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Cours Introduction Au Droit Communautair PDF

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Cours 

Introduction au droit communautaire – 2011/2012 
 

INITRODUCTION AU DROIT COMMUNAUTAIRE 

Chapitre Introductif : L’ordre juridique communautaire 
La  communautarisation  du  droit  correspond  au  processus  de  transfert  de  compétence  d’Etats 
souverains vers un organe regroupant plusieurs états situés dans un même région ou continent. Le 
droit  communautaire  rassemble  donc  un  ensemble  de  règles  issues  d’organes  supra  nationales, 
supra‐ étatiques. 

  

Les  organes communautaires auxquels la République du Sénégal est membre sont nombreux (Union 
Africaine, Union économique et monétaire des Etats de l’Afrique de l’ouest « UEMOA », Organisation 
pour l’harmonisation en  Afrique du droit des affaires « OHADA », la Communauté économique des 
Etats de l’Afrique de l’ouest « CEDEAO »…).   

Dans un cadre introductif, on s’interroge d’abord sur la cohabitation entre un droit communautaire 
supra  national  et  le  principe  de  la  souveraineté  nationale  des  Etats  (Section  I).  Ensuite,  se  pose  la 
question  de  confrontation  entre  l’ordre  juridique  communautaire  et  l’ordre  juridique  national 
(Section II). Enfin, nous tenterons de décliner les objectifs de droit communautaire (Section III) 

             Section I – Système communautaire et souveraineté nationale 

 
Les prérogatives reconnues aux Etats indépendants du fait par le biais de la souveraineté nationale 
semblent incompatibles avec l’idée de droit communautaire (A). Paradoxalement, c’est pourtant par 
l’exercice d’une telle souveraineté que ce droit communautaire existe (B).  

1. Les attributs de la souveraineté nationale   

La  souveraineté  est  le  principe  d’organisation  des  Etats.  L’Etat  moderne  et  l’Etat  indépendant  est 
avant tout un Etat souverain.  

Cette souveraineté politique permet à tout Etat de définir le système politique national. Aussi, c’est 
ce principe qui permet à l’Etat de réglementer l’activité de ses citoyens ainsi que les rapports entre 
eux.    La  souveraineté  permet  au  pouvoir  politique  d’avoir  le  monopole  de  la  réglementation  et  de 
législation, le monopole de juridiction et d’exécution par l’emploi de la contrainte légitime. 

 Parce que l’Etat est souverain, il dispose de pouvoirs discrétionnaires concernant toutes les activités 
localisées sur son territoire : c’est le principe de territorialité.  

Cours Introduction au droit communautaire‐ Pr. Mohamed Bachir Niang – 2011/2012 
 
Cours Introduction au droit communautaire – 2011/2012 
 

Dans  l’ordre  international,  dire  qu’un  Etat  est  souverain  se  définit  négativement  comme  la  non 
soumission  à  une  autorité  supérieure  ou  à  une  autorité  de  même  niveau  c’est‐à‐dire  à  l’autorité 
d’autres états.  

             B – La conciliation entre la souveraineté nationale et l’ordre juridique communautaire 

La théorie de la souveraineté qui donne les pleines compétences à l’Etat est pourtant le fondement 
même de l’existence d’un droit international et communautaire. 

 A  ce  titre,  il  a  été  soutenu  que  l’Etat  souverain  peut,  du  fait  de  sa  souveraineté,  consentir  des 
limitations  à  sa  souveraineté.  Le  transfert  de  compétences  de  l’Etat  à  un  organe  communautaire 
n’est  pas  véritablement  une  atteinte  à  sa  souveraineté  du  fait  qu’il  a  consenti  à  ce  transfert.  La 
souveraineté  de  l’Etat  exclut  sa  soumission  à  un  autre  Etat  mais  non  sa  soumission  à  des  règles 
communautaires dont il a participé à l’élaboration. 

 La  question  s’est  posé  en  droit  sénégalais  lorsque  le  Conseil  Constitutionnel  a  été  saisi  afin  de  se 
prononcer sur la compatibilité entre le principe de la souveraineté nationale et des articles 14 et 16 
du Traité relatif à l’harmonisation du droit des affaires en Afrique. Le Conseil retenait en l’espèce que 
le  dessaisissement  de  certaines  des  institutions  de  la  République  (Assemblée  nationale,  Cour  de 
cassation) au profit d’organes de l’OHADA n’était ni total ni   unilatéral et qu’il ne s’agissait donc pas 
d’un abandon de souveraineté mais d’une limitation de souveraineté qu’implique tout engagement 
international…(Décision  du  CC  n°  3/C/93  du  16  décembre  1993,  Affaire  n°  12/93  du  16/12/93= 
saisine par le Président de la République).  

Par  cette  décision,  le  Conseil  constitutionnel  rappelait  que  la  souveraineté  de  l’Etat  du  Sénégal 
impliquait  une  compétence  internationale  lui  permettant  de  transférer  une  partie  de  ses 
prérogatives à des organes supranationaux.  

La  nouvelle  Constitution  du  22  janvier  2001  est  d’ailleurs  plus  explicite  de  ce  point  de  vue  en 
disposant  que  « la  République  du  Sénégal  peut  conclure  avec  tout  Etat  africain  des  accords 
d’association ou de communauté »).  

             

Cours Introduction au droit communautaire‐ Pr. Mohamed Bachir Niang – 2011/2012 
 
Cours Introduction au droit communautaire – 2011/2012 
 

   Section II – L’effectivité de l’ordre juridique communautaire 

 
Il existe un principe de suprématie de l’ordre juridique communautaire (I). Cette suprématie est par 
ailleurs mise en œuvre par la voie d’un contrôle de l’application de la norme communautaire (II) 

                              I – La suprématie de l’ordre juridique communautaire 

A  ‐    Les  dispositions  constitutionnelles :  Il  est  logique  que  les  engagements  pris  par  les  Etats  au 
niveau  régional  et  continental  puissent  avoir  une  force  juridique  supérieure  à  celle  des  normes 
internes.  

En  droit sénégalais, il existe un texte communautaire qui a une valeur constitutionnelle   du  fait de 


son intégration dans le bloc de constitutionalité : il s’agit de la Charte africaine des droits de l’Homme 
et des peuples du 27 juin 1981 (peut donc faire l’objet d’un recours devant le Constitutionnel contre 
une loi).  

