‪ .‬باإلضافة إلى ذلك ‪ ،‬فإن مكونات الروافذ المركبة تخضع بشكل عام للتغييرات بسبب االنزالق بين الفوالذ‬
‫والخرسانة ‪.‬ال يمكن التنبؤ بمدى هذا االنزالق فحسب ‪ ،‬بل يؤدي أيضًا إلى ترابط جزئي بين الفوالذ والخرسانة ‪.‬هذا الترابط الجزئي‬
‫يمكن أن يكون له تأثير كبير مقارنة بالترابط الكامل‪.‬‬

‫حتى اآلن ‪ ،‬من أجل دراسة السلوك المعقد للروافذ المركبة فوالذ ‪ /‬خرسانة بعد االنسحاب الخرساني وتأثيراته ‪ ،‬مع مرور الوقت‬
‫‪ ،‬على حالة اإلجهادات التي قد تحدث في الروافذ المركبة ‪ ،‬العديد من نماذج تم نشره وغالبية هذه التحليالت غالبا ً ما تعتبر الترابط‬
‫الكامل بين الروافذ المعدنية والبالطة الخرسانية ‪ .‬في حالة االتصال الجزئي ‪ ،‬شائع االستخدام ‪ ،‬تم تطوير بعض النماذج التحليلية أو‬
‫شبه التحليلية أو العددية ويقتصر بعضها على حاالت معينة ‪ ،‬بينما يعرض البعض اآلخر صعوبة كبيرة في التطبيقات العملية ‪.‬في‬
‫الكود األوربي ‪ ، [EUR 05] 4‬وعلى الرغم من التأثير الكبيرلالنسحاب الملموس على المقاطع العرضية المركبة على المدى الطويل‬
‫‪ ،‬فقد استعمل معامل بسيط للتخفيض ‪.‬هذا غالبا ما يبسط المشكلة وربما ال تكون موثوقة‪.‬‬

‫وإلرضاء الحالتين الحديتين‪ ،‬بدا من المنطقي تطوير نموذج جديد يؤمن ‪ ،‬وفي نفس الوقت ‪ ،‬الكفاءة المرغوبة من حيث النتائج‬
‫وبساطة التطبيق للمستخدمين لها ‪.‬من خالل إدخال مفهوم الترابط الجزئي بين الروافذ المعدنية والبالطة الخرسانية ‪ ،‬والهدف من هذه‬
‫الدراسة هو تحسين أداء النموذج التحليلي المخصص لدراسة سلوك الروافذ المركبة فوالذ ‪ /‬خرسانة ذات اتصال كامل فقط ‪.‬في‬
‫صياغة هذا النموذج ‪ ،‬تم تمثيل تأثير االتصال الجزئي باستعمال معامل الترابط )‪ .(N/Nf‬هذا يسمح الستخدامه في الترابطين الجزئي‬
‫و الكامل‪.‬‬

‫الكلمات المفتاحية‪ :‬الروافذ المركبة ‪,‬االنسحاب؛ الزمن؛ درجة االتصال )‪ (N/Nf‬؛ مرونة خطية‪.‬‬

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