Qu’en  est‐il  des  autres  normes  communautaires ?  La  question  est  réglée  par  l’article  98  de  la 
Constitution qui dispose que « les traités et accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur 
publication,  une  autorité  supérieure  à  celle  des  lois,  sous  réserve,  pour  chaque  accord  ou  traité,  de 
son application par l’autre partie ».  

On en  tire  comme  conséquence  que  les  autres  normes  communautaires  sont  automatiquement 
insérées  dans  le  droit  interne  dès  leur  publication,  mais  qu’elles  acquièrent  de  ce  fait  une  force 
supérieure  à  celle  des  nomes  législatives,  réglementaires  et  coutumières,  sans  toutefois  avoir  la 
valeur  constitutionnelle  comme  c’est  le  cas  pour  la  Charte  Africaine  des  droits  de  l’Homme  et  des 
peuples.  On  exprime  cela  en  retenant  que  les  normes  communautaires  ont  une  valeur  supra‐
législative et infra‐constitutionnelle.  

  B  ‐ la mise en œuvre jurisprudentielle du dispositif constitutionnel 

L’article  98  précité  de  la  Constitution  place  le  Sénégal  dans  la  catégorie  des  Etats  monistes  qui 
permet  aux  tribunaux  d’appliquer  directement  les  dispositions  communautaires  et  internationales 
sans avoir à exiger qu’elles soient  reçues dans l’ordre juridique interne par une loi spéciale.  

A l’occasion de l’application directe de la Convention n° 111 de l’OIT qui interdit la discrimination en 
matière d’emploi, la Cour Suprême retenait que cette convention « équivaut à une loi interne dont 
tout  justiciable  peut  se  prévaloir  à  l’égard  de  l’administration  et  des  juridictions  sénégalaises »  (V. 
Cour suprême, arrêt n° 15 du 23 avril 1980).  

Cette logique entretenue par le Cour suprême n’est pourtant pas toujours appliquée par les cours et 
tribunaux. Ainsi, dans l’affaire « Hissèn Habré », la Cour de cassation  a jugé que « l’article 79 de la 
Constitution  ne  saurait  recevoir  application  dès  lors  que  l’exécution  de  la  Convention  nécessite  que 
soient prises par le Sénégal des mesures législatives préalables » (Cour de cassation, 1er ch. Arrêt n° 

Cours Introduction au droit communautaire‐ Pr. Mohamed Bachir Niang – 2011/2012 
 
Cours Introduction au droit communautaire – 2011/2012 
 

14  Souleymane  Guengueng  et  Autres  c/  Hissène  Habré,  20  mars  2001).    Cette  démarche  souvent 
adoptée par le juge sénégalais finit par instaurer une logique dualiste qui interdit l’application directe 
de la norme communautaire ou internationale. 

C  – les « remèdes » aux résistances jurisprudentielles 

Afin de contourner les réticences des juges à appliquer directement les normes communautaires, la 
plupart  des  organes  communautaires  procèdent  par  voie  d’uniformisation.  Il  existe  en  effet  deux 
technique  de  communautarisation.  Lorsque  la  communautarisation  procède  par  harmonisation,  les 
normes  communautaires  ne  s’appliquent  pas  directement  dans  les  systèmes  juridiques  des  Etats‐
parties. Dans ce cas, le droit communautaire n’est exécutoire qu’après sa transposition dans l’Etat‐
membre  par  une  loi  nationale.  Cette  technique  est  celle  appliquée  par  exemple  pour  certaines 
normes de l’Union européenne.  

 La communautarisation peut aussi se faire par voie d’uniformisation.  

Cette dernière technique consiste pour l’organe communautaire à édifier des règles qui remplacent 
les  dispositions  nationales  des  différentes  Etats.  Ainsi,  les  dispositions  nationales  sont  abrogées,  la 
législation communautaire devenant la seule législation applicable.  

A  titre  d’exemple,  l’article  10  du  Traité  relatif  à  l’harmonisation  du  droit  des  affaires  en  Afrique 
prévoit  que  « les  actes  uniformes  sont  directement  applicables  et  obligatoires  dans  chaque  Etat‐
partie  nonobstant  toutes  dispositions  nationales  contraires ».  Chaque  Acte  uniforme  de  l’OHADA 
prévoyant par ailleurs que les dispositions nationales sont abrogées. 

 Concernant  l’UEMOA,  certains  de  ces  règlements  comme  celui  relatif  aux  systèmes  de  paiement 
(chèque, virement, carte de paiement, lettre de change…) abroge toutes les dispositions nationales 
sur la même question.  

Aussi,  les  dispositions  communautaires  issues  de  la  Conférence  interafricaine  des  marchés 
d’assurance  (CIMA)  vont  dans  le  même  sens  en  prévoyant  leur  application  directe  dans  les  Etats 
membres et en abrogeant les législations nationales en matière de droit des assurances  

L’uniformisation présente certains intérêts. Elle permet d’abord de lutter contre les lenteurs que les 
Etats  peuvent  accuser  dans  l’adoption  de  dispositions  nationales  transposant  les  dispositions 
communautaires. Et même lorsque de telles dispositions de transposition existent, les Etats membres 
peuvent avoir transposé de manière différente (V. UE : recours en manquement…).  

       

Cours Introduction au droit communautaire‐ Pr. Mohamed Bachir Niang – 2011/2012 
 
Cours Introduction au droit communautaire – 2011/2012 
 

                       II – Le contrôle de l’application du droit communautaire 
Ce  contrôle  est  d’abord  le  fait  des  juridictions  nationales  de  chaque  Etat‐partie  du  fait  de 
l’intégration des normes communautaires dans leur système normatif.  

La  norme  communautaire  est  donc  une règle   de  droit  dont  la  mise  en  œuvre  est  laissée  à 
l’appréciation du juge national.  

Pourtant, de plus en plus, les organes communautaires prévoient des instances juridictionnelles en 
leur  sein.  Par  exemple,  l’Union  Africaine  est  dotée  d’une  Cour  de  justice  de  l’Union.  Au  sein  de 
l’espace  OHADA  ,  est  instituée  une  Cour  commune  de  justice  et  d’arbitrage  (CCJA)  qui  connait  en 
cassation des décisions rendues par les cours d’appels nationaux.  

L’Union Economique et monétaire des états de l’Afrique de l’ouest met en place une Cour de justice 
et une Cour des comptes de l’Union.   

Si l’on doit établir  un bilan de l’action des organes communautaires à caractère juridictionnels,  deux 
constats pourront être dégagés : d’abord, certaines  juridictions communautaires sont peu efficientes 
du fait des difficultés relatives à leur saisine mais aussi du fait des obstacles  à l’exécution de leurs 
sentences et décisions dans les états membres (UA).  

S’agissant  ensuite  des  normes  uniformisées,  leur  application  et  leur  contrôle  parait  satisfaisant  du 
fait de la disparition subséquente des normes nationales qui étaient susceptibles de les concurrencer 
(actes uniformes de l’OHADA, Code des assurances de la CIMA).  

   

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  Section III – Les objectifs du droit communautaire 

Ils sont à  la fois politiques, économiques et juridiques 

                      

A – Les objectifs politiques 
Ces  objectifs  existent  surtout  par  la  volonté  d’édifier  un  espace  uni  de  paix  et  de  sécurité  dans 
l’espace  communautaire.  Par  ailleurs,  il  apparait  que  le  droit  communautaire  s’intéresse  au 
fonctionnement interne des Etats membres en posant des principes de démocratie. 

1. ‐ L’édification d’un espace de paix et de sécurité 

Les  actions  en  ce  sens  sont  surtout  le  fait  de  la  CEDEAO  (Bénin,  Burkina,  Côte‐D’ivoire,  Gambie, 
Ghana,  Guinée‐Bissau,  Guinée‐Conakry,  Libéria,  Mali,  Mauritanie,  Niger,  Nigéria,  Sénégal,  Sierra 
Léone, Togo, Cap‐Vert).  

Le  protocole  de  non  agression  de  1978  de  cette  organisation  prévoit  que  « les  Etats‐membres 
s’engagent à ne pas recourir, dans leurs relations réciproques, à la menace ou à l’emploi de la force, 
ou  à  l’agression,  soit  contre  l’intégrité  territoriale  ou  l’indépendance  politique  des  autres  Etats‐
membres soit de toutes autres manières contraires aux chartes de l’ONU et de l’Union A fricaine».  

Par ailleurs, le protocole d’assistance mutuelle en matière de défense signé le 29 mai 1981 en Sierra 
Leonne est un accord de défense qui vise à organiser la sécurité et l’assistance entre Etats de la sous‐
région en cas d’attaque de menaces d’agression ou d’agression extérieure. 

 L’instrument le plus décisif en vue d’organiser des structures et des processus de gestion collectives 
des  questions  de  sécurité  sous  régionale  reste  pourtant  le  protocole  relatif  au  mécanisme  de 
prévention, de gestion, de règlement des conflits de maintien de la paix et de la sécurité, adoptée le 
10 décembre 1999.  

Ce mécanisme est activé en cas d’agression armée contre un Etat‐membre, en cas de conflit interne 
susceptible de menacer gravement la paix et la sécurité sous‐régionale en cas d’atteintes graves aux 
droits  de  l’homme  ou  de  renversement  et  tentative  de  renversement  d’un  gouvernement 
démocratiquement élu. Dans ce cadre, une force africaine, ECOMOG, a été mise sur pied chargée de 
rétablir la sécurité sous‐régionale et des sauver des vies humaines (intervention au Libéria à partir de 
1989, mandat élargi à la Sierra Leone « en guerre civile depuis 1991 », à la Guinée‐Bissau en 1998. En 
2003,  déploiement  de  force  d’interposition  en  Côte‐D’ivoire  en  vue  de  surveiller  le  cessez‐le‐feu 
conclu  à  Marcoussi.  Seconde  intervention  au  Libéria  en  2003  pour  appuyer  la  mise  en  œuvre  du 
cessez‐le‐feu conclu entre le Président TAYLOR et le Mouvement des rebelles pour la réconciliation 
et la démocratie « LURD »….  

Au‐delà de la CEDEAO, l’Union Africaine participe de cet effort de stabilité et de sécurité. A sein de 
l’Union  Africaine,  un  Conseil  de  paix  et  de  sécurité  est  chargé  du  maintien  de  la  stabilité,  de  la 
promotion  de  la  diplomatie  préventive  et  de  l’action  humanitaire  (intervention  au  Côte‐D’ivoire, 
République démocratique du Congo, Darfour « 6000 militaires déployés dans la guerre au Darfour », 
intervention au TOGO en 2005, République centrafricaine et au Burundi…) 

Cours Introduction au droit communautaire‐ Pr. Mohamed Bachir Niang – 2011/2012 
 
Cours Introduction au droit communautaire – 2011/2012 
 

                     2 – La sauvegarde des processus démocratiques 

Les  textes  communautaires  de  l’Union  Africaine  comme  de  la  CEDEAO  font  obligations  aux  Etats‐
membres  de  respecter  les  principes  de  la  démocratie  politique  et  ceux  relatifs  aux  droits 
fondamentaux de l’être humain.  

L’article 3 de l’Acte constitutif de l’Union Africaine cite parmi les objectifs de l’Union de « promouvoir 
les principes et les institutions démocratiques, la participation populaire et la bonne gouvernance » 
ainsi  que  de  « promouvoir  et  protéger  les  droits  de  l’homme  et  des  peuples  conformément  à  la 
charte africaine des droits de ‘homme et des peuples ».  

le  non  respect  des  principes  qui  fondent  l’Union,  principalement  le  non  respect  des  processus 
démocratiques pouvant déboucher sur une suspension de l’Etat‐membre  

  B – Les objectifs économiques du droit communautaire 

Ces objectifs sont d’une part la mise en place d’une communauté économique par l’instauration d’un 
marché commun et d’autre part un droit de la concurrence 

                   1 – La mise en place du marché commun  

Dans ce cadre, l’Union Africaine a des ambitions très limités du fait qu’elle couvre tout le continent. 
L’Union  Africaine  ne  vise  pas  à  promouvoir  un  marché  commun  africain,  l’article  3  de  l’Acte 
constitutif  de  cette  Union  se  contentant  de  préciser  l’objectif  de  l’Union  est  de  « promouvoir  le 
développement durable aux plan économiques, social et culturel ».  

 L’instauration d’un marché commun est surtout le fait des organes communautaires sous‐régionaux 
tels l’UEMOA et la CEDEAO.  

L’article 4  du Traité révisé de l’UEMOA prévoit que  le but de l’union est  de « créer  entre  les  Etats 


membres un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens et services des 
capitaux et le droit d’établissement des personnes exerçant une activité indépendantes ou salariée 
ainsi qu’un tarif extérieur commun et une politique commerciale commune ».  

le  Traité  instituant  la  CEDEAO  va  dans  le  même  sens  en  fixant  parmi  les  objectifs  de  l’organe 
l’intégration économique visant la réalisation du marché commun ouest‐africain et la création d’une 
Union monétaire.  

La pluralité des organes visant la mise en place de marchés communs pose problème au point que 
certains auteurs ont pu parler d’une concurrence des organes communautaires sous‐régionaux.  

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       2 – L’émergence du droit de la concurrence 

Il est indissociable de l’idée de marché commun. 

 Les  entreprises  installées  dans  l’espace  économique  sous‐régional  doivent  fonctionner  selon  des 
règles communes. Le droit de la concurrence communautaire est surtout le fait de l’UEMOA. 

 Il  vise  d’abord  à  interdire  un  certain  nombre  de  pratique  des  entreprises  et  aussi  de  pratiques 
étatiques affectant le commerce intracommunautaire.  

Le  Règlement  02/2002/CM/UEMOA  relatif  aux  pratiques  anticoncurrentielles  au  sein  de  l’Union 
interdit  les  ententes  c’est‐à‐dire  les  « Accords »  par  lesquels  plusieurs  entreprises  se  concertent 
d’une  manière  pouvant  affecter  le  commerce  intracommunautaire  ou  restreindre  ou  fausser  la 
concurrence  à  l’intérieur  de  l’Union  des  manœuvres  pour  éliminer  ses  concurrentes  ou  porte 
préjudice aux consommateurs.  

Dans le même cadre, sont prohibés les abus de position dominante par lesquels une entreprise qui 
domine abuse de ses capacités économiques et financières pour porter préjudices aux entreprises de 
taille inférieures.  

Les pratiques étatiques pouvant fausser la concurrence saine à l’intérieure de l’Union sont également 
visées  par  le  droit  communautaire.  Il  s’agit  notamment  des  aides  (subventions)  faites  par  les  Etats 
aux entreprises installées sur leur sol et qui pourraient fausser le jeu de la libre concurrence entre les 
entreprises communautaires  

  

C – Les objectifs juridiques du droit communautaire 
Au‐delà  des  règles  applicables  aux  Etats,  le  droit  communautaire  contient  des  dispositions 
applicables aux particuliers dans leurs relations entre eux. Certaines matières sont, par leurs natures 
même,  réfractaires  à  une  communautarisation  (1).  Celles  qui  sont  communautarisées  sont  surtout 
celles entretenant une relation étroite avec l’économie et les affaires(2). 

             1 – les matières difficiles à communautariser   

On cite dans cette catégorie le bloc du droit civil.  

Il  s’agit  d’abord  du  droit  des  personnes  et  de  la  famille.  Il  ne  fait  pas  de  doute  que  cette  matière 
entretient  de  liens  étroits  avec  la  culture  d’un  peuple,  la  religion.  La  perception  que  les  groupes 
étatiques peuvent avoir du mariage, des successions ou de la famille peut tant diverger qu’il devient 
presque impossible de réaliser une synthèse pouvant aboutir à une harmonisation ou uniformisation.  

Dans  le  même  cadre,  le  droit  pénal  semble  se  prêter  difficilement  à  une  communautarisation.  La 
politique pénale des Etats est très liée à la conception que leur peuple défend sur certaines questions 
(homosexualité, bonnes mœurs…).  

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Au‐delà  du  droit  pénal  et  du  droit  de  la  famille  on  constate  aujourd’hui  que  certaines  matières 
entretenant  pourtant  un  lien  avec  le  droit  des  affaires  sont  difficiles  à  uniformiser :  ainsi,  les 
négociations  en vue  de l’adoption d’un acte uniforme sur le  droit du  travail n’aboutissent  toujours 
pas du fait des positions contradictoires des Etats 

2. – La communautarisation du droit « économique »   

Il s’agit d’une conséquence de l’intégration économique. L’uniformisation du droit des affaires s’est 
surtout  réalisée  avec  l’OHADA  (droit  commercial,  sociétés  commerciales,  entreprises  en  difficultés, 
droit  des  sûretés,  arbitrage…).  Il  en  va  de  même  du  droit  des  assurances  dans  le  cadre  de  la 
Conférence  Interafricaine  des  Marchés  d’Assurances  (CIMA).  Les  Règlements  de  l’UEMOA 
uniformisent la législation sur les systèmes de paiement… 

Les  objectifs  du  droit  communautaires  sont  à  la  fois  politiques,  économiques  et  juridiques.  Nous 
étudierons l’intégration juridique à travers l’OHADA et l’intégration économique à travers le système 
de l’UEMOA  

   

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CHAPITRE  I  –  L’intégration  juridique :  l’Organisation  pour 


l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) 
Le  Traité  instituant  l’OHADA  a  été  signé  le  17  octobre  1993  à  Port‐Louis  (île‐Maurice)  par  14  Etats 
africains  de  la  zone  franc  (16  Etats  sont  actuellement  membres  de  l’organisation :  Bénin,  Burkina, 
Cameroun, Centre‐Afrique, Comores, Congo, Côte‐D’ivoire, Gabon, Guinée équatoriale, Mali, Niger, 
Sénégal,  Tchad  et  Togo  rejoints  par  Guinée  Bissau  et  Guinée  Conakry).  Ce  Traité  a  été  révisé  le  17 
octobre 2008 à Québec (CANADA).  

Un certain nombre de règles du Traité vise à assurer l’organisation et le contrôle des normes éditées 
par  l’OHADA  (Section  I).  Par  ailleurs,  ces  normes  édictées  dans  des  actes  uniformes  tentent  de 
réglementer la vie des affaires au sein des Etats‐parties (Section II).  

           Section  I  –  L’organisation  et  le  contrôle  de  l’application  des  normes  de 
l’OHADA 

         I – les Institutions de l’OHADA 

 
Il y’en a quatre : La Conférence des chefs d’Etat, le Conseil des ministres, le secrétariat permanent, 
l’école régionale supérieure de la magistrature et la Cour commune de justice t d’arbitrage (CCJA).  

1. La Conférence des chefs d’Etat : il s’agit d’un organe introduit récemment lors de la révision 
du Traité. Elle a des prérogatives plus protocolaires que réelles. Il n’en demeure pas moins 
qu’elle se prononce sur toutes les questions relatives au Traité et aux nouvelles adhésions. 

2. Le Conseil des ministres : il est composé des ministres de la justice et des finances de chaque 
Etat‐partie.  

Le CM a des attributions exécutives (décisions) et législatives (éviter la procédure trop lourde de 
réunion des chefs d’états).  

Dans  le  cadre  de  sa  fonction  normative,  le  CM  adopte,  entre  autres,  les  actes  uniformes  de 
l’Organisation. Les domaines dans lesquels  peuvent intervenir les actes uniformes sont larges. 
L’article 1er du Traité prévoit que « le Traité a pour objet l’harmonisation du droit des affaires 

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dans les Etats‐parties ». l’article 2 du même Traité poursuit en en disposant « qu’entrent dans le 
domaine du droit des affaires l’ensemble des règles relatives au droit des sociétés et au statut 
juridique  des  commerçants,  au  recouvrement  des  créances,  aux  sûretés  et  aux  voies 
d’exécution, au régime du redressement des entreprises et de la liquidation judiciaire, au droit 
de l’arbitrage, au droit du travail, au droit comptable, au droit de la vente et des transports et 
toute autre matière que le CM déciderait, à l’unanimité, d’y inclure conformément à l’objet du 
Traité … ».  

3. Le  secrétariat  permanent :  il  a  des  fonctions  administratives.  Il  assiste  le  CM  lors  de  ses 
réunions  et  prépare  les  projets  d’Actes  Uniformes  et  les  soumet  à  l’examen  des  Etats‐
membres et à l’avis de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA). Il met au point le 
texte définitif de l’acte uniforme et propose son inscription à l’ordre du jour d’un Conseil des 
ministres 

4. L’école  régionale  supérieure  de  la  magistrature  (Porto‐Novo) :  son  rôle  est  d’assurer  la 
formation  et  le  perfectionnement  des  magistrats  et  des  auxiliaires  de  justice  des  Etats‐
membres  en  droit  harmonisé  des  affaires.  Cette  institution  est  dotée  de  la  personnalité 
juridique.  

  

5.  La Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA) : elle se substitue aux Cours nationales de 
cassation  afin  d’unifier  l’interprétation  du  droit  uniforme  et  éviter  un  renvoi  devant  une 
juridiction du dernier ressort en cas de cassation. La Cour est composée de 9 juges élus par le 
CM pour 7 ans.  

 II : Le contrôle de l’application du droit OHADA 

 
Ce contrôle est essentiellement le fait de la CCJA. Les attributions de cette institution sont d’abord 
consultative (A) et contentieuse (B). Au‐delà, elle est juge des recours contre les sentences arbitrales 
(C).  

   

    A – Les fonctions consultatives de la CCJA 

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La  CCJA  peut  être  consultée  par  tout  Etat‐partie,  les  CM,  ou  une  juridiction  nationale  sur  toute 
question  d’interprétation  ou  d’application  du  Traité,  de  ses  Règlements  d’application  ou  des  Actes 
Uniformes.  

A cet effet, la CCJA rend des Avis. Lorsqu’elle est saisie par une juridiction nationale dans ce sens, on 
suppose que cette juridiction a été elle‐même saisie d’un litige et recherche un éclairage de la CCJA 
sur une question de droit.  

Les  avis  rendus  par  la  CCJA  n’ont  pas  d’effet  exécutoire  et  serviront  simplement  de  guide  pour  les 
Etats‐parties  et  les  juridictions  nationales  quand  à  la  conduite  à    tenir  sur  certaines  questions  de 
droit. (Selon certains auteurs, l’avis donné à la suite de la demande d’une juridiction nationale doit 
être suivi puisqu’il y’a débat entre les parties et le Etats‐membres mais on ne voit pas la sanction en 
cas de non suivi s’il n’ya pas recours en cassation).  

   B – Les fonctions contentieuses de la CCJA 

Deux questions : celle de la saisine et celle de la procédure et des effets des arrêts rendus 

         1 – La saisine de la CCJA  

 il existe trois modes de saisine 

1. Le  recours  en  cassation  formé  par  l’une  des  parties  pour  casser  un  arrêt  rendu  en  dernier 
ressort par une juridiction nationale (Cour d’appel) 

2. Le renvoi de l’affaire devant la CCJA par une juridiction nationale saisie à tort d’un recours en 
cassation 

3. La saisine de la CCJA alors qu’une juridiction nationale a été saisie à tort et que cette dernière 
méconnait la compétence de la CCJA 

La saisine de la CCJA a pour effet de suspendre toute procédure de cassation engagée devant une 
juridiction  nationale  contre  la  décision  attaquée.  La  procédure  ne  peut  reprendre  au  niveau  de  la 
juridiction nationale qu’après que la CCJA se soit déclarée incompétente pour connaitre de l’affaire.  

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4. – La procédure devant la CCJA et effets des arrêts de la CCJA 

La  procédure  devant  la  Cour  est  contradictoire  et  l’audience  est  publique.  Les  parties  au  litige 
peuvent intervenir devant la Cour. Il en va de même des Etats‐parties. Les personnes n’ayant pas la 
qualité de parties peuvent également intervenir à condition d’avoir un intérêt dans le litige.  

Selon  l’article  20  du  Traité,  les  arrêts  de  la  CCJA  ont  l’autorité  de  la  chose  jugée  et  la  force 
exécutoire à compter du jour de leur prononcé. Il y’a un effet d’assimilation des arrêts de la CCJA 
aux décisions rendues par les juridictions des Etats‐parties. La formule exécutoire est apposée sans 
aucun contrôle que celui de la vérification de l’authenticité du titre par l’autorité nationale  

L’OHADA ne disposant pas matériellement de moyens de contrainte, les voies d’exécution à mettre 
en œuvre sont donc celles de la loi en vigueur dans chaque Etat‐partie (saisie…). Il existe des voies 
de recours contre les arrêts de la CCJA :  

5. d’abord,  la  tierce  opposition  permet  à  toute  personne  physique  ou  morale  d’attaquer  un 
arrêt  de  la  CCJA  qui  préjudicie  à  ses  droits  si  cette  personne  n’a  été  appelée  à  aucune  des 
instances antérieures.  

6. *Ensuite, en cas de contestation sur le sens et la portée du dispositif d’un arrêt de la CCJA, 
c’est  cette  même  juridiction  qui  interprète  son  arrêt.  Enfin,  une  demande  de  révision  peut 
être demandée à la Cour dans le cas particulier de la découverte d’un fait de nature à exercer 
une influence et qui était inconnu au jour du prononcé de l’arrêt.  

    C – La CCJA, juge des recours contre les sentences arbitrales 

L’arbitrage est un mode particulier de règlement des litiges qui consiste à confier à une ou plusieurs 
personnes privées appelées arbitres la solution d’un litige.  

L’arbitrage s’est développé non seulement du fait de l’internationalisation des échanges mais aussi 
du  fait  du  désir  des  opérateurs  économiques  d’éviter  la  justice  étatique  considérée  comme  trop 
lente et peu discrète.  

En  droit  OHADA,  il  existe  un  acte  uniforme  du  11  mars  1999  relatif  à  l’arbitrage  et  un  système 
d’arbitrage conçu et placé sous l’égide de la Cour commune de justice et d’arbitrage. L’article 21 du 
Traité  OHADA  prévoit  que  les  différends  d’ordre  contractuel  peuvent  être  soumis  à  la  procédure 
d’arbitrage sur la base d’une clause insérée dans ce contrat (clause compromissoire) ou d’un accord 
des parties au différend après la naissance de celui‐ci dès lors que l’une des parties est domiciliée ou 

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réside  dans  l’un  des  états‐membres  ou  que  le  contrat  est  exécuté  ou  doit  être  exécuté  dans  le 
territoire d’un Etat‐partie.  

La  CCJA  ne  tranche  pas  elle‐même    les  litiges  soumis  à  l’arbitrage.  Elle  nomme  ou  confirme  les 
arbitres désignés par les parties. A la fin de la   procédure,  elle  accorde 
l’exequatur  qui  leur  confère  l’autorité  de  la  chose  jugée  sur  le  territoire  de  chaque  Etat‐partie  au 
même titre que les décisions rendues par les juridictions des Etats. 

   

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Section II : L’encadrement du droit des affaires par le droit de l’OHADA 
 

Les actes uniformes qui ont été déjà édictés par l’OHADA tentent d’organiser la vie des affaires dans 
l’espace  communautaire  avec  deux  soucis  majeurs :  d’une  part  la  définition  du  statut  du 
commerçant et d’autre part la sécurisation de l’environnement des affaires 

 I – Le statut du commerçant 

Le droit uniformisé commence par une identification de la catégorie de commerçant. Le législateur 
OHADA prend ainsi en compte que la vie des affaires est surtout animée par les commerçants. Une 
fois identité (A), cette catégorie est soumise à un droit particulier appelé droit commercial (B) 

         A – L’identification du commerçant 

Cette  identification  résulte  surtout  des  dispositions  de  l’Acte  uniforme  sur  le  droit  commercial 
général  du  10  décembre  2010.    L’article  2  de  cet  acte  Uniforme  définit  les  commerçants  comme 
« ceux qi accomplissent des actes de commerce par nature et en font leur profession habituelle ». 
À  partir  de  cette  définition,  on  conçoit  que  trois  critères  doivent  être  réunis  pour  la  qualité  de 
commerçant :  l’accomplissement  d’acte  de  commerce  par  nature,  l’habitude  dans  cet 
accomplissement et la profession 

L’accomplissement  d’actes de commerce : c’est l’article 3 de l’Acte uniforme qui donne la liste des 
actes de commerce par nature: parmi ceux‐ci, on cite : les achats de biens meubles ou immeubles en 
vue  de  leur  revente ;  l’exploitation  industrielle  des  mines,  carrières,  et  de  tout  gisement  de 
ressources  naturelles ;  les  opérations  de  transport,  de  télécommunication,  de  manufacture 
(fabrication) ;  les  opérations  de  location  de  meubles,  de  banque,  change,  courtage,  assurance, 
transit ;  les  opérations  d’intermédiaire  pour  l’achat,  la  souscription,  la  vente  ou  la  location 
d’immeubles,  de  fonds  de  commerce,  d’actions  ou  de  parts  de  sociétés  commerciales  ou 
immobilières… 

L’habitude :  le  fait  d’accomplir  des  actes  de  commerce  de  façon  occasionnelle  de  fait  pas  de 
l’individu  un  commerçant.  Ainsi,  un  salarié  ou  un  étudiant  qui  achète  occasionnellement  des  biens 
meubles en vue de leur revente ne devient pas commerçant mais reste un particulier et donc soumis 
au droit civil. Le commerçant est celui qui accomplit l’un des actes de commerce de façon courante. 

La profession : celui qui accomplit des actes de commerce ne devient commerçant que lorsqu’il les 
accomplit à titre de profession c’est‐à‐dire pour son propre compte. ainsi, la personne recrutée par 
une société dans le but de vendre les produits de cette société n’est pas considéré comme salarié car 
les actes de vente qu’elle accomplit le sont au nom de la société. C’est la société qui emploie cette 

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personne  qui  est  commerçante  et  non  le  travailleur.  Le  commerçant  est  donc  la  personne  qui 
accomplit des actes de commerce à titre indépendant, pour son propre compte 

On remarque en lisant l’énumération des actes de commerce que certaines activités sont exclues ; 
les activités agricoles, les activités artisanales, les professions libérales (avocat, experts comptables, 
notaires…), les salariés…. Ces professions sont soumises au droit civil ou à des statuts particuliers.  

Les commerçants sont des personnes physiques ou morales. Les personnes morales (sociétés, GIE) 
dont  l’objet  est  l’accomplissement  d’actes  de  commerce  sont  des  personnes  morales 
commerçantes.  

       B – L’application du droit commercial aux commerçants 

Les commerçants sont soumis à un droit particulier, le droit commercial. Ce droit commercial met à 
le charge des obligations particulières qu’il s’agisse de commerçant personne physique ou personne 
morales (1). Cependant, le législateur est beaucoup plus intéressé par les commerçants personnes 
morales dont il réglemente de façon très précise l’activité (2).  

1 ‐ Les obligations générales des commerçants 

Les commerçants sont soumis à des obligations particulières.  

  Ils sont tenus à une immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM). 
Ce registre permet aux tiers d’avoir des renseignements sur les activités du commerçant, la 
forme de son entreprise et le montant du capital de cette dernière lorsque l’entreprise est 
exploitée sous forme de société commerciale… 

   les commerçants sont dans l’obligation de tenir une comptabilité retraçant leurs opérations 
quotidiennes et de donner une idée fidèle de leurs finances.  

 Les commerçants sont en outre soumis à une fiscalité plus sévère que les non commerçants. 

  Lorsque le commerçant est en faillite c’est‐à‐dire n’arrive plus à payer ses créanciers, il est 
soumis à une procédure particulière de redressement judiciaire  ou de liquidation de  biens. 
Dans le premier cas, le commerçant est dessaisi de la gestion de son entreprise et remplacé 
par un syndic et dans le second cas, l’exploitation est « vendue » afin de payer les créanciers.   

 D’autres règles sont spécifiques aux commerçants : 

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 la liberté de la preuve entre commerçants,  

 la  solidarité  est  présumée  entre  commerçants,  ce  qui  signifie  que  lorsque  plusieurs 
commerçants contractent une obligations, ils sont tenus solidairement, le créancier pouvant 
demander paiement de l’intégralité de la dette à l’un quelconque des commerçants.  

 Certains  commerçants  sont  si  particuliers  que  leurs  activités  ont  donné  naissance  à  des 
branches  nouvelles  du  droit  (droit  bancaire  pour  réglementer  l’activité  des  banques,  droit 
des  assurances  visant  l’activité  des  assureurs,  droit  des  transports…  transports  aériens, 
maritime…).  

               2 – Les personnes morales commerçantes 

Il s’agit des sociétés commerciales et du Groupement d’Intérêt Economique (GIE) 

Les sociétés commerciales : la société commerciale est « crée entre deux ou plusieurs personnes 
qui conviennent d’affecter à une activité des biens, en numéraire ou en nature, dans le but de 
partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter ».  

Parmi  les  critères  du  contrat  de  société,  on  peut  citer  l’obligation  pour  les  associés  de  faire  des 
apports,  constituant  ainsi  les  premiers  éléments  du  patrimoine  de  la  société,  et  la  volonté 
intéressée de faire des bénéfices ou des économies. Cela différentie essentiellement la société de 
l’association.  

Comme  pour  les  personnes  physiques,  une  personne  morale  acquiert  la  qualité  de  commerçant 
lorsqu’elle  accomplit  des  actes  de  commerce  par  nature  et  en  fait  sa  profession  habituelle.  La 
société  a  donc  une  nature  civile  ou  commerciale  selon  que  son  activité  tend  ou  non  à 
l’accomplissement d’acte de commerce par nature 

 Cependant,  il  existe  des  sociétés  qui  sont  commerciales  par  la  forme  c’est‐à‐dire  en  dehors  de 
toute considération de leur activité : il s’agit des sociétés constituées sous forme de SNC, SA, SARL, 
Société en commandite simple.  

 La Société en nom collectif (SNC) : « la société en nom collectif est celle dans laquelle les 
associés  sont  commerçants  et  répondent  indéfiniment  et  solidairement  des  dettes 
sociales » (Art 270 AU). 

Il  s’agit  de  la  société  de  personnes  par  excellence.  Les  associés  ont  tous  la  qualité  de 
commerçant ce qui interdit qu’un mineur ou incapable puise y être associé de mêmes que les 

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personnes  dont  la  qualité  est  incompatible  avec  la  qualité  de  commerçant  (fonctionnaire, 
professionnels libéraux…) 

Ce  qui  importe  dans  la  SNC,  c’est  la  personne  des  associés.  Ainsi,  chaque  associé  dispose  des 
mêmes  droits  de  vote  que  les  autres  quelque  soit  sa  participation  au  capital.  Aussi,  le  décès, 
l’incapacité, l’interdiction d’exercer le commerce qui touche un associé, entraine en principe la 
dissolution de la société. Il y’a par ailleurs un lien très fort entre la société et les associés car ces 
derniers sont tenus de supporter les dettes de la société de manière solidaire (le créancier peut 
demander paiement à n’importe lequel des associés) et indéfinie (pour le tout).  

La SNC est destinée à des individus qui se connaissent bien et se font mutuellement confiance.   

 La Société anonyme (SA) : elle est à l’opposé de la SNC. La SA est une société de capitaux par 
excellence.  Ce  qui  y  importe,  ce  n’est  pas  la  qualité  des  associés  (qui  souvent  ne  se 
connaissent pas) mais leur participation au capital.  

La SA ne peut être constitué qu’avec un capital minimum de 10 millions. Les actionnaires n’ont 
pas  la  qualité  de  commerçant  ce  qui  veut  dire  qu’un  mineur  ou  un  fonctionnaire  peut  être 
actionnaire.  

Les actionnaires ne sont responsables des dettes de la société qu’à hauteur de leur apport c’est‐
à dire des biens apportés à la société.  

Les événements qui peuvent survenir dans la vie d’un associé (décès, incapacité..) ne produisent 
pas en principe d’incidence sur le fonctionnement de la société 

La  gestion  de  la  société  est  confiée  à  de  organes  spécifiques  et  compétents  (Conseil 
d’administration , Président Directeur général, administrateur général…) 

Les droits de vote dont disposent les actionnaires dépendent directement de leur participation  

au capital de la société… 

 La  Société  à  responsabilité  limitée  (SARL) : aux termes de l’article 309, c’est une « société 


dans  laquelle  les  associés  ne  sont  responsables  des  dettes  sociales  qu’à  concurrence  de 
leur apport et dont les droits sont représentés par des parts sociales ».  

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La SARL est à mi‐chemin entre la société de personnes (SNC) et la société de capitaux (SA). Elle 
est  cependant  plus  proche  de  la  société  de  capitaux.  Sa  constitution  requiert  un  capital 
minimum de 1 million de F CFA.  

Les associés n’ont pas la qualité de commerçant 

Ils ne sont pas tenus indéfiniment et solidairement des dettes de la société 

La gestion de la SARL se rapproche plus de celle de la SA 

Les droits de vote des associés dépendent des quotas parts détenus dans le capital 

Les  événements  qui  peuvent  bouleverser  la  vie  d’un  associé  ne  produisent  pas,  en  principe, 
d’incidence sur la continuité de la société (décès, incapacité…) 

Les associés peuvent cependant décider d’en faire une société « fermée » comme les sociétés 
de personnes en subordonnant l’entrée de nouveaux associés à l’agrément des anciens associés 

 La  société  en  commandite simple:  c’est  celle  dans  laquelle  coexistent  un  ou  plusieurs 
associés  indéfiniment  et  solidairement  responsables  des  dettes  sociales  dénommées 
« associés  commandités »  avec  un  ou  plusieurs  associés  responsables  des  dettes  sociales 
dans  la  limite  de  leur  apport  dénommés  « associés  commanditaires ».  ainsi,  il  y’a  une 
combinaison d’associés se trouvant dans la situation d’associés de sociétés de personnes et 
d’autres se trouvant dans la situation d’associé de société de capitaux.  

  II – La sécurisation de l’environnement des affaires 

Plusieurs dispositions du  droit OHADA concourent  à cette sécurisation, notamment   celles du droit 


des sûretés, des procédures simplifiées de recouvrement du passif.  

                    

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               A – Le droit des sûretés 

Le droit des sûretés a fait l’objet d’un nouvel Acte uniforme du 10 décembre 2010 qui remplace celui 
de 1997. Les sûretés sont définies comme « l’affectation, au bénéfice d’un créancier, d’un bien, d’un 
ensemble de biens ou d’un patrimoine afin de garantir l’exécution d’une obligation … ». Les sûretés 
sont  donc  des  garanties  que  le  créancier  prend  pour  s’assurer  un  recouvrement  efficace  de  sa 
créance. Dans une société où les partenaires en affaires ne se connaissent plus vraiment, la prise de 
telles garanties est devenue incontournable. 

Les sûretés sont personnelles ou réelles 

    1 – Les sûretés personnelles 

Il s’agit du cautionnement et de la garantie autonome 

 Le  cautionnement :  c’est  le  contrat  par  lequel,  une  personne,  appelée  caution,  s’engage  à 
exécuter une obligation d’une autre personne (débiteur) si cette dernière n’exécute pas elle‐
même  cette  obligation.  (EXP :  le  fils  fait  un  emprunt  bancaire  de  Dix  millions.  Le  père 
s’engage  auprès  de  la  banque  à  payer  les  sommes  empruntées  si  le  fils  lui‐même  ne  ^paie 
pas).  
Le  cautionnement  est  un  engagement  subsidiaire :  il  n’est  valable  que  si  l’engagement 
principal la dette du fils envers la banque) est lui‐ même valable.  
 
 La garantie autonome : dans la garantie autonome, une personne morale (Etat, collectivités 
locales, sociétés…) s’engage à payer une somme déterminée à un créancier (bénéficiaire) en 
vertu d’une obligation souscrite par le débiteur (donneur d’ordre en cas de non paiement ou 
de survenance d’un fait.  
La garantie autonome protège mieux les intérêts du créancier que le cautionnement  car le 
garant,  contrairement  à  la  caution,  prend  un  engagement  de  payer  indépendant  de 
l’engagement du débiteur (donneur d’ordre).  

2– Les sûretés réelles 

Dans  les  sûretés  réelles,  la  garantie  du  créancier  porte  sur  un  ou  plusieurs  biens  déterminés  ou 
déterminables et non sur un patrimoine. Les suretés réelles donnent, selon le cas à leurs titulaires : 

*un droit de suite ou de réalisation qui permet de saisir le bien donné en garantie, 
de le vendre ou se le faire attribuer par décision judiciaire 
 
*un droit de préférence qui permet au créancier muni de cette sûreté d’^ter payé 
en priorité  

Il existe plusieurs sûretés réelles : 

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 L’hypothèque :  c’est  la  sûreté  réelle  immobilière,  c'est‐à‐dire  celle  qui  porte  sur  un 
immeuble. Il doit s’agir d’un immeuble immatriculé ou en cours d’immatriculation c’est‐dire 
d’un  immeuble  disposant  d’un  fichier  au  niveau  du  livre  foncier  (propriétaire  identifié  par 
exclusion  des  terres  du  domaine  national).  Les  immeubles  par  destination  ne  peuvent  être 
donnés en hypothèque 
L’hypothèque  doit  faire  l’objet  d’une  publicité  pour  informer  les  tiers :  on  parle  alors  de 
l’inscription de l’hypothèque au livre foncier 

 Le  gage : il porte sur des biens meubles corporels  c’est –à‐dire ceux ayant une matérialité 
concrète (marchandises, véhicules, mobiliers…).  
 
Le débiteur qui donne son bien ne gage au créancier peut remettre ce bien entre les mains 
de  ce  dernier  (dépossession)  ou  décider  de  continuer  à  conserver  le  bien  (absence  de 
dépossession).  Dans  la  dernière  hypothèse  (absence  de  dépossession),  le  gage  doit  faire 
l’objet d’une inscription au RCCM).  
 
 Les  nantissements :  ils  portent  sur  des  biens  meubles  incorporels.  La  loi  cite  les  biens 
meubles  incorporels  pouvant  faire  l’objet  d’un  nantissement  (créances,  compte  bancaire, 
compte de titre financier, fonds de commerce, droits d’associé et valeurs mobilières, droits 
de propriété intellectuelle.) 
 
 Les  privilèges :  ils  offrent  un  droit  de  préférence  sur  un  bien  meuble  ou  immeuble  du 
débiteur ou un ensemble de biens meubles ou immeubles ou, enfin, tous les biens meubles 
et  immeubles  du  débiteur  (privilège  général  du  trésor  public,  de  l’administration  des 
douanes…).  
 
Le créancier qui bénéficie d’un privilège n’a pas de droit de suite mais un droit de préférence.  
 

     

     

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